Elections européennes 2009 - Crid

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Elections européennes 2009 - Crid

élections européennes des 6 et 7 Juin 2009Le CRID et ses membres s’engagentPour une Europeouverte et solidaireNous voulons une Europe ouverte etsolidaire. Le monde en a besoin. Etnous pensons que c’est possible.Les grandes régions occupent une place contradictoiredans la mondialisation. Elles ont été le vecteur du néolibéralisme,de la régulation par le marché des capitauxqui a conduit à la crise actuelle. C’est le cas de l’Unioneuropéenne. Les mécanismes de péréquation ont étésystématiquement démantelés, les fonds de solidaritéont été minorisés et subordonnés au marché mondial.L’élargissement aux nouveaux pays européens a étécompromis, loin des efforts d’harmonisation qui avaientété assurés pour l’Espagne, la Grèce et le Portugal. Lacohésion de l’Union européenne et sa crédibilité en ontfortement soufferts.L’aide au développement en a été affectée. La gestion dela crise de la dette obéit à la même logique, au refusd’une solution globale. L’affectation des allègements dedette réduit le montant de l’aide. L’objectif tant de foispromis et annoncé de 0,7 % du PIB, semblable à l’horizon,s’éloigne au fur et à mesure qu’on s’en rapproche.Les accords de coopération sont subordonnés aux APEet au contrôle des migrations.Pour autant, les grandes régions sont une des sortiespossibles de la crise de la mondialisation. Elles peuventêtre des lieux de développement des échanges au seindes marchés intérieurs régionaux, fondés sur des mécanismesde régulation, le développement de la consommationpopulaire et de l’emploi. C’est une des bases dela solidarité régionale et d’une construction géoculturelle.C’est aussi l’histoire de l’Union européenne avantsa dérive néolibérale.Nous attendons de l’Union européenneque la solidarité soit la règle dans laconstruction européenne, que les droitssociaux soient harmonisés vers les plusavancés.Nous attendons de l’Union européenne que les relationséconomiques avec les pays du Sud soient construitessur la base de la dignité et de la réciprocité.Nous attendons que l’Union européenne soutienne laproposition d’une conférence internationale pour l’annulationde la dette et pour la mise en place de règlestant aux prêteurs qu’aux emprunteurs, une des conditionsessentielles du financement sain du développement.Nous attendons que l’Union européenne définisse desrelations économiques équitables fondées sur l’égalisationdes termes de l’échange, la stabilisation des coursdes matières premières, des contrats à moyen termetransparents, l’instauration de règles contraignantespour imposer la responsabilité sociale et écologique desentreprises européennes agissant dans les pays du Sud.Les grandes régions représentent aussi un intérêtgéopolitique. L’Europe est allée le plus loin dans l’organisationinstitutionnelle d’une grande région. Elleest aujourd’hui à la croisée des chemins quant au rôlequ’elle peut jouer dans la réorganisation du monde.Nous attendons de l’Europe qu’ellepar ticipe à un système internationalplus équilibré et qu’elle défende etfasse progresser le multilatéralisme.Nous attendons qu’elle accepte un rééquilibrage entre leNord et le Sud pour parachever la décolonisation, au nomde l’émergence d’un monde fondé sur l’organisationéquilibrée des grandes régions et non pas d’un mondemultipolaire.L’Europe a joué un rôle déterminant dans la création duG8 en tant que tentative de marginaliser les NationsUnies. Le G20 est certes plus présentable que le G8puisque les 20 pays représentent les deux tiers de lapopulation mondiale. Pour autant, il reste illégitime entant que directoire autoproclamé. Et il reste aussi inquiétant.En 1977, le précurseur du G8 avait créé la crise dela dette en appelant les pays pétroliers à recycler lespétrodollars et les banques à leur prêter sans trop regarder.Il avait ainsi cassé le front des pays du Sud en ralliantles pétroliers contre les plus pauvres. La position suivistedes pays émergents dans les propositions misesau point par les occidentaux laisse craindre un tel scénario.Nous attendons de l’Union européenne qu’elle ne participepas à un nouveau directoire mondial illégitime1


Palestine : L’Europe doit agir pour le droitLa tragédie qu’a connue lapopulation palestinienne dela bande de Gaza a démontréaux yeux de l’opinion du mondeentier l’urgence du règlementpolitique de la question palestinienne.Pour une paix juste et durable,il est indispensable de faire valoirune approche basée sur le droit.S’il est un conflit pour lequell’action de l’Union européennepeut être déterminante, c’est bienle conflit israélo-palestinien.Depuis la ratification en 1999 entrel’UE et Israël d’un vaste accord departenariat (Accord d’association),la situation économique, socialeet humanitaire dans les Territoirespalestiniens, causée par lacolonisation et l’occupationisraélienne, n’a fait que s’aggraver.Dans le cadre de sa campagne« L’Europe doit agir pour le droit »,la Plateforme Palestine interpelleles candidats sur la nécessité pourl’UE de mettre un terme aux violationsdu droit dans les Territoirespalestiniens, notamment ensuspendant l’accord d’associationentre Israël et l’UE. Elle insisteaussi sur la reprise d’un dialogueavec le Hamas et la mise en placed’une action juridique internationalesuite à l’attaque de l’arméeisraélienne de décembre 2008.Cette démarche, qui sera relayéepartout en France sur la base d’unquestionnaire et d’un argumentaireadressée aux candidats, est laréponse à une attente réellede la part de nombreux citoyenseuropéens qui se sont fortementmobilisés contre la guerre dansla bande de Gaza. Il est tempsque l’Europe agisse pour le droit.Campagne menée parla plateformedes ONG françaisespour la Palestinewww.plateforme-palestine.orgNous sommes inquiets quand nous voyons l’Unioneuropéenne, si prompte à donner des leçons, faire sipeu pour respecter les résolutions des Nations Unies enfaveur des droits des Palestiniens ; et quand nous voyonsl’Union européenne encourager la politique de colonisationisraélienne en acceptant des accords d’associationpourtant violés dans leurs articles sur le respect des droits.Nous attendons de l’Union européennequ’elle refuse la politique du « deuxpoids - deux mesures » qui décrédibilisele droit international et l’Europe.Nous attendons qu’elle mette tout son poids dans larecherche d’une paix juste et durable au Moyen Orient.Nous sommes inquiets des conséquences sociales, économiques,environnementales de la crise actuelle, etdes réactions sécuritaires et souverainistes, au seinmême des membres de l’Union européenne.La crise offre au contraire une opportunité historique etréaffirme la nécessité d’une réforme en profondeur dusystème économique et social qui succèdera au néolibéralisme.Pour l’heure, les premières mesures prises,mesures d’urgence, ne préjugent pas de l’avenir. Etparmi les dirigeants européens, beaucoup rêvent encoreà la possibilité de revenir sans tarder aux jeux qui ontconduit à la crise actuelle.Nous attendons de l’Union européenne qu’elle refuseune reproduction fatale du système dominant et qu’elleparticipe à un véritable renouvellement de sa rationalité.Nous attendons des avancées dans la mise en œuvre despremières propositions des sociétés civiles, qui inspirentaujourd’hui certaines propositions ou discours politiques,mais ne progressent pas dans les faits. Parmi celles-cirappelons l’accès aux droits pour tous, à l’échelle mondiale,avec la mise en œuvre du protocole des droits économiques,sociaux et culturels ; la révision des objectifs dumillénaire pour le développement ; l’abolition de la pauvretéavec notamment la définition d’un revenu minimumsupérieur au seuil de pauvreté ; le droit à la souverainetéalimentaire en favorisant le droit d’accès à la terre.Rappelons aussi l’exigence de mesures pour faire face àl’urgence climatique.Rappelons que le financement du développement doitêtre au service du développement, et non l’inverse, cequi passe par l’exigence que chaque pays puisse avoirses propres ressources grâce à la taxation des transactionsfinancières, et la lutte contre la fraude et l’évasionL’accès à la terre,un enjeu Nord et SudUne autre agriculture est possible. Mais pour cela les politiquesagricoles doivent être réformées, repensées. Les effets dévastateursde l’agriculture productiviste, ajoutés à la crise alimentaireet financière, ont de lourdes conséquences sur les petits agriculteurs.La Fédération Peuples Solidaires accompagne, de longue date, les luttespaysannes et se mobilise pour que les nouvelles politiques agricolesgarantissent le respect de la souveraineté alimentaire. Autrement ditla possibilité pour les pays de mettre en place les politiques agricolesles mieux adaptées.Peuples Solidaires suit de près les initiatives prises fin 2008 par leParlement européen, notamment la mise au budget européen 2009d’une « facilité permettant une réponse rapide à la flambée des prixalimentaires dans les pays de développement ». Une « facilité alimentaire »qui s’élève à 1 milliard d’euros. Mais à quel type d’agriculture bénéficierat-elle? L’affectation de cette somme reste encore floue.La campagne « L’accès à la terre, un enjeu Nord et Sud » menée parPeuples Solidaires demande l’ouverture de travaux parlementairessur la transparence et le contrôle des pratiques d’achats fonciers parles entreprises de l’agro-alimentaire et les fonds d’investissement,et sur la refondation de la PAC, prévue pour 2013.Campagne menée par Peuples Solidaireswww.peuples-solidaires.org3


Multinationales : Hold-Up InternationalAu delà des milliards injectés dansl’économie, la principale réponsedes dirigeants à la crise actuelleporte essentiellement sur une timiderégulation du secteur financier. Enrevanche, rien n’est fait pour régulerl’activité des entreprises, alors que leurscomportements, notamment dans les paysdu Sud, ont des conséquences dramatiques: violation des droits sociaux etsyndicaux, pollution de l’environnement,fraude fiscale massive avec, à la clé, desdizaines de milliards en moins pour lesrecettes publiques des pays pauvres. Enréaction, le CCFD - Terre Solidaire et OxfamFrance - Agir ici ont lancé la campagne« Hold-up International ». L’objectif :obtenir une meilleure régulation européennedes entreprises afin de limiter leursimpacts négatifs au Sud et lutter contrel’évasion fiscale. Pour cela, cinq mesuressont proposées : astreindre les entreprisesà publier un rapport social et environnementalselon des normes précises,imposer aux sociétés mères d’êtreresponsables des impacts humains etécologiques de leurs filiales et de prévenirles risques sociaux et environnementauxchez leurs fournisseurs et sous-traitants,exiger la révision des normes comptablesinternationales pour que les multinationalesrendent compte de leurs activités payspar pays, et créer un registre européen quirecenserait les bénéficiaires et propriétairesvéritables de chaque entité juridiquecréée pour éliminer les sociétés écrans.Campagne menée parOxfam France - Agir Iciet CCFD - Terre Solidairewww.oxfamfrance.org/evasionfiscale/www.ccfd.asso.fr/hold-upfiscale, avec son corollaire sur l’interdiction des paradisfiscaux et judiciaires.Rappelons la nécessité d’instaurer des règles contraignantespour la responsabilité sociale et environnementaledes entreprises.Nous attendons que l’Union européenneadopte ce nouveau mode de développementesquissé dans les réponses àla crise de la mondialisation. Et qu’ellemette en œuvre sans attendre les mesuresqu’elle peut prendre à son échelle.Nous sommes inquiets car nous attendons beaucoup del’Union européenne. La situation est grave car elle risquede perdre la confiance de ses peuples. Les risquessont d’autant plus graves si l’Union européenne libèreles forces de la concurrence plutôt que celles de la coopération,de la hiérarchie plutôt que de la mutualisation,de la compétition plutôt que de l’émulation.Les institutions européennes ne paraissent pas s’ensoucier. Le Conseil Européen se détache de plus en plusde la conscience du projet européen et cherche des compromisentre des Etats qui se considèrent comme desimples monstres froids. La Commission et l’administrationquand elles ne font pas le dos rond, réaffirmentavec arrogance leurs dogmes néolibéraux. Le Parlementen qui nous avions mis tant d’espoir participe à la dislocationdes droits sociaux et au racornissement des droitsen Europe et au niveau international.Nous avons aussi nos responsabilités.Il nous revient de renforcer les sociétésciviles dans chaque pays et de construireune société civile européenne. Nous attendonsde l’Union européenne qu’elle y contribue en renforçantles assises démocratiques et citoyennes de sa fondationet notamment l’action de ses associations. Il nousrevient de construire une opinion publique européennequi défende une Europe ouverte et solidaire. C’est ceque nous pouvons nous fixer comme objectif pour lesélections européennes.Les jeunes dans la constructiond’une société de la connaissanceLa plateforme européenne YPSSI (Young People and Science in SocietyIssues) est animée par des organisations et des jeunes européens. Elle critiquele concept de « société de la connaissance » au cœur de la stratégie deLisbonne qui souhaite bâtir « l’économie de la connaissance la plus compétitive et laplus dynamique du monde d’ici 2010 ». Pour YPSSI, il s’agit de débattre d’un projetqui transforme les savoirs en armes d’une guerre économique. Sans renier le pouvoirfédérateur d’une « société fondée sur la connaissance », YPSSI dialogue avec tousles leaders associatifs, syndicaux, politiques et scientifiques afin de promouvoirune autre économie des savoirs fondée sur le partage, le libre accès, la montéeen intelligence de toutes les sociétés du monde, au Nord comme au Sud.Plateforme de mobilisation relayée parLes Petits Débrouillardsl.larque@lespetitsdebrouillards.org4Editeur : CRID,14, passage Dubail,75010 Paris,Tél : 01 44 72 07 71Fax : 01 44 72 06 84E-mail : info@crid.asso.frSite web : www.crid.asso.frRédacteurs :Gustave Massiah,Elodie PrenantAvec la participation de :Laura Boniface, David Eloy,Nathalie Péré-MarzanoConception graphique :Atelier des grands pêchersImprimerie : CorletTirage : 1000 ex.Le CRID rassemble 55 associations de solidaritéinternationale qui partagent une mêmeconception du développement humain, solidaireet durable, passant par le renforcement dessociétés civiles et la construction d’unmouvement mondial de solidarité internationale.Tous travaillent en partenariat avec desorganisations du Sud et d’Europe de l’Est,mettent en œuvre des actions d’éducationau développement en France et promeuventdes campagnes citoyennes de plaidoyer.Dans le cadre des élections européennes,d’autres campagnes et plateformes sontmenées comme :• Lutter contre le pouvoir des multinationalesau Parlement européenIPAM : www.reseau-ipam.org• L’Union européenne ne doit pas instrumentaliserl’aide au développement pour pesersur les politiques migratoiresSecours Catholique : www.secourscatholique.asso.frPour en savoir plus sur le CRID et ses membres :www.crid.asso.fr

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