LES NOUVELLES TRAJECTOIRES

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-! les études raisonnent à métiers constants pour estimer les pertes d’emplois potentielles

mais n’analysent pas les possibilités de création de nouveaux emplois, encore inconnus

aujourd’hui. Il faut en effet prendre en compte les phénomènes de destruction créatrice

nourris notamment par la réallocation des gains de productivité.

Quelle est la nature des emplois détruits et des emplois créés ? !

Le numérique va-t-il créer des emplois ?

Selon une étude du cabinet Mc Kinsey 6 , le secteur numérique a participé à créer un grand

nombre d’emplois : le numérique représenterait 5,5% du PIB français, plus que les services

financiers et l’agriculture, et 1,5 millions d’emplois seraient liés au numérique en France.

Pour France Stratégie, l’automatisation détruira des emplois dans certains secteurs, mais

entre 735 000 et 830 000 postes par an seraient à pourvoir entre 2012 et 2022. Le taux de

chômage serait de 8% en 2022. Selon cette étude, les secteurs clefs producteurs d’emploi

seront les services à la personne (personnes âgées notamment), l’hôtellerie, l’informatique et

l’aéronautique. Les destructions d’emplois auront principalement lieu dans le secteur

agricole, dans la fonction publique et parmi les ouvriers. Néanmoins les nouveaux emplois

seraient issus principalement des remplacements des départs à la retraite.

D’autres analyses soulignent au contraire que le numérique est le vecteur d’une croissance

sans emplois et que le progrès technique se substitue à l’emploi : selon le rapport de Colin et

Collin 7 , le numérique favorise un décrochage entre les courbes de productivité et d’emploi.

De plus les grandes entreprises du numérique (Google, Facebook, Twitter, etc.) embauchent

en moyenne 3 fois moins que l’industrie automobile, d’après l’économiste Daniel Cohen 8 .

Les métiers peu qualifiés vont-ils disparaître ?

Selon l’étude d’Oxford, les tâches peu qualifiées et peu payées sont les plus susceptibles

d’automatisation. Inversement, les tâches les moins susceptibles d’automatisation seraient

celles qui requièrent intelligence sociale - créativité et capacités heuristiques (ex :

management, éducation, médecine, médias, arts, sciences mathématiques, avocats). Par

ailleurs, sont soulignés les besoins nouveaux de gestion des exceptions du fait de

l’automatisation, qui nécessiterait une montée en compétence généralisée de l’ensemble des

individus. Les fonctions les plus recherchées demanderaient alors une faculté d’initiative.

Le Conseil d’analyse économique (CAE) 9 soutient plutôt que l’automatisation va conduire à

une polarisation du marché du travail. Tandis que les professions intermédiaires, situées au

milieu de la distribution des salaires, tendraient à se raréfier, l’économie numérique crée

principalement deux catégories d’emplois :

-! Des emplois bien rémunérés, à dimension managériale ou créative requérant une

qualification élevée ;

6

McKinsey, “Accélérer la mutation numérique des entreprises : un gisement de croissance et de

compétitivité pour la France”, septembre 2014 -

http://www.mckinsey.com/global_locations/europe_and_middleeast/france/fr/latest_thinking/ac

celerer_la_mutation_des_entreprises_en_france

7

Colin et Collin, Rapport sur la fiscalité du numérique, 2013

8

Daniel Cohen dans l’émission, “Permis de penser”, France Inter, 19.09.2015 (avec Dominique Meda)

9 Economie numérique, note du CAE, octobre 2015.

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