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avancer à gauchefait le Front populaire. Seul, de Gaullel’était le 18 juin 1940 ainsi que les résistantsanonymes de la première heure.Tout cela est une question de volontépolitique. Le peuple n’a pas vocation àêtre l’engrenage d’un système mystérieuxdestiné à financer les privilègesd’une minorité pendant que la majorités’épuise au travail pour des salaires demisère. Nous sommes un grand peuplequi doit d’abord retrouver la confiancedans sa propre capacité à redeveniracteur de son propre destin. Notrepremier allié pour changer, c’est nousmêmeset notre détermination. Notredeuxième allié, ce sont les autres peuplesde l’Union qui souffrent fondamentalementdes mêmes maux que nous. Notretroisième allié, c’est la réunion despeuples du Sud qui cherchent la voie deleur libération économique après avoirconquis leur émancipation politique.Toutes ces modifications, ces révolutionsnécessaires n’apparaîtront pas spontanément.Il faut commencer quelque part.Notre pays a le rayonnement, le poidshistorique et le poids politique pour êtreà l’initiative. Notre peuple a besoin dechangement, il doit être capable de lepromouvoir sans déléguer sa capacitéd’invention et sa créativité au monarqueélu. L’élection est un moment de la viepolitique, c’est un temps d’engagementfort. Le mouvement populaire doitpousser et encadrer le pouvoir politique.S’il n’en est pas ainsi, nous sommescondamnés à revivre les mêmes désillusionsrésultant des engagements nontenus après 1981, 1988, 1997 parce quele mouvement populaire a délégué sonrôle au pouvoir politique. Le sujet n’estpas d’améliorer la situation actuelle, c’estd’en sortir. Il n’est pas de rendre lechômage et la misère plus supportables,c’est de décider de les éliminer. Cela nepeut se faire que par des choix clairs. LesFrançais en ont assez qu’on leur dise quetoucher au mécano du grand capital esttrop difficile. Il faut sortir des mièvreriesproposées par le Parti socialiste tellesque l’augmentation du SMIC dans lecourant de la législature. Ainsi lapremière perspective qu’on offre auxplus pauvres, c’est d’attendre ! Est-ceainsi qu’on espère mobiliser notre peuplecontre les puissants pour établir unnouveau rapport des forces ?La question qui se pose, la plus importante,pour rompre avec la logiqueactuelle, c’est de décider une autre répartitiondes richesses. Plus pour ceux quitravaillent et ont travaillé toute leur vieet moins de dividendes pour les parasitesqui détruisent les économies nationaleset réduisent les peuples à la souffrance.Il y a de l’argent, beaucoup d’argent.Il faut le faire circuler autrement.Sans que la liste ne soit exhaustive, uncertain nombre de mesures fortes etimmédiates sont indispensables :• Augmenter les revenus en portant sansdélai le SMIC à 1500 € net par mois et enplafonnant les revenus du travail à 20fois le SMIC,• Plafonner les revenus annuels del’épargne à 20 fois le SMIC annuel à l’exceptiondes revenus réinvestis dans l’économie,dans l’emploi et dans larecherche,• Faire payer le coût des licenciementspuis de l’indemnisation du chômagequ’ils entrainent par les actionnaireslorsque les dividendes sont versés,• Interdire l’expatriation fiscale à l’instardes États-Unis,• Supprimer les niches fiscales et asseoirle calcul de l’impôt sur la totalité desrevenus. Rétablir la progressivité del’impôt,• Rétablir le pouvoir politique sur lesbanques centrales en mettant un termeà leur indépendance,• Réduire la dette en décidant un empruntobligatoire souscrit par les grandesfortunes et les très hauts revenus. L’empruntsouscrit pour 10 ans produira unintérêt égal aux taux de l’inflation,• Nationaliser les principales banques etétablissements financiers. Constitutiond’un ministère des participationspubliques dont la politique sera débattuechaque année au Parlement. La propriétépublique sera constitutionnalisée et sacession ne sera possible qu’avec un votefavorable des trois cinquièmes du Parlementréuni en Congrès,• Nationaliser l’industrie pharmaceutique,• Créer le concept de besoin vital dontaucun citoyen ne peut être privé (eau,électricité, gaz, santé, communication,transports),• Garantir le droit au logement dignegrâce à une contribution financière auxloyers qui ne pourra dépasser 20 % desrevenus de la famille,• Assainir les relations financières internationalesen restructurant les dettessouveraines, en supprimant les paradisfiscaux, en favorisant l’établissement denégociations mutuellement avantageuxavec les États disposant de fonds souverainsimportants pour stabiliser etréorienter la finance internationale.Est-ce une utopie que tout cela ? C’estune confiance dans les capacités de notrepeuple à écrire une nouvelle page del’histoire en coopération avec les autrespeuples. Oui, comme aurait pu le direSaint-Just, de Hanoï à Brasilia, de Parisà Johannesburg, tous ont un égal droitau bonheur ! n*Jean-Pierre Brard est député gauchedémocrate et républicaine de la Seine Saint-Denis.17MAI 2011- LA REVUE DU PROJET

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