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MétierL’école Guy Môquet de Nogentsur-Marnecompte 14 classes etun orchestre. Dans une salle àl’étage, des dizaines de violons« L’éducationmusicale ne serésume pas à lapratique du violon.Les enfantsécoutent, chantent.Les concerts sontl’occasion de fairese rencontrer lesdifférentesapproches. »22de tailles différentes attendent les élèves.Cet après-midi les grandes sections de laclasse de madame Moréea ouvrent le baldes classes qui, du lundi au vendredi, de laGS au CM2, ont inscrit dans leur emploi dutemps 2 fois 30 minutes de violon.Un projet rare et ambitieux dont l’origineremonte à la réouverture de l’école en1996. Les locaux de l’école qui ne comptaitalors que 6 classes hébergeaient aussiun conservatoire de musique… Les premierscontacts ont pris la forme de présentationdes instruments présents dans lesmurs. Puis l’idée de faire pratiquer les enfantsest venue naturellement. Pour les initierà la pratique du violon, l’école a faitappel à Marie-Laure Paradis, professeuredans une association qui utilisait déjà l’enseignementen orchestre. Car si la pratiqueinstrumentale est une aventure en soi, l’objectifdu projet d’écoleest d’abord la pratiqueen groupe. C’estce que rappelle GuyCoquard le directeurqui dit de manièreprovocatrice : « Aufond, le violon ons’en moque, ce quinous intéresse c’estde donner l’occasionà tous les enfants depratiquer le « vivreensemble » ». Carau violon, on se doitd’écouter et de respecter les autres. C’estce que rappelle Salomé (GS) : « Quandon part pas tous en même temps, c’est pasjoli ».Un tel projet nécessite des financements :instruments et intervenant. D’un communaccord, l’équipe a demandé à la mairie detransférer sur « la classe orchestre » lebudget accordé pour les classes transplantées.Si pour les enseignants le violon est unbiais à la citoyenneté, pour les enfants c’estune expérience inédite. « La majorité desenfants de l’école n’aurait jamais eu l’oc-L’ECOLE GUY MOQUETJOUE SUR LA CORDECITOYENNESur les hauteurs de Nogent sur Marne, l’école Guy Môquet a construit sonprojet autour de la pratique du violon en orchestre, de la GS au CM2. Unemanière peu répandue de favoriser l’égalité des chances et de pratiquer le« vivre ensemble ».« Le travail enorchestre se ressenten classe. Il y a plusd’entraide, desolidarité. Larécompense n’estpas individuelle maiscollective. »casion de découvrir la pratiqueinstrumentale si on nela leur proposait pas », expliqueMarie-Hélène Munizenseignante en grande section.Nogent sur Marne estloin d’être un quartier défavorisé,mais l’école sur le «Haut » de Nogent accueilleles enfants des HLM alentourqui ont peu de chances de passer les portesd’un conservatoire ou d’une école de musique.Mais Marie-Laure précise : « Ce que l’onfait ici n’a rien à voir avec le conservatoire.On ne travaille pas le détail du gestemais on goûte au plaisir de la pratique musicalecollective ». Cet après-midi, lesélèves de grande section ont joué avec leviolon et chanté « les menottes sautentlégèrement… sur la corde de mi, sur lacorde de ré », les CE1 se sont amusés à reconnaîtredes notes et à jouer « Emiliejolie ». Et pendant la récréation, quelquesCM2 qui ont 6 ans d’orchestreà cordes derrière eux, sontvenus interpréter, pour le plaisir,un extrait de « West sidestory ». L’occasion pourMarie-Hélène de préciser queparmi eux, certains élèves ontdes difficultés scolaires et seretrouvent dans l’espace de laclasse orchestre intégrés et enréussite. Des petits jusqu’aux grands les visagessont concentrés et Marie-Hélènel’explique par le fait qu’en leur confiantdes violons, beaux objets fragiles, l’écoleles prend au sérieux et les responsabilise.Alors que l’année scolaire se termine, lesrépétitions pour le concert vont commencercar jouer de la musique c’est aussi donner àécouter. Les 9 et 21 juin les 300 élèves del’école Guy Môquet vont avec un quatuorprofessionnel à cordes interpréter les morceauxde comédie musicale et « faire joli »ensemble.Lydie Buguet

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