Lire le Fenêtres sur cours n°375 (Spécial Université d ... - SNUipp

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RUEDUMONDE12 e UNIVERSITÉ D’AUTOMNE DU SNUIPP - 26-27-28 OCTOBRE 201260Souleymane Mbodj,le griot passeurd’histoiresDepuis plus de vingt ans Souleymane Mbodj va d’école en école tel unconteur pèlerin. Guitare et djembé sous le bras il transmet des histoirespleines de poésie, de métaphores et de sens cachés. Rencontre.enfants de l’antilope», tel est le titre durecueil de contes toutjuste publié par SouleymaneBodj chez «LesRue du monde avec la complicité éclairéede Zaü pour les illustrations. La collaborationentre les deux hommes semblait coulerde source. Le premier est d’origine sénégalaise,le second a beaucoup voyagé enAfrique, continent qui a marqué une partde son œuvre. Ce n’est pas vraiment parhasard que Souleymane Bodj est devenuconteur bien qu’au départ il se soit plutôtdestiné à la musique, une orientation qui l’aconduit à venir en France à l’âge de 17 ans,il y a 23 ans donc, et à devenir musicien destudio : « un travail plutôt alimentaire » dit-ilaujourd’hui. Alimentaire peut-être mais quil’a mené à croiser la route d’artistes telsHigelin, Manu Dibango ou encore MichelPetrucciani ce qui a du sens pour lui quiest fan de jazz et participe avec sa guitareà plusieurs formations jazzys. Conteur paspar hasard donc car ses parents étaienteux-mêmes griots à Saint-Louis, cité iliennedu fleuve Sénégal au Nord du pays, officiellementfondée au XVII e siècle en l’honneurde Louis XIV, ville dont il ne manque pasl’occasion de vanter les charmes.Aujourd’hui Souleymane consacre entièrementson temps à la narration de contesqu’il accompagne en musique (guitare etdjembe), ainsi qu’à des conférences. Sonboulot c’est aussi l’écriture pour couchersur papier des histoires dont la particularitéest de relever de la tradition orale, cequi fait que « beaucoup d’entre elles ontdisparu avec l’extinction de certaines langues,alors que le conte est inscrit parl’Unesco au patrimoine immatériel de l’humanité». Depuis plus de vingt ans SouleymaneMbodj multiplie les interventionsdans les écoles. « Il faut d’abord raconter leconte aux enfants parce qu’il s’agit d’unehistoire humaine ; d’une histoire d’hier,racontée aujourd’hui, pour le lendemain »dit-il. C’est surtout malgré les variantesdues aux contextes géographiques, naturels,historiques ou culturels, des histoiresà partager. « Quand je parle de justice, detolérance, d’amour, de liberté ou d’égalité,ce sont des thèmes universels » soulignet-il.Le conte pour le conte, le conte commeoutil de médiation pour entrer dans certainsapprentissages, le conte comme vecteurde sens initiatique, philosophique,métaphorique, interculturel, porteur desens caché donc : « les contes permettentd’avoir une vision universelle du monde, dese rendre compte que les hommes sontpartout pareils et que la bêtise n’a jamaisde couleur ».

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