LES NOUVELLES TRAJECTOIRES

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Enfin, valoriser les parcours hybrides signifie également reconnaître la place qu’occupent les

activités non marchandes et la richesse qu’elles constituent, en termes d’apprentissage et de

création de valeur, dans la vie d’un grand nombre d’individus.

C’est donc en un changement de focale global que consiste cette prise en compte des parcours

hybrides, autour d’une valorisation nouvelle de la pluriactivité, du changement de statut, de

la prise d’initiatives… Ce faisant, une attention particulière doit être portée aux inégalités

puisque la capacité à s’adapter au changement dépend fortement des conditions sociales et

du niveau d’éducation.

Transformer les organisations pour en faire des lieux

d’émancipation et d’apprentissage

Lorsque sont évoquées les transformations des modes de travail, les pratiques

d’externalisation et d’accroissement du nombre d’indépendants sont largement convoquées,

tendant à faire croire que les organisations sont dépassées au profit de structures plus lâches

autour de projets communs. Les formes traditionnelles d’organisation collective subissent en

outre un certain nombre de critiques : on les décrit par exemple comme aliénantes, par

comparaison avec l’autonomie qu’offrirait le statut de travailleur indépendant. Les

phénomènes d’épuisement par l’ennui (bore out) sont parfois désignés comme des symboles

de la rigidité et de l’absence de faculté d'initiative qui régneraient dans les structures

traditionnelles. Cette mise en cause des entreprises et des administrations se fonde donc

souvent sur une recherche de sens.

Or l’essentiel de la population active continue à travailler au sein d’une organisation telle

qu’une entreprise ou une administration, qui demeure l’un des cadres les plus efficaces et

adaptés de l’action collective. C’est pourquoi le Conseil considère que la transformation des

organisations, à l’aune de la métamorphose numérique, est un des objectifs majeurs à

poursuivre dans la transition à laquelle nous faisons face. L’organisation, qu’elle soit privée

ou publique, doit être modifiée en profondeur, en termes de processus et de finalités. La

révolution numérique ne peut s’arrêter à la porte des organisations établies et transformer le

monde du travail uniquement de l’extérieur. Les possibilités d’initiatives individuelles et

d’expression des choix collectifs qu’offrent les outils numériques doivent donc être mis au

service d’une réforme des modes d’organisation et de gouvernance des entreprises, vers plus

d’ouverture. Ce n’est qu’en ce sens que le numérique pourra avoir une finalité autre que celle

d’un approfondissement de la gestion algorithmisée des travailleurs, privilégiant le contrôle

à la participation et la performance à la construction de sens.

Le numérique offre en effet des moyens de redonner aux organisations leur vocation

première, qui est de structurer un ensemble d’individus pour poursuivre un objectif commun,

notamment en favorisant les dispositifs de participation à la vie collective et

l’accomplissement individuel.

Recréer du collectif,

pour tous et à toutes les échelles

Le numérique rend accessibles à un plus grand nombre des formes de travail nouvelles et

notamment le travail indépendant. Néanmoins les collectifs qui soutiennent les initiatives

individuelles ont tendance à s’effriter. Pour certaines nouvelles catégories de travailleurs

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