FSC n°305 (en pdf) - SNUipp

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( )(fenêtres)sur . courssur . coursAprès le 20novembredécembrecontinueJeunesenseignantsUne enquêteSNUipp/CSAHEBDOMADAIRE — 26 NOVEMBRE 2007 — N°305 — ISSN 1241 — 0497BaudelotFilles et garçons15 ans apèsLA REUSSITEÇA ME DITLES HEURES DU SAMEDISNUippFédération Syndicale Unitaire


( )(fenêtres)sur . courssur . coursN° 305 26 novembre 2007EditActu5Dossier14Métier20Réflexions27CANTINE BIOEN ARIÈGE : unatout pour le développement du territoireGREVE DU 20 :mobilisation d’ampleur qui appelle desréponsesSAMEDI MATIN : des annoncesministérielles à la réalité desdifficultés scolairesJEUNES ENSEIGNANTS ET ECOLE :regard sur l’enquête du SNUippSCIENCES ENFAC :A Rouen des classesprimaires sontaccueillies àl’université.LEUR AVIS :Europe, un nouveau traitéINTERVIEW :Christian Baudelot fait le point sur lesinégalités filles/garçons aujourd’hui65 %de grévistes dans lesécoles, des centainesde milliers demanifestants danstoute la France… Fonctionnaires,enseignants se sont massivementmobilisés, dans l’unité, contre lessuppressions de postes dans lesservices publics et l’Education,contre la perte du pouvoird’achat, aux côtés des étudiants,lycéens et parents d’élèves, etdans un contexte social marqué,dans d’autres secteurs, par defortes mobilisations sur lesretraites.Les 23 propositions du ministre,même habillées en toute fin d’un« plus de maîtres que de classes» mais sans le moindre postesupplémentaire, sont peucrédibles ; certaines sontinquiétantes. Mieux d’école pourtous, des missions reconnues,plus d’égalité, c’est ce que leSNUipp portera dans sesinterventions et les mobilisationsà venir.Pour les services publics,l’emploi et les salaires, leministre de la fonction publique ajusqu’au 30 novembre pourapporter des réponses.Ensemble et déterminés, débutdécembre, on continue !Renaud Bousquetsont joints à ce numéro deux encarts, Rue du Monde et ACE et un supplément numéroté de I à II.


AffichagesLOCATIONS38 Pleynet 7 Laux appt meublé 4p 1600malt pd pistes Noël 400€ fév 500€T.06.16.99.28.9674 pr La Clusaz Gd Bornand appt 5persNoël/fév 300€/450€/sem T.04.50.45.79.2938 ski + été maison tt cft T.06.50.77.10.6973 chalet 8p centre st T.06.81.99.35.1674 Contamines st 4p pr pt T.03.21.28.78.12Toscane maison T.02.33.28.60.97Rome appart T.02.33.28.60.9738 Prapoutel 7Laux F2 5pers pd pistesNoël Février T.04.75.49.07.74Bourg-st-Maurice appt 4/6 pers vacancesNoël semaine février ParisT.04.79.08.57.12/ 06.14.91.30.7774 Araches grd massif T2 45m2 TV 6p ttessaisons T.03.83.55.32.8173 Valcenis T2 5c TV confT.04.78.73.75.75Avoriaz st/cab tt conf TV ttes périodes prixenseignants T.06.87.48.24.26Carnac appt 4pers 350€/semnov à juin 5 minutes plagescommerces T.02.97.76.42.38Papier recyclé(fenêtres sur cours)Hebdomadaire du Syndicat NationalUnitairedes instituteurs, professeurs des écoles etPEGC — 128 Bd Blanqui — 75013ParisTél.: 01.44.08.69.30 — e-mailfsc@snuipp.fr• Directeur de la publication: GillesSarotte • Rédaction: Marianne Baby,Renaud Bousquet, Lydie Buguet,Michèle Frémont, Daniel Labaquère,Pierre Magnetto, Arnaud Malaisé, GillesMoindrot, Jacques Mucchielli, SébastienSihr • Impression SIEP — Bois-le-Roi •Régie publicité : MISTRAL MEDIA, 365rue Vaugirard 75015 PARIS Tél.:01.40.02.99.00 • Prix du numéro : 1euro — Abonnement 23 euros • ISSN1241 — 0497 • CPPAP 3695 D 73 S •Adhérent du Syndicat de la PresseSocialePetites annonces Petites annonces Petites annoncesTARIFS 2007 ● Pour une ligne de 35 caractères (blancs inclus) — Tarif syndiqué/ abonné 14 euros TTC — Tarif non syndiqué23,5 euros TTC ● En pavé encadré sans fond couleur — Tarif syndiqué/ abonné 20 euros TTC — Tarif non syndiqué30 euros TTC la ligne de 35 caractères ● En pavé encadré avec fond couleur — Tarif syndiqué/ abonné 24 euros TTC Tarifnon syndiqué 36 euros TTC la ligne de 35 caractères.Rendons à César…Dans notre n°304, spécialuniversité d’automne de LaLonde les Maures, une trèsmalencontreuse erreur nousa fait inverser les photos deLydia Deret, inspectrice del’Education nationale dansle Calvados et DanièleDelouvin, psychologue clinicienne.Lydia Deret avait animé unatelier sur « comment apprendreen maternelle avecle gros matériel demotricité ».Danièle Delouvin était intervenuesur « la violencedes enfants et le rapport àl’autorité ».KISAITOUla version 2007 est disponibleLe KISAITOU est devenu la référence administrative desinstituteurs et professeurs des écoles. La nouvelle édition2007, mise à jour et sensiblement augmentée, complétéepar CD-Rom, offre une mine de renseignements originaleau niveau de l’Education nationale.Le CD-Rom permet par lien d’obtenir l’intégralité destextes réglementaires et accompagnera tous les enseignantsdans leurs questions concernant leur carrière, lesresponsabilités, les questions administratives, la vie del’école…Consultable en ligne sur http://www.snuipp.fr


ActuSALAIRESDELAFONCTIONPUBLIQUECINQ ANS DE DIMINUTIONSi sur les 25 dernières années,les évolutions des salaires annuelsnets moyens dans le secteurprivé et la Fonction publiqued’Etat étaient voisines,depuis 2002, elles divergent.Dans la Fonction publique, lahausse la plus rapide sur 1989-1995 est à relier aux revalorisationsd’indices mises en œuvredans le cadre des lois Jospin-Lang et Durafour.D’après l’INSEE, depuis 2002,les salaires nets annuelsmoyens diminuent en termesréels dans la Fonction publiqued’Etat en lien avec la haussedes cotisations sociales et cellede l’assiette sur laquelle estcalculée la CSG.Source : INSEE, Portrait social, édition 2007, novembre 2007« GONCOURT » DE L’ ARCHITECTUREUNE ECOLE REMPORTE L’ EQUERRE D’ ARGENTLa restructuration du groupe scolaireNuyens, installé dans un nouveau quartierde Bordeaux a reçu l’Equerre d’argent2007, le prix d’architecture du Moniteur.Habituellement, le « Goncourt » del’architecture récompense des œuvres prestigieuseset des architectes de renom. « Tousles bâtiments présentés au jury internationalétaient d’une trèsgrande qualité, mais lors des délibérations,le débat s’est axé sur lanécessité de saluer l’architecturedu quotidien » explique FredericLenne, du Moniteur.La transformation du paysage urbainet la force du lien social del’école sont au cœur du projetprimé. Le groupe scolaire Nuyensest, comme le dit Nathalie Franck,l’architecte qui a réalisé l’opérationavec Yves Ballot, « l’ancienneécole d’un quartier défavorisé deBordeaux, situé en zone inondable en bordurede la Garonne, qui a été entièrementreconstruit. Le seul élément resté en fonctionnementdurant la reconstruction c’estl’école ».Véronique GiraudSACS À SAPIN SOLIDAIRESEt si le sapin de Noël était l’occasion d’uneaction solidaire? Handicap internationalpropose des sacs qui rapporteront chacun1,30 € à l’association. Fabriqués à base decéréales, ils sontt 100 % biodégradables etcompostables. Dans toutes les grandes surfaces…1 ER DÉCEMBRE : CONTRE LE SIDALe 1er décembre journée mondiale contrele SIDA est l’occasion de parler de prévention.L’internationale de l’éducation proposele 30 novembre « une heure sur le sida »pour sensibiliser les élèves. Un kit d’activitéspédagogiques est disponible sur :www.ei-ie.org5


Actu6L’ONU CONTRE LA PEINEDE MORT ?Pour la première fois, une commission del’assemblée générale de l’ONU vientd’adopter une résolution « appelant à unmoratoire sur les exécutions en vued’abolir la peine de mort ». La résolution,adoptée par 99 voix contre 52 et 33abstentions) détaille les arguments desopposants à la peine de mort. Elle pourraitêtre présentée devant l’assemblée généraledès le début décembre. Une tellerésolution n’avait pu être entérinée en1994 et 1999 en raison de l’oppositiondes Etats-Unis et de nombreux paysémergents, dont la Chine. Encore 64 paysconservent et utilisent la peine de mort.8kgPoids moyen du cartable d'unélève de 6 e . Véritable problèmede santé publique, le poidsdes cartables ne devrait jamaisdépasser un dixième dupoids de l'élève.LE QUEBEC MODERNISESES ECOLESPlus de trois milliards de dollars ont étédébloqués pour la rénovation des établissementsscolaires par le gouvernementquébécois. Cette mesure s’inscrit dans leplan des infrastructures annoncé dernièrementalors que la vétusté des équipementsscolaires publics était au cœur d’une polémiquedepuis plusieurs années dans laprovince canadienne.DIX MAIRES EUROPEENSPOUR LES SERVICES PUBLICSQui répond aux besoins quotidiens des citoyens?Qui est essentiel au développementéconomique d’une ville, d’un pays?Qui garantit la cohésion sociale et économique? Les services publics, répondentles maires de dix capitales: Bruxelles,Paris, Londres, Luxembourg, Lisbonne,Sofia, Amsterdam, Tallinn, Vienne etNicosie. Pour eux la Commission européennedoit cesser de proposer systématiquementla privatisation-libéralisation desservices publics.Financement du privé« Stop, ne payez pas »Quel est le motif devotre recours contrel’application de l’article89 sur le financementde la scolarisationdans le privé ?Quand des parents demandentà scolariserleur enfant dans le publichors de la commune,il y a des règles préciseset la nécessitéd’un accord préalable.Or dans les nouveauxtextes, aucune procédurede ce type n’est prévuepour le privé : les parents font ce qu’ilsveulent et à notre insu. Il y a une inégalitéévidente et c’est sur ce plan-là qu’on se bat.Que représente cette dépense supplémentaire?Cette dépense est impossible à prévoir et àmaîtriser. D’après les maires, lors de la premièrecirculaire qui a été annulée, lessommes demandées variaient de 50 à1000 euros par an, avec beaucoup de mal àles justifier. En dehors des dépenses inter-Gérard Pelletier est présidentde l’Association des mairesruraux de Francecommunales, de personnelset les impôts qui sontobligatoires, toutes lesautres dépenses sont délibérées.Ainsi on ne règleune facture que si on aémis une commande.Imposer à une communele fait que des parents, desparticuliers, puissent engagersans nous consulterdes dépenses communalesest impensable.Que préconisez-vous enattendant la décision du Conseil d’Etat ?Le mot d’ordre en attendant est toutsimple : « STOP, ne payez pas ». J’ai bonespoir car le Conseil d’Etat va avoir du malà ne pas admettre cette inégalité de traitement.Ensuite les parlementaires reprendrontles choses en main. Mais c’est unautre débat - citoyen celui-là - et qui n’estpas que celui des maires.Propos recueillis parMichèle FrémontDes zones encore prioritaires ?Et l’on reparle des ZEP. La direction de l’enseignementscolaire (DGESCO) vient de précisercertaines mesures concernant l’éducationprioritaire. Les nouvelles appellationslancées lors de la réforme de Gilles deRobien, ancien ministre de l’Education ontété confirmées: RAR pour les 253 établissementsréseau ambition réussite et RRS (réseaude réussite scolaire) pour les autres ZEPet REP classés en EP2 et EP3 qui sont dorénavantgérés au niveau académique. Enconséquence, affirme la DGESCO, les recteurssont chargés d’identifier les écoles enEP3 qui doivent d’ici 3 ans sortir du dispositif.En revanche, ce changement de vocablenentraîne pour l’heure pas de remise enquestion des indemnités de sujétion spécialedont bénéficient les enseignants en ZEP,ceux de REP n’y ayant pas droit.Par contre, depuis la rentrée, le ministère n’atoujours pas de chef de service et de déléguénational à l’éducation prioritaire. Un signepeu encourageant en direction des équipesqui bataillent fermement dans les classes oùla mise en œuvre des projets pédagogiques,inter-degrés et partenariaux nécessite plus detemps, de soutien et d’accompagnement.


ActuLE 20 NOVEMBRE, MOBILISES !Plus de 150 cortèges ont défilé dans lesrues un peu partout en France. Une fortemobilisation pour les salaires et les servicespublics et l’école.Salaires, services publics, budget, étaient au centre des fortes manifestations du 20 novembre. Les enseignants sesont fortement mobilisés au moment où Xavier Darcos lance son projet de réforme pour l'école.Mobilisation massive. La journéed'action du 20 novembredans la fonction publique etl'éducation nationale a rassembléplus d'un demi millionde personnes dans toute la France. Lapresse dans son ensemble s'en est largementfait l'écho. « Démonstration publique »,« la rue, jonction du “ ras-le-bol ” »,Et de reconnaître que « l'agitation socialeétait montée d'un cran » avec la grève desfonctionnaires qui a fortement mobilisé. Lescortèges se sont trouvés grossis par les étudiantset lycéens inquiets de la mise enoeuvre de la loi sur l'université et les agentsdes secteurs des transports, de l'énergie,dans l'action et exigeant l'ouverture de discussionssur l'avenir de leurs régimes spéciaux.En nombre, venus des divers secteurs de lafonction publique, les manifestants « inquietset exaspérés » se sont mobiliséspour le maintien de « services publics dequalité et de proximité », pour des mesuressignificatives concernant les salaires etcontre les 22 900 suppressions de postesinscrits au budget 2008.Ainsi, les quelques 150 cortèges unitairesorganisés dans toute la France ont tous défiléen rangs serrés : au moins 70 000 à Paris,50 000 à Marseille, plus de 25 000 àToulouse, Rennes et Bordeaux, 15 000 àLyon et Clermont-Ferrand,…Des chiffres imposants à rapprocher de ceuxdu long mouvement contre la réforme Fillonde 2003 ou de la journée d'action des fonctionnairesen janvier 2005. Pour GérardAschieri, secrétaire général de la FSU, cettejournée « constitue un indéniable succèsqui exprime avec force les attentes et les revendicationsdes personnels ».Dans le contexte actuel, le gouvernement acherché à minimiser l'impact de cette journéeen parlant de « grève moyenne ».Nicolas sarkozy est sorti de son mutisme. Ilprévoit d'annoncer des mesures concernantle pouvoir d'achat, un des points de cristallisationet de mécontentement largement exprimédans les cortèges.Dans l'éducation, beaucoup d'écoles étaientfermées. Le ministère avance 46 % de grévistes,les syndicats près de 65 % pour leprimaire un secteur fortement mobilisé. Ilfaut dire que l'école est depuis la rentréesous les feux des projecteurs. La commissionPochard sur le métier d'enseignant setient depuis octobre. Le ministre XavierDarcos a d'ailleurs annoncé qu'il en attendait« des pistes pour une revalorisationmorale et matérielle des personnels ». Avecquelle marge de manoeuvre budgétaireconcrète ? Telle est la question au momentoù le budget consacré à l'école était un autrepoint de mécontentement lors de la journéedu 20. L'enquête menée par le SNUipp auprèsdes jeunes enseignants (p. 20) et présentéeau Salon de l'éducation montred'ailleurs combien la surcharge de travail estjugée de plus en plus pesante.De plus, le ministre vient de lancer 23 propositionspour « une refondation de l'école» (p. 11). Avec l'affichage de « diviserpar trois en cinq ans l'échec scolaire lourd». Sur cette question, le SNUipp a toujoursdéveloppé son projet pour « la réussite detous les élèves » en construisant des propositionspour la transformation de l'école : diminutiondes effectifs, plus de maîtres quePour mieux d'école, du temps Monsieurle ministre !Alors que s'ouvrent des discussions, leSNUipp lance une lettre pétition adresséeau ministre en demandant entre autre3 heures de concertation incluses sur letemps de service.de classes pour se concerter et organiser dutravail en petits groupes sur le temps declasse, redéfinition des missions spécifiquesde la maternelle dès 2 ans, du temps pourtravailler en équipe et échanger sur les pratiques,des RASED en nombre suffisants.Autant de pistes importantes qui permettentd'élaborer des réponses pour l'aide aux plusfragiles.Le ministre acte que le statu quo n'est pluspossible mais les choix opérés ne sont pascrédibles ni sur le plan budgétaire, ni surcertaines de ses propositions pédagogiques.Dans ce cadre et au regard des discussionsqui s'ouvrent sur la répartition des heures libéréespar « la suppression du samedimatin », le SNUipp lance une campagnepétition (voir dossier).Les huit fédérations de la fonction publiqueréitèrent leur exigence d'une négociationimmédiate « notamment sur le pouvoird'achat et les effectifs. Dans le cas contraire,elles » décideront d'amplifier la mobilisationpar une nouvelle action commune dèsle début décembre.Sébastien Sihr7


ActuARIEGELE BIO, C’ESTBEAU ET BON8Précédant lesrecommandationsdu Grenelle,la communautéde communesdu Séronais dansl’Ariège utiliseles produitsdu terroiret consacredeux repasde la cantineau bio.La première chose qui frappe, c’estle goût. Que ce soit la soupe depois cassés ou les lasagnes aux légumes(à tomber !), le plat est appétissant,odorant et goûteux… Les élèvesde la cantine font un peu les blasés et netrouvent pas énormément de choses à diretant tout ceci leur semble normal. Il fautque ce soit ceux qui arrivent d’une autreécole, qui ont connu une autre cantine, quimanifestent leur enthousiasme en expliquantles différences.A Alzen, petite commune de l’Ariège, iln’y a pourtant pas de vraie cuisine à lacantine… Mais une cuisine centrale à LaBastide de Sirou, le gros bourg de cettecommunauté de communes de 3000 habitants.Les 6 écoles de cette communautéde communes reçoivent donc, en chaud,les repas préparés par Gaby Blaise et deuxautres cuisiniers, dont ce n’est pas le seultravail. Ils cuisinent aussi pour les personnesâgées des 11 communes, pour uncentre spécialisé accueillantdes personnes autistes, etpour le centre de loisirs durantles vacances scolaires.Kathy Wersinger, la directricede l’école d’Alzen est unedes membres du comité depilotage depuis sa mise enplace en 2000: c’est dire sion est loin de l’effet de mode actuel et enavance sur les conclusions du Grenelle del’environnement « d’atteindre 20 % deproduits biologiques dans la restaurationcollective » d’ici 2012. Kathy expliqueavec enthousiasme les premières réunionsavec parents, enseignants, élus, agricul-Un repas « alternatif »tous les 15 jours permetde compenser le surcoûtdes achats à lacoopérative bioteurs, cuisiniers et personnels de service…et la décision progressive de passer à unpuis deux repas bio par semaine, les lundiset mardis, tout en privilégiant les produitslocaux.André Rouch, le maire d’Alzen et présidentde la communauté de communes, débordantd’énergie, insiste pour replacer cet« exemple parfait de démocratie participative» dans une politique qui s’est fixéeplusieurs objectifs: favoriser l’installationsur les communes de couples avec enfants,fournir des services ambitieux, agir pourun développement local durable et respectueuxde l’environnement.Le grand projet en cours estl’installation d’une chaudièreà bois à Alzen, qui permettrade fournir chauffage et eauchaude aux bâtiments communaux(et donc l’école) et àdes habitations. Des chaudièresidentiques sont déjàinstallées dans plusieurs communes de lacommunauté, un centre de stockage et deséchage du bois broyé, flambant neuf, esten service. Comme le dit André « les petitescommunes, les territoires sans ressource,doivent innover et monter des projetsexemplaires, s’ils veulent vivre et s’en


« Et pourquoi on n’a jamaisde frites? » Parcequ’avec les transports,elles arriveraient tropmolles! Et ça, pas question!La volonté de maintenirune vie et d’assurer desrevenus dans le territoirepermet à Gaby le cuisinierde privilégier lesachats locaux.sortir ». Et de rajouter « sur 1 000 € defioul, 900 vont à la compagnie pétrolièreet 100 à une entreprise locale… Avec lebois, 900 € resteront dans nos communeset 100 partiront en gasoil… » Revenantsur l’investissement de la communauté decommunes qui a pris la compétence scolaire,le président détaille, à côté du choixde maintien des écoles là où sont les enfants,tout ce qui est fait pour l’aménagementdes 6 petites cuisines qui garantissentle service à température, l’emploi d’animateurs,tous titulaires du BAFA, pour lapause méridienne et l’accueil des enfantsle matin et le soir.C’est cette volonté de maintenir une vie etd’assurer des revenus dans le territoire,qui, associée au souci environnemental,permet à Gaby le cuisinier de privilégierles achats locaux. Et que l’on ne s’y trompepas, en dehors des achats bio, certainspetits producteurs locaux n’ont pas effectuéles démarches pour obtenir la certificationmais « produisent bio ».A la cantine centrale, donc, on cuisineaussi bien les tomates de la « maman deClémentine » que la volaille fermière d’unproducteur voisin. Les légumes sont desaison, les produits sont frais. Même lepoisson (de pleine mer) est panéLa vérité des prixEn 2007, dans le Séronais, le prix de revient moyen d’un repas concernant uniquementles matières premières est de 1,64€, contre 1,50€ pour la moyenne nationale. Il « grimpe» à 1,73€ pour les repas bio. Si l’on prend en compte les frais de personnel, de transport,l’électricité,… et le reste, le prix de revient est de 5,11€. Seulement 2,40€ sont àla charge des familles.Achats grossistes35%« maison ». La viande peut venir desfermes avoisinantes, mais aussi du boucherlocal, les fromages sont du terroir.Ancien restaurateur, Gaby met sa fierté àfabriquer, cuisiner, à travailler les produits…et le résultat est là ! Dans son bureau,à côté de la cuisine hyper-moderne etfonctionnelle - il a donné son avis sur lesplans! - le chef surligne chaque jour sur ungrand cahier les produits et ingrédients bioutilisés. Il y en a même en dehors du lundiet du mardi !De toutes petites entorses, pour le coût oupour le goût, sont parfois faites sur les produitsd’accompagnement : la moutarde dela vinaigrette étant un peu chère, il privilégieraà la place l’achat de sucre bio pour leyaourt ; l’huile bio ayant un goût un peutrop prononcé pour certains enfants, il essaieraplutôt une autre fois une huile nonbio mais riche en oméga-3 ou 6.Le prix? La communauté de communespaie la moitié du prix du repas pour les enfants,et il reste aux familles 2,40€, prixqui a très peu augmenté ces dernières années.Solution trouvée : un repas « alternatif» tous les 15 jours, c’est-à-dire un repassans viande. L’économie ainsi réalisée estsuffisante pour compenser le surcoût desachats à la coopérative bio! Les enfants lesavent, l’expliquent, et l’acceptent. Toutcomme ils acceptent la réponse de Gaby àla question « Et pourquoi on n’a jamais defrites? », qui est de dire qu’avec les transports,les frites arriveraient trop molles! Etça, pas question!Achats locaux26%Daniel LabaquèreAchats locaux en BIO23%Achats en BIO16%9


Actu10Convoqués à l’initiative du SNUipples « États généraux de la directionet du fonctionnement de l’école » sesont tenus à Paris le 23 octobre 2007. Cetemps de réflexion et de débat a permis dereplacer ce dossier sous les feux de l’actualitésyndicale , en dégageant un axe revendicatifprécisé dans l’appel qui a clos lajournée. Outre les directrices et directeursprésents en nombre, trois personnalitésavaient été invitées. Claude Lelièvre, professeurd’histoire de l’éducation àl’Université de Paris V, a refixé le cadrehistorique et politique du fonctionnementscolaire depuis Napoléon. Querelles entreinstituteurs et adjoints au début duXXe siècle, mise en place des conseilsd’école en 1969, débat sur le statut du« maître-directeur » à la fin des années 80,les discussions sur le rôle et le statut du directeursont à inscrire dans une histoirelongue. Georges Fotinos, inspecteur généralde l’Éducation nationale, s’appuyantsur le rapport dont il est l’auteur (« le climatdes écoles »), a pointé l’importance durelationnel dans la fonction de directeur etLe budget 2008 prévoit de maintenir30000 emplois pour la prochainerentrée au lieu des 50000 répertoriésen mai dernier. Selon une note du ministèredu travail, les personnes sont aujourd’huimajoritairement en contratsd’avenir, réservés aux bénéficiaires de minimasociaux, et sont plutôt plus qualifiées(32 % des « entrants » avaient un niveauégal ou supérieur au bac), ceci étant dû aufait que le principal employeur estl’Education nationale, un employeur peuexemplaire qui « prévoit moins fréquemmentdes formations que les autres employeursdu secteur non marchand ».Cependant cette formation, obligatoirepour les CA et recommandée pour lesDIRECTION :RETOUR SUR LES DEBATSl’absence de formation aux « relations humaines» dans l’accession aux fonctions dedirecteur. Claudine Paillard, présidente del’ANDEV (association nationale des directeursde l’éducation des villes) a apporté,quant à elle, son point de vue, pas toujoursen phase avec celui des enseignantsprésents, en particulier lorsqu’elle s’estprononcée en faveur d’une expérimentationdes EPEP.Les témoignages successifs des nombreuxdirectrices et directeurs présents ont étél’occasion de rappeler que les différencesorganisationnelles étant importantes, lespréoccupations et attentes s’en trouvent inévitablementdisparates. Pour autant, ilressort un sentiment commun: celui d’unmanque cruel de temps, responsable del’insatisfaction de ne pouvoir assumer correctement,ni la gestion de la classe, ni latâche de direction.L’appel interpelle le ministre et dès lesprémières réunions de la commissionPochard le SNUipp posera la question dela diréction d’école.EMPLOIS PRECAIRESQUEL AVENIR POUR LES PERSONNES ?CAE, est tout autant de la responsabilitéde l’ANPE. C’est ce qu’a rappelé le sousdirecteurchargé de l’insertion et de la cohésionsociale au ministère du travail lorsd’une audience sollicitée par le SNUipp.Les interrogations sur la prime à l’emploi,la modulation horaire et l’avenir des personnelsdont les contrats arrivent à échéancedès maintenant ont reçu des réponsespeu « opérationnelles ». Les personnes enfin de contrat reviennent au chômage indemniséet l’avenir du dispositif n’est pasclairement défini, en attente des décisionsqui émaneront du « Grenelle de l’insertion» qui débutera les 23 et 24 novembreprochain à Grenoble.91AGrigny, suite àl’agression de troisenseignants et le vol deleurs voitures, les écoles dela ville se sont mis en grève lundi 12 novembre.Les parents se sont montrés solidaires, une manifestationle samedi suivant a rassemblé 1500 personnespour protester contre ce climat délétère. Le SNUippqui est intervenu au ministère, a interpellé, enCDEN, le préfet et l’IA sur les réponses apportées.Le recteur s’est engagé à veiller à l’indemnisationcomplète des victimes et à la mise enœuvre d’une concertation locale sur laviolence.Allocations familiales1 % et puis c’est tout!1 % d’augmentation pour la base mensuelledu calcul des allocations, c’est tout ce quepropose le gouvernement : cette base passede 374,12 euros à 377,86 euros. Des calculsfondés sur les prévisions d’évolution du coûtde la vie mais qui ne tiennent pas compte del’évolution des salaires et de la croissance.Cette base de calcul concerne presque toutesles allocations (Paje, complément familial,allocation parentale d’éducation, de parentisolé, d’éducation d’enfant handicapé…).Les administrateurs de la Caisse nationaled’allocations familiales ont dénoncé « unerevalorisation purement mécanique et largementinsuffisante pour maintenir le pouvoirdes achats des familles ». Dans un communiquéils ont aussi demandé « un coup depouce » aux pouvoirs publics. A suivre.Projet d’EPEP en 2008 ?Le projet de décret sur les EPEP en phase de« réécriture » devrait « être présenté après leprintemps 2008 » a indiqué le ministère.Plusieurs formules pourraient être proposéespour mener l’expérimentation afin selon leMEN « de s’adapter au contexte local ». Ellesdevraient être mises en place à la rentrée 2008ou 2009 pour être évaluées en 2012.Les organisations syndicales sont très inquièteset dénoncent un projet d’autonomiedes écoles qui prévoit entre autre la créationd’un statut de « chef d’établissement » pourdes écoles regroupées. Autre grief, le conseild’administration qui gérera l’organisation dupôle scolaire devrait être majoritairementcomposé d’élus au détriment des enseignants.


LLe ministrevient de présenterson projetde réforme, soumisà discussion« pour définir unnouvel horizon pourl’école primaire ».Après avoir multipliéles annonces,Xavier Darcos avance23 propositions(voir ci-contre) enaffichant un objectifprioritaire : « diviser par trois, en 5 ans, lenombre d’élèves en échec lourd ». Cettesérie de propositions prend appui sur deséléments du rapport de HCE (Haut conseilde l’éducation) paru en septembre. Avecune nouveauté préoccupante, l’évaluationconçue comme un outil de pilotage du primaire(voir ci-dessous). Le ministre fixecomme priorité la lutte contre l’échec scolaire.Le Snuipp exige une transformationde l’école et a déjà fait des propositions.D’ailleurs, le ministre a du en tenir comptecomme « le plus de maître que declasses » ou la rélexion sur la maternellebien qu’il n’y ait aucune référence à lascolarisation des 2 ans. Ce premier affichagese traduira-t-il dans les faits? « Peucrédible » analyse le SNUipp au regard ducadre budgétaire actuel.A contrario, le texte développe égalementdes orientations qui relèvent d’uneconception de l’école laissant peu de placeDARCOSL’ECOLE OUVRE SON CHANTIERà sa mission d’éducation.Il en va de ladistinction entre letemps de la transmissiondes savoirset celui de l’accompagnementéducatif.C’est oublier qu’àl’école primaire lesapprentissages sontune combinaison del’enseignement etde l’éducation. Demême, la prioritéabsolue est donnée à la langue française aurisque de pénaliser les autres enseignements.Ceci n’exonère pas de mener uneréelle réflexion avec les enseignants pourrepenser les programmes, beaucoup de savoirsaujourd’hui croisant plusieurschamps disciplinaires.Les dispositifs pour traiter la difficultéscolaire sont renvoyés en dehors du tempsscolaire, sur les heures libérées après lasuppression du samedi (voir dossier) et àdes stages de remise à niveau pour lesélèves de CM1 pendant les vacances. Maisaucune référence aux Rased, à la formationcontinue dans ce domaine.Etant donné l’importance de ce dossier, leSNUipp demande du temps pour informeret débattre avec la profession de toutes lespropositions ministérielles.Sébastien SihrPilotage par les résultats« Deux évaluations nationales temoins » seront créées en milieu de CE1 et CM2 afin demesurer « les acquis des élèves ». Quid des évaluations actuelles? Le ministère prometaussi « de nouveaux outils ». Les résultats constitueront un outil pour « l’évaluation des enseignantsqui doit être redéfinie » et devient un « des objectifs prioritaires pour les IEN ».Ces mesures marquent les nouvelles politiques éducatives fondées sur le pilotage parl’évaluation et les résultats. Ainsi, le projet annuel de performance 2008 sur lequel reposele budget fait état d’indicateurs sur les acquisitions des élèves (compétences de baseen français, math). Cependant, de récentes études anglaises montrent que ces politiquesn’ont pas de conséquences significatives sur la réussite et produisent même des effetspervers en « prenant le pas sur les apprentissages » (bachotage).23 propositionsLes 23 propositions du Ministre sont répartiesen 6 parties.1- Redéfinir les objectifs de l’école primaire,à savoir d’ici 2012, diviser partrois le nombre d’élèves en échec lourd,amener à moins de 10 % le nombre de redoublementset « distinguer les deuxtemps de l’école : le temps de la transmissiondes savoirs au service de l’acquisitionpar tous les élèves des apprentissagesfondamentaux et le temps de l’accompagnementéducatif. »2- Clarifier les programmes et les horaires:des contenus fixés par année, répartitiondes enseignements par blocs horaireset priorité absolue à l’apprentissagede la langue française.3- Evaluer les élèves tout au long del’année, communication des résultats auxfamilles informées des réponses apportéesaux difficultés. Des outils seront fournis.Création de deux évaluations nationalesau milieu du CE1 et du CM2 (ce n’est pasun examen d’entrée en 6e) pour apprécierla réussite du système éducatif.4- Evaluer autrement les enseignants:la liberté pédagogique implique la responsabilitéde rendre compte des progrès desélèves.5-Consacrer un temps de travail adaptéà chaque élève en difficulté. Les difficultéssont d’abord traitées en classe puis sinécessaire par petits groupes en dehorsdes horaires de classe collective, sur lesdeux heures hebdomadaires (dégagées parla création de la semaine à 24 heures. Cetemps est inclus dans les horaires de servicedes PE. Des stages pourront être proposésaprès le CM1 et avant la 6e sur lestemps de vacances. Dans les écoles où ladifficulté scolaire est la plus récurrente, le« plus de maîtres que de classes » pourraêtre retenu.6- L’école maternelle : redéfinir les missionsen fonction des âges d’accueil, avecun programme respectant mieux sa spécificitépédagogique, renforcer la formationdes enseignants.11


DossierLA REUSSITE ?ÇA ME DIT!12Xavier Darcos avanceque les deux heureslibérées par lasuppression du samedimatin seront consacréesaprès la classe « auxenfants qui en ont leplus besoin ». Difficile depenser qu’un teldispositif réponde à laproblématique complexede la difficulté scolairequi nécessite d’autresorientations. Pistes deréflexion et propositions.Dossier réalisé parMichelle Frémont, Daniel Labaquère, PierreMagnetto, Arnaud Malaisé,Sébastien SihrLe samedi, c’est comme Capri, c’estfini ! Ainsi en a décidé le ministrede l’Education nationale.L’annonce faite le 28 septembre aété confirmée depuis. Tous lesélèves n’auront plus classe le samedi. Leurnombre d’heures de classe hebdomadairepassera de 26 heures à 24. Par ailleurs larentrée se fera le même jour partout enFrance. « Avec la 27e heuredéjà consacrée à la concertationet à la formation, ce sont108 heures qui sont renduesdisponibles dans l’année » aprécisé Xavier Darcos. Laquestion est de savoir commentelles seront réinvesties.Ces heures devront êtreconsacrées à la lutte contrel’échec scolaire, mais aussi àla concertation et à la formationcontinue. Des discussionsIl y a peu de chances que lademande dereconnaissance de laréalité du travail desenseignants puisse êtresatisfaite.ont été ouvertes entre le ministère et les organisationssyndicales qui ont convenud’un programme de travail.Ce dernier pose quatre principes pour guiderles débats. La maternelle doit êtreconfortée « dans la socialisation, et la scolarisationdes élèves, comme dans la préventiondes difficultés scolaires ». « Letraitement de la difficulté scolaire est unepriorité ». « Dans les écoles où la difficultéscolaire est la plus récurrente, le principe« plus de maîtres que de classes » pourraêtre retenu et la relation aux famillesrenforcée ». « L’école est le lieu pertinentd’organisation des pratiques reposant notammentsur la liberté pédagogique, l’autonomieet la responsabilité des équipes etl’évaluation des élèves ».Un des principaux objectifs est « de renforcerle travail en équipe et la formationdes enseignants et leur articulation avecles dispositifs actuels d’aide aux élèves endifficulté et de formation continue ».L’affichage est ambitieux. Il ne prétendrien d’autre que de réfléchir aux possiblestransformations de l’école qui permettraientd’avancer sur le chemin de la réussitede tous les élèves. Mais tout cela n’estguère crédible au regard ducadre budgétaire fixé àl’Education nationale et apparaîtcomme contradictoire parrapport aux 23 mesures annoncéespar Xavier Darcoslire page 11). Que faire de cesdeux heures ?Sur le plan de la charge de travail,la prise en compte detoutes les injonctions ministériellesse traduit déjà par unmanque de temps hors classe (lirepage 16). Il y a peu de chances que la demandede reconnaissance de la réalité dutravail des enseignants puisse être satisfaiteavec ces 108 heures. D’autant que cesdernières devront aussi intégrer les besoinsde temps pour la formation continue qui,de la façon dont elle est institutionnaliséeaujourd’hui, ne permet pas de respecter les36 semaines tout long de la carrière.Ces heures devraient encore servir au traitementde la difficulté pour laquelle XavierDarcos a déjà pris les paris : le taux de15 % d’élèves en grande difficulté sera divisépar trois dans les cinq ans. Une partiedes heures libérées devrait être consacréeau soutien scolaire en dehors du temps declasse. Mais il n’est pas sûr que cette formede soutien constitue le meilleur moyen de


de la réussite. Ils essayent de créer dansl’école les conditions de la réussite detous, l’environnement restant selon la DEPpour deux tiers des enseignants, à l’originede la grande difficulté scolaire (lirepage 14).Il serait sans doute aussi intéressant d’observerdans le cadre de ce débat les pratiquesqui, dans les pays comparables à laFrance conduisent à des taux de réussiteplus satisfaisants (lire page 16). Luttercontre l’échec scolaire comme le prétendle ministre réclame l’ouverture d’un vastechantier. Pas sûr que celui qui vient d’êtrelancé soit à la hauteur des enjeux, mais lesobjectifs énoncés sont tels, qu’on a enviede dire chiche (lire ci-dessous)!DU TEMPS,MONSIEUR LE MINISTRE !relancer le processus de démocratisationde l’école en butte à ce taux de 15 %d’élèves en grande difficulté.« Les variables socio-économiques expliquentdavantage les différences de résultatque le nombre d’heures enseignées », prévientOlivier Maulini, maître d’enseignementà la Faculté de Lausanne (lirepage 17). De son côté, Bruno Suchaut del’Iredu Bourgogne, doute que traiter la difficultéhors temps de classe soit efficace.« D’un point de vue global, la fréquentationde l’accompagnement scolaire ne setraduit pas par des progrès notables ».Quand on observe de près les élèves endifficulté, la réponse la plus pertinente quisaute aux yeux n’est pas celle de la répétitiondes situations qui les mettent enéchec. Ces réponses peuvent être diverses:approches pédagogiques différenciées, pédagogiedu détour intervention d’enseignantsspécialisés dans le cadre du Rased.Un ensemble de pratiques qui nécessitent àla fois liberté pédagogique et travail coopératifavec les équipes. Ce type de fonctionnementproduit des résultats. C’est lecas à l’école André Dubois d’Imphy dansla Nièvre (lire pages 14 et 15), mais les enseignantsde l’équipe n’y parviennent nisans difficulté, ni sans volontarisme, prenantdu temps sur leur temps pour innoverdans leurs pratiques, pour travailler la relationavec les parents qui est une des clefsAlors que s’ouvrent les discussions surla suppression du samedi matin, leSNUipp lance une pétition dans laquelleil estime que le métier, « devenu au fildu temps plus complexe », requiert « davantagede formation, de temps, de travailen équipe ».Pour faire réussir tous les élèves, faireface à l’évolution du métier, prendre encharge efficacement les difficultés scolaires…le SNUipp propose d’autrespistes qu’un traitement de la difficultéen dehors du temps de classe. Il demandeun allégement des effectifs dans lesclasses, des maîtres supplémentairesdans toutes les écoles afin de permettreun travail en petits groupes sur le tempsscolaire, du temps pour se concerter, serencontrer, s’organiser… au sein desécoles. La prise en compte des nouvellestâches dans un temps de serviceallégé des enseignants est égalementune condition nécessaire à ce besoin detemps et de reconnaissance.C’est le sens de la pétition « Du temps,monsieur le Ministre ! », jointe à cejournal, que le SNUipp appelle à signeret à faire signer massivement dans lesécoles.13


DossierPLUS DE14Les enseignants ont des idées...Sur les causes ou lespistes à suivre, lesenseignants des écolesprimaires restentlucides sur la difficultéscolaire.D’après une étude sur « Les représentationsde la grande difficulté scolaire par les enseignants»*, 40 % des enseignants du premierdegré trouvent la grande difficulté scolaireinacceptable et souhaitent la combattremême si 15 % d’entre eux ont un sentimentd’impuissance. Ils placent l’origine des difficultésd’abord dans l’environnement (1 sur3), puis dans l’organisation du système (1sur 6). Le regard qu’ils portent sur ces élèvesen grande difficulté devrait permettre detrouver des pistes de travail: des élèves pourqui venir et réussir à l’école n’a pas de sens,des enfants en rupture de communication,des élèves qui ne trouvent pas leur place, desenfants qui souffrent… Retrouver estime desoi et confiance en soi devrait donc être despriorités. Sur le plan pédagogique, avec uneutilisation généralisée des évaluations nationalesde CE2, les enseignants des écoles seservent de leurs propres outils, puis ceux misà disposition par la DEPP, tant au niveau del’analyse des difficultés qu’à celui des pistesde remédiation.Mais les enseignants déclarent avoir aussibesoin de « regards croisés » extérieurs surdes cas complexes et de l’intervention duRASED, le plus tôt possible. S’ils tiennentcompte majoritairement du rythme d’apprentissagedes élèves et ajustent leur niveaud’exigence, ils souhaitent un maître supplé-mentaire pour pouvoir travailler autrement.Les mesures préventives les plus citées sontles repérages précoces, le travail en équipe,les possibilités immédiates d’interventionainsi qu’une meilleure collaboration avec lesfamilles. Le soutien individualisé est jugécomme la mesure la plus efficace, avant lerecours au RASED et la consolidation desacquis. D’autres pistes ne sont pas à négligercomme le tutorat entre pairs et les PPRE.La modification des méthodes et pratiquesenseignantes, la modification de la relation àl’élève apparaissent comme les adaptationsprincipales des enseignants: pédagogie différenciée,valorisation du travail, statut de l’erreur,sur-stimulation à certains instants, diversificationdes choix pédagogiques, desméthodes d’enseignement, des modalitésd’évaluation… mais ils ont aussi des propositionsd’organisation différentes: réductionsd’effectifs, éclatement du groupe-classe,groupes de besoin…* par la Direction de l’évaluation, de la prospective etde la performance (DEPP) du ministère de l’Educationnationale, publiée en mars 2007A Imphy, dans la Nièvre, laprésence d’un maîtresurnuméraire permetd’élaborer des réponses à laprise en charge de la difficultéscolaire en étroitecollaboration avec le RASED.Le feutre à la main, Morgan entoure leslettres de son prénom écrites en capitales.Sur le papier recouvert d’untransparent, elle s’essaie à l’écriturecursive correspondante à chaque graphie. Acôté, Cindy ne tient pas en place. Elle se tortillesur sa chaise. Pas facile de rester attentive.« Prends ton temps » lui dit d’un ton rassurant,Isabelle Costa la maîtresse. Il est dixheures trente, la récréation vient de sonner.Le petit groupe de 6 élèves de CP pris encharge par leur maîtresse constitue l’un desmodules d’aide aux enfants en difficulté misen place grâce à la présence d’un maître surnuméraire.A l’école André Dubois d’Imphy, dans laNièvre, l’équipe utilise ce moyen supplémentaireen direction des cycles II. Il a fallufaire un choix. Mickaël Barbosa, le maîtresurnuméraire n’est présent que trois matinéespar semaine. Le reste du temps, il intervientsur deux autres écoles voisines.L’organisation est calée dans l’emploi dutemps. Pendant qu’Isabelle travaille avec sonpetit groupe de CP, Michaël mène une séancede lecture avec le reste de la classe. Les 7élèves de grande section intégrées à cetteclasse double niveau ont rejoint les élèves deCLIS, où la maîtresse mène un projet de langageautour des jeux de société. Enfin,Carole Berthomier, l’enseignante de CE1met en action avec 7 élèves ses PPRE. Auprogramme, une séance sur la résolution deproblème. La maîtresse dessine un cercle à lacraie sur le sol. Les enfants se positionnent


NIEVREMAITRES, C’EST CLASSEcomme dans l’énoncé du problème « Kévinvient à gauche de Lucas et en face de Zoé».« Est-il bien placé ? Pourquoi ? » questionnel’enseignante. L’ambiance est sereine et studieuse.Carole se dit « à l’écoute et disponiblepour chaque élève ».C’est une volonté assumée par l’équipe queles groupes de besoins soient conduits par lesenseignants chargés de classe. « Cela nouspermet sur ce temps privilégié de faire desliens avec le travail du groupe classe » expliqueIsabelle. Et puis complète Carole« cela atténue l’effet stigmatisant, d’autantque le petit groupe reste dans sa salle declasse ».Michael apprécie égalementd’avoir le groupe classe. « Cela m’a permisde bien définir ma place dans le dispositif ».En collaboration, le RASED apporte son expertisespécifique de la difficulté scolaire. Endébut d’année, Julie Vasoler la maîtresse E etle psychologue scolaire ont mené les évaluationsde CE1 et de CP, le test médial sur leprojet de lecteur. Avec l’aide de Michael, lemaître plus. Suite à cette première étape, leRASED a présenté son bilan, croisé ses observationsavec les regards desdeux enseignantes. L’équipe apu alors élaborer des réponsesadaptées à la nature des diversesdifficultés repérées : définitiondes besoins, constitution desgroupes, réflexion sur le contenude l’aide. Les interventions dumaître G et du maître E seconcentrent sur les problèmesspécifiques.Tout cela demande d’être penséet régulé, en équipe. « On s’envoiemême des mails le soir. Etpuis on continue le lendemainentre midi et deux » s’amuseIsabelle. Beaucoup d’échanges.Beaucoup de temps. « Trop » rajouteCarole qui reconnaît que lequota d’heures de concertation adéjà été dépassé.Côté résultats, les enseignantesretrouvent le sourire. L’an dernier,sur 31 élèves de CP, 14 étaient concernéspar les groupes de besoin. Presque 50 %L’effet « plus »En 2003, la DEP a réalisé une évaluation de l’expérimentation « maîtres surnuméraires ».Sur un échantillon de 91 écoles volontaires, il s’agissait de répertorier tous les types d’interventiondu maître supplémentaire et leurs effets sur la prise en charge de l’hétérogénéitédes élèves. L’état des lieux fait apparaître une « extrême diversité des pratiques pédagogiquessuscitées par la présence de maîtres surnuméraires ». Leur fonction « n’estdonc nullement standardisée. Elle est en grande partie liée aux particularités de l’environnementde l’école et de la population scolaire qui la fréquente » relevait même la DEP.Là, des dédoublements (soutien en lecture, intervention dans toutes les classes, améliorationdu travail des autres maîtres), ici des dispositifs de prise en charge d’élèves en difficulté)ou ailleurs des activités plus ciblées (anglais, BCD, lecture, aide aux primo-arrivants).Côté résultats, la Dep porte un jugement positif. D’une part, les évaluations reflètentdes tendances sur les performances, positives parfois ciblées dans un domaine,parfois généralisées (dû en partie à l’exploitation pédagogique choisieEt surtout, les enseignants pointent un travail en équipe redynamisé, de remises en questiondes pratiques et les regards croisés sur les élèves. Et ce malgré un manque d’accompagnementinstitutionnel.pour cette école située en ZEP. « Certains nesont entrés dans la lecture qu’en Mars. Maiscela a payé Cette année, ils sont tous enCE1et pas un PPRE en lecture ». Et puis,c’est « un confort de pouvoir à certains momentstravailler avec des effectifs allégés »Alors quand on évoque les 2 heures consacréesaux élèves en difficultés après la classe,Carole bondit. « C’est déjà difficile de lesmobiliser toute la journée. Alors, après letemps de classe qui est long, ils seront encoremoins disposés. C’est les mettre encoreplus en souffrance ». Isabelle parle de « nonsens. Cela va nous demander un temps supplémentairede préparation. Comment l’articuleravec notre dispositif du maître supplémentairequi nous permet de fonctionner différemment». Car l’équipe tient à son ambition.Faire mieux sur le temps de classe.Autrement.15


Dossier16Finlande, une aide personnaliséet systématique« Nous avons une école pour tous les enfants , carnous avons besoin de chacun dans notre société.Nous ne pouvons pas nous permettre d’écarter neserait-ce qu’un seul de nos élèves. » En Finlande,la priorité absolue reste la prise en charge desélèves en difficulté à l’école primaire. Le soutienscolaire, institutionnalisé, concerne environ unélève sur 20. L’enseignant, les parents ou l’élèvelui-même peuvent faire appel à enseignant spécialisé.L’accompagnement peut se faire dans ouhors la classe, pendant le temps scolaire ou en dehors.Effectifs modestes (maximum 20), présencede plusieurs adultes dans la classe (enseignants etassistants), travail par petits groupes respectant lesdifférents rythmes d’apprentissage des enfants,tout concourt à concilier des exigences élevéesavec l’égalité des chances.Italie, c’est pas 1, c’est 3!Depuis 1990, trois maîtres sont nommés sur deuxclasses. S’ils ont chacun une spécialité (lettres etlangues, maths et sciences, sciences humaines), ilspermettent un travail collectif vis-à-vis des enfantsqui ont des difficultés. Le service des enseignantsest de 22 heures en classe, plus 2 heurespour le travail en équipe, auxquelles se rajoutent80 heures pour la formation continue et les réunionsinstitutionnelles.Au Québec, c’est l’équipe quidemande de l’aide.Au Québec l’équipe d’école adresse à laCommission scolaire ses besoins d’aides pour lesélèves en difficulté. L’argent fourni par le ministèrede l’Education aux commissions scolaires pources élèves fait l’objet d’une gestion paritaire ettransparente. Les services fournis sont du domainede l’orthopédagogie (maîtres spécialisés dansl’adaptation scolaire), de l’orthophonie, de la psychopédagogieet de « techniciens en éducationspécialisée » pour les élèves présentant des difficultéscomportementales. Comme en France, cespersonnels interviennent hors ou dans la classe.LA CLASSEET TOUT LE RESTE !Construire des situations d’apprentissage tout en prévenant ouremédiant aux difficultés ne s’improvise pas.La charge de travail desprofesseurs d’école dépassede loin le simple tempsd’enseignement dans laclasse. La préparation declasse demande beaucoupde temps, en particulierdans les classes à coursmultiples, mais aussi àcause des effectifs en hausse.Faut-il aussi préciserqu’aujourd’hui cette préparationne peut plus se limiterà la conception des séquenceset des progressionsdans les contenusd’enseignement. La réalisationdes différenciationspédagogiques nécessairesimplique un travail approfondi d’analyseet de recherche. Enfin l’introductionde nouveaux enseignements(ELVE, TICE) et les injonctions multiples« d’éducation à… » contraignentla majorité des enseignants às’auto-former.Une autre cause réside dans des implicationsinstitutionnelles plus grandes pourl’organisation et le fonctionnement del’école, les évaluations des résultats —ceux des élèves mais aussi ceux del’école — dans le cadre de projetsmoult et variés à construire, à mettreen œuvre, à évaluer et à sans cesse réactualiser(projets d’école, de cycle, deréseaux, partenariats, expérimentations…).Les conseils d’école, conseilsdes maîtres, conseils de cycle sont lesincontournables. Et les équipes éducatives(1) qui cherchent à répondre à desdifficultés concernant un élève ou ungroupe d’élèves s’organisent de plusen plus rarement sur le temps scolaire.Les collaborations avec l’ensemble dela communauté éducative ne cessent dese développer mais forment un en-semble peu lisible. D’après une enquête,ces heures hors classe se partagententre des temps hebdomadaires formels(2 à 3 heures), semi-formels (3 à4 heures) et informels (de 1 à 8heures). « La 27 e heure, accordée voiciquelques années aux enseignants del’école primaire pour favoriser untemps officiel de travail en équipe pédagogiqueest largement utilisée etmême doublée, voire triplée » (2) .Les professeurs d’école et les instituteursont à assumer des activités — deconception, d’interprétation et de réflexivité-, qui dépassent largement latâche de « faire la classe ». Le « horsla classe » n’a cessé de prendre del’importance. La demande d’une reconnaissancede la réalité du travaildes enseignants qui ne se limiterait pasaux heures de présence en face desélèves doit aujourd’hui être entendue.(1) article D. 321-16 du Code le l’éducation(2) in Dans la classe, hors la classe : l’évolutionde l’espace professionnel des enseignants, sousla direction de J-F Marcel et Thierry Piot, INRP,Coll. Didactiques, apprentissages, enseignements,2005


DES APPRENTISSAGES AUTREMENTDANS LA CLASSEPour Olivier Maulini, il faut axer sur un changement de pratiques à l’échelle de l’école plutôt que de traiter la difficultéscolaire en dehors des heures de classe. Pour cela les enseignants ont besoin de travailler en équipe.Quels impacts sur les apprentissages auprimaire peut avoir la réduction de2 heures hebdomadaires d’enseignement?Cet impact est difficile à évaluer. En Suisse,on tend plutôt à rajouter des heures aux cantonsles moins bien classés aux enquêtes internationales.Sur un point, la recherche esttrès claire: les variables socio-économiquesexpliquent davantage les différences de résultatque le nombre d’heures enseignées.En ajoutant ou en enlevant 2 heures, l’effetsur la scolarité des élèves sera sans communemesure avec la qualité du travail fournipendant les heures de classe disponibles. Laquantité ne fait pas toujours la qualité.La difficulté scolaire peut-elle se traiteraprès la classe pour 15 % des élèves?,Si le soutien peut être utile il est loin d’êtresuffisant. Il peut même se révéler néfaste sil’on prétend qu’il va résoudre à lui seul leproblème de la difficulté scolaire. Cette mesureisole les élèves qui rencontrent des difficultéset les fait surtravailler. Pourtant, ilssouffrent d’abord de stigmatisation et dedécouragement par le sentiment de surchargeet de répétition. Ce traitement de la difficultésur le plan quantitatif occulte la nécessitéde différencier les pratiques à l’intérieurdes classes et des écoles. Différencier,c’est permettre aux élèves en difficultéd’aborder les apprentissages autrement.Pourquoi ne pas différencier dans la classe,à l’intérieur du temps ordinaire? Pourquoiexternaliser le traitement des difficultés?Identifier 15 % d’élèves en difficulté danstoutes les écoles en France serait une façonmécanique de créer des inégalités.L’individualisation de l’aide qui sous-tendle soutien est-elle pertinente?La façon dont les élèves sont sollicités pourcontribuer à l’apprentissage des autres estun enjeu pédagogique important. Est-cequ’on apprend collectivement en s’aidantmutuellement ou apprend-t-on au rythmede l’élève moyen, et malheur aux retardatairesqui feront des heures supplémentaires?Enfermer l’école dans une logiquede marginalisation des élèves faibles et decompétition entre les autres est un choix politiquepossible: mais comment le concilieravec la dénonciation de l’égoïsme contemporain,de la violence dans les préaux etd’un rapport purement instrumental aux savoirs?Quelles sont les conditions qui font accord,au sein de la recherche et des expériencesde terrain, pour la réussite de tous lesélèves?La recherche ne dit pas ce qu’il faut fairemais dit ce qu’on ne peut pas dire, parexemple: la réussite des uns demande l’exclusiondes autres. Or, les logiques systémiquesdifférenciatrices produisent desécarts et des inégalités alors que les logiquesintégratrices produisent le contraire.Cela se vérifie à tous les niveaux: les filièresau secondaire, le redoublement auprimaire, la carte scolaire, la façon dont lesétablissements sont organisés… Les paysoù les élèves apprennent le mieux sont lespays qui traitent les problèmes souvent defaçon contre intuitive. La pression scolairen’y est pas aussi grande, le temps passé àl’école n’est pas forcément plus important,mais les élèves en difficulté sont pris encharge à l’intérieur des situations d’apprentissage,au sein des classes. Le soutien existe,mais il est – lui aussi – intégré. C’est lemot-clef.Entretien avecOlivier MauliniMaître d’enseignement et de recherche àla Faculté de psychologie et des sciencesde l’éducation de Genève, LaboratoireInnovation-Formation-Education (LIFE).Comment passer à un système intégratif?Intégrer la prise en charge d’élèves différentsdans une pratique pédagogique qui lesrassemble au lieu de les séparer passe pardes cycles d’apprentissages fixant des objectifsambitieux pour tous les élèves, ainsique des moyens financiers et pédagogiquespour lutter contre l’échec, mais patiemmentet progressivement. L’aide ne peut être enferméeau sein de la classe, ni se réduire àdes cours d’appui. Dans les deux cas, on délèguele plus difficile à un enseignant isoléplutôt qu’au groupe des professionnels.L’organisation collective du travail permetau contraire de créer des modules provisoireset thématiques, des groupes de besoinsen fonction des difficultés identifiéespour chaque élève. Les enseignants réallouentensemble les ressources pédagogiqueset se construisent une culture communepour diagnostiquer et traiter les difficultésscolaires.Mais, renoncer aux structures ségrégativeset se donner les moyens d’une véritablepolitique de l’intégration est beaucoupplus compliqué et moins vendable politiquementque d’offrir le sparadrap du soutienaux victimes du système. Le tempscourt de la politique et le temps long del’éducation semblent malheureusement deplus en plus en tension.17


MétierJeunes enseignants etprincipes de ré18Une enquête exclusiveSNUipp-CSA apporte unéclairage inédit sur leregard que portent lesjeunes enseignants surleur métier.Pour la troisième fois, le SNUipp a réaliséavec l’institut CSA une enquêtesur les professeurs des écoles débutantset leur regard sur le métier. En2001, 2004 et 2007, 2000 jeunes enseignantsont été interrogés sur leurentrée dans la profession, leur visionde l’école, le quotidien de la classe… Cettedernière enquête au regard de celle des annéesprécédentes donne une image des évolutionsd’une profession qui verra d’ici 2012 la générationIUFM être majoritaire par rapport à cellede leurs aînés passés par les écoles normales.Plusieurs traits semblent se dessiner au fil desréponses. Tout d’abord, ils sont de plus en plusnombreux à avoir une première expérience professionnelle,de 15 % en 2001 ils sont passés à22 % en 2006. Beaucoup d’entre eux sont diplômésau-delà de la maîtrise: 9 % en 2001,15 % aujourd’hui. Parmi ce qui les satisfait leplus, Julien Goarant du CSA note l’importancecroissante donnée à la réussite des élèvesBeaucoup, assez• Beaucoup• AssezPeu, pas du tout• Peu• Pas du tout• Ne se prononcent pasProfesseurs desécoles débutantsOctobre 200762154738335-Réponses données à l’aide d’une liste• Les implications dans votre vie privée• La charge de travail• Les moyens matériels• L’hétérogénéité des classes• Les relations avec l’institution scolaire(les inspecteurs, par ex.)• Les relations avec les parents d’élèves• Les relations avec les collègues• La solitude• Les relations avec les enfants• Autre• Ne se prononcent pas(69 %) et au fait de transmettre des connaissances(55 %) réponses qui viennent avant lesrelations avec les élèves (52 %). Cette dernièreappréciation signifie-t-elle un désintérêt pources relations ou alors que ces relations ne posentpas de problème?Autre évolution dans les réponses « aujourd’huile problème est moins l’hétérogénéité desclasses (41 % en 2007 contre 44 % en 2001)que la charge de travail (44 % en 2007 contre33 % en 2001) » souligne-t-il. L’item « Les implicationsdans votre vie privée » arrive mêmeen tête des « différences perçues entre l’idéeRappelProfesseurs desécoles débutantsMai 200454134146379-RappelProfesseurs desécoles débutantsJanvier 2001408325743143RappelcomparaisonEnsemble desFrançais demoins de 35 ans33627674522-Professeurs desécoles débutantsOctobre 20075644424125241614831RappelProfesseurs desécoles débutantsMai 20044836404321302117631RappelProfesseurs desécoles débutantsJanvier 200140334044182322171035que vous vous faisiez du métier et de la réalité». Ces réponses sont à mettre en relation avecla question sur les problèmes les plus importantsrencontrés par les jeunes professeurs desécoles. Les différences de niveaux de la classearrivent en première position avec 66 % (contre51 % en 2001) mais le temps que prend le travailde préparation est en forte hausse avec59 % des réponses contre 50 % en 2001. Lacharge de travail aurait-elle changé? JulienGoarant rapproche ces difficultés à l’image quese fait cette génération de son métier. 82 % ontle sentiment d’exercer un métier dévalorisé auxyeux de la société. « Il ne s’agit pas seulementici de la question des salaires. Ils n’arrivent pasà apporter les réponses aux demandes de la société.» commente-t-il. Les jeunes enseignantsseraient-ils alors fatalistes? Difficile à croirequand 62 % d’entre eux estiment que la réussitede tous les élèves est un objectif qui peut êtreatteint, pour 84 % dans une école transformée.Il ne reste plus qu’à leur en donner lesmoyens…Cette consultation a été réalisée en auto-administré durantles mois de septembre et octobre 2007 sur un echantillon dePE de moins de 5 ans d’ancienneté.


écolealitéRéponses données à l’aide d’une liste• Une meilleure prise en charge des élèves en difficultés• La possibilité d’alternerpetits groupes d’enseignement/ grands groupe• Etre plusieurs dans la classe à certains moments• La spécialisation de certains enseignants dans certainesmatières• Etre plusieurs dans la classe en permanence• Ne se prononcent pasProfesseurs desécoles débutantsOctobre 2007937343213-RappelProfesseurs desécoles débutantsMai 200493764047193-RappelProfesseurs desécoles débutantsJanvier 20018872502421« Le modèle de la vocations’est érodé »Patrick Rayou, sociologue qui a travaillé sur les jeunes enseignants du 2d degré,a parcouru l’enquête réalisée par le CSA. Il donne quelques éléments d’interprétation desrésultats, une première analyse de cette photo de groupe.Quels sont les éléments del’enquête qui vous ont le plusmarqué ?Ce qui m’a frappé à parcourirl’enquête c’est la tendance aurapprochement de la professionavec le reste de la société. La perceptionque les jeunes enseignantssemblent avoir de leur métiera changé. Pour 22 % d’entreeux ils ont déjà eu une premièreexpérience professionnelle. Deplus, à la question « Vous personnellement,que souhaiteriez-vousfaire dans quinze ans? », la perspectivede changer de métier estpassée entre 2001 et 2007 de 2 à15 %. Le modèle de la vocation,au sens fort et quasi religieuxd’un appel, s’est érodé.D’autre part, la diminution de lathématique de l’enfance est notableet laisse penser que desconvergences s’opèrent entre lesenseignants du 1er et du 2d degré.En effet, à la question, « dansvotre vie quotidienne d’enseignantquelles sont les choses quivous satisfont le plus? », l’item« les relations avec les élèves » aperdu 11 points entre 2001et 2007 alors que le fait de« transmettre des connaissances »a augmenté de 8 points. Chez lesenseignants du 2d degré on observe,avec l’ancienneté, unmouvement inverse avec unepart croissante de la question del’enfant. La mythologie de l’enfance,doxa du premier degré,n’est plus protectrice du fait dela pression sociale sur l’école.La polarité des apprentissagesprend alors plus d’importance.Les deux pôles sont maintenantquasi à égalité.Peut-on parler alors, commevous l’avez fait dans votre ouvrage,d’une forme de pragmatismedes jeunes enseignants?Oui, on peut penser que cesjeunes enseignants jugent leschoses davantage sur leurs conséquenceset moins à partir de principes.La question qui se rapporteaux méthodes illustre cela. Lesméthodes innovantes perdent duterrain par rapport aux méthodesqui ont fait leurs preuves. Notonsaussi que les jeunes enseignantsse préoccupent des réussites individuellesdes élèves contrairementà ma génération qui n’envisageaitqu’une réussite collective.Ce sont des enfants de la loi de89. Le métier est moins vécucomme une vocation que commeun engagement sur du soutien individualisépour la réussite dechacun.82 % des jeunes enseignants disentavoir le sentiment d’exercerun métier plutôt dévalorisé.C’est une vision bien plus noireque celle donnée par les enquêtesd’opinion. Comment expliquerce décalage ?Ce sentiment de déclassementpeut s’expliquer par la complexitéaccrue de la tâche enseignante.Les demandes faites à l’école, dufait même de ses succès passés,rendent la position de l’enseignantinconfortable avec le sentimentqu’il ne fait pas ce qu’il devraitfaire. Or il est mis en situationde ne pas réussir. Cette perceptionpessimiste du regard de lasociété peut s’interpréter commeun processus d’externalisation decette difficulté pour se protéger.Patrick Rayou,sociologueauteur de « Changerontilsl’école. Enquête surles nouveauxenseignants », Bayard,2004 et de « Devenir enseignant», A. Colin,2007DU COTEDE LARECHERCHEEst-il possible de trancherpour tel ou telrythme? De ce point devue, le débat a toujoursété sensible et lesétudes pe du tempspassé à l’école « tant auniveau de son efficienceque de son bien être sile temps scolaire étaitorganisé de façon à offrirdes périodes d’activitéspériscolaires » accessiblesà tous.19


MétierLANGUESCONCOURS FRANCO-ALLEMANDL’Office franco-allemand pour la jeunesse(OFAJ) organise un concoursdestiné aux classes d’allemand desécoles primaires françaises. Les participantssont invités à réaliser une productionorale (sous forme de DVD) d’unedurée maximale de 5 minutes qui doittémoigner de la capacité de prise de paroledes élèves en langue allemande. LeDVD doit être accompagné d’un documentexplicatif, les productions sont àrendre avant le 30 mars 2008. L’OFAJest une organisation internationale auservice de la coopération franco-allemande.Elle « parraine » entre autresl’échange franco-allemand des enseignantsdu premier degré.A l’occasion de la journée franco-allemandedu 22 janvier, des pistes de travailseront mises en lignes sur Eduscol(voir BO n°31 du 6 septembre 2007).EEDDPASSEPORT ECO-CITOYENDANSLERHONELa communautéurbainedu GrandLyon etl’inspectionacadémiquedu Rhôneexpérimententactuellement un passeport « éco-citoyen »dans une trentaine de classes. Cet outil estconçu pour « baliser le parcours d’éducationà l’environnement et au développement durableau cycle 3 » explique Marc Bonneton,enseignant à l’école Fontaine-Saint-Martin.Se décomposant en deux parties, un livret thématiquerecensant les 8 thèmes des programmesscolaires et un livret d’activités, lepasseport permet une approche globale.Trois moyens de locomotion se retrouvent aufil des pages, une machine à remonter le tempsqui permet une approche historique et uneprojection dans le futur, une montgolfièrepour aller à la rencontre de différents points devue et susciter le débat dans les classes ainsiqu’une fusée pour aller du local au global.Marc Bonneton insiste sur la cohérence entreles apprentissages et le fonctionnement del’école, « on ne peut concevoir un travail surle thème des déchets si l’école ne trie pas ellemêmeses déchets ».Le livret d’activités permet notamment auxélèves de prendre conscience de l’impact écologiquede leurs comportements quotidiens.Après une évaluation avec les enseignants expérimentateursde cette démarche, une versiondéfinitive sera proposée à l’ensemble desécoles du Grand Lyon à la rentrée prochaine.contact : granoux@dfjw.orgEDUCATION PRIORITAIRENouvelles formationspour nouvelles fonctions« Le gros problème des musées, c’est qu’ils donnent desréponses à des questions que les gens ne se posent pas,donc ils n’adhèrent pas. C’est comme en classe... »André Giordan20La création des Réseaux ambitionréussite s’est accompagnéede l’apparition de « professeursréférents » dont les missions sonten fait définies dans le projet deréseau et confirmées par unelettre de mission*. Ainsi dansl’académie de Créteil on compte21 RAR, avec 84 professeurs référentsdes 1er et 2d degré qui onteu besoin d’accompagnement etd’aide au positionnement pourleur entrée en fonction. A cetterentrée une formation en 6 demijournéesprend en compte lesspécificités de cette nouvelle attribution.Le plan de formationacadémique a inscrit trois joursde formation avec des modulessur l’analyse des pratiques et lagrande difficulté scolaire, sur lapratique de la co-intervention etle travail en équipe, sur lesconduites de projets en partenariatainsi que sur la place et le rôledes assistants pédagogiques.Cette formation est un début indispensableet devrait être partoutdéveloppée pour permettre auxenseignants concernés de faireface à ces nouvelles missions.*BO n°14 du 6 avril 2006MUSEESExperimentation limitéede la gratuitéDu 1er janvier au 30 juin, quatorze musées et monuments historiquesexpérimenteront la gratuité totale, quatre autres la gratuitépour les 18-25 ans. En fonction de l’impact sur l’affluenceet la composition sociologique du public, ces mesures de gratuitéseront éventuellement étendues aux musées nationaux.Cette évolution du ministère de la Culture ira-t-elle vers une démocratisationde l’accès aux musées en France comme dansd’autres pays (Etats-Unis, Canada, Australie, Royaume-Uni,Suède…), où les grands musées nationaux sont gratuits?Le Ministère de la Culture étudie la possibilité d’une gratuitépour les professeurs, déjà revendiquée. Pourrait-on espérer unegratuité pour tous les élèves?


EDUQUER A LA CONSOMMATIONUN MANUEL POUR LES JEUNES CONSOMMATEURSL’éducation à la consommation est recommandée depuis une circulairede 1990, mais force est de constater que les outils manquent à l’appelsi on ne veut pas utiliser les nombreux documents sponsorisés misà disposition par les marques. Ces activités ne sont pas encadrées endépit du « code de bonne conduite des entreprises en milieu scolaire »(circulaire du 28 mars 2001) et les parents n’ont souvent pas pu donnerleur avis. Enfin l’éducation à la consommation aborde essentiellementles questions d’alimentation et de santé mais ignore celles sur lebudget, les marques ou le développement durable. Pour « aider les enseignantsà éduquer les jeunes consommateurs », l’Institut national dela consommation* vient d’éditer un manuel didactique destiné auxprofesseurs des écoles, collèges et lycées d’éducation.www.conso.net (« espace éducation », puis « textes et documentspour l’éducation à la consommation »)MATERNELLE«DORMIR, C’ EST VIVRE AUSSI »« A 3 ans un enfant dort 12 heurespar nuit ». « Jusqu’à 4 ans, la siesteest un besoin physiologique ».Même si ce sont des moyennes —les besoins varient beaucoup d’unenfant à l’autre — quelques repèressont les bienvenus. L’Institut nationalde prévention et d’éducationpour la santé (Inpes) apporte des réponsesdans un dépliant intitulé« Dormir, c’est vivre aussi… », àdestination des familles pour lesenfants jusqu’à 6 ans. L’importanced’un bon rythme et d’une bonnequalité de sommeil n’est plus à démontrer.« Le sommeil est un moment de vieà part entière au cours duquel lecorps récupère et se régénère. Chezl’enfant, il revêt un caractère particulièrementimportant. Dormirl’aide à grandir, à mémoriser cequ’il apprend et à développer soncerveau », explique l’Inpes. Et àl’école maternelle les questions autourdu sommeil font souvent l’objetd’échanges entre enseignants etparents: heures de coucher, régularité,sieste ou pas… Ce documentest tétéchargeable sur le site del’Institut, un site qui fournitd’autres ressources intéressantes.www.inpes.sante.frDepuis plus de 17 ans Colette travaille auprès dejeunes enfants. Après des débuts comme aideauxiliaire de puériculture dans une mini-crèche,elle a étudié pour passer le concours d’agent territorialspécialisé dans les écolesmaternelles (ATSEM), un « travailqui répond vraiment à cequ’elle aime faire ».Elle a aussi étudié pour savoircomment travailler avec l’enseignante,pour suivre ce qu’elledemande afin de mieux le rediffuser,« comprendre les techniquesqu’il faut employer »,« avoir la façon de parler auxPORTRAITColette SeguinColette Seguin estATSEM dans laclasse des 2-3 ans àl’école maternelleLéo Lagrange, uneécole située enRéseau AmbitionRéussite à Amiens.«Ce travailconsistefondamentalementà s’occuper et sepréoccuper desenfants »enfants ». Ce travail est très prenant physiquementet moralement. L’emploi du temps est très chargé:le travail dans la classe des 2-3 ans, mais aussi lacantine, la surveillance du dortoir et le nettoyage dela classe le soir.Avec des effectifs de plus en plus nombreux, sonrôle est important par rapport aux élèves et aux parents:« on est le repère quand il y a un problèmeou quand la maîtresse n’est pas là ». Mais sans sesubstituer à l’enseignant. Celui-ci « est le moteurde la classe, il faut prendre sa part tout en restantà sa place ». Il faut « apprendre à connaître l’enseignantpour lui apporter un travail de qualitépour les enfants ». En retour elle peut « apporterquelque chose sur ce qu’elle voit d’un enfant, surune façon de s’y prendre »…Car la première préoccupation de Colette, ce sontles enfants, qu’ils se sentent bien et qu’ils apprennentbien. Pour cela il faut savoir les écouter. Cetravail « consiste fondamentalement à s’occuper etse préoccuper des enfants ». Mais elle pense quedu côté de l’Education nationale, « on devrait êtrereconnues autrement que comme dame pipi »! » et« avoir beaucoup plus notre place » comme uneaide à l’enseignant.Michèle Frémont21


Métier22Pas si faciles à enseigner les sciences?En Seine-Maritime, les écoles primairesont décidé d’aller faire unpetit tour à l’université. Pour ladeuxième année, l’UFR de Rouen accueilleles élèves du primaire dans ses laboratoiresde recherche de sciences et techniques enmettant à leur disposition des salles ressourceset du matériel. Cette initiative est lefruit d’une collaboration entre le départementde physique de l’université de Rouen et l’inspectionacadémique de Seine-Maritime etplus particulièrement le groupe "sciences 76"encadré par sept enseignants chercheurs quisont chargés de mener les ateliers. Avec succès:« Notre agenda est totalement complet »témoigne Christelle Pareige, maître de conférenceen Sciences, chargée de la coordinationdu projet avec le primaire. 49 classes des départementsde Seine-Maritime et de l’Eure sesont inscrites à l’opération.Les deux CM2 de l’école Jean Jaurès deOissel, dans la banlieue de Rouen avancentpas à pas dans les couloirs« La physiquec’est de lascience: Décrireet comprendrele monde quinous entoure dupoint de vue dela matière ». Unenseignantchercheurdel’universitéimmenses de l’université.Impressionné, Lucasécarquille les yeux. Samaîtresse, CatherineLegrand témoigne.« Pour la plupart desélèves issus de milieu défavorisé,c’est un contactavec un univers nouveau.Certains ne sont mêmejamais allés à Rouen ».Dans une salle, un petitgroupe d’élèves mène untravail d’observation enutilisant un microscopeélectronique à balayage. Rencontre avec lemonde de l’infiniment petit, l''appareil est capablede grossir plus de 100000 fois. « L’œilde l’homme a-t-il les mêmes caractéristiquesque celui du frelon? » questionne l’enseignant-chercheurqui conduit l’atelier. La démarcheexpérimentale fait son œuvre.Observation attentive de l’insecte. Etape parétape, en grossissant 8000 fois, les élèves observent.« L’œil est recouvert de pavéscomme sur un ballon de foot ». 20000 foisplus gros, l’observation s’affine. « A l’intérieurde chaque, il y en a plein d’autres »,comme des petites alvéoles. La conclusions’impose d’elle-même: rien à voir avec l’œild’un être humain. Christelle Pareige explique« Les élèves font connaissanceavec un matériel dehaute technologie qu’ils nepeuvent pas trouver dansleurs écoles. Le travail duphysicien est de concevoirde telles applications. Ilscomprennent que celles-cisont au service du chercheurdans sa démarched’investigation ».ROUEN:SCIENCES EN FACDans l’académie de Rouen, l’université de sciences et techniques accueille lesclasses du primaire dans ses laboratoires. Une initiative qui aide les enseignantssur une matière parfois difficile à enseigner.C’est à cette même démarche qu’est confrontéun autre petit groupe dans l’atelier d’àcôté. Yvonne Leroy, l’autre enseignante desCM2 a mené en classe un travail préparatoiresur la lumière. « Afin précise-t-elle, defaire émerger les premières représentationssur le sujet et de mettre au point des questionnements». Est-ce que la lumière se propageen ligne droite? Existe-t-il des objetsqui renvoient la lumière? Les ateliers menésici doivent servir à valider ces premières interrogations.Les enfants manipulent un faisceaulumineux qui se reflète sur un miroir.Observation, prise de note, conclusion écriteen forme de compte rendu d’expérience. Tout« Concevoir des expérimentationsbeaucoup de temps, debricolages et une rechercheimportante dematériel dont nous disposonsque trop rarement àl’école »Yvonne Leroy, la ma î-tressedemande cela a demandé un travailpréparatoire avec les enseignantschercheurs de l’université:apport en terme decontenu, mise au point desséances et des questionnements.« Ils sont une véritablemine ressource » reconnaîtYvonne. Christelle Pareigecomplète « Notre objectif estautant de proposer des activités aux enfantsque de donner à voir aux enseignants commentmonter des séances typiques d’écoleavec un matériel relativement simple ». Unerespiration pas négligeable dans un temps oùla formation fait de ce point de vue plutôtpâle figure.L’équipe d’enseignants chercheurs ne comptepas en rester là. Dès l’année prochaine,l’université proposera des séances consacréesà l’EEDD (éducation à l’environnementet au développement durable). Un projetde planétarium est en gestation pour larentrée prochaine.Sébastien Sihr


MétierDes manipulations dans lelaboratoire de sciences de lafaculté de Rouen pourdécouvrir la démarcheexpérimentale.Entretienfavoriser la constructionde savoirs dansune réelle démarchescientifiqueComment est venue l’idée de ce projetde collaboration entre l’université etl’école primaire ?Pour quels objectifs?Alain Menand, professeur de physiqueà l’Université de Rouen, et actuellementdirecteur de la section des formationsà l’AERES (l’agence d’évaluationde la recherche et de l’enseignementsupérieur), avait depuis longtemps lesouhait de créer un lien entre l’écoleprimaire et l’université. C’est en 2005,à l’occasion de l’opération « 2005:année mondiale de la physique » financéepar le CNRS et le ministère del’Education nationale, que le projet apu voir le jour. L’objectif était d’imaginerune formule qui puisse être pérennepour atteindre ces deux objectifs: transmettreà tous les jeunes l’éducationscientifique indispensable à tout citoyenen leur offrant la possibilité depratiquer l’expérimentation scientifiqueet donner le « goût des sciences »à un plus grand nombre pour qu’ilss’orientent ensuite vers des carrièresscientifiques et techniques.Comment expliquer l’adhésion des enseignants?Cet intérêt est lié à l’adéquation entrecontenus scientifiques et monde de larecherche. Les séquences proposées ontChristophe LenouvelMaître-Ressource en Sciencesen Seine-Maritimeun double intérêt : favoriser laconstruction de savoirs dans une réelledémarche scientifique et découvrir lemonde de la recherche par l’observationd’expériences « extraordinaires »telles que les nappes annulaires oul’observation d’insectes au microscopeélectronique à balayage. Il faut égalementprendre en compte le caractèregratuit de ces prestations.En tant que maître ressourcessciences, comment s’articule votrerôle au sein de ce projet?Ma mission consiste essentiellement enl’accompagnement de la mise en œuvredes programmes en sciences et l’animationde la vie scientifique locale.J’accompagne donc les classes qui lesouhaitent avant, pendant et après leurvisite. De plus, chaque circonscriptiondispose d’une palette de malles scientifiquesempruntables pour assurer lacontinuité de la visite. Je peux me déplaceret conseiller pour l’élaborationdes projets pédagogiques à dominantescientifique.@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@ROUENLe rôle essentiel des MRS concerne la formationcontinue : les documents sont disponiblesen ligne sur les 2 sites académiques (Preste 76et Eedd76) et sont directement adaptables enclasse. Leur trame permet le suivi d’un projet etaide à la formation scientifique et pédagogique:liens avec les programmes, contenus scientifiques,expérimentations possibles, ressourcesdocumentaireshttp://www.ac-rouen.fr/premier_degre/presteia76/index.htmEDUSCOLPortail ouvert par le ministère.Tout ce qu’il faut savoir pour enseigner lessciences à l’école: textes de références, sitespédagogiques, ressources téléchargeables, aideà l’évaluation…http://eduscol.education.fr/D0027/EXSACC.htmGRENOBLESite de l’inspection académique de Grenoble.Des fiches ressources et des photos pour enseignerles sciences avec une démarche expérimentaleen maternelle.http://www.ac-grenoble.fr/BERGERACL’Ecole des sciences a comme projet d’aider lesécoles primaires à mettre en œuvre un enseignementdes sciences rénové selon les principespréconisés par La main à la pâte.http://www.perigord.tm.fr/~ecole-scienc/LA MAIN A LA PATELe site La main à la pâte est destiné à aider enseignants,formateurs, scientifiques et institutionnelsà mettre en place un enseignement dessciences de qualité à l’école primaire. Vous ytrouverez des activités de classe, des documentsscientifiques ou pédagogiques, des outilsd’échange et de travail collaboratif, et biend’autres choses encore...http://www.inrp.fr/lamap/en ligne23


MétierBarèmedes permutationsEchelon: Des pointssont attribués en fonctionde l’échelon occupéau 31/12 07.Ancienneté dans ledépartement au-delàde 3 ans : 2 points parannée complète et2/12e de points pourchaque mois entier(jusqu’au 01/09/08) àl’exception des duréesde disponibilité ou decongé de non activité.Dix points supplémentairessont accordéspar tranche de cinq ansd’ancienneté dans ledépartement après ledécompte des troisans.infos servicesMutation pourgarde d’enfant alternéeet droit devisite : 20 pointssont accordésconcernantune demande qui facilitel’exercice de cesdroits (la situation doitêtre établie au01/09/07 par une décisionjudiciaire pour lesenfants de moins de18 ans).Rapprochement desconjoints séparéspour des raisons professionnelles: 150points sont accordéspour le département derésidence professionnelledu conjoint et lesdépartements limitrophes.Enfants à charge demoins de 20 ans : 15points pour les troispremiers enfants puis20 points pour chaqueenfant supplémentaire(uniquement dans lecadre d’un rapprochementde conjoint).Les enfants doiventavoir moins de 20 ansau1/09/2007.Durée de séparation:50 points par annéeentière de séparation;bonification de100points la deuxièmeannée. Les deuxconjoints doivent êtreen activité pour bénéficierde ces points.Capitalisation pourrenouvellement du 1 ervœu : 5 points pourchaque renouvellementdu 1er voeu.Exercice en zone violence: 45 points sontaccordés pour les collèguesjustifiant de 5années de servicecontinu en zone violence(liste des écoleset établissements figurantdans l’arrêté du13/01/2001, BO n°10du 08/03/2001).Lu dans le BO Lu dans le BO LuLu dans le BO Lu dans le BO Lu dans le BO Lu dans le BO Lu dansLu au BO n° 38 du 25 octobre 2007Élèves: Parcours scolaire des élèvesintellectuellement précoces ou manifestantdes aptitudes particulières à l’école et aucollègeFormation: Formation de formateurs enfrançais langue étrangère (FLE), françaislangue seconde (FLS), ingénierie de la formationLu au BO spécial n° 6 du 8 novembre 2007Changement de département des enseignantsdu premier degréLu au BO n° 40 du 8 novembre 2007Activité éducative: Devoir de mémoire :Mémoire de la traite négrière, de l’esclavageet de leurs abolitions: 2 décembre2007, 10 mai 2008Vacances de postes: Postes vacants auprèsdes services du ministère de la culture etde la communication et d’établissementsen relevantLu dans le BO Lu dans le BO Lu dans le BO Lu dans le BO Lu dans leLu dans le BO Lu dans le BO LuQuestion/Réponse24Comment puis-je connaître mes chances d’entrer dans un département?Il n' y a aucun moyen fiable de le savoir. La situation des départements(excédentaires ou déficitaires) varie toujours d’une année surl’autre.Vous pouvez néanmoins vous adresser à votre section départementalepour connaître le nombre et le profil des enseignants ayant obtenule département souhaité les années précédentes. Les sectionsdépartementales et les délégué(e)s du personnel du SNUipp pourrontégalement vous fournir tous éléments utiles sur ce sujet.Les coordonnées téléphoniques des sections départementales duSNUipp sont disponibles sur le site du SNUipp: www.snuipp.fr,(cliquez sur l’icône départements).Je vis en concubinage et suis séparée de mon concubin pour desraisons professionnelles. Puis-je bénéficier dans ce cas des pointspour séparation de conjoint ?Non, la notion de conjoints ne s’applique qu’aux couples mariés,pacsés ou non mariés ayant des enfants reconnus par les deux parents.Le mariage ou le PACS doit avoir été conclu avant le 1er septembre2007.Puis-je bénéficier de la majoration exceptionnelle de 500 pointspour les permutations informatisées ?La majoration est possible pour les collègues relevant de l’obligationd’emploi ou dont le conjoint relève de l’obligation d’emploi ouparent d’un enfant reconnu handicapé ou malade. Le changement dedépartement doit permettre d’améliorer les conditions de vie de lapersonne handicapée. Il faut déposer un dossier auprès du médecinde prévention départemental et saisir la MDPH afin d’obtenir la reconnaissancedu handicap. Informez la section départementale duSNUipp en cas de difficultés.


Littérature jeunesseTexte intégralLe loup et les sept petits chevreaux —W. & J. Grimm, ill. Bernadette — Nord-Sud (11 €)Dans cet album au texte intégral,chèvre, chevreaux,loup et autres bêtes sont tantôtreprésentés comme desanimaux, tantôt debout,avec cape, besace, foulard…Ils vivent dans unmonde humanisé rassurant:vastes prairies fleuries, maisons chaleureuses…Les grandes illustrations pastel,fourmillent de joyeuses petites histoiresannexes: course de lièvres, pique-nique delapins… Les épisodes cruels ne sont jamaisreprésentés et les illustrations dédramatisentle conte. Il est donc intéressant defaire une lecture en constellation de cetalbum avec d’autres dont les images plusfortes créent une autre atmosphère si l’onveut que les enfants comprennent bienl’enjeu du texte.Signalons 2 adaptations fidèles« Le loup et les septchevreaux », au Seuil etchez Tourbillon.RéécrituresUN LOUP ETSEPT CHEVREAUXDans la liste 2007 pour le Cycle 2, pour les titres du patrimoine en texte intégral, le choix del’éditeur est possible. Cela permet à partir du texte d’origine, des « lectures en constellation » quimettent en évidence le rôle de l’illustration et de l’intertextualité dans la construction du sensdu texte et de son interprétation. "Le Loup et les Sept Chevreaux" des Grimm fait partie de cetteliste. Le conte des chevreaux aux prises avec un monstre dévorant qui se fait passer pour leurmère pendant son absence est répandu dans le monde entier. Avant les Grimm, La Fontaineavait déjà écrit une fable « Le loup la chèvre et le chevreau ». Le "dévorant" peut être un loup ouun ours, un lion, un crocodile, un dragon ou encore une ogresse… Dans le conte des Grimm, c’estun loup ! Voici texte d’origine, réécritures et variation.L’histoire de la vieille bique et de sessept biquets, texte & ill. Tony Ross —Mijade (5,20 €)L’album de Tony Ross est une actualisa-tion parodique du conte de Grimm. "Lavieille bique" part faire ses courses au supermarché.Tous les animaux sont humanisés:il faut voir la chèvre avec ses chaussuresà talons et son chapeau à fleurs, et leloup en vieux rocker bedonnant ! Les petitsbiquets font du foot et du skate dans lamaison… Le scénario lui-même reprendcelui du conte d’origine, mais Tony Rossajoute un épisode : après le test de la voix,de la patte, il crée le test de la queue, fatalaux petits biquets. Le petit dernier a le rôleprincipal pour démasquer le loup. Et s’iln’empêche pas la grande dévoration, il a lavie sauve caché dans le seau à charbon. Lachèvre elle-mêmeépargne le loup.C’est à coups decorne qu’elle luifait recracher leschevreaux, avantqu’une dernière estocadene l’envoie"si loin au-dessusdes arbres qu’on nele revit jamaisplus."Le loup, la chèvre et les 7 chevreaux,texte & il. G. de Pennart —Kaléïdoscope (12 €)"Cette journée sera mémorable !" souritIgor le loup en sortant de chez lui à bord desa superbe voiture. Il s’arrête d’abord chezl’épicier, puis chez Bellepatte, le chausseur,ensuite il se rend au prêt à porter deViviane, et enfin chez Raymond, le parfu-meur. Le voilà transformé en chèvre deluxe !. C’est qu’il a l’intention de tromper7 petits chevreaux pendant l’absence deleur mère pour les dévorer. Seulement lesbiquets ne sont pasdupes! Ils appellent leurpère, un gros costaud, àla rescousse. PauvreIgor, il va passer un salemoment… C’est alorsqu’arrive MadameChèvre, la vraie ! «Henry, que fait cettefemme dans tes bras? »Le temps qu’on s’explique,Igor est déjàloin… Grâce a cette méprise, Igor est sauf,soit, mais la journée ne fut pas vraimentmémorable… Les illustrations de Pennartservent au mieux cette version pleined’humour qui s’adresse aux plus grands.VariationL’ogresse et les sept chevreaux, PralineGay-Para, Ill. Martine Bourre — Didier(11 €)Pour ce conte d’origine libanaise de P.Gay-Para, l’illustratrice, Martine Bourre, acréé une magnifique ogresse bleue au profiloriental, mi-femme avec ses petits seinsronds, mi-bête avec sa longue queue serpentineet ses dents acérées. Les chevreaux,sauf le dernier sont dévorés, maisla chèvre « très en colère » tue l’ogresse àcoups de cornes en fer et libère ses biquets.Le texte avec ses refrains danse dans lapage et se prête bien à une lecture orale.Il est intéressant defaire comparer auxenfants ces diverstextes. Outre le plaisirde la mise en voixet de la mise enscène, une lecture enconstellation de ceshistoires permet auxélèves d’en dégagerun même scénario de ruse, où les plusfaibles triomphent d’un grand "dévorant".Marie-Claire PlumeMétierCf. « La liste Cycle 2 » et « Le loup et les sept chevreaux» sur le site du SNUIPP:http://www.snuipp.fr/spip.php?rubrique182


MétierPremiers secoursLES TIC ÀL’ USAGE,FAIBLE VALEUR AJOUTEE PEDAGOGIQUE26Eduscol, le site de la DGESCO (directiongénérale de l’enseignement scolaire) vientde mettre en ligne les textes réglementairesrelatifs à la formation des élèves aupremier secours. Celle-ci a été rendueobligatoire par la loi du 9 Août 2004concernant la politique de santé publique.Ainsi, comme le rappellent les nouvellesdispositions entrées en vigueur à la rentrée2007, au collège, les élèves doivent pouvoirobtenir l’Attestation de formation auxpremiers secours (AFPS), pré requis égalementdemandé aux enseignants stagiaires.Une première formation (l’APS)est dispensée pour les primaires.Celle-ci s’appuie sur « la volonté de développerchez les élèves des comportementscitoyens, des initiatives et des démarchesde solidarité, des savoirs et des savoirfaireleur permettant de réagir efficacement,face à des situations d’incidents oud’accidents de santé, à partir de leurs apprentissagesscolaires ».En lien avec les programmes, les compétencesà acquérir par les élèves sont disponiblessur le site de la DGESCO ( 1 ). Ellesconcernent les trois cycles selon une progressionétablie. Un document pour l’enseignantde suivi des acquis des élèvespour les actions de protection, de prévention,d’alerte et d’intervention est égalementtéléchargeable.Concernant la formation des enseignantsdans le domaine pédagogique,le site proposede télécharger une brochure « apprendreà porter secours ». Le texte stipulemême que « le développement de ce dispositifimplique l’organisation d’actionsde formation au niveau académique et départemental,la constitution d’équipes ressourcesformées et la mise à dispositiond’outils pédagogiques ». A voir concrètementsi ces dispositions ne resteront paslettre morte. http://eduscol.education.frUne étudecommandée par leministère s’estintéressée auxpratiques et auxperceptionsd’enseignants quiutilisent les TIC enclasse. Entreenthousiasme etréticence.Une étude réalisée pour le service destechnologies et des systèmes d’informationdu ministère de l’Education nationales’est intéressée à l’usage desTIC (Technologies de l’information et de lacommunication) dans l’enseignement scolaire*.Les rédacteurs se sont penchés sur lespratiques et les perceptions par les enseignantsde primaire et de collège.L’échantillon peu nombreux (204 questionnaires)ne permet pas de peser l’usage desTIC aujourd’hui dans les classes mais d’entrevoirl’utilisation qui en est faite dans lesécoles et établissements qui sont équipés. Lesenseignants ont une image très positive desTIC notamment de leurs effets sur la participationdes élèves. Elles permettent de « créerun cadre motivant, faciliter l’entraide et accroîtrel’autonomie des élèves. » Dans l’organisationde la classe, les avis sont plus circonstanciés.Si les TIC facilitent la mise enplace d’une organisation différenciée et l’organisationd’activités simultanées, un certainnombre de contraintes sont citées comme lanécessité de donner des consignes plus préciseset le temps de formation des élèvesavant qu’ils soient autonomes. A titre personnel,les enseignants interrogés déclarent queles TICE apportent « la possibilité de créerdes séquences nouvelles plus imaginatives,un renouvellement du métier et des pratiquesprofessionnelles ». A regarder plus précisé-ment l’enquête, cette dernière question est àrapprocher des types de matériels utilisés. Eneffet, parmi les répondants certains utilisentles TBI, les vidéos projecteurs ou des classesmobiles (matériels sur charriots roulants). Letype de matériel influe sur les pratiques.Deux items semblent plus décevants pour lesauteurs. Les objectifs pédagogiques cités restenten premier lieu de sensibiliser les élèvesaux nouvelles technologies et faire réaliserun projet pédagogique particulier. En ce quiconcerne l’aide aux élèves, l’introduction denouvelles notions, l’individualisation des séquencesou l’évaluation, les réponses sontnettement moins positives. Les auteurs parlentalors de « sous utilisation pédagogiquedes TIC ». Les perceptions des enseignantssur les effets dans l’acquisition des savoirsconfortent leur hypothèse. Les répondantsn’ont pas une vision nette de l’effet de l’usagedes nouvelles technologies. Enfin, les enseignantsévoquent plusieurs freins à la généralisationdes TICE. Les principales raisonscitées sont le manque de temps et le manquede formation. Plus étonnant, ils relèvent lacrainte par rapport au métier, la façon dontles TICE vont modifier les pratiques d’enseignement.Lydie Buguet*http://www.educnet.education.fr/chrgt/Etude_Usages_TICE2006.pdf


VIOLENCE130 000 VIOLS EN FRANCERéflexionsDans le cadre de de l’Institut national des hautes études de sécurité, l’Observatoire national de ladélinquance vient de publier son rapport 2007 sur « la criminalité en France ».L’OND dispose de données directes recueilliesauprès des victimes, suivant une enquêtemise au point avec l’INSEE. Cette enquêterenseigne sur toutes les formes de violencephysique ou sexuelle, y compris cellescommises au sein des familles et dans lecouple.En 2005 ou 2006, d’après l’enquête, 1,7 millionde personnes ont été victimes de violencesphysiques, soit 4,6 % des personnes de18 à 60 ans. Or, chiffre effarant, dans 47 % descas (820 000), les violences physiques ont étécommises par une personne vivant avec la victime(violence intra-ménage). Les auteurs durapport notent que « Peu ou mal connue jusqu’àaujourd’hui, la violence physique à l’intérieurdes ménages se révèle comme un phénomèned’une fréquence comparable à celledes autres violences physiques ».Concernant les violences sexuelles, leschiffres sont de 350 000 victimes hors-ménagepour 125 000 victimes intra-ménage, etconcernent principalement des femmes. Lesauteurs notent que si les hommes sont majoritairementvictimes de violences physiqueshors-ménage, ce sont les femmes qui sont lesprincipales victimes de violences, qu’ellessoient physiques à l’intérieur de la famille ousexuelles hors et intra-ménage. De la mêmemanière, ce sont elles qui subissent les atteintesles plus fréquentes et les plus graves,les conséquences psychologiques les plusimportantes. Près de 130000 femmes ont étévictimes de viols.Près de 9 auteurs de violences sur 10 sont deshommes, en général inconnus de la victime sic’est un homme, mais plutôt connus si la victimeest une femme. Le rapport met en évidencequ’en 2005 et 2006, 120 000 femmesont subi des violences physiques de la partd’un ex-conjoint, soit 32 % des femmes victimesde violences physiques hors-ménage.Au sein du ménage, ce sont plus de 330 000femmes qui ont été victimes de leur conjointsur les 2 années 2005 et 2006. Moins de 10 %d’entre elles ont porté plainte, expliquant « quecela n’aurait servi à rien » ou « qu’elles ont préférétrouver une autre solution ».www.inhes.interieur.gouv.frGRANDE FRATRIE, PETITE DESTINEE ?« Quand vous étiez enfant,auriez-vous préféré avoirplus, autant ou moins defrères et sœurs? », « autant »répondent une forte majoritéde personnes qui souvent exprimentaussi le regret de nepas en avoir eu davantage. Etpourtant… Si l’on en croitune étude récente*, lenombre élevé de frères etsœurs aurait un effet défavorablesur la destinée socialesurtout dans les couches lesplus modestes. Ceux qui ontplus de trois frères et sœursont moins de chance de réussirque les autres…En 2003,seuls 16,4 % des femmes,10,3 % des hommes de 25 à39 ans, ayant trois frères etsœurs ou plus, obtiennent undiplôme du supérieur contre36,6 % pour celles et 20,8 %pour ceux qui n’en ont quedeux ou moins. Les auteursde l’enquête font un lienentre la destinée des enfantset les conditions matériellesdes parents. En effet, dansune famille nombreuse demilieu modeste, il est plusdifficile pour les enfantsd’avoir une chambre indépendanteet de bénéficier desoutien scolaire extérieur.Les conditions de vie peuventpousser les enfants à deveniréconomiquement indépendantsplus tôt. Le styleéducatif est aussi cité commeun effet sur la destinée desenfants de famille nombreuse.« Des enfants nombreuxvivent davantage en interactionentre eux, dans une sociétéd’enfants; des enfantsuniques ou peu nombreuxViolences au sein du coupleUn quart de l’ensemble des homicidesvolontaires en France sont subis dansle couple (168 décès, 137 femmes et 31hommes).575 viols, 90 tentatives d’homicide, 40507 sont les chiffres des violences nonmortelles subies par des femmes majeuresvictimes de leur conjoint(e): unquart de l’ensemble des violences enregistrées.12 584 personnes ont été condamnéespour des violences qualifiées crimes oudélits envers leur conjoint.Source : Direction centrale de la sécurité publique(2006).sont plus continûment plongésdans une sociétéd’adultes » expliquent les auteurs.Les mères étant plussouvent inactives, les enfantssont aussi moins précocementconfrontés à d’autreslieux de socialisation. Les auteursnotent enfin que l’effetest plus marqué pour lesfemmes. La répartition desressources, à défaut demoyens suffisants pour tous,serait plus défavorable pourles filles. En 1992, une étudeavait montré que les dépensesinvesties annuellementdans la scolarité desfilles étaient inférieures de6 % à celles consenties pourun garçon.* « La destinée sociale varie avec lenombre de frères et de sœurs », deDominique Merllié et Olivier Monsoin Portrait social 2007, INSEE27


28RéflexionsLeur avisCOMITE CONFEDERALNATIONAL CGT« La dimension sociale de l’Europen’est pas réellement renforcée, laCharte des droits fondamentauxn’est toujours pas intégrée à partentière dans le traité. L’applicationcontraignante de celle-ci , qui étaitnotre revendication principale, resteà géométrie variable (La CGT nepeut, dans ces conditions, queréitérer sur ce nouveau traité (une)appréciation négative »MARCEL GRIGNARD, CFDT« Nous nous félicitons de cet accord,même si le nouveau texte estnettement moins protecteur pour lestravailleurs (On ne peut que déplorerl’attitude de la Grande-Bretagne etde la Pologne qui ont profité desultimes négociations pour obtenirque la charte des droitsfondamentaux ne soit pascontraignante pour eux ».JOHN MONKS,CONFÉDÉRATION EUROPÉENNEDES SYNDICATS« Nous avons salué l’obtention d’unaccord qui débloquait une situationde crise institutionnelle. Mais cenouveau traité nous laisse encoresur notre faim. (La Charte était lapartie du traité constitutionnel quenous défendions en priorité (car elle)est la plus progressiste qui existepour les droits économiques etsociaux »GERARD ASCHIERI, FSU« La FSU définira dans sesinstances sa position sur le fond,mais d’ores et déjà, il est impératifque le débat ait lieu et que tous lescitoyens puissent s’en saisir.»UNION EUROPEENNEUN TRAITE A MINIMA ?Les 12 et 13décembre serontadoptés parl’Europe la chartedes droitsfondamentux etle traité modifié.Et ensuite ?L’Europe était en panne après lerefus par les peuples français etnéerlandais d’approuver le traitéconstitutionnel. Le président de laRépublique est arrivé, pressé quela présidence française de l’Union qui commenceen août prochain s’ouvre sous debons auspices, il a fait dans le mini. LesEuropéens ne sont pas d’accord sur tout ?Limitons le traité aux accords. Réunis àLisbonne, après un premier tour de table àBruxelles en juin, les dirigeants européensse sont donc entendus sur une nouvelle basereprenant une partie seulement du travaildes « constituants » que présidait ValéryGiscard d’Estaing.La modification la plus marquante de ce« traité modificatif » qui ne porte plus lenom de « constitutionnel » concerne la troisièmepartie portant sur les chartes, et notammentcelle des droits fondamentaux quine fait plus partie du traité. Non seulement,contrairement à ce que demandait la grandemajorité des syndicats européens, la chartene sera pas enrichie, mais de plus, elle nes’appliquera pas à la Grande-Bretagne et àla Pologne.Concernant les institutions, on reste doncsur un président du conseil élu pour deuxans et demi, un haut représentant pour la politiqueétrangère au lieu du ministre prévupar le traité dont ne voulait pas la Grande-Bretagne, une commission à dix-huitmembres avec mandat tournant, une majoritéqualifiée à l’exception de plusieurs domainesdont la fiscalité et la sécurité socialesur demande insistante de la Grande-Bretagne et un renforcement des pouvoirsdu parlement.Concernant les services publics, les Etatsdevront assurer les conditions économiqueset financières permettant aux services d’intérêtéconomique général (SIEG) de fonctionner,ce qui constitue une avancée parrapport au TCE. Ils restent cependant soumisà la concurrence, sauf dérogation.Reste bien sûr à ratifier ce nouveau texte allégémais comportant tout de même 296 articleset plus de 120 pages de protocoles.L’agenda européen prévoit cette ratificationpour décembre afin que le traité soit appliquédès janvier. Ce qui laisse peu de place,pour ne pas dire aucune, au débat démocratique.La décision du président Sarkozy, commedes autres dirigeants européens estd’ailleurs de faire passer le texte par voieparlementaire, évitant tout référendum. Etdonc toute nouvelle consultation desFrançais. Le vieux principe républicainselon lequel ce qu’a fait le peuple ne peutêtre défait que par le peuple est ainsi battuen brèche.


C i némaL’HOMME SANS AGEOn est un peu surpris par les imperfectionsdu dernier film de Coppola, tout en lui reconnaissantun grand pouvoir de fascination.On va alors regarder du côté du courtroman de Mircea Eliade « Le temps d’uncentenaire », dont il est l’adaptation. Et oncomprend mieux. Eliade a écrit ce texte àsoixante-neuf ans, Coppola en a soixantehuitet Dominic Matei, le héros du film ena soixante-dix dans les premières images.Il y a donc une intimité, une connivencequasi charnelle entre ces trois« compères », l’écrivain, le cinéaste et leurpersonnage. Une intimité, qui, à travers letalent de Coppola, est restituée et rend lefilm fascinant. Mais il y a aussi dans letexte d’Eliade ce côté bric-à-brac, ces invraisemblances,ces clichés et même cetteabsence de rigueur et d’achèvement dansla construction narrative qui se retrouventtotalement dans le film. Coppola n’apresque rien changé au récit. Les aspectsles plus conventionnels, presque ridicules,sont conservés. Par exemple le Nazi savantfou ou l’héroïne qui se met à délireren sumérien (« je crois plutôt que c’est dubabylonien… » fait dire Coppola à sonhéros!). Tout ça est un peu difficile à encaissermais ce l’était déjà dans le texted’Eliade. Pourtant, le temps qui passe, lesmanifestations physiques sinistres du rajeunissementdu personnage, l’angoisse duM u s i q u eQUAND LA ROUTE TOURNEGypsy Caravan est la bande originale dufilm homonyme de Jasmine Dellal. On suitle périple de cinq groupes tsiganes issus dumonde entier en tournée à travers lesEtats-Unis. Taraf de Haïdouks (Roumanie),fanfare Ciocarlia (Roumanie), Maharaja(Inde), Antonio el Pipa (Andalousie),Esma Redzepova (Macédoine) pour unebelle leçon de vie, d’énergie et de joie.Le pianiste Kenny Barron a joué avec lesplus grands noms du jazz, Abbey Lincoln,Chet Baker, Stan Getz, Dizzy Gillespie,Ella Fitzgerald et bien d’autres. En 1985, ildouble et des secrets gagnés sur la mort,tout cela nous saisit et nous étonne, audelàmême des inconséquences deconstruction. Coppola l’a dit dans toute lapresse, il a voulu faire un film de débutant,sans rien demander à personne, sans argent.La liberté du grand cinéaste qui devientvieux et se lance enfin dans un vraicinéma adolescent, plein de grâce et d’insolence.Au fond le côté tordu du film luidonne du charme. Si le précédent film, il ya déjà dix ans, l’Idéaliste, film plus discret,plus en demi-teintes, était sans doute plusmaîtrisé, plus rigoureux, Coppola ne cessepas, avec cet homme sans âge, d’être legrand baroque qu’il a toujours été. Dans leParrain 3, par exemple, il y avait déjà desscènes impossibles. Coppola a de l’avenir.René MarxLes critiques de cinéma de Fenêtres sur Cours sontsur www.laviedesfilms.comenregistre « Scratch » avec Dave Hollandà la basse et Daniel Humair à la batterie.Le label Enja sort l’album remastérisé quia reçu le Bud Powell de l’Académie duJazz. Un incontournable.Laure GandebeufKenny Barron, Dave Holland, Daniel Humair:Scratch EnjaGypsy Caravan: When the road bends… HarmoniamundiL’AGENDA« Littérature de jeunesse et handicap »Colloque organisé par l’Institut nationalsupérieur de formation et de recherche pourl’éducation des jeunes handicapés et lesenseignements adaptés (INS-HEA) et leCentre d’histoire culturelle des sociétéscontemporaines de l’université deVersailles-Saint-Quentin-en-Yvelines(CHCSC). 4 thèmes: « De l’activitépsychique à l’enseignement », « Littérature,handicap et représentation », « Du livreaux nouvelles technologies » et « Parcours,passerelles et littérature ».Rens: Site Internet : http://www.inshea.frDu 7 au 8 décembre à l’INS-HEA,Suresnes« Peut-on prédire les troubles deconduites? »Conférence en présence de PhilippeJeammet (professeur de psychiatrie del’enfant et de l’adolescent, université Paris-V), Bernard Golse (pédopsychiatre,professeur de psychiatrie de l’enfant,université Paris-V) et Jean-Claude Ameisen(professeur d’immunologie, universitéParis-VII, président du comité d’éthique del’Inserm.Rens: http://www.cite-sciences.frLe 12 décembre 2007, à 18 h 30, Cité dessciences et de l’industrie, Paris XIXe« Mémoire de la traite négrière, del’esclavage et de leurs abolitions »Deux journées sont dédiées à cette questionpour la sensibilisation des écoliers àl’histoire de la traite négrière, del’esclavage et de leurs abolitions.Des outils pédagogiques sont proposés surles sites: http://www.histoire-immigration.fret http://parcoursciviques.org2 décembre, journée internationale pourl’abolition de l’esclavage10 mai, date anniversaire de l’adoption parle sénat de la loi reconnaissant la traite etl’esclavage comme un crime contrel’humanité.« Volcans, séismes, tsunamis, vivre avec lerisque »Exposition avec maquettes, modélisations,manipulations, simulations qui permet deressentir les secousses d’un séisme,déplacer des continents…Exposition au Palais de la découverte, dumardi au samedi de 9h30 à 18h00.Dimanche et jours fériés, de 10h00 à19h00.Jusqu’au 11 mai 200829


RéflexionsQUINZE ANS APRESFILLES/GARÇONS, LES INEGALITES30Depuis « Allez les filles » écrit en 1992,quoi de neuf chez les filles 15 ans après?Nous avons voulu dans cet ouvrage faire lepoint sur les dernières recherches menéespar des psychologues, sociologues, psychanalysteset historiennes menées ces dernièresannées et peu diffusées. A leur lecture,je suis tenté de dire qu’à la fois rien n’abougé et beaucoup de choses ont changé.Les stéréotypes liés au genre sont extrêmementforts, la distribution des rôles entrehommes et femmes reste traditionnelle. Lestâches des femmes tournent toujours autourde soigner, éduquer, nourrir.En parallèle, le taux d’activité féminin aaugmenté. Il est en 2005 de 64 % et mêmede 81 % pour les 25-50 ans. Les femmes travaillentet y tiennent beaucoup. Le modèled’une mère active est celui auquel s’identifierontles petites filles.A l’école, la mixité s’est installée partout defaçon naturelle, elle est admise par tous. Etaujourd’hui, les filles réussissent mieux àl’école primaire, au collège, elles sontmoins que les garçons envoyés dans des filièresde relégation, au lycée elles sont plusnombreuses et réussissent mieux leur baccalauréat.Cependant, les filles sont massivementorientées vers les facultés de lettres.Elles sont moins nombreuses à tenter les filièresscientifiques même si on constate uneprogression depuis les années 80.Christian BaudelotSociologue, auteur avecRoger Establet de « Quoi deneuf chez les filles ? Entrestéréotypes et liberté »,Nathan, 2007Quels sont les freins à l’égalitégarçons/filles aujourd’hui ?Du point de vue de l’activité professionnelleet des emplois, de nombreuses portes restentfermées aux femmes. Leurs salairessont en moyenne 27 % inférieurs à ceux deshommes. Elles accèdent moins que leshommes aux postes d’encadrement. Deplus, l’essentiel de l’activité domestique etfamiliale repose sur les femmes. Le tempsqu’y consacrent les hommes n’a augmentéque de 3 minutes… L’obstacle le plus difficileà surmonter est l’intériorisation de lacontrainte, du statut qu’on leur a assigné. Leprincipal frein c’est leur auto-limitation.Les filles envisagent leur avenir en choisissantdes études et des métiers qui leur permettrontde concilier leur vie professionnelleet leur vie familiale.A l’école, les filles ont fait toute leur place.Comment expliquer cette réussite ?Comment en parallèle expliquer les difficultésde certains garçons?L’incitation maternelle est très importante.L’émancipation par l’école et par le travailest une donnée que les mères valorisent. Lesétudes récentes montrent l’importance desformes de socialisation différentes des garçonset des filles. Les filles sont plus contrôléesdans leurs loisirs, dans leurs sorties. Onleur demande soumission et docilité (ausens d’apprendre et d’intérioriser desnormes). Ces comportements sont ceux attendusà l’école. A l’inverse les parents laissentplus de liberté aux garçons. Ils ont uneplus grande autonomie et s’affirment ens’opposant. Ils développent une cultured’adolescents qui les incite à la transgression,au viol de la règle. Ces comportementssont un arsenal anti-scolaire. Au final, ilexiste deux pôles de garçons. Un contingentqui forme les bataillons de l’échec scolaireet à l’opposé un autre qui occupe l’étage supérieurde l’élite scolaire. L’origine socialeintervient d’ailleurs dans ces différences deparcours. Les écarts sociaux ont plus d’effetschez les garçons que chez les filles.Le poids des stéréotypes aurait donc desconséquences plus fortes du côté desgarçons?Si les stéréotypes ont la vie aussi dure c’estque l’identification de genre est un élémentcapital de la personnalité. A la maternitéc’est le premier trait donné au bébé : c’estune fille, un garçon. Ce qui est arbitrairec’est le contenu des stéréotypes, « les fillessont faibles, les garçons sont forts » mais ilspeuvent être changés. Les jouets sont à cetitre un élément significatif. Les jeux masculinssont orientés vers la conquête et l’explorationdu monde extérieur et ceux desfilles, tournés vers l’intérieur: pouponnage,cuisine, travaux de ménage. Mais une deschoses qui m’a interpellé à la lecture desétudes récentes est la plus grande liberté desfilles. Elles entrent plus facilement dans desterritoires qui sont classiquement masculins.L’identité masculine est plus réduitedans des jeux de rôles très contraignants.Propos recueillis parLydie Buguet

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