Vox Romana VIII - Lycée français de Singapour

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Mythe, arts et littératurepar les latinistes de 5 èmes et de 1 èresLe mythe de Didon et Enée est raconté par le poète latin Virgileau chant IV de son épopée L’Enéide. Après la prise de la ville de Troiepar les Grecs, le prince troyen Enée, fils d’Anchise et de Vénus, prend lafuite avec d’autres survivants. Il porte son vieux père sur ses épaules etemmène également son jeune fils Ascagne (ou Iule). Le destin d’Enéeest de naviguer sur les mers afin de trouver une terre propice à la fondationd’une nouvelle ville, qui deviendra plus tard Rome. Après biendes péripéties, une tempête pousse la flotte d’Enée vers les côtes africainesoù se trouve la puissante ville de Carthage. A la vue du beau etnoble Enée, Didon (ou Elissa), la reine de Carthage, tombe follementamoureuse et fait tout pour retenir le héros troyen dans sa ville. Didonet Enée vivent une passion très intense jusqu’au jour où les dieux olympiensrappellent le prince troyen à sa destinée. Enée informe Didon,pleine de rage, elle lui reproche sa cruauté et son insensibilité. Lorsqu’Enéequitte Carthage, Didon, incapable de supporter son départ,choisit de se donner la mort. Plus tard dans son périple, quand Enéedescend aux Enfers, il rencontre le fantôme de la belle Didon mais cellecirefuse de lui adresser la parole et s’éloigne. Le mythe de Didon estd’Enée demeure le symbole d’un amour tragique. Ce récit a inspiré denombreux artistes : Scarron, au XVII ème siècle écrit une parodie dumythe, au XVIII ème siècle, Marmontel écrit le livret d’un opéra.Cependant la reine DidonPerdait sa face de dondonPour prendre celle d’une éthique,Tant amour forcené la piqueEn vain, pour ce feu violet,Causé par un désir follet,La pauvrette boit à la neigeSon chaud tourment point ne s’allège.L’insensée a beau boire frais,Elle ne se fait que des frais.Tantôt d’Aeneas (Enée) le mériteFait sa poitrine une marmiteQue fait brûler bûche et tison ;Et tantôt la bonne maisonDe ce ravissant personnageDonne l’assaut à son veuvage ;Et puis son visage charmantVient lui troubler l’entendement.Cette pauvre reine des follesS’arrête à ses moindres paroles,Toute seule s’en entretient,Puis elle dit : "Mon cœur en tient,Mon cœur à l’amour si rebelle,Et ma franchise en a dans l’aile.Hélas ! que ne l’ai-je paré,Le rude coup qu’on m’a tiré !Scarron, Virgile travesti, Livre IV, 1653Enée et Didon, P.-N. Guérin, 1815, insecula.comDIDON.Il est parti, ma sœur. O toi, qui me condamnes,Ombre de mon époux, cesse de murmurer.(Aux prêtres.)Qu'on prépare un autel ; je veux fléchir sesmânes.Que le bûcher s'élève ; et que sans différerJ'y brûle d'un ingrat les dépouilles profanes.Sur ce bûcher, ma sœur, que je veux allumer,Pour détruire à jamais un souvenir funeste,Nous allons du Troyen déposer ce qui reste,Et l'y voir consumer.(A ses Femmes.)Qu'on m'apporte en ce lieu ses dépouilles, sesarmes;Je veux, sur le bûcher, les placer de ma main.Marmontel, Didon, Acte III, Scène 8, 1783

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