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Eberhard Arnold<strong>La</strong> révolution<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Avant-propos <strong>de</strong> John Howard Yo<strong>de</strong>rThe <strong>Plough</strong> Publishing House
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Table <strong>de</strong>s matièresAvant-proposviL’effondrement du mon<strong>de</strong> et l’avènement <strong>de</strong>l’ordre <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> • 1Au bord <strong>de</strong> la catastrophe 2L’avènement du règne <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> 7Jésus et le serment sur la montagne 13Le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> 18Le nouvel ordre incarné • 23L’église-communauté 24L’unité et le Saint-Esprit 34<strong>La</strong> communauté 43Le repentir et le baptême 56Le repas du Seigneur 68Le service divin 72<strong>La</strong> mission 77L’individu et la communauté • 86L’ensemble <strong>de</strong>s croyants 87Direction et service pastoral 94Admonition, discipline et pardon 102
L’individu dans la communauté 108Le mariage et la famille 120L’éducation 132<strong>La</strong> vie simple 142<strong>La</strong> paix et le règne <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> • 147<strong>La</strong> non-violence et le refus du service militaire 148Attitu<strong>de</strong> envers le gouvernement 158<strong>La</strong> souffrance et la misère du mon<strong>de</strong> 166<strong>La</strong> révolution du mon<strong>de</strong> et la révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> 174
Avant-proposEmmy Arnold, <strong>de</strong>bout à côté du bureau <strong>de</strong> son mari Eberhard,se tenait prête à faire face à la Gestapo. Eberhard, étendu surle canapé, une jambe dans le plâtre, regardait sa belle-sœur brûler<strong>de</strong>s documents compromettants dans le poêle. Entretemps, 140membres <strong>de</strong>s sections d’assaut nazies et <strong>de</strong> la police secrètefouillaient partout dans la petite communauté, située au pied<strong>de</strong>s collines <strong>de</strong> la Rhön, à la recherche d’armes non-existanteset <strong>de</strong> littérature anti-nazie. C’était à huit heures le matin du 16novembre 1933, en Allemagne – l’Allemagne d’Hitler. Tard, lemême soir, une <strong>de</strong>s grosses voitures <strong>de</strong> la Gestapo, remplie <strong>de</strong>livres et <strong>de</strong> documents, quitta les lieux.En 1983, nous commémorons le centième anniversaire d’unhomme dont le travail semble avoir été ruiné, à l’âge <strong>de</strong> cinquanteans. Eberhard, estropié dans un acci<strong>de</strong>nt, n’avait jamaispu se rétablir ; (sa mort, <strong>de</strong>ux années plus tard, fut attribuéeaux complications d’une opération chirurgicale <strong>de</strong> rectification).Son programme ambitieux <strong>de</strong> publication prit finà mi-chemin, lors <strong>de</strong> la saisie <strong>de</strong> son bureau et du resserrement<strong>de</strong>s liens <strong>de</strong> la censure nazie. Les <strong>de</strong>ux <strong>de</strong>rnières annéesd’Eberhard s’épuisèrent à escorter <strong>de</strong>s familles <strong>de</strong> fugitifs enSuisse, au Liechtenstein, en Angleterre…
vii • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Mais ce n’était pas fini. Le Mouvement du Bru<strong>de</strong>rhof (foyer<strong>de</strong>s frères), bien que décapité, abattu, et dispersé, ne disparutpas complètement ; il continua à croître, en Angleterre, auParaguay, aux Etats-Unis…Que l’histoire du mouvement ne se termina pas en 1933,nous le <strong>de</strong>vons, non à l’homme, mais à son témoignage vivant.C’est ce témoignage que ce livre veut documenter, en rassemblantles fragments <strong>de</strong> ses écrits, enseignements et conférences,jusqu’ici non publiés.Une introduction pourrait essayer <strong>de</strong> résumer ou d’expliquerl’importance et la vérité <strong>de</strong> ce qui va suivre ; je ne ferai pas cela.Je vais essayer <strong>de</strong> placer Arnold, <strong>de</strong> le mettre sur la carte historique.Je vais essayer <strong>de</strong> rendre compréhensibles aux lecteursaméricains <strong>de</strong> 1980 les causes et les évènements culturels qui,en 1899 ou 1907, en 1919 ou 1932, nourrirent cette nouvellevision globale, exposée dans les textes suivants. D’autres narrationsconcernant la vie d’Eberhard Arnold et le Bru<strong>de</strong>rhofpeuvent être obtenues. 1 Nous essayons seulement ici d’en direassez pour ai<strong>de</strong>r le lecteur, non familier avec leur histoire, àcomprendre le mon<strong>de</strong> d’Arnold et à i<strong>de</strong>ntifier les problèmesqui ont suscité les textes suivants.Eberhard Arnold se voyait comme serviteur d’une visionqu’il n’avait pas inventée, le messager d’une cause incommensurablementplus importante que son service. Cette vision luiétait venue <strong>de</strong> diverses sources, et <strong>de</strong> divers mouvements. Lelecteur qui s’intéresserait moins aux antécé<strong>de</strong>nts et aux origines,préfèrera peut-être lire ses écrits directement, <strong>de</strong> mêmeque lui-même aimait à lire la Bible dans son caractère immédiat,sans verni.Avant la Gran<strong>de</strong> Guerre et jusqu’à la fin <strong>de</strong>s années 20,Arnold <strong>de</strong>vint populaire en Allemagne avec ses conférences1Voir Un pèlerinage joyeux, <strong>Plough</strong>, 2011.
viii • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>parmi le mon<strong>de</strong> universitaire, la jeunesse, et les cercles <strong>de</strong>s étudiantschrétiens. Un bref compte rendu <strong>de</strong> ces conférences aété préservé en forme <strong>de</strong> sténogrammes. Depuis le début <strong>de</strong>1920 jusqu’à sa mort en 1935, Arnold présentait régulièrement<strong>de</strong>s sessions d’enseignement aux membres et hôtes <strong>de</strong> lacommunauté. Les gran<strong>de</strong>s lignes <strong>de</strong> ces discours ont <strong>de</strong> mêmeété préservées. C’est <strong>de</strong> ces sources que la plupart du matérielsuivant est provenu. Ces conférences furent reconstituéeset traduites par les frères et sœurs travaillant aux archives <strong>de</strong>Woodcrest. Les extraits furent choisis (suivant l’avis <strong>de</strong> beaucoupd’autres membres <strong>de</strong> la communauté), en vue <strong>de</strong> ne passe recouvrir partiellement, mais <strong>de</strong> présenter une image cohérenteet indépendante <strong>de</strong> ses enseignements. J’ai pu contribuercomme « éditeur » à ce processus, mais seulement a posterioriet à titre honorifique, en aidant le personnel <strong>de</strong>s archives àprendre leurs décisions à propos <strong>de</strong>s fragments à retenir et <strong>de</strong>sexplications à donner.Les textes <strong>de</strong>vant nous ne sont pas les mieux choisis pournous permettre d’être guidés par les conseils spirituels et pieuxd’Eberhard Arnold. Ce serait bien plutôt son Innenlandqui répondrait à ce désir. Innenland fut écrit lors <strong>de</strong> la crisespirit-uelle <strong>de</strong> l’Allemagne pendant la Gran<strong>de</strong> Guerre, et sedévelop-pa plus tard en plusieurs éditions jusqu’à sa mort.Les textes suivants ne sont pas non plus le cœur, ou toute lavérité <strong>de</strong> son message. Eberhard lui-même nous aurait dit :« vous le trouverez plutôt dans mon livre Salz und Licht (Selet Lumière) : son interprétation du Sermon sur la Montagne ;non pas à cause <strong>de</strong> son originalité, mais à cause <strong>de</strong> sasimplicité ; et parce qu’il était convaincu que le cœur <strong>de</strong> sonmouvement ne résidait pas en lui-même mais en la personneet l’enseignement <strong>de</strong> Jésus. Les textes suivants ne seront pas
ix • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>non plus une revue <strong>de</strong> l’ampleur <strong>de</strong>s sujets qu’il enseignaitet écrivait – qui s’étendaient <strong>de</strong>puis la philosophie séculaire,ancienne et mo<strong>de</strong>rne, jusqu’à l’économie politique et les arts.Ce que nous avons ici est plutôt un choix entre les fils principaux<strong>de</strong> l’enseignement d’Arnold qui pourra donner au lecteurune représentation fidèle et satisfaisante <strong>de</strong> la source etdu raisonnement qui conduit à la vie en communauté ; vie quilui a survécu <strong>de</strong>puis plus d’un <strong>de</strong>mi-siècle grâce à l’attentionportée à ses instructions pastorales, simples et prophétiques.Les moyens utilisés en vue <strong>de</strong> préparer cette sélection sont unegarantie du but désiré. <strong>La</strong> plupart <strong>de</strong>s membres les plus âgés<strong>de</strong> la communauté à Woodcrest ont pris part à cette sélectioninitiale. Plus d’une <strong>de</strong>mi-douzaine <strong>de</strong> membres se sont partagéla tâche <strong>de</strong> traduire en anglais <strong>de</strong>s fragments qui n’avaient pasencore été traduits. Au moins quinze couples ont contribué auchoix <strong>de</strong>s textes les plus caractéristiques et représentatifs. Lestextes choisis furent alors améliorés et arrangés par une équipe<strong>de</strong> plusieurs personnes occupées aux archives. De plus, ces collectionsont été relues <strong>de</strong>vant <strong>de</strong>s assemblées plénières. Ainsi,bien que chaque parole provienne d’Eberhard Arnold, d’il y aun <strong>de</strong>mi-siècle, les textes sont aussi le témoignage vivant <strong>de</strong> lacommunauté <strong>de</strong>s frères huttériens.Le choix <strong>de</strong>s thèmes et la question <strong>de</strong> leur insertion, enentier ou en partie, fut confié à la mémoire disciplinée et discrète<strong>de</strong> la communauté elle-même. Une personne étrangèreà la communauté aurait peut-être choisi d’autres fragmentscomme étant plus originaux ou moins familiers ou encoreplus éloignés <strong>de</strong> la conscience du lecteur. Cependant ce choixn’aurait pas parlé <strong>de</strong> la même façon que la mémoire vivantemaintenue par, et qui maintient le témoignage <strong>de</strong>s frères, entant qu’organisme.
x • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Ce n’était pas ma responsabilité, comme conseiller éditorial,<strong>de</strong> remonter aux textes originaux ni <strong>de</strong> rechercher d’autrestextes parmi le matériel non-traduit, qui auraient pu être plusintéressants. J’ai simplement fait un compte rendu <strong>de</strong> quelquesphases finales <strong>de</strong>s textes choisis et traduits, <strong>de</strong> façon à fairevaloir le dynamisme original du texte. Nous avons fait enquelque sorte que ce soit la voix d’Arnold lui-même, et nonpas celle <strong>de</strong> ses disciples, un <strong>de</strong>mi-siècle plus tard ; cependant,nous dûmes reconnaître qu’il était essentiellement impossible<strong>de</strong> faire cette distinction. Les personnes vivant encore dans lacommunauté fondée par Eberhard Arnold sont sûrement lesplus susceptibles d’être les gardiens <strong>de</strong> sa mémoire, même s’ily avait une atténuation, inévitable et inconsciente, <strong>de</strong>s différencesentre le fondateur et ses disciples. Jésus lui-même etsaint François ont subi un tel télescopage <strong>de</strong> disciple en disciple; ce n’était pas mon affaire, en tant qu’observateur éditorialiste,<strong>de</strong> protéger Arnold <strong>de</strong> cet examen.Une bibliographie est à la disposition du lecteur qui seraitintéressé à poursuivre l’histoire <strong>de</strong> l’une ou l’autre tradition etmouvement dont Eberhard Arnold fut inspiré ; ou, à poursuivrel’histoire et le témoignage du mouvement lui-même.Les sources et leur i<strong>de</strong>ntification sont tenues ici au minimum,avec les annotations nécessaires dans le texte, pour une meilleurecompréhension du matAdolescent et Conversion : 1899Pendant plusieurs siècles, notre représentation <strong>de</strong> l’héritagereligieux <strong>de</strong> la plus gran<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> l’Allemagne a été limitéeà l’uniformité <strong>de</strong> l’orthodoxie luthérienne, alliant l’université,la chaire, le gouvernement, et la bourgeoisie, avec une fidélitéimmuable et peu intéressante. Tout était là, mais ce n’était
xi • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>pas le tout. Il y avait l’héritage du renouveau <strong>de</strong> foi du mouvement<strong>de</strong> Charles G. Finney dans la jeune Amérique, quiavait eu pour effet la venue enthousiasmée <strong>de</strong> l’arrière-grandpèred’Eberhard, ; aboutissant à ce que ses grands-parentsFranklin Luther et Maria Arnold, née Ramsauer, furentenvoyés d’Amérique en Afrique comme missionnaires. Lepère d’Eberhard, Carl Franklin, par égard pour son éducation,fut emmené comme jeune garçon à Brême dans unefamille aristocratique, où l’héritage pieux <strong>de</strong>s pasteurs piétistesCollenbusch et Menken était honoré. Dans le mon<strong>de</strong> du jeuneEberhard à Breslau, cité universitaire où son père fut appelécomme professeur d’histoire <strong>de</strong> l’Eglise, Eberhard fit connaissance<strong>de</strong> l’Armée du Salut, dont l’engagement envers les pauvreslui semblait plus moralement authentique que la vie mondaine<strong>de</strong> ses parents.L’oncle d’Eberhard (le mari <strong>de</strong> la cousine <strong>de</strong> sa mère), ErnstFerdinand Klein, était un pasteur luthérien qui travaillaitparmi la classe ouvrière ; il avait pris le parti <strong>de</strong>s tisserandsavec une telle assiduité, que ses critiques prévalurent auprès <strong>de</strong>l’administration ecclésiastique <strong>de</strong> le transférer dans une petiteville aux environs <strong>de</strong> Berlin. Là, il y avait <strong>de</strong>s membres <strong>de</strong> latradition piétiste <strong>de</strong>s frères moraves ainsi que <strong>de</strong>s membresdu nouveau « Fellowship Movement » qui insistaient sur lebesoin <strong>de</strong> la conversion personnelle.Dès le début, dans le cœur d’Eberhard, l’authenticité spirituelleétait étroitement liée avec la conscience <strong>de</strong> la justicesociale. Un <strong>de</strong> ses premiers souvenirs d’enfance à cet égard futson malaise à l’occasion <strong>de</strong> la cérémonie <strong>de</strong> sa première communion; Eberhard fut frappé du contraste entre les beaux vêtements<strong>de</strong>s écoliers <strong>de</strong> sa classe pour l’occasion, et les vêtements<strong>de</strong>s enfants moins riches, qu’ils portaient toute la semaine.
xii • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Pendant les vacances d’été auprès <strong>de</strong> son oncle, les germesd’une lutte désespérée pour trouver le Christ vivant, furentsemés. C’est ici qu’Eberhard lut les Evangiles avec le mêmeenthousiasme que les romans d’aventure <strong>de</strong> Karl May luiavaient procurés auparavant. Il voulait savoir qui était réellementce Jésus. De nouveau, chez lui à Breslau, il eut recoursaux conseils d’un jeune pasteur qui lui dit <strong>de</strong> ne pas se reposeravant d’avoir reçu une réponse.Eberhard savait bien qu’il y avait dans sa vie <strong>de</strong>s domainesqui n’étaient pas vraiment chrétiens. Il avait <strong>de</strong> la difficulté àreconnaître la suprématie <strong>de</strong> Jésus dans tous les domaines ;ses relations superficielles avec ses collègues, parmi lesquelsil jouait un rôle important ; son manque <strong>de</strong> respect envers lesprofesseurs ; et, pas le moindre, les nouvelles passions physiquesqui l’assaillaient.En octobre 1899, un jour que le jeune homme <strong>de</strong> seizeans priait seul dans le salon confortable <strong>de</strong> la famille, il reçutl’assurance intime <strong>de</strong> la grâce du pardon <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ; et en mêmetemps la résolution <strong>de</strong> confesser publiquement sa nouvelle foi,et la joie qui s’ensuivait. <strong>La</strong> franchise <strong>de</strong> sa piété et <strong>de</strong>s soucis<strong>de</strong> sa conscience sociale, occasionnèrent bientôt <strong>de</strong>s tensionsdans le cadre familial. Des plus mémorables fut son audace <strong>de</strong>répriman<strong>de</strong>r ses parents à propos <strong>de</strong>s réceptions, qu’ils donnaientpour observer l’étiquette <strong>de</strong> leur classe sociale :Mon père, j’ai entendu dire que la nourriture et la boisson <strong>de</strong>ces réceptions coûtent plus <strong>de</strong> 200 RM. Nos hôtes sont encoreplus riches que nous pour la plupart. Ils ont tous suffisammentà manger chez eux. Ces hôtes t’inviteront à leur tour, et ils offrirontdu vin, du rôti, et <strong>de</strong>s glaces très chers aussi. Je sais qu’il y a<strong>de</strong>s familles pauvres dans les quartiers <strong>de</strong> l’est <strong>de</strong> la cité, si pauvresqu’il leur manque l’argent pour acheter le lait, dont leurs
xiii • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>petits enfants ont besoin, et elles n’y peuvent rien. Vous savezbien ce que dit Jésus, « Mais lorsque tu donnes un festin, invite<strong>de</strong>s pauvres, <strong>de</strong>s estropiés, <strong>de</strong>s boiteux, <strong>de</strong>s aveugles et non pastes connaissances et amis. Et tu seras heureux <strong>de</strong> ce qu’ils nepeuvent pas te rendre la pareille » ; Vous allez à l’église pourprier ; mais cette vie injuste, est-elle <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ou du Diable ? 2Engagement Décisif : 1907Depuis les années 1520, l’ordre du jour du renouveau spiritueldu protestantisme n’avait pas toujours pu éviter <strong>de</strong> confronterle baptême durant la confession <strong>de</strong> foi. Au seizième siècle, ceuxqui renouvelèrent la pratique d’unir le baptême avec la confession<strong>de</strong> foi en tant qu’adultes furent appelés « anabaptistes ».Généralement, une telle action signifiait la création <strong>de</strong> nouvellesdénominations ecclésiastiques, tel le cas <strong>de</strong>s anabaptistesdu seizième siècle sur le continent, et <strong>de</strong>s baptistes du dix-septièmesiècle en Gran<strong>de</strong> Bretagne. Cependant, plus récemment,dans le contexte du renouveau piétiste d’évangélisation, iladvint que <strong>de</strong>s personnes d’antécé<strong>de</strong>nts soli<strong>de</strong>s et d’éducationreligieuse, furent convaincues qu’elles <strong>de</strong>vaient exprimer la plénitu<strong>de</strong>et la joie <strong>de</strong> leur nouvelle foi toute neuve, en obtenantle baptême – sans toutefois créer une nouvelle dénomination.Leur sentiment d’avoir acquis une foi d’une qualité totalementnouvelle contrastait avec la conception du « baptême d’enfant »qui les laissait participer à une culture, mais qui n’avait rien àvoir avec la foi. Cette double voie avait déjà préparé Eberhardà confronter cette question du baptême comme jeune adulte.Son père lui avait déjà parlé du mouvement anabaptiste du2Voir Seeking for the Kingdom of God (En quête du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>), <strong>Plough</strong>
xiv • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>seizième siècle, dont les traces ensevelies dans l’histoire protestante,venaient d’être à nouveau découvertes par les historiens.Eberhard rencontra aussi <strong>de</strong>s représentants <strong>de</strong> l’autrecôté dont l’avocat évangéliste Ludwig von Gerdtell (1872-1954), fondateur <strong>de</strong> la Société Evangélique Européenne.Avec lui, Eberhard discutait la question <strong>de</strong> <strong>de</strong>voir exprimerson engagement d’adulte chrétien par l’acte du baptême lors<strong>de</strong> sa confession <strong>de</strong> foi, sans pour cela vouloir une séparationsectaire. Les conférences <strong>de</strong> Gerdtell étaient en train d’ébranlerles cercles bourgeois à Halle, où Eberhard avait fait ses étu<strong>de</strong>s<strong>de</strong> théologie ; et <strong>de</strong> même les réunions d’étu<strong>de</strong> biblique tenuesdans les maisons qui continuaient à stimuler nombreuses personnes.C’est à une <strong>de</strong> ces réunions qu’Eberhard fit la connaissanced’Else et d’Emmy von Hollan<strong>de</strong>r, filles d’un professeur<strong>de</strong> droit qui avait quitté Riga pour Halle afin d’échapper à larussification <strong>de</strong>s nations baltiques. Un mois après, Emmy etEberhard célébraient leurs fiançailles.Eberhard tint maintes conférences dans ces cercles d’étu<strong>de</strong>biblique. Durant leur confession <strong>de</strong> foi, Else fut d’abord baptisée,puis Eberhard et Emmy en 1908. Cela ne faisait pasd’eux <strong>de</strong>s Baptistes ; encore moins <strong>de</strong>s Mennonites ou <strong>de</strong>sHuttériens. Cela ne les faisait pas non plus membre <strong>de</strong> quelqueéglise locale. C’était simplement l’engagement à une vie <strong>de</strong>disciple dont ils auraient été les premiers à dire qu’ils n’avaientaucune idée <strong>de</strong> la signification ni <strong>de</strong>s conséquences <strong>de</strong> cet acte.Ce n’est que trois-quarts <strong>de</strong> siècle plus tard, avec la perspectived’un autre éloignement du protestantisme établi, et d’unrapprochement <strong>de</strong>s héritiers du mouvement anabaptiste, quenous pouvons parler <strong>de</strong> ces baptêmes comme étant le premierpas sur ce chemin. Pourtant, ces jeunes personnes auraientellespris ce pas, si on le leur avait prédit ?
xv • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>On avait formellement averti Eberhard, avant son baptême,qu’il ne serait pas autorisé à faire une licence <strong>de</strong> théologie ni <strong>de</strong>tenir un office <strong>de</strong> pastorat, vers lequel ses étu<strong>de</strong>s se dirigeaient.Alors, il se décida pour un doctorat <strong>de</strong> philosophie. Sa dissertationsur la pensée <strong>de</strong> Friedrich Nietzsche en novembre 1909fut acceptée ; et en décembre, Eberhard et Emmy célébrèrentleur mariage. Il travailla comme conférencier indépendantpour le Fellowship Movement.Le mouvement <strong>de</strong>s étudiants chrétiensLe mouvement revivaliste anglo-saxon, dont l’AméricainDwight L. Moody fut le porte-parole principal, trouva bientôtune nouvelle forme d’organisation convenant au niveau socialet à la mission dans le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> ce mouvement. En imitantla fondation non-ecclésiastique <strong>de</strong> l’Association <strong>de</strong>s jeuneschrétiens, le YMCA, organisé à un niveau national en 1883,le mouvement <strong>de</strong>s étudiants chrétiens a pu, grâce à sa locationsociale spéciale, éviter d’éveiller l’hostilité <strong>de</strong> l’égliseinstitutionnelle, ou,d’y être liée. John R. Mott (1865-1955),l’ambassa<strong>de</strong>ur le mieux connu du Réveil Moody, qui avaitsurgi parmi les étudiants à Northfield (Massachusetts) en1886, avait visité les villes universitaires d’Allemagne en 1898.Ses objectifs étaient : « approfondir la vie chrétienne à l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong>la prière et l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> la Bible, et encourager les œuvres chrétiennesparmi ses membres et les autres étudiants. » Ces objectifsfurent poursuivis sans s’occuper directement <strong>de</strong>s structuresecclésiastiques.Le SCM : Stu<strong>de</strong>nt Christian Movement, le mouvement<strong>de</strong>s étudiants chrétiens, fut le tremplin <strong>de</strong> la notoriété dujeune Dr Arnold. En tant que conférencier indépendant, ilparla au mon<strong>de</strong> universitaire sur les termes suivants : « Le
xvi • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Christianisme primitif dans le présent » et « Jésus, tel qu’Ilétait en réalité » présageant la concentration <strong>de</strong> sa vie entièresur l’Evangile et les premiers chrétiens. En 1915 il <strong>de</strong>vintl’éditeur du Furrow (le Sillon), journal du SCM, qui <strong>de</strong>vintbientôt une maison d’éditions. Le SCM fut appelé pendantla Gran<strong>de</strong> Guerre aux services <strong>de</strong> secours et aux services <strong>de</strong>publications spéciales pour les soldats. Ayant été sommé auservice militaire, Eberhard fut réformé pour raisons <strong>de</strong> santéaprès quelques semaines <strong>de</strong> service comme intendant militaire<strong>de</strong> troisième classe, conducteur <strong>de</strong> wagon. Il avait assez vu <strong>de</strong>la guerre pour avancer vers ce qui <strong>de</strong>vint un pacifisme chrétienconvaincu. Ce furent ses entretiens pastoraux avec les soldats àl’hôpital qui le convainquirent <strong>de</strong> l’injustice <strong>de</strong> la guerre.Le SCM pourvut les éléments constituant : l’alliage <strong>de</strong> lasimplicité spirituelle avec le sérieux intellectuel ; la souplesseavec l’organisation sobre ; éléments qui <strong>de</strong>vaient faire connaîtreEberhard en 1920 et les années suivantes.Le Mouvement Religieux-SocialisteCe n’est pas clair à quel moment Arnold entra en relations aveccet important courant du renouveau au sein du Protestantismeallemand. Certainement avant la fin <strong>de</strong> la Gran<strong>de</strong> Guerre ilconnaissait déjà très bien la contribution <strong>de</strong> ce mouvement,dont le <strong>de</strong>rnier quart du dix-neuvième siècle avait vu plusieursessors dramatiques ; certaines Eglises furent revivifiées, maisd’autres n’étaient pas satisfaites <strong>de</strong> cet objectif.Le mouvement représente une synthèse unique <strong>de</strong>s composantsqui ne sont pas souvent mis ensemble dans l’expérienceanglo-saxonne : le piétisme et le souci <strong>de</strong> l’ordre social. On arecours au terme ‘piétisme’ pour faire voir la bonne volonté<strong>de</strong> l’utilisation <strong>de</strong> ce terme pour soi-même ou pour être ainsi
xvii • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>appelé par les autres. Ceci mettait les personnes (dont je feraila <strong>de</strong>scription) au milieu d’un courant minoritaire âgé <strong>de</strong> <strong>de</strong>uxsiècles, qui se dirigeait vers un renouveau. Plus substantiellementle terme suggère la conviction qu’il y a une dimension<strong>de</strong> vérité dans la rencontre avec le <strong>Dieu</strong> vivant : dans la prière,les conseils, et le miracle, qui pourrait ou <strong>de</strong>vrait être affirmée,plutôt que d’être dépassée, quand nous vivons en communauté.Le ministère <strong>de</strong> Johann Christoph Blumhardt (1805-1880) 3a commencé lorsque, jeune pasteur, il participa à sa surprise à unexorcisme qui libéra une jeune femme d’une possession dépressive.Sous la <strong>de</strong>vise « Jésus est vainqueur » Blumhardt développapendant plus d’un <strong>de</strong>mi-siècle un service <strong>de</strong> soins pastorauxenvers <strong>de</strong>s personnes venant du pays entier ; son fils ChristophFriedrich lui a succédé dans cette tâche. Pourtant (d’une manièretout à fait différente <strong>de</strong> la tournure individualiste ou intérioristeque ces ministères <strong>de</strong> libération peuvent prendre) la proclamation<strong>de</strong> la souveraineté du Christ signifiait pour les Blumhardt ledroit du Christ <strong>de</strong> réclamer toute vie, y-compris la vie sociale etla vie politique. Effectivement, Christoph Friedrich Blumhardt<strong>de</strong>vint membre du parti social-démocratique, et il servit le parlement<strong>de</strong> Württemberg pendant un terme.Les successeurs spirituels et intellectuels <strong>de</strong>s Blumhardtparurent non pas en Allemagne, mais en Suisse, parmi un petitcercle <strong>de</strong> théologiens qui se nommaient « sociaux-religieux » :Leonard Ragaz (1868-1945), Hermann Kutter (1863-1931)et Karl Barth (1886-1968). Ces hommes se différenciaient lesuns <strong>de</strong>s autres – plus tard les différences <strong>de</strong>vinrent péniblementacerbes – justement à propos <strong>de</strong> la question : comment réunirl’Evangile <strong>de</strong> la foi avec l’engagement social du chrétien ; pourtous les trois ce lien était essentiel, il s’agissait du royaume3Voir F. Grin, Jean-Christophe Blumhardt, <strong>Plough</strong>
xviii • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, et non seulement d’une analyse sociale contestable.Kutter fut le premier à être connu par ses livres, par exemple: <strong>La</strong> justice : une ancienne parole adressée au christianismemo<strong>de</strong>rne (1905). Plus tard, Eberhard Arnold disait quela première moitié <strong>de</strong> son pèlerinage spirituel l’a conduit « <strong>de</strong>Luther à Kutter ».Le Mouvement <strong>de</strong> la JeunesseL’effondrement <strong>de</strong>s valeurs saintes d’une culture est une <strong>de</strong>schoses les plus bouleversantes pour la jeunesse. Ce qui a perdula guerre pour l’Allemagne en 1918, ne fut pas seulement unedynastie impériale et une structure <strong>de</strong> comman<strong>de</strong>ment militaire; mais ce fut une civilisation, l’assurance orgueilleuse <strong>de</strong> laclasse moyenne. Les anciens, bien que vaincus et démoralisés,continuèrent à vivre ; cependant, quelles perspectives y avaientilpour la jeunesse ? Certains se dirigèrent vers le nihilisme ;d’autres vers un radicalisme <strong>de</strong> gauche ou <strong>de</strong> droite, mais unegran<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> la jeunesse alleman<strong>de</strong> prit un autre chemin.Ils continuèrent à marcher. Le mouvement n’était pas une nouvelleinvention ; né à la fin du dix-neuvième et au commencementdu vingtième siècle ce mouvement fut appelé parfois « lesoiseaux <strong>de</strong> passage » ou la « jeunesse libre » ; ces jeunes genss’étaient chargés <strong>de</strong> certaines causes allant <strong>de</strong> l’antialcoolisme àla réforme scolaire. Ainsi en 1918 les adultes <strong>de</strong> l’avant-guerreet <strong>de</strong> nouveaux milliers <strong>de</strong> jeunes attendaient <strong>de</strong>s nouvellesréponses. <strong>La</strong> pério<strong>de</strong> d’après-guerre vit une vague d’énergie sedéferler, bientôt dénommée simplement « le Mouvement <strong>de</strong> lajeunesse ». Ce mouvement apportait une nouvelle joie dans lanature, les chants folkloriques et la danse paysanne, la marcheet le camping, l’amusement sain, sans érotisme et sans politique,surmontant les écarts, les inégalités <strong>de</strong> classe, par leur simplicité
xix • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>unie à leur manque d’égards pour le matérialisme et la pru<strong>de</strong>riesociale. Un <strong>de</strong>mi-siècle plus tard, la jeunesse américaine appelaitcela : l’esprit <strong>de</strong> Woodstock ... mais il n’y eut pas <strong>de</strong> rébellionou <strong>de</strong> haine d’une génération à l’autre dans ce mouvement enAllemagne, et pas <strong>de</strong> drogues. Dix ans plus tard, le mouvement<strong>de</strong>vint vulnérable au renouvellement national Nazi, mais il n’yavait rien <strong>de</strong> ce nationalisme raciste au commencement. Lestémoignages spécifiquement chrétiens <strong>de</strong>s mouvements <strong>de</strong> réconciliationrecevaient un bon accueil auprès du mouvement <strong>de</strong>la jeunesse, tandis que la religion <strong>de</strong> paroisse maintenant appeléeStaatskirche par Arnold (Eglise institutionnelle) avait perdu leurrespect.SynthèseCe qui se passa en 1919-1921 fut l’affluence <strong>de</strong> tous ces évènementsvers un nouveau mouvement très puissant avec Eberhar<strong>de</strong>n son centre. <strong>La</strong> première conférence régionale <strong>de</strong> Pentecôted’après-guerre du UCJG prit place à Marbourg les 13-15 juin,1919 ; elle fut dominée par l’exposition charismatique d’Arnold,claire et urgente du Sermon sur la montagne et <strong>de</strong> son « Lecommunisme, injonction au christianisme ». Une personne participantà la conférence présenta ainsi ses conclusions :Le point <strong>de</strong> mire <strong>de</strong>s toutes les paroles et les pensées fut leSermon <strong>de</strong> Jésus sur la Montagne. Eberhard Arnold le gravadans nos cœurs avec une profon<strong>de</strong> ferveur, il le martela dansnotre volonté avec un pouvoir prophétique et l’élan extraordinaire<strong>de</strong> toute sa personnalité. C’était le Sermon sur laMontagne dans toute sa vigueur, sa vérité absolue. Là, aucuncompromis n’était possible. 44Erwin Wissman, cité dans Eberhard Arnold, Salt and Light, <strong>Plough</strong>, 1967, p. x
xx • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Le même automne (septembre 22-25) il y eut à Tambach(Thuringe), une rencontre avec les dirigeants du mouvementsuisse « religieux-socialiste ». Karl Barth était le plus important<strong>de</strong>s orateurs suisses. Arnold <strong>de</strong>vint l’éditeur <strong>de</strong> la brochure<strong>de</strong> leur mouvement Das Neue Werk avec le sous-titre, « le chrétiendans l’Etat » ; cette brochure exprimait la pensée que nonseulement la piété mais aussi la société seraient entraînées ausein du mouvement du Royaume.<strong>La</strong> prochaine conférence <strong>de</strong> la Pentecôte (21 mai 1920) àSchlüchtern, au nord-est <strong>de</strong> Francfort, multiplia l’élan acquis, etl’automne suivant on fit savoir que <strong>de</strong>s confréries Schlüchternse formaient dans les principales cités et universités.En plus <strong>de</strong> son ministère itinéraire <strong>de</strong> conférences publiqueset <strong>de</strong> l’édition <strong>de</strong> brochures <strong>de</strong>s différents mouvements, Arnoldfut l’initiateur d’un projet ambitieux : republier <strong>de</strong>s sourceschrétiennes représentant la vision du renouveau au travers<strong>de</strong>s siècles. Des livres furent publiés à partir <strong>de</strong>s ouvrages <strong>de</strong>Tertullien, d’Augustin, <strong>de</strong> François d’Assise, <strong>de</strong> Jakob Böhme,<strong>de</strong> Zinzendorf, <strong>de</strong> Sören Kierkegaard, et <strong>de</strong> Dostoïevski.D’autres projets qui auraient compris : Bernard <strong>de</strong> Clairvaux,Les Premiers Anabaptistes, Martin Luther, George Fox, JohnBunyan, Fénelon, William et Catherine Booth, et Pascal nefurent pas terminés. <strong>La</strong> collection personnelle d’Eberhard <strong>de</strong>stémoignages du livre ‘Les premiers chrétiens après la mort <strong>de</strong>sapôtres ‘(publiée en 1926) fut un <strong>de</strong> ses projets majeurs.Comme il est naturel dans un tel temps <strong>de</strong> fermentation,il y eut beaucoup <strong>de</strong> changements institutionnels. Des éditionsfurent initiées, changèrent <strong>de</strong> nom ou furent distribuées.<strong>La</strong> direction du mouvement <strong>de</strong>s étudiants chrétiens et <strong>de</strong> sabrochure : The Furrow (le sillon) fut divisée. Des anciennes
xxi • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>amitiés <strong>de</strong>vinrent tendues, <strong>de</strong> nouvelles alliances se scellèrent,parfois pour se briser <strong>de</strong> nouveau.AntithèseAvant qu’il n’ait eu le temps <strong>de</strong> s’habituer à cette nouvelleautorité et cette nouvelle popularité, Eberhard fut conduit àla démarche suivante : la création d’une communauté rési<strong>de</strong>ntielleet économique. Le premier noyau s’installa à Sannerz,près <strong>de</strong> Schlüchtern, à la fin <strong>de</strong> 1920. Au milieu <strong>de</strong> l’année1922, alors qu’elle faisait face à sa première crise, la petite communautécomptait quarante membres, dont tous n’étaient pasaussi convaincus que l’était Eberhard Arnold au sujet <strong>de</strong> la possibilitéd’un partage total. Tous n’étaient pas prêts à acceptercomme lui une foi qui signifiait non seulement le partage, maisen plus la confiance en <strong>Dieu</strong> <strong>de</strong> pourvoir à tous leurs besoinsfuturs. Encore une fois le travail <strong>de</strong> publication fut divisé,encore une fois les relations furent tendues. C’est <strong>de</strong> cette crisequ’est provenue la forme <strong>de</strong> vie du Bru<strong>de</strong>rhof, qui n’a pas substantiellementchangée <strong>de</strong>puis. Eberhard avait commencé sonsecond stage majeur, qu’il nomma : <strong>de</strong> Kutter à Hutter.ContinuitéLorsque Eberhard était encore jeune, son père lui avait parlé<strong>de</strong>s protestants radicaux <strong>de</strong> l’histoire primitive d’Europe, quid’une part étaient les seuls vrais chrétiens (selon son père), etqui pourtant avaient été discrédités par le fait que <strong>Dieu</strong> neleur avait pas accordé <strong>de</strong> prospérité et avait laissé leur causedisparaitre presque entièrement. Ceci avait été l’introductiond’Eberhard au fait qu’il y avait eu dans l’histoire protestanteun courant sous-jacent <strong>de</strong> protestants, plus responsables et
xxii • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>sérieux que celui dominant l’Allemagne. Eberhard retrouvales <strong>de</strong>scendants <strong>de</strong> ces anciens mouvements dans les communautéshuttériennes <strong>de</strong>s prairies, aux Etats-Unis d’Amérique.Le mouvement, surnommé anabaptiste du seizième siècleavait radicalisé la vision du renouveau biblique <strong>de</strong> la vision <strong>de</strong>Luther et <strong>de</strong> Zwingli jusqu’au point <strong>de</strong> réfuter l’établissementecclésiastique, la guerre, et le baptême <strong>de</strong>s enfants. Ce mouvementavait survécu le seizième siècle, surtout dans le Haut-Rhin (même aujourd’hui il se trouve <strong>de</strong>s mennonites en Suisse,en Alsace, et au Württemberg) et en Hollan<strong>de</strong>. De là, leurs<strong>de</strong>scendants émigrèrent en Amérique et en Russie au dixhuitièmesiècle. Un troisième noyau survécut bien plus effectivementen Moravie, où les frères, surnommés huttériens,créèrent le modèle <strong>de</strong> communauté appelé le Bru<strong>de</strong>rhof. C’étaitles héritiers <strong>de</strong> ce troisième groupe, dont tous avaient émigrédans les années 1870 <strong>de</strong> la Russie impériale, qu’Eberhardavait recherchés dans le Canada <strong>de</strong> l’Ouest en 1930, dans lebut d’associer son jeune début aux anciennes sources et leurshéritiers.Eberhard connaissait <strong>de</strong> même d’autres phénomènes <strong>de</strong>Réformation radicale, dont il avait même publié <strong>de</strong> nouvelleséditions <strong>de</strong> quelques écrits et dont il avait l’intention d’enpublier d’autres. Mais les frères tchèques du quinzième siècleavaient été exterminés au dix-septième siècle. Les héritiers<strong>de</strong>s Vaudois du douzième siècle avaient conclu la paix avec leCalvinisme en 1534. Ce fut donc approprié pour les anciens etles nouveaux disciples <strong>de</strong> se joindre au mouvement huttériens.Eberhard Arnold passa une année (1930-31) aux Etats-Unis et au Canada, cherchant à établir cette liaison. Il visitatoutes les colonies huttériennes qui existaient en ce tempslà.En décembre 1930, la communauté <strong>de</strong> Macleod, Alberta,
xxiii • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>accepta Eberhard dans l’église huttérienne et le déléguacomme missionnaire pour l’Europe. Ce que les anciens et lesnouveaux Bru<strong>de</strong>rhofs avaient en commun dépassait la convictionanabaptiste du baptême <strong>de</strong>s croyants et <strong>de</strong> la nonrésistance; cela dépassait aussi le modèle communautaire etéconomique du Bru<strong>de</strong>rhof. Les frères huttériens du seizièmesiècle avaient été les pionniers <strong>de</strong> la création <strong>de</strong>s écoles élémentairespour enfants ; <strong>de</strong> même, dès le début à Sannerz ily avait une école alternative, non seulement pour les enfantsdu Bru<strong>de</strong>rhof, mais aussi pour les enfants nécessiteux à leurcharge ou encore, ceux dont les parents préféraient une telleéducation familiale et d’orientation religieuse. <strong>La</strong> communautédépendait d’avoir <strong>de</strong>s membres qualifiés pour enseigner.Beaucoup d’écrits d’Eberhard (seulement représentés <strong>de</strong> façonminimale dans cette collection) furent dévoués aux valeurs <strong>de</strong>la famille et à une éducation holistique. Ces écrits nous ai<strong>de</strong>ntà réfuter la notion, courante dans certains cercles sociologiques,que l’anabaptisme ne se soucie pas <strong>de</strong> la culture.Eberhard Arnold avait raison <strong>de</strong> voir que le lien établiavec l’ancien mouvement huttérien représentait une sorted’évaluation spirituelle <strong>de</strong> son début, et une occasion pour lacommunauté <strong>de</strong> recevoir un support moral, ainsi qu’une corrective; mais il se serait trompé s’il avait pensé (comme lesupposaient quelques-uns) que cette liaison, qui, en 1930,n’existait qu’en lui-même, aurait pu pourvoir les communautésen Europe d’une structure capable <strong>de</strong> prendre <strong>de</strong>s décisions,et d’une i<strong>de</strong>ntité et direction spirituelle capable <strong>de</strong> faireface à tous les problèmes futurs. Pendant l’absence d’Eberhard,la direction a bien souvent changé au <strong>de</strong>mi-siècle suivant ; iln’est pas nécessaire ici d’en dire davantage, car notre intentionest surtout <strong>de</strong> comprendre Eberhard lui-même. L’affirmation
xxiv • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>mutuelle entre les nouvelles communautés européennes et leshuttériens fut à peine plus que symbolique, car le groupe principalémigra d’abord en Angleterre, puis au Paraguay. Aprèsla fondation <strong>de</strong>s premières colonies aux Etats-Unis, l’échangeentre les communautés décrut plutôt que <strong>de</strong> s’accroître. En1955 les relations furent suspendues, et ensuite restaurées surune base nouvelle en 1974.TransitionL’histoire commence à se terminer, là où notre rapport commence.Il n’y avait aucune chance que le nazisme puisse tolérerle Bru<strong>de</strong>rhof. Après l’irruption <strong>de</strong> la Gestapo le 16 Novembre1933, <strong>de</strong>s démarches furent entreprises pour envoyer tous lesenfants en Suisse, en sorte que lorsqu’un nouveau maître d’écolenazi arriva à la communauté en janvier 1934, il n’y avait plusd’élèves à enseigner. Eberhard contacta <strong>de</strong>s Mennonites enHollan<strong>de</strong> et <strong>de</strong>s Quakers en Angleterre ; plusieurs membresanglais rejoignirent le Bru<strong>de</strong>rhof ; ainsi les fon<strong>de</strong>ments étaientpréparés pour la formation d’une communauté anglaise en1936. Cependant le ministère d’Eberhard, en tant que berger etprofesseur, allait bientôt prendre fin. Les étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong> la Bible, lesdévotions journalières, <strong>de</strong> même que les discussions spirituelles,dont les extraits suivants sont pris, allaient bientôt se terminer ;<strong>de</strong> même que ses conférences populaires dix ans auparavant,s’étaient aussi terminées. Cependant le fon<strong>de</strong>ment était posé.Du Temps d’Eberhard Arnold au NôtreIl semble difficile parfois <strong>de</strong> prédire en 1983, 5 comment cemon<strong>de</strong> va continuer. Malgré la fin <strong>de</strong> la guerre froi<strong>de</strong> qui pèse5Aujourd’hui 2001.
xxv • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>lour<strong>de</strong>ment même si elle n’est pas reconnue, il y a la menacenucléaire. Les « progrès » techniques continuent mais chaqueseuil traversé ne présente pas seulement <strong>de</strong> nouvelles possibilitésmais <strong>de</strong> nouveaux dangers possibles. Il y a dans chaqueculture <strong>de</strong>s tensions entre les générations ; les groupes ethniquessont exaspérés ; <strong>de</strong> nouveau <strong>de</strong>s voix fortes qui préconisent<strong>de</strong>s mesures désespérées qui ne sont pas <strong>de</strong>s solutions :insurrection violente, survie indépendante, suici<strong>de</strong>.Alors nous nous souvenons <strong>de</strong> l’écroulement <strong>de</strong> l’orgueilleuseconfiance nationale qui permit à la jeunesse alleman<strong>de</strong> en1919-1921 d’être saisie d’une façon sans précé<strong>de</strong>nt par lapuissance inouïe du message du Royaume <strong>de</strong> Jésus. Nousnous souvenons que ce fut l’effondrement <strong>de</strong> la démocratie etl’avènement <strong>de</strong> Hitler qui fit ressortir vigoureusement combiendifférente, et combien plus puissante est la qualité <strong>de</strong> larésistance spirituelle soutenue en commun. Nous nous souvenonsque ce fut au milieu du désespoir <strong>de</strong> la fin du premiersiècle que l’Apôtre Jean reçut la vision du plan <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> pour lemon<strong>de</strong>, d’autant plus mise en valeur par ces circonstances contrariantes.Ainsi, notre discernement plus franc <strong>de</strong>s blessureset <strong>de</strong>s guerres <strong>de</strong> notre mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> 1980 (maintenant 2011),qu’Eberhard ne pouvait prévoir, pourra peut-être <strong>de</strong> nouveaumettre en relief la pertinence et le pouvoir promis <strong>de</strong> la voiedu Royaume, voie qui a déjà été préparée pour nous, et que lestextes suivants interprètent avec simplicité et authenticité.John Howard Yo<strong>de</strong>rVancouver, le 26 juillet 1983
L’effondrementdu mon<strong>de</strong> etl’avènement <strong>de</strong>l’ordre <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>
Au bord <strong>de</strong> lacatastropheNous avons l’impression épouvantable <strong>de</strong> nous trouver<strong>de</strong>vant un jugement catastrophique ; même si cette catastrophen’échoit pas maintenant, elle est imminente. Seulel’intervention directe <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> pourra la prévenir.On fait <strong>de</strong>s progrès extraordinaires, presque infinis, avec latechnique, les autos, les avions, surtout en domptant l’espace etle temps. Mais justement ceci occasionne la mort <strong>de</strong> milliers<strong>de</strong> personnes. Dans les cités, on atteint <strong>de</strong>s réalisations remarquables,mais la plupart <strong>de</strong>s familles qui y habitent meurentdès la troisième ou quatrième génération.Ce qui est le plus inquiétant <strong>de</strong> notre civilisation, ce sontles trois gran<strong>de</strong>s organisations : l’Etat, l’armée, et le capitalisme.Ces trois organisations sont ce que l’esprit <strong>de</strong> ce mon<strong>de</strong>,le Prince <strong>de</strong>s ténèbres, a produit <strong>de</strong> mieux. Nous ne pouvonspas suffisamment nous étonner <strong>de</strong>vant l’édification fantastiquequi a été accomplie dans ce domaine avec une création déchue.Cependant, la fin <strong>de</strong> tout cela : c’est la mort. Combien vaste estcette puissance ! Combien son autorité s’impose !
3 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Si l’humanité se ruine et se détruit elle-même <strong>de</strong> foliesen folies, toujours renouvelées, il faut que ces ténèbresd’aujourd’hui soient confrontées avec la lumière tellement plusréelle <strong>de</strong> <strong>de</strong>main, qui nous <strong>de</strong>stine à une vie totalement autreque la trahison et le mensonge, le meurtre et la haine, la mortet la déca<strong>de</strong>nce (1 Thessaloniens 5.4-5).Mais nous n’aurons jamais l’assurance <strong>de</strong> l’aube qui approche,aussi longtemps que nous n’ayons pas saisi la nuit impénétrable<strong>de</strong> toute la souffrance.<strong>La</strong> domination du mal affecte tous les êtres humains et atteint<strong>de</strong> nos jours une influence <strong>de</strong> proportions massives. On rencontrele mal dans chaque institution publique, dans chaqueéglise, dans chaque réunion, si pieuse ou idéaliste qu’elle soit ;dans tous les partis politiques et les syndicats, même dans lafamille et dans notre fraternité. Le caractère démoniaque dumal se montre dans toutes et chacune <strong>de</strong> ces structures, mêmesi son apparence varie. Il se montre dans le penchant versl’autodétermination volontaire, dans son inclination à mettreen relief : l’ego, son propre peuple, son propre Etat, sa propreéglise, sa propre secte, son propre syndicat ou groupe <strong>de</strong> travail,sa propre famille ou communauté ; ou du moins à mettreses propres pensées au premier plan, comme si tout dépendaitseulement <strong>de</strong> notre opinion.Il n’y a peut-être jamais eu un temps comme le nôtre, où noussoyons tellement conscients que <strong>Dieu</strong> ne règne pas encoreavec sa justice et son amour. Nous le voyons en nous-mêmes,et dans les évènements courants <strong>de</strong> la vie. Nous le voyons dansle sort <strong>de</strong>s désespérés, <strong>de</strong>s milliers <strong>de</strong> chômeurs. Nous le voyonsdans le partage injuste <strong>de</strong>s biens, malgré la fécondité <strong>de</strong> laterre et la générosité <strong>de</strong> ses offran<strong>de</strong>s. Alors que <strong>de</strong>s travaux
4 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>absolument indispensables <strong>de</strong>vraient être accomplis en vued’ai<strong>de</strong>r l’humanité, tout est contrecarré et détruit par l’injustice<strong>de</strong> l’ordre établi du moment.Nous sommes au milieu d’une civilisation déca<strong>de</strong>nte. Unecivilisation n’est pas autre chose que le travail méthodique <strong>de</strong>la nature par l’homme. Et ce travail est <strong>de</strong>venu le désordre quicrie son injustice au ciel.Les multiples manifestations du temps nous avertissent <strong>de</strong>ce qui va se passer. Toutefois il ne se passe jamais rien dansl’histoire qui n’advienne pas <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Nous voulons le supplierqu’il accomplisse Son histoire, l’histoire <strong>de</strong> Sa justice. Et lorsque<strong>Dieu</strong> accomplit Son histoire, nous avons toutes les raisons<strong>de</strong> trembler. Car, en vue <strong>de</strong>s circonstances actuelles, lecourroux <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> doit premièrement balayer par son jugementtoute l’injustice et l’indifférence, toute l’hostilité et la brutalité,qui règnent dans le mon<strong>de</strong>. Le courroux <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> en tant quejour du jugement doit commencer Son histoire. Seulementaprès ce jugement est-il permis à l’aube <strong>de</strong> la joie, <strong>de</strong> l’amour,<strong>de</strong> la grâce, et <strong>de</strong> la justice <strong>de</strong> paraître.Mais si nous <strong>de</strong>mandons à <strong>Dieu</strong> d’intervenir, il nous fautmettre notre cœur à nu <strong>de</strong>vant lui pour que son éclair nousfrappe car nous sommes tous coupables. Il n’y a personne quine soit pas coupable <strong>de</strong> l’état injuste du mon<strong>de</strong> actuel.Personne ne peut méconnaître le puissant réveil <strong>de</strong> consciencequi, en même temps que les mouvements révolutionnaires, aébranlé l’esprit humain. <strong>La</strong> conscience une fois réveillée nesera pas tranquille avant d’avoir émis son cri d’alarme dansle cœur <strong>de</strong> chaque individu. L’attaque du socialisme et ducommunisme contre la société fait appel à notre conscience,nous qui nous appelons chrétiens. Cet appel nous atteint plus
5 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>fortement que tous les sermons ; il nous convoque à accomplirnotre tâche, qui est <strong>de</strong> combattre et <strong>de</strong> protester contre toutce qui est opposé à la nature <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, dans ce mon<strong>de</strong>. Nous,les chrétiens, nous avons si mal rempli cette tâche, que cettequestion décisive nous doit être posée : sommes-nous vraimentchrétiens ?Chaque réveil <strong>de</strong> la conscience collective <strong>de</strong> l’humanité est <strong>de</strong>vive importance. Il existe une conscience universelle ; c’est laconscience <strong>de</strong> l’humanité. Elle combat la guerre et le meurtre,la cupidité et l’injustice sociale, et toute forme <strong>de</strong> violence.Les cœurs alertés par la foi <strong>de</strong>vront s’ouvrir à l’heure ultimeaux puissances du mon<strong>de</strong> futur, c’est-à-dire à l’Esprit <strong>de</strong> laJérusalem céleste (Apocalypse 3.10-12).Jusqu’aux confins <strong>de</strong> la terre le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>vra savoir que le<strong>de</strong>rnier royaume approche. Mais le mon<strong>de</strong> le saura seulementlorsque l’église <strong>de</strong> Jésus-Christ représente, réalise et effectue envérité l’unité et la justice <strong>de</strong> ce royaume. L’unité <strong>de</strong>s croyants<strong>de</strong>viendra une réalité concrète, grâce à la foi, aussi souvent et làseulement où la vie elle-même témoigne d’un sacrifice ultime,et d’un amour actif et illimité.Il nous a appelés, non pas pour aimer et prendre soin <strong>de</strong> notrepropre vie, ni même la vie <strong>de</strong> notre prochain. En d’autres mots,nous sommes appelés à vivre non pas pour les personnes, maispour l’honneur <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et <strong>de</strong> son royaume. Nous ne <strong>de</strong>vonspas essayer <strong>de</strong> nous élever vers le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> en aimantet en prenant soin <strong>de</strong> notre propre vie, et <strong>de</strong> la vie <strong>de</strong> notreprochain. Le chemin du Royaume nous conduit à la mort, unemort très réelle. Il nous faut perdre notre vie pour l’amour <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> et <strong>de</strong> son royaume (Marc 8.35).
6 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Pour bien comprendre notre temps, nous ne pouvons paséviter <strong>de</strong> voir combien cet appel est imminent. Nous n’avonsmême pas à penser à la guerre, bien qu’elle semble très proche.<strong>La</strong> situation politique d’aujourd’hui nous <strong>de</strong>man<strong>de</strong> d’être prêtsà perdre notre vie à n’importe quel moment au service <strong>de</strong> lacause que nous voulons défendre. Et malheur à ceux qui essayentcontinuellement <strong>de</strong> sauver leur vie ! ( Jean 12.25)Réveillez-vous, vous qui dormez, et levez-vous ; alors leChrist sera près <strong>de</strong> vous ! (Rom 13.11) L’appel se dirige à tousceux qui se sont laissés retomber dans le crépuscule sombre<strong>de</strong> leur propre cœur : « Réveille-toi, toi qui dors, relève-toid’entre les morts et le Christ t’éclairera. » (Ephésiens 5.14) LeChrist, la véritable lumière, est <strong>de</strong>vant toi. Il te donnera <strong>de</strong>snouvelles forces pour accomplir les actes d’amour qui proviennentuniquement <strong>de</strong> la foi en Jésus-Christ.Nous vivons à la fin <strong>de</strong>s temps. « Mes enfants, la fin estproche » (1 Jean 2.18). Veillez à ce que votre vie soit irréprochable.Ceci veut dire que vous <strong>de</strong>vez lever les yeux vers l’aveniret former votre vie en accord avec l’avenir <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Faîtes unbon emploi du moment présent car les temps sont mauvais.C’est une heure <strong>de</strong> danger extrême. Il faut se réveiller, en vued’être protégés à la venue du jugement. Ne soyez donc passans intelligence, mais comprenez bien quelle est la volonté duSeigneur à ce jour (Ephésiens 5.15-17).Soyez alertes dans ce temps dangereux où règne le mal, <strong>de</strong>crainte que l’heure <strong>de</strong> la tentation ne vous trouve sous le jugement.Les vierges insensées <strong>de</strong>vinrent négligentes. Vous tomberezégalement en disgrâce, si vous n’empruntez pas d’huilepour vos lampes (Mathieu 25.1-13).
L’avènement du règne <strong>de</strong><strong>Dieu</strong>Lorsque l’objectif <strong>de</strong> toutes nos actions est la venue du règne<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, donc, que sa volonté <strong>de</strong>vienne réalité sur la terrecomme au ciel, alors nos prières seront exaucées (Mathieu6.33). <strong>Dieu</strong> se montrera plus puissant et majestueux que notrecœur puisse le comprendre. Nous n’oserons pas exprimer enparoles ce qui adviendra. Ce que <strong>Dieu</strong> accomplira dépasseranos prières les plus hardies. De plus, afin <strong>de</strong> nous permettre <strong>de</strong>reconnaître que c’est <strong>Dieu</strong> lui-même qui accomplit tout, pendantque nous prions ou avant même d’avoir exprimé notreprière, <strong>Dieu</strong> l’aura exaucée (Esaïe 65.24). Quiconque frappe àla porte <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et ne désire rien d’autre que <strong>Dieu</strong>, <strong>Dieu</strong> seul,reçoit ce qu’il <strong>de</strong>man<strong>de</strong>, avant même <strong>de</strong> s’en rendre compte.(Mathieu 7.7-11)Demandons à <strong>Dieu</strong> d’envoyer son Esprit avec une nouvellepuissance. De nouvelles pensées doivent jaillir <strong>de</strong>s profon<strong>de</strong>ursdu cœur <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> qui vont bien au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> nos proprespensées et <strong>de</strong> nos faibles notions. Nous voulons <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r à<strong>Dieu</strong> qu’il accomplisse <strong>de</strong>s actes glorieux, <strong>de</strong>s actes puissants –
8 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>totalement indépendamment <strong>de</strong> nous – que son règne arrive,que son amour soit révélé, que son royaume <strong>de</strong>vienne visible,et que nous soyons prêts à la <strong>de</strong>scente <strong>de</strong> l’Esprit-Saintet du Christ. Nous consacrons notre vie, même si nous la perdons.Nous voulons offrir et engager notre vie afin que cettedélivrance vienne pour toutes les nations.Les puissances miraculeuses <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et la réalité du royaume<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> seront révélées parmi vous, parce que c’est le Saint-Esprit qui vous saisira, qui vous pénètrera, et qui vous emmènerajusqu’aux sphères du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> qui doit venir (Actes2.17-21). Le vent précurseur d’une tempête est un élément<strong>de</strong> l’intempérie. Le Saint-Esprit appartient au jugement <strong>de</strong>rnieret au jour <strong>de</strong> la ré<strong>de</strong>mption, au jour où le règne <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>fera irruption, bien qu’il soit la voix <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> dans l’ouraganqui précè<strong>de</strong> son avènement. Aussi souvent que ceci se réalise,évènement que nous connaissons dans l’histoire <strong>de</strong>s apôtrescomme étant la base <strong>de</strong> l’église apostolique à Jérusalem, aussisouvent se passe-t-il quelque chose dans le mon<strong>de</strong> entier.Nous comptons 150 personnes, âgées et jeunes. Chacun a étéconduit d’une façon toute spéciale. Tous ces différents fils <strong>de</strong> vienous ont conduit à la vie commune. Et ce but commun est lemême pour nous tous ; il correspond à l’avenir du royaume <strong>de</strong><strong>Dieu</strong>. Par cela nous comprenons le terrestre aussi bien que lecéleste. Nous croyons en la vie <strong>de</strong> l’au-<strong>de</strong>là, la vie éternelle, maisen même temps en la vie ici-bas tournée vers l’avenir <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ;nous croyons en l’irruption <strong>de</strong>s forces éternelles qui vont conquérirle royaume terrestre <strong>de</strong>stiné au futur royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Nous témoignons <strong>de</strong> l’église du Christ comme étantl’ambassa<strong>de</strong> du règne à venir du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Ainsi,l’église du Christ doit déjà aujourd’hui représenter ce que
9 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>sera la constitution du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Et nous disons quele Saint-Esprit est le présage <strong>de</strong> l’avenir <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et que leSaint-Esprit est l’élément du grand avenir. C’est pour cela quel’église-communauté reçoit le Saint-Esprit, non pas dans unsens abstrait ou chronologique, mais au contraire <strong>de</strong> façon àdéterminer la vie ici-bas selon l’Esprit, et la gui<strong>de</strong>r selon leparfait amour.Nous <strong>de</strong>vons donc confronter l’esprit du siècle d’unemanière tranchante. Que ce soit un esprit libéral qui donnelibre cours au mal, au péché, et à notre sensualité ; ou un espritdictatorial. Les <strong>de</strong>ux esprits sont erronés, ainsi, en tous les casc’est inopportun.Dans le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> les tables <strong>de</strong> la loi, les dix comman<strong>de</strong>ments,ne seront pas nécessaires ; tout sera réglé par lerenouveau et l’inspiration intérieure <strong>de</strong> chacun, c’est-à-dire parle gouvernement du Christ.Jésus nous a appelés à travailler, à être actifs, tandis qu’il faitencore jour ( Jean 9.4). Il a comparé son royaume au travaildans la vigne, à un investissement d’argent confié, à la mise envaleur <strong>de</strong> tous les talents. Si le royaume doit transformer cettevallée <strong>de</strong> larmes en royaume <strong>de</strong> joie, ce doit être un royaume<strong>de</strong> travail. Seul le travail correspond à la vocation <strong>de</strong> l’esprithumain. L’homme est appelé, selon son principe fondamental,à créer, à agir. Seulement le travail commun dans une communautéd’amour pur, lui permet d’atteindre la véritable joie<strong>de</strong> vivre.<strong>La</strong> lutte démesurée entre <strong>de</strong>ux extrêmes nous impose une vocationfondamentale. Nous restons détachés <strong>de</strong> ce mon<strong>de</strong> si nousne reconnaissons pas la <strong>de</strong>stitution, la <strong>de</strong>struction réciproque
10 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>impitoyable. Cependant, nous sommes très proches du mon<strong>de</strong>et <strong>de</strong> la nature lorsque nous reconnaissons la force sociale édifiante<strong>de</strong> l’entrai<strong>de</strong> et <strong>de</strong> la solidarité. Personne n’est exclu ; nousavons la foi que tous les hommes, quels qu’ils soient, serontrassemblés, grâce à leur sens intime <strong>de</strong> solidarité et <strong>de</strong> servicemutuel. Nous sommes convaincus que tous les hommes, aussibas qu’ils aient pu sombrer, ont encore une étincelle <strong>de</strong> lumièreau fond <strong>de</strong> leur cœur. Notre foi nous assure que cette étincelleréunira tous les êtres humains dans le vaste océan <strong>de</strong> lumière<strong>de</strong> la communauté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Souvent, nous entendons dire qu’il est faux d’essayer d’établirprématurément quelque partie du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. C’est vrai.Nous ne <strong>de</strong>vons pas, et ne pouvons pas, nous les êtres humains,hâter ce que <strong>Dieu</strong> veut faire. Cependant, en disant que c’estmal <strong>de</strong> forcer quelque chose, on tend à dissimuler son manque<strong>de</strong> foi en le Saint-Esprit. Nous ne pouvons certainement pasanticiper le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ; personne ne doit ni ne peutanticiper ce que <strong>Dieu</strong> lui-même veut accomplir. Mais <strong>Dieu</strong>peut envoyer quelque chose <strong>de</strong> son royaume. Il envoie le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est l’avant-coureur du royaume futur,l’avant-coureur qui hâte l’avènement du règne <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Les souffrances du mon<strong>de</strong> ont tourmenté beaucoup <strong>de</strong> cœurs,et ainsi ces personnes se sont soulevées et ont su qu’un jour lajustice triompherait. Mais Jésus est le seul qui ait implanté ennous, non seulement la soif <strong>de</strong> la justice, mais en plus il nousdonne le royaume qui embrasse tout avec sa clarté et sa justice– et Il nous montre le chemin qui y mène.L’Etat et l’église qui le supporte sont relativement ce qu’il y a<strong>de</strong> mieux dans le domaine <strong>de</strong>s ténèbres. Le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>
11 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>ne viendra que lorsque ces biens relatifs seront renversés. Lebien absolu c’est le festin <strong>de</strong>s noces <strong>de</strong> l’Agneau (Apocalypse19.7-9). Il n’est pas nécessaire d’essayer d’imaginer sous quelleforme ce sera. Les <strong>de</strong>scriptions littérales et les images exactesne nous intéressent pas. Ce qui nous concerne c’est que la joieet l’unité <strong>de</strong> ce festin soit visible sur tout l’horizon. <strong>La</strong> terreentière sera une seule Eglise du Christ, tout l’univers participeraau festin <strong>de</strong>s noces, et la paix règnera sur la terre. Le Christsera partout présent ! Notre vie en communauté existe en vued’être fidèle dans l’attente <strong>de</strong> ce jour et <strong>de</strong> travailler fidèlementvers ce jour. Chaque mariage, chaque festin <strong>de</strong> noces en seraun symbole. Chaque repas <strong>de</strong> communauté sera un symbole etun signe <strong>de</strong> fraternité.Le Christ accomplit toutes choses, car Il a déjà tout accompli.Une joie infinie nous est donnée si nous nous détournons<strong>de</strong> notre vie passée, dans le pardon si nous tournons une autrepage avec courage et détermination. C’est la joie <strong>de</strong> l’Evangile– la joie <strong>de</strong> l’Esprit-Saint, la joie en <strong>Dieu</strong>, qui embrasse toutdans la vie– parce qu’elle provient du <strong>Dieu</strong> infini (Philippiens4.4-5). C’est la joie <strong>de</strong> l’assurance que ce bonheur appartient àtous, et que l’avenir appartient à <strong>Dieu</strong>.<strong>La</strong> venue du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, lorsque Jésus rendra la terre <strong>de</strong>nouveau à <strong>Dieu</strong>, en son cœur – au jour d’une nouvelle création– ce sera différent. Notre prière monte vers <strong>Dieu</strong> pour qu’ill’accomplisse. Nous ne pouvons pas le faire, même avec notrefoi. <strong>Dieu</strong> seul le peut.Un réveil doit venir ; quelque chose d’encore plus grand doitvenir. Pouvez-vous le comprendre ? Pouvez-vous imaginerquelque chose d’encore plus grand que les premiers temps
12 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>apostoliques ? Ce sera le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> – et il transformerale mon<strong>de</strong> entier.
Jésus et le serment sur lamontagneNous <strong>de</strong>vons constamment être absorbés par la personne<strong>de</strong> Jésus : qui Il est, ce qu’Il a dit, comment Il a vécu,comment Il est mort, et que signifie Sa résurrection. Il nousfaut comprendre et assimiler le contenu <strong>de</strong>s paroles du Sermonsur la Montagne (Mathieu 5-7) et <strong>de</strong>s paraboles, <strong>de</strong> façon àreprésenter au mon<strong>de</strong> ce qu’Il a représenté dans Sa vie.<strong>La</strong> substance du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> est clairement définie dansle Sermon sur la Montagne, et dans l’Oraison dominicale, etaussi dans ces paroles : « Entrez par la porte étroite ! » Cecisignifie : « ...tout ce que vous voulez que les hommes fassentpour vous, faîte-le <strong>de</strong> même pour eux. » (Mathieu 7.12) Cesparoles sont généralement négligées. Vous entrez par cetteporte seulement si vous faite pour tous ce que vous <strong>de</strong>man<strong>de</strong>zà <strong>Dieu</strong> pour vous ; et cela signifie : justice sociale absolue, etle maintien <strong>de</strong> la paix du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Nous sommes <strong>de</strong>senvoyés du futur royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, serviteurs d’une seule loi :la loi <strong>de</strong> l’Esprit du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.
14 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Le Sermon sur la Montagne nous dit comment ceci estréalisé. Celui qui est franc et honnête distingue clairement lechemin <strong>de</strong>vant lui. Certainement ce chemin n’est pas praticablesans la grâce. Jésus l’indique quand Il parle <strong>de</strong> l’arbre et <strong>de</strong>la sève, la force vivante <strong>de</strong> l’arbre à propos du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Puis Il parle du sel : le caractère essentiel, la nature parfaitementnouvelle qui nous est communiquée en Christ et en leSaint-Esprit. Ainsi Jésus nous dit, « Si votre justice ne surpassecelle <strong>de</strong>s scribes et <strong>de</strong>s pharisiens vous n’entrerez pas dans leroyaume <strong>de</strong>s cieux. En même temps Il dit : « Préoccupez-vousd’abord du Royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et <strong>de</strong> la vie juste qu’il <strong>de</strong>man<strong>de</strong>,et <strong>Dieu</strong> vous accor<strong>de</strong>ra aussi tout le reste. » (Mathieu 6.33)<strong>La</strong> nouvelle vie consiste à être immergé dans l’Esprit-Saint.Son influence embrassera le mon<strong>de</strong> entier. Il nous faut avoirla foi que nous vivons dans un temps <strong>de</strong> grâce. L’arbre doits’étendre sur toute la terre. L’humanité entière se réunira sousses branches à l’abri <strong>de</strong> cet arbre <strong>de</strong> vie.Ce n’est pas assez <strong>de</strong> reconnaître que Jésus est l’ami <strong>de</strong> noscœurs ; il nous faut prouver notre amour – et Jésus nous ditcomment le faire : « Si vous m’aimez, vous gar<strong>de</strong>rez mes comman<strong>de</strong>ments.» ( Jean 14.15)Se préparer pour le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ne signifie pas s’arrêter<strong>de</strong> manger ni <strong>de</strong> boire ni <strong>de</strong> rejeter le mariage ; se préparer pourle royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> signifie : vivre dès maintenant commeon vivra dans le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> (tout en reconnaissant lessignes <strong>de</strong>s temps). Mais quel sera le signe <strong>de</strong> l’Avènementdu royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ? Mathieu et Marc nous le disent : « Ilenverra ses anges, qui, au son éclatant <strong>de</strong> la trompette, rassemblerontses élus <strong>de</strong>s quatre vents, <strong>de</strong>puis une extrémité<strong>de</strong>s cieux jusqu’à l’autre extrémité » (Mathieu 24.31 et Marc
15 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>13.27). Voilà le signe du retour du Christ. Le rassemblementest le signe <strong>de</strong> Jésus-Christ : « …combien <strong>de</strong> fois j’ai voulu rassemblertes enfants comme une poule rassemble ses poussinssous ses ailes. » (Mathieu 23.37)Jésus dit que vos paroles doivent être vos actions, votre foi enl’avenir doit être votre vie présente. Le salut <strong>de</strong> Jésus-Christ doitêtre votre vie ! Ainsi vous aurez l’attitu<strong>de</strong> qui correspond à lavérité envers tous et toutes choses. Vous ne pourrez pas juger, carvous sentirez que l’injustice sociale ruine la vie ; vous serez conscients<strong>de</strong> la culpabilité qui est la cause <strong>de</strong> la déca<strong>de</strong>nce morale.Alors vous prendrez soin <strong>de</strong> ne pas exposer les choses les plussaintes <strong>de</strong>vant les yeux et les oreilles <strong>de</strong> ceux qui ne comprennentpas. Vous ferez tout votre possible pour que votre prochainait tout ce que vous avez vous-mêmes. Avez-vous une <strong>de</strong>meureet un compte en banque ? Eh bien ! Ai<strong>de</strong>z les autres à en avoir<strong>de</strong> même. Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pourvous, faîtes-le <strong>de</strong> même pour eux. Aimez votre prochain commevous-mêmes. Voilà la vérité et la réalité ; c’est la réalité <strong>de</strong> Jésus.Et aussitôt après, il nous dit d’entrer par la porte étroite. Evitezla porte large, le chemin spacieux, les compromis. Prenez gar<strong>de</strong><strong>de</strong>s faux prophètes. Ils parlent <strong>de</strong> paix et <strong>de</strong> travailler pour lapaix, mais ils sont prisonniers <strong>de</strong> la nature rapace <strong>de</strong> l’argent, <strong>de</strong>Mammon ; prisonniers du mensonge, et <strong>de</strong> l’impureté. Celuiqui ne s’est pas séparé <strong>de</strong> Mammon ne doit pas parler <strong>de</strong> paixou il sera un faux prophète. Mammon est le meurtrier <strong>de</strong>puis lecommencement. Celui qui n’a pas rompu avec lui ne doit pasparler <strong>de</strong> paix, parce qu’il participe à la guerre continue qui ruineles pauvres par la richesse <strong>de</strong> ses propriétaires.Jésus conclut avec ce défi : cela ne sert à rien d’entendre cesparoles si vous ne les transformez pas en actes. Le palais <strong>de</strong> paix
16 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>le plus somptueux s’écroulera, s’il ne représente pas parfaitementla volonté <strong>de</strong> Jésus. L’appel <strong>de</strong> Jésus pénètre jusqu’au centre <strong>de</strong>notre cœur : abandonne tout et suis-moi, « Vends tout ce que tuas, donne- le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puisviens et suis-moi ! » (Mathieu 19.21 ; Luc 5.27)Notre expérience du salut personnel doit aller la main dansla main avec l’expectative concrète pour le mon<strong>de</strong> entier.Autrement nous ne sommes pas tout à fait en unisson avec<strong>Dieu</strong>. Nous sommes en unité avec lui seulement si nous partageonsles intérêts <strong>de</strong> ce <strong>Dieu</strong> tout-puissant et secourable. Dansce cas seulement sommes-nous véritablement en unité.Qui sont les bienheureux <strong>de</strong>s Béatitu<strong>de</strong>s ? Ce sont ceux quise tiennent <strong>de</strong>vant <strong>Dieu</strong> et le Saint-Esprit comme <strong>de</strong>s mendiants– ceux qui sont <strong>de</strong>venus <strong>de</strong>s mendiants, dans le sens matérielet spirituel. Ce sont ceux qui n’ont aucun bien, aucune grâce.Seuls les misérables savent combien celui qui a faim et soif esttourmenté par ce désir. Voici pourtant quels sont les véritablesbienheureux : ceux dont la faim et la soif <strong>de</strong> la justice lesharcèlent ; ils portent en leur cœur une douleur profon<strong>de</strong>, ilsboivent la coupe <strong>de</strong> la souffrance jusqu’à la lie, comme Jésus l’afait. De même que Jésus a porté la souffrance du mon<strong>de</strong> et ladétresse extrême <strong>de</strong> l’abandon <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, ainsi les bienheureuxsont ceux qui souffrent jusqu’au sacrifice à <strong>de</strong>ux doigts <strong>de</strong> la mort,à cause <strong>de</strong> la misère du mon<strong>de</strong>. Leur cœur est pur et radieux,car leur cœur bat juste pour la cause <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ; leur cœur est enunité avec le cœur <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ; ils vivent du fin fond <strong>de</strong> leur cœurcomme <strong>Dieu</strong> vit du fin fond <strong>de</strong> son cœur. Ainsi ils sont ceux quiapportent la paix dans un mon<strong>de</strong> tourmenté et corrompu.Le Nouveau Testament nous dit que la foi ne dépend pas <strong>de</strong>ssignes et <strong>de</strong>s miracles. Jésus dit, même, qu’ils doivent rester
17 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>secrets. On se raccroche trop facilement aux miracles. Jésusnous avertit donc <strong>de</strong> ne pas en parler ou <strong>de</strong> les montrer. Ilveut que les hommes atteignent une foi qui ne dépen<strong>de</strong> pas <strong>de</strong>signes et <strong>de</strong> miracles. (Luc 8.56)Parmi les premiers chrétiens on ne trouve nulle part la lumièrefroi<strong>de</strong> <strong>de</strong> la compréhension intellectuelle, toujours occupéeà analyser et à différencier. Au contraire, on trouve parmieux l’Esprit qui anime leurs âmes et enflamme leurs cœurs(Colossiens 2.8-10).Tout dépend <strong>de</strong> ceci : Crois-tu en Christ ? Aimes-tu leChrist ?A quoi cela sert-il <strong>de</strong> se lamenter sur ses péchés ? Croireen Jésus-Christ, et aimer Jésus-Christ, voilà ce qui importe.Si nous sentons que le mon<strong>de</strong> malheureux s’effondre, et queles paroles – foi, dignité humaine, per<strong>de</strong>nt leur sens – noussommes alors convaincus qu’il n’y a qu’une seule personne quicompte, celui qui se nomme : le Fils <strong>de</strong> l’homme ! Il ne nousreste plus que le Christ. (Philippiens 3.8).Il ne me reste rien d’autre, auquel je puisse me raccrocher,en vue <strong>de</strong> ma vie et ma mort, à l’égard <strong>de</strong> mon prochain et <strong>de</strong>tous ceux qui me sont chers, rien d’autre à quoi se fier à l’égarddu Bru<strong>de</strong>rhof, et absolument rien d’autre auquel je puisse mecramponner à l’égard d’un mon<strong>de</strong> en train <strong>de</strong> périr. Il me fautle confesser : Je n’ai absolument rien que le Christ seul.
Le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> – que signifient ces paroles ? Leroyaume est une image <strong>de</strong> l’Etat. Un royaume est l’ordred’un peuple au travail, et dans ses relations sociales réciproques.Un royaume est le rassemblement d’un peuple dans la justiceet la solidarité. Le prophète Esaïe perçoit une telle structured’Etat lorsqu’il prédit le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> (Es 9.6-7). Un telEtat existe seulement là où on rencontre l’engagement enversla justice permanente <strong>de</strong>s relations humaines et un ordre nouveau<strong>de</strong> toutes les circonstances et conditions <strong>de</strong> l’être humain.Ainsi Jésus nous montre un chemin où <strong>Dieu</strong> seul s’imposeet ça c’est unique ! Les autres n’ont là rien à dire. On a bienraison <strong>de</strong> parler <strong>de</strong> la souveraineté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ! <strong>Dieu</strong> seul règne !<strong>Dieu</strong> seul est le Seigneur ! Voici le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> !Nous savons bien que ce royaume n’a pas encore gagné <strong>de</strong>forme dans le mon<strong>de</strong> d’aujourd’hui. Il n’y a pas que <strong>Dieu</strong> quiaît une gran<strong>de</strong> puissance. En outre, les gran<strong>de</strong>s puissances<strong>de</strong>s gouvernements ont encore beaucoup à dire, et il en est <strong>de</strong>même avec le mensonge et l’impureté. Le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>n’est pas encore ici-bas, s’il en était ainsi, rien d’autre n’auraitd’importance.
19 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Nous le savons : cela ne peut prendre place qu’au travers<strong>de</strong> l’intervention personnelle <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> en Jésus-Christ, avec lerenouveau du mon<strong>de</strong>, la nouvelle création <strong>de</strong> la Terre. L’ApôtrePierre nous dit : « Les cieux enflammés seront dissous et leséléments embrasés se fon<strong>de</strong>ront ! Or, nous attendons selon sapromesse <strong>de</strong> nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justicehabite » (2 Pierre 3.12-13). Et Jean l’Evangéliste nous dit quedans ce nouveau royaume la terre sera tellement changée quele soleil ne sera plus nécessaire car « la gloire <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> l’éclaire »(Apocalypse 21.23).Je crois vraiment que <strong>de</strong>s radiations lumineuses sont venues<strong>de</strong> Jésus, et beaucoup les ont reçues avec reconnaissance, àl’égard <strong>de</strong> leur guérison et <strong>de</strong> leur salut personnel ; mais alorsils furent satisfaits et leur désir s’est assouvi ; et ils étaientbienheureux d’avoir trouvé le salut, tandis que c’est justementlà où tout <strong>de</strong>vait commencer. En effet Jésus nous dit qu’il nousfaut être né <strong>de</strong> nouveau pour être incorporé dans le royaume<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et Il nous montre ce que cela implique.C’est là que l’intérêt décline. On cherche toujours une confirmation<strong>de</strong> la grâce obtenue, au lieu <strong>de</strong> dire : Cette expériencesubjective m’a été donnée <strong>de</strong> façon à ce que je reçoive une clartéabsolue à propos du Christ entier et du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, lumièrequi me permet <strong>de</strong> vivre conformément au royaume.Si le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> est autant présent que futur, alors lecroyant doit maintenant vivre une vie correspondant réellementau royaume futur. Sa vie doit <strong>de</strong> même correspondre à lavie historique <strong>de</strong> Jésus-Christ. Jésus-Christ est le même, hier,aujourd’hui et pour toute l’éternité. Il nous faut être en unitéavec sa vie et son avenir, en menant dès maintenant une vie enaccord avec la vie comme elle sera dans le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.
20 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Le langage puissant <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> dans l’histoire du présent <strong>de</strong>vraitsûrement donner une vision nouvelle et plus ample aux personnesqui veulent assigner au royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> une place au<strong>de</strong>hors <strong>de</strong> l’histoire actuelle <strong>de</strong> l’humanité entière, comme si leroyaume n’était que pour quelques convertis ! En vue <strong>de</strong> la gravitécroissante <strong>de</strong>s temps actuels, il est impérieux pour tous ceuxqui croient en la vérité, <strong>de</strong> rechercher dans les Ecritures quellessont les conditions du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et quels seront ses effets.Il nous faut être imprégné <strong>de</strong>s vérités bibliques du royaume <strong>de</strong><strong>Dieu</strong>, afin <strong>de</strong> pouvoir remarquer et reconnaître les signes dutemps, et d’être trouvés fidèles à son retour (Mathieu 16.3).L’administration <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, son <strong>de</strong>ssein pour son royaume doitavoir une expression bien définie dans la structure économique<strong>de</strong> l’église-communauté. Ainsi, même le moins discriminant<strong>de</strong>vra sentir qu’il trouvera ici quelque chose <strong>de</strong> l’amour et <strong>de</strong>la joie que le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> accor<strong>de</strong>ra à toute l’humanité àla fin <strong>de</strong>s temps (Ephésiens 1.10 ; 3.9-11). Alors nous pouvonsrépondre à la question : ce chemin est-il le seul à choisir afinque le royaume vienne sur terre ? Nous répondons : ce n’est pasle chemin que nous choisissons pour le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> surterre, mais c’est un chemin qui nous vient <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. L’économie<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> pour l’humanité, que <strong>Dieu</strong> présente à l’humanité, est leseul chemin possible, et le chemin supérieur. Nous-mêmes, nousne connaissons pas <strong>de</strong> chemin qui mène à la justice <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Le seul chemin possible est lorsque <strong>Dieu</strong> se donne lui-mêmeà nous. Ceci prend place dans l’église-communauté lorsquel’effusion du Saint-Esprit nous apporte la réalisation concrète<strong>de</strong> l’église céleste. Ainsi cette Eglise maternelle, Eglise vierge,Eglise promise, vient à nous et perfectionne toute la vie, y-comprissa structure économique, parmi nous, (Actes 2.1-4 ; 4.32-37).
21 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> est visible partout où Jésus est présent.Voila pourquoi la première lettre <strong>de</strong> Jean commence avec cetémoignage : « …ce que nous avons entendu, ce que nousavons vu <strong>de</strong> nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nosmains ont touché, concernant la parole <strong>de</strong> vie ; car la vie a étémanifestée. Nous vous l’annonçons à vous aussi, afin que voussoyez vous-mêmes en communion avec nous. Or nous sommesen communion avec le Père et avec Son Fils Jésus-Christ… »Les évènements mêmes, nous montrent que le royaume doitêtre proclamé, la souveraineté <strong>de</strong> Jésus-Christ doit être clairementrévélée. Cela explique la question posée à Jean : Pourquoitoutes ces questions ? Il s’agit simplement <strong>de</strong> regar<strong>de</strong>r ce qui sepasse, d’entendre ce qui est dit et <strong>de</strong> l’accepter. Voici ce qui sepasse : « Les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent,les lépreux sont nettoyés, les sourds enten<strong>de</strong>nt, les morts ressuscitent.» (Mathieu 11.5)Jésus répond au Baptiste : Si vous vouliez croire ce qui sepasse actuellement, le Christ vous serait révélé, votre questionà propos du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> serait répondue. Voici ce qu’estla foi, la foi apostolique. Et parce que Jean le Baptiste ne pouvaitsaisir cette foi, Jésus a dit à ses disciples : « … parmi ceuxqui sont nés <strong>de</strong> femmes, il n’en a pas été suscité <strong>de</strong> plus grandque Jean-Baptiste ; toutefois celui qui est le plus petit dans leroyaume <strong>de</strong>s cieux est plus grand que lui. » (Mathieu 11.11)Car le plus petit dans le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, le plus simple dansl’église, celui-là comprend ce qui se passe, grâce à sa foi …Les apôtres allèrent dire au peuple : Maintenant la parole <strong>de</strong>sprophètes se réalise. Maintenant vous voyez que ça se passe ! AJérusalem une église-communauté s’établissait. Le royaume <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> approchait ; la guérison par la foi en témoignait. Quandl’histoire <strong>de</strong>s apôtres fut écrite, on la nomma Les Actes <strong>de</strong>s
22 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Apôtres, parce qu’elle décrivait ce que les apôtres avaientaccompli, et ce qui se passait grâce à eux. C’est un rapport <strong>de</strong>smêmes pouvoirs miraculeux, <strong>de</strong>s mêmes actes et évènementsqui prirent place dans la vie <strong>de</strong> Jésus. Là aussi la proclamationdu royaume fut la chose décisive. Et parce que le royaume <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> s’était approché, beaucoup <strong>de</strong> signes et <strong>de</strong> miracles furentaccomplis.
Le nouvel ordreincarné
L’église-communautéL’Appel au rassemblementL’humanité se trouve dans un état <strong>de</strong> misère infinie, parcequ’elle est tombée dans un état d’hostilité. L’humanité est lacérée,déchirée. Cette désintégration nous montre sinistrementcombien la froi<strong>de</strong>ur <strong>de</strong>s cœurs et l’hostilité sont avancées dansune humanité divisée.Il n’en a pas toujours été ainsi ; à l’origine <strong>de</strong> l’humanité, àl’heure <strong>de</strong> sa naissance, la paix régnait entre les êtres humainset avec <strong>Dieu</strong>. Il n’y a aucun doute : le paradis est le berceau <strong>de</strong>l’humanité (Genèse 2.8-15).Le paradis – qu’est-ce que c’est ? Le paradis, c’est la paix :Le concours <strong>de</strong> toutes les forces vers un but commun, dans unmême esprit, un même accord : voilà le secret <strong>de</strong> la paix. Ici,comme dans un prisme, les différentes couleurs se réunissentdans le blanc pur du soleil, afin <strong>de</strong> rayonner <strong>de</strong> nouveau dansles couleurs riches du spectre solaire. Voici la paix qui manifestel’accord <strong>de</strong> toutes les forces et <strong>de</strong> tous les talents misau service <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Voici la paix que l’humanité a connue àl’origine <strong>de</strong> la création.
25 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Ainsi nous lisons que l’homme reçut la tâche <strong>de</strong> cultiver et<strong>de</strong> préserver la terre, <strong>de</strong> donner un nom à tout ce qui avait étécréé et <strong>de</strong> dominer sur les animaux (Genèse 2.15,19 ; 1 :26-28). L’humanité n’a pas encore dépassé ce but. <strong>La</strong> tâche reçueau paradis n’est pas encore accomplie. Pourtant, <strong>de</strong>puis le commencement,l’humanité reçut la tâche <strong>de</strong> vivre en paix et enharmonie dans le travail commun et la fraternité créative.Partout le mon<strong>de</strong> s’effondre ; il s’effrite et se décompose. Ilpasse par un procédé <strong>de</strong> désintégration. Le mon<strong>de</strong> est mourant.Au milieu <strong>de</strong> ce temps terrifiant le Christ établit l’église-citédans le mon<strong>de</strong> par le Saint-Esprit : l’église-cité avec son unitéinconditionnelle ( Jean 17.11-23 ; Mathieu 15.14). C’est laseule façon <strong>de</strong> pouvoir ai<strong>de</strong>r le mon<strong>de</strong> : qu’il y ait une place <strong>de</strong>rassemblement, une volonté <strong>de</strong> se joindre ensemble, volontéd’unité absolue, qui ne connaît aucun doute.L’Apôtre Paul nous dit que toutes les nations seront rassembléesdans cette Eglise ; les barrières et les murs qui séparentles races, les nations, les classes, les rangs et les individusseront démolis (Colossiens 3.11). Non seulement le mon<strong>de</strong>entier sera conquis pour <strong>Dieu</strong> mais l’église révèlera une vied’unité parfaite .Nous vivons dans un temps <strong>de</strong> danger extrême pour le mon<strong>de</strong>.Il est donc urgent <strong>de</strong> se déci<strong>de</strong>r à accepter le don que <strong>Dieu</strong>nous offre : une vie d’unité au sein <strong>de</strong> l’église-communauté.Nous ne sommes pas simplement une société pour coloniser,pour former d’autres établissements et d’autres villages(comme s’il n’y en avait pas déjà assez), où les gens habitentaussi près les uns <strong>de</strong>s autres, mais en vérité aussi loin les uns<strong>de</strong>s autres que partout ailleurs. Ce n’est pas non plus notre but
26 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong> créer une communauté <strong>de</strong> la race humaine ou <strong>de</strong> rassemblerbeaucoup <strong>de</strong> personnes, telles qu’elles soient, pour vivre encommun.Si nous voulions former une communauté basée sur lerespect réciproque, chacun aurait pu rester où il était. Les personnesici ne sont ni meilleures ni plus mauvaises qu’ailleurs.Il n’aurait pas été nécessaire <strong>de</strong> venir au Bru<strong>de</strong>rhof simplementpour y trouver <strong>de</strong>s relations réciproques. Nous aurionspu trouver ceci n’importe où. Mais ceci aurait été un écheccomplet, car tout essai basé sur l’état présent <strong>de</strong> l’humanité faitfaillite dès le début et doit échouer.Comment l’Eglise a-t-elle été établie ?l’église-communauté originelle n’aurait pas pu être édifiée parun être humain. <strong>La</strong> plus belle performance d’un orateur, aussidoué qu’il soit ou l’enthousiasme le plus enflammé n’auraitjamais pu effectuer l’éveil <strong>de</strong>s milliers en la personne <strong>de</strong> Jésus-Christ ou la vie unifiée <strong>de</strong> l’église originelle. Les amis <strong>de</strong> Jésusen étaient très conscients ; le Ressuscité ne leur avait-il pascommandé d’attendre à Jérusalem l’accomplissement <strong>de</strong> lagran<strong>de</strong> promesse (Luc 24.49). Jean avait baptisé tous ceux quil’avaient écouté. L’église originelle allait être pénétrée et remplie<strong>de</strong> l’Esprit du Christ (Actes 2.1-2).Les apôtres reçoivent l’ordre <strong>de</strong> rester à Jérusalem jusqu’à cequ’ils soient revêtus du pouvoir d’en haut. C’est l’établissement<strong>de</strong> l’église, qui à son tour est seulement rendu possible par lefait <strong>de</strong> la résurrection. En effet que fut la première déclaration<strong>de</strong>s apôtres ? Jésus <strong>de</strong> Nazareth, celui que vous avez tué, <strong>Dieu</strong>l’a ramené à la vie (Actes 2.22-24).
27 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Voici ce qui comptait : les apôtres <strong>de</strong> Jésus ont soudain puvivre <strong>de</strong> telle façon dans le cœur <strong>de</strong>s personnes présentes, queles paroles <strong>de</strong>s apôtres correspondirent au principe fondamental,à leur langue maternelle et à leur <strong>de</strong>stination ultime ; ilspurent ainsi l’accepter dans leur for intérieur. Ce qui comptaitc’était que la multitu<strong>de</strong> fut pénétrée du même esprit dont parlaientles apôtres ; ainsi ils eurent la même expérience grandiose(Actes 2.4-11).Ce ne fut ni un cas d’hypnose ni <strong>de</strong> force <strong>de</strong> persuasionhumaine – mais le peuple subit l’action <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> sur lui-même ;il fut irrésistiblement pénétré <strong>de</strong> son Esprit. A ce moment, laseule âme collective véritable prit une forme visible ; l’unitéorganique du mystérieux Corps du Christ, l’église-communauténaquit...A ce réveil <strong>de</strong> la Pentecôte, tous ceux qui avaient eu cesexpériences, ensemble, émirent ce cri résonant d’une seulevoix : « Nous les entendons parler dans nos diverses langues<strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s œuvres <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ! » (Actes 2.11). Il s’agissait eneffet <strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s œuvres <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et uniquement <strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>sœuvres <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> : en vue d’établir son royaume, <strong>Dieu</strong> embrassaittout l’univers, avec la nature <strong>de</strong> ses actes grandioses enverstous les peuples et toute l’humanité avec son message <strong>de</strong> justice<strong>de</strong>stiné à toutes les nations. Voici ce que fut la Pentecôte.Lorsque les meurtriers <strong>de</strong> Jésus se trouvèrent face à face avecle Christ vivant, ils furent confrontés avec la vérité absolue.Alors ils sentirent leur besoin du pardon pour leur péché,leur pauvreté d’esprit et <strong>de</strong> cœur, que seul le don du Saint-Esprit pouvait satisfaire. <strong>La</strong> première réaction à cette influencedécisive <strong>de</strong> l’Esprit fut la question qui suscita ce cri <strong>de</strong> leurscœurs : « Frères, que <strong>de</strong>vons-nous faire ? » (Actes 2.37).
28 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Le résultat fut une transformation complète <strong>de</strong> leur natureinnée, une réforme <strong>de</strong> leur vie. En fait, c’était le même changement<strong>de</strong> cœur et <strong>de</strong> conduite que Jean le Baptiste avait proclamécomme étant la première condition requise pour lagran<strong>de</strong> révolution à venir, le renversement total <strong>de</strong> toutes lesvaleurs. On ne peut pas séparer ou exclure le renouveau personnel<strong>de</strong> cette transformation totale en Christ.Ce qui importe c’est la communauté, communauté sous lerégime <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, en accord avec le royaume prophétique <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> – qu’est-il ? Il est la communauté en<strong>Dieu</strong>, communauté dans la justice <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, justice <strong>de</strong>vant<strong>Dieu</strong> c’est-à-dire justice en <strong>Dieu</strong>, une justice sociale qui faitpartie <strong>de</strong> la communauté fraternelle. Aime <strong>Dieu</strong> ! Aime tonprochain ! Voici la justice (Mathieu 22.37-40). Tu dois aimer<strong>Dieu</strong> à tel point que tu sois « un » avec lui ! Tu dois aimer tonprochain <strong>de</strong> telle façon que tu sois « un » avec lui ! Jésus prieainsi : A travers la vie <strong>de</strong> ses disciples, que le mon<strong>de</strong> puisse Lereconnaître et savoir ce qu’est l’amour. Seule la parfaite unité<strong>de</strong> ses disciples rend cela possible. <strong>La</strong> justice, la paix, et la joieaffluent ensemble dans l’unité parfaite <strong>de</strong> l’église-communautéet du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.C’est avec ce but en vue que Jésus est mort et revenu à la vie,toutes ses paroles furent prononcées et toutes ses actions furentaccomplies avec ce but en vue. C’est ainsi que l’unité spirituellefut réalisée aussitôt après l’effusion du Saint-Esprit dans cesjours que nous appelons la Pentecôte. C’est ainsi que les premierschrétiens furent unis. Ils furent unis dans l’enseignement<strong>de</strong>s apôtres. Ils savaient que l’Esprit-Saint avait été donné auxapôtres et que le Saint-Esprit leur avait été aussi donné. Il y
29 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>eut donc une unité parfaite entre eux et les apôtres dans lacompréhension <strong>de</strong> la vérité.Et si nous sommes en unité avec le même Esprit <strong>de</strong> la révélation<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, alors nous sommes en unité avec l’époque apostoliqueet son témoignage <strong>de</strong> l’église-communauté, et avec lesécrits <strong>de</strong>s apôtres et <strong>de</strong>s prophètes. Voici notre position enversla Bible, car la Bible est une confession <strong>de</strong> l’Esprit d’unité <strong>de</strong><strong>Dieu</strong>.Nous sommes strictement en opposition à l’ordre présent <strong>de</strong> lasociété. Nous <strong>de</strong>vons représenter un ordre tout autre. Cet autreordre c’est l’église-communauté, comme elle était à Jérusalemlors <strong>de</strong> l’effusion du Saint-Esprit. Là, la multitu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s croyants<strong>de</strong>vint un seul cœur et une seule âme ; ils <strong>de</strong>vinrent uneunité. Cette unité se manifesta au niveau social par une fraternitéabsolue ; au niveau économique en communauté totale<strong>de</strong>s biens, sans propriété privée, libre <strong>de</strong> toute coercition. Ainsinous nous savons avoir la même tâche envers l’ordre socialprésent ; ceci nous mettra nécessairement en conflit. Nous nepouvons certainement pas exiger cela <strong>de</strong> quelqu’un, à moinsque, conscient <strong>de</strong> la gran<strong>de</strong>ur du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> par-<strong>de</strong>ssustout, il n’eut reçu la conviction innée qu’il n’existe pour luiaucune autre voie que celle-ci.Nous célébrons l’effusion du Saint-Esprit, et le début <strong>de</strong> lacommunauté totale <strong>de</strong>s biens, car cela signifie pour nous quele Paradis est <strong>de</strong> nouveau placé au milieu d’un mon<strong>de</strong> hostile.Jésus a ouvert ce combat spirituel contre l’injustice <strong>de</strong>Mammon, contre l’impureté <strong>de</strong>s relations humaines, et contrele meurtre et la guerre. Ainsi l’église <strong>de</strong> Jésus-Christ estplacée dans ce mon<strong>de</strong> pour être un havre <strong>de</strong> paix, <strong>de</strong> joie, et <strong>de</strong>justice, un lieu d’amour et d’unité. Voici la vocation <strong>de</strong> l’église,
30 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>et voici pourquoi l’Apôtre nous dit : Le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> n’estpas une affaire <strong>de</strong> nourriture et <strong>de</strong> boisson : s’abstenir <strong>de</strong> certainesnourritures ; il consiste en la justice, la paix et la joie quedonne le Saint-Esprit (Romains 14.17). C’est <strong>de</strong>venu réalité àJérusalem ! Au temps <strong>de</strong> Jésus le Saint-Esprit fut accordé aupetit cercle <strong>de</strong>s douze apôtres. A Jérusalem ce fut réalisé parmi<strong>de</strong>s milliers <strong>de</strong> personnes avec une force qui rayonna dans toutle mon<strong>de</strong>, accessible à cette époque.Les siècles suivants, cette mission ne fut jamais perdue. Salumière brilla en Asie Mineure ; elle pénétra jusqu’au Sud <strong>de</strong>la France, jusqu’aux Alpes méridionales, en Afrique du Nord,dans l’Italie du nord, le long du Rhin, jusqu’en Hollan<strong>de</strong> eten Angleterre, en Moravie, en Bohême, ainsi que les Alpesocci<strong>de</strong>ntales. Cette communauté <strong>de</strong> partage total rayonnadans chaque siècle. Cette étincelle sacrée <strong>de</strong>vint une flammear<strong>de</strong>nte qui ne fut jamais éteinte ; et elle ne s’éteindra jamais.Car le Saint-Esprit ne se retirera pas <strong>de</strong> la terre avant que lacréation entière n’ait célébré la victoire du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ;avant que la paix, la justice, et la joie <strong>de</strong> l’amour et <strong>de</strong> l’unité nerègnent dans le mon<strong>de</strong> entier.Seule l’unité <strong>de</strong> l’église-communauté permet au mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>connaître la mission <strong>de</strong> Jésus. Mais cette unité <strong>de</strong> l’église doitse traduire en communauté totale. Jésus nous dit combien cetteunité entre lui et son Père est parfaite. Et c’est la prière <strong>de</strong> Jésuspour nous, que nous soyons <strong>de</strong> même en unité parfaite ( Jean17.21-22). Y a-t-il encore : le mien et le tien, entre nous ?Non ! Ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi.Tout ce qui nous est donné appartient à chacun selon l’Esprit<strong>de</strong> l’église. Ainsi nous avons premièrement la communauté <strong>de</strong>sbiens spirituels ; si nous avons ces biens en commun – les plus
31 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>importants – comment pouvons-nous refuser le partage <strong>de</strong>sbiens temporels ?L’autorisation pour la missionPour cette mission on doit recevoir l’autorisation et il doit yavoir une station centrale <strong>de</strong> soutien qui supporte et donnel’ai<strong>de</strong> nécessaire, la corrective, et le renforcement <strong>de</strong> l’autoritéintérieure. Cette station c’est l’église-communauté. Finalementce n’est même pas l’église-communauté d’ici-bas, mais c’est laJérusalem céleste, notre mère à tous (Galates 4.26). Cette Cité<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> envoie ses rayons <strong>de</strong> lumière aux petits groupes réunisdans la foi sur la terre. Plus ils sont unis, d’autant plus peuvent-ilsrecevoir pleins pouvoirs.C’est une gran<strong>de</strong> chose que <strong>de</strong> provoquer quelqu’un et <strong>de</strong> luidire ceci et cela à propos du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Mais c’est encorebeaucoup plus important, lorsqu’un fait historique est présentéau mon<strong>de</strong> qui sera marqué au fer rouge dans les dossiers <strong>de</strong>l’histoire, témoignage inoubliable <strong>de</strong> la vérité <strong>de</strong> l’Evangile.C’est beaucoup plus important que nos efforts limités à essayer<strong>de</strong> convertir quelques individus, s’il nous est permis <strong>de</strong> prendrepart à cet acte historique ; s’il nous est permis dans un mon<strong>de</strong>armé jusqu’aux <strong>de</strong>nts, hostile, menteur et injuste, <strong>de</strong> suivre lavoie <strong>de</strong> l’amour, <strong>de</strong> la paix, et <strong>de</strong> la justice ; <strong>de</strong> pouvoir marcherd’un pas ferme, sans se troubler, sans se laisser influencer, aumilieu du déferlement déchaîné <strong>de</strong>s évènements historiques,et <strong>de</strong> représenter cette voie avec notre vie. Voici la vraie vocation<strong>de</strong> l’église-communauté.
32 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>L’ambassa<strong>de</strong> <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>L’église-communauté reconnaît que les gran<strong>de</strong>s puissancesqui dominent le mon<strong>de</strong> présent sont indispensables à cause <strong>de</strong>l’injustice qui règne dans le mon<strong>de</strong>. Mais ce qui est confié àl’église-communauté est tout à fait différent du régime <strong>de</strong> cespouvoirs qui lui sont aliénés. Ces différentes principautés ounations ont leur ambassa<strong>de</strong> à Paris, Petersburg, Berlin et autrescapitales. L’endroit où rési<strong>de</strong> l’ambassa<strong>de</strong> est sacro-saint, extraterritorial.Cette ambassa<strong>de</strong> n’est pas sujette aux lois <strong>de</strong> ces paysrespectifs, mais uniquement aux lois <strong>de</strong> son propre pays.Il en est <strong>de</strong> même avec l’ambassa<strong>de</strong> <strong>de</strong> Jésus-Christ dansl’église, au travers du Saint-Esprit. Ici il s’agit uniquement <strong>de</strong>la loi du royaume ultime. L’église du Christ ne doit donc passimplement se subordonner et se soumettre aux lois <strong>de</strong> l’Etatprésent. Elle doit les respecter mais elle ne doit pas leur êtresubjuguée comme un esclave (Acte 5.27-29).Au vingtième siècle aussi ceci est plus vrai que jamais : « Maisétroite est la porte, difficile est le chemin qui mène à la vie, etpeu nombreux sont ceux qui les trouvent. » (Mathieu 7.14)Toutefois ce n’est pas seulement un chemin ; ce n’est pas seulementun sentier qui monte, c’est déjà une cité sur la colline quiest visible pour tous. Et parce qu’elle est visible pour tous, elleest très importante, aussi pour ceux-là qui ne veulent pas prendrece chemin et ne veulent pas entrer dans la cité. Car ils yvoient quand même la possibilité, et ainsi leur regard est dirigévers le royaume futur. Ils se disent : Oui, si l’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong>scendait sur nous tous ainsi, alors nous vivrions ensembledans la paix, l’unité, et la justice (Mathieu 5.14-16). Voilàle service que nous <strong>de</strong>vons rendre au mon<strong>de</strong>, et c’est la conséquencepratique <strong>de</strong> suivre Jésus.
33 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>Dieu</strong> est patient avec l’humanité. Il a interposé l’église dans lemon<strong>de</strong> <strong>de</strong> façon à ce que beaucoup puissent être interpellés,afin que dans ces temps d’épreuves, un monument vivant dédiéà sa patience soit édifié au milieu du mon<strong>de</strong>, représentant lacommunauté <strong>de</strong> la Croix. <strong>La</strong> communauté <strong>de</strong> la Croix nousmontre ce que cela signifie <strong>de</strong> mourir avec lui, et ceci ne peutêtre vécu que dans l’humilité <strong>de</strong> l’église durant l’intérim <strong>de</strong> laCroix du Christ et du second avènement du Christ.
L’unité et le Saint-EspritL’église-communauté doit <strong>de</strong>venir une Eglise-cité sur lacolline, dont la lumière brille <strong>de</strong> ses fenêtres et éclaire lemon<strong>de</strong>, afin que le mon<strong>de</strong> puisse reconnaître qu’il existe uneEglise-cité unifiée ! ‘(Mathieu 5.14-16) Voici l’appel <strong>de</strong> Jésusen notre temps : que <strong>de</strong> telles Eglise-communautés existent,qui rayonnent dans le mon<strong>de</strong> et lui révèle cette lumière d’unité,<strong>de</strong> justice, <strong>de</strong> paix et <strong>de</strong> joie en le Saint-Esprit.L’unanimité est possibleNous ne sommes pas optimistes à propos <strong>de</strong> la politiqueglobale ; mais nous avons la foi que le témoignage d’unité<strong>de</strong> l’église-communauté est le meilleur service rendu àl’humanité : la communauté totale et l’unanimité totale sontpossibles ; possibles grâce à la foi en <strong>Dieu</strong>, en Christ, et en leSaint-Esprit. Voici la tâche <strong>de</strong> notre vie.L’unanimité totale est la condition <strong>de</strong> toute entreprise <strong>de</strong>la communauté <strong>de</strong> travail (que ce soit la construction d’unemaison ou autre chose). Cette unité ne peut avoir lieu qu’autravers <strong>de</strong> la foi, lorsque <strong>Dieu</strong> dit la même chose à chacun parson Esprit. Cet accord ne provient pas <strong>de</strong> quelque persuasion
35 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>humaine ou <strong>de</strong> l’effort <strong>de</strong> convaincre les autres ; mais l’accord,l’unanimité provient seulement <strong>de</strong> l’exhortation <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> à traversle Saint-Esprit. Cet Esprit-Saint nous assure non seulement<strong>de</strong> notre salut – qu’il nous a acceptés – mais son encouragementnous donne aussi une assurance dans les petits détails<strong>de</strong> la vie, qu’il s’agisse <strong>de</strong> l’achat d’un pré ou quoi que ce soit.L’unanimité est le premier signe.Le second signe, c’est le travail lui-même. Généralementon travaille pour supporter sa famille ; instinct naturel et sain<strong>de</strong> l’être humain. Mais bien souvent la seule raison du travailque l’on fait est en vue <strong>de</strong> gagner son pain. Pour le reste lavie est indépendante du travail. Nous combattons cette attitu<strong>de</strong>.De la même façon qu’il <strong>de</strong>vrait y avoir une bonne ententeentre nous tous, <strong>de</strong>vrait-il y avoir aussi une certaine harmonieentre le travail et la vocation (Colossiens 3.17, 23) ; il nous fautdévouer toutes nos forces et tous nos talents à ce travail dansl’Esprit <strong>de</strong> l’Eglise.L’unité et non pas l’uniformitéSeulement si nous sommes <strong>de</strong> bonne volonté, avec un cœurouvert et sincère, trouverons-nous l’unanimité dans nos convictions.Cela n’a jamais été gênant lorsque <strong>de</strong>s personnessont venues représentant <strong>de</strong>s idées différentes <strong>de</strong>s nôtres ; aucontraire cela est plus fructueux que <strong>de</strong> ne jamais entendre<strong>de</strong>s idées opposées aux nôtres. Nous croyons qu’un échanged’idées peut nous ai<strong>de</strong>r à reconnaître une vérité plus élevée,grâce à un Esprit qui n’a pas son origine en nous-mêmes. Caralors, même si nos opinions sont diverses, nous serons unisdans la vérité ultime ; chacun apportera et retrouvera, l’élément<strong>de</strong> vérité qu’il a retiré <strong>de</strong> ses convictions antérieures. Plus nos
36 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>antécé<strong>de</strong>nts sont variés, d’autant plus riches seront les fruits <strong>de</strong>cette diversité. <strong>La</strong> conviction unanime n’est jamais le résultat<strong>de</strong> la persuasion. Seul l’Esprit-Saint avec son pouvoir <strong>de</strong> persuasionintime nous conduit <strong>de</strong> la liberté d’opinions à l’unité<strong>de</strong>s convictions et à la communauté véritable.C’est une chose remarquable lorsqu’une décision est priseunanimement. C’est le contraire d’une décision <strong>de</strong> majorité.L’unanimité signifie que personne n’est en opposition ou endésaccord, même pas en secret (1Corinthiens 1.10).C’est une obligation sérieuse que <strong>de</strong> croire à l’unité. Et justementce qu’il y a <strong>de</strong> terrible c’est la dissension parmi les soidisantchrétiens ; non seulement parmi les différentes Eglises,mais aussi parmi ceux qui se veulent sérieusement être chrétiens.Et cela ne sert absolument à rien <strong>de</strong> se promettre <strong>de</strong>gar<strong>de</strong>r le silence sur les questions <strong>de</strong> désaccord. On se dit souvent: Aujourd’hui dans la réunion <strong>de</strong> prière à l’église je sersmon <strong>Dieu</strong> ; mais les autres jours au travail je vis pour moimêmeet pour ma famille. Mais où est alors l’unité et l’accor<strong>de</strong>n soi-même et donc avec les autres ?Il n’existe rien <strong>de</strong> plus grand et <strong>de</strong> plus élevé que la parfaiteunité. Voici le secret <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, la joie et l’unité en son Espritcréateur. <strong>La</strong> question se pose : Croyons-nous réellement en<strong>Dieu</strong> ? Avons-nous la foi que son Esprit d’unité triomphera etqu’il triomphe déjà, à condition que nous voulions seulement<strong>Dieu</strong> et sa volonté ?Ce n’est pas un lien humainParce que la flamme <strong>de</strong> l’autre mon<strong>de</strong> nous pénètre et nouscomble, nous pouvons dire avec certitu<strong>de</strong> que cela ne nous
37 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>suffit pas d’être en unité en pensées et opinions ; cela ne noussuffit pas d’avoir un but commun et utiliser toute notre énergiepour l’atteindre ; ou encore d’éprouver une expérience commune<strong>de</strong> vibrations intenses. Nous savons que quelque chose<strong>de</strong> tout à fait différent doit s’emparer <strong>de</strong> nous, qui va noussoulever et nous détacher <strong>de</strong> ce niveau purement humain.De même que les rayons <strong>de</strong> soleil illuminent continuellementnotre planète, <strong>de</strong> même que l’éclair <strong>de</strong>scend vers nousdans la foudre, ainsi un élément doit <strong>de</strong>scendre parmi nousqui ne provient pas <strong>de</strong> nous-mêmes. Cet élément ne provientpas <strong>de</strong> nos sentiments les plus nobles ou les plus pieux. Cedoit être quelque chose qui vient sur nous, qui nous bouleverse,que nous ne pouvons pas nous conférer l’un à l’autre.Nous témoignons <strong>de</strong> cet élément qui nous comble, qui effectueen nous une unité <strong>de</strong> conscience et nous apporte un accordparfait dans nos pensées, nos expériences émotives, et notrevolonté (Ephésiens 3.14-19).On pourrait <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r comment l’église, l’église céleste, agitsur la vie <strong>de</strong>s personnes ici-bas, sur terre. Il n’y a qu’une seuleréponse que nous donne la foi : l’Esprit <strong>de</strong> l’église <strong>de</strong> Jésus-Christ <strong>de</strong>scend sur la terre ; l’Esprit agit sur l’église constamment,<strong>de</strong> la même façon qu’à Jérusalem à la première effusiondu Saint-Esprit sur toute chair. Partout où l’église <strong>de</strong>scend sur laterre dans la réalité du Saint Esprit il se produit un impact sociologique,comme ce qui se passa à Jérusalem lors <strong>de</strong> la Pentecôte.Le Saint-Esprit rassembleIl s’agit d’un fait réel : <strong>Dieu</strong>, qui a créé toute chose – et rien <strong>de</strong>ce qui existe n’a été créé sans lui – <strong>Dieu</strong> a envoyé son Esprit-
38 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Saint sur la terre à tous les êtres humains. L’Esprit saint veutles rassembler et les réunir. Jésus a été placé parmi les êtreshumains par cet Esprit, et il a témoigné à son tour <strong>de</strong> ce pouvoir<strong>de</strong> rassemblement en disant : « Combien <strong>de</strong> fois ai-je désirérassembler ta population auprès <strong>de</strong> moi comme une poule rassembleses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu »(Mathieu 23.37). Et Jésus fut enlevé <strong>de</strong> force par ceux qui nevoulaient pas se laisser rassembler ; Jésus fut tué par l’esprit quidisperse, par le pouvoir qui désassemble (Mathieu 12.30).Pourtant Jésus vivant revint parmi les siens : « Commele Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » … « Recevezle Saint-Esprit ! Ceux à qui vous pardonnerez leurs péchésobtiendront le pardon ; ceux à qui vous refuserez le pardon nel’obtiendront pas. » ( Jean 20.21-22) ; (Mathieu 18.18). Dès cemoment-là, tous les cœurs saisis par cet Esprit cherchaient à serassembler. Ils furent tout d’abord ensemble dans l’expectativeet dans la tension douloureuse <strong>de</strong>s évènements passés, et ilsattendirent <strong>de</strong> longues semaines. Et cette expectative ar<strong>de</strong>ntefut et continue à être la condition préalable <strong>de</strong> l’unité totale.L’unité parfaite n’est pas réalisée par une coalition d’espritshumains, dans l’union <strong>de</strong>s entités spirituelles que chacun porteen soi-même. Au contraire l’unité parfaite a lieu uniquementgrâce à la <strong>de</strong>scente et l’irruption <strong>de</strong> cet Esprit, qui n’est pas unesprit humain.Nous <strong>de</strong>mandons au Saint-Esprit que l’église <strong>de</strong> lumière etd’amour <strong>de</strong> tous les siècles – et <strong>de</strong> toute l’éternité – rayonne surnous et que nous soyons en unité parfaite avec elle. Nous prionsque l’Esprit unifiant vienne vers nous avec tous ses pouvoirset nous enflamme. Nous prions : <strong>de</strong> notre humble positionque nous puissions servir là où l’Esprit nous conduit, selon
39 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>sa volonté et non pas la nôtre – comme si nous pouvions nousceindre nous-mêmes – nous désirons servir là où <strong>Dieu</strong> le veut,notre <strong>Dieu</strong> qui gouverne l’histoire supra-humaine <strong>de</strong> tous lesmon<strong>de</strong>s. Nous prions d’être conduits <strong>de</strong> telle manière que le feuqu’Il a allumé en nous, puisse accomplir sa tâche.Nous <strong>de</strong>vons approfondir notre respect <strong>de</strong>vant la réalité duSaint-Esprit, <strong>de</strong> façon à ce que les petites affaires sans conséquences<strong>de</strong> nos intérêts personnels, <strong>de</strong> notre santé, <strong>de</strong> nosbesoins émotifs soient consumées comme par une flammear<strong>de</strong>nte. Tout dépend <strong>de</strong> ceci : lorsque l’heure sublime viendra,y aura-t-il une génération qui en soit digne ? En ce quiconcerne l’humanité, il n’y a qu’une seule chose digne <strong>de</strong> lagran<strong>de</strong>ur du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> : c’est d’être prêts à mourir, <strong>de</strong>sacrifier notre vie. Cependant il nous faut le manifester dansle train-train quotidien, autrement nous ne pouvons pas faireface à l’heure critique du tournant <strong>de</strong> l’histoire.Ce dont nous avons besoin dans notre vie commune actuelle,c’est <strong>de</strong> nous détacher <strong>de</strong> toutes nos opinions propres, <strong>de</strong> surmonternos sentiments mesquins, et <strong>de</strong> renoncer à toutes nosobservations purement personnelles : la crainte, le souci, lemanque <strong>de</strong> confiance, en peu <strong>de</strong> mots, le manque <strong>de</strong> foi. Et aulieu <strong>de</strong> tout ceci nous <strong>de</strong>vons avoir une foi qui bien que faible,a autant <strong>de</strong> force qu’un grain <strong>de</strong> moutar<strong>de</strong> (Luc 17.6). Nous nenécessitons rein <strong>de</strong> plus et rien <strong>de</strong> moins. Cette foi est activeen Christ et en son Esprit-Saint parmi nous. Nous avons senticela, mais nous n’avons pas vécu en conséquence. Quand leSaint-Esprit a été forcé <strong>de</strong> se retirer, parce que nous l’avonsaffligé et chassé, parce que nous l’avons traité sans respect,parce que nos affaires nous étaient plus importantes que leSaint-Esprit – alors il ne nous reste plus que la prière : Que
40 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Ton jugement vienne sur nous dans Ta gran<strong>de</strong> miséricor<strong>de</strong>. Etnous voulons croire que ce jugement <strong>de</strong> compassion, et cettecompassion du jugement nous préparent enfin pour la mission; afin que libérés et détachés <strong>de</strong> tout ce qui est personnel,nous <strong>de</strong>venons disponibles pour la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Au-<strong>de</strong>là du personnel<strong>La</strong> piété personnelle est très répandue, mais malheureusementelle est restreinte à ce qui pourrait être appelée une expériencepurement religieuse, qui ne tient pas <strong>de</strong>vant <strong>Dieu</strong>. Un grandnombre <strong>de</strong> ces mouvements, exclusivement religieux, est apparuces <strong>de</strong>rnières années ; ils se restreignaient à l’évangélisation, laconfession personnelle <strong>de</strong> la foi, à l’expérience personnelle <strong>de</strong>notre Sauveur et à une sanctification uniquement personnelle.Bien que nous nous réjouissions <strong>de</strong> la nouvelle ar<strong>de</strong>ur <strong>de</strong>ces mouvements, <strong>de</strong> leur expérience du pardon <strong>de</strong>s péchés à laCroix, et <strong>de</strong> leur amour envers Jésus, il nous faut dire : l’amour<strong>de</strong> Jésus et la signification <strong>de</strong> sa mort sur la Croix ne peuventpas être pleinement compris, s’ils se restreignent à l’expérienceindividuelle et subjective du salut. Depuis longtemps on apu prévoir le désastre résultant <strong>de</strong> l’influence <strong>de</strong> la théologiemo<strong>de</strong>rne. Il est vrai que ceci nous a montré quelque chosed’important : <strong>Dieu</strong> est totalement autre que tous les mouvements<strong>de</strong> salut personnel ou <strong>de</strong> réforme sociale. Mais ensoulignant cette différence il y eut le danger d’éloigner le<strong>Dieu</strong> vivant, au mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’au-<strong>de</strong>là, et <strong>de</strong> réduire ou mêmesupprimer, la responsabilité sociale.Il est vraiment chrétien <strong>de</strong> proclamer la bonne nouvelle dupécheur pardonné, maintenant capable <strong>de</strong> vivre une vie purifiée<strong>de</strong> façon à appartenir toujours plus au Christ. Le Nouveau
41 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Testament, au fait, toute la Bible en parle (Colossiens 1.28).Nous sommes donc reconnaissants <strong>de</strong>s mouvements duRenouveau qui inspirent le désir d’être purifié par Jésus leursauveur en vue <strong>de</strong> servir <strong>Dieu</strong>. De telles vagues <strong>de</strong> Réveil intérieurréapparaissent <strong>de</strong> temps en temps, et c’est une grâce. Noussommes reconnaissants <strong>de</strong> ce que beaucoup <strong>de</strong> frères et sœursont été touchés par le Christ dans <strong>de</strong>s mouvements semblables.Il est quand même important d’observer que l’abord purementpersonnel, à la longue, n’est pas satisfaisant. Un christianismebasé sur l’expérience <strong>de</strong> l’âme individuelle ne peut être fécond.<strong>La</strong> révélation <strong>de</strong> l’Esprit ne tolère aucune limite, aucune barrière,encore moins une séparation entre le spirituel et le matériel.Le Saint-Esprit est un Esprit créateur ; il recherche la voiequi mène du cœur <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> jusqu’au mon<strong>de</strong> matériel. Nouscroyons que la volonté du Saint Esprit se manifestera dansune vraie communauté tout particulièrement dans les chosesmatérielles, y compris le travail <strong>de</strong> l’homme avec la matière.Nous avons la foi que l’unité <strong>de</strong> l’Esprit se manifeste dansles aspects soi-disant extérieurs <strong>de</strong> l’existence, <strong>de</strong> même quedans notre for intérieur. <strong>La</strong> foi désire être active dans l’amour ;ceci signifie que la foi avec l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’amour veut transformerla matière dans le sens et l’acception du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et<strong>de</strong> sa justice. Ainsi, notre unité doit s’étendre <strong>de</strong> même surtout ce qui est purement matériel. Ainsi, plus nous sommesinspirés par l’Esprit, plus nous pourrons subjuguer nos problèmespratiques.Si nous vivons d’après notre ancienne nature nous ne pouvonsrien représenter <strong>de</strong> parfait, même avec une profon<strong>de</strong> orientationvers la Bible. Mais dans la nouvelle création, en Christ, en son
42 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Esprit, partout où son Esprit est présent, sans avoir été altéréou déformé, la communauté in<strong>de</strong>structible existe parmi leshommes. Que celui qui en est capable le saisisse ! <strong>La</strong> vérité<strong>de</strong> la Bible n’est pas intellectuelle ou logique. <strong>La</strong> vérité est au<strong>de</strong>là<strong>de</strong> la logique. <strong>La</strong> vérité est seulement donnée à ceux quicroient, « à ceux qui ont cet Esprit. » (1 Corinthiens 2.12-13)Voici ce dont il s’agit : Nous voulons croire que l’effusiondu Saint-Esprit sera <strong>de</strong> plus en plus accordée à l’église. Nousvoulons croire que Jésus viendra parmi nous, qu’il nous ouvrirason cœur pour que nous puissions vivre comme lui et avoirune influence sur la société comme lui. Nous voulons essayerd’accomplir cette tâche dans son Etat futur ; d’être une correctiveau sein <strong>de</strong> la société, grâce au Christ inhérent en nousmêmes.Nous voulons oser vivre la vie <strong>de</strong> son amour dans lemon<strong>de</strong>, abandonnant tout privilège, même le droit <strong>de</strong> propriétéet <strong>de</strong> notre propre personne. Nous voulons, entièrement vulnérables,suivre Jésus.
<strong>La</strong> communauté<strong>La</strong> communauté <strong>de</strong>s biens fondée surl’amourJésus nous a montré ce que l’amour signifie : l’amour ne connaîtaucune limite ; l’amour ne se retire jamais, même si lescirconstances semblent arrêter son élan. Rien n’a été impossibleet rien n’est impossible à la foi <strong>de</strong> l’amour ; « L’amourpermet <strong>de</strong> tout supporter, il nous fait gar<strong>de</strong>r en toute circonstancela foi, l’espérance et la patience (1Corinthiens 13.7-8). Ainsi l’impulsion d’amour <strong>de</strong> Jésus ne se laisse aucunementinfluencer par la propriété privée. Lorsqu’il rencontra lejeune homme riche, Jésus le regarda avec amour et lui dit : « Ilte manque une chose ; va, vends tout ce que tu as et donnel’argent aux pauvres … ; puis viens et suis-moi. » (Marc 10.21)<strong>La</strong> première Eglise à Jérusalem a immédiatement distribuétous ses biens. Aussitôt après l’effusion du Saint-Esprit personnene put gar<strong>de</strong>r ce qu’il possédait. L’amour les a incités àtout placer aux pieds <strong>de</strong>s apôtres. Avec l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> sept frères quiavaient été choisis, les apôtres ont tout distribué (Actes 6.2-6).L’amour du Christ nous incite à abandonner nos possessions
44 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>et à vivre en communauté totale <strong>de</strong>s biens (Actes 4.32-37).Cela porte atteinte aux fon<strong>de</strong>ments mêmes <strong>de</strong> notre égoïsme.Donner aussi son manteau lorsqu’on <strong>de</strong>man<strong>de</strong> seulement laveste, c’est agir conformément au véritable amour. Mais ce quiest encore mieux c’est <strong>de</strong> donner la <strong>de</strong>uxième heure <strong>de</strong> travailquand on nous a <strong>de</strong>mandé seulement une heure (Mathieu5.38-42). <strong>La</strong> lutte contre la propriété privée présume une lutteplus radicale contre l’intérêt personnel, l’égoïsme, l’amour propreet l’égocentrisme.<strong>La</strong> religion et la piété ne servent à rien si elles ne se manifestentpas par <strong>de</strong>s actes, en vraie communauté (1 Jean 3.17-18). Jésus dit : Aime <strong>Dieu</strong> et le second comman<strong>de</strong>ment estd’une importance semblable : Tu dois aimer ton prochaincomme toi-même. Il n’existe pas d’amour vrai pour <strong>Dieu</strong>, s’iln’y a pas d’amour véritable pour notre prochain et inversement(Mathieu 22.36-39). C’est aussi notre expérience. <strong>La</strong> communautéest possible, grâce à l’Esprit qui nous vient <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Et lorsque cet Esprit nous remplit, l’amour du prochain et lacommunauté parfaite sont parmi nous.<strong>La</strong> communauté ne peut être édifiée parl’hommeIl est vrai que <strong>Dieu</strong> est à l’œuvre parmi les hommes. Toutefoisaussitôt que cette vérité est exagérée jusqu’au point <strong>de</strong> croireuniquement en nous-mêmes et en notre prochain, nous faisonsfausse route. Il nous faut croire en <strong>Dieu</strong> <strong>de</strong> telle façon que cen’est pas la personne, elle-même qui importe, mais que <strong>Dieu</strong> seulnous importe, et ainsi nous nous réunissons en soumission à savolonté. Alors la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> peut agir sur nous et à travers
45 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>nous ; nous <strong>de</strong>venons pour ainsi dire, transparents comme unmiroir et notre propre vie humaine perd son importance : seulel’action <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> est ce qui importe. Je suis convaincu que la vieen communauté ne peut exister autrement. Une seule personne,même la plus humble et la plus dévouée, ne peut pas établir unecommunauté <strong>de</strong> ses propres forces (2 Corinthiens 12.9).Notre foi en <strong>Dieu</strong> ne provient pas du désir <strong>de</strong> notre proprecœur. <strong>Dieu</strong> seul est la base sur laquelle la communauté reposeet doit son existence. Nous ne pouvons pas dire que nous ayonsacquis cette base ; il n’en est pas ainsi, nous n’en sommes pasles propriétaires. Nous n’avons pas <strong>de</strong> possessions religieuses,ce que nous avons nous est donné tous les jours <strong>de</strong> nouveau.Nous exprimons franchement cette pensée effrayante : nouspouvons perdre notre foi et la base <strong>de</strong> la communauté d’unjour à l’autre. Nous pouvons seulement dire : c’est la grâce <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> qui nous a établi sur cette base. En effet, notre foi neprovient pas <strong>de</strong> nos qualités naturelles. Le Saint-Esprit doitnous y conduire.Nous ne possédons rien ; et si nous avons pensé que nousavons la communauté, eh bien, nous avons vu que nous nel’avons pas. Il est bien que nous l’ayons vu. <strong>La</strong> communautéexiste uniquement en Christ et en son Esprit vivifiant. Si nousl’oublions et que nous perdons son influence – alors c’est finiavec l’église-communauté ( Jean 15.5).L’église invisible peut-elle <strong>de</strong>venir visible ?L’église invisible doit <strong>de</strong>venir visible. A cette fin, le travail encommun, les repas en commun et la communauté <strong>de</strong>s bienssont nécessaires. L’église du Christ est partout active, bien
46 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>qu’invisible, partout où les gens soient saisis par l’Esprit duChrist. Pourtant la communauté totale <strong>de</strong>s biens est unereprésentation visible <strong>de</strong> cette unité invisible <strong>de</strong> l’Esprit, nonseulement dans le domaine religieux, mais aussi dans tous lesdomaines <strong>de</strong> la vie.Les flots <strong>de</strong> l’unité issus <strong>de</strong> la source <strong>de</strong> puissance <strong>de</strong> l’Espritse répan<strong>de</strong>nt dans tous les domaines <strong>de</strong> la vie. Premièrementdans les rapports <strong>de</strong> cœur à cœur entre les frères et sœurs dansla communauté et dans tout ce qui nous entoure. <strong>La</strong> communauté<strong>de</strong> l’Esprit <strong>de</strong>vient communauté d’éducation et communauté<strong>de</strong> travail, et naturellement la communauté <strong>de</strong> travail<strong>de</strong>vient communauté <strong>de</strong>s biens, sans propriété privée, carle mobile principal <strong>de</strong> notre vie c’est l’amour. L’amour c’est lajoie que l’on a les uns envers les autres. <strong>La</strong> joie, jaillissant <strong>de</strong> lasource profon<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’unité, nous incite à tout donner. Donnerune somme d’argent n’est rien à côté du don <strong>de</strong> soi-même et<strong>de</strong> toute son énergie (Luc 9.23-24). <strong>La</strong> richesse provient <strong>de</strong>sbiens <strong>de</strong> la terre et du travail humain. Nous partageons les<strong>de</strong>ux, les biens <strong>de</strong> la terre et le travail.Mais malgré cela, nous ne voulons pas vivre dans l’égoïsmecollectif d’une communauté pour notre propre satisfaction ; aucontraire, nous témoignons : Il est possible <strong>de</strong> vivre en communauté! Nous témoignons <strong>de</strong> cette réalité : nous vivons encommunauté ! Et nous témoignons <strong>de</strong> la source <strong>de</strong> cette réalité: le futur royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Voici quels sont les obstacles <strong>de</strong> la vie en communauté : la susceptibilité,le dogme, l’amour-propre, et l’égocentrisme. C’est unpoison mortel d’avoir une opinion élevée <strong>de</strong> soi-même en secomparant aux autres (Philippiens 2.3). Celui qui pense ainsi estincapable <strong>de</strong> vivre en communauté. Il ne pourra jamais saisir l’unité
47 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong> la gran<strong>de</strong> cause ; c’est là le point essentiel. Naturellement c’estdéjà quelque chose <strong>de</strong> penser à l’autre et d’essayer <strong>de</strong> voir ce qu’ily a <strong>de</strong> positif en lui. C’est trop facile d’exagérer les fautes d’autruiet d’oublier que l’on est soi-même une personne faible. On ne<strong>de</strong>vrait pas toujours vouloir corriger les autres. Il vaut mieux êtreréconcilié avec l’imperfection humaine.Est-ce la volonté <strong>de</strong> dieu <strong>de</strong> vivre encommunauté ?Un <strong>de</strong> nos hôtes nous a <strong>de</strong>mandé : pensez-vous vraiment quele Bru<strong>de</strong>rhof est la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ?Eberhard : non pas le Bru<strong>de</strong>rhof, mais la communautétotale. Ce que nous avons reconnu comme étant important,c’est la vie que Jésus a vécue avec ses disciples, et la vie <strong>de</strong>la première Eglise à Jérusalem. En outre, nous considérons laparole prophétique <strong>de</strong> l’Ancien Testament comme étant uneinjonction <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> <strong>de</strong> <strong>de</strong>voir vivre dans l’église-communauté(Psaumes 133) dans la paix, la justice, et la joie, comme le ditaussi l’Apôtre Paul (Romains 14.17). Notre vie entière doitsimplement montrer le chemin en toute humilité.Nous croyons en la compassion <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> envers tous les êtreshumains. Et ainsi nous ne cherchons pas à ce que tout le mon<strong>de</strong>fasse partie du Bru<strong>de</strong>rhof. Nous nous réjouissons cependantà propos <strong>de</strong> chacun désirant faire partie <strong>de</strong> la communauté.Jamais ne dirions-nous : celui qui ne vient pas avec nous estperdu. Mais c’est justement notre tâche envers l’humanité quinous oblige à vivre en communauté jusqu’à la fin <strong>de</strong> notre vie.Cette tâche ne dépend pas du tout du nombre <strong>de</strong> personnesqui viennent partager notre vie en communauté. Cette tâcheest simplement : vivre <strong>de</strong> telle manière que l’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>
48 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>soit révélé dans notre vie en commun comme unité <strong>de</strong> façonconcrète et positive. On a raison <strong>de</strong> souligner ces paroles tellementimportantes dans la Bible : « <strong>Dieu</strong> est amour », car nousen sommes convaincus, et on peut aussi dire à l’inverse : Là oùl’amour véritable existe, <strong>Dieu</strong> est là (1 Jean 4.8, 11-12).Il nous est donc clair que cet amour signifie l’unité et lacommunauté, l’entrai<strong>de</strong> et le service mutuel ; le renoncementdu ‘mien’ et la joie en son prochain ! Ainsi l’amour <strong>de</strong>vientunité ! Et nous pouvons dire : <strong>Dieu</strong> est Unité. Celui qui<strong>de</strong>meure dans l’amour <strong>de</strong>meure en <strong>Dieu</strong> et <strong>Dieu</strong> <strong>de</strong>meure enlui (1 Jean 4.16).Evasion du mon<strong>de</strong> ?Nous avons commencé à vivre en communauté à cause <strong>de</strong>l’ampleur <strong>de</strong> la misère autour <strong>de</strong> nous. Nous n’avons pasquitté la cité en vue <strong>de</strong> nous retirer du mon<strong>de</strong>. Nous n’avonspas recherché la montagne, apparemment si isolée, en vued’échapper à notre responsabilité envers la société. Mais nouscroyons que notre concentration en communauté est peut-êtrela meilleure façon d’avoir une influence sur la société en général; et c’est encore aujourd’hui le premier et le <strong>de</strong>rnier mobile<strong>de</strong> notre vie en communauté ( Jean 17.20-23).Nous sommes toujours surpris quand on entend dire quenous ne vivons plus dans le mon<strong>de</strong>, parce que nous vivonsau Bru<strong>de</strong>rhof ou dans une autre communauté. Nous vivonsau milieu du mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> même que n’importe qui. Nous nesommes pas <strong>de</strong>s fantômes, mais <strong>de</strong>s êtres <strong>de</strong> chair et <strong>de</strong> sangcomme les autres ici-bas sur la terre. Nous aussi nous <strong>de</strong>vons<strong>de</strong>man<strong>de</strong>r d’être préservés du mal dans le mon<strong>de</strong>, autrementnous sommes perdus ( Jean 17.15-16). Cette erreur provient
49 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>d’une spiritualisation <strong>de</strong>s paroles <strong>de</strong> Jésus qui révèle un espritperfi<strong>de</strong>. Cela déguise le réalisme <strong>de</strong> la Bible dans la pénombredu <strong>de</strong>mi-jour.<strong>La</strong> réalisation <strong>de</strong> la parole <strong>de</strong> l’Apôtre « Que personne necherche son propre intérêt, mais plutôt celui <strong>de</strong>s autres »(1Corinthiens 10.24) peut seulement être accomplie dans unecommunauté <strong>de</strong> plein dévouement où règne le partage total <strong>de</strong>sbiens. Certainement la possession <strong>de</strong>s biens en commun ne doitpas représenter un égoïsme collectif. Ce ne doit pas <strong>de</strong>venir uneentreprise en commun pour le bénéfice <strong>de</strong> ses membres ou uneaffaire commerciale pour le profit <strong>de</strong> quelques compagnons. Aucontraire, toute propriété <strong>de</strong> la communauté doit être dédiée auservice <strong>de</strong> tous, au service <strong>de</strong> la communauté du royaume futur<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> <strong>de</strong>stiné à toute l’humanité, au service <strong>de</strong> la foi qui setourne vers l’humanité entière avec un christianisme positif.Le pouvoir <strong>de</strong> l’argentAu paradis d’où l’homme a chuté, il s’est approprié ce que<strong>Dieu</strong> ne lui avait pas <strong>de</strong>stiné, mais ce que le Diable lui a donné.L’appropriation <strong>de</strong>s biens est l’origine du péché. Convoiterquelque chose pour soi, voilà le caractère essentiel du mal ;c’est l’histoire <strong>de</strong> la pomme (bien que la Bible ne parle pasd’une pomme). Et justement ce que l’homme a reçu <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> :la communauté avec lui, l’homme l’a dédaigné, l’homme l’arejeté. Ce que <strong>Dieu</strong> lui a donné, il l’a méprisé. Il s’est emparé<strong>de</strong> ce que <strong>Dieu</strong> ne lui avait pas <strong>de</strong>stiné. Ainsi Mammon 1 , c’estle Diable « Vous ne pouvez pas servir à la fois <strong>Dieu</strong> et l’argent(Mathieu 6.24).1« Mammon » provient du mot araméen mamona, ce qui veut dire probablementles richesses ou du profit ; souvent traduit comme argent en Mathieu 6.24.
50 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Le mal n’est pas seulement une idée, c’est une réalité. <strong>La</strong> mortet ce qui conduit à la mort – à la <strong>de</strong>struction, à la méfiance, à laséparation, à la division – c’est le mal. <strong>La</strong> prostitution est subversiveet ses effets sont la déchéance. Le mal n’est pas simplementl’absence du bien, <strong>de</strong> se tenir à l’écart <strong>de</strong> la vie <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ;c’est une erreur <strong>de</strong> penser que le mal est uniquement une négationdu bien, un manque, une déficience. <strong>La</strong> mort est une puissance,le Mammon est une puissance. L’argent est une personnification<strong>de</strong> Satan, c’est le Diable incarné. Il en est <strong>de</strong> mêmeavec le meurtre et l’impureté, c’est une puissance qui existe etqui a un pouvoir énorme ( Jean 8.44). Si l’argent n’était riend’autre qu’un échange <strong>de</strong>s biens <strong>de</strong> la terre et du travail <strong>de</strong>shommes, ce ne serait alors rien <strong>de</strong> mal. Mais ce n’est pas vraid’affirmer que l’argent n’est qu’un moyen d’échange, au contraire,c’est un moyen d’acquérir du pouvoir. Voilà ce qui estsatanique : l’argent a du pouvoir sur les êtres humains. Au seind’une communauté on n’a pas besoin d’argent. Si on vit réellementen communauté, l’argent est absolument inutile ; l’argentest l’antithèse <strong>de</strong> la communauté.Au début à Sannerz, il y eut <strong>de</strong>s moments d’immaturité, lorsquenotre petite communauté eut l’intention <strong>de</strong> donner à chacunun peu « d’argent <strong>de</strong> poche. » Aujourd’hui nous savonsque gar<strong>de</strong>r <strong>de</strong> l’argent séparément <strong>de</strong> la bourse commune, c’estsonner le glas du communisme fraternel.Jésus a ouvert la lutte contre la propriété privée. N’avait-il paslui-même abandonné tout ce qu’il possédait ainsi que tous sesprivilèges, pour prendre le chemin <strong>de</strong> l’amour et du sacrifice(Mathieu 8.20).Il nous a donné l’exemple en ne voulant rien possé<strong>de</strong>r. Dela crèche jusqu’à la croix il fut le plus pauvre. N’amassez pas
51 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong> trésor, n’amassez pas <strong>de</strong> possessions, mettez plutôt <strong>de</strong> côté :l’amour <strong>de</strong> votre prochain. Délaissez les richesses éphémères<strong>de</strong> ce mon<strong>de</strong>, amassez-vous plutôt <strong>de</strong>s richesses éternelles ;alors vous aurez en abondance (Mathieu 6.19-20).Maintenant quelque chose <strong>de</strong> nouveau est exigée <strong>de</strong> vous.On attend <strong>de</strong> vous d’administrer fidèlement cette progéniturematérielle pernicieuse, en d’autres termes : l’argent ; <strong>de</strong> façonà pouvoir faire quelque chose pour le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, mêmeavec cet argent qui nous est aliéné. Cela exige naturellementque l’argent soit utilisé immédiatement. Si vous le donnez, ilest essentiel <strong>de</strong> le donner là où il sera <strong>de</strong> première nécessité,non pas en vue d’accroître le compte en banque d’un hommeriche. Il faut s’en servir pour produire <strong>de</strong> nouveaux atouts quine sont plus souillés <strong>de</strong> Mammon et qui ne sont plus contrairesà l’Esprit, atouts qui puissent passer l’épreuve <strong>de</strong> l’éternité.Lorsque quelqu’un <strong>de</strong>vient conscient <strong>de</strong> son propre péché,un choc glacial le traverse. Il ne peut s’imaginer commentretrouver l’unité avec le cœur du Père et avec l’église <strong>de</strong> Jésus-Christ. Et justement parce que le choc est si grand, et que c’estinconcevable, c’est le moment où la foi prend naissance.Il en est <strong>de</strong> même dans le domaine matériel. Lorsque lapeur nous saisit, et nous nous sentons incapables <strong>de</strong> nous ensortir ; nous ne pouvons pas croire que l’Esprit au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> laterre puisse ainsi contrôler ces circonstances terrestres ; c’estalors que la foi prend naissance. <strong>La</strong> foi est le seul moyen quinous est donné, nous n’en avons pas d’autre (Mathieu 6.24-34). <strong>La</strong> foi c’est la fidélité et la confiance. Le secret <strong>de</strong> la foidans le domaine matériel, rési<strong>de</strong> dans notre façon d’approcherles questions <strong>de</strong> revenus et dépenses en ce qui concerne laferme, la fabrique, la construction <strong>de</strong>s maisons et le travail au
52 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>bureau : nous <strong>de</strong>vons permettre à l’Esprit-Saint <strong>de</strong> nous montrerle chemin à prendre, <strong>de</strong> diriger nos actions. Il nous fautrester sainement conscient <strong>de</strong> notre situation financière, <strong>de</strong>façon à être profondément émus <strong>de</strong> tout ce que <strong>Dieu</strong> accomplitpour nous.<strong>La</strong> communauté est le travailNous croyons en un christianisme actif. Le travail journalieravec les frères et sœurs est le moyen, le meilleur et le plusrapi<strong>de</strong>, <strong>de</strong> savoir si nous sommes prêts à vivre dans une communautéavec un vrai amour et une vraie foi. Le travail estl’épreuve cruciale qui nous montre si notre foi est authentique.<strong>La</strong> foi mise en pratique dans notre vie commune : voilà lesecret qui nous donne un rapport étroit entre notre travail etnotre foi (Colossiens 3.23-24). Beaucoup <strong>de</strong> personnes ontdu mal à trouver ce rapport. Même ceux qui témoignent d’unchristianisme vécu et authentique ont du mal à réconcilier lafoi avec le travail ; ces domaines se séparent et prennent <strong>de</strong>sdirections opposées.On peut vivre intérieurement <strong>de</strong> ses aspirations les plussaintes et essayer <strong>de</strong> s’y tenir, alors que l’aspect pratique <strong>de</strong>notre vie ici-bas s’éloigne <strong>de</strong> plus en plus du Saint-Esprit. Noussommes tous sujets au même danger ; nous ne sommes en riendifférents <strong>de</strong>s autres. Cependant, notre vie dans l’église-communauténous permet d’entrevoir le mystère du rapport <strong>de</strong> ces<strong>de</strong>ux domaines : la foi et le travail, d’une façon tout à fait nouvelle.C’est un rapport très profond, basé sur la foi apostolique :nous croyons en le Créateur <strong>de</strong> la première création autant quenous croyons en Celui qui nous rachète en vue <strong>de</strong> sa nouvellecréation, et nous croyons à l’Esprit qui nous en montre la voie.
53 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>La</strong> prière ne doit jamais supplanter le travail dans le royaume<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et dans son Eglise. Nous <strong>de</strong>mandons à <strong>Dieu</strong> dansnotre prière que sa volonté soit faite sur terre, que sa nature serévèle en actes et que son règne arrive avec l’unité, la justice,et l’amour. Si notre prière est sérieuse et authentique, notrevie sera une vie <strong>de</strong> travail. Si la foi ne se manifeste pas par <strong>de</strong>sactes, elle est morte ( Jacques 2.17). Prier sans travailler esthypocrite. Si notre vie n’est pas conforme au royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>,nous faisons <strong>de</strong> l’oraison dominicale un mensonge. L’oraisondominicale <strong>de</strong>vrait nous raffermir dans la foi que notre prièreest exaucée et <strong>de</strong>vient une réalité historique. Pour nous, la vieen communauté au Bru<strong>de</strong>rhof est la place désignée <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>où nous pouvons utiliser toute notre énergie en son honneur,afin que sa volonté soit faite et que son règne arrive : à moinsque l’amour entre frères et sœurs ne se concrétise dans le travailet l’action, l’arbre <strong>de</strong> notre vie s’étiolera et tombera sous lejugement.Notre bonheur le plus naturel consiste à créer et travailler, dansla joie <strong>de</strong> réussir en ce que nous avons entrepris. Certainementon <strong>de</strong>vrait développer ses aptitu<strong>de</strong>s dans la direction <strong>de</strong> sespropres intérêts vers une activité proche <strong>de</strong> nos penchants etd’un travail qui nous rend heureux.L’objection fréquente, soulevée contre cette « utopie », quepersonne ne veuille entreprendre les travaux d’un rang inférieurà moins d’y être forcé, est basée sur une supposition faussequi provient du déclin moral <strong>de</strong> l’humanité.Il est certain que cet esprit d’amour, qui nous donne la joied’accomplir les petits services les plus insignifiants, est biensouvent absent. Mais si nous avons à prendre soin d’une personneaimée, la différence entre les travaux élevés ou bas
54 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>disparaît assurément ; l’amour l’a dissipée, et l’amour embellitet fait honneur à tout ce que nous faisons pour la personneaimée.C’est le résultat du développement malsain <strong>de</strong> notre civilisationque beaucoup <strong>de</strong> gens considèrent le travail physiquecomme étant inférieur, et en conséquence personne ne veut lefaire. Mais en vérité nous ne sommes pas faits pour nous occupersans relâche <strong>de</strong> l’intellectuel et du spirituel. <strong>La</strong> personnebien portante désire aussi l’activité physique, le travail simple<strong>de</strong> la terre ; il se réjouit du soleil, <strong>de</strong> la montagne et <strong>de</strong> la forêt,<strong>de</strong>s plantes, <strong>de</strong>s animaux, <strong>de</strong> la ferme et du jardin. Prendreplaisir à l’activité physique est une chose naturelle qui amènela joie <strong>de</strong> vivre, la joie en <strong>Dieu</strong> et sa création.L’unionAucune communauté vivant uniquement pour elle-même nepeut subsister ( Jean 15.4). Ce serait alors une secte, dans lesens <strong>de</strong> la séparation. Elle s’égare dans son isolement, même sielle pratique la communauté.Nous avions exploré systématiquement et consciemmentl’histoire <strong>de</strong>s siècles et <strong>de</strong>s millénaires, les pays et les continents,afin <strong>de</strong> trouver <strong>de</strong>s personnes vivant en parfaite communauté –dans l’amour et la paix, dans la liberté <strong>de</strong> l’Esprit et dans l’unitéparfaite <strong>de</strong> ce même Esprit. Nous avions toujours recherché<strong>de</strong>s compagnons du voyage, <strong>de</strong>s groupes <strong>de</strong> pèlerins ayant subitous les tests, suivant la même voie. Jamais n’aurions-nousvoulu fon<strong>de</strong>r nous-mêmes un mouvement indépendant oumaintenir une entreprise indépendante. Cela nous était bienégal <strong>de</strong> revendiquer une soi-disante indépendance ou d’avoirgagné la réputation que ce fut l’œuvre <strong>de</strong> toute notre vie. Au
55 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>loin, tout ce qui vient <strong>de</strong> nous ! Il s’agissait bien plus <strong>de</strong> l’appelque nous avions reçu, la pureté <strong>de</strong> la liberté et la réalité <strong>de</strong>l’unité ! Voilà ce qu’il fallait maintenir et approfondir ! Et ainsinous recherchions <strong>de</strong>s hommes et <strong>de</strong>s femmes, <strong>de</strong>s groupes<strong>de</strong> personnes, d’autres mouvements, qui seraient un meilleurexemple par leur vies, leur réponse à cet appel à la liberté, lapureté, et l’unité, que nous aurions pu faire nous-mêmes.Et en vérité nous rencontrâmes mainte tentative <strong>de</strong> vieen communauté, <strong>de</strong> cercles plus ou moins larges, certains<strong>de</strong> longue date et d’autres récents. Combien nous sommesnousréjouis <strong>de</strong> chaque petite goutte qui affluait dans le grandfleuve <strong>de</strong> la vie, et <strong>de</strong> chaque minuscule organisme vivant quinous démontrait l’unité d’un plus grand organisme ! Tous lespetits groupes communautaires <strong>de</strong> notre pays et <strong>de</strong>s pays voisinsétaient certainement d’origine récente, et encore fragiles.Mais nous découvrîmes en même temps plusieurs mouvementsayant vécu en pleine force pendant <strong>de</strong>ux ou trois ouquatre siècles, et qui vivaient encore aujourd’hui en communautétotale <strong>de</strong>s biens, grâce à l’Esprit libérateur et unitif !
Le repentir et le baptêmeLe péché – qu’est-ce que c’est ?L’aliénation illimitée <strong>de</strong> l’humanité, son éloignement infini<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> est la seule cause <strong>de</strong> la dégradation régressive du genrehumain, <strong>de</strong> même que sa corruption au sens physiologique(Romains 1.18-32). Vivre signifie se débarrasser <strong>de</strong> tout ce quiest <strong>de</strong>stiné à mourir. Si nous ne nous libérons pas du péché etdu mal, nous mènerons une vie <strong>de</strong> péché sans espoir et mourronsbel et bien. <strong>La</strong> haine, le meurtre, le mensonge, et la malhonnêteté,la lâcheté, l’impureté et la dégénérescence perverse<strong>de</strong>s sens se révèlent en puissances dévastatrices qui détruisentlentement mais sûrement la <strong>de</strong>rnière étincelle <strong>de</strong> vie,tandis qu’elles nous éblouissent <strong>de</strong> l’illusion d’une joie <strong>de</strong> vieintensifiée.Le péché, est-il une forme <strong>de</strong> maladie ? Si nous affirmons ceci,nous risquons d’atténuer le fait <strong>de</strong> notre responsabilité. C’estextrêmement dangereux. <strong>La</strong> mort plane autour <strong>de</strong> l’humanité,voilà la maladie ; mais la révélation <strong>de</strong> la vérité nous montreque l’élément empoisonné <strong>de</strong> la mort c’est le péché, et si nousn’étions pas l’esclave du péché nous ne mourrions pas (Romains
57 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>5.12). Le péché est un acte <strong>de</strong> l’être humain qui s’est détaché<strong>de</strong> la communauté avec <strong>Dieu</strong> et s’est rattaché à une mauvaisecommunauté avec les puissances hostiles à <strong>Dieu</strong>. Le rattachementà une liaison empoisonnée. Le péché détruit la vie. Ilnous sépare <strong>de</strong> notre communion avec <strong>Dieu</strong> – notre relationvivante avec <strong>Dieu</strong>, avec l’Esprit vivifiant. Nous sommes responsables<strong>de</strong> cet acte <strong>de</strong> notre volonté bien que nous sachions quele péché est relié avec la maladie qui est la mort. Nous sommesquand même responsables, c’est notre action, notre volonté.Nous ne <strong>de</strong>vons pas accepter la vie telle qu’elle est. Il vaut beaucoupmieux prendre position envers les joies et les souffrances<strong>de</strong> la vie. Même si ce qu’il y a <strong>de</strong> plus hostile pourrait avoir unsens quelconque au cours <strong>de</strong> l’histoire, une personne saisie <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> doit prendre position contre ce mal. Elle doit l’éliminer<strong>de</strong> sa propre vie, et chercher à le surmonter en vue du bien <strong>de</strong>tous. En fait, cette attitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> combat est l’affirmation véritable<strong>de</strong> la vie, car tout ce qui conduit à la contrevérité, à l’infidélité, lafausseté, l’hostilité et à la domination <strong>de</strong> l’argent et du matérieln’est certainement pas la vie véritable, mais un esclavage ; c’estla négation <strong>de</strong> la vie. Là seulement où l’Esprit saisit notre vie,y a-t-il une affirmation <strong>de</strong> la vie. Car alors le plus important –l’amour – est affirmé et tout le reste est rejeté.<strong>La</strong> repentance<strong>La</strong> repentance est le sentiment <strong>de</strong> dégoût, la répugnance et larépulsion que l’on ressent en face <strong>de</strong> nos péchés et en face <strong>de</strong>notre penchant au mal, et dont on se détourne écœuré. C’est lapeine du remords – on donnerait sa vie si cela pouvait réparerle mal accompli. C’est l’horreur du péché qui nous transperce ;on veut plutôt mourir que <strong>de</strong> consentir encore une fois, même
58 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>au moindre <strong>de</strong>gré à une action pareille. Le repentir c’est leremords qui veut rompre avec la vie erronée qui voulait mettreles tendances démoniaques <strong>de</strong> l’homme à la place <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Pour pouvoir se repentir il faut d’abord percevoir à fond lagravité <strong>de</strong> l’action commise, la malédiction <strong>de</strong> cette action, afin<strong>de</strong> reconnaître son caractère meurtrier et <strong>de</strong>structif ; le resteviendra petit à petit. Il est important <strong>de</strong> ne pas déclarer êtrelibre, si en même temps on est encore esclave dans quelqueautre domaine. On ne peut pas prendre une position ferme àl’égard <strong>de</strong> la politique ou déclarer être radicalement libre <strong>de</strong>l’injustice sociale, si on n’est pas en même temps affranchi dumensonge et <strong>de</strong> l’immoralité. On ne peut pas vigoureusementcombattre et condamner l’un <strong>de</strong> ces vices, tandis que l’on resteflasque envers d’autres.<strong>La</strong> nouvelle naissance dont Jésus a parlé à l’homme qui estvenu à lui <strong>de</strong> nuit ( Jean 3.1), la nouvelle naissance, c’est lerepentir en tant que révolution, bouleversement : la nouvellenaissance dans la justification <strong>de</strong> tous les péchés, la nouvellenaissance dans le salut du pardon, et la victoire sur nospéchés grâce à Jésus-Christ, le Crucifié et Ressuscité. <strong>La</strong> révolutiondont il s’agit ici, c’est d’abord un changement radical<strong>de</strong> notre moralité ; la repentance en tant que renversement<strong>de</strong>s valeurs ne prend place que lorsqu’on renonce à tout ce quiest mal. Celui qui continue à pécher est l’esclave du péché.« Quiconque est enfant <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> cesse <strong>de</strong> pécher » (1 Jean 3.9).Le repentir est suivi du pardonNous avouons que nous ne sommes pas, et que nous nepouvons pas exister sans pécher. Nous restons humains, nous
59 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>nécessitons le pardon et pour cela il nous faut le solliciter. Demême il nous faut aussi exercer le pardon ; car nous en avonsnous-mêmes constamment besoin. Le Christ, venu <strong>de</strong>s cieuxafin <strong>de</strong> nous ai<strong>de</strong>r sur terre, nous en donne la force.Voilà le message que nous <strong>de</strong>vons proclamer : il nous estpermis d’être libérés <strong>de</strong> notre propre chair, <strong>de</strong> notre proprevolonté, et ainsi d’être capables d’aimer notre prochain <strong>de</strong> tellefaçon qu’il nous est possible <strong>de</strong> pardonner <strong>de</strong> tout cœur lesfautes commises contre nous ; et ainsi, <strong>de</strong> recevoir un cœur qui,dans son essence et son attitu<strong>de</strong>, professe clairement la justicedu royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Jésus a donné son Esprit aux Apôtres, c’est à dire à l’unité<strong>de</strong> l’église – en tant qu’autorité décisive <strong>de</strong> représenter sonroyaume. Son autorité <strong>de</strong> permettre et d’interdire – <strong>de</strong> pardonneret <strong>de</strong> laisser non-pardonné – rend possible l’accès auroyaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> en libérant totalement du péché. Aucune consciencehumaine ne peut vivre sans être pardonnée. Personnene peut voir le royaume sans le pardon. L’église <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, uniedans la foi et la vie, a reçu le pouvoir du pardon, valable pourla conscience <strong>de</strong> chacun ; car la vie <strong>de</strong> Jésus et son régime futurlui est confié comme tâche et prérogative pour l’âge présent.Remercions <strong>Dieu</strong> pour le pardon du péché. Sans le pardonnous ne pouvons subsister <strong>de</strong>vant <strong>Dieu</strong> un seul jour ; sans lepardon nous ne pouvons non plus vivre en communauté unseul jour ; sans le pardon il n’y a ni joie ni amour ; Seul celuià qui beaucoup a été pardonné manifeste un grand amour(Luc 7.47). Remercions <strong>Dieu</strong> que le sacrement du pardon soittoujours parmi nous. Nous prions que le pouvoir du Saint-Esprit nous ai<strong>de</strong> à pardonner à tous, chaque heure et chaquemoment quelle que soit l’offense qui nous ait été faite, ou que
60 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>nous ayons été fautifs envers la perfection <strong>de</strong> l’amour, qui estnotre but. Nous ne pouvons prier <strong>Dieu</strong>, « pardonne-nous lemal que nous avons commis, comme nous pardonnons à ceuxqui nous ont fait du mal » que si nous avons déjà pardonné àceux qui nous ont offensés (Mathieu 6.12).Le baptêmeLe baptême nous conduit à la mort <strong>de</strong> Jésus, afin que nousvivions l’expérience <strong>de</strong> la résurrection avec lui, le fin fond <strong>de</strong> laré<strong>de</strong>mption. <strong>La</strong> ré<strong>de</strong>mption <strong>de</strong> notre nature passe au travers<strong>de</strong> la mort. L’ancienne nature est ainsi conduite à la vie véritable,afin <strong>de</strong> <strong>de</strong>venir une nouvelle création. Voici la foi, témoignéedans le baptême : l’effusion du Saint-Esprit pénètre celuiqui est baptisé <strong>de</strong> façon à ce qu’il soit saisi par l’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>(Actes 2.38).Nous voulons définitivement déclarer qu’il serait loin <strong>de</strong>nous <strong>de</strong> vouloir influencer ou obliger quelqu’un à affirmer safoi avec <strong>de</strong>s paroles déterminées, loin <strong>de</strong> là ! Justement parceque nous croyons vraiment en <strong>Dieu</strong>, en le Christ et en sonEsprit, il nous semble qu’insister sur la même expression <strong>de</strong> lamême foi n’a pas <strong>de</strong> sens. Ce que nous avons à témoigner estinfiniment supérieur à nous, et il n’est aucunement nécessaire<strong>de</strong> persua<strong>de</strong>r les autres à l’exprimer comme nous. Le fait quequelqu’un ne se confesse pas en <strong>Dieu</strong>, ne change pas <strong>Dieu</strong>.Nous croyons en <strong>Dieu</strong>, notre Père, parce que nous avons reçuson esprit d’enfant. Nous affirmons que <strong>Dieu</strong> est le Créateur<strong>de</strong> la terre et <strong>de</strong>s cieux. Nous ne pouvons donc pas honorer etadorer une <strong>de</strong> ses créatures à la place <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, que ce soit dansle mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s esprits ou dans la nature.
61 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Nous avons trouvé <strong>Dieu</strong> en Jésus-Christ, le roi du règne futur,le Christ qui est notre Seigneur et notre maître, dont nous obéissonsles paroles et dont l’Esprit dirige notre vie. Nous savonsque le Christ est le même Jésus historique, né <strong>de</strong> la vierge Marieet exécuté par l’Etat romain <strong>de</strong>s mains <strong>de</strong> Ponce Pilate. Noussavons que sa mission s’étend jusqu’aux tréfonds <strong>de</strong> l’enfer. Noussavons qu’Il a proclamé là son Evangile et qu’Il continue à leproclamer, comme Il le proclame parmi nous sur terre.Nous savons aussi que Celui qui fut dans le tombeau estréellement ressuscité <strong>de</strong>s morts et est assis sur le trône <strong>de</strong> lasouveraineté céleste dans la majesté du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Etnous attendons le jour où Il reviendra juger l’humanité entière,lorsque le Livre <strong>de</strong> Vie sera ouvert et le Jugement Derniers’étendra sur tout ce qui veut glorifier l’homme, afin que <strong>Dieu</strong>seul règne dans son royaume à venir.Nous croyons en l’Esprit-Saint, qui est en vérité saint et purparce qu’Il n’est pas souillé par le mal. Il n’a aucune associationavec le mal, Il nous réunit dans l’unité <strong>de</strong> l’église universelle.Nous ne croyons pas à une unité panthéiste du bien et du mal.Mais le Saint-Esprit nous donne la foi en l’unité <strong>de</strong> l’église, cetteEglise où le pardon du péché existe, où le péché est reconnucomme péché, et où le péché est extirpé et détruit par l’EspritTout-puissant qui règne dans l’église. Et nous croyons en la vieéternelle, la vie permanente, révélée dans cette église du Saint-Esprit, dans ce pardon du péché grâce à l’amour <strong>de</strong> Jésus-Christ.Les <strong>de</strong>ux symboles principaux bien connus et non-équivoques,pratiqués par Jésus, et qu’Il nous indique sont : d’unepart, le repas en commun, la nourriture et la boisson prises encommun (Le Repas du Seigneur) ; et d’autre part, la purification: l’aspersion ou l’immersion (le baptême). <strong>La</strong> purification
62 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>s’associe aussi avec l’enterrement, le signe <strong>de</strong> la mort, <strong>de</strong> lamise au tombeau et <strong>de</strong> la résurrection. Le symbole du baptêmecomprend donc <strong>de</strong>ux images : d’une part la purificationpar l’aspersion, et d’autre part l’immersion signifiant la mort,l’enterrement et la résurrection.Jésus nous donne une vie nouvelle<strong>La</strong> nouvelle vie c’est le Christ. Il nous rencontre à chaque tournant<strong>de</strong> notre existence. Il montre à tous ceux qui s’abandonnentà son influence, que tout ce que nous avons voulu ou mêmeaccompli <strong>de</strong> bien et <strong>de</strong> juste est en effet essentiellement noir etobscur, injuste et inique, contrasté avec l’unique pureté, l’amouret la justice <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> – qu’Il est lui-même. Il nous conduit aurepentir qui nous oriente à nouveau et ne nous laisse pas vivredans l’illusion que le noir est blanc ou que ce qui est malpropreest propre. Mais Jésus est plus grand que Jean Baptiste. <strong>La</strong>Croix a révélé le centre même du cœur <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Avec la mort<strong>de</strong> Jésus, l’amour universel <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, qui embrasse tout, est <strong>de</strong>venuaccessible dans le pardon et l’union parfaite. Le Crucifiénous permet, grâce à cette union avec lui, <strong>de</strong> rompre avec ceque nous avons fait et ce que nous avons été, jusque-là ; Il nouspermet <strong>de</strong> toujours renouveler cette rupture avec le passé. LeChrist nous révèle notre indignité honteuse et notre manqued’amour infâme avec lesquels notre vie jusqu’à ce momentmême fut enchevêtrée. Il dissipe le brouillard et les nuages ;nous nous trouvons tout à coup en face du gouffre béant entrenotre nature corrompue et le cœur <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Mais au mêmemoment Le Christ lui-même referme le gouffre immense avecles forces inouïes <strong>de</strong> ses bras étendus et <strong>de</strong> ses mains percées,et réunit dans son pardon notre cœur avec le cœur <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.
63 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>La</strong> nouvelle naissance et le royaume futurNous aimons tous le troisième chapitre <strong>de</strong> l’Evangile <strong>de</strong> SaintJean, mais nous oublions souvent que, là, le renouveau personnelest placé dans le contexte supra-personnel du royaume<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Dans la Bible le royaume futur est déterminant. Ilnous faut être complètement bouleversés et comblés par cettepromesse <strong>de</strong> l’avenir (Esaïe 11.1-10). Le Saint-Esprit veuts’emparer <strong>de</strong> nous dans son effusion <strong>de</strong> façon à ce que noussoyons conduits par lui dans le règne futur. Le Saint-Espritdoit rendre les paroles <strong>de</strong> Jésus, à propos du royaume futur,vivantes, afin que nous en soyons un exemple vivant, un symbole,un témoignage visible du royaume futur.Nous appartenons au Souverain du royaume céleste ; donc,notre vie doit être comme la sienne. <strong>La</strong> question est posée àchacun <strong>de</strong> nous : Veux-tu prendre le chemin <strong>de</strong> la Croix ounon ? Es-tu prêt à être baptisé avec le même baptême que moi,à boire la coupe <strong>de</strong> douleur que j’ai bue ? (Marc 10.38-39)Rupture avec le statu quoLe Christ ressuscité instruisit Ses disciples à aller à traversle mon<strong>de</strong> proclamer l’Evangile <strong>de</strong> toute la création, appelerau repentir les hommes et les femmes et les baptiser, en signequ’ils aient rompu avec les puissances <strong>de</strong> ce mon<strong>de</strong>, et qu’ilssoient incorporés à la communauté <strong>de</strong> la mort et <strong>de</strong> la résurrectiondu nouveau royaume (Mathieu 28.19-20).Le Baptême témoigne <strong>de</strong> la rupture avec le statu quo, le systèmebasé sur le pouvoir. Cela signifie : mourir au péché, àl’esprit <strong>de</strong> violence qui nous entoure ; renoncer une vie qui veutfaire valoir ses droits par la violence ; dénier notre tendance
64 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>naturelle à dominer et à nous servir du pouvoir et <strong>de</strong> la violence; renier et désavouer les richesses et le désir <strong>de</strong> possé<strong>de</strong>r; renier et abjurer la convoitise <strong>de</strong> ce mon<strong>de</strong> – <strong>de</strong> mêmeque le désir sexuel <strong>de</strong> possession ; renier et abjurer tout ce quiprovient d’une vie charnelle, impure, et qui détruit la véritablevie divine.C’est une rupture tellement radicale qu’il ne peut y avoir question<strong>de</strong> compromis ( Jacques 4.4). C’est la rupture avec tout cequi a existé jusque-là, et c’est la mission d’apporter quelquechose <strong>de</strong> tout à fait différent, nouveau, et révolutionnaire aumilieu <strong>de</strong>s circonstances présentes adverses (Ephésiens 4.22-24). Voilà la charge du baptême. Ainsi le baptême est associéà la charge <strong>de</strong> la mission, à la promesse et la garantie que leSouverain <strong>de</strong>s mon<strong>de</strong>s futurs prouvera sa toute-puissance ence moment même, là où le baptême est pratiqué et où cettemission est exaucée.Est-il nécessaire <strong>de</strong> baptiser les enfants ?Nous savons que les petits enfants ne sont pas maudits oudamnés ; au contraire nous sommes certains que grâce à Jésus-Christ, à son amour tout-compréhensif et au sacrifice <strong>de</strong> savie, les petits enfants sont réunis à <strong>Dieu</strong> qui aime tout enfantet tous ceux qui possè<strong>de</strong>nt la nature d’enfant au ciel et sur laterre (Mathieu 19.13-15). <strong>Dieu</strong> désire que nous soyons tousremplis <strong>de</strong> l’esprit d’enfant, que nous soyons <strong>de</strong>s enfants dansl’esprit <strong>de</strong> Jésus-Christ.Ainsi les enfants n’ont pas besoin d’être baptisés ; car le baptêmeest le signe du repentir, du pardon et <strong>de</strong> la conversion, lesigne d’avoir reçu le Saint-Esprit, que nous n’avions pas reçuauparavant dans notre vie d’injustice.
65 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Le baptême est une confession claire et précise d’un discernementet d’une prise <strong>de</strong> conscience que nous confessonsdans la grâce <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, dans le pardon du péché et le repentir<strong>de</strong> l’injustice, et dans la foi en le royaume futur et la transformationtotale <strong>de</strong> l’univers.Cela ne doit pas être imposé aux enfants. L’enfant est encoreau <strong>de</strong>hors <strong>de</strong> ce conflit entre Satan et l’Esprit <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, entrel’esprit d’inimité et l’esprit <strong>de</strong> la paix. L’enfant est encore ensûreté au sein <strong>de</strong> l’Esprit <strong>de</strong> Jésus-Christ.Mais on élèvera l’objection que l’enfant, bien qu’il soit personnellementinnocent, vit quand même sous le péché originel.Ceci est vrai. Mais chez les enfants, le péché originel n’est pasautre chose qu’une disposition héritée : d’une part la tendanceaussi bien vers le mal que vers le bien ; et <strong>de</strong>uxièmement riend’autre que le fait d’être sujets à la mort physique, la mortalité<strong>de</strong>s êtres humains. Car c’est par le péché – la déviation du<strong>Dieu</strong> vivant – que la maladie et la mort sont venues au mon<strong>de</strong>.C’est cela malheureusement que tous nos enfants ont hérité ;ils sont mortels. Si nous étions en parfaite communauté avec leVivant Eternel, avec <strong>Dieu</strong>, nous serions uniquement motivéspar l’Esprit vivant à faire le bien et seulement le bien ; si nousétions restés en communion avec <strong>Dieu</strong>, dans son amour, sanstroubler notre rapport vivant avec son pouvoir divin – alorsnous ne serions pas mortels. Les êtres humains ne seraient pasmortels.L’enfant n’est pas capable <strong>de</strong> confesser sa foi ou <strong>de</strong> choisir consciemmentet volontairement <strong>de</strong> suivre le Christ. Donc nousne pouvons pas parler d’un engagement formel pour ces petits.Ils ne peuvent même pas consciemment contempler la création.Combien moins peuvent-ils saisir le fait <strong>de</strong> la déchéance
66 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong> la création ! combien moins peuvent-ils comprendre queJésus-Christ est véritablement venu pour apporter la libérationtotale et la guérison ! combien moins peuvent-ils comprendrel’effusion du Saint-Esprit qui effectue l’unanimitéparfaite dans l’Eglise !D’autre part, comme nous l’avons déjà vu, les enfants nenécessitent pas le baptême, car l’engagement du baptêmerepose sur la repentance. Le baptême signifie : se détournerdu mal, <strong>de</strong> la vie corrompue <strong>de</strong> notre temps, du péché et <strong>de</strong>l’injustice du mon<strong>de</strong>. Les petits enfants ne savent rien <strong>de</strong>tout cela, comment pourraient-ils s’en détourner et trouver larepentance ?Ceci nous conduit au mystère le plus profond que nous ressentonsen face <strong>de</strong> l’enfant : Jésus-Christ est mort pour nospéchés, pour les péchés du mon<strong>de</strong> entier ; et son sacrificeexpiatoire nous accor<strong>de</strong> une réconciliation et une unité quiembrasse le mon<strong>de</strong> entier ( Jean 1.29). En conséquence, nousnécessitons journellement le pardon <strong>de</strong>s péchés que Jésus nousa obtenu par sa mort et qui nous a unis à <strong>Dieu</strong>. Maintenantles petits bébés n’ont jamais rien fait intentionnellement ; toutce qu’ils font est instinctif. Ainsi la réconciliation que Jésusa accordée au mon<strong>de</strong> entier est valable pour tous les petitsenfants. Cette vérité tellement importante est déniée par leséglises établies. Elles affirment que les enfants non-baptiséssont damnés en conséquence du péché originel. Nous ne croyonspas cela. Jésus prit les enfants dans ses bras, Il les caressa,les embrassa en disant : « <strong>La</strong>issez les enfants venir à moi ! Neles en empêchez pas, car le Royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> appartient àceux qui sont comme eux. Je vous le déclare, c’est la vérité :celui qui n’accepte pas le Royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> comme un enfantne pourra jamais y entrer. » (Mathieu 18.3 ; Marc 10.14-16)
67 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Nous n’avons aucun doute <strong>de</strong> ce que les petits enfants, parleur nature, appartiennent au Royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> – justementpar le fait <strong>de</strong> leur existence et parce qu’ils sont comme ils sont.Et s’ils meurent dans leur jeune âge ils sont acceptés dans leRoyaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, car la réconciliation est la leur.
Le repas du SeigneurLe repas du Seigneur est l’expression <strong>de</strong> notre expérience centraleen Jésus : nous ne voulons pas oublier Jésus. Comme ilest facile <strong>de</strong> l’oublier ! nous avons besoin d’un rappel puissant.Pour cela il nous faut célébrer la Cène, car c’est un repas<strong>de</strong> commémoration <strong>de</strong> la mort du Seigneur (1 Corinthiens11.23-25).Que nous indique la Cène ? Elle nous indique que Jésus n’estpas oublié, et que sa mort est proclamée. Ici, le corps <strong>de</strong> l’églisecommunauté– l’unité <strong>de</strong> l’église-communauté – doit être différencié<strong>de</strong> tout autre corps, <strong>de</strong> tout autre organisme, <strong>de</strong> touteautre association. Ici nous reconnaissons que le corps <strong>de</strong> l’églisecommunauté est vivant, est celui <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et appartient à Jésus.<strong>La</strong> doctrine <strong>de</strong>s douze apôtres fut écrite au début du <strong>de</strong>uxièmesiècle. L’intention était <strong>de</strong> retenir les textes originaux du temps<strong>de</strong>s apôtres. Cela représente l’image suivante en tant qu’ action<strong>de</strong> grâce durant la Cène : le grain est semé, puis vient le temps<strong>de</strong> la récolte. <strong>La</strong> moisson d’un champ n’est pas seulementrécoltée pour produire un seul pain ; souvent le pain consiste<strong>de</strong> la moisson <strong>de</strong> plusieurs champs provenant <strong>de</strong> pays divers.Ainsi, nous-mêmes, nous provenons <strong>de</strong> nombreux différents
69 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>peuples, <strong>de</strong> différentes classes et couches sociales, d’idéologieset <strong>de</strong> coutumes <strong>de</strong>s plus diverses ; mais nous sommes cuits aufour ensemble dans un seul pain (Apocalypse 5.9-10).Avant d’être cuit au four, le grain récolté <strong>de</strong>s divers champs<strong>de</strong> régions différentes doit être moulu. Si le grain n’est pasmoulu, il n’y aura pas <strong>de</strong> pain ; chaque grain doit être moulu.Si un seul grain reste intact, entier, lorsque le pain est serviquelqu’un prendra un couteau et retirera le grain, car ce n’estpas sa place. Le grain a gardé sa propre nature, son existenceindividuelle, sa propre importance.Quand le grain est moulu, la pâte est mise au four ; alorsseulement nous aurons du pain, et il sera placé sur la table.Si c’est une vraie table communautaire le pain sera partagéentre tous. Ainsi nous ne pouvons pas prier, « Donnesmoiaujourd’hui mon pain quotidien. » Nous prions plutôt,« Donnes-nous aujourd’hui notre pain quotidien », pour noustous, tous les jours ! (Mathieu 6.11).Puis le pain est rompu et partagé. De nouveau c’est la communautéqui est accentuée, cette fois-ci avec le partage dupain. Jésus ressuscité fut reconnu à la façon dont il rompit lepain, et le partagea à la table commune (Luc 24.30-31).Les mêmes paroles sont prononcées à propos du vin. Lesgrains <strong>de</strong> raisins doivent être écrasés dans le pressoir à vin, carle vin serait gâté si un seul grain allait gar<strong>de</strong>r son existence. Lesgrains <strong>de</strong> raisin ensemble produisent le vin. Ainsi chaque grain<strong>de</strong> raisin doit se sacrifier en vue <strong>de</strong> l’unité du vin. Il en va <strong>de</strong>même pour la communauté qui partage une miche <strong>de</strong> pain, quipartage une coupe <strong>de</strong> vin...Le repas du Seigneur est le rappel au sacrifice parfait <strong>de</strong> cegrain <strong>de</strong> blé qui est broyé, et <strong>de</strong> ce grain <strong>de</strong> raisin qui est écrasé,Celui seul qui fait toute la différence. C’est la proclamation <strong>de</strong>
70 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>sa mort jusqu’au jour <strong>de</strong> son retour, dans l’attente <strong>de</strong> cet avenirultime, lorsqu’Il mangera le pain et boira le vin avec nous dansle Royaume <strong>de</strong> son Père (Mathieu 26.29).Le symbolisme <strong>de</strong> la cène<strong>La</strong> communauté du foyer et la communauté <strong>de</strong> la table sont lesigne distinctif <strong>de</strong> l’humanité ; ainsi se développa la communauté<strong>de</strong> travail et la communauté autour du foyer. Le <strong>de</strong>rnierRepas, la Cène, approfondit ces choses simples et naturelles,qui atteignent alors leur vérité sublime. En premier lieu, le plussimple et fondamental <strong>de</strong> la nourriture : le pain, rejoint le plusbeau, le plus noble et le plus ar<strong>de</strong>nt : le vin. Non pas commele feraient les ascètes : le pain et l’eau. Jésus n’est pas un ascète,même à propos <strong>de</strong> l’alcool. En ce qui concerne la nourriture,Il désire que nous joignions la simplicité avec la joie ultimeen tout ce que <strong>Dieu</strong> nous a donné. Le pain est partagé enmorceaux et offert à chacun, comme c’était l’ancienne coutumeparmi les gens simples ; puis la coupe <strong>de</strong> vin est offerte et chacunen prend un peu et le passe à son voisin. On ne peut avoirune expression plus réelle <strong>de</strong> communauté, que cette anciennecoutume du partage du pain et du vin, passés <strong>de</strong> l’un à l’autre.Nous voulons maintenant simplement parler <strong>de</strong> ce symboleet <strong>de</strong> cette image : l’unité du pain ; l’unité du vin ; et enfin <strong>de</strong>la couleur rouge du vin qui nous fait penser à notre sang et àla vie humaine. Voici le symbolisme puissant <strong>de</strong> ce repas communal: le pain [le corps] est rompu, le vin coule à flots. L’unitéest révélée. C’est une union parfaite : Voici mon corps et voicimon sang (1 Corinthiens 11.24-26).Voilà en effet une proclamation d’une simplicité et d’uneprofon<strong>de</strong>ur insupportable aux esprits orgueilleux et fiers ; carici la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> se révèle. <strong>Dieu</strong> veut l’unité, Il veut que
71 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>nous soyons brisés au profit <strong>de</strong> l’unité. De même que le corps<strong>de</strong> Jésus fut brisé et que son sang fut répandu, Il veut que tu nesois plus un seul grain <strong>de</strong> blé isolé ou un seul grain <strong>de</strong> raisin ;mais Il veut que tu te consacres en faveur <strong>de</strong> l’unité du corps, <strong>de</strong>l’unité du vin, du sang répandu, Il veut que tu passes par la mortdu Christ, afin que l’unité soit créée et que l’effusion du nouvelEsprit anime le corps et rassemble dans la conscience d’unité <strong>de</strong>corps et d’esprit. Voilà le mystère du Christ, <strong>de</strong> l’église-communauté,<strong>de</strong> l’unité parfaite. Voilà ce qu’est la Cène.En instituant la Cène, Jésus nous rappelle le sacrifice <strong>de</strong> sa vie,le sacrifice <strong>de</strong> son sang et <strong>de</strong> son corps. Il y a donc un rapportprofond lors <strong>de</strong> la cène entre le pain, le vin, et l’agneau sacrifié– et la proclamation du pardon, <strong>de</strong> l’unité et du royaumefutur par Jésus.Jésus accepta le sacrifice <strong>de</strong> l’agneau pascal afin <strong>de</strong> proclamerla signification du sacrifice pour le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Ainsi Ilnous proclame le sacrifice <strong>de</strong> sa mort (1 Corinthiens 5.7 ; Actes8 32-33). Et donc, comme il en était pour les premiers chrétiens,tout ce que nous mangeons <strong>de</strong>vient une action <strong>de</strong> grâce pour cesacrifice. Ainsi chaque repas <strong>de</strong>vient une agape, repas <strong>de</strong> grâceen commun, un repas <strong>de</strong> commémoration ! En effet, nous <strong>de</strong>vrionsremercier <strong>Dieu</strong> <strong>de</strong> tout notre cœur chaque fois que nousnous réunissons pour prendre un repas ensemble. Et nous neremercions pas seulement quant à la satisfaction <strong>de</strong> notre appétit; nous remercions <strong>Dieu</strong> pour le sacrifice <strong>de</strong>s plantes et <strong>de</strong>sanimaux qu’Il nous offre, afin que nous vivions en vue <strong>de</strong> l’unité– l’unité voulue <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> – et afin <strong>de</strong> continuer à témoigner <strong>de</strong> lavie du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> au sein <strong>de</strong> l’église-communauté.
Le service divin<strong>La</strong> prière en silence est absolument indispensable pour touteEglise-communauté, spécialement lorsque l’Esprit <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>souffle parmi nous. Il est très important d’apprendre à discernerce que <strong>Dieu</strong> veut nous dire. Il nous faut pouvoir distinguerla voix <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> au travers <strong>de</strong>s évènements dans lemon<strong>de</strong> et au milieu <strong>de</strong> nous. Il nous faut entendre la voix <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> dans nos cœurs. Il nous faut percevoir la lumière <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>,même au milieu <strong>de</strong>s ténèbres <strong>de</strong> notre époque.Nos réunions <strong>de</strong> prière, le recueillement en silence, sontabsolument essentiels pour notre vie en commun. Cela ne veutpas dire <strong>de</strong>voir passer un certain temps sans parler ni chanter.Bien au contraire, nous croyons que les paroles et les actions<strong>de</strong> foi et d’amour, sont nées du silence en commun. Lorsquenous nous réunissons en silence, c’est un silence <strong>de</strong>vant <strong>Dieu</strong>.Ce sont nos propres paroles et nos propres actions que nous<strong>de</strong>vons faire taire. Tout ce qui provient <strong>de</strong> notre propre volontéau passé ou à l’avenir, doit être mis <strong>de</strong> côté pendant la réunionen silence.Notre silence en commun est profondément semblable auxréunions <strong>de</strong>s Quakers. Nous désirons que <strong>Dieu</strong> lui-même
73 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>nous parle pendant nos réunions, que la voix du Christ se fasseentendre parmi nous, que l’Esprit-Saint touche directementnos cœurs. Voilà pourquoi le calme et le silence sont tellementimportants pour nous, car trop <strong>de</strong> paroles humaines chassentsouvent l’Esprit. Dans le silence en commun par contre, <strong>Dieu</strong>nous inspire directement. Nous témoignons <strong>de</strong> ceci commeétant l’expérience la plus profon<strong>de</strong> <strong>de</strong> notre vie en communauté: nous sommes en parfaite unisson, lorsque nous écoutonsattentivement la voix <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> en nous-mêmes. Si nousécoutons au plus profond <strong>de</strong> notre cœur ce que l’Esprit dit àl’église, nous serons saisis par la même vérité et par le mêmeamour. Alors les paroles nécessaires et justes nous seront données.Alors, <strong>de</strong> la profon<strong>de</strong>ur <strong>de</strong> l’Esprit, ce que <strong>Dieu</strong> nousrévèle dans le silence sera exprimé à haute voix.Nous <strong>de</strong>vons être prêts à avoir confiance en <strong>Dieu</strong>. Alors peutêtre,dans notre silence <strong>de</strong>vant <strong>Dieu</strong> l’un ou l’autre sera inspiré,au plus profond <strong>de</strong> son cœur, à exprimer une parole provenant<strong>de</strong> la vérité ultime. Lorsqu’on peut être silencieux <strong>de</strong>vant<strong>Dieu</strong>, et être interpellé par lui, il est possible que l’on exprimeune parole qui nous a été donnée et qui ne provient pas <strong>de</strong>nous-mêmes.C’est remarquable que la prière même que Jésus confie à sesdisciples ait été défigurée par l’esprit littéral. Jésus a résumédans ces quelques paroles la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, <strong>de</strong> façon à avertirses disciples <strong>de</strong> ne pas user beaucoup <strong>de</strong> paroles ou d’imaginerqu’une présentation affectée appartient à la prière.L’usage abusif <strong>de</strong>s chants inspirés ou même <strong>de</strong> les chanterensemble avec un manque <strong>de</strong> compréhension et <strong>de</strong> sensibilité,a un effet dévastateur. Ceci est vrai à l’égard <strong>de</strong>s chants
74 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong> signification profon<strong>de</strong> ; si nous chantons en vraie communautéavec le Saint-Esprit, nous ressentons alors le frémissement<strong>de</strong> ce qu’il y a <strong>de</strong> plus sacré. Ces chants doivent êtreréservés et chantés seulement aux occasions spéciales oul’Esprit se manifeste parmi nous. Suggérer <strong>de</strong>s chants, écritset inspirés par l’Esprit, en s’imaginant produire ainsi uneatmosphère qui n’est pas là – chanter « <strong>Dieu</strong> est présent parminous » quand personne ne ressent sa présence ; oser chanter« Souverain Suprême, nous sommes à genoux <strong>de</strong>vant toi »quand l’atmosphère <strong>de</strong> la réunion n’est pas en harmonie avecl’honneur dû à la souveraineté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, ceci est un abus quitouche au péché contre le Saint-Esprit.Jésus a dit, « Mais le moment vient, et il est déjà là, où lesvrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » ( Jean4.23). Il met les églises avec leurs clochers, les synagogues avecleurs coupoles, en opposition à l’Esprit, comme s’Il voulait dire,« jusqu’ici on a prié ici et là, dans ce temple ou sur cette montagneou sous ces arbres « consacrés ». Désormais les hommeset les femmes prieront et adoreront <strong>Dieu</strong> en Esprit et en vérité.Quel étrange contraste !Pourquoi le mon<strong>de</strong> ne <strong>de</strong>vrait-il pas adorer <strong>Dieu</strong> en espritet en vérité dans <strong>de</strong> tels endroits solennellement consacrés ?Justement parce que ces locaux et ces bâtiments sont associésaux usages injustes et aux abus du nom <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, <strong>de</strong>puis<strong>de</strong>s milliers d’années. Car ils comprennent une forme subtiled’idolâtrie, qui se cramponne à la lettre d’un certain livre ouqui s’accroche à une idole ou à quelque rite idolâtre. Le culte<strong>de</strong>s lieux sacrés met en danger l’adoration en esprit et en vérité.Plus y a-t-il d’encens, d’imagerie, <strong>de</strong> traditions léguées <strong>de</strong>sancêtres, <strong>de</strong> vocables consacrés par l’usage, plus on s’attache à
75 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>la lettre, aux objets, aux statues, aux icônes etc., d’autant moinsy a-t-il d’esprit et <strong>de</strong> vérité.Nous affirmons la prière et l’adoration ; nous sommes toutefoispru<strong>de</strong>nts en ce qui concerne un plus grand cercle, par révérencepour la prière. Nous gardons nos réunions <strong>de</strong> prière dansun cercle parfaitement uni.Si tu te querelles avec un frère ou une sœur, et qu’il resteune tension entre vous, c’est alors que ces paroles <strong>de</strong> Jésuss’appliquent : « Si donc tu viens présenter ton offran<strong>de</strong> <strong>de</strong>vantl’autel et que là tu te rappelles que ton frère a quelque chosecontre toi, laisse là ton offran<strong>de</strong>, <strong>de</strong>vant l’autel, et va d’abordfaire la paix avec ton frère ; puis reviens et présente ton offran<strong>de</strong>à <strong>Dieu</strong> » (Mathieu 5.23-24). L’unité totale est l’essence même<strong>de</strong> l’esprit <strong>de</strong> l’église. <strong>La</strong> prière <strong>de</strong> l’église présuppose l’unitéparfaite <strong>de</strong> ceux qui sont assemblés entre les uns et les autres,et <strong>de</strong> même avec l’Esprit <strong>de</strong> l’église. S’il reste quelque tensionentre quelques membres, ceux-ci sont alors obligés <strong>de</strong> larésoudre aussitôt, au plus tard, pendant que la communautés’assemble.Tout dépend <strong>de</strong> l’objectif <strong>de</strong> notre prière commune. Jésusnous dit, « Je vous déclare aussi que si <strong>de</strong>ux d’entre vous, surla terre, s’accor<strong>de</strong>nt pour <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r quoi que ce soit dans laprière, mon Père qui est dans les cieux le leur donnera. « Carlà où <strong>de</strong>ux ou trois s’assemblent en mon nom, je suis au milieud’eux » (Mathieu 18.19-20). Si <strong>de</strong>ux d’entre vous sont en unitésur ce qu’ils veulent <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r à <strong>Dieu</strong>, <strong>Dieu</strong> le leur accor<strong>de</strong>ra.Cela ne dépend pas <strong>de</strong> la façon exacte dont cette prière estexprimée, il s’agit surtout <strong>de</strong> l’unanimité <strong>de</strong> la prière. Quandune église-communauté est en unité à propos <strong>de</strong> l’objectif <strong>de</strong>
76 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>la prière, il n’y a guère besoin <strong>de</strong> paroles ; car <strong>Dieu</strong> n’a pasbesoin <strong>de</strong> nos explications. Tout dépend seulement et surtout<strong>de</strong> l’unité <strong>de</strong>s personnes réunies ensemble.Nous voulons prier l’Esprit-Saint <strong>de</strong> nous accor<strong>de</strong>r ses dons,selon sa propre décision ; ainsi, non pas que l’un <strong>de</strong> ses membresdésire l’un ou l’autre <strong>de</strong>s dons spirituels pour lui-mêmepersonnellement. Chacun doit plutôt <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r à l’Esprit <strong>de</strong>verser la corne d’abondance sur l’église et <strong>de</strong> donner à chacunce qui lui est <strong>de</strong>stiné <strong>de</strong>puis le début <strong>de</strong>s temps (1 Corinthiens12.27).Nous voulons nous démettre <strong>de</strong> notre propre volonté et êtreprêts à recevoir et à utiliser le don reçu. Soyons reconnaissantsque nous puissions vivre la vie simple d’un disciple <strong>de</strong> Jésus,évitant la tentation <strong>de</strong>s dons trop importants. Enfin, <strong>de</strong>mandonsà <strong>Dieu</strong> <strong>de</strong> nous accor<strong>de</strong>r à nous tous sans exception, cedon – promis à tous les membres du corps du Christ – le donle plus important : le don <strong>de</strong> l’amour. Et ainsi nous <strong>de</strong>mandonsà <strong>Dieu</strong> le don du Saint-Esprit (1 Corinthiens 13.13).
<strong>La</strong> missionMaintenant c’est l’heure<strong>La</strong> misère énorme qui confronte l’humanité à cette heure <strong>de</strong>l’histoire nous provoque avec urgence à proclamer la bonnenouvelle, en montrant le chemin à prendre. Le temps est venupour l’église-communauté d’être une lumière sur le chan<strong>de</strong>lier,une ville située sur une colline (Mathieu 5.14-15). <strong>La</strong> réalité<strong>de</strong> la vie que <strong>Dieu</strong> nous a accordée doit avoir un effet surnotre entourage, et, en fin <strong>de</strong> compte, sur tous les peuples. Ilest temps <strong>de</strong> propager le message <strong>de</strong> l’unité <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, <strong>de</strong> sa justice,<strong>de</strong> la fraternité et <strong>de</strong> l’amour dans son Royaume à traversle mon<strong>de</strong>. Nous sommes cependant très faibles et si peu nombreuxquand nous pensons à la magnitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> cette tâche...Nous ne pouvons pas nous soustraire à l’appel <strong>de</strong> Jésus ou àl’impulsion <strong>de</strong> notre cœur. Cet appel est dirigé à tous, et surtoutà ceux qui sont dans la misère. Lorsque la misère atteintson comble – comme aujourd’hui – alors l’appel venant duChrist est plus urgent que jamais : « Allez <strong>de</strong> par le mon<strong>de</strong> ! »(Marc 16.15) Partez, prêchez la bonne nouvelle à toute la création! Travaillez, rassemblez ! Maintenant c’est l’heure !
78 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>La</strong> mission envers tousSi ces bonnes nouvelles sont confiées à l’église-communauté<strong>de</strong> Jésus-Christ, la mission qui lui est ainsi chargée est désignéepour tous sans exception. Cette commission doit atteindretoute personne. Cela ne veut pas dire que tous <strong>de</strong>vraientdès maintenant, à ce moment historique, vivre dans l’églisecommunautédu Christ. Bien plus, cela signifie que tout êtrehumain est interpellé par le témoignage urgent <strong>de</strong> la vérité,le but ultime <strong>de</strong> l’histoire <strong>de</strong> l’humanité : l’unité en le Christ,révélée dans la mission <strong>de</strong> l’église du Christ ( Jean 17.20-23).Cette vérité touche tous les êtres humains au plus profond <strong>de</strong>leur cœur, même s’ils ne sont pas tous dès aujourd’hui prêts àse joindre à l’église du Christ.Chacun <strong>de</strong>s membres <strong>de</strong> l’église doit vivre avec la vision duroyaume futur. Ceux qui sont envoyés en petite mission ou enapprentissage, ne sont pas chargés d’interpeller avec zèle lesautres <strong>de</strong> changer leur vie ! Mais on attend d’eux qu’ils aientune vision au-<strong>de</strong>là d’eux-mêmes, une vision <strong>de</strong> la magnitu<strong>de</strong>du royaume futur <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, sans pour cela l’imposer aux autres.Nous sommes l’avant-gar<strong>de</strong>, les messagers du <strong>de</strong>rnier royaume.Nous sommes là et nous nous dispersons comme porteurs <strong>de</strong>sbonnes nouvelles, comme envoyés du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> : noussommes au tournant <strong>de</strong> l’histoire. Seul, l’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> triomphera– le reste périra. Pour accomplir cette tâche nous <strong>de</strong>vonsà tout moment nous tourner vers le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> telle façon qu’ilnous soit possible d’exprimer une parole inspirée <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> – uneparole proclamant la <strong>de</strong>stinée <strong>de</strong> l’humanité – une parole mesuréeet pesée, valable pour tous et tous les pays – au milieu <strong>de</strong> lasituation historique du moment, proclamant la supra-politiquedu royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.
79 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Or, nous croyons que tous les êtres humains désirent ar<strong>de</strong>mmentla vraie justice, le vrai amour et l’unité. Ainsi la porte <strong>de</strong>la communauté est ouverte à tous. Cependant, il est clair quetous ne sont pas prêts à vivre en communauté aux différentesétapes <strong>de</strong> leur vie ; on ne peut pas s’attendre à ce que tous puissentaccepter cette façon <strong>de</strong> vivre au cours <strong>de</strong> leur développementindividuel. Je ne peux donc pas me tenir dans l’avenuedu Maréchal Foche, à Paris et appeler tout le mon<strong>de</strong> à vivreau Bru<strong>de</strong>rhof ! Ce n’est pas la lâcheté qui nous en empêche ;ce serait simplement stupi<strong>de</strong>. Beaucoup ne comprendraientmême pas cet appel ; ils ne seraient pas assez mûrs pour suivrecet appel. En premier lieu cela doit venir <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Je n’ai aucundroit d’interpeller les autres, à moins que l’Esprit lui-même neles ait déjà appelés.Peut-être le genre <strong>de</strong> mission que nous pourrions avoir serait<strong>de</strong> s’occuper <strong>de</strong>s sans-logis vivant dans <strong>de</strong>s conditions sordi<strong>de</strong>set sur le point <strong>de</strong> mourir <strong>de</strong> faim ; c’est ainsi qu’on pourraitproclamer l’Evangile aux plus démunis. Je crois que c’estnotre <strong>de</strong>voir d’accepter tout service <strong>de</strong> Samaritain qui nous est<strong>de</strong>mandé. Mais je crois aussi que nous avons besoin d’être guidéspour nous adresser aux pauvres, sachant bien qu’il n’est pasencore le moment pour eux <strong>de</strong> vivre en communauté, et quecela doit être plutôt une tâche <strong>de</strong> miséricor<strong>de</strong> et <strong>de</strong> compassion(Esaïe 61.1).Si nous ne sommes plus là pour tous, si nous ne sommes plussoucieux <strong>de</strong> la misère et <strong>de</strong> la souffrance du mon<strong>de</strong> entier, lavie en communauté perd sa raison d’être.Le pouvoir <strong>de</strong> la violence, <strong>de</strong> l’infidélité, <strong>de</strong> l’impureté, dumensonge et <strong>de</strong> la cupidité a gagné en puissance comme jamais
80 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>auparavant. Cette parole <strong>de</strong> Jésus est aujourd’hui <strong>de</strong>s plusimportantes : « Cette Bonne Nouvelle du Royaume n’arriverapas avant qu’elle ne soit annoncée au mon<strong>de</strong> entier. Et alorsviendra la fin. » (Mathieu 24.14). C’est l’Evangile <strong>de</strong> la nouvellecréation, du nouveau jour qui approche.Il est grand temps qu’on annonce cet Evangile – à tous età toutes les nations ! L’église a pour charge <strong>de</strong> remplir cettetâche. Les apôtres furent envoyés dans le mon<strong>de</strong> par l’église.Comment accomplir cette mission à moins d’être envoyés ?Comment le peuvent-ils, à moins d’être envoyés par uneautorité ? Comment peuvent-ils annoncer la paix, s’ils neviennent pas d’un lieu <strong>de</strong> paix, d’où ils apportent la paix auxautres ? (Romains 10.15).Lorsque le sel perd sa saveurEn général l’objection, souvent soulevée contre le Bru<strong>de</strong>rhof,est celle-ci : Nous sommes, pour ainsi dire, le sel <strong>de</strong> la terre, et lesel n’est pas normalement répandu en masses compactes maisil est parsemé en graines minuscules ! Ainsi le sel <strong>de</strong>s chrétiensindividuels <strong>de</strong>vrait donc être parsemé <strong>de</strong> par le mon<strong>de</strong> !Cela parait très convaincant. Mais on peut y opposer <strong>de</strong>uxobjections : premièrement c’est une erreur <strong>de</strong> penser que la communauté(bien qu’elle semble fermée), n’exerce aucune influencesur l’extérieur. Bien plus, la communauté envoie continuellementl’un ou l’autre <strong>de</strong> ses membres en mission. Deuxièmement, onpeut se <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r si certains ne per<strong>de</strong>nt pas la vertu d’être lesel <strong>de</strong> la terre dans certaines situations <strong>de</strong> compromis où on setrouve face à face, entourés d’un mélange confus et dangereuxd’entités spirituelles ; la qualité tranchante du sel, confié auxchrétiens peut alors perdre sa saveur (Mathieu 5.13). Les chosess’estompent ; parce que l’on s’est habitué à se concilier avec les
81 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>différents courants spirituels, les différents mouvements ; petit àpetit le témoignage <strong>de</strong> la vérité perd <strong>de</strong> sa clarté.Et ainsi nous comprenons pourquoi la vie en communautéa une telle importance. Nous comprenons pourquoi c’est uneerreur lorsqu’on nous dit, « Vous feriez beaucoup plus <strong>de</strong> biensi chacun <strong>de</strong> vous allait vivre dans une ville différente. Vousauriez l’occasion <strong>de</strong> rencontrer un plus grand nombre <strong>de</strong> personnes.» Le secret <strong>de</strong> la vie en communauté ne consiste pasà agrandir le nombre <strong>de</strong> ses membres ; ces personnes ne sontpas non plus capables, d’elles-mêmes, d’effectuer ce que la vieen communauté leur permet d’accomplir. Le secret <strong>de</strong> la vie encommunauté, c’est l’union avec le nuage invisible <strong>de</strong> l’Espritqui se manifeste à ceux qui savent attendre – attendre <strong>Dieu</strong> quiest leur tout en tout.<strong>La</strong> voie <strong>de</strong> la missionLorsque les apôtres sont allés <strong>de</strong> par le mon<strong>de</strong>, ils ne se sontpas imposés ; ils n’utilisaient ni la persuasion, ni la violence,afin <strong>de</strong> convaincre les esprits et soumettre les cœurs, ils necherchaient pas à subjuguer la volonté d’un autre. Les apôtresfurent envoyés parmi les hommes aussi inoffensifs et innocentsque <strong>de</strong>s colombes (Mathieu 10.16). Voilà comment ils accomplissaientleur mission : comme l’agneau offert en sacrifice,et l’oiseau le plus humble, l’agneau et la colombe. Cependantils allaient être sages comme les plus simples <strong>de</strong>s créatures,comme les animaux les plus pru<strong>de</strong>nts, pour autant que cetteintelligence et cette présence d’esprit ne soit pas en oppositionà la bonté candi<strong>de</strong> et sans astuce. Il fallait qu’ils soientpleinement conscients <strong>de</strong> leurs futiles actions. Jésus nous dit,« Ne jugez pas les autres… » (Mathieu 7.1) ; ne vous ren<strong>de</strong>z
82 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>pas importants en prononçant un jugement final sur d’autres.Mais Il dit aussi : jugez tout selon l’Esprit et soyez perspicace !« Vérifiez les esprits s’ils sont <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> » (1 Jean 4.1). Vousreconnaîtrez le bien et le mal selon les fruits. Il vous faut discernertoute chose ; surtout les faux prophètes qui, sous uneapparence <strong>de</strong> moutons sont <strong>de</strong>s loups féroces, et dont bientôtla nature rapace sera révélée. Tenez-vous sur vos gar<strong>de</strong>s, surtoutà l’égard <strong>de</strong> tout visage humain ! Car la trahison peutvenir <strong>de</strong> ceux en qui vous avez confiance, <strong>de</strong>s rangs <strong>de</strong> vosmeilleurs amis. Vous serez trahis, arrêtés et livrés aux autoritéspar ceux dont vous l’atten<strong>de</strong>z le moins.Notre combat n’est pas contre la chair et le sang, mais contrel’atmosphère (Ephésiens 6.12). Ceci est d’extrême importance: l’atmosphère qui émane <strong>de</strong> nous doit être plus puissanteet plus pure, donc plus victorieuse que l’atmosphère impurequi règne généralement dans le mon<strong>de</strong>. C’est pour cette raisonque personne ne <strong>de</strong>vrait aller en mission indépendamment <strong>de</strong>l’église-communauté. Personne ne <strong>de</strong>vrait risquer une mission,à moins qu’il ne soit muni <strong>de</strong> l’Esprit <strong>de</strong> l’église-communauté(Marc 13.11 ; Actes 13.2-4).Jésus forma le noyau d’une communauté <strong>de</strong>s plus intimesavec les douze ; ensemble ils allaient en mission dans le mon<strong>de</strong>.Nous suivons ce modèle <strong>de</strong> vie et <strong>de</strong> mission.Un <strong>de</strong> nos plus jeunes membres, ayant ressenti cet appel,nous a écrit à propos <strong>de</strong>s rencontres remarquables qu’il fit.Au cours <strong>de</strong> l’année nous envoyons trois ou quatre frères ouquelque couple en mission. Ainsi nous essayons simplement <strong>de</strong>tendre la main aux autres. Cela peut seulement prendre placesi toute la communauté est d’accord et que ceux qui partent enmission aient reçu une inspiration directe dans leur cœur.
83 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Nous sommes tous unis en sachant que notre mission la plusprofon<strong>de</strong> est que c’est le Christ lui-même qui vous envoie(Mathieu 9.38), qui vous gui<strong>de</strong> d’un pas à l’autre, d’une tâcheà l’autre. Nous prions que votre cœur et votre langue ne cè<strong>de</strong>ntpas à l’exubérance <strong>de</strong> votre émotion et à l’éloquence <strong>de</strong> vosparoles. Plutôt il vous faudra être inspiré <strong>de</strong> la parole juste, aumoment voulu, au moment où celui ou celle à qui vous parlezsoit enfin prête à entendre et à accepter cette parole. Nous prionsar<strong>de</strong>mment que vous soyez ainsi guidés. Nos pensées voussuivent et vous soutiennent jour et nuit.<strong>La</strong> voie <strong>de</strong> la mission n’est pas sans dangers, par exemple ledanger d’une idéalisation ambitieuse <strong>de</strong> la vie en communauté.Je vous souhaite <strong>de</strong> ne représenter que ce qui est réel dansvotre vie et dans notre vie commune (1 Jean 1.3).L’église-communauté peut être comparée à une lanterne ;dans cette lanterne la lumière brille. Les rayons <strong>de</strong> lumièrepénètrent le mon<strong>de</strong> entier. Ils sont les frères et sœurs envoyésen mission. Ils sont les émissaires <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, messagers <strong>de</strong> lumière,rayons <strong>de</strong> lumière <strong>de</strong> l’Evangile, <strong>de</strong> la lumière <strong>de</strong> l’amour<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> en Jésus-Christ, en le Saint-Esprit. Et ainsi nouspercevons que les émissaires ne sont pas indépendants etn’entreprennent rien <strong>de</strong> leur propre volonté ; nous percevonsque l’église-communauté <strong>de</strong> même n’est pas refermée sur ellemêmeet n’entreprend rien pour son bien. Sa nature est <strong>de</strong>briller, <strong>de</strong> rayonner, et <strong>de</strong> diffuser sa lumière partout.A petits pasNotre ouvrage nous semble très insignifiant dans le contexte<strong>de</strong> la souffrance immense du mon<strong>de</strong> et à la lumière <strong>de</strong>s évènementsdans le mon<strong>de</strong>, et il est important d’en être conscients.
84 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>D’autant plus dépendons-nous <strong>de</strong> la prière afin d’avoir unimpact sur le mon<strong>de</strong> et ses millions d’habitants, même si cen’est seulement que par la vente mo<strong>de</strong>ste <strong>de</strong> nos livres et <strong>de</strong>nos ateliers <strong>de</strong> tournage ; <strong>Dieu</strong> accomplira le reste (Luc 10.2).<strong>La</strong> mission ne peut être qu’un défi à ceux qui sont déjà attiréset interpellés par <strong>Dieu</strong>. Personne ne peut venir à <strong>Dieu</strong>, à moinsque le Père, lui-même, ne l’y conduit ( Jean 6.44). <strong>Dieu</strong> sonne leclairon du réveil. Au cours <strong>de</strong>s évènements <strong>de</strong> l’histoire, <strong>Dieu</strong>frappe à coups <strong>de</strong> marteau. Mais ce n’est pas à nous <strong>de</strong> démolirà coups <strong>de</strong> marteau les consciences humaines ; nous sommeslà pour rechercher, trouver et rassembler les personnes et lesgroupes qui sont eux-mêmes ébranlés et à la recherche <strong>de</strong> lavérité.Nous nous adressons à tous : celui qui veut sérieusement êtrechrétien, qui veut dévouer sa vie, si courte, à la compassionet à l’amour, celui qui désire abandonner une existence en fin<strong>de</strong> compte futile, et qui veut <strong>de</strong> même abandonner tout compromisavec le mon<strong>de</strong>, celui qui veut suivre Jésus, et personned’autre que Jésus, celui-là est le bienvenu parmi nous.Le Christ se trouve souvent caché dans le cœur <strong>de</strong> certainsqui se disent non-croyants. Nous savons, pour en avoirfait l’expérience, que le Christ est vigoureusement à l’œuvreenvers ceux qui néanmoins en paroles dénient être chrétiens.Ceci nous montre combien Jésus-Christ dépasse tout ce quenous pouvons nous imaginer et combien sa compassion estinfiniment plus gran<strong>de</strong> que notre cœur puisse le comprendre( Jean 3.20). Mais n’en soyons pas surpris. Si nous avonsfait l’expérience même <strong>de</strong> façon minime <strong>de</strong> l’Esprit <strong>de</strong> Jésus-Christ, nous ne <strong>de</strong>mandons certainement pas à tous ceux que
85 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>nous rencontrons, s’ils ont la même croyance que nous. Si nousles aimons, nous chercherons à faire leur connaissance poursavoir ce qui anime leur cœur, et c’est seulement à partir <strong>de</strong> là,nous rechercherons l’unité.Sur les traces <strong>de</strong> Jésus<strong>La</strong> simple mission apostolique n’est pas soucieuse <strong>de</strong> prononcer<strong>de</strong> beaux discours dans <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s salles. <strong>La</strong> mission <strong>de</strong>sapôtres est bien plus mo<strong>de</strong>ste : il s’agit seulement <strong>de</strong> trouver lefil <strong>de</strong> vie d’une personne à l’autre, d’une maison à l’autre, d’uneville à l’autre ; <strong>de</strong> suivre les traces <strong>de</strong> Jésus-Christ et <strong>de</strong> voir oùIl est allé et y aller nous-mêmes. Trouver ceci est une grâce <strong>de</strong><strong>Dieu</strong>...Nous <strong>de</strong>vons ajouter que le rassemblement <strong>de</strong>s individusou <strong>de</strong>s divers petits groupes, en vue <strong>de</strong> vivre en communautétotale, n’est pas le plus important. Ce ne serait pas conforme àla véritable stature <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. L’effet principal <strong>de</strong> la mission doitêtre d’éveiller la conscience <strong>de</strong> l’humanité envers <strong>Dieu</strong> : qui Ilest, quelle est sa volonté ; et envers la réalité <strong>de</strong> l’amour parfait<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, à travers Jésus-Christ ( Jean 17.26) ; et <strong>de</strong> proclamer :ceci est vraiment possible ici bas dans la vie en communauté.Aujourd’hui, l’unité est réalisée et vécue dans la justice socialetotale, dans la fraternité, et dans un esprit d’unanimité <strong>de</strong>cœur. <strong>La</strong> tâche imminente sera <strong>de</strong> montrer au mon<strong>de</strong> entier,les classes soi-disant supérieures comme les classes soi-disantinférieures, que ce que nous avons presque totalement oublié –est en vérité : réel, et quand même possible !
L’individu et lacommunauté
L’ensemble <strong>de</strong>s croyants<strong>La</strong> vie en <strong>Dieu</strong> est <strong>de</strong> rassembler ( Jean 12.32). <strong>Dieu</strong> veut nousrassembler en un organisme, et nous unir en un corps vivantanimé par le Saint-Esprit (1 Corinthiens 12.13-14). Il s’agit<strong>de</strong> transposer l’unité <strong>de</strong> l’Esprit et notre lien <strong>de</strong> paix commeforces agissantes dans la vie pratique <strong>de</strong> tous les jours. Ainsil’unité <strong>de</strong>vient une réalité tangible.Nous croyons que le Saint-Esprit révèle Sa présence dansl’église-communauté vivante. C’est ici que notre christianismediffère d’un christianisme purement personnel. Il est vrai quele Saint-Esprit doit pénétrer le cœur <strong>de</strong> chacun. Cependant,en réalité, c’est dans l’église-communauté que l’œuvre du Saint-Esprit se manifeste premièrement. C’est seulement lorsquel’expérience profon<strong>de</strong> <strong>de</strong> chacun est aussi l’expérience <strong>de</strong> toutela communauté croyante que le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> se révèle.Si quelqu’un nous <strong>de</strong>man<strong>de</strong> si les quelques personnes faibleset malheureux que nous sommes dans la communauté sont envérité l’église <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, il avons a répondre : « Non, nous ne lesommes pas. Comme tout autre être humain, nous sommesles récipients <strong>de</strong> l’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et l’objectif <strong>de</strong> son amour. Etcomme tout autre – ou même plus que n’importe qui d’autre –
88 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>nous ne sommes pas dignes, nous sommes impropres et incapablesd’être les instruments du Saint-Esprit, <strong>de</strong> participer àl’édification <strong>de</strong> l’église, et à la mission envers le mon<strong>de</strong> entier.Mais si quelqu’un nous pose la même question <strong>de</strong> la manièresuivante : est-ce que l’église <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> est parmi vous ? Est-ceque l’église <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> vient à vous, là où vous êtes, parmi les êtreshumains ? Est-elle là, dans le sens du Saint-Esprit, qui lui-seulpeut amener l’église ici-bas ? Alors, nous <strong>de</strong>vons répondre :Oui, il en est ainsi. Partout où les croyants sont assemblés, avecune seule volonté, un seul but, que le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> arrive !Que l’église <strong>de</strong> Jésus-Christ soit révélée dans l’unité totale <strong>de</strong>son esprit ! Là où est le Saint Esprit se trouve l’église-communauté.(1Jean 3.24).L’église-communauté est un édifice vivant. Les personnes àl’intérieur sont <strong>de</strong>s pierres à bâtir vivantes. Ces pierres n’ontrien <strong>de</strong> parfait en elles-mêmes. Elles doivent être taillées etajustées en vue d’être adaptées dans le bâtiment. Mais le bâtiment,lui, est parfait. En voici justement le secret ; la vie <strong>de</strong> cebâtiment ne consiste pas en ses parties diverses, mais plutôtil est soutenu par le Saint-Esprit vivant, qui unifie. Ce nesont pas les segments qui représentent l’unité du bâtiment –non pas l’accord <strong>de</strong>s opinions diverses. Au contraire, dans cespierres <strong>de</strong> nature inerte, la vie sera éveillée grâce à l’élément quirassemble et réunit : le Saint-Esprit (1 Pierre 2.5).Lorsque George Fox vint voir Oliver Cromwell pour la secon<strong>de</strong>fois, George Fox le mit au défi <strong>de</strong> jeter sa couronne auxpieds <strong>de</strong> Jésus-Christ 1 . Si seulement nous aussi, nous pouvions1Dans son journal, George Fox décrit cette rencontre avec Oliver Cromwell, qui avait étéoffert la couronne d’Angleterre. « Je lui ai encore dit : Ceux qui veulent le couronner cherchent à
89 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>ainsi interpeller les dictateurs <strong>de</strong> nos jours ! Mais tout d’abordil nous faut déposer nos petites couronnes <strong>de</strong>vant le trône <strong>de</strong>Jésus-Christ, <strong>de</strong> même que notre propre volonté aveuglante, nosdésirs personnels et nos présomptions. Le domicile <strong>de</strong> l’églisecommunautéest un lieu d’unité où ceci nous est rendu facile,car il nous est impossible faisant face à l’église, d’imposer notrepropre nature et nos propres exigences. L’unité <strong>de</strong> l’église noussauve et nous libère <strong>de</strong>s illusions multiples qui nous assaillent.Dans l’église <strong>de</strong> Jésus-Christ nous sommes délivrés <strong>de</strong> nos airsd’importance et <strong>de</strong> la vanité <strong>de</strong> nos pensées (Ephésiens 4.17-24).C’est bien sûr un trait humain que <strong>de</strong> changer au cours <strong>de</strong>sannées mais bien plus c’est en fait en accord avec la volonté<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Puisque que nous ne serons jamais à la hauteur <strong>de</strong>la perfection <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, nous <strong>de</strong>vons sans cesse changer. Cequi est décisif pour notre vie, c’est dans quelle direction nouschangeons. Et la direction qui nous est assignée, c’est « d’êtretransformés pour être semblable au Seigneur » (2 Corinthiens3.18). Il est impossible cependant qu’une seule personne reflètel’image <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ; l’image <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> sera plutôt reflétée dans uneunité organique et vivante consistant en un grand nombre <strong>de</strong>membres qui sont engagés ensemble, et s’entrai<strong>de</strong>nt les unsles autres : ils représentent dans une Eglise, une communauté,animée par le Saint-Esprit. En tant que tel, le corps du Christest l’image <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> à notre époque.Aussi faibles que nous soyons, il nous est permis <strong>de</strong> vivreici-bas dans l’église-communauté ; là, nous pouvons refléterla nature du Père dans nos paroles, notre vie, et notre travail.Ce n’est pas le croyant, en tant qu’individu, mais c’estl’église <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, qui se sert <strong>de</strong> nous méthodiquement commeprendre sa vie ; et je l’ai prié d’accepter la couronne qui est immortelle. » The Journal of George Fox,avec introduction <strong>de</strong> Rufus M. Jones. (Londres : J.M.Dent and Sons Ltd.,1962, p.170)
90 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>ses instruments, l’église véritable qui est la nouvelle incarnationdu Christ, la personnification <strong>de</strong> la Parole <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Ici,notre prière à <strong>Dieu</strong> – Celui qui gouverne, comman<strong>de</strong>, assiste,et aime : le Toi, assujettit la résistance rebelle du ‘moi’ humain,qui <strong>de</strong>vient alors la soumission du ‘nous’ <strong>de</strong> l’église-communauté,dans la foi et la confiance entière en notre <strong>Dieu</strong>, toutpuissant,et tout-unifiant. Il sera toujours le <strong>Dieu</strong> tout-autre,le seul être parfaitement bon, qui interpelle constamment sonEglise et lui accor<strong>de</strong> sa grâce, sa protection et la munit <strong>de</strong> pouvoirpour accomplir sa tâche.Jésus désirait toujours avoir ses amis intimes, autour <strong>de</strong> lui,ceux qu’Il appelait ses disciples (Marc 3.13-14). Plus tard, sonEsprit incita les premiers chrétiens à rester ensemble, <strong>de</strong> façonà ce qu’ils puissent vivre la vie <strong>de</strong> Jésus, et participer aux actesqu’Il accomplissait (Actes 2.42-47). Parce qu’ils étaient contraintspar l’Esprit, toutes leurs questions et problèmes <strong>de</strong> lavie <strong>de</strong>vaient trouver une solution, dont la forme extérieureétait en accord parfait avec l’unité et l’amour.Le mystère <strong>de</strong>s premières communautés chrétiennes fut latoute-puissante présence du Christ dans son Eglise (Colossiens1.26-27). Ce qui est merveilleux à propos <strong>de</strong> ce mystère, c’estque le Christ ne leur est pas apparu en vision, mais il a révélésa présence dans la <strong>de</strong>scente du Saint-Esprit.Au même instant où les membres <strong>de</strong> l’église-communautéreconnaissent que l’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> se déverse en eux, en leSaint-Esprit, ils doivent confesser : Il est présent ! Le Christest ici ! Il est victorieux sur tous les péchés, sur tous les espritsimpurs, sur tout caractère émotif, sur toute susceptibilité, surtout égoïsme ! Il est présent – le Souverain, le Crucifié, et leRessuscité – dans l’Esprit tout-puissant <strong>de</strong> son Eglise.
91 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Le lien avec la fraternité n’est pas un lien humain, fondé surune promesse mutuelle. C’est plutôt le signe extérieur et nécessaire<strong>de</strong> notre consécration, dans la foi, à la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>,qui nous donne l’unité parfaite, et au Saint-Esprit, qui rendcette unité possible à maintes reprises.Nous ne sommes pas un groupe <strong>de</strong> personnes bien intentionnées,voulant vivre en communauté, en pensant que l’ensemble<strong>de</strong> toutes ces bonnes volontés puissent produire une certaineunité positive ; ce n’est pas ce que nous croyons. Noussavons trop bien que, malgré notre incapacité à vivre en communauté,malgré notre faiblesse <strong>de</strong> caractère et le manque <strong>de</strong>talents – malgré nous-mêmes – c’est l’Esprit <strong>de</strong> Jésus-Christ,l’Esprit d’unité, qui nous appelle à suivre cette voie et à nousrassembler.Non pas que quelque individu comman<strong>de</strong> à un autre ; ce seraitdéjà séparer l’employeur <strong>de</strong> l’employé. Cela n’existe pas cheznous. Un groupe <strong>de</strong> personnes intellectuelles ne comman<strong>de</strong>pas à ceux qui ont un travail manuel. Ce serait là une division<strong>de</strong>s groupes, les uns superposés sur les autres ! Tout reste <strong>de</strong>classes sociales, d’esprit <strong>de</strong> caste, et <strong>de</strong> rang, est déraciné. Letravail est organisé selon l’unanimité <strong>de</strong> l’église-communauté.Ce qui importe sur tout le reste, c’est l’accord, l’harmonie, etl’unité dans l’amour et la foi, <strong>de</strong> tous les membres...Quelques-uns <strong>de</strong>s membres ont une fonction qui leur a étéassignée ; serviteur <strong>de</strong> la Parole (pasteur), l’intendant ou gérantd’affaires, réparteur du travail ; et aussi, la sœur responsable,le directeur <strong>de</strong> l’école, et d’autres encore. Toutefois ces membresne peuvent exercer ces fonctions que si la communautéles supporte entièrement. L’organisation ainsi effectuéene présente aucun problème aux membres, car chacun en
92 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong>venant membre, apporte tout ce qu’il a et tout ce qu’il estdans l’unité <strong>de</strong> la communauté. Il ne gar<strong>de</strong> rien pour soi, pasmême une heure <strong>de</strong> travail ni un compte en banque, si petitqu’il soit, ni objets <strong>de</strong> valeur quelconques. Il ne possè<strong>de</strong> absolumentrien (Luc 12.32-34). Ce qu’il possè<strong>de</strong> lui est seulementdonné pour s’en servir dans son travail, aussi longtemps qu’ilen ait besoin. Ceci ne produit pas l’uniformité ou l’égalité ; ilne faut pas croire que le résultat <strong>de</strong> cette organisation en communsoit un seul ton, un seul accord, mais plutôt elle conduit àl’harmonie, riche et mélodieuse.<strong>La</strong> communauté pourvoit à chaque membre un travail utile :sur la ferme et dans le jardin ou bien une occupation artisanale; <strong>de</strong> même dans l’imprimerie, l’édition, l’enseignement ousurveiller la récréation ; le jardin <strong>de</strong>s enfants ou le soin <strong>de</strong>sbébés ; la cuisine, la blanchisserie, le nettoyage et le ménageetc., chacun travaille pour le bénéfice <strong>de</strong> toute la communauté.C’est un vrai miracle d’avoir vécu en communauté ces douze<strong>de</strong>rnières années ; d’avoir connu la puissance <strong>de</strong> l’Esprit libérateuret ré<strong>de</strong>mpteur, et <strong>de</strong> pouvoir en témoigner. Un tel miraclene provient jamais <strong>de</strong> nous-mêmes.Comment pouvons-nous pénétrer l’atmosphère <strong>de</strong> ce miracle? <strong>La</strong> réponse pour nous se trouve dans les paroles d’une<strong>de</strong>s chansons préférées du temps <strong>de</strong> Sannerz : Nous attendonsensemble que <strong>Dieu</strong> nous parle ; nous nous consacronsdans cette attente à être actifs, dans la certitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> la venue duSaint-Esprit, et <strong>de</strong> la nature parfaite <strong>de</strong> Jésus. Que s’est-il passéà la venue du Saint-Esprit ? <strong>La</strong> longue attente expectative ne<strong>de</strong>vrait pas décourager. <strong>La</strong> petite ban<strong>de</strong> à Jérusalem a dû passerpar une pério<strong>de</strong> d’attente difficile, qui semblait n’avoir pas<strong>de</strong> fin ; et soudainement, c’est arrivé : l’effusion du Saint-Esprit
93 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>(Actes 1.4-5 ; 2.1-4). Au même instant tout a changé. Et noussommes convaincus que ce changement décisif doit constammentse répéter.Nous voulons nous rappeler encore une fois aujourd’hui quenous ne considérons la fraternité d’aucune manière comme lebut final ; au contraire la fraternité est simplement opérationnellepour atteindre le but. Nous ne voulons aucunement consoli<strong>de</strong>rla fraternité dans son propre intérêt ni le Bru<strong>de</strong>rhof dansson propre intérêt. Nous désirons bien plus, que notre fraternitétravaille en vue <strong>de</strong> la paix et <strong>de</strong> l’unité. Nous désirons que lemon<strong>de</strong> entier, avec tous ses peuples, parvienne au royaume <strong>de</strong>justice et <strong>de</strong> paix ; autrement dit, nous désirons que le royaume<strong>de</strong> justice et <strong>de</strong> paix parvienne au mon<strong>de</strong> entier. Il faut qu’il yait quelques personnes, aussi peu nombreuses qu’elles soient,qui se dressent et confrontent les énormes forces <strong>de</strong> l’hostilitéet <strong>de</strong> l’exaspération et qui rayonnent l’unité, la paix, la justice,la fraternité et la dignité humaine, partout dans le mon<strong>de</strong> :c’est-à-dire les rayons d’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et du Christ, rayons <strong>de</strong>la puissance du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Voilà le but <strong>de</strong> notre vie, etvoilà l’objectif <strong>de</strong> votre union avec nous.
Direction et servicepastoralQu’est-ce qu’un serviteur ?Il n’existe pas d’autre maître ou seigneur dans cette églisecommunautéen <strong>de</strong>hors du Christ ; pas d’autre chef, que Jésus-Christ qui est la tête. Nous sommes tous frères entre nous.Nous sommes tous membres, serviteurs les uns <strong>de</strong>s autres(Mathieu 23.8-12) ; nous sommes <strong>de</strong>s cellules vivantes. Celuiqui comman<strong>de</strong> ce corps par le pouvoir du Saint-Esprit, c’estJésus-Christ, le Fils du <strong>Dieu</strong> vivant.A l’époque du Nouveau Testament, <strong>de</strong>s jours <strong>de</strong> l’exploitationgréco-romaine et <strong>de</strong> l’exploitation orientale <strong>de</strong>s esclaves, lesserviteurs n’étaient pas seulement ceux qui servaient à table ouà la cuisine ou encore comme domestiques personnels. Mêmeles hommes lettrés, poètes, professeurs <strong>de</strong> langues, comptables,administrateurs, régisseurs, servaient leur maître volontairement,comme esclaves. Voilà ce que les apôtres voulaient dire,quand ils parlaient <strong>de</strong>s serviteurs <strong>de</strong> l’église 1 (Galates 5.3).1<strong>La</strong> direction authentique dans la communauté chrétienne, c’est le service. C’est pourquoi leBru<strong>de</strong>rhof emploie la dénomination <strong>de</strong>s premiers chrétiens : serviteur <strong>de</strong> la Parole, au lieu <strong>de</strong>
95 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Que signifie ce service pour tous ceux qui sont désignés à être<strong>de</strong>s fidèles serviteurs <strong>de</strong> l’église ? Les apôtres nommaient lesfrères chargés <strong>de</strong>s responsabilités les plus importantes dansl’église : serviteurs ou diacres. De même, dans notre vie <strong>de</strong>communauté, le nom serviteur est la meilleure dénominationpour décrire les frères chargés d’une responsabilité spéciale.Les serviteurs <strong>de</strong> la Parole occupent la <strong>de</strong>rnière placedans l’église, bien que leur tâche comporte la lour<strong>de</strong> responsabilitéd’une gran<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> la vie communautaire. Le serviteur<strong>de</strong> la Parole a un lourd far<strong>de</strong>au à porter – il est vraimentsurchargé. Son service est accompli dans l’amour <strong>de</strong> la véritéet dans la vérité <strong>de</strong> l’amour (1 Timothée 6.11). Il le fait dansl’esprit fraternel, tous les frères et sœurs ayant la même valeur.Le serviteur principal ou aîné a la responsabilité ultime <strong>de</strong> toutle Bru<strong>de</strong>rhof. Le service <strong>de</strong> la Parole lui est confié ; il s’occupedu bien-être personnel <strong>de</strong>s membres et <strong>de</strong>s hôtes, ainsi que <strong>de</strong>l’éducation <strong>de</strong>s enfants et <strong>de</strong> prendre soin <strong>de</strong>s invités. Il doitrépondre <strong>de</strong>s biens, <strong>de</strong> l’argent et du bien-être matériel <strong>de</strong> lacommunauté. Il doit <strong>de</strong> même répondre <strong>de</strong> tout le travail <strong>de</strong>la communauté, à l’intérieur comme à l’extérieur, y compris lamission, l’imprimerie et l’édition...<strong>La</strong> tâche <strong>de</strong> la sœur, mère <strong>de</strong> la communauté est <strong>de</strong> prendresoin <strong>de</strong> tous les membres en ce qui concerne les problèmesintérieurs et extérieurs, sous la direction du serviteur principalet conjointement avec l’administrateur. Elle est aussi responsableen tant qu’intendante <strong>de</strong> l’entretien <strong>de</strong> la maison, et ellesurveille le travail <strong>de</strong>s sœurs et <strong>de</strong>s jeunes filles. Nous appelonsl’église <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> : notre mère, car elle vient à nous en l’Esprit-Saint et en l’Esprit <strong>de</strong> l’avènement <strong>de</strong> Jésus-Christ ; ainsi cecuré ou pasteur ou prêtre, noms qui d’ailleurs sont tous dérivés du même nom grec : diakonos,qui signifie serviteur.
96 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>service d’amour confié à notre mère envers tous les membreset tous les hôtes est d’importance fondamentale.O, c’est une épreuve bien dure <strong>de</strong> <strong>de</strong>voir être le serviteur principal; celui qui aspire à ce service ne comprend pas encorecombien cette obligation nous tourmente, nous qui sommes sifaibles (1Corinthiens 9.16). Heureux, celui à qui cette obligation,si sacrée et si nécessaire soit-elle, n’ait pas été imposée –bien sûr, à moins qu’il n’y aspire avec un désir secret provenantd’une volonté encore impure !Je suis prêt à vivre avec vous, sans prétention au titre <strong>de</strong> serviteurprincipal, je ne désire pas <strong>de</strong> titre ; et si l’expressiond’ancien, présuppose un titre, j’y renonce volontiers. En tantque rang social, je le renie comme œuvre diabolique. En cesens-là, nous <strong>de</strong>vons purifier notre conscience <strong>de</strong>s œuvresmortes (Hébreux 9.14).L’autorité provient du don <strong>de</strong> l’EspritUn serviteur <strong>de</strong> l’Esprit reçoit son mandat du Saint-Esprit. Ilest choisi, convoqué, et commissionné par le Saint-Esprit, etaussi par un peuple qui est rempli <strong>de</strong> cet Esprit (Actes 13.2-3). Il faut que ce soit <strong>Dieu</strong> et son Eglise qui l’envoient dans sarécolte. Le Christ, lui-même, a été oint et commissionné parl’Esprit du Seigneur (Luc 4.18-19). Il fallut que les apôtressoient revêtus du pouvoir d’en Haut à travers la Parole vivante,avant d’entreprendre leur mission – la parole vivante qui jaillit<strong>de</strong> la Bible vivante du cœur. C’est pourquoi les paroles <strong>de</strong>sapôtres eurent une telle puissance et une telle vigueur qui sonnentjuste. Leurs paroles tranchantes comme une lame <strong>de</strong> couteau,transperçaient les cœurs.
97 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Ainsi, les hommes qui agissaient comme diacres ou serviteursdans cette première Eglise – et qui <strong>de</strong>vaient assurerl’égalité <strong>de</strong> la distribution – <strong>de</strong>vaient être remplis du Saint-Esprit et <strong>de</strong> sagesse (Actes 6.3) – comme le fut Etiennejusqu’au <strong>de</strong>rnier moment <strong>de</strong> sa mort <strong>de</strong> martyr.Nous n’avons pas ici <strong>de</strong> fonctions fixes, nous n’avons que <strong>de</strong>sservices qui s’ensuivent <strong>de</strong> l’affluence <strong>de</strong> l’amour et <strong>de</strong> l’Esprit.Le même moment où leur service voudrait être indépendant<strong>de</strong> cet amour et <strong>de</strong> cet Esprit, ce serait un mensonge, uneimpossibilité. Même la personne la plus douée n’a plus rien àdire, si elle croit en elle-même.Le Saint-Esprit veut nous donner une telle lumière, que nousobéissons non seulement à ce qu’Il nous révèle en nous-mêmes,mais Il nous permet <strong>de</strong> regar<strong>de</strong>r plus loin, d’appréhen<strong>de</strong>r et<strong>de</strong> saisir le mouvement du cœur que l’Esprit, à n’importe quelmoment inspire aux autres membres <strong>de</strong> l’Eglise, surtout à ceuxqui ont retenu leur esprit d’innocence. Pour un peu je dirai :quant au serviteur <strong>de</strong> la Parole, il est plus important <strong>de</strong> percevoirla voix <strong>de</strong> l’Esprit dans les autres et d’exprimer la clarté qui leurest donnée, que <strong>de</strong> considérer ce qu’il ressent lui-même.Aucune église-communauté n’a en elle-même le pouvoir <strong>de</strong>créer un renouveau, d’engendrer une nouvelle vie. Aucun serviteur<strong>de</strong> la Parole ne peut communiquer à d’autres la possibilitéd’une vie nouvelle et le pouvoir qui en dérive. S’il croyait lepouvoir, même en une très faible mesure, il perdrait son service.Voici le secret : la Jérusalem céleste, notre mère à nous tous,a le pouvoir d’enfanter à nouveau. Voilà d’où vient la vie nouvelle,la nouvelle justice et la nouvelle vertu, le nouvel amour, lanouvelle force vitale (Galates 4.26 ; Apocalypse 21.2).
98 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Le bien-être <strong>de</strong> chaque individu, son état moral et physique etsa disposition, est en première ligne confié aux serviteurs <strong>de</strong> laParole. Dans une atmosphère où règne la confiance, nos hôtes,les jeunes et les novices doivent se sentir libres d’exprimer leursdifficultés spirituelles ou autres. Non pas qu’une personne semette toujours au premier plan avec ses problèmes, mais là oùson service et sa dévotion à la cause du royaume sont gênéspar ses propres problèmes, alors cette personne doit rechercherl’assistance du serviteur (Hébreux 13.17).Le serviteur <strong>de</strong> la Parole ne doit jamais s’imposer à ou forcerl’église-communauté qui lui est confiée. Car il n’est pas misen tête <strong>de</strong> la communauté pour la tyranniser, mais pour sonbonheur (2 Corinthiens 1.24).Le discernement <strong>de</strong> l’EspritLe capitaine d’un navire agit toujours avec l’entente <strong>de</strong> toutl’équipage. Cette qualité est proche du discernement <strong>de</strong>sesprits. On ne peut éviter les écueils, que si on les a aperçuset reconnus. Le don <strong>de</strong> tenir le gouvernail, <strong>de</strong> diriger, est undon spirituel pour tous les serviteurs <strong>de</strong> la Parole. Chaqueserviteur <strong>de</strong> la Parole <strong>de</strong>vrait avoir ce don. Non seulement leserviteur a besoin d’ai<strong>de</strong>, mais son service nécessite l’assistance<strong>de</strong> beaucoup d’autres, <strong>de</strong> même que le capitaine d’un navirenécessite <strong>de</strong>s remplaçants. Ce don aussi doit être accordé àautant <strong>de</strong> membres que possible, <strong>de</strong> façon à rester sur la bonnevoie spirituellement et économiquement.Seulement si l’église-communauté <strong>de</strong>meure éveillée et ferme,peut-elle affronter cette époque dangereuse. Nous n’avons pasle temps d’être fatigués, <strong>de</strong> vouloir nous reposer ou <strong>de</strong> penser
99 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>trop à nous-mêmes. C’est le moment <strong>de</strong> s’engager à réveillerl’église-communauté à gauche et à droite avec les armes duroyaume. Voyez-vous ? Nous <strong>de</strong>vons donc prier pour gui<strong>de</strong>rl’esprit <strong>de</strong> vigilance, le Saint-Esprit. Car nous nous savons êtrefatigués et notre chair est faible ; nous n’avons pas en nousmêmesla force <strong>de</strong> confronter ces dangers <strong>de</strong> tous côtés, d’êtreprêts à livrer combat et avoir la présence d’esprit nécessairepour répondre du tac au tac.C’est justement ici que les serviteurs <strong>de</strong> la Parole doiventdémontrer leur vigilance et leur ténacité, <strong>de</strong> façon à ce quel’église-communauté soit dirigée par le souffle du vent frais, lesouffle du Saint-Esprit. Dans ces temps dangereux, une briselégère ne suffit pas, une tempête froi<strong>de</strong> et tonifiante doit sedéchaîner. Il nous faut la solliciter, afin <strong>de</strong> chasser au loin toutmanque d’enthousiasme.Voici les dangers qui nous entourent : tout d’abord la bureaucratie,le désir <strong>de</strong> mener à la baguette, la présomption <strong>de</strong>s frèresqui tirent vanité <strong>de</strong> leur service et qui, dans la conscience <strong>de</strong>leur <strong>de</strong>voir, répriment ou étouffent le mouvement, l’inspirationlibre <strong>de</strong> l’Esprit, menaçant d’esclavage le reste <strong>de</strong> la communauté.Puis il y a le danger d’une tendance vers le moralismeprétentieux, l’effronterie <strong>de</strong> s’élever au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong>s autres avecses convictions morales. En conséquence on parle d’une façonpéjorative <strong>de</strong> ceux qui n’ont pas le même niveau moral.Le troisième danger est un sens compétent <strong>de</strong>s affaires ;il nous incite à penser constamment à l’argent à gagner, à lamoisson, à la productivité, au travail laborieux qui doit êtreaccompli chaque jour. Et enfin, dans la même catégorie, latendance à l’orgueil ; certains se voient comme les plus capables,l’esprit critique par excellence, et voient les autres comme
100 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>étant moins qualifiés. Ou bien d’autres au contraire <strong>de</strong>viennentdéprimés ; lorsqu’ils sont conscients <strong>de</strong> ne pas pouvoir atteindreces niveaux <strong>de</strong> moralité, d’efficacité, et d’accomplissement.Seul l’Esprit doit parlerSi nous suivons la voie sainte <strong>de</strong> l’église-communauté, personnen’a le droit <strong>de</strong> se lancer dans quelque activité <strong>de</strong> son proprechef. Il nous faut, bien plus, parler, travailler, et agir, selonce que l’Esprit <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> nous inspire. L’église-communauté nepeut fonctionner autrement. Et ainsi, non seulement à l’égarddu service <strong>de</strong> la Parole, mais dans toutes les réunions duBru<strong>de</strong>rhof, dans tout notre travail, c’est uniquement l’Espritqui détermine nos paroles et nos actions.Seulement lorsque nous saisissons ceci, aurons-nous unprofond respect envers ce qui est exprimé dans les réunions <strong>de</strong>prière, et dans les réunions <strong>de</strong> la fraternité. Nous ne verrons passeulement la personne avec ses qualités humaines, mais nouspercevrons une voix qui exprime ce que <strong>Dieu</strong> veut nous dire,ce qu’il a à nous dire, et ce qu’il nous dit en ce moment même.Il en est <strong>de</strong> même en ce qui concerne nos actions. Aussitôt quenous nous écartons, même d’un cheveu, <strong>de</strong> la pureté et <strong>de</strong> ladivinité <strong>de</strong> ce chemin – même avec les meilleures intentions –nous sommes en danger d’être noyés dans le genre humain.Et ce danger extrême est susceptible <strong>de</strong> faire sombrer dans lesmarais la cité qui est juchée sur la colline.Je voudrais avoir dit ceci, concernant le service <strong>de</strong> la parole,surtout en pensant à la mission : nous ne <strong>de</strong>vrions prendre laparole seulement à l’instigation du Saint-Esprit. Autrement,taisons-nous. De même, si nous allons lire quelque chose àhaute voix, il nous faut être pénétrés <strong>de</strong> l’Esprit-Saint. Ici, je
101 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>ne veux pas indiquer une élévation <strong>de</strong> la voix ou la solennité<strong>de</strong>s paroles et <strong>de</strong>s gestes. Cette stimulation du Saint-Espritpeut nous inspirer dans le domaine pratique <strong>de</strong>s ateliers, <strong>de</strong>la disposition du jardin ou encore <strong>de</strong>s problèmes personnelscomme le mariage ; l’animation <strong>de</strong> l’Esprit peut toucher toutet n’importe quoi qui se rapporte à la vie. Mais qu’il provienne,surtout, du cœur <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, et qu’il nous soit donné par <strong>Dieu</strong> luimême.Autrement il vaut mieux se taire (1Corinthiens 2.13).
Admonition, discipline etpardonTous les membres <strong>de</strong> l’église-communautéont besoin d’assistanceL’esprit <strong>de</strong> la joie est à la fois l’esprit <strong>de</strong> l’édification, <strong>de</strong> l’ordre,et <strong>de</strong> la discipline. Quant à l’esprit d’ordre et <strong>de</strong> discipline, il estévi<strong>de</strong>nt qu’il ne s’agit pas <strong>de</strong> lois humaines – ou <strong>de</strong> punitionimposée par la volonté morale d’une personne sur une autre –ceci nous a été emphatiquement révélé. S’il n’est pas questiond’être puni, il n’y a pas non plus besoin <strong>de</strong> craindre une punition.On ne <strong>de</strong>vrait ressentir aucune crainte mais un remordssérieux qui envahit le cœur, la peine, le chagrin d’avoir failli àla gran<strong>de</strong> cause.Aussi longtemps que l’on vit dans l’atmosphère <strong>de</strong> l’Esprit,on ne fera jamais volontairement et consciemment le mal.On n’entreprendra rien intentionnellement qui puisse nuire àl’unité <strong>de</strong> l’édifice <strong>de</strong> l’Esprit (1 Jean 3.6). Mais comment estcepossible <strong>de</strong> commettre <strong>de</strong>s fautes, <strong>de</strong> tomber en dérogation,<strong>de</strong> s’écarter à tel point <strong>de</strong> la vérité, quand on ne l’a même pasvoulu ou même prévu ? L’être humain est faible et insensé. <strong>La</strong>
103 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>plupart du temps, nous voyons à peine le mal approcher ; cequi est pire, c’est l’ abandon <strong>de</strong> toute résistance au mal et cequi est encore plus dangereux, c’est <strong>de</strong> se résigner petit à petit,<strong>de</strong> se familiariser avec ce désordre croissant, et <strong>de</strong> s’y habituer.Lorsqu’un membre <strong>de</strong> l’église-communauté tombe dans cedanger, il recherche <strong>de</strong> l’assistance ; car il sait bien que tousles frères et sœurs sont sujets aux mêmes faiblesses, et seraientimmédiatement prêts à l’ai<strong>de</strong>r. <strong>La</strong> fraternité entière voudraittuer le mal dans l’œuf. Chacun a la foi que l’Esprit <strong>de</strong> Jésus-Christ pénètre en tous les membres, et que personne ne seraabandonné à son heure <strong>de</strong> besoin. (1 Corinthiens 10.13). <strong>La</strong>personne qui succombe à la tentation sait que l’église du Christla soutient, en vue <strong>de</strong> l’ai<strong>de</strong>r et <strong>de</strong> tout remettre en ordre.Ainsi il n’est pas juste <strong>de</strong> dire : il suffit <strong>de</strong> reconnaître sesfautes dans son propre cœur, et <strong>Dieu</strong> nous punira là. Cettepensée est erronée, car elle est purement personnelle et exclutl’église du Christ et le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Il est vrai que chaquepersonne touchée par l’Esprit ressent ses fautes dans son proprecœur, et que chaque personne appartenant à l’église duChrist perçoit la voix <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, surtout lorsqu’il a commis unefaute. Mais un membre vigilant ressent aussi que toute l’égliseest affectée et se sent également responsable <strong>de</strong> ce qui s’estpassé (1 Corinthiens 12.25-26). Un membre <strong>de</strong> l’église-communauténe se sent jamais seul <strong>de</strong>vant <strong>Dieu</strong>, il sait que toussont avec lui et le supportent (Galates 6.1-2).<strong>La</strong> repentance nous conduit nécessairement à un changement<strong>de</strong> cœur, <strong>de</strong> volonté, et <strong>de</strong> direction. L’exclusion <strong>de</strong> l’église-communautén’est pas une fin en soi ou une punition ; l’exclusionnous donne l’opportunité <strong>de</strong> réfléchir profondément sur notrevie, et d’effectuer un changement fondamental.
104 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>La</strong> discipline maintient la pureté <strong>de</strong> l’égliseLe Saint-Esprit convainc le mon<strong>de</strong> du jugement. Voilà ce qui estdécisif. Le jugement consiste en ceci : le prince <strong>de</strong> ce mon<strong>de</strong> estjugé et condamné mais ce n’est pas le cas pour les êtres humains.( Jean 16.8-11). Le jugement sévère <strong>de</strong> l’église n’est aucunementdirigé envers les membres <strong>de</strong> l’église, mais exclusivement contrele prince <strong>de</strong> ce mon<strong>de</strong>, qui désire continuellement contrôlerl’âme <strong>de</strong>s membres <strong>de</strong> l’église-communauté aussi.Vous aussi, vous voulez que le bien triomphe, et que le malsoit vaincu. Mais peut-être pensez-vous trop aux individusconcernées. Elles vous semblent être l’objet principal,l’instrument, l’élément déterminant. Ceci est faux. Il s’agitd’un combat entre les esprits. L’être humain est seulementaffecté dans la mesure où il est le champ <strong>de</strong> bataille entre cespuissances spirituelles. Tout va à contresens si nous voulonsépargner ceux que nous essayons d’ai<strong>de</strong>r (c’est d’ailleurs ce quenous faisons quand nous les mettons au centre) ; car l’essentielnous échappe, à savoir le combat entre les <strong>de</strong>ux forces qui veulentavoir une emprise sur nous : l’Esprit purifiant <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, etla puissance démoniaque du mal.<strong>La</strong> communauté doit être maintenue pure et unifiée au moyend’une discipline rigoureuse (2 Corinthiens 11.2). <strong>La</strong> malédiction<strong>de</strong>s esprits impurs, possessifs, menteurs, meurtriers ouidolâtres, doit être éliminée. <strong>La</strong> répriman<strong>de</strong> corrective et rectificativeet le jugement luci<strong>de</strong> et tranchant <strong>de</strong> l’église-communautésont l’offensive employée en cas <strong>de</strong> discipline.L’église-communauté a d’une part le plein pouvoir du pardon<strong>de</strong>s péchés, et d’autre part le plein pouvoir <strong>de</strong> l’exclusion ( Jean15.5).
105 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>La</strong> discipline doit être volontaireQuelquefois, une personne <strong>de</strong> notre cercle ressent avecd’autres membres, le besoin <strong>de</strong> rechercher un temps <strong>de</strong> silenceprofond, en solitu<strong>de</strong>. Ceci prend place seulement si cette personneelle-même en ressent le besoin et le suggère. Et le cercleentier se réjouit avec elle, lorsque le moment est venu où lesfruits <strong>de</strong> cette solitu<strong>de</strong> se révèlent dans une unité encore plusparfaite dans l’église-communauté.A celui qui parle <strong>de</strong> vouloir quitter la communauté, nous nepouvons que répondre : eh bien, pars ! Seulement lorsqu’il serepent et est prêt à s’expliquer clairement, peut-il revenir. <strong>La</strong>libre-volonté règne parmi nous.Personne ne peut prendre ce chemin pour l’amour <strong>de</strong> safemme ou <strong>de</strong> son mari ou dans l’intérêt <strong>de</strong> ses enfants ou lesenfants par égard aux parents ou un ami pour un autre ami. <strong>La</strong>libre volonté c’est la volonté libérée pour <strong>Dieu</strong> et son royaume,et elle nous conduit à l’obéissance volontaire provenant <strong>de</strong> lafoi et <strong>de</strong> l’amour divin. Toute obstination et tout <strong>de</strong>spotismesont renoncés et rejetés. C’est pour cela que nous accueillonsl’admonition avec bienvenue. En conséquence, chacun est prêtà assumer un temps <strong>de</strong> retraite, <strong>de</strong> façon à ce que le cœur soitpurifié <strong>de</strong> tout ce qui provient <strong>de</strong> l’esprit maléfique.Parler franchement avec amourIl n’existe pas d’autre loi que celle <strong>de</strong> l’amour (2 Jean 5-6).L’amour, c’est la joie en son prochain. Pourquoi alors être irritéet se fâcher avec son prochain ?En vue <strong>de</strong> partager cette joie, nous employons <strong>de</strong>s parolesd’amour envers nos frères et soeurs. On ne doit donc jamais
106 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>parler avec irritation ou ennui à propos d’autres frères et sœurs.Il ne doit jamais y avoir <strong>de</strong> propos ou d’insinuations contrenos frères et sœurs où on parle <strong>de</strong>s autres et <strong>de</strong> leur caractèred’une façon péjorative – et en tous les cas, jamais <strong>de</strong>rrière leurdos. Les conversations dans le cercle <strong>de</strong> famille ne font pasexception.Sans le comman<strong>de</strong>ment du silence, il n’y a pas <strong>de</strong> fidélité,donc pas <strong>de</strong> communauté. <strong>La</strong> seule possibilité est l’admonitiondirecte ; c’est le premier service fraternel et spontané enverscelui dont les faiblesses nous irritent. <strong>La</strong> parole franche d’uneadmonestation directe approfondit l’amitié et ne provoquerapas <strong>de</strong> ressentiment. Il est seulement nécessaire <strong>de</strong> rechercherune troisième personne, si on ne parvient pas à se mettred’accord directement (Mathieu 18.15-16), cette personnepourra résoudre les conflits et amener une unisson dans ce quiest le plus haut et le plus profond.Que chacun raccroche cet avertissement à sa place <strong>de</strong>travail <strong>de</strong> façon à toujours l’avoir <strong>de</strong>vant ses yeux.Malheur à nous, si nous faisons les choses comme il faut maissans avoir d’amour (1Corinthiens 13.1). Malheur à nous, sinous parlons comme il le faut sans amour. Il vaudrait mieuxse taire. On doit seulement dire la vérité à quelqu’un quandl’Esprit nous donne la certitu<strong>de</strong> : tu l’aimes <strong>de</strong> tout ton cœuret tu peux lui dire la vérité (Ephésiens 4.15). Malheur à celuiqui veut répriman<strong>de</strong>r son frère ou sa sœur mais n’a pas <strong>de</strong> placepour eux dans son cœur. C’est un meurtrier. Car la vérité sansl’amour, tue, et l’amour sans vérité, ment.Jésus a ceci à nous dire : si votre vie est conforme à la vérité,vous parlerez franchement, vos paroles seront précises, fermes,
107 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>courageuses, claires et nettes. Vous ne vous dissimulerezpas, lorsque quelque chose <strong>de</strong> désagréable est révélé à votreégard ; au contraire, vous vous montrerez courageux en prenantla responsabilité <strong>de</strong> vos actions, dans la conscience <strong>de</strong>vos faiblesses, vous vous montrerez comme vous êtes en vérité.Vous avouerez vos fautes avec simplicité et honnêteté, et enmême temps vous avouerez la puissance et la véracité <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>(1 Corinthiens 13.4-7). Ainsi, vous serez d’accord que vos faiblessessoient révélées, car vous ne rechercherez pas votre proprehonneur. Qu’importe notre propre valeur, c’est <strong>Dieu</strong> et sonhonneur qui importent. Ainsi seulement peut-on être conformesà la vérité.L’amour est conscient <strong>de</strong> l’Esprit qui illumine l’âme et lecœur du frère, et il s’en réjouit (Romains 12.9-10). Aussitôtque cet amour règne <strong>de</strong> nouveau dans notre cœur, nous nousréjouissons en notre prochain, avec lequel nous venons <strong>de</strong> nousfâcher. Nous pourrons donc surmonter ces difficultés, lorsquenous percevons l’influence du Saint-Esprit en nous-mêmes eten notre prochain, et cela nous donnera <strong>de</strong> la joie.Augustine dépasse même cela lorsqu’il dit : Ne nous observonspas les uns les autres dans notre état actuel ; voyonsnouset aimons-nous comme nous <strong>de</strong>vrions être, et commenous le serons un jour, lorsque l’Esprit <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> triomphera ennous (2 Corinthiens 5.16-17) : vision prophétique où l’amournous permet <strong>de</strong> nous voir comme <strong>de</strong>s objets <strong>de</strong> bois à tailler età sculpter, selon le plan <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. (Le bois est quelquefois tropdur, quelquefois trop tendre (1 Corinthiens 13.4-8).
L’individu dans lacommunautéChaque personne est uniqueNous tous avions recherchés une vie <strong>de</strong> fraternité volontaire– non pas en mettant tout le mon<strong>de</strong> sur le même piedd’égalité, mais une vie où tous les frères et sœurs ont unemême valeur et peuvent faire voir leur différence. Plus unepersonne est originale, plus nous l’aimons.Il nous semble que plus nous sommes différents les uns<strong>de</strong>s autres, plus nous nous rapprochons en esprit. Ainsi nousaffirmons l’individualité <strong>de</strong> chacun ; chaque enfant, chaquepersonne est unique et notre éducation vise à l’individualité<strong>de</strong> chacun. Cependant, il nous faut poursuivre l’élément original<strong>de</strong> chacun en sa profon<strong>de</strong>ur ultime, ce qui nous conduitalors à l’unité <strong>de</strong> l’église <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Si nous pénétrons auplus profond <strong>de</strong> nous-mêmes, nous serons tous en unité. Plusnous sommes originaux et authentiques et plus nous seronsunis.
109 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Dans le domaine <strong>de</strong> la foi et <strong>de</strong> l’amour il ne faut jamais forcerpersonne ; au contraire nous <strong>de</strong>vons attendre avec beaucoup<strong>de</strong> persévérance l’heure <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> pour chacun. Tout doit mûriret s’épanouir en son temps, selon le plan <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Nous ne<strong>de</strong>vons surtout pas agir indépendamment et contrecarrer sesprojets pour nous. Une <strong>de</strong>s plus graves fautes <strong>de</strong>s cercles religieux,c’est <strong>de</strong> souvent commettre la bévue avec leur volontéhumaine <strong>de</strong> déranger le <strong>de</strong>venir, les étapes successives, que<strong>Dieu</strong> effectue.Avec nous tous, cette croissance a pris son temps, et certainementpersonne n’avait le droit <strong>de</strong> s’en mêler et d’intervenir.Il fallait bien que tout soit clarifié et illuminé par la lumièredivine, par la flamme <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, afin que notre for intérieur soitmûr et prêt à accueillir et accepter la vérité <strong>de</strong> Jésus-Christ,l’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, et la paix <strong>de</strong> son royaume.<strong>La</strong> coercition morale est absolument exclue <strong>de</strong> l’église-communauté.C’est quoi, la coercition ? Toute coercition est unepression d’une personne sur une autre. <strong>Dieu</strong> n’exerce aucunecoercition. Il n’existe pas <strong>de</strong> pire ennemi <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> que la loihumaine. C’est pourquoi Jésus s’est catégoriquement opposéà la fausse prophétie et aux Pharisiens, docteurs <strong>de</strong> la loi, carIl leur portait cette accusation : Vous annulez ainsi la parole<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> au profit <strong>de</strong>s comman<strong>de</strong>ments humains, « … vousdétruisez la valeur <strong>de</strong> la parole <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> pour agir selon votrepropre enseignement ! » (Mathieu 15.6-9). Il n’existe pas <strong>de</strong>faux prophète plus dangereux que celui qui veut imposer <strong>de</strong>force sa propre volonté, humaine autant que morale, sur lesautres. Dans cette mesure on peut dire : la coercition morale ale même effet que la violence physique, dont la forme extrêmeest le meurtre. Il est possible dans certains cas que la coercition
110 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>morale soit plus <strong>de</strong>structive que la violence ; car, au plus haut<strong>de</strong>gré, la coercition morale fait violence à la vie <strong>de</strong> l’âme.Appelés à servirCela ne suffit pas à Jésus, <strong>de</strong> lui réserver seulement une petiteou même une gran<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> nos forces. Il nous veut toutentiers. Il n’est pas satisfait si notre religion se limite à trouverla paix du cœur, et le réconfort <strong>de</strong> l’âme. Jésus désire notredévouement entier, à son service, à son travail ! Avoir une soidisantfoi, qui ne se manifeste pas dans la vie journalière, n’apour lui aucune valeur.Jésus exige <strong>de</strong> nous l’obéissance totale <strong>de</strong> la foi, qui, sur saparole, est prête à tout oser. Ne soyons pas dupe ! Nos paroleset nos prières, nos visites à l’église et aux réunions, nos servicessociaux et notre humanisme ne sont seulement l’expressiond’une vie en <strong>Dieu</strong>, si nous nous livrons en obéissance parfaiteà notre <strong>Dieu</strong>, dans la sincérité <strong>de</strong> la foi. Ce ne sont pas nosparoles ou nos sentiments, mais bien plutôt les preuves <strong>de</strong> nosactes, qui déterminent le niveau <strong>de</strong> notre foi (Mathieu 7.21).Nous <strong>de</strong>vons toujours reprendre conscience <strong>de</strong> ce fait : Nousne vivons pas en communauté afin d’arriver au <strong>de</strong>gré le plusélevé <strong>de</strong> perfection. Nous vivons en communauté, parce quenous sommes convaincus <strong>de</strong> ne pas pouvoir rendre un meilleurservice, au milieu <strong>de</strong> la discor<strong>de</strong> et <strong>de</strong> l’injustice et <strong>de</strong> lamisère actuelle du mon<strong>de</strong>, qu’en donnant l’exemple du partagetotal <strong>de</strong>s biens et vivre en communauté, dans la paix et l’unité.Ainsi, tous ceux qui soupirent sous l’oppression <strong>de</strong> l’injusticepeuvent voir que la vie fraternelle, dans la communauté totale<strong>de</strong>s biens, est vraiment possible !
111 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Il se peut qu’il y ait, ici et là, certaines personnes qui ne ressententpas cet appel à vivre en communauté. Peut-être se sentent-ellesappelées vers une autre vocation, ils pensent peutêtre<strong>de</strong>voir ai<strong>de</strong>r l’humanité autrement. Et c’est sûrement lemême amour qui les incite à suivre cette direction.Notre foi ne rési<strong>de</strong> pas dans les êtres humains ; nous ne croyonspas en la bonté humaine. Je ne crois ni en ma bonté, ni envotre bonté (Esaïe 64.6 ; Romains 3.23). Le bien et le mal, ces<strong>de</strong>ux forces, sont à l’œuvre d’une façon inouïe dans chaque êtrehumain ; c’est la base unique <strong>de</strong> notre confiance mutuelle.Il nous est si facile <strong>de</strong> penser que le lien <strong>de</strong> la fidélité ne consistequ’en notre fidélité. C’est inexact : Le lien <strong>de</strong> la fidélitéconsiste en la fidélité <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> (Ephésiens 2.8). Le rocher surlequel l’église <strong>de</strong>vait être fondée, n’était pas Pierre lui-même,mais sa foi. Jésus lui a dit : la fermeté <strong>de</strong> ta conduite reposaitsur tes propres efforts, tu t’es affermi toi-même, tu t’es ceinttoi-même, maintenant ce sera un autre qui t’affermira, et teceindra les reins – lorsque tu mourras. Suis-moi ! Prends monchemin ! ( Jean 21.18-19).Nous ne pourrions jamais dire que nous sommes fermes dansla foi. Ceci est impossible. Grandir dans la foi signifie plutôt :se sentir faibles (2 Corinthiens 12.9-10), avoir faim et soif <strong>de</strong>la justice <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, que nous n’avons pas.Nous pourrons seulement subsister dans ces temps extrêmementdangereux, si nous restons spirituellement éveillés. Chacun<strong>de</strong> nous doit prendre une part active au travail, à la lutte du biencontre le mal ; il nous faut être vivement intéressés à tout ce quise passe autour <strong>de</strong> nous : au mon<strong>de</strong> actuel, spirituel, politique, etéconomique. <strong>La</strong> vigilance <strong>de</strong> chacun est indispensable.
112 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Ceci est seulement possible si notre vie en communauté estprofondément ancrée dans l’ordre établi par l’Esprit. Tout cequi est individuel, personnel, privé, doit prendre la <strong>de</strong>rnièreplace. De même, toute aspiration envers la sainteté personnelleest sacrifiée en vertu <strong>de</strong> la plus gran<strong>de</strong> cause, et est ainsirenouvelée et purifiée. Tout avilissement <strong>de</strong> soi, toute comparaisonou sentiment d’infériorité disparaît. L’envie, la brava<strong>de</strong>,la fierté disparaissent ; personne ne peut rester indifférent,paresseux, insensible, et apathique.A propos <strong>de</strong> l’aptitu<strong>de</strong> et <strong>de</strong>s dons <strong>de</strong>chacunPour commencer, l’aptitu<strong>de</strong> naturelle d’une personne n’est niun obstacle, ni un avancement <strong>de</strong> la cause communale. Il s’agittout d’abord d’en être libre, que nous ayons <strong>de</strong> l’aptitu<strong>de</strong> ounon. Il nous faut être complètement libérés <strong>de</strong> cette question,<strong>de</strong> façon à ce qu’il n’y ait aucun sentiment d’infériorité ou <strong>de</strong>supériorité, mais à sa place une joie débordante d’enthousiasmeen la grâce <strong>de</strong> Jésus-Christ, qui nous a acceptés et pris, tels quenous sommes.Quels que soient nos dons, libérés <strong>de</strong> notre vie égoïste, nousmettons toutes nos forces corporelles, <strong>de</strong> même que toutes nosfacultés intellectuelles, au service <strong>de</strong> la communauté. Chacundonne ce qu’il a, et fait ce qu’il peut. Celui qui a beaucoup,donne beaucoup ; celui qui a peu, donne ce qu’il a. Si quelqu’unne peut pas travailler <strong>de</strong> longues heures, qu’il travaille autantqu’il le peut. Si d’autres personnes sont très capables et trèsfortes, qu’elles donnent donc en proportion.
113 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Chacun <strong>de</strong>vrait être prêt, si sa santé le lui permet, à dédier plusieursheures <strong>de</strong> travail physique. Surtout les personnes intellectuellesprofiteraient d’une telle activité. Et ainsi, il <strong>de</strong>vientpossible d’enflammer la petite étincelle en chacun <strong>de</strong> nous –bien que peut-être dissimulée - que ce soit dans le domaine <strong>de</strong>la recherche scientifique ou <strong>de</strong> la musique ; ou <strong>de</strong> la littératureet <strong>de</strong> l’édition ; ou bien, que cet enthousiasme s’exprime dansles arts, le tournage, la sculpture ou la peinture. Et enfin, lemeilleur et le plus simple, une personne qui aime la nature seratout particulièrement dans son domaine au jardin et à la ferme.Ce que nous aimons faire pendant nos heures libres montreraquelles sont nos occupations préférées, et quel est notre talent.Nous pouvons alors voir à quel point le désir d’ai<strong>de</strong>r la cause <strong>de</strong>sa libre volonté, détermine la vie d’une personne. Seule la mortconnaît le manque d’occupation et l’ennui. Au contraire, la vierenforce la volonté formative <strong>de</strong> l’esprit ; et grâce à l’entrai<strong>de</strong>mutuelle, notre vie est mise au service <strong>de</strong> l’ensemble. Ceci n’estpas l’illusion d’un avenir hors d’atteinte, mais au contraire c’estune réalité silencieuse, vécue dans une église-communauté enplein essor.Qu’est-ce que la liberté ?Lorsque les premiers essais <strong>de</strong> voyage aérien furent entrepris,on commença avec le ballon ligoté. Un ballon <strong>de</strong> gaz était fixéà un câble d’acier au sol. Ainsi les hommes l’ont retenu à terre :cela représente la loi <strong>de</strong> la morale, le dogme, et la poigne <strong>de</strong> ferhumaine. Là, il ne s’agit pas <strong>de</strong> libre-volonté ; c’est la légalité,qui ne peut pas exister dans l’église <strong>de</strong> l’Esprit.Puis, on a osé laisser partir le ballon librement. On l’a abandonnéaux vents et aux intempéries atmosphériques. De mêmequ’une personne naïve parle, sans réfléchir, <strong>de</strong> la libre-volonté,
114 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>on dit <strong>de</strong> ce ballon, qu’il est libre. Etait-il vraiment libre ?Est-ce que la nacelle était libre lorsque le vent s’en emparait etla chassait vers la mer, où elle renversa les voyageurs, qui furenttous noyés ? ou bien, lorsque basculés au-<strong>de</strong>ssus du désert, ilsdurent mourir <strong>de</strong> chaleur ? <strong>La</strong> soi-disant liberté n’était riend’autre qu’une instabilité dangereuse.Imaginez un jeune homme se promenant dans les ruesd’une gran<strong>de</strong> cité, entourée <strong>de</strong> réclames lumineuses. Lesaffichages <strong>de</strong>s cinémas, <strong>de</strong>s cabarets, et autres locaux l’attirent.Des femmes l’interpellent. Une populace agitée, d’un partipolitique, l’incite au meurtre. De tous côtés, il est assailli par<strong>de</strong>s esprits impurs et <strong>de</strong>s puissances sanguinaires, comme parles vents du mensonge et <strong>de</strong> la déception. Son cœur s’obscurcit.<strong>La</strong> vraie face <strong>de</strong>s choses est voilée. Il succombe à la désillusiond’une vie déchaînée et corrompue. Si ce jeune homme,d’une poussée <strong>de</strong> sa volonté, se met à suivre ces intempéries,est-il libre ? A-t-il agi <strong>de</strong> sa propre volonté ? Peut-être va-tildire : « oui », et même s’il le regrette plus tard, il pensera :j’ai fait ce que j’ai voulu. Peut-être ! En effet, il était libre <strong>de</strong>choisir le mal. Mais il n’était pas libre <strong>de</strong> choisir le bien, en faisantce qu’il allait regretter plus tard. C’était sa propre volonté,mais non pas la libre-volonté. <strong>La</strong> volonté du jeune hommeétait asservie et subjuguée, <strong>de</strong> même que le ballon qui voguaitau-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong> la mer ou du désert.<strong>La</strong> vraie liberté, sous la direction <strong>de</strong> l’Esprit, nous est indiquéepar l’avion mo<strong>de</strong>rne. Quelle que soit la direction danslaquelle le vent souffle, l’aviateur continue le trajet déterminépar sa volonté. Avec l’inspiration et l’enthousiasme <strong>de</strong> soncœur, il veut atteindre son but spirituel. Depuis <strong>de</strong>s milliersd’années, l’humanité connaît la même situation, en voulantdiriger le navire <strong>de</strong> sa volonté spirituelle. Lorsque le Christ est
115 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>dans le bateau, c’est le Saint-Esprit qui le dirige. C’est le serviteur<strong>de</strong> la parole, qui est au gouvernail. Et si tout l’équipageet les passagers ne veulent pas d’autre direction que celle <strong>de</strong>l’Esprit du bien, alors ils sont vraiment libres.C’est la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> <strong>de</strong> prendre soin <strong>de</strong>s êtres les plusinsignifiants, et Il attend la déclaration <strong>de</strong> leur disponibilité.<strong>Dieu</strong> ne veut pas intervenir dans notre vie si nous ne le prionspas <strong>de</strong> le faire. Car, <strong>de</strong> même que <strong>Dieu</strong> a créé l’atome, a-tilaussi créé l’être humain dans sa création diminutive. C’estjustement là que la gran<strong>de</strong>ur <strong>de</strong> la nature créatrice <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>est révélée. C’est aussi dans cette création que la libre-volonté,le mouvement libre <strong>de</strong> toutes nos facultés doit se manifester.<strong>Dieu</strong> veut le mouvement libre du cœur, et non pas ce qui estrigi<strong>de</strong>, dur, calcifié, inflexible.Ainsi, <strong>Dieu</strong> désire la libre volonté du for intérieur <strong>de</strong> l’êtrehumain. Ceci nous montre justement le caractère <strong>de</strong> son amourpour nous, Il désire notre agrément, notre libre-volonté. <strong>Dieu</strong>respecte notre liberté, parce que son amour a du respect <strong>de</strong>vantle mystère <strong>de</strong> la nature humaine. Il n’aurait pas la moindreestime pour nous s’il en était autrement. Pour cette raison <strong>Dieu</strong>désire notre prière ; mais notre volonté est faible et capricieuse.Elle est faible, car elle est humaine et non divine. Nous <strong>de</strong>vonsdonc renouveler, et réaffirmer notre disponibilité. Nous <strong>de</strong>vonsdonc prier chaque jour ; <strong>Dieu</strong>, lui-même, est toujours prêt àagir et à intervenir. Il désire le mouvement. Quant à nous, ilnous faut être prêts et l’affirmer.<strong>La</strong> prière personnelleSi nous sommes constamment préoccupés à préserver notrevie intérieure et notre salut, nous n’avons plus la force d’aimer.
116 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Mais si nous avons été sauvés <strong>de</strong> la mort d’une vie séparéeet égocentrique, nous prenons part à la force vitale qui jaillit<strong>de</strong> l’unité <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Nous dévouons notre vie entière à notrelibérateur, afin que tous ceux qui reçoivent, et qui acceptent laparole <strong>de</strong> Jésus, soient aussi libérés en l’unité <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Ainsi,notre amour pour Jésus – cet amour vibrant et personnel pournotre <strong>Dieu</strong>, qui nous a ouvert son cœur –est maintenant, etsera toujours, la preuve vivante d’unité qui embrasse tout. Cetamour s’exprime dans la relation <strong>de</strong> cœur à cœur dans la prièreenvers Celui qu’on aime au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong> tout.Je désire instamment <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r à chacun <strong>de</strong> vous ainsi qu’àmoi-même, <strong>de</strong> rechercher avec ferveur la prière silencieuse(Mathieu 6.6) ; le matin au lever, le soir, et la nuit dans lecalme <strong>de</strong> notre chambre, <strong>de</strong> tourner notre première et notre<strong>de</strong>rnière pensée vers ce qu’il y a <strong>de</strong> plus grand au ciel et surla terre ; <strong>de</strong> façon à ce que, grâce à ce recueillement intime etprofond, et en pliant les genoux <strong>de</strong> notre cœur, et en élevantles mains <strong>de</strong> notre âme dans le silence <strong>de</strong> la solitu<strong>de</strong>, seul ouà <strong>de</strong>ux, nous adressions notre prière à <strong>Dieu</strong>. Prions que toutce qui a été préparé en ce temps <strong>de</strong> Noël, s’accomplisse. Peutêtrela manière dont les anciens Huttériens priaient, était-ellela meilleure : chacun s’agenouillait à sa fenêtre en élevant lesmains vers <strong>Dieu</strong>, et se confessait en silence. C’est ainsi queDaniel s’agenouillait à sa fenêtre, la tête tournée vers Jérusalem.Nous voulons ainsi invoquer notre <strong>Dieu</strong> en l’adorant et le prier<strong>de</strong> nous envoyer la Jérusalem Céleste (Hébreux 12.22).Dans notre prière, il ne s’agit pas seulement d’exprimer notredésir ; mais, dans le silence, nous entendons ce que <strong>Dieu</strong> veutnous dire à nous. Il nous le dit à travers la parole <strong>de</strong>s apôtreset <strong>de</strong>s prophètes, par l’église primitive, par la voix et la
117 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>lumière intime <strong>de</strong> notre cœur. Il nous le dit par les puissancesdu mon<strong>de</strong> futur, et par la justice parfaite <strong>de</strong> l’avènement duroyaume au mon<strong>de</strong> entier.<strong>La</strong> prière sincère et vraie, exprimée en actes dans la vie pratique,et adressée en unité avec la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, montedirectement à <strong>Dieu</strong>. Cette prière pénètre le cœur <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>,qui ne fait qu’attendre que la volonté humaine, ar<strong>de</strong>mmentdésirée <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, se déclare, enfin, en accord avec Sa volonté.Alors, <strong>Dieu</strong> répond aussitôt : ta prière a été entendue ! (1 Jean5.14-15).<strong>Dieu</strong> est donc accessible à son peuple, s’Il est invoqué selonSa volonté. <strong>Dieu</strong> est très, très proche <strong>de</strong> nous, (pour parlernotre langage), dans notre profon<strong>de</strong> misère, où nous ne comptonsplus sur nous-mêmes ou sur une autre ai<strong>de</strong> humaine ;<strong>Dieu</strong> est très proche <strong>de</strong> nous, aussi souvent que notre prièremonte vers lui uniquement en son honneur, uniquement dansl’intérêt <strong>de</strong> son intervention, <strong>de</strong> sa flamme ar<strong>de</strong>nte, <strong>de</strong> sonmouvement, et <strong>de</strong> ses flots d’amour.Nous tous avons fait l’expérience du fait, que <strong>Dieu</strong> est toujoursprêt à nous ai<strong>de</strong>r, à guérir, redresser, nous donner lerepentir et la foi, raffermir, et accor<strong>de</strong>r une vie nouvelle.Mais nous avons aussi compris que <strong>Dieu</strong> ne nous accor<strong>de</strong>pas cela, aussi longtemps que notre cœur est indécis, que notreâme est désunie, et que nous ne sommes pas vraiment prêtsà laisser <strong>Dieu</strong> disposer librement et agir selon sa volonté. Sinotre volonté n’est pas en unité avec la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, <strong>Dieu</strong>ne forcera pas sa volonté sur nous ; car c’est la nature <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong> ne jamais faire violence.
118 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Solitu<strong>de</strong> et communautéJésus cherchait la solitu<strong>de</strong> (Marc 1.35). Il montait sur unecolline ou Il recherchait la solitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> la mer tranquille. Jésusaimait surtout la nuit retrouver son <strong>Dieu</strong> dans un endroit isolé.Avant <strong>de</strong> commencer son intense activité, Il partit dans la solitu<strong>de</strong>du désert pour quarante jours.(Luc 4.1). Toutefois, Jésusn’est jamais resté dans l’isolement ; mais, là, Il recevait les forcesnécessaires afin <strong>de</strong> pouvoir revenir parmi les hommes. Puis Ilrassembla ses douze disciples autour <strong>de</strong> lui, et vécut avec euxen communauté, en fraternité. Cependant cette vie en communauténe fut pas formée dans le but <strong>de</strong> vivre isolés ensemble; au contraire, leur objectif était d’aller parmi les hommesavec <strong>de</strong> nouvelles forces.Il en est <strong>de</strong> même avec la tâche <strong>de</strong> notre communauté.Justement, dans un groupement <strong>de</strong> familles comme leBru<strong>de</strong>rhof ainsi que pour chacun individuellement, le mystère<strong>de</strong> ce rythme entre la solitu<strong>de</strong> et la communauté est trèsimportant. Il nous faut trouver cet équilibre entre la solitu<strong>de</strong>et la communauté, <strong>de</strong> façon à ce que le vrai rapport existe entrela rencontre, seul avec <strong>Dieu</strong>, et la rencontre, ensemble dans lafraternité.Une nouvelle pierre <strong>de</strong> touche pour lavéritéPeut-on se fier à son propre cœur pour connaître la vérité ?Notre cœur ne nous conduirait-il pas au témoignage <strong>de</strong>la première église, d’après les Actes <strong>de</strong>s Apôtres. Ils étaienttous unis sans exception. <strong>La</strong> parfaite unité ? Nous touchonsà <strong>de</strong>ux différentes questions. D’une part, l’individu est influencépar sa conscience, son inspiration et son édification en
119 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>vue d’apprécier et <strong>de</strong> juger toutes choses, donc aussi la Bible.D’autre part, la conscience individuelle et la foi en l’Espritconduisent tous ceux qui sont unanimes et unis à la mêmevérité et au même amour (1 Corinthiens 1.10). Ainsi il y a unnouveau critérium <strong>de</strong> la vérité, et du discernement.
Le mariage et la familleLe mariage est sanctifiéLe mariage est un sacrement (Marc 10.7-9). Un sacrement estune affaire sainte, qui nous montre clairement ce dont il s’agit,comme la Cène et le Baptême. Notre vie entière est un sacrement,parce qu’elle nous permet <strong>de</strong> reconnaître la chose capitale,le principal.L’unité tout comme la pureté du mariage, comme nous l’amontré Jésus et ses apôtres, n’est pas, selon sa nature unique,une affaire <strong>de</strong> l’ancienne nature, mais c’est bien plus une affairedu nouvel ordre <strong>de</strong> l’église-communauté, qui, en tant que justicefraternelle laisse l’esprit <strong>de</strong> l’amour régner totalement.L’unité et la pureté du mariage n’est pas une affaire du vieilhomme. Ce sacrement peut seulement être réalisé dans la nouvelleEglise <strong>de</strong> l’Esprit <strong>de</strong> Jésus-Christ. Ce sacrement appartientau royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. L’unité et la pureté du mariage sontsymboles et sacrements du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Le mariage est un mystère. L’Apôtre Paul nous dit : « C’est unevérité secrète, importante … pour ma part j’estime qu’elle se
121 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>rapporte au Christ et à l’église » (Ephésiens 5.31-32). L’églisecommunautéest pour l’Apôtre Paul quelque chose <strong>de</strong> secret,elle ne jette pas ce qui est sacré aux chiens. Elle ne s’avilit pas,elle ne se prostitue pas. Soit, elle proclame l’Evangile à ceux quin’appartiennent pas à l’église et c’est tout à fait normal, mais ellereste cachée, en vue du grand jour. Car elle est l’Epouse promise<strong>de</strong> l’Agneau, et elle s’est préparée pour lui (Apocalypse 19.7).Pareillement, chacun doit gar<strong>de</strong>r son corps pur, en vue dusymbole du mariage ; car c’est ainsi que l’unité entre le Christet l’église <strong>de</strong>vra être révélée. Le mariage <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux êtres humainsmanifeste l’unité physique du couple, réalisée dans le mystère<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, en même temps que les vibrations psychiques <strong>de</strong> leurscœurs : les <strong>de</strong>ux <strong>de</strong>viennent Un, et cette unité possè<strong>de</strong> la forcecréatrice qui est d’engendrer et procréer ; et la création entièreest révélée dans le corporel avec le pouvoir <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.<strong>La</strong> base réelleBeaucoup <strong>de</strong> ce qu’on appelle amour parmi les hommes, n’estqu’un désir égoïste. On peut se réjouir relativement lorsquequelqu’un dit : « Je ne veux plus vivre seul ; nous voulons vivreégoïstement à <strong>de</strong>ux. » Fénelon désigne cela : l’égoïsme à <strong>de</strong>ux. 1Il nous faut dire que c’est encore mieux s’ils vivent pour leursenfants et leurs petits-enfants. Mais il est clair que ceci n’estrien d’autre qu’un égoïsme collectif. Et quand on pense à ceuxqui sacrifient leur vie pour leur patrie, il nous faut le reconnaîtrecomme représentant un <strong>de</strong>gré d’amour plus élevé. Maisle collectivisme national, <strong>de</strong> même que le communisme <strong>de</strong>sclasses sociales, n’est au fait rien d’autre que la fusion <strong>de</strong> nombreusestentatives égoïstes, vers un égoïsme collectif. On peut1François <strong>de</strong> Fénelon, théologien français, 1651-1715.
122 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>désigner tout ceci comme amour : sentiment <strong>de</strong> solidarité dansun groupe, <strong>de</strong> l’amour <strong>de</strong> la patrie, <strong>de</strong> la famille.L’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> est beaucoup plus. Car la communauté que<strong>Dieu</strong> a fondée en Jésus-Christ ne rési<strong>de</strong> pas dans l’égoïsme <strong>de</strong>sindividus ou groupes. Le Bru<strong>de</strong>rhof n’existe pas pour son propreintérêt. Ce n’est pas le communisme en soi, ni le collectivismeen soi, qui nous intéresse. Ce qui importe uniquement,c’est le cœur <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> qui vient simplement <strong>de</strong> son amour,révélé en Jésus-Christ.L’unité en la foi est le seul fon<strong>de</strong>ment possible pour toute lavie, et cela inclut le mariage. Ainsi, il est clair qu’il ne s’agitpas seulement du mariage en soi, mais il s’agit <strong>de</strong> l’unité duroyaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> en Christ et en le Saint-Esprit. Jésus nousle rappelle aussi : « Préoccupez-vous d’abord du Royaume <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> et <strong>de</strong> la vie juste qu’Il <strong>de</strong>man<strong>de</strong>, et <strong>Dieu</strong> vous accor<strong>de</strong>raaussi tout le reste » (Mathieu 6.33), y-compris le mariage ou lecélibat. Le mariage est seulement un exemple <strong>de</strong> la vie réelle,et il en est ainsi pour tout.Il ne peut y avoir question <strong>de</strong> divorce ou <strong>de</strong> séparation, en vue<strong>de</strong> permettre un autre mariage (Luc 16.18). Ce qui a été jointpar cet Esprit d’unité est uni pour l’éternité. Aussi longtempsque le couple est vivant, rien ne peut être changé (Mathieu19.3-6) ; même l’infidélité <strong>de</strong> l’un ne changera rien, car l’autreparti, bien qu’innocent, n’a pas la liberté d’entrer dans un autremariage aussi longtemps que son conjoint est encore en vie.En raison <strong>de</strong> l’éternité et <strong>de</strong> l’inaltérabilité <strong>de</strong> l’unité <strong>de</strong> l’églisecommunauté,le mariage doit <strong>de</strong> même être indissoluble.Il s’agit <strong>de</strong> l’ordre <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, et surtout <strong>de</strong> l’ordre <strong>de</strong> son Eglise,qui embrasse tous les siècles et les milliers d’années, passées et
123 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>futures. Cet ordre <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> nécessite la mise en ordre <strong>de</strong> toutes lesrelations humaines encore troublées. Les <strong>de</strong>ttes, les promesses ouquelque autre affaire financière, doivent être réglées. De mêmeles questions se rapportant au mariage doivent être réglées.Le mari et son épouseSi on entend dire que l’amour n’est qu’une épiso<strong>de</strong> dans la vie<strong>de</strong> l’homme, il ne peut s’agir que <strong>de</strong> ces relations d’attractionpurement physiques, qui manquent <strong>de</strong> la communion plusprofon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s âmes, et qui sont loin <strong>de</strong> l’Esprit. L’amour provenant<strong>de</strong> la communion intime <strong>de</strong>s âmes dont le cœur baten unisson favorise l’harmonie <strong>de</strong>s relations mutuelles. Cetamour ne peut jamais dépérir car il jaillit <strong>de</strong> l’Esprit éternel etest indépendant <strong>de</strong>s conditions physiques et mentales.L’époque à laquelle nous vivons est extrêmement sérieuse ;beaucoup <strong>de</strong> personnes se trouvent dans une misère infinie.Dans un temps comme le nôtre, l’union conjugale est un pasà franchir dans la foi. Car la foi, c’est le courage qui ne craintrien. Nous ne savons pas ce qui peut advenir à chacun <strong>de</strong> nous.Il se peut qu’une petite ou une gran<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> notre communauté,rencontre une mort violente, et que quelques couplesmariés soient tout à coup séparés. Alors réjouissonsnousd’autant plus lorsqu’un jeune couple est uni, et que nouspouvons le constater, quoiqu’il advienne : ils sont mariés. Dansla situation actuelle, il faut bien avoir <strong>de</strong>s rayons <strong>de</strong> lumière etd’espoir et <strong>de</strong>s réalités spirituelles qui montrent l’unité <strong>de</strong> lapaix <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, la fraternité et la vraie justice.Il nous faut prier <strong>Dieu</strong> instamment, que dans tous les mariages<strong>de</strong> notre Eglise-communauté, l’ordre divin soit parfaitement
124 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>appliqué. L’ordre divin consiste en ceci : qu’il ne doit pas exister<strong>de</strong> tyran, féminin ou masculin, dans l’église et dans le mariage,au sein <strong>de</strong> l’église. Une épouse ne doit pas harceler sonmari et vice-versa – il ou elle <strong>de</strong>viendrait alors toujours plusmaladroit et inapte. <strong>La</strong> tâche du mari est bien plus <strong>de</strong> donnerl’exemple, d’être le chef <strong>de</strong> sa famille et <strong>de</strong> la conduire à l’unitéet à la parfaite lumière (Ephésiens 5.21-28). Si l’on croit, quec’est la femme qui peut tenir ce rôle <strong>de</strong> par sa nature et que lemari a le don d’obéissance, c’est une erreur, ce n’est pas ainsi,dans aucune famille. C’est contre la nature ; cela se ferait sentirdans l’église-communauté. Il <strong>de</strong>vient impossible à l’homme <strong>de</strong>servir, il sera déprimé et perdra ses forces. Ce serait <strong>de</strong> même,inversement, si le mari tyrannisait sa femme, au lieu <strong>de</strong> lagui<strong>de</strong>r et <strong>de</strong> la servir. Ce serait <strong>de</strong>structif et subversif à la fois(Colossiens 3.19 ; 1 Pierre 3.7).<strong>La</strong> femme a été créée avec un amour spécial, qui n’est pasle même amour, que celui accordé aux hommes. L’homme vatrouver les personnes au moment où elles doivent être réveillées,ébranlées, et gagnées pour la cause. <strong>La</strong> femme est touteautre. Son amour est égal, fidèle, constant. Elle donnera auxpersonnes qui lui sont familières plus <strong>de</strong> soins maternels,qu’elle ne donnerait à <strong>de</strong>s étrangers ou à <strong>de</strong> nouvelles connaissances,tandis que l’homme tourne son énergie à la missionvers l’extérieur. Certainement les hommes sont doués différemment.Cependant, pour nous, tout travail est une expressiond’amour. <strong>La</strong> vocation <strong>de</strong> l’homme est en rapport avec saforce physique et sera plutôt offensive. Le don <strong>de</strong> combattre,gouverner, diriger, sera l’affaire <strong>de</strong> l’homme. Les dons <strong>de</strong>l’homme n’ont pas plus <strong>de</strong> valeur, mais ils sont différents.
125 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Dans le domaine du travail, la femme trouvera sa vocationlà où elle pourra mettre en pratique son amour et sa fidélitésilencieuse et calme et n’exige pas normalement d’une gran<strong>de</strong>force physique. Sa tâche sera plutôt tendre et maternelle :<strong>de</strong> protéger, <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>r le cercle familial propre et net, et <strong>de</strong>s’occuper <strong>de</strong> l’éducation <strong>de</strong>s enfants, et <strong>de</strong> leurs soins. Cettevocation peut s’exprimer <strong>de</strong> différentes manières : travaux spirituels,culturels, économiques ou autres, cela peut varier énormément.<strong>La</strong> vraie femme prendra toujours soin <strong>de</strong> son entourageavec amour, avec bonté, car c’est dans sa nature (Proverbes31.10-31).Jamais évaluerons-nous le travail <strong>de</strong>s hommes, qui s’occupent<strong>de</strong>s relations avec l’extérieur, comme étant plus élevé que le travailà l’intérieur <strong>de</strong> la communauté, d’approfondir, et d’édifierspirituellement. Ici, il n’est aucunement question <strong>de</strong> différence<strong>de</strong> valeur, mais seulement <strong>de</strong> différence <strong>de</strong> vocation.Le Christ est le chef <strong>de</strong> l’église-communauté dans la clarté<strong>de</strong> la Parole et la direction à prendre. Le serviteur <strong>de</strong> la Paroledoit représenter la Parole, c’est à dire : le Christ. Dans unmariage le mari doit faire <strong>de</strong> même, c’est pour cela qu’il estle chef <strong>de</strong> la femme. Il ne l’est pas dans le sens absolu, maisil l’est en Christ (1 Corinthiens 11.1-3). On ne doit pas leprendre littéralement, et surtout pas dans le sens <strong>de</strong> souverain,mais il faut le comprendre en profon<strong>de</strong>ur, spirituellement.Autrement, ce serait une catastrophe. Mais dans une véritableEglise-communauté, si elle est uniquement sous la directiondu Saint-Esprit, c’est un don <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Car alors, l’autorité <strong>de</strong>Jésus-Christ est reconnue.Il y a eu certains cas, dans notre histoire, où l’un <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux conjointsseulement prenait part à la vie <strong>de</strong> la fraternité dans le
126 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>travail et les réunions, en pleine responsabilité <strong>de</strong> frère ou sœur ;tandis que l’autre conjoint n’y appartenait pas ni comme membreà part entière ni comme noviciat. Toutefois, le couple désiraitvivre ensemble selon les paroles <strong>de</strong> Saint Paul (1 Corinthiens7.12-16). On fit <strong>de</strong>s arrangements pour que ces familles<strong>de</strong>meurent au seuil <strong>de</strong> la communauté, afin <strong>de</strong> permettre à l’un<strong>de</strong> travailler au Bru<strong>de</strong>rhof, et à l’autre <strong>de</strong> vivre au <strong>de</strong>hors <strong>de</strong> lacommunauté. Selon Saint Paul, cet essai <strong>de</strong>vait prendre placeseulement si l’époux ou l’épouse, bien qu’il ou elle ne partage nila foi ni la vie <strong>de</strong> l’église-communauté, puisse accepter et supporterque l’autre, époux ou épouse, se dédie entièrement, corpset âme au service <strong>de</strong> l’église et du royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Le respect <strong>de</strong> la vieUn grand nombre <strong>de</strong> nos contemporains ne souffrent pas <strong>de</strong>remords <strong>de</strong> conscience, lorsque l’infidélité dans les mariagesdétruit les plus précieux sentiments <strong>de</strong> l’âme ; ou encore, lorsquela venue au mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s petits êtres innocents est empêchée– ou même détruite – âmes qui atten<strong>de</strong>nt en vain dansl’éternité d’être appelées à la vie. Ici-bas, <strong>de</strong>s âmes atten<strong>de</strong>ntaussi en vain d’être appelées à la fidélité. Il semble que le cercle<strong>de</strong>s consciences humaines, qui protestent contre le mépris<strong>de</strong> l’Esprit Créateur, et contre le désir d’unité, <strong>de</strong> fidélité, et <strong>de</strong>constance, se rétrécit constamment.Les meilleurs moralistes <strong>de</strong>viennent déloyaux et injustes enexigeant la pureté <strong>de</strong> la vie sexuelle, avant et après le mariage,sans avoir établi la base réelle <strong>de</strong> la réalisation d’une<strong>de</strong>man<strong>de</strong> aussi radicale. Seule la foi en le royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> estcapable <strong>de</strong> contrecarrer la <strong>de</strong>struction irréfutable <strong>de</strong> l’enfantdans le ventre <strong>de</strong> sa mère – massacre <strong>de</strong> Bethléem, aujourd’hui
127 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>intensifié mille fois. <strong>La</strong> soi-disant haute culture <strong>de</strong> nos tempsperpétrera ce crime, aussi longtemps que le désordre social etl’injustice subsistent. On ne peut pas combattre l’infantici<strong>de</strong>,aussi longtemps que l’on laisse la vie privée et publique dansl’état où elle se trouve.Celui qui ne combat pas d’une manière absolument réalistel’instinct <strong>de</strong> la propriété privée et le mensonge <strong>de</strong> l’injustice<strong>de</strong>s rangs sociaux, sans mettre une autre forme <strong>de</strong> vie en évi<strong>de</strong>nceet <strong>de</strong> la démontrer, n’a pas le droit d’exiger la pureté dansle mariage, ni <strong>de</strong> mettre fin à l’avortement. Il ne doit mêmepas souhaiter aux familles <strong>de</strong> bonnes mœurs d’avoir <strong>de</strong> nombreuxenfants, en accord avec la volonté et la nature <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Le mariage chrétien ne peut être isolé du contexte « royaume<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> » et « église-communauté <strong>de</strong> Jésus-Christ.Dans nos familles, nous sommes heureux et reconnaissantsd’accepter tous les enfants que <strong>Dieu</strong> nous accor<strong>de</strong>, et d’honorerla force créatrice <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> dans ce don précieux. Nous espéronsque la vie <strong>de</strong> famille continuera à être fermement fondée ausein <strong>de</strong> la communauté, en concourant vers un but commun<strong>de</strong> vie et <strong>de</strong> travail.<strong>La</strong> famille au sein <strong>de</strong> la communautéLes familles sont formées dans le cadre <strong>de</strong> la communauté.Nous observons une discipline stricte et nette dans la famille ;nos jeunes gens se tiennent à l’écart <strong>de</strong> ce qui pourrait plus tardsouiller le mariage. Ils vivent donc en pureté et en abstinence,et le mariage est l’unique union entre un seul homme et uneseule femme.Les familles ne souffrent aucunement dans cette vie en commun; au contraire la joie <strong>de</strong>s époux entre eux et avec leurs enfants
128 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>est enthousiaste et profon<strong>de</strong> dans l’activité commune. Ceci estpossible parce que nous plaçons toute l’éducation <strong>de</strong> nos enfantssous l’Esprit <strong>de</strong> l’église-communauté et <strong>de</strong> la fraternité.<strong>Dieu</strong> est à la base et au centre <strong>de</strong> l’amour créatif qui s’exprimeet persévère dans le travail commun. Aussi longtemps qu’uncercle <strong>de</strong> personnes est spirituellement vraiment éveillé, iln’est pas possible qu’il se retire ou se referme d’une façon permanentedu mon<strong>de</strong> : la vie d’une famille ou d’un groupe <strong>de</strong>familles reste saine et vigoureuse seulement là, où les membressont actifs à l’extérieur et recherchent la communauté avec lesautres. De même que la famille a toujours été la cellule nucléaireà l’origine d’un peuple, <strong>de</strong> même qu’elle a dû être, pourainsi dire, le berceau <strong>de</strong>s forces créatrices du peuple. D’autantplus, chaque groupe <strong>de</strong> familles en communauté, unie enl’Esprit, aura un effet positif sur la société dans son ensemble.Les célibatairesSi on nous pose <strong>de</strong>s questions à propos <strong>de</strong>s frères et sœurscélibataires, qui n’ont jamais trouvé le bonheur à <strong>de</strong>ux <strong>de</strong> corps,âme, et esprit, nous pouvons seulement parler du mystère <strong>de</strong>la vocation la plus noble <strong>de</strong> l’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Il suffit uniquement<strong>de</strong> recevoir une impulsion <strong>de</strong>s sphères éternelles ; et ceuxqui se pensaient profondément malheureux, dans leur chagrinet leurs désirs déniés, parviennent à prendre une décision, quiles rend parfaitement heureux. Mais celui qui, désireux <strong>de</strong> cejardin d’amour, continue à ébranler la porte, qui lui est fermée,ne peut pas découvrir ce mystère.Il existe une libération complète <strong>de</strong> l’Eros cupi<strong>de</strong> ; c’est lorsquel’Eros s’unit en mariage, dans la fidélité éternelle, avec l’Agape.
129 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Celui qui peut <strong>de</strong> cette manière, une fois pour toutes, échapperau sexuel, est une <strong>de</strong>s personnes les plus heureuses qu’il y ait.Ces personnes sont capables d’un plus grand amour ; en effet,parce que l’Agape, en tant qu’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, règle tous leursrapports avec leur prochain, ces personnes donnent leur tempset leur énergie librement. Le royaume <strong>de</strong>s cieux peut alors,à travers elles, se manifester pleinement sur terre, car toutesleurs œuvres <strong>de</strong> charité n’ont qu’un seul but. Jésus parle <strong>de</strong>sEunuques qui sont ainsi pour le royaume <strong>de</strong>s cieux (Mathieu19.12). L’Apôtre Paul, <strong>de</strong> même, parlait <strong>de</strong> ceux pour lesquelsil est mieux <strong>de</strong> ne pas se marier, car leur mission spéciale exige<strong>de</strong>s qualités spéciales (1Corinthiens 7).Si la voie d’une union conjugale pure semble être hors <strong>de</strong>question pour quelqu’un, cette personne ne doit quand mêmepas s’éloigner <strong>de</strong> l’amour et <strong>de</strong> la vie en nourissant un cœuraigri ; elle ne doit pas étouffer le meilleur en elle-même ;elle ne doit jamais s’adonner à un plaisir qui ne stimule pas,n’éveille pas, le meilleur en elle, qui n’enflamme pas l’étincelledivine en elle-même. Car elle a obtenu la vocation tellementplus noble d’aimer avec une prodigalité enthousiaste, grâceau don <strong>de</strong> l’amour ensoleillé <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> qui a enflammé et vivifiésa capacité d’aimer, pour ne jamais retomber dans le plaisir<strong>de</strong> possession et d’usurpation. Ici, un amour envers tousl’emporte, un amour qui ne veut rien pour soi, mais qui trouveson bonheur à donner.L’accomplissement ultime <strong>de</strong>s dix comman<strong>de</strong>ments, parexemple le comman<strong>de</strong>ment d’honorer son père et sa mère,consiste en l’amour parfait dans l’unité parfaite. On ne peutrendre un meilleur service à ses propres parents ou à sesfrères ou sœurs ou même à sa propre femme ou à son mari ou
130 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>enfant, qu’en prenant la voie <strong>de</strong> l’unité et <strong>de</strong> l’amour parfait, etd’appeler tous les autres à suivre cet exemple.Ici on cite souvent l’attitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> Jésus auprès <strong>de</strong> sa mère.Quatre fois dans l’Evangile, Jésus confronte sa mère. Une fois,lorsqu’il était encore un enfant (Luc 2.41-51). A l’âge <strong>de</strong> douzeans, Il quitte son père et sa mère pour être dans la maison <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> ; Il voulait lire et s’enquérir <strong>de</strong> la vérité et la témoigner.Après avoir accompli cette tâche, Il revint vers ses parents –qui, pleins d’inquiétu<strong>de</strong> l’avaient cherché partout– et après cela,Il leur fut soumis, comme Il convient à un enfant <strong>de</strong> cet âge.Ici, nous voyons le premier départ du Sauveur du mon<strong>de</strong>, quile mettait en contraste tranchant avec ses parents, à tel pointque sa mère dut lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r : « Mon enfant, pourquoi nousas-tu fait cela ? » Mais nous voyons aussi que Jésus, en véritableenfant, et qui avait grandi comme tout autre enfant et adapté, nereprésentait aucune précocité exagérée ni aucune effronterie. Aucontraire, après cette première effraction, Il prit sa place auprès<strong>de</strong> ses parents, comme il convenait à son jeune âge.<strong>La</strong> secon<strong>de</strong> fois où Jésus confronte sa mère, est pendant lemariage à Cana ( Jean 2.1-11). Ici, la vocation <strong>de</strong> Jésus eut sespremières répercussions dans le mon<strong>de</strong>. Ce fut le premier actefrappant, transmis dans les Ecritures ; à cette célébration, dansle cadre <strong>de</strong> l’ordre <strong>de</strong> la première création, Jésus voulut révélerla toute-puissance et la gloire <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Ici, le contraste entreJésus et sa mère est plus marqué que lorsqu’Il avait 12 ans. Samère Marie, pensait encore avoir une influence décisive surlui, et elle voulait lui donner un conseil en pensant qu’Il allaitle suivre. Mais elle reçut cette réponse cinglante : « Femme,qu’ai-je à faire avec toi ? Mon heure n’est pas encore venue. »L’heure ne pouvait pas venir <strong>de</strong> sa mère, l’heure <strong>de</strong>vait venir
131 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>directement <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Et alors, Jésus fit même plus que sa mèreattendait <strong>de</strong> lui.Dans la troisième rencontre, le contraste est encore plusfrappant. Jésus se tient <strong>de</strong>vant une foule <strong>de</strong> personnes, auxquellesIl démontre la puissance déterminante du royaume <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> sur leurs corps et leurs âmes. Sa mère et ses frères setiennent <strong>de</strong>hors à la périphérie <strong>de</strong> la foule et ils pensent queJésus a perdu la raison. Ils envoient <strong>de</strong>s messagers pour le prier<strong>de</strong> retourner vers sa mère, et Jésus leur envoie cette réponse :« Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » (Mathieu 12.46-50) – toi, tu n’es pas ma mère, et vous, les autres fils <strong>de</strong> Marie,vous n’êtes pas mes frères, si vous ne faîtes pas la volonté <strong>de</strong>mon Père ; voilà qui est ma mère : l’église <strong>de</strong> ceux qui font lavolonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ; voici quels sont mes frères, avec lesquels jesuis en unité, ceux qui font la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.<strong>La</strong> quatrième rencontre conduit toutes ces lignes qui semblaientêtre dispersées parmi ces contrastes bouleversants, versl’unité ultime. Lorsque Jésus fut crucifié, sa mère Marie et sondisciple bien-aimé, Jean, étaient là. Et Jésus dit à sa mère et àson disciple aimé, qu’ils <strong>de</strong>vaient désormais s’accepter l’un etl’autre, en tant que mère et fils ( Jean 19 25.27). Il réunit sesdisciples, qui faisaient sa volonté, avec sa mère, qui maintenantvoulait aussi faire sa volonté. Et c’est ce qui se passa. Samère, qui semblait s’être auparavant éloignée <strong>de</strong> lui, fut parmiceux qui attendaient l’effusion du Saint-Esprit et la création<strong>de</strong> l’église-communauté, à la Pentecôte. Dès ce moment-là,Marie fit partie du cercle <strong>de</strong>s disciples qui croyaient en sonFils (Actes 1.14).
L’éducationDu point <strong>de</strong> vue humain, un Bru<strong>de</strong>rhof est une communautéd’éducation, mais il l’est <strong>de</strong> même du point <strong>de</strong> vue divin. C’estune éducation qui n’est jamais achevée.L’important est d’éveiller et <strong>de</strong> stimuler notre âme et notreesprit, en vue <strong>de</strong> préparer avec enthousiasme notre être intimeà recevoir le Saint-Esprit et d’enrichir notre vie d’expériencesspirituelles profon<strong>de</strong>s. Ainsi, nous apprendrons tous à mettreen priorité le plus important avant le moins important, età aller <strong>de</strong> l’avant en dévouant toutes nos forces, sans réserves.Voici la question décisive : Que <strong>de</strong>viendra l’enfant, lorsqu’ilsera femme ou homme et que l’Esprit <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> lui révèle lavérité <strong>de</strong> l’église-communauté ? Comment élever cet enfantafin qu’il soit un combattant courageux et qu’il puisse <strong>de</strong>venirun martyr fidèle et courageux pour l’amour du Christ ?Comment éduquer l’enfant, afin <strong>de</strong> lui donner la conscienced’appartenir à <strong>Dieu</strong> ? L’enfant n’est pas notre propriété, mais<strong>de</strong>puis son premier souffle nous l’avons consacré à la gran<strong>de</strong>cause du futur royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. L’enfant a été déjà dédié à<strong>Dieu</strong> avant sa naissance et après sa naissance, surtout dans lespremières années <strong>de</strong> sa vie. Beaucoup dépend <strong>de</strong> ces premierstemps, que les instincts soient conduits non pas au plaisir,
133 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>mais, au contraire, que l’enfant apprenne à se maîtriser et à sedévouer à la cause.Si nous voulons rendre un vrai service à nos enfants, alorsformons-les tels que <strong>Dieu</strong> les a déjà conçus. Chaque enfantest une pensée <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, et nous ne <strong>de</strong>vons pas vouloir le formerd’après notre idée. Ce ne serait pas un vrai service. Nouslui rendons un vrai service en appréhendant la pensée <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>pour cet enfant ; la pensée, que <strong>Dieu</strong> a eu <strong>de</strong> toute éternité, quiest encore la sienne, et que <strong>Dieu</strong> retiendra toujours (Psaumes139.13-17).<strong>La</strong> nature <strong>de</strong> l’enfant et la libertéLes enfants <strong>de</strong> par leur nature franche diront immédiatementce qu’ils ressentent ; ils diront ce qui ne leur plait pas,aussi longtemps que nous leur permettons <strong>de</strong> rester enfant.Les enfants ne cacheront pas ce qu’ils pensent <strong>de</strong> la personne<strong>de</strong>vant eux, pour en parler plus tard <strong>de</strong>rrière leur dos. L’enfantne connaît pas ce qui est lâche, ce qui n’est pas direct ; l’esprit<strong>de</strong> cet enfant est complètement ouvert ; l’enfant est toujoursprêt à dire ce qu’il a sur le cœur...Ainsi s’explique cette parole tranchante <strong>de</strong> Jésus : « Celuiqui fait tomber dans le péché un <strong>de</strong> ces petits, qui croient enmoi », et qu’il cesse d’être enfant, « il vaudrait mieux pour luiqu’on lui attache au cou une grosse pierre et qu’on le noie aufond <strong>de</strong> la mer. » Vraiment, ce serait mieux pour lui <strong>de</strong> ne pasexister. » … « mais malheur à l’homme qui en est cause ! Sic’est à cause <strong>de</strong> ta main ou <strong>de</strong> ton pied que tu tombes dans lepéché, coupe-les et jette-les loin <strong>de</strong> toi … . Et si c’est à cause<strong>de</strong> ton œil que tu tombes dans le péché, arrache-le et jetteleloin <strong>de</strong> toi ! Gar<strong>de</strong>z-vous <strong>de</strong> mépriser l’un <strong>de</strong> ces petits ; je
134 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>vous l’affirme, en effet, leurs anges se tiennent continuellementen présence <strong>de</strong> mon père qui est dans les cieux » (Mathieu18.6-10).Quelle parole singulière ! Quel discernement, d’avoir prononcécette parole : arracher sa main, son pied, et son œil, justementdans le contexte <strong>de</strong> ce que Jésus dit <strong>de</strong>s enfants ! Ainsi,dans une église-communauté, il vaudrait mieux se séparer <strong>de</strong>l’œil, qui a la vue d’ensemble, qui a la responsabilité <strong>de</strong> la communauté,et <strong>de</strong> la main, qui accomplit et exécute, que <strong>de</strong> laisserun seul enfant perdre son esprit d’enfant ! Si quelqu’un pervertitun enfant ou l’induit en erreur, il vaudrait mieux qu’iln’existe pas.Voilà ce qu’est la perversion, lorsqu’un enfant perd sa natured’enfant. Tout ce qui met fin à la nature d’enfant est perversion.Jésus nous avertit : Estimez l’enfance plus que tout autrechose ; aimez la nature <strong>de</strong> l’enfant plus que tout ! Ne désirezrien d’autre que <strong>de</strong> <strong>de</strong>venir comme un enfant ! Gar<strong>de</strong>z-vous<strong>de</strong> mépriser un enfant ! Vous le méprisez, si vous en faîtes unecréature émotive, qui se cramponne à son père, à sa mère ouà quelque autre personne. Non seulement si vous l’avez induitau péché, mais aussi, et surtout, si l’enfant a été arraché à sonenfance, alors vous l’avez méprisé ; vous n’avez pas respectéson enfance, lorsque vous avez voulu en faire votre propriétéémotive.Les enfants sont libres, vraiment libres ! Tous les enfantssont libres ! Jamais <strong>de</strong>vront-ils être la propriété du père ou <strong>de</strong>la mère ou <strong>de</strong> quelque autre personne !Tout enfant authentique aime le risque et le combat. Il doitdonc y avoir une certaine confiance entre l’adulte et l’enfantqui n’entravera ni son audace ni son courage comme vouloir
135 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>grimper aux arbres, monter à cheval ou prendre soin <strong>de</strong>schevaux, et surmonter d’autres dangers. Cette liberté sera lameilleure protection pour l’enfant. Non pas la surveillancenerveuse <strong>de</strong>s adultes, mais, au contraire, l’éducation qui gui<strong>de</strong>l’enfant à la sûreté <strong>de</strong>s instincts en présence <strong>de</strong> tout danger –en fin <strong>de</strong> compte, la confiance en une protection qui va bienau-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> notre pouvoir– voilà la protection véritable.Le bien et le mal chez les enfantsNous sollicitons pour nos enfants, à cet âge où leur innocencen’est pas encore éveillée au bien et au mal, que le Saint-Espritrègne, avec sa pureté et son amour, dans l’atmosphère qui lesentoure. C’est notre prière instante ; autrement nous ne causonsque <strong>de</strong>s torts à l’enfant. Plus tard, lorsque les enfants commencentlentement à différencier entre le bien et le mal, et parviennentà prendre une décision, nous sollicitons que l’Esprit <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> envahisse l’âme <strong>de</strong> l’enfant et éveille sa volonté latente,pure et absolue.Dès que l’enfant a consciemment commis une mauvaiseaction, il a cessé d’être un enfant …Nous, les adultes, ne sommes pas capables <strong>de</strong> reconnaître lemoment auquel l’enfant, encore petit, se déci<strong>de</strong> pour la premièrefois, consciemment, à faire quelque chose <strong>de</strong> mal.Cette réalisation <strong>de</strong>vrait nous convaincre d’éviter cettemétho<strong>de</strong> erronée, <strong>de</strong> vouloir surprendre l’enfant au moment<strong>de</strong> sa mauvaise action et <strong>de</strong> le punir sur-le-champ. Le manque<strong>de</strong> confiance et le fait d’être persuadé <strong>de</strong> la mauvaise intention<strong>de</strong> l’enfant, affaiblit l’enfant au lieu <strong>de</strong> l’affermir. Rendrel’enfant artificiellement conscient <strong>de</strong> ses mauvais instincts n’estsûrement pas le bon moyen. De tels moyens nuisent à la vie <strong>de</strong>
136 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>l’âme <strong>de</strong> l’enfant. Cela renforce la mauvaise volonté <strong>de</strong> l’enfantet est donc cruel. Cet acte <strong>de</strong> violence morale, inapproprié,rend l’enfant incertain <strong>de</strong> ce qui est juste. Personne n’a le droitd’agir <strong>de</strong> la sorte. C’est une supposition erronée <strong>de</strong> croire quela volonté <strong>de</strong> faire le mal a atteint son apogée alors que c’est lecas <strong>de</strong> l’éducateur ou du parent, non pas <strong>de</strong> l’enfant. On peutparier cent contre un que l’enfant n’a pas agi avec toute consciencecomme l’adulte, habitué au mal, le présuppose.Autorité et discipline personnelle<strong>La</strong> question <strong>de</strong> l’autorité est la question décisive dansl’éducation. Le Bru<strong>de</strong>rhof rejette l’autorité fondée sur la violenceou sur la suggestion, <strong>de</strong> même qu’il rejette le manqued’autorité, faible et aveugle. <strong>La</strong> liberté <strong>de</strong> l’enfant, et d’ungroupe d’enfants, spirituellement dirigé et protégé, ne peutconsister à laisser l’enfant suivre ses mouvements d’humeur etses émotions. De même, l’autorité <strong>de</strong> l’éducateur ne peut consisterseulement à imposer sa propre volonté sur l’enfant, sansessayer <strong>de</strong> stimuler et d’éveiller la compréhension et la capacitédu cœur <strong>de</strong> l’enfant <strong>de</strong> se déci<strong>de</strong>r pour le bien. Surtout,l’éducateur ou l’éducatrice ne doit pas, par faiblesse ou sentimentvexé, vouloir forcer sa propre volonté auprès <strong>de</strong> l’enfanten détresse. Et, pourtant, ce serait également faux, si les éducateursou éducatrices n’exerçaient aucune assistance active enattendant que le bien triomphe sur le mal chez l’enfant.Non, l’éducation est essentielle, et indispensable. C’est le plusgrand amour que l’on puisse montrer à l’enfant. L’enfant désireêtre guidé et mis sur la bonne voie mais il ne veut pas <strong>de</strong> contrainteni <strong>de</strong> répriman<strong>de</strong> (Colossiens 3.20-21). L’autorité véritables’allie à l’épanouissement d’un meilleur genre <strong>de</strong> liberté chezl’enfant, ce qui a comme résultat que les éducateurs stimulent et
137 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>renforcent le bien en l’enfant et le conduisent à la détermination<strong>de</strong> choisir le bien. Et alors, l’enfant, <strong>de</strong> son for intérieur, lutteraet surmontera le mal en lui-même, qui tend à se manifester. <strong>La</strong>communauté d’éducation du Bru<strong>de</strong>rhof témoigne <strong>de</strong> ce que, iciaussi, le grand instructeur <strong>de</strong> l’humanité a prononcé la paroledécisive, lorsqu’Il a dit : « N’empêchez pas les enfants <strong>de</strong> venir àmoi » et « Celui qui n’accepte pas le Royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> commeun enfant ne pourra jamais y entrer » (Luc 18.16-17).Ainsi, ce fut Jésus-Christ qui nous montra que les enfantsdoivent être guidés par la confiance que nous avons en leurnature, et l’amour que nous leur portons ; et c’est pour cela queJésus les a pressés sur son cœur et les a embrassés.Avoir <strong>de</strong> l’assurance, une manière déterminée et vigoureuse,ai<strong>de</strong> souvent beaucoup mieux l’enfant à combattre ses inclinations,que trop <strong>de</strong> patience et d’attendrissement quant à sesmauvaises manières…Chaque châtiment corporel témoigne <strong>de</strong> la faillite <strong>de</strong>l’éducation. En y ayant recours, nous admettons que nous avonséchoué dans notre mission spirituelle et pédagogique enversnos enfants. Il est vrai que l’usage d’une certaine violence, dûà l’imperfection <strong>de</strong>s éducateurs – leur manque <strong>de</strong> dons spirituels– ne peut pas toujours être évité. Cependant, l’influence <strong>de</strong>l’Esprit sur l’éducateur et l’enfant doit assurer que cet usage <strong>de</strong> laviolence reste à son minimum. Dans notre éducation nous rejetonsle châtiment corporel dans sa forme la plus brutale.Il est très important <strong>de</strong> ne pas laisser régner trop d’indulgenceenvers les caprices <strong>de</strong> l’enfant dans la famille, et <strong>de</strong> même dansl’école maternelle. Les enfants doivent apprendre à être strictsavec eux-mêmes. On doit ai<strong>de</strong>r les enfants à prendre positionenvers ce qu’ils ont fait. On ne leur permet pas <strong>de</strong> se sentir
138 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>maltraités, lorsqu’ils ont été réprimandés et blâmés. Il fautqu’ils apprennent à être à la hauteur <strong>de</strong> leurs actions, mêmes’ils ont tort, et à ne pas donner <strong>de</strong> réponses vagues, qui peuventêtre comprises différemment. Ils doivent apprendre à êtrefermes et à parler avec assurance.Les enfants « trop sages » sont certainement un phénomènedésagréable, car c’est contre la nature, c’est forcé, et hypocrite.Mais les enfants « mal élevés » sont également désagréables,avec leur manque <strong>de</strong> respect et leur présomption, quine conviennent pas à un enfant. Ceci s’applique <strong>de</strong> même àl’égoïsme et aux querelles mesquines ; ou bien à leur désir <strong>de</strong>possé<strong>de</strong>r quelque privilège ou quelque objet grandiose, maisen réalité déraisonnable. Un autre aspect <strong>de</strong> ce mal fâcheuxest l’ingratitu<strong>de</strong> chronique et insensible, dont les enfants fontparfois para<strong>de</strong> à l’égard <strong>de</strong> toutes les bonnes choses qu’ils ontreçues, souvent au prix d’un grand sacrifice.Les enfants et éducateurs au sein <strong>de</strong>l’unité <strong>de</strong> l’église-communautéNotre crèche est un vrai don <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. En effet, ici, le premierenfant d’un mariage n’a pas du tout l’occasion d’imposer savolonté, ses propres désirs, sa gourmandise … car il fait partied’un grand cercle <strong>de</strong> frères et sœurs. Quand j’avais septans, mon frère aîné m’a <strong>de</strong>mandé si j’avais déjà réfléchi, quellechance nous avons d’être cinq enfants dans la famille. Il a ditqu’il avait vu une famille où il y avait un enfant unique ; il n’étaitpas vraiment un enfant, car il avait grandi sans frères et sœurs. Sil’enfant grandit entouré <strong>de</strong> beaucoup d’autres enfants, il ne peutpas imposer sa volonté, parce qu’il doit se ranger envers une plusgran<strong>de</strong> unité. Le groupe d’enfants et la crèche sont pour cette
139 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>raison d’importance cruciale, car alors aucun enfant n’est le centred’attention. L’enfant ne doit surtout pas s’imaginer, même unseul instant, que tout tourne autour <strong>de</strong> lui.C’est une très gran<strong>de</strong> responsabilité, qui est ainsi confiée à tousles membres <strong>de</strong> l’église-communauté, et qui peut être indiquéeen quelques mots : le respect envers le Saint-Esprit. Si ceci estimportant à l’égard <strong>de</strong> tous les domaines <strong>de</strong> la vie, c’est importantdans un sens sacré en ce qui concerne l’éducation : respectenvers le père <strong>de</strong> famille, en tant qu’il est le chef <strong>de</strong> la familledésigné par <strong>Dieu</strong> ; respect envers la mère, désignée commeMarie et l’église à représenter le Christ, <strong>de</strong> même que le pèrereprésente l’Esprit <strong>de</strong> Jésus-Christ ; respect envers l’enfant,envers le merveilleux mystère <strong>de</strong> l’enfance, et <strong>de</strong> <strong>de</strong>venir enfant ;et le respect envers l’église et ses services ; c’est-à-dire le respectenvers l’Esprit-Saint, accordé à l’église-communauté.Comme c’est une tâche difficile d’avoir la responsabilitéd’éduquer nos enfants, pour nous qui ne sommes pas libérésdu péché ! Seuls les sages et les saints sont capables d’éduquer.Nos lèvres mêmes sont impures. Notre dévouement n’est passans réserve. Notre sincérité est brisée. Notre amour n’est pasparfait. Notre bonté n’est pas désintéressée. Nous ne sommespas libres <strong>de</strong> manque d’amour, d’égoïsme et <strong>de</strong> possessivité.Nous sommes injustes.Ainsi, c’est l’enfant qui nous conduit à l’Evangile. <strong>La</strong> tâchesacrée que nous avons envers l’enfant nous montre notre médiocritéà éduquer même un seul enfant. Cette prise <strong>de</strong> consciencenous conduit à la grâce. On ne peut pas s’occuperd’enfants, sans l’ambiance <strong>de</strong> la grâce. Uniquement si on estsoi-même <strong>de</strong>vant <strong>Dieu</strong> comme un enfant, peut-on élever unenfant, et ainsi seulement peut-on vivre avec l’enfant.
140 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>« Si vous ne changez pas pour <strong>de</strong>venir comme <strong>de</strong>s enfants… »(Mathieu 18.3). Soyez <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong>vant la grâce ! Vous <strong>de</strong>vezapprendre à vous émerveiller. Conscients <strong>de</strong> votre médiocrité,émerveillez-vous <strong>de</strong>vant la gran<strong>de</strong>ur du mystère divin,qui rési<strong>de</strong> en toute chose ! Uniquement ainsi pourrons-nousrecevoir le don <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Uniquement ainsi pourrons-nouspercevoir ce mystère, et nous oublier nous-mêmes totalement; car alors, nous serons conquis par cette vision grandiose.Uniquement ceux qui possè<strong>de</strong>nt les yeux d’un enfant peuvents’abandonner dans la contemplation du merveilleux !Evaluer également les services et les dons spirituels et physiques,est un <strong>de</strong>s <strong>de</strong>voirs les plus importants concernantl’éducation. Il faut reconnaître aussitôt que possible si unenfant est désigné <strong>de</strong> préférence pour un travail manuel ouplutôt pour un travail intellectuel, et quelle activité particulièrelui serait profitable. Dès le premier instant, on doit combattrel’illusion <strong>de</strong> discriminer entre les différents travaux etprofessions, en jugeant les unes plus élevées que les autres, tandisque tous services dévoués sont utiles <strong>de</strong> la même façon envue du bien commun ; c’est seulement dans ces conditions quel’enfant pourra se développer librement…Le dogme et les rites religieux ne sont pas enseignés commechoses à part. Lorsque <strong>Dieu</strong> exerce son influence, tous lesdomaines <strong>de</strong> la vie <strong>de</strong> l’enfant <strong>de</strong>viennent religieux, spirituels…A l’arrière-plan <strong>de</strong> l’histoire <strong>de</strong> la religion, <strong>de</strong> l’art, <strong>de</strong>l’artisanat et <strong>de</strong> l’économie, grâce à une instruction conduiteavec succès, on est conscient <strong>de</strong> la présence <strong>de</strong> l’Esprit.Grâce à cet enseignement, le Christ rayonne partout.Il est proche <strong>de</strong>s enfants comme celui qui comble le désird’unification <strong>de</strong>s religions, <strong>de</strong> l’humanité à travers les siècles,
141 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>les civilisations, et tous les continents. Et ainsi, les faits historiqueset religieux <strong>de</strong> l’humanité <strong>de</strong>viennent à nouveau vivants.<strong>La</strong> Bible <strong>de</strong>vient accessible aux enfants.
<strong>La</strong> vie simpleCe fut en l’année 1899 et les années suivantes, que le mouvement<strong>de</strong> la Jeunesse (Jugendbewegung) apparut dans différentesrégions d’Allemagne. Nous étions à peine sortis <strong>de</strong>notre enfance. Nous avions un désir ar<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> quitter les conditionsmensongères <strong>de</strong> l’église et <strong>de</strong> l’école. L’empreinte <strong>de</strong> lalutte en faveur <strong>de</strong> la pureté et <strong>de</strong> la liberté se faisait sentir différemmentselon les endroits ; pourtant il s’agissait d’un mêmecombat. Nous désirions une humanité naturelle en harmonieavec la nature.Toute cette tradition <strong>de</strong> transmettre les privilèges et lacoercition qui s’ensuivait, nous semblait être un esclavage <strong>de</strong>l’humanité vraie. Et ainsi nous fûmes poussés à quitter les cercleshabituels, et à rechercher la route, les champs, les forêts etla montagne. Nous évitions la cité autant que possible.Que recherchions-nous dans la nature ? C’était une impulsionvers la liberté, la camara<strong>de</strong>rie, la communauté. Nous allionsensemble et non pas seuls comme les ermites. Ensemble, nousrecherchions l’air pur et la vie en plein air.<strong>La</strong> jeunesse d’après-guerre avait une aversion <strong>de</strong>s cités, en raison<strong>de</strong> l’impureté qui y régnait physiquement et spirituellement.
143 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>La</strong> cité était pour eux le siège <strong>de</strong> Mammon, <strong>de</strong> l’esprit froid,<strong>de</strong> l’indifférence, <strong>de</strong> l’air empoisonné. Ils constataient qu’iciles gens ne vivaient pas en accord avec la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. <strong>La</strong>plupart <strong>de</strong>s familles n’avaient qu’un ou <strong>de</strong>ux enfants, quelquefoispas d’enfants du tout. L’atmosphère <strong>de</strong> la cité leur semblaitsaturée <strong>de</strong> meurtre et <strong>de</strong> dégénération. Les cités erraientloin <strong>de</strong> ce que <strong>Dieu</strong> voulait pour les êtres humains. Pour cetteraison les jeunes gens quittèrent les cités. Ce ne fut pas tout àfait la même chose que la philosophie <strong>de</strong> Rousseau : le retour àla nature – mais quelque peu analogue. Ils voulaient revenir làoù ils seraient plus près <strong>de</strong> la création <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, où ils puissentsentir <strong>de</strong> nouveau le souffle vivant <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> lui-même qu’Ilavait insufflé aux personnes, plantes et animaux. Ils voulaientquitter l’o<strong>de</strong>ur nauséabon<strong>de</strong>, la saleté et la fumée, ils voulaientquitter la folie <strong>de</strong>s œuvres humaines.Leur esprit aspirait au retour à la nature en vue <strong>de</strong> s’allier àl’esprit qui y régnait. Pour tous ces jeunes l’esprit à l’œuvre dansla nature et l’Esprit <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> étaient le même esprit. <strong>Dieu</strong> créad’abord la terre, les plantes, et les animaux, et ensuite les êtreshumains. Ils étaient tous en harmonie. Et maintenant, toutceci inspirait le mouvement <strong>de</strong> la jeunesse.Dès le début <strong>de</strong> notre mouvement – <strong>de</strong>puis le commencement<strong>de</strong> notre vie en communauté – nous avions le désir ar<strong>de</strong>nt<strong>de</strong> vivre d’une façon simple et authentique. Nous ne voulionsrien d’artificiel parmi nous. Nous ressentions profondément lanécessité d’être libres <strong>de</strong> toute contrainte. Nous désirions vivreproches <strong>de</strong> la nature et <strong>de</strong> la création. Nous aspirions à croireen <strong>Dieu</strong>, en notre créateur, et à comprendre sa création d’unefaçon tellement naturelle, que même toute influence religieusen’aurait pu nous détourner <strong>de</strong> la vie naturelle et innocente <strong>de</strong> la
144 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>création. Nous étions convaincus que la vie <strong>de</strong> l’église-communautéest uniquement possible, lorsque tout s’y passe d’une façonnaturelle. Nous étions convaincus que notre vie en communautéserait perdue, si elle se berçait <strong>de</strong> religiosité artificielle, pour ainsidire ; si nous acceptions un langage <strong>de</strong> phrases pieuses, qui neproviennent pas du tréfonds <strong>de</strong> notre cœur.Tout comme avec le langage, il en va <strong>de</strong> même pour le reste.<strong>La</strong> rencontre avec la nature fut un don du mouvement <strong>de</strong> lajeunesse. De se réjouir du paysage avec ses près, ses bois, sescollines, et ses fleurs, n’était pas seulement une idée romantique,il s’agissait surtout d’une expérience <strong>de</strong> la nature, d’unrapprochement <strong>de</strong> la création originale. Et tout ce qui nevenait pas spontanément <strong>de</strong> la source originelle, était rejeté.C’est ma prière instante que notre vie en commun jaillisseoriginellement <strong>de</strong> la source du cœur, selon notre disposition etnos dons naturels, <strong>de</strong> façon à ce que toute hypocrisie ou faussedévotion soit exclue, et que le naturel triomphe. Nous sollicitons<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> que la vie ar<strong>de</strong>nte règne parmi nous dans ce sensprofond, la vie vraie, comme elle règne parmi les animaux etles plantes, et parmi les étoiles ; comme elle règne à la naissanced’un enfant, et pendant sa croissance. Ainsi <strong>de</strong>vrait êtrenotre vie à tous. De là provient la vraie fidélité. Nous sollicitonségalement, qu’il nous soit accordé <strong>de</strong> ressentir et d’apprécierl’authenticité, la vie originelle du travail dans la nature ; surtoutle travail dans le jardin et dans l’agriculture ; car <strong>de</strong> làprovient la nourriture quotidienne <strong>de</strong> la création originelle <strong>de</strong><strong>Dieu</strong>, qui nous permet d’accomplir corps et âme ce que noussommes appelés à faire.Lorsque nous avons quitté l’église institutionnelle, ce n’est pasnotre foi que nous avons abandonnée, mais c’est notre mo<strong>de</strong>
145 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong> vie, qui n’était pas en accord avec notre foi. C’est une bonnechose d’avoir une certaine hésitation à prononcer la parolesacrée <strong>de</strong> l’Être Tout-puissant. Nous ne voulons pas prononcerce nom pour rien, et nous ne voulons nous en servirque rarement. Cependant, nous sommes appelés à confesserce nom. sans pourtant jeter les perles <strong>de</strong>vant les pourceaux(Mathieu 7.6).Jamais, l’humanité ne pourrait-elle abandonner son désird’une vie d’amour dans un nouveau paradis, plus fécond : <strong>La</strong>joie en la nature, et le travail <strong>de</strong> la terre ; protéger et approfondirla vie spirituelle ; l’activité créatrice d’amour, provenant<strong>de</strong> l’intimité <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> – voilà le but <strong>de</strong> ces aspirations et <strong>de</strong> cedésir ar<strong>de</strong>nt.Il y avait <strong>de</strong>s gens, qui disaient : « Vous êtes <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> lanature, car vous voulez y retourner ! » Non, notre mouvementne voulait pas retourner à la nature, mais nous avions reconnucombien la nature <strong>de</strong> l’ancienne création était encore corrompue(Romains 8.20-22). Non, nous ne voulions pas retourner àla vieille nature, et nous avons d’ailleurs toujours rejeté le nudisme.Nous percevions l’effet du divin dans la nature (Romains1.20 ; Psaumes 19 1-5). Nous percevions la cohésion intérieure,la volonté intime d’unité, <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> révélée dans la nature ;ceci en dépit <strong>de</strong> l’effet nuisible <strong>de</strong>s puissances sataniques etdémoniaques, l’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, en tant qu’unité, était révélé.Non pas les objets furent adorés, non pas l’ancienne nature,mais le mystère du <strong>Dieu</strong> Créateur.Dans le mouvement <strong>de</strong> la jeunesse, il y eut un danger semblable.Ce fut la vénération <strong>de</strong> la créature, la sublimation du paysageet <strong>de</strong> la beauté physique, et ceci eut l’effet <strong>de</strong> conduire à
146 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>l’adoration <strong>de</strong> la nature pour certains. Ainsi, le mouvement <strong>de</strong>la jeunesse – <strong>de</strong> même qu’aujourd’hui le national-socialisme –a pu rejeter le Créateur en faveur <strong>de</strong> la créature.<strong>La</strong> nature est un mélange, un mélange <strong>de</strong> bien et <strong>de</strong> mal, lumièreet ombre. <strong>La</strong> nature d’elle-même, ne nous donne pas lalumière pure, elle nous donne une alternance <strong>de</strong> la lumière et<strong>de</strong> l’obscurité. Le côté obscur alterne avec le côté ensoleillé <strong>de</strong>la vie humaine. Il doit donc y avoir une autre révélation, différentedu livre <strong>de</strong> la nature. Le livre <strong>de</strong> la nature est important,mais il ne suffit pas. Lorsqu’une personne ne croit pas encoreen Jésus, on peut seulement lui conseiller <strong>de</strong> rechercher à quelmoment <strong>de</strong> l’histoire <strong>de</strong> l’humanité : la plus gran<strong>de</strong> lumière, laplus gran<strong>de</strong> vérité <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, fut révélée. Nous avons reconnu,que ce fut en Jésus-Christ (Colossiens 1.15-20). Nous avonsreconnu, qu’en Lui est uniquement lumière, que son amouret ses paroles sont la lumière parfaite. Et cette lumière estl’amour. Ainsi, nous avons reconnu que <strong>Dieu</strong> est amour. « <strong>Dieu</strong>est amour ; celui qui <strong>de</strong>meure dans l’amour, <strong>de</strong>meure en <strong>Dieu</strong>et <strong>Dieu</strong> <strong>de</strong>meure en lui » (1 Jean 4.16).
<strong>La</strong> paix etle règne <strong>de</strong><strong>Dieu</strong>
<strong>La</strong> non-violence et lerefus du service militaireQue dit l’évangile ?« Tu ne tueras pas » a été déjà dit par les anciens. Jésus va plusloin : les paroles haineuses sont autant <strong>de</strong> coups <strong>de</strong> poignar<strong>de</strong>mpoisonnés. Celui qui ne reconnaît pas l’égalité <strong>de</strong>s droits<strong>de</strong> son prochain, est un meurtrier aux yeux <strong>de</strong> Jésus. Celui quiva à la guerre, agit contre la parole : « Aimez vos ennemis »(Mathieu 5.43-48).Jésus nous dit en effet, comment Il allait mourir, qu’Il allaitêtre livré aux mains <strong>de</strong> l’autorité – aux mains <strong>de</strong>s Maîtres <strong>de</strong>la Loi, <strong>de</strong>s Pharisiens pieux, et du Pouvoir <strong>de</strong> l’Etat – et Ils’est livré sans défense à ces puissances. Et lorsque ses disciplesdirent : « Seigneur, veux-tu que nous commandions au feu <strong>de</strong><strong>de</strong>scendre du ciel et <strong>de</strong> les exterminer ? Comme le fit Elie »Jésus dit : « Vous ne savez pas à quel esprit vous appartenez » ;(Luc 9.54-55) vous avez oublié l’Esprit ! Vous avez oublié ceque cela signifie, vous avez oublié le plus beau, le meilleur <strong>de</strong>votre vocation. Et même si vous parlez du feu, <strong>de</strong> la foudre et<strong>de</strong>s miracles célestes : vous avez abandonné l’Esprit aussitôtque vous convoquez la violence au lieu <strong>de</strong> l’amour.
149 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Au nom <strong>de</strong> Jésus-Christ, on ne peut que mourir, mais onne peut pas tuer. C’est le sens ultime <strong>de</strong> l’Evangile. Si nousvoulons vraiment suivre le Christ, il nous faut vivre comme Il avécu, et comme Il est mort. Nous le comprendrons seulementsi nous saisissons la parole décisive : « Vous ne pouvez pas servirà la fois <strong>Dieu</strong> et l’argent. »Le non-sens théologique qui apparut [à l’université <strong>de</strong>Tübingen] fut insupportable. Une fois, une étudiante trèspieuse se leva et dit : « Jésus a dit “Je ne suis pas venu apporterla paix, mais l’épée” » (Mathieu 10.34). Sur quoi j’ai répondu :« Je m’étonne d’entendre cette parole dans ce contexte, et je necomprends pas ce que vous voulez dire. Nous parlons ici <strong>de</strong> larelation <strong>de</strong> la belle-fille, qui suit la voie <strong>de</strong> Jésus, avec sa bellemère,qui ne suit pas la voie <strong>de</strong> Jésus. Pensez-vous que Jésusvoulait que la belle-fille tue sa belle-mère ?Celui qui a été appelé par l’Esprit <strong>de</strong> Jésus, ne peut solli-citeraucune violence à son ai<strong>de</strong>. Jésus a abandonné tout pri-vilège, ettout moyen violent <strong>de</strong> défense ; Il a choisi le sentier le plus humble(1 Pierre 2.21-23). Et Jésus nous convoque à faire <strong>de</strong> même.C’est Lui que vous <strong>de</strong>vez suivre. Sans s’écarter du chemin, il vousfaut suivre ses pas. Pensez-vous pouvoir agir différemment <strong>de</strong>lui à l’égard <strong>de</strong> ces questions tellement péremptoires : la propriétéprivée et la violence, et prétendre être ses disciples ?Aimez vos ennemisIl y a <strong>de</strong>ux extrêmes, auxquels nous aurions pu dévier <strong>de</strong> lacause. 1 D’une part, si nous nous étions défendus en usant <strong>de</strong>1A l’occasion d’une attaque par surprise <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux frères, dont le salaire <strong>de</strong> <strong>de</strong>uxemployés fut dérobé à main armée.
150 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>violence armés d’un bâton ou bien plus tard en appelant lapolice ou une autre autorité civique, en vue <strong>de</strong> les livrer à l’Etat.L’autre extrême aurait été <strong>de</strong> vouloir protéger ces hommes<strong>de</strong> la police ; mais alors on aurait été complice du forfait. Aulieu <strong>de</strong> cela, nous avons préféré avoir une réunion publiqueavec tous les menuisiers et tous nos employés ( pour exposerl’affaire ) <strong>de</strong> façon à ne pas nous rendre complices à ce procès.Il nous faut protester vigoureusement contre cette agression.C’est la tâche <strong>de</strong> l’église-communauté <strong>de</strong> protester publiquementcontre toute injustice. Un exemple pareil nous incite àproclamer l’Evangile du Royaume. <strong>La</strong> justice <strong>de</strong> l’église-communautéet <strong>de</strong> sa mission fraternelle doit témoigner <strong>de</strong> sonamour pour ses ennemis.Bien sûr, lorsqu’une personne frappe une autre, on ne voit guère<strong>de</strong> positif dans cet individu. Il en est ainsi en temps <strong>de</strong> guerre.Les guerres sont toujours aiguillonnées et stimulées par <strong>de</strong>smensonges, afin qu’un peuple ne voie rien <strong>de</strong> bon dans l’autre.Jésus ne se laisse jamais tromper, Il voit dans tout être humainl’image <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, si imparfaite et déformée soit-elle ; cependantquand même l’image réelle <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, en chacun (1 Genèse 1.27).Comment <strong>de</strong>vons-nous mener ce combat ? Uniquement etseulement dans l’Esprit du Royaume futur. C’est au moyen <strong>de</strong>l’amour que nous <strong>de</strong>vons combattre. Nous n’avons pas d’autresarmes que l’amour. Que nous ayons à faire avec un gendarme,un préfet, un prince, un chef <strong>de</strong> parti ou même avec le prési<strong>de</strong>ntdu Reich – c’est la même chose – il nous faut les aimer.Et seulement si nous les aimons véritablement, pourrons-nousleur présenter notre témoignage <strong>de</strong> la vérité. Nous sommes làpour cela.
151 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Nous avons fait l’expérience qu’il y a <strong>de</strong>ux sortes <strong>de</strong> relationsentre les êtres humains, et toutes les <strong>de</strong>ux nous affectent profondément.D’une part, c’est l’amitié ; là, notre prochain estprès <strong>de</strong> nos cœurs, et nous ressentons quelque chose d’intimeet <strong>de</strong> sacré, apparenté à notre vocation. D’autre part, c’estl’inimitié, qui ne nous bouleverse pas moins : adversaires réels,ennemis personnels, qui ébranlent le fon<strong>de</strong>ment <strong>de</strong> notre vie,troublent notre tâche la plus sacrée, et nous provoquent à agir !Tout ennemi est l’objet <strong>de</strong> l’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> – sous n’importequel nom – et nous n’avons pas le droit <strong>de</strong> passer un jugementdéfinitif. Tout en condamnant leurs actions, ils restent quandmême les ennemis que nous aimons sincèrement.Combien <strong>de</strong>vons-nous remercier nos ennemis ! Nousapprîmes que ce n’est pas une parole exagérée ou une provocationoutrée, quand Jésus-Christ nous dit : « Aimez vos ennemis! » Nous avons compris, que ce comman<strong>de</strong>ment est pertinent,aussi bien pour amis, que pour ennemis. Ces <strong>de</strong>ux différentesrelations nous touchent, et nous émeuvent profondément! Et ainsi, l’Esprit <strong>de</strong> Jésus-Christ ne provoque qu’uneseule résonance, qu’un seul écho : la réponse <strong>de</strong> l’amour.Nous vivons dans un temps, où nous nous savons entourésd’ennemis <strong>de</strong> la foi chrétienne. Le sacrement du pardon estabsolument essentiel en ce moment où cette haine déchaînéeexige <strong>de</strong> nous l’opposé : Nous <strong>de</strong>vons justement aimer nosennemis très spécialement, en ayant la foi et la perceptionqu’une petite étincelle divine existe en eux, malgré leur aveuglement,et que cette étincelle doit être activée.Ce doit être notre prière que notre amour envers nos ennemisatteigne leurs cœurs. Car c’est en cela que consiste l’amour.
152 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Si on atteint le cœur, on retrouve l’étincelle cachée <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>,même si l’ennemi était le pire criminel. Ainsi, c’est dans ce sensque nous <strong>de</strong>vons pardonner à nos ennemis ; Jésus a prié pourles soldats qui l’avaient cloué sur la Croix : « Père, pardonneleur,car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23.24).L’Epée <strong>de</strong> l’esprit ou l’épée du courrouxL’Epée du Saint-Esprit régit l’église. Cette épée est touteautre que l’épée <strong>de</strong> l’autorité <strong>de</strong> l’Etat (Ephésiens 6.17). <strong>Dieu</strong>a donné l’épée du mon<strong>de</strong> aux païens (Romains 13.4). L’églisen’a rien à faire avec l’épée du courroux <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. L’église doitseulement être régie et dirigée par le seul Esprit <strong>de</strong> Jésus-Christ. <strong>Dieu</strong> a retiré son Esprit-Saint <strong>de</strong>s païens, parce qu’ilsne voulaient pas lui obéir. A sa place, <strong>Dieu</strong> leur a donné l’épée<strong>de</strong> son courroux : le gouvernement, l’épée du militaire. Mais leChrist, lui-même, est le Souverain <strong>de</strong> l’Esprit. Le Christ a <strong>de</strong>sserviteurs <strong>de</strong> l’Esprit qui ne doivent se servir d’aucune autreépée que celle <strong>de</strong> l’Esprit.Nous ne pouvons cependant pas aller aux gendarmes ouaux soldats, et leur dire : Renoncez à vos armes, et prenez lechemin <strong>de</strong> l’amour et <strong>de</strong> l’imitation <strong>de</strong> Jésus-Christ ! Nousn’avons aucunement le droit <strong>de</strong> faire cela. Nous en avons seulementle droit, si nous avons reçu au plus profond <strong>de</strong> notrecœur, la parole vivante : Cette personne se trouve justementau moment décisif, où il faut lui communiquer cela. Et c’estce que nous ferons, et au même instant, <strong>Dieu</strong> le lui communiqueraaussi. Nous ne <strong>de</strong>vons rien dire, à moins que <strong>Dieu</strong> nel’évoque au même moment dans le cœur <strong>de</strong> cette personne.Si nous comprenons ces choses, il nous sera clair qu’il n’estpas bon <strong>de</strong> converser sur <strong>de</strong>s sujets profonds avec n’importe
153 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>qui, et à n’importe quel moment. Car la foi n’est pas l’affaire <strong>de</strong>chacun, et non plus l’affaire <strong>de</strong> n’importe quel moment. Il nousfaut toujours attendre l’heure <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.Au temps <strong>de</strong> la Réformation, ce fut le mouvement <strong>de</strong> nosfrères (appelés Huttériens), qui, avec <strong>de</strong>s milliers d’autres, protestèrent<strong>de</strong>s tréfonds <strong>de</strong> leur cœur contre tout meurtre et sangversé ; un mouvement, qui fut <strong>de</strong> première importance, car lebarbarisme avait pris une tournure atroce, seulement équivalenteà nos guerres mo<strong>de</strong>rnes. Ce puissant mouvement <strong>de</strong>sfrères fut absolument réaliste. En effet, ils n’ont jamais cru àune imminente paix dans le mon<strong>de</strong>, à une brise universelle<strong>de</strong> printemps <strong>de</strong> par le mon<strong>de</strong>. Au contraire, ils étaient convaincus<strong>de</strong> la proximité du jugement <strong>de</strong>rnier. Ils espéraient <strong>de</strong>la Révolte <strong>de</strong>s Paysans, un signe <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, un avertissement àl’égard <strong>de</strong>s autorités.Ce réalisme, tout en ayant la fermeté et la clarté, que Jésus nepeut jamais être un bourreau, voyait clairement que le mon<strong>de</strong>se servirait toujours <strong>de</strong> l’épée. Lui, qui fut mis à mort sur laCroix, ne peut mettre à mort personne ; Lui, dont le corps futtranspercé, ne peut faire <strong>de</strong> mal à personne ; Il ne tue personne,Il est tué ; Il ne crucifie personne, Il est crucifié. Les frèresdésignaient l’amour <strong>de</strong> Jésus comme amour <strong>de</strong> l’exécuté enversses meurtriers, mais qui, Lui-même ne peut jamais <strong>de</strong>venir unmeurtrier ou un bourreau.Est-ce que le pacifisme suffit ?Je crois sincèrement que beaucoup <strong>de</strong> bien, en vue <strong>de</strong> promouvoirla paix et l’union <strong>de</strong>s nations, est exprimé et accompli.Mais je pense que ce n’est pas assez efficace. Si vous voussentez poussés à prévenir ou à empêcher, une grave guerre
154 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>européenne, nous en sommes heureux ; mais est-ce que ce serapossible <strong>de</strong> combattre la guerre, dans la forme où elle existedéjà maintenant ? C’est ce qui nous inquiète.Est-ce que ce n’est pas la guerre, lorsque plus <strong>de</strong> mille personnesont été tuées injustement sans procès, à partir du 30juin 1934 ?N’est-ce pas la guerre, lorsque <strong>de</strong>s milliers <strong>de</strong> personnes ontété internées dans les camps <strong>de</strong> concentration, dépouillées <strong>de</strong>leur liberté et <strong>de</strong> leur dignité humaine ?N’est-ce pas la guerre, lorsque cent mille personnes sontenvoyées en Sibérie et meurent <strong>de</strong> froid, en abattant <strong>de</strong>s arbres ?N’est-ce pas la guerre, lorsqu’en Chine et en Russie, <strong>de</strong>s millionsmeurent <strong>de</strong> faim, tandis qu’en Argentine, et d’autre part,<strong>de</strong>s millions <strong>de</strong> tonnes <strong>de</strong> blé sont amoncelées ?N’est-ce pas la guerre, lorsque, à cause <strong>de</strong> la prostitution, <strong>de</strong>smilliers <strong>de</strong> femmes sont ruinées, pour l’argent ?N’est-ce pas la guerre, lorsque chaque année <strong>de</strong>s millionsd’enfants sont exterminés avant leur naissance ?N’est-ce pas la guerre, lorsque les gens sont forcés à travaillercomme <strong>de</strong>s esclaves, tandis qu’ils n’ont pas suffisamment <strong>de</strong>pain ni <strong>de</strong> lait pour nourrir leurs enfants ?N’est-ce pas la guerre, lorsque les gens riches, les propriétaires,habitent dans leurs villas entourées <strong>de</strong> parcs, tandis que lesfamilles <strong>de</strong>s autres quartiers, n’ont même pas la possibilitéd’avoir une seule pièce pour eux-mêmes ?N’est-ce pas la guerre, lorsque les uns ont le droit <strong>de</strong> mettre<strong>de</strong> côté 100.000 livres sterling, tandis que d’autres ne peuventà peine gagner quelques sous pour l’indispensable ?N’est-ce pas la guerre, lorsque chaque jour 60.000 personnesper<strong>de</strong>nt leur vie dans les acci<strong>de</strong>nts aux Etats Unis, à cause<strong>de</strong> la vitesse exagérée <strong>de</strong>s propriétaires <strong>de</strong>s voitures ?
155 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Nous ne représentons pas ce pacifisme, qui croit que désormaisil n’y aura plus <strong>de</strong> guerres. Cette affirmation est erronée car laguerre existe encore aujourd’hui. Nous ne défendons pas nonplus ce pacifisme, qui croit que les peuples, soi-disant plus avancés,auraient une telle influence sur les peuples du Tiers Mon<strong>de</strong>,que la guerre serait abolie. Nous ne soutenons pas non plus, laSociété <strong>de</strong>s Nations, à Genève, et son armée, qui est censée contrôlerles nations turbulentes. Nous ne sommes pas d’accord nonplus, avec ce pacifisme qui, tout en retenant la propriété privéeet le capitalisme, racine du mal et origine <strong>de</strong> la guerre, s’imaginerétablir la paix, au milieu <strong>de</strong> l’injustice ; nous ne représentonspas non plus, ce pacifisme, qui veut rétablir la paix, au moyen <strong>de</strong>traités politiques, tandis que les peuples se font la guerre. Nousn’avons aucune foi dans ce pacifisme <strong>de</strong>s hommes d’affaires quifont baisser les prix <strong>de</strong> leurs concurrents. Nous ne croyons pas àce pacifisme, dont les représentants ne peuvent même pas vivreen paix et avec amour avec leurs propres femmes. Nous ne croyonsen aucun pacifisme égoïste ; et, non plus, en un pacifismeutilitaire, qui poursuit l’avantage <strong>de</strong> son peuple ou <strong>de</strong> ses affaires,au détriment <strong>de</strong>s autres.Du fait que nous ne croyons pas en tous ces pacifismes, ilvaut mieux ne pas se servir du tout <strong>de</strong> l’expression : pacifisme.Mais nous sommes les amis <strong>de</strong> la paix, et nous voulons susciterla paix. Jésus dit : « Heureux ceux qui créent la paix autourd’eux ! » (Mathieu 5.9). Cependant, si nous voulons vraimentla paix, il nous faut la représenter dans tous les domaines.Nous ne <strong>de</strong>vons donc rien faire qui contredise l’amour. Nousne pouvons donc tuer personne. Nous ne pouvons nuire à personnedans les affaires. Nous voulons faire tout notre possiblepour ai<strong>de</strong>r les ouvriers à ne pas vivre plus pauvrement que lesgens plus instruits qui tiennent <strong>de</strong>s positions académiques.
156 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Nous ne trouvons pas une seule parole <strong>de</strong> Jésus, qui recomman<strong>de</strong>un pacifisme théorique utilitaire. Nous trouvons plutôtavec Jésus la raison la plus profon<strong>de</strong> pour laquelle nous <strong>de</strong>vonsrester absolument désarmés, et pour laquelle nous ne <strong>de</strong>vonsjamais faire <strong>de</strong> tort à notre prochain. D’où vient donc cettedirective tellement nette et profon<strong>de</strong> <strong>de</strong> Jésus-Christ ? Envoici la raison : Jésus perçoit en chaque homme, le frère, enchaque femme, la sœur ; Il perçoit quelque chose <strong>de</strong> la vérité,<strong>de</strong> la lumière et <strong>de</strong> l’Esprit <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> dans le for intérieur <strong>de</strong>chacun ( Jean 2.10). Il y a mainte personne qui ne comprendabsolument pas Jésus, et qui se trompe en pensant que celaprovient d’un élément non-viril en lui. C’est tout à fait faux.Toutes les paroles <strong>de</strong> Jésus font preuve du contraire : Il nousexplique qu’en suivant ses pas nous aurons à combattre sansmerci, un combat, non seulement spirituel, mais aussi un combatà la vie et à la mort. <strong>La</strong> mort même <strong>de</strong> Jésus nous démontrececi, <strong>de</strong> même que toute son attitu<strong>de</strong> – son assurance et soncourage – avec lesquels Il confronte les pouvoirs du meurtre etdu mensonge (Luc 22.42-44).Mieux vaut souffrir l’injustice, que <strong>de</strong> lacommettreL’Apôtre Paul nous dit : Mangez ce qu’on vous servira,sans poser <strong>de</strong> questions par motif <strong>de</strong> conscience, même sicela provient <strong>de</strong> la coutume odieuse <strong>de</strong> sacrifier aux idoles,du moment que vous n’y ayez pas participé activement(1 Corinthiens 10.25-31). Voilà assurément une conceptionétrange <strong>de</strong>s choses. Jésus exige uniquement l’acte, le renversementcomplet <strong>de</strong>s notions humaines.
157 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Il est inconcevable que Jésus aurait pratiqué une grève <strong>de</strong>la faim en prison. Jésus n’agirait pas ainsi. Si nous sommesjetés en prison, et que l’autorité militaire nous donne chaquejour à manger, nous l’acceptons avec reconnaissance. Mais sil’autorité militaire exige un travail, un service dans cette prison,qui profite au militaire, directement ou indirectement, alors, ilnous faut refuser <strong>de</strong> l’accomplir.Il y a donc ici une séparation <strong>de</strong> vie très nette. On pourraitl’exprimer ainsi : Souffre l’injustice, mais ne la commets pas.Et si tu es forcé <strong>de</strong> souffrir une injustice, alors c’est ton <strong>de</strong>voird’agir contre cette injustice, comme Jésus l’a fait, avec sa prière :Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23.34).Certainement : le plus puissant ennemi <strong>de</strong> la vie est la mort.Nous sommes donc contre le meurtre. Nous savons que c’estrelativement peu important si quelqu’un meurt aujourd’huiou dans une trentaine d’années, à condition qu’il soit intérieurementpréparé, en vue <strong>de</strong> l’éternité. Mais nous savons aussicombien la mort est absolue, puissante, et finale, et nous concédonsà <strong>Dieu</strong>, seul, le pouvoir sur la vie et sur la mort (Romains12.19). Nous-mêmes, nous ne nous permettons pas <strong>de</strong> mettrefin à une vie humaine. Nous ne voulons pas enfreindre à la vieque <strong>Dieu</strong> a créée. Et si nous savons que la mort est le <strong>de</strong>rnierennemi, et que le Christ a vaincu cet ennemi, alors nous nenous offrons pas au service <strong>de</strong> la mort en tuant.
Attitu<strong>de</strong> envers legouvernementLe respect envers le gouvernementNous sommes d’accord avec l’Etat, et avec les efforts <strong>de</strong> l’Etatcontre le péché et le crime, dans les domaines du mensonge, <strong>de</strong>l’impureté, <strong>de</strong> la cupidité et du meurtre. Et nous nous réjouissons<strong>de</strong> travailler avec l’Etat, dans la mesure où l’Etat essaie<strong>de</strong> faire du bien en opposition au mal. Car nous reconnaissonsl’Etat comme autorité établie par <strong>Dieu</strong>, pour autant qu’ilrecherche le bien et combatte le mal (1 Pierre 2.13-17).Jésus veut dire : Démontrez votre amour envers les autorités !Ne vous vengez pas, mais allez à l’encontre <strong>de</strong>s autorités avecamour ! Au reste, priez pour les rois et pour tous ceux quidétiennent une autorité (1 Timothée 2.1-2). Les autorités diffèrenttotalement <strong>de</strong> ce qu’est le corps du Christ ; mais ellessont aussi les servantes <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, dans un tout autre domaine.Le gouvernement est indispensable, car les crimes ne pourraientêtre réfrénés sans lui. Ainsi, vous <strong>de</strong>vez l’accepter, maisvous n’êtes pas vous-mêmes l’autorité. Vous êtes, au contraire,
159 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong>s membres du Christ – et Jésus a justement refusé <strong>de</strong> <strong>de</strong>venirune autorité, un souverain. Quand ils voulaient le faire roi,Il s’est retiré ( Jean 6.15). Et quand le Diable vint à lui et dit :« Je te donnerai tous les royaumes du mon<strong>de</strong> ». Jésus l’a refusé(Mathieu 4.8-10). Mais Jésus est toujours resté respectueuxenvers les autorités.Le gouvernement est forcé à faire <strong>de</strong>scompromisL’Etat ne peut subsister sans avoir recours à la force. On nepeut pas s’imaginer un Etat, qui ne pratique pas la violence,qu’elle vienne <strong>de</strong>s militaires ou <strong>de</strong> la police. Bref, il n’existe pasd’Etat qui ne tue pas. Et encore, on ne peut s’imaginer un Etatqui ne se sert pas <strong>de</strong> mensonge diplomatique, c’est-à-dire, quine dissimule pas le vrai état <strong>de</strong>s choses. Talleyrand, un <strong>de</strong>s plusimportant homme d’Etat (1754-1838), a dit : « Le langageest là pour voiler les pensées. » Il n’existe pas d’Etat qui nefasse pas <strong>de</strong> compromis avec le capitalisme, la domination <strong>de</strong>l’argent ou encore avec l’injustice.Certainement, Jésus a dit : « Payez à l’empereur ce qui luiappartient, et payez à <strong>Dieu</strong>, ce qui lui appartient » (Luc 20,22-25). Mais Jésus entendait par là : l’argent ; et Jésus considèrel’argent comme quelque chose d’étranger, avec lequel Il n’a rienà faire. Donnez cet argent qui m’est étranger à l’empereur, leMammon et l’empereur vont ensemble. Donnez votre argentlà où il est à sa place, mais donnez à <strong>Dieu</strong> ce qui lui appartient.Voilà le sens <strong>de</strong> cette parole. Votre âme, votre corps,n’appartiennent pas à l’empereur, ils appartiennent à <strong>Dieu</strong> et àl’église ! <strong>La</strong>issez votre Mammon à l’empereur. Votre vie appartientà <strong>Dieu</strong> ! Enfin, Jésus veut dire : il nous faut reconnaître
160 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>l’Etat en tant que nécessité empirique. Mais il n’existe pasd’Etat chrétien. Si l’amour ne règne pas, c’est la violence quirègne.Nous n’avons rien à faire avec la politique et la violence ; nousne voulons faire aucune concession, nous refusons <strong>de</strong> nous enmêler. Mais nous ne restons pas indifférents. Chaque hommed’Etat nous intéresse, qui que ce soit. Nous aimerions que chacund’eux sache que nous existions, qu’il existe une vie <strong>de</strong> justice,<strong>de</strong> paix, et <strong>de</strong> joie les uns dans les autres. Ainsi ils pourraients’orienter et étudier notre but, et ils ne dévieraient pastrop loin <strong>de</strong> la voie <strong>de</strong> la paix et <strong>de</strong> la justice publique.Naturellement, nous sommes prêts à servir l’Etat, s’il désirenotre service, en vue d’un travail uniquement pacifiste. Maissurtout – et en tous les cas – il nous faut en premier lieu obéirà <strong>Dieu</strong>, et ensuite aux hommes.Un ordre social totalement différentNous ne <strong>de</strong>vons prendre aucune part à tout ce qui est haineet discor<strong>de</strong>. Nous <strong>de</strong>vons vivre comme Jésus. Il prit soin <strong>de</strong>tous, corps et âmes. Nous ne voulons faire <strong>de</strong> tort à personne.En amis <strong>de</strong> la paix, nous voulons nous abstenir <strong>de</strong> toute transactioncommerciale ou politique, qui ne soit pas ce que Jésusveut. <strong>La</strong> vie entière doit être dédiée à l’amour. Nous ne pouvonspas exercer l’autorité <strong>de</strong> la violence, car nous sommes appelésà vivre la vie <strong>de</strong> Jésus ; Lui, qui a seulement aimé, et qui n’ajamais causé la mort <strong>de</strong> quelqu’un.J’ai toujours eu une attitu<strong>de</strong> positive envers le droit et l’Etat :ils sont tous les <strong>de</strong>ux –et même le pouvoir <strong>de</strong> l’épée – absolumentnécessaires : on ne doit donc aucunement les supprimer,
161 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>car ces choses sont l’effet et la conséquence <strong>de</strong>s pas <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> àtravers l’histoire. Toutefois je retiens l’opinion que la vie quijaillit du cœur <strong>de</strong> Jésus, du tréfonds <strong>de</strong> son cœur – la véritéabsolue – est autre. C’est un paradoxe : on pourrait dire, que lespas <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> prennent souvent un autre chemin que son cœur.Nous refusons le service <strong>de</strong> l’autorité, établie par <strong>Dieu</strong>, maisnous lui gardons notre respect (Romains 13.1). Nous avonsune mission entièrement différente ; celle d’établir un ordresocial entièrement différent <strong>de</strong> celui qui existe actuellement.Par conséquent nous refusons <strong>de</strong> prêter serment au Tribunal.Nous refusons <strong>de</strong> servir l’Etat en tant que militaires ou d’agents<strong>de</strong> police. Nous refusons <strong>de</strong> servir les fonctions publiques quifont partie <strong>de</strong>s tribunaux <strong>de</strong> justice, <strong>de</strong> la police, et du militaire.Christ est la fin <strong>de</strong> la loi« Le Christ a amené la loi <strong>de</strong> Moïse à sa fin » (Romains 10.4).C’est l’avènement <strong>de</strong> la foi. <strong>La</strong> discipline cartésienne est abolie.Cependant, l’homme reste quand même ce qu’il est. Aussitôtqu’il fait un pas hors <strong>de</strong> la communauté <strong>de</strong> l’Esprit, il est ànouveau soumis à la loi. Si nous quittons le Christ et sa communauté,nous sommes à nouveau soumis aux autorités. Mais<strong>Dieu</strong> est fidèle. Il sépare l’église <strong>de</strong>s autorités, et Il sépare lesautorités <strong>de</strong> l’unité <strong>de</strong> l’église.Il est intéressant que le syno<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’église confessante (EgliseProtestante au temps <strong>de</strong> Hitler), a passé ce mot d’ordre : Pas<strong>de</strong> démission <strong>de</strong> l’église ! Mais ainsi, toute action, toute initiativeest paralysée. Car si l’église <strong>de</strong>vient impie, on ne peut pasdire : « Nous protestons, mais nous restons fidèles à l’église. »Si l’église est dominée par les démons et le service <strong>de</strong>s idoles,
162 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>on ne peut pas dire : « Nous protestons mais nous restons dansl’église. »L’origine <strong>de</strong> cette attitu<strong>de</strong> débile et faible est évi<strong>de</strong>nte ; onla reconnaît ainsi : même les cercles <strong>de</strong> l’église Protestante etCatholique qui s’élèvent contre l’injustice, ren<strong>de</strong>nt hommageinconditionnellement à l’Etat présent. Ils sont prêts à prendreune part active aux fonctions gouvernementales. A quoicela sert-il alors s’ils protestent contre un inci<strong>de</strong>nt isolé, quiconduit au meurtre brutal, à l’oppression <strong>de</strong> la libre pensée,et à toutes les autres horreurs ; à quoi cela sert-il <strong>de</strong> protesterà l’intérieur même <strong>de</strong> l’église, si on supporte tout le mal quece système d’Etat implique. L’échec <strong>de</strong> l’église réformatrice àprendre position <strong>de</strong>vant l’Etat, dans le sens du christianismeoriginal l’a sérieusement ébranlée. Nous payons pour le péchéhistorique <strong>de</strong> la Guerre <strong>de</strong>s Paysans : la liaison à la domination<strong>de</strong>s princes, et l’outrage contre le mouvement du peuple,les Anabaptistes. Le christianisme en Angleterre s’était pareillementvendu à l’Etat.L’origine <strong>de</strong> l’erreur provient du malentendu <strong>de</strong>s paroles <strong>de</strong>saint Paul : « Tout homme doit se soumettre aux autorités quigouvernent l’Etat » (Romains 13.1). Les vers 1-5 sont toujourscités par les églises importantes, en défense <strong>de</strong> leur intérêtdans l’Etat :Tout homme doit se soumettre aux autorités qui gouvernentl’Etat. Car il n’y a pas d’autorité en <strong>de</strong>hors <strong>de</strong> celle <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>et les autorités qui existent ont été établies par <strong>Dieu</strong>. Ainsi,celui qui s’oppose à l’autorité, s’oppose à l’ordre établi par<strong>Dieu</strong>. Ces rebelles attireront le jugement sur eux-mêmes. Eneffet, les dirigeants ne sont pas à craindre pour ceux qui fontle bien, mais seulement pour ceux qui font le mal. Désires-tune pas avoir à craindre l’autorité ? Alors fais le bien et elle
163 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>t’accor<strong>de</strong>ra <strong>de</strong>s éloges, car elle est au service <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> pour tepousser au bien. Mais si tu fais le mal, crains-la ! Car ce n’estpas pour rien qu’elle a le pouvoir <strong>de</strong> punir : elle est au service<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> pour montrer sa colère contre celui qui fait le mal.C’est pourquoi il est nécessaire <strong>de</strong> se soumettre aux autorités,non seulement pour éviter la colère <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, mais encore par<strong>de</strong>voir <strong>de</strong> conscience (Romains 13.15).Versets 6-7 : En conséquence le chrétien doit payer <strong>de</strong>s impôts :C’est aussi pourquoi vous payez les impôts, car les fonctionnairesqui s’en occupent sont au service <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> pour accomplirsoigneusement cette tâche. Payez à tous ce que vous leur<strong>de</strong>vez : payez l’impôt à qui vous <strong>de</strong>vez l’impôt et le revenu àqui vous le <strong>de</strong>vez ; montrez du respect à qui vous le <strong>de</strong>vez ethonorez celui à qui l’honneur est dû. »Puis l’Apôtre Paul parle <strong>de</strong>s tâches <strong>de</strong>s dirigeants. D’abord, lesversets 8-10, la réponse <strong>de</strong> l’amour :N’ayez <strong>de</strong> <strong>de</strong>tte envers personne, sinon la <strong>de</strong>tte <strong>de</strong> l’amour quevous vous <strong>de</strong>vez les uns les autres. Celui qui aime les autres aobéi complètement à ce qu’ordonne la loi. En effet, les comman<strong>de</strong>ments‘Ne commets pas d’adultère, ne commets pas<strong>de</strong> meurtre, ne vole pas, ne convoite pas’, ceux-ci et tous lesautres, se résument dans ce seul comman<strong>de</strong>ment : « Aime tonprochain comme toi-même. » Celui qui aime ne fait aucunmal à son prochain. En aimant, on obéit donc parfaitementà la loi.Puis les versets 11-12, la réponse <strong>de</strong> l’avenir <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> :Agissez ainsi d’autant plus que vous savez en quel tempsnous sommes : Le moment est venu <strong>de</strong> vous réveiller <strong>de</strong> votresommeil. En effet, le salut est plus près <strong>de</strong> nous maintenantque quand nous avons cru pour la première fois. <strong>La</strong> nuit est
164 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>avancée, le jour approche. Rejetons donc les œuvres qui sefont dans l’obscurité, et prenons sur nous les armes qui permettent<strong>de</strong> lutter dans la lumière. »Nous discutâmes l’origine divine <strong>de</strong> l’Etat au sens relatif.(Romains 13). Et maintenant, je veux parler <strong>de</strong> l’originediabolique <strong>de</strong> l’Etat au sens relatif. Chaque communicationavec le mal est maléfique, on se détourne <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et onse tourne vers le mal. Ainsi, c’est relativement au mal, quel’autorité <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> est établie, et conséquemment l’autorité <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> doit tomber sous le pouvoir du diable. (Apocalypse 13,surtout verset 7). Ceci est difficile à comprendre. L’ordre relatifn’est pas la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Mais Il n’abandonne pas les êtreshumains totalement : Il leur donne cet ordre relatif. Si <strong>Dieu</strong>les abandonnait complètement, ils ne pourraient pas vivre uneseule minute <strong>de</strong> plus. Comme les frères Huttériens nous disent: « Ils ne pourraient même pas respirer. »<strong>Dieu</strong> laisse son soleil briller, et Il laisse la pluie tombersur les pécheurs comme sur les hommes bons. Une personnequi n’a plus rien <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, n’existe pas ( Jean 1.9). Il y a mêmeencore une trace <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> dans une prostituée dans un bor<strong>de</strong>l.Dans ce contexte les romans <strong>de</strong> Dostoïevski sont très importants.L’ordre <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> existe même dans un bor<strong>de</strong>l, même dansune armée. Mais c’est l’ordre <strong>de</strong> l’enfer. <strong>Dieu</strong> a même un ordre,un règlement dans l’enfer.<strong>La</strong> puissance <strong>de</strong> l’Etat et <strong>de</strong> la police sont le régime <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>dans le mon<strong>de</strong> du mal, non pas dans le mon<strong>de</strong> du bien. Nousne contestons pas la nécessité du régime gouvernemental dansce mon<strong>de</strong> du mal. <strong>La</strong> relativité <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> règne dans ce mon<strong>de</strong>du mal. Mais alors arrivent ces paroles : L’absolu <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> estl’amour ! (Romains 13.8). Dans la sphère <strong>de</strong> l’amour, il n’y apas <strong>de</strong> participation active à la violence <strong>de</strong> la police. Ce sont
165 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong>ux domaines : l’un est la violence du mal et <strong>de</strong> la puissance<strong>de</strong> l’Etat ; l’autre est le domaine <strong>de</strong> l’amour et du Saint-Esprit.Tu dois servir <strong>Dieu</strong> seul ! dit le Christ. Tu dois le servirabsolument, et non pas d’une façon relative, comme l’Etat.Ainsi, Jésus refusa <strong>de</strong> <strong>de</strong>venir un empereur, comme Néron. Il<strong>de</strong>vint Jésus-Christ. Et ainsi, l’amour fut à nouveau réalisé etaccompli en Jésus-Christ.
<strong>La</strong> souffrance et lamisère du mon<strong>de</strong>Je suis coupableNous ne pouvons parler d’une révolution sociale radicale –d’un renversement <strong>de</strong> toutes circonstances et conditions, <strong>de</strong>l’introduction du règne <strong>de</strong> la justice <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> – que si nouspercevons clairement que cette révolution nous concerne,nous-mêmes, toi et moi, et nous tous, frères et sœurs, lesêtres humains. Il nous faut être anéantis, renversés, et <strong>de</strong> nouveauremis sur pied. Nous partageons tous la responsabilité<strong>de</strong> l’injustice sociale, la dégradation humaine, et les torts causésà notre prochain dans nos relations personnelles et publiques.Nous assumons tous une certaine culpabilité enversl’humanité, car nous ne tenons pas compte <strong>de</strong> leur dégradationet <strong>de</strong> leur humiliation, parce que nous négligeons <strong>de</strong> leremarquer, et nous y restons sourds.Il y a tout un tissu <strong>de</strong> culpabilité tissé autour <strong>de</strong> la terre, et cecipèse sur notre conscience… .Une sollicitation <strong>de</strong> la prière dominicale est la suivante :« Pardonne-nous nos offenses ! » (Mathieu 6.12). Nous avons
167 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>dû reconnaître notre participation à la culpabilité du mon<strong>de</strong>.Nous sommes en partie responsables lorsqu’un village entierdisparaît en Russie, pour cause <strong>de</strong> famine ; lorsqu’une guerreéclate en Amérique du Sud, pour cause <strong>de</strong> rivalité à l’égard d’unerivière. Il nous semble être complices à tous ces inci<strong>de</strong>nts. Nousle ressentons fortement à l’égard du chômage. Je me sens coupablesi tant d’enfants n’ont rien à manger ! Je partage le sentiment<strong>de</strong> culpabilité du gouvernement britannique qui tolère les conditionsterribles aux In<strong>de</strong>s ; que la prostitution existe, une véritableforme d’esclavage ; que l’argent régit partout ! Nous sommesresponsables <strong>de</strong> la mort <strong>de</strong> chaque enfant qui va mourir dansla nuit ! Notre culpabilité est inouïe, en vue <strong>de</strong>s conditions icibas,à cause du nombre consternant <strong>de</strong>s péchés ! Si nous comprenonscela, alors nous comprenons que Jésus dit : « Pardonnenousle mal que nous avons commis » ! Non pas mon péché,seul, mais le mal que nous avons tous commis !Nous ne sommes pas <strong>de</strong>s êtres à part, mais en tant qu’humaniténous sommes réunis en un ensemble. Une souffrance communedéchire l’humanité entière. Un cri <strong>de</strong> nostalgie nous estarraché. Le jour doit venir où l’humanité sera unifiée – le jour<strong>de</strong> la catastrophe qui ensevelit tout ce qui sépare et divise – lenouveau jour <strong>de</strong> la nouvelle création qui établit la joie du paradis,à la place <strong>de</strong> la détresse du mon<strong>de</strong>.Donne ta vieNous vivons dans la pauvreté, sans propriété privée, pourl’amour du Christ, pour ceux qui sont plus pauvres que nous,et les plus pauvres parmi les pauvres. Il y a tant <strong>de</strong> misère, quesi on vit dans l’amour du Christ, on ne peut supporter la richesseet une vie opulente. Aussi sûrement et aussi longtemps
168 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>que le péché et l’injustice règnent dans le mon<strong>de</strong> présent, il yaura <strong>de</strong>s pauvres, et la question : que ferions-nous s’il n’y avaitplus <strong>de</strong> pauvres, est superflue ; même un système socialiste rigoureuxn’a pu supprimer la misère. Pour cela Jésus dit : « …carvous aurez toujours <strong>de</strong>s pauvres avec vous » (Mathieu 26.11).Et dans l’Ancien Testament : « Il y aura toujours <strong>de</strong>s pauvresdans votre pays » (Deutéronome 15.11). Pourtant, cet amourenvers les pauvres ne peut s’arrêter là, il doit être surpassé parl’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Jésus-Christ nous dit : « … mais moi, vousne m’aurez pas toujours avec vous » (Mathieu 26.11). D’autrepart, nous ne <strong>de</strong>vons pas négliger l’amour <strong>de</strong>s pauvres, parceque nous aimons <strong>Dieu</strong> au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong> tout. Au contraire : nousaimons notre prochain, pour l’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Si tu vois tonfrère dans le besoin, et que tu lui dises : « <strong>Dieu</strong> t’ai<strong>de</strong>ra » ettu ne lui donnes rien, même si tu possè<strong>de</strong>s <strong>de</strong>s biens, où est làl’amour <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> ? ( Jacques 2.15-16).Si quelqu’un veut prendre ta veste, donne-lui aussi ton manteau.N’amassez pas <strong>de</strong> trésors, <strong>de</strong> biens ; renoncez aux vêtementsmo<strong>de</strong>rnes, à l’apparence distinguée ! Peux-tu <strong>de</strong>venir une personnesimple, sans apprêts, si tu te comportes au <strong>de</strong>hors avec <strong>de</strong>telles afféteries ? Si tu es un véritable chrétien, tu n’auras jamais<strong>de</strong> richesse. L’amour gui<strong>de</strong>ra tes actes. « … va vendre tout ce quetu possè<strong>de</strong>s … puis viens et suis-moi » (Mathieu 19.21). Agis <strong>de</strong>même que la pauvre veuve (Marc 12.42-44). Soyez vrais ! Et sivous êtes vrais, <strong>de</strong>venez simples ! <strong>La</strong> vérité ultime est la simplicitéultime. Seulement lorsque tous sont vrais, dans la simplicitéultime, peut-il y avoir l’unité dans l’église-communauté.Jésus a dit à ses disciples : N’amassez pas <strong>de</strong> trésors et <strong>de</strong> richesse,n’ayez pas <strong>de</strong> propriété privée. Finalement il a dit à ceuxqui ne possédaient rien : Ne vous troublez pas. Ayez pleinement
169 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>confiance en <strong>Dieu</strong>, sans réserves, <strong>Dieu</strong> qui revêtit les fleurs etqui donne leur nourriture aux oiseaux. Préoccupez-vous plutôtdu Royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et <strong>Dieu</strong> vous accor<strong>de</strong>ra aussi le reste. Nerecherchez pas un travail bien rémunéré. <strong>La</strong> question <strong>de</strong> votretâche et <strong>de</strong> votre vocation sera alors résolue. Préoccupez-vousuniquement du Royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> et <strong>de</strong> sa justice, avec votrefemme et vos enfants aussi. Alors tout le reste suivra, chaquejour et chaque heure <strong>de</strong> la semaine. Seulement ainsi, serez-vousvraiment mes disciples. Vous ne <strong>de</strong>vez pas vous amasser <strong>de</strong> richesses,et vous ne <strong>de</strong>vez pas avoir <strong>de</strong> soucis (Mathieu 6.25-34).Il n’existe pas <strong>de</strong> plus grand amour, que celui <strong>de</strong> donner sa viepour ses frères ( Jean 15.13). On ne donne pas sa vie seulementen mourant d’une mort héroïque. Il faut trouver une vie, danslaquelle on vit chaque minute pour les frères ; dans laquelle onse consacre entièrement, avec toutes ses forces, toutes ses possessions,tous ses dons, et tout son cœur, pour les frères.C’est la vie que Jésus a vécue. Il ne s’est pas posé la questionsi la Palestine était trop étroite. Jésus n’a pas aspiré à vivre<strong>de</strong> préférence à Rome dans un palais. Il n’a pas visé à acquérirquelque titre ou dignité ou à avoir une gran<strong>de</strong> influence ; aucontraire, Il a choisi <strong>de</strong> prendre le rang le plus bas, le plus simple.Dans la crèche <strong>de</strong>s bestiaux, dans la mangeoire <strong>de</strong>s bestiaux,a-t-Il été déposé à sa naissance. Et Il continua son chemin dansla pauvreté la plus extrême. Ce fut le chemin <strong>de</strong> la simplicité laplus extrême. Et ainsi, ce chemin prend fin comme il a commencé– dans la misère extrême, dans la misère <strong>de</strong> la Croix.<strong>La</strong> souffrance peut approfondir la foiSi nous cherchons à comprendre l’essence <strong>de</strong> la souffrancedans son sens le plus profond, nous ressentons que notre
170 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>communion avec <strong>Dieu</strong> la rend nécessaire, presque indispensable,à cause <strong>de</strong>s entraves, <strong>de</strong>s obstacles <strong>de</strong> la vie présente nonlibérée.Nous ne pouvons pas vivre, connaître et discerner lavérité, sans avoir souffert. Plus nous sommes profondémentémus par la souffrance et avons conscience <strong>de</strong> notre état pitoyable,plus nous nous apercevons que Jésus est notre seul appui,notre unique soutien. Pascal ne se lasse jamais <strong>de</strong> répéter que laconnaissance <strong>de</strong> notre misère, sans la connaissance du Christ,conduit au désespoir.Christ est notre Sauveur, parce qu’il a reconnu l’étendue <strong>de</strong>notre misère. Uniquement en lui, pouvons-nous parvenir àêtre libérés du péché et <strong>de</strong> notre détresse. Il connaît les ténèbres<strong>de</strong> notre désespoir. C’est lui qui nous donne la félicité etla force vitale, afin <strong>de</strong> nous libérer <strong>de</strong> notre malheureux état.Jésus sait combien notre existence nous est pénible. Mais Ilvit dans la communauté <strong>de</strong>s forces libératrices <strong>de</strong> l’Esprit <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> ; ainsi, Il peut dire : « … votre Père sait déjà <strong>de</strong> quoi vousavez besoin, avant que vous le lui <strong>de</strong>mandiez » (Mathieu 6.8).Jésus savait ce qu’est la souffrance. Il connaissait la faim etla soif. Il n’avait « pas un endroit où Il puisse se coucher pourse reposer » (Mathieu 8.20). Jésus n’avait pas <strong>de</strong> patrie, pas<strong>de</strong> <strong>de</strong>meure. Mais Il connaissait son Père, et Il avait en Luiune joie intacte et continue. Jésus nous a prouvé que notrebonheur dépend uniquement <strong>de</strong> la connaissance <strong>de</strong> notre Pèreaux cieux.Lorsque le jour du jugement approche, et que les nuagess’amoncellent <strong>de</strong> plus en plus, nous <strong>de</strong>vons nous tenir prêtsen toute résignation, à suivre le chemin <strong>de</strong> la Croix <strong>de</strong> Jésus.De même qu’une fois, à la mort <strong>de</strong> Jésus, lors <strong>de</strong> sa crucifixion,l’amour parfait fut révélé ; ainsi, « ce qui manque encore aux
171 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>souffrances du Christ, pour son corps, qui est l’église » doit êtrecomplété (Colossiens 1.24).Nous <strong>de</strong>vons entrer plus profondément dans l’abandon et larésignation à la Croix et à la mort. Seulement ainsi, pouvonsnousprier <strong>Dieu</strong> qu’Il intervienne, et qu’Il accomplisse sonhistoire.L’autorité <strong>de</strong> l’église consiste en la mission <strong>de</strong> représenter leRoyaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> dans ce mon<strong>de</strong>. Une conséquence <strong>de</strong> cespleins pouvoirs, c’est la persécution ( Jean 15.18-20). Il nousfaut être certains que nous serons persécutés. Comme les frèresHuttériens disent souvent : nous <strong>de</strong>vons être prêts à mourir ; àperdre notre <strong>de</strong>meure, notre abri, notre communauté, qui nousest donnée uniquement en vue <strong>de</strong> la mission envers les hommes.Ainsi chacun doit être prêt à perdre sa vie. Et cette dispositionnous sera seulement accordée, si nous assumons volontiers lestravaux, les tâches les plus difficiles dans notre vie journalière.<strong>La</strong> souffrance, c’est la charrue qui déchire notre cœur, afind’être disponible à la vérité. S’il n’y avait pas la souffrance,nous ne pourrions jamais percevoir notre culpabilité, et notreimpiété – l’injustice qui crie au ciel (Psaumes 119.67, 71).Ecarter la souffrance ou s’y résigner, ces <strong>de</strong>ux attitu<strong>de</strong>s sonterronées. Nous <strong>de</strong>vons bien plus nous en servir et la mettreà profit pour la glorification <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>. Ce ne sont pas les circonstancesextérieures qui ren<strong>de</strong>nt la vie heureuse ou malheureuse,mais uniquement la position que l’on prend intérieurementenvers elles (1 Pierre 4.12-13).Une pierre précieuse doit être affilée, si on la veut parfaite.Un combattant pour Jésus-Christ doit souffrir, et désire souffrir(2 Timothée 2.3). <strong>La</strong> fermeté et la constance dans les
172 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>épreuves manifeste le juste rapport entre le courage actif etl’abandon en la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, qui seule peut rendre notrevie profitable.<strong>La</strong> souffrance la plus extrême, c’est l’isolation <strong>de</strong> notre âme,l’aliénation d’une personne envers une autre, le désespoir né dupéché. <strong>La</strong> conscience <strong>de</strong> notre âme divisée souffre <strong>de</strong> détressecar elle est séparée <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>.<strong>La</strong> souffrance la plus extrême nous rapproche <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> plusque toute autre chose. <strong>La</strong> détresse d’une souffrance extrêmesuscite Job à exclamer : « … à quoi bon patienter… Je n’aiplus en moi-même une seule ressource, je me trouve privé duplus petit secours » ( Job 6.11-13). Et ainsi, Job est conduit àla confiance en l’unique force, qui est plus puissante que toutpouvoir, toute autorité. Voici la purification <strong>de</strong> Job, les yeuxfixés uniquement sur <strong>Dieu</strong>, ne désirant que <strong>Dieu</strong> ; et alors, ilpeut s’exclamer : Je sais bien, moi, que j’ai un défenseur vivantet qu’Il aura le <strong>de</strong>rnier mot sur terre. Quand on aura fini <strong>de</strong>m’arracher la peau, eh bien, même écorché, je contemplerai<strong>Dieu</strong> ! ( Job 19.25-27). 1<strong>Dieu</strong> appelle les pauvres et les humblesJésus déclare : « O Père, Seigneur du ciel et <strong>de</strong> la terre, je teremercie d’avoir révélé aux petits ce que tu as caché aux sageset aux gens instruits » (Mathieu11.25). Justement, ce qui estbas et indigne aux yeux du mon<strong>de</strong>, reçoit <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> la mission laplus vitale sur cette terre : d’assembler son Eglise-communauté,et <strong>de</strong> proclamer l’Evangile (1 Corinthiens 1.26-29).1« Je le verrai moi-même, <strong>de</strong> mes propres yeux. C’est moi qui le verrai et non unétranger. Mon cœur est épuisé d’attendre ce moment. » ( Job 19.25-29)
173 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>En fin <strong>de</strong> compte, il s’agit toujours <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux buts opposés,en collision. L’un <strong>de</strong> ces objectifs recherche la personneélevée, importante, pleine d’esprit et <strong>de</strong> facultés intellectuelles,la personne remarquable ; en effet, la personne qui, grâce à sesdons naturels, présente, pour ainsi dire, un niveau élevé dans lachaîne <strong>de</strong> montagnes <strong>de</strong> l’humanité. Tandis que l’autre objectifrecherche les personnes humbles, <strong>de</strong>s rangs les plus bas, lesmarginaux, ceux qui <strong>de</strong>meurent dans la vallée, les bas-fonds <strong>de</strong>la chaîne <strong>de</strong> montagnes <strong>de</strong> l’humanité, les dégradés, esclaves<strong>de</strong> l’injustice, exploités, les faibles et les plus pauvres <strong>de</strong>s pauvres.Le premier objectif élève la personne hors <strong>de</strong> sa proprenature, aussi près que possible du divin ; finalement déifiéeen raison <strong>de</strong> ses dons naturels. Et l’autre objectif recherche cemerveilleux mystère : comment <strong>Dieu</strong> se personnifie et prendla place la plus humble parmi les êtres humains.En effet, <strong>de</strong>ux directions totalement opposées : l’une, lemouvement arbitraire <strong>de</strong> bas en haut ; l’autre, le mouvementdu <strong>de</strong>venir humain <strong>de</strong> haut en bas. Ainsi, l’un est la voie <strong>de</strong>l’amour-propre et <strong>de</strong> l’ambition. L’autre, la voie <strong>de</strong> l’amour <strong>de</strong><strong>Dieu</strong> et <strong>de</strong> son prochain.Nous voulons prier pour tous les hommes, que nous soyonstous libérés <strong>de</strong> l’illusion <strong>de</strong> la présomption, <strong>de</strong> l’orgueil <strong>de</strong>l’ego. Nous voulons prier que nous puissions saisir la signification<strong>de</strong> l’histoire, la signification <strong>de</strong> l’être humain en Jésus-Christ, Lui qui est le nouvel homme. Nous pouvons, et nous<strong>de</strong>vons croître en une unité organique, en Lui appartenant.<strong>La</strong> nouvelle humanité – la nouvelle incarnation <strong>de</strong> l’humanité,sera établie par Lui et en Lui – en le Corps du Christ, enl’église-communauté.
<strong>La</strong> révolution du mon<strong>de</strong>et la révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Si quelqu’un nous <strong>de</strong>man<strong>de</strong> : Comment vivez-vous en communauté? Comment êtes-vous venus à vivre en communauté ?Quelle forme prend-elle ? Alors, nous pouvons simplementindiquer « la foi » comme étant le grain <strong>de</strong> semence spécifique,et nous pouvons dire : Voici la foi qui déplace une montagne(Marc 11.23). C’est l’unique soutien <strong>de</strong>s êtres humains. Tout lereste est vain. Que ce soit sous forme <strong>de</strong> révolution sociale ou<strong>de</strong> réforme <strong>de</strong> vie idéaliste et retour à la nature, que ce soit leculte <strong>de</strong> la personnalité individuelle ou une croyance pacifisteà l’évolution – au développement <strong>de</strong>s forces humaines bienfaisantesau cours <strong>de</strong> l’histoire – tout cela ne peut donner <strong>de</strong> forceà l’humanité ni lui montrer le chemin à suivre. Tout cela nepeut surmonter le péché, l’injustice, l’amour-propre, l’égoïsme,la volonté avi<strong>de</strong> et insatiable. C’est significatif, lorsque, parexemple, il est dit selon les paroles <strong>de</strong>s réformistes agraires :nous comptons avec l’égoïsme <strong>de</strong>s êtres humains, sinon nousne pourrions pas rester réformistes (qui supportent une utilisationet une distribution plus juste <strong>de</strong> la terre).
175 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>La</strong> foi ne compte pas avec l’égoïsme comme quelque chose<strong>de</strong> normal, mais elle compte s’en débarrasser complètement,en mettant à sa place la parole <strong>de</strong> Jésus : « Préoccupez-vousd’abord du Royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, et <strong>de</strong> la vie juste qu’Il <strong>de</strong>man<strong>de</strong>,et <strong>Dieu</strong> vous accor<strong>de</strong>ra ainsi tout le reste (Mathieu 6.33). Iln’y aura alors qu’une réponse à toute question : la souveraineté<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> en Jésus-Christ à travers le Saint-Esprit. Je suis convaincu,qu’il ne restera plus aucun problème sans solution,si on s’engage sérieusement dans cette voie, et si ce grain <strong>de</strong>semence croît et prospère vraiment parmi nous.Le Bolchevisme ne procè<strong>de</strong> pas d’une communauté spirituelle,d’une communauté <strong>de</strong> foi et <strong>de</strong> vie. Mais il procè<strong>de</strong> d’unEtat et d’une économie centralisés. Et naturellement, le bolchevismeveut imposer la façon <strong>de</strong> vivre soi-disant communiste.Son approche vient <strong>de</strong> l’extérieur à l’intérieur. Le bolchevismeattaque les questions externes du contrôle économique.Puis, il espère que les relations intérieures profiteront<strong>de</strong> ce contrôle extérieur. Mais il ne pourra jamais établir unecommunauté au moyen <strong>de</strong> la violence. Le meurtre ne nousamènera jamais la paix. Le meurtre ne nous conduira jamaisà l’amour. Le Bolchevisme est un précipice dangereux, il estantéchrist. Cependant, il nous apprend que quelque chose <strong>de</strong>meilleur et <strong>de</strong> plus pur doit être créé à travers le Christ et sonamour parfait.Ainsi, la justice du Royaume <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> doit être <strong>de</strong> loin meilleure.Si votre justice ne dépasse pas celle <strong>de</strong>s maîtres <strong>de</strong> laloi et <strong>de</strong>s Pharisiens, donc aussi <strong>de</strong>s Bolchevistes, vous nepourrez pas entrer dans le royaume <strong>de</strong>s cieux (Mathieu 5.20).<strong>La</strong> justice du Bolchevisme ne suffit pas pour le Royaume <strong>de</strong><strong>Dieu</strong>. Ce n’est pas la justice du cœur, ce n’est pas la justice <strong>de</strong> la
176 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong><strong>de</strong> la fraternité spirituelle, sinon la coercition. Ce n’est pas ainsiqu’on bâtit la communauté.Il nous faut chercher un autre chemin, même si celui-ci esttrès mo<strong>de</strong>ste : car nous renonçons à améliorer les conditionspubliques en intervenant dans la politique. Nous renonçons àtout effort, en vue d’améliorer les conditions, en formant <strong>de</strong>nouvelles lois. Nous renonçons à jouer un rôle à l’intérieur <strong>de</strong>l’ordre bourgeois.Nous suivons un chemin qui semble se retirer dans l’isolement,qui semble fuir le public, se détourner <strong>de</strong> la vie publique. En faitnous voulons édifier une vie libérée <strong>de</strong> toute la légalité <strong>de</strong> lareligion <strong>de</strong>s églises institutionnelles ; pour autant que la grâcenous en soit accordée, nous essayons <strong>de</strong> revivre à nouveau ce quel’église-communauté primitive <strong>de</strong> Jérusalem a vécu, en suivantles pas <strong>de</strong> Jésus, en disciples du Christ. Cette vie représente uneréalité tout autre dans ce qui touche à la société, l’économie et lareligion. Elle est basée sur l’unisson <strong>de</strong>s cœurs grâce à l’Esprit.Voilà le combat que l’église-communauté doit soutenir.Effectivement, la parole apostolique nous indique toujours ànouveau, que nous nous trouvons avec le Christ dans la communauté<strong>de</strong>s martyres <strong>de</strong> la Croix, car l’esprit du siècle nepeut pas souffrir l’Esprit <strong>de</strong> l’Avenir du Christ ( Jean 15.18-25). Certes, il le tolère et l’apprécie si nous voulons témoignerseulement d’un petit peu <strong>de</strong> cet Esprit, et que nous satisfaisonsles personnes prêtes à faire quelques concessions. L’esprit dusiècle est bien content d’un mélange <strong>de</strong> cette sorte, car l’Etatpaïen aussi désire présenter un tel alliage. Même une entreprisefortement capitaliste désire montrer un peu d’espritchrétien. Toutes sortes d’entreprises frauduleuses veulentreprésenter un peu <strong>de</strong> christianisme, un peu <strong>de</strong> vérité. Même
177 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>les représentants <strong>de</strong> l’armée désirent montrer un peu d’amourchrétien. Ils aiment tous ce mélange.C’est un paradoxe : le même Etat qui <strong>de</strong>vrait réprimer le mal,représente par sa violence la bête qui sort <strong>de</strong> l’abîme, qui sort<strong>de</strong> l’enfer (Apocalypse 11.7). Si je puis oser me servir d’uneparole aussi audacieuse, je dirais : <strong>Dieu</strong> gouverne l’enfer <strong>de</strong>scrimes humains, au moyen <strong>de</strong>s machines infernales <strong>de</strong> l’Etat.Certes, quelqu’un peut dire : « Je vais maintenant me servir<strong>de</strong>s machines <strong>de</strong> l’enfer, <strong>de</strong> façon à ce qu’elles <strong>de</strong>viennentmoins infernales ; je désire atténuer le caractère démoniaque<strong>de</strong> l’enfer, et pour cela, je veux servir l’Etat. » Chapeau bas<strong>de</strong>vant une telle résolution ! Bien, celui qui veut faire cela,qu’il le fasse, et je prierai <strong>Dieu</strong> que ceci nous ai<strong>de</strong> tous un peu.Mais, moi, je ne veux pas escala<strong>de</strong>r ces machines infernales, jevoudrais, au contraire, monter à bord du navire qui indique àl’humanité entière comment atteindre l’autre rive. Cette riven’est pas encore découverte. C’est le Royaume <strong>de</strong> la paix, <strong>de</strong> lajustice, et <strong>de</strong> l’amour parfait.Ainsi, il faut qu’il existe <strong>de</strong>s personnes qui osent découvrircette autre rive, et vivre la vie qui correspon<strong>de</strong> à cet autrerivage ; <strong>de</strong>s personnes qui osent mener le navire à l’autre rive,sans dévier. Cependant, <strong>de</strong> ce navire nous voulons rester en liaisonconstante avec toutes les autres personnes. Nous voulonsenvoyer un message à tous, et nous voulons rester responsablesdu <strong>de</strong>stin <strong>de</strong> tous les peuples. Nous sommes convaincus que c’estle meilleur service que nous pouvons rendre au mon<strong>de</strong>, dans lasituation historique terrible du présent (2 Corinthiens 5.20).Uniquement la révolution d’une fraternité, qui unifieraitl’intérieur et l’extérieur, dans la richesse d’une diversité infinie,pourrait effectuer la liberté et l’égalité désirée et surmonter
178 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>l’exploitation. Mais cette révolution qui élèverait la nouvellefraternité <strong>de</strong>s hommes hors <strong>de</strong> la poussière, ne peut jamaisvenir <strong>de</strong> l’humanité elle-même, mais seulement <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> luimême.Uniquement sa propre volonté d’unité d’amour, et <strong>de</strong>respect saint, peut vaincre la volonté insatiable <strong>de</strong> la possessionet du désir. <strong>Dieu</strong> seul peut transformer la volonté meurtrière etmensongère <strong>de</strong> la puissance en une nouvelle volonté du pouvoir<strong>de</strong> l’amour.Nous nous sommes souvent rappelés ce que nous ont dit lepère et le fils Blumhardt. <strong>Dieu</strong> attend qu’il y ait <strong>de</strong>s ‘percées’,<strong>de</strong>s ouvertures, afin <strong>de</strong> pénétrer l’humanité. Nous <strong>de</strong>vons tousouvrir notre fenêtre gran<strong>de</strong> ouverte pour y laisser entrer lalumière <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, <strong>de</strong> même en est-il pour toutes les nations.Même si d’après les Blumhardt la majorité ne laisse pas <strong>de</strong>place aux actes <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, et leur préfère, avec une effronterievolontaire, les actes humains, s’il y a quand même, quelque partun endroit où règne l’accord parfait dans l’attente <strong>de</strong> l’action<strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, c’est là qu’Il intervient dans l’histoire <strong>de</strong>s peuples et<strong>de</strong> l’humanité...L’église-communauté a la vocation <strong>de</strong> mouvoir <strong>Dieu</strong> – vraiment<strong>Dieu</strong> – à agir. Non pas que <strong>Dieu</strong> ne veuille ni ne puisseagir, sans prière <strong>de</strong> notre part ; mais <strong>Dieu</strong> attend que leshommes soient prêts à croire en Lui, que les hommes se tiennentprêts à subir son intervention, dans la foi.. Car c’est lavolonté immuable <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, d’agir parmi les hommes dans lamesure où ceux-ci sont prêts à solliciter son intervention, àl’accepter <strong>de</strong> tout leur cœur, et à réaliser la volonté <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>dans leur propre vie (Mathieu 7.11).Ce à quoi nous aspirons dans notre prière envers <strong>Dieu</strong>, c’estvraiment une action, qui n’est pas notre action, un acte qui
179 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>n’est pas notre acte, une réalité que nous ne pouvons pas réaliser.Ce que nous voulons dire, ce que nous recherchons dans laprière, c’est qu’il se passe quelque chose, qui ne peut arriver parnotre intermédiaire. Que finalement, quelque chose advienne,que nous ne pourrions jamais occasionner, qu’enfin l’histoires’accomplisse là où nous sommes impuissants, qu’un jugementvienne sur nous, que nous ne pouvons jamais susciter.Le contenu <strong>de</strong> notre prière n’est pas autre chose que ce que<strong>Dieu</strong> a toujours voulu, mais Il attend que nous soyons prêts.Et la prière véritable, sincère, est justement cette disponibilitéà être prêts ! Et ainsi, <strong>Dieu</strong> lui-même est parmi nous, grâce àcette prière sincère et véritable !Ainsi, l’Esprit-Saint <strong>de</strong>scend parmi nous, dans nos réunions<strong>de</strong> prière. Non seulement chacun s’oublie lui-même ; la fraternité,<strong>de</strong> même va au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> sa propre compétence. L’Esprit <strong>de</strong>l’avenir vient parmi nous, et nous laisse pénétrer dans l’avenir<strong>de</strong> l’univers entier. Car nous sollicitons la <strong>de</strong>scente <strong>de</strong> l’Esprit,qui ne veut pas seulement venir à nous, mais qui veut venirau mon<strong>de</strong> entier. Et pour cela, nous sollicitons la <strong>de</strong>scente <strong>de</strong>l’Esprit, qu’Il révolutionne et bouleverse le mon<strong>de</strong> entier. Noussommes convaincus, que les heures <strong>de</strong> prière sont <strong>de</strong>s heureshistoriques pour le mon<strong>de</strong> entier. Et ainsi, nous prions d’êtreunis dans la foi, nous prions que la main <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong> interviennedans l’histoire du présent, que <strong>Dieu</strong> accomplisse son histoire,dans le sens <strong>de</strong> son histoire ultime.Voici la prière originale <strong>de</strong>s premiers chrétiens, au nom <strong>de</strong>Jésus-Christ.Aujourd’hui, l’appel à prendre le chemin tragique <strong>de</strong> la Croix,doit être entendu : L’appel à cette révolution qui redresse,oriente, et règle tout à nouveau, la révolution qui précè<strong>de</strong> la
180 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>nouvelle création. Nous percevons tous cet appel dans cetteparole fondamentale <strong>de</strong> la mission prophétique : « Repentezvous,car le Royaume <strong>de</strong>s cieux approche ! » (Mathieu 4.17)<strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> la foi, <strong>de</strong>s premiers chrétiens, provient <strong>de</strong>l’assurance que chaque personne –en fait même toute la sociétéet tout l’espace autour <strong>de</strong> la terre – seront libérés <strong>de</strong> l’empire dumal, et seront appropriés par <strong>Dieu</strong>, grâce à l’effondrement <strong>de</strong>l’économie actuelle et <strong>de</strong>s pouvoirs politiques.Être prêts, voilà ce qui est important ! Soyons prêts ! Dansl’attente <strong>de</strong> l’avènement <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, il nous faut être absolumentéveillés. Ceci signifie que nous lui tendons les mains, en priantd’être crucifié avec lui ; que nous soyons prêts, à genoux,à être humiliés ; que tout pouvoir sur soi-même soit déposé,et que <strong>Dieu</strong> seul ait du pouvoir sur nous. Car il est essentiel,au jour du courroux et du jugement <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, que le cœurdu Christ rayonne d’autant plus flamboyant dans le mon<strong>de</strong> etdans l’histoire du mon<strong>de</strong>.Et l’église-communauté est envoyée avec le but – au milieu<strong>de</strong>s flots grandissants <strong>de</strong> panique, au milieu du déferlementfurieux du sang versé – <strong>de</strong> se jeter contre ces flots houleux, et<strong>de</strong> porter l’étendard <strong>de</strong> l’amour à tous ceux qui se noient dansle courroux, sans amour.Il nous faut être prêts. Et ainsi, nous sollicitons <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>, enpriant pour son intervention et son avènement, que nous nesoyons pas seulement envoyés à quelques personnes que nousrencontrions en chemin, mais que nous soyons envoyés à tousles hommes et femmes, les riches et les opprimés, et surtout auxopprimés ; et aussi, en tant que prophètes, spécialement aux personnesles plus riches, <strong>de</strong> même que Jean le Baptiste fut envoyéune fois à Héro<strong>de</strong>, et dut sacrifier sa propre tête (Marc 6.17-29).
181 • <strong>La</strong> révolution <strong>de</strong> <strong>Dieu</strong>Lorsque nous prions <strong>Dieu</strong>, qu’Il vienne, lorsque nous prionsJésus-Christ que son chemin soit suivi, lorsque nous prions leSaint-Esprit, que ses flots se répan<strong>de</strong>nt sur cette terre, alors ilest essentiel d’être prêts au maximum. Nous <strong>de</strong>vons tous êtreen unité. Car, uniquement lorsque nous sommes unis dans laprière que nous élevons vers <strong>Dieu</strong>, sera-t-elle accordée, maisalors, avec certitu<strong>de</strong>.