LES NOUVELLES TRAJECTOIRES

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Les propositions de Blanche Ségrestin et Armand Hatchuel

pour une conceptualisation de l’entreprise a objet social étendu,

objet distinct du modèle sociétaire 141

Ce modèle comprendrait :

-! Un fondement orienté sur la notion de création collective - l’idée étant non pas de

marginaliser l’objectif lucratif mais de distinguer des formes d’entreprises dont l’objectif

serait de développer de nouvelles capacités d’action : développer des stratégies inédites,

inventer de nouveaux usages des ressources créés. Dans ce cadre, le capital est considéré

comme un simple facteur de production. Les auteurs proposent notamment la notion de

potentiel, plus large que celle de capital, afin de mettre en évidence le fait que la richesse

dépend de l’usage qui en est fait au sein d’un collectif. L’entreprise serait alors dédiée à

l’invention de nouveaux usages des ressources mobilisées (capitalistiques, cognitives,

relationnelles, etc.).

-! Un fonctionnement reposant sur un statut revisité du dirigeant d’entreprise : autorité de

gestion habilitée plutôt que mandatée. Le statut du dirigeant d’entreprise ne serait dans cas

non pas celui d’un mandataire de la société nommé en tant que représentant des intérêts

des détenteurs de parts sociales ou actions, mais habilité pour sa compétence à mettre en

œuvre un projet collectif, par les individus prêts à confier la gestion de leur “potentiel”

(capacités et éventuellement capital). L’un des avantages serait ainsi de créer davantage de

liens entre les sphères du droit du travail et du droit des sociétés.

Parmi les implications :

-! Renoncer aux stock-options : les stratégies visant à infléchir les stratégies sont contre

productives puisqu’en principe le dirigeant est en principe le plus compétent).

-! La nomination/révocation du dirigeant n’est plus faire par les seuls actionnaires : puisque

chaque membre du collectif prend des risques en confiant une partie de son potentiel. Cela

résulte d’une nouvelle conception de la subordination : les salariés assument d’autant plus

une partie du risque que les systèmes actuels permettent aux actionnaires d’influer sur les

stratégies pour qu’elles soient financièrement les plus sures. Les risques réels sont liés à la

subordination (au sens où il s’agit de renoncer à une partie de son autonomie et accepter

que les décisions qui peuvent impacter son propre “potentiel” soient prises à un autre

niveau). Certains actionnaires acceptent aussi de s’engager pour un certain temps dans

141 Refonder l’entreprise - 2012

http://www.dailymotion.com/video/xpkbpt_refonder-l-entreprise-entretien-avec-armandhatchuel-et-blanche-segrestin_news

http://business.lesechos.fr/directions-generales/innovation/innovation-sociale/pour-la-creationd-un-nouveau-statut-d-entreprise-a-objet-social-etendu-8147.php

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