Haiti Liberte 28 Octobre 2009

haitiliberte

Vol. 3 No. 15 • Du 28 octobre au 3 novembre 2009 Haiti: 10gdes / USA: $1.00 / France 1.50 / Canada: $1.50

HAITI

Justice

Vérité

Indépendance

LIBERTE

1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210 Tel: 718-421-0162 Email: editor@haitiliberte.com Web: www.haitiliberte.com

«ASSAINISSEMENT

DE PORT-AU-PRINCE»

A QUEL PRIX?

Selebrasyon

jounen

entènasyonal

lang kreyòl

la an Ayiti

Page 6

Voir page 4

René Préval

plus que prêt

Pour

l’installation

d’un pouvoir

derrière le trône

Page 7

Devant la Cathédrale de Port-au-Prince, accompagné de la police, sous prétexte

d'assainir la capitale des bulldozers ont été utilisés pour détruire les marchandises

gardées dans des caisses en bois et en fer, puis le tout passé au feu

Le

capitalisme

en crise

a besoin

d’un conflit

militaire

majeur

Page 10

RELATIONS HAÏTIANO-DOMINICAINES:

DES PRODROMES DE NOUVELLES VÊPRES!

Voir page 4

Trois des quatre cadavres extraits des fours oú ils ont été carbonisés, furent rapatriés. Le quatrième

totalement calciné n'a pu être récupéré, selon les autorités dominicaines

Quelle sera

la décision

d'Obama sur

la levée du

blocus contre

Cuba?

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

Les gladiateurs du « héros »

Préval en action

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Tél: 509-3407-0761

Responsable:

Yves Pierre-Louis

Par Berthony Dupont

Le jeu de coquins que concoctent la présidence et ses

faux-sénateurs du 21 juin de la Plateforme politique

Lespwa renferme des enseignements quasiment inépuisables,

édifiants en tout cas et susceptibles de faire travailler

pour longtemps l’imagination. Cette classe de mercenaires

et de mécréants qui, hier encore complotaient sur le dos des

masses populaires pour les isoler du pouvoir, les voilà déjà

à couteaux tirés. Quel drôle de coup de théâtre au sein des

frères et sœurs siamois ?

En effet, le lundi 19 octobre les troupes de Lespwa,

au sénat, ont accaparé la présidence de toutes les commissions

permanentes au cours d’une séance en catimini au

parlement, puisque un bon nombre de sénateurs n’auraient

même pas été au courant, surtout ceux que la bande à Préval

voulait évincer. Des sénateurs, comme par exemple, Edmonde

Supplice Beauzile, Youri Latortue, Rudy Hériveaux

et Evallière Beauplan qui étaient absents, ont qualifié cette

séance de coup d’« inélégance », de « crétinisme politique

», ou d’ « indécence ». Pour Hérivaux c’est « la gloutonnerie,

la gourmandise et la voracité qui marquent les actions

» des élus de Lespwa. Le sénateur Évallière Beauplan

en pleurant, semble t-il, a fait savoir que « Lespwa a tout

accaparé », en ajoutant « aujourd’hui, il ne faut pas laisser

le Sénat tomber dans la dérive parce que tout simplement

un groupe a choisi de faire un coup d’État en son

sein ». Répandant des larmes de crocodile, tous se sont mis

à dénoncer la goinfrerie politique de Lespwa. Que n’ontils

pas eu le courage de dire la vérité, à savoir que cette

«dérive» n’est que la conséquence de leur inconséquence,

pour avoir accepté que ces sinécuristes du 21 juin 2009

siègent à la chambre haute en tant que sénateurs.

En fait, les poulains de Préval ne chôment pas, menés

par le fameux et redoutable sénateur démagogue Anacacis.

En effet, après avoir occupé les commissions au Parlement,

ils partent maintenant en guerre contre la Première ministre

Michèle Duvivier Pierre-Louis. Ainsi, dans un courrier daté

du 23 octobre 2009, ils l’ont officiellement informée d’une

séance d'interpellation de son gouvernement prévue pour

le jeudi 29 octobre 2009. Et sans aucune gêne, ils ont publiquement

déclaré qu’ils en ont informé le président. A en

croire, le vice-président du Sénat Michel Clérié, de la Fusion

et allié de Lespwa et de la présidence: « Nous étions trois

sénateurs à rencontrer le chef de l'Etat pour lui demander

de commencer à préparer la succession de Michèle Duvivier

Pierre-Louis».

Prise de panique, Madame, avec des mots remplis

d’émotion, s’est adressée à la nation, ce 27 octobre. Oubliant

d’un coup son paraphe sur la liste du collectif NON

publié le 23 septembre 2003, pour boycotter la célébration

du Bicentenaire de l’indépendance du pays, elle a ingénument

parlé de son patriotisme et de son engagement

citoyen qui l’avaient porté à accepter le poste de Premier

ministre. Elle a parlé des Fonds Petro-Caribe dont le montant,

a-t-elle fait savoir, a permis « de créer de nombreux

emplois même temporaires, d'augmenter la production

nationale, de réhabiliter des écoles, centres de santé, tribunaux,

commissariats ». Pour toutes ses grandes réalisations,

elle a sollicité un audit de son administration, car elle

veut partir de la chambre haute, ce 29 octobre, « la tête

haute ».

Mais ce qui l’a beaucoup plus frappée, ce qui l’a beaucoup

plus fait souffrir c’est de voir comment ceux-là mêmes

dont elle était complice des manigances et magouilles de

Préval et de la Communauté Internationale pour faire d’eux

des sénateurs, se retournent aujourd’hui contre elle et veulent

sa destitution apparemment pour sa gestion de 197 millions

de dollars, sans doute une banale affaire pour elle.

Drôle de coup de Jarnac, drôle de coup bas ! Toutefois,

le peuple n’a qu’à rester bien loin de cette contradiction

secondaire, cette lutte interne au sein d’un pouvoir corrompu,

vil instrument entre les mains des pays impérialistes.

Ce n’est pas sans raison que selon le Miami Herald du 26

octobre 2009, la Communauté internationale et les Etats-

Unis en particulier se disent très préoccupés et soutiennent

l’actuel chef du gouvernement haïtien. La bourgeoisie patripoche

également s’est montrée concernée et pour calmer

les esprits revanchards des sénateurs de Lespwa, elle a

scandé par la voix de Reginald Boulos que « cette option

conduira à une instabilité politique ».

Quelles que soient les causes de cette soudaine levée

de boucliers contre la Première ministre de la part des fauxsénateurs

ingrats de Lespwa, il ne s’agit au fond que de

provocations de Préval pour continuer sa politique de renforcement

de l’occupation, une façon claire et nette de contrôler

la situation et… tous ses gladiateurs.

Email :

editor@haitiliberte.com

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www.haitiliberte.com

DIRECTEUR

Berthony Dupont

EDITEUR

Dr. Frantz Latour

RÉDACTION

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives

Fanfan Latour

Guy Roumer

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Wadner Pierre

Jean Ristil

COLLABORATEURS

Marie-Célie Agnant

Carline Archille

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

Morisseau Lazarre

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Jacques Elie Leblanc

Roger Leduc

Joël Léon

Claudel C. Loiseau

Anthony Mompérousse

Dr. Antoine Fritz Pierre

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ADMINISTRATION

Bernier Archille

Jean Bertrand Laurent

DISTRIBUTION: CANADA

Pierre Jeudy

(514)727-6996

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Pierre Baptiste

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2

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009


A Travers Haiti

Installation d’un nouveau Conseil

électoral provisoire

Par Yves Pierre-Louis

Bilan de l'inondation à Carrefour

Cinq personnes sont mortes, quatre

autres sont portées disparues

; cinq maisons détruites et plus de

cinq cents autres endommagées, tel

est le bilan de l'inondation, glissement

de terrain et éboulement à

Carrefour, une commune située au

Sud de la capitale haïtienne, suite

aux pluies diluviennes qui se sont

abattues mardi soir 12 octobre 2009

dans les zones métropolitaines.

Outre Bizoton, les zones les plus

touchées à Carrefour sont Thor, le

Bois Dioute, Diquini et d'Aquim.

Le lendemain, les habitants

des zones victimes se sont descendus

dans la rue pour protester contre le

comportement des autorités locales et

centrales du pays face à la situation

Le nouveau président du CEP

replâtré, Gaillot Dorsainvil

Après la publication de l'arrêté

présidentiel nommant les neuf

membres du Conseil électoral provisoire,

les dits membres de ce nouveau

Conseil ont officiellement prêté

serment par devant la Cour de cassation

puis ont été installés à leur

poste le mercredi 21 Octobre 2009.

Tout de suite après la cérémonie

d'installation qui s'était

déroulée sous la houlette du ministre

de la Justice et de la Sécurité publique,

Me Joseph Exumé, les conseillers

se sont réunis en assemblée

pour procéder à la formation d'un

nouveau bureau.

C'est ainsi que le représentant

des handicapés, le conseiller

Gaillot Dorsainvil a été élu président,

celui de la fédération nationale des

CASECS, Jean Thélève Pierre Toussaint,

vice-président, le représentant

dont ils sont victimes. Ils ont dénoncé

les maires de Carrefour, particulièrement

Yvon Jérôme et le ministre des

Travaux Publics, Jacques Gabriel qui

n'ont pris aucune disposition pour curer

les lits des ravins de la zone avant la

saison cyclonique.

Le maire de Carrefour, Yvon

Jérôme et le ministre des Travaux publics,

Jacques Gabriel s'étaient rendus

à Bizoton au cours de la journée du

mercredi 21 octobre pour constater les

dégâts. Des engins des travaux publics

sont rapidement arrivés sur les lieux

afin de réaliser les travaux de curage de

la ravine.

Le gouvernement de son côté

a mis à la disposition de chacune des

victimes une somme misérable de 30

mille gourdes pour couvrir quelques

du secteur syndical, Jacques Belzin a

été désigné au poste de trésorier.

Tandis que le représentant

du culte réformé, le pasteur Leonel

Raphaël conserve son poste du secrétaire

général au sein de l'institution

électorale inconstitutionnelle.

Selon le nouveau président

de ce CEP replâtré, Gaillot Dorsainvil,

les élections législatives pourraient

se tenir au cours des quatre

premiers mois de l'année 2010.

Pour ce faire un projet de calendrier

et d'un budget électoraux seront

soumis à l'appréciation de l'Exécutif

très bientôt. Cependant, un scénario,

permettant d'organiser les élections

dans un délai allant de 90 à 120

jours, dès l'entrée en fonction

Suite à la page (18)

frais. L'année dernière, plus de 197

millions de dollars ont été débloqués

par le gouvernement de Michèle Pierre-

Louis pour réparer les dégâts des ouragans

dévastateurs et pallier à tous les

éventuels dégâts de l'année en cours.

Cette somme rondelette a été dépensée

de façon douteuse de l'avis de plus d'un

et pour d'autres, détournée et gaspillée.

Et voilà maintenant la population de

Carrefour envahie par les eaux en crue.

A Léogâne, depuis environ plus d'une

année, le système d'eau potable a été

complètement détruit.

La population réclame du secours

des autorités depuis des mois, et jusqu'à

présent rien n'a été fait. Comme toujours,

elles attendaient que surviennent

des décès avant d’intervenir.

Yves Pierre-Louis

Interpellation du

gouvernement de Michèle

Duvivier Pierre-Louis

Le gouvernement dirigé par la Première ministre,

Michèle Duvivier Pierre-Louis

Cinq sénateurs du grand corps,

Wencesclass Lambert, Jean Hector

Anacacis, John Joël Joseph, Moïse

Jean Charles, Judnel Jean et Yvon

Buissereth, lors d'une séance tenue

en assemblée, le jeudi 22 octobre

dernier, ont décidé d'interpeller le

gouvernement dirigé par la Première

ministre, Michèle Duvivier Pierre-

Louis, depuis environ un an. La séance

d'interpellation devrait se tenir

le jeudi 29 Octobre prochain avec

des motifs clairement définis qui ne

sont autres que l'insatisfaction générale

de la politique économique

et sociale de ce gouvernement et

la gestion catastrophique de plus

197 millions de dollars qui avaient

été débloqués dans le cadre du

programme du fonds d'urgence en

faveur de la population après le

passage des ouragans dévastateurs

d'Août et septembre 2008.

Sous la pression des parlementaires,

le gouvernement de Michèle

Pierre-Louis s'était vu obligé de donner

un rapport rempli de photos sans aucune

précision sur les 197 millions dollars

puisés du fonds Pétrocaribe en vertu

d'un accord bilatéral signé entre Venezuela

et Haïti, lors de l'accession de

René Préval au pouvoir en mai 2006.

Selon la constitution de 1987

toute interpellation d'un gouvernement

doit déboucher sur un vote de confiance

ou une motion de censure. Certains

disent que cette interpellation est une

manoeuvre politique du président René

Préval pour faire tomber ce gouvernement,

vu la mauvaise performance du

gouvernement de Michèle Pierre-Louis.

Le président René Préval qui est en

butte à une impopularité cherche à tout

prix à dégager une majorité structurante

dans la perspective des prochaines

compétitions électorales. Il a déjà mis

en place son propre Conseil électoral, il

a également mis en branle les Collectivités

territoriales dans le cadre d'un projet

mûrement réfléchi pour le renforcement

de sa plateforme politique Lespwa. Il ne

lui reste qu’à mettre hors jeu son équipe

gouvernementale et la remplacer par

d'autres personnalités plus dynamiques

et vouées à sa cause pour neutraliser

ses adversaires incontournables.

Yves Pierre-Louis

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Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009 Haïti Liberté 3


Relations haïtianodominicaines:

Des prodromes de nouvelles Vêpres!

Par Hervé Jean Michel

« Assainissement

de Port-au-Prince»

A quel prix?

Par Hervé Jean Michel

Quatre ressortissants haïtiens vivant

et travaillant en République

Dominicaine, ont été sauvagement

abattus par balles, et, geste odieux

qui rappelle les fours crématoires

de Hitler, les cadavres ont été jetés

dans des fours pour la cuisson du

bois pour la préparation du charbon.

Ce crime affreux commis le mardi

20 octobre 2009, dans la localité

de Boca de Cachòn y Los Pinos del

Edén (Jimani), a coûté la vie à Bénel,

Bénistil, Jolices et Dieumérite, compatriotes

haïtiens ainsi connus. Un

cinquième haïtien qui travaillait aussi

dans la localité, Hébert Bésil quoique

grièvement blessé par balle a eu la

chance d'être admis à l'hôpital.

Selon les informations en provenance

de la République voisine, ils

étaient 18 Haïtiens qui coupaient

du bois pour fabriquer du charbon

dans un champ appartenant à un

certain Luc. Aucune nouvelle n'a été

communiquée sur les rescapés. Le

blessé rescapé a témoigné sur son

lit d'hôpital : « Nous étions 18 dans

le champ, travaillant par groupe de

6. Un bruit suspect a attiré mon attention.

Je courus sans savoir pourquoi».

Face à tant de barbaries, il a

juré de ne jamais remettre les pieds

dans ce pays de malheur. Ce qui

serait un bon précédent, si tous les

Haïtiens décidaient effectivement de

ne plus regarder la terre dominicaine,

cette terre qui a vu couler le sang de

centaines de milliers de damnés Haïtiens.

Comme de coutume, les autorités

dominicaines disent former une

commission d'enquête pour établir

les circonstances dans lesquelles

ces atrocités ont été commises. Elles

disent condamner ces assassinats,

tout en annonçant avoir mis sous

les verrous trois personnes dans le

cadre de leur investigation. Tout le

monde connaît ces propos justificatifs

des Dominicains, à chaque fois

que des Haïtiens sont assassinés en

République Dominicaine. Cette litanie

ne vise qu'à calmer l'ardeur des

esprits prêts à la révolte, face à tant

de méchanceté, de discrimination

et de haine des Dominicains. Cette

façon hypocrite d'encourager les

Dominicains dans leur sale besogne

d'assassinat d'Haïtiens, vise aussi à

dédouaner les autorités haïtiennes

qui, en général, ferment les yeux, les

oreilles et la bouche sur la tragédie

des Haïtiens d'ici et d'ailleurs.

Ces prétendues condamnations,

sans de véritables mesures de

justice, ne visent qu'à encourager la

xénophobie cultivée dans la population

dominicaine par les élites des

deux Républiques constituant l'Ile

d'Haïti. Les avancées économiques

de nos voisins, eu égard au processus

de paupérisation de notre population,

de la mise en application

de politiques visant à accroître la

dépendance du pays, encouragent la

discrimination, la haine et la violence

envers les compatriotes condamnés

à la migration sauvage. Trois (3)

des quatre (4) cadavres extraits des

fours oú ils ont été carbonisés, furent

rapatriés. Le quatrième totalement

calciné n'a pu être récupéré, selon les

autorités dominicaines. Ces atrocités,

malheureusement, vont être considérées

comme un fait divers, un accident

de parcours, parce que ce sont

tout simplement des Haïtiens, des

emmerdeurs, qui ont eu le malheur

de quitter leur pauvre pays.

Qu'ont dit et fait les autorités

haïtiennes? Selon le ministre des

Affaires étrangères d'Haïti, Alrich

Selon le ministre des Affaires

étrangères d'Haïti, Alrich Nicolas,

les atrocités commises contre

ces Haïtiens sont de nature à

compromettre les bonnes relations

entre les deux pays

Nicolas, les atrocités commises contre

ces Haïtiens sont de nature à

compromettre les bonnes relations

entre les deux pays. A son avis,

des explications seront demandées

aux autorités dominicaines par le

gouvernement haïtien. « Une note

de protestation a été produite par

l'ambassade d'Haïti. Cette dernière a

reçu de la chancellerie dominicaine

une note garantissant l'ouverture

d'une enquête».

Voilà donc la réaction du gouvernement

haïtien. Un véritable

témoignage de l'irresponsabilité de

ces prétendus dirigeants qui ont

clairement démontré qu'ils n'ont

nullement la charge de ces citoyens

de l'Haïti en dehors. Ces atrocités

mettent aussi en évidence la mauvaise

foi et la méchanceté de nos

élites économiques, politiques et

intellectuelles. Leur voracité et leur

folie de grandeur les poussent toujours

à haïr ces compatriotes qu'elles

qualifient de quantité négligeable,

d'Haïtiens de seconde zone,

d'analphabètes qui ne doivent rien

bénéficier du pays. Ces élites ont instruit

tous les étrangers du traitement

inhumain qu'ils doivent infliger à ces

damnés de la terre d'Haïti. Chaque

fois que des compatriotes sont assassinés,

maltraités, nos élites se

sentent heureuses.

Les coups d'Etat orchestrés par

l'impérialisme avec la complicité de

ces élites ont toujours engendré des

massacres, des bannissements dans

le but de décimer une population devenue

trop revendicative, troublant

le sommeil des puissants seigneurs

d'ici et d'ailleurs. Ce sont ces élites

qui ont ouvert cette vanne de sang,

invitant ainsi des étrangers à assassiner

ces Haïtiens devenus trop

encombrants. Le commissaire de

Police de la zone de Malpasse, Vanel

Lacroix, a confirmé que ce sont des

militaires dominicains qui ont perpétré

ces assassinats. Le propre du

gouvernement dominicain est de

protéger ses militaires, de les laver

de toute souillure, même quand ils

sont pris la main dans le sac. Le gouvernement

haïtien aussi appuie cette

démarche dominicaine.

Selon l'agence de presse EFE,

un Haïtien connu sous le nom de

Tony Charlys a été décapité par des

Dominicains, durant la même semaine,

dans une municipalité dénommée

Mao, située au Nord-Ouest

de ladite République. Le cadavre a

été écartelé, la tête et les restes ont

été retrouvés dans des endroits différents.

La décapitation est devenue

une forme de terreur-terreur inventée

par les Dominicains pour dissuader

les Haïtiens à ne pas s'aventurer sur

leur territoire. Ces tueries en série,

annoncent-elles que les Dominicains

se préparent à célébrer des vêpres,

pareilles à celles qui ont vu jusqu'à

40.000 Haïtiens tués sous le gouvernement

du dictateur Rafael Leonidas

Trujillo?

Le gouvernement de Sténio

Vincent était heureux d'empocher

en contrepartie la somme de deux

(2) millions de dollars pour étouffer

le génocide, empêchant ainsi de

soulever des précédents diplomatiques.

Les Dominicains savent très

bien que les ambitions nourries par

les gouvernements conservateurs

d'Haïti, sont celles de décimer la population

marginalisée, qui à tout bout

de champ revendique sa part de vie,

sa part de bien-être. Donc ces crimes

sont des services rendus! C'est la

raison qui les poussent à châtier les

Haïtiens, à les considérer comme des

sans-patrie, des êtres sans origine!

Quand on brûle le gagne-pain des malheureux, on les condamne à aller

mourir en République Dominicaine, ou dans des endroits quelconques :

Cayos Lobos, les Iles Turcs and Caicos, ou tout simplement dans la mer

Alors que quatre (4) Haïtiens

viennent d'être assassinés en

République Dominicaine, dans la

nuit du vendredi 23 au samedi 24

Octobre 2009, leurs cadavres calcinés

dans des fours pour la cuisson

du charbon de bois, les autorités

municipales de Port-au-Prince, en

complicité avec le SMCRS et la police

nationale, ont incendié dans la

même veine les marchandises et les

étalages des petits marchands de la

place de la cathédrale de Port-au-

Prince.

Sous prétexte d'assainir la capitale

des bulldozers ont été utilisés

pour détruire des marchandises gardées

dans des caisses en bois et en

fer, puis le tout passé au feu. Voilà

donc le sort fait à ces petits marchands

qui traînent leur misérable existence

dans un endroit crasseux et

poussiéreux d'une capitale devenue

poubelle!

Nul n'aimerait voir un endroit

qui se dit capitale de la première République

Nègre du Nouveau-Monde,

gésir au milieu de tant de malpropreté,

d'encombrements et de laideur!

Mais qui sont les responsables

de cette tragédie d'une ville-capitale

engluée dans l'incurie?

Ne sont-ce pas nos élites qui

ont pillé ce pays, créé à l'intérieur du

même territoire, un pays en dehors et

un pays en dedans?

Ce sont elles qui se sont gavées

des revenus en dollars des denrées

(café, cacao) cultivées par les paysans.

Ce sont ces mêmes paysans

et leurs descendants, frappés par la

paupérisation, qui se sont réfugiés

dans des zones mal famées des villes

de province et de la capitale port-auprincienne,

ou se sont transformés

en boat people, en braceros, hantant

ainsi l'aventure à la recherche d'un

minimum vital.

Ces petits marchands ne sont

pas responsables de leur misérable

situation, ils sont tout simplement

responsables de la bataille nécessaire

pour braver le sort, pour transformer

leur atroce misère en conditions

de vie dignes de l'humain. C'est ce

même sort qui dans la turbulente vie

haïtienne brasse leur existence en les

conduisant dans les rues malpropres

de notre Port-au-Prince. Ces petits

marchands sont comme ces matelots

de Victor Hugo, qui «dans ce morne

horizon se sont évanouis». Ce sont

des têtes perdues, car personne

n'entend leurs cris de détresse.

Dans ce singulier pays d'Haïti,

ce sont les pieds qui supportent et

portent la tête, alors qu'en réalité,

c'est la tête qui doit conduire le corps.

Pendant toute notre histoire, notre

très triste histoire, ce sont les analphabètes,

les appauvris, les exclus

qui supportent la rage de puissance

et de richesses des nantis, des exploiteurs.

Ce sont ces marginalisés,

fumiers de l'histoire, pour reprendre

une expression chère au fascisme

mussolien, qui ont construit la fortune

et l'outrecuidance de nos élites.

Malheureusement, ces personnes

appauvries sont devenues

un poids trop lourd qu'il faut basculer

à tout prix! Malheureusement,

le responsable de communication de

la Mairie de Port-au-Prince, Frenel

Louis, a menti en disant que le feu

n'a pas été mis aux marchandises

des petits marchands. Ce responsable,

face à l'échec du maire Jason,

essaie d'endormir ceux qui restent

toujours en éveil. A défaut de ne rien

faire du tout, alors que le mandat tire

à sa fin, la mairie essaie de mettre

un peu de saupoudrage, histoire de

plaire aux autorités de nomination et

leurs complices.

Les élites haïtiennes n'ont

jamais reconnu leur échec. Elles

transfèrent toujours leur incapacité,

accusant les petits marchands d'être

le problème, alors, qu'en réalité, le

problème est la mauvaise gestion

Voilà donc le sort fait à ces petits marchands qui traînent leur misérable

existence dans un endroit crasseux et poussiéreux d'une capitale

devenue poubelle!

CHAY PA LOU

Community Center

Serving the community for 14 years

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98 Veronica Place, Brooklyn, NY 11226

718-756-1586

résultant de leur avarice et de leur

haine d'Haïti. Quand on brûle le

gagne-pain des malheureux, on les

condamne à aller mourir en République

Dominicaine, ou dans des endroits

quelconques : Cayos Lobos, les

Iles Turcs and Caicos, ou tout simplement

dans la mer.

Voilà, aujourd'hui, le constat

d'échec est évident. Malheureusement

nos élites ne prendront jamais

conscience de leur échec historique.

Elles continueront toujours à écraser

Haïti, à la réduire à la dimension de

colonie d'exploitation, digne de la

mise sous tutelle.

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4

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009


Twa fèy, Twa rasin O!

L’homme propose… les circonstances disposent

Par Fanfan Latulipe

« Le nez de Cléopâtre : s’il eût été plus

court, toute la face de la terre aurait

changé. »

Blaise Pascal

Depuis mon adolescence, j’entendais

toujours ma grand-mère paternelle

dire: l’homme propose, Dieu dispose.

C’était toujours un peu terrifiant pour

moi parce que quand Grand-mère

utilisait cette formule, cabalistique à

mon goût, il s’y associait souvent un

événement malheureux ou tragique à

vous hérisser tous les poils. Ainsi, telle

personne de ses connaissances, avait

planifié, d’aller visiter ses vieux parents

en province. Un devoir filial noble, pas

vrai ? Le même jour, par une déveine

cordée, cette même personne se faisait

brûler vive, par un orage, blogodow

bow, alors qu’elle s’abritait (ô malheur

!) sous un arbre.

Au fur et à mesure de mon accession

à l’âge de la rationalité, je

disposais de plus en plus d’éléments

qui me proposaient une autre approche

de la «disposition» des

choses dans la vie. J’ai eu fini par

penser, au fil du temps, que pour

toutes ces «dispositions» tragiques

qui doivent arriver, sans doute quotidiennement,

de par le monde, suite

à des «propositions» généreuses,

intéressantes, positives ou autres,

il était trop facile d’en faire toujours

porter la charge au Bon Dieu. Il fallait

quand même lui laisser un répit

et chercher ailleurs.

J’en suis arrivé finalement à une

formulation pas du tout terrifiante, qui

m’a libéré de mes terreurs d’adolescent

et qui m’a réconcilié avec l’existentiel.

En ce qui me concerne, l‘homme «propose»

(la femme aussi), et ce sont les

circonstances qui «disposent». Ainsi,

en remontant le cours de l’histoire, on

peut par exemple s’intéresser au sort

de trois hommes qui ont gravité dans

l’orbite de cette reine d’Egypte, instruite,

cultivée et raffinée que fut Cléopâtre.

D’abord, Ptolémée XIII, à la fois frère et

mari de Cléo. Le bonhomme se proposait

à travers forces magouilles d’évincer

sa sœur et épouse pour occuper tout

l’espace du pouvoir. En politique, c’est

de bonne guerre.

Mais il advint que les circonstances

en décidèrent autrement. En 48

av.J.C, s’amena César, consul de Rome,

qui débarqua en Egypte, fringant, à

la poursuite de son rival Pompée. La

très belle Cléo, au nez très aquilin, se

dit alors: ponpe sote, sa a fòk se pa

m pou l ye. Elle utilisa un stratagème

pour arriver jusqu’à César. Elle se cacha

dans une natte qu’elle fit livrer au

romain. Charmé, conquis par l’esprit,

l’aquilinité nasale et la beauté de la

reine, César s’engagea rapidement à

ses côtés dans une guerre civile qui allait

durer plusieurs mois. Ptolémée XIII

mourut dans ce que l’on a appelé la

«guerre d’Alexandrie». Ce fut donc tout

un ensemble de circonstances, César,

les charmes de Cléo et une guerre civile

de plusieurs mois qui disposèrent des

prétentions machistes-complotistes de

Ptolémée.

En 44, Marc Antoine membre du

second triumvirat romain avec Lépide

et Octave, petit neveu de Jules César,

est nommé consul. Il commence à ouvrir

ses ailes. Il fait assassiner Cicéron.

Maître de l’Orient romain, il répudie Octavie,

la sœur d’Octave (devenu Octavien

depuis 44) et épouse Cléopâtre. C’est

un grand nègre qui lorgne l’Occident romain

sous la férule d’Octavien. Mais les

circonstances vont jouer contre Marco

qui avait fait cadeau de provinces romaines

aux trois enfants qu’il avait eus

de Cléopâtre.

Le Sénat romain en fut indigné

qui déclara la guerre à l’Egypte et qui

s’en remit à Octavien. La flotte de ce

dernier écrasa celle de Marco et de Cléo à

la bataille navale d’Actium, ce qui porta

Marco à se suicider. Les circonstances

disposèrent donc des prétentions de

Marco. Quand Cléo voulut alors séduire

Octavien, s’attirer ses bonnes grâces

et sauver ainsi son pays, ce dernier fit

l’intéressant, l’important et le macoutant.

Il se proposa plutôt d’emmener

Madame à Rome à titre de trophée et

d’esclave. Cléopâtre dut alors choisir

entre le suicide et une humiliante captivité.

Elle disposa de son propre sort,

et aussi de la malignité d’Octavien:

cette femme fière et courageuse, opta

pour la mort. Selon certains, elle se fit

piquer par un serpent venimeux, selon

d’autres elle s’empoisonna.

Un grand bond, pas nécessairement

maoïste, nous amène en 1802.

Bonaparte est en plume de paon, griffes

d’aigle et bec de vautour. Il confie à

Leclerc de rétablir l’esclavage à Saint-

Domingue. L’homme propose, pas vrai

? Vite, les circonstances commencèrent

à montrer leurs canines. Les artilleurs

Pétion et Clerveaux, le génie militaire

de Dessalines, la fulgurante bravoure

de Capois, l’héroïsme des va-nu-pieds

au combat disposèrent de l’arrogance

de Bonaparte et de la cruauté de

Rochambeau. A Vertières, tout chen

kaka, tout chat pise. Tous les chiens

chièrent et tous les chats pissèrent. Ce

fut l’indépendance arrachée de haute

lutte par Dessalines.

On se rappelle qu’en juillet 1802,

la France avait rétabli l’esclavage dans

l’Est de l’île. A la fin de 1804, le général

français Ferrand Ti Frekan, gwo

panpan, publia un décret ignominieux

contre les Haïtiens. Dessalines, à juste

titre, s’en indigna et décida la «Campagne

de 1805 dans l’Est». Bien sûr, il

se proposait de faire savoir à l’insolent

que sa l te santi an, se li menm Desalin

ki t ap boukannen l. Mais, les circonstances

en décidèrent autrement malgré

que les Haïtiens eussent pu emporter

Santo Domingo après un siège de vingt

jours. En effet, une flotte française était

en passe de menacer les côtes d’Haïti,

ce qui força Dessalines à rentrer dans

l’Ouest bride sur le cou.

En 1849, suite à l’insolence de la

France qui reconnaissait formellement

l’indépendance de la Dominicanie, le

président Faustin Soulouque entreprit

sa première «Campagne de l’Est». Il fallait

rabattre le caquet à Jules Bastide,

alors ministre des Relations Extérieures

du gouvernement provisoire français, et

au sénateur Buenaventura Baez, tous

deux signataires du traité de reconnaissance.

Juste après que l’armée haïtienne,

jusque là victorieuse, eût franchi,

à sec, non pas le Rubicon, mais bien la

rivière Ocoa, Soulouque sonna la retraite.

Apparemment, une prise d’armes

était imminente à Port-au-Prince, ce qui

disposa de l’entreprise du bonhomme

Coachi. Lors de la deuxième campagne,

en 1855, tout un lot de circonstances

furent défavorables à l’empereur. Après

avoir proposé une incursion en Dominicanie,

il dut assister à la débandade

de ses troupes à San Thomé. Ce fut la

goutte d’eau qui renversa le vase de

l’entreprise de Soulouque et disposa de

sa témérité.

De bond en bond, nous voici en

compagnie d’Elie Lescot qui déclare la

guerre à l’Allemagne, l’Italie et l’empire

nippon. Le Führer Hitler entre alors

en fureur. Il se fait montrer Haïti sur

la mappemonde et après s’être rendu

compte de la minisculité et de la ridiculité

dimensionnelle du pays, il aurait

déclaré avec toute l’insignifiance,

l’arrogance et la malfaisance que l’on

connaît aux dictateurs :«Je ferai de ce

pays l’écurie de mes chevaux». Mais

le déroulement de la guerre changea le

cours des choses: échec retentissant des

Allemands devant Moscou; en octobre

1941, le général Friedrich Paulus signe

la capitulation de son armée devant

Stalingrad; le 19 janvier 1944 les soldats

russes libèrent Léningrad assiégée

et affamée; Kiev, Odessa, Sébastopol ne

se rendent pas; 1er mai 1945, capitulation

du commandant de la garnison de

Berlin. La veille, alors que les troupes

soviétiques n’étaient qu’à 500 mètres

de son bunker, Hitler s’empoisonne au

cyanure et se tire une balle dans la tête.

Adieu chevaux, écuries, bride, selles,

mors, œillères et étriers. Les circonstances

avaient disposé des fantasmes

et de la folie d’Hitler.

Durant l’époque des cacos, il y

avait ce général Chapizèt (Chapuzet,

en réalité) qui semait la terreur dans le

Nord. Quand il entrait dans un village

ou un bourg, il bousillait et pillait tout

sur son passage. Une fois, s’apprêtant

à franchir la Belle Entrée de Fort Liberté,

il déclara qu’il ne laisserait dans

la ville qu’«un coq et une poulèt».

Mais les circonstances le firent changer

d’avis. Sur son passage, il tomba sur

une grassouillette boubout aux reliefs

saisissants et aguichants. Chapuzet remarquant

les rondeurs de la donzelle,

descendit de cheval pour aller faire son

frekan. La Cléopâtre Fort-libertaire lui fit

remarquer: ou bien je te donne la chose

et tu n’emmerdes personne, ou bien tu

te livres au pillage comme d’habitude.

Chapizèt gade anwo, gade anba, glapit

de joie, lâcha un gloussement lubrique

et répondit: donne-moi la chose. La

ville fut épargnée. Mais le lendemain,

on retrouva Chapizèt mort, la tête tranchée

par un fier-à-bras, l’amant de la

boubout qui n’avait pas apprécié les

fréquencités de Chapizèt.

Nous sommes la nuit du 6 au 7

janvier 1991. Aristide attend de prêter

serment le 7 février 1991. Roger Lafontant,

le diable au corps et tout allumé,

prend d’assaut le Palais national

avec quelques comparses. Dans un discours

retransmis par la télé nationale il

dit avoir fait le coup «de concert avec

la Police et l’Armée». La population

gagne alors les rues en masse. La manman

poul Ertha Trouillot est dans ses

petits souliers et l’ambassadeur Alvins

Bourik Chaje, le gros soulier de la diplomatie

états-unienne, surpris et dépassé

par la massitude des manifestations de

rue se voit contraint de réagir promptement.

Il rencontre le général Abraham

(son subalterne). Les soldats ont ordre

de capturer les putschistes. Chose

faite et vite on embastille les malfrats.

La marée populaire pro-Aristide disposa

donc de Lafontant qui devenu

encombrant pour le complexe Maison

Blanche-Département d’Etat-Ambassade

US fut secrètement liquidé par le

«laboratoire» lors du coup d’Etat.

Plus près de nous il y a eu le coup

d’Etat de l’oligarchie civilo-militaire

vénézuélienne contre Hugo Chávez.

Les «malfecteurs» se proposaient de

remplacer le président légitime par

Pedro Carmona, représentant attitré

du patronat vénézuélien. Pedro cria la

mariée trop belle. Alors que les putschistes

avaient annoncé que Chavez avait

«démissionné», sa fille aînée María Gabriela

faisait parvenir au monde entier

via La Havane le message que son père

– aux mains des militaires et à qui elle

avait parlé – était un «président prisonnier».

Le peuple entre temps avait

gagné les rues en masse. Le gros de

l’armée était resté fidèle à la Constitution,

particulièrement «la brigade de

parachutistes du général Baduel, l’un

des axes essentiels de la puissante

force de chars, d’infanterie blindée et

de chasseurs-bombardiers cantonnée

à Maracay, dans l’Etat d’Aragua»

(Interview de Castro par Ignacio Ramonet.

Le Monde Diplomatique. 12 avril

2007). Carmona le bèkèkè bèkfè fit

donc bec à terre. Le peuple et l’armée

fidèles à Chavez avaient disposé de la

«présidence» éphémère de Carmona,

l’espace d’une nuit en fait, et ramené

le président constitutionnel au palais de

Miraflores.

Finalement, le dernier coup

qui tua le coucou. Vendredi dernier,

je devais me rendre à New York pour

participer à un colloque en hommage

à notre regretté Paul Laraque au York

College. Dès 9 :00AM, j’étais en plume

de paon. Je me proposais de quitter

Philadelphie vers les dix heures. Adye

mezanmi ! Mes deux voitures (pas du

tout deux bogota ou deux dekovil)

tombaient en panne ; je crus, presque,

à une «persécution automobile» ou à

un complot du Ciel. Finalement vers

les cinq heures, je prenais la route san

konnen si m ap rive. Je passai à Brooklyn

juste pour récupérer un «colis» important

(piégé à mon goût) que m’avait

laissé le compatriote Yves Camille, puis

fit voile vers le York College.

Ciel adorable et détestable à la

fois ! Sur le Van Wyck Expressway je

me trouvai prisonnier d’une circulation

pare-chocs contre pare-chocs pendant

près d’une heure. Bien entendu, arrivé

finalement au York tout était déjà

consommé. J’eus seulement le plaisir

de revoir Franck Laraque, frère de

Paul et quelques autres proches des

deux frères. Deux pannes de voiture

et une circulation monstre avaient

disposé de ma participation au colloque.

Je l’ai donc encore réalisé:

l’homme propose, et les circonstances

disposent, seulement les circonstances,

ti papa.

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Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009 Haïti Liberté 5


Kwonik Kreyòl

Selebrasyon jounen

entènasyonal prizonye

yo an Ayiti

Nan vil pwovens yo pa gen bagay sa yo, tout prizonye, fanm kou gason

yon sèl kote…

Dimanch 25 oktòb la se te jounen

prizonye yo nan peyi Dayiti.

Nan lokazyon sa a, prizonye yo

nan divès prizon andedan peyi a

te pwofite okazyon sa a pou yo denonse

movèz kondisyon y ap viv

nan prizon yo. Plizyè ladan yo te

fè konnen, yo malad, yo pa janm

jwenn laswenyay, manje y ap ba yo

pa bon, yo pa ka dòmi, se yonn aprè

lòt y ap dòmi chak swa atè a sou

siman an, yo anpile pil sou pil nan

selil yo, ravèt, sourit, rat ap mache

sou yo. Kèk lòt fè konnen y ap soufri

tout sòt maladi kouwè: gratèl,

malnitrisyon, bouton k ap leve sou

tout kò yo, tibèkiloz, kote yonn ap

kontamine lòt nan selil yo.

Nan Penitansye nasyonal, ki

se pi gwo prizon peyi a, ki chita

nan mitan kapital ayisyen an, se

tèt chaje, yon prizon ki te fèt pou

resevwa 400 prizonye, jounen jodi

a li genyen 4 mil 8 san (4.800)

prizonye, 80 pousan ladan yo nan

sitiyasyon detansyon prevantiv

pwolonje, savledi moun ki pa janm

pase devan yon jij natirèl ki pou

di si yo koupab ou non sou sa yo

repwoche yo a. Menm lè gen kèk

ti travay ki fèt e k ap fèt nan penitansye

nasyonal la, sa pa vle di pou

otan kondisyon yo amelyore nan

prizon sivil sa a.

Nan kapital la, responsab penitansye

yo rive fè kèk separasyon

nan prizon yo ant fanm ak gason,

timoun ak granmoun, men nan vil

pwovens yo pa genyen bagay sa

yo, tout moun yon sèl epi genyen

BOUKAN

101.9 FM • SCA

Radyo Pa Nou

Emisyon KAKOLA

Konbit Ayisyen pou Kore Lit la ann Ayiti

• Nouvèl •

• Analiz •

• Kòmantè •

• Deba •

Pou yon Ayiti Libere

(917) 251-6057

www.RadyoPaNou.com

Mèkredi 9-10 pm

kèk kote se nan komisarya polis la

prizon an ye.

Sòti janvye pou rive oktòb

2009, 62 prizonye mouri andedan

prizon yo nan peyi Dayiti epoutan

an 2008 te genyen 54. Sitiyasyon

sa a montre jou an jou kondisyon

lavi prizonye yo ap degrade nan prizon

yo.

Se nan sans sa a, Rezo Nasyonal

defans dwa moun yo (RNDDH)

te fè sòti yon rapò ki reprezante yon

radyografi sou prizon yo nan peyi

a, kote yo fè konnen kantite moun

ki nan prizon an Ayiti evalye a 8

mil 8 san 98 (8.898). Daprè Rezo

a, prizon yo nan peyi a pa reponn

a okenn nòm entènasyonal, se sa

k fè prizonye yo ap viv nan move

kondisyon nan prizon yo. Rezo a

te pwofite selebrasyon jounen entènasyonal

prizonye yo pou mande

otorite yo nan peyi a pran bon jan

dispozisyon pou rezoud pwoblèm

prizon yo nan peyi Dayiti.

Nan lokazyon jounen entènaysonal

prizonye yo nan peyi

a, responsab penitansye nasyonal

yo te òganize divès aktivite pou

prizonye yo nan diferan sant detansyon

peyi a, yo te pwofite libere

plizyè nan yo ki pa t genyen gwo

chaj sou yo.

Detoutfason, se pa sèlman rejim

kaseral la k ap mache mal, se

tout sistèm lajistis la ki pap mache

nan peyi a. Se tout sistèm lajistis la

ki merite chanje totalman depi nan

tèt rive nan pye l.

Yves Pierre-Louis

Selebrasyon jounen entènasyonal

lang kreyòl la an Ayiti

Nan lokazyon jounen entènasyonal

lang kreyòl la an Ayiti,

mèkredi 28 oktòb 2009 la, divès aktivite

te reyalize nan kèk Fakilte, nan

Inivèsite Leta Dayiti pou sansibilize

etidyan yo nan Inivèsite Leta anpatikilye

e tout popilasyon ayisyen an

sou enpòtans lang kreyòl la nan devlopman

peyi a. Fakilte Lengwistik

Aplike (FLA) nan tèt kole ak Sekreteri

Deta pou alfabetizasyon, (SEA), Sosyete

Animasyon ak Kominikasyon

Sosyal (SAKS) te òganize divès aktivite

nan lokal Fakilte a ki chita nan

ri Difò, nan Pòtoprens nan kad yon

kenzèn kreyolofoni. Pami aktivite sa

yo te genyen: ekspozisyon travay

atis yo, kouwè penti, kouti elatriye.

Pami atis ki te patisipe nan ekspozisyon

an te genyen etidyan nan Inivèsite

Leta a e patisipan yo te montre

yo satisfè anpil sou aktivite kiltirèl sa

a. Jounen lang kreyòl la ane sa a te

selebre sou tèm : « Lang nou ak nou,

kreyòl pou kreyòl.»

Asosyasyon Inivèsitè ak Inivèsitèz

Desalinyèn (ASID) bò kote

pa l te òganize yon seri konferans

deba nan lekòl ak Inivèsite Leta a sou

diferan tèm, sòti 15 pou rive 28 oktòb

2009 la. Tèm yo te debat yo te

varye sou diferan sijè kouwè: Lang

kreyòl ak kilti popilè an Ayiti, Lang

ak patrimwàn, lang kreyòl ak rezistans

nan listwa pèp ayisyen an, Desalin

ak lang kreyòl nan revolisyon

1804 la, lang kreyòl nan pwodiksyon

lakonesans Lang kreyòl ak vodou an

Ayiti elatriye. Nan Fakilte Syanzimèn,

responsab ASID yo te òganize

divès lòt aktivite tankou: sware je

louvri, atelye sou pwojè libète byennè

Desalin nan sosyete Ayisyen

an, diskou sou pwojè libète byennèt

papa Desalin lan, atelye sou lang

kreyòl, pwojeksyon film, sware kiltirèl

ekspozisyon zèv an kreyòl, foto

papa Desalin, foto kont lokipasyon

fòs Loni yo, foto sou kilti popilè a.

Daprè anpil moun, kesyon

kreyòl la se yon pwoblèm, batay ant

klas sosyal yo an Ayiti. Se yon batay

De gwo lengwis Ayisyen ki travay anpil pou devlopman lang kreyòl la,

Ernest Mirville (agoch) ak Yves Dejean

pou byennèt tout moun, tout Ayisyen

konsekan k ap batay pou chanje

sosyete gwo vale piti sa a. Se yon

lang ki ini tout Ayisyen jan konstitisyon

1987 la di l. Depi lane 1979,

depatman edikasyon nasyonal, ki te

tounen ministè edikasyon nasyonal

te fè pibliye yon dekrè-lwa pou reglemante

sistèm òtograf lang kreyòl la.

Depi lè sa a pèp ayisyen an sèvi ak

lang kreyòl la pou mennen yon gwo

batay pou dechouke diktati rasi rejim

kriminèl Divalye yo e pou liberasyon

peyi a. Lang kreyòl la se yon zouti

pou montre plis pase 50 pousan popilasyon

an aprann li ak ekri e se yon

lang tout Ayisyen pale.

Se nan sans sa a depite Kafou

a, Esdras Fabien nan yon lèt ouvèt

li te voye bay prezidan René Préval,

25 septanm pase a, te mande l nan

kad pwopozisyon amandman konstitisyon

1987 la, amande atik 5 lan

pou di : « Kreyòl se sèl lang matènèl e

ofisyèl peyi Dayiti.» Donk batay pou

Powèm pou chante pòv

toupatou depi toutan gen tan

Jounen mondyal kont lamizè - 17 oktob

Milyonven timoun, fanm ak papa pitit

Ki mouri nan mizè, nan grangou, se nou jodi a ki eritye yo.

O sila yo ki yè ankò te vivan, si jodi a, mwen pran lapawòl,

Se pa pou mwen pale sou lanmò nou, se jan lavi nou te ye mwen vle rakonte.

M ap pale pou noumenm, latriye manman

Ki konnen pitit nou kondane pou ret nan lamizè, wa di yo twòp pou tè a.

M ap pale pou pitit nou yo, doulè grangou ap kòde trip yo,

San yon souri lespwa nan figi yo, malgre sa yo vle kontinye renmen.

M ap pale pou milyonven jèn sa yo,

Malgre yo san rezon pou yo kontinye kwè, pou yo kontinye viv,

Y ap chache san yo pa jwenn li yon demen miyò nan monn tèt anba sa a.

M ap pale pou noumenm, pòv ayè ak pòv jounen jodi a,

Ki pèdi nan kat chimen, k ap sove kite yon kote pou yon lòt, nan chache lavi,

Pòv yo meprize, pòv yo rayi.

Travayè san metye, doulè ak fatig travay di ap kraze depi tout tan gen tan,

Travayè de bra pandye ki pap leve ni lou ni lejè.

Milyonven gason, fanm ak timoun

Kè yo kontinye ap bat fò pou lit la,

Lespri yo revòlte kont move lavi ak enjistis yo enpoze yo.

Kouraj yo ekzije dwa pou diyite yo, yon diyite ki pa ka mezire.

M ap pale pou noumenm, timoun, fanm ak gason

Ki pa vle bay madichon, men ki pito renmen, ki pito lapriyè,

Ki pito travay epi met tèt ansanm,

Pou yo gen yon lòt tè, kote youn ap ede lòt, youn reskonsab lòt,

Yon tè, tè pa nou, kote chak moun ap bay tout sa yo genyen nan yo avan yo mouri.

M ap pale pou nou menm, gason, fanm ak timoun,

Depi jodi a, kè nou, men nou, zouti nou grave non nou,

Pou tout tan sou plas libète a.

M ap pale pou nou pou lèzòm anfen, fin pa pran kretyen vivan an konsiderasyon,

E refize nèt al kole lamizè tankou yon malediksyon, tankou yon chatiman,

Tankou yon bagay moun pa kab chanje.

Pè Joseph Wresinski 17 oktòb 1987

lang kreyòl la kraze tout baryè lanse

nan tout fòs viv nasyon an kouwè:

Inivèsite Leta a, Palman ayisyen an,

òganizasyon popilè yo ak mas pèp

la. Se yon batay ki dwe jwenn sipò

tout lòt aparèy ideyolojik yo nan

peyi a kouwè, Legliz, laprès, direktè

opinyon paske kreyòl la fè pati entegran

kilti peyi a. Daprè gwo savan

yo pa genyen yon kilti ki siperyè yon

lòt kilti. Donk lang kreyòl la pa dwe

trete an paran pòv nan moman n ap

viv jounen jodi a.

Yves Pierre-Louis

KAPTE

DETANT

KREYÒL

Chak Dimanch swa

Soti 8tè pou rive 10zè

Sou Radyo Ayiti Entènasyonal

Avèk Marlene & Fils-Aimé

NYS HABETAC @ Brooklyn College

La Fondation Mémoire, Inc.

Society for Haitian Research, Inc.

2009 International Creole Day

The Psychosocial Dynamics of a

Creole-Speaking People:

Educational, Religious and Social Practices

Dinamik sikososyal yon pèp ki pale kreyòl:

Edikasyon, relijyon ak sosyete

Guest Speakers

Dr. Yves Déjean, Rev. William Smarth

Dr. Rozevel Jean-Baptiste, Dr. Hugues St. Fort

Books and Art Exhibit * Espozisyon liv ak penti

Place: Brooklyn College, James Hall (Corner

Campus Rd.)

2900 Bedford Ave., Brooklyn, New York 11210

Date: Saturday, October 31, 2009

Time: 12:00 p.m. – 5:00 p.m.

For additional information and to register, please call:

NYS HABETAC @ 718-951-4668

6

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009


Perspectives

René Préval plus que prêt

Pour l’installation d’un pouvoir

derrière le trône

Par Guerby Dujour

Haïti : Système carcéral ou

apprentissage du banditisme ?

Par Jerson PHILIPPE

Il partira inévitablement le 7 février

2011 comme la charte fondamentale

du pays le prescrit. Mais son

ombre demeurera sur le Palais National

et autour du Parlement. C’est

le constat dont on ne peut esquiver

l’essence, face aux tractations politiques

du chef de l’Etat. Tractations

politiques, oui il y en a eues durant

ces derniers mois. Citons par exemple,

le dirigisme électoral pour

imposer des sinécuristes au sénat

de la république. La mise en place

d’un CEP monté en dehors de toutes

normes constitutionnelles et suite à

un ultimatum du président Préval.

Castration mûrement réfléchie

de Fanmi lavalas, le secteur politique

le plus représentatif. Vassalisation

de divers partis politiques pris

au piège de la politique d’ouverture

bidon initiée des le début du mois de

mai 2006. Soutenu par la communauté

internationale et jouissant de

la présence de la force d’occupation

prête à faire feu sur tout ce qui bouge,

René Préval dispose des marges de

manœuvres réelles et suffisantes

pour instaurer un pouvoir derrière

le trône en 2011, compte tenu de

l’incapacité et de la faiblesse de toute

une classe politique prise au piège

de son jusqu’auboutisme par rapport

ã son stupide idéal de renverser,

rien que pour renverser en 2004, un

chef d’état légitime et constitutionnel

dont l’unique péché se situait autour

de sa popularité et de sa rébellion à

la politique néolibérale que les forces

impériales voulaient à tout prix lui

imposer. Ce jusqu’auboutisme, nous

le payons chèrement aujourd’hui.

Car il entraîne la perte totale de

contrôle du pays par les nationaux.

Il fallait entendre les déclarations

d’Evans Paul la semaine dernière

accusant Mr Préval de vieux manoeuvrier

politique qui cherche ã

établir un pouvoir personnel. Même

constat de la part de Himmler Rébu

qui, lui, a souligné que celui-ci ne

reculera devant aucun obstacle pour

assouvir sa soif du pouvoir, donc

des jérémiades, des lamentations à

n’en plus finir qui sont loin de conscientiser

quiconque, vue le passé

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Le président René Préval et son

ex-Premier ministre Jacques E.

Alexis l’actuel secrétaire général

de Lespwa

ténébreux de ces hommes politique

qui se sont faits avoir par la communauté

internationale qui les avait

grossièrement utilisés dans la lutte

anti-Aristide et par Préval qui met

ã nu leur incohérence et la sécheresse

morale ayant toujours caractérisé

leur discours politique. La

récente déclaration du chef de l’Etat

à Marchand-Dessalines à l’occasion

du 17 octobre dernier à propos de

la MINUSTAH qualifiée de force de

coopération et non d’occupation

suivie de celle du représentant diplomatique

des Etats-Unis à Port-auprince,

Kenneth Merten, sont autant

d’indices qui aident ã comprendre

que l’arc de Préval est pourvu de

cordes multiples et solides. Et c’est la

raison pour laquelle il exécute avec

autant d’assurance son plan dont il

est l’unique à mesurer le contenu.

En clair, il a la garantie de ses

supérieurs hiérarchiques internationaux

qui ont déjà d’ailleurs cautionné

toutes les inepties politiques du résident

du Champ-de-Mars. Comme

l’explique si bien la parole sainte:

si Dieu est pour moi qui sera contre

moi. Donc si le blanc le soutient, qui

osera se dresser sur son chemin ? En

tout cas, pas cette classe politique

traitée par dessous les jambes par le

blanc et ce, depuis la mise en place

en 2004 du gouvernement de facto

avec pour guide un Gérard Latortue

venu de la Floride, alors que celui-ci

n’avait pris aucune part active dans

la chute d’Aristide.

Lors, aucun d’entre eux

n’avait osé contester ce choix du

blanc fait à leur détriment. Il faut

reconnaître clairement qu’ils ont été

mis à l’écart et qu’ils ne sont jusque

lã que de simples observateurs. Il y

en a qui sont devenus des maquisards

après les services rendus. Guy

Philippe, n’élit-il pas domicile dans

un trou depuis tantôt cinq ans. Bref,

le blanc ne veut marcher qu’avec

Préval. Il est le seul qui lui inspire

confiance pour avoir appliqué ã la

lettre ses moindres recommandation

sans rechigner. N’a t-il pas

reçu récemment un oscar, disons

mieux un brevet pour la bonne application

du plan néolibéral ayant

balayé des centaines de fonctionnaires

des sociétés d’état dont la

Téléco qui sont allés depuis grossir

le rang des chômeurs ? N’est-il pas

qualifié de héros par le PADF [Fond

panaméricain pour le développement]

? Donc, un super exécutant.

Ainsi, qu’il s’appelle Victor Benoît,

Himmler Rébu, Evans Paul, c’est

en vain qu’ils crient dans le désert.

C’est gratuitement qu’ils dénoncent

les dérives totalitaires de l’équipe de

l’Espoir dont le bilan laisse à désirer

Suite à la page (18)

Le système pénitencier haïtien tel

qu’il est, constitue un obstacle au

bon fonctionnement de la justice et

au respect des droits humains. Les

conditions infrahumaines de détention

sont un crime. Les prisons ne

disposent pas des services les plus

élémentaires: électricité, eau potable,

toilettes, services médicaux, cafeteria.

Sur les 21 centres de détention

existant, 19 fonctionnent dans

des conditions jugées révoltantes. La

prison devrait contribuer à réhabiliter

socialement le prisonnier. Tout

au contraire, elle détruit celui qui

a eu le malheur d’y être exposé.

L’organisation de l'espace carcéral

représente une flagrante violation

des droits du détenu, condamné ou

non. «Elle ne fait qu'augmenter ses

frustrations et le rendre plus pervers

qu'avant son incarcération », témoigne

Patrick, 30 ans, un ex-locataire

du Pénitencier National. La Prison

civile pour femme de Pétion-Ville, le

Commissariat de Port-au-Prince et la

Prison civile de l'Arcahaïe sont les

principaux centres de détentions du

pays. «J'ai connu des centaines de

jeunes arrêtés innocemment dans

les quartiers dits « chauds » à qui

l’on n’avait rien à reprocher. Après

la prison, ils avaient complètement

changé. Non seulement ils fument

beaucoup, mais ils y reviennent

avec des tatouages sur tout le corps

et sont plus agressifs »

C’est ce qu’a précisé Patrick qui

a ajouté qu’il leur fallait beaucoup de

convictions pour ne pas récidiver. Il

se souvient des avances qu'un trafiquant

de drogue lui avait faites avant

d'être relâché. La raison, a-t-il précisé,

est simple. «On ne fait pas de

différence entre détenus. Condamnés

ou non, criminels dangereux ou

auteurs de larcin, ils partagent tous

la même cellule. Les moins agressifs

finissent par être influencés par

d'autres plus violents qui sont de

criminels notoires », a-t-il affirmé.

Comment mettre les justiciables en

confiance quand les délinquants

qui devraient être derrière les barreaux

courent encore les rues et que

d'autres, incarcérés, profitent de la

faiblesse du système pour s'évader?

Les centres pénitenciers sont réputés

pour des évasions massives et spectaculaires.

De 2004 à nos jours, au

moins 20 cas de ce type ont été enregistrés,

laissant en cavale, plus de

3000 détenus pour lesquels jusqu'à

présent aucune mesure n'est prise

pour les remettre à nouveau sous le

contrôle de la justice.

La justice et les prisons haïtiennes

détiennent le record pour ses

cas de « détention préventive prolongée

». Comment mettre fin aux cas

d'évasion à répétition ? Macajoux,

34 ans, est un autre ex-détenu ayant

séjourné dans trois centres carcéraux

différents. Il a lui aussi présenté ce

milieu comme un endroit augmentant

la dangerosité des criminels.

Décrivant la réalité des cellules

qu'il a fréquentées, il soutient

que les espaces dans ces trois établissements

pénitentiaires sont trop

exigus, l'odeur nauséabonde qui se

dégage de ces lieux empêche même

les agents en poste de respirer. En

dépit du fait qu'ils sont placés certaines

fois à des dizaines de mètres

des cellules. Sur 5.339 prisonniers

Les prisons haïtiennes ne disposent pas des services les plus

élémentaires, les conditions infrahumaines de détention sont un crime.

à l’échelle nationale seulement 15%

sont l’objet d’une décision de justice.

4.538 soit 85% sont en attente de

justice ou la plupart est astreint à

ce régime de « détention préventive

prolongée ». Il en ressort de cette dégradation

incommodant du système

judiciaire. Des phénomènes tels

l’insécurité, la violence structurelle

ou conjoncturelle y trouvent leur terreau.

En outre, il a fait savoir que

l'exiguïté des cellules ajoutées au

surpeuplement fait que chaque prisonnier

a le strict espace pour se tenir

debout. « S'il est condamné à une

peine de dix ans, il passera dix années

de sa vie dans ce petit espace.

J'ai vu environ une trentaine de prisonniers

dans ma cellule qui avaient

les pieds enflés», a-t-il témoigné.

«L’on ne reçoit des visites que de ses

proches et rarement des organismes

de droits humains. Le petit terrain

de basket-ball que j'ai vu au Pénitencier

National n'est pas disponible

pour tous les détenus. Il n'y a que les

''majors'' qui peuvent bénéficier du

privilège de le fréquenter. La seule

chose qui nous servait d'animation,

à l'Arcahaïe, était la visite des missionnaires»,

a constaté l’ex détenu.

Les Déportés (DP)

La situation n'est pas différente

pour les déportés en provenance de

l'Amérique du Nord. Cette initiative

machiavélique rentre dans le cadre

de la coopération Nord Sud pour

entretenir une situation d’insécurité

dans le pays. Leur mode de vie est

de loin différent de celui de l'Haïtien

moyen. « On m'a enfermé pendant

un an. Je n'avais aucun droit où

aller », a confié Darly, un repris de

justice, déporté en Haïti par le Canada

après avoir été reconnu coupable

par un tribunal de l'Etat à la feuille

d'érable. Débarquant du premier vol

en provenance de Miami, dangereux

ou pas, ils s’évaporent dans la nature

exonérés du moindre contrôle.

Pour Steven « l'évangile »

représente sa planche de salut «

Mes parents sont chrétiens. Ils sont

arrivés à me convaincre. Le corps

quasiment couvert de tatouages.

Maintenant, je fréquente une église

chrétienne. Grâce à elle, je suis

dans le bon chemin », a-t-il fait

savoir. Mais, Darly a fait savoir que

d'autres continuent dans le trafic de

stupéfiants et des activités louches.

Des fois, ils l'invitent à les rejoindre.

Il aurait pu devenir encore plus

dangereux n’était-ce les conseils

prodigués par ses proches et par des

évangélistes ayant visité la prison

civile de Port-au-Prince pendant son

incarcération.

Le pire de réalités?

«La mission de la DAP consiste

à garder les détenus, condamnés

à temps ou à perpétuité,

à réhabiliter les condamnés en

vue de faciliter leur réinsertion sociale.

Mais l'institution fait face à

un manque criant de moyens »,

a affirmé un responsable, voulant

garder l’anonymat. Dans le

cadre de la mission de la Direction

de l’Administration Pénitentiaire

(DAP), certains détenus auraient dû

bénéficier de l'apprentissage de certaines

professions manuelles. Mais,

selon notre informateur, ce volet de

la mission de cette institution n'est

pas encore opérationnel. Le Code

pénal en vigueur, en ses articles 1

à 10, établit la différence entre les

peines criminelles (pour les crimes)

et les peines correctionnelles (pour

les délits).

Ces dispositions ont aussi

prévu la séparation des criminels de

ceux qui purgent une peine correctionnelle

quand elles déclarent que

les criminels seront condamnés à la

détention ou à la réclusion dans une

maison de force (Art. 7) alors que les

condamnés à une peine correctionnelle

seront emprisonnés à temps

dans un lieu de correction (Art. 9).

Malheureusement, selon le constat

général, tous les condamnés et

même des délinquants en détention

préventive, sont souvent gardés au

même endroit, sans considération du

degré de dangerosité de chaque catégorie.

Ce qui implique qu'un délinquant

enfermé pour un délit mineur

peut, à sa sortie de prison, devenir

plus dangereux. De sorte que certains

centres carcéraux peuvent être

considérés comme une Université du

Banditisme UB.

Entre-temps, des repris de justice

libérés après avoir purgé leurs

peines ou à la faveur des évasions en

cascade constituent de graves menaces

pour l’ensemble du corps social.

Réhabilités, ils auraient pu devenir,

au contraire, des citoyens utiles à

eux-mêmes et à la communauté.

Ainsi donc, la reconquête de

notre souveraineté sur le plan sécuritaire

constitue un pré-requis indispensable.

Aujourd’hui le peuple

haïtien recherche une solidarité

constructive basée sur l’apport et

l’expérience non seulement des peuples

mais aussi des Etats qui en sont

leurs représentants.

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009 Haïti Liberté 7


Perspectives

Haiti se prépare à

résister aux pluies et

aux orages

CEP : le Président de la

République se met en ordre de

bataille pour 2010

Par Patrick Mettelus

Les pluies diluviennes qui

s’abattent sur Haiti depuis mardi

soir ont déjà provoqué plusieurs

morts dans la commune de Carrefour.

Plusieurs maisons se sont

effondrées, des centaines d’autres

sont sous les eaux, des milliers

de personnes sont sinistrées. Une

situation due en grande partie aux

canaux d’évacuation qui n’ont jamais

été débouchés alors qu’une

vague tropicale traverse le pays et la

saison de cyclone n’est pas encore

terminée.

Dans le sud de Port-au-Prince,

plus précisément dans la zone de

Bizoton, les localités de Bois-Dioute,

Bergamote, Mahotière et Charpentier

entre autres sont les plus touchées.

Tous les canaux de conduite

sont obstrués par diverses ordures,

causant ainsi d’importantes inondations

dans ces quartiers surpeuplés

où les constructions anarchiques

sont légion. Les eaux en furie n’ont

pas eu de clémence pour la population

livrée à elle-même.

La situation est chaotique dans

le sud de la capitale d´Haiti. Les maisons

sont pleines de boue et d’eaux

puantes. Comme toujours, la population

a été surprise par la montée

des eaux en dépit de la saison cyclonique.

Les maisons, pour la plupart,

sont construites aux abords des

canaux d’évacuation qui, à la moindre

averse, débordent. La population

en profite pour y déverser ses détritus.

Ces inondations meurtrières ont

mis à jour la situation sanitaire de la

commune, privée de poubelle.

Les autorités municipales semblent

dépassées par les événements.

Elles étaient totalement absentes et

introuvables ce mardi soir. Cela a

soulevé la colère des habitants qui

y ont placé des barricades sur la

route des rails causant ainsi des embouteillages

monstres.

Selon le maire de Carrefour,

Yvon Jérôme, les inondations ont

fait quatre morts et autant de disparus.

«Nous avons fait appel au

Travaux publics pour déblayer et

vider les canaux, annonce-t-il.

Pour l’instant nous demandons aux

personnes situées dans les zones à

risques d’évacuer les lieux.» Les

risques d’inondations, de glissements

de terrain et d’éboulements

sont extrêmement importants pour

les prochaines 72 heures, selon les

responsables du Centre national de

météorologie du pays. Les modèles

de prévision indiquent qu’une onde

tropicale en provenance du Nicaragua

traverse le pays et provoquera

beaucoup de pluies et d’orages. Les

responsables appellent la population

à la prudence et à la vigilance.

La revolucion vive 23 octobre

2009

Le 10ème Forum de

la grande Caraïbe

s'est tenu en Haïti

Le gala de clôture au Karibe du 10e Forum de la grande Caraïbe autour

du thème : «Construisons des partenariats dans la grande Caraïbe».

Par Yves Pierre-Louis

Du 21 au 24 octobre 2009, s'est

tenu à Port-au-Prince, le 10e

Forum de la grande Caraïbe autour

du thème : « Construisons des partenariats

dans la grande Caraïbe». Ces

activités ont été réalisées sous le haut

patronage du ministère du Commerce

et de l'Industrie et de l'Association

des Etats de la Caraïbe. Elles ont bénéficié

du financement de la Banque

interaméricaine de développement

(BID), de la commission économique

européenne, des gouvernements haïtiens

et taiwanais et de diverses autres

institutions partenaires.

A l'ouverture de ce Forum, le

commissaire général, Luc Especa

a profité de l'occasion pour placer

l'organisation de ces activités dans

un contexte bien déterminé. Il s'agit

de contribuer au premier abord,

à refaire l'image d'Haïti auprès

de l'International et à encourager

l'investissement étranger dans

Suite à la page (18)

Par Catherine Charlemagne

Depuis la semaine écoulée, le

pays s’est doté d’un nouveau

Conseil Electoral Provisoire (CEP).

Disons un CEP remanié, renouvelé

et surtout contrôlé par celui qui est

constitutionnellement chargé de le

mettre en place. Comme il est de

coutume depuis plus de vingt ans,

la formation ou le remaniement de

cet organisme d’Etat ne se fait jamais

sans drame et psychodrame

au sein des partis politiques et ce,

quel que soit le gouvernement en

place. Il est vrai, l’exécutif ne fait

rien pour arranger les choses loin

de là. D’ailleurs, n’est-ce pas là

l’objectif. Semer la zizanie parmi les

organisations politiques, histoire

d’avoir les coudées franches avec

un CEP sous son contrôle.

Sinon, comment est-ce possible

que depuis plus de deux

décennies l’un des organismes

publics majeurs, ayant pour fonction

d’organiser des scrutins pluralistes

et honnêtes, ne soit pas

encore opérationnel ? Alors même

que toutes les élections organisées

dans ce pays entre temps sont systématiquement

contestées, allant

même jusqu’à provoquer plusieurs

occupations du pays, n’en déplaise

à notre cher Président. Bref, ce

dernier CEP n’a pas échappé à la

règle.

Il est indéniable que les futurs

scrutins, législatif et présidentiel,

seront tout naturellement contestés

et les élus qui sortiront de ces joutes

seront forcément affaiblis même

s’ils devaient être démocratiquement

élus par leurs électeurs. En

fait, nous nageons pas pour nous

en sortir mais pour nous enfoncer,

tant que ceux, ayant la haute

main sur les institutions, ne comprennent

pas qu’en agissant ainsi,

ils ne travaillent pas pour sortir

le pays de l’instabilité politique et

institutionnelle, ce qui encourage

la présence des forces militaires

étrangères dans le pays, mais à

maintenir le peuple dans sa situation

de sous développement et de

misère, puisque tout est lié.

Pas de stabilité, pas de

sécurité et bien entendu pas

d’investissement pour créer des

emplois stables et durables. Il faut

dire que les responsables des partis

politiques contribuent eux aussi

à cette situation dans laquelle ils

demeurent les premières victimes.

Car, à force de jouer au pyromane,

ils ont fini par se brûler les

doigts. La non institutionnalisation

à ce jour du Conseil Electoral

Provisoire, ils en sont pour beaucoup.

Ils paient leur démagogie et

leur ambition démesurée et surtout

l’instabilité de leur positionnement

idéologique et politique.

En jouant à la girouette avec

tous les gouvernements, sauf avec

celui de l’ex-Président Jean-Bertrand

Aristide, personne, à commencer

par celles qui ont le pouvoir de décision,

ne les prend plus au sérieux.

Quand ils crient au voleur, les gens

de la rue pensent qu’ils s’auto accusent

; tant ils fricotent avec tous

les régimes, même les plus illégitimes

et inconstitutionnels. A la fin,

Les 4 nouveaux conseillers électoraux: de gauche à droite : Telneuve

Pierre Toussaint (représentant ASEC, CASEC), Anténor Guerrier

(représentant Vodou) ; Ribel Pierre (Conseil National des Partis

politiques) ; Enel Désir (Représentant Eglise Catholique)

leurs accusations, leurs cris contre

le pouvoir deviennent des cris dans

un désert. Personne ne les entende

ni ne les croit. D’où la liberté et le

sentiment de puissance qui, en

Les Membres du Nouveau Conseil

Electoral provisoire

quelque sorte, s’emparent du maître

du Palais pour imposer ce qu’il

croit être bon pour lui non pas pour

le pays. L’on est revenu au temps

de l’exécutif tout puissant décidant

de tout, tout seul.

Comme le temps où l’on

confondait les institutions avec

celui qui devait surveiller à leur

bon fonctionnement. Certes, le

sort de l’ancien CEP était scellé.

L’agissement et le comportement de

ses anciens responsables, vis-à-vis

de certains partis politiques entre

autre Lafanmi Lavalas, le condamnaient

à sa disparition. Personne

ne s’imaginait que le CEP qui avait

réalisé les pseudo élections sénatoriales

partielles pouvait être une

nouvelle fois aux commandes pour

les scrutins de l’année prochaine.

Le conserver tel quel, aurait été

plus qu’une provocation pour la

population. Beaucoup moins pour

les patrons politiques qui ont du

mal à se définir face au Palais.

Décriée par ses propres dirigeants,

cette institution ne pouvait

prétendre être en mesure de

continuer la mission qu’on lui

avait confiée. Bref, la société tout

entière s’attendait à ce que le chef

de l’Etat fasse le ménage bien que

toutes les décisions du CEP, concernant

les partis politiques ou les

résultats douteux dans certains

départements, étaient soutenues,

voire amicalement demandées par

la présidence. Mais nous sommes

en politique. Il doit y avoir des

fusibles pour supporter les courts

circuits. La chute du Président du

CEP est donc logique, trop de projecteurs

étaient braqués sur lui.

Mais ce réaménagement a

suscité au sein de la classe politique

les mêmes polémiques inutiles

puisque ne servant à rien.

Penser pouvoir imposer un calendrier

politique au Président de la

République, alors même que vous

n’avez aucune carte en mains,

c’était prendre le risque de se faire

exclure de la compétition. C’est ce

qui s’est passé pour la nomination

des nouveaux membres au sein du

CEP. Le chef de l’Etat avait donné

un délai, une date butoir pour que

les partis politiques confirment ou

désignent d’autres membres après

le scandale interne qui a ébranlé

l’institution. La date étant écoulée,

les Secteurs qui n’ont pas voulu,

ou comme dans leur habitude, voulaient

faire du dilatoire, histoire de

retarder le processus électoral, ont

été tout simplement exclus et se

sont vus remplacés par d’autres

Secteurs jusque-là oubliés. D’où

l’idée de la présidence de faire rentrer

pour la première fois au CEP

des Secteurs clés de la société,

comme les Vodouisants et les Collectivités

territoriales.

Or, ces secteurs qui font leur

rentrée au sein du CEP sont de

loin les plus représentatifs de la

société et capables, du point de

vue politique, d’apporter beaucoup

plus d’électeurs dans la stratégie

présidentielle des futures élections.

Enfin, ces Secteurs sont plus susceptibles

de soutenir et de rallier

les démarches du chef de l’Etat que

des partis politiques déjà inféodés

à leurs leaders respectifs. Ce n’est

pas une surprise, la division qui a

éclaté au sein du Conseil National

des Partis Politiques de Déjean Bélizaire,

après que Osner Fevry ait

court-circuité le Président de cette

Plate-forme pour désigner son

représentant au CEP.

Le pauvre Dejean Bélizaire,

résigné, a donné sa démission au

sein d’une organisation dont son

autorité et son pouvoir en tant que

Président se limitaient à constater

les dégâts. Le grand bénéficiaire

de tout ce charivari reste naturellement

le chef de l’exécutif qui voit

son plan initial se dérouler comme

il l’avait prévu. Affaiblir les partis

politiques, mettre en difficultés les

leaders de ces partis, avoir un CEP

presque sous ses ordres. Il reste

au Président de la République, la

dernière étape de son plan, la

formation d’une nouvelle Plateforme

politique, qui est d’ailleurs

bien avancée, pour se lancer avec

l’on ne sait pas encore qui, dans sa

dernière bataille électorale l’année

prochaine. L’objectif final : gagner

les élections législatives de 2010

afin d’avoir les moyens politiques

pour discuter avec celui qui le remplacera

en 2011 au Palais National.

8

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009


This Week in Haiti

Haitians Impatient with Obama Over TPS

By Francesca Guerrier & Kim Ives

Some 50 Haitians and their

supporters held a spirited

demonstration in front of the

Fontainebleau Hotel in Miami

Beach on Monday, Oct. 26 to

demand that President Obama

immediately grant some 35,000

undocumented Haitians currently

in the US Temporary Protected

Status or TPS.

Obama was at the hotel for a

fundraiser for Democratic Florida

congressmen Alcee Hastings and

Kendrick Meek, who is running

for senator.

The demonstration was organized

by the Haitian American

Grassroots Coalition, Institute of

Justice and Democracy (IJDH),

Florida Immigrant Coalition

(FLIC) and Free Haiti Now, all

groups which had been expecting

Obama to reverse the Bush

administration’s denial of TPS to

Haitians last December.

“We are all frustrated that

more than nine months after

President Obama’s inauguration

Haitians still don’t have TPS despite

the incredibly broad editorial

and political support for it,

including from the three South

Florida Republicans in the US

House of Representatives,” said

Steve Forester, an immigration

lawyer and long-time TPS advocate

who presently represents the

IJDH in Florida. “And we are doubly

surprised that we have not

yet gotten a response to our request

to at least give people the

dignity of the right to work while

the administration continues,

month after month, to review the

propriety of granting TPS, which

to us and every objective observer

is a no-brainer, based on the

four hurricanes and storms that

hit Haiti in a one-month period

a year ago.”

TPS can be granted by executive

order to undocumented

immigrants in the U.S. who are

Demonstrators gathered in front of the Miami Beach’s Fontainebleau

Hotel to protest Obama’s inaction on TPS for Haitians

temporarily unable to return to

their nation because of a natural

disaster, armed conflict, or other

extraordinary circumstances.

Since it was established in 1990,

TPS has been granted to immigrants

from Nicaragua, El Salvador,

Honduras, Burundi, Somalia,

Montserrat, Sierra Leone, Sudan

and Liberia.

Since January, many demonstrations

demanding TPS for

Haitians have been held in Florida

and other states. Over 300 people

from Florida and the Northeast

traveled by bus to Washington,

DC to demonstrate in front of the

White House on Jun. 3, and many

more turned out for a second

demonstration there on Sep. 16.

On Sep. 18, Free Haiti Now,

FLIC and Haitian Women in Miami

(FANM) held a vigil at Virginia

Key Beach on Key Biscayne

to call for TPS and to pay respect

to the many Haitian refugees

who have died at sea. Performing

at the protest were Miami artists

DJ Khaled, Mecca aka Grimo,

and Grindmode. Other celebrities

also supported the action and the

TPS call including M1 from Dead

Prez, Black Dada, Ace Hood, NBA

superstar Hudonis Haslem, and

three artists from the group Poe

Boy: Billy Blue, Brisco and Flo

Rida.

“We need the administration

to grant TPS or at least,

while they are considering it, to

grant work permits on a case by

case basis to TPS-deserving noncriminal

Haitians who desperately

need work permits, drivers

licenses and the ability to feed

their families, pay electricity

bills, and send remittances to

Haiti which can support up to

ten times that number, thereby

increasing Haiti’s security and

our own,” Forester said.

On Oct. 26, the demonstrators

were restricted to a sidewalk

across Collins Avenue from the

Fontainebleau. The area was

heavily guarded by U.S. Secret

Service, Miami Beach police and

private security guards. The police

harassed demonstrators who

sought to take pictures of the protest

from the street.

Further down the sidewalk,

a group of about 100 racist, antiimmigrant

Republicans, Minutemen,

and counter-revolutionary

Cubans protested Obama’s presence

in Miami with absurd signs

like “Go back to Kenya” and “Go

back to Indonesia” and “Obama

= Communism.”

Among those who came out

to the TPS demonstration were

Central American farmworkers

from Homestead, about 25 Haitians

from West Palm Beach, and

FLIC staff members.

In March, former Haitian-

American unionist Patrick Gaspard,

now Obama’s Director for Political

Affairs, traveled to Miami to

soothe and reassure Haitian leaders

that the administration would

soon act on TPS. The reprieve he

brokered has now expired.

“As far as we are concerned,

regarding Haiti, the Obama administration

is maintaining the

same status quo as the Bush immigration

policy,'' Haitian-American

Grassroots Coalition president

Jean-Robert Lafortune told the

Miami Herald.

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Avenue Brooklyn, NY 11225 entre

Maple et Midwood ou téléphonez le

(718) 576-2667.

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009 Haïti Liberté 9


Pour Jean-Loup Izambert, journaliste

indépendant et écrivain, qui

publie son septième ouvrage sous le

titre de «Pourquoi la crise»? Aux

éditions Amalthée, la crise du capitalisme

est devenue totale. Contrairement

aux déclarations de certains

économistes et politiciens, il affirme

qu’il n’y aura pas de sortie de crise.

Pour l’auteur de la seule investigation

journalistique sur les origines

de la crise, le système capitaliste

ne peut survivre que par la guerre.

Quelle alternative pour les peuples?

Entretien.

Géostratégie: Vous démontrez

dans votre livre Pourquoi la crise?

Que le capitalisme ne peut plus supporter

la démocratie parlementaire

avec laquelle il s’est développé.

Sommes-nous à un point de rupture

avec ce système et les valeurs de liberté,

d’égalité, de fraternité?

Jean-Loup Izambert: C’est

évident. Pourquoi et quelles données

changent par rapport aux

dernières décennies? Dans ce système

les grands propriétaires privés

de l’économie contrôlent l’économie

et tentent de l’imposer par tous les

moyens comme régime aux peuples

de la planète, y compris par la

guerre. C’est ce qu’ils ont toujours

fait avec la seule préoccupation de

s’enrichir et de faire main basse sur

les richesses des peuples au seul

profit des sociétés transnationales

qu’ils dirigent. Mais parvenu au

stade de l’impérialisme, période actuelle

du développement du capitalisme,

les grands possédants ont besoin

d’un pouvoir politique qui leur

soit totalement dévoué pour protéger

et accroître encore la concentration

des richesses qu’ils cumulent.

Il faut bien comprendre qu’il s’agit

pour eux d’une question de survie,

de rester maîtres du pouvoir et

bien sûr de leurs privilèges. L’une

des contradictions qu’ils doivent

gérer vient justement du fait que

l’accumulation du Capital et la concentration

des richesses qu’ils sont

contraints de perpétuer sous peine

de perdre pouvoir et privilèges, implique

aujourd’hui des centres de

décisions de plus en plus fermés,

dans l’entreprise comme dans la

société. Or, cette tendance à la centralisation

va à l’inverse du mouvement

des sociétés qui pousse vers

plus d’ouverture, de démocratie, de

participation, de culture notamment

avec le développement des sciences

et des techniques.

Géostratégie: Quels faits caractérisent

aujourd’hui cette concentration

des richesses?

J-L.I. : Aujourd’hui 200 sociétés

transnationales contrôlent

plus de 23% du commerce mondial

et 1% des plus riches détient plus

de 57% des richesses produites.

L’augmentation des richesses conduit-elle

à l’enrichissement des peuples?

Non. Au niveau mondial 103

200 personnes, pour la plupart propriétaires

privés de l’économie, détiennent

un patrimoine financier de

plus de 30 millions de dollars, hors

résidence principale et biens de consommation.

Mais, si l’on se réfère

aux statistiques de l’Organisation

des Nations Unies, plus de 80 pays

ont aujourd’hui un revenu par habitant

plus bas qu’il y a dix ans. D’une

part les peuples prennent de plus en

plus conscience qu’ils ne profitent

pas de l’augmentation des richesses

produites, que plus les richesses se

concentrent entre quelques mains

plus la misère s’accroît dans les sociétés

mais également que ce phénomène

touche aujourd’hui le cœur

même de l’Occident capitaliste qui

s’en croyait à l’abri. Selon les chiffres

du fisc étasunien, à la veille de

l’aggravation de la crise 60 millions

de personnes « vivaient » aux Etats-

Unis avec moins de sept dollars par

jour. Bien que dissimulée par les

médias qui appartiennent aux milliardaires,

la situation est analogue

dans la petite Europe de Maastricht

de 20 millions de chômeurs où 80

millions de citoyens – soit quand

même 16% de ses 495 millions

d’habitants – courent un risque de

pauvreté, 17 millions sont répertoriés

comme « très pauvres » et

70 millions d’autres n’ont pas accès

à un logement décent selon les

propres statistiques publiées par la

Commission européenne et d’autres

organismes « européens ». Dans ce

contexte, les grands possédants de

l’économie ont besoin de faire courber

la tête aux peuples pour maintenir

leur système d’exploitation.

Les dirigeants bourgeois

organisent le déficit des

nations

Géostratégie: Comment

le pouvoir politique favorise-t-il

ces grands propriétaires privés de

l’économie?

J-L.I.: De différentes manières.

Cela va du vote de lois en faveur de

la grande bourgeoisie, à une complicité

évidente avec le système

d’évitement fiscal qui appauvrit la

collectivité jusqu’au vote de crédit

pour des guerres régionales dans

lesquelles vous voyez apparaître et

se développer des Sociétés Militaires

Privées (SMP) liées aux armées et

services occidentaux et financés par

les Etats et leurs transnationales.

Les provocations répétées à coups

de campagnes médiatiques contre la

Fédération de Russie, la République

Populaire de Chine, la République

Islamique d’Iran ou d’autres mais

aussi le soutien à des dictatures

comme en Irak après avoir ravagé

le pays par la guerre, dans plusieurs

pays d’Afrique où l’invasion

et l’occupation de l’Afghanistan

sont des illustrations de la tentation

totalitaire du capitalisme.

L’actuelle présidence française, son

Premier ministre et son gouvernement

sont au diapason de ce qui se

passe dans tous les pays capitalistes

sans exception : atteintes répétées

aux libertés, vote de lois en faveur

des grands possédants, réduction

du rôle des assemblées élues – par

exemple, avec la volonté de tenter

de supprimer les communes ou

les départements en France ou en

réduisant le rôle du Parlement -, «

dépénalisation du droit des affaires

» qui a pour conséquence de laisser

faire le pillage de la nation par

les grands propriétaires privés de

l’économie, retrait du rôle de l’Etat

dans ses fonctions essentielles de la

santé, de l’éducation, du logement,

du développement économique et

de l’emploi, engagement dans des

guerres et occupations de pays contre

l’intérêt des peuples.

Géostratégie: La dégradation

de la situation économique ne

dépend t-elle donc pas seulement de

la crise comme les médias de masse

tentent d’en accréditer l’idée?

J-L.I. : Comme je l’ai dit, la

crise est liée à la nature même du

capitalisme. Elle prend une ampleur

que n’a jamais connue le système

alors que le pouvoir politique n’a

cessé de border son lit. Par exemple

l’actuel président français s’était engagé

lors de sa campagne électorale

à mettre en oeuvre une politique de

plein emploi. Mais l’explosion du

chômage et de la misère que nous

connaissons aujourd’hui n’est pas

le fait de la seule crise. Bien avant

que celle-ci ne se manifeste brutalement,

le gouvernement français

UMP, à peine installé, procédait

déjà à la suppression de dizaines

de milliers d’emplois dans la fonction

publique sur plusieurs années

tandis que les dirigeants de grandes

sociétés privées en programmaient

la liquidation de centaines de milliers

d’autres dans tous les secteurs

d’activité. Cette politique au service

de la concentration du Capital n’est

LE CAPITALISME EN

CRISE A BESOIN D'UN

CONFLIT MAJEUR

Le capitalisme est un système criminel qui a fait la prospérité d’une caste

de milliardaires sur la mort de centaines de millions d’êtres humains

que la continuité des précédentes politiques menées par les gouvernements

de droite comme de gauche. En fait le rôle de l’Etat bourgeois se borne à

protéger les intérêts des grands possédants contre l’intérêt général avec pour

conséquence l’aggravation du déficit budgétaire, l’endettement de l’Etat et

une misère grandissante pour le plus grand nombre.

Un exemple : les sociétés transnationales qui auraient dû payer plus

de 33 milliards d’euros d’impôts pour la seule année 2006 en ont réglé 6,1

milliards avec la bénédiction de l’Etat ! Dans le même temps, ces entreprises

qui ne créent pratiquement pas d’emplois, organisent des plans de licenciements,

exportent une partie de leurs bénéfices pour échapper à l’impôt ont

reçu de l’Etat 65 milliards d’euros d’aides de toutes sortes et bénéficié de

milliards d’euros d’exonérations fiscales. Pour vous donner une idée, sur

deux années, cela représente environ 130 milliards d’euros, soit pratiquement

l’équivalent du budget annuel européen pour la période 2007-2013

ou le montant du déficit record du budget de la France fin 2009 contre 56,3

milliards en 2008. La dette publique de la France atteint aujourd’hui des

sommets en se situant, selon l’INSEE, à 1413,6 milliards d’euros pour le

premier trimestre 2009 soit 72,9% du Produit Intérieur Brut (montant des

richesses créées dans un pays sur une année entière). De même, l’Etat et

les dirigeants des grandes sociétés privées doivent des milliards d’euros à

la Sécurité Sociale qui ont déjà été payés par les salariés aux entreprises et

les consommateurs mais ne sont toujours pas reversés à l’organisation de

solidarité nationale par le grand patronat.

Voilà comment le gouvernement organise les déficits. Quand le Président

de la République et les ministres de l’Intérieur qui se succèdent affirment

« qu’il n’y a pas de zone de non droit » en ciblant la jeunesse amputée

d’avenir qui se révolte, ils se moquent ouvertement du monde. Les premières

zones de non droit se situent au sein même de structures de l’Etat

et elles sont le fait de leur politique qui conduit le pays à la ruine ! Ce n’est

qu’un aspect qui explique aussi la violence du système vis-à-vis de toutes

les résistances qu’il rencontre et de celles qui en découlent de manière plus

générale dans les rapports sociaux.

Le général russe Leonid Ivashov a mis en garde à plusieurs reprises

contre la volonté des Etats-Unis de déclencher un conflit militaire majeu.

Géopolitique: La violence est donc liée à la fin du système?

J-L.I. : Oui, un peu comme les derniers sursauts d’une bête blessée à

mort. Elle se manifeste par le rejet brutal de millions d’hommes et de femmes

du système de production, leur mise à l’écart de la vie sociale, du logement,

de la santé, de la culture. Elle se manifeste également par la destruction de

pans entiers de l’économie, de régions et de pays comme en Yougoslavie,

en Irak, en Palestine, en Amérique centrale ou en Afrique où les derniers «

rois-nègres » ne doivent leur trône qu’à la corruption débridée de transnationales

et, parmi d’autres, au pouvoir élyséen. Le capitalisme est un système

criminel qui a fait la prospérité

d’une caste de milliardaires sur la

mort de centaines de millions d’êtres

humains, sur les souffrances les

plus atroces des peuples sur tous les

continents par la famine, la surexploitation,

le colonialisme, la guerre.

Et cela continue. Au moment où

nous parlons, selon les chiffres de

l’Organisation des Nations Unies,

une personne meurt de faim – «

seulement » de faim, épidémies et

guerres non comprises – toutes les

quatre secondes. Dans le même

temps les dirigeants occidentaux en

sont à faire payer les paysans par

les contribuables à coups de primes

pour mettre leurs terres en friches,

à détruire des pêches entières par

des règlements imbéciles décidés

par les bureaucrates de Bruxelles.

Et au moment où nous parlons ce

sont plus de 350 millions d’enfants

de 6 à 17 ans qui sont surexploités

par les transnationales capitalistes

sur tous les continents dans presque

tous les types d’industrie, de l’Asie

aux Etats-Unis. Si ce n’est de la violence

et de l’égoïsme, qu’est-ce donc

le capitalisme ?!

Une exigence de

destruction

Géostratégie : Dans votre

livre vous rapportez le témoignage

de plusieurs intervenants de différents

milieux et pays dont certains

évoquent une crise totale contrairement

aux précédentes. Quels

changements avec les crises précédentes?

J-L.I. : Effectivement la crise

est presque mondiale par le fait

qu’elle touche tout le système capitaliste.

Des pays comme la Fédération

de Russie, la République Populaire

de Chine, Cuba, le Venezuela

révolutionnaire du président Hugo

Chavez, le Brésil, la République démocratique

du Vietnam ou d’autres

comme la République Islamique

d’Iran sont moins touchés car ils

sont, pour des raisons diverses –

historiques, politiques, culturelles,

économiques – moins imbriqués

dans le système capitaliste, ses réseaux

commerciaux, bancaires et

financiers. Jusqu’à présent nous

devions faire face à des crises conjoncturelles

du capitalisme, des périodes

où la concentration du Capital

s’accélérait brusquement en mettant

en difficulté momentanée des monnaies,

des économies, des pays.

Face à cette situation inédite il était

important que je donne la parole à

10

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009


Les grands possédants de l’économie ont besoin de faire courber la tête

aux peuples pour maintenir leur système d’exploitation

des intervenants de différents milieux, tous concernés par la banque, la

finance, l’organisation d’entreprise et de la société.

Quelques français comme le Président du groupe Crédit Agricole Société

Anonyme, un commissaire aux comptes ou un important cabinet d’avocats

d’affaires parisien ont refusé de débattre de la situation et de répondre à des

questions portant sur l’évolution de l’activité de leur secteur professionnel

dans le contexte actuel. La plupart ont joué le jeu et apportent, comme vous

avez pu le lire, une contribution importante à mon travail par leur vécu mais

également par leur propre réflexion et leurs travaux. C’est le cas du président

Etienne Pflimlin du groupe bancaire mutualiste Crédit Mutuel-CIC, de

Pierre-Henry Leroy, fondateur et dirigeant de Proxinvest, l’une des plus importantes

sociétés de conseil aux actionnaires, du président Alban d’Amours

du Mouvement des Caisses Desjardins, l’un des plus importants instituts

financiers du Canada de forme coopérative, d’Hervé Sérieyx, haut fonctionnaire,

dirigeant de société, chercheur et conseil en organisation d’entreprise,

de Mark Schacter au Canada qui est conseil international en organisation

d’entreprise, de l’Institut Canadien des Comptables Agréés faute de trouver

un européen qui daigne répondre à de simples questions de droit sur la

transparence de gestion et la validité des comptes des transnationales, du réseau

SWIFT spécialisé dans les transactions internationales, d’un syndicaliste

de la CGT, fin connaisseur du monde bancaire ou encore de magistrats

comme Jean de Maillard, spécialisé dans les nouvelles formes de criminalité

financière, des avocats d’affaires et bien entendu des responsables du mouvement

Coopératif international.

La rencontre de tous ces acteurs de l’entreprise, de la finance, de

la banque, du droit au sein d’un même lieu – un livre -, la transmission

aux lecteurs de leur expérience comme de leurs idées et de leurs propres

travaux, permet de dresser un tableau aussi précis que possible de la situation

actuelle pour mieux comprendre les origines et mettre en exergue les

responsables de la crise. De même cette démarche permet de mon point de

vue de tenter d’esquisser les possibles d’un nouveau mode d’organisation

et de gestion économique et social. Ainsi que l’explique Sherron Watkins,

l’ancienne vice-présidente de la société étasunienne Enron, transnationale

de l’énergie faillie en décembre 2001, la crise du capitalisme est désormais

totale. Elle touche tout le système : économie, finance, groupes de surveillance

du monde des affaires et institutions internationales, politique, morale

et idéologie. La continuité de ce système s’accompagne aujourd’hui d’une

exigence de destruction de tout ce qui entrave la concentration des richesses

par les grands possédants. Ils appellent cela « déréglementation », « privatisation

», « libéralisation » ou « mondialisation » et couvrent la répression,

l’esclavage, le colonialisme et la dépendance des mots de « sécurité », «

liberté », « droits de l’Homme » n’ayant plus que le mensonge, la tromperie

et la falsification pour camoufler la fin de leur système.

Géostratégie: Mais ces pouvoirs sont l’émanation du suffrage universel,

du vote des peuples. Si l’on pousse le raisonnement à son terme, doit-on

en conclure que les peuples occidentaux souhaitent le capitalisme?

J-L.I. : Effectivement, les peuples occidentaux se sont prononcés

jusqu’à aujourd’hui en faveur de représentants du capitalisme, pratiquement

sans rien connaître du reste de la nature de celui-ci ni même envisager où

ce système les conduit à l’heure actuelle. Prenons l’exemple de la France.

En 1981, lors des élections présidentielles puis des élections législatives qui

ont suivi, le peuple français a eu l’occasion de choisir entre la continuité du

système symbolisée par les partis conservateurs et la rupture que proposait à

l’époque le Parti Communiste Français avec le Programme commun de gouvernement

des forces de gauche auquel étaient associés le Parti Socialiste et

les radicaux de gauche. Ce Programme commun de gouvernement était luimême

l’aboutissement d’années d’engagement des communistes français

pour ouvrir une voie nouvelle dans la construction d’une démocratie avancée.

Ce programme venait en effet après plusieurs grandes campagnes nationales

du PCF et l’élaboration et la diffusion du propre programme du PCF

à des millions d’exemplaires sous le titre de « Changer de cap », programme

pour un gouvernement démocratique d’union populaire. Pour la préparation

de celui-ci les militants communistes ont mené à l’époque de grandes

campagnes d’information, de débats, collecté sur plusieurs mois avec « les

cahiers de la misère » le vécu et les espoirs du peuple dans les campagnes,

les quartiers, les usines, les universités. Tout cela a permis d’aider les gens

dans leurs problèmes quotidiens – par exemple en s’opposant aux licenciements

dans des entreprises qui réalisaient des profits ou à empêcher des

saisies-expulsions – tout en débattant avec eux des changements à mettre

en œuvre pour une nouvelle politique nationale.

Au moment du vote, lors des élections présidentielles et des législatives

qui ont suivi, une majorité de votants a cédé aux campagnes médiatiques

anticommunistes et s’est réfugiée dans le giron du Parti Socialiste. Une fois

au pouvoir, celui-ci s’est empressé d’abandonner ses engagements sous la

pression de la bourgeoisie et du gouvernement étasunien qui s’opposait à la

présence de ministres communistes dans le gouvernement français. Toutes

les transformations radicales contenues dans le programme commun de

gouvernement, tout particulièrement les nationalisations des secteurs clés

de l’économie, le développement de la démocratie et toute mesure qui permettait

de rompre avec le système ont ainsi été abandonnées par la « génération

Mitterrand ». Démonstration a été faite une nouvelle fois que sans

parti révolutionnaire, sans mobilisation et soutien à des propositions de rupture

avec le système, il ne peut y avoir de réel changement. Si les mesures

préconisées par le PCF avaient reçu à l’époque un large soutien populaire, le

cours des choses aurait été bien différent, y compris la question européenne.

Du reste, si vous relisez aujourd’hui « Changer de cap », le programme du

PCF, ou même le Programme commun de gouvernement de 1972, vous

constaterez avec le recul du temps et en regard de la situation actuelle le bien

fondé des propositions de l’époque dont certaines ne demandent qu’à être

actualisées. Chacun doit donc assumer ses responsabilités face à l’Histoire.

Le passage à la construction d’une société socialiste ne peut se faire

que sur la base d’un rapport des forces sociales et politiques, favorables

au peuple et ne peut être que le résultat de sa volonté et de sa lutte. Une

trentaine d’années plus tard le peuple français, sans tirer les leçons de ses

expériences, continue de voter tantôt à gauche, tantôt à droite sans avoir

encore conscience qu’il confie en réalité son pouvoir aux mêmes maîtres de

la finance et de l’économie. La politique qu’il vit au quotidien reste par conséquent

la même et rien ne change dans l’entreprise, dans la vie économique

à laquelle il consacre l’essentiel de son existence. Bien entendu, la situation

s’est aggravée au fil des trois décennies qui se sont écoulées depuis 1981

et il commence à payer chèrement sa marche « droite-gauche-droite-gauche

» à coups de chômage, d’impôts, de taxes, d’exclusions, de restrictions, de

lois liberticides et de guerres. Mais il ne peut s’en prendre qu’à lui-même car

c’est en dernier ressort lui qui décide, par ses luttes et ses votes. Souvenonsnous

toutefois que l’Histoire a montré que les révolutions ne sont pas prévues

dans les calendriers électoraux de la bourgeoisie.

La priorité est à l’action sur des propositions

révolutionnaires

Géostratégie : La responsabilité serait-elle uniquement le fait d’un

peuple ignorant de la chose politique et de sa propre histoire ou plus préoccupé

par ses « petits problèmes » que du devenir de la société et de la planète?

Le journaliste indépendant et écrivain Jean-Loup Izambert et son livre

«Pourquoi la crise» publié aux éditions Amalthée…

J-L.I. : Non, bien évidemment. La crise n’incite pas à la réflexion

et à l’action. Les médias qui sont la propriété privée des milliardaires par

banques et sociétés de communication interposées jouent un rôle important

dans la désinformation et l’abrutissement des masses. Le fait qu’un navet

comme le film « Bienvenue chez les Chtis » soit élevé au rang de succès

cinématographique ou que des foules honorent comme un dieu la mort d’un

pantin médiatique comme Michael Jackson qui, en dehors du fait qu’il n’a

rien apporté d’essentiel à la musique, se droguait, couchait avec des petits

enfants et s’était fait tirer et blanchir la peau pour ne plus être noir en dit assez

long sur le niveau culturel d’une frange des sociétés occidentales. Nous

Les Etats-Unis sont en pleine faillite, leur dette financière n’est plus

remboursable et ne peut plus qu’être remise.

sommes bien loin des grands musiciens et chanteurs comme King Oliver,

Sindey Bechet, Count Basie, Louis Armstrong, Ray Charles, Otis Redding ou

d’autres dont les musiques populaires traversent les générations ! Ce n’est

qu’un aspect des conséquences des batailles que se livrent les transnationales

étasuniennes, européennes et japonaises pour le contrôle des grands

moyens de communication, des groupes de presse aux satellites en passant

par les majors du cinéma. Sans doute le peuple sortira-t-il de son hibernation

politique lorsque nous passerons de « Qui veut gagner des millions ? » à «

Qui va partir à la guerre ? »…

Depuis les années quatrevingt,

les dirigeants du PCF ont

commis de lourdes erreurs stratégiques.

Comme s’ils n’avaient pas

compris les leçons du passé, ils continuent

de rechercher des alliances

électorales avec d’autres partis réformistes

au lieu de privilégier des

propositions pour éveiller les consciences,

organiser de grands débats

nationaux sur les questions essentielles

et rassembler dans l’action

avec audace. Lorsqu’un parti ou

un mouvement posera des questions

comme « Comment contrôler

le système bancaire et financier ?

», « Quelle organisation bancaire

et financière pour l’économie ? »,

« Quelles mesures pour la gestion

démocratique des entreprises ? » ou

« Comment rendre à l’assemblée du

peuple sa représentation nationale ?

», questions dont les réponses sont

essentielles pour s’engager dans

une rupture avec le système, alors

la société commencera à s’éveiller.

Et dans l’immédiat, il ne faut pas

compter sur les états-majors syndicaux

qui sont surtout préoccupés

de canaliser le mécontentement afin

d’éviter les grandes colères qui commencent

à gronder.

Il est particulièrement lamentable

de voir des représentants

syndicaux négocier la diminution

du nombre de licenciés dans des entreprises

en pleine santé financière

quand ceux-ci devraient non seulement

appeler à la lutte pour le maintien

et le développement de l’emploi,

exiger des licencieurs l’ouverture

des comptes de l’entreprise et se battre

pour des droits nouveaux afin de

participer à leur gestion. Dites-moi

un peu à quoi servent les comités

d’entreprises quand des salariés découvrent

du jour au lendemain des

plans de licenciements prévus de

longue date ?! Avez-vous remarqué

comment le mouvement radical de

séquestration de responsables de ces

plans de licenciements né à la base

a été enrayé ? Ce type d’action très

intéressant a pratiquement disparu

des journaux télévisés et autres du

jour au le demain. Dans l’immédiat,

entre des partis dits progressistes

sans propositions révolutionnaires

et des syndicats au minimum compatissants,

le pouvoir des « compteurs

de petits pois », pour reprendre

la formule d’Hervé Sérieyx, ne pouvait

pas mieux espérer.

Géostratégie : Est-ce à dire

que la situation est politiquement

bloquée et qu’il sera difficile de sortir

de la crise ?

J-L.I. : L’idée selon laquelle il

pourrait y avoir sortie de crise sans

sortie du système qui l’engendre est

une hérésie. Autant vouloir soigner

une grippe sans tuer son virus. Cette

chimère ne vise, une nouvelle fois,

qu’à berner le peuple en lui faisant

croire que l’avenir sera meilleur s’il

accepte de nouvelles mesures antisociales

comme par exemple le report

de l’âge de la retraite à 65 ans.

Ce n’est que la suite logique du «

travailler plus pour gagner plus »

développé par l’UMP. Il n’y aura

pas de sortie de crise pour la simple

raison que le capitalisme ne peut

plus être aménagé. Vous avez pu

remarquer combien les médias des

puissances financières se font silencieux

tant sur l’origine de la crise,

ses conséquences générales et son

extension dans d’autres pays. Il faut

surtout éviter que les masses prennent

conscience de l’ampleur des

dégâts comme des responsables de

la situation pour mieux les enfermer

dans la fatalité et le renoncement à

la lutte.

Nous ne sommes plus en

démocratie

Géostratégie : Cela signifie-til

que l’appauvrissement continu de

la société va se poursuivre de

Suite à la page (12)

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009 Haïti Liberté 11


Le capitalisme en crise a besoin d'un conflit majeur

Suite de la page (11)

manière plus brutale au détriment

de l’intérêt général et au seul profit

des grands propriétaires privés de

l’économie ?

J-L.I. : Oui. Nous entrons dans

une nouvelle période où le chômage

s’accroît de manière considérable

et où des millions de citoyens supplémentaires

sont écartés du droit

de vivre dignement de leur travail,

où la collectivité humaine déjà

menacée va encore s’appauvrir tandis

que le clan des grands propriétaires

privés de l’économie va continuer

de s’enrichir. Selon le World

Wealth Report publié par la banque

d’affaires étasunienne Merrill Lynch

et Cap Gemini « la croissance de la

richesse des grandes fortunes financières

privées, devrait être de 7,7%

par an pour atteindre 59100 milliards

de dollars à l’horizon 2012

». Voilà des gens qui sont, eux, dispensés

de l’allongement de la durée

du travail comme de l’effort national

que les gouvernements occidentaux

tentent d’imposer aux peuples pour

leur faire payer une crise dont ils ne

sont pas responsables. Deux options

se présentent : la continuité du système

et la guerre ou la révolution.

La première hypothèse va se

traduire par un renforcement du

caractère autoritaire du pouvoir politique,

dernier stade de l’impérialisme

avant la dictature et la guerre, la

guerre économique conduisant toujours

à la guerre totale. C’est ce à

quoi nous assistons en France comme

dans la plupart des pays capitalistes.

Le pouvoir politique devient

plus autoritaire, toutes les libertés

sont graduellement réduites sous

prétexte de prévention, de sécurité

et d’ordre, les assemblées élues

sont amoindries dans leur pouvoir

de décision et d’intervention, qu’il

s’agisse des collectivités, des comités

d’entreprise et autres. A ce stade, la

bourgeoisie dispose encore des moyens

de diviser le peuple en favorisant

des « faux-nez » d’opposition

comme le Parti Socialiste en France

et en introduisant dans la vie politique

des courants rétrogrades dont

elle sait qu’ils contribueront à jeter le

trouble dans la bataille d’idées. C’est

le cas du mouvement Vert ou prétendument

écologiste qui a germé sur

une conséquence du capitalisme –

la détérioration de l’environnement

humain par les transnationales – et

grandit sur son fumier sans remettre

en cause le système, les causes profondes

de cette détérioration.

Géostratégie : Pourtant le

mouvement écologiste dénonce la

destruction de l’environnement ?

J-L.I. : Bien sûr et le Parti

Socialiste dit vouloir s’opposer à la

politique du Premier ministre de Nicolas

Sarközy de Nagy-Bocsa. Mais

vous pouvez dénoncer tout ce que

vous voulez, cela ne gêne nullement

la bourgeoisie du moment que vous

ne vous en prenez pas à l’essentiel,

à la cause, à l’origine de cette destruction:

son pouvoir politique et

celui des puissances financières, son

système et son mode de gestion des

entreprises et des sociétés humaines.

Le discours de ces écologistes opposés,

par exemple, à la maîtrise et au

développement de l’énergie nucléaire

rappelle ces mentalités arriérées qui

accusaient dans les années 1830 les

premiers trains à vapeur de répandre

la tuberculose dans les campagnes.

Quant à la LCR-NPA*, quelle que

soit ses changements de nom, cette

organisation a toujours contribué

à diviser et affaiblir le mouvement

populaire avec une phraséologie

pseudo-révolutionnaire et elle doit

être combattue comme telle. Elle

est du reste complètement absente

des mobilisations ouvrières contre

la crise.

La question du Front

National

Géostratégie : Et le Front National

?

J-L.I. : Il en va un peu de même

pour le Front National qui dénonce

les puissances financières mais dont

le programme politique n’envisage

aucune mesure économique radicale

pour mettre un terme à leur domination

et contraindre les maîtres de

l’économie à rendre gorge. Contrairement

aux campagnes de ce parti,

ce ne sont pas les immigrés qui sont

responsables du chômage. Je parle

bien entendu de l’immigration qui

vient travailler en France avec une

qualification, s’y former dans le cadre

de contrats avec des entreprises

ou des universités ou y est présente

depuis plusieurs générations et non

de l’immigration clandestine issue

de l’aggravation de la misère qui

déserte son combat national pour

changer l’ordre des choses. Cette

dernière, la plupart du temps inculte,

sans formation, analphabète, parfois

trafiquante au-lieu d’être parquée

dans des camps de rétention

aux frais des contribuables devrait

être reconduite aux frontières sans

atermoiements. Essayez donc comme

français de vous rendre clandestinement,

« sans papiers », dans un

pays d’Afrique ou même en Albanie

pour juger de l’hospitalité qui vous

sera réservée…

Ce qui coûte cher à la France

c’est le grand patronat qui attire et

utilise cette main d’oeuvre bon marché

et inculte pour briser le tissu

social et les avancées démocratiques

qui sont autant d’obstacles à

son enrichissement. Et quand cela

lui est insuffisant, il délocalise les

entreprises, comme le groupe Michelin,

pour faire du chômage en

France et produire à moindre coût

et bien souvent à qualité inférieure

dans des pays à la main d’œuvre

corvéable à merci. Je le rappelle :

350 millions d’enfants sont actuellement

surexploités par les transnationales

à travers le monde ! Je rappelle

également, puisque personne

n’en parle, que le grand patronat

français a reçu près de 65 milliards

d’euros de subventions de l’Etat

tout en bénéficiant de 8,5 milliards

d’euros d’exonérations fiscales, de

25 milliards d’euros au titre d’une

ribambelle de prêts bonifiés et de la

baisse du coût du travail, etc. Dans

le même temps l’Etat ne budgétisait

que 6 milliards d’euros pour le logement

et 5 pour une justice qui se

situe déjà parmi les derniers pays

d’Europe par son budget !…

Ce qui coûte cher à la France,

c’est le grand patronat, le chômage

qu’il fabrique et son organisation

corrompue, le Medef. Le Front National

ne reconnaît pas la lutte des

classes, condition essentielle du

combat pour l’émancipation humaine,

raison pour laquelle il ne

pourra pas mener jusqu’au bout le

combat qu’il prétend mener, ce qui

ne veut pas dire qu’il n’aurait pas

un rôle à jouer. Mais pour prétendre

être « front » et « national » sans

doute faudrait-il qu’il se réfère plus

à l’avenir qu’au passé dans son discours

et ses propositions et que ses

militants n’hésitent pas à se trouver

aux côtés des travailleurs en lutte

pour la défense de leur avenir au lieu

de pratiquer un discours antisyndical

d’un autre âge. Quand le Front

National désignera pour cible le clan

des milliardaires qui pille la France

au lieu des immigrés qui contribuent

à l’enrichir par leur travail, quand

ce parti proposera et appellera à la

lutte pour nationaliser la haute finance,

rendre à la nation ce qui lui

appartient, développer la démocratie

directe, alors celui-ci commencera à

être crédible comme « front national

». Cette logique s’inscrirait d’ailleurs

dans la lignée de ses propositions

pour une «Europe des peuples » par

opposition à « l’Europe des banques

».

Pour l’heure il reste enfermé

dans un discours anticommuniste,

antisyndical, anti-fonctionnaire et

s’accroche aux oripeaux du système

comme l’église catholique – je parle

bien entendu de l’institution et non

de la croyance, même si je suis athée

– et s’oppose ainsi à tout grand rassemblement

national sur des propositions

de rupture. Imaginez la force

que représenteraient le rassemblement

et la mobilisation des organisations

– partis politiques, syndicats,

associations, etc. – agissant de

concert sur des objectifs communs

de rupture, chacun conservant, bien

évidemment, son identité. Un Front

National ouvert, démocratique, aux

propositions novatrices, en prise

avec la société en lutte pourrait jouer

ce rôle de rassembleur. Après chacun

prendra ses responsabilités de

l’accompagner ou non sur les objectifs

en question mais la clarté serait

faite dans la société sur qui défend

réellement l’intérêt général des français.

Pourquoi le Front National ne

soutient-il pas les travailleurs qui

séquestrent les licencieurs dans des

entreprises en bonne santé pour exiger

des droits nouveaux dans les

entreprises ? Visiblement, les propositions

de changement font défaut

et se limitent plutôt aux périodes

électorales qu’au vécu quotidien des

français. Bien entendu le rejet du

Front National par la classe politique

est injustifiable.

Mais pour une part, il porte

la responsabilité de cette situation

en ne désignant pas les vrais responsables

de la crise et en restant

enfermé dans un carcan droitier et

populiste qui l’empêche, pour partie,

de prétendre à devenir national et

populaire. Des dirigeants trop souvent

issus de partis bourgeois ou à

« l’idéologie de reclus » s’identifient

par leur propos et leur image plus

aux forces du passé qu’à une force

porteuse d’avenir et de changement

radical. Même si aucune perspective

de changement réelle n’existe

à l’heure actuelle, la grande bourgeoisie

est très préoccupée par la

réduction de son assise populaire.

Plusieurs faits en attestent comme

ses tentatives répétées de faire voter

plusieurs fois les peuples ou de remplacer

un vote populaire sur des

questions qui engagent toute la nation

par celui du Parlement lorsque

leurs votes ne lui conviennent pas,

la tentative de se fabriquer des circonscriptions

sur mesure, etc. Nous

ne sommes plus en démocratie…

Les forces vives de la nation

absentes du Parlement

Géostratégie : …Parlement

dont les membres sont pourtant élus

par le peuple ?

J-L.I. : Oui, mais les Parlements

ne représentent plus vraiment

les peuples dans les pays occidentaux

et leurs élus nationaux sont

de plus en plus coupés des citoyens.

Je n’évoque même pas le cas du Sénat

français qui est une assemblée

inutile et coûteuse qui devra être

supprimée afin de renforcer les moyens

et l’efficacité de l’assemblée des

représentants de la nation. Si vous

vous intéressez à la composition de

l’Assemblée Nationale française,

vous constaterez que sur les 577

députés, ne figure qu’un seul député

issu de la classe ouvrière, le député

communiste Maxime Gremetz, et un

seul salarié agricole, le député des

Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle

qui est technicien agricole. Quant

aux artisans, la « première entreprise

de France », selon leur slogan,

ne compte que deux élus ! Par contre

vous trouvez vingt-deux « sans

profession déclarée » parmi lesquels

dix-neuf UMP, la plupart fils et filles

de petits bourgeois, quinze permanents

politiques, tous de l’UMP

et du PS, qui faute de faire métier,

ont fait carrière dans la fonction

d’élu et n’ont jamais participé aux

forces vives de la nation, trente-huit

avocats et, toutes catégories confondues,

184 fonctionnaires dont

l’essentiel n’est pas représentatif de

la fonction publique, exception faite

des enseignants qui forment le gros

de cette troupe avec les hauts fonctionnaires.

Dans les faits, ce Parlement

français n’est pas représentatif

de la société française dans sa composition

socioprofessionnelle.

Les forces vives, classe ouvrière

en tête, celles qui font le pays

et connaissent les problèmes du

quotidien, les drames de la vie sont

quasiment absentes du lieu où se décident

les lois ! Où sont les ouvriers,

les marins-pêcheurs, les paysans,

les ingénieurs, cadres et techniciens

? Ceux qui font vivre la France dans

ce qu’elle a d’essentiel, de généreux,

de génie créateur, délèguent en

masse leur voix et leur pouvoir à de

petits bourgeois et à des politiciens

carriéristes qui, une fois élus, ont

tôt fait de les oublier ! De plus, le

mode de scrutin ne permet pas une

véritable représentation du peuple.

L’Assemblée Nationale française est

bien moins démocratique dans sa

composition et son fonctionnement

que la Douma en Fédération de

Russie dans laquelle tous les partis

ayant obtenu un minimum de suffrages,

sont représentés. En France,

lors du premier tour des élections

législatives de juin 2007, l’UMP

s’est attribué 98 députés avec 10,28

millions de suffrages alors qu’il en a

fallu 6,43 millions au Parti Socialiste

pour en obtenir un seul ! Quant

au PCF et au Front National, ils n’en

obtenaient aucun avec un peu plus

de 1,11 millions chacun ! Le propos

n’est pas de savoir si l’on est d’accord

ou pas avec la politique proposée par

ces partis mais de constater que le

mode de scrutin ne permet pas une

représentation équitable des courants

de pensée de notre société. Le

second tour de scrutin avec ses alliances

opportunistes et politiciennes

ne fait qu’aggraver la situation en

excluant des millions d’électeurs de

leurs choix et de la représentation

nationale. Faute de proportionnelle

intégrale, un français sur trois n’est

pas représenté au Parlement.

Géostratégie : S’il n’y a pas

grand-chose à attendre des partis

politiques et des assemblées élues,

comment les citoyens peuvent-ils

modifier le cours des choses ?

J-L.I. : La démocratie est

d’abord ce que les citoyens en font.

Ils peuvent intervenir auprès des

maires des communes, généralement

plus accessibles pour changer

la donne sur des problèmes locaux

mais également auprès des députés

pour des questions qui relèvent de

la politique nationale. Les citoyens

peuvent très bien se grouper et agir

sur des objectifs de rupture avec le

système – par exemple, refuser tout

licenciement dans les entreprises qui

font des profits, s’opposer aux délocalisations,

exiger la construction de

nouveaux logements, l’embauche de

professeurs pour les écoles, de personnels

pour les hôpitaux, les services

postaux, etc. – et obliger leurs

élus à s’engager sur leurs revendications,

à leur rendre des comptes

sur leurs votes dans les assemblées,

ce qui ne se fait pratiquement plus.

Mais les questions fondamentales

du passage à une démocratie politique

avancée et du contrôle des

grands moyens de production, de

financement et d’échange restent

toujours à conquérir. D’une manière

générale, de mon point de vue, les

luttes sociales demeurent encore

bien en retrait dans leur contenu et

leur combativité pour faire front aux

attaques dont le monde du travail

est l’objet.

Mais l’entreprise reste le cœur

des batailles à venir : c’est là que les

salariés doivent agir pour obtenir de

nouveaux droits leur permettant de

participer à la gestion et de bénéficier

des bons résultats auxquels ils

contribuent. Dans les faits comme

l’explique Hervé Sérieyx dans mon

livre, « il s’agit de passer du « personnel-instrument

» au service de

l’organisation à « l’organisationinstrument

» au service des personnes.

» Il s’agit de cheminer d’une

organisation d’entreprise destinée à

gérer la docilité à une organisation

qui suscite chez chacun de ses membres

le désir d’y devenir un acteur

engagé. La route est difficile mais

les partis politiques classés habituellement

comme « progressistes » ont

failli à leur tâche. Il ne suffit pas que

le monde capitaliste s’écroule pour

qu’une nouvelle société prenne le

relais. L’émancipation du peuple sera

l’œuvre du peuple lui-même et à ce

jour l’absence d’un courant révolutionnaire

important fait défaut pour

éclairer les citoyens sur des propositions

de rupture avec le système

finissant. C’est l’outil qui manque

pour favoriser cette transformation

politique et sociale. Le peuple est

égaré, ce qui ne veut pas dire qu’il

n’est pas en attente ou demandeur

de solutions pour changer la vie.

Des premières mesures

d’un gouvernement

révolutionnaire

Géostratégie : Quelles seraient

les premières mesures que

devrait prendre un gouvernement

révolutionnaire ?

J-L.I. : Le pouvoir devra immédiatement

stopper toutes transactions

financières internationales le

temps de procéder immédiatement à

la nationalisation de la Banque de

France et du secteur bancaire et financier,

exception faite des sociétés

coopératives de banque qui présentent

dans leurs principes des critères

de gestion démocratiques. L’un des

premiers objectifs du nouveau pouvoir

devrait également consister

à donner de nouveaux droits aux

sociétés coopératives, tout particulièrement

afin que leurs sociétaires

disposent des moyens réels de faire

respecter les principes de gestion par

les dirigeants quand ce n’est pas le

cas. La banque et la finance sont

le cœur de l’activité économique et

c’est d’abord là que des mesures

nationales et radicales doivent être

prises avant d’envisager par la suite

une action de proposition plus importante

au niveau européen et international,

à l’ONU par exemple ou

par d’autres organisations internationales.

De même, il devra formuler

dans un second temps des propositions

pour changer ces vieux outils

du capitalisme (Fonds Monétaire

International, Banque Mondiale, Organisation

Mondiale du Commerce,

etc.) Sur ces points, le gouvernement

de Vladimir Poutine de la Fédération

de Russie peut permettre d’avancer

rapidement puisqu’il est déjà prêt à

agir, à proposer et à soumettre au

débat des solutions. Il ne faut pas

perdre de vue que les mesures qui

permettraient d’envisager un avenir

meilleur sont également valables

pour tous les peuples. Parler de la «

réglementation de la vie économique

» ou de « réguler les marchés financiers

» comme le président français

et ses homologues occidentaux en

Suite à la page (16)

12

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009


Perspectives

Le moral des

troupes américaines

et britanniques en

Afghanistan s'effrite

Par James Cogan

Ce mois-ci a vu plusieurs reportages

traitant du front afghan

qui laissaient entrevoir combien la

démoralisation gagnait les troupes

américaines et britanniques là-bas

pour tuer et se faire tuer au service

d'une occupation néo-coloniale. Ces

articles indiquent que de nombreux

soldats pensent que cette guerre

n'est pas justifiée et ne mérite pas de

mourir pour elle.

Le 8 octobre, le Times de

Londres a publié les commentaires

d'aumôniers aux armées et de personnels

militaires de deux bataillons

de la 10e division de montagne qui

sont dans le dernier trimestre d'un

déploiement d'un an dans la province

de Wardak, au sud de Kaboul.

Sur 1500 hommes, 19 sont morts

au combat, un s'est suicidé et au

moins 100 ont subi des blessures

graves. Les patrouilles ont sauté au

moins 180 fois sur des engins explosifs

improvisés [IED - improvised

explosive devices] ou des mines.

Plus de 100 autres dispositifs explosifs

ont été détectés avant qu’ils

explosent. Les troupes sont rarement

aux prises directement avec

la guérilla talibane, elles opèrent

parmi une population civile qu'elles

soupçonnent fortement de soutenir

les insurgés contre l'occupation. Le

capitaine Sam Rico, aumônier dans

un bataillon d'artillerie, a déclaré, «

Tous ceux avec qui on parle sont découragés.

Ils sentent qu'ils risquent

leurs vies pour des gains qui sont

difficiles à voir. Ils sont fatigués,

épuisés, ils doutent et ils veulent

juste s'en sortir. » Pour le sergent

Erika Cheney, spécialiste en santé

mentale, « Ils sont fatigués, frustrés,

traumatisés. Un grand nombre

d'entre eux ont peur de partir

[en patrouille], mais le font quand

même. »

Le taux de suicide parmi

les militaires américains

en Afghanistan continue à

augmenter. À la fin de septembre,

il y a eu 117 suicides dans l'armée

et 38 chez les Marines…

Un soldat de 20 ans, le spécialiste

Raquime Mercer, commente,

« Nous sommes perdus. C'est comme

ça que je le sens. Je ne sais pas

vraiment pourquoi on est là. J'ai

besoin d'un objectif bien défini si je

suis censé risquer d'être blessé ou

de mourir ici. La principale question

des soldats est : qu'est-ce qu'on

peut faire pour arrêter cette guerre

? Qui faudrait-il capturer ? Quel

objectif faut-il prendre ? Les soldats

veulent des réponses précises, autre

chose qu'arrêter les talibans, parce

que ça semble quasi-impossible.

C'est difficile d'attraper quelqu'un

qu'on ne voit pas. »

La frustration, la peur et les

pertes parmi les troupes d'occupation

peuvent entraîner une haine et un

désir de vengeance contre le peuple

occupé. C'est ce qui a entraîné

d'innombrables atrocités au cours

des guerres coloniales.

Le spécialiste Éric Petty a

déclaré au Times, « Les soldats sont

en colère parce que des collègues

perdent leur vie en essayant d'aider

une population qui ne les aidera

Suite à la page (18)

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économiquement,socialement et culturellement, car tant vaut

l'éducation tant vaudra la nation.

Jean-Robert Panier

Fondateur du CCF

Honduras : « Douze syndicalistes

ont été tués depuis le coup d’Etat »

2ème partie et fin

Les travailleurs sont les principales

victimes du coup d’Etat qui

a renversé le président hondurien,

Manuel Zelaya, le 28 juin dernier.

Les syndicats se mobilisent pour

réclamer le retour à la démocratie,

mais beaucoup de militants et de

militantes ont perdu la vie, sont

emprisonnés et torturés. Le gouvernement

de facto contrôle la

presse. Erasto Reyes, un avocat

engagé auprès du mouvement syndical

et l’un des meneurs du Front

national de résistance contre le

coup d’Etat [1], témoigne des exactions

commises. Il appelle à la

solidarité syndicale internationale.

/ Propos recueillis par Samuel

Grumiau, CSI, 12 octobre 2009

Samuel Grumiau : Les syndicats

honduriens peuvent-ils encore

fonctionner depuis lors ?

Erasto Reyes : L’activité de

chaque syndicat s’est réduite en

raison de la peur d’être agressé à

l’occasion d’éventuelles rencontres

syndicales. Tous les dirigeants

syndicaux reçoivent des menaces.

Une bombe a explosé dans les

toilettes du siège du syndicat du

secteur industriel de la boisson,

STIBYS [6], mais elle n’a pas fait

de victimes car l’incident a eu lieu

peu après le départ des militants,

qui s’étaient réunis pour les

funérailles d’un dirigeant syndical

assassiné.

Certains syndicats bravent le

danger, tel STIBYS, qui a même

organisé son congrès en août

dernier. Cela dit, beaucoup de

syndicalistes manquent de temps

pour les activités syndicales car ils

sont aussi impliqués dans le Front

national de résistance contre le

coup d’Etat.

Samuel Grumiau : En dénonçant

les exactions commises depuis le

coup d’Etat, ne craignez-vous pas

pour votre propre sécurité ?

Erasto Reyes: Si, bien sûr. Ceux

qui dénoncent courent beaucoup

de risques, mais nous ne pouvons

rester silencieux face à ce qui se

passe dans notre pays. C’est pour

ça que nous demandons à la CSI

et à toutes ses organisations

affiliées de nous soutenir, de tout

faire pour divulguer les exactions

commises au Honduras, afin que

ça s’arrête.

Samuel Grumiau : Comment

les syndicats nationaux et

internationaux peuvent-ils vous

aider ?

Erasto Reyes : D’abord en

condamnant le coup d’Etat et en

diffusant des informations sur

ce qui se passe actuellement au

Honduras. Ensuite, par l’envoi de

missions syndicales sur le terrain

afin de constater les violations

des droits humains et syndicaux.

Nous souhaitons aussi que les

syndicats fassent pression sur

leurs gouvernements pour qu’ils

n’envoient pas d’observateurs

lors des élections du 29 novembre

(le gouvernement actuel attend

ces observateurs et une aide

Erasto Reyes, un avocat engagé auprès du mouvement syndical et l’un

des dirigeants du Front national de résistance contre le coup d’Etat

financière pour la tenue de ces

élections). Nous avons également

besoin d’aide financière et

matérielle, notamment sur les

plans alimentaire et médical.

Beaucoup de militants souffrent

de fractures suite à la répression,

mais dans les hôpitaux, on ne

trouve même plus de broches pour

ressouder les os.

Samuel Grumiau : La communauté

internationale a largement

dénoncé le coup d’Etat, mais ça

ne semble pas impressionner

beaucoup ses auteurs…

Erasto Reyes : Tout ne va pas

être immédiatement résolu, il

s’agit d’une lutte de longue

haleine, mais nous voulons qu’à

la fin, les auteurs de ces violations

des droits humains et syndicaux

répondent de leurs actes. Nous

espérons que ça servira d’exemple

pour dissuader d’autres atrocités

et coups d’Etat dans le futur. Si les

condamnations internationales

n’ont pas donné de résultat

jusqu’ici, il faut des mesures

plus concrètes, combinées à

un maintien de la pression de

la part du peuple hondurien.

Le mouvement syndical

international pourrait appeler à

des sanctions économiques contre

le gouvernement actuel. Le simple

fait de menacer le Honduras d’être

exclu de l’Accord de libre-échange

d’Amérique centrale pourrait

avoir un effet, car les pertes

économiques seraient énormes.

Samuel Grumiau : Comment

décrire la situation économique

du commun des Honduriens ?

Erasto Reyes : Le Honduras est

l’un des pays les plus pauvres

de la région. Le président

Zelaya avait augmenté le salaire

minimum à 202 euros, mais

c’est encore inférieur de 20% au

revenu nécessaire pour couvrir

les besoins quotidiens d’une

personne. De plus, très peu de

travailleurs touchent ce salaire

minimum. La crise économique

mondiale a également eu un

impact au Honduras : environ

20.000 emplois ont été perdus

depuis le début de l’année. Ca

ne va pas s’arranger car les

entreprises déclarent perdre des

millions depuis le début du coup

d’Etat, entre autres en raison des

blocages de routes et parce que

de nombreuses personnes n’ont

pu se déplacer pour se rendre

sur leur lieu de travail. Dans

les maquilas, des employeurs

sont en train de contraindre les

travailleurs et travailleuses à

prester de très nombreuses heures

supplémentaires pour rattraper le

temps perdu suite à l’état de siège

déclaré par le gouvernement de facto.

Notes

[1] Frente Nacional de Resistencia

Contra el Golpe de Estado, dont

font partie les trois affiliées de la

CSI au Honduras (CUTH, CGT et

CTH)

[2] Consejo Cívico de Organizaciones

Populares Indígenas de Honduras

(COPINH)

[3] L’ALBA est une organisation

politique, sociale et économique

promouvant la coopération entre

les pays de l’Amérique latine et des

Caraïbes

[4] Zones franches d’exportation

[5] Pour plus de détails à ce sujet,

voir le rapport annuel des violations

des droits syndicaux de la CSI

[6] Sindicato de Trabajadores de la

Industria de las Bebida y Similares,

affilié à l’UITA

Confédération Syndicale

Internationale (CSI) 12 octobre

2009

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009 Haïti Liberté 13


Perspectives

Le président français Sarkozy soutient la ligne dure de

Washington contre l’Iran

Par Antoine Lerougetel

Les appels belliqueux du président

français, Nicolas Sarkozy,

à agir contre les installations nucléaires

iraniennes ont été accueillis

avec surprise et satisfaction par les

médias américains. Le soutien de

Sarkozy à la ligne dure de Washington

contre l’Iran fait partie des

efforts plus généraux déployés par

l’impérialisme français pour élargir

sa sphère militaire et géopolitique

mondiale. Ceci inclut les interventions

entreprises au Kazakhstan et

à Djibouti.

Le Washington Post du 1er

octobre a fait savoir que : « La

semaine dernière, à l’occasion de

l’assemblée générale de l’ONU à

New York, [Sarkozy] a durci son

discours en disant que la main tendue

avait été refusée dans ce qui

semblait être un défi à Obama, et

se demandait s’il valait la peine

d’attendre un geste en retour. » Le

Post cite Sarkozy disant sèchement,

« Entre-temps, les centrifugeuses

continuent de tourner. »

Dans un commentaire intitulé

«La pique atomique française

», le Wall Street Journal écrivait le

29 septembre, « Nous n’aurions

jamais cru qu’un jour le président

de France ferait preuve de plus de

détermination que le commandant

en chef des Etats-Unis en réponse

à l’un des plus sérieux défis sécuritaires

au monde. Mais c'est le

cas.»

L’Allemagne et la France sont

respectivement le premier et le quatrième

investisseur les plus actifs en

Iran. Sarkozy, en rupture avec la

tradition nationaliste gaulliste pour

une certaine indépendance par rapport

aux Etats-Unis, est parvenu

à la conclusion que les intérêts du

capitalisme français en Iran et de par

le monde seront infiniment mieux

défendus au moyen d’une étroite collaboration

avec les Etats-Unis. Ceci

signifie une implication active dans

les guerres néo-coloniales menées

par les Etats-Unis pour s’assurer le

contrôle de l’exploitation des ressources

de la région. La décision

prise l’année dernière par la France

de réintégrer le commandement de

l’OTAN en révoquant la décision de

retrait de 1966 de Gaulle, s’inscrit

pleinement dans le processus de

Sarkozy de s’écarter du gaullisme

traditionnel.

La politique étrangère du

président français est motivée par

l’intensification de la concurrence

géostratégique entre grandes puissances

pour les ressources énergétiques

mondiales, tandis que

l’Europe et les Etats-Unis sont de

plus en plus défiés par la Chine. La

crise économique mondiale accélère

ce processus. La principale raison de

cette ruée sont les énormes dépôts

de gaz, de pétrole et autres ressources

stratégiques d’Asie centrale

et du bassin de la Mer Caspienne.

En juillet 2008, un livre blanc

exposant les projets militaires de la

France pour les quinze prochaines

années préconisait une « concentration

sur un axe géographique

prioritaire, allant de l’Atlantique

jusqu’à la Méditerranée, au golfe

Arabo-Persique et à l’océan Indien.

» Le document poursuit, « Cet axe

correspond aux zones où les risques

impliquant les intérêts stratégiques

de la France et de l’Europe sont les

plus élevés. »

Sarkozy a justifié sa position

dure envers l’Iran en suggérant que

si Israël voyait trop peu de détermination

de la part des Etats-Unis, il

pourrait agir tout seul et porter des

frappes aériennes contre les installations

nucléaires iraniennes, une

action qui aurait des conséquences

incommensurables. Pour le moment,

la menace d’un embargo,

notamment sur le pétrole raffiné,

est soulevé dans l’espoir d’obliger

le gouvernement du président Mahmoud

Ahmadinejad à abandonner

le programme nucléaire.

La question de la possibilité

pour l'Iran de développer l'arme nucléaire

est exagérée afin de servir de

prétexte à l'effort de l’impérialisme

américain de créer en Iran un régime

disposé à laisser les groupes

américains exploiter ses réserves

de pétrole et de gaz, comme c’est

présentement le cas dans l’Irak occupé.

La rhétorique anti-Iran de

Sarkozy fait partie de sa campagne

islamophobe d’interdire le port de la

burqa. Ces deux éléments visent à

influencer l’opinion publique française

et à organiser un soutien pour

le militarisme français grandissant.

Un sondage publié au printemps

dernier a révélé que 68 pour cent

de la population française désapprouvaient

l’envoi de troupes en

Afghanistan et seulement 15 pour

cent se sont dit en faveur.

Dans le même temps, l’échec

des Etats-Unis à créer un Irak

stable, cela reste un bourbier militaire

où quelque 120.000 soldats

américains sont déployés, et les

difficultés de plus en plus grandes

à réprimer la résistance afghane,

ont affaibli le gouvernement Obama

et la crédibilité de l’impérialisme

américain. La France, tout comme

les autres rivaux des Etats-Unis, a

bien l'intention de tirer parti de cette

situation.

La visite de Sarkozy au

Kazakhstan

Le 6 octobre, Sarkozy était

en visite au Kazakhstan. Le Monde

écrivait ce jour-là, « L’intérêt du Kazakhstan

pour la France est avant

tout géostratégique. Il veut en faire

son allié privilégié en Asie centrale,

comme le Brésil en Amérique

latine, l’Egypte en Afrique, et

l’Inde en Asie. En pleine guerre

d’Afghanistan, la France veut aussi

sécuriser l’approvisionnement et le

transit des trois mille soldats français

déployés dans ce pays. Elle a

signé à cet effet un accord. »

Les intérêts géostratégiques

auxquels Le Monde fait allusion

comprennent en grande partie la

finance, la défense, le matériel

militaire et la sécurité des approvisionnements

en énergie. Sarkozy

était accompagné de représentants

d’entreprises françaises. Les deux

pays auraient signé 24 contrats d’un

montant total dépassant 6 milliards

de dollars. Comme Le Monde le remarquait

: « Paris veut aussi être

en mesure de contourner la Russie

pour s’approvisionner en hydrocarbures.

Total et GDF Suez ont

ainsi formalisé leur participation

à l’exploitation du champ gazier

Le belliqueux président français, Nicolas Sarkozy (à droite) et le

président des Etats-Unis Barack Obama

de Khvalinskoye, pour un milliard

d’euros. » Ils ont obtenu une participation

de 25 pour cent (1 milliard

d’euros) sur un futur champ gazier

et pétrolier situé en mer Caspienne

qui devrait être développé conjointement

par la firme pétrolière

russe Lukoil et la société d’Etat kazakh

KazMunaiGas. La production

devrait entrer en service en 2016.

Le champ est censé produire jusqu’à

trois mille milliards de mètres cubes

de gaz par an. « Un consortium

dirigé par la firme française Spie-

Capag a signé un protocole d’accord

s’élevant à 1,2 milliard de dollars

pour la construction d’un oléoduc

(Yeskene-Kurik) reliant le champ

pétrolier kazakh de Kashagan au

port d’Aktau sur le littoral de la Mer

Caspienne. »

Le Financial Times écrivait le 6

octobre : « La région devrait jouer

un rôle important pour contrebalancer

la domination de l’OPEC

sur les marchés pétroliers dans les

deux décennies à venir. Kashagan,

l’un des plus gros champs pétroliers

du monde, serait opérationnel

en 2012 pour produire finalement

plus de 1,5 million de barils de pétrole.

» Le groupe nucléaire français

Areva a signé un accord avec

le Kazakhstan qui dispose de vastes

réserves d’uranium et qui transfère

10 pour cent de sa production vers

la France. D’autres accords commerciaux

ont également été signés,

y compris des contrats ayant trait à

l’aéronautique, aux transports et au

matériel militaire pour les forces armées

kazakhes.

Le Kazakhstan n’a pas de

frontière avec l’Afghanistan mais

a une frontière commune avec

deux autres pays d’Asie centrale,

le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, qui

eux sont voisins de l’Afghanistan.

Tous ces pays sont d’importants

alliés dans la guerre des Etats-Unis

et de l’OTAN contre l’Afghanistan

et fournissent aux Etats-Unis des

passages pour l’acheminement de

matériel aux troupes qui y sont

stationnées. « Nous avons besoin

du Kazakhstan pour résoudre la

crise en Afghanistan et en Iran et

pour établir de nouvelles relations

avec nos amis russes dans la lutte

contre les extrémismes, » a dit

Sarkozy après la signature d’un accord

de transit avec le Kazakhstan.

Selon une dépêche du 6 octobre de

l’Associated Press, « Ces accords

fournissent à l’OTAN une importante

alternative au Pakistan où

des convois d’approvisionnement

en route vers l’Afghanistan ont été

attaqués par des insurgés. »

La présence de la Chine dans

la région montre que ce pays dispose

d’un potentiel pour poursuivre

ses propres intérêts aux dépens de

ses rivaux européens et américains.

Le Financial Times du 1er octobre

signale que « Depuis ces dernières

années, la Chine est en train

d'augmenter ses investissements

en Asie centrale, notamment au

Kazakhstan avec lequel elle a une

frontière en commun. Le Kazakhstan

s’efforce de répartir équitablement

ses intérêts géopolitiques entre

les puissances rivales que sont

la Russie, la Chine, les Etats-Unis et

l’Europe, mais la crise économique

la pousse davantage dans les bras

de la Chine. »

Le journal ajoute, « En avril,

la Chine a prêté 10 milliards de

dollars au Kazakhstan pour assurer

de futurs approvisionnements de

pétrole et pour payer l’acquisition

par China National Petroleum

Corp. (CNPC) d’une part équitable

de 50 pour cent de Mangistaumunaigas,

un producteur de pétrole

kazakh indépendant. Le CNPC allonge

également un oléoduc du Kazakhstan

à sa frontière nord-ouest

et construit un nouvel oléoduc pan-

Asie centrale pour acheminer du

gaz à la Chine. »

Le Financial Times cite un

analyste géopolitique disant :

« Compte tenu de l’ampleur de

l’investissement chinois dans ce

pays, il semblerait à présent impossible

pour le Kazakhstan de

prendre une décision de politique

étrangère allant à l’encontre de la

volonté de Beijing. »

La France prend en charge

la formation des troupes

somaliennes à Djibouti

Le secrétaire d’Etat aux Affaires

européennes, Pierre Lellouche,

a effectué du 9 au 11 octobre une

visite de trois jours à Djibouti. Ce

déplacement a mis l’accent sur une

plus forte présence militaire de la

France dans la région et la volonté

de l’Union européenne de s’établir

comme une puissance militaire

mondiale capable de concurrencer

les Etats-Unis. En tant qu’ancienne

colonie française stratégiquement

située sur le golfe d’Aden, emplacement

de la plus importante base militaire

française d’outre-mer, Djibouti

occupe l’extrémité méridionale de la

région du Moyen-Orient riche en pétrole

et en gaz.

La France est également fortement

impliquée dans l’«Opération

Atalante », l’opération de l’UE pour

combattre les actes de piraterie au

large des côtes somaliennes. Un

communiqué officiel publié par la

Diplomatie Française et concernant

la visite de Lellouche à Djibouti dit,

« Ce déplacement, qui coïncide

avec la visite à Djibouti des ambassadeurs

du comité politique et

de sécurité (COPS) de l’Union européenne,

permettra également de

mobiliser nos partenaires sur la

nécessité de prolonger l’«Opération

Atalante » par une contribution de

l’Union européenne au renforcement

de la sécurité dans la région.

Celle-ci passe en premier lieu par la

consolidation de l’Etat en Somalie.

C’est dans ce cadre que s’inscrit

l’initiative française de formation

des forces de sécurité somaliennes,

qui a déjà permis de former

150 soldats somaliens à Djibouti.

Nous agissons aussi pour renforcer

l’action en mer à travers la formation

et l’équipement de garde-côtes

de pays de la région. »

La France assure présentement

la formation d’un bataillon

somalien de 500 hommes dans le

désert djiboutien pour remplir les

fonctions de gardes présidentiels et

renforcer le fragile gouvernement

somalien de transition de Cheikh

Charif Cheikh Ahmed qui est impliqué

dans une guerre civile avec les

milices islamiques. Les Etats-Unis

fournissent des armes aux soldats

par le biais de l’Amisom (la mission

de l’Union africaine en Somalie) et

paient leur solde de 150 dollars US

par mois. Le but de la France est de

faire passer le nombre de gardes à

quelque 3.000 hommes.

Lors d’une conférence des

bailleurs de fonds en avril à Bruxelles,

144,8 millions d’euros ont été

promis pour stabiliser le pays, une

grande partie étant réservée pour

aller aux forces de sécurité. Sarkozy

a déclaré lors d’une réunion des

ambassadeurs le 26 août que « la

France ne laissera pas Al-Qaïda installer

un sanctuaire à notre porte en

Afrique. » Lellouche a invité les ambassadeurs

de l’UE à venir au Camp

Mariam, la base française à Djibouti,

et leur a demandé de contribuer à

la formation de personnels militaires

et d'interprètes. Il les a également

invités à participer à une force

militaire indépendante d’envergure

mondiale pour l’impérialisme européen

: « Pour la première fois, les

Européens peuvent prendre euxmêmes

la décision de s’engager

dans une zone lointaine qui concerne

leurs intérêts. » Le manque

d’opposition partout en Europe de

la part d’organisations telles le Parti

La Gauche en Allemagne et le Nouveau

parti anticapitaliste en France

est souligné par un commentaire du

Monde selon lequel l’intervention de

la France en Somalie n’a « pas fait

l’objet du moindre débat public. »

Ceux qui proclamaient en 2003

avant l’invasion de l’Irak que la «

vieille Europe », à savoir la France

et l’Allemagne, influencerait à la retenue

le militarisme américain, ont

eu tort. En 2003, ils pensaient pouvoir

mieux servir leurs propres intérêts

impérialistes en s’opposant à

la décision américaine de faire cavalier

seul et en réclamant le soutien

officiel de l’ONU pour l’invasion.

Mais, comme le dit le proverbe, les

impérialistes n’ont pas d’alliés permanents,

ils n’ont que des intérêts

permanents.

WSWS 27 octobre 2009

14

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009


Votre Santé avant tout

Moyens naturels de

stimuler quelques

problèmes de la mémoire

Ak Dòk Fanfan

Les facteurs affectant la qualité

de la mémoire sont nombreux,

allant de la nutrition aux effets du

stress. Le Dr George V. Lombardi

professeur de neurologie au Weill

Medical College de l'Université

Cornell, donne les conseils suivants

pouvant améliorer de façon

optimum la concentration et la mémoire.

Ce ne sont pas des conseilsmiracles,

ce sont des recommandations

qui sur le long terme peuvent

s’avérer bénéfiques.

Vous oubliez vos rendezvous?

Dans une étude menée à

la Keele University en Grande

Bretagne, on a découvert que des

volontaires souffrant de douleurs

musculaires éprouvaient également

certains problèmes de mémoire

prospective, ou la capacité de

se rappeler des choses que l'on doit

faire à un moment donné. La raison

serait que la douleur provoque

une réponse dans le cerveau qui le

maintient au présent et l'empêche

donc de se projeter dans le futur.

Cela peut se traduire par l'oubli de

payer ses factures ou de se rendre

à un rendez-vous.

Conseil : Consommer des aliments

riches en magnésium. Celuici

réduira la tension dans les muscles

ou sur les articulations. Cela

devrait libérer le cerveau du moment

présent et se projeter sur les

évènements à venir et à garder en

mémoire. Parmi les aliments riches

en magnésium : les légumes verts,

les grains entiers, les amandes et

les noix, le chocolat, les fruits de

mer. On peut également consommer

un supplément de magnésium

à la dose de 400 à 750 mg par

jour.

Vous ne trouvez plus les

mots justes

Un sommeil perturbé peut

être en cause. Le neurotransmetteur

acétylcholine est responsable

de la vitesse de fonctionnement des

cellules cérébrales. Une production

adéquate d'acétylcholine est donc

nécessaire pour être en mesure de

se rappeler des mots exacts, des

noms et des situations. Mais la

production de ce neurotransmetteur

est compromise par l'insomnie

et les troubles du sommeil.

Conseil : Augmentez votre

apport en phosphatidylsérine, un

acide aminé que l'on trouve naturellement

dans les œufs, le soja,

le riz et les légumes verts. Des

études suggèrent de consommer

quotidiennement de 300 mg à 500

mg phosphatidylsérine sous forme

de supplément. Ce supplément

pourrait corriger une déficience

d'acétylcholine en 12 semaines et

améliorer les déficiences de la mémoire

de ce type.

Vous ne retrouvez plus vos

clefs?

Lorsque l'on est absorbé par

la même routine, jours après jours,

les lobes temporaux du cerveau,

impliqués dans le processus de

mémoire à court terme, finissent

par se mettre à fonctionner plus

lentement et se mettre sous une

forme " d'auto-pilote ", selon des

chercheurs de l'Université Durham

de la Caroline du Nord. Cela

aboutit à des " trous de mémoire

" concernant des évènements récents.

Oublier l'endroit où l'on a

placé ses clefs, où est stationnée

l'auto, etc.

Conseil : Consommer des

aliments riches en acides gras

essentiels Oméga-3, particulièrement

en DHA (1), sous forme

d'aliments (poissons, fruits de

mer) ou sous forme de supplément,

tel que l'huile de Krill ou

de poisson. Une bonne technique

pour améliorer cette déficience de

la mémoire est de changer régulièrement

ses plans, modifier ses

habitudes. Changer de route pour

aller au travail ou vous initier

régulièrement à de nouvelles activités.

Selon les chercheurs de la

Chicago's Bush University Medical

Center, le simple fait de consacrer

15 minutes quotidiennement

à l'apprentissage d'une nouvelle

activité améliorera votre capacité

de mémorisation.

Vous rêvassez lorsque vous

lisez, vous manquez de

concentration

Une diète pauvre en protéines

abaisse le taux de dopamine,

un neurotransmetteur agissant

également comme stimulants du

système nerveux, de la fonction

de l'attention et de la concentration.

Conseil : Tous les aliments

riches en acides aminés tels que la

tyrosine et la phénylalanine sont

des acides aminés précurseurs de

la dopamine. Les amandes, avocats,

bananes, produits laitiers,

fèves lima, graines de giraumont

sont d'excellentes sources

de tyrosine. Il existe également

la possibilité de consommer de la

L-tyrosine sous forme de supplément.

Les personnes sous traitements

à base d'inhibiteurs de

la monoamine oxydase (MAO)

(prescrits dans les cas de dépression)

doivent limiter leur consommation

de tyrosine au minimum

et s'abstenir d'en consommer sous

forme de suppléments.

Un massage réduira la production

de cortisol et stimulera

la production de dopamine. Une

équipe de chercheurs en Italie a

découvert que l'utilisation de la

musicothérapie, ou l'écoute de

certains sons, stimulait également

la production de sérotonine et de

dopamine dans le cerveau.

(1) DHA : acide docosahexaénoique)

est un acide gras

de la famille des Oméga 3 (famille

d’acides gras). On le trouve surtout

dans les poissons gras, comme

le saumon, le thon, le hareng,

la sardine, le maquereau.

« Etre bègue, c’est plus que

bégayer… »

Dr. Kesler Dalmacy

1671 New York Ave.

Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

Dr. Joel

Henriquez Poliard

M.D.

Family and Community

Medicine

Public health and Pedriatics

5000 N.E. Second Ave,

Miami FL, 33137

tel. (305) 751-1105

Tel était le thème de la 12°

journée mondiale du bégaiement…

fixée par l’OMS (Organisme

Mondial de la Santé) au 22

octobre dernier. De nombreux colloques

et manifestations se sont

déroulés à travers le monde.

« Ce handicap, car il faut bien

l’appeler comme cela, fait souffrir

beaucoup de gens, sans que l’on ne

s’en aperçoive… il semble anodin,

souvent pris au second degré, parfois

nié par les parents chez le jeune

enfant et du coup il s’enkyste,

il entraîne trop souvent la dérision,

les moqueries… autant de souffrances

cachées pour le bègue qui

alors se mure ou tente de trouver

la parade »… ainsi s’exprime M.

Jean-Marie GAUTHIER, conseiller

principal d’éducation dans un lycée

professionnel de Basse-Terre (en

Guadeloupe), qui au prix d’exercices

et de beaucoup d’embuches, a pu le

surmonter malgré tout « même si

on n’en reste pas indemne »…

L’APB, association Parole Bégaiement,

a pignon sur rue depuis

plus de quinze ans en France et

en Europe… elle regroupe des

patients, des médecins (neurologues,

psychologues etc…), des

thérapeutes, des psychomotriciens,

des psychothérapeutes, des orthophonistes,

des chercheurs dans

le langage, des parents et de nombreuses

personnes sensibilisés par

le problème qui est aujourd’hui pris

en compte enfin par le ministère

de la santé et le ministère de

l’éducation nationale.

L’APB vulgarise le message

au niveau de l’information, de la

sensibilisation, des méthodes, de

la prévention chez le jeune enfant,

de la formation des thérapeutes,

et de la recherche. Elle regroupe

toutes les énergies et bonnes volontés

pour qu’ensemble on trouve

des solutions, que l’on aide, que

l’on accompagne et que l’on puisse

rompre l’isolement des personnes

qui sont en souffrance au niveau de

leur fluidité de parole. « Et dans un

monde où la communication prime

avant tout, où celui qui parle le plus

fort est entendu… on imagine facilement

combien les troubles de la

parole font souffrir les personnes »

insiste Mme Suzy ROMNEY, membre

active à l’APB en Guadeloupe.

L’APB est en lien avec

toutes les instances à l’étranger

qui s’occupent du bégaiement (en

Amérique du Nord et en Afrique

notamment). Ainsi, l’union faisant

la force, on doit pouvoir accompagner,

mieux comprendre, devancer

et soigner.

L’APB a une antenne en Guadeloupe

et fait un travail dans les

écoles, les crèches, auprès des familles,

des jeunes, des dispensaires,

des médecins scolaires etc… Elle

cherche aujourd’hui à vulgariser le

message dans la Caraïbe et dans ce

but elle organise des rencontres et

sessions de formation spécialisée

dans le bégaiement. Elle souhaite

que des orthophonistes haïtiens

prennent contact avec elle pour

envisager ce qui peut être fait en

Haïti même car des patients de ce

pays l’ont contactée. Sans depuis

la Guadeloupe des liens peuvent-ils

être établis !

Cette année, à l’occasion de

cette 12° journée mondiale, l’APB

braque le projecteur sur la sortie

d’un livre édité par L’Harmattan «

Bégayer, question de parole question

de vie » qui sont des témoignages

regroupés par l’APB et qui

sont autant de repères, balises et

planches de salut. Les personnes

bègues trouveront là beaucoup de

compréhension et un précieux réconfort,

et les parents, thérapeutes

et tous personnels enseignants et

éducatifs avanceront dans la compréhension

du problème.

En Guadeloupe on prévoit

deux rencontres pour vulgariser

le message :

« Mercredi 4 novembre

de 14 h 30 à 17 h à la librairie

« Encres Marines » à Basse-

Terre »

« Samedi 7 novembre de

9 h à 12 h à la librairie « Point

Lire » à Moule »

Ces rencontres d’information

et de partage sont ouvertes à

tous !

www.begaiement.org

A.P.B. Gwadloup : romney.

suzy@orange.fr et tel. 0590 80

30 09

J.-M. Gauthier

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009 Haïti Liberté 15


Le capitalisme en crise a besoin d'un conflit majeur

Suite de la page (12)

passant sous silence la nationalisation

du secteur bancaire et financier ou la

gestion démocratique des entreprises,

en ne s’attaquant pas aux puissances

financières c’est tromper les gens en

discourant sur des promesses que

l’on est décidé à l’avance à ne pas tenir.

Comment peut-on prétendre contrôler

et réglementer l’économie sans

contrôler et réglementer les banques,

le cœur de la vie économique, sans

unifier la « comptabilité financière »

de l’Etat ?!

Géostratégie : Mais la nationalisation

démocratique des banques

est une opération difficile qui prendra

du temps ?

J-L.I. : C’est l’idée que distillent

dans l’opinion les milliardaires

avec leurs médias qui ont pardessus

tout peur de perdre ainsi la maîtrise

de l’économie et leurs privilèges.

Dans les faits cette opération qui ne

présente pas de grande difficulté sur

le plan technique peut aller très vite.

L’individu qui aura 1500 euros sur

son livret d’épargne comme celui

qui possédera 15 millions d’euros

sous forme d’actions, d’obligations

ou autre garderont chacun ce qu’ils

possèdent après la nationalisation.

Ceux qui propagent l’idée inverse

sont uniquement motivés par le fait

d’entretenir la confusion entre nationalisation

et confiscation des biens

privés pour protéger leurs privilèges.

Dans un premier temps, le nouveau

pouvoir devra surtout voter des lois

favorisant la démocratie dans les entreprises

par de nouveaux droits pour

la gestion et l’élection des dirigeants

sur la base de leur formation, de leur

compétence et de leur expérience. Les

sociétés coopératives seront des outils

précieux pour insuffler la démocratie

dans l’économie. Comme vous avez

pu le lire, je mets en valeur dans mon

livre la contribution importante des

sociétés coopératives au mouvement

pour la gestion démocratique des entreprises

en comparant leurs principes

de gestion et leur vécu avec les critères

des sociétés classiques ou capitalistes

si vous préférez. C’est un chantier immense,

ardu et passionnant.

Géostratégie : Qu’est-ce qui

changerait si une telle mesure était

mise en œuvre ?

J-L.I. : Disons que nous ouvririons

la porte de la rupture avec le

capitalisme en donnant aux acteurs

de l’économie, et en premier lieu à

la classe ouvrière et à ses alliés qui

font fructifier le Capital par leur travail,

des ouvriers des chantiers aux

analystes financiers, les moyens de

définir et contrôler la marche des

entreprises auxquelles ils sont associés,

la possibilité de s’intéresser à

Note de presse

Vous êtes invités au lancement du CD

intitulé “Dènye Rèl” de Jeanie Bogart le

samedi 7 novembre 2009, de 1h à 5h pm

à Brooklyn Central Library – Grand Army

Plaza.

Les chanteurs John Steve Brunache, BIC

qui vient directement de Haïti, le guitariste

Marc Mathelier et d’autres invités se

joindront à Jeanie Bogart sur scène pour

rendre cet évènement inoubliable.

Écrits en créole haïtien, les poèmes sur le

CD sont un cri du cœur, l’expression de

tous les jours dans sa plus pure sincérité.

Venez partager un après-midi en poèmes

et en chansons avec les artistes.

Contact:

Jeaniebogart@yahoo.com

(347)809-7810

Central Library, Grand Army Plaza

Second Floor Meeting Room

(718)230-2410

www.brooklynpubliclibrary.org

leur organisation, d’intervenir pour

participer à leur transformation. Ce

serait le début d’un long mouvement

d’émancipation, d’appel aux intelligences,

d’appropriation de l’économie

par tous ses acteurs au profit de

l’intérêt général. Par exemple, concernant

les banques, comme j’en fais

la démonstration dans mon livre avec

l’intervention de spécialistes de la

comptabilité des grandes entreprises,

aucun contrôle effectif de ces établissements

n’est actuellement réellement

possible tant les capitalistes

jouent sur des procédés extrêmement

complexes et subtils pour en établir

les bilans, les faire « contrôler »,

fonder des structures dans des places

off shore, éviter l’impôt, spéculer à

hauts risques avec des produits financiers

ultrasophistiqués. Pourquoi

avoir tant de banques qui offrent

les mêmes produits financiers quand

leur réunion en une seule – exception

faite des banques coopératives où se

trouvent en germe les principes d’une

gestion authentiquement démocratique

-, laissant à chacun ce qu’il possède,

permettrait le contrôle réel du

mouvement des capitaux au profit de

l’intérêt général ? Cette nationalisation

démocratique accompagnée de

la démocratisation des coopératives

permettrait à l’Etat de savoir où et

comment circulent les capitaux, au

profit de qui et de les faire revenir à

l’économie réelle sous contrôle populaire.

Ce serait un véritable poumon

d’oxygène pour la société toute entière

quand on sait qu’au niveau

mondial les pertes annuelles de recettes

fiscales par les gouvernements

du monde provenant du seul évitement

fiscal – fraude et blanchiment

non compris – sont estimées à plus de

255 milliards de dollars.

Géostratégie : Les banques

ont déjà été nationalisées ainsi que

des sociétés transnationales. Pourtant

rien n’a vraiment beaucoup changé à

l’époque?

J-L.I. : C’est exact et c’est la raison

pour laquelle j’insiste sur l’aspect

démocratique que devront avoir les

nationalisations. Il ne s’agit pas de

remplacer des dirigeants de droite par

des dirigeants de gauche à la tête de

ces entreprises pour que ceux-ci les

gèrent de manière identique, comme

des « compteurs de petits pois », sur

la base de seuls critères financiers

de profit maximum immédiat avec

des hiérarchies bardées de pré carré,

des atteintes répétées aux libertés

démocratiques, une opacité de gestion

et de trucage des comptes incompatibles

avec la démocratie. Les

dirigeants auront à mettre en œuvre

immédiatement les décrets et lois du

pouvoir révolutionnaire, donnant de

nouveaux droits aux salariés pour

qu’ils puissent intervenir complètement

dans la gestion, mettre un

terme au détournement d’une partie

des bénéfices par les dirigeants actuels

des entreprises des secteurs clés

de l’économie, démocratiser toutes les

fonctions jusqu’à changer l’entreprise,

faire que l’entreprise soit un outil au

service de ses acteurs et de son environnement

et non l’inverse comme

aujourd’hui. C’est une étape décisive

qui implique une élévation quantitative

et qualitative de la conscience

de ses acteurs mais également de

l’environnement des professionnels

qui l’accompagnent dans sa création

et son développement : commissaires

aux comptes, auditeurs, experts

comptables, etc. Sans cela les nationalisations

resteront lettre morte

et deviendront, comme nous l’avons

connu, des « étatisations ». C’est la

raison pour laquelle ces grandes orientations

du pouvoir pour aller vers

une démocratie avancée doivent

s’accompagner de ce que Pierre-Henri

Leroy, fondateur et dirigeant de Proxinvest,

la principale société de conseil

aux actionnaires, appelle « les petits

pas ». Ainsi qu’il l’explique, il faudra

initier des réformes plus modestes et

locales qui vont dans le bon sens.

Géostratégie : Par exemple ?

J-L.I. : Par exemple d’abord décourager

le grégaire et encourager la

diversité d’opinion dans les marchés

en mettant fin aux conflits d’intérêts

des établissements financiers des

groupes, lors des opérations de marché.

Comme le souligne Pierre-Henry

Leroy, « ceci impose de recourir à

des experts vraiment indépendants

et non pas, comme aujourd’hui,

payés et nommés par les intéressés.

Une définition précise des conflits

d’intérêts, des interdictions et des

sanctions s’imposent. » Ou encore

abolir les règlements qui alourdissent

l’épanouissement de l’économie au

profit de l’intérêt général, ce qui est

d’autant plus facilement envisageable

à partir du moment où ses acteurs

disposent des moyens légaux et culturels,

favorisant leur intervention.

La seule issue pacifique

à la crise : une révolution

nationale et radicale

Géostratégie : Mais les économies

étant aujourd’hui très liées

d’un pays à l’autre avec la mondialisation

capitaliste, pensez-vous qu’il

soit possible de tenir tête aux dispositions

européennes, aux règlements

internationaux et aux pressions qui

ne manqueraient pas de s’exercer

sur une seule nation qui s’engagerait

dans cette voie de rupture ?

J-L.I. : Votre question porte

sur un point essentiel : le soutien

du peuple à des réformes radicales.

Un changement social de cette ampleur

ne peut être le fait d’une seule

avant-garde, aussi éclairée soit-elle.

Si celle-ci est nécessaire pour formuler

des propositions, porter le niveau de

conscience à la hauteur des mesures

indispensables, ouvrir le débat sur les

questions essentielles, seul un grand

soutien populaire à celles-ci peut permettre

de rompre avec la situation actuelle,

quelle que soit la voie de transition

choisie par le peuple, électorale ou

non. Le passage de la République du

Venezuela d’un Etat sous domination

étasunienne à un Etat démocratique,

indépendant et progressiste est l’un

des exemples les plus intéressants à

étudier de notre époque. Toutes les

attaques menées contre le gouvernement

révolutionnaire du Venezuela,

de l’intérieur par le grand patronat et

les éléments conservateurs de l’église

catholique et de l’extérieur par les

Etats-Unis et d’autres pays avec certaines

associations plus ou moins

liées aux services étasuniens n’ont pu

empêcher le processus de rupture de

suivre son cours.

Aujourd’hui le pays s’engage sur

la construction d’une société socialiste

en faisant l’apprentissage d’une authentique

démocratie directe. Les secteurs

clés de l’économie ont été nationalisés,

les capitaux qui s’exportaient

dans la poche de gros actionnaires

étasuniens sont aujourd’hui injectés

dans la modernisation des entreprises

et des régions, des dizaines de milliers

de coopératives se sont créées

dans tous les domaines de l’activité

économique et le pays se modernise

au profit de ses citoyens. Ce qui paraissait

impensable à une grande majorité

du peuple se réalise aujourd’hui avec

son soutien actif. Pourquoi cela a-t-il

été possible malgré les accords régionaux,

les règlements internationaux et

les pressions de toutes sortes, jusqu’à

des tentatives de coup d’Etat orchestrées

par les Etats-Unis ? Parce que le

peuple a su se constituer une avantgarde

révolutionnaire exemplaire en

bien des domaines, se rassembler, se

mobiliser et le rester sur ses objectifs

principaux de transformation politique

et sociale radicale. Vous comprenez

face à ces succès, pourquoi

le Venezuela révolutionnaire n’existe

pratiquement pas dans les médias occidentaux.

Le gouvernement français

devrait se souvenir qu’il a plus besoin

du Venezuela que le Venezuela n’a besoin

de la France.

Géostratégie: Est-il possible de

faire une telle révolution nationale et

radicale en France?

J-L.I. : Bien évidemment et

c’est même la seule issue pacifique

pour sortir de la crise et rompre avec

le système actuel. Il est envisageable

d’organiser en France le contrôle de

toute la vie économique, d’opérer

sa « réglementation » en la « débureaucratisant

», de faire retourner

à l’économie les capitaux que les

capitalistes évitent de l’impôt et du

développement des entreprises sans

qu’il leur soit possible de dissimuler

des biens et des revenus. Il n’y a nul

besoin d’un appareil spécial de l’Etat

puisque les salariés et les directeurs

pourraient réaliser eux-mêmes la fusion

immédiate de toutes les banques

capitalistes en quelques semaines, par

exemple sous l’autorité du ministère

des Finances avec des congrès de

travail réunissant les professionnels,

cadres-dirigeants, représentants

des propriétaires du Capital, salariés,

syndicats, associations de consommateurs,

etc. par banque, par région

et nationalement. Il est évident que

ceux qui s’y opposeraient ou feraient

traîner les choses en longueur pour se

livrer à des opérations malhonnêtes

de dernière minute et entraver le processus

de rupture en seraient exclus.

Les avantages de la nationalisation du

secteur bancaire seraient décisifs pour

les PME, les collectivités et le peuple

entier qui pourraient ainsi s’approprier

les richesses qu’il crée et lui échappent.

Un gouvernement qui arriverait

au pouvoir avec la volonté de rompre

avec le capitalisme ne peut être que

nationaliste et radical.

Être nationaliste, cela veut dire

donner la priorité à l’intérêt général de

la communauté de territoire, de langue

et de culture à laquelle on appartient.

Concernant les accords régionaux ou

internationaux que vous évoquiez, la

petite Europe de Maastricht n’est pas

un problème puisque pour ceux qui

en doutaient, l’expérience montre, à

moins d’être complètement aveugle,

qu’elle n’est qu’une organisation au

service des grandes banques et des

gros propriétaires privés de l’économie.

Elle ne pouvait, par conséquent résoudre

aucun problème, quel qu’il soit,

dans les sociétés qui la composent,

qu’il s’agisse d’économie, de social,

de culture, de liberté, de démocratie ou

de droits de l’Homme. Vous remarquerez

du reste que les promesses faites

sur cette construction européenne par

les dirigeants bourgeois et socialistes

sur la fin du chômage, l’ouverture des

marchés, le développement des entreprises,

la solidarité entre les peuples,

les libertés n’ont jamais vu le jour et

que c’est même le contraire qui s’est

produit. Je dresse dans mon livre un

descriptif de la situation de cette petite

Europe en m’appuyant sur des

documents de synthèse de ses propres

organismes peu connus du public.

Il apparaît que celle-ci, dont les dirigeants

sont si prompts à donner des

leçons à d’autres peuples, est en recul

sur tous les fronts. Il faut se préparer

dès maintenant à construire l’Europe

des peuples de Dublin à Vladivostock

qui donnera la priorité aux qualités

et à l’identité de chaque peuple par

la recherche de coopérations mutuellement

avantageuses, mettra un

terme à la bureaucratie de Bruxelles

engendrée par les puissances financières.

Cela veut dire rompre avec

l’actuelle « construction européenne

», avec le traité de Maastricht et ceux

qui ont suivi. Etre radical c’est avoir

conscience que la classe dominante –

la grande bourgeoisie – s’accrochera

au pouvoir et à ses privilèges par tous

les moyens et que seules des mesures

radicales bénéficiant d’un fort soutien

populaire permettront de la contraindre

à respecter les lois nouvelles, de la

renvoyer dans ses foyers et de rompre

avec son système.

Le capitalisme a besoin de

la guerre pour survivre

Géostratégie: La démocratie

est-elle possible dans l’entreprise et

tout particulièrement dans des sociétés

transnationales à l’organisation

complexe?

J-L.I. : Je montre dans mon

livre comment la gestion des sociétés

coopératives se distingue – du moins

dans celles dont les principes de gestion

sont respectés – des entreprises

classiques. Les entreprises coopératives

sont des exemples de gestion

à partir du moment où ses acteurs

font respecter leurs critères de gestion

par les dirigeants qu’ils élisent. Cela

fonctionne dans de grandes banques

comme le Crédit Mutuel en France ou

le Mouvement des caisses Desjardins

au Canada et peut donc très bien se

mettre en place dans des PME. Chacun

doit avoir conscience de la gravité

de la situation car le système a

aujourd’hui besoin de la guerre pour

subsister. Le général russe Leonid

Ivashov a mis en garde à plusieurs

reprises contre la volonté des Etats-

Unis de déclencher un conflit militaire

majeur…

Géostratégie : …Vous voulez

dire une troisième guerre mondiale?

J-L.I. : Je dis « conflit militaire

majeur » c’est-à-dire pouvant entraîner

rapidement plusieurs pays

dans des conflits bien plus graves

que la guerre contre l’Irak ou contre

la République fédérative de Yougoslavie.

C’est du reste ce qu’ont tenté

les Etats-Unis en foulant le droit international

et en tentant de constituer

une alliance de guerre contre l’Irak

en passant outre l’ONU. Les Etats-

Unis sont en pleine faillite, leur dette

financière n’est plus remboursable et

ne peut plus qu’être remise. Comme

le rappelle le général Ivashov dans

mon livre, tout se qui se trouve aux

Etats-Unis – industries, immeubles,

technologies de pointe, etc. – a été

hypothéqué plus de dix fois partout

dans le monde et nous sommes au

bord d’un krach du système financier

international sur le dollar étasunien.

Le général Ivashov, qui est viceprésident

de l’Académie russe des

problèmes géopolitiques, estime que

« les banquiers mondiaux » en faillite

ont besoin d’un événement de force

majeure de proportions mondiales

pour s’en sortir ». Selon son analyse,

« l’importance des événements

à venir est réellement épique. (…)

Les conflits régionaux comme ceux

déclenchés contre la Yougoslavie,

l’Irak et l’Afghanistan ne donnent

que des effets à court terme. Ils ont

besoin de quelque chose de beaucoup

plus important et ce besoin est

urgent ». Les Etats-Unis et leurs sujets

anglo-saxons n’ont pas réussi à

entraîner les pays occidentaux dans

leur croisade contre l’Irak. Ils tentent

aujourd’hui de renouveler leur opération

contre l’Afghanistan et la République

Islamique d’Iran avec l’OTAN et

vont de provocation en provocation

pour tenter de renverser le régime légitime

du peuple Iranien.

A Suivre

Mecanopolis 7 septembre 2009

Ndlr. Jean-Loup Izambert. Issu

de l’enseignement agricole, diplômé

de l’Ecole des hautes études internationales

et de l’Ecole supérieure

de journalisme, Jean-Loup Izambert

pratique un journalisme militant.

Journaliste d’investigation, il est auteur

de plusieurs ouvrages, Le Krach

des 40 banques (Editions du Félin en

1998), Le Crédit Agricole hors la loi

? (2001), Crédit Lyonnais, la mascarade

(2003) et ONU, violations humaines

(2003) tous les trois aux éditions

Carnot et son dernier ouvrage

sous le titre de Pourquoi la crise ?

Aux éditions Amalthée (2009).

LCR-NPA. La Ligue communiste

révolutionnaire (LCR) a été officiellement

dissoute en février 2009 après

40 ans d’existence, pour créer le Nouveau

parti anticapitaliste (NPA).

16

Haïti Liberté

Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009


A Travers le MONDE

Quelle sera la décision d'Obama sur

la levée du blocus contre Cuba?

Margaret Chan à Cuba

«Vous avez fait du bon travail dans la santé»

Aujourd'hui, l'Assemblée Générale

de l'ONU approuvera, pour la

19ème fois consécutive, une résolution

qui condamne à mettre fin au

blocus des Etats Unis contre Cuba.

Les yeux de la planète seront fixés,

non sur la résolution, mais sur la

position que va adopter le président

Obama, prix Nobel de la paix en

reconnaissance pour ces intentions

envers l'humanité. Il commettrait

une infamie s'il rééditait encore une

fois son opposition à la levée de

l'embargo, contre l'avis de tous les

autres pays du monde, mis à part

Israël son soutien indéfectible, et

mettrait bien à mal, encore une fois

les espoirs de changements suscités

par son élection. Pour ma part, je

serre les pouces et j'espère.....

Nouvelle condamnation

mondiale ce mercredi contre

le blocus des Etats-Unis

contre Cuba

L

’Assemblée générale des Nations

unies votera mercredi une résolution

sur le blocus des Etats-Unis

contre Cuba, après qu’une trentaine

de présidents et de dirigeants l’ont

condamné devant cette même assemblée.

Ces condamnations se sont

produites il y a un mois à la tribune

de l’assemblée plénière du principal

organe de l’ONU, durant toute une

semaine consacrée au débat général

annuel de la 64e session. Mercredi

prochain, la plus haute instance de

l’organisation examinera, pour la

18e année consécutive, une résolution

intitulée « Nécessité de mettre

fin au blocus économique, commercial

et financier imposé par les Etats-

Unis d’Amérique à Cuba ».

Le président des Etats-Unis,

en tant que chef de l’Exécutif,

détient de vastes pouvoirs qui

lui permettraient de modifier

l’application du blocus.

Durant ce premier mois de

séances de l’Assemblée générale,

plusieurs chefs d’Etat ont qualifié

d’obsolètes les mesures telles que le

blocus nord-américain contre l’île,

mis en place depuis près de 50 ans

; ils en ont sévèrement critiqué les

effets criminels et ils ont rappelé que

plusieurs déclarations officielles ont

été émises ces derniers mois dans le

même sens, à l’occasion de divers

Sommets de chefs d’Etat et de gouvernement

de plusieurs continents.

Le gouvernement révolutionnaire

cubain a fait savoir, depuis de

nombreuses tribunes, que le blocus

des Etats-Unis contre l’île demeure

intact et constitue «un acte

d’agression unilatéral auquel il faut

mettre fin de manière unilatérale».

Prenant la parole devant

l’Assemblée générale de l’ONU, le

ministre cubain des Relations extérieures

Bruno Rodriguez Parrilla a

averti que le gouvernement nordaméricain

n’a pas pris en compte

la réclamation de la communauté

internationale pour que soit mis un

terme au blocus. Ila précisé que les

récentes mesures annoncées par la

Maison Blanche constituent un pas

positif, mais très limité et insuffisant.

Rodriguez a affirmé que le

président des Etats-Unis, en tant

que chef de l’Exécutif, détient de

vastes pouvoirs qui lui permettraient

de modifier l’application du blocus.

Avec une réelle volonté de changement,

Washington pourrait autoriser

l’exportation réciproque de biens et

de services entre Cuba et les Etats-

Unis et renoncer à poursuivre, geler

et confisquer les transferts d’argent

de pays tiers vers des organismes et

ressortissants cubains, a-t-il ajouté.

Il a aussi suggéré que les citoyens

étasuniens puissent bénéficier

d’autorisations pour voyager à

Cuba, «le seul pays au monde qu’on

leur interdit de visiter». Le ministre

a réaffirmé la disposition de Cuba

à normaliser les relations avec les

Etats-Unis et à soutenir un dialogue

respectueux, sur un pied d’égalité,

«sans la moindre atteinte à notre

indépendance, notre souveraineté et

notre autodétermination».

Depuis 1991 le blocus nordaméricain

contre Cuba est l’objet

d’une condamnation croissante de

la part des membres de l’ONU : il a

été condamné l’année dernière par

185 Etats, le chiffre le plus élevé jamais

enregistré durant cette période.

(PL et SE)

Granma

Cuba si Lorraine 27 octobre

2009

"Sans restitution de Zelaya, pas

d’élection" : Nouvelles actions de la

résistance populaire au coup d’Etat

Margaret Chan, directrice générale

de l’Organisation mondiale de la

Santé

Par José A. de la Osa

Foulant pour la première fois le sol

cubain, la directrice générale de

l’Organisation mondiale de la Santé,

Margaret Chan, a déclaré que c’était

pour elle un plaisir de visiter un petit

pays auquel l’OMS accorde une

grande importance, et que ce séjour

lui permettra de «connaître les efforts

et les excellentes expériences du système

de santé cubain, pour en tirer

les leçons». Mme Margaret Chan et

le ministre de la Santé José Ramon

Balaguer. «Je souhaite observer le

travail que vous faites dans des domaines

comme les premiers soins, les

services de santé au niveau communautaire,

l’égalité et l’accès à tous à

la santé… autant de grands thèmes

qui suscitent un vif intérêt de la part

de notre organisation», a signalé

Mme Chan, avant d’ajouter qu’elle

attendait beaucoup de ses visites de

centres hospitaliers et de recherche

cubains.

«C’est aussi pour nous un grand

plaisir de vous avoir parmi nous», a

déclaré le ministre cubain de la Santé

José Ramon Balaguer en accueillant

la directrice de l’OMS. «Votre travail

et les concepts que vous avez développés

en matière de santé méritent

toute notre admiration et notre respect»,

a ajouté le ministre.

Au cours d’une récente conférence

au Danemark, le Dr. Chan,

diplômée en médecine de l’Université

de l’Ontario de l’ouest, au Canada,

avait rappelé : «Comme nous avons

pu le constater, les forces du marché

à elles seules ne résoudront pas les

problèmes sociaux. Le monde doit

s’articuler autour d’un système de

valeurs. Autrement, la situation déjà

dangereuse marquée par d’énormes

déséquilibres en termes de revenus,

d’opportunités et de santé ne peut

qu’empirer».

Faisant allusion au programme

de travail chargé qu’elle aura pendant

son séjour, Mme Chan a déclaré: «Je

m’en serais voulue si je n’avais pas

préparé un agenda aussi chargé pour

cette visite, car je sais que Cuba a fait

du bon travail dans le domaine de la

santé».

A une réponse de Granma sur

la pandémie de grippe A (H1N1),

Mme Chan a précisé qu’il s’agit de la

première pandémie du siècle, la précédente

datant d’il y a environ 40

ans. Elle a indiqué qu’à l’heure actuelle

195 pays ont signalé à l’OMS des

cas confirmés de personnes atteintes

de la maladie. Elle a expliqué que le

H1N1 est un «virus des extrêmes»,

car d’un côté il y a des cas bénins qui

ne requièrent ni traitement antiviral

ni soins médicaux, et de l’autre il existe

un petit pourcentage de patients

qui développent un état clinique très

grave en peu de temps.

Parmi les groupes vulnérables

et qui courent des risques élevés de

complications très sévères (pneumonies),

Mme Chan a mentionné

les femmes enceintes, les enfants de

moins de deux ans, les personnes

souffrant de maladies chroniques du

cœur et les asthmatiques.

Le danger que représente cette

pandémie ne saurait être ignoré. Le

virus A (H1N1) peut tuer. L’OMS

recommande aux gouvernements

d’adopter un train de mesures pour

faire face à la pandémie axées sur

la prévention, les soins, les médicaments

et les vaccins. «J’estime que

le gouvernement cubain fait du bon

travail et je lui en suis très reconnaissante»,

a signalé la directrice de

l’OMS.

Le Dr Chan, qui a été nommée

à la direction de l’OMS en novembre

2006, était accompagnée pour ce

voyage dans l’île du Dr Mirta Roses,

directrice de l’Organisation panaméricaine

de la santé (OPS).

Granma 26 Octobre 2009

Juan Barahona, coordinateur

général du Front de la résistance

populaire au coup d’Etat

Le Front national de résistance au

Coup d’Etat au Honduras a appelé

hier à maintenir la lutte pou la

restitution de l’ordre démocratique et

du président Manuel Zelaya malgré

la répression et l’échec du dialogue.

La décision a été prise pendant

l’habituelle assemblée dominicale

de l’alliance des forces populaires et

politiques, après avoir été soumise

au peuple. Juan Barahona, coordinateur

général du Front a annoncé

que la direction nationale s’était réunie

cette semaine pour analyser la

situation du pays et les actions de la

résistance pour en finir avec le coup

d’Etat de juin dernier.

Il a ajouté qu´un des accords

signé prévoyait que si le président Zelaya

n’était pas restitué d’ici là, il n’y

aurait pas d’élections le 29 novembre

prochain, face au refus majoritaire de

participer du peuple.

Il ajoute que les représentants

des quartiers de la capitale ont analysé

ce samedi les manières de faire

pour refuser la campagne électorale

et le vote par le biais de diverses actions

décidées par la population. Barahona

a signalé que les candidats

indépendants libéraux, du Parti Unification

Démocratique ou de l’Unité

Sociale Démocratique, opposés au

coup d’Etat, se retireront du scrutin si

Zelaya ne revient pas au pouvoir.

Il a indiqué que de nombreuses

initiatives de la résistance sont

prêtes pour empêcher que la dictature

ne donne une apparence légale

à ces élections. Il a informé que « la

direction nationale réaffirme que la

lutte continuera pour obtenir la restitution

de l’ordre constitutionnel et

du président Zelaya, et pour obtenir

également l’Assemblée Nationale

Constituante. A cela nous ne renoncerons

pas. Même avec toute la répression

qui s’est abattue sur nous

les dernières semaines, nous n’allons

pas abandonner la rue. En avant, en

avant, la lutte est permanente » a-t-il

lancé en guise de consigne.Le coordinateur

du Front a assuré que la lutte

ne s’arrêtera qu’une fois substitué le

modèle libéral par un nouveau modèle

plus juste, plus humain, qui garantira

à tous les honduriens une vie digne.

La patrie est à tous, pas à quelques

exploiteurs, pas à 10 familles, qui

nient à la majorité de la population la

satisfaction de leurs besoins.

Barahona a appelé à une nouvelle

manifestation dans la capitale

contre le coup d’Etat en invoquant

le droit constitutionnel de liberté

d’expression.

Tegucigalpa, 25 octobre,

Raimundo Lopez,

Source : Prensa Latina

Traduction : Grégoire Souchay

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Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009 Haïti Liberté 17


Installation

René Préval

Suite de la page (7)

après quatre ans d’exercice du pouvoir.

Quant au peuple, il avale en

silence sa salive amère, sinon il

se verra mater par les hommes de

la MINUSTAH. Allez consulter les

étudiants de la faculté de médecine,

ils vous diront comment ils ont été

sauvagement traités par les occupants.

Préval est alors, selon toute

vraisemblance, cette roue dangereuse

qui tourne et que rien ne peut

jusqu’ici arrêter. Sauf un soulèvement

populaire. Là encore c’est bâtir

des châteaux de carte. Car aucun de

ces anciens leaders gnbistes n’a le

support du peuple qui les déteste et

qui leur en veut. Et c’est là oú réside

toute la force de Préval. La seule personne

qui pourrait remettre le natif

de Marmelade à sa place est bien

l’ex-président Aristide, son mentor,

avec sa famille lavalas. Mais empêché

en Afrique du Sud, ceci semble

Le 10ème Forum

Suite de la page (8)

le pays. Le secrétaire général de

l'Association des Etats américains

(AEC), Louis Fernando Andrade

Falla, quant à lui, a fait savoir que

l'organisation de ce forum en Haïti

est un signal lancé par le gouvernement

haïtien qui a oeuvré

de manière efficace à engager le

pays sur la voie d'un avenir prometteur

en vue d'atteindre la stabilité

économique et sociale. Selon

toute vraisemblance, cette stabilité

dont a fait mention le secrétaire

général de l'AEC n'est pas pour

les masses populaires haïtiennes,

parce qu'on constate clairement

que toutes les actions du gouvernement

de Préval/Pierre-Louis

vont directement dans le sens de

l'International. Un gouvernement

qui applique inconditionnellement

la politique néolibérale est toujours

félicité par les défenseurs de cette

politique.

Le ministre des Affaires

étrangères, Alrich Nicolas de son

côté s'est montré satisfait de la

tenue de ce forum en Haïti. Selon

lui, ces activités ont confirmé en

d'autres termes le retour du pays

sur la scène politique et diplomatique

de la grande Caraïbe et celle de

l'international avec l'organisation

Suite de la page (3)

des conseillers, était prévu par le directeur

général du CEP, Pierre-Louis

Opont.

De l'avis de la Constitution haïtienne

de 1987, les nouveaux élus

entreront en fonction le deuxième

lundi de Janvier 2010 pour débuter

leur première session législative, devant

leur donnant pouvoir de statuer

sur la proposition d'amendement de

la constitution.

L'article 283 de la présente

constitution stipule : « A la première

session de la législature suivante,

les Chambres se réunissent en Assemblée

nationale et statuent sur

l'amendement proposé.» Alors que

l'article 92-2 de cette même constitution

précise : « La première session

va du deuxième lundi de Janvier au

deuxième lundi de mai. La seconde,

du deuxième lundi du mois de juin

au deuxième lundi de septembre.»

Le président du CEP prévoit

d'organiser les élections en avril

2010 pour que les députés et sénateurs

entrent en fonction la deuxième

session ordinaire.

Donc, constitutionnellement

les nouveaux élus ne pourront pas

à se plancher sur la proposition de

l'amendement de la constitution de

1987 émise par la législature précédente.

Les prochaines élections devront

avoir lieu pour 99 députés, 12

sénateurs et les élus des Collectivités

territoriales.

L'instabilité politique instituée

par les grandes puissances impérialistes

et les larbins locaux, suite

au coup d'Etat du 29 février 2004

contre le président Jean Bertrand

Aristide, constitutionnellement élu,

continue de plonger la population

dans la misère et le pays dans le

sous-développement.

Depuis lors les défenseurs

de la démocratie libérale ne sont

jamais parvenus à réaliser de

bonnes élections à temps afin

de maintenir volontairement le

pays sous la tutelle des puissances

impérialistes.

être le cadet de ses soucis.

Laisser à Préval le soin

d’humilier ces hommes politiques,

les fouetter jusqu’au sang; laisser le

privilège au blanc de les renvoyer

comme des chiens dans un jeu de

quilles, seraient pour le moment

l’option préférentielle de l’ancien

chef d’état qui s’enorgueillit de sa

verticalité par rapport à la lutte des

masses pour sortir de l’étreinte de

l’impérialisme avec tout ce qu’il charrie

de crime et d’exploitation. Mieux

vaut être absent que d’être présent

sur le théâtre du crime quand on n’a

pas la capacité nécessaire pour affronter

les bourreaux ni les moyens

pour assister les victimes. En tout

cas, 2011 s’amène à pas de géant et

parait-il que la messe est déjà dite.

Espérons tout simplement qu’on se

trompe. Autrement, pour paraphraser

l’autre, Victoria, ma chérie, la nuit

sera extrêmement longue.

Guerby Dujour, Oct 2009

de diverses conférences internationales.

La grande question qu'on

devrait se poser est : à quoi serviront-elles

ces conférences? Sinon

au renforcement de la mise sous

tutelle de l'Etat haïtien et la poursuite

de l'application de la politique

néolibérale par l'intermédiaire de

ces sous-hommes qui se sont régulièrement

succédés au pouvoir

en Haïti?

Depuis environs deux ans

les principaux dirigeants de ce

pays, qu'ils s'agisse des membres

de l'Exécutif ou de Législatif, utilisent

les ressources du pays de

leur plein gré pour organiser des

conférences, des forums, des débats

internationaux et nationaux

dans le but de satisfaire leur patron

et leur ambition politique à maintenir

le pouvoir contre les masses

populaires. L'ancien président des

Etats-Unis, Abraham Lincoln a

eu à dire : « On peut tromper tout

le peuple une partie du temps;

on peut tromper une partie du

peuple tout le temps; mais on ne

peut tromper tout le peuple tout

le temps.» De toute façon, le pays

se réveillera pour apporter une

réponse à toutes ces manoeuvres

démagogiques à dessein de tromper

le peuple haïtien.

Le maire de la Nouvelle-Orléans

souhaite à Cuba la levée de

l'embargo

Le maire de la Nouvelle-Orléans,

Ray Nagin

Suite de la page (13)

pas. Vous leur donnez toute l'aide

humanitaire qu'ils veulent et ils

vont quand même vous mentir.

Ils vous diront qu'il n'y a pas de

talibans dans la région et dès que

vous vous mettez en route, à 3

mètres de leur maison, vous vous

faites tirer dessus à nouveau. »

Les mêmes sentiments

transparaissent dans un reportage

du Times du 3 octobre sur les

troupes britanniques qui opéraient

autour de Sangin dans la province

d'Helmand au cours des élections

présidentielles en août. L'unité,

le 2e bataillon d'infanterie, avait

perdu 100 combattants, morts

ou gravement blessés, sur 500

depuis le mois d'avril. Les auteurs

notent que le taux de pertes est

comparable à celui des intenses

combats livrés en Europe au cours

des dernières années de la Seconde

Guerre mondiale.

Les patrouilles se font attaquer

à seulement 500 mètres

des murs de la base britannique,

mais, comme dans la province de

Wardak, les troupes d'Helmand

sont rarement en contact visuel

avec les insurgés talibans qui ont

décimé leurs rangs avec des IED,

des mines et des tirs embusqués.

Un caporal commente, « Quand

on est venu ici la première fois, on

se plaignait de ne pas avoir assez

d'action. Comme on regrette ces

mots maintenant — énormément.

» Un autre jeune soldat déclare,

« Je n'imagine pas terminer cette

affectation sans me faire toucher

par un tir. »Le correspondant du

Times notait que « personne ne

s'est jamais porté volontaire pour

une patrouille qu'il n'avait pas à

faire et je n'ai rencontré aucun soldat

ici qui parle de "gagner" ».

Huit ans après le 11-Septembre,

la propagande sur la «

guerre contre le terrorisme » s'est

évaporée. Les soldats sont au front

d'une opération anti-insurrectionnnelle

sanglante qui n'a qu'un

objectif — soutenir le régime fantoche

des États-Unis. La majeure

partie des soldats est constituée

de conscrits économiques. Dans

Le maire de la Nouvelle-Orléans,

Ray Nagin, en visite à Cuba

pour étudier les mesures de préparation

aux ouragans dans ce pays, a

déclaré mercredi que les Etats-Unis

devaient faire des "pas concrets"

vers l'île communiste en allégeant

ou en levant leur embargo. "Nous

devons chacun nous ouvrir (...) et

faire des pas concrets vers Cuba" car

"tout le monde sera gagnant si nous

relâchons ou levons l'embargo" en

vigueur depuis 47 ans contre Cuba,

a déclaré à l'AFP M. Nagin qui espère

la mise en place prochaine

d'une liaison aérienne directe entre

sa ville et la capitale cubaine. Arrivé

vendredi à La Havane pour une visite

de six jours, le maire a dit avoir

été reçu par les ministres de la Culture

et du Tourisme, Abel Prieto et

Manuel Marrero, ainsi que par le

vice-ministre des Affaires étrangères

Dagoberto Rodriguez et le chef de la

Défense civile - chargée notamment

Le moral des troupes

de l'évacuation de la population

lors d'ouragans - le général Ramon

Pardo. "Nous avons beaucoup appris

avec eux", a dit le maire dont

la ville a été dévastée en 2005 par

l'ouragan Katrina. Alors que les

deux pays n'entretiennent pas de relations

diplomatiques depuis 1961,

le département d'Etat a donné son

feu vert à la mission du maire car

Cuba est considéré comme une référence

en termes de préparation

aux ouragans, selon la mairie de la

Nouvelle-Orléans. Signe de l'amorce

d'un dégel depuis l'arrivée à la Maison

blanche de Barack Obama il

y a neuf mois, plusieurs responsables

américains se sont succédés

à La Havane, parmi lesquels un

groupe de congressistes du Caucus

afro-américain, le gouverneur du

Nouveau-Mexique Bill Richardson

et une responsable du Département

d'Etat américain, Bisa Williams.

Le Monde 21 octobre 2009

un contexte où on ne trouve que

des emplois offrant des salaires

de misère et où le chômage augmente

sans cesse, s'engager dans

l'armée est une des rares solutions

permettant à beaucoup de jeunes

d'obtenir un emploi stable et un

revenu décent.

Le caractère illégitime de

ces guerres est incontestablement

un facteur qui influe sur le grand

nombre de vétérans d'Afghanistan

et d'Irak qui reviennent de mission

avec des troubles psychologiques.

Les études révèlent qu'entre 20

et 30 pour cent de tous ceux qui

ont servi dans ces conflits souffrent

de PTSD [Post-Traumatic

Stress Disorder – troubles de stress

post-traumatiques] à un degré ou

un autre. Ces troubles peuvent

pousser des vétérans au suicide,

les affecter jusqu'à les contraindre

à vivre dans la rue, à prendre

des drogues, et à commettre des

crimes pour lesquels ils se retrouvent

en prison.

Il y a actuellement 20.000

ex-soldats britanniques en prison

ou en liberté conditionnelle, un

nombre ahurissant, et la proportion

de vétérans a augmenté de

30 pour cent au cours des cinq

dernières années. Un représentant

du syndicat des conseillers

de probation britannique, Harry

Fletcher, a déclaré au Guardian le

mois dernier, « Il y a des preuves

flagrantes que les soldats n’ont

pas un soutien psychologique

suffisant lorsqu’ils quittent le service.

La prépondérance des troubles

de stress post-traumatiques

et des dépressions est alarmante.

» Selon des statistiques citées par

le journal britannique Mirror, 67

ex-soldats britanniques se sont

suicidés depuis 2001 après leur

retour d'Afghanistan ou d'Irak et

on croit que 31 autres décès pourraient

aussi être des suicides.

Au début du mois, Dylan

Kemp, 28 ans, commando de marine

de l'armée de Sa Majesté, s'est

pendu peu après son retour d'un

déploiement de 7 mois de combats

intenses en Afghanistan. Il

avait été arrêté pour conduite automobile

agressive et aurait frappé

sa compagne. Celle-ci a déclaré

au Mirror, « L'Afghanistan l'a

poussé trop loin. Il disait dans

sa lettre qu'il était sûr que beaucoup

d'autres troufions finiraient

aussi mal que lui. Il était tellement

plein de rage. Ses blessures

mentales ne pouvaient pas être

soignées. »

Le taux de suicide parmi les

militaires américains en service

continue également à augmenter.

À la fin du mois de septembre, il

y a eu 117 suicides dans l'armée

et 38 chez les Marines, et 35 autres

décès sont encore en cours

d'investigation. Les suicides parmi

les Marines, qui constituent

l'essentiel des 17.000 soldats supplémentaires

envoyés en urgence

par le gouvernement Obama en

Afghanistan cette année, ont augmenté

de 20 pour cent cette année.

La majorité des Marines et

des soldats qui ont mis fin à leur

vie ont été déployés dans l'une de

ces deux zones de guerre.

Wsws 22 octobre 2009

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Vol. 3 No. 15 • Du 28 Octobre au 3 Novembre 2009


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