Position du CRID par rapport au G8

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Position du CRID par rapport au G8

Position du CRID par rapport au G8Le G6 a été créé en novembre 1975 à Rambouillet à l’initiative du présidentfrançais Valéry Giscard d’Estaing. Il réunissait les 6 pays les plus industrialisés :RFA, Etats-Unis, Royaume-Uni, Italie, Japon et France. Par la suite, le Canada les arejoints et le président de la Commission européenne a été systématiquementinvité comme observateur. Enfin, depuis quelques années, la Russie a été invitée(G8).Créé aupart comme une rencontre informelle d’échange de points de vue sur lasituation économique mondiale, sur l’évolution du monde et de mise en place decoopérations “au sein des institutions existantes aussi bien que de toutes lesorganisations internationales appropriées” (Déclaration du G6 de novembre 1975),le G7 puis le G8 est devenu par la suite une instance fonctionnant continuellement(entre les Sommets), influençant de plus en plus les décisions mises en œuvreensuite par la Banque mondiale et le FMI dont les 8 pays sont les actionnairesmajoritaires.Si chaque chef d’État et de gouvernement des pays du G8 est légitime pour ce quiconcerne la mise en œuvre de la politique de son propre pays et si on ne peut nierle droit de huit chefs d’Etat de se rencontrer, nous considérons que ce cartel nel’est pas lorsqu’il s’autorise à guider la conduite d’une politique au niveaumondial. Ni les citoyens du monde, ni leurs concitoyens ne leur ont donné mandatpour cela.C’est pourtant ce que le G8 est devenu. Le G8 se conduit de facto comme unesorte de directoire mondiale et ses recommandations s’imposent aux institutionsinternationales. C’est pourquoi le CRID considère que le G8 est illégitime pourorienter la marche du monde et que seule l’ONU a cette légitimité.Au-delà de cette position sur l’illégitimité du G8, le CRID veut poser la question dela “gouvernance mondiale”. Il s’agit de remettre en cause la gouvernance actuelled’une mondialisation qui laisse sur le tapis bon nombre de pays et accélère laconcentration des richesses et l’exclusion des plus pauvres et de faire despropositions pour une gouvernance mondiale plus démocratique. Il s’agit aussi dansl’immédiat de l’organisation de dispositifs institutionnels pour traiter desproblèmes de plus en plus globaux : environnement, pandémies, accès à l’eau, etc.Les sujets qu’aborde le G8 relèvent en fait du cadre normal des Nations unies. Cequ’il faut, c’est donc un renforcement et une réforme de l’ONU afin d’assurer uncadre propice au maintien de la paix et à l’organisation d’un environnementfavorable pour le développement dans le respect des droits individuels et collectifsy compris des droits des peuples. Les Institutions Financières Internationales (IFI)et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) devraient être intégrées ausystème onusien et être placées sous la responsabilité du Secrétariat général.Le fait de se positionner sur l’illégitimité du G8 n’est pas incompatible pour le


CRID avec les nécessaires pressions et négociations sur ces 8 pays qui, de toutefaçon, ont un pouvoir très important dans les IFI sur les thèmes de l’agenda du G8.Le CRID exprimera donc sa position sur l’illégitimité du G8 et soutiendra lesrevendications des ASI et autres organisations de la société civile (syndicats, etc.)sur les thèmes abordés par le G8 d’Evian.Bureau du CRID le 06/01/2003

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