Silva belgica 5 2015 WEB

srfb2015

Cette revue de référence en matière forestière, considérée par tous comme une précieuse source d’informations sur la sylviculture est publiée tous les deux mois, elle donne rendez-vous à ses lecteurs autour de rubriques variées, allant de l’actualité forestière aux nouvelles techniques sylvicoles.
Des rubriques conçues par et pour les forestiers.

SILVA

BELGICA

n°5/2015

septembre-octobre

september-oktober

Bimestriel / Tweemaandelijks

122 e année / 122 e jaargang

Dépôt Bruxelles X

AU SERVICE DE LA FORÊT ET DES FORESTIERS

AUTORISATION DE FERMETURE : BRUXELLES X - Editeur responsable : Philippe de Wouters, Galerie du Centre, Bloc 2, Bte 289, 1000 Bruxelles Envoi prioritaire à taxe réduite N° d’agréation P207125

TEN DIENSTE VAN HET BOS EN DE BOSBOUWERS

Revue de la Société Royale Forestière de Belgique asbl. / Tijdschrift van de Koninklijke Belgische Bosbouwmaatschappij vzw.

En collaboration avec NTF asbl. Met de medewerking van Landelijk Vlaanderen vzw.

www.srfb.be / www.kbbm.be


surfez

sur

www.srfb.be

© Kaspars Grinvalds - Fotolia.

Et inscrivez-vous à notre newsletter

Vous trouverez sur www.srfb.be une foule d’informations concernant la forêt et la SRFB.

Vous pourrez entre autres accéder à nos nombreux documents téléchargeables ainsi qu’à

notre librairie en ligne, ou encore consultez nos documents utiles.

Vous souhaitez être tenu au courant de l’actualité forestière : activités de terrains, conférences,

législation, ...

Dans ce cas, n’attendez plus et inscrivez-vous à Silva Mail, notre newsletter.

Infos pratiques

Orane Bienfait

Société Royale Forestière de Belgique

Galerie du Centre/Bte 289

1000 Bruxelles

Tél. 02 227 56 50 - fax. 02 223 01 45

orane.bienfait@srfb-kbbm.be


Sommaire / Inhoud

© Philippe Moës

© Oleksii Sergieiev - Fotolia

2 Editorial – Editoriaal

6 Bericht uit de gewesten

8 Ma terre, mes bois

10 Bonnes pratiques sylvicoles

La débroussailleuse - ergonomie

La débroussailleuse - utilisation

18 Libre propos

Le bois de douglas

24 Nos activités

Harmonie faune - flore - forêt, utopie ou réalisme ?

26 Gestion

26 Gestion des populations de chevreuils par ICE

30 Formules financières comme outils d’aide à la décision

42 Forest Friends

Parle-moi de la forêt - Attaques détectées, systèmes de défenses

enclenchées

Forêt et passion - La famille Sagehomme, une longue lignée de

forestiers

46 vente de bois

Ventes de bois – campagne d’automne 2015

48 Législation

La cueillette des champignons

50 Chronique économique

Vers la fin des exportations de grumes ?

54 livres

SILVA BELGICA est la revue de l’asbl Société Royale Forestière de Belgique.

La SRFB, créée en 1893, vise la promotion et la protection de la forêt, ainsi que sa gestion responsable. Elle offre à ses membres – propriétaires

forestiers privés et publics, gestionnaires, acteurs et passionnés de la forêt – des services adaptés et basés sur son expérience

de terrain et ses compétences.

Ses valeurs sont : savoir-faire, confiance, convivialité et durabilité.

SILVA BELGICA is het tijdschrift van de Koninklijke Belgische Bosbouwmaatschappij.

De KBBM, in gericht in 1893, ijvert voor de promotie, de ontwikkeling en de bescherming van het bos met verantwoord beheer. Zij

biedt aan haar leden - eigenaars, beheerders, actoren en bosliefhebbers - de aangepaste diensten aan gebaseerd op terreinkennis en

knowhow.

Haar waarden zijn : knowhow, vertrouwen, gezelligheid, duurzaamheid.

La publication de Silva Belgica est rendue possible grâce au

soutien du Ministre Wallon des Forêts

Imprimé sur R4 Chorus PEFC produit par


Editorial

Foire de Libramont 2015

Bilan et réflexions

Plusieurs d’entre vous ont fait le déplacement à

Libramont en cette fin du mois de juillet pour

partager cette atmosphère de convivialité et de

complicité si particulière et tant appréciée des acteurs

de la ruralité.

Si nous comprenons les préoccupations du monde agricole

et l’opportunité qui lui était donnée par cette manifestation

importante de les relayer auprès du monde

politique et d’un large public, on peut néanmoins regretter

que cette actualité agricole - par ailleurs tout à

fait respectable-, ait quelque peu éclipsé le thème forestier

(La Forêt prend soin de nous, prenons soin d’elle)

de cette 81 e édition de la Foire agricole et forestière de

Libramont qui, il faut le souligner, constitue la plus importante

foire extérieure de ce type en Europe.

Heureusement, il y avait les journées de Démonstrations

Forestières dans les bois de Bertrix pour nous rappeler

le caractère forestier du cru 2015. Chacun a pu y satisfaire

sa curiosité en déambulant parmi les stands d’équipements

forestiers, en profitant des démonstrations

d’engins toujours plus impressionnants, en appréciant

le travail soigné des chevaux de débardage ou simplement

en décryptant les multiples services rendus par la

forêt et ses gestionnaires. Sans oublier le succès de notre

traditionnel drink rehaussé par la présence du Ministre

de la Forêt.

Félicitations aux organisateurs et merci à notre équipe

– permanents et bénévoles - qui ont pu tout au long de

ces six jours faire passer le message d’une association au

service de ses membres et de la forêt et d’une sylviculture

de qualité au service de notre économie et de notre

société, en symbiose avec la Cellule d’appui à la petite

propriété privée.

Pour la majorité des visiteurs, Libramont en son année

forestière, c’est la vitrine d’une forêt principalement

perçue pour ses aspects multifonctionnels avec une primauté

pour les volets nature et socio-récréatif, même si

la machinerie exposée ou en démonstration ne peut lui

faire ignorer son rôle de production.

Pour nous, forestiers et sylviculteurs, c’est l’occasion

d’un partage de connaissances et d’expériences notamment

au travers d’exposés de qualité (mais malheureusement

trop peu suivis), de rencontres informelles et

d’échanges toujours enrichissants. C’est aussi l’occasion

de faire le point sur la situation de notre patrimoine

forestier par rapport au contexte réglementaire existant

ou en préparation, par rapport aux risques sanitaires,

climatiques ou autres qui menacent nos peuplements et

par rapport aux tendances et évolutions de la filière de

valorisation de nos productions.

J’ai ainsi relevé trois points d’attention que je livre à

votre réflexion.

Au moment où vous lirez ces lignes, les choix auront

probablement été faits en matière de réforme du nourrissage.

Il faut espérer que ceux-ci ne contribueront pas

directement ou indirectement à la création ou à l’intensification

d’un déséquilibre forêt-faune rendant impossible

une sylviculture de qualité ou, par endroits, toute

sylviculture.

Dans un autre ordre d’idées, les conclusions intermédiaires

de l’inventaire forestier wallon sont plus que préoccupantes

en matière de recul des surfaces productives

principalement résineuses. Nous devrons prendre

sans tarder les mesures requises pour endiguer ce recul et

encourager au reboisement. Ce sera certainement un des

sujets de l’agenda de la SRFB pour les prochains mois.

Le fichier écologique des essences et le comptoir des

graines sont deux outils à disposition des sylviculteurs

du pays que beaucoup nous envient. Ces deux outils sont

complémentaires, ils constituent une sorte de garantie

pour la reprise et la vitalité de nos peuplements pour

peu que ceux-ci soient en station. Ils agissent comme un

bouclier face aux risques sanitaires et climatiques auxquels

nous sommes et serons de plus en plus confrontés.

2 Silva Belgica septembre-octobre 2015


Le fichier écologique est en cours de révision. Il faut qu’il

le soit avec rigueur, sans tabous ni intégrisme pour garantir

au sylviculteur une gamme d’essences la plus large

possible et la mieux adaptée aux situations nouvelles.

C’est un gage de diversité et de vitalité pour nos forêts.

Le comptoir des graines est orphelin d’une génétique

forestière aux abonnés absents depuis le départ du professeur

Nanson. Il est grand temps d’apporter une réponse

concrète à ce vide académique si nous voulons que le

comptoir des graines reste le garant d’une production de

qualité. C’est un investissement indispensable pour notre

sylviculture si nous ne voulons pas perdre tous les acquis

d’années de développement universitaire et d’expérimentations

de terrain qui ont fait notre réputation au-delà des

frontières et qui sont à l’origine de la qualité de nos forêts

et de sa production. Le pouvoir politique doit rapidement

s’emparer de ce dossier et prendre les décisions concrètes

nécessaires et attendues par le secteur.

Ce sont trois constats mêlés d’inquiétude. Mais ce qui

rassure, c’est que, pour l’essentiel, l’analyse faite est

partagée par l’Administration. Gageons qu’avec son apport,

nous pourrons développer les solutions qui s’imposent

et convaincre le pouvoir politique de les mettre

en œuvre pour le plus grand bien de notre patrimoine

forestier national.

Dominique Godin, président SRFB

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 3


Editoriaal

Beurs van Libramont 2015

Evaluatie en bedenkingen

Verschillenden onder u trokken eind juli naar

Libramont, om er zich te laten onderdompelen

in de gezellige sfeer die deze beurs zo bijzonder

maakt en door de spelers van het landelijke leven zozeer

op prijs wordt gesteld.

We begrijpen de landbouwsector, die op dit belangrijke

gebeuren de kans kreeg om zijn bekommernissen onder

de aandacht te brengen van de politieke wereld en van

een ruim publiek. Toch vinden we het jammer dat de

bezorgdheid van de landbouw - die al ons respect krijgt

- het bosbouwthema (Het bos draagt zorg voor ons, laten

wij er ook zorg voor dragen) van deze 81e editie van de

Land- en bosbouwbeurs van Libramont, de belangrijkste

openluchtbeurs van dit type in Europa, laat dat duidelijk

zijn, wat in de schaduw heeft gesteld.

Gelukkig waren er de demonstraties in de bossen van

Bertrix, die ons eraan herinnerden dat de editie 2015

toch vooral in het teken stond van het bos. Iedere bezoeker

kon er zijn nieuwsgierigheid bevredigen door langs

de stands met bosbouwmachines te wandelen, door te

kijken naar de demonstraties van werktuigen die almaar

indrukwekkender worden, door het verzorgde sleepwerk

van de paarden te bewonderen of gewoon door

zich een beeld te vormen van de vele diensten die het

bos en haar beheerders leveren. Onze traditionele drink,

die werd opgeluisterd door de aanwezigheid van de minister

van Bosbouw, was eens te meer een groot succes.

Wij feliciteren de organisatoren en bedanken ons team,

dat zes dagen lang de boodschap heeft verspreid van een

vereniging die zich ten dienste stelt van haar leden en

het bos, en van een bosbouw van hoge kwaliteit die ten

dienste staat van onze economie en onze samenleving, in

nauwe samenwerking met de Cellule d’appui à la petite

propriété privée.

Voor de meeste bezoekers werpt Libramont in het jaar

van het bos vooral een licht op zijn veelzijdige karakter,

waarbij de natuur en de sociaal-recreatieve rol op de

eerste plaats komen, ook al kunnen we door de tentoongestelde

en gedemonstreerde machines niet voorbij aan

zijn rol als producent.

Wij bosbouwers krijgen zo de kans om onze kennis en

ervaring te delen, onder meer via hoogstaande uiteenzettingen

(waarvoor helaas te weinig belangstelling bestaat),

informele bijeenkomsten en debatten die steeds

boeiender worden. Het is tevens de gelegenheid om de

staat van ons boserfgoed te toetsen aan de bestaande

wetgeving of de reglementen die in de steigers staan,

aan de gezondheids-, klimaat- of andere risico’s die onze

populaties bedreigen, en aan de trends en ontwikkelingen

in de sector die zich toelegt op de valorisatie van

onze productie.

Voor mij zijn er drie aandachtspunten waarover ik u

even wil laten nadenken.

Terwijl u dit leest, zijn waarschijnlijk al keuzes gemaakt

rond de hervorming op voedergebied. Het valt te hopen

dat die keuzes niet rechtstreeks of onrechtstreeks zullen

bijdragen tot het ontstaan van een onevenwicht tussen

bos en fauna, of de toename daarvan, waardoor een

hoogwaardige bosbouw of op sommige plaatsen elke

vorm van bosbouw onmogelijk wordt.

Los daarvan zijn de voorlopige conclusies van de Waalse

bosinventaris uiterst zorgwekkend op het vlak van de

terugval van de productiegebieden van vooral naaldbomen.

Wij zullen meteen het nodige moeten doen om

die achteruitgang te stoppen en herbebossing te stimuleren.

Dit wordt beslist een van de agendapunten voor

de KBBM in de komende maanden.

Het milieubestand van boomsoorten en de zaadbank

zijn twee hulpmiddelen voor de Belgische bosbouwers

die velen ons benijden. Ze zijn complementair en vormen

een soort garantie voor het herstel en de vitaliteit

van onze populaties, mits die zich in een habitat bevinden.

Ze werken als een schild tegen de gezondheids- en

klimaatrisico’s waarmee we geconfronteerd worden en

die in de toekomst alleen maar zullen verergeren.

4 Silva Belgica septembre-octobre 2015


Het milieubestand wordt momenteel herzien. Dat moet

nauwgezet gebeuren, zonder taboes of conservatisme,

om de bosbouwer de garantie te bieden op een zo ruim

mogelijk aanbod van boomsoorten dat optimaal is aangepast

aan de nieuwe situaties. De diversiteit en vitaliteit

van onze bossen zijn op die manier gewaarborgd.

Wat de zaadbank betreft, is het genetische onderzoek

van onze bossen sinds het vertrek van professor Nanson

stilgevallen. Willen we dat de zaadbank garant blijft

staan voor een productie van hoge kwaliteit, dan wordt

het hoog tijd dat die academische lacune concreet wordt

opgevuld. Voor onze bosbouw is dit een broodnodige

investering als we niet alle kennis willen kwijtspelen van

jarenlang universitair onderzoek en experimenten op

het terrein, waarmee we buiten de grenzen onze faam

hebben gevestigd en waaraan we de kwaliteit van onze

bossen en de productie daarvan te danken hebben. De

politieke macht moet dit dossier snel in handen nemen

en de concrete beslissingen nemen die nodig zijn en

door de sector verwacht worden.

Dit zijn drie vaststellingen die onrust zaaien. Het is wel

geruststellend dat deze analyse voor een groot stuk door

de Administratie gedeeld wordt. We rekenen er dan ook

op dat we met haar inbreng de nodige oplossingen zullen

kunnen uitwerken en de politieke macht zullen kunnen

overtuigen om ze in de praktijk te brengen, voor het

welzijn van ons nationale boserfgoed.

Dominique Godin, voorzitter KBBM

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 5


Bericht uit de gewesten

Mot du président

par Philippe Casier

De par la nouvelle articulation des revues de

notre groupe d’associations et leurs priorités,

je fais évoluer l’opportunité qui est réservée à

Landelijk Vlaanderen de donner dans Silva Belgica une

information utile pour les propriétaires francophones

possédant des biens ruraux en Flandre.

Trop souvent ceux-ci ignorent ou ne sont pas avertis des

dispositions qui y sont en vigueur ou qui sont en développement

alors que la mission de notre association est

d’informer un maximum de membres. D’ailleurs, Landelijk

Vlaanderen, via le « Aanspreekpunt

Privaat Beheer », est

subsidiée actuellement pour

servir de lien entre les autorités

et les propriétaires en matière de

nature et de forêt et est leur représentant

autorisé. Il est donc

normal qu’une information en

français soit diffusée au delà

du contenu nécessairement en

néerlandais de notre revue « de

Landeigenaar ». Silva Belgica

nous en donne l’occasion.

Je voudrais cette fois donner quelques indications sur

les dispositions en matière de subsides qui sont en élaboration

en Flandre, soit pour la gestion de terres, soit

pour la promotion et l’éducation en matière de nature.

En ce qui concerne ce dernier point, une révision de la

réglementation est en cours au sujet de la subsidiation

des associations de nature et d’environnement.

Il existe une série d’asbl actives en cette matière, certaines

locales, d’autres régionales, d’autres thématiques

et en outre une servant de coupole. Elles peuvent être reconnues

pour promouvoir la sensibilité à la nature, faire

de l’éducation, initier des projets, servir de lien avec les

autorités, peser sur la politique et donner des avis via les

organes officiels.

Pour l’ensemble des associations reconnues, la Région

flamande octroie un budget de 5 millions d’euros par an.

Les associations concernées jouissent d’une exclusivité

laissant peu de place à des tiers comme les Bosgroepen

et les associations de propriétaires ou les associations de

chasseurs. Les critères sont judicieusement définis en

fonction des entités en place. Il est certain que ces associations

se sentent investies d’une mission de service

public et ne veulent pas trop partager un certain monopole.

Elles ne voient donc pas d’un bon œil le développement

et la structuration de la gestion privée, qui, elle,

ne reçoit pas ces avantages bien que devant exécuter des

tâches similaires.

L’autre aspect est la subsidiation de la gestion de la forêt

et de la nature. Dans le cadre de Natura 2000 et des mesures

PAS en ce qui concerne la réduction des influences

des nitrates (voir nos articles précédents), la Région est

en train de revoir son système de subsidiation, dont

nous donnons ici les grandes lignes. Nous reviendrons

plus tard sur les détails quand l’arrêté sera élaboré.

Ces subsides seront octroyés dans le cadre d’un plan de

gestion minimum de type 2 et comprennent :

1. la subsidiation de la confection du plan de gestion

même ;

2. une certaine subsidiation pour l’accessibilité des terrains

sous gestion, par exemple certains chemins,

zones ou centres d’accueil, ceci sur base volontaire ;

3. une subsidiation des mesures de gestion récurrente

basée sur des coûts normés les plus objectifs possibles

et rassemblés en groupes. Le subside est de 80% de ce

coût normé par famille de mesures similaires. Au delà

de ce subside, en cas de transformation de la gestion

forestière vers une gestion plus écologique, une couverture

de la perte de rendement est prévue. Elle serait

fixée à 100€/ha/an pendant 12 ans. Un supplément

serait aussi prévu pour les espèces et pour le suivi des

indicateurs de résultat ;

4. une subsidiation des plantations et des travaux d’aménagement

qui serait, pour ces derniers, un pourcentage

du coût réel (après consultation du marché) et

suite à un appel à projet. Ce pourcentage dépend du

6 Silva Belgica septembre-octobre 2015


type de plan de gestion. Il y en a trois donnant lieu

à subsides : le plan 2 qui demande une gestion avec

objectif nature de 25% de la surface, le plan 3 où l’objectif

est 90 % et le plan 4 qui est le même que le plan

3 mais où une servitude est prévue, les autres plans

étant d’une durée de 24 ans. Le subside 2 est de 50%,

le 3 est de 80% et le 4 de 90% du coût ;

5. une subsidiation pour achat de terrains.

Jusque récemment seules les associations reconnues

(souvent les mêmes que celles décrites plus haut) recevaient

un subside pour acheter des terrains. Celuici

s’élevait à une part proche de 80% de l’achat, sans

compter les subsides des pouvoirs locaux. Ce système

était pervers et ne correspond vraisemblablement pas

aux règles européennes de concurrence. Une plainte

a été déposée auprès de la Commission à l’instar de

celle déposée aux Pays-Bas contre cette pratique, sans

que cette question soit actuellement tranchée.

Toutefois cette plainte a généré une révision de la règle

et actuellement tout gestionnaire, même un privé, voulant

acheter une parcelle pour la mettre en gestion type

4, peut faire appel au système. Ceci est bien, mais il

reste évident que ce seront les associations actuelles

qui continueront à en recevoir la grosse part. La condition

d’entrée est toutefois qu’il faut déjà avoir un plan

4 à proximité pour en jouir (disposition que nous

contestons vu l’exclusivité du passé).

Les terrains achetés devront répondre à des critères

assez stricts et s’inscrire dans des programmes de la

Région. Avant les acheteurs/associations nature faisaient

un peu ce qu’ils voulaient et, après avoir obtenu

leur statut de réserve naturelle (égal au plan 4 dans

l’ancien système), imposaient des droits de préférence

pour la Région chez les voisins, afin d’augmenter leur

superficie gérée puisqu’ils en recevaient ensuite la gestion.

Cette disposition relative au droit de préférence a

disparu pour les nouvelles acquisitions.

Toutes ces dispositions financières feront l’objet d’un arrêté

après avoir été largement discutées avec les acteurs ;

nous étions conviés à cette table. Nous ne sommes pas

d’accord avec certains points, mais les autres acteurs, associations

et agriculteurs, ont aussi des points de désaccord.

Un arbitrage politique est prévu mais le résultat ne

sera pas éloigné des dispositions décrites ci-avant.

Au delà, des dispositions fiscales sont à l’étude. Les dernières

propositions qui doivent encore être examinées

par les administrations compétentes prévoient la :

1. suppression des droits de succession et de donation et

de précompte en cas de plan de gestion 4 ;

2. suppression des droits de succession et de donation en

cas de plan 3 ;

3. suppression des droits de succession en cas de plan 2

(variantes possibles).

A noter que depuis le 1er juillet 2015 les droits de donation

immobilière ont été réduits d’environ 40% en ligne

directe et indirecte et de 50% sous certaines conditions.

Ceci est valable si le donateur est domicilié en Flandre.

Par contre, il est envisagé de supprimer l’exemption

actuelle des droits de succession dans le VEN (Vlaams

Ecologisch Netwerk) s’il n’y a pas de plan de gestion. On

envisagerait, en contrepartie, de supprimer le droit de

préférence flamand dans le VEN !

Les conséquences budgétaires de tout ceci sont en évaluation

et les restrictions budgétaires successives ne

facilitent pas la chose. Il faut aussi tenir compte des exigences

agricoles pour compenser les restructurations de

certaines exploitations dans le cadre des nitrates et du

PAS pour lequel il y a âpre discussion pour en déterminer

l’imputation.

Nous sommes préoccupés car les budgets pour les achats

ne sont, eux, pas en restriction alors que les budgets

pour les Bosgroepen, qui sont des outils essentiels pour

la réalisation du programme Natura 2000, sont remis en

question.

Toute cette matière fait l’objet de prises de positions publiques

diverses et de débats parlementaires vifs ou les

gestionnaires privés n’ont qu’une très faible voix.

À noter qu’aux Pays-Bas toute mesure Natura 2000/PAS

est subsidiée à 100% et que le programme est essentiellement

réalisé sur des terrains publics ou sur ceux des

associations écologiques, alors qu’en Flandre ce n’est

qu’environ la moitié. De plus, le coût n’est ici financé que

partiellement et il faut s’attendre aussi à des contraintes

si le volontariat s’avère insuffisant !

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 7


Assurance

collective en

responsabilité

civile

Prime

de

€ 1,20/ha

© Éric Guisgand

Un collectif… une faible prime annuelle

L’assurance collective en responsabilité civile « forêts » souscrite par la Société Royale Forestière

de Belgique, est exclusivement réservée à ses membres ainsi qu’aux membres de NTF

et de Landelijk Vlaanderen.

La prime, de 1,20 €/ha, est bien plus avantageuse que sur des contrats individuels.

Sont couverts les dommages, tant corporels que matériels et immatériels, causés aux tiers.

L’assurance collective R.C.« forêts » comprend également un volet «protection juridique».

Infos pratiques

Gil Vandenbosch

Société Royale Forestière de Belgique

Galerie du Centre/Bte 289

1000 Bruxelles

Tél. 02 223 07 66 - fax. 02 223 01 45

info@srfb-kbbm.be


Ma terre, mes boiss

Vous l’avez reçu dans votre boîte le 15 juillet, en même temps

que votre Silva Belgica … Quoi donc ? Mais Ma terre, mes

bois, pardi, la lettre d’information trimestrielle de NTF !

Le premier numéro est sorti du bois cet été pour aboutir

dans les boîtes aux lettres des membres de NTF.

Vous ne l’avez pas reçu ? Alors, il est urgent d’agir …

la Poste n’est pas infaillible … ou peut-être n’êtes-vous

tout simplement pas membre de NTF alors que vous

pensiez l’être ?

La solution est simple : prenez contact avec Sylvie Eyben,

responsable communication chez NTF (081 26 35 83)

qui vérifiera votre statut d’affilié(e) et vous fera parvenir,

avec plaisir, un exemplaire de ce n°1 de Ma terre,

mes bois. La publication est par ailleurs téléchargeable

sur le site de NTF à l’adresse : www.ntf.be/actualites/

ma-terre-mes-bois-votre-nouvelle-lettre-d-information

(accès réservé aux membres propriétaires déclarant leurs

hectares).

Rappelons que Ma terre, mes bois vise à offrir des informations

de fond sur les dossiers qui vous concernent

spécifiquement, vous, propriétaires et gestionnaires de

bois et de terres agricoles en Wallonie, en lien avec le

cadre juridique et réglementaire qui s’y applique.

Quand paraîtra le prochain numéro ? Le 15 octobre 2015.

Il vous faudra donc attendre un peu avant de pouvoir en

découvrir le contenu, mais pour ne pas mettre votre patience

trop à l’épreuve, voici quelques sujets qui y seront

abordés.

A la suite de l’édito de Ma terre, mes bois, vous découvrirez

par exemple :

• Actualité : le CoDT, Code wallon du Développement

Territorial : quelles nouveautés pour le propriétaire

foncier et l’exploitant agricole ? Le CoDT est appelé

à remplacer l’actuel CWATUPE. Qu’annoncent le décret

et son arrêté d’application adopté le 2 juillet dernier

en première lecture par le Gouvernement wallon ?

• Juridique & fiscal : agroforesterie : quelles avancées

du cadre juridique et réglementaire ?

• Agenda : une soirée de conférences sur le thème des

« sentiers » vous attend cet automne. Vous trouverez

toutes les informations utiles dans votre prochaine

lettre d’information, et aussi, pour ceux dont nous

avons l’adresse mail, dans un prochain Flash Info ;

• Coup de pouce : dévoilera trucs et astuces pour une

meilleure gestion de vos biens agricoles et forestiers ;

• Ailleurs : la mise en œuvre de Natura 2000 en forêt à

travers les régions apportera un éclairage sur les modalités

d’application de cette législation européenne

en région flamande, et aux Pays-Bas, faisant suite à

l’analyse de la situation en Wallonie, dans le Nord de

la France et au Grand-Duché de Luxembourg, parue

dans le premier numéro ;

• Coup de gueule : donnera la parole à un ou plusieurs

membres, confrontés aux dégâts occasionnés par les

infatigables travailleurs que sont les castors. Face à cette

espèce protégée par la Convention de Berne - et réintroduite

illégalement dans nos régions à la fin des années

’90 - un nombre sans cesse croissant de propriétaires et

gestionnaires de bois vivent des situations exaspérantes.

Car le castor se multiplie et colonise rapidement l’environnement

offrant de l’eau en abondance ;

• Services aux membres : la « boîte à outils » du site

www.ntf.be s’enrichira très prochainement d’un nouveau

contrat-type pour la location de terres pour la

culture de sapins de Noël. Et n’oublions pas le lancement

depuis cet été du service de consultations juridiques

de NTF !

• Petites annonces et annonces publicitaires : mettez

votre activité professionnelle sous la loupe de nos

membres - majoritairement propriétaires de forêts et

terres agricoles comme vous - promouvez-la dans les

pages de Ma terre, mes bois ! Une situation Win-Win

pour tous : vous, NTF et les membres de NTF !

Prenez contact avec Sylvie Eyben

sylvie.eyben@ntf.be ou 081 26 35 83

Si vous êtes membre de NTF, vous recevrez le numéro 2

de Ma terre, mes bois dans votre boîte à la mi-octobre. Si

non, rejoignez-nous !

Nous vous souhaitons une agréable découverte de ce

second numéro de Ma terre, mes bois !

www.ntf.be

8 Silva Belgica septembre-octobre 2015


BONNES PRATIQUES SYLVICOLES

La débroussailleuse - ergonomie

par Pascal Balleux, Dr, Ir E&F, CDAF asbl

schémas de Jean-Yves Lambert, CDAF asbl

Photographies : © CDAF asbl sauf mention contraire

Dans toutes les situations de travail, gestes et postures seront dictés par un seul

mot d’ordre : maintenir la colonne vertébrale la plus droite possible, lui éviter les

mouvements de trop grande ampleur, les charges trop élevées et les rotations.

Fiche réalisée dans le cadre du projet LEADER GAL "Démonstration de bonnes pratiques forestières dans la Botte du Hainaut"

Fonds Européen Agricole

pour le Développement Rural :

l’Europe investit dans les zones rurales

www.cdaf.be

1. Harnais de sécurité

Un ajustement adéquat du harnais permet d’éviter des douleurs et des blessures par friction aux épaules.

Situations

Sangles des protège-épaules et sangle pectorale mal ajustées

Protège-épaules endommagés

Plaque fémorale en mauvais état

Crochet de fixation en mauvaise position

Linguet de sécurité du crochet de fixation endommagé ou manquant

Risques

Douleurs musculaires, tensions exagérées dans les muscles et les

articulations

Respiration difficile causée par la plaque pectorale trop basse qui

comprime l’estomac

Douleurs et blessures par friction aux épaules

Blessures par friction à la hanche

Déséquilibre, friction inutile

Décrochage de la débroussailleuse et contact avec la lame

Boucles

d’ajustement

des sangles

Plaque

pectorale

Crochet de fixation

avec linguet de

sécurité

Protège-épaules

Système de

dégagement

automatique

Plaque

fémorale

Sangle

pectorale

Conseils

• régler les sangles pour qu’elles soient bien appuyées sur le corps

• ajuster la sangle pectorale de manière à bien équilibrer la charge dans la

partie supérieure du corps

• ajuster la plaque pectorale : doit s’appuyer sur la partie centrale de la cage

thoracique et être légèrement inclinée vers la droite

• remplacer les protège-épaules au besoin

• s’assurer du bon état de la plaque et

la faire changer au besoin

• placer la plaque fémorale de façon à

ce que le crochet de fixation soit environ

à 10 cm plus bas que l’os de la

hanche (voir photo)

• remplacer le crochet de fixation dès

qu’on décèle un problème

© Stihl

10 Silva Belgica septembre-octobre 2015


BONNES PRATIQUES SYLVICOLES

2. Équilibrage

La débroussailleuse doit être équilibrée de façon à ce que la lame ne touche pas le sol, ne monte

pas trop haut et ne penche ni à gauche, ni à droite.

Situations

Plaque fémorale mal positionnée

Poignées mal ajustées

Risques

Efforts excessifs, maux de dos provoqués par la tension excessive

nécessaire pour garder la lame en position correcte, tensions

musculaires provoquées par une perte de contrôle ou d’équilibre

Tensions excessives dans le dos, les bras et les épaules

Conseils

• ajuster la plaque fémorale de façon à ce que la lame se place

d’elle-même à l’horizontale entre 10 et 15 cm du sol

• ajuster les poignées pour que les avant-bras forment un angle

d’environ 120° avec le corps

• ajuster la plaque fémorale vers l’avant ou vers l’arrière de

façon à maintenir la débroussailleuse bien en face de soi

• s’assurer que la débroussailleuse est à la bonne hauteur

compte tenu du type de travail effectué

3. Déplacement

Le déplacement des pieds doit toujours suivre les épaules et les hanches pour diminuer le risque

d’entorse lombaire.

Il est important de travailler en tirant le meilleur parti possible des éléments naturels, c’est-à-dire

en évitant de lutter contre ces derniers (vent, pente, inclinaison des tiges...).

Orientation des pieds

Il est également recommandé que les

pieds soient orientés en direction de l’effort

à effectuer.

Déplacement des pieds

Les pieds doivent toujours suivre les

épaules et les hanches. Le risque d’entorse

lombaire est ainsi diminué.

Position du corps

Le poids du corps doit se situer au centre

de la base de support. Les bras doivent

être proches du corps (10 à 30°) et le dos

droit.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 11


BONNES PRATIQUES SYLVICOLES

La débroussailleuse - utilisation

par Pascal Balleux, Dr, Ir E&F, CDAF asbl

schémas de Jean-Yves Lambert, CDAF asbl

Photographies : © CDAF asbl sauf mention contraire

Une débroussailleuse est un outil de travail mécanique porté, permettant de dégager,

de couper, d’entretenir un terrain accidenté et inaccessible par toute autre machine.

Cette machine coupe par mouvements rotatifs à l’aide d’outils interchangeables, en

fonction des travaux à effectuer.

Fiche réalisée dans le cadre du projet LEADER GAL "Démonstration de bonnes pratiques forestières dans la Botte du Hainaut"

Fonds Européen Agricole

pour le Développement Rural :

l’Europe investit dans les zones rurales

www.cdaf.be

1. Éléments de la débroussailleuse

La débroussailleuse possède plusieurs dispositifs qui empêchent de se blesser. On doit s’assurer

de la présence et du fonctionnement de chacun d’eux.

Silencieux, pare-étincelles

et carter de protection

Interrupteur de sécurité

marche / arrêt

Manette des

gaz avec retour

automatique

Verrou de

sécurité

Fixation

ajustable du

harnais

Molette d’ajustage

du guidon

Anti-vibrations

Protecteur adapté à

l’élément de coupe

© Stihl

12 Silva Belgica septembre-octobre 2015


BONNES PRATIQUES SYLVICOLES

2. Sécurité

Situations Risques Consignes

Protecteur de lame enlevé, modifié ou endommagé

Système antivibrations inefficace

Pare-étincelles défectueux

Silencieux défectueux

Retour automatique de l’accélérateur et

verrou de sécurité inopérants

Protège-lame absent lors du transport dans

un véhicule

Projection de débris de bois, de métal de la

lame ou de pierres

Syndrome de Raynaud (mains blanches)

Brûlures, incendies

Brûlures par projection de débris enflammés,

problèmes d’ouïe imputables au niveau

sonore trop élevé

Blessure causée par la perte de contrôle de

la débroussailleuse

Blessures par contact avec la lame

3. Éléments de coupe

Ne jamais enlever le protecteur de lame

pendant le travail et ne jamais le modifier

Changer ou remplacer les bagues de caoutchouc

Remplacer si nécessaire et nettoyer au

besoin

Remplacer le silencieux dès qu’il perd de

son efficacité

Réparer ou remplacer les pièces défectueuses

Utiliser le protège-lame ou enlever la lame

lorsqu’on transporte la débroussailleuse

dans un véhicule

Végétation

peu dense

Végétation dense

Tête à 3 couteaux

mobiles en polyamide

Grandes surfaces herbeuses

Acier 2 dents, réversible

Grandes surfaces herbeuses

Acier 4 dents, réversible

Grandes surfaces d’herbe

ligneuse

Ronces, roseaux et broussailles

Acier 8 dents, réversible

Herbe ligneuse sèche et

roseaux

Herbe et bordures

Acier 3 dents, réversible

Broussailles denses, épineux

Acier 2 dents coudées

Broyage des broussailles

denses, épineux

Acier dents aiguës

Broussailles noueuses

et arbustes

Tête faucheuse à fils de nylon

Nettoyage et fauchage d’herbe

Taillis et arbustes

© Stihl

Acier dents douces

Broussailles noueuses,

arbustes, tronçonnage,

défrichage

Acier dents aiguës

Broussailles noueuses

et arbustes

Carbure, très robuste

Coupe sur sols très secs et

sableux ou au raz du sol

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 13


BONNES PRATIQUES SYLVICOLES

4. Remplissage du réservoir

Situations Risques Consignes

Produits transportés dans

des bidons inadéquats

Explosions, incendies, brûlures Choisir un bidon adapté et homologué

Remplissage du réservoir

avec précautions

Transport et entreposage

effectués de manière inappropriée

Essence utilisée comme

nettoyant

Explosions, incendies, brûlures,

projections dans les yeux ou sur la

peau

Explosions, incendies, brûlures,

intoxication, asphyxie

Intoxication à plus ou moins long

terme en cas de contact de la peau

avec les produits pétroliers

• Arrêter le moteur pour remplir le réservoir

• Verser l’essence à l’aide d’un bec verseur pour éviter tout

contact avec le silencieux ou avec d’autres pièces chaudes

• Faire démarrer la débroussailleuse à au moins 3 m de

l’endroit où le plein a été fait

• Ne pas transporter d’essence dans l’habitacle d’un véhicule

• Ne pas entreposer les débroussailleuses ni le carburant dans

des locaux destinés au personnel

• Ne jamais transporter de bidon d’essence sur soi lors du travail

Se nettoyer les mains avec des produits conçus pour le dégraissage

Le moteur de votre débroussailleuse à essence est actionné par

un mélange d’essence et d’huile. La qualité de ces carburants est

importante pour le fonctionnement et la durée de vie du moteur.

Des matières inadaptées ou autres dosages que ceux prescrits

peuvent occasionner des dégâts sérieux au moteur (usure plus

rapide, blocage des pistons...)

Pour mélanger, remplissez d’abord le bidon à essence avec de

l’huile et ensuite avec de l’essence. Avant de verser le mélange

dans le réservoir, mélangez le tout en secouant le bidon (ensuite

ouvrez délicatement le bidon, pour éviter la pression).

Déposez la débroussailleuse sur une

surface aussi propre et plate que possible,

ouverture du réservoir tournée vers le haut.

Nettoyez l’ouverture du réservoir et les

contours de l’ouverture avec un torchon

propre.

Tournez le bouchon dans le sens contraire

des aiguilles d’une montre jusqu’à ce qu’il

soit libre. Retirez le bouchon.

Remplissez le réservoir avec le mélange carburant, sans renverser,

lentement et avec précaution. Un réservoir transparent de la

machine permet de vérifier s’il est rempli.

Replacez le bouchon du réservoir. Tournez celui-ci jusqu’à ce qu’il

se fixe, et faites attention, si le carburant coule, ne démarrez pas

le moteur.

14 Silva Belgica septembre-octobre 2015


BONNES PRATIQUES SYLVICOLES

5. Mise en route

Situations Risques Consignes

Débroussailleuse attachée à l’harnais

Local mal aéré

Proximité d’une autre personne

Chute, maux de dos, bursite, tendinite

Suffocation, intoxication par le monoxyde

de carbone

Blessure infligée à une autre travailleur

avec la lame ou par projection d’éclats

Faire démarrer la débroussailleuse au sol

en la retenant fermement de manière à ce

que la lame tourne librement

Faire fonctionner la débroussailleuse à

l’extérieur ou dans un endroit très bien

aéré

S’assurer que personne ne se trouve dans

un rayon de 15 m autour de la débroussailleuse

Lorsque la lame tourne au ralenti

Perte de contrôle, blessures

Effectuer les réglages correctement pour

que la lame s’arrête complètement

Déposez la débroussailleuse de manière

stable sur le sol.

Évitez tout contact avec l’outil de coupe.

Pressez l’accélérateur et le verrou de

sécurité.

Mettez l’interrupteur sur start pour les

verrouiller.

Enfoncez 3 à 4 fois la pompe d’amorçage

de carburant.

Commutez le starter, vous le couperez une

fois la machine démarrée.

Tirez la poignée du lanceur tout en plaquant

la machine au sol.

Moteur en marche, pressez brièvement

sur la poignée des gaz.

Soulevez votre machine, sans toucher

l’accélérateur de telle sorte que l’outil de

coupe reste immobile.

Accrochez la machine d’une main, l’autre

main la stabilisant.

Gardez un oeil sur l’outil de coupe.

La débroussailleuse est prête à l’emploi.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 15


Offrez (vous)

Le matériel

du forestier

La qualité d’un outillage professionnel

La Société Royale Forestière de Belgique asbl, en partenariat avec Contact Forestier, vous propose

trois kits de matériel et outils forestiers. Ils ont été sélectionnés avec soin pour leur qualité

et leurs usages courants.

Découvrez les détails de ces kits sur www.srfb.be - rubrique services : matériel du forestier - et

passez y votre commande.

Un tarif très attractif est appliqué pour les membres de la SRFB.


LIBRE PROPOS

Le bois de douglas

par Jacques Poncelet, expert forestier

Les douglasaies couvrent aujourd’hui 10% de la surface forestière résineuse de

Wallonie. Il s’agit de la deuxième essence résineuse, loin derrière l’épicéa. Au vu de

son potentiel de croissance et de la qualité de son bois, le douglas devrait prendre

davantage d’importance dans le paysage wallon dans les années futures. La surface

occupée par le douglas en France est d’environ 400.000 ha contre 20.000 ha en

Wallonie. Proportionnellement, la France étant 40 x plus grande que la Wallonie, les

20.000 ha wallons de douglas correspondraient à 800.000 ha français, soit le double.

L’appellation commerciale du douglas de Colombie britannique et des États d’Oregon

et de Washington est « le pin d’Oregon » ; celle d’Europe est le « sapin de douglas ».

Comparaison avec le chêne

Je le compare souvent aux chênes car :

• le douglas présente 10 à 15 % d’écorce liégeuse

après le stade de bas-perchis variable en fonction

de la provenance des douglas, l’exposition,

la croissance, l’âge, …

• le pourcentage d’écorce diminue par mètre courant

en hauteur pour atteindre 5% en moins au

niveau de la circonférence milieu ;

• le bois à aubier différencié représente en moyenne

16 années de croissance. Certains scieurs n’ont

pas peur de conserver cet aubier dans certains

lots de sciages comme ils le font pour le chêne

de qualité C et D (frises « aubieuses » à parquet,

lambris traité, palettes, emballages, etc.) ;

• tout comme le chêne, si le douglas n’est pas usiné

avant l’été qui suit l’abattage, l’aubier bleuit 1 ;

• la proportion de bois juvénile 2 éliminée lors de

sciage de premier et second choix est semblable

pour les deux essences à dimension égale sous

écorce. Plus l’âge est avancé et le diamètre élevé,

plus la proportion de bois juvénile est moindre ;

• les gros douglas doivent être sciés comme le

chêne de gros calibre. J’estime que la valorisation

de la qualité AB et B d’ébénisterie et de menuiserie

peut se valoriser par le débit en plot de

3/4, 4/4 et 6/4 de pouce sur 3 à 5 m de longueur,

avec une élimination du cœur et de l’aubier ;

1 C’est aussi le cas du pin sylvestre.

2 Le bois juvénile se situe autour de la moelle, autrement dit

au centre de l’arbre. Cette partie présente des qualités technologiques

moindres que le reste du duramen.

• lors du débit en avivés pour le parquet, lambris

et meubles, le douglas s’apparente au chêne tant

pour le triage que pour le séchage artificiel : 30

jours pour sécher un 4/4 en chêne et 15 jours

en douglas 3 . Un triage doit éliminer les pièces

déformées tant en chêne qu’en douglas ;

• les débouchés du chêne se retrouvent chez ce

bois durable qu’est le douglas : les qualités AB, B

et BC peuvent trouver une valorisation en sciage

destiné au bois de structure, grosses charpentes,

madriers, voliges, frises à parquets, lambris, bardages,

stores, volets roulants, platelage avec douglas

en 4/4 sur quartier et aboutés 4 , avivés pour

l’ébénisterie et les meubles spéciaux.

Un bois à part

Rappelons qu’un cerne d’accroissement représente

une année de croissance de l’arbre. Chaque cerne

présente une partie de bois initial, c’est-à-dire le

bois produit au printemps, et une partie de bois

final, qui est le bois produit en été.

3 Séchage artificiel par air chaud pulsé ; le duramen du chêne

doit tout d’abord subir un ressuyage à l’air libre puis un séchage

lent pour ne pas assombrir la fibre, ne pas avoir des traînées de

tannin et des fentes internes. Le duramen du douglas d’une dureté

moins forte supporte des températures plus élevées en début de

séchage (70 à 90°C) et sèche donc plus rapidement.

4 L’aboutage est l’assemblage de courtes pièces de bois dans le

sens de leur longueur. Il réduit la nervosité du bois.

18 Silva Belgica septembre-octobre 2015


LIBRE PROPOS

Chez les résineux, la largeur de bois final est relativement

constante 1 . Plus la proportion de bois

initial sera élevée, plus le bois sera tendre. Autrement

dit, un bois résineux à larges cernes, et donc

à croissance rapide, sera plus tendre qu’un bois à

croissance lente, avec les conséquences technologiques

qui en découlent.

Quant au douglas, il présente l’avantage, vis-à-vis

de l’épicéa et des sapins, de produire un bois final

nettement plus dense, plus coloré que la zone initiale.

De plus, la zone de transition entre le bois

de printemps et d’été est plus dense également. En

conséquence, même lorsque les accroissements

sont larges, la texture 2 est meilleure en comparaison

aux autres résineux.

1 Chez les feuillus, c’est l’inverse : c’est la largeur de bois initial

qui est relativement constante. Un bois feuillu à larges cernes et

donc à croissance rapide sera plus dur puisque la proportion de

bois final sera plus élevée.

2 Rapport exprimé en % entre la largeur de bois final et la

largeur de cerne.

Suivant le CTBA et l’INRA, à largeurs de cernes

égales, le module d’élasticité est toujours supérieur

à celui des autres résineux. Sa masse volumique varie

entre 450 et 600 kg/m³. C’est une essence stable

qui se déforme moins que les autres résineux.

Le duramen du douglas possède une très bonne

résistance mécanique pour les bois à texture forte.

Cette texture forte peut s’identifier au nombre de

cernes par pouce. Une texture forte présente un

minimum de 6 cernes par pouce 3 , soit un maximum

de +/- 4 mm de largeur de cerne (4 mm x 6

= +/- 25,4 mm (1 pouce)).

À titre de comparaison, le pin sylvestre importé du

Nord prend l’appellation « sapin rouge du Nord »

lorsqu’il contient 12 cernes et plus par pouce, ce

qui montre bien la nécessité d’une croissance beaucoup

plus lente pour obtenir un bois de qualité.

3 Une croissance de 5 cernes par pouce minimum peut être

acceptée.

Beau peuplement

de douglas. Le gestionnaire

a effectué

un gyrobroyage en

vue de préparer

la régénération

naturelle.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 19


LIBRE PROPOS

Classement du bois en scierie

1 Bille de pied de

douglas, qualité A :

cœur centré, cernes

réguliers, aubier et

écorces minces.

© Jacques

Poncelet

2 Bille de pied

de douglas de la

Cedrogne acheté

dans un lot de 400

m³ à 190€/m³ par

un fabricant hollandais

de mats de

bateau (printemps

2.015).

L’irrégularité des

cernes provient de

chablis d’épicéas

dans l’étage

dominant et codominant

quelques

années avant

l’exploitation.

© Jacques

Poncelet

Le classement du bois de douglas s’effectue selon

son aspect visuel et la régularité des cernes. Des

cernes irréguliers génèrent une variation de la dureté

du duramen. Les meilleurs bois seront donc

obtenus en croissance régulière par des prélèvements

prudents lors des diverses éclaircies afin

d’obtenir un bois plus homogène et moins nerveux.

Les trois classes visuelles ST1, ST2 et ST3 utilisant

les critères de largeurs de cernes, diamètre

des nœuds, fentes, déformations,... correspondent

aux classes de résistance mécanique C30 1 , C24 et

C18. Ces dernières font référence à la contrainte

de rupture en flexion.

La classe C30 est destinée au lamellé-collé, la C24

à la charpente industrielle et fermette et la C18 à

la charpente traditionnelle.

Valeur du bois du douglas

Cette essence à croissance rapide possède un

accroissement annuel moyen variant de 12 à 20

1 C30 signifie que la pièce résiste à une pression de 30 Mpa

(méga pascal) en flexion.

m³/ha/an, ce jusqu’à 80 ans indépendamment de

la station.

Des plants d’origines recommandables installés

en densité suffisante, un choix adéquat de la station

(sol frais et filtrant, etc.) et un mode de traitement

approprié permettent la production de

bons bois industriels, de sciage et de déroulage ou

encore destinés à certaines spécialités.

Les derniers cours des douglas sur pied avec des

bois propres et issus de peuplements denses donnant

une bonne texture affichent les chiffres suivants

:

• 51/90 cm 40 €/m³ (35 à 55 ans)

• 91/120 cm 55 €/m³

• 121/150 cm 65 €/m³ (60 à 80 ans)

• 151/180 cm 75 €/m³

• 181/200 cm 80 €/m³

• 201/250 cm 85 €/m³

Sur pied, les arbres de qualité supérieure présentent

une bille de pied de 6,5 mètres ou plus, bien rectiligne,

sans défauts. Le houppier est équilibré, synonyme

de cœur centré.

L’élagage naturel a été complété par l’élimination

des branches sèches ou desséchantes tout en respectant

le bourrelet d’insertion. Rappelons une

1 2

20 Silva Belgica septembre-octobre 2015


LIBRE PROPOS

nouvelle fois que la croissance doit être régulière

donnant une régularité des cernes.

Remarques :

1. Si une branche vivante de grosseur peu importante

est située sur la bille de pied, il faut supprimer

l’appel de sève en élaguant en deux temps :

couper la branche à 50 cm du fût et pratiquer

l’ablation totale du chicot, au ras du tronc, hors

sève en fin de 2 e année.

2. Les lots de bois élagués avant l’âge de 25 ans en

douglas devraient être enregistrés officiellement

auprès des laboratoires forestiers des trois universités

(UCl, ULg et UGand) pour que l’estimation

sur pied soit objective.

Certaines grumes, rectilignes, cœur centré de 250

cm et plus, recoupées à 23 m et âgées de 90 à 110

ans ont donné 120 € à 190€/m³ (ventes 2013 et 2015

des douglas sélectionnés en Cedrogne, Vielsalm).

La qualité déroulage (AB et B) se situe, suivant les

grosseurs et les qualités, entre 120 et 190 €/m³. La

qualité tranchage (A) à croissance bien régulière

et aubier mince peut se valoriser sur la base de 350

à 400€/m³ sur écorce à épaisseur normale et en

longueur de 3, 20 m à 3, 50 m.

Les cours actuels des bois sciés en douglas sont de :

• plot en qualité A : 350 €/m³ ;

• plot de qualité AB : 305 €/m³ ;

• avivés choix 1 de 3 à 5 m (42 ou 52 x 150 à 230)

: 256 €/m³ (Bois national du 7 mars 2015) ;

• madriers/bastaings de 3 à 5 m (63 ou 75 X 250 à

300) : 243 €/m³.

Et enfin, le cours du bois énergie offre :

• écorces de résineux brutes : 25 €/tonne sur camion

départ ;

• sciure de résineux : 43,5 €/tonne départ ;

• plaquettes forestières et de scieries, granulométrie

moyenne, H% entre 30 et 40 : 59,2 et 45,8 €/

tonne départ.

Débouchés d’aujourd’hui et

de demain

Voici mes commentaires et perspectives concernant

l’utilisation du bois de douglas.

Le marché du lamellé-collé-abouté pour le bois de

structure ne requiert pas la qualité A, mais bien

la B, BC dans les 70 cm et plus de circonférence

à hauteur d’homme jusqu’aux gros diamètres. La

qualité déroulage, destinée aux placages en 2 ou 3

mm, sera réservée à la fabrication des panneaux

bois lamifié ou LVL 1 ou aux parquets sur multiplis.

Le bois de qualité placage 1 er choix est davantage

destiné à un marché de luxe à l’international.

Actuellement, le lamellé-collé est le principal débouché

du douglas pour la qualité courante. À titre

d’exemples, voici des réalisations de cette année :

• Aquapolis de Limoges : 600 m³ de charpentes en

lamellé-collé avec des portées variant de 30 à 52 m ;

• La Cité des civilisations du vin : la partie basse

et arrondie du musée est composée de 574 arcs

en lamellé-collé, une tour de plus de 50 m est

composée de poteaux courbés en lamellé-collé.

En tout 250 m³ de lamellé-collé douglas fabriqués

aux ateliers Arbonis à Verosvres (Saône et

Loire) ;

• L’Hermione, la frégate de la liberté, a valorisé

300 m³ de douglas de 1 er choix destinés aux

bardages des ponts de gaillards et de batterie

et plus de 1.000 m³ de chênes. Les mâts et vergues

ont été réalisés en lamellé-collé aboutés en

douglas. Les autres essences utilisées ont été le

frêne, l’iroko et le teck. Le douglas utilisé était

issu des forêts de Saône et Loire, essentiellement

du Beaujolais et du Puy de Dôme, en gros diamètres

et débité en plateau de 80 mm d’épaisseur

via la scierie Garmier.

L’utilisation du douglas pour les constructions en

bois sera multiple : l’ossature bois, le bois massif

empilé (empilement de rondins ou poutres profi-

1 Lamibois ou LVL (Laminated Veneer Lumber) est composé de

plusieurs couches de placage collé. Comparativement au contreplaqué,

ce sont des pièces de bois dont les fibres sont toutes

orientées dans le même sens mais certains fabricants usinent ce «

lamibois » avec 20% de placages perpendiculaires pour accroitre

sa stabilité physique. Le LVL est utilisé principalement en bois de

charpente et structure.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 21


LIBRE PROPOS

lées), le poteau-poutre , le CLT( bois massif lamellé-croisé)

et le CLT-C (Cross Laminated Timber

composite ) pour les constructions en hauteur, le

PBM (parpaing en bois), le BMC (bois massif de

construction) avec le BMA et BLC : bois massifs

aboutés et bois lamellé-collé, et le BMR (bois massifs

reconstitués) contrecollés ou contre-cloués.

On retrouvera aussi les panneaux contreplaqués

avec une ou deux essences, avec ou sans croisement

des placages.

Le hêtre et le douglas prendront des parts de marché

au bois de sciage d’épicéa.

Le douglas valorisé en LVL est un matériau d’avenir :

il se présente en plateaux larges dans une gamme

d’épaisseur variant en fonction du nombre de plis

assemblés avec une épaisseur unitaire de 3 mm et

en grandes longueurs. Il est déjà fabriqué dans les

pays scandinaves, la Tchéquie et l’ Allemagne. Il

permet des délais plus courts de livraisons et de

grandes quantités. Son potentiel d’utilisation est

vaste : l’épaisseur peut varier de 40 à 75 mm, la largeur

de 100 à 1.820 mm, la longueur atteindre 18

m ou plus. On l’utilise pour les structures porteuses

(parois de contreventement), les poutres-caissons

ou panneaux nervurés, les éléments de construction

sollicités comme les poutres et poteaux.

Les caractéristiques mécaniques de ce produit sont

toujours très élevées en matière de contraintes de

travail axiales, c’est-à-dire de l’ordre du double

d’un bois massif.

Les panneaux en LVL utilisés en structure nécessitent

un système d’attestation de conformité de

niveau 2+, selon les exigences de la norme européenne

harmonisée NF EN 13986. Tous les panneaux

éléments structuraux en lamibois mis sur le

marché doivent être marqués CE.

Globalement, la demande croîtra au fur et à mesure

de l’augmentation du pouvoir d’achat à l’étranger,

mais il faudra aussi tenir compte de l’émergence

des autres monnaies dans le marché international

avec leur impact sur la valeur de l’euro. Notre

monnaie, qui est certainement à son niveau le plus

haut relativement aux autres monnaies de référence

(Yuan, Real brésilien, …), pourrait diminuer

de valeur dans les prochaines décennies !

Le marché du bois peut être considéré comme

le « phénomène IKEA ». Les meubles fabriqués à

la chaîne, en Chine (qui importe 80 millions de

m³/an) ou ailleurs, avec les chênes franco-belges

valorisent les qualités moyennes de chênes, hêtre,

frênes et résineux.

Dès lors, la demande pour les produits de luxe utilisant

les qualités A se réduit en peau de chagrin

mais restera chez nous tant que nous produirons

de la première qualité. Mais il faut cependant tenir

compte de l’imagination des industriels italiens.

Nous savions que les Italiens importaient des peupliers

de la vallée de la Garonne pour les réintroduire

en France sous forme de meubles en simili de

noyer. Actuellement, on peut voir à l’expo de Milan

un magnifique meuble composé de panneaux photo-imprimés

sur papier, avec la structure du chêne

sur quartier, faux-quartier et dosse, sans aucune

répétition des motifs imprimés. Les panneaux sont

surfacés par de la gomme légèrement brunâtre

donnant la même impression que celle du chêne

massif quant à la présentation et l’isolation thermique.

Il devient difficile pour un professionnel

d’identifier objectivement un tel matériau. Nous

voyons de plus en plus en Belgique des sarcophages

plaqués papier imitation chêne sur de l’aggloméré

ou du MDF : rien que de la découpe et de l’assemblage

avec des machines électroniques. Il ne reste

plus pour les qualités A que quelques débouchés

tels que des placages réservés à la décoration des

palais arabes, les bateaux et avions privés de luxe.

Une fabrique de placage en Europe, une aux USA

et plus tard une en Chine sont suffisantes. Cela entraîne

une réduction de la demande de tous les bois

précieux feuillus, mais le chêne se maintiendra à un

maximum de 1.000€/m³ avec une moyenne de 600

à 800€/m³, prix talonnés par les acheteurs de merrains

aux prix de 300 à 700€/m³ départ route dure.

Pour le douglas de qualité, outre la qualité B pour

le déroulage, la qualité A à grain fin, garantissant

une couleur uniforme, sera recherchée.

22 Silva Belgica septembre-octobre 2015


LIBRE PROPOS

Conclusions

Nous subissons actuellement l’effet des importations

vers les pays sud-asiatiques de nos grumes

feuillues, des bas salaires des pays européens de

l’Est et des nouveaux débouchés à base de multiplis,

bois massifs contrecollés, aboutés et garnis de

placages déroulés en 2,3 et 4 mm fabriqués à partir

des gros diamètres notamment en hêtre, érable

et en résineux.

Nous avons vu que le douglas joue déjà un rôle

important dans tout ce qui est lamellé. A l’avenir,

il sera mis en œuvre dans de nouveaux produits

supplantant le bois massif et présentant de nombreux

avantages par rapport à ce dernier : assemblages

stables, non nerveux, bonne stabilité, qualités

mécaniques supérieures et prix compétitifs,

sans oublier les délais de livraisons des quantités

commandées.

Dans ce contexte, nous avons intérêt à orienter nos

investissements forestiers belges dans des plantations

résineuses de bois durables, robustes (résistant

à la sécheresse) et à l’abri du gibier, comme le

douglas vert ainsi que les mélèzes du Japon, européens

et hybrides en fonction de leurs exigences,

le pin sylvestre de bonne origine, accessoirement

et localement le pin de Murray et radiata, le thuya

plicata (western red cedar) ainsi que l’if.

Je tiens ici à saluer la mémoire

d’Albert van Zuylen

qui fut un grand forestier et

humaniste.

Je l’ai bien connu durant ses

15 dernières années au cours

desquelles il a consacré toute

son énergie à mettre sur

pied un groupement forestier

essentiellement familial

pour appliquer sa sylviculture

sur l’ensemble de la surface

forestière.

Cette sylviculture, il l’a orientée

en fonction des débouchés

actuels les plus rémunérateurs

à savoir la production

de douglas à densité suffisamment

forte et à croissance

la plus régulière possible tout

en respectant le maintien

de feuillus et l’ambiance

réceptive à la régénération

naturelle.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 23


NOS ACTIVITÉS

Harmonie faune – flore – forêt,

utopie ou réalisme ?

Retour de la journée du 25 juin

par Orane Bienfait, responsable formation à la SRFB

Cette journée organisée par la Société Royale

Forestière de Belgique (SRFB) faisait suite au

colloque « Vers un équilibre faune-flore en forêt,

utopie ou réalisme » donné à Namur dans le cadre du

Festival du film Nature. Philippe Blerot, inspecteur général

au Département Nature et Forêt, fut le grand promoteur

de cette journée, lui-même conduit par la philosophie

de Francis Roucher 1 .

Divers acteurs de terrain nous ont fait l’honneur de partager

leurs expériences tout au long du parcours que

nous avions mis en place dans la propriété de la famille

Menne à Florennes.

Monsieur Alain Licoppe, responsable du Laboratoire de

la faune sauvage et de cynégétique au DEMNA a présenté

la biologie et le comportement des trois espèces de

grands gibiers présents en forêt wallonne. Ces connaissances

sont indispensables pour une gestion raisonnée,

qu’il s’agisse de chasse ou de sylviculture. A titre

1 Dr. Francis Roucher est le premier à avoir effectué, en France et en

Suisse, une gestion des cervidés sans comptages et basée sur la biométrie.

Il est notamment l’auteur du livre « Cervidés et forêt, rétablir une harmonie

», en vente à la librairie de la SRFB – Réf : 131E02 - 30,00€

d’exemple, certains d’entre nous ont appris que le cerf

peut se reproduire en s’appuyant sur ses réserves de

graisse, alors que c’est impossible pour le chevreuil. Ce

dernier est guidé par la quantité de nourriture disponible

du moment.

M. Claude de Montpellier, président du Conseil Cynégétique

Flavion-Molignée, a évoqué la situation du C.C

Flavion-Molignée qui tente de gérer les populations de

sangliers au travers de l’étude des rétro-tirs en relation

avec les expertises de dégâts agricoles. Il a également

évoqué la situation du chevreuil pour lequel le prélèvement

est souvent trop faible dans de nombreuses chasses.

Il nous a rappelé qu’il faut tirer beaucoup d’animaux sur

un territoire pour voir sa densité diminuer.

Francois Delacre, Ing. Attaché-Chef au Cantonnement

de Viroinval nous a présenté la Chasse domaniale de

Mariembourg, qui de prime abord est traditionnelle

avec des battues à cor et à cri. Cependant, un nouveau

principe de chasse, la poussée silencieuse y est également

pratiquée.

Lors d’une poussée silencieuse, les traqueurs avancent

sans bruits excessifs, et sans chiens. Les animaux sont

dérangés mais ne sont pas pourchassés. Ils se présentent

24 Silva Belgica septembre-octobre 2015


NOS ACTIVITÉS

n’est réalisé et les plantations se déroulent sans aucune

clôture. Une grande variété floristique est réapparue.

La journée s’est clôturée par la présentation de l’expérience

du Bois Landry en France.

Bertrand Monthuir, gestionnaire du domaine, nous en

parle plus en détail dans l’article suivant.

donc devant les fusils postés sans être en fuite, ce qui

permet de bien les identifier et de mieux choisir les animaux

prélevés.

René Dahmen, Ing. Attaché chef du Cantonnement

d’Elsenborn nous a décrit sa prise de fonction en 1987,

il y avait alors environ 200 bêtes/1000 ha. Le problème

de la régénération naturelle était récurrent. Par la suite,

une expérience de mise en place d’enclos-exclos a prouvé

que la régénération était possible là où le gibier n’allait

pas. La décision de réduire la densité s’en est suivie.

Sur base de l’expérience de Roucher, ils se sont lancés

dans un nouveau mode de gestion du chevreuil. Quatre

ans plus tard les chevreuils avaient diminué en nombre et

repris de la vigueur. Aujourd’hui, plus aucun nourrissage

Un petit mot de fin a été réalisé par Philippe Blerot

et notre président Dominique Godin qui ont mis en

exergue l’importance de ce type de journée et l’amitié

soutenue entre la SRFB et le DNF.

***

Nous remercions tous les acteurs de cette enrichissante

journée ainsi que le propriétaire Jean-Louis Menne, qui

nous a ouvert les portes de sa très belle forêt.

L’accord cadre de recherche et de vulgarisation forestière

prévoit une étude suivie sur l’aménagement d’enclos-exclos.

Ces mini-parcelles clôturées sont des outils didactiques pour

le chasseur et le sylviculteur, ils permettent d’objectiver

l’équilibre entre la faune et la flore.

Un appel sera bientôt lancé pour créer ce type d’aménagements

en forêt privée, si cela vous intéresse, vous pouvez

vous manifester auprès de la SRFB.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 25


GESTION

Gestion des populations de

chevreuils par ICE

L’expérience du Domaine du Bois Landry

par C. Launay (1), E. Bideau (2), B. Monthuir (1), M.-L. Maublanc (2), J.-F. Gerard (2)

(1) Forestis ; La Graiserie ; 28240 Champrond-en-Gâtine

(2) CEFS ; INRA BP 52627 ; F-31326 Castanet Tolosan Cedex

Constatant l’échec des méthodes de dénombrement des populations de chevreuils,

un groupe de spécialistes français animé par l’ONCFS 1 décida de tester une nouvelle

méthode de suivi des populations, basée sur le suivi d’indicateurs de la relation entre

les populations et leur habitat (ONC, 1996). Plutôt que d’évaluer le nombre d’animaux

présents sur un secteur, il est en effet plus utile, pour gérer une population,

d’estimer si elle est stable ou non, si les animaux sont en bonne condition physique

et si la pression qu’ils exercent sur leur habitat est compatible avec sa régénération.

Plusieurs « indicateurs de changement écologique » (ICE) ont ainsi été validés sur le

chevreuil : l’indice kilométrique d’abondance, des indices de condition physique et

un indice de consommation de la flore (Morellet, 2008).

Nous avons utilisé cette méthode comme

aide à la gestion d’une population de

chevreuils dont la forte densité compromettait

les objectifs de production forestière. En

1999, la pression de chasse a été fortement augmentée,

et l’effet de cette pression sur la population

de chevreuils et sur son habitat a été mesuré

en utilisant un ensemble d’ICE.

Le Domaine du Bois-landry

Situé en France, en Eure et Loir (28), le Domaine

du Bois-Landry couvre 1.210 hectares, dont 1.160

ha boisés. Sa vocation est la production de bois

d’œuvre, le maintien d’une activité cynégétique

centrée sur le chevreuil, et une activité touristique.

En dehors de rares plantations de résineux, la forêt

est un taillis sous futaie en voie de conversion en

futaie. L’essence dominante est le chêne sessile, auquel

s’ajoutent le chêne pédonculé, le frêne, le merisier

et le châtaignier. Hormis le chevreuil, le cerf

élaphe et le sanglier sont assez rares dans le massif. 1

Notre gourmet

passe à table.

Les indicateurs utilisés

Six ICE ont été progressivement mis en place à

partir de la saison de chasse 1999-2000. Le premier

fut le nombre de corps jaunes dans les ovaires

des femelles de plus d’1 an (indice de fécondité).

Ce paramètre, bien que non validé comme ICE,

reflète en partie la condition physique des che-

1 Office national de la chasse et de la faune sauvage

26 Silva Belgica septembre-octobre 2015


GESTION

© Philippe Moës

vrettes, et est facile à obtenir lors de l’éviscération

des animaux tués à la chasse. Le deuxième indicateur,

mis en place à partir de la saison 2001-02, a

été la masse corporelle des juvéniles, pesés après

éviscération. Le troisième indicateur, mis en place

en 2006, est l’indice kilométrique d’abondance

(nombre d’individus observés par kilomètre parcouru).

Six circuits de 5,2 à 5,7 km ont été répartis

sur le massif. Suivant les années, six à onze observateurs,

se déplaçant à pied matin et soir, ont réalisé

chacun une série de circuits au mois de mars,

après la saison de chasse.

Le quatrième indicateur est l’indice de consommation

de la flore (proportion de placettes de 1 m² où

la flore lignifiée présente des traces d’abroutissement

en fin d’hiver). Il a été appliqué en mars 2007,

2008, 2010 et 2012, sur 195 placettes réparties sur

le massif. Les relevés ont aussi permis d’estimer la

proportion de placettes présentant des végétaux

lignifiés (abroutis ou non) accessibles aux chevreuils,

en particulier les jeunes plants de chêne,

afin d’évaluer les potentialités de régénération

forestière. Enfin, deux indicateurs de condition

physique, la longueur de la mandibule et celle des

pattes postérieures des juvéniles tués à la chasse,

ont été mis en place à partir des saisons 2005-06

et 2008-09.

Évolution des prélèvements

et des ICE

Les prélèvements ont été augmentés de 2001-02

(104 individus) à 2006-07 (173 individus), sans

amélioration visible sur les indices de condition

physique. Au contraire, le nombre de corps jaunes

par femelle et le poids des juvéniles tendaient à

diminuer. Entre mars 2006 et mars 2007, l’indice

kilométrique d’abondance confirmait la diminution

des effectifs.

Les prélèvements ont été maintenus à un haut

niveau en 2007-08 et 2008-09 (167 puis 196 animaux).

La dynamique des indices de condition

physique s’est alors inversée avec une forte hausse

en 2007-08. L’indice kilométrique a atteint son

plus bas niveau en mars 2009.

À partir de la saison 2009-10, les prélèvements annuels

ont été ramenés aux environs d’une centaine

d’individus (99 à 133). Les indices de condition

physique sont restés élevés, l’indice kilométrique

montrant quelques fluctuations avec une légère

tendance à la hausse.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 27


GESTION

Tableau de bord du plan de chasse par triade

Saisons 2003-2006 2006-2009 2009-2012 2012-2015

Attribution

(bracelets)

470 540 450 350

Réalisation 461 536 342 334

Prélèvement au

100 ha boisé

Taux de

réalisation

Indice de condition

physique

Indice kilométrique

d’abondance

Indice de consommation

de la flore

13 15 9,5 9,3

98 % 99 % 76 % 95 %

L’indice de consommation de la flore, qui avait

diminué entre mars 2007 et mars 2008, a continué

de décroître légèrement jusqu’en mars 2012.

La proportion de placettes présentant des semis

de chênes, qui n’avait pas évoluée entre mars 2007

et mars 2008, a augmenté fortement en mars 2010

pour rester élevée en mars 2012.

Ce dialogue permanent entre niveaux de prélèvement

par la chasse et réponses des ICE est illustré

par le « tableau de bord », une présentation synthétique

qui constitue un véritable outil d’aide à

la décision.

Une expérience très

concluante

Sur le Domaine du Bois-Landry, l’augmentation

de la pression de chasse, encadrée par l’utilisation

des ICE comme aide à la décision, a permis

d’abaisser l’effectif de chevreuils à un niveau permettant

:

1. d’améliorer la condition physique des animaux ;

2. d’augmenter les potentialités de régénération

forestière, ce dont témoignent les indicateurs

utilisés.

Cette expérience montre comment l’utilisation

d’un faisceau d’ICE peut aider les gestionnaires à

ajuster les prélèvements pour réaliser l’ensemble

des objectifs de gestion.

Il est cependant important de garder à l’esprit

que les variations des ICE renseignent sur la dynamique

d’un système complexe, dans lequel les

prélèvements par la chasse, s’ils jouent un rôle

important, ne sont pas le seul facteur de variation

(conditions climatiques, travaux sylvicoles, pathologies,

…).

Par ailleurs, c’est bien l’évolution des ICE au cours

du temps qui apporte de l’information sur la relation

« population-habitat » et non leurs valeurs annuelles

; une échelle de trois ans semble un laps de

temps raisonnable pour saisir ces évolutions. Ces

impératifs nous paraissent réserver l’usage des ICE

à des territoires de taille suffisante où les moyens

en personnel, la maîtrise des choix de gestion et la

garantie d’un suivi à long terme sont assurés.

Références bibliographiques

Boutin, J.-M., Gaillard, J.-M., Delorme, D. & Van Laere,

G. 1987. Suivi de l’évolution de la fécondité chez le

chevreuil (Capreolus capreolus) par l’observation des

groupes familiaux. Gibier Faune Sauvage n°4 : 255-265.

Gaillard, J.-M., Delorme, D., Boutin, J.-M., Van Laere, G. &

Boisaubert, B. 1996. Body mass of roe deer fawns during

winter in two contrasting populations. J. Wildl. Manage.

n°60: 29-36.

Hewison, A.J.M. & Gaillard, J.-M. 2001. Phenotypic quality

and senescence affect different components of reproductive

output in roe deer. J. Anim. Ecol. n°70 : 600-608.

Hewison, A.J.M., Vincent, J.-P., Bideau, E., Angibault, J.-M.

& Putman, R.J. 1996. Variation in cohort mandible size as

28 Silva Belgica septembre-octobre 2015


CHRONIQUE ÉCONOMIQUE

GESTION

an index of roe deer (Capreolus capreolus) densities and Roucher F. 1997. Chevreuils d’hier et d’aujourd’hui. Gerfaut,

ne Paris.

population trends. commandes J. Zool. n°239 sont : 573-581. remplis. L’OSB et le MDF

Maillard, D., Boisaubert, B. & Gaillard, J.-M. 1989. La masse Toïgo, C., Gaillard, J.-M., Van Laere, G., Hewison, A.J.M.

suivent pas encore la tendance.

corporelle : un bioindicateur possible pour le suivi des & Morellet, N. 2006. How does environmental variation

populations de chevreuils. Gibier Faune Sauvage n°6 : influence body mass, body size and body condition ? Roe

57-68. Pour la plupart des usines, les niveaux de stock deer as a case study. Ecography n°29 : 301-308.

Morellet, N. 2008. sont La déjà gestion hauts des grands en début herbivores d’été, par particulièrement

les Vincent, J.-P., Bideau, E., Maire F. 1979. Vers une nouvelle

indicateurs de en changement Autriche écologique. et dans le Faune Sud Sauvage de l’Allemagne. méthode En de recensement du chevreuil . Bull. mens. ONC

n°282 : 9-18. France, la situation semble plus contrastée. n° Certaines

usines S., Gaillard, sont J.-M., toujours Ballon, en P. rupture & de stock. Vincent, J.-P., Bideau, E. 1985. Recensement du chevreuil ;

spécial Scien. et techn. : 207-226.

Morellet, N., Champely,

Boscardin, Y. 2001. The browsing index : new tool uses

browsing pressure to monitor deer populations. Wildl.

Soc. Bull. n°29 : 1243-1252.

Bilan d’une expérience sur 5 ans. Revue Forestière Française

n°37(5) : 421-424.

Vincent, J.-P., Gaillard, J.-M. & Bideau, E. 1991. Kilometric

index as biological indicator for monitoring forest roe

ONC. 1996. Les bio-indicateurs : Futurs outils de gestion

des populations 5. Papeteries

de chevreuils. Fiche technique n°90, supplément

au Bull. Mens. ONC n°209.

Vincent, J.-P., à Bideau, des prix E., Hewison, relativement A.J.M. & bas. Angibault, Le prix J.-M. des sciures

deer populations. Acta Theriol. n° 36(3-4) : 315-328.

ONCFS. 2009. Le La tableau situation de bord des producteurs : des indicateurs évolue pour peu. Des jours 1995. The influence a beaucoup of increasing diminué density et il on reste body stable. weight, La remise

aider à la gestion d’arrêt des de populations production d’ongulés. sont Rapport notés chez la plupart kid production, en cause home range des subventions and winter grouping dans certaines roe régions

scientifique 2009 des fabricants. : 31. Seuls les fabricants de papier deer kraft (Capreolus européennes capreolus). est J. Zool. une n°236 mauvaise : 371-382. nouvelle pour les

et d’emballage tournent à pleine capacité. Comme producteurs intégrés en cogénération. Le manque

pour les panneautiers, les approvisionnements se à gagner se traduit souvent en perte sèche et la

font dans de meilleures conditions que ces derniers production devient rapidement déficitaire.

mois. En Autriche, les usines contingentent les

arrivages de rondins. En France, le massif landais En résumé, dans une situation globale de détente

ne produit plus assez pour les usines locales. Des des marchés d’approvisionnement en bois, les disparités

régionales sont importantes et relativement

volumes de plaquettes de bois sont chargés en

Autriche pour ces usines.

inhabituelles. Le développement local du secteur

énergétique semble être un facteur d’instabilité dans

les approvisionnements en bois. Les productions ne

sont pas constantes et fortement liées aux conditions

6. Bois énergie

météorologiques, difficilement prévisibles. Entre un

hiver doux ou rigoureux, les consommations peuvent

varier du simple ou double. Sachant que l’on

Le secteur a souffert du manque d’hiver et la

reprise est difficile. Même si quelques unités ont parle de plusieurs millions de tonnes de pellets par

recommencé la production de pellets, la situation an, on peut comprendre que les tensions sur l’approvisionnement

peuvent être est compliquée. Les productions partent en stock

importantes.

PLANTS FORESTIERS

d’origines recommandées

PREPARATION DE TERRAIN

Déchiquetage – andainage – travail du sol

ENTRETIEN ET RESTAURATION

de réserves naturelles

ENTREPRISE

de plantation et de dégagement

PRODUCTION DE PLANTS EN GODETS

AMENDEMENT FORESTIER

SAPINS DE NOEL

Al Masse – Harre • 6960 Manhay

Tel. +32(86)43. 39. 09 • Fax. +32(86)43. 41. 17

www. pirothon. com • yvespirothon@belgacom. net

40 SILVA BELGICA JUILLET-AOÛT 2014

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 29


GESTION

Formules financières comme outils

d’aide à la décision

Partie 1 : valorisation d’un peuplement par le processus de

capitalisation et d’actualisation

par Anthony van Zuylen, DYNASILVA, expertise et gestion forestière – avz@dynasilva.com

en hommage à Madame Anne Bary-Lenger

avec la participation de David Dancart, SRFB

Lors des visites forestières des 29 et 30 mai 2015 organisées par la SRFB sur les propriétés du

Groupement forestier de la vallée du Chavan (famille Naveau) et du Groupement forestier

van Zuylen Duesberg, avait été abordée la question de l’intérêt économique d’un projet

forestier (attente de la régénération naturelle après une mise à blanc, élagage en hauteur

des arbres d’avenir, choix d’un mode de sylviculture, etc.). Les calculs, permettant d’élaborer

les grilles de décisions propres à ces questionnements, faisaient appel aux notions financières

d’actualisation et de capitalisation. L’appui de la SRFB, tout comme l’enthousiasme

exprimé lors de ces visites, m’ont amené à écrire cet article dont l’objet consiste notamment

à permettre aux lecteurs d’affirmer de manière plus rationnelle certaines décisions sylvicoles,

souvent nées de l’intuition de facteurs économiques sous-jacents. De même, du fait de la

vocation didactique de cet article, des historiettes ont été inventées dans le but de rendre

plus ludique la présentation de ces outils d’analyse financière, parfois indigestes.

La plupart des éléments de calculs ont été puisés

de l’ouvrage intitulé L’expertise et la gestion

financière des propriétés forestières (Bary-Lenger

et al, 1983) 1 . Cette référence est également une manière

de rendre hommage à Madame Anne Bary-Lenger, qui

nous a quittés il y a maintenant un peu plus de trois

ans en nous laissant un magnifique témoignage de son

amour pour la forêt à travers ses nombreux écrits 2 . Merci

aux lecteurs de se référer à cet ouvrage s’ils souhaitent

disposer d’une description plus détaillée des définitions

exposées ci-dessous, ou encore d’une bibliographie plus

complète.

La structure de cet article se décompose en trois parties.

La première partie expose les concepts de base

repris dans le livre susmentionné avec pour but de

familiariser le lecteur aux notions de capitalisation et

d’actualisation. Y sont repris les concepts de « taux de

capitalisation » (t c

) et « de taux d’actualisation » (t a

), de

« valeur capitalisée» (VC) ou encore de « valeur actualisée

» (VA). La deuxième partie expliquera les notions

de « valeur actuelle nette » (VAN) ainsi que de « taux interne

de rentabilité » (t ir

). Enfin, la troisième et dernière

partie mettra en perspective ces concepts afin de mieux

comprendre ce que représente la « valeur d’un fonds de

bois » ou encore d’analyser le « gain relatif » d’un projet.

1 Anne Bary-Lenger, René Evrard, Pierre Gathy, Jean Kimus, «L’expertise

et la gestion financière des propriétés forestières», Ed. Vaillant-Carmanne,

Liège, 1983. Cet ouvrage est disponible à la librairie de la SRFB au prix de

9,00 € frais de port compris – Réf : 131 Z08.

2 Également en vente à la librairie de la SRFB : « La Forêt » (1979) ;

« Le chêne » (1993) ; « Transformation, utilisation et industries du bois

en Europe » (1999) ; Culture des chênaies irrégulières » (2004). Notons

également que parmi les autres ouvrages non disponibles via la SRFB, on

trouvera la version complétée du livre de référence de cet article mettant

l’accent non seulement sur les arbres de production en forêt, mais également

sur les arbres d’agrément (en ville ou à la campagne) : « Évaluation

financière des arbres d’agrément et de production » (2002).

A – Capitalisation et Actualisation

A.1. Introduction

Tout propriétaire forestier, regardant sa forêt comme

une épargne de bon père de famille, se posera généralement

la question : que pourrait valoir aujourd’hui

30 Silva Belgica septembre-octobre 2015


GESTION

mon peuplement ? Pour répondre à cette question, le

propriétaire non familiarisé avec les concepts financiers

expliqués ci-dessous, aura naturellement tendance à estimer

la valeur sur pied de ses arbres, soit la valeur que

l’on obtiendrait si l’on coupait tous les arbres à l’année

du calcul. Toutefois, cette logique ne pourra pas toujours

être appliquée. Par exemple, une plantation de 10

ans aura une valeur « sur pied » quasi nulle.

Dès lors, quand la valorisation « sur pied » ne s’avère pas

appropriée (surtout dans le cas de peuplements forestiers

non matures), le propriétaire pourra faire appel à

l’une des deux méthodes expliquées ci-dessous (capitalisation

versus actualisation). En effet, ces deux approches

présentent, à de nombreux égards, une logique

plus fiable que celle relative à la valorisation « sur pied ».

Afin de se familiariser avec ces deux méthodes de

calculs, nous ne ferons pas référence, dans ce premier

point, au cas de figure de la valorisation d’un peuplement.

Il semble en effet plus adéquat, dans un premier

temps, d’exposer les notions de base relatives à un placement

n’ayant qu’un seul investissement (point A.2.2) ou

qu’une seule recette (point A.2.3). Ce ne sera que dans

le point suivant (point B) que l’on abordera la question

de la multiplicité des recettes et des dépenses relatives à

la valorisation des peuplements forestiers.

Par ailleurs, l’introduction de la notion d’inflation permettra

de faire la distinction entre l’utilisation d’un taux

« brut » ou « net » en fonction que les montants considérés

dans le calcul soient « bruts » ou « nets » (point A.3). Enfin,

une historiette mettra en perspective l’ensemble du

point A en confrontant le propriétaire forestier M. Douglas

à son banquier M. Bigcash, déterminé à convaincre

son client de laisser son argent en banque (point A.4).

A.2. Définitions et formules de base

A.2.1. Généralités

Le terme de « placement » utilisé ci-dessous devra être

considéré comme un capital producteur (à l’image d’un

peuplement forestier), et ne doit pas être confondu avec

les termes de « montants » passés (cf. investissement initial)

ou futurs (cf. recette finale) qui, comme nous allons

voir ci-dessous, déterminent la valeur de ce placement.

Le tableau 1 et le graphique 1 ci-dessous montrent que

l’on calcule la valeur capitalisée d’un placement sur

base du montant de l’investissement initial ; alors que

la valeur actualisée d’un placement se base sur la valeur

estimée de la recette finale.

Tableau 1 : logique de calcul propre aux méthodes de

capitalisation versus actualisation

Capitalisation

Année de

l’investissement

(année 0)

Montant de

l’investissement

initial

Actualisation /

Année du

calcul

(année x)

Valeur

capitalisée du

placement

Valeur

actualisée du

placement

Année de la

recette

(année n)

/

Valeur estimée

de la recette

finale

Le graphique 1 montre que la capitalisation (flèche

rouge) d’un montant de 7.000 € effectué à l’année 0, vise

à établir, à l’année x d’aujourd’hui (ici x = 30), la valeur

de ce placement. À l’opposé, l’actualisation (flèche verte),

a pour but de déterminer la valeur que l’on peut espérer

associer à un placement à l’année x, sur base du montant

de la recette finale (dans ce cas 72.000 €) qu’il rapportera

à l’année n, soit dans (n-x) années. Notons que les deux

méthodes de calcul conduisent à une valeur de 19.000 €.

Graphique 1 : évolution de la

valeur brute d’un placement

et illustration du principe

d’actualisation versus

capitalisation d’un montant.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 31


GESTION

Les points suivants permettront de comprendre que l’unicité

des résultats obtenus par l’une ou l’autre méthode

n’est qu’une question de bon choix de taux.

A.2.2. La valeur capitalisée à l’année x (VC x

) et le

taux de capitalisation (t c

)

Les formules de capitalisation, présentées dans le cadre 1

ci-dessous, permettent de déterminer la valeur capitalisée

d’un investissement D i

effectué il y a (x-i) années, où x est

l’année du calcul, et i l’année de l’investissement. Cette

valeur dépendra du « taux de capitalisation » (t c

). De

même, dans la formule ci-dessous, (1+t c

) (x-i) détermine

ce que l’on appellera le « facteur de capitalisation » où

l’exposant (x-i) n’est autre que le nombre d’années séparant

l’année x (année du calcul de la valeur du placement)

de l’année i (année de la dépense D i

). On multipliera par

ce facteur le montant à capitaliser.

À titre d’illustration, le tableau 2 ci-contre permet de

voir que la valeur capitalisée d’un placement dont la dépense

initiale (D 0

) (soit dépensée à l’âge i = 0) serait de

7.000 €, variera en fonction du taux t c

utilisé. En outre,

on constatera que plus le taux de capitalisation (t c

) est

élevé, plus la valeur capitalisée du placement à l’année x

du calcul (VC x

) sera importante. Le « facteur de capitalisation

» par lequel on multipliera, dans ce cas, le montant

de l’année 0 sera en effet d’autant plus élevé que t c

le

sera. De même, on voit que lorsque l’on capitalise cet investissement

initial (i = 0) avec un taux t c

de 3,3857%, on

obtiendrait après 30 ans (x = 30) : 7.000 (1+0,033857) 30 ,

soit 19.007 € 1 .

Tableau 2 : valeurs capitalisées obtenues pour un placement de

30 ans dont l’investissement initial serait de 7000 €, et ce, en

fonction du taux de capitalisation utilisé.

Taux de capitalisation

Investissement en

1985 (année 0)

Valeur capitalisée du

placement en 2015

(30 e année)

10.942 €

1,5%

2,0% 12.680 €

2,5% 7.000 €

14.683 €

3,3857% 19.007 €

3,5% 19.648 €

A.2.3. La valeur actualisée à l’année x (VA x

) et le

taux d’actualisation (t a

)

Les formules d’actualisation, présentées dans le cadre

2 ci-contre, permettent de déterminer la valeur actualisée

d’une recette R i

touchée dans (i-x) années, où i est

l’année de la recette et x est celle du calcul. Cette valeur

dépendra du « taux d’actualisation » (t a

). De même,

dans la formule ci-contre, (1+t a

) (i-x) détermine ce que

l’on appellera le « facteur d’actualisation » où l’exposant

(i-x) n’est autre que le nombre d’années séparant

l’année i (année de la recette R i

) de l’année x (année du

calcul de la valeur du placement). On divisera par ce

facteur le montant à actualiser.

À titre d’illustration, le tableau 3 ci-contre permet de

voir que la valeur actualisée d’un placement dont la recette

finale R n

(soit perçue à l’âge i = n) serait de 72.000 €

variera en fonction du taux t a

utilisé. On constatera que

plus le taux d’actualisation t a

est élevé, plus la valeur

actualisée du placement à l’année x du calcul (VA x

)sera

faible. En effet, le « facteur d’actualisation » par lequel on

divisera le montant perçu à l’année n (R n

) sera d’autant

plus élevé que t a

le sera.

Cadre 1 : formules de capitalisation


VC x

= D i

(1+t c

) (x-i) où on aura quand i = 0 : VC x

= D 0

(1+t c

) x

i = âge du placement allant de 0 à n

x = âge du placement à l’année du calcul

t c

= taux de capitalisation

D i

= dépense ou investissement de l’année i

VC x

=VC x

(D i

) = valeur de la dépense D i

capitalisée à l’année x

(1+t c

) (x-i) = facteur de capitalisation

1 Seul le taux de 3,3857% permet d’obtenir la même valeur quelle que soit la méthode (capitalisation versus actualisation) utilisée. Cette propriété sera

expliquée dans la partie 2 de cet article avec l’introduction de la notion de « taux interne de rentabilité ».

32 Silva Belgica septembre-octobre 2015


GESTION

Cadre 2 : formules d’actualisation


R i VAx = (1+ta ) (i-x)

i = âge du placement allant de 0 à n

x = âge du placement à l’année du calcul

n = âge du placement à l’année de la recette finale R n

t a

= taux d’actualisation

où on aura quand i = n :

R i

= recette de l’année i

VA x

=VA x

(R n

)= valeur de la recette R n

actualisée à l’année x

(1+t a

) (i-x) = facteur d’actualisation

R n VAx = (1+ta ) (n-x)

De même, on voit que lorsque l’on actualise cette recette

finale (R n

) de 72.000 € (touchée à l’année i = 70) avec un

taux t a

de 3,3857%, et ce, à l’âge x de 30 ans, on aurait

une valeur de : 72.000/(1+0,033857) (70-30) soit 19.007 €.

Tableau 3 : valeurs actualisées obtenues aujourd’hui pour un

placement dont la recette finale, prévue en 2055, serait de 72.000

€, et ce, en fonction du taux d’actualisation utilisé.

Taux d’actualisation

Valeur actualisée en

2015 (30 e année)

1,5% 39.691 €

2,0% 32.608 €

2,5% 26.815 €

3,3857% 19.007 €

3,5% 18.185 €

A.3. La notion d’inflation

Recette finale en

2055 (70 e année)

72.000 €

Une monnaie est généralement soumise de manière plus

ou moins continue et irrégulière à un effet d’inflation,

pouvant être défini comme la diminution de la valeur

intrinsèque de cette monnaie 1 . Ce point concernant la

notion d’inflation, permettra de comprendre comment

neutraliser les effets de la dévaluation monétaire et,

de la sorte, estimer le taux réel d’un placement que l’on

appellera ici « taux net » (t net

).

A.3.1. Le calcul d’un montant net

Le cadre 3 expose les formules permettant de calculer,

en référence aux valeurs de l’année x du calcul, la valeur

nette (M i net (x)

) d’un montant brut (M i brut

) dépensé ou

touché l’année i. De même, on considérera deux cas

particuliers reprenant d’une part la valeur nette d’une

dépense brute D 0 brute

(où i = 0) et d’autre part, la valeur

nette d’une recette brute R n brute

(où i = n).

Cadre 3 : formules de conversion d’un montant brut

en montant net

En fonction que l’année x soit plus petite ou plus grande que

l’année i, on aura :

quand i < x : M i net (x)

= M i brut

(1+ t inflation

) (x-i)

M

quand i > x : M i net (x)

=

i brut

(1+t inflation

) (i-x)

Dès lors si M i

= D 0

ou M i

= R n

, on obtiendra respectivement

les formules suivantes :

D o nette (x)

= D o brute

(1+ t

inflation )(x-0)

R

R n nette (x)

= n brute

(1+t inflation

) (n-x)


i = âge du placement allant de 0 à n

x = âge du placement à l’année du calcul

n = âge du placement à l’année de la recette finale R n

t inflation

= taux d’inflation

M i brut

= montant brut d’une dépense ou d’une recette de l’année i

M i net (x)

= valeur nette de M i brut

par rapport à l’année x

D 0 brute

= montant brut d’une dépense effectuée l’année 0

D 0 nette (x)

= valeur nette de D 0 brute

par rapport à l’année x

R n brute

= montant brut d’une recette perçue à l’année n

R n nette (x)

= valeur nette de R n brut

par rapport à l’année x

(1+t inflation

) (x-i) = facteur d’inflation de l’année i par rapport à

l’année x (par multiplication)

(1+t inflation

) (i-x) = facteur d’inflation de l’année i par rapport à

l’année x (par division)

1 Un euro de 1999 a une valeur réelle plus importante qu’un euro de

2015 et a donc perdu de sa valeur intrinsèque.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 33


GESTION

Graphique 2 : évolution dans le temps de la valeur brute et réelle d’un placement et du facteur d’ajustement monétaire pour un taux d’inflation de 2%

Le graphique 2 ci-dessus permet de visualiser l’ensemble

des valeurs brutes possibles aux années i (allant

de l’année 0 à l’année n) ayant pour point commun

d’avoir une valeur nette de 100 € à l’année x = 50.

On voit qu’une valeur brute d’une recette de 149 € à

l’année i = 70 aura une valeur nette de 100 € lorsque l’inflation

1 est de 2% et que ce montant est exprimé par rapport

aux valeurs de l’année de référence x = 50. En effet,

M i brut

= 100 (1+0,02) (70-50) = 100 1,49 = 149 2 (car i > x).

De même, une valeur brute d’une dépense de 50 € à

l’année i = 10 aura une valeur nette de 100 € lorsque l’inflation

est de 2% et que ce montant est exprimé par rapport

aux valeurs de l’année de référence x = 50. En effet,

M i brut

= 100 1/(1+0,02) (50-10) =100/2,21 = 45 (car i < x).

A.3.2. Relation entre taux brut et taux net

La relation existant entre « taux brut » et « taux net » est

résumée dans le cadre 4, et devient indispensable dès le

moment où l’on souhaite comparer un placement dont le

rendement est exprimé en « taux net » (comme c’est généralement

le cas en gestion forestière), à un autre placement

dont le taux est exprimé en « taux brut » (comme dans le

cas d’un compte d’épargne classique).

En effet, si l’on compare, par exemple, le taux net d’un

peuplement forestier (t net pplt

) de 3%, au taux brut d’une

1 Hypothèse simplificatrice d’une inflation moyenne stable de 2% sur la

période considérée.

2 Remarquons que le montant net ne sera égal au montant brut qu’à

l’année x du calcul.

Cadre 4 : relation entre taux brut et taux net

(1+t brut

) = (1+t net

)(1+t inflation

) = 1+t net

+t inflation

+(t net

t inflation

)

De même, vu que (t net

t inflation

) ≈ 0, on a donc

t brut

≈ t net

+ t inflation

épargne bancaire (t brut banque

) de 4,5% 3 , il convient de se

demander si le taux net offert par la banque [(taux brut)

– (taux d’inflation moyen estimé sur la période de comparaison)]

est inférieur ou non à 3% 4 . Dans l’affirmative,

le placement en forêt est plus intéressant (t net banque

< 3%),

alors que dans le cas contraire, c’est le placement en

banque qui l’est (t net banque

> 3%).

A.3.3. Unicité du résultat

En utilisant les formules des cadres précédents, et en

considérant que i = 0 pour la formule de la capitalisation

et que i = n pour celle de l’actualisation, on obtient

les égalités résumées dans le cadre 5.

Cela permet de voir que la valorisation d’un placement

par le biais des montants « bruts » (utilisant donc un

facteur de capitalisation ou d’actualisation brut) est, en

3 Pour pouvoir comparer les deux placements cités dans cet exemple

(forestier versus bancaire), leurs durées de vie devraient normalement

être égales. On pourra néanmoins imaginer une comparaison partielle

couvrant la durée de vie du placement bancaire.

4 Ou encore de se demander si l’inflation moyenne nationale sera ou

non supérieure à 1,5% durant la durée de vie du compte d’épargne.

34 Silva Belgica septembre-octobre 2015


GESTION

Cadre 5 : équivalence entre les formules utilisant un « taux brut » par rapport à celles utilisant un « taux net »

VA x

=

R n brute

(1+t a brut

) (n-x)

R

= n brute

=

(1+t a net

) (n-x) (1+t inflation

) (n-x)

R n nette (x)

(1+t a net

) (n-x)

VC x

= D 0 brute

(1+t c brut

) x = D 0 brute

(1+t c net

) x (1+t inflation

) x = D 0 nette (x)

(1+t c net

) x

Légende voir cadre 3

toute logique, identique à une valorisation par le biais

des montants nets (utilisant des taux nets). Le tout étant

de ne pas confondre la nature du montant à capitaliser

ou à actualiser, étant donné que l’on ne travaillera uniquement

qu’avec des montants bruts (et donc un taux

brut), ou au contraire qu’avec des montants nets (auxquels

on appliquera un taux net).

A.4. Cas d’exemple : dialogue entre M.

Douglas et son banquier M. Bigcash

Le récit d’un entretien ayant eu lieu entre un propriétaire

forestier, M. Douglas, et son banquier, M. Bigcash,

permettra de mieux se familiariser avec les concepts

abordés jusqu’ici. En effet, lorsque M. Bigcash tente de

convaincre son client de placer en banque l’argent qu’il

a touché de sa récente mise à blanc de magnifiques mélèzes,

ce dernier avoue ne pas encore vraiment savoir

s’il réinvestira cet argent en forêt, ce qui lui semble, à la

lumière de son intuition farouchement aiguisée, nettement

plus rentable que ce que lui propose son banquier.

Sachant qu’un peuplement de mélèze, au dire d’un

gros propriétaire forestier, M. Wincherted, chez qui M.

Bigcash va immanquablement chasser chaque année,

ne rapporterait en général qu’environ 3%, M. Bigcash se

lance, sûr de lui, dans une longue explication en vue de

prouver que les mélèzes de M. Douglas ne pourront certainement

pas rapporter ce que lui propose la banque.

Il avance alors qu’un placement de 9.000 € (montant

étrangement comparable à l’investissement de base à

apporter les 20 premières années pour l’achat d’un hectare

de fonds et le lancement d’une plantation sur cette

surface) rapporterait, à la fin d’une période de 50 ans,

deux fois plus de revenus qu’un investissement forestier

d’un rendement de 3%.

Voyant le regard amusé et sceptique de M. Douglas

décidément sur la défensive, M. Bigcash lui demande

combien ce dernier serait-il prêt à mettre en banque

s’il souhaite obtenir 81.000 € dans 50 ans. M. Bigcash

entend alors son client lui avancer, après une rapide réflexion,

le montant de 18.000 €. Après que son banquier

lui ai demandé pourquoi, M. Douglas s’explique : « C’est

très simple, je constate en règle générale, qu’après une

période de 50 ans, mon peuplement équivaut à environ

4 fois ma mise de départ dans le cadre de mes investissements

forestiers. Avec une petite marge de sécurité pour

tenir compte des frais bancaires ou autres risques, je me

suis aligné à 18.000 €. Mais, M. Bigcash, par curiosité,

dites-moi donc votre proposition ! ».

M. Bigcash, ravi de la réussite de sa manœuvre, mais

surtout soucieux de ne pas laisser partir le poisson,

veille à définitivement convaincre M. Douglas sans pour

autant le vexer, auquel cas, le connaissant, la partie serait

définitivement perdue. Il lui dit seulement : « Voilà

M. Douglas, c’est très simple, vous allez comprendre. Je

vous propose un placement qui vous rapportera un taux

d’intérêt annuel de 4,5%. Dès lors, pour connaître le

montant à placer aujourd’hui, je divise le montant promis

de 81.000 € par le facteur d’actualisation que l’on

pourrait associer à un taux de 4,5% pendant 50 ans. »

Il imprime alors le tableau 5 repris à la page suivante

pour lui expliquer ce qu’il veut dire par facteur d’actualisation

autrement qu’avec des mots. Avec ce tableau à

l’appui, il lui montre que pour retrouver le montant initial

qui aurait été placé pendant une période de 50 ans

à un taux d’intérêt de 3%, il suffit de diviser le montant

final, en l’occurrence 81.000 €, par le facteur d’actualisation

de 4,4. Le montant obtenu est alors de 18.400 € (soit

approximativement ce que M. Douglas avait avancé) 1 .

Ensuite, il explique qu’avec un taux d’intérêt de 4,5%, ce

facteur d’actualisation serait de 9 après 50 ans. Le mon-

1 VA x

= R n

/(1+t a

) (n-x) = 81.000/(1+0,03) (50-0) =18.400 (quand t a

= 3%)

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 35


GESTION

Tableau 5 : facteur de capitalisation ou d’actualisation en fonction de l’exposant (x-i) ou (i-x) et du taux t c

ou t a

utilisés (où i est l’année du

montant à valoriser, et où x est l’année du calcul).

Facteur de capitalisation (1+ t c

) (x-i) ou d’actualisation (1+ t a

) (i-x)

Exposant (x-i)

pour la capitalisation

ou (i-x) pour

l´actualisation

Taux de capitalisation (t c

) ou d’actualisation (t a

)

2,5% 3,0% 3,5% 4,0% 4,5%

0 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0

10 1,3 1,3 1,4 1,5 1,6

20 1,6 1,8 2,0 2,2 2,4

30 2,1 2,4 2,8 3,2 3,7

40 2,7 3,3 4,0 4,8 5,8

50 3,4 4,4 5,6 7,1 9,0

60 4,4 5,9 7,9 10,5 14,0

70 5,6 7,9 11,1 15,6 21,8

80 7,2 10,6 15,7 23,0 33,8

90 9,2 14,3 22,1 34,1 52,5

Notons que le dégradé de couleur du tableau 5 permet de mieux illustrer le caractère exponentiel de l’évolution du facteur de capitalisation ou d’actualisation

en fonction respectivement de la valeur de l’index (x-i) ou de l’index (i-x). Rappelons que cet exposant n’est autre que l’écart existant entre l’année

x de l’évaluation et l’année i de la dépense ou de la recette.

tant initial obtenu après division des 81.000 € par ce facteur,

serait alors de 9.000 € 1, 2 .

Glorieux et splendide, M. Bigcash avance alors sa

conclusion qu’il espère être fatale : « J’en conclus, cher

M. Douglas, non seulement que vos peuplements ne rapportent

en moyenne qu’environ 3%, et que par conséquent,

le placement que je vous propose est susceptible

de vous rapporter deux fois plus d’argent après une période

de 50 ans que si vous mettiez cet argent dans la

forêt. Et vous savez ce que tempête veut dire aussi bien

que moi…» (dernière remarque accompagnée, malgré

lui, d’un sourire sarcastique assez agaçant).

M. Douglas étant un peu refroidi par cette démonstration

allant à l’encontre de ce qu’il espérait de sa forêt tant

aimée, forme une figure déconfite tout en cherchant

vainement le moyen de contre-attaquer les idées de cet

indécrottable financier. M. Bigcash sentant son client se

cabrer, décide d’aller lui chercher les formules qui l’aideront

à accepter cette triste vérité avec en tête son refrain :

« Eh oui mon cher Monsieur, notre banque est souvent

la plus rentable…».

1 VA x

= 81.000/(1+0,045) (50-0) = 9.000 (quand t a

= 4,5%)

2 On peut également considérer, en faisant appel à la méthode de

capitalisation, qu’un placement initial de 9.000 € sur 50 ans, lorsqu’il est

placé à du 4,5%, génère le même montant que celui que procurerait un

placement initial de 18.400 € sur la même période, si celui-ci était placé à

du 3%. En effet : 9000*1,045 50 = 18.400*1,03 50 = 81.000.

Dardar, il revient avec quelques-unes des formules présentées

précédemment (cadre 2) et le graphique 3 cicontre.

Toutefois, M. Douglas était déjà parti, sans doute

vert de rage d’entendre des sornettes pareilles. Accepter

qu’une banque puisse être plus rentable que sa forêt

était pour lui largement au-dessus de ses forces. Feu son

grand-père lui ayant toujours affirmé que, sur le long

terme, le placement en forêt resterait généralement plus

sûr et plus rentable que les banques.

Remarques et interprétations de l’histoire de M.

Douglas

• Le taux brut de 4,5% de la banque de M. Bigcash

n’est pas du tout un cas d’exemple réaliste en 2015. Il

s’agit bien d’un exemple visant à comprendre le principe

d’actualisation et non de comparer la rentabilité

des banques avec celle de la forêt. Toutefois, s’il fallait

considérer une situation plus proche de la réalité, le

discours entre M. Douglas et M. Bigcash n’aurait pas

eu lieu étant donné que le taux proposé par la banque

aurait été plutôt proche de 3% brut, alors que celui du

peuplement de mélèze aurait approché 4,5% brut.

• Au-delà du caractère irréaliste du taux bancaire avancé,

l’affirmation de M. Bigcash selon laquelle un placement

dans un peuplement de mélèze ne rapporterait

que 3% ne se base que sur les dires d’un chasseur passionné

certainement peu concerné par les calculs de

rentabilité forestière. De même, après avoir entendu

M. Douglas avancer le facteur de capitalisation de « 4 »

36 Silva Belgica septembre-octobre 2015


GESTION

Graphique 3 : évolution des valeurs actualisées d’un placement dont la recette finale serait de 81.000 € en fonction du taux d’actualisation

utilisé (taux de 3% et de 4,5%)

(sans même réaliser qu’il utilisait la méthode de capitalisation),

M. Bigcash s’est empressé de conclure que

le rendement associé à cette essence forestière était

bien de 3%. Or, l’absence d’information sur la méthode

de calcul de M. Douglas empêche de déterminer

si le taux de 3% est en fait un « taux brut » (sachant

que t brut

≈ t net

+ t inflation

) ou bien d’un taux net (sachant

que t net

≈ t brut

- t inflation

).

• Le lecteur attentif aura également remarqué, que dans

les différents calculs exposés, M. Douglas, peut-être

pris par surprise par la question de M. Bigcash, a oublié

de signaler le montant de ses recettes intermédiaires.

Il ne va pas sans dire que ces oublis remettent à nouveau

sérieusement en cause les calculs de M. Bigcash.

Le calcul d’un investissement en forêt doit en effet se

référer à la formule plus complète de la « valorisation

d’un peuplement forestier » que nous aborderons dans

le point B ci-dessous.

B – Valorisation d’un peuplement

par la valeur capitalisée (VC) et

par la valeur actualisée (VA)

B.1. Introduction

Dans le point A.2 exposé précédemment, la valeur

capitalisée ne considérait qu’un seul et unique investissement.

De plus, la valeur actualisée ne tenait compte

que d’une seule et unique recette finale. Or, au cours de

la vie d’un peuplement forestier, plusieurs dépenses et

recettes sont générées au fil des interventions sylvicoles.

L’objet du point B sera dès lors d’extrapoler le concept

de capitalisation puis d’actualisation de sorte à reconstituer

les formules du calcul complet de la valorisation

d’un peuplement forestier, et cela selon l’une ou l’autre

méthode. Le lecteur aura par ailleurs la possibilité de

trouver des explications complémentaires sur ces formules

dans le livre de référence de Mme Bary-Lenger 1 .

Ensuite, après avoir exposé les formules principales

permettant de valoriser un peuplement forestier, deux

sous-points traiteront de leur utilisation pratique, permettant

non seulement de mieux comprendre la place de

l’inflation dans ces formules (point B.3), mais également

d’opter pour la juste méthode de valorisation en fonction

des cas de figures rencontrés (point B.4). Enfin, un cas

d’exemple (point B.5) permettra d’illustrer l’ensemble

des formules exposées dans ce point B.

B.2 - Valorisation d’un peuplement

forestier

Dans le cadre du calcul de la valeur d’un peuplement forestier,

la capitalisation considérera les dépenses comme

des valeurs positives (comme dans la formule de base de

la capitalisation) et les recettes comme des valeurs négatives.

Au contraire, l’actualisation prendra compte des

recettes en tant que valeurs positives (comme dans la

formule de base de l’actualisation) et des dépenses en

tant que valeurs négatives.

1 Bary-Lenger et al, 1983, pp. 17 – 26.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 37


GESTION

Cadre 6 : formules de valorisation d’un peuplement forestier


Valeur capitalisée d’un peuplement (de x années) (VC x

)

x

x

VC x

= ∑(D i

- R i

) (1+t c

) (x-i)

i=0

VC x

= ∑(D i

- R i

) facteur de capitalisation i

i=0

Valeur actualisée d’un peuplement (de x années) (VA x

)

n

(R

VA x

= ∑ i

- D i

)

i=x+1 (1+t a

) (i-x)

n

(R

VA x

= ∑

i

- D i

)

i=x+1 facteur d’actualisation i

i : un âge déterminé compris dans un intervalle d’âge allant :

- pour la capitalisation : de 0 jusque x

- pour l’actualisation : de x+1 jusque n

n

∑ R i

/ (1+t a

) (i-x) = R (x+1)

/ (1+t a

) (x+1-x) + R (x+2)

/ (1+t a

) 2 + … + R (n-1)

/ (1+t a

) (n-1) + R n

/ (1+t a

) (n-x)

i=x+1

Reste de la légende : voir cadre 1 et 2

Par conséquent, la valeur capitalisée (VC x

) équivaut à la

somme des différences entre les dépenses et les recettes

capitalisées à l’année x du calcul et la valeur actualisée

(VA x

) équivaut à la somme des différences entre les

recettes et les dépenses actualisées à l’année x du calcul.

Commentaires sur les formules du cadre 6 :

- La présentation de ces formules met l’accent sur la valorisation

d’un peuplement à sa x e année (où x serait

l’âge du peuplement à l’année du calcul), et non sur la

détermination d’un « revenu actualisé » à l’année 0 tel

que défini dans certaines formules du livre 1 .

- Dans la formule relative au calcul de la valeur actualisée,

on remarquera que l’on ne considère les montants

dépensés ou touchés qu’à partir de l’année x+1 (l’index

i allant de l’âge x+1 à l’âge n), alors que la valeur capitalisée

tient compte de l’année x dans son calcul (l’index i

allant de l’âge 0 jusque x compris). La raison se trouve

dans le fait que l’on ne tienne compte, dans le cas de

l’actualisation, que des montants futurs, et dans le cas

de la capitalisation, que des montants passés. Or, le

1 Pour retrouver les formules privilégiées dans le livre référencé, il suffira

d’une part de remplacer x par n pour le calcul de la valeur capitalisée,

et de remplacer x par 0 pour celui de la valeur actualisée.

terme x du calcul étant exprimé en année, on considérera

que les calculs sont effectués au 31/12 de l’année x,

affirmant que toutes les dépenses et recettes de l’année

x sont bien des montants passés et non futurs.

- Dans le cas de la valorisation d’un jeune peuplement

(x proche de 0), la méthode de capitalisation

sera privilégiée. En effet, les termes du calcul ne

prennent en compte que les dépenses (et les recettes

lorsque les premières éclaircies ont déjà eu lieu) des x

premières années (i étant indexé de 0 à x). En outre,

plus le peuplement est jeune, plus il s’avère facile de se

remémorer les dépenses (et recettes éventuelles) passées

et, au contraire, difficile d’estimer sa productivité

ou encore la qualité de ses produits futurs (influant

sur le montants des recettes).

- Par ailleurs, lorsque le peuplement approche de sa

maturité (x proche de n), la méthode d’actualisation

sera privilégiée. En effet, une estimation des recettes

futures est alors plus évidente que de reconstituer les

montants reçus ou déboursés par le passé. Par conséquent,

la valorisation par la méthode de l’actualisation

(ne prenant en compte que les recettes et dépenses

s’étalant de l’année x à l’année n) sera logiquement

plus appropriée.

38 Silva Belgica septembre-octobre 2015


GESTION

B.3. Conversion des valeurs brutes en

valeurs nettes

Dans les formules du cadre 6, aucune précision n’a été

faite quant aux types de montants « bruts » ou « nets » utilisés.

Or, il est indispensable d’utiliser les mêmes types

de montants dans le calcul. Dès lors, dans le cas où le

propriétaire, avant d’entamer sa valorisation, faisait face

à un mélange de montants bruts (M i bruts

) et de montants

nets (M i nets

), les formules exposées dans le cadre 3 lui

permettront d’effectuer cette conversion.

On notera également que dans le cas de la valorisation

d’un peuplement forestier, le taux d’inflation (t inflation

) à

considérer pour convertir un montant brut en montant

net est, en principe, non l’inflation moyenne relative au

prix du bois (voire de l’essence considérée), mais bien

l’inflation générale de l’économie locale reflétant l’évolution

du pouvoir d’achat associé à un euro. En effet,

prendre l’inflation des cours du bois ne sera pas le meilleur

choix du fait que ce taux ne sera pas forcément représentatif

de l’évolution générale des prix 1 . De même,

on remarquera que ces formules de conversion utilisent

l’hypothèse simplificatrice où le taux d’inflation serait

stable entre le début d’une plantation et la mise à blanc

de celle-ci.

B.4. Choix de la méthode et du taux

Dans le cadre de la valorisation d’un peuplement, on se

situe généralement dans un cas de figure où le propriétaire

n’est pas en mesure de fournir un historique exact

des dépenses effectuées parfois longtemps auparavant.

De même, les simulations des montants futurs bruts

(c’est-à-dire pour leurs valeurs nominales futures), impliquent

de prendre en compte les effets de l’inflation

sur les cours du bois.

Par ailleurs, on peut voir qu’en pratique, les dépenses et

recettes, passées (pour la capitalisation) et futures (pour

l’actualisation), peuvent être plus facilement estimées

lorsque l’on se réfère aux valeurs de l’année du calcul 2 .

Dans ce cas, les montants utilisés ne sont donc plus les

montants bruts réellement déboursés ou encaissés aux

années i des dépenses D i

ou des recettes R i

, mais bien les

montants nets. En effet, il sera plus facile de simuler les

montants que généreront les coupes de bois futures sur

base des cours du bois à l’année x du calcul, plutôt que

de devoir exprimer les cours du bois en valeurs brutes

futures, en multipliant les valeurs actuelles (à l’année

x) par les « facteurs d’inflation » comme définis dans le

cadre 3.

Par conséquent, lors de l’utilisation des formules du

cadre 6 dédiées à la valorisation d’un peuplement, l’utilisation

de montants nets (et uniquement nets) sera privilégiée

par rapport aux montants bruts (et uniquement

bruts).

De même, dans la pratique, l’auteur de l’évaluation d’un

peuplement forestier régulier pourra être confronté à

ces différents cas de figures :

- les dépenses et recettes passées sont connues : étant

connus, ces montants sont « bruts ». On utilisera la

méthode de capitalisation avec des montants et un

taux de capitalisation bruts (M i brut

et t c brut

) 3 ;

- les dépenses et recettes passées sont estimées : étant

estimés, ces montants sont « nets ». On utilisera donc

la méthode de capitalisation avec un taux de capitalisation

net (t c net

), où t c net

est le rendement réel du peuplement

et où les recettes et dépenses sont des montants

nets (M i net (x)

), c’est-à-dire estimés sur base des

valeurs de l’année x du calcul ;

- les dépenses et recettes futures sont estimées : étant

estimés, ces montants sont « nets ». On utilisera donc

la méthode d’actualisation avec des montants et un

taux d’actualisation nets (M i net

et t a net

).

1 Pour mieux comprendre l’impact du décalage entre, d’une part,

l’évolution de l’inflation nationale et, d’autre part, celle des cours du bois,

il est possible d’interpréter ce gain (t infl.nat

< t infl.bois

) ou cette perte (t infl.nat

> t infl.bois

) comme un effet de marché impactant positivement ou négativement

la rentabilité forestière. Une constatation sur le long terme d’un

effet de valorisation versus dévalorisation du bois, représenterait un effet

de marché. L’effet que l’on pourrait associer à la plus-value que l’on ferait

sur une option ou une action cotée en bourse. L’évaluation de cet effet

de marché et de son évolution dans le temps ne seront néanmoins pas

intégrées dans les formules présentées dans cet article.

2 Les valeurs réelles (à pouvoir d’achat constant et exprimées par rapport

à l’année x du calcul) des investissements (valeur du fonds, coût de

plantation, frais de dégagement, etc.) et des recettes passées ou futures

sont par hypothèse des références plus fiables lorsqu’elles sont exprimées

en valeurs faisant référence à celles de l’année x du calcul.

3 Pour rappel, comme expliqué plus haut, t brut

≈ t net

+t inflation

où t net

est le

rendement réel du peuplement, soit l’estimation du taux interne de rentabilité

(t ir net

) dont on reparlera dans la deuxième partie de l’article.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 39


GESTION

Tableau 4 : exemple chiffré de la valorisation d’un peuplement par la capitalisation et par l’actualisation

Paramètres : âge x du peuplement lors de l’estimation : 50 - Taux d’inflation : 2% - T a net

et T c net

: 3,5%

Dépenses et recettes

Neutralisation de l’inflation

Valorisation par la

capitalisation

Valorisation par

l’actualisation

Année

Objet

(Recettes -

Dépenses)

brutes

Facteur

d’inflation (par

multiplication)

Facteur

d’inflation (par

division)

(Recettes -

Dépenses)

nettes

Facteur de

capitalisation

net (par

multiplication)

(Dépenses

- Recettes)

nettes

capitalisées

Facteur d’actualisation

net

(par division)

(Recettes -

Dépenses)

nettes

actualisées

0 Fonds -1.500 € 2,69 0,37 -4.037 € 5,58 22.548 €

2 Préparation du terrain -800 € 2,59 0,39 -2.070 € 5,21 10.790 €

3 Plantation -1.625 € 2,54 0,39 -4.122 € 5,04 20.761 €

5 Dégagement -800 € 2,44 0,41 -1.950 € 4,70 9.171 €

18 Elagage -1.500 € 1,88 0,53 -2.827 € 3,01 8.499 €

22 Première éclaircie 700 € 1,74 0,57 1.219 € 2,62 -3.193 €

29 Deuxième éclaircie 1.700 € 1,52 0,66 2.577 € 2,06 -5.306 €

36 Troisième éclaircie 4.700 € 1,32 0,76 6.202 € 1,62 -10.038 €

43 Quatrième éclaircie 6.700 € 1,15 0,87 7.696 € 1,27 -9.792 €

50 Cinquième éclaircie 8.200 € 1,00 1,00 8.200 € 1,00 -8.200 €

57 Sixième éclaircie 9.700 € 0,87 1,15 8.444 € 1,27 6.637 €

70 Mise à blanc 43.650 € 0,67 1,49 29.375 € 1,99 14.763 €

70 Fonds 7.000 € 0,67 1,49 4.711 € 1,99 2.367 €

Valeur VC(x) 35.241 € Valeur VA(x) 23.768 €

B.5. Exemple chiffré relatif à la

valorisation d’un peuplement

Le tableau 4 présente un exemple chiffré illustrant

les deux méthodes de calcul pour la valorisation d’un

peuplement âgé de 50 ans. Les montants sont dans un

premier temps neutralisés des effets de l’inflation en

multipliant ou en divisant les montants bruts par leur

« facteurs d’inflation » respectifs (voir cadre 3) 1 . Les

montants nets ainsi obtenus sont ensuite, soit, capitalisés

en les multipliant par le « facteur de capitalisation

net » (utilisant le taux t c net

), soit, actualisés en divisant

ces montants nets par le « facteur d’actualisation net»

(utilisant le taux t a net

).

1 Le facteur d’inflation par multiplication est de (1+t a

) (x-i) alors que le

facteur d’inflation par division est de (1+t a

) (i-x) . Ces deux facteurs ont

donc des effets identiques étant donné que (1+t a

) (x-i) = 1/(1+t a

) (i-x) . Néanmoins,

dans l’exemple du tableau 4, l’emploi d’un facteur supérieur (ou

égal) à 1 étant plus facile pour la compréhension du lecteur, on utilisera

le facteur par multiplication lorsque x est supérieur à i (pour les recettes

et dépenses ayant lieu avant l’année x du calcul) et le facteur par division

quand i est supérieur à x (pour les recettes et dépenses ayant lieu après

l’année x du calcul).

Commentaires

- Le « facteur de capitalisation » par lequel on multiplie

les montants à capitaliser étant (1+t c

) (x-i) , on en

déduira aisément que plus t c

est élevé, plus la valeur

capitalisée (VC x

) sera élevée, et qu’inversement, plus

le t c

est faible, plus la (VC x

) sera faible. De même, on

voit que le « facteur de capitalisation » aura un effet

plus important sur les dépenses des premières années.

En effet, pour une année x déterminée, l’exposant (xi)

est en effet plus important quand i est proche de 0.

- Le « facteur d’actualisation » par lequel on divise les

montants (R i

-D i

) à actualiser étant (1+t a

) (i-x) , on en déduira

que plus le « taux d’actualisation » (t a

) est élevé,

plus la « valeur actualisée » (VA x

) sera faible, et qu’inversement,

plus le t a

est faible, plus la VA x

sera élevée.

De même, on remarquera que le « facteur d’actualisation

» aura un effet plus important sur les recettes des

dernières années. En effet, pour une année x déterminée,

l’exposant (i-x) est d’autant plus important que i

tend vers n.

- Dans l’exemple du tableau 4, la valeur du peuplement

obtenu par la méthode de capitalisation (en utilisant

un t c net

de 3,5%) est de 35.241 € alors que celle obtenue

40 Silva Belgica septembre-octobre 2015


GESTION

par la méthode d’actualisation (en utilisant un t a net

de

3,5%) n’est que de 23.768 € (soit un delta absolu de

plus de 10.000 € entre les deux estimations). On verra

dans la prochaine partie de cet article que la différence

entre ces deux valorisations est due au fait que le taux

utilisé de 3,5% (tant pour t c net

que pour t a net

) est supérieur

au « taux interne de rentabilité net » (t ir net

) que

l’on aurait dû utiliser pour obtenir la valeur réelle du

peuplement à l’année x.

Suite de l’article dans le numéro de janvier 2016.

Les

coachs

forestiers

Partage d’expérience et convivialité

Vous êtes fraîchement devenu propriétaire forestier suite à un achat ou une succession.

Vous avez une foule de questions mais ne savez où trouver les réponses.

Vous souhaitez rencontrer d’autres propriétaires forestiers.

La société Royale Forestière de Belgique a mis en place un réseau de propriétaires et gestionnaires

forestiers, désireux de partager leurs connaissances lors de rencontres avec d’autres

propriétaires moins expérimentés. Ces « coachs forestiers » peuvent vous rencontrer, vous

écouter, répondre à vos questions et vous orienter dans vos projets.

Infos pratiques

Orane Bienfait

Société Royale Forestière de Belgique

Galerie du Centre/Bte 289

1000 Bruxelles

Tél. 02 227 56 50 - fax. 02 223 01 45

orane.bienfait@srfb-kbbm.be

Prix

Gratuit pour les membres de la SRFB

50,00 € pour les non-membres

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 41


FOREST FRIENDS

Parle-moi de la forêt !

par Martine Carbonnelle

Attaques détectées,

systèmes

de défenses

enclenchées

Depuis un certain temps, je suis impressionnée par

le fait que les arbres et les plantes réagissent à

leur environnement et ce d’une manière vraiment

proactive. Convaincue par le documentaire d’Arte « la

force cachée des plantes », du fait que les plantes communiquent,

j’ai décidé de vous parler de leurs prouesses

en la matière lorsqu’il s’agit de se défendre. Loin de moi

l’idée d’humaniser les arbres et de leur prêter un esprit,

une volonté. Non ce sont les propriétés de la biochimie

des végétaux que je voudrais souligner : elles seules suffisent

à montrer comment les végétaux communiquent.

Alerte à bord

Au début des années 80, des chercheurs aux États-Unis

ont montré que lorsqu’un expérimentateur détruit

volontairement une partie du feuillage d’un peuplier,

d’un érable, d’un aulne ou d’un chêne, simulant ainsi sa

consommation par des herbivores, le reste du végétal

riposte par une synthèse accrue de diverses substances,

en particulier des tanins, aussi peu comestibles les unes

que les autres pour les herbivores. L’arbre devient indigeste

! Le mécanisme de perception de l’agression n’est

pas encore bien connu, mais bien celui de la réaction

d’alerte qui est transmise par des hormones végétales.

Celles-ci, contrairement aux hormones animales ne sont

pas sécrétées par un organe spécifique mais produites

par de nombreuses parties de la plante. Elles circulent

avec la sève.

Le professeur Farmer de l’Université de Lausanne a émis

l’hypothèse qu’il pouvait aussi y avoir une transmission

électrique. Son étude (revue nature 2013) l’a confirmée

et laisse entrevoir qu’il y aurait une transmission

de signaux électriques entre organes sans utilisation de

neurones (apparentée à l’activité synaptique de notre

cerveau).

Alerte générale

En 1980, plusieurs koudous d’élevage sont retrouvés

inanimés dans leurs enclos au pied d’acacias. Des chercheurs

sud-africains se penchent sur le sujet et suspectent

des mécanismes de défense inédits. Il s’avère que cette

plante possède à l’état naturel, une toxine en petite quantité

et par conséquent inoffensive. Mais quand l’acacia est

fortement attaqué par des herbivores, il secrète alors la

toxine en forte quantité qui devient mortelle pour qui

l’ingurgite. Il s’agit du mécanisme dont nous avons parlé

plus haut. Mais ce qui est le plus étonnant, c’est que les

arbres sous le vent sécrètent eux aussi cette même toxine

même quand ils n’ont pas été attaqués par les herbivores !

Mais comment ces arbres ont-ils pu communiquer ? C’est

par voie chimique que les végétaux communiquent. Ils

émettent des « bouquets » de composés organiques volatils

(COV), des molécules gazeuses portées par le vent.

Des milliers de COV différents existent : des terpènes

présents dans les huiles essentielles ; de l’éthylène émis

en cas de stress ; des phytohormones.

42 Silva Belgica septembre-octobre 2015


Les chercheurs identifient désormais ces signaux

chimiques très fins avec des appareils de chromatographie

de plus en plus performants. En enfermant la plante

dans une enceinte, on capture, grâce à des adsorbants,

les molécules émises. C’est un domaine de recherche en

pleine expansion et les découvertes au sujet de l’émission

et de l’interaction de ces COV sont étonnantes. Certaines

de ces molécules seraient sources de pollutions, d’autres

pourraient servir à diminuer l’emploi d’insecticides

comme nous le montre l’exemple du tabac sauvage dans

le paragraphe suivant.

Appel des renforts

Le tabac sauvage lorsqu’il est attaqué met en place les

mécanismes vus plus haut et son taux de nicotine devient

mortel pour les prédateurs. Malheureusement

pour lui, l’espèce de papillon manduca est immunisée

et la chenille affectionne ses feuilles. Tandis qu’elle grignote,

elle agit comme un signal. La plante produit alors

de l’acide jasmonique qui, combiné à l’éthylène, est libéré

dans l’air. Cette « odeur » attire une guêpe de la famille

des Ichneumons. Cette guêpe n’attendait que cela

; elle fonce sur la chenille, et y pond un œuf qui, en se

développant, tue la chenille. Le tabac est sauvé. D’autres

études ont montré que le chou, le maïs, la tomate n’hésitent

pas non plus à provoquer l’attaque des ennemis

de leurs ennemis pour se protéger. On suppose que ce

phénomène est sans doute présent chez d’autres végétaux

: reste à l’étudier et continuer à découvrir comment

plantes et insectes échangent des signaux chimiques de

communication et quel parti en tirer.

Il semblerait que ces fameux COV, seraient aussi responsables

du brouillard et de la pluie sur les massifs forestiers

: se combinant à l’ozone, ils alourdiraient les molécules

gazeuses en suspension dans les nuages. Je parle au

conditionnel car je n’ai pas trouvé d’étude confirmant

cette hypothèse mentionnée dans plusieurs articles.

Conclusions

Au fil des recherches, j’ai été une fois de plus émerveillée

et étonnée des secrets de la vie du monde végétal : les

plantes communiquent mais certaines études montrent

aussi qu’elles pourraient percevoir les bruits et peut être

même « voir » !

D’étude en étude, j’étais de plus en plus curieuse ; verrons

nous naître de nouvelles formes d’insecticides ou

de bactéricides ? Trouverons-nous le secret pour « faire

la pluie » ?

Ensuite, je suis devenue perplexe quant à nos hypothèses

sur toutes les nouvelles maladies qui touchent nos arbres ;

viennent-elles directement du réchauffement climatique

ou bien est-ce l’augmentation en CO 2

et autres polluants

qui troublent la communication entre nos arbres et les

empêchent de se prémunir contre les agresseurs ?

Ce n’est qu’une hypothèse, une intuition mais quand, je

vois toutes ces prouesses végétales, une chose est certaine

pour moi : la nature s’adaptera plus ou moins vite, je lui

fais confiance. A long terme, elle n’a peut-être pas besoin

de nous, juste d’un peu de respect !

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 43


FOREST FRIENDS

Forêt et passion

La famille Sag

longue lignée

par Martine Carbonnelle

Le vendredi 17 juillet eut lieu notre dernière excursion

forestière. Elle était consacrée à la biodiversité en forêt

et se déroula, notamment, dans la propriété de la

famille Sagehomme.

En lisant l’invitation à cette excursion, je me suis posée

cette question : pourquoi Baudouin Sagehomme, que je

connais par ailleurs, avait-il créé, chez lui, un projet Life ? 1

Quelles motivations l’avaient poussé ? Était-il tombé sur la

tête ou avait-il contracté le « virus écolo »? La visite m’a

tout à fait rassurée : non Baudouin était toujours pareil à

lui-même, homme heureux à Jalhay dans sa grande forêt.

Celle-ci, sur sol ardennais à une altitude de +/- 400 m, se

répartit en quatre grands blocs : la Bourgeoise (45% feuillus),

les Heids (80% feuillus), le Coreux (10% feuillus), et

Charneux-Surister (50% feuillus).

C’est donc une forêt équilibrée dans la répartition des

essences ; beaucoup moins en ce qui concerne les classes

d’âge … c’est une forêt âgée dont Baudouin a hérité

pour partie et opéré des achats, pour l’autre partie.

Monsieur Sagehomme, vous êtes

propriétaire ; quels sont les liens qui

vous attachent à cette forêt ?

Je pourrais résumer en deux mots : lien génétique ! Et je

dirais doublement génétique puisque la première parcelle

de forêt a été acquise en 1851 par l’ancêtre commun

de mon épouse Pitchounette et de moi-même. Cela fait

six générations (huit avec mes enfants et petits-enfants)

que nous vivons sur place et nous occupons des bois, et

c’est donc plus qu’une tradition familiale, je dirais un

ancrage. Mais il a fallu que j’y travaille de mes mains

pour me l’approprier, la mériter … avant je considérais

1 Les projets LIFE sont des projets de restauration de biotopes et

d’habitats d’espèces visés par les Directives « Oiseaux » et « Faune-Flore-

Habitats » dans des sites Natura 2000 qui permettent de retrouver de

nouveaux équilibres entre les différents services écosystémiques dans des

zones où les activités de production sont généralement plus difficiles (sols

marginaux).

que c’était un cadeau de « gosse de riches ». J’y travaille

avec mon épouse en moyenne deux jours par semaine.

La forêt est aussi pour moi très importante car elle me

permet d’encore et toujours construire l’avenir.

Pourriez-vous nous raconter l’histoire de

cette forêt ?

Comme évoqué dans la réponse précédente, elle s’est

progressivement agrandie par achats successifs et opiniâtreté.

L’achat du Coreux en 2000 nous a vraiment réjouis

car nous avions raté stupidement l’affaire en 1906

pour une histoire de garde chasse braconnier ! Étant notaire,

j’avais à cœur de continuer cette politique d’achat

et de maîtriser l’aspect successoral du bien.

Actuellement, le massif total est divisé en plusieurs propriétaires

familiaux. Mes filles et moi-même sommes en

route vers la création d’un groupement forestier.

Si la famille a beaucoup planté, elle y a aussi beaucoup

chassé !

Parlez-nous de la gestion de cette forêt :

Quel est votre objectif ? Comment

faites-vous cela concrètement ?

Pour moi, le premier et plus important objectif est le

plaisir que ce bois peut procurer (balade, travail, chasse,

occasion de réunion familiale). C’est donc tout naturellement

que l’aspect esthétique arrive en second. C’est

d’ailleurs une de mes motivations concernant le projet

Life de réhabilitation d’un fond de vallée en tourbière.

Vient ensuite le rendement équilibré respectant la nature,

ce qui est gage de pérennité et d’esthétique. En ce

sens le projet Life (+/- 4 ha) ne nuit en rien à la rentabilité

générale mais sert (oh combien) la biodiversité et

l’aspect esthétique. Cela a été aussi pour moi l’occasion

de prouver qu’un partenariat pouvoir public/privé était

44 Silva Belgica septembre-octobre 2015


ehomme, une

de forestiers

possible et qu’un partenariat entre environnementaliste

et sylviculteur était aussi possible. Donc, pas

de soucis à se faire sur mon état mental … que du

contraire ! N’étant pas omniscient, je gère les bois avec

l’aide et les conseils de Jean Réginster (expert forestier).

C’est mon épouse et moi qui faisons les suggestions et

nous en parlons avec lui. Il s’occupe de tous les aspects

plus organisationnels (vente de bois, plantations) ; nous

gardons la gestion sur place (martelage avec lui et divers

travaux forestiers). Nous n’avons encore qu’un plan de

gestion succinct mais nous nous attelons à en mettre un

sur pied en bonne et due forme … Il faut bien percevoir

tous les aspects de la propriété et les désirs de chacun

puisqu’on construit un projet d’avenir … c’est sérieux

et cela prend du temps.

Quelles sont pour vous, les qualités

principales (3 mots) que devrait avoir un

propriétaire/gestionnaire forestier ?

- Être patient, observateur et travailleur.

Il y a-t-il un problème précis qui

vous tracasse ?

J’ai actuellement un gros problème avec le désir de réouverture

des chemins. Ce n’est pas tellement le principe

de l’ouverture aux piétons qui me pose problème mais

la difficulté de dialogue avec les autorités communales

(ou plutôt, les méthodes utilisées par ces dernières) et

les usagers de la forêt. Je suis bien heureux que NTF

existe pour pouvoir servir de médiateur au cas où nous

n’arriverions pas à un accord.

Baudouin et son épouse sur le site

en restauration.

Vous avez droit

à une phrase courte

Être propriétaire forestier m’apporte le plaisir de la proximité

avec la nature, l’occasion de me projeter dans l’avenir,

un centre d’intérêt commun à partager en couple et

avec mes enfants et petits enfants.

Et pour conclure ?

J’aimerais dire aux non propriétaires forestiers que la

forêt est un lieu merveilleux d’observation de la nature

et de ressourcement. Mais qu’elle est fragile et doit donc

être aimée et respectée.

***

En terminant cette interview, j’avais un petit regret :

j’avais devant moi Baudouin mais je me rendais compte,

qu’en fait, j’aurais du avoir Baudouin et Pitchounette car

cette gestion forestière est vraiment une activité commune

qui les passionne tous les deux et les unit. Et voilà

un rôle de plus à ajouter à la liste des rôles de la forêt.

Baudouin m’a fait comprendre un autre rôle qui se

constate aisément dans la moyenne d’âge des participants

aux voyages forestiers : la forêt maintient jeune car

elle invite à l’activité physique, mais surtout permet de

faire des projets d’avenir … deux conseils de base pour

garder l’éternelle jeunesse à appliquer sans modération !

Alors merci Baudouin et Pichounette de nous avoir

partagé votre passion forestière et votre enthousiasme

teinté de terroir et d’humour .

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 45


VENTE DE BOIS

Ventes de bois – campagne

d’automne 2015

Avis aux propriétaires et gestionnaires forestiers

À

la veille des ventes de bois d’automne, l’Union

Régionale des Entreprises du Bois (Urebo) qui

fédère notamment le secteur de l’exploitation

forestière en Wallonie, souhaite vous faire part des nouvelles

charges financières qui pèseront sur les entreprises

du secteur et qui pourraient influencer de manière plus

ou moins importante le prix d’achat des bois lors des

prochaines campagnes de vente.

Obligation de fumigation des grumes

destinées à l’exportation

Depuis le 1 er juin 2015, l’AFSCA a durci ses conditions

quant à la délivrance des certificats phytosanitaires et

plus particulièrement vis-à-vis du traitement des grumes

exigé par certains pays importateurs. Lorsque le pays importateur

l’exige, les certificats attestent du traitement

des bois contre les insectes xylophages dans le pays d’origine.

Depuis ce 1 er juin 2015, il ne subsiste plus qu’un

seul produit agréé en Belgique pour le traitement des

grumes, à savoir le ProFume. Les contraintes d’utilisation

de ce gaz, qui doit être appliqué par fumigation, sont

telles que seules des entreprises spécialisées et agréées

peuvent l’appliquer. Ce traitement va donc engendrer

des coûts additionnels obligatoires pour les entreprises

commercialisant des grumes à l’exportation, ce coût supplémentaire

étant estimé à environ 15 €/m³.

Certains seront sûrement tentés de voir dans cette mesure

une opportunité permettant d’encourager la transformation

locale de nos bois indigènes. Cela pourrait

en effet s’avérer profitable pour le chêne mais il n’en est

pas de même pour le hêtre et le frêne. En effet, la transformation

de ces essences ayant quasiment disparu en

Belgique, le marché de l’exportation est une des seules

opportunités de valorisation, en dehors de la trituration

ou du bois de chauffage. Les répercussions sur le

prix d’achat du bois sur pied risquent donc d’être plus

conséquentes pour le hêtre et le frêne.

Nouvelle redevance kilométrique pour

le transport

La deuxième mesure impactant, cette fois, l’ensemble

du secteur de l’exploitation forestière, concerne la redevance

kilométrique des poids lourds circulant sur les

routes belges, qui sera d’application dès le 1 er avril 2016.

Le transport de bois se faisant presque exclusivement

par route dans notre pays, cette nouvelle redevance devra

être répercutée par les transporteurs auprès de leurs

clients. Les prix d’achat des bois sur pied risquent donc

d’en être impactés. Le coût de la redevance sera compris

entre 12 et 20 cents du kilomètre.

Il est encore difficile de chiffrer de manière précise les

conséquences que ces deux nouvelles mesures auront sur

le prix des bois sur pied, mais elles devraient malheureusement

engendrer une diminution du prix d’achat dès

cet automne.

Source : communiqué de presse d’Urebo du 14 août 2015.

46 Silva Belgica septembre-octobre 2015


Propriétaires de terres agricoles

Vous qui désirez :

1

un revenu décent de vos terres,

2

disposer de votre bien quand bon vous semble,

3

sauvegarder la valeur de votre patrimoine rural

(terres ou bois)

...

E. de DORLODOT

Rue du Chenet 1

5150 FLORIFFOUX

Nous mettons notre expérience à votre disposition

pour trouver la meilleure solution adaptée

à votre cas particulier.

contactez-nous sans tarder! 081/44 13 21

sogesa@sogesa.be

SOGESA-an 128htx180lg-05-09.indd 1 18/05/09 10:39:50


LÉGISLATION

La cueillette des champignons

par David Dancart, Société Royale Forestière de Belgique

Nous voici à l’aube de la saison des champignons. La combinaison

« chaleur et humidité » les fait « bourgeonner » en grand

nombre. Certains sont comestibles et les gastronomes se préparent

à la cueillette.

Mais qu’en est-il de la législation en matière de cueillette de

champignons. Où peut-on les cueillir ? Que dit le Code forestier

à ce sujet ?

Les cèpes sont

probablement les

champignons les

plus recherchés par

les amateurs.

En Wallonie, la cueillette des champignons

est réglementée par le Code forestier (décret

du 15 juillet 2008) dont l’article 50 définit

le principe général applicable à toute la forêt

wallonne, y compris privée : « Aucun prélèvement

de produits de la forêt ne peut avoir lieu sans le

consentement du propriétaire et sans respecter les

conditions générales qui peuvent être arrêtées par

le Gouvernement. » 1 . Et le Gouvernement a fixé

ces conditions à l’article 25 de l’arrêté du 27 mai

2009.

1 Il convient également d’obtenir l’accord du propriétaire pour

la récolte des fleurs et des baies.

En forêt publique

En forêts domaniales, aucune autorisation préalable

n’est cependant nécessaire.

La cueillette est autorisée et limitée à raison d’un

seau de 10 litres par jour et par personne 2 , excepté

si le prélèvement est effectué pour les besoins

d’une association scientifique, caritative ou de jeunesse.

Cette limitation permet d’éviter le pillage

du sous-bois et la commercialisation. La cueillette

n’est donc autorisée qu’à usage familial.

2 Pour les fleurs, la quantité maximum autorisée est de deux

poignées par personne et par jour. Elle correspond au contenu

d’un seau d’un volume de dix litres par personne et par jour pour

les autres produits de la forêt.

48 Silva Belgica septembre-octobre 2015


LÉGISLATION

D’autre part, la cueillette n’est autorisée qu’entre

le lever et le coucher du soleil.

Elle est évidemment interdite lorsque la forêt est

fermée réglementairement pour l’exercice de la

chasse.

L’autorisation de la cueillette n’annule pas les

autres règles du Code forestier. Ainsi, si l’autorisation

de cueillette emporte le droit de circuler

« pédestrement » hors voiries, il sera interdit de circuler

avec des véhicules à moteur sur les chemins

et sentiers.

En forêts communales, la situation est très variable

d’un propriétaire à l’autre. La règle générale

est l’interdiction de cueillette mais de nombreuses

communes l’autorisent à leurs habitants, voire

seconds résidents, voire de manière plus large

encore.

Il est donc nécessaire de se renseigner préalablement

auprès de la commune concernée pour éviter

toute mauvaise surprise.

pied hors voiries en fonction d’éventuels desiderata

complémentaires du propriétaire.

Les quantités de cueillette restent d’application en

forêts privées.

Dans les autres régions

En Région bruxelloise, en raison de la fréquentation

élevée de la forêt de Soignes, une mesure

drastique a été adoptée. La cueillette des champignons

est tout simplement interdite.

En Région flamande, la cueillette des champignons

est interdite dans les forêts privées et publiques,

mais le propriétaire / gestionnaire peut demander

à l’Agentschap voor natuur en bos (ANB) une

autorisation. Cela doit alors figurer dans le plan de

gestion forestière.

***

En forêt privée

Comme le stipule le Code forestier, il est interdit

de récolter des champignons sans l’accord du propriétaire.

La personne qui recevra une autorisation

du propriétaire sera alors considérée comme

« un ayant droit ». Il pourra donc ainsi circuler à

Remerciements à Jean-Pierre Scohy, ingénieur des Eaux

et Forêts, pour sa relecture attentive.

La trompette des

morts ou trompette

de la mort,

espèce comestible

très répandue, qui

pousse par groupes

en forêts.

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 49


CHRONIQUE ÉCONOMIQUE

Vers la fin des exportations

de grumes ?

par Eric Letombe

La plupart des pays européens n’appliquent pas d’interdiction d’exportation

de grumes. Pourtant, d’autres pays, voire certaines ONG, s’impliquent

dans une politique restrictive des exportations. S’agit-il d’un protectionnisme

économique, environnemental ou d’un simple bon sens sociétal ?

La gestion de la ressource

Depuis deux décennies, la majorité des pays

du monde a mis en place des programmes

de gestion de leur forêt. Les pays ayant

des lois forestières depuis 200 ans, à l’instar de

la France et de l’Allemagne, ont souvent servi de

modèles. La loi forestière, parfois reprise dans un

code forestier comme en Wallonie, s’applique sur

l’ensemble du territoire du pays ou d’une région.

Les grandes conférences comme Rio ou Helsinki

participent activement aux évolutions des lois

forestières. A titre d’exemple, la Russie a mis à

jour son code forestier en 2007 (en intégrant par

exemple la taïga comme écosystème forestier) suite

à la convention d’Helsinki. Ces grandes réunions

permettent de faire un état des lieux grâce aux données

scientifiques et techniques les plus récentes et

de débattre des orientations futures. Certains pays

ont un pouvoir important. La Russie, possédant

20% de la ressource mondiale, y joue ainsi un rôle

majeur.

Comme chacun le sait, le changement climatique

est une des très grandes préoccupations de nos

sociétés. La forêt, et a fortiori sa gestion, est un

paramètre important reconnu par les scientifiques

pouvant contribuer à limiter le réchauffement climatique.

La conférence de Paris de 2015 sur le climat

devra apporter une nouvelle impulsion vers le

changement de notre modèle de consommation.

Les récentes déclarations du président américain

Barack Obama lors de la présentation de son plan

pour le climat sont là pour rappeler l’enjeu de

cette conférence. Barack Obama souhaite réduire

de 32% les émissions de CO 2

des centrales électriques

des USA d’ici 2030, par rapport à 2005.

Les énergies renouvelables, en particulier l’éolien

et le solaire, devraient apporter une partie de la

solution en produisant 28% de l’énergie.

Les impacts sur le commerce

international

Il est indéniable que l’engagement des pays vers

d’autres politiques de société ont des impacts sur

le commerce international du bois. Les premiers

effets sont à observer du côté des flux de pellets. Le

graphique ci-après, extrait d’une étude bien connue

du cabinet Pöyry, rappelle que les programmes de

réduction d’émission de CO 2

ont un impact sur

l’utilisation de pellets par le secteur de la production

d’électricité. En Belgique, nous savons que les

millions de tonnes de pellets utilisés pour la production

d’électricité « verte » proviennent, pour

l’essentiel, de l’Ouest canadien et du Sud-Est des

U.S.A. La ressource de la forêt wallonne ne pourrait

en aucun cas approvisionner une demande si

importante.

Les restrictions des exportations de grumes dans

le monde ont aussi un impact sur le commerce du

bois. On constate que la difficulté d’approvisionnement

en bois exotique, tant en grumes qu’en

produit fini, profite à l’utilisation de bois locaux.

Le meilleur exemple actuel est le remplacement

des lames de terrasses en bangkirai, ipé ou teck

50 Silva Belgica septembre-octobre 2015


CHRONIQUE ÉCONOMIQUE

par des lames en douglas ou en bois traité thermiquement

(thermowood). De plus, la pression médiatique

sur le bois illégal pousse les importateurs

à contrôler strictement les provenances du bois

ainsi que la bonne gestion forestière des pays d’origine.

Le journal le Soir a publié un article consacré

aux importations de bois illégal en Belgique, le

mercredi 29 juillet 2015, intitulé « Du bois taché

de sang en Belgique ». Cette conscience « forestière

» de la société devient un facteur de premier

ordre dans le commerce international du bois.

Par ailleurs, les autorités chinoises vont durcir les

contrôles sanitaires à l’importation de grumes,

ayant constaté de nombreuses failles dans le système

actuel. Ce renforcement permettra également

une meilleure traçabilité des bois et des produits

finis.

Les mesures prises par

certains pays

Actuellement, l’Europe n’impose aucune restriction

à l’exportation des grumes. Ainsi, des volumes

importants s’exportent vers la Chine, en particulier

pour le chêne et le hêtre. Ces grumes sont

transformées en Chine. Une partie des produits reviennent

en Europe. Par exemple, les grandes surfaces

de bricolage européennes s’approvisionnent

principalement en parquet muticouche (ou multilame)

dans ce pays.

La comptabilisation de l’impact CO 2

dans la valeur

des produits, un moyen radical de réduction

des émissions de CO 2

, ne semble pas encore d’actualité.

Pourtant, quelques sociétés commencent

à mettre en place des méthodes de calcul. Le chemin

vers une reconnaissance d’une telle comptabilisation

est encore long.

Perspectives de la consommation de pellet

Depuis quelques années, la liste des pays interdisant

l’exportation de grumes s’allongent régulièrement.

Après la Bulgarie, c’est l’Ukraine qui

vient d’interdire l’exportation de grumes. Ces pays

prennent de telles mesures afin de développer une

filière de transformation locale. Mais les effets

d’une interdiction pure et simple ne sont pas forcément

positifs à court ou moyen terme.

Prenons l’exemple du Gabon qui a interdit l’exportation

de grumes en 2010. Aujourd’hui, même

si la filière bois s’est indéniablement développée

puisqu’elle est le deuxième employeur du pays, les

entreprises gabonaises ont des difficultés à trouver

des marchés. Un facteur parmi d’autres est le

problème de manque de forêts certifiées. En 2015,

à peine 3 millions d’ha de forêts étaient certifiées.

Cela représente moins de 3% du couvert forestier

L’Europe de l’Ouest

continuera d’être

le plus grand

consommateur de

pellets. L’Amérique

du Nord connaîtra

une croissance

principalement

dans le secteur

des pellets à usage

résidentiel. Les

pays asiatiques

ont vu l’utilisation

de pellets émerger

récemment et cela

va continuer.

Source : Pöyry

Management

Consulting

Further Info :

Silvio Mergner

(silvio.mergner@

poyry.com)

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 51


CHRONIQUE ÉCONOMIQUE

Depuis 2007, la Russie a opté pour un système

taxateur limitant fortement les exportations sur

certains produits. Le système est évolutif et il devait

permettre de réguler les flux. Cependant, il

a contribué aux ralentissements importants des

exploitations forestières en faisant fuir les grands

groupes scandinaves. Le groupe finlandais UPM

achetait 13% de ses besoins en Russie jusqu’en

2007. Les capacités russes de récolte et de transformation

du bois n’ont pas pris le relais. Ce n’est pas

faute de moyens, le grand groupe russe Gazprom

ayant suivi le mouvement en prenant des participations

dans de grandes sociétés d’exploitation

forestière. Il faut rappeler que les exportations de

bois avaient été multipliées par 2,5 entre 1997 et

2007. Le remplacement d’un tel niveau d’exportations

par une transformation locale paraissait

illusoire. En 2015, Vladimir Poutine avait annoncé

des investissements massifs dans l’infrastructure

forestière afin d’améliorer la mobilisation des bois.

La crise ukrainienne aurait gelé les projets. Aujourd’hui,

malgré la forte dépréciation du rouble,

les exportations russes de grumes, sciages et autres

produits en bois restent stables.

gabonais et moins de 20% des forêts à vocation

de production de bois d’œuvre. Un autre facteur

est le manque de compétitivité intrinsèque des

entreprises. Ainsi, la production de contreplaqué

ne cesse de diminuer, concurrencée par les productions

asiatiques.

À ce jour, les pays suivants ont pris des mesures

visant l’exportation de grumes (source EOS) :

• la Russie a instauré des taxes allant jusque 25%

de la valeur des grumes ;

• les USA ont opté pour une restriction des exportations

de grumes des forêts fédérales situées

à l’ouest du 100 e méridien (à l’ouest de la

Louisiane) ;

• le Japon a un système de subventions (WUPS)

incitant l’utilisation de bois locaux ;

• les Philippines ont arrêté l’exportation des

grumes provenant des forêts primaires, les exportations

de grumes provenant de plantations

sont taxées ;

• la Malaisie et la Thaïlande taxent les bois et les

sciages destinés à l’exportation ;

• La République du Congo limite les exportations

de grumes à 15% du total des grumes exploitées

;

• Le Cameroun interdit l’exportation de grumes

de bois précieux et taxe les autres essences depuis

1999 ;

• le Gabon interdit l’exportation de grumes depuis

2010, 5 essences rares sont interdites d’abattage

depuis 2008 pour une période de 25 ans ;

• les Maldives, Brunei, les îles Fidji, le Sri Lanka

et de nombreux autres petits états appliquent

des mesures très restrictives à l’exportation des

grumes ;

• le Sénégal vient de décider d’interdire l’abattage

des grumes sur tout le territoire jusqu’à nouvel

ordre.

Les interdictions d’exportation n’ont pas toujours

réellement prouvé leur intérêt économique. Il s’agit

souvent d’une démarche politique relevant d’un

bon sens sociétal. En Europe, les transformateurs

de bois, particulièrement les scieries, demandent

clairement des restrictions sur les exportations de

grumes.

52 Silva Belgica septembre-octobre 2015


360

propriétaires

privés

33.000

hectares

www.socofor-samkempen.be

Nous mettons en valeur votre PATRIMOINE

FORESTIER et notre équipe d’experts forestiers est à

votre service pour les missions suivantes :

Organisation de 3 VENTES GROUPEES sur l’année et

aussi à la demande

Aide à votre GESTION FORESTIERE AU QUOTIDIEN

depuis l’élaboration du plan de gestion jusqu’à la

mise en œuvre des travaux

Possibilité de PRISE EN CHARGE COMPLETE du suivi

de votre propriété

Réalisation de MARQUAGE (feuillus, résineux) et

de BALIVAGE

Elaboration de DOSSIERS ADMINISTRATIFS

(N2000, PEFC,….)

EXPERTISE, EVALUATION et CONSEIL pour

l’acquisition ou la vente de propriétés

forestières, ou leur transmission par donation,

sortie d’indivision

Nous travaillons d’une façon

participative et concertée

Première visite gratuite

SOCOFOR

SOCIéTé COOPéRATIVE FORESTIèRE

SAMKEMPEN

SAMENwERkENDE VENNOOTSCHAP VAN HOUTPRODUCTEN

Place des Barricades, 12 bte 5

Bruxelles 1000 Brussel

Tél : 02 735 00 88

socofor.samkempen@belgacom.net


LIVRES

Au nom du cerf

Animés d’une passion commune pour la

forêt et le cerf, Philippe Moës et Gérard

Jadoul ont consacré à cet animal une

énergie considérable depuis plusieurs

dizaines d’années.

Leur goût de la photographie et de l’écriture

aboutit aujourd’hui à un regard croisé

novateur, ancré dans la réalité de terrain.

Avec Au nom du cerf, ils font découvrir

l’animal sous trois angles distincts qui

s’enrichissent l’un l’autre. Le premier, esthétique

et contemplatif, permet d’apprécier

quelques-unes de leurs images favorites.

Le second, naturaliste, raconte le suivi

photographique d’une douzaine de cerfs

durant leur vie, jusqu’à dix années consécutives

pour plusieurs d’entre eux.

Le dernier volet enfin, plus philosophique,

témoigne de la longue et permanente évolution

du regard qu’ils portent tous

deux sur le cerf et les relations qui le

lient à l’homme

« Déposer les images qui nous ont

fait vibrer, des récits pour mieux

les comprendre et enfin des témoignages

marqués par ce long et perpétuel

questionnement, qui fait que

plus on croit comprendre les cerfs,

plus ils nous échappent. Telle a été

notre quête, en espérant que notre

vision ici partagée servira la cause du

cerf et des hommes de bonne volonté

qui s’y intéressent. Un jour, ici ou ailleurs,

peut-être… »

Édition du Perron

Parution : mars 2015

Prix : 40,00 €

ISBN : 978-2-87114-256-0

nbre de pages : 180 p.

Format : 29 x 29 cm

www.perron.be

La forêt

pour métier

Ce manuel s’adresse aux élèves qui préparent

un Bac pro Forêt (France) ou un

brevet professionnel forestier.

Il fourmille d’apports méthodologiques,

d’outils, de notions illustrées concrètement,

de réflexions et de nombreux cas de

terrain qui prennent en compte la dimension

environnementale de la gestion forestière.

Il a pour objectif de faire découvrir

Les arbres utiles du

Gabon

La forêt gabonaise comprend plusieurs

centaines d’espèces d’arbres. Une poignée

est très connue, beaucoup le sont

nettement moins, et certaines sont encore

anonymes. Ce guide vous emmène à la

découverte de 37 familles botaniques et

de 225 espèces, dont plus de 140 sont

illustrées. Il vous permet de les identifier

et de mieux les connaître à l’aide de schémas

simples et de près de 1000 photographies

de détails botaniques en couleurs.

Pour les plus expérimentés, de nouvelles

données concernant l’écologie permettront

de consolider leurs connaissances.

L’objectif de cet ouvrage est le partage et

la vulgarisation des connaissances, afin

que les agents des administrations en

charge des forêts, tout comme les exploitants

forestiers ou encore les populations

locales, puissent mieux comprendre et

gérer ces essences utiles. Il pourra aussi se

glisser dans la poche des randonneurs et

des naturalistes, qui seront en mesure de

reconnaître et de nommer plus facilement

ces arbres précieux de la forêt gabonaise.

Les Presses agronomiques de Gembloux

Parution : 2015

Prix : 35,00 €

ISBN 978-2-87016-134-0

340 p., photographies en couleurs

Format : 15 x 21 cm

http://www.pressesagro.be/

54 Silva Belgica septembre-octobre 2015


LIVRES

aux apprenants la richesse et la multifonctionnalité

des forêts, la diversité des métiers

actuels et émergents, des organismes

et des entreprises qui les mettent en valeur,

et l’ensemble des biens et services que les

forêts nous procurent.

Ce manuel est le fruit d’une réflexion et

d’une rédaction collective d’auteurs enseignants

et formateurs, d’inspecteurs des différentes

disciplines concernées. L’ouvrage

est enrichi par la contribution de nombreux

professionnels de la forêt, au travers

d’exemples concrets et de témoignages de

leur réalité quotidienne.

Chaque équipe pédagogique pourra transférer

ces apports dans son environnement

proche, naturel, technique, réglementaire,

social et économique.

Ce manuel facilitera l’appréhension par

les apprenants de la réalité sociale et

professionnelle du secteur de la forêt et

il contribuera ainsi à leur réussite professionnelle.

Éducagri éditions

parution : mai 2011

prix : 28,00 €

ISBN : 978-2-84444-834-7

Nombre de pages : 304 p.

Format : 21 x 27 cm

http://editions.educagri.fr

La Jeu de l’Oie du Gland

de 7 à 107 ans pour 2 à 4

joueurs

Le roi de la forêt vous présente le roi des

jeux de l’oie. Un jeu de l’oie pas du tout

comme les autres ! A chaque case, une

nouvelle mésaventure : parfois un grand

bonheur - et plus souvent une tuile. Pas

facile d’arriver à la case 63 et de devenir

un grand vieux chêne quand on est un

petit gland menacé à chaque instant par

tous les brigands de la forêt.

Parents et enfants vont s’amuser comme

des fous, lever les bras au ciel et s’arracher

les cheveux en découvrant les continuels

rebondissements du plus marrant, du plus

cruel et du plus instructif de tous les jeux

de l’oie !

63 cases, 63 rebondissements ! Petit gland

deviendra-t-il un jour le roi

de la Forêt ? Pas si sûr,

comme vous allez le

découvrir en affrontant

l’armée de brigands

qui veut l’empêcher de monter sur

le trône. Des aventures pas franchement

de tout repos !

Éditeur : la Hulotte

Création : 2015

Prix : 29,50 €

Dimensions (boîte) : 35,5 x 35,5 x 4,9 cm

Dimensions du plateau de jeu : 67 x 67 cm

http://lahulotte.fr/

http://lahulotte.fr/jeu_oie_gland.php

Les Indicateurs Clés de

l’Environnement Wallon

2014

Septième version du tableau de bord de

l’environnement wallon, Les Indicateurs

Clés de l’Environnement Wallon 2014

(ICEW 2014) présente un bilan synthétique

de la situation et des performances

environnementales de la Wallonie à travers

une compilation d’indicateurs à caractère

environnemental, socio-économique, administratif

ou encore sanitaire. La diversité

des données rassemblées, leur analyse

objective et rigoureuse et leur présentation

attrayante en fait un document unique en

Wallonie. Outil d’aide à la décision pour les

responsables et acteurs du monde socioéconomique,

document de référence pour

la communication des données statistiques

vers les instances européennes et internationales,

l’ICEW 2014 est également un

formidable outil de communication, de

sensibilisation et d’éducation à l’environnement

à destination de tous.

Cet ouvrage est téléchargeable en version

PDF intégrale sur :

http://etat.environnement.wallonie.be

(page : http://etat.environnement.wallonie.be/index.php?page=icew-2014)

septembre-octobre 2015 Silva Belgica 55


Incendie de forêts…

… cela n’arrive pas qu’aux autres !

Assurez vos

peuplements

pour 2,88 €/ha

seulement

AMIFOR

Société mutuelle incendie de forêts

AMIFOR assure 46.000 ha de forêts en Belgique contre

l’incendie.

Le réchauffement climatique entraîne une augmentation du

risque d’incendie de forêts.

Rejoignez sans attendre les 40 communes et 750 propriétaires

forestiers privés qui font confiance à AMIFOR.

Renseignements

AMIFOR

Galerie du Centre, Bloc 2, Bte 289, à 1000 Bruxelles

Tél. 02/223.07.66

info@amifor.be

www.amifor.be


Votre librairie forestière

Plus de 60 ouvrages

pour l’amoureux de la forêt, le gestionnaire, le propriétaire, …

Élagage et taille de formation des arbres forestiers

Cette 3 e édition, revue et mise à jour, est un guide indispensable à tout gestionnaire

soucieux de fabriquer des arbres de qualité.

Les bois de qualité ont été, sont et resteront toujours les plus recherchés. Or, la qualité

d’un arbre se caractérise par la rectitude, la cylindricité de son tronc et l’absence de

nœuds dans le bois.

Ne pas élaguer, ne pas tailler, c’est à coup sûr accroître le stock des bois médiocres ;

c’est à long terme augmenter le risque de ne pouvoir en tirer un bon prix.

Cette 3 e édition comporte quelques simplifications, mais aussi des modifications

qui tiennent compte de l’évolution de la législation (France), des progrès réalisés

par les praticiens et des nouveautés concernant le matériel utilisé pour tailler et

élaguer feuillus et résineux.

Enfin, des résumés en tête de chaque partie permettent une lecture rapide. Tout

au long de l’ouvrage, des conseils pratiques sont mis en évidence. Le tout est

largement illustré de photos, dessins et schémas.

304 p. - 15 x 24 cm - Réf : 131 D05

35,00 € frais de port compris

Consultez notre catalogue sur www.srfb.be

Demandez notre catalogue, il vous sera adressé gratuitement.

Le montant est à verser sur le compte BE71 3100 4375 5069 (BIC BBRUBEBB) de la Société Royale Forestière de Belgique avec

la mention : « librairie + réf. ». Votre commande vous sera envoyée dès réception de votre paiement

5 € supplémentaires seront demandés pour les envois à l’étranger.

Silva Belgica

n°5/2015

Septembre / octobre - september/ oktober

Bimestriel / Tweemaandelijks

122 e année / 122 e jaaargang

Dépôt Bruxelles X

Groupe de travail / Werkgroep

Jean-Pierre Scohy (président), Martine Carbonnelle,

Jean-François de le Court, Valéry Bémelmans

Rédaction / Rédactie

David Dancart : silva.belgica@srfb-kbbm.be

Design et graphisme / Design en lay-out

David Dancart

Publicité / Advertenties

Adresser toute correspondance au secrétariat.

Richt uw aanvragen en briefwisseling aan het

secretariaat.

Secrétariat / Secretariaat

SRFB asbl / KBBM vzw

Galerie du Centre, Bloc 2, bte 289,

1000 Bruxelles

Centrumgalerij, Blok 2, bus 289,

1000 Brussel

Tél. +32 (0)2 223 07 66

fax : +32 (0)2 223 01 45

info@srfb-kbbm.be

www.srfb.be

ING BE71 3100 4375 5069

Cotisation de membre / Lidmaatschap

60 € + 2€/ha

Editeur responsable / Verantwoordelijke uitgever

Philippe de Wouters

Photo couverture / Foto voorblad

© srekap - Fotolia.com

Collaboration / Medewerking

NTF asbl

Rue Borgnet, 13/2 e étage

5000 Namur

Tél. : +32 (0)81 26 35 83

Fax : +32 (0)81 26 35 84

info@ntf.be

www.ntf.be

Landelijk Vlaanderen vzw

Excelsiorlaan 23, 1930 Zaventem

Tel. : +32 (0)2 217 27 40

Fax : +32 (0)2 217 27 43

info@landelijkvlaanderen.be

www.landelijkvlaanderen.be

Tout document doit être adressé à la rédaction.

Les auteurs sont responsables de leurs articles.

La reproduction partielle ou entière des articles est

autorisée à condition d’en mentionner la source.

Alle documenten moeten naar de redactie worden

gezonden. De auteurs zijn verantwoordelijk voor hun

artikels.

Gedeeltelijke of volledige overname van de artikels is

toegelaten, mits de bron ervan te vermelden.