LES NOUVELLES TRAJECTOIRES

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Au-delà de la question de l’usure psychologique se joue celle du renouvellement des outils de

contrôle. Le numérique a tout d’abord permis la démultiplication des outils de reporting.

D’autres dispositifs, qui n’étaient pas initialement pensés dans ce but ont pu également

favoriser le sentiment d’être contrôlés chez les salariés : ainsi “l’infobésité” peut être utilisée

comme outil de contrôle, dans la mesure où des outils asynchrones deviennent des outils

synchrones (par exemple avec la configuration de notifications immédiates sur boîtes mails),

qui peuvent installer un climat d’injonction à répondre sans délais à un ordre donné. Les

métadonnées et les “traces numériques” peuvent également être utilisées pour reconstituer

et surveiller les comportements.

Controverses

“L’activité productive des salariés comme des consommateurs est de plus en plus

encadrée par des dispositifs, au sens de Michel Foucault.”

Extraits des contributions

“L'humain gagne dans les domaines qui nécessitent de l’intuition, de la créativité, de

l'adaptabilité, et des capacités mentales avancées.”

Race against the machine, Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, 2011

“Un élément particulièrement frappant dans les évolutions de l’organisation du travail

est le sentiment de solitude des salariés lié à la politique d’individualisation mise en

place depuis la fin des années 1970.”

« Les conséquences de l’individualisation dans le monde du travail », Danièle Linhart, Revue de

la CFDT n°103

L’effet du numérique sur l’autonomie des travailleurs est-il différent suivant les catégories

socio-professionnelles ? !

On constate que le numérique peut être facteur à la fois d’autonomie au travail mais

également d’un accroissement de la surveillance et du contrôle. Comment comprendre ce

double phénomène ? Faut-il distinguer les effets du numériques sur l’autonomie des

travailleurs suivant que le travail est ou non qualifié ?

Si l’on définit l’autonomie comme la capacité à choisir soi-même la manière d’atteindre les

objectifs fixés, ce sont les “cols blancs” qui profitent en effet le plus des outils numériques,

contrairement aux travailleurs les moins qualifiés, qui voient leurs marges de manœuvre

diminuer. Néanmoins, d’autres soulignent qu’un mouvement commun est en train de

s’amorcer, qui affecte jusqu’à l’organisation de l’entreprise. L’entreprise de demain serait

ainsi dichotomique et fonctionnerait suivant deux niveaux, un niveau de direction et de

conception et un niveau d’exécution, caractérisés tous deux par une importante autonomie.

L’écrasement des hiérarchies, conséquence de cette polarisation sur le long terme, tendrait à

court terme à imposer davantage de contraintes et de contrôle sur la hiérarchie intermédiaire.

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