dimanche 2 août

collections.citebd.org

dimanche 2 août

mn DIMANCHE-ILLUSTRÉ ••••Mti.Hum.Mi.i ..M....................... .m. 4 *»««»' LE 2 AOUT 1931 ..........LA SEMAINE QUI VIENT DE S'ÉCOULER31 e Semaine de l'Année — Reste à courir : 21 semainesEN UN COUP D'ŒIL, LES FAITS IMPORTANTS DE FRANCE...PARISMEMENTO23 juillet. — Le comte Dejean, ambassadeur deFrance à Rio de Janeiro, est nommé à Moscou.27 juillet. — Le célèbre pianiste.P'rancis Planté, âgéde quatre-vingt-douze ans, est promu commandeur dela Légion d'honneur.ETRANGER24 juillet. — Le pape convoque inopinément leSacré Collège, afin de discuter les importants problèmespolitiques qui se posent actuellement devant le SaintSiège.28 juillet. — M. Mania, ancien président du partinational paysan roumain, confère longuement avec leroi Charles.29 juillet.— Poursuivant son raid vers Tokio, MissAnny Johnson atterrit à Kazau.FAITS DIVERS24 juillet. — Dans l'incendie d'une ferme, à Saint-Germain, deux ouvriers agricoles périssent carbonisés.25 juillet. —■ Rue Legendre, à Paris, une camionnetterenverse un garçonnet, escalade le trottoir, tueun passant de dix-neuf ans, M. Bisson, et en blessedeux autres.27 juillet. — En poursuivant des voleurs d'autos,un motocycliste, M. Laniarc, se tue. Un gendarme estgrièvement blessé.2i juillet. — M me Duterrier tire des coups de revolver,boulevard Saint-Germain, sur son ami M. AugusteLecoq, sous-chef de bureau aux Finances, qui voulaitl'abandonner pour se marier.TRIBUNAUX24 juillet. — Le Portugais Estèvcs, qui assassinaM mc Fédrigo, à Soisy-sous-Montmorency, est condamnéà mort par le jury de Seinc-et-Oise.25 juillet. — Caissier infidèle, M. Jacques Lejcunecomparaît devant les assises de la Seine. U est condamnéà deux ans de prison.27 juillet. — Le Vénézuélien Villanueva, qui dilapida15 millions au jeu, est condamné à trois ans deprison et 2.000 francs d'amende.SPORTS23 juillet. — A Buffalo, le cycliste Lemoine bat lerecord du monde du kilomètre départ arrêté ent' 10' 4/5.24 juillet. — Les premiers matches du challenge-roundde la Coupe Davis donnent lieu aux victoires de Cochetsur Austin et de Pcrry sur Borotra.25 juillet. — Dans le match du double de la CoupeDavis, Cochet et Brugnon l'emportent, en 4 sets, surHughes et Kingsley.— Le Belge Rebry gagne l'ayant-dern'ère du Tourde France, Charleville-jfalo-les-Bains, à 33 kilomètresde moyenne. Demuysèrc passe second du classementgénéral. ■ I— La Coupe du Roi, la grande épreuve aériennedisputée en circuit au-dessus de l'Angleterre, est gagnéepar le lieutenant Edvfards.26 juillet. —■ La Coupe Davis reste à la France,l'Anglais Austin ayant battu Borotra, mai* Cochetl'ayant emporté sur Perry. Nos représentants comptenttrois victoires sur cinq matches.-— En présence d'une roule enthousiaste, CharlesPélissier arrive premier au vélodrome du Parc desPrinces, gagnant la dernière étape du Tour de France.Antonin Magne e^t le vainqueur de l'épreuve. MaxBulla se classe premier des touristes-routiers.20 juillet. — SoLxante-seize marcheurs quittent laplace de la République pour disputer la grande épreuveParis-Strasbourg....ET LES GRANDS EVENEMENTS DU MONDE ENTIER... quand Bébé s'exprime sur ceton énergique, maman penseavec une juste fierté : « Quellebelle santé ! »'f Les os sont solides, la chairferme et potelée. Le moyend'arriver à ce résultat ? Desaines et savoureuses bouillies,riches en vitamines et en laitj pur et complet, préparées avec,la fameuseNESTLÉ{L'aluriertiTdécUdelenfjcità-- ; v. • • i( ta Soc NESTtE. 6, ov Portalis. Pons.\ enverra gratis sur demande la brochure/du D r Vidol et un échantillonDIMANCHE - ILLUSTRERÉTRIBUE LES PHOTOGRAPHIESQUI LUI SONT ENVOYÉES PAE SES LECTEURSDES QU'ELLES ONT ÉTÉ PIBLIÊE3Angleterre, Londres, 26 Juillet.)— Alpho ise XIII fait riômen£lrf\le bruit de son abdication en[faveur de son troisième fila,l'Infant Don Juan.Angleterre, Londres, 29 juif lot.—- MM. MacDonald et Hondersonvenant de Berlin, le premierpar avion, le second partrain et bateau, sont de retour.29 juillet. — M. LEoyd Georgesubit une grave opération danssa résidence de Kensington.Chili, Santiago, 26 juillet —Le présidait Ibanex démissionnest remet la direction dugouvernement à une Junte detrois hommes politiques.Angleterre, Cardigan, 28 Juillet.— Les aviateurs Bangdornet Herndon, qui tentaient deJoindre sans escale New-Yorkjà Moscou, atterrissent à Moyegrove(Pays de Galles), aprèsavoir traversé l'AtlantiqueEspagne, Sévllle, 23 JuilletL'état de slègo est proclamé à8évllle, où policiers et émeutlerssefuslllentdans la rue. Lequartier général communisteest détruit à coups de canon.Pologne, Varsovie, 25 juillet.Deux avions militaires seheurtent dans Isa airs, près deDambxln. Trois officiers sonttués sur le coup.Bufgarlo, Sofia, 25 Juillet. —Un avion allant de Stamboul aBuoareat tombe en flammes.Les deux pilotes, et quatrepassagers, parmi lesquels leconsul de Norvège à Stamboul,sont carbonisés.tiusele, Moscou, 23 juillet. —Le " GrafT-Zeppolln " communiquepar T.S. F. qu'il a atterrisans obstacle dans la régionarctique, près du brise-glace" Malygulno Après échangedes correspondances, !e dirigeableest reparti.Roumanie, Bucarest,26 juillet.— Le mariage de la princesselléana de Roumanie, soeur duroi Carol,avec l'archiduc Antonde Habsbourg, est célébré auchMeau de Pelesh, à SlnaVa.Allemagne, Berlin, 25 juillet.— Le Rolch et un groupe debanques berlinoises créent unebanque de garantie, destinéeà renflouer ta Danat.25 Juillet. — Le chancelierBruni ng rend compte des négociationsde Parie et Londres,au président H!nderburg.28 juillet. — M. Stimson, lechancelier BrÛnlng et le docteurCurtlus déjeunent à Wannsee,et ont un Important entretien.27 Juillet. — M. MaoDonaldet M. Hendorson, arrivent àBerlin. Une grande réceptionest organisée en leur honneur.28 juillet. — Au cours d'uneconversation à la WII hemstrosée,et pendant une excursion enbateau aux environs de la capitale,MM. Mac Donald, iienderaon,Brunlnget Curtlus discutentdes problèmes politiqueset financiers à l'ordre du jour.Chine, Pékin, 27 Juillet. — Lesarmées do Moukden déclenchentune offensive générale.29 juillet.— L'armée du rebelleChlh yu Chan pénètre dans leslignes des armées de Moukdenet fait 8.000 prisonniers.China, Shanghaï, 23 juillet. —M. Soong, ministre des Financesde Nankin, échappe à unattentat en gare de Shanghaï ;son principal collaborateur esttué et six hommes, grièvementblessés. M me 8oong mèrsmeurt do saisissement, ayantcru, a la mort de son flls.


tSMItim LE 2 AOUT 1931 IIIIIMIIIIIMIIMIIMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIMMIIIIIHIIIIIIIIIIII IIIHIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIMIIIII 5 >>">IMIIIIIIIIllllllllllllinillllllllllllll]llllllllllll11llllllllllllllllllllllllll DIMANCHE-ILLUSTRÉ «""liaLES ROMANS DE LA VIEFRANÇOIS VILLON, GRAND POETE ET GRAND SACRIPANT"ISÉRICORDE ! Quel est ce hourvari?— Compère, serait-ce pointune émeute ?— Ou plutôt quelque partid'Armagnacs...— Vous voyez ces mécréantsqui s'avancent en cognant aux huis !... Par les tortueuses rues des Halles, en.cette nuit de l'an 1452, un cortège frénétiquese déroulait, à la grand'peur des bonnes gensque le vacarme avait tirés du sommeil. Unecentaine de vauriens menaient un tumultedu diable, hurlant à plein gosier, tapant surdes ferrailles. Bon nombre secouaient destorches ; d'autres, à coups de bâtons et depavés, ébranlaient au passage portes et contrevents.Mais le gros de la troupe hissait triomphalementune chose volumineuse que lescurieux effarés, derrière leurs volets, ne distinguaientpas très bien.— Ai-je la berlue ? Cela semble une enseignede cabaret !— Oui-dà, l'enseigne de la Truie qui file.— Encore un méfait de ces maudits escoliersque Satan extermine !L'idée était venue de François de Montcorbier,que l'on commençait d'appeler, surson désir, François Villon. Un garçon devingt ans, déluré, maigre et sec, tout enmuscles et en nerfs. « Nous irons, avait-il dit,dépendre la Truie qui file pour la marier àl'Ours, qui se balance non loin de la porteBaudoyer. Bel hyménée, mes amis ! » Encoreque l'enseigne de fer forgé fût très pesante,on l'avait décrochée, emportée, et voici quecelle de la taverne de Ours allait subir lemême rapt. Le tout avec sérénade de jurons,de hurlements et de blasphèmes à mettre enfuite les sergents du guet. Quand se hasardaientaux croisées des figures de bourgeois,on criait si vigoureusement : « Tuez I Tuez ! »que les malheureux, épouvantés, couraientse fourrer sous leurs lits.Plût au ciel que Villon n'eût jamais faitpis que des farces d'étudiant !FRANÇOIS DE MONTCORBIER naquit à Paris,en juillet 1431, il y a juste cinq siècles.Sou père, qu'il ne dut pas connaître, était dit :de Montcorbier, par allusion à son pays d'origine,Montcorbier-en-Bourbonnais. Sa mèreétait Angevine. Elle avait une vague parentéavec un chapelain de Saint-Benoît-le-Bien-Tournée, petite communauté sujette de Notre-Dame, lequél chapelain se nommait GuillaumeVillon. Fort docte, bachelier en droitcanon, Guillaume Villon tenait, dans unedépendance de Saint-Benoît, une école où lepetit François fut admis de bon cœur.a Mon plus que père », dira plus tard lepoète en parlant de son premier maître. Aussivoulut-il porter le nom de Villon, comme sesachant capable de l'immortaliser à traverstant et tant de mésaventures.Enseigné d'abord par maître Guillaume,puis confié à l'Université de Paris, François -fit d'excellentes études. Rien ne rebutait sonintelligence. Bachelier en mars 1449, maîtreès arts en 1452, il fut inscrit à la Faculté deDroit. Mais il n'y parut guère, commençantà « fuir l'école », ainsi que, dans une de sesballades, il l'avoue ingénument :Mais quoi !... je fuyais l'écoleComme fait le mauvais enfant !De quoi donc s'occupe-t-il ? Eh ! de vagabondage,de flânerie et de larges ripaillesaux dépens du prochain. Au XV e siècle, l'Universitéde Paris n'était pas, comme aujourd'hui,un correct ensemble d'édifices. Ce qu'ondésignait par le Pays Latin était un vasteterritoire couvrant toute la montagne Sainte-Geneviève, où s'élevaient des collèges disparates,pour la plupart religieux, coupé dejardins, de vergers et de vignes. Le moindrecouvent faisait sa vendange et vendait soncru aux tavernes d'alentour. Partout, despoulaillers, des clapiers bien garnis... CeChanaan était à la mesure de François Villonet de ses peu recommandables compagnons,les uns écoliers, les autres enfants perdus,c'est-à-dire dévoyés, rufians, filous de sacet de corde, parlant tous, gens de France oud'ailleurs, ce latin médiéval qui était alorslangage international. Les voit-on, ces chapardeursaux chausses trouées, les voit-onescaladant les murs, franchissant les haies,pillant les espaliers, tordant le cou auxvolailles ?Il y eut, dame, des réclamations sévèresà l'adresse de maître Guillaume, responsablede son pupille, que le brave homme,dès cette époque, mit « hors de maintbouillon ».Au fil de cette bonne vie, le poète s'éveilleen François Villon. Et quel poète !... Le plusgrand du moyen âge, issu directement duterroir, usant d'un style plein de sève quen'ont pas gâté encore les pastiches latins.Et aussi poète de la désespérance, poète qui,à travers une insouciance et un scepticismeaffectés, laisse apercevoir les tristesses dunéant. Grand poète, précurseur de Shakespeare,aïeul de Beaudeiaire.pair GEORGE DELAMÂRE.François Villon, le poète immortel des Dames du temps jadis, de laBallade des Pendus, domine toute la littérature du moyen âge. Maisson génie insouciant ne se plut que parmi les désordres, le brigandage etles plaisirs. Son existence sans règle, sans frein, qui, peut-être, luidonne une physionomie plus particulière, mérite d'être contée à l'occasiondu cinq centième anniversaire de sa naissance qui tombe cette année.Mais, en attendant, acolyte de pipeursaux dés, tailleurs de faux coins (faux monnayeurs),brelandiers, larrons, écornifleurs,avec lesquels il excelle à organiser des repuesfranches, c'est-à-dire des bombances sansbourse délier. Bande famélique, Villon et sesdrôles erraient en quête de victuailles. Tandisque l'un d'eux, le moins connu ou le plusprésentable, détournait l'attention du rôtisseurou du tavernier par une conversationlaborieuse, les autres s'emparaient de la poulardeou du broc de vin frais tiré. Un jour,François Villon, friand de poisson, achetamoise, qui, à propos d'Isabeau, fit des remontrancesau poète. Or, Villon avait de la riposteet la dispute monta très vite. Gilles et Isabeaugagnèrent au large, laissant les deux rivauxaux prises. Soudain, Sermoise tira une daguede sous sa robe et frappa Villon au visage, luientaillant la lèvre. Le poète, alors, dégaina àson tour, blessa.le prêtre à l'aine, puis déguerpit.Mais Philippe Sermoise, transporté à l'Hôtel-Dieu,y mourut, et la prévôté ouvrit uneenquête. Bien que la coutume de l'Universitéfût de protéger ses clercs, voire contre le roi,FRANÇOIS DE MONTCORBIER, DIT FRANÇOIS VILLONun panier de marée et, pour le règlement ducompte, envoya le marchand à un penancier,religieux qui avait mission d'exorciser lespossédés. « L'homme qui viendra de ma part,dit-il au penancier, est un malheureux fouhabité par des démons. U ne tient que despropos sans suite. » Quand le mareyeur seprésenta, il fut reçu à pleins goupillons d'eaubénite, et, plus il réclamait son dû, plus lereligieux l'aspergeait. Pendant ce. temps,Villon et sa clique se régalaient de poisson àbon compte.La poésie ne perd rien à ces grivèleries,car François, tout en dérobant et maraudant,rime ses ballades, tantôt sur un coin de tablemaculée de vin, tantôt en plein air, au bord dela Seine ou sur les rives de la Bièvre. Balladesà ses amours passagères, aux belles filles peufarouches dont certaines furent sincèrementchéries, mais ne le payèrent point de retour :Macée d'Orléans, Catherine de Vausselles,Manon l'Idole, la « chère Rose » et cettefameuse « Grosse Margot », qui lui donnalongue hospitalité.Mais, le 5 juin 1455, il arriva une mauvaiseaffaire à François Villon. C'était le jour de laFête-Dieu. En compagnie d'une certaineIsabeau et d'un prêtre nommé Gilles, Violnétait assis sous le porche de Saint-Benoît,quand survint un autre prêtre, Philippe Ser-Villon ne se sentit pas en sécurité à Paris.Selon sa propre expression, il « s'absenta ».Où alla-t-il? On l'ignore ; peut-être enAnjou, pays de sa mère. Bénéficiaire, en 1456,d'une grâce par lettre de rémission, il rentra àl'Université, se remit aux études, mais sansentrain. Pendant son « absence », il avait liéconnaissance avec, non de simples chenapans,mais des malfaiteurs authentiques, des coquillards,tels Colin des Cayeux et Régnier deMontigny. A des gredins de cette encolure, ilfallait meilleur butin que les franches repueset autres gamineries. La caisse du Collège deNavarre était pleine d'or; on décida de s'enemparer.Le Collège de Navarre — aujourd'huil'Ecole Polytechnique — était protégé par debonnes murailles, mais les mauvais garçonsavaient, eux, une agilité de matous. La caissefut bel et bien forcée, vidée ; après quoi, chacuntira ses grègues. François, lesté de sa partd'écus d'or, s'en retourna à Angers, mais n'ydemeura point, de peur d'anicroche. Parpetitesétapes, il se rendit à Blois où Charles d'Orléansavait sa cour. Le poète princier du célèbrerondel qui commence par ces vers :Le temps a laissé son manteauDe vent, de froidure et de pluie...pouvait-il ae désintéresser de ce Villon, donttoute la France lettrés admirait le génie ethonnissait les désordres? Charles d'Orléansaccueillit donc son inquiétant confrère etcelui-ci lui dédia force poèmes reconnaissants.Us ne sont pas, certes, parmi les meilleurs :Villon ne savait point plier son lyrisme auxcourbettes.D'ailleurs, les deux poètes se brouillèrentbientôt et François Villon retourna à laCoquille, association de brigands de granderoute ou coquillards. il revit Colin des Cayeux ;il trempa, du moins on est eu droit de lesupposer, dans pas mal de coquineries. C'estde cette période de sa vie que datent sesballades en jargon, autrement dit en argot,intelligibles maintenant aux seuls romanistes.Comme, après lui, Jacques Callot, Villon nese plaisait que parmi les gens douteux...Et c'est là que, l'un des complices duCollège de Navarre ayant bavardé, les gensd'armes se saisirent du poète et de Colin desCayeux.Tous deux furent jetés dans une basse-fosseà Meung-sur-Loire. Colin des Cayeux ne revitle soleil que pour être pendu. François Villonen conclut que son tour était proche, mais nevoulut pas quitter la terre sans un adieulyrique. Et ce fut la Ballade des Pendus, laplus douloureuse, l'une des plus pénétrantesde toutes ses œuvres. Le poète, comme déjàoscillant au gibet, parle aux badauds qui lecontemplent :La pluie nous a lessivés et lavésEt le soleil, desséchés et noircb.Pies, corbeaux, nous ont, les yeux, cavés*Et arraché la barbe et les sourcils.Pour montrer les pauvres pendus en proie auxrapaces, il trouve ce vers puissamment expressif:Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre... !Mais il y a un dieu pour les poètes. CharlesVII meurt, Louis XI lui succède et, pourdon de joyeux avènement, gracie les condamnésà mort. Villon, miraculeusement sauvé;disparaît encore une fois, se soustrait à l'attentiondu monde et, dans une retraite provinciale,écrit son Grand Testament, poignanteconfession de ses erreurs, d'un pathétique quin'a pas été dépassé.Il n'a que trente ans. Va-t-il s'assagir? Non,car, l'année suivante, 1462, il revient à Paris,hante les mauvais lieux, s'associe à Robind'Ogis, Roger Pichart et autres tristes sires.Passant devant l'escritoire, l'étude, deM c FrançoisFerrebouc, scribe de l'ofEcialité de l'évêquede Paris, sise au rez-de-chaussée rue de laParcheminerie, il entreprend, avec ses compagnons,de railler les plumitifs. Irrités, ces derniersleur tombent dessus. Bagarre. M« Ferreboucaccourt à la rescousse, juste pour recevoir,de Roger Pichart, un coup de stylet.A bout de clémence, le prévôt de Paris faitarrêter Villon, Pichart et d'Ogis, et les condamneà la pendaison.Est-ce la fin ? Pas encore. François Villonn'avait aucune arme, il n'a pu poignarderM e Ferrebouc ; il fait appel, il obtient sa grâce.La pendaison est commuée en bannissement.INSTALLÉ en Poitou, à Saint-Maixent, où ilavait des amis, Villon mit ses œuvres enordre, rassembla ses écrits, composa l'exquiseBallade des dames du temps jadis, dont lerefrain est resté populaire :Mais où sont les nerjes d'-xntan !On lui attribue aussi une alerte comédie :le Franc-archer de Bagnolet. Dernière aventure: à ^aint-Maixent, il voulut faire représenterune Passion en patois poitevin etdemand/i au sacristain des Cordeliers, FrèreEtienne Tappecoue, dè lui prêter une chapeet une étole pour habiller l'un de ses personnages.Frère Tappecoue ayant opposéim refus formel, Villon jura d'en tirer vengeance.Dans sa Passion, il y avait des diables caparaçonnésde peaux de bêtes, coiffés de cornes,barbouillés d'ocre, faisant grand bruit de clochesà vache et brandissant des espèces defusées. Cette cohorte s'embusqua sur le passagedu révérend, qui s'en revenait au pas paisiblede sa mule et l'assaillit avec des glapissementshorribles, dans un sabbat de cloches etde fumée, si bien que la mule s'emporta, jetaà terre le sacristain et le traîna sur un lon


■■" DIMANCHE-ILLUSTSE «»» ■ ■••■••»»■•.• »"""" 6 «••» » »»»'»'1"' "'" "»»•"»"•«"»' LE 2 AOUT 1931IE soir tombait ; après la grande chaleurde la journée, c'était un soulagementvéritable que se baignerdans la fraîcheur vivifiante qu'ag-« portait avec elle la brise venue de" * l'extrémité de la vallée.Les pensionnaires de la « Villa Benoit »,groupés, suivant les sympathies passagères,regardaient s'allonger sur le paysage l'ombredu mont colossal dont la crête se dorait desderniers feux du soleil prêt à disparaître, là-bas,derrière les hauteurs qui barraient le ciel.A l'écart, le jeune couple, arrivé la veille,se laissait envahir par la mélancolie douce àlaquelle ne peuvent se soustraire les âmesportées à cette poésie prenante de la nature,prête à s'endormir dans la nuit.Assis côte à côte, les mains nouées, lesregards attachés avec curiosité sur le mont quiles dominait, on eût dit qu'ils cherchaient à enpénétrer les mystères redoutables.•Soudain, la'jeune femme tressaillit, murmurant:— Oh ! Paul... il me fait peur !Son mari plaisantant, s'exclama :— Peur !... ma petite Jeanne ! et pourquoi !C'est la plus facile des ascensions...— On le dit ; mais un accident est si vitearrivé...Paul murmura, railleur un peu :— En chemin de fer aussi, on est en danger...et en auto, doue ! A pied même, surroute, n'est-on pas exposé ?... Voyons, il fautâtre raisonnable ; d'ailleurs, tu m'as promis...rappelle-toi...— Mais je ne reviens pas sur une promesse...Cependant...Sa phrase fut interrompue par une exclamationjaillie des poitrines des pensionnaires :— Le voilà ! le voilà IEt les bras se tendaient vers le sommet ducol où venait d'apparaître soudain unesilhouette d'homme se découpant, toutesombre, sur l'écran clair du ciel.La partie masculine de l'assistance avaitquitté les transatlantiques où elle attendait,étendue, le son de la cloche annonçant ledîner, et se portait à longues enjambées audevantdu nouvel arrivant qui dévalait laroute serpentant à travers les roches et lescascatelles.. Les jeunes époux, eux aussi, s'étaientlevés et, de loin, suivaient les pensionnaires,entraînés — plutôt par un inexplicableinstinct que par la curiosité — vers l'excursionniste.Celui-ci descendait évidemment des hauteursoù les rhododendrons mettent au flancde la montagne un revêtement de pourpre etde verdure ; il avait pris plaisir à en faire uneample moisson dont il avait improvisé desguirlandes sous lesquelles il disparaissait ; satête elle-même était coiffée d'un casque somptueux,si bien qu'il donnait l'impression d'unmassif fleuri en marche.Les applaudissements l'accueillirent.— Un jardin ! là-haut ! déclara-t-il d'unevoix enthousiaste, un véritable jardin ! Pouren cueillir, ïl n'y a qu'à se baisser...—- ... Et aussi qu'à grimper, objecta quelqu'un...— Baste ! le plaisir d'être agréable auxdaines vaut bien quelque peine, répondit-ilgalamment. ' .Et détachant la couronne qui lui garnissaitla tête, il l'Offrît à Jeanne.— Vous permettez, n'est-ce pas ? demandat-il,s'adressant à son mari.L'avant-veille, le soir de l'arrivée à l'hôteldu jeune couple, il avait spontanément offertde leur céder sa table auprès de la fenêtrede la salle à manger ; il n'en avait pas falludavantage pour qu'au cours de la soirée ilséchangeassent quelques mots, et Paul ayantfait part de son désir de tenter l'ascension du« Bec d'oiseau », l'aimable étranger avait dit :— J'y monte demain!... je vous rapporteraides tuyaux...C'est ainsi qu'après le dîner, son accoutrementd'alpiniste remplacé par un smokingfleuri d'un rhododendron, il narrait aux 'f.euxjeunes gens les péripéties de sa promenade.F4> &RÉMISSANTE, mains crispées par l'émotion,Jeanne écoutait, enveloppant d'un regardangoissé son mari : celui-ci, les prunellesétincelantes d'enthousiasme, étaitlittéraleTentsuspendu aux lèvres du conteur, qui, cependant,bien simplement, en homme qui a l'habitude,revivait la promenade qu'il venaitde faire...— ... Là, par exemple, dit-il tout à co.ip, ils'agit d'avoir la tête à ce que l'on fait : car,lorsque vous êtes suspendu au bout du iil —si vous n'avez pas assuré solidement le nœud— dame... la chute est plutôt sévère... Sixcents mètres au moins...■ — Paul ! fit la jeune femme d'une voiximplorante, promèts-moi...Mais lui, presque rudement, de répliquer :— Je ne suis venu que pour cela... Autantvalait alors rester à faire de la chaise ly^xgtreà Montreux.Intervenant, l'alpiniste déclara :— Je vous assure, madame, qu'il 3'y aUN C O NT E D'ACTIONL A F I C E L L Epar GEORGES LE FAUREII arrive que les rêves nous apportent comme une sorte d'avertissementsolennel et les .anciens y ajoutaient grande foi. Mais, ici, dans cemilieu cultivé et ultra moderne, qui aurait pu penser qu'une simple,une humble ficelle, influât sur les événements ?aucun danger... un véritable jeu d'enfant... àcondition d'avoir fait le nécessaire... Vousallez, d'ailleurs, voir comme c'est simple.Hélant la fille de service :— Apportez-moi donc de la ficelle, commanda-t-il...oui, une pelote, si vous voulez...Il m'en faut au moins une dizaine de mètres.Et à ceux qui l'écoutaient :— C'est la longueur de la corde.S'adressant particulièrement à Paul :— Ce vous sera la meilleure des démonstra-J— Pour vous qui avez l'habitude, observaPaul ; d'ailleurs, puisque • ma femme paraîtcraindre...■— Ce serait vraiment dommage, — étantvenu jusqu'ici — de renoncer à cette coursequi est superbe...La gorge serrée, Jeanne murmura :— Cependant, Paul, puisque Monsieuraffirme que c'est sans danger...Rayonnant de joie, le jeune homme déclara :— Je peux toujours essayer ; cela n'engageTournoyant dans le vide, le corps de Paul avait, comme un bolide, passé devantelle, lui frôlant presque l'extrémité des doigts, et avait disparu dans le gouffre.tions... une répétition, pour ainsi dire, devotre ascension de demain.La servante, cependant, avait apporté laficelle demandée, et l'alpiniste, s'approchantd'un arbre dont les racines s'étaient accrochéesau rocher qui servait de terrasse àl'hôtel :■— Imaginez-vous, commença-t-il, que cettebranche soit le « Bec d'oiseau », on le nommeainsi parce que, vue de la vallée, l'aiguilledonne exactement l'impression d'un becd'aigle ; quand le guide — qui a l'habitude —y aura lancé votre corde, vous aurez, vous, àvous y accrocher solidement ; et voilà commentvous devez vous y prendre.Il avait, tout en parlant, fait passer pardessusla branche l'extrémité de la ficelleet procédait, —■ en décomposant ses mouvementspour que son auditeur pût en fixer plusaisément la succession dans sa mémoire — àson encordement.— Vous commencez par passer la cordesous votre pied droit qui s'y appuie comme unétrier ; puis vous la remontez par-dessusl'épaule gauche, de façon à ce que vos reinss'y arc-boutent ; après quoi, la corde vouscoupant en diagonale le dos, vient rejoindrevotre main droite dans laquelle elle devrapouvoir glisser comme si elle était enrouléeautour "d'une poulie ; et vous vous hissezainsivous-même de la main gauche le plussimplement du monde, jusqu'à l'entablementde l'arête où vous prenez pied...Il conclut :— Et voilà !... vous voyez comme c'estsimple...à rien.:. Histoire seulement de voir si j'ai biencompris...L'alpiniste lui remit la ficelle et, sous leregard attentif de son professeur improvisé,l'élève commença l'opération, murmurant,absorbé :— Voyons... vous avez dit d'abord lepied, ensuite l'épaule... puis le dos... et, enfin,la main...— Pas la gauche... la droite... celle quiforme poulie... l'autre, la gauche, vous sertà vous hisser...Le néophyte, absorbé pour obéir scrupuleusementaux indications de son professeur,avait sans doute exercé de sa main gaucheune traction violente, sans se rappeler qu'ils'agissait d'un simulacre, si bien que la ficellecassa...— Ça devait arriver, déclara l'alpinisteen riant...Une exclamation avait jailli des lèvres dela jeune femme, dont les mains s'étaient crispéesdans un. geste d'épouvante :— Paul !Mais lui, sans prêter attention à son émoi,s'adressant à son bénévole professeur :— En tout cas, c'est bien comme ça,n'est-ce pas?...— Tout à fait ça... Vous avez d'instinct letour de main d'un habitué de la montagne jdemain soir, vous aurez vaincu le « Becd'oiseau »... Là-dessus, madame et monsieur,je vous demande la permission de m'allercoucher, car le « Bec d'oiseau » prend sarevanche...Et s'étant incliné devant Jeanne, ayantserré la main de son mari, il s'éloigna enétouffant derrière sa main un bâillementformidable...— Si on faisait comme lui, suggéra Paul...n'oublions pas que le départ est à quatre'heures.. Derrière le guide. Us montaient tous 'lesdeux, lentement, les pieds alourdis par lesgros souliers ferrés, les épaules légèrementserrées par les courroies du sac dont ilsn'avaient pas encore l'habitude.De temps à autre, le guide se retournaitvers eux, et, son piolet pointé en direction d'unpic, il lançait quelque nom, fameux dansl'histoire de l'alpinisme.Alors, ils faisaient halte une seconde oudeux, le temps d'admirer, puis repartaient,Paul, plus allègrement au fur et à mesure qu'onapprochait du lieu de l'escalade ; elle, la poitrinede plus en plus serrée, à la pensée duredoutable « Bec d'oiseau ».Tout en se rendant compte de son enfantillage,elle ne pouvait s'empêcher de considérercomme de mauvais présage la rupture de laficelle, au cours de la démonstration de laveille.Si la corde...Et il lui fallait se faire violence pour affecterune allure à peu près désinvolte, capable dedonner le change à son mari : c'était, pour soncher Paul, un plaisir si grand !...Al'aube, quand la servante était venuefrapper à leur porte, Paul, la voyanttoutetroublée, lui avait gentiment proposé derenoncer à la promenade ; alors, Jeanne, prisede honte, avait gaillardement déclaré quec'était elle, maintenant, qui tenait à la faire.— ... Quand ce ne serait que pour te prouverque tu n'as pas épousé une poule mouillée...avait-elle déclaré avec enjouement.Mais comme au fond d'elle-même elleétait angoissée maintenant, la pauvre petite!...Et comme elle eût voulu oser implorer sonmari de n'aller pas plus loin et de faire demitour.On eût été si bien allongé dans un transatlantique,sur la terrasse de l'hôtel, et combien, ■d'en bas, elle eût pris plaisir à admirer laredoutable aiguille...Soudain, le guide qui, insensiblement, avaitpressé le pas, s'arrêta et, tourné vers eux :—■ Attention, recommanda-t-il.Jeanne, impressionnée, fit halte.— Non... avancez... fit l'homme; mais endouce... parce que, voilà le Bec...La jeune femme, tandis qu'il parlait, avaitfait quelques pas, et, soudain, elle s'immobilisa,toute saisie ; à l'endroit où elle l'avait rejoint,"le sentier s'élargissait pour former une sortede plate-forme que seul le vide limitait...Au-dessous de Jeanne, la vallée s'étalait,offrant à son regard mal assuré l'aspect d'unéchiquier aux cases de diverses couleurs,champs, pâturages, rochers. Là-bas, toutlà-bas, l'hôtel mettait une petite tacheblanche au milieu des prés verdoyants.'. Collée contré la paroi rocheuse, elle écarquiliaitles yeux, trop émue pour admirer...— .:. Et voilà l'« Oiseau », dit avec orgueille guidé, en désignant de son piolet une pointerocheuse qui, à une dizaine de mètres audessusde leur tête, faisait saillie, dominantle vide, ainsi qu'autrefois les gargouilles, ansommet des cathédrales...La jeune femme frémit et regarda son mari ;celui-ci, très tranquillement, se débarrassaitde la corde enroulée en sautoir autour de sonbuste.— Vous allez m'en donner une extrémité,proposa le guide, je l'accrocherai là-haut;ce sera toujours ça de fait...Lui-même avéc l'habileté — que lui donnaitl'habitude — avait déjà lance la sienne ets'apprêtait à se hisser.\— La petite dame nous attendra, déclarat-il; d'ici, elle pourra suivre l'ascensioncomme si elle était avec nous.Ayant dit, il commença de s'élever, tirantsur sa corde lentement, ainsi que l'alpiniste,avait, la veille, montré à Paul.Trois minutes à peine avaient suffi à cettemanœuvre ; et, maintenant, le montagnard,à plat ventre sur la saillie rocheuse, autour delaquelle il avait passé la corde de Paul, criaitau jeune homme :■— A vous, maintenant !...La gorge serrée, la jeune femme murmura :— Paul ! Oh ! Paul...Mais lui, tout entier à sa besogne, s'encordait,faisant attention à ne rien oublier de ladémonstration de la veille ; d'abord le pied,puis les épaules, ensuite les reins... Enfin,l'extrémité de la corde dans la main gauche,il empoigna de la droire la partie qui pendaitde l'aiguille...— A tout à l'heure 1 lança-t-il plein d'entrain...-Et, ses muscles raidis, il tira sur la cordequi, sous l'effort, se tendit.— Paul ! gémit Jeanne, implorante...Mais, déjà, les pieds du jeune homme(Lire la suite, page 15, 1" colonne.)


tiniiiii LE 2 AOUT 1931 ■ > i n iM n i m i u mu i m 11 m i uni m ■ [ il il 111 un i ■ m 11 nilii uni i mi 111 ■ ■ 11 il m ■> 7 ■> iniMiiiiiii i mu iiiiniiiii 111 iiiimf iiiniin 11 in il n i i n as que le vieux marin eût au moindre degréÎ e sens du pittoresque : il avait vu trop dechoses différentes et dénommes de toutes lescouleurs pour s'étonner de rien, et l'on neconçoit pas le pittoresque sans un élément desurprise. Mais il avait suivi les chemins de lamer, pendant plus de trente ans, avec uneconstance passionnée. La navigation n'étaitEas seulement, pour lui, un moyen de gagneronnêtement sa vie en transportant des marchandisesd'un port à un autre, ainsi que sesancêtres l'avaient toujours fait ; elle l'avaitséduit par ses joies plus que par ses profits,davantage encore, peut-être, par ses périls etl'orgueil qu'il avait eu d'en triompher.Je crois qu'il n'aimait pas la mer. Contrairementà ce que les terriens se figurent, ce nesont pas ses beautés qui frappent les hommesdont la vie se passe à lutter contre elle : c'estsa puissance, son immensité, son caractèreimpétueux et fantasque à qui l'on ne peutjamais se fier entièrement. Le dompteur n'aimepas le lion qu'il chevauche dans sa cage etqui pourrait, d'un seul mouvement, le jeter àterre et le mettre en pièces.U•£> «5»N capitaine expérimenté n'essaie pas derésister aux violences de la mer, mais il rusepour ne pas leur obéir ; bien mieux, il saitles utiliser, se faire porter par les courants,aller chercher les grandes brises régulières quisoufflent perpétuellement sur certaines étenduesvides des océans, louvoyer jusqu'à cequ'il puisse s'abandonner aux forces aveuglesqui servent alors ses desseins malgré elles.J'ai connu de ces capitaines, à la belle époquedes voiliers, qui avaient atteint la virtuositédans cet art difficile, et mon oncle Louis étaitl'un d'eux.C'est pourquoi, dans ses récits, perçaitsouvent l'enthousiasme d'un professionnelparlant du métier où il excelle. Et il n'avaitgarde d'oublier ses meilleurs collaborateurs :les navires aux eoques fines et robustes, auxmâts élancés, aux larges voiles, qui-avaient étépour lui des amis plus que des instruments.Entre eux, c'était comme une alliance baséesur l'intérêt commun, pour flotter malgré tout,faire de la route, arriver à destination, etchacun y tâchait de son mieux.Un jour que nous l'attendions chez lui,men père et moi, il me surprit en contemplationdevant un de ses tableaux de marine.On y voyait, sur une mer en furie, un troismâtssi fortement incliné que l'eau couvraitson pont jusqu'au milieu. Une vague monstrueuse,dont la crête déferlait au-dessus deson flanc découvert, semblait prête à l'engloutir.Ses deux seules voiles établies —grand hunier et misaine, — gonflées par latempête, menaçaient de rompre les mâts déjàcourbés. Et, malgré l'inexpérience évidentede l'artiste, il y avait quelque chose de tragiquedans cette lutte inégale entre un navireà demi désemparé et la puissance gigantesquedes éléments.Je n'avais pas entendu la porte s'ouvrir, etce fut la forte main de mon oncle qui, ens'abattaut sur mon épaule, me rappela brusquement à la réalité :— Eh bien ! mon petit, dit-il, qu'est-ce quetu penses de cette situation? Je l'avoue quetpar HENRI BERNAYLes choses semblent parfois être animées d'une volonté mystérieusequi leur est propre. Ainsi le trois-mâts long-courrier qui faisait leslignes d'Australie et qui jouissait, parmi les gens de mer, d'unerenommée aussi étrange qu'inquiétante.le jour où je m'y suis trouvé, je n'étais pas fier...— C'est VArmançon, n'est-ce pas? demandamon père.— Oui, VArmançon, répondit le capitaine.Mon premier commandement, et le plus mauvaissouvenir de ma carrière...Je flairai une histoire :— Vous avez fait naufrage avec lui, mononcle?— Si j'avais fait naufrage ce jour-là, mongars, je ne serais pas ici, car cela se passaitJlancement ; le préfet maritime était là, avectoutes ÎSP autoritéset des milliers de curieux.On enlève les dernières poutres qui le retenaient,on largue les funarres, on scie la« savate » ; le voilà qui se met à glisser, et lamusique entame la Marseillaise... Hais, aulieu de prendre de la vitesse, il ralentit ets'arrête au milieu de la cale, l'arrière trempanttout juste dans l'eau ; il ne voulait pas yentrer, sachant, sans doute, que sa vie seraitmalheureuse et préférant ne pas la commen-Quelques matelots étaient là, se retenant aux cordages, de toutes leurs forces,comme des naufragés à une bouée. Je leur criai : « Coupe l Coupe l »aux environs du cinquante-cinquième degréde latitude sud, au beau milieu du Pacifique,dans des parages où l'on ne rencontre guèreplus de navires que d'îles... Mais c'est quelquepart, de ce côté-là de la terre, que VArmançona dû rester, avec mon successeur, qui a eumoins de chance que moi... Cela devait arriverun jour ou l'autre...— Pourquoi, mon oncle ?Le vieux marin s'installa dans un fauteuil,et je m'assis sur le tapis, à ses pieds. Mon pèresouriait.— Gildas, lui dit mon oncle, ne te moquepas. Tu sais très bien qu'il y a des bateauxqui se tirent d'affaire tout seuls, même avecdes capitaines maladroits, et d'autres qu'ilfaut surveiller de près, parce qu'ils font, aumoment du danger, ce qu'ils peuvent pouraggraver leur cas... Us sont rares, je le veuxbien, mais j'en ai connus, et VArmançon étaitde ceux-là.U se tut un instant, puis reprit en s'adressantà moi :—i Les bateaux, mon petit, et surtout lesbateaux à voiles, ce ne sont pas des assemblagesinertes de planches, de toile et de cordages.Du jour où ils ont pris la mer, ils montrentun caractère souvent bon, parfois mauvais; ils vieillissent, ils ont des maladies, toutcomme nous ; ils vivent, et il y eu a qui sedégoûtent de la vie, qui veulent mourir...parfaitement, qui veulent mourir, et qui sesuicident si on ne les en empêche pas... Toutle monde en connaît .un exemple dans lamarine de guerre : c'est le Danton, un groscuirassé construit à Brest. J'assistais à soucer. On l'y a forcé, non sans peine... Or, quelque temps après, dans l'arsenal, on faisaittourner ses machines pour les essayer, aprèsl'avoir" solidement amarré, comme d'habitude; les deux aussières cassent, et monDanton s'en va donner du nez, de toute sa force,contre le quai d'en face. On le répare, onl'achève, puis on l'emmène au large pour sonessai de fonctionnement ; en rentrant en rade,à l'endroit le plus étroit du goulet, sa barre sebloque à bâbord et il met le cap sur les rochers,tout près de là : le commandant n'a eu que letemps de lancer les machines en arrière à toutevitesse, pour l'arrêter... Eh bien ! je dis quece bateau-là voulait se suicider et qu'il finiramal...« TJArmançon aussi était un désespéré quicherchait une occasion d'en finir avec la vie.Pourquoi? Est-ce qu'on sait?... Peut-être àcause du nom qu'on lui avait donné... C'estcelui d'une rivière qui se jette dans l'Yonne,laquelle est un affluent de la Seine : tout ça,c'est beaucoup d'eau douce, et l'armateur avaiteu une drôle d'idée de baptiser ainsi un naviredestiné à naviguer sur la mer... et sur quellemer ! U faisait les voyages d'Australie, allantpar le cap de Bonne-Espérance et revenantpar le Horn ; le tour du monde à chaque fois,pour rapporter de pleins chargements de bléou de laine.« C'est à Melbourne que je l'ai pris. Soncapitaine —le vieux "harret, tu te rappelles,Gildas? — venait Je mourir, emporté par unemaladie foudroyante à laquelle le premier lieutenantn'avait rien compris... U faut te direqu'à cette étioque les docteurs étaient raresen Australie, même dans les grands ports, eton se débrouillait comme on pouvait, avec laboîte aux remèdes et un petit livre qu'ortappelait le a médecin de papier ».« J'étais moi-même lieutenant sur un troismâtsde la même compagnie, la Garonne (celuilà,du moins, avait un nom de fleuve !), etl'armateur m'avait promis le premier commandementqui deviendrait vacant. Justement,nous arrivâmes à Melbourne huit jours aprèsla mort du capitaine de VArmançon. On meremit un télégramme venu de France et quime prescrivait de prendre sa succession. Lebateau, déjà charge, n'attendait que moi : iln'attendit pas longtemps. Dès le lendemain,mon sac était à bord, le remorqueur nous sortaitde la rade, et je faisais établir la voilure,tout fier d'être, pour la première fois, « maîtreaprès Dieu » sur un navire... Ah ! jeunesse !...« Ce jour-là, je me îe rappelle comme sic'était hier. Il faisait un temps magnifique ;le renîôfqùêvtf' nous avait lâchés en noussouhaitant bon voyage. Une petite brise dunord nous poussait doucement, toutes voilesdehors, vers le large. Tout me paraissait facile..;Remarque que, la veille, je venais de toucherterre après cent dix jours de traversée et queje repartais pour une durée à peu près égale,ayant en perspective le passage du cap Horri,qui n'est jamais drôle : les grandes brisesd'ouest qui, de ce côté-là, font le tour de laterre, sans que rien les arrête, les vagues dequinze mètres de haut, les icebergs en dérive,la brume, les côtes sans phares et la responsabilitéde conduire, au milieu de tous cesdangers,_ un navire que je ne connaissais pas,deux mille tonnes de laine et une vingtained'hommes d'équipage... Mais j'avais déjà faitce voyage dix fois avec de solides capitaines,et, sans me figurer que je n'avais plus rien àapprendre, j'étais bien sûr d'en savoir assezpour ramener VArmançon à Nantes, quoi qu'ilarrivât...« Quand nous fûmes en route, le lieutenantmonta sur la dunette pour prendre le quart.J'étais un peu gêné devant lui, parce qu'ilétait mon aîné de six ou sept ans et que sonancienneté aurait dû le désigner pour le commandementqui m'était échu. J avais résolude lui témoigner beaucoup d'égards, mais sanslaisser oublier que j'étais le capitaine. Sur unbateau, il faut qu'un seul homme commande...et si on appliquait le même principe à terre,les choses en iraient peut-être mieux.« Donc, je lui donnai mes instructions :gouverner à l'est-sud-est pour doubler le capPortland, qui est l'extrémité orientale de laTasmanie, et ensuite au sud-est, afin de nousdégager franchement de la Nouvelle-Zélande.C'est la manœuvre classique, elle ne pouvaitpas le surprendre. Mais il eut un coup d'œilinquiet vers la voilure — j'avais mis toute latoile que VArmançon pouvait porter — et ilme dit :« — Je pense qu'après Portland, nousn'allons pas garder tout ça ?* Je jugeai indispensable de montrer immédiatementmon autorité.« — Nous garderons tout ça, répondis-jed'un ton un peu sec, tant que la brise ne forcerapas trop. Je n'ai pas envie de perdre dutemps, et je vous prie de ne serrer aucunevoile avant que çe soit nécessaire.« H marmotta quelque chose que je fissemblant de ne pas - entendre, à propos dejeunes imprudents et de bateaux qu' « on »ne connaissait pas. Puis il parut très occupéà surveiller la manière dont le timonier gouvernait,et je descendis pour étudier lesInstructions nautiques.tt Au milieu de la nuit, je vins assister auchangement de route, qui se fit normalement.Le maître d'équipage était de quart. Quandnous eûmes mis le cap au sud-est et brasséles vergues en conséquence, il me demanda :a — Je vais serrer les perroquets, n'est-cepas, capitaine ?« — Pourquoi ? lui dis-je. La brise est bienformée, et nous pouvons les porter sans danger.« — La Garonne le pourrait, répondit-il.Mais, avec celui-ci, il faut se méfier : il ne faitrien comme un autre.« — Eh bien! fis-je avec bonne humeur,méfiez-vous et serrez les perroquets quand levent fraîchira ; mais, jusque-là, gardez-les.« En ce temps-là, les capitaines mettaientleur amour-propre à faire leurs traversées dansle moindre temps possible. U fallait aller chercherles vents favorables, qu'on ne trouvaitpas toujours facilement, et les utiliser de sonmieux. Déjà, je projetais de battre desrecords, comme on dit maintenant, et je trouvaisabsurde de prendre des précautions spécialesquand il ventait seulement a bonnebrise » et que le baromètre était stable. Jem'en allai donc dormir tranquillement, et jerêvai que je passais le cap Horn sans serrermes perroquets, ce qui me valait un retourinvraisemblablement rapide, l'estime respectueusedes vieux capitaines, et une belle gratificationde l'armateur. Mais VArmançon donnaitune bande effroyable... et je m'éveillai surle plancher de ma cabine, où j'avais été jetépas la brusque inclinaison du trois-mâts, dansun vacarme de vaisselle brisée.(Lire la suite, page 15, 2' colonne.)


ÉI::HHI. DIMANCHE-ILLUSTRÉ ■lllll|lllï|iUIMIIIIIIIIIIIIllllllllllll|l|llllllll||l|llllllllllllMIIIIIIIIIIUIIIIII|lllll g .IMHinillllMllinillllMIIIMIIMIIIIlllllllllllllMIIIItlIllllllllllllimilIlIMMIimHUIIPOURL FCOTidentde clubJtftfSS/T UNB&JUCOl r Pn £\SCOTm,JEVAIS VOUS noNTfvEft]IMtPLKCtôO^OUSPRENDRONS DU/JE TE. DEFENDSDEVENIRPECHER? AVECNOUS, s\cox°mOH! C'EST TRES BltM.l]PAPA! JE. SAIS OV ALLERPÊCHER TOUTSEUL ! !•auNE. VAlî> M'IMSTALLtftLA-BAS, SUR LE PONTV DE. PIERRE.!'.n


ENFANTS ■ >» ■ • u "........m.,,,,,,,,,,.,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,9„„„„„„„„ „„„„„,„„„„„„ ,.,(,m,,,,tt„„,,i,,ini.iiiiiiiimiiiii; DIMANCHE-ILLUSTRÉ >»»»*$91IQ et PUCE 8L0KACOCo!.. VITE!.. NOUS MANGERPETIT BLANC ... Si NOUS PASPouvoi FAIRE FEU .NOUS,MAN&Eft. TOUT CRU...V'ABON TOUT DE MÊME!LE JOUR VENI'^LAAMlNOUS FAIRE VITE IAH!.. EN Fi NL Ôui,JESoRSAl ASSEZ D'iTftE PAN5 c êTTETETlTrBt-A tic...Toi. SOR-J"lRr. •ilPifjE PENSE QUE VOUS VOULEZ MET|—|\9oU8TRAÎRE À LA Pou'lCE OU» MERECHERCHE COMME PASSAGERCLANDESTIN... MAÏS JE SUIS IN-» NOCENT ET JE DlRfti CE4QUE JE SAÏS...APRêSTOUT ELUE NE MBMANGERA^2>PAS;.. LA^V\P0LICE!;fAH !..AH!..OW!..OU!.W ,-' 1 'i 11,11POLI ce i.. OHLOHL.I /woui..o-H! vow!..oUl..POLICE PAS MANJ MOI,MALADÊGEft PETIT H/Zs7~H r( P ftlRÊ!..'77lêi-ANcJ«^^-f POLICÉ PAS MAN**»AH!.. AH!../NON...POLICE FA$IMANGER- MAISNOUS... MANGERATTENTION!.Li GARpiEN !,tue infailliblement les mouchesLION NOIRCopyright par Dimanche-Illustré,


«Hum DIMANCHE-ILLUSTRÉ inwuji»wwHHiia iirtimwwirtiM«««iM»Hi«t»n'MiMiiiiHMii jO IIIIII iiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiittiiiMimiiiMiiiiiiii»iiiii>>»»i>>i""»>>""">">">"" LE 2 AOUT 1931/ E 70 U D R A ÏS B I E N SA V O I R...Ce qu'on appelle "colloïdes"?ous la dénomination assez vague de colloïdes, onS désigne un ensemble de substances, parmi lesquellesfigurent celles qui sont employées commecolles (gomme arabique, dextrine, gélatine, amidon),ce qui explique l'origine du mot colloïde Cependant,tous les colloïdes ne jouissent pas de la propriétéd'adhérer.On oppose les colloïdes aux cristalloïdes ; ces dernierspossèdent la faculté de traverser les r.iembranesporeuses, ce qu'on appelle dialyser, alors qie les colloïdesen sont incapables. La dialyse permet de séparerles cristalloïdes et les colloïdes qui coexistent dansune solutioH, par exemple de sucre et d'albumines.C'est une opération fondamentale de l'extraction dusucre.Les colloïdes ne sont pas des substances rares. Ennous bornant aux colloïdes naturels les mieux connus,nous citerons :Dans le groupe des composés ne renfermant quedeux éléments (carbone et hydrogène) : le caoutchoucet la gutta-percha ;Dans le groupe des composés renfermant trois éléments(carbone, hydrogène et oxygène : l'amidon,le glycogène, la dextrine, la gélose, le tanin, les gommeset mucilages, la cellulose et ses dérivés artificiels (nitrocellulosc,acétate de cellulose, viscose) ;Dans le groupe des composés complexes renfermant,en plus, de l'azote et souvent du soufre, du fer,du phosphore et d'autres éléments : l'albumine dublanc d'oeuf, la fibrine du sang, la caséine du lait, lagélatine, Vosséine et toutes les substances dites « f.rotéiques», qui forment la presque totalité des tissusvivants. Signalons encore deux substances, dont lerôle est capital en biologie : l'hémoglobine du sang et,bien probablement, la chlorophylle des plantes vertes.Si un pupille de la nation peut obtenir desbourses d'enseignement supérieur ?ES pupilles de la nation, pourvus du baccalauréatL et pouvant, dès lors, s'inscrire comme étudiantsdans les diverses facultés, peuvent obtenir des boursesd'enseignement supérieur sans aucun concours. Il suffitque les bénéficiaires éventuels se rendent au secrétariatde la Faculté dont ils désirent suivre les cours etenvoient leur dossier à l'Office des pupilles de la nation,qui, pour le département de la Seine, est situé 5, ruedes Beaux-Arts, Paris (6 e )., , O ■£> OQuel âge ont les belles écrevisses ?A croissance des écrevisses est extrêmement lente.L Ces crustacés ne deviennent dignes de figurer surno| tables, que lorsqu'ils ont six ou huit ans. Les bellesécrevisses, de 15 à 20 centimètres, ont vingt ans, aumoins. Une écrevisse pesant 50 grammes environ adix ans. m'">" ,,,, " ,l,,,,, *" ,I,,,,,,,,, "S| Cette rubrique est ouverte à tous nos lecteurs. Elle leur permettra de se || tenir en contact constant avec leur journal, qui les renseignera volontiers §| sur tous les faits d'un intérêt général et d'ordre documentaire ou || pratique; mais un délai assez long peut s'écouler avant l'insertion des || réponses, et nous restons naturellement juges de leur opportunité. §^ nu 1111111111 u nu 11111:111 LU 11 utt 11 il : :i 111111de cet entrepreneur ou de cet architecte. Ce sont leshéritiers de cet entrepreneur qui se trouvent substituésde sa responsabilité, et l'entrepreneur, même ayant cédéson fonds; reste responsable pendant dix ans ou pendantle délai restant à courir.Quelle est l'originedette publique ?1 iiin 11 tn nu 1 u 111111111,1111 M 1 IF 11111 il ;ii 11111 mi 11 in 111 IHIII nii:ni 1111 imuiiii uni mlfidu grand livre de laEGS d'honneur laissé par les générations antérieuresL à celles qui les suivent, la dette publique, qu'elle soitperpétuelle, remboursable, viagère ou pension, estinscrite, depuis la loi du 24 août 1793, en un grandlivre, qui est « le titre unique et fondamental descréanciers de la République », et est dit grand livre dela dette publique.Cette loi est l'œuvre de Pierre-Joseph Cambon (1756-1820), homme d'Etat, qui y avait vu le moyen d'anéantirtous les titres de créance royale (qui faisaient concurrenceaux assignats) en même temps que de simplifier lacomptabilité publique. L'unité de la dette fut ainsisubstituée à la variété et à la confusion léguées parl'ancien régime.Les jnscriptions sont portées (celles nominative»s'entend^ par Séria? et. dans l'ordre alphabétique desnoms ; avec ouverture, pour chacune d'elles, d'uncompte qui permet d'en constater l'origine et d'ensuivre successivement les réunions, divisions et mutations.Plus tard (en 1797), en raison de l'accroissementconsidérable du nombre des assignats, qui était passéde 3 milliards en 1793 à 45 milliards, le gouvernementinséra dans la loi du 9 vendémiaire an VI (30 septembre1797) une disposition limitant le remboursementde la dette publique, tant personnelle que viagère,aux deux tiers en bons au porteur, qui seraient reçusen paiement des biens nationaux, et conservant l'autretiers en inscription à 5 % au grand livre. Tel fut letiers consolidé, point de départ de la dette publiqueactuelle, auquel se sont ajoutées ultérieurement toutesles dettes publiques perpétuelles et viagères contractéespar le pays.o 0 oSi, au décès du mari, la femme hérite de lamaison de commerce?N principe, une femme n'hérite pas de son mari.E La maison de commerce revient aux héritiers dumari : entièrement si cette maison de commerce luiappartient en propre, et pour moitié à sa femme si cefonds de commerce appartient à la communauté.Il n'existe de biens partageables de communautéqu'une fois l'action en reprise effectuée.Qui peut prononcer le classement dansl'affectation spéciale ?I ES affectations spéciales sont essentiellement temporaires;elles sont prononcées par le ministre dela Guerre pour les réservistes de l'armée de terre, parle ministre de la Marine pour les réservistes de l'arméede mer, par le ministre de l'Air pour les réservistes desforces aériennes.Elles sont rapportées par les mêmes autorités suivantles besoins de l'armée et les nécessités de la discipline.Comment chercher sans danger les fuites degaz ?N sait les dangers auxquels on s'expose en recherchantles fuites de gaz au moyen d'une lampe ouOd'une bougie. Voici un moyen très simple et sans dangerpour trouver la fuite : faites fondre dans un bol un peude savon de Marseille, que vous aurez raclé, afin dehàttr sa dissolution, dans un peu d'eau tiede, puis, aumoyen d'une éponge, enduisez le tuyau à l'endroit oùvous supposez qu'il y a fuite. Vous verrez se gonfler unebulle de savon. En attendant l'ouvrier qui devra fairela réparation, mastiquez le trou avec du suif et mettezpar-dessus une bande de toile gommée ou cirée que vousferez tenir au moyen d'une ficelle fortement serrée.O- 4^D'où vient l'expression " tiré à quatreépingles " ?E fichu, cette pointe légère que les femmes se mettentparfois autour du cou, fut jadis une partieLessentielle de leur vêtement, comme il en est encoreuns chez les paysannes de la Beauca et du Perche.Ç$, jkiuè que ja péfSOai» ou» le. portait fût bienhabillée, il fallait que le fichufit le rriomS de plis possible,condition que l'on réalisait au moyeu dequatre épingles:vmc pour l'arrêter c|ans le çjès,, deus pqur. 1,'aspujettirsurles épaules et une, enfin, pour le tenir croisé surpoitrine."D'où la locution proverbiale : être tiré à, quatreépingles (littéralement, avoir son fichu te^du parquatre épingles) pour signifier, en parlant d'une femme,qu'elle est extrêmement soignée de sa mise.Si un propriétaire peut retirer une minuterieinstallée ?VIDEMMENT non, s'il n'a pas obtenu le consentementE de tous ses locataires, à moins que, cas très improbable,il laisse la cage d'escalier éclairée toute la nuit.Comment on prépare le magnésium dont sesai'vent les photographes ?T E magnésium est un métal blarié, malléable, ductile,*—' fusible au rouge et volatisable. Il brûle dans l'airavec une flamme très intense et très photogénique enproduisant de la magnésie. Son principal minerai estla dolomie, ou carbonate double de magnésium et decalcium. On le prépare en décomposant du chlorure demagnésium par le sodium, pn introduit, à cet effet,dans un creuset préalablement chauffé au rouge, duchluorure de magnésium anhydre, du fluorure de calciumet du sodium. Le magnésium se sépare quand laréaction est terminée et que la masse est refroidie, sousforme d'un culot qu'on agglomère par une nouvellefusion en présence d'un mélange, à parties égales, dechlorure de sodium et de chlorure de potassium. Lemétal qu'on a ainsi préparé contient du charbon, dusilicium et de l'azote. Il faut donc le purifier par distillation.Le magnésium ainsi obtenu est employé commeagent d'éclairage, sous forme de fils, rubans ou poudre.On sait que sa lumière se prête très bien aux expériencesde photographie..13- Comment se fait le papier à la forme?T TN ouvrier prend un tamis métallique de forme rectangulaireque l'on nomme forme, le plonge dansla pâte diluée, et le retire avec une mince couche depâte à papier, qu'il égalise en remuant la forme ; l'eaus'écoule par les mailles, et il reste, au fond, une sortede feuille molle. On la dépose, en retournant le tamis,sur une feuille de feutre bien séchée ; on la recouvred'une autre feuille de feutre ; puis d'une deuxièmefeuille de papier, d'une troisième feuille de feutre, etc.On soumet le tout à la compression ; les feutres enlèventl'eau qui imprégnait le papier ; on dégage lapile ainsi construite, et on étend les feuilles de papiersur des cordes. Puis on les rend imperméables par lecollage, qui leur donne en même temps de la fermetéet de la résistance.e>


êëhinn DIMANCHE-TLLUSTRÉ "'" 1111111nm111111.yn.111v»"» iiiniiHit


Ilimiii LE 2 AOUT 1931 iiiiuiuii iiiititiiuiiM uiitiiiiiiiiiiiiiriim i iiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiniiii 13 ■ililiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinfliiiiîiiili imiiuhrilllli DIMANCHE-ILLUSTRÉ imHinfJCOMMENT M. DURANDUPONT S'EST ASSURÉ CONTRE LE VOL DE SON CHAPEAU AU CAFÉ(HISTOIRE SANS PAR OL ES)(Dcsctî SStorit de STRAELEN.)BOCK ( MCAFE cesLE MONSIEUR QUI AIME A ÊTRE TRANQUILLEDANS SON JARDIN, OU UN MOYEN RADICAL !RELATIVITE— Trente-huit degrés!... C'est vraimentbeaucoup pour une petite ville comme celle-ci !(Dessin inédit de M.-W. JULIIÈS.)ESPR-T DE CONTRADICTION— Regarde cette femme, là-bas, on dirait unhomme !.— Mais, c'est un homme!— C'est un homme ! On dirait une femme I(Dessin inédit de M. BAUDRY.)iCOÏNCIDENCE■— C'est un pauvre homme qui vient detrépasser à la terrasse du café... où il venaitjustement de commander de la bière !(Dessin inédit de DHARM.)(Dessin inédit deGASTON MAS.)SIMPLE QUESTION— A sa naissance, mon père ne pesait quê>cinq cents grammes !^_— Ah! Et il a vécu?'Dessin inédit de GEORGES FRONVAOLES BONNES SURPRISESwm— Victoire /... Eulàlie, quelle chance : j'ai retrouvégilet de flanelle....que je ne retrouvais pas depuis l'année dernière t- Où donc?...' ~„.En retirant jn% ihenùse !...(Dessin inéjit de M. SAUVAYRE.)


-asii 11 m DIMANCHE-ILLUSTRÉ .iiiiMiiiiiM l, m m" " 'l""»»""«n««i'i»'J""iiiiiii"ii un 14 iitiiirtmiiiitiiiiiiniiiiiiiiHiii u iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiui iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiii LE 2 AOUT 1931 itiiiiiinLA MACHINE A ÉCRIRE EN WAGON? TN de nos confrères, après avoir suivi la course Paris-Caen, regagnait Paris par le train. Tl s'installe enpremière classe et pose sur une planchette sa machineà écrire et commence son article.A Lisieux; quelques voyageurs montent et prennentplace dans ce compartiment.Un de ces voyageurs, voyant notre confrère taper àla machine, lui dit :— Vous avez l'intention de faire cela jusqu'à Paris?— Mais oui, monsieur, répond le journaliste, jetravaille.— Nous allons voir.Et, allant chercher le chef de train, il lui demandad'interdire à notre confrère de taper à la machine.Mais l'employé fut désarmé, car rien dans les règlementsde police des chemins de fer n'interdit l'utilisationde la machine à écrire.Et notre confrère tapa son article sur Paris-Caen,malgré le grincheux voyageur.La Revue du Bureau.LES MAINS RÉVÉLATRICESC'ESTdans nos mains que se trouve l'expression laplus siucère de notre„ véritable personnalité. Lesvisages peuvent être changés et déguisés de telle façonqu'il est impossible de les reconnaître. Les yeux voilentleurs secrets et les lèvres ne prononcent que ce que nosvoloutés leur dictent. Mais les mains sont le portrait,non « retouché », de notre moi profond.Ceux dont c'est le métier de lire les pensées des autresapprennent à regarder les mains de leurs semblables.Le détective surveille les mains nerveusement agitéesde cette femme, dont la bouche ne trahira pas un secret.Mais elle ne se méfie pas de ses mains, et elles parlent.Les doigts d'un homme qui s'agrippent soudain à labarre montrent au juge que ses questions ont porté.Le médecin attache autant d'importance aux mainsde son patient qu'au récit qu'il lui fait de son « cas ».Sans aller jusqu'à vouToir faire de la chiromancie,une certaine attention accordée aux mains des personnesavec lesquelles nous nous trouvons en contactpourra nous être très utile. Au premier coup d'ceil, onpeut voir si des mains ont travaillé, si elles appartiennentà un créateur, à un artiste. ï,es mains avareset celles qui donnent se distinguent aussi rapidementque le blanc du noir. Et combien différentes les mainstimides, nerveuses, des mains puissantes faites pour lecommandement, des mains qui reçoivent toujours decelles qui offrent !The Sphère.LES VIEILLES AUTOMOBILESTELLES sont démolies, évidemment, mais, la plupartdu temps, sans esprit de récupération des matièrespremières, qui ont pourtant une certaine valeur.Aux États-Unis, la maison Ford a créé toute uneorganisation pour tirer parti des automobiles mises aurebut, parfois abandonnées sur la route à la suite d'unaccident. Des agents sont chargés de racheter toutevieille voitureau prix uniforme de 20 dollars (500 francs),quelles que soient la marque et la vétusté. Ces voituressont conduites à une usine spéciale où la démolition sefait à la chaîne. On commence par vider les réservoirsd'huile et d'essence, on récupère tout ce qui est verre.Puis les boulons sont coupés. Un palan enlève la carrosserie,qui sera mise en morceaux sur une chaîne à part ;un autre palan fait de même pour le moteur. Le châssispasse sous une presse de 22 tonnes, qui le transformeen ferraille, laquelle est immédiatement fondue dansun lour Martin, avec les pièces non utilisables des moteurs.Pratiquée en grand, avec les moyens dont disposel'industrie, cette opération est, paraît-il, rémunératrice.UN CRANE DE VINGT MILLE ANSBRICLa Croix.T~\ES ouvriers appartenant à la Compagnie nationaledu Canada viennent de découvrir, au cours destravaux exécutés par eux dans la région de ia baied'Hudson, un crâne de morse vieux de vingt à trentemille ans.U était enterré à 2 m. 50 de profondeur, à 50 kilomètresouest de la rive actuelle de la baie d'Hudson.Les deux défenses, longues de 40 centimètres environ,sont dans un bon état de conservation, bien que l'uned'elles soit endommagée au bout, résultat, probablement,d'une lutte avec un ours polaire.Les géologues affirment qu'il s'agit là du morsearctique (Trichechus rosmarus), dont la race peuplaitla baie d'Hudson au temps de la période glaciaire.New-York Herald.LE CHOIX D'UNE VILLÉGIATUREA la mer, trois éléments combinés participent à là curebalnéaire : l'eau, l'air, le soleil. Comme le ditMichelet, un grand historien qui aima aussi écrire sur lanature : « Les plus précieux éléments de l'animalitéterrestre sont richement contenus dans la mer, et invariables,solubles, vivants, en dépôt, pour refaire la vie. »L'iode et le brome sont fixés en abondance dans lasubstance des algues. Ces médicaments régénérateurs,l'organisme débilité les absorbe sans s'en apercevoir,en mangeant, en respirant, et par tous les pores de lapeau. Le bain ajoute l'action physique dé l'eau de merù son action chimique.Sous le grand souflle du large, la pression de l'air estd'une telle force qu'on est, pour ainsi dire, giflé par levent. Si, ailleurs, on boit l'air à petits coups, là onl'avale à grandes gorgées. Les mouvements respiratoiressont plus lents et plus profonds. Et l'influence de lalumière solaire, si intense sur les plages, vient aussi,UNE IDÉE BIEN FRANÇAISE...Et, par conséquent, raisonnable et pratique, consisteà confier au Diable la guérison de ses cors aux pieds.0 Le Diab'e » enlève les cors en six jours, pour toujours.3 fr. 95, Pharmacie Wcinmann, à Epernay, et toutespharmacies. Mais attention !... Exigez « Le Diable ».Dormir sans Punaises- La découverte du Rczol, poison foudroyant, sans dang-r pour les personnes, permet enfin de réaliser ce rêvejusqu'alors, impossible. Un seul badigeonnage détruittcutes les punaises et leurs œufs, sans rien tacher nia$îmor. 6 fr. 95 le flacon. Toutes Pharmacies, Droguerieset Murchands de couleurs, etc. A Paris : Pharmacielrwcipale Canonne et Pharmacie de Rome Bailly.- A - B R A CT O U Y E L L TOUTpour une large part, contribuer à la cure de désintoxication.Il s'ensuit que la mer est le paradis des anémiques.Par contre, le coup de fouet du traitement marin estnéfaste aux nerveux, déjà tourmentés par une continuelleexcitation, ainsi qu'aux grands malades que cecoup de fouet ferait tomber sur les genoux, comme deschevaux fourbus. Maintenant, encore, tout dépenddu point de la côte. La France baigne sur quatre mers,sous des climats différents. C'est dire que sa situationexceptionnelle permet tous les dosages de la cure marine.Contrairement à l'air marin, l'air montagneux estparfaitement sec, dépourvu d'odeur définissable, réduità ses composantes normales, très ozonisé et d'une puretéincomparable. Sa légèreté vantée n'est pas une figurede rhétorique. La pression, qui est de 760 millimètresdans la plaine, tombe à 629 à 1.500 mètres, altitude, engénéral, préconisée pour la cure de montagne.A la mer, la pression étant forte, les poumons sedilatent au maximum après chaque inspiration et,conséquence, les mouvements respiratoires se ralentissent.A la montagne se produit le phénomène opposé.On est tenu de respirer plus souvent, le pouls s'accélère,et cette gymnastique active de la poitrine a pour résultat,tout.comme dans l'autre cas, le développement dela poitrine et la multiplication des globules sanguins.La montagne constitue donc la villégiature de choixpour les personnes faibles de la poitrine. Toutes deux,indifféremment, mer et montagne, conviennent auxapathiques, mais sont néfastes à l'irritabilité nerveuse.Le séjour dans la plaine est beaucoup plus salutairequ'on ne suppose. La plaine est le milieu où, depuisdes millénaires, les hommes ont coutume de se fixer,également distante des tourmentes atmosphériques dela mer et de l'air raréfié des sommets. Les surmenéss'y trouvent plongés comme en un bain tiède qui leuroffre l'apaisement de leurs soucis et de leurs souffrances.Les Dernières Nouvelles d'Alsace et de Lorraine.L'AGE DES NAVIRESde temps un navire peut-il vivre ? On neCOMBIENrépond pas aussi facilement à cette question que lepsalmiste s'interrogeant sur le temps probable quel'homme passe sur la terre. « Notre vie dure soixantepeu d'huile ; remettez sur feu doux en tournant toujours,jusqu'à ce que la sauce soit bien liée ; retirezalors du feu et continuez à tourner en mettant tantôtun jus de citron, tantôt de l'huile (un verre de cuisine).Ajoutez des feuilles d'estragon hachées et couvrez-enle poisson bouilli ou grillé.Sauce crème (chaude). — Dans 50 grammes de beurrefondu, mêlez 30 grammes de farine ; mouillez avec dubouillon de la cuisson du poisson ; remuez sur feu trèsdoux ; ajoutez un verre de crème de lait douce et épaisse ;continuez de remuer jusqu'au moment de l'ébullition,versez sur le poisson cuit au court-bouillon.LA DOYENNE DES REINESLe Réveil de Pontoise.sait que le roi Alphonse est le souverain qui aONrégné le plus longtemps. La suspension de pouvoirqui l'a éloigné d'Espagne laisse à la reine de Hollandel'honneur d'être le plus ancien chef de gouvernementdu monde. La reine Wilhelmine succéda à sonpère en 1890, alors qu'elle avait dix ans et que le roid'Espagne était un petit garçon de quatre ans.Puis vient le roi Victor-Emmanuel qui monta sur letrône en 1900. Les autres souverains qui ont régnéavant le roi George V sont le roi Aakon de Norvège,« élu » en 1905, le roi Gustave de Suède, qui fut couronnéen 1907, et le roi des Belges qui succéda à Léopold II,son oncle, en 1909.New Chronicle.L'AVIATEUR ET LES CROCODILESdanger de l'aviation.L'AUTREIl n'est pas que la chute, il y a la descente forcéeen des lieux inhospitaliers.Un jeune aviateur anglais, attaché au personnel de laShell Oil Company, vient d'en acquérir la preuve.Il se rendait à Nairobi, où il doit se marier prochainement.Comme il survolait les marécages de Kampala,dans l'Ouganda, il fut brusquement obligé d'atterrir.Son avion se retourna en atteignant le sol.Blessé, le jeune homme réussit à se dégager de l'appareil.C'est alors qu'il s'aperçut qu'il avait atterri auNOS CONSULTATIONS VERBALESLes consultations militaires qui sont données dans nos bureaux,13, rue d'Enghien, reprendront le samedi 8 août, de 14 à 15 heures.Les consultations juridiques qui sont données dans nos bureaux,13, rue d'Enghien, le samedi, de 15 à 16 heures, sont suspenduespendant tout le mois d'août.Les consultations d'enseignement et d'orientation professionnellequi sont données dans nos bureaux, 13, rue d'Enghien, lejeudi de 17 à 18 heures, seront suspendues du 13 août au 10 septembreinclus.et dix ans, quelquefois quatre-vingts ans... » Ces chiffrespeuvent paraître bien élevés pour un navire. U fautd'ailleurs faire la différence entre un navire de commerceet un navire de guerre. .Un navire de commerce dure aussi longtemps qu'ilpeut tenir la mer, que les marchandises et les passagersy sont en sécurité. Mais si les frais de réparation sontsupérieurs à la valeur du bâtiment, si la vitesse laisseà désirer, l'armateur doit se résigner, dans son propreintérêt et pour mieux lutter contre la concurrence, àfaire construire un nouveau bateau pour remplacerl'ancien.Pour un navire de guerre, ce sont d'autres considérationsqui entrent en jeu. Il faut, avant tout, qu'ilsoit capable de livrer bataille. Avec les progrès rapidesde la technique moderne, un bateau de guerre vieillitvite.De même qu'un homme doit continuer à travaillerpour se conserver jeune, un -bateau doit être employépour garder ses qualités. Dans l'inaction, l'un et l'autrese rouillent, mais tous deux doivent aussi prendre soind'eux-mêmes. Les bateaux sont soigneusement visitésdans tous leurs détails, ils sont nettoyés et repeints.Ces travaux les laissent parfois hors d'usage pendantdes mois.Trop vieux, les bateaux sont démantelés et vendus.LA SAUCE EAIT LE POISSONDie Woche.oici différentes sauces pour apprêter les poissonsV de toutes qualités :Sauce tartare (froide). — Passez au tamis trois jaunesd'eeufs durs, mettez-les dans le mortier avec deuxjaunes d'eeufs crus, une cuillerée à café de moutarde,du stel, poivre ; avec le pilon, tournez en ajoutant,goutte à goutte, 150 grammes d'huile, jusqu'à ce que lasauce ait pris bonne consistance ; vers la fin, ajoutezdeux cuillerées à café de vinaigre et deux cuillerées àsoupe de cornichons hachés.Maître d'hôtel (froide). —Maniez ensemble : beurre,persil haché, poivre blanc, sel, jus de citron ; placez aufond d'un plat et étendez par-dessus le poisson à lasortie du gril.Sauce bourgeoise aux câpres (chaude). — Faitesfondre 50 grammes de beurre avec une cuillerée à soupede farine, remuez sans cesse et laissez un peu blondir ;ajoutez alors de l'eau chaude nécessaire poui obtenirune sauce pas,trop épaisse; ajoutez 20 grammes debeurre, sel, poivre, deux cuillerées à soupe de câpres.Servez avec poisson grillé ou bouilli.Sauce flamande (chaude). — Dans 400 grammes debeurre fondu sur feu doux, délayez trois cuillerées àsoupe de moutarde de Dijon, puis le jus de deux citrons,sel et persil finement haché ; tenez au chaud au bainmarie,puis versez dans saucière chaude, pour accompagnerpoisson au court-bouillon.'Sauce béarnaise (chaude). — Faites cuire un verreà madère de vinaigre et deux cuillerées à soupe d'échaloteshachées jusqu'à réduction de la moitié. Retirezdu feu ; ajoutez quatre jaunes d'eeufs délayés dans unJmilieu d'un ban de crocodiles. Les corps des monstresétaient à moitié enfouis dans la vase.L'aviateur dut se traîner parmi eux, tirant des coupsde revolver pour appeler au secours.U vécut un véritable cauchemar, qui dura cinqheures, au bout desquelles il fut découvert par des indigènes,lesquels le transportèrent à Kampala.A TRAVERS LE GROENLANDComœdia./~\N sait que, pour protéger les populations lapones,peu nombreuses et qui fondent comme la neige ausoleil devant la race blanche et les habitudes qu'apportecette dernière, nul ne peut entrer au Groenland sansune autorisation spéciale.Cette autorisation a été accordée à deux jeunes étudiantsnorvégiens qui vont traverser en skis tout leGroenland, comme Fridtjof Nansen le fit dans sajeunesse.La permiss'on a été donnée à ces voyageurs d'aborderla côte occidentale du Groenland cet été, en juin ; et ilsespèrent atteindre la côte orientale après un mois demarche. Us se préparent depuis trois ans à cette expédition; quatorze chiens emmèneront les traîneauxchargés de provisions, des tentes, des couvertures etdes outils et des instruments. Les jeunes explorateursont l'intention de faire des observations météorologiqueset géologiques. De plus, ils participeront, en quelquemesure, aux recherches faites par dés expéditions allemandespour retrouver le professeur Wegener, quidevait hiverner près du grand glacier du Groenland etdont on est sans nouvelles depuis octobre dernier.CHIENS SAUVAGESThe Observer./~\N se souvient qu'à Constantinople, les chiens^-^ devinrent un danger. Va-t-il en être de même enNouvelle-Calédonie? On annonce, en effet, que lenombre des chiens sauvages en Nouvelle-Calédonies'accroît avec une rapidité inquiétante II y a quelquetemps, on les trouvait en quelques points de la colonie,vivant par petits groupes de deux à cinq. Aujourd'hui,c'est par bandes de quatre-vingts que l'on rencontre lesmalheureuses bêtes. Véritables loups affamés, ils se.précipitent sur les bestiaux, causant ainsi aux bergersdes dommages considérables. Va-t-il falloir organiserdes battues contre les chiens sauvages?Journal des Débats.PHILOSOPHIE DE L'HCM.ViE D AFFAIRE/""E que l'on peut appeler la philosophie de la vente^ à tempérament implique des observations intéressantessur le compte de la nature humaine.U semble qu'il ne soit pas possible d'apprendre à lagrande majorité des gens à savoir économiser. Us sesont habitués à dépenser tout ce qu'ils gagnaient au furet à mesure qu'ils le gagnaient. Ils aiment vivre ainsi.Us n'économiseraient qu'à la condition de s'endclter,semble-t-il. Achètent-ils de l'assurance-vie ou unemaison, on peut compter qu'ils feront face à leurs obligationsà même leurs revenus ; nurs il ne leur dit riende prélever sur leur salaire pour mettre de l'argent decôté à la banque ou en tirelire. Trop de besoins, oumieux, trop de désirs non satisfaits les harcèlent.Les esprits philosophiques sont d'accord pour direque c'est aussi bien de reconnaître ce trait de la naturehumaine et d'en tirer bon parti. Ils vous diront,àl'appui de leur assertion, que, la plupart allant se livrerquand même à la dépense, il vaut mieux qu'ils achètentdes articles de valeur, tels que des machines à laver,des radios, des automobiles et des pianos, que de dissiperleurs revenus à propos de détails et de « folichonneries» qui "ne constituent rien de permanent ou devéritablement utile.U est toujours plus facile d'exploiter les faiblesseshumaines que de les redresser. Les tenants de la venteà tempérament soutiennent qu'ils prennent les genstels qu'ils sont et les conduisent tout doucement versune vie plus confortable et plus large qu'il ne leur seraitpossible de vivre si quelqu'un n'avait imaginé le systèmeingénieux de la vente « à termes faciles »...LE BON SUCRELa Presse de Montréal.ÇXn reconnaît que le sucre est bon quand il est dur,w sonnant, léger, d'un goût doux'et agréable, quandil n'a aucune odeur étrangère, et qu'en fondant dansl'eau, il ne la trouble pas trop.Le sucre pur se dissout en totalité dans l'eau-de-vieou l'esprit de vin ; s'il ne s'y dissolvait qu'en partie,on pourrait considérer le résidu comme une matièreétrangère, ajoutée peut-être pour falsifier le sucre etaugmenter son poids. Pour faire cette épreuve, on metune petite quantité de sucre dans une cuiller d'argent,on verse de l'esprit de vin par-dessus et on fait chauffersur des charbons ardents. Le sucre de bonne qualitése fond entièrement, sauf quelque peu de poudreblanche qui trouble la liqueur.Le Nid.DUMAS PÈRE ET LA CUISINEr~\N entend par aliment, nous dit Dumas père, les subs-^ tances qui, soumises à l'estomac, sont assimilablespar la digestion et propres à réparer les pertes que faitle corps humain. La première qualité d'un aliment estdonc d'être aisément digestif. Cette définition est tiréedu petit dictionnaire de cuisine qui parut en 1882, chezLemerre, sous la signature posthume du puissant romancier,avec cette épigraphe : « On ne vit pas de ce quel'on mange, mais de ce que l'on digère. » Ceux quin'apprécient en Dumas père que ses qualités d'écrivainde roman d'aventures s'étonneront qu'il ait pu écriredes centaines de pages sur la cuisine; ils oublient qu'ilfut un grand gourmand pour qui les choses de la tableavaient leur importance. Un éditeur, dont nous ignoronsle nom, doit, d'ailleurs, réimprimer prochainement songrand dictionnaire culinaire qui parut en 1873 et qui,au contraire de l'autre, est absolument introuvable.LE CCEUR DU SPORTIFA Paris.r~\N sait depuis longtemps que le cœur du sportif estsoumis à de si rudes épreuves, que cet organe peutdevenir malade et même s'arrêter complètement s'iln'est pas ménagé dans, une certaine mesure. On croyaitjusqu'à présent que le surmenage physique amèneraitune hypertrophie du cœur, mais des études récentes— celles du docteur Riehards en particulier — ontmontré qu'en pareil c:.s, le cœur rétrécissait, au contraire.Lorsqu'un coureur, par exemple, tombe à bout eleforces, il donne l'impression d'étouffer. U veut aspirerprofondément et l'air n'arrive pas à ses poumons. Ilse plaint de douleurs dans le bas-ventre et il tombe surle côté, les genoux haut levés. Bien qu'il soit en sueur,-il se sent glacé. Le docteur Richards a passé auxrayons X le cœur de coureurs en cet état d'extrêmefatigue, coureurs professionnels et étudiants pratiquantle sport en amateurs. Chez tous, il a trouvé quele cœur rapetissait après l'épreuve sportive. Et c'estchez les coureurs de grand fond, exerçant leur professiondepuis des années, qu'il a trouvé les cœurs lesplus petits.Dès que le coureur s'est reposé, le cœur reprend sesproportions normales, grossit même une heure ou deuxaprès le début de la course. I,e docteur Richardsexplique que le rétrécissement de l'organe en questionprovient d'une crampe, produite elle-même parl'afflux d'acide lactique. Cette crampe peut disparaîtresi le coureur respire de l'acide carbonique qui dissoutl'acide lactique. La syncope survient vraisemblablementlorsque le cœur contracté n'est plus en mesured'envoyer du sang jusqu'au cerveau.Illustrirte Zeitung.COUPS DE SOLEIL!Ce sont les vacances IBientôt votre départ à la mer, à la campagne ouà la montagne.Sans doute, vous excursionnerez ; gardez-vousdonc de Phcebus dont les cuisantes ardeurs peuventgâcher vos vacances.Ayez soin de glisser, dans vos bagages, un pot ouun tube de Crème Siamoise de nuit dont lespropriétés vous permettront, par simple application,de guérir vos coups de soleil en quelques minutes,en même temps que purilier votre visage, despoussières de la journée.Employez aussi le matin la Crème Siamoise de Jourqui fera tenirvolre poudre toute la journée et vousévitera le brillant du nez d'un si disgracieux effet.


■iiiiiiin LE 2 AOUT 1931 'i«»«iiniM'»'H»ii


csiiiim PIMANCHE-ILLUSTRÉ iMiiiiiiiHiiiniuiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiii niiiniiiniiin iiiiiniiirïiiniii ' jg t>11111111111■ 11111111111111■ 1111>111■ 11■ M■ u11111■ [i■ ■ ■ i■ >■ i■ ■ ni1111■ ni■■ i>■ in LE 2 AOUT 1931 1 uJUMELLE MILITAIREperfectionnée d'État-MajorMarque " STREMBEL ?N°3.— Notre JUMELLE MILI-TAIRE perfectionnée d'État-Major est une excellente jumelleà tous points de vue. Sa monturerigide et résistante est de constructionéprouvée; on ne peutfaire mieux comme solidité. Quantà son élégance, il suffit de l'examineravec son gainage en cuirépais et son émail de luxe, pourapprécier combien cette jumelleest fine et gracieuse. Peu encombranteune fois fermée, elles'allongedoucement par la mollette centralepour donner toute sa puissance.Son optique est à six lentillesde précision, ses objectifsachromatiques ont 43 millimètresde diamètre et sa portée est de32 kilomètres. Elle est muniede bonnettes creuses très pratiquespour les yeux, de parasoleilsàglissières permettantd'observerles objets durant la pluieou le plein soleil, d'une boussoleindéréglable de précision, d'unétui cuir cousu, avec courroiebandoulière et une petite courroiepour porter la jumelle ensautoir. Son prix extrêmementréduit et les conditions avantageusesque nous offrons, permettentà tout le monde d'en fairel'acquisition.Prix: "ISO FrancsPAYABLES15 francs par Moisou au corr. ptant avec 10 % d'escompteN°4.Même modèle de qualité supérieure, optique de tout l" r choix, 220 fr„ 20 fr. par MoisVRegistre de Commerce236760 B^ ■ CRÉDITNS TOUTE*.N (Dan ton! siège soci fild noire catalogueO- 53.59)PMOf\? P. ANGÉLIQUE-COMPOINT.PARISCI8)JUMELLES A PRISMESMarque "STREMBEL"donnant le maximum de clartéûi-ti !>M.-,^,-..,i|..., : : 8 lois.tvcréluicnirHavane, avec courroie bandoulière et courroiesautoir;K°10 MODÈLE RÉCLAME - PRIX : 360 FR.Poids, sans étui :6i0gr. Avec étui : 860 grammes.N" 11. Bonne qualité ' Prix 00. »- N c '12/Très bonne qualité — 450.»N 1, 13. Qualité supeY.. choix extra... — 500. »p P«obl»s : ;tO,40 " 50 n»' ° 'SMODÈLES SUPÉRIEURS AVEC GRANDS OBJECTIFSN t^i. lionne qUaiiiê i*< >* ou. »N° 15. Qualité super., choix extra... — 600. »N» 16. Grossissement, 12 lois — 800.»N" 17. Grossissement, 1H fois — 1000 »Payables : 40. SO, 80 ou ÎOO francs parMOIS, sui.ant ie moaeie choisi.KaMtHWJtMM—Bl—g—EaiCONCOURS DE 1931-1932INSPECTEURdu CONTROLE de L'ÉTAT sur les CHEMINS de FERCarrière honorable, active. Cartel classe circulation.Pnntiîtînne " ** avoir de 21 à 30 ans ouplùs (serv. mil.)UUilUlllOnS >2° satisfaire concours. Rens. grat. parl'Ecols Spéciale d'Administration, 4, rue Férou. 4. Paria /fifmariage:le N?2 fr. - Spécimen gratuit:MTBÉRIOT I24,r. Milton.PARis-ENVOI seul PLI FEJtnt : \ franc|IL FAUT MAIGRIR-ans avaler de drogues, pour être mince et â la mode ou pourmPeuÎTOu» porter? HésiStat visible à partir du 5- jour, henvezen citant ce journal, à Mme COUHANT, 98 bon evard Auguste-Blunqui, Paris, qui a fait vœu d'envoyer gra{nltement recettesimple et efficace, facile à suivre en secret. Un vrai miracle (IKVOI FRANCO DO CATALOGUE GÉNÉRAL DE TOUS NOS ARTICLES;—BULLETIN DE COMMANDE —A remplir eti adresser à la Maison Pierre STREMBEL,Les Sables-d'Olonne (Vendée/Veuillez m'adresser votre Jumelle n° duprix de — francs que je paierai à raison-francs.par mois^au gré du souscripteur).a) te vremier versement à Ut réception, et ensuite ie verseraicliaque mois au compte dechtquespastaux. N AN T MIS.S' â'iîi.b) Ou au comptant avec 10 % d'escompte.Nom _ , ,Prénoms ,,, "Profession ou qualité——. ,Adresse de l'emploiDomicile -Ville•Le-Ttaver tes mentions inutiles.SlUNAÏUl'.E :ILe goût de vivres'en va en même temps que la santéNe vous arrive-t-il pas de vous sentir mal entrain, sans courage pour reprendre le travail quotidien.L'idée même dé ce travail vous est fastidieuseet vous attendez impatiemment la fin dela journée pour essayer de retrouver, dans un sommeil,souvent difficile, les forces qui semblent vousabandonner. Il est temps de réagir si vous ne voulezpas que votre état s'aggrave ; faites une bonnecure de la célèbre TISANE DES CHARTREUXDE DURBON, composée d'une sélection dé plantesaromatiques des Alpes, aux sucs merveilleux,dont les vertus dépuratives vous éviteront cesmisères, qui ont pour seule cause l'impureté devotre sang et vous recouvrerez, avec la santé, votrecourage et toute l'ardeur d'une nouvelle jeunesse.Le flacon, 14 fr. 80 dans les pharmacies. Renseignementset attestations : LaboratoiresJ. BERTHIER, Grenoble.TOUT I/HABILLEMENT POUR14P MOISI £>4COMPLETS DE VILLEFaçon soignée. — Grand Tailleur.Doublure laine.En belle SÈRGlTpURE LAINEbleu marine ou noire : 420 fr.En belle DRAPERIE LAINE.Qualité sup. Gris moyen ou foncé :485 fr., payab. 48 fr. par mois.RAGLAN GABARDINE.Beige foncé. Entièrement doubléTartan écossais: 236 francs,payables 24 francs par mois.CHEMISES belle PERCALE.Poignets Mousquetaire. 1 col soupleen pareil. Les 3 chemises assorties :95 fr., payables 12 fr. par mois.CHAUSSURES de Limoges,tout 1 er choix. Richelieu boxmarron : 129 fr. ; avec semellescrêpe, 135 francs,payables 15 francs par mois.Tous ces articles sont payables en 10 versements égaux,le 1 er contre remboursement, les autres chaque mois suivantsans frais. Envoi franco de port et d'emballage.TAILLEUR DAME. Façonmode. Très soigné. En Gabardinepiire laine, castor, brique oumarine : 225 francs,payables 22 francs par mois.ROBE crêpe imprimé. Fondmarine,' petits dessins mode, col etgarnitures : 248 francs, payables24 francs par mois.!BAS fi I, entièrement diminués,qualité supérieure, grisotte à jours,beige ou gris. Les 2 paires: 44 fr.CHAUSSURES. Tout 1" choix.Charles IX, 1 bride, talon c.ubain.En veau lisse, nègre ou noisette :125 francs, payables 13 fr. parmois. Forme SPORT, talonbottier. Box marron : 106 francs.SAC. Élégante pochette, 2 séparations,1 glace. Box fin, havane ounoir : 79 francs.Mesures à donner : tour de poitrine sur gilet on corsage,tour de ceinture et des hanches et grandeurtotale de ta personne.Adresser les commandes à la Maison R. CHARRIER Fils, confection ,15, rua des Teintureries,les SABLES-D'OLONNE (Vendée)«

More magazines by this user
Similar magazines