PAYSAGES 2016 | Réimaginer les frontières du paysage

aapqpaysages

La revue annuelle de l'AAPQ | édition ∞11

LA REVUE ANNUELLE DE L’AAPQ ÉDITION no 11

Réimaginer les frontières du paysage

2016


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RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE

PAYSAGES ÉDITION no 11

SOMMAIRE

Articles

04 LES ÉQUIPES AAPQ

07 MOT DE LA PRÉSIDENTE

par Isabelle Giasson

08 MOT DU DIRECTEUR GÉNÉRAL

par Bernard Bigras

12 CONGRÈS 2016

Les Rurbains

18 GALA DES GÉNÉRATIONS

50 e anniversaire de l'AAPQ

22 ACTIVITÉS 2015

29 NOUVEAUX MEMBRES

34 LE JARDIN DE FRANÇOIS,

UN MIRACLE OU LA FORCE

D’UNE COMMUNAUTÉ ?

par Malacka Ackaoui et Antoine Crépeau

38 ASSURER TRADITION ET

MODERNITÉ AU PAYSAGE

CULTUREL DU NUNAVIK

par Marie-Pierre McDonald

42 UN TROP BEAU PETIT VILLAGE

par Patricia Lefebvre

45 LE FESTIVAL INTERNATIONAL DE

JARDINS DES JARDINS DE MÉTIS :

UN LIEU D’EXPÉRIMENTATION

UNIQUE AU QUÉBEC

par Jérôme Laferrière

50 L’ÉCOTOURISME EN AMÉNAGEMENT

par Jean-Philippe Grou

54 ÉDUQUER AU PAYSAGE,

UN LEVIER D’IMPLICATION

CITOYENNE DANS LES

PÉRIPHÉRIES URBAINES

par Christine Vergnolle-Mainar

56 DES MÉTHODES POUR

LA CONNAISSANCE ET

LA CONCERTATION AUTOUR

DES GRANDS PAYSAGES

par Julie Ruiz et Gérald Domon

58 PROMOUVOIR UN MODE DE VIE

PHYSIQUEMENT ACTIF AU SEIN

DE MUNICIPALITÉS DE

TOUTES TAILLES

par Lucie Lapierre et Sylvie Bernier

Carnet de voyage

63 SEATTLE, LA VILLE ÉMERAUDE

par Linda Fortin

ÉDITEUR

ASSOCIATION DES ARCHITECTES

PAYSAGISTES DU QUÉBEC

420, rue McGill, bureau 406

Montréal (Québec) H2Y 2G1


DIRECTION ÉDITORIALE

ET DE PRODUCTION

Katerine Boisclair

RÉVISION DES TEXTES

Paul Dansereau


CORRECTEURS D’ÉPREUVE

Katerine Boisclair

Paul Dansereau


SOUTIEN ADMINISTRATIF

Nancy Bond

DESIGN GRAPHIQUE

Maude Guillemette


IMPRESSION

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Recevoir les commentaires, questions et suggestions de nos lecteurs est toujours un bonheur, écrivez-nous !

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2

PAYSAGES 2016


Lauréats

66 PRIX DÉCERNÉS AUX ARCHITECTES

PAYSAGISTES EN 2015

Focus sur les lauréats

78 LA STRATÉGIE DE TOURISME

INTÉGRÉ DE LA VALLÉE DE

QU’APPELLE

par Philippe Asselin

81 LE PROJET D’INTERPRÉTATION DE

L’ARBORETUM DU JARDIN BOTANIQUE

DE MONTRÉAL

par Julien Moliera

84 UNE ŒUVRE MAGISTRALE

par Benoit Bégin

Répertoires

86 LISTE DES BUREAUX

91 INDEX DES ANNONCEURS

LA REVUE ANNUELLE DE L’AAPQ ÉDITION no 11

Réimaginer les frontières du paysage

2016

© Tous droits réservés ISSN 1911-8554

ILLUSTRATION DE LA COUVERTURE

Maxime David


PHOTO DE LA COUVERTURE

Reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’AAPQ.

PAYSAGES - la publication annuelle de l'AAPQ est publiée

1 fois / année. La publication d’annonces publi-reportages

et de publicités ne signifie pas que l’AAPQ recommande

ces produits et / ou services. Les opinions et les idées

contenues dans les articles n’engagent la responsabilité

que des auteurs.

Louis-Philippe Rousselle-Brosseau

SOMMAIRE

3


CONSEIL D’ADMINISTRATION, COMITÉS ET PERSONNEL DE L’AAPQ

CONSEIL

D'ADMINISTRATION

Présidente

Isabelle Giasson

Vice-président

Jonathan Cha

Secrétaire

Louis-Charles Pilon

Administrateurs

CONGRÈS ANNUEL

Logistique

Jean-Philippe Grou

Programmation

Jonathan Lapalme

Caroline Magar

Communications

et relations médias

Katerine Boisclair

DÉLÉGUÉS

AAPC

Jean Landry

CIDQ

Jean-Jacques Binoux

FIHOQ

Lynda Beausoleil

Conseil de la santé

et du poids

COMITÉS

Nomination

Jean Landry

Sébastien Lebel

Edith Normandeau

Chantal Prud’homme

Michel Rousseau

Éthique et déontologie

Alain Bourassa

Marie Frédéric

Monica Bittencourt

Administration et inscriptions

Louis Dériger

Carole Garneau

Pascal Blanchette

Julie Boucher

Jean Landry

Louis-Charles Pilon

Danielle St-Jean

Fanie St-Michel

Mark Talarico

Marie-France Turgeon

Représentante des stagiaires

Patricia Boucher

Représentante des étudiants

Sophie Tremblay-Gratton

Directeur général

Bernard Bigras


PERMANENCE

Admission

Nancy Bond

Communications

Katerine Boisclair

Site Internet / Bulletin

Lynda Beausoleil

Services carrière et formation

Marie-Claude Robert

Nancy Bond

Site internet

Lynda Beausoleil

Design graphique

Maxime David

Gestion du projet

Édith Normandeau

Recherche de commandite

CPS médias

Équipe bénévole

Philippe Asselin

François Bienvenu

Olivier Bienvenu

Jeremy Bordage

Jean-Sylvain Brochu

Pascale Daigneault

Florent Falkowski

Maxim Girard

Sophie Gratton-Tremblay

Mira Haidar

Jérémy Hamel

Andrew Harvey

Olivier Lapierre

Emmanuelle Losier

Cheng Niu

Déline Pétrone

Olivier Philippe

Bernard St-Denis (animation)

Mission Design

Myriame Beaudoin

Prix d'excellence AAPC

Jonathan Cha

IQSAJ

Véronique Wolfe

SOVERDI

Pierre Bouchard

Marie-Claude Robert

AQLP / Projet Espaces

Sophie Leclerc

AICQ - CDAO

Bruno Duchesne

OSMD

Myriame Beaudoin

Pierre Bouchard

UdeM – APA

Marie-Claude Massicotte

Horticompétences

Edith Normandeau

Projet Ileau

Edith Normandeau

Projet de corridor du nouveau

Pont Champlain

Bernard Bigras

Table permanente

des membres en

pratique privée

Alain Baillargeon

Faber Cayouette

Daniel Lefebvre

Mélanie Mignault

Éric St-Pierre

Ressources humaines

Pascal Blanchette

Mathieu Drapeau

Danielle St-Jean

Marie-France Turgeon

Admission

Julie Bélanger

Pavel Bolgarev

Francisco Campillo

Tracey Hesse

Adriana Mélendez

François St-Martin

Mark Talarico

Marie-Claude Robert

Julie Perreault

4

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2016, UN VENT

DE CHANGEMENT

Chers membres,

C’est avec grand plaisir que je vous présente cette 11 e édition de la revue annuelle

PAYSAGES 2016. Fidèles à la tradition, nous ferons la revue des événements marquants

de l’année 2015 en plus de vous présenter des articles qui mettent à contribution nos

bénévoles et nos collaborateurs.

Si l’année 2015 fut marquée par le 50 e anniversaire de l’AAPQ, 2016 insuffle résolument un

vent de changement. Riche en expériences et en réalisations, notre profession a atteint un

niveau de maturité qui nous permet aujourd’hui de poursuivre notre progression et de voir

l’avenir autrement.

Voir l’avenir autrement, c’est d’abord avoir cette conviction profonde que notre profession

doit être présente dans l’élaboration du cadre de vie et des projets structurants émanant de

nos communautés.

Voir l’avenir autrement, c’est aussi prendre la parole dans le débat public, promouvoir un

paysage humanisé, contribuer à de nouveaux équilibres d’aménagement ; parler de nous, et

faire parler de nous, convaincre les autres, et cela, sans complexe.

Voir l’avenir autrement, c’est être fiers de ce que nous sommes, de nos œuvres et de

nos réalisations ; nommer nos succès, y apposer notre signature et rendre hommage à nos

bâtisseurs, trop souvent – et malheureusement – dans l’ombre.

Voir l’avenir autrement, c’est encourager l’interdisciplinarité en s’assurant d’une juste place

pour les architectes paysagistes.

Au moment même où de nombreux intervenants interpellent les autorités afin de doter le

Québec d’une Politique nationale de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, nous

devons nous inscrire dans cette démarche constructive. Sortons des sentiers battus et

allons à la rencontre de ces acteurs du changement qui veulent essentiellement, comme

nous, un meilleur équilibre dans l’aménagement.

Disons-le franchement, nous sommes à la croisée des chemins. Les villes se densifient, les

projets reliés aux développements des ressources naturelles se multiplient et, pendant ce

temps, le paysage urbain et rural est en profonde transformation.

C’est d’ailleurs dans cette perspective que fut choisi le thème – « LES RURBAINS : réimaginer

les frontières du paysage » – de notre congrès 2016, qui s’inscrivait dans cette mouvance,

invitant à la réflexion et à une meilleure compréhension des enjeux. Nous sommes particulièrement

fiers de nos travaux, et je profite de l’occasion pour remercier les artisans de

ce congrès, ses bénévoles, ses participants et ses conférenciers pour leurs contributions qui

influenceront nos prises de position.

Au cours des prochains mois, plusieurs agglomérations du Québec élaboreront et mettront

en œuvre leur nouveau schéma d’aménagement et de développement. Des décisions seront

ainsi cristallisées pour les prochaines décennies. L’AAPQ restera à l’affût des démarches de

consultations et compte bien s’inviter dans le débat public.

Comme vous le constatez, l’année 2016 est déjà bien entamée et elle s’annonce être une

année charnière pour l’avenir de la profession et sa reconnaissance publique.

Bonne lecture !

ISABELLE GIASSON, PRÉSIDENTE

MOT DE LA PRÉSIDENTE 7


IL N’EN TIENT QU’À NOUS

Chers membres,

Depuis mars dernier, j’ai l’immense honneur d’occuper le poste de directeur général de l’AAPQ.

Je remercie les membres du conseil d’administration pour la confiance qu’ils m’ont accordée.

Les membres de l’organisation peuvent compter sur mon engagement à déployer tous les

efforts nécessaires au rayonnement de la profession.

Ayant œuvré pendant plus de vingt ans dans le domaine du développement durable, c’est

principalement dans les postes de direction que j’ai occupés dans le milieu municipal que j’ai

pu constater le rôle fondamental joué par les architectes paysagistes dans l’aménagement

du territoire.

Prendre la place qui nous appartient

La preuve est faite : lorsqu’un architecte paysagiste occupe une place importante dans la

réalisation d’un projet de développement – quel qu’il soit –, ce projet est mieux intégré à son

environnement, il entraîne une amélioration de la qualité de vie et il contribue à bâtir des

collectivités durables.

Si, plus que jamais, nous sommes convaincus du rôle fondamental de la profession au sein de

nos communautés, nous devons maintenant nous atteler à convaincre le plus grand nombre

de partenaires de l’importance d’acquérir une plus grande reconnaissance professionnelle.

Les architectes paysagistes doivent prendre leur place dans la gestion de projet, ils doivent

démontrer qu’ils font partie de la solution sur les enjeux de développement durable et qu’ils

apportent de la valeur ajoutée aux différents projets.

Se donner les moyens

Pour y arriver, l’AAPQ doit soutenir ses stagiaires, accroître la formation afin de doter ses

professionnels d’outils de gestion, tisser des liens avec les autres disciplines, démystifier le

rôle de l’architecte paysagiste et promouvoir la profession auprès des décideurs. C’est en

ciblant nos actions que nous serons en mesure de faire rayonner la profession.

D’ailleurs, la volonté des différentes instances gouvernementales d’investir dans les infrastructures

vertes au cours des prochaines années et de lutter contre les changements

climatiques constitue un exemple éloquent d’opportunité qu’il nous faut saisir. À un

moment où les enjeux économiques et environnementaux constituent des priorités,

c’est notre responsabilité de proposer aux décideurs des solutions plus harmonieuses et

permettant une meilleure acceptabilité sociale des projets.

L’ouverture de la profession face aux grands défis et notre capacité à développer de

nouvelles alliances stratégiques doit positionner l’architecte paysagiste comme un acteur

de changement incontournable au sein de la planification territoriale.

En route vers le Sommet mondial du design

Les architectes paysagistes ont tout ce qu’il faut pour interagir en complémentarité avec

les différentes disciplines. À cet égard, le Sommet mondial du design, prévu pour l’automne

2017, nous offrira une tribune idéale pour occuper l’espace qui nous est dû : il n’en tient qu’à

nous de l’exploiter à bon escient !

En vue de ce grand rendez-vous, nous profitons de l’occasion pour vous inviter à participer

en grand nombre à l’appel de propositions présenté sur le site internet du Sommet, au

www.sommetmondialdesign.com. Par vos idées et vos projets innovants, nous mettrons

ainsi toute notre créativité au service de l’architecture du paysage et nous démontrerons le

rôle essentiel de notre profession.

Bonne lecture !

BERNARD BIGRAS, DIRECTEUR GÉNÉRAL

8

MOT DU DIRECTEUR GÉNÉRAL


ARCHITECTURE DE PAYSAGE & DESIGN URBAIN

PLANIFICATION D’ENSEMBLE

DÉVELOPPEMENT IMMOBILIER

SITES PATRIMONIAUX

SITES INSTITUTIONNELS

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RÉIMAGINER

LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE

LES 1 ER ET 2 AVRIL DERNIERS, AU MARCHÉ BONSECOURS À MONTRÉAL,

S’EST DÉROULÉE UNE AUTRE ÉDITION DU CONGRÈS ANNUEL DE L’AAPQ.

APERÇU DE DEUX JOURNÉES ENRICHISSANTES.

LE CONGRÈS A ACCUEILLI TROIS

CONFÉRENCIERS INTERNATIONAUX

Alexa Bush, architecte paysagiste à la

ville de Detroit, est venue nous présenter

les stratégies d’aménagement des nombreux

lots vacants apparus à la suite de la

forte décroissance qu’a connue l’ancienne

capitale de la production automobile.

Stanley Lung a captivé l’assistance avec

sa présentation sur des méthodes non

conventionnelles d’aménagement des

villes où la nature est au centre de toutes

les interventions. Il a également exposé

le concept de « Sponge City » qu’il a

appliqué, avec l’agence Turenscape, à 16

villes chinoises.

À travers la description d’un projet

d’avant-garde, Hunts Point Lifelines,

qui traite du mégacentre de distribution

alimentaire de la Ville de New York,

l’architecte paysagiste Ellen Neises a

abordé la question de l’interdépendance

des territoires urbains et ruraux quant

à la production, la distribution et la

consommation des aliments.

Le panel constitué de Tanya Barnaby,

Caroline Gagnon, Bernard Généreux et

Marie-José Fortin a fait valoir différentes

perspectives sur la délicate question

de l’implantation de projets énergétiques

dans les communautés et a démontré

que la notion de paysage implique

d’intégrer dans les processus de mise en

œuvre des projets, les préoccupations

sociales et celles des professionnels de

l’aménagement qui ont une compréhension

fine du territoire d’implantation.

12


Des élus, Pablo Rodriguez, secrétaire parlementaire

du ministre de l'Infrastructure

et des Collectivités, et Richard Bergeron,

Responsable de la stratégie pour le

centre-ville du comité exécutif de la Ville

de Montréal, se sont joints à nous durant

la remise des prix et le cocktail. La présidente

et le directeur général de l’AAPQ

les accompagnent sur cette photo.

Bernard St-Denis a été un animateur

distrayant et pertinent. Son à propos et la

justesse de ses interventions ont été un

apport incontestable à l’événement.

REMISE DE PRIX

Les architectes paysagistes Isabelle

Giasson et Christian Drouin ont échangé

et exposé leurs visions afin de définir

les meilleures pratiques en matière

d’aménagement d’environnements favorables

à la qualité ainsi que pour cerner les

nouvelles opportunités d’interventions

adaptées aux différentes échelles

d’habitats québécois.

Sur le ton de la conversation, Claire

Bolduc, Gérald Domont et l’animateur

Marc-André Carignan ont brisé quelques

clichés éculés sur la campagne dont

l’image bucolique subsiste malgré

toutes les transformations qu’elle a

connues au cours des 50 dernières

années. En exposant les réalités des

territoires ruraux actuels qui sont en proie

à une uniformisation de leurs paysages,

ils ont souligné le rôle que pourraient

jouer à la fois les architectes paysagistes

et les communautés dans la protection,

la mise valeur et le développement de

ces paysages.

Les six invités du Pecha Kucha, Jennifer

Bradley, Réjean Dumas, Patricia Lefèvre,

Alexander Reford, Camille Trillaud-Doppia,

Pascaline Walter et l’animateur Louis-

Philippe Rousselle-Brosseau, ont exploré

les franges de la pratique de l’architecture

de paysage à diverses échelles. Au cœur

de la discussion s’est posée la question

du rôle de l’architecte paysagiste comme

designer, facilitateur, médiateur ou

fédérateur à travers le projet de paysage,

et s’est dressé le portrait d’une profession

en voie d’hybridation, en une ère de transdisciplinarité

accélérée.

Prix Frederick-Todd

Catégorie → Personnalité publique

Pierre Lahoud, photographe

Prix Frederick-Todd

Catégorie → Membre

André Nadeau

Certificat d’honneur

Jonathan Cha

CONGRÈS 2016

13


MERCI À NOS PARTENAIRES

PLATINE

OR

Dynamique et convivial, le Salon est

très apprécié des visiteurs comme

des exposants.

ARGENT

Cocktail

Boisson d’avril

MÉDIA / COMMUNICATION

L’équipe aux médias sociaux au travail

CONTENU

SERVICE

Merci à nos précieux bénévoles

ÉVÉNEMENT

14

CONGRÈS 2016


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GALA DES GÉNÉRATIONS 5O e DE L’AAPQ

Pour clore les festivités de ses 50 ans, l’AAPQ a convié,

le 3 octobre dernier, les membres de toutes les générations,

les collaborateurs et les partenaires du paysage à

venir célébrer à bord d’une croisière sur le Saint-Laurent.

Plus de 130 personnes ont fait de cette soirée un

franc succès.

LE SOUPER

L’APÉRO SUR LE PONT

18

PAYSAGES 2016


LES ARBRES

Tous les participants ont reçu un arbre à planter. L'organisatrice de

cette soirée, Diane Martin (troisième, à partir de la gauche).

LE PARTY

LES INVITÉS D'HONNEUR

LES GRANDS PROJETS

Parmi la compagnie à la table d’honneur : Edwin Skapsts (membre

fondateur et président de l’AAPQ de 1969 à 1971), Michelle Legault

(directrice générale de l’AAPC), Alain Dufour (secrétaire général

de l'OSMD) et Franck Scherrer (directeur de l'école d'urbanisme

et d'architecture de paysage de l'UdeM).

Chantal Prud’homme et Michel Rousseau ont dévoilé certains des

projets d’architecture de paysages marquants du Québec des cinq

dernières décennies sélectionnés par le Comité de nomination

de l’AAPQ.

PARC NATIONAL D’OKA

Gestion et

aménagements :

Réseau Sépaq.

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PROJET MARQUANT

DES ANNÉES 70

Création de divers

parcs provinciaux et

de conservation

dans les années 70.

Avant 1990, ce parc

était connu sous le nom

de parc Paul-Sauvé.

AVRIL 2016

D L M M J V S

1 2

3 4 5 6 7 8 9

10 11 12 13 14 15 16

17 18 19 20 21 22 23

24 25 26 27 28 29 30

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5 DÉCENNIES DE PROJETS EN

ARCHITECTURE DE PAYSAGE

LES INVITÉS D'HONNEUR

CALENDRIER 2016

Prenant place devant le gâteau paysages conçu et préparé

par l’architecte paysagiste Vanessa Parent, plusieurs des présidents

des dernières années dont Chantal Prud’Homme, Jean-Jacques

Binoux, Pierre Valiquette, Chantal Gagnon, Bernard St-Denis,

Isabelle Giasson (présidente actuelle), Myriame Beaudoin et

Serge Poitras.

Le calendrier spécial 50 e anniversaire a été distribué à tous les

participants de la soirée. Douze des projets les plus marquants

des 50 dernières années ont été choisis pour illustrer chacun

des mois.

GALA

19


LANCEMENT DU FONDS DE DOTATION

COMMÉMORANT LE 50 e ANNIVERSAIRE

DE LA CRÉATION DE L’AAPQ ET SES

MEMBRES FONDATEURS*.

Lors de la soirée Gala, la Fondation en architecture de

paysage du Canada et l’Association des architectes paysagistes

du Québec ont annoncé la mise sur pied d’une

bourse d’études pour les étudiants inscrits dans un programme

en architecture de paysage au Québec.

Cette bourse, durable et récurrente, est hautement significative

pour la relève et a su mobiliser toutes les générations d’architectes

paysagistes, partenaires et amis du paysage présents au gala 50 e .

À l’issue du souper, Wendy Graham, membre du conseil de la FAPC,

et Isabelle Giasson, présidente de l’AAPQ, ont convié l’assistance à

prendre part à cette formidable initiative, laquelle s’est engagée à

plus de 14 000 $ de dons. Un départ enthousiasmant !

En ce qui a trait aux dons futurs, l’AAPQ et le FAPC se chargeront

conjointement de les recueillir jusqu’à l’obtention de la somme

visée. Pour toute information sur le fonds ou pour y contribuer,

écrivez-nous à info@aapq.org

* MEMBRES FONDATEURS DE L’AAPQ

Benoit Bégin, John Charles Burroughs, André Chartrand,

Ulric Couture, Georges Daudelin, Raymond Gascon,

Warner S. Goshorn, Donald W. Graham, Maurice Hamel,

Douglas W. Harper, Hogindar S. Khurana,

André Lafontaine, Jean-Claude Lahaye, Voldemars Lapins,

Eerik Lepp, Suzan E. Miller, George Olsoufieff, Louis Perron,

Léo F. Pilon, Danièle Routaboule, Eckhard Schirdewhahn,

John Schreiber, Donald G. Sigsby, Edwin Skapsts, Ian Lamont

Smith, Howard Spence-Sales, Janina Stensson.

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Activités 2015

Janvier

2015, 50 e ANNIVERSAIRE

DE L’AAPQ

Sous le thème Régénération, l’AAPQ

a invité le milieu de l’aménagement, les

médias ainsi que le grand public à se

joindre à ses 600 membres pour célébrer

son 50 e anniversaire en dévoilant

les activités prévues pour marquer le

coup. Le traditionnel congrès annuel,

la revue PAYSAGES - spécial 50 e ,

l’exposition de la relève au complexe

Desjardins et un gala ont été au

programme des activités organisées

par l’AAPQ pour faire rayonner notre

profession au cours de l’année.

Mars

CRÉATION DES COMITÉS

SCIENTIFIQUES DU SOMMET

MONDIAL DU DESIGN (OSMD)

Le 23 mars, la présidente de l’OSMD,

l’Honorable Lisa Frulla, remplacée

depuis août 2015 par l'Honorable

Sheila Copps, a annoncé la création

des Comités scientifiques qui permettront

de préparer l’agenda de

discussions en vue de la réalisation du

Sommet mondial du design, cet événement

exceptionnel qui réunira toute

la « planète design » à Montréal en

octobre 2017. Les organisations majeures

en architecture de paysage

étaient représentées par Kathryn

Moore, présidente de IFLA World, et

Raquel Penalosa, déléguée de l’AAPC

et présidente de IFLA Americas.

CONGRÈS ANNUEL

DÉGÉNÉRATION / RÉGÉNÉRATION

L'HORIZON TEMPOREL DU PAYSAGE,

le congrès de l'AAPQ qui s’est tenu

les 27 et 28 mars dernier au marché

Bonsecours, à Montréal, fut un rassemblement

inspirant, un moment

privilégié pour échanger avec les

collègues et intervenants présents.

Les présentations et les vidéos des

conférences sont disponibles sur

notre site web, aapq.org.

PRÉSENTATION DU

PROGRAMME DE STAGE PSAP

L'AAPQ a invité tous les étudiants

finissants de l’école d’architecture de

paysage de l’UdeM à une présentation

du programme de stage PSAP. À l’aide

d’une présentation visuelle présentant

de multiples exemples, Marie-Claude

Robert a répondu à toutes les questions

des étudiants quant au montage de leur

dossier de stagiaire.

LES ATELIERS VERTS

DES FLEURONS

Durant les mois de mars et avril,

cinq municipalités ont accueilli des

journées d’information consacrées

à l’embellissement horticole et à

l’aménagement des espaces verts

municipaux. Marie-Claude Robert

a représenté L’AAPQ lors de ces

Ateliers Fleurons 2015 en présentant,

sous le thème « L’aménagement paysager

au cœur de la ville durable », une

conférence sur le corridor vert comme

stratégie d’aménagement essentielle

en milieu urbain. Les rencontres ont

attiré des représentants de plus de

80 municipalités.

Avril

EXPOSITION

COMPLEXE DESJARDINS

C’est à l’occasion du Mois mondial

de l’architecture de paysage et de

son 50 e anniversaire que l’AAPQ s’est

jointe au complexe Desjardins pour

présenter l’exposition Jardins sur

mesure - Lumière sur l’architecture

de paysage. Du 1 er au 10 avril 2015,

l’exposition a présenté six jardins

d’architectes paysagistes de la relève

choisis par le biais d’un concours tenu

en 2014. L’exposition a permis au

grand public de découvrir l’inventivité

et le savoir-faire de la profession.

JARDINS SUR MESURE

LUMIÈRE SUR L’ARCHITECTURE DE PAYSAGE

22

PAYSAGES 2016


LES MIDIS-CONFÉRENCES

À LA GRANDE-PLACE

Toujours dans le but de mieux faire

connaître la profession d’architecte

paysagiste au plus grand nombre,

durant la période de l’exposition, des

conférences ont été présentées lors

de quatre midis à la Grande-place

du complexe Desjardins, un lieu

très fréquenté.

Des membres experts dans leur pratique

respective ont proposé cette série

de conférences en collaboration avec

des partenaires de l’événement.

50 ANS D’ARCHITECTURE

DE PAYSAGE AU QUÉBEC

par Marie-Claude Robert

conférence présentée

par HortiCompétence


LA RUELLE VERTE CARTIERVILLE

par Daniel Lefebvre,

Groupe Rousseau Lefebvre

conférence présentée par

Matériaux paysagers Savaria


LA VILLE POSITIVE : UNE APPROCHE

ÉCOLOGIQUE ET HUMAINE

par Isabelle Giasson, Lemay+CHA

conférence présentée par l’Association

des architectes paysagistes du Canada


PLANÉTARIUM RIO TINTO ALCAN

par Marc Fauteux, Fauteux et Associés

conférence présentée par Luxtec

Mai

EXPO DES FINISSANTS DE LA

FACULTÉ DE L’AMÉNAGEMENT

Fond Forme, la 22 e édition de

l’exposition des finissants de la faculté

de l’aménagement de l’UdeM, a rassemblé

près de 3000 personnes, dont

des professionnels de l’aménagement,

professeurs et étudiants, autour des

idées novatrices de la relève.

Organisé entièrement par les étudiants,

cet événement devenu incontournable

au fil des années a pu compter sur le

soutien de l’AAPQ qui, cette année encore,

a été commanditaire de l’exposition

et a offert un prix d’excellence étudiant

au projet de fin d’étude s’étant le plus

démarqué en architecture de paysage.

En cette édition 2015, c’est le projet

SINUOS de Philippe Asselin, Jérémy

Hamel et Julien Moliera qui a remporté

les honneurs.

ASSEMBLÉE

GÉNÉRALE ANNUELLE

L’AAPQ a tenu son assemblée générale

annuelle à la maison Smith, sur le Mont-

Royal. C’est à cette occasion que les

membres ont pu remercier Myriame

Beaudoin pour le travail accompli depuis

2013 durant son mandat de présidente,

et plus particulièrement pour l’immense

dévouement dont elle a fait preuve pour

la tenue du Sommet de design de 2017,

et souhaiter la bienvenue à notre

nouvelle présidente Isabelle Giasson.

LA REVUE ANNUELLE DE L’AAPQ ÉDITION no 10

L’horizon temporel du paysage

LA REVUE PAYSAGES,

SPÉCIAL 50 e

2015

Pour cette année anniversaire de

l’AAPQ, PAYSAGES, la publication

phare en architecture de paysage au

Québec, a publié sa 10 e édition. Sous

le titre L’horizon temporel du paysage,

la revue annuelle a souligné le

50 e anniversaire de l’Association.

À la manière d’un document d’archives,

ce numéro retrace les grandes étapes

de la profession au Québec ainsi que

l’évolution de l’Association, tout en

dressant, à travers plusieurs articles,

un portrait des champs de pratiques

actuels que les architectes paysagistes

ont investis et développés.

Écrivez-nous à info@aapq.org si vous

souhaitez obtenir un exemplaire de ce

numéro anniversaire.

ACTIVITÉS 2015

23


Août

ATELIERS OSMD

Cet été, le comité scientifique pour le

congrès Paysage 2017 s’est réuni afin

de réfléchir à la thématique et aux

sous-thèmes du congrès de l’OSMD,

dont le volet Paysage est organisé conjointement

avec l'AAPC et l'AAPQ. Cet

atelier, animé par Jonathan Lapalme

et Caroline Magar, a permis de faire

le point sur les enjeux actuels en

architecture de paysage. L’approche de

l’atelier a également été adaptée pour la

réflexion du comité scientifique central

interdisciplinaire. L’AAPQ, très impliquée

dans le processus qui mènera à

ce grand événement, est bien représentée

par ses membres, parmi lesquels

Raquel Peñalosa (coprésidente comité

scientifique), Pierre Bouchard (président

comité événement), Paula Meijerink

(coprésidente comité scientifique), Edith

Normandeau (direction générale AAPQ)

et Myriame Beaudoin (représentante en

paysage au conseil d’administration de

l’OSMD).

PRÉSIDENCE DE LA FONDATION

D’ARCHITECTURE DE PAYSAGE

DU CANADA

Notre collègue Vincent Asselin, membre

de l’AAPQ, a été élu président de

la FAPC lors de l’assemblée générale

des membres à Mexico. La FAPC est

une organisation ayant comme but de

promouvoir et de faire avancer les

idéaux de la profession d’architecte

paysagiste au Canada.

Septembre

RÉVISION DES DOCUMENTS

D’APPELS D'OFFRES DE

LA VILLE DE MONTRÉAL

Dans la foulée d’un vaste chantier

d'harmonisation de ses devis, la Ville

de Montréal a fait appel à l’AAPQ pour

participer à la révision des documents

d'appels d'offres d'exécution de travaux

afin de développer un processus unifié

pour toutes les unités administratives de

la ville.

Dans une approche participative,

l'AAPQ a invité ses membres à

présenter ses commentaires, recommandations,

propositions d'amendement

ou d'amélioration concernant les cahiers

de charges actuellement utilisés dans

le cadre d'appels d'offres d'exécution

de travaux.

L'AAPQ EST COSIGNATAIRE

D’UNE LETTRE D'OPINION

CONCERNANT L’AVENIR DU

SQUARE VIGER

Plus de 40 signataires provenant du

milieu de l’aménagement se sont joints

à l’architecte paysagiste Jonathan Cha,

vice-président de l'AAPQ, pour signaler,

dans une lettre d’opinion, la précipitation

qui semblait prévaloir dans la décision

de faire table rase du square Viger.

Tout en reconnaissant qu’un réaménagement

de ce square, qui abrite une

œuvre majeure du sculpteur Charles

Daudelin, s’impose, les signataires de

la lettre y dénonçaient l’absence d’un

processus de planification rigoureux qui

devrait encadrer un tel projet.

Cette mobilisation n’est sans doute

pas étrangère au virage qu’a pris

l’administration de Montréal en décidant

de finalement sauver partiellement

l’œuvre de Daudelin.

Octobre

GALA DES GÉNÉRATIONS

Cinquante ans, ça se fête, et c’est ce à

quoi l’AAPQ a convié ses membres et

partenaires le soir du 3 octobre 2015 !

À bord d’un bateau sur le Saint-Laurent,

le Gala des générations s’est déroulé

dans une ambiance particulièrement

festive et chaleureuse. La réussite de

la soirée tient, entre autres, au grand

nombre de participants, plus de 130,

et au fait que les différentes

générations y étaient représentées.

Un souvenir mémorable !

CRÉATION D’UNE BOURSE

C’est lors du Gala des générations

que le nouveau fonds de dotation de

la FAPC et de l’AAPQ commémorant

l'établissement de l’AAPQ a été lancé.

Ce fonds permettra la création d'une

bourse d’études, durable et récurrente,

destinée à un étudiant inscrit dans un

programme d'architecture de paysage

au Québec.

Durant la soirée, Wendy Graham,

membre du conseil de la FAPC, et notre

présidente, Isabelle Giasson, ont présenté

cette nouvelle façon d’investir dans

l’avenir de la profession et elles ont fait

appel à la générosité de l’assistance

qui a très bien répondu en s’engageant

sur-le-champ à contribuer à plus de

14 000 $ en dons. L’AAPQ et la FAPC se

chargent conjointement de poursuivre

la collecte.

Pour toute information supplémentaire

sur ce fonds, ou si vous souhaitez faire

un don, veuillez joindre Wendy Graham

à cette adresse : wlg.mtl@gmail.com

24

PAYSAGES 2016


Octobre

EXPO FIHOQ

L’AAPQ a été invitée à inclure deux

conférences au sein de la programmation

de l’expo FIHOQ 2015. Deux de nos

membres ont répondu à l’appel. Juliette

Patterson a présenté des aménagements

de murs et toits plantés en milieu urbain,

tandis que Marie-France Turgeon a

présenté le travail d’architecture de

paysage à Wendake en mettant l’accent

sur l’importance de prendre en compte

les aspects culturels liés au lieu dans le

processus de design.

L’AAPQ a également été présente à titre

d’exposant au Salon de l’Expo-FIHOQ.

Au stand de l’AAPQ, décoré d’arbres

généreusement prêtés par Soverdi pour

l’occasion, des architectes paysagistes

se sont relayés durant les trois jours de

l’exposition pour faire la promotion de

l’architecture de paysage dans le milieu

de l’horticulture. Ils se sont fait un plaisir

de discuter avec les clientèles tant

publiques que privées ainsi qu’avec les

nombreux curieux qui souhaitaient en

savoir davantage sur la profession et les

membres de l'AAPQ.

SIGNATURE DE LA

DÉCLARATION DE

L’ALLIANCE ARIANE

Les membres de l'alliance ARIANE

se sont unis pour demander au gouvernement

du Québec de se doter

rapidement d’une Politique nationale

de l’aménagement du territoire et de

l’urbanisme.

Dans une déclaration appuyée par

50 signataires, dont Isabelle Giasson,

présidente de l’AAPQ, les demandeurs

ont souligné l’absence de

vision d’ensemble et de cohérence des

pratiques d’aménagement au Québec.

RENCONTRE DE L'AAPQ

À QUÉBEC

Pour répondre à une demande des

membres de la capitale nationale,

l’AAPQ a organisé une rencontre à

Québec afin de discuter des besoins

de représentation des membres de la

région et de leur implication dans

les activités à venir à l’AAPQ.

En présence de plusieurs membres

du conseil d’administration, dont notre

présidente Isabelle Giasson, Marie-

France Turgeon, Monica Bittencourt

et Edith Normandeau, notre directrice

générale, une trentaine de personnes

ont pris part à la discussion.

À l’issue de la soirée, il a été décidé de

prévoir des rencontres régulières ainsi

que de mettre sur pied formations et

conférences afin d’assurer une présence

accrue auprès des membres de la région

de Québec.

Lors de cette soirée, Jean Landry et

Pierre Bouchard ont fait la présentation

de la Charte de paysage canadienne

ainsi que du Sommet mondial du design

de 2017.

COLLABORATION À

LA REVUE CÉCOBOIS

Edith Normandeau, notre directrice

générale, a signé l'éditorial du numéro

d’automne de Construire en bois, éditée

par Cécobois qui se consacre à

l'utilisation du bois dans le design et

l’aménagement extérieur.

PROJET ILEAU

Le Conseil régional de l’environnement

de Montréal (CRE-Montréal) a présenté,

en octobre dernier, le projet

ILEAU (Interventions locales en environnement

et aménagement urbain) en

présence de monsieur David Heurtel,

ministre du Développement durable, de

l’Environnement et de la Lutte contre

les changements climatiques, ainsi que

de nombreux partenaires, dont l'AAPQ.

Le CRE-Montréal s’appuie sur l’expertise

de chercheurs et de professionnels qui,

au sein du comité d’experts, alimentent

la réflexion sur les mesures innovantes

à mettre en place.

Ce comité est composé d’Yves Baudouin

(Université du Québec à Montréal),

Mélanie Beaudoin (Institut national

de santé publique du Québec),

Andrew Gonzalez (Université McGill),

Christian Messier (Université du Québec

à Montréal), Edith Normandeau

(Association des architectes paysagistes

du Québec), Sophie Paquin (Direction

de la santé publique de Montréal),

Owen Rose (Rose Architecture) et

Robert Siron (Ouranos).

ACTIVITÉS 2015

25


Novembre

LUNCH MIDI AVEC LES ÉTUDIANTS

C’est avec grand plaisir qu'Edith Normandeau et Jean-Philippe

Grou sont allés faire la présentation des services ainsi que

du rôle de l’Association aux étudiants. L’événement fut un

franc succès !

Nous remercions l’École d’urbanisme et d’architecture de

paysage de l’Université de Montréal pour son accueil dans

leurs locaux.

Lors du dîner, l’École en a profité pour remettre des prix aux

étudiants ayant eu les meilleures moyennes :

Jean-François Bédard (mineure)


Emmanuelle Loslier (1 re année bac.)


Anne Blouin (2 e année bac.)


Adrien Ronceray (3 e année bac.)


Iseult Séguin-Aubé (1 re année maîtrise)


Caroline Magar-Bisson (2 e année maîtrise)

CONGRÈS INFRA

Lors du congrès INFRA organisé par le Centre d’expertise et

de recherche en infrastructures urbaines, nos membres

Jean-François Rolland et Mélanie Glorieux ont respectivement

présenté les conférences Déneigement et design des espaces

pédestres dans la ville et Rues et stationnements durables.

Des communiqués de presses

concernant certains de ces

événements sont disponibles

dans notre salle de presse

→ aapq.org

26


NOUVEAUX MEMBRES

L'AAPQ

EN 2016

AGRÉÉS : 472

STAGIAIRES : 110

ÉTUDIANTS : 63

AMIS : 36

28

MEMBRES AGRÉÉS

Annie Girouard

Catherine Caya

Marie-Andrée Vandal

Valérie Tremblay-Gravel

Caroline Marcotte

Catherine Blain

Éric Clermont

Fanie Quenneville

Ismaël Hautecœur

Camille Zaroubi

David Murray

Élaine Fournelle

Isabelle Guillemette

Martin Aubé

Feifei Shi

Stéphanie Henry

Teressa Peill

Le moteur de recherche

Trouvez un architecte paysagiste

vous permet d'obtenir les noms et

coordonnées de tous les membres

agréés et stagiaires de l'AAPQ

par région et de sélectionner les

membres qui réalisent des projets

résidentiels et des inspections

d'aires de jeu.

→ aapq.org

33

MEMBRES STAGIAIRES

Mahnam Abbasi Gravand

Guillermo Aguerrevere

Anne Aubin

Fanny B. Perras

Mélissa Beaumont-Henry

Toufik Bourriche

Jean-Sylvain Brochu

Marc-André Brochu

Robert D'Aoust

Jessica Demers

Philippe Desjardins

Jean-Philippe Di Marco

Anne-Laurence Dumont

Josianne Dupuis-Descôteaux

Alaïs Escoz

Alexis Gambey

Timothy Giger

Andréanne Gremen

Katherine Groulx

Erika Hatakeyama

Stéphanie Henry

Tamara Koziej

Marie-Pier Lamoureux

Marie-Philippe McInnes

François Ménard

Hélène Rommelard

Virginie Roy-Mazoyer

Karyna St-Pierre

Nancy Surprenant

Nadège Tchente

Josiane Tremblay

Vincent Varin-Lacasse

Yi Zhang

38

ÉTUDIANTS

Karine Tremblay

Otero Rubianes

Mathieu Poulin

Catherine Foisy

Danièle Adib

Arielle Breton

Marie-Pier Ward

Emmanuelle Loslier

Philippe Paquin

Mélissa Massicotte

Julie Garin

Laure Wright

Catherine Lessard

Emma Verneuil

Caroline Racine

Lamia Baniyahya

Wissam Dib

Frédérique Bolté

Marie-Laurence Gendron

Alicia Dubois

Camille J.Rivard

Maryse Nicol

Sophie Tremblay-Gratton

Pascale Daigneault

Marie-Laure Cousty

Constanza Soria di Carlo

Jessica Borquez-Piché

Francisco Cabrera Vargas

Jonathan Pelletier

Gaëlle Doiron-Barbant

Claudia Fabbricatore

Elisabeth Leblanc

Éliane Arbique

Dominique Collin

Maxime Girard

Youssef El Saii

Audrey Bastien

Martine Larouche

NOUVEAUX MEMBRES

29


EXTERNAT MONT-JÉSUS-MARIE

MONTRÉAL

CHEMIN DE CEINTURE DU

MONT-ROYAL, MONTRÉAL

SKATEPLAZA

PLACE SAINT-SACREMENT, TERREBONNE

URBANISME

DESIGN URBAIN

ARCHITECTURE DE PAYSAGE

ENVIRONNEMENT

STRATÉGIES

MONTRÉAL | QUÉBEC | SAGUENAY | SHAWINIGAN

GROUPEBC2.COM


RÉIMAGINER

LES FRONTIÈRES

DU PAYSAGE

L’année dernière, l’AAPQ célébrait ses 50 ans d’existence et dans un texte sur

l’évolution de l’Association qui été préparé pour la revue « spécial 50 e », Ron Williams

concluait en soulevant ceci :

Au Québec, on doit se préoccuper du fait que les architectes paysagistes sont trop

concentrés dans nos grandes villes (71 % d’entre eux sont établis dans les trois plus grandes

agglomérations de la province), et tenter de corriger le tir afin d’assurer l’accès à nos

connaissances et à notre expertise partout au Québec. D’ailleurs, la planification

rurale, objet de beaucoup de réflexion en Europe, reste presque entièrement à explorer

chez nous. Nous n’avons pas non plus porté suffisamment d’attention aux problèmes

environnementaux et humains du Grand Nord, actuellement l’objet d’énormément de

convoitise à cause de ses ressources.

Ces derniers énoncés font état du fait que le travail de l’architecte paysagiste se

concentre encore principalement à l’intérieur et autour de la ville, dans l’espace le

plus densément habité. Pourtant, les enjeux de développement du milieu rural et des

espaces périurbains, nombreux et de plus en plus complexes, doivent être abordés par

les professionnels de l’aménagement au même titre que les enjeux dits urbains.

L’édition 2016 de la revue PAYSAGES propose donc de prendre le pouls des enjeux

et défis d’aménagement auxquels font face les territoires hors des grands centres urbains

et de rendre compte des initiatives et du travail qui s’y font déjà. L’objectif

étant de révéler le rôle primordial que l’architecte paysagiste peut jouer au-delà de

l’abstraite frontière où se situe la fin de l’urbanité et le début d’autre chose.

RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE 33


LE JARDIN DE FRANÇOIS, UN MIRACLE

OU LA FORCE D’UNE COMMUNAUTÉ ?

PAR MALACKA ACKAOUI ET ANTOINE CRÉPEAU

Ceci est mon cloître

I

nitié par les Petites Franciscaines

de Marie (PFM) de Baie-Saint-Paul

en 2002, le Jardin de François

est un legs de cette communauté religieuse

ayant pris des proportions hors

du commun. Ce jardin, dont la mission

est spirituelle et contemplative, devait

être d’une grande simplicité, à l’image

de la vie de François d’Assise, patron des

écologistes. L’effort invisible qu’il a fallu

déployer pour créer ce paysage fut toutefois

considérable.

Si l’idée du Jardin a germé dans l’esprit

et le cœur des religieuses de Baie-

Saint-Paul, son développement s’est fait

à travers les échanges entre les concepteurs

de Williams Asselin Ackaoui

et associés et les responsables de la

Communauté des PFM qui, ensemble,

réussirent à traduire l’expérience de la

spiritualité franciscaine.

Unique en son genre et par sa thématique,

le Jardin de François est une ode à

la beauté. Il se veut un lieu où enraciner

la présence des Petites Franciscaines

de Marie et cultiver leurs valeurs à

Baie-Saint-Paul.

PLACE AUX EXPERTS DE LA RÉGION

Si la conception du jardin s’est faite

en symbiose entre Williams Asselin

Ackaoui et les Petites Franciscaines de

Marie, il fut nécessaire pour sa réalisation

d’élargir nos champs d’expertise.

En effet, pour réaliser ce jardin dans

la belle région charlevoisienne à partir

de notre bureau de Montréal, il a

fallu s’entourer de gens bien implantés à

Baie-Saint-Paul et profiter de leurs

connaissances et du savoir-faire local.

Réussir une telle prouesse a requis un réel

travail d’équipe.

L’implication des experts a débuté en

2010 lors de la découverte d’une source

d’eau inestimable sur le terrain même

du Jardin. Cette source, d’une pureté exceptionnelle,

a été à l’origine de l’étroite

collaboration avec le ministère du Développement

durable et la Ville de Baie-

Saint-Paul qui a trouvé une occasion en

or pour y construire un réservoir d’eau

potable. À cette époque, Baie-Saint-Paul

devait trouver une nouvelle source afin

de s’approvisionner en eau potable pour

combler ses besoins grandissants.

On parlait alors de faire des recherches

dans les montagnes, à plusieurs

kilomètres. Après les approbations du

ministère, un réservoir et un bâtiment

municipal connexe devaient être érigés

dans le Jardin. Or les PFM exigèrent

que seul le bâtiment municipal puisse

émerger du sol. De plus, celui-ci devait

faire partie intégrante du Jardin, comme

un pavillon, tout en respectant les contraintes

fonctionnelles et la législation.

Ici prirent forme les prémices du Jardin.

La collaboration de messieurs Serge

Filion, urbaniste, et Gilles Filion, ingénieur

spécialisé en eau souterraine, fut

inestimable à cet égard. Il faut aussi souligner

la collaboration exceptionnelle du

maire de Baie-Saint-Paul, monsieur Jean

Fortin, et toute son équipe qui a appuyé

le projet des PFM depuis le tout début.

Voisin immédiat du Jardin de François,

l’hôtel La Ferme (Le Germain) a profité

de la source d’eau pour mettre en place

son système de géothermie. En fait, c’est

un peu grâce à ce projet hôtelier si la

source a été découverte.

34

PAYSAGES 2016


Finalement, la valorisation du travail

local fut non seulement bénéfique, mais

elle permit de réaliser un projet unique,

rassembleur, et c’est aujourd’hui toute la

population qui en bénificie.

Vue sur l’entrée du jardin

Lors de la conception de l’hôtel, les propriétaires

recherchaient activement un

site propice pour utiliser cette forme

d’énergie. Avec la permission des PFM,

ils firent quelques tests sur le terrain des

Sœurs. À la suite d’un forage, l’eau jaillit

de plusieurs mètres. C’est alors que l’on

fit la découverte d’une source souterraine

naturelle. Pour le bien de la communauté

de Baie-Saint-Paul, les Sœurs

ont généreusement cédé une partie du

terrain pour accommoder la construction

du réservoir. Très motivées par ce

projet, les Sœurs ont créé la Corporation

du Jardin de François afin d’en gérer

les différentes étapes. Une collaboration

s’est aussi développée avec le promoteur

de l’hôtel, monsieur Daniel Gauthier,

notamment pour les interventions en

périphérie du Jardin et dans le domaine

public. Par exemple, le transfert d'une

partie du matériel d'excavation de la construction

du complexe hôtelier sur le site

des PFM a permis de profiler les bases du

Jardin de François.

Pour réaliser ce jardin

dans la belle région

charlevoisienne à partir de

notre bureau de Montréal,

il a fallu s’entourer de gens

bien implantés à Baie-Saint-

Paul et profiter de leurs

connaissances et du

savoir-faire local.

À la suite de la construction du réservoir

en 2013, la première étape consista

à ornementer le pavillon municipal de

plantes indigènes. Puis, tranquillement,

durant l'été 2014, les premières infrastructures

du jardin ont été construites.

Enfin, au printemps 2015, la phase principale

du projet débuta.

Parmi les professionnels de Baie-Saint-

Paul qui ont contribué à notre réussite,

on ne peut passer sous silence le rôle

de monsieur Gilles Filion, encyclopédie

vivante de Baie-Saint-Paul, qui a notamment

assuré la conception et la gestion

des travaux de génie civil.

Pour le volet paysage, il fut judicieux de

recourir à une assistance locale, particulièrement

pour la surveillance des

travaux sur une base quotidienne. La

collaboration d’une collègue de la région,

madame Marie-Andrée Huard, architecte

paysagiste, fut très appréciée afin

d’assister Antoine Crépeau de WAA.

AU TOUR DES ARTISANS

Puisque les PFM sont au cœur de

la région depuis de nombreuses

années, l’importance qu’elles accordent

à l’implication locale fut salutaire. Cette

fois, ce sont les artisans de la région qui

ont participé en grand nombre et avec

fierté à cette réalisation. C’est sous la

direction des entreprises Jacques Dufour

de Baie-Saint-Paul qu’ont été exécutés les

travaux du Jardin. Plusieurs échanges,

tests et rencontres permirent d’améliorer

les façons de faire. On privilégia les matériaux

et les ressources de la région.

Par exemple, l’amendement des sols

existants s’est fait avec un motoculteur

loué d’un fermier pour en faire une base

propice à la création d’un jardin. C’est

aussi avec ardeur que certains artisans

se sont distingués, tel monsieur Sylvain

Gagnon qui réalisa non seulement le superbe

Tau si cher aux PFM, mais aussi un

cadran solaire conçu par monsieur Jean

Serge Dion, lui aussi originaire de la région.

Plusieurs autres artisans ont dû se

surpasser afin de réaliser des travaux

non conventionnels, comme le ruisseau

artificiel et d’autres éléments construits.

SUR LES TRACES DE

FRANÇOIS D’ASSISE

De nombreuses heures de lectures et

d’échanges avec les PFM ont été nécessaires

pour nous permettre de recréer

le parcours de vie de François d’Assise,

cet amant de la nature, connu pour son

Cantique de Frère Soleil dans lequel il

loue le Seigneur pour toutes les créatures

qu’il considère comme frères et sœurs :

Frère Soleil, Sœur Lune et les étoiles,

notre Sœur Mère la Terre, Frère Vent,

Frère Feu. Le cantique se termine par

deux strophes qui touchent profondément

les relations humaines : la réconciliation

et notre Sœur la mort corporelle.

Conçu à l’image d’un lieu de pèlerinage,

le Jardin de François invite le visiteur

à parcourir un chemin de découverte

à sens unique. La visite débute sur le

parvis où la végétation est abondante.

Une fontaine avec trois jets d’eau offre

un spectacle ludique et rafraîchissant

dans un lieu qui évoque la jeunesse insouciante

de François et son goût des

fêtes extravagantes.

La conversion de François est symbolisée

par l’ascension vers le promontoire, d’où

l’on peut admirer la vue panoramique

sur le jardin et le paysage environnant,

le Cloître de François. La rumeur veut

que lorsque Dame Pauvreté a demandé

à François de lui montrer son cloître, il

l’emmena au haut de la montagne pour

lui montrer le paysage en lui indiquant :

« Ceci est mon cloître. » Ce promontoire

intègre judicieusement le pavillon abritant

des machines de la station de pompage

au-dessus du réservoir.

Un cadran solaire dans la prairie évoque

Frère Soleil et Sœur Lune qui rythment

notre temps. Notre Sœur Mère la Terre

est un verger non conventionnel où sont

plantés des arbres et arbustes fruitiers

indigènes ou rustiques. Sœur Eau coule

du sommet de la butte dans un ruisseau

qui prend différentes formes et qui nous

accompagne avant de se jeter dans un

bassin réfléchissant. Et comme le Jardin

vit un peu grâce à cette source, un robinet

puisant directement dans l’eau de la

source permet aux visiteurs de se désaltérer

ou de remplir leur bouteille avant

de quitter les lieux. →

RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE

35


Les Petites Franciscaines de Marie

Loué sois-tu, mon Seigneur,

avec toutes tes créatures :

spécialement Messire frère soleil

qui donne le jour, et par qui tu nous

éclaires ; il est beau et rayonnant

avec une grande splendeur : de toi,

Très-Haut, il est le symbole.

Loué sois-tu, mon Seigneur,

pour sœur lune et pour les étoiles :

dans le ciel tu les as créées, claires,

précieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Seigneur,

pour frère vent, pour l'air et

les nuages, et le ciel pur,

et tous les temps,

par lesquels à tes créatures

tu donnes soutien.

Loué sois-tu, mon Seigneur,

pour sœur eau, qui est très utile

et humble, précieuse et chaste.

Loué sois-tu, mon Seigneur,

pour frère feu, par qui tu éclaires

la nuit ; il est beau et joyeux,

robuste et fort.

Loué sois-tu, mon Seigneur,

pour sœur notre mère la terre,

qui nous soutient et nous nourrit,

et produit divers fruits avec les

fleurs aux mille couleurs et l'herbe.

Le coin feu, point de vue sur le mur du cantique

Le tau, symbole des Petites Fransiscaines de Marie


Extrait du Cantique

de Frère Soleil

de saint François d'Assise

Lieu de méditation et de réconciliation,

la rencontre avec François est l’occasion

de faire une pause où, assis sur des

pierres entourées d’une pinède, on peut

admirer le Tau, ce magnifique symbole

franciscain qui se reflète dans le bassin.

Ce lieu rappelle le fait que François aimait

s’asseoir et méditer sur les pierres,

dans la Forêt de pins. En fin de parcours,

la Forêt de bouleaux appelle à une

réflexion sur notre mort corporelle, « à qui

nul homme vivant ne peut échapper ».

36


Le ruisseau calme

Malaka Ackaoui est diplômée en architecture

de paysage de l’Université de Montréal et

détient une maîtrise en urbanisme de

l’Université McGill. Elle est membre fondatrice

de WAA Inc et présidente de WAA Montréal Inc.

Ses principaux intérêts professionnels sont

le patrimoine et le développement durable.

Malaka a enseigné pendant plusieurs années

à l’Institut d’urbanisme de l’Université de

Montréal et, récemment, à l’École d’urbanisme

de l’Université McGill. Elle est Fellow (ordre

des associés) de l’Association des architectes

paysagistes du Canada et Fellow (membre

émérite) de l’Ordre des urbanistes du Québec.

Antoine Crépeau est membre de l’équipe WAA

depuis près de 15 ans et détient un diplôme en

technique de l’architecture et un baccalauréat

en architecture de paysage de l’Université

de Montréal. Grâce à sa double formation,

Antoine est tout autant à l’aise dans le domaine

créatif que technique. Il assume la charge de

plusieurs projets complexes. Tout

en accordant une attention particulière aux

impacts sur le développement durable,

Antoine coordonne les différentes étapes du

projet, du design jusqu’à la réalisation. Son implication

professionnelle comprend notamment

la participation à différents comités et jurys.

Petites cascades sonores

Photos : Antoine Crépeau

RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE

37


ASSURER TRADITION ET MODERNITÉ

AU PAYSAGE CULTUREL DU NUNAVIK

PAR MARIE-PIERRE MCDONALD

L

es Inuits et leurs ancêtres occupent le Nord-du-

Québec depuis plusieurs milliers d’années. Ils ont

connu beaucoup de bouleversements à travers leur

histoire, surtout après leurs premiers contacts avec les Européens.

Les dernières décennies ont été particulièrement déstabilisantes

pour eux. Dans les années 1950, la population inuite

s’est sédentarisée et une grande partie de leur mode de vie

traditionnel a changé. De plus, l’introduction du régime

municipal à la fin des années 1970 à la suite de la signature de

la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ)

a permis aux Inuits de détenir des outils politiques, juridiques,

administratifs et économiques leur assurant une position

d’autorité sur le territoire kativik et leur permettant de devenir

des acteurs reconnus par les gouvernements. Même si ces outils

et les processus y étant liés étaient malheureusement parfois

incompatibles avec leur mode de vie traditionnel, un pas très

important était franchi puisqu’il s’agissait de la première fois au

Canada, et potentiellement au monde, qu’un peuple autochtone

se dotait d’un gouvernement public, non ethnique.

PERCEPTION DU TEMPS ET DE L’ESPACE

Le territoire du Nunavik, qui présente une population très majoritairement

inuite, occupe au nord du 55 e parallèle une superficie

d’approximativement 500 000 km², soit le tiers de la superficie

totale du Québec. Malgré cette proportion, il s’agit d’un

espace que nous connaissons peu, voire pas du tout. Et pourtant,

plus de 12 000 habitants y vivent, dispersés dans 14 Villages

nordiques, y faisant perdurer une culture infiniment plus

ancienne, et totalement différente, de celle du reste du Québec.

38

PAYSAGES 2016


Travailler comme aménagiste et architecte paysagiste sur

un territoire aussi vaste et dans un climat arctique ne m’avait

jamais traversé l’esprit au début de mes études. Quel rôle auraisje

pu y jouer ?

L’aménagiste est un acteur important dans un milieu où

le territoire est presque vierge et où il est encore temps de

préserver cette richesse naturelle et de la développer de façon

intelligente. Que ce soit aux échelles municipales ou régionales,

son rôle est primordial pour cet enjeu.

Pour remplir ce rôle, cependant, un aménagiste issu de la

culture occidentale doit tenter d’intégrer dans sa pratique une

solide compréhension du point de vue des Inuits du Nunavik. En

effet, ceux-ci ont développé, face à l’étendue de leurs terres, une

perception du temps et de l’espace qui est très différente de celle

des résidants du sud du Québec et cette perception a des impacts

importants sur la manière de planifier le territoire.

Découlant en grande partie des récits symboliques et de

leur tradition orale, la compréhension du paysage chez les

Inuits est plus spirituelle que pratique, plutôt vécue et ressentie

qu’analysée et théorisée – ce qui ne veut évidemment pas dire

qu’ils n’ont pas également accumulé une très fine connaissance

de ses composantes.

Après l’introduction du régime municipal, les Inuits ont dû

diviser et délimiter leur territoire en définissant les grandes

orientations et les affectations de celui-ci, afin d’avoir un meilleur

contrôle de l’utilisation du sol. Un tel exercice s’inscrivait dans

une logique de découpage spatial ayant assez peu à voir avec la

réalité quotidienne d’un peuple ayant été depuis des millénaires

des chasseurs nomades parcourant un territoire immense et

presque totalement inhabité. Pour les Inuits, les limites du territoire

sont difficilement concevables, et même lorsqu’elles le

sont, elles ne sont associées à aucune réalité telle que celles que

nous connaissons, comme par exemple les frontières administratives

ou légales.

Dès mon arrivée en poste, j’ai dû m’adapter rapidement à cette

conception des choses et bien comprendre le mode de vie des

Inuits afin de leur être utile dans un processus de planification

adapté à leurs besoins. Malgré sa difficulté d’implantation

et d’appropriation, cet exercice de planification du territoire est

essentiel à long terme afin non seulement de préserver leur territoire,

mais également leur culture et leur mode de vie, incluant

notamment la pratique des activités culturelles et de subsistance.

Ainsi, l’aide est parfois difficile à offrir en raison de l’immensité

du territoire et de la dispersion des 14 communautés sur celuici.

Comme les déplacements ne peuvent se faire que par avion,

l’accessibilité est parfois limitée par les aléas du climat de

l’Arctique, où alternent la brume épaisse d’été et le blizzard

d’hiver. Il m’arrive souvent, par exemple, de ne pas pouvoir me

rendre au village qui était prévu, l’avion devant continuer vers

un autre où la météo, plus clémente, permettra l’atterrissage.

De plus, même une fois sur place, il n’est pas dit qu’il sera possible

de rencontrer les personnes à l’heure ou même lors de la

journée prévue, puisque les activités traditionnelles, en particulier

la chasse et la pêche, sont prioritaires dans le quotidien

des Inuits. Il faut donc s’adapter à celles-ci, et non le contraire.

PLANS D'AMÉNAGEMENT

Avec une forte croissance de la population et de

l’exploitation des ressources minières, la révision des plans

d’aménagement est impérative afin de contrôler le développement

et de protéger les espaces naturels.

À l’échelle régionale, le Plan directeur d’aménagement des

terres de la région kativik, adopté en 1998, constitue le document

de base servant à gérer l'ensemble des activités économiques

sur le territoire et renforcer les lien sentre celles-ci et

les communautés inuites, toujours dans une perspective de

préservation de l’identité inuite.

Les grandes orientations du Plan sont la pratique des activités

de subsistance, la protection de l’environnement et de la faune,

la gestion des ressources et la préservation du patrimoine. Les

grandes affectations du territoire comprennent quant à elles

les aires protégées, les aires d’intérêts, les aires essentielles de

subsistance et les aires d’affectation urbaine, entre autres.

Le Plan directeur entame actuellement un processus de révision,

ce qui constitue un vaste chantier d’aménagement en raison de

la taille du territoire, de la diversité des enjeux et de la quantité

et complexité des intérêts des différents acteurs impliqués.

En ce qui a trait à l’échelon municipal, la plupart des plans

d’aménagement des 14 Villages nordiques ont été produits

au début des années 1980. Compte tenu de la dispersion des

villages et de la nécessité de voir ces plans refléter les intérêts

et volontés particulières de chacune des communautés, il est

difficile pour le service de l’aménagement de l’Administration

régionale kativik (ARK) d’offrir de l’assistance soutenue dans le

domaine de l’aménagement. La centralisation (à Kuujjuaq) des

compétences en aménagement pose à ce titre un défi à tous les

échelons, puisque la complexité des déplacements et même parfois

des communications implique malheureusement souvent une

aide, formation ou transmission d’informations incomplète ou

trop ponctuelle, par exemple par le biais de visites éclairs dans

les villages. Cela engendre parfois une mauvaise compréhension

par les communautés de la valeur et du fonctionnement de

ces outils de planification, à tel point que plusieurs d’entre elles

remettent parfois en question l’utilité de ces plans, ou peinent à

les employer à bon escient.

De plus, les changements climatiques, un enjeu encore

essentiellement abstrait pour les résidants du sud du Canada,

constituent une menace concrète et imminente pour le Nunavik,

avec des impacts mesurables tels que la fonte du pergélisol,

les inondations et l’érosion accélérée des berges. Les hausses

de température ont ainsi eu d’importantes répercussions

sur le développement des communautés et sur leurs plans

d’aménagements. →

RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE

39


Depuis 2015, le Service de l’aménagement a entamé le renouvellement

des plans d’aménagement des 14 Villages nordiques

ainsi que, dans un second temps, la mise sur pied et la diffusion

d’une formation destinée aux autorités municipales afin

de les aider à s’approprier l’outil et à l’utiliser pour prendre

en main la gestion de leur territoire selon les balises et objectifs

qu’ils auront fixés. Le renouvellement des plans constitue

l’un des plus importants mandats d’aménagement pour l’ARK

au cours des prochaines années, étant donné la complexité des

enjeux qui devront être considérés, allant des changements

climatiques à la forte croissance démographique et en passant

par les besoins en habitation, en services publics et en infrastructures

municipales.

L’IMPORTANCE DE LA CONSULTATION

Depuis la fin des années 1970, les Inuits traversent une phase de

profonde transformation culturelle qui affecte autant le paysage

de leur territoire que leur connaissance de celui-ci ; le processus

participatif est essentiel et continuera de l’être afin qu’ils puissent

bien appréhender ce changement.

Lors des consultations publiques, et bien que plusieurs

Inuits parlent couramment anglais, le recours à un traducteur

simultané est essentiel afin de faciliter la communication. Une

traduction intégrale est cependant très difficile, puisque le

vocabulaire qui entoure la planification urbaine est presque

inexistant dans le langage inuktitut.

40


Si un tel exercice n’est pas simple pour les communautés, il ne

l’est pas plus pour l’aménagiste étrangère qui, parlant une autre

langue, issue d’une autre culture et fonctionnant dans un

système de pensée différent, ne peut qu’avoir une notion pour le

moins imparfaite de la vision du territoire et du paysage qu’en

ont les Inuits. Le sens de l’observation, l’attention et la sensibilité

aux tons et expressions sont alors cruciaux lors des échanges.

L’aménagiste doit, dans ce processus, jouer un rôle de facilitateur.

Et malgré la barrière linguistique, seules la consultation et

la participation publiques permettront d’assurer aux Inuits une

continuité entre tradition et modernité dans la gestion de leur

vaste territoire.

Titulaire d’un baccalauréat de l’Université de Montréal en architecture

de paysage, Marie-Pierre McDonald s’est démarquée en remportant

le prix d’excellence étudiant 2012 de l’AAPQ pour le projet « Wanaki,

terre de leurs enfants » portant sur la relocalisation de la communauté

de Kitcisakik.

Son intérêt pour le design urbain l’a menée à poursuivre une maîtrise

en architecture et design urbain, profil logement abordable

à l’Université McGill.

Marie-Pierre travaille maintenant au Nunavik pour l’Administration

régionale Kativik en tant qu’aménagiste, où elle est responsable de

la refonte des plans d'aménagement pour les

14 villages nordiques.


Photos : Marie-Pierre McDonald


SOURCES

COLLIGNON, Béatrice, Les Inuit : ce qu’ils savent du territoire, 1996,

L’Harmattan, Paris.

HUGHES, Thomas, Régime municipal nordique. Affaires municipales, 2010,

Régions et occupation du territoire, Québec.

41


UN TROP BEAU PETIT VILLAGE

Le petit géranium

PAR PATRICIA LEFEBVRE

I

l était une fois, dans un très (trop ?) beau petit village

près de chez vous, une école souvent menacée de fermeture,

faute d’enfants. Arrive un petit groupe de jeunes

familles qui décide d’y acheter une grande terre, à cheval sur

les zones verte et blanche, pour y pratiquer la permaculture,

y construire des (petites) maisons et y élever leurs enfants. La

terre est déjà lotie, les jeunes familles entament le processus

de demande de permis… et tout semble aller pour le mieux

jusqu'à ce qu’elles se butent tout à coup au refus obstiné de

la municipalité de leur délivrer les permis requis si elles ne

construisent pas les résidences de prestige (!) prévues par le

propriétaire antérieur. Un concept diamétralement opposé

à celui des jeunes promoteurs, et une commande tout à fait

impossible à remplir.

Sans être toujours aussi clairement absurde que ce cas

réel et brûlant d’actualité, ce genre de situation reflète un

problème rural fréquent d’accès à la terre et à l’habitation.

Alors que le projet de ces jeunes ruraux (et néo-ruraux)

satisfait très exactement aux louables objectifs d’occupation

du territoire agricole de la municipalité régionale de comté

(MRC) concernée, il est rejeté par la municipalité locale qui

n’y voit qu’une perte de revenus potentiels, assortie, peut-être,

d’une « indésirable » clientèle nuisible à la valeur foncière des

propriétés voisines.

Navrante illustration des conséquences de l’urbanisme fiscal

imposé aux villes et campagnes québécoises par leur

totale dépendance aux taxes foncières, ce blocage municipal

jette un éclairage cru sur le modèle de communauté qui

se dessine en filigrane du très (trop ?) bucolique paysage. Des

campagnes parsemées de résidences de prestige, aux pelouses

tondues de près, sans vaches ni abeilles, sans enfants ni écoles.

Ce cas ouvre la porte à une série de questions d’intérêt

général axées sur la notion de valeur : valeurs relatives de la

terre, du projet, des résidences de prestige, de l’agriculture,

de la municipalité, du conseil municipal, des urbanistes qui le

conseillent, des lois et règlements qui les encadrent, du taux

horaire des avocats éventuellement requis pour dénouer

le litige…

Par le biais de la valeur, il questionne également un

aspect central de la profession d’architecte-paysagiste : celui de

la mise en valeur, dans toutes les dimensions du terme, de plus

ou moins grandes unités de paysage, en relation dynamique

avec d’autres.

Dans des campagnes aussi bucoliques et recherchées que

celle du petit village en question, ce ne sont plus les produits

agricoles et forestiers qui donnent sa valeur à la terre, mais

les paysages découlant d’activités agricoles et forestières

pratiquées à échelle humaine depuis plusieurs générations.

Paradoxalement, le caractère champêtre de ces paysages a pour

effet de stimuler un développement résidentiel qui va évincer

les activités antérieures du décor.

Ce changement de vocation du territoire s’accompagne trop

souvent de la banalisation des paysages et de la dégradation

du tissu social des milieux ainsi « mis en valeur », sur fond de

spéculation foncière et d’accaparement des lieux par de nouveaux

arrivants plus fortunés. L’étalement et l’éparpillement

résidentiel qui en résulte s’accompagne aussi généralement

d’une explosion du coût des services publics (voirie,

collecte des matières résiduelles, services d’urgence…) et d’une

perte de services écosystémiques qui n’est jamais compensée,

contrairement à la croyance populaire, par l’augmentation

d’assiette fiscale découlant de ces changements d’usage 1 .

En clair, dans les milieux non urbanisés, faire pousser des

maisons plutôt que des forêts – ou des champs de blé - finit

toujours par coûter plus cher aux municipalités, à moyen et

long terme, que ça peut leur rapporter. Chez nos voisins du

sud, qui ne disposent pas de loi sur la protection du territoire

et des activités agricoles, plusieurs décennies d’études sur

les coûts des services collectifs découlant du développement

résidentiel en terres agro-forestières en ont fait depuis

longtemps l’éclatante démonstration 2 . Chez nous, on se

repose sur une loi régulièrement transgressée, et qui ne

protège par ailleurs que la zone agricole permanente, pour

faire l’économie de telles études, pendant que les maisons

continuent de pousser plus vite en plein champ (ou en plein

bois) qu’à l’intérieur des périmètres urbains - vision à court

terme oblige 3 …

Dans les milieux non

urbanisés, faire pousser des

maisons plutôt que des forêts

– ou des champs de blé – finit

toujours par coûter plus cher

aux municipalités, à moyen

et long terme, que ça peut

leur rapporter.

À force de patience et d’activisme citoyen, certaines communautés

peuvent arriver à limiter les dégâts en pratiquant des formes

de zonage et de lotissement propices à une densification ciblée

du territoire rural, densification assortie, dans le meilleur des

cas, de la conservation des milieux les plus sensibles sur le plan

écologique et paysager 4 . Mais faute de support légal – et fiscal –,

le design de conservation demeure extrêmement marginal.

De plus, il évite soigneusement de s’attaquer aux problèmes

centraux posés par la mono-fonctionnalité du zonage traditionnel,

et par l’inéquitable répartition des coûts et bénéfices

du développement.

42

PAYSAGES 2016


En conséquence, quelle que soit la qualité formelle des rares

projets résidentiels inspirés du design de conservation, on

demeure généralement bien loin de l’esprit visionnaire et de

l’engagement social des pères fondateurs de l’architecture du

paysage nord-américaine que sont Frederic Law Olmstead,

ou, plus près de nous, Ian McHarg. La médiocratie rampante

et généralisée récemment dénoncée par Alain Denault 5

semble être devenue le principe directeur d’une profession

oublieuse de ses racines, qui se satisfait de maquiller le visage

usé de territoires en pleine décomposition. Formés pour tisser

des ponts entre nature et culture à une époque qui en a si

cruellement besoin, nous nous tenons généralement bien loin

de toute intervention susceptible de remettre en question le

pillage systématique de ce qui reste d’écosystèmes fonctionnels,

ou la destruction organisée des communautés rurales.

Alors que nous nous devions d’être les gardiens du temple,

nous en sommes plus souvent devenus les marchands.

Évidemment, c’est plus payant…

On va construire une grande allée avec plein de statues et on

va l’appeler la grande allée avec plein de statues. Et puis ici, un

petit géranium. Et ça va être bien 6 .

Chercheuse, activiste, auteure et praticienne hors-champ née à Paris

en 1961, Patricia Lefèvre a passé la majeure partie de son enfance dans

un minuscule village des Pyrénées avant d’émigrer à Montréal, pour

finalement aboutir à Sutton, dans les Cantons-de-l’Est. Diplômée en

architecture de paysage de l’Université de Montréal, elle poursuit depuis

vingt ans une carrière atypique vouée à l’éco-aménagement participatif

des espaces collectifs. Du parc de voisinage au plan d'urbanisme, son but

a toujours été de rassembler des habitants de bonne volonté autour de

projets de mise en valeur respectueuse et responsable de leur habitat.

Elle est un des membres fondateurs du GRAPP et co-initiatrice de la

Banque de terres agricoles de Brome-Missisquoi. Elle est actuellement

directrice générale du Parc d'environnement naturel de Sutton.


NOTES

1. Patricia Lefèvre (2010), Habiter la campagne sans la détruire, GRAPP, Sutton.

2. Farmland Information Center (2007), Cost of Community Services Studies. Fact

Sheet, August 2007, [En ligne].

3. MAMOT (2015), Document de réflexion destiné au groupe de travail associatif sur

le développement durable des milieux de vie, Direction générale de l’urbanisme et

de l’aménagement du territoire, 18 juin 2015, Québec.

4. Patricia Lefèvre (2010), Habiter la campagne sans la détruire, GRAPP, Sutton.

5. Deneault, Alain (2015), La médiocratie, Montréal, Lux éditeur.

6. Goscinny, René, et Albert Uderzo, (1968), Astérix et Cléopâtre. Film d’animation,

Studio Belvision.

RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE

43


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LE FESTIVAL INTERNATIONAL DE JARDINS DES JARDINS DE MÉTIS :

UN LIEU D’EXPÉRIMENTATION UNIQUE AU QUÉBEC

PAR JÉRÔME LAFERRIÈRE

Depuis sa première édition à l’été 2000, le Festival international de jardins

des Jardins de Métis s’est rapidement taillé une place parmi les grands événements

du genre. Avec le Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire

(depuis 1992) et le Festival Internacional de Jardins de Ponte de Lima (depuis 2004),

il forme un club sélect couru par les plus grands noms du design mondial.

Mais le Festival s’inscrit aussi dans une tendance québécoise récente :

celle de réinterpréter l’espace à travers une intervention de design éphémère.

Sa principale contribution aura certainement été de participer à briser

le carcan dans lequel le jardin était autrefois confiné. Au-delà du traditionnel

aménagement de végétaux bordés de chemins, le jardin laisse désormais une place

à des interventions relevant de l’installation artistique et inclut de l’équipement

interactif ou même du design industriel. Revenons sur quelques jardins marquants

du célèbre événement gaspésien. →

© Louise Tanguay

RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE

45


© Louise Tanguay

Le jardin de bâtons bleus

Conception : Claude Cormier

LE JARDIN DE BÂTONS BLEUS

Le Jardin de bâtons bleus a été aménagé lors de la première

édition du Festival. Conçue par Claude Cormier Architectes

Paysagistes, un bureau montréalais alors peu connu,

l’installation a séduit le public et a remporté l’année suivante

un prix d’excellence de l’Association des architectes

paysagistes du Canada.

Son principe est d’une simplicité désarmante : 3195 bâtons de

bois sont peints en bleu sur trois côtés et plantés dans le gazon.

Par sa hauteur variable et la variation dans ses couleurs

(cinq teintes de bleu sont utilisées), la forêt de piquets évoque

une végétation dense tout en conservant un caractère artificiel,

voire étrange.

Ce n’est qu’en ayant traversé le jardin que le visiteur découvre,

en se retournant, que la quatrième face des bâtons est de

couleur orange vif, offrant ainsi une perspective entièrement

nouvelle sur l’ensemble. L’effet est à couper le souffle et frappe

l’imagination.

Au-delà de l’émotion, le projet adopte une approche sensible

qui s’inscrit dans l’histoire du lieu qui l’accueille. La couleur

des piquets évoque celle du pavot bleu de l’Himalaya, reconnu

comme particulièrement difficile à cultiver, mais poussant

néanmoins en grande quantité aux Jardins de Métis depuis

que sa fondatrice Elsie Reford en a commencé la culture au

début du XX e siècle.

Quant à la densité des piquets et à leur disposition en allées

orthogonales, elles font un clin d’œil aux bordures de vivaces

touffues des jardins anglais traditionnels, dont la célèbre

Allée royale des Jardins de Métis est un remarquable exemple.

Présent dès les débuts du Festival, le Jardin de bâtons bleus

imprime sa marque sur l’événement. Son aspect expérimental

et audacieux – sans oublier sa grande popularité ! –

invite les créateurs subséquents à profiter de la liberté qu’offre

le Festival pour tester certaines idées qu’il n’est pas possible

d’explorer dans le cadre de la pratique privée courante.

46

PAYSAGES 2016


© Louise Tanguay

© Marjelaine Sylvestre © Martin Bond

SE MOUILLER (LA BELLE ÉCHAPPÉE)

À l’avant-garde de l’architecture de paysage québécoise,

le Festival valorise de plus en plus le caractère participatif

et ludique des installations sélectionnées, aspect qui devient

prédominant et de plus en plus développé.

Présenté en 2015, Se mouiller (la belle échappée) est le premier

jardin aquatique présenté dans le cadre de l’événement. Conçu

par une petite équipe de Groupe A / Annexe U, une firme

d’architecture et de paysage de Québec, il a la charmante

particularité d'offrir des bottes d'eau aux visiteurs pour qu'ils

puissent voir l'installation de l'intérieur.

Dans un bassin d'eau de quelques centimètres de profondeur,

six cloisons faites de panneaux de polycarbonate forment deux

« C » emboîtés l'un dans l'autre. La pièce centrale ainsi créée

est isolée du reste des Jardins, et la lumière teintée d’orange

par les panneaux translucides accompagne les visiteurs dans

un décor peuplé d'étranges effets de réverbération.

Se mouiller (la belle échappée)

Conception : Jean-François Laroche, Rémi Morency, Érick Rivard

et Maxime Rousseau, de Groupe A / Annexe U, Québec

À une extrémité du bassin, des bottes d'eau aux couleurs vives

attendent les visiteurs. Rangées au sommet de tiges semi-rigides

qui ballottent lorsqu'on les frôle, elles forment un ensemble

poétique et coloré qui n'est pas sans évoquer la végétation

environnante. Différentes pointures sont disponibles et toute

la famille, enfants comme adultes, peut participer.

Avant l'ouverture, des plants d'une espèce de plante aquatique

invasive, la grenouillette, ont été placés dans l'espace cloisonné.

L'espoir était qu'elle finisse par l'envahir complètement, peutêtre

même qu'elle s'en échappe (d'où le titre du jardin), de

façon à illustrer le danger que représentent les espèces

invasives pour la flore locale. →

RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE

47


Bal à la villa

Conception : Annie Ypperciel et Robert Desjardins,

architectes paysagistes de Montréal

© Martin Bond

BAL À LA VILLA

Comme s'ils étaient conviés à une soirée mondaine, 150

saumons semblent remonter l'allée monumentale des Jardins

pour se rendre à la Villa Estevan. L'installation d’Annie

Ypperciel et de Robert Desjardins, architectes paysagistes,

utilise des effigies couvertes de ruban gris et de paillettes (c'est

un bal, après tout!) pour suggérer la migration des saumons,

véritables symboles de la rivière Mitis, voisine du domaine.

Cinq installations devaient être retenues pour l'édition 2014

du Festival, mais cette proposition aura à ce point séduit le

jury qu'on a créé pour elle une sixième place en l’installant

sur le parterre de la villa. Entièrement artificielles, les

effigies n'en parviennent pas moins à suggérer un mouvement

naturel. Leurs silhouettes abstraites permettent aux

visiteurs d'entrevoir d'autres animaux dans leur forme, voire

d'entièrement autres usages.

Bal à la villa a aussi le mérite d'être profondément ancré

dans l'histoire du lieu. C'est parce qu'ils aimaient pêcher

à proximité que le couple Reford a hérité en 1918 de ce

qui n'était alors qu'un simple camp de pêche. Elsie Reford

travaillera durant des décennies pour en faire l'œuvre de sa vie :

les Jardins de Métis. En combinant saumons et architecture

de paysage, l'installation rend hommage à l'amour d'Elsie pour

la pêche et le jardinage.

© Marjelaine Sylvestre

Ce jardin s’inscrit aussi dans le courant d’acupuncture de

paysage qui commence à émerger au Québec. De petites

interventions exigeant peu de ressources (en argent et en temps

autant qu’en personnel) sont de plus en plus utilisées pour

engendrer des changements importants dans la perception et

l’utilisation des espaces publics.

ÉLARGIR LE SENS DU JARDIN

Avec les années, le Festival international de jardins des

Jardins de Métis a vu se développer en son sein une culture

de design audacieuse et innovante, culture qui, par la nature

même de l’événement, est partagée avec le public et ainsi

largement diffusée. En plus de faire évoluer la pratique des

architectes paysagistes qui y ont participé, le Festival

contribue donc aussi à faire progresser la perception du

public sur ce qu’est un jardin de qualité.

Les centres urbains du Québec voient émerger depuis

quelques années une panoplie d’événements mettant en

scène des interventions de design éphémère. Les Passages

insolites et le SPOTqc ont lieu chaque été au centre-ville de

Québec, tandis que le Village au Pied-du-Courant et les

projets réalisés par Pépinière & co. animent le Grand

Montréal. Chacun de ces projets enthousiasmants doit une

petite part de son succès au travail précurseur réalisé au

Festival international de jardins des Jardins de Métis.

Jérôme Laferrière est l’éditeur et auteur principal du site Web

Architecture du Québec, dont la mission est de présenter et promouvoir

les créations québécoises dans le monde de l’architecture, du design

et de l’aménagement.

Natif de la région de Lanaudière, il détient un baccalauréat et une

maîtrise en architecture de l’Université Laval, ainsi qu’un baccalauréat

en communication de l’Université du Québec à Montréal.

Il travaille aussi comme designer urbain pour Atelier 1064, une jeune

firme montréalaise spécialisée en architecture et design intégré.

La 17 e édition du Festival international

de jardins des Jardins de Métis aura

lieu du 23 juin au 25 septembre 2016,

à Grand-Métis.

48 PAYSAGES 2016


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L’ÉCOTOURISME EN AMÉNAGEMENT

PAR JEAN-PHILIPPE GROU

N

é dans les années 1970 afin de contrer les

méfaits du tourisme de masse, notamment au niveau

social et environnemental, l’écotourisme s’inscrit

aujourd’hui dans le cadre du tourisme alternatif. Il s’agit donc

d’une façon de repenser l’offre touristique afin de l’ancrer

dans une vision de développement durable. Pour l’instant,

il n’est pas régi par une chartre officielle mondiale et donc le

terme peut être, malheureusement, utilisé à toutes les sauces 1 .

Cependant, plusieurs pays, régions et villes y adhèrent et

développent leurs propres orientations écotouristiques. De

ce fait, les chartes sont uniques et adaptées aux besoins et

réalités de chacun, mais ont comme dénominateur commun de

minimiser les impacts négatifs sur l’environnement, de créer

des revenus pour le développement local et la conservation,

et d’encourager la mise en valeur de l’environnement, de la

culture et du patrimoine local.

L’écotourisme reconnaît aussi le besoin d’aménager, en minimisant

les impacts négatifs, des sites que l’on souhaite conserver.

Cela est encouragé notamment par le fait que des

espaces sans présence humaine permanente sont souvent

le lieu d’activités néfastes. La déforestation, la dégradation

des sites par l’usure humaine ou le braconnage en sont

des exemples.

Chumbe Island © Monollo Yllera

De ce fait, l’écotourisme a développé son propre modèle

d’hébergement : l’écolodge. De plus en plus populaire

auprès des touristes et des promoteurs 2 , les écolodges sont

des installations d’hébergement de taille modeste (de 10 à 50

lits) habituellement situées près de zones de conservations

auxquelles elles participent financièrement, gérées localement

et construites selon des méthodes et façons de faire locales, qui

minimisent, grâce à un design bien pensé, les impacts négatifs

que leur construction pourrait avoir sur l’environnement.

De plus, les écolodges misent aussi sur la création de

partenariats locaux (guides, fermiers, artisans, etc.) afin

de subvenir aux besoins de l’hébergement et d’offrir des

activités complémentaires.

Chumbe Island © Sybille Riedmiller

Il existe de nombreux exemples d'écolodges dignes de mention

à travers le monde et ils ne cessent de se multiplier. Citons,

à titre d'exemple, l'écolodge de Chumbe Island, situé en Tanzanie

et créé en 1998, qui participe à la gestion, la protection et à

la sensibilisation auprès des touristes de la première zone de

protection marine du pays 3 . L’écolodge a aussi mis sur pied,

en partenariat avec les écoles locales, un programme d’éducation

pour sensibiliser les élèves locaux aux bienfaits de ce trésor

national. Le site est aussi réputé pour employer autant de femmes

que d’hommes dans un pays qui n’est pas reconnu pour l’égalité

des sexes. Pour ce qui est de minimiser l’impact sur l’environnement,

les pavillons conçus par un consortium d’architectes

(les professeurs Per Krusche, George Fiebig et Jan Hulsemann) 4

incorporent plusieurs technologies vertes dont l’énergie solaire,

la phytotechnologie pour traiter les eaux grises, et l’accumulation

et la filtration des eaux de pluie pour l’eau potable.

50

PAYSAGES 2016


En Chine, Crosswaters Ecolodge, situé dans la province du

Guangdong, dont le plan directeur a été réalisé par la firme

américaine EDSA et a reçu une mention d’honneur en 2010 de

l’ASLA (American Society of Landscape Architects) 5 , a été aménagé

selon les principes du feng shui ainsi que selon des critères

de protection des bandes riveraines et d'études de terrain. Cet

écolodge, le premier site écotouristique de la Chine 6 , est composé

d'une cinquantaine de pavillons et le matériau principal

retenu pour leur construction a été le bambou puisqu'il se

trouve en abondance et est facilement renouvelable en Chine et

qu’il est reconnu pour sa grande résistance. 7

Dans un esprit de réutilisation des matériaux, toutes les tuiles

recouvrant les toits proviennent d’un village abandonné de la

région et un chemin de fer démoli a fourni le bois nécessaire

afin de créer un sentier central.

Mentionnons enfin le Cree Village Ecolodge, situé au sud de la

baie James, en Ontario, et qui est le premier site d’hébergement

géré par une communauté autochtone en Amérique du Nord.

Le but des concepteurs de ce site était de créer un bâtiment ayant

un très faible impact sur l’environnement et de partager les

retombées économiques avec les membres de la communauté

crie locale 8 . Dans cette région subarctique, l'architecte

Clive Levitt s'est inspiré d’un modèle de tipi traditionnel pour

concevoir cet édifice. Il s'est aussi assuré qu’il soit orienté de

manière à ce qu'il bénéficie au maximum de l’ensoleillement

durant l’hiver et qu'il en soit protégé le plus possible au cours

de l'été. Il a aussi vu à ce que l'édifice profite d’une aération passive

efficace en alignant les fenêtres avec les principaux corridors

de vent. Ici, tous les matériaux de construction choisis

sont d'origine naturelle et locale – autant en ce qui a trait aux

matériaux de construction qu’aux meubles et aux éléments de

décoration comme les rideaux et la peinture, on ne retrouve

presque aucun matériau synthétique. →

Crosswaters Ecolodge © Hitesh Metha

Crosswaters Ecolodge © ESDA et Hitesh Metha

Cree village ecolodge

RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE

51


Norway Tourist Routes © Ken Schluchtmann

En plus de l’hébergement construit, l’aménagement en

écotourisme s’applique aussi à la mise en valeur des paysages.

Dans cette optique, il est intéressant de mentionner la créativité

et l’élégance des belvédères ponctuant les 18 trajets des

Norway tourist routes 9 . La Norvège, dont l’une des orientations

mentionnées par le Norway ecotourism certification

préconise l’importance d’une architecture distinctive et adaptée

autant par sa localisation que par son choix de matériaux 10 , a mis

sur pied des concours afin de créer des belvédères « à couper

le souffle »… presque autant que le paysage ! Conçus par

des conglomérats d’architectes, designers et architectes

paysagistes norvégiens – autant des firmes établies que celles

de la relève –, ces aménagements permettent de contrôler la

dispersion des foules et de freiner la dégradation des sites en

plus d’attirer les touristes vers des régions rurales du pays.

En somme, l’écotourisme est un ensemble d’orientations

qui participent à la transformation, mais surtout à la bonification

du tourisme traditionnel. L’écotourisme a cependant

ses contraintes.

La volonté politique et les accords de partenariats alourdissent

parfois les processus et doivent faire l’objet de suivis

afin de perdurer dans le temps. De plus, ce sont des modèles

plus modestes qui ne participent pas autant aux développements

d’infrastructures locales ou régionales, comme le ferait

la construction d’un grand « resort» de calibre international

qui pourrait, entre autres, participer au développement des

routes d’accès et à l’acheminement de l’électricité et de l’eau.

En somme, l’écotourisme est est une alternative qui devrait

être demandée par les voyageurs et offerte par les promoteurs

et designers tels les architectes paysagistes.

Norway Tourist Routes © Inge Dahlman

52

PAYSAGES 2016


SANS CESSE AUTREMENT

Parfois il faut sortir des sentiers battus et c’est justement ce choix qui a

poussé Jean-Philippe Grou à s’intéresser au domaine de l’écotourisme.

Architecte paysagiste de formation et grand amateur d’activités de plein

air, de voyage et d'aventure, Jean-Philippe est animé par le désir de concevoir

des aménagements qui procurent un sentiment d’évasion. Le défi

est donc d’harmoniser les besoins en aménagement sans compromettre

le cachet sauvage d’un site. Il a donc créé l’entreprise Apex écotourisme

et travaille depuis 2013 dans cette optique.


NOTES

1. Martha Honey, Ecotourism and sustainable development: Who owns paradise?,

Island Press, 1999, 405 p.

2. https://www.ecotourism.org/news/case-responsible-travel-trendsstatistics-2015-0

3. http://www.chumbeisland.com/

4. http://mcatoolkit.org/pdf/PMCA_Workshop/Chumbe_Island_Coral_

Park_Poster.pdf

5. https://www.asla.org/2010awards/370.html

6. http://h-m-design.com/eco-architecture-crosswaters-ecolodge

7. http://www.edsaplan.com/en/node/651

8. http://www.creevillage.com/

9. http://www.nasjonaleturistveger.no/en/routes

10. http://www.ecotourismnorway.no/activities

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ÉDUQUER AU PAYSAGE, UN LEVIER D’IMPLICATION

CITOYENNE DANS LES PÉRIPHÉRIES URBAINES

PAR CHRISTINE VERGNOLLE-MAINAR

LE TERRITOIRE

acquiert de l’importance en éducation

à l’environnement et/ou au développement durable

(Barthes et Champollion, 2011-2012). Les actions éducatives

prennent en effet désormais davantage appui sur le vécu des

habitants (jeunes ou adultes), ce qui en retour leur permet une

meilleure compréhension de leur lieu de vie et est susceptible de

favoriser une attitude d’implication pour son devenir.

LE TERRITOIRE

est une réalité objectivable mais il est aussi diversement perçu

par les acteurs. Dans la construction d’une représentation du

territoire par chacun, le paysage joue un rôle important. Il est

la face visible d’un système spatial complexe et un marqueur

d’une plus ou moins grande qualité du cadre de vie. Par cette

dimension qualitative, il participe de la construction d’un lien

entre l’habitant et son territoire. Dans cette perspective, il est un

levier mobilisé dans les opérations d’aménagement urbain,

de longue date dans les espaces centraux et historiques et,

plus récemment, dans les périphéries.


Cugnaux (Haute-Garonne, France)

54

PAYSAGES 2016


PÉRIPHÉRIES URBAINES : L’ENJEU DU LIEN

DES HABITANTS À LEUR TERRITOIRE

Les périphéries urbaines se caractérisent par une hétérogénéité

peu propice à la construction d’une identité territoriale.

Résultant d’un processus d’expansion spatiale plus ou moins

ancien et marqué, elles comportent une diversité à la fois

sociale et paysagère : sociale, par la variété des catégories

socioprofessionnelles, par des habitants y résidant depuis plus

ou moins longtemps, et in fine par des pratiques et attentes

diversifiées ; paysagère, par la coexistence d’éléments renvoyant

à différentes étapes d’évolution, habitats concentrés ou dispersés,

villages, parcelles agricoles, zones d’activités industrielles, commerciales,

de loisirs, infrastructures de transport, espaces peu mis

en valeur…

En territoire périurbain, les modes de vie s’appuient sur cette

diversité spatiale par une forte mobilité. Mobilités de travail et

de vie familiale conduisent les habitants à fréquenter plusieurs

lieux, ce qui influence leur ancrage dans le territoire et participe

de l’émergence d’une « nouvelle forme urbaine » (Dubois-Taine,

2007 ; Cailly, 2008 ; Berger et al., 2014).

Les acteurs de l’aménagement y contribuent aussi lorsqu’ils

travaillent à différencier ces territoires de la ville-centre et des

autres périphéries, par les dimensions économique, culturelle,

sportive… et paysagère.

Dessin d’imagination d’un aménagement paysager sur un rond-point

(élève de Didier Michineau).

Les ronds-points d’entrée de ville, visant à construire une

image de celle-ci, sont des supports pertinents. Ainsi, à Cugnaux

(Haute-Garonne, en France), une évocation de vignoble est installée

alors que la vigne est très peu présente dans le paysage

local. L’aménagement évoque l’ancienne ceinture viticole de

Toulouse à laquelle la commune appartenait.

Son décryptage peut permettre aux enfants, notamment ceux

dont les parents sont de nouveaux résidants, d’entrer dans

l’histoire de leur commune et de comprendre dans quelle mesure

la mémoire de ce passé agricole révolu intervient encore dans

la construction d’une spécificité pour cette petite ville en cours

d’intégration dans la métropole toulousaine. Loin du seul rôle

de faciliter la circulation, cet aménagement acquiert ainsi de

nouvelles fonctions dans le territoire.

Les aménagements paysagers sont en effet un levier pour

construire, affirmer, réhabiliter l’identité d’un territoire. Le

sens qu’ont voulu leur donner les commanditaires politiques et

les concepteurs de l’aménagement n’est cependant pas toujours

directement accessible aux habitants, notamment les jeunes.

Travailler la compréhension des paysages de son lieu de vie,

le paysage au sens classique (ce qui est vu) comme les créations

paysagères ponctuelles et chargées de symbolique, permet pourtant

de mieux se situer dans son territoire.

D’activités avec des élèves français (Vergnolle Mainar et al.,

2011-2012, 2014 ; Julien et al., 2014), il ressort deux pistes de

travail pour que les enfants se projettent mieux dans leur

territoire en tant qu’acteurs.

DONNER DU SENS À SON TERRITOIRE PAR UN

DÉCRYPTAGE DES AMÉNAGEMENTS PAYSAGER

En éducation, les paysages panoramiques remarquables sont très

valorisés, du fait de leur esthétique et parce qu’ils permettent

de comprendre l’organisation spatiale d’un territoire. Ils ne

sont cependant pas autant appropriés pour travailler la relation

de l’habitant à son territoire que les paysages ordinaires

du quotidien.

Les aménagements paysagers qui marquent symboliquement

un territoire pour forger son image sont des supports éducatifs

intéressants, permettant de travailler les intentions sous-jacentes

aux choix de gestion. Ce décryptage peut contribuer à développer

un lien habitant-territoire, une territorialité.

Par ailleurs, ces constructions paysagères peuvent aussi être le

support d’une discussion sur leur réception par les habitants et

usagers du lieu. La diversité des points de vue sur un territoire

partagé peut alors être abordée.

Christine Vergnolle Mainar est professeur des universités en géographie

à l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Éducation (ESPE) Toulouse

Midi-Pyrénées de l’Université Toulouse Jean-Jaurès (France).

Ses activités de recherche, au sein du laboratoire GEODE UMR 5602

CNRS – Université Toulouse Jean-Jaurès, portent sur l’éducation à

l’environnement, le développement durable (notamment sur le paysage

et la projection des acteurs vers le futur de leur territoire) ainsi que

sur la didactique de la géographie (considérée dans une perspective

d’interdisciplinarité). En tant qu’enseignante, elle forme à l’enseignement

de la géographie les professeurs des écoles, de collège, de lycée.


NOTES

1. Barthes, A., et P. Champollion, (2011-2012), Éducation au développement

durable et territoires : évolution des problématiques, modifications des logiques

éducatives et spécificités des contextes ruraux. Éducation relative

à l’environnement : Regards – Recherches – Réflexions, 10.

2. Dubois-Taine, G. (dir.), (2007), La ville émergente, résultats de recherche, Paris :

CERTU et PUCA ; Cailly L. (2008). Existe-t-il un mode d’habiter spécifiquement

périurbain ? EspacesTemps. http://www.espacestemps.net/document5093.html ;

Berger, M., C. Aragau, et, L. Rougé, 2014, Vers une maturité des territoires

périurbains ? Développement des mobilités de proximité et renforcement de

l’ancrage dans l’Ouest francilien, EchoGéo, 27 https://echogeo.revues.org/13683

3. Vergnolle Mainar, C., A. Calvet, L. Eychenne, , N. Marqué, D. Michineau, A. Thouzet,

(2011-2012), Regards disciplinaires croisés sur les paysages ordinaires de

proximité : un enjeu pour enrichir le lien des élèves au territoire où ils habitent,

Éducation relative à l’environnement, 10 http://www.revue-ere.uqam.ca/categories/volumes/volume10.html

; Vergnolle Mainar, C., A. Calvet, D. Michineau, (2014),

Le paysage en collège : entre construction de l’espace et symbolique des territoires,

M@ppemonde, 113. http://mappemonde.mgm.fr/num41/articles/art14102.html ;

Julien, M.-P., R. Chalmeau, C. Vergnolle Mainar, J.-Y. Léna, A. Calvet (2014),

Concevoir le futur d’un territoire dans une perspective d’éducation au développement

durable, Vertigo, 14-1. http://vertigo.revues.org/14690

RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE

55


DES MÉTHODES POUR LA CONNAISSANCE ET LA

CONCERTATION AUTOUR DES GRANDS PAYSAGES

PAR JULIE RUIZ ET GÉRALD DOMON

Ces différentes démarches ont permis l’élaboration de

nombreuses méthodes qui permettent de caractériser les

paysages pour ensuite identifier les enjeux qui les traversent.

L’analyse de ce corpus a permis de dégager les caractéristiques

du projet de grands paysages ainsi que de recenser différentes

méthodes d’analyse complémentaires. L’expérimentation de ces

démarches sur les paysages de la MRC des Maskoutains a aussi

conduit à proposer des formes d’adaptation de ces méthodes au

contexte québécois 2 .

LE PROJET DE GRANDS PAYSAGES, UN PROJET

POUR TOUS LES TYPES DE PAYSAGES

Ainsi, le projet de grands paysages est avant tout une démarche

mise en œuvre par une diversité d’acteurs pour enclencher

un processus de transformation spatiale portée par une vision

d’avenir partagée. Cette démarche mise sur l’évaluation, par les

acteurs du milieu, des pressions qui pèsent sur les paysages.

Elle se distingue donc de la conception d’une intervention physico-spatiale

concrète sur le paysage réalisée par des experts à la

suite d’une commande, le plus souvent publique.

D

epuis le début des années 2000, le nombre de

régions et de MRC du Québec qui travaillent explicitement

à la mise en valeur et à la gestion de leur paysage

est en augmentation constante. Ces initiatives régionales font

entrer le paysage dans une démarche politique où la concertation

des acteurs du milieu devient un préalable incontournable

à l’action.

Or la concertation appelle le développement d’une connaissance

et d’une compréhension partagées des paysages qui

permettront de construire un projet collectif, et de dépasser

les a priori que chacun peut entretenir à leurs égards. C’est

dans la perspective d’accompagner ces démarches de connaissance

et de concertation autour des grands paysages

que l’ouvrage Paysages ruraux, méthodes d’état des lieux et de

diagnostic 1 a été conçu.

S’INSPIRER DES EXPÉRIENCES ÉTRANGÈRES

Les démarches de connaissance, de compréhension et

d’identification des enjeux des grands paysages sont très

présentes en Europe. En vertu de l’article 6 de la Convention

européenne du paysage, chaque pays doit effectivement identifier

les paysages de son territoire, analyser leurs caractéristiques,

leurs dynamiques et les pressions qui les modifient, de même que

suivre leurs transformations. Si l’Angleterre ou la France s’étaient

engagées très tôt dans ce type de démarche, on en retrouve

aujourd’hui en Catalogne, en Wallonie, mais aussi en Slovaquie,

en Lettonie, etc. Du côté des États-Unis et de l’Australie, ce sont

davantage les procédures d’évaluation des qualités visuelles des

paysages qui ont été plus systématiquement institutionnalisées ;

une situation semblable à celle du Québec.

Dans de telles démarches, certaines dimensions sont tout d’abord

analysées. Aussi, la caractérisation de l’organisation spatiale

des composantes matérielles des paysages en constitue-t-elle

presque toujours la base (ex. : organisation des établissements

humains, du parcellaire agricole, du bâti, forme du réseau

hydrographique, etc.).

Si elle repose sur la délimitation d’unités de paysage au sein desquelles

un ou des experts en paysage, en géographie, en culture,

etc. chercheront à identifier des caractères représentatifs et

distincts, les populations peuvent aussi être interpellées par

ces inventaires.

Par ailleurs, reconnaissant que l’action sur les grands paysages

nécessite d’impliquer une diversité d’acteurs aux regards complémentaires,

ces démarches cherchent de plus en plus activement

à mettre à jour les représentations que les élus, les intervenants,

les agriculteurs, les forestiers, etc. se font des paysages. Sur ce

plan, force est de constater que les outils développés à travers le

monde rivalisent d’originalité : analyse des photographies du site

Panoramio (site Web de partage de photographies géopositionnées),

création d’un outil de partage en ligne des paysages valorisés

par les populations, séances de cartographie participative pour

partager les paysages valorisés ou dévalorisés d’un territoire, etc.

Enfin, si toutes les connaissances précédentes concernent les

paysages d’aujourd’hui, ce sont aussi les dynamiques passées que

ces démarches analysent pour révéler les pressions qui pèsent

sur eux. L’analyse des transformations au cours des 10 ou 20

dernières années s’avère alors un exercice incontournable. La

rencontre de divers spécialistes et professionnels qui travaillent

sur le territoire (aménagistes, agents culturels, etc.) avec d’autres

qui lui sont extérieurs, comme des architectes paysagistes, est

alors un moyen privilégié pour sensibiliser les intervenants du

milieu aux enjeux actuels.

56

PAYSAGES 2016


L’identification des valorisations paysagères des jeunes peut permettre de déceler

des enjeux d’attachement au territoire. Ici, les jeunes d’une municipalité de la MRC

des Maskoutains ont réalisé un collage de photographies montrant que ce

qu’ils apprécient est de quitter leur territoire par l’autoroute pour leurs

activités récréatives.

L’organisation des établissements humains,

du parcellaire agricole, des boisés, le relief et

la forme du réseau hydrographique permettent

de cerner quelques caractères des paysages sur

l’ensemble de la MRC des Maskoutains.

Réalisation : L.-P. Rouselle-Brosseau.

Une fois l’ensemble de cette connaissance colligé, les acteurs du

milieu devront avoir le temps de se l’approprier. Ils pourront

enfin identifier les enjeux de paysages, c’est-à-dire décider sur

quoi et pourquoi agir. Là encore, différents outils de travail ont

été développés et pourront être employés, de l’analyse forcefaiblesse-opportunités-menaces

à l’identification des enjeux à

partir de blocs-diagrammes.

DES EXPERTISES EN PAYSAGE

QUI SE DIVERSIFIENT

Si pour de nombreux pays européens, le cadre légal oblige

la prise en compte des enjeux de paysage dans les différents

documents d’urbanisme, tel n’est pas le cas du cadre légal

québécois. Dans ce contexte, il importe que ces démarches de

grands paysages reposent sur un travail de concertation et sur

une collaboration active des intervenants du milieu, qu’ils soient

spécialistes en paysage, en aménagement, en développement

culturel, etc.

Si ces démarches semblent s’éloigner des pratiques auxquelles

les architectes paysagistes sont davantage familiers,

soit les interventions physico-spatiales à échelle plus fine,

elles sont aussi porteuses d’opportunités nouvelles pour la

profession. À travers le projet de grands paysages, c’est

un nouveau rôle, celui d’expert-médiateur en paysage, qui

se dessine à côté de l’expert-concepteur. Former des experts

aptes à occuper pleinement l’un et l’autre rôle puis à s’alimenter

et s’enrichir mutuellement pourrait bien être un des défis

immédiats pour la profession. La présence de ces deux

spécialités, foncièrement complémentaires, est aujourd’hui

incontournable pour assurer la prise en compte des dimensions

qualitatives des territoires à toutes les échelles de l’aménagement

des territoires.

Julie Ruiz est professeure agrégée et titulaire de la chaire de recherche

en écologie du paysage et aménagement de l’Université du Québec

à Trois-Rivières.

Gérald Domon est professeur titulaire et directeur scientifique associé

à la chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal.


NOTES

1. Domon, G., et J. Ruiz, Paysages ruraux, méthodes d’état des lieux et de

diagnostic, Montréal, Presses de l’université de Montréal, 2015.

2. Ruiz, J., G. Domon, C. Jambon, C. Paquin et L.-P. Rousselle-Brosseau (2012),

Connaître et comprendre les paysages d’aujourd’hui pour penser ceux de demain.

Le diagnostic paysager de la MRC des Maskoutains (2 e édition), Chaire en paysage

et environnement de l’Université de Montréal et Université du Québec à

Trois-Rivières, 70 p. En ligne : http://www.mrcmaskoutains.qc.ca

RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE

57


PROMOUVOIR UN MODE DE VIE

PHYSIQUEMENT ACTIF AU SEIN DE

MUNICIPALITÉS DE TOUTES TAILLES

Le rôle clé de l’architecte paysagiste

Les architectes paysagistes sont souvent appelés à collaborer à

des projets d’aménagement de parcs placés sous la responsabilité

des municipalités. À ce titre, ces experts des espaces extérieurs

peuvent, en proposant un environnement attrayant, sécuritaire

et durable, propice à la pratique d’activités physiques, avoir un

impact déterminant sur la santé des gens, et particulièrement sur celle

des jeunes.

© Istockphoto

PAR LUCIE LAPIERRE ET SYLVIE BERNIER

LES BIENFAITS DU JEU LIBRE À L’EXTÉRIEUR

Depuis plusieurs décennies, on constate que les enfants

consacrent de moins en moins de temps aux jeux libres à

l’extérieur. Plusieurs facteurs sont en cause, notamment la

perception que les parents se font de leur environnement immédiat

au chapitre de la sécurité. On peut aussi citer le fait

que les jeunes d’aujourd’hui participent à un nombre grandissant

d’activités organisées. Or, sans remettre en question ces

études 1 , d'autres ont démontré que les enfants dépensent encore

plus d’énergie par minute en situation de jeu libre que,

par exemple, dans un cours d’éducation physique.

Par ailleurs, d’autres études ont permis de constater que le jeu

libre favorise le développement des compétences sociales, la

gestion du risque, la créativité et la résilience des enfants. Ces

avantages sont d’ailleurs reconnus par la Norvège dont une politique

2 fait du « jeu actif et risqué » un élément essentiel du développement

des enfants dès la garderie. Au Canada, l’organisme

ParticipACTION lançait le même message dans son bulletin

annuel de 2015 3 : « Garder les enfants à l’intérieur : un plus

grand risque ! »

DES ENVIRONNEMENTS FAVORABLES

À L’ACTIVITÉ PHYSIQUE

En matière d’architecture du paysage, l’importance d’intervenir

afin d’encourager la pratique d’activités physiques est déjà documentée

un peu partout à travers le monde. L’Université de Cincinnati

a même aménagé, dans le cadre d’un projet de recherche 4 ,

des aires de jeu libre qui comprenaient une maison dans les arbres,

une source d’eau permettant aux enfants de boire et de

jouer, un jardin sensoriel où les tout-petits ont le loisir de planter

des fleurs ou des légumes, ainsi que des structures de bois pour

grimper, se cacher ou observer le paysage. Les chercheurs ont

pu observer, tout comme ceux de nombreux pays (Suède, Australie,

Allemagne) où de telles aires de jeux ont été implantées,

qu’elles attisent la curiosité des enfants. Ils ont en outre constaté

que cette proximité avec la nature les stimulait davantage que

les modules de jeux urbains traditionnels.

En Australie, le projet Space for Active Play a même mis à

contribution sa clientèle cible dans l’élaboration des stratégies

d’aménagement d’aires de jeux. Les architectes paysagistes ont

donc consulté des enfants de 8 à 12 ans pour les placer au cœur

du processus de création. Il est ressorti de ces consultations que

les enfants veulent bouger, explorer la nature et exprimer leur

créativité. À la suite de cette constatation, quatre aires de jeu déjà

existantes ont été réaménagées dans la région de Melbourne, ce

qui a mené à une hausse substantielle de leur fréquentation.

DES INVESTISSEMENTS PROFITABLES

ET ABORDABLES

Il est indéniable que ces aménagements plus ciblés

entraînent souvent des coûts supplémentaires qui peuvent

parfois faire reculer les élus. Cependant, à la lumière de

récentes études, il semble bien que le jeu en vaille la chandelle.

Dans un vaste rapport du programme national américain Active

Living Research, des scientifiques ont documenté les cobénéfices

5 engendrés par les environnements conçus pour être favorables

aux activités physiques, ce qui bien sûr inclut les parcs

et les aires de jeu. Et ces nombreux cobénéfices, précise le rapport,

profitent à la santé physique et mentale, au tissu social,

à la sécurité des citoyens et même à l’économie.

Plusieurs personnes seraient tentées de croire que seules les

grandes agglomérations peuvent se permettre de telles dépenses.

Pourtant, au Québec, on trouve plusieurs exemples de plans

d’aménagements favorables à la pratique d’activités physiques

et qui sont créés par des petites municipalités. Citons le cas de

Saint-Jacques-le-Mineur qui, placé devant l’obligation de réaménager

complètement les installations sportives d’un parc

déjà existant, a profité de l’occasion pour planifier la création de

deux nouveaux parcs 6 propices à la pratique d’une vaste gamme

d’activités récréatives.

58

PAYSAGES 2016


© Deschambault-Grondines

Parfois, il suffit juste d’une bonne dose d’astuce pour aménager

un parc à peu de frais. La municipalité de Deschambault-Grondines

offre, à ce chapitre, un bel exemple de réussite. En effet,

durant la dernière décennie, l’arrivée de plusieurs jeunes

familles a créé de nouveaux besoins auxquels la municipalité

se devait de répondre. Elle s’est appuyée sur l’expertise du Projet

Espaces 7 pour procéder à l’aménagement intelligent de ses

espaces verts. Et, afin de s’éviter l’achat de structures de jeux

manufacturées, la petite ville a plutôt misé sur des éléments naturels

déjà existants, tels que de grosses pierres sur lesquelles

les enfants peuvent grimper, ou une dense haie de cèdres dans

laquelle des tunnels ont été percés. →

© Istockphoto

© Deschambault-Grondines

RÉIMAGINER LES FRONTIÈRES DU PAYSAGE 59


UN APPEL À LA COLLABORATION

Plusieurs études, réalisées à travers le monde, le confirment :

l’aménagement de lieux attrayants et sécuritaires 8 représente

un excellent moyen d’encourager la pratique d’activité

physique. On devrait donc s’attendre à pouvoir tirer le même

genre de conclusion, ici au Québec.

Toutefois, en l’absence de données probantes obtenues à partir

de projets concrets réalisés dans des municipalités québécoises,

impossible d’en établir la preuve formelle. En effet, il n’est pas

rare que ces études aient été menées sous des latitudes plus clémentes,

ou auprès de communautés plus densément peuplées,

ou qui entretiennent des rapports à l’activité physique différents

des nôtres. C’est pourquoi les conclusions de ces études ne sont

pas toujours facilement transposables à la réalité québécoise.

En conséquence, les architectes paysagistes québécois auraient

tout intérêt à établir des liens avec les acteurs de la santé publique

et les chercheurs de la communauté scientifique afin de

documenter leurs interventions en matière d’aménagement des

espaces verts.

Lucie Lapierre, Ph. D, professeure associée, Faculté de l’aménagement —

Urbanisme et Architecture de paysage. Conseillère principale à la gestion

des connaissances chez Québec en Forme.

Conseillère chevronnée en promotion des saines habitudes de vie,

Lucie Lapierre a collaboré au développement des connaissances et

à la structuration des processus de transfert auprès d’organismes

spécialisés en promotion de la santé (Kino-Québec, Agence de santé

publique de Montréal, INSPQ, Québec en Forme).

Sa curiosité intellectuelle et son pragmatisme face au fardeau

économique de la sédentarité de la population québécoise l'a amenée

à travailler au Centers for Disease Control and Prevention d’Atlanta et,

ultimement, à l'obtention d’un doctorat en aménagement de l'Université

de Montréal.

Car pour convaincre les élus municipaux et la population

de faire ces petites dépenses supplémentaires, tout en prenant

parfois un peu plus de temps pour planifier autrement, il est

essentiel de leur fournir la preuve qu’elles feront une grande

différence, tant sur le plan de la santé publique que sur l’image

de marque de leur ville.

Mais il y a tout lieu d’être optimiste : devant l’accumulation des

études qui, à travers le monde, reconnaissent le bien-fondé de ces

interventions, il apparaît d’ores et déjà indubitable que les architectes

paysagistes ont, et auront de plus en plus, un rôle crucial à

jouer dans l’ensemble des municipalités du Québec.


NOTES

1. http://veilleaction.org/fr/la-veille/activite-physique/2827-jeu-actif-a-lexterieur-les-benefices-depassent-largement-les-risques.html

2. https://www.researchgate.net/publication/233440128_Restrictive_Safety_or_

Unsafe_Freedom_Norwegian_ECEC_Practitioners%27_Perceptions_and_Practices_Concerning_Children%27s_Risky_Play

3. http://veilleaction.org/fr/la-veille/activite-physique/2794-bulletin-del-activite-physique-chez-les-jeunes-canadiens-plaidoyer-pour-la-rehabilitationdu-jeu-actif-a-l-exterieur-cqps.html

4. http://veilleaction.org/fr/la-veille/amenagement-et-urbanisme/1942-lesparcs-avec-amenagement-naturel-sont-propices-au-jeu-libre-et-actif-desenfants.html

5. http://veilleaction.org/fr/la-veille/amenagement-et-urbanisme/2622-lesnombreux-effets-benefiques-des-environnements-favorables-a-activite-physique-rapport-active-living-research.html

6. http://www.nnb-architectes.ca/saint-jacques-le-mineur-etude-urbaine-etplan-d-amenagement-recreatif

7. http://projetespaces.com/accueil.asp

8. http://veilleaction.org/fr/la-veille/activite-physique/2879-promouvoir-lesactivites-physiques-grace-a-des-lieux-attrayants-et-securitaires.html

Sylvie Bernier a remporté la première médaille d'or du Canada en

plongeon au tremplin de 3 m lors des Jeux olympiques de 1984 à

Los Angeles et elle est toujours la seule à avoir réussi cet exploit.

Elle a aussi été la première Canadienne à être élue au Temple de la

renommée des sports aquatiques au niveau international.

Après sa carrière d'athlète, Sylvie a obtenu un baccalauréat en

administration des affaires et une maîtrise en gestion internationale

de la santé et, depuis 2012, elle agit, pour l’organisme Québec en Forme,

en tant qu’ « ambassadrice des saines habitudes de vie ». Son rôle consiste

à influencer les décideurs ainsi que les acteurs clés des communautés

sur leur pouvoir d’influencer les jeunes à adopter et maintenir de saines

habitudes de vie.

ANTI-VANDALISME

ANTI-ESCALADE

60

PAYSAGES 2016


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Une architecte paysagiste d’ici pose son regard sur une ville du monde

2015

Carnet de

voyage

ÉTATS-UNIS

SEATTLE

Seattle, la ville émeraude

Alors que plusieurs cités mythiques nous font rêver par la richesse

de leur patrimoine historique, Seattle suscite notre curiosité et aussi,

il faut bien le dire, notre envie, grâce à la cohérence de son développement

urbain. C’est une ville à l’échelle humaine, animée et calme à la fois. Le transport

en commun diversifié (bus, tram/bus, SLR, monorail) y est très efficace

et la marche y est tout aussi agréable.

PAR L'ARCHITECTE PAYSAGISTE LINDA FORTIN QUI A VISITÉ SEATTLE EN JUIN 2015

CARNET DE VOYAGE 63


3

Une arrivée

plus qu'agréable !

1

4

2

5

6

JOUR 1

Un train SLR (Système léger sur rail) relie l’aéroport SeaTac

à la gare multimodale du centre-ville ; le parcours choisi

dessert autant la population locale que les touristes.

Le tracé offre une découverte progressive de la ville

et permet de constater pourquoi Seattle figure parmi

les villes les plus vertes des États-Unis. Quel contraste

avec le parcours désolant de l’aéroport de Montréal vers

le centre-ville, alors que les abords de l’autoroute 20

donnent une bien piètre image de Montréal !

Au centre-ville de Seattle, pas de grands boulevards avec

terrepleins, mais bien des chaussées à sens unique bordées

de larges trottoirs de chaque côté. Le faible niveau

de décibels surprend, mais il faut se rappeler que Seattle

figure parmi les 10 villes des États-Unis où il se vend le

plus de voitures hybrides. Une arrivée plus qu’agréable !

JOUR 2

J’aime bien découvrir une ville à pied, sans repères et

sans avoir consulté au préalable les guides touristiques.

Seattle se laisse apprivoiser facilement, avec ses nombreuses

places publiques, ses petits parcs et sa promenade

riveraine.

Les feux de circulation semblent synchronisés non pas

pour les voitures, mais bien pour la vitesse de marche

des piétons (cette impression me suivra tout au long de

mon séjour). Le temps est magnifique et les pentes assez

soutenues : la ville est construite sur le piedmont d’une des

chaînes côtières du Pacifique, les montagnes Olympiques.

Une légère fatigue s’avère le prétexte tout indiqué

pour se rafraîchir à l’une des nombreuses et réputées

micro-brasseries de Seattle.

7

8

JOUR 3

Qui a dit qu’il pleuvait tout le temps sur la côte Ouest ?

Et quoi de mieux pour découvrir une ville côtière que de

prendre le large ? Pour ce faire, le ferry vers Bainbridge

Island offre un point de vue magnifique sur la ville. Par

temps clair, on voit même se dessiner l’impressionnante

silhouette du glacier Mount Rainier, au sud de la ville.

Bainbridge Island renferme un domaine public de 60 ha,

le Bloedel Reserve. Ce parc, de tenure privée jusqu’en

1986, est parcouru de sentiers à travers une forêt naturelle

et de magnifiques jardins conçus par les architectes

paysagistes Thomas Church, Richard Haag, Fujitaro

Kubota et Iain Robertson.

64

PAYSAGES 2016


9

10

11

JOUR 4

Impossible de résister au Chihuly Garden and Glass

Museum, au Seattle Center. Situé au cœur d’un ensemble

de musées, places publiques, jardins, etc., au pied

de l’emblématique – et très touristique – Space Needle,

le musée présente des œuvres aux dimensions architecturales

de Dale Chihuly, sculpteur de verre, dont

l’exposition au MBA de Montréal avait attiré une foule

record en 2013.

Tout à côté, le EMP (Experience Music Project) Museum

propose une immersion au cœur de la culture populaire

des États-Unis : à la fois centre culturel, salle de concert,

musée interactif du rock 'n' roll et musée de sciencefiction,

l’édifice du EMP a été conçu par l’un des maîtres du

déconstructivisme, l’architecte Frank O. Gehry.

À quelques minutes de marche, le SAM (Seattle Art

Museum) a aménagé le Olympic Sculpture Park, dont les

sentiers à flanc de collines mettent en scène une série

d’installations et de sculptures contemporaines.

14

1. Autant d’espace est accordé aux piétons qu’aux voitures.

2. L’emplacement des arbres dicte les devis de

construction des trottoirs et la végétation

indigène est bienvenue.

3. /4. /5. / 6. Places publiques et petits parcs.

7. Point de vue sur Seattle à partir du ferry.

8. Promenade riveraine.

9. EMP Museum conçu par Frank O. Gehry.

10. / 11. Olympic Sculpture Park.

12. / 13. / 14. L’Arborétum de l’Université Washington.

12

13

JOUR 5

L’Arborétum de l’Université Washington nous accueille

pour une autre journée de découvertes. Au beau milieu

de la forêt, un panneau nous indique qu’une garderie en

milieu forestier y a élu domicile, la Fiddleheads Forest

School. Une initiative qui m’interpelle… et si le Jardin

botanique de Montréal étudiait cette possibilité ?

J’ai quitté Seattle la tête remplie de nouvelles sources

d’inspiration et intriguée par la sensation de calme que

j’ai éprouvée à sillonner la ville. La météo exceptionnelle

de ces quelques jours a certes contribué à faire de ce

voyage une expérience mémorable. Je suis cependant

convaincue que le choix de préserver la nature au cœur

de la ville est à l’origine de ce sentiment de bien-être.

Linda Fortin est détentrice d’un baccalauréat en science politique,

ainsi que d’un baccalauréat et d’une maîtrise en architecture de

paysage. En 2011 elle fréquente la School of Architecture, Landscape

Architecture and Urban Design de l’University of Adelaide en Australie

et en 2012, avec sa coéquipière Marie-Pierre McDonald, elle obtient

le prix d’excellence de l’AAPQ pour leur projet Wanaki, terre de leurs

enfants. En 2013, elle est choisie University Olmsted Scholar auprès

de la Landscape Architecture Foundation, par l’école d’architecture

de paysage de l’UdeM.

Depuis 2013, Linda Fortin est chargée de projets en aménagement

écologique du paysage chez Nature-Action Québec où elle conçoit

de nombreux projets d’aménagement et de mise en valeur de milieux

naturels, notamment dans le Boisé du Tremblay et dans le bois du

Fer-à-Cheval, en Montérégie.

Fière de ses racines autochtones, elle souhaite que les architectes

paysagistes s’impliquent davantage dans des projets visant

l’amélioration des conditions de vie des Premières Nations.

CARNET DE VOYAGE

65


ASSOCIATION DES ARCHITECTES PAYSAGISTES DU QUÉBEC

Prix Frederick-Todd

Instauré par le Conseil d’administration de l’AAPQ en 1995, le prix Frederick-Todd

vise à reconnaître les individus, membres de l’Association, qui ont contribué de

façon exceptionnelle à promouvoir l’architecture de paysage par leurs projets, leurs

publications, leur enseignement ou par leur implication et par la promotion de valeurs

soutenant le paysage québécois. Ce prix rend hommage à Frederick-Todd, pionnier de

la profession au Canada qui fut aussi le premier architecte paysagiste résidant et

œuvrant au Québec.

LAURÉATS 2015

PRIX ET

HONNEURS

DÉCERNÉS

AUX

ARCHITECTES

PAYSAGISTES

EN 2015

MEMBRE

André Plante

Pour sa contribution à la Ville de Québec

depuis plus de 25 ans. M. Plante a été

impliqué dans la conception de plusieurs

projets emblématiques de la capitale

dont les Places de la Gare et de la FAO

et l’avenue Honoré-Mercier. Au cours

de sa carrière, M. Plante a développé

une expertise pluridisciplinaire et a

axé son travail sur la piétonnisation

de la ville, l’aménagement des artères

commerciales, la création de places

publiques et l’intégration de l’art dans

la ville.

MEMBRE

Marie-Claude

Massicotte

L’AAPQ souhaite récompenser le travail

de fond qu’elle a accompli au cours de

sa carrière de près de 30 ans, dont une

grande partie à titre de gestionnaire,

au sein de la Ville de Montréal pour

mener à bien des projets d’architecture

de paysage ambitieux et novateurs tels

que le Complexe environnemental de

Saint-Michel, Les promenades urbaines

ou la mise en place du Réseau vert et

bleu, pour ne nommer que ceux-là.

66

PAYSAGES 2016


Certificats d'honneur

L’AAPQ du Québec rend hommage

à certains de ses membres en leur

remettant un certificat pour les

remercier de leur contribution

exceptionnelle, soit à titre de

membre du conseil, de représentant

de l’Association, de coordinateur

ou autre.

PERSONNALITÉ PUBLIQUE

René Pronovost,

Directeur par intérim du

Jardin botanique de Montréal

Pour son implication remarquable au

sein de projets majeurs en architecture

de paysage tels que les Mosaïcultures

internationales de 2013 et la naturalisation

des berges de la rivière Saint-

Charles à Québec. Ce prix souligne le

rôle d’ambassadeur de l’architecture de

paysage qu’il a joué durant ses 30 années

de travail en horticulture, agronomie et

en environnement, à travers les postes

de responsabilités qu’il a occupés.

Marie-Claude Robert

En reconnaissance pour les années

de dévouement et de travail pour

le rayonnement de la profession

d'architecte paysagiste.

LAURÉATS 2015

Prix d'excellence

étudiant

Sinuos

Équipe : Julien Moliera,

Philippe Asselin et

Jérémy Hamel.

67


ASSOCIATION DES ARCHITECTES PAYSAGISTES DU CANADA

Prix d'excellence

Les prix de la catégorie Honneur national soulignent les meilleures œuvres accomplies à l’échelle du pays, les prix de la

catégorie Mérite régional témoignent d’œuvres de grande qualité réalisées dans chaque province et chaque territoire

du Canada. Vous trouverez ici la liste des prix remportés par des architectes paysagistes membres de l'AAPQ.

LAURÉATS 2015

HONNEUR NATIONAL /

COMMUNICATIONS

Architecture de

paysage du Canada

Ron Williams

HONNEUR NATIONAL /

RECHERCHE

Formes et sens des squares

victoriens montréalais (1801-1914)

Jonathan Cha

HONNEUR RÉGIONAL /

PLANIFICATION ET ANALYSE

Dominion Bridge

(Lachine)

Groupe IBI-CHBA

(maintenant Lemay+CHA)

68

PAYSAGES 2016


HONNEUR RÉGIONAL /

CONCEPTION

L'arboretum du

Jardin botanique

de Montréal

Vlan paysages

MÉRITE RÉGIONAL /

CONCEPTION

Nouveau

Planétarium

Rio Tinto Alcan

de Montréal

Fauteux et associés

architectes paysagistes

LAURÉATS 2015

69


ASSOCIATION DES ARCHITECTES PAYSAGISTES DU CANADA

LAURÉATS 2015

MÉRITE RÉGIONAL / CONCEPTION

Parc-école Nouvelle Querbes

Fauteux et associés architectes paysagistes

MÉRITE RÉGIONAL / CONCEPTION

Quincy Street Open Space (Somerville, MA)

WANTED paysage (Paula Meijerink) avec Spurr, Weston & Sampson's Design Studio

70

PAYSAGES 2016


CITATION RÉGIONAL / CONCEPTION

Plage de l'Horloge

Claude Cormier + Associés Inc.

LAURÉATS 2015

CITATION RÉGIONAL /

PLANIFICATION ET ANALYSE

The Qu'Appelle

Valley Integrated

Tourism Strategy

O2 Planning + Design Inc.

(Véronique Pelletier)

71


ASSOCIATION DES ARCHITECTES PAYSAGISTES DU CANADA

Prix de la relève

Concours d'affiche MMAP

LAURÉATS 2015

Sarah Lacombe, AAPQ

FONDATION D'ARCHITECTURE DE PAYSAGE CANADA

Fanny B. Perras

Le paysage canadien est à l’image de sa diversité: un territoire d’eau,

de neige, de montagnes, de forêts, de prairies, mais il est aussi un paysage

habité. L’affiche cherche à souligner cette diversité par le biais d’icônes

représentant différentes typologies paysagères canadiennes.

Programme de bourses

Caroline Magar

Pour son projet : Plan de réaménagement

d'une friche urbaine en parc naturel

Jean Landry

Pour son projet : L'initiative portfolio

de paysages canadiens - CLIP

Paula Meijerink

Pour son projet : Modèles de pratique,

aperçu de la réhabilitation contemporaine

des sols et des paysages après

l'extraction de ressources naturelles

au Canada

72

PAYSAGES 2016


LES ARTS ET LA VILLE

Prix aménagement

Les Arts et la Ville et Télé-Québec s’associent afin de souligner l’effort déployé par les municipalités locales et régionales

de comté qui intègrent la culture à l’aménagement de leur territoire.

POPULATION DE 100 000

HABITANTS ET PLUS

Aménagements

extérieurs du

Planétarium

Rio Tinto Alcan

Fauteux et associés

architectes paysagistes

En collaboration avec : Cardin Ramirez

Julien / Ædifica / Dupras Ledoux

ingénieurs / SNC-Lavalin / Daily tous

les jours / Bureau d’art public de la Ville

de Montréal

LAURÉATS 2015

POPULATION DE 100 000

HABITANTS ET PLUS / MENTION

Réaménagement du

parc du Sacré-Cœur

Ville de Québec, arrondissement

de Charlesbourg

André Plante, architecte paysagiste,

Service de l’aménagement du territoire

de la Ville de Québec / Chantale Émond,

directrice de la Division des arts et

du patrimoine, Service de la culture de

la Ville de Québec

73


ASSOCIATION DES PAYSAGISTES PROFESSIONNELS DU QUÉBEC

Concours d’aménagement paysager

Chaque année, l’APPQ organise parmi ses membres, des entrepreneurs certifiés, un concours destiné à souligner l’excellence

de leurs réalisations. Nous présentons ici les récipiendaires qui ont collaboré avec des architectes paysagistes pour la conception

de leur projet.

LAURÉATS 2015

PRIX COUP DE CŒUR + ESPACE

RESTREINT POUR GRAND JARDIN /

1 er PRIX EX ÆQUO

Le filigree

Firme : Éric Fleury et Tracey Hesse,

Hodgins & Associés

Artistes : David Crevier & Associés -

H.G. Rossiter

Réalisation : Les aménagements

paysagers l'Artisan inc.

ESPACE RESTREINT POUR GRAND

JARDIN / 1 er PRIX

EX ÆQUO

Refuge urbain

Firme : Martin Ducharme

et Lisa Leblanc

Réalisation : Groupe Paysager

Plantenance

DE LA MATIÈRE AU NATUREL /

1 er PRIX

Belvédère secret

Firme : Myke Hodgins et Tracey Hesse,

Hodgins & Associés

Réalisation : Les aménagements

paysagers l'Artisan inc.

JARDIN D'OMBRE ET DE

LUMIÈRE ET PAYSAGE DU

MONDE DES AFFAIRES / 1 er PRIX

Cascatelle urbaine

Firme : Danie Savoie et Myke Hodgins,

Hodgins & Associés

Réalisation : Le paysagiste CBL

PAYSAGE DU MONDE DES

AFFAIRES / 2 e PRIX

Poumon vert

Firme : Les Artisans du Paysage,

Isabelle Nadeau

Réalisation : Les Artisans du Paysage

CÔTÉ COUR / 1 er PRIX

Grigri

Firme : Art & Jardins Conception

Sculpteur : Jean-Louis Emond

Réalisation : Art & Jardins

74

PAYSAGES 2016


CÔTÉ COUR / 2 e PRIX

Bord de mer

Firme : Éric Fleury, Hodgins & Associés

Réalisation : Design Panorama Vert

LA MÉTAMORPHOSE RÉUSSIE

/ 1 er PRIX

La grande courbe

Firme : Myke Hodgins et

Ingrid Chartrand, Hodgins & Associés

Réalisation : Les aménagements

paysagers l'Artisan inc.

LA MÉTAMORPHOSE RÉUSSIE

/ 2 e PRIX

Temps nouveau

Firme : Art & Jardins Conception

Client : Privé, Montérégie

Réalisation : Art & Jardins

LE TOUR DE LA MAISON /

1 er PRIX

DE LA PENSÉE À LA RÉALITÉ

/ 1 er PRIX

DE LA PENSÉE À LA RÉALITÉ

/ 1 er PRIX

LAURÉATS 2015

Le jardin de Fridolin

Firme : Art & Jardins Conception

Ribambelle

Firme : Art & Jardins Conception

Selon Paysages

Rodier

Client : Privé, Montérégie

Réalisation : Privé, Montérégie

Firme : Paysages Rodier

Réalisation : Art & Jardins

Réalisation : Paysages Rodier

DE LA PENSÉE À LA RÉALITÉ

/ 2 e PRIX

Selon Paysage

Coup d'œil

Firme : Richard Bélisle et Guy Lusignan

Réalisation : Paysage Coup d'œil inc.

Dans la section Lauréats vous

trouverez, répertoriés par année,

tous les projets lauréats auxquels

des membres de l'AAPQ

ont participé.

→ aapq.org

75


ASSOCIATION DU DESIGN URBAIN DU QUÉBEC

ET PÉPINIÈRE & CO CHARETTE DE DESIGN

Charette de design

Village-Au-Pied-Du-Courant

MRC PIERRE-DE SAUREL

Concours de design rural

Les sept épouvantails

LAURÉATS

Amer

LAURÉATS

Les sept gardiens

LAURÉATS 2015

Équipe : Gilles Hanicot et Olivier Philippe,

turquoise design

Équipe : Charlotte Gaudette, architecte paysagiste

(Mousse Architecture de Paysage), Karine Verrette,

étudiante en architecture de paysage, Émilie Gagnon,

designer industriel et d’événements, Pierre Moro-Lin,

designer urbain et d’événements

ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC ET LA MAISON DE L'ARCHITECTURE DU QUÉBEC (MAQ)

Concours d'idées : Concevoir avec la neige... en Estrie !

LAURÉATS

D’abominable à beaux

minables ou Légende

vivante au cœur

du village

Équipe : Patricia Lefèvre, architecte

paysagiste et Alexandre Gaboury,

designer

LAURÉATS

La Route des glaces

et la grangîte

Équipe : Collectif Dodécagone

(Élise Gaudry, architecte paysagiste

et agronome / Nathalie D. Cloutier,

architecte et architecte paysagiste /

Jean-François L. Vachon, urbaniste)

LAURÉATS

Pause Boréale

Équipe : Marc-André Brochu,

architecte paysagiste

76

PAYSAGES 2016


LA CHAIRE UNESCO EN PAYSAGE ET ENVIRONNEMENT

DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL (CUPEUM)

Workshop atelier /

terrain Unesco

AGENCE PID

Grand Prix du Design

1 er PRIX

GOIO-COIO : That comes

from the river water

Équipe : Julie Vibert, Université de Montréal, Canada,

Sebastien Petra, Université de Montréal, Canada,

Felipe Contart, Université Mackenzie, Sao Paulo, Brésil,

Giulia Perri, Université de Rome « sapienza », Italie

OBSERVATOIRE IVANHOÉ-CAMBRIDGE

Prix de l'Observatoire

Ivanhoé - Cambridge

Nordicité et villes d’hiver

Fanny B.Perras

PRIX BIBLIOTHÈQUE

Bibliothèque du boisé

Firme : Cardinal Hardy | Labonté Marcil | Eric Pelletier

architectes en consortium

ACADÉMIE ROYALE DES ARTS DU CANADA

Nouveaux académiciens

Peter Jacobs et

Claude Cormier

Nominés à l'Académie

Royale des Arts du Canada,

organisation honorifique

qui regroupe près de

800 artistes et designers

professionnels établis

dans toutes les régions

du Canada.

LAURÉATS 2015

77


LA STRATÉGIE DE TOURISME INTÉGRÉ

DE LA VALLÉE DE QU’APPELLE

PAR PHILIPPE ASSELIN

Habité par la magie de Noël, pendant un de ces nombreux partys du temps des fêtes, j’essayais

avec enthousiasme d’expliquer le présent projet à des amis de mes parents. La plupart ne comprenaient

pas comment un projet, qui n'était pas un espace construit, pouvait être lauréat d’un

prix de l’Association des architectes paysagistes du Canada.

Voici le genre de commentaires suscités par le projet :

Donc y’a rien de fait présentement concrètement… Pis c’est de l’architecture de paysage, ça ? Vous

autres, c’est pas plus les jardins pis les parcs ?

Oui, mais ça peut être bien plus que ça, ça dépend de l’échelle à laquelle tu travailles.

On a d’autres outils que les jardins. Souvent les projets s’expriment autrement…

OK. Ça devient comme de l’urbanisme, alors?

Oui... En partie.

Ce bref échange est suivi d’un long silence, puis :

En tout cas, ce qui est chouette, c’est que les communautés, en grande proportion

autochtone, faisaient partie du projet. C’est eux qui l’ont initié à la base même.

Comme une initiative citoyenne ! Donc… c’est quoi qu’elle a fait, la firme ? Je comprends pas.

Laisse faire, Yvon.

White calf lake lands © 02 Design

78

PAYSAGES 2016


Vue scénique sur la Vallée de Qu'Appelle © 02 Design

Certains stéréotypes semblent bien collés au fond de notre

poêle. Et puis, oui, c’est vrai que le paysage peut être compliqué

à comprendre, surtout quand généralement, et depuis longtemps,

on n’implique pas vraiment la population dans les projets

qui la touchent. Pensons au futur phare de Québec ou au projet

de méga centre commercial 15-40, par exemple.

Le fait est que l’architecture de paysage peut parfois être bien

plus qu’un élément construit et beaucoup plus efficace. Si on se

dit que l’architecture de paysage a comme essence d’améliorer

les espaces où vivent les gens, la simple manière d’établir les

bases d’un projet, dès sa naissance, peut faire une différence

dans sa pérennité. La réaction des gens par rapport aux projets

dépend de la manière dont on approche et marque leur paysage.

Parfois (très souvent), les marques qui sont laissées sont intangibles

et s’apprécient de manière complexe dans les yeux et le

cœur de ceux qui auront une relation avec l’espace.

Soumise en 2014, la stratégie de tourisme intégré de la Vallée de

Qu’Appelle, réalisée par la firme O2 design+planning, est un très

bel exemple d’un projet sensible à cette relation.

Ce projet avait pour but de soumettre, comme outil donné à la

communauté, une analyse et un plan de développement régional

voué à la maximisation des activités touristiques durables dans

la région de la Vallée de Qu’appelle en Saskatchewan où la pression

touristique était devenue problématique.

Le projet, initié par différents groupes autochtones – le File

Hills Qu’Appelle Tribal Council (FHQTC), appuyé par la

Calling Lakes Planning District Commission et par la Ville

de Fort Qu’Appelle –, fera appel à la firme afin de les aider.

Concrètement, 13 objectifs et 33 stratégies guideront une myriade

d’acteurs liés au tourisme ainsi que diverses communautés

locales afin de pallier à différentes problématiques inhérentes

au secteur touristique, tant sur le plan économique, social, environnemental

que paysager. Bien sûr, tout l’aspect technique et

le travail effectué dans la phase d’analyse sont formidables, mais

plus fondamentalement, c’est dans le processus et l’approche de

la firme avec les acteurs impliqués que le projet semble prendre

tout son sens. →

Attrait touristique Local

FOCUS LAURÉATS

79


Je me suis entretenu avec VÉRONIQUE PELLETIER, associée

à 02 Design+Planning afin de comprendre le déroulement et la

réponse de la communauté quant au projet et à l’importance de

l’approche intégrée dans le présent contexte.

PHILIPPE ASSELIN Dans le document de soumission au prix

provenant de l’Institut canadien d’urbanisme, on fait référence

au Treaty Four Negociations of 1874 qui stipule que les communautés

autochtones établissent leurs droits sur des millions

d’âcres au sud de la Saskatchewan, où se trouve la vallée de la

rivière Qu’Appelle. Comme bien d’autres endroits au Canada, ce

territoire n’est maintenant pas occupé exclusivement par des

communautés autochtones. On dénombre sept réserves habitées

par des nations différentes, mais les deux tiers de la population

ne sont pas autochtones. La population non autochtone était-elle

active dans le projet ? Si oui, y avait-il des tensions dans les

demandes et les objectifs souhaités lors des consultations ?

VP Les communautés étaient conscientes de l’importance d’une

approche régionale intégrée pour la planification d’un tourisme

durable. Dès le départ, l’importance d’intégrer les différents

acteurs du territoire était un incontournable. L’invitation à

participer à ce processus de planification a enchanté les communautés

non autochtones ainsi que les organismes locaux

et régionaux. Pour ceux-ci, ce projet était une opportunité de discuter

d’enjeux communs, tels que la santé des lacs et l’intégrité

des paysages. Les opportunités d’échanges entre autochtones

et non-autochtones, malgré la proximité physique, étaient peu

fréquentes dans la région.

PA Comment un plan d’une telle envergure peut-il s’implanter

et s’assurer d’une pérennité dans une communauté si petite ?

VP Les destinations touristiques qui ont du succès ont souvent

en commun la présence d’un office de tourisme dynamique,

l’engagement du milieu ou celui d’un individu (communément

appelé un « champion »), ainsi que la présence d’une image de

marque forte (ou branding).

L’important est que tous ces organismes et acteurs travaillent

de concert, en lien avec l’image de marque. Lorsque l’étude

a été complétée, l’organisme de planification régionale

(The Calling Lake Planning Commission) s’est engagé à jouer

un rôle de leadership dans le positionnement de la région comme

destination touristique, avec l’approbation et l’appui des

communautés autochtones.

Avec le Rapport vérité et réconciliation, un projet comme celui-ci,

qui engage dès le départ une telle relation entre la communauté

et son territoire, prend tout son sens. Avant même qu’il y ait un

seul coup de pelle mécanique, l’ensemble d’une communauté

comprend, s’implique et s’identifie dans un projet à son image.

Dans le cas d’une communauté autochtone, c’est salvateur.

PA Comment s’est déroulée la prise de données, puisqu’on

parle ici de processus participatif, de sondages, d’ateliers, bref

d’analyses systémiques touchant plusieurs acteurs ?

VP Le processus d’élaboration de l’étude s’est échelonné sur

une période d’un an et a inclus trois phases de consultation.

L’objectif de la première phase de consultation était d’identifier

des valeurs communes, telles que des écosystèmes sains et

fonctionnels, le respect des valeurs culturelles, l’importance de

développer des expériences authentiques, etc. Ces valeurs ont

constitué une fondation solide pour l’ensemble des discussions

qui se sont déroulées dans le respect de l’autre. Des deux côtés,

la notion de capacité d’accueil du milieu et ses limites (sociale,

environnementale, paysagère, etc.) était également acquise,

ce qui a grandement facilité les discussions.

PA Le rapport propose 13 objectifs et 33 stratégies afin d’y

arriver. Le projet peut sembler colossal pour une petite

communauté. Comment ont-ils accueilli le projet?

VP L’étude comporte effectivement un grand nombre de

recommandations, ce qui pourrait avoir intimidé les personnes

en charge de la mise en œuvre. Il est toutefois important de

souligner que l’étude s’adressait à une multitude d’acteurs : les

communautés autochtones, les municipalités locales et régionales,

ainsi qu’à l’industrie touristique (voyagistes, gestionnaires

de camping et d’hébergement, etc). Dans cette optique,

l’étude a été très bien accueillie, puisque chacun et chacune a pu

trouver des recommandations spécifiques à leur mandat ou

champ d’activités.

Philippe Asselin est diplômé de l'Université de Montréal

au baccalauréat en architecture de paysage (2015). Il est

récipiendaire du prix d'excellence de l'AAPQ pour son

projet de fin d'études Sinuos (réalisé avec Julien Relevard

et Jeremy Hamel) et coauteur du livre Cahier_Paysage

Chine (2014).

Également diplômé en paysage et commercialisation en

horticulture ornementale (2010) au cégep Montmorency,

sa passion pour la conception végétale et son intérêt

marqué pour l'environnement et ses enjeux l'emmènent

à concevoir et réaliser divers projets de paysage en région

et en milieu urbain.

Source : The Qu’Appelle Valley Integrated Tourism Strategy, O2 Planing+Design,

novembre 2013.

80

PAYSAGES 2016


LE PROJET

D’INTERPRÉTATION

DE L’ARBORETUM

DU JARDIN BOTANIQUE

DE MONTRÉAL

PAR JULIEN MOLIERA

On aurait pu se demander : mais de quoi le

Jardin botanique de Montréal aurait-il encore

besoin pour s’embellir ? Et pourtant, en 2013,

un projet exemplaire est venu s’enraciner

entre les 7 000 arbres de l’arboretum, une

sorte de sentier initiatique informel articulé

autour d’installations permanentes qui jonchent

les quelque 40 hectares du projet. Reconnu à

l’échelle internationale, le Jardin botanique se

démarque par un geste qui vient allier

didactique et scénographie en tirant partie

d’une des plus grandes collections d’arbres

au monde. →

FOCUS LAURÉATS

81


UNE COMPLICITÉ QUI FONCTIONNE

Le projet est le résultat d’une collaboration qui n’en est pas

à son coup d’essai. Le groupement, composé de In situ

pour l’architecture, Uniform au graphisme et Vlan pour le

paysage, avait déjà investi les jardins de Métis et le rond point

de l’entrée à l’Île-des-Sœurs avant de remporter l’appel d’offre.

Cette fois-ci, ces firmes étaient accompagnées d’Andrée Blais,

muséologue. Projet déjà phare, il a reçu l’honneur régional

décerné par l’AAPC et le prix aménagement par Les Arts et

la Ville.

La force de cette coopération réside dans le travail étroitement

ficelé de trois corps de métier, travail qui mène à un

projet éloquent, rempli de sens et finement intégré dans son

contexte pour laisser une trace harmonieuse dans le paysage

du jardin botanique.

UN PARCOURS INITIATIQUE

Véritable apologie de l’arbre en tant qu’être vivant,

l’installation s’articule autour de structures subtilement

élaborées qui viennent sublimer, ici et là, les faits et gestes si

discrets des arbres. Une première intervention est constituée

de huit modules qui s’ancrent au pied des arbres et mettent

en lumière une fonction vitale des arborescents. Ainsi, il est

possible aux visiteurs photo-autotrophes de prendre le soleil

au rythme des peupliers sur un banc, de s’élever vers la cime

d’un érable à sucre, de se faufiler au plus proche d’un ginkgo,

ou encore d’observer imperceptiblement le développement

racinaire d’un hêtre.

En s’appropriant ces sculptures surdimensionnées, le but est

de développer un rapport intime avec l’arbre tout en soulevant

des questions liées à sa morphologie.

À côté, ce sont 23 panneaux informatifs au graphisme interpellant

qui s’érigent devant des espèces sélectionnées pour

expliciter un contenu scientifique relié aux arbres. Les principales

fonctions biologiques sont vulgarisées et mises en forme

graphiquement sur d’attirants panneaux jaune-vert, une

manière de « percevoir l’invisible » selon Micheline Clouard,

coconceptrice du projet.

PLAIDER POUR L’ARBRE

Francis Hallé, célèbre botaniste français et ardent défenseur

de l’arbre, donnait une conférence en 2013 au Jardin botanique

de Montréal intitulée « Plaidoyer pour l’arbre ».

Ce « grand monsieur » de la botanique témoigne, par ses

travaux, d’une sympathie et d’une admiration pour les

arbres qui se traduisent par la nécessité de repenser nos rapports

avec ces derniers, tant en ville qu’en milieu naturel.

C’est dans la continuité de la philosophie de Francis Hallé que

s’est inscrit le projet d’interprétation, créant une sorte de

plaidoirie théâtralisée dans l’arboretum qui vise une

prise – ou une reprise – de conscience. L’objectif étant

de renouer contact avec la nature dans son ensemble au

travers d’une démarche poétique et cognitive, tout en amenant

la population à se repositionner physiquement ou moralement

par rapport à son environnement.

82


Photos : Vlan paysages

Réciproquement, le projet vise à faire ressortir les attraits des

arbres et à les magnifier en se servant de spécimens du Jardin

botanique comme faire-valoir de la cause environnementale.

Petits et grands développent une nouvelle attitude en

s’appropriant les modules et en s’adonnant à une contemplation

qui devrait susciter un sentiment d’appartenance.

Concernant la matérialité et la mise en œuvre du projet,

c’est avec une indéniable sensibilité qu’ont été pensées les

installations. Une première intention était d’altérer a minima

l’impact sur le milieu : aucune atteinte aux racines et priorité

à l’infiltration de l’eau ont été les mots d’ordre. Tout en se confondant

parfaitement dans le paysage, les deux matériaux mis

à l’honneur, à savoir l’acier corten et le bois imputrescible, sont

des matériaux durables qui ne demandent aucune finition tout

en étant recyclables. Ce sont des matériaux résistants et qui

ont l’avantage esthétique de développer une belle patine avec

le temps.

Après avoir gradué de l'Université de Montréal en mai 2015,

Julien Moleira a effectué un stage au sein de l'agence

Taktyk a Paris. Au cours de celui-ci, il a été amené a intervenir

sur des projets d'ampleur pour le Grand Paris, ce qui a renforcé

son interêt envers le design urbain. À la rentrée prochaine,

il espère intégrer un master d'études urbaines en Europe.

MAIN DANS LA MAIN

Une des clés certaines du succès du projet réside dans la

cohésion des différents corps de métier. Architectes, graphistes,

architectes paysagistes et muséologues ont su faire

coïncider leur vision pour atteindre un résultat probant

et à la finalité persuasive; de quoi prouver l’importance

et la plus value qu’apporte la multidisciplinarité dans

les domaines du design. Alors qu’aujourd’hui on peine

encore à voir de la cohésion et des connexions entre acteurs

de l’espace, cette équipe montre que des projets consciencieusement

réalisés à la confluence des pratiques bénéficieraient

qualitativement tant à nos espaces extérieurs,

intérieurs, publics et privés qu’à la manière de concevoir

nos habitats.

FOCUS LAURÉATS

83



UNE ŒUVRE

MAGISTRALE

PAR BENOIT BÉGIN

Architecture de paysage du Canada 1 , ou Landscape Architecture in Canada 2 , est le fruit d’un immense

travail de l’architecte et architecte paysagiste Ron Williams, en collaboration avec sa femme Sachi Williams.

Cet ouvrage exceptionnel, qui couvre un vaste sujet, met en valeur l’érudition et la pensée brillante de son

auteur grâce à une prose riche et de magnifiques illustrations. Il mérite sa place dans toutes les bibliothèques

et deviendra sans doute une référence incontournable pour les professionnels de l’aménagement

et fervents amateurs d’histoire et de culture !

Décrivant les grands courants

qui ont façonné la profession,

de Central Park à New York,

au City Beautiful Movement de

Chicago ou à la San Francisco Bay School,

l’auteur s’attarde au passage aux disciplines

connexes comme l’architecture,

l’urbanisme ou la sculpture, ainsi que

le rôle de l’humain dans le paysage et

la nature.

Pour la première fois, cette œuvre

propose une histoire de l’architecture de

paysage au Canada publiée simultanément

dans les deux langues officielles du

pays. Écrit dans une belle langue singulière,

simple, explicite, concise, tels de

beaux dessins d’exécution d’architecture

et d’architecture de paysage, l’ouvrage se

lit comme un roman à thèmes captivant

où souvenirs, anecdotes ou évocations

lumineuses sur des thèmes contemporains

stimulent notre lecture.

Le résultat suscite une réflexion sur

le passé, le présent, le futur de la profession,

soumise plus que jamais aux

changements de la société.

En somme, cette œuvre a tous les

attributs requis pour l’enseignement, la

recherche, la promotion de l’architecture

de paysage comme profession et comme

culture. Elle servira à susciter une plus

grande qualité de pensée et de pratique

de la profession. Elle assoira aussi dans

ce monde nébuleux un positionnement

mieux affirmé de cette discipline.

Ce travail a bénéficié de supports

académique et institutionnel, principalement

de l’Université de Montréal, et de

l’appui financier de plusieurs agences

gouvernementales et associations professionnelles,

notamment du Conseil

des Arts du Canada et de la Fondation

d’architecture de paysage du Canada.

Mais, comme c’est souvent le cas, les

auteurs ont participé activement au

financement du projet eux-mêmes.

Ron Williams, l’auteur, est un jeune retraité

rieur qui aime les mots d’esprit, la fête,

le chant, la danse. Il joue de la guitare,

adore accompagner une envolée lyrique

et aime la grande musique. Il a même contribué

à la réalisation de l’amphithéâtre

du père Fernand Lindsay à Lanaudière,

par l’entremise de son bureau WAA inc.

(Williams, Asselin, Ackaoui) 3 .

Le couple vit au milieu d’appareils électroniques,

de rayonnages, d’un coin

pour casser la croûte, boire un café.

Ils travaillent en équipe avec leur fils

Daniel, auteur de plusieurs diagrammes

et croquis. Ron, grâce à sa prodigieuse

mémoire, ferait rougir de honte un troupeau

d’éléphants. Il dessine comme un

dieu et pourrait facilement imposer sa

conception des choses, mais il préfère

laisser les idées trouver la place qui leur

reviennent, même si cela peut prendre

du temps. Il est toujours en recherche,

à réfléchir à ses sujets de prédilection :

l’enseignement, la direction de l’École, la

rédaction, les réseaux professionnels, et

il reste perpétuellement alerte, toujours

à l’affût de la nouveauté.

Depuis la parution du livre, Ron et

Satchi parcourent le monde, acceptant les

invitations de ceux qui sont intéressés à

mieux connaître l’œuvre. Si l’œuvre est

remarquable et colossale, l’homme et sa

conjointe sont d’une étonnante simplicité

et d’une rare modestie. On éprouve un

grand plaisir à lire leur histoire et un

tout aussi grand à les rencontrer.


Né à Trois-Rivières en 1922, Benoit Bégin est

détenteur d'un baccalauréat et d'une maîtrise en

Garden Design et d'une maîtrise en City

and Regional Planning de l'Université Cornell.

Il ouvre un bureau conseil en architecture

de paysage et urbanisme à Trois-Rivières,

est responsable de plusieurs plans de jardins

et de parcs et de nombreux plans directeurs

d'urbanisme, notamment pour Lac-Mégantic

Granby et Trois-Rivières.

Il a été cofondateur de l'OUQ, de l'AAPQ et

de l'Institut d'urbanisme de l'Université de

Montréal, dont il a assuré la première direction.

Il a été professeur à l'École d'architecture de

Montréal, à l'Institut d'urbanisme, à l'École

d'architecture de paysage de la Faculté de

l'aménagement de l'Université de Montréal et

au Joint Center for Urban Studies de Harvard

et du Massachusetts Institute of Technology.


NOTES

1. Architecture de paysage du Canada,

par Ron Williams, Presses de l’Université

de Montréal, 664 pages, 2014.

2. Landscape Architecture in Canada,

McGill-Queen’s University Press, 672 pages,

2014.

3. Consultant de Daniel Arbour & Associés.

84

PAYSAGES 2016


La qualité finale

ARCHITECTURE DE PAYSAGE

JARDINS D’HABITATIONS & CONDOMINIUMS

DESIGN URBAIN

PLANS DIRECTEURS I ENSEMBLES IMMOBILIERS

TOITS VERTS

JARDINS SUR DALLE I TOITS VERTS INTENSIFS & EXTENSIFS

1111 Cabane Ronde, Mascouche QC

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Jardin Botanique de Montréal, courtoisie de Alain Richer, Architecte

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d’insonorisation pour la construction et le génie civil.

S O P R EMA.CA

1 877 MAMMOUTH

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LISTE DES BUREAUX

AECOM - Montréal

85, rue Sainte-Catherine Ouest

Montréal (Québec) H2X 3P4

Contact : Serge Poitras

514 287-8500

www.aecom.com


AECOM - Québec

4700, boul. Wilfrid-Hamel

Québec (Québec) G1P 2J9

Contact : Jean-François Rolland

418 871-2444

www.aecom.com


Aguib Creations

8515, Place Devonshire, Suite 202C

Montréal (Québec) H4P 2K1

Contact : Éric Aguib

1 (877) 224-8428

www.aguibcreations.com


Art et Jardins

174, rue de l'Église sud

Saint-Marcel-de-Richelieu

(Québec) J0H 1T0

Contact : Marie-Andrée Fortier

450 794-2118

www. artetjardins.com


B3 inc.

5445, avenue de Gaspé,

bureau 1009

Montréal (Québec) H2T 3B2

Contact : Sébastien Breton

438 838-8333

www.atelierb3.com


Beaupré & Associés Experts

Conseils Inc.

2215, boulevard Dagenais,

bureau 100

Laval (Québec) H7L 5W9

Contact : Louis Beaupré

450 963-2220

www.beaupreassocies.com


Bérénice inc.

3805, chemin Saint-Louis

Québec (Québec) G1W 1T6

Contact : Bérénice Simard

418 808-3599

BMA Architecture de paysage

971, boulevard du Curé-Labelle,

bureau 210

Blainville (Québec) J7C 2L8

Contact : Martin Maurice

514 990-2930

www.bmapaysage.com


Breault & Monette

Architectes Paysagistes

6800, 2 e Avenue

Montréal (Québec) H1Y 2Z6

Contact : Katée Monette

514 733-5180

www.bmap.ca


Chantal Prud'homme,

architecte paysagiste

162, rue Laurier

Sainte-Catherine-de-la-Jacques-

Cartier (Québec) G3N 0V5

Contact : Chantal Prud'homme

418 875-3808


Civiliti

5778, rue Saint-André

Montréal (Québec) H2S 2K1

Contact : Peter Soland

514 402-9353

www.civiliti.com


Claire Filteau, architecte paysagiste

1325, rue Haldimand

Gaspé (Québec) G4X 2J9

Contact : Claire Filteau

418 368-2575


Claude Cormier et Associés inc.

1233, rue des Carrières, studio A

Montréal (Québec) H2S 2B1

Contact : Claude Cormier

514 849-8262

www.claudecormier.com


Conception Paysage inc.

890, rue Roger-Lemelin

Sainte-Julie (Québec) J3E 2J6

Contact : Nancy Sanders

450 649-7816

www.conceptionpaysage.ca

Courchesne architecte paysagiste

270, rue du Régent

Deux-Montagnes (Québec)

J7R 3V3

Contact : Karine Courchesne

450 472-9162


Création NaturEden inc.

246, chemin de Brill

Bolton-Ouest (Québec) J0E 2T0

Contact : Marie-Ève Lussier

450 539-4114

www.natureden.com


D'Aoust Architecture

3694, rue Saint-Jacques

Montréal (Québec) H4C 1H6

Contact : Robert D'Aoust

514 688-2093

daoustarchitecture.com


Daoust Lestage Inc.

3575, boulevard Saint-Laurent,

bureau 602

Montréal (Québec) H2X 2T7

Contact : Lucie Bibeau

www.daoustlestage.com


Denis Massie, architecte

paysagiste inc. (DMAP inc.)

350, boulevard Riel

Gatineau (Québec) J8Z 1B2

Contact : Denis Massie

819 770-5132

www.denismassie.com


Diane Allie

508, chemin de l’Anse

Vaudreuil-Dorion (Québec) J7V 8P3

Contact : Diane Allie

514 830.7930

www. dianealliepaysage.com


Duo Design

530, boulevard de l'Atrium,

bureau 201F

Québec (Québec) G1H 7H1

Contact : Claude Lachance

418 688-7787

www.duodesign.ca

86

PAYSAGES 2016


Expertise Sports Design LG inc.

1040, rue Grant

Longueuil (Québec) J4H 3K1

Contact : Luc Gionet

514 742-0735

www.sportsdesign.ca


Fahey + associés

740, rue Notre-Dame Ouest,

bureau 1501

Montréal (Québec) H3C 3X6

Contact : Patrick Fabi

514 939-9399

www.fahey.ca


Fauteux et associés

3981, boul. Saint-Laurent, bureau 502

Montréal (Québec) H2W 1Y5

Contact : Marc Fauteux

514 842-5553

www.fauteux.ca


Fortier Design

2774, rue du Trotteur

Saint-Lazare (Québec) J7T 3M2

Contact : Marie-Eve Fortier

514 825-2695

www.fortierdesign.com


Hodgins et associés

4496, rue Sainte-Catherine Ouest

Westmount (Québec) H3Z 1R7

Contact : Myke K. Hodgins

514 989-2391

www.heta.ca


François Courville,

architecte paysagiste

45-c, Chemin du-Bout-de-l'île

Sainte-Pétronille (Québec) G0A 4C0

Contact : François Courville

418 655-2678

www.francoiscourville.com


Grenon Hogue Associés

608, rue Radisson, bureau 102

Trois-Rivières (Québec) G9A 2C9

Contact : Annie Grenon,

Gaston Hogue

819 694-4308

Groupe Rousseau Lefebvre

Siège social

216, boulevard Lévesque Est

Laval (Québec) H7G 1C6

Contact : Michel Rousseau

450 663-2145

www.rousseau-lefebvre.com


Groupe Rousseau Lefebvre

Montréal

2030, boulevard Pie-IX,

bureau 403

Montréal (Québec) H1V 2C8

Contact : Daniel Lefebvre

514 523-9559

www.rousseau-lefebvre.com


Ici & là COOP d'aménagement

Estrie

915, Mont-Girard,

Saint-Denis-de-Brompton

(Québec) J0B 2P0

Contact : Stéphanie Desmeules

819 846-1003

www.ici-et-la.ca


Ici & là COOP d'aménagement

Montérégie

1227, rue de L'Orchidée

Rivière-Beaudette (Québec)

J0P 1R0

Contact : Chantal Tremblay

450 265-3992

www.ici-et-la.ca


Ici & là COOP d'aménagement

Montréal

4655, avenue De Lorimier

Montréal (Québec) H2H 2B4

Contact : Marie-B. Pasquier

514 759-6759

www.ici-et-la.ca


KAP Karyne Architecte

Paysagiste Inc.

4080, boulevard Le Corbusier,

bureau 104, Laval (Québec)

H7L 5R2

Contact : Karyne Ouellet

514 875-2103

www.kapqc.com

Lacasse Experts-Conseils ltée

5056, rue Saint-Hubert

Montréal (Québec) H2J 2Y1

Contact : Michel Lacasse

514 274-1093

www.lacasse-ec.ca


Le Groupe Séguin Lacasse inc.

424, rue Guy, bureau 101

Montréal (Québec) H3J 1S6

Contact : Carole Lacasse

514 393-9505

www.seguinlacasse.ca


Lemay+DAA - Montréal

100, rue Peel, 4 e étage

Montréal (Québec) H3C 0L8

Contact : Lucie St-Pierre

514 316-1010

www.lemaydaa.com


Lemay+DAA - Québec

580, Grande-Allée Est, bureau 590

Québec (Québec) G1R 2K2

www.lemaydaa.com


Lemay+DAA - Saguenay

282, avenue Sainte-Anne

Saguenay (Québec) G7J 2M4

Contact : Cédric Deniset

418 543-7997

www.lemaydaa.com


Les Paysages VerduRoy inc.

160, rue Principale, bureau 402

Granby (Québec) J2G 2V6

Contact : Samuel Roy

450 777-0926

www.verduroy.com


Marie Frédéric,

architecte paysagiste

5301, rue Lafond

Montréal (Québec) H1X 3G6

Contact : Marie Frédéric

514 725-8055

LISTE DES BUREAUX

87


LISTE DES BUREAUX

Méta + Forme paysages

1302, rue Fleury Est

Montréal (Québec) H2C 1R3

Contact : André Émond

514 384-1114

www.metaforme.qc.ca


Michel Martel Paysagiste inc.

1101, rue Coulombe

Sainte-Julie (Québec) J3E 0C2

Contact : Michel Martel

450 649-4604

www.michelmartelpaysagiste.com


Michèle Soucy

Architecte paysagiste

4655, avenue De Lorimier

Montréal (Québec) H2H 2B4

Contact : Michèle Soucy

514 524-0074

www.michelesoucy.ca


Mousse Architecture de Paysage

5243, rue Clark

Montréal (Québec) H2T 2V3

Contact : Charlotte Gaudette

514 274-2897

www.mousse.ca


Ni Conception

15, avenue Cartier, bureau 2

Pointe-Claire (Québec) H9S 4R6

Contact : Katerine Beaudry

514 436-6468

www.niconception.com


NIPPaysage

7468, rue Drolet

Montréal (Québec) H2R 2C4

Contact : Mélanie Mignault

514 272-6626

www.nippaysage.ca


Objectif paysage

141, rue Messier

Mont-Saint-Hilaire (Québec)

J3H 2W8

Contact : Alain Baillargeon

450 464-5388

www.objectifpaysage.com

Option Aménagement

225, rue de Saint-Vallier Est

Québec (Québec) G1K 3P2

Contact : André Nadeau

418 640-0519

www.optionamenagement.com


Paysage Stuart Webster Inc

5010, rue Saint-Patrick, bureau 200

Montréal (Québec) H4E 1A5

Contact : Annie Robinson

514 876-0178

www.swdla.com


PDA_Les Paysages Ducharme

& Associés inc.

80, rue Hector-Joly

Blainville (Québec) J7C 0E2

Contact : Martin Ducharme

450 434-9600

www.paysagesducharme.com


Petrone Architecture Inc.

4501, rue Bishop

Longueuil (Québec) J3Y 9E1

Contact : Déline Petrone

450 676-8899

www.petronearchitecture.com


Richard Delisle, architecte paysagiste

2084, rue Des Tulipes

Carignan (Québec) J3L 5G2

Contact : Richard Delisle

www.richardbelisle.com


Robitaillecurtis

318, avenue Victoria, bureau 1

Westmount (Québec) H3Z 2M5

Contact : Sophie Robitaille

514 835-8363

www.robitaillecurtis.com


Sabiha Torun, architecte

et architecte paysagiste

459, rue Saint-Réal

Québec (Québec) G1R 1A5

Contact : Sabiha Torun

418 649-0028

Sandra Barone enr.

3355, chemin Queen-Mary,

bureau 612

Montréal (Québec) H3V 1A5

Contact : Sandra Barone

514 739-9257

www.sandrabarone.ca


Stantec - Gatineau

900, boul. de la Carrière, bureau 100

Gatineau (Québec) J8Y 6T5

Contact : Louise St-Denis

819 777-2727

www.plania.com


Stantec - Montréal

1080, Côte du Beaver-Hall,

bureau 300

Montréal (Québec) H2Z 1S8

Contact : Sébastien Pinard

514 527-7090

www.plania.com


Stantec - Québec

1220, boulevard Lebourgneuf, bureau 300

Québec (Québec) G2K 2G4

Contact : André Arata

418 682-3449

www.plania.com


StudioCAPT

7320, place Trevi

Brossard (Québec) J4W 3C8

Contact : Luc Osta

514 248-1666

www.studiocapt.com


Sylvie Godin Architecte Paysagiste

5482, 2 e Avenue

Montréal (Québec) H1Y 2Y3

Contact : Sylvie Godin

514 830-2530

www.archpays.ca


T.A.P. Trépanier Architecture

de paysage

483, bureau B,

Chemin Grande-Côte

Rosemère (Québec) J7A 1M1

Contact : Robert Trépanier

450 621-1555

www.paysagetap.com

88

PAYSAGES 2016


Turquoise design

4529, rue Clark, bureau 300

Montréal (Québec) H2T 2T3

Contact : Gilles Hanicot

514 569-6851

www.turquoisedesign.ca


WAA - Williams, Asselin,

Ackaoui et Associés Inc.

55, avenue du Mont-Royal Ouest,

bureau 805

Montréal (Québec) H2T 2S6

Contact : Malaka Ackaoui

514 939-2106

www. waa-ap.com

WSP Canada inc.

816, boulevard Guimond

Longueuil (Québec) J4G 1T5

Contact : Michel Fontaine

450 448-5000

www.wsp-pb.com/fr

Version Paysage inc.

5315, boulevard Saint-Laurent,

bureau 108

Montréal (Québec) H2T 1S5

Contact : Jean-Jacques Binoux

514 499-7083

www.versionpaysage.com


Vert Cube inc.

5795, avenue de Gaspé

Montréal (Québec) H2S 2X3

Contact: Karine Durocher

514 394-1079

www.vertcube.com

Le moteur de recherche trouvez un

architecte paysagiste vous permet

également d'obtenir les noms et

coordonnées des bureaux accrédités

ainsi que ceux de tous les membres

de l'AAPQ par région

→ aapq.org

LA CITÉ ADMINISTRATIVE

DE MONTRÉAL

PRIX NATIONAL | PRIX D’EXCELLENCE AAPC 2016

lemay.com

LISTE DES BUREAUX

89


QUAND LE BÉTON DEVIENT SOURCE D'INSPIRATION


INDEX DES ANNONCEURS

Aco Systems Giovanni Cugliandro 514 465-4726 11

Aecom Serge Poitras (Montréal) 514 287-8500 poste 8039 26

Agence Reliefdesign Jean-François Veilleux 514 500-3605 9

Agrébec Inc Francis Marchand 450 461-2552 6

Aménagement Côté Jardin Pierre Dagenais 514 939-3577 44

Aménagement Pavatech Stéphane Arsenault 450 434-0018 5

Atech Patrick Boisjoly 450 803-0808 62

Beaupré et associés Louis Beaupré 450 963-2220 poste 211 49

Béton Bolduc Inc. Pierre Demers 418 387-2634 15

Béton provincial Alain Croisetière 418 627-7242 85

Centre de distribution Beto-Bloc Joey Tutino 450 963-2562 27

Centre universitaire de formation en environnement et développement durable (CUFE) de l'Université de Sherbrooke 866 821-7933 49

Centura Québec Ltée. Mima Soares 514 336-4311 28

Éclairage Quattro inc. Benoit Turcot 514 929-5578 44

Équiparc Frédéric Thuot 450 346-1882 poste 208 16, 17, C4

Fahey et Associés Inc. Patrick Fabi 514 939-9399 poste 106 10

Groupe BC2 Kristopher Parent 514 507-3600 32

Groupe Permacon inc. Philippe Pinsonneault, ing. M.Sc.A. 514 772-3285 C2

Groupe Richer Stéphane Pigeon 800 363-5333 61

Groupe Rousseau Lefebvre Daniel Lefebvre 450 663-2145 poste 225 53

Langevin & Forest Département commercial 514 322-9330 53

Les couvre sols champêtre Yves Landry 514 222-4240 62

Les Membranes Hydrotech corp. Marjolaine Auger 514 353-6000 10

Les Sols Champlain inc. Alain Marchand 514 838-1620 85

Les Surfaces Carpell Jean-François Daoust 514 219-1325 9

Lumca Inc. Dennis Dion 877 650-1693 16, 17

Maglin Amélie Cadieux 855 494-6735 21

Matériaux Paysagers Savaria Émilie Chagnon 450 655-6147 poste 218 43

Objectif Paysage Alain Baillargeon FCSLA 438 386-6388 30

Option Aménagement André Nadeau 418 640-0519 92

Polymos Gérard Thomassin 514 453-1920 92

Rocvale Pierre Normandin 800 946-2797 90

Schréder Jean Lacombe 514 337-6440 poste 330 1

Services Intégrés Lemay et associés inc. Jean Vachon 514 787-3322 89

Soprema Marie-Anne Boivin 418 956-5710 85

Soucy Aquatik Stéphane Drouin 418 872-4440 31

Symbiose Paysage inc. Guy Gosselin 514 462-8309 62

Systèmes de clôtures OMEGA II 800 836-6342 60

Tessier Récréo-Parc Marie-France Tessier 800 838-8591 11

Turquoise design Gilles Hanicot 514 569-6851 85

Victor Stanley Emma Skalka 800 368-2573 C3

INDEX DES ANNONCEURS 91


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Sage Receptacle: Patents pending.

Freesia Bench: US Patents D710,624 S; D710,626 S;

D711,175 S; D726,473 S; D726,474 S; D727,669 S.

Canada 152499; 153910; 153911.

Sage réceptacle: En attente de brevets.

Freesia Banc: Brevets américains D710,624 S;

D710,626 S; D711,175 S; D726,473 S; D726,474 S;

D727,669 S. Canada 152499; 153910; 153911.

Keeping up appearances since 1962.

Sauver les apparences depuis 1962.

For over 50 years, Victor Stanley has designed, engineered, and manufactured timeless site furnishings so you can bring communities to life.

The Sage side-door litter receptacle, joins contemporary and functional design with enduring strength. We engineered Sage to withstand flexing and distortion

inherent in perforated sheet metal while keeping the design serviceable, long lasting, and attractive. Sage features two unique side-deposits,

a full interior steel frame, strong exterior panels formed from 11-gauge steel nested in solid-steel frames, and our signature friction-eliminating hinges.

Depuis plus de 50 ans, Victor Stanley conçoit et fabrique des mobiliers urbains intemporels qui vivifient les collectivités. La porte latérale de litière réceptacle Sage,

rejoint le design contemporain et fonctionnel avec une force d’endurance. Nous avons conçu Sage pour résister à la flexion et la distorsion inhérente à la tôle perforée tout

en conservant son design pratique, durable et attractive. Sage propose deux dépôts uniques situés sur le côté, un cadre intérieur complet en acier, des panneaux extérieurs

solides formés à partir d’acier de calibre 11 imbriqués dans des cadres en acier solide, et nos charnières éliminant la friction.

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