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iomasse est le plus fort (humidité etapport solaire important). Il y a donc unelocalisation géographique préférentiellede la production, non pas commandéepar les hasards de la géologie, commec'est le cas pour le pétrole au Moyen-Orient, mais par le climat. Remarquonsque le gasoil et l'essence présentent desratios légèrement inférieurs à 1 du faitdes dépenses de transport et de raffinage.LES AGROCARBURANTS DIMINUENT-ILSL'ÉMISSION DE GES PAR RAPPORTL'UTILISATION DE CARBURANTS FOSSILES ?C'est la question centrale qui concentretoutes les controverses. Pour biencomprendre pourquoi, il faut évidemmentdépasser la vision simpliste selonlaquelle les GES ne seraient dus qu'auxdépenses d' énergie fossiles liées à laproduction des agrocarburants. En effet,le méthane, le protoxyde d' azote (issudes engrais) ainsi que le changementd'affectation des terres pour produireces agrocarburants pèsent lourdement,et c'est ignoré dans la plupart des études,y compris dans les critères européens,le bilan de la FAO et de l'AIE en est unexemple : Les pertes dues au relâchementde carbone et de méthane initialementstockés par les écosystèmesdétruits (forêt, tourbière, savane, herbage,culture vivrière..) et remplacés par desterres pour produire des agrocarburants,représentent une « dette carbone » équivalentà 48 ans d'économie de GESqu'engendrerait théoriquement uneculture de maïs-éthanol. Dans le casd'une conversion d'une partie de la forêtamazonienne en des champs de colzaéthanol,il faudra attendre 300 ans pourrevenir à l'équilibre, 400 ans dans le casd'une conversion de forêts tropicales endes plantations de palmiers à huile enIndonésie et Malaisie...On le voit, tousces délais dépassent largement leséchéances invoquées par le GIEC concernantl'urgence des mesures à prendrepour préserver le Climat (2050).En Europe du fait des réglementationslimitant la transformation de prairies ouforêts en nouvelles terres agricoles, ona plutôt le cas de substitutions de culturesde denrées alimentaires par des culturesd' agrocarburants. Cependant, avec l'actuellemondialisation du marché agricoleet le libre échange, cela provoque indirectementun changement d'affectationdes terres en dehors d'Europe : les réductionsde superficies consacrées aux blé,soja et maïs alimentaires dans les paysdu Nord (ou Brésil, Argentine) se traduisentdans le Sud par la mise en culturede nouvelles terres initialement en fricheou par des destructions de forêts tropicales.Un exemple : les seules exigences européennesd’ici 2020 d'incorporer 10 %d' éthanol et de biodiesel dans tous lescarburants, vont provoquer une extensiondes terres cultivées supplémentairesde 69 000 km 2 (la surface de laBelgique ou l'équivalent de toutes lesterres arables de la Grande-Bretagne...).La conversion de ces terres relâcheraientde 27 à 56 millions de tonnes de CO2 :ainsi l'impact serait de 81 à 167 % plusnéfaste en terme de GES que si on utilisaitdirectement les carburants classiquesou, dit plus simplement, l'équivalent del'émission en GES de 26 millions de véhiculessupplémentaires en circulationpendant 20 ans.Autre facteur sous estimé : l'émission deprotoxyde d'Azote (N2O), gaz au pouvoirréchauffant 300 fois plus important quele CO2 : c'est dire l'importance crucialed'une évaluation la plus exacte possiblede ces rejets liés à l'utilisation d'engraisazotés. Difficile à évaluer car il nécessiteune traçabilité de la vie des moléculesau delà des émissions directes : celasuppose une connaissance très fine ducycle de l'azote (cycle aussi importanten science de l'écologie que le cycle del'eau par exemple). Avec un coefficientd'émission de 1 % jusqu'ici admis, ce gazannulerait de 20 % les réductions deGES des agrocarburants. Cependant desétudes récentes montrent qu'on seraitplus proche de 3 % voire 5 % ce quidisqualifierait les agrocarburants dès lorsqu'ils nécessiteraient l'utilisation d'engraisazotés.Pour une étude plus large des atteintesà l'environnement, il faudrait inclure lespollutions dues aux engrais, pesticideset la forte consommation en eau de cescultures : 9 000 litres d'eau sont parexemple nécessaires pour produire unseul litre d'agro-diesel à base de soja(4 000 litres pour le cas de la canne àsucre ou du maïs). L'impact sur la biodiversité,évidente dans le cas de destructionsde forêts tropicales, est tout aussiréel dans le contexte Européen avec desmonocultures et une pression chimiquesur les terres qui les vident de toutesleurs richesses biologiques.Enfin, beaucoup d'espoirs sont portéssur les agrocarburants de 2 e génération :le rendement énergétique serait supérieurd'un facteur 10 en moyenne, parrapport à la première génération, du faitdu progrès que constitue la possibilitéde décomposer la plante entière pourfabriquer les agrocarburants (graine ettige contre graine seulement aujourd'hui).Mais le procédé reste encore expérimentalet ne règle pas tous les problèmesprécités. n37MAI 2011- LA REVUE DU PROJET

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