14.05.2016 Views

CANNES 2016

CLAP-Queer-Palm-2016

CLAP-Queer-Palm-2016

SHOW MORE
SHOW LESS

Create successful ePaper yourself

Turn your PDF publications into a flip-book with our unique Google optimized e-Paper software.

LE GUIDE OFFICIEL

N° SPÉCIAL

CANNES 2016

1


ACTUELLEMENT ACTUELLEMENT EN SALLE EN SALLE

THÉO THÉO & HUGO & HUGO DANS DANS LE MÊME LE MÊME BATEAU BATEAU

UN FILM UN DE FILM OLIVIER DE OLIVIER DUCASTEL DUCASTEL ET JACQUES ET JACQUES MARTINEAU MARTINEAU

PRIX DU PUBLIC

PRIX DU PUBLIC

EMMANUEL CHAUMET EMMANUEL PRÉSENTE CHAUMET PRÉSENTE

PRIX DU PUBLIC

PRIX DU PUBLIC

AVEC

ET

Théo

UN FILM DE Olivier

Ducastel

ET Jacques

Martineau

Geoffrey

Couët

&

AVEC Geoffrey

Couët

hugo

&

ET

François François

Nambot Nambot

DISTRIBUTION DES RÔLES Simon Frenay

ASSISTANT À LA MISE EN SCÈNE Maxence Germain

IMAGE Manuel Marmier

IMAGE Manuel Marmier SON Tristan Pontécaille

SON Tristan Pontécaille Clément Badin & Victor Praud

DÉCORS Barnabé d’Hauteville & Clara Noël

MONTAGE Pierre Deschamps

MONTAGE Pierre Deschamps MUSIQUE Karelle + Kuntur

MUSIQUE Karelle + DIRECTION Kuntur DE PRODUCTION Diane Weber

Daniel Chabannes DE Sars

dans le même bateau

PRODUCTION & VENTES INTERNATIONALES Ecce Films

COPRODUCTION & DISTRIBUTION Épicentre films

Daniel Chabannes DE Sars

& Corentin Dong-Jin Sénéchal dans le même bateau

Olivier

Ducastel

Jacques

UN FILM DE

ET

Martineau

DISTRIBUTION DES RÔLES Simon Frenay

ASSISTANT À LA MISE EN SCÈNE Maxence Germain

Clément Badin & Victor Praud

DÉCORS Barnabé d’Hauteville & Clara Noël

DIRECTION DE PRODUCTION Diane Weber

PRODUCTION & VENTES INTERNATIONALES Ecce Films

COPRODUCTION & DISTRIBUTION Épicentre films

& Corentin Dong-Jin Sénéchal


clap_queer_dbp.indd 3 26/04/16 13:10

ACTUELLEMENT ACTUELLEMENT

ACTUELLEMENT

EN SALLE EN

EN

SALLE

SALLE

VISITE VISITE VISITE OU MÉMOIRES OU OU MÉMOIRES

ET ET ET CONFESSIONS

UN FILM UN DE FILM MANOEL DE MANOEL DE OLIVEIRA DE OLIVEIRA

UN FILM DE MANOEL DE OLIVEIRA

EN SALLES

EN

EN

SALLES

SALLES LE 8 JUIN

LE

LE 8

JUIN

JUIN

LA QUATRIÈME LA QUATRIÈME VOIE

VOIE

UN FILM UN DE FILM GURVINDER GURVINDER SINGH SINGH

UN FILM DE GURVINDER SINGH

EN SALLES EN EN SALLES LE 31 AOÛT LE LE 31 31 AOÛT

Festival du film de Locarno

Sélection officielle

OLMO OLMO ET LA ET MOUETTE

LA LA MOUETTE

UN FILM UN UN DE FILM FILM PETRA DE DE PETRA COSTA COSTA ET LEA ET ET GLOB LEA GLOB

Festival du film de Locarno

Festival du film de Locarno

Sélection officielle

Sélection officielle

PROCHAINEMENT EN SALLE

EN SALLE

L’ORNITHOLOGUE

UN FILM UN DE FILM JOÃO DE PEDRO JOÃO PEDRO RODRIGUES

RODRIGUES

(écriture blanc pour fond foncé)

(écriture blanc pour fond foncé)

(écriture blanc pour fond foncé)

(écriture noire pour fond clair)

(écriture noire pour fond clair)

(écriture noire pour fond clair)

(noir et blanc)

r et blanc)

uleurs)

(couleurs)

55, RUE DE LA MARE 75020 PARIS FRANCE

55, RUE DE LA MARE 75020 PARIS FRANCE

TÉL. +33

55, TÉL.

(0)1

RUE +33

43

DE (0)1

49

LA 43 49 03 03 - INFO@EPICENTREFILMS.COM

03

MARE

03 - INFO@EPICENTREFILMS.COM

75020 PARIS FRANCE

TÉL. +33 (0)1 43 49 03 03 - INFO@EPICENTREFILMS.COM


clap_queer_dbp.indd 1 26/04/16 13:09

LE MEILLEUR DU CINÉMA LGBT À CANNES

HORS

LES MURS

DE DAVID LAMBERT

A GIRL

AT MY DOOR

DE JULY JUNG

COFFRETJOÃO

PEDRO RODRIGUES

O FANTASMA / ODETE

MOURIR COMME UN HOMME

LA DERNIÈRE FOIS QUE J’AI VU MACAO

L’INCONNU

DU LAC

DE ALAIN GUIRAUDIE

OPIUM

DE ARIELLE DOMBASLE

LAN YU

DE STANLEY KWAN

(écriture blanc pour fond foncé)

(écriture noire pour fond clair)

55, RUE DE LA MARE 75020 PARIS FRANCE

TÉL. +33 (0)1 43 49 03 03 - INFO@EPICENTREFILMS.COM


Édito / Editorial

Open-minded (déf.) :

Ouvert d’esprit, à l’écoute, sensible à la

pluralité des êtres et du monde.

C’est l’histoire d’un rêve, celui d’un voyage

à Cannes où l’on parviendrait malgré la

frénésie ambiante à tout regarder, vivre,

ressentir avec le cœur ouvert. C’est l’histoire

d’un cinéma aux mille lumières, où chaque

individu brillerait de plein feu sur la toile

à fantasmes. C’est l’histoire d’un espoir

qui s’affirme chaque année un peu plus

pour offrir la certitude qu’une autre réalité

existe. C’est l’histoire d’un nouveau monde,

où tous les cadres explosent, où chacun

peut être un autre et le même à la fois. Un

monde où l’on aime qui l’on veut quand on

veut si l’on veut, un monde où l’on est qui

l’on veut si l’on peut. Ouvrez grand les yeux

et le cœur : un nouveau chapitre s’écrit. C’est

l’histoire de la Queer Palm...

Carole Milleliri

Rédactrice en chef de Clap!

www. clapmag .com

@clapmag

Clap! Mag

Open-minded (def) :

Willing to consider different thoughts

or opinions, attentive to others, willing to

consider the singularity of both others and

the world.

This is a story about a dream: a dream

of being at Cannes, of being able to see

and experience everything, of feeling my

surroundings with an open heart, despite

the hype that permeates the festival. This

is the story of a silver screen, a cinematic

canvas on which every single being would

shine brightly, a phantasmagorical spotlight.

This is the story of an ever-growing hope

that another reality might exist. This is the

story of a new world, where boundaries are

broken one by one, where one can both

become someone else and stay the same

– a world where one can love whomever

they want, where one can become whatever

they want. Keep your eyes and heart open:

a new chapter is being written. This is the

story of the Queer Palm.

Carole Milleliri

Editor-in-chief of Clap!

Édité par ClapMag. Association de loi 1901. N°SIRET 0249320500016. 57 rue Cantagrel - 75013 Paris. N°ISSN : 2272-

1517. Dépôt légal à parution. N°CPPAP : 0716G92399. Fondateur : Romain Dubois. Directeur de la publication :

Franck Finance-Madureira. Directrice de la rédaction : Ava Cahen. Rédactrice en chef : Carole Milleliri. Comité

de rédaction : Ava Cahen, Franck Finance-Madureira, Carole Milleliri. Ont participé à ce numéro : Manuel Billi,

Antoine Damiens, Hadrien Fiere, Gauthier Moindrot. Couverture : Alex Nicolas, Frédéric Beehupp, Sophie Lorant.

Maquette : Arthur Bayon, avec Clémence Besset. Courrier rédaction : Clap! 57 rue Cantagrel - 75013 Paris. Site

internet : www.clapmag.com. Email : contact@clapmag.com. Impression : Fine Paper Print Solutions. Rua do Crucifixo, 32 -

1100-183 Lisboa - Portugal. Distribution : MLP. Publicité, Partenariats et Communication : Feel Good Media / Lauréline

Jouanneau (laureline@feelgoodmedia.fr). © La reproduction, même partielle, de tout texte, image ou photo présents sur dans ce

magazine est interdite sans accord préalable. Les logos et marques déposés sont la propriété de leurs détenteurs. La rédaction n’est

pas responsable des textes et photos qui lui sont communiqués. Toutes les images présentes dans le magazine ont des droits réservés.

5


L’ANNÉE DU CINÉMA QUEER

A YEAR OF QUEER CINEMA

Révélations et révolutions

Discoveries and revolutions

On retient de l’année passée une perle, une pièce rare et brillante, brisant les codes pour

célébrer la liberté humaine, artistique, créative. Sorti en France le 31 décembre 2015,

tel un présent de Nouvel An,Tangerine de Sean Baker est l’apothéose d’un cinéma en

mouvement. Un cinéma qui crée et défend ses propres valeurs, son propre regard. Si

2014 était l’année des luttes, 2015 fut celle de la découverte. De soi-même d’abord,

pour la vendeuse timide de Carol de Todd Haynes, dernière Queer Palm, comme pour

l’adolescente survoltée de Pauline s’arrache d’Émilie Brisavoine. Mais aussi la découverte

de soi au monde, transcendée par Eddie Redmayne dans The Danish Girl. Le cinéma

LGBT exalte ce dynamisme vivace, cette volonté d’émancipation qui se fait ressentir

tant dans la forme que dans le fond. Cinéma de révélation, cinéma de révolutions, le

7 e art version queer célèbre les actes, les instants, les découvertes de l’âme, du corps, de

l’individu. Tour d’horizon des principales sorties de 2015.

Since the 2015 edition of the Queer Palm, a cinematic gem has stood out: a rare,

unique, work of art celebrating creative, humane, and artistic freedom. Released

in the last few days of 2015, Sean Baker’s Tangerine stood out as the pinnacle of

a form of cinema celebrating its own values, its own virtues, its own perspective

on life. While in 2014 LGBT cinema was concerned with depicting social and

individual struggles, in 2015 it focused on discoveries – discovering oneself, as in

Carol (awarded the Queer Palm last year) or in Pauline s’arrache; or revealing oneself

to the world, as in The Danish Girl. LGBT cinema is deeply enmeshed in a quest for

emancipation, both politically and aesthetically. Queer cinema celebrates not only

actions, but also moments and discoveries - of the mind, body and self. Overview

of some key films released these past monts.

Hadrien Fiere

6


Renat Shuteev et Andrey Koshman dans Stand de Jonathan Taïeb

© Grizouille Films

Changer son temps

Le changement des êtres entraîne le

changement des sociétés. Et cette évolution

se fait rarement sans frictions. Dépourvus

de repères pour construire leur identité,

certains personnages – comme Lili Elbe,

magistralement interprétée par Eddie

Redmayne dans The Danish Girl – doivent

se construire par eux-mêmes. Le parcours

identitaire de Lili se fait à une époque

où être transgenre pouvait conduire à

l’internement, voire à la lobotomisation.

À la gravité du sujet, le réalisateur Tom

Hooper oppose le regard personnel de

l’épouse Gerda Wegener. Le film se

concentre ainsi sur le drame humain plus

que sur le contexte social. À l’inverse, Free

Love de Peter Sollett utilisait le drame

amoureux de Laurel ( Julianne Moore) et

Stacie (Ellen Page) pour livrer un acte de

cinéma militant, dans lequel deux femmes

se battent ensemble contre l’injustice du

milieu policier américain. Deux films pour

deux combats traités avec une pudeur

solennelle par leurs auteurs. Les héros et

héroïnes de The Danish Girl et Free Love

sont les porte-étendards, les figures de

proue médiatiques d’une lutte amenée sur

les écrans pour toucher le plus large public

possible. Allant dans le même sens, malgré

une exposition médiatique plus réduite,

Stand de Jonathan Taïeb se positionne de

façon plus brute et plus contemporaine face

aux menaces de l’homophobie en Russie.

Le combat continue, aussi longtemps

qu’existera le cinéma.

Spirit of the time

Our society has evolved quite a bit –

so have people. Those social changes

necessarily entail some sort of opposition.

In The Danish Girl, Lily Elbe (masterfully

played by Eddie Redmayne) does not

have any sort of role-model: her quest for

identity, set at a time when being trans

oftentimes led to forced confinement or

lobotomization, is a necessity. Director

Tom Hooper signs here a dramatic yet

7


highly important film. In depicting

tenderly and lovingly Lili’s wife Gerda

Wegener, The Danish Girl is a powerful

human drama that avoids the danger

of a heavy-handed social critique. Peter

Sollett’s militant act of creativity Freeheld

depicts two women in love – Lauren

( Julianne Moore) and Stacie (Ellen page)

fighting for domestic partner benefits in

the American police forces. Two films, two

different depictions of social struggle. In

both The Danish Girl and Freeheld, a large

audience is exposed to the necessity of our

social struggles, as immortalized on the

silver screen. Of course, not all films reach

such a huge audience. Jonathan Taïeb’s

Stand, for instance, is a brutal yet highly

modern take on homophobia in Russia. As

long as cinema will exist, the screen will

echo the fights for freedom.

Tranches de vie

Baiser fougueux dans Pauline s’arrache

Pour d’autres films sortis cette année,

le drame humain représente un sujet

suffisamment fort pour laisser le contexte

social plus large de côté – même si celuici

reste toujours présent. Plus qu’une

réflexion sur l’amour homosexuel dans les

années 1950, Carol est avant tout l’histoire

d’une jeune femme à la recherche d’ellemême.

Le contexte social donne plus

de densité à certains aspects du récit,

© Jour2Fête

Focus sur : Pauline s’arrache

Le regard de Gauthier Moindrot, co-rédacteur en chef de clapmag.com

Tout, dans Pauline s’arrache, semble over-the-top. Le père, excentrique, bisexuel et

travesti à ses heures ; la mère, ancienne reine de la nuit ; cet amour vache, qu’ils ont

tendance à s’envoyer en pleine tronche et qui transperce les murs et les oreilles... Et,

au milieu, Pauline, adolescente grande gueule, en plein âge ingrat où les pulsions et

les pensées tourbillonnent. À l’image de ses parents, Pauline s’affirme, avec force

et fracas, bien loin de la représentation habituelle de la jeune femme qui minaude

et regarde les garçons de loin. De ces personnages tonitruants, Émilie Brisavoine

ne pouvait faire qu’un documentaire : toute fiction aurait semblé invraisemblable.

Grand bien lui en a pris. Pauline s’arrache est un geste libre, raconté sous forme de

conte, filmé à l’intime. Une belle déclaration d’amour inattendue et envoûtante

qui vient nuancer un adage bien connu : on ne choisit peut-être pas sa famille...

mais on peut trouver quoi en faire.

8


Focus on: Pauline s’arrache

By Gauthier Moindrot, co-editor in chief, clapmag.com

Everything in Pauline s’arrache seems over-the-top: the father - eccentric, bisexual,

occasional transvestite; the mother - a former nightlife queen; their relationship –

literally “screaming”; and Pauline - a loud-mouthed teenager, caught in-between,

but also the swirl of her thoughts and passions. Just like her parents, Pauline

is resolutely far from traditional cinematographic clichés. She is not the usual

teenage girl slightly flirting, watching boys from afar. Colorful yet profoundly

realistic: Emilie Brisavoine signs here a compelling documentary on a family no

one would have dared to depict in a fiction film. Pauline s’arrache is a free geste,

a profondly intimate story depicted as a fairy tale. Beautiful display of love, this

unexpected and intriguing first film brings some nuance to an old saying: we can’t

choose our family... but we can choose what we do with it.

notamment à la bataille menée par Carol

pour divorcer de son époux. Mais le cœur

du sujet reste l’humain, la quête d’identité

et de liberté. Sous les traits de Rooney

Mara, le personnage de Therese est une

âme bourgeonnante, prête à éclore, prête à

se révéler à elle-même, et pour elle-même.

Dans Tangerine, Sean Baker nous plonge

dans le quotidien de personnages vivant

en marge du L.A. habituellement rêvé par

le cinéma américain. En ressort un conte

tendre, vibrant, destroy, une épopée urbaine

saisissant la force de ses personnages

principaux. La violence des actes et des

regards est bien présente, mais Baker n’en

fait jamais le cœur de son film. De même,

Que Viva Eisenstein s’intéresse à dix jours

de la vie du réalisateur culte, choisissant

une parenthèse temporelle définie, durant

laquelle l’auteur du Cuirassé Potemkine,

installé au Mexique, réalise son nouveau

projet. Un instantané de vie durant lequel

Eisenstein (re)découvre l’amour et la joie

du corps en compagnie de son amant

Palomino Cañedo. En 2015, le cinéma

queer célèbre plus que jamais ce sens de

la découverte, de la révélation – voire de la

révolution – de soi, de l’individu.

Slices of life

Several films released recently thematized

human drama. Carol, Todd Haynes’

touching romance starring Cate

Blanchett, is a story of self-discovery

rather than a broader reflexion on

homosexual love in the 1950’s, intimately

illustrating the protagonists’ quest for

freedom and identity. Young Therese,

played by Rooney Mara, is a young soul,

simply waiting to blossom and discover

her true self. Sean Baker’s Tangerine

depicts the lives of people traditionally

held to be marginal, set entirely on

Los Angeles’ sun-bathed boulevards.

Tender, vibrant, yet grimy, Tangerine is a

gracefully executed odyssey. While acts of

violence do appear on screen, they never

become the focus of Baker’s vision. Peter

Greenaway’s Eisenstein in Guanajuato

focuses on ten days in the life of acclaimed

director Eisenstein. Centering on what is

often considered to be a footnote in the

life of the man who directed Battleship

Potemkin, Greenaway’s film is interested

in Eisenstein’s Mexico period – a city

9


Focus sur : Tangerine

Le regard d’Ava Cahen, directrice de la rédaction de Clap!

Au cinéma, la périmètre de L.A. est balisé : boutiques de luxe, lycées huppés,

villas alignées sur une colline. Une ville touristique qui se donne des grands airs,

dont Sean Baker montre la face cachée. Bienvenue à Tinseltown, royaume des

princesses de la rue. L’héroïne se prénomme Sin-Dee (comprenez Cinderella )

et fête sa sortie de prison, le jour de son anniversaire, en compagnie de sa

meilleure amie. Autour d’un donut, les deux copines trans font le point. Le

boulot, les amours, les emmerdes. Parmi les mots qui fusent comme un éclair,

un nom sort du lot : celui de Chester, petit ami de Sin-Dee. Un homme

infidèle qui a profité de son absence pour se taper de « vraies morues ». Pas jojo.

La mesure du film est battue par ses héroïnes survoltées. Co-scénariste et

réalisateur, Sean Baker multiplie ici les genres et les tonalités pour mieux les

imbriquer. Tangerine, le miroir vivifiant d’un monde qui va de l’avant. Une ode

à la mixité.

10

in which he was directing his new

project. Best described as a snapshot

of Eisenstein’s life, the film thematises

his (re)discovering of love and pleasure

in the arms of his guide Palomina. In

short, 2015 was a year of celebration in

queer cinema: more than ever, a year of

momentary epiphanies, of fleeing instants

of individual liberation.

Périodes de vie

Étudier ces temps de construction – ces

temps de défis, de joie, de peine – ont

rythmé l’année du cinéma queer. L’approche

initiatique est prise à bras le corps par

certains réalisateurs, parfois avec violence,

parfois avec tendresse. Cette tendresse, on la

retrouve dans le regard d’Émilie Brisavoine

sur sa tribu dans Pauline s’arrache. Le

documentaire sorti à l’hiver 2015 étonne

par sa force et sa sincérité, suivant la vie

d’une ado quatre ans durant pour montrer

comment se construit l’individu, comment

se vit l’amour, comment se développe

la différence. Totalement à l’opposé, le

drame italien Mezzanotte présentait les

obstacles s’opposant à la culture de ces

différences. Fuyant le traditionalisme de

la société sicilienne, l’androgyne Davide

bâtit son propre récit initiatique aux côtés

de prostitués gays. Un sujet tenant à cœur

aux réalisateurs queer – Larry Clark et

Gregg Araki en tête – accompagnant

l’éclosion du protagoniste dans l’étouffante

nuit italienne. Paradoxale chaleur des

corps venant se substituer à la chaleur des

âmes. Au même titre, le drame brésilien

Beira Mar (de Filipe Matzembacher et

Marcio Reolon) choisit la temporalité

d’une saison hivernale pour filmer la

découverte de l’amour entre garçons.

Reposant sur les thématiques classiques de

la romance adolescente, Beira Mar fait de

cette découverte une mission, un remède

contre la mélancolie. Accomplissement

des personnages, accomplissement des

réalisateurs, accomplissement de discours

sociaux ou humanistes : le cinéma

queer version 2015-2016 célèbre la (re)

découverte, la force de l’individu et de ses

combats.


Stages of life

These past few years, self-discovery

has been a recurring theme in queer

cinema. Several directors have focused on

initiation - sometimes with sheer brutality,

sometimes with a touching tenderness.

Emilie Brisavoine’s Pauline s’arrache

belongs to the later: tender and sincere,

this documentary follows four years in

the life of Pauline, a teenager – carefully

depicting her self-growth but also the

evolution of love and the fertile nature of

our differences. The Italian film Mezzanotte

specifically focuses on the obstacles

standing in the way of those differences.

Running away from traditional Sicily,

androgynous Davide evolves alongside

gay escorts and sex workers. Sex work and

marginality, subjects tackled by many queer

directors including Larry Clark and Gregg

Araki, are at the core of Davide’s selfdiscovery.

The warmth of the soul makes

way for the warmth of the body. Similarly,

the Brazilian drama Beira Mar (directed

by Filipe Matzenbacher and Marcio

Reolon) depicts the love that emerges

between two boys. Using the familiar

tropes of adolescent romances, Beira Mar

turns self-discovery into a mission, a cure

against melancholia. As characters and

directors come into their own, as social and

humanist stances are brought to fruition,

queer cinema celebrates a discovery

of strength – a self-discovery, but also

fundamentally the discovering of struggles.

Kitana Kiki Rodriguez et Mya Taylor

dans Tangerine de Sean Baker

© ARP Sélection

Focus on: Tangerine

By Ava Cahen, editor of Clap!

In the movies, the borders of L.A. are clearly defined: luxury stores, prestigious

high schools, villas lining up on a hill. A tourist city with an attitude, whose true

colors are unveiled by Sean Baker. Welcome to Tinseltown, the kingdom of street

princesses. The heroine’s name is Sin-Dee (as in Cinderella), and she’s out to

celebrate her release from prison, on her birthday, with her best friend. Sharing

a doughnut, the two trans besties catch up. On work, on love, on day-to-day

bullshit. A name emerges from their fast-paced word flow : Chester, Sin-Dee’s

boyfriend. An unfaithful man who took her absence as an opportunity to screw

« real bitches ». It ain’t pretty. The rythm is set to the beat of those over-the-top

heroines. Sean Baker, who co-wrote and directed Tangerine, plays with genres

and tones to better merge them. Tangerine is the revigorating mirror of a world

moving forward. An ode to mixity.

11


Focus sur : Free Love

Le regard de Gauthier Moindrot, co-rédacteur en chef de clapmag.com

On aurait aimé que Free Love soit plus audacieux. Plus aventureux. Si le film

de Peter Sollett ne marquera pas autant les esprits qu’on l’aurait souhaité,

c’est peut-être à cause de sa réalisation trop classique et une certaine

tendance au mélo. Qu’importe : Free Love a eu la volonté et le courage de

mettre en lumière un combat nécessaire. Celui, au début des années 2000,

d’une flic malade qui s’est battue jusqu’à la fin pour que sa pension aille à la

femme de sa vie après son décès. Très médiatisée à l’époque, l’affaire aura

permis au débat sur le mariage homosexuel de passer la vitesse supérieure.

Porté par une Julianne Moore décidément fan des transformations physiques et

une Ellen Page toujours plus investie dans le combat pour les droits LGBT, le

film rappelle que le parcours n’a pas été – et ne sera pas, encore et toujours – sans

embûches. À l’heure où certains États s’affirment toujours plus discriminants

envers la communauté, ce message égalitaire porteur d’espoir n’est pas de trop.

Focus on: Freeheld

Written by Gauthier Moindrot, co-editor in chief, clapmag.com

© Bac Films

Peter Sollett’s film has not been the milestone we may have hoped for because

of its relatively average directing and its melodramatic tendencies. But Freeheld

has both the will and the guts to shed a light on a necessary fight: the fight of a

policewoman who, in the early 2000s, struggled until the very end to ensure that

her pension would be granted to the woman she loved. The case turned into a

media blitz and enabled a nation-wide debate on same-sex marriage. Starring

Julianne Moore (in another fantastic physical transformation) and Ellen Page

(more involved than ever in her fight for LGBT rights), the film reminds us

all that the path was - and still is - a difficult one. As many States relentlessly

discriminate against the LGBT community, the hopeful and egalitarian message

carried by Freeheld rings as a necessary one.

12


BATHYSPHERE PRODUCTIONS ET JOUR2FÊTE PRÉSENTENT

“Un home-movie

bouillonnant”

LES INROCKS

“Un magnifique

portrait de jeune fille”

LE MONDE

“Un documentaire

tourbillonnant et drôle”

PREMIÈRE

DIRECTION ARTISTIQUE : AURELIE STEFANI ILLUSTRATION : EMILIE BRISAVOINE

ACTUELLEMENT

EN DVD ET VOD avec

13

RETROUVEZ L’ENSEMBLE DE NOTRE CATALOGUE SUR WWW.JOUR2FETE.COM


LE JURY DE LA QUEER PALM 2016

MEET THE 2016 QUEER PALM JURY

Olivier Ducastel & Jacques Martineau

Présidents du jury / Head of the jury

14

Révélé en 1998 avec Jeanne et le

garçon formidable, une comédie

musicale sur le Sida qui rendait

hommage au maître Demy, le

couple devenu duo vient de

sortir son dernier film, Théo &

Hugo dans le même bateau (en

salles depuis le 27 avril dernier).

Ils n’ont pas hésité un instant

quand l’invitation de présider

le jury de la 7 e Queer Palm leur

a été faite. Il faut dire qu’ils

étaient les parrains du prix pour

son lancement en 2010 !

Propos recueillis par / Interview by

Franck Finance-Madureira

© Droits réservés

Jacques Martineau

Olivier Ducastel

© Droits réservés

Eight years after their 1998

breakthrough The Perfect Guy - a

musical dealing with HIV/AIDS

in the form of an homage to

Jacques Demy, these two partners

in crime are releasing their latest

feature, Paris 05:59 (Théo & Hugo

dans le même bateau, released in

France on April, 27th). Without

hesitating, they agreed to join

the Queer Palm as heads of the

7th Jury. The choice was evident:

Olivier Ducastel and Jacques

Martineau have been supporting

the Queer Palm since its humble

beginnings in 2010!


Vous avez souvent été récompensés par

le jury (et le prix du public cette année)

du Teddy Award à Berlin, vous avez

remporté le prix LGBT Premio Maguey

au dernier festival de Guadalajara et vous

avez été les parrains de la première Queer

Palm. Que représentent pour vous ces

prix LGBT ou queer ?

Olivier Ducastel : Joie et fierté.

Jacques Martineau : Sur un plan purement

personnel, ces prix sont un plaisir, un

honneur et donnent le sentiment que les

personnes LGBT ou queer se reconnaissent

dans les images que nous produisons. Sur

un plan politique, ces prix assurent la

visibilité et la promotion d’œuvres souvent

marginalisées pour des raisons qui n’ont

rien à voir avec leurs qualités artistiques.

Quelles sont vos icônes dans le cinéma ?

O.D. : Marilyn Monroe, Marlene

Dietrich, Lauren Bacall, Catherine

Deneuve, Julia Roberts, Jennifer

Lawrence, Gary Cooper, Treat Williams

dans Hair, Harrison Ford, Adrien Brody,

Ryan Gosling.

J.M. : Je ne suis pas très « icônes », mais

Marlene, incontournable. En réalisateurs,

Demy et Gus Van Sant.

Vos trois films queer préférés ?

O.D. : A Bigger Splash de Jack Hazan

(1973), Querelle de Rainer Werner

Fassbinder (1982), Les hommes préfèrent les

blondes de Howard Hawks (1953).

J.M. : Pink Flamingos de John Waters

(1972), Querelle, My Own Private Idaho de

Gus Van Sant (1991).

Un avis sur les films ayant reçu la Queer

Palm (ceux que vous avez vus !) ?

O.D. : J’ai vu Laurence Anyways

(Xavier Dolan, Queer Palm 2012)

mais je préfère de loin Tom à la ferme

et Mommy. Il ne s’agit vraiment que de

mon goût dans toute sa subjectivité et

ce n’est pas un jugement sur les films.

L’Inconnu du lac (Alain Guiraudie, Queer

Palm 2013), c’est mon Guiraudie préféré.

Pride (Matthew Warchus, Queer Palm

2014) dégage une très belle énergie et une

grande émotion.

J.M. : Laurence Anyways, c’est mon préféré

dans la filmographie de Xavier Dolan.

Quand j’ai vu L’Inconnu du lac, j’ai ressenti

un soupçon de jalousie à cause de sa

grande qualité formelle. Je me suis laissé

émouvoir par Pride. Pour ce qui est de

Carol (Todd Haynes, Queer Palm 2015),

c’est toujours très beau, mais un peu glacé

pour moi.

« Ces prix assurent

la visibilité et la promotion

d’œuvres souvent

marginalisées »

Un coup de cœur cette année parmi les

films vus au cinéma ?

O.D. : Le Bouton de nacre de

Patricio Guzman.

J.M. : Pas LGBT : Vers l’autre rive de

Kurosawa. LGBT : Inside the Chinese

Closet, documentaire de Sophia Luvara,

pas distribué en France pour l’instant.

Dans vos fantasmes les plus fous, au bras

de qui aimeriez-vous monter les marches

de Cannes ?

O.D. : Adrien Brody à droite et

Ryan Gosling à gauche.

J.M. : Irréaliste : Divine. Réaliste :

Julia Roberts.

15


16

You were acclaimed by the Teddy Awards’

jury (and audience) at the Berlinale

this year, you were awarded the LGBT

Premio Maguey at the Guadalajara

festival, and you have been vocal supports

of the Queer Palm since its beginnings.

What do these LGBT or queer awards

mean to you?

Olivier Ducastel: Joy and pride.

Jacques Martineau: On a strictly personal

note, I am always delighted and honoured

when I receive an LGBT award. It helps

us realize that the LGBT and Queer

communities recognize themselves in

our films. Politically, these awards bring

visibility and help marketing and selling

films that are marginalized for being

queer-themed and whose artistic value may

thus have been overlooked.

Who are your movie icons?

OD: Marilyn Monroe, Marlene

Dietrich, Lauren Bacall, Catherine

Deneuve, Julia Roberts, Jennifer

Lawrence, Gary Cooper, Treat Williams

in Hair, Harrison Ford, Adrien Brody,

Ryan Gosling.

“These awards

bring visibility and

help marketing and

selling films that are

marginalized”

JM: I don’t care much for “icons” but

Marlene can’t be forgotten. In terms of

directed: Demy and Gus Van Sant.

Your 3 “cult” queer films ?

OD: Jack Hazan’s A Bigger Splash (1973),

Rainer Werner Fassbinder’s Querelle

(1982), Howard Hawks’ Gentlemen Prefer

Blondes (1953).

JM: John Water’s Pink Flamingos (1972),

Querelle, Gus Van Sant’s My Own Private

Idaho (1991).

What are your thoughts on the films that

were awarded the Queer Palm, if you have

seen them?

OD: I’ve seen Lawrence Anyways

(Xavier Dolan, Queer Palm 2012).

However, I liked Tom at the Farm and

Mommy better. It is a strictly subjective

opinion and not an artistic critique of

Xavier Dolan’s filmmaking. Stranger by the

Lake (Alain Guiraudie, Queer Palm 2013)

is definitely my favourite Guiraudie. Pride

(Matthew Warchus, Queer Palm 2014)

was very energetic – full of emotions.

JM: Laurence Anyways is my favorite

Dolan. When I first saw Stranger by the

Lake, I was surprisingly a bit jealous: it

is formally impeccable. Pride moved me.

Carol (Todd Haynes, Queer Palm 2015)

was – as always – gorgeous, but it was a bit

too cold for me.

What was your favourite film this year?

OD: Patricio Guzman’s El Boto de Nacar.

JM: Not queer per se, but I’d say

Kurosawa’s Journey to the Shore. In terms

of LGBT cinema: Inside the Chinese Closet,

a documentary directed by Sophia Luvara

– undistributed in France as of today.

If anything was possible, who would be by

your side on Cannes’ red carpet?

OD: Adrien Brody on my right and

Ryan Gosling on my left.

JM: Unrealistic: Divine. Realistic:

Julia Roberts.


Les membres du jury

The jury members

Émilie Brisavoine

Réalisatrice / Director (Pauline s’arrache)

Émilie Brisavoine a grandi sous un pilône à haute tension dans

le sud de la France. Après une adolescence insomniaque passée

au côté de Stephen King, elle monte à la capitale étudier les

arts appliqués à l’École Duperré. À la suite d’une expérience de

designer, elle fait des dessins sur le monde, les femmes et les chiens.

Elle apparaît dans La Bataille de Solférino de Justine Triet, puis

joue dans Peine perdue d’Arthur Harari. Son premier long métrage,

Pauline s’arrache, est sorti au cinéma en décembre 2015.

© Jules Faure

Émilie Brisavoine grew up under an electric pylon, in the south of France. She spent most

of her insomniac teens with Stephen King, before moving to Paris and studying applied arts

at the École Duperré. She worked as a designer, and drew pictures about the world, women,

and dogs. She can be spotted in Justine Triet’s Age of Panic. She also played a role in Arthur

Harari’s In Vein. Her first feature film, Pauline s’arrache, was released in December 2015.

© Droits réservés

Joao Federici

Directeur du Festival MixBrasil

/ Director of MixBrasil Festival

Diplômé de théâtre, Joao a créé en 1993 sa propre entreprise de

production théâtrale, Ideias & Ideais, avec laquelle il continue

de produire des pièces, succès critiques et commerciaux au

Brésil et au Portugal ainsi qu’en tournée dans de nombreux pays.

Depuis 1996, il est le directeur artistique et exécutif de festival

de la diversité MixBrasil, qui donne de la visibilité aux arts et au

cinéma brésiliens à thématique LGBT au Brésil et à travers le monde.

Il a été programmateur invité sur des thématiques brésiliennes pour OutFest (États-Unis),

Pink Latino Diversity Festival (Canada), Mix Copenhagen (Danemark), TLV FilmFest

(Israël), Queer Lisboa (Portugal), Mix Milano (Italie), Diva Valparaiso (Chili), Brazilian

Film Festival of Miami (États-Unis), Diversa Festival (Argentine), Sidney Mardi Gras

Festival (Australie), InsideOut (Canada)… Il a également été membre du jury dans de

nombreux festivals comme la Berlinale (Teddy Bear, Allemagne), Frameline, OutFest et

MGLFF (États-Unis), Mix Milano, TLV FilmFest, Queer Lisboa, Guadalajara (Mexique)

ou encore Diva. English version on the next page...

17


Graduated in Drama, Joao founded in 1993 in São Paulo his own theater production

company, Ideias & Ideais, where he’s continued to produce critically and financially

successful plays in both Brazil / Portugal and tours in several countries. Since 1996, he’s

been the Artistic and Executive Director of MixBrasil Festival of Diversity, giving visibility

to Brazilian LGBT-themed films and arts, within his country and around the world.

He’s been a guest curator of Brazillian-themed programs at OutFest (USA), Pink Latino

Diversity Festival (Canada), Mix Copenhagen (Denmark), TLV FilmFest (Israel), Queer

Lisboa (Portugal), Mix Milano (Italy), Diva Valparaiso (Chile), Brazilian Film Festival

of Miami (USA), Diversa Festival (Argentina), Sidney Mardi Gras Festival (Australia),

InsideOut (Canada)…

He’s participated on the jury at such festivals as Berlinale Film Festival / Teddy Bear

(Germany), Frameline (USA), OutFest (USA), MGLFF (USA), Mix Milano,

TLVFilmFest, Queer Lisboa, Guadalajara Film Festival (Mexico), Diva among others.

Version française page précédente...

Marie Sauvion

Journaliste / Journalist (Marie-France, Canal+)

Née à Paris au XX e siècle, Marie Sauvion a débuté sa

carrière de journaliste au service culture du Parisien (sur un

ordinateur Atari et sans Internet). Après vingt ans d’une

passionnante aventure quotidienne, elle a quitté sa « maison »

pour devenir rédactrice en chef du mensuel féminin Marie-

France, en 2011, tout en conservant sa casquette de critique

ciné à la fois sur le print, le web (entre-temps, elle s’est mise

au numérique !) et à la télévision. Depuis onze ans, Marie fait partie de la joyeuse bande

du Cercle de Canal+ Cinéma, la seule émission de débat critique du petit écran. Elle

aime, en vrac, Demy et Cronenberg, Lelouch et Park Chan-wook, Alien et Allen, et

aussi les films « avec des garçons qui s’embrassent ». Surtout, elle serait prête à bien des

bassesses pour une soirée avec Ryan Gosling. Ou un week-end avec Amy Schumer…

Born in 20th century Paris, Marie Sauvion made her debut as a journalist within the Arts

and Culture division of French newspaper Le Parisien, using an Atari computer - without

the Internet. Fast-forward 20 years later: in 2011, Marie left Le Parisien and became

the chief editor of Marie-France, a monthly women’s magazine. Marie Sauvion however

kept doing film criticism – in print media, on the Internet and on TV. For the past 11

years, Marie has been regularly taking part in Canal+ Cinéma’s « Le Cercle » – the only

French TV show dedicated to in-depth critical analyses of films. She likes – without

any particular order – Demy and Cronenberg, Lelouch and Park Chan-wook, Alien and

Allen, and « boys kissing on film ». More importantly, she is willing to do anything for an

evening with Ryan Gosling. Or a weekend with Amy Schumer…

© Droits réservés

18


SUR YAGG

TOUTE

L’ACTUALITÉ

DU CINÉMA

QUEER

LE MÉDIA UNIQUE EN SON GENRE

RETROUVEZ NOUS AUSSI SUR


SÉLECTION QUEER PALM 2016

Longs métrages / Feature films

Agassi

(The Handmaiden)

© Bac Films / The Jokers

Réalisateur / Director :

Park Chan-wook (Corée du Sud /

South Korea).

Distribution / Casting : Jung-woo Ha,

Min-hee Kim, Jin-woong Jo.

Dans la Corée des années 1930, pendant la colonisation japonaise, une jeune femme

est engagée comme servante d’une riche Japonaise vivant recluse dans un immense

manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. Mais elle a un secret… Une version

coréenne modernisée du roman de Sarah Waters, Du bout des doigts, paru en 2002.

Korea in the thirties: during the Japanese colonization, a young woman is engaged as

a handmaid of a rich Japanese woman, living confined in an immense manor house

under the cup of a tyrannical uncle. But she has a secret… A modernized Korean

version of Sarah Waters’s novel, Fingersmith, released in 2002.

The Neon Demon

Réalisateur / Director : Nicolas Winding Refn

(Danemark / Denmark).

Distribution / Casting : Elle Fanning, Keanu Reeves,

Christina Hendricks.

Quand Jesse, aspirante top-model,

arrive à Los Angeles, sa jeunesse

et sa vitalité sont vampirisées

par un groupe de femmes obsédées

par la beauté. Elles feront tout

pour obtenir ce qu’elle a.

When aspiring model Jesse moves

to Los Angeles, her youth and

vitality are devoured by a group of

beauty-obsessed women who will

take any means necessary to get

what she has.

© The Jokers / Le Pacte

20


Aquarius

Réalisateur / Director : Kleber Mendonça Filho (Brésil / Brazil).

Distribution / Casting : Sonia Braga, Humberto Carrao, Irandhir Santos,

Maeve Jinkings.

Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est

contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Obligé de

chercher un emploi, il va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants.

For the first time in his life, Daniel Blake, a 59-years-old English carpenter, is forced

to appeal to the social assistance following cardiac problems. Looking for a job, he is

going to meet Rachel, a single mother of two children.

Rester vertical

Réalisateur / Director : Alain Guiraudie

(France).

Distribution / Casting : Damien

Bonnard, India Hair, Basile Meilleurat.

Léo est à la recherche du loup lorsqu’il

rencontre Marie, une bergère. Quelques

mois plus tard, ils ont un enfant. Marie

les abandonne tous les deux. C’est compliqué mais au fond, il aime bien ça. Et pendant

ce temps, il ne travaille pas beaucoup. Il sombre peu à peu dans la misère.

Léo is in search of the wolf when he meets Marie, a shepherdess. A few months later,

they have a child. Marie abandons them both. It is complicated but he likes that.

Meanwhile, he doesn’t work and sinks little by little into poverty.

© Les Films du losange

Le Cancre

Réalisateur / Director : Paul Vecchiali (France).

Distribution / Casting : Pascal Cervo, Paul Vecchiali, Catherine Deneuve,

Annie Cordy, Françoise Lebrun, Mathieu Amalric.

Un père et son fils vivent des moments conflictuels parce qu’ils sont l’un et l’autre trop

émotifs. Le fils, Laurent, cherche sa voie, après avoir vécu son enfance et son adolescence

dans la paresse. Il comprendra trop tard l’affection qui le liait à son père.

A father and his son live conflicting moments because they are both too much emotional

persons. The son, Laurent, looks for his way, having lived his childhood and his teenage

in the laziness. He understands too late the affection which connected him to his father.

21


La Danseuse

© Les Productions du trésor

Réalisatrice / Director :

Stéphanie Di Giusto

(France).

Distribution / Casting :

Soko, Lily-Rose Depp,

Gaspard Ulliel,

Mélanie Thierry.

Loïe Fuller était l’égérie des Folies Bergères

au début du XX e siècle et une muse de

Toulouse-Lautrec et des frères Lumière.

Le film tourne autour de sa relation

compliquée avec sa protégée et rivale

Isadora Duncan.

Loïe Fuller was the toast of the Folies

Bergères at the turn of the 20th century

and an inspiration for Toulouse-Lautrec

and the Lumière brothers. The film revolves

around her complicated relationship with

protégé and rival Isadora Duncan.

22

© Easy Tiger

Divines

Réalisatrice / Director : Houda Benyamina (France).

Distribution / Casting : Oulaya Amamra, Majdouline

Idrissi, Déborah Lukumuena.

Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion,

Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue

par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre

les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui,

un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

In a ghetto made of traffics and religion, Dounia

wants power and success. Supported by Maimouna,

her best friend, she decides to follow the tracks

of Rebecca, a respected dealer. When she meets

Djigui, a young and sensual dancer, her everyday

life will be totally changed.


Fiore

Réalisateur / Director : Claudio Giovannesi (Italie / Italy).

Distribution / Casting : Valerio Mastandrea, Daphne Scoccia.

Dans un centre de rétention pour jeunes adultes, Daphne et Josh, détenus pour vol,

ne peuvent pas vivre leur histoire d’amour : échange de regards d’une cellule à l’autre,

brèves conversations à travers les barreaux et lettres clandestines sont leur quotidien.

In a detention center for young adults, Daphne and Josh, two young thieves, cannot

live their love story: eye contacts from a cell to the other one, brief conversations

through bars and secret letters are their everyday life.

Les Vies de Thérèse

Réalisateur / Director : Sébastien Lifshitz (France).

Documentaire centré sur la militante féministe Thérèse Clerc, décédée en février dernier

et qui apparaissait dans le film précédent du cinéaste, Les Invisibles.

Documentary about the french feminist activist Thérèse Clerc, who passed away last

february and was one of the protagonists of the last director’s documentary, Les Invisibles.

Apnée (séance spéciale)

Réalisateur / Director : Jean-Christophe Meurisse (France).

Distribution / Casting : Céline Fuhrer, Thomas Scimeca,

Maxence Tual, Thomas de Pourquery, Olivier Saladin,

Claire Nadeau, Jean-Luc Vincent, Nicolas Bouchaud,

Pascal Sangla.

Céline, Thomas et Maxence marchent toujours par trois.

Comme la trilogie de la devise républicaine. Ils veulent

se marier, une maison, un travail, des enfants sages et

manger tous les jours des huîtres. Insoumis et inadaptés

à une furieuse réalité économique et administrative,

ils chevauchent leurs quads de feu et traversent une France accablée, en quête de

nouveaux repères, de déserts jonchés de bipèdes et d’instants de bonheur éphémère.

Céline, Thomas and Maxence always go by three. Just like the republican motto. They

want to get married, to get a house, work, good children and eat oysters every day.

Rebellious and ill adapted to the furious economical and administrative reality, they

ride their burning quad bikes and travel across an afflicted France, looking for new

landmarks, deserts strewn with bipeds and moments of ephemeral bliss.

23


Grave (compétition)

Réalisatrice /

Director : Julia

Ducournau (France,

Belgique / Belgium).

Distribution /

Casting : Garance

Marillier, Ella

Rumpf, Rabah Naït

Oufella, Laurent

Lucas, Joana Preiss.

Dans la famille de Justine, tout le monde est vétérinaire et végétarien.

À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école

véto où sa sœur aînée est également élève. Mais, à peine installée, le bizutage

commence pour les premières années. On force Justine à manger de la

viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas

attendre. Justine découvre sa vraie nature.

In Justine’s family, everyone is a vet and a vegetarian. At 16, she’s a gifted

teen ready to take on her first year in vet school, where her older sister

also studies. There, she gets no time to settle: hazing starts right away.

Justine is forced to eat raw meat for the first time in her life. Unexpected

consequences emerge as her true self begins to emerge.

© Droits réservés

Willy 1 er

Réalisateurs / Directors : Ludovic & Zoran Boukherma,

Marielle Gautier, Hugo P. Thomas (France).

Distribution / Casting : Daniel Vannet, Noémie Lvovsky,

Romain Léger, Eric Jacquet, Alexandre Jacques,

Robert Follet, Geneviève Plet.

À la mort de son frère jumeau, Willy, 50 ans, quitte pour la première fois ses parents

pour s’installer dans le village voisin. « À Caudebec, j’irai. Un appartement, j’en aurai un.

Des copains, j’en aurai. Et j’vous emmerde ! ». Inadapté, Willy part trouver sa place

dans un monde qu’il ne connaît pas.

When his twin brother dies, Willy, 50, finally decides to leave his parents’ home. He moves

to a small nearby town to start afresh. “In Caudebec, I’ll live. An apartment, I’ll have one.

And friends too. And you can all go to hell !”. Though a misfit, Willy tries to find his place in a

world unknown.

24


encontres avec Jean-Marc Vallée, Greta Gerwig, Jeremy Saulnier

N°9 - AVRIL / MAI 2016

Le PRINTeMPS

Du cINéMA

cANADIeN

Dolan, Villeneuve,

et les autres

Séries médicales

L’humanité au rayon X

1 000 fragments de

Gus Van Sant

+ Théo & Hugo dans le même bateau,

High-Rise, Free to run

Douglas Sirk,

cinéaste contrebandier

1

Numéro 9 eN kiosques

avril - mai 2016

25 1


In the Hills

Courts métrages / Short films

Réalisateur / Director : Hamid Ahmadi

(Royaume-Uni / United Kingdom).

Shahram est un jeune immigré qui vit dans l’idyllique

campagne anglaise des Cotswolds. Afin de réussir son

intégration dans cette nouvelle société, il choisit une approche plutôt radicale.

Shahram is a young immigrant who lives in the idyllic countryside of the Cotswolds in

England. To integrate into the new society, he chooses a rather radical approach.

© Droits réservés

Gabber Lover

Réalisatrice / Director :

Anna Cazenave-Cambet (France).

Nérac, début des années 2000. Laurie et Mila, 13 ans, dansent le « gabber » au bord d’un

lac isolé. Mila est amoureuse de Laurie et elle veut lui dire, que ça jaillisse hors de sa tête.

Nérac in the early 2000s. Laurie and Mila (13) dance on gabber music, on the shores of a

remote lake. Mila is in love with Laurie and she wants to tell her.

Prenjak (In the Year of Monkey)

Réalisateur / Director : Wregas Bhanuteja

(Indonésie / Indonesia).

Diah emmène Jarwo dans un entrepôt pendant la pause de

midi. Elle dit avoir besoin d’argent rapidement. Elle propose

à Jarwo d’acheter une allumette pour dix-mille roupies. Avec

cette allumette, il pourra regarder le sexe de Diah.

Diah takes Jarwo to the warehouse at lunchbreak. She says

that she needs some quick money. She offers Jarwo to buy a

match for 10.000 rupiahs. With that match, Jarwo can take

a look at Diah’s genitals.

26


© Droits réservés

Le Soldat vierge

Réalisateur / Director : Erwan Le Duc (France).

Deux soldats, Daniel et Jérôme, fuient une guerre que nous ne voyons pas et dont nous ne

savons rien. Jérôme est durement blessé, il va mourir, il le dit, il le sait, il a peur. Alors Jérôme

souffle à Daniel une dernière volonté : il ne veut pas mourir puceau. Il veut mourir aimé...

Two soldiers, Daniel and Jerome, flee a war we do not see and we know nothing about.

Jerome is badly injured, he will die, he says it, he knows it, he is afraid. Then Jerome

confesses to Daniel his last will: he does not want to die a virgin, he wants to die loved…

Superbia

Réalisatrice / Director : Luca Tóth (Hongrie / Hungary).

Le peuple indigène de cette

terre surréaliste qu’est Superbia,

où les femmes et les hommes

vivent en communautés séparées,

se confronte aux mutations

inaugurées par le premier couple

égalitaire de leur histoire.

The native people of the

surrealistic land of Superbia,

where men and women form

separate societies, face the changes

sparked by the first equal couple

in their history.

© Droits réservés

27


RÉTROSPECTIVE

Retour sur six ans de Queer Palm

Looking back on six years of Queer Palm

28

Le « queer » comme type

de regard, liaison faisant

ou pas référence à une

communauté d’appartenance,

vision du monde et forme

cinématographique. Depuis

2010, la Queer Palm met

en valeur ces œuvres qui

traitent, directement ou

indirectement, de sexualités

différentes, « autres », sans

pour autant exclure a

priori du palmarès ou de

la sélection ces films et ces

auteurs qui questionnent

tout simplement le genre

et les genres convenus, les

stéréotypes, le sens commun.

Tout ce qui est susceptible de

troubler les identités figées

est, par définition, queer :

mutant, hybride, flottant,

fuyant. La liste des films

sélectionnés ou récompensés

témoigne d’une approche

de la diversité « ouverte »

et syncrétiste, visant avant

toute chose à valoriser la

foudroyante originalité

d’une démarche artistique :

du camp flamboyant et

déchaîné de Gregg Araki

(Kaboom, 2010) au réalisme

social d’Oliver Hermanus

© Les Films du losange

(Beauty, 2011) ; de la

débordante générosité

dramaturgique de

Xavier Dolan (Laurence

Anyways, 2012) à la rigueur

absolu d’Alain Guiraudie

(L’Inconnu du lac, 2013) ;

de la comédie à la fois

déjantée et grand public

de Matthew Warchus

(Pride, 2014) au mélo pur

et quasi « scientifique »

de Todd Haynes (Carol,

2015). La Queer Palm est

en définitive une véritable

récompense décernée à ceux

et celles qui ont osé franchir

la frontière et déambuler dans

un terrain vague. Un terrain

où l’on fait l’expérience de la

différence avant même de la

verbaliser, de la catégoriser.

Loin des codes, des règles et

des lois du cinéma dominant.

Manuel Billi

“Queer” as a concept, a special

type of gaze, an association

that refers to - or rather, does

not refer to - a community.

“Queer” as invoking a sense

of belonging, as a worldview

and a cinematic form. Since

2010, the Queer Palm

valorises works that directly or

indirectly treat the subject of

different, «other» sexualities,

without excluding from the

palm or the film selection

these writers who simply

question the notion of gender

and traditional gender roles,

stereotypes, and common

sense. All subjects that can

change our conception

of fixed identities are, by

definition, queer: mutant,

hybrid, floating, fleeting.

The selected or awarded

films listed bear witness to a

certain approach to a more

«open» sense of diversity

and unification, aiming

above all to celebrate the

blistering originality of an


© Wild Bunch

artistic approach: from the

flamboyant, unchained camp

of Gregg Araki (Kaboom,

2010) to the social realism

of Oliver Hermanus (Beauty,

2011); from Xavier Dolan’s

overflowing dramaturgical

generosity (Laurence Anyways,

2012) to Alain Guiraudie’s

absolute rigor (Stranger by

the Lake, 2013); from the

off-kilter and accessible

comedy of Matthew Warchus

(Pride, 2014) to the pure and

nearly methodical melodrama

of Todd Haynes (Carol, 2015).

The Queer Palm defines a

true reward given to all those

who dared to boldly cross

borders and meander in the

wastelands. A land where we

experience difference before

even being able to verbalize,

categorize it. A land far from

the codes, rules, and laws

of the dominant world of

cinema.

Manuel Billi

(traduit du français

par Michael LoJacono)

Le Marché du film queer / The Queer Film Market

La Queer Palm, c’est bien plus qu’un simple prix. Nous participons activement au

développement du cinéma queer et de ses réseaux. Chaque année, nous organisons

des rencontres professionnelles, regroupant distributeurs, producteurs, réalisateurs,

et organisateurs de festivals des quatre coins du monde : il s’agit d’une opportunité

unique de faire du networking et de s’informer sur l’évolution du cinéma queer dans

différents marchés géographiques. L’année dernière, le Marché du cinéma queer a

regroupé plus de 40 distributeurs, producteurs, programmateurs et réalisateurs et a

permis l’éclosion de nouveaux projets et de potentielles coopérations. Le programme,

le lieu et la date du Marché du cinéma queer 2016 seront annoncés sous peu.

The Queer Palm is much more than an award. We are actively participating in the

development of queer cinema and its networks. Each year, we organize a professional

networking day, gathering distributors, producers, festival organizers and directors

from all over the world: a unique opportunity to network and to gain access to

information about the state of queer productions in various markets. Last year, more

than 40 distributors, producers, directors and programmers gathered at the Queer

Film Market, where they not only announced their new projects, but also sought

international cooperations. The full program, date, and venue of the 2016 Queer Film

Market will be announced shortly.

Franck Finance-Madureira, créateur de la Queer Palm / Queer Palm Creator

29


T H E L A T E

L I S B O N

Gay Men’s Guesthouse

Suites Lounge Bar Garden Sundeck Pool


Bairro Alto

LISBON HISTORIC CENTER

Principe Real Santa Catarina

12 rooms with private bathroom

Homemade Breakfast

Sunday Brunch Sunset & Pool Parties

Celebrate

Gay Weddings Birthdays Special Events

Less than 10 min walk from Gay Venues

“Best Gay Guesthouse in Lisbon ...

and maybe even in the world”..

TripAdvisor NYC

May 2015

www.thelatebirdslisbon.com

Travessa André Valente, 21 1200-024 Lisboa, Portugal

+351 210 118 405

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!