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LE MOIS DE LASSERPEEditorialLiberté, égalité, fraternité ?Nos grands partis politiques sont pour la libre circulation…celle des marchandises. De préférence des soussolsdu Sud vers les magasins du Nord. Pourquoi s'étonnerque les habitants du Sud veuillent profiter de ces richessesen cherchant à venir eux aussi au Nord ?Le processus de décolonisation mis en place dans les annéessoixante du siècle dernier entre la France et l'Afrique a été soigneusementnégocié pour que nos multinationales puissent continuerà exploiter la richesse des pays colonisés, que ce soit parle contrôle politique des structures, le plus souvent dictatoriales,soutenues par notre diplomatie, ou par le contrôle des flux migratoiresen fonction de nos besoins en main-d'œuvre, bien loinde tout souci humain.Ce pillage facilite évidemment notre "croissance économique".Cette croissance qui, après avoir détruit le Sud, appauvrit aujourd'huide plus en plus de monde également au Nord.Les années passent. Au Sud, les révoltes sont réprimées, les opposantsdisparaissent, le népotisme permet le maintien de la structure,les multinationales engraissent leurs complices.Alors la liberté là-dedans ? Celle du renard européen dans le poulaillerafricain ?L'égalité, la fraternité : nos candidats aux élections vont saliver àl'évocation de ces mots dans les mois à venir. Mais ne comptez pastrop sur eux pour ouvrir les dossiers noirs de la Françafrique.Après avoir récemment traité de l'Afrique sub-saharienne (1),nous revenons sur ce dossier, cette fois-ci du côté du Maghreb.Francis Vergier ■(1) Voir Résistance à la Françafrique, Silence n°335.SILENCE N°344 Mars 20073


France-MaghrebDRCimetière marocain avec vue sur la mer.


émigrés (8). D’autres demandes transparaissentdans les déclarations officielles etofficieuses, comme celle d’un infléchissementde la position de l’UE sur le Saharaoccidentalou d’une augmentation desinvestissements européens au Maroc.Dernier élément de négociation, lamanne financière accompagnant la demandeeuropéenne de renforcement dudispositif répressif des migrants clandestins.Ce sont ainsi plus de 40 millionsd’euros qui sont mis sur la table en 2005.Mais le Maroc, jugeant sans doute cettesomme insuffisante, va manifester unegrogne politique et diplomatique dont lesmigrants feront les frais.En décembre 2004, quelques joursavant la visite du roi d’Espagne au Maroc,un campement de plusieurs centaines demigrants à Gourougou, à quelques encabluresde l’enclave de Melilla, est violemmentévacué par 1500 militaires marocains.Quelques semaines plus tard, alorsque les journalistes affluent du mondeentier pour rencontrer les migrantscachés dans la forêt de Bel Younech, àproximité de Ceuta, des rafles sont organiséeset la surveillance est accrue. Enseptembre 2005, alors qu’un sommet despremiers ministres espagnol et marocain(8) Les expatriés maghrébins renvoient chaque annéeentre 5 et 10 milliards d’euros dans leur pays, dont 3,6milliards (en 2005) pour les Marocains.( 9 ) Vo i r h t t p : / / w w w. g i s t i . o rg / d o c / a c t i o n s /2006/rabat/index.html ou http://je.free.ma/modules.php?name=News&file=article&sid=396(10) Et de leurs “bras armés” sur le terrain, tels leHaut Commissariat pour les réfugiés (HCR) de l’ONUou l’Organisation internationale des migrations(OIM), agence intergouvernementale.est en préparation, des arrestations massivesde migrants subsahariens ont lieudans les quartiers populaires de Rabat,Casablanca, Fès et Tanger.C’est sans doute d’ailleurs dans cettestratégie médiatique de tension-répression-négociationqu’il faut chercher l’unedes explications des assauts désespérésdes grillages de Ceuta et Melilla par descentaines de migrants subsahariens à l’automne2005.Respecter les droitset la dignitédes personnesDepuis septembre 2005, rien n’a vraimentchangé au Maroc. Les migrants subsaharienscontinuent de se cacher dansles faubourgs des grandes villes et d’éviterles rafles incessantes, comme celle du 23décembre 2006 à Rabat, où plus de 300clandestins ont été reconduits dans ledésert, à la frontière algérienne. Les voiesde l’émigration existent toujours, pluslongues et dangereuses, par le Saharaoccidental, la Mauritanie ou le Sénégal endirection des Iles Canaries, par la Tunisieet la Lybie, ou par Gibraltar, toujours. Legouvernement marocain, bon gré mal gré,coopère et renforce sa répression, renvoyantlui aussi la question vers ses voisinsdu sud, comme la Mauritanie ou leMali.DRLe Roi du Maroc, Mohammed VI.Seul réel espoir dans ce portrait,l’émergence, depuis quelques années,d’une parole forte de la société civilemarocaine pour un véritable respect desmigrants. De nombreuses organisationsagissent aujourd’hui (9) et portent, enlien avec les mouvements européens,l’exigence d’une autre politique d’immigration,respectueuse des droits et de ladignité des personnes. A l’occasion desForums sociaux continentaux et des rencontreseuroméditerranéennes qui se sontmultipliées depuis quelques années danscette région, ces organisations nous rappellentque l’exigence d’un autre modèlede développement et de gouvernancemondiale est inséparable de l’exigenced’hospitalité et d’ouverture dans unmonde en mouvement.Toutefois, ce mouvement est encorefragile. Si l’émergence d’une parole de lasociété civile est réelle au Maroc ces dernièresannées, le régime y reste peudémocratique et les associations étroitementsurveillées. Dans les pays voisins,Algérie, Tunisie ou Libye, ce mouvementde solidarité est encore plus confidentielet réprimé. Surtout, une part des millionsd’euros proposés par l’UE pour la politiquede sous-traitance est aujourd’huiproposée aux organisations humanitairesinternationales et nationales pour qu’ellesparticipent à cette délocalisation de lagestion de l’immigration, que ce soit endéveloppant des projets d’aide au retourdes clandestins, des lieux d’accueil ou desprogrammes d’aide humanitaire sur place.Ces fonds importants ont plusieursconséquences dangereuses : ils fragilisentun mouvement citoyen naissant, mal préparéà ces mannes financières et auxmanipulations et injonctions des financeurseuropéens (10). Les associationsdoivent faire un choix politique difficileentre leur souhait légitime de venir enaide concrètement aux milliers de clandestinssur leur sol et l’acceptation durôle imposé de sous-traitant que signifieraitle développement de programmesd’action humanitaire d’envergure. Le renforcementdes réseaux internationaux,d’une solidarité de terrain et d’une parolepolitique indépendante des enjeux politiqueset diplomatiques sont autant dedéfis pour les années à venir.Jérome Martinez ■Coordinateur adjoint du servicede défense des étrangers reconduits de la Cimade.Pour plus d’informations, consulter le sitedu réseau Migreurophttp://www.migreurop.org/rubrique54.html.Migreurop est un réseau européen d’étude,d’analyse et de mobilisation contre les politiquesd’enfermement et de répression desmigrants.A lire absolument : Guerre aux migrants,le livre noir de Ceuta et Melilla, ouvrage collectif.En téléchargement libre sur le sitede Migreurop.SILENCE N°3447Mars 2007


France-MaghrebTunisie : derrière le soleil etla douceur… l’acharnementDiscours de clôture de Ben Ali, président de la Tunisie, lors du sommet de l’ONU, en novembre 2005,sur la “fracture numérique”, dans un pays où internet est très contrôlé !DRLa Tunisie, son soleil, ses plages, sespalmiers, sa tradition d’accueil etde tolérance… Mais aussi son régimepolicier impitoyable, ses enlèvements,ses tortures ; et son président Ben Ali, désormais“président à vie” suite au référendumdu 28 mai 2002 qui lui a permis defaire entériner par un peuple bâillonnéson droit à se représenter indéfiniment àla présidence : en 2004, 2009… UneTunisie décrite à l’envi par les dépliantstouristiques comme le “pays du sourire”et de la “douceur de vivre”, qui bénéficieen outre de la bienveillance voire de lacomplicité de la communauté internationale,notamment de l’Etat français.Pourquoi une telle complaisance ? Que secache-t-il derrière cette image trompeused’un pays qui accueille chaque année plusieursmillions de touristes ?Un peu d’histoire…A l’origine, une terre de Berbères,occupée successivement par les phéniciens— qui fondèrent la célèbre cité deCarthage — les Vandales, les Romains etenfin les Arabes, au 7 e siècle, avec denombreuses dynasties dont les Fatimides.Au 18 e siècle, la France s’implante par laforce, en occupant surtout la région côtière.En 1883, elle impose son protectorat.En 1907 est créé clandestinement le Néo-Destour, parti révolutionnaire et autonomisteque Bourguiba contrôlera en 1934.En 1954, alors que la France a dû capituleren Indochine face au Viêt-minh etqu’éclatent les prémisses de la guerred’Algérie, Mendès-France accorde à laTunisie l’autonomie interne, qui se transformeraen indépendance en 1956.Commence alors le long règne autoritaire– sinon dictatorial – de Bourguiba, quiinaugurera très vite les élections triomphalesà 99 %, devenues une spécialitétunisienne. Un régime marqué par la prédominanceabsolue du parti unique, leNéo-Destour ; par l’étouffement de toutevie politique et syndicale — le puissantsyndicat UGTT (Union générale des travailleurstunisiens) est mis au pas ; et pardes émeutes populaires épisodiques,comme la “révolte du pain” en décembre1983, toutes écrasées dans le sang. Enoctobre 1987, Zine el-Abidine Ben Ali estnommé Premier ministre. Il destitueraBourguiba le 7 novembre pour “incapacité”.En juin 1988, le multipartisme estautorisé. Mais il restera une fiction, leRCD (Rassemblement constitutionneldémocratique) devenant le nouveau partidominant quasi exclusif. En avril 1989,Ben Ali, seul candidat, est élu présidentà la quasi-totalité des voix (99,7 %). En1994, il sera réélu à 99,6 % ; en 1999 à 99,4 % et en 2004 à… seulement 94,48 % .Un régime liberticideIl faut lire les nombreux rapports internationaux,notamment ceux d’AmnestyInternational, pour réaliser à quel point lerégime de Ben Ali est répressif et dictatorial.Voici la présentation synthétique desatteintes aux droits de l’homme qu’onpeut lire dans le dernier rapportd’Amnesty international concernant l’année2005 : “Plusieurs dizaines de personnespoursuivies pour activités terroristes ont étécondamnées à de lourdes peines à l’issue deprocès inéquitables. De nouveaux cas de tortureet de mauvais traitements ont été signalés.Des centaines de prisonniers politiques,dont certains étaient des prisonniers d’opinion,restaient incarcérés. Un grand nombred’entre eux étaient détenus depuis plus de dixans. Bien que le gouvernement ait promis demettre un terme aux placements prolongés àl’isolement, des informations faisaient toujoursétat du recours à cette pratique ainsique de la privation de soins médicaux. Laliberté d’expression et d’association demeuraitsoumise à de sévères restrictions.”SILENCE N°3448Mars 2007


On a du mal à imaginer la nature etl’intensité du harcèlement dont sont victimesquotidiennement les démocratestunisiens. L’avocate Radia Nasraoui, qui asuivi une grève de la faim de plus d’unmois et demi fin 2003, a vu son cabinetsaccagé quatre fois, la porte de son appartementincendiée, son courrier intercepté,ses bagages systématiquement fouillés,ses livres et ses documents saisis à plusieursreprises à l’aéroport, les membresde sa famille harcelés, et elle a été sévèrementbattue dans la rue par des policiers(nez cassé, coupures au front et nombreusescontusions). Moncef Marzouki,médecin, écrivain, président d’honneurde la Ligue tunisienne des droits del’homme, a passé de nombreuses annéesen prison, a subi de multiples interrogatoires“musclés”, est l’objet de harcèlementsquotidiens. Il a été, le 26 octobredernier, débarqué brutalement d’un taxicollectif à 8 km de son domicile de Sousseet insulté par une cinquantaine de “malabars”en civil qui l’attendaient. Il a dû parcourirle trajet sous les insultes desmêmes nervis… Dernier exemple, parmitant d’autres : l’ONU a organisé un sommetsur la “fracture numérique” Nord-Sud en novembre 2005 en Tunisie, où laliberté d’expression n’existe pas et oùl’Internet est verrouillé. Au mêmemoment, Robert Ménard, secrétaire généralde Reporters sans frontières, s’est vuinterdire d’entrer en Tunisie pour participerà ce Sommet et refoulé aussitôt enFrance. “Vous n’êtes pas le bienvenu”, lui a-t-on dit. Par ailleurs, ChristopheBoltanski, envoyé spécial de Libération àce Sommet, est agressé en pleine rue, à unendroit pourtant quadrillé par la police,battu, mis à terre, blessé d’un coup decouteau, délesté de son sac de reporter.Et, quelques semaines après le sommet, lepouvoir tunisien a emprisonné septjeunes dont le seul tort était d’avoir oséaccéder à l’Internet par le biais d’uncybercafé ; ils ont été arrêtés par la police,détenus arbitrairement et torturés pendantleur interrogatoire.Notre ami Ben AliL’extrême bienveillance, voire l’ouvertecomplicité des autorités françaises endirection du régime tunisien, remonte àloin, et nous étions déjà nombreux enFrance à dénoncer dans les années 80 lesoutien de l’Etat français au régime deBourguiba. La dernière visite officielle deChirac en Tunisie date de décembre 2003,DRMégalomanie des dictateurs.au moment où l’avocate Nadia Nasraouien était à plus d’un mois et demi de grèvede la faim. Chirac a déclenché un véritabletollé en France et parmi les militantstunisiens des droits de l’homme, quand ila osé déclarer : “Nous avons aussi enFrance des personnes qui ont fait la grève dela faim, qui l’ont faite, qui la feront”. Etd’enfoncer le clou en se livrant à un plaidoyerdes “libertés réelles” : les Tunisiensont le “pain”, cela passe avant la “libertéformelle”. Ce qui rappelle sa fameusedéclaration, dans les années 95, selonlaquelle “l’Afrique n’est pas encore mûrepour la démocratie”... En janvier 2005,Jean-Pierre Raffarin, alors Premierministre en visite à Tunis, n’a eu que deslouanges à la bouche : “le président Chiracet le président Ben Ali ont la même vision dumonde. On a des raisons de s’aimer, de secomprendre. J’aime la Tunisie et lesTunisiens”, a-t-il résumé…Pourquoi une telle complaisance de lapart de la France mais aussi, d’une façonplus générale, de la communauté internationale? Pour deux raisons essentielles.D’une part, le régime tunisien, en étouffantd’une façon impitoyable toute oppositionislamiste, emprisonnement massifet torture systématique à l’appui, estperçu comme un rempart efficace face aurisque de contagion “terroriste” et islamiste.Surtout au regard du voisin algérien…D’autre part, Ben Ali s’est vite inscritdans la droite ligne de la “modernité”des années 80, celle des politiques d’ajustementstructurel dictées par le FMI(Fonds monétaire international), et desprivatisations néo-libérales tous azimuts,au détriment des services publics. Il a éliminétout obstacle à cette politique, enpremier lieu en brisant la puissante centraletunisienne, l’UGTT. Un choix du“tout-libéral” qui se retourne non seulementcontre le peuple tunisien, maiscontre les intérêts économiques de laTunisie, dans la mesure où l’abrogation del’accord multifibres intervenue le 1 er janvier2005, approuvée bien imprudemmentpar Ben Ali, a rapidement “sinistré”l’industrie textile du pays, du fait de laconcurrence chinoise et de la délocalisationmassive des unités de productionvers la Chine. Faut-il préciser que laTunisie était le quatrième fournisseur del’Union européenne jusqu’en 2004 ?D’autre part, la mise en œuvre de l’accordde libre échange avec l’Union européennepermet désormais aux produits européensd’entrer librement en Tunisie et de faireune rude concurrence aux productionslocales.Solidarité urgenteavec les forcesdémocratiquesIl faut en premier lieu dénoncer cesilence complice des grandes puissances,notamment de notre gouvernement. Eninformant inlassablement sur les atteintespermanentes aux libertés et aux droits del’homme perpétrées par le régime de BenAli, en “démontant” ce mythe persistantd’une Tunisie qui serait avant tout uneterre d’accueil et d’hospitalité. En développantpar ailleurs une solidarité activeet de plus en plus élargie avec les militantstunisiens, si courageux — nousn’osons pas dire héroïques — qui luttentpied à pied, au prix de leur intégrité et deleur vie pour les libertés et les droits del’homme. En apportant notre soutien auxresponsables de la Ligue tunisienne desdroits de l’homme — comment ne paspenser à Moncef Marzouki — pourqu’elle puisse exercer son activité ; enappuyant d’une façon générale toutes lesexpressions démocratiques aux niveauxassociatif, syndical, politique, qui essaientde se faire entendre dans des conditions sidifficiles. Entendrons-nous ces appels ?Jo Briant ■Animateur du Centre d’informationinter-peuples de Grenoble.SILENCE N°3449Mars 2007


France-MaghrebDepuis 1992, la violence quiravage l’Algérie nous est présentéecomme une guerred’intégristes islamistes contre des militairesqui se battent pour sauver ladémocratie. Quant à la France, ellese serait contentée d’une bienveillante“neutralité”. Aujourd’hui, ce scénarioapparaît comme une vasteconstruction médiatique. C’est ce quemontrent, preuves à l’appui, LounisAggoun et Jean-Baptiste Rivoire, lesauteurs de Françalgérie, crimes etmensonges d’Etats (La Découverte,2005). Pendant six ans, ils ont enquêtéen Europe et Algérie, recueillantdes dizaines de témoignages, recoupantdes centaines de sources. Ilsmontrent ainsi comment, dès 1980,un petit groupe de généraux algériensa conquis progressivement lepouvoir, tout en développant les réseauxde corruption de la “Françalgérie”.Depuis 1988, ces hommes ontinstrumentalisé l’islamisme radical,notamment pour s’assurer le soutiendurable de Paris. Et, depuis 1992, ilsont lancé une terrible “troisièmeguerre d’Algérie” en multipliant lesopérations “attribuées aux islamistes”: assassinat du présidentBoudiaf, meurtres d’intellectuels,massacres de civils et de militaires...Pour faire pression sur la France,leurs services secrets ont organisé despectaculaires et meurtrières actionsde “guerre psychologique” contre descitoyens français, en Algérie commedans l’Hexagone. Pour la premièrefois, ce livre démonte les rouages del’extraordinaire machine de mort etde désinformation conçue par les générauxalgériens et les complicitésdont ils ont bénéficié en France pourcacher à l’opinion publique occidentalele seul but de la guerre qu’ils mènentcontre leur propre peuple : semaintenir au pouvoir à tout prix,pour conserver les milliards de dollarsde la “corruption pétrolière”.Dans l’article qui suit, nous avons demandéà Lounis Aggoun de nous présenterl’Algérie d’aujourd’hui.Alger.Françalgérie :déclin ou mutation ?On nous parle d’un peuple réfractaireà la modernité, qui nie tout progrèsscientifique, enferme sesfemmes derrières des cages de tissu et lesprive d’éducation, refuse la démocratie etpréfère le joug de “traditions” introuvablesdans aucun siècle passé. Un peuplequi hait tout étranger ou non-musulman.Pis, un peuple qui se hait tant lui-mêmequ’il veut s’infliger une vie de privation etde douleur, de maladie et de mort. Cepeuple masochiste, ce serait le peuple algérien.Ce peuple prétendument belliqueux,terroriste, inculte, incompétent, arriéré,n’aspirerait de surcroît qu’à empoisonnerl’Europe et le reste du monde démocratiquede sa violence, de ses idées passéistes,de sa drogue, à souiller ses côtesde cadavres de naufragés et, pour les rescapés,à grossir les rangs de la “racaille”incendiaire qui grouille dans les banlieuesfrançaises. C’est ce portrait que dressentde lui par petites touches les médias français,bien inspirés en cela par les générauxalgériens.Ce portrait qui défie l’entendement nedevrait faire illusion chez personne. Maisnous sommes dans une ère aux conscienceségarées. Le mensonge dispose demoyens illimités pour se promouvoir etl’islamophobie, la xénophobie, la peur duterrorisme, l’insécurité et tant d’autresfléaux sont articulés pour annihiler enchacun toute velléité d’esprit critique. EnFrance, une brochette d’”experts” et dedirecteurs d’”observatoires” — qui sontautant d’officines des services secrets —disposent de toute la couverture pourprêcher le dogme : les Algériens sont dedangereux terroristes, avérés ou aspirantà l’être. Tant pis si tous les attentats quiensanglantent le monde impliquentSaoudiens, Jordaniens, Tunisiens,Marocains, Pakistanais et rarement desAlgériens. Il suffit de présenter les résultatsdes enquêtes en mouillant “la filièrealgérienne” ; qui exigera des preuves ?Que ces accusations gratuites soientdémenties systématiquement par les faitsimporte peu, puisque les Algériens ne disposentd’aucun levier pour exiger réparationcontre cette atteinte continuelle àleur intégrité morale collective ; d’autantqu’une affaire n’est jamais close qu’uneautre occasion n’offre déjà de salir àmoindre frais leur réputation.DRSILENCE N°34410Mars 2007


L’Algérie bidonville :la victime,c’est le coupableOn aura rarement vu, dans l’histoirede l’humanité, un régime qui voue unetelle haine au peuple sur lequel il s’exerce.Après 45 ans d’horizons fermés, lesAlgériens qui le peuvent encore sacrifientleurs ultimes deniers, misent leur vie,dans une fuite éperdue pour rejoindre lescôtes européennes salvatrices. Leursfemmes se prostituent pour nourrir leursenfants, leurs fillettes sont livrées enesclavage à des familles de nantis. Ladrogue ravage les jeunes, des contingentsde mendiants et de SDF hantent les ruesdes villes, des bidonvilles poussentcomme des champignons, des dépotoirssauvages s’étendent à perte de vue dansles campagnes, des maladies rivalisentd’ardeur, que nul ne songe à soigner ou àprévenir — sida, choléra, peste, tuberculose,gale, botulisme, trachome… Le pouvoird’achat a été divisé par 20 depuis1990, pour un coût de la vie équivalent àcelui du 16 e arrondissement de Paris. Lechômage frise des sommets insoupçonnés; des ingénieurs acceptent des salairesmisérables, l’équivalent de 25 euros parmois, qui ne suffisent pas aux besoinsd’un seul jour. La criminalité atteint desproportions effarantes, avec son cortèged’enlèvements louches ; la violence d’Etatredouble comme au bon vieux temps dela colonisation, et la violence privée pisqu’au Moyen-Age. L’Algérie, c’est le chaosen dorures.L’Algérie -Club des pins :Etat criminel aboutiC’est un pays sur lequel les dirigeantspeuvent faire déferler la barbarie dix ansdurant, faire tuer 200 000 innocents, fairedisparaître 18 000 d’entre eux, réduireson économie en miettes, vouer sonpeuple à la calamité, détruire lesmoindres ressorts sociaux, et recevoir lesfélicitations des “grands” du “mondelibre”. Et une licence mondiale “to kill”.L’Etat algérien ? Une bande de brigandsqu’aucune loi ne restreint, qui seservent dans le Trésor public à volonté.Alors que l’affaire aux 7 milliards d’eurosde détournements de la banque privéeKhalifa n’en finit pas de s’enliser, ondécouvre que les banques publiquesn’avaient rien à lui envier. Les montantsen cause ont l’allure de budget d’Etat. Lescoupables ? Les directions même de cesorganismes, lampistes aux commanditairesintouchables. Dossiers à classer…Une économie réduite à la portioncongrue, les produitsdu sous-sol, comptentpour 97 % de sessources de revenus.De quoi vouer unpays à la banqueroute.Par un de ces hasardssordides, des milliardsà n’en plus finir tombentdu ciel, grâce à laflambée des prix dupétrole ! Affectés àl’éducation et à lasanté, à l’économie età ses infrastructures ?Nenni ! Détournéspour étouffer dansl’œuf toute velléitéd’émancipation dupeuple, pour acheterles outils de sa répression,pour entretenirune faune internationale de prédateursimpitoyables, d’appétits insatiables, engagésdans des spoliations et des convoitisestotalitaires. Des milliards de dollars brûlésdans des projets grotesques, comme siune course contre la montre imposait destransactions titanesques pour tout claquerau plus vite, tout en veillant à ce quenul Algérien n’en tire le moindre profit :Chakib Khelil (agent de la Banque mondialeet accessoirement ministre del’Energie et des mines) investit 8 milliardsd’euros dans la construction d’un pipelinevers le Nigeria, qui ne semble avoir pourintérêt que de permettre demain à Texaco,Chevron, BP, Exxon, Anadarko et autresTotal d’évacuer le pétrole algérien par lesud, lorsque les révoltes qui séviront aunord menaceront les installations qui traversentles régions peuplées d’”indigènes”.Puis il achète le plus grandméthanier du monde, comme s’il fallait sehâter de vider le sous-sol de sa moindrevapeur, sachant que les 32 millions deparias qui grouillent dans le pays finirontfatalement par contrarier cette saignée.Puis ce sont 11 milliards de dollars cashqui sont misés sur la construction d’uneroute. Aussitôt, le ministre des Travauxpublics se plaint de pressions ; pourLe mensonge disposede moyens illimitéspour se promouvoiret l’islamophobie,la xénophobie, la peurdu terrorisme,l’insécurité et tantd’autres fléaux sontarticulés pour annihileren chacun toutevelléité d’espritcritique.cause, au tarif minima de 15 %, le pot-devinfriserait 1,65 milliards d’euros…Du “tout-import”, générateur de commissions,l’économie algérienne s’estmuée en “tout-corruption”. La matièremême sur laquelle se greffe d’ordinaire lacorruption a disparu. Le pays est offert enconcessions, comme au bon vieux tempsde Léopold II, leSahara pour lesmultinationales etles meilleures terresagricoles et côtièrespour les magnats duGolfe. Les étrangersà Hassi Messaoudsouffrent-ils de lapromiscuité des80 000 Algériensqui y vivent ? Qu’àcela ne tienne :Chakib Khelil entreprendde construirepour ces derniers,selon les bons procédésde l’apartheid,une réserve touteneuve, dans un noman’s land égaré, oùil projette de lesplanter. Ne reculant devant aucun sacrificepour ses amis américains, il décideensuite de privatiser la ville pour l’extrairede la souveraineté du ministère del’Intérieur algérien. Un régime qui a dresséses frontières comme une gigantesqueprison dont il est l’indétrônable geôlier,supplétif au service d’intérêts hostiles aupays. Il ne reste plus à la propagande qu’àsévir pour expliquer que ce peuple méritebien toutes ces gémonies.DRBoutéflika, l’actuel président algérien.SILENCE N°34411Mars 2007


France-MaghrebLe rôle de la France :la désinformation,c’est l’informationEt les “intellectuels” algériens ? Ilsont des rapports d’addiction avec la dictature.Lorsqu’on les convie en France pours’exprimer, ce n’est jamais pour condamnerles forces destructrices qui se coalisentcontre leurs concitoyens, ce n’est paspour offrir leur miséricorde aux victimes,c’est au contraire pour les accabler davantage,pour les faire apparaître d’autantplus dangereux qu’ils se montrent docileset impuissants à se défendre. De l’ordredu sadisme. Charge ensuite à Bruguière,Sarkozy, Pujadas, Sfeir, Jacquard, etc., dedocumenter cette fiction, chacun dansson registre, pour blanchir la dictature,présentée comme seule capable d’empêcherce peuple de semer la désolation surla planète…Le résultat spectaculaire de la collaborationde l’Etat français avec cette œuvremorbide est que jamais la moindre imagedérangeante sur le régime algérien necrève les chroniques. Mieux, la communautéalgérienne en France est totalementinvisible, sinon pour alimenter les passionsislamophobes véhiculées par desreportages bidonnés, par des intervenantscaricaturaux, des imams moyenâgeux,des “médiateurs” et autres féministes arrivistes,des pseudo-intellectuels pyromaneset des bouffons du roi faiseurs d’opinionau gré de “sorties DVD”. Qu’en restet-ilune fois cette dizaine de propagandistespatentés écartés ? Rien. Du néant,victimes d’une Françalgérie œuvrantcomme le prolongement du DRS (1)en France, impliquant polices, politiqueset médias, multiples facettes d’une hainetenace qu’entretient encore une frangedes pouvoirs français à l’égard de cepeuple qui semble avoir commis un péchécapital qui le voue au tourment éternel.Mais…Retour de manivelleL’une des raisons qui ont amené deGaulle a se “dégager” de l’Algérie est prosaïque: il n’imaginait pas faire de dix millionsd’Algériens les égaux des Français,avec leur religion, leur culture et leurfaciès tellement peu gaulois. Sacrifier unmillion de colons, le Sahara et son pétrole,pour ne pas voir le sol français “pollué”de tant d’hommes en gandoura.Quarante ans après, ce sont déjà 3,5 millionsd’Algériens qui vivent en France,poussés pour l’essentiel par cette persistancecoloniale inavouable. Des chiffresque ne feront que grossir, en dépit de tousles murs et politiques répressives, à moinsd’imaginer une citoyenneté à deux collèges,un “Code de l’indigénat” enquelque sorte pour les “musulmans”, quileur interdirait toute alliance avec desétrangers et restreindrait leur proliférationpar décret.Combien de fléaux qui affligent laFrance pourraient trouver leur solutionen une simple politique digne, qui consisteraità renoncer à soutenir le régime desgénéraux algériens ? Une Algérie démocratiqueverrait un afflux des centaines demilliers d’exilés, ce qui inverserait defaçon substantielle la tendance migratoireactuelle. Un récent scandale a mis au jourle trafic de drogue en provenanced’Algérie, dont les commanditaires sontles plus hauts dirigeants — dont le généralKamal Abderrahmane, ami de CharlesPasqua, créateur des escadrons de la mort— un commerce qui introduit chaqueannée en France 300 tonnes de cannabis,pour ne parler que de cette substance.Pour se constituer le pactole avec lequelMittal Steel a pu acheter Arcelor, l’industrielindien s’est offert, pour une bouchéede pain, le plus grand complexe sidérurgiqued’Annaba, avec en prime les minesde fer qui l’alimentent. L’argent provenantdu dépeçage de l’économie algérienne faitainsi tôt ou tard son chemin pour ruinerl’économie française et son marché dutravail. Le terrorisme algérien est pourl’essentiel l’œuvre des généraux amis de laFrance. Comment peut-on croire un instantque l’on puisse se mettre à l’abri duterrorisme en en soutenant les principauxpromoteurs ? Les polémiques récentesautour de la “mémoire” prouvent que ladictature n’est jamais un interlocuteurviable. En niant toutes ces évidences, lesdirigeants français compromettent durablementles assises sociales, économiqueset sécuritaires de leur pays.Or cette Françafrique qui perduredans ses ressorts les plus abjects ne faitque s’accentuer. On pouvait espérer que laprésidentielle prochaine apporte quelquechangement. Hélas, les candidats offrentpeu de raisons d’y croire. Si Sarkozy estnotoirement l’héritier des réseaux Pasquaet Foccart, l’ami de tous les magnats quisaignent l’Afrique, Ségolène Royal — d’oùpouvait venir le salut — s’est entouréed’un cabinet réunissant les ex-conseillersde Mitterrand, architectes de la ruine del’Algérie depuis 1981 : Jean-Louis Bianco,Jacques Attali, Hubert Védrine, JackLang…Alors, déclin ou mutation de laFrançalgérie ? Une chose est sûre : l’horizondes Algériens n’a jamais été aussisombre en deux mille ans d’histoire ! Sileur malheur tient à des facteurs endogènes,la France est loin d’être hors decause. Sauf que la Françalgérie, initialementconçue comme une voie à sensunique, a muté pour gangrener en retourle sol français… Une affection qui n’aqu’un vrai remède : l’information.Lounis Aggoun ■DRBoutéflika et Jacques Chirac, sur le perron de l’Elysée.(1) Le Département du renseignement et de la sécurité(DRS), plus connu sous le nom de Sécurité militaire,est un service de renseignement de l’armée algériennespécialisé dans la lutte antiterroriste. Ce serviceopère dans le plus grand secret. Aucune institutioncivile n’exerce de véritable contrôle sur les pratiquesdu DRS. Voir http://web.amnesty.org/pages/stoptorture-060710-features-fra.SILENCE N°34412Mars 2007


Immigrés nécessairesmais peu désirésL’exploitation de migrants dans l’agriculture des Bouches-du-Rhône.Lors d’une conférence-débat àBamako organisée au cours de savisite au Mali en mai 2006, le ministrede l’intérieur français, NicolasSarkozy, a déclaré : “ je vous le dis franchement,économiquement la France n’a pasbesoin de l’Afrique” (1). En même temps,comme dans tant d’autres campagnesélectorales en France et ailleurs enEurope, l’immigration est de nouveau exploitéecomme thème central. La Franceserait victime d’une “immigration subie”,et désormais il s’agit de la remplacer parun nouveau concept miracle, “l’immigrationchoisie”. Ce n’est que le dernier slogand’une longue série débutée par ‘l’immigrationzéro’ lancé en 1974, lorsque laFrance a décidé de mettre fin à l’arrivéede travailleurs étrangers.Cependant, il est bien connu que denombreux secteurs économiques sontdepuis de longues années très largementdépendants d’une main-d’œuvre immigrée,avec ou sans papiers. Il s’agit, entreautre, du bâtiment et des travaux publics,de l’hôtellerie, de la restauration, de laconfection, et de l’agriculture, pour destravaux en général saisonniers. Ce sontdonc des activités qui, par nature, ne peuventpas se délocaliser dans les pays à bassalaires du Sud ou de l’Est.Ici nous n’évoqueronsque le secteur de l’agriculture quireste le moins visible, car les lieux de travailet de logement sont disséminés dansdes zones rurales, loin des grandes villesoù se sont concentrées les communautésimmigrées et les réseaux de solidarité. Laproduction intensive de fruits et légumesest la principale activité agricole quiemploie beaucoup de main-d’œuvre. Lemarché des fruits et légumes européensest totalement libéralisé et la loi du plusgrand profit pour un minimum d’acteursprévaut sur toute considération sociale ouécologique. Les producteurs subissentune pression de plus en plus infernale dela part des grandes centrales de distributionqui cherchent toujours à accroître aumaximum leurs profits. Ils sont devenusde véritables sous-traitants industriels àYohanne Lamoulèredomicile, cherchant à s’en sortir en compressant,coûte que coûte, le seul postebudgétaire sur lequel ils ont prise : l’emploi.L’OMI, filière légaled’exploitation destravailleurs immigrésL’industrialisation de ce secteur amené à la concentration de la productiondans quelques zones en Europe. Les conditionsde travail et de vie des ouvriersmigrants saisonniers y sont déplorables.Dans des pays comme l’Espagne et l’Italiela proportion de travailleurs migrantssans papiers et sans contrat est trèsimportante. Cette situation a été révéléeau public par des scandales particulièrementgraves, comme à El Ejido enAndalousie à la suite des ratonnades defévrier 2000 (2) et plus récemment dansla région de Foggia dans les Pouilles enItalie (3).Par contre, en France, la plupart desétrangers travaillant dans l’agriculturedisposent d’un statut légal. L’emploi desaisonniers étrangers est un phénomèneancien et a été géré par l’Office des migrationsinternationales (OMI) dès sa créationen 1945 (4). Au début il s’agissaitsurtout d’Européens : en 1946 on dénombrait10 880 Belges et 662 Italiens.L’année avec le plus grand nombre a été1972 avec 138 300 ouvriers, qui étaienten grande majorité des Espagnols, mais,déjà, on dénombrait 8626 Marocains et1145 Tunisiens. Après la fermeture desfrontières en 1974, l’OMI est devenue laseule filière légale d’introduction de travailleursétrangers en France, à travers(1) Cité par Nouhoum Keita de Radio Kayira, Bamako– http://www.kayira.org/article56.html(2) El Ejido –terre de non-droit, Forum civique européen, 2000 (éd.Golias, ISBN 2-914475-11-X).(3) « Esclaves enItalie », Le Monde du 23 septembre 2006, « Un saisonnieren enfer », Le Courrier international n° 830 du 28septembre au 4 octobre 2006.(2) El Ejido – terre de non-droit, Forum civiqueeuropéen, 2000 ( éd. Golias, ISBN 2-914475-11-X).(3) « Esclaves en Italie », du 23 septembre 2006, « Unsaisonnier en enfer », Le Courrier international n° 830du 28 septembre au 4 octobre 2006.(4) L’OMI a changé de dénomination en 2005 en intégrantla nouvelle Agence nationale pour l’accueil desétrangers et des migrations (Anaem).SILENCE N°34413Mars 2007


France-Maghrebdes contrats bilatéraux signés avec leMaroc, la Tunisie et la Pologne (5).Le contrat OMI permet aux exploitantsde retrouver dans un cadre légalbeaucoup d’avantages à l’emploi demigrants sans papiers. Le contrat a unedurée maximale de huit mois et à la fin decette période l’ouvrier doit se présenter aubureau de l’OMI dans son pays et attendreun éventuel nouveau contrat. Il n’existeaucune garantie, même après plus devingt années de service chez le mêmepatron. Il y a de nombreux abus par rapportaux salaires et aux heures nonpayées, aux conditions de travail et delogement, à l’accès à la sécurité sociale…Tout le temps passé en France par unsalarié OMI n’est pas pris en compte pourl’ancienneté du séjour sur le territoirenational. Un ouvrier peut travailler huitmois chaque année pendant 25 ans etn’avoir aucun droit pour obtenir un permisde séjour ou faire venir sa famille. Ilse crée une relation de dépendance anormaleentre ouvrier et employeur. C’estprécisément l’employeur qui, chaqueannée, demande la réembauche de chacunde ses salariés OMI. La moindrerevendication ou contestation d’un ouvrierse traduit par le non renouvellementde son contrat l’année suivante.Un collectif pourla défense des droits(5) Béatrice Mésini, CNRS : « Saisonniers étrangersdans l’agriculture méditerranéenne, les ressorts d’unemobilisation multi-niveaux », juin 2006(6) Parmi les membres se trouvent l’Asti, la Cimade,la Confédération paysanne, la Creops, Droit paysan,Espace accueil aux Etrangers, le Mrap, la CFDT, leForum civique européen, la FSU et la Ligue des droitsde l’homme.Depuis 2000 entre 10 000 et 15 000contrats OMI sont accordés, surtout à desMarocains et Tunisiens. Le départementdes Bouches-du-Rhône bénéficie du plusgrand nombre de ces contrats en France,avec environ 4000 chaque année. La réalitévécue jour après jour par ces ouvriersde l’ombre est restée quasi invisible pendantdes décennies. Ce n’est que depuisquatre ou cinq ans que quelques-unsparmi eux ont décidé de rompre la loi dusilence en dénonçant les exactions qu’ilssubissaient, soit en portant plainte contreleur patron ou contre des administrations,soit en lançant des grèves.Ce réveila certainement été encouragé par l’existencedu Collectif dedéfense des travailleursétrangers dans l’agriculture,le Codetras, créé en2002. Aujourd’hui ce collectifest une structuresans doute unique enEurope, regroupant dessyndicalistes, des travailleurssociaux enmilieu rural, des militantsdes droits de l’homme,des défenseurs de l’agriculturepaysanne, deschercheurs… (6)Le Codetras a mis enplace un réseau d’avocatset s’occupe actuellementde plus d’une centaine dedossiers d’ouvriers étrangersdevant les tribunaux.En septembre 2005, le collectif a publiéun Livre noir qui décrit “certaines situationsindividuelles et collectives, autantd’illustrations des ravages de la loi de lajungle qui régit l’agriculture intensive” dudépartement. Ce livre “est également teintéd’espoir car ces situations sont aussides exemples d’insoumission libératrice”.Un début de révolteNaïma, aide-soignante au Marocjusqu’en 1990, fut une des premières à serévolter. Elle est une des rares femmes quisoit venue en France avec un contratOMI. Bien que son bulletin de salaireporte la mention “ouvrier agricole”, elles’est retrouvée pendant plus de dix ansemployée de maison, travaillant de 6 h dumatin à 10 h le soir, s’occupant desenfants et de toutes les tâches ménagèrespour 600 € par mois. Chaque année lepatron a retenu 750 € sur sa paie pourcouvrir la redevance qu’il devait payer àl’OMI pour le contrat, ainsi que 150 €chaque mois pour le petit studio qu’ellehabitait. Heures supplémentaires nonpayées, pas de jours fériés, ni de congés,la loi du patron était claire : pas de droitde sortir ni de parler aux voisins, il lui amême fortement déconseillé de se marier,pour rester disponible jour et nuit. Elle atravaillé dans ces conditions jusqu’en2000 par peur de représailles envers safamille. Elle a décidé d’agir suite à unaccident de travail. Son patron a refusé dedéclarer l’accident et l’a jetée à la rue. Elles’est retrouvée sans travail, sans logement,sans argent et expulsable car soncontrat était terminé. Avec le soutien de laCGT, du Mrap et ensuite du Codetras,elle le dénonce devant la presse, porteplainte et réussit à obtenir une autorisationprovisoire de séjour (APS). En représailles,plusieurs membres de sa famillequi travaillaient pour le même patronrestent au Maroc sans travail l’annéesuivante, leur contrat non renouvelé. Ellea été également victime de menaces àplusieurs reprises. Les accidents de travailsont malheureusement bien tropcourants. Les ouvriers OMI doivent souventse lancer dans des bataillesjuridiques et administratives pour qu’ilssoient reconnus par l’employeur, traitéséquitablement par la Mutuelle socialeagricole (MSA) et pour se voir accorderun APS. Ahmed a travaillé chez le mêmepatron à Entressen de 1978 jusqu’au5 septembre 1998, date où il a eu un accident.Après 20 ans de travail pénible sousles serres, logé dans un local insalubresans eau potable, il fut fortement prié departir, car devenu inutile. Il décide derester et de se battre. En 2004 il gagne sonprocès et obtient le paiement de ses congés,de la prime d’ancienneté, le remboursementde la redevance OMI et enplus des dommages et intérêts. Il fautaussi se battre contre la mauvaise volontéde la MSA. Dans le cas d’Ahmed, la MSAn’a reconnu qu’un taux ridicule de 3%d’incapacité de travail alors que laCotorep lui reconnaît un handicap de50%. De nombreuses autres plaintes sonten cours, suite à des accidents de travail,mais peu d’ouvriers ont réussi l’exploitd’Ahmed.Le cas qui a reçu la plus grandeYohanne LamoulèreSILENCE N°34414Mars 2007


Yohanne LamoulèreYohanne Lamoulèrecouverture médiatique (7) est celui deBaloua aït Baloua, un Marocain qui a travaillé23 ans chez le même patron àCharleval avant de perdre son emploià cause de la vente de l’exploitation. Enmars 2005, quelques jours avant sonretour à Meknès, un ami lui montre uneannonce dans l’Agriculture provençale : ledomaine a été vendu. Son patron n’a pastrouvé utile de l’en informer. Il se rendcompte qu’il n’a aucune chance de trouverun autre contrat et ne peut prétendreà un quelconque dédommagement ouaide. Il a pourtant cotisé pendant 23 ansaux Assedic, mais celles-ci ne versent pasd’allocation chômage aux étrangers en situationirrégulière – sans contrat ildevient bien sûr un sans papiers. Alors,plutôt que retourner au Maroc où il apourtant des jeunes enfants, Balouadécide de se battre pour ses droits. Onestime à 6000 le nombre d’heures nonpayées. En tout, avec les congés, la primed’ancienneté etc., la somme due s’élève àenviron 200 000 €. Des plaintes sontdéposées avec l’aide du Codetras, maisdans des conditions très difficiles carBaloua est clandestin. Le préfet desBouches-du-Rhône refuse systématiquementde lui accorder un APS, malgré denombreuses interventions en sa faveur.Une première lueur d’espoir apparaît le(7) Voir surtout Le Monde, 28 avril 2006 : « Les petitspapiers d’un sans papiers »(8) Ce rapport peut être consulté sur le site duCodetras : www.codetras.org Voir également l’articlede Patrick Herman « Trafics de main-d’œuvre couvertspar l’Etat » dans le Monde diplomatique de juin2005.18 septembre 2006 lorsque le tribunaladministratif de Marseille ordonne aupréfet de lui délivrer “une autorisationprovisoire de séjour l’autorisant de travailler”.Une première APS de trois moislui a été délivrée par la suite.Esclavage moderne ?Qu’est-ce qu’un travail saisonnier ?Voilà une des questions fondamentalesque le collectif tente de soulever grâce àson travail juridique. Le contrat OMI n’arien de saisonnier : huit mois, avec deshoraires qui dépassent allègrement lesmaxima hebdomadaires autorisés par laloi. Un ouvrier doit ainsi accepter defournir entre 200 et 300 heures par mois.Dans le jugement du tribunal du 18septembre 2006, le juge considère queBaloua était “en réalité un travailleur permanentcar occupant un emploi permanent”et que son statut de saisonnier invoquépar le préfet pour rejeter sa demande detitre de séjour permanent n’était qu’une“apparence juridique que son employeur etl’administration avaient entendu donner àson embauche et à son séjour sur le territoirefrançais”. Cette reconnaissance officiellede la fiction de beaucoup d’emploissaisonniers en agriculture vient conforterles analyses des inspecteurs généraux del’agriculture et des affaires sociales dansleur rapport 2001-118 de novembre 2001tenu secret et naturellement sans suite(8).D’autre part, le collectif tente dedémontrer qu’une telle situation peut êtrerapprochée d’une forme moderne deservitude ou servage. La Convention relativeà l’abolition de l’esclavage, adoptéepar la France en 1956, définit le servagecomme “la condition de quiconque est tenupar la loi, la coutume ou un accord, de vivreet de travailler sur une terre appartenant àune autre personne et de fournir à cetteautre personne, contre rémunération ou gratuitement,certains services déterminés,sans pouvoir changer sa condition”.La première grèveEn juillet 2005 la contestation desouvriers OMI est passée à un autre stade.Une grève est lancée par un nombreimportant de travailleurs et pas dansn’importe laquelle des entreprises. Le Masde Poscros et la Sedac, sur la commune deSaint-Martin-de-Crau, constituent unepartie de l’empire de Laurent Comte, quiest le plus grand producteur de pêches enFrance. Avec plus de 1000 hectares cesdomaines fournissaient 11 % du marchéen France. 240 ouvriers marocains ettunisiens vivaient entassés dans des vieuxbâtiments agricoles ou dans des Algecosavec des sanitaires infects et sans eaupotable. Ils doivent tout acheter, les drapset couvertures, les assiettes, le gaz pourfaire la cuisine… et même leurs outils detravail. Onze heures de sueur et de poussièrepar jour, dont sept sont payées, troiscomptées comme heures supplémentairesà régler plus tard et une heure “gratis”.On ne leur fournissait pas d’échelles pourla récolte et ils devaient grimper dans lesarbres ou monter sur des caisses, ce quiprovoquait souvent des accidents.Officiellement le salaire était d’environSILENCE N°34415Mars 2007


France-Maghreb7 € par heure, mais le patron déduisait62 € par personne et par mois pour le“logement”. Pendant que la plupart faisaientla récolte, juste à côté d’autrestraitaient les arbres avec des sulfateusesremplies de pesticides, éventuellementinterdits, car les étiquettes desemballages étaient systématiquementenlevées. Ceux qui faisaient ces traitementstravaillaient sans cabine sur letracteur, sans masque ou vêtement deprotection, et de nombreux cas de maladieou de malaise ont été observés. Touteréclamation à ce sujet était suivie de menacesde rupture de contrat.Cette facecachée de nos pêches a été révélée grâce àla grève lancée par la totalité des 240saisonniers et soutenue par la CGT, enpremier pour réclamer les 300 à 400heures supplémentaires non payéesdepuis 2004. Toute la colère retenue silongtemps et le sentiment d’impuissanceface aux injustices, à l’intimidation et aumépris qui forment les fondementsmêmes de ce modèle d’exploitation agricole(c’est bien révélateur que le terme de“ferme” a cédé la place à celui “d’exploitation”…)ont été exprimés pour lapremière fois. C’était la première grève desaisonniers OMI de l’histoire, et cela s’estpassé chez le plus grand des patrons.Ces240 hommes savaient que tout ouvrierOMI qui s’était levé la tête pour réclamerles droits “garantis” par leur contrat etl’Etat français pouvait renoncer à toutespoir de revenir en France l’annéesuivante.Les prix les plus bas,l’exploitationla plus ignobleLa grève a duré une semaine et a contraintM. Comte à céder. Il a payé lesarriérés et a promis de fournir les outils,échelles et vêtements de protection.Quelques mois plus tard, cependant, il achoisi de déposer le bilan et abandonnerla production de pêches. Les services del’Etat ont remplacé les logements les plusinsalubres d’environ 90 ouvriers(pourquoi l’Etat, on pourrait se demander…).Par contre, l’engagement donné(9) En septembre 2006 des grèves ont éclaté au Maroclancées par des ouvriers agricoles exploités sur placepar des entreprises européennes. Voir Archipel (lemensuel du Forum civique européen) n o 142 d’octobre2006.La Roue ou la noriades saisonniers agricolesLes photos de cet article sont tiréesdu livre “La Roue ou la noria dessaisonniers agricoles”, une enquête avecdes photographies de Yohanne Lamoulèreet des textes de Patrick Herman surl’emploi des immigrés invisiblesdans l’agriculture.2007, 80 pages couleur, 21x21 cm,dos carré cousu, 18 € . Le livre peut êtrecommandé (sans frais de port) àl’association Khiasma Sud, 11, ruedes Frères-Silvy, 13600 Ceyreste.aux grévistes par le préfet de n’accepteraucun nouveau contrat OMI dans ledépartement en 2006 tant que lesgrévistes n’avaient pas trouvé un emploi,n’a pas eu la suite espérée. Sur les 240,seulement deux ont effectivement retrouvéun travail.Et pendant tout ce temps la concurrenceféroce sur le marché des fruits etlégumes continue. La guerre des centralesde distribution poussera de plus en plusd’entreprises soit à la faillite, soit à uneconcentration accrue soit à la recherchede lieux de production plus rentablesgrâce à des salaires encore plus bas (9).Ce qui est certain c’est que tout le mondereconnaît, exploitants agricoles en tête,que, “sans les OMI il n’y aurait plus d’agriculturecompétitive dans les Bouches-du-Rhône”. “L’immigration choisie” n’est doncguère un concept nouveau. Les pays occidentauxcomme la France ont toujours suattirer ou chercher les immigrés, avec etsans papiers, qui assurent le fonctionnementet la compétitivité de plusieurssecteurs économiques, grâce à des salaireset des conditions de travail inacceptablespour une grande majorité des Européens.Nicolas Sarkozy oublie un peu vite ladette que la France a envers les paysafricains, après tant d’années de travailpénible par des dizaines de milliers d’immigrésvenant de ce continent. Mais il estvrai qu’on peut actuellement constaterune nette augmentation du nombre d’immigrésvenant des pays de l’Est et aussides pays latino-américains à travers desréseaux de recrutement basés en Espagne.Ce sont ces derniers, surtout Equatoriens,qui ont remplacé des Maghrébins aveccontrat OMI dans certaines entreprisesagricoles des Bouches-du-Rhône.Plus généralement, le modèle de productionindustrielle qui trouve son illustrationla plus spectaculaire à El Ejido età Foggia n’est pas réformable, maisdevrait être complètement éliminé. Ils’agit d’une forme d’agriculture férocementcompétitive qui produit de la nourrituremalsaine pour des consommateursà la recherche des prix les plus bas, ne sesouciant pas du contexte social et environnementaldans lequel elle est produite.Ce système ne peut exister que grâce àl’arrivée de travailleurs immigrés prêts àaccepter toutes les conditions. Ce modèlesignifie aussi la ruine de la productionagricole locale de qualité. Il sera impossiblede changer quelque chose en profondeursans une remise en question fondamentaledes modes de production et deconsommation. Mais en attendant ce“grand jour”, il est nécessaire d’agir selonles circonstances. C’est pourquoi le travaild’un collectif comme le Codetras est siimportant.Nicholas Bell ■Pour plus d’informations, contacter :Codetras, BP 87, 13303 Marseille, Cedex 3,04 95 04 30 98,codetras@espace.asso.fr; www.codetras.orgNicholas Bell, Forum civique européen,04300 Limans, nicholas.bell@gmx.netLe Codetras a créé un comité de soutienà Baloua aït Baloua et également un fondsde soutien aux actions juridiques en cours,qui coûtent très cher. Ceux qui le souhaitentpeuvent envoyer des chèques, libellés aunom de la Ligue des droits de l’hommeet envoyés au Codetras.SILENCE N°34416Mars 2007


Médias■ Presse d’opinion et diffusion. Alexandre Nevière, dans le cadre d’unDESS à l’Université Aix-Marseille II, a réalisé une enquête sur la distributionet la diffusion de la presse d’opinion en France. Si depuis laloi sur la presse de 1881, l’édition d’une émission radio ou d’une télévisionest encore contrôlée de près par l’Etat, l’édition d’un journal estrelativement aisée, seule la diffusion à grande échelle reste un problème: sur 15 000 titres disposant d’un numéro de commission paritaire,seuls 3500 sont présents en kiosque. Le refus d’être diffusé enkiosque relève de trois obstacles : refus de passer sous le contrôle d’unmarchand d’armes, Lagardère qui contrôle les NMPP (85% de la distribution,une bonne partie des 32 000 lieux de vente), impossibilitéd’assurer les tirages importants que cela demande, refus du gaspillageque cela implique puisque seuls 30 à 40% des numéros mis en kiosqueseront vendus, les autres le plus souvent détruits. Alexandre Nevièrea alors étudié les modes de vente mis en place par sept titres :Alternative libertaire (2500 ex vendus au moment de l’enquête),Campagnes solidaires (6250 ex), CQFD (4500 ex), Le monde libertaire(2400 ex), Offensive (800 ex), PLPL (6650 ex) et S!lence (6250 ex).Trois sont diffusés par NMPP (Alternative libertaire, CQFD etLe Monde libertaire). Trois sont membres d’un autre réseau de distribution(Alternative libertaire, CQFD et Offensive). Ces réseaux alternatifssont Diffusion populaire et Co-errances qui diffuse surtout en librairieet dans des lieux culturels. S!lence et Campagnes solidaires font80% de leurs ventes par abonnement, les autres moins : 20% seulementpour Alternative libertaire et Offensive.Alexandre Nevièvre propose une mutualisation de la presse d’opinion,au moins au niveau de sa représentation vis-à-vis des institutions, pourdéfendre une loi qui est aujourd’hui en complète récession et suggèrede mettre en place dans la presse écrite des structures similairesà ce qui existe dans le domaine des radios associatives.■ Acellu di l’isola, Ghyuvan Yviu Torre, Diriti Paisanu, L’Aliva,20160 Vico, tél : 04 95 26 69 72, lacellu.dilisula@gmail.com.Nouvelle revue écologique corse qui se définit comme “écologique,paysanne, désobéissante, solidaire”. La revue démarre de manièretrimestrielle et appelle à la participation.■ Alternatives non-violentes, centre 308, 82, rue Jeanne-d‘Arc, 76000Rouen, tél : 02 35 75 23 44, www.anv.irnc.prg. Dans le numéro 141,de janvier 2007, cette revue de réflexion trimestrielle propose undossier sur “Banlieues, un défi pour la non-violence” avec quelquesexemples particulièrement intéressants de démarches non-violentesmenées par des “jeunes issus de l’immigration” comme on dit dans lesmédias dominants. Le numéro : 12 €. Prochains numéros annoncés : ladésobéissance civile, adolescence et non-violence, éthique de la décroissance.Abonnement : 36 € pour 4 numéros.■ CQFD, BP 70054, 13192 Marseille cedex 20, tél : 04 91 90 25 04.Avec le soutien des éditions l’Insomniaque, le mensuel CQFD vient depublier un hors-série de 28 pages sur la révolte de Oaxaca, au Mexique,capitale de l’Etat du même nom, à majorité indienne. De juin àdécembre 2006, la capitale fait l’objet d’une insurrection populairecontre son gouverneur. Une révolte écrasée par la force, avec plusieursmorts et de nombreux disparus.■ La Décroissance, Casseurs depub, 11, place Croix-Paquet,69001 Lyon, www.ladecroissance.net.A partir du 1 er février,la revue sur la décroissancechange de rythme et devient mensuelle,permettant ainsi de mieuxsuivre l’actualité fort densesur le sujet.■ Lichen, Les Verts Bretagne,38, rue de Gouédic, 22000 Saint-Brieuc, tél : 02 96 61 51 68.Avec une maquette qui reprendpour une grande part celle de larevue des Verts au niveau national,16 pages d’infos et de débatsrégionaux chaque trimestre, touten couleur pour un prix modique.■ Réveil paysan, 8, quai Joffre, 69002 Lyon. Bimestriel de laConfédération paysanne du Rhône. Des campagnes concrètes liées à lavie agricole du département.AlternativesAmap et servicesà la personneHabitat sain■ Calvados : Hélianthe.L’association Hélianthe proposedes stages pratiques : construireet isoler en chanvre (samedi 3mars), initiation aux enduits dechaux (samedi 31 mars)… Unchantier participatif est ouvertsur place. Renseignement :Hélianthe, Clomesnil, 14310Coulvain, tél : 02 31 77 96 27.■ Orne : Terre et bâtifolies.L’association Terre et bâtifoliespropose un stage de deux joursd’initiation à la restaurationet la construction écologique. Auchoix : 17 et 18 mars, 18 et 19mai, 8 et 9 septembre, 13 et 14octobre. Elle propose aussi lavisite de son éco-site à la fermede la Bucaille, le 26 mai, le 23juin, le 28 juillet, le 15 septembre.Terre et bâtifolies, LaBucaille, 61120 Guerquesalles,tél : 02 33 36 87 13.■ Manche : Ecotaupi. Ecotaupipropose des visites de l’écositeles samedis 31 mars et 28 avrilet le dimanche 3 juin. Des stagesde formations sont organisés :construction d’une phyto-épuration(5 mai), techniques décorativesde la chaux (24 mars et16 juin), la terre dans le bâtiment(12 mai), la chaux dans le bâtiment(21 avril), montage d’unchauffe-eau solaire (23 juin),mise en œuvre de la briquemonomur (2 juin), votre maisonécologique (sur rendez-vous).Ecotaupi, 19, route de Sainte-Marguerite, 50290 Bricquevillesur-Mer,tél : 02 33 50 69 96.■ Ecocentre du Périgord. Celuiciorganise des stages tout aulong de l’année : gestionécologique de l’eau dans la maison(6 au 9 mars), introductionà la géobiologie (16 et 17 mars),la saga de l’écomaison : introductionà la conception, dessin etréalisation (du 19 au 23 mars),ossature bois pour techniques deremplissage paille (26 au 30mars). Ecocentre du Périgord,Froidefon, 24450 Saint-Pierrede-Frugie,tél : 05 53 52 59 50.■ Hautes-alpes : le Gabion.L’association Le Gabion proposedifférentes formations en habitatsain : “la chaux dans le bâtiancien et l’écoconstruction” (26au 31 mars), “ouvrier professionnelen restauration du patrimoine”(11 avril au 12 décembre)…Aujourd’hui si vous voulez disposer d’un jardinier ou d’une aideménagère,vous pouvez disposer du régime des services à la personnequi vous permet de déduire la moitié du coût de ce service de vosimpôts. Actuellement, du côté des Amap, Association pour le maintiende l’agriculture paysanne, il y a un décalage entre une demande fortedes consommateurs dans les grands centres urbains et les producteurs.D’où une réflexion engagée dans les Amap de la région parisienne pourdemander au gouvernement que le statut de jardinier-maraîcher puissebénéficier du régime des services à la personne, ce qui permettrait, pourun prix de paniers de légumes proche de celui du marché, de rémunérerau mieux le producteur de fruits et légumes, rendant le métier plusattractif. Pour en savoir plus : Association Citoiliens, 118, rue deRosny, 93100 Montreuil, tél : 08 70 71 43 54, Alain El Houssine.Côté jardinsSILENCE N°344 Mars 200717


AlternativesProgramme : Le Gabion, domainedu Pont Neuf, 05200Embrun, tél : 04 92 43 89 66.MoteurPantoneÇa ne fonctionnepas et ça pollue !Nombreux sont les lecteurs quinous demandaient de parler dumoteur Pantone, un moteur quipermettrait en injectant de l’eaudans le carburant d’un véhiculede faire des économies. Nousétions sceptiques. Aucune étudescientifique ne venait accréditerles résultats que certains utilisateursannonçaient. Un grouped’élèves de la section des technicienssupérieurs enagroéquipement du lycée technologiqueClaude-Lehec à Saint-Hilaire-du-Harcouët, dans laManche, a étudié le moteurPantone avec un comparatifextrêmement précis : deuxmoteurs avec ou sans Pantonesur banc d’essai, deux autresmoteurs en exercice sur destracteurs. Le résultat est que àpresque tous les régimes étudiés,le moteur Pantone entraîne unesurconsommation de carburantdu fait de la chute de rendementde la combustion et une augmentationdes émissions de polluantsvers l’extérieur. Comment expliqueralors que des utilisateurs ensoient satisfaits ? Vincent Leblay,l’enseignant qui a encadré l’étude,estime que les personnes quifont l’effort d’essayer ce genred’innovations sont très attentivesà leur consommation et donc sontéconomes… mais qu’elles leseraient encore plus si elles arrêtaientd’utiliser un moteurPantone. Résultats complets del’étude dans Symbiose de janvier2007, CS 37 725, 35577Cesson-Sevigné cedex(n°109, 4 €).Oasisen tous lieuxLe mouvement des Oasis en touslieux a été initié lors de rencontresavec Pierre Rabhi, à partirde 1997, pour mettre en placedes lieux de recherche de cohérenceoù s’expérimentent différentespratiques : abandon dela recherche de profit individuel,retrouver la logique du vivantdans les différents aspects denotre vie sociale, favoriser ledéveloppement humain et nonla croissance économique. Les“oasis” sont donc des lieux oùsont mis en place une démarcheagroécologique, un habitat écologiqueà faible coût, la nécessitéAgri bio■ Mouvement de culture bio-dynamique. Le mouvement de culture biodynamique,une méthode rigoureuse d’agriculture biologique, tiendrason assemblée générale les 24 et 25 mars à Saint-Mathieu-de-Tréviers,au nord de Montpellier, sur le thème “restaurer l’organisme agricole”,visite d’une vigne en biodynamie, ateliers de travail, débats sur l’agricultureen Languedoc…Mouvement de culture bio-dynamique, 5, place dela Gare, 68000 Colmar.■ Saône-et-Loire : stages biodynamiques. La ferme du domaine deSaint-Laurent propose des stages en biodynamie tout au long de l’année: agriculture bio-dynamique (17 et 18 mars), les rythmes (31 marset 1er avril), jardinage biodynamique (2 et 3 juin), arbres et paysages(23 et 24 juin), jardinage biodynamique (8 et 9 septembre).Renseignements : Domaine Saint-Laurent, 71250 Château.■ Alsace : stages biodynamiques. L’association pour la culture biodynamiqued’Alsace-Lorraine organise des stages de taille des arbresfruitiers le 10 mars et le 24 mars, un stage sur le compost le 21 avril.Association pour la culture biodynamique d’Alsace-Lorraine,Nierenberger Aloïs, 4, quai du Murhof, 67200 Strasbourg, tél : 03 8828 95 04.■ Alpes-de-Haute-Provence : Le chant des arbres. Jean-Luc Petit, conseillerarboricole et rédacteur du bulletin spécialisé Arbobio infos, vientde mettre en place un centre de formation en agriculture biologique etbiodynamique à Manosque. Différentes formations sont proposées parstages de 2 à 4 jours : connaissancesdes sols, arboriculture, agriculture,élevage… Le chant des arbres,chemin Pimayon, 04100 Manosque,tél : 04 92 78 53 19.■ Alpes-Maritimes : Hélichryse.L’association Hélichryse(voir article dans le numéro dejanvier 2007) propose les 10 et 11mars un stage pour l’approchegoethéenne des conifères : reconnaissances,observation des formes,prélèvements pour les huiles essentielles,odeurs… Renseignements :Hélichryse, la Commanderie, 06750Valderoure, tél : 04 93 60 39 88.Les préparations d’Hélichryse.de l’implication locale, la coexistenced’espaces collectifs et individuels,la pluriactivité. Pour ensavoir plus : Alain et Marie-Claude Degrigny,Oasis le Val heureux, 7, ruedu Val-d’Orléans, 45140 Ingré,tél : 02 38 43 07 37.Marie Clem’sG R A N D E -B R E T A G N EBicyclet balletBicyclet ballet est un ensemble dedanse contemporaine composéde six artistes professionnels qui,avec l’aide d’une centaine de cyclistesvolontaires, a mis au point un spectacled’une demi-heure qui a été jouépour la première fois lors de la journéesans voiture, le 22 septembre2006 à Brighton. La chorégraphe,Virginia Farman, réalise depuis unequinzaine d’années ce genre de performances.On peut voir une vidéo surle site www.bicycletballet.co.uk.DRP A R I SLes TurbulentsDepuis 1997, les Turbulents seréunissent autour d’un projetartistique qui réunit des professionnelsdu spectacle, des psychotiques,des autistes, des personnesdépendantes et des psychothérapeutes.Il s’agit d’utiliser la scènethéâtrale comme lieu d’expressionet de confrontation. Voir ces personnessur scène est une bonnethérapie… pour le public ! PourPhilippe Duban, directeur, lesactivités des Turbulents sont uncombat contre toutes les formesd’exclusion. Il ne s’agit ni d’artthérapie,ni de psycho-thérapie,mais d’un espace de jeu mixantles personnes. Agés de 16 à 30ans, les turbulents sont origi-SILENCE N°344 Mars 200718


DREspéranto■ Cyclistes espérantophones. Bemi, Biciklista esperantista movadointernacia, est l’association internationale des cyclistes espérantophones.Elle organise régulièrement des caravanes cyclistes dans diverspays du monde avec des participants de différentes nationalités, legroupe s’exprimant en espéranto. Les randonnées ainsi organisées bénéficientde l’aide du réseau Pasporta Servo, réseau d’hébergement international.Sur son site internet, on trouve notamment un dictionnaire ducycliste en neuf langues dont l’espéranto, ce qui peut aider de nombreuxrandonneurs même non espérantistes. Bemi c/o Espéranto-Jeunes,4, rue de la Cerisaie, 75004 Paris, http://bemi.free.fr.■ Marche à Compostelle. Pour découvrir le côté culturel des cheminsde Saint-Jacques-de-Compostelle, une marche est organisée durantla première quinzaine de juillet, ouverte aux espérantistes comme auxsympathisants. Renseignements : Michèle Abada-Simon, 288, avenued’Argenteuil, 92600 Asnières.■ Cartes postales. Des cartes postales représentant une planteavec un poème en espéranto sont disponibles auprès de MoniquePrezioso, 92, impasse Jean-Moulin, 83700 Saint-Raphaël.■ Jeunes et espéranto. une rencontre sur ce thème est organisée auchâteau de Grésillon, dans le Maine-et-Loire, du 7 au 14 avril.Renseignements : Elilsabeth Barbay, 25, allée Gabriel-Fauré,93140 Bondy.■ Paris : cheminots espérantistes. Le 59 e congrès des cheminots espérantistesse tiendra du 12 au 19 mai, au centre international de Paris(6, avenue Maurice-Ravel, 12e). Renseignements : AFCE/UAICF, 9,rue du Château-Landon, 75010 Paris, tél : 01 48 53 05 52.■ Savoie : stage pour débutants. Un stage d’initiation à l’espérantoest organisé du 25 au 31 mars à Plan Pleisey, station de ski à 1650 m.Renseignements : Thierry Depecker, Espéranto, La Roselière, 97, rueSaint-Michel, 73700 Bourg-Saint-Maurice, tél : 04 79 07 53 10.naires de trois hôpitaux de jourfranciliens (Paris, Antony,Aubervilliers), trois institutsmédico-éducatifs (Saint-Denis,Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry), un foyer (Cormeillesen-Parisis),deux centres d’aidespar le travail. Turbulences, 102,boulevard voltaire, 75011 Paris.Y O N N EEcodomainedes GilatsL’Ecodomaine des Gilats proposedes stages autour de la recherchede cohérence en écologie. Au programme: réalisation d’un moteurPantone (16 au 20 avril),construction d’un chauffe-eausolaire (26 et 27 avril)…L’Ecodomaine des Gilats, Anneou Jean-Luc Delmotte, 89130Toucy, tél : 03 86 44 20 62.J U R AChâteaude ChevreauxLes ruines du château médiévalde Chevreaux (Jura) sont depuis1990 un lieu d’échange et d’initiationaux techniques traditionnellesde construction autour d’unprojet de sauvegarde concret.Chaque année, des stages et deschantiers internationaux dejeunes bénévoles sont organiséssur le site et ses environs.Encadrés par des professionnels(maçons, tailleurs de pierre,charpentiers, architectes, archéologues...),les participants redécouvrentnotamment l’intérêtd’utiliser des matériaux noblestels que la pierre, la chauxet le bois dans la construction.Les Amis de Chevreaux-Chatel,39190 Chevreaux,tél : 03 84 85 95 77.S T R A S B O U R GAkordi coopSonia Fath a été bénévole dansle cadre de l’associationLa Cédraie qui faisait la promotionde produits issus du commerceéquitable. Suite à desAlternativeserreurs de gestion, cette associationa été mise en liquidationjudiciaire en novembre 2006. Desbénévoles décident alors de relancerl’activité sous forme d’unecoopérative dénommée Akordi etSonia Fath s’en voit confier ladirection bénévole. Mais pourépurer les comptes de l’ancienneassociation, le liquidateur netrouve rien de mieux que de créerun droit au bail qu’il estime à30 000 €. Une somme qui dès ledépart bloque le projet de coopérative.Des recours sont en courscar la Cédraie avait obtenu lebail du local actuel sans ce droitau bail. La nouvelle coopérativese retrouve à squatter les lieux enattendant de résoudre la questionet cherche des partenaires pouraider à stabiliser financièrementl’initiative. Akordi coop, 26Grande-rue, 67000 Strasbourg,tél : 03 88 78 12 16.I L L E - E T - V I L A I N EEcolotissementcomplet !A Bazouges-sur-Hédé, le maireJean-Christophe Benis a fait lepari de lancer un lotissement surle mode écologique : vingt-deuxmaisons privées et dix logementssociaux. Parpaings, PVC,grillages en plastique interdits,eau chaude solaire, récupérationdes eaux de pluie, biobrique boisou paille, photopiles, éclairage derue modeste, compostage… Il ale soutien du maire de la communevoisine, Daniel Cueff qui, àLangouet a déjà mis en place uneécole qui produit la moitié de sonélectricité avec du photovoltaïqueet dont la cantine est 100% bio.V O S G E SEcolonieEcolonie est née d’une anciennecolonie de vacancesrachetée en 1989 par quelquesHollandais d’où le nom ! Unequinzaine de personnes y habitentmaintenant toute l’année.A la belle saison, de très nombreuxstages s’y déroulent etl’accueil se fait soit dans deschambres soit en camping, avecune nourriture biologique pourl’essentiel produite dans unimposant potager. La langue deprédilection reste le néerlandais,mais les Français sont les bienvenus.Ecolonie, 1, Thiery,88260 Hennezel,tél : 03 29 07 00 27.A l’arrivée, toutes les parcellesont été vendues, le coût de revientdes maisons est un peu pluscher… mais les habitants le récupèrerontavec les économiesd’énergie. Une dizaine de communesdu département ont indiquévouloir s’inspirer de ce projetpour mettre en route leur propreéco-lotissement. (Libération,6 novembre 2006)C O R R È Z ELa routedu painLa Route du pain est une boulangeriemobile pédagogique associativesensibilisant au processus defabrication du pain au levainnaturel. Le four à pain est installésur une remorque et peut sedéplacer sur les routes de Franceà la demande. La route du pain,le Puy de bort, 19110 Sarroux,tél : 05 55 96 71 84.C R E U S EArboretumde la SédelleL’Arboretum de la Sédelle organisedes journées des plantes les19 et 20 mai prochains avec visitedu lieu, marché aux plantes,stands et deux conférences d’actualité: le samedi 19 mai à 11 h,L’homme symbiotique avec GillesClément ; le dimanche 20 mai à11 h : Purin d’ortie et compagnieavec Jean-Paul Collaert.Arboretum de la Sédelle,BP1, 23160 Crozant,tél : 05 55 89 83 16.DRDRSILENCE N°344 Mars 200719


D R Ô M EFermede BaumeRousseAlternativesLa ferme biodynamique deBaume-Rousse, près deCrest, propose chaque vendrediun atelier de peinture, un mardipar mois de la danse, un samedipar mois Voix d’elles, uneapproche psychanalytique deson identité. Renseignements :Ferme de Baume Brousse,Stéphane Cauzon et MarionHass, 26400 Cobonne,tél : 04 75 25 08 68.DRB O R D E A U XLe SamovarLe Samovar est un salon de théet de lecture fonctionnant sousstatut coopératif où l’on peutfeuilleter livres et journaux, voir,écouter, animer des expositions,concerts et débats, rêver, discuter…C’est dans le quartierSaint-Michel et c’est ouvert tousles jours, sauf le mardi de 12 hà 20 h. Le Samovar, 18, rueCamille-Sauvageau, 33800Bordeaux.A U D EH A U T E - G A R O N N EGroupe d’interventionglobalement nulCarnage production est un collectif associatif d’une dizained’artistes de rue. Ils proposent des interventions du “GIGN,groupe d’intervention globalement nul”, une parodie qui se moquedes délires sécuritaires actuels. Il propose également “Dérapage”,une parodie de prise d’otages qui traite des bavures policières.“Carnage ne milite pas, Carnagedéfend ses droits quand elle sentsa liberté menacée ou que l’onveut cloisonner un art en pleindéveloppement”.Carnage productions, châteaudu Faget, 31460 Le Faget,tél : 05 61 59 65 81.L’écol’porteurNée en 2005, l’associationl’Ecol’porteur cherche à promouvoirles alternatives écologiques,dans le cadre de l’éducation àl’environnement. Elle organiseainsi des séjours de vacancespour les enfants avec vie enpleine nature, découverte de lanature et du patrimoine local,avec une nourriture 100% bio àtendance végétarienne.L’association gère également uneépicerie-librairie ambulanteprésente sur les marchés locauxpour proposer des produitsécologiques, présenter desouvrages et de la documentation,animer un point-infos écologie etfaire déguster des plats cuisinésvégétariens, diététiques,éthiques… L’association chercheà développer une ferme pédagogiquequi outre l’accueil d’enfantsdoit permettre de fournirune partie des ingrédients utilisésdans la confection des plats etdes produits présentés sur lestand de l’association. Ellecherche pour cela un terrain d’environ3 hectares entre Mirepoix,Limoux et Quillan. Associationl’Ecol’porteur, 33, petite rue,11230 Sainte-Colombe-surl’Hers,tél : 04 68 69 28 54.G A R DLe MerletFondée en 1980, Le Merlet estune association qui organise desséjours de vacances en pleinenature pour les 7 à 17 ans avecdes séjours à thème, le respectdes rythmes de chacun, desactions concrètes en faveur del’environnement (tri des déchets,récupération de matériaux, utilisationraisonnable de l’eau…),les repas sont pour partie enagriculture biologique. Pour connaîtreles séjours proposés, vouspouvez demander le catalogue enécrivant à : Le Merlet, route deNîmes, 30270 Saint-Jean-du-Gard, tél : 04 66 85 18 19.DREcoles SteinerJournéesportes ouvertesLa pédagogie Waldorf mise au pointpar Rudolf Steiner au début du vingtièmesiècle est actuellement utilisée dans23 écoles en France où sont scolarisés2300 élèves. Le samedi 17 mars, une journéeportes ouvertes est organisée dans la plupartde ces établissements.■ Ecole maternelle et primaire de Mâcon,Ferme pédagogique, La Mare Caillat, 01290 Saint-André-d’Huiriat, tél : 04 74 50 10 87.■ Ecole de Moulins, château de la Mhotte,03210 Saint-Menoux, tél : 04 70 43 93 98.■ Jardin d’enfants Waldorf de Nice,291, chemin Saint-Roch, 06320 La Turbie,tél : 04 92 10 89 48.■ Jardin d’enfants Waldorf, Le Vieux Mas,47, route de Nice, 06650 Le Rouret,tél : 04 93 09 47 37.■ Ecole Chant’Arize de Saint-Girons, Portecluse,09450 Campagne-sur-Arize, tél : 05 61 69 85 60.■ Jardin d’enfants Blanchefleur, 251, faubourgde Croncels, 10000 Troyes, tél : 03 25 82 40 44.■ Ecole maternelle d’Aix-en-Provence, 385,chemin Barthélémy-Véra, 13290 Les Milles,tél : 04 42 24 14 18.■ Ecole Caminarem d’Alès, Jouquet, 30360Monteils, tél : 04 66 83 20 43.■ Ecole maternelle Les Tournesols, 10, impasseMédicis, 31200 Toulouse, tél : 05 34 25 16 50.■ Jardin d’enfants La Tortue bleue, 439, avenuedu Château-d’Ô, 34090 Montpellier,tél : 04 67 54 31 58.■ Ecole maternelle du Petit-Porteau, Le Porteau,37300 Joué-lès-Tours, tél : 02 47 67 20 23.■ Ecole élémentaire du Petit-Porteau,Le Porteau, 37300 Joué-lès-Tours,tél : 02 47 53 46 34.■ Jardin d’enfants “Arc en Ciel” de Pau,7, avenue Bernadotte, 64110 Jurançon,tél : 05 59 06 51 64.■ Ecole primaire du Soleil à Pau, cheminde la Juscle, 64110 Saint-Faust-de-Haut,tél : 05 59 83 04 57.■ Ecole d’enfants Michaël, 3, rue du Schnockeloch,67200 Strasbourg-Koenigshoffen,tél : 03 88 29 03 21.■ Ecole Michaël, 2c, rue du Schnockeloch, 67200Strasbourg-Koenigshoffen, tél : 03 88 30 19 70.■ Ecole Mathias-Grünewald, 4, rue Herzog,68124 Logelbach-Wintzenheim,tél : 03 89 27 13 24.■ Ecole Rudolf-Steiner de Lyon, 7, cheminde Sanzy, 69230 Saint-Genis-Laval,tél : 04 78 50 77 45.■ Le Jardin d’églantine, 165, boulevard Brune,75014 Paris, tél : 01 45 43 58 89.■ Ecole Perceval, 5, avenue d’Epremesnil,78400 Chatou, tél : 01 39 52 16 64.■ Jardin d’enfants le Petit Prince, 76, chemindu Banay, 84380 Mazan, tél : 04 90 69 50 13.■ Ecole Steiner, 300, chemin de la Traille, 84700Sorgues, tél : 04 90 83 37 07.■ Ecole de Verrières, 62, rue de Paris, 91370Verrières-le-Buisson, tél : 01 60 11 38 12.SILENCE N°344 Mars 200720


Fêtes, foires, salons(le signe ❉ indique que S!lence est présent)■ Metz : 8 e tout’Nature. 2-4 mars, Parc des expositions.Foire internationale, rue de la Grange-aux-bois, BP 45059, 57072 Metzcedex 03, tél : 03 87 55 66 14.■ Nîmes : 15 e Sésame. 2 au 5 mars, parc des expositions. 200 exposants.25% en bio. 60 conférences. Thème : histoires de femmes. Goral-expo,126, impasse Juvénal, 30900 Nîmes, tél : 04 66 62 07 16.■ La Rochelle : 2 e Respire. 9 au 11 mars, à l’espace Encan. Bio, santé, habitatsain, environnement. Loire-Evénement, 19, place de la Poterne, 49400Saumur, tél : 02 41 38 60 00.■ Finistère : 9 e foire bio de Landerneau. 10 et 11 mars, halle Saint-Ernel,75 exposants, 75% de bio. Ecole diwan, allée de Trémaria, 29800Landerneau, tél : 02 98 25 07 69.■ Cambrai : 14 e forum bio. 10 et 11 mars, palais des Grottes, 70 exposants.Nature et progrès Nord-Pas-de-Calais, 42, rue de Noyon, 59400 Cambrai,tél : 03 27 74 17 48.■ Charente : 4 e salon Bien-être. 10 et 11 mars à la salle de la Combe,à Saint-Yrieix-sur-Charente. 30 exposants. M. Dréano, Librairie différente,211, rue Saint-Roch, 16000 Angoulême, tél : 06 03 21 43 33.■ Paris : 20 e Vivre autrement. 16 au 19 mars, parc Floral de Paris.350 exposants. 25 à 30 ateliers-conférences par jour. Thème de l’année : initiativespositives, ça existe ! avec travailler autrement en Scop (vendredi 16à 14 h), les créatifs culturels (samedi 17 à 14 h), l’actualité porteuse de solutions(dimanche 18 à 14 h), nos déchets électriques, la réponse Envie(lundi 19 à 14 h). Spas, 86, rue de Lille, 75007 Paris, tél : 01 45 56 09 09.■ Paris : 4e Ecobat. 16 au 19 mars, parc floral de Paris, au sein du salonVivre autrement. “Pour un habitat respectueux de l’environnement”. Un ateliertoutes les heures. Vendredi 16 : conférences sur les quartiers durables :Fribourg-en-Brisgau (11h), Cormailles-en-Parisis (14h), la ville nouvelle deSénart (15h), Ecozac de Rungis (16h). Samedi 17 : le bois dans l’écoconstruction: le bois matériau HQE (11h), l’intérêt écologique du bois (14h),les traitements écologiques du bois (16h). Dimanche 18 : maisons écologiques,maisons intelligentes : bioclimatiques et écologiques (11 h), énergie, domotiqueet matériaux (14 h), bio-matériaux du futur (16h). Spas, 86, rue de Lille,75007 Paris, tél : 01 45 56 09 09.■ Bouches-du-Rhône : 2 e salon vie saine et bien-être. 17 et 18 mars, à la salleSaint-Exupéry, boulevard Jean-Mermoz, à Marignane. Graines de Vie,450, allée de la Vieille-Ferme, 13540 Puyricard, tél : 04 42 92 06 70.■ Vienne : 4 e Natura’Vie. 17 et 18 mars, espace Jean-Dousset, rue de laJeunesse, à Neuville-de-Poitou. 50 exposants. Qi Gong et bien-être enNeuvillois, 1, place Joffre, 86170 Neuville-de-Poitou, tél : 05 49 54 17 73.■ Rhône : 18 e foire au miel et aux produits biologiques. Dimanche 18 mars,de 9 h à 19 h à la salle Pierre-de-Coubertin à Chazay-d’Azergues. Stands associatifs,restauration bio, animations, conférences de Joseph Morilleau à 11 hsur les amendements bio au jardin, à 15 h sur le compost. Altern’info, AndréAbeillon, 8, rue Jean-de-la-Fontaine, 69380 Chazay-d’Azergues,tél : 04 78 43 02 19.■ Morbihan : 3 e Terre ! 24 au 26 mars à Lanester, au parc des expositionsdu pays de Lorient, salon du développement durable de Bretagne. Habitat eténergies alternatives, transports et déplacements, alimentation et santé, loisirset tourisme durables, économie solidaire. Segepex, tél. 02 97 76 88 99.❉ Vosges : 1 er salon du vivant. 31 mars et 1 er avril, au centre socioculturelde Saint-Nabord. Thème : respect du vivant, de l’homme, de la nature, de l’environnement”.L’EssenCiel Vitalité, 30 bis, rue de la Xavée, 88200 Remiremont,tél : 03 29 23 05 67.■ Narbonne : 5 e Narbon’bio. 31 mars et 1 er avril, parc des expositions, routedes plages. Sphery’s, Mme Duchemin, BP 524, 11105 Narbonne cedex,tél : 04 68 90 14 77.H É R A U L TSoutienaux personnesen difficultééducativeL’ASPRE, association de soutienaux personnes en recherche et/ouen difficulté éducative, proposedes formations professionnelles àceux et celles qui veulent accompagnerdes personnes en difficultééducative ou qui sont enrecherche de nouvelles formesd’éducation : enseignants,parents, personnel du secteursocial, animateurs… Exemplede formations : “l’écoute centréesur la personne”, “la pratiquedes jeux de rôle”, “quelle autorité”,“éduquer à la relation”,“conflits entre enfants, conflitsavec les enfants”, “les cerclesde parole”… La directrice duprogramme de formation estBrigitte Cassette, ancienne animatricesur l’éducation non-violenteau sein du Cun du Larzac, animatricedepuis 2001 de l’associationAltern’Educ. Programmecomplet : ASPRE, Combefère,34520 Les Rives,tél : 06 11 62 60 52.AlternativesL O Z È R EDe pierreset de plantesL’association De pierres et deplantes propose du 15 avrilau 15 mai un accueil en gîted’étape pour vivre une expériencede décroissance : découverte desplantes sauvages, mise en placed’un jardin bio, échanges desavoirs, dégustations de tisanes,fabrication à base de plantes,randonnées et air pur… avec unrendez-vous à l’automne pourpartager la production du jardin.Renseignements : De pierreset de plantes, 48800 Pied-de-Borne, pierres.plantes@free.fr.R H Ô N EEconomieéquitableet richesseLe Réseau Entraide solidarité ducanton de Saint-Laurent-de-Chamousset, dans les monts duLyonnais, le Sel des monts duLyonnais et Remue-Ménagesorganisent deux rencontres :■ mardi 27 février à 20h30, salleBoiron, à Saint-Laurent-de-Chamousset, rencontre avec AlainOriot, des éditions du Croquant etla coopérative d’activités Arianedéveloppement local pour parleréconomie équitable et entreprendreautrement.■ mardi 20 mars à 20h30,même lieu, rencontre avec Jean-Claude Besson-Girard, auteurde Decrescendo cantabileet Rodolphe Christin, du SelA V E Y R O NAltern’Educsur le thème un autre regardsur la richesse. Renseignements :04 77 54 96 60ou 04 78 48 69 29.L Y O NLe villageverticalLe village vertical est une associationqui s’est mise en place àl’automne 2005 pour étudiercomment créer une coopérativepour la réalisation collective d’unimmeuble d’habitation (le villagevertical) avec une mise en valeurd’espaces et de moyens collectifs,chacun un appartement, un espritd’entraide, de respect de l’écologie,une recherche dans le domainedes économies d’énergie…Une dizaine de personnes ontcontribué à mettre le projet enroute et d’autres personnes peuventencore se joindre au projet.Le village vertical devrait à termecomporter une vingtaine d’adultesdans 13 logements. La volontéest de viser une grande mixitésociale en partenariat avec desorganismes comme Habitat ethumanisme avec des personnes endifficulté, des personnes âgées,des jeunes… Le choix entreconstruction ou rénovation n’estpas encore fait. Dans les deuxcas, les choix écologiques serontprivilégiés. Le projet est chiffré àun peu plus de deux millions d’euroset devrait déboucher sur unecoopérative d’habitants, avec lesoutien financier de la Nef et del’union des Scop. Le choix du lieusera à proximité d’une station demétro ou de tramway pour éviterau maximum le recours à la voiture.Contact par internet :www.village-vertical.org.L’association Altern’Educ réunit des personnes soucieuses d’explorerde nouvelles formes de pédagogie en lien avec la non-violence,le respect d’autrui, l’autonomie, la convivialité, l’écologie, le développementpersonnel. L’association qui organise déjà régulièrementdes stages d’été pour les enfants a également en projet une fermepédagogique où le souci n’est pas le fonctionnement agricole, mais latransmission à l’enfant et également un chemin de découverte autourdu thème de l’art et de la pédagogie. Altern’Educ, le chant desBaumes, route de Saint-Martin, 12100 Millau.SILENCE N°344 Mars 200721


Solidarités localesL’Associationd’éducation populaireCharonne-RéunionA Paris, dans le 20 e arrondissement, l’AEPCR propose des animationset des ateliers aux enfants et aux adultes du quartier populaireCharonne-Réunion. Les actions de l’association s’inscrivent dansune démarche préventive. L’AEPCR contribue ainsi à réinsérer socialementdes familles défavorisées du quartier.pire cauchemar estquand j’ai laissé ma sœur“Monen Algérie” Amira. “Unjour j’irai chercher ma sœur en Afrique,c’est la seule sœur que j’ai au monde”Diana. “Ici on parle français, là-bas onparle arabe” Amina. “Ici on mange desfrites, là-bas du couscous”, Manel.Extraits du Souffle de ma plume, livret réalisécette année par les enfants de l’atelierd’écriture de l’AEPCR.Mercredi 14h30, des éclats de riresd’enfants retentissent dans la grande sallede l’espace Bosco réservé ce jour-là aucentre de loisirs. Ce sont les animateursqui font les clowns. Puis des ateliers seforment pour continuer à travailler sur lethème du mois : le cirque. De l’autre côtéde la cour, il y a l’espace ados où unmatch de foot effréné mélange les jeunesdu quartier. L’été dernier, certains d’entreeux sont partis deux semaines pour desvacances en Bretagne, après avoir participéactivement au montage du projet. Cesoir, les parents pourront se retrouver àl’AEPCR pour échanger lors d’un groupede parole. Collés à la paroisse du quartier,les locaux de l’association sont situés aucœur du quartier populaire Charonne-Réunion.Tout commence en 1966, où desadultes du quartier, s’inspirant de la pédagogiedu prêtre italien Jean Bosco (1),créent une association qui propose desséjours de vacances aux jeunes du quartier.Mais la législation devient plus lourdechaque année et les militants s’épuisent.AEPCREn 1996, l’association redémarre sesactivités face aux nouveaux besoinssociaux du quartier. Elle devient laïque etdétermine de nouveaux statuts en veillantà développer la mixité sociale des adhérents.Ce sont d’abord avec les jeunes ducoin qui traînent dans les rues que l’associationremonte des activités de loisirs.Bientôt, elle décide d’ouvrir un centre deloisirs le mercredi et pendant les va -cances. Très vite, le besoin d’un accompagnementscolaire se fait ressentir. Le premiersalarié de l’association est engagé àmi-temps en 1997 et des bénévoles s’investissentpour répondre à cette demande.Et puis les enfants grandissent et l’accompagnementscolaire est prolongé pourles collégiens et, depuis l’an dernier, pourles lycéens. Depuis un an, des animationssportives, culturelles et de loisirs sontégalement proposées aux plus grands jusqu’à17 ans les mercredis et pendant lesvacances.(1) Jean Bosco, connu sous le nom de “Don Bosco”,était un prêtre italien ayant voué sa vie à l’éducationdes jeunes enfants de milieux défavorisés au 19 esiècle. Une de ses maximes était : “Prévenir et nonréprimer”. Le projet éducatif de l’association s’inspiredirectement des principes de sa pédagogie dite salésienne.SILENCE N°34422Mars 2007


AEPCRDans un souci de cohérence éducative,les parents sont étroitement associésau suivi de leur(s) enfant(s) dans le cadrede leurs activités à l’association. Descours d’alphabétisation et des atelierssont réservés aux adultes. “Le pays d’oùje viens et le pays où je vis. Que transmettreà mes enfants ?” est l’intitulé d’undébat qui leur fut proposé dernièrement.Prévenir, et instaurerdes relationsde confiance durablePacifier les relations et apprendre àvivre ensemble avec nos différences, çaprend du temps.A l’AEPCR, mixité sociale et ethniquene sont pas que des mots, même si lamajorité des enfants qui fréquentent lastructure sont issus de milieux défavorisés.Un conséquent travail de préventionest réalisé par les animateurs (salariés etbénévoles) pour pacifier les relations etfavoriser le respect de l’autre avec ses différences.Ici, les animateurs prennent letemps de discuter et de (re)poser leslimites avec un enfant ayant des comportementsviolents ou agressifs, afin d’instaurerun climat agréable pour tous et desrelations de confiance durable.Le mercredi matin, au centre de loisirs,les enfants participent à l’atelier “Lescopains de la vie”. Le but est de les faireréfléchir, de façon ludique, sur desthèmes qu’ils ont euxmêmeschoisis. C’est unmoment privilégié pouraborder la notion du respectde la différence, ou pour s’attardersur la question identitaireafin de les aider à grandiren s’acceptant et enacceptant les autres. Pendantce temps, certains enfantsvont au catéchisme, puistout le monde se retrouveavant le repas du midi. Lesenfants participent au servicedes plats et au débarrassage des tables.Favoriser la conscience du collectif est undes objectifs de l’AEPCR. L’après-midi estconsacrée à des ateliers autour d’unthème imaginatif. Le soir pour clôturer lajournée, une évaluation est réalisée avecles enfants. “C’est un temps pour poser“J’adore écriredes poèmes, çam’aide à vidermon cœur”Samah, 10 ans,participante del’atelier d’écriture.un regard sur soi et sur les autres”explique Véronique Kempf, présidente dela structure. “Fermeté dans le cadre etdouceur dans la relation” résume YahiaAdane, le directeur.Côté ados, les activités sportives permettentaux jeunes de se structurer vial’apprentissage du respect de l’autre etcelui des règles du jeu.En 2005, les ados ontsorti un DVD qui traitaitdes rapports garçons/filles après avoir interrogédes gens du quartiersur la question. Ils produisentégalement unmagazine de quartier. Etponctuellement, des sortiesculturelles leur sontproposées. Un partenariatexiste aussi avec lamaison de retraite duquartier pour tisser des liens entre lesados et les personnes âgées.Le soutien scolaire est assuré par desbénévoles deux fois par semaine. Aprèsun goûter partagé, ils consacrent uneheure à l’encadrement scolaire proprementdit. Pendant l’heure qui suit, lesSILENCE N°34423Mars 2007


Solidarités localesenfants peuvent participer aux ateliersludo-éducatifs proposés en fonction descompétences des encadrants (théâtre, ateliersd’écriture…).Cohérence éducative,la place des adultes“Vous êtes les premiers éducateurs, icinous sommes là pour vous soutenir”explique souvent Yahia Adane, le directeur,aux parents. L’équipe pédagogiquerencontre régulièrement les parents del’ensemble des jeunes fréquentant lastructure pour cerner les difficultés qu’ilsrencontrent et tenter d’y remédier.“Qu’est-ce qui empêche mon enfantde bien travailler à la maison ?” est unequestion sur laquelle les parents sontinvités à débattre dans les groupes deparole consacrés au suivi scolaire.AEPCREnsemble, ils tentent de cerner les causesde l’échec scolaire et réfléchissent sur lesfaçons de réagir. Et pour éviter que lemanque de langage se traduise en violence,Julien, un DESS de Sciences de l’éducationen poche, a mis en place et animel’atelier Alphamédia à raison de deuxséances de deux heures par semaine.L’idée est de permettre à des enfants, maisaussi à des adultes en difficulté face àl’écrit, de surmonter la hantise de l’écriturevia l’informatique. Après un ou deuxans, les résultats sont probants, les participantsgagnent de la confiance en eux,écrivent et lisent plus facilement.Si les parents ont une place particulièredans la structure, les autres adultes duquartier sont aussi les bienvenus pourparticiper aux groupes de parole et deconvivialité. Souvent la parole s’y libère etdes réflexions sont menées sur des sujetsde société tels que la consommation ousur la philosophie de la vie.Un lieu de convivialitéet d’entraide quiréchauffe le quartierUn jeune homme, qui traîne habituellementdans le quartier, pousse la portedu bureau d’accueil, il cherche un stagede mesures de réparation qui devraitdébuter dans quelques jours. Une sorte dedémarche de la dernière chance. Tans pispour les délais serrés, Yahia Adane leverra le lendemain pour en discuter. “Ets’il le faut, je finirai les dossiers de subventionsce soir chez moi, c’est un choix”explique-t-il. Ainsi, des jeunes viennent àl’AEPCR, pour effectuer des mesures deréparation judiciaire en partenariat avecl’association d’Aide Pénale. C’était aussi lecas d’Amadou, qui, affecté à l’encadrementdu foot, s’est pris au jeu et a décidéde passer son BAFA (2) à l’AEPCR.Disponible et souple, Yahia Adanecroit en un travail de proximité, et veut“inscrire un territoire dans la tête desgens” : leur quartier. “Ici le lien social estprimordial. Instaurer des relations deconfiance, ça prend du temps, et il fautessayer d’assurer à tous moments”explique-t-il.Si quelqu’un débarque à l’AEPCR,découragé face à la difficulté de trouverun emploi par exemple, il sera écouté.Des ateliers multimédia sont ouverts àtoutes personnes désireuses d’accéder àl’outil informatique, et un accompagnementpour la réalisation de projets individuelset collectifs est aussi possible. Avecun dense réseau de relations associativeset institutionnelles, l’AEPCR peut orienterdes personnes déboussolées qui viennentfrapper à sa porte. Régulièrement, enpartenariat avec la RATP, certains adultesdu quartier partent arpenter la capitalepour apprendre à mieux s’y repérer et àsortir ainsi plus facilement du quartier.Les moments festifs et conviviauxponctuent les activités de l’AEPCR.Régulièrement, les femmes peuvent seretrouver pour un thé dansant, c’est unmoment privilégié d’échanges informels.Des fêtes clôturent les thèmes suivis pendantun mois ou deux au centre de loisirs,et en juin, la grande fête de fin d’année del’AEPCR fait vibrer le quartier.Les difficultésde gestion“Au niveau du budget, on tire lalangue” explique Marie-Claire, l’ancienneprésidente de l’association. Les subventionssont renouvelées, mais souventrevues à la baisse d’une année sur l’autre,et l’équilibre budgétaire reste très fragile.Six des huit salariés de l’association ontdes contrats aidés, sans quoi la structurene pourrait pas payer leurs salaires.Une participation modeste — calculéepar rapport au quotient familial selonles tarifs de la CAF — est demandée auxparticipants, pour éviter d’entrer dans unelogique d’assistanat et de consommation.Courir après les cotisations, notammentpour les séjours de vacances, est un sportépuisant très pratiqué ici.Mais il en faut plus pour découragerl’équipe de l’AEPCR. Avec ses huit salariéspassionnés, sa cinquantaine de bénévolesactifs, et son CA bienveillant,l’AEPCR réchauffe le quartier Charonne-Réunion. Et les enfants qui fréquentent lastructure, leurs parents et les autresadultes du coin sont très attachés à ce quecertains appellent “le phare du quartier”.Camille Clochon ■AEPCR, Association d’éducation populaireCharonne-Réunion, 77, rue Alexandre-Dumas,75020 Paris, tél : 01 43 70 97 26, aepcr.free.fr.(2) BAFA, Brevet d’aptitude à la fonction d’animateur.SILENCE N°34424Mars 2007


Téléphonie mobile■ Plus d’un par personne ! On compte fin2006, 83 téléphones portables pour 100Français, tous les âges confondus, avec defortes disparités selon les régions. Si l’onne compte que 60 téléphones pour 100personnes en Auvergne et Franche-Conté, deux régions dépassent un téléphonepar personne : Provence-Alpes-Côte-d’Azur (1,05) et évidemment Ilede-France(1,16).■ Lien avec l’impuissance masculine.Une équipe médicale de l’université de l’Ohio à Cleveland (Etats-Unis)dirigée par le professeur Ashok Agarwal, directeur du laboratoire d’andrologieclinique et directeurs de recherche au centre de recherche surla reproduction, a présenté les résultats de ses recherches portant surl’effet du portable sur la fertilité masculine à l’occasion d’une conférencede la Société américaine de médecine de la reproduction, fin octobre2006. Selon une étude portant sur le suivi de 361 personnes qui consultaientpour un problème d’infertilité, il a été mis en évidence une relationavec ce problème et l’usage du téléphone portable : plus on téléphone,plus la mobilité des spermatozoïdes baisse ! Au-delà de quatreheures par jour, la baisse de mobilité atteint 30%. Des études sont encours pour comprendre le phénomène, mais il semble que les ondesémises par l’appareil perturbent le bon fonctionnement de l’ADN dansles cellules. (The Guardian, 24 octobre 2006)■ Risque au volant. Lors de la conférence internationale d’épidémiologieet d’exposition environnementales, une étude a montré que l’utilisationdu téléphone portable en voiture multiplie par quatre les risquesd’accident.■ Personnes électrosensibles. Comme pour les expositions à la radioactivité,les mesures physiques ne semblent pas suffisantes dans les étudesportant sur la téléphonie mobile : des études montrent que les personnesprésentent des différences notables à l’exposition aux champsélectromagnétiques et qu’il faut donc prendre en compte des critèresbiologiques.■ Coup de foudre. nouveau danger signalé cet été par une étude anglaise: les téléphones portables attirent la foudre, au moins quatre cas ontdéjà été recensés ayant provoqué trois morts et une personne définitivementhandicapée. En cas d’orage, il faut débrancher son appareil.■ Brésil : le semencier expulsé. Le 14 mars 2006,plusieurs centaines de paysans de Via Campesina ontcommencé l’occupation d’une ferme expérimentale deSyngenta Seeds, dans l’Etat du Parana, pour protestercontre les conditions d’expérimentation de soja transgénique.La multinationale a alors engagé des procédurespour obtenir l’évacuation du site, mais alors quele tribunal lui donnait raison pour une expulsion prévue àpartir du 1 er novembre, le gouvernement de l’Etat annoncépar décret, le 9 novembre, la réquisition de la ferme, l’expulsion de lafirme semencière, et l’ouverture prochaine d’un centre de rechercheet développement de techniques agricoles écologiques. Cettedécision est le résultat d’une intense campagne de soutiendans la région. L’occupation du lieu continue toutefoisjusqu’à ce que Syngenta Seeds ait épuisé cesrecours juridiques.■ La FNSEA défend les OGM. La Fédérationnationale des syndicats d’exploitants agricoles adénoncé l’action de neutralisation des faucheursvolontaires dans un silo de maïs en Gironde :“la répétition des saccages est dramatique (…)L’ordre doit être respecté, la propriété également(…) L’Etat a pour mission d’empêcher cesdérives extrémistes”. Venant de syndicalistes quiont saccagé le ministère de l’environnement dutemps de Voynet ou qui ont détruit des locaux professionnelsà Fougères, y causant dix millions defrancs de dégâts remboursés par l’Etat, il faut oser !DRLentillesde contact :danger !L’INC, institut national de laconsommation, a testé tous lesproduits lavants utilisés par lesporteurs de lentilles de contact.Résultats des tests : tous ces produitssont toxiques et abîmentl’œil. L’INC a alerté l’AFSSAPSpour demander que les normesd’autorisation de ces produitssoient revues. (60 millions deconsommateurs, janvier 2007)TabacDR■ Baisse de la consommation ?Alors qu’il n’y a plus qu’une personnesur quatre qui fume enFrance, un sondage indiqueque la nouvelle interdictionde fumer dans les lieux publicsdevrait inciter la moitié desfumeurs à diminuer ou arrêterleur consommation.■ Espérance de vie. A lademande de l’association Droitdes non-fumeurs et du syndicatFO-Casinos, une étude a été réaliséepar une caisse d’assurancemaladie sur l’espérance de vie duSantépersonnel des casinos, lieux particulièrementenfumés. Le résultatest effrayant : les salariés n’ontune espérance de vie que de 63ans contre 80 ans pour la moyennefrançaise. En quarante ansd’activité salariée, ils y perdentdonc 17 ans en moyenne d’espérancede vie ! Le syndicat FOsoutenu par DNF a engagé desprocès contre différents casinosen espérant ainsi obtenir au plusvite l’interdiction de fumer dansces lieux publics.S U I S S ECentrepréventionet santéLe Centre prévention et santé deColombier, près de Neuchâtel,propose des activités dans denombreux domaines : auto-drainagedes seins (6, 13, 20 et 27mars), méditation boudhiste (7mars), homéopathie et nervosité(9 mars), aromathérapie (10 et11 mars), science du souffle(12 mars), sexualité des femmes(15, 22, 29 mars), shiatsu(17 mars), amalgames dentaires(17 mars), cuisine des indiensd’Amérique du Nord (17 et 18mars), être et agir (19 mars),éducation du périnée (20 mars),étiquetage des aliments (21mars), graines germées (29mars), homéopathie et peau(30 mars)… Programmecomplet : CPS, route deSombacour, 10, CH-2013Colombier, tél : 032 843 36 10.■ Aquitaine : la région gagne contre le préfet. Le préfet de régiona attaqué la région pour demander l’annulation d’une délibération prévoyantqu’aucune subvention ne pourrait être donnée par la région enfaveur des OGM. Le 7 novembre 2006, le recours du préfet a étérejeté, le tribunal administratif de Bordeaux estimantla délibération légale.■ Bordeaux : procès de deux faucheurs. Dans lanuit du 31 août au 1 er septembre 2005, 3000 m 2de maïs transgénique ont été fauchés clandestinementà Magescq, dans les Landes. L’enquêtede gendarmerie a débouché sur l’inculpation deJean-Pierre Leroy, secrétaire départementalde la Confédération paysanne et de PhilippeGuichard, membre du même syndicat. Bienque ceux-ci se reconnaissent comme anti-OGM, ils nient leur participation à l’action. Le20 novembre, ils ont été condamnés à six moiset trois mois de prison avec sursis et 3000 €d’amendes. Monsanto qui demandait 130 000 €de dommages et intérêts a été débouté. Les deux syndicalistesont fait appel.SILENCE N°344 Mars 200725


SantéM A R S E I L L ERéseau santéLe Réseau santé de Marseillepropose différentes conférencestout au long de l’année : lesnanotechnologies, que peuventellesapporter, quels dangers(lundi 12 mars à 18h), actionde l’environnement sur l’organismehumain (jeudi 22 mars à18h), stress et santé (samedi15 mars à 15h), la magie duconte à votre aide (jeudi 29 marsà 18h), week-end macrobiotique(14 et 15 avril à Saint-Raphaël),physique quantique et médecine(lundi 16 avril à 18h)…Réseau santé pour tous,19, place Gouffé, 13005Marseille, tél : 04 91 78 28 28.Hypersensibilité chimique multipleLe phénomène d’hypersensibilité chimique multiplefut décrit dès les années cinquante par l’allergologueaméricain Theron G. Randolph, père de lamédecine environnementale.En 1987, le Dr Mark Cullen attribua au phénomènele nom de MCS (multiple chimical sensitivity) et ledéfinit comme “une affection acquise caractériséepar la répétition de symptômes touchant de multiplesorganes qui surviennent lors de l’exposition àdiverses substances chimiques à des concentrationsbien inférieures à celles connues pour entraîner deseffets dans la population”. En langage plus simple,des personnes réagissent de manière allergique à desproduits à des doses bien inférieures à celles autoriséespar les normes environnementales en vigueur.Les personnes atteintes par cette maladie commencentpar une allergie classique, puis développent unesensibilité à des doses de plus en plus faibles. D’où,pour elles, une situation invivable : progressivement,elles, doivent se protéger de plus en plus, pour unrésultat de plus en plus faible.Des études récentes montrent en plus des interactionsentre la présence des produits qui déclenchentles allergies et les ondes électromagnétiques, sansque l’on sache exactement si ce sont les produitschimiques qui augmentent les effets des ondes oul’inverse.A part chercher à diminuer l’exposition aux substanceschimiques, il n’y a pas de traitement connupour le moment. Les recherches pour un habitatsain sont pour ces personnes un espoir… mais c’estencore loin d’être suffisant : un simple feu de cheminéepeut émettre des milliers de molécules différentes.Le parfum d’une personne peut suffire à provoquerune allergie…Une association SOS MCS a vu le jour en juin 2003pour favoriser l’entraide entre les malades et pourcollecter des informations sur le sujet. Elle chercheà entrer en relation avec des groupes qui luttentcontre les pollutions chimiques et électromagnétiques,avec des personnes en recherche surl’habitat sain…SOSMCS, 4, rue Saint-Exupéry,69300 Caluire,tél : 06 08 36 39 88 (Marion Tayol)ou 06 99 25 70 74 (Catherine Lemasson).PolitiqueDécroissance■ Rocade : pour coordonner la mouvance. Né en 2003, le Rocade,Réseau des objecteurs de croissance pour l’après-développement, estné d’un besoin de faire se rencontrer les différentes structuresactives dans le domaine de la décroissance. Il a organisé depuis troisrencontres d’été, mais son administration repose uniquement sur labonne volonté de l’association Solidarités à Gaillac qui souhaitepasser la main. Le 21 janvier, une réunion s’est tenue à Lyon, à lasuite de l’assemblée générale de la Ligne d’Horizon, l’une des associationsmotrices dans la réflexion sur l’après-développement.Etaient présents une cinquantaine de personnes dont des représentantsdes revues Casseurs de pub - La Décroissance, S!lence,Enthropia, le site internet décroissance.info, des associations commeLa Ligne d’Horizon, Solidarités, La Decrescita (Italie), des groupeslocaux décroissance (Lyon, Grenoble, Montpellier, Paris, Lille, Saint-Etienne, Carcassonne…), d’autres groupes comme lesRenseignements généreux (Grenoble), Rebellyon (site internet lyonnais),des éco-lieux (Le Suc, Cyclane…), des groupes politiques(Eco-libertaires, tendance des Verts, ou encore les Alternatifs), desgroupes de recherche (IEESD, Recherche & décroissance)… De trèsnombreux projets ont été présentés que ce soit dans le domaineintellectuel ou dans le domaine concret, mais le débat a trébuché surle mode de liaison que pourrait assurer le Rocade par manque degroupe capable d’assurer une coordination. Le modèle de Selidaire,structure indépendante des Sel, Système d’échanges locaux, quiassure les rencontres annuelles, anime un annuaire et fait circulerdes informations a été cité comme un exemple possible avec une difficulté: les Sel ont des activités assez proches l’une de l’autre alorsque les objecteurs de croissance ont des engagements au moins surtrois plans : la simplicité volontaire individuelle, les actions collectiveset l’action politique. Pour le moment, c’est le site decroissance.infoqui, de fait, assure la plus large part de la circulation desinfos et ses animateurs ont précisé qu’il était possible d’accrochersur le site des branches différenciées pour ne traiter que certainssujets comme les nombreux projets de marches par exemple. Undébat a porté aussi sur la nécessité de ne pas s’enfermer aux seulsadhérents formels du Rocade (quelques dizaines d’associations, unmillier de sympathisants), mais de signaler dans un annuaire deslieux-ressources (comme par exemple les groupes énergies renouvelables,les Amap, semences paysannes, les luttes contre les OGM,les nanotechnologies, le nucléaire, certains écolieux, certainesdémarches d’autoconstruction…) qui ne se disent pas décroissants,mais qui sont ressentis comme allant dans le bon sens. Dans ledomaine politique, il a été discuté de la nécessité de produire de lamatière grise dans différents domaines pour montrer la différenceentre le développement durable et la décroissance. En ce sens, le casdu scénario Négawatt a été cité comme pouvant être réétudié avecune perspective décroissance, ce qui passe par exemple par une baissede la mobilité qui n’est actuellement pas prise en compte dans lescénario. Recherche & décroissance (animé par François Schneider,auteur du dossier du n°340) aimerait développer un programme derecherche sur l’acceptabilité de la décroissance par tous en introduisantdans le débat la nécessité d’y inclure la démocratie participative.Il a été également discuté de la diffusion des idées de décroissancedans les autres pays. Actuellement, le débat est bien engagé enItalie, il commence en Belgique et en Espagne… La Ligne d’Horizondevrait axer son site internet apres-developpement.org plus sur cesrelations internationales notamment en s’appuyant sur les réseauxprésents lors du colloque organisé à l’Unesco en 2002. Parmi lesprojets de marches, il existe un projet de marche franco-belge entreLille et Bruxelles et une autre en discussion au départ de Grenoble.Au niveau politique, il a été discuté de l’opportunité de choisir demultiples petites marches ou d’en envisager une plus importante,plus internationale et de la question de choisir un lieu et momentd’arrivée (il a été suggéré de se relier à des marches comme cellesorganisées contre les G8 ou comme celles organisées par les rassemblementd’Ecotopia). Un projet porté par decroissance.info consisteraitégalement à organiser un système d’archives sur internet desdocuments écrits, vidéo et audio consacré au sujet. Par rapportà la question des décroissants qui refusent l’usage d’internet, il a étédécidé que les groupes correspondent entre eux par internet et queles personnes choisissent ensuite le groupe avec lequel elles se sententen affinité, à chaque groupe de voir comment faire circulerl’information hors-internet. MB.■ agenda.decroissance.info. Pour ceux qui ont accès à internet,le site decroissance.info a mis en place un agenda participatifoù vous pouvez annoncer vos activités et consulter par date et parrégion… des rendez-vous en lien avec le débat sur la décroissance.■ Marseille. Un groupe d’objecteurs de croissance vient de voirle jour à Marseille, on peut en savoir plus en appelantau 06 71 34 70 70.SILENCE N°344 Mars 200726


Elections 2007■ Le PCF défend le nucléaire. Alors que les collectifs pour unealternative antilibérale à gauche ont pris position sans problèmesur de nombreux points, les militants du PCF ont tout fait pourempêcher le mouvement altermondialiste de prendre position contrele nucléaire. La position officielle des communistes présentéepar Marie-Georges Buffet dans l’Humanité du 16 octobre est demaintenir la construction de l’EPR… pendant que l’on débattraitde l’avenir du nucléaire. Le PCF reste donc indécrottable sur cettequestion, malgré les liens évident entre le nucléaire “civil” etla prolifération actuelle (Iran, Corée du Nord) et malgré qu’unemajorité des Français et même de son propre électorat se prononcecontre le nucléaire.■ Royales promesses. Ségolène Royal affirme tenir compte del’opinion publique pour prendre ses engagements. Elle serait donccontre la construction de l’EPR (comme 80% des Français),contre les OGM (comme 85% des Français), par contre elle adéclarée lors d’une visite dans une manade : “La corrida est unspectacle magnifique. Je comprends la passion de ceux qui s’enthousiasmentpour cela” (La Provence du 6 novembre 2006).Là par contre, elle est en contre-point de l’opinion qui à 85%juge ce spectacle barbare.■ Aristocratie en campagne. Aujourd’hui, pour avoir une chancede gagner les élections, il semble qu’il faille avoir une certainefortune. Que ce soit Jean-Marie Le Pen (1643 € d’ISF),Nicolas Sarkozy (1988 €), Ségolène Royal (862 €) ou encore,le record, Corine Lepage (12017 €), tous paient au titre indiquél’impôt de solidarité sur la fortune. Philippe de Villiers, DominiqueVoynet, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, Marie-Georges Buffetne paient pas cet impôt et ne gagneront pas les élections.■ Hulot contre le nucléaire ? Dansun courrier du 12 septembre, NicolasHulot répond au Réseau Sortir dunucléaire : “Sur le nucléaire, je mesuis déjà exprimé sur le fond pour direen quoi ce choix ne m’apparaissaitpas une solution viable pour l’avenir.Je n’ai pas changé d’avis et je vousle réaffirme ici. Cette position deprincipe n’épuise cependant pas ledébat. Les questions de rythme de sortiedu nucléaire et des solutions transitoires,de même que celles de lahiérarchisation des risques, en particulierdu point de vue du réchauffementclimatique, sont, de mon pointde vue, extrêmement complexes”.Il est par contre plus ambigu dansLe Monde du 8 novembre : “[concernantl’EPR], Il est urgent d’attendre.Il ne faut pas fermer la porte à uneéventuelle quatrième génération decentrales, mais l’EPR n’est pas indispensablepour y arriver. La priorité, c’est la diversité énergétiqueet la baisse drastique de la consommation énergétique, sur laquellenous avons une grande marge de manœuvre”. La Fondation Hulotest toujours financée par EDF… mais celui-ci affirme qu’EDFne fait aucunement pression sur ce qu’il peut dire ou penser.■ Défense de l’environnement. Un sondage CSA pour France infoet France3, réalisé fin janvier indique que les Français font le plusconfiance à José Bové et Ségolène Royal (51 % chacun) pourdéfendre l’environnement… devant Dominique Voynet (48 %).■ José Bové candidat. La logique des partis a fait que la LCR, lesVerts et le PCF ont choisi de présenter leurs propres candidats.Les collectifs anti-libéraux se sont sentis frustrés de ces décisionset certains ont lancé un appel début janvier pour soutenir la candidaturede José Bové. Avec succès puisque plus de 30 000 personnesont signé l’appel en moins d’un mois. Reste que José Bovéa attendu le 1 er février pour annoncer sa décision… afin de ne pasmélanger les genres, le 31 janvier étant la clôture des électionsdans les chambres d’agriculture. Les collectifs vont essayer deréunir les 500 signatures d’élus… Quant à la justice, elle peutencore envoyer José Bové en prison (pour ses actions anti-OGM),mais cela ne pourrait le priver d’être candidat.SILENCE N°344 Mars 200727Abbé PierreL’Abbé Pierre, né Henri Grouèsà Lyon en 1912, est mortle 22 janvier à l’âge de 94 ans.Fondateur des communautésd’Emmaüs, il a combattu tout aulong de sa vie contre les inégalités.Son appel en 1954 en faveurde la lutte contre la pauvretémarque un tournant historique :il ne s’agit plus de faire la charitépour les pauvres, mais de faireavec les pauvres. Il y a aujourd’hui421 groupes Emmaüs dans41 pays dont 161 en France. Voixdes sans-voix, il a lutté au côtédes sans-papiers, des mal-logés.Ses dernières apparitions ont étéau côté des expulsés de Cachan(Val-de-Marne) en septembre2006. Dans son livre de mémoirespublié en 2005, il critique lespositions de l’Eglise sur le célibatdes prêtres, le refus de l’ordinationdes femmes et se positionnepour la reconnaissance descouples homosexuels.N O U V E L L E -C A L É D O N I ENickel,pollution etdépendanceLe projet de mine Goro-Nickelprovoque d’importantes manifestationsen Nouvelle-Calédonie. Ceprojet de mine se fait sur desterres kanaks sans aucuneconcertation avec les communesconcernées ; les normes d’environnementannoncées sont catastrophiques: les rejets de manganèseen pleine mer sont prévuspour atteindre cent fois la maximumautorisé en Europe, millefois ce qui est autorisé aux Etats-Unis. Presqu’aucune étude environnementalen’a été faite. Maisle fond du projet est peut-êtreailleurs. Les mouvements kanaksconstatent que le projet prévoitde faire venir 5000 travailleursphilippins qui, avec leur famille,modifieraient sensiblementPolitiqueles données démographiquesactuelles, affaiblissant l’électoratindépendantiste. Le fait quel’Etat français ait soutenu le projeten accordant 130 millionsd’euros de défiscalisation et qu’ilait financé l’installation sur lesite d’une gendarmerie avec unecentaine de militaires, laissecraindre une vaste manœuvrepolitique. Un collectif anti-GoroNickel s’est mis en place enmétropole pour soutenir lesKanak. On y retrouve des associationslocales, les Verts, Cap 21,la LCR, la Confédérationpaysanne…Mouvementibériquede libérationIls n’étaient pas seulement contrela dictature franquiste, mais aussicontre l’ordre capitaliste etcontre le métro-boulot-dodo qu’ilimposait. Le Cras, Centre derecherche sur l’alternative sociale,publie un livre d’environ 400pages sur le mouvement ibériquede libération avec illustrations,textes et bibliographie. L’ouvragequi soit paraître en mars estvendu en souscription 16 €(port compris) auprès de Cras,BP 51026, 31010 Toulousecedex 6.P A R I SThierryMaricourtUn débat avec Thierry Maricourt,écrivain, se tiendra à la bibliothèquelibertaire La Rue,le samedi 3 mars à 16 h.Renseignement : La Rue, 10, rueRobert-Planquette, 75018 Paris,tél : 01 49 29 98 59.A I S N EBibliothèquesocialeLa bibliothèque sociale deMerlieux, dans l’Aisne, organisedifférentes rencontres avec NanAuroussea, auteur de Bleu dechauffe et Paroles de bandits lejeudi 15 mars à 18 h, avecBenoist Rey, auteur de Les égorgeurset Trous de mémoire lejeudi 5 avril à 18 h, avec YvesCouraud, auteur du GuerrierSouriant, le jeudi 3 mai à 18 h.Bibliothèque sociale, 8, rue deFouquerolles, 02000 Merlieux,tél : 03 23 80 17 09.


EnergiesE S P A G N ELaboratoireéolienEn Espagne, le Centre nationald’énergie renouvelable construitactuellement à Sangüesa, dans laprovince de l’Aragon, un gigantesquelaboratoire pour tester lafiabilité des éoliennes. Ce laboratoirepourra tester des pales jusqu’àdeux cents mètres de long,des longueurs à l’étude pour leséoliennes offshore. Le laboratoiredevrait avoir une centaine desalariés. L’objectif est d’améliorerla fiabilité des engins et d’augmenterles performances pourdiminuer le prix du kWh produit.SégolèneRoyal pourle scénarioNégawattSégolène Royal, qui comptecomme conseiller en environnementBruno Rebelle, ancien directeurde Greenpeace-France, a présentéson programme dans ledomaine de l’énergie fin janvier :diminution de la part du nucléairede 80 % de la productiond’électricité aujourd’hui à 50 %en 2020, création de 40 000emplois dans l’éolien, de 25 000dans le solaire. Elle proposeaussi, comme proposé dans lescénario Négawatt, de lancer unvaste plan de réhabilitation deslogements anciens afin d’y diminuerla consommation énergétiquede 40 %. Elle proposecomme objectif la réhabilitationde 400 000 logements par an.Même si ce ne sont que des promesses,il est toujours intéressantde voir ces questions débattuessur le terrain politique.Huile végétalelégaliséeDepuis le 1 er janvier 2007, l’huilevégétale pure est autorisée pourles véhicules des collectivitéslocales ne transportant pas despassagers. Son usage est égalementautorisé comme carburantagricole et pour les marinspêcheurs.Elle est soumise aumême régime fiscal que le biodieselsoit 17 €/hl. Rappelons quejusqu’à maintenant il s’agit duseul biocarburant dont on soit sûrque le rendement est positif…à condition qu’il soit consomméà proximité de son lieu de production.M A R S E I L L EFestivoilesA l’occasion du traditionnel rassemblementde voiliers qui setiendra du 13 au 17 juin dans leVieux port de Marseille, uneexposition est organisée en pleinair sur les quais pour faire lapromotion des énergies renouvelableset en particulier du ventqui sert aussi à faire avancer lesvoiliers. Une quarantaine destands, une chaîne humaine d’enfantssur le thème “planèteLes particuliers surconsomment !Si la croissance globale de la consommation d’électricité est en baissede 1 % en 2006, c’est dû aux économies faites dans l’industrie… carchez le particulier, la consommation électrique a augmenté de 4 %. Unetendance lourde : l’ADEME, Agence pour la maîtrise de l’énergie, indiqueque la consommation des particuliers a augmenté de 75 % depuis 1990.En cause, la multiplication des appareils électriques (ordinateurs et périphériques,magnétoscopes, hi-fi, téléphonie…) qui même s’ils consommentchacun de moins en moins, se multiplient rapidement.propre, passe à ton voisin”,des artistes de rue, de la musique,des jeux liés au vent… MarseilleFestivoiles, 7, place Saint-Christophe, domaine Saint-Christophe, 13011 Marseille,tél : 04 91 89 00 15.G R E N O B L ENano-techno,maxi-consoLes Grenoblois ont pu découvrirfin janvier dans la présentation deleur facture de Gaz électricité deGrenoble que Minatec, le centredes nanotechnologies, consommeà lui seul 15 % de l’électricité dela ville ! Et RTE, Réseau detransport de l’électricité, d’annoncerque le développement dece centre de recherche pourraitrendre nécessaire le renforcementdes lignes électriques existantes,comprendre la nécessité de tirerde nouvelles lignes à haute tension.Les opposants au centreinterpellent donc les élus (Vertset autres) qui conseillent demettre des lampes économes…une démarche individuelle quin’influencera guère la tendancelourde provoquée par la recherchesur les nanotechnologies.S A V O I ERendez-vousde l’ASDERL’ASDER, Association savoyardepour le développement des énergiesrenouvelables, organise régulièrementdes conférencespubliques gratuites à la Maisondes énergies de Chambéry : “maîtriserl’énergie et utiliser les énergiesrenouvelables dans l’habitatindividuel, dans le neuf et l’existant”(jeudi 1er mars à 20h30),“les pompes à chaleur” (jeudi15 mars à 20h30), “quellesactions peut engager une commune?” (samedi 24 mars à 10 h),“la démarche négawatt, enjeuxet perspectives” (jeudi 12 avrilà 20h30), “construire en boisaujourd’hui” (jeudi 3 mai à20h30)… ASDER, Maison desénergies, 562, avenue du Grand-Ariétaz, BP 99499, 73094Chambéry cedex,tél : 04 79 85 88 50.P A Y S - B A SMoulins à ventAu 19 e siècle, les Pays-Bas ontcompté jusqu’à 9000 moulins àvent qui ont permis de pomper l’eauen dehors des terres gagnées sur lamer. Il en reste aujourd’hui un peuplus de 1000 en fonctionnement. LesPays-Bas ont choisi de faire de l’année2007, une année hommage auxmoulins à vent, qui ont permis aupays d’avoir une période de prospérité.Ceux qui misent aujourd’hui surles moulins à vent modernes que sontles éoliennes peuvent sans doute aussiespérer une période de prospérité.DRSILENCE N°344 Mars 200728


Sortie du nucléaireLe 17 mars 2007, un an après la manifestationde Cherbourg qui avaitréuni déjà 30 000 personnescontre le nucléaire, ce sont plus de100 000 personnes qui sont descenduesdans la rue (25 000 à Rennes, 20 000 àLyon, Strasbourg et Toulouse, 18 000à Lille selon la police).Des sondages d’opinion, en pleincampagne électorale, indiquent que plusde deux français sur trois sont d’accordavec l’idée de la sortie du nucléaire, neuffrançais sur dix sont pour le développementde l’éolien, la quasi-unanimité sefait pour la maîtrise de l’énergie, l’efficacitéénergétique et le développement del’énergie solaire (1).Ségolène Royal, candidate socialistes’engage alors à une démarche de sortiedu nucléaire malgré les appels désespérésdes pro-nucléaires de son parti (2).Nicolas Hulot, silencieux sur la questionjusqu’alors, lance un appel au dialogue.Le candidat Sarkozy, comme à sonhabitude, négocie un étrange retournementdans ses discours…Le Réseau Sortie du nucléaire, quiregroupe près de 800 groupes et associations,lance alors un appel aux candidatsaux élections présidentielles et aux électionslégislatives pour indiquer clairementce que signifie une décision de sortiedu nucléaire :• Arrêter la procédure d’autorisation de laconstruction de la centrale EPR àFlamanville dans la Manche.• Retrait de la France de l’accord internationalen faveur de la construction duréacteur expérimental ITER à Cadarache(Bouches-du-Rhône).• Arrêt de la construction du laboratoire /site d’enfouissement des déchets prévu àBure (Meuse) et arrêt des déplacementsdes produits contaminés sortant des réacteursavec stockage sur chaque site deproduction.• Arrêt de l’extraction du plutonium àl’usine de la Hague (Manche).• Arrêt des procédures autorisant laconstruction d’une nouvelle usine d’enrichissementà Pierrelatte (Drôme).(1) Sondages réels !(2) Pour le moment Ségolène Royal veut faire passerle nucléaire de 80 % à 50 % de l’électricité d’ici 2020…ce qui selon les calculs du Réseau Sortir du nucléairesignifie concrètement de fermer deux réacteurs paran.(3) Actuellement 61 % du secteur recherche de l’énergie.P-E Weck17 mars 2007Rêvons un peuLe nucléaire, juste un mauvais rêve ? (manifestation à Cherbourg 2006).• Fermeture immédiate du réacteurPhénix à Marcoule (Gard).• Fermeture avant fin 2008 des deuxréacteurs de Fessenheim (Haut-Rhin).• Vote à l’assemblée nationale d’un plande rédéploiment de la recherche nucléaire(3) vers l’efficacité énergétique, les économiesd’énergie et les énergies renouvelablesà l’exception de deux domaines : lagestion des déchets radioactifs et ladéconstruction des sites nucléaires.• Ouverture d’un débat national décentralisésur la future politique énergétique dela France débouchant sur des objectifsdans les différents domaines énergétiquesintégrant une diminution des émissionsde gaz à effet de serre, un moindrerecours aux énergies fossiles et la mise enplace d’un calendrier de fermeture desréacteurs existants.Les débats commencèrent alors portantsur la vitesse de sortie, sur l’intérêt defaire de grosses concentrations d’éoliennesou non, sur la possibilité de gérerl’énergie au niveau communal, sur l’habitatéconome, sur les conséquences so -ciales de l’emploi, sur l’empreinte écologique…Mais pour rêver ainsi, il faut commencerpar être présents le 17 mars dansl’une des manifestations !Michel Bernard ■SILENCE N°34429Mars 2007


Nucléaire17 au 23 marsMarcheLille-BruxellesA la fin de la manifestation nationaledécentralisée de Lille, qui setiendra le 17 mars, une marched’une semaine est organisée jusqu’àBruxelles pour aller yremettre 600 000 signatures depersonnes qui demandent la sortiedu nucléaire en Europe.L’arrivée de la marche àBruxelles, le 23 mars, correspondraau cinquantième anniversairedu traité Euratom qui au niveaueuropéen fait la promotion dunucléaire civil. Il est possible defaire la marche en bicyclette, enrollers… L’itinéraire est le suivant: Villeneuve d’Ascq (17 marsau soir), Tournai (18 soir), Leuzeen-Hainault(19 soir), Ath etLessines (20 soir), Grammontet Ninove (21 soir), Dilbeek ouAnderlecht (22 soir) et Bruxelles(le 23 Mars à midi). L’arrivéedans les rues de Bruxelles estcoordonnée par les Amis de laTerre Europe. Les marcheurspeuvent s’inscrire auprès duRéseau sortir du nucléaire,André Larivière, Nérol,43440 Champagnac-le-Vieux,tél : 04 71 76 36 40 ou 06 7669 54 98. Les personnes etgroupes sur l’itinéraire qui peuventhéberger des marcheurs peuventprendre contact avec MartinBoutry, tél : 06 22 13 32 33.Quandles anti-éoliensse dévoilentLes anti-éoliens ont multiplié lesassociations du genre “Vent decolère” ou autre “Vent de…”suivi d’un département. Ils sesont réunis en une “fédérationenvironnement durable” dont leprésident est Jean-Louis Butré,lequel ne peut cacher ses ambitionsdans La Nouvellerépublique du Centre-Ouestdu 8 janvier 2007: il s’agit dedénigrer l’éolien et d’affirmerque “Je pense malheureusementqu’il n’y a pas d’autres solutionsque le nucléaire à l’échelle desbesoins mondiaux”. Le fait queJean-Louis Butré est un anciencadre de la Cogema n’estsans doute pas un hasard !Superphénix Superfolie !Décidé en 1974, construit entre 1975 et 1986, en panne pendantdix ans (moins d’un an de production en cumulant les périodeshors pannes), le surgénérateur Superphénix, premier réacteur de“quatrième génération”, est un échec cuisant pour le lobby nucléaire.Arrêté en 1997, il est actuellement en démolition… en théorie.Car dans la pratique, EDF n’a pu “déconstruire” que les salles périphériqueset se trouve dans l’incapacité de fermer le bâtiment réacteuroù se trouvent, près de dix ans plus tard, 5000 tonnes desodium utilisées pour refroidir le cœur du réacteur (prévu pour fonctionneravec du plutonium). Fin 2006, EDF a fait le point en annonçantla construction en 2007 d’une chaîne de neutralisation dusodium qui devrait entrer en fonctionnement en 2008 et permettrede noyer le sodium par petites quantités dans du béton pour obtenirà l’arrivée 70 000 tonnes de béton très faiblement radioactif. Si toutva bien (le sodium s’enflamme au contact de l’air, explose aucontact de l’eau), cela sera terminé en 2013 ! En attendant, il fautcontinuer à chauffer le sodium pour le maintenir à l’état liquide, cequi consomme autant qu’une ville de 40 000 habitants. La suite dela démolition devrait ensuite se poursuivre jusqu’en 2025. 400 personnescontinuent à travailler sur le site. En 2025, il restera sur lesite une immense piscine contenant 14 tonnes de plutonium, soit lecœur du réacteur et celui de remplacement prévu à l’époque. Il suffitd’une dizaine de kilos de ce plutonium pour faire une bombe atomique.Une cible parfaite pour un avion terroriste ! Cet échec acoûté plus de 3 milliards d’euros aux contribuables, son bilan énergétiqueest largement négatif, le danger d’un accident avec lesodium toujours possible, celui avec le plutonium durable : le plutoniumne disparaîtra de moitié que dans 24 000 ans ! Ce sont lesmêmes technocrates qui aujourd’hui vous proposent de renouvelerce genre d’expériences avec des ITER, des EPR ou d’hypothétiquesnouveaux surgénérateurs !Pour l’indépendancede l’OMSOMS, Organisation mondialede la santé, et L’l’AIEA, Agence internationalede l’énergie atomique, sont deuxagences de l’ONU. Le rôle del’OMS est de faire circuler l’informationsur les questions desanté et d’alerter les gouvernementssur les risques, les épidémies…Problème : un accorda été mis en place peu aprèsguerre avec l’AIEA qui précise,article 1, paragraphe 2, que“chaque fois que l’une des partiesse propose d’entreprendre un programme ou une activité dansun domaine qui présente ou peut présenter un intérêt majeur pourl’autre partie, la première consulte la seconde en vue de régler la questiond’un commun accord”. Or l’AIEA a pour mission “d’encourager,d’aider et de coordonner dans le monde entier les recherches ainsi quele développement et l’utilisation pratique de l’énergie atomique à desfins pacifiques”. Un organisme donc officiellement pro-nucléaire. Celas’est traduit par de vives tensions concernant les retombées officiellesde l’accident de Tchernobyl. Alors qu’à l’ONU, circulent des données quiindiquent à terme neuf millions de victimes, l’AIEA gomme soigneusementces chiffres de tout rapport officiel… maintenant que l’accidentn’a fait que 32 morts sur le moment et n’en fera que quelques millierspar la suite. Ce mensonge permanent est possible car l’article 3 préciseque l’AIEA peut maintenir certaines données secrètes et l’article 7 quel’OMS doit soumettre ses données statistiques à l’AIEA. Selon l’article12 de l’accord, celui-ci peut être révisé à tout moment dans un délai desix mois. Des organisations de soutien aux victimes de Tchernobyl(Enfants de Tchernobyl, CRII-Rad, Réseau Sortir du nucléaire,Contratom, Cie Brut de Béton…) ont donc décidé de lancer une campagnepour demander, au nom de l’article 12, que l’article 1 soit modifiépour ne plus avoir qu’à échanger les informations entre les serviceset que les articles 3 et 7 soient supprimés. Un campement permanentdoit commencer à Genève, à proximité du siège de l’ONU, le 26 avril2007, jour anniversaire de l’accident de Tchernobyl. Renseignementsen France : André Larivière, tél : 04 71 76 36 40 ou Criirad,tél : 04 75 41 82 50, en Suisse : Paul Roullaud, tél : 02 40 87 60 47.Dix milles paires de chaussures devant Superphénix en 1996. Slogan de l’époque :“Superphénix ne marche plus, nous non plus!“DRSILENCE N°344 Mars 200730


Sortie du nucléaire■ Déclin inexorable. L’Agence internationale de l’énergie, jusqu’ici pronucléaire,a enfin reconnu le 10 novembre 2006 que le nucléaire neconnaîtrait pas de développement significatif. Le nucléaire qui ne fournitque 2% de l’énergie mondiale, ne va pas se développer dans lesannées à venir : les projets de nouvelles centrales ne couvrant mêmepas les arrêts prévus des vieux réacteurs.Entre 2007 et 2025, environ 250 des 435 réacteurs actuellement enfonctionnement seront fermés car trop vieux. Les constructions annoncéespendant cette période sont pratiquement connues : en Europe, laFrance annonce la construction de nouveaux réacteurs sur le modèleEPR, mais les luttes vont être chaudes ; les Etats baltes et la Pologneannoncent vouloir construire au moins un réacteur. La Finlandeconstruit un EPR. Pour l’Europe, c’est tout. La Russiesemble ne plus avoir les moyens financiers d’investirdans de nouveaux réacteurs. Aux Etats-Unis oùle plus récent réacteur a déjà trente ans, aucunecompagnie électrique n’annonce de nouvelleconstruction malgré les aides promisespar Bush. En Asie, le nucléaire devraitencore se développer avec une vingtaine deprojets en Inde, une quarantaine en Chine,le Japon n’annonce plus de construction, laCorée du sud non plus. Le Brésil annoncevouloir construire trois réacteurs… mais cetteannonce remonte à longtemps. Il y a égalementla possibilité de voir se construire un ou deux réacteursdans des dictatures (Iran, Corée du nord). En résumé,ce ne sont que 65 à 70 réacteurs qui pourraient voir le jour… pendantqu’on en arrêtera 250 ! Le nucléaire restera donc une énergiemarginale qui aura atteint son maximum à la fin du vingtième siècle.■ Allemagne : sortie maintenue. Le lobby nucléaire en est pour sesfrais. Le 3 janvier 2007, Angela Merckel a réaffirmé que le gouvernementpoursuivrait le plan de sortie du nucléaire adopté en 1998. Ellese justifie en affirmant (et nous sommes d’accord) qu’il n’y a pas àespérer que le nucléaire puisse avoir un rôle important dans la luttecontre les émissions de gaz à effet de serre.■ Nord-Pas-de-Calais : étude en cours. L’association Virage énergies’est constituée dans le Nord-Pas-de-Calais pour mettre en place uneétude détaillée dont l’objectif est de présenter une alternative crédibleà la fourniture de courant par les six réacteurs de la centrale deGravelines. L’étude intégrera la question des gaz à effet de serre (avecun objectif de division par quatre) et étudiera les économies d’énergiespossibles dans une démarche négawatt, le potentiel des énergies renouvelables…Les résultats de l’enquête devraient être rendus publics enjanvier 2008 lors d’assises de l’énergie à Dunkerque. Vous pouvez participerà ce travail concret en prenant contact avec Virage Energie,Café citoyen, 7, place du Vieux-Marché-aux-Chevaux, 59000 Lille.EPR■ EDF signe des contrats. Aprèsla commande du génie civil àBouygues et de la salle desmachines à Alstom, EDF a signéla commande de la cuve du réacteurà Areva le 23 janvier dernier.Ceci alors que le décret d’autorisationde l’installation nucléairepermettant officiellement le débutdes travaux n’a toujours pas étépris.■ Chèques géants. Le samedi 13janvier, dans 45 villes de France,les groupes antinucléaires ontorganisé la remise symboliqued’un chèque géant à EDF d’unmontant de 3,3 milliards d’euros,prix estimé de l’EPR. L’occasionde rappeler qu’avec le mêmeargent, il serait possible de produirebeaucoup plus d’énergie(deux fois plus) dans le domainedes énergies renouvelables encréant beaucoup plus d’emplois(quinze fois plus).C A D A R A C H EPrès del’accident !Le 6 novembre dernier, suite àune panne d’une balance, unbroyeur de pastilles de combustiblesusés, dans l’atelier detraitement du plutonium, a provoquéune erreur de manipulation :au lieu de 8 kg autorisés, lebroyeur a été chargé deux foispour atteindre 13 kg… A 16 kg,la masse critique aurait étéatteinte et une réaction nucléairese serait engagée comme celas’est déjà produit dans une usineau Japon. L’incident a été classé2 sur une échelle de sept.L’enquête a montré que la balanceétait en panne depuis sixmois. Rappelons que les autoritésde sûreté ont demandé depuislongtemps la fermeture de cetatelier qui n’est pas aux normesséismiques. Fermé après desannées de bras de fer avec Areva,il a été rouvert pour y traiter duplutonium venant des Etats-Unis.(Le Monde, 11 janvier 2007)Action devant EDF à Rennes.NucléaireDRT R I C A S T I NEtudesanitairenégligéeUne enquête publique s’est tenuedu 12 juin au 21 juillet 2006pour la construction d’une nouvelleusine d’enrichissement d’uraniumsur le site du Tricastin, àla limite des départements de laDrôme, du Vaucluse et du Gard.La Ddass, direction départementaledes affaires sanitaires etsociales du Vaucluse a émisun avis défavorable, celle du Gardun avis réservé en constatant queles bilans concernant les analysessanitaires des installationsnucléaires existantes sont incomplètesou non utilisées. La Ddassdu Vaucluse note que pour lesannées 2002, 2003 et 2004, lateneur en radioactivité de lanappe phréatique du Rhônedépasse la dose fixée par le codede la santé publique. Les Ddasss’étonnent aussi de l’absenced’un registre des cancers commecela se pratique dans d’autresdépartements. Elles s’étonnentaussi de l’absence de prise encompte des effets cumulatifs desfaibles doses, de l’absence dedonnées sur la contamination desenfants de moins de sept ans, dumanque de réponses aux contreanalysesfournies par la Crii-Rad,etc. Ces critiques institutionnellesfont que le 4 septembre 2006, lacommission d’enquête a recommandéde compléter l’évaluationdes risques sanitaires et demandela création d’un registre des cancers.La Frapna, FédérationRhône-Alpes de protectionde la nature, demande au conseilgénéral de la Drôme qui présidela commission d’équipement duTricastin de débloquer le financementpour une étude immédiatesur la mortalité autour du site.Frapna Drôme, galeriedu Polygone, 38, avenuede Verdun, 26000 Valence,tél : 04 75 81 12 44.F E S S E N H E I MSégolèneRoyal pourla fermetureDans une lettre adressée auxassociations antinucléaires alsaciennes,Ségolène Royal s’estprononcée le 21 janvier pourl’arrêt définitif des deux plusvieux réacteurs de France. Dansla lettre elle précise qu’elleentend “ promouvoir une nouvellepolitique énergétique pour répondreaux enjeux prioritaires quesont la lutte contre le changementclimatique et la préparationde l’après-pétrole”. Une politique“fondée sur les économies d’énergie,la promotion de l’efficacitéénergétique et le développementdynamique des énergies renouvelablesdiversifiées et décentralisées”.SILENCE N°34431Mars 2007


EnergieNotre chauffe-eausolaire a 25 ans !S’il a été acheté d’occasion en 1989, le matérieldate de 1981. En parler, c’est revenir aux sourcesde ce qui a motivé mon engagement dansle domaine des énergies renouvelables.En avril 86, un certain réacteur n° 4vole en éclats, avec la dernièreillusion d’un lobby nucléaire accrochéà ses dogmes : énergie inépuisable,propre, pas chère et… sans danger ! Cettecatastrophe n’est pas pour moi un électrochoc,car je suis déjà sensibilisé auxrisques associés à cette filière. Mais cetévénement, que les populations locales(et aussi plus loin) paient encore dansleur chair et leur génome, m’invite àprendre les choses en main et à modifiermon rapport à l’énergie. A passer d’uneconsommation passive à une autoproduction"éclairée", grâce à une ressource disponibleen abondance et sans problèmeenvironnemental : le soleil.Premiers pasJ’ai lu des articles et des livres, notammentLe chauffe-eau solaire et Fabricationartisanale de capteurs solaires. Rochefort,printemps 86, je bricole un petit chauffeeausolaire, avec un capteur "serpentin"en tuyau d’arrosage noirci. Avec unevieille pompe de machine à laver, ilchauffe 40 litres d’eau. Avec ce dispositifpeu orthodoxe, l’eau atteint régulièrement55°. Elle descend par gravité dans lasalle d’eau : c’est un château d’eau solaire !Montée en puissanceEn 1988, ma petite famille emménagedans une maison de campagne. Je réinstallemon chauffe-eau solaire de fortune,"gonflé" d’un second capteur. Ayant luune brochure sur les capteurs-stockeurs,(1) CES : Chauffe-Eau Solaire(2) J’apprends plus tard qu’il vaut mieux braser (souderà l’argent, haute température) mais je n’ai eu à déploreraucune fuite, à chacun de mes montages.(3) Une huile spéciale, remplacée quelques annéesplus tard par du monopropylène glycol réglementaire(qualité dite alimentaire).je bricole un chauffe-eau solaire "boîte àpain", à partir d’un cumulus électriquerécupéré. Mis à nu et peint en noir, je l’allongedans un vieux frigo dont j’ai retiréla porte et une paroi. Vitrés, les deux côtéspiègent le soleil par effet de serre. Lesparois intérieures de ce caisson isolé, garniesde papier alu, renvoient les rayonsvers le ballon. Ce n’est pas "high-tech"mais ça fonctionne bien (l’eau monte à60°) et surtout passivement, sans énergieextérieure. Ce dispositif n’est toujourspas branché au réseau d’eau de la maison,mais à une prise d’eau extérieure. Pourrécupérer l’eau chauffée au soleil, il fautenvoyer un tuyau d’arrosage dans la sallede bain.Du sérieuxEn 1989, nous achetons un chauffeeausolaire âgé de huit ans. On a affaireaux meilleurs capteurs du moment, desSoléco, étanches et sous pression d’azote :pas de condensation derrière le vitrage,pas de risque de corrosion de l’absorbeur.Ce dernier est à revêtement sélectif(faible réémission d’infrarouges), une raretéil y a 25 ans. Le verre trempé, associéà la pression d’azote, garantit une résistanceà toute épreuve. Sûr de son fait etjoignant le geste à la parole, notre vendeursaute à pieds joints sur un capteurau sol, qui ne bronche pas ! Le "kit" comprend4 m 2 de capteurs, un ballon de 200litres à simple échangeur (serpentin enpartie basse) et réchauffeur électriqued’appoint, un groupe de transfert (circulateur,vase d’expansion, manomètres,vanne de remplissage, soupape de sécurité)et une régulation électronique différentielle(commande du circulateur, selonla température des capteurs et du ballon).Pour 10.000 F (1500 €), nous récupéronsun CES (1) qui a déjà bourlingué : une affairemoyenne. Sans aucune expérienceen plomberie, je décide de l’installer moimême.Etant en location, je fais le minimumde travaux. Je pose les capteurs ausol, au sud de la maison. Je fais un"échange standard" du cumulus électriquedans la cuisine et perce deux trousdans le mur, pour passer les tuyaux alleret retour du circuit primaire, des capteursau ballon. Un ami m’apprend la soudure àl’étain et je remonte le circuit (2). Avecune pompe manuelle, j’emplis le circuiten fluide caloporteur (3). Après la purgedes bulles d’air, quelle joie d’assister audémarrage automatique du circulateur età la montée en température de l’eau duballon ! Avec le sentiment, après des annéesde "bla-bla" militant, de faire enfinquelque chose de concret pour réduirenotre consommation d’énergie.Retour en villeEn 1990, nous déménageons pourune nouvelle location. La maison se prêtemieux à l’implantation du chauffe-eau solairequi nous a suivis. Adossé à la terrasseplein sud, il a sa nouvelle place désignée.L’installation au sol est simple etfacilite la surveillance. Caché par unehaie (à une distance qui n’ombrage pasles capteurs l’hiver) il est invisible de larue : une intégration parfaite, sans déclarationde travaux… Notre CES fonctionneainsi quatre ans. Le ballon étant ausous-sol, je lui ajoute une jaquette isolante,ainsi qu’aux tuyaux entre les capteurset lui. Pendant la période froide, la températurede l’eau chaude gagne 10°. C’estune "manip" que je recommande à tousles possesseurs de CES : j’ai vu des installationsde professionnels, où les tuyaux"chauds" n’avaient même pas de manchonisolant !J-P Blugeon“Etant en location, je fais le minimum de travaux.”SILENCE N°34432Mars 2007


suivante et supportent plus de pression.Avec une facture de 300 €, l’aspect duCES est amélioré. Six ans après, il n’a pasbougé. Je revends les anciens capteurs(pour une somme symbolique) à un adhérentde MER 17, qui veut se monter unCES pas cher. Aux dernières nouvelles, lechauffe-eau solaire est toujours en coursde montage... Enfin, en 2003, je remplacela régulation, une nouvelle dépense de150 €. Finalement, une bonne partie dumatériel d’origine aura été remplacée.“Je lui ajoute une jaquette isolante, ainsi qu’aux tuyaux entre les capteurs et lui.Pendant la période froide, la température de l’eau chaude gagne 10°.”La Maison du SoleilEn 1994, retour à Rochefort. Nous"investissons" notre maison solaire, à peineterminée. Notre bon vieux chauffe-eausolaire est du voyage. Il a vu du pays, particinq ans plus tôt de la Vienne ! J’opte ànouveau pour le montage au sol, pour lequelje suis désormais rodé. Je réserve latoiture sud à Phébus 17, car la premièremicro-centrale photovoltaïque raccordéeau réseau EDF de la région Poitou-Charentes a la bonne idée d’atterrir surnotre maison. Ce n’est pas par manque desurface : avec 30 m 2 , le toit a la place deproduire à la fois l’eau chaude et l’électricitéd’une habitation optimisée, qui achassé les gaspillages d’énergie. Mais lajuxtaposition de capteurs bleus (photovoltaïques)et noirs (thermiques) n’estpas très heureuse. Et la faible pente (22°)n’est pas optimale pour les capteurs thermiques: 45° sont requis pour l’eau chaude,sous nos latitudes. Bon an mal an, leCES produit les deux tiers de notre eauchaude, l’appoint d’énergie est fourni parun chauffe-eau instantané au gaz.En 1997, le ballon fuit. Corrodé à lasortie "eau chaude", il accuse l’absence desurveillance de l’anode, qui encaisse lephénomène galvanique entre le revêtementintérieur et la tuyauterie. Profitantde la commande groupée associative SelfSolaire, MER 79, MER 17 (4) de matérielautrichien, je remplace le ballon par un300 litres. L’eau est moins chaude maisl’autonomie passe de 2 à 3 jours. Outrel’amélioration du rendement des capteurs,qui fonctionnent mieux à bassetempérature, on diminue les déperditionsthermiques (des capteurs au ballon) et onlimite les risques de surchauffe, l’été.Mon choix d’un modèle à double échangeur(le second en partie haute, prioritéau solaire oblige) pour le raccorder aubouilleur d’un poêle amélioré qu’on attendtoujours (le fameux provisoire quidure…) s’avère une erreur, car le surcoûtpar rapport à un "simple échangeur", estde l’ordre de 1000 F (150 €). Nous complétonsl’installation par un mitigeurthermostatique en sortie de ballon, qui limiteà 45-50° la température de l’eauchaude. Outre son rôle "anti-brûlure", ilprotège les cartouches des robinets mitigeurs,limite l’entartrage ainsi que les déperditionsthermiques des tuyaux. C’estun investissement (environ 100 €) dont ilne faut pas se priver.Coup de jeuneEn 2000, l’installateur qui nous a vendule CES revend les 50 m 2 de capteursdu chauffage solaire de sa maison, datantde 1986. MER 17 s’en porte acquéreur,pour ses adhérents. J’en prends 4 m 2 ,pour remplacer les miens dont l’absorbeura quelque peu blanchi, ce qui dessertla cause du solaire, au cours des visitesde la Maison du Soleil (5). Lesnouveaux capteurs sont de la générationJ-P BlugeonEcologie ou économie?En 20 ans (sans compter le changementde capteurs, qui fonctionnaient encore)on totalise une dépense de 2600 €.Sans aide financière, car achat d’occasionet auto montage. Parallèlement, notreconsommation d’énergie a été réduite de30 000 kWh, soit une économie d’un peuplus que cette somme, si nous avionsconservé un cumulus électrique. Parcontre, nous avons évité de produire10 tonnes de CO 2 , ainsi que la consommationde 3 tonnes d’hydrocarbures polluants,si nous avions produit notre eauchaude avec une chaudière à fioul ou àgaz. Et nous avons contribué à limiter ladégradation de l’environnement. Ce n’estpas rien. Notre expérience d’achat d’occasionn’est guère reproductible. Mais nousne regrettons pas notre investissement,plutôt que d’avoir (peut-être) acheté unevoiture plus récente. Aujourd’hui, avecles aides financières on peut amortir sonCES en 10 ans. Mais l’autoconstruction,sur les modèles suisse et autrichien, sedéveloppe. C’est un moyen de reprendreles rênes et de développer la maîtrise deson autonomie, pas seulement énergétique.Un chauffe-eau solairenomadeAprès ? Nous prévoyons de vendre laMaison du Soleil, pour en construire uneplus écologique (bois, paille et terre crue)et à énergie positive. S’il n’intéresse pas lefutur acheteur, nous repartirons avecnotre chauffe-eau solaire "sous le bras"pour finir de l’user. Ce qui peut prendredu temps !Jean-Paul Blugeon ■(4) Associations picto-charentaises (MER = MultiEnergies renouvelables, MER 17 s’appelle désormaisDéfi énergies 17 : www.defi-energies17.org )(5) Maison du Soleil : 12, rue de la Mauratière, 17300Rochefort, tél : 05 46 99 18 38 MER17-jpb@tele2.fr.SILENCE N°34433Mars 2007


Non-violenceJean Van Lierde,témoin de courage et d’humanitédurant la Seconde GuerreMondiale que, ouvrier de 15C’estans dans une usine d’accumulateurs,ce garçon de famille modeste distribuela presse clandestine et des tracts,soutient les réfractaires au travail obligatoireet fabrique des faux papiers au seindu mouvement de résistance belge MNB.C’est le premier des nombreux engagementsque lui dictera son honnêteté intransigeanteau cours de sa vie, souvent àcontre-courant des conformismes de sonépoque : en 1945 il est « scandalisé, dèsla libération, par la violence des vainqueurs» (1). Il refuse alors ouvertementde prendre les armes pour tirer sur lesprisonniers ou les maltraiter : “on ne vapas faire comme eux ont fait”, martèle-t-ilalors, empêchant un jour ses camaradesrésistants de “zigouiller quatre officiersallemands”.Durant les années d’après-guerre, ildevient dirigeant de la Jeunesse ouvrièrechrétienne (JOC) belge, et refuse lorsd’une cérémonie nationale de saluer ledrapeau, par opposition aux positions partrop nationalistes du mouvement : “cefut un scandale inimaginable ! mais jepense qu’il était indispensable” (2).(1) Cette citation, comme de nombreuses autres quisuivent, est tirée de la retranscription d’un entretienavec Jean-Pol Hecq à RTBF-radio, du 10 mars 2005.(2) Citation issue du magnifique témoignage intitulé“L’apprentissage de la désobéissance”, dans l’ouvrageécrit en duo avec Guy de Boschère, La guerre sansarmes. Douze années de lutte non-violente en Europe.1952-1964, éd. Luc Pire/Karthala, 2002.(3) La guerre sans armes, op. cit., p.23.(4) Quelque temps plus tard, la mine du Bois duCazier connaît une catastrophe qui cause 250 morts etlui donne tristement raison…(5) La guerre sans armes, op.cit., p.23.Vendredi 15 décembre 2006 s’éteignaiten Belgique Jean Van Lierde, à l’âge de 80 ans.Pour beaucoup de personnes ce nom resteaujourd’hui inconnu. Et pourtant c’est l’unedes grandes figures de la non-violenceau 20 e siècle qui disparaît.InsoumissionEn 1949 vient le moment de laconscription : Jean refuse de se rendre àla caserne et devient l’un des premiersobjecteurs de conscience belges au servicemilitaire. Il est emprisonné pour la premièrefois, à la prison Saint-Léonard deLiège. Bien vite les autorités le libèrentdans le but d’étouffer politiquement l’affaire.Voyant que ses camarades objecteursne sont pas libérés, il refuse sa libérationet oblige les autorités à l’expulserde prison “exactement comme on m’yavait fait entrer : manu militari” !“Je me battis alors, pendant près d’unan, pour qu’on me remette en prison, nonpar masochisme, mais par souci de lavérité parce que la désobéissance civile estun projet politique, un combat, une stratégiedestinée à modifier un aspect injustede la société, et dans mon cas, une loiqui me paraissait révoltante”. Arrêté unedeuxième puis une troisième fois, ilaffronte “la comédie burlesque desconseils de guerre” et passe au total plusde quinze mois derrière les barreaux,demeurant un an “parmi les cent dernierscondamnés à mort belges de la guerre1939-1945, officiers SS, collaborateurs”…Jean Van Lierde va connaître alors unenouvelle expérience marquante : sur sapropre demande, les autorités belges l’envoienttravailler comme manœuvre à lamine de charbon du Bois de Caziers, par1035 mètres de fond, en remplacement deson temps restant d’emprisonnement.“C’était réellement le bagne. C’était bienpire que la prison. Je ne voudrais, pourrien au monde, recommencer une telleexpérience” (3).En six mois il reçoit pas moins dequatre préavis de licenciement, pour lesarticles qu’il publie dénonçant les conditionsinhumaines d’exploitation des travailleursétrangers, et pour son engagementactif dans les grèves qui secouent lamine, désobéissant au passage à sonpropre syndicat ! “J’étais foutu à l’indexdans tous les charbonnages belges, parceque j’étais sur la liste des agitateurs”. Ilpublie alors le témoignage Six mois dansl’enfer d’une mine belge, qui connaît unretentissement important (4). “Désormaisinembauchable, je revins chez moi, où mefut bientôt notifiée mon expulsion définitivede l’armée, en tant qu’élémentindigne de servir sa patrie et son roi.Enfin débarrassé de mon problème personnelà l’égard de la conscription, j’allaispouvoir me consacrer entièrement àl’œuvre qui me tenait le plus à cœur :obtenir la reconnaissance d’un statut officielde l’objection de conscience enBelgique” (5). Reconnaissance qui n’adviendraqu’en 1964.Lutte contrele colonialismeJean Van Lierde.Mais la guerre d’Algérie éclate et avecelle la nécessité, une fois de plus, deprendre parti et de s’engager. Fermementanticolonialiste dès 1945, Jean Van Lierdelance des appels à la désertion (s’attirantles foudres des communistes) ainsi qu’auDRSILENCE N°34434Mars 2007


sabotage des trains amenant les conscritsà Marseille. Au sein du Comité belge pourla paix en Algérie, il organise l’accueil desobjecteurs et déserteurs français enBelgique, ainsi que l’accueil des Algériensmenacés, en lien avec le réseau Jeanson enFrance. Il parvient un jour à Paris à faireévader de prison un Algérien, RachidBoumaza, en lui procurant un déguisementde curé…Concernant plus directement laBelgique, advient, en 1960, la lutte pourl’indépendance du Congo. Dès la fin desannées 1950, Van Lierde et d’autres anticolonialistesfondent, à Bruxelles, leCentre international et les Amis dePrésence Africaine de Belgique quiaccueillent tous les intellectuels et dissidentsafricains de l’époque, d’EdouardGlissant à Patrice Lumumba, afin de diffuserune réelle contre-information sur lesquestions coloniales. C’est ainsi qu’uneliaison efficace s’établit entre les Belgesmétropolitains, qui jouent un rôle essentielde contre-information, de lobbyingpolitique et d’organisation des objecteurs,et les leaders indépendantistes congolais,au premier plan desquels Kasa-Vubu etsurtout Patrice Lumumba, proche ami deJean. Ceux-ci organisent durant deuxannées de lutte une résistance radicalementnon-violente face au pouvoir colonial: administration parallèle, boycotts,refus de l’impôt,… En 1962, au terme dedeux ans de lutte, l’indépendance duCongo est proclamée et pas un des100 000 européens présents dans le paysn’a été tué (6).Il est difficile d’évoquer l’ensemble desengagements qui mènent Jean Van Lierde,comme, en pleine Guerre Froide, à prêcherà Moscou l’objection de conscience,qui n’est alors pas précisément en odeurde sainteté, ou à être actif au sein del’Internationale des Résistants à la Guerre(WRI)…On rappellera seulement que l’engagementde ce père de famille s’enracine pourlui dans une culture chrétienne revendiquée,au sein des scouts puis de la JOCpendant sa jeunesse, puis avec le groupeEsprit de Bruxelles, s’inspirant du personnalismede Mounier, et jusqu’à sa mortavec la branche belge du MIR, Mouvementinternational de la réconciliation.Il n’en reste pas moins en dialogue critiqueavec le communisme, et plus encoreen résonance profonde avec l’anarchisme,se définissant comme “un socialiste libertaire,un chrétien libertaire”, “chrétienparmi les anarchistes” (7), marqué notammentpar sa relation avec Hem Day, figuremarquante de l’anarchisme du 20e siècle.Un éternel “minoritaire” par choixqui, au final, a voué son existence à “chercherla vérité, quoi qu’il en coûte” (8) auxCarrefours de la paix (9) avec pour seulearme le courage de la non-violence.Guillaume Gamblin ■(6) Jean Van Lierde, “La décolonisation du Congo-Zaïre”, in Alternatives Non-Violentes n° 119-120, dossierLes luttes non-violentes au XX° siècle, tome 1, 2001,www.anv-irnc.org.(7) Entretien à la RTBF, op.cit.(8) La guerre sans armes, op.cit., p. 48.(9) Nom d’une revue, de nombreuses fois censurée,qu’il contribua à créer et à animer de 1962 à 1964.SILENCE N°344 Mars 200735Internet,c’est gratuit ?Aécouter certaines présentationsd’internet, on pourraitcroire que l’accès est “libre”,“gratuit”… Mais tout cela estde la communication mensongère.L’INC qui publie 60 millionsde consommateurs a calculé querien que pour avoir un fournisseurd’accès, il faut compter auminimum 600 € par an. A cecis’ajoute la consommation de votreordinateur qui selon les modèlespeut vous coûter, s’il reste enveille en permanence, jusqu’à100 € de plus par an. Et bien sûr,il vous faut un ordinateur qui dèsle départ nécessite un investissementde plusieurs centaines d’euros.Ceci explique sans doute quela moitié des ménages n’ait pasd’accès à internet… et que cepourcentage n’évoluera plustellement maintenant.SociétéNanotechnologiessous surveillanceIl serait temps ! Deux laboratoiresdu CNRS de Toulouse, unde l’Inserm de Bordeaux, et lelaboratoire marcophages deToulouse, viennent de lancer unprogramme de recherche sur lesrisques liés à l’utilisation desnanotechnologies. Ils travaillentplus particulièrement sur lesrisques cancérigènes qui pourraientexister du côté des nanotubesde carbone déjà utilisésdans les pneus, dans les écransplats, dans des vélos haut degamme… Ces nano-fibres pourraientendommager les cellules ducorps lors d’un contact dermique.Le port des gants est déjà recommandémais on ignore pour lemoment les possibles toxicités.Action directe20 ans de prisonJoëlle Aubron, Georges Cipriani,Nathalie Ménigon et Jean-MarcRouillan ont été arrêtés en février1987, il y a donc vingt ans. Régis


Environnementde berger et le loup. Depuis1999, 117 volontaires et 19bergers-éleveurs ont participé auprojet. Si cela vous intéresse, unstage d’initiation au pastoralismeest organisé fin juin avec un voletpratique par des professionnelsdu pastoralisme et un voletthéorique par des spécialistes del’écologie du loup. Prendre contactavec A pas de loup, 12, rueMalautière, 26220 Dieulefit,tél : 04 75 46 80 18.■ Espagne : fin de la corrida ?Selon les sondages, 44% desEspagnols sont favorables à l’interdictiondes mises à mort dansles corridas. Le ministre de l’écologieespagnol a annoncé débutdécembre 2006 que “dès laprochaine législature, il faudraitréfléchir à des mesures pour supprimerce moment sanglant”.Pour des raisons régionalistes,la Catalogne a déjà interditles corridas sur son territoire.DRSemainesans pesticidesDu 20 au 31 mars, se tiendraune semaine sans pesticides.Cette semaine se traduira par demultiples initiatives un peu partouten France pour montrer desmoyens d’agir sans utiliser deproduits toxiques. Des débatssont organisés sur les marchés,des journées portes ouvertes sontorganisées dans des jardins bioet dans des AMAP, des projectionsde films sont programmées,des stands de dégustation sontproposés… Différents films sontà disposition pour ceux et cellesqui veulent animer un débat. Onpeut proposer une action etconnaître toutes celles qui existentauprès de Acap, Actioncitoyenne pour les alternativesaux pesticides, MDRGF,40 rue de Malte, 75011 Paris,tél : 01 45 79 07 59ou 08 70 59 92 00.Septième nuitde la chouetteLe grand public, familles, enfants,curieux, est convié, le soir du 31mars, à découvrir la nature lanuit. Et notamment à travers cesespèces étonnantes et fascinantesque sont les rapaces nocturnes.Chouettes et hiboux sont desoiseaux menacés. La 7e Nuit dela chouette permet également dele rappeler, et d’expliquer à tous« comment faire » pour les protéger,eux et leur habitat. Plus de400 sorties, expositions, animationsdans les écoles, projectionsde films sur les oiseaux de nuitseront proposées tout au long dela journée et de la soirée par lesspécialistes locaux. Rendez-vousauprès d’un groupe local de laLPO, Ligue pour la protectiondes oiseaux, La Corderie Royale,BP 90263, 17305 Rochefortcedex, tél : 05 46 82 12 34.P A R I SBiodiversité,commentla préserverLa fédération d’associations Ilede-Franceenvironnement organisele samedi 10 mars à la sallede l’association Reille, 34, avenueReille, 75014 Paris (M°Glacièreou RER Cité universitaire), unesession de formation sur cethème. Renseignements : IdFE,54, avenue Edison, 75013Paris, tél : 01 45 82 42 34.L O I R E -A T L A N T I Q U EMarche contrel’extensionportuaireUne marche-manifestation estorganisée le dimanche 4 mars àDonges, pour protéger l’estuairede la Loire menacé par le projetd’extension de la zone portuaire.440 hectares sur 750 sontmenacés par le projet. Ce lieu estun des derniers espaces sauvagesde l’estuaire (présence de préssalés, zones humides, étangs,canal etc.) on compte pas moinsde 276 plantes différenteset 112 espèces d’oiseaux.Natur-Action, case 50, 2 bis,rue Albert-de-Mun, 44600 Saint-Nazaire, www.natur-action.fr.Florian VignalCanons à neigeLes hivers étant de plus en plus doux, les stations de ski essaientde sauver leur saison en multipliant les canons à neige. Fin 2006,191 stations françaises en sont équipées, ce qui peut permettre d’enneigerartificiellement 18% des pistes (4300 hectares). Cela commenceà poser de sérieux problèmes environnementaux : 20 projets de retenuesd’eau sont en cours rien que dans les Alpes françaises. Pour unhectare enneigé, il faut 4000 m 3 d’eau qui proviennent aujourd’huià 55% de retenues, 30% des cours d’eau et 15% du réseau d’eaupotable. L’usage des canons à neige augmente déjà de 20 à 30%la consommation d’énergiedans les stations(consommation d’énergiequi est déjà un scandalesans cela !).Cet enneigement artificielpose des questionsenvironnementales avecla modification des coursd’eau, le retard de lafonte des neiges, ladestruction de zoneshumides, le dérangementde la faune hivernale parle bruit, le manteauneigeux artificiel obtenucontenant deux fois plusDRd’eau, cela pose des problèmes aux plantes qui se trouvent dans deszones plus humides, plus longtemps. A terme, le risque d’un conflitde l’usage de l’eau est prévisible.Différentes associations de protection de la nature demandent qu’uneréglementation soit mise en place pour que cet enneigement artificielsoit pris en compte dans les autorisations concernant les consommationsdes stations, que certaines zones sensibles soient protégées, qu’ily ait un contrôle de la consommation d’eau (avec interdiction d’utiliserles canons à neige quand les conditions météos sont trop défavorables),interdire l’utilisation d’adjuvants dans l’eau, réajuster les débitsréservés des cours d’eau, obliger à des économies d’énergie et d’eau…Pour en savoir plus : Frapna, MNEI, 5, place Bir-Hakeim,38000 Grenoble, tél : 04 76 42 64 08.G U Y A N EOrpailleurs dans le parcnaturel ?enquête publique concernant le futur parc nationalL’ de Guyane a reçu un avis positif malgré les protestationsdes Indiens qui demandent que leurs terres soientmaintenues en dehors de ce parc, d’autant plus que certaineszones du parc seraient ouvertes à la prospectionminière ! Le 28 décembre, dans une lettre ouverte àJacques Chirac, plusieurs tribus s’étonnent en constatantque le projet de parc prenne plus en compte les demandesdes compagnies minières que celles des habitants !SILENCE N°344 Mars 200740


DRJanvier 2007 : devanture d’un bureau de recrutement de l’armée à Tokyo.J A P O NRetour de l’arméeAprès la défaite, le Japon adopte en 1947 une constitution danslaquelle le pays renonce “pour toujours à faire la guerre”. Les gouvernementssuccessifs jusqu’alors avaient toujours interprété ce textecomme une interdiction d’avoir une armée. Mais avec les années, ladroite japonaise a essayé de détourner le sens de ce renoncement, estimantqu’une armée peut aussi avoir un rôle d’ingérence au niveau international,que le Japon doit participer aux forces internationales…comme l’aide aux Etats-Unis en Irak récemment. Au fil des années,des corps de police ont été constitués de plus en plus proches du fonctionnementd’une armée, les budgets ont gonflé et le 9 janvier 2007, legouvernement de droite nationaliste actuellement au pouvoir a franchiune étape supplémentaire en ouvrant un ministère de la défense dotéd’un riche budget. D’importantes mobilisations pacifistes ont lieu depuisdébut novembre pour demander le respect de la Constitution. Il ne noussemble pas avoir entendu un tollé dans les médias contre ce réarmementofficiel du Japon.Anciensappelésen AlgérieL’association des anciens appelésen Algérie contre la guerre a étécréée en 2004 par quatre anciensappelés qui ont décidé d’utiliserleur “retraite ancien combattant”(425 € par an) à des projetsd’aide à la réconciliation pour lapaix. A la suite de différents articles,41 anciens appelés versentdésormais cette retraite militaireet une vingtaine d’autres, pasencore à la retraite, ont annoncéleur volonté d’en faire autant.Simone de Bollardière, veuve deJacques de la Bollardière, généralayant rejoint les rangs de la nonviolence,a accepté d’être la présidented’honneur de l’association.En 2004, l’association a ainsi faitun don à des enfants dans descamps de réfugiés tchétchènes enIngouchie ; en 2005, elle a aidéun centre de rééducation pourenfants handicapés moteurs àSétif en Algérie ; en 2006, ellea parrainé une distribution dematériel scolaire à des enfantsd’un collège de Mostaganem, toujoursen Algérie et s’est lancéedans l’aide à un projet de gestionefficace de l’eau au profit d’uneSILENCE N°344 Mars 200741petite paysannerie en Kabylie.Ce dernier projet s’appuie surdes techniques mises au pointpar l’Institut des régions aridesde Médénine, en Tunisie, avec captagedes eaux de ruissellement etinjection d’eau en profondeur pargravité près des racines desarbres à partir d’un réservoir etde poches de pierres reliées pardes diffuseurs souterrains.Le procédé permet, pour uneplantation d’arbres fruitiers,d’utiliser quatre fois moins d’eauqu’un arrosage en surface. Unpremier projet est en cours deréalisation dans la région d’IghilAli, en Petite Kabylie.L’association appelle les anciensappelés en Algérie à se joindreà ces projets de paix.Association des anciens appelésen Algérie contre la guerre,Rémi Serres, Istricou,81240 Cahuzac-sur-Vère,tél : 05 63 98 31 03.I S È R EAccueillirl’étrangerLa communauté de l’Arche adécidé de mettre en place un rassemblementannuel sur le thème“accueillir l’étranger”. il sedéroulera cette année du 26 au28 mai à l’Arche de Saint-Antoine, avec au programme desdébats sur “suis-je étranger àmoi-même”, “comment je faisde l’autre un étranger”, “en quoila confrontation de nos valeurs etde celles de la société nousamène à nous sentir étrangers lesuns des autres”… seront présentsPhilippe Haddad, rabbin, FrédéricRognon, pasteur… Le tout se terminerapar une fête.Renseignements : communautéde l’Arche, cour du Cloître,38160 Saint-Antoine-l’Abbaye,tél : 04 76 36 45 97.R H Ô N EFormationsnon-violentesL’IFMAN, Institut de formationdu mouvement pour une alternativenon-violente, propose différentesformations : la résolutionnon-violente des conflits (10mars), les incivilités (5 mai),devenir médiateur (les 2, 9 et 16octobre). Les formations se tiennentà Vénissieux. IFMANRhône-Loire, 20, rue del’Ancienne-Gare, 69200Vénissieux, tél : 04 77 89 20 28.PaixBush dégoût■ Etats-Unis : mobilisation contrela guerre. Alors que Bush veutamplifier la présence militaire enIrak, Washington a connu une importantemanifestation pacifiste le 27janvier dernier : au moins 500 000personnes ont marché sur la Maisonblanche avec en tête des célébritéscomme Jane Fonda, SusanSarandon, Sean Penn, JesseJackson…■ Canada : déserteurs. Depuis2001, le nombre des déserteurs del’armée canadienne a doublé. En2005, dernière année connue, 708ont été condamnés, la plupart pourrefus de partir combattre en Irak.■ Prolifération en Inde ou en Iran ?Alors que depuis des mois, les Etats-Unis mènent une campagne de pressionsur l’Iran pour leur interdire lapossession de centrales nucléairesqui pourraient fournir de la matièrefissile pour les armes nucléaires, lesmêmes Etats-Unis ont signé avecl’Inde un contrat d’assistance techniquepour le développement dunucléaire civil en Inde, sous conditionque les centrales puissent êtrecontrôlées internationalement… A ladifférence de l’Iran, l’Inde a déjà faitdes essais nucléaires et s’est proclaméEtat nucléaire en 1998, tout enrefusant de signer le traité de nonprolifération.Ce qui est vérité à l’estdu Pakistan ne semble plus l’êtreà l’ouest du même pays.■ 100 morts par jour. L’année2006 a connu, selon les estimationsde l’ONU, une aggravation dela situation : nous sommes passésde 100 morts civils par semaineà 100 morts civils par jour…dont la moitié à Bagdad.■ 20% des effectifs out ! Aux 3000morts de l’armée américaine, il fautajouter plus de 22 000 soldatsblessés qui ont dû quitter le territoireirakien. Fin 2006, sur 135 000 militairesdéployés par les Etats-Unis,environ 20% ont été mis hors service.Quand Bush annonce ledéploiement de 20 000 soldats supplémentaires,il ne fait donc queremplacer ceux qui sont tombés aucombat.■ Moins de trente ans. Ce sont desjeunes qui sont les victimes de laguerre : 53% des 3000 premiersmorts ont en effet moins de 25 ans,seulement 22% plus de 30 ans. Avecl’âge, on devient plus frileux quandil s’agit de défendre les puitsde pétrole.■ Dommages collatéraux. Plusieursenfants sont morts étranglés aprèsavoir essayé de jouer à SaddamHussein. Les télévisions qui ontretransmis la pendaison de l’anciendictateur ne seront sans doutejamais poursuivies.


PaixBelgique : la chasse aux bombesatomiques est ouverte!La Belgique est signataire depuis1970 du Traité de non-prolifération(TNP), qui mentionne l’obligationpour les pays ne possédant pasd’armes nucléaires de refuser de participerà leur menace ou à leur emploi, et,d’une manière générale pour tous lespays, de négocier leur démantèlementunilatéral. Or la Belgique accueille surson territoire des armes nucléaires étatsuniennesdans le cadre du partenariat del’Alliance Atlantique. Des opposants àcette présence font remarquer le caractèreillégal de ces armes nucléaires, rappelanten particulier le jugement prononcé en1996 par le tribunal de La Haye à la demandede l’Assemblée générale desNations-Unies, déclarant que “la menaced’utilisation ou l’utilisation d’armes nucléairesen général est contradictoire avecles normes juridiques internationales inclusesdans le droit de la guerre, et en particulieravec les principes du droit humanitaire”.Ce dernier interdit en effetl’utilisation d’armes qui ne font pas la distinctionentre civils et militaires.L’utilisation ou la menace d’utilisation del’arme atomique, en bafouant ces principes,constitue donc un crime de guerreet un crime contre l’humanité.Des armes illégalesQue se passe-t-il exactement sur labase militaire de Kleine Brogel, enBelgique ? Difficile de le savoir, tant lesecret nucléaire est épais. Dix bombesatomiques de type B61 d’une puissanceunitaire de 14 fois Hiroshima sont probablementstationnées dans cette “base destationnement opérationnel”, mais onignore si elles y sont effectivement présentes.Ce qui est sûr, c’est que dans cettestation sous le contrôle d’environ 110militaires américains, “l’infrastructure etle personnel sont prêts jour et nuit, septjours sur sept, à envoyer des bombes atomiquesdans les airs à l’aide de F16belges” conduits par des pilotes belges.Les opposants à cette présencenucléaire militaire en Belgique mettent enavant les principes de Nuremberg (1), quisont déduits des décisions du tribunal deDepuis 10 ans un rassemblement de citoyensse bat en Belgique pour dénoncer et démantelerl’arsenal nucléaire militaire des forces de l’OTANprésent sur le territoire belge. Un combatincessant et imaginatif mené avec les armes dudroit et en dernier recours de la désobéissancecivile, qui porte ses fruits dans la société.Nuremberg et du tribunal de Tokyo, lesquellesimposent à tout individu l’obligationde prévenir des crimes de guerre. Letribunal de Tokyo jugea que “quiconqueest au courant d’activités illégales et ayantla possibilité de s’y opposer est, selon lesrègles de loi internationales, un criminelpotentiel, sauf si cette personne prend desmesures pour empêcher ce crime”.Les opposants (2) ont organisé unecampagne pour faire reconnaître ce caractèreillégal devant la loi belge. “En tantque citoyens, estiment-ils, nous avonsutilisé tous les instruments légaux à notredisposition pour demander à nos gouvernementssuccessifs de se conformer audroit international” : initiatives parlementairesn’ayant jamais abouti, dépôt demilliers de plaintes de citoyens qui sontsystématiquement classées sans suite parla justice, etc. “Il est apparemment impossiblepour le citoyen inquiet de demander,par voie parlementaire, plus d’informationsà propos du stationnement d’armesnucléaires illégales dans notre pays ou àpropos de la participation belge aux stratégiesnucléaires de l’OTAN”. Pourtant,au final, les armes nucléaires stationnéesen Belgique sont tout aussi illégales quecelles de la Corée du Nord ou de l’Iran…10 ans de lutteet d’actions directesC’est dans ce cadre que naissent desactions plus directes et que sont organisées,en 1997, les premières inspectionsciviles contre la présence d’armes atomiquessur le territoire belge. Descitoyens pénètrent sur la base militaire deKleine Brogel, qui accueille depuis 1963des armes nucléaires états-uniennes. C’estla première d’une longue suite d’inspectionset d’actions qui mobilisent de plusen plus de monde dans la société belge :“grâce à la bonne organisation et aucaractère non-violent permanent, de plusen plus d’organisations appellent leursmembres à collaborer aux actions deBomb-spotting”.Parmi les actions menées sur le site dela base militaire de Kleine Brogel, citonsune chasse aux trésors organisée surle thème “qui trouvera les armesnucléaires ?”, des promenades littéraireset des performances, ou encore desactions de désobéissance civile pour tenterd’amener les armes nucléaires devant(1) Principes qui furent ratifiés en 1950 par lesNations-Unies en tant que principes du droit coutumierinternational.(2) Réunis au sein du Forum voor Vredesactie.DRQui trouvera les armes nucléaires ?SILENCE N°34442Mars 2007


la justice, menées en 2001 et 2002 etmobilisant respectivement 1500 et 2000personnes. En 2004, des milliers debomb-spotters portent plainte le mêmejour contre le gouvernement belge pourviolation du droit international. En 2005une action est organisée au Ministère desaffaires étrangères pour “remplacer” leMinistre en raison de son incompétence.En 2006 enfin, trois jours avant un sommetde l’OTAN à Riga, le Premier Ministrebelge Verhofstadt reçoit la visite d’un huissierde justice avec une mise en demeurepour violation du droit humanitaire internationalet de la Charte des Nations-Unies…Face à cette campagne d’action nonviolentemenée par des citoyens sansarmes, les autorités belges montrent leursdents : la politique illégale du gouvernementne tient que grâce à la protection demilliers de soldats et de policiers, à l’usagede chiens, de chevaux et d‘autresmoyens de répression.Une campagnede désobéissance civilenon-violenteLes bomb-spotteurs estiment devoirrecourir à la désobéissance civile “après denombreuses tentatives infructueuses derassembler des informations et de dénoncerces crimes par des moyens légaux”. Ilsexpliquent ainsi leur action : “chaqueparticipant pénètre sans autorisation préalablesur le domaine militaire de KleineBrogel pour en déloger les armes nucléaires,ou dans les centres de décision del’OTAN pour y chercher des informationssur l’utilisation des armes nucléaires. Il ouelle enfreint donc une loi. C’est ainsi quenous comptons apporter les armes nucléairesdevant le tribunal”.Un certain nombre de conditions sontdemandées pour participer à ces actions,conditions auxquelles les participantssouscrivent à travers un engagement écrit :les actions se déroulent “ouvertement ethonnêtement. Elles sont annoncées aupréalable et les participants dévoilentouvertement leur identité et honnêtementleurs buts. Nous n’avons rien à cacher”.Elles se déroulent “de manière active etnon-violente”, ce qui signifie que les participantsfont preuve “en toute circonstancede respect pour la dignité humaine(3) Voir Silence n°340, p 35.d’éventuels opposants (militaires belgesou américains, police,…). Les dommagesmatériels doivent se limiter au strict minimum”.Enfin il est précisé que “tout(e)participant(e) est responsable de sespropres actes, est au courant de suiteséventuelles de ses actes et est prêt(e) àsubir ces suites si besoin en est”.En résumé, ils enfreignent ouvertementet consciemment certaines lois“pour dénoncer un crime bien plusgrand”, et “le but n’est pas de déjouer oude démanteler l’état de droit, mais de lerendre plus juste”.Résultats politiques,juridiques et auprèsde la populationPolitiquement, en quelques années, ledébat sur les armes nucléaires, au départcomplètement absent de l’agenda politique,est devenu incontournable. Il estintégré dans le programme de tous les partis.Le nombre d’initiatives parlementairesà ce sujet a augmenté, tandis qu’une résolutionflamande déclare désormais laFlandre “territoire interdit aux armesnucléaires”. En 2003, un questionnaireenvoyé aux partis politiques belges fournitun résultat surprenant : aucun partin’ose défendre la présence d’armesnucléaires sur le territoire. Mais aucunn’ose non plus prendre l’engagement de sedébarrasser effectivement de ces armes etde plaider activement pour une dénucléarisationde l’OTAN ! Le Sénat et laChambre approuvent en 2005 une résolutiondemandant le retrait de ces armes. Legouvernement fait la sourde oreille.Juridiquement, au cours de la campagne,des milliers de personnes ont portéplainte contre l’Etat belge pour complicitéde crimes de guerre. Toutes sont classéessans suite. Le but de ces campagnes debomb-spotting est pourtant clair : apporterles armes nucléaires devant la justice.Concernant l’opinion publique,depuis 10 ans la méconnaissance de laprésence de ces armes stationnées àKleine Brogel s’est estompée, aujourd’huila plupart des Belges sont au courant et lesactions commencées en 1997 à quelquesdizaines de personnes se sont muées enune campagne rassemblant des milliers depersonnes et de nombreuses organisations.Le soutien s’étend dans l’opinionpublique. Plus encore, des liens se tissentavec les personnes et les organisations quitentent dans d’autres pays de s’opposeraux armes nucléaires : ainsi le 23 septembre2006, des bomb-spotters belges,britanniques et suédois ont participé à lapremière inspection citoyenne françaisequi s’est déroulée, à l’initiative deGreenpeace et d’organisations de paixfrançaises, au Centre d’essai de Biscarosse,dans les Landes, contre le nouveau missileM51 (3). Une extension de la lutte quine demande qu’à se développer dans unpays qui, lui aussi, viole ouvertement ledroit international à ce sujet.Guillaume Gamblin ■Pour plus de renseignements sur les inspectionscitoyennes belges et françaises :www.bombspotting.be et www.nonaumissileM51.org.Faslane : un policier éssaie de dégagerdes militants enchainés les uns aux autres .DRBlocage de la basede FaslaneLes mouvements non-violents britanniquesont lancé une campagne de blocage permanentde la base de sous-marins nucléairesTrident de Faslane en Ecosse. Elle a débutéle 1er octobre 2006 et durera donc au moinsjusqu’en octobre 2007. Les actions de blocagesont l’occasion de dénoncer la modernisationde l’arme nucléaire. Des groupes serelaient pour assurer au minimum une centainede personnes devant l’entrée de labase. Un appel a été lancé au niveau internationalpour que des groupes viennent ponctuellementrenforcer cette présence. Un premiergroupe de volontaires français se rendraà Faslane du 24 au 29 mars au départde Paris. Il est possible d’en savoir plusauprès de : france@faslane365.org,www.faslane365.org/fr.SILENCE N°34343Février 2007


FemmesC O L O M B I EIngridBétancourtIngrid Bétancourt, franco-colombienne,sénatrice, candidate desVerts à l’élection présidentielle deColombie, a été enlevée le23 février 2002 et commencedonc sa sixième année de détention.Elle a depuis été déclaréecitoyenne d’honneur dansplus de 1750 communes.I R A KL’Etat majorUS couvreles violsPlusieurs médias américains ontpublié des reportages sur des casde filles ou de femmes irakiennesviolées par des soldats US. Nonseulement l’état-major de l’arméeaméricaine accorde peu de considérationà ces affaires de violsprésentes partout où stationnentdes militaires, mais des soldatsont rendu public des ordres encas de complication avec lesfamilles : il ont ordre alors d’organiserune opération de “nettoyage”pour éliminer les témoinsrécalcitrants. (Les Pénélopes,novembre 2006).B E L G I Q U EPublicitésexisteUne journée d’étude et de débatssur la publicité sexiste est organiséele samedi 3 mars par lesassociations Féminine Bruxelles,Respire et Collectif solidaritécontre l’exclusion. Il s’agirade définir les revendicationsà mettre en avant pour obtenirle vote d’une loi contre ce genred’agression. Rendez-vous au41, rue Philomène, 1030Bruxelles (M° Botanique).Renseignements :Vie féminine, rue de la Poste,111, 1030 Bruxelles, tél : 02227 13 00 ou 02 513 69 00.C R É T E I LFestivalinternationalde filmsde femmesLa 29 e édition du festival internationalde films de femmes setiendra à Créteil du 23 mars au1er avril. Le festival présente denombreuses activités parallèlesavec des films réalisés dans lesJournée internationaledes femmes■ Paris : 4 e festival au féminin.Du 1er au 8 mars, dans le quartierde la Goutte d’Or,exposition de Michèle Maurinet Souad Attabi à l’Institut descultures musulmanes, 19-23, rueLéon, 75018 Paris. Concerts etchants à l’Olympic café, 20, rueLéon. Théâtre, vidéos, danse et lecture au Lavoir moderne, 35, rue Léon,avec un programme très chargé le jeudi 8 mars à partir de 14 h.Compagnie Graines de Soleil, 7, rue de la Charbonnière, 75018 Paris,tél : 01 46 06 08 05.■ Yvelines : 5 e Regards de femmes. Du 5 au 11 mars à Trappes et Saint-Quentin-en-Yvelines. Une semaine de spectacles, débats, projections, ateliers,expositions, proposés par des artistes, mais également par des partenaireslocaux, associatifs notamment, réunis pour questionner la mémoire,la société et la culture au sujet de la femme. Programme : La Merise,place des Merisiers, 78190 Trappes, tél : 01 30 13 98 53.■ Niort : Palestiniennes et Israéliennes. L’association France-Palestinesolidarité organise à Niort, du 4 au 13 mars, la venue des cinq femmespalestiniennes et israéliennes pour débattre sur la position des femmesdans le conflit. Renseignements : Association France-Palestine solidaritéDeux-Sèvres, hôtel municipal de la vie associative, rue Joseph-Cugnot,79000 Niort.■ Nice : les Monologues du vagin. Amnesty international, Femmes solidaritéNice, Loyal compagnie et les Chemin de faire proposent trois joursd’interaction directe avec le public les 8, 9 et 10 mars, salle Bon voyage,à Nice. Théâtre : le Monologue du vagin ; expo-photo “Femmes de Nice”,film et débat. Maison d’Amnesty 36, rue Gioffredo, 06000 Nice,tél 04 93 13 44 43.■ Nice : droits des femmes. Egalement à Nice, rassemblement le 8 marsà 18 h devant le palais de justice à l’initiative du collectif 06 pour le droitdes femmes pour une manifestation de rue. A 19h30, débat à la boursedu travail, 4, place Saint-François sur le thème “Hommes, femmes,lieux de pouvoir, quel partage”. Renseignements au 06 89 86 71 18,04 92 09 15 16 ou 06 81 85 98 64.■ Toulouse : festival féminitude. La première rencontre toulousaine desarts au féminin se tiendra du 6 au 10 mars au café-théâtre Les Minimes,avec spectacles d’humour, théâtre… Café-théâtre Les Minimes, 6, rueGélibert, 31000 Toulouse, tél : 05 62 72 06 36.DRI R A NFemmesdiplôméesLes femmes sont majoritairesdans les universités iranienneset obtiennent plus de diplômesque les hommes. Mais leur hautniveau d’étude ne leur permetd’accéder à un poste de responsabilitéque si elles restent célibataires.En effet, la loi indique queles femmes mariées doivent avoirl’autorisation de leur mari pourpouvoir travailler. Elles sont deplus en plus nombreusesà essayer d’éviter le mariage.(Les Pénélopes, janvier 2007)établissements scolaires etavec des femmes de Créteil.Programme : AFIFF, Maisondes arts, place Salvador-Allende, 94000 Créteil,tél : 01 49 80 38 98.N O R D - P A S -D E - C A L A I SGenre etdéveloppementLe CRDTM, Centre régional dedocumentation et d’informationpour le développement et la solidaritéinternationale, coordonne,avec d’autres associations, l’organisationd’un colloque sur lethème “Genre et développement”qui se tiendra à Lille, à la Maisonde l’éducation permanente (1,place Georges-Lyon, M° République),les 30 et 31 mars.Avec : Margarita Pisano (Chili,fondatrice de la Maison desfemmes et du mouvement féministeautonome), Surma Hamid(Irak, exilée à Londres, engagéedans les luttes féministes auKurdistan, lutte contre l’excision),Awa Fall Diop (Sénégal, présidented’association et responsablede l’observatoire des relationsde genre dans l’éducation auSénégal, ministre des relationsavec les institutions)…Programme complet, inscriptionsavant le 15 mars : CRDTM Lille,maison des associations,19, rue de Wicardenne, bureaun°5, 62200 Boulogne-sur-Mer,tél : 03 20 53 80 14ou 06 67 31 62 02(Pascale Choquet).SILENCE N°344 Mars 200744


Comment le libre marché tuela santé du SudLes accords de l’OMC, Organisation mondiale du commerce, concernantla protection des brevets induit de fait une préférence dans larecherche pharmaceutique en direction des médicaments rentables. Cesderniers sont ceux qui traiteront des maladies qui touchent les personnessolvables, autant dire essentiellement celles qui vivent dans les pays riches.On constate aujourd’hui que les laboratoires n’investissent que dans desmédicaments capables de rapporter au moins un milliard de dollars paran. On va donc privilégier le traitement de maladies peu courantes, maisprésentes au Nord, plutôt que le développement de médicaments peu chersmais qui intéressent surtout des malades du Sud. C’est ainsi que l’on voitse multiplier les thérapies pour le Sida ou les maladies génétiques et quel’on oublie volontiers de lutter contre la paludisme ou le choléra. Des payscomme l’Inde ou le Chili ont réussi à négocier des dérogations aux accordsinternationaux leur permettant de mettre sur le marché des médicamentsbon marché. Mais aujourd’hui les multinationales pharmaceutiquesessaient de contrer ces dérogations par peur de ne plus pouvoir vendreau Nord des médicaments que l’Inde fournit au sud parfois cent foismoins cher.La Centrale sanitaire suisse, organisation non gouvernementale, a réaliséun excellent document présentant les enjeux de ce conflit dans une brochurede 128 p que l’on peut obtenir contre 25 CHF ou 16 €, en français,anglais ou espagnol, elle peut également être téléchargée gratuitementsur leur site. Centrale sanitaire suisse, Maison des associations,15, rue des Savoises, CH 1205 Genève, tél : (0041) 22 329 59 37,www.css-romande.ch.De quelledette parlonsnous?On ne pourrait annuler tout bonnementla dette du tiers-monde ?Mais de quelle dette parle-t-on ?Un chef indien aztèque rappellequ’entre 1503 et 1660, la seuleEspagne a “emprunté” àl’Amérique du Sud pas moins de185 tonnes d’or et 16 000 tonnesd’argent. Que ceci n’a jamais étéremboursé et qu’avec les mêmescalculs d’intérêts cumulés de lafinance occidentale, le remboursementactuel de ce “prêt”, cinqcents ans après, se monterait à unpoids d’or qui dépasserait le poidsde la Terre !Le tabactue du Nordau SudAlors que la consommation detabac dans les pays du Nordamorce son déclin du fait de lameilleure connaissance des dangersde cette drogue, les industrielsdu tabac se tournent depuisquelques années vers les pauvresdu Sud. Dans de nombreux paysdu Sud, les lois antitabac n’existentpas, l’information non plus,la composition des cigarettesn’est pas contrôlée et donc lesfabricants peuvent y mettre desproduits qui augmentent ladépendance… Pour fournir cetabac, il faut sans cesse augmenterles surfaces cultivées, ce quidans les pays du Sud pose desérieux problème de déforestation.Selon l’OMS, Organisationmondiale de la santé, le tabac estresponsable de 16% de la déforestationau Zimbabwe, de 18%en Chine, Syrie et ArabieSaoudite, de 19% au Pakistan,de 25% en Jordanie, de 26% auMalawi, de 31% au Bangladesh,de 41% en Uruguay, de 45% enCorée du Nord.Paris-Dakar■ Consommation indécente.Alors que le réchauffement climatiqueest une réalité, la course duParis-Dakar représente le sommetdu gaspillage : 140 000litres de gazoil partent dansles hélicoptères, 600 000 litresde kérozène pour les avions,750 000 litres de carburantspour les motos, voitures etcamions. Soit 3500 tonnes deCO 2 supplémentaire dépenséspour “jouer dans le désert”.■ Mépris des populations locales.Les pays traversés par les rallyesne sont que des décors pour dessupports publicitaires. Problème :ces décors sont habités et chaqueannée la course tue quelquesautochtones. Depuis sa créationen 1979 à l’épreuve 2006, il y aeu au moins 53 morts : 23concurrents, 13 organisateurs oujournalistes, 17 Africains donthuit enfants. En 2006, BoubacarNord/SudDiallo, 10 ans est tué le 13 janvierà la frontière entre leSénégal et la Guinée ; MohamedN’Daw, 12 ans, est tué lors dela dernière étape à proximitéde Dakar. Deux motards se sonttués pendant l’édition 2007.■ Vélorutions. Le 7 janvierdernier, jour de départ de la course,des vélorutions ont été organiséescontre le rallye Paris-Dakarà Paris, Angers, Nancy,Strasbourg et Tours.B R É S I LNestlémis en échecLa firme suisse Nestlé avait misen place un système de pompagedes eaux souterraines de bonnequalité de la région de SâoLourenço (Minas Gerais) pourfabriquer et commercialiser del’eau minérale sous la marquePure Life. Ces pompages d’eauont très vite provoqué une baissedes ressources locales et lespopulations ont commencé à protesterà partir de 1999. MaisNestlé a toujours refusé d’entendreles revendications localesjusqu’à ce qu’en octobre 2005,des ONG suisses organisentun “tribunal d’opinion” à proximitédu siège de la firme. Le retentissementa été tel sur le planinternational que Nestléa commencé à reculer. En mars2006, le procureur du tribunal deSâo Lourenço arrive à un accordavec la multinationale : les pompagescessent. Comme quoi uneaction bien menée au Nord peutaider sérieusement à résoudreun problème au Sud.C Ô T E D ’ I V O I R EFrançafriquePourquoi la France envoie-t-elle des forces d’interposition en Côted’Ivoire ? Pour protéger ses ressortissants nous répond le gouvernement.C’est vrai que des ressortissants, il doit y en avoir pas mal dansle pays quand on sait que les deux grandes sociétés du secteur de l’eauet de l’électricité, la Sodeci et la Compagnie ivoirienne d’électricité sonttoutes les deux concédées à Bouygues, que Côte d’Ivoire télécom a étérachetée par France câble, une filière de France télécom, que la téléphoniemobile est gérée par Orange, autre filiale de France télécom, quele secteur des assurances et des banques est dominé par Axa, AGF,Bicipi (filiale de BNP Paribas), SIB (filiale du Crédit lyonnais) et laSociété générale, que Colas, filiale de Bouygues, contrôle le marché destravaux publics, que dans le transport, Sitarail (groupe Boloré) et Aeria(chambre de commerce de Marseille) ont racheté l’aéroport d’Abidjan,que Aventis Sanofi garde la haute main sur le secteur de la pharmacie,que Total contrôle le marché des hydrocarbures, que Sofitel, Novotel etle Club méditerranée se partagent le secteur de l’hôtellerie… Commeon le voit, le temps des colonies est bien fini ! (Survie, janvier 2007)DRSILENCE N°344 Mars 200745


TsunamiDe l’usagedes donsNord/SudWe feed the worldDRLe 3 janvier, la Cour des comptesa publié trois rapports sur l’aideaux victimes du tsunami du 26décembre 2004. Les 32 plusgrosses organisations ont collectéen France 225 millions d’euros…mais un an plus tard, seuls33,50% de cette somme, soit 75millions ont été effectivement utiliséspour des projets de reconstructionsur le terrain. Avec desdifférences notables. Ainsi laCroix-Rouge française qui a collecté115 millions n’en a dépenséque 15%, le Secours catholiquequi a collecté 36 millions n’en adépensé que 20% la premièreannée. Ces deux organisationsassurent que la suite servira biensur place mais dans le cadred’actions de reconstruction étaléessur plusieurs années.D’autres groupes commeMédecins sans frontières (13 millions)et Médecins du monde (11millions) ont tout dépensé la premièreannée, arrêtant la collectede fonds dès qu’ils en ont euassez et proposant aux donateursd’orienter leurs dons versd’autres actions. Ainsi les collectesont été réorientées rapidementvers l’aide au Darfour. Siglobalement la Cour des comptesne met pas en évidence des pratiquesmalhonnêtes, on constatedes pratiques sur le terrain fortdifférentes.BiblioatlasDepuis 2004, un groupe de Lilloisqui a rencontré des instituteursdans le sud du Maroc a mis enplace des rencontres culturellesentre jeunes lillois et jeunesmarocains. Des actions de solidaritéont été menées avec descollectifs de chômeurs des deuxpays, également en soutien à dessyndicalistes emprisonnés àOuarzazate. Un projet de bibliothèquea vu le jour à Msemir, unvillage de haute montagne, 500habitants, à 2500 m d’altitude.Situé à 190 km de Ouarzazate,c’est l’un des villages les plusreculés de la région. La bibliothèqueest animée par des instituteurset des chômeurs.Des actions sont organiséesdans la région lilloise pourfinancer l’achat ou l’envoi delivres à cette bibliothèque dudésert. Un chantier collectif estorganisé à partir d’avril 2007pour construire la bibliothèquepublique. Pour y participer :Biblioatlas, 82, rue Colbert,59000 Lille.Nous annoncions dans notre numéro de décembre (p.53) la sortieen Suisse du film autrichien We feed the world nous interrogeantsur sa sortie en France. Le film d’Erwin Wagenhofer, quiraconte d’où viennent les aliments que l’on achète sur un marché,sortira en salles le 25 avril prochain (distribution : Zootrope films,tél : 01 53 20 48 60). Le livre Le marché de la faim tiré du filmsortira le 2 avril aux éditions Actes Sud.DREntraide■ Crépol, Drôme des collines. Pourcause de retraite à la campagne etquelques menus problèmes de santé,vends 100 € vélo dame de ville, marqueWinster, parfait état, mécanique soliditéremarquable. Eventuellement le cèdegratuitement à personne en difficulté(RMI-chômage par exemple). Les100 € seraient destinés à Camille, filletteatteinte de la “maladie des os deverre”, habitant la poblecion la pluspauvre de Santiago du Chili. Merci.Liliane Kazcmarek, 9, lotissementLes Beyssons, 26350 Crépol.■ Ferme horticole-maraîchère, agriculturepaysanne, en création en Corse,offre gîte, couvert à personne motivéeen échange aide aux travaux de laferme, construction bâtiments bois.Serge Dany, 20118 Sagone,tél : 06 18 01 77 94.■ Gard. Nouvellement installéedans le Gard, près de Pont-Saint-Esprit, jeune femme, 33 ans, en couple,cherche à rencontrer des personnesesprit S!lence, ouvertes, pourrencontres conviviales, échanges,sorties, entraide…Tél : 04 66 39 16 01, Florence.■ Bonjour : je cherche un(e) boulanger(e)remplaçant(e) du 2 juillet au 15août 2007. Le pétrissage est manuel,et nous fabriquons uniquement du pain.Le permis de conduire est nécessaire.C’est à la boulangerie “La maison dupain bio” (Girasole), 131, route deMarcilly, Civrieux-d’Azergue, près deLyon. Une formation d’un ou deux moispeut être envisageable suivant lesbesoins. Je travaille à temps partiel.Vous pouvez me contacter au :06 60 33 47 32. Eléonore Galpin,3 bis, rue des lilas, 69008 Lyon.eleonoregalpin@free.fr.■ Je cherche personne(s) désiranttransmettre savoir-faire reçus en donde la terre ou par relais humain, dansun esprit de fraternité (pas de mercantini d’exorbitante exigence en échange)et qui accepte(nt) les êtres différents(autre vitesse, capacité d’apprentissageet façon d’être au monde, vision devie…). C’est la diversité qui fait larichesse du monde. H. Lardon, 31,avenue Maurice-Ravel, 69140 Rillieux.■ Freinet. Connaissez-vous un(e) jeuneretraité(e) de l’enseignement qui sesentirait l’élan d’être l’initiateur(trice)et l’accompagnateur(trice), dans unpays comme le Liban, d’une pédagogiecentrée sur les apprentissages de l’élève,sur le travail autonome et sur laco-évaluation des progrès ? Un(e)autre sur les apprentissages mathématiques? Un(e) autre sur le journal,la BCD-CDI ? Et un(e) autre encoresur les apprentissages scientifiques,avec du matériel de récupération ?L’école Al Mahabah, dans la montagnelibanaise, gérée sans but lucratif parune ONG laïque, avec près de 300élèves, de la maternelle à la 3 e , souhaitetransformer ses pratiques et diffuserle résultat et les voies de sa transformationà travers le pays. Existe-t-ilquelqu’un(e) d’assez fou(folle) pours’investir dans cette entreprise ? Il fautenvisager au moins un séjour d’un moisa l’école : hébergement et nourriture,sur place, assurés par l’ONG, frais devoyage (environ 500 €) à la charge dela personne-ressource (mais, en tantque don, possibilité de récupérer 66%des frais, sur le paiement de l’impôt).Le retour sur investissement ?Inestimable : semer des graines d’espoirdans une terre de malheurs, donnerun sens plein à ses compétences,à son humanité et à sa vie…Intéressé(e) ? Prendre contact avecJean-Pierre Lepri, consultant volontairesur place, lepoub71@yahoo.fr,tél : 00961 70 927 539.Vivre ensemble■ Collectif de trois “familles”, autantd’adultes que d’enfants, nous reconstruisonsun hameau en moyenne montagneariégeoise, vivons sur place, etsommes en train de monter une fermepédagogique en utilisant 20 hectaressur les 40 possibles (prés, landes, bois),élevage essentiellement. Nous mettonsaussi en place des ateliers d’artisanat(boulangerie pour l’instant). Nousoffrons à une famille ou personne avecenfants une possibilité d’installationagricole modeste avec formation ouexpérience professionnelle à l’appui etdésirant s’intégrer à la vie d’un écohameau.Nous cherchons également despersonnes de passage intéressées pourfournir des coups de mains sur la ferme(garde de troupeau de chèvres et brebis,traite des animaux, jardin, clôture…)en échange de l’hébergement“rustique” et nourriture. Ferme deBaychemont, Vincent Derenemesnil,route de Laborie, 09420 Esplas-de-Sérou, tél : 05 61 04 82 12.■ En vue d’un projet d’éco-hameausur le territoire de l’ouest lyonnais,un collectif s’est créé et peut accueillird’autres partenaires intéresséspar la démarche. Projet concret pourhorizon 2008. Contact :Jacqueline.chaput.ruffier@laposte.netou 06 83 18 88 55.■ Je cherche un lieu proche dela nature, campagne ou bord de mer,pour vivre avec mon enfant de 14mois, si possible dans le sud de laFrance, en lien avec d’autres personnesqui, comme moi, vivent pour l’être etnon pour l’avoir. Je suis écrivain, avidede calme et de sérénité. Eventuellementéchange avec mon appartement au centrede Marseille, 3 pièces.Tél : 06 85 46 17 67.■ Alpes-de-Haute-Provence. Nous possédonsune douce terre et souhaitonsmettre en place un éco-lieu ou écohameauoù la culture de la terre seconjugue avec les cultures en général.Sur une base de liberté, d’égalité, defraternité, de convivialité où l’indépendancede chacun ne contredit pas lacollaboration au projet, nous cherchonscomme profils pour participer à cetteaventure, des compétences (artisans,cultivateurs, autres ?), des moyens(participation financière), dans unelimite à court terme de 15 adultes +enfants. Le plus long terme s’organiseraen fonction du court terme et deceux qui l’animeront. Arnold Achard,tél : 04 90 64 10 52,arnold9@wanadoo.fr.■ Le projet d’habitats groupés dans lesud des Hautes-Alpes évolue, se concrétise,et reste très ouvert. Informationsdétaillées sur le projet et son avancement,et de nombreuses photos àhttp://unlieu05.site.voila.fr. Philippe,philippe13@laposte.net.■ Jeune couple 29/33 ans, amoureuxde la montagne, vous propose de s’associerpour l’achat en commun d’undomaine agricole en non intensif (bienvenutout projet) incluant la vie surplace en rénovation ou auto-construction.On offre un soutien financier,moral et en travail occasionnel si vousle souhaitez (nous avons par ailleursun télé-emploi). Projet sur dépt 73, 38,05, 04, 07 en zone de montagne, pourSILENCE N°344 Mars 200746


Annoncesune installation en 2007 idéalementou un peu plus tard. Vous avez un projetagro ou envie de nature, de calme etl’esprit silence, alors contactez-nous :brubruno@yahoo.fr.■ Bonjour, nous sommes un collectif dequatre adultes et deux enfants seminomadedepuis plusieurs années sur différentsprojets alternatifs. Nous cherchonsaujourd’hui à acquérir un terrainde plusieurs hectares avec éventuellementdu bâti en milieu rural afind’y développer un projet agri-culturel etécologique. A court terme et de manièreprovisoire, nous cherchons une location(habitation, grange, terrains…) et/ou unemplacement pour une yourte et unecaravane dans les départements 46, 47,12, 81, 82, 24. N’hésitez pas à nouscontacter si vous avez des pistes ou despropositions. Merci d’avance. Shivain,Cako, Nico, José, gîte nature, 09240Montagagne, tél : 06 69 59 03 05,shivain@no-log.org.■ Nous avons un petit lieu collectif enlocation au sud de l’Indre-et-Loire(Tours, Châteauroux). C’est un lieuvraisemblablement temporaire, pour laformation d’un collectif pour allerensuite ensemble vers un coin plus sauvageet plus autonome. Pour ce printemps,nous sommes deux mamans etdeux enfants et nous cherchonsquelques cohabitants dans la maison ouà l’extérieur (apporter tentes, yourtes,caravanes, tipis…}, en particulier quelqu’unqui sache faire un potager bio, dumiel… Le lieu est non-fumeur à tendancevégétarienne. Les enfants ne sontpas scolarisés. Il y a un hectare de terrain,quelques arbres fruitiers, un poulailler,deux hangars… Pas une panacéeécolo à long terme, mais un lieu de ressourcementassurément. Films, mais nitélé, ni ordi. Contact : Claireou Laurence, tél : 02 47 94 51 38,en journée.Agir ensemble■ Cherche un ou une associé-e biodynamistesur 25 hectares en tractionhumaine et animale (jument au travail)pour petit élevage ovin (voire caprin) ettransformation + maraîchage + sylviculture+ apiculture + verger (châtaigneren place). Habitat premier enyourte puis possibilité de déposer permisde construire. Propose partage dubail, vente commune sur marché local.Profil recherché : alter-anarchisteaimant viscéralement les peuples pastorauxet que vive la désobéissancecivile. Ecrire à : GIS, Le Village,48220 Fraissinet-de-Lozère.■ Ce monde chute. Vous cherchez unpeu mieux et craignez de changer seul.Chacun fait de même et ça bloquel’évolution qui sera radicale et surtoutpersonnelle ; dramatique en proportionde vos médiocrités et de vos résistances.On va prendre des claques ! Unegrande famine mondiale après pétrolepour commencer (voir “L’appel auxvivants” de Pierre Gevaert). La sortiede l’impasse collectiviste et du visibleaveuglant se fera par le haut. On vadevoir lever les yeux ! Oser être unique !Il vous faut des tripes, du cœur et pasde dureté. Quitter cuirasses et remparts,sortir de l’œuf attardé… Cettenaissance va décoiffer, tout chambouler,mais en légèreté et joie, fin de toutepeur, début de l’amour vrai. Un instructeurdu futur, tél : 06 99 29 62 93.■ Cherche à entrer en contact avectoutes les personnes ayant un projet surle Var ou départements proches. Offrependant les vacances scolaires, expérienceset participation en autoconstructionbriques monomur, paille, mortierde chanvre, enduit de façade. Bernard,tél : 06 83 23 86 09.■ La Côte-Saint-André (Isère). Emilieet Emmanuel cherchent, secteur Bièvre-Chambaran, abonnés S!lence et autressympathisants écologie, alternative,non-violence, décroissance pour tisserdu lien social, entraide, covoiturage, etc.Contactez-nous au 06 84 90 01 19ou emmanuelfl@yahoo.fr.Recherche■ Thérapeute de médecine traditionnellechinoise cherche un local pour enfaire son cabinet dans la Drôme surRomans/Bourg-de-Péage. En colocationou en temps partagé avec un oud’autres praticien(s). Budget inférieurou égal à 200 € par mois. Dans la salledevront pouvoir être aménagées unepetite salle d’attente, des sanitaires etune salle de soins (10-12 m2) bienaérable et chaude. Si possible en rezde-chaussée,au moins accessible facilementpar des personnes handicapées.Tél : 06 77 90 08 79.■ Films. L’association Ptigart cherchedes films indépendants à diffuser pourla deuxième édition de son festival, enseptembre 2007, à Saint-Germain-de-Salles (Allier). Vous êtes réalisateur ouvous possédez des films de ce type, contactez-nousà : association Ptigart,5, avenue de Limoges, 87400 Saint-Léonard-de-Noblat, nhk@no-log.org.■ Vos contacts de festivals, rencontresalternatives (manifestations écologiques,solidaires, foires bio, concoursde véhicules non motorisés, fêtes nonmarchandesoriginales, etc.) sont lesbienvenus pour le Guide Festivalternatif! à paraître fin 2007. Merci d’envoyervos contacts et adresses à : éditions lep’tit Gavroche, 3 bis, rue des Lilas,69008 Lyon, ptitgavroche@gmail.com,tél : 06 72 28 46 31,www.guidaltern.org.Rencontres■ Réf 344.01. Homme 48 ans, fonctionnaire,mince, aimant nature, fleurs,mer, danse, voyage, yoga, vie bord demer Corse, désire rencontrer femmetoutes origines pour échanger, rire,voyager, le tout avec amour, humouret respect de l’autre. Ecrireà la revue qui transmettra.■ JH, 36 ans, prof de guitare, végétarien,non fumeur, aimant la nature, lapoésie… souhaiterait rencontrer JFcool, tolérante… pour vie à deux.Jean-Philippe Gautier, 68, rue desMartyrs-d’Autun, 71130 Gueugnon,tél : 06 24 44 33 95.Emplois■ JH 29 ans, cherche emploi CDIsur ferme AB, cinq ans d’expérience(maraîchage, plantes aromatiques,semences, élevage, traction animale).Sébastien Hébrard, tél :05 63 31 98 97.■ Aube. Pour un projet collectif d’ouvertured’un magasin-boulangerie portépar les paysans bio de l’Aube, nouscherchons une personne ou famillepaysan et/ou boulanger ayant les compétenceset la motivation nécessairesà ce type de démarche. Logementassuré sur place (pain bio au levain -four à bois). Soutien et solidaritéassurés. Contact : Guillaume,tél : 06 60 80 03 02, g.enfert@free.fr.■ Coordinatrice projets internationaux(éco. sociale et solidaire, coopération,agro-écologie, éch. culturels, formation,enseignement, etc.), très dynamique,ch. emploi ou missions ponctuelles.Gde expérience professionnelle : montage+dévlptprojets, création réseaux,interface, rech. partenaires, organisation,communication, rédaction, animationéquipe, gestion budget, etc.Anglais, espagnol, catalan écrits et parléscouramment+connaissance portugais,allemand, italien. Bonne connaissanceEurope, Inde, Amérique Latine,Moyen-Orient, Maghreb. Tél :06 86 16 90 89, jp.sindbad@yahoo.fr.Logement - Terrains■ Nous sommes à la recherche de terresagricoles (jusqu’à 3 ha) à louer ouà acheter dans l’Isère ou le nord de laDrôme pour réaliser un projet d’arboricultureet/ou légumes en pleins champsen agriculture biologique. Cetterecherche s’inscrit dans un projet plusglobal d’autonomie et de décroissance,avec à plus long terme la création d’unlieu avec réseau d’échanges de savoirs,bibliothèque alternative, projection defilms… Nous étudions toute proposition.Merci d’avance ! Violaine Mulaet Samuel Foutoyet, 3, rue de laRépublique, 38000 Grenoble,tél : 04 76 00 02 83,violainemula@no-log.org.■ Agriculteur bio cherche 3 à 10 hade prairies et bois, sur site isolé, grangebienvenue, petit budget, zone de montagnesur dépt 43, 63, 07 et 42.Contact : sevv@no-log.orgou Séverine, tél : 04 76 36 53 39.■ Loue maison tout confort 95 m 2dans hameau entre Autun (71)et Arnay-le-Duc (21). Libre au 1 ermars. Chauffage fuel/bois. Grenier aménagable.Potager possible. Electricitéphotovoltaïque. Loyer : 485 €.Contact : O3 80 57 26 10ou 03 85 90 10 17 (à midi seulement).■ Alpes-Maritimes. Famille troisenfants cherche maison à louer, troischambres, secteur Saint-Sauveur-sur-Tinée-Valdeblore et terrain viabilisépour écoconstruction. Merci de nouscontacter au 02 32 49 32 45ou 06 72 08 13 09.■ Eure. Cause mutation, vends maisonRomilly-sur-Audelle, 5 chambres, salle50 m 2 , cuisine aménagée, 2 WC, 2 SdB,chauffage central, garage indépendantsur terrain 3200 m 2 , au calme (vergerde pommiers, sous-bois), engagé “jardinLPO”. Prix : 290 000 €. Tél :02 32 49 32 45 ou 06 72 08 13 09.■ Rhône. Artiste-peintre professionnelle,mère de famille, esprit bio-écolo,cherche à louer maison F6 (ou plus)avec atelier. Accepte confort spartiate,même avec travaux. Aimerais intégrermon activité artistique à la vie d’un village: création d’un atelier d’arts plastiques,expos, prix de peinture, et touteaction créant de la convivialité (réseauSel, co-voiturage…). Catherine Raux,37, quai Perrache, 69002 Lyon,tél : 06 62 50 58 28.■ “Ô vous esprits des lieux, sachez queje n’ai aucune intention mauvaise. Jevous respecte et vous conjure de ne pasme faire de mal. Je suis comme uneplante sans racine. Mon désir de terreest immense et je ne sais comment l’assouvir,partout, elle m’est refusée. (…)Tous veulent que j’aille vivre dans legrand village. Je sais que je n’ai rien ày faire car c’est la terre qui m’appelle.Accepteriez-vous que je m’installe survotre domaine en m’engageant à le respecter?”. Cet extrait de Paroles deterre de Pierre Rabhi décrit bien monétat. Et c’est toi, possédant de terre —plus que tu n’en as besoin — que jecomprends ici comme esprit des lieux.Je cherche un lieu-terre pour installermes racines, assurer ma subsistance,non pour faire du profit ni comme loisir,mais pour vivre. Ai-je espoir detrouver une terre pour me poser ?H. Lardon, 31, avenue Maurice-Ravel,69140 Rillieux.■ Fatou et Anouk, deux “pépettes”(2 et 4 ans) dynamiques et leursparents, Cécile, institutrice et François,accompagnateur en montagne, cherchentune maison à louer dans le sudde l’Aveyron, aux alentours de Millau,Nant, Saint-Affrique. Nous cherchonsaussi un terrain pour y loger notrejument. Merci d’avance. Cécile Tenainet François Petit, Le Mazel, 48190 LeMas-d’Orcières, tél : 04 66 47 64 32,boitearando@wanadoo.fr.■ Berger-chevrier, avec troupeau, marié6 enfants, cherche hameau ou village àl’abandon, avec bâtiments, habitationset de 50 à 500 ha de terrain, même enfriche ou avec travaux pour créationélevage bio avec production-vente deproduits fermiers, matériels et outilsde ferme, prêts et dons de véhicules detourisme bienvenus. Petits revenus.Ecrire à : Serge Bedessen, Le Bourg,rue des Trois-Portails, 12170Durenque, tél : 05 65 78 48 69ou 06 31 41 12 54.Vacances■ Drôme. Parc régional du Vercors sud,loue week-end, semaine ou plus pourgroupe ou famille (2 à 8 personnes),deux yourtes (20 et 35 m 2 ) sur terrainde 2000 m2, cuisine, salle de bain(douche), piscine, proximité rivière.Départ randonnées sur les hautsplateaux du Vercors, observation bouquetins,marmottes, chamois, vautours…chauffage poële à bois.Roland, tél : 04 75 21 15 73,souslajourte.com.■ Manche. Loue gîte écologique pour6 personnes à 4 km de la mer. Accèspour les personnes à mobilité réduite.Situation au calme entre mer et campagne.Gîte équipé en solaire thermique,toilettes sèches, phyto-épuration,chauffage au bois… Séjour toute l’année.Contact : Famille Lacroix,tél : 02 33 50 69 96, ecotaupi@tiscali.fr,www.ecautopi.org.■ Vacances été campagne + bordde mer, chambres 2/3 p + cuisine encommun, 160 € la semaine à Tonnay-Boutonne (17). Tél : 05 46 26 31 35.A vendre■ Vends maison en pierre, début du siècle,4 chambres, 2 sdb, cuisine aménagée,véranda avec vue sur le Vercors,jardin classé en agriculture biologique1200 m 2 , nombreux fruitiers, 1,5 km duvillage, tous commerces et écoles. Prix :230 000 €. Tél : 08 72 91 76 34.Autres■ L’association littéraire de l’Arcjurassien dont le but est de faire découvrirdes auteurs et leurs pensées vousprésente ses premiers auteurs surwww.escarboucle.ch.Gratuites : Les annonces de Silencesont gratuites pour les abonnés. Ellessont également gratuites pour les offresd’emplois. Pour passer une annonce,joindre le bandeau d’expédition quientoure la revue ou joindre un chèquecorrespondant à un abonnement.Taille des annonces. Nous vous demandonsde faire le plus concis possible. Audelà de 500 signes, nous nous réservonsle droit de faire des coupes.SILENCE N°344 Mars 200747


CourrierChauffe-eauEn tant qu’artisan électricien, je reçois beaucoup de publicités sur les nouvellesnormes. (…) La capacité de production d’un chauffe-eau est de produire1,7 fois son volume d’eau chaude à 40°. Dans une publicité, unchauffe-eau de 200 litres doit pouvoir produire 350 litres d’eau chaude.Ce n’est pas avec des raisonnements pareils qu’on va inciter les gens à économiserl’eau. Moi, quand je fournis un chauffe-eau électrique à mesclients (ce qui est déjà rare) dans les maisons écologiques ; je placeraisplutôt un 100 litres. (…) Quand on est arrivé au bout de la réserve d’eauchaude un peu trop vite et souvent au début, on apprend à mieux gérerl’eau par la suite. (…)Roger Hubert ■Pyrénées-orientales.ApicultureJ’en ai marre des jérémiades des apiculteurs qui devraient d’abord balayerdevant leur porte. Insémination artificielle des reines, nourrissage auxsucres issus d’OGM (les sirops de glucose, etc. sont souvent importés desEUA, où ils sont fabriqués à partir de maïs. Si les fabrications européennessont moins OGMisées, les céréales utilisées ont souvent été traitéesavec Gaucho ou Régent). Sucres inadaptés complémentés avec desprotéines issues de levures de bière. Introduction de reines grecques derace “Ligustica”, adaptées au nourrissage hivernal (si ces gènes importésse sont mélangés à ceux de nos abeilles indigènes, il est difficile d’avoir desabeilles adaptées à notre climat, même en bio : l’abeille est la seule espèceanimale domestiquée dont on ne maîtrise pas la reproduction. Une futurereine s’envole (assez loin) et plusieurs mâles vont la courtiser avant l’accouplement).Si un apiculteur bio pouvait répondre en précisant ce qu’il a réglementairementle droit de faire (ils peuvent maintenant nourrir leurs abeilles avecautre chose que le miel de leur propre production), je pense que cela éclaireraitles lecteurs amateurs de miel sur les pratiques d’apprentis sorciersde cette profession et en quoi le bio est préférable, doit évoluer… Alorsque de nombreux insectes ont un rythme de reproduction très rapide (unesemaine, l’été, pour les pucerons), chez les abeilles il y a fécondation tousles trois ans en moyenne et chez une seule femelle pour une colonie de50 000 individus. Il me semble dangereux de précipiter le mouvement !Dans sa “Grande flore en couleur” parue en 1911, Gaston Bonnier présentebeaucoup de plantes sauvages comme non visitées par les abeilles car latrompe de celles-ci est trop courte pour aller jusqu’au fond de la fleurabsorber le nectar, ces fleurs n’étant visitées que par les bourdons.Aujourd’hui, les abeilles visitent ces espèces, car on a sélectionné desabeilles à la trompe plus longue, tant pis si elles avalent ainsi des nectarsauxquels elles ne sont pas adaptées, elles produisent plus de miel… pendantquelques années.L’agro-industrie n’est pas innocente et les politiques sont complices, lesmatières actives du Gaucho et du Régent ne sont pas complètement interdites,mais toujours utilisées dans des colliers anti-puces pour les chiens,des insecticides pour jardin d’amateur… Dans quelques années, comme lasanté des abeilles ne se sera pas améliorée, on dira que Régent et Gauchon’y sont pour rien (puisqu’ils sont interdits dans l’esprit des gens) et qu’ilfaut donc les autoriser de nouveau au nom de la compétitivité de l’agriculture,désormais chargée de fournir des carburants. Au printemps, j’ai signaléle maintien sur le marché du Confidor (même matière active que leGaucho, vendu en jardineries pour tuer les pucerons sur les rosiers sous différentsnoms) à la Confédération paysanne, la FNAB, le syndicat des apiculteurs.Aucun n’a réagi...Patrice Néel ■Ardèche.Sexisme intérioriséJe viens de recevoir le n° 340 (…) [en lisant] la contribution de CamilleCouteau [courrier des lecteurs, Ndlr], je m’inquiète de voir de nouveau lesmères mises au pilori pour tous les maux de ce monde. La responsabilitédes mères ne peut pas être plus centrale que celle des pères : lesmachistes ont un père aussi, dont “ils sont la fierté”. Blâmer la femmepour le sexisme c’est blâmer le serf pour son esclavage. Nous savons bien,quand même, que toute forme d’oppression utilise, en plus des menacesphysiques, un lavage de cerveau qui persuade la victime qu’elle mérite sonsort. Dès l’enfance, les garçons et les filles baignent, bien avant d’être euxmêmesconscients de leur place sexuelle personnelle, se sentant “neutres”en quelque sorte, baignent donc dans une propagande plus ou moins subtilequi amoindrit les femmes (incapables, “émotionnelles”, faibles, frivoles,volages, un peu bêtes, etc.) et ennoblit les hommes (rationnels, courageux,forts, doués en technique, calmes, etc.). Le message passe et, puisqu’il n’yen a pas d’autre, il devient vérité, absorbée également par les filles et lesgarçons. Aucune surprise, donc, à ce que les mères s’en fassent l’écho àleur tour. Triste spectacle, je l’avoue, mais qui doit mener à l’éducation desfemmes plutôt qu’à leur condamnation.Jocelyne Fortin ■Grande-Bretagne.Responsabilité des femmes“Responsabilité des femmes ?” deCamille Couteau dans le numéro d’octobre2006 m’a quelque peu irritée.Comme c’est généreux de nous accorderà nous, femmes, une responsabilité centraledans les malheurs de l’humanité !Mais dira-t-on assez que douces ou non,nous n’élevons pas les enfants seulesdans des bulles (où sont les pères ?)mais dans une société où hélas il y abeaucoup d’égoïsmes et de bêtises. Jevois qu’il y a aussi beaucoup à faire pouraméliorer le quotidien, préserver la planèteet l’avenir. Alors, que la pomme dela discorde ait été cueillie par Eve etmangée par Adam ou l’inverse, je m’enfous ! Quand aura-t-on fini de dire quec’est l’autre qui est responsable, quandcessera-t-on de diviser (pour régner), decréer des antagonismes ? Toute cetteénergie perdue serait utilement recycléepour remédier aux malheurs de l’humanité.Sur cette planète en perdition,femmes et hommes, toutes et tous, noussommes responsables aujourd’hui pource que nous ferons pour le monde dedemain.Françoise Lafont ■Isère.Homéopathie et casque à vélo(…) Dans le n° 341 de décembre 2006, je relève une information et unéditorial plutôt discutables (…). Commençons pas l’édito. A ma connaissance,l’efficacité de l’homéopathie n’a jamais pu être démontrée clairement,sinon par l’effet placebo. Aucune expérience en double aveugle n’apu prouver qu’un patient soigné par cette « médecine” l’ait été plus efficacementqu’un autre soigné par la médecine traditionnelle. Il a été démontrépar contre qu’au-dessus d’un certain taux de dilution, il ne peut plusrester une seule molécule efficace dans un médicament homéopathique.(…) Que la médecine soit marchande est incontestable. Elle est aussi corrompue.Mais qui osera prétendre que les médecines dites alternatives lesont moins ? Nous connaissons tous des homéopathes cupides qui n’écoutentpas leurs patients, et tous les charlatans sont loin d’être démasqués.(…)L’information, c’est en page 30, celle titrée : “Vélos : le casque est dangereux!”. L’emploi du conditionnel aurait pu sembler plus prudent. Le psychologuebritannique est-il lui-même cycliste ? On ne nous le dit pas. Sesélucubrations méritent qu’on s’y attarde un peu. Il a basé son affirmationsur l’observation des dépassements de vélos par des voitures. C’est curieux,il aurait pu le faire sur des chutes sur la tête, non ? Le casque n’a jamaisété destiné à éloigner les véhicules dépassants. Pour cela, il existe des écarteursde danger fluorescents de quelques grammes. (…) C’est à des médecinsurgentissimes qu’il faudrait poser la question de l’efficacité du casquepour cyclistes, à des neurologues, à des neuro-chirurgiens, à de spécialistesde la traumatologie, pas à un psychologue. Le crâne humain est très fragileet mérite d’être protégé quand il est mis en concurrence avec des véhiculesplus lourds. (…)J’utilise systématiquement le casque dès que je monte à vélo (…) en pensantqu’il amortira peut-être un jour le choc d’un rétroviseur de camion, lachute d’un caillou en montagne, ou la mienne sur la chaussée.(…) Lacontrainte est faible. Porter un casque léger et aéré ou bien une casquetteou un bonnet, la différence est minime. L’important, on ne le répèterajamais suffisamment, est d’être vu à vélo. Tenue aux couleurs vives, chasublefluo, écarteur de danger, catadioptres, miroirs réfléchissants sur lesFransoise LafontSILENCE N°344 Mars 200748


Courrierpédales, dans les roues, sur les garde-boues, on n’en fait jamais trop quandsa vie est en jeu. Et surtout, un éclairage efficace dès la tombée de la nuit,et une conduite irréprochable.Jean-François Amary ■Drôme.LéthargieEntendu sur une radio : “Si tout le monde le faisait, je serais le premierà le faire”. Je crois que ça résume bien la léthargie de ce monde.Romain Desbois ■Essonne.1- Questions sur les BiocoopJ’ai été porteur de projets, pour créer une coopérative de consommateursde produits bio à Clamart il y a quelques mois. Nous avons trouvé uncouple de propriétaires qui mettait à notre disposition un local et unedizaine de familles avaient adhéré à ce projet.J’ai amené ce projet à Biocoop, qui a préféré privilégier une entrepreneuseprofessionnelle : la femme du responsable développement de Biocoop, quitravaille aussi pour un membre du conseil d’administration.Un agriculteur bio des Yvelines a eu ce même type de mésaventures auprèsde Biocoop. Au sein du siège, le discours commercial de cette entreprisem’a beaucoup perturbé.Monsieur Brissonnet, un salarié qui s’occupe du développement de Biocoopm’a indiqué que la priorité de cette entreprise aujourd‘hui est de développerle bio avec les recettes commerciales classiques :• ouvrir des grands magasins qui optimisent le chiffre d’affaires parmètre carré, par exemple dans les zones commerciales à l’extérieur desvilles…• les ouvrir le long de grandes routes, avec un grand parking.“Les transports en commun sont un obstacle au consommateur” …• acheter du bio dans les pays de l’Est si les producteurs en Francene peuvent pas s’organiser pour vendre du volume.Je pense que cette structure s’éloigne actuellement de ses principesd’origine :• proposer un circuit court entre le producteur et le consommateur.Aujourd’hui Biocoop achète la moitié de ses produits à des transformateurs.Les produits sont transportés dans des centrales d’approvisionnement,puis redirigés vers les magasins. Cela fait trois intermédiaires quiprennent une marge entre le producteur et le consommateur. Les produitsfont aussi plusieurs centaines de kilomètres sur route.• proposer un système de vente en accord avec le respect de l’environnement,donc dans des endroits facilement accessibles pour ceux qui n’ontpas de voiture.• avoir une vraie implication des producteurs et des consommateurs dansla vie des magasins.• offrir produits locaux et de saison (pas de pommes de Nouvelle-Zélandeen automne, ni du sarrazin canadien alors que la Bretagne en produit).• un magasin qui ne pousserait pas à la surconsommation, mais à la ventede produits répondant aux besoins des gens.• pas de produits sur-emballés.Le bio est devenu une partie du marché comme les autres, avec sesgrandes surfaces, ses acteurs dominants et des produits sophistiqués.Michel Scrive ■Hauts-de-Seine.2- Une réponse de BiocoopConformément à sa charte, Biocoop a pour objectif de développer la productionbio en France, celle-ci représentant moins de 2% de l’alimentationdes Français. Avec 75 ouvertures de magasins depuis trois ans et unecroissance de 20% par an, Biocoop est le principal réseau qui tire aujourd’huila consommation bio en France.Sur une zone très urbaine comme Clamart, près de 200 000 habitants,Biocoop souhaite en effet installer un magasin ayant pignon sur rue, seulesolution à même — à notre sens — de populariser la bio et de capter uneclientèle plus large que les “déjà convaincus”.En parallèle Biocoop poursuit depuis vingt ans une politique d’achat priorisantle local, le régional et le national.Alors que la filière bio peine à installer suffisamment de nouveaux producteurs,du fait de l’absence d’une véritable politique publique de soutien,Biocoop travaille à la contractualisation de ses besoins avec les producteurset les transformateurs afin de poser les bases d’un co-développementdurable.Dans ses relations avec le Sud de la planète mais aussi avec les producteursde proximité, Biocoop milite pour une économie d’équité dans leséchanges et de juste répartition de la valeur. Dans ses magasins, elle metl’accent sur les produits frais, la saisonnalité et une vraie proposition deproduits en vrac, évitant autant que possible les dérives du suremballage.Ceci n’est pas antagoniste avec des initiatives de type “panier” ou ventedirecte ; mais nous pensons que l’installation de commerces classiques detype superette fait partie de l’offre à développer pour sortir le bio de sa“bulle”, et nous essayons de faire ce métier de commerçant de façon professionnelle,sans renoncer à nos objectifs éthiques.Jean Pol Kerjean ■Directeur développement Biocoop.Commerce équitableBien, l’article de Daniel Julien dans le n° de décembre (n°341, Ndlr) sur lecommerce équitable ! Un article qui vous donne la pêche, qui vous pousseà l’action.C’est comme si Monsieur Julien me disait : “tu habites cette maison insalubre,mal orientée, qui bouffe une énergie pas possible ! C’est une horreur,à faire disparaître”. Alors, vite avant la fin de la journée, je la casseen petits morceaux. Ouf ! avant la nuit, c’est fait. Je peux me reposer surle tas de décombres. A –10°. Pas de chance, Monsieur Julien a oublié deme proposer une couverture !J’exagère, Monsieur Julien nous laisse une pensée fulgurante. Une seule,courte, mais bien : “Le seul commerce qui soit équitable est celui qui permetune relation interpersonnelle directe et aisée, entre le producteur et leconsommateur”.Je ne sais pas comment vit Daniel Julien, je n’ai que son analyse magistrale; mais s’il est en phase avec son texte, il a dû construire sa villa auprèsd’un sympathique fermier bio (peut-être que son prochain article s’intitulera“Le bio : la grande arnaque”) et qu’il va chercher son lait, le matin(…). J’espère aussi que le sevrage complet de chocolat, thé, café, bananeet autres fruits lointains ne lui aura pas été trop difficile. (…)Si je suis amer, c’est que ce n’est pas la première fois que je lis des analysespertinentes mais qui font l’impasse sur les chemins menant à unautre ordre. Cette remarque s’adresse directement àS!lence : servez-nous encore une ou deux fois cesarticles au kärcher et vous aurez fait un grandpas vers le silence… de mort. Si vous avez uncomité de rédaction, qu’il essaie de ne pas laisserle lecteur au milieu du gué où il va se noyerpar désespoir. (…) Qui nous aidera à agir avecles moyens du bord au lieu de nous enfoncer ?Comment on fait pour passer d’une situationsi bien décrite à un monde humain 100% ?Il faut sans doute beaucoup de temps, beaucoup demonde, beaucoup d’essais et accepter que le chemin soitmerdique. Parce qu’il y a un chemin, et long, entre les deux.Mais j’espère que vous demanderez à Monsieur Julien ou à un autre de(re)prendre la plume et de nous dire, modestement, comment faire et commentenvisager une action collective pour sortir de l’enfer puisque ceux quiessaient, ils ont tout faux. (…) Bon travail.Armand Darmet ■Ain.S!lence : la revue est ouverte à vos articles proposant des pistes constructivespour penser la transition concrète vers une société plus soutenable.De quoi aller vers ce que conseille Daniel Julien, ancien expert agronomeauprès d’ONG, aujourd’hui boulanger bio qui cultive son jardin en Poitou-Charentes.Ecologie des villes,écologie des champsN’hésitez pas à continuer malgré les contestations parfois sentencieuses,parfois sensées et même si vous m’énervez sur votre esprit anti-bagnoleparfois très primaire qui est souvent valable en ville et qui se discute énormémenten milieu rural non équipé de lignes SNCF… Demandez aux économiquementfaibles ce qu’ils pensent du racket réalisé par les entreprisesde transport en commun subventionnées et des horaires plus qu’excentriques.Impossible d’avoir une vie professionnelle et, encore moins, une vieSILENCE N°34449Mars 2007


Courriersociale. Par ailleurs, les personnes vivant seulesou en couple sans “charge” d’enfant ne sont quetrès rarement extrapolables à la vie d’une maisonnée.Quant aux 4x4, je vous invite à rencontrernos amis les bergers qui crapahutent en garriguesou en montagne. Je crains que la comparaisonde l’empreinte environnementale entre unécolo des villes (même végétarien) et notre bergerdont le troupeau participe à la biodiversitéet à la défense des forêts (et des garrigues !)contre les incendies soit défavorable à notre amicitadin. Un peu de discernement permettrait plutôtde mettre en évidence les comportements “moutonniers” (réflexes,habitudes, modes…) de nos contemporains et de… nous-même. Laréflexion est identique pour les téléphones portables, lesquels sont desoutils de travail — parfois de survie — pour les travailleurs de la terre.Patrick Sastre ■Hérault.Annonces trop efficaces ?Je m’appelle Daniel, j’habite dans le plus profond du Poitou et je vousremercie chaleureusement pour tout le travail que vous assumez pour leservice gratuit des petites annonces. En effet c’est grâce à S!lence si j’aitrouvé, plantée dans mes petits souliers, la fille du Père Noël, élue par moncœur sur le champ ! (…)Daniel Jacquemin, ■Haute-Vienne.L’ancien et le nouveauAmis (…), vous n’avez guère changé, sauf l’éloge des alternatifs en tribus,pleins de néo-matérialisme vivrier, sur les traces de l’ancien, sauf le profit(…). Sans doute êtes-vous auto-satisfaits et bien pensants sur vous-mêmeset votre démarche ? (…) Améliorer ce qui est en restant dans les paramètreséculés et nocifs, ne peut que reconduire l’ancien qu’on prétendquitter.(…) Le collectif pour s’y mettre (les jeunes) est bon s’il y a partaged’identités accomplies (avec distances et autonomie personnelle) mais trèsmauvais si on verse dans l’archéo-tribal (même non-hiérarchisé, car lemonarque est le groupe lui-même, clanique, prosélyte). En effet, la négationde la personne, individu, indivis, est le point marquant de l’ancien et aproduit l’échec de toutes les idéologies et institutions, car l’uniform…isationn’est pas l’unification, laquelle ne peut être qu’individuelle et dans ladiversité (…), sans débandade parce qu’unifiée intérieurement : identificationà l’Unique dont nous sommes tous porteurs. (…) Le nouveau sera spirituelet l’extérieur en procèdera. (…).Jean-Bernard Wibin ■Gard.Innovations frugalesMerci à toute l’équipe de votre journal. Un dossiercomme celui de François Schneider (n°340, Ndlr) faitchaud au cœur. Alors oui je renouvelle mon abonnement.Arnaud Bougon ■Savoie.La France verte est mal partieBon courage, copains verts. Ceux qui préfèrent la nature à la campagneont du pain bio sur la planche savonnée. Alors que l’écologie est au cœurde la campagne, que les médias lui font une place de plus en plus grande(même si c’est pour glorifier la sacro-sainte croissance dans la phrase suivante)lui attirant une sympathie transgénérationnelle, la candidate desVerts est donnée à 1% des intentions de vote. Je sais, les sondages…“Elue” à la suite d’un de ces scrutins qui font les délices de la presse (…),Dominique Voynet se déclare pour une candidature unique des écologistesau sens le plus large du terme. A condition que ce soit elle. L’ancienneministre de Jospin (contre une décision du CNIR à 80% des voix) laissele souvenir d’une suite de bourdes, de cafouillages, de trahisons, de reculades,de couleuvres avalées et digérées (1).Une analyse (…) de ses interventions est révélatrice. (…) Si elle parled’acquis “des Verts”, elle se réfère en fait à des élus verts dans différentesinstances, et non au parti ou aux militants. Quant au fond (il faut dire queles journalistes ne l’aident guère et préfèrent la politique politicienne), ilreste bien loin de ses préoccupations. Rien sur la course à la croissance,les institutions françaises ou européennes, les choix énergétiques, lesdérives technologiques présentées comme remèdes aux maux de la planète,l’hégémonie revendiquée par Bush sur les plans militaire, politique, culturel,économique, dans laquelle s’inscrit une Europe élargie largementconsentante. (…)D’ores et déjà, une nouvelle collaboration avec les socialistes est envisagéedans le cadre d’une nouvelle “gauche plurielle”. Avec un PS et un PC largementpro-nucléaires, un Pascal Lamy à l’OMC, les lobbies de l’armementet du BTP contrôlant l’information. (…)Le suffrage majoritaire invite aux alliances contre-nature, avec l’illusionentretenue qu’on n’existe que si l’on participe au “pouvoir”, alors que lespetites formations qui y sont associées n’y survivent que par les reniements.Une alliance UMP/PS , comme celle des socio-démocrates avec leschrétiens-démocrates en Allemagne, serait beaucoup plus logique, beaucoupmoins contre-nature, que celle des Verts avec le PS.La faute impardonnable du PS, c’est d’avoir repris et imité l’idée gaullisteque c’est à une personne, le président de la République, tenant sa légitimitédu suffrage universel, de faire la politique de la France. Les primairesentre DSK, Fabius et Royal sont sous-tendues par l’idée que le programmepèse peu auprès de la personne qui aurait tout pouvoir pour sa politique.Loin d’avoir réformé les institutions du “coup d’état permanent”,Mitterrand et Jospin les ont aggravées, en particulier par le quinquennat etl’inversion du calendrier destinés à renforcer le caractère présidentiel ettotalitaire de la Constitution. (…)Pierre Vexliard ■Ancien conseiller régional vert,tête de liste pour l’Isère en 1992.(1) Faut-il rappeler le maïs transgénique porté sur les fonts baptismauxau coté de Glavany, les propos rassurants lors du naufrage de l’Erika,pitreries au salon de l’agriculture, aménagement du territoire revendiquépour mieux l’abandonner à Chevènement, loi sur l’eau sabordée, Somportabandonné…Lyon-TurinPlusieurs articles de la revue parus en 2006 ont traité de la nouvelle ligneferroviaire alpine Lyon-Turin, et notamment des articles appuyés — maismal informés — sur l’expérience menée avec un train italien à technologiependulaire (le Pendolino). Ces articles comportaient quelques erreursque je n’ai pas manqué de relever dans deux courriers précédents.En réponse, la rédaction continue à soutenir que l’échec de cette expérienceferroviaire entre les deux versants des Alpes était dû au manque de fréquentation: c’est bien mal connaître cette artère lourde du transit alpin.(…) Il s’agit en effet bien d’un échec technologique et non commercial.Christophe Merloz ■Savoie.S!lence : après des contacts avec les opposants au TAV (TGV en italien),eux pensent plutôt à un choix politique : le Pendolino serait abandonnépour un train encore plus rapide.DRSILENCE N°344 Mars 200750


S!lence ne commercialise pas les livres présentés dans cette rubrique.Liberté,sexualités,féminismeMouvementfrançais pour leplanning familialIsabelle FriedmannEd. La Découverte2006 - 280 p. - 20€Ce livre a étéédité pour fêterles cinquante ansdu MFPF,Mouvement françaispour planningfamilial. Une histoireimportantepour les jeunesfemmes d’aujourd’huiqui devrontsans doute se frotterles yeux pourcroire ce qu’ellesvont y lire. Il est en effet tout àfait spectaculaire de se replongercinquante ans en arrière pour serendre compte des conditions devie de nos grands-mères. Alorsque les femmes viennent toutjuste d’avoir le droit de vote, ellesne peuvent encore travaillerqu’avec l’accord de leur mari,elles ne peuvent ouvrir un compteen banque. Les femmes ont alorsle devoir d’enfanter et il n’est pasquestion de parler ouvertementde contraception. Encore moinsd’avortement. Le planning familialnaîtra donc dans la clandestinité,à l’initiative de femmes courageuses.Le premier centre deplanning familial ouvre le 10 juin1961, place de l’Etoile àGrenoble, avec le soutien devingt-trois médecins prêts à prescrirela contraception. Lescontraceptifs sont alors importésde Suisse… via une filière delivraison d’armes pour le FLN !Une structure coopérative se metalors en place pour fabriquer surplace les contraceptifs. Les procèsse multiplient et la batailledevant les tribunaux durera jusqu’en1967. Le planning familiala ses opposants : l’Eglise catholique,l’ordre des médecins et,plus étonnant, le Parti communistejusqu’en 1965 ! Le PCF estimealors le contrôle des naissancescomme réactionnaire ! Larévolte de 68 va lancer une nouvellelutte : celle pour le droit àl’avortement. MFPF se trouveentraîné dans le sillage des luttesféministes d’alors, non sans dissensioninterne. Devenu mouvementd’éducation populaire, ilintervient de plus en plus dans lemilieu scolaire pour faire del’éducation à la sexualité, présenterles méthodes de contraception.Le 5 avril 1971, le Nouvelobservateur publie le manifestedes 343 : 343 femmes qui annoncentpubliquement qu’elles ontavorté. On y trouve des nomscomme Françoise Sagan, Simonede Beauvoir, Catherine Deneuve,Ariane Mnouchkine… L’opérationa été préparée par le MLF, leMFPF va alors rejoindre le mouvement.En avril 1973 naît leMLAC, Mouvement pour la libertéde l’avortement et de lacontraception qui regroupe leMLF, le MFPF, différentes associations,des syndicats, des partispolitiques, des membres du PS etdu PC. Alors que les plus radicauxobtiennent la majorité ausein du MFPF, une motion annonceque l’association va pratiquerelle-même des avortements. Labataille va se terminer en 1974par le vote de la loi Veil. La luttese poursuit pour l’application dela loi, sans cesse menacée.L’arrivée de la gauche en 1981va lui donner une reconnaissancemais aussi provoquer des vagues.Le MFPF développe la solidaritéinternationale, étend son champd’action à la lutte contre les violencesfaites aux femmes.L’arrivée du sida oblige à revoirle discours sur la liberté sexuelle.Le développement de la procréationmédicalement assistée provoquede nombreux débats. Uneperte d’investissement bénévoledans les années 90 menace untemps la vie de l’association, uneréorganisation permet de rebondiret aujourd’hui, le MFPF esten contact chaque année avec500 000 personnes (90% sontdes femmes, 60% des mineurs),compte environ 5000 militants,répartis dans des groupes départementauxprésents dans 68départements. La lutte contre lesexisme et pour les libertés esttoujours d’actualité dans unmonde toujours susceptible defaire demi-tour. Passionnant. MB.Clairel’enragéeMimmo PucciarelliEd. ACL, BP 1186,69202 Lyon cedex 12006 - 126 p. - 12€Que sait-on de Claire Auzias ?Après avoir longuement fréquentéles milieux anarchistes, elle a crééune maison d’édition Egrégoreà Marseille. Mimmo Pucciarelliqui dresse des portraits de militantsdepuis de nombreusesannées, a voulu en savoir plus.Dans ce long entretien, ClaireAuzias raconte une vie marquéede drames familiaux, son “enragement”au moment de mai 68alors qu’elle est lycéenne, ledésenchantement qui suit, ladrogue, les casses pour la financer,la prison, puis l’errance jusqu’enInde, l’internement psychiatriqueavant un retour à la normale,à 25 ans, où elle finit sesétudes par une étude sur les anarchistesde l’entre deux-guerres, ledébut d’une fréquentation avec cemilieu qui ne se démentira plus.Une franchise dans la narrationcomme rarement on peut en lire.MB.Les sociétéstraditionnellesau secours dessociétésmodernesSabine RabourdinEd. Delachaux et Niestlé2005 - 224 p. - 19€Nous prenons conscience aujourd’huides limites de la planète,mais au nom d’une “modernité”ou de la nécessité d’une “croissanceéconomique”, nos schémasde pensée occidentaux sont incapablesde penser un mode defonctionnement de nos sociétés enharmonie avec la planète. Il y apourtant urgence. SabineRabourdin a étudié comment certainspeuples comme lesYanomamis (Brésil), les Ladakhis(nord de l’Inde), les Inuits (norddu Canada), les Bushmans(Afrique du Sud), les Aborigènes(Australie) ont intégré très tôt laconscience des limites de leurenvironnement et comment ils enont tenu compte dans leur modede fonctionnement. La comparaisonentre leur mode de vie et lemode de vie occidental doit nousamener à revisiter les idées queLivresnous nous faisons de la pauvreté,du bonheur, de la place de l’hommesur Terre… Un livre qui inversele questionnement sur le développement: ce serait peut-êtreplutôt au Nord d’envisager de sedévelopper en copiant le Sud ?Introduction à un débat fortriche. FV.Voiture,du rêveà la calamitéPieroEd. Les Produits du jardin,285, avenue de Verdun,46400 Saint-Céré2006 - 72p. - 3€Une petite brochure pour nousrappeler que toutes les voitures seressemblent, qu’elles constituentune importante part de marché etqu’il est possible de sortir dubourrage de crâne perpétuel pouressayer de se poser les bonnesquestions. Un chapitre entier estconsacré à ce qui est fondamental: ce que l’auteur appelle joliment“les nuisances propres”.Car si même une voiture roule àl’écolo-carburant (encore àdécouvrir !), il n’en reste pasmoins que la voiture est une sourcede stress, mange une quantitéphénoménale d’espace et de ressourcesnaturelles : pas seulementune tonne de matériaux par véhicule,mais également un grandnombre de tués, blessés et handicapés,brouille la notion d’espacetemps(on va vite en voiture…SILENCE N°344 Mars 200751


Livresquand on a fini de travailler pourse la payer), favorise l’individualismeet la solitude, est un gouffrefinancier (14% du budget moyendes Français). L’auteur en arrivelogiquement à la question : seséparer de sa voiture ? Il rappelleque dans un Paris sans voiture, ilne faudrait qu’une demi-heurepour traverser la capitale à vélo,un temps difficile à imagineraujourd’hui en voiture, que 30%des urbains vivent sans voiture,20% des ruraux, donc que c’estpossible. Il ne demande pas lasuppression de la voiture, mais unusage limité, collectif, lorsquec’est nécessaire. Un petit livre àtout petit prix qui peut donner dupunch pour animer des débats surle sujet. FV.L’anti mondialisationAspectsméconnusd’une nébuleuseJean JacobEd. Berg international2006 - 244 p. - 18 €Voici un livre intéressantà analyser :comment un auteuraussi informé soitilsur le mondedes objecteurs decroissance, peutbiaiser une analysepour arriver à unrésultat pour lemoins pervers :ces personnesseraient d’odieuxréactionnaires.Commençons par le titre : il choisitd’appeler la mouvance étudiée(les critiques du développement)des antimondialistes par oppositionaux altermondialistes. Si lesseconds défendraient une “autremondialisation”, les premiers“semblent pratiquer le principede précaution. Préférant œuvrerau quotidien pour un monde plusjuste, ils privilégient parfois lasimplicité volontaire. Ici, on segarde bien d’attendre le matin dugrand soir et on abandonne parfoisl’espoir de renverser un systèmepour s’en déconnecter quotidiennement”[p.7]. Une trèsbonne définition… qui ne justifieabsolument pas le terme d’antimondialiste! Comment intégrerpar exemple qu’à côté du refus dela libre circulation des marchandises,une bonne part de cettemouvance milite également pourla libre circulation des personnes(sans prendre l’avion !) ?Comment expliquer le soutien auxsans-papiers ? Et il en est ainsitout au long du livre : des présentationsassez justes de la mouvance,avec des conclusions le plussouvent décalées et sans justification.Jean Jacob montre ainsi queles idées initiales de ce mouvementseraient dans la création del’IFG, International forum on globalization,un mouvement initialementfinancé par une Fondationpour l’écologie profonde, auxEtats-Unis, et dans laquelle onretrouve en France des structurescomme l’Institut pour la relocalisationde l’économie (avec AgnèsBertrand venue d’Ecoropa) ou laversion française de L’Ecologisteliée à Teddy Goldsmith. Il piocheaussi dans des liens plus ancienscomme la présence à la têted’Ecoropa de Denis deRougemont, qui dans les années30, aux côtés d’Ellul etCharbonneau, a eu un discourscritique sur la modernité, ce quilui vaut, comme de nombreusesautres personnes ici (Lanza delVasto par exemple [p.219]) de seretrouver classé dans le camp desréactionnaires. Jean Jacob fait làdes amalgames douteux. En effet,une bonne partie du mouvement— au moins en France — estantérieure aux manifestationscontre l’OMC organisées avec laparticipation de l’IFG. Que l’onrepense aux nombreux livrespubliés dans la foulée de mai 68,au rapport du Club de Rome surla Croissance zéro en 1972, à lanaissance de revues écologistescomme la Gueule ouverte lamême année, au Sauvage, àEcologie-infos, à la multiplicationdes associations de protection dela nature, la naissance des Amisde la Terre, de Greenpeace, à lacandidature de René Dumont dès1974… jusqu’à la naissance desVerts en 1984. Les objecteurs decroissance sont toujours là, plusou moins visibles selon lesmoments. Et toutes ces pistes nesont pas présentes dans cetouvrage. L’auteur a choisi dedémontrer quelque chose et il s’ytient, ignorant tout ce qui pourraitl’en éloigner. Ainsi, pourquoisignaler que Teddy Goldsmith aécrit au moins quatre fois dansSilence, ce qui nous rend quelquepart suspect, alors que l’on pourraitaussi dire que nous avonspublié de nombreux auteurs demultiples tendances, la revueessayant précisément de favoriserces confrontations d’idées. Onregrettera aussi que l’auteur netravaille presque que sur lesdocuments qu’il trouve — alorsqu’il pourrait rencontrer de nombreusespersonnes toujoursactives — ce qui le conduit à deserreurs comme d’annoncer enprésentant Vandana Shiva, qu’elleserait venue en France à Lyon en1997 pour un colloque des Verts(en citant un document des Verts)[p.55], alors qu’avec beaucoupd’autres, elle est venue au contre-G7 organisé par TOES, dont ilparle dans une note un peu plusloin [p.97]. Il parle des éphémèresRéseaux Espérance[p.192] en ignorant qu’ils existenttoujours. Il parle de la chartede la décroissance [p.202]alors qu’il s’agit de celle de larevue du même nom. Sa conclusiontraduit sa pensée profonde :nous représenterions “certainsmilieux qu’une hostilité au capitalismea rejetés, à tort, àgauche, puisque la droite seramène à la défense du capitalisme”[p.223]. En dehors de l’altermondialismeet d’une gaucheréformiste, il n’y aurait donc pasd’autres possibilités que d’être dedroite ! MB.Mémoiresd’un cadredissidentMichel Roulet,265, rue E.-Piquand,73200 AlbertvilleEd. Goutte de sable2006 - 126p. - 12€(chez l’auteur)L’auteur a connu l’effervescencede mai 68, la lutte des paysansdu Larzac, la lutte anti-nucléaire,le renoncement de la gauche aupouvoir… Cadre dans de grandesentreprises, il a pu voir de l’intérieurcomment l’économie détruitl’humain, mais n’en resta pasmoins persuadé qu’il est possibleaujourd’hui d’avancer dans desdirections alternatives. Il prônedonc l’éducation à l’environnementet à la citoyenneté, àprendre du recul avec les différentesformes de pouvoir, à développerles solidarités militanteset à se lancer dans des expérimentationsau niveau individuelcomme collectif. Un témoignagefacile à lire et enrichissant. MB.Les poteauxde tortureAbdel Hafed BenotmanEd. Rivages/noir2006 - 232 p. - 7,50€L’enfermement est le sujet principalde ces nouvelles. Pas seulementcelui subit en prison, maisaussi celui qui mène aux différentesformes d’oppression del’homme, notamment l’esclavagisme(dans “l’homme de paille”).Avec ses mots crus, bruts, le nouvellisteparle de ces proscrits, quisont dans une impasse, et de leurimpuissance à changer le destin.Ces petites gens, ces révoltés dela vie, broyés par une sociétéinjuste, oppressive, lancent descris de colère. Mais leur sort estbouché, noir, même s’ils sontencore parfois capables de rire,de ce rire acerbe, grinçant commeces portes glaciales, rouillées quise referment sur le condamné.Déjà rejetés, appauvris, ils fontdes rencontres qui les font sombrerdavantage (“à la ramasse”).Dans son style fougueux, pétri demots coups de poing, mais pleind’images, avec cette causticitétrès personnelle et cette luciditéprovocante, Benotman s’attaqueà toutes les formes d’aliénation.Il touche le lecteur au plus profond.MJ.La décroissancepour tousNicolas RidouxEd. Parangon (Lyon)2006 - 160 p. - 8€Dans un style clair et concis,Nicolas Ridoux trace un rappeldu pourquoi de la décroissance,avant d’aborder un certainnombre de pistes intéressantesSILENCE N°344 Mars 200752


sur le “comment”. En s’appuyantsur une approche humaniste etsensible — proche de celle deJean-Claude Besson-Girard quiassure ici la préface — l’auteurnous présente avec simplicité desdébats possibles en précisant bien“Cependant, il n’existe pas derecette-miracle pour s’engagerdans la décroissance, ce qui n’auraitpas grand sens et remplaceraitun dogme (“croissantiste”)par un autre (“décroissantiste”),mais une multitude d’approchesconvergentes, individuelles ou collectivespour construire un mondequi serait plus riche de sa pluralité.La décroissance ne peut seconstruire qu’à travers une successionde débats démocratiques,où le primat économique seraVolemrien foutreal païsPierre Carles, ChristopheCoello, Stéphane Goxe2007 - 1h47 - en sallele 7 marsLe film ouvre sur une intervention(soviétique)de Pompidou à la télévisionnous expliquant ce qu’est lelibéralisme et pourquoi laFrance doit indiscutablements’engager dans cette voie. Undiscours que les libéraux d’aujourd’huin’oseraient mêmepas tenir tant il est cru. Etcomme si ça n’était pas assez clair, le montage nousbalance un extrait de pub dans laquelle le patron gifleses employés pour les endurcir : nous sommes enguerre, en guerre économique.Le début du film va ainsi procéder par courtesséquences d’absurdité quotidiennes (grève, infos télés,visite à l’ANPE…) entre lesquelles vont s’insérer uneautre vision du monde (auto-construction en paille,installation de panneaux solaires, toilettes sèches…)Ces extraits de vie négatifs ne nous choquent pas tellementtant nous y sommes habitués. C’est leur accumulationqui nous amène au dégoût. Un peu commesi on s’habituait à voir des cadavres dans les ruesmais pas encore les charniers.Le film cherche alors, doucement, des pistes simplesqui peuvent sembler radicales au premier abord tantelles s’éloignent du système dominant.A travers les expérimentations de différents groupes,sans donner de leçon, chacun découvre à son rythme,en fonction de sa propre histoire, de ce qu’il est prêtà faire comme chemin et du sens qu’il (re)trouveà sa vie.Du coup, on échappe assez vite à l’éternel critique“Oui mais si vous êtes contre le nucléaire, vousretournez à la bougie ?” : non, on commenceremplacé par un primat humaniste”[p.93]. Les lecteurs deS!lence apprendront sans doutepeu de choses sur les données dela première partie, par contre, laseconde partie peut être sourcede féconds débats. MB.F I L MB . D .Un hommeest mortKris et Etienne DavodeauEd. Futuropolis2006 - 64 pages - 15€Brest, importante base de lamarine allemande pendant laseconde guerre mondiale est totalementdétruite par les bombardementsalliés. En 1950, alors queplusieurs milliers d’ouvriersreconstruisent la ville, une grèveéclate et le 17 avril, c’est ledrame, la police ouvre le feuet tue Edouard Mazé, un ouvrier.par réfléchir à nos besoins,on met des panneaux solairesquand c’est possible. On nes’oblige pas à la pureté, on nequitte pas un monde normatifpour un autre.L’immense mérite du film estde donner des pistes et demontrer des possibles. Parceque nous faisons tous parti dusystème que nous critiquons,il nous démontre que nosmarges de manœuvre sontbien plus importantes que l’onne croirait. Ce fait est assezdifficile à penser car il nes’agit pas de revenir à un âged’or mais d’inventer autrechose. Il n’a jamais été questionde quitter la société, des’en passer, mais bien aucontraire, de permettreà d’avantage de personnes d’yavoir une place. Simplement le système actuel sembletellement verrouillé que certaines prises deconsciences ne peuvent mener qu’à des ruptures.Il dépasse aussi le premier niveau de critique du système.A travers le groupe espagnol Dinero gratis quiprône le vol comme moyen d’accès à la consommation.Il en démontre rapidement les limites, voler desfringues de marque à la mode ne remet rienen cause profondément, on reste dans le systèmede surconsommation. Tout cela réduirait les revendicationsau pouvoir d’achat.Mais il pose aussi la question de l’utilisationdes allocations chômage, du RMI, d’un revenu d’existence,de la protection sociale de certaines communautés.Bref, ce film foisonne d’exemples en tout genre, depistes de réflexions brouillonnes et hésitantes, d’actionsconcrètes et expérimentales, il redonne enviede vivre en société. Il nous rappelle que l’hommen’est jamais satisfait et que finalement il reste encorebeaucoup d’aventures à mener, même si le film sereferme de nouveau sur une claque comme pour nousdire : demandons l’impossible mais soyons réaliste.Pierre-Emmanuel Weck.LivresAppelé par la CGT pour tournerun film, René Vautier arrivele lendemain et découvre une villeen état de siège. Son film, réaliséavec les moyens du bord, est alorsprojeté très rapidement un peupartout et finitpar se disloquersans qu’aucunecopie n’ait étéfaire. Kriset EtienneDavodeau retracentici l’histoirede ce film disparuet rendentun hommage àRené Vautier,toujours vivant,auteur de nombreuxfilms censurés en France(sur le colonialisme, la guerred’Algérie, les luttes sociales…).Beau graphisme pour un remarquabletravail de mémoire. MB.MagasingénéralRégis Loiselet Jean-Louis TrippEd. Casterman2006 - 80 p. - 14€Le magasin général dont il estquestion ici est le seul magasind’un petit village du Québec, audébut du vingtième siècle. Lesdeux dessinateurs ont travaillé àquatre mains et se sont fait aiderpar des Québécois pour rendre aumieux l’ambiance rurale del’époque. Dans le premier tome“Marie”, Marie se retrouve veuveet va devoir gérer seule le magasin.Dans le deuxième tome“Serge”, un voyageur se fait piégerpar la neige et va progressivements’installer dans le villagepour y ouvrir un restaurant.L’histoire sonne juste et prendson temps pour nous enchanter.On attend le troisième et derniertome avec impatience. MB.SILENCE N°344 Mars 200753


LivresC . D .Se reposerou être libreFred AlpiNidstang BP 622275062 Paris cedex 022007 - 14 titresDans ce troisième album de FredAlpi, on retrouve, en duo-accoustiquecette fois, la ferveur et l’engagementdu chanteur libertaire.Qu’il dénonce l’absurdité de lahiérarchie “le sang des autres”,qu’il s’en prenne aux bobos“Jean-Francois B social démocrate”,à la connerie de l’armée“Soldat de la vieille légion”, à lanécessité de se dresser face à larépression “Les ronces artificielles”ou à la bêtise proféréepar des “intellectueurs”, “Sereposer ou être libre”, ce sont laliberté et la résistance qui sontconjuguées et déclamées à tousles temps. Même dans ses chansonsd’amours , “Mets ta maindans la mienne”, il refuse de s’enfermerdans un quotidien douilletet tranquille. Accompagné par unépoustouflant guitariste, sur desblues expressifs, et obsédant, Alpidéclame sa rage pleine d’amour.MJ.T’es qui dis,t’es d’où ?Associationles serruriers magiquesBoîte 304 / 7, rueHenri-Barbusse94340 Joinville-le-Pont2006 - 22 titres18€ port compris.Cette comédie musicale estl’aboutissement d’un travail dedeux ans avec des enfants et desjeunes de deux quartiers de Paris,dans le cadre de projets d’éducationpopulaire. Le thème de cespectacle est la différence. Unpetit rebelle, Toufou et une petiteimmigrée, Doudou, arrivent dansun groupe d’enfants déjà constitué.Quelle est la personnalité deces deux nouveaux, commentréagissent les autres enfants,quels sont leurs doutes, leurs clichés,leurs appréhensions d’uneautre culture, eux qui sont sousl’influence de la “case compagny”une entreprise qui a pour missionde mettre chacun dans une case,et qui veille à ce que personnenen sorte ? L’autre n’est-il pasaussi une richesse, une ouverture? A travers dix tableaux parlés,dansés, chantés, chacun vaapprendre à mieux connaître sonvoisin, mieux comprendre sonparcours, ses difficultés à s’intégrer,ses désirs. C’est un beauquestionnement sur la liberté,la diversité, l’intégration. Lesparoles sont faciles à retenir, parfoisdrôles, les airs entraînantset plaisants. Cette représentations’adresse à tout public. De plus,une partie du bénéfice sert àorganiser des vacances pour lesenfants et à restaurer une maisonà la campagne avec les jeunes desquartiers qui ont participéà ce CD. MJ.InvisibleBérurier NoirFloklore de la zonemondiale2006 - 12 titres - 13,70 €Après un long silence, revoilà legroupe rebelle et charismatique,qui fut un repère pour la jeunesseréfractaire. Avec ces 12 titresinédits, les fans ne devraient pasêtre déçus. Les mêmes ingrédientssont réunis pour faire de cet opusune référence dans l’univers acéréet bruyant de la contestation.Musicalement, c’est une suitelogique et rugissante des précédentsalbums. Les textes réaffirmentleur inclination pour l’agitationet la résistance. Cette insurrectionqu’ils soutiennent “Coupd’état de la jeunesse” ou “On ena marre”, ce libéralisme qu’ilsrejettent “Dans un rêve flamboyant”,cet impérialisme qu’ilsabominent “Empire state bulldog”sont autant de cris qu’ilspoussent pour mieux alerter surla folie des hommes. La nature“Le cerf, le druide et le loup”,et leurs récits de voyages “La filledu Delta” sont aussi les témoinsde leurs divagations. Mais, heureusement,ils n’oublient pas l’espoir.Pour eux, il reste tout demême, “Quelque part” un désirde “liberté”. Pour les amateursde punk séditieux. MJ.NOUS A VONS ÉGA LEMENT REÇU■ Petit traité de crise vélocipédique aiguë, Hervé Djaccomo, éd. de l’Arête dansle gosier, c/o M. Chanson, 12, rue Rodier, 75009 Paris, 2006, 40 p. 5€ portcompris. Narration des enchantements que peut procurer une balade à vélo à traversmonts et vallées, sans souci d’arriver quelque part, en passant quand mêmepar la rencontre des Ami-e-s de S!lence… à conseiller à ceux et celles qui ont desfourmis dans les jambes à chaque fois qu’ils peuvent enjamber un cadre de vélo.■ Guide de l’épargne et des finances solidaires en Paca, éd. Apeas, 49, rue duVillage, 13006 Marseille, 2006, 160 p. 10€. Ce guide, en principe destiné à larégion Paca, peut être fort utile pour n’importe qui en France, l’essentiel destextes n’étant pas spécifique à la région, seuls les exemples de financement étantvraiment régionaux. Tout sur les moyens de placer son épargne de manière utile etsolidaire avec les critères de choix entre les différents réseaux existants.■ La consommation citoyenne, Alternatives économiques, 2006, 176 p. 9,50€.Présentation du commerce équitable et de l’un des débats qui l’anime : le recoursà la grande distribution, présentation des réseaux Biocoop et de quelques autresmoins écolos, présentation des démarches éthiques des grands magasins (!), letourisme solidaire… sans aucun recul sur la pratique de l’avion, des “fonds solidaires”dans des banques qui ont des agences dans les paradis fiscaux. Lemeilleur alterne avec le moins pire. Pour le moins hétérogène.■ Votre GSM, votre santé, on vous ment ! R.Goutier, P.Le ruz, Oberhausen,Santini, éd. Marco Pietteur, collection Résurgence (39, avenue du Centenaire,B 4053 Embourg), 2006, 208 p. 20€. Troisième édition revue et augmentée pource livre qui compile les études médicales sur les dangers de la téléphonie mobile(que les Belges appellent GSM). Le livre de référence pour comprendre le crimequi se prépare.■ Résistance, Barry Lopez, éd. Actes Sud, 2006, 186 p. 19,90€. Huit histoiresde résistances face à la machine à détruire le monde, dans un style littéraireimpeccable, mais avec des messages politiques diffus.■ Paroles de maîtres du monde d’aujourd’hui, Jean-Michel Perchet, éd.Libertaires (17190 Saint-Georges d’Oléron), 2006, 64 p. 13€. Recueil de petitesphrases sinistres des dirigeants actuels illustrés avec talent par Jean-MichelPerchet en une trentaine de tableaux.■ Contes et récits des bords de Loire, François Angevin, éd. Corsaire (Orléans),2006, 200 p, 16€. Treize histoires sur le bord de la Loire, des histoires d’unautre temps.■ La planète bleue, Bocampe, éd. de l’Escarboucle (CH-Yverdon), 2006, 128 p.Sous forme romancée, à travers le parcours d’un vieux d’aujourd’hui, par tranchede sept ans, réflexions sur les leçons de la vie et l’apprentissage de la sérénité.■ Mainmise sur les services, privatisation, déréglementation et autres stratagèmes,Claude Vaillancourt, éd. Ecosociété (Montréal), 2006, 196 p. Après avoircommercialisé tous les gadgets possibles, les multinationales allaient-elles s’arrêterlà ? Non, elles ont découvert qu’elles pouvaient également vendre du service etpour cela, elles mènent maintenant depuis un quart de siècle, une vaste campagnemondiale pour privatiser les services publics. L’auteur, animateur d’Attac-Québec,montre comment cela se passe, sous couvert de l’OMC, des accords commerciauxinternationaux, de l’AGCS… Tout devient marchandise : la santé, l’éducation, laculture… Heureusement, la résistance se met en place et obtient quelques succès.Une bonne analyse de la machine de guerre, mais assez peu de développement surles alternatives possibles.■ Téléphone portable, comment se protéger, Annie Lobé, éd. Santé publique,2006, 266 p. 17€. De manière journalistique, en multipliant les exemples, pourquoion utilise un téléphone portable, les conséquences sur la santé, comment onpeut s’en passer, comment argumenter dans le milieu du travail, et un élargissementà toutes les technologies sans fil qui présentent le même risque.■ L’opinion, ça se travaille, Serge Halimi, Dominique Vidal, éd. Agone(Marseille), 2006, 222 p. 8€. Cinquième édition revue et augmentée de ce classiqueouvrage qui décortique comment les médias nous manipulent pour justifierles guerres hier au Kosovo, aujourd’hui en Afghanistan et en Irak. Nombreusesreproductions de « une » de journaux et analyses percutantes.■ Ordre monétaire ou chaos social ? Frédéric Lebaron, éd. du Croquant (73340Bellecombe-en-Bauges), 2006, 64 p. 8€. Ce petit livre se penche sur le transfertde pouvoir des Etats à la BCE, banque centrale européenne en manière de politiquemonétaire et constate qu’ainsi l’idéologie néolibérale a réussi un coup demaître : le politique seul ne peut plus décider de l’avenir de notre monnaie. LaBCE est dirigée par néo-libéraux qui ne se gênent pas pour conseiller les gouvernementsau nom d’un nouvel ordre monétaire qui l’emporterait sur les questionssociales. Pour l’auteur, ce choix monétariste profite aux plus riches… et est doncporteur d’une explosion sociale.■ Manifeste, Karl Marx et Friedrich Engels, Rosa Luxembourg, Che Guevara,éd. Parangon (Lyon), 2006, 156 p. 12€. Trois textes historiques datant de 1848,1899 et 1964 pour savoir de quoi l’on cause et ce qui est encore pertinentaujourd’hui.■ La société des socialistes, Rémi Lefebvre, Frédéric Sawicki, éd. du Croquant(73340 Bellecombe-en-Bauges), 2006, 254 p. 18,50€. Comment le parti socialistea pu se laisser séduire par la démarche de Ségolène Royal ? Y a-t-il encoredes idées au PS ou ne s’agit-il que d’une simple machine électorale ? Eléments decompréhension pour un parti aujourd’hui assez vide d’idées et de militants.■ Ostéoporose, se soigner par l’alimentation, Eric Ménat, éd. Grancher, 2006,190 p. 15€. Ostéoporose ou perte progressive de la masse osseuse est un fléaumondial qui s’explique par l’allongement de la durée de vie, une alimentationdéséquilibrée et la sédentarité. Présentation médicale des précautions à prendredans le domaine de l’alimentation et exercices physiques pour éviter une augmentationdu phénomène.SILENCE N°344 Mars 200754


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La Maison de lanature et de l’environnement. Droit au vélo.La Malterie. Laisse ton empreinte. . . . 4 €■ 331 Ariège et Hautes-PyrénéesPhébus Ariège maîtrise l’énergie. La ferme dela Coume. Terre de couleurs. Saveurs d’ailleurs.Village écolo ou écovillage ? Le Millepatte.Prommata, Equitable . . . . . . . . . . . . . . 4 €■ 337 ParisParis à vélo. La Passerelle.Le Picoulet. Bébéen vadrouille. Radio libertaire. Le Barbizon.l’UPF. la Piñata. . . . . . . . . . . . . . . 4 €■ 342 Var et Alpes-MaritimesLa ferme du collet. Les diables bleus.Eccomondo.Correns,1 er village bio.Hélichryse.AMAP, Cravirola, Guy Rottier,Ouvert et durable . . . . . . . . . . . . . . 4 €S’abonner à S!lenceFrance métropolitaine■ Découverte 1 er abonnement 6 n° 15 €■ Particulier 1 an 40 €■ Institution 1 an 80 €■ Soutien 1 an 50 € et +■ Petit futé 2 ans 65 €■ Groupés par 3 ex 1 an 100 €■ Groupés par 5 ex 1 an 150 €■ Petit budget 1 an 25 €je règle un total de :NOMPrénomAdresseCode postalVilleFrance : Règlement à Silence,9, rue Dumenge,69317 Lyon cedex 04CCP 550-39-Y LyonAutres numéros■ 311 OGM Violence marchandeJeûne sortir du nucléaire. SEL : échec économique,réussite sociale. . . . . . . . . . . . 4 €■ 314 Le réseau REPASCroissance/décroissance. SEL : de la monnaieau temps comme mode d’échange. . . . . 4 €■ 315 Décroissance et non-violenceTransport fluvial. Les restes du festin. OGM :faucheurs volontaires . . . . . . . . . . . . 4 €■ 316 Réflexions fêtesVivre sans nucléaire : après le jeûne. Nord/Sud :les prix du sang. Agriculture bio . . . . . 4 €■ 317 Vivre à la campagnesans voiture ?Nord/Sud : Vaccins et colonialisme. SEL :Analyses internes ou récupération . . . . . 4 €■ 320 Ecologie et alternativesPétrole et géologie politique. Imaginer unebanque transparente. Bureautique et économiesd’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 €■ 323 L’écologie au quotidienDécroissance : diminuer notre vouloir d’achat.Constitution : vers une Europe militaire ! 4 €■ 324 Voyages au pays de chez soiLa bio au cœur de l’écologie. Eolien : du vent surla maison qui brûle. La pile à combustible 4 €■ 327 De nos [in]cohérencesREPAS : les Nouveaux Robinson. Energie :L’éolien détrône le nucléaire . . . . . . . . . 4 €■ 328 Décroissance, social et emploiTéléphone portable. Economie alternative :Perche Activités, La Péniche . . . . . . . 4 €■ 329 Désobéissance civiqueEcozac à Paris. La maison de l’Ecologiede Lyon.Téléphone portable (2) . . . . . 4 €■ Devenons des médias alternatifs, éditions du P’tit gavroche. 2006, 370 p, 10 (+ 3€ frais de port)Suisse■ Découverte 1 er abonnement 6 n°25 FS■ Particulier 1 an 85 FSAutres pays et Dom-tom■ Découverte 1 er abonnement 6 n° 22 €■ Particulier 1 an 55 €■ Institution 1 an 100 €■ Soutien 1 an 60 € et +■ Petit futé 2 ans........... 85 €■ Petit budget 1 an........... 35 €Belgique : Règlement à Brabant-Ecologie, Route de Renipont, 33,B - 1380 Ohaintél : 00 32 2 633 10 48CCP OOO-15-19-365-54■ 330 Des entreprises solidairesLe micro-crédit : contre les femmes ?Illich, école et décroissance . . . . . . . . 4 €■ 332 Créons des médias alternatifsRésistance au Lyon-Turin.Faucheurs volontaires.Auroville : une utopie en marche. 4 €■ 334 Terre, terroir,territoireTchernobyl : des enfants dans la tourmente.Autonomadisme contre libéralisme. Dix ans desevrage radiophonique . . . . . . . . . . . 4 €■ 335 Résistances à la FrançafriqueCapitalisme : sauver la gratuité ? Energies :rouler au biocarburant. Grenoble : nanotechnologiesnon merci ! . . . . . . . . . . . . . . 4 €■ 336 Décroissance : penserla transitionLyon-Turin : Gérard Leras. Mouvement anti-CPE.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 €■ 338 Technologies contreautonomieMigrations : quelle empreinte ethnique ?Paris : Co-errances, Ecobox. . . . . . . . 4 €■ 339 Handicap et alternativesEnvironnement : Seveso.L’action non-violenteça s’apprend ! Paris : Déboulonneurs, Massagecafé, Alternative Santé. . . . . . . . . . . 4 €■ 340 Pour des innovations frugalesPaix : inspection citoyenne. Paris : La Maisondes Femmes. Alternatives : le café du soleil -OK Chorale . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 €■ 341 Décroissance et santéNord/Sud : déchets-cadeaux. Paris : le PetitNey, la petite Rockette. Commerce équitable :pratique néo-coloniale ? . . . . . . . . . . 4 €■ 343 Changeons la recherche !Politique : Paul Ariès, révolution et décroissance.Paix : Parole et démocratie participative. 4 €Suisse : Règlement à ContratomCP 65 - CH 1211 Genève 8tél : (41) 22 740 46 12CCP 17-497696-4


LivresL’ordinateur,dernière tourde BabelJean CoulardeauEd. La Galipote(ACAP, rue du commerce,63910 Vertaizon)2006 - 196 p. - 16€Préfacé par Dominique Ellul, lafille de Jacques Ellul, cet ouvrageest le fruit d’une longue réflexionsur l’introduction de l’ordinateurdans notre vie. Comme la Tour deBabel, l’ordinateur pourrait devenirnon pas le moyen de communicationtant vanté, mais le moyende notre enfermement, de notreisolement et donc précipiter dansl’abîme tout ce qui fait notre civilisation.L’auteur, JeanCoulardeau, ancien objecteur deconscience emprisonné au débutdes années 60, s’est intéressé trèstôt au détournement des idées, desorganisations, des projets,à la récupération par le système,par le politique. Il nous interrogedonc ici sur ce que représentel’usage d’un outil un peu particulier: ne va-t-il pas comme denombreuses autres constructionshumaines servir au contraire dece pour quoi il est conçu ? “Lescybernautes forment une populationqui tend à se rassembler.L’ordinateur n’ouvre pas leshumains sur le vivant, mais lesferme dans une cité artificielle quise croit toute puissante” [p.23].En tant que militant anarchiste,il préfère celui qui se place enopposant libre plutôt que ceux quisuivent des appels qui cherchentà réunir autour d’un débat informatique.Reprenant les idées deJacques Ellul sur les méfaits dela technique, il l’applique au casdes ordinateurs. Ainsi, il fait unrapprochement entre la course àla puissance avec la course aupouvoir dans la société, avec lamontée de la violence : plus lapuissance de l’outil augmente etplus elle crée une séparation entreceux qui l’ont et ceux qui n’y ontpas accès. L’ordinateur, comme lesautres techniques, est un facteurd’inégalité. Alors que certainsoutils facilitent l’autonomie del’individu, essayez donc d’autoconstruirevotre ordinateur : l’ordinateuroffre donc une libertéfortement surveillée ! Si l’ordinateurpeut vous donner une impressionde grande liberté en allanttélé-travailler à la campagne, c’estle même ordinateur qui déclencherademain le lancement d’un missilenucléaire : l’ordinateur estcomme beaucoup d’autres techniques,un outil à la fois civil etmilitaire. Jean Coulardeau poseune cruelle question : si l’ordinateurn’existait pas, il nous amèneraitsans doute à vivre autrement,mais limiterait considérablementla puissance de ceux qui sont susceptiblesde (finir de) détruirele monde (les premiers ordinateursont permis la mise au pointde la première bombe atomique).Si les réflexions sont fort pertinentes,on s’étonnera qu’un anarchistes’appuie sans cesse surla Bible (d’où vient l’image de laTour de Babel) pour expliquer lasource de ses critiques et fait delarges digressions dans le domainede la religion. La conclusion del’ouvrage laisse également sur safaim : “Je ne vois pas d’issuedans le chemin suivi actuellementpar notre société. Nous ne pouvonspas continuer à distribuer80% des richesses à 20% dela population. L’ordinateur nousdonne l’illusion que nous sommesinvincibles. Il endort notre vigilanceet nous empêche de voirle gouffre vers lequel nous nousprécipitons” [p.173]. Mêmesi cela se termine par une chansonde Brel “Quand on n’a quel’amour…”. On regrettera qu’unchapitre au moins n’explorepas des pistes pour éviterla chute. MB.L E L I V R E D U M O I SComment les richesdétruisent la planèteHervé KempfEd. Seuil2007 - 150 p. - 14€Alors que les signes de la crise écologique deviennentde plus en plus visibles, ils ne semblent pasinfluencer la politique et l’économie. Le système nesemble pas pouvoir changer de trajectoire. HervéKempf, rédacteur au Monde pour les questions d’environnement,avance l’hypothèse que c’est par manque de liens entre lesocial et l’écologie : “On ne peut comprendre la concomitance des crisesécologiques et sociales si on ne les analyse pas comme les deux facettesd’un même désastre. Celui-ci découle d’un système piloté par une couchedominante qui n’a plus aujourd’hui d’autre ressort que l’avidité, d’autreidéal que le conservatisme, d’autre rêve que la technologie. Cette oligarchieprédatrice est l’agent principal de la crise globale” [p.9]. Et l’auteurde proposer de réfléchir autrement : “Au principe écologiste, si utileà l’époque de la prise de conscience “Penser globalement, agir localement”,il nous faut ajouter le principe que la situation impose “consommermoins, répartir mieux” [p.10]. Hervé Kempf estime que l’oligarchiearrive à maintenir le statu quo et donc le risque inéluctable d’une catastrophe,d’une part en critiquant les données scientifiques, en utilisantdes arguments biaisés pour dire que c’est exagéré, d’autres part, parcequ’incompétents, nos dirigeants évitent de s’y intéresser, mais aussi parcequ’évidemment, leur mode de vie leur permet de se tenir à l’écart desdégâts d’aujourd’hui. L’oligarchie bénéficie également de l’effondrementde l’Union soviétique qui pour le moment permet d’affirmer qu’il n’y apas d’alternative. Reconnaissant la qualité des diagnostics d’auteurscomme Nicolas Hulot, Jean-Marie Pelt, Hubert Reeves ou Lester Brown,il estime que cela ne suffit pas : “Candides camarades, il y a de méchantshommes sur Terre. Si l’on veut être écologiste, il faut arrêter d’êtrebenêt” [p.37]. Et de rappeler que “le social, [ce sont] les rapports depouvoirs et de richesses au sein de la société” [p.37] et que “le systèmede pouvoir [actuel] n’a plus pour fin que le maintien des privilègesdes classes dirigeantes” [p.37]. Et de rappeler que plus on est pauvre,plus on subit la crise écologique, que lorsque l’écosystème se détériore,les pauvres sont les premières victimes, comme pour les catastrophesnaturelles [p.55].Il reprend alors les écrits de Thorstein Veblen qui en 1899 dans Théoriede la classe de loisir, analysa comment la richesse financière est unmoyen de différenciation dans la société et comment cela se traduit pourafficher cette aisance : “une consommation ostentatoire et un gaspillagegénéralisé” [p.77]. Car si “les besoins ne sont pas infinis, c’est le jeusocial qui les stimule” [p.77]. Il rappelle que l’on n’a sur Terre que troiscents millions de propriétaires pour six milliards d’habitants et que cesont ces 5% qui entraînent l’ensemble de la planète à la catastrophe.Si l’on ne change pas le mode de répartition des richesses, il n’y aura pasde solution puisque l’envie de faire comme celui qui a plus entraîne toutle monde dans la consommation. Que c’est cette course qui fait fonctionnerla croissance et que celle-ci se traduit par une augmentation dela production matérielle et donc des dommages à l’environnement.Et d’avancer : “puisque la classe de loisir établit le modèle de consommationde la société, si son niveau est abaissé, le niveau généralde consommation diminuera” [p.91].Si 95% de la population mondiale peut entendre ce discours, il faut biencomprendre que l’oligarchie dominante va tout faire pour l’empêcher etpour cela “l’oligarchie mondiale veut se débarrasser de la démocratie etdes libertés publiques (…) Face aux turbulences qui naissent de la criseécologique et de la crise sociale mondiales, et afin de préserver ses privilèges,l’oligarchie choisit d’affaiblir l’esprit et les formes de la démocratie,c’est-à-dire la libre discussion des choix collectifs, le respect de la loiet de ses représentants, la protection des libertés individuelles vis-à-visdes empiètements de l’Etat ou d’autres groupes constitués” [p.93]. Etpour cela, elle utilise différents moyens qu’Hervé Kempf décode : la luttecontre le terrorisme, la lutte contre la délinquance, le contrôle desmédias… Sans exclure que “la ruse de l’histoire serait même qu’un pouvoirautoritaire se targue de la nécessité écologique pour faire accepterla restriction des libertés sans avoir à toucher à l’inégalité” [p.114].Hervé Kempf termine par une note d’optimisme car on constate une prisede conscience large, de nouveaux modes de communication et la possibilitéde penser une nouvelle gauche. Reste la difficulté à se fédérer pouraller dans le même sens et ce, suffisamment rapidement. Un essai incisifen faveur d’un rapprochement des mouvements sociaux. MB.SILENCE N°344 Mars 200756

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