LES NOUVELLES TRAJECTOIRES

ddjs82

23j7C1f

Extrait des contributions

“La compétitivité aujourd’hui ne se résume plus à la montée en cadence mais à la capacité

d’innover. Le niveau moyen dans une usine est déjà le BTS, en formation initiale ou en formation

continue, peu importe puisque l’important est de mobiliser de la cognition des individus. Par

exemple, le Japon et la Corée du Sud, qui ont été les premiers à s’équiper numériquement ont

d’ailleurs intégré cette idée que c’est l’association de l’esprit et de la main (monotsukuri) qui

compte.

Aujourd’hui les fonctions de conception sortent des mains des concepteurs et sont en train de se

généraliser. L’automation, l’algorithme, etc. savent détecter des patterns (au sens de modèles) et

les expliciter, mais ils ne savent qu’explorer un espace de recherche donné et délimité. Il ne peut

délimiter cet espace de recherche lui-même.

Or la nouveauté vient souvent de la (re)définition de cet espace (ex : le changement de paradigme

avec la fabrication additive 3D).

L’innovation, c’est en fait lier des points a priori non connectés. L’esprit humain est efficace sur ce

plan parce qu’il se fonde sur des représentations. L’automatisme, lui, intervient une fois qu’un

geste est automatisé, or l’apprentissage ne concerne pas que des tâches programmables. Le

savoir-faire se manifeste surtout dans la capacité à faire face à l’imprévu, à différentes

configurations. Les opérateurs de ligne doivent par exemple savoir entretenir la machine, quel que

soit son état. Cela fonctionne aussi sur le plan de l’apprentissage émotionnel. Le savoir-faire porte

aussi sur la capacité à être interface, c’est à dire comprendre un minimum les fonctions sur

lesquelles interviennent les autres pour pouvoir interopérer. Il s’agit d’enjeux de maintien des

compétences par la formation en situation où l’on entretient le geste et la séquence émotionnelle.”

●! Accompagner ces changements de modèles économiques par une

politique ambitieuse pour la recherche, l’enseignement supérieur,

l’éducation nationale et la formation continue, car ils reposent sur une

métamorphose cognitive, touchant aux fondements de la construction de la

connaissance : abondance d’informations, développement des sens, structuration de

la mémoire… La prégnance de l’automation au quotidien et dans la vie économique

entraîne des besoins supérieurs en créativité, en lien social et en capacités

d’interprétation. Les technologies peuvent être mises à profit pour développer ces

capacités, transformer les métiers actuels et faire naître les futurs emplois :

développement de technologies plus performantes fondées sur l’open source, dédiées

à la co-construction du savoir, capacités d’accès augmentés aux ressources

informationnelles.

●! Créer en Europe le Web industriel. Plus de 500 000 destructions d’emploi ont

eu lieu dans les secteurs industriels français depuis 2007, dont une partie importante

dans les PME selon l’INSEE 155 . Le numérique - en particulier pour les opportunités

155 http://www.lemonde.fr/emploi/article/2015/03/20/l-industrie-a-perdu-un-demi-million-demplois-depuis-fin-2007_4598044_1698637.html

139

More magazines by this user
Similar magazines