Haiti Liberte 13 Juin 2012

haitiliberte

Vol. 5 • No. 48 • du 13 au 19 Juin 2012 Haiti 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00

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HAÏTI LIBERTÉ

JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE

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Quand Sweet Micky

devient un intellectuel

«en folie»

O ironie !

Page 5

Terrible accident au

Cap-Haïtien!

Voir page 4

Global Voice de Laurent

Lamothe réclame

14,4 milliards à l’Etat

Sénégalais !

Page 7

Le samedi 9 juin dernier à la sortie de la ville du Cap, sur la route nationale # 1, un terrible accident a provoqué

un lourd bilan de 3 morts et de 51 blessés graves

Ouverture de la 2ème session

de la 49e Législature

Environnement Rio+20

Haiti? Un exemple

flagrant de l'échec du

capitalisme !

Page 10

Voir page 4

Ce lundi 11 juin 2012, 51 députés et 18 sénateurs se sont réunis en Assemblée nationale pour l’ouverture de la deuxième

session législative. A cette occasion, le Premier ministre Laurent Lamothe s’est présenté devant l’Assemblée pour

présenter le bilan des activités de son gouvernement

Hugo Chavez dépose

sa candidature à

la présidentielle du

Venezuela !

Page 17


Editorial

HAITI

Liberté

Des élections :

considération absurde pour le moment !

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

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Port-au-Prince, Haiti

Tél: 509-3407-0761

Responsable:

Yves Pierre-Louis

Par Berthony Dupont

Les élections sont un moyen démocratique selon les conceptions

bourgeoises de prendre le pouvoir, soit pour assurer la continuité du

pouvoir en place, soit pour assurer une certaine rupture concrète avec

le passé. En ce sens, participer à n’importe quelle élection sous-entend

déjà un programme alternatif pour combattre l’autre.

Nous avons bien remarqué, depuis l’avènement du régime

« kaletèt, tèt kale, » que les critiques des partis politiques semblent

moindres par rapport à leur position antérieure, datant de 10 ou 15 ans

de cela. Serait-ce du fait que ces partis politiques se reconnaissent dans

les projets Lamothe/Martelly ? Sinon, sont-ils tous des partis sourdmuets,

qui ne sont pas au courant de ce que trame le couple Martelly/

Lamothe ?

Une élection est, en fait, une arme de la classe dominante au pouvoir

pour feindre une certaine image démocratique afin de conserver

l’appareil d’état.

En d’autres termes, une élection devrait représenter pour un parti

ou une organisation qui ne défend pas le pouvoir en place, hormis

la classe dominante alliée aux forces impériales, un terrain idéal pour

non seulement se faire des assises populaires, mais également pour

présenter sa ligne idéologique, en démontrant par des rencontres publiques

ce qu’il veut apporter de nouveau au point de vue positif pour le

pays par opposition au régime en place. S’il ne le fait pas, c’est parce

qu’il approuve la politique en cours ou encore qu’il n’a rien à présenter

en contrepartie. En d’autres termes, c’est un parti ou une organisation

conformiste!

Ces dernières semaines, depuis la fin du mandat des 10 sénateurs,

le mot élection est revenu sur le tapis de la politique nationale. On entend

plus d’un faire mention de leur participation aux prochaines joutes

électorales. Déjà le Premier ministre Laurent Lamothe sans avoir un

Conseil électoral pouvant fixer un calendrier, même quand la crise de

l’amendement n’est pas encore résolue, annonce en grande pompe dans

une réunion de l’organisation Hémisphérique de l’OEA qu’il va lui demander

de venir superviser les prochaines élections législatives.

Voilà donc, un Premier ministre, qui ne sait même pas encore quel

type de Conseil électoral, il va y avoir, s’il sera permanent ou provisoire

! Il n’y a pas un CEP qui explique clairement qu’il n’y a pas encore

de calendrier électoral, voilà que l’individu implique, une fois de plus,

l’organisation internationale dans les affaires internes du pays. N’est-ce

pas la preuve par quatre que nous n’avons au pouvoir que des vendus,

des colonisés, des restavèk, des gens qui ne peuvent rien faire sans la

présence ou le bâton d’un commandeur. L’appel de Lamothe n’est autre

qu’une nouvelle invitation à venir résoudre la crise de l’amendement

et de nous administrer la pilule de nous faire accepter ce que bon leur

semble.

Il reste que les élections sont absurdes et même anachroniques.

La priorité à l’heure actuelle est de dénoncer le régime en place qui, en

complicité avec les forces occupantes, veut violer la Constitution pour

publier dans le Moniteur un vulgaire amendement qui est totalement

nul et non avenu, ce dans le but de monter son propre Conseil électoral

Permanent et de faire souffrir davantage le pays. Une telle position

devrait être le cri de guerre de tout patriote, voire de tout parti politique.

Mais si on laisse au régime la latitude d’accomplir ce qu’il veut nous

imposer et de renforcer son projet de campagne électorale à travers de

fallacieuses promesses faites au peuple, comment alors le déchouquer,

lors des joutes électorales ? Cette illusion opportuniste n’apportera que

malheur jusqu’à rendre les citoyens complices et coupables de la dégénérescence

du pays!

On n’est pas étonné d’entendre Paul Denis déclarer à titre de conseiller

aux affaires politiques de INITE que la plateforme politique de

l’ancien président René Préval s’apprête à participer aux prochaines

élections. Il a même laissé échapper que « des discussions ont été engagées

avec d’autres organisations politiques, ce, en vue de constituer

un « front commun assez solide » Quel front peut être solide si le peuple

haïtien ne le bâtit pas !

On a toujours su très certainement qu’en ce qui concerne Inite,

Alternative, Fusion et Tèt kale, c’est bonnet blanc, blanc bonnet ; et

l’idée fait son chemin quand le professeur Victor Benoît, lui, pense que la

tenue des élections sénatoriales, municipales et locales est possible d’ici

la fin de l’année, si bien évidemment le pouvoir en place en a la volonté

politique ; de même que Turneb Delpé, pour sa part indique « qu’aucune

date ne peut être avancée pour les prochaines joutes électorales sans la

mise en place d’un conseil électoral provisoire ou permanent »

Or, si nous avons encore des secteurs qui se réclament des masses

populaires, qui ne veulent ni insulter, ni bafouer les profonds sentiments

des déshérités du sort, ils devraient faire montre d’une approche

totalement différente, visant à édifier le changement qu’ils sont en train

de prôner. Ils devraient commencer par des prises de position condamnant

la politique courante dans tous ses aspects.

Mais, malheureusement, notre monde politique n’a encore fait

montre d’aucun signe d’amertume malgré la descente aux enfers, programmée

pour le pays. Et tout ce qui se planifie, c’est pour continuer à

le conduire au fond de l’abîme, faciliter les multinationales qui investissent

en république voisine. Vu qu’il n’y a pas réellement un rapport

d’échanges équilibré entre les deux pays, Haiti est tout simplement devenue

complètement dépendante politiquement, économiquement de la

République dominicaine.

Thomas Adams, le coordonnateur spécial du département d’Etat

américain pour Haïti , a eu à déclarer « Qu’il faudra à Haïti 30 ans

pour rattraper la République dominicaine et donc parvenir au statut

de pays à revenu intermédiaire ». De tels propos ne devraient-ils pas

fouetter notre orgueil national et inciter les secteurs vraiment démocratiques

et nationaux à faire front commun?

«Ce ne sont pas des choses que vous réglez en un tour de main.

C’est bien d’être réaliste, et cela ne veut pas dire que nous ne faisons

pas de progrès année après année. Mais vous ne verrez pas l’Haïti

que vous souhaiteriez avant encore un bon moment» a t-il ajouté.

Si Adams qui connaît toutes les manœuvres et obstacles que son

pays continue de manigancer pour nous tenir dans un état de parias

avance un tel message, c’est pour nous dire que notre libération n’est

pas pour demain. A Adams, nous rétorquerons que notre situation

n’aurait pas été aussi dramatique, n’eussent été les actes criminels de

déstabilisation perpétrés par son pays à notre égard.

A ce compte, la situation réelle est en fait beaucoup plus complexe.

La question se ramène à d’autres formes de luttes, mieux organisées,

et revient donc toujours à l’ordre du jour, avec comme objectif de faire

émerger une stratégie claire et précise pour renverser les complices de

Washington au pouvoir en Haiti. C’est ainsi et ainsi seulement que nous

pourrons avoir des élections honnêtes et sérieuses dans le pays. Pas

autrement !

Email :

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Directeur

Berthony Dupont

Editeur

Dr. Frantz Latour

Rédaction

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives

Fanfan Latour

Guy Roumer

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Wadner Pierre

Jean Ristil

Collaborateurs

Marie-Célie Agnant

J. Fatal Piard

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

Yves Camille

Jean-Claude Cajou

Didier Leblanc

Jacques Elie Leblanc

Roger Leduc

Joël Léon

Claudel C. Loiseau

Anthony Mompérousse

Dr. Antoine Fritz Pierre

Jackson Rateau

Eddy Toussaint

Ray Laforest

Administration

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Jean Bertrand Laurent

DISTRIBUTION: CANADA

Pierre Jeudy

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2

Haiti Liberté/Haitian Times


A travers Haiti

Port-de-Paix : Détournement

de 3.7 millions de gourdes

Recrudescence d’insécurité en Haiti

Le programme d’éducation gratuite, du

président Michel Martelly a généré une

vaste opération de détournement de fonds

publics, faux et usage de faux, blanchiment

et corruption dans le département

du Nord-Ouest du pays, Port-de-Paix. De

hauts responsables du bureau régional

du ministère de l’Education nationale et

de la Banque Nationale de Crédit (BNC)

sont impliqués dans le détournement de

plusieurs millions de gourdes destinés au

programme, dont 3.7 millions ont été confisqués

sur les comptes de différents présumés

auteurs de cet acte de détournement.

Suite à une enquête de l’Unité de

Lutte Contre la Corruption (ULCC), trois

personnes ont été mises aux arrêts, quarante

autres suspects attendent d’être entendues

par les autorités compétentes et le

principal auteur de cette opération malveillante,

un cadre supérieur du ministère de

l’Education nationale dont le nom n’a pas

été révélé est actuellement recherché par

la justice haïtienne. Le directeur départemental

adjoint de l’Education nationale du

Nord-Ouest, Alcidonis Henry, ex-candidat

au Sénat, figure parmi les personnes arrêtées.

Il a fabriqué de faux documents

d’établissements scolaires afin de recevoir

des fonds au nom des élèves. Il a également

utilisé de fausses signatures du directeur

départemental pour rentrer en possession

des fonds.

Depuis environ un an, le président

Michel Martelly a pris une décision illégale

de percevoir des prélèvements sur les appels

internationaux et les transferts pour

Le directeur départemental adjoint

de l’Education nationale du

Nord-Ouest, Alcidonis Henry, excandidat

au Sénat, figure parmi les

personnes arrêtées

financer ce dit programme. Aucun audit

n’a été réalisé sur des fonds perçus, il n’y

a pas de transparence dans la gestion de

ces fonds qui ont été détournés à des fins

personnelles. On dit toujours que « c’est

par la tête que pourrit le poisson ». A quoi

d’autre pourrait-on s’attendre quand c’est

le chef d’Etat lui-même qui avait donné le

signal. Alors, n’est pas normal que la corruption

qui gangrène la haute sphère de

l’Etat comprenant l’Exécutif, le Législatif,

le Judiciaire et les autres institutions financières

non gouvernementales exerce son

influence directe sur les autres instances

qui en dépendent !

Richard Jean Baptiste, un jeune homme

âgé 22 ans a été tué le samedi matin

9 juin 2012 par deux individus circulant

à Moto, à la rue Monseigneur Guilloux,

tout près du Stade de Sylvio Cator, au Sud

de la capitale. Les bandits lui ont tiré deux

(2) balles devant sa résidence avant de

s’enfuir.

A Petit-Goave, le jeudi 7 juin, Dimitri

Lindor, un jeune garçon habitant à la

rue Dessalines prolongée surnommée «

Nan Percin », a violemment été attaqué

aux environs de 7h30 pm au moment

où il se présentait dans une banque de

Borlette située à la rue Dessalines. Dimitri

qui saignait beaucoup a été transporté

d'urgence à l’hôpital Notre-Dame de

Le cadavre de Richard Jean Baptiste

Petit-Goâve. Des individus, partisans de

l'agresseur, venant de Nan Percin, se sont

introduits dans l’hôpital, semble-t-il pour

terminer d’exécuter la victime, selon certaines

informations recueillies sur place.

La vengeance pourrait être le mobile de ce

drame. Alertée, la police s'est rendue immédiatement

sur les lieux en vue de protéger

Dimitri et sécuriser le personnel infirmier.

La population a déploré cet incident

et exigé que l'hôpital Notre-Dame soit doté

d'agents de sécurité.

Par ailleurs, Yvon Louis, alias « ZeZe

couronne » un citoyen très connu dans la

ville, responsable d'une entreprise funéraire

a été victime d’une agression, ce vendredi

8 juin. Aux environs de 12h Am, 3

individus circulant à bord de motocyclettes

ont attaqué, Yvon Louis à Croix-Martyre,

une localité de Cupidon. Ils l'ont ligoté puis

battu. Le croyant mort, les bandits l'ont

enterré jusqu'au cou avant de prendre la

fuite. Une femme de la zone qui a aperçu

la victime gémissante, a répandue la nouvelle.

Les gens et la police sont intervenus

rapidement pour lui porter secours. Yvon

Louis, a été transporté d’urgence dans un

hôpital à Léogâne. Placé sous oxygène il

se trouve dans un état critique. Les citoyens

demandent à la Police de redoubler de

vigilance au centre-ville et surtout sur la

route nationale #2 au niveau de deuxième

plaine de Petit-Goâve, afin de lutter contre

cette recrudescence d’insécurité.

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Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 3


Mouvement de protestation à l’hôpital

notre Dame de Petit-Goâve

Par Jackson Rateau

Ouverture de la deuxième session

de la 49e Législature

Par Yves Pierre-Louis

La semaine dernière, suite à une

agression physique perpétrée

contre une infirmière en exercice de

ses fonctions, les cadres de l’hôpital

Notre Dame de Petit Goâve (Médecins

et infirmières) ont observé un

arrêt de travail. En effet, un groupe

de villageois issus d’un quartier

populaire de la ville de Petit-Goâve

du nom de « Nan Percin » s’était

amené à l’hôpital avec un blessé

du nom de Dimitri Lindor, victime

d’une bagarre. Frustrés de la négligence

des cadres de l’hôpital à

l’endroit de leur blessé, ils ont attaqué

une infirmière.

Le dimanche 10 juin dernier,

au cours d’une conférence de

presse, le directeur intérimaire

de l’hôpital Notre Dame de Petit-

Goâve, le Dr Gustave Jean François,

a expliqué les circonstances de la

paralysie de ce centre hospitalier

en ces termes :

« Le principal problème de

l’hôpital Notre Dame de Petit-Goâve,

reste et demeure une carence de

personnel technique. Si je présente

la liste du personnel, vous verrez

un nombre élevé d’employés dans

Le deuxième lundi du mois de

juin est la date retenue pour

l’ouverture de la deuxième session

de la 49e législature. Cette année,

avant l’ouverture de cette session,

le bureau de la Chambre des députés

a organisé une retraite de deux

jours au Club-Indigo, sis aux côtés

des Arcadins, Nord de la capitale.

Cette retraite organisée le samedi 9

et dimanche 10 juin a pour objectif

de faire le bilan de la première session

des travaux de l’Assemblée,

essayer de mieux comprendre la

mission législative et de préparer

un agenda législatif pour la deuxième

session, tout en essayant

d’harmoniser les relations entre

l’Exécutif et le Législatif. Dans

cette perspective, le Premier ministre,

Laurent Lamothe a assisté à la

clôture de ces activités.

Ce lundi 11 juin 2012, 51

députés et 18 sénateurs se sont

réunis en Assemblée nationale

pour l’ouverture de la deuxième

session législative, durant laquelle

un accord de prêt du fonds de

l’OPEP de 15 millions de dollars

US pour poursuivre les travaux

d’aménagement de la centrale

hydro-électrique de Péligre, ainsi

qu’un projet de loi relatif à la convention

de la Haye portant sur le

droit des enfants ont été ratifiés par

l’Assemblée nationale.

Dans un discours de circonstance,

le président de l’Assemblée

nationale, le sénateur du Plateau

Central, Desras Simon Dieuseul

a plaidé en faveur d’une relation

harmonieuse entre les deux grands

pouvoirs de l’Etat et le Parlement

devrait continuer à jouer le rôle que

la constitution lui confère.

A cette occasion, conformément

à l’article 98-3, aliéna 8 de la

constitution de 1987 en vigueur, le

Premier ministre Laurent Lamothe

s’est présenté devant l’Assemblée

pour présenter le bilan des activités

de son gouvernement. A la tribune

du Parlement, Laurent Lamothe

a centré son bilan sur la question

de la sécurité, la protection de

l’environnement, l’assainissement

et certains programmes sociaux

parallèles tels : Kaba grangou,

Katye pa m poze, Ti manman cheri,

Kat woz, d’ailleurs qualifiés de démagogiques.

Ces genres de programme

n’ont rien à voir aux problèmes

fondamentaux des masses

populaires.

Sur le dossier des ex-militaires

assaillants qui avaient pris

en otage les différents anciens

campements, il a salué les efforts

de la Police nationale pour les déloger.

Mais il a précisé que : « Le

gouvernement reste sensible aux

revendications légitimes des véritables

militaires démobilisés qui

recevront leurs indemnités et les

cotisations déposées dans le fond

de pension des FAD’H. », alors

que ces hommes armés qui ont

l’habitude d’endeuiller les familles

3 catégories. Mais, en réalité, on

n’a que 11 médecins en service social

et quelques infirmières. Il nous

faut pour ce grand centre hospitalier

des médecins spécialisés tels pédiatres,

chirurgiens, orthopédistes, internistes,

gynécologues, etc. Est-ce

pourquoi je demande au ministère

de la Santé d’augmenter le personnel

technique de l’hopital. Pour

l’instant, seul un noyau d’urgence

fonctionne ici. Nous condamnons

cet acte d’agression envers notre

infirmière. Nous avons envisagé de

prendre des mesures sécuritaires.

Nous avons également sollicité la

collaboration de la population... ».

haïtiennes sont en fuite, avec les

armes de gros calibres.

Il a également évoqué de

grosses dispositions prises en faveurs

des classes dominantes et

des compagnies multinationales

des grandes puissances impérialistes,

l’annulation de la déclaration

d’utilité publique du centre-ville par

le président Martelly. Selon lui une

telle décision facilite la réalisation

des projets du secteur privé, la construction

des logements financée

par le Venezuela aux environs de

l’établissement des zones franches,

comme celui de Parc industriel de

Caracol. Le bilan d’un mois du

gouvernement de Laurent Lamothe

et d’un an du régime réactionnaire,

d’extrême droite du Michel Martelly

est qualifié generalement de négatif

pour la population marginalisée

des quartiers populaires et des

bidonvilles du pays. Avec un tel

gouvernement » Pèp la pap jwenn

anyen », disait-on.

La rentrée parlementaire s’est

effectuée sur fond de grande divergence

entre l’Exécutif et le Législatif

sur l’éventuel publication

ou déblocage de la publication de

l’amendement frauduleux de la

constitution de 29 mas 1987. Le

président de l’Assemblée nationale,

Desras Simon Dieuseul, se montre

toujours favorable au déblocage de

la publication. Le président Martelly

de son côté, parait très réticent

quant à la publication de cet amendement,

contre lequel s’oppose la

majorité de la classe politique.

Menez Jean-Jerome

Attorney at Law

Terrible accident au

Cap-Haïtien

Depuis le début de l’année 2012, nombre d’accidents ont eu lieu tant à la

capitale que sur différents circuits routiers

La situation déplorable de transport

en commun en Haïti, le mauvais

état des routes, l’imprudence des conducteurs

et l’absence de Police routière

entre autres seraient à la base de nombreux

accidents de circulation à travers

le pays. Depuis le début de l’année

2012, nombre d’accidents ont eu lieu

tant à la capitale que sur différents circuits

routiers, notamment les routes

nationales 1 et 2. Les autorités de la sécurité

publique du pays annoncent toujours

un train de mesures de circulation

pour éviter la répétition des accidents

mortels, mais en réalité, ce train n’est

jamais mis en marche puisque aucune

disposition n’est prise pour les faire

respecter. Les chauffeurs ne vont plus

au lieu de stationnement des autobus

à Barrière-Bouteille, laissant ce soin au

travailleur du camion.

Ainsi le samedi 9 juin dernier à

la sortie de la ville du Cap, sur la route

nationale # 1, un terrible accident a

provoqué un lourd bilan de 3 morts et

de 51 blessés graves.

En effet, l’autobus Fierté Capoise,

assurant le trajet Cap-Haitien/Port-au-

Prince, devait quitter le Cap-Haitien tôt

le matin en direction de Port-au-Prince.

Comme le camion a été confié à un travailleur

chargé de le conduire jusque du

côté de Bréda à quelques 6 km de la

ville du Cap, l’engin, non maîtrisé par

le chauffard a chaviré juste à l’entrée

de la ville.

Transportés d’urgence à l’hôpital

Justinien du Cap-Haitien, 3 des rescapés

ont succombé à leurs blessures,

tandis que 51 autres se trouvaient dans

une situation très critique.

Le travailleur qui est à la base de

cet accident a pris le marquis, puisque

la police n’a pas annoncé son arrestation.

Mais le chauffeur principal devait

être appréhendé par la police pour négligence.

Par ailleurs, trois étrangers qui

se trouvaient à bord du camion ont été

transportés à Port-au-Prince de toute

urgence.

Les autorités irresponsables de

l’Etat d’Haiti, dont le premier ministre

Lamothe qui continuent à déplorer

ces accidents, ont adressé leurs voeux

de condoléances aux familles des victimes.

Depuis toujours, d’une autorité

à l’autre, dans cet Etat irresponsable,

c’est du pareil au même. Elles ne font

qu’adresser des condoléances aux parents

des victimes, sans jamais songer

à tenter de porter des solutions techniques,

voire pratiques à ce problème

destructeur aussi vieux que le temps

: ces éternels accidents quotidiens de

véhicules.

Grave accident sur la route

de Marigot, un mort

Le samedi 9 juin dernier, aux environs

de 4 :30 du matin à Praban,

localité située entre Marigot et

Civadier, le curé de la commune de

Marigot, Jean Elie Jean Pierre, circulant

à moto, a été mortellement

heurté par une camionnette qui circulait,

munie d’un seul phare, alors

que la route plongeait encore dans

les ténèbres. Le prêtre, a eu la tête

écrabouillée dans l’accident, et a

rendu l’âme sur place.

« Le curé de la paroisse de

Marigot, Jean Elie Jean Pierre, est

décédé ce matin des suites d’un

accident. Circulant à moto, il se

rendait à des funérailles. Sa moto

entra alors en collision avec une

camionnette. Selon témoignages

de quelques riverains de la zone,

le prêtre est mort 10 minutes après

l’accident. On n’avait pas pu identifier

la camionnette qui était en direction

de Cayes-Jacmel. La route était

encore sombre, il y avait de plus un

camion en panne qui empêchait la

visibilité d’autant que la camionnette

était munie d’un seul phare »,

a indiqué un collègue de la victime,

le père François.

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Naufrage d’un navire

haïtien à Bahamas, 11

morts, 10 disparus et 11

rescapés

Selon les déclarations de la porte

parole de la police royale des Bahamas,

Chrislyn Skipping, le dimanche

10 juin dernier, un navire ayant

à bord 28 migrants haitiens dont 5

enfants, a fait naufrage au large des

côtes bahaméennes. Il avait laissé

l’archipel des Abacos en direction

de la Floride à 300 kms de Nassau,.

Les informations recueillies

ce lundi ont fait savoir que la

Garde Côtière de l’Etat de la Floride,

équipée d’un avion de secours, a

pu récupérer 11 cadavres et 7 rescapés.

Les 5 enfants faisant partie

du groupe des voyageurs ont tous

disparu. Des recherches se poursuivent

par l’Equipe de la Garde côtière

américaine pour trouver d’autres

survivants.

4

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012


Twa fèy, Twa rasin O

Quand Sweet Micky devient un intellectuel

«en folie» O ironie !

Par Fanfan La Tulipe

Port-au-Prince vient de connaître ce

7 juin un jour de grand faste avec

la célébration de la dix-huitième édition

de Livres en folie au Parc Historique de

la Canne à Sucre. Selon Claude Bernard

Sérant du Nouvelliste, cette coudjaille

intellectuelle, devenue aujourd’hui

une tradition, un moment obligé de la

vie culturelle haïtienne, «a allumé les

flammes de ferveur du public et a créé

un moment de pur carnaval le jour de la

Fête-Dieu autour de l’objet-livre». Dans

une ambiance d’effervescence «en folie»,

jeunes et vieux se bousculaient autour

de dramaturges, poètes, romanciers,

essayistes et leurs 1368 titres en attente

de vente et de signature.

Il semble que 131 auteurs étaient

venus présenter leurs ouvrages à un

public apparemment aussi enthousiaste

sinon plus enthousiaste qu’aux premiers

jours de cette Foire aux livres. Ces

auteurs étaient dans l’ensemble bien

connus du grand public, tel un Josaphat

Robert Large, un Frankétienne ou encore

l’invité d’honneur Georges Castera.

Même, il s’y mêlait quelques politiciens

dokale, rat mòde soufle, dont un certain

sénateur de la honte qui s’est illustré

avec neuf autres de ses collègues lors

d’un vote en faveur du Premier ministre

et qui passera à l’histoire comme l’épisode

des tout mounn jwenn. O ironie !

Le mal nommé Youri Latortue a eu le

front de présenter son ouvrage au titre

très étrange de «Le devoir de servir».

Oh ! Quel choc ! Sous la plume de «Monsieur

30 pour cent».

Bien sûr, on ne saurait qu’applaudir

Livres en folie, cette belle initiative

déjà à sa dix-huitième édition, et saluer

la vision et le dynamisme de ses promoteurs.

C’est certain que la convergence de

tant de talents haïtiens autour de l’idée,

concrétisée du reste, de donner plus de

relief et plus de présence à l’art littéraire

haïtien sur la scène autant nationale

qu’internationale mérite d’être saluée

et d’être encouragée. On ne peut que

lui souhaiter longue vie, d’autant que

même une seule journée génératrice de

tant d’effervescence autour d’auteurs et

de livres haïtiens vient comme une pluie

rafraîchissante sur la décourageante aridité

du quotidien politique haïtien.

Mais cette grande fête autour de

Livres en folie ne doit pas occulter certains

aspects moins stimulants de cette

joyeuse manifestation littéraire. D’abord,

il faut dire que seuls les kapab pa soufri

ont pleinement participé à la folie en

cours ce jour-là, car les livres en signature

n’étaient accessibles qu’à une minorité,

celle dotée des moyens économiques de

se procurer autant d’ouvrages que pouvaient

le permettre leurs portefeuilles.

Josaphat-Robert Large l’a bien signalé en

faisant remarquer : «Il y a plus de jeunes

que d’adultes, mais c’est dommage qu’ils

n’aient pas de pouvoir d’achat».

Le même constat a été fait par

Mario Dupuis, le ministre de la Culture

qui a eu à déclarer :« notre souci, est que

le livre devienne de plus en plus accessible

à une part de plus en plus large de

la population. C’est pour cela, qu’au delà

du soutien ponctuel que nous apportons

à cette manifestation, nous voulons

dans les meilleurs délais, proposer des

réponses concrètes aux problèmes liés

aux droits d’auteurs en Haïti ». Paroles

de politicien sans doute. En effet, on

remarquera qu’il aura fait allusion aux

problèmes liés aux droits d’auteurs,

légitimes sans doute. Mais il aurait pu

par contre s’engager, par exemple, à

mettre un certain nombre d’ouvrages à

la disposition de la Bibliothèque nationale,

des lycées et autres établissements

semblables, ce qui rendrait les livres plus

accessibles à une part plus large de la

population.

Mais ce qui a vraiment marqué

Comme on se sent embarrassé de voir un Georges Castera fils qui a donné

à la poésie haïtienne d’expression créole ses lettres de noblesse, poser

apparemment fièrement, quoique gauchement, à gauche d’un béotien

doublé d’un musicien aux manières vulgaires, dévergondées, mec

imprévisible pour ses éclats de langage vils et vulgaires. Georges Castera

au passé progressiste, même radical de gauche, révolutionnaire de soussol,

créolophone de jour avec les «camarades», francophone la nuit, avec

les membres de sa famille

cette session de Livres en folie et dont

l’étrangeté n’a pas été soulignée par les

médias, c’est l’irruption de Martelly dans

un univers qui n’est assurément pas le

sien, l’intrusion d’un éléphant dans un

magasin de porcelaine, pour reprendre

une formule qui fut une fois chère à l’exsénateur

Lambert avant sa récupération

par le président dont il est devenu un ami

ou conseiller «intime». L’ex-musicien

aux mœurs dépravées et comportements

excentriques et outrés est connu pour

ne pas être particulièrement proche des

livres. Longtemps un amateur d’exhibitions

fessardes, un usager de la drogue,

un bambochard lubrique habitué aux

performances musicales nocturnes dévergondées,

c’est sûr qu’il n’a jamais eu

ni le temps ni le goût de s’adonner à la

lecture.

Comment comprendre cette présence

éléphantiasique de Martelly

côtoyant la porcelaine littéraire des

auteurs haïtiens ? En ce qui a trait aux

Livres en folie, le contraste est frappant

entre le mec et d’autres figures politiques.

Ainsi, le Nouvelliste rapporte que «l›ex

Premier ministre Jacques Edouard

Alexis, [est] un fidèle d›entre les fidèles

de Livres en Folie». Mario Dupuis signale

sa participation à l’événement depuis

plus de trois ans. Robenson Geffrard et

Danio Darius du Nouvelliste signalent

que «pour la deuxième année consécutive,

le président de la République a pris

part à Livres en folie». Nèg la fenk tonbe

nan won. Et les propos de Martelly tant

au Parc Historique de la Canne à Sucre

qu’au Palais national où il a honoré un

petit groupe d’écrivains, ne permettent

pas de déceler que l’homme est un habitué

de la Foire aux livres comme Alexis.

Alors, qu’est-ce qui fait courir et accourir

Martelly à Livres en folie ?

Il faut bien invoquer sa politique

du fè wè, du bluff, du show carnavalesque,

de l’étalage pour épater la galerie

et mystifier les gogos. Derrière cette

façade on sent la main pour ne pas dire

L’ex « révolutionnaire » Georges Castera aux anges, il fut élevé au grade

de «Commandeur», par Joseph Michel Martelly

le cerveau de Mme Sophia dont on dit

– injustement ? – que les recettes douanières,

frontalières «atterrissent» quotidiennement

dans son escarcelle. Le

couple présidentiel, on le sait, gouverne

avec des slogans tels aba grangou,

kay pa m, ban m limyè, ban m lavi, ti

mamman cheri, et ne lésine pas sur le

spectacle, genre distribution de motocyclettes,

carnaval tenu aux Cayes sous

prétexte de décentralisation, grand show

médiatique de présentation de huit passeports

dont l’un de 33 pages.

Livres en folie est donc une occasion

rêvée pour Martelly de se donner

en spectacle, pour donner libre cours au

bluff, pour donner à tel ou tel autre journaliste

l’occasion d’écrire des platitudes

genre: jeans bleu, chemise aux rayures

jaunes, le président de la République,

muni de son téléphone mobile de dernier

cri accroché à la poche…; Sophia

Martelly, élégante dans une robe rose

raquette… ; le Premier ministre Laurent

Lamothe en chemise bleue… Soudain,

petites bousculades qui n’effraient personne,

mais qui attirent l’attention.

On veut le [Martelly] voir. On veut le

prendre en photo… Le président est bien

là. En costume bleue marine, chemise

rose pâle… Dans un discours hors pair,

le président de la République n’a pas

tari d’éloges envers les écrivains haïtiens.

De petites phrases frisant le style

d’Aubelin Jolicoeur, flatteur, ti sousou,

encenseur des Duvalier.

Le président Martelly, on le sait,

n’a pas une culture de la lecture. On

prétend qu’il n’a peut-être jamais lu un

livre, même pas un ouvrage de Michel

Zévaco. N’empêche, planté devant le

stand de Joseph Lambert dont il feuillette

«Les Mots en vrai», le président Martelly,

intellectuel d’un moment, interroge,

curieux: «Où se trouve le chapitre qui me

concerne ?». Il veut savoir quels mots

en vrai peut avoir écrit le tortueux Lambert

le concernant? Un «rouleur» comme

Lambert, roulibeur par surcroît, quels

mots en vrai pourrait-il donc écrire ?

L’œil vif, Martelly trouve

«impressionnant de voir tous ces gens

verser dans un domaine assez compliqué

qu›est l›écriture», et fait semblant de

se lamenter sur le sort de «l›un des secteurs

les plus négligés où les acteurs sont

abandonnés à eux-mêmes». L’occasion

inespérée de mettre sur pied une Commission

présidentielle de la promotion

du livre, une commission bidon pour

ne pas dire bidonne, une sinécure pour

les copains du président et les copines

de madame. Peut-être qu’il surgira du

ciboulot de Sophia un autre slogan à

prétention mobilisatrice genre liv pa m.

Peut-être même qu’il lui viendra l’idée

merveilleuse de se mettre à l’écriture.

Pour ma part je suggérerais un titre

comme Ma vie en folie avec Micky. Le

livre se vendrait non seulement à la dixneuvième

session de Livres en folie mais

serait distribué (pour être vendu s’il vous

plaît) dans tous les ministères, dans tous

les bureaux publics et partout où c’est

possible d’extorquer de l’argent aux

kontibyab.

Mais Martelly ne s’est pas contenté

de venir «honorer de sa présence»

Livres en folie, il a fait plus et mieux. La

veille, il avait invité au palais national

une brochette d’écrivains et de promoteurs

de foires en folie qu’il honora et qui

semblèrent s’être sentis flattés d’avoir

mérité de l’attention tèt kale du chef de

l’Etat. Quelle ironie ! Quelle dérision ! La

très respectable Mme Odette Fombrun,

le patriarche blanc-barbu Frankétienne

et l’ex-progressiste Georges Castera

honorés par un homme anciennement

dépravé qui a instrumentalisé, au palais

national, à son avantage politique, une

cérémonie honorant des intellectuels

haïtiens dont Martelly n’est même pas

digne de délier les courroies de leurs

chaussures.

Comme on se sent embarrassé de

voir un Georges Castera fils qui a donné

à la poésie haïtienne d’expression créole

ses lettres de noblesse, poser apparemment

fièrement, quoique gauchement, à

gauche d’un béotien doublé d’un musicien

aux manières vulgaires, dévergondées,

mec imprévisible pour ses éclats

de langage vils et vulgaires. Georges

Castera au passé progressiste, même

radical de gauche, révolutionnaire de

sous-sol, créolophone de jour avec les

«camarades», francophone la nuit, avec

les membres de sa famille.

Je n’avais jamais imaginé une

seconde que le talent poétique pût se

transmettre par simple «frottement» avec

un poète certainement de classe, Castera

en l’occurence. Pourtant c’est arrivé.

Paul J. Jourdan

Attorney at Law

107 Kenilworth Place

Brooklyn, NY 11210

Phone:

(718) 859-5725

(718) 338-0222

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Entre risettes, souriettes et oeillettes avec

Georges, Michel vite s’intellectualisa, que

dis-je, se poétisa, même se philosopha.

En effet au palais national, la veille on

l’a entendu dire, parlant des écrivains :«

ils élucident des mystères…», on ne sait

s’il s’agit des mystères de la Trinité, de

l’Incarnation ou de ses koulanguiettades

. Emporté par le courant philosophant

qui faisait la navette entre Castera et lui,

il osa :« Du rêve naissent assez souvent

de grandes réalisations». Assertion qui

épata les journalistes Robenson Geffrard

et Danio Darius qui perçurent à travers

un énoncé aussi sentencieux l’esprit

d’un «philosophe» soudain conscient du

rôle des écrivains dans la vie sociale en

Haïti. Nèg gen pou tande.

A la lumière de ce que je viens

d’écrire, j’imagine facilement Martelly

emporté par une soudaine vague de poésie

en folie prenant Castera de côté pour

lui confier que la moutarde poétique lui

était montée au nez, qu’il sentait la musique

le reprendre par les petites tripes et

la poésie le prendre par les grosses tripes.

Le voisinage d’un piano aidant, il aurait

bien pu entonner : longtemps, longtemps

après que les poètes ont disparu, leurs

chansons courent encore dans les rues...

Castera se serait rendu compte de

l’énormité de la chose et prendrait peur.

Je l’imagine rassurant le président-poètephilosophe,

l’assurant que les auteurs

qu’il venait d’honorer étaient déjà édifiés

de ses talents et qu’à eux deux ce ne

serait pas une mauvaise idée d’écrire un

long poème mêlant nostalgie révolutionnaire

et lubricité musicale. J’imagine le

president amorçant une tuiperie, mais se

retenant, imaginant le succès qu’aurait

un tel déballage poético-lubrico-révolutionnaire

à la dix-neuvième édition de

Livres en folie.

Apparemment, au Palais national,

l’émotion fut à son comble lorsque le

kanzo Frankétienne fut élevé au grade

de «Grand Officier» par le chef de l’Etat.

Castera fut élevé au grade de «Commandeur».

Une plaque « Honneur et Mérite»

fut offerte au journal Le Nouvelliste et à

la Unibank «pour une telle initiative»,

selon Valéry Daudier de Le Nouvelliste.

On ne sait si ladite initiative se réfère à

l’organisation de Livres en folie 2012 ou

à l’invitation du président. Le doute m’a

effleuré l’esprit d’autant que le patriarche

Frankétienne s’est laissé aller à ce commentaire

assez sibyllin :«Le président ne

nous a pas achetés» (sic). Avait-il mauvaise

conscience ?

Tout compte fait, l’espace d’une

Foire aux livres, le président est devenu

– ô ironie ! – un intellectuel en folie, et

surtout, tout mounn jwenn.

DEE’S

TRANSMISSION

•Transmissions Rebuilt

• Resealed & Installed

• Shocks • Brakes

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718-693-3674

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 5


Kwonik Kreyòl

24 Jen: fèt Tijan Petwo

Orijin fèt Tijan Petwo (Sen Jan

Batis) rete yon mistè pou anpil

moun, se yon fèt yo selebre pandan

soltislete, sètadi pandan nuit

ki pi kout nan ane a. Fèt Senjan

se yon seremoni boule bwa li ye

kote yo di chalè dife a gen pouvwa

pirifikasyon, yo dedye rityèl sa

a pouvwa pou beni kay, pou bay

bonè ak moun ki pral abite ladan

yo. Kidonk, nou wè mouvman krisyanis

nan pran jou sa a an gwo

ponyèt pou l komemore nesans fèt

Senjan Batis. Ta sanble selebrasyon

sa pran nesans li nan kil Jèmanik

ak Seltik. Men nou konnen tou,

fenisyen yo ak siryen yo te konn

selebre l depi lontan. Anfrans, anpil

fedatifis tire anlè, anpil bwa boule

sou latè nan okazyon jou sa a. Nan

peyi Kebèk, yo anonse 24 jen k ap

vini an se konje, pap gen travay, se

yon gwo fèt li ye pou yo.

Lakay, masonlòj yo, fèt byennere

Senjan Batis la se yon gwo

jou li ye pou yo. Anpil bwa boule,

pou pirifikasyon ak demann moun

k ap patisipe yo. Tout moun, nan

tout nivo nan lòj la reyini jou sa a.

E pèsonn pa gen dwa rate l.

Nan legliz katolik la, se yon

espesyal li ye pou yo tou. Nan pawas

Senjan Batis nan Pòtoprens,

BOUKAN

101.9 FM • SCA

Radyo Pa Nou

Emisyon KAKOLA

Konbit Ayisyen pou Kore Lit la ann Ayiti

• Nouvèl •

• Analiz •

• Kòmantè •

• Deba •

Pou yon Ayiti Libere

(917) 251-6057

www.RadyoPaNou.com

Mèkredi 9-10 pm

Gresye, se gwo mès, gwo selebrasyon,

soti 20 pou rive 26 ak 27 jen.

Pèleren soti tout kote nan Pòtoprens,

nan Leyogàn, Kafou, Petyonvil

menm Jakmèl pou vin selebre fèt

Senjan Batis nan Gresye. Rad karabela

fè kenken, ti machann fritay,

machann afliba, machann kleren

zodevan, bwakochon, fè gwo lavant

paske jou sa a, ou mèt kwè

m si w vle, fòk ou al jete yon kout

zodevan nan do Senjan Batis.

Vodouyizan yomenm yon sèl

koulè : mouchwa jòn, rad jòn, y ap

selebre Tijan Petro. Yo rakonte nan

tradisyon vodou a Jan Petwo oubyen

Tijan koulè li se jon. Jou sa anpil

peleren vodouyizan ap fete, se jou

tou si w bezwen pale ak Tijan Petwo

nan tèt yon moun pou w pale

ak li. Gen tout kalte moun nan fèt

sa, bri... plezi tèt kale.. anba drapo

lamizè kolera Mateli ak minista a.

Ou mèt di m sa ou vle, menmsi ou

se pannkotis, advantis, temwen

jewova, ou rete yon ayisyen ki soti

an Afrik. Kòd lonbrik tout ayisyen

mare ak tradisyon lafrik ginen...

Jounen jodi a, sèl zam gwo

fòs enperyalis la itilize pou l fè n

tounen zonbi se relijyon. Atè la nan

Bouklin, tout nèg se pastè, dyak...

EMMANUEL

FUNERAL HOME

“An Oasis of Peace”

14300 West Dixie Highway, Miami, FL

110 South Dixie Highway, Lake Worth, FL

Fritz G. Duvigneaud

561.502.8244 • 561.588.0302

954.942.0056

Pasteur Enoch Milien

305.949.0603 or 6118

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Emmanuelfuneralhome@yahoo.com

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Bureau:

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(718) 928- 7022 • (718) 462- 0992

(718) 469- 8511

Yo tout gen legliz. Anpil nan yo,

menm tanbou yo pa itilize nan legliz

yo ankò, nan lespri yo tanbou

se zafè vodou e zafè vodou se zafè

dyab, malfektè. Vodou se kil zansèt

nou yo li ye... Nou pa di pyès moun

sou latè pou bliye egzistans Bondye

kreyatè a. Pa bliye lè nou te anba

chenn lesklavaj, kolon yo te itilize

relijyon pou yo fè n bèkèkè nan

fòse nou batize. Yo te pran nou pou

bèt san moral ak diyite imen. Jodi a,

nan lekòl teyoloji yo, yo te sipoze

ajoute nan pwogram yo, yon kou

sou kilti ak relijyon afriken-sivilizasyon.

Tèm sa yo gen dwa twò gwo

pou yo. Je pèp la klere twòp, sinon

kòb lakolèt la ki moun ki pral peye

li ? Se sak fè kote ki bon nan kilti

nou an, yo pap janm pale sou li. Lè

w rive sou chak nasyon ou wè yo,

mizilman yo ou wè yo, lè w rive sou

ayisyen ou wè tout nasyon nan li :

fransè, meriken. Ki relijyon japonè

yo ? ki bondye yo sèvi ? Bouda. Yo

se youn nan peyi ki pi rich sou latè.

Kit ou se boudis ou mizilman ou ka

kwè nan Bondye pa w e ou viv ak

bondye pa w pou vansman pwòp

peyi w.

Lè w rantre anndan legliz, ou

tande se èzili, se ogou, se marinèt

oubyen ogou a menm ki lenmi peyi

a, ki anpeche peyi Dayiti vanse,

savledi ayisyen kwè nan espri vodou

yo twòp. Refleksyon sa yo, se

refleksyon moun ki pa gen lespri,

moun ki avèg ak soud, moun ki

reflechi konsa sanble ak yon moun

ki bwè kleren li sou, e se moun k ap

mennen l lakay li.

Lè n pale sou tradisyon Lasenjan,

anpil moun pase se kwè

nou pa kwè nan Bondye. Pa gen

pèp sou latè si l vle evolye pou l

evolye san kilti l, ak relijyon zansèt

li, gade pou wè nan lespri anpil

ayisyen ki Etazini jan yo pran vodou

an. Se sa ki anpeche nou ale pi

lwen. Yo fè nou pa kwè nan valè

nou yo.

Antouka, Ayiti rete youn nan

peyi ki pi rich sou latè, se mwayen

nou pa genyen pou esplwate richès

nou yo. Jounen jodi a nou konstate

ak je n byen louvri, gouvènman

Mateli ap vann peyi a ak blan pou

souse san pèp la ak resous peyi a.

Men kòm nou konnen lwa yo la

yon jou sa gen pou l chanje. Tijan

Petwo gen pou l di non. Sètase !

Immaculeé Bakery

& Restaurant

2 Locations en Brooklyn

Spécialités

• Pâtés • Pain • AK-100 • Gâteaux

• Jus citron • Bonbon amidon

• Bouchées • Cornets

• Pain patate (sur commande)

• Bouillon (chaque samedi)

• Soupe (chaque dimanche)

1227 Nostrand Avenue

(entre Hawthorne & Winthrop)

Tél: 718.778.7188

1411 Nostrand Avenue

(entre Linden & Martense)

Tél: 718.941.2644

Nòt pou Laprès tèt kole

òganizasyon popilè yo

Nou konstate depi kominote

entènasyonal la te fin fè vye

eleksyon magouy, pike kole sa yo

pou tabli pouvwa reyaksyonè Michel

Joseph Martelly a nan tèt peyi

a, sitiyasyon politik ak sosyo-ekonomik

peyi a ap vin pi mal chak jou.

Eleksyon ki te genyen pou fèt yo depi

nan mwa novanm 2011 pou renouvle

manda yon tyè nan Sena ak kolekvitite

tèritoryal yo pa janm fèt. Yon

gwoup nèg ame ki rele tèt yo ansyen

militè, eskadwon lamò e ki abitye

simen dèy nan fanmi ayisyen an e

ki jwenn benediksyon pouvwa anplas

la, gaye nan peyi a ak gwo zam

fannfwa nan men yo. Kòripsyon an

kontinye ap vale tèren nan twa gran

pouvwa Leta yo : Egzekitif, Lejislatif

ak Jidisyè, e li menm rive travèse

fwontyè a. Amandman konstitisyon

an ansyen rejim Preval la te vle lage

nan gòj pèp la, ki se antant klas dominant

yo, ki te koumanse l depi 1987

ap kontinye sou do mas pèp la. Se

nan sans sa a chirepit ki genyen ant

2 pouvwa yo (Egzekitif ak Lejislatif),

se pou kontinye kenbe mas pèp la

andeyò pouvwa politik la.

Sou plan ekonomik se menm

politik neyoliberal, baryè lib, privatizasyon,

revokasyon nan antrepriz

piblik yo k ap kontinye. Olye gouvènman

an pran bon jan dispozisyon

pou kreye kondisyon, mete enfrastrikti

pou kreye travay, se ti pwojè

bidon, tèt chat anba grangou, katye

pa m poze, ti manman cheri, Ayiti ap

dekole,ti kat woz l ap mete kanpe adwat

agoch pou fè mas pèp yo dòmi.

Pa gen okenn dispozisyon ki pran

pou ankouraje pwodiksyon nasyonal

la, pou peyizan yo jwenn tè, angrè ak

ankadreman. Grandon ak gwozouzoun

yo nan Latibonit kontinye ap

fè dappiyanp sou angrè yo epi kontinye

ap chase ti peyizan yo sou tè yo.

Pwojè rekonstriksyon kapital la pran

yon gwo souflèt. Patwon ak grandon

yo kontinye ap bwè san travayè yo.

Sou plan sosyal, TET KOLE

OGANIZASYON POPILE YO konstate

se piblisite sèlman k ap fèt sou kesyon

edikasyon gratis la, alòske se menm

pwogram sibvansyon Leta a k ap

kontinye nan yon seri lekòl. ONG yo

ap kontinye gaspiye lajan èd imanitè

yo san okenn kontwòl, pandan plizyè

milye moun kontinye ap viv nan

Kan yo sou menas ekspilsyon fòse.

Guarino Funeral Home

Serving the Haitian Community

for Over 30 Years

9222 Flatlands Avenue

Brooklyn, NY 11236

718-257-2890

Kolera-MINISTA ap kontinye touye

pèp ayisyen an. Kadav ap pouri nan

Lopital Jeneral, jenès la pa wè ni devan

ni deyè, li oblije lage tèt li nan

yon bann vye pratik nan sosyete

a. kondisyon lavi mas pèp yo, nan

katye popilè, nan peyizànri ap vin

pi mal chak jou, pandan klas dominant

yo, okipan yo ak restavèk yo

kontinye ap fè richès yo sou mas

pèp la. Se vye sistèm moun rich ap

vin pi rich, moun pòv ap vin pi pòv

la k ap rapouswiv. Pandan pouvwa

reyaksyonè Martelly a t ap pale sou

chanjman ak ripti.

TET KOLE OGANIZASYON

POPILE YO ap fè tout pèp ayisyen an

konnen, chanjman Martelly t ap pale

a se wete tout aki demokratik yo pèp

la te rache nan gwo batay kont diktati

Duvalier yo ak enperyalis meriken

ak ti avantaj mas pèp la te koumanse

genyen yo nan vye demokrasi boujwaz

la :grandon yo ap reprann tè

yo, pèp la menm ap sispann patisipe

dirèkteman nan jesyon zafè politik

peyi a, se yon rejim antidemokratik k

ap tabli nan peyi a, se dwa politik pèp

ayisyen an yo kontinye ap vyole,

se enjerans gwo peyi enperyalis yo

k ap ranfòse, se souverènte peyi a

k ap kontinye pase anba pye, anviwonnman

nan peyi a k ap koninye

degrade nèt al kole. Ti pwojè bidon, k

ap bay yon fanmi 400 goud pa mwa,

ki egal a 13 goud pa jou, pa kapab

wete pèp la nan povrete, katye pa m

poze pa ka pote okenn solisyon ak

pwoblèm fondamantal mas pèp la ap

viv jounen jodi a.

Aprè konsta sa yo, Tèt Kole

Oganizasyon Popilè yo di yo pa ka

rete bra kwaze, bouch fèmen devan

sitiyasyon peyi a k ap fin degrade. Li

ankouraje tout òganizayson popilè,

peyizan, pwogresis nan peyi a kou lòt

bò dlo rete byen vijilan fas a gouvènman

piyajè Martelly/Lamothe sa a k

ap anvayi mas pèp la ak manti, blòf,

politik charite, kòripsyon pandan l ap

pran gwo dispozisyon pou ranfòse

eksplwatasyon ak dominasyon gwo

peyi enperyalis yo sou do mas pèp la.

Pou kòdinasyon Tèt Kole òganizasyon

Popilè yo

Yves Pierre-Louis

Pierre Joseph Michaël

Oxygène David

6

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012


Perspectives

Global Voice de Laurent Lamothe

réclame 14,4 milliards

à l’Etat Sénégalais !

Absence de transparence

dans les activités des

ONGs en Haïti

Par Alioune NIANE

C’est finalement l’épilogue juridique

sur le feuilleton controversé du système

de contrôle et de tarification des appels

entrants avec l’annulation du décret

présidentiel n° 2010-632 du 28 mai

2010. Face au nouveau régime, Global

Voice Group (Gvg) ne démord pas pour

autant de faire valoir ses droits à une

indemnisation de 14,4 milliards de

dollars suite à l’annulation du contrat

par l’Armp pour cause d’irrégularité.

Depuis la rupture du contrat qui

lie l’Etat du Sénégal et la société

Global Voice Group (GVG), les comptes

entre les deux parties ne sont toujours

pas soldés. GVG court derrière une hypothétique

indemnisation et interpelle

le nouveau président Macky Sall dans le

contentieux qui l’oppose à l’Agence de

Régulation des Télécommunications et

des Postes (l’ARTP). En effet, le 8 mai

dernier, le président directeur général de

GVG, Patrice Baker a adressé une correspondance

au chef de l’Etat pour lui

faire part des détails du différend entre

l’Etat du Sénégal et la société qu’il dirige

et sollicite son arbitrage.

Cette missive intervient deux

jours après que le gouvernement a décidé

d’abroger purement et simplement

le décret présidentiel sur la surtaxe

des appels entrants internationaux. «

Soucieux des urgences auxquelles vous

faites face mais aussi conscient du sens

d’équité et de justice qui a toujours guidé

votre démarche, je sollicite auprès de

votre haute bienveillance un arbitrage

du différend opposant GVG à l’Agence

de Régulation des Télécommunications

et des Postes (ARTP) ainsi qu’à l’Etat

du Sénégal », écrit Patrice Baker, PDG

de Global Voice. Baker révèle aussi que

l’ARTP a déjà notifié à GVG le « montant

de l’indemnisation fixé à 22 000 euros

[14,4 milliards de FCFA] ainsi qu’à la

mise en place des dispositions relatives

au versement » de cette somme. Cette

lettre est la énième sollicitation de GVG

à l’Etat du Sénégal pour une compensation

financière évaluée en contrepartie

de ses prestations. Dans un autre courrier

daté du 23 janvier 2011et adressé

à Abdoulaye Wade, Laurent Lamothe,

alors Pdg de Global Voice, devenu

ministre des Affaires étrangères de

Haïti, avait évalué le montant des indemnisations

à 17 500 000 euros. Le

ministre d’alors de la Communication

Moustapha Nguirassy, sur la base des

« instructions » de Wade, marquait son

accord de principe pour une négociation

entre les deux parties. Restait à définir

les « modalités de règlement ».

Le contenu de la lettre revient

d’ailleurs largement sur les multiples

rebondissements qui ont ponctué tout le

partenariat scellé entre les deux parties.

Comme en attestent plusieurs notes officielles

et échanges de correspondances

que La Gazette a obtenues. T out a

commencé, du moins dans le circuit officiel,

le 12 janvier 2010. A cette date

précise, l’ARTP envoie un courrier à la

Direction centrale des marchés publics

(DCMP) pour « solliciter l’autorisation

de souscrire à un contrat de prestation

de services par entente directe avec

la société Global Voice Group portant

sur une assistance pour la mise en

place d’un système de contrôle et de

tarification des appels internationaux

au Sénégal ». Après avoir examiné la

requête, la DCMP objecte par écrit 3

jours après (15 janvier) que la qualification

de marché public ne sied pas en

l’occurrence et qu’il s’agit plutôt d’un «

partenariat public/privé ». L’ARTP revient

à la charge le 2 février suivant en

revoyant sa formulation dans le sens

des indications données par la DCMP.

Laurent Lamothe, patron de la

nébuleuse Global Voice

Dans l’objet de la lettre, il est

clairement mentionné qu’il s’agit

d’une « demande d’avis pour passer

un contrat de partenariat par entente

directe ». Il est annexée à la demande

la décision d’agrément (au profit de

GVG) d’installateur d’équipements radioélectriques

n° 070018/IN du 22

janvier2010. On le voit, la demande de

passation de marché a précédé la décision

d’accorder l’agrément à GVG. Une

fois de plus, la DCMP non convaincue

des arguments de l’ARTP déboute sa

requête le 5 février. La DCMP estime, en

effet, que fondé uniquement sur le fait

que l’ARTP est le seul organe habilité à

agréer des installations d’équipements

radioélectriques, « l’argumentaire

qui a abouti à la conclusion que GVG

est la seule source en mesure de

Suite à la page (19)

On laisse agir les ONG comme bon leur semble, elles profitent de la

faiblesse de l’Etat haïtien, de la pauvreté du peuple et de la complicité

des pays dits donateurs pour imposer leur volonté

Par Isabelle L. Papillon

Des milliers d’Organisation non gouvernementales

(ONG) ont profité

de l’appauvrissement d’Haïti et du séisme

du 12 janvier 2010 pour se tirer

d’affaires. Après le Séisme, quelque

six (6) milliards de dollars US ont été

débloqués pour Haïti, un pays de 10

millions d’habitants et de 1.5 millions

de déplacés internes ; la moitié soit trois

(3) milliards a été accordée à des ONG

pour réaliser soi-disant des activités humanitaires,

selon un rapport du Centre

Global pour le Développement (CGD).

Une autre enquête effectuée par une institution

indépendante appelée « Disaster

Accountability Project (DAP) a révélé

qu’environ 80% des ONG présentes

en Haïti avaient refusé de dévoiler

leurs comptes. L’absence de transparence

dans les opérations humanitaires

des ONG a été constatée face au peu de

progrès réalisé. Des milliers de victimes

du séisme tant à Port-au-Prince que

d’autres villes de province, notamment

à Léogâne et à Jacmel ne sont pas satisfaits

des solutions proposées et d’autres

sont toujours exposés à des menaces

d’expulsion forcée. Ils ont organisé différentes

formes de manifestation pour

exiger des logements décents.

A Jacmel, plusieurs milliers de

familles déplacées qui vivent toujours

dans des camps ne sont pas satisfaits des

solutions offertes par les autorités haïtiennes

en accord avec l’Organisation Internationale

de la Migration (OIM). On

n’a imposé aux victimes qu’une solution:

offrir à chaque famille vingt mille

gourdes (20.000Gdes) pour qu’elle

puisse affermer une maison pour une

année. A la fin de l’affermage d’une année,

elle va se retrouver dans la même

situation, comme locataire insolvable,

vu le chômage chronique qui s’installe

dans le pays.

Le Coordonnateur du Comité du

camp du Parc de Pinchinat, Jean Carlos

Milot Lauccident, déplore que le montant

proposé pour chaque famille ne

tient aucunement compte du nombre

de personnes par famille ni des difficultés

pour trouver une maison décente

« La majorité des familles, ne sont pas

d'accord avec ces mesures » affirme-til.

Les familles concernées, voient dans

cette décision une humiliation et une

insulte à leur dignité humaine. « Ils

ne peuvent pas nous bousculer avec

leurs tracteurs, et nous offrir 20,000

gourdes... », s’est insurgé l’une des personnes

concernées par ces mesures. Les

déplacés ont critiqué vigoureusement

le Président Martelly, qui selon-eux,

n’a pas respecté sa promesse de campagne

électorale. De plus, à côté des

difficultés pour trouver une maison le

contrat d’affermage sera signé directement

entre l'OIM et les propriétaires des

maisons, les déplacés s'inquiètent du

renouvellement du contrat après un an.

Face à cette situation de

gaspillage d’aide humanitaire et

Suite à la page (16)

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Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 7


Perspectives

Haïti : Quand une mine d’or signifie

la mise à mort d’une nation !

Par Joël Léon

Au cours d’une émission de

radio en Floride, un ami me

rappela à brûle-pourpoint que

les occidentaux exterminèrent

les premiers habitants d’Haïti,

les Indiens, ainsi appelés par

Christophe Colomb, pour pouvoir

mieux voler leurs richesses minérales,

particulièrement de l’or.

Ensuite, la publication de l’article

de l’ « Associated Press » sur la

découverte de l’or en Haïti, gisement

estimé à plus de 20 milliards

de dollars, nous prend à la gorge.

Une révélation pareille donne à

la fois des sueurs froides aux patriotes

haïtiens et des grincements

de dents aux exploiteurs occidentaux.

Les richesses minérales ont

été toujours à la base de beaucoup

de génocides de l’histoire.

Ainsi, l’extermination des Arawak/Taino,

les natifs d’Haïti.

D’après des sources espagnoles

de l’époque, ils étaient des millions

en Hispaniola. En 1507, un

recensement fit état de seulement

60.000 Indiens. 24 ans plus tard,

soit en 1531, ils étaient réduits à

une poignée de 600. Aujourd’hui,

il n’en reste que des vestiges archéologiques.

Un tel constat

révèle la cruauté impitoyable des

conquistadores. Ce fut la première

expérience barbare liée directement

a l’exploitation de l’or

à laquelle les habitants d’Haïti

firent face, c’était au 16e siècle.

L’or s’achemina vers L’Europe et

les natifs, vers le néant.

Haïti n’a pas beaucoup

de chances quand il y a « ruée

vers l’or ». D’après l’historien

J.A. Rodgers, Toussaint Louverture,

dans sa quête de libération

pour ses frères en Afrique, rêvait

d’y retourner. Une fois là-bas,

il entendait empêcher le commerce

des Noirs qui se pratiquait

à grande échelle. Ainsi, il confia

une grande quantité de francs-or

à M. Stephen Girard, un capitaine

de bateau américain d’origine

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française qui mouillait fréquemment

dans la rade de Port-au-

Prince, un ami à lui. L’objectif de

cette entreprise, toujours selon

M. Rodgers, fut d’accumuler une

forte quantité d’or pour pouvoir

matérialiser financièrement son

projet contre la traite négrière.

La valeur de cet or fut estimée

à plus de 6 millions de dollars

américains. Tout ceci est reporté

dans le livre : «100 Amazing

Facts About The Negro». Après

l’acte vil de Napoléon qui piégea

Toussaint Louverture et l’envoya

en France, Stephen Girard décida

de conserver l’or pour lui-même

au lieu de le remettre aux enfants

et à la femme de celui-ci après

son internement au Fort-de-Joux,

en France. A rappeler ici, que la

femme de Toussaint fut humiliée,

torturée atrocement par les bourreaux

de Napoléon à la recherche

de l’or caché du mari.

En 1812, Stephen Girard

fut l’homme le plus riche

des Etats-Unis d’Amérique. En

1813, le gouvernement américain

était au bord de la faillite

et risquait de perdre la guerre

face à l’Angleterre et ne pouvait

collecter les 10 millions de dollars

requis. Stephen Girard, à lui

seul, prêta 5 millions de dollars

au gouvernement, soit la moitié

de ce dont il avait besoin. Donc,

la richesse volée de Stephen Girard

d’Haïti fut mise au service

des Etats-Unis lui permettant de

gagner la guerre cruciale contre

l’Angleterre, la dernière. Ensuite,

il construisit « Girard Collège » à

Philadelphie, où aucun homme

ou femme de peau noire n’était

admis. Il fallut attendre jusque

dans les années 70 pour que le

gouvernement impose l’accès au

collège à tout un chacun, sans

tenir compte de la couleur de sa

peau.

En 1914, les Américains

envahirent le pays. Ils firent un

holdup up à la banque de la république

d’Haïti et emportèrent

la réserve d’or nationale. Ils

occupèrent le pays pendant 19

REMERCIEMENT

Haiti Liberté ne saurait

continuer d’exister sans

le support de ses amis

(es) et sympathisants

(tes). Voilà pourquoi la

direction du journal en

prend occasion pour

saluer et remercier des

camarades du Canada

qui ont pensé à son

existence tels les

confrères Serge

Bouchereau, Franklin

Ulysse et Patrick Volny,

tous animateurs de

l’émission « Non-Stop

sur les Antilles ».

Berthony Dupont

ans. Aujourd’hui encore, l’or de

« tonton nord » se trouve toujours

dans les réserves stratégiques

fédérales des Etats-Unis

d’Amérique.

Dans ce contexte particulier

de crise économique aiguë,

l’or s’impose mondialement

comme le moyen le plus sûr de

conserver la richesse. Parce que

tout est instable. Les secteurs

clés de l’investissement-comme

l’immobilier qui générait rapidement

d’énormes profits-et les

stocks sont en lambeaux. L’or

est actuellement le refuge privilégié

des nantis. Cela explique

que l’once d’or coûte plus de

2000 dollars américains sur le

marché international. En une année,

il a subi une augmentation

de 15%. Voilà dans quel contexte

de grande convoitise est arrivée

la découverte de l’or en Haïti.

D’abord, considérons les réserves

d’or mondiales pour permettre de

comprendre le danger qui guette

Haïti.

Le Canada qui assure les explorations

minérales sur le terrain

en Haïti depuis 2006, à travers la

compagnie EMX, affiche un certain

retard sur la liste des pays

détenteurs d’or. Le Canada est en

80e position avec seulement 3.4

tonnes de réserve. Donc, dans

un contexte économique et financier

mondial pareil, ce pays

a besoin de beaucoup d’or pour

renflouer sa réserve. D’ailleurs,

il n’est pas le seul, d’autres géants

économiques emboîtent le

pas aussi. Les Etats-Unis qui

contrôlent la plus grande réserve

d’or de la planète, en première

position avec 8133,5 tonnes,

s’activent beaucoup aussi sur le

marché de l’or. A noter que, les

Etats-Unis prirent dès 1933 un

arrêté l’«executive order 1602»

mettant hors la loi tout citoyen

susceptible de posséder de l’or.

Seul le gouvernement fédéral

fut autorisé à en garder. Pour

préserver plus de 12 milliards de

dollars en or, Franklin D. Roosevelt

a ordonné la construction a

Fort Knox, Kentucky, du coffrefort

le plus sécurisé au monde

jusqu’à nos jours, le «United

States Bullion Depository». Il est

placé en plein cœur de l’un des

plus grands camps militaires du

pays. Il est surveillé jour et nuit

par plus de 30.000 soldats appartenant

à : « L’aéroport militaire

de Godman», le « 16e régiment

de cavalerie », le « Bataillon

du génie », l’« Equipe de combat

de la 3eme brigade », la « 1ere

division d’infanterie »…sans

oublier : la « United States Mint

Police », des systèmes d’alarme,

des caméras de vidéo, des hélicoptères

Apaches, des véhicules

blindés de transport de troupes.

…On parle même de minage à

intervalle de certains tronçons

conduisant au bâtiment. Donc,

l’or, contrairement à la croyance

populaire a une importance supérieure

à l’admiration illusoire

que fait miroiter un bracelet, une

bague ou une chaine…

Haïti, ce même bout de

terre qui absorba le sang tout

chaud de ces milliers innocents

Indiens, hommes, femmes et enfants,

aujourd’hui excite également

l’appétit mercantile des

empires. Cette fois, la république

d’Haïti est habitée par des hommes

et femmes noirs, originaires

de l’Afrique. Ces mêmes individus

qui remplacèrent les premiers

habitants exterminés, il y a six

siècles de cela. Ils sont plus de dix

millions. Eux, les Haïtiens, qui

fondèrent une nation sur ce bout

de terre au prix de hautes luttes

et de sacrifices ultimes sont dans

le point de mire de ces mêmes

exterminateurs au 21e siècle.

Ils sont de retour !

Ils sont du même sang !

Ils viennent de l’Europe !

Le Canada et les Etats-

Unis remplacent respectivement

l’Espagne et l’Angleterre; c'està-dire,

la même teinte épidermique

de Caucasiens aux yeux

bleus/verts qui se disent issus

d’une race supérieure. Perpétuellement,

avec la même rapacité,

c'est-à-dire la même soif

ardente de voler et de tuer pour

s’accaparer de tout. Toujours

l’identique stratégie de diviser

pour mieux régner : tribaliser la

nation en parachutant un valet

au pouvoir et morceler tout un

continent par zones d’intérêts. Le

trio infernal, États-Unis/France/

Canada, à l’instar de celui du

15e siècle-le trio France/Angleterre/Espagne,

se prépare pour le

deuxième grand pillage d’Haïti,

voir l’extermination de ceux qui

résistent.

A l’heure de l’alerte du

grand drame humain se joue la

tragédie de la « chronique d’une

mort annoncée ». Beaucoup de

penseurs estiment qu’il faut exorciser

les peuples victimes de

l’histoire. En leur enlevant leur

innocence. Il faut les réveiller de

ce profond sommeil injecté par

l’ordre mondial sur mesure. C’est

l’heure de grands réquisitoires et

de véhémentes dénonciations.

Sinon, c’est la défaite qui nous

consumera. Cette fois, il faut anticiper

l’histoire pour l’imposer à

notre humanité. Elle est trop cruelle

envers nous, dirait l’auteur

de « Les Veines Ouvertes de

L’Amérique ». Il faut arrêter les

tours et contours meurtriers de

l’histoire. Cette dualité de bourreaux

et victimes, agresseurs et

proies touche à sa fin. Que la

terre cachant l’or d’Haïti soit la

sépulture des exterminateurs des

Indiens.

Il y a six siècles de cela,

les occidentaux firent disparaître

toute une classe d’hommes et de

femmes. Il n’y avait pas eu de

transition entre les Arawak/Tainos,

les premiers habitants d’Haïti,

et les noirs arrachés de leurs

royaumes africains. Cela signifie

que l’Ile d’Haïti avait vécu le

premier nettoyage ethnique de

l’hémisphère occidental.

En écoutant le documentaire

audio de « Ayiti Je Kale »,

on a l’impression que le peuple,

appuyé par ses intellectuels progressistes,

se prépare déjà à la

résistance nationale. Le gouvernement

actuel, par son manque

de légitimité, est appelé à ne négocier

aucun contrat avec « EUR-

ASIAN », « NEWMONT » etc, les

principaux pillards internationaux

des mines. D’ailleurs, Dieuseul

Anglade, un ancien directeur

général du bureau des mines, a

déjà exhorté les autorités actuelles

dans ce sens, et je cite : « Je

leur ai dit de laisser les minerais

sous terre les générations futures

pourront les exploiter ». La nation

d’Haïti est condamnée à ne

pas manquer cet autre rendezvous.

Celui-là est fondamental

parce qu’il s’agit des ressources

naturelles nationales du pays.

Hugo Chavez, en commentant

sa dernière visite en Haïti

devant le parlement vénézuélien

tout de suite après le tremblement

de terre du 12 janvier 2010, a

avoué avoir vu dans le pays des «

Portes de l’enfer habitées par des

anges noirs ». Donc, le moment

est venu de briser ses portes de

l’enfer en utilisant nos propres

ressources et de combattre le

grand capital financier international

toujours prêt à piller. Sans

pourtant ignorer la complexité de

la situation globale du pays.

Nous faisons face à un appareil

d’état vassalisé au profit

de l’intérêt économique, politique

et social des pays curieusement

autoproclamés « amis d’Haïti ».

Cette réalité me renvoie étrangement

en 1929 quand le commandant

des US marines en Haïti, M.

John Russel, expliqua que Louis

Borno, président d’alors d’Haïti, «

n’a jamais pris une seule décision

sans me consulter au préalable».

En 2012, tous les pouvoirs d’état

sont assujettis. Le président et sa

femme sont de nationalité américaine

et considérés comme les

chouchous de Bill Clinton, exprésident

des Etats-Unis. On a

un chef de gouvernement, Laurent

Lamothe, qui regarde tout

comme une marchandise. Il est

un multi millionnaire dans le domaine

de la télécommunication,

qui voit profit en tout et partout.

Les parlementaires haïtiens, à

part quelques exceptions notables

se font tristement célèbres

dans des scandales financiers

et politiques en permanence. Le

pouvoir judiciaire est totalement

acquis à la cause de l’exécutif.

En face d’une réalité aussi

décevante, la défense de l’intérêt

national tombe automatiquement

sous la responsabilité directe des

citoyens.

D’abord, en considérant

le caractère valet de l’exécutif

et puéril du législatif, il est impérieux

qu’ils n’engagent pas

le pays dans des accords avec

des compagnies étrangères pour

l’extraction de l’or. Ce déficit de

confiance doit être résolu avant

de penser à l’utilisation des

mines nationales. Pour cela, il

faut avoir des hommes politiques

patriotes aux affaires, pour éviter

que soit gaspillée cette chance

ultime.

8

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012


This Week in Haiti

Lawyers Mario Joseph and Brian Concannon Explain How

President Martelly’s Proposed Constitutional Changes Are Illegal

An Interview by Kim Ives and Roger

Leduc

Haitian President Joseph Michel

Martelly recently announced

his intention to publish amendments

to Haiti’s 1987 Constitution

during the month of June. Once

published in the government’s official

journal Le Moniteur, laws

are supposed to go into effect. But

according to Haiti’s existing 1987

Constitution, amendments made

during one administration are not

supposed to take effect until the

following administration.

Martelly’s plan to publish the

amendments, which were partially

and faultily drafted under Haiti’s

last president, René Préval (2006-

2011), has provoked a storm of

protest among constitutional scholars,

lawyers, politicians, and activists

who charge that it would be

patently illegal.

But the U.S. and its allies

continue to push Martelly to publish

the amendments despite widespread

and vehement objections.

On June 7, Kim Ives and Roger

Leduc interviewed Mario Joseph,

the lead lawyer of the Office of International

Lawyers (BAI) based in

Port-au-Prince, and lawyer Brian

Concannon of the Boston-based

Institute for Justice and Democracy

in Haiti (IJDH) on the radio

program “Haiti: The Struggle Continues,”

broadcast every Thursday

from 9 to 10 p.m. on the Pacifica

Network’s WBAI-FM in New York

(streamed live and archived on

www.wbai.org). What follows is

an edited version of that interview.

Mario Joseph’s responses in Kreyòl

have been translated into English.

Kim Ives: Brian, can you

briefly explain what are the key

amendments to the Constitution

that have been drafted, and what

has gone wrong with their publication?

Brian Concannon: One

overarching theme which is often

lost in this discussion is the whole

idea of why you have a constitution.

Constitutions are by design

hard to amend because they are

supposed to set down your bedrock

principles that can’t be changed

quickly or easily. Constitutions are

hard to change, you have to do

it with a two-thirds vote, and, in

almost all constitutions, you need

to do it through some specialized

procedure. The basic problem here

is that the Haitian Constitution’s

drafters made amendments a fairly

easy procedure.

The way you’re supposed

to do it is this. An outgoing legislature

in its last session votes a

law, and then the next legislature

– which comes in with the next

president – votes on the same law,

up or down, just after an election,

after the people have had an opportunity

to have some say. The

people get their input by having

the elections.

What happened was this: in

October 2009, the outgoing legislature

voted a law, and then in 2011,

a new legislature changed it, making

a very different law. The hard

part is that nobody really knows

what that law is. The legislature

claims that it has one version; former

President Préval claims that he

Lawyer Mario Joseph of the

International Lawyers Office (BAI)

has another version. There’s lots

of problems with both versions,

and nobody really knows what’s

in both.

A lot of people like some of

the proposed changes, like those

which allow double nationality

and set a goal of 30% participation

of women in government. But

some of the changes might affect

the fundamental democratic structure

of the country. For example,

the new law allows the president

to name local officials instead of

having them be elected; it changes

the terms of senators and deputies

in ways that might suggest the

changes should not be made in the

haphazard way they’ve been done.

KI: Can you tell us a little

more about the proposed changes?

BC: In addition to the proposal

to allow direct presidential

appointment of mayors, there’s a

proposal to revamp the way the

electoral council is formed. Presently,

in a system that has never

been implemented, it is supposed

to be done through a very decentralized

system using the communal

assemblies or ASECs. That is

being replaced by a system where

the Haitian people have much less

direct political participation.

Roger Leduc: The imperial

powers overseeing Haiti – the U.S.,

France, and Canada – have been

insisting that Martelly publish the

amendments. Why? What is their

interest in seeing the amendments

published and becoming official?

BC: What they will say is that

they think it will make the government

more efficient. I think the real

reason is that, first, they don’t like

the ASEC system because it allows

too much power to the people, and

it’s very hard to influence. Secondly,

they want to have something

that they can claim is a success

under the Martelly administration.

This is, of course, a paradox because,

on the one hand, they claim

to be fighting corruption in Haiti

but to allow these amendments

go through would be corruption of

the worst kind, and corruption that

would be enshrined in Haiti’s Constitution.

So we see a double standard.

On the one hand, the international

community talks a good

game against corruption but then

they push for a corrupt, technically

illegal, patently unconstitutional

change to happen, affecting Haiti

in a fundamental way.

RL: There are questions as

to whether President Martelly and

the new Prime Minister Laurent

Lamothe illegally hold or have held

foreign citizenship. Meanwhile,

Martelly has carried out a number

of illegal acts since coming to

power, but none of this seems to

trouble the powers which are just

President Michel Martelly has said

he will amend Haiti’s Constitution

in June

pushing their neo-liberal program

for Haiti, the so-called reconstruction.

Maybe they feel with Martelly

they have enough power to

establish the Permanent Electoral

Council they want.

BC: I think this goes back to

the Kreyòl saying: “Konstitisyon

se papye, bayonèt se fè,” Constitutions

are paper, bayonets are steel.

Once again we’re seeing proof of

that. Any constitutional scholar

or lawyer looking at this matter in

a disinterested way can see that

Martelly’s publishing these amendments

would be outrageous. When

the so-called international community

and the Martelly administration

talk with a perfectly straight

face about publishing the amendments,

it just shows their contempt

for the rule of law in Haiti.

I have not heard anybody even try

to explain that this conforms to

the constitutional process. When

you ask those in favor of publication,

they just say “We need these

amendments.” I’m not Haitian so I

won’t take a position on whether

the amendments are needed, but I

do take a position that it should be

done legally.

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Lawyer Brian Concannon of the

Institute for Justice and

Democracy in Haiti (IJDH)

KI: Mario Joseph, if President

Martelly wanted to proceed legally

in making changes to the Constitution

how should he proceed?

Mario Joseph: The Constitution

establishes the procedure for

making amendments. Since the

beginning of the amendment process,

on the radio and television,

I have explained this procedure to

the Haitian people. How can it be

done? Well, it’s clear that Mr. Martelly

cannot change the procedure

and just publish amendments.

Now we have the 49 th Legislature,

which can draft some

amendments, and then when Martelly’s

term ends in 2016, the next

legislature can vote to finalize the

changes they made. Usually these

changes would be made at the end

of the president’s term. But in any

case, a president who publishes

amendments cannot use them,

cannot take advantage of them

and put them into effect. So I think

what Martelly is threatening to do

is very grave.

The rich and powerful in Haiti

have never respected the 1987

Constitution. They do not want to

apply it because it offers openings

like decentralization. The changes

that President Préval tried to make

were botched, and now President

Martelly has no right constitutionally

to try to publish those changes.

The 1987 Constitution has

never been applied. Now the big

shots are saying they want to

establish a Permanent Electoral

Council but they are not following

the procedure set down in the

Constitution. The 1987 Constitution

gives a big role to the people

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Avec Yéyé Boul

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in making that Permanent Electoral

Council through their territorial collectives,

their ASECs. But the big

shots don’t want the people to participate

at this fundamental level in

making the nation’s political decisions.

That’s why Martelly, along

with the international community,

are rushing to publish these

amendments, even though they

know the legal procedure is not being

followed.

It should be added that we are

militarily occupied, and under an

occupation, just like the U.S. occupation

of 1915-1934, they can do

whatever they want, the Constitution

be damned. But they should be

respecting the law.

RL: Mario, at least 10 legal

scholars, headed by Gérard

Gourgue, have said these amendments

should not be published. A

number of these scholars are very

reactionary and are not opponents

of the occupation. So why are

people like Gérard Gourgue and

Georges Michel, who have rather

anti-democratic credentials, opposing

the publication of these

amendments?

MJ: There are a number of

patent problems with the amendments,

which were drawn up behind

closed doors by President

Préval and a small group of politicians

connected with his party,

Inite. It is a real imbroglio. For

example, they only amended the

French version of the law, they did

not update and put into agreement

the Kreyòl version. This would create

two sets of law and create total

confusion, and they know it. So I

think there are a lot of elementary

legal reasons which oblige them

to oppose the amendments’ publication,

just as we oppose it, even

though we are coming from different

political positions.

It is very clear to anybody

who can read black on white that

there is no legal way Martelly

can publish these amendments.

The amendment process was mishandled.

Anybody who respects

themselves – whether they’re from

the right or the left – cannot agree

to the publication of these amendments

in Haiti now.

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Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 9


Environnement Rio+20

Haiti? Un exemple flagrant de l'échec du capitalisme !

Par Roosevelt René Me.

En Haïti, la première chose qui est en danger n'est pas la qualité de la

vie, mais la vie en soi et le droit à la vie

« Rio+20 » est le nom abrégé de la Conférence des Nations Unies sur le

développement durable qui se tiendra du 20 au 22 juin 2012 au Brésil. A

cette Conférence, les dirigeants mondiaux, des milliers de participants

du secteur privé, des ONG et autres groupes se réuniront pour déterminer

comment réduire la pauvreté, promouvoir la justice sociale et assurer la

protection de l'environnement

Les enfants sont les plus frappés par la pauvreté, tout en laissant chez

eux des souvenirs psychologiques qu'ils gardent pendant toute leur vie

En, Haïti, si on analyse la dégradation

de l’environnement au point

de vue historique, on se rend compte,

qu’en général, les dégâts les plus importants

pour l’écosystème global ont

été causés par les politiques de développement

adoptées par les pays les

plus industrialisés. Par ailleurs, les

conditions de pauvreté dans lesquelles

vit la majorité de la population haïtienne,

sont également à l’origine de

sévères altérations de l’atmosphère et

d’un cercle vicieux aliénant entre sousdéveloppement

et pauvreté d’un côté

et dégradation de l’environnement de

l’autre.

A l’heure actuelle, alors que le

concept de développement soutenable

s’est généralisé, puisqu’un forum préparatoire

Rio+20 s’était tenu à Lyon en

France au mois de février 2012 avec la

participation de plus de 400 représentants

des pays francophones d’Afrique,

d’Asie, d’Amérique, de la Caraïbe

plus Haïti et certains pays d’Europe,

il faut reconnaître que les patrons de

développement du Nord et la situation

de sous-développement du Sud sont

autant de formes de fonctionnement

économique insoutenables du point de

vue de l›environnement. Mais, ce serait

une erreur d›examiner chacun de ces

deux aspects, même s›ils sont liés, par

une optique similaire. Il serait en effet

absurde d›attribuer le même degré de

responsabilité pour la dégradation de

l›environnement aux citoyens d›un

pays développé ayant des revenus relativement

élevés, éduqués dans une

société de consommation et habitués à

un mode de vie dispendieux, qu݈ un

habitant pauvre d›un des pays les plus

retardés du monde sous-développé,

dont la préoccupation quotidienne est

de chercher les moyens, de moins en

moins accessibles, d›empêcher que ses

enfants meurent de faim.

En Haïti, les secteurs pauvres de

la population sous-développée ont bien

du mal à penser à la satisfaction des

besoins des futures générations, alors

que les besoins de base actuels sont

loin d›être couverts. C›est pourquoi

les préoccupations immédiates de ces

pays en matière d›environnement sont

tout à fait différentes de celles des pays

développés.

Dans les pays les plus développés,

où l›inquiétude commune porte

sur le niveau de la qualité de la vie, il

existe une inquiétude croissante pour

les effets, à moyen ou à long terme, de

phénomènes tels que la dégradation de

la couche d›ozone et le réchauffement

global.

En Haïti, la première chose qui

est en danger n›est pas la qualité de la

vie, mais la vie en soi et le droit à la

vie. En matière d›environnement les

principales préoccupations de nos citoyens

qui sont en rapport avec la vie,

est la disponibilité de l›eau, la pénurie

du bois et l›appauvrissement des sols

agricoles.

Pour les masses analphabètes et

dépourvues d›instruction, quelle signification

pratique peut avoir les définitions

de l›écosystème, de la biodiversité, de la

dégradation de l›environnement, et de

la détérioration de la couche d›ozone?

Comment ces millions dݐtres

humains seraient-ils capables de prêter

attention à ces problèmes alors

qu›à toutes les heures, jour après jour,

semaine après semaine et année après

année, ils luttent avec angoisse et désespoir

pour survivre?

Il est bien évident que si les

pays développés veulent vraiment

nous aider à éliminer les principaux

problèmes de portée globale posés

par l›environnement dans le monde

d›aujourd›hui, l›humanité doit franchir

avant tout deux pas: d›une part,

réussir à remplacer la culture de la

société de consommation et de gaspillage

du monde industrialisé, et des

secteurs percevant des revenus importants

dans les pays sous-développés

par un mode de vie qui, sans sacrifier

essentiellement leurs niveaux matériels

actuels, supposerait une utilisation

plus rationnelle des ressources et

une réduction effective de l›agressivité

contre l›environnement, comme elle

existe aujourd›hui presque partout à

cause de cette culture. D’autre part,

favoriser un changement radical et

des conditions socio-économiques de

ces pays, et par conséquent dans les

conditions de vie des énormes masses

appauvries de leur population, grâce à

la transformation du système actuel des

relations économiques internationales,

et des structures économiques et

sociales qui, dans la majorité des pays

sous-développés, favorisent l’existence

de ces nombreuses couches d’affamés,

de malades et d’ignorants.

1982 à nos jours sont, pour Haïti

la trentième année consécutive de sa

pire crise économique et sociale et les

perspectives de la surmonter et de reprendre

la croissance économique sont

incertaines. Cette crise s›est instaurée

indépendamment des hauts et des bas

des économies développées, et sa persistance,

qui va au-delà du processus

de récession ou d›expansion dans lesquels

se trouvent ces économies, a provoqué

non seulement une stagnation

dans le développement national mais

aussi un recul marqué de ses positions

dans lݎconomie mondiale.

Depuis 1980, la participation

d›Haïti à la réception de crédits, aux

investissements étrangers directs et au

commerce international a reculé considérablement

et elle a vu Astagner un

poids spécifique dans le produit national

brut et a fait descendre sensiblement

les exportations et importations. Ce qui

s›est passé dans les années 1980 qu›on

a appelées la «décennie perdue,» n›a

pas été seulement une pause dans le

développement économique, mais une

profonde et très grave transformation

négative.

La deuxième conférence régionale

sur la pauvreté et l›inégalité tenue

à Quito en Équateur, a révélée que les

pauvres en Haïti sont quelque 6 millions,

soit 60% de la population totale,

tandis que pas moins de 2 millions

vivent dans l›indigence. Ce chiffre a

augmenté en moyenne de 3,8% par

an, soit le double du pourcentage des

années 1990-2000. Selon la Conférence

de Quito mentionnée plus haut,

les chiffres sont très élevés et la moitié

Cité Soleil. La crise économique que traverse Haïti trouve son expression

la plus dramatique dans la détérioration des conditions de vie de la

population

En Haïti, c'est le "capitalisme réel qui a échoué." Car c'est de ce dernier

qu'ont surgi le sous-développement et le néo-colonialisme qui font que

90% des haïtiens vivent dans la pauvreté

La situation de la femme haïtienne est également une claire expression

de la dégradation des conditions de vie et elle est aussi le reflet de la

discrimination dans laquelle ces femmes vivent et travaillent

de tous les pauvres et indigents sont

des enfants et des adolescents.

La situation de la femme haïtienne

est également une claire expression

de la dégradation des conditions de

vie et elle est aussi le reflet de la discrimination

dans laquelle ces femmes

vivent et travaillent. Au cours des

dix dernières années, il y avait 5%

de femmes alphabétisées de moins

que leurs compagnons, leur scolarité

moyenne était de 11% inférieure à celle

des hommes et leur accès à l›université

est de 8% inférieur.

Les déclarations du «Fond des

Nations Unies pour l’Enfance» affirment

que: Les enfants sont les plus

frappés par la pauvreté, tout en laissant

chez eux des souvenirs psychologiques

qu’ils gardent pendant toute leur vie.

D’après l’Organisation Panaméricaine

de la Santé, la violence est une

des principales causes de décès chez les

enfants de cinq à quatorze ans. Bien

que des chiffres exacts du nombre

d’abus et mauvais traitements ne sont

pas enregistrés, plusieurs études de

l’UNICEF signalent que non moins de

6,000 garçons et de filles sont objets

d’agressions sévères dont presque une

centaine meurt chaque année, victime

de la violence appliquée dans

leurs propres foyers. Une étude réalisée

en 2010 par la Conférence Mondiale

contre l’Exploitation sexuelle a montré

que pendant l’année précédente,

47% des fillettes qui ont été exploitées

sexuellement ont été des victimes

d’abus et de violation dans leurs foyers,

presque la moitié de celles-ci avaient

initié leur vie sexuelle commerciale

entre neuf et treize ans, dont 50 à 80 %

du groupe se droguaient. Des milliers

de filles et de garçons qui travaillent

et traînent dans les rues de la capitale,

46% sont des femmes prostituées et

des fillettes de moins de seize ans.

La crise économique que traverse

Haïti trouve son expression la

plus dramatique dans la détérioration

des conditions de vie de la population.

On estime qu’en l’an 2000, de 35 à

44% de la population en âge de travailler

étaient complètement ou partiellement

au chômage. Ceci a contribué

à ce que de grandes masses de travailleurs

aillent grossir les rangs de l’économie

marginale urbaine. Les revenus

réels des travailleurs ont subi une

dégradation de 25 à 40%, pendant la

décennie passée, du fait, entre autres,

des taux d’inflation qui ont caractérisé

cette période et la récession qui sévit

aux États-Unis.

La population Haïtienne vient

d’atteindre 10 millions en 2010, et

pendant cette présente décennie elle

devrait encore augmenter de 1 million

en 2020. L’espérance de vie moyenne

ne dépasse pas 65 ans, c’est-à-dire

qu›elle est inférieure de 10 ans à celle

des pays développés. En 2010 surtout

après le tremblement de terre

dans la capitale, le nombre de personnes

était plus d›un million qui se

Suite à la page (15)

10

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012


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Perspectives

L’Empire en a décidé : « les jours

de Chavez sont comptés »

Honduras : massacre

de civils par la DEA

Par Oscar FORTIN

Nos âmes sensibles ne manquent

pas d’occasions pour dénoncer et

condamner avec force et véhémence les

manifestations des étudiants qui ne respectent

pas les directives énoncées par

la loi 78. Nos éditorialistes et faiseurs

de nouvelles se font bien présents pour

montrer et dénoncer les dérives que

génèrent ces manifestations et certains

de leurs dirigeants. Ils insistent sur le

respect de la loi et les libertés de tous

et de toutes. Les libertés des uns n’ontelles

pas pour frontière les libertés des

autres ?

Ce qui est vrai pour nous ne

devrait-il pas l’être pour tous les peuples

et tous les États ? Que faisonsnous

en Syrie présentement ? Nous

soutenons des groupes de l’opposition

armée et des mercenaires qui défient

le régime de droit du gouvernement de

Bashar Al-Assad. Voici que, maintenant,

le président de la Banque mondiale

(BM) nous annonce des interventions

visant l’élimination du Président légitimement

élu du Venezuela et dont la

réélection est confirmée par tous les

sondages.

En effet, M. Robert Zoellich, lors

d’une conférence, à l’occasion des cérémonies

marquant le 30e anniversaire

du centre d’analyse Inter-American Dialogue,

a annoncé comme un fait sans

retour que les jours de Chavez étaient

comptés.

Qui est Robert Zoellich ?

Il fut représentant spécial des États-

Unis pour le Commerce du 7 février

2001 au 22 février 2005, secrétaire

d’État adjoint auprès de la secrétaire

d’État Condoleezza Rice dans le gouvernement

du président George W.

Bush de janvier 2005 à juillet 2006.

Fin mai 2007, il devient le candidat de

George W. Bush au poste de Président

de la Banque mondiale, en remplacement

de Paul Wolfowitz, poussé à la

démission pour népotisme. La nomination

à ce poste est approuvée par

le conseil des directeurs de la Banque

mondiale le 25 juin 2007.

Quelle est sa déclaration en date

du 7 juin 2012 ?

« Les jours de Chavez sont comptés.

Et si ses subventions à Cuba et

au Nicaragua sont supprimées, ces régimes

se retrouveront en difficulté. Les

démocrates d’Amérique latine - gauche,

centre, et droite devraient se préparer »,

a déclaré M. Zoellick à Washington, à

l’occasion des cérémonies marquant le

30e anniversaire du centre d’analyse

Inter-American Dialogue. « Les appels

à la démocratie, pour mettre fin aux intimidations,

pour revenir au respect des

droits de l’Homme, à des élections équitables

et à l’État de droit, doivent venir

de toutes les capitales », a ajouté M.

Zoellick (…) Vous savez bien que si les

Latino-américains laissent le travail à

Washington et à Ottawa, les opposants

de la liberté et des droits de l’Homme

joueront la carte (...) du néo impérialisme.

Faites-les déchanter, a-t-il lancé.

Le président vénézuélien

Hugo Chavez

Quelques interrogations

1. « Les jours de Chavez sont comptés

»,

Pourquoi ses jours seraient-ils

comptés ?

Est-ce en raison d’une élection à

venir dont il connaîtrait à l’avance les

résultats ?

Est-ce parce que le peuple vénézuélien

n’en veut plus et qu’il est prêt

à se révolter ? Est-ce parce que

Chavez est malade et qu’il n’y en a plus

pour longtemps à vivre ?

Est-ce encore parce que les États-

Unis se préparent à le faire disparaître

physiquement et à s’emparer des pouvoirs

de l’État et du pétrole qui va avec

?

Ce qui ressort de ses propos c’est

que les « subventions » de Chavez

rendent caduque l’arme économique

des États-Unis si souvent utilisée pour

mettre à genoux les Pays en difficulté.

Il y a les subventions à Cuba et au Nicaragua

qui sont nommément identifiées,

mais aussi beaucoup d’autres qui

dérangent énormément les États-Unis.

Dans son esprit, ce sera donc une

bonne chose que cessent ces subventions

pour que ces deux peuples ainsi

que les autres qui en profitent se retrouvent

en difficulté et se révoltent

contre leurs dirigeants. Voilà une des

raisons évoquées pour que les jours de

Chavez soient comptés : mettre en difficulté

Cuba et le Nicaragua. Il reprend,

ici à son compte, le « mémorandum »

de Lester D. Mallory, sous-secrétaire

d’État assistant aux affaires interaméricaines

des États-Unis sous la présidence

d’Eisenhower. Ce dernier y écrivait

: « La majorité des Cubains soutient

Castro. Il n’y a pas d’opposition politique

efficace (…). L’unique moyen

possible pour détruire le soutien interne

(au régime) est de provoquer le désenchantement

et le découragement par

l’insatisfaction économique et la pénurie

(…). On doit employer rapidement

tous les moyens possibles pour affaiblir

la vie économique de Cuba (…) Un

moyen qui pourrait avoir un fort impact

serait de refuser tout financement

ou envoi à Cuba, ce qui réduirait les

recettes monétaires et les salaires réels

et provoquerait la faim, le désespoir et

le renversement du gouvernement. »

La conclusion est que pour mettre

fin à cette aide, à cette solidarité humaine,

il faut que Chavez disparaisse,

peu importe les moyens utilisés. Ce

plan est déjà en place, permettant ainsi

à ce monsieur « honorable » de dire que

les jours de Chavez sont comptés. Autrement,

comment pourrait-il le dire ?

2. Il fait donc appel aux «

démocrates d’Amérique latine gauche,

centre, et droite pour qu’ils s’y préparent.

»

Des « démocrates », mais qui

sont-ils ? Sont-ils les artisans d’une

participation toujours plus grande des

peuples à leur destin ? Il faut en douter.

L’Histoire des dictatures et des despotes

mis au pouvoir en Amérique latine

n’est plus à démontrer.

Sont-ils les promoteurs de cette

démocratie qui rapproche les pouvoirs

de l’État (législatif, judiciaire, exécutif)

des citoyens et des citoyennes ? Rien

n’est plus douteux. Il n’y a qu’à voir

le fonctionnement de nos démocraties,

dites représentatives, pour comprendre

l’aversion que l’on a contre tout ce qui

fait appel à une démocratie participative

et directe.

Sont-ils les défenseurs du bien

commun de l’ensemble de la société ?

Il faut encore une fois en douter. Les

citoyens latinos américains n’ont jamais

pesé lourd pour les dirigeants

des États-Unis. Pour preuve, malgré

les richesses incroyables de leurs Pays

respectifs (mines, pétrole, agriculture,

élevage), la pauvreté endémique de la

quasi-totalité des citoyens d’Amérique

latine est là pour en témoigner. C’est un

Robert Zoellich

secret pour personne que les richesses

de ces pays ont toujours été et demeurent

le motif principal des interventions

des États-Unis et du Canada dans cette

région du monde.

Ou encore, sont-ils plutôt ceux

qui voient à ce que les divers pouvoirs

de l’État protègent les intérêts

des oligarchies nationales ainsi que

ceux des États-Unis d’Amérique et

des multinationales qui leur sont rattachées

? L’Histoire passée et récente

des démocraties, dites représentatives,

témoigne de cette prédominance des

pouvoirs oligarchiques dans l’exercice

des pouvoirs de l’État.

À ce stade-ci de l’analyse, nous

pouvons conclure que ces démocrates

de l’Amérique latine ne sont pas des

partisans de Cuba, ni du Nicaragua, ni

du Venezuela. Bref, ni d’aucun citoyen

latino-américain ! Ils en sont plutôt des

adversaires. À ce niveau, les différences

entre droite, centre et gauche n’existent

que pour l’électorat. Sur le fond, ils servent

tous et toutes les mêmes intérêts

que sont ceux des oligarchies et des

États-Unis.

3. Chavez doit disparaître, également

« pour mettre fin aux intimidations,

pour revenir au respect des droits

de l’homme, à des élections équitables

et à l’État de droit »

À écouter ce M. Zoellich, Chavez

serait antidémocratique, ne respecterait

pas les droits de l’homme et ne se soumettrait

pas à l’État de droit. Une raison

de plus pour qu’il disparaisse. Le

jugement est fait, la sentence est prononcée

et son exécution est prochaine.

Regardons de plus près certaines de ces

revendications.

- mettre fin aux intimidations :

D’abord, intimidation de qui et à

l’endroit de qui ?

Ces nouveaux gouvernements,

épris de justice sociale, de démocratie

participative, d’anticorruption intimident

peut-être trop, aux yeux des US,

les ex-gouvernants et dirigeants de

banques et de réseaux de communication,

interpellés pour répondre de leurs

méfaits.

Pour les États-Unis, il semble

que ces Pays affirment trop leur indépendance

et souveraineté territoriale

et réclament peut-être trop que l’on respecte

leurs droits et leur liberté de gouverner

en référence au bien commun de

l’ensemble de la société.

Aussi la remise en question de

certaines institutions régionales comme

l’OEA, sans doute utiles à l’empire,

mais tout à fait inadéquates aux préoccupations

et aux intérêts des pays latino-américains,

n’est pas sans déranger

ceux qui avaient l’habitude de tout décider.

Ces divers points sont-ils des «

intimidations » que les Pays progressistes

et indépendants infligeraient aux

Pays, jadis maître des lieux ?

Il faut dire que ces oligarchies,

plus habituées à intimider qu’à

Suite à la page (19)

Stephen Posivak et Lisa Kubiske, ambassadrice des USA à Tegucigalpa

Par Dick et Mirian Emanuelsson

Agents du Commando Cobra en exercice

Le 11 mai 2012 quatre personnes ont

été assassinées et sept autres blessées

par des tirs de mitrailleuse M60. Les

balles mortelles ont été tirées depuis,

au moins l’un, des quatre hélicoptères

de la DEA appartenant aux États-Unis

qui survolaient le Río Patuca et une

communauté de villageois habitée par

des gens vivant dans des conditions de

pauvreté extrême. Ceci n’est pas arrivé

en Afghanistan ou en Irak mais

au Honduras.

« Seuls les agents de la DEA peuvent

tirer avec les M60 (mitrailleuse)

depuis un hélicoptère ». C’est ce qu’a

déclaré un agent de la police antinarcotique

du Ministère Public hondurien

dont nous avons recueilli le témoignage

en lui promettant de conserver son

anonymat. C’est l’un des 70 agents du

ministère public hondurien missionnés

dans le combat contre le trafic de

stupéfiants. Il possède une expérience

d’opérativité sur toute la côte Caraïbe,

ainsi que dans la région même où s’est

déroulé le massacre du 11 mai dernier.

Il était 3h du matin à l’aube du

11 mai sur le Río Patuca vers la communauté

de Paptalaya, municipalité

d’Ahuas, département Gracias a Dios,

frontalier avec le Nicaragua, quand

l’embarcation qui était en train de

naviguer sur le fleuve a essuyé des rafales

tirées depuis des hélicoptères militaires.

Les cibles que les militaires ont

visées avec leurs mitrailleuses étaient

des civils.

La région de la Mosquitia

– Nous ne pouvons pas commenter

cette affaire avant que ne se termine

l’enquête, a déclaré Steve Posivak,

Conseiller pour la Culture et la Presse

de l’ambassade américaine de Tegucigalpa,

en réponse à nos interrogations

à propos du massacre.

– Peut-on savoir combien

d’hélicoptères ont participé à cette

opération ?

– Je ne sais pas exactement.

Notre politique est de ne pas faire de

commentaires avant d’avoir tous les

éclaircissements de l’enquête.

– Peut-on dire de quelle nationalité

étaient les hélicoptères ?

– Oui, ce sont des hélicoptères

des États-Unis. Je ne sais pas exactement

combien.

– Avez-vous les chiffres qui indiquent

combien d’unités d’agents de

la DEA, d’officiers de police ou de militaires

honduriens étaient impliquées

dans cette opération, s’il y avait aussi

des mercenaires, et dans ce cas, de

quelle nationalité ?

– Nous ne partageons pas

d’information opérationnelle sur cet

incident. Vous pouvez demander des

informations au Ministre de la Sécurité

hondurien, parce que c’était une opération

organisée par la police hondurienne.

– Le chef des Forces Armées honduriennes

a déclaré qu’aucun militaire

hondurien n’a tiré.

– Je ne peux pas commenter ce

que les honduriens font ou ne font pas.

C’est mieux de demander directement

aux autorités honduriennes. Mais je

peux confirmer qu’aucun agent de la

DEA n’a tiré durant cet incident.

– Mais cela vous pouvez effectivement

le confirmer ?

– Oui, mais oui je peux le dire. Le

porte-parole de la DEA et du Département

de l’État, tous deux, ont dit cela

“off the record” (c’était le protocole).

Le chancelier (hondurien) Corrales (Arturo)

a confirmé qu’aucun agent de la

DEA n’avait tiré pendant l’incident.

– Mais il était à Washington à ce

moment là...

– Eh bien, oui, mais... c’est

ce qu’il a dit, affirme le diplomate

avec un sourire nerveux.

Suite à la page (16)

12

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012


Perspectives

L’OTAN prépare

une vaste opération

d’intoxication

Par Thierry Meyssan

Des États membres de l’OTAN et

du CCG préparent un coup d’État

et un génocide sectaire en Syrie.

Si vous voulez vous opposer à ces

crimes, agissez dès maintenant :

faites circuler cet article sur le Net

et alertez vos élus.

Dans quelques jours, peut-être

dès vendredi 15 juin à midi, les

Syriens qui voudront regarder les

chaînes nationales verront cellesci

remplacées sur leurs écrans par

des télévisions créées par la CIA.

Des images réalisées en studio

montreront des massacres imputés

au gouvernement, des manifestations

populaires, des ministres et

des généraux donnant leur démission,

le président el-Assad prenant

la fuite, les rebelles se rassemblant

au cœur des grandes villes,

et un nouveau gouvernement

s’installant au palais présidentiel.

Cette opération, directement

pilotée depuis Washington par

Ben Rhodes, conseiller adjoint de

sécurité nationale des États-Unis,

vise à démoraliser les Syriens et à

permettre un coup d’État. L’OTAN,

qui se heurte au double veto de la

Russie et de la Chine, parviendrait

ainsi à conquérir la Syrie sans

avoir à l’attaquer illégalement.

Quel que soit le jugement que l’on

porte sur les événements actuels

en Syrie, un coup d’État mettrait

fin à tout espoir de démocratisation.

Très officiellement, la Ligue

arabe a demandé aux opérateurs

satellitaires Arabsat et Nilesat de

cesser la retransmission des médias

syriens, publics et privés (Syria

TV, Al-Ekbariya, Ad-Dounia,

Cham TV etc.). Il existe un précédent,

puisque la Ligue avait déjà

œuvré à la censure de la télévision

libyenne pour empêcher les dirigeants

de la Jamahiriya de communiquer

avec leur peuple. Il n’y a

pas de réseau hertzien en Syrie où

les télévisions sont exclusivement

captées par satellite. Mais cette

coupure ne laissera pas les écrans

noirs.

En effet, cette décision publique

n’est que la partie émergée

de l’iceberg. Selon nos informations

plusieurs réunions

internationales ont été organisées

cette semaine pour coordonner

l’opération d’intoxication. Les

deux premières, d’ordre technique,

se sont tenues à Doha (Qatar), la

troisième, politique, s’est tenue à

Riyad (Arabie saoudite).

Une première réunion a rassemblé

les officiers de guerre psychologique

« embedded » dans

quelques chaînes satellitaires, dont

Al-Arabiya, Al-Jazeera, BBC, CNN,

Fox, France 24, Future TV, MTV

— On sait que depuis 1998 des

officiers de l’United States Army’s

Psychological Operations Unit

(PSYOP) ont été incorporés dans

la rédaction de CNN ; depuis, cette

pratique a été étendue par l’OTAN

à d’autres stations stratégiques—.

Ils ont rédigé à l’avance de fausses

informations, selon un « storytelling

» élaboré par l’équipe de Ben

Rhodes à la Maison-Blanche. Une

procédure de validation réciproque

a été mise au point, chaque média

devant citer les mensonges des autres

pour les rendre crédibles aux

yeux des téléspectateurs. Les participants

ont également décidé de

ne pas uniquement réquisitionner

les chaînes de la CIA pour la Syrie

et le Liban (Barada, Future TV,

MTV, Orient News, Syria Chaab,

Syria Alghad), mais aussi une

quarantaine de chaînes religieuses

wahhabites qui appelleront au

massacre confessionnel au cri de

« Les chrétiens à Beyrouth, les

alaouites au tombeau ! »

Le second meeting réunissait

des ingénieurs et des réalisateurs

pour planifier la fabrication

d’images de fiction, mêlant une

partie en studio à ciel ouvert et une

partie d’images de synthèse. Des

studios ont été aménagés durant

les dernières semaines en Arabie

saoudite pour reconstituer les

deux palais présidentiels syriens

et les principales places de Damas,

Alep et Homs. Il existait déjà des

studios de ce type à Doha, mais ils

étaient insuffisants.

La troisième réunion regroupait

le général James B. Smith,

ambassadeur des États-Unis, un

représentant du Royaume-Uni, et

le prince Bandar Bin Sultan (que

le président George Bush père désignait

comme son fils adoptif, au

point que la presse états-unienne

l’a surnommé « Bandar Bush »).

Il s’agissait de coordonner l’action

des médias et celle de « l’Armée

syrienne libre » dont les mercenaires

du prince Bandar forment le

gros des effectifs.

L’opération qui était en

gestation depuis des mois a été

précipitée par le Conseil de sécurité

nationale des États-Unis après

que le président Poutine ait notifié

à la Maison-Blanche que la Russie

s’opposerait par la force à toute

intervention militaire illégale de

l’OTAN en Syrie.

Cette opération comprend

deux volets simultanés : d’une

part déverser de fausses informations

et d’autre part censurer toute

possibilité d’y répondre.

Le fait d’interdire des TV satellitaires

pour conduire une guerre

n’est pas nouveau. Ainsi, sous la

pression d’Israël, les États-Unis et

l’Union européenne ont successivement

interdit des chaînes libanaise,

palestiniennes, irakiennes,

libyennes, et iraniennes. Aucune

censure n’a été effectuée envers

des chaînes satellitaires provenant

d’autres régions du monde.

La diffusion de fausses nouvelles,

n’est pas non plus une

première. Cependant, quatre pas

significatifs ont été franchis dans

l’art de la propagande au cours de

la dernière décennie.

• En 1994, une station de

musique pop, la Radio libre des

Mille Collines (RTML) a donné le

signal du génocide rwandais en

appelant à « Tuer les cafards ! ».

• En 2001, l’OTAN a utilisé

des médias pour imposer une

interprétation des attentats du

11-Septembre et justifier les attaques

de l’Afghanistan et de

Il faut défendre Julian Assange

Par James Cogan

l’Irak. À l’époque déjà, c’est Ben

Rhodes qui avait été chargé par

l’administration Bush de rédiger

le rapport de la Commission Kean/

Hamilton sur les attentats.

• En 2002, la CIA a utilisé

cinq chaînes, Televen, Globovision,

Meridiano, ValeTV et CMT,

pour faire accroire que des manifestations

monstres avaient contraint

le président élu du Venezuela,

Hugo Chavez, à démissionner,

alors qu’il venait d’être victime

d’un coup d’État militaire.

• En 2011, France 24 faisait

de facto office de ministère de

l’Information du Conseil national

libyen, avec qui il était lié par contrat.

Lors de la bataille de Tripoli,

l’OTAN a fait réaliser en studio et

L

’on arrive à un moment critique de

la vendetta prolongée du gouvernement

américain et de ses alliés contre

l’organisation WikiLeaks et son éditeur,

Julian Assange.

Les possibilités d’appel pour

empêcher que l’éditeur de WikiLeaks,

Julian Assange, soit extradé de Grande-

Bretagne vers la Suède pour être confronté

à des allégations d’agression

sexuelle présumée, s’amenuisent très

rapidement. Le 30 mai, la majorité du

jury de sept juges de la Cour suprême

britannique a rejeté son appel contre la

décision qu’un mandat d’arrêt international

lancé par la Suède soit appliqué.

Les avocats d’Assange devraient

tenter de présenter une demande de

réouverture du dossier avant la date

limite du 13 juin. Les juges britanniques

sont susceptibles de ne pas accepter

l’argument de la défense selon

lequel leur décision était fondée sur

une argumentation juridique non évoquée

au cours de l’audition. Ses avocats

pourraient aussi tenter de déposer

un recours devant la Cour européenne

des Droits de l’homme mais ceci aussi

risque d’avoir peu de chance d’aboutir.

L’extradition d’Assange vers la

Suède donnera presque certainement

lieu à une inculpation et à sa détention.

Elle créerait également les conditions

pour les autorités américaines de

dévoiler une accusation secrète d’un

grand jury pour espionnage et le dépôt

d’un mandat pour son extradition de la

Suède.

L’existence d’un acte

d'accusation secret en Virginie en

2010 a été confirmée dans des courriels

divulgués par Fred Burton, viceprésident

de la société privée de renseignement

Stratfor. Burton avait écrit en

février 2011 : « Ne pas publier – nous

avons un acte d’accusation scellé sur

Assange. SVP protéger… Assange sera

un beau gibier en prison. Bousillez le

terroriste. Il bouffera à jamais de la pâtée

pour chien. »

Cette haine farouche à l’égard

d’Assange parmi les cercles dirigeants

aux Etats-Unis est la conséquence de la

révélation au grand jour par WikiLeaks

des machinations sinistres et des

crimes perpétrés par le gouvernement

américain et des gouvernements de par

le monde. Le site internet avait publié

des informations qui avaient révélé les

atrocités américaines en Irak et en Afghanistan

ainsi que des centaines de

milliers de câbles diplomatiques américains

documentant les intrigues antidémocratiques

qui sont tramées tous

les jours dans les couloirs du pouvoir

au plan international.

La réponse de l’establishment

politique américain a été brutale et

incessante. Assange a été confronté

à des menaces de mort publiques. Le

vice-président, Joseph Biden, l’a accusé

d’être « un terroriste high-tech. »

WikiLeaks a eu son domaine internet

fermé et ses activités financières bloquées.

Ses employés et ses partisans

ont fait l’objet de harcèlement et de

surveillance par l’Etat.

Le soi-disant informateur Bradley

Manning est détenu sans chef

d’accusation depuis plus de deux ans

et sera traîné devant une cour martiale

militaire en novembre prochain. Manning

risque l’emprisonnement à vie

pour espionnage et pour « collusion

avec l’ennemi » comme ce serait le cas

pour Assange s’il était poursuivi pour

les mêmes chefs d’accusation.

Le gouvernement travailliste

australien a collaboré ouvertement

dans la poursuite judiciaire d’Assange,

citoyen australien. Avant même toute

accusation ou procès, le premier ministre

australien, Julia Gillard, a qualifié

ses actions de divulgation de dépêches

diplomatiques d’« illégales ». Le procureur

général a menacé d’invalider

son passeport et a exigé que la

Grande-Bretagne exécute le mandat

d’extradition. Au cas où Assange parviendrait

à retourner en Australie, le

gouvernement travailliste a amendé le

mois dernier la loi pour supprimer toute

barrière à l’extradition de citoyens australiens

pour des « infractions politiques

» commises dans d’autres pays.

Le traitement d’Assange, de

Manning et de WikiLeaks font partie

d’une attaque plus générale contre les

droits démocratiques sur le plan international,

qui est déjà en cours sous la

forme d'une « guerre contre le terrorisme.

» Les droits fondamentaux tels

la liberté d’expression et d’association

sont en train d’être criminalisés par des

gouvernements déterminés à protéger

les intérêts de l’élite patronale dans le

contexte de l’aggravation de la crise

mondiale du capitalisme. Les méthodes

d’Etat policier utilisées pour persécuter

Assange seront plus généralement dirigées

directement contre les masses

de travailleurs alors qu’ils s’engagent

dans des luttes contre l’austérité et la

poussée vers la guerre. »

La disparition, parmi les cercles

dirigeants, de tout engagement pour la

défense des droits démocratiques est

démontrée le plus concrètement par

la réaction des soi-disant libéraux et

gauchistes. Partout en Europe et aux

Etats-Unis, ce milieu a pour l’essentiel

refusé de défendre Assange et nombre

d’entre eux ont accordé crédit

aux allégations politiquement motivées

d’agression sexuelle faites contre

lui par un avocat général suédois

de droite. Parmi les pseudo-radicaux,

la presse de l’International Socialist

Organisation (ISO) aux Etats-Unis et

le Socialist Workers Party en Grande-

Bretagne, ont fait savoir qu’Assange

ne devrait pas être défendu parce qu’il

est accusé de viol. Les inquiétudes sur

la fausseté des accusations suédoises

ont été écartées comme relevant de la «

théorie du complot. »

diffuser par Al-Jazeera et Al-Arabiya

des images des rebelles libyens

entrant sur la place centrale de la

capitale, alors qu’ils étaient encore

loin de la ville, de sorte que les

habitants, persuadés que la guerre

était perdue, cessèrent toute résistance.

Désormais, des médias ne

se contentent plus de soutenir la

guerre, ils la font.

Ce dispositif viole des principes

de base du droit international,

à commencer par l’article 19 de la

Déclaration universelle des Droits

de l’homme relatif au fait « de

recevoir et de répandre, sans considérations

de frontières, les informations

et les idées par quelque

moyen d’expression que ce soit ».

L’éditeur de WikiLeaks, Julian

Assange

En Australie, les Verts et les organisations

pseudo-gauches « défendent

» Assange en affirmant qu'on

peut faire pression sur le gouvernement

Gillard pour qu'il « fasse davantage

» pour l’aider. Cette campagne sert

à couvrir le rôle du Parti travailliste en

aidant et en encourageant les efforts

des Etats-Unis et de leurs complices à

acheminer Assange dans une prison

américaine. Une telle perspective ne

peut que désorienter et démoraliser un

grand nombre de personnes qui sont

contre la traque d’Assange. La position

du parti des Verts est particulièrement

cynique. A aucun moment son ostensible

préoccupation concernant les

droits démocratiques ne l’a conduit à

remettre en question, et encore moins

à rompre, son accord pour maintenir au

pouvoir le gouvernement travailliste

minoritaire.

La défense d’Assange et de

WikiLeaks doit être motivée par une

compréhension des forces politiques

et de classe qui sont à l’oeuvre. Les

droits démocratiques sont attaqués

par les gouvernements du monde entier

parce que l’élite financière et patronale

ne peut défendre ses profits et

sa fortune que par la répression active

de l’opposition au sein de la classe ouvrière.

En d’autres termes, la démocratie

est incompatible avec l’existence

prolongée d’un ordre capitaliste qui a

échoué.

La lutte pour la défense de Julian

Assange et des droits démocratiques

plus généralement est inséparablement

liée à la mobilisation de la classe

ouvrière en Grande-Bretagne, en Australie,

aux Etats-Unis et internationalement

contre le système de profit et

ses partisans politiques. Il n’existe pas

de raccourci au moyen de protestations

et d’appels lancés à l’adresse des

gens au pouvoir. Ce qui est nécessaire,

c’est le développement d’un mouvement

politique de la classe ouvrière

qui soit indépendant et qui lutte pour

l’établissement de gouvernements ouvriers,

qui soit déterminé à réorganiser

la société sur la base des besoins humains,

et non des profits privés, et une

démocratie authentique dans tous les

domaines de la vie économique, politique

et sociale.

Wsws 9 juin 2012

Surtout, il viole les résolutions de

l’Assemblée générale des Nations-

Unies, adoptées au lendemain de

la Seconde Guerre mondiale pour

prévenir les guerres. Les résolutions

110, 381 et 819 interdisent

« les obstacles au libre-échange

des informations et des idées »

(en l’occurrence la coupures des

chaînes syriennes) et « la propagande

de nature à provoquer

ou encourager toute menace à la

paix, rupture de la paix, ou tout

acte d’agression ». En droit, la

propagande de guerre est un crime

contre la paix, le plus grave des

crimes, puisqu’il rend possible les

crimes de guerre et les génocides.

Réseau Voltaire 10 juin 2012

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 13


La FEDADSE à l’œuvre !

Une interview de Jean Claude Cajou

Dans la diaspora

Le samedi 16 Juin prochain, la Fédération

des Associations régionales

pour le Développement du Sud-est (Fedadse)

organisera une grande réunion

pour mettre en lumière l’œuvre des

hommes et des femmes du Sud Est.

Dans ce but, le journal Haiti Liberté

lui a permis d’élaborer en profondeur

sur les perspectives de l’organisation.

Cet entretien a été réalisé par Jackson

Rateau.

Jackson Rateau (JR) :

M. Jean Claude Cajou, vous êtes secrétaire

général de la Fédération des

Associations régionales pour le Développement

du Sud-est, en peu de mot,

parlez-nous de cette fédération.

Jean-Claude Cajou (JCC) :

Je suis membre de la FEDADSE depuis

sa fondation il y a de cela des années.

En tant que secrétaire général de cette

fédération, je suis quand même habilité

à vous fournir des informations la concernant.

Historiquement, la FEDADSE

doit sa naissance à une organisation

dénommée FARE qui était une fédération

nationale. Nous autres du Sud-est,

nous avons été contactés et sollicités

pour intégrer cette fédération. Mais,

n’étant pas d’accord avec sa formule,

peu convaincante d’ailleurs, nous avions

proposé une autre beaucoup plus

conforme à la logique, puisque en

fait, une fédération nationale doit être

nécessairement composée de fédérations

départementales. Ainsi, à partir

de cette proposition, nous autres dirigeants

d’organisations paysannes et

régionales du Sud-est, nous avions décidé

de fonder notre fédération départementale

du nom de : Fédération des

Associations Régionales pour le Développement

du Sud-est (FEDADSE).

Ainsi, très bien structurée, Fedadse

devenait membre de la FARE.

Depuis, de manière très assidue, nous

sommes à l’œuvre. Nous travaillons

surtout à réaliser des projets de développement

communautaire comme

construction et réfections des routes

secondaires, construction et réparation

d’écoles, de bibliothèques communautaires,

de centre de santé, ainsi que des

projets de reboisement, etc. et tout cela

rentre dans le cadre de notre rôle principal

qui est de travailler pour le développement

du département du Sud-est.

JR : Nous sommes au courant

d’un grand projet de rassemblement

de la Fedadse qui aura lieu le 16 juin

prochain. Quel est l’objectif de ce rassemblement

?

JCC : Pour nous de la Fedadse,

il s’agit d’un premier rassemblement

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de ce genre, disons mieux, une grande

première, d’où son titre : Rassemblement

des Hommes et des Femmes du

Sud-est. Ce sera en fait, un évènement

pour lequel nous projetons de réunir

toutes les communes et sections communales

du département dont Jacmel,

Bainet, Côte de Fer, Grandou, La Montagne,

La Vallée de Jacmel, Morne à

Brûler, Cayes Jacmel, Marigot, Belle-

Anse, Bodary, Thiote, Grand Gosier,

Anse à Pitre, etc. Ce sera un véritable

« combite » qui réunira les habitants

de toutes ces contrées du Sud-est dans

l’objectif de recueillir des ressources

professionnelles disponibles telles des

médecins, des ingénieurs, des agronomes,

des infirmières, des travailleurs

sociaux, des enseignants, des juristes,

des économistes, etc. Ces ressources,

une fois groupées, nous allons travailler

ensemble pour identifier les grands défis

du département, puis sortir avec

un plan d’action qui nous permettra

d’attaquer les grands travaux et améliorer

les mauvaises conditions de vie

de nos paysans.

Donc, réunir ensemble pour discuter

et trouver des solutions à nos

problèmes régionaux, c’est pour nous

la meilleure stratégie de bataille que va

nous servir l’évènement du 16 juin prochain

à l’auditorium du journal situé

au 1583 Albany Ave Brooklyn, NY.

Cela na va pas être le souci exclusif des

membres, des associations régionales,

mais l’occasion pour tous les citoyens,

citoyennes sans distinction, issus du

Sud-est de joindre les mains et les efforts

pour développer ces régions. Les

compatriotes des autres départements

sont aussi invités à nous rejoindre.

JR : Est-ce qu’il pourrait s’agir

d’une réunion pour identifier les ressources

du département ?

JCC : En un sens, oui. Car, dans

un premier temps, nous avions quand

même identifié certaines ressources.

Mais, vu les grandes taches et les

énormes travaux qui nous attendent,

il nous faut beaucoup plus de bras et

de capacité. Par exemple, lors des catastrophes

naturelles, il nous faut des

médecins, des infirmiers et infirmières

pour les interventions urgentes. Chercher

des moyens à faire parvenir des

médicaments, organiser des foires de

santé. Il faut des professionnels qualifiés

et formés qui peuvent agir. Donc,

cette grande réunion nous permettra

d’identifier et de décanter les différentes

ressources disponibles dans le Sud-est

et ceci, dans tous les domaines, car,

nous nous donnons comme tache de

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Le secrétaire général de la

Fédération des Associations

régionales pour le Développement

du Sud-est, Jean Claude Cajou

travailler pour le développement global

de notre département.

JR : Le Sud-est, département

d’Haïti regroupant 10 communes, 48

sections communales avec une démographie

de plus de 500 mille habitants,

une telle initiative visant à réunir tous

les hommes et toutes les femmes du

Sud-est, est à mon sens un projet très

ambitieux !

JCC : C’est un projet réellement

très ambitieux dans le sens qu’il exige

beaucoup d’énergie pour sa réalisation.

Tenant compte de la réalité des

associations régionales, travailler dans

la région de manière isolée, sans inter

échange, cela ne conduira qu’à l’échec.

Voila pourquoi, il est indispensable de

chercher à nous grouper et de communiquer

nos expériences. Je pense

qu’à partir de cette réunion, nous

parviendrons à monter une structure

ou un système d’inter échange et de

communication des activités. A titre

d’exemple, grâce au Comite d’Aide

au Développement de Grandou

(CADRG), cette section communale

vient de bénéficier d’un grand projet

qui est la construction du tronçon de

route, reliant Grandou et Bainet. C’est

extraordinaire. Mais, faute de communication,

cette grande œuvre reste

jusqu’à présent méconnue. Et, je dois

vous apprendre ceci : nous sommes au

21 e siècle ; mais à cause de cet handicap

de route, il y a des gens qui ont vu

un véhicule pour la première fois, grâce

à ce projet. Ce travail est l’œuvre d’une

malheureuse organisation régionale,

pas celle du gouvernement dont le rôle

est de travailler à désenclaver l’arrière

pays pour mieux faciliter la décentralisation.

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Le CADRG travaille actuellement

sur 3 projets : l’asphaltage de sa

nouvelle route sur une longueur de 5

Kms, l’agrandissement de l’Ecole Presbytérale

de Grandou et la construction

d’une clinique communautaire.

Compte tenu de la production

accrue de cette section communale en

café, pois, légumes, maïs, élevage et

d’autres produits, nous avons déduit

qu’elle est la plus riche de la commune

de Bainet ou même son grenier. Elle apporte

un apport substantiel dans toute

la région, et je pense qu’en tant que

section communale dotée d’un système

d’adduction d’eau potable, d’une

église paroissiale, des écoles (primaires

et secondaires), de son réseau routier,

Grandou a pris une vitesse de croisière.

Comme Thiote qui est passé de section

communale à quartier, Grandou, très

ambitieux à travailler, aspire lui aussi à

passer au rang de quartier.

JR : Pourriez-vous nous informer

sur les grands projets de cette fédération

?

JCC : La FEDADSE a beaucoup de

projets. Un des membres de la fédération,

SOJAC (Solidarité Jacmelienne)

a déjà réalisé le projet d’électrification

de la ville de Jacmel. L’un des projets

consistait à installer des lampadaires

dans toute la ville. Elle a aussi doté

Jacmel d’un bon nombre de pompes de

captage d’eau. Au projet de la réhabilitation

de l’Hôpital Saint Michel de Jacmel,

elle a donné sa participation en lits

et autres équipements.

Il y a l’organisation « La Renaissance

Jacmelienne » dont le

travail englobe tout le département.

Elle travaille actuellement sur un grand

projet social : L’assistance des enfants

de rue en nourriture, logements,

scolarisation, etc.

Après le séisme de Janvier 2012,

Renaissance, à la hauteur de ses

moyens, avait pourvu aux Jacmeliens,

Jacmeliennes victimes, d’un financement

de 3000.00 dollars US.

Je peux parler aussi du Comite

pour le Développement Régional de

Trouin (COREDEV). Il a réussi pour sa

localité beaucoup de réalisations dont

la distribution d’eau potable, l’électrification

de la ville de Trouin, un projet

social d’aide aux enfants démunis,

la reconstruction de la place publique

« Saint Christophe » et l’aménagement

de l’entrée de la ville. Il travaille actuellement

sur 2 projets dont la construction

d’une clinique communautaire et

l’électrification de la ville à partir de

l’énergie solaire. Notez une autre organisation

du Sud-est dont je suis fier de

parler : La fraternité Valléenne. Elle

a réussi à ériger à La Vallée une école de

commerce et la construction de « l’Hôpital

Saint Joseph de La Vallée ». Grâce

aux levées de fonds (fundraisings) organisés

par les valléens à l’étranger et

un programme de volontariat des médecins

et infirmières valléens en Haïti,

l’hôpital a pu être fonctionnel.

L’organisation a aussi réalisé

un projet d’assistance sociale aux étudiants

et celui de la scolarisation des

enfants démunis. Elle travaille actuellement

sur des projets de reboisement, de

conservation de sol et éventuellement,

l’éducation des enfants sur la conservation

des arbres.

Une autre organisation à laquelle

je dois tous mes respects, c’est la SOF-

BA (Société des fils de Baguette).

Elle a fondé « Le Centre de santé de La

Montagne », géante réalisation, desservant

21 mille personnes de cette

section communale, la plus grande du

Sud-est, il faut l’admettre ; mais, malheureusement

incapable dans le temps,

d’administrer même une aspirine à ses

malades.

SOFBA travaille actuellement

à construire une bibliothèque à

Suite à la page (18)

14

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012


Suite de la page (10)

contraste dramatiquement avec

l›opulence de petites minorités qui

dans certain cas ne dépassent pas 2%

de la population mais absorbent parfois

plus de 50% du revenu. Le produit

par habitant ne s›est pas accru,

pas plus qu›aucun des indices positifs

du développement économique

et social, mais par contre la pauvreté,

la dette extérieure, l›inflation,

le chômage et l›échange inégale

ont augmenté de façon alarmante.

L›extrême inégalité qui existe dans

la distribution du revenu en Haïti,

est le principal facteur de la détérioration

de la capacité limitée d›achat

de la majorité des familles; et causant

de profonds déséquilibres sociaux.

Le taux moyen de mortalité

infantile de 0 à 5 ans était de 60

décès pour 1000 naissances vivantes

en 2000, actuellement il est de 72

décès pour 1000, avec une projection

de 20 pour 1000 de décès pour

l›an 2015. (UNICEF sept 2010) Les

maladies respiratoires aiguës comme

l›influenza et la pneumonie sont la

cause d›un tiers de toutes les morts

des enfants au-dessous de cinq ans

et près de 60% des consultations

pédiatriques pratiquées ont servi à

dépister ces maladies, quand pourtant

la plupart de ces morts eurent été

évitables par un diagnostic à temps

et un traitement adéquat.

En ce qui concerne la mortalité

maternelle en couches, elle est de plus

de 20 pour 1000 naissances. Dans

les pays développés les chiffres varient

autour de 15. Par conséquent,

en Haïti non moins de 1000 enfants

perdent leur mère à cause de cela. Par

ailleurs, pour chaque mère qui meurt,

ceux ou celles qui survivent souffrent

des problèmes chroniques provoqués

par la dénutrition et le manque des

soins inadéquats pendant la grossesse

et l›accouchement.

Le VIH/Sida croît à des rythmes

dangereux dans certaines villes. Selon

les informations de l›ONU-SIDA,

3,200 personnes sont séropositives.

D›après l›UNICEF, 400 enfants sont

contagieux chaque année dont 90%

le sont par leurs mères. Les orphelins

par cette seule cause sont plus

de 1000.

En 2010 le nombre de personnes

souffrant de dénutrition était

de 2.5 millions; ce chiffre est juste

maintenant à 3 millions après le tremblement

de terre et augmente encore

si la tendance actuelle persiste. Entre

20 à 50 % de la population urbaine

vivent dans des conditions désastreuses

d›entassement massif, de

pauvreté extrême, de violence et de

marginalisation; elles n›ont pas accès

aux services essentiels de soins primaires

de santé et d›assainissements.

Dans les campagnes, ce chiffre dépasse

60%; 50% n›ont pas d›eau potable,

faute de système adéquat des

services d›assainissements, et de services

de santé; les risques des décès

dus aux maladies diarrhéiques, au

choléra, à la fièvre typhoïde et autres

maladies transmissibles par diverses

voies, s›élèvent à plus de 40%. 60

mille personnes sont atteintes de la

maladie de choléra.

Grâce aux services de la coopération

cubaine 70% de la population

urbaine ont accès maintenant

aux soins de santé et ce taux est de

35% lorsqu’on tient compte de la population

des zones rurales. D’autre

part 29% de la population urbaine

sont privées d’eau potable et 79% de

services sanitaires, dont 45% dans

les zones rurales sont privées d’eau

potable et 96% de services sanitaires

La situation n’est pas meilleure

dans le domaine de l’éducation.

Un peu plus de deux siècles

après que notre pays ait accédé à

l’indépendance, 15,3% de la population

adulte sont toujours analphabètes.

En 2000 il y avait plus de 500

mille enfants âgés de 6 à 11 ans qui

n’aillaient pas à l’école et un nombre

de jeunes de 12 à 17 ans, presque le

même nombre étaient dans la même

situation. Le taux de désertion

scolaire avant la fondamentale est

d’environ 30%. On estime que 20%

des enfants entrent en retard dans le

système scolaire. Le pourcentage de

redoublement une ou plusieurs fois

était de 11%. Seulement 80% des enfants

finissent la quatrième année et

rien que 73% la cinquième. Huit sur

dix élèves font sept années d’études,

mais le taux moyen de scolarité est

d’environ quatre degrés. La couverture

préscolaire est en moyenne de

23%.

Le travail des enfants prolifère

comme un véritable fléau. Près de

20 000 enfants de moins de quinze

ans travaillent, plus de huit heures

par jour dans le secteur économique,

plus de la moitié sont des filles, dont

la plupart font des travaux qui ne

sont même pas reconnus et qui n’apparaissent

donc pas dans les statistiques

officielles. Tandis que d’autres

sont des vendeurs ambulants ou

cireurs de chaussures, ou gagnent

quelques centimes en nettoyant les

voitures ou d’autres choses, privés

de toute protection sociale. Près d’un

millier meurent chaque année alors

que leur mort aurait pu être évitée.

Haïti a 0,2 fois moins de scientifiques,

de techniciens par habitant

que les pays développés et on nous

soumet à un drainage systématique

de personnel hautement qualifié. Les

ressources que nous consacrerons à

cette fin pour leurs formations sont

insuffisantes. A ceci on peut ajouter

que nous sommes nulles dans le

domaine des réalisations technologiques

et scientifiques surtout dans

les sphères contrôlées par des entreprises

transnationales, ou dans des

branches essentielles que les pays

développés ne souhaitent pas nous

voir maîtriser ou de développer.

Par exemple les nouvelles

technologies de l’information sur lesquelles

les transnationales des pays

industrialisés exercent un contrôle

absolu ne sont pas mises au services

de notre développement, de

notre culture et de notre identité et

deviennent des mécanismes de manipulation,

de formation de courants

d’opinion et de dépendance.

La situation critique du logement

en Haïti et sa détérioration

accélérée au cours de ces dernières

années ont conduit à la prolifération

des quartiers marginaux et des bidonvilles

autour de la capitale. Après

le tremblement de terre du 12 janvier

2011, la population urbaine est passée

de 49% à 72%. Il faut ajouter à

cela le rythme nettement insuffisant

de construction de logements, qui

n’a couvert que 2% des besoins entre

2011et 2012. Il faut ajouter à cela

le rythme nettement insuffisant de

construction de logements, qui n’a

couvert que 24% des besoins entre

2000 et 2010. Le niveau élevé de

concentration urbaine de la population

est un des facteurs de détérioration

de l’environnement le plus

significatif ou l’indice de ce que l’on

appelle l’effet de serre est devenu le

plus haut dans tout le tiers monde au

cours des dernières années.

Si l’on en croit la Conférence

régionale sur la pauvreté et l’inégalité,

pour résoudre le seul déficit de logements

construits avec du matériel

adéquat où les conditions d’entassement

sont critiques, jusqu’à l’an

2020, il faudrait en bâtir 1,500.000

appartements ce qui représente un

coût d’environ 22,500.000 $ US.

Pour doter 2 million d’autres maisons

ou d’appartements d’un système sanitaire

on a besoin près de 8 millions

$ US. Pour assurer l’électricité dans

6 millions de logements, il faudrait

débourser 24 millions $ US.

Pour garantir la scolarisation

totale des enfants en âge de fréquenter

l’école primaire, c’est-à-dire

augmenter de 500,000 le nombre

d’élèves du primaire qui assistent

régulièrement aux cours, il faudrait

dépenser quelque 2 milliards 300

millions $ US. On devrait débourser

un autre 2 milliards de $ US pour

alphabétiser les adultes et assurer la

formation des agriculteurs et éleveurs

(des deux sexes) en milieu rural.

Il nous faut 20 millions $ US

pour construire et équiper 10 centres

de formation professionnelle (CFP)

afin d’orienter les jeunes de la classe

fondamentale vers la formation technique

(cycle de deux ans) et d’un

ajustement de 5 millions pour la formation

professionnelle des adultes

(FPA) ou ouvriers qualifiés. (Cycle

de deux ans, cours du soir) Plus

12 millions pour la construction,

l’équipements et le lancement de 5

centres de formation supérieure de

fin d’étude professionnelle au niveau

de techniciens (cycle d’études 4 années)

plus une année additionnelle

pour ceux ou celles qui comptent devenir

professeurs de l’enseignement

techniques, formateurs, instructeurs

ou de chefs d’ateliers.

Pour le Département de l’Ouest

il incombe d’aménager et de rééquiper

les anciennes écoles techniques

et de reconstruire celles qui ont été

détruites au cours du séisme de Janvier

2011. Pour assurer les services

de santé à 10 millions de personnes

qui n’en bénéficieront pas, il faudrait

7 milliards de $ US. L’ensemble, des

ressources financières nécessaires

pour atteindre les objectifs sociaux

fixés dans les programmes précédents

atteindraient quelque: 11 milliards

400 millions $ US.

Je ne veux pas présenter les

causes politiques et économiques qui

ont provoqué cette tragédie car elles

sont bien connues de vous.

Une des conséquences les plus

graves de cette crise économique et

sociale de notre pays est une situation

permanente d’instabilité, de

coups d’état et d’irritation des masses

qui peuvent conduire à des convulsions

politiques et même à des explosions

sociales très difficiles à contrôler.

Cette situation peut discréditer et

user n’importe quel gouvernement,

si nobles que soient ses intentions et

si grand l’appui populaire que, malgré

les constantes déceptions, l’espérance

renouvelée des peuples aient

réussi à lui donner.

C’est un fait que le «socialisme

réel» a échoué en Europe de

l’Est, mais c’en est un autre (et je ne

suis pas le premier à l’affirmer) qu’en

Haïti, c’est le «capitalisme réel qui

a échoué.» Car c’est de ce dernier

qu’ont surgi le sous-développement

et le néo-colonialisme qui font que

90% des haïtiens vivent dans la

pauvreté. Nos gouvernements de

droite n’ont même pas osé insinuer

une alternative au «capitalisme sauvage

des États-Unis» pour avoir été

et continuer de rester le paradigme

imposé, la formule dominante dans

la région.

D’après moi il y a deux capitalismes:

«le modèle étasunien» basé

sur le succès individuel et le profit

financier à court terme et «le modèle

qu’on a baptisé rhénan,» pratiqué

en Allemagne, en Suisse, dans le

Benelux (Belgique, les Pays-Bas,

Nederland et le Luxembourg) et dans

le nord de l’Europe, la Suède, la Norvège

mais aussi avec quelques variantes

au Japon et pour lequel c’est

le succès collectif, le consensus et le

long terme qui sont prioritaires.

Le premier modèle se consolide

en 1980, avec l’élection simultanée

de Margaret Thatcher en Angleterre

et de Ronald Reagan aux États-

Unis, mais tout spécialement grâce

à ce dernier, dont le slogan pourrait

être «renforcer la compétitivité de

l’économie par la paupérisation de

l’État» et surtout «diminuer les

impôts des riches et augmenter ceux

des pauvres» (ajoutons que dans

plusieurs des pays de l’Amérique latine,

le ralliement inconditionnel des

bourgeoisies au pouvoir à l’équation

reaganienne les a amenées à user et

à miner délibérément les organismes

d’État pour ensuite justifier aux yeux

de l’opinion publique la fameuse privatisation,

avec ce que cela implique

en matière d’érosion de la souveraineté.)

Dans le capitalisme deuxième

formule, (le rhénan) tient d’avantage

compte du fait que l’être humain est

le produit de son milieu, de sa trame

sociale, de ses besoins collectifs, mais

tout ceci concerne presque exclusivement

le citoyen local. On voudrait

que cette compréhension et cette

prodigalité s’étendent au moins aux

haïtiens accourus de par le monde de

leurs rêves auxquels ils s’ accrochent

comme leur dernier espoir. Le prêtre

et théologien suisse Hans Kung, à

qui le Vatican a retiré le doit de prédication

pour avoir remis en question

l’infaillibilité du pape, a eu des mots

qui dépassent la sphère purement religieuse:

«Il n’y a pas un Dieu national

mais un Dieu du monde.»

Par conséquent, en Haïti point

n’est besoin d’une «Glasnost» pour

constater que l’application massive

de cette recette autoritaire et exclusive

a donné des résultats plutôt minables.

Pourtant, on ne saurait «reprocher

au marxisme» les séquelles

sociales aussi peu encourageantes

que les populations marginales

(Cité-soleil, Saint Martin, Carrefourfeuille,

Solino, la Saline, Cité Lescot,

Belair et Raboteau entre autres), les

indices élevés de mortalité infantile,

les carences de la santé publique, les

enlèvements et assassinats d’enfants

mendiants, l’abîme croissant entre

les riches et les nécessiteux, les

tragiques résultats du soutien économique

et logistique apporté par

Washington aux dictatures amies,

les dizaines de milliers de disparus,

les coups d’état encore présents

à nos mémoires, l’effarante dette

extérieure et ses intérêts léonins, la

dégradation de l’environnement, etc.

Ces malheurs et nos misères ne nous

ont été légués par aucun émule de

Ceausescu (Roumanie) ou de Honecker

(Allemagne de l’Est), mais bien

par le capitalisme et ses filiales, à travers

des mécanismes économiques

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Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 15


Suite de la page (12)

Nous lui demandons aussi s’il a connaissance

du contenu des enregistrements,

tant visuels que sonores que

possède chaque appareil de la DEA

afin d’enregistrer chaque mouvement,

ordre et résultat de l’opération

réalisée avec ces appareils. Quand le

contenu de ces enregistrements sera

connu il sera très facile d’affirmer

qui ont été ceux qui ont tiré sur les

civils de l’embarcation du Río Patuca.

L’obscurité n’étant pas un obstacle

puisqu’ils sont équipés pour la vision

nocturne infrarouge. Mais le diplomate

Posivak nous déclare qu’il ne

possède pas d’information sur les enregistrements.

Notre source au Ministère Public

nous explique et éclaircit en quoi

consiste l’ensemble des opérations

avec la DEA :

– Les officiers de police de la

Préventive ne sont pas des militaires

mais des unités des forces spéciales

des Commandos Cobras du Honduras.

Durant ces opérations voyagent

également un commissaire et un procureur

dans l’hélicoptère, qui est un

BlackHawk blindé. Les membres Cobras

ne peuvent rien faire en l’air, ils

sont comme des passagers sans plus.

Seuls les agents de la DEA sont autorisés

à tirer avec les M60 depuis

l’hélicoptère. De plus, cet hélicoptère

est pratiquement scellé c’est-à-dire

fermé. Les Cobras honduriens peuvent

agir seulement quand ils atterrissent

et mettent pieds à terre armés de

fusils de haut calibre, raconte l’agent

de la police antinarcotique.

C’est-à-dire qu’aucun hondurien

n’a d’autorité pour tirer depuis

un appareil de guerre américain, ce

dernier est équipé d’une vision nocturne,

ce qui explique l’incroyable

précision des tireurs qui ont agi cette

nuit là. On a relevé sur plusieurs victimes

des impacts au milieu de la tête.

Les militaires ont pu facilement distinguer

leurs cibles civiles au milieu

de la rivière, ce qui leur a permis de

tuer quatre habitants de la zone.

Les victimes du Río Patuca sont

Juana Jackson et Candelaria Pratt Nelson,

toutes deux enceintes de respectivement

6 et 5 mois ; Hasked Brooks

Wood, adolescent de 14 ans et Emerson

Martínez Henríquez jeune homme

de 21 ans. Tous sont tombés sous des

balles mesurant, chacune, presque

dix centimètres.

Beaucoup de gens qui n’ont

pas connaissance de la vie dans une

région comme l’Ahuas, l’une de sept

municipalités du département de

Gracias a Dios, se demanderaient :

Qu’est-ce que ces gens faisaient à 3

heures du matin dans une embarcation

naviguant ainsi sur la rivière ?

Cela ne semble-t-il pas un peu

suspect dans une région qui est considérée

comme l’un des foyers du trafic

de stupéfiants au Honduras ? Le président

Porfirio Lobo lui-même a posé

cette question de manière sarcastique

le vendredi 1er juin dernier, on regrette

qu’il ne se soit pas mieux informé,

d’autant plus que trois semaines

s’étaient passées depuis le massacre.

Les gens s’étaient embarqués à

8 heures du soir depuis leur village,

afin d’éviter le soleil brûlant pendant

le long voyage et d’arriver à l’aube

à la municipalité d’Ahuas. De plus

c’étaient des femmes enceintes qui

voyageaient pour se faire faire un

contrôle de grossesse.

Les lieux du massacre

La COFADEH (le Comité de Parents de

Détenus et Disparus du Honduras),

présent dans la région durant une semaine,

s’est exprimée avec indignation

durant une conférence de presse

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: “Nonobstant que Porfirio Lobo Fade,

actuel président, n’a pas donné de

rapport officiel de ce qui s’est passé le

11 mai. Il a au contraire montré toute

son ignorance des faits lors une conférence

de presse, donnée vendredi

1er juin au palais Présidentiel, et il

s’est permis d’ironiser en faisant des

commentaires discriminatoires contre

la population indigène Misquita.

Lobo ne met pas seulement

en doute ce qui s’est passé et l’issue

fatale, mais insinue également de

manière irresponsable que les habitants

attaqués étaient des narcotrafiquants.

Tout part de la nécessité de

naviguer sur le Río Patuca à des heures

matinales, alors que cette zone

manque de transports publics, de

ponts et de routes et que les habitants

voyagent comme ils peuvent dans un

territoire abandonné par l’État”

Agents du Commando Cobra en

exercice

Effectivement, c’est l’une

des nombreuses régions abandonnées

de l’état qui n’a même pas installé

l’électricité dans la région. La

mairie d’Ahuas possède un groupe

électrogène qui permet de générer

de l’électricité environ quatre heures

par jour. Cependant, poussé par

l’attention éveillée par plusieurs médias

nord-américains venus sur les

lieux après le massacre, le chef de

gouvernement est venu dans la zone

pour distribuer des “bons de 10.000

lempiras” (à peu près 520 $). Un

don politisé, mis en scène et offert

aux médias présents qui a été refusé

par beaucoup de familles bouillant

d’indignation et de douleur, face à des

pertes humaines sans prix.

Le cauchemar n’est pas fini

pour les 16 familles et tout le reste de

la population de la zone, la COFADEH

a affirmé dans un nouveau communiqué

que la municipalité d’Ahuas

était maintenant militarisée, avec

pour conséquence l’intimidation de

la population et des familles des victimes.

Le racisme et la discrimination

ne s’appliquent pas qu’aux victimes

du 11 mai, mais s’inscrit dans le rejet

des peuples autochtones par l’état,

niant leurs droits et créant ainsi une

exclusion sociale durable.

Les sept personnes blessées

ont à subir l’absence de ressources

économiques qui leur permettraient

d’être soignées dans les hôpitaux

publics sur la côte nord.

La COFADEH indique :

“L’indifférence ou la lâcheté des autorités

de l’état à se confronter aux

conséquences de leurs actes illégaux

a fait que les personnes blessées n’ont

jusqu’à présent pas reçu l’attention

médicale adéquate et les proches

des victimes sont criminalisés afin

d’empêcher qu’ils ne portent plainte”.

Au milieu de la soi-disant

“guerre contre le trafic de stupéfiants”,

les principales victimes sont

les habitants indigènes Misquitos,

et parmi ceux-ci, les enfants et les

femmes ; le principal responsable de

ces faits très graves c’est l’État, ajoute

l’organisation humanitaire.

Carte des interventions US dans

les Caraïbes

Les interventions de la DEA, de la

CIAO, du FBI et Commandement

Sud sont connues au Honduras, du

Suite de la page (7)

Corps du jeune Emerson Martinez, 21 ans

faute de transparence, de partenariat

honnête, qui est le vrai responsable

de ce qui s’est passé en Haïti ?

Certains accusent les autorités

haïtiennes qui ne contrôlent pas les

activités des ONG. On laisse agir les

ONG comme bon leur semble, elles

profitent de la faiblesse de l’Etat

haïtien, de la pauvreté du peuple et

de la complicité des pays dits donateurs

pour imposer leur volonté.

C’est dans cette perspective

qu’un colloque international sur le

rôle des ONG en Haïti va se réaliser

au Canada le 15 juin prochain, sous

l’initiative d’Incas Production Inc,

le groupe de Réflexion et d’Action

pour une Haïti Nouvelle (GRAHN-

Monde) en partenariat avec le consulat

général d’Haïti à Montréal.

Les objectifs de ce colloque, ouvert

au grand public sont les suivants :

1. Constats et analyses du

rôle des ONG en Haïti;

2. Favoriser une meilleure coordination

entre l'Etat haïtien et les

ONG;

3. Encourager les ONG à

œuvrer pour un développement durable

en Haïti;

4. Produire et publier un e-

book sur le rôle des ONG en Haïti. »

L’échec de différents gouvernements

réactionnaires qui se sont

succédés à la tête de l’Etat haïtien

a conduit le pays à une république

dite des ONG. Dans plusieurs domaines,

elles tendent à remplacer

moins dans les protocoles. Depuis le

coup d’état du 28 juin 2009 ces organismes

nord-américains sont plus

présents que jamais. Depuis juin 2010

c’est-à-dire un an après le coup d’état

trois bases militaires supplémentaires

ont été construites sous l’auspice du

Commandement Sud, ce qui fait que

le Honduras compte maintenant six

bases militaires US sur son sol. La

Mosquitia, dans cette zone abandonnée

de l’état hondurien, fut dans les

années 80 le berceau de l’invasion

"Contra" contre le Nicaragua Sandiniste.

Dans la base militaire du Pentagone

implantée dans la région, les

800 bérets verts en poste ont entraîné

les assassins "Contra". Depuis la Mosquitia

ils lançaient leurs coups de filet

terroristes sur le territoire nicaraguayen

tenu par le Front Sandiniste

de Libération Nationale, le FSLN.

Depuis le territoire hondurien

des transmissions de propagande radiophonique

étaient faites vers les indigènes

Miskitos, Sumos et Ramas du

Nicaragua, qui les avertissaient que si

on laissait la responsabilité des campagnes

de vaccination contre la polio

aux médecins sandinistes ou cubains,

les enfants vaccinés mourraient ou

deviendraient communiste et dans les

pires cas seraient envoyés en Union

Soviétique. Ce sont ces campagnes

anticommunistes que les conseillers

nord-américains ont apprises aux

contras “Faire face au Communisme

International”, profitant de l’abandon

et de l’ignorance des populations locales.

Comme ils l’ont fait à Cuba

dans “l’Opération Peter Pan” avec

l’appui de l’église.

Derrière la guerre Made In USA

se cachent les plus grands intérêts

étrangers. Selon une investigation réalisée

par des experts russes en 2009

il y a dans les eaux territoriales honduriennes

de la Mosquitia de grandes

réserves de pétrole. Cette investigation

a été citée en exemple par le

Centre de Documentation du Honduras

(CEDOH), dirigé par Víctor Meza,

Ministre du Gouvernement durant

le gouvernement de Manuel Zelaya

(renversé par le coup d’état). Bárbara

Almendarez, une chroniqueuse

hondurienne anticommuniste et proputschiste,

a cité l’enquête dans la

revue digitale La Jornada du 15 juillet

2009 c’est-à-dire seulement 17 jours

après le putsch, sous le titre « Pourquoi

le Honduras est-il maintenant si

important pour l’ALBA. Une opinion

envoyée depuis le Honduras ».

« Les experts russes ont indiqué

que l’existence de pétrole de ce gisement

peut-être estimée à 3 milliards

de tonnes et cela veut dire que 7 000

tonnes peuvent être extraites par an

». (Une tonne métrique est équivalente

à 6.6 ou 8.40 barils, selon la

qualité de ce dernier).

La réserve totale de pétrole

comparée aux autres pays producteurs

placerait l’Honduras à la

onzième place au niveau mondial. Le

Venezuela a 77 milliards de barils, les

États-Unis 21 milliards et le Honduras,

selon ce calcul, 24 milliards de

barils. Il est intéressant de voir qu’à

ce moment là les réserves du Venezuela

ajoutées à celles du Honduras

font plus que celles des Émirats Arabes

Unis et 1/3 de celles de l’Arabie

Saoudite, souligne la chroniqueuse.

« On mentionne qu’il existe

quatre entreprises se battant pour les

droits d’exploitation du pétrole hondurien.

Ce sont : Chevron, Petrobras,

Pemex et devinez qui ? PDVSA, la

fameuse entreprise propriété d’Hugo

Chavez, annonce faite le 30 mars

2009. Dans son article suivant elle

mentionne que l’entreprise de l’ALBA

dénommée Energía, Gas y Petróleo

effectuera les études correspondantes

et développera un plan de production

et de commercialisation ».

Ce sont les écrits de Madame

Bárbara Almendarez. L’article abordant

l’accord entre l’état du Honduras

et l’entreprise énergétique de l’ALBA

est paru le 26 Août 2008, le jour où

le Honduras s’est affilié à l’ALBA. Le

même jour a débutée la conspiration

pour mettre en place le coup d’État qui

s’est déroulé dix mois plus tard. Zelaya

lui-même a dit que les transnationales

pétrolières ont tenu la seconde

nation la plus pauvre du continent

américain dans leurs griffes, ne pouvaient

pas permettre que le Honduras

prît des décisions souveraines sur

l’avenir de ses ressources naturelles.

Chevron, Texaco et un conglomérat

de groupes pétroliers mondiaux sont

de nouveaux au Honduras. Et leurs

regards sont dirigés vers la Mosquitia.

Primitivi 9 juin 201

l’Etat. La domination d’Haïti par les

grandes puissances impérialistes se

manifeste sous différentes formes

: l’occupation du territoire par les

forces d’occupation de l’ONU : la

MINUSTAH ; l’invasion d’Haïti par

des ONG, des institutions financières

internationales pour mieux

asseoir le système d’exploitation

avec l’installation des zones

franches dans le pays. Dans cet ordre

d’idées, les ONG jouent un rôle

d’apaisement social, de pacification

des quartiers populaires avant

l’installation des entreprises, alors

que la grande majorité du peuple

haïtien continue de croupir dans la

misère, le chômage, l’épidémie de

Choléra.

16

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012


A Travers le monde

L’Amérique Latine dit non à l’OEA

Par Tania Hernández

L

’OEA, obsolète et anachronique,

n’a jamais reflété les véritables

intérêts des peuples latino-américains

et caribéens ; bien au contraire,

elle a été liée, de près ou de loin, à

tous les grands crimes qui ont été

perpétrés dans la région : invasions,

massacres, violations des droits de

l’homme, instaurations de dictatures

soutenues par les Etats-Unis.

Cette organisation n’a jamais

condamné les interventions nordaméricaines,

directes ou indirectes,

qui ont eu lieu depuis sa création

en 1948 : on peut citer par exemple

les interventions en République

Dominicaine, au Guatemala, à Cuba,

en Grenade ou au Panama.

De plus, l’OEA a honteusement

expulsé Cuba des pays membres,

en 1962. Cette organisation

s’est pliée aux exigences des Etats-

Unis, qui essayaient d’isoler Cuba,

suite au triomphe de la révolution

en 1959.

Plus récemment, les gouvernements

progressistes du Venezuela,

de la Bolivie, de l’Equateur et

du Nicaragua ont été victimes des

positions de cette organisation, qui,

en réalité, a été créée pour écraser

le moindre indice de changement

révolutionnaire dans la région.

C’est donc en toute logique que

les vents nouveaux qui soufflent

sur la région poussent les peuples

à remettre en question l’OEA, dont

M. Chavez dépose sa candidature à la

présidentielle et s'applique à

gagner du soutien

Le président vénézuélien Hugo

Chavez est apparu en public lundi

à l'occasion du dépôt officiel de sa candidature

à l'élection présidentielle du 7

octobre prochain, un événement très

attendu qui lui a permis de couper court

aux rumeurs selon lesquelles il aurait

été trop malade pour lancer officiellement

sa campagne en personne.

Du haut du camion qui l'a fait

traverser le centre de Caracas pour rejoindre

le siège du Conseil national

électoral (CNE), M. Chavez a salué ses

nombreux partisans vêtus de chemises

rouges qui s'étaient massés dans les

rues pour l'acclamer et lui exprimer leur

soutien.

A son arrivée dans les bureaux

du CNE, M. Chavez, habillé aux couleurs

du drapeau vénézuélien et coiffé

d'un béret rouge, était accompagné de

ses deux filles et de son frère Adan ainsi

que de son vice-président et de plusieurs

parlementaires.

Une pluie de confettis a accueilli

le candidat à la présidentielle, qui est

déterminé à poursuivre ses réformes

socialistes et brigue un troisième mandat

de six ans, en dépit de la bataille

acharnée qu'il lui faut mener contre son

cancer.

Avant de déposer sa candidature,

il a salué ses partisans depuis le balcon

du CNE et, l'acte accompli, il est monté

sur une petite scène avec un groupe

de danseurs folkloriques et a chanté

quelques paroles d'une célèbre chanson

traditionnelle.

Selon certains médias, Hugo

la 42è Assemblée Générale vient de

s’achever en Bolivie.

Lors de ce sommet, les présidents

de la Bolivie, Evo Morales

et de l’Equateur, Rafael Correa, ont

clairement montré comment se pose

l’alternative actuelle : soit l’OEA est

réformée radicalement et accompagne

les peuples et les processus de

changement en cours dans la région,

soit elle disparaît.

A Caracas, le chef d’Etat vénézuélien,

Hugo Chavez, a déclaré

qu’il faut « en finir avec l’OEA », et a

apporté son soutien à la création de

nouveaux mécanismes au sein des

« espaces géopolitiques d’unité » qui

sont en train de naître en Amérique

Latine.

Nous vivons des temps

Chavez se serait déplacé avec quelques

difficultés dans les locaux du CNE, et

s'est fait aider par ses deux filles.

L'état de santé de l'ancien militaire

est devenu un sujet central de la

campagne électorale pour la présidentielle

du 7 octobre et la principale cible

des attaques de son challenger, l'ancien

gouverneur de l'Etat de Miranda, Henrique

Capriles, qui est de près de 20 ans

son cadet.

Le candidat de l'opposition, résolu

à faire état de sa bonne condition physique,

a fait de son côté dix kilomètres

Le bâtiment de l’OEA à Washington

Hugo Chavez

nouveaux et les changements

sont désormais inévitables : si

l’Organisation des Etats Américains

veut survivre, elle doit se transformer

et faire de la défense des intérêts

des peuples de la région une question

prioritaire.

Comme l’avait expliqué le

leader historique de la révolution

cubaine, Fidel Castro, « l’OEA n’a

jamais prêté un service à nos peuples,

c’est l’incarnation de la traîtrise

». En effet, si l’on prend en compte

toutes les actions agressives dont

cette organisation a été complice,

c’est en centaines de milliers que se

chiffrent les victimes de l’OEA.\

RHC 7 juin 2012

de marche à pied dimanche pour venir

déposer sa candidature au CNE.

Les sondages créditent M.

Chavez d'une large avance sur son adversaire,

mais certains observateurs de

la vie politique vénézuélienne estiment

que le soutien dont il bénéficie pourrait

s'affaiblir si son état de santé se détériorait.

M. Chavez a été élu président en

1999, puis réélu en 2006. Son mandat

actuel prendra fin en février 2013.

Xinhua 11 juin 2012

Le Vice-président

cubain met l’accent sur

la nécessité de réparer

les dégâts causés

par les pluies

Par Reynaldo Henquen

José Ramon Machado Ventura,

premier vice-président du

Conseil d’État et du Conseil des

ministres de Cuba a appelé les

habitants du Centre du pays à travailler

avec célérité et à profiter

de l’amélioration des conditions

météorologiques pour avancer la

réparation des dégâts causés par

les pluies diluviennes.

Au cours d’une visite dans

la province de Sancti Spiritus en

compagnie de José Monteagudo,

membre du Comité Central et premier

secrétaire du Parti Communiste

de Cuba dans cette province

et de Teresita Romero, présidente

de l’Assemblée Provinciale du

Pouvoir Populaire, José Ramón

Machado Ventura a parcouru plusieurs

zones affectées par les pluies

intenses de fin mai et a reçu des informations

détaillées sur l’ampleur

des dégâts et sur la marche des

travaux en cours pour que la situation

revienne à la normale.

“Il faut travailler jour et

nuit car nous sommes encore au

printemps » a indiqué José Ramón

Machado Ventura au cours d’une

rencontre avec des ouvriers du bâtiment

qui travaillent à la réparation

du pont qui relie la Route Centrale,

dans la zone de Managuaco,

avec les fabriques de ciment et de

tuiles en fibrociment à Siguaney.

Pour sa part, Guillermo

Cañizares, directeur du Groupe

d’Entreprises du Ministère du Bâtiment

à Sancti Spiritus a fait l’éloge

de l’appui reçu des organismes de

l’État qui ont envoyé dans la province

des ressources et des hommes

depuis les provinces de Camagüey,

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

Family and Community

Medicine

Public health and Pediatrics

5000 N.E. Second Ave,

Miami FL, 33137

tel. (305) 751-1105

José Ramon Machado Ventura

de Cienfuegos, de Matanzas et de

Villa Clara qui travaillent notamment

dans la réparation des

routes, des voies de chemin de fer

et des ponts endommagés.Citant le

président Poutine, Nicolás Maduro

a signalé que la Russie et le Venezuela

nourrissent depuis plus de

10 ans une fraternité et une alliance

stratégique profondes.

Nicolas Maduro a expliqué

que les projets de participation des

entreprises mixtes dans la Frange

pétrolifère de l’Orénoque sont

analysés lors de cette réunion,

tout comme les projets dans le domaine

du gaz, le fonctionnement

de la Banque Russe Vénézuélienne

qui a son siège à Moscou et

qui permet un bon mouvement financier

entre les deux pays.

Pour sa part le vice président

Elías Jaua, a rencontré le Ministre

russe d’Industrie et du commerce,

Denis Manturov, avec qui il a

analysé les pas à suivre pour approfondir

les relations bilatérales

sur le plan financier militaire et

commercial.

RHC 9 juin 2012

Dr. Kesler Dalmacy

1671 New York Ave.

Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 17


Les 5 félicitent la militante

Dolores Huerta

aux États-Unis

la militante Dolores Huerta

Les 5 antiterroristes cubains

prisonniers politiques aux

Etats-Unis ont envoyé une lettre

de félicitation à la militante mexicaine

résidant aux États-Unis Dolores

Huerta, co-fondatrice et combattante

inlassable pour les droits

des femmes et des immigrants.

Le Comité International pour

la Libération des 5 Cubains relève

dans la lettre : « Au nom des 5,

nous voulons vous adresser nos

félicitations les plus sincères pour

avoir reçu la Médaille Présidentielle

de la Liberté cette année. Personne

ne mérite plus que vous le principal

honneur civil qui est conféré dans

votre pays. « Avec tout notre respect

et affection, nous félicitons

Dolores Huerta pour cette reconnaissance

méritée à sa vie de lutte

» ajoute la lettre. « Nous sommes

très honorés par le fait qu’une personnalité

comme Dolores Huerta

préside la table de consultation du

Comité International et soit une

des principales voix qui se prononcent

devant le gouvernement des

Etats-Unis pour la libération des 5

et pour la réunification avec leurs

chères familles dans leur patrie »

indique la lettre.

Il y a quelques jours, le Président

Barack Obama a décerné

la Médaille de la Liberté à Dolores

Huerta, co-fondatrice, avec César

Chávez, du Syndicat des Travailleurs

Agricoles. Actuellement,

elle préside la Fondation Dolores

Huerta. « Nous avons une dette

éternelle envers vous et nous nous

rappellerons toujours comment

vous vous êtes dressée à nos côtés

avec honneur et courage. En raison

de la décoration que vous avez

reçue, Dolores, nous vous applaudissons

» souligne la lettre.

Le Président russe se

réunira avec Obama au

sommet du G-20

RHC 11 juin 2012

Vladimir Poutine et son homologue des États-Unis, Barack Obama

Par Tania Hernández

Le président de la Russie,

Vladimir Poutine, se réunira

avec son homologue des États-

Unis, Barack Obama, dans le

cadre du sommet du G-20 qui

siégera le 18 et 19 juin dans

la ville mexicaine de Los Cobos.

Dans des déclarations à la

presse à Moscou, l’adjudant du

président russe, Yuri Ushakof,

a signalé que le dialogue que

tiendront les deux chefs d’état

devrait être substantiel, concentré

et favorable et qu’ils devront

même signer d’importants documents.

Le service de presse du

Kremlin a annoncé que les

présidents Poutine et Obama

signeront une déclaration conjointe

dans la ville mexicaine. Le

président russe prévoit aussi de

se réunir avec d’autres dirigeants

invités au sommet du G-20.

RHC 11 juin 2012

Le Venezuela assume le

Secrétariat Général de

l’UNASUR

Par Tania Hernández

L

’ex ministre vénézuélien des Affaires

étrangères, Alí Rodríguez

Araque remplace dès aujourd’hui

au poste de Secrétaire Général de

l’UNASUR, l’Union des Nations

Sud-américaines, la Colombienne

María Emma Mejía, qui a occupé

cette charge pendant un peu plus

d’un an. Lors d’une réunion extraordinaire

de l’UNASUR, les ministres

des Affaires étrangères des pays

membres, ont débattu entre autres

thèmes, de la création au sein de ce

bloc, d’un Conseil électoral pour garantir

la transparence démocratique

L’Allemagne s’oppose à une

intervention militaire

en Syrie

Le ministre allemand des Affaires

étrangères, Guido Westerwelle,

a réaffirmé l’opposition de Berlin à

une éventuelle intervention militaire

étrangère en Syrie en mettant l’accent

sur le fait que ce type de mesure risquerait

d’embraser la totalité du

Proche-Orient.

Au cours d’une rencontre à Doha

le 4 juin 2012 avec l’émir du Qatar,

M. Westerwelle a déclaré que le plan

de paix de Kofi Annan est la meilleure

option pour la solution de situation

créée en Syrie. Il a également exprimé

l’opposition de Berlin à la position de

certains gouvernements occidentaux

et arabes, dont le Qatar lui-même, qui

prônent l’intervention militaire en Syrie.

« Nous nous devons d’éviter une

guerre qui pourrait mettre le feu à toute

la région. Vue la situation extrêmement

complexe et dangereuse existant en Syrie,

il ne faut pas créer de fausses perspectives

et croire que nous pourrions

parvenir à une solution rapide au moyen

d’une intervention militaire », a-t-il

déclaré avant d’entamer un périple de

cinq jours au Proche-Orient.

Après le Qatar, Guido Westerwelle

s’est rendu aux Émirats arabes

unis, où il a eu des entretiens avec son

homologue émirati, Abdulah Shaikh

bin Zayed Al Nahyan.

Un site web étasunien exige

la fin du blocus

et de la Loi de

Rajustement Cubain

Par Reynaldo Henquen

Le site web “Progreso Semanal”, de

la Floride, aux Etats-Unis, s’est prononcé

pour l’abrogation de la Loi de

Rajustement Cubain et pour la levée du

blocus des Etats-Unis contre Cuba.

Dans un éditorial, ce site a commenté

que la Loi de Rajustement Cubain

et le blocus restent les paradoxes

de la politique des Etats-Unis à l’égard

de Cuba et une source d’opportunisme

politique.

“D’une part, Washington maintient

avec fermeté son plan d’étouffer

l’économie cubaine et d’autre part, la

Loi de Rajustement Cubain accorde la

résidence et le permis de travail à tout

Cubain arrivé illégalement aux Etats-

Alí Rodríguez Araque

dans les élections de la région.

RHC 11 juin 2012

Guido Westerwelle

À Abou Dhabi, le chef de la

diplomatie allemande a mis l’accent sur

l’importance de la prévention des troubles

qui ont lieu en Syrie et qui commencent

à déborder les frontières de ce

pays. Il a rappelé notamment que les

affrontements liés à l’affaire syrienne

ont déjà gagné le Liban, où plusieurs

personnes ont trouvé la mort au cours

des heurts entre pro et anti-el-Assad.

Réseau Voltaire 8 juin 2012

Unis quelque soit le moyen utilisé pour

ce faire » -indique le site-.

Progreso Semanal critique le fait

que la loi en question, datant de 1966,

qui accorde des facilités migratoires aux

Cubains, leur donne à tous le qualificatif

de réfugiés politiques, bien qu’ils ne

prouvent pas qu’ils le sont en réalité, facilité

qui n’est pas donnée aux citoyens

d’aucun autre pays.

Le site relève que, récemment,

l’élu fédéral républicain David Rivera a

mis à la considération de la Chambre

des Représentants une proposition de

réforme de la Loi de Rajustement Cubain

qui, en cas d’approbation, interdirait les

voyages à l’île des Cubains qui ne sont

pas encore naturalisés étasuniens.

RHC 9 juin 2012

Suite de la page (14)

La Montagne. Ce projet a pour but d’aider

les enfants à se mieux documenter

dans le cadre de leurs études et de

leurs recherches. La Montagne possède

actuellement son propre Lycée.

L’IDADCAJ (l’Association pour

le Développement de Cayes-Jacmel),

est aussi un des membres de la

FEDADSE. Dans le cadre de la propagation

de l’épidémie de cholera en 2011,

elle avait fait une intervention musclée,

en distribuant 5000 pilules d’oxyclean.

Elle a aussi offert des matériels médicaux

évalués à 2000.00 dollars US.

Elle travaille actuellement sur un projet

de nettoyage de la ville de Cayes Jacmel,

une attribution de la Mairie, bien

entendu.

Maintenant, parlons de l’Association

des Amis de Belle-Anse

(ASSAB). Elle a doté la ville de Belle-

Anse d’un groupe électrogène. Elle

a réalisé un projet de reboisement de

toute la ville, exclusivement en arbres

fruitiers. Elle avait financé des études

pour 35 élèves à l’Ecole Sainte Thérèse

de Mapou. Elle a distribué des matériels

didactiques aux enfants démunis vivant

dans la commune de Belle-Anse.

Bientôt, elle va démarrer un projet de

construction d’un centre communautaire,

auquel sera incorporé un centre

social avec salles de théâtre, de cinéma,

d’ordinateurs, de réception et d’animation

culturelle.

JR : Avez-vous un mécanisme de

mobilisation de vos invités ?

JCC : Il y a beaucoup de zones

dont Grand Gosier, Thiote, Anse à Pitre,

par exemple, qui n’ont pas encore une

association régionale. La charte de la

FEDADSE nous permet de monter une

organisation avec un minimum de 5

personnes. Ce sera une occasion, au

cours de cette réunion, de doter ces

contrées d’une association, puisque,

définitivement, il nous faut beaucoup

plus d’organisations dans le Sud-Est.

Le rassemblement du 16 juin prochain

ne sera pas exclusivement pour

les fils du Sud-est. A titre d’exemple, je

suis en contact avec Mme Mimose Nelson

de Mirebalais (Plateau Central) qui

est une de nos invités. Elle travaille actuellement

sur un projet de reboisement

de sa commune.

JR : Avez-vous un dernier mot ?

JCC : Nous autres haïtiens, fils

d’Haïti, qui que nous soyons, nous

avons notre part de responsabilité

dans la reconstruction de notre pays.

Nous devons notre contribution à notre

mère-patrie, Haïti. Ainsi, nos compatriotes

sont tous invités à nous rejoindre

en foule ce samedi 16 juin au local

du journal à partir de 5 H PM. Juste

avant la réunion une petite réception

sera organisée en leur honneur.

Merci Haiti Liberté pour votre

support à la cause des organisations

régionales.

La Russie

renforce son

alliance avec

le Venezuela

Par Tania Hernández

La Russie a renforcé son alliance stratégique

avec le Venezuela, par la tenue

à Caracas d’un sommet bilatéral entre

des membres des deux gouvernements

qui ont abordé des sujets politiques et

économiques. Depuis son investiture le

21 mai dernier, le Président Poutine a toujours

envoyé ses bons vœux de rétablissement

à son homologue vénézuélien Hugo

Chávez, qui se remet de l’ablation d’une

tumeur cancéreuse. « Aujourd’hui nous

sommes des alliés stratégiques dans la

construction de nouvelles relations de coopération

et surtout des alliés stratégiques

dans la construction d’un monde de paix

perpétuelle, stable comme disait le Libérateur

Simón Bolívar”,- a déclaré le ministre

vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolás

Maduro.

18

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012


Suite de la page (15)

Suite de la page (7)

implacables et un pragmatisme brouillé

avec toute espèce de solidarité.

Si l’Europe de l’Est fut le miroir

(aujourd’hui brisé en mille morceaux)

du «socialisme réel,» la Nation Haïtienne

dépendante et soumise est un

verre étamé qui reflète sans le vouloir

le vrai visage du« capitalisme réel.»

Haïti? est un exemple fragrant

de l’échec du capitalisme,

d’après les chiffres fournis par la CE-

PAL, l’OEA, et les institutions spécialisées

de ONU.

Cette ingérence étrangère négative,

représente pour Haïti, l’annulation

des possibilités de développement

du secteur des services. Et aussi le renforcement

de la dépendance du marché

nord américain et l’établissement d’une

relation de plus en plus unipolaire qui

relèguerait notre pays au rôle d’appendice

subordonné à une puissance en

régression dans la concurrence économique

internationale. Tout cela a lieu

à un moment où l’on assiste à une

contraction de l’économie mondiale,

alors que l’ensemble des pays capitalistes

développés enregistre une croissance

d’à peine un peu plus de 1% en

2010 et qu’on s’attend à une évolution

défavorable quant à la croissance de la

production, du chômage, de l’inflation

et des déséquilibres externes.

Les tendances à la formation

de grands espaces économiques

concentrant de plus en plus les flux

du commerce, des investissements et

des crédits, remettraient en question

la concurrence actuelle et spécialement

celle du futur, signifient un défi formidable

pour la capacité de développement

autonome de notre pays et la

définition de la place que nous occuperons

dans l’économie mondiale dans

les prochaines décennies.

Si le panorama économique

international, concernant les zones

où prédominent l’Europe le Japon, et

le Canada s’avère défavorable pour

Haïti, les relations avec les États-

Unis n’échappent pas non plus à cette

situation négative. Ils représentent aujourd’hui

comme une grande puissance

ayant accentué son hégémonie

militaire, mais ayant perdu du terrain

en matière de concurrence économique

entre les grands blocs, à cause

des graves problèmes internes qui

frappent son économie. Avec un taux

de bénéfices en baisse alors qu’il devait

s’accroître, une augmentation de la

spéculation et de la politique des rentes,

Suite de la page (12)

être intimidées, n’acceptent tout simplement

pas d’être mises dans une situation

d’égalité quant aux droits et aux devoirs.

Elles n’acceptent pas de se faire rappeler à

l’ordre par plus petit que soi. Chavez le fait

et on l’intimide en lui disant que ses jours

sont comptés.

- pour revenir au respect des droits

de l’homme :

Je ne sais pas si les Salvadoriens, les

Guatémaltèques, les Honduriens, les Chiliens,

les Argentins, les Brésiliens, les Boliviens,

les Équatoriens, les Uruguayens,

les Vénézuéliens, les Paraguayens et les

Colombiens souhaitent ce retour au respect

des droits de l’homme des années 1960-

1990. Y avait-il des droits de l’homme

sous les nombreuses dictatures souvent

mises en place et toujours soutenues par

les États-Unis ? Pinochet, la Junte militaire

en Argentine, les dictateurs Stroessner et

Somoza, entre autres, ont surtout laissé de

très mauvais souvenirs quant au respect

des droits humains. Le plan Condor où on

assassinait automatiquement toute opposition

demeure toujours une toile de fond de

toute la cruauté d’une époque. Y revenir ne

serait certainement pas une bonne nouvelle

pour les peuples.

- à des élections équitables,

Il est particulièrement intéressant

d’entendre de la bouche de ce personnage

cette expression d’élections équitables.

Quand peut-on dire qu’une élection est

équitable ou pas ? Lorsque le résultat plaît

aux États unis ? Qui peut décider quand

une élection est équitable ou pas ? Les citoyens

du pays ou les dirigeants des États-

Unis ? S’il y a un président qui a été confronté

à plusieurs reprises à son électorat,

c’est bien Chavez, et chaque fois le peuple

fut derrière lui pour l’appuyer.

-à l’État de droit :

Encore là, qui décide de l’État de

droit ? La constitution que se donne un

peuple ? La constitution que se donnent les

oligarchies ? Les impératifs de la justice, de

la vérité, de la solidarité ? Dans le cas du

Venezuela, le peuple et toutes les instances

gouvernementales et privées sont soumis

à une Constitution voulue et votée par le

peuple. Elle est la règle de conduite du gouvernement

et elle est celle que fuient les escrocs

qui ne veulent pas répondre de leurs

méfaits devant la justice.

Les « jours de Chavez sont comptés

» peut être interprété comme étant une réelle

menace de mort.

Que conclure ?

Pour les oligarchies, la démocratie est celle

qui sert en tout premier lieu leurs intérêts et

elle ne sera équitable que dans la mesure où

elle répondra aux priorités de ces dernières.

Le respect des droits de la personne

reposera toujours sur le respect de leurs

propres droits, conformément aux lois

qu’elles auront elles-mêmes élaborées.

Les commissions établies pour assurer

l’application du respect de ces droits répondront

d’abord et avant tout à leurs propres

prérogatives. Nous avons vu au Honduras

la réaction des oligarchies lorsque Zelaya,

alors président légitime, a voulu, en 2009,

aborder la mise sur pied d’une constituante

pour une nouvelle constitution. Il a été expulsé

du pays, manu militari.

Tout gouvernement mettant en

cause ces droits qui leur sont pour ainsi

dire acquis sera considéré comme non

signes de détérioration de la production,

de faibles niveaux d’épargne et

d’investissements à l’intérieur de ses

frontières, une force de travail chère et

relativement peu nombreuse à cause

du vieillissement de sa population,

une situation d’endettement interne et

externe dangereuse, une dépendance

croissante du capital étranger, et au

milieu d’une période de récession plus

grave que le gouvernement américain

a bien voulu le reconnaître, les États-

Unis se trouvent dans l’obligation de

freiner les tendances à la dégradation

de leurs positions, reflétées dans leur

déficit commercial.

Selon des experts, ces facteurs

freineront le développement socio-économique

du sous-continent, aggravant

encore la pauvreté; qui remet fortement

en question les promesses du Président

Obama de promouvoir la démocratie à

l’échelle mondiale.

Pour évaluer cet aspect, il faut

partir de l’état des relations commerciales

actuelles et de la politique commerciale

que les États-Unis appliquent

vis-à-vis de ses voisins, principalement

Haïti. La première chose qui saute à

nos yeux est la grande différence qu’il

y a entre l’importance que l’Amérique

latine et la Caraïbe ont pour les États-

Unis et celle que les États-Unis ont

pour l’Amérique latine et la Caraïbe.

C’est là que se situe le point de

départ réel du «double standard» du

commerce des USA. Promettant en

effet un libre commerce, sans restriction,

avec Haïti, ils n’ont fait jusqu’à

présent que dresser des obstacles aux

exportations haïtiennes les plus sensibles,

et de renforcer la structure

néo-coloniale du commerce extérieur,

en discriminant nos produits agricoles

et manufacturiers.

La politique protectionniste

appliquée contre notre pays est basée

sur des mesures non-douanières qui

constituent, aujourd’hui, l’élément le

plus efficace de l’arsenal protectionniste,

et qui ne sont justement pas

prévues dans «l’Initiative pour les

Amériques.» Une des composantes

de la politique commerciale pratiquée

par les États-Unis est la globalité, qui

a pour but d’intégrer le commerce à

l’investissement et aux services, et

de disposer ainsi d’un instrument de

pression pour faciliter la tâche aux

entreprises transnationales nord-américaines.

Quant au commerce des services,

c’est à dire le transport et les

compagnies d’assurances, les États-

Unis en sont le plus important exportateur

mondial et dans ce secteur ils

essaient de légitimer leur supériorité et

de s’assurer un avantage permanent.

Ceci équivaut tout simplement à céder

le marché haïtien aux transnationales

nord-américaines.

Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra

aspirer à une solution convenable des

principaux problèmes économiques

globaux, dans le monde du XXI

ème siècle. Cela implique une prise

de conscience mondiale de toutes

ces causes, plus des problèmes de

l›environnement, dans tous les pays

et à tous les niveaux de chaque pays,

conscience à partir de laquelle naîtrait

la volonté politique nécessaire et

l›indispensable coopération internationale

pour y faire face de manière effective.

Pendant ce temps, tout ce que

l›on fera servira et devra être encouragé

et soutenu.

Cependant au bout du compte ce

ne sera pas la solution qu›exigent de

nous nos enfants, ceux à qui nous laisserons

en héritage une planète à long

terme inhabitable, si nous n›agissons

pas à temps.

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démocratique, même s’il a l’appui de la

majorité de sa population. Les dirigeants

pourront être tués et les actions de sabotages

justifiées.

Toute tentative pour renverser cet

ordre des choses sera considérée comme du

terrorisme et sujet à des sanctions sévères.

Les oligarchies et l’empire peuvent

se permettre tous les crimes. Dans leur cas,

ce ne sera qu’actions humanitaires, luttes

pour la démocratie et protection des droits

humains.

Leurs adversaires, s’ils descendent

dans la rue pour dénoncer ces crimes et

réclamer une véritable démocratie au service

des peuples, seront considérés comme

des délinquants, des anarchistes et confondus

à des « casseurs » sans aucun respect

du droit des autres.

Pour ma part, je suis contre toute

violence particulièrement de ceux qui

disposent de l’artillerie lourde et des médias

de communication pour couvrir leurs

crimes. Je suis contre les groupes armés

de l’opposition en Syrie, contre les terroristes

qui y sèment la terreur et contre ceux

qui les alimentent en armes et en argent.

Je suis contre les tentatives d’assassinat

de Chavez et contre les mesures visant à

faire souffrir les peuples du Nicaragua et de

Cuba. Je suis contre les faux positifs qui sèment

la terreur et la mort en les attribuant à

des groupes qui n’y sont pour rien. Je suis

contre les médias qui ont abdiqué de leur

mission d’information pour se transformer

en une mission de propagande au service

de leurs maîtres.

Québec, le 8 juin 201

fournir le service demandé pose

problème ». Elle affirme en réponse

à la demande du directeur général

Ndongo Diao « qu’une telle affirmation

n’était pas le résultat d’une

démonstration sur des données et

des critères objectifs et qu’en conséquence,

il fallait apporter la preuve

que GVG est la source en mesure de

fournir le service demandé ». Deux

semaines plus tard (15 février),

l’ARTP renvoie une nouvelle fois un

courrier qui reprend son argumentaire

mais ajoute qu’elle a effectué

des recherches sur internet qui lui

donnent la preuve. Diao avance,

en effet « qu’en effectuant une recherche

sur internet avec le critère

« trafic international entrant », on

a une seule référence qui apparait :

celle de Global Voice Group ».

Manifestement, la lettreréponse

du 2 mars 2010 de la DCMP

montre que taper sur un moteur de

recherche internet est loin de suffire

pour la convaincre de la supériorité

technique de GVG proclamée par

l’ARTP. Toutefois, le Directeur de

la DCMP écrit ainsi : « sous réserve

d’une attestation faisant foi des information

qui y sont contenues (…)

relativement à l’existence d’une

seule source en mesure de fournir

le service demandé, je marque mon

accord pour la conclusion par entente

directe du projet de contrat de

partenariat entre l’ARTP et GVG en

vue d’une assistance pour la mise

en place d’un système de contrôle

et de tarification des appels internationaux

entrants ». Deux jours

après (4 mars2010), Diao fournit

l’attestation de l’ARTP demandée

en ces termes : « sur les 22 installateurs

agréés au Sénégal, seule la

société Global Voice présente une

offre relative au contrôle du trafic

téléphonique international. Tous les

autres installateurs interviennent

dans les domaines d’installation

et de maintenance de réseaux et

systèmes de télécommunication,

radiodiffusion ou télévision ou en

matière informatique ».

La DCMP accorde enfin son

avis de non-objection demandé

avec insistance par l’Artp comme le

montrent les nombreuses sollicitations

et arguments développés à cet

effet. Le président de la République

prend un décret le 28 mai 2010. Le

1er juin qui suit, le contrat est signé

entre l’Artp et Global Voice. En

vertu de celui-ci, GVG doit fournir

l’assistance et les moyens technologiques

pour superviser le trafic

international entrant. L’affaire entre

dans le domaine public le 26 juin

lorsque, dans un communiqué, «

l’Artp informe que le gouvernement

du Sénégal vient d’adopter le décret

n° 2010-632 du 28 mai 2010 instituant

un système de contrôle et

de tarification des communications

téléphoniques internationales entrant

au Sénégal ». Malgré le grand

tollé soulevé par la Sonatel et une

partie de la presse (notamment le

journal La Gazette), le décret prend

effet le 1er août 2010 avant d’être

dénoncé le 9 août par la Direction

de la Sonatel (Société nationale des

télécommunications) par un recours

en annulation auprès de l’Autorité

de régulation des marchés publics

(ARMP) qui casse le contrat le 15

septembre 2010. Avec deux mois

et demi d’application l’ARTP récolte

17,5 milliards FCfa dont 14,78

milliards FCfa proviennent de la

Sonatel et 2,7 milliards FCfa de Tigo

et Expresso.

En statuant sur le recours introduit

par la Sonatel, l’Artp relève

que la Dcmp s’est trompée sur la

qualification du marché en question.

La nature des services effectués par

Gvg aux yeux de la loi d’après le rejet

(du contrat) motivé de l’Armp ne

permet pas de qualifier le contrat de

partenariat public privé. D’après la

décision rendue par l’Armp « il s’agit

plutôt d’une délégation de service

public ». La Dcmp aurait, également

dû selon l’Armp, « procéder à des

vérifications objectives et adaptées

pour constater l’extrême urgence

invoquée par l’autorité contractante

ou le fait qu’une seule source

est en mesure de fournir le service

demandé ». D’après la même décision

l’autorisation accordée à l’Artp

de passer un contrat par entente directe

« n’est pas fondée » non plus.

D’où l’annulation du contrat en

question. Dans sa lettre adressée à

Macky Sall, le nouveau patron Patrice

Baker d’ailleurs rappelle que «

l’Etat du Sénégal par l’entremise de

l’Artp, s’est engagé via différentes

communications verbales et écrites

à assumer l’entière responsabilité

des conséquences fâcheuses de

l’annulation du contrat ». M. Baker

ajoute : « Outre l’extrême préjudice

subi par notre entreprise sur le plan

de sa réputation et de son image,

il en est également résulté pour

nous des pertes substantielles en

équipements et en infrastructures

déjà livrés à l’Artp ainsi que des

manques à gagner importants en

termes de revenus contractuels non

versés ».

La Sonatel a également largement

perdu au change. Le rapport financier

2010 de la société note que

le trafic arrivée international a baissé

de 866 millions de minutes soit

8.5% en valeur relative et soit 82,2

millions de minutes de moins qu’en

2009 en raison de l’application de

la surtaxe sur le trafic international

entrant.

La Gazette 23 Mai 2012-06-12

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 19


FÉDÉRATION DES ASSOCIATIONS POUR LE

DÉVELOPPEMENT DU SUD-EST

Invitation

du Rassemblement pour le Développement du Sud-Est d’Haiti

Certains dirigeants de la Fédération des Associations pour

le Développement du Sud-Est

Le secrétariat de la Fédération des Associations Régionales pour le Développement du

Sud-Est (FEDADSE) invite les ressortissant des Côtes-de-Fer, Bainet, Gandou, Troin, la Vallée de

Jacmel, Morne à Brûler, la Montagne de Jacmel, Jacmel, Cayes-Jacmel, Marigot, Bellanse,

Bodarie, Grand-Gosier, Thiotte, Anses-à-Pîtres et de toutes les sections communales et localités

environnantes du Sud-Est en particulier les amis du Sud- Est, à un grand rassemblement le

samedi 16 juin 2012 à l’auditorium du journal Haiti Liberté situé au 1583 Albany Ave, Brooklyn NY

11210, entre Glenwood et Ave H, de 6 :00 pm à 8 :00 pm.

Au cours de ce colloque, les grands défis et les perspectives du développement du

Sud-Est seront à l’ordre du jour. Un comité de suivi sera mis en place pour donner suite aux

résolutions qui en seront prises.

Avant le rassemblement, une petite réception sera offerte par la FEDADSE à 5 :00 pm

exactement.

Pour de plus amples informations, appelez aux 718-853-2402, 917-327-9173 ou

visitez le webside de la FEDADSE : www.Fedadse.org

Jean Claude Cajou

Secrétaire général

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A l’occasion

5 ème

du

anniversaire du journal

HAITI LIBERTÉ

5 ans de lutte * 5 ans de courage * 5 ans de résistance

Ce sera la fête du Patriotisme, de la Liberté et de la Solidarité

Une fête à vivre et à revivre en l’honneur de Charlemagne Péralte

Avec

Le groupe musical Rétro Band - Et d’autres artistes

John Steve Brunache

Monvelyno Alexis

Dans le cadre enchanteur de

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Sis au 167-17 Northern Blvd, Flushing, NY 11358

Samedi 28 juillet 2012

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Admission $75.00 par personne

Information : 718-421-0162

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Les places sont limitées. Il n’y aura pas de paiement à la porte. Si vous

n’avez pas reçu votre carte d’invitation, hâtez vous donc de réserver votre

place en appelant le 718-421-0162 ou passez à notre bureau au

1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210

Un bus sera mis à la disposition de toutes personnes à

Brooklyn qui n’ont pas de transportation.

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Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 48 • Du 13 au 19 juin 2012

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