Sous le tramway, l'histoire de la ville

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Sous le tramway, l'histoire de la ville

PLACE DE LA RÉPUBLIQUEDU FAUBOURG MÉDIÉVALÀ LA NOUVELLE PORTE SAINT-NICOLASÀ 250 m de là, à l’extrémité nord de la ville ancienne, les premiers témoins d’occupations découvertslors de la fouille place de la République remontent au début du xiv e siècle. À cette époque, à cetendroit, on se trouve en dehors de la ville, près d’une porte de l’enceinte, dont une large voieempierrée longe le fossé. Sur son flanc extérieur s’installent les premières constructions du faubourgSaint-Nicolas, qui grandit peu à peu. Ces bâtiments repérés durant la fouille sont détruits dès le second tiers du xvi e siècle, pour édifier une avant-porte associée à un bastion en forme d’as de piquegagné sur l’extérieur. La modernisation des défenses de la ville, confiée à l’italien GirolamoBelarmato, est en effet de mise après le siège de Dijon par les troupes suisses en 1513. Elle signe icila disparition du faubourg médiéval.Construction maçonnée mise au jourdans la tranchée de constructionde l'égout traversant la place dela République en 1933© Photographie G. Pierre, décembre 1933, AMD, 24 Z 24,Fonds Grémaud)Schéma fonctionnel dela porte Saint-Nicolas. Plandu Bastion Saint-Nicolas, XVIII e siècleSchéma fonctionnel de la porte Saint-Nicolas(plan du bastion Saint-Nicolas, XVIII e s., A.D.C.O, C. 437)© A.D.C.O, C.437Place Saint-Bernard :une porte urbaine (1839)À 125 m à l’ouest de la tour de la Trémouille, la petite fouillede la place Saint-Bernard a mis au jour les restes depavillons édifiés en 1839 de part et d’autre d’une chausséeprolongeant la rue des Godrans. Construits sur le remblaides fossés en avant du rempart transformé en promenade,ils sont symétriques et comportent chacun une cave voûtée.Entre les pavillons s’étend un système de grilles à portescochère et piétonne, dont la fouille a retrouvé une partiedes soubassements. Sur les côtés, l’ensemble était fermépar des maçonneries en arc de cercle reliant les anglesdes pavillons au tracé de l’ancienne enceinte. Il s’agitd’un bel exemple de porte urbaine tardive, justifiée parle maintien de la perception d’un octroi à l’entrée des villesdans la première moitié du xIx e siècle.© Inrap · Septembre 2011 ·Code opération CB04007802conception graphique LM communiquer·infographie : Yamina Amrane, AstridChevolet· photos : Astrid Couilloud,Emmanuel Laborier, Benjamin Saint-Jean Vitus, Inrap · dessins et plans :Emmanuel Laborier, Benjamin Saint-Jean Vitus, Nordine Saadi, FrédéricKrolikowski, Patrick Nogues, InrapPlace de la République,porte Saint-Nicolas.Vestiges des fondations dubâtiment appuyé contre le rempartlongeant l'avant-porte du XVI e siècle© Benjamin Saint-Jean Vitus, InrapVestiges de la porte urbaine.Au premier plan, le pavillonouest et un mur en arc de cercle© Astrid Couilloud, Inrapwww.inrap.fr


LaborierBOULEVARD DE LA TRÉMOUILLELA PORTE D'EAU DU SUZONET LE "PONT AUX ÂNES"La tour de la Trémouilleconstruite au XVI e siècle.Fondations découverte en 2009et gravure du XIX e siècleGravure représentant la Tour de la Trémouille et le Suzon. (BM de Dijon, «souvenirs de Dijon», lithographies de Jobard, XIX e s.). © E.Vues extérieures de la tour de la Trémouille et du Suzon.Photo © Emmanuel LaborierGravure © BM de Dijon, « souvenirs de Dijon », lithographies deJobard, XIX e siècle.Le site du boulevard de la Trémouille a livré les vestiges d’une tour d’enceinte autrefoisappelée « tour aux Ânes ». Construite au XIV e siècle, elle franchissait les deux bras quecomptait le Suzon à son entrée dans la ville par de grandes arches munies de grillesextérieures. Du côté de la ville, les deux bras se rejoignaient en un même lit de 8 mètresde large, encadré par deux quais de pierres de taille puis enjambé par un pont à deuxarches. Au-delà s’étendait sur une rive le bâtiment du « cellier de Clairvaux », en partieconservé de nos jours et datable autour de 1200 ; en face, la rivière entraînait les moulinsde la ville. La fouille a encore détaillé les niveaux de circulation des XIV e -XVI e sièclessur les quais et le pont, ainsi que le second état de la tour, reconstruite en 1522 selonun plan semi-circulaire.La tour aux Ânes, le pont etles quais du Suzon, vus depuisl'intérieur de la ville. Proposition derestitution de l'état des XIV e -XV e siècles© Patrick Nogues, InrapLe Suzon se trouve aujourd’hui canalisé sous une voûte du XIX e sièclebeaucoup plus étroite que son lit médiéval et qui respecte lesmaçonneries des quais du XIV e siècle. Sa construction et lesremblaiements qui l’ont accompagnée ont préservé l’essentieldes maçonneries médiévales, mais une seule arche du pont. La tourdu XIV e siècle a conservé des traces d’ancrage et quelques spécimensen place de pièces métalliques, révélant des systèmes de grillessuspendues au-dessus de la rivière. En amont, de gros murs quisemblent canaliser l’arrivée du Suzon dans la tour étaientprobablement liés à un système de vanne permettant d’en régulerle cours – et d’en déverser le trop-plein dans les fossés. En aval,la fouille des quais a livré toute une stratigraphie de niveaux de voirieset de sols d’occupation, accumulés du XIV e au XVI e siècle etentrecoupés de dépôts d’inondations.Boulevard de la Trémouille,fouille 2010. La vue des vestigesde la tour aux Ânes correspond à la restitutionen 3D. Il s'agit de la première tranchede fouille durant laquelle la tour a été miseau jour. À droite, le détail de l'une des arches.© Benjamin Saint-Jean Vitus, Inrapwww.inrap.fr

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