Lutter ensemble contre l'illettrisme - Agence Nationale de Lutte ...

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Lutter ensemble contre l'illettrisme - Agence Nationale de Lutte ...

À un moment où s’engage le débat sur l’éducation, où sedéveloppe la prévention de l’illettrisme, où des décisionsvont se prendre pour faire évoluer les organisations etredéfinir les responsabilités entre l’Etat et les collectivitésterritoriales, à un moment où se négocie l’évolution despolitiques d’emploi et de formation professionnelle dans lecadre de la décentralisation et des négociations entre lespartenaires sociaux mais aussi dans le cadre européen del’éducation et de la formation tout au long de la vie, dans unepériode d’évolution des politiques d’intégration et d’inclusionsociale, il est plus que jamais nécessaire de mettre à ladisposition de tous ce cadre national de référence.L’agence nationale de lutte contre l’illettrisme appellechacun, dans le cadre de ses responsabilités, à se saisir decet outil commun pour prendre la part qui lui revient à lamise en œuvre de cette priorité nationale.Fidèle à sa méthode de travail participative et interactive,l’agence invite ceux qui en auront fait usage, à lui faire partdes enseignements qu’ils en auront tirés et des adaptationsqu’ils jugeront nécessaires pour faire progresser les politiqueset les pratiques dans l’ensemble de notre pays.Agence nationale de lutte contre l’illettrismeseptembre 2003abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvwINTRODUCTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |xyz 3


IAvoir toutes les cartes en main…PRINCIPESDIRECTEURSIICHAMPSD’INTERVENTIONIIIACTIONDES POUVOIRSPUBLICSIVACTIONDES ENTREPRISES… pour lutter ensemblecontre l’illettrisme !VACTIONDE LA SOCIÉTÉCIVILEVILES MOTSPOUR EN PARLERabcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz5INTRODUCTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


I - PRINCIPES DIRECTEURS1.1 Une priorité nationale exigeant une action concertéedes pouvoirs publics nationaux et territoriaux,des entreprises et de la société civile1.2 Une démarche tournée vers l’accès de tousaux compétences de base, à la maîtrisede la langue française, à la culture1.3 Une action continue à tous les âges de la vie1.4 Une veille constante pour mieux connaître,comprendre et informer11131517II - CHAMPS D’INTERVENTION2.1 Les actions en direction des tout-petits, des enfants,des adolescents et de leurs familles2.2 Les actions en direction des adultes2.3 Les actions en direction des jeunes de plus de 16 ans2.4 Les actions en direction des personnes âgées23304245III - ACTION DES POUVOIRS PUBLICS - RECOMMANDATIONS3.1 Assurer, partout en France et dans des conditionsd’égalité, l’accès de tous à la lecture, à l’écritureet aux compétences de base tout au long de la vie3.2 Inscrire la lutte contre l’illettrisme dans les orientationset les pratiques des pouvoirs publics3.3 Mettre en œuvre des plans régionaux de lutte contrel’illettrisme en s’appuyant sur les initiatives locales3.4 Faire des compétences de base un segment stratégiquedes politiques de formation des adultes484849546


IV - ACTION DES ENTREPRISES - RECOMMANDATIONS4.1 Intégrer la formation de base dans la gestiondes ressources humaines et sensibiliser les branchesprofessionnelles et les entreprises à cet enjeu4.2 Conduire les projets de formation de baseen mobilisant l’ensemble des acteurs de l’entreprise4.3 Ancrer les apprentissagesdans les pratiques professionnelles4.4 Renforcer les partenariats pour améliorerla qualité des actionsV - ACTION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE - RECOMMANDATIONS5.1 Pour et avec les personnes en situation d’illettrisme :valoriser les démarches qui offrent un accueil de proximité,une relation de confiance et une écoute globaledans un cadre de coopération solidaire665.2 En direction de l’ensemble des citoyens et des pouvoirspublics : assurer une fonction de médiation, de veille,de sensibilisation et d’alerte685.3 Pour optimiser son action : éviter les cloisonnements,rechercher les complémentarités etdévelopper la qualité de ses services69VI - LESMOTSPOURENPARLERIllettrisme, analphabétisme, alphabétisme,compétences de base, littéracieANNEXEPrésentationde l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme575960617382abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz7INTRODUCTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz| PRINCIPES DIRECTEURS | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |9I - PRINCIPES DIRECTEURS1.1 Une priorité nationale exigeant une action concertéedes pouvoirs publics nationaux et territoriaux,des entreprises et de la société civile1.2 Une démarche tournée vers l’accès de tousaux compétences de base, à la maîtrisede la langue française, à la culture1.3 Une action continue à tous les âges de la vie1.4 Une veille constante pour mieux connaître,comprendre et informer


1.1 Une priorité nationale exigeantune action concertée des pouvoirs publicsnationaux et territoriaux,des entreprises et de la société civileL’accès à l’information et la capacité à communiquer activement,oralement et par écrit, sont des clés d’autonomie indispensablesà la réussite de chacun et au progrès de tous.Or, en France aujourd’hui, deux millions de personnes aumoins n’arrivent pas à lire et à écrire les messages de la viecourante ou ne le font que partiellement et avec de grandesdifficultés. Elles ont quitté l’école en ayant peu ou mal acquisles bases de la communication écrite et se trouvent, à l’âgeadulte, en situation d’illettrisme.Il est certes possible de vivre sans savoir lire et écrire, mais leprix à payer est très lourd et les risques de marginalisation necessent de croître. De plus, lorsque l’illettrisme s’agrège àd’autres difficultés, il renforce la spirale de l’exclusion et aggravela fracture sociale.C’est pour résoudre ce problème et, en amont, pour éviterqu’il ne se produise, que la lutte contre l’illettrisme estdevenue une priorité nationale, en France métropolitaine etdans les collectivités d’Outre-mer où l’illettrisme est unphénomène d’une ampleur particulièrement préoccupante.10Une étape importante a été franchie avec la loi d’orientationde lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998. En érigeantla lutte contre l’illettrisme en priorité nationale, la loi lui adonné un nouvel élan. Elle en fait partager très largement laresponsabilité ainsi que la mise en œuvre. L’article 149 précise :"cette priorité est prise en compte par le service public del’éducation ainsi que par les personnes publiques et privéesassurant une mission de formation ou d’action sociale. Tousles services publics contribuent de manière coordonnée à lalutte contre l’illettrisme dans leurs domaines d’actionrespectifs".


Le livre IX du code du travail a lui aussi été modifié enconséquence : "la lutte contre l’illettrisme fait partie del’éducation permanente. L’Etat, les collectivités territoriales,les établissements publics, les établissements d’enseignementpublics et privés, les associations, les organisationsprofessionnelles, syndicales et familiales, ainsi que lesentreprises y concourent chacun pour leur part. Les actionsde lutte contre l’illettrisme sont des actions de formation. Lescoûts de ces actions sont imputables au titre de l’obligationde participation au financement de la formationprofessionnelle".Dans son avant-propos au Rapport au Parlement sur l’emploide la langue française pour l’année 2002, le PremierMinistre présente avec force la maîtrise du français et la luttecontre l’illettrisme comme un "objectif essentiel de l’actiongouvernementale, en posant la connaissance de la languefrançaise comme un facteur déterminant de l’insertionsociale et culturelle". Il ajoute : "atteindre ces objectifs exigeune coordination efficace de l’action de l’Etat et desorganismes qui interviennent dans ces domaines”.Comme il l’avait fait lors de ses précédentes allocutions,le Président de la République a rappelé le 14 juillet 2003que la lutte contre l’illettrisme est une priorité nationale.Compte tenu de la multiplicité des contextes, des âges et dessituations où l’illettrisme s’enracine, l’action doit êtrediversifiée et concertée. Des personnes de tous âges, dansdes situations très différentes peuvent être concernées. Ellesne constituent pas un public homogène, ce qui rendcomplexe l'organisation d'une politique globale. La luttecontre l’illettrisme exige une démarche transversale. Elles’inscrit dans les politiques éducatives, linguistiques,culturelles et sociales, dans les politiques d’accès à l’emploiet de professionnalisation ainsi que dans les projetsd’aménagement des territoires et de développement desentreprises.abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz11| PRINCIPES DIRECTEURS | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


Dans le cadre de leurs missions respectives, toutes lesinstitutions responsables de ces politiques sont appelées àdévelopper leur propre plan d’action pour prévenir et traiterles situations d’illettrisme. Mais elles doivent rechercher lescomplémentarités et construire des projets communschaque fois que l’intérêt des personnes l’exige. C'estpourquoi dans chaque espace régional, un plan d’actionconcertée doit mobiliser tous les partenaires concernés parla lutte contre l’illettrisme et le développement des compétencesde base.1.2 Une démarche tournée vers l’accès de tousaux compétences de base, à la maîtrisede la langue française, à la cultureLa lutte contre l’illettrisme privilégie une approche constructiveet non discriminatoire 3 . C’est dans le cadre de perspectivescommunes à tous les citoyens qu’elle inscrit son action :Le droit à l’éducation et à la formation tout au long dela vie avec la possibilité de développer ses compétences, quelque soit son âge, son statut social, la fonction occupée ou lebagage scolaire.Le droit d’accès à la langue française, c’est-à-dire à lamaîtrise des compétences linguistiques qui permettent debien s’exprimer oralement et d’avoir une pratique autonomede l’écrit dans toutes ses dimensions, aussi bien culturellesque fonctionnelles et professionnelles.3Si la lutte contre l’illettrismeest clairement affichée commeune priorité pour comblerles lacunes qui font obstacleà l’autonomie, elle ne doit,en aucun cas, contribuer à aggraverle problème en stigmatisant12 les personnes concernées.Ces questions concernent tout le monde d’autant plus quenotre société est profondément marquée par l’évolution deses fondements traditionnels avec le choc de la mondialisation,l’irruption des technologies numériques et la place croissantede l’économie de la connaissance dans la vie quotidienne etprofessionnelle.


4Les compétences de base sontaussi appelées compétencesfondamentales, compétencestransversales, compétences clés.Il n’y a pas aujourd’huide consensus surla liste des compétences de baseet sur la façon de les nommer,le débat et les travaux sont ouverts….5Cf. 2.2 les actions en directiondes adultes. pages 30 à 33.Quatre paliers sont définis pourgraduer l’avancée vers la maîtrisedes compétences de base.C’est la non-maîtrise des deuxpremiers degrés qui caractériseune situation d’illettrisme.6Commission européenne : réaliserun espace européen de l’éducationet de la formation tout au longde la vie. Novembre 2001.Dans ce contexte, les citoyens sont confrontés à une évolutiondes modes d’accès aux savoirs et à l’émergence d’unenouvelle culture de l’apprentissage : projets d’apprentissagetout au long de la vie à partir d’activités variées dans lesétablissements d’enseignement et de formation ou àdistance (formation dite formelle), mais aussi dans toutes lesoccasions offertes par la vie quotidienne, le travail, lesespaces de coopérations sociales et la vie culturelle(formation dite non-formelle ou informelle). Pour cela, chaqueindividu doit pouvoir s’appuyer sur une véritable dynamiquede son environnement. Celui-ci peut et doit devenir uncatalyseur d’apprentissages. On parle aujourd’hui "d’organisationsapprenantes, d’entreprises apprenantes, de territoiresapprenants…". Les personnes en situation d’illettrisme sont,comme tous les citoyens, placées devant ces défis. Pour elles, s’yajoute celui d’acceder aux compétences de base 4 .La communauté européenne, l’OCDE, l’UNESCO et la plupartdes pays essayent aujourd’hui de définir le socle decompétences nécessaires pour garantir à chaque personnedes conditions favorables à son épanouissement personnel,à sa citoyenneté active, à son intégration sociale et culturelleainsi qu’à son insertion professionnelle.La politique de lutte contre l’illettrisme a pour but de garantirle droit d’accès de tous les citoyens aux premiers niveaux deces compétences de base 5 .Autour du noyau traditionnel, qui regroupe les compétenceslinguistiques (communication orale, lecture et écriture) ainsique les compétences en mathématiques et les compétencescognitives (raisonnement logique, repérage dans l’espace etdans le temps, capacité à apprendre…), apparaissent d’autrescompétences de base dont l’importance croît avec lesévolutions de la société ; citons : "les compétences entechnologies de l’information, les langues étrangères, laculture technologique, l’esprit d’entreprise et les aptitudessociales" 6 . Les capacités à communiquer, à coopérer et àabcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz13| PRINCIPES DIRECTEURS | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


ésoudre des problèmes sont très présentes dans toutes lesréflexions engagées aujourd’hui. 7Le développement de ces compétences est étroitement reliéà la mobilisation d’aptitudes telles que la motivation, l’engagement,la confiance en soi, l’ouverture aux autres et l’autonomie. Cesont des leviers essentiels, constitutifs de l’identité, du bienêtreet de la capacité à agir. Ces aptitudes se développentpas à pas dans les activités quotidiennes, sociales,professionnelles et s’enrichissent tout particulièrement, àtravers les activités culturelles qui offrent un terrain privilégiéd’expression, de formation du jugement critique, de dialogue etde rencontre. Développement des compétences de base etenrichissement culturel vont de pair.147Commission européenne :compétences clésEurydice 20021.3 Une action continue à tous les âges de la vieC’est à tous les âges de la vie que chacun accède aux savoirs,construit et consolide ses compétences. C’est la raisonpour laquelle la lutte contre l’illettrisme est fortement ancréedans l’éducation et la formation tout au long de la vie. Il fautdonc agir sur tous les fronts et pour tous les âges.Dès la petite enfance pour que les tout-petits se familiarisentavec les livres et les récits en même temps qu’ils découvrent leplaisir de parler et d’agir dans le monde qui les entoure.À l’âge de l’apprentissage de la lecture pour que les enfantsréussissent cette première phase d’acquisition et lui donnentdu sens dans la vie de tous les jours, pour qu’ils se sentent enconfiance et progressent ensuite régulièrement.Tout au long de la scolarité obligatoire pour éviterles décrochages et aider les enfants et les adolescents quis’en éloignent à renouer avec l’écrit.


Après 16 ans, à la sortie de l’adolescence et au début de lavie d’adulte, période charnière où les jeunes en difficulté avecl’écrit peuvent retrouver une nouvelle envie d'apprendre etdoivent bénéficier d’une nouvelle chance d’accéder à lapratique de la lecture et de l’écriture.Pendant les années de vie active pour que les adultes ensituation d’illettrisme aient la possibilité d’effectuer lesapprentissages compensatoires qui leur permettront d’êtreautonomes pour lire et écrire.Au seuil du 4 e âge quand les effets du vieillissement et leralentissement de l’activité risquent d’éloigner de lapratique de la lecture et de l’écriture et de les faire oublier.Pour agir tout au long de ces grandes étapes de la vie, lesactions de lutte contre l’illettrisme sont regroupées en quatrechamps d’intervention présentés dans le chapitre 2 :- les actions en direction des tout-petits,des enfants et des adolescents- les actions en direction des jeunes de plus de 16 ans- les actions en direction des adultes- les actions en direction des personnes âgéesabcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz15| PRINCIPES DIRECTEURS | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


1.4 Une veille constante pour mieux connaître,comprendre et informerPour construire et mettre en œuvre une politique publique, ilfaut disposer d'éléments de diagnostic et d'évaluation.L'illettrisme, phénomène protéiforme et complexe, ne peuts'apprécier qu'en liant des approches qualitatives etquantitatives.Pour dénombrer et caractériser les personnes en situationd’illettrisme, nous pouvons désormais nous appuyer sur deuxenquêtes dont la périodicité permet de saisir l'évolution duphénomène :la mesure effectuée auprès des jeunes de 17 ans lors dela JAPD (Journée d’appel de préparation à la défense).Résultats 2002 : 12 % de jeunes en difficulté face à la lectureet l’écriture, dont la moitié en situation d’illettrisme, soit 6 %de la classe d’âge.l’enquête "Information vie quotidienne" (IVQ) pilotée parl’INSEE, en association avec les principaux servicesstatistiques ministériels et instituts de recherche publics.Cette investigation menée pour la première fois en 2002,auprès d'un échantillon représentatif de la population,permettra de disposer de chiffres et de profils plus précis.Ces données sont en cours d'exploitation par différenteséquipes de recherche. Les premiers résultats confirmentl’ordre de grandeur donné par la JAPD.Les études menées dans d'autres pays par les grandesorganisations internationales (OCDE, UNESCO, etc.),montrent que la plupart des pays développés connaissentcette problématique. La confrontation des différentesméthodes de mesure utilisées donne les limites actuelles descomparaisons entre pays, mais n’en atténue pas l’intérêt.16


8Cette ligne téléphonique s’adresseaux personnes qui souhaitentbénéficier d’une information oud’une formation sur l’apprentissagede la lecture, de l’écriture etdes compétences de base,aux institutions (administrations,missions locales, ANPE, réseauxassociatifs, entreprises…),aux formateurs et à toute personnequi souhaite s’engagerdans la lutte contre l’illettrisme.La diffusion des résultats de ces enquêtes nécessite dedévelopper une communication "pédagogique" pour fairecomprendre ce que mesurent les processus d'investigationutilisés.L'approche qualitative s'appuie aussi sur le tissu desorganismes de formation, des associations et des centresressources illettrisme. Ce sont ces acteurs qui peuventapprécier au quotidien les évolutions de l’illettrisme.Le numéro d’appel indigo sur l'illettrisme 8 est un autre outild'appréciation des besoins des publics. Ce sont les centresde ressources illettrisme qui assurent sur tout le territoirecette mission d’information et de premier accueiltéléphonique.Les entreprises qui investissent dans le développement descompétences de base de leurs salariés sont égalementporteuses d’informations et d’expériences utiles pour mieuxcerner la problématique.Les travaux des équipes scientifiques dans des domainesd’investigation variés permettent aussi de mieux connaîtreles multiples facettes du phénomène et des processus delutte contre l’illettrisme.abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz17| PRINCIPES DIRECTEURS | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |19II - CHAMPS D’INTERVENTION2.1 Les actions en direction des tout-petits, des enfants,des adolescents et de leurs familles2.2 Les actions en direction des adultes2.3 Les actions en direction des jeunes de plus de 16 ans2.4 Les actions en direction des personnes âgées


9Le texte de présentationsouligne les spécificités de l’actionavec les jeunes sans reprendreles principes énoncés dansles champs d’interventionprécédents qui s’appliquentaussi à la lutte contre l’illettrismedes jeunes. C’est la raison pourlaquelle ce champ d’interventionest placé dans ce documentaprès les deux autres.Ces quatre champs d’intervention jouent tous un rôle capitaldans l’acquisition des compétences de base et dans leurmaintien.Ils ne sont cependant pas de même nature : les problèmes àrésoudre sont différents, les volumes d’action ne sont pascomparables, ils n’ont pas la même histoire et s’ils mobilisentparfois des acteurs communs, ils ont chacun leurs spécialisteset leurs méthodes de travail. Ils doivent être à la foisdifférenciés et rigoureusement articulés.L’action auprès des tout-petits, des enfants, desadolescents et de leurs familles (prévention de l’illettrisme)se situe en amont pour créer des conditions favorables à laréussite des apprentissages et traiter les difficultés avantqu’elles ne se transforment en blocages et conduisent plustard à des situations d’illettrisme.L’action avec les adultes intervient quand une situationd’illettrisme s’est installée. Il s’agit alors d’aider les personnesconcernées "à s’en sortir" et de trouver avec elles des solutionspour remettre en route les processus d’apprentissage de lalecture, de l’écriture et des autres compétences de base.Pour les jeunes de plus de 16 ans, la lutte contre l’illettrismes’inscrit dans les démarches d’insertion, de formation,d’éducation populaire et sportive qui constituent le cadrenaturel de leurs activités. Elle est également à la charnièreentre la prévention et l’action pour les adultes. Selon les cas,les jeunes peuvent d’ailleurs être accueillis dans lesdispositifs de l’un ou l’autre de ces champs d’intervention 9 .Quant aux personnes âgées, s’il y a des facteursphysiologiques qui agissent sur la perte de mémoire et ledéclin de la capacité à lire et à écrire, il y a aussi descontextes de vie et d’action qui peuvent préserver "lecapital lecture" et le dynamiser. C’est à ce niveau-là, autourde situations de créativité, d’échanges et d’entraînement queabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz21| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


la lutte pour le maintien et la réactivation des compétences debase prend tout son sens.Historiquement, ce sont surtout les actions avec les adultespendant la période de vie active, qui ont mobilisé les acteursde la lutte contre l’illettrisme. Il s’agit maintenant de renforcerce champ d’intervention et de le compléter avec les troisautres champs afin d’agir le plus efficacement possible, àtous les âges de la vie, en amont et en aval de la vie active.2.1 L’action auprès des tout-petits,des enfants, des adolescents et deleurs familles (prévention de l’illettrisme)Toutes les initiatives qui contribuent à la maîtrise de la languefrançaise et facilitent l’accès à la culture écrite, toutes cellesqui donnent aux enfants le goût d’apprendre et la capacité àle faire participent à la prévention de l’illettrisme. Ce sont desactions anticipatrices qui se situent largement en amont :elles créent des conditions favorables pour que les difficultésne trouvent pas prise. C’est l’efficacité globale du processuséducatif qui est le premier rempart contre l’échec scolaire.De manière plus spécifique, la prévention de l’illettrisme apour but :de détecter les difficultés et les facteurs de risque le plustôt possible,d’apporter aux enfants et à leur famille toute l’aide nécessairepour faire face aux problèmes rencontrés,de construire ou de reconstruire une dynamique d’apprentissagefavorable au développement du langage et de la capacité àlire et à écrire.22


La prévention est mise en œuvre dès la petite enfance et sepoursuit pendant les années de scolarité obligatoire enmobilisant conjointement les ressources des pouvoirspublics et de la société civile ainsi que celles des entreprisesqui contribuent à l’action éducative.Elle s’inscrit dans un contexte de prise de consciencecroissante aux niveaux national et international de l’ampleurdes phénomènes d’illettrisme dans la population adulte d’unepart, et d’autre part, de l’importance des difficultésd’apprentissage de la langue écrite pendant la scolaritéobligatoire. Nombreux sont en effet les jeunes qui nemaîtrisent pas les compétences de communication écritecorrespondant à leur classe d’âge.Ces deux phénomènes, maintenant mis en relation,interpellent vivement les pays développés. Ceux-ci croyaientavoir, grâce au développement de la scolarité obligatoire,réussi l’alphabétisation de leur population et donné à tousune autonomie suffisante pour être à l’aise dans lessituations de communication écrite de la vie quotidienne. Or,ce n’est pas le cas : en France, dans notre pays, plus de deuxmillions de personnes rencontrent des difficultés encommunication écrite.Cette prise de conscience s’est accompagnée d’une mise enalerte de la société sur la nécessité d’agir très tôt pour éviterque le risque d’illettrisme à l’âge adulte ne prenne racine dèsl’enfance d’où l’expression "prévention de l’illettrisme".Nous ne partons pas de rien car, depuis une trentained’années, un important patrimoine de compétences etd’expériences s’est constitué tant dans le champ del’éducation formelle (enseignement scolaire) que dans celuide l’éducation non-formelle (activités culturelles etéducatives) pour apporter un appui aux enfants et auxfamilles les plus éloignés de l’écrit. Mais ces démarches nefaisaient pas systématiquement référence à la prévention del’illettrisme, même si elles y contribuaient activement.abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz23| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


Ce qui change aujourd’hui, avec la mobilisation de l’opinionet l’investissement croissant des institutions, notammentavec l’engagement du Ministère de la jeunesse, del’éducation nationale et de la recherche en juin 2002, c’estque la prévention de l’illettrisme devient réellement unepriorité éducative nationale.Désormais, il y a une volonté collective de l’ensemble desforces sociales de mieux articuler leurs contributions pouravoir une approche plus globale, plus stratégique et plusoffensive.5 domaines d’action 101. L’action de l’école• L’anticipation éducative tournée vers la réussite desapprentissages, la maîtrise de l'écrit et, plus globalement, dela langue française• La vigilance et la réactivité aux difficultés individuelles• Les stratégies adaptées aux contextes spécifiques2. L’action des professionnels de santéauprès des enfants ayant des troubles sensoriels et destroubles du langage10Il s’agit là d’un premier essaide typologie pour mieux cernerle foisonnement d’activités,le travail doit se poursuivre avecle concours de tous. Dans les troispremiers domaines sontregroupés les actions destinéesaux tout-petits, aux enfants et auxadolescents, dans le quatrième, cesont les actions qui concernentles parents. Le dernier domaineest consacré au travail partenarialet à la formation des partenaireslocaux. Ces domaines sont24 brièvement présentés ci-après.3. L’action culturelle et éducative des associationset des services publics de proximité• Les démarches auprès des tout-petits• L’accompagnement à la scolarité• Les loisirs éducatifs : rencontres non-formelles avec lalecture, l’écriture et toutes les autres formes d’expressionet de communication4. L’implication des parents éloignés de l’écrit5. La territorialisation des projets éducatifset la formation des partenaires locaux


1. L’action de l’écoleTrois leviers d’action en direction des enfants et des jeunesde moins de 16 ans.L’anticipation éducative tournée vers la réussite desapprentissages, la maîtrise de l'écrit et plus globalementde la langue française :Elle agit en amont par l’amélioration continue de l’environnementéducatif chaque fois que la réussite des apprentissagesgagne du terrain et de fait limite le risque d’échec :programmes plus pertinents, pratiques pédagogiques plusperformantes, activités artistiques et culturelles, usagecroissant des technologies de l’information et de lacommunication, vie scolaire plus dynamisante. Il s'agit ausside mettre en œuvre des coopérations plus fortes avecl’ensemble des acteurs de la chaîne éducative et toutparticulièrement de situer les apprentissages dans laglobalité de la vie de l'enfant, en relation étroite avec safamille. Le but est de créer, dès l’école maternelle, desconditions d’apprentissage toujours meilleures pourpréparer les enfants et les adolescents à mieuxmaîtriser la langue française et à devenir des lecteursmotivés, actifs et autonomes.La vigilance et la réactivité aux difficultés individuellesen lecture et écriture :Nous sommes là dans le cadre de la pratique ordinaire de laclasse. Il s’agit de repérer les situations de fragilité et de réagirrapidement en aidant les élèves à franchir les obstacles qu’ilsrencontrent. Ne pas laisser s’accumuler les difficultés est lemeilleur moyen d’éviter que l’échec ne s’installe. Si le courspréparatoire est le temps fort de l’apprentissage de la lectureet requiert une attention toute particulière, la vigilance et letraitement rapide des difficultés individuelles commence àl’école maternelle et se poursuit tout au long de la scolarité,car le développement de la capacité à lire et à écrire est unprocessus permanent et les décrochages peuvent seproduire à tous moments.abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz25| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


Les stratégies adaptées aux contextes spécifiquesIl s’agit ici de construire des solutions pédagogiquesadaptées à des contextes particuliers. La nature desproblèmes à résoudre, les conditions de vie, le rapport àl’écrit des enfants et des jeunes concernés nécessitent dedéfinir des stratégies d’intervention propres à chaquesituation : écoles des zones d’éducation prioritaire, enseignementen contexte bilingue ou multilingue, classes accueillant desenfants du voyage, scolarisation des détenus mineurs,enseignement spécialisé, ateliers et classes relais, sectiond’enseignement général et professionnel adapté, enseignementprofessionnel avec des jeunes ayant peu de pratique del’écrit, etc.26* Site d’accompagnementdu plan de préventionwww.bienlire.education.frLe plan de prévention du Ministère de la Jeunesse, del'éducation nationale et de la recherche*, mis en œuvre à larentrée 2002-2003, concerne l'école primaire (nouveauxprogrammes, littérature de jeunesse, cours préparatoires àeffectif réduit ou à encadrement renforcé, livret "lire au CP",accompagnement péri-scolaire, usage des technologies del'information et de la communication, prise en charge desdifficultés les plus lourdes). Il agit de manière prioritaire dansces domaines en s'articulant avec les autres dispositifs qui,dans le système éducatif, contribuent à la maîtrise de lalangue et à la réussite scolaire des élèves rencontrant desdifficultés d'apprentissage.2. L’action des professionnels de santéDivers troubles peuvent être à l'origine des difficultésd'apprentissage de la langue écrite : troubles sensoriels (vue,audition, notamment), troubles du langage oral ou écrit(aphasie, dyslexie…). Il est important qu'ils puissent êtredépistés et traités dès le plus jeune âge. L’action desprofessionnels de santé doit être menée de concert aveccelle de l’école. Elle suppose une bonne connaissancemutuelle, un travail commun et régulier ainsi qu'un maillagedes compétences respectives.


3. L’action culturelle et éducativedes associations et des services publicsde proximitéSont regroupées sous cette appellation les activités réalisées,en dehors du temps scolaire, avec les enfants et les jeunesautour du livre, de l’écriture, du théâtre, du conte, de lachanson et de toutes formes d’expression et d’action quimobilisent la communication écrite, orale et non-verbale.Ces activités visent à donner ou redonner le goût et le plaisir delire, d’écrire et de s’exprimer. Elles contribuent aussi audéveloppement de la capacité à communiquer en utilisantdes voies d’apprentissage non formelles, différentes etcomplémentaires de celles utilisées en milieu scolaire.Elles sont mises en œuvre par les associations, les mouvements dejeunesse et d'éducation populaire, les bibliothèques, lesintervenants culturels, les services sociaux et tous lesacteurs qui agissent dans l’environnement des enfants et deleurs familles. Elles mobilisent des professionnels et desbénévoles. Elles sont particulièrement propices auxrencontres entre générations. On peut identifier plusieurspôles d’attraction autour desquels se développent les initiatives,notamment :les démarches auprès des tout-petits, en lien avec lesfamilles, pour placer les enfants dans un univers où le langage, lesmots et les livres ont toute leur place et créer ainsi, dès le plusjeune âge, un contexte favorable aux apprentissages,l’accompagnement à la scolarité, qui permet derenforcer les apprentissages de manière non-scolaire,personnalisée et coopérative au sein de petits groupes,abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz27| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


les rencontres non-formelles avec la lecture et l’écritureet tous les autres modes d’expression et de communicationqui permettent aux enfants et aux jeunes de s’y engager avecune dynamique positive à travers des activités variées :ludiques, éducatives, artistiques, culturelles, sportiveshumanitaires...4. L’implication des parents éloignés de l’écritLa capacité des parents à transmettre le goût de lire et lesavoir-lire est un facteur important pour la réussite des enfants.Nombreux sont les parents qui ne savent pas comment s’yprendre pour aider leurs enfants et bien suivre leur scolarité.Leurs difficultés sont encore plus grandes quand ils sont, euxmêmes,éloignés de l’écrit. Des initiatives contribuent à lesrapprocher de la culture écrite, à les soutenir dans l’exercicede leur fonction parentale, à faciliter leurs relations avec lesenseignants et à engager, si nécessaire, une démarche deformation pour apprendre ou réapprendre à lire et à écrire.5. La territorialisation des projets éducatifset la formation des partenaires locauxLa capacité à lire, écrire, parler, écouter, comprendre, se fairecomprendre, s’exprimer et, plus globalement, l’accès à lamaîtrise de la langue française et à la culture de l’écrit sedéveloppent avec tous et partout. D’où l’importance departenariats éducatifs, actifs et mobilisateurs, dans chaqueespace territorial permettant de relier et d’optimiser lesdifférentes initiatives. Le but est d’aller vers des projetséducatifs concertés qui répondent aux besoins des enfantset des jeunes dans chaque espace de vie. Les solutionséducatives doivent s’appuyer sur les énergies et lescompétences de tous dans le cadre d'une véritable stratégied'alliance éducative.28Dans cette perspective, plusieurs dispositifs mobilisent lespartenaires locaux autour d’un projet commun : contratséducatifs locaux, contrats d’accompagnement à la scolarité,réseaux d’éducation prioritaire, école ouverte, contrats villes-


11Métiers de la formation,de l’animation, de l’actionculturelle, de l’action sociale,de la santé, …12cf. pages 13 à 15.lecture, relais-livre en campagne... Il faut s’appuyer surl’expérience acquise et le savoir-faire de ceux qui, dans lecadre de divers programmes territoriaux et notamment de lapolitique de la ville, ont développé des compétences pourconduire ce type de projets.Il s’agit de bien mailler les dispositifs existants et d’avancervers une généralisation des projets éducatifs dans lesterritoires en veillant à y intégrer la prévention de l’illettrisme,tout en contribuant à en améliorer la cohérence, l’efficacité etla pérennité.Les partenaires locaux doivent pouvoir bénéficier d’un appuipour agir le plus efficacement possible. La constitutiond’équipes mixtes regroupant des personnes de statutsdifférents (salariés, bénévoles) et de métiers distincts 11 estparticulièrement bénéfique. Des formations locales, ouvertesà tous, permettent de créer une culture commune etd'enrichir les compétences collectives et individuelles.2.2 Les actions en direction des adultes1. À la base de la base…Dans la perspective de l’accès de tous aux compétences debase 12 , la lutte contre l’illettrisme est "à la base de la base…"car il s’agit de mettre à la portée de tous un socle fonctionnelqui regroupe les compétences nécessaires à la vie courante :circuler, faire des courses, prendre un médicament, choisirun programme de télévision, utiliser un appareil, lire unepetite annonce, régler une facture, faire son budget, prendrele train…abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz29| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


Compétences de baseSoclefonctionnelpour la viecourante13Dans le cadre du plan nationald’action concertée 2002-2003 del’ANLCI (cf. annexe), l’action "Etudesur les référentiels" a pour butd’élaborer une grille de lecturepermettant de comprendre lastructure des différents référentielsde formation et d’évaluation utilisésaujourd’hui, d’établirdes correspondances, de dégagerdes "paliers" de compétencespermettant de baliserla progression vers la maîtrisedes compétences de base.Les travaux d’ingénierie en coursprennent appui sur les pratiques desacteurs de terrain, les apportsde la recherche, des éclairagesinternationaux et une approcheprospective des évolutions dela société. Ils ont pour but de créerun cadre structurant tout enrespectant la diversitédes démarches et des outils utiliséspar les praticiens. Cette définitiondes champs et des degrés decompétences doit resterpragmatique, facile à comprendrepar les apprenants et accessible auxformateurs. Elle doit faciliterl’évaluation des acquis ainsi que laconstruction et la conduitedes parcours de formation parles accompagnateurs etles formateurs mais aussipar les intéresséseux-mêmes. Ce qui est proposé ici,c’est d’aller vers un outil de dialoguecommun suffisamment ouvert pourque les différentes approchespuissent se situer et que nouspuissions progresser.C’est une première esquisseque ne manqueront pas30 d’enrichir d’autres travaux.compétences de basedegrés 1 et 2 (cf. ci-après)L’acquisition de ce socle fonctionnel est une première étapeet un levier d’évolution pour aller plus loin. Les actions delutte contre l’illettrisme ont donc un double objectif car lesacteurs qui les mettent en œuvre doivent à la fois :• se mobiliser pour que les personnes en situationd’illettrisme parviennent à réaliser de manière plusautonome les activités courantes de la vie quotidiennequi nécessitent le recours à l’écrit et aux autrescompétences de base (compétences de degrés 1 et 2 -cf. ci-après).• garder le cap vers l’objectif final de l’acquisition pleineet entière des compétences de base, celui de l’accès àl’autonomie dans la société de la connaissance(compétences de degrés 3 et 4-cf. ci-après).Un travail est en cours 13 pour définir des paliers permettant degraduer l’avancée vers la maîtrise des compétences de base.À ce jour, quatre degrés de compétences se dégagent :


14Proche mais probablementdifférent des contenus actuelsde ces diplômes qui sontappelés à évoluer à partirdes réflexions engagéesaujourd’hui autour de la notionde compétences de baseet de formationtout au long de la vie.Degré 1 : Repères structurantsCompétences permettant, de se repérer dans l’univers del’écrit (identification des signes et des mots), dans l’univers desnombres (base de la numération), dans l’espace et dans letemps, de participer à des échanges oraux avec des questionsréponsessimples, etc.Degré 2 : Compétences fonctionnelles pour la vie couranteCompétences permettant, dans un environnement familier, delire et d’écrire des phrases simples, de trouver des informationsdans des documents courants, de donner et de prendre desinformations orales lors d’un entretien, de résoudre des problèmesde la vie quotidienne nécessitant des calculs simples, etc.Les personnes concernées s’acheminent vers la mise en placede savoir-faire d’ordre linguistique, cognitif, mathématique,mais ceux-ci sont encore étroitement finalisés sur les situationspratiques de leur vie quotidienne.Degré 3 : Compétences facilitant l’actiondans des situations variéesCes compétences permettent de lire et d’écrire des textes courts,d’argumenter, de résoudre des problèmes plus complexes,d’utiliser plus largement des supports numériques etc.Il s’agit d’aller au-delà du pragmatisme quotidien et de se dirigervers plus de distanciation, de transversalité, d’automatisation,vers une appropriation croissante des codes (règlesorthographiques, registres de langue…) vers un usage plussystématique d’outils d’appréhension du réel (tableaux,graphiques, schémas…). Le degré trois est proche 14 du niveaudu certificat de formation générale.Degré 4 : Compétences renforçant l‘autonomiepour agir dans la société de la connaissanceCe degré regroupe l’ensemble des compétences nécessairespour être à l’aise dans la société, s’adapter aux évolutions etcontinuer à se former. Il correspond au bagage de fin descolarité obligatoire. Le degré quatre est proche 14 desexigences de formation générale des qualifications de niveauV (CAP, BEP, Brevet des collèges, etc.).abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz31| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


Les situations d’illettrisme sont diversifiées. Pour certainespersonnes, seules la lecture et l’écriture posent problème, ouparfois l’écriture seulement. Pour d’autres c’est l’ensembledes compétences de base ou certaines d’entre elles qui sonten jeu. Une personne peut faire preuve de degrés decompétence variables selon les domaines : par exemple degré 1en lecture, mais degré 3 en expression orale et degré 2 encalcul… Les objectifs des apprentissages sont différents etportent sur des champs de savoirs à géométrie variableselon les personnes. Les parcours de formation sont doncnécessairement personnalisés. C’est pour cette raison queles actions de formation relevant de la lutte contre l’illettrismese situent dans un cursus large, même si leur spécificité estde garantir l’acquisition des compétences de degré 1 et dedegré 2 constitutives du socle fonctionnel 15 .C’est la non-maîtrise de ces compétences de premier niveauqui caractérise les situations d’illettrisme. Pour les personnesqui ont acquis ces compétences mais qui n’ont pas atteint ledegré 3, on parlera plutôt de difficultés pour lire, écrire etmettre en œuvre les compétences de base. C’est souventsous l’appellation "stages de remise en niveau" que l’onretrouve les actions de formation dédiées à la maîtrise descompétences de degré 3.15On parle de socle fonctionnelparce que, pour les adultes ensituation d’illettrisme, l’acquisitiondes compétences de base estétroitement articuléeà la recherche de solutionspragmatiques pour faire face auquotidien. C’est autour de cettedynamique que se situentles degrés 1 et 2. Les degrés 3et 4 sont plus "distancés" parrapport à l’action quotidienne etse situent plus dansune démarche d’acquisitionraisonnée visant audéveloppement de l’autonomiedans des situations variées et32 de complexité croissante.2. Une vision dynamiquedes processus d’apprentissageSi l’illettrisme alerte sur les déficits en matière de communicationécrite, il signale aussi le fait que le patrimoine culturel d’unepersonne et son capital de compétences et d’expériences sesont construits sans s’appuyer sur la capacité à lire et à écrire.C’est le signe d’une mobilisation active de capacitésd’apprentissage informel qui ne passent pas par l’écrit etd’une intelligence pratique des situations qui se développesans recourir aux aides apportées par la communicationécrite. Ce constat invite à ne pas en rester à une visiondéficitaire des situations d’illettrisme, car le déficit n’est qu’unparamètre d’une situation beaucoup plus complexe.


Il conduit aussi à ne pas se reposer sur une conceptiontraditionnelle de l’enseignement où le maître transmet lesavoir à un élève qui le reçoit et le met en pratique dans desexercices. C’est un schéma qui ne permet pas de résoudreles problèmes auxquels sont confrontées les personnes quiveulent sortir de l’illettrisme. Il est nécessaire qu’elles quittentla posture d’élève, situation connue qui ne leur a pas réussi,pour passer à une posture d’apprenant, situation nouvelle quirepose sur la mise en mouvement et la mise en projet, sur lacapacité à trouver du sens aux apprentissages en les reliantaux activités de la vie quotidienne, sur la capacité à stimulersa pensée et à la structurer, sur la capacité à mobiliser sesressources internes (aptitudes, connaissances, expériences).C’est une nouvelle manière d’agir pour apprendre qui est enjeu mais aussi une nouvelle façon d’enseigner et d’accompagnerla personne qui apprend… Des formateurs expérimentés sontdepuis longtemps engagés dans cette direction. Ils saventqu’ils doivent préparer le chemin et accompagnerl’apprenant sur la voie de la remise en confiance et del’autonomie pour apprendre. Mais ils savent aussi que cettestratégie ne peut réussir que si les parcours de formationsont personnalisés, construits avec l’apprenant, adaptés àses attentes et conçus pour que chaque étape donne lieu àdes résultats visibles et motivants pour aller plus loin.3. Une demande de formationqu’il faut chercher à repérer et à éveillerLe nombre de personnes en situation d’illettrisme quiparticipent à des actions de formation reste très faible. C’estun problème qui se pose partout en Europe : le besoin existe,mais la demande est difficile à susciter. C’est pourtant l’unedes principales conditions du développement de la luttecontre l’illettrisme.abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz33| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


Pour cela, il est nécessaire de mieux connaître les besoinsdes apprenants potentiels, leurs attentes et les obstacles quiempêchent la demande de formation d’émerger. Il faut aussifaire changer les représentations collectives qui ont tendanceà considérer les "illettrés" comme un public à part, ce qui nepeut que freiner les initiatives des personnes concernées qui,la plupart du temps n’ont aucune envie de s’exposer et d’êtrecataloguées. Ces deux démarches doivent s’accompagnerde la mise en place de services d’information et d’accueilpermettant aux personnes en situation d’illettrisme des’engager dans un processus de formation.4. Une offre de services variée et personnaliséeToute personne en situation d’illettrisme devrait pouvoir :• Bénéficier d’un appui pour faire le premier pas• Être accueilli et encouragé pour s’engager dans un projet etle conduire à son terme• Se former dans un dispositif d’apprentissage bien adapté àses besoins :• les ateliers permanents de formation de base• les centres d’apprentissage du français(dispositifs expérimentaux)• les actions de type stage,• les formations de base intégrées au travail• les actions spécifiques• Aller à la rencontre de l’écrit lors d’activités à caractèreculturel ou social• Valoriser son expérience professionnelle et sociale34Bénéficier d’un appui pour faire le premier pasParce que ce n’est pas facile de dire "je ne sais pas lire, je nesais pas écrire", parce que les souvenirs scolaires sontdouloureux, parce que le chemin à parcourir paraît immense,parce que la reconnaissance sociale se fait encore tropexclusivement par rapport aux savoirs académiques et auxdiplômes, les personnes en situation d’illettrisme ont besoind’être informées et encouragées pour s’engager dans unedémarche de formation. Provoquer le déclic qui aidera à fairele premier pas est l’affaire de tous.


16sur leurs lieux de travail,à l’école lorsqu’ellesaccompagnent leurs enfants ets’occupent de leur scolarité, lorsde démarches administratives,sociales, culturelles, d’insertionsociale, d’insertion professionnelle,dans les établissements de soin…17Quelques exemples d’action :• Passer en boucle une cassettevidéo ou installer une expositiondans un lieu de passage ou unlieu d’accueil pour sensibiliser àl’illettrisme et aux moyens d’ensortir, indiquer un interlocuteursusceptible d’apporter une aide,donner le numéro indigo :• Conseiller un parent d’élève,un collègue de travail,un partenaire associatif et toutusager d’un service publicque l’on sent en difficultéavec l’écrit, en l’encourageantà entreprendre une démarche.• Effectuer un repéragesystématique des situationsd’illettrisme quand le contextele permet et offrir des possibilitésde formation. C’est ce que faitl’administration pénitentiaire etque pourraient faire de manièreplus systématique les institutionsqui sont en charge desdémarches d’insertion socialeet professionnelle.Ceux qui sont en contact avec des personnes en situationd’illettrisme 16 peuvent être des acteurs privilégiés del’information, de la sensibilisation et de l’orientation vers lesstructures d’accompagnement et de formation. Ce premierservice à rendre aux personnes en situation d’illettrisme peutêtre le fait de tout citoyen attentif à ceux qui l’entourent, maisil doit surtout être porté institutionnellement par toutes lesstructures en relation avec le public 17 .Être accueilli et encouragé pour s’engagerdans un projet et le conduire à son termeToute personne qui franchit la porte d’une structure d’accueilou de formation se trouve en relation avec un conseiller quiest là pour l’accueillir, l’écouter et l’aider à construire sonprojet. Dès lors, elle n’est plus seule : elle va parler de ce quila pousse à venir, elle va progressivement poser lesproblèmes à résoudre, définir les objectifs à atteindre etconstruire pas à pas son projet.C’est un moment extrêmement important où s’amorce laremise en confiance, où le sentiment d’échec s’estompe, oùl’espoir de réussir s’éveille. Tout cela demande du temps etde l’attention car l’engagement dans un projet de formationpour un enjeu de cette ampleur ne se fait pas en une heureet de manière administrative. C’est une phase décisive pourla réussite des processus de formation à laquelle il faut êtretrès attentif. Cette phase est la plupart du temps assuréedirectement par un organisme de formation, mais elle peutaussi être réalisée par une structure d’accueil ou un servicesocial qui mette ensuite la personne en relation avec lesformateurs.Le processus d’accompagnement se poursuit ensuite tout aulong de la formation. C’est l’affaire des professionnels maisaussi celle des intervenants bénévoles et des membres del’entourage. Les apprenants des formations de basesoulignent tous l’importance de ces appuis, car la route estlongue !abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz35| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


Se former dans un dispositif d’apprentissagebien adapté à ses besoinsLorsque l’envie d’apprendre et l’espoir d’y arriver setransforment en projets concrets avec des objectifs, un lieu,un planning, et surtout un médiateur d’apprentissage attentifet compétent, on peut avancer ! Si de plus l’entourage estbienveillant et solidaire, toutes les conditions sont réunies pourréussir.Les apprentissages peuvent se dérouler dans plusieurs typesde dispositifs : les ateliers permanents de formation de base,les centres expérimentaux d’apprentissage du français, lesactions de "type stage", les formations intégrées au travail, lesactions spécifiques.• Les ateliers permanents de formation de baseLa formation se déroule dans un établissement de formation,au sein d’un dispositif que l’on a pris l’habitude d’appeleratelier pour indiquer que l’enseignement qui y est dispenséest rarement magistral, l’apprenant jouant un rôle actif dansle cadre de situations d’apprentissage à la fois personnaliséeset coopératives.Ces ateliers sont permanents et ils peuvent accueillir à tousmoments de nouveaux arrivants. Ils sont spécialisés cardédiés à la formation des personnes ayant un très faibleniveau de maîtrise de l’écrit et des compétences de base. Ilssont en général polyvalents pour toutes les formations de ce type,notamment les actions relevant de la lutte contre l’illettrisme,l’alphabétisation, l’acquisition du français langue étrangère (FLE).Ils assurent des prestations de formation proprement ditesmais aussi des fonctions d’information, d’accueil etd’accompagnement des projets de formation.36Certains ne font appel qu’à des professionnels d’autresmobilisent également des bénévoles en articulant demanière complémentaire leurs interventions.


Bien intégrés dans l’environnement, ces ateliers travaillentavec les associations, les autres structures de formation etd’insertion et avec tous les partenaires locaux. Aujourd’huimis en place dans plusieurs régions, souvent structurés enréseaux, ils assurent une bonne couverture du territoire.Certains ont d’ailleurs mis en place des antennesdélocalisées pour être plus proches des personnes.Ces ateliers sont appelés différemment selon les régions :"ateliers de formation de base" (AFB) dans les régions Haute-Normandie, Centre, Pays de Loire, "ateliers des savoirsfondamentaux", en Bretagne "ateliers permanents locauxd'individualisation des savoirs" (APLIS) en Poitou-Charentes,"dispositif permanent de maîtrise des savoirs de base"(DPMSB) en Nord-Pas-de-Calais, "ateliers permanents deformation aux savoirs fondamentaux", etc.S’ils ont des points communs (permanence des services,prestations couvrant l’ensemble du processus de formation,accueil de publics de très faible niveau de formation et destatuts variés), il n’y a pas de cahier des charges unique etleur fonctionnement dépend des orientations locales.Lorsqu’ils sont soumis à des critères de qualité, ce sont debons outils pour offrir un service permanent, bien identifiélocalement et facilement accessible.Certains APP, ateliers de pédagogie personnalisée qui offrentpartout en France un service permanent de formation àpartir du niveau V, se sont dotés d’une organisationpédagogique leur permettant d’accueillir également despersonnes en situation d’illettrisme.• Les centres expérimentaux d’apprentissage du françaisMis en place récemment dans le cadre du contrat d’intégration etde la politique de la ville, en lien avec la politique nationalede lutte contre l’illettrisme, ces pôles de formationlinguistique sont ouverts à tous les publics (10 centresexpérimentaux en 2003, 50 centres prévus en 2006).abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz37| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


• Les actions de type stageToutes les régions n’ont pas créé une infrastructure permanented’ateliers spécialisés, elles programment chaque année, dansdivers points du territoire, des actions spécifiquementdestinées aux personnes en situation d’illettrisme, actionsidentifiées localement sous des appellations variées. Cesactions sont à durée fixe. Elles sont parfois regroupées au seinde plate-formes territoriales qui permettent d’améliorer lesarticulations entre les différentes prestations.• Les formations de base intégrées au travailIl s’agit d’actions professionnalisantes où le développementdes compétences de base et la capacité à communiquer parécrit sont étroitement articulés avec l’exercice d’activitésprofessionnelles. Ce type de formation, mobilisant l’encadrementhiérarchique, a l’avantage de partir des pratiques et des’appuyer sur un réinvestissement immédiat des acquisitions,ce qui permet de les renforcer et de les développer par lamise en œuvre quotidienne. Les résultats sont souvent trèsencourageants car les progrès réalisés sont visibles et setraduisent par une meilleure autonomie professionnelle.On trouve deux catégories d’action : les actions pour lessalariés dans le cadre du plan de formation de l’entreprise etles formations alternées dans le cadre des parcoursd’insertion.La formation de base est ici intégrée aux situations de travail :les apprentissages dans les domaines généraux ettechniques se situent en réponse à des besoins déclenchéspar l’exercice de l’activité professionnelle ; les réinvestissements desacquis dans le travail du salarié ou du stagiaire se font au furet à mesure.38• Les actions spécifiquesTerme générique pour caractériser les actions se déroulantdans un contexte particulier. Celles-ci se justifient chaque foisque la nature des problèmes à résoudre, les conditions de vieet le contexte de formation nécessitent un cadred’apprentissage adapté : les formations et dispositifs


d’accompagnement social pour les personnes en situationde précarité ou d’exclusion (sans domicile fixe, femmes ensituation de détresse, bénéficiaires du revenu minimumd’insertion particulièrement démunis…) trop fragiles pourintégrer directement un groupe ouvert, les formations pourles personnes détenues qui ont la possibilité de mettre àprofit leur temps de détention pour suivre un parcours deformation de base, les formations pour des personneshandicapées qui nécessitent une prise en chargeparticulière, les formations pour les gens du voyage, etc.Dans toutes ces actions :L’usage des technologies de l’information et de lacommunication est recommandé. Les actions réaliséesmontrent que le faible niveau scolaire des apprenants n’estpas un frein à l’usage de ces technologies. Lorsque lecontexte pédagogique est bien adapté les apprenantspeuvent bénéficier des apports de l’informatique dans lesapprentissages en utilisant des outils interactifs et motivants.Ils peuvent aussi se familiariser avec l'usage de cet outil :permettre aux personnes les plus éloignées de laqualification et des moyens de communication écrited’accéder aux usages de l'informatique est un formidableoutil de revalorisation personnelle. La formation ouverte et àdistance peut également être envisagée à condition qu’ellesoit une modalité dans un dispositif qui allie formation enprésence d’un formateur et formation à distance, avec desmédiations adaptées. Il faut noter que l’investissement estimportant car le cadre pédagogique doit êtreparticulièrement bien préparé, l’équipement et la formationde formateur doivent eux aussi être au rendez-vous.Aller à la rencontre de l’écrit lors d’activités culturellesou d’activités socialesNous venons de voir dans quels environnementspédagogiques les personnes en situation d’illettrismepeuvent s’insérer pour réaliser leurs parcours d’apprentissage.Mais ces moments de formation formelle ne sont pas les seulsabcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz39| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


à apporter une aide pour faciliter l’accès à la lecture, à l’écritureet aux compétences de base.Avec une toute autre logique et d’autres méthodes, lesactions culturelles sont des leviers précieux pour donner àchaque personne l’occasion de rencontrer la culture del’écrit, de pratiquer d’autres langages à travers des activitésqui font appel à la sensibilité, au partage, à l’écoute et àl’expression de soi. De nombreuses initiatives bâties autourde la langue, de la lecture, de l’écriture, du livre, du conte,du patrimoine littéraire, de la chanson, du théâtre, del’image, suscitent une forte mobilisation. C’est souventl’occasion d’avoir un autre rapport aux autres et à soi-même,de resituer sa propre culture dans un ensemble plus large.Il en est de même pour les activités à caractère social, liéesà la gestion de la vie quotidienne dans les quartiers et lesvillages. Ce sont des moments où, à travers des atelierspratiques (cuisine, bricolage…) ou des activités d’animation(sorties, repas collectifs…), des personnes en situationd’illettrisme peuvent être amenées à pratiquer lacommunication écrite et développer leurs compétences debase de manière informelle.Ces activités sont rarement identifiées comme des actionsde lutte contre l’illettrisme mais elles y concourentcependant de manière importante.Valoriser son expérience professionnelle,sociale et culturelleAujourd’hui à travers la loi de janvier 2002, tout adultepouvant faire état d’une expérience sociale ou professionnellepeut demander à faire valider les compétences qu’il a acquisdans l’action (Validation des acquis de l’expérience - VAE).40Le fait de ne pas maîtriser la communication écrite estaujourd’hui un obstacle dans certains dispositifs devalidation où la reconnaissance de l’expérience acquisepasse par l’élaboration d’un dossier écrit.


Une sensibilisation des instances de validation doit êtremenée pour que ce problème soit pris en compte et quedes solutions soient recherchées pour adapter les procédures,renforcer l’accompagnement et inciter à entreprendre unedémarche d’apprentissage. La valorisation des acquisprofessionnels est en effet un bon déclencheur pourengager une démarche de formation générale.2.3 Les actions en direction des jeunesde plus de 16 ansPlus d’un jeune sur dix se trouve en difficulté pour utiliser lacommunication écrite dans la vie quotidienne. Ce sontenviron 250 000 garçons et filles de 16 à 20 ans à qui la sociétédoit donner une deuxième chance de renouer avec l’écrit.Ceux qui ont décroché scolairement ou qui ont été orientésvers des formations professionnelles qu’ils n’ont pas choisiesse trouvent dans une période de transition difficile à vivre,entre le monde scolaire dont ils se sont éloignés et le mondedes adultes et du travail dans lequel ils peinent à s’insérer.Pour eux l’adolescence se conjugue avec un passé scolairesouvent douloureux, un manque de repères, un avenirincertain et parfois un mode de vie marginal et rebelle…Trouver des stratégies pour motiver ces jeunes et leur donnerenvie de s’engager dans de nouvelles démarches d’apprentissagen’est pas chose facile ! C’est une problématique que connaissentbien les conseillers des structures d’accueil (missions locales,permanences d’accueil d’information et d’orientation,…), lesformateurs, les animateurs, les éducateurs et les acteurssociaux qui sont à l’écoute de ces jeunes et qui les aident àse mobiliser sur un projet professionnel et plus globalementsur un projet de vie.L’objectif de ce champ d’intervention est de renforcer la prise encompte de l’illettrisme dans les actions destinées aux jeunes.Pour ce faire, les acteurs qui interviennent auprès des jeunespeuvent et doivent :abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz41| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


4218pour les jeunesencore scolarisés.Mobiliser les démarches et actions de lutte contrel’illettrisme relevant de la formation des adultes et de laprévention 18Les principes et les modalités d’intervention présentés dansles deux chapitres précédents s’appliquent aussi aux jeunesde plus de 16 ans. On retrouve, par exemple, l’enjeu del’accès aux compétences de base, l’importance de la phased’accueil, la nécessité de personnaliser les parcours, lapossibilité de se former dans les ateliers de formation de base,l’intérêt de la formation intégrée aux situations de travail, etc.Saisir toutes les occasions pour aider les jeunesà rencontrer l’écrit dans un contexte motivantC’est en se confrontant à un nouvel enjeu et à des objectifsmotivants que les jeunes peuvent repartir à la rencontre del’écrit avec un nouveau regard, une nouvelle motivation et unnouvel appétit d’apprendre : découverte d’un métier qui lesintéresse par les formations en alternance ou par un accèsdirect au travail, préparation du permis de conduire,participation à une mission humanitaire et à un projet dedéveloppement durable, pratique active des technologies del’information et de la communication, création artistique,engagement sportif, etc. En se mobilisant sur un projet, lesjeunes ne feront pas l’économie d’un réapprentissageméthodique de l’écrit, mais ils ne pourront entreprendre cetapprentissage et le mener à son terme que s’ils en voient lesens, l’intérêt et la possibilité de le réussir.S’appuyer sur la journée d’appel de préparation àla défense (JAPD) et sur son suivi pour lancer unenouvelle dynamiqueLa JAPD permet chaque année de procéder à une opérationde mesure des compétences en lecture et écriture de touteune classe d’âge sans distinction de scolarité ou de sexe.Tous les garçons et les filles recensés, âgés de 17 ans aumoins, passent une série de tests organisés par le Ministèrede la Défense en collaboration avec le Ministère de laJeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche.


La JAPD offre aux jeunes en situation d’illettrismel’opportunité d’une rencontre avec un adulte pour parler deleur avenir dans un contexte différent de ce qu’ils ont connuprécédemment. Le lien établi lors de cette rencontre doit êtrepoursuivi par une action d’accompagnement, de conseil, etd’orientation.C'est pourquoi le passage de relais entre les responsablesdes sites JAPD et ceux qui ont pour rôle d’aider les jeunes às’insérer et à se former est une étape importante. Lepartenariat local et la mise en commun des compétencessont essentiels pour construire des solutions pertinentes,personnalisées qui permettent de lutter efficacement contrel’illettrisme.Des expérimentations, réalisées avec l'appui de fondations etle concours des collectivités territoriales, montrent que desdémarches d’accompagnement novatrices, attentives,exigeantes et concertées permettent à de nombreux jeunesde prendre un nouveau départ.Toutes ces démarches centrées sur les jeunes les plus endifficulté revêtent une importance capitale car, aujourd’hui,la non-maîtrise de l’écrit et des compétences de base sontdes obstacles souvent rédhibitoires pour accéder à l’emploiet s'intégrer dans la société.abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz43| CHAMPS D’INTERVENTION | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


2.4 Les actions en directiondes personnes âgéesIl s’agit d’offrir aux personnes âgées la possibilité de réactiverleur capacité à lire et à écrire ainsi que leur mémoire.Ce champ d’intervention, déjà développé par plusieursassociations, a rarement été référé à la problématique del’illettrisme. Il constitue pourtant un mode de prévention del’illettrisme "tardif" très important pour notre société.À travers des "ateliers mémoire", des "ateliers d’écriture" oud’autres types d’activités, les personnes âgées fragiliséespréservent leur capital de savoir et maintiennent ainsi le pluspossible leur autonomie dans la vie quotidienne.Le but n’est pas de transférer l’activité des acteurs actuels dela lutte contre l‘illettrisme vers ce nouveau champd’intervention au détriment des trois autres mais d’inciter à leprendre en compte de manière croissante en favorisant lescoopérations et en participant au développement d’initiatives.Ces interventions peuvent d’ailleurs être le fait d’organismesdifférents.44La politique de lutte contre l’illettrisme sera vraimentmise en œuvre tout au long de la vie si, de l’enfance auquatrième âge, une action permanente et soutenuepermet à tout citoyen d’acquérir, de développer et demaintenir sa capacité à lire et à écrire.


abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz| ACTION DES POUVOIRS PUBLICS | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |45III - ACTION DES POUVOIRS PUBLICSRECOMMANDATIONS3.1 Assurer, partout en France et dans des conditions d’égalité,l’accès de tous à la lecture, à l’écritureet aux compétences de base tout au long de la vie3.2 Inscrire la lutte contre l’illettrisme dans les orientations etles pratiques des pouvoirs publics3.3 Mettre en œuvre des plans régionaux de lutte contrel’illettrisme en s’appuyant sur les initiatives locales3.4 Faire des compétences de base un segment stratégiquedes politiques de formation des adultes


19Etat, Conseils régionaux,Conseils généraux, Communes…3.1 Assurer, partout en France et dansdes conditions d’égalité, l’accès de tousà la lecture, à l’écriture et aux compétencesde base tout au long de la vieÀ tout âge de leur vie, les enfants, les jeunes et les adultesdoivent trouver un appui pour apprendre, ré-apprendre oumieux apprendre à lire et à écrire. C’est aux pouvoirs publicsnationaux et territoriaux 19 qu’il revient de créer les conditionsfavorables à l’exercice de ce droit et de veiller à ce quel’ensemble de la population accède au socle minimal decompétences de base.Peut-on imaginer, qu’en France, au XXI e siècle, on laisseperdurer une situation où une personne sur dix ne peut pass’appuyer sur la communication écrite pour participer à la viede notre pays ?Le droit à l’éducation fait partie des fondamentaux desdémocraties. Il ne s’arrête pas à la sortie de l’école. Ceuxparmi nos concitoyens qui, à la suite d’aléas divers, n’ont pasacquis ce bagage minimum doivent bénéficier d’unenouvelle chance. Le plus tôt possible et dans les meilleuresconditions possibles.Garant de l’égalité d’accès de tous aux formations de basesur tout le territoire, l’Etat doit veiller à la cohérence nationaledes actions de lutte contre l’illettrisme et à l’évaluation despolitiques.3.2 Inscrire la lutte contre l’illettrismedans les orientations et les pratiquesdes pouvoirs publicsTous les pouvoirs publics sont invités à se questionner sur cequi, dans leur secteur intervention, peut relever de la luttecontre l’illettrisme afin d’en faire un axe de leur politique et demobiliser leurs services autour de cet objectif.abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz47| ACTION DES POUVOIRS PUBLICS | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


Pour ceux qui sont directement responsables de programmes delutte contre l’illettrisme, cela va de soi. Cette priorité estclairement affichée et inscrite dans leurs orientations et leurspratiques.Mais les autres peuvent aussi être concernés dès lors que lecontexte de leur intervention leur permet de repérer que lespersonnes auxquelles ils s’adressent rencontrent desdifficultés avec la communication écrite. Ils peuvent alors lesinformer et les encourager à engager une démarche deformation, mais ils peuvent aussi trouver des solutions pourmieux prendre en compte, dans leurs propres interventions,les situations d’éloignement de l’écrit et jouer un rôleconstructif dans la résolution des problèmes que rencontrentles personnes en situation d’illettrisme.Chaque porteur d’initiatives, du plus haut niveau de décisionà l’action de terrain, doit avoir le souci d’articuler sacontribution avec celles des autres et trouver, à partir dediagnostics partagés élaborés dans un cadre concerté, lessolutions les mieux adaptées.Le suivi attentif de la mise en œuvre effective des mesurespréconisées doit également être renforcé car il y a encoretrop de "perte en ligne" entre la décision politique (émissionde la directive) et la réalisation sur le terrain (volonté etcapacité des acteurs à la mettre en œuvre). Dans le mêmeesprit, il est souhaitable que les décisions politiquess’inspirent le plus possible des innovations et desexpérimentations des acteurs de terrain.20Mobilisation sectorielle :le champ d’action estun secteur d’activité (éducation,culture, justice, santé, travail…)Mobilisation territoriale : le champd’action est le territoire oùse rencontrent tous les secteursd’activités pour conjuguerleurs efforts au service48de la population.3.3 Mettre en œuvre des plans régionauxde lutte contre l’illettrisme ens’appuyant sur les initiatives localesLa mobilisation sectorielle 20 des pouvoirs publics, indispensablepour que tous les services se mettent en mouvement, trouvevéritablement son efficacité lorsque, dans chaque territoire, les


partenaires locaux se mettent autour d’une table pour sequestionner ensemble sur les besoins des publics et sur l’actionà entreprendre.C’est là, au plus près des personnes, que la lutte contrel’illettrisme se construit concrètement avec les ressources et lesdynamiques locales. C’est aussi là qu’on peut en mesurer lesrésultats. Seul un large partenariat, rendu nécessaire par la variétédes situations dans lesquelles se trouvent les personnesconcernées et la diversité des solutions à trouver, peut permettreune action efficace. Il n’y a pas une réponse simple et unique, niun seul responsable.C’est un véritable défi que nous lance la lutte contre l’illettrisme :elle exige une intelligence collective et une volonté d’agir quioblige à aller à la rencontre des idées, des savoir-faire et desressources de chaque institution.1. Une action concertée imposée par la prise encompte de la globalité des personnes,fondée sur la contractualisation des objectifsC’est en s’appuyant sur ce cadre de référence, garant de lacohérence nationale, que les pouvoirs publics nationaux déconcentréset les pouvoirs publics territoriaux sont appelés à mettre encommun leur détermination, leur savoir-faire et leurs moyens pouragir en partenariat avec la société civile et le monde du travail.L’ensemble des décideurs doit construire et mettre en œuvre unplan d’action pour faire de cette priorité nationale un projet fort,ambitieux et porteur de résultats.Reposant sur une double dimension interministérielle etinterpartenariale, les plans régionaux de lutte contre l’illettrismedoivent donner lieu à une contractualisation autour d’objectifsdéfinis de manière concertée dans chacun des champs querecouvre la lutte contre l'illettrisme : les actions en direction destout-petits, des enfants et des adolescents, les actions endirection des jeunes de plus de 16 ans, les actions en directiondes adultes, les actions en direction des personnes âgées.Ils traduisent les engagements quantitatifs et financiers pris, dansleur domaine d’action respectif, par chaque service déconcentréabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvwxy| ACTION DES POUVOIRS PUBLICS | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |z 49


de l’Etat et par les collectivités territoriales ou locales dans uncadre coordonné par le chargé de mission régional de l’agencenationale de lutte contre l'illettrisme placé auprès du Préfet de région.Ils doivent s’articuler clairement avec l’ensemble des politiquespubliques conduites dans ce domaine (plan national d’actionpour l’inclusion (PNAI), plan national de renforcement de la luttecontre la précarité et l’exclusion (PNRLE), plan de prévention del’illettrisme à l’école, politiques mises en œuvre par les différentsministères, par les collectivités locales et territoriales,…)Afin de fédérer et d’optimiser les moyens affectés à la lutte contrel'illettrisme par les pouvoirs publics, les entreprises et la sociétécivile, la coordination des décisions doit être recherchée à tousles niveaux d’intervention.L’échelon régional doit être le niveau de définition concertée desaxes prioritaires de la politique régionale de lutte contrel’illettrisme. Déclinée à partir des grandes orientations nationaleset reposant sur un diagnostic partagé des besoins, cette politiquedoit s’appuyer sur les leviers d’action territoriaux opérationnels lesplus pertinents à l’échelon départemental, infra-départementalcomme, par exemple la commune, le bassin d’emploi ou lesterritoires de la politique de la ville.Les différents niveaux d’intervention peuvent s’articuler de lamanière suivante :Au plan régional : définition concertée des objectifsprioritaires à partir de diagnostics locaux des besoins, mise enplace d’une méthodologie de suivi et d’évaluation des actions etde la politique régionale en lien avec l’agence nationale de luttecontre l'illettrisme, réalisation d’actions à forte valeur ajoutée pourfaciliter et développer les projets locaux : animation,communication, capitalisation et diffusion des pratiques,développement des compétences des acteurs…50Au plan départemental et infra-départemental : mise enœuvre opérationnelle du plan régional de lutte contre l’illettrismereposant sur l’articulation des projets locaux avec les orientationsrégionales, recherche d’un bon maillage du territoire et mise enplace d’une offre adaptée aux besoins en s’appuyant sur les


points clé de chaque champ d’intervention (cf. chapitre II).Parce qu’il convient de rechercher l’adhésion de tous ceux quiparticiperont à sa mise en œuvre, le plan d’action régional doitdonner lieu à une concertation active avec les acteurs de lasociété civile au moment de son élaboration.S’appuyant sur ce cadre national de référence, des plans d’actionrégionaux d’une durée de trois ans (2004-2006) doivent fairereculer l’illettrisme et installer pour les années à venir des pratiquesd’accès à l’écrit et aux compétences de base porteuses de réussite.Aux différents niveaux d’intervention en région (niveau départementalet infra-départemental), il s’agit de s’appuyer sur les leviers d’actionles plus pertinents dans tous les champs de la lutte contrel'illettrisme. Si les modes d’organisation de la politique régionalede lutte contre l’illettrisme dépendent des contextes et des choixlocaux, on peut cependant dégager des principes directeurscommuns à tous :• un pilotage régional concerté s’appuyant sur une instancepartenariale réunissant les chefs de file des politiques quicontribuent à la lutte contre l’illettrisme, dans toutes ses dimensions.• une méthodologie rigoureuse : état des lieux et diagnosticsdes besoins locaux, définition d’orientations, formulation desobjectifs et des résultats attendus, allocations de moyens,modalités adaptées, procédures d’évaluation, régulation, etc.• une animation permanente du projet régional avec lechargé de mission régional de l’agence nationale de lutte contrel'illettrisme, animateur de la transversalité avec les pouvoirspublics nationaux et territoriaux, le monde économique et lasociété civile, et plus largement agent de développement de lalutte contre l’illettrisme.• une déclinaison territoriale à construire en fonction desréalités locales en articulant les projets à différents niveaux :région, département, ville, pays…• une cohérence nationale à rechercher pour garantir, danstous les territoires, l’égalité d’accès de tous les citoyens auxcompétences de base et faciliter les coopérations nationales ens’appuyant sur le présent cadre de référence.abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvw| ACTION DES POUVOIRS PUBLICS | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |xyz 51


2. Une organisation des moyens globale etstructuranteTous les pouvoirs publics engagés contractuellement dans lecadre des plans régionaux de lutte contre l’illettrisme sont invitésà investir, en fonction de leur mission et de leurs compétencespropres et à participer au financement des projets territoriaux. Lalutte contre l’illettrisme a besoin de l’engagement de tous et definancements organisés dans tous les champs d’intervention,pour tous les âges de la vie.Pour les adultes, les apports de plusieurs ministères, et toutparticulièrement le programme IRILL (Insertion, Réinsertion,Lutte contre l’illettrisme) 21 , les apports des conseils régionaux,des conseils généraux, des communes, du FASILD (Fondsd’action et de soutien à l’intégration et à la lutte contre lesdiscriminations), du FSE (Fonds social européen), des plans deformation des entreprises sont déterminants car leur mise ensynergie permet d’assurer des services permanents.Tous les moyens prévus dans les plans d’action régionaux sonten effet nécessaires et doivent être mobilisés de manière àrenforcer la capacité de l’appareil de formation des adultes àréaliser sa mission de manière pérenne dans le cadre de laformation tout au long de la vie. C’est parce que ces moyens sontmobilisés et que s’y ajoutent d’autres contributions telles quecelles des associations et des fondations qu’il est possible d’agirsur tous les fronts en offrant une large palette de services à lapopulation. La lutte contre l’illettrisme exige donc de mobiliserdes ressources humaines, financières et matérielles diversifiéesqui sont la traduction des engagements des institutions, ressourcesqui doivent être organisées dans le cadre d’un projet global.5221Le programme IRILLmis en œuvre pour le ministèredes affaires sociales, du travail etde la solidarité constitue un levierpour impulser et aider à structurerdes réponses de qualité.C’est dans une logique de mutualisation des moyens queles pouvoirs publics doivent veiller à harmoniser leursmodes de financement afin de dégager les acteurs de lalutte contre l'illettrisme de charges administratives troplourdes et leur offrir un cadre stable et pérenne pour laconduite des projets locaux. C’est aux pouvoirs publics,qu’il revient de concevoir une ingénierie financière globale


et structurante pour créer un cadre favorable à l’action.3. Un investissement à optimiserpour faciliter l’action des intervenantsUn projet territorial conduit de manière rigoureuse et transparente,une offre d’activités bien conçue et une ingénierie financièrestructurante sont les premières conditions à réunir pour assurerune bonne base de travail. Il faut aussi apporter un appui auxintervenants pour améliorer la qualité de leurs prestations etfaciliter leurs interventions.Ils exercent en effet un métier difficile qui demande descompétences très spécifiques et un fort investissement entermes de relations humaines. Salariés et bénévoles, ils doiventbénéficier de services d’appui leur proposant une informationrégulière, une animation pour travailler en réseau, un accès à ladocumentation et aux outils pédagogiques, un plan deprofessionnalisation et de formation de formateurs.Aujourd’hui, les centres de ressources illettrisme contribuentactivement, avec les réseaux d’information, de documentation etde formation de formateurs, à la mise en œuvre de ces services.3.4 Faire des compétences de base un segmentstratégique des politiquesde formation d’adultesL’accès aux compétences de base est une question fondamentalequi demande une attention particulière dans la constructiondes politiques territoriales et sectorielles. C’est un enjeu desociété incontournable où les responsabilités doivent être prisesd’une manière très claire et partagée.Une approche globale de l’ensembledes formations de baseLes actions de lutte contre l’illettrisme mais aussi les autresformations linguistiques, alphabétisation et apprentissage deabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvw| ACTION DES POUVOIRS PUBLICS | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |xyz 53


la langue orale, ainsi que les actions d’insertion et deformation professionnelle des jeunes et des adultesparticipent à l’acquisition des compétences de base.Dans chaque territoire, les partenaires, peuvent, en lesregroupant 22 dégager un champ d’action et un volumed’activités suffisamment important pour construire unevéritable politique, mettre en place une offre permanente deformation, optimiser les financements, la qualité des serviceset la professionnalisation des intervenants.C’est aussi cette approche globale qui peut donner unemeilleure lisibilité du système de formation, le rendre plusaccessible et plus familier à ceux qui en ont le plus besoin etqui n’osent pas s’en approcher.Un choix stratégiqueTout nous pousse à avancer dans cette direction : l’intérêt despersonnes concernées, le souci de performance de l’appareilde formation et la volonté d’optimiser les moyens.La lutte contre l’illettrisme dans sa dimensionformation des adultes doit contribuer à rapprocher lesdifférentes politiques du développement des compétencesde base pour en faire un segment stratégique del’éducation et de la formation tout au long de la vie.22Les ateliers permanentsde formation de base ont déjàcette expérience, les futurscentres d’apprentissagedu français (décision du comitéinterministériel à l’intégrationdu 10 avril 2003) dansles quartiers relevantde la politique de la villepermettront également d’avancer54dans cette direction.


abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz| ACTION DES ENTREPRISES | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |55IV - ACTION DES ENTREPRISESRECOMMANDATIONS4.1 Intégrer la formation de base dans la gestiondes ressources humaines et sensibiliser les branchesprofessionnelles et les entreprises à cet enjeu4.2 Conduire les projets de formation de baseen mobilisant l’ensemble des acteurs de l’entreprise4.3 Ancrer les apprentissagesdans les pratiques professionnelles4.4 Renforcer les partenariats pour améliorerla qualité des actions


4.1 Intégrer la formation de base dansla gestion des ressources humaines etsensibiliser les branches professionnelleset les entreprises à cet enjeuLa lutte contre l’illettrisme s’inscrit dans le champ de laformation tout au long de la vie professionnelle 23 . Un discoursmoralisateur et paternaliste fondé sur la seule solidarité àl’égard des salariés en situation d’illettrisme n’est passuffisamment motivant pour l’entreprise même s’il peuttoucher, personnellement, l’un ou l’autre de ses acteurs.C’est avec les branches professionnelles et les entreprisesque doit être abordée la question de l’illettrisme dans lecadre plus global des politiques de gestion des ressourceshumaines et de formation continue, dans les mêmes termesque les autres formations dont on sait aujourd’hui qu’ellesbénéficient encore trop exclusivement aux personnes ayantdéjà un certain niveau de formation.S’appuyer sur toutes les occasions qui justifient undéveloppement des compétences de baseIl est recommandé de s’appuyer sur toutes les occasions quijustifient qu’une branche professionnelle ou qu’uneentreprise ait besoin d’améliorer les compétences de basede ses salariés : réorganisation, modernisation des moyensde production, mise en place de démarches qualité, sécurité,difficultés de recrutement, départ en retraite, exigences desusagers, modifications du contrat de travail, transmission desentreprises… Il est en effet primordial de trouver un supportprofessionnel qui puisse servir de "véhicule" aux actionsvisant la maîtrise des savoirs de base.23L’article L 900-6 du Code dutravail prend en compte cettesituation puisqu’il permet auxentreprises de déduire le coût desformations de base de leurcontribution obligatoire à la56 formation professionnelle.Concilier les logiques de promotion sociale etde développement des compétences de l’entrepriseUne mobilisation des acteurs qui utiliserait comme levier, leplan de formation est particulièrement opportune puisqu’ilpermet de référer les besoins de formation aux stratégies de


l’entreprise. Le plan de formation offre l’occasion d’uneconcertation avec les représentants du personnel, ceux-cipeuvent faire fonction de médiateurs et faciliter l’accès à laformation. Il permet également d’aborder la situation despremiers niveaux de qualification sans référence explicite auxsituations d’illettrisme, jugées stigmatisantes. Dans ledomaine du développement des compétences de base, il estparticulièrement utile de concilier logique de promotionsociale et logique de développement des compétences del’entreprise. La validation des acquis de l’expérience (VAE) esttout particulièrement indiquée pour répondre à cette doubleattente.Dans le cadre de projets individuels, certains salariés peuventsouhaiter réactiver leurs connaissances de base hors ducadre de l’entreprise, pour des raisons qui leur sont propres.Ces démarches doivent être prises en compte par les acteursde la formation professionnelle (Etat, partenaires sociaux,collectivités territoriales). Les salariés qui en font la demandepeuvent utilement être accompagnés par des prestatairesexternes à l’entreprise.Sensibiliser les dirigeants mais aussi les salariéset leurs représentantsLa sensibilisation au développement des compétences debase en entreprise ne doit pas être exclusivement tournéevers les dirigeants d’entreprise, mais elle doit s’élargir auxsalariés, en s’appuyant notamment davantage sur le relaisdes organisations syndicales.abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvwxy| ACTION DES ENTREPRISES | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |z 57


4.2 Conduire les projets de formation de baseen mobilisant l’ensembledes acteurs de l’entrepriseAvoir une vision collective du but de l’actionavant d’engager une démarche de repéragedes situations individuellesL’identification des salariés en situation d’illettrisme ne doitpas être un facteur d’exclusion. À cet égard, un repérageindividuel, hors de tout projet collectif, est à proscrire. Ladémarche d’identification ne doit pas avoir pour effet destigmatiser un salarié, de l’enfermer dans une catégorie. Letravail sur le contexte du projet est donc particulièrementimportant. En d’autres termes, l’identification des besoins deformation ne doit pas démarrer avant que le chefd’entreprise, l’encadrement intermédiaire et les salariés aientune vision collective très claire des objectifs assignés àl’action.Mobiliser les salariés, la direction et l’encadrementintermédiaireMettre en évidence les facteurs de motivation est nécessairepour faciliter l’accès à la formation et obtenir l’adhésion dessalariés. Il est utile de communiquer sur le lien entre lesobjectifs personnels (savoir lire le cahier de liaison de sesenfants, remplir un chèque…) et les objectifs professionnelsassignés à l’action de formation.Consacrer du temps et des moyens à la construction d’unedémarche de mobilisation des salariés s’avère être unpréalable particulièrement opportun. L’implication del’équipe de direction, de la maîtrise et de l’encadrement deproximité constitue aussi une condition essentielle à laréussite des formations de base.58


4.3 Ancrer les apprentissagesdans les pratiques professionnellesS’appuyer sur les pratiques professionnellesLa formation ne doit pas être vécue par l’entreprise commeune intrusion qui désorganise la production, et par les salariéscomme un retour sur les bancs de l’école. L’organisation etl’environnement même de la formation sont déterminantspour la réussite des apprentissages et leur réinvestissement surle poste de travail : il faut privilégier le recours à des modèlesde formation adaptés aux contraintes et projets desentreprises ainsi qu’aux objectifs et aux situations de travaildes salariés. Les formations doivent mobiliser les savoirs debase au travers des pratiques professionnelles et associeraccompagnement individuel, souplesse et discrétion.Réinvestir les acquis de la formation dans les situationsde travailLes formations de base développent l’estime de soi,l’autonomie, la prise d’initiatives et améliorent la perceptionque l’on a de son travail et de son entreprise. Source defrustrations s’ils ne sont pas pris en compte dans le projet del’entreprise, ces changements doivent être anticipés. C’estaussi l’intérêt de l’entreprise pour qui la formation de base estun investissement. Elle a tout à gagner à s’appuyer sur lesnouvelles potentialités de son salarié en lui permettantd’intégrer dans ses pratiques professionnelles, les compétencesacquises. Avant le départ en formation, il faut préciser lesobjectifs attendus, les critères d’évaluation de ces objectifs etles modalités de réinvestissement. À la fin de la formation, ilfaut veiller à ce que les conditions soient réunies pour que lesacquis de la formation soient véritablement mobilisés dansles situations de travail.abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvw| ACTION DES ENTREPRISES | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |xyz 59


Motiver les jeunes et les demandeurs d’emploi en leurdonnant l’occasion de (re) découvrir les apprentissagesfondamentaux à partir des pratiques professionnellesLa pratique d’un métier et l’immersion dans la vie d’uneentreprise sont des moments clés pour motiver les jeunes etles demandeurs d’emploi et leur donner un nouvel appétitd’apprendre. En se mobilisant sur un projet professionnel,ceux-ci peuvent trouver un nouvel intérêt aux apprentissagesde base et s’impliquer plus activement dans leur démarchede formation. En accomplissant leur mission d’aide àl’insertion, les entreprises peuvent aussi lutter efficacementcontre l’illettrisme.4.4 Renforcer les partenariats pour améliorerla qualité des actionsAméliorer la qualité en mobilisant tous les partenairesLes démarches conduites par les grandes entreprises ou àl’échelle d’un secteur d’activité mobilisent de nombreuxpartenaires : les entreprises, les branches professionnelles, lesorganismes paritaires collecteurs agréés, les institutionspubliques chargées d’éducation et de formation ainsi que desorganismes prestataires, formateurs et consultants. Ce sontdes projets qui nécessitent une ingénierie complexe etpartenariale où la qualité des actions doit être envisagée enamont et intégrée dans l’ingénierie du projet : modalités deformation pour les apprenants, supports utilisés, démarched’évaluation, plan de perfectionnement ou de qualificationdes dispensateurs de formation.24cabinet de consultant oucentre ressource illettrisme ayant60une expérience dans ce domaine.Le recours à une expertise extérieure 24 , développant unedouble compétence en ressources humaines et apprentissagedes savoirs de base est particulièrement utile pouraccompagner tous les intervenants (formateurs, consultants,tuteurs, conseillers des organismes paritaires collecteursagréés…) et faciliter ainsi la capitalisation des outils mis enplace.


25Dans le cadre de son pland’action 2002-2003,l’ANLCI a développé un espaceinternet dédié aux branchesprofessionnelles, organismesparitaires collecteurs agréés,partenaires sociaux,entreprises et salariésqui souhaitent agir pourdévelopper les compétencesde base. Le site qui a reçule soutien d’une fondationd’entreprise propose des cléspour comprendre, des exemplesd’action, des informationssur les aides publiques, desconseils pour agir, des informationssur l’offre de formation…www. formationdebase.netDévelopper les coopérationsavec les organismes prestatairesParce que les actions de formation de base reposent sur uneinteraction permanente entre temps de formation et tempsde travail, l’accompagnement des salariés et des stagiairesen alternance est un processus continu qui nécessite deséchanges permanents entre l’entreprise et les organismesprestataires. Leurs coopérations renforcent l’efficacité desprojets de formation.Partager son expérience et s’appuyersur celle des autres 24La question du développement de la formation de base enentreprise a fait l’objet de travaux de recherche etd’expérimentations. Plusieurs entreprises ou branchesprofessionnelles ont engagé des actions de dimension localeou nationale et disposent aujourd’hui d’un savoir-faire dansce domaine qu’elles sont prêtes à partager. Se référer à leurexpérience, aux modalités d’intervention qu’elles ontretenues ainsi qu’aux supports qu’elles utilisent permet degagner du temps et d’améliorer la qualité du plan deformation.abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvw| ACTION DES ENTREPRISES | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |xyz 61


abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz| ACTION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |63V - ACTION DE LA SOCIÉTÉ CIVILERECOMMANDATIONS5.1 Pour et avec les personnes en situation d’illettrisme :valoriser les démarches qui offrent un accueil deproximité, une relation de confiance et une écouteglobale dans un cadre de coopération solidaire5.2 En direction de l’ensemble des citoyens et des pouvoirspublics : assurer une fonction de médiation, de veille,de sensibilisation et d’alerte5.3 Pour optimiser son action : éviter les cloisonnements,rechercher les complémentarités etdévelopper la qualité de ses services


26(1) société civile :"troisième secteur de la société,distinct de l’Etat et du marché,constitué d’institutions,de groupes et d’associations(structurés ou non) susceptiblesd’exercer une fonctionde médiation entre les pouvoirspublics et les citoyens".Commission descommunautés européennes.Bruxelles 21/11/01."Réaliser un espace européende l’éducation et de la formationtout au long de la vie".La société civile 26 regroupe les organisations de citoyens quiont choisi de se rassembler pour agir ensemble dans l’intérêtgénéral. Associations, syndicats et groupements divers,constituent un troisième secteur de responsabilité sociale,distinct de celui des pouvoirs publics et de celui des pouvoirséconomiques. Par sa proximité, par son engagement pour ladémocratie, la solidarité et l’équité, par son rôle d’interfaceentre les pouvoirs publics et les citoyens, la société civile joueun rôle vital pour la réussite de la lutte contre l’illettrisme.5.1 Pour et avec les personnes en situationd’illettrisme : valoriser les démarchesqui offrent un accueil de proximité,une relation de confiance et une écouteglobale dans un cadre de coopération solidaireLes organisations qui, dans la société civile, ont pourvocation d’être en relation directe avec le public, etnotamment avec les personnes en situation d’illettrisme sontparticulièrement bien placées pour développer des activitésnon-formelles et non-institutionnelles, réactives, souples etcréatives permettant de :Identifier les besoins des personnesà partir d’une approche globale de leur situationLes acteurs de la société civile ont développé des lieuxd’accueil et de service qui ne sont pas dédiés exclusivementà la lutte contre l’illettrisme. Ils peuvent ainsi, dans un cadrefavorable et dès le premier contact, appréhender de manièreglobale la situation des personnes pour aborder les problèmesrencontrés, informer et conseiller.Accueillir les personnes sans distinction de statutL’action de la société civile est dirigée vers tous, sansdistinction de statut afin de répondre, dans le respect de ladiversité et de la laïcité, à toutes les demandes quelle que soitabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvw| ACTION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |xyz 65


la personne qui les formule. La société civile apporteégalement des réponses à ceux qui, quand ils ne répondentpas aux critères exigés, ne peuvent pas accéder auxdispositifs de formation . Ainsi quelle que soit sa situation,quel que soit son statut, toute personne peut être accueillieet accompagnée.Construire des actions de proximité, à l’abrides pressions sociales et professionnellesLa société civile offre des services de proximité qui reposentsur la souplesse et la construction de liens privilégiés, ainsi quedes réponses très personnalisées. Elle contribue àl’émergence d’espaces hors d’atteinte des pressions socialesou professionnelles, au sein desquels chacun peutréapprendre à son rythme et sans que son entourage en soitforcément informé.Déclencher l’envie d’apprendreÀ travers des activités à forte ouverture sociale, éducative,culturelle et économique, les personnes les plus éloignées del’écrit découvrent les apprentissages sous un angle nouveauet s’engagent progressivement dans une dynamique deformation.Les acteurs associatifs insistent tout particulièrement sur lanécessité de ne pas se centrer sur la seule détection del’illettrisme mais d’offrir une écoute globale et de créer unerelation de confiance essentielle pour susciter l’envied’apprendre.66


5.2 En direction de l’ensemble des citoyens etdes pouvoirs publics :assurer une fonction de médiation, deveille, de sensibilisation et d’alerteLes organisations de la société civile, au niveau national,régional, départemental ou local, sont particulièrement bienplacées pour :Assurer une fonction de médiationAu plus près des personnes, de leurs problèmes et de leursattentes, les acteurs de la société civile jouent un rôleprivilégié de médiation sociale entre les citoyens et lesinstitutions publiques (Etat, collectivités territoriales,organismes sociaux…). Ils créent des liens, ouvrent despasserelles intergénérationnelles et interculturelles, facilitentle dialogue et les coopérations. Ils rapprochent personnes etinstitutions.Jouer un rôle de veille, de sensibilisation et d’alerteAussi bien en direction de l’ensemble des citoyens que despouvoirs publics, la société civile organisée joue un rôlefondamental pour faire émerger les besoins, informer,interpeller et mobiliser l’ensemble des forces sociales denotre pays sur :• la situation des personnes, la nature des problèmes àrésoudre, leur ampleur et leur urgence• les principes d’action qui favorisent une relationpositive et évitent la stigmatisation et la discrimination• les actions à entreprendre aussi bien au niveauinstitutionnel qu’à des niveaux plus informels.abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvw| ACTION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |xyz 67


5.3 Pour optimiser son action :éviter les cloisonnements, rechercherles complémentarités et développerla qualité de ses services.Les organisations de la société civile, dans une volonté departage et d’efficacité, participent à une dynamique généralequi implique de :S’ouvrir aux réseaux voisins et jouer la complémentarité• Nouer des liens avec les autres réseaux, loin de toutprosélytisme• Mutualiser les moyens• Participer aux échanges d’expériences• Rechercher des complémentarités pour mieux couvrirles besoins des personnes, au sein de la société civilemais aussi avec les institutions publiques et le mondeéconomique.Participer aux projets territoriaux• Inscrire leur action dans le cadre des plans régionauxde lutte contre l’illettrisme• Structurer leurs liens avec les partenaires institutionnels etnotamment avec les chargés de mission régionaux del’ANLCI.Améliorer la qualité des services• Poursuivre leurs efforts de formation des bénévoles etdes salariés• Améliorer leur organisation interne notamment lacirculation de l’information, le travail en réseau, la conduite deprojets collectifs68La société civile, ses bénévoles et ses professionnels,par leur histoire, leurs valeurs, leurs objectifs, leurdiversité, leur richesse, leur souci de répondre auxbesoins et aux attentes, sont des acteurs essentiels dela lutte contre l’illettrisme.


abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz| LES MOTS POUR EN PARLER | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |69VI - LES MOTS POUR EN PARLERIllettrisme, analphabétisme, alphabétisme,compétences de base, littéracie


Lutter contre l’illettrisme oblige à clarifier l’univers lexical quipermet d’en parler. Nous devons prendre en compte unesérie de mots souvent voisins, qui, chacun à leur manière, seretrouvent autour du même sujet : l’importance de la capacitéà lire et à écrire dans la vie quotidienne et plus globalement,l’importance des compétences de base.Tous ces mots parlent d’un socle essentiel qui garantit àchaque citoyen l’accès à l’autonomie et favorise saparticipation active à la société. Tous renvoient, de manièreexplicite ou implicite, au risque d’exclusion contenu engerme dans la non-maîtrise de ce socle et par voie deconséquence, au devoir d’agir pour l’éviter.Les termes présentés ici, illettrisme, analphabétisme,alphabétisme, compétences de base et littéracie, sontlourdement chargés de sens. Ils portent l’histoire et la culture dechaque pays, mais aussi les conceptions des acteurs, leurvision de la société actuelle et en devenir. C’est souvent lecontexte ou le choix de communication qui en déterminentl’emploi plus que le contenu lui-même. Ils seront présentés demanière pragmatique en privilégiant l’usage qui en est fait etles passerelles qui permettent de comprendre ce qu’ils ontde commun et de différent.abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz71| LES MOTS POUR EN PARLER | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


ILLETTRISME"L’illettrisme qualifie la situation de personnes de plus de16 ans qui, bien qu'ayant été scolarisées, ne parviennentpas à lire et comprendre un texte portant sur dessituations de leur vie quotidienne, et/ou ne parviennentpas à écrire pour transmettre des informations simples.Pour certaines personnes, ces difficultés en lecture et écriturepeuvent se combiner, à des degrés divers, avec uneinsuffisante maîtrise d'autres compétences de basecomme la communication orale, le raisonnement logique,la compréhension et l’utilisation des nombres et desopérations, la prise de repères dans l’espace et dans letemps, etc.Malgré ces déficits, les personnes en situationd'illettrisme ont acquis de l'expérience, une culture et uncapital de compétences en ne s'appuyant pas ou peusur la capacité à lire et à écrire. Certaines ont pu ainsis'intégrer à la vie sociale et professionnelle, mais l'équilibreest fragile, et le risque de marginalisation permanent.D'autres se trouvent dans des situations d'exclusion oùl'illettrisme se conjugue avec d'autres facteurs."27"Le GPLI considère commerelevant de situations d'illettrismedes personnes de plus de 16 ansayant été scolarisées, et nemaîtrisant pas suffisamment l'écritpour faire face aux exigencesminimales requises dans leur vieprofessionnelle, sociale, culturelleet personnelle. Ces personnes, quiont été alphabétisées dansle cadre de l'école, sont sorties dusystème scolaire en ayant peu oumal acquis les savoirs premierspour des raisons sociales,familiales ou fonctionnelles, etn'ont pu user de ces savoirs et/oun'ont jamais acquis le goût decet usage. Il s'agit d'hommes etde femmes pour lesquels lerecours à l'écrit n'est ni immédiat,ni spontané, ni facile, et qui évitentet/ou appréhendent ce moyend'expression et de72 communication". GPLI (1995)Anlci 2003Cette définition s’inscrit dans la continuité par rapport à ladéfinition donnée en 1995 par le Groupe permanent delutte contre l’illettrisme 27 , mais elle aborde le sujet d’uneautre manière en insistant sur les acquis des personnes ensituation d’illettrisme et sur leur positionnement au regarddes processus d’intégration sociale et d’exclusion. Elle nereprend pas certains points de la définition du GPLI(exigences minimales, causes de l’illettrisme, rapport à l’écrit)mais ceux-ci restent utiles, bien entendu, pour caractériserles situations d’illettrisme. Une définition ne peut être troplongue et ne peut tout décrire. Il a donc fallu faire des choix,en cohérence avec les priorités de la politique nationale.


ANALPHABETISME ET ALPHABETISMELa France, en adoptant le mot "illettrisme", a choisi dedistinguer deux situations : l’illettrisme pour les personnesfrancophones scolarisées en langue française qui n’ont pasacquis une maîtrise suffisante de la communication écrite etl’analphabétisme pour les personnes étrangères, ou d’origineétrangère, n’ayant jamais appris un code écrit. Si dans lesdeux cas, il y a bien une absence ou une insuffisance de lacapacité à lire et à écrire en langue française, les causes duproblème, le vécu des personnes et les modalitésd’accompagnement diffèrent. Ainsi est née la lutte contrel’illettrisme qui s’est développée à côté de la politique deformation linguistique des migrants.D’autres pays ont réagi différemment en choisissant uneapproche plus globale. Pour eux, l’alphabétisation concernetout le monde, quelles que soient les causes qui conduisentà la non-maîtrise de la langue écrite. Ce sont les démarchesd’accompagnement des personnes qui sont différenciéesalors que la politique, la communication et les servicesd’appui sont communs. Les organisations internationalesvont, elles aussi, vers une approche globale, en évitant dedistinguer plusieurs "sortes" d’alphabétisation qui accréditeraientl’idée qu’il y a un phénomène différent selon les pays et leurniveau de développement. Dans ce contexte international,les mots "alphabétisation", "alphabétisme", "alphabètes" et"analphabètes" sont donc des termes de référence pour laplupart des pays.En 1958, l’UNESCO donne une première définition del’analphabétisme fonctionnel qui se rapproche de la définitionde l’illettrisme mais sans faire référence au critère descolarité."Est fonctionnellement analphabète toute personne incapablede lire et d’écrire, en le comprenant, un exposé simple etbref de faits en rapport avec sa vie quotidienne "abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz73| LES MOTS POUR EN PARLER | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


En 1978, l’UNESCO élargit le champ de compétences etaugmente le niveau d’exigence en l’étendant à l’autonomiedans la cité ainsi qu’au développement personnel et social.L’UNESCO choisit de parler d’alphabétisme (situation àatteindre) et de personne alphabétisée plutôt qued’analphabétisme (mise en évidence d’un déficit) et depersonne analphabète." Est fonctionnellement alphabétisée toute personne capabled’exercer toutes les activités pour lesquelles l’alphabétisationest nécessaire dans l’intérêt du bon fonctionnement de songroupe et de sa communauté et aussi pour lui permettre decontinuer à lire, écrire et calculer en vue de son propredéveloppement et de celui de la communauté "Cette dernière définition et le niveau d’exigence qu’elleexprime se rapproche aujourd’hui du socle de compétencesde base sur lequel chaque citoyen doit pouvoir s’appuyer.COMPETENCES DE BASEExtrait du cadre national de référence(page 13 du présent document)La communauté européenne, l’OCDE, l’UNESCO et laplupart des pays essayent aujourd’hui de définir le socle decompétences nécessaires pour garantir à chaque personnedes conditions favorables à son épanouissement personnel,à sa citoyenneté active, à son intégration sociale et culturelleainsi qu’à son insertion professionnelle.74Autour du noyau traditionnel, qui regroupe les compétenceslinguistiques (communication orale, lecture et écriture) ainsique les compétences en mathématiques et les compétencescognitives (raisonnement logique, repérage dans l’espace etdans le temps, capacité à apprendre…), apparaissent d’autrescompétences de base dont l’importance croît avec lesévolutions de la société ; citons : "les compétences en


28Commission européenne :réaliser un espace européende l’éducation et de la formationtout au long de la vie. novembre2001. Il n’y a pas aujourd’huide consensus surla liste des compétencesde base, le débatet les travaux sont ouverts…29Commission européenne :compétences clésEurydice 2002technologies de l’information, les langues étrangères, la culturetechnologique, l’esprit d’entreprise et les aptitudes sociales" 28 .Les capacités à communiquer, à coopérer et à résoudre desproblèmes sont très présentes dans toutes les réflexionsengagées aujourd’hui. 29Le développement de ces compétences est étroitement reliéà la mobilisation d’aptitudes telles que la motivation,l’engagement, la confiance en soi, l’ouverture aux autres etl’autonomie. Ce sont des leviers essentiels, constitutifs del’identité, du bien-être et de la capacité à agir. Ces aptitudesse développent pas à pas dans les activités quotidiennes,sociales, professionnelles et s’enrichissent tout particulièrement,à travers les activités culturelles qui offrent un terrainprivilégié d’expression, de formation du jugement critique, dedialogue et de rencontre. Développement des compétencesde base et enrichissement culturel vont de pair.La maîtrise des compétences de base correspond à lasituation d’alphabétisme fonctionnel telle qu’elle est définiedans la page précédente. Mais certains préféreront parler delittéracie ou littératie (literacy), notion qui, elle aussi, chercheà se stabiliser…LITTERACIE - LITTERATIE (français)LITERACY (anglais)Le problème du vocabulaire est, comme on vient dele voir, récurrent. En France, en dépit de l’utilisationcroissante du terme "littéracie" (ou "littératie") il n’existe pasencore de mot officiel pour désigner les compétencespermettant d’accéder à l’écrit, d’une manière suffisammentaisée, pour effectuer les tâches de la vie quotidienne. Il enest de même quand on veut parler des compétencesnécessaires à une vie autonome, enrichissante et constructivedans toute société moderne.abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz75| LES MOTS POUR EN PARLER | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


L’anglais utilise le mot literacy, parfois literacies, dont ladéfinition flotte d’un sens à l’autre, entraînant avec lui sesversions francisées.L’Unesco en lançant sa literacy decade (traduite en français"décennie pour l’alphabétisation") est confrontée à la mêmedifficulté : cerner le sens de literacy, définir et expliciter lecontenu du concept de literacy. Le texte de cadrage dusecteur éducation de cette organisation est intitulé :literacy – A Plural Notion, il essaie de retracer les évolutionsde sens de literacy et de faire le bilan des dernièrestendances en matière de conception générale du terme.L’évolution de la notion de literacy a suivi celle d’éducation.Jusqu’au milieu des années 60, la vision dominante de laliteracy était celle d’un kit de compétences (savoir-faire)techniques pour lire, écrire et calculer. Promouvoir laliteracy consistait à résoudre le problème de l’accès desindividus aux compétences de décodage et d’encodage dulangage écrit. À partir de cette conception ont été lancéesdes campagnes de formation de masse ayant pour butd’éradiquer l’illettrisme en quelques années.Plus tard, est arrivée la notion de literacy fonctionnelle. Elleavait pour but de coupler les programmes de literacy avecles programmes de développement économique, laliteracy était présentée comme un moyen techniqued’accéder au développement socio-économique, avecégalement comme but de démontrer les retombées socioéconomiquesde la literacy. Sur ce point, l’Unescopartageait la même position que l’OCDE, qui de son côtéliait le niveau de literacy de ses pays membres au niveaude développement de ces derniers.76Le constat amer, dans les années 70, de l’échec duprogramme EWLP (Experimental World literacy Programme)en raison des limites d’une approche trop technique dela literacy et des faibles retours socio-économiques, a


30Paulo Freire, pédagoguebrésilien (1921-1997)31"Position paper" du 17 juillet2003 en vu de préparerl’assemblée générale 2003.amené l’UNESCO à évoluer vers la prise en compte, dansle concept de literacy de certains aspects de la vie desindividus, en particulier le travail et l’emploi.Paulo Freire 30 a encore fait bouger le concept en introduisantune dimension politique "la conscientisation", qui lie laliteracy à la participation active des individus à latransformation sociale.À partir de ce moment, la communauté internationale n’aplus considéré la literacy comme une compétence isolée,mais comme une partie d’un ensemble plus large, celui desprocessus d’apprentissage tout au long de la vie.Dans sa position la plus récente, l’UNESCO considère que :"la literacy est plurielle, ce qui signifie que les façonsd’acquérir et d’utiliser la literacy sont multiples dans lasociété, dans la communauté et dans sa vie propre. Lesindividus acquièrent, apprennent et utilisent la literacydans différents buts, dans différentes circonstances, quisont déterminées par l’histoire, la culture, la religion, la langueet les conditions socio-économiques dans lesquelles ilsvivent 31 ."Les principales conclusions et recommandations de L’UNESCOen fonction de son expérience et de cette nouvelleperspective sont les suivantes :• L’illiteracy n’est pas une maladie mais un construitsocial.• Il est nécessaire de mettre l’accent sur la manièred’apprendre plutôt que sur l’enseignement.• Aucune méthode n’est universelle, il faut rechercher desméthodes adaptées à chaque situation.• La literacy est hautement sensible au contexte et auxproblèmes culturels.• La literacy est un processus qui s’étend tout au long dela vie.• La literacy n’est pas la panacée pour le développementsocial, mais doit aller de concert.abcdefghijklabcdefghijklabcdefghijklm m mnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyznopqrstuvwxyz77| LES MOTS POUR EN PARLER | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |


• La literacy pour tous nécessite plus que des classeset de l’instruction.• La literacy fait partie de l’identité et du pluralismeculturel.La réflexion de l’UNESCO se veut mondiale et humaniste.Elle nous interpelle car elle remet en cause le schématraditionnel selon lequel la tâche principale de l’individu,en matière de literacy, serait d’entrer dans le schémadominant de sa société. Pour l’UNESCO ce n’est passeulement l’individu qui doit faire des efforts, c’est aussi lasociété qui a un rôle à jouer pour motiver et faciliter l’accèsà l’écrit. Par ailleurs, les individus sont souvent créateursde moyens de communication à l’écrit non reconnus parleurs sociétés et celles-ci sont responsables de la nonpriseen compte de ces modes alternatifs decommunication à l’écrit.Cependant, face à la tâche concrète de l’évaluation duniveau de literacy dans une perspective comparativeinternationale, les organisations sont amenées à produiredes définitions plus recentrées.Cette petite annexe est une ouverture sur les débatsinternationaux actuels. Elle montre également l’urgencequ’il peut y a avoir à doter la langue française d’un (ou de)terme(s) qui permette (nt) de recouvrir les aspects quenous venons de décrire.À suivre…78


abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz| ANNEXE | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |79ANNEXEPrésentationde l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme


Agence nationale de lutte contre l’illettrismeSon origineLa lutte contre l’illettrisme est une priorité nationale exigeantune action concertée des pouvoirs publics nationaux etterritoriaux, des entreprises et de la société civile. C’est pourrendre effective cette priorité nationale, inscrite dans la loid’orientation de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998que l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme a été crééeen octobre 2000 en s’appuyant sur les conclusions du rapportEn juillet 2002, le Premier Ministre a inscrit la lutte contrel’illettrisme dans les priorités de l’action gouvernementale.Une priorité réaffirmée par le Président de la République le14 juillet 2003.Son objetFédérer et optimiser les moyens affectés par l’Etat, les collectivitésterritoriales et les entreprises à la lutte contre l’illettrisme.Ses missions• Elle détermine les priorités à mettre en œuvre pour luttercontre l’illettrisme dans le cadre des orientations définies parle Gouvernement.• Elle organise la concertation entre ses membres, anime etcoordonne leur action.• Elle veille à la prise en compte des questions relatives àl’illettrisme au sein des programmes d’action et de recherche deses membres.• Elle fait procéder à l’évaluation de l’impact des politiqueset des actions menées.Ses objectifs• Elle doit recenser, hiérarchiser les moyens existants,organiser la mise en synergie des actions des pouvoirspublics et des autres acteurs de la lutte contre l’illettrisme etpar cette organisation, en accroître l’efficacité. "Son objectifn’est pas de recréer des moyens".abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvwxy| ANNEXE | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |z 81


• Elle doit créer les conditions pour que chacun desresponsables ou des acteurs au niveau national et territorial semobilise et se sente partie prenante de la lutte contrel’illettrisme. "Son objectif n’est pas de s’identifier à la luttecontre l’illettrisme mais de favoriser son émergence dans lediscours et les actes de tous ceux qui peuvent y concourir".• Elle repose sur une logique de mobilisation et devalorisation des moyens et des acteurs. "Sa logique n’est niune logique d’action directe, ni de distribution desubventions".• Cet effort doit s’inscrire dans le cadre d’une prioriténationale partagée.• Cette mission se traduit dans l’organisation et lefonctionnement de l’Agence.Son statutC’est un groupement d’intérêt public à vocation nationale,installé à Lyon. Structure de mission à durée limitée, l’Agencen’est pas un organisme supplémentaire mais un espace deconcertation et de travail où ceux qui agissent au niveauinstitutionnel et sur le terrain se retrouvent pour faireprogresser la lutte contre l’illettrisme. Ses moyens defonctionnement lui sont alloués par les institutions membresdu conseil d’administration.Ses instances et ses acteursLe conseil d’administrationAfin d’organiser la mise en synergie de leur action, il réunitles représentants des différents ministères et organismespublics, des représentants des collectivités territoriales, troisorganismes paritaires collecteurs agréés, une entreprise. Il estprésidé par Antoine Martin.82Le comité consultatifLe conseil d’administration s’appuie sur un large comitéconsultatif qui regroupe des organisations professionnelles,syndicales et consulaires, les organisations familiales, lesfédérations, associations et groupements ayant, dans leurobjet, la lutte contre l’illettrisme ou y concourant.


Le comité scientifique et de l’évaluationIl rassemble des experts, des chercheurs, des formateurs, despédagogues et des membres du conseil d’administration. Ilcontribue à la connaissance et à la compréhension del’illettrisme. Il veille à la cohérence des démarches et outilsd’évaluation et d’intervention, propose des axes derecherche.Les chargés de mission régionauxDans chaque région, un chargé de mission de l’ANLCI,nommé par le Préfet de région et la directrice de l’Agence,en concertation avec le conseil régional, anime la politiquerégionale de lutte contre l’illettrisme. En s’appuyant sur uneinstance partenariale qui définit les orientations, il prépare leplan régional de lutte contre l’illettrisme, anime et coordonnesa mise en œuvre.L’équipe opérationnelle nationaleComposée de chargés de mission nationaux et d’unsecrétariat, elle anime la politique nationale et coordonne leréseau des chargés de mission régionaux.La direction de l’AgenceElle est assurée par Marie-Thérèse Geffroy, le secrétariatgénéral par Hervé Fernandez et la coordination du plannational d’action concertée par Christiane Cavet.Sa méthode de travail :" Réunir pour mieux agir "Ces quatre mots reflètent bien la méthode de travail desmembres de l’Agence, méthode qui privilégie la réciprocitéet l’enrichissement mutuel. Chaque institution apporte sonangle de vision, ses problématiques et ses savoir-faire ; enretour, elle bénéficie de l’expérience des autres et de ladiversité des approches. Il y a là un espace de dialogue socialdédié à la lutte contre l’illettrisme, particulièrement riche etconstructif où se rencontrent et travaillent ensemble lespouvoirs publics, les dynamiques associatives, les organisationsabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvwxy| ANNEXE | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |z 83


patronales, les syndicats, les praticiens et les scientifiques.Les réunions des instances sont complétées par des forums,des groupes Agora pour les échanges thématiques et desgroupes techniques pour produire des recommandationspour l’action, des démarches et des outils. Au total, c’est plusd’une centaine d’institutions membres de l’Agence etpartenaires associés qui participent aux travaux.Le plan national d’action concertéeLe premier plan national d’action concertée, adoptéle 5 mars 2002 a été élaboré à l’issue d’une largeconsultation. Construit autour de quatre grandes orientations"mieux piloter, améliorer les prestations, partager et évaluer".C’est un outil transversal destiné à faciliter l’action despouvoirs publics, des partenaires sociaux, des entreprises, dumilieu associatif, des acteurs de terrain. Il comprend unequarantaine d’actions réalisées pour eux et avec eux pourrésoudre des problèmes communs et répondre à desquestions d’intérêt général. Sa réalisation mobiliseactivement les membres de l’agence et leurs partenairesainsi que les chargés de missions nationaux et régionaux etles centres de ressources illettrisme. Il prend appui sur lespratiques qui réussissent, en organisant le partaged’expériences et de compétences.C’est selon cette méthode et dans le cadre de la réalisationdu plan national 2002-2003 qu’a été conçu le cadrenational de référence. Un deuxième plan d’action seraélaboré pour la période 2004-2005.84Le cadre national de référenceL’illettrisme est un phénomène complexe qui questionne lasociété et suscite des débats souvent passionnés : lespoints de vue sont multiples, les manières d’agir aussi. Il estdonc nécessaire de se mettre d’accord pour dégager despoints de convergence porteurs de sens et fédérateurs del’action collective. C’est ce que les membres de l’agenceont fait en décembre 2001 au cours d’un forum pendantlequel ils ont construit les bases d’une première vision


partagée. Ils ont franchi en 2003 une nouvelle étapeprenant en compte les évolutions sociales, politiques,structurelles et participé collectivement à la rédaction de cecadre national de référence.abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvwxy| ANNEXE | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |z 85


Compositiondu conseil d’administration• l’Etat représenté par :- Le Ministère des Affaires sociales, du travail et de la solidarité- Le Ministère de la Justice- Le Ministère de la Défense et anciens combattants- Le Ministère de la Jeunesse, de l’éducation nationaleet de la recherche- Le Ministère de l’Agriculture, de l’alimentation,de la pêche et des affaires rurales- Le Ministère de la Culture et de la communication- Le Ministère de l’Outre-mer- Le Ministère délégué à la Ville et à la rénovation urbaine• la Région Nord-Pas-de-Calais• la Région Poitou-Charentes• le Département de l’Essonne• l’Agence nationale pour l’emploi• l’Association nationale pour la formation professionnelledes adultes• l’Institut national de recherche pédagogique• l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire• l’Agence nationale pour l’insertion et la promotion destravailleurs d’outre-mer• l’Association pour la gestion du fonds d’assurance-formationdes salariés du secteur agro-alimentaire (Agefaforia)• le Fonds d’assurance formation propreté (Faf propreté)• le Fonds d’assurance formation des salariésdes petites et moyennes entreprises (Agefos-PME)Sanofi-SynthélaboCommissaire du Gouvernement : Guy CLARY, Inspecteur généraldes affaires sociales86


Compositiondu comité consultatif1. Les organisations professionnelles, syndicales,et consulaires :- Assemblée des chambres françaises de commerced’industrie (ACFCI)- Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA)- Assemblée permanente des chambres de métiers (APCM)- Centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD)- Confédération française démocratique du travail (CFDT)- Confédération française de l’encadrement,Confédération générale des cadres (CFE-CGC)- Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC)- Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME)- Confédération générale du travail (CGT)- Fédération nationale des syndicatsd’exploitants agricoles (FNSEA)- Force ouvrière (FO)- Fédération syndicale unitaire (FSU)- Mouvement des entreprises de France (MEDEF)- Union nationale des syndicats autonomes (UNSA)- Union professionnelle artisanale (UPA)2. Les organisations familiales et de parents d'élèves :- Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE)- Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP)- Union nationale des associations familiales (UNAF)- Union nationale des associations de parents d’élèvesde l’enseignement libre (UNAPEL)abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvwxy| ANNEXE | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |z 87


883. Les associations et institutions associées :- Actions culturelles contre les exclusions et les ségrégations- Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail- Agir ABCD- Assemblée des conseils économiques et sociaux de France- Assemblée des Départements de France- Association des Maires de France- Association des Régions de France- Association nationale des conseillers en formation continue- Association nationale des directeurs et cadres de la fonction personnel- Association "savoir lire"- ATD-Quart Monde- Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés- Caisse nationale des allocations familiales- Centre Entraînement aux méthodes d’éducation active- Centre Michel Delay- Centre national d’insertion par l’activité économique- Centre national de la fonction publique territoriale- Centre national d'enseignement à distance- Centre national de documentation pédagogique- Comité de coordination des programmes régionaux d’apprentissageet de formation professionnelle continue- Comité de liaison pour la promotion des migrants etdes publics en difficulté d’insertion- Conférence des directeurs d'instituts universitairesde formation des maîtres- Conseil national des Missions locales- Conservatoire national des arts et métiers- Croix Rouge Française- Délégation des centres de ressources illettrisme- Emmaüs France- Fédération de la Formation Professionnelle- Fédération française des maisons des jeunes et de la culture- Fédération nationale des associations d'accueil etde réadaptation sociale- Fédération nationale des ateliers de lutte contre l’illettrisme- Fédération nationale des organismes de formation- Fédération nationale de la presse spécialisée


- Fédération nationale des villes lecture- Fondation Caisses d’Epargne pour la solidarité- Fondation du Crédit Mutuel pour la lecture- Groupe parlementaire de lutte contre l'illettrisme- Algora- Ligue de l’enseignement- Observatoire national de la lecture- OCDE- Restaurants du cœur- Secours catholique- Secours populaire français- Syndicat de la presse sociale- UNESCO- Union Peuple et Culture- Union nationale des centres communaux d'action sociale- Union nationale des foyers et services pour jeunes travailleurs- Union nationale interfédérale des œuvres privées sanitaireset socialesabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyza ab bc cd de ef fg gh hi ij jk kl lm mn no op pq qr rs st tu uv vw wx xy yz zabcdefghijklmnopqrstuvwxy| ANNEXE | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |z 89


Compositiondu comité scientifique et de l’évaluationCollège des formateurs/pédagogues- un chercheur de l’Institut national de la recherchepédagogique- un pédagogue d’un Institut universitaire de formationdes maîtres- un formateur d’une association de formation de proximité- un chercheur de l’école normale supérieure de lettres etsciences humaines- un inspecteur général de l’Education nationale- un expert de la lecture du Ministère de la CultureCollège des chercheurs/experts- un psychologue- un linguiste- un sociologue- un statisticien- un économiste- un neuropsychologueCollège des représentants du conseil d’administration- un élu d’une collectivité territoriale- un responsable d’entreprise- un chargé de mission régional de l’Agence- un responsable de l’Association nationalede formation professionnelle des adultes- un responsable de l’Agence nationale pour l’emploi- un responsable de l’Association nationale pour l’insertionet la promotion des travailleurs d’outre-mer90


abcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyzabcdefghijklmnopqrstuvwxyz| ANNEXE | Cadre national de référence | ANLCI septembre 2003 |91

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