Actes du colloque AMCP 2009 - Crid

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ement reposer la responsabilité du bien-être despopulations sur l’aide et la coopération internationales.Des études montrent qu’il dépend aussi beaucoup despolitiques mises en œuvre au niveau national.2. Développer une approche basée sur les droitshumains fondamentaux, aussi bien civils et politiquesqu’économiques, sociaux et culturels, en renonçant àtraiter séparément et à hiérarchiser ces catégories.Ces droits doivent être considérés comme d’égaleimportance, et il est urgent de sortir d’une dynamiquedes droits minimums. Enfin, la discrimination liéeà l’exclusion sociale s’ajoute aux autres formes dediscrimination (âge, genre, handicap, racisme, appartenanceà un groupe autochtone…), et les aggrave.3. Favoriser l’accès à un travail décent et productif.La déclaration de l’OIT relative aux principes et auxdroits fondamentaux au travail, adoptée en 1998,fournit une base concrète pour le développement del’emploi décent : respect de la liberté d’associationet de négociation collective, élimination de toutesles formes de travail forcé, du travail des enfantset de la discrimination dans l’emploi. D’autre part,les organisations syndicales ont un rôle important àjouer dans la question de l’accès à l’emploi décentpour les travailleurs les moins bien formés et pourceux qui sont cantonnés dans des emplois du secteurinformel.4. S’appuyer sur les populations les plus pauvres.Alors qu’elles échappent le plus souvent aux recensementset aux statistiques, et donc aux politiquesmises en place, l’expérience montre que seule leurparticipation permet de définir des solutions adaptées.Faute d’un souci de participation de ces populationsdans les études sur la pauvreté, on aboutit à un« écrémage » des populations pauvres, qui renforcel’exclusion des plus vulnérables2. OMD et santé : où en est-on ?par Marie-Alexia Delerue Chargée du plaidoyer santé globale à Médecins du monde,membre du réseau Action for Global HealthAu croisement de l’individuel et du collectif, la santé estindispensable autant à l’épanouissement de la personnequ’au développement économique d’un pays. Elle constitueun élément essentiel à la sortie de la pauvreté.En 2000, 3 OMD sur 8 étaient consacrés à la santé :santé des enfants (objectif 4), santé des mères (objectif5), et lutte contre la maladie, spécialement le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme (objectif 6). L’actualitédes OMD est officieusement remise en cause,le discours dominant considérant que la croissanceéconomique sera le principal levier du développement,notamment dans le domaine de la santé.Pourtant, des études menées par l’Organisation mondialede la santé (OMS) établissent que les perteséconomiques liées à la mauvaise santé sont considérableset généralement sous-évaluées. En Afrique,on estime que les pertes dues au sida représententau moins 12 % du PNB annuel des pays. Inversement,on sait qu’une augmentation de 10 % de l’espérancede vie, toutes choses demeurant égales par ailleurs,entraîne une croissance économique de 0,3 à 0,4 %par an. Préalable à tout processus de développement,la santé doit donc être considérée comme un investissementplutôt que comme un coût.Suite à la signature des OMD, la communauté internationales’est mobilisée en faveur de la santé. Entre1990 et 2007, les ressources ont quadruplé et desfonds mondiaux de lutte contre la maladie ont étécréés. On peut en tirer les bilans suivants :OMD 4 : Réduire le taux de mortalité des enfants de moinsde cinq ans des deux tiersDe 1990 à 2007, le taux de mortalité infanto-juvéniledans les régions en développement est passé de103 ‰ à 74 ‰. Ce succès est imputé aux interventionsde base, en particulier la vaccination, l’utilisation demoustiquaires imprégnées et la supplémentation envitamine A. Toutefois, on observe aujourd’hui d’immensesdisparités régionales.OMD 5 : Améliorer la santé maternelleLe taux de mortalité maternelle dans les pays en développement,qui était de 480 pour 100 000 naissancesvivantes en 1990, est passé à 450 pour 100 000 en2007, soit une très faible diminution (-6 %).La quasi-totalité de ces décès pourrait être évitéepar l’assistance au moment de l’accouchement par8

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