FSC 299 - SNUipp

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6ActuSENEGAL :LA GREVE SE POURSUITDepuis trois mois, l’intersyndicale sénégalaise del’enseignement est en grève perlée pour obtenirla satisfaction de ses revendications salariales.Un quatrième plan d’action comportant des sériesde 3 jours de grève et une manifestation nationalele 6 juin a vu le jour. Pour le coordonnateurde l’intersyndicale, « l'obstacle à la paix socialedans l'espace scolaire, c'est le gouvernementqui ne respecte pas ses engagements etreste sourd aux revendications des travailleurs ».200000C’est le nombre de « Restaveks »,nom créole des enfants réduits enesclavage à Haïti, comportant unegrande majorité de filles.TURQUIE :LIRE ENTRE LES MOTSD'importantes manifestations se sont invitéesen avril dernier dans les élections présidentiellesturques. La défense de la laïcité étaitau coeur des débats. Mais il serait réducteurd'en faire une lutte emblématique entre laïcset musulmans. Les questions du nationalisme,de la place des militaires, de la mafia,sont aussi sous-jacentes. Ce mouvement traduitune mobilisation plurielle de la sociétécivile qui oscille entre une Turquie laïqueprogressiste et une Turquie musulmane démocratique.Une situation difficile à comprendreà l'aulne de nos propres conceptions.UNICEF : APPELPOUR LES ENFANTS IRAKIENSL'UNICEF demande 42 millions de dollarspour venir au secours pendant les six prochainsmois des enfants qui vivent en Iraq,et de ceux qui ont fui avec leurs famillesdans deux pays voisins, la Jordanie et laSyrie. Dans ces pays, les priorités actuellesconsistent à s'assurer qu' ils aient librementaccès aux écoles, aux soins de santé et àune protection contre l'exploitation. Depuis2003, près de 15 pour cent de la populationiraquienne a fui ses foyers - soitquatre millions de personnes, dont la moitiésont des enfants.« Protester contre l’intitulé ministérielassociant immigration et identité nationale »Vous faites partie des huit historiensqui ont démissionné de la Cité nationalede l’histoire de l’immigrationsur les 12 que compte cette institution.Pourquoi cette démission collective?Nous avons démissionné collectivementpour protester contre l’intituléde ce ministère associant immigrationet identité nationale. L’associationentre ces deux termes a toujours véhiculéune connotation négative. Ilnous semble aujourd’hui plus nécessaireque jamais de s’interroger surle rôle des mots dans les stéréotypesdiffusés à propos de l’immigration.Nous avons donc voulu marquer parun acte fort notre refus de ce type de label ministériel,véhiculé à l’origine par le Front national et lesgroupes de la Nouvelle droite et maintenant étatisé.Tous les jours, tout le monde va dire « immigrationet identité nationale », ce qui pour nous est inadmissible.Gérard Noiriel,directeur d’étudesà l’école des hautesétudes en sciencessociales (EHESS)Quelle était la raison de la création de la CNHI ?Dès les années 80, l’expression «le creuset français»ou « l’intégration » faisaient partie du vocabulaireque nous avons essayé de promouvoir pour s’opposerau vocabulaire identitaire. L’idée de créer un lieude mémoire qui puisse changer le regard sur l’immigrationet en donner une image positive a égalementémergé à ce moment. Ce projet a mis 20 ans à abou-Aujourd'hui, trop d'enfantsne partent pas envacances. Et pourtant, cemoment « constitue untemps social, culturel etéducatif à part entière »comme le soulignent 52associations dont le SNUipp dans un appellancé aux élus. Elles réclament la créationd'une allocation annuelle de 200 eurospour tous les mineurs. En 2004, selon l'observatoiredes vacances et des loisisrs, ilsétaient 2 800 000 entre 5 et 19 ans à ne bénéficierd'au maximum que de 2 jours devacances hors de leur domicile principaldont 2 millions « assignés à résidence »qui ne quittent jamais leur foyer. PourFrançois Fondart, président de l'UNAF, «cette situation s'est lentement dégradée.tir et finalement il a vu le jour sousl’impulsion de Jean-Pierre Raffarin etde Jacques Toubon après le 21 avril2002. Nous avions le sentiment d’unesorte de consensus entre la gauche et ladroite pour rejeter le discours négatifsur l’immigration. Force est de constaterun recul depuis la campagne présidentielle.Quelle est la place des historiens dansle débat public ?Nous sommes entrés dans une période oùles usages de l’histoire sont de plus enplus importants dans le débat politique.C’est la raison pour laquelle j’ai fondéavec quelques collègues, il y a deux ans,le Comité de vigilance face aux usages publics del’histoire (http://cvuh.free.fr). Nous cherchons à préserverl’autonomie de la réflexion historienne sur lesquestions mémorielles, sans jouer un rôle d’expertsmais pour éviter les manipulations de l’histoire à desfins partisanes. Cette démission collective illustre lesformes de résistance que les intellectuels peuvent développeraujourd’hui, sur des problèmes que les politiquesn’osent plus aborder, en raison de la « dictaturedes sondages ». En tant que chercheurs, nousavons une certaine liberté de parole dont nous ne devonspas nous priver.UN APPEL POUR LE DEPARTEN VACANCES DE TOUSPropos recueillis parArnaud MalaiséAujourd'hui, les famillesissues des classes modesteset celles avec desrevenus moyens sontparticulièrement affectées».Dans un premier temps,cette proposition d'allocation avaitd'ailleurs été retenue dans les travaux préparatoiresde la conférence de la famille2007 avant que le conseil des ministres nela fasse disparaitre en avril dernier.L'ensemble des organisations n' a pas pourautant renoncé. Jacques Henrard, secrétairegénéral de la JPA autre association signatairede l'appel explique : « elles vontcontinuer de porter cette mesure phare auprèsdu nouveau ministre. Il s'agit d'unenjeu de cohésion et mixité sociale ».


NOUVEAU MINISTRERUPTURE ?Les interrogations et les attentes des personnels devront être entendues parle nouveau ministre de l’Éducation nationale.Xavier Darcos est donc nommé ministre del'Education nationale. C'est peu de dire quepersonne ne regrettera Gilles de Robien !D'ailleurs, les attentes des personnels et desorganisations syndicales portent bien, entreautres, sur la mise en place d'un véritable dialoguesocial et le respect des personnels.Le ministre semble vouloir trancher rapidement laquestion de la carte scolaire et de la sectorisation. Lesdécisions dans ce domaine appartiennent, pour ce quiconcerne les écoles primaires, aux municipalités eten général les parents privilégient l'école de proximité.Une telle réforme comporte des risques importantsd'amplification des inégalités entre les territoireset va à contre-courant d'une meilleure mixitésociale. Il s'agira d'être très vigilant.Autre annonce : le service minimum. Bienque le ministrese soit voulu rassurant, le SNUipp a tout desuite exprimé son refus d'une remise en cause dudroit de grève.Des dossiers « chauds » attendent le nouveau ministre.L'urgence impose de répondre rapidement àl'incertitude du devenir des emplois précaires quesont les EVS. Le 23 mai dernier, devant les préfectures,ils ont fait entendre leur profonde inquiétude(p. 13). Les premières informations du « cabinet »laissent penser qu'une reconduction des emplois etdes personnes est envisagée. Le SNUipp s'attacheraà ce que ce ne soit pas que des promesses prélégislatives...Rien n'est réglé en ce qui concerne la direction d'école.Il est nécessaire aujourd'hui de rouvrir ce dossieravec la volonté de le régler en prenant en compte lesdemandes des personnels. La charge de travail desdirecteurs s'est accrue et les mesures prises l'an dernierne constituent pas une réponse adéquate.La rentrée de septembre s'annonce difficile : les créationsde postes sont insuffisantes par rapport aunombre d'élèves supplémentaires attendus. La FSU,reçue en audience, a demandé au ministre de prendreimmédiatement des mesures permettant de rétablir laconfiance des personnels et des parents, de créer lespostes nécessaires au 1er degré, et de revenir sur lessuppressions massives de postes décidées pour le2ème degré.Le ministre s'est voulu rassurant sur un certainnombre de sujets en affichant la volonté de passer auxoubliettes la guerre des méthodes, le maintien desmoyens alloués à l'éducation prioritaire, le refus d'instaurerun examen d'entrée en 6ème. Il a annoncé lamise en place d'une discussion sur les conditionsd'exercice et la revalorisation des métiers d'enseignants.Leurres et faux semblants? En même temps legouvernement a clairement annoncé sa décision de nepas remplacer le départ à la retraite d'un fonctionnairesur deux. On voit mal comment cet objectif comptablepourrait ne pas concerner l'école et les enseignantsqui à eux seuls représentent environ 40% de lafonction publique d'Etat.Les valeurs proclamées par le nouveau chef de l'Etat,« l'école de la transmission, du respect, et du mérite» ne répondront ni aux attentes des personnels et niaux défis que doit relever l'école publique française.Xavier Darcos va devoir maintenant expliquer commentil compte s'y prendre. La formation continue despersonnels, par exemple, n'est le plus souvent qu'unearlésienne (voir p12), indigne des besoins d'aujourd'hui.Les nouveautés de la rentrée, livrets de compétences,Base élèves, évaluations diverses, langue vivanteau CE1, méritent d'être rediscutées en fonctiondes objectifs de lutte contre l'échec scolaire.Le SNUipp a demandé à rencontrer le ministre pouraborder dans le détail les questions de l'école primaire.Ce sera l'occasion de réitérer les demandes des per-Carte scolaire : il est urgentd’ouvrir des classes là où c’estnécessaire.Dès la première audience avec le nouveauministre, le SNUipp a exigé la levée dessanctions financières injustes qui ontfrappé les directeurs d'école poursuivantle blocage administratif. Une mesurenécessaire à l'apaisement, et aurétablissement du lien de confianceavancé par Xavier Darcos .En Meurthe-et-Moselle, deux collectifsrassemblant parents et élus ont organisésamedi 26 mai une manifestation trèscolorée, soutenue par les organisationssyndicales. Ils s'opposent au retrait prévude 31 postes.Dans le Puy-de-Dôme, 18 classesmaternelles devraient être fermées. Lesparents d'élèves, avec le soutien des élus,ont appelé à un rassemblement lundi 28mai. L'intersyndicale s'est réunie etréclame des postes pour le département.Réponse au CTPD du 22 juin.En Seine-Saint-Denis, les seuilsd'ouverture sont dépassés dans 80 écolesmais l'IA a décidé d'attendre le CTPD du26 juin. Grèves tournantes en février,action fin mars, « école déserte » le 12mai organisée par la FCPE, manifestationcommune FCPE/FSU. Pour l'instant, sansrésultat.sonnels, notamment sur les dossiers de la directiond'école, des EPEP, des nouveaux métiers pour l'école.Il s'agira aussi de rappeler nos exigences pour la transformationde l'école, l'évolution de son fonctionnement,ainsi que les moyens nécessaires (effectifs, maternelle,remplacements...). Ces pistes seront au coeurdu congrès national du SNUipp qui se tiendra du 4 au8 juin à Nevers.Daniel Labaquère7


ActuVOTE ENSEIGNANT :LES VALEURSD’ ABORD !8Si un sondage effectuéà l’issue du premiertour de l’électionprésidentielle 2007indique que lessympathisants de laFSU ont massivementvoté à gauche, un autrebaromètre sembleattester du fait quedans le mondeenseignant, pris dansson ensemble, le vote àgauche subit unecertaine érosion. Cedernier sondage montrenéanmoins que le corpsenseignant restefédéré autour de ladéfense de valeurstelles que la laïcité, lasolidarité, ou laprotection del’environnement.LLes élections présidentielles de 2007ont peut-être marqué un tournant dansle vote des enseignants.Alors qu’au premier tour de la présidentiellede 2002, la gauche avait récolté 72% de leurs intentions de vote (dont 14 %pour l’extrême-gauche), un sondage « sortiedes urnes » de CSA-Cisco pour la FSU,effectué le 22 avril 2007 à l’issue du premiertour, indique que l’ancrage à gauche des enseignantsest de moins en moins marqué.Si Ségolène Royal arrive bien en tête deleurs suffrages (41 % des enseignants ontvoté pour elle au premier tour,tandis que 3 % ont choisiOlivier Besancenot et 1% JoséBové), il ressort de ce baromètreque 24 % des enseignantsont voté pour FrançoisBayrou, 17 % pour NicolasSarkozy, 7 % pour Jean-MarieLe Pen et 5 % pour Philippe deVilliers. Le nombre d’enseignantsfigurant dans le panelde l’institut de sondage ne permetpas de faire apparaître descandidats qui ont obtenu moinsde 1% dans le monde enseignant, tellesDominique Voynet, Marie-Georges Buffet,Arlette Laguillier.Parmi les sympathisants de la FSU, les résultatsdiffèrent sensiblement, selon un sondageLiaisons Sociales/CSA : la candidatedu PS recueille auprès d’eux 69 % des suffrages,et Olivier Besancenot 9 %, tandis queFrançois Bayrou a la préférence de 14 % desvotants, et Nicolas Sarkozy d’à peine 1 %.Pour Bruno Cautrès, chercheur au centre derecherches politiques de Science Po42 % de ceux quiont été sondésestiment parexemple que lasolidarité doit êtreune priorité duprésident de laRépublique, toutcomme la défensede la laïcité (30%).(Cevipof), « on assiste plus à une érosiondes voix de gauche parmi les enseignantsqu’à un virage à droite. Il est cependantclair que c’est un groupe social qui devientde plus en plus hétérogène sur le plan politique,notamment en raison de clivages générationnels.La répartition des votes enseignantsse rapproche de plus en plus de celledes classes moyennes. »Pour autant, le sondage CSA-Cisco réaffirme l’existence devaleurs communes à l’ensembledes enseignants : 42 %de ceux qui ont été sondés estimentpar exemple que la solidaritédoit être une priorité duprésident de la République(contre 23 % de l’ensemble desvotants), tout comme la défensede la laïcité (30 % des enseignants,contre 11 % seulementde l’ensemble des votants).De la même manière, ce sondage révèle queles enseignants se distinguent de l’ensembledes électeurs par l’importance accordée àcertains enjeux de société au moment devoter. Pour eux, les questions des inégalitéssociales, de l’environnement, de la précaritédes contrats de travail, de la défense des servicespublics, et, bien sûr, de l’éducation, revêtenten effet une importance toute particulière.William Bolle


« Les enseignants votentpour réduire les inégalités sociales »Trois questions à Bruno Cautrès, chercheur au centre de recherchespolitiques de Sciences Po (Cevipof), spécialiste du vote et des élections.les enseignants sedistinguent del’ensembledes électeurs parl’importance accordéeà certains enjeux desociété au moment devoter.Assiste t-on à un virage à droite duvote enseignant ?Non, car le vote de gauche reste très élevéparmi les enseignants : 41 % d’entre euxont voté pour Ségolène Royal au premiertour, contre 26 % des Français. Alorscertes, si l’on fait la somme des voix desenseignants qui se sont portées sur les candidatsde la droite et du centre, on arrive à54 %. Mais je ne pense pas que l’on puissecomptabiliser le vote de Bayrou aveccelui de la droite traditionnelle. Il y a eu unreport évident vers Bayrou des déçus de lacampagne de Ségolène Royal, car les enseignantssont des cœurs de cibles pour lesvaleurs qui combinent la tolérance, l’ouverture,l’universalisme culturel, et ontpour beaucoup regretté le zigzag idéologiquede la candidate socialiste. Parailleurs, le sondage révèle que, bien plusque la moyenne des Français, les enseignantsont voté pour marquer leur oppositionà un autre candidat, ce qui semble indiquerque le réflexe du « tout saufSarkozy » a fortement joué chez eux.Quelles sont les valeurs défenduespar les enseignants au travers de leurvote ?Le sondage révèle que la principale motivationdes votants est la réduction des inégalitéssociales, ce qui est traditionnellementla marque forte d’un vote de gauche,confirmantdonc l’idéequ’il n’y apas eu deglissementde leursvoix versla droite.Parmi lesgrandesvaleurs politiques,les enseignantsplacenten têteen 2007 lasolidarité, le travail et la laïcité, ce qui netémoigne pas, là non plus, d’un bouleversementsur le plan des principes.Dans quelle mesure le « vote utile » a-t-il pesé sur les enseignants pour cetteéléction ?Le sondage ne porte que sur de petits effectifset il convient donc de se garder detoute conclusion hâtive sur ce point.Néanmoins, il est évident que le contextedes élections de 2007 est très différent decelui de 2002, et que le vote utile a joué endéfaveur des partis d’extrême-gauche,sans que le résultats des élections soit représentatifde l’influence de ces dernierschez les enseignants.9


10ActuEt si les missions liées à la direction s'étaientallégées. A prendre connaissance du vademecumministériel censé « préciser les responsabilités,obligations et compétences des directeursd'école à l'égard des élèves, des personnels,des parents d'élèves et des partenairesde l'école », on pourrait le penser.Pourtant, le document qui vient enfin de paraître(1) n’aborde que quelques thèmes (obligationet assiduité scolaire, inscription et admissiondes élèves,...). Les 8 fiches sont bienloin de traiter de l’étendue des missions et desresponsabilités incombant aux directeurs.Cette mise à plat reprend les textes du code del’éducation et de celui des communes.L’ensemble, fiable d’un point de vue juridique,reste assez général, manquant parfoisde concret.Est-ce une simple coïncidence ? Mais, lesquestions liées à l’animation et la coordinationde l’équipe et de l’école ne sont pas abordées: rôle du conseil des maîtres, du conseilDIRECTION :UN VADEMECUM ET PUIS…et du projet d’école, relations avec les Rased,les parents, les associations, les partenaires,scolarisation des enfants handicapés, rôle dela coopérative. Par manque de temps, tout cetravail pourtant essentiel à la vie de l'école estsouvent vécu comme source de malaise parles personnels.Un an après la signature du protocole, le ministèren'a toujours pas apporté les bonnes réponsesà ce dossier. Il y a donc urgence à engagerde réelles discussions. Quels sont lesresponsabilités à clarifier, les tâches à alléger?Quelles missions sont du seul domaine du directeur? A quel moment d’autres pourraientêtre prises en charge dans un cadre collectif ?Autant de questions à traiter avec en perspectivele projet de travailler autrement pour travaillermieux. Un vrai chantier pour le nouveauministre.Sébastien Sihr"http://eduscol.education.fr/D0028/vademecum.htm"« La seule suppression de la carte scolaire seraitprobablement un remède pire que le mal. On imagineaisément que, comme sur n'importe quel marché, lesacteurs ayant le plus de ressources et d'informations s'entireront nettement mieux que les autres et que, une foisencore, les plus démunis auront moins de choix, moinsd'opportunités et moins encore de chances de réussir dansl'école. »François Dubet et Marie Duru-BellatPROJET D'EPEP : MEFIANCE ET OPPOSITION CONFIRMEESQui veut du projet d'EPEP ? Alors que le décret qui vise à la création d'un Etablissementpublic d'enseignement primaire (EPEP) par les collectivités territoriales a été largementrejeté au Conseil supérieur de l'Éducation (CSE) puis dénoncé au Conseil territorial del'Éducation nationale (CTEN), sur le terrain, les candidats ne se bousculent pas. Pourl'heure, seuls 6 regroupements de communes (un dans le Cher, deux dans le Tarn et troisdans la Meuse) se sont portés volontaires pour l'expérimentation de 5 ans qui prévoit unchangement de statut de leurs écoles. Les dispositions du projet de décret quibouleversent les relations construites entre écoles et communes, écoles et parents inquiètentplus qu'elles n'enthousiasment. Dans la Meuse et le Tarn, ce sont même lesInspecteurs d'académie qui ont sollicité les communes alors que la procédure prévoit lecontraire. La communauté de communes des Mont d'Alban, près d'Albi et celle du ValThorey, ont même émis des réserves et des conditions à leur entrée dans l'expérimentation.Elles « ne prendront pas d'engagement financier sur un poste de secrétariat et demandentle maintien de tous les postes d'enseignants sur chaque site » ont-elles avancédans leurs délibérations. Dans ce département, l'IA promet même sans plus de précisionsla création de 6 EPEP supplémentaires à venir. Parallèlement, les parents d'élèves etenseignants n'ont reçu aucune information.Alors que la fin de l'année scolaire approche, le Conseil d'État n'a toujours pas renduson avis sur le projet. Des voeux appelant à son retrait continuent d'être votés lors desCDEN. C’est ainsi que l’IA a renoncé à l’expérimentation en Seine-Maritime. La pétitionest toujours à signer dans les départements ou sur le site du SNUipp national.62Pas-de-CalaisLe SNUipp du Pas-de Calais aorganisé son « Université ». 70enseignants d'école primaire se sontretrouvés à Stella-Plage mardi 15 etmercredi 16 mai pour écouter et débattre.Gros indice de satisfaction pour cette 3èmeédition jugée « très intéressante et supersympa » ! André Antibi a fait un tabac avec« sa constante macabre », comme CécileCarra sur les violences scolaires, ou NicoHirtt sur « la marchandisation del'école »...EUROPE : LE DROIT DU TRAVAILSOUS HAUTE FLEXICURITEEn novembre 2006, la commission européenne alancé une consultation publique en publiant unlivre vert intitulé « Moderniser le droit du travailpour relever les défis du XXIème siècle. » Elles'est clôturée fin mars et les réactions des partenairessociaux ont été très négatives. Car pour «moderniser le droit du travail », le livret proposedes principes pour une meilleure « flexicurité ».Les organisations syndicales critiquent le cadreanalytique simpliste et partial et déplorent que lespolitiques européennes ne développent pas la sécuritéde l'emploi, la santé, les droits syndicaux...ELECTIONS HORS DE FRANCE : LESNUIPP TOUJOURS EN TETELors des élections à l’AEFE (agence pour l’enseignementfrançais à l’étranger), le SNUipp-FSU aconfirmé sa progression et sa place majoritairedans les écoles françaises à l’étranger. Il obtient54% des voix, (en progression de plus de 4,5%) àla commission paritaire des instituteurs et professeursdes écoles.L'INTEGRATION SE POURSUIT EN2008C'est officiel. Le ministère vient de publier un arrêtéautorisant pour l'année 2008 des intégrationsd'instituteurs dans le corps des PE. Celles ci se déroulerontpar liste d'aptitude et par concours interne.Pour ce dernier, l'épreuve d'admissiblité estdéjà fixée. Elle aura lieu le mercredi 12 mars 2008hors périodes de vacances scolaires contrairementà cette année. Sur ce point, le SNUipp étaitd'ailleurs intervenu auprès du ministère. Les inscriptionsse feront sur SIAC du 13 septembre au23 octobre. Le nombre d'emplois à pourvoir n'estpour l'heure pas connu. Cette publication ne règlepas l'assimilation des retraités et l'extinction ducorps que demande le syndicat.


RRRIPIT AFTER ME !INTERROGATIONS SUR L’ENSEIGNEMENTD ’ UNE LANGUE VIVANTE DES LE CE1“L’apprentissage dela première languevivante étrangèrepourra commencer progressivementen CE1. » La circulairede rentrée* introduit unenuance de taille par rapportaux déclarations précédentes.Elle semble prendre en compteles réalités effectives de lasituation de l'enseignementdes langues vivantes dans lesdépartements. Non, on nepourra pas partout généraliserl'enseignement d'une langue vivante à toutesles classes de CE1. Le taux de couverture desclasses de cycle 3, s'il s'est considérablementamélioré, est encore loin des 100% pour lesclasses de CE2. Les disparités des enseignementsà l'intérieur d'un même départementsont impressionnantes. Les deux séquences de45 mn ne peuvent pas être respectées partout,et, suivant les intervenants, elles peuvent nepas couvrir la totalité de l'année scolaire. Lavolonté, affichée par la circulaire de rentrée,de faire prendre en charge cet enseignement à90% à l'horizon 2010 par les enseignants dupremier degré, se heurte à la réalité de leurformation. Il ne suffira pas de déclarer habilitésla totalité des sortants d'IUFM si on ne leuroffre pas, dans la formation initiale, la possibilitéde se forger des compétences solides.Car un enseignant de langue vivante ne peutêtre réduit au simple rôle de répétiteur devantdes cassettes vidéo. Cet enseignement ne peutplus être considéré tout à fait comme un enseignementcomme un autre, ne serait-ce queparce qu'il faut au minimum pouvoir parler etcomprendre la langue, mais aussi travaillersur la langue ! D'ailleurs des voix s'élèventpour mettre en doute la pertinence de débuter,dans les conditions actuelles de l'école française,un apprentissage précoce. Il est évidentqu'on ne s'attend pas à en tirer les mêmes bénéficesque d'une expérience d'immersion,mais cela vaut-il la peine de dépenser toutecette énergie, tout ce temps, parfois même enfrictions quand on songe aux obligationsd'échange de service, pour un résultat si médiocre?**(voir la note d'évaluation du ministère sur lescompétences en anglais des élèves en find'école)Pour le SNUipp, la réponse est clairement oui.La maîtrise d'une langue vivante est un enjeuincontournable de l'éducation des futurs citoyens.Mais il faut s'en donner des moyens :des personnels formés, des classes dédoubléespour assurer à chaque élève un temps d'oralqui ne soit pas ridicule, une volonté affichéede promouvoir la qualité et l'efficience avantla quantité !Daniel Labaquère*"http://www.education.gouv.fr/bo/2007/3/MENE0700047C.htm"**"ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/noteeval/ne2005/eva0506.pdf"LIVRET DECOMPETENCES :ON Y VERRA CLAIRPLUS TARD...Le décret instituant un livret personnel decompétences pour chaque élève est paruau Journal officiel du 15 mai. Ce livret,établi selon un modèle national, sera transmisdans les écoles ou établissements danslesquels sera inscrit l'élève jusqu'à la fin dela scolarité obligatoire. Il mentionnera à lafin du cycle 2 la validation du socle communde connaissances et de compétencespour ce qui relève de la langue française,des mathématiques et des compétences socialeset civiques. A la fin du cycle 3,comme à la fin du collège ou de la scolaritéobligatoire, la validation concernera les7 piliers du socle. Ce livret sera renseignépar les enseignants réunis en conseil demaîtres de cycle.Il était sans doute urgent de faire publierce décret qui instaure une coquille vide.Dans la suite des décisions arbitraires duministre précédent, aucune concertationn'est prévue pour l'élaboration du livret.On nous dit qu'il existe des groupes de travailau ministère et que certaines partiesdevraient être prêtes dans le courant dupremier trimestre...EVALUATION CE1L'évaluation doit-elle être au service des apprentissages ou doit-elle piloter le systèmeéducatif ? Le rapport de l'Inspection générale de l'Education nationale (Igen) sur le suivide la mise en oeuvre de l'évaluation CE1 relance le débat. Selon le rapport, le protocoleutilisé en 2006 « destiné à repérer les élèves qui risquent de ne pouvoir atteindre les objectifsattendus en fin de cycle 2 » en lecture écriture et mathématiques « n'était pas manifestementadapté aux finalités d'une évaluation destinée à aider les maîtres à mieux analyserles difficultés lourdes de leurs élèves » : exercices mal calibrés, méthode d'analysedes résultats peu pertinente. On se souvient que les résultats au premier trimestre de l'annéescolaire avaient fait apparaître un taux d'échec beaucoup plus important que l'annéeprécédente. A cette époque, le SNUipp avait d'ailleurs alerté le ministère sur les perturbationsengendrées dans les classes par cette version de l'évaluation. A l'évidence, les difficultésrésident dans le manque de clarté de l'objectif assigné à cet outil, ses résultats« n'étant guère exploitables pour piloter le système » reconnaît l'Igen. Pour cette dernière,« cette ambiguïté doit être levée ». La circulaire de rentrée 2007 ne tranche d'ailleurspas sur l'usage réservé à cette évaluation CE1, ni à celle de début de CM2 qui sera effectiveen septembre. Un gâchis pour le travail des enseignants, cette évaluation étant initialementdestinée à leur fournir une aide efficace. Pour le SNUipp, « une concertation surles dispositifs d'évaluation doit s'engager avec les professionnels ». Il demeure que l’ambiguïtédoit être levée sur l’évaluation de CM2.11


LActuLA FORMATION CONTINUES'APPELLE « MISERE »es années précédentes ont vuimposer, sur l'ensemble desstages, des formations quirelèvent plus de la formation initialeque de la formation continue :formation des directeurs, formationsCapa-sh, formation des T1 et des T2.L'année scolaire 2006-2007 a été cellede l'arrivée des stages filés. Ensupprimant pour les PE2 un des troisstages longs en responsabilité (le R1),ils ont réduit d'un tiers les possibilitésde remplacement de collègues partant en stagede formation, comme dans l'Allier, les Côtesd'Armor,l'Indre...Bien sûr, cet ensemble de situations ne s'est pasdécliné partout de la même manière. Danscertains départements, les formations des T1n'étaient pas du tout assurées, ou alors à distance,voire le mercredi comme en Lozère.... D'autresdépartements, par contre, utilisaient déjà unstage de PE2 pour remplacer les T1. De même,quand le nombre d'école à 4 classes a étéinsuffisant pour nommer les PE2 en stage filé surles décharges de direction, il a fallu leur trouverdes terrains de stages. Ainsi il a été proposé auxenseignants des « stages filés de formationcontinue », en langues vivantes ou eninformatique par exemple, comme en Haute-Vienne.Mais, dans la grande majorité des départements,l'instauration des stages filés a réellementconduit à une diminution du potentiel deformation continue, comme le reconnaissent lesinspecteurs généraux dans un récentrappport*(voir ci-contre).Cette diminution a été aggravée à la fois par labaisse des budgets dans l'Aveyron par exemple etpar l'amputation des effectifs des « brigadesformation continue », voire par leur affectationsur d'autres tâches de remplacement comme dansl'Oise.Et voici que le nouveau cahier des charges desIUFM impose dès la rentrée 2007 quatresemaines de stages pour les T1. Si l'on peut seféliciter de voir prise en compte la nécessitéd'une continuité et d'un retour entre l'année dePE2 et la première affectation, il n'est paspossible que ceci se fasse sans moyenssupplémentaires et ampute à nouveau les moyensde la formation continue des personnels.D'autant plus qu'il est prévu, dans la foulée, unstage de deux semaines pour les T2.Dans les départements, où cela se mettra en placeà la rentrée prochaine, que restera-t-il de laformation continue ?Daniel LabaquèreLe stage en responsabilité dans la formation initiale desprofesseurs, mars 2007http://media.education.gouv.fr/file/26/7/5267.pdfUN BILANDESSTAGESFILES PAR L'INSPECTIONGENERALEPour l'Inspection générale, « le stage filé arépondu à un réel objectif de formation et à uneauthentique attente des PE2. Il a apporté unedimension véritablement nouvelle à la formationdes maîtres. La gestion de la classe tout au longde l'année a permis un regard nouveau sur laprogrammation des activités pédagogiques,l'évaluation des élèves et le traitement del'hétérogénéité, les relations avec les parentsd'élèves et la participation aux instances del'école. » Bien sûr, le stage filé « a occasionnéune fatigue accumulée au fil des semaines »,mais les PE2 interrogés par les IG se sontdéclarés très favorables à son principe. Ilspréconisent, entre autres, une formationpréalable de quinze jours, la mise à l'écart decertaines écoles jugées trop difficiles,l'attribution d'un formateur référent, unecentration du mémoire sur la pratiqueprofessionnelle...Le SNUipp considère que l'alternance dans laformation professionnelle doit être conçuecomme une articulation entre théorie, pratiqueet recherche. En l'occurence les difficultés liéesau stage filé et à sa mise en place doivent êtreprises en compte. Bien sûr il est question dumanque de préparation avant la prise defonction, de la place du mémoire, del'accompagnement des visites de stage, de lavalidation, de la surcharge de travail, maisaussi des conséquences sur l'architectureglobale de la formation et des demandes desstagiaires. La pratique du stage filé ne peutdevenir à elle seule le coeur de la formation !FORMATIONS SPECIALISEESLES MEMES CONSTATS SANS REPONSE12A la rentrée 2006 20% des 37 017 postes de l'ASH étaient occupés par des enseignantsnon formés. Les départs en formation annoncés à la CAPN du 21 mai ne permettront toujourspas de résorber ce déficit. 119 départs en formation de direction spécialiséeDDEEAS (contre 136 en 2006 et 152 en 2005) sont annoncés, alors que les postes vacantss'élèvent à 340. La baisse continue aussi pour les formations de psychologue scolaire(DEPS) avec 151 candidatures retenues (contre 175 en 2006, 210 en 2005). Des secteursseront encore non pourvus alors que les missions des psychologues se sont accrues. Quantà la formation Capa-sh, les départs en A, B et C sont plus stables : 119 pour 2007 (108 en2006 et 125 en 2005). Le ministère a annoncé un total de 1842 départs, toutes optionsconfondues (1764 en 2006, 1961 en 2005), ce qui est loin de correspondre aux besoins desélèves et des écoles. La fermeture de postes G se poursuit de manière insidieuse et lesaides spécialisées tendent à se disperser sur des secteurs élargis. Il est urgent de réaliserun état des lieux des besoins de formation spécialisée afin de concevoir un plan de rattrapage.


EVS : URGENCELa journée d’action du 23 mai a permis de peser sur la reconduction du dispositif EVS (pour les personnes et lesemplois) pour l’an prochain, qui ne règle pas la question de la précarité engendrée mais répond à l’urgence soulevée.Des rassemblements devant les inspectionsacadémiques ou les préfectures, desconférences de presse, des audiences à ladirection départementale du travail… Plusieursmilliers d’EVS (emplois de vie scolaire) se sontmobilisés lors de la journée nationale du 23 maiorganisée par le SNUipp dans l’ensemble desdépartements. Cette journée a permis de poserdeux exigences fortes au nouveau ministère.Près de 30 000 EVS se verraient remerciés à lafin de l’année scolaire, leur contrat prenant finau 30 juin. Ce qui, au-delà des conséquencessociales, mettrait en péril les missions assuréesjusqu’alors par ces EVS comme l’aide à lascolarisation des élèves en situation de handicap,l’aide à la direction et au fonctionnement del’école…Interpellé suite à cette journée, le cabinet duministre a donné l'assurance au SNUipp que «le ministère travaille à ce que le dispositif EVSsoit reconduit à la rentrée 2007 en ce quiconcerne les emplois et les personnes ». Malgrécette assurance, la question de la précarité dansles écoles reste posée. Le SNUipp poursuivra lamobilisation pour exiger la création d’emploisstatutaires et pérennes correspondant auxmissions exercées par les EVS dans les écoles.Il défendra également l’accompagnement despersonnes vers un emploi et ou une formation .Arnaud MalaiséLFINANCEMENT DU PRIVEDANS L'ATTENTE DE L'AVIS DU CONSEIL D'ETATe Conseil ne statuera pas dans les délaisprévus sur la question du financementde l'enseignement privé. Il reporteencore de trois semaines son appréciationsur la circulaire qui rend obligatoire lepaiement des frais de scolarité d'un élèvescolarisé dans une école privéed'une autre commune. Elle augmentesignificativement les charges financièresdes communes tout encréant une profonde inégalité detraitement avec les écoles publiques.Le SNUipp réitérera sa demandede modification des lois (article89 de la loi de 2004 sur la décentralisationet article 89 de la loiFillon sur l'école) auprès des élus dela nouvelle législature.Michelle FrémontUN PERE INJUSTELes EVS recrutés après le 1er octobre 2006 bénéficient d’une prime exceptionnelle de retour à l’emploi(PERE) de 1000 euros. Le SNUipp avait écrit au ministère de l’Education pour soulever le problème de ceuxrecrutés avant le 1er octobre. La réponse ministérielle était favorable à l’élargissement. Or le ministère del’Emploi a adressé à ses services départementaux une directive leur enjoignant de ne verser la PERE qu’auxEVS recrutés après le 1er octobre… Tout cela conduit à un blocage de la prime par les antennes Assedic.Toutefois, dans certains départements, les recours gracieux déposés par les EVS avec l’aide du SNUipp peuventaboutir à son versement. Le SNUipp va donc interpeler le ministère de l’Emploi afin que tous les EVSpuissent bénéficier de cette prime.ENQUETE SUR L'ÉTATDES TOILETTESDES ECOLESAller aux toilettes est parfois à l'école unevéritable épreuve pour les élèves, sans comptertous les désagréments liés à des sanitaires ennombre insuffisant, mal adaptés ou malentretenus (odeurs, mauvais entretien,mauvaise évacuation des égouts ...). Mais àcôté des aspects d'hygiène et de confortélémentaires, la question du respect del'intimité des enfants est souvent posée (voiraussi FSC 296). C'est pourquoi l'Observatoirenational de la sécurité des établissementsscolaires a lancé une grande enquête ens'adressant directement à toutes les écoles sur labase du volontariat et de manière anonyme. Laprésentation de l'enquête et les questionnairess'obtiennent à l'adresse :http://ons.education.gouv.fr.13


DossierL’ EDUCATIONPRIORITAIRESE FAIT RAR14Un an après la mise enplace des réseaux «ambition réussite »,l'impulsion annoncée del'éducation prioritairepeine à se concrétiser.Entre lassitude et espoir,les équipes continuent dese débattre sur leterrain ne comptant nileur temps, ni leurénergie, ni leur savoirfaire. Car, dans cesécoles, miroir de ladégradation sociale, sejoue la question de laréussite de tous. Regardsur les leviers àactionner pour réussirl'éducation prioritaire.Dossier réalisé parLydie Buguet, Philippe Hermant,Arnaud Malaisé, Pierre Magnetto,Sébastien Sihr.Une première année scolaire se refermesur les Réseaux Ambition Réussite(RAR) et d’évidence, le dispositifde Robien ne fait pas recette. Dutemps où il était candidat à la présidentielleNicolas Sarkozy n’hésitait pas à proposer«de créer des classes de 15 élèves (…) dansles quartiers où s’accumulent tous les problèmesde l’exclusion et du chômage». DuPiketty dans le texte (lire page18) pour souligner l’échec dela relance de l’éducation prioritaireà laquelle il a lui-mêmeparticipé en tant que numéro 2du gouvernement de Villepin?L’avenir dira plus sûrementqu’un programme électoralles véritables intentions duchef de l’Etat en la matière.Toujours est-il qu’un an aprèsle lancement des RAR on n’yvoit guère plus clair qu’auparavantdans l’avenir des dispositifsd’éducation prioritaire. Les 1010collèges et lycées classés en ZEP avec leur7115 écoles avant l’entrée en vigueur de laréforme ont été scindés en trois groupes :EP1, EP2, EP3 (EP pour éducation prioritaire).249 collèges ont été classé en EP1 cequi leur a permis de constituer des RARavec les 1600 écoles qui leurs sont rattachés.Mais pour ce qui concerne les EP2 etEP3 le flou persiste. Or, si la réforme deRobien est menée à son terme les établissementsclassés dans la troisième catégoriesortiront définitivement du dispositif dansdeux ans (lire page 18).Sur le papier, les RAR ont bénéficié d’un «plus » avec le recrutement d’enseignantsréférents et d’assistants pédagogiques. MaisLa situation de l’écoleprimaire n’est pasplus enviable que celledes collèges et lycées,bien au contraire. Lepremier degré est detoute évidence legrand oublié de larelance.plusieurs constats s’imposent. Tout d’abordces recrutements ont été réalisés par redéploiement.Les EP2 et EP3 sont restés avecles mêmes moyens qu'auparavant oupresque, ne profitant d'aucune aide supplémentaire,d'aucune « directive ». La «relance », ils ne connaissent pas.Ensuite le recrutement des 1000 enseignantsréférents promis a été laborieux. Un grandnombre d’entre eux, (25% del’effectif), sont de jeunes enseignantsassez inexpérimentés.Dans ces conditions, difficilepour eux de jouer le rôle de« référent » qui leur est assignéet difficile parfois de se faireadmettre au sein des équipes pardes profs plus expérimentés. Ladonne est à peu près similairepour ce qui concerne les 3000assistants pédagogiques. Ils sontsouvent très jeunes, peu ou malformés et se retrouvent « démunispar rapport à d’éventuelles interventionsauprès d’élèves en très grande difficultéou au comportement perturbant ».C’est en tout cas ce qui ressort des travauxréalisés dans le cadre de la Rencontre académiqueENS Cachan de l’Académie deCréteil. Un avis qui en croise bien d’autresailleurs en France et qui juge « indispensable», la formation de ces personnels.La situation de l’école primaire n’est pasplus enviable que celle des collèges etlycées, bien au contraire. Le premier degréest de toute évidence le grand oublié de larelance. Un rapport de l’Inspection généraleestime que parmi les vraies priorités quidoivent être dégagées, le premier degré enest une. « C’est là que se creusent les écarts


58% des enfants scolarisés en Zep ont pour parents des ouvriers ou des inactifs, 35% ont au moins un parent issu del’immigration.les plus importants, c’est aussi à ce stade queles remèdes sont les plus efficaces », affirmentles IG (lire page 16).Mais l’approche pédagogique de la prise encharge de la difficulté scolaire dans le cadrede l’éducation prioritaire passe par des pratiques,un fonctionnement de l’école enéquipe et surtout une intervention très précoceauprès des élèves. Elle nécessite desmoyens et une politique volontariste (lire cidessous)permettant un travail de fond dèsl’école maternelle pour contribuer au rétablissementde l’égalité des chances.D’autre part « la relance ambition réussite »de Gilles de Robien privilégie une approcheindividuelle sur l’élève. Les PPRE sontvenus s'ajouter aux dispositifs déjà en place.L’étude de Jean-Paul Caille, chargé d’étudeà la DEPP « portrait social 2006 » révèleque si en ZEP « le contexte scolaireexplique ces disparités », les caractéristiquesindividuelles (sociale, économique,familiale...) pèsent également fortement surla réussite. A ce titre la mixité socialeconstitue un véritable enjeu : « on ne peutisoler les politiques menées des contextesterritoriaux dans lesquels elles s’enracinent: préservation de la mixité sociale notamment», affirment Choukri Ben Ayed et SylvainBroccolochi, sociologues auteursd’une étude sur les relations école et territoire(lire page 19).Il faut deux types d'approche, territoriale etindividuelle. C’est aussi ce que confirme laphotographie de quartiers « ségrégués »dressée par l’observatoire des zonesurbaines sensibles (Onzus) : 20,7% de chômage,38,5% pour les moins de 25 ans.Cette réalité est confirmée en matièred’éducation : 58% des enfants scolarisés enZep ont pour parents des ouvriers ou desinactifs, 35% ont au moins un parent issu del’immigration.De son côté, l’Observatoire des zones prioritaires(OZP) préconise de généraliser lespratiques pédagogiques qui ont réussi (lirepage 18). Et de ce point de vue, le terrain estriche d’enseignements. Quand les équipesinnovent, s’impliquent, se stabilisent, laZEP sait produire de la réussite (lire pages16 et 17). Exemples à suivre.AMBITION DES LA MATERNELLE !Pour le SNUipp, la réussite de tous exige une politique volontariste. Le dispositif «Ambition réussite », tel qu'il s'est mis en place, n'est pas une relance. Les écolesmaternelles et élémentaires doivent être au coeur d'une véritable politique ambitieuse.Dans les ZEP, cela passe par la création de postes supplémentaires, pour une prise encharge à plusieurs de la difficulté scolaire et pour, en maternelle, assurer la scolarisationdans de bonnes conditions des enfants de 2, 3 ans. Il est aussi indispensable de prévoir dutemps de concertation entre les maîtres et avec les partenaires de l'école. Enfin, leSNUipp demande des actions spécifiques de formation continue et de formation initiale,la création de postes d'enseignants maîtres formateurs en lien avec la rercherchepédagogique. La discrimination positive doit encourager les expérimentations pour queles ZEP restent des laboratoires de l'excellence pédagogique.15


Dossier“Quelle pédagogiedans et pour l'éducationprioritaire ? »interroge le rapportde l'Inspection généralede novembre 2006 sur « lacontribution de l'éducationprioritaire à l'égalité deschances des élèves ». Laquestion n'est pas neutre etprend le parti d'affirmer qu' «il n'existe pas de fatalité àl'échec scolaire ». Certainesorganisations et pratiques pédagogiquesproduisent desrésultats efficients. En analysantleurs conditions, le rapportpointe divers facteurs :continuité des apprentissagesrégulée par un travail d'équipe,enseignement structuré,temps d'apprentissage préservé,niveau d'exigence élevé,animation et gestion par le directeur dutravail collectif et des relations avecl'environnement de l'école.Pour autant ces réussites ne vont pas desoi, elles ne tiennent pas non plus dumiracle. « Elles dépendent en partiede la qualité de la formation continue,en partie de l'encadrement de proximité» analysent les IG. Comme pourmieux pointer les manques actuels, lerapport préconise alors différentespistes pour « une relance pédagogiquede l'éducation prioritaire ».Côté classe, des orientations sont dégagées: équilibre entre les temps clésd'apprentissage (phase de recherche etde manipulation, moments de construction,activités d'entraînement), exploitationde l'évaluation « en évitant un16LES PRATIQUES,C’ EST CLASSEUn rapport de l’Inspection générale sur l'éducation prioritaire insiste sur la pédagogiecomme élément de réussite dans un contexte difficile. En lumière, un fort besoin deformation de qualité et d'accompagnement des équipes.trop grand nombre sous des formes sophistiquéeset complexes », transmissiond'enseignements et de connaissancesculturelles. Pour cela, leséquipes pédagogiques ont besoind'aides « jusque dans des aménagementspratiques de leur travail (organisationdu temps de l'apprentissage,choix d'outils, instauration de rituelspour amener les élèves à travaillerdans la sérennité...) ». Ce soutien doitégalement favoriser la « constructiond'une cohésion d'équipe ». Les enseignantsont besoin d'être épaulés par «un encadrement pédagogique de proximité».A ST-EA St Etienne, le quartierMontreynaud, s’estghettoïsé au fil desannées. Pour s’opposer àcet environnement dedifficultés et de misèresociale, les enseignantsdu seul réseau Ambitionréussite du départementde la Loire s’investissentpédagogiquement.Développé en pleine campagne dans lesannées 70, en réponse aux besoins del’époque en logements, Montreynaud,véritable quartier champignon se trouveaujourd’hui en total décalage avec le nouveaucontexte démographique et les attentes des stéphanois.Ainsi la forte baisse de la population -de 15 000 habitants en 1975 à 9 000 en 2006 -la crise de l’emploi et l’attraction des petitescommunes limitrophes confèrent au quartierl’image d’un ghetto privé de toute mixité sociale.« Seuls restent, ceux qui n’ont aucunepossibilité financière de quitter un quartier quiévoque plus des images de guerre civile que dedouceur de vivre » constate Jean-YvesDurousset, le directeur de l’école élémentaireGounod. L’une des dix écoles primaires quiscolarisent les quelques 1250 élèves restants-contre plus de 3000 il y a 20 ans- quasimenttous issus de l’immigration ou du centre d’accueilpour les demandeurs d’asile (CADA) deSaint-Etienne.Dans cet environnement de difficultés et de misèressociales, Montreynaud perché à l’écart ducentre-ville et seul réseau ambition réussite(RAR) du département de la Loire, n’offre plusà ses habitants que ses écoles comme outil deconfiance et d’espoir. A cela le vœu de nombreuxchercheurs dont Gérard Chauveau« L’une des voies pour s’en sortir est doncl’excellence pédagogique » trouve ici toute saraison d’être.Une tâche à laquelle les enseignants de la maternelleGounod s’attellent depuis plus de dix


TIENNEL’ EQUIPEJOUE PEDAGOans. Arrivés tous en même temps, il y a une dizained’année -« par hasard » précise YvesScanu, le directeur de cette école devenue, il ya deux ans, école d’application-, ils ont au fildes années tissé des liens entre l’école et les familles.« Nous avons mené de nombreuses actionsen direction des parents. Ils ont acquisune meilleure lisibilité de l’école et ont unegrande confiance en l’équipe enseignante.Même si nous n’avons pas d’indicateur pourl’attester, nous avons le sentiment que cesbonnes relations ont un effet facilitateur pourl’entrée dans les apprentissages des élèves »note Yves. Des parents que l’on retrouve dansles quatre classes le matin lors de l’accueil, installésavec leur enfant et l’aidant à écrire sonnom pour le tableau des présents ou à collerl’étiquette du goûter choisi pour la collation.Des parents qui participent aussi depuis denombreuses années à la semaine « portes ouvertes». Un moment où ils voient leurs enfantsen activité pendant le temps de classe, oùles enseignants montrent les situations de travailproposées pour aider les enfants à construireleurs apprentissages. Mais également,comme l’explique Yves, pour « mieux leurfaire connaître l’école, les aider à mieux comprendrece qui s’y passe car nous avons laconviction que le soutien des parents est indispensablepour la réussite scolaire des enfants».«Faire réussir tous les élèves », une volontéque l’on trouve également dans la liaison entrela grande section et le CP de l’école élémentairemitoyenne. En effet, à raison d’une séancepar semaine les élèves des deux classes décloisonnenten trois groupes : atelier mathématiques,jeux coopératifs et lire écrire. Desgroupes où le tutorat est de mise et qui se démultiplientgrâce à la présence des enseignantslibérés par le temps de la sieste mais également,depuis cette année, par celle des assistants pédagogiqueset des maîtres supplémentairesissus du dispositif RAR. Ce lien profond entreles deux écoles est par ailleurs développé parles deux équipes avec la mise en place d’unconseil d’école commun, une fois par an, et,depuis cette année, d’une BCD unique auxdeux écoles.En plus des projets développés par les équipes,les élèves des écoles Gounod, comme ceux del’ensemble des écoles du quartier, bénéficientdes actions pédagogiques développées à la foispour les classes maternelles ou les classes élémentaires,voire pour les deux, par DominiqueJoubert, l’ancien coordonnateur du REP devenudepuis cette année, RAR oblige, secrétaire ducomité exécutif. Du « Grand Méchant Lu », àla fois défi lecture et atelier d’écriture autour dela littérature de jeunesse, avec la présence importantedans les classes de nombreux auteurset illustrateurs, au « Mathulu » qui voit lesconseillers pédagogiques proposer des défismathématiques aux élèves, en passant par « citoyende demain » une action comportementaleautour des délégués de classe et de conseilsd’élèves… La liste est importante. Mais l’actiondont Dominique est peut-être le plus fierest celle initiée avec le collège, à savoir la créationd’une mare pédagogique. « Encadrée parun animateur, chaque classe de CM2 se rend àquatre reprises sur la mare située au collège,indique Dominique. Ils effectuent des mesures,recensent et identifient la vie aquatique, lisentle paysage ». Le laborantin mis à dispositionpar le collège envoie chaque semaine les résultatspar messagerie électronique et assure l’accueilen salle de SVT pour l’observation des espèces.Depuis cette année, le passage de REP en RARn’a fondamentalement pas changé les actionsLes parents ont acquis une meilleure lisibilité de l’école et ont unegrande confiance en l’équipe enseignante.menées dans le quartier. Seul élément nouveauet apprécié, comme le note Jean-YvesDurousset, « avec 7 assistants pédagogiques et2 maîtres supplémentaires pour les dix écoles,cela permet la mise en place de moments avecun fort encadrement et le montage de projetsd’excellence même s’il existe une certaine complexitédans la gestion des emplois du temps ».Des moyens humains qui viendront encoreaméliorer des évaluations « dans la norme desZEP mais pas satisfaisants par rapport à l’investissementdéployé par les équipes » noteYves. Mais d’excellents résultats quant à la relationà l’école et à la quasi disparition de laviolence. Reste à comparer ce qui est comparablecar comme l’exprime Dominique Joubert« la population scolaire d’il y a quinze ans etcelle de maintenant n’ont rien de similaire ».Cette forte ghettoïsation du quartier entraînemême un contournement de la carte scolaire deprès de 60% après le CM2. Fuite d’un collègede 250 élèves, sans cantine, à plus d’une demiheureen bus de certains HLM du quartier, maissurtout une volonté des familles de faireconnaître autre chose à leurs enfants. Commequoi, pour plagier Gérard Chauveau, l’autre voiepour s’en sortir est la mixité sociale.17


DossierEt LES CRITERES ?Depuis plusieurs années, l’école maternelle La source de Saint-Denis(93) demande son classement en ZEP. Malgré des conditions objectivementréunies, ses demandes restent lettre morte.LA BAISSE DES EFFECTIFS,GAGE D’EFFICACITÉ ?Une condition nécessaire…Dans une étude de la DEP, ThomasPicketty, économiste, évalue les effets bénéfiquesde la réduction des effectifs.Actuellement selon ce dernier « la légèrepolitique de ciblage des moyens en ZEP» - la taille moyenne des classes étant de21,9 en ZEP contre 24,2 hors ZEP- permetde réduire de près de 10% l'écart deréussite. En pratiquant un ciblage fort parune réduction des effectifs à 17 par classeen élémentaire, l'écart de réussite pourraitêtre réduit de 40%.…mais peut-être pas suffisante !Pour l’OZP (observatoire des zones prioritaires),la baisse du nombre d’élèves nepeut produire à elle seule les effets escomptés.Dans son manifeste, paru en décembredernier, parmi « les 10 propositionspour retrouver le sens de l’éducationprioritaire », l’une d’entre elles insistesur la nécessité « de généraliser lespratiques pédagogiques qui ont réussidans certaines ZEP et développer une véritableinnovation pédagogique » pourprendre en compte les besoins de tous lesélèves.Lors de la rentrée 2005, 7115écoles et 1010 collèges et lycéesrelevaient de l’éducation prioritaire(ZEP ou REP).La réforme initiée en février 2006a conduit à classer « ambitionréussite » 249 collèges parmiceux-ci, ainsi que les 1600 écoles yétant rattachées. Les autres étantclassés EP2 ou EP3 (éducationprioritaire 2 ou 3).Cette « relance » de l’éducationprioritaire, où les moyens supplémentairesont été obtenus par redéploiement,fait apparaître un saupoudragede moyens sur certainsétablissements. Sur les 112 collègesen éducation prioritaire que compte l’académiede Créteil, seuls 21 bénéficient de ce dispositifdont 16 des 64 collèges de Seine-Saint-Denis.L’école maternelle La source à Saint-Denis (93),située en centre-ville, fait partie d’un réseau éducationprioritaire (REP) classé EP2. Depuis plusieursannées, cette école demande son classementen ZEP. Malgré sa situation au centre de laville, elle scolarise de nombreux enfants habitantdes immeubles délabrés et insalubres jugés par lapréfecture en « situation de péril imminent ».Le taux de chômage des parents est très élevé, leturn-over des élèves en cours d’année représenteprès d’une classe sur les six que compte l’écoleet pour ne rien arranger, l’inspecteur de la circonscriptiona changé chaque année depuis 2000.Frédérique Védié, directrice de l’école, estimeque « tous les éléments objectifs sont réunispour obtenir ce classement ZEP » qui permettraitde diminuer les effectifs par classe et d’accroîtrela prise en charge des élèves par le Rased.Mais chaque demande de l’école, soutenue parles collectivités locales, est restée lettre morte.Pourtant « les difficultés de l’extérieur prennentle pas sur l’école, qui n’arrive plus à accomplirsa mission dans des conditions correctes, etignorer les difficultés, c’est laisser des élèves surle côté » juge Frédérique.Pour autant, l’équipe enseignante, soudée etstable, ne compte pas baisser les bras et la solidaritéentre les familles des élèves est grande.18APPROCHE INDIVIDUELLEOU TERRITORIALE ?En sortant de la logique de zone qui aguidé l’éducation prioritaire depuis sacréation en 1981, « la relance ambitionréussite » de Gilles de Robien privilégieune approche individuelle sur l’élève.Peut-on pour autant faire l’impasse sur leterritoire qui s’est au fil du temps de plusen plus « ségrégué » ? Nicolas Renard, leprésident de l’OZP indique ainsi qu' « ilne faut donc pas opposer une logiqued’aides aux individus à une logiqued’aides aux territoires. Il faut faire coexisterles deux. L’enseignant ne peut résoudrele problème seul, l’école nonplus». Un travail tout en cohérence.FRANÇAIS(SCORE MOYEN SUR 100)ECOLES PUBLIQUES ZEPECOLES PUBLIQUES ZEP / REPECOLES PUBLIQUES HORS ZEP / REPECOLES PUBLIQUESRESULTATS AUX EVALUATIONS CE2 200663,6565,0071,6770,59MATHÉMATIQUES(SCORE MOYEN SUR 100)ECOLES PUBLIQUES ZEP 61,84ECOLES PUBLIQUES ZEP / REP 63,52ECOLES PUBLIQUES HORS ZEP / REP 71,11ECOLES PUBLIQUES 69,88Les résultats des élèves en ZEP sont, dès le CE2, largement en deçà de ceux des écoleshors ZEP. En lien avec le PCS des parents, ces inégalités méritent qu'on se penchentsur les ZEP dès la maternelle.


« PAS DE LIEN MECANIQUE ENTREPAUPERISATIONDES TERRITOIRES ET ECHEC SCOLAIRE »Les inégalités socio-spatiales d’éducation ont été analyseés par une équipe pluridisciplinaire de recherche . De lamixité sociale à la stabilité des enseignants, les départements ne sont pas égaux face aux facteurs de la réussite.Votre étude* a porté sur les relations entre territoireset réussite scolaire. Quelle a été votreapproche ?C. B.-A. et S.B. : Nous avons articulé des comparaisonsstatistiques et des enquêtes de terraindans une approche pluridisciplinaire. AvecDanièle Trancart, 3ème coordonnatrice de la recherche,nous avons élaboré un système decomparaisons entre les résultats observés et lesrésultats prévisibles d’après les caractéristiquessociales des familles d’élèves, sur différents territoires.Nous avons alors ciblé des lieux oùexistaient d’importants écarts (en plus ou enmoins).Qu’avez-vous observé ?S.B. : Les plus grands écarts observés sont desécarts négatifs que l’on trouve surtout dans lesdépartements les plus urbanisés, avec de fortesdisparités sociales et scolaires entre établissements.Ces déficits globaux et les inégalités deperformances selon les groupes sociaux sontparticulièrement marqués en Ile-de-France.Nous connaissions le problème d’établissementsoù la concentration de difficultés est aggravéepar la « fuite des bons élèves » et l’instabilitédes professionnels, mais nous ne savionspas qu’il affectait les acquisitions desélèves en de si nombreux cas. Dans une dizainede départements parmi les plus peuplés, les déficitsd’acquisitions sont constatés à des degrésdivers dans la majorité des collèges publics, etcela retentit négativement sur les moyennes départementales(à l’évaluation 6ème et auxépreuves du DNB).C.B-A : À l’inverse nous avons observé desdépartements dont les résultats scolaires sontsupérieurs à ceux que l’on pourrait attendre auxvues des critères sociaux. L'intérêt de l'enquêteest de montrer qu'il n'y a pas de lien mécaniqueentre paupérisation des territoires et échec scolaire.Quelles sont les raisons que l’on peut avancerpour expliquer de tels phénomènes ?S.B. : D’abord il faut savoir que les plusgrandes variations de réussite scolaire selon lesterritoires s’observent dans les zones socialementdéfavorisées (en ZEP bien plus qu’horsZEP) : les plus forts déficits d’apprentissage,mais aussi parfois d’importantes « sur réussites» quand des équipes réussissent à construire dessolutions pédagogiques pertinentes et des «liens » avec les familles d’élèves.Les déficits et les inégalités se creusent dans leszones urbaines où des différences flagrantes derecrutement social et scolaires entre établissementssont « envenimées » par des pratiquesd’évitement, des sentiments de relégation desfamilles « captives » et un fort turn over desprofessionnels.C.B-A : Le département de la Loire est de cefait intéressant. C’est le plus urbanisé des départementsen sur-réussite et cette contraintes'est transformée en atout. La composition socialeest basse un peu partout et contrairement àla région parisienne on observe peu de fuitesd’établissements. En effet, la population scolaireest assez homogène et dans une ville commeSaint-Etienne, il n’existe pas d’établissementsd’élite qui attirent.La morphologie des départements est-elle leseul facteur observé ?C.B-A: Non, cette explication n’est pas suffisante.En étudiant les dynamiques locales, nousavons noté l’importance des solidarités et descoopérations. Beaucoup de fonctionnaires de laLoire sont natifs du département, les différentsacteurs se connaissent et des partenariats informelsse mettent en place. Du fait de la forte présencedes classes populaires dans tous les établissements,la réflexion autour de ce type depublic est centrale mais banalisée. Être nommédans les écoles de ZEP n’est pas un drame, leséquipes y sont assez stables.Les raisons que vous avancez sont structurelles.N'avez-vous pas observé des politiquesterritoriales qui favorisent des réussites ?S. B. Nos observations étaient centrées sur deszones urbaines. Or les « sur réussites » lesplus nettes et durables se trouvent principalementdans les département peu urbanisés et /oupeu « ségrégués ». Nous avons certes observédes dynamiques de REP ou d’établissementsporteuses de progrès, mais elles s’enrayaientsouvent avec l’arrivée de nouveaux responsablesdéfinissant d’autres priorités…Entretien avecChoukriBen Ayedsociologue, Université de Saint-EtienneSylvainBroccolichisociologue, IUFM de LilleSi les ségrégations ou d’autres traits « structurels» des territoires pèsent aussi lourdementsur la réussite scolaire, c’est peut-être que lespolitiques actuelles ne font pas le poids pourcontenir ou réguler les processus cumulatifs quise développent en milieu urbain.C. B.-A.: Ce que montrent nos enquêtes c’estqu’on ne peut isoler les politiques menées descontextes territoriaux dans lesquels elles s’enracinent(préservation de la mixité sociale notamment).Nous pointons en revanche des leviersforts à l'échelle de départements pour imaginerdes réponses à la spirale infernale dans laquellese trouvent des établissements.*"http://www.education.gouv.fr/cid4938/fragmentationsterritoriales-inegalites-scolaires-des-relations-complexesentre-distribution-spatiale-les-conditons-scolarisation-reussite-scolaire-des-eleves.htmlSylvain Broccolichi, Choukri Ben Ayed, Catherine Mathey-Pierre, Danièle Trancart19


MétierOedème de QuickPROTOCOLE D'URGENCEET CELLULE D'ECOUTERécemment un enfant présentant desproblèmes d'allergie est décédé lorsd'un repas à la cantine. L'école n'estpas en cause mais cet événement dramatiquerappelle la nécessité pour leséquipes d'être bien « armées » pourfaire face à ces situations. Le premieraspect concerne le Projet d'accueil individualisé*(PAI) qui doit comporterprécisément toutes les démarches àsuivre en cas d'urgence : le protocoled'urgence doit être joint en intégralité.Le second aspect concerne le soutiendes élèves et des enseignantsaprès l'accident. La cellule d'écouteou de crise (les intitulés différentselon les départements) qui comprendle médecin et les assistants etassistantes sociaux de l'IA a pourmission d'organiser rapidement cetteaide.*circulaire 2003-135 du 18 septembre 2003TICELES TABLEAUX BLANCS INTERACTIFS S’ AFFICHENT ÀL’ ÉCOLEImaginez l’école de demain… A Souchez dansle Pas-de-Calais, Régis Polus l’instituteur desCM1-CM2, a depuis 3 ans, remisé l’habituel tableauvert pour le remplacer par un tableaublanc interactif (TBI). « Ce grand écran tactile,relié à l’ordinateur et au vidéoprojecteur, permetde faire bénéficier les élèves des apportsd’Internet et du multimédia. L’outil permet enoutre une présentation beaucoup plus attractivedes contenus d’enseignement qui rejaillit sur lamotivation et la participation des élèves», préciseRégis.Ainsi, pour l’activité géométrique sur le cube etses patrons, en plus des traditionnelles manipulationset constructions sur papier effectuées parses élèves, Régis utilise le TBI comme un écrande projection. Il diffuse à la classe la constructionà reproduire ou confirme les patrons réalisésen se connectant à un site qui les visualise en3D. Mais où le dispositif apporte une nouvelledimension pédagogique, c’est par la manipulationpossible des éléments projetés sur le tableau.L’élève peut en effet, avec son doigt, déplacerles différents carrés composant le patron,effectuer des rotations ou comparer la figure obtenueavec d’autres déjà enregistrées.Comme l’attestent les scénarios pédagogiques*disponibles, le TBI montre son utilité à tout niveauet pour toutes les disciplines. Reste maintenantà développer son utilisation. En 2005,dans le premier degré, 1200 TBI équipaient lesclasses …contre environ 74 000 dans les écolesprimaires britanniques soit 4 par établissementen moyenne !Philippe Hermant*http://www2.educnet.education.fr/sections/primaire/usages_primaire/primtice4551/tbi/exemples_dusages_de20EPSLE PRINTEMPS DES MATERNELLESLes classes de maternelle ont jusqu’au 21 juin pourparticiper au « Printemps des maternelles » initié parl'USEP. Privilégiant la proximité, ces rencontres sportivess'organiseront autour de la multiactivité ou de larencontre à thème (cirque, danse, gym et conte...) avec également la présenced'un atelier sur le thème de la santé (hygiène, alimentation, sécurité…)Pour faciliter leur mise en place, l'USEP met à disposition des écoles participantesun outil pédagogique sous forme de CDrom intitulé « Attitude Santé »qui aborde de nombreux exemples d'activités liées au thème de la santé.Langues vivantesRESSOURCES EN LIGNELa collection « l@ngues_en_ligne » propose, sur le site du Scéren-CNDP, des compléments pédagogiques gratuits à la revue TDC, pourl'enseignement des langues. La langue étrangère est sélectionnée enfonction du thème de la revue et d'une alternance qui respecte la pluralitédes langues enseignées. Pour chaque sujet comme « la peste »,« Dada », une séquence pédagogique est proposée avec des documentsdu pays (carte, comptine, éléments historiques).« On peut considérer que les insultes ne sont pasgraves et ne pas les entendre. Ce faisant, onrenforce une idéologie mortifère qui se trouveralégitimée par une réalité que nous auronscontribué à construire. »ARTMarie-Laure Gérin, institutrice à MarseilleUN MUSEED’ ŒUVVRES DES ENFANTSUne idée trotte depuis longtemps dans la tête de ClaudePonti déjà, créer un musée pour les œuvres des enfants. Leconstat est simple : « Onn’exalte pas, on ne conservepas les œuvres des enfants ».Un projet a vu le jour, celui decréer « le Muzz » musée surinternet pour que, commeKandinsky, Klee, chacun puisseregarder, s’inspirerd’œuvres d’enfants du mondeentier. Ce projet n’en est qu’àses balbutiements, pour tousrenseignements on peut écrireau : Muzz - 11 rueFerdinand Duval - 75004Paris


ORTHOGRAPHELA REFORMEDEL'ORTHOGRAPHE EN MARCHE !CitoyennetéCORRESPONDANCE ET PARRAINAGE AVEC LE CAMEROUN« Notre école est coopérative et unedes notions défendue dans les projetsdes six classes est le respect »résume Véronique Miquet, la directricede l’école de Villeneuvede Berg en Ardèche. Dans cette optique,depuis la rentrée, l’école estpartenaire de l’associationPadevin* (Pour l’Aide au développementdu village de Nzenglah).Le projet défendu par ClémentAtemkeng, qui partage sa vie entrele village ardéchois de Lavilledieuet Nzenglah au Cameroun où il estle chef du village, est d’améliorerles conditions de vie des populationsen les rendant autonomes etactrices de leur développement notammentau niveau scolaire.C’est donc par le biais de la correspondancescolaire que les enseignantsparticipent au parrainage duvillage africain. Ceci tout d’abordafin d’apprendre d’autres modes devie, « les petits ardéchois étaientainsi particulièrement surpris dedécouvrir que leurs camarades camerounaissortaient les chèvres ettiraient l’eau du puits avant de serendre en classe » remarqueUn petitenote dansle B.O.*des programmesofficialisedansl'enseignementprimairela « petite» réforme de l'orthographe de1990**. Les rectifications proposéespar l'Académie française peuvent(doivent ?) donc être utiliséesdans les classes. L'écriture simplifiéepeut être présentée avant ou enmême temps que l'écriture ancienne.Les principales modificationssont les suivantes.L'accent circonflexe n'est plus obligatoiresur le i et le u, sauf pour distinguerles homonymes. (ex : diner,bruler...)Le participe passé de laisser est invariables'il est suivi d'un infinitif(ex : ils se sont laissé emporter)Les verbes en -eler et -eter seconjuguent sur le modèle de peleret acheter (changements donc pourappeler et jeter...)En outre les rectifications portentsur les trémas après la lettre g, lestraits d'union de certains mots composés,le pluriel de mots empruntés.*B.O. hors-série n°5 du 12.04.07, p 119**"http://www.academie-francaise.fr/langue/orthographe/graphies.html""http://www.academie-francaise.fr/langue/orthographe/analyses.html"Véronique. Photos, lettres, journalscolaire, histoires, poésies et jeuxtransitent ainsi d’une école àl’autre. Des échanges, en plus d’internet,facilités par la présence deClément qui balade sa camérad’une école à l’autre sur les deuxcontinents. Actuellement àNzenglah, il projette les dansesafricaines et fait lire les contesécrits par les petits français lors dela semaine « Images d’Afrique » àlaquelle l’école a participé. Son retourprévu mi-juin est particulièrementattendu par les élèves.Clément leur a annoncé qu’il rentraitavec les images de la fête del’école de Nzenglah. L’occasion dese perfectionner en danse africaine.*www.daures-et-deja.com/padevin/EPORTRAITSylvie Castelboun janvier de cette année, la classe de CM1 deSylvie Castelbou vient de remporter pour latroisième fois le prix« écoles primaires » de laMain à la pâte. Après un projetsur la force de l’eau en 2000, unautre sur la production d’électricitéà l’aide d’une éolienne en2001, le projet sur « l’énergiesolaire, l’énergie de demain » aété primé par le jury de l’édition 2006.Enseignante dansl’Essonne, SylvieCastelbou est avec saclasse de CM1 lauréatepour la troisième foisdu prix « écolesprimaires » de la Mainà la pâte pour sonprojet sur l’énergiesolaire.La démarche detâtonnement,d’expérimentation etde réflexion s’écritau fur et à mesuredans le cahierd’expérience.Depuis son inscription à un concours technologiqueproposé par la circonscription de l’écoleLouise Michel à Savigny-sur-Orge où elle enseignedepuis une dizaine d’années, Sylvie Castelbou aétendu son champ « à un domaine scientifiqueplus large, lié au développement durable ». Cetteannée, elle a engagé sa classe dans un nouveau projet,dessaler l’eau de mer pour la transformer eneau douce, ce qui lui permet « d’aborder les problèmesde l’eau à travers le monde ».Pour Sylvie Castelbou, « ces projets soudent uneclasse et permettent un travail d’équipe entre lesélèves ». La démarche de tâtonnement, d’expérimentationet de réflexion s’écrit au fur et à mesuredans le cahier d’expériences. Il « permet une prisede conscience de l’évolution du travail mené, lesprototypes et les maquettes réalisés par les élèvesétant affinés peu à peu, lorsque de nouvelles questionsapparaissent ». Et malgré l’étalement surtoute l’année et les obstacles rencontrés, « lesélèves restent ravis et motivés, leur intérêt ne faiblitpas ».Pour clôturer le projet de dessalement de l’eau demer, le 7 juin Sylvie Castelbou emmènera sa classeau forum des sciences de la faculté d’Orsay.Cette manifestation, à laquelle sa classe participedepuis 4 ans, « permet aux élèves d’exposer leurproduction et d’expliquer leur démarche aux autresclasses présentes qui vont de la maternelle à la terminaleet également de s’imprégner des réalisationsde ces classes ».Arnaud Malaisé21


MétierL’école Guy Môquet de Nogentsur-Marnecompte 14 classes etun orchestre. Dans une salle àl’étage, des dizaines de violons« L’éducationmusicale ne serésume pas à lapratique du violon.Les enfantsécoutent, chantent.Les concerts sontl’occasion de fairese rencontrer lesdifférentesapproches. »22de tailles différentes attendent les élèves.Cet après-midi les grandes sections de laclasse de madame Moréea ouvrent le baldes classes qui, du lundi au vendredi, de laGS au CM2, ont inscrit dans leur emploi dutemps 2 fois 30 minutes de violon.Un projet rare et ambitieux dont l’origineremonte à la réouverture de l’école en1996. Les locaux de l’école qui ne comptaitalors que 6 classes hébergeaient aussiun conservatoire de musique… Les premierscontacts ont pris la forme de présentationdes instruments présents dans lesmurs. Puis l’idée de faire pratiquer les enfantsest venue naturellement. Pour les initierà la pratique du violon, l’école a faitappel à Marie-Laure Paradis, professeuredans une association qui utilisait déjà l’enseignementen orchestre. Car si la pratiqueinstrumentale est une aventure en soi, l’objectifdu projet d’écoleest d’abord la pratiqueen groupe. C’estce que rappelle GuyCoquard le directeurqui dit de manièreprovocatrice : « Aufond, le violon ons’en moque, ce quinous intéresse c’estde donner l’occasionà tous les enfants depratiquer le « vivreensemble » ». Carau violon, on se doitd’écouter et de respecter les autres. C’estce que rappelle Salomé (GS) : « Quandon part pas tous en même temps, c’est pasjoli ».Un tel projet nécessite des financements :instruments et intervenant. D’un communaccord, l’équipe a demandé à la mairie detransférer sur « la classe orchestre » lebudget accordé pour les classes transplantées.Si pour les enseignants le violon est unbiais à la citoyenneté, pour les enfants c’estune expérience inédite. « La majorité desenfants de l’école n’aurait jamais eu l’oc-L’ECOLE GUY MOQUETJOUE SUR LA CORDECITOYENNESur les hauteurs de Nogent sur Marne, l’école Guy Môquet a construit sonprojet autour de la pratique du violon en orchestre, de la GS au CM2. Unemanière peu répandue de favoriser l’égalité des chances et de pratiquer le« vivre ensemble ».« Le travail enorchestre se ressenten classe. Il y a plusd’entraide, desolidarité. Larécompense n’estpas individuelle maiscollective. »casion de découvrir la pratiqueinstrumentale si on nela leur proposait pas », expliqueMarie-Hélène Munizenseignante en grande section.Nogent sur Marne estloin d’être un quartier défavorisé,mais l’école sur le «Haut » de Nogent accueilleles enfants des HLM alentourqui ont peu de chances de passer les portesd’un conservatoire ou d’une école de musique.Mais Marie-Laure précise : « Ce que l’onfait ici n’a rien à voir avec le conservatoire.On ne travaille pas le détail du gestemais on goûte au plaisir de la pratique musicalecollective ». Cet après-midi, lesélèves de grande section ont joué avec leviolon et chanté « les menottes sautentlégèrement… sur la corde de mi, sur lacorde de ré », les CE1 se sont amusés à reconnaîtredes notes et à jouer « Emiliejolie ». Et pendant la récréation, quelquesCM2 qui ont 6 ans d’orchestreà cordes derrière eux, sontvenus interpréter, pour le plaisir,un extrait de « West sidestory ». L’occasion pourMarie-Hélène de préciser queparmi eux, certains élèves ontdes difficultés scolaires et seretrouvent dans l’espace de laclasse orchestre intégrés et enréussite. Des petits jusqu’aux grands les visagessont concentrés et Marie-Hélènel’explique par le fait qu’en leur confiantdes violons, beaux objets fragiles, l’écoleles prend au sérieux et les responsabilise.Alors que l’année scolaire se termine, lesrépétitions pour le concert vont commencercar jouer de la musique c’est aussi donner àécouter. Les 9 et 21 juin les 300 élèves del’école Guy Môquet vont avec un quatuorprofessionnel à cordes interpréter les morceauxde comédie musicale et « faire joli »ensemble.Lydie Buguet


Les élèves del’école Guy Môquets’initient au violondès la grandeSection. Unapprentissageexigeant mais aveccomptines, jeux surles cordes.Entretien« IL N’ Y A AUCUNE RAISONDE RESERVER CELAA UNE ELITE »Qu’est-ce qui motive votre engagementen faveur des orchestres àl’école ?L’idée m’est venue à l’occasion d’unvoyage au Japon en 1992. Là-bas tousles enfants font de la musique à l’école.Au retour, en partenariat avec laCSFI, nous avons réalisé une étudequi a montré qu'en France, moins de3% d’enfants avaient accès à la pratiqued’un instrument. Or, l’apport artistiqueen milieu scolaire est fantastique.Les enfants sont volontaires etla musique est un outil social très fort.Nous avons démarré l’aventure en1999 en équipant une école primaire àAuvers-sur-Oise et un collège classéZEP à Cergy-Pontoise. Aujourd’hui150 « classes-orchestre » ont vu lejour.Il existe différentes formes de classeorchestre. Qu’est-ce qui les différenciedes classes CHAM (Classes àhoraires aménagés musicales) ?Les « classes-orchestre » n’ont pas dutout la même vocation. Les enfants nesont pas seuls avec un professeur, ilsne s’exercent pas à améliorer une pratiqueindividuelle. La « classe-orchestre» est une pratique de groupe.On apprend un instrument sur la based’une pratique d’emblée collective.Le but est d’être « bons » ensemble.Et ça marche. Les enfants jouent enconcert et en sont fiers. Des enfantsJean-ClaudeDecalonnelibrettiste, musicien et initiateurdes « classes-orchestre » au seinde la Chambre syndicale de lafacture instrumentale (CSFI)en difficulté scolaire réussissent et retrouventune image positive d’euxmêmes.C’est un atout contre l’exclusion.Et, quand on interroge les professeursen primaire et au collège surl’effet « classes-orchestre », tous évoquentavec force l’amélioration duclimat, des comportements et celadans les zones dites « difficiles »...Vers qui peut se tourner une écolequi voudrait monter un tel projet ?Le plus simple est de travailler avec leconservatoire ou les écoles de musique.On s’assure la compétence desintervenants. Au départ, les instrumentsdisponibles dans les écoles demusique et les harmonies peuventconstituer une partie du parc instrumental.Nous sommes en train, avecl’association DRAPOS, de monter unpartenariat entre les ministères de laculture, de l’Education nationale, dela Ville, de la Jeunesse et sports et desAffaires sociales pour obtenir unagrément pour chaque projet « classeorchestre». Notre ambition est qu’àterme, chaque école de France possèdeson orchestre. La pratique des artsest essentielle si on veut favoriserl’épanouissement des enfants. En apprenantle plaisir de ces découvertes,ils vivront en s’accompagnant de musique.Il n’y a aucune raison de réservercela à une élite.@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@en ligneTEMOIGNAGESUn blog a vu le jour pour promouvoir les orchestres à l'école.Pour aider la création de projets orchestre à l'école, le blog donneà lire des témoignages d' élèves, professeurs, directeurs, observateurs,élus... On peut aussi poser des questions.http://www.orchestre-ecole.com/"http://artic.ac-besancon.fr/ia25/echanges/francais/2005/cad_01.htm"PEDAGOGIE DE GROUPESur le site Vivaldi, on trouve une présentation succinte de ce quepeut être une pédadogie de groupe en « classe-orchestre ».Extrait :« La méthode s'appuie sur les capacités de l'enfant : don del'imitation, grande mémoire auditive, décontraction naturelle.Les difficultés inhérentes à l'instrument sont abordées au traversde chansons et de rythmes folkloriques connus de tous (que l'élèvesoit un jeune enfant ou un adulte). Le solfège arrivera, biensûr, mais plus tard. Elle est basée sur l'enseignement de groupebien plus stimulant, surtout pour les débutants. »"http://www.bienlire.education.fr/02-atelier/fiche.asp?theme=1130&id=1073"http://perso.orange.fr/vivaldi/23


24MétierLittérature jeunesseJEUX DE SOCIETECOOPERATIFS ET LECTUREDes jeux coopératifs... Quels liens avec la littérature, sinon qu’ils engendrentdes histoires multiples ? Mais surtout, ces jeux reposent sur des valeurs enrupture avec la plupart des jeux de société qui fonctionnent sur le principe dela concurrence : « un gagnant et des perdants ! ». Les jeux coopératifs, eux,reposent sur l’entraide entre des joueurs réunis pour une même mission. Voiciquelques-uns de ces jeux :Houhouh ! (Haba) Dès 3 ans - 2 à 6 j.(16€)La nuit s’achève. Les fantômes doivent regagnerle château avant le lever du jour !L’équipe de joueurs va les y aider : l’ennemicommun, c’estle soleil encore dépourvude ses 9rayons… Chaquejoueur reçoit plusieursfantômes dediverses couleurs.Le dé jeté décidera,selon la facequi apparaît, soitque l'un d'eux peutrentrer au bercail, soitque le soleil gagne un rayon. Si l’enfantqui joue n'a pas le fantôme demandé, lejoueur qui criera « Houhouh! » le premier,pourra placer le sien. Cette règle du «Houhouh! » garantit l'ambiance! C’estdonc la course incertaine pour sauver lesfantômes. Tous gagnants, ou tous perdants…Un jeu, un livre : On peut lire alors la délicieusesérie des « Fantômes » de J.Duquennoy (Albin Michel) dont « Lesfantômes à la cave » (10€)A la campagne (Haba) Dès 4 ans - 2 à 4j. (37€)Aujourd'hui c'est l'anniversaire de MamieGinette. Lesjoueurs veulentlui faire un gâteauavec desoeufs, du lait, dela farine et despommes. Maisce n'est pas sisimple: si on trouve facilement lespommes sur l'arbre, il faudra offrir du foinà la vache pour qu'elle donne du lait, et dugrain à la poule, pour avoir ses oeufs. Etpour le fromage, il faudra, après la traite,aller à la laiterie…C’est un beau jeu de déavec de grosses pièces en bois. Il permetaux enfants de mener la tâche ensemble etde comprendre d'où viennent les alimentsqu’ils trouvent dans les grandes surfaces !Un jeu, un livre : C’est l’occasion de relireles différentes versions de « La petitepoule rousse ». Elle a trouvé un grain deblé. Qui va l’aider à semer, faucher, battre,moudre la farine ? Personne ? Alors, quidonc mangera le bon pain ? (Ecole desLoisirs, Circonflexe, Milan, Seuil…)Le voleur de carottes (Haba) Dès 4 ans –1 à 6 j. (10€)La taupeprend biensoin de sonpotager. Ellea semé descarottes, elleles arrose avecsoin et aimerait bien les récolter ! Maisvoilà, le lapin vorace s’est introduit dans lejardin et dévore tout ce qu’il peut ! Lesjoueurs vont s’entendre pour empêcher lelapin de voler les carottes. Avec un peu dechance aux dés et en discutant de lameilleure tactique, ils gagneront s’ils récoltent4 carottes avant que le lapin n’aittout pris ! Carottes et lapin sont en boispeint et la petite boî26te qui contient lespièces sert de plateau de jeu. Le verger(HABA, Dès 3 ans - 37€), le plus connudes jeux coopératifs, fonctionne sur lemême principe avec un corbeau, grandamateur de fruits !.Un jeu, un livre : On retrouve lapin, carotteet potager dans « Pierre lapin » deBéatrix Potter, petit chef-d’œuvre de 1893,ou encore « Bon appétit Monsieur Lapin!» et « La carotte géante » de Boujon(E.des L.)Derrière laporte secrète(Family pastime)8 ans &plus - 2 à 8 j.(19€)Des objets devaleur ont été voléset les joueurs doiventles retrouver avant minuit ! Ensemble, ilscherchent des indices dans la maison. Ausein de l’équipe, petits et grands coopèrent,échangent idées et stratégies. La mémoireet la logique jouent un rôle important.Chaque partie est palpitante. De quoipassionner les adultes comme les enfants.Au travail Sherlock Holmes ! Minuit approche!Un jeu, un livre : Ce jeu renvoie aux récitsd’enquêtes. Les plus grands se délecterontavec les récits de Conan Doyle. Au Cycle2, on se passionnera pour les aventures deJohn Chatterton, la trilogie d’Y. Pommaux(E. des L.) : « John Chatterton détective», « Lilas », « Le grand Sommeil ».L’auteur y tisse habilement, dans le texteet dans l’illustration, enquêtes et contes deGrimm ou de Perrault : « Le petitChaperon rouge », « Blanche-neige » et« La Belle au bois dormant » .Les loups-garous de Thiercelieux - 10ans & plus - 8 à 18 j. (9€)C’est un jeu à base de cartes, idéal poursouder un groupe. Il est semi coopératif…car il y aura quelques perdants parmi lesjoueurs : ceux qui finissent dans l’estomacdes loups-garous ! Les cartes, distribuéesen début de partie, décident qui vousêtes : loup-garou ou villageois. Mais vousseul connaissez votre identité. Au village,chaque nuit, les loups-garous dévorent unvillageois. Au matin, on constate les dégâtset on discute tactique. Chaque campdoit éliminer l'autre, sans savoir au départqui est qui. Le groupe est aidé en cela parles pouvoirs particuliers decertains (voyante, chasseur,sorcière…). Lesquels serontgagnants ? les loupsgarousou les villageois ?Un jeu, un livre :Frissonnons en relisant «Le chien des Baskerville »,la plus célèbre enquête deS. Holmes !Marie-Claire PlumeD’autres jeux coopératifs et les rubriques de «Fenêtres sur cours » sur le site du SNUIPP :http://www.snuipp.fr/ (bouton « Livres de jeunesse»). "http://perso.orange.fr/jeux.de.traverse/jeux.htm"


Bilan des permutationsLors du groupe de travailau MEN le 15 mai, il a étéquestion du bilan généralet plus particulièrementdes rapprochements deconjoints. Le nouveaudispositif n'a pas apportéd'amélioration (FSCn°298). Pour les collèguesqui ne bénéficientpas du rapprochement deconjoints, le SNUipp demandequ'ils puissent obtenirune majoration importanteaprès plusieursannées pour éviter d'êtredéfinitivement bloqués.La situation du 93 a faitl'objet d'une audienceparticulière : le SNUipp93 y a demandé ungroupe de travail pourétudier les possibilitésde mobilité professionnelleet également lastabilisation des enseignantspar unemeilleure attractivitédu département (aidesà l'installation, conditionsde vie et d'exercice dumétier). Enfin, il est nécessairede faire évoluerl'algorithme qui calculeles possibilités de mutationspour le rendre plussimple, plus transparent etplus conforme aux règlesen vigueur.Indemnité de sujétionspéciale des directeursd'écoleA compter du 1er janvier2007, pour toutes les directions,le montant est de1295,62 €, majoré de20% en ZEP (1554,74 €).L'indemnité d'intérim dedirection, fixée à 150 %de l'indemnité de sujétionspéciale, sera de 1943,43€ (majorée de 20% enZEP, soit 2332,12 €)Cumul d'activitésLe décret d'applicationconcernant le cumuld'emploi dans la fonctionpublique vientd'être publié au JO (décret2007-658 du 2 mai2007) et annule les précédentesdispositions.Les règles sont précisées,en particulier lesmodalités de cumul d'activitéau titre de la créationou la reprise d'uneentreprise.Une demande d'autorisationdétaillée est soumiseà l'IA dont relève l'agent,sauf dans le cas d'une activitébénévole au profitde personnes publiquesou privées sans but lucratif.L'IA a un mois pournotifier sa décision (deuxmois en cas de nécessitéd'informations complémentaires),faute de quoil'autorisation est réputéeaccordée.Tout changement intervenantdans les conditionsd'exercice ou de rémunérationnécessitera unenouvelle demande d'autorisation.L'administrationpeut par ailleurs s'opposerà tout moment à la poursuitede l'activité autorisée,si l'intérêt du servicele justifie ou si les informationsfournies à l'appuide la demande initiale apparaissenterronées ou sil'activité ne revêt plus uncaractère accessoire.Lu dans le BO Lu dans le BOLuOdans le BO Lu dans le BOOdans le BO BO Lu dans le BOinfos servicesBO n°21 du 24 mai 2007Examen DDEAS, Vacancesde postes au CNED, àl'INRP et à la Cité dessciencesBO n°20 du 17/05/07Postes adaptés, module deformation d'initiative nationaleASH, élections parentsd'élèves, commission nationaled'évaluation de la formationdes maîtres.BO n°19 du 10/05/2007Relations avec les associations,éducation au développementet à la solidarité internationale,diplôme decompétence en langue, électionsaux commissionsconsultatives spéciales académiquesdes directeursd'établissement d'éducationadaptée et spécialisée, vacancesde postes.Lu dans le BO Lu dans le BOLu dans le BO Lu dans le BOLu dans le BO Lu dans le BOQuestions /RéponsesJe suis actuellement sur un poste de réadaptation au CNED; le dispositif réemploi réadaptation étantsupprimé, que va-t-il se passer?Dorénavant l'affectation se fera sur postes adaptés gérés au niveau académique. Ces postes adaptés pourrontêtre de courte durée (PACD), soit un an renouvelable dans la limite de 3 ans, ou de longue durée(PALD), soit 4 ans renouvelables sans limites. Les affectations se font après consultation de la CAPD;il ne faut donc pas hésiter à contacter les représentant-es du personnel au niveau des sections départementalesdu SNUipp.Suite à une maladie invalidante j'ai besoin d'un aménagement de mon poste de travail pour continuermon activité professionnelle. Quelles sont les possibilités?Cet aménagement doit être demandé par écrit à l'IA. Il peut être accordé un aménagement du temps deservice (un tiers du temps au maximum pour un salaire à temps complet), éventuellement de l'emploi dutemps. Une salle de classe peut être affectée de manière particulière et des équipements spécifiques peuventêtre fournis ou financés.25


MétierTICE A L’ECOLEUN RAPPORT PRECONISE « UN PILOTAGE EFFICACE »LE B2I ENCADRE PARUN DOCUMENTD’ ACCOMPAGNEMENTEn France, le système éducatif«manque d’une politique affirmée etcohérente » en matière d'usage desTICE dans les classes. C'est leconstat, publié le 30 mars dernier, dans lecadre d’un audit sur « la contribution desnouvelles technologies à la modernisationdu système éducatif » (1). Le rapport faitainsi des propositions afin d’améliorer sonutilisation à l’école.Alors que les établissements sont demieux en mieux équipés, que les acteursde l’école se sont saisis sans difficulté del'utilisation administrative des TICE, l’outilpénètre avec beaucoup plus de difficultésdans les classes et les pratiques enseignantes.« L’absence d’un cadre national de pilotage» n’a pas permis « au système éducatifde définir ses attentes en matière deTICE ». Celles-ci se limitent « à l’acquisitiondu B2i par les élèves ». Ce qui est,selon les auteurs, bien insuffisant au regarddes potentialités offertes par l'outil informatique.Le rapport préconise « une véritable gouvernancepour une mise en place efficaced’une vraie politique des TICE ». Ainsi, leministère via la DGESCO (direction généralede l’enseignement scolaire) serait encharge du pilotage d’une politique éducativedes TICE. L’Etat et les collectivitésterritoriales par le biais de plates-formeslocales, auraient la responsabilité de26l'équipement des écoles. Enfin -et ce n’estpas la moindre des recommandations- lerapport souligne qu’un effort de formationdes enseignants et l’affectation desmoyens humains recentrés sur les seulesmissions TICE sont nécessaires. Un accompagnementindispensable afin de faireévoluer les pratiques liées à cet outil.Sébastien Sihr(1) www.audits.performancepublique.gouv.fr/bib_res/664.pdfDès la rentrée, les enseignants auront à leurdisposition une aide pour leur faciliter lamise en œuvre du B2I dans les classes.S’appuyant sur le nouveau référentiel2006, ce document proposera des activitéspermettant d’évaluer les items du brevetinformatique. Différents types d’évaluationseront d’ailleurs présentés : par une action,une interrogation écrite ou orale ou laprésentation d’un exposé. A chaque fois,l’enfant aura à expliquer ses choix et ceafin d’évaluer plus finement cescompétences.Fruit d’un travail mené par la DGESCO(direction de l’enseignement scolaire) etl’agence des usagers du Sceren-CNDP, cedocument d’appui sera mise en ligne sur lessites du CNDP et CRDP courant Juin.www.cndp.fr/accueil.htmQUEL IMPACT EDUCATIF DES TICE ?L'efficacité scolaire des TICE en débat. Si de nombreuses études parfois contradictoires sur le sujetsont parues ces derniers mois, la dernière en date s'appuyant sur le travail de la commission européennea l'intéret de fournir un bilan complet. Synthèse de plusieurs études des pays de l'union, l'enquêteavance l'effet positif de l'investissement des nouvelles technologies et de leur intégration dansles écoles. Celles-ci améliorent les performances scolaires, notamment à l'école primaire, dans le domainede la langue maternelle. De plus, 86% des enseignants européens remarquent que l'usage desTICE motive davantage les élèves, et leur permet de travailler de manière plus autonome et différenciée.Comme en France (voir ci-contre), l'intégration de l'outil dans les pratiques de classe se fait pourtantlentement. Ainsi, la commission invite chaque pays à poursuivre son investissement en développantdavantage la formation et l'échange de savoirs entre enseignants.Une interrogation de taille subsiste néanmoins. Si le lien entre bons résulats scolaires et utilisationdes TICE dans les classes paraît avéré, aucune étude, pour l'heure, n'est en mesure de l'expliquer.


Leur avisROBERT VOYAZOPOULOSpsychologue à l’EN, enseignant àl'université ParisV« Une discipline ne peut pas reposeruniquement sur l'écoute etl'observation du sujet. Elle doitrechercher le maximum d'objectivationgrâce à des outils de mesure et desmodèles de référence. Même relative,la donnée du Q.I. est donc la moinssubjective et aléatoire qui soit...àcondition d'être interprétée et replacéedans un contexte psychologique global.Livrer un tel chiffre nu aux parents ouaux institutions est à la fois absurde,dangereux et dénué de sens »ALBERT JACQUARDgénéticien et écrivain« Je m'insurge contre le calcul du Q.I.L'intelligence ne se gradue pas. Elle ade multiples facettes, parmi lesquelles lacapacité à imaginer, à s'intéresser... »CHRISTINE ARBISIOpsychologue clinicienne« On parle de l'enfant-roi? Moi, jevois surtout des enfants surstimulés,priés de gratifier narcissiquementleurs parents. La quête du Q.I. n'estqu'un symptôme de cette sociétédingue de performances »LE WISC 4Ce test, « Weschler intelligence scalefor children », créé en 1939, estrégulièrement révisé. La version de2005 rompt avec la dichotomie entreverbal et performance pour adopterun modèle multifactoriel en quatreparties : compréhension verbale,raisonnement perceptif, mémoire detravail, vitesse de traitement.Réflexions« LE Q.I. N'EST NIUNE FATALITE, NI UN DESTIN »Un texte pétition, « des psychologues s’inquiètent sur le Q.I. et certainsde ses usages », dénonce un commerce de l’intelligence et les dérivesdues à la recherche de performances et au sur-investissement desfamilles. Retour sur ce qui n’est qu’un outil de trvail parmi d’autres.La possibilité de mesurer l'intelligence despersonnes comme on mesure la taille ou lepoids est séduisante pour les institutionset le pouvoir politique, soucieux de rationnaliserles réponses sociales sur des bases quantitatives.En 1905 Alfred Binet a posé les premiers jalonsd'une mesure de l'âge mental : un rapport entrel'âge réel d'un enfant et les acquisitions scolairesattendues. Puis l'idée se développe aux Etats-Unispour étudier et classer les populations... Cette mesureglobale de l'intelligence - dont on pense àl'époque qu'elle est fixe, irréversible, biologiquementdéterminée - revient en France après laguerre et sert de base aux recherches menées parAndré Zazzo, fondateur de la psychologie scolaire,sur la débilité mentale, notion dont l'école varapidement s'emparer : les débiles mentaux légers(entre 75 et 90 de QI) seront orientés en classe deperfectionnement, en dessous de 75, en établissementsspécialisés.Mais à partir de 1964 on s'aperçoit que des jeunesconsidérés comme normaux sont en difficulté àl'école. Des sociologues (Baudelot, Establet,Bourdieu) démontrent que la débilité mentaletouche beaucoup plus les enfants d'ouvriers. Etdes psychanalystes (Mannoni, Dolto) constatentque des enfants retrouvent un QI supérieur aprèsdes soins de type psychothérapeutique. Le QI estdonc évolutif, déterminé socialement et aussi enlien avec l'environnement scolaire. En 1988 la déficiencementale légère est redéfinie par un Q.I.entre 50 et 69.Même s'il est établi que les examens ne peuventse limiter à un simple chiffrage, les instances administrativesrestent tentées d'utiliser le Q.I.comme un outil de classification (orientation, demandesMDPH...). Par ailleurs il est revendiquépour faire valoir des performances et les professionnelsde la psychologie s'insurgent sur cesusages largement médiatisés du Q.I. Les servicesmédicaux sont envahis de parents venus faire testerleur enfant, généralement en échec scolaire,mais qu'un « surdon » pourrait expliquer.« Hélas! S'il m'est arrivé de découvrir ainsi desenfants très doués, c'est loin d'être la majoritédes cas ! » souligne Claire Meljac, psychologueà l'Hôpital Sainte-Anne, tout en s'indignant :« Quelle horrible idéologie sous-jacente et, surtout,quel préjudice pour certains enfants ! ».Ces dérives ne doivent pas décrédibiliser le Q.I..Soumis à une interprétation (conditions de passation,contexte affectif, variabilité... ), cet outildonne aussi des repères utiles pour déterminer le« profil cognitif » d'un enfant. Il permet de travaillersur son potentiel, son rapport au savoir,ses perspectives de changements.Michelle Frémont27


RéflexionsLe Marché de la faim, documentaire du journaliste et cinéaste autrichien Erwin Wagenhofer, dévoile les rouages de l’industrie agroalimentaire.Les multinationales imposent leur loi aux producteurs des pays pauvres sous le regard passif des consommateurs occidentaux.“Il faut changer la manière dont nous vivons», c’est en substance le message quedélivre d’Erwin Wagenhofer à travers sonfilm documentaire Le Marché de la faim. Enpromenant sa caméra dans le monde entier, ilpointe le doigt sur les dérives de l’industrie agroalimentaireet ce faisant illustre de manièreconcrète des propos de Jean Ziegler, rapporteurauprès de l’O.N.U. sur le Droit à l’alimentation :« Étant donné l’état actuel de l’agriculture dansla monde, on sait qu’elle pourrait nourrir 12 milliardsd’individus sans difficultés. Pour le direautrement : tout enfant qui meurt actuellement defaim est, en réalité, assassiné. »D’un côté se posent les décideurs, les multinationales,les pays riches qui tiennent les rênes dumarché, de l’autre les petits producteurs, les28Vacances en campingavec le GCU ** Assurés MAIFet Filia-MAIF, salariés desétablissements laÏques del’éducation, de la recherche,de la culture, des sportsetloisirs, de l’action socialeet humanitaireGROUPEMENT DESCAMPEURS UNIVERSITAIRES72 bd de Courcelles75017 PARIS✁DOCUMENTAIRE :LE POIDS DU MARCHELE CHOC DE LA FAIM▲ 100 terrains aménagés▲ location de résidencesmobiles▲ tarifs attractifs▲ activités de plein air,détente et loisirs▲ ambiance familialeet convivialeRecevez gratuitement notre documentation * en retournant ce bon au GCUNom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Adresse :...........................................................Code postal : . . . . . . . . . . . . . . . Ville : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .* Envoi d’un CD-Rom : ❒ ou Envoi d’une documentation papier : ❒pays pauvres, ceux qui subissent, s’adaptent, acceptent.Deux conceptions s’affrontent : droit à l’alimentationd’un côté et valeur marchande del’autre. En découlent des contradictions. Les tomatesespagnoles ultra-subventionnées parl’Union européenne échouent sur les marchésafricains, détruisant les économies locales. Et leBrésil, grande puissance agricole, tond la forêtamazonienne pour nourrir le bétail européen,quand son peuple meurt de faim. En Autriche,on gaspille des quantités de pains capables, enproportion, de nourrir la deuxième ville du pays.L’objectif de ce film militant est de montrer àquel point cet univers est déshumanisé, brutal.La visite d’une batterie de volaille autrichienneen est l’édifiant exemple. De sa naissance à sonTél. : 01 47 63 98 63Fax : 01 47 63 04 14www.gcu.asso.frgcu@gcu.asso.frabattage, le poulet est considéré comme un produit,jeté d’une chaîne de triage à l’autre. Le respectde ce qu’on mange n’existe pas, ou tend àdisparaître. En France, la pêche artisanales’éteint au profit d’une pêche industrielle demauvaise qualité mais rentable.La vérité, c’est que « le consommateur ne saitplus comment ça marche », résume le patron dela batterie de volaille. Et il ne préfère peut-êtrepas le savoir, s’exonérant ainsi de culpabilité,mais se privant d’un pouvoir aussi. « Noussommes consommateurs, nous allons dans lessupermarchés, nous devons manger pour vivre,chacun de nous doit faire ses courses et peut lesfaire là ou il le préfère. Tel est notre pouvoir !», assène le réalisateur.Lise MayrandLE PRIX D’UNE IMMIGRATION ZEROSELON L’ONUAlors que la plupart des pays riches se sont dotés de législations coercitivespour lutter contre l’immigration clandestine, un rapport de l’ONU démontreque pour maintenir leur population d’âge actif, ces pays devront àl’horizon 2050 soit accepter un niveau d’immigration comme ils n’en ontjamais connu, soit consentir à de gros sacrifices pour financer la prise encharge des personnes âgées.Intitulé « Migration de remplacement : est-ce une solution pour les populationsen déclin et vieillissantes », le rapport souligne deux faits majeurs: la généralisation du vieillissement de la population entraînant une haussesans précédent de la moyenne d’âge des populations, le passage de 5 à 2 durapport actifs/retraités.Deux scénarios sont échafaudés : d’un côté les pays qui voudront seulementmaintenir leur nombre d’habitants au niveau actuel, de l’autre ceuxqui voudront maintenir leur population active. Dans le premier cas, les besoinsen immigration sont élevés, mais nettement inférieurs au nombred’immigrants nécessaires au second cas. En 2050 les immigrants et leursdescendants pourraient constituer entre 30% et 39% de certains de cespays.A défaut d’immigration de masse les pays riches pourraient maintenir lesrapports actifs/retraités à conditions de porter l’âge de la retraite à 75 ans,mais il leur faudrait aussi remettre en cause le niveau des prestations de retraiteet de soins de santé pour les personnes âgées, le montant des contributionsdes travailleurs et des employeurs pour financer les retraites etsoins de santé des retraités. Tel serait le prix d’une immigration zéro.1 : Le rapport s’intéresse plus particulièrement à huit pays à basse fécondité(Allemagne, Etats-Unis, Fédération de Russie, France, Italie, Japon, République deCorée et Royaume-Uni) et deux régions (Europe et Union Européenne).


C i némaZODIACDavid Fincher réussit là où Brian De Palma a récemmentéchoué. Le Dahlia noir, chef-d'oeuvreromanesque de James Ellroy, était certes complexemais De Palma en avait fait une histoire emberlificotée,décousue et surtout réalisé un filmassez vain. Il avait raté le film que tous les cinéastesdu monde avaient pourtant rêvé de faire.Zodiac raconte la même histoire : un tueur ensérie nargue la police et la presse en se vantant deses exploits. Il transforme ses poursuivants enmaniaques, en obsédés, qui pendant des années nevont plus penser qu'à lui. Dans Zodiac, deux journalisteset un policier passent vingt-deux ans, de1969 à 1991, à poursuivre une ombre, à oublierfamille et vie réelle, pour un monstre qui n'a peutêtremême pas commis les meurtres dont il sevante. Ce que réussit Fincher, c'est d'abord d'emporter,pendant deux heures trente-six, son spectateurdans une histoire constamment intéressante,jamais ennuyeuse ou inutile et surtout d'uneclarté remarquable. Beaucoup de personnages,des ramifications géographiques et chronologiquesmultiples, des voies sans issue, des suspectstrompeurs, des sautes dans le temps tout àfait irrégulières : au bout du compte, on comprendtout, on est entraîné par un meneur de jeu absolumentmaître de son sujet. Impeccable artisan,M u s i q u ePETITES OREILLESUn duo d’auteurs-compositeurs-interprètespour une bouffée d’air enfantine. Avec « Tupeux dire », Amipagaille lâche de bien joliesbulles de savons où il est question devoleur de lune, d’un son si haut à la BobbyLapointe, de bruits bizarres. De quoi nourrirles petites oreilles de tendres mélodies,de mots qui jouent avec les sons.Sophie Forte, comparse de LaurentRuquier, nous dévoile un album de chansonspour les 6/10 ans, un poil plus lisse, oùil est question d’une soeur amoureuse, d’ungrand-père au cimetière, d’un tonton tata.Le message est bien passé et l’on peut chanter« maman dit qu’il ne faut pas » sur laversion instrumentale.Monica Lypso chante ses ragga comptinestraditionnelles revisitées à la mode afro-cubaine.Parodies chaloupées.Fincher est surtoutmodeste. Ilse contente defaire ce que lesAméricains onttoujours sufaire: raconterles histoires. Pas de lyrisme mal placé, aucun pathos.Contrairement à De Palma, Fincher raconteson affaire sans frime et finit évidemment par êtrebeaucoup plus profond. La pensée, la philosophiemême, arrivent après, grâce à la limpidité du travailcinématographique. L'émotion vient aussi dupassage visible du temps, des mondes qui se succèdentpendant ces années où San Francisco,comme le reste de la planète, subit les métamorphosesde la technique et où la vie des hommeschange au rythme des machines. Vous n'avez pasde fax ? demande l'un ; un autre présente un préhistoriquejeu de tennis sur écran de télévisioncomme un prodige de modernité. Pendant cetemps, le meurtrier continue à courir et à rire deses poursuivants.René MarxLes critiques de cinéma de Fenêtres sur Courssont sur www.laviedesfilms.comLaure GandebeufAmipagaille : Tu peux dire Victorie Music UniversalSophie Forte : Maman dit qu’il ne faut pas VictorieMusicMonica Lypso chante ses Ragga Comptines N°2Victorie MusicAGENDA« Les dimensions européennes etinternationales dans la formationdes enseignants »Ce colloque international abordera la dimensioninternationale de la professionnalitéenseignante sous deux angles : lesmobilités en formation professionnelled'enseignants, et les pratiques enseignantescar « il est nécessaire d'ouvrirles enseignants à la dimension européenneet internationale pour faire évoluer lesreprésentations et les comportements despopulations, de par leur mission auprèsdes jeunes. »Rens:"http://esup.bretagne.iufm.fr/coll-int. Du 11 au 13 juin 2007 : IUFM-Bretagne, 153, rue de Saint-Malo. -35000 Rennes« Défis pour l'éducation »Le GFEN organise son congrès autour dequatres grandes questions : « Un nouvelélan pour la démocratisation, Actualitéd'Henri Wallon* », « Savoir et création: une aventure humaine », «Transformer le rapport à la culture », «Former, transformer : des alternatives…», « Quels statuts pour quel projet ? ».Seront notamment présents : Concepcionde La Garza-Doray, psychanalyste pourenfants, Bernard Doray, anthropologue,psychiatre, Patrick Picard, conseiller formation continue,rédacteur au Café Pédagogique,Jean-Yves Rochex, professeur ensciences de l'EducationRens : http://www.gfen.asso.fr/incontournable/congres_2007.htmA Besançon, du 9 au 12 juillet 2007« Pédagogie Freinet et éducationdu travail, une pédagogie de rupturepour construire l'école populaire »Ateliers, débats, et conférences. Leschercheurs Yves Reuter, professeur ensciences de l'éducation, Nicolas Go, docteuren philosophie et Jean Le Gal, docteuren sciences de l'éducation, notamment,interrogerons la pédagogie Freinet.Rens:http://www.icemfreinet.info/travail-cooperatif/espace_organisation/rencontres/congresDu 17 au 20 août 2007au FIAP Jean Monnet - 30 rueCabanis - Paris 14 ème29


« LES JEUNES SONT CONFRONTES A CES FAITSTECHNOSCIENTIFIQUES POUR LESQUELS LESENSEIGNANTS NE SONT PAS ARMES »30N’y a-t-il pas un fossé entre les savoirs transmisà l’école et ceux auxquels les jeunes ont accèspar les médias?En effet, un écart ne cesse de se creuser entre lessavoirs transmis par les circuits « normaux » decirculation des savoirs - de la maternelle à l’université– et les informations diffusées à traversles médias sur la production technoscientifiqueque génère l’économie industrielle et que promeuventles services de communication ou demarketing des grandes entreprises sans que laformalisation théorique permette de constituersur ces résultats des points de vue transmissiblessous forme de savoirs. Le savoir a changé de nature,il est devenu très lié à la technologie, et ilconstitue de nos jours la première arme dans laguerre économique.C’est un savoir empirique qui fonctionne maisdont on ne sait pas, très souvent, donner une descriptionstrictement scientifique. On réalise parexemple avec les biotechnologies des artefactsvivants sans être en mesure de les décrire dans lecadre d’une théorie unifiée du vivant. D'où unénorme malaise : les jeunes sont confrontés à cesfaits technoscientifiques pour lesquels les enseignantsne sont pas armés pour transmettre à leursujet des critères de validité. L’extrême rapiditéde développement de ces savoirs produit un divorceentre les technosciences et la société,créant une situation endémique de non savoir.L’école apparaît en retard et perd sa légitimitéface aux médias qui promeuvent cette réalité pardes informations qui ne sont en rien des savoirs.Quel est précisément le rôle des médias dont leseffets sont très décriés dans l’éducation desjeunes ?Les industries de programme, comme la radio etla télévision, canalisent de plus en plus l’attentiondes enfants – mais en la détruisant. Le marketingutilise et détourne les mécanismes psychologiquesmis au jour par Freud dans le développementpsychologique de l’enfant : lorsquel’enfant est encore tout jeune il est structuré parl’identification primaire aux parents, qui est indélébile.Or la captation précoce de l’attentioninfantile par les médias se substitue à l’imago parentale– et détruit du même coup l‘image parentale.Bernard StieglerPhilosophe, directeur du département dedéveloppement culturel au CentreGeorges Pompidou, président d'ArsIndustrialis*, revendique dans un appelune nouvelle politique industrielle del'esprit pour s'opposer à l'emprise desmédias au service de l'économie demarché.L’école conçue à l’époque de Jules Ferry est uneinstitution qui a pour objet la transmission deprogramme de comportements par la formationde l’attention. Mais au XXème siècle, le capitalismeconfronté aux problèmes de surproductiondéveloppe les industries de programme pour canaliserl’attention des individus en vue d’en fairedes consommateurs et entrent en concurrenceavec l’école, ce qui ruine le travail mené à l’école.Et cela produit chez les enfants des troublesde l'attention et du comportement : c'est ce quevient de mettre en évidence l'étude américaine deFrédéric Zimmermann. Les enfants qui regardentla télévision de plus en plus tôt (40% des bébésde trois mois aux USA) souffrent ensuite de telstroubles à l’école.Vous exprimez la nécessité de reposer le problèmedes technologies de l’esprit. Pouvez-vous lesdéfinir ?Il est impossible de former des esprits, de produireun esprit attentif si on ne lui fait pas apprendredes techniques de l’esprit, des mnémotechniquesque les grecs anciens appellent des «hypomnémata ». L’écriture est une de ces techniques- celle que l’école primaire enseigne(comme écriture, lecture, calcul…). Cette intériorisationpsychique est si forte qu’on en oubliela dimension technologique. Mais il y a d’autrestechniques de l’esprit que l'école méconnaît, quisont les technologies contemporaines de l’informationet de la communication, ce qui la laissedémunie face aux médias et à la technoscience.Il faut donc tout repenser, mais par quel côtécommencer ?Toutes ces transformations technologiques dessavoirs doivent faire l’objet d’une formation,théorique et pratique, de tous les étudiants. Il fautun nouveau programme pour une nouvelle formationdes enseignants à tous les niveaux, formationqui exige de redéfinir le rôle des technologiesde l’esprit dans la formation des savoirs,de la Grèce antique à la physique quantique.Complétant la formation de l’attention par la pratiquede l’alphabet, cette formation aux technologiescontemporaines doit faire l’objet d’uneformalisation théorique du savoir profondémentrenouvelée, et induire de nouvelles pratiques.Cela suppose aussi de développer une industrieéditoriale. C’est en réalité un chantier de trèsgrande ampleur, qui suppose un programme industrielaussi bien qu’épistémologique, et qui devraitêtre au cœur du projet européen.Propos recueillis parMichelle FrémontQuelques référencesRéenchanter le monde – La valeur espritcontre le populisme industriel, Flammarion,2006Des pieds et des mains, Coll. Petites conférences,Bayard, 2006Philosopher par accident, Galilée, 2004

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