Euromaritime 2015 1

guetta93

E D I T O

D’un salon à l’autre... A la fin de l’année 2014, le

MIFA était présent sur le salon Euronaval qui fût un

grand succès, et qui montra surtout l’importance

présente et à venir des mers dans le marché de

la Défense. Et la présence de nombreux stands

étrangers venus des pays “émergents” fait naître

un double sentiment. Un enthousiasme tout d’abord

face à ces marchés à conquérir issu des besoins

nouveaux de ces Etats. Mais une crainte également

car ces pays sont aussi la source d’apparition d’une

nouvelle concurrence qui propose des solutions

innovantes et surtout plus compétitives face à la

nouvelle demande mondiale.

Et ce début d’année, commence avec le salon

Euromaritime dont la deuxième édition est très

attendue après une première qui fût un succès

notable. La mer, plus que jamais, est un marché

porteur au niveau civil et stratégique pris sous sa

dimension militaire.

Lors de ses voeux aux armées le 14 janvier dernier,

à bord du porte-avions Charle de Gaulle, le président

François Hollande a annoncé un ralentissement de

la baisse des effectifs de la Défense, suite à la vague

d’attentats que la France a connu entre le 7 et le 9

janvier. Le lieu de l’annonce hautement symbolique

– le porte-avions étant engagé dans la lutte contre

l’Etat islamique dans le Golfe – ne laisse guère de

doutes sur la tendance actuelle : revenir sur la

vulnérabilité de la Défense face aux restrictions

budgétaires. Avec l’idée sous-jacente que les

armées seront l’un de nos meilleurs remparts

face à la “guerre contre l’islamisme radical”. Un

vocabulaire, des annonces et des postures qui

remettent dans l’esprit de l’opinion publique la

réalité du rôle d’une armée nationale, à l’intérieur

même de ses frontières, et plus seulement sur des

théâtres d’opérations extérieurs, lointains et mal

compris.

Un bien pour un mal qui pourrait un peu plus

rapprocher les Français de leur armée. Lorsque

l’on voit les applaudissements nourris, lors de la

grande Marche républicaine, des Français pour

leur police, eux qui la conspuaient le plus souvent,

on peut penser – avec un peu d’espoir – que l’opinion

reconnaîtra mieux les qualités de dévouement et de

courage de ceux qui se battent sous nos drapeaux.

Et que l’on ne verra plus la Défense comme une

source d’économies budgétaires.

Bonne lecture

La Rédaction


Sommaire

005

Numero 17

Euromaritime 2015

SOFINS 2015

Edition Privée

LE M.I.F.A

est édité par la société

LMS CONSULTING

30 rue Edith Cavell

92411 Courbevoie

Vœux aux Armées 006

Interview Yves Joly 026

Membre de l’association des

journalistes de defense (AJD)

Contact :

01 76 72 01 26

info@mifamag.fr

Journalistes :

Damien DURAND

Interview Francis Vallat 032

Les forces spéciales françaises 038

PAO & Maquette :

Franck JAMY

La reproduction même partielle

des textes, photographies,

cartes, publicités

publiés dans « M.I.F.A. »

est interdite sans autorisation

préalable.

La Garde républicaine à cheval 044

Le point sur le profil type des jeunes

recrues en 2015 048

Photo couverture :

© Oleg_Zabielin - Fotolia

Littérature 052


006

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

007

Messieurs les Ministres.

Mesdames, messieurs les élus.

Messieurs les officiers généraux.

Officiers, sous officiers, officiers mariniers, soldats,

quartiers-maitres et marins.

Mesdames, messieurs.

Je suis déjà venu sur ce magnifique porte-avions pour

commémorer le débarquement de Provence. J’avais

décidé de vous retrouver à l’occasion des vœux aux

armées. Mais il se trouve que j’interviens devant

vous dans un moment exceptionnel, une épreuve que

traverse notre pays.

Nous avons été victimes d’une attaque terroriste sur

notre propre sol. 17 personnes ont été tuées par les

terroristes.

Des journalistes, parce qu’ils étaient journalistes.

Des policiers, parce qu’ils étaient policiers. Des

Juifs, parce qu’ils étaient juifs.

Je rends une fois encore hommage à ces victimes et

j’exprime ma compassion à l’égard des proches pour

leur dignité.

Face à l’épreuve qu’a connue notre pays le peuple

français a su réagir ; il a répondu par une solidarité,

une fraternité, une unité qui font la fierté de toute

notre nation et l’admiration du monde entier. Je tiens

également à saluer le comportement exemplaire des

forces de gendarmerie et de police qui ont, avec

courage, avec bravoure, avec professionnalisme,

neutralisé les terroristes et qui assurent

quotidiennement la sécurité de nos concitoyens.

Ces forces de gendarmerie et de police vont être

renforcées, sont déjà renforcées par les armées.

C’est une opération intérieure d’une ampleur inégalée

et considérable. Le plan VIGIPIRATE a été porté à

un niveau jamais atteint. 10.000 militaires sont

déployés sur l’ensemble du territoire national pour

en protéger les points les plus sensibles : les écoles,

les lieux de culte, synagogues, mosquées, églises ou

temples.

© Présidence de la République/Christelle ALIX

Source : www.elysee.fr

Le rythme du déploiement est lui-même exceptionnel,

inédit. En à peine trois jours le dispositif est passé

de 1000, c’était son niveau lundi lorsque j’ai pris

la décision, jusqu’à 10.500, ce sera le niveau des

effectifs ce soir. Jamais dans notre histoire récente

il n’y a eu un tel déploiement avec une telle rapidité.

La Défense nationale montre ainsi qu’elle remplit

parfaitement l’un des objectifs qui a été fixé dans le

Livre blanc et qui consiste à protéger notre territoire.

La capacité de notre armée lui permet donc d’assurer

dans un délai rapide - quelques jours - cette mission

de protection de nos compatriotes sans que l’armée

ne se confonde avec la police et la gendarmerie. Mais

la coopération doit être parfaite, elle l’est. Et c’est

bien ce que je constate puisque nos forces civiles

et militaires font preuve d’une réactivité et d’une

complémentarité en tout point remarquables. Je

tenais, aujourd’hui même, à vous en féliciter.

Nous devons répondre à des attaques venues de

l’intérieur, celles qui se sont produites pendant ces

trois jours terribles, mercredi jeudi et vendredi –

attaques de l’intérieur qui peuvent être commanditées

de plus loin puisqu’elles sont revendiquées par des

organisations terroristes que l’on connait bien.

Mais dans le même temps nous devons aussi conjurer

les menaces venant de l’extérieur, et elles sont

nombreuses. C’est le sens des choix que j’ai faits

au nom de la France pour réagir immédiatement à la

percée des terroristes au Mali. C’était le 11 janvier

2013. Mais c’est aussi le choix que j’ai fait pour

participer à la coalition destinée à frapper Daesh en

Irak. C’est une décision que j’ai prise l’été dernier.

En même temps que nous pouvons être présents,

soit sur le plan terrestre – c’est le cas dans le cadre

de l’opération Barkhane -, soit sur le plan aérien - ce

que nous faisons en Irak -, nous devons aussi soutenir

de la meilleure des façons ceux qui se battent en

première ligne contre les djihadistes. C’est la raison

pour laquelle nous avons livré des équipements

militaires aux Kurdes d’Irak et que nous aidons les

forces de l’opposition en Syrie qui se battent contre

l’Etat islamique.

© Présidence de la République/Christelle ALIX


008

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

Je continue néanmoins de regretter, je le dis devant

vous, que la communauté internationale n’ait pas agi

en temps voulu pour faire cesser les massacres en

Syrie et empêcher les extrémistes de gagner plus de

terrain encore.

C’était notamment à la fi n du mois d’août 2013,

début du mois de septembre, que la communauté

internationale aurait du déjà agir. La France était

prête ; les ordres avaient été donnés ; les dispositifs

étaient en place. Une autre voie a été préférée. Nous

en voyons les résultats.

La lutte contre le terrorisme c’est une affaire de

temps. Attendre est un péril ; se précipiter est un

risque. La France fait donc les choix judicieux. Elle ne

peut pas intervenir partout.

On nous demande de le faire.

Il y a tant de menaces, tant de dangers, tant de

terreur en Lybie, au Nigéria, mais la France ne peut

pas et ne veut pas d’abord participer à une action

qui n’aurait pas la caution des Nations Unies ; elle ne

veut pas non plus agir seule et de manière précipitée

ou aventureuse, car il s’agit de la vie des soldats.

Donc nous agissons aussi sur le plan politique pour

que des conditions puissent être trouvées par la

communauté internationale pour régler ces confl its.

Mais là où nous intervenons, là où nous agissons,

nous devons montrer une très grande détermination.

Cette semaine, le Charles de Gaulle part en mission

– est déjà en mission. L’appareillage de notre

porte-avions est un acte qui a du sens. C’est un

engagement. Le Charles de Gaulle c’est un instrument

de force et de puissance, c’est le symbole de notre

indépendance. Il manifeste la capacité politique,

militaire, diplomatique de la France.

Aujourd’hui, la situation au Moyen Orient justifi e la

présence de notre porte-avions. Grâce au Charles de

Gaulle nous disposerons d’informations précieuses,

de renseignements. Nous pourrons, si nécessaire,

mener des opérations en Irak avec encore plus

d’intensité et plus d’effi cacité.

© Présidence de la République/Christelle ALIX


010

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

011

© Présidence de la République/Christelle ALIX

© Présidence de la République/Christelle ALIX

Le porte-avions travaillera en étroite liaison aves

les forces de la coalition. Il nous donnera tous les

moyens d’une projection à tout moment en cas de

tension supplémentaire. C’est dire l’importance de la

mission que vous effectuez.

Dans le contexte que je viens de décrire au plan

international avec l’attaque qui s’est portée sur notre

propre territoire, vous êtes d’une certaine façon en

opération.

J’ai toute confiance en vous, dans l’équipage qui sert

le Charles de Gaulle. Je connais le savoir faire des

pilotes, des mécaniciens et des marins. Vous vous

inscrivez dans une longue tradition. Notre pays en

effet a toujours pensé qu’il y avait une stratégie à

mener avec l’aéronavale. Ce sont des visionnaires au

cours de la Première guerre mondiale qui en ont eu

la conception. Depuis, génération après génération la

France a fait en sorte de disposer de cet outil, outil

remarquable que vous servez.

La France est l’un des rares pays au monde capable

de mettre en œuvre une force aéronavale aux

compétences complètes avec un porte-avions à

catapulte.

Avec plus de 34 000 appontages depuis sa mise

en service, le Charles de Gaulle est une illustration

de la performance industrielle et technologique de

notre pays au service de sa propre défense. Mais

également de la performance de tous les personnels

qui servent sur le porte-avions.

La décision que j’ai prise de faire appareiller, avec le

ministre de la Défense, le porte-avions, a le sens que

je viens de vous donner. Il nous permet d’avoir une

influence sur la scène internationale.

La mission qui commence est donc aussi une réponse

au terrorisme. Nous lui faisons la guerre et donc

nous devons y mettre les moyens militaires les plus

adaptés face aux menaces.

Notre pays, le vôtre, consacre des ressources

budgétaires importantes à l’effort de défense. Nous

en voyons la traduction encore aujourd’hui. D’abord

des femmes et des hommes bien formés, bien

entrainés, bien commandés. Ensuite des outils de

renseignement permettant de relever le défi de la

cyber défense, enjeu majeur, des équipements de

haute technologie, le porte-avions. Enfin, une force de

dissuasion constamment entretenue et disponible à

tout moment, et l’aéronavale en est une composante

majeure.

Il y a, ce qu’on appelle, dans la marine l’esprit

d’équipage. C’est une belle expression l’esprit

d’équipage. Ca vaut pour toutes les armées mais cela

vaut aussi pour une nation ou pour un peuple. Nous

sommes un équipage nous aussi ensemble.

Qu’est-ce que ça veut dire, être un équipage ? Cela

veut dire agréger des hommes et des femmes qui

apportent chacune, chacun leurs compétences, leur

savoir-faire, leurs qualités, leurs origines, leurs

parcours, leur diversité.

La France doit être un équipage. Mais pour servir

les armées, il faut qu’il y ait un engagement militaire

continu ; nous avons besoin dans ces circonstances

de mobiliser tous les concours et d’abord des

militaires d’active. Car je ne vous apprends rien, il n’y

a pas d’armée sans les hommes et les femmes pour

la servir.

C’est pourquoi je suis avec le Premier ministre et le

ministre de la Défense, mais c’est ma responsabilité

liée à ma fonction de chef d’Etat et chef des armées,

je suis très vigilant, dans le contexte que je viens de

décrire, quant au niveau des effectifs militaires et

donc quant aux restructurations qui sont prévues.

La situation exceptionnelle que nous connaissons

doit conduire à revenir sur le rythme de réduction

des effectifs qui avait été programmé pour les

trois prochaines années dans le cadre de la Loi de

programmation militaire.

Ce rythme doit être revu et adapté. Je demande

donc au ministre de la Défense de me faire des

propositions, d’ici la fin de la semaine, en tenant


012

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

compte évidemment des nécessités budgétaires. Je

tiendrai un Conseil de défense sur cette question des

effectifs mercredi et je prendrai aussitôt la décision.

Voilà pourquoi les forces que vous constituez sont

si essentielles. Voilà pourquoi dans ce moment

particulier j’ai voulu que des décisions puissent être

prises pour que la France soit sûre que sa défense

est au rendez-vous et que vous vous soyez convaincus

que nous vous faisons confi ance pour permettre d’être

protégés et d’intervenir là où vous êtes appelés.

Il y a les militaires d’active, il y a aussi les réservistes.

Je veux ici aussi souligner leur rôle. Les réservistes

sont appréciés du commandement. Ils offrent aux

armées des compétences et un rayonnement dont

il serait hasardeux de se priver face aux tensions du

monde.

Je souhaite donc que les dispositifs sur l’emploi des

réserves soient améliorés pour permettre à tous

ceux qui ont une compétence d’apporter à nos forces

tout ce qu’ils peuvent offrir à la nation.

Ces échanges profi tent à tous ; aux entreprises, dont

sont issus ces réservistes ; aux armées qui sont

enrichies par cet apport ; et bien sûr aux intéressés

eux-mêmes qui vivent dans les armées une expérience

inoubliable.

Servir la France c’est ce que vous faites. Servir la

France n’est pas simplement une mission qui revient

aux seuls militaires ou aux seuls fonctionnaires civils.

Tout citoyen doit pouvoir être utile à son pays, où qu’il

soit, d’où qu’il vienne, quelles que soient ses origines.

Chacune, chacun peut participer à sa manière pour

redresser la France, la protéger, la rendre meilleure.

Le service civique est une très belle idée. J’ai annoncé

qu’il doit devenir universel. Il sera donc proposé à

tous les jeunes français qui en feront la demande.

Nos compatriotes ne manquent pas de civisme. Ils

en débordent même, chaque fois qu’on les sollicite.

Le vivier est immense et j’ai eu là aussi la fi erté de

le constater.

© Présidence de la République/Christelle ALIX


014

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

015

Prenons l’exemple de la lutte contre Ebola.

Cette terrible maladie. Des volontaires se sont

spontanément manifestés pour soutenir l’action que

nous avions engagée. Je veux féliciter tous ceux,

militaires et civils, qui s’impliquent sans compter

depuis le début de cette redoutable épidémie.

Notamment en Guinée où je me suis rendu et où j’ai

pu constater que face à un fléau, l’armée, toujours

l’armée, répond présente.

Je pense notamment aux hommes et aux femmes

du service de santé. Ils mettent toute leur expertise

au service de la lutte contre ce virus. Et leur action

remarquable a été saluée par l’ensemble de la

communauté internationale.

L’Afrique fait face à ce fléau, mais l’Afrique fait face

aussi à d’autres menaces, d’autres périls.

J’ai rappelé ce qu’avait été notre action au Mali ; elle

n’est pas terminée. Il y a deux ans, nous avons pris la

décision d’intervenir pour arrêter d’abord l’offensive

djihadiste, la réduire, et faire en sorte que le Mali

puisse retrouver son intégrité territoriale. C’est fait.

Mais en même temps nous devons continuer, avec

les forces des Nations Unies, avec l’armée malienne,

nous devons continuer à permettre la réconciliation,

le développement du pays et surtout empêcher la

résurgence des groupes terroristes.

C’est la raison pour laquelle, grâce à vous, des

opérations ont été récemment menées qui ont pu

déjouer les tentatives terroristes. Ainsi, en 2014,

l’année dernière, 200 djihadistes dont quelques chefs

importants ont été neutralisés par nos troupes.

Mais le cadre de notre action a également été élargi.

Il couvre maintenant le Sahel, de la Mauritanie au

Tchad pour renforcer les Etats de la région face

justement à ces menaces des groupes terroristes

qui se sont souvent repliés là où nous ne pouvons pas

les atteindre, notamment en Libye.

Commandées depuis Ndjamena au Tchad, nos

troupes de l’opération Barkhane sont maintenant

pleinement opérationnelles. Au sol comme dans les

© Présidence de la République/Christelle ALIX

airs, elles travaillent en parfaite osmose et en étroite

collaboration avec les armées des pays amis.

Nos forces spéciales, je veux aussi leur rendre

hommage, prennent depuis les premiers jours

une part primordiale en accomplissant un travail

remarquable.

Tout cet espace, nous en voyons, aux frontières, les

dangers. Je pense à ce qui se passe en Libye, au

Nigéria, avec ce groupe terroriste Boko Haram qui

décime des villages, des villes entières. Là encore

nous devons faire en sorte que ce soient les pays

eux-mêmes, les pays africains, qui assurent leur

propre sécurité. Nous devons les appuyer.

Nous devons quelquefois aussi intervenir lorsqu’il y a

des risques de massacre. Et vers qui se tourne-t-on ?

Toujours vers la France. En République Centrafricaine

ce fut l’opération Sangaris qui a été lancée il y a

treize mois en application d’une résolution unanime

du Conseil de sécurité.

Cette opération Sangaris a été, si je puis dire - mais

j’ai peine à le dire - un succès. Non pas parce qu’elle

n’a pas réussi – il y a eu des massacres, il y a eu

des morts – mais il y en aurait eu encore plus si

nous n’avions pas été là. Nous avons pu atteindre

nos objectifs et aujourd’hui il y a le déploiement d’une

force africaine qui a maintenant laissé place à une

force des Nations Unies.

J’ai donc décidé d’alléger notre dispositif en République

Centrafricaine. 2 000 soldats aujourd’hui, 1 700 au

printemps, 800 à l’automne prochain.

Ce mouvement s’exécutera en parallèle de la montée

en puissance de la mission des Nations Unies qui

atteindra, elle, 12 000 hommes. Je peux dire donc

qu’en Centrafrique nous avons fait ce que nous avions

dit, grâce à vous. Nous avons permis à ce pays, l’un

des plus pauvres du monde, de retrouver un début

de calme et d’apaisement, même s’il y a encore

beaucoup à faire.

© Présidence de la République/Christelle ALIX


016

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

Je félicite les militaires qui y ont contribué par leur

sang-froid. Aussi, sur proposition du ministre de la

Défense, un contingent spécial de la Légion d’honneur

et de la Médaille militaire viendra récompenser les

militaires s’étant particulièrement distingués sur le

théâtre centrafricain.

L’Afrique n’est pas le seul continent d’intervention

de nos armées. Sur l’ensemble du globe, 20 000

militaires sont en permanence déployés hors de nos

frontières. Dont la moitié en opérations extérieures.

Hier, conformément à l’article 35 de la Constitution,

le parlement a autorisé à l’unanimité, à l’unanimité, la

prolongation de la mission de nos forces en Irak. Cette

confiance qu’a donnée le Parlement au Gouvernement

pour agir, c’est une confiance qui vous est adressée.

Elle permet de donner à la France l’image d’un

pays rassemblé autour de son armée pour prendre

ses responsabilités. La lutte sera longue en Irak,

beaucoup pourraient considérer que c’est un combat

bien lointain par rapport à ce que nous vivons. Non,

c’est le même, parce que si nous arrivons à lutter

contre le terrorisme en Irak comme nous l’avons fait

d’ailleurs en Afrique, c’est aussi pour assurer notre

propre sécurité.

En Irak, à travers l’action que nous menons à partir

des différents territoires amis, les Emirats, la

Jordanie, ou de zones maritimes proches – le porteavions

jouera son rôle –, en Irak nous pouvons nous

ajouter aux forces de la coalition dont nous sommes

l’un des principaux protagonistes et permettre grâce

à l’opération Chammal d’obtenir déjà de premiers

résultats.

Le groupe Daesh, groupe terroriste qui occupe

une partie du territoire irakien, est en reflux ; mais

il y aura à poursuivre ce travail aussi longtemps

que nécessaire. L’objectif c’est de restaurer la

souveraineté irakienne sur l’ensemble du territoire.

Mais je n’oublie pas aussi toutes les autres missions

que nos forces réalisent à l’étranger pour préserver

nos intérêts, protéger nos ressortissants, lutter

contre le narcotrafic, contre la piraterie. Voilà

© Présidence de la République/Christelle ALIX


018

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

toutes les missions que nos armées remplissent :

protéger notre territoire, agir pour la paix, défendre

nos intérêts, assurer l’indépendance de la France,

respecter les engagements auprès de nos alliés ;

voilà tout ce que vous faites.

Pour mener à bien toutes ces missions, j’y reviens,

il faut des ressources et des moyens : c’est la loi

de programmation militaire. Je me suis engagé à

la respecter pour le chiffre qui a été affiché, 31,4

milliards, et ce chiffre-là est sanctuarisé.

Ce n’est pas simplement qu’un chiffre, c’est ce qui

permet de faire fonctionner nos armées et de les

équiper, c’est un ensemble de crédits budgétaires et

de ressources exceptionnelles. Ces crédits-là, ces

ressources-là seront strictement maintenues pour

que nous puissions atteindre tous les objectifs que

j’ai fixés pour nos armées. C’est ainsi que tous les

projets qui sont prévus par la loi de programmation

militaire en 2015 pourront se concrétiser. Je pense à

la commande des 12 avions ravitailleurs MRTT pour

l’armée de l’air, au lancement du grand programme

Scorpion pour l’armée de terre, à la rénovation de

11 ATL2 et à la commande de bâtiments de soutien

et d’assistance hauturiers pour la marine ainsi que

d’une centaine de véhicules pour les forces spéciales ;

tout sera exécuté comme il est prévu.

Quant au nouveau dispositif de financement qui

s’ajoute aux crédits militaires je veux qu’il puisse

être mis en œuvre dès cette année. Je parle des

sociétés de projets. Elles permettront d‘acquérir

du matériel dans des conditions plus souples, plus

fluides aboutissant à une mise en service rapide des

moyens dont les forces ont besoin.

D’ailleurs l’efficacité opérationnelle de nos matériels

militaires, c’est à la fois un atout pour notre défense

mais c’est également un atout pour notre industrie.

Parce que c’est un cercle vertueux : si nous produisons

de bons matériels, de bons équipements pour nos

armées, ceux dont vous vous servez, nous pouvons

à ce moment-là aussi les exporter vers des pays

que nous choisissons et qui nous choisissent et ainsi

© Présidence de la République/Christelle ALIX


020

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

conforter les emplois de notre industrie de défense.

En faisant en sorte que notre industrie de défense

soit l’une des plus performantes, nous favorisons

aussi l’exportation de biens productifs, de matériels

pour l’industrie civile et la France peut ainsi aussi

renforcer son économie.

Je sais que depuis plusieurs années et malgré l’effort

budgétaire qui est consacré, il y a des réformes qui

vous sont demandées et qui parfois nécessitent bien

des ajustements, bien des modifications, bien des

changements d’habitudes. Mais ça ne vaut pas que

pour les armées, ça vaut partout dans la société ;

mais pour les armées c’est vrai que cela crée aussi

une sensibilité particulière.

Je veux donc ici dire que sur ces équipements, sur

ces réformes, les équipements seront préservés et

les réformes seront faites. Mais il faut tirer aussi

quelques conclusions : il y a eu des échecs, je pense

au système Louvois dont les dernières cicatrices

ne sont pas encore fermées et je salue l’action du

ministre pour trouver des solutions. Le processus de

remplacement du logiciel défectueux est en cours et

il devra rentrer en première phase opérationnelle dès

l’an prochain pour être ensuite généralisé.

Je ne peux pas accepter que nos militaires puissent

connaitre le moindre retard, la moindre erreur dans

leur rémunération, c’est-à-dire dans leur solde. Il y

a trop de demandes qui vous sont faites pour qu’il

puisse y avoir la moindre négligence là-dessus. Et

s’il y a eu des erreurs qui ont été commises dans le

passé elles doivent être corrigées.

© Présidence de la République/Christelle ALIX

Je veux aussi parler de la condition militaire. Je

suis attentif avec le ministre à ce qu’elle puisse être

améliorée dans le cadre du Haut comité d’évaluation.

Il y a des réunions qui se tiennent du Conseil supérieur

de la fonction militaire et je suis toujours attentif à

ses conclusions.

Il se trouve que la Cour européenne des droits de

l’homme a demandé à la France de revoir son dispositif

relatif au droit d’association des militaires, c’est-à-


022

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

Vœux aux Armées

Toulon (porte-avions Charles de Gaulle)

023

dire à vos droits. Et après avoir mené une série de

consultations j’ai décidé de suivre les propositions

qui m’étaient faites par le conseiller d’Etat, Bernard

PÊCHEUR, et de prendre les dispositions qui devront

être traduites par la loi. Il y aura donc la préservation

des droits et des devoirs des militaires et en même

temps les prérogatives du commandement seront

sauvegardées. Une loi viendra bientôt intégrer au code

de la défense cette avancée sur la représentation des

personnels.

Il y a aussi tout l’effort qui est fait pour le monde

combattant – le secrétaire d’Etat est là. Les droits

des anciens combattants doivent être consolidés :

ils le seront. Des critères d’attribution de la carte

du combattant seront élargis avec ce qu’on appelle

la carte opérations extérieures à partir du 1er

octobre prochain. Je suis aussi attentif au soutien

des blessés, des conjoints, des grands invalides de

guerre et là encore des dispositions seront prises

pour améliorer leur situation.

Je veux aussi insister sur la réparation qui est due

aux Harkis, sur la meilleure prise en charge, aussi,

d’un certain nombre de situations familiales. Cela fait

partie, là encore, du devoir de la Nation à l’égard des

anciens combattants.

Je veux terminer sur une réflexion qui nous engage

tous. Nous sommes attachés, nous, la France, à

des valeurs : des valeurs de liberté, de démocratie,

de pluralisme, de dignité, d’égalité de la femme et

de l’homme. C’est pourquoi nous portons un idéal

partout dans le monde. C’est pourquoi nous voulons

vivre ensemble, avec ces valeurs de la République.

C’est aussi pourquoi vous menez un certain nombre

d’opérations.

C’est votre mission. Vous agissez au nom des

valeurs de la République et lorsque ces valeurs sont

atteintes, sont froissées, sont mises en cause par

des terroristes, alors il faut savoir se défendre. C’est

le rôle des policiers, des gendarmes, des magistrats ;

c’est le rôle aussi des armées lorsque la menace

vient de l’extérieur.

© Présidence de la République/Christelle ALIX

Une grande nation, c’est une nation qui a des

institutions solides. L’Armée fait partie de ces

institutions et l’Armée est au service de la

République. Elle participe donc de l’unité nationale.

Les Français savent qu’ils peuvent compter sur elle

pour assurer notre indépendance, notre défense ; ils

sont convaincus que pour promouvoir l’idéal que nous

portons tous, la force peut être un ultime recours,

même si la force du droit doit chaque fois être

recherchée.

Face au jihadistes, aux fondamentalistes, aux

terroristes, la France doit agir. Agir pour elle-même,

agir pour le monde, agir pour porter assistance aux

pays qui font appel à nous, dans le cadre du droit

international et avec un mandat des Nations unies.

Dans le formidable mouvement citoyen qui s’est

levé dimanche, notre peuple a voulu exprimer une

conviction, une force, un attachement. A la liberté

d’expression, à la démocratie, à la liberté tout court

et à la laïcité. Les Français ont dit très clairement que

pour que notre pays vive en paix, vive en démocratie,

vive en liberté, il fallait des journalistes pour parler,

pour écrire ; il fallait des dessinateurs pour dessiner ;

il fallait des policiers et des gendarmes pour les

protéger ; il fallait des militaires pour les défendre.

Tous unis pour défendre les valeurs de la République.

C’est parce que nous sommes dans ce moment-là

et c’est parce que nous sommes convaincus que

les valeurs que nous portons pour notre pays sont

essentielles – pour nous, pour l’Europe, pour le

monde – que nous devons nous rassembler, nous

réunir autour de ce qui fait notre identité, de ce qui

fait notre singularité, notre indépendance. Et il n’y a

pas d’indépendance, il n’y a pas de liberté, il n’y a pas

de démocratie qui ne doivent être protégées par une

armée. C’est la raison pour laquelle je vous exprime

ici, dans cette circonstance, dans ce moment où il y

a tant d’émotion, où il y a tant d’espoir aussi, et tant

de volonté de surmonter les peurs, je vous exprime,

ici, toute la reconnaissance de la Nation, toute ma

confiance pour les missions dont vous avez la charge.

Vive la République, et vive la France.

© Présidence de la République/Christelle ALIX


024

Ecritel

des infrastructures web sur-mesure

Ecritel est un fournisseur d’hébergement internet et d’infogérance pour les entreprises et les

administrations et collectivités territoriales. Son équipe de spécialistes de l’infogérance conçoit

et gère les infrastructures et architectures matérielles dans de multiples environnements

logiciels.

Interview d’Audrey Louail, Directrice Générale d’Ecritel.

Comment expliquez-vous le succès d’Ecritel ?

A.L. : « Ecritel a toujours fait de l’hébergement infogéré,

d’abord sur le minitel dès 1985 : c’est dire le chemin que

la société a parcouru ! Nous avons constaté que les offres

en mode cloud du marché étaient standardisées et peu

adaptées aux entreprises et au secteur public en termes de

services et de contraintes. Nous avons repris Ecritel par un

LBO en 2007 et l’avons développée en apportant un service

personnalisé à nos clients, avec une stratégie internationale

et une volonté de nouer des partenariats forts avec nos

clients. Nous leur concevons une architecture différenciée,

par exemple en fonction de leurs attentes et besoins. Nous

avons aussi su prendre des risques, nous avons été les

premiers à nous implanter en Chine, il y a 7 ans. »

Quels sont vos points forts ?

A.L. : « Notre offre produit est 100% dédiée ; nous

maîtrisons les suites logicielles e-commerce les plus

répandues ; nous administrons les sites avec des outils

bien adaptés, dans une recherche permanente de qualité.

Nos engagements prouvent la qualité de notre service

: nous garantissons le taux de disponibilité à 99,99%,

l’intervention (GTI) sous 15 minutes et le rétablissement

(GTR) sous 4h, et jusqu’à 30 minutes en période critique.

Nous assurons une continuité de ces services en 24/7/365.

Pour tout cela, les infrastructures s’adaptent aux besoins

et nous modulons les prix en fonction de la saisonnalité

des ventes. La souplesse constitue donc l’un de nos points

forts. »

Comment êtes-vous organisés ?

A.L. : « En France, nous sommes basés à Paris et Nantes.

Nous disposons de 2 Data Centers, soit 1 100 m 2

répartis sur deux salles blanches. Pour accompagner

nos clients à l’étranger, nous nous sommes implantés en

Asie, à Shanghai et Hong-Kong, à São Paulo au Brésil, à

Montréal au Canada et à New York, aux Etats-Unis. Ces

structures nous permettent d’assurer le service en continu

« follow the sun », sur tous les fuseaux horaires. La qualité

de nos prestations est directement liée au niveau de nos

collaborateurs qui sont tous certifi és ITIL (Information

Technology Infrastructure Library). Chez Ecritel, nous

veillons aussi à travailler dans une bonne ambiance. L’équipe

est de toutes nationalités, nous nous exprimons en anglais

et sommes ouverts aux différentes cultures ».

Contact et informations : www.ecritel.com

Ecritel et le développement durable

La société développe les valeurs attachées au

développement durable.

Une amélioration constante de l’efficacité

énergétique et de réduction de l’impact sur

l’environnement est recherchée, en équipant

les salles des dernières technologies de pointe.

Ecritel a opté pour la mutualisation des

ressources matérielles. Les avantages de la

virtualisation et du cloud sont nombreux. Cela

permet notamment la réduction de 20 à 30%

de la consommation énergétique. 40% de sa

clientèle est en infrastructure virtualisée.

Solidarité

Serveurs et postes de travail sont recyclés en

Afrique, dans une association burkinabé d’aide

à l’enfance pour laquelle Ecritel a construit un

cyber café et une salle informatique pour les

étudiants.


026

Entretien avec le VAE Yves Joly,

prefet maritime de la méditerranée

Entretien avec le VAE Yves Joly,

prefet maritime de la méditerranée

027

Autorité militaire et civile pour la Méditerranée, zone maritime stratégique, fermée par le

troisième détroit le plus emprunté au monde, le VAE Yves Joly s’appuie dans ses fonctions sur

un état-major opératif de haut niveau qui maitrise la complexité de la conduite des opérations

militaires et coordonne les opérations de protection dans le cadre de l’action de l’Etat en mer.

Amiral, vous avez pris vos fonctions le 1er

septembre 2013 ; avec ce recul d’une année,

quel est votre regard sur vos responsabilités

aujourd’hui ?

J’ai pris mes fonctions dans le contexte post-Printemps

arabe et au moment du pic de tension internationale

en Syrie qui s’est accompagné d’un fort impact

opérationnel en mer. Mes fonctions concentrent sur

un seul homme plusieurs responsabilités que j’exerce

en m’appuyant sur un état-major « pluridisciplinaire »

et très optimisé : il rassemble une mosaïque de

compétences civiles et militaires, et de savoir-faire

opérationnels, indispensables pour aborder avec

sérénité les nombreux défis liés à la diversité et à

la complexité de nos missions opérationnelles de

défense et de protection. Mes interlocuteurs, autorités

civiles et militaires sont implantés 9 départements

littoraux, soit près de 2000 km de côtes, ainsi que

sur l’ensemble des pays bordant la Méditerranée.

En tant que « commandant de cette zone maritime »,

j’exerce, sous les ordres directs du CEMA, via le centre

opérationnel de la marine (COM) à Toulon, le contrôle

opérationnel des forces armées déployées en Méditerranée

et en mer Noire. Nous sommes les experts de cette zone

complexe, riche d’opportunités mais aussi de tensions.

Elle est fréquentée par les plus grandes marines :

américaine, russe, française, italienne, espagnole,

britannique, mais désormais aussi chinoise, indienne et

brésilienne. La France y assume ses responsabilités : il

s’agit de préserver nos intérêts, d’intervenir si nécessaire

sur le plan militaire - notamment pour la protection de nos

ressortissants -, ou d’agir dans un cadre interministériel

pour la lutte contre les trafics illicites en haute mer ou

pour la gestion d’un accident maritime. J’ai également

la responsabilité de la surveillance de nos approches

maritimes qui s’appuie sur, outre les moyens aériens et

navals, un réseau de 19 sémaphores. Tout ceci nécessite

de déployer des navires, des sous-marins, des aéronefs,

pour entretenir notre expertise de la zone et anticiper

pour être en mesure d’être réactif dans les meilleurs

délais. J’ajoute que la coopération régionale avec les pays

riverains est également indispensable pour accroître

notre efficacité. En ma qualité de « préfet maritime », je

m’appuie non seulement sur le COM mais principalement

sur un autre centre opérationnel, le CROSS MED. Ce

dernier assure sous ma responsabilité la coordination

de 3000 opérations de recherche et de sauvetage en

mer chaque année. Il exerce également, avec le concours

de nos sémaphores, la surveillance de la navigation dans

la zone confiée à la France, espace particulièrement

fréquenté d’environ 115000 km². J’estime que notre

pays, Etat côtier qui voit passer au large de son

littoral un trafic maritime intense et varié, propose une

organisation souple, efficace et particulièrement réactive :

je dispose en permanence de trois navires spécialisés

dans le remorquage d’urgence et dans la lutte contre les

pollutions. Ces « Saint Bernard des mers » sont affrétés à

l’année par la marine ; c’est le COM Toulon qui assure leur

contrôle opérationnel ; là aussi, je relève que la boucle

courte, celle qui rattache le Préfet maritime au Premier

ministre par l’intermédiaire du Secrétaire Général de la

Mer, me procure un avantage opérationnel significatif pour

sauver des vies, maintenir l’ordre public, lutter contre

les trafics, préserver le milieu marin et protéger notre

littoral. Je suis enfin « commandant d’arrondissement

maritime » ; implanté sur la plus grande base de défense,

Source : http://www.colsbleus.fr/articles/3324

qui compte près de 25000 militaires et agents civils,

j’ai à ce titre des responsabilités territoriales. Il s’agit

de garantir en permanence la protection, la sûreté et la

sécurité de nos installations à caractère nucléaire, de nos

dépôts de munitions et de carburant et, si nécessaire,

de traiter les événements accidentels par le biais du

centre de traitement des crises (CTC) qui permet aussi

d’établir les liens inter-administrations indispensables.

Sous l’arbitrage du COMBdD, le personnel responsable

du soutien déploie un effort significatif et continu pour

appuyer nos capacités de projection de forces et de

puissance déployées depuis le port militaire majeur de

Toulon.

Quel est d’ailleurs le poids de la marine dans

la région ?

Le port militaire concentre une somme exceptionnelle

d’activités humaines, militaires, logistiques, nautiques et

industrielles variées et importantes que la base navale

coordonne pour les rendre compatibles en termes

de sécurité. Dans le bassin d’emploi du département

du Var, la défense est le 1er site industriel et le 1er

employeur. La marine pèse beaucoup dans ce bassin

d’emplois, en particulier sur le plan économique et social :

le maintien des performances militaires et nautiques

de la flotte, pour conserver des capacités disponibles

et opérationnelles, représente environ 450 M€ par

an dépensés au profit du tissu industriel régional de la

réparation navale. La construction et l’entretien de nos

infrastructures portuaires et opérationnelles nécessite

250 M€ d’investissement chaque année. Il faut aussi

faire fonctionner la base de défense avec 54 M€ par an,

loger le personnel et les familles … Ces budgets sont

autant d’investissements essentiels et nécessaires pour

la sécurité des Français.

À quoi ressemble votre quotidien, celui de

votre état-major opératif, et votre zone de

responsabilité ?

La permanence, la vigilance et l’action rythment

notre exigence au quotidien ! Autrement dit, nous ne

connaissons pas l’ennui … Le théâtre méditerranéen

est un espace unique au monde qui vit au rythme de

relations souvent amicales, parfois tendues, voire

conflictuelles sous tendues par des enjeux religieux,

ethniques, économiques et politiques. Cet espace,

formé par trois bassins, occidental, central, oriental,

dotés de gisements importants de ressources,

concentre toutes les coopérations mais aussi toutes

les tensions. C’est une mer fermée avec « trois portes »

qui font le lien avec l’Océan Indien, l’Océan Atlantique

et la mer Noire. C’est aussi une voie commerciale

bien plus rapide et économique que le contournement

de l’Afrique par le cap de Bonne Espérance. C’est

également une zone historique d’échanges entre grandes

civilisations et une zone de rencontre physique entre

trois continents. Il s’agit d’un espace stratégique de

première importance pour la France et pour l’Europe :

il est bordé par 25 pays riverains aux régimes et aux

maturités politiques différents. Cette zone est, de fait,

très militarisée : la puissance maritime s’y exprime et

s’y affirme tous les jours ; les forces navales de l’OTAN y

sont très présentes ; les marines américaines et russes

y fournissent un effort naval très important avec une

présence permanente de bâtiments de combat fortement

armés. Dans cette agitation permanente, la France reste

un acteur majeur, grâce à sa marine complète, polyvalente

et réactive. Le COM Toulon agrège d’importantes

données militaires, douanières, géopolitiques et

environnementales, collectées par les moyens déployés,

pour rester constamment en phase avec les dynamiques

stratégiques. Nous partageons aussi notre savoir-faire

et entretenons des liens précieux en coopérant avec nos

partenaires des rives de la Méditerranée : je pense au

Maroc, à l’Algérie, à l’Egypte, à la Tunisie, au Liban et à

nos alliés de l’OTAN.

Justement, quelles sont les interventions qui

vous ont le plus marquées depuis septembre

2013 ?

Nous pouvons et nous savons faire tout ce qu’une marine

de guerre et hauturière complète est en mesure de

proposer au Président de la République ou au Premier

ministre en coopération avec les autres acteurs de

l’action de l’Etat en mer. Il y a eu la mission de transport

opérationnel d’un BPC pour la relève en sécurité du

détachement « Daman » du contingent français de la Finul


028

Entretien avec le VAE Yves Joly,

prefet maritime de la méditerranée

www.maxp.fr

Licence professionnelle

au Liban. Je pense également à la lutte contre le narco

trafic, avec la saisie en septembre 2013 de près de 22

tonnes de cannabis à 600 km au Sud de Toulon. Nous

avons, sous très faible préavis, dans l’urgence et dans

un contexte de guerre civile, évacués des ressortissants

français et britanniques depuis Tripoli fin juillet, au moment

où la mer était la seule et dernière option possible.

Nous maintenons une présence navale en Mer noire

depuis cinq mois et en Méditerranée orientale depuis

deux ans pour préserver notre autonomie d’appréciation

dans ces zones d’intérêts prioritaires tournées vers

le Levant. Nous luttons aussi contre les pollutions

« marines » et nous nous entraînons régulièrement

avec nos partenaires italiens et monégasques dans le

cadre particulier de l’accord RAMOGE, avec le concours

de l’Espagne et de l’agence européenne de sécurité

maritime. Nous étions prêts à protéger le littoral corse

avec le BSAD Jason lors du transit de l’épave du Costa

Concordia, remorquée vers Gênes en juillet dernier. Nous

sommes aussi parés à engager une opération de contreterrorisme

maritime d’ampleur. A cet effet, l’action de

plus de 1000 militaires, dont celle des commandos

marine et du GIGN, dans le cadre de l’exercice « Esterel »

a éprouvée sous mon commandement la qualité d’une

organisation de type sécurité civile..

Quelle est votre conclusion ?

Je voudrais conclure sur le souvenir récent de la revue

navale du 15 août organisée à l’occasion du 70ème

anniversaire du débarquement de Provence. C’est un

symbole fort et l’expression de la fierté légitime des

acteurs qui ont contribué à son succès. La fierté de

présenter en quelques heures, au chef des armées et

à une délégation d’une trentaine de chefs d’Etats et de

Gouvernements, le panorama complet des capacités

que la marine met en œuvre tout au long de l’année. La

fierté, aussi, de synthétiser sur un événement digne et

populaire tout le savoir-faire des équipages dans l’action

quotidienne d’une marine utile, combative, qui prépare

l’avenir avec l’accueil futur des FREMM et des SNA

Barracuda. Je partage cette fierté avec tous ceux qui en

ont été les témoins ou les acteurs.

Propos recueillis par le CC Yann Bizien

Niveau II

Niveau V Niveau IV

Niveau IV

- Vente de produits et services énergétiques

- Gestion et maintenance des installations énergétiques

- Maîtrise de l'énergie et énergies renouvelables

Licence professionnelle

BTS FEE

Fluides, Énergies,

Domotique

Option GCF

Génie climatique

BTS TeCo

Technico-

Commercial

Spécialité

Énergie

Environnement

Mention Complémentaire

Technicien

en Énergies

renouvelables

Brevet Professionnel

Monteur en

installation de Génie

climatique

IT

Installateur Thermique

Technicien des

services à l'Énergie

Technicien d'études

en Génie climatique

Titre professionnel de Technicien supérieur

Technicien supérieur

d'études en Génie

climatique

Technicien supérieur

d'exploitation en

Génie climatique

Baccalauréat professionnel

TISEC

Technicien

en Installation

des Systèmes

Énergétiques et

Climatiques

Titre RNCP

Technicien de

maintenance en

équipements de

Génie climatique

Certificat d'Aptitude Professionnelle

FC

Froid et Climatisation

TMSEC

Technicien en

Maintenance

des Systèmes

Énergétiques et

Climatiques

Vendeur conseil

en appareils de

chauffage


030

ZODIAC MILPRO

Fournisseur référence de solutions

d’intervention nautiques

Entreprise française de référence et leader mondial de la fabrication d’embarcations semirigides

et gonflables militaires et professionnelles, Zodiac Milpro fournit les armées du monde

entier depuis plus de 70 ans. C’est grâce à la recherche permanente de la plus haute qualité

et selon les standards les plus restrictifs, que l’entreprise propose aujourd’hui des solutions

innovantes et des produits développés en collaboration avec ses clients pour convenir aux

utilisations les plus spécifiques. Tissus exclusifs alliance de CSM et néoprène les DURATANE ® ,

valves d’intercommunication, planchers gonflables haute pression (HPP) et matériaux de très

haute qualité font aujourd’hui la réputation de l’entreprise.

Ce savoir-faire unique a notamment permis à Zodiac

Milpro d’être sélectionné par la DGA (Direction

Générale de l’Armement) pour la réalisation des

Zodiac Hurricane ZH-930 ECUME (Embarcation

Commando à Usage Multiple Embarquables)

destinées à compléter les ZH-733 ETRACO des

commandos marine, déjà fabriqués par l’entreprise.

Plateforme multi-mission pouvant être déployée

depuis la plupart des navires, dont les patrouilleurs

hauturiers (OPV), les bâtiments amphibie (BPC,

TCD) ou les nouvelles frégates FREMM, les ECUME

peuvent embarquer une large gamme d’équipements

spécifiques à chaque profil de mission. Les ECUME

sont aérotransportables et aérolarguables sur les

théâtres d’opération à partir d’un C-130 Hercules

ou du nouvel A400M Atlas.

Véritable vitrine du savoir-faire français dans la

définition et la conception d’embarcation semirigides,

l’ECUME est d’ores et déjà une référence

en termes de capacités opérationnelles, répondant

à elle seule à de très nombreux profils de

missions ; de l’assaut mer à la mise en œuvre de

vecteurs sous-marins en passant par le poste de

commandement.

Héritier du groupe Zodiac, le groupe Zodiac

Milpro fourni notamment les embarcations FC

470 ® et Futura Commando (FC) qui complètent

une gamme composée des Grand Raid, ERB ou

HD. Les FC sont aujourd’hui utilisés par l’élite

des soldats sur les théâtres d’opérations les

plus complexes et considérés comme la référence

des embarcations gonflables. la gamme FC est

entièrement adaptée aux applications forces

spéciales telles que l’Underwater Caché (coulage

sous-marin de l’embarcation et de son moteur puis

remise en route de l’embarcation) tout comme aux

opérations d’aérolargage AirDrop / HéliDrop, au

déploiement rapide (kit de gonflage rapide CO2).

Certaines embarcations pouvant être équipées

d’une protection balistique. Cela donne aux FC la

plus grande capacité opérationnelle sur le marché.

Repoussant toujours plus loin les limites d’utilisation

de ses embarcations, Zodiac Milpro recherche en

permanence à augmenter le confort et la sécurité

des utilisateurs. Ainsi l’entreprise a développé sa

propre gamme de sièges suspendus avec entre

autres, la plus longue course de suspension sur

le marché (220 mm), une assise particulièrement

ergonomique et une extrême modularité grâce à de

très nombreux réglages.


032

Francis Vallat, Président d’honneur et fondateur

du Cluster maritime français, et Président du

« European Network of Maritime Clusters » Interview

Francis Vallat, Président d’honneur et fondateur

du Cluster maritime français, et Président du

« European Network of Maritime Clusters » Interview

033

Troupes délite rompues aux interventions dans des terrains d’action souvent extrêmes, les forces

spéciales françaises sont fortement sollicitées depuis plusieurs années. Dans un contexte où la

France multiplie les opérations extérieures face à des ennemis parfois difficilement identifiable

agissant hors des codes de la guerre classique, l’expertise des forces spéciales est un atout

précieux pour contribuer à la victoire militaire.

En décembre dernier, vous avez quitté, la présidence du

Cluster maritime français (CMF), que vous avez fondé

et dirigiez depuis 2005, C’est Frédéric Moncany de

Saint-Aignan qui préside aujourd’hui à la destinée du

CMF. Quelles auront été les grandes évolutions du

CMF que vous retenez après ces neuf années ?

Francis Vallat : Impossible de ne pas mentionner d’abord la

progression quantitative et qualitative demembres: de 30 à

l’origine à plus de 360 aujourd’hui, auxquels il faut ajouter les plus

de 250 membres des Clusters Maritimes d’Outremer. Le Cluster

rassemble des groupes et entreprises de toutes tailles,

des fédérations, des pôles mer, des laboratoires,

des centres de formation, des EPIC, des acteurs

économiques locaux...et aussi la Marine nationale.

Une progression qui a d’ailleurs permis de maintenir

quasiment le niveau des cotisations (une seule

augmentation, réduite, en 2008) tout en donnant au

CMF les moyens de son action. Tous les métiers de

la mer sont représentés depuis plusieurs années, y

compris maintenant ceux de la « nouvelle industrie

de la mer » : Energies marines renouvelables,

biotechnologies, marétique, grands fonds marins

etc. Très récemment des noms chargés d’histoire

ou des fi gures exemplaires du dynamisme

maritime nous ont encore rejoints. Je pense

à des entités aussi diverses que Airbus,

Akuoenergy, les marins pompiers de Marseille,

CNIM, Geogas, Zodiac, le port de Dunkerque,

les OPCA compétentes, ou encore les régions

Bretagne, Nord-Pas de Calais, Pays de la Loire,

le département de Charente Maritime, ou enfi n

le pôle Aquimer... De même, ce sont maintenant

1600 responsables de la communauté maritime

qui se retrouvent une fois par an aux Assises

de l’économie maritime organisées en particulier

avec nos amis et partenaires d’Infomer (en plus

de l’IFM et des Echos), et où participent aussi à

côté du gouvernement (premier ministre, ministres)

nombre de représentants des pouvoirs publics civils

et militaires.

De même encore, 250 de ces dirigeants se rencontrent

six à huit fois par an autour des nos buffets dits de

« networking », et près de 6000 cadres et dirigeants

ont participé à la quarantaine de groupes de travail

dont je vous parlais à l’instant. Tandis que ce sont près

de 400 coureurs ou supporters qui participent aux

« 20 kilomètres de Paris » sous les couleurs de notre

maillot de « l’Equipe de France du Maritime ». Enfi n,

j’y reviendrai sûrement, le CMF a suscité la création

de six Clusters Maritimes actifs et reconnus dans

les Outre-mer, et c’est également lui qui co-créé le

« Réseau Européen des Clusters Maritimes » (ENMC),

avec la volonté que soient pris en compte l’importance

et le poids du maritime dans les politiques et décisions

de l’Union.

Quelles sont vos attentes sur le salon

Euromaritime à venir ? Quels vont être les

grandes tendances et pourquoi ?

Francis Vallat : Le premier salon Euromaritime a été un

succès. Mais pour que nous confi rmions dans la durée,

nous nous devons d’amplifi er cette réussite. Dans

l’idéal nous aimerions augmenter de moité surface et le

nombre d’exposants, et faire mieux encore concernant

le nombre de stands étrangers. Et il n’est même pas

exclu que nous dépassions cet objectif ambitieux.

Pour mémoire, lors de la première édition en 2013,

nous avions reçu 5000 visiteurs pour 180 exposants

sur 2000 mètres carrés. De plus 140 intervenants

de haut niveau étaient intervenus lors des différentes

conférences proposées lors de ce salon, une

performance de haut niveau qui sera répétée.

“Le premier salon Euromaritime a été un succès,

mais nous nous devons d’amplifi er cette réussite ”

© Thierry Nectoux,


034

Francis Vallat, Président d’honneur et fondateur

du Cluster maritime français, et Président du

« European Network of Maritime Clusters » Interview

© Thierry Nectoux,

Nous allons aussi proposer différents moments forts

lors d’Euromaritime 2015. Une forte participation

gouvernementale à d’ores et déjà été confi rmée. Nous

nous attendons aussi à la venue de Commissaires et

d’élus européens, avec sans aucun doute à la clé des

rencontres et réunions de haut niveau, sans parler des

instances maritime françaises très importantes qui

ont prévu de se réunir à l’occasion et dans l’enceinte

d’Euromaritime..

Quels sont les enseignements que vous avez

tiré de la première édition pour préparer le

futur ? Quels sont les principaux besoins

auxquels le salon a répondu, et ceux à

remplir à l’avenir ?

Francis Vallat : Nous avions été ravis en 2013 car cela

avait marché au-delà de nos espérances. Bien sûr il

existe des pistes d’amélioration, majoritairement autour

des questions d’organisation : nous devons améliorer

nos espaces de réception, optimiser nos contacts B

to B... Mais le taux très important de renouvellement

de nos exposants pour l’édition 2015 nous montre que

nous avions su répondre à la plupart des attentes.

Pourquoi avoir créé un salon comme

Euromaritime ? Y avait-il un manque de

visibilité pour les secteurs concernés ?

Francis Vallat : La création du salon s’inscrivait en

plein dans la philosophie du Cluster Maritime Français

qui est de réunir le monde maritime dans toutes ses

composantes. Nous avions constaté qu’il existait des

salons à thèmes, mais qu’il n’y avait pas de salon

dédié à l’ensemble des activités maritimes de manière

transversale. Nous avons donc initié ce processus

qui en outre soutient et concrétise le concept de blue

growth, de croissance bleue , si important comme levier

de développement pour toute l’Europe..

Propos recueillis par Damien Durand


036

Bretagne Pôle Navale

BPN Cluster industriel au service des filieres

navales, energies marines renouvelables et oil & gas.

Dans une dynamique de progrès et un maillage du

territoire au service des entrepreneurs, BPN porte la

vitalité économique de 20 000 professionnels du domaine

maritime en Bretagne.

Capitalisant sur le savoir-faire et l’expertise de plus de

140 entreprises BPN réunit toutes ces compétences

et en assure la promotion et la valorisation auprès

des professionnels et d’un large public en France et à

l’international.

Les 3 clusters et les 2 commissions supports de BPN ont

une culture du résultat et une proximité avec les entreprises

essentielles à l’atteinte des objectifs. Fonctionnant en

mode projet chaque cluster et commission développe des

solutions novatrices et porteuses.

UNE STRATEGIE, UN OBJECTIF : LA COMPETITIVITE DES ENTREPRISES

DES ACTIONS CONCRETES

DES RESULTATS VISIBLES

Promotion et valorisation des entreprises Maquette numérique 3D « New Hybrid Boat »

Annuaire BPN

Plaquette technique Naval, Emr, Oil & Gas

Anticipation et Diversification

Ouverture à l’export

Développement et renforcement de l’expertise

Etude d’un schéma industriel type d’éléments d’éolien offshore

flottant

Benchmark pays, mission économique Oil&Gas

Salon de l’emploi et de la formation PRO&MER

L’éventail des métiers “30 métiers de passion et d’avenir”.

Autant d’actions permettant à BPN de rassembler les énergies et ainsi de favoriser l’aboutissement des projets au sein

des filières. Rejoindre BPN c’est intégrer la force d’un réseau de compétences efficient à forte valeur ajoutée.


038

Les forces spéciales françaises,

troupes de choc face aux nouvelles menaces

Les forces spéciales françaises,

troupes de choc face aux nouvelles menaces

039

Troupes délite rompues aux interventions dans des terrains d’action souvent extrêmes, les forces

spéciales françaises sont fortement sollicitées depuis plusieurs années. Dans un contexte où la

France multiplie les opérations extérieures face à des ennemis parfois difficilement identifiable

agissant hors des codes de la guerre classique, l’expertise des forces spéciales est un atout

précieux pour contribuer à la victoire militaire.

djihadistes. Une action qui sera couronnée de

succès au-delà des espérances puisque les forces

spéciales parviendront même à éliminer Ahmed

al-Tilemsi, « émir » et l’un des principaux groupes

djihadistes du Sahel, et dont la tête était mise à prix

pour 5 millions de dollars par les Américains. Une

opération qui s’est malheureusement aussi soldée

par la mort dans les rang des forces spéciales d’un

sergent-chef lors des combats.

Les forces spéciales, atout majeur dans les

nouvelles opérations extérieures françaises ? C’est

aussi la conception des autorités qui, en période

de disette budgétaire pour la Défense, ont décidé

au contraire de faire un geste pour renforcer leur

position et les protéger d’une restriction des

moyens alloués. La loi de programmation militaire

2014-2019 annonce ainsi les « coups de pouce »

dont les forces spéciales vont bénéficier : des

effectifs accrus de 1000 hommes, amélioration de

l’équipement avec la réalisation du programme de

transmission sécurisée « Melchior », des livraisons

de véhicules adaptés à leurs nouvelles opérations

(le programme d’ensemble VLFS/PLFS). Et, toujours

selon la loi de programmation militaire, l’ensemble

des forces aériennes Caracal seront regroupés sur

un seul site sous l’autorité du commandement des

forces spéciales.

Mais outre le renforcement toujours salvateur de

l’équipement et des effectifs des forces spéciales,

c’est l’ensemble de leur rôle au sein des armées

françaises qui est en train d’être repensé pour

mieux répondre aux nouveaux défis sur la scène

internationale. Un rapport de la Commission

des affaires étrangères, de la défense et des

forces armées du Sénat, publié en 2014, abonde

sans ambiguïté en ce sens. Principal axe de

© Maksym Dragunov - Fotolia

Une force de frappe en développement

C’est notamment au Mali dans le cadre de l’opération

Barkhane que les forces spéciales françaises

ont fait la preuve de leur capacité à s’adapter à

un territoire difficile et à infiltrer l’ennemi pour

mieux le maîtriser. Depuis fin octobre en effet, les

forces spéciales étaient la pièce maîtresse d’une

vaste opération menée dans le nord-est du pays,

dans la région de l’Adrar du Tigharghar. L’objectif ?

Démanteler un réseaux de combattants djihadistes

qui commençait à se reconstituer dans une zone

pourtant récupérée après d’intenses combats par

les forces de la mission Serval en mars 2013.

Sans attendre, les forces spéciales françaises ont

su faire le nécessaire. En effet, les combattants

islamistes ont réussi à se faire plus discrets

dans leurs déplacements et leurs communications

bannissant notamment le téléphone. Le repérage de

leurs actions en pistant leurs télécommunications

ou en faisant usage de drones était donc rendu

plus complexe. De l’aveu des forces spéciales,

loin des nouvelles technologies qui nourrissent en

priorité aujourd’hui le renseignement, c’est les «

renseignements humains » qui ont permis finalement

de démanteler toutes les velléités des combattants

© US Army Africa / flickr


040

Les forces spéciales françaises,

troupes de choc face aux nouvelles menaces

Les forces spéciales françaises,

troupes de choc face aux nouvelles menaces

041

souvent d’intervenir dans le cadre d’un contexte qui,

dans l’absolu, n’a rien de spécial. Une redéfinition

claire des missions, notamment sur les nouveaux

théâtres d’opération, permettrait une meilleure

gestion des forces, une économie d’énergie pour

les unités spéciales, et une meilleure cohésion

générale entre les différentes armées.

Autre point noir : même si les forces spéciales

vont voir une amélioration – peu fréquente dans le

contexte budgétaire actuel – de leurs équipements,

cette embellie ne se fait pas à proportion des

effectifs. Or, un militaire des forces spéciales

a nécessairement besoin d’un équipement de

pointe pour garantir l’efficacité de son action.

Les véhicules légers accusent en outre un certain

âge ou une usure prématurée due aux opérations

menées. Or les procédures d’appels d’offre pour

les remplacer imposent souvent des délais longs

pour renouveler l’équipement. Mais plus que les

véhicules terrestres, ce sont les hélicoptères qui

souffrent des conditions environnementales dans

le Sahel. Le Caracal souffre ainsi particulièrement

des conditions de chaleur de la zone, rendant son

efficacité amoindrie et les coûts de maintenance

renchéris. De plus les forces spéciales françaises

ne disposent pas d’hélicoptères lourds de

transports comme le CH-47 Chinook qui peut

transporter une quarantaine d’hommes équipés,

là où le Caracal ne peut en accueillir que 7...

Si la France veut continuer d’assurer l’efficacité de

ses forces spéciales, la mise au niveau est donc

importante. La loi de programmation militaire a

envoyé un signal positif. Place aux actes.

Damien Durand

© Oleg_Zabielin - Fotolia

renforcement envisagé : développer les moyens de

commandements des forces spéciales afin – maîtremot

de leur action – « d’anticiper » et planifier au

mieux les opérations spéciales. Dans un contexte

d’opérations spéciales où il faut agir vite face à des

groupes, pas nécessairement ni nombreux ni bien

équipé, mais très mobiles, la capacité à générer un

effet de surprise tactique s’avère largement plus

supérieur à l’importance des effectifs.

Objectif réorganisation

Radieux l’avenir des forces spéciales ? Pas si

sûr malheureusement... Car même si la loi de

programmation militaire se veut rassurante, et

que les opérations extérieures semblent mettre

en lumière l’apport décisif des forces spéciales,

les bonnes intentions seront difficiles à réaliser

dans les faits. Les 1000 effectifs supplémentaires

semblent en effet largement irréalisables,

les experts militaires tablant plutôt plus sur

700 hommes supplémentaires maximum. Les

observateurs indiquent même que plutôt que

de multiplier des recrutements qui finiraient par

amener à privilégier la quantité à la qualité –

dénaturant ainsi l’excellence des forces spéciales

– mieux vaudrait envisager de déléguer certaines

missions des forces spéciales à d’autres entités.

Ainsi, la DGSE, et notamment son « service

action » composé de 70 agents semblerait tout

à fait qualifier pour effectuer certaines missions,

et serait même à privilégier pour les missions

exigeant la clandestinité absolue. Mais un meilleur

usage des forces conventionnelles serait aussi une

vraie soupape pour les forces spéciales forcées

© Jerry Gunner / flickr


042

DEF Marine

le leader français de la détection incendie

se positionne pour l’avenir

DEF est devenu en un peu plus de 55 ans le numéro 1 français

de la détection incendie, au travers de tous les métiers que cela

recouvre : R&D, production, engineering, assistance technique et

maintenance. Fort de ses 1700 salariés et réalisant un chiffre

d’affaires annuel de 185 millions d’euros en 2013, le Groupe DEF

est devenu un partenaire incontournable dans le domaine de la

sécurité incendie. Il apporte notamment ses solutions innovantes et

personnalisées aux problématiques complexes dans le domaine de la

Défense et de la Marine nationale française.

Quelles sont les missions de DEF Marine ? Et

en quoi la Marine fait-elle appel à des besoins

particuliers par rapport au secteur de la

Défense en général ?

Basée à Massy, DEF est constituée d’un réseau d’agences

de proximité, dont certaines ont pour vocation de traiter des

projets spécifi ques, notamment pour la Marine ou encore la

Défense. Pour des raisons stratégiques et historiques, DEF

Marine est basée à Orvault, près de Nantes.

Les demandes issues de la Marine ne sont pas forcément

les mêmes que le reste du monde de la Défense, car

les contraintes et les souhaits des clients ne sont pas

nécessairement identiques.

A la base, les produits demandés sont les mêmes. Mais la

Marine a des exigences réglementaires plus nombreuses

que l’on ne retrouve pas « à terre ». L’environnement

maritime implique des contraintes très particulières

qui exigent de passer des certifi cations ou qualifi cations

supplémentaires, voire de procéder à des développements

spécifi ques pour garantir performance et pérennité des

systèmes installés.

Fournisseur de la Marine Nationale depuis 20 ans, DEF

Marine a acquis une solide expertise qui la positionne

aujourd’hui à la tête du marché français. Mais cela ne

se limite pas au marché national, DEF Marine équipant

également des pavillons étrangers.

Quelles sont les compétences particulières que

vous avez développées pour vous faire une place

dans un secteur aussi exigeant ?

Le savoir-faire que nous avons acquis est un juste équilibre

entre les produits que nous fabriquons et les exigences

fi nales attendues par le client. Nous développons des

produits qui, sans être des « moutons à cinq pattes »,

répondent à toutes les exigences environnementales de la

Marine : chocs, vibrations, ou encore air salin.

Grâce à notre équipe dédiée à la recherche et développement,

nous agissons également en amont, dès la phase de

réfl exion visant à proposer des fonctionnalités de produits

pertinentes. Lorsque cela s’avère nécessaire, nous avons

toutes les compétences pour personnaliser le produit selon

les besoins précis du client.

Et bien sûr, cela concerne tous nos clients, pas seulement

ceux issus de la Marine nationale. C’est une latitude et une

souplesse qui représente une véritable valeur ajoutée pour

DEF.

Depuis plus de 55 ans, le cœur de métier de DEF, c’est la

sécurité incendie. Cette expérience riche a permis à DEF

Marine d’acquérir les certifi cations exigeantes relatives à

l’environnement maritime. Au niveau de la Défense, DEF

représente environ 20% du marché national.

Quels sont les principaux défis que va devoir

relever DEF Marine dans les années à venir ?

Le secteur d’activité est en évolution constante et nous

devons systématiquement nous adapter aux nouvelles

technologies mais aussi aux évolutions normatives. Les

« EMR », énergies maritimes renouvelables, telles que

l’éolien et l’hydrolien, représentent notamment un enjeu de

taille pour les prochaines années.

Il s’agit d’un marché d’avenir lié à la transition énergétique

et les installations seront forcément amenées à respecter

les mêmes exigences que celles proposées aujourd’hui à

bord des bateaux.

Un autre axe de développement de DEF Marine est de

développer encore davantage son activité à l’export, en

dupliquant notre savoir-faire à l’étranger.

Sur quels grands salons vous verra-t-on cette

année ? Quels autres grands événements vous

donneront de la visibilité en 2015 ?

Le Groupe DEF sera représenté au salon Intersec de Dubaï

en janvier. Nous participons également régulièrement aux

salons portant sur les problématiques de la Défense et des

énergies renouvelables.

En outre, nous avons à cœur de privilégier les relations

de proximité en organisant régulièrement des matinées

thématiques sur différents sujets liés à la sécurité incendie.

Un évènement clé pour 2015 : la livraison du futur Ministère

de la Défense à Balard, protégé par DEF.


044

La Garde républicaine à cheval

l’excellence au galop

La Garde républicaine à cheval

l’excellence au galop

045

Fier destrier, sabre et casque étincelants, discipline de fer, synchronisation parfaite, le tout

dans une ambiance de célébration nationale ou de recueillement. La garde républicaine à

cheval renvoie l’image, dans l’esprit de l’opinion française, d’un mélange de corps d’excellence

et d’unité de prestige de la gendarmerie nationale. ur les tendances du marché mondial et les

orientations qu’il souhaite donner à son action.

effectuent aussi des missions assez inattendues :

ils patrouillent en effet en Basse-Normandie près des

parcs ostréicoles afin d’éviter les voles, nombreux, à

l’approche des fêtes de fin d’année ; de même, lors de

la période des vendanges, il n’est pas rare de voir des

gendarmes à cheval sécuriser les abords des vignes,

en cette période cruciale pour le prestigieux vignoble.

Pas moins d’une trentaine de communes, sur les 61

portant l’appellation « Champagne », ont ainsi vu arriver,

lors des dernières vendanges en septembre 2014,

les magnifiques destriers de race « selle Français »,

devenus maintenant familiers dans la région à cette

période de l’année.

Une formation d’élite, une renommée

internationale

Gendarmes avant tout

Mais le costume d’apparat et le cheval du régiment

de cavalerie de la Garde républicaine – qui compte

aussi des régiments d’infanterie et un escadron

motocycliste – ne doit pas cacher non plus les missions

de sécurité qu’assurent les hommes et les femmes

de la prestigieuse troupe. Loin de se contenter

d’accompagner les mondanités ou les cérémonies

militaires, ils assurent au quotidien des missions de

sécurité, où l’usage de leur cheval, loin de représenter

un affichage ou même un obstacle, est un atout dans

l’exercice de leur fonction. Intrinsèquement liée à la ville

de Paris –elle s’appelait d’ailleurs « Garde républicaine

de Paris jusqu’en 1978 – c’est principalement aux

abords de la capitale que l’on a le plus de chance

d’apercevoir la garde, aisément reconnaissable. Bois de

Vincennes, bois de Boulogne, forêt de Chambord sont

leurs lieux de patrouille privilégiés – la garde y possède

même des postes permanents – où la gendarmerie

à cheval optimise sa rapidité d’intervention, la

monture permettant de se déplacer au mieux, avec

plus d’efficacité qu’un gendarme à vélo, et à fortiori

qu’un véhicule motorisé. Mais ils assurent également

un soutien non négligeable lors des grands sommets

internationaux – où le risque terroriste est élevé – et

lors des événements sportifs ou culturels dans les

grandes enceintes. En province, outre des patrouilles

sur le littoral dans les principaux lieux de villégiature

des vacanciers, la Garde républicaine à cheval

Outre ses missions effectives sur le terrain la Garde

républicaine à cheval travaille aussi chaque jour son

excellence pour conserver sa réputation mondiale.

Une réputation due tout d’abord à sa taille : avec

480 cavaliers de haut niveau, mais gendarmes avant

tout, et quasiment 500 chevaux elle constitue la plus

grande formation montée de la planète, et est donc

un objet de rayonnement incontestable de la formation

militaire française. Elle est aussi un lieu de sélection de

très haut niveau pour les chevaux, dont les épreuves

pour pouvoir intégrer la prestigieuse formation n’ont

rien à envier à leurs cavaliers. Poids, taille, beauté

esthétique, pression sanguine, tout est scruté chez

les chevaux qui, à l’âge de trois ans peuvent prétendre

faire partie de la Garde républicaine à cheval. Pour

les « lauréats », direction Saint-Germain-en-Laye pour

deux ans de « débourrage » où le cheval sera soumis

aux premiers rudiments de ses futures fonctions,

aussi bien sur les exigences lors des représentations

honorifiques, que l’action rapide sur le terrain.

Les hommes ne sont pas en reste. Pour espérer

rejoindre un jour la prestigieuse formation – un

rêve de toute une vie pour de nombreux aspirants

– il faut dans un premier temps réussir le concours

pour devenir gendarme. Il faut ensuite compléter

ces premiers examens par des tests d’aptitude

équestres, et l’obligation d’avoir obtenu au préalable le

© Marc Caraveo/Flickr


046

La Garde républicaine à cheval

l’excellence au galop

« galop 5 », attestant d’un niveau avancé de la maîtrise

de l’équitation et du saut d’obstacle, de même que

d’une bonne connaissance de la morphologie du cheval.

Et ultime critère, parfois décrié car perçu comme

injuste et ne laissant aucune chance à celui qu ne le

respecte pas, mesurer au moins 1m70. Un critère

purement physique qui s’applique d’ailleurs aussi aux

femmes, qui représentent environ 10 % des effectifs.

Et l’excellence de la formation, permise par la

sélection drastique, permets aussi à la Garde

républicaine à cheval de briller « hors les murs ». Des

participations à des défilés militaires à l’étranger,

ou des spectacles sont ainsi couramment proposés

à la crème des gendarmes à cheval français, avec

parfois des situation hautement symbolique, comme

cette participation en 2011 de trente-cinq cavaliers

à un défilé... au Royaume-Uni. L’armée française qui

marche en terre anglaise ? Ne cherchez pas dans les

livres d’histoire, c’est une première, et c’est la Garde

républicaine à cheval qui a eu ce privilège ! L’un des

autres moments forts où le monde entier découvre la

qualité de la formation, militaire équestre à la française

n’est ni plus, ni moins que... les Jeux olympiques. En

2008, à Pékin (de même qu’en 1992 à Barcelone),

un gendarme à cheval est en effet venu défendre les

couleurs de la France lors de l’épreuve de dressage.

Mais ces événements mondiaux ne remplacent pas

dans le cœur des cavaliers le moment de communion le

plus fort avec les Français qu’ils peuvent vivre chaque

année – et qui montre à l’opinion toute l’élégance et

la discipline de ce régiment d’exception – la remontée

des Champs-Élysées lors du 14 juillet,

Damien Durand


048

Le point sur le profil type

des jeunes recrues en 2015

Le point sur le profil type

des jeunes recrues en 2015

049

Une armée qui pousse ses jeunes recrues vers toujours plus compétences et de professionalisation.

Mais, dans le même temps, des théâtres d’opérations extérieures nombreux, dans des conditions

difficiles, mobilsent une partie non négligeable de ces recrues. Comment évoluent la nature

des profils recrutés dans nos armées, dans un contexte de baisse sensible des effectifs ?

Comment allier compétences professionnelles et potentiel au combat ? A quoi ressemble la

“jeune recrue” en 2015 ? Le lieutenant-colonel Eric de Lapresle, chargé de la communication

du recrutement de l’armée de Terre répond sans détour à toute nos questions.

Quelles sont les grandes tendances pour

le recrutement ces dernières années,

face à une armée française entièrement

professionnalisée, soumise à des contraintes

budgétaires, et dans un contexte de

multiplication des opérations extérieures ?

Eric de Lapresle : Malgré les annonces de restructurations,

l’armée continue de recruter 10 000 jeunes chaque année,

ce qui fait de nous le quatrième recruteur de France.

Pourquoi ? Car 72% des militaires sont contractualisés,

il y a donc un turn-over permanent. Mais ce n’est pas la

seule raison. Pour partir comme aujourd’hui au Mali ou en

Centrafrique, nous devons avoir – au moins autant qu’avant

– une armée jeune, et en bonne condition physique. Cela a

changé depuis une vingtaine d’années. En effet à partir de

1996-1997, lorsque l’armée est devenue intégralement

professionnelle, il a fallu recruter massivement – de l’ordre

de 20 000 à 25 000 personnes par an – pour combler

la baisse des effectifs des appelés. Avec un recrutement

plus contraint, la nécessité de qualité est encore plus

importante. Et pas seulement au niveau physique d’ailleurs :

aujourd’hui 50% de nos engagés ont au moins le niveau

bac.

© archangel12 / flickr

“Nous restons sans doute l’un des employeurs

les plus exigeants”

Par retour d’expérience, pour pouvoir engager 10 000

recrues de qualité, il faut qu’environ 130 000 jeunes nous

contactent chaque année en remplissant un formulaire de

candidature. Atteindre ce chiffre est un vrai challenge. En

effet malgré la bonne image que renvoie l’armée auprès des

Français, ils ne sont pas forcément prêts à y envoyer leurs

enfants. C’est pour cela que nous travaillons autant que

possible notre communication. Nous avons par exemple

une page Facebook avec 500 000 fans, et des soldats

disponibles 24h/24h, tous les jours, pour répondre en

ligne aux questions des jeunes. Pour autant, nous restons

sans doute un des employeurs les plus exigeants puisque

nous faisons passer un processus de sélection qui dure 36

heures avec des tests physiques, médicaux, cognitifs et

psychologiques. Cela répond évidemment à la complexité

des théâtres d’opération qui nécessite de ne sélectionner

les plus motivés. L’armée de Terre n’est pas un choix par

défaut.

L’armée engage donc aujourd’hui moitié moins

de jeunes qu’il y a vingt ans. En quoi cela

modifie-t-il la nature des personnes recrutées ?

Eric de Lapresle : Il y a 20 ans, les armées entamaient

un processus de professionnalisation, c’est-à-dire qu’il

fallait remplacer les appelés par des engagés volontaires.

Il y avait donc besoin d’un volume conséquent de jeunes

français volontaires pour signer un contrat d’engagement

pour que les régiments puissent continuer à remplir leurs

missions au moment où la conscription était suspendue.

Depuis 20 ans, l’armée de Terre a évolué au rythme des

décisions politiques liées à des contraintes stratégiques

et financières. Son format s’adapte en permanence à ces

décisions. Le besoin annuel en recrutement en 2015 est

d’environ 10 000 postes.

La nature des personnes recrutées n’a pas

fondamentalement changé car si la nature de la guerre

évolue dans ses modes d’action, elle n’en demeure pas

moins un lieu où la rusticité, le courage, la volonté et la

détermination restent les facteurs clés du succès.

Hormis la jeunesse et les exigences physiques,

des compétences précises sont-elles

recherchées chez les recrues pour être plus

opérationnelles sur les nombreux conflits où

l’armée française intervient ?

Eric de Lapresle : Il y a une problématique que les

autres n’entreprises n’ont pas : nous devons demander

à nos jeunes de s’adapter aux exigences de la guerre,

sans possibilité de contourner l’obstacle, là où d’autres

entreprises peuvent davantage adapter leur processus

aux personnes qu’elles recrutent. C’est pour cela que nous

sommes très attentifs aux qualités morales, physiques et

psychologiques des jeunes que nous recrutons, et nous

imposons au moins un an de service avant d’envoyer une

recrue sur une opération extérieure. Un jeune ne part

pas sans une bonne formation de plusieurs mois. Nous

formons toutes nos recrues pendant cette période à ce

que nous appelons les “actes réflexes du combattant”.

Dynamiques, volontaires, rustiques, nos jeunes engagés

sont fières de servir la France. Avant de partir en opération

tous (cadres et soldats) suivent des périodes spécifiques

où ils sont briefés sur l’environnement l’histoire du pays où

ils seront envoyés, les différentes ethnies du pays...

Y a-t-il à l’inverse des profils qui se raréfient ou

qui sont chroniquement en tension ? Pourquoi ?

Eric de Lapresle : Très simplement, nous sommes en

tension sur tous les métiers recherchés par les entreprises

© Usage Afafrica / flickr


050

Le point sur le profil type

des jeunes recrues en 2015

pour la simple et bonne raisons que les entreprises et

l’armée cherchent parfois les mêmes compétences. Des

professions comme informaticien ou cuisinier posent pour

nous de vraies problématiques de recrutement. Idem,

pour le métier de mécanicien auto ou aéronautique qui

sont la cible d’employeurs comme Airbus. C’est pour cela

d’ailleurs que nous n’hésitons pas à faire de la publicité pour

le recrutement. Pour les métiers spécifiques à l’armée

de Terre, nous cherchons toujours, par exemple,des

météorologues ou des pilotes d’hélicoptère.

Il ne faut pas oublier non plus que les jeunes aujourd’hui ont

une spécificité : ils n’hésitent à postuler un peu partout,

à multiplier les envois de candidatures. Nous voyons

arriver des jeunes qui s’étant déjà présentés ailleurs nous

demandent “que nous offrez-vous ?” Ils nous considèrent

parfois comme “un employeur comme un autre”. Ils

viennent conscients que l’armée de Terre est un excellent

premier emploi, formateur et enrichissant.

“Jeune”, “en bonne condition physique” et

“capable de discipline” sont les caractéristiques

qui reviennent le plus à l’esprit quand on pense

à la jeune recrue type. Mais est-ce suffisant

pour durer aujourd’hui dans l’armée ?

Y a-t-il encore “de la place” pour les jeunes qui

n’ont pas de compétences professionnelles

réelles, mais qui respectent les conditions

physiques et d’état d’esprit ?

Eric de Lapresle : Dans l’armée de Terre il n’y a pas de place

pour un jeune qui ne fait pas preuve d’une vraie motivation.

Comment un jeune qui n’a jamais fait preuve de dynamisme

ou de détermination dans ce qu’il entreprend pourrait-il

être utile aux autres dans des situations dangereuses ?

Le diplôme n’est pas un marquant totalement déterminant

mais il nous assure que le jeune recruté a déjà fait preuve

d’une volonté d’atteindre un objectif.

L’armée de Terre n’est pas le recours de la dernière

chance, c’est au contraire un excellent tremplin pour

l’avenir, l’assurance d’acquérir un savoir-être et des savoirfaire

utiles pour la vie.

Les théâtres d’opérations extérieures se

multiplient, en plus d’être souvent extrêmes.

Cela fait-il apparaître de nouvelles exigences

de recrutement ?

A quelles compétences/traits de personnalité

devez-vous maintenant être attentifs, alors

que cela était de moindre importance il y a

vingt ans ?

Eric de Lapresle : L’armée de terre a toujours été très

vigilantes dans son recrutement. Le système de sélection

est particulièrement sélectif puisqu’il prend en compte

des critères physiques, médicaux, psychologiques et

cognitifs. Les engagements n’ont pas cessé depuis 20

ans et nos soldats se sont toujours faits remarquer pour

leurs qualités. C’est la consécration d’un système de

formation remarquable qui sait fédérer les énergies et

les volontés pour créer une communauté aguerrie et très

opérationnelle.

© Evan Bench / flickr

Propos recueillis par Damien Durand


052

Index des Annonceurs

Littérature

AFPA 029

AG SYSTEM 021

ASSIST 051

BORD SOL 047

BRETAGNE POLE NAVAL 036

BS ENVIRONNEMENT 051

BST 053

COTE DARGENT AUTOS 021

CPDP 037

DEF 043

DEZEEMAN 019

DOMETIC sas FRANCE 004

ECRITEL

025 - 4C

ENSAM 028

EQUISOL 047

ETSA 013

EUROPE ACCESOIRES 053

FAULHABER 009

FED 035

GROUPE AGENOR 051

HEKYOM 017

ISDEF

2C

LES CARRIERES DE L ATLANTIQUE 047

LOSBERGER 029

LYCEE MAXIMILIEN PERRET 029

MEDOC EVASION 051

MILIPOL

3C

VIBRATECH 054

ZODIAC MILPRO 031

Nous remercions la société Clinical IHT pour leur soutien

PIRATERIE MARITIME - L’Afrique à l’abordage !

Olivier d’Auzon

Avec le concours scientifique de Marc de RODELLEC du PORZIC,

Officier Supérieur de la Marine Nationale

Le drapeau noir flotte toujours sur les océans. Le Bureau

maritime international (BMI) a recensé plus de 4 000 actes

de piraterie dans les vingt dernières années.

Le rapport du BMI, publié en janvier 2014, indique que les

pirates ont été moins actifs sur les mers du monde en 2013.

264 incidents de piraterie ont été recensés l’an dernier,

confirmant le mouvement de repli observé depuis quelques

années, avec 297 faits observés en 2012 (-11 %) et 445 en

2011 (-41 %).

Le 8 décembre 2008, les forces navales européennes –

l’opération Atalanta – ont été déployées dans le golfe d’Aden

afin de protéger cette route maritime, primordiale pour

l’approvisionnement du monde occidental : chaque année

20 000 navires marchands transitent par cette zone et 2,2

millions de barils de pétrole y sont transportés chaque jour à

destination de l’Europe.

Outre les forces européennes, deux autres coalitions opèrent

dans l’océan indien : celle de l’OTAN, baptisée Ocean Shield

(quatre navires) et celle des Etats-Unis (six bâtiments). Sans

oublier plusieurs marines nationales : russe, chinoise sudcoréenne,

indienne, espagnole,

saoudienne, japonaise.

En 2014, chacun s’accorde à

dire que le succès de l’Atalanta

est indéniable. En un peu plus de

quatre ans après le début de la mobilisation internationale,

les résultats sont édifiants. Alors qu’au plus fort des actions

de piraterie, jusqu’à 50 navires de commerce et un millier de

marins étaient retenus en otage le long des côtes somaliennes,

en janvier 2011, on ne comptait plus que 36 bateaux et 720

membres d’équipage. Un chiffre qui est tombé à 4 navires et

108 marins fin 2013.

Par ailleurs, on ne saurait trop insister sur la généralisation

des « Best Maritime Practices », une série de bonnes

pratiques mises en oeuvre par la Marine marchande pour

éradiquer la Piraterie.

Et si la piraterie somalienne recule, à l’ombre des médias, les

actes perpétrés par les pirates sont en revanche en hausse

de l’autre côté de l’Afrique, aux larges des côtes du Nigeria

(31 incidents en 2013 contre 27 en 2012 et 10 en 2011).


054


056

More magazines by this user
Similar magazines