Haiti Liberte 19 Aout 2009

haitiliberte

LibertE

Justice

Vérité

Indépendance

Haïti: 1583 Albany 10 gdes Ave, Brooklyn, / Diaspora: NY 11210 $1.00 Tel: / France: 718-421-0162 2 /

Email: editor@haitiliberte.com Web: www.haitiliberte.com

Vol. 3 No. 5 / du 19 au 25 Août 2009 Haiti: 10gdes / USA: $1.00 / France 1.50 / Canada: $1.50

HAITI

Salaire minimum: Une

honte au Parlement

Coopération

haïtiano-Cubaine:

Remise de

diplômes à

55 nouveaux

médecins de

l’ELAM

Page 3

Voir page 4

Voir page 4

Près de cinq

millions pour un

chien de garde

Page 8

Source : discoverhaiti.com Haiti Liberté

Le billet vert distribué anbachal ont poussé les députés 38 d’entre eux, en fait, ont capitulé en votant le salaire

minimum de 125 gourdes pour satisfaire le président Préval et les patrons de la sous-traitance

Cette nuit d’août qui ébranla

le pouvoir esclavagiste

Voir page 5

Elections du

Fatah : Que s’estil

réellement

passé ?

Page 10

Chavez : Obama

pourrait attaquer

le Venezuela

Page 17

La cérémonie du Bois Caïman: prélude à l’insurrection du 21 août 1791 et à la guerre d’indépendance


HAITI

LiBERTé

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel. 718-421-0162

Fax 718-421-3471

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Tél: 509-3407-0761

Responsable:

Yves Pierre-Louis

Email :

editor@haitiliberte.com

Website :

www.haitiliberte.com

DIRECTEUR

Berthony Dupont

EDITEUR

Dr. Frantz Latour

RéDACTIon

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives

Fanfan Latour

Guy Roumer

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Wadner Pierre

Jean Ristil

CoLLABoRATEURS

Marie-Célie Agnant

Carline Archille

Jackson Rateau

Morisseau Lazarre

Jacques Elie Leblanc

Roger Leduc

Joël Léon

Claudel C. Loiseau

Anthony Mompérousse

Dr. Antoine Fritz Pierre

Pierre L. Florestal

Eddy Toussaint

Didier Leblanc

ADMINISTRATIon

Bernier Archille

Jean Bertrand Laurent

DISTRIBUTION: CANADA

Pierre Jeudy

(514) 727-6996

DISTRIBUTION: MIAMI

Pierre Baptiste

(786) 262-4457

CoMPoSITIon Et ARTS

GRAPHIqUES

Sonia Ostrovsky

Tel un couteau dans du beurre, le coup d’Etat de février

2004 s’enfonce davantage dans son œuvre de conquête du

pays tandis que sa répression morale se durcit encore plus.

Ce coup d’Etat qui engendra l’occupation du pays par les

puissances capitalistes traditionnelles sous le parapluie des

Nations Unies, à l’ombre des visées impériales du Brésil de

Lula aux commandes.

Si l’on considère les conditions que vit le pays à l’heure

actuelle, tels que la vie chère, la crise à propos du salaire

minimum, les réfugiés qui continuent de risquer leur vie

en haute mer, les besoins de la population ne laissent plus

aucun doute que ce gouvernement attaché à perpétuer le néocolonialisme

et qui a élevé la corruption et les pots-de-vin à la

dimension d’une institution nationale ne devrait plus exister.

Et pourtant il existe, malgré l’arbitraire, la détention illégale,

la torture et l’assassinat, financé et soutenu par les baïonnettes

de la force d’occupation de l’impérialisme et de ses alliés.

En effet, ce régime nous lance un défi mortel et tout ce

que nous pouvons attendre de lui c’est l’intensification de

l’exploitation dans l’intérêt des sociétés multinationales et

des industriels qui profitent grandement du pénible labeur

des masses. En liquidant nos richesses comme c’est le cas

déjà de la Hasco, de la Minoterie, du Ciment d’Haiti pour ne

citer que ceux-là, en ajoutant la Teleco dont on annonce cette

semaine la vente de 60 pour 100 de ses actions, la menace

potentielle s’est muée en un danger immédiat, si l’on prend

en compte cette déclaration triomphaliste du gouverneur de la

Banque de la République d’Haïti M. Charles Castel à savoir

qu’« Aujourd’hui, nous offrons une société nettoyée aux

investisseurs ». Or, cette propreté dont parle le gouverneur,

vient seulement du fait que le nombre d’employés de la Téléco

a été réduit de 4200 à 1200.

Signalons que l’une des raisons du coup d’état au

Honduras, c’est parce que le président Zelaya avait augmenté

le salaire minimum des ouvriers à plus de 60 pour 100, et

de plus il avait rejoint le camp progressiste de l’Amérique

Latine. En ce sens, le refus de Préval et de ses députés,

d’ailleurs tout à fait prévisible, d’octroyer les 200 gourdes

aux masses salariées haïtiennes, nous montre clairement son

caractère de classe. Car il s’agit de plaire aux patrons, en

l’occurrence les sociétés multinationales de l’industrie de la

sous-traitance. Ce sont eux que représente Bill Clinton, et

c’est dans cette optique que ce dernier a annoncé en grande

pompe la visite d’une délégation commerciale en Haïti en

octobre prochain. Ce sont eux qui dirigent les gouvernements

réactionnaires du monde. Dire que Clinton affirme qu’il ne

va pas lui-même s’immiscer dans la politique interne du pays,

qu’il est là seulement pour plaider la cause d’Haïti au niveau

international. Comme il est généreux ce fils d’empire ! Et

comme cette générosité nous est tombée dessus un peu tard !

Editorial

La recolonisation d’Haiti est inconcevable !

Par Berthony Dupont

Pourvu, toutefois, qu’elle ne nous étouffe pas…

Signalons, en passant, que lors du soi-disant Congrès de

l’unité de la diaspora, à Miami, on a fait déguerpir du podium

la première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis, en plein

discours, sitôt l’arrivée du Commissaire Clinton. On ne lui a

même pas laissé le temps de conclure son exposé. A son corps

défendant, elle a dû faire place à Lord Clinton qui d’ailleurs

n’était même pas encore prêt à s’adresser à l’auditoire. Ce

Clinton qui en 1995 n’avait pas voulu qu’Aristide récupère

ses 3 ans de coup d’Etat passés à l’extérieur. Et qui en 2001

a récidivé en mettant en place un embargo contre le pays en

prélude au coup d’état de février 2004 et à l’occupation qui

s’en est suivie.

Jusqu’à maintenant, la première ministre n’a fait

sortir aucune note de protestation contre cette humiliation.

Comment oserait-elle ? Elle, un laquais de Clinton. Elle

s’est peut-être même réjouie de devoir s’effacer devant son

maître, solidarité de classe exige! Par contre, au cours des

échauffourées d’ouvriers exigeant le salaire minimum de 200

gourdes, une voiture de l’ambassade américaine a été touchée.

Que pensez-vous qu’il arriva ? Le gouvernement colonial

haïtien, en bon laquais, s’aplatit de servilité pour rapidement

condamner cet «incident malheureux» et exprimer ses «

sincères regrets aux membres de la mission diplomatique des

Etats-Unis d’Amérique en Haïti ».

Cette politique inconcevable reflète justement une

certaine stabilité que recherchent les occupants pour renforcer

leur mainmise coloniale sur le pays comme l’indique cette

nomination de Paul Farmer par Clinton, qui n’est autre

chose qu’un jet de salive qui nous a été lancé au visage. Quel

pouvoir détiendrait donc Clinton pour faire des nominations

quand nous ne sommes pas une colonie ?

Les occupants n’ont pas fait un mauvais calcul, à l’arrivée

de l’échéance du 15 octobre 2009, date d’expiration du mandat

de la Minustah. Il faut bien trouver un énième prétexte pour

le renouvellement de l’occupation face à la mobilisation

populaire et aux organisations de masse qui en réclament sans

cesse la fin. Alors qu’aucun parti politique ou chef de parti,

aucune institution du pays, même le parlement, n’a jamais mis

en question les agissements de la classe dirigeante et de ses

alliés de la Communauté Internationale, ni protesté contre leur

façon de faire, au contraire le Président haïtien René Garcia

Préval, le colonisé, a eu à déclarer, satisfait, même heureux:

« Farmer est un ami de longue date du peuple haïtien. Il me

tarde de travailler avec le président Clinton, le Dr Farmer,

et tous les amis d’Haïti, en ce qui concerne nos efforts pour

créer de nouveaux emplois, renforcer les services essentiels,

construire des infrastructures et accroître la prospérité dans

tous les foyers haïtiens».

Bulletin d'Abonnment B

A remplir et à retourner à Haiti Liberté 1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210

Tel : 718-421-0162, Fax 718-421-3471

Etats-Unis

Tarifs d’abonnements

Canada

Nom: _________________________

Prénom: ______________________

Adresse: ______________________

Ville: _________________________

Etat/Pays: ____________________

Zip Code/Code Postal: ___________

Tél: __________________________

E-mail: _______________________

Modalités de paiement

Montant : $ ___________

Chèque Mandat bancaire

Carte de crédit

Numéro : ________________________

Date d’expiration : ________ /_______

Code de sécurité : _________________

Première Classe

$80 pour un an

$42 pour six mois

Deuxième Classe

$40 pour un an

$25 pour six mois

Amerique

Centrale,

Amerique du

Sud et Caraïbes

$140 pour un an

$80 pour six mois

$125 pour un an

$65 pour six mois

Europe

$150 pour un an

$80 pour six mois

Afrique

$150 pour un an

$85 pour six mois

Nous accordons un rabais spécial de 40% pour les étudiants et 20% pour les enseignants. Veuillez joindre à votre demande d’abonnement une photocopie

de votre carte d’étudiants ou d’enseignants. Ce formulaire est aussi disponible sur notre site www.haitiliberte.com

2

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009


Coopération haïtiano-Cubaine:

remise de diplômes à 55 nouveaux

médecins de l’ELAM

La cérémonie de remise de diplômes

à 55 nouveaux médecins haïtiens,

formés à l’Ecole latino-américaine

de médecine (ELAM) de Cuba

l’auditorium de la Bible qui

A se trouve à la Rue Capois, au

Champ-de-Mars, s’était déroulée

la cérémonie de remise de diplômes

à 55 nouveaux médecins

haïtiens, formés à l’Ecole latinoaméricaine

de médecine (ELAM)

de Cuba, le vendredi 14 Août

2009. Présent à cette cérémonie,

le ministre de la Santé publique et

de la population, Dr. Alex Larsen,

s’est félicité de cette coopération.

Actuellement, en Haïti on compte

2.9 médecins pour dix mille habitants.

Les nouveaux médecins

devront être déployés à travers la

République pour aider les responsables

de ce pays à améliorer les

conditions de santé des citoyens.

Pour cela, ces nouveaux médecins

doivent passer 1 an au service

social dans leurs communes

respectives.

« Aujourd’ hui nous assistons

à la graduation des 55 professionnels

de la santé, 55 médecins que

la Faculté de Santiago de Cuba a

préparés pour nous. Ces 55 médecins

ont élevé le nombre de professionnels

formés à Cuba à 544 depuis

la création de cette Ecole le 15

novembre 1999. Après la cérémonie,

ils vont entrer au service social et

nous allons les déployer à travers

la République. » a déclaré le ministre

Larsen.

Depuis sa création par le leader

révolutionnaire cubain, Fidel

Castro Ruz, en 1999, l’Ecole

latino-américaine de médecine

de Cuba a déjà formé 544 médecins

haïtiens, 211 font leur spécialisation

en médecine générale en

Haïti, 209 ont opté pour d’autres

spécialisations et 42 autres retournent

à Cuba pour se spécialiser.

La promotion sortante de 2009

compte 1,340 médecins venant de

45 pays de l’Amérique latine, de

l’Amérique du nord (Etats-Unis),

de la Caraïbe ainsi que de l’Amérique

; parmi eux se trouvent 55

Haïtiens.

Inaugurée à Santiago de

Cuba, le 15 novembre 1999, à

l’occasion du 9 e sommet des pays

hispanophones et lusophones de

l’Amérique latine et d’Europe,

l’Ecole latino-américaine de médecine

a déjà accueilli plus de

dix mille étudiants provenant

de continents différents. A l’ouverture,

ELAM accueillait 1,610

étudiants venant de 28 pays dont

Haïti. L’ouverture de ELAM fait

partie du programme intégral de

santé à travers lequel Cuba développe

sa propre coopération médicale

avec des nations de différents

continents, dans le cadre de la solidarité

Sud/Sud. La solidarité désintéressée

de Cuba à Haïti, depuis

environ une décennie embrasse

A travers Haïti

Des habitants de Cité

Soleil dénoncent les

occupants de l’ONU

Les responsables de la Fédération

des Vodouisants de Cité Soleil

(FEVOCS) ont véhémentement

dénoncé les agissements des représentants

de l’organisation des

Nations-Unies à Cité Soleil. Les

soldats de l’ONU sont les auteurs

de graves exactions, dont des actes

de cambriolage. Jean Sony Vatil

et Emilio Oscar qui sont respectivement

coordonnateur et secrétaire

général de la FEVOCS déclaraient

: « Les soldats de l’ONU,

déployés à Cité Soleil se comportent

en une véritable force d’occupation.

Ils sont coupables de graves exactions

et de violences gratuites à l’encontre

de la population. Ils ont brutalement

fouillé sans raison apparente

les résidences des riverains. Ils les ont

également dépossédés de leur argent

et d’autres objets de valeur qu’ils

possèdent. Ils sont même arrivés à

divers domaines, tels que : la Santé,

l’Education, l’Energie etc...

Le jeudi 13 Août dernier, lors

d’une conférence de presse donnée

la veille de la cérémonie de graduation

des 55 nouveaux professionnels

de la Santé, la doyenne de

l’ELAM, le Dr Carmen Garrido

a rappelé que le leader révolutionnaire

cubain, Fidel Castro Ruz

a célébré son 83 e anniversaire

de naissance ce 13 Août 2009.

Malgré son âge avancé et la maladie

qui l’accable, Fidel Castro

Ruz n’a jamais cessé de partager

ses idées, sa vision et son expérience

à travers des réflexions sur

le monde à des milliards de gens

qui l’ont régulièrement suivi.

cambrioler une maison d’affaires

(Bric-à-Brac) à Soleil 17, emportant

des bijoux et d’autres objets. Ils

n’appréhendent personne, mais ils

frappent délibérément les gens sans

qu’ils n’aient commis un quelconque

forfait. »

Après le coup d’Etat/kidnapping

du président Jean Bertrand

Aristide le 29 février 2004, Cité

Soleil et Bel Air ont constitué des

foyers de résistance, classés depuis

parmi les zones de non droit. Les

soldats de l’ONU qui s’y sont installés,

continuent à terroriser la

population qui fait face à toutes

sortes de problèmes.

Yves Pierre Louis

Le beurre d’arachide

‘Pur Mamba’, retiré du

marché canadien

Le mercredi 12 août dernier,

après la publication d’une

note de l’Agence Canadienne

d’Inspection d’Aliments (ACIA),

le beurre d’arachide haïtien ‘Pur

Mamba’ de la marque Pidy, fabriqué

à Saint Marc (Artibonite), a

été éliminé sur le marché canadien,

sous prétexte d’être contaminé

d’une substance toxique

identifiée comme l’aflatoxine.

L’Agence d’inspection ACIA

avise la population canadienne de

ne pas consommer le produit haïtien

‘Pur Mamba’. Selon la note

de l’ACIA, il s’agit d’une décision

volontaire et drastique de la part

de l’importateur du produit au

Canada, puisque aucun cas de

maladie ou de mortalité lié à la

consommation de ce produit n’a

été signalé jusqu’à date.

Cependant, le beurre d’arachide

haïtien ‘Pur Mamba’ est

toujours en vente en Haïti.

Grave accident

à Pétion-Ville

Dans la matinée du vendredi

14 août dernier, sur la Route

des Frères, à Petion-Ville, un véhicule

‘taptap’ remplis de passagers

dont les freins ont lâché a heurté

une camionnette Toyota causant

des morts et des blessés graves. Le

Service de la Circulation des véhicules

de la commune de Petion-

Ville n’a pas encore précisé le

nombre de victimes. Les personnes

décédées et blessées se trouvaient

à bord du véhicule ‘taptap’.

Les bandits armés

reprennent leurs

sales besognes à

Port-au-Prince

Mercredi 12 août dernier,

Philippe Carenard, ex-colonel

des Forces Armées D’Haïti

(FADH) et ancien commandant

adjoint du Pénitencier national a

été attaqué par des bandits armés

circulant à moto près de son domicile

à la ruelle Rivière, Port-Auprince.

Ces derniers l’ont criblé de 2

projectiles et ont emporté son argent.

Il a été emmené d’urgence

dans un centre hospitalier où il a

subi une intervention chirurgicale.

D’autre part, jeudi matin,

un ancien directeur général du

CAMEP a été attaqué devant sa

maison à Delmas 65 par des motards.

Il en est sorti sain et sauf.

Sur la route de Saint Marc, les

pirates de route ont attaqué un

autobus en provenance du Cap

Haïtien où les passagers ont été

vidés de tout leur avoir.

Jackson Rateau

R A B A I S ! ! !

LA MARQUE « DAN COW » VOUS OFFRE DU LAIT EN POUDRE (FULL CREAM MILK POWDER) ET DU LAIT ÉVAPORÉ (EVAPORATED

MILK) FAITS AVEC DU LAIT FRAIS DE VACHE. UN LAIT NON SEULEMENT PLUS FRAIS MAIS ÉGALEMENT PLUS AGRÉABLE AU

GOÛT QUE LE LAIT DE TOUTES LES AUTRES MARQUES. IL A ÉTÉ CERTIFIÉ PAR LE GOUVERNEMENT DES ETATS-UNIS POUR

ÊTRE LE MEILLEUR LAIT QUI SOIT.

ECONOMISEZ

49¢

RABAIS DE $5 SUR LE

“BASMATI PARBOILED

RICE”, RIZ DE LA MARQUE

CHAMPION. ON PEUT LE

CUIRE TRÈS RAPIDEMENT,

ET IL A MEILLEUR GOÛT QUE

LES AUTRES MARQUES

ECONOMISEZ $5.00 SUR

CHAQUE BOÎTE

RABAIS DE $5

SUR LES SACS DE 22 LIVRES

DE LA FARINE “ALL PURPOSE

BAKING FLOUR”, UNE MARQUE

CHAMPION FABRIQUÉE

AU CANADA

DEMANDEZ OU CHERCHEZ CES MARQUES OU LA MARQUE DU DR. ROBERTS DANS LES MAGASINS. ON TROUVERA CES PRODUITS AU 108-127

LIBERTY AVENUE À QUEENS, AU BLUE ANGEL FOOD STORE NO. 24, BROOKLYN TERMINAL MARKET (718-251-7374), AU CARIBBEAN SUPER

CENTER, 5111 WEST COLONIAL DRIVE, ORLANDO, FL (407-523-1308) ET AUSSI DANS LE NEW JERSEY ET AU CANADA. ENVOYEZ CES PRODUITS

À VOS PARENTS EN HAÏTI.

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009 Haïti Liberté 3


Salaire Minimum:

une honte au Parlement!

Le député Steven Benoît, au fond, qui

avait introduit la loi portant le salaire

minimum à 200 gourdes, déçu du vote

de ses collègues de la chambre basse…

Les grandes batailles menées

pour l’obtention du salaire

minimum, il y a des semaines,

ont valu à plusieurs militants

leur incarcération. Au nombre

de ces incarcérés, il faut citer :

Guerchang Bastia, Edouard

Edwige, Joseph Valcin et Hérode

César, tous des étudiants de la

Faculté des Sciences humaines.

Le jeu dangereux auquel se livrent

les responsables du Parquet

de Port-au-Prince, est semblable

au dilatoire souvent utilisé par

des députés du Parlement haïtien

: faire la chaise vide. Le 14

Août dernier, les prévenus ont été

conduits au Parquet du tribunal

de première instance de Port-au-

Prince pour être entendus. En

compagnies de leurs avocats, ils

ont passé toute la journée sans

être entendus. Ce qui a poussé

le professeur Hancy Pierre à s’exprimer

ainsi « Il n’y a aucune volonté

des responsables du Parquet

de prendre en compte le dossier

des étudiants. C’est une sorte de

répression subtile qui est en train

de s’installer. »

Le dilatoire est d’autant plus

brûlant qu’un avocat proche du

Rectorat de l’Université d’Etat

d’Haïti, eut à dire : « Je préfère

me taire, je ne sais quoi dire ». Du

dilatoire au milieu d’une tempête

de protestations pour exiger la

libération des détenus. Le pouvoir

exécutif haïtien est tellement

confortable dans ses positions,

étant soutenu par la classe dominante

haïtienne et par les pays

impérialistes occupants que nul

n’oserait soutenir la thèse de violation

des droits humains dans la

pays par les autorités, pas même

le RNDDH de Pierre Espérance

et les nombreuses instances de

l’ONU, l’OEA et des pays de la

Communauté européenne.

Voilà, quand les violations

des droits servent les intérêts des

puissants, il est urgent de taire

toutes dénonciations, cependant

quand ce sont les ennemis qui

se font ainsi accuser, alors les

tribunaux, les prisons ouvrent

grandement toutes leurs portes.

Au nombre des incarcérés figure,

Patrick Joseph, membre d’une organisation

dénommée. « Komite

pou remanbre Divivye », localité

de la Cité Soleil. Des membres de

cette organisation ont manifesté

leur désaccord avec les forces de

sécurité le vendredi 14 Août et

ont exigé la libération immédiate

de leur confrère.

Il faut rappeler pour l’histoire

que cette localité Duvivier

proche de Truitier, « haut lieu historique

», oú le CEP de Jacques

Bernard, de Max Mathurin, de

concert avec la Minustah, a célébré

la magouille consistant a

déverser dans des décharges, des

tonnes de bulletins pour mieux

effacer les preuves que le candidat

René Garcia Préval avait obtenu

la majorité écrasante du suffrage

exprimé, lors du scrutin présidentiel

du 7 février 2006.

Il faut reconnaître à l’actif

de ces populations, une énorme

capacité de vigilance, malgré

l’ingratitude du président face

à leur décisif acte : la dénonciation

devant le monde entier d’un

fait irréfutable que le CEP du 7

février 2006 était malhonnête,

corrompu ; que le peuple majoritaire

a voté à la majorité absolue

son candidat.

Qu’importe l’ingratitude du

président Préval, la constante doit

nécessairement être le pouvoir

par l’expression de la volonté populaire

dans l’acte souverain du

vote !

Dans cette cohue du temps

qui passe, les manifestations se

poursuivent pour exiger des autorités

l’application de la loi portant

le salaire minimum à deux cent

gourdes (200) et aussi la libération

des personnes incarcérées. Le

mardi 18 Août 2009, les employés

de l’administration publique victimes

des méfaits de l’application

du plan néolibéral : les employés

révoqués de l’APN, de l’ONA,

de la Téléco, du SMCRS ainsi

que les femmes victimes des coopératives,

ont manifesté. Cette

manifestation soutenue par les

étudiants, a concentré l’essentiel

des slogans contre le président

Préval, qu’elle accuse d’avoir appliqué

une politique totalement

néolibérale, niant et rejetant les

revendications des masses déshéritées.

Qu’en a-t-il été depuis au niveau

de la Chambre des députés,

qui avait osé mettre le feu aux

poudres dans ce dossier du salaire

minimum, après les échecs des

séances du 4 et 12 Août 2009 ?

Lors de la conférence des présidents

des commissions tenue le

lundi 17 août 2009, les députés

s’étaient entendus pour poursuivre

le débat sur le salaire minimum

le mardi 18 août 2009,

et ils auraient pu accoucher de

ce salaire minimum sans grande

douleur, grands dieux !

Malheureusement, leur

manque de patriotisme, leur inféodation

aux privilégiés d’ici et

d’ailleurs, leur tropisme (pour

beaucoup d’entre eux) pour le

billet vert distribué anbachal les

ont poussés à accepter l’inacceptable.

Au moment de mettre sous

presse, nous apprenons en effet

que messieurs et dames les députés

et députées, 38 d’entre eux en

fait, ont capitulé en caressant le

salaire minimum dans le sens du

poil du président Préval et des patrons

et ont voté en faveur de 125

gourdes. Quelle honte ! Trentesix

ont voté contre et trois d’entre

eux (plus rusés) se sont abstenus.

La bataille du salaire minimum

a mis à nu la société haïtienne

dans toute sa profonde

hideur, ses dirigeants en particulier.

Une société d’apartheid

dans laquelle les plus petits n’ont

aucun droit, même pas celui de

consommer l’essentiel pour la

subsistance individuelle. Dans

cette société piégée par des préjugés

de toutes sortes, toutes les

initiatives visant la libération matérielle

et spirituelle sont suspectes

et dangereuses, même un salaire

de misère de 200 gourdes.

La société haïtienne telle

qu’elle est aujourd’hui secrète la

misère, la pauvreté, l’exploitation,

l’injustice, l’indifférence le plus

naturellement du monde. Donc,

les masses n’ont même pas le droit

d’être spectatrices de leur propre

déchéance, leur initiative ne peut

être que la lutte, encore la lutte

et toujours la lutte.

Hervé Jean Michel

Les vendredis

de Fanmi Lavalas !

Le vendredi 14 Août 2009 a

été inauguré, à la Fondation

Aristide pour la Démocratie

à Tabarre, « les vendredis de

Fanmi Lavalas ». Il s’agit d’une

série de réflexions, de débats et

d’échanges sur la situation actuelle

de l’Organisation politique

pour pouvoir dégager des

perspectives d’avenir dans une

bataille socio-économique-politique

terriblement difficile.

Parmi les intervenants à

cette rencontre, il faut citer

entre autres, le docteur Maryse

Narcisse, coordonnatrice du

Comité exécutif de Fanmi

Lavalas et Lyonel Etienne ex-député

de Fanmi Lavalas, membre

dudit comité. Les deux étaient

parfaitement d’accord pour dynamiser

l’Organisation, promouvoir

des rencontres, débats dans

le cadre des initiatives du comité

exécutif et des multiples commissions

ainsi que la revivification

des cellules de base de l’Organisation

: les Ti Fanmi. Les

« vendredis de Fanmi Lavalas »

sont fondamentaux de l’avis des

participants à cette inauguration.

Le coup d’Etat du 29 février

2004, a donc été conçu pour dérouter

le pouvoir démocratique,

issu des idéaux du 16 décembre

1990 et pour détruire l’Organisation

politique Fanmi Lavalas,

instrument politique fondamental

de la majorité nationale. Pour

mener et atteindre ces objectifs,

les putschistes ont utilisé différents

moyens : l’argent, instrument

de corruption par excellence,

la violence, instrument

démobilisateur et déstabilisateur,

le mensonge, une arme

4

Haïti Liberté

idéologique fortement pervertie,

l’exclusion socio-politicoéconomique,

pour bien marquer

que les personnes qui gardent

leur fidélité à l’égard de Fanmi

Lavalas, soient condamnés à la

marginalisation absolue.

La stratégie sur laquelle les

forces anti-lavalasiennes fondent

leur « réussite » est le morcellement

axé sur la dissidence et le

reniement. Il faut toujours ventiler

une propagande selon laquelle

Fanmi Lavalas n’est plus

l’organisation politique majoritaire

du pays, étant déchirée

par le cancer et le venin de la

division. De nombreux petits

chefs ont été inventés grâce à

l’argent provenant de l’international

et des agents nationaux,

ils sont financés, tentant par

tous les moyens de recruter des

membres dans une situation de

misère et de désespoir absolue.

Aujourd’hui, on doit clairement

parler du malthusianisme

politique appliqué en

Haïti, précisément lors des sénatoriales

partielles des 19 Avril

et 21 juin 2009. La raison qui

pousse ces forces d’exclusion à

recourir à cette drastique mesure,

est la non certitude de l’efficacité

de toutes les méthodes appliquées

pour détruire Lavalas.

Ces forces n’étaient nullement

certaines de pouvoir empêcher

la population de voter Lavalas.

L’expérience du 7 février 2006

avec l’élection, par les masses

populaires lavalassiennes, du

président René Préval, est une

évidence notoire. Le président

Préval, lui-même, étant au coeur

de cette mouvance lavalassienne

Le docteur Maryse Narcisse, ( à droite)

coordonnatrice du Comité exécutif de

Fanmi Lavalas et Lyonel Etienne exdéputé

de Fanmi Lavalas

ne pouvait, dans le cadre de sa

politique d’exclusion de la majorité

nationale, lui offrir la possibilité

d’aller aux urnes.

Il n’y a pas de Lavalas, de

Fanmi Lavalas, sans l’unité

consubstantielle peuple- Aristide.

Le peuple majoritaire a exprimé

cette vérité fondamentale, il y

a longtemps. « nou menm ak

Titid se Lavalas ». Cette vérité

est devenue une évidence, une

constance, même après cinq

années qui ont suivi le coup

d’Etat du 29 février 2004. En

effet, cinq années plus tard, les

masses lavalassiennes gardent

toute leur ferveur dans cette

unité consubstantielle, malgré

tous les mépris, tous les refus et

toutes les condamnations. C’est

cette évidence qui a fortement

marqué les multiples réflexions

de ce vendredi 14 Août 2009.

Sur cette vérité Fanmi Lavalas

se légitime de plus en plus.

Une deuxième vérité a aussi

unifié les multiples points de

vue : la Fondation Aristide

pour la démocratie étant l’espace,

le lieu sacré qui inspire la

fierté et la fidélité lavalassiennes.

Aucun autre lieu ne peut être

Suite à la page 16

Recommendations

du GARR

Le Groupe d ’Appui au x

R apat r ié s e t R é f u g ié s

(GARR) réclame la formation

d’une commission d’enquête indépendante

autour des interventions

brutales des soldats de la

Minustah à Lascahobas. Dans un

communiqué publié le vendredi

14 Août 2009, le GARR exige : «

Au nom des principes fondateurs

de la charte des Nations-Unies

et la Déclaration Universelle des

droits de l’homme, garantissant

le recours à la justice, le GARR

réclame la création d’une commission

d’enquête indépendante

pour faire le jour sur les graves

incidents survenus à Lascahobas

entre les 3 et 5 Août 2009, au

cours desquels un jeune homme

de 26 ans, Ricardo Morette a

perdu la vie et environ une dizaine

d’autres personnes blessées.

Il est inacceptable que la

Minustah, pointée du doigt par

la population et les autorités locales,

dans les événements soit

elle-même la première à conduire

les investigations, en particulier

celles portant sur un cadavre

dont elle avait nié formellement

l’existence auparavant. »

Parallèlement, les habitants

de Lascahobas, ont également

Suite à la page 16

Comment va-t-on procéder

à la validation des 11

« sénateurs sélectionnés » ?

Le Sénat de la République

parait divisé autour de la

séance de validation des 11 sélectionnés

par le Conseil électoral

Provisoire (CEP), le 21 juin

dernier. Certains sénateurs réclament

purement et simplement

la démission du président

de l’actuel bureau, Dr. Kelly C.

Bastien, pour faciliter la formation

d’un nouveau bureau qui

pourrait être dirigé par le sénateur

le plus âgé pour tenir la

séance de validation. Pour sa

part, Kelly Bastien a fait savoir

qu’il n’est pas question de démission

: « Si je démissionne, le

vice-président, le sénateur Andris

Riché va me remplacer. » a-t-il

déclaré.

Andris Riché, le représentant

de l’organisation du peuple

en lutte (OPL) pour le département

de la Grand’Anse, pour

sa part, s’est dit prêt à prendre

le fauteuil de la présidence du

Sénat pour contrer le plan préparé

visant à faciliter la validation

des pouvoirs des sélectionnés

du 21 juin 2009.

S’appuyant sur les règlements

internes du sénat, le sénateur

de la Grand Anse a catégoriquement

rejeté l’idée de démission

du bureau et s’oppose du

même coup à l’entrée en fonctions

des prétendus nouveaux

sénateurs. Le vice-président de

la Chambre haute rappelle que

l’élection d’un nouveau bureau

est fixée au deuxième lundi du

Suite à la page 16

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009


Twa fèy, Twa rasin O!

Cette nuit d’août qui ébranla

le pouvoir esclavagiste

Par Fanfan Latulipe

«La violence ne s’incline que devant

une plus grande violence»

Frantz Fanon

Ils ne s’y attendaient pas, ces colons

maîtres des biens, des vies et

des destinées. Jamais dans leur suffisance

bête et inhumaine auraientils

pu imaginer que des nègres

jugés inférieurs, dépourvus d’intelligence

puissent se révolter, voire

s’organiser dans le plus grand secret

et orchestrer une insurrection

à même de causer des dommages

aussi étendus et massifs à leurs

propriétés de maîtres. Jamais auraient-ils

pu imaginer une si belle

intelligence organisatrice, un élan

collectif aussi puissant et si bien

coordonné, une force de vengeance

aussi destructrice. Jamais les colons

dans leur superbe et leur mesquine

étroitesse de vue n’auraient pu imaginer

que dans le secret de la nuit

corporelle des esclaves sommeillait

autant de rancœur, fermentaient

autant d’atroces souffrances qui

allaient finir par les révolter et les

porter à violenter leurs maîtres par

le fer, par le feu et dans le sang.

Les colons ne s’attendaient pas

à cette nuit volcanique qui a fait

sauter tous les verrous de la peur et

d’une apparente résignation. Cette

nuit du 21 au 22 août 1791 qui

remplaça pendant une dizaine de

jours les ténèbres de l’esclavage par

l’intense et immense rougeoiement

d’un feu ardent, destructeur et vengeur,

en gerbes et volutes incandescentes

de haine et d’assouvissement

de sentiments trop longtemps réprimés.

Oun jou pou chasè, oun jou

pou jibye, dit la sagesse populaire.

Les gibiers armés de coutelas, de

piques, de bâtons, de scies et de

tous autres instruments tranchants

ou contondants, s’en prirent avec

rage et sans doute avec satisfaction

aux chasseurs, dans sa chair et

dans ce qu’il avait de plus cher: ses

immenses plantations, sources de

richesses immodérées et insolentes.

Dans la nuit du 21 au 22 août

1791, les colons se sont réveillés

en sursaut, terrassés, épouvantés,

terrifiés par la violence d’un cauchemar

dont ils avaient été euxmêmes

les artisans. Et ce fut chose

horrible, et ce fut chose affreuse,

car la violence de l’esclave née de

celle, inouïe, sans borne du maître

n’avait épargné ni femmes ni enfants.

Les esclaves se vengeaient de

tous les supplices atroces que dans

leur cupidité et inhumanité leur

avaient infligés les faiseurs de richesses

pour la métropole. Depuis

longtemps, depuis trop longtemps

déjà mûrissait le grisou de la révolte

dans l’intimité de leur nuit corporelle.

Et c’est l’étincelle de la nuit

du Bois Caïman qui déclencha la

foudroyante explosion du 21 août

1791, éruption volcanique de colère,

de noir métal en fusion délirante

pour brûler dans les larves de la

colère les artisans de trois siècles

d’outrageuse et ignominieuse exploitation.

Selon Beaubrun Ardouin, «les

esclaves des habitations Chabaud

et Lagoscette avaient mal compris

les explications de Boukman. C’est

ainsi que dans la soirée [du 14

août], ils mirent le feu à ces habitations.

L’insurrection devait commencer

par l’incendie de ces palais

somptueux élevés sur des cadavres,

et de ces riches moissons arrosées

du sang de ces infortunés. On arrêta

quelques esclaves qui furent

exécutés avec promptitude, tant

on redoutait les aveux». Pourtant,

malgré les exécutions, aucun esclave

n’avait fléchi, aucun d’entre

eux n’avait trahi la cause, aucun

d’entre eux n’avait trahi ses frères

de classe, n’avait dénoncé les chefs

de la révolte. Et dans ce sens, l’interprétation

de Berthony Dupont

est, selon nous, correcte :«Ce qui

laisse à comprendre que cet incident

dans la nuit du dimanche 14 août

1791 n’était pas une erreur d’incompréhension

mais bien d’excitation

combative, une forme d’impatience»

(Jean-Jacques Dessalines. Itinéraire

d’un révolutionnaire. pp.50-51).

On peut aisément imaginer

comment cette irruption de

hordes d’esclaves en furie a créé

grand émoi et affolement au sein

des milieux esclavagistes, car ils

voyaient d’un coup leur source de

richesse largement, quoique partiellement,

détruite. Ils se rendaient

compte que la base matérielle de

leur pouvoir s’envolait, littéralement,

en fumée. La perspective de

perdre Saint-Domingue, la perspective

de «contamination» des

îles avoisinantes, la perspective encore

plus affolante de l’émergence

(avant la lettre) d’un pouvoir noir

qui les annihilerait physiquement

et politiquement fit perdre leur

sang-froid aux esclavagistes.

En effet, écrit Berthony

Dupont: «dans les premiers jours

de septembre au cours d’une séance

de l’Assemblée générale, le marquis

de Cadush suggéra de livrer la colonie

à la Grande Bretagne, seule

puissance capable, d’après lui, de

les sauver de la terreur des révoltés.

Pour combattre le soulèvement, les

colons passèrent à la répression sur

les conseils de l’Assemblée coloniale

du Cap. Les partisans de l’ancienne

noblesse s’unirent avec ceux de la

bourgeoisie métropolitaine pour arrêter

la fureur des masses populaires.

Les colons accusèrent les gens de couleur

et le gouverneur Blanchelande

d’être les instigateurs de la rébellion

des esclaves. Pour cela, ils massacrèrent

un grand nombre de mulâtres;

des esclaves furent tués, décapités…»

(ibid, pp. 51-52).

On voit bien comment l’étroitesse

d’esprit et la suffisance des

colons limitaient leur analyse et

appréhension de la situation. En

effet, bornés et aveuglés par leur

cupidité, ils ne pouvaient s’imaginer

des esclaves pouvant se réunir

dans le plus grand secret, orchestrer

et mettre à exécution une insurrection

qui allait être dévastatrice

pour le pouvoir colonial saint-dominguois,

avec les risques d’un embrasement

de toute l’île et potentiellement

une «contamination»

des îles adjacentes.

Il était impossible à des colons

assoiffés d’accumuler le plus de richesses

possibles, de comprendre

l’immense souffrance, l’infinie

amertume et le profond désespoir

d’êtres humains livrés aux caprices

et violences de la pire des exploitations,

l’esclavage. Le réveil des

esclaves et leur réaction indiquait

clairement un besoin d’air libre,

d’espace de liberté, d’urgence à

disposer librement de soi, sans

contrainte, sans terreur, sans violence

physique ou psychologique.

C’était aussi l’éveil à la vie, à une

vie digne, au sentiment qu’ils pouvaient

rêver d’horizons nouveaux et

qu’ils pouvaient se forger un avenir

meilleur. L’explosive insurrection

du 21 août 1791 montre comment

Boukman, le grand-prêtre de la

cérémonie du Bois-Caïman, avait

pleinement assumé ses responsabilités

tout au long de ces journées

et nuits qui ébranlèrent le pouvoir

colonial. Lors des affrontements

avec les forces ennemies qui avaient

quand même réagi, il se montrait

d’une rare témérité. C’était un vrai

leader dans toute l’acception du

terme, un vrai bravedanje, qui se

mettait à la tête de ses hommes

pour les mener à confronter violemment

l’ennemi de classe, à satisfaire

leur sentiment de vengeance

à travers la puissance dévorante

du feu destructeur, et l’éruption

tellurique de leur colère en furie.

Boukman paya de sa vie sa

bravoure et sa témérité à répondre

à la violence par la violence : il périt

en défendant le Fond Bleu, non

loin de l’Acul. En vain les colons,

après l’avoir capturé, lui coupèrent

la tête pour effrayer et terroriser

tout insurgé potentiel. En vain

exorcisèrent-ils leur propre frayeur

en exposant sur une des places publiques

la «Tête de Boukman, chef

des révoltés». Car les zombis qui arrosaient

la terre des plantations de

leur sueur d’esclaves avaient goûté

au sel de la révolte et de la liberté,

et leur audace avait favorisé l’émergence

des chefs rebelles nommés

Jean-François, Jeannot, Biassou,

Toussaint qui allaient prendre la

relève, et éventuellement la rentrée

en scène du plus grand parmi les

grands de nos meneurs d’hommes,

Jean-Jacques Dessalines.

De façon évidente, la nuit du

21 août 1791 et les jours qui suivirent

ne furent pas les dix jours

de la Révolution bolchevique qui

ébranlèrent le monde, encore que

Lénine lui-même ait passé plusieurs

années d’exil en Europe avant d’en

arriver à la prise du pouvoir en octobre

1917. N’empêche que ce 21

août de fer et de feu vengeurs représente

un jalon historique lorsque

la négraille s’est levée de toute la

taille de sa colère pour dire non à

la violence coloniale. Cette nuit

d’août qui ébranla le pouvoir esclavagiste,

Toussaint s’en est souvenu,

Dessalines s’en est souvenu,

les nègres libres depuis l’affranchissement

général mais redevenus esclaves

sur ordre de Bonaparte s’en

sont souvenus, et plus de deuxcents

ans après cette mémorable

insurrection, nous ne sommes pas

près de l’oublier.

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009 Haïti Liberté 5


Kwonik Kreyòl

Ayisyen pou Ayiti

Estchenm! Djebenis.

Estchenm! Djebenis.

M konnen Dje t ap toujou

benis. Se beni menm li beni

Ayisyen pou Ayiti demanti

manti ki sou do l.

Se pa manti sèlman ki manti.

Sa w pa di a konn pi gwo manti

pase sa w di ki pa vre a. Memsi

se yon diplis. Sa ki parèt la tou

konn manti si w konnen sa

moun pa wè a, se li ki verite, ki

fèt pou moun, nan enterè tout

moun, san lide klas.

Estchenm. Ou manti. Ayiti

pa pòv, ale wè pou l ta pi pòv

pase tout pòv. Si yon paladò vle

pwouve lekontrè, se pou l vin di

sa pakèt bank sa yo ap fè ann

Ayiti.

Si yon malere pwopagann

vire sèvèl li lanvè jis li kwè Ayiti

pòv vre, se pou l al mande tout

gwo rapò kote resous ekri, si

Ayiti pa te gen ase resous ayè, si

l pa gen ase resous jodi, anpil resous

menm, si l pa gen ase moun

(jis yo di l gen twòp) pou travay

fèt libe-libè. Mande malpalan

an kisa ki fè richès, e kote tout

richès Perle des Antilles la al

echwe. L a tou pwofite mande

gouvènè Clinton sa l ap vin fè

anplis Ayisyen pa ta ka fè.

Se la a, wi, m ap tchikinn tiboujwazi

a, pou l pran rèsponsabilite

l pale pou kaba manti

ki fèt kont pwogrè moun, kont

lapè ak la fratèrnite, kidonk kont

Ayiti.

Estchim, Ayiti pa pòv. Sa ki

manke se yon mo verite nou kite

yo fè nou pè, jis nou pa fouye

konnen ki touf lide ki dèyè jan n

ap viv la, ki domine sosyete n ap

viv ladan an, ki kreye divizyon

Ale nan page 18

Pozisyon 2 òganizasyon nan

Petyonvil sou sitiyasyon peyi a

Fas ak pil epi pakèt pwoblèm

peyi Dayiti ap konnen jounen

jodi a, iresponsabilite dirijan

yo ak menmiz gwo peyi

kapitalis yo kouwè : Lèzetazini

ap fè sou Ayiti, peyi ki pi pòv

yo nan kontinan Amerik la.

Oganizasyon fanm ak gason

an aksyon pou devlopman

(OFHAD) ak pilye jè konbatan

Petyonvil (PJCPV) te rele laprès

ak medya nan Petyonvil, jedi 6

out la pou yo te fikse pozisyon

yo sou divès gwo pwoblèm k

ap brase bil mas pèp la pandan

peyi a ap antre pifon nan twou

fènwa epi fè kèk rekòmandasyon

a dirijan yo. Men tout moun ka

konstate dirijan nou genyen lajounen

jodi a pa janm tande rèl

mas pèp la, se sèlman enterè boujwa

yo ak gwo peyi kapitalis yo

y ap defann pandan dwa travayè

yo ap pase anba pye. Prezidan

Ale nan page 18

Etidyan FASCH reklame liberasyon san

kondisyon 8 moun lapolis te arete yo

Nan konferans pou laprès etidyan

fakilte Syanzimèn k ap

sipòte 200 goud la kòm salè minimòm

pou ouvriye ayisyen yo k

ap bourike nan faktori soutretans

yo, te bay nan lokal Fakilte a, jedi

13 out la, te reklame san kondisyon

liberasyon 8 moun, pami yo

4 etidyan, lapolis te arete ilegalman.

Etidyan sa yo se: Guerchang

Bastia, lapolis te arete lendi 10

out pase a, nan Pak Endistriyèl

la,Edouard Edwige, Joseph Valcin

ak Hérode César lapolis te arete

mèkredi 12 out la, nan zòn Fakilte

Syanzimèm pandan yo t ap sòti

nan fakilte a. Etidyan yo denonse

zak gwo ponyèt sa yo ajan CIMO

yo ak sòlda fòs okipasyon Loni yo

te fè sou kanmarad nou yo.

Anplis arestasyon 4 etidyan

yo, ajan CIMO yo ak sòlda Loni

yo ki nan Ministah a te bonbade

Fakilte Syanzimèn nan ak gaz

lakrimojèn madi 11 ak mèkredi

12 out la, ki te genyen anpil konsekans

sou lavi etidyan yo ak moun

k ap viv nan anviwon Fakilte a.

Anpil ladan yo, timoun , jenn fi,

fanm ansent te endispoze anba

gaz lakrimojèn, se lopital yo te

kouri ak yo.

Plizyè pwofesè Fa k ilte

Syanzimèn, kouwè Hancy Pierre

kondane zak represif yo lapolis ak

sòlda Loni yo ap fè sou etidyan

yo nan peyi Dayiti. “Arestasyon sa

yo ilegal, sa montre libète moun

pa respekte nan peyi a. Otorite

peyi Dayiti yo ap pase dwa moun

anba pye.” Vandredi 14 out la, etidyan

sa yo ki te fèmen nan gadavi

komisarya Pòtoprens lan te

prezante nan Pakè tribinal sivil

Pòtoprens ak avoka yo, men pa t

genyen okenn komisè gouvènman

ki te vle tande yo. Aprè plis pase 5

kèdtan ajan penitansye nasyonal

yo te kondui 4 etidyan sa yo nan

prizon sivil Pòtoprens lan. Yon

sitiyasyon avoka yo di yo pa rive

konprann, paske moun sa yo yo

arete a depi mèkredi, yo gen plis

pase 48 tè, yo pa ka jwenn yon

jij ki pou tande yo, ki pou fouye

gade byen si arestasyon yo te byen

fèt, si yo te respekte lalwa. Sa a se

yon vyolans flagran konstitisyon

peyi a ak lòt lwa repiblik la.

Daprè anpil obsèvatè, etidyan

ki te nan inivèsite Leta a, nan lane

2003-2004, ki te antre nan mouvman

grenn nan bouda a (GNB)

lage kanmarad yo jounen jodi a

nan gwo pwoblèm. Yo te fè GNB

a pou yo te mete yon rejim represif

sou pouvwa a, ki pote mak fabrik

Préval/Pierre-Louis, ki voye lapolis

ak sòlda fòs okipasyon Loni an

fè represyon sou yo, poutèt y ap

manifeste pou reklame 200 goud

kòm salè minimòm pou travayè

ayisyen yo k ap trennen nan faktori

boujwa yo. Gouvènman Préval/

Pierre-Louis a k ap pwoteje enterè

boujwa yo prefere ap fè dilatwa ak

lwa depite ak senatè yo te fin vote

a. Etidyan yo ak plizyè lòt sektè

nan peyi a k ap defann enterè ouvriye

yo, yo te oblije akonpanye

travayè yo nan manifestasyon yo

t ap fè pou fòse depite yo rejte

objeksyon prezidan Préval la. Se

nan kad mobilizasyon sa yo, fòs

represiv Préval/Pierre-Louis yo ak

fòs okipasyon Loni an te arete etidyan

sa yo ak lòt militan kouwè

Patrick Joseph, yon militan òganizasyon

nan Site Solèy. « Komite

pou remanbre Divivye ». Plizyè

dizèn militan òganizasyon sa a

te fè yon leve kanpe nan kafou

Divivye a, vandredi 14 out la, pou

egzije liberasyon kamarad yo a san

pèdi tan. Abitan Divivye yo nan

okazyon sa a te fè prezidan Préval

sonje se yo menm ki t al dekouvri

bilten li yo, responsab KEP la

nan epòk la t al jete nan pil fatra

nan zòn lan. Se gras a popilasyon

Divivye a ki fè l la kote l ye a jounen

jodi a epi se nou menm l ap

arete al fèmen nan prizon ilegalman.

Pwovèb la di : « Granmesi

Chen se kout baton ». Abitan

Divivye yo di prezidan Préval ak

madan Pierre-Louis bat chen an

tann mèt li.

Manifestasyon etidyan yo anfavè 200

goud kòm salè minimòm pou ouvriye yo

Asosyasyon Peyizan pou devlopman

Fondèblan/Sen-Jil,

ki chita nan nevyèm seksyon kominal

Aken (APDFS) ap suiv

avèk anpil atansyon sitiyasyon

k ap devlope nan kapital la, sou

lwa depite ak senatè yo te fin vote

a, ki te pote salè minimòm lan a

200 goud. Nou konstate prezidan

Repiblik la, René Préval te egzèse

dwa veto konstitisyon 1987 la ba li,

li te fè objeksyon epi li te voye lwa

a retounen lachanm lan. Lè lwa

a te rive nan Chanm lan, depite

yo pa fè sa konstitisyon an mande

yo, nan atik 121 an yo prefere ap

fè tan pase yon fason pou yo pa

vote 200 goud la pou ouvriye yo

k ap bourike nan faktori yo ka

rale yon souf. Depite yo prefere

ap konplote ak patwon yo ki regwoupe

nan Asosyasyon endistri

Dayiti yo (ADIH) kont klas travayè

a. Nou menm peyizan ki fè

Rasanbleman RONMFL nan Sen-Jan-Bosko.

Rezo ògàn nasyonal miltiplikatè

Fanmi Lavalas

(RONMFL) te òganize yon rasanbleman

nan legliz Saint-Jean-

Bosco, vandredi 14 out 2009 la,

nan lokazyon premye anivèsè l

epi 218 tyèm anivèsè seremoni

Bwa Kayiman an, kote esklav yo

te deklannche yon batay kont

sistèm esklavajis la. Plizyè dizèn

militan RONMFL ak manm kèk

lòt òganizasyon te patisipe nan

rasanbleman sa a epi te genyen

delegasyon ki te sòti nan plizyè

komin nan depatman Lwès

la, kouwè : Leyogàn, Gresye,

Petyonvil, Kafou, Delma, Taba,

Site-Solèy elatriye.

Braselide sa yo te dewoule

sou sitiyasyon politik, ekonomik

sosyal peyi a ak fason òganizasyon

popilè yo dwe konprann

konjonkti politik la. Sou kesyon

politik la, patisipan yo te brase

lide sou esklizyon politik gouvènman

Préval/Pierre-Louis a

te aplike kont pati majoritè a,

Fanmi Lavalas epi reklame demisyon

KEP restavèk la ki genyen

nan tèt li, Frantz Verret.

Patisipan yo te kondane ajisman

sòlda fòs okipasyon Loni yo nan

peyi a, k ap mache touye pitit

pèp la, nan peyi a k ap manifeste

pou mande chanjman nan

kondisyon lavi yo. Yo kondane

zak kriminèl sòlda Loni yo te fè

sou Kenel Pascal devan katedral

Pòtoprens lan, Ricardo Morette

ak yon timoun 7 lane yo touye

nan laskawobas, etidyan yo k ap

reklame 200 goud kòm salè minimòm

pou ouvriye yo, y ap bonbade

chak jou ak gaz lakrimojèn.

Sou kesyon ekonomik yo, patisipan

yo mande depite yo ak senatè

yo vote 200 goud la pou yo

ka genyen konfyans popilasyon

an epi yo konnen byen ki repons

mas pèp la ka pote kont yo.

APDFS pote sipò l bay

ouvriye yo

Sou kesyon sosyal yo, yo

konstate chomaj, grangou, mizè

ap fin kokobe mas pèp la, gouvènman

Préval/Pierre-Louis a

pa fè anyen pou amelyore kondisyon

lavi popilasyon an. Lajan

peyi a ap gaspiye adwat agoch,

yo te mande ki kote 197 milyon

dola vèt yo te mete aladispozisyon

gouvènman Michèle Pierre-

Louis a.

Donk, patisipan yo te wè

gouvènman sa a ki la jounen jodi

a pap regle anyen pou mas pèp

la, se enterè boujwa yo l ap defann,

òganizasyon yo dwe aranje

yo, pou rekare batay la, pou yo

chanje chemiz pou moun ki te

swe pou yo. Patisipan yo te pwofite

okazyon sa a pou mande tout

lòt òganizasyon konsekan nan

peyi a mete tèt yo ansanm pou

konbat tout fòs fènwa yo ki anpeche

peyi a vanse.

pati klas travayè a, nou pa kapab

rete ap gade gwo konplo kriminèl

sa a, prezidan Préval ak akolit li

yo, depite yo pèp la te vote, pou

voye al defann enterè yo, ap pase

revandikasyon klas travayè a anba

pye yo.

Se nan sans sa a n ap pwofite

okazyon sa a pou n denonse ak

tout fòs nou masak k ap fèt sou

pitit pèp la nan Pòtoprens ak nan

Laskawobas, kote sòlda Loni yo,

nan minista te touye 2 konpatriyòt

nou e blese 6 lòt. Nou kondane

zak sa yo ak tout fòs nou, kote ke

dwa moun pa respekte, konstitisyon

an ba nou dwa pou nou

manifeste, lib e libè, konsa n ap

mande tout fòs pwogresis peyi a

kouwè peyizan yo, chomè yo, anplwaye

revoke yo, òganizasyon popilè

yo pote kole nan tout aktivite

k ap fèt pou n fòse depite yo vote

200 goud la, klas boujwa mal pou

wont sa a pa janm vle pataje pwofi

l, se toujou pezesouse, se konsa lè

pri kafe a te bese sou mache entènasyonal

la yo te lage n 2 bra

pandye, yo te kite dominiken pase

anbachal vin achte l nan men nou.

Poukisa pèsonn pa t pale pou nou

yo te touye kochon kreyòl nou yo,

yo pa t di anyen.

N ap sipòte tout depite ki

kanpe bò kote pèp la, ki prè pou

vote 200 goud la. Tout depite ki

pa vote 200 goud la nou menm

peyizan yo n ap voye yon pinga

ba yo, pou n di yo eleksyon yo pa

lwen rive, se nan chimen jennen

yo kenbe chwal malen. Nan sans

sa a n ap mande pèp la veye yo,

kale je n pou n ka wè kiyès k ap

defann klas travayè a ak peyizan

yo. Nou menm nan APDFS, nou

mande liberasyon san kondisyon

tout etidyan lapolis te arete nan

kad mobilizasyon anfavè 200

goud kòm salè minimòm nan. Si

sa pa fèt n ap mande tout peyizan

nan 4 kwen peyi a leve kanpe epi

rete tann tout lòt modòd kouwè

grèv ki genyen pou fèt la.

N ap fè tout popilasyon an

konnen Asosyasyon Peyizan yo

ap reflechi pou konnen ki repons

pou bay konze sa yo.

Viv lit klas travayè a ! Viv 200

goud pou ouvriye yo ! Aba tout

restavèk boujwazi !

Pou Komite a : Faublas

Rospide Président, Pierre

Thélémaque Vice-Président,

Lazard Guirand Délégué et

Rospide Pétion Porte-parole

6

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009


Myrlande Manigat (à droite) dont le rêve

est de prendre la revanche pour son

mari, le Professeur Leslie F. Manigat

Si certains candidats à la présidence

de la République

d’Haïti, pour le scrutin de

2010, préfèrent prendre tout

leur temps avant de se déclarer,

d’autres, impatients sans doute

d’en découdre avec leurs adversaires

historiques, commencent

à s’y préparer, histoire peut-être

d’occuper le terrain, car ils savent

que la route sera longue.

Depuis quelque temps, en effet,

on observe çà et là quelques

mouvements dans le milieu des

groupuscules politiques haïtiens

en vue de constituer une sorte

de rassemblement dans la perspective

du scrutin présidentiel

de l’année prochaine. Des leaders

politiques qui n’ont jamais

daigné se rendre en province

pour rencontrer la population

se donnent aujourd’hui, la peine

de s’y rendre. D’autres essayent

au moins de se rapprocher des

milieux qu’ils fuient comme de

la peste et ce, depuis l’indépendance.

Tandis qu’enfin, les plus

convaincants font tout pour rester

au sommet, tout en cultivant

leur différence et en s’organisant

de manière méthodique

sans pour autant dévoiler pour

le moment leurs intentions,

leurs cartes et leurs alliés potentiels.

Ceux-là, jouent à la

force tranquille, persuadés que

les premiers seront les derniers

et vice versa. En revanche, les

éternels et mauvais perdants ne

veulent rien lâcher et ne veulent

rien laisser au hasard. Pour réussir

leur percée louverturienne,

cette fois-ci, ils sont prêts à

tout, quitte à pactiser avec le

diable sinon avec ceux qu’ils

croient être capables de favoriser

la victoire. Ainsi, une Plateforme

qu’on peut dénommer la

bande des cinq a été formée et

présentée sur les fonts baptismaux,

le mardi 11 août dernier,

à Port-au-Prince. La presse, particulièrement,

celle déjà acquise

depuis des temps aux GNbistes,

était invitée dans un hôtel au

Champ de mars pour assister

au lancement de cette nouvelle

Plate-forme, qui, paraît-il, devrait

faire le poids lors de la

prochaine présidentielle, face

aux autres candidats et surtout

devant le candidat du camp

d’en face, en entendant par là,

du camp Lavalas ou d’autres

proches de ce camp populaire.

Mais qui sont ceux, formant

ce regroupement prétendant balayer

tout sur leur passage l’année

prochaine ? Que pèsent-ils

vraiment dans la balance électorale

et comment la population

les voit-elle dans le paysage

politique depuis les dix, quinze,

voire les vingt dernières années ?

Enfin, qui est le chef de file de

ce tonneau vide ? Voilà ce qui

est intéressant à savoir. En tout

cas, ce sont les informations

dont la population aura besoin

pour décider en connaissance

de cause, le moment venu. Car,

il n’est pas trop tôt pour commencer

à faire un petit rappel de

leurs discours lors de l’élection

de 2006, scrutin au cours duquel,

le peuple n’avait pas oublié

de rendre la monnaie de leurs

pièces à ceux qui pensaient qu’il

était devenu amnésique deux

ans seulement après l’insulte du

29 février 2004. Ils sont cinq, les

partis qui ont d’ores et déjà choisi

le parti du Professeur Leslie

F. Manigat , dirigé depuis son

énième échec de 2006 , par sa

femme Myrlande , comme bateau

Amiral pour les conduire

au timon des affaires de l’Etat.

Le RDNP (Rassemblement

des Démocrates Nationaux

Progressistes) c’est son nom,

c’est aussi le plus consistant

de la bande des cinq, qui, à

l’heure actuelle n’a aucun élu au

Parlement. Le RDNP avait un

seul député à la Chambre basse,

mais depuis, celui-ci a démissionné

et rejoint officiellement

le camp de l’ancien Premier

ministre et futur candidat,

Jacques Edouard Alexis. Il n’a

pas non plus de sénateurs. Mme.

Myrlande Hyppolite Manigat

est la grande égérie de cette affaire.

C’est une tradition chez

les Manigat, elle s’est auto-proclamée

candidate à la présidence

de la République pour le RDNP

et curieusement, avant même

que les quatre petits satellites

dont les militants se comptent

sur les doigts d’une seule main

ne se prononcent, elle s’est aussi

déclarée « candidate à la candidature

pour la Plate-forme».

Mis devant le fait accompli,

les René Julien, d’

ADEBHA, l’ancien colonel

Himmler Rébu, du GREH,

Henry Robert Sterlin, d’ADRE-

NA et encore Déjean Bélizaire,

du MNP28 n’avaient qu’à accepter

malgré eux, la volonté

hégémonique de Myrlande

Manigat dont le rêve est de

prendre la revanche pour son

mari, le malaimé de la politique

haïtienne depuis plus de cinquante

ans. Selon un confrère,

le Professeur Leslie F. Manigat

serait même, l’Anténor Firmin

Perspectives

Du RDNP à la Plate-forme

présidentielle, tout reste à faire

Par Catherine Charlemagne

du 21 e siècle haïtien, ce qu’on

trouve être déjà beaucoup

d’honneur, sinon une comparaison

exagérée pour quelqu’un

qui n’a jamais été élu nulle part

de toute son existence politique,

sauf aux élections-nominations

du général Henry Namphy en

1988. Selon des informations

venues des sources mêmes du

RDNP, l’idée de cette Plateforme

vient du Professeur qui

voit là, une tactique politique

pouvant favoriser l’élection

de son épouse à la présidence,

sachant que c’est lui qui serait

le vrai patron au Palais national

au cas d’une hypothétique

victoire, que même le dernier

quidam n’ose imaginer. Surtout

avec la tristement célèbre métaphore

biblique « les chiens retournent

à leur vomissement »,

déclaration faite par Manigat

après la proclamation de la

victoire de René Préval en

2006.

Tout le monde reste persuadé,

que cette phrase dans la

déclaration de Leslie Manigat

demeurera un cadeau empoisonné

pour la campagne de

Myrlande et selon certains

sociologues, cette affaire de

« vomissement » anéantit toute

chance de victoire de Myrlande

Manigat à une élection quelconque

en Haïti. Quant aux

quatre autres formations politiques

qui constituent la Plateforme,

que les mauvaises langues

qualifient déjà de « club

des perdants » tant les éléments

qui les représentent ne sont que

l’équivalent d’une association

de poids mouches, comme l’on

dit dans la boxe, la chance pour

que ces partis apportent un plus

autour de leur candidate officielle

est quasi nulle.

Car, et sans l’ombre de méchanceté

chez nous, qui vraiment

en Haïti, à part les initiés

connaissent Henry Robert

Sterlin ou un René Julien ?

D’accord, certains ont déjà entendu

parlé de ces personnes,

qui restent loin de ce qu’on

pouvait appeler des personnages.

Mais qui osera dire que

les mouvances qu’elles prétendent

diriger sont des partis

capables de mobiliser la foule

jusqu’à faciliter une éventuelle

victoire ? Or, le but d’une coalition

politique, d’une Plate-forme

et même d’un accord entre deux

partis ou plus c’est d’abord et

avant tout d’apporter plus de

militants, plus de monde donc

plus de voix. Sérieusement, suivant

les exemples qu’on a, suite

aux différents scrutins déjà organisés

dans ce pays, rien, absolument

rien ne peut nous rassurer

que cette alliance des généraux

sans soldats débouchera sur

quelque chose de positif pour

la candidate de la bourgeoisie

et de quelques intellectuels de

la capitale.

Il faut être très peu informé

sur les partis politiques en Haïti

pour penser que cette Plateforme

peut changer la donne

électorale l’année prochaine.

D’ailleurs, à part Myrlande

Hyppolite Manigat, aucun des

quatre autres « chefs » de partis

de la Plate-forme n’a déjà affronté

une élection, fut-elle municipale

ou législative. Aucun

ne sait vraiment son degré de

popularité et de crédit au niveau

du département de l’Ouest, là

où ils s’accrochent tous comme

des sangsues, voire au niveau

national. C’est à l’aune de ces

paramètres qu’un leader ou un

parti politique peut évaluer sa

force réelle sur le terrain.

Or, le mardi 11 août à l’hôtel

Le Plazza, on a vu les nouveaux

coéquipiers ou « amis »

de Myrlande se gargariser ou

se gonfler la voix pour annoncer

selon l’accord signé, que tel parti

présentera des candidats là où il

est fort et tel autre fera de même

dans son coin, etcetera erra. Si

l’on part de cette définition, l’on

dirait qu’aucun des quatre partis

de cette coalition ne pourra

présenter de candidats nulle part

et pour cause, à l’exception du

RDNP et encore, ces partis : le

Mouvement National Patriotique

du 28 Novembre (MNP28), le

Grand Rassemblement pour

l’Evolution d’Haïti (GREH),

l’Alliance Démocratique pour

la Réconciliation Nationale

( A D R E N A ) e t l ’A c t i o n

Démocratique pour Bâtir Haïti

(ADEBHA) ne se sont implantés

que sporadiquement dans

de rares villes où ils n’ont pas

vraiment une visibilité au sein

de la population encore moins

d’audience auprès d’elle.

En tout cas, la route de la

présidence de la République haïtienne

sera longue et parsemée

d’épines de toutes sortes pour la

candidate de cette Plate-forme

et du RDNP. Car, elle aura certainement

à s’expliquer sur son

abandon en rase campagne en

2006 à la demande de son candidat

de mari, qui, vexé d’être

mis à la retraite d’office par le

peuple avait exigé que sa femme

la suive par solidarité dans sa

traversée du désert, comme si

la politique était une affaire de

famille ou de couple. La grande

question que les observateurs

sont en droit de se poser est la

suivante : Myrlande, abandonnera-t-elle

la présidence de la

République si un conflit majeur

venait à éclater entre Haïti et la

République Dominicaine et si

son mari, le Professeur, paniqué

par l’ampleur du conflit, lui intimait

l’ordre de démissionner

sur le champ ? Voilà une des

questions que le peuple compte

poser à la candidate officielle

de la Plate-forme le moment

venu. En attendant Myrlande

Hyppolite Manigat et ses nouveaux

alliés ont pris sur le chapeau

de roue le départ avant

tout le monde, alors nous leur

disons bonne chance, mais :

gare à l’épuisement !

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009 Haïti Liberté 7


Perspectives

Près de cinq millions pour

un chien de garde

Par Franck Seguy

Le parlement haïtien compte 99 députés et 30 sénateurs. Un ouvrier haïtien

mettra 193 années, à raison de 12 heures par journée de travail, pour gagner le

salaire annuel d’un seul député

Il ne se passe presque plus un

seul jour que l’on ne parle

d’Haïti dans les grands groupes

de communication internationaux.

Aucun d’eux, notamment

ceux d’Europe et d’Amérique

du Nord, ne rate – ne serait-ce

qu’une fois – l’occasion d’étiqueter

Haïti de l’unique titre qu’ils

lui ont décerné depuis longtemps:

«l’un des pays les plus

pauvres du monde»; « le pays le

plus pauvre d’Amérique».

Pourtant ! De l’argent extrait

des veines des travailleurs

haïtiens, les bourgeois-grandons

arrivent à se payer 4’334’000

gourdes annuelles – soit 86’680

euros ; ou 132’000 CHF. Voyez

par vous-mêmes:

Combien coûte un député

aux travailleurs haïtiens (en

gourdes)

Frais de première installation 110’000

Achat de voitures 630’000 (ou 15 000 dollars)

Salaire mensuel 110’000

Frais mensuel 37’000

Allocation téléphonique 10’000

Frais carburant pour voiture 10’000

Allocation de deuxième résidence 250’000

Allocation de bureau (en province)

150’000/l’an

Allocation personnel de bureau 75’000

Agent de sécurité et chauffeur 25’000

Allocation pour les fêtes champêtres

35’000

Quatorzième mois 110’000

Saison cyclonique 2008 90’000

N’entrent pas dans ce tableau,

les projets de 8 à 10 millions de

gourdes que chaque député gère

dans leur commune respective,

ce qui sert une politique clientéliste

à diverses facettes. Comme

on peut le voir dans le tableau

ci-dessus, l’argent dépensé pour

payer un seul des 99 chiens de

garde de l’ordre grandon-bourgeois

en Haïti rivalise avec les

sommets du mont Everest ou

de l’Himalaya. (Le parlement

haïtien compte 99 députés et 30

sénateurs).

Un ouvrier haïtien mettra

193 années, à raison de 12 heures

par journée de travail, pour gagner

le salaire annuel d’un seul

député. Autrement dit, il faudra

à un ouvrier haïtien trois vies de

65 ans, à condition de commencer

à travailler aussitôt sorti du

8

Haïti Liberté

placenta de sa mère, pour gagner

une seule année de salaire d’un

chien de garde à cravate haïtien.

Cela, c’est l’Haïti des bourgeoisgrandons.

De l’autre coté du fossé, un

ouvrier haïtien reçoit 70 gourdes

(50 gourdes = 1 euro) pour une

journée de travail que le patron

rallonge élastiquement jusqu’à

12 heures et plus selon son bon

loisir. Un fait qui n’est pas sans

importance et que l’histoire

ironiquement devra retenir: un

bourgeois, de Pétion-Ville, chien

de garde lui aussi, a compris en

2007, que ces 70 gourdes étaient

trop scandaleuses. C’est lui qui

a proposé une loi appellant ses

collègues à élever ce salaire à 250

gourdes.

Il a fallu deux années de

luttes acharnées pour qu’en

mai 2009, un vote soit enfin

obtenu adoptant le salaire journalier

de 200 gourdes. Mais le

13 mai 2009, l’une des associations

de propriétaires de chiens

de garde, l’ADIH (Association

Des Industries d’Haïti), se prononce

officiellement contre cette

insolence et prévient qu’elle va

ordonner au chien de garde supérieur

qui siège au palais national,

vétérinaire des 99 chiens de

garde, de vacciner au plus vite

ces chiens qui démontrent des

symptômes de la rage au point

de vouloir mordre leurs propriétaires.

Le président René Préval s’est

employé durant tout le mois de

juillet 2009 à des « ralemennenvini

», carressant les chiens

dans le sens des poils, jusqu’à

ce qu’il ait finalement obtenu la

garantie qu’ils sont rentrés dans

l’ordre. C’est ainsi que le 4 août

dernier, les députés, en authentiques

chiens de garde, sont revenus

sur leur vote du mois de

mai 2009, adoptant un nouveau

salaire journalier de 150 gourdes.

Les leçons de cette épisode

sont évidentes pour toutes celles

et pour tous ceux qui ont la volonté

de comprendre: à aucun

moment, les travailleurs et travailleuses

ne pourront compter

sur une quelconque institution

bourgeoise pour satisfaire leurs

revendications d’exploité·e·s. La

guerre de classes entre les bourgeois

et les travailleurs n’est pas

une élément aussi «mineur»

qu’une guerre entre deux armées:

c’est la plus violente des guerres

qui puissent être menées car, si

deux armées en guerre peuvent

identifier quelques raisons pour

déposer les armes, dans la guerre

qui oppose les travailleurs à leurs

exploiteurs, tout est strictement

antagonique.

Voilà pourquoi les bourgeois

mobilisent tous les appareils et

moyens dont ils disposent pour

étrangler les travailleuses et travailleurs:

la loi et les gardiens de

la loi; les institutions régaliennes

(présidence, gouvernement, parlement,

tribunaux, police, forces

d’occupation...); les producteurs

d’idéologies (universités, centres

de recherches); et surtout les organismes

de diffusion de l’idéologie

bourgeoise: l’organisation

scolaire, l’organisation religieuse,

et les médias de toutes

sortes, sans mentionner les processus

d’aliénation propres aux

processus mêmes d’exploitation

et d’oppression. La plus petite

réaction des étudiants révolutionnaires

contre cet ordre établi

est qualifiée de violence par

ces médias qui, pas une seule

fois, ne disent le moindre mot

de l’extrême violence exercée

par les bourgeois-grandons et

les patrons de la sous-traitance

sur les ouvriers en leur refusant

un salaire minimum, largement

insuffisant, de 200 gourdes.

Deux jeunes garçons à la

conscience éclairée ont apporté

leur soutien aux ouvrières et

ouvriers du secteur de la soustraitance,

lundi matin, 10 août

2009.

Le commissaire de police de

Delmas [commune du département

de l’Ouest et de l’arrondissement

de Port-au-Prince] les fait

arrêter sur le champ. Le commissaire

Carl-Henri Boucher aura

beau répéter qu’il n’a pas arrêté

mais simplement interpellé

Guerchang Bastia, 21 ans – étudiant

en sociologie, et membre

de l’Association universitaire révolutionnaire

ASID – et Patrick

Joseph, 36 ans – du Komite pou

Relèvman Divivye (KRD).

Les deux hommes, Boukman

du 21e siècle [1], sont jetés au

Pénitencier national sans avoir

été entendus par aucun juge,

sans qu’aucun avocat ait pu les

assister. Sans autorisation de visite

des organisations dites de

droits humains... Un certain

Comité d’avocats pour le respect

des libertés individuelles

fait sortir une note deux jours

après cet acte immoral au regard

même de l’ordre bourgeois, mais

ledit comité n’a pas eu le courage

d’exiger le respect des libertés de

Guerchang et Patrick.

Depuis le 1er juin 2009, les

étudiants de l’Université d’Etat

d’Haiti, principalement ceux

de la Faculté des sciences humaines,

engagés organiquement

auprès des travailleuses et des

travailleurs, gagnent régulièrement

les rues en exigeant la publication

de la loi réajustant le

salaire minimum journalier.

Eux ont déjà compris la sanglante

guerre qui opposent les

bourgeois-grandons et la masse

des travailleurs (au chômage déclaré

ou déguisé). Leurs actions

polarisent de jour en jour la société,

permettant à bons nombres

de « citoyens de bonne volonté»

de saisir l’ampleur de cette

guerre sociale.

Les forces d’occupation faussement

nommées Minustah

[sous direction de l’armée brésilienne

du gouvernement Lula]

et la police nationale réagissent

avec une extrême rigueur en

matière de répression. Au point

que les gaz lacrimogènes ultratoxiques

– et non encore expérimentés

ailleurs – dont elles ont

aspergé l’Hôpital de l’Université

d’Etat d’Haiti (HUEH), c’est-àdire

l’hôpital des pauvres, ont

chassé les médecins qui ont dû

s’enfuir pour ne pas mourir suffoqués.

Même des parents ont dû

s’enfuir avec leurs malades à

même leurs lits. Aucun média,

à aucun moment, n’ose criminaliser

ni les forces d’occupation,

ni la police. Qu’importe

! Beaucoup de consciences sont

en train d’être éveillées et qui ne

manqueront certainement pas de

choisir leur camp. Car en Haïti,

nos intellectuels-perroquets et

intellectuels-lézards auront beau

discourir, la réalité des faits ne

leur offrira pas la possibilité de

cacher à coup de belles phrases

la division du pays en deux gros

camps ennemis. Une bonne partie

d’entre eux/elles avaient signé

en 2008 une belle pétition en faveur

de la ratification de Michèle

Pierre-Louis, Première-Ministre

de l’actuel gouvernement sanguinaire.

En réfléchissant à l’emprisonnement

crapuleux, illégal, immoral

et arbitraire de Guerchang

et Patrick, il m’est venu en tête

le froid cynisme avec lequel

Mussolini avait décidé d’assassiner

Gramsci pendant 10 ans

dans les prisons italiennes. Et

d’une manière toute particulière

le cynisme encore plus froid des

médecins fascistes qui lui ont dit

en face qu’ils préfèrent le voir

mort et qu’en conséquence ils

ne voient pas de raison de le soigner.

J’ai surtout lu l’étude que

le compagnon d’armes d’alors

d’Antoine Gramsci-le dirigeant

du Parti communiste italien,

Palmiro Togliatti – écrivit à

Paris en 1937, aussitôt après que

le monde eût appris avec stupeur

que celui que la protestation universelle

croyait avoir arraché à

Des ouvriers et étudiants devant le commissariat de police de Delmas où sont

incarcérés Guerchang Bastia et Patrick Joseph

ses bourreaux, n’était pas parvenu

au-delà du seuil de la prison

sur le chemin de la liberté

recouvrée [Gramsci est décédé

en avril 1937].

Très certainement, je n’ai pas

pu m’empêcher de me demander

quel est le sort que les Bill

Clinton et consorts réservent à

ces deux jeunes militants, notamment

à Patrick qui observe

une grève de faim depuis qu’il

est incarcéré. A ceux qui demanderaient

ce que Bill Clinton a à

voir avec un tel fait, il faut rappeler

qu’il est l’«envoyé spécial

du Secrétaire général de l’Onu,

Ban Ki-Moon, en Haïti». Envoyé

spécial, en langage moderne néocolonial.

Mais en langage moderne

purement colonial, il y a

de cela deux cents ans, son titre

aurait été commissaire civil ou

gouverneur.

Ses chiens de chasse l’ont

déjà précédé dans la colonie: il

s’agit de l’armée sous-impériale

émergente du Brésil de Lula et

de ses thuriféraires latino-américains.

Ce sont eux qui tuent et

violent, pillent et gaspillent... en

toute quiétude en Haïti. La loi

c’est eux. La justice c’est eux. Le

droit c’est eux. L’Etat c’est strictement

eux...

Il y a jour pour jour, exactement

218 ans, le 14 août 1791,

Suite à la page 16

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009


This Week in Haiti

Wadner Pierre/Haiti Liberté

Haitian Diaspora Unity Congress:

Business Networkers Ignore

Haiti’s Raging Class Struggle

By Wadner Pierre

F o r m e r P r e s i d e n t B i l l C l i n t o n

addressing the Haitian Diaspora Unity

Congress in Miami Beach on Aug. 9

From August 6 - 9, 2009,

about 300 Haitians from

different corners of Haiti’s diaspora

– often called the 11th

Department – gathered in

Miami Beach, Florida for the

2009 Haitian Diaspora Unity

Congress. The event was organized

by the Haitian League,

whose Chairman of the Board

is Dr. Bernier Lauredan. He is

a Haitian pediatrician living in

New Jersey, where the first conference

was held last year without,

apparently, too much success.

The chair of this year’s

Congress was Dr. Rudolph

Moïse, a physician and actor well

known in Miami for his more or

less conventional activism.

Several former Lavalas government

officials took part

including former Minister for

Haitians Living Abroad Leslie

Voltaire, former minister without

portfolio Marc Bazin, former

Justice Minister Camille Leblanc,

former Planning Minister

Anthony Dessources, former inspector

of the Haitian National

Police Luc Eucher Joseph, now

Secretary of State of Justice and

Public Safety. These officials are

considered by Haiti’s masses as

politically bourgeois and, excepting

Voltaire, were never Lavalas

Family party members.

Meanwhile, there were

also members or associates of

President Boniface Alexandre’s

and Prime Minister Gérard

Latortue’s de facto government

(2004 - 2006). The most prominent

of them was Bernard

Gousse, the former de facto

Justice Minister, whom the

Miami-based popular organization

Veye Yo brands as a murdering

criminal for his role in ordering

several deadly crackdowns

on rebellious shanty towns and

the first arrest of the late Father

Gérard Jean-Juste, Veye Yo’s

founder.

Several current Haitian government

officials were present

including Kelly Bastien, the

Senate’s president, two parliamentarians

from the procoup

social-democratic parties

Struggling People Organization

(OPL) and Fusion, Youth, Sports

and Civic Action Minister Evans

Lescouflair, and two mayors

from the Center Department.

On the Congress’s last day,

there were also addresses by

Haitian Prime Minister Michèle

Duvivier Pierre-Louis and

Special United Nations Envoy

to Haiti, former U.S. President

Bill Clinton.

Like other Haitian conferences

of this sort, most of the

workshops were focused on development

and investment with

short shrift given to the political

struggles, coups, and military occupations

that have made both

hard to achieve. There were also

sessions on dual nationality, the

role of the press, the participation

of Haitian youth abroad and in

Haiti, and on justice and human

rights in Haiti.

In one workshop, Pierre

Leger from the southern city of

Demonstrators rallied by Veye Yo outside the Diaspora Congress on Aug. 9

Les Cayes addressed Haiti’s lack

of infrastructure. He claimed to

be Haiti’s largest vetiver exporter,

with operations based in the

southern department. He castigated

Haitian President René

Préval’s “lack of entrepreneurial

vision” and the Haitian government’s

perennial begging. The

current government and those

of the past have contented themselves

with pursuing international

aid without really trying to

promote national production,

he said. Leger recounted the

troubles he had in getting fuel

to his operations over Haiti’s sole

artery to the south which was

damaged after the 2008 storms.

Building shipping ports and

airports could resolve such problems,

he argued. “You need to

have infrastructure before inviting

people to invest in your country,

even if it is entrepreneurs from the

Haitian diaspora,” Leger said.

In a workshop on the press,

only conservative bourgeois

media were represented. Agence

France Presse reporter Clarens

Renois spoke on the press’ role

in development, saying the media

sometimes misused its power

to defend political causes. Of

course, he did not point to Radio

Métropole, his former employer,

which played a key role in the

2001-2004 destabilization campaign

against Aristide.

“We should not give only negative

news about Haiti,” Renois

said. “We should also give positive

news that can help develop

the country.”

One of the most interesting

workshops was that on human

rights, held on August 7. In

this meeting, Secretary of State

Eucher defended harsh, oftencriticized

government measures

to establish a climate of security

in the country. He was also

proud of his government’s close

cooperation with the United

Nations Mission for Stability

in Haiti (MINUSTAH), as the

UN’s military occupation force

is called. He made no mention

of the massacres or abuses committed

by UN troops or the police.

“Now we have no red zones

or areas where people cannot go in

Haiti,” Eucher said. “The people

have regained confidence in the

Police. The working conditions of

our officers has changed, and we

will continue to work on the professionalization

of the Police and

to purchase equipment.”

Daniel Jean, Deputy Justice

Minister for Judicial Reforms,

said that the government was

working to build and improve

courts, to better train judges,

and to improve prison conditions

around the country. But,

he complained, there is a lack of

funds to carry out such projects.

Prison conditions in Haiti

are inhuman and have been

condemned by several international

human rights groups.

A m o n g t h e p a n e l i s t s

was Evel Fanfan, an activist

lawyer, human rights defender

and President of AUMOHD

(Association University Students

Working for Law in Haiti). He

denounced the government officials’

account, brandishing

reports on several police and

UN massacres against the poor,

in particular the 2005 Grand

Ravine massacre in Martissant,

the 2003 Beladères massacre by

the “rebels,” and 2005 and 2006

massacres in Cité Soleil. The victims

of these massacres are still

denied justice while killers like

former death-squad leader Louis

Jodel Chamblain and former

coup-plotter Guy Philippe still

circulate freely. The police who

carried out the Grand Ravine

massacre are still in their posts

or living freely. “Here are the letters

sent to and received from the

President of the Republic, René

Préval and members of his former

and current government,” Fanfan

explained. “How can we speak of

Haitian law when the majority

of people behind bars in our prisons

are unconstitutionally imprisoned

and their prison conditions

are inhumane? For example, the

National Penitentiary in Port-Au-

Prince was built for hundreds of

prisoners, but now it has thousands”

He also underlined the

case of Ronald Dauphin, a political

prisoner and supporter of

former President Aristide, the

injustice of whose case Amnesty

International recently publicized,

making global headlines.

Bernard Gousse was also

supposed to address the human

rights workshop and a number

of people from the Miami community

came to ask him hard

questions. But he never showed

up that day, although he did appear

the next day in a session on

dual citizenship.

The Haitian Constitution’s

prohibition of dual nationality

remains a burning issue for most

expatriates living in Haiti’s diaspora.

Many have become citizens

of the U.S., Canada, or France

and want the Constitution

amended to allow them participation

in Haiti’s political life.

Haitian Senate president Kelly

Bastien said dual citizenship

reform is possible. “It’s an easy

battle, since your participation in

the nation’s social, political and

economic life will change many

things,” Bastien told the Diaspora

Congress. “You need to talk to

other political leaders in both

Parliamentary houses, because they

come here to ask for money during

the electoral period. Now it’s your

turn to ask something in return.”

There were also moments

of entertainment. On Saturday

night, there was a long awards

dinner ceremony followed by a

dance party with Sweet Mickey.

The last day of the Congress

– Sunday, August 9 – was a day

of protest. Across the street from

the Trump International Beach

Resort where the conference took

place, Veye Yo rallied about 50

people starting at 7 a.m. to denounce

the participation of “injustice

minister” Bernard Gousse

at the event. “Bernard Gousse is

a criminal! Bernard Gousse is a

murderer! He must be arrested if

the USA is against terrorism. Why

is a terrorist like Bernard Gousse

here?” These were some of the

demonstrators’ slogans and cries.

“We are here today to demand

the release of political prisoners arrested

by Bernard Gousse, and justice

for all those who have been victims

of the injustice machine of the

government of Gérard Latortue,”

said Lavarice Gaudin, a Veye Yo

leader. “We hope that President

Bill Clinton, who claims to be a

friend of the Haitian people, as

Special Envoy of the UN Secretary

General, will work with the government

in place to secure the

release of these people.”

In the background, demonstrators

chanted: “Occupation, No!

Democracy, Yes! Titid shall return!”

Meanwhile, inside the hotel,

amid extremely tight security,

conference members and a

restricted handful of about 20

mostly non-Haitian journalists

gathered to hear presentations

by Prime Minister Pierre-Louis

and Clinton.

Pierre-Louis’ plea, as was to

be expected, was for unity. “There

is not enough debate between the

different sectors for them to exchange,

to discuss, for them to arrive

at what they call compromise,”

Pierre-Louis said, speaking in

Kreyòl. “ That means to discover

the interests of each person. In the

end, to accept to lose a little so that

everyone wins... That’s what compromise

means. It is an essential

process and it is that alone which

can create the true unity we are

seeking.” How ironic, after these

words, that President Préval’s still

refuses to compromise and grant

Haitian factory workers a meager

increase in their daily minimum

wage to 200 gourdes ($5.05), insisting

instead that it be raised

to only 125 gourdes ($3.11).

She also decried the “colonial

legacy which we drag behind us”

but did not denounce the UN’s

Suite à la page 16

Francesca Azzura/Haiti Liberté

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009 Haïti Liberté 9


ELECTIONS DU FATAH : QUE S’

Des chefs de la sécurité formés par la CIA élus à la Direction

Palestinienne

« C’est un des nôtres »

Georges W. Bush parlant du chef de la sécurité palestinienne,

Mohammed Dahlan, le 4 juin 2003

Le gouvernement US est intervenu dans les affaires internes

palestiniennes au moins depuis 2003. Son but est de

transformer le mouvement national de libération et d’indépendance

palestinien en gouvernement plus obéissant

ou plus collaborateur, acceptant les demandes politiques

et sécuritaires d’Israël.

Les tactiques employées par les US incluent des moyens

militaires, sécuritaires diplomatiques et politiques. Après

les législatives de 2006 et la victoire du Hamas, la stratégie

US s’est concentrée sur l’annulation des résultats. Son objectif

d’un retour politique du camp pro américain au sein

de l’organisation politique palestinienne a été initié avec

l’organisation de la conférence nationale du Fatah cette

semaine passée.

Pendant la semaine du 4 août 2009, l’OLP du Fatah

a organisé la sixième conférence nationale de ses 44 ans

d’histoire. Le Fatah a historiquement été considéré comme

la faction palestinienne la plus importante, mais cette perception

a changé quand il a perdu les élections législatives

au profit du Hamas en Janvier 2006. Huit jours après, le

groupe a terminé sa conférence et annoncé les résultats de

ses élections. Les médias internationaux particulièrement

ceux occidentaux, ont encensé l’élection de têtes «fraîches»

et «nouvelles» promues au sein du mouvement.

10

Haïti Liberté

Mais que s’est-il réellement passé lors de ce vote ?

La structure interne du Fatah est à l’opposé de la plupart

des partis politiques ou mouvements de résistance. Il

n’est pas hiérarchique et la loyauté de ses membres est en

grande partie liée à un système de patronage et de factions

représenté dans un comité central de 23 membres.

Le Comité Central est supposé refléter techniquement

une direction collective et le programme politique d’un

mouvement national de libération. Même son fondateur,

Yasser Arafat, qui a dirigé l’organisation de sa fondation en

1965 jusqu’à sa mort en 2004, n’avait pas officiellement de

titre hors celui de membre du comité et commandant en

chef de sa branche militaire. Mais avec le temps, aux yeux

d’un grand nombre de Palestiniens, la direction du Fatah

a symbolisé un système de copinage, de corruption, de

collaboration avec Israël, d’échecs politiques, spécialement

depuis le processus d’Oslo.

Bien que sa Charte interne appelle à une conférence nationale

tous les 4 ans pour élire sa direction, les principales

questions à la veille de la conférence étaient pourquoi cela

a-t-il pris deux décennies au Fatah pour en organiser une

? Est ce que l’élection de la nouvelle direction du Fatah reflète

les aspirations du peuple palestinien et une approche

nouvelle et fraîche du processus politique? Et finalement

qui sont les soutiens des principaux individus récemment

élus pour diriger ?

Le Comité Central du Fatah dirigé par Arafat a pris la

décision stratégique en 1988 de négocier un règlement politique

avec Israël et a accepté le gouvernement des US comme

principal médiateur. Pendant deux décennies, spécialement

après les Accords d’Oslo de 1993, la question palestinienne

a progressivement disparu de l’agenda international, devenant

presque exclusivement une affaire entre les US, Israël,

et la direction palestinienne que ce soit l’OLP ou après 1994

l’Autorité Palestinienne ( AP).

La plupart des analystes neutres tel Robert Malley, directeur

du programme pour le Moyen Orient à l’International

Crisis Group, également ancien membre du personnel du

National Security Council (NSC) pendant l’administration

Clinton, ont observé que les négociateurs américains

pendant plusieurs administrations (à la fois Démocrate et

Républicaine) ont la plupart du temps adopté le point de

vue d’Israël et mis la pression principalement sur la direction

palestinienne ( que ce soit avec Yitzak Rabin et Ehud Barak

avec Bill Clinton, ou George.W.Bush avec Ariel Sharon et

Ehud Olmert).

Lors du premier mandat de l’administration Bush,

Arafat, en tant que dirigeant de l’AP, a été isolé, tandis

que Washington faisait la promotion de ceux qui au sein

de la direction palestinienne adoptaient la stratégie américaine

dans la région, tels Mahmoud Abbas (imposé à Arafat

comme premier ministre en 2003), et l’ancien chef de la

sécurité, Mohamed Dahlan. En 2005, Bush a annoncé son

agenda pour la liberté et la démocratie, demandant que des

élections soient organisées dans les territoires palestiniens

et espérant une victoire du Fatah pour appliquer sa vision.

Cependant, l’administration a rapidement abandonné

son agenda de promotion de la démocratie dans le monde

arabe quand le Hamas a remporté une victoire écrasante

lors des élections législatives de janvier 2006. La secrétaire

d’Etat Condoleezza Rice a exprimé le choc ressenti après

l’annonce des résultats en disant : « personne ne l’a vu venir ».

Un responsable du Département de la Défense a dit en 2008

à David Rose de Vanity Fair, « chacun rendait l’autre responsable,

assis là au Pentagone nous avons dit, quel connard

a recommandé ceci ?»

Depuis l’élection, l’administration américaine a employé

trois stratégies différentes mais qui se chevauchent pour défaire

les résultats. Ces efforts du Département d’ Etat, de la

Maison Blanche et du Département de la défense, ont été

insuffisamment planifiés et mal coordonnés.

Pendant toute l’année 2006 et la première moitié 2007,

le Département d’Etat a utilisé ses ressources diplomatiques

et sa force politique pour renverser le gouvernement palestinien

démocratiquement élu conduit par le Hamas. Dans

un rapport d’avril 2008, Vanity Fair a révélé qu’un mémo

de discussion américaine avait fait surface après qu’un diplomate

américain l’eut oublié par hasard derrière lui dans

un bâtiment de l’autorité palestinienne à Ramallah. Le document

traduisait la demande de Rice qu’Abbas dissout le

gouvernement d’unité nationale et s’en prenne au Hamas.

Entretemps, comme révélé par Vanity Fair, le néo con

et vice directeur du NSC, Elliot Abrams préparait un coup

à Gaza contre le Hamas avec l’ancien chef de la sécurité à

Gaza, Mohamed Dahlan, au printemps 2007. Cela incluait

la coordination avec Israël, plusieurs pays arabes dont les

Emirats Arabes Unis et la Jordanie, le paiement à Mohamed

Dahlan de plus de 30 millions de $, l’entraînement de 500

agents de sécurité, une campagne pour déstabiliser Gaza,

et un programme de torture contre les membres du Hamas

et d’autres Islamistes.

Dahlan a admis tout cela au journaliste du magazine,

David Rose, disant qu’il avait dit à son homologue américain

qui poussait à une confrontation avec le Hamas « si je

dois me confronter à eux, j’ai besoin de ressources conséquentes.

En l’état actuel des choses nous n’avons pas la capacité. »

Le journal israélien, Haaretz a rapporté le 7 Juin 2007

que l’administration américaine avait demandé à Israël

d’autoriser une livraison importante d’armes égyptiennes,

dont des douzaines de véhicules blindés, des centaines de

roquettes anti blindage, des milliers de grenades à main

et des millions de munitions. Rose explique que le plan

D’ Abrams mettait l’accent sur le besoin de renforcer les

forces du Fatah pour «dissuader» le Hamas. Selon un haut

responsable de l’administration « le résultat souhaité» c’était

de donner à Abbas la «capacité de prendre les décisions politiques

stratégiques nécessaires (i.e remplir les conditions pour

un arrangement politique avec Israël) et dissoudre le cabinet

(dirigé par le Hamas) et établir un cabinet d’urgence».

Mais le conseiller pour le Moyen Orient de Dick Cheney,

David Wurmser, a reconnu l’échec de cet effort quand il a

dit au magazine : « il m’est apparu que ce qui s’est passé n’était

pas tant un coup du Hamas mais une tentative de coup par

le Fatah qui a été déjoué préventivement par le Hamas avant

qu’il n’ait eu lieu. »

Le troisième effort, a été principalement supervisé par

le Pentagone, et conduit par le lieutenant Général Keith

Dayton. Lors d’un discours devant le think tank pro israélien,

le Washington Institute on Near East Policy (WINEP)

en Mai 2009, Dayton a dit que le bureau du coordinateur

US pour la sécurité, qu’il a dirigé depuis décembre 2005,

constitue «un effort pour aider les Palestiniens à réformer leurs

services de sécurité». Mais, selon les notes d’une rencontre entre

Dayton et un chef de la sécurité palestinienne à Ramallah

début 2007, le véritable objectif de la mission a été révélée

quand Dayton a dit : « Nous avons aussi besoin de renforcer

vos forces afin de s’en prendre au Hamas».

Depuis 2007, le Congrès a donné à Dayton 161 millions

de $ pour mettre son plan en application. En plus, cette

année le Congrès a rajouté 209 millions de $ pour Dayton

pour les années fiscales 2009 et 2010, pour accélérer son

programme après avoir reçu une bonne note des chefs de

la sécurité israélienne. Pour la seule année passée, plus de

1000 membres du Hamas et du Jihad islamique ont été

Le Fatah dirigé par Yasser Arafat, de sa fondation en 1965 jusqu’à

sa mort en 2004, a été considéré comme la faction palestinienne

la plus importante

arrêtés et emprisonnés sans procès, un grand nombre a

été torturé et certains sont morts lors des interrogatoires

par le personnel de sécurité palestinien formé par les US

en Cisjordanie. Amnesty International et de nombreuses

autres organisations de défense des droits de l’homme ont

condamné ces actions et appelé à la fin immédiate de toutes

les violations des droits humains des palestiniens détenus

dans les prisons de l’Autorité Palestinienne.

Dans son discours au WINEP, Dayton a reconnu cette

répression quand il a dit : « je ne sais pas combien d’entre

vous ont connaissance que depuis un an et demi les Palestiniens

se sont engagés dans toute une série de ce qu’ils appellent des

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009


EST-IL RÉELLEMENT PASSÉ ?

Un rassemblement du Hamas

offensives sécuritaires partout en Cisjordanie, ce qui est surprenant

c’est qu’elles sont bien coordonnées avec l’armée israélienne

». Il a de plus admis que pendant les 22 jours de la

guerre de Gaza l’hiver dernier, les forces de sécurité palestiniennes

formées par les US ont empêché les Palestiniens en

Cisjordanie d’organiser des manifestations de masse contre

l’armée israélienne, ce qui ironiquement a permis une réduction

de la présence militaire israélienne en Cisjordanie

et un redéploiement de ces troupes à Gaza. Dayton a ajouté

: « en fait, une grande proportion de l’armée israélienne est

allée de Cisjordanie à Gaza - réfléchissez-y une minute, et le

La voie au socialisme, seule alternative humaine au chaos du

capitalisme

commandant (de l’armée israélienne en Cisjordanie) a été absent

8 jours d’affilée. »

Après un coup raté et une offensive militaire brutale

pour déloger le Hamas de Gaza, la stratégie israélienne et

des US a cherché à intensifier sa pression contre le Hamas

par le biais d’un blocus économique suffocant de Gaza, des

emprisonnements massifs en Cisjordanie, l’étranglement

financier dans la région, et l’isolation politique sur la scène

internationale. Parallèlement, selon plusieurs porte parole

du Hamas dont le premier ministre déposé Ismael Haniyya

à Gaza et le chef politique à Damas Khaled Meshal, le principal

obstacle à toute réconciliation nationale avec le Fatah

c’est l’emprisonnement de centaines de membres du Hamas

et la collaboration de la sécurité de l’Autorité Palestinienne

avec l’occupation militaire supervisée par Dayton.

La phase suivante dans cet effort c’est de réinventer le

Fatah et de le présenter comme une alternative politique

viable au Hamas et à d’autres mouvements de résistance, en

améliorant les conditions de vie en Cisjordanie par opposition

avec le siège dévastateur de Gaza. Mais plus important,

le plan envisage un nouveau Fatah considéré comme

un partenaire fiable prêts à accepter les conditions d’Israël

pour un règlement politique du conflit. La sixième conférence

du Fatah et les élections qui l’ont accompagnée ont

donc été organisées pour effacer son image d’organisation

Theodor Herzl, considéré comme le Père fondateur du sionisme

corrompue et fonctionnant mal.

Pendant plus d’un an, le Comité Central, la structure la

plus élevée de cette organisation, n’a pu se mettre d’accord

sur des points essentiels, dont la question de décider du lieu

de la conférence (la décision finale c’était qu’elle se passe

dans les territoires occupés palestiniens, ce qui veut dire

qu’Israël avait un droit de veto sur les délégués de l’étranger

pouvant participer). Ils se sont également querellés sur

le choix des délégués nommés pour la conférence, qui détermineraient

la composition de la nouvelle direction, de

même que le programme politique et le rôle de la résistance

armée contre l’occupation. Abbas et son cercle rapproché ont

mis leur veto à la décision du Comité, et ont décidé que la

conférence aurait lieu à Bethlehem, une façon de choisir tous

les participants afin de s’assurer du résultat de la conférence.

Historiquement, les délégués à la conférence nationale

du Fatah étaient élus ou nommés par le Comité Central,

mais au moins 51% étaient issus de l’appareil militaire.

Comme le gros de la branche armée a, soit été démantelée,

soit est recherchée par les israéliens, un grand nombre de

délégués à cette conférence étaient du personnel de sécurité

se substituant aux militaires. Ce fait était une garantie

que les résultats de l’élection favoriseraient les chefs de la

sécurité et leurs supporters.

A l’origine, le nombre de délégués était supposé être aux

alentours de 700. Puis il est passé à 1250 puis s’est multiplié

pour atteindre les 2355. En fait, moins de 10% avaient été

élus indirectement en lien avec leur position, tandis qu’une

majorité écrasante a été nommée par un petit groupe de

Ramallah conduit principalement par Abbas et d’autres

avides de pouvoir tel Dahlan et l’ancien chef de la sécurité

de Cisjordanie, Jibril Rajoub, qui avait l’habitude de suspendre

au dessus de son bureau à côté du portrait d’Arafat

celui de l’ancien directeur de la CIA, George Tenet.

Le nombre des membres du comité est également passé

de 21 à 23, dont 19 directement élus par les délégués. Abbas

devait nommer 4 membres plus tard, lui-même ayant été

choisi comme seul candidat, pour éviter l’embarras d’une

élection directe qui ne l’aurait pas porté en tête. Les 18 individus

élus à la fin de la conférence d’une semaine comprenait

4 personnes de la «vieille garde» considérés comme proches

d’Abbas, et 14 nouveaux membres, 3 d’entre eux d’anciens

chefs de la sécurité proches de la CIA. Cela inclut Dahlan,

Rajoub et Tawfiq Tirawi, un ancien chef du renseignement,

qui dirige actuellement l’académie de formation de la sécurité

à Jericho sous la supervision de Dayton.

Dés le début, la conférence était très orienté en faveur des

délégués de la Cisjordanie. A la différence des conférences

précédentes, les Palestiniens de la Diaspora étaient à peine

représentés puisqu’Israël n’a autorisé que peu de personnes

à venir de l’étranger. Alors que la population de Gaza est

égale à celle de la Cisjordanie, moins de 400 individus ont

été sélectionnés comme délégués de Gaza, alors qu’il y avait

plus de trois fois plus de délégués de la Cisjordanie.

Mais la plupart des délégués de Gaza n’ont même pas

participé car le Hamas les a empêchés de quitter la Bande de

Gaza, demandant en échange que des centaines de membres

du Hamas détenus en Cisjordanie soient libérés par l’AP,

ce qu’elle a refusé de faire. En bref, mis à part Dahlan, qui

ne vit plus à Gaza, pas une seule personne élue est de, ou

vit à, Gaza. Ce qui a poussé toute la direction du Fatah à

Gaza dont l’ancien membre du Comité Central Zakariya

al-Agha, à démissionner en masse un jour après la conférence

pour protester non seulement contre les résultats, mais

aussi contre tout le processus de l’élection.

De même, Les membres du Fatah à l’étranger n’ont pu

obtenir grand chose. Seules deux personnes ont été élues au

Comité Central, alors que plus des deux tiers des Palestiniens

(8 millions) vivent en dehors des territoires occupés, la plupart

dans des camps de réfugiés sordides, alors que le «droit

au retour» est considéré comme une question chaude lors

de négociations futures, qui sont dans l’air. D’un autre côté,

la grande majorité des nouveaux membres sont soit de la

Cisjordanie ou vivent déjà à Ramallah comme les aides les

plus proches d’Abbas, une affirmation de la stratégie américaine

de «la Cisjordanie d’abord».

Certains de la vieille garde historique tels le secrétaire

du Comité Central Farouk Kaddoumi ou Hani Al-Hassan

n’ont même pas participé et ne se sont même pas présentés

comme candidats. Kaddoumi a condamné la conférence,

mis en question sa légitimité, et est allé jusqu’à accuser

Abbas et Dahlan d’avoir comploté avec les Israéliens pour

empoisonner Arafat, provoquant ainsi sa mort.

D’autres anciens membres qui se sont présentés comme

candidats ont été battus et ont protesté. L’ancien premier

ministre et négociateur, Ahmad Qurai (Abu Alaa) a remis

en question les titres des délégués et la légitimité du processus

électoral. Quand le chef du personnel d’Abbas, Tayeb

Abdel-Rahm a perdu, il a demandé un nouveau comptage

et a finalement été déclaré vainqueur, après que le comité

pour l’élection ait affirmé qu’en fait il était arrivé dernier.

De nombreux délégués, spécialement les candidates,

dont aucune n’a été élue, ont critiqué le patronage flagrant.

Néanmoins plusieurs candidats populaires et «propres» ont

pu obtenir un siège tel Marwan Barghouti, qui est emprisonné,

condamné à 5 vies en prison en Israël, et Mahmoud

Al-Aloul, un ancien maire de Naplouse.

Par Esam Al-Amin

De gauche à droite Mohamed Dahlan, Jibril Rajoub et Tawfiq Tirawi

Tandis que les Palestiniens observaient la tenue de cette

conférence, nombreux étaient ceux qui espéraient que cela

serait le début d’une réconciliation nationale et l’établissement

d’un gouvernement d’union nationale. Cependant

il semble que, résultat de cette conférence, le Fatah se désintégrera

un peu plus, car ses dirigeants de Gaza et Abu

Alla menacent de lancer une nouvelle faction appelée « Le

Renouveau du Fatah» augmentant un peu plus la division

et la tension dans les rangs palestiniens.

La prochaine étape dans la stratégie du camp pro américain,

c’est d’organiser des élections présidentielles et législatives

dans les territoires palestiniens en janvier prochain,

espérant présenter un Fatah rajeuni comme alternative au

Hamas et aux autres mouvements de résistance. Jonathan

Steele du «Guardian» a exposé le 22 Juin 2007, le «mauvais

coup» de Juin 2007 des US de même que leur stratégie politique.

Il a détaillé la conversation de responsables US avec

plusieurs régimes arabes. Parmi ces détails il y avait entre

autres: « le maintien du Président Abbas et du Fatah comme

le centre de gravité de la scène palestinienne; éviter de perdre

du temps en accréditant le Hamas;

saper le statut politique du Hamas: « appeler à des élections

anticipées. »

Selon les paroles du Général Keith Dayton, le personnel

palestinien formé par les US jurent après la cérémonie

de remise de diplôme qu’ils « ne sont pas venus ici pour apprendre

à combattre Israël mais on en fait été envoyé là pour

apprendre à faire respecter la loi et l’ordre. » Le but principal

de ces bataillons sécuritaires c’est de mettre fin à la

résistance et à tout rejet de l’occupation y compris par des

moyens pacifiques. Il a alors ajouté que de hauts commandants

israéliens lui demandent fréquemment : « combien

de ces nouveaux Palestiniens pouvez vous former en plus et

avec quelle rapidité »?

Un grand nombre de questions posées par des Palestiniens

ordinaires avant la conférence sont restées sans réponse. Quel

est le programme politique du Fatah face à l’actuelle intransigeance

d’Israël et ses pré-conditions ? Qu’en est-il de la réconciliation

nationale avec les autres factions palestiniennes

et la création d’un gouvernement d’unité nationale ? Quel est

le rôle de la résistance contre l’occupation, le siège suffocant

contre Gaza, et le plus important, la collaboration continue

avec les agences de sécurité et militaires israéliennes contre

leurs propres citoyens ?

Ces questions persistent alors que l’occupation israélienne,

ses politiques brutales, l’expansion des colonies, le mur de

séparation, la détention de plus de 11 000 Palestiniens, l’expropriation

de terre, la dépopulation de Jérusalem Est de

ses résidents palestiniens, et le refus du droit au retour des

réfugiés palestiniens, continuent sans relâche.

Dit simplement, les US veulent une direction palestinienne

qui réponde à ses questions de façon satisfaisante pour

Israël. Comme l’a dit l’un des responsables du département

d’état à Vanity Fair concernant les objectifs américains dans

le conflit israélo palestinien, « ce qui compte pour nous se sont

les résultats, et nous soutenons n’importe quel fils de garce. Il se

trouve que Dahlan est le fils de garce qu’on connaît le mieux. »

Counterpunch 14-16 août 2009

Traduction Mireille Delamarre

Planète non-violence

Dimanche 16 Août 2009

Le lieutenant Général Keith Dayton (à gauche) et Mahmoud Abbas

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009 Haïti Liberté 11


Des conseillers israéliens pour la

dictature au Honduras

Perspectives

Les militaires honduriens répriment violemment depuis plusieurs semaines

toutes les manifestations contre la dictature, et dans le silence «assourdissant»

des médias occidentaux. Sur la photo: l’enseignant Roger Abraham Vallejo,

assassiné le 1° août par la police de la dictature de Micheletti

Israël est bien connu et apprécié

par les dictatures ou régimes

policiers dans le monde pour être

un véritable laboratoire de techniques

plus répressives les unes

que les autres. De tous temps, les

Israéliens ont conseillé et formé les

pires dictatures latino-américaines,

en parfaite coordination avec les

Etats-Unis. L’état sioniste non seulement

est une véritable tumeur

implantée de force au Moyen-

Orient, mais également un pourvoyeur

international de techniques,

engins de mort et agents spécialisés

dans la répression des oppositions

populaires.

Le président du Comité

pour la Défense des Droits

de l’Homme au Honduras

(CODEH d’après les initiales

en espagnol), Andres Pavón, a

accusé ce samedi la dictature

de Roberto Micheletti d’utiliser

les services de « spécialistes »

israéliens pour former les forces

armées du Honduras aux techniques

répressives.

Dans une conférence de

presse, Pavón a accusé le gouvernement

de facto d’utiliser un

groupe israélien de sécurité privée

pour former la police au niveau

d’agressivité qu’ils veulent

appliquer contre les manifestants.

Pavón a annoncé que toutes ces

actions illégales et violentes sont

documentées par le CODEH

afin de les dénoncer au niveau

international.

D’autre part, la police a annoncé

samedi son intention de

réprimer par tous les moyens les

protestations contre la dictature

militaire. Un communiqué officiel

rappelle aux Honduriens, que

« conformément à la loi, quiconque

lance des appels ou participe de

manière illégale à tout rassemblement

ou manifestation » sera

puni de 2 à 4 ans d’emprisonnement

et d’une amende de 30

000 à 60 000 lempiras (de 1578

à 3157 dollars US). « Seront illégales

toutes les réunions où les participants

ont des fusils, des engins

explosifs ou autres objets dangereux

dans le but de commettre un crime

», souligne le communiqué. « Les

participants seront punis par l’une

ou l’autre de ces sanctions », selon

la police qui a durci ses mesures

au cours des derniers jours, dispersant

les protestations par tirs

de balles réelles dans les différentes

régions du pays.

Au cours des derniers incidents

ont été signalés plus d’une

cinquantaine de blessés dans tout

le pays, dont Roger Abraham

Vallejo qui est décédé ce samedi,

après avoir été pris pour cible par

la police et avoir reçu une balle

dans la tête au cours d’une manifestation

à Tegucigalpa [4 manifestants

ont été assassinés à ce

jour]. L’avertissement signale que

« toute personne qui au cours d’un

rassemblement ou d’une manifestation

freine l’application de la loi

sera arrêtée et remise à l’autorité ».

Palestine Telegraph 3

août 2009

Traduction: Info-

Palestine 4 août 2009

La «dictablanda» clintonienne

(dictature légalisée,molle)

Par Guillermo Almeyra

Lanny Davis

Le coup d’état au Honduras

n’avait pas seulement pour

objectif de liquider le maillon le

plus faible de l’Alba (Alternative

bolivarienne pour les Amériques),

le Honduras, avec son président

Manuel Zelaya qui, malgré son

origine conservatrice, a entrepris

de timides réformes sociales et qui,

pour des raisons économiques, s’est

rapproché du Venezuela, ce qui a

suffi à le faire passer aux yeux de

certains pour un dangereux «révolutionnaire».

Le coup d’Etat avait aussi pour

objectif de renforcer la déstabilisation

au Guatemala (où le président

Alvaro Colom [dont le mandat,

initié en 2008, se terminera en

2012] est actuellement un point

de mire de l’impérialisme); au

Salvador (où le Front Farabundo

Marti de Libération National a

gagné le gouvernement, mais non

le pouvoir, lequel continue à être

aux mains de l’extrême droite); et

finalement au Nicaragua.

Par l’intermédiaire de leurs serviteurs,

les Etats-Unis entendent

ainsi renforcer stratégiquement

ce corridor fragile du Plan Mérida

[appelé aussi Plan Mexico: c’est un

plan de «sécurité» établi entre les

Etats-Unis, le Mexique et les gouvernements

d’Amérique centrale]

que constitue l’isthme d’Amérique

centrale. Et cela pour établir

et assurer un corridor pour la

domination états-unienne, allant

du Mexique jusqu’en Colombie.

Ce pays, sous la dictature de Uribe

[président colombien], deviendrait

ainsi une tête de pont, une sorte

d’Israël en Amérique du Sud, permettant

d’assurer le contrôle sur le

Venezuela, les Caraïbes, l’Equateur

et le Brésil. Le coup civique et

militaire a été soigneusement préparé

dans la base états-unienne de

Soto Cano, en présence de Llorens,

l’ambassadeur des Etats-Unis [voir

l’article publié sur ce site en date

du 27 juillet 2009]. Llorens était

au courant à l’avance du coup,

mais est parti avec sa famille pour

ne pas avoir l’air trop lié aux gorilles

honduriens formés par les

Etats-Unis.

Llorens connaît d’ailleurs

ces individus depuis l’époque de

John Dimitri Negroponte [ambassadeur

au Honduras de 1981

à 1985, pour organiser la lutte

armée contre le Nicaragua sandiniste]

et le Irangate (l’armement

des contras nicaraguayens avec des

armes en provenance du Honduras

et payées par la CIA avec l’argent

de la drogue).

Negroponte a d’ailleurs également

été le chef direct de Llorens.

Negroponte, ex-secrétaire national

de sécurité de Bush, ex-représentant

à l’ONU, ex-vice-roi en Irak,

n’est pas le seul conspirateur de

haut vol. Le fantoche putschiste

Micheletti [le président de facto],

par exemple, a deux conseillers

qui ont été des aides importants

de Bill Clinton: Lanny Davis (qui

l’a conseillé lors du scandale provoqué

par sa relation avec Monica

Lewinsky, et a été le conseiller

d’Hillary Clinton le plus virulent

dans la lutte contre Obama,

et il est membre du Conseil

Hondurien de l’Entreprise Privée,

charnière de l’oligarchie locale) et

Bennet Ratcliff. Par conséquent

il est tout à fait impossible que le

Département d’Etat (c’est-à-dire

Hillary Clinton) et le Pentagone

aient été surpris par le coup annoncé

et si grossièrement organisé

par quatre gorilles sûrs de leur

impunité.

Le coup est donc une torpille

sous la ligne de flottaison

contre l’intention d’Obama de

détente avec l’Amérique Latine

et même avec Cuba. Cette torpille

a été lancée par la droite conservatrice

états-unienne, aussi bien

celle du Parti Démocrate, comme

celle d’Hillary Clinton et de son

clan, que celle des Républicains

(grâce aux liens des partisans

de Bush avec les militaires et la

droite latino-américains). Il s’agit

du premier affaiblissement sérieux

d’Obama – en provenance

de Washington même – auquel

cette droite réserve le même rôle

qu’Oscar Arias, ce serf reconnu

des Etats-Unis, un rôle qu’elle veut

imposer à Zelaya: celui de président

pour la galerie, de fantoche

et cramponné aux Etats-Unis,

sans aucune possibilité d’initiative,

dont la politique étrangère

serait totalement contrôlée par le

Département d’Etat (H. Clinton).

C’est le Ministre des Affaires

Etrangères des putschistes honduriens

qui a dit qu’Obama était «un

petit-nègre qui ne sait rien de rien»,

mais cette opinion est partagée

par tous les saints dont les gorilles

disposent dans le paradis de l’establishment

états-unien, même

s’ils n’osent pas encore l’exprimer

ouvertement.

Le coup hondurien est dirigé

contre les pays voisins liés

à Chavez ou à Cuba, contre le

Venezuela et Cuba, contre tous

les gouvernements «progressistes»

d’Amérique du Sud ; mais c’est

également un coup sans Obama

et contre Obama.

La proposition aberrante

d’Arias [retour de Zelaya et formation

d’un gouvernement d’unité

nationale] est fonctionnelle pour

les putschistes. Elle leur permet de

gagner du temps pour organiser

leur pouvoir de facto et fatiguer et

démoraliser les partisans du président

constitutionnel.

D’ailleurs cette proposition

leur accorde en plus la récompense

d’une amnistie, malgré le

fait qu’ils ont organisé un coup

d’Etat et assassiné ceux qui défendaient

la Constitution, et qu’ils

sont d’infâmes «traîtres à la patrie»,

passibles d’être fusillés. Pour

comble, selon l’Accord de San José

[capitale du Costa-Rica d’Arias],

Zelaya devrait accepter de donner

des postes clés de son éphémère

cabinet précisément à ceux

qui l’ont séquestré, déporté de son

pays, insulté, qui ont falsifié sa signature

dans une infâmante lettre

de démission et qui sont en train

d’opprimer par la terreur le peuple

hondurien. Il ne serait donc plus

que l’otage de ces gens.

Si la «solution Clinton» (qui

n’est une solution que pour les

putschistes) était acceptée, cela

constituerait un encouragement

pour de futurs coups et «dictablandas»

(dictatures militaires avec des

façades «légales»). L’alternative est

difficile, mais c’est la seule positive:

repousser l’arbitrage Arias-

Clinton et diriger, en Honduras

même, un processus de lutte, par

tous les moyens possibles, pour

imposer une assemblée nationale

constituante qui décide qui gouvernera

le pays et de quelle manière.

Autrement dit, il s’agit de

tenter de créer une brèche dans

les forces armées et dans la police,

au moyen d’une mobilisation insurrectionnelle,

comme en Bolivie

face à Sanchez de Losada ou au

Venezuela, lors du coup contre

Chavez.

Zelaya, le fils d’un assassin

gauchiste, dirigeant d’un parti

conservateur traditionnel et qui

s’est orienté sur une politique «de

progrès», surtout pour des raisons

d’opportunité et parce qu’il n’avait

pas calculé les conséquences que

cela pouvait entraîner pour lui, a

fait preuve de courage. Mais il ne

peut probablement pas diriger ce

type de lutte, même s’il peut la

déclencher. Le peuple hondurien

et les secteurs de gauche qui exigent

son retour au gouvernement

sans restrictions sauront alors

comment vaincre les putschistes

et leur faire payer leur crime contre

la Constitution, et cela avec des

procès publics.

* Guillermo Almeyra est professeur

à l’UNAM (Mexique) et publie

régulièrement des chroniques

dans le quotidien La Jornada.

(Traduction de A l’Encontre)

A l’Encontre 7 août 2009

12

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009


Faim de Justice

Aujourd’hui, les personnes menacées

par la faim chronique sont déjà 950

millions. Elles étaient 800 millions

en 2007. Leur nombre a augmenté

entretemps à cause de l’expansion de

l’agrobusiness - dont les technologies

élèvent le prix des aliments - et

de l’extension de superficies destinées

à la culture d’agro-carburants,

produits pour assouvir la faim des

machines et non des gens.

La faim est l’arme la plus meurtrière

inventée par l’injustice

humaine. Elle cause plus de morts

que toutes les guerres. Elle élimine

23.000 vies par jour, presque 1000

personnes par heure! Les principales

victimes sont les enfants.

Presque personne ne meurt

par manque d’aliments ! L’être

humain supporte presque tout:

politiciens corrompus, humiliations,

agressions, indifférences,

l’opulence de quelques-uns. Même

l’assiette vide. C’est pourquoi on

ne peut dire que qui que ce soit

meure d’absence complète d’aliments.

Les affamés, quand ils n’ont

rien à manger, mettent en bouche,

pour tromper la faim, des résidus

de poubelles, des lézards, des souris,

des chats, des fourmis et des

insectes divers. Le manque de vitamines,

d’hydrates de carbone [1]

et d’autres substances nutritives

essentielles, affaiblit l’organisme

et le rend vulnérable aux maladies.

Les enfants rachitiques meurent

d’un simple rhume, par manque

de défenses.

Il n’y a que quatre facteurs de

Le président des États-Unis s’efforce,

ces dernières semaines,

de prouver que la grave crise que

son pays et le reste du monde ont

héritée de son prédécesseur est en

train de céder.

Presque tous les économistes

se réfèrent à la crise économique

qui éclata en octobre 1929, après

que la précédente fut survenue

à la fin du XIXe siècle. La plupart

des hommes politiques étasuniens

d’aujourd’hui ont tendance

à croire que, dès que les banques

disposeront d’assez de dollars pour

lubrifier la machine productive,

tout marchera comme sur des roulettes

vers un monde idyllique et

jamais songé auparavant. Il y a

de nombreuses différences entre

la crise économique des années

30 et la crise actuelle, mais je me

bornerai à signaler l’une des plus

importantes.

Dès la fin de la Première

guerre mondiale, le dollar, basé

sur l’étalon-or, remplaça la livre

sterling anglaise à cause des immenses

quantités d’or que la

Grande-Bretagne avait dépensées

dans ce conflit. La grande crise

économique éclata aux États-Unis

à peine douze ans après.

Si Franklin D. Roosevelt, du

Parti démocrate, remporta les

élections, c’est en bonne partie

Par Frei Betto

mort précoce: accidents (de travail

ou de circulation), violence

(meurtre, terrorisme ou guerre),

maladies (cancer ou SIDA) et

faim. Cette dernière produit le

plus grand nombre de victimes.

Toutefois c’est le facteur qui suscite

le moins de mobilisations. Il y a

des campagnes répétées contre le

terrorisme ou pour traiter le SIDA,

mais qui proteste contre la faim ?

Les misérables ne protestent

pas. Seul celui qui mange se met

en grève, descend dans la rue, manifeste

publiquement son mécontentement

et ses revendications.

Comme ces gens ne souffrent pas

de menace de faim, les affamés

sont ignorés.

Les dirigeants des nations les

plus riches et puissantes du monde

réunis en G-8 au début du mois de

Ne n’oubliez pas, Mr Obama !

Une cause juste à

défendre et l’espoir

d’aller de l’avant

Par Fidel CASTRO

Perspectives

juin à l’Aquila, en Italie, viennent

de décider de libérer 15 milliards

de dollars US pour calmer la faim

dans le monde.

Quel cynisme se paie le G-8 !

Il est le responsable du fait que les

affamés sont en multitude. Ceuxci

n’existeraient pas si les nations

métropolitaines n’adoptaient pas

des politiques protectionnistes, des

barrières douanières, des multinationales

d’agro-toxiques et de semences

transgéniques. Presque 5

millions d’enfants ne mourraient

pas chaque année si le G-8 ne manipulait

pas l’OMC, ne stimulait

pas l’inégalité sociale et tout ce qui

l’augmente : la grande propriété,

la spéculation sur les prix des aliments,

l’appropriation privée de

la richesse.

15 milliards de dollars seulement

! Ces messieurs-dames du

G-8 savent-ils combien de millions

ont été destinés pour sauver,

grâce à cette crise, tout comme

Obama dans le cadre de celle-ci.

Roosevelt, suivant les théories de

Keynes, injecta de l’argent dans la

circulation, lança de gros travaux

publics, tels que routes, barrages

et d’autres assurément utiles, ce

qui accrut pendant des années les

dépenses, la demande de produits,

les emplois et le PIB. Ces fonds,

toutefois, il ne les obtint pas en

faisant fonctionner la planche à

billets, mais à travers des impôts

et grâce à une partie de l’argent en

dépôt dans les banques, et en vendant

des bons du Trésor à un taux

d’intérêt garanti, ce qui les rendait

attrayants pour les acheteurs. Il

éleva le cours de l’or de vingt dollars

l’once Troy en 1929 à trentecinq

à titre de garantie interne des

billets étasuniens. C’est en fonction

de cette garantie basée sur

l’or physique que surgit en juillet

1944 l’accord de Bretton Woods

qui octroya au puissant pays le

privilège d’imprimer les devises

convertibles, alors que le reste du

monde était ruiné : les USA possédaient

plus de 80 p. 100 de l’or

du monde.

Il me semble inutile de rappeler

ce qui survint après, depuis les

bombes atomiques sur Hiroshima

et Nagasaki – un génocide dont

on rappelle ces jours-ci le soixantequatrième

anniversaire – jusqu’au

coup d’État au Honduras et aux

sept bases militaires que l’administration

étasunienne se propose

d’installer en Colombie. Le fait

est que l’administration Nixon

supprima en 1971 la connexion

du dollar avec l’étalon-or et décida

d’imprimer des billets sans la

moindre limite, réalisant là la plus

grosse escroquerie dont l’humanité

a été victime. Compte tenu de

leur privilège de Bretton Woods,

les États-Unis, une fois supprimée

unilatéralement la convertibilité

du dollar, paient en papier-monnaie

les biens et services

qu’ils achètent dans le monde. On

me dira qu’ils en offrent aussi en

échange de dollars. Oui, mais, depuis

la suppression de l’étalon-or,

ce dollar, qui était coté à trentecinq

dollars l’once Troy, a perdu

depuis presque trente fois sa valeur

et quarante-huit fois celle qu’il

avait en 1929. Le reste du monde

a essuyé les pertes afférentes ; ses

ressources naturelles et son argent

ont servi à financer le réarmement

de l’Empire et, en grande partie,

ses guerres. Qu’il suffise de signaler

que la valeur des bons fournis

à d’autres pays dépasse, selon des

calculs au plus bas, trois billions

de dollars, et que la dette extérieure

de ce pays, qui ne cesse de

gonfler, dépasse d’ores et déjà onze

billions de dollars.

L’Empire et ses alliés capitalistes,

tout en se faisant concurrence,

veulent nous faire croire

que leurs mesures anticrises sont le

salut. Mais l’Europe, la Russie, le

de septembre 2008 à juin 2009,

non l’humanité, mais le marché

financier ? Mille fois cette somme

! 15 milliards de dollars servent

seulement à offrir quelques caramels

à quelques affamés. Sans

compter qu’un bonne partie de

ces ressources ira dans la bourse

des corrompus ou servira de monnaie

d’échange électorale. « Je vous

donne un pain, votez pour moi ».

Si le G-8 avait réellement l’intention

d’éradiquer la faim du

monde, il promouvrait des changements

dans les structures mercantilistes

qui régissent la production

et le commerce mondiaux, et

il canaliserait plus de ressources

vers les nations pauvres que vers

les agents du marché financier et

l’industrie de guerre.

Si les maîtres du monde voulaient

en finir réellement avec la

faim, ils déclareraient la grande

propriété foncière crime contre

l’humanité et permettraient la

libre circulation des aliments,

comme cela se passe avec l’argent.

De même si, au lieu d’attraper

quelques narcotrafiquants,

ils avaient aussi l’intention d’éradiquer

le trafic de drogues, ils se

mettraient à détruire définitivement,

avec leurs machines de

guerre, les champs de plantation

de marijuana, de coca, de pavot et

autres végétaux, les transformant

en zones d’agriculture familiale.

Sans matières premières, il n’y a

pas de trafiquant capable de produire

de la drogue.

Dire que le G-8 essaye d’en

finir avec la faim ou de sauver la

planète de la dégradation environ-

Si les maîtres du monde voulaient

en finir réellement avec la faim, ils

déclareraient la grande propriété

foncière crime contre l’humanité

nementale équivaut à espérer que

le Père Noël apporte en cadeau,

lors de la prochaine fête de Noël,

une vie digne à tous les enfants

pauvres. Le cynisme est tel que les

dirigeants du monde promettent

d’établir des bases de viabilité environnementale

à partir de 2050.

Or l’un des enseignements

évidents de la nature, c’est qu’à

moyen terme, nous serons tous

morts. Si la Terre a déjà perdu 25%

de sa capacité d’auto-régénération,

que va-t-il se passer si l’humanité

doit attendre 40 autres années

pour que se prennent des mesures

efficaces ?

Si ceux qui n’ont pas faim

avaient au moins faim de justice

- vertu qualifiée de béatitude par

Jésus -, alors l’espérance en un

futur meilleur ne serait pas vaine.

Notes

[1] Les hydrates de carbone, ou glucides, sont

une classe de molécules de la chimie organique.

Ils font partie, avec les protéines et les lipides,

des constituants essentiels des êtres vivants et

de leur nutrition, car ils sont un des principaux

intermédiaires biologiques de stockage et de

consommation d’énergie. (Wikipedia)

Source: Fome de justiça

Traduit par Thierry Pignolet.

Édité par Fausto Giudice

Le Grand Soir 13 août 2009

Japon, la Corée, la Chine et l’Inde

ne collectent pas de fonds en vendant

des bons du Trésor ni en faisant

fonctionner la planche à billet,

mais en appliquant d’autres formules

pour défendre leurs monnaies

et leurs marchés, parfois au

prix d’une grande austérité pour

leurs populations.

C’est l’immense majorité des

pays en développement d’Asie,

d’Afrique et d’Amérique latine

qui paie les pots cassés en fournissant

des ressources naturelles

non renouvelables, du travail et

des vies.

L’Accord de libre-échange

nord-américain (ALENA) est

le plus clair exemple de ce qu’il

peut arriver à un pays en développement

quand il se met dans

la gueule du fauve : au dernier

Sommet, le Mexique n’a pu obtenir

aucune solution favorable à

ses immigrés aux USA ni aucune

exemption de visa pour entrer au

Canada.

Néanmoins, le plus grand

Traité de libre-échange à l’échelle

du monde fonctionne à fond :

l’Organisation mondiale du commerce,

qui a vu le jour aux accents

triomphants du néolibéralisme, en

pleine apogée des finances mondiales

et des rêves idylliques.

Dans un autre domaine, selon

une dépêche de BBC Mundo

d’hier, 11 août, mille fonctionnaires

des Nations Unies réunis

à Bonn (Allemagne) ont affirmé

qu’ils cherchaient la voie

pour aboutir à un accord sur les

changements climatiques d’ici décembre,

mais que le temps pressait

de plus en plus.

Ivo de Boer, le responsable des

Nations Unies pour les changements

climatiques, a affirmé qu’il

ne restait que cent dix-neuf jours

d’ici au Sommet : « Nous avons

un tas énorme d’intérêts divergents,

un temps de discussion

compté, un document complexe

sur la table (deux cents pages) et

des problèmes de financement.

Les nations en développement insistent

sur le fait que le gros des

gaz à effet de serre provient du

monde industrialisé. » Le monde

en développement argue qu’il a

besoin d’une aide financière pour

se colleter avec les effets climatiques.

Ban Ki-moon, Secrétaire général

des Nations Unies a affirmé :

« Si l’on n’adopte pas des mesures

urgentes pour combattre les changements

climatiques, cela pourrait

déclencher de la violence et des

Suite à la page 16

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009 Haïti Liberté 13


de tout le

illir la dir

Bhutto,

exil volovait

bien

it les méte

monu-

’accueil.

eaucoup

lomètres

précaires,

sommeil

es éconoet

autres

ussi loin

ipale des

de faire

t où ils

urs soufnt

manià

lutter

ciété qui

.

quel les

r volonle

Parti

rté

Les eczémas

Pakistan ?

Par Lal Khan

er, la ville de Karachi, au Pakistan, a

obilisation de masse depuis un quart de

ersonnes selon la police, et 3 millions

PPP (Parti du Peuple Pakistanais).

Eczéma de contact au nickel

nvisage de laisser Benazir Bhutto accéder au

de faire dérailler un mouvement de masse imi

par le passé

com

nline

ts,

s, etc

.com

3

ire

yst

I DEFINITION

sur intense. ses qualités de « femme d’Etat masse imminent. 4. L’eczéma Il bulleux en fut déjà : grosses n’a cessé de le présenter comme

L’eczéma est une dermatose », son « 2. habileté La phase politique vésiculeuse » ou son ainsi : vésicules par passé. formant Cependant, des bulles aux un partenaire important dans

(toute maladie de la peau) érythé-mato-vésiculeuse, prurigineuse pose mière sur l’héritage phase, les historique vésicules du carac-

crise sévère 5. L’eczéma et des conflits sec internes : très peu Le de principal objectif de Benazir

aptitude Quelques à manœuvrer heures après ». Elle la re-pre-

l’Etat mains connaît et aux aujourd’hui pieds surtout. une sa lutte pour la « démocratie ».

(qui provoque démangeaison), PPP, téristiques qui a surgi de à l’eczéma, l’époque apparaissent

sur de les 1968-69. lésions érythéma-

difficile 6. de L’eczéma mettre en kératosique place un : droite ec-

pour empêcher toute radi-

de la ouverts. vésicules. Dans ce contexte, il sera était alors de faire alliance avec la

très récidivante, se présentant révolution

en nappes ou en placards. C’est teuses. Au cours Elles de sont cette transparentes révolution, et régime zéma reposant chronique, sur une formant base de de calisation, véritables

contradictoire, carapaces comme blanc-grisâtres, l’ont sa politique collaborationniste. La

au sein du PPP, contre

la plus fréquente des dermatoses, les renferment travailleurs, une la jeunesse sérosité et (liquide) les classe

1/3 des malades d’une consultation

externe de dermatologie sont à portée pour de réaliser main. des Du 6 petites novembre bulles, tats à la bombe 7. L’eczéma visant dysidrosique. la caravane ellement Il petite-bourgeoise.

paysans claire. pauvres Elles ont peuvent le pouvoir confluer d’ailleurs épaisses montré et fissurées. les deux atten-

base sociale de Sharif est essenti-

atteints d’eczéma. On distingue 1968 au niveau 29 mars de 1969, la plaque il y avait érythémateuse

situation mais de double aussi pouvoir, à distance. tué 139 veau personnes des espaces et interdigitaux en ont mu-

des geois radicalisés trompettent que

de Benazir, se localise le 18 essentiellement octobre, qui ont au ni-Les médias et les petits-bour-

deux entités bien définies: l’eczéma

du Peuple de contact Pakistanais. allergique Et pour et dans Ces le vésicules pays. S’il sont y avait fragiles, eu un elles tilé 500. mains et des pieds. jamais le retour de Benazir et la

une

l’eczéma s’assurer constitutionnel qu’elle serait massivement

accueillie, dermatite Benazir atopique. Bhutto la suite tête du du mouvement, grattage et il nous aurait entrons pu lamique 1. est Eczéma essentiellement avec surinfection un été : possibles sans l’accord passé

encore parti se rompent marxiste spontanément capable de prendre ou à la Le fondamentalisme B. Formes compliquées: is-

manifestation d’accueil n’auraient

appelé

a dû reprendre, dans ses dernières se dans saisir la du troisième pouvoir à phase. pas moins phénomène à surveiller. sponsorisé par l’Etat, entre la dirigeante du PPP et

déclarations, le vieux slogan du de cinq 3. occasions. La phase de suintement et : qui se 2. nourrit Eczéma de d’évolution la brutalité chronique.

« guerre Si la contre cause n’est le terror-

pas élimi-

innombrables opprimés qui ont

Musharraf. C’est une insulte aux

II- PPP PHASES : « Roti, Kapra, Makan » : Les Les vésicules travailleurs se occupaient rompent et les laissent

s’écouler les étudiants un contrôlaient liquide séreux isme née, » menée l’eczéma par l’impérialisme peut devenir chro-

bravé tant d’obstacles et de dif-

de la

CLINIQUES

de la nourriture, des vêtements, usines,

un logement. Les lésions élémentaires sont les jaunâtre, universités. le Ils placard refusaient se couvre de américain. nique : Son les suintements essor temporaire sont plus ficultés terrogatoire pour se rendre doit à Karachi. passer en revue

représentées Ces événements par : conf irment

1. l’érythème pleinement (rougeur) les perspec-

: il train. par Les assèchement paysans pauvres du liquide. occu-En

de la épaissi, gauche quadrillé et au refus, (lichénfication). de la grande patient résistance : profession, à la manifes-

loisirs, vê-

payer alors leurs de petites tickets croûtes de bus jaunâtres, et de est surtout rares ; la dû peau à l’effondrement prend un aspect Certes, tout l’Etat l’environnement n’a pas opposé de cutané du

s’agit tives élaborées d’un érythème de longue congestif date paient quelques les terres. jours, Cependant, les croûtes la vont part du 3. PPP, Eczéma de lutter généralisé contre les à toute tation. tement, Certes, médicaments les dirigeants locaux,

inflammatoire

par Tendance Marxiste majorité se dessécher la gauche et tomber. pro-Moscou agressions la peauimpérialistes.

bourgeois produits et petit-bourgeois de toilette, cosmétiques, du

Internationale 2. les micro et sa vésicules section pakistanaise,

d’une The tête Struggle d’épingle, (La Lutte). rem-

au tion « stade (réparation). démocratique Lorsque », et dé-

les par V- une PHYSIOPATHOLOGIE

section de l’Etat ou par législatives, 2. ont Les investi test cutanés beaucoup ou patch

de la et pro-Pékin 4. La limitait phase de la révolution desquama-

Qu’ils aient été commandités PPP, qui etc...... pensent aux élections

taille

plies Dès 1998, d’un liquide dans un clair, meeting ouvrier,

L’eczéma à Karachi, évolue Alan par Woods poussée. extre

DE L’ECZEMA DE

nonçait croûtes même sont le mouvement tombées, la con-

peau son Frankenstein – le fondamentalisme

islamique –, les attentats fabriquer mêmes d’immenses lésions bannières. que celles de l’ec-

d’argent test pour : Ces affréter tests des reproduisent bus et les

prend la dictature un aspect militaire érythémateux d’Ayub

Le pliquait prurit : « est Quand pratiquement elle reviendra

au Pakistan, ; la poussée des millions d’eczéma de cratie la rougeur chinoise. diminue, la surface de le mouvement Les eczémas de se développer. de contact sont d’argent confirmer ont été investies, le diagnostic. par le

Khan, (de rougeur), un « ami lisse. » de la Rapidement bureau-

du 18 CONTACT octobre n’empêcheront pas Mais de zéma. plus Une grandes biopsie sommes permet de

constant

évolue personnes en 4 accueilleront phases : Benazir, la Zulfiqar peau se craquelle Ali Bhutto, et se le recouvre père Les dirigeants des réactions du PPP allergiques s’efforcent d’hypersensibilité

la colère du immunologique

peuple, ul-

de Musharraf VII- ECZEMA et de la Ligue

passé, pour les rassemblements

malgré 1. La sa politique. phase » ér y t hémateuse

Des (de décennies rougeur): Un dura placard nt, socialiste fines. Ces du mouvement, squames tombent et et céré cellulaire. par cet acte criminel. Cette hypersensibi-

Mais sa Musulmane – avec des résultats

de de Benazir, squames reconnut (lamelles le caractère cutanées) de calmer

érythémateux, Benazir Bhutto n’a cessé œdémateux, d’évoluer appela peu à la peu transformation la peau reprend sociali-soste

aspect de la normal. société. Cette Dans certains perspec-cas

électoral, une fois par acquise, un large soutien est général à bilisation OU suscitée DERMATITE par le retour

vengeance lité immunologique s’exprimera, sur le de plan contact incomparables CONSTITUTIONNEL

à l’immense mo-

chaud, vers la droite. inflammatoire, Elle a frayé parsemé avec

de l’impérialisme petites élevures, américain donnant et cherché

à convaincre chagriné à l’Etat la peau. pakista-

A ce taient (démangeaison) parfaitement est à la extrêmement lutte des dans l’orage révolutionnaire qui La faible résistance du

un tive d’eczéma et ce programme chronique se où connec-

le prurit Benazir définitive. – et plus généralement de Benazir. ATOPIQUE (DA)

aspect régime

stade nais et initial, la classe le prurit dirigeante est toujours de

son adhésion aux politiques pro-

Dr. Joel

Henriquez Poliard

M.D.

Family and Community

Medicine

Public health and Pedriatics

5000 N.E. Second Ave,

Miami FL, 33137

14

tel. (305) 751-1105

Haïti Liberté

Votre santé avant tout

A travers le monde

masses important, pakistanaises. la peau Du garde jour au un as-

pointe VI- à l’horizon. DIAGNOSTIC

lendemain, le PPP est devenu le Ces dernières années, les

plus grand parti de l’histoire du fondamentalistes ont plusieurs

Pakistan.

fois appelé à des « manifestations

d’un million d’hommes »

Cependant, même avec un

programme socialiste relativement

clair, la révolution de 1968-

contre l’impérialisme américain

69 se solda par un échec. Il manquait

le facteur subjectif : le parti

révolutionnaire. Bhutto a mis en

œuvre des réformes radicales dans

l’agriculture, la santé, l’éducation

– entre autres. Il a également nationalisé

de larges sections du système

bancaire et de l’industrie.

Mais le capitalisme n’a pas été

renversé. Or, il n’est pas possible

de faire la moitié d’une révolution.

Zulfiqar Ali Bhutto fut renversé

par un coup d’Etat – soutenu par

les Américains – puis fut pendu,

en avril 1979, par la dictature du

général Zia.

Cependant, l’héritage politique

de cette révolution, dans

la conscience du peuple pakistanais,

n’a pas été liquidé. Telle

est la principale raison du large

soutien dont bénéficie toujours

le PPP, malgré la politique de

compromis de Benazir. L’un des

pect épaissi, lichénifié (ressemblant

au lichen : végétal qui croît causes) DE L’ ECZEMA

ETIOLOGIQUE (des

capitalistes. Avant Par de Dòk revenir Fanfan au principaux sur les arbres, slogans les de pierres). la manifestation

Il du faut 18 retenir octobre que était l’un : « de 5% ces de DE cet objectif. CONTACT Aujourd’hui,

– sans jamais parvenir à dépasser

Pakistan, elle s’est efforcée de parvenir

à un accord avec le régime Bhutto, 4 aspects tu es toujours évolutifs vivant peut prédominer

voire être ou isolé, inconsciem-

en apparence. se disloque, portance qui fondamentale. est une autre

! » l’alliance 1. des L’interrogatoire fondamentalistes : d’im-

de Musharraf. L’intelligentsia et Consciemment

les éléments petits-bourgeois qui ment, le PPP est perçu comme le expression - des Où contradictions l’eczéma a-t-il au débuté?

dominent les médias annonçaient véhicule Cette localisation aidera à s’orienter

vers le des richissime allergènes (substance ex-

III- du LES changement. FORMES C’est la sein de l’appareil d’Etat.

que ces négociations allaient ruiner

la popularité de Benazir Bhutto. l’entrée CLINIQUES

des masses dans l’arène de Premier responsable ministre Nawaz de réaction Sharif de type

raison pour laquelle, au Pakistan, Lorsque

Mais les masses pakistanaises ne la lutte politique A. Formes doit non nécessairement

commencer 1. L’eczéma sous aigu la du ban-

visage tembre : des dernier, mains il : contact n’y avait professionnel, pas

compliquées est revenu allergique)précis. au Pakistan, le Exemples 10 sep-

: dos

voient pas les choses ainsi.

Benazir a déjà été au pouvoir nière avec du PPP. rougeur Et c’est intense, d’ailleurs prurit plus et de ménagère,.... 5000 personnes pour célébrer

son - retour, Quand et ce l’eczéma malgré la a-t-il dé-

à deux reprises : en 1986 et 1993. pour suintement. cela que d’importantes sections

de 2. l’Etat L’eczéma sont terrifiées papulo-vésicu-

par large couverture buté et comment médiatique évolue-t-il? et les les

Elle a chaque fois abandonné le

peuple pour prouver sa fidélité à l’énorme leux soutien : sous dont forme jouit de le petites PPP, élevures

font pas (papules), confiance de à teinte Benazir, rose tinées vif à nette promouvoir par les son contacts. « énorme Exemple :

fabuleuses poussées sommes sont d’argent rythmées des-

de façon

l’ordre établi. Elle a bien évidemment

trempé dans la corruption malgré avec, son au engagement centre, une à sauveg-

vésicule. » popularité. dans les eczémas professionnels,

et ne

qui est un élément organique de arder le 3. système L’eczéma capitaliste. nummulaire : (en Le l’eczéma régime de s’améliore Musharraf pendant s’est les

ce système. Mais contrairement à La pièces classe de dirigeante monnaies). n’envisage Il est très facilement vacances débarrassé ou arrêt de Nawaz de travail et

ce que s’imaginent l’intelligentsia de laisser prurigineux, Benazir Bhutto les vésicules accéder sont Sharif. récidive En fait, de ce la dernier réexposition serait à l’allergène.

longtemps Lorsque tombé l’étiologie dans (la

et les médias pakistanais, la popularité

de Benazir ne repose pas faire médaillons dérailler un bien mouvement limités. de l’oubli cause) sans l’aide n’est de Benazir, pas évidente, qui

au pouvoir groupées que sous dans formes le but de de petits depuis

l’in-

Eczéma chronique avec aspect épaississement de la peau (Face postérieure

du genou/jonction de la cuisse et de la jambe

à la manifestation du 18 octobre

s’explique

L’atopie

également

désigne

par

un

la

état parti-

division de l’Etat sur cette question.

Ils craignaient qu’une tentative

d’empêcher aux millions

GET YOUR TAX REFUND FAST

de personnes d’envahir les rues

• Income Tax

• Insurance (car, life, home, business)

• Real Estate

• Financial Consulting

• Notary Public

• Translations (from French, Creole, Spanish to

English)

• Typing (resume, flyers, invitations, papers,

business letters)

• Faxing (sending and receiving). Copying.

• Electronic Filing

Phone: 718.693.8229 Fax: 718.693.8269

1786 Nostrand Ave., Brooklyn, NY 11226

(between Clarendon Rd & Avenue D)

2…L’administration américaine n’a pas obligé Musharraf (à gauche) et

Benazir (à droite) à négocier un gouvernement de coalition dans le seul but

de renforcer la position du régime dans la guerre contre les Talibans…

Suite à la page 19

CHERY’S BROKERAGE

Vol. 1 No. 22 • du 19 au 24 décembre 2007

culier caractérisé par une prédisposition

génétique à la synthèse

accrue d’IgE (Immunoglobuline

type E) et aux maladies allergiques

: rhinite allergique,

conjonctivite, asthme, urticaire,

eczéma.

A . P R E S E N T A T I O N

CLINIQUE

Chez le nourisson, la maladie

débute vers le 2è-3è mois de la

vie. Il s’agit d’un eczéma toujours

prurigineux, érythémateux, suintant

et croûteux. Le visage est

souvent le premier atteint : front

et joues (la bouche, nez, menton

sont respectés). L’éruption

peut s’étendre aux oreilles, au

cuir chevelu. Des lésions sur les

membres peuvent se voir.

Chez l’enfant plus grand (

à partir de 3-4ans), la DA a une

topographie et un aspect différents

: plaques lichénifiées, prurigineuses,

rarement suintantes,

prédominant au niveau des plis

des coudes, creux poplités, poignets.

La dermatite atopique (DA)

évolue par poussées avec des

phases d’eczéma suintant alternant

avec des rémissions plus

ou moins complètes. Les poussées

s’atténuent progressivement

avec l’âge. A partir de la puberté,

l’eczéma peut guérir définitivement

dans 90 %, dans les 1O %

restant, des poussées persistent

jusqu’à l’âge adulte. Enfin, un

tiers des DA, présenteront ultérieurement

un asthme.

B. COMPLICATIONS

1. Surinfections :

2. Extension des lésions.

VIII- TRAITEMENT DE

L’ECZEMA

A. Traitement de l’eczéma allergique

:

1. Traitement de la cause : c’est

l’éviction de l’allergène, parfois facile

: allergie de rencontre, maladie

professionnelle.

2. Traitement symptomatique :

bains antiseptiques, colorants, corticothérapie

locale

3. Antibiotiques : en cas de surinfection

B. Traitement de l’eczéma atopique

:

1. bains émollients : savons surgras,

huile de bains...

2. antiseptiques moussants, et

aussi les colorants

3. les crèmes à base de corticoïdes

4. les antihistaminiques et les

antibiotiques sont également utiles.

5. la corticothérapie générale

n'a pas de place dans le traitement.

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009


Dans la diaspora

Brooklyn :

Une rencontre d’importance

de Fanmi Lavalas

Par Pierre L. FLORESTAL

L’ex-député lavalas James Desrosin

Comme annoncée, la rencontre

de l’ancien député

Lavalas de la 47ème législature,

James Desrosin, a eu lieu

le dimanche 9 août dernier, au

local du journal Haiti Liberté, à

Brooklyn, NY.

Des membres, sympathisants

et amis du mouvement

Lavalas avaient répondu en grand

nombre à cette réunion qui a

débuté par une courte prière de

votre serviteur, officiant en tant

que maître de cérémonie, pour

demander au Grand Architecte

du monde de venir nous assister

dans ce moment que nous nous

étions proposé de passer ensemble.

Après la Dessalinienne

chantée à pleins poumons par

l’assistance, ce fût le tour de la

projection d’une vidéo, montrant

la tournée au Cap Haïtien

de l’ancien député.

L’orateur de la soirée, James

Desrosin a commencé par remercier

l’assistance, et surtout pas

des moindres, des lavalassiens de

la première heure, malheureusement

retenus un bon bout de

temps dans l’incompréhension de

ce qui se passe autour et même

au sein d’une Organisation politique

dans laquelle ils ont investi

dynamisme et conviction.

L’ex- député a tout d’abord parlé

de la nébuleuse du salaire minimum,

cheval de Troie au service

de Préval qui a trouvé moyen de

rassurer la bourgeoisie dans ses

ambitions. Il a signalé l’évolution

de parcours du salaire minimum

qui a touché trois plafonds sous

le gouvernement de J.B.Aristide

:15, 36 et 70 gdes ce qui avait tant

contrarié cette classe dominante,

et vous connaissez la suite. « Tout

otan sendika ap konfonn tèt li ak

patwona, se travayè k ap peye sa.

Ann Ayiti, leta pa jwe wòl li kòm

regilatè ant patwon sendika ak

ouvriye. Leta panche yon sèl bò ».

Selon Desrosin, il n’est pas

exclu de comprendre que ce

dossier pourra durer, à force de

passes-passes, jusqu’à la 49ème

législature, à dessein de tromper

la vigilance du peuple dans ce

jeu macabre qui se déroule déjà

depuis un bon bout de temps.

Selon l’ex-député, le marcher

pressé de Préval à faire publier la

liste des sénateurs sélectionnés

pour permettre à son gouvernement

d’étrangler une constitution

déjà exsangue, parce que

vidée de sa substance au profit

d’une caravane malheureusement

embourbée dans des tractations

contre nature, diffère de celui du

salaire minimum avec lequel il

est décidé à jongler, et ne fait que

confirmer le besoin urgent pour

notre Président de chambarder

ce qui restait de base à cette fragile

démocratie exposée à tous

les coups bas.

Concernant le parti Fanmi

Lavalas, l’ancien député a dit

constater un relâchement bien

sensible, propre à ralentir le débit

de ce puissant courant politique,

ce que la communauté internationale

avait commencé avec

Guy Philippe et son consort

Chamblain qu’elle protège si bien

pour leurs travaux réalisés à la

Scierie et dans plusieurs autres

points du pays. Ce qui a valu

deux ans de prison ferme à l’ex-

Premier ministre Yvon Neptune

au temps de Bernard Gousse

comme ministre de Justice de

Latortue ; et l’interlocuteur de

rappeler aussi que ce n’est pas au

moment où le bateau se trouve

en difficulté que les marins devraient

songer à l’abandonner.

Ce besoin de se retrouver

était quand même marqué au

coin de l’indulgence, lorsqu’on a

vu en dépit de l’esprit surchauffé

qui électrisait l’air à certain moment

de l’exposé, qu’il n’a pas

été pourtant difficile de suivre

la feuille de route qui devrait servir

à combler le moment. Même

quand tous les violons n’étaient

pas accordés à la partition unique,

il reste que la nécessité de reprendre

les efforts pour avancer

ensemble dans la mouvance était

à fleur de peau. D’où l’urgence

de stopper cette tendance qui

veut faire accroire que Lavalas est

aujourd’hui, orphelin de direction,

au point que chacun se démène

comme un diable dans un

bénitier pour en prendre le leadership,

comme s’il en a jamais

eu !. A un moment où le gouvernement

Préval/Pierre Louis

se prépare à la cohabitation avec

le délégué de Ban Ki-moun, lui

même en mission de reprendre la

souveraineté d’Haïti, les infidèles

d’Aristide semblent mettre les

bouchées doubles à appuyer cette

poussée du peuple haïtien qui se

réveille dans l’acharnement « de

la mobilisation pour le retour » et

« le retour pour la mobilisation »

En tout cas, après l’exposé,

des questions pertinentes de l’assistance

ont rehaussé l’éclat de

cette rencontre. Avait-il réussi à

convaincre tout le monde? Pas

Le maître de cérémonie Pierre L.

Florestal

si sûr, puisque même après que

l’auditorium fût quasiment vidé

des participants, le député était

encore retenu par plusieurs, s’employant

à sonder adroitement ce

qui restait de non dit dans une

rencontre où naturellement, tout

ne pouvait être exploré d’un coup,

tant le désastre est grand, les déceptions

nombreuses et les attentes

impossibles à combler. Vu

que le temps imparti pour étancher

tant de soif était bien congru,

devaient-ils se contenter du peu,

dans l’attente de se retrouver une

fois de plus, au même local, le dimanche

23 Août prochain à 5h

pm pour s’étendre sur l’une des

questions pendantes de la rencontre,

s’agissant de restructurer

l’organisation à New York en désignant

un comité solide.

Enfin Desrosin n’a pas eu de

mal à convaincre de la méchanceté

de la Minustah, du lese grennen

de Préval, de l’indécence de

Mme Pierre-Louis, de la traîtrise

de Neptune, de l’effacement de la

classe politique et de ce qu’il croit

lui-même, va être la réponse du

peuple haïtien à toutes ces crabes

se mordant les uns les autres, en

public, à l’intérieur de ce panier

de toutes les trahisons. En définitive,

la brève rencontre de

ce dimanche 9 Août aura permis

à plus d’un de partir dans

la compréhension que les mots

Patriotisme et Probité sont des

perles qui ne font plus partie du

vocabulaire que certains auraient

dû intérioriser mais ne sont pas

encore arrivés à le faire malgré

leurs connaissances. Ils devraient

se rappeler que François

Rabelais l’avait bien exprimé

ainsi: «Science sans conscience

n’est que ruine de l’âme».

L’organisation politique

Fanmi Lavalas reste encore la

seule attachée à l’honneur que

confèrent le civisme et la loyauté

que chaque citoyen se doit de

cultiver, de façon à se montrer

avec assurance autant de fois

qu’il lui faut s’opposer à tout ce

qu’il croit être contraire à sa dignité.

Dans ce cas, alors, à moins

d’un revirement, si certains de

nos pairs persistent tant en Haïti

qu’en Diaspora dans leur inconscience,

le malheur pour notre

pays commun causé par les événements

du 29 Février 2000

continuera de plus belle.

PLUF.

Violence contre

des Haïtiens

en République

Dominicaine

Le mercredi 12 Août écoulé,

la communauté de Canca

la Reyna, une localité de la

province de Santiago situé au

Nord de Santo Domingo, a été

le théâtre d’une scène de violence

de Dominicains contre

des dizaines d’Haïtiens. Suite à

la mort d’un Dominicain, Jesus

Rivas Polanco, âgé de 30 ans, attribuée

à des ressortissants haïtiens

le samedi 8 Août dernier, les

Dominicains en colère et poussés

par la vengeance, ont saccagé les

résidences de nos compatriotes

et les ont menacés de lynchage

selon l’agence EFE. « Le vol de

la moto de la victime, de son portable

et d’une somme de 800 pesos

trouvée en sa possession serait le

mobile de ce crime. » lit-on dans

une dépêche.

Les dominicains ont clairement

manifesté leur volonté de

passer à l’action en menaçant de :

« Lyncher n’importe quel citoyen

haïtien qui se trouverait sur leur

passage. » Ils ont par la suite attaqué

les habitations des Haïtiens

et en ont détruit au moins neuf

dans le localité de Canca la

Reynia.

Ils ont en outre menacé d’exécuter

sommairement les Haïtiens

habitant cette localité et qui

heureusement ont le temps de

s’en fuir. De toute évidence, la

tension restait élevée dans cette

localité, où d’autres incidents

similaires ont visé ces derniers

jours, nos compatriotes vivant en

République Dominicaine, sous le

regard passif des autorités dominicaines

et haïtiennes.

Le TPF déboute le

dernier recours de

Jean Claude Duvalier

Le tribunal pénal fédéral de

Suisse à Bellinzone a rejeté

Maison à Vendre en Haïti

Située à Delmas, près de la route de l’Aéroport International.

2 étages, téléphone, électricité, de l’eau, garage.

$80K ou meilleur offre

Téléphonez: 347.735.5422

le dernier recours contre la remise

ordonnée à Jean Claude

Duvalier en février dernier par

l’Office Fédéral de la Justice

(OFJ). Enfin les autorités hélvétiques

ont franchi maintenant

un nouveau pas vers la remise à

Haïti plus de 7 millions francs

suisses volés par les Duvalier

durant les 29 ans de dictature

(1957-1986).

Le TPF a qualifié d’organisation

criminelle au sens du droit

suisse, la structure mise en place

par l’ex-dictateur, Jean Claude

Duvalier et ses proches qui avait

pour objectif d’utiliser le pouvoir

absolu en tant que chef de l’Etat

afin de faire régner un climat de

terreur dans le pays et de procurer

à ses membres des revenus

considérables par le détournement

systématique des fonds du

Trésor public.

Selon le TPF, le titulaire du

compte n’arrive pas à confirmer

de façon précise la provenance

des fonds. Il a déclaré de

façon vague que les avoirs déposés

avaient pour unique origine

la fortune personnelle de

Mme Simone Duvalier, mère

de Jean Claude Duvalier. Faute

d’avoir pu apporter des preuves

que les fonds saisis n’étaient pas

d’origine criminelle, le Tribunal

a conclu que les fonds doivent

être remis à l’Etat haïtien.

PL

Le mariage de

Linda Vital avec

Evens Jean Noël

Joyeusement célébré à

Skyland, New-Jersey

Par Bernier Achille

Contrairement à ce que l’on

s’attendait, la célébration

du mariage de Linda Vital avec

Evens Jean Noël a bénéficié du

plus beau jour de soleil de l’année.

En effet, Dame pluie avait choisi

de se manifester sans répit pendant

les jours d’avant et même ce

samedi 1er Août 2009, jour fixé

pour les cérémonies.

La perplexité était à son

comble, quand soudain, survint

un changement inespéré. Le soleil,

en se mettant de la partie, avait

tout arrangé pour permettre à

Linda et à Evens de convoler en

justes noces, sans entraves.

Après la cérémonie religieuse

terminée à 6h30 en l’Eglise Notre

Dame de East Orange, un long

cortège de voitures, s’est dirigé

vers Skyland dans les hauteurs de

Randolph, où a eu lieu la réception

pour les convives.

Dès l’arrivée en ce lieu pittoresque,

un personnel courtois et

attentif a accueilli les invités dans

une ambiance d’harmonie. A 7h

précises, les invités étaient introduits

dans une première salle pour

une première réception. Puis à 8h,

ce fut le moment de la grande parade

de fête dans une autre salle

préparée pour la circonstance. Au

départ, le Maître de cérémonie

annonça les couleurs en invitant

les mariés à la danse. Beaucoup de

parents, amis, avaient voyagé de

Miami, de Boston, de Montréal,

de N.Y et même du New-Jersey

pour venir combler les conjoints.

Les divertissements ne manquaient

pas. Dans un décor de

rêves, tout était prévu pour faire

de cette soirée un moment inoubliable

quant au buffet, à cette musique

si entraînante, à l’ambiance

et à ce personnel bien entraîné

de Skyland. Sur toute la ligne, la

séduction était complète et rien

n’avait été négligé pour que ce mariage,

tant au point de vue cérémonial

que social, fût des plus réussis.

Tout avait été enfin arrangé par les

nouveaux mariés et les familles

pour que les convives connaissent

un vrai moment de détente

en cette soirée du samedi 1er Août.

Nous adressons nos meilleurs

voeux de bonheur et de réussite

à Linda et à Evens, ainsi qu’à

leur fille, la petite Sabrina, et

nos sincères félicitations aux parents.

Nos félicitations vont aussi

à la Direction et au personnel de

Skyland qui avaient déployé tout

leur savoir pour créer et maintenir,

grâce à leur excellent service, cette

ambiance que le DJ avait créée, encouragée

et animée avec tant de

talent, de chaleur et de maestria.

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009 Haïti Liberté 15


Les vendredis

Suite de la page 4

l’espace privilégié de l’Organisation.

Instruite de ces profondes

vérités, Fanmi Lavalas entend

poursuivre sa marche victorieuse

dans les multiples luttes sociales,

politiques et économiques pour

une transformation des conditions

de vie de la majorité nationale.

Il s’agit fondamentalement

de mieux s’organiser pour poursuivre

les objectifs fondamentaux

suivants : le retour du président

Aristide dans son pays, le

désengagement et le départ des

forces d’occupation de l’ONU

du pays et la prise du pouvoir

pour l’application d’une politique

économique qui tienne

compte des besoins essentiels

de la population et des intérêts

de toute la nation.

Les réflexions et les débats

qui naîtront de toutes ces réunions,

dans le cadre des vendredis

à la Fondation Aristide pour

la démocratie, il faut clairement

l’avouer, chemineront dans la

coexistence avec les idées, les

démarches et les instructions

de Jean Bertrand Aristide, leader

charismatique de l’Organisation.

Les idées, les réflexions et

les pensées dans leur mouvance,

navigueront de bas en haut et

de haut en bas, afin que tout

le corps politique soit aéré, vivifié

dans l’unité et la diversité

de points de vue tendant vers

les mêmes légitimes aspirations.

L’idée fondamentale qu’il importe

de faire miroiter, de l’avis

des deux représentants du comité

exécutif, est qu’il ne peut

y avoir de Fanmi Lavalas sans

le leader charismatique, Jean

Bertrand Aristide.

Hervé Jean Michel

Validation

Suite de la page 4

mois de janvier 2010, la date

fixée par la constitution pour

l’entrée en fonctions des nouveaux

élus.

Quand et qui va organiser la

séance de validation des 11 prétendus

sénateurs ? La réponse

n’est pas pour aujourd’hui, vu

que le Sénat de la République

est actuellement dans l’impossibilité

de réunir le quorum nécessaire

pour sanctionner le rapport

de la commission de justice et

sécurité relatif à la reconduction

de Mario Andrésol à la direction

générale de Police Nationale

d’Haïti (PNH).

Le président du Sénat, Kelly

Bastien a dû reporter la séance

du jeudi 13 Août dernier pour

la ratification du directeur générale

de la PNH, Mario Andrésol,

faute de quorum. La séance est

prévue à nouveau pour le mardi

18 Août prochain. Le Sénat fait

face à un problème de quorum

pour la ratification et de la validation

des sénateurs sélectionnés.

L’article 108 de la constitution

haïtienne de 1987 stipule :

« Chaque Chambre vérifie et valide

les pouvoirs de ses membres

et juge souverainement les contestations

qui s’élèvent à ce sujet. »

Les sénateurs peuvent-ils se permettre

de ne pas tenir compte

des contestations soulevées autour

de la mascarade du 21 juin.

16

Haïti Liberté

GARR

Suite de la page 4

dénoncé les résultats d’une autopsie,

fabriquée, disent-ils, par

les responsables de la Minustah.

Rappelons que lors d’une manifestation

de milliers de personnes,

toutes couches sociales confondues

à Lascahobas, le mercredi 5

Août dernier, réclamant la réparation

du réseau électrique de la

commune, les soldats de l’ONU,

ont délibérément ouvert le feu

sur les manifestants, tuant 2 personnes

et blessant une quinzaine

d’autres.

Les étudiants de l’Université

d’Etat d’Haïti (UEH) ont eux

aussi dénoncé le comportement

des soldats de l’ONU et réclament

leur départ. Le vendredi

14 Août dernier, les étudiants ont

manifesté pour apporter leur support

aux ouvriers dans la lutte

pour le respect de la loi, portant

sur le salaire minimum à 200

gourdes et exigent la libération

sans condition de 4 des leurs à savoir

: Guerchang Bastia, Edouard

Eduige, Joseph Valcin et Hérode

César. Arrivés à Lalue, les soldats

brésiliens de la Minustah

ont bombardé les étudiants de

grenades lacrymogènes, une situation

dénoncée par les résidents

de la zone. Ces derniers jours, des

critiques pernicieuses vont à l’encontre

de la force d’occupation de

l’ONU en Haïti. De Lascahobas

à Cité Soleil en passant par l’avenue

Christophe, les soldats de la

Minustah sont très mal vus depuis

ces derniers jours.

Pendant que la population

haïtienne tire la sonnette

d’alarme à propos de la force

occupante, l’occupation se renforce

avec la nomination d’un

proconsul, Bill Clinton et son

adjoint Paul Farmer. Dans un

communiqué rendu public le

mardi 11 Août dernier, le proconsul

de l’ONU pour Haïti,

l’ancien président des Etats-Unis,

Bill Clinton a annoncé qu’il a

fait choix comme assistant dans

ses nouvelles fonctions, du Dr

Paul Farmer, un professeur de

l’université d’Havard, très engagé

dans la santé communautaire

en Haïti.

Chien

de garde

Suite de la page 8

Boukman, un de nos marrons

de la Liberté, tenait ce discours

au congrès politique du Bois-

Caïman: «(...) Le Dieu des blancs

demande le crime, le nôtre veut

les bienfaits. Notre Dieu qui

est si bon nous ordonne la vengeance

! Il dirigera nos bras et

nous assistera. Jetez l’image du

Dieu des blancs qui a soif de nos

larmes et écoutez la Liberté qui

parle à nos coeurs...». A l’époque

de Boukman, les institutions

modernes coloniales – l’église

catholique en tête – enseignaient

aux captifs d’accepter leur sort

en échange d’un bonheur futur

irréalisable ici-bas. Tandis que

Haïti était appelée «La Perle

des Antilles», tant elle avait produit

de richesses au profit de la

France et des colons.

Les nouvelles institutions

modernes néocoloniales ressassent

actuellement à l’intérieur

du pays l’indigeste idéologie du

«nou tout fè youn / nous sommes

tous un». Celles de l’extérieur répètent

à volonté qu’Haïti est le

pays plus pauvre de l’Amérique.

Tandis qu’un petit député, un

nain par rapport aux géants patrons

de la sous-traitance, nains

eux-mêmes par rapport aux détenteurs

de capitaux transnationaux,

reçoit près de 370’000

gourdes mensuellement pour

voter contre le peuple.

De même que la modernité

coloniale avait produit un et

des Boukman, un et des milliers

de Dessalines [1758-1806],

la violence bourgeoise dont les

députés, les sénateurs, l’Etat, les

tribunaux... sont les chiens de

garde ne peut que produire des

centaines de milliers d’autres

Boukman et Dessalines en 2009

et dans les années à venir.

C’est le fruit de cette production

annoncée qui nous convie à

récolter les Bill Clinton, Préval,

Michèle Pierre-Louis, les grandons-bourgeois,

leurs parlementaires,

leurs hommes et femmes

de loi, leurs prêtres et pasteurs,

leurs médias et journalistes...

tous ceux aux yeux desquels, un

ouvrier est une bête de somme

qu’on ne saurait perdre son

temps à soigner.

Un petit hommage à Frantz

Fanon [1925-1961: auteur, entre

autres, de Peau noire et masque

blanc, en 1952 et des Damnés

de la terre, publié en 1961] qui

nous a rappelé en parole ce que

nos ancêtres va-nu-pieds nous

avaient déjà enseignés en acte:

«La violence ne s’incline que devant

une plus grande violence».

L’heure du «Vivre libre ou mourir»

a sonné une nouvelle fois!

Franck Seguy. Sociologue

et membre de : Asosyasyon

Inivèsitè ak Inivèsitèz Desalinyen-

ASID).

Notes

1. Boukman a été un organisateur,

le 14 août 1791, de la

«cérémonie» du Bois Caïman qui

marque le début de l’insurrection

définitive à Saint-Domingue, menant

à l’ indépendance d’Haïti.

(Réd.)

A l’encontre 14 août 2009

Business

ignore struggle

Suite de la page 9

military occupation of Haiti, the

most perfect expression of this

“colonial legacy.”

Pierre-Louis also invoked

some ill-defined unity as a way

to resolve growing conflicts with

the Dominican Republic and as

a means to develop the country.

“Unity means believing enough in

the country to come invest,” she

said. “There are lots of opportunities

for investment. Creating jobs

is a priority.”

Her speech had one particularly

pious and politically naive

remark which will be most remembered:

“We have to stop identifying

ourselves as Lavalas or as

Macoutes and just identify ourselves

as Haitians.”

She was followed by Bill

Clinton, who repeated the

same themes and platitudes he

has been saying in recent weeks

since his UN appointment: he

is optimistic, he sees hope for

Haiti, this is a time of opportunity

for Haiti, and the nation

must not fail.

He had the air of being

slightly on the defensive, perhaps

because of the demonstration

going on outside the hotel. He

said a series of things that are

demonstrably false.

“There is no UN agenda in

Haiti other than to help advance

the plans and the aspirations of

the government and the people of

Haiti,” he said. “I’ll be working

with the President and Prime

Minister, with multinational donors,

non-governmental groups,

philanthropists, business people,

and I hope with many of you to

transform those plans into specific

actions. My work is and will

continue to be in complete alignment

and coordination with the

Haitian government in so far as

I can do that. I will not manage

the UN peace-keepers. Nor will I

be involved in domestic Haitian

politics.” As the front man for the

UN’s military occupation, how

can he not be involved in “domestic

Haitian politics”?

The Congress’s organizers felt

their event was a success. But for

most of the poor and workingclass

Haitian community in the

United States and Canada, it was

a meeting of some businessmen,

politicians and mostly conservative

activists, all of whom had the

ability to pay the $250 participation

fee (not to mention travel

and a hotel). The issues addressed

were entirely traditional and

technocratic, avoiding the key

political problems such as the

foreign military occupation, the

struggle for the 200 gourdes minimum

daily wage, the crying injustice

for political prisoners and

hundreds of inmates who have

never seen a judge, the continued

exile of former President

Aristide, and the neoliberal plan

that continues to privatize Haiti’s

patrimony.

“It’s basically a glorified business

networking conference,”said one

participant who wished to remain

anonymous.

And others weren’t satisfied.

For example, well-known

Haitian compas artist, King

Kino of the group Phantoms

did not attend the conference

because he felt that the central

role of Haitian culture was not

on the agenda. “For the past 20

years, Haiti has produced and

exported practically nothing,” he

said in a telephone interview.

“It’s music that keeps the country

afloat. How can we have a conference

without the participation of

people involved in Haitian music?

Jamaica is where it is today because

of its music.”

Finally, one must wonder

if the Haitian government, or

perhaps Washington and the

United Nations, helped to fund

this meeting, especially given the

participation of Pierre-Louis and

Clinton. Although Congress organizers

say it was carried out on

a “shoe-string,” the budget was

big enough to pay for airline

tickets for dozens of guest speakers

and for their accommodations

at the sumptuous Trump

Hotel. Whatever the case, the

2009 Haitian Diaspora Unity

Congress did nothing to fundamentally

challenge the Haitian

government’s neoliberal direction

and may have actually helped to

reinforce it.

(Some reporting for this article

contributed by Francesca

Azzura and Kim Ives.)

Une cause

juste

Suite de la page 13

troubles massifs dans le monde

entier. Les changements climatiques

intensifieront les sécheresses,

les inondations et d’autres catastrophes

naturelles. La rareté d’eau

touchera des centaines de millions

de personnes. La malnutrition va

frapper une grande partie des pays

en développement. » The New

York Times expliquait dans un

article du 9 août dernier : « Les

spécialistes voient dans les changements

climatiques une menace

pour la sécurité nationale.

« De telles crises provoquées

par le climat pourraient renverser

des gouvernements, stimuler des

mouvements terroristes ou déstabiliser

des régions entières, affirment

des experts du Pentagone

et des agences de renseignements

qui étudient pour la première fois

les effets des changements climatiques

sur la sécurité nationale.

« Tout devient très vite compliqué»,

affirme Amanda J. Dory,

sous-secrétaire à la Défense, responsable

de la stratégie, qui

travaille avec un groupe du

Pentagone chargé d’inscrire les

changements climatiques dans

la planification de la stratégie de

sécurité nationale. » On déduit

de l’article du New York Times

que les sénateurs ne sont pas tous

convaincus qu’il s’agit là d’un problème

réel, d’autant que le gouvernement

étasunien l’a ignoré complètement

à ce jour, bien que le

protocole de Kyoto ait été adopté

voilà dix ans.

Certains affirment que la crise

économique est la fin de l’impérialisme

; peut-être faudrait-il se

demander si elle ne signifie pas

pire pour notre espèce.

À mon avis, le mieux sera toujours

d’avoir une cause juste à défendre

et l’espoir d’aller de l’avant.

Fidel Castro Ruz

Le 12 août 2009

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009


Chavez : Obama pourrait

attaquer le Venezuela

Chavez et Obama lors du dernier sommet des Amériques à Port of Spain, Trinidad

Le Président américain Barack

Obama est « perdu dans un

labyrinthe », a déclaré, hier, dimanche,

le président vénézuélien

Hugo Chavez, tout en avertissant

qu’une attaque des Etats-Unis

contre le Venezuela entraînerait

une « réponse » armée de plusieurs

pays.

« Une agression contre le

Venezuela recevrait une réponse

pas seulement du Venezuela, plusieurs

pays prendraient les armes.

Pour moi, c’est très clair : un

grand mouvement anti-impérialiste

se lèverait sur ces terres

», a affirmé M. Chavez dans son

émission radio-télévisée dominicale,

« Alo Presidente » (Allô

Président). « Que Dieu nous préserve

(de cette attaque) », a-t-il

Caracas, le 16 août.- Selon la

chercheuse de l’Université

nationale du Honduras, Leticia

Salomon, dix des plus riches familles

de son pays ont financé le

coup d’Etat du 28 juin dernier

contre le président légitime et

constitutionnel Manuel Zelaya.

C’est le journaliste vénézuélien

José Vicente Rangel qui en

a fait la révélation au cours de

l’émission de radio qu’il anime

ajouté.

« Mais il faut s’y préparer »,

a-t-il poursuivi. « Et une des

meilleures manières de l’éviter

est de démontrer à l’ennemi

qu’agresser le Venezuela serait

tellement coûteux qu’il le regretterait.

»

« Nous ne voulons pas la

guerre, nous la détestons, mais

nous devons nous y préparer.

Nous sommes les premiers sur

la liste. » Le Président vénézuélien

faisait allusion à l’accord

militaire entre la Colombie et

les Etats-Unis permettant à

Washington d’utiliser sept bases

militaires colombiennes pour lutter

contre le trafic de la drogue

et le terrorisme

Le Grand Soir 18 août 2009

De riches familles du Honduras

ont financé le coup d’Etat

L’e x- p r é s i d e n t d u H o n d u r a s e t

propriétaire du journal La Tribuna

Carlos Roberto Flores Facussé

tous les dimanches. Selon les propos

de Salomon, le coup d’Etat

a été planifié par un groupe

d’hommes d’affaires dirigé par

Carlos Roberto Flores Facussé,

ex-président du Honduras et propriétaire

du journal La Tribuna.

Toujours selon Salomon, les principaux

appuis des putschistes sont

venus de ce journal, de même que

des quotidiens La Prensa et El

Heraldo et les chaînes de télévision

2, 3, 4, 5 et 9.

«L’histoire se répète à nouveau,

a affirmé Rangel. Tout

comme cela s’est passé au

Venezuela en 2002 et 2003, les

grands groupes de presse du

Honduras ont été le fer de lance

de la lutte contre la démocratie

et les droits les plus élémentaires.

Granma17 Août 2009

A travers le monde

Argentine

Le paco décime des milliers

de jeunes dans la misère

Par Olivier Ubertalli

Le paco, qu’on surnomme la

drogue du pauvre, est devenu

un véritable fléau en Argentine.

Depuis la crise économique de

2001, des dizaines de milliers de

jeunes se sont mis à en consommer.

Si bien qu’on en parle aujourd’hui

comme d’une pandémie et que des

mères manifestent publiquement

pour sauver leurs enfants de l’enfer

de cette drogue.

Sur la place de Mai, face

au palais présidentiel argentin,

des mères tournent. Comme les

fameuses Mères de la place de

Mai, qui ont lutté pour retrouver

leurs enfants disparus durant

la dictature, les « Mères contre

le paco » protestent. Différence

de taille : leur foulard n’est pas

blanc, mais noir, « en signe de

deuil, car le paco nous vole nos

enfants », témoigne Anita, l’une

d’entre elles. « Le gouvernement

ne fait rien pour en finir avec les

trafiquants qui vendent à chaque

coin de rue. »

Le paco, « pâte base » à partir

de laquelle est fabriquée la cocaïne,

est un fléau en Argentine.

Vendu 1,50$ ou 3$ la dose, ce

sulfate de cocaïne mélangé à divers

solvants toxiques attaque

en quelques secondes le cerveau.

L’effet ne dure que cinq minutes,

d’où une grande dépendance des

consommateurs. À partir de la

crise économique de 2001, des

dizaines de milliers de jeunes,

notamment dans les bidonvilles

de Buenos Aires, se sont mis à

consommer du paco, d’où son

Pendant des décennies, les

Etats ainsi que les autorités

fédérales aux Etats-unis ont négligé

le système d’assurance chômage,

allant même jusqu’à quasiment

le faire disparaître dans

certains cas. Aujourd’hui, alors

que la crise frappe de plein fouet

le pays, le nombre de chômeurs

explose, mettant à l’épreuve ce

qui reste du système d’assistance

sociale: allocation chomage, bons

alimentaires et aides financières

aux nécessiteux.

Leurs budgets lourdement

amputés par des investissements

risqués, les Etats voient

par ailleurs leurs revenus fiscaux

décliner avec la disparition de

nombreuses entreprises et l’insolvabilité

de centaines de milliers

de leurs citoyens. En résultat, de

très nombreux Etats ne disposent

plus des liquidités nécessaires

pour verser les indemnités aux

chomeurs et reportent le versement

à plus tard – dans certains

cas, des chomeurs attendent le

versement de leur allocation depuis

plusieurs mois.

Les centrales d’appel et

agences pour l’emploi sont débordées.

Parmi les millions de

nouveaux chomeurs, certains ont

surnom de « drogue du pauvre

». Elle concerne désormais toutes

les classes sociales. Selon les autorités,

il existe environ 100 000

dépendants au paco. Il tuerait 10

personnes par semaine dans la

seule province de Buenos Aires.

« C’est comme la grippe porcine,

Des parents contre le paco protestent en Argentine

une vraie pandémie. Il faut lui

déclarer la troisième guerre mondiale

», s’insurge Eduardo Ramos,

un ancien dépendant de l’héroïne

aujourd’hui engagé dans la lutte

contre le paco.

Jean délavé et bouille légèrement

enflée, Max* raconte qu’il

a plongé dans le paso, « pour la

frime ». À 13 ans, il volait ses

propres parents pour acheter sa

dose.

Cheveux roux frisés, Janina

est déjà maman bien qu’elle ne

soit encore qu’une enfant. Elle

balance nerveusement les jambes,

séquelle de la drogue qu’elle a

prise pendant des années. « Je

fuyais mes problèmes », dit-elle.

Janina tente aujourd’hui de s’en

sortir. « Je veux récupérer mon

fils dont on m’a enlevé la garde

pour lui donner la mère dont il

a besoin. »

Max, Janina et une vingtaine

d’autres mineurs suivent

un traitement contre les dépendances

à Casa Puerto, à Buenos

Aires. « Casa Puerto » signifie la

« Maison port » en espagnol. Le

seul port d’attache de la capitale

argentine pour des mineurs à la

dérive, qui sont « d’abord en situation

d’abandon et de désenchantement

», s’attriste Claudio

Orguelt, directeur du centre de

réhabilitation.

Les jeunes y découvrent la vie

en communauté. Ils y mangent,

dorment et suivent des cours

d’informatique, des ateliers de

peinture et de boulangerie. Ils

restent au centre le temps qu’il

faut pour se sentir assez forts,

parfois jusqu’à deux ans. Déjà

condamné pour vol armé, Matias

vient d’arriver. Fasciné par l’atelier

boulangerie, il caresse désormais

un rêve : « Devenir chef

cuisinier une fois sorti d’ici. »

* Les prénoms ont été changés

à la demande des autorités.

La Presse. Buenos Aires,

le 8 août 2009.

USA: Au bord de la faillite, certains états ne peuvent

assurer le paiement des allocations chômage

Par Gregor Seither

déposé leur dossier au mois d’Octobre

2008 et attendent encore

l’examen de leur situation!

Seize Etats des USA, ayant

épuisé leurs budgets, ont déjà été

obligés d’emprunter aux banques

les sommes nécessaires aux paiements

des allocations sociales

(chomages, famille, médicales…)

Ils pourraient être 32 Etats dans

ce cas avant la fin de l’année.

Source: The New York Times

Mondialisation.ca,

Le 3 aout 2009

GRENADIER TAX SERVICE

INCOME TAX PREPARATION

Rapid Refund • Electronic Filing

Business Taxes: Corporations,

Partnerships

$30 OFF TAX PREPARATION

1583 Albany Avenue, Brooklyn, NY 11210

TEL: 718-421-0162

CELL: 917-202-3833

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009 Haïti Liberté 17


Ayisyen

pou Ayiti

Suite de la page 6

sosyal la dabò menm.

Alòske tout moun gen yon

lide sou tousa yo wè, tout èksperyans

y ap fè. Lide sou yerachi,

lide sou lafwa, lide sou konesans,

lide sou sa ki nòmal, sa

ki bon, sa ki mal, lide sou lòd,

sou merit, lide sou gouvènman,

lide sou maryaj, lide sou relasyon,

lide sou moun menm, yo

pa vle w bat ouf lide sa a yon

non, ou dimwen yo di mo a pa

bon. Konman pou non an fè pa

bon alòske bagay la non an ap

rele a, nòmal. Si se pa te non sa

a, se t ap yon lòt. Alòs ?

Tout lide sa yo pouse an touf

nan yon sosyete, yo rele touf sa

a ideyoloji. Konman pou l pa

ladan an ? Si l ladan, toujou

ladan, pouki pou yo pa di l la.

Ideyoloji nan tout bagay. Se

li ki fè w di se atab moun manje ;

e si w pa gen tab la ? Se ideyoloji

ki fè w kwè lajan se benediksyon

Bondje ; si w pa genyen

se kisa ? Nou p ap rantre nan

koze pòv Laza Jezikri rakonte

a pou yo pa di se ideyoloji. S a

n dwe konnen lafwa a limenm

se yon ideyoloji. Si se pa te sa

tout moun ki gen lafwa ta kwè

nan lavi. Lavi moun, poun pale

pi klè. Se moun menm ki beni,

se pa annik lavi yon klas moun.

Sa ki kwè se lavi ki beni an pral

rèspèkte tout moun ; alòske sa

ki kwè se lavi sa ki rive sèlman

ki beni an pral santi se nòmal

pou l derèspèkte sa ki pa rive a.

Se la tout kesyon èsklavaj, moso

èsklavaj, oswa èsklavaj degize a

chita. Si se manti, di se manti ;

men si se verite, di dan l blan.

Ideyoloji toujou, wi, ki fè m di

blan, nan sans kache l genyen an,

k ap kraze pwòp tèt mwen an

Ideyoloji Ayisyen ki pou

Ayiti : Yonn li korije. Rezilta

li ka parèt sou fòm yon ekwasyon

double, tèleka : Moun +

Resous + Diyite + Dwa = Chita

pale + Travay + Distribisyon

Richès = Gran Devlòpman.

Li klè ideyoloji ki kontwole

pwopagann nan p ap gen enterè

nan ekwasyon sa a. Kòm li pa

kapab ni touye l, ni disparèt li,

paske lojik, verite, lafwa Jezikri a

limenm dakò ak ekwasyon sa a,

okontrè yo ka ajoute plis bagay

sou li pou fè l pafè (sa w di pou

sa,) ideyoloji ki kontwole pwopagann

nan ap pito bimen l jouk

li defòme figi l, fè l tounen yon

karikati, yon madigridji, yon

madigrati. Y a di w souke men,

kouri, pa rete gade, ni tande. Se

yon mo demon. Ou pa tande

yo di w pou Distribye Richès !

JeziMariJozèf ! Epayen nou malediksyon.

Se mo vakabon, eleman

danjere. Ayisyen ki pou

Ayiti a deja konnen e konprann

se pa mo a ki ni sal, ni danjere,

se aksyon, konpòtman ki dèyè

lide yo ki oswa lèd, oswa bèl.

Yo lèd si y ap kraze yon klas

moun ; yo bèl si y ap mete lapè

nan mitan moun. Tout ideoloji

ou tande a se parapòt moun. Pou

yon gwoup moun. Yonn vle chak

koukou klere pou je l ; konpetisyon

se sa ki konte : sa k devan,

devan nèt ; plis leta pa foure

bouch, lajan pou fè boul nan

pòch gran palto. Lòt la limenm

ankouraje solidarite, travay ekip,

pou le peyi pou lèzansèt ; anlè

ap rale anba monte ; leta nan

mitan tout plan, tout pwojè ;

vizyon an se ratresi distans sosyo-ekonomik

nan mitan popilasyon

an : lekòl gratis, inivèsite

gratis, lopital gratis. Pa gen pa

gen ideyoloji. Estchim!

Ki ideyoloji: Kidonk, pisetan

pwopagan nan fini ak mo

ideyoloji a, pa lapenn vini ak li

nan deba pou negosye anyen. W

a pedi tèt ou nan diskisyon dilatwa.

Annik vini ak rezilta ideoloji

a ; konsa, w a bese fe tout

konfizyon kit li natirèl (lè yon

moun pa konnen,) kit li atifisyèl

(lè paladò a byen konnen ; men

l ap fè èspre pou l gaye pati a).

Kòm egzanp, koze salèr, se yon

koze inivèsèl. Li pa gen ni sosyalis,

ni kominis, ni kapitalis, ni

sendikalis ladan. Sepandan tout

gwoup sosyal pa wè salè menm

jan. Diferans lan soti nan ideyoloji

yo rete sou li a. Si w kwè nan

tout moun pou viv nan diyite,

w ap vle ouvriye touche byen +

anpil asirans. Si w kwè se pa

tout moun ki gen dwa sa a, lè

sa a w ap pale koze salèr minimòm

ki p ap janm ka bouche

yon twou dan ; bliye koze asirans

lan. Touche byen ak salèr

minimòm p ap janm ka fè Tèt

Ansanm ; ap toujou gen chire pit.

Ideyoliji Ayisyen ki pou Ayiti

voye l kwè se peye byen ki fè

ekonomi djanm.

Epi ? Ideyoloji ki pran moun

pou pilye sosyete bay Gran

Devlòpman, nou rele devlòpman

tout bon vre a. Ayisyen ki vle ap

chita pale ak tout Ayisyen-ki-vle

pou chwazi ki resous yo pral travay

ak li pou kreye richès yo pral

distribye jan sa dwa pou rèspè

ki vin blayi sou nanchon an bati

plan pou tout moun jwenn. Se

pa Resous ki manke pou sa.

Piske nou di plan, nou dwe

chwazi yon priyorite. Priyorite

a, se travay. Premye travay la se

Agrikilti. Pa gen agrikilti san

tè. Depi ou di tè ann Ayiti ou

di Abitan. Kidonk, nou bezwen

fè Abitan jwenn tè. Men atansyon

pou pa l pile trèz. Depi

17 Oktòb 1806 piyay la te

konsakre ; gran jeneral chamaye

ak moun-pa pran tout tè pou

yo. Eritye jeneral ak moun pa

kontinye piyay la ; kote bagay

la vin mangonmen, gen moun

ki al mal achte, dapre sa menm

liv dwa sivil ideyoloji anlè a te

adopte : qui paie mal paie deux

fois. Tanpi pou lalwa. M pa kwè

okenn leta ayisyen ka pran bab

al fouye zo nan kalalou an 2009

pou al chache kiyès ki te gen

kisa, kijan, jis pou l ta fè pwose

pou reprann tè bay Abitan, kòm

desandan èsklav. Desalin pa

mouri se vre, men yo te kite l

pou chen manje si se pa Defile ki

t al antere l nan simtyè Sentàn.

Talè w a tande verifikasyon tit

de pwopriyete, oswa refòm agrèr,

se kominis. Sa w tande a tout

diskisyon an kite piyaj la, pou

l al chita sou lafimen piyay la.

Kat la bwouye. Tèt fèb rantre

nan kalabwous. Mache pran an

pa peche, se mache repran nan

ki krim. Ayisyen ki pou Ayiti a

ka vle evite wout sa a ; li pa gen

tout tan sa a pou pedi, sitou si se

pa yon revolisyon k ap fèt. Talè

konsa w a tande konplo pou yon

katriyèm okipasyon mete sou

twazyèm lan. Se pa kòm gouvènè

ase ansyen prezidan Bill

Clinton ap fè LONI voye l, lè

sa a.

Fò Abitan travay tè : Pou l

travay tè fò l jwenn tè ; se jwenn

tè a ki enpòtan. Leta ki pou

mete tè nan men l. Revolisyon

pa revolisyon, gen lalwa. Se dwa,

se devwa leta pou mete lwa k ap

PERSPECTIVES

HAITIENNES

ÉDUCATION, SANTÉ,

DROIT, CULTURE,

NOUVELLES, DÉBATS,

UNE ÉMISSION DE LA

SHR (SOCIETÉ HAÏTIENNE

DE RECHÉRCHES, DE

DOCUMENTATION ET DE

PROGRÉS SOCIAL

Pozisyon

Suite de la page 6

OFHAD, Romélus Vilson, vis

prezidan an Giselle Gérard ak

responsab relasyon piblik PJCPV

a, Pierre Maxime te bay plis esplikasyon

: « nou pa ka rete bra

kwaze san fè aksyon nan movèz

eta sosyal, ekonomik ak politik

peyi Dayiti twouve l jodi a. N ap

di : Pèp la nan grangou, li pap

travay li pa ka achte tou. Lè nou

konstate yon dirijan ap touche

20 a 40 mil dola ayisyen plis frè,

sa pa sifi pou li. Tandike jenès la

lage 2 bra balanse sou plas piblik

ak yon diplòm k ap kanni anba

matla. Ayisyen ap pran kanntè

pa bann ak pakèt, al koupe kann

nan panyòl ap sibi vyolans anba

men militè dominiken, pou yo

ka ede fanmi yo. Kote pèp la pa

ranje sa k pou ranje, korije sa k

pou korije. Etranje pa mele : okipasyon

pa nòmal, ni legal dabòmenm.

Si lejislatif la pa pwopoze

lwa pou sa, egzekitif la dwe voye

pwojè sa a nan lachanm, men

fò gen yon lwa kadas ki vote,

pwomilge, pibliye e egzekite ;

pwenn fè pa. Bagay la senp, sòf

l ap pran tan. Bay yon delè pou

tout moun ki gen tè prezante

papye yo. Nou p ap abòde koze

fwod nan atik sa a. Men fò gen

yon lwa Kristòf tou ki pa jwe

ak konplo kont lwa leta. Lwa

sa an patikilye paske se yon lwa

pou refè 1804. Li pa ka gen jwèt

ladan. Aba koripsyon. Ni sila k

ap chache bay kòb anba tab ; ni

sa k ap pran kòb anba tab. Se

pousa fò anplwaye leta touche

byen pou l gen enterè nan aplike

lalwa. Paske pa peye byen an

se koripsyon tou. Fò sa byen

chouke nan tèt tout Ayisyen ;

e pi gran frè koripsyon, si se pa

papa l ak manman l, se èsklavaj

la nou pa janm rive elimine vre.

Esklavaj la pa nan ki moun k ap

pwofite a, li nan pasdwa sou yon

moun, oswa yon gwoup moun.

Aba èsklavaj, ata fotokopi l. Viv

lalwa vre!

Tè dapre lalwa : Lwa n ap

pale a p ap yon lwa vanjans k ap

mache wete mete menm chire

pit ki anpeche Tèt Ansanm lan.

Se yon lwa k ap pèmèt enterè

Ayiti fleri : sa ki gen papye tè a

dwe travay li ; sa k ap travay li

san papye, pral kapab regilarize

papye l, si se pa nan bat pran li

te pran l ; menm bat pran an ap

gen definisyon l : si se yon tè ki

pa te janm gen travay ki te fèt

sou li, gen aranjman ki pou fèt

nan yon sans ou nan yon lòt ; si

se yon tè ki te gen travay k ap

fèt sou li men se ak gwo ponyèt

okipan an te pran l, fò okipan

an renmèt tè sa a (no questions

asked.) Koze dedomajman an

pou pi ta. Fò gen konsiderasyon

kir antre nan negosiyasyon an ;

tèleka, nesesite ak sikonstans,

Sa ki enpòtan fò kadas la refèt.

Lòt senmenn na kontinye

gade sa ki pou ta nan lwa kadas

la ak travay Ayisyen pou Ayiti

fè nan objektif pou Ayiti pou

Ayisyen.

François-Marie Michel

Nan brase lide sa a, li ta bon

pou nou resevwa anpil sijesyon

nan men sa ki etidye pou sa e ki

vle adapte sa yo etidye a nan enterè

Ayiti. Y a oswa ekri jounal

la, oswa imel mwen nan sanba@

juno.com

ka manje, yo pa gen kay, lasante

elatriye, jan atik 22 manman lwa

peyi a mande sa. Se anviwon 5

pousan k ap travay sou 8 a 10

milyon abitan. Tout sa se konsekans

sistèm kapitalis la ak privatizasyon

an Ayiti : Savledi : «

tout koukouj klere pou je w, pòv

vin pi pòv, rich vin pi rich ».

N ap di : Mizè pèp la

vin pi rèd lè gwo peyi kapitalis

yo ak konze lokal yo te fè konplo

touye tout kochon kreyòl nou yo

pou kochon etranje. Sa lakòz n

ap manje pye poul ak zòrèy kochon

enpòte jounen jodi a, kraze

pwodiksyon agrikòl la nna avantaj

pwodwi etranje yo. Se angrè

chimik byen chè ki ranplase

fimye kochon kreyòl nou yo.

Nan lane 1986, sak sondeble te

vann 50 goud jodi a li pase a 500

goud, sak siman te vann 25 goud

jodi a se 325 goud. Sa a se plan

neyoliberal la ki frape minotri,

siman Dayiti, ministè Agrikilti e

k ap kontinye toujou jounen jodi

a nan Teleko, Pò yo, Ayewopò

yo ak tout lòt enstitisyon peyi a,

Privatizasyon=chomaj, mizè ak

ensekirite sosyal.

Rekòmandasyon :

N ap mande gouvènman

Préval/Pierre-Louis a pou aplike

yon politik sosyal pou jenès la.

Privatizasyon pa nan enterè sosyete

a, nou mande pito : minis

sekretè Deta ak direktè jeneral ki

responsab, konpetan, serye pou

grès kochon an ka kwit kochon

an ak èd kominote entènasyonal

la nan bon jan kondisyon

N ap mande minis agrikilti

a : M. Joanas Gué ak tout direktè

ODVA yo pou ankadre tout

asosyasyon serye k ap travay ak

peyizan yo. Jwenn zouti, semans

ak seksyon kominal espesyalman

nan Petyonvil, Kwadèboukè ak

Kenskòf. Prensipal fòs ekonomik

peyi a se : agrikilti ak touris

N ap mande kreyasyon danplwa

pou jenès la sispann drive

tout lajounen sou plas piblik yo.

Otorite yo dwe kontwole pri

manje, medikaman, lekòl, lwaye

kay ak materyo pou konstriksyon

k ap touye pèp la, san sa

a salè minimòm 200 goud la se

lave men siye atè.

Lajistis dwe fonksyone selon

prensip lalwa ak ekite, sòti nan

tribinal depè rive nan kasasyon

pou moun sispann bay tèt yo

jistis ak inosan k ap soufri nan

prizon.

N ap mande prezidan an,

Premye minis lan ak Palmantè

yo pou pran responsabilite yo

anfavè nasyon an, nan respè ak

diyite pèp ayisyen. Savledi fòk

peyi a pa anba fòs okipasyon

etranjè, fòk Minista kite peyi a.

N ap mande alawonnbadè,

fanm kou gason, sektè prive, patwona,

legliz katolik, pwotestan,

vodouyizan, sendika, asosyasyon

mete nou an aksyon pou fòse

lalwa respekte nan lòd demokratik,

patisipe nan tout aktivite politik

ak sosyal peyi a, kontwole

kantite pitit n ap fè pou lavi ka

bèl. N ap di pèp la: sispann reziye

nou, konstitisyon 29 mas

1987 la ak labib pa aksepte moun

viv nan lamizè.

Fòk lalwa aplike pou lamizè

kaba. Viv lalwa! Ayiti pap peri!

Pou komite a : Romelus

Vilson: Prezidan

Giselle Gérard : Vis prezidan

Pierre Maxime : Relasyon

piblik

Yves Pierre-Louis

18

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009


Arts et loisirs

Cri d’espoir

d’un Haïtien en exil

Par Marc-Olivier Parlatano

L

’éditeur genevois Zoé enrichit

sa collection «Classiques du

Monde» du premier roman haïtien,

paru il y a cent cinquante

ans : Epique et dramatique.

Après la Grèce, l’Espagne,

la République tchèque, au

tour d’Haïti de rejoindre «Les

Classiques du Monde» publiés

chez Zoé. Cette collection de

textes fondateurs créée en 2005,

accueille donc le premier roman

de l’histoire littéraire haïtienne,

Stella. Un ouvrage conçu dans la

douleur: son auteur, l’écrivain et

activiste Emeric Bergeaud, né en

1818 aux Cayes (Haïti), l’a écrit en

exil. Il ne le verra jamais publié,

car Stella sortira en 1859 à Paris,

un an après son décès.

La souffrance hante ce livre.

A celle de l’écrivain réfugié dans

les Iles Vierges, à Saint-Thomas

(de nos jours un îlot du territoire

des Etats-Unis), s’ajoute celle de

Romulus et Rémus, puisque

Bergeaud a pourvu de noms

épiques célèbres les personnages

centraux d’un ouvrage qui tient

du roman d’apprentissage et du

manifeste politique.

Idéal Révolutionnaire

Romulus le noir et Rémus le

métis sont les fils de Marie, une

esclave africaine. A eux deux, ils

incarnent les figures historiques

de la nation haïtienne Dessalines,

Rigaud, Pétion et Toussaint

Louverture. Ils mènent la lutte

qui aboutira le 1er janvier 1804 à

l’indépendance d’Haïti, désignée

comme la première «République

noire» de l’histoire. Au cours de

leur combat, les deux frères s’affrontent,

se trompent, et en fin de

compte gagnent. Ils l’emportent

grâce à deux femmes: Marie, leur

mère, et l’éponyme du roman,

Stella, une femme blanche qui

leur sert d’égérie, de guide.

Stella constitue une allégorie

de l’idéal révolutionnaire, celui

de juillet 1789, et personnifie la

liberté (1). La narration d’une insurrection,

en l’occurrence celle

des Noirs contre l’esclavage, n’est

pas sans lien avec la propre vie de

Bergeaud, lui-même un insurgé.

Après tout, c’est pour avoir participé

à une révolte contre l’empereur

d’Haïti Faustin Ier – il fut

d’abord le président Faustin Elie

Soulouque, de 1847 à 1849 – qu’il

a dû s’enfuir. Ironie de l’histoire,

Faustin Ier est chassé du pouvoir

en... 1859. Une année trop tard

pour Bergeaud, qui ne reverra

jamais Haïti.

En quelque 200 pages, Emeric

Bergeaud manie un style volontiers

lyrique, souligne l’intensité

dramatique de tel ou tel moment

du combat (beaucoup de sang

coule dans ce livre, la mort fait

une ample moisson), alliant l’épopée

et l’allégorie. Il ouvre la voie

aux «grands thèmes» – le don de

soi, la fraternité, l’héroïsme, le

rejet de la servitude, un patriotisme

en train de s’élaborer et de

se ritualiser. Le lecteur plonge

ainsi dans le chaudron d’un autre

siècle, le XIXe, où s’édifient partout

(en Suisse également) des

Etats, les Etats modernes.

D’une bataille à l’autre, Stella

ne laisse guère de répit. Excepté,

peut-être, lorsque Bergeaud

chante la beauté d’une Haïti dont

il se languit. Quoique... Cent

cinquante ans après la première

parution de Stella, lire qu’Haïti

forme un «pays si richement doté

de verdure, abondant en fruits», à

la végétation «luxuriante», où des

palmiers «s’étendent à perte de

vue» laisse comme un arrière-goût

amer, quand on connaît l’état de

l’environnement dans ce petit

pays caraïbe.

Final Prophétique

Outre le récit de la lutte de

Romulus et Rémus, le premier

romancier des lettres haïtiennes

diffuse aussi ses propres messages.

Qui prennent vite l’aspect d’appels

à l’aide. L’homme en détresse,

vaincu, proscrit, ne s’adresse pas

qu’aux Haïtiens, qu’il appelle à

se réconcilier autour de leur mémoire

commune du combat pour

Poème à la classe moyenne

Par Mario Benedetti

Mario Benedetti Poète uruguayen né

le 14 Septembre 1920 et mort le 17 Mai

2009 derniera

Classe moyenne

Moyennement riche

Moyennement cultivée

Entre ce qu’elle croit être et ce

qu’elle est

Il existe une distance moyennement

grande

Du milieu elle regarde à moitié

mal

Les noirs

Les riches, les sages

Les fous

Les pauvres

Si elle écoute un Hitler

Elle apprécie à moitié

Si c’est un Che qui parle

la liberté. Il parle également au

reste du monde.

Aux Etats-Unis, à la Colombie,

aux héritiers de Simon Bolivar et

à ceux de George Washington,

Emeric Bergeaud rappelle l’apport

haïtien à leur propre guerre

d’émancipation. Une façon de

reprocher à l’Amérique d’avoir

oublié et abandonné Haïti. Enfin,

adoptant un ton prophétique,

À moitié aussi

Au milieu de rien

Elle doute moyennement

Comme tout l’attire (moyennement)

Elle analyse à moitié

Tous les faits

Et (à moitié confuse) elle descend

dans la rue avec des demi-casseroles

Elle arrive alors à moyennement

attirer l’attention

De ceux qui dirigent (à moitié dans

l’ombre)

Parfois, parfois seulement, elle se

rend compte (à moitié tard)

Qu’on l’a utilisée comme pion

Dans un jeu d’échec qu’elle ne comprend

pas

Et qui ne la converti jamais en

Reine

Ainsi, à moitié rageuse

Elle se lamente (à moitié)

D’être le moyen grâce auquel les

autres mangent

Ces autres qu’elle n’arrive pas à

comprendre

Même pas à moitié.

Notes:

(1) Traduction : la voix du sud.

l’écrivain parie sur la «civilisation»

en laquelle il voit un code de

bonne conduite entre les peuples:

«C’est par elle que doit s’opérer l’alliance

du genre humain. Grâce à

[elle] il n’y aura bientôt sur terre

ni Noirs, ni Blancs, mais des frères.

Quand retentit le mot haine, la civilisation

répond amour.»

Le Courrier 8 Août 2009

ATTENTION! ATTENTION!

AVEC VOUS

LE VENDREDI 13 NOVEMBRE 2009

LE PLUS ENTRAÎNANT, LE PLUS

POPULAIRE ET LE PLUS EXCITANT

ORCHESTRE HAÏTIEN TROPICANA

AU NAZARETH HIGH SCHOOL HALL

EAST 58TH STREET ENTRE CLARENDON RD ET

AVE D À BROOKLYN

allo new york, new jersey, east et west

orange, elizabeth, connecticut, rockland

county, nyack, spring valley et philadelphia

vu la popularité de l’orchestre achetez vos

billets d’entrée très tôt

ADMISSION :

$30.00 à l’avance et $40.00 à la porte

POUR INFORMATIONS :

718-683-2164 ; 718-421-0562 ; 973-600-6510

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009 Haïti Liberté 19


20

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 5 • du 19 au 25 Août 2009

More magazines by this user