Lire le Fenêtres sur cours n°375 (Spécial Université d ... - SNUipp

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« Chacun peut changer le mondeà son niveau »12 eUNIVERSITÉd’automnedu SNUippEn quoi consisteShamengo ?C. B. Shamengo est une plate-formede vidéos et d’informations disponiblesur Internet. Une centainede vidéos sont déjà disponibles,chacune propose le portrait filméd’une personne que nous appelonsun pionnier. Un pionnier estquelqu’un qui, quelque part sur laplanète, a mis sur pied un projetsusceptible de changer la vie quotidiennedes gens et ceci dansquatre grands domaines : prendresoin de soi, créer dans l’éthique,préserver la planète, s’engagerpour les autres. Le projet est defaire basculer le grand public versces valeurs humanistes en montrantque chacun peut changer lemonde à son niveau.D’où vous est venue cetteidée ?C. B. Je suis grand reporter depuisune quinzaine d’années, j’ai travaillépour des émissions comme« Envoyé spécial » en parcourantle monde avec une caméra pourtourner des sujets d’investigationdont bon nombre traitaient deconflits, de guerres, de catastrophes...Un jour, au cours d’unreportage en Inde sur un traficd’organes dans un village d’enfants,j’ai eu un déclic en observantdes enfants qui s’émerveillaientdevant une lampe solaire. Plutôtque de m’intéresser à ceux quidétruisent le monde, j’ai eu alorsl’idée de mettre en valeur ceux quile rendent meilleur, ceux qui développentdes actions positives etqui souvent ne sont pas médiatisés.La crise actuelle nous montrequ’on est au bout d’un monde« La crise actuelle nousmontre qu’on est aubout d’un monde maisaussi à l’avènement d’unnouveau »Catherine BerthillierCo-fondatrice avec Bernard Vaillot de l’agence Galaxie Presse,Catherine Berthillier a réalisé plus d’une centaine de reportages pourEnvoyé Spécial (France 2), Des Racines et des ailes (France 3), ZoneInterdite (M6), Reportages (TF1), Arte Reportage (ARTE) ainsi que denombreux documentaires pour France 3 et France 5 en coproductioninternationale.mais aussi à l’avènement d’un nouveau. Une révolution dans laquellej’avais envie de m’impliquer personnellement.Comment est néShamengo ?C. B. J’ai commencé à repérer desgens dans le monde entier et àtourner des sujets qui m’ont permisde montrer ce que je voulaisfaire. J’ai pu alors trouver le soutiende la MGEN, une mutuelle queje connaissais déjà professionnellementet qui correspondait bienaux valeurs humanistes du projet.Le programme a démarré vraimentil y trois ans. J’ai essayé de« vendre » l’idée aux grandeschaînes qui n’en ont pas voulu.D’où l’idée développer un projetdu type « cross-media » qui utilisela télé mais aussi, l’ordinateur, lesmartphone. Le lancement officielde Shamengo a eu lieu en octobre2011.Pourquoi le choix d’unformat standard de deuxminutes ?C. B. Les gens ont de moins enmoins de temps. En télé, le formatcourt, c’est 45 secondes maison n’a le temps de rien expliquer.Deux minutes, c’est facile à« consommer » pour tout lemonde et c’est idéal pour ce quej’appelle des « pastilles de bonheur» : on s’évade, on découvrele parcours de quelqu’un et on ale temps de comprendre lestenants et les aboutissants de lasituation. Le programme de Shamengoest un peu conçu commeun oignon.Quel est le premier bilan auterme d’un an d’existence ?C. B. On est aujourd’hui à 10 millionsde vue : 9 millions en télé et 1 millionsur Internet. Les courbes decroissance sur Internet sont trèsrapides à plus de 30 % par moismais il faut dire qu’on partait dezéro ! On a un public qui se fidéliseet fréquente régulièrement le siteavec des gens qui apprécient laqualité du travail et sont conquispar les découvertes qu’il y font.Comment lutter contre laconsommation grandissanted’images et d’informationsaxées sur le sensationnel,le « people » ?C. B. Cette tendance est d’autantplus inquiétante qu’elle toucheprincipalement les gens les plusdémunis, les moins cultivés. Shamengoau contraire présente desmodèles positifs. Nous racontonsdes belles histoires qui se terminentbien mais au prix de beaucoupd’efforts et de persévérance.L’idée est d’inciter les gens à sortirde la passivité et à se prendreen charge en développant le côtéparticipatif. Je pense qu’il seraitessentiel dans la formation desjeunes de développer une vraieformation aux images télévisuelles: comment sont-ellesfabriquées ? Quels sont les ressortsqu’elles activent chez lesspectateurs ? Quand on passetrois heures par jour devant desécrans, éviter les programmesabrutissants est fondamental.Des idées à reprendreà l’école ?C. B. Le voyage autour du monde àla découverte de nos pionniersconstitue déjà une découverted’autres pays, d’autres culturesmais aussi d’une certaine universalité.Au delà, j’ai envie de développerdes plate-formescollaboratives. Les établissementsscolaires pourraient s’engager auxcôtés des pionniers sous la formede messages d’encouragement,de correspondance mais aussireprendre des idées au niveaulocal. On est tous des Shamengoen puissance !Propos recueillis par Philippe Miquel89ENFANTETSOCIÉTÉ

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