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Haiti Liberte 30 Decembre 2009

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Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010 <strong>Haiti</strong>: 10gdes / USA: $1.00 / France 1.50 / Canada: $1.50<br />

HAITI<br />

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DE LA MISÈRE !<br />

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Page 6<br />

Voir page 3<br />

Haïti, année<br />

<strong>2009</strong>-2010:<br />

Catastrophique<br />

bilan<br />

gouvernemental !<br />

Page 8<br />

Le Président Préval et son épouse Elizabeth,** au milieu de quelques enfants, le jeudi 24<br />

décembre <strong>2009</strong>.** Ce n’était pas un Noël pour les damnés de la terre, mais bien pour ceux<br />

qui continuent à augmenter leurs richesses en pillant Haïti<br />

INCENDIE AU<br />

MARCHÉ HYPPOLITE<br />

L’Otan du<br />

Kosovo à<br />

l’Afghanistan<br />

: guerres sans<br />

frontières<br />

Page 12<br />

Voir page 4<br />

Cuba face à<br />

une année de<br />

grands défis<br />

Un nouvel incendie a éclaté, le mardi 22 décembre <strong>2009</strong> dernier, au marché Hyppolite et a provoqué<br />

des dégâts considérables<br />

Page 17


Pour une éclosion des fleurs<br />

rouges de la liberté<br />

Par Frantz Latour<br />

Voeux<br />

Depuis plus de deux<br />

siècles déjà, le peuple<br />

haïtien constamment<br />

blessé dans sa<br />

dignité, affligé de malheurs<br />

de toutes sortes,<br />

avance courageusement,<br />

héroïquement<br />

même, à la recherche<br />

d’un avenir meilleur, à<br />

la recherche d’horizons<br />

de grand soleil et de<br />

vraie liberté. L’injustice<br />

et l’oppression ont été<br />

ses seuls points de<br />

repère, la détermination<br />

de vaincre, par<br />

contre, sa seule boussole.<br />

Le 16 décembre<br />

1990 avait à peine<br />

commencé à faire<br />

germer les semences<br />

du courage et de l’honneur pour l’éclosion des fleurs rouges<br />

de la démocratie quand les forces liberticides, les forces conjuguées<br />

du mal et de la répression ont fait éclater en mille<br />

cristaux de deuil et de souffrances le rêve de grand changement<br />

du peuple haïtien.<br />

L’année <strong>2009</strong> s’achève et notre mémoire se souvient que<br />

depuis ce rêve brisé le peuple haïtien n’a pas encore retrouvé<br />

son angle de repos. Il poursuit inlassablement son combat<br />

et sa résistance. Il en a l’habitude et le courage, depuis la<br />

poussée revendicatrice des Piquets, le douloureux épisode de<br />

Marchaterre, la glorieuse guerilla nationaliste de Péralte et de<br />

Batraville, jusqu'aux fréquentes manifestations de rue de ces<br />

dernières années contre la présence des forces d’occupation,<br />

contre la faim, contre la volonté sournoise du pouvoir de<br />

vendre l’honneur national et le pays avec au plus offrant et<br />

dernier enchérisseur.<br />

Car il s’agit du même combat, celui de tout un peuple<br />

pour la dignité, pour que la vie ne reste plus en veilleuse,<br />

pour que le pain de l’existence n’ait plus sur ses lèvres un<br />

goût de fond de mer et d’aloès, pour que le jour ne ressemble<br />

plus à la nuit, pour que<br />

l’étranger ne vienne plus lui<br />

voler la force de travail des<br />

paysans condamnés soit<br />

à l’exode intérieur vers les<br />

usines d’assemblage, soit<br />

à l'exil presque obligé dans<br />

les bateys dominicains, et<br />

pour qu’enfin les vivres soient<br />

partagés équitablement<br />

autour de la grande table<br />

nationale.<br />

Au seuil de l’année<br />

2010, le mot d’ordre doit<br />

toujours être au courage,<br />

à la persévérance et à<br />

l’espérance de surmonter les<br />

pires difficultés et de détruire<br />

ce spectre d’annihilation<br />

de l’esprit de 1804. Ni faillir,<br />

ni défaillir, telle doit être<br />

notre attitude pour faire bon<br />

accueil à l’année nouvelle.<br />

Notre cri de révolte face aux<br />

injustices qui accablent le quotidien du peuple haïtien devra<br />

crever le tympan des nuits d’éprouvantes humiliations trop<br />

longtemps endurées par le «peuple souffrant» et renforcées<br />

depuis le brutal coup d’Etat du 29 février 2004.<br />

A l’orée de la nouvelle année, nous renouvelons notre<br />

plus profond attachement et notre indéfectible appui à la très<br />

longue et douloureuse lutte de libération des masses haïtiennes<br />

dont nous sommes solidaires, aujourd’hui, demain et<br />

plus que jamais. A ce peuple au courage indomptable, nous<br />

souhaitons, au nom du journal le plus grand courage, la<br />

plus vigoureuse force d’âme pour écarteler les ténèbres de<br />

l’injustice et de l’oppression qui l’enferment dans un ghetto<br />

de malheur. Nous lui souhaitons toute la persévérance dont<br />

nous la savons capable pour enfin voir avancer avec succès<br />

son combat pour une société plus juste, pour un avenir meilleur.<br />

Faisons confiance aux «mains magiciennes» du peuple,<br />

car elles seules viendront «défoncer la vague de la honte» causée<br />

par la lâcheté et l’égoïsme des classes possédantes, forcer<br />

l’occupant à plier bagages, forger une seconde Indépendance<br />

et saluer l’éclosion des fleurs rouges de la liberté.<br />

HAITI<br />

1583 Albany Ave<br />

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Par Hervé Jean Michel<br />

Aucun pays ne peut fonctionner,<br />

ne peut vivre dans l’exclusion<br />

des masses laborieuses, de ces<br />

masses corvéables, exploitables, de<br />

cette armée de réserve de misère. Le<br />

fascisme mussolinien les appelle :<br />

les fumiers de l’histoire.<br />

En Haïti, particulièrement,<br />

avec le coup d’Etat du 29 février<br />

2004 et la mise sous tutelle du pays<br />

par une occupation militaire impérialiste,<br />

les droits de la majorité sont<br />

totalement rejetés, piétinés et méconnus.<br />

Traditionnellement en Haïti<br />

ce sont les masses qui animent la<br />

vie à tous les moments de l’année.<br />

Ce sont celles qui travaillent, produisant<br />

la richesse sociale, pourtant<br />

elles ne jouissent pas de cette sève<br />

nourricière.<br />

Les oligarchies, les politiciens,<br />

les impérialistes jouissent. Ce sont<br />

eux qui s’accaparent de la richesse<br />

produite, de la vie, même du minimum<br />

vital destiné à ces damnés de<br />

la terre. Traditionnellement Noël<br />

est une fête populaire que la culture<br />

chrétienne, particulièrement le<br />

catholicisme a introduit dans nos<br />

mœurs surtout dans nos villes et<br />

nos bourgs. C’est une occasion pour<br />

la bourgeoisie comprador haïtienne<br />

de s’enrichir dans la vente des<br />

marchandises importées. Depuis<br />

le coup d’Etat du 29 février 2004,<br />

compte tenu du rejet total du peuple,<br />

la saison de Noël est vécue comme<br />

un temps ordinaire, elle a perdu son<br />

sens, son intérêt d’antan, elle n’est<br />

plus le chou gras des gros bonnets.<br />

Cette année, surtout, c’est<br />

dans le noir, les détritus, des rues<br />

couvertes de boue, d’insalubrités,<br />

l’absence totale du minimum vital,<br />

dans l’amertume que le peuple<br />

a vécu cette traditionnelle fête de<br />

Noël. Parce que le gouvernement<br />

Préval/Bellerive poursuit la même<br />

politique exigée par les colonisateurs<br />

d’Haïti : le néolibéralisme,<br />

aucun espace socio-économique<br />

n’a été aménagé pour un sauvetage<br />

national, un sursaut national. Véritablement<br />

quand de peuple n’est<br />

pas descendu dans les rues pour se<br />

réjouir à l’occasion des fêtes de fin<br />

d’année, il y a lieu de se dire que les<br />

choses marchent très mal, d’oú un<br />

manque à gagner pour les nantis.<br />

Noël a été une farce, les gens<br />

étaient restés chez eux, plus précisément<br />

ils étaient forcés de rester<br />

chez eux, faute d’argent et surtout<br />

les rues étaient noires, les quartiers<br />

populaires étaient privés d’électricité.<br />

Ce n’était pas un Noël pour les damnés<br />

de la terre, mais bien pour ceux<br />

qui continuent à augmenter leurs<br />

richesses en pillant Haïti.<br />

Pourquoi forcent-ils le peuple<br />

à abandonner le pays en recourant<br />

à la migration massive, à la migration<br />

sauvage ? Pourquoi continuentils<br />

à créer les conditions concrètes<br />

pour un appauvrissement total du<br />

pays ?<br />

L’impérialisme a-t-il d’autres<br />

projets en dehors de l’implantation<br />

systématique du néolibéralisme<br />

dans le pays, en dehors de la mise<br />

sous tutelle ?<br />

N’y aurai-t-il pas un plan de<br />

dépeuplement puis de repeuplement<br />

du territoire haïtien ?<br />

La politique dominicaine appliquée<br />

contre les chômeurs-migrants<br />

haïtiens, devenus braceros<br />

et force de travail corvéable dans<br />

d’autres secteurs de l’économie, le<br />

refus des Dominicains de reconnaître<br />

les droits de cette force de travail<br />

et de la respecter, témoignent de la<br />

complicité entre les deux bourgeoisies.<br />

Les Etats-Unis, le Canada, la<br />

France ne magouillent-ils pas, ne<br />

concoctent-ils pas un Anschluss<br />

A Travers <strong>Haiti</strong><br />

Noël de la honte et de la misère !<br />

C’est dans le noir, les détritus, des rues couvertes de boue, d’insalubrités,<br />

l’absence totale du minimum vital, dans l’amertume que le peuple a vécu<br />

cette traditionnelle fête de Noël<br />

Le Premier ministre Bellerive (à gauche) et son chef Préval poursuivent<br />

la même politique exigée par les colonisateurs d’Haïti<br />

d’Haïti à la République Dominicaine.<br />

Des discussions ont eu lieu à<br />

ce sujet ; des journalistes français<br />

ont interrogé le président Leonel<br />

Fernández, bien que sa réponse fût<br />

très évasive, désinvolte, feignant le<br />

désintéressement même.<br />

Néanmoins, les esprits en<br />

alerte sentent qu’il y a anguille<br />

sous roche ; que quelque chose de<br />

très drôle se complote de plus contre<br />

le pays. Le pire est ce silence de<br />

cimetière, témoignant clairement<br />

à l’instar de la mise sous tutelle<br />

d’Haïti très profitable pour les nantis,<br />

que quelque chose se trame. Le<br />

gouvernement haïtien, d’ailleurs,<br />

n’a jamais levé le petit doigt pour<br />

défendre la souveraineté nationale,<br />

au contraire il travaille d’arrachepied<br />

pour consolider cette domination.<br />

Les propos du chef de l’Etat<br />

dominicain ont été fort élogieux à<br />

l’égard de notre président. Ce n’est<br />

pas par amour, ni par amitié que<br />

Fernández chante des cantiques de<br />

louange à l’endroit de Préval, c’est<br />

par intérêts, dans la mesure oú le<br />

chef de l’Etat d’Haïti ne défend<br />

qu’une cause : fortifier la bourgeoisie<br />

dominicaine, du coup la puissance<br />

de l’Etat dominicain.<br />

De toutes ces pertinentes<br />

questions, des déductions logiques<br />

et réalistes peuvent nous permettre<br />

de dégager de réponses certaines.<br />

Le gouvernement haïtien garde toujours<br />

un silence de cimetière quand<br />

les droits des Haïtiens sont violés en<br />

territoire voisin. L’Etat dominicain<br />

déstabilise l’Etat haïtien à souhait.<br />

Les deux terribles coups d’Etat : celui<br />

de septembre 1991 et celui de<br />

février 2004, dans une très large<br />

mesure sont partis de la République<br />

Dominicaine. Ce dernier est toujours<br />

enchanté qu’Haïti soit déstabilisée,<br />

afin de pouvoir la dominer. Les contentieux<br />

historiques entre ces deux<br />

pays doivent être vidés au profit de<br />

la République Dominicaine, véritable<br />

chien de garde de l’Occident.<br />

Le prolétariat d’Haïti étant plus arriéré,<br />

ressortissant d’un pays qui<br />

se distingue par son haut niveau<br />

d’arriération, les deux bourgeoisies<br />

s’entendent pour le maintenir<br />

dans l’aliénation. La formule n’estelle<br />

pas « bourgeoisie de tous les<br />

pays, unissez-vous contre les prolétaires<br />

». Cette union, signifie que<br />

la lutte étant âpre, la bourgeoisie<br />

en petit nombre, doit s’organiser,<br />

s’agglutiner autour de l’Etat pour<br />

en faire son propre appareil de<br />

lutte, d’exploitation, de maintien<br />

des privilèges, de multiplication des<br />

richesses.<br />

Ce qui se passe en Haïti dans<br />

cette terrible conjoncture de la vie<br />

nationale, mérite la vigilance et<br />

l’intelligence des patriotes qui ne<br />

veulent pas vivre la désagréable surprise<br />

de se lever un beau matin avec<br />

un Anschluss sur les bras, comme<br />

c’est le cas de l’occupation impérialiste<br />

qui pèse sur nos épaules depuis<br />

tantôt cinq années.<br />

Nous étions à nous interroger<br />

sur la fête de Noël, nous voici débrouillant<br />

d’énormes problèmes,<br />

d’énormes contradictions, tellement<br />

les choses sont liées, inextricablement<br />

entrelacées. Le<br />

drame que nous évoquons ici est<br />

la conséquence d’une politique<br />

d’exclusion sociale et économique,<br />

d’une politique qui dans sa pratique,<br />

vise à enrichir davantage les<br />

riches, à appauvrir davantage les<br />

pauvres. C’est pourquoi le peuple a<br />

vécu une fête de Noël de la honte et<br />

de la misère dans un pays crasseux,<br />

poussiéreux, boueux, tandis que les<br />

nantis, princièrement, jouissent des<br />

délices de la vie.<br />

Il est ridicule pour les souffredouleur,<br />

pour les souffre-la-faim de<br />

continuer à s’embourber dans des<br />

mythes, comme si quelque chose<br />

pourrait changer en se détournant<br />

de la réalité concrète. Les exclus<br />

doivent revendiquer leurs droits, car<br />

ils en ont !<br />

Ils doivent se battre pour<br />

mettre fin à une situation d’infortune<br />

généralisée qui n’est pas une invention<br />

des dieux ou d’un Dieu, comme<br />

le pensent les chrétiens, mais tout<br />

simplement l’œuvre de l’exploitation<br />

de l’homme par l’homme.<br />

A remplir et à retourner à <strong>Haiti</strong> Liberté 1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210<br />

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Etrange hécatombe à Thomassin,<br />

4 morts, 5 personnes dans<br />

un état très grave<br />

Au cours de la nuit de noël (24<br />

au 25 décembre), dans une<br />

résidence à Thomassin 23 (banlieue<br />

est de Pétion-Ville), 4 personnes ont<br />

été trouvées mortes, parmi eux un<br />

frère et une sœur. Cinq autres qui<br />

ont subi l’effet d’une chose mystérieuse<br />

dans la maison sont dans un<br />

état très critique.<br />

Des autorités policières renforcées<br />

de la justice ont fait le constat<br />

des 4 personnes décédées dont<br />

Sébastien Joseph, Linda Célestin, un<br />

bébé âgé d’un an, Frantz Adam et<br />

Stéphanie ((Stéffi), ces deux derniers,<br />

tués dans la maison de leur propre<br />

mère Chantale où est survenue la<br />

curieuse tragédie. Selon l’inspecteur<br />

Adher Jacques, responsable du sous<br />

commissariat de Thomassin, ce carnage<br />

pourrait être du à une cause<br />

surnaturelle.<br />

Aucune trace de blessure n’a<br />

été signalée sur les corps des victimes.<br />

Cependant, avant de trépasser,<br />

elles avaient toutes vomi une<br />

sorte de substance noirâtre de nature<br />

indéterminée jusqu’à présent, et<br />

une trace de la même couleur était<br />

notée au niveau de leur nez. Quant<br />

à Stéphanie, elle écumait par la<br />

bouche et le nez. Des informations<br />

moins fondées font croire qu’une<br />

des survivantes avait rendu l’âme<br />

le vendredi 26 décembre peu après<br />

son admission à l’hôpital.Soumis à<br />

des investigations médicolégales,<br />

les cadavres sont actuellement en<br />

observation par l’unité de la police<br />

scientifique de la PNH à l’Hôpital de<br />

l’Université d’Etat d’Haïti.<br />

Jackson Rateau<br />

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2 Haïti Liberté<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010 Haïti Liberté 3


Incendie au marché<br />

Hyppolite<br />

Les dégâts sont considérables : 6 shops sont complètement consumés, 38 commerçants sont victimes et<br />

96 millions de gourdes disparus en nature et en espèces<br />

Par Yves Pierre-Louis<br />

Un terrible incendie a éclaté le<br />

mardi 22 décembre dernier<br />

au marché Hyppolite situé au centre<br />

commercial de Port-au-Prince.<br />

L’incendie dont l’origine n’a pas<br />

encore été déterminée a complètement<br />

ravagé une bonne partie<br />

du marché qui porte le nom d’un<br />

ancien président d’Haïti, Florville<br />

Hyppolite. Les dégâts sont considérables<br />

: 6 shops sont complètement<br />

consumés, 38 commerçants<br />

sont victimes et 96 millions de<br />

gourdes disparus en nature et en<br />

espèces. Au marché Hyppolite on<br />

vendait des habits, des chaussures<br />

de toutes sortes et de toutes tailles.<br />

Dans la foulée, plusieurs commerçants<br />

ont eu de légère blessures,<br />

ils ont été soignés sur place par les<br />

secouristes de la Croix-rouge haïtienne<br />

qui n’ont pas pris le temps<br />

d’y arriver.<br />

Après l’incendie, les marchands<br />

et marchandes victimes ont<br />

exprimé leur désolation. « Nous ne<br />

savons que faire, le montant investi<br />

ne nous appartenant, nous devons<br />

rembourser la banque. Nous avons<br />

l’école à payer, les loyers à payer.<br />

Et maintenant tous nos commerces<br />

sont disparus dans le feu. » a<br />

déclaré l’une des victimes.<br />

Tout de suite après l’incendie,<br />

le gouvernement, la police, les<br />

sapeurs-pompiers ont été dépêchés<br />

pour essayer de circonscrire cet incendie<br />

avec beaucoup de difficultés.<br />

Parce que le marché est entouré<br />

de petites maisons construites<br />

de façon anarchique. L’accès au<br />

principal foyer de l’incendie était<br />

totalement difficile au milieu d’un<br />

enchevêtrement de corridors très<br />

étroit.<br />

Présente sur les lieux, la ministre<br />

de la Culture et de la Communication,<br />

Marie Laurence Jocelyn<br />

Lassègue, qui après avoir constaté<br />

les dégâts, a déclaré : « Je suis<br />

venue ici à la demande du Premier<br />

ministre, Jean Max Bellerive, pour<br />

manifester la solidarité du gouvernement<br />

aux victimes. » Elle a<br />

également annoncé la formation<br />

d’une commission interministérielle<br />

composée des ministres des<br />

Affaires sociales, Yves Cristallin,<br />

de l’Intérieur, Paul Antoine Bien-<br />

Aimé, du Commerce, Colimon Féthier<br />

et celle de la Condition féminine,<br />

Marjorie Michèle pour faire le<br />

suivi sur l’incendie et prendre des<br />

mesures nécessaires.<br />

Pour sa part, le maire assesseur<br />

de Port-au-Prince, Guerey<br />

Mouscady a promis que des dispositions<br />

seront prises au niveau de<br />

la mairie pour arriver à sécuriser<br />

beaucoup plus les marchés du centre<br />

ville et pour éviter les constructions<br />

anarchiques aux alentours<br />

des marchés publics de la capitale.<br />

De plus, le vendredi 25<br />

décembre, angle de la grand Rue et<br />

Rue Bonne foi, un autre incendie<br />

a éclaté dans un dépôt portant le<br />

nom de « l’Eternel est mon Berger<br />

». Grâce à la diligence de la police<br />

et des sapeurs-pompiers, le feu n’a<br />

pas eu le temps de se propager,<br />

selon l’un des collaborateurs du<br />

journal, Anneseau Bissainthe.<br />

République Dominicaine:<br />

Rapatriement de 25<br />

Haïtiens et Cubains<br />

Par Yves Pierre-Louis<br />

L’indexation du salaire<br />

minimum a-t-elle un impact<br />

sur le marché du Travail?<br />

Par Yves Pierre-Louis<br />

Le jeudi 24 décembre dernier, les<br />

autorités migratoires dominicaines<br />

ont rapatrié en Haïti 25 religieux<br />

dont 23 Haïtiens et 2 cubains.<br />

Ces ressortissants haïtiens et<br />

cubains étaient en mission religieuse<br />

en République Dominicaine. Ils ont<br />

dûment présenté des invitations<br />

signées par le responsable de leur<br />

congrégation les autorisant à participer<br />

à une mission religieuse à Santo-<br />

Domingo et à Santiago.<br />

A leur arrivée, le mercredi 23<br />

décembre au poste de contrôle militaire<br />

de la municipalité de Hatillo<br />

Palma, dans la province de Monte<br />

Cristi, situé au Nord-Ouest de la République<br />

Dominicaine, ils ont été interceptés<br />

par les militaires dominicains.<br />

Les autorités dominicaines leur<br />

ont reproché qu’ils ne disposaient pas<br />

de documents de voyage nécessaire<br />

pour accéder dans leur pays, elles les<br />

ont accusés de clandestins et remis<br />

aux autorités migratoires qui les ont<br />

rapatriés en territoire haïtien.<br />

Ces derniers temps, les autorités<br />

dominicaines n’hésitent pas à<br />

expulser de leur territoire des Haïtiens<br />

pour n’importe quelle cause<br />

et dans n’importe quelle condition<br />

au mépris du protocole d’accord<br />

conclu en décembre 1999, sous la<br />

présidence première version de René<br />

Préval. En vertu de cet accord, les<br />

deux gouvernements haïtiens et<br />

dominicains se sont mis d’accord<br />

sur les mécanismes de rapatriement,<br />

fixant les conditions de rapatriement<br />

d’Haïtiens. Depuis lors, tous<br />

les gouvernements dominicains qui<br />

se sont succédés n’ont pas respecté<br />

l’engagement de leur pays. Dix<br />

ans plus tard, la mis en œuvre ne<br />

s’accompagne que de violations flagrantes<br />

des droits des Haïtiens sur le<br />

territoire dominicain.<br />

A l’occasion de la journée internationale<br />

des migrants, le 18<br />

décembre écoulé, le groupe d’appui<br />

aux rapatriés et réfugiés (GARR) a<br />

fait ressortir le caractère massif des<br />

rapatriements d’Haïtiens violant<br />

tout les principes d’interdiction de<br />

rapatriements collectifs inscrit dans<br />

la convention interaméricaines des<br />

droits de l’homme dont la République<br />

Dominicaine est signataire.<br />

GARR rappelle quelques points de<br />

l’Accord : « les autorités dominicaines<br />

s’engagent à communiquer au<br />

préalable et dans un délai raisonnable<br />

les listes de personnes se trouvant<br />

dans le processus de rapatriement<br />

aux autorités diplomatiques ou<br />

consulaires haïtiennes accréditées en<br />

territoire dominicain ; elles pourront<br />

exercer leurs fonctions d’assistance<br />

consulaire. » Cette disposition est<br />

largement ignorée par la migration<br />

dominicaine. Le pire c’est que les<br />

autorités haïtiennes n’entreprennent<br />

aucune démarche pour contraindre<br />

le gouvernement dominicain à respecter<br />

ses engagements, malgré de<br />

multiples dénonciations et protestations<br />

des organisations de la défense<br />

des droits de l’homme, le gouvernement<br />

haïtien ferme les yeux sur la<br />

violation des droits de nos compatriotes<br />

en République Dominicaine.<br />

Le vote du salaire minimum<br />

de 125 gourdes pour huit (8)<br />

heures de travail par jour dans<br />

l’industrie de la sous-traitance<br />

haïtienne n’a pas eu d’impact<br />

négatif sur le marché du Travail.<br />

La preuve en est bien grande, le<br />

directeur du plus grand centre industriel<br />

d’Haïti, Société nationale<br />

de Parcs industriels (SONAPI) à<br />

Port-au-Prince, Jean Kesner Delmas,<br />

dans une rencontre avec la<br />

presse, a annoncé les travaux de<br />

construction de sept (7) bâtiments<br />

supplémentaires dans les parages<br />

du parc industriel métropolitain.<br />

Selon le directeur Delmas, chaque<br />

bâtiment devrait accueillir environ<br />

<strong>30</strong>0 emplois avec un salaire<br />

de misère de 125 gourdes. Actuellement<br />

le Parc métropolitain de<br />

Port-au-Prince reçoit seulement<br />

dix-huit mille emplois sur vingtcinq<br />

mille ouvriers de la soustraitance<br />

haïtienne. Ces travaux<br />

coûteront au total sept millions<br />

cinq cent mille dollars US, financés<br />

par la Banque interaméricaine<br />

de développement (BID)<br />

à hauteur de trois millions cinq<br />

cent mille dollars, la différence de<br />

quatre millions sera financée par<br />

la SONAPI. Les informations données<br />

par le directeur de la SONAPI<br />

faisait savoir que 80% des 350<br />

millions de dollars générés chaque<br />

année par l’industrie de la soustraitance<br />

haïtienne proviennent de<br />

la SONAPI oú 95% des entreprises<br />

d’exportation du textile sont installées.<br />

Rappelons que, la construction<br />

des premiers bâtiments du<br />

parc a été effectuée en 1970, au<br />

moment de la libéralisation de<br />

l’économie haïtienne qui a conduit<br />

à la dégradation systématique de<br />

la production agricole, la dévaluation<br />

de la monnaie nationale, la<br />

privatisation des entreprises publiques.<br />

Elle a également provoqué<br />

l’exode rural et la migration des<br />

Haïtiens en République Dominicaine.<br />

En 1998, sous la présidence<br />

de René Préval, 17 autres bâtiments<br />

ont été construits, portant<br />

le nombre total de bâtiments à 50,<br />

exploités par les multinationales<br />

des grandes puissances impérialistes<br />

et les laquais locaux, tout en<br />

refusant de donner un minimum<br />

vital aux ouvriers. Sous la forte<br />

pression de plusieurs couches de<br />

la population, le Parlement haïtien<br />

avait été contraint de voter pour<br />

salaire minimum la somme de 125<br />

gourdes, l’équivalent de 2.97 dollars<br />

US. L’augmentation du salaire<br />

minimum à 125 gourdes dans les<br />

entreprises de la sous-traitance<br />

n’a pas affecté le marché du travail<br />

haïtien. L’augmentation des<br />

bâtiments au parc industriel va<br />

contribuer sans doute à renforcer<br />

l’exploitation de la main d’œuvre<br />

haïtienne contre une maigre pitance.<br />

Ane fini, ane rive<br />

“ Pèp ayisyen nou 6 milyon<br />

sou chak 100.000 gen younn<br />

ki byen<br />

Sa fè 6 mil ki gen lajan”<br />

Manno Charlemagne<br />

Par Fanfan La Tulipe<br />

Voilà déjà plus d’un demi-siècle<br />

que le Jazz des Jeunes, de regrettée<br />

mémoire, nous a appris à<br />

chanter :«Ane fini, ane rive. Heureuse<br />

année, prospérité». Les années<br />

passent, s’en vont et quand<br />

elles reviennent au mois de janvier,<br />

on se souhaite la «raisonnée», on<br />

se souhaite les vœux les meilleurs<br />

qui allient généralement santé et<br />

prospérité. Pour la santé beaucoup<br />

d’entre nous s’en remettent au<br />

Grand Maître, à corps défendant<br />

toutefois, puisqu’en ce qui a trait<br />

au cancer, à l’hypertension artérielle,<br />

au diabète et à la gagatude, à<br />

la tremblatude et à la décrépitude<br />

liées à l’âge, nan pwen chape. On<br />

s’accroche alors à la prospérité, du<br />

moins à l’espoir de prospérité, pour<br />

la majorité.<br />

Mais parler de prospérité en ces<br />

temps de mondialisation peuplés de<br />

bêtes fauves, c’est seulement pour<br />

se donner du courage. Car la prospérité,<br />

on a fini par s’en rendre bien<br />

compte, elle n’habite que certains<br />

quartiers, elle ne fréquente que les<br />

ti lolit à talon kikit et les messieurs<br />

à faux col, elle ne s’offre qu’à une<br />

minorité gloutonne, elle prend plaisir<br />

à ne frapper qu’à certaines portes<br />

et à peine lui a-t-on ouvert, elle occupe<br />

tout l’espace du salon. Même,<br />

se sentant tellement à l’aise dans<br />

son milieu naturel, li gentan mande<br />

kabann pou l kouche.<br />

La prospérité n’a qu’un seul<br />

mot sur les lèvres : lajan. Et comme<br />

elle ne fréquente que certains cercles<br />

fermés, c’est seulement dans ces<br />

circuits fermés qu’on trouve cette<br />

bonne chose qu’est l’argent, même<br />

si on dit qu’il ne fait pas le bonheur.<br />

Mais, tande ak wè se de. Car, dans<br />

les arcanes des ministères, sous la<br />

voûte du Parlement, dans les antichambres<br />

du Palais national, dans<br />

les hauteurs des Montagnes noires<br />

ou de Péguy Ville, on resplendit de<br />

prospérité. Dire que leur richesse ne<br />

fait pas le(ur) bonheur, c’est comme<br />

nier la loi de la pesanteur. Et chaque<br />

année quand ces gens argentés se<br />

souhaitent «heureuse année, prospérité»,<br />

ils parlent sérieusement, ils<br />

savent de quoi il revient.<br />

La prospérité n’a d’yeux que<br />

pour ceux-là qui sont déjà prospères<br />

et qui visent à accroître leur prospérité.<br />

L’année qui s’en va n’a jamais<br />

été trop bonne pour eux. Ils ne<br />

sont jamais rassasiés, il leur en faut<br />

toujours davantage. Ils ont beau se<br />

gaver à la mangeoire nationale, au<br />

ratelier de l’Etat, à la gamelle internationale,<br />

ils en veulent encore<br />

davantage. Le pire, c’est qu’ils se<br />

fâchent quand ils n’ont pas la panse<br />

bien remplie et sont alors capables<br />

de toutes les violences pour que ne<br />

leur échappe la prospérité, leur prospérité.<br />

Le réflexe de la violence ils<br />

l’ont acquis au fil des ans, au fil de<br />

leurs souhaits de fin d’année, souhaits<br />

d’une heureuse année comme<br />

à l’accoutumée, heureuse année<br />

grâce à une prospérité qui ne doit<br />

pas leur filer entre les mains.<br />

Ane fini, ane rive. Pour la<br />

grande majorité, la nouvelle année<br />

c’est un autre calvaire à gravir.<br />

Ce sont les enfants qu’on ne peut<br />

plus envoyer à l’école en Haïti car<br />

la prospérité n’a pas eu le temps ou<br />

bien n’était guère intéressée à prêter<br />

main forte aux parents. Ce sont<br />

les démunis des quartiers pauvres<br />

dont les petites tripes n’arrêtent<br />

pas de livrer une guerre sans merci<br />

aux grosses tripes, une guerre que<br />

d’ailleurs elles n’arrivent pas à gagner,<br />

jusqu’ici du moins. Ce sont<br />

nos déshérités du sort auxquels font<br />

signe les bateys de la République<br />

dominicaine. Pour eux il n’y aura<br />

pas d’«heureuse année, prospérité»,<br />

il n’y aura que le malheur avec ses<br />

dents griyen et le désespoir avec<br />

ses yeux livides et glauques.<br />

Ane fini, ane rive. A Copenhague,<br />

les pays les plus riches ont<br />

préféré tourner le dos aux pays les<br />

plus pauvres. Les effets de serre ne<br />

leur serrent pas encore le cœur. On<br />

verra d’ici 2050. La Pachamama ?<br />

Connais pas. Sotte baliverne colportée<br />

par les Indiens de l’Amérique latine<br />

qui n’ont pas encore réalisé que<br />

les détenteurs du pouvoir et de l’argent,<br />

les multinationales, ne s’intéressent<br />

guère au bien-être de la<br />

Twa fèy, Twa rasin O!<br />

mama, mais bien à ce que recèle le<br />

ventre de la Pacha. En attendant, ils<br />

ont préféré se livrer aux grands discours<br />

pompeux et dilatoires et aux<br />

propositions non contraignantes.<br />

Aux pays pauvres on a demandé de<br />

laisser les pays riches jouir de leur<br />

prospérité, gagnée à… la sueur des<br />

travailleurs, des sans-papier et des<br />

immigrés coincés entre la pauvreté<br />

et le désespoir.<br />

Ane fini, ane rive. 2010 sera<br />

assurément une année de prospérité<br />

pour les sénateurs et députés<br />

qui vont prendre d’assaut le parlement,<br />

d’autant que– et on ne s’en<br />

doute guère – Préval s’attend à tous<br />

les reniements de la part de ses protégés<br />

qui devront faire la part belle<br />

au Grand Timonier de Washington,<br />

aux aloufa guidés par la Grande<br />

Ourse de Bill Clinton, becs de fer<br />

venus apporter du «travail» à une<br />

main- d’œuvre haïtienne, bon marché,<br />

corvéable à merci, pourvu que<br />

la prospérité générée par le travail<br />

des exploités reste seulement aux<br />

mains des propriétaires de maquiladoras<br />

et d’usines d’assemblage.<br />

Ane fini, ane rive. Ce sera<br />

sans doute une heureuse année<br />

pour les intellectuels de la honte qui<br />

en 2004 avaient refusé, pour des<br />

raisons politiciennes mesquines et<br />

bassement partisanes, de s’associer<br />

à la joie populaire, à l’orgueil national<br />

pour célébrer le glorieux bicentenaire<br />

de notre Indépendance.<br />

Le premier janvier 2010 les verra<br />

sans doute réunis en petits cénacles<br />

de privilégiés pour se laisser<br />

aller à leurs petites grimaces et gesticulations<br />

de singes en mémoire<br />

de l’Empereur, tout en continuant<br />

à jouir de la prospérité que leur<br />

auront apportée leurs accointances<br />

avec l’Hexagone, la Communauté<br />

européenne, le Canada et, surtout,<br />

le caïman étoilé.<br />

Heureuse année, prospérité,<br />

pour Préval qui vient de convoler<br />

en justes noces. Heureuse année<br />

pour le président qui aura bénéficié<br />

d’une stabilité émotionnelle méritée.<br />

Prospérité pour le clan de Madame,<br />

clan duvaliériste, allié naturel du<br />

clan GNBiste de Monsieur. Prospérité<br />

pour la classe des possédants,<br />

heureuse année pour les deux ailes<br />

de l’oligarchie qui se réjouissent du<br />

fait que le CEP croupion de Préval/<br />

Dorsainvil a écarté de la course<br />

électorale le parti politique qui leur<br />

enlève le sommeil. Heureuse année<br />

pour les politiciens dokale qui<br />

ont vite embarqué à bord du train<br />

INITE, car ces kòn siye de la politicaillerie<br />

tout voum se do savent<br />

bien que leur prospérité s’articulera<br />

bientôt autour des risettes, courbettes,<br />

palabrettes et magouillettes<br />

avec l’ambassadeur cinquante-étoilé<br />

dont ils attendent déjà, et anxieusement,<br />

les satiyèt, gingembrettes,<br />

kokonèt et billets vèt.<br />

Heureuse année, prospérité,<br />

pour la communauté internationale<br />

satisfaite de la performance tchoulitarde<br />

de Préval, du naturel lècheculard<br />

de nombre de politiciens qui<br />

se sont mis en rang, le suivant kiyès<br />

ki te la avan, pour ne rien manquer<br />

des tranches et miettes que permettra<br />

le partage du gâteau au moment<br />

des élections/sélections déjà programmées<br />

par les bons soins du<br />

Palais national et du CEP croupionnard<br />

de Dorsainvil. Heureuse année<br />

pour la MINUSTAH dont le contrat<br />

pour réprimer au moindre akasan a<br />

été renouvelé grâce à l’obligeance<br />

du bon gendarme Préval et de son<br />

associé onusien Ban Ki Moon.<br />

Heureuse année, prospérité<br />

pour Obama nobellisé et auréolé de<br />

paix. Heureuse année pour le président<br />

états-unien, doublure réussie<br />

de l’oligarchie judéo-blanche, et qui<br />

du haut de son Nobel a profité pour<br />

présenter la guerre comme acceptable<br />

:« La guerre, sous une forme ou<br />

sous une autre, est apparue avec le<br />

premier homme. À l’aube de l’histoire,<br />

sa moralité n’était pas mise<br />

en doute; c’était un simple fait,<br />

comme la sécheresse ou la maladie,<br />

c’était la façon dont les tribus<br />

puis les civilisations recherchaient<br />

la puissance et réglaient leurs différends»<br />

a péroré Obama..<br />

Comprenez que ça a toujours<br />

été le cas, alors pourquoi se priver<br />

de tuer, d’autant que les Etats-Unis<br />

s’intéressent ardemment au pétrole<br />

et au gaz de toute la région. Comprenez<br />

aussi qu’Obama se porte<br />

« responsable du déploiement de<br />

milliers de jeunes Américains sur<br />

un champ de bataille lointain. Certains<br />

d’entre eux vont tuer, certains<br />

vont être tués». Qu’importe, pourvu<br />

que toutes les richesses de la région<br />

tombent dans notre escarcelle.<br />

Heureuse année et prospérité aussi<br />

pour le Pentagone dont le budget<br />

glouton de 655 milliards de dollars<br />

(515.4 milliards en <strong>2009</strong>) en 2010<br />

fera beaucoup d’heureux au sein du<br />

complexe miltaro-industriel.<br />

Ane fini, ane rive. Heureuse<br />

année pour le ministre Bellerive<br />

« l’insubmersible», les experts internationaux<br />

et les occupants qui vont<br />

bénéficier des grasses retombées<br />

des millions de dollars débloqués<br />

pour «le bien, le développement et<br />

le progrès» du peuple haïtien. Quelques<br />

cadres nationaux auront droit<br />

aux ti kal graten chodyè, croûtons,<br />

miettons, miettes et crassettes.<br />

Parmi les donateurs, débloqueurs,<br />

racketteurs, bailleurs, prestidigitateurs,<br />

magouilleurs et autres salisseurs,<br />

signalons : la Banque mondiale<br />

(24.5 millions ), la Commision<br />

européenne (<strong>30</strong> millions), le Canada<br />

(15 millions, aux bons soins<br />

de Bellerive) , l’Agence Canadienne<br />

pour le Développement International<br />

(555 millions). Apre sa pou n<br />

di Blan yo pa bon, vraiment nous<br />

sommes durs…<br />

Ane <strong>2009</strong> fini, ane 2010 rive.<br />

La nouvelle année ap bon pour les<br />

mêmes, ceux-là qui ont été, sont et<br />

seront toujours en bonne santé…financière.<br />

Et si d’aventure leur santé<br />

médicale donnait des signes de lage<br />

sa, plopplop, ils prennent l’avion<br />

pour Miami. Les vœux d’heureuse<br />

année, prospérité, c’est pour la<br />

majorité qui peine au jour le jour,<br />

juste pour se donner du courage et<br />

se conformer à une certaine routine.<br />

Quant aux nantis, ils ont leur<br />

morue sur le gril et leur pain sur la<br />

couche. Quand ils se souhaitent des<br />

vœux de prospérité, c’est pour se<br />

plaire dans l’usage des pléonasmes.<br />

Car, qui dit riche dit aussi prospérité.<br />

Les années sont toujours heureuses<br />

pour eux, kòb plen pòch yo, prospérité<br />

a, se pou yo menm li te fèt.<br />

Mon année d’écriture pou<br />

<strong>2009</strong> fini. Mon d’année d’écriture<br />

pour 2010 déjà rive. Il n’y aura pas<br />

de prospérité pour moi, je le sais.<br />

N’empêche que ce sera une autre<br />

heureuse année de plénitude pour<br />

ma plume, parce que c’est avec plaisir<br />

que je continuerai à fendre dans<br />

le fif des fossoyeurs de la patrie et à<br />

les pourfendre, jouk mayi mi.<br />

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4 Haïti Liberté<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010 Haïti Liberté 5


Kwonik Kreyòl<br />

Perspectives<br />

RONMFL fè yon bilan negatif<br />

sou pouvwa Leta yo<br />

Manm Rezo ògán nasyonal miltiplikatè Fanmi Lavalas, (RONMFL) nan yon konferans pou laprès…<br />

Rezo ògán nasyonal miltiplikatè<br />

Fanmi Lavalas, (RONMFL)<br />

nan lokazyon fendane <strong>2009</strong> la<br />

drese yon bilan negatif 3 pouvwa<br />

Leta yo ki mete ansanm ak gwo<br />

peyi enperyalis yo pou ekate pèp<br />

la nan zafè peyi a epi marinen tout<br />

kalte konplo kont mas pèp la. Devan<br />

sitiyasyon sa a, òganizasyon<br />

konsekan yo ki nan mouvman popilè<br />

an deside kanpe ankwa kont<br />

plan lanmò Préval la. Se nan sans<br />

sa a, RONMFL drese yon bilan<br />

sou 3 pouvwa Leta yo, espesyalman<br />

pouvwa egzekitif la ki genyen<br />

nan tèt li, René Préval ak Jean<br />

Max Bellerive. Konsta echèk sa a<br />

pwouve klèman politik ekonomik<br />

neyoliberal gouvènman an ap aplike<br />

a pote plis mizè, grangou ak<br />

chomaj pou pèp ayisyen an, se<br />

esklizyon ak kòripsyon k ap taye<br />

banda sou kòtòf lestomak mas pèp<br />

la.<br />

RONMFL mande mas pèp<br />

la potekole nan mobilizasyon<br />

manch long pou rive mete kanpe<br />

yon veritab opozisyon kont pouvwa<br />

anplas la, pou fòse prezidan<br />

Préval fè bak sou plan lanmò li a,<br />

BOUKAN<br />

101.9 FM • SCA<br />

Radyo Pa Nou<br />

Emisyon KAKOLA<br />

Konbit Ayisyen pou Kore Lit la ann Ayiti<br />

• Nouvèl •<br />

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Pou yon Ayiti Libere<br />

(917) 251-6057<br />

www.RadyoPaNou.com<br />

Mèkredi 9-10 pm<br />

pou bati yon lòt sosyete ak yon lòt<br />

Leta e pou ansyen prezidan Jean<br />

Bertrand Aristide retounen nan<br />

peyi l. « Non menm nan RONMFL,<br />

nou rele laprès la a jounen jodi a, 4<br />

jou avan lane a fini, pou n fè bilan<br />

pouvwa Leta yo nan peyi a, sou<br />

plan politik, ekonomik ak sosyal.<br />

Dabò sou plan politik, nou konstate<br />

depi Prezidan Preval monte<br />

sou pouvwa a nan lane 2006, se<br />

yon politik desklizyon l ap mennen<br />

kont mas pèp la. Pèp la te<br />

vote l pou l fè demokrasi a vanse,<br />

se bak nou wè l ap fè chak jou, li<br />

vasalize demokrasi a ak 2 lòt pouvwa<br />

Leta yo ki se pouvwa lejislatif<br />

ak pouvwa jidisyè a. Li fè yon<br />

maskarad 19 avril ak 21 jen pèp la<br />

pa al vote, li nonmen senatè l yo<br />

nan palman an, e l ap prepare yon<br />

lòt menm jan an pou 28 fevriye,<br />

pandan li mete majorite nasyonal<br />

la deyò, menm lè Doktè Jean Bertrand<br />

Aristide konfime manda li<br />

bay reprezantan li a, Doktè Marise<br />

Narcisse.<br />

Prezidan Preval pa ranpli misyon<br />

l ki se fè enstitisyon yo mache<br />

jan konstitisyon peyi a di l. Depi l<br />

monte nan tèt peyi a li pa janm<br />

nonmen yon prezidan lakou Kasasyon,<br />

sa fè yo pa janm kab mete<br />

sou pye Konsèy Siperyè Pouvwa<br />

Jidisyè a (CSPJ), pou mete lòd nan<br />

aparèy jidisyè a, konsa detansyon<br />

prevantiv pwolonje yo te kab fini<br />

. Prizonye politik yo kontinye ap<br />

pouri nan prizon, kouwè Ronald<br />

Dauphin ki prèske mouri, Negup<br />

Simon elatriye. Kòripsyon anvayi<br />

aparèy jidisyè a. Prezidan Preval<br />

la, je l ap gade, li vle amande<br />

konstitisyon 1987 la san dizon<br />

pèp la, nan enterè boujwa yo ak<br />

patwon li yo, Kominote entènasyonal<br />

la.<br />

Sou plan ekonomik, Prezidan<br />

Preval ak Premye minis li yo soti<br />

nan Jacques Edouard Alexis, ki te<br />

touye kochon kreyòl peyizan yo<br />

nan lane 80, ki te pwovoke yon<br />

pwotestasyon kont grangou nan<br />

lane 2007, pase nan madanm Michèle<br />

Pierre Louis ki te gagote plis<br />

pase 197 milyon dola vèt ak ti klik<br />

li a nan Primati a, pou rive nan<br />

Jean Max Bellerive ki plis sanble<br />

ak restavèk Préval ke yon premye<br />

minis, se menm penpenp lan. Se<br />

neyoliberal la, privatizasyon an<br />

<strong>Haiti</strong> Liberté<br />

k ap kontinye kote y ap revoke<br />

ilegalman e defason abitrè plizyè<br />

milye manman ak papa pitit, lage<br />

yo nan lari a 2 bwa balanse. E lè y<br />

ap revandike se CIMO ak sòlda fòs<br />

okipasyon Loni an, Minista li voye<br />

al touye yo. Li pa kreye dyòb, 70<br />

pousan popilasyon an nan chomaj,<br />

lamizè ap ogmante chak jou.<br />

Lagrikilti ki se gwo fòs ekonomi<br />

peyi a bandonnen, peyizan yo pa<br />

ka jwenn angrè ak ankadreman<br />

nan men Leta. Lavichè ap vale teren<br />

san gade dèyè, mas pèp la pa<br />

genyen pouvwa dacha.<br />

Sou plan sosyal, peyi a fè<br />

bak, yon grenn inivèsite Leta a<br />

bloke, Fakilte medsin lan fèmen,<br />

etidyan yo nan lari a, plis pase 40<br />

pou san timoun pa ka al lekòl, nan<br />

tout lari a, genyen plis pase <strong>30</strong>0<br />

mil timoun k ap mande, gen plis<br />

pase 225 mil k ap viv nan domestisite,<br />

yon sitiyasyon ki konparab<br />

a lesklavaj. Popilasyon an pa ka<br />

jwenn laswenyaj, Lopital jeneral<br />

la pa ka bay sèvis. Konpatriyòt<br />

nou yo ki nan Repiblik Domikèn<br />

ap monte lesyèl pa do, rejim Preval<br />

la pa fè anyen pou l fè respekte<br />

dwa yo. Sale minimòm lan k ap<br />

ogmante mizè maksimòm, se ak<br />

anpil leve kanpe pèp la te rive rache<br />

125 goud la anba nonm Preval<br />

la, paske li te kanpe ankwa kont<br />

200 goud la.<br />

An gwo, rejim Preval la se<br />

jarèt l ap bay sistèm eksplwatasyon<br />

ak esklizyon sou do mas pèp<br />

la.<br />

Se lajan sèlman y ap fè sou<br />

do mas yo, yo pa rive bay okenn<br />

sèvis. Se pou tèt sa n ap mobilize<br />

nan fè denonsyasyon ak<br />

pwotestasyon pou rive konstwi<br />

yon veritab opozisyon kont rejim<br />

Preval la k ap kraze enstitisyon yo<br />

nan peyi a. Nou mande mas pèp la<br />

pote kole nan manifestasyon k ap<br />

fèt vandredi premye janvye 2010,<br />

k ap demare sou plas papa Dessalines<br />

Channmas pou al bout<br />

devan katye jeneral fòs okipasyon<br />

Minista sou wout Boudon an pou<br />

mande revokasyon KEP koupyon<br />

Dorsinvil la, depa fòs okipasyon<br />

Loni a, Minista, ak retou fizik<br />

Doktè Jean Bertrand Aristide pandan<br />

n ap mande Prezidan Préval<br />

voye lese pase a bay doktè Jean<br />

Bertrand Aristide».<br />

Sit-in PLONBAVIL<br />

devan lokal OEA a<br />

Madi 29 desanm <strong>2009</strong> la, Platfòm<br />

òganizasyon baz ak viktim<br />

Leta yo te òganize yon pikèt<br />

devan lokal Oganizasyon Eta Ameriken<br />

(OEA) ki chita Pèleren 2 A nan<br />

tèt Petyonvil, pou di pèp ayisyen<br />

an pa dakò ak misyon 80 obsèvatè<br />

l ap voye pou vin sipòte maskarad<br />

seleksyon prezidan Prezidan Préval<br />

ak KEP restavèk, koripsyon Dorsinvil<br />

vle òganize 28 fevriye 2010<br />

la. Plizyè manm òganizasyon viktim<br />

politik neyoliberal la ki te pote<br />

sipò yo nan mouvman an te pwofite<br />

okazyon sa a pou mande OEA fòse<br />

gouvènman Préval/Bellerive la peye<br />

yo 36 mwa revokasyon ak lajan dedomajman<br />

yo.<br />

Sou pankat yo ak bandwòl yo,<br />

yo te mande depa KEP a, kominote<br />

entènasyonal la pa finanse maskarad<br />

28 fevriye a, OEA pa voye 80<br />

obsèvatè li yo pou pa bay KEP a jarèt,<br />

36 mwa pou revoke yo elatriye.<br />

Manifestan yo bò kote pa yo t ap<br />

chante : « OEA nan magouy, OEA<br />

nan magouy, OEA nan magouy,<br />

Pap gen eleksyon san patisipasyon<br />

majorite nasyonal la. »<br />

Aprè anviwon 60 minit mobilizasyon,<br />

yon responsab lokal biwo<br />

OEA a te vin di manifestan yo, gwo<br />

dirijan OEA yo, yo pati an vwayaj<br />

fendane a, y ap retounen nan kòmansman<br />

mwa janvye a. Donk manifestan<br />

yo kase randevou pou mwa<br />

janvye pou al kontinye mande OEA<br />

sispann apiye magouy elektoral ak<br />

koudeta nan peyi Dayiti, pou l kapab<br />

sispann reprezante yon kadav<br />

Manm Plonbavil yo nan yon pikèt devan lokal Oganizasyon Eta<br />

Ameriken (OEA)<br />

politik nan kontinan an. Pèp ayisyen<br />

an lanse yon pinga bay OEA<br />

pou l pa kontinye ap sipòte epi finanse<br />

maskarad elektoral nan peyi<br />

Dayiti.<br />

Yves Pierre-Louis<br />

Yon dife te eklate nan<br />

mache Ipolit<br />

Kèk manm Kò Ponpye a k ap fè dilijans pou touye dife a nan mache Ipolit<br />

Pandan lajounen madi 22 desanm lekòl, bay manje elatriye. Pandan dife<br />

<strong>2009</strong> la, yon gwo dife te eklate a t ap ravaje mache a, machann yo<br />

nan mache Ipolit la ki chita anba lavil, ki t ap eseye sove kèk bagay t ap rele<br />

nan mitan Kwadèbosal, anfas Otorite anmwe. Jis kounye a, yo pa ko jwenn<br />

Pòtyè Nasyonal (APN). Bilan dega yo sous gwo dife sa a ki ravaje yon pati<br />

byen lou, daprè kèk temwen ta sanble<br />

genyen moun ki kankannen ak Nwèl la ak nouvèl ane a. N ap raple<br />

nan mache Ipolit la nan okazyon fèt<br />

plizyè blese nan dife sa a, plizyè kès w, mache Anfè ki chita sou gran Ri an<br />

machandiz disparèt. Sèvis ponpye yo ki genyen plizyè mwa depi l yon pati<br />

t ap fè anpil manèv pou eseye touye ladan l te boule poko janm rekonstui,<br />

dife a, men mache a nan mitan yon machann yo pa jwenn reparasyon<br />

bann ti gerit, ti kay ki rann travay ak dedomajman gouvènman Alexis<br />

ponpye yo trè difisil. Plizyè lòt otorite a te pwomèt yo, machann yo toujou<br />

polisye, minisipal t al konstate dega ap manifeste nan lari Pòtoprens pou<br />

yo.<br />

reklame dedomajman. Dife ki eklate<br />

Nan mache Ipolit la se rad ak nan mache Ipolit la jounen madi 22<br />

pwodui kosmetik machann yo vann, desanm lan vin mete abse sou klou<br />

se la machann ki sòti Panama ak timachann yo anba lavil la k ap bat<br />

Kiraso yo vin vann nan boutik yo. Se dlo pou fè bè, nan yon sosyete kote<br />

yon kote plizyè milyon goud ap brase responsab Leta yo pap travay nan enterè<br />

mas pèp la.<br />

chak jou, se la tou anpil manman ak<br />

papa pitit ap chache lavi pou peye kay,<br />

Yves Pierre-Louis<br />

De Marmelade à Furcie, Préval<br />

change de classe :<br />

Le renforcement du schéma colonial se poursuit<br />

Par Guerby Dujour<br />

Les revendications des pauvres<br />

et de la classe des travailleurs<br />

n’auraient jamais été un sujet de<br />

préoccupation pour l’actuel tenant du<br />

pouvoir politique en <strong>Haiti</strong>, M. René<br />

Préval, étant donné la métamorphose<br />

dont il est l’objet depuis son retour au<br />

timon des affaires. C’est peine perdue<br />

de rappeler à ce dernier son origine<br />

politique pour le porter à prendre<br />

conscience de sa trahison. Ce serait<br />

d’ailleurs une capucinade de trop.<br />

Car le fait même de le lui rappeler le<br />

fait sortir de ses gonds puisque, tout<br />

compte fait, il est impoli de rappeler à<br />

un parvenu qu’il n’avait pas de souliers<br />

et qu’il circulait pieds nus à saint<br />

Antoine.<br />

La petite histoire rapporte que<br />

François Duvalier, le cynique despote<br />

haïtien des années 60, avait<br />

fait liquider la plus forte partie des<br />

gens qui pouvaient s’expliquer sur<br />

la pauvreté ayant miné son enfance<br />

et une bonne partie de sa jeunesse.<br />

Ainsi ce n’est pas sans raison que<br />

Préval applique avec une telle finesse<br />

la théorie absurde prêtée à François<br />

Duvalier à savoir que la reconnaissance<br />

est une lâcheté. Alors livrer ses<br />

compatriotes ã la justice américaine<br />

et à la justice française sans aucun<br />

pré-requis, dépêcher des troupes de<br />

la force d’occupation onusienne dans<br />

les quartiers pauvres pour y semer<br />

le désarroi et la mort, renvoyer des<br />

centaines de fonctionnaires de l’administration<br />

publique au nom du<br />

néolibéralisme économique, traiter<br />

avec mépris le dossier des compatriotes<br />

haïtiens livrés aux bandits dominicains,<br />

ne sont pas incompatibles<br />

avec la mentalité politique de tous<br />

ceux-là qui ont choisi de se mettre<br />

au service des forces impérialistes et<br />

néo-facistes locales au détriment des<br />

intérêts des masses.<br />

François Duvalier n’avait<br />

aucune gêne ã ordonner l’exécution<br />

des frères Numa, de l’écrivain<br />

Jaques Stéphen Alexis sans oublier<br />

les Yanick Rigaud, les Adrien Sansaricq,<br />

les Benoît etc., pour asseoir<br />

une dictature sanglante ayant bénéficié<br />

du support du géant de la<br />

zone au nom du combat contre le<br />

communisme international. Henry<br />

Namphy dont Préval vient d’épouser<br />

la nièce, Elisabeth Debros Vorbe<br />

Delatour, n’avait non plus aucune<br />

gĕne ã ordonner l’exécution de Yves<br />

Volel et de tant d’autres compatriotes<br />

en passant par Charlot Jacquelin<br />

pour pérenniser le même idéal. Donc<br />

comment croire que Préval serait différent<br />

de ces sicaires qui avaient opté<br />

pour la prépotence ã la place de la<br />

synarchie ayant toujours constitué<br />

le rachis de tout grand projet politique.<br />

A moins que l’on oublie ce qui<br />

a toujours caractérisé les régimes de<br />

droite dont le rôle fondamental a toujours<br />

été la sauvegarde permanente<br />

des intérêts des classes possédantes,<br />

rayon réfléchi du capitalisme forfaitaire.<br />

Pour ce faire, il y a toujours<br />

une armée disponible, prête ã écraser<br />

dans le sang la moindre contestation<br />

populaire.<br />

La Minustah n’est pas déployée<br />

pour rien en <strong>Haiti</strong>. Les anciennes<br />

forces armées rétrogrades et<br />

sanguinaires ayant été mises hors<br />

d’état de nuire, il fallait lui trouver<br />

un substitut même temporaire. Bien<br />

L’actuel tenant du régime politique en <strong>Haiti</strong>, M. René Préval, flanqué des<br />

forces de la Minustah et de la PNH<br />

naïfs alors ceux qui se mettraient en<br />

tête qu’elle est lã pour la stabilisation<br />

comme certains idéologues et partisans<br />

du statut quo macouto-capitaliste<br />

dévastateur l’ont prôné ã grands<br />

renforts d’une propagande sous primaire<br />

depuis son invasion barbare<br />

du territoire en l’an 2004. En effet,<br />

cette force d’occupation est venue reconsolider<br />

le schéma colonial que le<br />

régime lavalas avec Aristide comme<br />

chef de file a disloqué.<br />

Pour le comprendre, il faut<br />

nécessairement savoir lire entre les<br />

lignes et ne pas se laisser endoctriner<br />

par les flatteurs de la scène<br />

qui se font appeler intellectuels, en<br />

quête permanente d’un os ã ronger.<br />

D’ailleurs l’on comprend pourquoi<br />

que ce sont ceux-là qui avaient<br />

monté le collectif NON en l’an 2004<br />

pour boycotter la célébration du bicentenaire<br />

qui reçoivent de temps en<br />

temps des prix de la part de certaines<br />

institutions internationales. Donc les<br />

mêmes Biassou, les mêmes Conzé.<br />

Le pire est que même ceux- lã qui<br />

hier avaient maîtrisé le jeu macabre<br />

de l’axe du mal se font aujourd’hui<br />

ses apôtres. René Monplaisir, Samba<br />

Boukman, Yves Cristallin et tant<br />

d’autres que l’on croyait verticaux<br />

ont fait alliance avec les nouveaux<br />

léopards qui dévorent les masses.<br />

L’absence de vergogne et d’idéologie<br />

ayant ployé la conscience effritée de<br />

ces nouveaux vendus ne conteste-telle<br />

pas leur passé de militant pour<br />

le changement? L’argent les a dépouillés<br />

de toute morale. Ainsi entre<br />

eux et les raclures qui nous encerclent<br />

il ya une toute petite file. L’histoire<br />

retiendra inévitablement leurs<br />

noms comme celui de Préval a avoir<br />

fait d’<strong>Haiti</strong> un pandémonium sans la<br />

moindre retenue.<br />

Pour mieux cerner la reconsolidation<br />

du schéma colonial, on doit<br />

s’arrêter sur le fait que les deux régimes<br />

politiques qui ont succédé ã<br />

Aristide ont choisi de repousser d’un<br />

revers de main toutes les démarches<br />

qui visaient à encadrer la masse des<br />

pauvres pour les porter ã s’affirmer<br />

comme citoyens et ã participer au<br />

développement économique et social<br />

de leur classe. Pour y arriver l’éducation<br />

est la règle. D’ou l’idée de multiplier<br />

des écoles nationales et des lycées<br />

publics à l’échelle du pays sans<br />

oublier les programmes de scolarisation<br />

universelle et d’alphabétisation.<br />

Cette démarche de par son caractère<br />

révolutionnaire semblait menacer<br />

la survie du schéma colonial dont le<br />

fondement raciste et réactionnaire ne<br />

permet aucune rédemption ni n’autorise<br />

aucune émancipation du prolétariat.<br />

Ainsi une fin violente devait être<br />

mise, le 29 février 2004, ã cet idéal<br />

combien noble et utile qui participait<br />

d’une vision salvatrice par rapport<br />

ã notre état exécrable de peuple appauvri<br />

à dessein.<br />

Et depuis, l’on assiste ã la<br />

construction de plus d’une quinzaine<br />

de commissariats de police ã l’échelle<br />

du pays en lieu et place d’écoles<br />

nationales et de lycées publics, de<br />

centres de recherches et de bibliothèques.<br />

Plus de 200 millions de dollars<br />

du Pétrocaribe ont été pillés sans en<br />

envisager la plus infirme partie pour<br />

construire un centre universitaire voire<br />

des lycées polytechniques. N’étaitce<br />

la vigilance de la couche saine qui<br />

reste de notre société en stade de<br />

putréfaction avancée, les béotiens<br />

et les desperados de la dernière pluie<br />

n’éprouveraient aucune peine ã incendier<br />

l’université de Tabarre.<br />

Récemment le gouvernement<br />

français, grand architecte du schéma<br />

colonial, avait préféré fournir des<br />

armes aux autorités haïtiennes ã<br />

la place d’ordinateurs portatifs ou<br />

d’ouvrages instructifs. On comprend<br />

lã encore pourquoi personne n’est intervenue<br />

pour dénoncer cette aberration.<br />

Distribuer des armes a toujours<br />

été leur point fort quand on sait que<br />

tout empire conquis par les armes a<br />

nécessairement besoin d’armes pour<br />

le soutenir. Le schéma colonial ne<br />

peut être reconsolidé sans les armes<br />

qui font sa force et qui aident ã sa<br />

pérennisation. Ce sont ces faits qui<br />

permettent de comprendre en profondeur<br />

les raisons du lynchage médiatique<br />

et de cette longue campagne<br />

de diabolisation de Jean Bertrand<br />

Aristide que les sous-fifres, les valets<br />

du système nous présentent et<br />

se préparent ã présenter aux générations<br />

futures comme un gueux et<br />

non comme un rempart de résistance<br />

aux assauts répétés de l’axe obscurantiste.<br />

Napoléon 1er avait bien raison<br />

de dire qu’il déteste les victimes<br />

quand elles adorent leurs bourreaux.<br />

Il faut croire que les masses<br />

d’esclaves avaient plus d’étoffe, plus<br />

de dignité que ces avortons, ces sous<br />

hommes qui préfèrent ramper sous<br />

les bottes des occupants au lieu de<br />

les dénoncer voire les affronter. Etant<br />

donné la gravité des choses, la profondeur<br />

de la blessure, l’histoire sera<br />

de toute manière du côté d’Aristide.<br />

Normalement, les cervelles brûlées<br />

peuvent toujours rejeter cette affirmation<br />

parce qu’ils n’ont pas assez<br />

de jugement ni assez d’esprit pour<br />

cerner le réalisme de telles approches<br />

quoique basées sur des faits dont la<br />

véracité ne peut être mise en doute<br />

sous aucun prétexte.<br />

2010, l’année des choix<br />

et du changement<br />

de politique<br />

Par Catherine Charlemagne<br />

L<br />

’année <strong>2009</strong> se termine, malheureusement,<br />

comme elle<br />

avait commencé : avec le doute et<br />

l’incertitude. Alors même qu’elle aurait<br />

dû être l’année de grands espoirs<br />

puisqu’elle précède l’année électorale<br />

qu’est 2010. Naturellement<br />

les vœux personnels de certains<br />

ont été peut-être exhaussés, mais<br />

s’agissait-il d’une affaire personnelle<br />

quand l’avenir et le destin de tout un<br />

pays, de tout un peuple demeurent<br />

incertains et qu’à l’horizon les perspectives<br />

s’assombrissent de plus<br />

en plus vue la détérioration de la<br />

situation économique de la population.<br />

L’année <strong>2009</strong> n’a pas été celle<br />

qu’attendait le peuple haïtien. Elle a<br />

plutôt été une année de déchirure<br />

entre le peuple et ses dirigeants,<br />

pourtant en qui il avait mis toute sa<br />

confiance.<br />

Mais est-ce vraiment nouveau,<br />

ce volte de face de nos dirigeants<br />

vis-à-vis de ceux qui les ont fait<br />

roi en épousant les causes de leurs<br />

pires ennemis d’hier ? En Haïti, la<br />

tradition se perpétue et le peuple<br />

continue de payer le prix de sa fidélité<br />

à ce principe universel que sont<br />

les suffrages universels. Alors que<br />

réserve pour la population l’année<br />

2010 qui sera l’année de toutes les<br />

élections où les promesses de tout<br />

genre vont servir de mot de passe à<br />

tous les candidats ? L’on a souvent<br />

parlé de l’année cruciale pour Haïti à<br />

chaque fois qu’il devait y avoir des<br />

élections dans ce pays où ces élections<br />

demeurent quelque chose de<br />

particulier. Car, depuis plus de vingt<br />

ans, tout le monde attend à ce que<br />

les résultats des prochaines élections<br />

annoncées apportent quelque chose<br />

de différent dans la manière de gérer<br />

ce pays.<br />

D’ailleurs, il n’y a pas que les<br />

Haïtiens qui voient dans chaque<br />

élection un espoir pour sortir le pays<br />

du marasme politique et économique<br />

dans lequel nos dirigeants le plongent<br />

depuis bien des décennies. La<br />

Communauté internationale qui<br />

soutient et finance à bout de bras<br />

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tous les processus électoraux en Haïti<br />

voit, elle aussi, dans ces élections<br />

une sorte de porte de sortie pour le<br />

pays fondant son espoir et en pensant<br />

que les élus qui sortiront des<br />

urnes seront forcément différents<br />

de leurs prédécesseurs. Ainsi, à son<br />

corps défendant, elle accepte pratiquement<br />

tout ce que les autorités<br />

haïtiennes leur proposent en vue<br />

d’aboutir à un scrutin parfois même<br />

au détriment de la liberté et du pluralisme<br />

politique, donc en bafouant<br />

purement et simplement les règles<br />

démocratiques.<br />

L’opinion publique nationale<br />

et internationale a été stupéfaite<br />

d’entendre un soi-disant expert<br />

en droit de l’homme, indépendant<br />

de l’ONU, ce qui est déjà curieux,<br />

(expert indépendant, mais travaillant<br />

pour l’ONU) déclarer publiquement<br />

que l’exclusion du parti<br />

Fanmi Lavalas de l’ancien Président<br />

Jean-Bertrand Aristide de la<br />

course électorale ne l’a pas choqué<br />

et pour cause, cela a été décidé,<br />

selon lui, de manière démocratique<br />

et légale par les autorités électorales.<br />

C’est comme si pour une raison ou<br />

une autre, les autorités politiques<br />

américaines décidaient d’exclure le<br />

parti Démocrate d’une élection aux<br />

Etats-Unis sous prétexte que ce parti<br />

ne remplit pas toutes les conditions<br />

requises par la loi électorale américaine.<br />

Quel expert ! Voilà un parti qui<br />

a déjà participé à tous les scrutins et<br />

ceci, à tous les échelons depuis sa<br />

création qui se voit contraint et forcé<br />

d’assister en spectateur à une élection<br />

pour des raisons purement politiques.<br />

Voilà qu’un soi-disant expert<br />

en droits de l’homme se sent satisfait<br />

du sort qu’on a réservé à ce parti<br />

dont même le chef de l’Etat sortant,<br />

quoique en froid avec son fondateur,<br />

ne peut nier son existence légale<br />

depuis sa fondation.<br />

Mais en Haïti, c’est toujours le<br />

monde à l’envers, plus rien n’étonne<br />

personne, pourvu que les élections<br />

s’organisent avec ce profond espoir<br />

que les choses iront mieux après. En<br />

<strong>2009</strong>, la Communauté internationale<br />

a cautionné les scrutins partiels<br />

Suite à la page (19)<br />

ALANA BARRAN<br />

Attorney at law<br />

Law Offices of Alana Barran, P.C.<br />

109 Lafayette Street,<br />

Suite <strong>30</strong>2,<br />

New York, NY 10013<br />

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Nous parlons français<br />

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Phone (212) 405-2255<br />

Fax: (212) 405-2254<br />

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6 Haïti Liberté<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010 Haïti Liberté 7


Perspectives<br />

This Week in <strong>Haiti</strong><br />

Haïti, année <strong>2009</strong>-2010:<br />

Catastrophique bilan gouvernemental !<br />

Par Hervé Jean Michel<br />

Cinq années se sont écoulées,<br />

depuis qu’un tragique coup<br />

d’Etat a mis fin à la relative autonomie<br />

d’Haïti, pour l’inscrire dans<br />

la mise sous tutelle, bref dans une<br />

ignominieuse occupation impérialiste.<br />

Ceux qui ont commis ce crime<br />

contre la Patrie : les élites intellectuelle,<br />

économique, politique et les<br />

impérialistes ont soutenu que leur<br />

initiative allait être couronnée de<br />

succès. La vie sera meilleure dans<br />

toutes ses dimensions pour le bon<br />

peuple haïtien qui se libèrera de<br />

la « dictature d’Aristide », le véritable<br />

problème d’Haïti. C’est dans<br />

l’exclusion sociale, le mensonge<br />

et le pillage instaurés par le gouvernement<br />

de facto, fabriqué par<br />

les impérialistes et les oligarques,<br />

que le peuple haïtien, la majorité<br />

nationale a voté le candidat Préval.<br />

Ce vote et les luttes qui en suivirent<br />

pour faire accepter cette volonté<br />

largement exprimée aux urnes,<br />

signifient divorce, rupture avec<br />

des politiques d’exclusion sociale,<br />

économique et politique, acceptation<br />

des règles et des rigueurs de<br />

la démocratie, gouvernement de la<br />

majorité, en faveur de la majorité.<br />

Malheureusement, le président<br />

Préval n’a rien compris de cette<br />

lutte ; au contraire il a renforcé le<br />

pouvoir oligarchico-impérialiste<br />

par la légitimation et la survivance<br />

du coup d’Etat.<br />

La tempête néolibérale est<br />

toujours gardée, sauvegardée en<br />

tant que credo d’une classe sociale<br />

mondialisée, dont le constant souci<br />

est de piller toutes les richesses de<br />

la planète Terre. Ainsi va la vie pendant<br />

quatre années de règne d’un<br />

pouvoir au service des riches d’ici<br />

et d’ailleurs, des exploiteurs d’ici et<br />

d’ailleurs, au détriment de la subsistance<br />

de ceux qui revendiquent<br />

d’immédiates améliorations des<br />

conditions vitales.<br />

Quel bilan peut-on présenter<br />

aujourd’hui, au cours de ces quatre<br />

années, et pendant l’année qui<br />

s’achève calmement, indubitablement<br />

?<br />

Négatif reconnaîtra<br />

l’observateur, l’analyste conscient<br />

et impartial. Les gouvernements<br />

Préval et ses Premiers ministres<br />

(trois jusqu’à présent) ont tous<br />

échoué dans l’œuvre d’édification<br />

d’un Etat de droit, de justice, de<br />

partage, bref de réimplantation<br />

d’une démocratie pour le peuple<br />

haïtien. Il faut reconnaître que<br />

ces gouvernements ont connu un<br />

grand succès dans leur contribution<br />

à ériger en système : la corruption,<br />

l’injustice, l’exploitation, le népotisme,<br />

le mensonge et l’hypocrisie.<br />

L’année <strong>2009</strong>-2010 a été<br />

l’année la plus décevante pour ceux<br />

(majoritairement Lavalassiens) qui<br />

ont lutté pour empêcher la sélection<br />

de Leslie François Manigat comme<br />

président de la République. A part<br />

l’exclusion dont ces Lavalassiens<br />

fûrent frappés dans la répartition<br />

des postes dans l’administration<br />

publique et le pouvoir de l’Etat, les<br />

19 avril et 21 Juin derniers, Fanmi<br />

Lavalas, a été mise à la porte lors<br />

des sénatoriales partielles, qui ont<br />

vu le président Préval face à la<br />

réponse énergique de la majorité<br />

nationale, boycott, en gardant les<br />

portes fermées, choisir la voie sélective.<br />

Les prochaines législatives<br />

des 28 février et 3 mars 2010,<br />

pourraient se faire sans Fanmi Lavalas,<br />

exclue malgré de vives protestations,<br />

malgré les clarifications<br />

du président Aristide, représentant<br />

national de ladite Organisation<br />

politique.<br />

La lutte ne s’est pas arrêtée,<br />

heureusement, elle se poursuit malgré<br />

les pièges tendus sur le chemin<br />

de la démocratie. Aujourd’hui,<br />

toutes les Institutions du pays<br />

sont dénaturées, elles ne sont que<br />

des instruments entre les mains<br />

de l’oligarchico-impérialiste pour<br />

défendre ses intérêts. Depuis le pays<br />

plonge dans l’opprobre, la misère<br />

absolue, l’indignité, l’impunité et<br />

la corruption. Si nous jetons un<br />

coup d’œil, même sommaire, sur<br />

les 197 millions de dollars décaissés<br />

des fonds de Pétrocaribe pour<br />

réparer les dégâts causés par les<br />

quatre cyclones de l’année 2008,<br />

De gauche à droite : l’ex-Premier ministre Michèle D.Pierre-Louis, l’actuel<br />

Premier ministre Jean-Max Bellerive et le président René Garcia Préval<br />

on comprendra dans quelle puanteur<br />

gît le pays. Des gens immensément<br />

riches, qui ne savent que<br />

faire de l’argent, se sont accaparés<br />

des subsides des pauvres, au détriment<br />

de la vie majoritaire.<br />

Dans la lutte de classe qui se<br />

déroule aujourd’hui en Haïti, tous<br />

les moyens sont bons pour écraser<br />

la classe exploitée ; s’enrichir en<br />

pillant l’Etat, consiste à renforcer<br />

sa puissance dans le rapport : exploiteur-exploité.<br />

Tant que ce système<br />

demeurera ainsi, l’Etat n’aura<br />

plus les moyens de faire face aux<br />

revendications sans cesse croissantes<br />

des laissés pour compte. Il<br />

continuera à être dépendant, sous<br />

tutelle et pourra se plaire dans cette<br />

attitude pour ne demeurer que la<br />

vache laitière et l’instrument de<br />

domination des riches, donc des<br />

puissants. La corruption est donc<br />

une arme puissante que les exploiteurs<br />

utilisent pour fortifier leur pouvoir,<br />

sauvegarder leur puissance.<br />

Le scandale des narco-dollars<br />

à Lavaud (Port-de-Paix) est l’un<br />

des témoignages vivants de la<br />

nature et du niveau de corruption<br />

dans ce pays. Le narco-trafiquant,<br />

Alain Désir, quoique en prison aux<br />

Etats-Unis livré par la législation<br />

Préval-Albright, a vu sa fortune<br />

pillée par des soi-disant agents<br />

225 mille enfants<br />

en esclavage<br />

en Haïti<br />

Un rapport publié par<br />

The Pan American<br />

Development Foundation<br />

(PADF) le mardi<br />

22 décembre dernier<br />

a montré au monde<br />

un tableau sombre<br />

d’esclavage d’enfants<br />

en Haïti avec un total<br />

de 225 mille travaillant<br />

en domesticité. Selon le<br />

PADF qui précise que les<br />

conditions des enfants<br />

en domesticité en Haïti<br />

sont une honte pour<br />

le pays, vu qu’ils sont<br />

soumis à des activités<br />

de servitudes ainsi qu’à<br />

des sévices sexuels etc.<br />

Le rapport du<br />

PADF propose au gou-<br />

de l’appareil juridico-policier. Des<br />

clameurs et des preuves du pillage<br />

ont été fournies au ministère de la<br />

justice et aux autorités gouvernementales.<br />

Le délégué départemental,<br />

Thélus Henry Max, a avisé le<br />

ministre de l’Intérieur expliquant<br />

le drame de Lavaud. Le juge Gélin<br />

pour avoir critiqué les agents de<br />

l’appareil juridique qui ont participé<br />

au pillage, s’est vu révoqué par le<br />

ministre Jean Joseph Exumé qui a<br />

jeté le dossier dans les oubliettes<br />

de l’histoire. Ce ministre s’était emporté<br />

parce que le juge Gélin avait<br />

dénoncé la complicité de très hauts<br />

fonctionnaires de l’Etat, ayant reçu<br />

des pots de vin dans le pillage des<br />

narco-dollars à Lavaud (Port-de-<br />

Paix).<br />

Alors que les hauts dignitaires<br />

du régime pillent les caisses<br />

de l’Etat, les oligarques maintiennent<br />

la cherté de la vie, exigent des<br />

franchises douanières, monopolisent<br />

toute la vie économique, rejetant<br />

avec la complicité du président<br />

Préval le salaire minimum de<br />

200 gourdes/jour fixé par les parlementaires<br />

pour appliquer leur propre<br />

volonté : 125 gourdes. Tout est<br />

absolument négatif dans ce pays,<br />

alors que les occupants, (France,<br />

Canada, Etats-Unis et l’ONU), crient<br />

à la démocratie, à la pluralité<br />

vernement haïtien et<br />

aux bailleurs internationaux<br />

de développer<br />

les services sociaux et<br />

de favoriser l’éducation<br />

des pauvres spécialement<br />

dans les foyers<br />

pour les jeunes filles.<br />

Sur 257 enfants interviewés<br />

à Cité Soleil,<br />

plus de 1<strong>30</strong> ont répondu<br />

qu’ils sont des esclaves<br />

domestiques. Les<br />

séquelles de l’esclavage,<br />

cette malédiction qui<br />

nous a dévorés pendant<br />

des siècles, demeurent<br />

encore en nous. Les<br />

plus pauvres et même<br />

nos enfants en souffrent<br />

amèrement.<br />

Assassinat d’un<br />

adolescent à Miragoâne<br />

idéologique et au partage du pouvoir.<br />

D’ailleurs, dans ce pays, nul<br />

n’est dupe. Même quand le peuple<br />

ne s’exprime pas, il observe, il<br />

comprend, espérant le moment opportun<br />

pour briser ses chaînes. Le<br />

drame le plus déchirant est que le<br />

président Préval monopolise la vie<br />

politique dans ce pays. Le Palais<br />

national est devenu siège de partis.<br />

En effet, c’est au palais national<br />

que se concoctent les magouilles,<br />

les conciliabules pour renforcer<br />

l’exclusion de la majorité, tout en<br />

construisant des combinaisons<br />

pour nommer les députés et sénateurs<br />

pour sa propre cause et celle<br />

de l’impérialisme. L’argent de l’Etat<br />

finance le prétendu parti « Inite ».<br />

Selon les dires, chaque candidat de<br />

cette formation aura à sa disposition<br />

des millions de gourdes et des<br />

moyens de transport sophistiqués<br />

pour mener campagne.<br />

L’année <strong>2009</strong> aura été une<br />

révélation tant qu’elle dévoile les<br />

intentions des acteurs politiques eu<br />

égard à l’université d’Etat d’Haïti.<br />

Le chef d’Etat en vertu de l’article<br />

136 de la constitution de 1987, doit<br />

pourvoir au fonctionnement régulier<br />

des institutions du pays. Jusqu’à<br />

présent l’Université fonctionne très<br />

mal, et le pire est que la faculté<br />

de médecine est policièrement occupée,<br />

comme c’était le cas pour<br />

l’université de Tabarre séquestrée<br />

par les forces d’occupation, après<br />

le kidnapping du 29 février 2004.<br />

Dans ce pays : l’insécurité,<br />

le chômage, la migration sauvage,<br />

l’insalubrité, l’injustice, la corruption,<br />

bref la misère se généralisent.<br />

En 2010, le combat pour le changement<br />

doit être pris avec beaucoup<br />

plus de sérieux par ce peuple, qui<br />

doit dire non aux colons d’ici et<br />

d’ailleurs.<br />

Il est venu le moment oú les<br />

droits de ce peuple doivent être<br />

respectés. Sans cette manifestation<br />

et cette lutte de la volonté, de<br />

l’intelligence et de la persévérance,<br />

les conditions minima ne seront<br />

jamais réunies pour une sensible<br />

amélioration des conditions de vie<br />

des exclus d’Haïti.<br />

Dans la nuit du vendredi 25<br />

au samedi 26 décembre<br />

dernier, à Miragoâne, (Nippes),<br />

Abner Janel, 14 ans, a été trouvé<br />

mort dans son domicile situé à la<br />

rue Henry Christophe. Sa gorge<br />

mutilée a été emportée, d’après<br />

le juge de paix Ed Mary Legerme<br />

qui avait procédé au constat du<br />

cadavre. « Ce martin, de très<br />

tôt, accompagné de la police<br />

locale de Miragoâne, j’ai procédé<br />

au constat légal d’un cas<br />

d’assassinat qui s’est produit<br />

à la rue Henry Christophe. Il<br />

s’agit du jeune Abner Janel dont<br />

la gorge a été tranchée et emportée<br />

par ses assassins. Après<br />

le constat, nous avons procédé<br />

à 4 arrestations dont Emmanuel<br />

Duval, Charles Bien Aimé,<br />

Wesler Pierre et Laura Mackenley<br />

Baquet. Le cas va être<br />

transféré au parquet », a indiqué<br />

le juge Legerme. Ajoutons<br />

que l’un des 4 suspects était<br />

dans la maison où se trouvait<br />

la victime pendant toute la nuit,<br />

alors que les 3 autres n’étaient<br />

que des voisins dont on remarquait<br />

la présence de l’un d’eux à<br />

l’intérieur de la maison quelques<br />

minutes avant le crime, selon<br />

certains témoins.<br />

Paradoxalement, sur ordre<br />

du commissaire du gouvernement<br />

de Miragoâne, Maître Lenor<br />

Julien, 3 des suspects ont été<br />

relâchés le samedi 26 décembre<br />

<strong>2009</strong> à 10 heures PM, sans<br />

suite légale. Rappelons que le<br />

mois de novembre dernier, dans<br />

la commune de l’Azile, la police<br />

avait procédé à l’arrestation<br />

d’une jeune femme ayant à sa<br />

possession un sac contenant 3<br />

têtes de fillettes.<br />

Jackson Rateau<br />

Travesty in <strong>Haiti</strong>:<br />

A First-Hand Account of How<br />

Foreign Aid Has Undermined <strong>Haiti</strong>’s<br />

Economic Development<br />

The First of Several Installments<br />

By Kim Ives<br />

The first thing you should know<br />

about this book by Dr. Timothy<br />

Schwartz is that it was self-published.<br />

The author apparently could not find a<br />

publisher for this thoroughly riveting<br />

and researched account of the 10 years<br />

during the 1990s that he lived and<br />

worked in <strong>Haiti</strong>’s Northwest Department.<br />

One wonders whether the author’s<br />

bracingly honest and unflinching<br />

analysis of <strong>Haiti</strong>’s charity industry<br />

– food aid, orphanages, religious missions,<br />

foreign non-government organizations<br />

(NGOs) – scared off even liberal<br />

and progressive publishers which<br />

should have been falling over each<br />

other in a race to publish and promote<br />

this book.<br />

Schwartz recounts his tale in<br />

“Travesty in <strong>Haiti</strong>: A True Account<br />

of Christian Missions, Orphanages,<br />

Fraud, Food Aid and Drug Trafficking,”<br />

which he put out through Book-<br />

Surge.com in 2008.<br />

Relating his personal experiences<br />

backed up by ample statistics,<br />

the author lays out his central premise<br />

that the “U.S. government working<br />

through USAID [United States Agency<br />

for International Development] and<br />

the planners at the world's major international<br />

lending institutions – the<br />

World Bank, The Inter American Development<br />

Bank (IDB), and the International<br />

Monetary Fund (IMF), all<br />

U.S. and secondarily EU controlled –<br />

were led by USAID in adopting policies<br />

that, with perhaps the best of<br />

intentions, would destroy the <strong>Haiti</strong>an<br />

economy of small farmers.”<br />

This scenario, which the newspaper<br />

Haïti Progrès outlined in depth<br />

and lambasted in the 1980s, became<br />

known as the “American Plan” and<br />

was set in high gear after the departure<br />

of Jean-Claude “Baby Doc” Duvalier in<br />

1986. The result, which is tragically<br />

evident today, has been the destruction<br />

of <strong>Haiti</strong>’s food self-sufficiency.<br />

Schwartz skillfully lays bare the<br />

hypocrisy of foreign food aid to <strong>Haiti</strong><br />

and the economic interests behind it.<br />

“The tip-off that the prevailing U.S.<br />

political interests had little if any<br />

sympathy for impoverished <strong>Haiti</strong>ans<br />

was that it was decided that <strong>Haiti</strong>’s<br />

farmers needed not to produce more<br />

food or adopt better techniques but<br />

rather ... to import food from the US<br />

and Western Europe,” Schwartz writes.<br />

“To help get the process started, they<br />

began selling it at below market prices<br />

and, indeed, giving it away.”<br />

The author also reveals the<br />

corrupt and seamy underside of <strong>Haiti</strong>an<br />

orphanages, which are usually<br />

money-making operations housing<br />

children with parents (sometimes relatively<br />

well-to-do parents). After doing<br />

a survey of Northwest orphanages for<br />

CARE, Schwartz reports that the “operators<br />

of orphanages and nearby or<br />

affiliated schools were, in every case I<br />

came across, spending only a fraction<br />

of the money they raised for the children<br />

and pocketing the rest. Orphanages<br />

in the area were a business.”<br />

Arriving in 1995 as a cultural<br />

anthropologist in a small Northwestern<br />

seaside fishing village (which he refers<br />

to only as The Hamlet), Schwartz<br />

gives an entertaining account of how<br />

he came to grips – sometimes clumsily<br />

– with <strong>Haiti</strong>an culture and mores. He<br />

also offers penetrating observations of<br />

life among various foreign missionaries,<br />

from those operating rich Port-de-<br />

Paix-based schools to those working in<br />

dusty rural outposts around Jean-Rabel<br />

(called Jean Makout or the Village in<br />

the book).<br />

His final chapter examines how<br />

drug-trafficking began to transform<br />

life in that corner of <strong>Haiti</strong>. Schwartz<br />

details one particular drug-drop gone<br />

bad which had both providential and<br />

disastrous effects on the region. In the<br />

course of his analysis, he comes across<br />

“the greatest irony of all: ... the people<br />

of the Hamlet and the Village, many<br />

of whom really are the poorest of the<br />

poor, ... by hijacking one cocaine shipment<br />

... had done more in one day to<br />

better their lives than the <strong>Haiti</strong>an government<br />

and all the foreign NGOs had<br />

accomplished during half a century.”<br />

Schwartz recounts experiences<br />

in hospitals, various NGO headquarters,<br />

poor peasant villages, swank elite<br />

homes, police stations and <strong>Haiti</strong>an<br />

courts, all of which gives a vivid picture<br />

of life in <strong>Haiti</strong>’s Northwest. The<br />

reader meets characters from all walks<br />

of life, from beggars to drug traffickers,<br />

missionaries to judges, mid-level NGO<br />

administrators to ruling-class snobs.<br />

For the next few weeks, we will<br />

publish extracts from “Travesty in<br />

<strong>Haiti</strong>.” The book can be purchased on<br />

Amazon.com. It is essential reading for<br />

anyone seeking to understand the true<br />

effects and role of international aid to<br />

<strong>Haiti</strong>.<br />

Chapter One: Death, Destruction, and<br />

Development<br />

The accounts I present herein<br />

come from my own experiences while<br />

living, researching and working in<br />

<strong>Haiti</strong> over a period of ten years. The<br />

stories are almost entirely factual.<br />

Anecdotes are based on real events,<br />

dialogues on real conversations, and<br />

statistical and archival information is<br />

accurate to the best of my ability as a<br />

researcher. Sources not referenced in<br />

the text are summarized in chapter by<br />

chapter appendices. I have, however,<br />

taken artistic license in blending some<br />

characters and towns, and in rearranging<br />

the order in which events occurred.<br />

I have also changed names of people<br />

and places. (...)<br />

At the level of individuals and<br />

NGOs, the lack of fiscal accountability<br />

is manifest in the enrichment of<br />

the custodians of the money – pastors<br />

and directors of NGOs, schools, and orphanages<br />

– and the redirection of charity<br />

toward middle and upper class <strong>Haiti</strong>ans<br />

for whom it was not intended. At<br />

the level of governments, the absence<br />

of accountability invites subversion of<br />

a different sort: Charity is manipulated<br />

to serve political ends. In both cases,<br />

lack of accountability allows the aid to<br />

be distorted into something that arguably<br />

does more harm than good.<br />

Chapter Two: The Hamlet, Witch Doctors<br />

and Sorcery<br />

I arrived in the Hamlet in 1995. I<br />

had come to conduct research on marriage<br />

and child rearing practices, the<br />

final hurdle in attaining my doctorate<br />

in Cultural Anthropology from the University<br />

of Florida. Equipped with three<br />

years of graduate school and a grant<br />

from the National Science Foundation,<br />

I was supposed to do what is called<br />

participant observation, meaning that I<br />

was to live in the community, take part<br />

in the lives of the people there, live as<br />

they live, interfering as little as possible<br />

so that I could learn about their culture<br />

and how impoverished <strong>Haiti</strong>ans deal<br />

with problems of daily survival. When<br />

I was done, after I had written my dissertation,<br />

I would be qualified to join<br />

the ranks of foreign aid experts who<br />

work for charitable organizations such<br />

as CARE International, experts who<br />

design and carry out farm, commerce<br />

and health projects meant to help the<br />

poor in their struggle to overcome hunger<br />

and disease.<br />

I thought that desire, that will to<br />

help, would give me a special status<br />

among the people living in the Hamlet,<br />

a status of respect and appreciation. I<br />

also expected to pass the year in close<br />

and relatively comfortable association<br />

with nature, with the sea and the natural<br />

environment.<br />

It didn’t work out that way, on<br />

either account.<br />

(To be continued)<br />

<strong>Haiti</strong>: Flawed<br />

election in the<br />

making<br />

United Nations says “good reasons”<br />

for banning <strong>Haiti</strong>’s largest<br />

political party<br />

By the Canada <strong>Haiti</strong> Action Network<br />

December 28, <strong>2009</strong> – The Canada<br />

<strong>Haiti</strong> Action Network expresses<br />

its grave concern at the November<br />

26 decision by <strong>Haiti</strong>’s Provisional<br />

Electoral Council (Conseil électoral<br />

provisoire – CEP) to exclude the<br />

Fanmi Lavalas party from planned<br />

elections to take place on February<br />

28, 2010. On that date, <strong>Haiti</strong> will<br />

hold elections for 98 of 99 seats in<br />

the Chamber of Deputies and ten<br />

seats of its <strong>30</strong>-seat Senate.<br />

According to varying news<br />

reports, some twelve other political<br />

parties that had registered to participate<br />

in the election were ruled<br />

ineligible.<br />

Thousands of <strong>Haiti</strong>ans staged<br />

a protest in the capital city, Port au<br />

Prince, on December 16 against the<br />

exclusion of Fanmi Lavalas. Dr.<br />

Maryse Narcisse of the party’s executive<br />

council told the Reuters news<br />

network: “There will be no election<br />

in February, there will be a selection.<br />

What the authorities are planning<br />

is really a big farce.”<br />

More protests are promised by<br />

popular organizations, including the<br />

newly formed Assembly of Organizations<br />

for Change (Rassemblement<br />

des Organisations pour un Changement).<br />

In justifying its decision, the<br />

Provisional Electoral Council (CEP)<br />

claimed that a registration mandate<br />

sent by Fanmi Lavalas leader, Jean-<br />

Bertrand Aristide, living in exile in<br />

South Africa, is not authentic. In<br />

fact, the party presented an original<br />

mandate authenticated by a <strong>Haiti</strong>an<br />

notary that complies with <strong>Haiti</strong>an<br />

law. Aristide sent a fax of the<br />

mandate directly to the CEP and<br />

confirmed its authenticity in a rare<br />

and lengthy interview on Port au<br />

Prince’s Radio Solidarité.<br />

One party approved by the CEP<br />

is the Front for National Reconstruction<br />

of the notorious paramilitary<br />

Guy Philippe. He stands indicted by<br />

a U.S. court in 2005 on charges of<br />

drug trafficking and money laundering.<br />

This is the second time this<br />

year that the CEP has barred Fanmi<br />

Lavalas from an election. The first<br />

banning occurred in the election to<br />

eleven of the thirty seats in <strong>Haiti</strong>’s<br />

Senate that was held in two rounds<br />

in April and June of <strong>2009</strong>. Following<br />

a call by Lavalas for a boycott of<br />

that election, voter turnout was less<br />

than ten percent, perhaps as little<br />

as two or three percent. Despite the<br />

low turnout, the “elected” senators,<br />

mostly from President Réné Préval’s<br />

electoral machine, Lespwa, took office.<br />

Fanmi Lavalas is by far the<br />

largest and most representative political<br />

party in <strong>Haiti</strong>. It was founded<br />

in 1997 and won an overwhelming<br />

victory in the presidential and legislative<br />

election of 2000. The party<br />

is “still considered the most popular<br />

political force in [<strong>Haiti</strong>]” (Reuters,<br />

‘Aristide party barred from <strong>Haiti</strong>’s<br />

February ballot’, Nov. 25th, <strong>2009</strong>).<br />

A hastily-called <strong>Haiti</strong>an<br />

election that excludes Fanmi Lavalas<br />

will resemble the “elections”<br />

recently held in Honduras and Afghanistan<br />

that, in reality, legitimized<br />

illegal seizures of power.<br />

An exclusion election will<br />

perpetuate the illegal and unconstitutional<br />

seizure of power in <strong>Haiti</strong><br />

dating from February 2004. At that<br />

time, President Aristide, the national<br />

government he led, and other elected<br />

institutions were overthrown in<br />

a paramilitary coup, backed by the<br />

armed forces of the United States,<br />

Canada and France. U.S. Marines<br />

forcibly removed President Aristide<br />

from the country. The reason for<br />

the overthrow was that Lavalas’<br />

policies of social justice threatened<br />

the narrow economic interests of<br />

<strong>Haiti</strong>’s venal elite and their foreign<br />

backers. <strong>Haiti</strong> remains occupied by<br />

a 10,000-member United Nations<br />

police and military force, known by<br />

its acronym MINUSTAH.<br />

The CEP has limited constitutional<br />

authority. It is a provisional<br />

body, hand picked by <strong>Haiti</strong>’s President,<br />

René Préval, whereas the<br />

country’s Constitution, adopted in<br />

1987, requires a permanent body.<br />

The Constitution specifies an electoral<br />

council of nine members, three<br />

selected by each of the national Legislature,<br />

Senate, and Supreme Court<br />

from among nominees put forward<br />

by departmental popular assemblies<br />

(<strong>Haiti</strong> currently consists of ten geopolitical<br />

departments).<br />

MINUSTAH approved of the<br />

“election” of April/June <strong>2009</strong>, as<br />

did the United States, Canada and<br />

France. The big three countries provided<br />

$12 million to organize it.<br />

Some $15 million is earmarked for<br />

the hastily-called 2010 election.<br />

The United Nations’ independent<br />

expert on human rights in <strong>Haiti</strong>,<br />

Michel Forst, declared on November<br />

<strong>30</strong> that he was convinced the CEP<br />

had “good reasons” for its recent<br />

exclusion decisions.<br />

<strong>Haiti</strong>’s Prime Minister Jean<br />

Max Bellerive told a December 18<br />

interview, “The CEP explained their<br />

reasons, and I believe the ones they<br />

gave are pretty good ones, legal<br />

ones, that are coherent with the<br />

law and their mission.”<br />

The signatories of this statement<br />

urge readers to carry out the<br />

following acts of solidarity in support<br />

of the people of <strong>Haiti</strong>:<br />

Call, write and/or email your<br />

respective governments, foreign affairs<br />

departments and MINUSTAH<br />

and demand that they not endorse<br />

an undemocratic electoral process in<br />

<strong>Haiti</strong>.<br />

Demand that the banning of<br />

Fanmi Lavalas from forthcoming<br />

elections be lifted and that <strong>Haiti</strong> hold<br />

free and fair elections. (See the attached<br />

list, for Canadian readers).<br />

Suite à la page (19)<br />

8 Haïti Liberté<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010 Haïti Liberté 9


10 Haïti Liberté<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010 Haïti Liberté 11


L’OTAN<br />

DU<br />

KOSOVO<br />

À<br />

L’AFGHANISTAN:<br />

GUERRES<br />

SANS<br />

FRONTIÈRES<br />

Conférence organisée par les Amis du Monde diplomatique et le Comité Valmy à Nice, Le<br />

12 novembre <strong>2009</strong>.<br />

Il existe 761 bases américaines avouées dans le monde dont celle, gigantesque de Bondsteel<br />

au Kosovo qui a été arrachée par la guerre et illégitimement à la Serbie, avec l’aide<br />

décisive des impérialistes euro- atlantistes.<br />

Par Diana JOHNSTONE *<br />

Il y a vingt ans, la fin de la Guerre Froide<br />

devait introduire une ère de paix. Pourtant,<br />

depuis dix ans, l’Otan fait la guerre – d’abord<br />

au Kosovo, aujourd’hui en Afghanistan.<br />

C’est la guerre et non la paix qui est de retour.<br />

Pourquoi ?<br />

Je veux présenter plusieurs propositions<br />

qui à mon avis sont des évidences,<br />

mais des évidences qui ne font pas partie du<br />

discours officiel relayé par les médias.<br />

1. Première proposition. Le but principal<br />

de la guerre menée en 1999 par l’Otan<br />

contre la Yougoslavie – dite « guerre du Kosovo<br />

» – était de sauver l’Otan en la dotant<br />

d’une nouvelle mission de mener des guerres<br />

aux endroits et pour des motifs décidés par<br />

elle. (Un but secondaire était de débarrasser<br />

la Serbie d’un chef considéré comme trop peu<br />

empressé de suivre le modèle économique<br />

néo-libéral, mais je laisse de côté cet aspect<br />

des choses, qui aurait pu être traité autrement<br />

que par la guerre, bien que les bombardements<br />

aient hâté la privatisation des industries<br />

ainsi frappées de façon expéditive.)<br />

2. Ce but a été atteint, avec l’acceptation<br />

par les alliés européens de la nouvelle stratégie<br />

de l’Otan, qui préconise la possibilité des<br />

interventions militaires n’importe où dans le<br />

monde sous n’importe quel prétexte – voir<br />

la liste des « menaces » auxquelles ils faut<br />

faire face.<br />

3. Ce changement de politique stratégique,<br />

avec des implications graves, a été<br />

réalisé sans le moindre débat démocratique<br />

dans les parlements européens ou ailleurs.<br />

Il a été réalisé de façon bureaucratique derrière<br />

un épais écran de fumée émotionnel – on<br />

dirait des gaz lacrymogènes – sur le besoin<br />

de sauver des populations de menaces qui<br />

n’existaient pas et qui étaient inventées précisément<br />

pour justifier une intervention qui<br />

servait les intérêts à la fois des Etats-Unis<br />

et des sécessionnistes albanais du Kosovo.<br />

En d’autres termes, la nouvelle politique de<br />

guerre sans limites a été décidée presqu’à<br />

huis clos, et vendue au public comme une<br />

grande entreprise humanitaire d’une généreuse<br />

abnégation, sans précédent dans<br />

l’histoire de l’humanité.<br />

C’est ainsi que la « guerre du Kosovo »<br />

continue à être célébrée, surtout aux Etats-<br />

Unis, servant de preuve que la guerre n’est<br />

plus le pire des maux à éviter, mais le meilleur<br />

des véhicules du Bien.<br />

4. Suite aux attaques criminelles contre<br />

les Tours du World Trade Center le 11 septembre<br />

2001, les alliés européens des Etats-Unis<br />

ont suivi sans broncher l’interprétation plus<br />

que douteuse donnée par l’administration<br />

américaine Bush-Cheney selon laquelle ces<br />

attaques constituaient un « acte de guerre ».<br />

Encore pris dans un tourbillon sentimental –<br />

« nous sommes tous des Américains » – les<br />

hommes et les femmes politiques européens<br />

ne se sont pas mobilisés pour faire remarquer<br />

qu’il s’agissait plutôt d’attaques criminelles<br />

– internationales, peut-être, mais qui<br />

étaient le fait des individus ou des groupes,<br />

non pas d’un Etat, et qui exigeaient logiquement<br />

une riposte policière et non pas de<br />

guerre. Au lieu de secourir les Américains<br />

en leur apportant une dose de bon sens qui<br />

visiblement manquait à leurs dirigeants, les<br />

dirigeants européens ont invoqué l’Article 5<br />

de l’Otan pour la première fois pour suivre<br />

les Etats-Unis agressés dans leur guerre contre<br />

les fantômes en Afghanistan. Ils y sont<br />

toujours…<br />

5. Cinquième proposition. Tout cela fait<br />

la démonstration d’une absence quasi totale<br />

de débat politique, ou même de pensée, en<br />

Europe sur les questions fondamentales de<br />

sécurité et de guerre et de paix, et encore<br />

moins sur le droit international.<br />

6. Sixième proposition, la plus essentielle<br />

et la plus controversée sans doute.<br />

Cette lamentable inexistence morale et intellectuelle<br />

de l’Europe dans ce chemin vers le<br />

désastre est due surtout à une cause : la soidisante<br />

« construction européenne ».<br />

Maintenant je veux revenir sur cette<br />

suite d’événements qui nous mène de l’élan<br />

« humanitaire » du Kosovo jusqu’au bourbier<br />

sanglant d’Afghanistan.<br />

L’Europe et la Yougoslavie<br />

Il est courant de blâmer l’Europe pour<br />

son inaction dans l’affaire yougoslave. Mais<br />

ce reproche prend le plus souvent la forme<br />

d’une lamentation selon laquelle l’Europe aurait<br />

dû intervenir militairement pour sauver<br />

les victimes, bosniaques, il s’entend. Ce n’est<br />

pas une analyse mais une exploitation moralisante<br />

par un des partis – les Musulmans<br />

de Bosnie – d’une tragédie dans laquelle ils<br />

comptent le plus grand nombre de victimes,<br />

mais pour laquelle leurs dirigeants politiques<br />

(surtout Monsieur Izetbegovic) avaient leur<br />

part de responsabilité. Dans cette lamenta-<br />

La « guerre du Kosovo » – était de sauver l’Otan en la dotant d’une nouvelle mission de mener<br />

des guerres aux endroits et pour des motifs décidés par elle…<br />

Obama, arrêtez de bombarder le Pakistan! Certes, vous pouvez Obama et Harper de mettre fin<br />

à l'occupation de l'Afghanistan!<br />

dont le système socialiste était plus libre et plus<br />

prospère que le bloc soviétique et qui évoluait<br />

déjà vers plus de démocratie de style occidental,<br />

était logiquement le candidat prochain pour<br />

l’adhésion à la Communauté européenne.<br />

Certaines voix isolées signalaient cette évidence,<br />

sans être entendues. Au début des années<br />

1990, c’était le drame. Je ne peux pas raconter<br />

toute cette histoire ici, cela se trouve dans<br />

mon livre, « La Croisade des fous ». Mais en<br />

bref, en 1991, il y avait deux mondes parallèles<br />

qui se sont touchés de façon malheureuse. Il y<br />

avait le monde yougoslave, où les républiques<br />

– c’est ainsi qu’on nommait les composants<br />

de la fédération yougoslave – slovène et croate<br />

optaient pour la sécession, soutenues par<br />

l’Allemagne. Et dans le monde de la construction<br />

européenne, le gouvernement français en<br />

particulier était totalement absorbé par l’effort de<br />

convaincre le gouvernement allemand de fondre<br />

son précieux deutschemark dans une nouvelle<br />

monnaie européenne, qui servirait de colle dans<br />

la transformation de la Communauté européenne<br />

en Union européenne. Le résultat est connu.<br />

Quoiqu’au départ, aucun autre membre de<br />

la Communauté ne voulait suivre l’Allemagne<br />

dans la reconnaissance des sécessions sans<br />

négociation de la Slovénie et de la Croatie, lorsque<br />

la France, en pleines négociations sur la<br />

monnaie européenne avec l’Allemagne, a cédé<br />

sur les sécessions yougoslaves, toute la Communauté<br />

a suivi dans cette décision qui violait<br />

le principe de l’inviolabilité des frontières et menait<br />

inévitablement à la guerre civile.<br />

Je sais que tout cela devient un peu compliqué,<br />

mais je veux souligner un aspect qui est<br />

tion sans vraie analyse, l’inaction de l’Europe<br />

est attribuée le plus souvent à sa « lâcheté »<br />

collective, et même, par certains, à son supposé<br />

racisme anti-musulman. Un tel racisme existe<br />

en effet ici et là, mais les causes de la faillite européenne<br />

dans le cas yougoslave sont ailleurs.<br />

Je voudrais offrir ici une autre interprétation<br />

de cette faillite. Elle est plus compliquée, et<br />

moins moralisante. Déjà dans les années 1980,<br />

la Yougoslavie sombrait dans une crise à la fois<br />

économique et politique. L’endettement du gouvernement<br />

central, qui résultait surtout des crises<br />

pétrolières et des manipulations du dollar,<br />

favorisait la poussée séparatiste des républiques<br />

les plus riches, la Slovénie et la Croatie. L’autogestion<br />

socialiste, paradoxalement, contribuait<br />

aussi au mouvement centrifuge. Pourtant le<br />

sentiment unitaire restait encore probablement<br />

majoritaire. C’est l’époque où précisément une<br />

politique attentive européenne d’élargissement<br />

aurait pu empêcher le désastre. Après tout, la<br />

Yougoslavie, située entre la Grèce et l’Italie,<br />

relativement subtil mais essentiel. À cause de<br />

la sacro-sainte « construction européenne », la<br />

Communauté européenne s’est alignée sur la<br />

position allemande qui au départ n’était partagée<br />

par aucun autre Etat membre. Ils n’ont examiné<br />

sérieusement ni les vrais motifs de cette<br />

position, ni sa justification, ni ses conséquences<br />

programmées. Au lieu de cela, ils ont adopté une<br />

version moralisante et unilatérale d’un conflit<br />

complexe qui servait surtout à excuser leur violation<br />

des pratiques normales – non reconnaissance<br />

des sécessions non-négociées. Mais cela<br />

avait pour résultat de les ouvrir aux accusations<br />

moralisantes de ne pas avoir fait assez pour «<br />

sauver les victimes ». Car une fois admise une<br />

vision manichéenne, une solution manichéenne<br />

s’impose. S’étant coincée elle-même, l’Europe a<br />

essayé de combiner son discours manichéen,<br />

qui attribuait toute la culpabilité au seul « nationalisme<br />

serbe », avec des efforts de trouver<br />

une solution négociée, ce qui était contradictoire<br />

et voué à l’échec.<br />

Imaginons par contre que les Etats membres<br />

aient agi en Etats indépendants, sans<br />

se sentir contraints par la « construction européenne<br />

». L’Allemagne aurait sans doute<br />

soutenu ses clients historiques, les séparatistes<br />

slovènes et croates, mais elle aurait dû<br />

écouter d’autres points de vue. Car la France<br />

et la Grande Bretagne, sans doute suivies par<br />

d’autres, auraient pensé aux intérêts de leurs<br />

alliés historiques, les Serbes. Cela ne veut pas<br />

dire qu’on aurait refait la Première Guerre Mondiale<br />

– personne n’est aussi fou. Mais on aurait<br />

pu reconnaître, de part et d’autre, qu’il y avait<br />

d’authentiques conflits non seulement d’intérêts<br />

mais aussi d’interprétations juridiques en ce<br />

qui concernait le statut des frontières entre républiques,<br />

des minorités et ainsi de suite. En<br />

regardant le problème yougoslave de cette façon,<br />

au lieu de le considérer comme un conflit<br />

entre le Bien et le Mal, les puissances européennes<br />

auraient pu encourager une médiation et<br />

une négociation pour éviter le pire.<br />

L’argument que je veux souligner est le<br />

suivant. Un des dogmes de la Construction<br />

Européenne est que l’accord entre les Etats<br />

Membres est un bien si grand que le contenu<br />

de cet accord devient secondaire. On se félicite<br />

d’être d’accord, quel que soit la qualité ou<br />

les conséquences de cet accord. On cesse de<br />

réfléchir. Et l’accord se fait, ou se justifie le<br />

plus facilement autour de quelque poncif moralisant<br />

– les « droits de l’homme » surtout. La<br />

« construction européenne » ressemble au «<br />

processus de paix » au Moyen Orient en ce<br />

sens que le mirage d’un avenir hors d’atteinte<br />

paralyse le présent, et sert d’excuse pour<br />

n’importe quoi.<br />

Je voudrais signaler que, dans le cas<br />

yougoslave, les Etats-Unis ne soutenaient pas<br />

non plus les sécessions sans négociation de la<br />

Slovénie et de la Croatie. L’administration de<br />

Bush père était encline à laisser ce problème<br />

aux Européens. Donc il est trop facile de blâmer<br />

les Etats-Unis. Mais devant l’incurie européenne,<br />

et très susceptibles eux-mêmes aux interprétations<br />

manichéennes, les Américains<br />

de l’administration Clinton ont profité de la<br />

situation pour exploiter le désastre yougoslave<br />

à leurs propres fins, c’est-à-dire, l’affirmation<br />

du rôle dirigeant des Etats-Unis en Europe, la<br />

renaissance de l’Otan et quelques miettes sentimentales<br />

jetées aux Musulmans pour compenser<br />

le soutien sans faille à Israël.<br />

L’Otan et les menaces<br />

L’évolution des deux dernières décennies<br />

pose la question de la poule et de l’oeuf. Autrement<br />

dit, est-ce que l’idéologie cause les actions,<br />

ou l’inverse ? Je serais tentée, vu ce que<br />

je viens de décrire à propos de la Yougoslavie,<br />

de dire que c’est l’inverse – au moins, parfois.<br />

Où plutôt, en l’absence de pensée rigoureuse<br />

et franche, on est facilement entraîné dans des<br />

aventures néfastes par une dialectique entre<br />

idéologie et bureaucratie.<br />

Mon deuxième exemple est le rôle de<br />

l’Otan dans le monde, et de l’Europe dans<br />

l’Otan. A travers l’Otan, la plupart des pays<br />

de l’Union Européenne ont déjà participé à<br />

deux guerres d’agression, ou au moins à l’une<br />

d’entre elles, et d’autres se préparent. Et tout<br />

cela sans véritable débat, sans décision stratégique<br />

visible. En attendant la réalisation de<br />

la Construction Européenne, l’Union Européenne<br />

réellement existante poursuit en somnambule<br />

le chemin de guerre tracé pour elle<br />

par les Etats-Unis.<br />

Cet état d’inconscience est maintenu par<br />

un mythe qui devient plus enfantin avec l’âge,<br />

comme une sénilité : le mythe de l’Amérique<br />

protectrice, puissante et généreuse, qui est le<br />

dernier recours pour sauver l’Europe de tout et<br />

surtout d’elle-même. On objectera qu’on n’y<br />

croit plus. Mais on fait toujours comme si on y<br />

croyait. Qu’ils y croient ou non – et je ne peux<br />

pas le savoir – la plupart des dirigeants européens<br />

n’hésitent pas à raconter des balivernes<br />

à leurs populations, telles que : Les Etats-Unis<br />

veulent mettre leur bouclier anti-missile en<br />

Europe pour défendre les Européens des attaques<br />

iraniennes ; La guerre en Afghanistan<br />

est nécessaire pour éviter les attentats terroristes<br />

en Europe ; La France est rentrée dans<br />

le commandement de l’Otan pour influencer<br />

les Etats-Unis ; Nous sommes la Communauté<br />

Internationale, le monde civilisé, et nous agissons<br />

pour défendre les droits de l’homme. Et<br />

ainsi de suite.<br />

Les Européens acceptent le vocabulaire «<br />

newspeak » de l’Otan. Ainsi pour désigner les<br />

multiples prétextes de guerre, on utilise le mot<br />

« menaces ». Un pays ou une région qu’on<br />

entend attaquer est forcément « stratégique ».<br />

Et toute action agressive est naturellement un<br />

acte de « défense ».<br />

Ici encore c’est idéologie qui suit la<br />

bureaucratie, mais qui devient une force extrêmement<br />

dangereuse. Je m’explique. L’Otan<br />

est surtout une bureaucratie lourde, soutenue<br />

par des intérêts économiques et des carrières<br />

multiples. A la base de l’Otan se trouve le<br />

complexe militaro-industriel américain (ainsi<br />

nommé par Eisenhower en 1961, mais qui<br />

devait inclure le Congrès dans sa dénomination,<br />

car l’industrie militaire est soutenue<br />

politiquement par les intérêts économiques<br />

localisés dans presque chaque circonscription<br />

électorale du pays, défendus avec acharnement<br />

par son représentant au Congrès au<br />

moment de voter le budget). Depuis cinquante<br />

ans, ce complexe forme la base de l’économie<br />

des Etats-Unis – un keynésianisme militaire<br />

qui évite un keynésianisme social qui bénéficierait<br />

à la population mais qui est interdit par<br />

un anti-socialisme dogmatique.<br />

Lors de la « Chute du mur » il y a 20<br />

ans, c’est-à-dire de l’écroulement du bloc soviétique,<br />

il y avait comme un vent de panique<br />

chez son adversaire. Qu’allait-on faire sans<br />

la « menace » qui faisait vivre l’économie ?<br />

Réponse facile : trouver d’autres menaces.<br />

Pour les cibler, il y a les « think tanks », ces<br />

boîtes aux idées richement financées par le<br />

secteur privé pour donner au secteur public<br />

– c’est-à-dire le Pentagone et ses émules au<br />

Congrès et à l’exécutif – les raisons d’être et<br />

d’agir dont il a besoin.<br />

On connaît la suite. On a trouvé le terrorisme<br />

sous Reagan et Saddam Hussein sous<br />

Bush premier, puis le nationalisme serbe et les<br />

violations des droits de l’homme, puis encore<br />

le terrorisme, et maintenant il y a une véritable<br />

explosion de « menaces » auxquelles « la<br />

Communauté internationale », autrement dit<br />

l’Otan, doit répondre.<br />

Une liste non exhaustive : le sabotage<br />

cybernétique ; les changements du climat ;<br />

le terrorisme ; les violations des droits de<br />

l’homme ; le génocide ; le trafic de drogue ;<br />

les états manqués (failed states) ; la piraterie<br />

; la montée des niveaux de la mer ; la<br />

pénurie d’eau ; la sécheresse ; le mouvement<br />

des populations ; le déclin probable de<br />

la production agricole ; la diversification des<br />

sources d’énergie.<br />

(Sources : l’Otan ; Conférence tenue le<br />

premier octobre <strong>2009</strong> organisée conjointement<br />

par l’Otan Lloyd’s of London - «the<br />

world’s leading insurance market» le soidisant<br />

numéro un marché d’assurances du<br />

monde.)<br />

Ce qui est à signaler est que la réponse<br />

supposée à toutes ces menaces, parmi d’autres,<br />

est forcément militaire, et non pas diplomatique.<br />

On peut parfois jouer à la diplomatie,<br />

mais puisqu’on est le plus fort militairement,<br />

à Washington celle-ci est vite amenée à préférer<br />

le traitement militaire de tout problème.<br />

Toutes ces menaces sont nécessaires pour justifier<br />

l’expansion bureaucratique du complexe<br />

militaro-industriel et de sa branche armée,<br />

l’Otan. La seule idéologie qui peut les unifier<br />

n’est plus un système de pensée mais une<br />

émotion : la peur. La peur de l’autre, la peur<br />

de l’inconnu, la peur de n’importe quoi. Et à<br />

cette peur la seule réponse est militaire.<br />

Cette peur tue la diplomatie. Elle tue<br />

l’analyse et le débat. Elle tue la pensée.<br />

L’incarnation de cette peur agressive est<br />

l’Etat d’Israël. Et l’Occident, au lieu de calmer<br />

la peur israélienne, l’adopte et l’intériorise.<br />

La menace par habitude : la Russie<br />

Mais il y a une menace qui ne se trouve<br />

pas sur la longue liste officielle, mais qui pourrait<br />

être la plus dangereuse de toutes, pour<br />

l’Europe en particulier. On en parle peu, elle<br />

prend une place de choix dans les activités<br />

frénétiques de l’alliance atlantique : c’est la<br />

Russie. La Russie, ou plutôt l’Union Soviétique<br />

était l’ennemi contre lequel tout était organisé,<br />

eh bien, cela continue. C’est la menace<br />

par habitude, ou par inertie bureaucratique.<br />

De plus en plus, l’Otan se trouve engagée<br />

dans un encerclement stratégique de la<br />

Russie, à l’ouest de la Russie, au Sud de la<br />

Russie et au Nord de la Russie.<br />

À l’ouest, notamment, tous les anciens<br />

membres du défunt Pacte de Varsovie<br />

sont devenus membres de l’Otan, ainsi que<br />

les Etats Baltes anciennement membres de<br />

l’Union Soviétique même. Certains de ces<br />

nouveaux membres appellent à cor et à cri le<br />

stationnement de plus de forces américaines<br />

en vue d’un éventuel conflit avec la Russie.<br />

A Washington il y a quelques jours, le ministre<br />

des affaires étrangères de la Pologne,<br />

Radek Sikorski, a réclamé le stationnement<br />

de troupes américaines dans son pays “pour<br />

servir de bouclier contre l’agression russe”.<br />

L’occasion était une conférence organisée par<br />

le think tank Center for Strategic and International<br />

Studies (CSIS) sur “les Etats-Unis et<br />

l’Europe centrale” pour célébrer la chute du<br />

mur de Berlin. Il est caractéristique de ce que<br />

l’ancien ministre de la guerre américain Donald<br />

Rumsfeld a appelé “la Nouvelle Europe”,<br />

que Sikorski a eu la citoyenneté britannique<br />

depuis 1984 (il avait alors 21 ans), a fait ses<br />

études à Oxford et a épousé une journaliste<br />

américaine, ayant lui-même travaillé comme<br />

correspondant pour plusieurs journaux et té-<br />

Les alliés de l’Otan continuent à tuer et à se faire tuer en Afghanistan. On peut se demander<br />

quel est le vrai but de cette guerre, qui, au début, était de capturer et punir Osama bin Laden<br />

lévisions américains. Avant de devenir ministre<br />

des affaires étrangères de la Pologne,<br />

Sikorski a passé plusieurs années (de 2002<br />

à 2005) à Washington dans les think tanks<br />

American Enterprise Institute, pépinière des<br />

néo-conservateurs, et la New Atlantic Initiative<br />

en tant que directeur exécutif. Ce Polonais<br />

appartient donc à cette couche très particulière<br />

de stratèges originaires de l’Europe centrale<br />

qui, depuis le début de la Guerre Froide en<br />

1948, ont considérablement influencé la politique<br />

étrangère américaine. Un des plus importants<br />

de ceux-ci, Polonais lui aussi, Zbigniew<br />

Brzezinski, a parlé à la même conférence des<br />

“aspirations impériales” de la Russie, de ces<br />

menaces envers la Géorgie et l’Ukraine et de<br />

l’intention de la Russie de devenir “une puissance<br />

mondiale impériale”.<br />

Il est largement oublié que la Russie<br />

avait volontairement et pacifiquement laissé<br />

filer ces Etats qui aujourd’hui se prétendent<br />

« menacés ». Il est encore plus oublié que<br />

les Etats-Unis avaient, le 9 février 1990, à<br />

l’occasion de négociations sur l’avenir des<br />

deux états allemands, rassuré Gorbachev en<br />

lui promettant que si l’Allemagne unifiée intégrait<br />

l’Otan, « il n’y aurait aucune extension<br />

des forces de l’Otan d’un centimètre de plus<br />

à l’est ». Et lorsque Gorbachev revenait à ce<br />

sujet, en précisant : « Toute extension de la<br />

zone de l’Otan est inacceptable », le secrétaire<br />

d’Etat américain James Baker a répondu, « Je<br />

suis d’accord ».<br />

Ainsi rassuré, Gorbachev a accepté<br />

l’appartenance de l’Allemagne réunifiée à<br />

l’Otan en croyant – naïvement – que les choses<br />

s’arrêteraient là et que l’Otan empêcherait<br />

efficacement tout « revanchisme » allemand.<br />

Mais, déjà l’année suivante, le gouvernement<br />

de l’Allemagne réunifiée a mis le feu aux poudres<br />

balkaniques en soutenant les sécessions<br />

slovènes et croates…<br />

Mais revenons au présent. La mobilisation<br />

contre la prétendue « menace » russe ne<br />

se limite pas aux discours. Pendant que Sikorski<br />

épatait ses anciens collègues des think<br />

tanks washingtoniens, les militaires étaient à<br />

l’oeuvre.<br />

En octobre, des vaisseaux de guerre<br />

américains sont arrivés directement de manoeuvres<br />

aux larges des côtes écossaises pour<br />

participer à des exercices militaires avec les<br />

marines polonaises et baltes. Cela fait partie<br />

de ce que le porte parole de la Marine américaine<br />

décrit comme sa « présence continue »<br />

dans la Mer Baltique, tout près de Saint Petersbourg.<br />

À cette occasion, les responsables<br />

des pays baltes parlaient de « nouvelles menaces<br />

depuis l’invasion russe de la Géorgie »<br />

et des exercices navals de grandes envergure<br />

à venir l’été prochain. Tout cela en projetant<br />

l’augmentation des budgets militaires – 60<br />

milliards d’euros par la Pologne pour améliorer<br />

ses forces armées.<br />

Il est important de noter que cette activité<br />

dans la Mer Baltique sert aussi à faire entrer officieusement<br />

les pays scandinaves historiquement<br />

neutres, la Suède et la Finlande, dans les<br />

exercices et les plans stratégiques de l’Otan.<br />

Les pays scandinaves, avec le Canada, auront<br />

un rôle à jouer dans la course pour s’accaparer<br />

des ressources minérales qui deviendront accessibles<br />

avec le retrait de la calotte glacière.<br />

Des manoeuvres se font déjà en préparation<br />

de cette éventualité. Ainsi l’encerclement de la<br />

Russie par le nord se poursuit.<br />

Aujourd’hui, non contents d’avoir absorbé<br />

les Etats baltes, la Pologne, la Tchéquie,<br />

la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie et j’en<br />

passe, les dirigeants américains, vigoureusement<br />

soutenus par « la Nouvelle Europe »,<br />

insistent sur la nécessité de faire entrer dans<br />

le giron de l’Alliance dite « Atlantique » deux<br />

voisins proches de la Russie, la Géorgie et<br />

l’Ukraine.<br />

Dans ces deux cas, on s’approche dangereusement<br />

de la possibilité d’une vraie<br />

guerre avec la Russie… surtout en Ukraine.<br />

L’Ukraine est une très grande « Krajina » yougoslave…<br />

les deux mots signifient « frontières<br />

» en slave … divisée toutes les deux entre<br />

Orthodoxes et Catholiques (Uniates dans le<br />

cas de l’Ukraine), avec en prime la grande<br />

base navale russe à Sébastopol, dans une Crimée<br />

à la population majoritairement russe…<br />

Suite à la page (16)<br />

12 Haïti Liberté<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010 Haïti Liberté 13


Perspectives<br />

Perspectives<br />

Le Centre canadien pour<br />

l’avancement du libéralisme<br />

Par Sylvain Guillemette<br />

Stephen Harper n’a jamais<br />

caché son agenda conservateur<br />

–capitaliste-, mais aujourd’hui, il<br />

va un peu plus de l’avant dans des<br />

projets de déstabilisation des démocraties<br />

naissantes, par exemple,<br />

dans des pays à tendances socialistes,<br />

en voulant créer un organisme<br />

gouvernemental, réciproque à<br />

ceux créés aux États-Unis, sous la<br />

plupart des présidences états-uniennes.<br />

Cet organisme, sensé promouvoir<br />

la «démocratie», n’est en<br />

fait qu’un subterfuge, ne visant que<br />

l’épanouissement du libre-marché,<br />

du capitalisme donc. Ce qui n’a rien<br />

de démocratique en soi. Aussi, de<br />

tels organismes par le passé, fournissaient<br />

aides financières, logistiques<br />

et mêmes, des armes, à des groupes<br />

de renégats tentant de saper les efforts<br />

socialistes.<br />

Le National Endowment for<br />

Democracy a par exemple, dans plusieurs<br />

pays d’Amérique latine, aidé<br />

des putchistes, formé des putchistes,<br />

sinon même, des écoles de torture.<br />

Le NED a participé secrètement à des<br />

coups d’État, favorisé des candidats<br />

de la droite populiste au détriment<br />

des populations et de la démocratie,<br />

et n’a bref, jamais servi sa cause soit<br />

disant pressentie.<br />

Le Centre canadien pour<br />

l’avancement de la démocratie aurait<br />

par exemple missions; à Cuba.<br />

Quelle surprise! Nous ne sommes<br />

pas sans savoir que les conservateurs<br />

ne considèrent pas le socialisme<br />

de Cuba comme une démocratie<br />

–et que Harper avait déjà<br />

dit à Bush qu’il s’occuperait de Cuba<br />

à ses côtés le temps venu…-, mais<br />

ils seraient fort surpris de constater<br />

que Cuba est plus démocratique que<br />

le Canada, dans les faits. De plus,<br />

avec un taux de participation aussi<br />

chancelant au pays, nous sommes<br />

en droit de nous demander pourquoi<br />

Harper ne ferait pas cette promotion<br />

ici même. Le tout ne révèle qu’une<br />

chose, que cet organisme ne servira<br />

en fait que les intérêts bourgeois et<br />

impérialistes du Canada, et que jamais<br />

il ne fera la promotion d’autre<br />

chose que le libéralisme.<br />

Stephen Harper<br />

En fait, à 70 millions le budget<br />

annuel de cet organisme, le<br />

Canada ferait mieux de s’occuper de<br />

ses propres problèmes. Les taux de<br />

participation électorale, ici même,<br />

sont en grave chute libre. Seulement<br />

un peu plus de 50% des canadiens<br />

ont participé aux dernières élections<br />

fédérales… 2/3 des montréalais<br />

ont voté contre le maire sortant, il<br />

est pourtant de retour au pouvoir!<br />

Ici, au Québec, quant aux élections<br />

aux commissions scolaires, nous<br />

n’avons même pas dépassé 7.9% de<br />

participation de l’électorat. Harper<br />

croit-il sincèrement que les pauvres<br />

cubains ne s’occupent pas de leurs<br />

affaires et qu’ils demeurent bredouilles<br />

à la maison en cas de besoin?<br />

Les cubains sauraient même faire<br />

sourciller Mario Dumont quant à<br />

leur autonomisme développé.<br />

En réalité, ce type d’aide<br />

fournirait surtout les anticastristes,<br />

ces «dissidents» basés à Miami –ce<br />

tas de criminels, d’anciens tortionnaires,<br />

d’ex-dictateur…-, rêvant du<br />

retour triomphal de la bourgeoisie en<br />

sol cubain. Or, les cubains, de Cuba,<br />

eux, ne désirent pas le retour de ces<br />

pourritures, et ne regrettent surtout<br />

pas le temps de Batista, où les riches<br />

faisaient la pluie et le beau temps,<br />

où il n’y avait que 6000 médecins<br />

réservés pour les gens capables de<br />

se les payer, où les militants syndicalistes<br />

et pacifistes se faisaient littéralement<br />

tuer en pleine rue –En<br />

fait, cela n’a rien d’étonnant. Après<br />

tout, en Colombie, le président Uribe<br />

massacre son propre peuple, celui<br />

qui semble socialiste, et Harper<br />

signe des contrats juteux avec lui,<br />

pas avec personne d’autre… Quel<br />

hasard!-, où l’éducation n’était que<br />

pour les riches.<br />

Les anticastristes ont également<br />

utilisé des moyens non-démocratiques<br />

pour déstabiliser le<br />

socialisme de Cuba. Ils émettent<br />

par exemple, à partir de Miami,<br />

une émission de radio destinée à<br />

renverser le socialisme, cela en<br />

parfaite contradiction des lois internationales<br />

qui rend l’acte illégal,<br />

et pourtant…, ce sont ces<br />

organismes qui paient pour ce<br />

genre d’«actes illégaux»! Ils ont<br />

fait des attentats terroristes, en<br />

faisant exploser des discothèques,<br />

des hôtels et un avion bourré de<br />

civils. Ils ont essayé de faire un<br />

coup d’État à partir de la Baie des<br />

Cochons –avec l’aide de Washington-.<br />

Ils ont essayé maintes fois<br />

d’assassiner Fidel Castro. Ils ont<br />

saboté des plantations, des usines,<br />

des chemins de fer, assassiné des<br />

enseignants, et j’en passe. Et c’est<br />

grâce à des organismes tels que<br />

celui qu’Harper veut créer, avec<br />

nos fonds, que cela fût possible.<br />

Le soulèvement contre le socialisme<br />

à Cuba n’est qu’un mythe,<br />

un mythe entretenu par les nostalgiques<br />

de Batista. Et les dissidents<br />

sont si peu nombreux qu’ils entrent<br />

tous dans l’œil d’une caméra. S’il<br />

fallait faire la comparaison avec les<br />

États-Unis, nous conclurions que les<br />

États-Unis sont en danger et que la<br />

dictature s’y est usurpée en douce. À<br />

l’échelle internationale en tout cas!<br />

Quant aux soit disant prisonniers<br />

politiques détenus à Cuba, il s’agit<br />

en fait des comploteurs ayant pour<br />

projet le renversement littéral du socialisme<br />

à Cuba. Or, ce genre d’acte<br />

illégal aux États-Unis, est passible<br />

de la peine de mort! Aux États-Unis,<br />

on dénombre près de 10 000 prisonniers<br />

politiques. Si Cuba émettait sur<br />

le territoire des États-Unis, une émission<br />

appelant le peuple à renverser<br />

son président, voire à l’assassiner,<br />

comme le fait la radio de Miami, et<br />

toutes les stations privées allant en<br />

ce sens et ayant été créées par ces<br />

organismes, Cuba serait bombardée,<br />

peut-être même envahie.<br />

Au Venezuela, en 2002, ce sont<br />

de tels organismes qui ont soutenu<br />

le coup d’État raté contre Hugo<br />

Chavez, pourtant démocratiquement<br />

élu. Ce sont ces organismes<br />

qui donnaient leur appui logistique<br />

à des stations comme Globovision<br />

ou RCTC, qui appelaient, ni plus ni<br />

moins, à l’assassinat de leur président,<br />

sans que ces organismes ne<br />

condamnent quoi que ce soit de<br />

leurs propos. Ce sont aussi ces organismes<br />

qui ont employé des mercenaires<br />

–Ce d’ailleurs, pourquoi le<br />

rapport parle d’hauts coûts à la hauteur<br />

de 70 millions annuels.-, qui ont<br />

sinon, donné leur appui aux chaînes<br />

de radio et de tv mais qui incitaient<br />

le peuple à prendre les armes contre<br />

le président Hugo Chavez. Drôle de<br />

promotion de la démocratie!<br />

Le dessein véritable des promotions<br />

de cet organisme n’a rien<br />

de démocratique. Tout au contraire!<br />

La seule mention de Cuba fait comprendre<br />

que le véritable but, c’est le<br />

capitalisme à tout vent, coûte que<br />

coûte, même au détriment des populations<br />

qui ont le fait le choix du socialisme,<br />

et cela, démocratiquement!<br />

Et le comble, c’est que nous serions<br />

les poches de ce projet antidémocratique<br />

et violent! Non merci Harper!<br />

Reactionism Watch<br />

12 décembre <strong>2009</strong><br />

Le Dossier Jean<br />

Dominique serait-il<br />

classé?<br />

De gauche à droite le président René Gracia Préval, le journaliste Guyler<br />

C Delva et Michèle Montas<br />

Par Guerby Dujour<br />

Alors que l’on s’approche vers le<br />

10e anniversaire de l’assassinat<br />

de Jean Dominique, l’un des fils<br />

dignes de la nation haïtienne, le 3<br />

avril 2010 prochain, rien absolument<br />

rien ne laisse présager que<br />

justice sera rendue avant cette date<br />

pour marquer désormais une rupture<br />

avec la tradition d’impunité caractérisant<br />

notre société et qui charpente<br />

le système judiciaire haïtien ancré<br />

depuis des lustres dans la corruption.<br />

Pourtant, le chef d’état en<br />

fonction, René Préval, dont Jean<br />

Do fût un ami et l’un des éminents<br />

conseillers lors de son premier mandat,<br />

avait déclaré que les obstacles<br />

politiques sont levés et que toutes<br />

les conditions sont réunies pour que<br />

l’enquête enfin aboutisse. Pour étayer<br />

sa déclaration qui ne pouvait être<br />

plus solennelle, M. Préval a eu la<br />

brillante idée de créer une commission<br />

présidentielle d’enquête avec le<br />

journaliste Guyler C. Delva comme<br />

chef de file. Cependant depuis la<br />

dernière conférence de la dite commission<br />

qui remonte ã plusieurs<br />

mois et au cours de laquelle des<br />

déclarations encourageantes ont été<br />

faites, on ignore ce qui se fait pour<br />

parvenir ã crever l’abcĕs. Nous ne<br />

saurions ne pas reconnaître la bonne<br />

volonté de la commission quant ã<br />

l’aboutissement de l’enquête, sachant<br />

que Guy Delva, de nature, a<br />

toujours été un fonceur.<br />

Toutefois, il y a-t-il une<br />

quelconque volonté de la part de<br />

l’équipe au pouvoir pour permettre<br />

Les 9 membres de la Commission présidentielle d’enquête<br />

Jean Dominique<br />

au peuple haïtien de connaître la<br />

vérité sur l’assassinat de son Donquichotte<br />

national, l’un des porteétendards<br />

de sa longue lutte pour le<br />

changement? Le plus triste dans tout<br />

cela est le silence on dirait organisé<br />

des grands pourfendeurs du dossier<br />

dans le passé. Pourquoi se taisent<br />

les Pierre Espérance, Yolaine Gilles,<br />

Jean Claude Bajeux et tant d’autres<br />

personnes dont des responsables<br />

politiques qui capitalisaient sur ce<br />

brûlant dossier ã des fins politiques !<br />

Ils ne sont pas des moindres ceux<br />

qui se demandent comment le président<br />

René Préval va- t-il regagner<br />

sa résidence ã la fin de son mandat,<br />

sans qu’au moins sous son second<br />

mandat, l’auteur intellectuel de ce<br />

crime, oh combien gratuit, ne soit<br />

connu et coffré?<br />

Ne soyez pas étonnés de voir<br />

des hypocrites s’amener le 3 Avril<br />

2010, comme d’habitude, pour faire<br />

des déclarations ã l’emporte piĕce<br />

rien que pour marquer la journée en<br />

attendant un autre 3 avril. De dulie<br />

au panégyrique, ils ne rateront sûrement<br />

pas le coche. Autrement ce<br />

serait aller de trahison en trahison,<br />

puisque jeter de la poudre aux yeux<br />

n’est pas un crime.<br />

KAPTE<br />

DETANT<br />

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Le droit de l’humanité à l’existence<br />

Par Fidel CASTRO<br />

Les changements climatiques<br />

causent d’ores et déjà des dommages<br />

considérables, et des centaines<br />

de millions de pauvres en<br />

souffrent les conséquences.<br />

Les centres de recherche les<br />

plus avancés assurent qu’il reste<br />

très peu de temps pour échapper à<br />

une catastrophe irréversible. Selon<br />

James Hansen, de l’Institut Goddard,<br />

de la NASA, un niveau de trois cent<br />

cinquante parties de dioxyde de carbone<br />

par million est encore tolérable<br />

; or, il dépasse actuellement trois<br />

cent quatre-vingt-dix et il augmente<br />

tous les ans à raison de deux parties<br />

par million, soit plus que les<br />

niveaux d’il y a six cent mille ans.<br />

Les deux dernières décennies ont été<br />

les plus chaudes depuis qu’il existe<br />

des mesures. Ce gaz a augmenté de<br />

quatre-vingts parties par million ces<br />

cent cinquante dernières années.<br />

Les glaces de la mer Arctique,<br />

l’énorme couche de deux kilomètres<br />

d’épaisseur qui couvre le Groenland,<br />

les glaciers d’Amérique du<br />

Sud qui alimentent les principales<br />

sources d’eau douce de cette région,<br />

le volume colossal qui couvre<br />

l’Antarctique, la couche qui reste encore<br />

sur le Kilimandjaro, les neiges<br />

qui couvrent l’Himalaya et l’énorme<br />

masse gelée de la Sibérie fondent à<br />

vue d’œil. Des scientifiques prestigieux<br />

redoutent des sauts quantitatifs<br />

dans les phénomènes naturels<br />

qui provoquent les changements.<br />

L’humanité avait placé de grands<br />

espoirs dans le Sommet de Copenhague,<br />

qui devait prolonger le Protocole<br />

de Kyoto souscrit en 1996<br />

mais entré en vigueur seulement en<br />

2005. L’échec éclatant de ce Sommet<br />

a engendré des épisodes honteux<br />

qu’il faut dûment éclaircir.<br />

Les États-Unis, qui comptent<br />

moins de 5 p. 100 de la population<br />

mondiale, émettent le quart du dioxyde<br />

de carbone. Leur nouveau<br />

président avait promis de coopérer<br />

aux efforts internationaux pour faire<br />

face à un problème qui touche son<br />

pays autant que le reste du monde.<br />

Les réunions préalables au Sommet<br />

ont mis en lumière que les dirigeants<br />

de cette nation et ceux des pays les<br />

plus riches manœuvraient pour faire<br />

retomber le poids des sacrifices sur<br />

les pays émergents et les pays pauvres.<br />

Beaucoup de dirigeants et des<br />

milliers de représentants des mouvements<br />

sociaux et des institutions<br />

scientifiques, décidés à se battre<br />

pour préserver l’humanité du pire<br />

risque qu’elle a encouru dans son<br />

Histoire, se sont rendus à Copenhague<br />

à l’invitation des organisateurs<br />

du Sommet. Je m’abstiens d’entrer<br />

dans le détail de la brutalité dont<br />

ont fait preuve les forces de l’ordre<br />

danoises contre les milliers de manifestants<br />

et d’invités des mouvements<br />

sociaux et scientifiques pour<br />

me concentrer sur les aspects politiques<br />

du Sommet.<br />

Un véritable chaos a régné à<br />

Copenhague et des choses incroyables<br />

s’y sont passées. Les mouvements<br />

sociaux et les institutions<br />

scientifiques n’ont pas eu le droit<br />

d’assister aux débats. Des chefs<br />

d’État ou de gouvernement n’ont<br />

même pas eu la possibilité de donner<br />

leur opinion sur des problèmes<br />

vitaux. Obama et les dirigeants des<br />

pays les plus riches ont séquestré<br />

la conférence avec la complicité du<br />

Un véritable chaos a régné à Copenhague et des choses incroyables s’y<br />

sont passées. Les mouvements sociaux et les institutions scientifiques<br />

n’ont pas eu le droit d’assister aux débats<br />

gouvernement danois, et les institutions<br />

des Nations Unis ont été mises<br />

sur la touche.<br />

Barack Obama, qui est arrivé<br />

le dernier jour du Sommet et n’y est<br />

resté que douze heures, s’est réuni<br />

avec deux groupes d’invités triés sur<br />

le volet par lui-même et ses collaborateurs.<br />

Et c’est accompagné de l’un<br />

de ces groupes qu’il a eu une réunion<br />

dans la salle plénière avec le reste<br />

des délégations de plus haut niveau.<br />

Aussitôt après avoir pris la parole,<br />

il s’est retiré par une porte dérobée.<br />

À cette réunion plénière, hormis le<br />

petit groupe choisi par lui, les autres<br />

représentants des États n’ont pas<br />

eu le droit de prendre la parole. Si<br />

les présidents bolivien et vénézuélien<br />

ont pu le faire, c’est seulement<br />

parce qu’ils l’ont réclamé avec énergie,<br />

soutenus par les autres, et que<br />

le président du Sommet n’a pas eu<br />

d’autre solution que de la leur céder.<br />

Dans une salle contiguë, Obama a<br />

réuni les dirigeants des pays les<br />

plus riches, de plusieurs nations<br />

émergentes les plus importantes et<br />

de deux pays très pauvres. Il y a<br />

présenté un document négocié avec<br />

deux ou trois des principaux pays,<br />

il a ignoré l’Assemblée générale des<br />

Nations Unies, il a donné des conférences<br />

de presse et il est reparti, tel<br />

Jules César qui s’exclama au terme<br />

d’une ses campagnes victorieuses<br />

en Asie mineure : Vini, vidi, vici !<br />

Le Premier ministre en personne<br />

du Royaume-Uni, Gordon<br />

Brown, avait affirmé le 19 octobre<br />

: « Si nous n’aboutissons pas à un<br />

accord dans les prochains mois, il<br />

ne fait pas le moindre doute qu’une<br />

fois que l’élévation débridée des<br />

émissions aura provoqué des dommages,<br />

aucun accord mondial rétrospectif<br />

à quelque moment du<br />

futur ne pourra en éliminer les effets.<br />

À cette date, il sera alors irrémédiablement<br />

trop tard. »<br />

Et il avait conclu son discours<br />

sur cette péroraison dramatique : «<br />

Nous ne pouvons nous donner le<br />

luxe de l’échec. Si nous échouons<br />

maintenant, le prix à payer sera<br />

très lourd. Si nous agissons maintenant,<br />

si nous agissons de concert,<br />

si nous agissons en faisant preuve<br />

de hauteur de vue et de détermination,<br />

nous pouvons encore remporter<br />

la victoire à Copenhague. Mais,<br />

si nous échouons, la planète Terre<br />

sera en danger, et il n’existe pas de<br />

plan de rechange. »<br />

Il affirme pourtant à présent<br />

avec arrogance que l’Organisation<br />

des Nations Unies a été prise en<br />

otage par un petit groupe de pays<br />

comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie,<br />

le Nicaragua et Tuvalu, et il<br />

accuse la Chine, l’Inde, le Brésil,<br />

l’Afrique du Sud et d’autres nations<br />

émergentes d’avoir cédé aux<br />

séductions des États-Unis pour souscrire<br />

un accord qui expédie aux<br />

oubliettes le Protocole de Kyoto<br />

et ne contient aucun engagement<br />

contraignant pour les États-Unis et<br />

leurs riches alliés. Je me vois obligé<br />

de rappeler que l’Organisation des<br />

Nations Unies a vu le jour voilà à<br />

peine soixante ans, après la Deuxième<br />

Guerre mondiale, alors que les<br />

pays indépendants ne dépassaient<br />

pas la cinquantaine. Elle compte<br />

aujourd’hui plus de cent quatrevingt-dix<br />

États indépendants, après<br />

que la lutte décidée des peuples a eu<br />

liquidé l’odieux système colonial.<br />

La République populaire de<br />

Chine s’est même vu refuser pendant<br />

des années le droit d’entrée à l’ONU,<br />

un gouvernement fantoche y usurpant<br />

sa représentation à l’Assemblée<br />

générale et au Conseil de sécurité.<br />

C’est grâce au soutien tenace d’un<br />

nombre croissant de pays du Tiersmonde<br />

que la Chine bénéficia peu à<br />

peu de la reconnaissance de la communauté<br />

internationale, ce qui fut<br />

un facteur très important pour que<br />

les USA et leurs alliés de l’OTAN reconnaissent<br />

ses droits à l’ONU.<br />

C’est l’Union soviétique<br />

qui contribua le plus par sa lutte<br />

héroïque à la défaite du fascisme, au<br />

prix de plus de vingt-cinq millions<br />

de morts et d’énormes destructions<br />

dans tout le pays. C’est au terme<br />

de cette lutte qu’elle émergea comme<br />

une superpuissance capable de<br />

contrebalancer en partie la domination<br />

absolue qu’exerçait le système<br />

impérial des USA et des anciennes<br />

nations coloniales, et sa mise à sac<br />

impitoyable des peuples du Tiersmonde.<br />

La désintégration de l’URSS<br />

a permis aux USA d’étendre leur<br />

pouvoir politique et militaire en direction<br />

de l’Est, vers le cœur de la<br />

Russie, et de renforcer leur influence<br />

sur le reste de l’Europe. Ce qui s’est<br />

passé à Copenhague n’a donc rien<br />

d’étonnant.<br />

Je tiens à souligner les déclarations<br />

injustes et outrageantes du<br />

Premier ministre britannique et la<br />

tentative des États-Unis d’imposer<br />

comme accord du Sommet un document<br />

dont les pays participants<br />

n’ont discuté à aucun moment.<br />

Le ministre cubain des Relations<br />

extérieures, Bruno Rodríguez, a<br />

affirmé dans la conférence de presse<br />

qu’il a donnée le 21 décembre des<br />

vérités absolument indéniables. J’en<br />

cite quelques paragraphes :<br />

« À Copenhague, je tiens à le<br />

souligner, la Conférence des Parties<br />

n’a adopté aucun accord, aucune décision<br />

concernant des engagements,<br />

qu’ils soient contraignants ou pas,<br />

ni absolument aucune décision relevant<br />

du droit international : à Copenhague,<br />

il n’y a pas eu d’accord,<br />

tout simplement !<br />

« Le Sommet a été un échec, et<br />

l’on veut pourtant berner l’opinion<br />

publique mondiale. […] la carence<br />

de volonté politique a sauté aux<br />

yeux…<br />

« …il a constitué un recul dans<br />

l’action de la communauté internationale<br />

pour prévenir ou alléger les<br />

retombées des changements climatiques…<br />

« …la température mondiale<br />

pourrait s’élever de 5º en moyenne…<br />

»<br />

Puis notre ministre a apporté<br />

d’autres données intéressantes sur<br />

les conséquences possibles de cet<br />

échec, selon les dernières recherches<br />

scientifiques :<br />

« …de la date du Protocole de<br />

Kyoto à ce jour, les pays développés<br />

ont élevé leurs émissions de 12,8 p.<br />

100… 55 p. 100 de ce volume correspondant<br />

aux USA<br />

« Un Étasunien consomme en<br />

moyenne 25 barils de pétrole par<br />

an, un Européen 11, un Chinois<br />

moins de 2, un Latino-Américain ou<br />

un Caribéen, moins de 1.<br />

« Trente pays, dont ceux<br />

de l’Union européenne, consomment<br />

80 p. 100 des combustibles<br />

produits. »<br />

Le fait est que les pays développés<br />

signataires du Protocole de<br />

Kyoto ont élevé radicalement leurs<br />

émissions. Ils veulent toutefois substituer<br />

maintenant à la base adoptée<br />

pour calculer ces émissions, autrement<br />

dit 1990, une nouvelle base,<br />

2005, de sorte que les engagements<br />

envisagés par les USA, les plus<br />

gros pollueurs, ne représenteraient<br />

qu’une réduction de 3 p. 100 par<br />

rapport à vingt-cinq ans avant !<br />

C’est là se moquer d’une manière<br />

éhontée de l’opinion mondiale…<br />

Le ministre cubain, parlant au<br />

nom des pays de l’Alliance bolivarienne<br />

des peuples de Notre Amérique<br />

(ALBA), et défendant la Chine,<br />

l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et<br />

d’autres États importants à économie<br />

émergeante, a ratifié le concept<br />

dégagé à Kyoto de « responsabilités<br />

partagées, mais différenciées,<br />

ce qui veut dire que les pays à accumulation<br />

historique et les pays<br />

développés, responsables de cette<br />

catastrophe, ont des responsabilités<br />

différentes de celles des petits États<br />

insulaires ou des pays du Sud, surtout<br />

des pays les moins avancés…<br />

»<br />

« Responsabilités veut dire<br />

financement ; responsabilités veut<br />

dire transfert de technologies dans<br />

des conditions acceptables. Mais<br />

Obama joue sur les mots, et au lieu<br />

de parler de «responsabilités» partagées<br />

mais différenciées, il parle de<br />

«réponses» partagées, mais différenciées…<br />

« …il abandonne la salle plénière<br />

sans même daigner écouter qui<br />

que ce soit, de même qu’il n’avait<br />

écouté personne avant son intervention.<br />

»<br />

Obama avait affirmé lors d’une<br />

conférence de presse ayant précédé<br />

son départ de la capitale danoise : «<br />

Nous avons généré ici à Copenhague<br />

un accord substantiel sans précédent<br />

: pour la première fois dans<br />

l’Histoire, les plus grandes économies<br />

sont venues ici accepter ensemble<br />

leurs responsabilités. »<br />

Dans son exposé clair et irréfutable,<br />

notre ministre s’est exclamé<br />

: « Que signifie : «…les plus<br />

grandes économies sont venues ici<br />

accepter ensemble leurs responsabilités»<br />

? Ça veut dire qu’il fait<br />

retomber une part importante du<br />

fardeau que représente le financement<br />

des mesures d’atténuation et<br />

d’adaptation que doivent adopter<br />

les pays, surtout ceux du Sud, face<br />

aux changements climatiques, sur<br />

la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique<br />

du Sud. Car, il faut bien le dire, la<br />

Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du<br />

Sud et tous les pays appelés par euphémisme<br />

en développement ont<br />

été victimes d’un braquage, d’un<br />

hold-up ! » Voilà dans quels termes<br />

Suite à la page (17)<br />

14 Haïti Liberté<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010 Haïti Liberté 15


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Suite de la page (13)<br />

réclamée par les dirigeants actuels<br />

ukrainiens qui la transféreraient<br />

volontiers aux Etats-Unis. Voilà<br />

l’endroit rêvé pour déclencher la<br />

Troisième Guerre Mondiale – qui<br />

serait sans doute la vraie «der des<br />

ders**».<br />

Les dirigeants baltes sont là<br />

pour interpréter l’inquiétude russe<br />

devant cette expansion de l’Otan<br />

comme la preuve de la « menace<br />

russe ». Ainsi, dans une « lettre ouverte<br />

à l’administration Obama de<br />

l’Europe centrale et orientale » du<br />

juillet dernier, Lech Walesa, Vaclav<br />

Havel, Alexander Kwasniewski,<br />

Valdas Adamkus et Vaira Vike-<br />

Freiberga ont déclaré que “la Russie<br />

est de retour en tant que puissance<br />

révisionniste en train de poursuivre<br />

un programme du 19ème siècle<br />

avec les tactiques et les méthodes<br />

du 21ème siècle”. Le danger, selon<br />

eux, est que ce qu’ils appellent<br />

“l’intimidation larvée” et “l’influence<br />

colportée” (influence peddling) de la<br />

Russie pourrait à la longue mener<br />

à une “de facto neutralisation de la<br />

région”.<br />

On peut se demander où serait<br />

le mal ? Mais le mal est dans le<br />

passé et le passé est dans le présent.<br />

Ces Américanophiles continuent :<br />

“Notre région”, disent-ils, “a souffert<br />

quand les Etats-Unis ont succombé<br />

au ‘réalisme’ à Yalta. … Si un point<br />

de vue ‘réaliste’ avait prévalu au début<br />

des années 1990, nous ne serions<br />

pas dans l’Otan aujourd’hui…”<br />

Mais ils y sont, et ils réclament “une<br />

renaissance de l’Otan”, qui doit<br />

“confirmer sa fonction centrale de<br />

défense collective en même temps<br />

que nous nous adaptons aux nouvelles<br />

menaces du 21ème siècle.” Et<br />

ils ajoutent, avec un brin de chantage,<br />

que leur “capacité de participation<br />

dans les expéditions lointaines<br />

est lié à leur sécurité chez eux.”<br />

La Géorgie est là pour montrer<br />

le danger représenté par ces petits<br />

pays prêts à entraîner l’Alliance<br />

Atlantique dans leurs querelles de<br />

frontières avec la Russie. Mais ce qui<br />

est très curieux est le fait que ces dirigeants<br />

particulièrement belliqueux<br />

de petits pays de l’Est ont souvent<br />

passé des années aux Etats-Unis<br />

dans les institutions proches du pouvoir<br />

ou ont même la double nationalité.<br />

Ils sont patriotes de leur petit<br />

pays tout en se sentant protégés par<br />

la seule superpuissance du monde,<br />

ce qui peut mener à une agressivité<br />

particulièrement irresponsable. Ce<br />

président géorgien, Mikeil Saakachvili,<br />

qui en août 2008 n’a pas hésité<br />

à provoquer une guerre avec la<br />

Russie, a été boursier du Département<br />

d’Etat des Etats-Unis dans les<br />

années ’90, recevant les diplômes<br />

des universités de Columbia et de<br />

George Washington, dans la capitale.<br />

Parmi les signataires de la<br />

lettre citée, il faut noter que Valdas<br />

Adamkus est essentiellement un<br />

Américain, immigré de Lithuanie<br />

dans les années 40, qui a servi dans<br />

le renseignement militaire américain<br />

et dans l’administration Reagan, qui<br />

l’a décoré, et qui a pris sa retraite en<br />

Lithuanie en 1997… pour être tout<br />

de suite élu comme Président de<br />

cet Etat de 1998 jusqu’au mois de<br />

juillet dernier. Le parcours de Vaira<br />

Vike-Freiberga est semblable : d’une<br />

famille qui a fui la Lettonie pour<br />

l’Allemagne en 1945, elle a fait carrière<br />

au Canada avant de rentrer en<br />

Lettonie juste à temps pour être élue<br />

présidente de la République entre<br />

1999 et 2007.<br />

La construction européenne<br />

contre le monde<br />

En épousant ces peurs, qui à<br />

l’origine sont des constructions pour<br />

justifier une militarisation, les Etats<br />

membres de l’Union Européenne se<br />

mettent en opposition avec le reste<br />

du monde. Le reste du monde étant<br />

une source inépuisable de « menaces<br />

». La reddition inconditionnelle<br />

de l’Europe devant la bureaucratie<br />

militaro-industrielle et son idéologie<br />

de la peur était confirmée récemment<br />

par le retour de la France dans<br />

le commandement de l’Otan. Une<br />

des raisons de cette capitulation est<br />

la psychologie du président Sarkozy<br />

lui-même, dont l’adoration pour<br />

les aspects les plus superficiels des<br />

Etats-Unis s’est exprimée dans son<br />

discours embarrassant devant le<br />

Congrès des Etats-Unis en novembre<br />

2007.<br />

L’autre cause, moins flagrante<br />

mais plus fondamentale, est la récente<br />

expansion de l’Union Européenne.<br />

L’absorption rapide de tous<br />

les anciens satellites d’Europe de<br />

l’Est, ainsi que des anciennes républiques<br />

soviétiques d’Estonie, de Lettonie<br />

et de Lituanie, a radicalement<br />

changé l’équilibre du pouvoir au<br />

sein de l’UE elle-même. Les nations<br />

fondatrices, la France, l’Allemagne,<br />

l’Italie et les pays du Bénélux, ne<br />

peuvent plus guider l’Union vers<br />

une politique étrangère et de sécurité<br />

unifiée. Après le refus de la<br />

France et de l’Allemagne d’accepter<br />

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l’invasion de l’Irak, Donald Rumsfeld<br />

a discrédité ces deux pays<br />

comme faisant partie de la « vieille<br />

Europe » et il s’est gargarisé de la<br />

volonté de la « nouvelle Europe »<br />

de suivre l’exemple des Etats-Unis.<br />

La Grande-Bretagne à l’Ouest et les<br />

« nouveaux » satellites européens à<br />

l’Est sont plus attachés aux Etats-<br />

Unis, politiquement et émotionnellement,<br />

qu’ils ne le sont à l’Union<br />

Européenne qui les a accueillis et<br />

leur a apportés une considérable<br />

aide économique au développement<br />

et un droit de veto sur les questions<br />

politiques majeures.<br />

Il est vrai que, même hors du<br />

commandement intégré de l’OTAN,<br />

l’indépendance de la France n’était<br />

que relative. La France a suivi les<br />

Etats-Unis dans la première guerre<br />

du Golfe – le Président François Mitterrand<br />

espéra vainement gagner<br />

ainsi de l’influence à Washington, le<br />

mirage habituel qui attire les alliés<br />

dans les opérations étasuniennes<br />

douteuses. La France s’est jointe<br />

à l’OTAN en 1999 dans la guerre<br />

contre la Yougoslavie, malgré les<br />

doutes aux plus hauts niveaux.<br />

Mais en 2003, le Président Jacques<br />

Chirac et son ministre des affaires<br />

étrangères Dominique de Villepin<br />

ont réellement usé de leur indépendance<br />

en rejetant l’invasion de<br />

l’Irak. Il est généralement reconnu<br />

que la position française a permis à<br />

l’Allemagne de faire de même. La<br />

Belgique a suivi.<br />

Le discours de Villepin, le 14<br />

février 2003, au Conseil de Sécurité<br />

des Nations-Unies, donnant la priorité<br />

au désarmement et à la paix<br />

sur la guerre, reçut une rare « standing<br />

ovation ». Le discours de Villepin<br />

fut immensément populaire dans le<br />

monde entier et a accru énormément<br />

le prestige de la France, en particulier<br />

dans le monde arabe. Mais, de<br />

retour à Paris, la haine personnelle<br />

entre Sarkozy et Villepin a atteint<br />

des sommets passionnels et la persécution<br />

judiciaire de Villepin dans<br />

l’affaire obscure de Clearstream<br />

représente l’ensevelissement de la<br />

dernière velléité d’indépendance<br />

politique de la France sous une avalanche<br />

de boue vengeresse.<br />

Qui parle aujourd’hui pour la<br />

France ? Officiellement, Bernard<br />

Kouchner, prophète de l’ingérence<br />

humanitaire qui, lui, approuvait<br />

l’invasion de l’Irak. Officieusement,<br />

les soi-disant « néo-conservateurs<br />

» qu’on ferait mieux d’appeler les<br />

« impérialistes sionistes », tant leur<br />

véritable projet est un nouvel impérialisme<br />

agressif occidental au<br />

sein duquel Israël trouverait une<br />

place de choix.<br />

Le 22 septembre <strong>2009</strong>, le<br />

Guardian de Londres a publié une<br />

lettre demandant que l’Europe<br />

prenne fait et cause pour la Géorgie<br />

dans le conflit de l’Ossétie du Sud.<br />

Signée par Vaclav Havel, Valdas Adamkus,<br />

Mart Laar, Vytautas Landsbergis,<br />

Otto de Habsbourg, Daniel<br />

Cohn Bendit, Timothy Garton Ash,<br />

André Glucksmann, Mark Leonard,<br />

Bernard-Henri Lévy, Adam Michnik<br />

et Josep Ramoneda, la lettre proférait<br />

les habituelles platitudes prétentieuses<br />

sur les « leçons de l’histoire<br />

» , toutes justifiant l’utilisation de<br />

la puissance militaire occidentales,<br />

bien sûr : Munich, le pacte Ribbentrop-Molotov,<br />

le mur de Berlin.<br />

Les signataires exhortent les 27 dirigeants<br />

démocratiques de l’Europe<br />

à « définir une stratégie pro-active<br />

pour aider la Géorgie à reprendre<br />

pacifiquement son intégrité territoriale<br />

et obtenir le retrait des forces<br />

russes stationnées illégalement sur<br />

le sol géorgien… »<br />

Pendant ce temps, les alliés de<br />

l’Otan continuent à tuer et à se faire<br />

tuer en Afghanistan. On peut se demander<br />

quel est le vrai but de cette<br />

guerre, qui, au début, était de capturer<br />

et punir Osama bin Laden. Un<br />

autre objectif, plus confidentiel, est<br />

valable quelle que soit l’issue de ce<br />

conflit : l’Afghanistan sert à forger<br />

une armée internationale pour policer<br />

la « globalisation » à l’américaine.<br />

L’Europe est surtout une « boîte à<br />

outils » dans laquelle les Etats-Unis<br />

peuvent puiser pour poursuivre ce<br />

qui est essentiellement un projet de<br />

conquête de la planète. Ou, comme<br />

on dit officiellement, la « bonne gouvernance<br />

» d’un monde « globalisé<br />

». Les « impérialistes sionistes » sont<br />

1234567890<br />

mc m+ m- mr<br />

С + - / x<br />

7<br />

4 5<br />

1 2<br />

0<br />

8<br />

9<br />

6<br />

3<br />

-<br />

+<br />

=<br />

sûrement conscients de ce but et le<br />

soutiennent. Mais les autres ? A<br />

par ces illuminés, on a l’impression<br />

d’une Europe somnambule, qui suit<br />

la voix de son maître américain, en<br />

espérant qu’Obama sauvera tout le<br />

monde, mais sans pensée et sans<br />

volonté propres. Plus triste que les<br />

tropiques. Pour conclure, je reviens<br />

à la fameuse « construction européenne<br />

». Je suis consciente qu’il y<br />

avait une époque où il était permis,<br />

et presque raisonnable, d’espérer<br />

que les vieilles nations européennes<br />

se mettraient ensemble paisiblement<br />

dans ce que Gorbatchev, ce<br />

grand cocu de l’histoire, appelait<br />

« notre maison commune ». Mais<br />

depuis il y a eu Maastricht, le néolibéralisme,<br />

le Traité constitutionnel<br />

rejeté puis adopté contre toute procédure<br />

démocratique, et surtout, les<br />

élargissements irréfléchis vers les<br />

pays dont les dirigeants pensent à<br />

poursuivre la Guerre froide jusqu’à<br />

l’humiliation totale de la Russie.<br />

Aujourd’hui, cette construction<br />

a ceci de paradoxal : elle sert<br />

d’Utopie qui distrait du présent en<br />

attendant un avenir qui domine<br />

l’horizon. Et pourtant, elle est vide<br />

de contenu. Elle est dictée beaucoup<br />

moins par un espoir d’avenir<br />

que par une peur et une honte du<br />

passé. L’Europe des nations a perdu<br />

sa fierté et même sa raison d’être<br />

dans les deux grandes guerres du<br />

vingtième siècle, dans le «totalitarisme»<br />

mais surtout – et cela est relativement<br />

récent, depuis 1967 pour<br />

être précis – à cause de l’Holocauste.<br />

L’Europe doit se rendre incapable de<br />

commettre une nouvelle Shoah en<br />

abolissant l’Etat nation, jugé intrinsèquement<br />

coupable, en devenant<br />

«multiculturelle» et en se joignant à<br />

la Croisade menée par son sauveur<br />

historique, les Etats-Unis, pour apporter<br />

la bonne gouvernance et les<br />

Droits de l’Homme au monde entier.<br />

L’Union Européenne n’a pas de<br />

contenu, elle est vouée à se fondre<br />

dans «la Communauté Internationale»<br />

à côté des Etats-Unis. La Construction<br />

européenne est donc tout<br />

d’abord une «déconstruction», pour<br />

emprunter un mot de philosophe.<br />

Ce mirage cache un avenir totalement<br />

imprévu et, aujourd’hui,<br />

imprévisible.<br />

Source : http://www.comite-valmy.<br />

org/spip.php?article418<br />

Article original publié le 18<br />

novembre <strong>2009</strong><br />

Tlaxcala 11décembre /<strong>2009</strong><br />

*Ndlr. Diana Johnstone est<br />

une universitaire, journaliste<br />

américaine et écrivaine de gauche.<br />

Diplomée d’études slaves, elle obtenu<br />

son doctorat à l’Université<br />

du Minnesota. Elle publie régulièrement<br />

des articles d’analyse de<br />

l’actualité internationale dans le<br />

magazine en ligne Counterpunch.<br />

En 1985, elle publie un premier<br />

livre The Politics of Euromissiles :<br />

Europe’s Role in America’s World.<br />

Dans son deuxième livre La Croisade<br />

des fous : Yougoslavie, première<br />

guerre de la mondialisation<br />

(2005), elle porte un regard critique<br />

sur la guerre en Yougoslavie,<br />

remettant en cause la version médiatique<br />

dominante présentant le<br />

nationalisme serbe comme le principal<br />

responsable du conflit.<br />

** Ndlr. « La Der des Ders »<br />

est une expression qui s’est forgée<br />

à la suite de la Première Guerre<br />

mondiale, qui signifie la « Dernière<br />

des dernières (guerres) ». «Le der<br />

des ders» désigne par extension<br />

le soldat, le poilu qui a participé à<br />

cette guerre.<br />

Chine:<br />

Un Britannique<br />

exécuté<br />

Pour la première fois depuis 58<br />

ans, un Européen a été exécuté<br />

par la justice chinoise. Il s'agit d'un<br />

Britannique condamné pour trafic<br />

de drogue. Sa famille dénonçait une<br />

manipulation.<br />

La Chine a exécuté un Britannique<br />

de 53 ans mardi. Akmal<br />

Shaikh était condamné à la peine<br />

capitale pour trafic de drogue. Pékin<br />

a été sourd aux protestations de<br />

Londres et a appliqué la sanction.<br />

La Cour suprême chinoise a rejeté<br />

un ultime appel. Les avocats de la<br />

défense plaidaient des troubles mentaux<br />

bipolaires. La justice a toutefois<br />

estimé qu'aucune preuve n'était apportée.<br />

Elle a alors décidé de procéder<br />

à la première exécution d'un<br />

Européen depuis 1951.<br />

La famille et le gouvernement<br />

britannique avaient réclamé<br />

la clémence ces dernières semaines.<br />

Gordon Brown avait appelé personnellement<br />

son homologue chinois,<br />

Wen Jibao. En vain. Le commerçant<br />

londonien avait été arrêté à Urumqi<br />

en 2007 avec quatre kilos d'héroïne<br />

dans sa valise. En 2008, un procès<br />

de <strong>30</strong> minutes lui a désigné le couloir<br />

de la mort.<br />

Lutte contre la drogue<br />

La famille assure qu'il s'agit<br />

d'une manipulation. Deux hommes<br />

rencontrés en Pologne auraient<br />

profité de son instabilité mentale<br />

pour faire de lui une "mule". Ils<br />

auraient promis à Akmal Shaikh<br />

l'enregistrement de son premier<br />

album de musique pop. L'avocat<br />

du condamné a déploré qu'aucune<br />

évaluation mentale n'ait été acceptée<br />

par la justice. Les autorités chinoises<br />

Vol 253:<br />

Obama<br />

reconnaît<br />

un "échec"<br />

Barack Obama a déclaré mardi<br />

que l'attentat manqué le<br />

jour de Noël contre un avion de<br />

ligne américain entre Amsterdam<br />

et Détroit avait constitué un<br />

"échec" pour les services de sécurité<br />

intérieure et de renseignement<br />

américains. le président américain<br />

a évoqué des "défaillances" dans<br />

les mesures antiterroristes aux<br />

États-Unis. "Lorsque notre gouvernement<br />

détient des informations<br />

sur un extrémiste connu et<br />

que cette information n'est pas<br />

partagée et suivie d'action comme<br />

cela aurait dû être le cas, de sorte<br />

que cet extrémiste embarque dans<br />

un avion avec de dangereux explosifs<br />

qui auraient pu coûter près<br />

de <strong>30</strong>0 vies, il y a faille dans le<br />

système et je considère que c'est<br />

totalement inacceptable", a expliqué<br />

Barack Obama.<br />

Journal du dimanche 29<br />

décembre <strong>2009</strong><br />

Akmal Shaikh<br />

ont, elles, assuré que les droits de la<br />

défense avaient été respectés.<br />

Pour Pékin, cette exécution<br />

résulte de sa détermination à lutter<br />

contre la drogue. "La question<br />

n'est pas de savoir à quel point<br />

nous sommes opposés au trafic de<br />

drogue. Le Royaume-Uni comme<br />

la Chine sont résolus à lutter contre.<br />

La question est de savoir si M.<br />

Shaikh est devenu une nouvelle victime<br />

de ce trafic", a réagi le ministre<br />

britannique des Affaires étrangères,<br />

David Miliband, dans un communiqué<br />

de presse. Le Premier ministre<br />

s'est lui aussi indigné. "Je condamne<br />

l'exécution d'Akmal Shaikh dans<br />

les termes les plus fermes. Je suis<br />

consterné et déçu de voir que nos<br />

constants appels à la clémence n'ont<br />

pas été entendus. Je m'inquiète particulièrement<br />

qu'aucun examen de<br />

santé mentale n'ait été effectué", a<br />

déclaré Gordon Brown.<br />

Journal du dimanche 29 décembre<br />

<strong>2009</strong><br />

Evo Morales<br />

annonce<br />

un Sommet<br />

Climatique<br />

Alternatif pour<br />

avril 2010<br />

Après l’échec du Sommet de Copenhague,<br />

où les pays participants<br />

n’ont pas su définir un accord<br />

afin de compenser le changement<br />

climatique, le président de la Bolivie<br />

a annoncé un Sommet Alternatif qui<br />

devrait être organisé en Bolivie en<br />

avril 2010. Particularité principale<br />

par rapport aux sommets mondiaux<br />

habituels, les chefs d’états et<br />

les représentations officielles ne seront<br />

pas conviés, seuls des groupes<br />

d’experts d’universitaires et les mouvements<br />

sociaux y seront représentés.<br />

Cette décision fait suite aux<br />

déclarations de Morales lors du Sommet<br />

de Conpenhague où il avait<br />

déclaré “Comme il n’y a pas d’accord<br />

et que de profondes différences<br />

idéologiques se maintiennent sur le<br />

choix du meilleur chemin pour affronter<br />

les menaces qui pèsent sur le<br />

monde, c’est précisément les peuples<br />

qui se mobilisent qui doivent fixer les<br />

politiques que l’on doit développer”.<br />

A Travers le Monde<br />

Cuba face à une année<br />

de grands défis<br />

Une année de tension et de travail<br />

prend fin au cours de<br />

laquelle, en dépit de toutes les difficultés,<br />

Cuba a réussi à préserver les<br />

acquis sociaux qui en font un point<br />

de repère au niveau continental et,<br />

d’ores et déjà, les Cubains ont les<br />

yeux tournés vers les projets pour<br />

2010 pour continuer à avancer<br />

sur la voie du perfectionnement de<br />

l’économie dans un monde en proie<br />

à l’incertitude.<br />

La session d’hiver de<br />

l’Assemblée Nationale a fait un bilan<br />

des principaux événements survenus<br />

ces 12 derniers mois et les<br />

députés ont approuvé les grandes<br />

Lignes Economiques et Sociales et le<br />

Budget de l’État pour 2010, considérés<br />

tous les deux comme des outils<br />

fondamentaux pour relever les défis<br />

de l’avenir immédiat.<br />

« En particulier, Cuba doit lutter<br />

contre les conséquences de la crise<br />

globale capitaliste dont l’impact<br />

ne peut pas être évité en raison des<br />

liens étroits qu’ont les économies<br />

nationales avec le marché mondial<br />

» a relevé Osvaldo Martinez, député<br />

qui préside la Commission pour les<br />

Questions Economiques de notre<br />

parlement.<br />

Cuba a été touchée par la chute<br />

des cours du nickel, par la réduction<br />

du nombre de touristes –phénomène<br />

perceptible dans le monde entier- et<br />

elle a dû aussi faire face à la réduction<br />

des sources de financement externe.<br />

Notre pays est frappé aussi de<br />

plein fouet par les effets du blocus<br />

économique, financier et commercial<br />

que les Etats-Unis lui font subir<br />

depuis plus de 50 ans déjà. Le blocus,<br />

avec son enchevêtrement de<br />

lois et d’interdictions ainsi qu’avec<br />

son harcèlement systématique, vise,<br />

non seulement Cuba, mais aussi<br />

tout pays, entreprise ou institution<br />

ayant des relations d’affaires avec<br />

notre petite île.<br />

De plus, tout au long de <strong>2009</strong>,<br />

de très grands efforts ont dû être<br />

consentis à la poursuite de la réparation<br />

des graves dégâts causés par<br />

trois ouragans dévastateurs qui se<br />

sont abattus sur Cuba en 2008.<br />

Malgré ces conditions exceptionnelles,<br />

Cuba a obtenu une croissance<br />

modeste de son PIB de 1,4%<br />

qui bien qu’étant loin des 6% pronostiqués<br />

au début, est un indice<br />

positif dans l’économie cubaine ce<br />

qui n’a pas été le cas dans plus de<br />

la moitié des pays de l’Amérique<br />

Latine et des Caraïbes.<br />

De plus, au milieu du chaos<br />

mondial créé par la crise capitaliste,<br />

notre pays a réussi à maintenir des<br />

indices sociaux très élevés comme<br />

le taux de mortalité infantile de 4,7<br />

pour mille, une espérance de vie de<br />

78 ans et tous les efforts nécessaires<br />

ont été déployés pour protéger la<br />

population contre l’épidémie de dengue<br />

non hémorragique et contre la<br />

pandémie de grippe A (H1 N1).<br />

Au sujet de l’influenza A<br />

Le Président cubain Raul Castro<br />

(H1N1), le Président Raul Castro a<br />

reconnu l’efficacité des mesures prises<br />

pour éviter sa propagation, comme<br />

l’hospitalisation de 57 000 personnes<br />

présentant des symptômes<br />

suspects, et l’hospitalisation à domicile<br />

de 11 000 autres.<br />

Le défi consiste désormais à<br />

maintenir la qualité des acquis sociaux<br />

et des services indispensables<br />

et à approfondir en même temps le<br />

perfectionnement et l’actualisation<br />

du modèle économique.<br />

En clôturant la session d’hiver<br />

de l’Assemblée nationale, le Président<br />

Raul Castro a indiqué que<br />

dans la réalisation de ces tâches il<br />

ne peut pas y avoir de place pour<br />

l’improvisation et la hâte. « Au<br />

milieu d’une situation mondiale<br />

complexe qui pourrait s’aggraver<br />

en 2010, avec un adversaire très<br />

proche et puissant, qui maintient<br />

intact tout son arsenal d’agressions,<br />

Cuba, -comme l’a relevé Raul Castro-<br />

ne peut pas se permettre de se<br />

tromper.<br />

Cuba si lorraine 24 décembre <strong>2009</strong><br />

Le droit de l’humanité à l’existence<br />

Suite de la page (15)<br />

frappants et irréfutables notre ministre<br />

a raconté ce qu’il s’est passé à<br />

Copenhague.<br />

Je dois ajouter que le 19 décembre,<br />

à dix heures du matin, alors que<br />

notre vice-président Esteban Lazo<br />

et notre ministre des Relations extérieures<br />

étaient déjà repartis, on a<br />

assisté à une tentative tardive de<br />

ressusciter le document mort-né de<br />

Copenhague en tant que document<br />

du Sommet. Il ne restait plus alors<br />

pratiquement aucun chef d’État et<br />

seuls quelques ministres. De nouveau,<br />

la dénonciation des membres<br />

restants des délégations de Cuba, du<br />

Venezuela, de Bolivie, du Nicaragua<br />

et d’autres pays a fait capoter la<br />

manœuvre. Voilà comme s’est conclu<br />

le Sommet : sans gloire !<br />

On ne saurait non plus oublier<br />

qu’aux heures les plus critiques de<br />

cette journée-là, tard dans la nuit,<br />

le ministre cubain des Relations<br />

extérieures, et les délégations qui<br />

livraient cette digne bataille, ont offert<br />

leur coopération au secrétaire<br />

général des Nations Unies, Ban Kimoon,<br />

dans la lutte toujours plus<br />

dure qui se déroulait et dans les<br />

efforts à consentir à l’avenir pour<br />

préserver notre espèce.<br />

L’organisation écologique<br />

World Wide Fund (WWF) a averti<br />

que les changements climatiques<br />

échapperaient à tout contrôle dans<br />

les cinq à dix prochaines années si<br />

les émissions n’étaient pas réduites<br />

radicalement.<br />

Mais Obama lui-même<br />

m’épargne la peine de démontrer<br />

ce que j’ai dit sur ses agissements.<br />

Il a déclaré le 23 décembre, dans<br />

une interview à la chaîne de télévision<br />

CBS, que les gens avaient<br />

raison d’être déçus des résultats du<br />

Sommet sur les changements climatiques<br />

: « …au lieu d’un échec total,<br />

d’une inaction totale, ce qui aurait<br />

été un énorme recul, nous avons pu<br />

du moins nous maintenir en gros là<br />

où nous étions… » Selon l’agence<br />

de presse, Obama est le plus critiqué<br />

par les pays qui sentent presque à<br />

l’unanimité que le Sommet s’est<br />

achevé sur un désastre.<br />

L’ONU est maintenant dans<br />

une impasse. Demander à de nombreux<br />

autres États d’adhérer à un<br />

accord arrogant et antidémocratique<br />

serait humiliant.<br />

Poursuivre la bataille et exiger<br />

à toutes les conférences, surtout<br />

celles de Bonn et de Mexico, le droit<br />

de l’humanité à l’existence, en nous<br />

fondant sur la morale et la force que<br />

nous donne la vérité, telle est à mon<br />

avis la seule voie.<br />

Fidel Castro Ruz<br />

Le 26 décembre <strong>2009</strong><br />

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Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010 Haïti Liberté 17


Dans la diaspora<br />

Les dernières Nouvelles de Paris<br />

Par Dr Antoine. F. Pierre<br />

Les actualités haïtiennes de Paris<br />

ont été particulièrement denses et<br />

diversifiées dans et hors la communauté.<br />

Cela vient, en partie, du fait<br />

qu’une nouvelle dimension a été insufflée<br />

par le nouveau programme<br />

artistique de la section culturelle de<br />

l’ambassade d’Haïti. Programme<br />

dont nous avons signalé la richesse<br />

dans notre dernière chronique. Cela<br />

s’ajoute au propre programme de<br />

l’ambassade (stricto senso) que le<br />

Chargé d’Affaires, M. Gaspard a redynamisé<br />

depuis bientôt trois ans<br />

en donnant un éclat particulier aux<br />

commémorations nationales. Tout<br />

cela nous a pris de court et nous<br />

oblige, tout en signalant l’ensemble<br />

des manifestations, à ne développer<br />

que la plupart d’entre elles.<br />

Dans la chronique du mois<br />

de juillet dernier, nous avions juste<br />

signalé le décès du doyen de notre<br />

communauté, M. René Benjamin. De<br />

nombreux et fervents hommages lui<br />

ont été rendus par des parents, des<br />

amis accourus d’Haïti, des U.S.A et<br />

d’ailleurs. Cela s’est passé à la veille<br />

de ses obsèques au cours d’une soirée<br />

organisée à l’Ageca, rue de Charonne<br />

dans le 11e arrondissement de<br />

Paris. On était le 21 juillet et le 22,<br />

les funérailles furent célébrées, dans<br />

la matinée, à l’Eglise Notre-Dame<br />

de la Villette dans le quartier Bolivar<br />

à Paris 20 e . Dans l’après midi la<br />

dépouille a été transférée au cimetière<br />

du Père Lachaise pour être incinérée.<br />

Des officiels, des amis, des parents et<br />

proches de tous âges se sont retrouvés<br />

en une foule compacte et recueillie<br />

pour accompagner le défunt pleuré<br />

et regretté par beaucoup de monde<br />

au sein duquel notre ami a laissé un<br />

vide difficile sinon impossible à combler.<br />

Quelques parents et collaborateurs<br />

ont pris la parole à l’Eglise et<br />

au cimetière pour rappeler les qualités<br />

de l’homme dont le dévouement,<br />

l’attachement désintéressé et agissant<br />

à l’infortune de plus d’un l’ont porté<br />

à l’association de tous ceux qui se<br />

sont confiés à son association Haïti<br />

Développement. Nous avons retenu<br />

les interventions de deux de ses plus<br />

proches collaborateurs, interventions<br />

ô combien émouvantes de nos amis<br />

André Bogentson et Augustin Rémy.<br />

La reprise de la saison mondaine<br />

ou culturelle s’est faite très tôt au mois<br />

de septembre, le 10 exactement avec<br />

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L’ouvrage du professeur Frantz<br />

Antoine Leconte sur le poète et<br />

romancier haïtien Josaphat Large :<br />

La Fragmentation de l’être<br />

la poursuite du programme de service<br />

culturel de l’ambassade d’Haïti à Paris.<br />

Ce fût au Musée du Montparnasse<br />

sur plusieurs thèmes : « Regards<br />

croisés sur Saint Soleil, les peintres<br />

paysans des Soissons la Montagne.<br />

Rencontre avec Carlo Célius, critique<br />

d’art et Jean-Marie Drot réalisateur,<br />

commissaire de l’Exposition, autour<br />

des films : Tiga, rêves, possession,<br />

création, folie d’Arnold Antonin et<br />

le dernier voyage d’André Malraux...<br />

etc ». Sans entrer dans les détails des<br />

différents événements de cette soirée,<br />

il faut quand même signaler que<br />

la rencontre prévue entre Jean-Marie<br />

Drot et Carlo Célius fût explosive par<br />

l’attaque sans ménagement de notre<br />

ami Célius à l’endroit de J-M. Drot. Célius<br />

ne supportait pas que les responsables<br />

de l’exposition qualifient la peinture<br />

haïtienne de « peinture vodou »<br />

avec cette connotation d’exclusion et<br />

de tout autre qualificatif. Cette interpellation<br />

inattendue de J-M Drot par<br />

notre ami marque incontestablement<br />

une relève mouvementée de génération<br />

devant un public plus ou moins<br />

surpris et incrédule.<br />

Le programme prévu pour le<br />

25 septembre au Musée du Montparnasse<br />

toujours avec Carlo Célius,<br />

s’est déroulé sans anicroche. Celius<br />

a fait parler photographes et peintres<br />

de leurs arts respectifs. Nous avions<br />

pu écouter avec beaucoup d’intérêts<br />

les photographes Gérald Bloncourt<br />

et Henry Roy, les peintres Etzer<br />

Charles, Elodie Barthélémy et Eddy<br />

Saint-Martin. Ce fûrent des approches<br />

tout en nuances qui caractérisent<br />

l’influence directe ou indirecte ou pas<br />

du tout de l’imaginaire haïtien dans<br />

la création ou l’expression de chacun<br />

des intervenants dans leurs œuvres.<br />

Pour ce qui concerne les soirées<br />

des 09 octobre et 13 novembre,<br />

nous extrayons de la lettre trimestrielle<br />

n° 3-09 du service culturel de<br />

l’ambassade, ce compte-rendu que<br />

nous sommes heureux de relayer :<br />

« La troisième soirée a<br />

abordé le champ littéraire avec une<br />

trilogie poésie, théâtre qui a donné<br />

lieu à une formidable performance entre<br />

la poésie de James Noel, les textes<br />

de Malraux et les contes de Mimi<br />

Barthélémy. La parole de Jean-René<br />

Lémoine a permis un éclairage très<br />

juste et sensible sur les territoires de la<br />

création qu’ils soient géographiques,<br />

affectifs, symboliques, au-delà des<br />

clivages identitaires. Ces entretiens<br />

ont été menés par Yves Chemla. Hors<br />

programmation, avec les éditions<br />

Vents d’Ailleurs, nous avons le plaisir<br />

d’accueillir Gary Victor pour la<br />

présentation de son dernier roman,<br />

Banal oubli, qui sera accompagné<br />

de la projection du film de Patrick<br />

et Olivier Poivre d’Arvor : Horizons<br />

lointains, Haïti, réalisé par Anne Lescot.<br />

Ce cycle de tables rondes qui<br />

se terminera en décembre, a drainé<br />

jusqu’à présent un public nombreux<br />

et attentif. Il a été rendu possible<br />

grâce à l’esprit curieux et l’accueil<br />

généreux de Jean Digne, président du<br />

musée et de sa sympathique équipe<br />

de collaboratrices dynamiques et<br />

professionnelles. Nous tenons à les<br />

remercier chaleureusement […].<br />

Nous revenons aux autres<br />

événements culturels du mois<br />

d’octobre 09 organisés par diverses<br />

autres associations haïtiennes de<br />

Paris. Ainsi l’association « Pour Haïti<br />

» s’est donné sans doute le plaisir<br />

d’inviter le professeur Frantz Antoine<br />

Leconte de New York, à venir parler<br />

de Josaphat Large, poète et romancier<br />

haïtien, sans penser à alerter le<br />

public en donnant une large publicité<br />

à l’événement. Ces messieurs savent<br />

pourtant bien qu’il ne suffit pas seulement,<br />

même sous le patronage de<br />

l’ambassade d’Haïti à Paris, de rédiger<br />

et distribuer un tract à la va vite.<br />

Résultat, la soirée du vendredi 09 octobre<br />

à la Maison de l’Amérique latine<br />

fût un fiasco. M. Leconte s’est courageusement<br />

et brillamment acquitté<br />

de sa mission devant une vingtaine<br />

de personnes presque triées sur le volet,<br />

autant dire une salle vide ! C’est<br />

dommage pour l’orateur, un homme<br />

de large savoir et de grande gentillesse<br />

qui maîtrisait bien son sujet.<br />

Le 17 octobre <strong>2009</strong>,<br />

l’Association des Taxis Haïtiens de<br />

Paris (ATHP), par l’intermédiaire<br />

de son Groupe de Mécénat, tenait à<br />

commémorer le 203 e anniversaire<br />

de l’assassinat de l’Empereur Jean-<br />

Jacques Dessalines, en organisant une<br />

rencontre désormais rituelle avec un<br />

public grandissant et fidèle. Chaque<br />

rencontre revêt une forme particulière<br />

et nouvelle. Le sujet de la soirée était<br />

confié à votre serviteur qui devait<br />

révéler au public ses notes de lecture<br />

sur l’ouvrage de M. Berthony Dupont<br />

(directeur de notre journal, Haïti Liberté)<br />

intitulé : Jean-Jacques Dessalines<br />

Itinéraire d’un révolutionnaire. Nous<br />

laissons la parole, à M. Guy Cétoute,<br />

autre membre du Groupe de Mécénat<br />

pour le compte rendu.<br />

Une soirée réussie à<br />

l’ATHP<br />

Faire salle comble et élaborer<br />

un riche programme ont toujours<br />

été deux ingrédients indispensables<br />

pour un événement culturel réussi à<br />

l’ATHP, selon les objectifs assignés.<br />

Samedi 17 octobre <strong>2009</strong>, ces deux<br />

conditions ont été réunies. Une soirée<br />

mémorable à tous points de<br />

vue, tant par le brillant exposé du<br />

Docteur Antoine Fritz Pierre, des<br />

déclamations de textes poétiques<br />

que par l’organisation, l’ambiance<br />

et l’état d’esprit général. En effet,<br />

samedi 17 octobre <strong>2009</strong>, au local de<br />

l’ATHP, il s’est passé quelque chose<br />

d’indéfinissable qui marque un tournant<br />

ou une ère nouvelle dans la<br />

manière de faire les choses que toute<br />

l’assistance sélecte a profondément<br />

ressenti ; quelque chose en termes de<br />

qualités expressives des intervenants,<br />

en termes de profondeurs des idées<br />

et sentiments exprimés, en termes<br />

de convictions et d’engagement des<br />

uns et des autres pour cheminer dans<br />

le sens ascensionnel du mieux-être.<br />

Comme si le 203 e anniversaire de<br />

la mort tragique du fondateur de la<br />

patrie haïtienne, Jean-Jacques Dessalines<br />

devait constituer le premier<br />

jalon d’une nouvelle voie à suivre<br />

devant conduire au sommet.<br />

Dès l’ouverture de la soirée par<br />

L’ouvrage de M. Berthony Dupont :<br />

Jean-Jacques Dessalines Itinéraire<br />

d’un révolutionnaire<br />

le propos de bienvenue de l’ATHP,<br />

Achmet Périclès, le ton était donné<br />

par l’invitation de l’assistance à se<br />

servir de l’exemple des preux du passé<br />

comme stimulant pour se projeter<br />

dans l’action victorieuse.<br />

Puis venait le plat de résistance<br />

consistant en la présentation<br />

de l’ouvrage de M. Berthony Dupont<br />

[…] par le Dr. Antoine Fritz Pierre.<br />

Devant une assistance attentive<br />

et conquise, l’orateur de la soirée<br />

s’est acquitté remarquablement<br />

de la lourde tâche en choisissant<br />

une approche linéaire, consistant à<br />

présenter la chronologie rigoureuse<br />

et détaillée des grands moments de<br />

la vie du fondateur de la patrie haïtienne<br />

que l’on peut articuler, en substance,<br />

en trois axes principaux.<br />

Le premier axe s’attachait à<br />

présenter le contexte de la naissance<br />

du futur Empereur dans un monde<br />

esclavagiste inhumain dans lequel<br />

l’enfant Dessalines, esprit rebelle<br />

par nature, faisait souvent l’objet de<br />

sévères sévices corporels qui n’ont<br />

en rien entamé son penchant de<br />

naturel frondeur. Plus tard, devenu<br />

jeune homme il se retrouva sous la<br />

férule d’un Toussaint Louverture<br />

avec lequel il apprendra le métier<br />

des armes, et révélera être un militaire<br />

accompli, et son aptitude pour<br />

le commandement des hommes. On<br />

dira même de lui qu’il fût un habile<br />

tacticien et un grand stratège.<br />

Le deuxième axe a décrit les<br />

étapes difficultueuses conduisant à<br />

la bataille victorieuse de Vertières<br />

où l’armée indigène a définitivement<br />

terrassé l’armée napoléonienne. On<br />

retient les incompréhensions qui se<br />

sont élevées entre le général en chef<br />

des armées et certaines bandes de<br />

marrons ayant à leur tête les Lamour<br />

Dérance, Petit Noël Prieur, qui ont<br />

hésité à rejoindre l’armée indigène.<br />

Le troisième axe a abordé<br />

les événements qui ont conduit à<br />

l’assassinat de l’Empereur, deux ans<br />

seulement après la proclamation de<br />

l’indépendance du pays. L’ autorité<br />

de Dessalines a été contestée par<br />

les hauts gradés, notamment Christophe,<br />

au premier chef, puis Guérin,<br />

Pétion. Jusqu’à l’incompréhensible<br />

assassinat, au Pont-Rouge, le 17 octobre<br />

1806. On a compris qu’il s’est<br />

passé quelque chose qui mérite réflexion<br />

sur soi, car l’écart est énorme<br />

entre les menées collectives admirables<br />

des généraux indigènes pour<br />

vaincre l’armée napoléonienne et les<br />

menées souterraines de ces mêmes<br />

généraux qui ont conduit au lâche<br />

assassinat contre l’Empereur. On ne<br />

peut qu’être partagé entre estime et<br />

stupeur sur ces hommes à qui nous<br />

devons tant.<br />

Après les débats, il y a eu<br />

présentation par Guy Cétoute d’une<br />

délégation africaine composée de<br />

Sékou Diawara, Teham Wagram,<br />

Popo Klaah, qui annonçait en substance<br />

la constitution d’un groupe de<br />

travail « Réfléchir et agir », en vue<br />

de la célébration des 50 ans des indépendances<br />

africaines au cours de<br />

l’année 2010.<br />

S’ouvrait alors la partie purement<br />

culturelle marquée par la<br />

déclamation de poèmes de circonstances<br />

dans l’ordre que voici :<br />

Lecture du poème : La légende du<br />

drapeau (poème de Luc Grimard),<br />

par Mme Violande Glaude. Intermède<br />

musical, guitare et percussion, avec<br />

les artistes Gary Legrand et Harry<br />

Laurent. Lecture de poèmes : Pierre<br />

Sully (poème de Nel), par la comédienne<br />

Esther Guignard, avec une<br />

voix d’homme qui imprimait au texte<br />

une tonalité de canon. Charlemagne<br />

Péralte (poème de Nel), par Berlioze<br />

Joseph. Charlotin Marcadieu (poème<br />

de Nel), par Mme Violande Glaude.<br />

Seconde intermède musicale,<br />

guitare et percussion, avec les artistes<br />

: Gary Legrand et Henri Laurent.<br />

Poème, Dessalines nous parle<br />

(poème de Jean Brierre), mise en<br />

scène et joué par la Compagnie, Comédiens<br />

et Plus.<br />

Les artistes se sont surpassés<br />

pour faire de la soirée un moment<br />

unique en portant les textes par leurs<br />

voix, dans les sphères où règnent les<br />

grands disparus. Grand moment<br />

d’apothéose pendant lequel l’âme de<br />

l’assistance a vibré avec les mânes<br />

des ancêtres. Tout était de l’ordre<br />

de l’éloquence, qui est l’expression<br />

dans sa plénitude. Un grand coup de<br />

chapeau au « Groupe de Mécénat »<br />

de l’ATHP qui a su trouver la note<br />

juste pour offrir ce grand moment.<br />

L’Empereur Dessalines le mérite bien.<br />

Le défi qui leur est lancé maintenant<br />

est de pouvoir se maintenir à ce sommet<br />

qu’a été la soirée du samedi 17<br />

octobre <strong>2009</strong>.<br />

Le jeudi 22 octobre l’ambassade<br />

d’Haïti à Paris nous avait conviés, à<br />

la Maison de l’Amérique latine à venir<br />

débattre avec le public, l’écrivain<br />

poète Lyonel Trouillot et le professeur<br />

Raphaël Lucas (de Bordeaux)<br />

sur le thème : Regards des écrivains<br />

sur Dessalines. Notre ami Carlo Célius<br />

dirigeait ce débat. En la circonstance,<br />

la grande salle était bien remplie<br />

(plus de 150 personnes) et la soirée<br />

pouvait commencer par l’allocution<br />

de bienvenue du chargé d’affaires,<br />

M. Fritzner Gaspard qui soulignait<br />

que « l’événement de cette soirée<br />

répondait à la nécessité de valoriser<br />

davantage la dimension historique<br />

dans la diplomatie haïtienne et que<br />

c’était une bonne occasion pour rencontrer<br />

la communauté haïtienne<br />

[…]. Après quoi, M. Célius appelait<br />

les orateurs à s’exprimer en commençant<br />

par M. Trouillot, puis M.<br />

Lucas. A la fin de leur intervention,<br />

il en fit un résumé et appela le public<br />

à s’exprimer. Nous avions écouté tout<br />

ce monde et compris vu la pertinence<br />

des questions posées par le public,<br />

nous avions compris, disons-nous,<br />

que les deux orateurs de la soirée ont<br />

présenté leurs propres regards sur Dessalines<br />

et non ceux des autres écrivains,<br />

comme cela avait été demandé<br />

dans le libellé du thème fixé dans le<br />

carton d’invitation. C’était, certes intéressant,<br />

mais nous eussions été plus<br />

satisfait d’apprécier un tour d’horizon<br />

sur les opinions de multiples auteurs<br />

haïtiens ou étrangers sur un hommes<br />

dont les actes et la vie n’ont pas fini<br />

de provoquer de grandes et parfois de<br />

graves réflexions à travers le monde,<br />

dès qu’il s’agit d’Haïti.<br />

A Suivre<br />

Flawed Election<br />

Suite à la page (9)<br />

Demand that the <strong>Haiti</strong>an<br />

government facilitate<br />

the return of Jean-Bertrand<br />

Aristide to his native land<br />

when he so chooses, including<br />

assuring his personal security.<br />

Demand that the foreign<br />

aid promised to <strong>Haiti</strong><br />

to rebuild its economy and<br />

social infrastructure be made<br />

immediately available. Less<br />

than five per cent of the<br />

$760 million promised by<br />

an April, <strong>2009</strong> UN-hosted<br />

international conference has<br />

been delivered. Substantially<br />

greater sums must be provided<br />

in recognition of the<br />

destructive and illegal coup<br />

d’etat of 2004.<br />

For more background<br />

on the announced February,<br />

2010 election: http://<br />

www.miamiherald.com/<br />

opinion/other-views/v-print/<br />

story/1376563.html<br />

For more background<br />

on <strong>Haiti</strong>, view the website<br />

of the Canada <strong>Haiti</strong> Action<br />

Network:<br />

http://canadahaitiaction.ca/<br />

or phone <strong>Haiti</strong><br />

Solidarity BC (Vancouver)<br />

at 778 858 5179 or Toronto<br />

<strong>Haiti</strong> Action Network at 416<br />

731 2325<br />

In Canada, please send<br />

messages of concern to<br />

the following:<br />

GOVERNMENT<br />

Prime Minister<br />

Stephen Harper<br />

2010 politique<br />

Suite de la page (7)<br />

sans la participation du parti<br />

Fanmi Lavalas, le premier<br />

parti politique du pays en<br />

nombre de militants et de voix.<br />

En 2010, on reprend la même<br />

attitude d’exclusion, l’on recommence.<br />

Les électeurs lavalassiens<br />

n’ont pas droit aux<br />

élections. Mais selon certains,<br />

si cela peut apporter une solution<br />

aux problèmes du pays<br />

tant pis. Or, tout le monde le<br />

sait, cela ne fera qu’aggraver<br />

l’instabilité politique du pays<br />

en excluant d’office la majeure<br />

partie des électeurs d’un scrutin<br />

à caractère national.<br />

Pourtant, les élections<br />

de 2010 restent vraiment<br />

capitales pour la population,<br />

le pays et la Communauté<br />

internationale qui souhaite<br />

que le pays retrouve la stabilité<br />

politique que tous les acteurs<br />

semblent réclamer pour<br />

qu’enfin l’économie, dans le<br />

vrai sens du terme, ait droit<br />

de cité. Comment donc peuton<br />

exclure un pan entier de<br />

la population d’une démarche<br />

dite démocratique et pluraliste<br />

quand cette démarche la<br />

concerne au premier chef ?<br />

L’année 2010 est, à n’en<br />

pas douter, l’année des choix<br />

et devrait être aussi celle du<br />

changement véritable. Alors,<br />

l’on est en droit de se demander<br />

s’il peut y avoir des choix<br />

sans la participation de tous ?<br />

Et surtout, le changement que<br />

prônent l’élite politique haïtienne<br />

et la Communauté internationale<br />

pour Haïti, le sera<br />

au profit de qui ?<br />

Il se trouve que les choix<br />

qui seront faits les 28 février<br />

Phone: 613-946-8682<br />

Email: pm@pm.gc.ca<br />

Address:<br />

Office of the Prime Minister<br />

80 Wellington Street<br />

Ottawa, Ontario K1A 0A2<br />

Lawrence Cannon<br />

Minister of Foreign Affairs<br />

Tel: (613) 992-5516<br />

Fax: (613) 992-6802<br />

Email: Cannon.L@parl.gc.ca<br />

Address:<br />

House of Commons<br />

Ottawa, Ontario K1A 0A6<br />

Peter Kent<br />

Minister of State of Foreign<br />

Affairs (Americas)<br />

Tel: (613) 992-0253<br />

Fax: (613) 992-0887<br />

Email: kentp@parl.gc.ca<br />

Address:<br />

House of Commons<br />

Ottawa, Ontario K1A 0A6<br />

Bev Oda<br />

Minister of International<br />

Cooperation<br />

Tel: (613) 992-2792<br />

Fax: (613) 992-2794<br />

Email: Oda.B@parl.gc.ca<br />

Address:<br />

House of Commons<br />

Ottawa, Ontario<br />

K1A 0A6<br />

Embassy of the Republic<br />

of <strong>Haiti</strong><br />

Mrs. Marie Nathalie<br />

Menos-Gissel, Minister-<br />

Counsellor and Chargé<br />

d’Affaires<br />

1<strong>30</strong> Rue Albert, No. 1409<br />

Ottawa, Ontario<br />

K1P 5G4 Canada<br />

Phone: (613) 238 1628<br />

et 3 mars prochains seront<br />

déterminants pour l’avenir<br />

du pays et de ses habitants.<br />

Or, dans le contexte actuel, il<br />

serait plus important que ce<br />

soit l’ensemble de la population<br />

qui détermine son choix.<br />

Sommes nous revenus au<br />

temps où ce sont ceux d’en<br />

haut qui décident de tout pour<br />

ceux d’en bas ? L’on ne peut<br />

imaginer que les autorités<br />

politiques haïtiennes et celles<br />

de la Communauté internationale<br />

puissent penser qu’au<br />

vingt-et-unième siècle, le peuple<br />

haïtien n’est toujours pas<br />

assez adulte pour choisir seul<br />

ses représentants et déterminer<br />

seul son avenir. Si tel est le<br />

cas, ce serait une grave erreur<br />

de la part de ceux qui ont fait<br />

preuve de leur incompétence<br />

dans la gestion du pays et de<br />

leur incapacité à porter le pays<br />

vers la modernité.<br />

Les choix qui seront<br />

faits cette année ne devraient<br />

pas être des choix imposés<br />

du sommet ni concoctés dans<br />

l’antichambre des Palais nationaux<br />

ou internationaux.<br />

Sinon, le résultat à la fin de ce<br />

cycle politique serait pire que le<br />

précédent. On l’a vu, à chaque<br />

fois qu’on a empêché la population<br />

de choisir elle-même<br />

ses représentants dans les différentes<br />

instances de gouvernance<br />

du pays, l’affaire s’est<br />

toujours mal terminée. Cette<br />

année les choix sont doublement<br />

utiles, d’où l’urgente<br />

et impérieuse nécessité pour<br />

la population de choisir des<br />

femmes et des hommes en qui<br />

elle a confiance et surtout des<br />

gens ayant une certaine idée<br />

Fax: 613 238 2986<br />

Email: bohio@sympatico.ca<br />

OPPOSITION<br />

Bob Rae<br />

Liberal Foreign Affairs<br />

Critic<br />

Tel: (613) 992-5234<br />

Fax: (613) 996-9607<br />

Email: raeb@parl.gc.ca<br />

Address:<br />

House of Commons<br />

Ottawa, Ontario<br />

K1A 0A6<br />

Francine Lalonde<br />

Bloc Quebecois Foreign<br />

Affairs Critic<br />

Tel: (613) 995-6327<br />

Fax: (613) 995-5173<br />

Email: lalonf@parl.gc.ca<br />

Address:<br />

Bureau 211,<br />

Édifice de la Justice<br />

Ottawa, Ontario<br />

K1A 0A6<br />

Paul Dewar<br />

NDP Foreign Affairs Critic<br />

Tel: (613) 946-8682<br />

Email: dewarp@parl.gc.ca<br />

Address:<br />

House of Commons<br />

Ottawa, Ontario<br />

K1A 0A6<br />

In <strong>Haiti</strong>, contact:<br />

MINUSTAH<br />

11, Impasse Théodule<br />

Bourdon<br />

Port-au-Prince, Haïti<br />

Téléphones Portable:<br />

011 5093 478 6299 / 011<br />

5093 702 6522<br />

Bureau: 011 5092 244 2050<br />

ext. 6099, 6555, 6035,<br />

3347<br />

Email: press@minustah.org<br />

républicaine de : liberté, égalité,<br />

fraternité. Car, cette année<br />

est aussi celle du changement.<br />

Changement des maires, des<br />

députés et des sénateurs qui,<br />

durant leur mandat, n’avaient<br />

rien réalisé ni pour leurs électeurs<br />

ni pour leurs circonscriptions<br />

ou leurs départements.<br />

Ils méritent qu’on les renvoie<br />

définitivement à leurs châteaux<br />

qu’ils ont eu le temps de<br />

construire.<br />

Il faut des femmes et des<br />

hommes neufs et compétents<br />

capables de prendre en compte<br />

le retard de ce pays sur ses<br />

voisins du continent. Changement<br />

de Président de la République.<br />

Etant arrivé au terme de<br />

son mandat constitutionnel, le<br />

peuple sera appelé à faire un<br />

choix parmi des dizaines de<br />

candidats. Attention à ne pas<br />

se tromper sur la personne<br />

ou du moins sur le candidat<br />

ou la candidate. L’expérience<br />

et la compétence doivent être<br />

les premiers critères de sélection<br />

du vote ou de choix. Il<br />

faut un nouveau chef de l’Etat<br />

ayant une certaine vision<br />

pour ce pays. Nous ne devons<br />

plus parler des « Petits projets<br />

de la présidence » mais des<br />

« Grands travaux de la République<br />

». Nous ne sommes<br />

plus au dix-neuvième siècle,<br />

mais au vingt-et-unième. Il<br />

faut quelqu’un nourrissant<br />

de grands desseins capables<br />

de sortir le pays du sousdéveloppement<br />

chronique<br />

dans lequel il s’accroche.<br />

2010 devra être l’année électorale,<br />

l’année des choix et du<br />

changement d’hommes et de<br />

politique.<br />

Manzè lanjelis fèk bite<br />

San l pa menm ko tonbe<br />

Yon lane trepase<br />

Fin koule dènye gout<br />

Koule dènye degout<br />

Rive nan tobout<br />

Jis li rive mete yon bout<br />

Nan kayanbouk listwa<br />

Demilnèf fin fennen<br />

Devide dènye degout<br />

Dènye degout lè l<br />

Dènye degout fyèl<br />

Kite n nan chalè<br />

Chalè lokipasyon<br />

Lokipasyon desepsyon<br />

Chalè lekzil<br />

Chalè lesklizyon<br />

Chalè analfabetis<br />

Chalè grangou<br />

Chalè lavichè<br />

Chalè revokasyon<br />

Anvan demilnèf sefwe<br />

Sèpan dezespwa<br />

Met soutàn inikite<br />

Sou po do ipokrizi<br />

Pou kraponnen fidèl<br />

Levanjil zonbifikatè<br />

Pou fè yo di amèn<br />

Pou vèsè tèt anba<br />

Pou vèsè kabouya<br />

Demilnèf te anmè<br />

Anmè pase nanm fyèl<br />

Pase nannan fyèl<br />

Fyèl bèf kabwa<br />

Travay fin debaba<br />

Anmè pou anplwaye<br />

Lespwa revoke<br />

Anmè pou militan<br />

Minista arete<br />

Pou 2010 ka bèl<br />

Anmè pou Ayiti<br />

Ki anba bòt lokipasyon<br />

Demilnèf sefwe<br />

Demilnèf fè vwèl<br />

Men l pa geri<br />

Gou anmè fyèl<br />

Gou kòripsyon<br />

Gou eksklizyon<br />

Move gou lekzil<br />

Ki pa fin chatouyèt<br />

Tout lizyè lalwèt<br />

Tout patizan lepèp<br />

Demilnèf sefwe<br />

Demilnèf demake<br />

Demilnèf anbake<br />

Demilnèf antere<br />

Li kite n nan malè<br />

Kite n ak gou mizè<br />

Li fè n monte kalvè<br />

Malè pòvrete<br />

Kalvè lekzil<br />

Kalvè lesklizyon<br />

Kalvè pèsekisyon<br />

Kalvè pongongon<br />

Kalvè madichon<br />

Kalvè giyon<br />

Anvan douvanjou<br />

Gentan fin trepase<br />

Anvan douvanjou<br />

Kase lezo<br />

Sou fon lantouray<br />

Letènite men longè<br />

Yon lane tou nèf<br />

Debake<br />

Derape<br />

Depoze<br />

Pote boure<br />

Trap de<br />

Demildis<br />

Konsa l rele<br />

Anvan grèg bajou<br />

Koule kafe ti moulen<br />

Demildis debake<br />

Trap de<br />

Brid sou kou<br />

Sa l ap pote<br />

Pou twoukoukou<br />

Pou demildis ta gou<br />

Nan bouch tout site<br />

Ki divòse ak solèy<br />

Fòk katachapika lanmò<br />

Lanmò pwenn fè pa<br />

Pwenn fè pa depi opa<br />

Ta djage koupe souf<br />

Tou ONG velekete<br />

Asosiyasyon kouyon<br />

Fondasyon bidon<br />

Gage raketè atoufè<br />

Aksyonè anjandre<br />

Kadejakè legal<br />

Volè ak kostim<br />

Estwopyèz ak kikit<br />

Pou 2010 ta vanyan<br />

Pou lespwa ta djougan<br />

Fòk tout vye okipan<br />

Okipan mangouyan<br />

Okipan je drandran<br />

Salopri batanklan<br />

Zantray kayiman<br />

Ta trepase angranjan<br />

Anvan joudlan<br />

Ta debake anpenpan<br />

Ala fete n ta fete<br />

Ala tete n ta tete<br />

Asuiv<br />

J Fatal Piard<br />

18 Haïti Liberté<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010 Haïti Liberté 19


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Hablamos español.<br />

20<br />

Haïti Liberté<br />

Vol. 3 No. 24 • Du <strong>30</strong> Décembre <strong>2009</strong> au 5 Janvier 2010

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