Actes du colloque AMCP 2009 - Crid

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Actes du colloque AMCP 2009 - Crid

nication en direction des États, au Nord comme auSud, et des sociétés civiles, seront entreprises par leMinistère. Le domaine de la sécurité alimentaire, où lapriorité agricole s’est effondrée au fil des années, chezles pays donateurs comme chez les pays récipiendaires,montre à quel point ces actions sont importantes.La santé est une autre priorité.Vivian Labrie s’interroge sur l’impact de la crise sur larépartition des richesses. Elle aimerait savoir quellesmesures concrètes sont prises pour éviter que la crise necreuse l’écart entre riches et pauvres, en augmentant lacaptation des biens par les premiers.Philippe Meunier considère que, pour étudier ce point,il faut commencer par analyser la crise, qui s’expliqueen grande partie par les déséquilibres de richesses.Ainsi, alors qu’aux États-Unis la pauvreté va croissant,la consommation mondiale concerne encore massivementl’Amérique du Nord, tandis que celle des paysémergents (Inde, Chine, etc.) reste faible. La questiondu moteur de la consommation mondiale, qui doit êtreplus vaste et moins centré sur les écarts de richesse,est fondamentale.Une participante se demande si la crise n’est pasl’occasion d’un travail approfondi auprès du grandpublic sur les causes de la crise, qui contribuerait àl’éducation au développement.Philippe Meunier confirme qu’un travail de sensibilisationen faveur du développement a été décidé et misen route. Un axe de ce travail est de mettre en avantet faire progresser la réflexion sur les biens publicsmondiaux. La vision selon laquelle l’existence de paysvulnérables ne nuit pas au développement des autresdoit être abandonnée. Sur les pandémies comme àpropos d’autres défis, il s’agit de faire passer l’idéede solidarité entre citoyens du monde.Bruno Quemada (Campagne Demain le monde) revientsur les énormes moyens qui ont été mobilisés pour lesauvetage du système bancaire, et demande pourquoiune part, même minime, de ces moyens n’a pas étéconsacrée à la réalisation des OMD et, plus largement,à la lutte contre la pauvreté.Philippe Meunier explique que les moyens affectés ausystème bancaire l’ont été par nécessité. Il s’agit d’unsoutien ponctuel lié à la gravité de la situation.Un participant rappelle qu’en 2010, l’Assemblée généraledes Nations Unies sera dominée par le biland’étapes des OMD, 10 ans après leur lancement. Ilaimerait savoir si la France a prévu un plan d’action.Une autre participante aimerait savoir si le ministèredes Affaires étrangères envisage d’associer la sociétécivile à sa préparation.Philippe Meunier précise que ministère des Affairesétrangères souhaite que l’Assemblée générale desNations Unies de 2010 dresse un bilan précis del’état d’avancement des OMD, et soit l’occasion d’uneréflexion sur chacun d’entre eux, pour éventuellementenvisager de nouvelles méthodes.Pour ce qui est d’associer la société civile à sa préparation,ceci sera réalisé notamment par le biais duConseil d’orientation stratégique, qui a pour vocationde préparer les grandes échéances internationalesavec les différents acteurs impliqués. Sa prochaineréunion portera sur les enjeux transversaux de laConférence de Copenhague.À propos des efforts de sectorisation réalisés au ministèredes Affaires étrangères, un participant observequ’il reste très difficile pour les membres de la sociétécivile de trouver le bon interlocuteur, en particulierpour obtenir les chiffres exacts de l’APD, qui varientselon qu’on s’adresse aux Affaires étrangères ou auministère des Finances. Il remarque d’autre part quela part des prêts octroyés dans le cadre de l’APD apris le pas sur les dons.Pour ce qui est de la comptabilisation de l’APD, PhilippeMeunier explique que la réforme du ministèredes Affaires étrangères vise notamment à en dégagerune vision plus claire et synthétique, en considérantl’ensemble des contributeurs. Il partage toutefois ceconstat de manque de lisibilité globale.Quant aux prêts octroyés dans le cadre de l’aide audéveloppement, il considère que le prêt concessionnel,s’il ne convient pas aux pays les moins avancés, restecependant un instrument intéressant pour d’autres, etcite les exemples du Kenya, de l’Afrique du Sud et duGhana, où il a donné de bons résultats.Sébastien Fourmy (Oxfam France-Agir ici) demande,à propos des financements innovants, ce qu’il fautentendre par « complémentaires » à l’APD. D’autrepart, il aimerait savoir si le propos de M. Meunier, quandil constate la nécessité de repenser le développementet son mode de financement en raison de l’impact deschangements climatiques, correspond à une position36

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