Fenêtres sur cours - SNUipp

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( )(fenêtres)sur . courssur . coursN° 294 15 janvier 2007EditActu5Dossier14Métier20uneRéflexions2820 JANVIER :Manifestation nationaleà ParisFINLANDE :Regard sur le 1er de la classe en EuropeCARTE SCOLAIRE :les chiffres académiques sont tombés.DIRECTION :pistes et réflexions pour améliorerle fonctionnement de l'écolePORTRAIT :Mathieu : dans l’espoir d’une permutation.CYCLE 2 :produire des écritspour apprendre à lire,reportage à PoyanneVIE SCOLAIRE :note à suspendreLEUR AVIS : Baisse du pouvoird'achatSPORT ET VIOLENCE :des rapports troublesINTERVIEW :Henri Peyronie revient sur les40 ans des sciences del'Education.Nos voeux les plus sincèresiront évidemment à nosélèves, aux enseignantsqui, chaque jour, se mobilisentpour assurer leur métier dansun contexte pourtant dégradé.L'année 2006 aura en effet étéune année difficile pourl'école: propos méprisants etautoritarisme de la part duministre, dégradation desconditions de travail,inégalités qui s'accroissent.Nos voeux et surtout notresoutien iront aussi aux plusexclus, les sans-papiers, lessans-logis, les sans-emploi, quise battent pour leurs droits etleur dignité.Ces voeux s'accompagnent del'engagement de ne pasrenoncer, de ne pas accepterles régressions toutparticulièrement celles quipèsent sur l'école et sespersonnels : effectifs, directiond'école, remplacement,sanctions, la liste est longue quinous conduit à manifester le 20janvier à Paris. Assez de mots,assez de maux ! Noussouhaitons nous engager danscette nouvelle année, tousensemble, avec l'espoir et ladétermination de nousmobiliser pour l'école, pourl'égalité, pour les droits, pourtous et toutes.Sophie ZafariEst joint à ce numéro 1 encart publicitaire


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ActuExactementtrois quarts des collégiensarrivent en 4 ème sans avoirredoublé. Le nombre d'élèves ayantredoublé, encore élevé,a diminué de 11% en 10ans.SEGPA3ème4ème5ème6ème3%1%73%21%2%DEVENIR DES ELEVES7 ANSAPRESLEURENTREEAUCPFilles78 %Mèreou Pèrepossédantle bac88 %Mère sansdiplôme50 %Père sansdiplôme57 %Ensemble73 %Enfantsde cadres90 %Garçons69 %Enfantsd'ouvriers63 %L'école peine à réduire lesinégalités sociales :seulement 47% des enfantsd'inactifs ne redoublent pasavant la quatrième, contre93% des collégiens dont lepère est cadre ou enseignant.Et pourtant, ces écartstraduisent un resserrementdes disparités sociales deréussite par rapport à ce quipouvait être observé dans ladécennie précédente : en1995, 35% des enfantsd'inactifs arrivaient en 4esans redoubler.Situation scolaire des élèves, 7 ans Taux d'accès en 4ème sans redoublement (élèves entrés au CP en 1997)après leur entrée au CP (en 1997) Source : Repères et références statistiques – édition 2006OZPUN MANIFESTEPOUR LES ZEP“Retrouver le sens de l’éducationprioritaire », tel est le but des 10propositions avancées par les enseignantsde l'Observatoire deszones prioritaires (OZP) dans un manifestepublié le 9 décembre*. Un brin provocatricecette formule, mise en exergue, « Donnerle meilleur est plus important que donnerplus », montre d’emblée l’importance accordéepar l’association au fonctionnementet à la formation des enseignants de ZEP.Ainsi dans « les zones où il n’y a pas deprojet local adapté, inter degrés et partenarial,la réduction des effectifs par classen’entraîne pas à elle seule de progrès décisif». De même dans ces endroits, « leséquipes ont plus besoin de temps et d’accompagnementque de primes compensantla pénibilité du travail ».Pour l’OZP, l’éducation prioritaire se définitd’abord par son ambition pédagogique. Lapriorité est donc de garantir la présence despersonnels capables d’innover et de généraliserles pratiques pédagogiques qui ontréussi «pour que les besoins spécifiques detous les élèves soient mieux pris en compte».Ainsi l’effort doit essentiellement seporter sur « la formation continue conçuecomme un accompagnement et un échangede pratiques » et par du « temps pour laconcertation et l’accompagnement ».Une direction à prendre, qui demande de véritablesmoyens, et qui permettrait aux ZEP,d’être, selon l’OZP, ce laboratoire où se préparentles réformes de l’éducation.Philippe HermantL'ANDEV VISEL'OBJECTIFMIXITE SOCIALELa mixité sociale passe avanttout par « une politique de diversificationde l'habitataudacieuse »selon l'enquêtemenée parl'ANDEV (associationnationaledes directeursde l'éducation desvilles) et présentée lors de soncongrès annuel consacré à«l'école au cœur des politiquesde la ville». En outre, les directeursde l'éducation interrogésreconnaissent l'utilité de la sectorisationscolaire pour lutternotamment contre la ségrégationscolaire et fondent « leurespoir sur le terrain à partir desprojets d'école ou de quartier ».Reste que, si pour ces derniers,la rénovation urbaine nécessited'être associée à une politiquede réussite éducative, celle-ci seheurte actuellement au désengagementfinancier de l'état.5


ActuDESFINAUDSCESFINNOIS !8La Finlande détient lesmeilleurs scores del’enquête PISA 2003(programmeinternational pour lesuivi des acquis desélèves) comparant desélèves de 15 ans de41 pays de l’OCDE :1ère en lecture, ensciences et enmathématiques.Comment ont-ils fait ?Reportage au pays desrennes et du Père Noël.“L’élève est un client » avanceClaude Anttila, ancienne professeureau lycée françaisd’Helsinki, manière de direque l’école finnoise a su mettre au centre dusystème éducatif l’élève en tant qu’individuresponsable, le respecter dans ses rythmesd’apprentissage et le soutenir pour qu’il réussisse.Kari Pitkanen, directeur au ministèrefinlandais de l’éducation de la direction généralede l’enseignement, ajoute qu’il n’y a «pasde programme strict à suivre, mais des résultatsà atteindre» et que « si un enfant a desdifficultés, nous estimons que c’est notrefaute, c’est à nous de trouverune solution ». Ce n’est doncpas un hasard si la Finlande seclasse en tête des évaluationsPISA au sein de l’OCDE. « Laperformance sur l’échellecombinée de compréhensionde l’écrit est supérieure à cellede tous les membres del’OCDE » affirme le rapportPISA de 2003. *Pays presque aussi grand quela France en superficie, maisde seulement cinq millions d’habitants, laFinlande a connu un revirement de situationdans les années 70. Elle a décidé de mettrel’élève au centre du système éducatif, commela France l’a fait vingt ans plus tard avec la réformeet les programmes de 1989. Les résultatssont indéniables. Au pays des rennes et duPère Noël, les écoliers sont devenus deschampions.Mais l’excellence des résultats scolaires tientd’abord à l’organisation et au fonctionnement“ le système d’évaluationse veut non sélectif… pas denote, pas de redoublement,pas de programme obligatoire.L’évaluation ne sertpas à vérifier si l’élève esttoujours apte à poursuivreles apprentissages mais àlui indiquer ses points fortset ses points faibles “des équipes. La liberté pédagogique n’est pasun vœu pieux. L’enseignement rime avec laresponsabilisation des enseignants. A eux demettre en oeuvre tous les moyens pas seulementpour lutter contrel’échec scolaire, mais aussipour amener chaque enfantau maximum de ses possibilités.Cette obligation va jusqu’àla prise en charge de ladifficulté par une remédiationorganisée par le titulaire de laclasse dans et hors le tempsscolaire. Un travail rendupossible par la présence dansde nombreuses écoles demaîtres surnuméraires, desenseignants débutants, permettant l’organisationde groupes de niveaux, le décloisonnement,etc. Toutes les classes de maternelle ensont pourvues, ce qui témoigne d’une prise encharge précoce de la difficulté. Et si cela nesuffit pas, les maîtres peuvent faire appel àdes « special teachers », enseignants spécialisésprenant en charge les élèves en difficultéindividuellement ou en petits groupes de 4 enfantsau maximum. « La prise en charge desélèves en difficulté est immédiate dès la détectionde celle-ci. Elle est effectuée par le


La pédagogie active,atout maître dusystème éducatif enFinlande.Les écoles finnoises fontde la prise en chargeprécoce de la difficultéune priorité.professeur lui-même et de manière individualisée.On ne laisse jamais un enfant en difficultésans aide » explique Erkki, un enseignantdébutant d’Helsinki. L’équipe est complétéepar un psychologue scolaire par école.Environ 17% des écoliers bénéficient ainsid’un appui individualisé. Au final, la Finlandeest le pays où il y a le moins d’écart de niveauentre les élèves selon leur catégorie sociale.Quelques spécificités sautent aux yeux. Cen’est qu’à partir de 7 ans que les enfants apprennentà lire. Jusqu’à 9 ans ils ne sont absolumentpas notés. A cet âge, ils sont évaluéspour la première fois, mais de façon non chiffrée.L’élève dispose dans chaque classed’instruments de musique, pratique les artsplastiques, le sport et l’informatique. Dèsqu’un écolier sait écrire, on lui attribue uneadresse mail. L’effectif par classe est plutôtléger, entre 15 et 25 élèves maximum. Le travailen équipe est de rigueur, et les pratiquessont basées sur une pédagogie active s’appuyantd’abord sur les expériences et initiativesdes élèves. Création d’un environnementfavorable au jeu, discussions, pratiques sportivesl’après-midi… sont les maîtres mots dusystème finnois.Ce qui caractérise l’enseignement fondamen-tal de 7 à 16 ans appelé « Peruskoulu » estl’homogénéité du niveau des élèves, auquelparvient le système éducatif. Un des aspectsles plus connus du système finlandais est la libertéde choix laissée aux élèves pour organiserleur temps scolaire et leur cursus et ce, dèsle début de la scolarité. Une liberté mise enœuvre progressivement, en fonction de leurdegré de maturité. Par exemple, si la classedure jusqu’à 16 heures, ceux du primaire quile souhaitent peuvent quitter l’école dès 15h,ou rester après 16h pour du soutien scolaire.Une autre des clefs est la place faite aux parents.Leurs associations représentatives siègentau sein des structures organisatrices (leplus souvent les communes) avec un pouvoirdécisionnel équivalent à celui des autres partiesprenantes. Il s’agit d’un système basé surune coopération entre partenaires égaux, la loiprécisant que « l’éducation doit être organiséeen coopération avec les familles et tuteursdes écoliers afin qu’ils reçoivent l’éducation,les conseils et les soutiens qui correspondentà leurs besoins spécifiques et à leur niveau dedéveloppement ».«L’intégration ici l’emporte sur la sélection»témoigne Jean, un jeune ingénieur françaisqui ne tarit pas d’éloges sur le système finlandais: le système d’évaluation se veut non sélectif…pas de note, pas de redoublement, pasde programme obligatoire. L’évaluation nesert pas à vérifier si l’élève est toujours apte àpoursuivre les apprentissages mais à lui indiquerses points forts et ses points faibles, afind’améliorer ces derniers. Le choix de l’orientationprofessionnelle ne survient pas avant16 ans, voire plus tard encore. L’objectif de lascolarisation obligatoire, est avant tout d’accéderà une culture commune, « d’engrangerun bagage de connaissances de base important». Voilà comment les élèves finnois sontdevenus les plus finauds des élèves.Leean Käriävahen*"http://www.pisa.oecd.org"DES ELEVES MAUVAIS EN RIEN !Depuis 2000, la Finlande se classe parmi les meilleurs élèves aux évaluations PISA(Programme international des acquis des élèves) organisées par l’OCDE. Lors de la premièreenquête, sur 43 nations étudiées, le pays était 1er en lecture, 3 e en sciences et 4 e enmathématiques. En 2003, il améliorait ses résultats se classant à la 1ère place pour chacunede ces trois disciplines et 2 e pour la résolution des problèmes. Parmi les critères de réussiteobservés par diverses études nationales ou internationales on note que 99,7% des élèves suiventleur scolarité jusqu’à 16 ans au moins, âge auquel se termine l’enseignement fondamental.A cet âge, les écoliers finnois sont ceux qui connaissent le mieux leur langue maternelledans toute l’OCDE, situation d’autant plus remarquable que le pays est quasimentbilingue en raison d’une forte implantation du suédois. Sur le plan des résultats, la Finlandeest aussi le pays où l’écart entre filles et garçons est le plus réduit, celui où l’impact des inégalitéssociales à l’école est le plus faible.9


10ActuDLES EVSREUNIS DANS LES DEPARTEMENTSes sections départementales du SNUippont réuni les emplois de vie scolaire(EVS) avant les vacances afin de leur donner laparole sur leurs situations, leurs revendications…Ces réunions ont rassemblé de nombreuxEVS, 60 à Caen, une cinquantaine dansl’Hérault, les Hauts de Seine, en SeineMaritime et à Paris, 40 en Gironde, une centainedans le Doubs et le Maine et Loire…Les EVS (30 000 recrutés sur les 50 000 prévu)se scindent majoritairement en deux tranchesd’âge, les moins de trente ans et les quadragénaires,voire quinquagénaires. Globalement, lamission qui leur est dévolue dans l’école « leurplaît ». Face au terme de leur emploi en juin,certains souhaitent une création d’un « vraimétier, comme les ATSEM pour l’école maternelle», même s’ils regrettent parfois unmanque d’investissement des équipes enseignantesà leur sujet.D’autres problèmes subsistent. Leurs missionsne sont pas toujours respectées, comme le rapporteune EVS du Doubs : « déblayer un grenierfait-il partie des tâches administratives del’aide à la direction ? ». Certains ne touchentleur premier salaire que plusieurs mois aprèsleur prise de fonction, et leurs prestations socialesprécédentes ne sont plus versées depuisl’embauche…Les démissions restent également nombreuses,par exemple le département de Paris a enregistré52 démissions d’EVS en contrat d’aide àl’emploi entre le 5 octobre et le 24 novembrepour un total de 115 postes. Une circulaire interministérielledu 21 décembre 2006 relancedès janvier le recrutement de 20 000 EVS(contrat de 6 mois). Elle précise en annexe lesmissions pour les EVS-AVS et pour l’assistanceadministrative à la direction d’école dansdes « fiches métiers ». Afin de faire le point surl’ensemble des situations et de faire vivre lesrevendications des EVS, le SNUipp organiseraune journée nationale des EVS le 21 mars.Arnaud Malaisé« La pratique syndicale doit mettre au coeur desa réflexion les questions professionnelles et lestraiter dans toutes leurs dimensions. (...) Uneautre nécessité pour le syndicalisme enseignantest de refaire du sens autour de l'école et de sesmissions. »André D. Robert, professeur en sciencesde l'éducation à Lyon IIENSEIGNEMENT DES MATHEMATIQUES AU CYCLE 3STABILITÉ DU NIVEAU DES ÉLÈVES, MAIS QUELQUESPOINTS NOIRSL'Inspection générale, dans un rapport sur « l'enseignement des mathématiquesau cycle 3 », constate une stabilité du niveau des élèves depuisle début des années 1980 ainsi que le respect des programmes et des horairesofficiels.Elle apprécie la place centrale de la résolution de problèmes dans les pratiquesmême si elle juge qu'elle n'a pas été suffisamment accompagnée pardes actions de formation, qui permettraient plus de différenciation pédagogiqueet de remédiations.Les inspecteurs généraux proposent un rééquilibrage, dans les progressions et lors des séances, enaccordant davantage de place aux exercices d'entraînement. Le temps de calcul mental doit devenirsystématique, et une attention plus importante doit être accordée à la connaissance des tables,aux opérations posées et instrumentées.Dans sa volonté de modifier les programmes pour les adapter au socle commun, le ministre a décidéde ne pas se contenter de ce rapport, somme toute mesuré. Un groupe de travail rendra sesconclusions le 23 janvier.Le rapport : "http://media.education.gouv.fr/file/46/0/3460.pdf"Daniel Labaquère13Bouches-du-RhôneDu 29 janvier au 2 février,Marseille sera le théâtre du cinquièmecongrès de la FSU. 800 délégués sontattendus, ainsi que de nombreusesdélégations françaises et étrangères. Quatrethématiques seront discutées : éducation,formation, recheche; l’avenir des servicespublics; les alternatives économiques etsociales; la FSU dans le mouvementsyndical.PROJET DE CIRCULAIRE DE RENTREEPriorité à la mise en place du socle commun.Le projet de circulaire de la rentrée prochaineprésenté aux organisations syndicalesmet l'accent sur « les apprentissages fondamentaux» et confirme des changementsannoncées concernant les programmes (voirFSC n°290). Le texte précise à cet effet que«des groupes d'experts veillent à la révisiondès le printemps 2007» de tout ce quiconcerne la maîtrise de la langue, les mathématiqueset l'enseignement d'une langue vivanteétrangère dès le CE1. Le SNUipps'adresse au ministre pour que toute modificationse fasse dans la concertation la pluslarge et éviter ainsi toute tentative de retouren arrière des orientations de 2002. Sans caricaturerla réalité du terrain et les enjeux pédagogiques.SALAIRES : LA PETITIONREMISE AU MINISTERELes cinq fédérations de fonctionnaires (CGT,CGC, FO, FSU, Unsa), ont déposé mercredi les100 000 signatures de la pétition demandant deshausses de salaires au ministère de la Fonctionpublique. Aucun accord n'ayant été trouvé en2006, le ministre avait décidé de deux revalorisationsde 0,5%, l'une au 1er juillet 2006 et l'autreau 1er février 2007, complétées par l'attributiond'un point d'indice supplémentaire à chaqueagent au 1er novembre 2006. Les signataires dela pétition estiment que les augmentations accordéespour l'année 2006 ont entraîné une « nouvelleperte » de leur pouvoir d'achat, après lecontentieux cumulé depuis 2000 (perte évaluée à5% entre 2000 et 2004). « Nous réclamons l'ouverturede négociations sur cette question avantle mois de février », a déclaré Gérard Aschieri(FSU). Les cinq fédérations envisagent une nouvelleinitiative dans la semaine du 5 au 9 février.


1- Paris2- Créteil+103- VersaillesRennesCARTE SCOLAIRE 2007+100Guadeloupe- 13Martinique- 32Guyane+70Réunion+14+17+86CaenNantesRouenAmiensLilleNancy1- Metz32 72-Reims73 StrasbourgOrléans-25ToursBesançonPoitiers Limoges+-926+11Clermont-FerrandBordeaux+91-20+84+44-7SuppressionsCréations+31+2Toulouse+27Dijon+45MontpellierLyon+86AU REGIME MINCEUR+2+2GrenobleAixMarseilleNiceCorseLe ministère vient de donner la répartitionacadémique des 459 emplois sur les500* créés pour répondre aux augmentationsd'effectifs : 24 000 élèves supplémentairessont prévus à la rentrée 2007 dansle premier degré. Cette dotation signe une nouvelledétérioration du rapport global entre lenombre d'enseignants et les effectifs. Les écolesseront encore en difficulté pour répondre àl'amélioration des apprentissages et aux missionsqui leur incombent toujours plus comme lascolarisation des élèves handicapés, les PPRE..., missions qui nécessitent d'autres mesures queles éternels «redéploiements». Par ailleurs lasuppression de 300 intervenants extérieurs enlangue réduit d'autant les moyens d'enseignementmis à disposition des écoles. Enfin la diminutionannoncée des effectifs en maternelle estaussi liée au recul de la scolarisation des 2 ans.Ce sont les académies de Reims, Nancy-Metzou encore Caen qui continuent d'afficher despertes importantes du fait de la baisse démographique.Maintenant les recteurs ont la responsabilité derépartir les emplois entre les départements. Maisles exhortations ministérielles pour une améliorationqualitative (maintien du service publicdans les zones rurales, réussite des élèves issusdes catégories sociales les plus défavorisées...)risquent d'être vaines dans ces conditions.* 41 emplois restent en réserve pour la rentrée-8+2-16-16Michèle FrémontRESFDEUX MILITANTS EN GARDE À VUELe 19 décembre 2006, deux militantsdu RESF (Réseau éducation sans frontière)dont Florimont Guimard, professeurdes écoles à Marseille et militantdu SNUipp, ont été convoqués au commissariatdu 2ème arrondissement. Lamesure faisait suite à leur participationà une manifestation le 11 novembrecontre l’expulsion de M. Douidi, pèrede deux enfants scolarisés dans le 1erdegré. Ils ont été placés en garde à vueà l'hôtel de police de Marseille puis libérés.Florimont Guimard est maintenantcité à comparaître pour « violenceavec arme » en mars. L'arme enquestion est sa voiture avec laquelle ila suivi la voiture de police qui emmenaitla famille pour savoir où elle étaittransportée. Le SNUipp et la FSU lessoutiennent et ont demandé l’arrêt de laprocédure judiciaire à leur encontre.RÉBELLIONDANS LES HAUTES-ALPESPlus d’une centaine d’enseignants desHautes-Alpes se disent prêt à refuserl’inspection individuelle. À l’appel duSNUipp, du SGEN-CFDT et de Sud-Education, ils ont signé une pétition pourle retour au dispositif d’accompagnementd’équipes d’écoles, forme qu’avait prisele système d’inspection dans le département.Ce processus novateur, mis enplace en 2000, permettait une évaluationformative des enseignants dans le cadrede l’équipe pédagogique, la note étant,elle, liée à l’ancienneté. Sans évaluer ledispositif, l’Inspecteur d’académie a décidéd’y mettre un terme et de revenir à lanote individuelle. Les enseignants nedésarment pas et les pétitions seront portéesà l’IA le 17 janvier. En cas de refusde négociation, les enseignants engagésdans l’action notifieront leur refus d’êtreinspectés.11


12REMPLACEMENTSLA PENURIE EST EN AVANCE CETTE ANNEEDans de nombreux départements, l’état du remplacement est critique. Cette situation entraîne des conséquences,comme des classes surchargées ou des stages annulés, qui pèsent dans le quotidien des écoles.En matière de remplacement, derrièreles chiffres officiels se cachent des situationsdisparates, voire inquiétantesISSRselon les départements.Le dernier indicateur ministériel connu à cejour indique un taux de remplacement effectifde 91,63% en 2004/2005. Mais pour cettemême année, les absences d’enseignants dupremier degré étaient remplacées à 99,69%dans les Yvelines contre 69,51% en Savoie.Au vu d’une profession féminine à plus de80%, la part des congés maternité représente44% des absences.Pour cette année, de nombreux départementsfont état d’une situation critique, qui sembleencore plus avancée que l’an dernier.L’Inspecteur d’académie de Lyon reconnaît «une pointe d’absences qui n’est pas habituelleà cette époque, la situation est d’ordinaireplus tendue vers février ». L’Hérault chiffre443 jours non remplacés en novembre contre130 l’an dernier. Et le Pas-de-Calais devraitdépasser les mauvais chiffres de l’an dernier,11 680 journées non-remplacées pour un départementcomptant 9 000 enseignants du premierdegré. Cette situation conduit, entreautres, l’administration départementale à déplacerpuis supprimer des stages de formationcontinue afin de récupérer par ce biais desmoyens de remplacements. Le SNUipp 62 estinquiet pour les congés maternités débutant enjanvier ou février. Dans ce département, là oùles enseignants et les parents d’élèves se mobilisent,les titulaires absents sont remplacés,au détriment des autres écoles… Dans leGard, où 130 classes n’ont pas été remplacéesen novembre, l’administration « bricole » égalementl’envoi de remplaçants en fonction despressions parentales.Dans l’Aude, le déficit en personnel est de11,25 malgré les ineats accordés depuis septembre.Cette situation a conduit à nommerdes titulaires mobiles sur les postes vacants cequi fait que certaines absences d’une semainen’ont pas été remplacées, en maternelle oudans des écoles à 4-5 classes. La règle impliciteconsiste à remplacer prioritairement lesenseignants d’école élémentaire et de petitesécoles où la répartition des élèves de l’enseignantabsent dans les autres classes conduit àdes difficultés insurmontables.Dans la Sarthe, 50 congés n’étaient pas remplacésen décembre pour 2 800 enseignantssur le département. L’intersyndicale départementaleva engager une campagne de pétitionet d’affichage à la rentrée englobant le déficitde remplaçants, la direction d’école et la cartescolaire. Et comme dans le Pas-de-Calais laformation continue en pâtit, des stages de directionet un stage T1 ont été annulés. Àl’échelle nationale, la part du remplacementeffectuée par des titulaires mobiles affectés auremplacement des stages de formation continuea crù de 3,74% en 2003/2004 à 4,13% en2004/2005.La formation initiale est aussi touchée. Dansla Vienne, une dizaine de PE2 ne partiront pascomme prévu à l’étranger pour y effectuer leurstage massé en responsabilité mais remplacerontles T1 en stage ainsi que les directeurs.Classes surchargées suite aux répartitionsd’élèves, élémentaire privilégiée par rapport àla maternelle, stages de formation annulés…les conséquences de non-remplacement desenseignants absents pèsent dans le quotidiendes écoles.Arnaud MalaiséLISTES COMPLEMENTAIRESEN ATTENTEHabituellement, des personnels, recrutéssur liste complémentaire, occupentles postes vacants qui se découvrentdans les départements. Enattendant ces postes sont occupés pardes titulaires remplaçants soustraitsde leur fonction première. Or cetteannée, pour des raisons budgétaires,la majorité des académies ne débuterale recrutement des listes complémentairesqu’à la rentrée de janvier.Ce qui handicape les brigades deremplacement.QUÈSACO ?L’indemnité de sujétion spéciale deremplacement est une rémunérationqui varie selon les tranches kilométriquesentre l’école de rattachement etl’école où s’exerce le remplacement.Jusque-là, un montant couvrant tousles jours de la période de remplacement,mercredis et week-ends compris,permettait de payer les frais dus auxdéplacements et aux sujétions spécialesliés à la fonction ( adaptabilité àdes niveaux, à des écoles, à des horairesdifférents). Avec les nouvellesmodalités ne prenant plus en compteles journées travaillées, l’indémnité necorrespond plus à ce qui fait la réalitéde la fonction.ISSR : MOBILISATION DANSLES DÉPARTEMENTSLes modifications du versement de l’ISSRen cours dans plusieurs académies changentles règles au milieu de l’année scolaire en diminuantson montant. Dans l’Hérault, lagrève du 14 décembre a mobilisé plus de lamoitié des personnels concernés. Près de300 personnes étaient rassemblées devant lerectorat de Bordeaux, le 11 décembre lors dela grève académique. Le SNUipp estime que« les fonctions de titulaires remplaçants sontdes fonctions difficiles qui nécessitent unebonne connaissance des différents niveauxd'enseignement (de la petite section de maternelleà la 3e de SEGPA), des écoles et établissements,ainsi que des différents publicsd'élèves ». Il juge que « ces mesures risquentde provoquer une dégradation du remplacementdans le premier degré » et demandel’ouverture rapide de discussions sur « l'organisationdu remplacement et la prise encompte des services partagés ». La manifestationnationale du 20 janvier apparaîtcomme une nouvelle étape pour cette mobilisation.


arrêté réformant le cahier des chargesde la formation des maîtres a étépublié au journal officiel pendant lesvacances le 28 décembre. La formation desenseignants est dorénavant basée sur l'alternanceet la maîtrise du socle commun tandis que lesenseignements sont organisés autour de 10compétences telles la maîtrise de la languefrançaise ou la gestion de la classe. Pourtant leprojet avait été fortement critiqué. Et, jeudi 14décembre, le Conseil supérieur de l'éducationl'avait rejeté. Le SNUipp qui a voté contre, adéploré l'occasion manquée par le ministère dedonner une véritable dimension universitaire à laformation des maîtres. Un réel manqued’ambition pour une réforme qui ne répond pas« aux besoins des écoles et à la nécessairetransformation de l’école pour la réussite detous les élèves. » Les interventions syndicalesont permis des modifications sur quatre points :le rétablissement de l'année de préparation auconcours, le rôle des enseignants maîtresformateursdans l'évaluation des compétencesdes stagiaires, la suppression du rôled'évaluation des directeurs d'école et la mentionde l'aspect professionnel du concours.Modifications insuffisantes pour le SNUipp carau final, le texte du ministère pèche toujours parFORMATION DES MAITRESUNE OCCASION MANQUEEL'arrêté sur le cahier des charges de la formation des enseignants est paru le 28 décembre au journal officiel.Pourtant, quinze jours plus tôt, le Conseil Supérieur de l'Éducation avait voté majoritairement contre ce texte quipour ses opposants ne répond pas aux besoins de l'école.L’ses lacunes. En ce qui concerne le premier degré,la suppression du mémoire remet en cause lanécessaire articulation entre enseignement etIUFM, entre pratique et théorie. Lareconnaissance universitaire de la formationn'est pas satisfaisante, la délivrance d'ECTS(Système européen de transfert de crédits) est endeçà de ce qui était prévu dans la loid'orientation et ne donne pas le niveau master.Le stage filé est officialisé sans qu'aucuneévaluation du dispositif mis en place à cetterentrée n'ait été faite, cela même alors que desproblèmes persistent. Des stages de formationsont prévus la première et la deuxième annéed'exercice sans qu'aucun moyen particulier nesoit attribué à cette mesure. Plus généralement,le SNUipp s'inquiète de l'absence de cadrageprécis. Une commission nationale d'évaluationde la formation des maîtres est instituée par letexte mais rien ne vient préciser son pouvoird'intervention et ses moyens. Le risque pour lesyndicat est que l'équité de formation surl'ensemble du territoire ne soit pas garantie.Autre crainte, celle exprimée par la conférencedes directeurs d'IUFM qui, la veille du CSE,s'alarmait du manque de moyens de pilotage desfuturs IUFM intégrés aux universités.Cette réforme qui paraît au moment où lespremiers instituts vont entrer dans le giron desuniversités (Versailles, Créteil, Reims, Limoges,Aix-Marseille et Grenoble) génère beaucoup dedoutes et de questions. Elle montre l’importancedes choix qui seront faits au sein des IUFM et lerôle que jouent les élus dans les conseilsd’administration.Lydie BuguetÉLECTIONS IUFMLA FSU EN HAUSSELes résultats des élections aux conseilsd'administration de l'IUFM montrent unelégère baisse de la participation. Cetteannée, elle est de 19,24%, contre 20,25%en 2005, mais s'avère très variable d'un départementà l'autre. Avec une légère haussede ces résultats (+0,98%), la FSU restela première organisation représentative enrassemblant 50,92% des suffrages, devantle SE-UNSA (24,51%) et SGEN (9,18%).À l'heure où le cahier des charges vient deparaître et où six premiers IUFM vont êtreintégrés aux universités, la FSU comptebien peser dans les conseils d'administrationsur les choix qui seront faits quant à laformation initiale des professeurs desécoles.Mmauvaise note pour le ministre dela fonction publique, ChristianJacob. Cinq organisations syndicalesde fonctionnaires (FSU, CGT, FO,CGC, UNSA) lui reprochent en effet, sa volontéde remplacer la notation des personnelsde la fonction publique par des entretiens individuels,« sans discussion préalable sur lesconditions de mise en œuvre de l'évaluation etde ses conséquences en terme de déroulementde carrière ». Cette mesure qui ne concernepas les enseignants a été présentée au parlementen décembre sous forme d'amendementau projet de loi de modernisation de la fonctionpublique. Elle devra rentrer en vigueur auNOTE EN DESACCORDSMAJEURSprintemps prochain à titre expérimental. Déjà,l'Éducation nationale s'est portée candidatepour les personnels administratifs. Même siles faiblesses du système de notation méritentd'être discutées, il reste que le dispositif annoncén'offre aucune garantie en terme detransparence et de déontologie.Rien à voir donc, pour l'heure, avec une miseen œuvre concertée d'une forme d'évaluationqui vise à l'accompagnement des équipes etdes écoles, donnant plus de place à la cohérenced'équipe et à la formation comme le demandele SNUipp.Sébastien Sihr13


DossierBONNES DIRECTIONSPOUR L’ ECOLE ?14Interroger aujourd’hui laplace de la direction auprimaire renvoie àl’organisation et aufonctionnement del’école dans sonensemble .Une question qui n’a desens qu’au regard duprojet de faire réussirtous les élèves.Dans l'ensemble de ce dossier, le termedirecteur a été retenu alors que nous savonsqu'une majorité d'entre eux sont desdirectrices en maternelle comme enélémentaire. Un usage sans volontédiscriminatoire qu’il nous faudraitquestionner.Dossier réalisé parMichèle Frémont, Daniel Labaquère,Pierre Magnetto, Sébastien SihrLLe fonctionnement de l'école à marcheforcée.Si de longue date les écoles exprimentdes attentes fortes sur la direction etleur fonctionnement, le ministère a décidédepuis l'an dernier de régler le problème à samanière et selon ses « méthodes ». En témoignentles sanctions envers les personnels dedirection qui continuaient d'observer dans lecadre d'une consigne syndicaledu SNUipp et du SGEN le blocageadministratif : le protocolemis en oeuvre par le ministère nerépond toujours pas aux besoinsexprimés sur la direction et lefonctionnement des écoles.Aujourd'hui encore, on compte 3900 directions vacantes.Dans certains départementscomme la Loire Atlantique, la Savoie, lesLandes..., l'administration a déjà annoncé quedes retraits sur salaire pour service non faitseront effectifs à partir du mois de janvier :drôle de conception du dialogue social.En même temps, le ministère a décidé ennovembre dernier d'engager « une nouvelleétape de concertation » sur deux thèmes. L'unporte sur l'évolution des missions du directeurd'école et l'autre sur un projet de décret sur l'expérimentationd' établissement public d'enseignementprimaire (EPEP), sur le modèle de lastructure des collèges (voir p18). Les documentsde travail présentent des propositions quirisquent de changer profondément les modalitésde fonctionnement des écoles.“interroger lesmodalitésd’organisation del’école en ayant enligne de mire lafinalité de la reussitescolaire.“Historiquement et culturellement, les écoles primairesont des structures diverses ancrées dansle territoire avec un souci de proximité auquelsont attachés élus et parents d'élèves. Les missionsd'éducation et d'instruction y sont assuméescollectivement par les enseignants. Néanmoinsc'est le directeur qui est le référent pourl'administration, la mairie, les parents et quiassure la coordination et l'animation de l'équipepédagogique. Si, comme le rappelle le code del'éducation, le directeur « veille à la bonnemarche de chaque école maternelle ou élémentaireet assure la coordination nécessaire desmaîtres », ses tâches se sontalourdies au fil du temps et desnouveaux textes accumulés sansqu'un travail sérieux de réflexionn'ait abordé les questions del'étendue de ses responsabilités,les besoins de formation, etc.Unrapport de la DGESCO en janvierde l'année dernière et unerécente enquête menée parGeorges Fotinos pour la MGEN attestent à ceteffet d'un climat dans les écoles fortement détérioré(voir p16). Et ce sur les trois domainesconstitutifs de la fonction de direction que sontl'organisation pédagogique, la gestion administrativeet l'animation et la médiation. Mais cequi est frappant, c'est que chacun note aussi unalourdissement des tâches et une complexitécroissante des missions dévolues aux équipesenseignantes, missions qui répondent plus à desinjonctions administratives dont les répercussionssur la réussite des élèves ne paraissentguère effectives. Le sentiment d'une dégradationdes rapports à la hiérarchie, le stress, l'augmentationde la charge de travail sont les élémentsdéterminants de mauvaises conditions detravail selon les directeurs interrogés parGeorges Fotinos.D'autre part, quand on étudie les propositionscontenues dans l'expérimentation des EPEP, établissementsdotés d'une personnalité juridique


Au primaire, impossible de séparer la direction du fonctionnement de l’école. Ce sont desdéterminants contribuant à la réussite des élèves.et d'une autonomie financière, on y trouve pluslargement une nouvelle organisation institutionnelleun peu sur le modèle du second degré.Mutualisation des moyens des communes surun périmètre donné, pilotage par un conseild'administration avec un projet d'établissementet création d'un directeur de l'EPEP (une sortede superdirecteur) sont quelques uns des pointsdu projet.Rien à ce jour dans les groupes de travail ne vadans le sens de la reconnaissance, de la clarificationdes responsabilités, ou encore de la revalorisationdu métier et des moyens pour le fonctionnementde l'école dans son ensemble : travailen équipe, organisation pédagogiqueconcertée, innovations, mais aussi proximitéavec les parents et dimension relationnelle dumétier d'enseignant (voir p 16 et 17). Lesbesoins exprimés par les enseignants des écolesprimaires montrent s'il en était besoin que l'argumentstatutaire ne peut s'imposer comme uneréponse satisfaisante.Une partie des difficultés rencontrées dans lesécoles croise les conditions économiques etsociales des élèves et leurs familles, un niveauoù les politiques publiques doivent agir (mixitésociale, égalité des droits...). Mais, il existeaussi des causes endogènes indéniables commel'organisation du temps, de l'espace et des dispositifspédagogiques à l'école. Cette dernièreréalité renvoie immanquablement au fonctionnementde l'école dans sa diversité et ses spécificités.Encore faut-il avoir le courage d'interrogerces modalités en ayant en ligne de mireconstamment la finalité de la réussite scolaire .« L'éducation nationale ne fait pas confianceaux personnes qui pourraient collectivementorganiser une institution pour que les enfants yréussissent le mieux » témoigne Philippe Meirieu,professeur à l'université Lyon 2 (voir p 19).Une tout autre logique en somme qui s'appuiesur un fonctionnement démocratique. Un réelprojet d'une école dynamique qui s'organise enéquipe, cherche et innove pour la réussite detous les élèves.LE FONCTIONNEMENTDEL'ECOLE EN MODE CHANGEMENTPas d'imperméabilité. Quelle que soit sa taille, l'école est une seule et même entité si bien que toutenseignement engage à une collaboration : entre les enseignants mais également des enseignants avec lesfamilles, les divers partenaires et personnels éducatifs. Dans ce cadre, la direction est un élémentconstitutif de l'école et participe à la conception du métier dans le premier degré.Aujourd'hui, les tâches liées à la direction et au métier d'enseignant en général s'étant fortementalourdies, le SNUipp avance des propositions pour réguler la vie de l'école dans toutes ses dimensions.Les missions administratives nécessitent une définition claire et un allègement de celles-ci, la création depostes administratifs statutaires ; ainsi qu’une revalorisation des bonifications indiciaires des directeurs.Les responsabilités pédagogiques, relationnelles et organisationnelles, certes complexes mais inhérentesà l'école nécessitent d'être appréhendées et maîtrisées dans le cadre d'un travail conduit en équipe. Ceciimplique du temps supplémentaire de décharge pour la direction mais aussi pour l'école afind'institutionnaliser des moments d'échanges et de favoriser le travail en équipe avec plus de maîtres quede classes.Un projet qui exige de fait une amélioration de la formation pour tous (module de travail en équipe, defonctionnement et de direction) avec une inspection d'équipe réellement formative.Autant de leviers pour améliorer les conditions d'exercice de tous les personnels dont ceux liés à ladirection et transformer l'école dans ses fonctionnements pour la réussite de tous.15


Dossier16EN QUETED’ AMELIORATIONCoup de froid sur le climat des écoles primaires. En pointant ladégradation des conditions d’exercice de la direction, deux enquêtesrévèlent les leviers sur lesquels agir.TTous les directeurs le soulignent,comme d'ailleurs leMinistère (DESCO 2006) et différentesenquêtes (Fotinos,MGEN 2006) : la charge de travaildes directeurs s'est considérablementaccrue, dans les trois domainesque sont l'organisation pédagogique,l'administration et la gestion, ainsi quel'animation et la médiation. A côté de cetalourdissement (ou en partie à cause delui), la dégradation du niveau de stressest ressentie par plus de 90 % des directeurset du personnel. Le climat desécoles, dont on commence à mesurerl'importance sur la réussite des élèves,s'en ressent.Selon l'enquête de la MGEN, ce climatdépend de multiples facteurs, des caractéristiquesde l'école et de son dynamisme,mais aussi des conditions de travaildes personnels et du directeur, des relations« extérieures », avec les parents,l'IEN de circonscription, les collectivitéslocales. De l'organisation des conditionsde travail à la qualité de la vie professionnelle,la place du directeur est essentielle.Quelques différences se font jour entreécoles maternelles et écoles élémentaires: les directeurs de maternelle plustournés vers l'innovation et les questionsposées par les relations avec les parents,les directeurs d'élémentaire plus reconnuspour l'organisation interne de l'écoleet sa communication externe. De manièregénérale, les directeurs d'école maternellese montrent un peu moins pessimistesque leurs collègues d'élémentaire.Mais dans les deux cas, les relationsavec les IEN, comme avec les collectivitéslocales, sont vécues comme dégradées.Et au total ce sont plus de 52 %des directeurs d'école primaire qui sedéclarent peu ou pas satisfaits professionnellement.Ils notent des évolutionssignificatives sur l'importance du stress,sur le temps consacré à l'écoute du personnel,ils attendent de la considérationet du respect de la part de la communautééducative.La dimension relationnelle pèse d'unpoids important dans la fonction de directeur.Que ce soient avec les élèves,les enseignants, les parents d'élèves, lahiérarchie ou les collectivités locales,des compétences techniques précisessont nécessaires, compétences relativementabsentes de la formation actuelle.Enquête MGEN:"http://www.mgen.fr/fileadmin/user_upload/documents/Education/Reflexionssurlemonde/Climatecoles.pdf"Synthèse DESCO :"http://wwwphp.ac-orleanstours.fr/ecoles18/cher_directeur/articles.php?lng=fr&pg=135DES« TELLEMENT DE RELATIONS ÀGÉRER EN MATERNELLE.. »“La direction en maternelle, c’estavant tout du relationnel. Et cedans toutes ses dimensions » remarqueReidun Evensen, directricede l’école maternelle Marcel Plaisant àBourges. Avec une journée de décharge parsemaine, il faut savoir s’organiser même sielle a le sentiment d’être parfois « dansl’entre deux », entre la classe et son bureau.Reidun tient à une identité de l’école tournéevers les parents car « la maternelle estle temps de séparation et de socialisationde l'enfant ». Pour elle « c’est importantque les parents aient une vision positive del’école ». Pour cela, l’équipe a décidéd’aménager un lieu où les mamans peuventlaisser leurs poussettes pendant la journée.Il faut être à l’écoute tous les matins, « ici,un problème de déménagement, le paiementdu loyer, là une coupure d’électricité ».Une proximité qui prend beaucoup detemps mais qui permet de créer un climat deconfiance. Et puis, il y a tous les partenairesincontournables dans le fonctionnement dela maternelle : la PMI, le médecin scolaire,l’EVS-ASH, les ATSEM à qui « il faut établirl’emploi du temps, répartir les tâchesen trouvant le bon équilibre entre l’accompagnementdes temps d’enseignement et lescontraintes imposées par la municipalité».Caroline Plafond, enseignante en grandesection insiste sur l’importance des tempsrapprochés de régulation de la vie de l’écolelors des conseils des maîtres ou de momentsplus informels mais tout autant nécessaires.« Cela permet des mises encommun et aussi des mises à plat autour del’équipe. C’est un temps de cohérence pourla bonne marche de l’école ». Ainsi,conclut-elle « si le rôle de la direction estd’impulser une dynamique pour un climatde réussite, c’est bien à l’équipe dans uneresponsabilité collective à le faire vivre ».


ECOLES DEBORDEESPetites, grandes, en milieu urbain ou rural, les écoles vivent desréalités parfois diverses.Reste un même constat d’alourdissement des missions et ledésir de fonctionner autrement.« UNE CHARGE DE TRAVAILADMINISTRATIVE DE PLUS ENPLUS LOURDE »“ AU DEBUT, DIFFICILE DEGERER LA CLASSE““E Antre 45 et 52 heures de travailhebdomadaire » comptabiliseMuriel Franconieri, directrice del'école Joliot-Curie à Limoges. Letravail de direction est devenu de plus enplus exigeant. Dans cette école fraîchementidentifiée EP1 alors qu'elle n'étaitpas en ZEP l'an dernier, la demi déchargede Muriel est loin de suffire à l'empilementdes tâches exigées : enquêtes multiples,statistiques mensuelles, rédactiondu projet Ambition réussite, PPRE, PPS,gestion des locaux pour organiser lesprises en charge des divers partenaires(RASED, orthophonistes, rééducateurs,assistants pédagogiques). Pourtant, depuisdeux ans, qu'elle occupe la fonctionde directrice, Muriel se dit motivée par ledésir de mettre ses « compétences auservice de l'animation de l'équipe avec lavolonté de rencontrer d'autres professionnelspour construire des projets ».Pour preuve, avec ses collègues, elle amis au point des rencontres régulièresavec les parents les samedis matins autourde lectures et de chants. Tous les enseignantsont un accès libre aux documentsadministratifs, histoire de tenterd'allèger la charge de travail. Malgrédeux EVS, elle reste toujours autant sollicitéeet s'explique : « la directrice demeurela personne référente même pourdes petites questions ». Et « le tempsmanque, en concertation pour l'équipeenseignante et en décharge ». Depuiscette année, avec la réunion hebdomadairedu vendredi après-midi associantplusieurs écoles, Muriel a même moinsde temps à consacrer à sa mission.Alors « trop c'est trop !» L'année prochainesi rien ne bouge, elle laissera vacantson poste de direction.u hameau de Kerhero, àMoustoirac dans le Morbihan,Estelle Marec professeure desécoles depuis 6 ans assure pour lacinquième année la direction de cette écolepublique rurale qui accueille une cinquantained’élèves de la maternelle à la fin duprimaire. « Au début tu ne gères pas forcémentta classe et tout le monde attendénormément de toi », se rappelle-t-elle,d'autant qu'elle n’a bénéficié d’une formationque l’année suivante.Elle ne compte plus les heures passées àcomprendre des demandes administratives« pas toujours claires », mais elle appréciela dimension relationnelle de ce travailexigeant en temps et en énergie : préparerles équipes éducatives, organiser la scolarisationdes élèves handicapés -trois actuellement-,collaborer avec la mairie…Les parents aussi «attendent des aidesqu’on ne peut pas forcément leur donner»,constate Estelle.La disponibilité est essentielle pourMarie-Line Mandart, ATSEM, car « unproblème avec un élève ne peut pas êtretraité une semaine après !». Les enseignantessont d'accord: « celui ou celle quiassure la direction doit rester partie intégrantede l’équipe au même niveau »,question de confiance. Mais différencierce qui ressort du travail de tout enseignantou de la direction n'est pas facile et le partagedes tâches varie beaucoup selon lesécoles.Aujourd’hui Estelle déplore de faire « deplus en plus un boulot administratif sansutilité évidente pour l’école ». «Construirenos projets, c’est un travail régulier del’équipe qui ne nécessite pas un retour systématiquevers l’institution» mais exige àcoup sûr du temps aussi pour toute l'équipe.La disponibilité est essentielle et c’est ce quimanque le plus aux directrices et directeurs.“ETRE DISPONIBLEPOUR CHACUN“« Faire vivre l’équipe ». Brigitte Bonef,directrice de 12 classes à l’école Mme deSévigné à Mantes-La-Jolie, dans les Yvelinesaffiche tout de suite sa priorité. Et ce n’estpas une mince affaire dans cette écoleambition réussite de 250 élèves avec prèsd’une vingtaine d’enseignants, d’assistantspédagogiques, d’EVS. Pour Brigitte, ladécharge complète « est indispensable »même si elle « se considère commeenseignante à part entière » et se dégage dutemps pour avoir une relation directe avec lesenfants lors des conseils d’élèves parexemple. C’est important aussi pour«comprendre les collègues et construire aveceux les projets, la gestion des intervenants,l’organisation des décloisonnements et avoirun regard sur le suivi des élèves». Une réalitéindispensable à la bonne marche de l’école etqui « ne peut se concevoir qu’ensemble ».Mais là « il manque du temps, d’autant quetravailler en équipe ne se commande pas.Cela s’apprend ».17


18DossierET EN EUROPEDifficile d'établir un comparatif entre payseuropéens compte-tenu de la grande diversitédes systèmes éducatifs (statut juridique,financement, partage des compétences).De nombreux systèmes sont décentralisés(Länder allemands, districts britanniques...).Le modèle français est à lafois très centralisé dans son organisation ettrès éclaté en petites unités. Mais généralementles écoles en Europe, pouvant accueillirles élèves sur toute la scolaritéobligatoire, sont plus concentrées avec devéritables chefs d'établissement. Là encoreil y a des particularités : en Espagne leséquipes de direction sont élues parmi lespersonnels.NOMBRE D’ ECOLES PAR TAILLECLASSES MATERNELLE ELEMENTAIRE TOTAL EN %123456 à 1011 à 1515 et plus13802405410436082735318914715450347113878326337429957264438711,7%14%15,8%13,5%12,8%25,9%5,5%0,8%En 2006, si près de 12 % des écoles sont à classeunique, les deux tiers sont composés d'une àcinq classes. Parmi elles, 20 981 écoles demoins de 4 classes ne bénéficient encore d'aucuntemps pour assumer les tâches liées à la direction.De plus, les écoles maternelles sont souventplus petites que les écoles élémentaires. 81%des maternelles comptent moins de six classescontre 61% en élémentaire. 9 % de ces dernièresont plus de 11 classes contre 0,9% enmaternelle.D'après l'enquête de la MGEN (voir p16), c'esten maternelle que « la dégradation des conditionsde travail des enseignants est la moinsmarquée ».DES STATUTS D'ECOLEET D'EMPLOI EN MARCHELe ministère prévoit de mener une expérimentation sur des écolesconstituées en établissements publics tout en dotant leurs directeursd'un satut « d'emploi fonctionnel ». Eclairages et analyses de projetsen décalage avec les besoins des écoles.Depuis novembre, le ministère est passé selonses propres termes à une seconde phase dediscussion sur la question de la direction et dufonctionnement de l'école. La première ayantabouti à la signature d'un protocole qui a réponduselon le ministre aux besoins liés à la direction.Le contenu des groupes de travail (1) porte ainsi surdeux volets. Le premier concerne « l'ensemble desquestions liées à l'organisation des écoles » prévunotamment par l'article 86 de la loi sur les libertés localesde 2004. L'objectif est de permettre des expérimentationsd'établissements publics d'enseignementprimaire (EPEP), dans les écoles importantes,les regroupements pédagogiques inter-communaux(RPI), les réseaux d'écoles, et les écoles fonctionnanten réseau « ambition réussite » (RAR). Pourl'heure, 85 communes appartenant à 7 intercommunalitésont fait part de leur souhait de rentrer dansl'exprérimentation.En 19 articles, le projet de décret présenté par le ministèreau SNUipp introduit des changements radicauxdans l'organisation des écoles au sein des communesrenforçant considérablement le rôle des éluslocaux au détriment des équipes enseignantes. CesEPEP présidés par un représentant des communes,seraient dirigés par un conseil d'administration danslequel les enseignants seraient minoritaires. Le directeuren serait « l'organe exécutif ». Ce type defonctionnement donne une très grande autonomie àces établissements en termes de financement, de recrutementsdes personnels sans impliquer l'ensembledes enseignants. La création d'un conseil pédagogiqueayant des compétences dans l'organisation pédagogiquedes écoles ne regroupera pas tous les enseignantsconcernés. Le texte reste ainsi empreint deconflits d'intérêts entre notamment le projet d'établissementet le projet d'école, le directeur d'EPEP etles directeurs des écoles.Parallèlement, dans le deuxième volet, le ministèrepropose pour un nombre réduit de directeurs(grosses structures, EPEP) la création d' « un statutd'emploi fonctionnel (2)». Celui-ci se presentecomme « un stade intermédiaire entre fonction etstatut, avec un recrutement sur postes à profil, surune période donnée, éventuellement renouvelable età mobilité imposée », a précisé le directeur généraldes ressources humaines du MEN. Ce statut d'emploiimpliquerait forcément des missions nouvellesdont certaines responsabilités hiérarchiques. Unpouvoir de décision renforcé qui accroît de fait laresponsabilité juridique pénale personnelle du directeuralors que ces derniers réclament avant tout uneclarification et un allègement de celle-ci. Il est égalementenvisagé des avantages de carrière, en termede classement indiciaire, à condition toutefois de dégagerdes marges budgétaires nécessaires. Sauf queceux ci ne seraient réservés qu'aux seuls postes desdirecteurs d'EPEP!(1) : http://www.education.gouv.fr/cid4272/directeurs-ecole-lesgroupes-travail-ont-commence.html(2) : http://www.education.gouv.fr/pid169/emplois-fonctionnels.html


FONCTIONNEMENTVERS UN MODELE COOPERATIF ?Face à un défi collectif c’est par du collectif qu’il faut répondre !La structure de l’école primaire en France luidonne-t-elle une identité propre ?L'identité de l’école primaire est liée historiquementà sa place symbolique dans le village,mais aussi à l'image de l’instituteur seul dans saclasse. L’école primaire n’était pas vécuecomme un lieu de travail en équipe maiscomme le lieu dans lequel des personnalitéscharismatiques devaient incarner la Républiquegrâce à leurs qualités personnelles.Le travail en cycles se heurte à cette histoire …Le premier obstacle au travail par cycle, c’estl’indécision et les cafouillages de l’institution.Le deuxième est la représentation très largementdominante un maître/une classe.Beaucoup de gens n’imaginent pas qu’au nomdes finalités qui sont les nôtres aujourd’hui, dece qu’on cherche à faire apprendre aux élèves,de la socialisation qu’on cherche à leur fairevivre, on pourrait inventer d’autres modalités.Il faut aujourd'hui avoir l’audace d’interroger lamodalité classe...Pourquoi la pression sociale pour le travail enéquipe pénètre-t-elle difficilement l’école ?Elle se heurte à une autre demande sociale quiest une demande de formation individuelle, decompétition, et à une pression liée à l’angoissesur l’avenir des enfants. On est, par ailleurs,dans un système de double contrainte, avec uneinjonction institutionnelle au travail en équipeet dans le même temps le maintien de l'inspectionindividuelle.Pourtant certaines équipes fonctionnent...Le travail en équipe devrait être la modaliténormale du travail. Face à un défi collectif c’estpar du collectif qu’il faut répondre ! Il faudraitque ce collectif puisse se donner des ambitions,qu’il arrive à imaginer quelles structures,quelle organisation du temps et de l’espace,quels outils pédagogiques sont nécessaires pourfaire face aux besoins des élèves qui lui sontconfiés. Par exemple qu'il ait du temps pour organiserdes modalités de travail en grands etpetits groupes, des activités décloisonnées avecdes élèves d’âges différents. L'éducation nationalene fait pas confiance aux personnes quipourraient collectivement organiser une institutionpour que les enfants y réussissent le mieux.Nous sommes encore dans l’héritage d’une institutionqui surveille, qui passe sa vie à faireremplir des questionnaires et des enquêtes, quine sait pas véritablement déléguer...Dans cette équipe comment voyez-vous le rôledu directeur ?Aujourd’hui, la direction, ce n’est « ni fait ni àfaire », une espèce d’entre-deux insatisfaisant ;Le directeur est une sorte de mandataire administratifsans la totalité des prérogatives quirestent à l’IEN, et sans avoir véritablement lesmoyens d’animer une équipe. Les modèles seconstruisent dans chaque école en fonction despersonnalités de chacun, de la marge de manœuvrelaissée par l’IEN, et de l’entente et dela solidarité qui peuvent se créer entre les collègues.C'est un fonctionnement aléatoire etsouvent rocambolesque. Je penche pour un modèleplus coopératif : si on confie un ensembled’élèves à un collectif d’adultes, il faut comptabiliserdans ce collectif d’adultes les tâchesqui relèvent de la direction. On pourrait parfaitementlaisser les collègues s’organiser et voircomment ils assument ces tâches, quitte à ceque dans, certains cas, ils se les partagent, etdans d’autres cas ils confient provisoirement àl’un d’eux la responsabilité de les exercer, qu’ily ait un interlocuteur identifié par les familles,mais sans forcément passer par des modalitésfaussement pyramidales.Entretien avecPhilippeMeirieuProfesseur à l'université Lyon 2.site : http://www.meirieu.comEn quoi ce modèle coopératif favoriserait-illa réussite des élèves ?L'éducation nécessite une grande cohérenceentre ce qu’on dit et ce qu’on fait. La premièremanière de faire passer les valeurs de responsabilité,de coopération, d'entraide, avant lescours de morale, c’est de les faire vivre par lafaçon dont on prend l’école en charge. Donnerun témoignage aux élèves de ce qu'est une sociétéadulte, peut leur permettre de se construireet de construire à leur tour une société adulte.Et puis, la question des apprentissages est centrale.Dès lors que des adultes se parlent,échangent, se complètent, s’enrichissent deleurs compétences réciproques, l’élève a tout ày gagner. Parce qu’il y a une pluralité de regards,d’approches, et parce que chacun desadultes membres de l’équipe devient une équipeà lui tout seul, il pourra bénéficier des apports,de l’éclairage, des outils, de chacun.C'est l'idée forte de l’intelligence collective : onest plus intelligent à plusieurs que seul.19


20MétierB2iNOUVELLESTECHNOLOGIESLa Desco par le biais du siteEduscol propose pour les enseignantsdu primaire des modèlesafin de positionner les élèves surles compétences attendues au B2i(brevet informatique et internet).En principe, depuis cette année etl'arrête paru au BO n°29 de juillet,cinq domaines sont requis pour leB2i à l'école : s'approprier un environnementinformatique de travail;adopter une attitude responsable;créer, produire, traiter, exploiterdes données; sinformer, se documenter;communiquer, échanger.Pour chaque domaine est défini unobjectif associant des connaissances,des capacités et des attitudes,évaluées au travers de plusieursitems. Ces documents sontdisponibles en version imprimableou en format traitement de texte.http://eduscol.education.fr/D0053/documents.htmSoutien scolaireArts visuelsLES RESTOS ONT DU COEUR POUR LES ELEVESLes Restos du cœur vont mettre en place dans quatre régions une cinquantained'ateliers d'accompagnement scolaire, avec l'aide d'étudiantset de retraités de l'enseignement. Les bénévoles veulent par là« combattre l'exclusion à la racine », et se mobilisent pour que lesenfants des familles accueillies ne connaissent pas, à leur tour, la précarité.http://www.restaurantsducoeur.com/ECOLE ET CINEMA EN GIRONDE« La meilleureexpérienceprofessionnellede ma carrière».Pionnier dansle départementde laGironde dudispositif«école et cinéma»,JacquesBarnabé, enseignantà Canéjan, est engagé depuis 6 ansdans un parcours pédagogique et artistiqueautour du cinéma. Chaque année, trois filmssont ainsi proposés aux classes participantes(168 cette année). Actuellement, les CM2 deJacques travaillent autour de «Princes et princesses» de Michel Ocelot. «Après la projectionau cinéma, des extraits ont à nouveau étéproposés en classe. Les élèves vont construiredes marionnettes pour ensuite écrire etSolidarité“CA DONNE POUR LES VACANCES“En France, aujourd’hui un million d’enfantssont pauvres, trois sur dix ne partentpas en vacances. Pourtant, le droit aux vacanceset aux loisirs est inscrit dans laconvention des droits de l’enfant. Pouraider ces enfants à partir, la Jeunesse auplein air (JPA) organise du 17 janvier au11 février sa 62ème campagne de solidarité.www.jpa.asso.fr.CONCOURS BDjouer des scénettes qui seront des prolongementsau film ». Une, parmi les nombreusesexploitations possibles, chaque film étant accompagnéd’un document « Un cahier denotes sur… » pour les enseignants. Internetest également un outil de ressources pourJacques, notamment grâce aux nombreusesécoles inscrites dans différents départements.Il a également bénéficié au début de l’actiond’un stage d’une semaine dans le cadre de laformation continue pour appréhender toutesles subtilités et les richesses du cinéma. « Unplus » par rapport aux nouveaux inscrits quin’ont eux qu’une formation de 18 heuresmorcelée le mercredi après-midi.Le deuxième film de l’année, Paï de NikiCaro, Jacques va le découvrir avec ses collèguesau cinéma pour une projection et undébat avec des professionnels qui ouvrira ouconfirmera de nouvelles pistes.Philippe Hermant« Les adultes ne se rendent pas compte de l'influence de leurparole sur la représentation que se font les enfants du mondedu travail. Très peu de parents montrent ce qu'il peut y avoirde joyeux dans leur métier. Les conditions de travail prennentsouvent plus d'importance que le métier lui-même. »Catherine Dolto, médecin haptopsychothérapeuteA L’ ECOLED’ ANGOULEMEEn marge du Festival 2007d’Angoulême (25 au 28 janvier), leCDDP de Charente et le FestivalInternational de la Bande Dessinéeorganisent jusqu’au 2 mars, unconcours en vue de récompenser leslauréats de l’ Alph-Art de la BandeDessinée Scolaire. Une catégorie « Àl’école de la BD » est destinée auxclasses primaires. Les réalisations serontcollectives en maternelle et individuellesou collectives pour lesclasses élémentaires et spécialisées.www.crdp-poitiers.cndp.fr/cddp16/index.php?affzone=Actu&idactu=212


ExpositionLA BNF SUR LES TRACES D'HOMERELa Bibliothèque Nationale deFrance a ouvert en ligne une nouvelleexposition intitulée«Homère, sur les tracesd'Ulysse» consacrée à l'Iliade et àl'Odyssée. C'est en réunissant deschants épiques en un seul etmême poème qu'Homère inventel'épopée. Voient le jour deuxœuvres, l'Iliade et l'Odyssée, lesplus anciennes de la littératureoccidentale, composées il y aquelque 2800 ans et dont le textene sera fixé que quatre sièclesplus tard. Cette exposition virtuellepermet de suivre en imagel'épopée d'Ulysse à Troie et sonretour à Ithaque. Elle permetd'aborder le monde fabuleux desdieux, des héros et des monstres,Contes de NoëlSEPT HISTOIRES AU FIL DES CLASSESmais elle donne aussi à voir deslieux bien réels, d'objets archéologiqueset d'oeuvres artistiques.Comme pour les expositions virtuellesprécédentes, la BNF proposeaussi des gros plans audio etdes fiches pédagogiques pour lesenseignants.http://expositions.bnf.fr/homere/« C’est la Nuit de Noël. Dansleur maison dans les nuages, lepère Noël, le frère Noël, la sœurNoël, la mère Noël et le bébéNoël se préparent à partir pourdonner des cadeaux aux enfantssages de La Flotte. » Ainsi débutele conte de Noël inventé parles enfants sages du CP de l'écoleélémentaire de la Flotte en Ré.Ce début d'histoire, ils l'ontconfiée aux élèves de CE 2, puisde CM2, puis de CE1 et enfin deCE 2/CM1. Cette « histoirebleue » ainsi nommée a des cousines: « jaune », « rouge », «orange », « violette », «verte»et « rose », toutes inventées àcinq voix au fil des sept classesde l'école et des câbles du réseauweb. « Notre école est en réseauet tout s'est fait par messagerie.Le premier envoi a été celui duplan de travail avec les dates àrespecter. Chaque épisode d'histoireétait envoyé en pièce jointeavec un petit message d'encouragementpour la classe qui prenaitla relève », explique SylvainArtico le directeur de l'école.Pour finir, chacune des sept histoiresterminées est revenue à laclasse qui l'avait entamée avecpour mission de l'illustrer.«L'intérêt d'un tel travail parépisodes est qu'il permet de varierles conditions d'écriture.»explique Sylvain. Travail individuelavec vote pour sélectionnerle texte qui sera retenu, travailoral de collecte d'idées, travail engroupes ; chaque enseignant achoisi son approche. Et Sylvainconclut : « Je crois pouvoir affirmerque l'arrivée d'une nouvellehistoire était un moment defête. »http://ecolelaflotte.free.fr/eva/rubrique.php3?id_rubrique=44Mathieu est déçu. L'espoir de repartir enseignerdans son département d'origine s'est définitivementenvolé du fait des nouvelles règles de permutation.Lorsqu'il a passé lePORTRAITMathieu NobliaAvec les nouvellesrègles de permutationsMathieu doit revoir sesprojets d’avenir.“Avec l'ancienbarème, après 6ou 7 ans, j'auraiseu des chances...“Désormais touteperspective estexclue.concours en 2002, il savait qu'il avaitpeu de chances d'être nommé d'embléedans les Pyrénées Atlantiques.Le recrutement est académique etl'essentiel des besoins de nouveauxenseignants se situait en Gironde, départementoù il a été affecté.« Lors du concours je savais ce quim'attendait », reconnaît Mathieu quiest actuellement sur un poste de brigadede remplacement et exerce en cycle 3 dans deuxécoles : l'école Le Parc à Mérignac et l'école RaymondClaverie à Eysines. Mathieu a pris ce changement de règleen début d'année « comme une douche froide ». Il explique: « Avec l'ancien barème, après 6 ou 7 ans, j'auraiseu des chances d'obtenir au moins le département limitrophedes Landes ». Désormais toute perspective est excluemême à une échéance de 10 à 15 ans ! Pour lui, « l'attributionde 150 points pour les couples mariés ou pacsésavec enfants est irrattrapable par une personne seule quigagne 10 points tous les 5 ans ! ». Il ne remet pas en causela priorité au rapprochement de conjoints, mais ces mesureslui paraissent disproportionnées.« Je dépense beaucoup d'argent pour me rendre là-bas auprèsde ma famille et mes amis et je n'ai pas cherché jusqu'àprésent à m'installer sur Bordeaux », avoue Mathieu quidoit maintenant regarder son avenir autrement. Il reconnaîtqu'il « y a des cas beaucoup plus dramatiques, des gens quiattendent depuis 10 ans, 14 ans... », ou encore les personnesdont la situation de concubinage n'est plus prise encompte. Il refuse de tricher avec un mariage ou un Pacs etdénonce cette pression pour ce type d'union. Mathieu a besoinde temps pour « digérer » cette nouvelle donne, cerefus qu'il vit comme une assignation en Gironde. «C'est unmétier que j'ai choisi, je savais que cela serait difficile»,rappelle-t-il tout en espérant que l'organisation des permutationssoit revue avec plus de justice.Michèle Frémont21


MétierDans la classe de GS/CP deChristiane Peyruquéou, on apprendà lire bien sûr et pour cela on écrittous les jours. Les enfants écriventdes récits de vie, des poésies, des comptesrendus, des courriers selon l'avancée dansl'année. Ils écrivent tous ensemble, engroupes ou seul. En ce matin de rentrée devacances, l'enseignante a proposé à sesélèves d'écrire un texte pour raconter « cequ'on a fait pendant ces quinze jours ».Aucune appréhension de la part des dix CPqui rappellent les règles collectivement :« je réfléchis dans ma tête à la phrase que jevais écrire », « si je sais pas un mot, jet'appelle et tu l'écris dans mon carnet que jet'ouvre à la bonne lettre ». Chacun sort soncahier de brouillon et se met au travail individuellement.Pendant ce temps, les «petits»de grande section sortent crayons et feuillespour dessiner un épisode de leurs vacances.Ils écriront plus tard. Christiane passe detable en table ici pour ajouter un« s », ajouterun point, là pour écrire « les pistolets »sur le répertoire, ailleurs pour guider uneenfant vers une affiche où il trouvera le mot«suis». En plus des affichages, les enfantsdisposent, pour écrire,de leur cahier de lecturedans lequel sontcollés les textes lus et,de leur cahier « Nos« Si je sais pasun mot, je t'appelleet tu l'écrisdans mon carnetque je t'ouvre à labonne lettre ».22textes » où ils retrouventles phrases qu'ilsont écrites précédemmentet qu'ils ont tapéessur l'ordinateurde la classe. Au coursde la séance, certainsécrivent un texte courtquand d'autres reprennentpour se rassurerune phrase déjà écritedans un cahier.Christiane guide,aide, remobilise chacun des élèves là où ilen est.Alors que les CP passent à l'illustration dutexte produit, les GS s'installent eux devantle tableau pour l'écriture de leur phrase. Lesdessins sont affichés et Christiane écrit àcôté de chacun d'eux la phrase que lui dicteCYCLE 2L’ ECRITURE PAS A PASDans l'école primaire de Poyanne, dans les Landes, la classe de GS/CP deChristiane apprend à écrire pour apprendre à lire. En même temps qu'ilslisent des textes, qu'ils investissent le code, les enfants écrivent pours'approprier la langue.l'élève. « Papa amène Raphaël à la maison.»« Mamie vient fêter Noël à la maisonavec Chloé. » Les commentaires des enfantsfusent :««Raphaël » ça commencecomme Romain », « il fautmettre un point à la fin ». Etchaque fois, tout le groupe relitavec la maîtresse ce qui vientd'être écrit, ce qui permet deremarquer que «à la maison»c'est pareil quand on le dit etquand on l'écrit. Alors quandDoriane dicte sa phrase,«Doriane rentre dans la maison.» c'est ellequi écrira le mot maison au tableau. Et petità petit, de plus en plus souvent, chaque enfantécrira les mots qu'il connaît et essaieramême de trouver l'orthographe des autrestout seul.« Ces activités d'ecriture sont une situationfonctionnelle de la lecture », expliqueChristiane qui enseigne depuis 27 ans enCP. « Quand les enfants lisent, ils peuventrester en dehors de la langue. Quand ilsécrivent, ils sont en-dedans ». Au fil des« Quand les enfantslisent, ils peuventrester en dehors de lalangue. Quand ilsécrivent, ils sont endedans ».ans, elle a affiné cette pratique qu'elle a découvertecomme beaucoup par la méthodeFreinet. Depuis elle s'est inspirée d'autresauteurs, s'est appropriée cequ'elle a pu en fonction de laclasse, des conditions matérielles,de ses élèves.« L'idéal pour mettre enplace des activités d'écritureindividuelle en CP, ce seraitde s'occuper de 6 élèves etde mettre les autres sur uneactivité de systématisation.Je le faisais quand j'avais unCP/CE1. », raconte Christiane. Mais avecune classe de GS/CP, il faut procéder différemment.Christiane s'adapte d'autant qu'ellemesure l'intérêt pour les GS de travailleravec les CP : « Nous écrivons tous lestextes communs ensemble et les grandscontaminent les petits. » Et en effet, cematin Paul, en grande section, a essayéd'écrire seul une phrase. C'est vers Laurie,élève de CP, qu'il s'est tourné pour trouverde l'aide. Une prise de pouvoir sur la langueà deux.Lydie Buguet


Pour écrire « j’aivu les chèvres »Mathilde a sorti unalbum lu en classe,dans lequel ellesavait trouver lemot chèvre.Entretien“ECRIRE : UN LEVIER PUISSANTPOUR UNE LECTURE FACILITEE”En quoi les pratiques d’écriture aident-ellesà la lecture ?Les pratiques d’écriture permettentaux jeunes élèves de clarifier cequ’est la langue écrite. Ils comprennentque l’écriture note le langage. Ilsperçoivent mieux ce qu'est la lecture.La situation d'émetteur donne à comprendrela position du récepteur. Dupoint de vue de la graphophonologie,en écrivant, les enfants sont amenés àrepérer des régularités (ex: mer,merci, mercredi) et acquièrent cesprincipes de manière active et durable.Quand l’enfant écrit, il accordeune attention précise à la langueQuelle forme ces pratiques peuventellesprendre ?Les situations d’écriture peuventaller de la dictée à l’adulte aux ateliersd’écritures. Rapidement, on peutdonner aux enfants des outils pourécrire tels un classeur outil. À l’intérieuron trouvera un trombinoscopede la classe avec les prénoms dechaque élève, les jours de la semaine,des fichiers images/mots (dans laforêt, dans ma chambre…) mais aussides textes écrits connus et segmentés.Exemple : « On est allé au bois / avecMartine et Sylvie / … » Chaque segmentde phrase est connu par l’enfantqui pourra y puiser des mots ou expressionspour ses propres textes.André Ouzouliasprofesseur à l'IUFM deVersailles*L'enfant disposera alors de trois tactiquespour écrire : les mots connusde mémoire, les mots de référence(du classeur, des textes...) et enfin lerecours à l'adulte pédagogue qui peutécrire pour lui. C'est toujours du«sur-mesure».Quels sont les types d'écrit les plusadaptés à ces pratiques ?Les récits de vie sont intéressants dufait que l'enfant parcourt toutes lesétapes de la situation d'écriture : la représentationmentale, la mise en motsà l'oral, la segmentation à l'écrit...Mais on peut aussi partir de textestrès familiers. Le maître en raye desparties et chaque enfant doit choisirdans ses outils ses propres mots pourécrire ainsi un « nouveau » texte.L'idée générale reste que l'enfantécrive régulièrement. La quantité detextes écrits est un levier puissantpour une lecture facilitée dès le CP,particulièrement pour les enfants qui,dans leur famille, ne baignent pasdans la culture écrite.*Ouzoulias A.,«Écrire en GS, oui mais comment?», l'Éducation Enfantine, n°8, Nathan,2005.Ouzoulias A., « La production de textes courtspourprévenir les difficultés dans l’apprentissagede la lecture et/ou remédier », inComprendre et aider les enfants en difficultéscolaire, coll. sous la dir. De Toupiol G. etPastor L., FNAME-Retz, 2004.@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@en.lignePRODUCTION D’ ÉCRITSProgrammationDe nombreux sitesd’inspections proposentdes outils pour aider à la production d’écritsen cycle 2. Les équipes de circonscription proposentdes résumés des documents d'accompagnementmais aussi des programmations. C'est le casdu site de l’IA du Doubs qui a réalisé une programmationau cycle 2 par types d’écrits ( textesnarratifs : relation du vécu ; textes narratifs : lafiction ; textes argumentatifs ; textes explicatifs :écrits scientifiques et pratiques ; textes injonctifs ;textes rhétoriques ) dans un tableau qui croise lescompétences à acquérir sur le texte, la phrase…http://artic.ac-besancon.fr/ia25/echanges/francais/2005/cad_01.htmDictée à l'adulteLe site bien lirepropose dans sa rubrique « Atelier » des articlesqui rendent compte de pratiques. Marie-ClaudeJaverzat (professeur des écoles - formateur IUFM- Coordinatrice REP) y a publié l'article « La dictéeà l'adulte aux cycles 1 et 2 » qui présente lesobjectifs mais aussi les conditions matérielles àmettre en oeuvre.http://www.bienlire.education.fr/02-atelier/fiche.asp?theme=1130&id=1073Journal d’une grande section en ZEPSur le site du café pédagogique, Bernard Devannea publié le journal d’une grande section entre janvieret avril 2006. Exemple de l’évolution desécrits des enfants, exemple de supports (devinettes,comptines…)http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/i6l.phpMontrer lesproductionsL’école de Saint-Didier-sous-Riverie a un journalscolaire « Les p’tits cracks » qui paraît « le plusfréquemment possible » et dans lequel sont publiésles productions écrites des enfants. Il nes’agit pas d’un journal en tant que tel mais d’uneédition des textes des enfants de la moyenne sectionau CM2. A lire :http://ecole.saint.didier.free.fr/ptit_crack.htm23


REEMPLOI, READAPTATIONCREATION DE POSTES ADAPTES ET DISPARITION DES ANCIENS DISPOSITIFS24En 2003, le ministère de l’Educationnationale a estimé à 1600 le nombrede décès chez les jeunes en âge d’êtrescolarisés. Afin de faire émerger laparole dans les écoles touchées par ledécès d’un élève ou d’un enseignant, certainsdépartements ont mis en place descellules d’écoute encadrées par des psychologuesscolaires.Dans les Pyrénées-Atlantiques, ce dispositifréutilise le texte de 1998 qui fixait lecadre dans les cas de maltraitance. Deux àtrois psychologues scolaires interviennenttout d’abord en direction des adultes del’école, enseignants, ATSEM et personnelsde cantine, afin qu’ils puissent verbaliserleurs affects et être en mesure d’accueillirla parole des enfants. L’utilisationde mots justes est importante, « la per-Pour les personnels de l'Educationnationale qui sont confrontés à desproblèmes de santé, des postes deréemploi au Cned et de réadaptationétaient proposés après des congés delongue maladie (CLM) ou longue durée(CLD) et dans les situations d'invalidité.Une réforme en cours substitue le terme depostes adaptés aux anciens dispositifs deréadaptation et de réemploi.Les nouveaux décrets, à paraître,s'inscrivent dans le cadre des récentschangements législatifs et institutionnels :décentralisation et réforme de la fonctionpublique, d'une part, mise en oeuvre de laloi du 11 février 2005 concernant lespersonnes handicapées, d'autre part.L'obligation d'emploi pour les personnesprésentant un handicap, pouvant être liéaux conséquences d'une maladie, ainsi quela nécessité de trouver les adaptations etles accompagnements pour les travailleursreconnus handicapés, s'appliquentdésormais dans la fonction publique :accès à la maison départementale despersonnes handicapées, fonds national desolidarité et de l'autonomie, élaborationd'un projet professionnel personnalisé...Désormais la gestion de ces situations seraassurée directement au niveau académiquepour les personnels du 2nd degré etdépartemental pour le 1er degré.La priorité est donc donnée à l'adaptationpar l'aménagement du poste pouvant setraduire par un allègement de service. Desaffectations seront proposées soit sur despostes adaptés de courte durée (PACD),pour une durée d'un an renouvelable 3fois, soit sur des postes adaptés de longuedurée (PALD), pour une durée de 4 ans,renouvelable sans limite.Cette réforme a l'avantage de mettrel'accent sur l'accompagnement et le suiviindispensables des personnes concernéespar les inspections académiques. Quantaux postes du Cned, ils seront réservésaux personnels atteints d'une affectionchronique invalidante stabilisée mais dontles séquelles définitives ne leur permettentpas un retour en classe.Il est nécessaire que les postes adaptéssoient mis en place et ce, de manièrediversifiée pour répondre aux besoins etaux potentialités des intéressés. Or lesrectorats comme les inspectionsacadémiques n'affichent pas plus qu'avantde possibilités de postes pour réaliser cetteambition ou encore un suivi médical etsocial de quantité et qualité suffisantes.Les seules réponses de l'administrationrisquent de se résumer à une mise enDES PROCEDURESretraite anticipée pour invalidité, aumépris d'un grand nombre de dispositionslégislatives ouvrant des droits nouveauxofferts aux personnels handicapés oumalades. Ces derniers pourront s’adresseraux sections départementales du SNUipp.EN CAS DE DECESMichèle Frémontsonne est morte, décédée » mais elle n’estpas « partie ». De même, l’expression«faire son deuil» n’est pas adaptée, ledeuil étant vécu. Éventuellement sur demandedes enseignants, les psychologuesscolaires peuvent aussi intervenir en coanimationdans les classes. Ce travail débouchesur une réalisation qui sera unetrace pour marquer l’événement et peutprendre différentes formes : dessin,album, mot collectif… Le dispositif estégalement présent lorsque les enseignantsont mené le travail avec leurs élèves, poursuivre les enfants qui pourraient être trèsaffectés par le décès et manifester dessignes de souffrance psychologique. Ilpeut aussi mettre en place des groupes deparole.Arnaud Malaisé


VIE SCOLAIREUNENOTEASUSPENDRELa note de vie scolaire a fait son apparition dans les bulletins trimestriels du collège. Pourtant, sa mise en place est remise en causepar les syndicats et les fédérations de parents d'élèves.Pour la première fois, les bulletinsscolaires du 1er trimestre des élèves decollège devaient comprendre une notede vie scolaire. « Devaient » car cette mesureissue de la loi Fillon a été rejetée quasiunanimement par la communauté scolaire etcertains enseignants ont refusé de l'attribuer.La circulaire parue en juin 2006 stipulepourtant que cette note « devient unecomposante à part entière de l'évaluation desélèves y compris pour l'obtention du diplômenational du brevet ». Objectif annoncé :«l'apprentissage de la civilité et l'adoption decomportements civiques et responsables ».Pour cela quatre domaines sont évalués :l'assiduité des élèves, le respect des autresdispositions du règlement intérieur, laparticipation à la vie de l'établissement etl'obtention de l'attestation de sécurité routièreet de l'attestation de formation aux premierssecours.Premier reproche fait à cette nouvelleévaluation, la précipitation avec laquelle semet en place le dispositif et l’inégalité detraitement d’un établissement à l’autre. Àcertains endroits l’élève peut se voir attribuerun capital de 20 points qui est amputé plus oumoins lourdement pour toute omission,retard, absence ou manquement ; ailleurs, ilse voit attribuer 10 points qui pourront fairel’objet de bonifications et de minorations. Àce sujet, le Syndicat national des enseignantsdu secondaire (SNES) précise que « lesélèves seraient donc notés sur la base d'unbarème dont ils n'auront eu connaissance, aumieux, que tardivement au mépris de toutesles règles de droit qui proscrivent touteapplication rétroactive ». Il insiste : cettenote risque de constituer une double peinepour les élèves déjà sanctionnés.Mais au-delà de l'organisation de la note, c'estl'idée même de noter le comportement quipose question. Philippe Watrelot, professeurde Sciences économiques et sociales etsecrétaire général des CRAP-Cahierspédagogiques, l'exprime ainsi : « on sait bienque les notes peuvent varier fortement d'unindividu à l'autre, qu'elles n'offrent doncaucune garantie d'objectivité. Cela devientencore plus problématique lorsqu'on évaluedes personnes et plus des résultats. ».Enfin, la question du sens pédagogique estposée. Comment évaluer les élèves sanss'assurer d’abord que les collèges sont euxmêmesdes lieux d'apprentissage de lacitoyenneté en actes ? Autant de questionsqui ont amené quatorze organisations àdemander la suspension immédiate de la notede vie scolaire lors du Conseil Supérieur del'Éducation du 14 décembre.Lydie BuguetApartir du 1er février 2007, l’interdictionde fumer dans les écolessera effective. C’est le sens du décretn° 2006-1386 du 15 novembre 2006(précisé dans la circulaire du BO du23/11/06), fixant les conditions d'applicationde l'interdiction de fumer dans leslieux affectés à un usage collectif. Celuiciqui modifie les dispositions du 10 janvier1991 relatif à la lutte contre le tabagismeprécise que dès le 1er février, ilsera « totalement interdit de fumer dansles enceintes (bâtiments et espaces noncouverts) des établissements d'enseignementet de formation, publics ou privés,destinés à l'accueil, à la formation ».Une interdiction s’appliquant « aux personnelscomme aux élèves ». De plus, letexte « interdit d'aménager des espacesréservés aux fumeurs au sein des établissementsd'enseignement ». À cet effet,CIRCULAIREINTERDICTION DE FUMERune signalisation « du principe de l'interdiction,accompagnée d'un message sanitairede prévention, devra être apposéeaux entrées des bâtiments ainsi qu'à l'intérieur(y compris dans les salles et bureauxréservés aux personnels), dans desendroits visibles et de manière apparente». Celle-ci est disponible et téléchargeablesur le site www.tabac.gouv.fr.Aucun local ne peut ainsi être créé dansles écoles. Une contravention de 4èmeclasse (de 135 à 750 €) sanctionne lesmanquements à ces obligations.Sébastien Sihrhttp://www.education.gouv.fr/bo/2006/43/SANX0609703D.htm25


MétierÀ compter du 1er février2007, il sera totalementinterdit defumer dans les enceintes(bâtiments etespaces non couverts)des établissementsd’enseignement et deformation, destinés àl’accueil, à la formationou à l’hébergementdes mineurs, notammentles écoles,collèges et lycées, ycompris les internats,ainsi que les centres deformation d’apprentis.Cette interdictions’applique aux personnelscomme auxélèves. Aucun fumeurne devra plus être tolérédans les cours derécréation.infos servicesDEPUIS LE 1ERJANVIER 2007: lestitres de transportspour aller de son domicileà son lieu detravail peuvent fairel’objet d’un remboursementà la hauteur de50%. Les titres admisau remboursementpartiel sont les carteset abonnements annuelsou mensuels correspondantau trajetentre le lieu de domicileet le lieu de travailsur la base du tarif leplus économique. Leremboursement esttoutefois plafonné pararrêté à 51,75€ mensuels.Le groupe de travailpour les affectations enNouvelle-Calédonie età Wallis et Futunas’est réuni le 11 décembre.Cette année ily a 128 dossiers pourla Nouvelle-Calédonie(pour 5 postes dont 2susceptibles d’être vacants)et 37 dossierspour Wallis et Futuna(1 poste à pourvoir.)Les affections se ferontà la CAPN débutfévrier.Lu dans le BO Lu dans le BO Lu dans le BOLu dans le BO Lu dans le BO Lu dans le BO Lu dansComité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) -n°45 du 07/12/06Santé publique - Interdiction de fumer pour les personnels etles élèves dans les établissements d’enseignement et de formation- n°46 du 14/12/06Échanges et actions de formation à l'étranger : Année scolaire2007-2008 - n°46 du 14/12/06Activités éducatives : Concours des écoles fleuries 2006-2007- n°47 du 21/12/06Formation : Recueil de candidatures des personnels enseignantsdu premier degré titulaires aux stages de préparation auCAPA-SH - année 2007-2008 - n°47 du 21/12/06.Vacance de postes : Postes à l’UNSS - rentrée 2007 - n°47 du21/12/06Vacance de postes : Postes susceptibles d’être vacants au ministèrede la défense - PE dans Service de l’enseignement desforces françaises et de l’élément civil stationnés en Allemagne- n°47 du 21/12/06Cahier des charges de la formation des maîtres en institut universitairede formation des maîtres - encart n°1 du 4 janvier2007Activités éducatives - journée de la mémoire des génocides etde la prévention des crimes contre l’humanité (27 janvier) -n°1 du 04/01/07Activités éducatives - campagne de la Jeunesse au plein air -n°1 du 04/01/07Lu dans le BO Lu dans le BO Lu dans le BO Lu dansLu dans le BO Lu dans le BO Lu dans le BO26MONTANT DES PRESTATIONS FAMILIALESNON SOUMISES À CONDITIONS DE RESSOURCESLes allocations familiales1 enfant (DOMexclusivement)2 enfants3 enfantsPar enfant en plusMajoration par enfantde 11 à 16 ansMajoration par enfantde plus de 16 ansAllocation d’éducationspéciale (AES) par enfant etpar moisPar enfant handicapécomplément 1ère catégoriecomplément 2ème catégoriecomplément 3ème catégoriecomplément 4ème catégoriecomplément 5ème catégoriecomplément 6ème catégorieMontant en €(après CRDS)21,89119,13271,75152,6333,5159,57Montant en €( exonéré de CRDS)119,7289,79243,18344,19533,38681,68999,83Questions / RéponsesComment sont comptées les périodes de congé parental pour les permutationsnationales?Les périodes de congé parental comptent pour moitié pour l’ancienneté dansle département.Enseignante en maternelle, ai-je le droit d'être rémunérée pour un travailannexe ?Tout cumul d'activité doit faire l'objet d'une demande d'autorisation auprès dusupérieur hiérarchique, l'inspecteur d'académie pour les instituteurs et les PE.Ce cumul est refusé lorsqu'on travaille à temps partiel. Il est en général autoriséquand on travaille à temps complet.Actuellement en T1, je viens d’avoir un premier enfant. J’ai demandéun congé parental, mais la CAF ne me verse pas d’allocation. Est-cenormal ?Le congé parental est de droit statutaire. Mais l’aide éventuelle de la CAF estversée pour un premier enfant et pour une durée maximale de 6 mois à conditiond’avoir travaillé 8 trimestres dans les deux ans précédant la naissance.GARDE D'ENFANTS : LE CESU S'ÉTEND ÀLA FONCTION PUBLIQUELe chèque emploi service universel (CESU) a été étendu à la fonction publiquedepuis le 1er septembre. Il vient en remplacement de l'ancienne prestationde garde de jeune enfants (PJE). L'aide financière apportée aux parentsd'enfants de 0 à 3 ans ayant recours à un mode de garde. Le CESU aconnu des débuts difficiles car beaucoup de crèches ne l'acceptaient toujourspas en décembre faute des délibérations municipales nécessaires. Leschoses devraient entrer dans l'ordre au fil du temps. Un site www.cesufonctionpublique.fra été mis en place. Il permet l'établissement en ligned'un pré-dossier de demande. Le CESU est ouvert sans conditions de ressources,la participation de l'Etat pouvant aller de 200 euros à 600 euros paran en fonction des revenus.


Littérature jeunesseRECIT DES ORIGINES(ENTRE CIEL ET TERRE – 3)Chez tous les peuples, au plus lointain de leur culture, existent des récits aussi vieux quel'humanité, relatifs à l'origine de la terre, du ciel et de l’homme, des récits ayant pourbut d’expliquer les mystères de l’univers et son sens. L'homme n'a pas plus tôt regardéle monde qu'il a cherché à le reconstruire par la pensée, à en retracer la genèse etles évolutions. Il est important, que parallèlement à une connaissance scientifique àleur mesure et au-delà d’un choix religieux, les enfants aient accès aux mythes fondateursdans lesquels les diverses cultures - dont la leur – plongent leurs racines.LA GENÈSEAu commencement il y eut... (A) C. Nadaud– Seuil 2006 (12 €) Dès 3 ansUn grand format tout-cartonlargement illustré pourraconter aux tout-petits lanaissance du monde et del’homme en référence autexte biblique de laGenèse.Le Récit des origines :d'après les récits bibliques(A) M. Laffon, ill. Dialiba Konaté – Seuil (20€) Dès 10 ans« Et Dieu c'est Dieu, et l'homme c'est l'homme.Dieu là-haut, l'homme en bas... Ainsi va lemonde, et avec lui, ceux qui racontent son histoire.. »S'appuyant sur les textesde la Bible, l'auteure faitrevivre, dans une langueriche et accessible, lespersonnages traditionnelsde la Genèse,d’Adam à Abraham.Dialiba Konaté, réalised’étonnantes illustrationspleine page aux crayons à papier qui font lapart belles aux figures humaines et. mettent enscène lions, girafes, éléphants, animaux des savanes,pour retracer ces récits fondamentauxdes religions bibliques. Magnifique.Aux origines du monde (A) B. Reiss, ill.A.Tjoyas – Albin Michel 2004 (28 €) Dès 12ansQue s'est-il donc passé au tout début des temps,pour que la Terre existe, et avec elle le ciel, lesocéans, les animaux etles Hommes ? Cemonde serait-il né duRêve, comme le chantentles Aborigènes ?Ou des amours tourmentéesd'Izanagi etIzanami, les amants divinsdes Lapons ? Fut-ilfaçonné dans la nuit polairepar l'étrange Dieu-Corbeau qu’évoquentles Inuits, ou par le terrible serpent à plumes, leQuetzalcoatl des Aztèques ? Ces 26 récits anciens,du Pôle Nord à l’Australie, sont illustrésde superbes dessins aux couleurs éclatantes,cernés de noir. Ils regorgent de dieux furieux oumaladroits, de créatures fantastiques et de miraclesinouïs. Ils parlent d'aventure, de trahisonet de vengeance, mais aussi de savoir, de rire etd'amour.LA CRÉATION REVISITÉEQuand Big Mama a créé le monde... (A) Ph.Root, ill. H. Oxenbury – Père Castor 2002(15 €) Dès 5 ansVersion douce et féminine de la Création !Imaginez le monde créé, non par un Dieubarbu, mais par Big Mama, une maman sourianteet dodue accompagnéede sonbébé joufflu. Commedans la Genèse, aucommencement, iln’y a que l'eau. Lepremier jour, BigMama crée la lumièreet le noir ; ledeuxième jour : le ciel;le troisième jour : le soleil, la lune et lesétoiles; le quatrième jour : la terre avec lesplantes; le cinquième jour : les animaux. Maisle sixième jour, Big Mama se sent bien seuledans cet univers, alors elle pétrit une poignéed’argile et crée les hommes de toutes tailles etd'un peu toutes les couleurs. Et le septièmejour, fatiguée mais heureuse… elle confie lemonde aux hommes et va se reposer...L’atelier des papillons - G. Belli, ill. W.Erlbruch - Être (13€) Liste Cycle 3 - Dès 9ansAu commencement destemps, plantes et animaux,comme tout lereste, étaient crées pardes « Inventeurs deToutes Choses »C’était là un travail trèsartisanal. Il y fallait dusavoir-faire et de l’imagination.Mais le règlementde la Créationétait formel : interdit de mêler faune et flore.Cependant, dans l'atelier des insectes, le jeuneRodolfo rêvait de créer une créature à la foisfleur et oiseau. Interrogeant le monde autour delui, il finira par inventer le papillon. dont lagrâce séduisit tous les créateurs. C’est unalbum dont les illustrations pleines d'humourjouent avec un texte poétique , métaphore de lacréation du monde et de la création artistique.Re-création (A) Ch. Légaut, ill. Y. Six –Rouergue 2002 - Liste Cycle 3- Dès 7 ansUne drôle de petite bande dessinée avec unbonhomme tout rond dessiné au trait qui s’ennuietout seul dans le blanc de la page. Pours’occuper, il revisite laGenèse et commencepar les mots qui l’envahissenttellement qu’illes classe dans un dictionnaire.De jeu de moten jeu de mot, il vasuivre pas à pas lesétapes de la Créationavec beaucoup de fantaisie,d’humour et de tendresse… L’histoire s’arrêteà l’heureuse naissance d’un Adam et d’uneEve craquants qui ne vont pas tarder à pouponner…Marie-Claire PlumeDécouvrez d’autres titres pour cette rubrique«Récits de création » et une sélection « Sansdomicile fixe », sur le site du SNUIPP :http://www.snuipp.fr(« Ressources » puis«Littérature de jeunesse »)27


28RéflexionsLeur avisTHOMAS PIKETTY,directeur d’études à l’EHESS « la hausseréelle du pouvoir d’achat est très proche de0%. Cette situation de stagnation duredepuis plus de vingt ans et contrastesingulièrement avec les hausses de 4 ou 5%par an qui prévalaient pendant les 30glorieuses ».ENQUÊTE TNS SOFRES,du 18 octobre 2006 « Les Français et lahausse du pouvoir d'achat »- 9% estiment que le pouvoir d’achat augmenteet que c’est d’ailleurs le cas pour eux ;- 21% pensent que le pouvoir d’achataugmente pour d’autres, mais que ce n’est enrevanche pas le cas concernant le leur ;- 68% estiment que le pouvoir d’achatn’augmente ni pour eux ni pour les autres- 2% des Français ne s’exprimant pas sur cesujet..CNIS,(Conseil national de l’information statistique)L’indice des prix à la consommation reflètel’évolution du prix d’un panier de biens etservices représentant la consommation del’ensemble des ménages. Mais chaquecatégorie de la population a sa propre structurede consommation. Ainsi l’indice des prixaugmente plus pour les plus modestesessentiellement en raison des hausses de prixdu tabac et du carburant. Ces deux produits,dont les prix ont flambé, pèsent beaucoup dansleur consommation.EMMANUEL MASSET-DENÈVRE,économiste à l'Institut national de laconsommation (INC)Les principaux postes qui ont grignoté lepouvoir d'achat sont des dépenses quasimentincontournables et incompressibles à courtterme. Tout ce qui est lié aux dépensesd'énergie et au logement a eu un impactconsidérable sur le pouvoir d'achat. Enoutre, certaines nouvelles dépenses, commeles abonnements Internet, le téléphoneportable et les abonnements de télévision,ont pris une part de plus en plus importantedans le budget des Français.DEBATS AUTOURDU POUVOIR D’ ACHATD’après l’INSEE, lepouvoir d’achat esten hausse.Un sentimentcontesté par lesFrançais dans leurvie quotidienne.PPour l’ensemble des Français, c’est unecertitude, leur pouvoir d’achat baisse.Les discours officiels, « ce n’est qu’uneimpression…La réalité est tout autre », etc. n’yfont rien. Les consommateurs constatent cettehausse jour après jour, quand les 2500 litres defioul qui servent annuellement à les chauffer leurcoûtent 500 euros de plus qu’il y a 2 ans ou quandils payent, au bar, 1,20 euro le café qui valait 3francs –soit 0,46 euro en 2000.Du côté de l’INSEE, le discours est sensiblementdifférent. Preuve en est, avec l’évolution de sonindice des prix à la consommation : + 1,5 % dedécembre 2004 à décembre 2005 - une des plusfaibles inflations en trente-cinq ans - et 1,1 %d'octobre 2005 à octobre 2006.Ce décalage entre les chiffres officiels et le ressentigénéral s’est considérablement accéléré depuis2002 et le passage à l’euro. Mais si Jean-Michel Arnoux, directeur adjoint de la divisionprix de l'Insee convient que « le pain, les viandesou le café ont fortement augmenté au moment dupassage à l'euro, et d'autres produits ont connudes hausses régulières depuis », pour lui, « onne peut absolument pas dire qu'il y a une flambéegénérale, car des baisses ont compensé. » Pournombre d'économistes, c'est d'ailleurs une des raisonsde ce décalage entre l'inflation ressentie parles gens et l'inflation mesurée par l'Insee : leshausses frappent plutôt les achats quotidiens essence,tabac, produits frais, tandis que les baissesse concentrent sur les achats plus rares ordinateurs,télévision.Autre discordance au niveau des chiffres del’INSEE, le revenu disponible des ménages -salaires,prestations sociales et revenus du patrimoine.Cette appréciation du pouvoir d’achat participeau pessimisme des ménages sur l'évolution deleur niveau de vie. D’après l’institut, il a progresséde 1 % en 2003, de 2,2 % en 2004, de 1,1 % en2005 et en 2006, la hausse sera de 2,3 %.Néanmoins d’autres organismes officiels tel leConseil national de l’information statistique et leBIPE, (institut de prévisions) viennent nuancercette vérité établie en mettant en avant l’importancecroissante des frais contraints logement,chauffage, téléphonie, assurances...- . Le BIPE,pour qui le pouvoir d’achat du consommateurn’augmentera que de 0,5 % en 2006 après avoirbaissé de 0,7 % en 2005, tient compte égalementde l’évolution du nombre et de la structure desménages. Contrairement à l’INSEE qui ne prenden compte ni l’accroissement annuel de la population(350 000 personnes par an) ni l’augmentationdu nombre des ménages (plus de 1 % par an),du fait des séparations et du vieillissement.Au-delà de la bataille des chiffres, la focalisationsur l'indice des prix masque sûrement de réelsproblèmes sur les coûts du logement, sur certainsprix partis à la hausse avec l’euro ou des disparitéscroissantes de pouvoir d'achat. Et dans cettelutte d’indices, pour le Centre d'étude des revenuset des coûts (CERC) « la réponse est plus dans lalutte contre les inégalités sociales et les disparitésde revenus que dans la sophistication des indices»Philippe Hermant


VIOLENCE-SPORT :1 PARTOUTDu coup de boule de Zidane, aux violences récentes dans et autour des stades, le rapport entre sport et violenceinterroge.Si le sport est émotion, passion,Sépanouissement, éducation, s’il favorisel’insertion et permet parfoisl’intégration, il est aussi, simultanémentou successivement, déraisonet violences.La banalisation des injures, voire descoups infligés aux arbitres, la généralisationde la pratique du dopage par les sportifsles plus glorieux, rappellent l'ambivalencedu sport : d'un côté il est conquêtesur soi-même, de l'autre volonté de domination; d’un côté il oblige à cultiver lamaîtrise de soi, de l'autre il développel'agressivité ; d'un côté il inspire la joie dela victoire désintéressée, de l'autre il entretientl'ivresse de l'argent et du pouvoir.Alors le sport, activité sociale comme uneautre, doit-il et peut-il être meilleur que lereste de la société ?Il y a quelques années une enquête del’Inserm interrogeait en affirmant que lescomportements agressifs n’étaient pasapaisés par la pratique d’un sport. Ellemontrait même un lien entre le degré deviolence et le nombre d'heures passées surle terrain. Une idée partagée par LucCollard, chercheur à la Faculté dessciences du sport de l’université dePicardie, et auteur du livre Sport et agressivitépour qui « le sport, dans son acceptionla plus forte, c’est à dire une activitéphysique, avec des compétitions régléespar le biais de fédérations, procède à unvéritable façonnage de l’agressivité ».Si Pierre de Coubertin, comptait sur lesport pour forger les caractères et enseignerle respect des règles du jeu, il n'ignoraitpas pour autant que l'exercice sportiffait appel à des qualités physiques et mentalesplutôt qu'à la vertu. Les dérives et débordementsde certains grands sportifssont d’ailleurs là pour en témoigner.Depuis plusieurs décennies, la médiatisationdu sport le fait pencher du mauvaiscôté et la dénaturation du sport de haut niveaus’accélère. Plus le sport est populaire,plus il est médiatisé, et plus les médiasprivilégient le spectacle et fabriquent desgloires et des stars. Les enchères de lagloire et de l’argent montent. La tentationde la fraude et les pulsions de violence sesaisissent alors des sportifs.Mais, outre les sportifs, la violence,touche également les spectateurs.Ainsi, en quelques jours, laFrance a été le terrain de nombreuxincidents. Un supporter duParis Saint-Germain, a été tué prèsdu Parc des Princes à l'issue d'unmatch, alors qu’il participait à uneagression raciste et antisémite ; àNice, un pompier volontaire a eules doigts déchiquetés suite à l’explosiond’une bombe agricole ; àNancy, des supporters hollandaisont saccagé des tribunes dans undéferlement de haines et de violences.C'est aussi le retour en force et la diffusiondans les stades d'une violence à caractèreethnique, voire religieuse, avec des groupusculesclubs de supporters parfois taxésde néonazisme. Un décret publié récemmentpermet de prononcer leur dissolution.Le message d'unité et de tolérance duMondial 2006 cet été en Allemagne n'estplus qu'un lointain souvenir : attaques xénophobeset éruptions de violences ont reprisde plus belle autour des matches defootball en Europe. Ni les appels à l'amitiéentre les peuples lus par Beckham ouZidane, ni les banderoles « Dites non auracisme » déployées dans le rond centralavant les matches de la Coupe du monde,ni les quatre millions d'euros engagés dansdes opérations de préventions des violencespar le comité d'organisation duMondial n'ont suffi. Chaque semaine crisde singes ou jets de bananes descendentdes tribunes européennes. En Grèce,presque chaque dimanche, les journaux télévisésrapportent des images de bataillesrangées entre supporteurs, de lancers defumigènes contre les policiers, de mises àsac d'aires d'autoroutes ou de ferries.Ce « trop vite, trop haut, trop fort » actuelfait écho aux paroles de Pierre deCoubertin qui en 1929 écrivait « Le sportsera bienfaisant ou nuisible selon la directiondans laquelle on l’aiguillera ». C’estaux milliers d’éducateurs, d’enseignants,de dirigeants de continuer à s’organisercontre ces dérives. Comme le note LucCollard, « dans les écoles, l’éducationUn décret paru en fin d’année, autorise ladissolution des clubs de supporteurs coupablesde violences.physique et sportive s’est démarquée dusport en tant que tel, pour favoriser le développementdes conduites motrices plutôtque la performance pure et dure. Les séquencesd’EPS y sont souvent des activitésmélangeant filles et garçons, de niveaux etde motivations très hétérogènes ; il devientimpossible de faire du sport au sensfort du terme ». Et si elle était là la bonnedirection.P.H.« Nous n’irons plus au stade parce quenous ne comprenons plus pourquoi cesport qu’on nous disait porteur de tantde belles valeurs est complètement détournéde son objet(...) signe dans unelettre ouverte* Jean-Michel Sautreau,le président de l’USEP. Nous retourneronsau stade mais nous ne voulonspas avoir peur ! Nous y retourneronsparce que nous restons persuadés quenous pouvons aussi y grandir, mais pasen y vivant l’horreur. Le sport ne peutpas être autrement qu’humaniste ».L'Usep encadre environ 850 000 écoliersauxquels s'ajoutent des milliers depratiquants occasionnels.*www.usep.org/index.php?option=com_content&task=view&id=237&Itemid=9329


30RéflexionsC i néma12H08 A L’EST DE BUCAREST12h08, c’est l’heure précise du décollage del’hélicoptère de Ceaucescu, le 22 décembre1989. L’hélicoptère dans lesquel il prenaitla fuite, avant d’être rattrapé et ignominieusementjugé et mis à mort trois jours plustard, le jour de Noël. L’est de Bucarest,c’est Vaslui, une ville de quatre-vingt millehabitants et trois chaînes de télévision,comme l’a déclaré lui-même le réalisateur,Corneliu Porumboiu. A Cannes, en mai dernier,il a reçu la Caméra d’or, qui couronnele meilleur premier film toutes sectionsconfondues, un prix qui a toujours distinguél’inventivité, la créativité, la présence d’unauteur réellement neuf. Le film a deux parties: d’abord, dans un décor lugubre deville jamais remise de la grisaille communiste,trois hommes sans qualités : le propriétaired’une minuscule chaîne de télé locale,un professeur pochtron qui trembledevant sa femme et un vieillard acariâtrequi se prépare à jouer au Père Noël pour lesenfants du coin. Ils sont ensuite réunis pourun débat boiteux devant les caméras decette fameuse télé : y a-t-il eu, oui ou non,dans cette ville de Vaslui, la Révolution ?Les provinciaux tristes et ternes ont-ils prisla Bastille en 1989 ? Le débat est ridicule,M u s i q u eJAZZ À L’ EAUDeuxième opus pour Eric Legniniaprès « Miss soul » (nommé dansla catégorie révélation jazz de l’année2006), voici « Big Boogaloo ».Pianiste belge, il a fait ses premierspas sur la scène new-yorkaiseavant de jouer pour SergeReggiani, Henri Salvador ouClaude Nougaro.« Big boogaloo »remet au goût du jour un rythmedes années 60 créé par de jeunes portoricains,entre rhythm’n’blues et mambo. Le ton est libre,très swing, il fait la part belle aux mélodies. FrankAgulhoni est à la batterie, Julien Lourau etStéphane Belmondo cuivrent l’ensemble.Henri Texier et son « Strada sextet » continuentleur chemin musical fait de rencontres, de révoltes.filmé par uncaméramanamateur, dansun studiobranlant. Et encreusant, sil’on ose dire,dans un terrainglissant,celui de l’histoire,de la vérité,de l’héroïsme et de la banalité de l’homme quelconque, CorneliuPorumbiou nous livre à la fois un vrai filmcomique et une parabole parfaite des rapportsimpossibles de la télévision et de lavérité. La province roumaine n’est pasdrôle, il n’y pas beaucoup plus de gaietéqu’à l’époque de la dictature, mais le cinémaest un moyen souverain pour nous fairerire en secouant la poussièreRené MARXLes critiques de cinéma de Fenêtres surCours sont sur www.laviedesfilms.com« Alerte à l’eau » comme unpavé dans la mare, un hommage,« Afrique à l’eau », « Bluesde l’eau », « Flaque étoile », «Valse à l’eau »..Un sextet quiexcelle avec comme compagnonsde route Sébastien Texierà la clarinette, FrançoisCorneloup au saxophone,Guéorgui Kornazov au tromboneet Manu Codjia à la guitare.Laure GandebeufEric Legnini Trio: Big Boogaloo Label Bleu En concert le18 à Charleville Mézières, le 20 à Douarnenez, le 24 àValenciennes, le 31 au New Morning à Paris...Henri Texier Strada Sextet: Alerte à l’eau Label Bleu Enconcert le 27-2 à Toulouse, le 19-3 au théâtre de l’atelier àParis...L’AGENDAENSEIGNER DANS LES ÉCOLES DE LA PÉRIPHÉRIE -COMMENT FORMER À MIEUX ACCOMPAGNER LESAPPRENTISSAGES DANS LES « MILIEUX DIFFICILES » ?Cinq conférences seront proposées :«Synthèse sur les politiques zep/rep »(Jean-Yves Rochex),« Synthèse sur l'éducation prioritaire dansdifférents pays » (Marc Demeuse),« Un point de vue de didactique comparée»(Alain Mercier),« Enseigner le français en « milieux difficiles» » (Dominique Bucheton)« Enseigner les mathématiques en « milieuxdifficiles » » (Marie-Lise Peltier).Le 24.01.2007, Centre IUFM, 45, av. Jean-Zay. - 93190 Livry-GarganRens : 01 56 71 23 88.email : anne.coutel@creteil.iufm.frRÉSISTER ET PROPOSER : IL FAUT CHANGERL’ ÉCOLE !Le C.R.A.P. - Cahiers Pédagogiques organiseune manifestation pour « fédérer lesprotestations et les actions » contre «l’abandon de la démocratisation de l’écolepublique et la fin des efforts de transformationprogressiste du système éducatif français». Les réflexions déboucheront sur despropositions concrètes qui seront transmisesaux candidats pour l’élection présidentielle.Autour des tables rondes :Samuel Johsua, Françoise Lorcerie,Philippe Meirieu, Jean-Yves Rochex,Marie-Christine Chycki, Peggy Colcanap,Gilbert Longhi, Xavier SorbeA Paris, le 3 février 2007.http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2696


LES SCIENCES DE L’ EDUCATIONPRATIQUENT UNE FORME D’INTERDISCIPLINARITED’où viennent les sciences de l’éducation ?Nous allons fêter le quarantième anniversairede la constitution de cette discipline universitairenée en 1967. Elle a connu une préhistoire auXIXe siècle, quand la IIIe république eut besoind’une pensée théorique pour former les cadresde son école. Ainsi Durkheim, avant la créationde la sociologie, fut d’abord titulaire d’unechaire de science - au singulier - de l’éducation.Après la première guerre mondiale, ce projetn’est pas repris, la psychologie se développe etva occuper le terrain de l’éducation de l’enfant.L’idée va repartir après la seconde guerre mondiale.Dans les années 60, des psychologuesdont le cursus était très lié au monde scolaire,Gaston Mialaret, Maurice Debesse, JeanChâteau, ont œuvré pour une nouvelle discipline,les sciences de l’éducation, d’abord trèscentrée sur l’enfant à l’école, qu’ils ont hésité àappeler les sciences pédagogiques.Quelle est leur spécificité ?Les sciences de l’éducation empruntent beaucoupaux sciences humaines de référence : psychologie,sociologie, philosophie et traditionpédagogique, ainsi qu’à l’histoire, à l’économieou aux sciences du langage.Elles se sont confrontées avec des publics professionnelsnouveaux : outre le monde des enseignants,ceux du travail social, de la formationdes adultes, des personnels soignants... Cesgrands champs professionnels se sont tournésvers elles dans l’espoir de rendre plus intelligiblesdes situations professionnelles et d’améliorerdes pratiques. Avec ces professionnels,les sciences de l’éducation ont élaboré desquestions de recherche que d’autres disciplines,comme la psychologie partiellement enferméedans des labos ou la sociologie travaillant plusà distance des professionnels, n’ont pas rencontrées.Par ailleurs, les chercheurs en sciences de l’éducationpratiquent une forme d’interdisciplinarité: au minimum ils lisent d’autres sciences humainessur des objets proches des leurs ; de plusen plus souvent ils répondent collectivement demanière interdisciplinaire à des appels de rechercheet s’efforcent de travailler ensemble.Henri Peyronieest professeur de sciences del’éducation à l’université de Caen etdirecteur du laboratoire CERSEEn retour, l’existence des sciences de l’éducationa-t-elle modifié ces disciplines ?Oui, les collègues de psychologie du développementqui travaillent avec nous essaient, dansleurs observations, de saisir plus globalementles interpellations sociales de l’enfant dans sonmilieu. Les sociologues ont « ouvert la boîtenoire » de l’école pour analyser ce qui se passedans un établissement scolaire ou dans uneclasse avec un regard de sociologue et pas seulementde pédagogue (la génération précédentefaisait une lecture macrosociale des liens del’institution scolaire à la société globale).Quelle place tiennent-elles aux côtés de la formationdes enseignants ?C’est très différent d’un pays à l’autre. Les enseignantsquébécois sont formés dans des facultésde sciences de l’éducation. En France,elles sont une discipline parmi d’autres. La demandeoriginelle de formation pédagogique aperduré jusque dans les années 70-80 puis s’esttransformée en demande de didactique des disciplinesdans les années 90 ; ceci probablementen réponse à une demande de résorber l’échecpersistant d’une partie des élèves au moment dela massification de l’enseignement secondaire.Quelles sont les perspectives pour les sciencesde l’éducation, notamment avec l’intégrationdes Iufm à l’université ?Il va y avoir des réponses différentes sousforme de compromis locaux en fonction desforces, des ressources et des résistances locales.En raison de la réticence du monde enseignantsecondaire et supérieur vis-à-vis de la traditionpédagogique (dont nous sommes perçuscomme les héritiers, même si les recherches pédagogiquessont devenues minoritaires cheznous), notre place ne sera pas aussi importantequ’au Québec, qu’en Angleterre ou qu’enAllemagne.Comment expliquer cet écart de perceptionentre le primaire et le secondaire ?Il s’est construit au XIXe siècle et reste valablejusqu’au milieu du XXe. Entre le monde du secondairesupérieur et celui du primaire qui scolarisaitla totalité des enfants, il y a eu une coupureforte. Les enseignants du secondaire se vivaientcomme des hommes cultivés faisant partagerleur culture à des adolescents futurs professeurs,médecins, ingénieurs... Ils n’avaientpas du tout de souci pédagogique puisque cesenfants possédaient une culture familiale anticipantsur la culture scolaire, et que leur avenirprofessionnel les poussait à un investissementscolaire soutenu. Au sein du syndicalismemême, la coupure était très nette entre le SNI etle SNES, par l’habitus social et la vision professionnelledes uns et des autres. La pédagogieétait l’affaire des instituteurs, issus du peuple,souvent considérés comme ignorants car ilsn’avaient pas fait d’études longues. D’où uncertain mépris des enseignants du secondaire etdu supérieur sur le monde des instits. Ce méprishistorique se modifie à coup sûr, mais il persistediscrètement dans l’irrationnel collectif.D’où une coupure symbolique encore forteentre les deux mondes professionnels.Propos recueillis parArnaud Malaisé

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