Haiti Liberte 25 Avril 2012

haitiliberte

Vol. 5 • No. 41 • du 25 Avril au 1er Mai 2012 Haiti 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00

HAÏTI LIBERTÉ

JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE

1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210 Tel: 718-421-0162

Email: editor@haitiliberte.com

Wyclef

démasque

Web: www.haitiliberte.com

Moïse Jean-Charles :

« Nou mande pou pèp

ayisyen an leve kanpe! »

Page 6

le régime

Martelly !

La mort liquide !

Page 7

Voir page 4

Wyclef Jean, l’ambassadeur itinérant de Martelly, vient de démasquer le pouvoir en publiant ce lundi 23 avril 2012 une

note de presse pour fixer sa position et apporter son soutien à Pierre Edouard Kanzki.

Haiti Liberté/Daniel Tercier

Wikileaks : Colombie

ou comment

coexistent tourisme et

terreur

Page 10

Deux incidents,

deux morts!

Voir page 4

Le policier, Walky Calixte, agent II, âgé de 27 ans, affecté à la Direction de la Circulation et de la Police Routière (DCPR) a été assassiné

par des individus armés au grand jour au volant de son véhicule à Martissant 27, un quartier populaire situé au Sud de la capitale.

Prisonniers palestiniens

en Israël : la « bataille

des ventres vides » a

commencé

Page 17


Editorial

HAITI

Liberté

L’espoir du renouveau !

Par Berthony Dupont

Inutile de cacher la vérité ! Haiti sous occupation onusienne

depuis 2004 est à un tournant extrêmement critique

et aujourd’hui la situation devient bien plus compliquée

qu’elle ne l’était auparavant. Le gouvernement

actuel, en complicité avec la Communauté internationale,

veut nous priver de notre souveraineté et de notre indépendance,

nous réduisant presque à un otage, véritable

démarche politique internationale, pour ressusciter Hispaniola

au profit de la République voisine et sur laquelle

l’opinion haïtienne n’a jamais été consultée.

Aujourd’hui, plus que jamais nous faisons face à de

graves cauchemars basés sur le banditisme de l’Etat haïtien.

Les tragiques événements qui secouent le pays tels

que la violence, les mensonges officiels, l’insécurité, la

corruption de nos dirigeants, les pots de vin distribués aux

juges, sénateurs et députés, sans oublier la fuite des capitaux

du pays ne sont pas surprenants. Avouons que c’est

un programme méticuleusement dressé pour nous marcher

dessus et nous humilier davantage.

C’est donc, dans ce triste panorama que le journal

Haiti Liberté au nom de l’intérêt national et populaire, en

prélude à son cinquième anniversaire qui sera célébré le 28

juillet prochain, organise ce week-end un dîner de solidarité,

une étape en son genre pour continuer la lutte contre

les chantres du déclin et tenir allumés les projecteurs de la

résistance, flambeau de notre souveraineté de peuple libre.

Ajoutons à ce panorama, l’attitude attentive de Washington

à nous fabriquer des obstacles à n’en plus finir.

Vous lecteurs, amis sympathisants du journal et

en particulier tous les êtres imprégnés de la volonté de

changements, vous êtes tous attendus à ce rassemblement

pour que Haiti Liberté continue son travail.

Ce rendez-vous du 28 avril ne sera pas seulement

pour recueillir des fonds pour le journal, mais va être également

une façon de permettre aux progressistes, les vrais,

les conséquents, les plus conscients de se sentir au moins

pour une fois ensemble et de se ressaisir.

L’heure est à présent venue pour procéder à un examen

de conscience. L’heure est venue de nous demander

pourquoi sommes-nous si éloignés l’un de l’autre.

Cette soirée sera en fait en communion avec les gens

qui veulent réellement un changement pour leur pays. Ça

va être une autre façon de donner une signification certaine

aux rapports humains ; vu que sans le rapport humain,

le rapport politique devient toujours vide de sens,

faux, apparent, en un mot inexistant. Il nous faut commencer

par socialiser, par nous familiariser les uns avec

les autres, par nous bien connaître l’un et l’autre, nous

les combattants pour le changement. En absence d’un tel

mouvement de symbiose, d’une telle manifestation, les

perspectives de changement que nous évoquons tous les

jours, resteront plus faibles que jamais, pour être reléguées

à des voeux pieux.

Nous avons, certes, le changement comme objectif,

mais nous n’avons jamais eu de stratégie convaincante

pour arriver à cette fin. Or voici que le journal qui se veut le

canal par lequel des revendications et des critiques populaires

s’expriment est dans une impasse financière fragile

qui pourrait même nous forcer à fermer nos portes. Mais

comment empêcher ce malheur d’arriver ? Votre présence

ce samedi et votre solidarité continuelle peuvent nous affranchir

des soucis financiers et nous assurer de continuer

sans relâche la lutte contre l’ennemi impérialiste et ses relais

en Haïti.

En vérité, nous avons passé plus de temps à nous

combattre les uns contre les autres à cause de divergences

secondaires plutôt que de lutter contre l’ennemi principal.

Il est des moments où garder le silence vous fait devenir

complice de l’intolérable. Nous devons publiquement

manifester notre indignation et notre inquiétude devant la

recrudescence de la mainmise néo-coloniale et également

manifester notre support à la lutte ouverte du peuple ; alors,

ce dîner va être pour vous la meilleure façon de vous

complaire.

Sortir en nombre imposant ce samedi pour rehausser

la soirée de solidarité à Haiti Liberté est déjà un signe de

victoire sur les forces anti-changement qui ne veulent pas

ou qui sont incapables de comprendre que le rêve politique

et romantique d’une classe organisée à idéologie homogène

et unie par le destin révolutionnaire ne sera jamais

défait.

Il nous faut lutter afin que le pari de l’impérialisme

avec Martelly, Conille, Lamothe ou de n’importe quel autre

valet, chiens de file de leur arsenal humain, restera

utopique, irréalisable, c'est-à-dire voué à l’échec.

Unissons-nous et serrons les rangs, chers camarades,

pour non seulement la réussite de cette activité rassemblante,

mais aussi pour écarter le cauchemar de malheurs

éventuels, libérer notre pays et construire une société basée

sur l’égalité, la justice, l’indépendance nationale et la

dignité de tous nos citoyens.

C’est dans cette ambiance de combativité, de progrès

et de confiance que le journal Haiti Liberté vous convie et

vous attend en grande foule à ce grand dîner de solidarité

et de l’honneur.

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

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Directeur

Berthony Dupont

Editeur

Dr. Frantz Latour

Rédaction

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

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Guy Roumer

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EN HAITI

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Collaborateurs

Marie-Célie Agnant

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2

Haiti Liberté/Haitian Times


A travers Haiti

Le programme de relogement des

déplacés du 12 janvier 2010, une

gargote de millions

Un commerçant abattu sur

la frontière de Malpasse par

un conseiller de Martelly

Par Jackson Rateau

Le programme de relogement des

déplacés du séisme du 12 janvier

2010 que claironne Martelly,

programme soutenu par le gouvernement

canadien à hauteur de 20

millions de dollars US, s’est opéré

de manière désordonnée et sur fond

d’hostilité inouïe. En dehors des

camps incendiés dans la périphérie

métropolitaine et dans d’autres endroits

du pays, de violentes agressions

et des viols commis sur les

femmes, les jeunes filles et les fillettes

ont eu lieu dans la majorité des

camps de déplacés dans le pays. Les

actes de violences infligées aux déplacés

du camp de Gaston Magron à

Marianie et celui de la Place Jérémie,

en sont deux exemples flagrants.

Selon la Plateforme des Organisations

Haïtiennes des Droits Humains

(POHDH), depuis la terreur

de la nuit du 28 mars 2012 au Camp

de Gaston Magron, les sinistrés, vivant

dans ce camp, ont exprimé leur

phobie d’y rester. L’organisation qui

a décrit cette nuit épouvantable où

des bandits armés avaient saccagé le

camp, violant des femmes, des jeunes

filles et des fillettes, blessant beaucoup

de personnes dont des femmes

enceintes à coups d’armes à feu et

d’armes blanches, incendiant des

tentes, tuant 2 personnes, dénonce

les menaces dont sont constamment

victimes constamment les déplacés.

Ces actes de violence paraissent être

une forme de pression pour les forcer

à abandonner les camps.

L’organisation dit aussi constater

que la sécurité dans les camps

est négligée. Au Camp de Gaston

Magron, pris comme illustration, il

n’y a qu’un seul char de la MINUS-

TAH qui se trouve stationné à l’entrée

du camp pendant la journée, jusqu’à

4 heures de l’après-midi.

En dépit des plaintes et des dénonciations

portées par les comités

des camps, les autorités restent indifférentes

et la situation des victimes

demeure cruciale.

Les cas du Camps du Lycée

Toussaint incendié en février dernier

et celui de la Place Jérémie terrorisé

dans la nuit du 20 au 21 décembre

2011, en sont 2 illustrations assez

terribles.

Comme l’avait rapporté le Collectif

pour la Défense des Droits au

Logement (CDDL), cette nuit, des

criminels réunissant des civils armés

et des policiers, avaient attaqué des

déplacés de la Place Jérémie. Lors

de cette horrible razzia, des tentes

s’étaient effondrées sur des bébés endormis

et des femmes enceintes. Les

victimes ont soutenu que les malfrats

qui ont été grassement payés pour

commettre sur elles cet acte barbare,

avaient agi par préméditation. Beaucoup

d’autres sinistrés s’en étaient

sortis avec de graves blessures.

Ayant été chassés cette nuit, ils n’ont

nulle part où se loger.

« Dans la nuit du 20 au 21

décembre 2011, aux environs de

Accident mortel sur la Route de

l’Aviation, un mort et 6 blessés

Tôt le matin du vendredi 20

avril dernier, sur la route de

l’ancienne piste de l’aviation, un

camion surchargé immatriculé TP

72731 dont les freins ont lâché, a

4 heures AM, avait surgi dans le

camp, un groupe de voyous armés. A

grand renfort de violence, ils ont tout

chamboulé, nous agressant à coups

de poignards et d’armes à feu. Beaucoup

d’entre nous s’en étaient sortis

avec de graves blessures. Ils ont détruit

nos tentes qui se sont affalées

sur des enfants et des femmes enceintes.

Depuis, nous sommes sans

logement, alors que la saison des

violentes pluies et des cyclones approche.

Nous n’avons nulle part où

nous réfugier. Nous sommes réduits

à la pauvreté extrême. Nos enfants

sont lâchés dans les rues comme des

petits animaux, sans nourriture, sans

pain de l’instruction » a indiqué un

des sinistrés qui vivait au Camp de la

Place Jérémie.

La semaine dernière, le correspondant

de ‘Radio Panou’ au Québec,

Michel Edouard, a rapporté les

résultats de recherche d’un jeune,

vivant dans un camp. Ces résultats

divulgués en Haïti, ont ainsi affiché

les exubérantes sommes recueillies

pour la reconstruction d’Haïti, abandonnées

aux comptes des ONG telles

: Catholique Relief Service (CRS) qui

empoche 135 millions 700 mille dollars

US, World Vision : 144 millions

de dollars US, Médecins Sans Frontière

(MSF) : 185 millions de dollars

US, OXFAM : 124 millions de dollars

US, UNICEF : 62 millions de dollars

US, deux autres ONG non identifiées

dont l’une avec 4 millions de dollars

US et l’autre : 61 millions de dollars

US.

fait panache, faisant un mort et 6

blessés.

En effet, Wedley Linsfor, 26

ans, qui se trouvait au sommet du

véhicule a été projeté en chute libre

dans le vide. Il est mort sur le

champ. Les blessés ont été transportés

d’urgence à l’Hôpital de

l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH)

pour être soignés.

Calixte Valentin conseiller

politique de Michel Martelly

Dans l’après-midi du vendredi 18

avril dernier, dans la juridiction de

la Croix des Bouquets, l’assassin présumé

du compatriote haïtien Octanol

Derissaint, Calixte Valentin, a été appréhendé

et coffré par la police et la

justice haïtiennes.

Monsieur Derissaint, 32 ans, est

un paysan, un petit commerçant qui tenait

son négoce sur la frontière de Malpasse

depuis cela quelques années. Il a

été lâchement abattu de 3 balles par le

criminel Calixte Valentin qui se réclame

être le conseiller politique du président

Sweet Micky Martelly, s’étant aussi autoproclamé

aussi comme un inspecteur

attitré, qui remet de l’ordre dans la

douane haïtienne de Malpasse.

Selon ce qu’a communiqué le

responsable du commissariat de la

PNH de la Croix des Bouquets, les opérations

d’arrestation du sicaire, ont été

diligentées par le commissaire du gouvernement

de la dite commune, Mario

Bauvoir.

« Le crime s’est produit sur la

frontière de Malpasse. Il était environ

5 heures quand un groupe d’hommes,

portant lunettes noires, a surgi sur

la frontière. Ils se réclament être les

agents de sécurité de Calixte Valentin.

On avait alors autorisé un chauffeur

dominicain à traverser avec son

camion. Cependant, les chauffeurs

haïtiens ont été tout bonnement

éconduits. Un d’entre eux a protesté

en faisant savoir que son camion est

vide, d’autant qu’il va rentrer chez lui.

Comme la dispute continuait, alors est

apparu Calixte. Il a menacé le chauffeur

de lui brûler la cervelle d’une balle,

s’il continuait à s’engueuler avec lui.

Les autres chauffeurs, défendant leur

collègue, ont pesté, disant : Si vous

le touchez, nous mourrons tous avec

lui. Il est un chauffeur comme nous.

Le prétendu responsable a tiré 4 balles.

Nous avons vidé les lieux, regagnant

la ville de Fond Parisien. Valentin nous

a poursuivis jusque dans la ville où il

nous a trouvés au bord d’une rue. Ralentissant

sa voiture, il a sorti son arme

abattant Octanol de 3 balles…Honnêtement,

je ne peux pas affirmer de manière

catégorique que ce soit un acte de

vengeance, puisqu’il n’y a eu aucune

altercation entre la victime et son assassin

», a expliqué un des chauffeurs,

témoins de la scène du crime.

« J’étais en route pour aller

approvisionner mon camion en

carburant, quand j’ai entendu les

détonations. Je me suis arrêté, rangeant

mon véhicule au bord de la route. Tout

à coup, j’ai entendu quelqu’un crier :

Tanol est mort. Alors, je me suis empressé

de me rendre sur les lieux, et j’ai

vu mon frère étendu, baignant dans

son sang sur le pavé. Hâtivement,

nous l’avons transporté à l’hôpital,

mais, il a succombé à ses blessures…Il

est âgé de 32 ans et père de 2 enfants

dont un bébé de 3 mois. Il est un marchand

de produits alimentaires sur la

frontière », a précisé en pleurant, un de

ses frères.

« Dès lundi prochain, Valentin

devra comparaître devant le juge

d’instruction travaillant sur son

dossier. Ce n’est pas moi, en tant que

doyen qui dois travailler sur le dossier,

comme beaucoup le pensent. D’ailleurs,

les doyens n’ont aucune attribution

de faire des instructions. Il y a des

juges qui sont placés pour accomplir

cette tache. Dès lundi, l’inculpé Valentin

sera auditionné par un juge d’instruction.

La police devra nous l’emmener

à 10 heures…Vendredi après-midi,

nous l’avions remis au commissariat

de la Croix des Bouquets. Nous avons

un grave problème dans ce commissariat

qui n’est pas doté d’une cellule de

garde à vue. Souvent, nous transférons

nos détenus dans des sous commissariats

comme celui de Bon Repos,

de Calvaire, de Caseau et de Gantheir.

Dans le cas de ce détenu (Valentin), il

se pourrait bien qu’il soit transféré dans

une autre juridiction. Donc, comme je

vous le dis, le cabinet d’instruction

doit l’entendre lundi. Selon l’issue de

l’audition, il pourra être renvoyé chez

lui ou gardé en détention, ça dépendra

de la décision du juge qui entendra

l’affaire », a déclaré le doyen du tribunal

de première instance de la Croix des

Bouquets, Jean Manice.

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Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 3


Haïti: Deux incidents,

deux morts

Wyclef Jean démasque le

régime Martelly !

Par Mona Péralte

A Carrefour, au niveau de la route des Rails, deux journées de

protestation, jeudi 19 et vendredi 20 Avril ont été organisées par les

résidents de la zone contre l’assassinat du policier Walky Calixte. Ces

protestations se sont poursuivies encore ce lundi 23 avril à la capitale où

presque toutes les activités sont paralysées.

Par Thomas Peralte

Le mardi 17 et le mercredi 18 Avril

2012, deux (2) incidents malheureux

se sont produits en Haïti et qui

ont des conséquences néfastes sur la

vie de la population. Le policier, Walky

Calixte, agent II, âgé de 27 ans, affecté

à la Direction de la Circulation et de la

Police Routière (DCPR) a été assassiné

par des individus armés au grand jour

au volant de son véhicule à Martissant

27, un quartier populaire situé au Sud

de la capitale. Le policier a été abattu

quelques heures après l’arrestation du

chauffeur et proche du député de la première

circonscription de Port-au-Prince,

Rodriguez Séjour, en détention illégale

d’arme à feu. Le chauffeur du député a

pu recouvrer sa libération, grâce à des

interventions de hauts responsables

de l’Etat, dont le ministre de la justice,

Michel Brunache et le commissaire du

gouvernement, Jean Renel Sénatus.

Suite à sa libération, en compagnie du

député Rodriguez, il a proféré des menaces

de mort à l’endroit du policier qui a

rendu l’âme, un peu plus tard sous des

balles assassines. Il est évident que la

détention d’arme illégale et l’arrestation

d’un proche du député cité plus haut

seraient à la base de l’assassinat lâche

et éhonté du policier.

Dans la foulée, le député Rodriguez

a tenté de se défendre sur les

ondes de Radio Caraïbes le mercredi

18 Avril, tandis que les frères d’armes

du policier victime, qui étaient déjà en

colère, sont intervenus devant les locaux

de cette station de radio pour exiger

l’arrestation du député. Ce jour-là

des coups de feu ont été entendus aux

alentours de la radio, au moment où

le député quittait la station dans une

atmosphère très agitée, après avoir

décliné, en direct sur les ondes, toute

responsabilité dans la mort du policier,

survenue suite à un autre incident dans

lequel était impliqué le chauffeur du

député.

Des policiers ont observé un arrêt

de travail en solidarité avec leur

collègue assassiné. Cette situation,

par surcroît, a créé des embouteillages

monstres dans les différents circuits

de la zone métropolitaine. A Carrefour,

au niveau de la route des Rails, deux

(2) journées de protestation, jeudi 19

et vendredi 20 Avril ont été organisées

par les résidents de la zone contre

l’assassinat du policier Walky Calixte.

Ces protestations se sont poursuivies

encore ce lundi 23 avril à la capitale où

presque toutes les activités sont paralysées.

Un mot d’ordre de grève lancé

par les policiers a été observé à 90 %

au niveau de la Police. Partout où l’on

passe, on n’a pas observé la présence

de policiers ni de patrouille de policiers.

Les protestataires ont péremptoirement

pointé du doigt le député cité comme

étant l’auteur intellectuel du meurtre

du policier Calixte. Durant ces journées

de protestations, des barricades enflammées

et des carcasses de voitures

étaient dressées sur les chaussées un

peu partout de la capitale. Il y a eu

également des lancements de jets de

pierres pour exiger, disaient-ils, justice

pour le policier Walky Calixte qu’ils ont

reconnu comme étant un homme exemplaire

de la zone. Selon les habitants

du quartier Walky Calixte était issu de

Le député de la première

circonscription de Port-au-Prince,

Rodriguez Séjour

la 18e promotion de la PNH et étudiant

finissant en psychologie à la Faculté

des Sciences Humaines de l’UEH.

Ils ont fait savoir que ce mouvement

n’est pas seulement en faveur de

Walky, mais pour tous les policiers du

pays qui subissent de mauvais traitement

de la part des autorités du pays

qui se veulent être au-dessus de la loi.

Le père de la victime, Ezéchiel

Calixte a demandé justice pour son

fils, qui jouait un grand rôle dans

l’accompagnement de la famille : « Le

meilleur accompagnement que nous

attendons des autorités, c’est qu’elles

rendent justice à notre fils. », indiquaitil

Les autorités judiciaires et

policières se sont dit déterminées à diligenter

une enquête afin déterminer les

circonstances exactes de l’assassinat du

policier Calixte. Le commissaire du gouvernement

de Port-au-Prince, Jean Renel

Sénatus a indiqué que des mandats

d’amener ont été déjà lancés contre les

personnes soupçonnées d’implication

dans cette affaire.

Cette affaire de meurtre a aussi

un impact négatif sur le fonctionnement

de la Chambre des députés dont le présumé

auteur fait partie. La commission

spéciale de la Chambre des députés dirigée

par l’élu de Petit-Goâve, Stevenson

Thimoléon a dû reporter la rencontre

au cours de laquelle le Premier ministre

désigné, Laurent Salvador Lamothe faisait

le dépôt de ses pièces. Le président

de la Chambre des députés, de son côté

a fait savoir que le député Rodriguez se

trouvait maintenant dans un endroit

sûr en attendant que la justice fasse la

lumière sur ce dossier brûlant.

Par ailleurs, un autre incident

s’est produit mercredi soir au niveau

de la frontière à Fond-Parisien. Le Conseiller

politique du président Michel

Joseph Martelly, qui se trouve actuellement

aux Etats-Unis pour des raisons

de santé, disait-on, Calixte Valentin a

abattu de trois (3) balles le commerçant

Octanol Dérissaint, âgé de 32 ans,

et père de deux (2) enfants dont un

nourrisson de trois (3) mois. Les habitants

de la zone frontalière ont accusé

le proche du président, Calixte Valentin

dans l’assassinat de ce commerçant, ils

exigent l’arrestation et le jugement du

présumé assassin.

Le vendredi 20 avril dernier,

lors d’une opération conduite par le

commissaire du gouvernement de la

juridiction de la Croix-des-Bourquets,

Me. Mario Beauvoir, on a procédé à

l’arrestation de Calixte Valentin.

Suite à la page (15)

La semaine dernière, le gouvernement

haïtien et celui de la République

dominicaine avaient accusé le citoyen

dominicain l’ex-colonel Pedro Julio Goico

Guerrero dit Pepe Goico et le citoyen haïtien

Pierre Edouard Kanzki de fomenter

un complot pour déstabiliser le président

haïtien Michel Martelly. Cette histoire de

complot a été concoctée, suite aux dossiers

de corruption publié par la journaliste

Nuria en Republique Dominicaine où

elle a exprimé que le chef de l’Etat haïtien,

Michel Martelly aurait reçu du Sénateur

et homme d’affaires dominicain

Félix Bautista 2,5 millions de dollars de

pots-de-vin en échange de juteux contrats

d’environ 400 millions de dollars

attribués en Haïti à ses firmes de construction.

Wyclef Jean un ami de Martelly et

qui est son ambassadeur itinérant vient

de demasquer le pouvoir en place en

publiant ce lundi 23 avril 2012 une note

de presse pour fixer sa position et apporter

son soutien à son ami Pierre Edouard

Kanzki

« Moi, Wyclef Jean, Ambassadeur

itinérant du gouvernement du Président

Martelly, je prends la parole aujourd’hui,

pour fixer ma position devant le

gouvernement, les secteurs politique,

économique, et religieux, devant la

presse, les organisations de défense des

droits humains, devant tout le peuple

haïtien, devant la communauté internationale,

et devant le monde entier, dans

l’affaire du prétendu complot contre le

gouvernement du Président Martelly.

Pierre Edouard Kanzki est mon

ami, il est comme mon jeune frère. Je

l’aime beaucoup. Lui aussi, il m’aime

beaucoup. Je le connais à fond. Pierre

Edouard et toute sa famille sont aussi

des amis du Président Martelly. Ce

sont des amis du gouvernement. Pierre

Edouard était à mes côtés tout au cours

de la campagne pour le second tour

des élections. C’est un jeune homme

honnête, dynamique, intelligent, grand

travailleur, qui n’a jamais été mêlé à

aucune affaire louche, qui n’a jamais été

dans des affaires illégales.

Devant tous les secteurs du pays

: secteurs politique, économique, religieux,

la presse, les organisations de défense

des droits humains, devant tout le

peuple haïtien, devant la communauté

internationale et devant le monde entier,

moi Wyclef Jean, je me porte garant que

Pierre Edouard Kanzki n’est partie prenante

dans aucun complot et n’a jamais

été partie prenante dans un complot.

Merci beaucoup. »

Le nommé Kanzki a par ailleurs

pris sa défense lui-même en dénonçant

les accusations portées contre lui,

il a écrit ceci « J’invite alors la population

haïtienne à la lecture de plusieurs

déclarations, pour les plus exhaustives,

officiels dominicains, tels le principal

HAÏTI EN ONDES &

SÉRUM VÉRITÉ

Tous les dimanches de 2 h à 4 h p.m.

Deux heures d’information et d’analyse

politiques animées par des journalistes

chevronnés haïtiens à la pointe de

l’actualité tels:

Jean Elie Th. Pierre-Louis, Guy Dorvil,

Dorsainvil Bewit, Claudy Jean-Jacques,

Jean Laurent Nelson, et pour Haïti

Liberté, Kim Ives.

En direct avec Bénédict Gilot depuis Haïti.

Soyez à l’écoute sur Radyo Panou &

Radyo Inite.

Wyclef Jean et son ami Pierre Edouard Kanzki

candidat du parti du président Fernandez,

monsieur Danilo Medina, de la

magistrate Yeni Berenice Reynoso, qui

attestent, formellement et sans détour,

de l’absence manifeste de tout complot

à l’encontre du gouvernement haïtien

et, singulièrement, du président Joseph

Michel Martelly »

Ces accusations n’ont pas encore

fini qu’une autre vient de paraître dans la

presse. Il s’agit d’un Sénateur dominicain

du nom de Wilton Guerrero. Il a annoncé

que plusieurs secteurs liés au narcotrafic

international et au Projet politique de

Hipòlito Mejìa (PPH) veulent assassiner

la journaliste d’investigation Nuria Piera,

pour le mettre sous le compte du parti

de la Libération Dominicaine (PLB) et

de ses candidats Danilo Medina pour la

présidence et l’épouse du président Fernandez

candidate à la vice présidente.

Le sénateur a indiqué qu’un colombien,

un mexicain et plusieurs dominicains se

seraient réunis dans un hôtel en vue de

préparer l’exécution de ce projet criminel.

Signalons que ce parlementaire de

Peravia, a été élu sous la bannière du

Parti de la libération dominicaine (PLD).

Il a même commenté la nouvelle en indiquant

qu’une élimination de la journaliste

offrira une situation politique favorable

au Parti révolutionnaire dominicain

(PRD) de l’ex-Président Mejìa.

Puisqu’il n’y a jamais un sans

deux, c’est ainsi qu’un député de la Force

Nationale Progressiste, un parti minoritaire

d› extrême droite, Pelegrin Castillo

a également accusé Hipolito Mejia, candidat

du parti révolutionnaire dominicain

(PRD) pour les prochaines présidentielles

du 20 mai, en dévoilant : « Je suis bien au

courant que Mejía fut averti par les autorités

haitiennes que Guy Philippe et Louis

Jodel Chamblin préparaient un complot

pour déstabiliser le gouvernement Aristide

avec un appui officiel depuis la

république dominicaine sous la direction

CDs, DVDs,

Perfumes,

Bibles, Minutes on

phones, etc.

We Buy Gold & Silver

5401 NW 2nd Avenue

Miami, FL

(305) 305-9393

yeyeboul@yahoo.com

La journaliste Nuria Piera

d›un haïtiano américain influent, Stanley

Lucas que Mejia connaît bien», a ajouté

Castillo dans une déclaration publique reproduite

par le journal El Nacional. Selon

Castillo, Mejîa en tant que président de la

République dominicaine d’alors, a profité

du rôle qu›il jouait dans la déstabilisation

du gouvernement Aristide pour négocier

à son profit l›accord commercial spécial

«DR-Cafta» avec les Etats-Unis.

Il a enfin affirmé que « l›une des

raisons pour lesquelles la communauté

internationale n›avait pas assumé ses

responsabilités vis-à-vis d›Haïti, fut

l›espoir d›une solution dominicaine aux

problèmes des Haïtiens, vu qu›Haïti est

un état en faillite, qui a perdu la capacité

de s›auto-gouverner, mais qui n›aurait

jamais accepté d›être sous tutelle de la

république dominicaine.»

De telles révélations prouvent que

les politiciens de la République Dominicaine

se servent d’Haiti, rien que pour

donner le ton à leurs campagnes électorales.

Une façon également de prouver

qu’Haiti n’est plus un pays souverain

mais bien une province de la République

voisine.

Variété & Vibrations

Radio Show

Avec Yéyé Boul

Monday-Friday, 3-6 p.m.

WLQY 1320 AM

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YÉYÉ BOUL

4

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012


Twa fèy, Twa rasin O

Jusqu’à la prochaine embolie pulmonaire…

La maladie est parfois un prétexte

pour se valoriser. »

Mario Bolduc*

Par Fanfan La Tulipe

Tard, lundi de la semaine dernière

on apprenait que Michel Joseph

Martelly avait pris l’avion d’urgence

à destination de Miami, à cause d’une

embolie pulmonaire, selon un communiqué

de presse de la présidence. Environ

quarante-huit plus tard, Martelly

annonçait, d’une voix inhabituellement

sereine: « On se verra la semaine prochaine,

je vous aime beaucoup et je

pense beaucoup à vous. Je sais tout

ce qui se passe. Matin, midi et soir,

je m’entretiens avec les conseillers de

mon cabinet, avec les ministres et avec

le chef de la police pour que le pays

reste sous contrôle tèt kale». Pour le

médecin que je suis il paraît bizarre,

sinon suspect qu’un malade souffrant

d’une embolie pulmonaire, ce qui implique

des difficultés respiratoires, puisse

s’entretenir «matin, midi et soir» avec

conseillers, ministres et chef de la police.

Brrrr…

Je ferai remarquer que Martelly

est parti pratiquement à la cloche de

bois, on ne sait, officiellement, à bord

de quel avion. Bizarre pour un homme

particulièrement porté à l’exhibitionnisme

(autrefois dépravé), aux grands

chire, aux manifestations d’exubérance

langagière et de comportement. A quel

hôpital a-t-il été admis? Le diagnostic

d’embolie pulmonaire a-t-il été confirmé

par des examens radiologiques de

pointe ? Y a-t-il eu un rapport médical

indiquant l’évolution de l’état de santé

de l’illustre «malade» ? A-t-il commencé

un traitement par anticoagulant

devant être poursuivi en Haïti ? Opaque

secret d’Etat ou ténébreux secret de

magouilleur que Lucien Jura, l’obséquieux

porte-parole, peut lui-même ne

pas savoir ? Obscur secret encore bien

gardé.

Le sénateur-docteur Kelly Bastien

a été le premier à exprimer publiquement

des doutes à propos du diagnostic

d’embolie pulmonaire : « On

ne se remet pas d’une telle pathologie

dans l’espace de 48 heures à moins

que ça soit un miracle ». En effet, tout

médecin, à moins d’être un tèt mato ou

un charlatan sait très bien que l’embolie

pulmonaire n’est pas un accident

cardio-pulmonaire « simple » au sens

créole du terme. Gen lanmò ladan l. A

l’émission Ranmase de Radio Caraïbe,

le samedi 21 avril où intervenaient trois

médecins, madame le docteur Josette

Bijou était particulièrement curieuse de

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Sept heures du matin, un cours de fitness à Ultimate Fitness, un club de

luxe à Pétion-Ville. On y croise des PDG, des avocats... et autres zotobre

Qu’adviendrait-il à l’un de ces nantis si jamais un malheur leur tombait

dessus: grave accident de la circulation donnant lieu à une rupture du foie

ou une hémorragie sous-durale. Pas un hôpital moderne pour traiter de

telles graves urgences. Mais aucun bourgeois n’y pense. On s’amuse, on

s’empiffre dans les chic restaurants, on se «fitnesse» et vive la vie !

savoir quel médecin tchòtchò avait pris

le risque irresponsable de laisser Martelly

monter à bord d’un avion avec un

tel diagnostic, c’est tout dire.

A titre de médecin, je suis porté à

croire que M. Martelly n’a jamais souffert

d’une embolie pulmonaire. C’est

une pathologie que n’importe quel

médecin averti soupçonne immédiatement

chez tout malade se présentant

avec un essoufflement d’installation

subite accompagné de vives douleurs

thoraciques. Les premiers gestes thérapeutiques

qui s’imposent d’urgence

sont l’hospitalisation, l’oxygénation et

l’usage d’un anticoagulant, l’héparine

restant un médicament de choix. Le

diagnostic de certitude s’établit grâce à

une imagerie radiologique appropriée,

ce qui n’a pas été fait en Haïti. Et même

si cela avait été fait à Miami, je suis

certain que l’exubérance coutumière à

Martelly et l’empressement tyoulit de

Lucien Jura nous l’auraient déjà fait

savoir. A date aucun bulletin médical.

Peut-être qu’à son retour le président

en exhibera…huit. Brrr…

A titre de rédacteur du journal

progressiste Haïti Liberté, à titre de

membre de l’opposition à cette caricature

de président qu’est Martelly, je

suis porté à croire qu’il s’agit là d’un

montage, pareil à celui du jeudi 8 mars

dernier lorsque le chef de l’Etat, renforcé

par l’outrecuidante présence et

impertinente déclaration de l’ambassadeur

américain, a exhibé huit passeports

dont l’un de 33 pages (sans doute

préparé à la hâte et dans la confusion)

contrairement aux livrets ordinaires.

Les autres étaient inaccessibles à un

examen attentif de la part des journalistes.

J’affirme que le candidat Martelly

qui a accepté les magouillardes opérations

électorales de décembre 2011

et du 20 mars 2012 concoctées par

l’international, le président qui a osé

salamber un député au palais national,

ce président qui a donné l’ordre d’arrêter

ce même député et qui deux ou trois

jours plus tard a prétendu n’y être pour

rien «ni de loin ni de près», ce même

président qui n’a pas honte en public

de menacer un journaliste de «languettage»

de sa mère, ce même président

qu’une journaliste dominicaine a accusé

d’avoir reçu des pots-de-vin, des

anbatab d’un sénateur maffieux dominicain,

eh bien il est capable de n’importe

quelle combine, supercherie, ruse,

malice, astuce, magouille pour arriver à

ses fins, pou regle kòz li.

Je veux être bon prince et supposer,

même contre toute considération

rationnelle, qu’en effet Martelly

a souffert d’une embolie pulmonaire.

Mais permettez que je vous mette dans

le bain de cette éventualité en vous

racontant un épisode que j’ai vécu il y a

de cela 51 ans. Je suis étudiant en quatrième

année de médecine. Je finis ma

journée de stage en salle de médecine

et m’apprête à rentrer à la maison. Il

est une heure de l’après-midi. Devant

la salle d’urgence (anciennement « dispensaire»)

est stationnée une voiture

à l’intérieur de laquelle est assis sur le

siège arrière quelqu’un que je reconnais

tout de suite: Augustin Viau, directeur

du journal Le Moniteur, un proche politique

de Duvalier.

Je connaissais très bien Viau dont

la femme, Simone Dupré, était la tante

d’un très bon ami à moi et la sœur de

Mme Clovis Désinor. J’étais proche de

la famille jusqu’en 1957. Je m’approche

de la voiture. Viau me paraît diantrement

malade. Je l’interpelle. Il ne

répond pas. Alors s’amène échevelé,

livide, le chauffeur qui me reconnaît

et me dit : ti dòk m ap chèche oun

branka. Dirèk la endispoze. Il n’y a

aucun médecin, aucune infirmière en

salle d’urgence. Le seul ambulancier

disponible est parti emmener chez elle,

à Mahotières, Madame X, la maîtresse

d’un zotobre macoute. Familier de la

cour de l’hôpital je sais où trouver un

brancard qu’on a nettoyé et laissé à

sécher au soleil.

Nous couchons Viau sur la civière

encore humide mais «propre» et nous

dirigeons vers le pavillon baptisé Salle

Les gros bourgeois kanni des hauteurs avoisinant Port-au-Prince

devraient dépasser leur pingrerie et goinfrerie, s’élever au-dessus

du niveau de leur ventre et bas-ventre et consacrer, par année au

moins un pour cent de leurs richesses pour doter la capitale

d’un hôpital moderne digne de ce nom

privée juste en face de la salle d’urgence.

Viaud semble respirer. Etudiant,

je suis dépassé par les événements. Je

cours en salle de chirurgie où je trouve

le seul médecin encore disponible, le Dr.

Bouchette, un duvaliériste dou. Vite il

accourt, commence les manœuvres de

ressuscitation et me demande de lui

donner une ampoule d’adrénaline et

une seringue. Les médicaments sont

sous clef. C’est une bonne sœur qui y

a accès. Or, à cette heure, elle se trouve

au pavillon affecté aux religieuses. A

toute bouline je pars la chercher. Elle

était en prière.

Elle sait qui je suis et s’approche

de moi. Je lui explique la situation. Elle

ouvre de grands yeux tout en s’exclamant

: Sainte Marie, mère de Dieu !

Nous filons vers la Salle privée, mais

avec ses sabots et son large accoutrement

vestimentaire mamè a du

mal à presser le pas. Je réalise qu’elle

égrène son rosaire et tout à coup elle

me demande «d’égrener» avec elle. J’ai

alors du mal à lui dire que je n’ai pas

«égrené» depuis belle lurette et que

j’ai même perdu l’absolution. Chaque

graine d’Ave Maria est une minute de

perdue. Finalement, nous arrivons à

destination. Le Dr Bouchette, livide, hébété,

transpire à grosses gouttes. Mamè

et moi avons alors entendu des regards

que d’autres auraient cru muets. Viau

avait succombé à une crise cardiaque,

par la faute d’un système hospitalier

mal organisé, mal tenu, lui-même

le reflet d’un régime pourri jusqu’à la

moelle.

Alors que la bonne sœur, Bouchette

et moi méditions sur la fragilité

de la vie s’abattaient tout à coup sur

la cour de l’hôpital des nuées de sauterelles

macoutes. En effet, Duvalier

avait été averti et avait accouru «au

chevet» de son ami. En fait il était venu

constater les conséquences d’un régime

inique, pervers, corrompu qui avait

tout chamboulé, tout chambardé, tout

bazardé et laissé l’hôpital aux mains du

sbire Roger Lafontant et d’un certain

Milien, un semi-analphabète, directeur

de la buanderie et qui chaque soir allait

faire son rapport au président à vie.

On aurait pensé que Duvalier

aurait tiré leçon de ce triste épisode,

d’autant que lui, diabétique, savait

que le diabète guette toujours le cœur.

A n’importe quel moment il pouvait

avoir une crise cardiaque et ne pas en

réchapper sans les soins appropriés,

rapidement administrés. On aurait cru

qu’il aurait nommé un directeur compétent

et éprouvé, à la hauteur de la

tâche, et profiter de cette circonstance

malheureuse pour faire de l’Hôpital de

l’Université d’Etat un centre hospitalier

moderne bien pourvu, bien outillé, où il

pourrait se faire soigner le cas échéant.

Hélas non !

Alors on se rend compte de ce

qui aurait pu arriver à Martelly si c’était

vrai qu’il avait souffert d’une embolie

pulmonaire, et qu’un médecin inconscient

ou incompétent, nonchalant ou

débutant, innocent ou carrément ignorant

lui avait fait courir le risque maladroit

et irresponsable de le faire voyager

en avion. Assurément un drame pour

la famille. Mais aussi on peut s’imaginer

le chaos qui en résulterait dans

ce contexte politique pourri de luttes de

clans, d’interférences crues du Blanc,

de basses manigances entre duvaliéristes

de la première heure franciscaine

et duvaliéristes de la «deuxième heure»

jean-claudiste, et de l’appétit vorace de

tous.

Martelly doit pouvoir réaliser –

son entourage de ti sousou aussi – qu’à

n’importe quel moment, lui (aussi bien

que moi), son épouse, son beau-père,

Laurent Lamothe ou Thierry Mayard

Paul ou un autre quidam peuvent

développer, par exemple, une rupture

d’anévrysme de l’aorte, une urgence

cardio-vasculaire chirurgicale extrême.

Et alors, il ne servirait à rien de prendre

un avion à destination de Miami ou

de Cleveland. En effet on peut se rappeler

que Sékou Touré victime d’un

anévrysme aortique en 1984, avait dû

attendre l’arrivée de l’avion privé du roi

Fahd d’Arabie saoudite qui l’a transporté

jusqu’à la fameuse Cleveland Clinic

dans l’Ohio. Tout un voyage ! Le

pauvre, il est mort sur la table d’opération.

Pran nòt, Martelly, et je sais que

vos sousou lisent le journal. Port-au-

Prince a besoin d’un hôpital moderne,

un hôpital de référence qui d’ailleurs

servirait aussi à répondre à n’importe

quelle grosse urgence pour toutes les

couches de la population, pas seulement

pour Monsieur le président ak

tout fanmi l.

Martelly (même s’il n’a pas souffert

d’une embolie) devrait penser à

l’avenir. Les gwo zouzoun du secteur

privé des affaires, les ministres (démissionnaires

et à venir) qui reçoivent des

pots-de-vin, les parlementaires qui sont

des privilégiés devraient s’allier à l’Etat

haïtien pour faire construire trois ou

quatre centre hospitaliers modernes à

travers le pays, en tout cas au moins

un à Port-au-Prince. Les gros bourgeois

kanni des hauteurs avoisinant Port-au-

Prince devraient dépasser leur pingrerie

et goinfrerie, s’élever au-dessus du

niveau de leur ventre et bas-ventre et

consacrer, par année, au moins un pour

cent de leur argent de façon à doter la

capitale d’un hôpital moderne digne de

ce nom, la seule chose dont ils pourraient

être fiers. La garde qui veille aux

barrières de leur somptueuse demeure

ne les défendra point d’une embolie

pulmonaire.

Mais j’ai l’impression que je

rêve en plein jour. Martelly et les

nantis doivent se ficher de tout ça.

D’ailleurs, carnavaler fesses au vent,

n’est-ce pas pour le président-chanteur-musicien-jouisseur

le plus important?

L’important ce n’est plus la

rose mais bien le rose (sisi). Je parie

Suite à la page (18)

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 5


Kwonik Kreyòl

Moïse Jean-Charles :

« Nou mande pou pèp ayisyen an leve kanpe! »

Lendi 23 avril, Ayïti Libète te fè yon

entèvyou ak Senatè Moïse Jean

Charles padan li te nan kapital peyi Kiba

Laavàn kote li t ap chache swen medikal

pou manman li. Nan entèvyou sa a senatè

fè konnen

AL – Senatè Moise, nan ki pwen

dosye doub nasyonalite a ye kounye a?

Eske n ap chèche prèv toujou, e kijan

manm komisyon ankèt yo ap kenbe?

MJC- Nou konnen apre vòt premye

minis deziye a, ki te yon vòt lawont, nou

te estime n ap suiv kòman sitiyasyon an

ap evolye. Men kounye a genyen yon

gwoup Satan ki te gen pou fè finisman an.

E nan gwoup Senatè sa yo, anpil pami yo

se Satan yo ye. Kounye a, nou pral eseye

reyini 7 oubyen 8 Me k ap vini la pou nou

kapab pran yon desizyon pou nou konkli

rapò a. Savledi, debi mwa Me nou pral

konkli rapò a e nou pral mete rapò a deyò.

AL - Eske nou te jwenn yon kopi

paspò meriken Michel Martelly ki te sipoze

nan men ansyen menaj li Maria Viltudes

nan Repiblik Dominiken?

MJC- Ekout. Nou te fè anpil erè nan

dosye doub nasyonalite a lè m te kòmanse

prezante yon seri dokiman. Gen kèk dosye

nou prezante, Anbasad Meriken di yo pa

bon. Genyen kèk kolèg ki t ap travay nan

komisyon an lè nou te remèt yo yon seri

dosye, yo di nou Anbasad la te deja di

dosye sa yo pa bon.

Kounye a nou te di nou pa la pou

nou pran plas lajistis. Se pa nou ki pou

fèmen dosye a. Noumenm antanke palmantè,

se dwa konstitisyonèl n ap praktike.

Se nan kad sa a, nou te deside se nan

dosye vwayaj prezidan an, nou kapab

verifye eske li konn vwayaje ak lòt paspò.

Se sa k fè nou te egzije prezidan an pou li

kapab bay nou tout dokiman vwayaj sa

yo. Paske chak fwa nou prezante yon

dokikan menm lè li vrè, ebyen anbasadè

a di li pa bon, oubyen kolèg ki nan komisyon

di w dosye sa yo te nan anbasad la,

anbasadè a di li pa bon.

Kounye a nou te deside mande

prezidan an dokiman vwayaj li, e nou pa

regrèt nou te fè kout kat sa a paske nou te

vin dekouvri tout dokiman vwayaj nou te

mande yo, yo ba nou posibilite pou nou

dekouvri minis ki genyen doub nasyonalite,

sekretè deta ki genyen doub nasyonalite

e prezidan an tou nou vin dekouvri li

genyen doub nasyonalite.

Paske nou siyale plizyè fè oubyen

iregilarite nou jwenn nan paspò yo.

Nou jwenn nan dosye lè nou te

mande prezidan Martelly paspò yo, pouki

li pat vle ban nou paspò yo. Lè nou t ap

fè chimen medyatik sa a, te gen Anbasadè

Ameriken ak lòt anbasadè ki te la anndan

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Palè Nasyonal, te genyen komisyon Relijyon

pou Lapè ki te la, se te yon chimen

medyatik. Erezman, moun Relijyon pou

Lapè yo te pote paspò yo ba nou.

Nou dekouvri nan paspò sa yo anpil,

anpil, anpil move bagay. Nan paspò sa

yo gen anpil fo so nan yo. Gen paspò ak

33 paj. Gen paspò prezidan an kite peyi

a, m kab pran kòm egzanp, an 2005,

prezidan kite peyi a pandan 21 fwa. Nou

pa janm wè kote li ale, savledi prezidan

an pase nan imigrasyon avèk yon paspò

ayisyen. Nou pa janm wè ak ki lòt paspò

li antre nan lòt peyi kote li ale yo. Nou

dekouvri prezidan an depi 2008, 2009,

2010, 2011, nou pa janm wè ak ki paspò

prezidan an vwayaje.

Se s ak fè nou ekri prezidan an pou

nou mande li ban nou esplikasyon sou

tout bagay sa yo. Answit, dat 21 novanm

2007 la fè anpil pale. Prezidan an te voye

yon medyatè kote nou pou te di nou prezidan

an pat vwayaje jou a paske li t al

nan bal nan Fèt Chanpèt. Finalman, nou

ale nan imigrasyon, imigrasyon di nou

prezidan an pa te vwayaje. Epi lè prezidan

an prezante nou paspò yo, nou wè li te

vwayaje.

Mwen panse se te yon wont lefètke

nou mande prezidan dokiman vwayaj li,

pou li ba nou fo paspò, li ba nou paspò ki

falsifye. Imajine w prezidan gen paspò ki

date 1981-1993, sa fè 12 zan. Sa pa janm

fèt nan peyi Ayiti.

Donk tout sa yo revele sèten iregilarite,

e se sa k fè nou dekouvri prezidan

vwayaje ak lòt paspò, paske li bay manti

anmenmtan li bay fo paspò. Mwen kwè

jodi a, bagay la parèt klè pou tout moun.

E si mwen ta parèt pou di prezidan an pa

gen doub nasyonalite, m ap parèt ridikil

devan pèp ayisyen an.

AL - Kisa ou ka di nou sou ankèt

sou nasyonalite premye minis deziye Laurent

Lamothe?

MJC- Se yon eskandal. Ou tande

rapò nou te fè soti pou nou ka pòte limyè

sou senatè avan vòt la. Etandone nou pat

klè sou nasyonalite misye Lamothe, nou

deja jwenn anpil eleman ki montre nou

klèman premye minis deziye a, genyen

anpil pwoblèm pa rapò avèk nasyonalite l.

Paspò li ba nou yo, gen paspò ki fini, misyè

Lamothe kontinye ap vwayaje sou yo.

Gen paspò tou premye minis deziye a bay

ki genyen so sòti, ki pa genyen so antre.

Answit, parapò a yon lòt dokiman

depite Arnel Bélizaire ban nou, se yon

dokiman ki gen 1000 konbyen paj. Nou

poko menm defouye l pou jwenn tout eleman

pou n fè rapò a. Nou te mande asanble

senatè yo sispann vòt la annatandan

nou fè reyinyon sou nasyonalite Laurent

BOUKAN

101.9 FM • SCA

Radyo Pa Nou

Emisyon KAKOLA

Konbit Ayisyen pou Kore Lit la ann Ayiti

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Pou yon Ayiti Libere

(917) 251-6057

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Mèkredi 9-10 pm

Lamothe.

Malerezman, te genyen yon

siklòn, siklòn nan se te pou vote Laurent

Lamothe sou baz enterè pèsonèl. Se pa te

enterè pou peyi, se pa te tou yon vòt politik,

se pa te yon vòt teknik, se te yon vòt

ban m djòb, se te yon vòt banm lajan, m

ap vote pou ou.

Mwen panse se vrèman yon wont

pou nasyon an lefètke dosye yon premye

minis deziye a pa klè, epi ou jwenn senatè

ki vin vote l. Te genyen senatè ki te vote

pou Laurent Lamothe ki fè m wont anpil.

Mwen te konte sou yo epi nan vòt la,

mwen te wè ki moun yo ye.

Savledi, Ayisyen, pafwa lè se yomenm

ki eli oubyen ki otorite, yo pa fè bak

devan enterè pèsonèl yo.

AL - Devan konsta sa yo, eske ou

prevwa Laurent Lamothe pral konfime

kòm premye minis?

MJC- Ak tout dosye sa yo parapò

ak sitiyasyon ki prezante la, li vrèman

konplèks pou kapab di pou Laurent Lamothe

ta vin premye minis paske li pa

ranpli tout kondisyon yo, li pa ranpli

kondisyon atik 157 nan Konstitisyon an,

e li pa ranpli kondisyon politik yo.

Atik 157 nan Konstitisyon an

mande pou rezide nan peyi omwen pandan

5 kan. Laurent Lamothe pa genyen l.

Li mande pou peye taks. Menm moman

li te minis afè etranjè, li pa te janm peye

taks. Se paske yo chwazi l pou l kapab vin

premye minis ki fè l peye 5 kan nan mwa

Mas la apre yo fin chwazi l nan. Laurent

Lamothe pat janm mete pye l an Ayiti,

malgre se yon moun ki gen anpil biznis

nan lemonn antye, men li pa janm rantre

an Ayiti pou l fè biznis.

Mwen kwè answit kesyon rezidans

nan ankò se yon lòt pwoblèm. Tout sa yo,

yo kreye yon sitiyasyon ki chaje ak konfizyon,

ki montre klèman misye pa ranpli

tout kondisyon pou li vini premye minis.

AL - Ki suivi manm Sena pral bay

repòtaj Nuria Piera te fè sou koripsyon pou

$2.6 milyon Senatè dominiken Félix Bautista,

dapre sa li di, te bay Michel Martelly?

MJC- Genyen yon revelasyon

mwen te konn fè nan radyo, sou televizyon,

nan jounal Ayiti Libète. Lè m te fè

revelasyon sa yo, te gen moun ki pran

mwen pou jwèt. Jounen jodi a tout moun

sa yo ban m rezon.

Lè m te denonse, mwen di prezidan

Martelly li rantre nan koripsyon, l ap gaspiye

lajan peyi a, gen moun ki pat janm

vle kwè.

Prezidan Martelly ankouraje yo bay

kontra ak yon seri konpayi an Repiblik

Dominiken pou yon senatè. Kontra sa yo

evalye apeprè $400 milyon dola amerik-

Senatè Moïse Jean-Charles

en. Nan $400 milyon ameriken sa yo, yo

bay prezidan 2 milyon oubyen 3 milyon.

Apresa, gen yon rès kòb yo bay ki poko

parèt nan laprès.

Answit, yo achte avyon ak elikoptè

pou Prezidan Martelly. Prezidan pran poz

se lwe l ap lwe avyon avèk elikoptè sa yo.

Alòske kòb sa yo Prezidan an fè Leta peye

yo, lajan sa yo ale nan kont, ale nan kanè

Prezidan Martelly.

Prezidan an pran pòz se lwe li lwe

avyon. Imajine w Prezidan ap lwe yon

avyon $1,700 ameriken chak inèdtan

li vwayaje. Yon jounen gen 24trè, wa

konnen konbyen kòb prezidan an fè. Lè

prezidan an vwayaje 7 jou, avyon an rete

avè l, kòb sa yo pa ale nan men yon sektè

prive oubyen yon patikilye vre. Tout kòb

sa yo ale nan kont Martelly.

Answit, yo di prezidan an lwe 3

elikoptè. Alòske elikoptè sa yo se pou

Martelly yo ye tou. Martelly peye pou

elikoptè yo $150,000 meriken chak mwa.

Tout lajan sa yo se pa pou patikilye yo ye

vre men se pou Martelly, e se nan menm

kontra sa yo Martelly benefisye ni lajan ni

elikoptè sa yo.

AL - Eske w te nan Palman an

semèn denye a lè ansyen militè yo te antre

nan syèj Palman an? Kisa w te wè, kisa ou

te asiste, si w te la?

MJC- Tann mwen. Avan menm

mwen reponn kesyon sa a, fò m di w tou

demogagi ki ap fèt, prezidan Martelly ki ap

di li malad. Tout bagay sa yo, se pou wè si

yo te kapab detounen yon plan, yon plan

kote yo mete Martelly toutouni, yo akize l

de koripsyon, yo di lajan sa yo se gouvènman

dominiken ak gouvènman ayisyen

ki la a, ki antre nan poupale po yo mele

nan gwo aksyon sa yo.

Kounye a, nan peryòd eleksyon

ki gen an Repiblik Dominiken, ebyen tèlman

genyen enfòmasyon, tèlman genyen

dosye, Prezidan Martelly te vin avèk yon

dosye kesyon koudeta pou wè kijan li ka

jwe avèk opinyon piblik la. Li wè sa pa

mache, kounye a yo vini ak kesyon Martelly

malad.

Mwen kwè tout bagay sa yo se pou

wè kijan yo kapab fè pou diminye kous

enpak sa fè nan eleksyon an Repiblik

Dominikèn pa rapò ak gwo bagay sa yo.

Answit, ou pale nan semen pase

a, lè te genyen yon seyans, chanm depite

te an asanble, kote yo t ap opine sou

dosye premye minis deziye a, kote te genyen

yon gwoup ansyen militè ki te parèt,

swadizan ansyen militè ak gwo zam nan

men yo, e sa te fè yon presyon sikolojik.

Men bagay sa a, mwen ba w garanti se

madanm Martelly avek Thierry Mayard-

Paul, avèk Calixte Valentin ki voye moun

sa yo sou baz pou yo pètibe rankont la, e

sou baz pou fè dosye Laurent Lamothe la

genyen pwoblèm.

Antouka, sa pa enterese m. Se pye

poul avèk ze poul k ap goumen la, pèp

ayisyen pa gen anyen pou wè ak bagay

sa. Men sa montre tout moun jodi a, ansyen

militè yo kòm yo toujou itilize yo, sa

montre klèman yo genyen yon men ki ap

gide yo. Se sak fè yo rantre nan tout koudeta.

Chak moun ki genyen yon fòs politik

ki bezwen itilize yo, itilize yo.

Se sa ki fè m di ou, se yon wont

pou peyi a, pou Prezidan Martelly ki reyisi

pran kòb nan men Prezidan Chavez, Hugo

Chavez ki se yon prezidan revolisyonè. Li

fè nou wont lè li vini ak yon prezidan ladwat,

ak zam pou kraze pèp ayisyen an.

AL - Nan moman sa a, avèk tout

evenman sa yo, kijan ou wè sekirite ansyen

prezidan Jean-Bertrand Aristide?

MJC- Jodi a, se pa selman Prezidan

Aristide. Tout moun menase nan peyi a.

Lè m te konn ap denonse kesyon ansyen

militè ki nan tout raje, toupatou, nan tout

depatman anndan nan peyi a, an katimini,

lè m te konn ap pale sou milis yo

ebyen jodi a nou rive nan yon kafou tout

moun menase, pa genyen moun ki pa

menase jodi a. Prezidan Aristide, m vreman

genyen anpil enkyetid pou li paske

sitiyasyon kap dewoule nan peyi a jounen

jodi a, se yon kawototal.

Ou gen yon prezidan ki pa

konprann anyen nan anyen. Ou genyen

yon prezidan ki avili, ou gen yon prezidan

ki dezabiye l. Ou gen yon prezidan ki

genyen twoub mantal. Ou gen yon prezidan

ki nan koripsyon, ou genyen yon

prezidan ki vle mete diktati. Ou gen yon

prezidan ki mantè. Ou gen yon prezidan

ki blofè. Ou gen yon prezidan ki genyen

tout kalite chòk sa yo.

E otomatikman ou genyen yon prezidan

jodi a ki nan peyi a ki pa konprann

sa l ap fè, ebyen se gagòt, tout moun

menase, moun tiye moun nenpòt kòman.

Depi moun nan bò kote Martelly li ka tiye

moun nenpòt kòman, pa genyen kote pou

rele l. Se sa kap pase anndan peyi a.

Lè w gen yon sitiyasyon konsa,

ebyen lavi tout moun menase, patikilyèman

gen moun ki sibi chòk la tankou prezidan

Aristide. Mwen gen anpil enkyetid

pou li paske prezidan Martelly mete peyi

a tèt anba, nou pa konn ki kote nou ye la,

kisa ki nan tèt li.

AL - Finalman, ki pòtdesoti, ki

solisyon ou wè pou pèp la nan konjonkti

malouk sa a?

MJC- Jodi a solisyon oubyen altènativ,

nou mande pou pèp ayisyen leve

kanpe. Nou mande pèp ayisyen leve

kanpe. Lavni yo, lavni timoun yo, lavni

tout moun, lavni peyi Dayiti menase. Tout

moun anba kou. Tout moun pran kou, e

jodi a pa gen moun ki epaye. Sitiyasyon

k ap devlope la a si nou pa estope l, retire

gouvènman Martelly nan tèt peyi a, kòm

yon etranje, ebyen se sak fè mwen mande

komisyon k ap mennen ankèt sou dosye

doub nasyonalite mwenmenm ap dirije a,

nou pral reyini rapid 7 ou 8 Me k ap vini

la yo pou nou fini ak rapò a paske nou

paka kite Prezidan Martelly ap kraze peyi

Dayiti.

Se sa k fè nou gen yon prezidan

iresponsab, noumenm, nan mande pèp

ayisyen an pou leve kanpe. Nou mande

kolèg nou ki vle pou finalize rapò a, pou

fini ak dosye sa a, paske Prezidan Martelly

ap kraze peyi Dayiti.

Pèp ayisyen an gen wòl pa l pou l

jwe. Mwenmenm mwen fin fè travay pa

m. Mwen te deja denonse tout sa k ap rive

la yo, se sak fè mwen pa pale twòp ankò.

Lè m te di yo, gen moun ki te kwè se jwèt,

men jodi a tout moun ap wè verite a. Jodi

a se kawototal.

Prezidan genyen pwoblèm ak premye

minis Garry Conille. Ou wè apre 4

mwa, ou pa ka asire yon premye minis

a 80%. Prezidan an kraze gouvènman

an poutèt dosye Sendomeng yo, e jodi a

nou wè sa k ap pase la: prezidan se kawo

li kreye anndan peyi a. Lapolis andanje.

Ansyen militè ap atake tout moun. Sektè

prive mele. Popilasyon ak sosyete sivil

mele. Moun nan katye popilè mele. Peyizan

mele.

Nou wè jodi a sa k ap rive nan peyi

a. Imajine w kwasans peyi a ou wè kijan

l ap disparèt.

Enfraksyon ogmante. Li te soti nan

4% rive a 5% sou prezidan Preval, kounye

a li rive a 10%. Ebyen nou pa ka rete pou

nou kite Martelly ak yon gwoup ansyen

militè, yon gwoup vwayou ki bò kote l,

jodi a se yo k ap mete kawo nan peyi a.

Nou wè tout sa k ap pase sou fwontyè a,

konseye politik prezidan an ap tiye moun

sou baz bagay anòmal ki t ap pase sou

fwontyè a.

Tout bagay sa yo fòk pèp ayisyen

an leve kanpe. Si n pa leve kanpe, pita

pral pitris.

Mèsi bokou.

6

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012


Perspectives

Sit-in devant l’ambassade des Etats-

Unis en Haïti contre l’ingérence !

Par Ayiti Kale Je

Début 2011, une douzaine de personnes

trouvaient la mort après

avoir absorbé du clairin à base de méthanol

dans la zone de Fond Baptiste,

au nord de Port-au-Prince, alors que

plus d’une vingtaine se retrouvaient

aveugles ou paralysées.

Une enquête du consortium Ayiti

Kale Je (AKJ) a découvert qu’aucune

enquête de l’Etat n’est en cours pour

dénouer la chaîne des responsabilités

dans cette tragédie. Aussi, la production

et vente de clairin continuent sans

aucune réglementation. Cette tragédie

pourrait se répéter à tout moment, à une

échelle encore plus grande. Manque de

volonté ? Pression politique ? Incapacité

et incompétence ? Les résultats

restent les mêmes.

« J’ai perdu mes entrailles. » C’est

en ces termes que Michaelle Hilaire se

souvient de la perte des siens. « J’ai

emmené mon cousin à l’hôpital et,

tandis que j’attendais face à la barrière

de l’hôpital, il est mort dans mes bras.

Lorsque je suis revenue le mercredi,

ils m’ont annoncé que mon frère était

malade. J’ai éclaté en sanglots. Quand

je suis revenue le lendemain, il était

mort. Et puis, mon mari est mort... Mon

cousin est mort, mon frère est mort,

mon homme est mort. »

Mère de six enfants, Michaelle

Hilaire fait partie de ces femmes de

Fond Baptiste– une zone montagneuse

au nord de la capitale de Port-au-Prince

– qui sont récemment devenues veuves

ou dont le mari est devenu aveugle ou

paralysé.

Pendant le mois de février 2011,

une femme de Fond Baptiste est morte

soudainement après avoir consommé

du « clairin », un alcool haïtien traditionnel

fait de canne à sucre. Dans les

jours suivants, au moins onze autres

personnes ont perdu la vie et près

d’une vingtaine d’autres sont devenues

aveugles ou paralysées – la majorité

sont des hommes – dans cette localité,

ainsi que dans les zones de Lully et de

Lafiteau.

Les autorités sanitaires nationales

et internationales ont été alertées.

Après des visites de terrain, elles ont

écrit des rapports sur un « faux clairin

», dilué avec du méthanol, un alcool

toxique généralement utilisé comme

solvant.

Selon un rapport des autorités

sanitaires, daté du 18 février 2011, «

les tests réalisés sur les prélèvements

Dr. Kesler Dalmacy

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Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

Jean-Claude Joinvil remplit une ancienne bouteille de rhum avec du

clairin pour un client dans un marché près de Léogâne. Photo: AKJ

de sang des patients et sur deux échantillons

de l’alcool ont confirmé que le

méthanol était responsable de l’intoxication

des habitants de Fond Baptiste et

des zones avoisinantes ».

Selon un autre rapport de

l’époque, publié par le Centre national

de toxicologie de Cuba, « l›alcool

méthylique ou alcool de bois [est]… le

plus simple des alcools. C’est un liquide

sans couleur, volatile avec une odeur

semblable à l’alcool éthylique. Il est

utilisé comme antigel, comme solvant

de gomme et dans la production de produits

biologiques ». Dans une entrevue

accordée à AKJ, le docteur Ancio Dorcélus

affirme : « Il est plus doux et beaucoup

plus sucré que l’éthanol ». Le docteur

Dorcélus a vu le résultat tragique

de cette douceur : il a traité une trentaine

de victimes empoisonnées (mais

toujours vivantes) dans sa clinique de

l›Arcahaie.

Un an déjà, mais c›est comme

si c’était hier…La veuve Hilaire n’a

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pas caché son émotion en évoquant

les trois membres de sa famille qui ont

trouvé la mort. Les larmes aux yeux,

elle a tenu à reconstituer ce pénible moment

qui a plongé son foyer dans une

situation extrêmement difficile.

« J’allais me rendre au marché

‘Maison de Pierre’, quand j’ai vu

que mon mari ne s’était pas réveillé.

Lorsqu’il a ouvert les yeux, il m’a

demandé de l’emmener à l’hôpital

parce qu’il ne voyait plus rien et ne

pouvait plus se tenir debout : il sentait

ses membres comme en lambeau », a

expliqué Mme. Hilaire.

Un an après cette tragédie,

qui a plongé une trentaine de familles

de Fond Baptiste dans la tourmente,

c’est surtout les femmes qui subissent

les séquelles de ce drame. Plusieurs

d’entre elles ont de trois à cinq enfants,

ce qui implique qu’un bon nombre de

ces orphelins de père n’ont plus la possibilité

de poursuivre leurs études. C’est

pourquoi elles ont réclamé une intervention

d’urgence des responsables de

l’Etat, afin d›obtenir justice pour leurs

proches disparus ou handicapés.

Comme elle connaît la personne

qui a vendu aux membres de sa famille

ce breuvage mortel, Mme. Hilaire prétend

vouloir se faire justice si les autorités

judiciaires n’interviennent pas dans

cette situation : « Si j›avais à mes côtés

quelqu›un avec la même opinion, je me

rendrais justice. Mais je n›ai personne

pour le moment. »

Le septuagénaire Orinvil Olipré

ne peut pas l’aider. Aveugle et à demiparalysé,

il reste cloué à un lit de paille

toute la journée, à proximité de sa petite

maisonnette faite de bois, écoutant les

bruits de tout ce qui bouge autour lui.

Ce vieillard, qui travaillait à la

culture de la terre et à l’élevage des

animaux, dépend maintenant de ses

enfants depuis son intoxication. Malgré

les dégâts causés par le clairin « méthanolisé

», tout en tremblotant, il s’entête

à boire. « Le clairin me permet de me

réchauffer, parce qu’il fait excessivement

froid », déclare-t-il.

Et pour ceux de la famille Louis, il

serait difficile d’aider Mme Hilaire, parce

qu’ils ont aussi perdu deux hommes

dans la même semaine. Tout d’abord, le

frère de Veillé Louis est mort. Ensuite,

Quelques-unes des veuves de Fond Baptiste. Photo: AKJ

Un « gildiv » ou distillerie à Léogâne qui est sur le point de fermer

en raison de la concurrence de « faux clairin ». Photo: Jude Stanley Roy

Orinvil Olipré sur son lit de paille, aveugle et à demi paralysé par le

clairin empoisonné. Photo: AKJ

pendant qu’il fabriquait le cercueil de

son frère, M. Louis buvait du clairin

pour se stimuler et se donner du courage.

Il est mort avant d’avoir terminé

le travail.

Perchée sur une montagne à plus

de 1 500 mètres, la septième section

communale de Arcahaie, la zone de

Fond Baptiste, est recouverte d’arbres

fruitiers, ce qui permet à la population

de vivre de l’élevage des animaux et de

l’agriculture.

En raison des températures froides,

il est très courant de voir les gens

boire du clairin le matin ou pendant la

journée. Dans la tragédie du clairin méthanolisé,

certains ont bu de l’alcool à

leur lieu de travail, en taillant des arbres,

et dans le voisinage, en discutant

avec leurs amis.

Rien d’étonnant, cette bourgade

est dépourvue de services et

d’infrastructures comme un hôpital

ou un commissariat de police. Il n’y a

aucun policier en poste dans la zone.

Et, comme pour l’ensemble du pays, il

n’y a aucun contrôle sur les produits de

consommation.

La vente du clairin

D’après les enquêtes d’Ayiti Kale Je

(AKJ), le marché Williamson (aux

limites de la zone de Cabaret) pour-

Clairin dans des bouteilles en

gallons, prêt pour la vente dans

un marché près de Léogâne. Photo:

Jude Stanley Roy

rait être à l’origine du « faux clairin

». Les journalistes d’AKJ ont pu

observer qu’il y a effectivement un

manque de contrôle évident sur sa

vente. Les vendeurs d’alcool, grossistes

et détaillants, n’identifient pas

leurs produits destinés à la consommation

par un étiquetage. Il n’y avait

aucun signe d’un quelconque agent de

contrôle de source gouvernementale.

Suite à la page (16)

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 7


La santé d’un résident

de la république !

Totale confusion dans la situation

politique en Haïti

Par Jacques NESI

Les haïtiens qui se sont manifestés

favorablement envers la candidature

de Michel Martelly ainsi que les

missions diplomatiques en Haïti, par

intérêt et par réalisme savaient qu’il

est incompétent et ne pouvait conduire

ce pays que vers l’ingouvernabilité.

Il n’a pas déçu. A défaut de ne pas

pouvoir assumer ses responsabilités,

Martelly n’est point un président de la

République, mais un résident de la République.

En dehors du débat sur son

identité, Martelly ne se contente pas de

voyager, de bourlinguer , d’escalader,

en famille, en tribus, en convois de

festifs, de sorciers assoiffés, mais parade,

crâne, partout, beaucoup, pour

découvrir l’univers embarricadé de ses

pairs, se montre jouissif de ses voyages,

pour rattraper son dégoût des

choses de l’esprit, s’instruire peut-être,

pour fuir le poids de ses responsabilité,

sans doute, pour chercher la sagesse,

hypothèse radicale chez cet homme

qui donne un sens politique, non sans

affrontement, à cette pratique abusive

de la pérégrination. Le premier sens

:Martelly se pavane ,exhibant son

dynamisme, comme pour enfoncer

sa rivale aux élections présidentielles

dans ce qu’il appelait « sa petite cage

» de retraitée ; ensuite, se déplacer

beaucoup à l’étranger, offre l’occasion

de maltraiter, de taper les médias qui le

critiquent, tel un cogne-fétu.

Au risque de susciter les colères

des réseaux écologistes pour les externalités

négatives sur l’environnement,

Martelly ajoute à ses voyages « de

travail » un autre genre, celui de sa

maladie, celui de ses maux passés, réinventés,

recomposés par la fonction

présente dont il a la charge. Il réside

d’autant plus qu’il est rattrapé par un

état de santé chancelant, prolongeant

le règne de son prédécesseur lui aussi

maltraité par un cancer de la prostate.

Mais l’étalage de la maladie

de Martelly a quelque chose de nouveau.

C’est une rupture engagée par

ce chanteur qui accepte d’inscrire

dans l’espace public ce qui relève de

sa vie privée. Lui, qui était sidéré par

les questions de certains journalistescourageux,

une vertu rare en Haïtiqui

l’interrogeaient sur les raisons de

son évasion fiscale à Miami, tente

d’inventer aujourd’hui un nouveau

rapport avec l’opinion publique. C’est

sans doute une volonté d’intégrer une

donnée à une vie publique influencée

par les techniques de communication.

Nous pouvons faire trois lectures

différentes de ce changement.

La première lecture est le contraste

entre les simples citoyens, dépourvus

de la moindre protection sociale –des

citoyens de seconde zone- face aux

accidents et des risques de la vie et

des dirigeants qui, aux moindres pulsions

cardiaques réagissent de façon

instinctive en déniant toute confiance

à la médecine locale. Ayant toujours

les moyens de se faire soigner, soit

à Cuba, soit à Miami, ces mandarins

légitiment ainsi le travail de sape systématique

des organisations non gouvernementales,

qui par leurs offres pécuniaires,

leurs pratiques, démolissent

les pans entiers de la médecine haïtienne,

dont les membres s’arrachent à

des tarifs humiliants en Amérique ou

aux Antilles françaises.

La deuxième lecture tend à montrer

les fragilités de ceux qui affectent

le courage des maladies infondées,

invérifiables et imaginaires : Martelly

prend le risque d’informer l’opinion

publique de son souci de santé, quitte

à se soumette aux analyses fines des

politiques doublés de la casquette de

médecin, comme si le résident éprouve

des difficultés à devenir moins mythomane.

Le citoyen lambda ne comprend

rien aux controverses nées de cette

maladie au nom étrange, mal connu,

sans doute pour les besoins d’une

cause qu’il ignore. Pourtant, le simple

citoyen est happé par l’émotion : il accède

de façon inconsciente à la quête

d’une communion collective autour de

Martelly n’est point un président

de la République, mais un résident

de la République.

la maladie du « résident » qui se construit

au cœur d’une dramaturgie orchestrée

dans le secret en trois temps

: le premier, c’est l’annulation de son

déplacement au sommet des Amériques.

« L’avion qui devait le conduire

en Colombie a reçu les autorisations de

vol avec du retard. Devant l’inévitable

retard, Martelly a préféré annuler son

voyage », a indiqué Le Nouvelliste du

14 Avril en cours ;le second temps, il

est parti à Miami ,enfin l’annonce de

son départ de l’hôpital, deux jours suivants

,suite au diagnostic d’une maladie

redoutable.

On voit bien que cette opération

peut être interprétée comme la recherche

d’un apaisement social. Martelly

souffre d’un déficit d’autorité, lié à

ses incompétences, ses défaillances

morales, son manque d’autorité. Les

hommes en treillis armés, circulent,

interférent, s’affirment au grand dam

des « autorités » investies du « monopole

de la violence physique légitime

»,mais sont timorées par les bruits des

bottes dans l’espace politique. La république

est en péril et le résident s’en

moque. La société haïtienne a peur et

le résident cherche la compassion. Il

veut se faire aimer par le gros peuple,

celui des doctorants du béton, des affamés

des quartiers pouilleux, infestés

de vermines, maringoins et de punaises,

de mouches. Le résident cherche à

provoquer l’émoi, mobilise le registre

compassionnel, comme une réponse

à ses insuffisances et à ses stratégies.

Pour la première fois, le résident

de la république fait intervenir dans

le débat public « une combinatoire

»entre le processus de subjectivation,

le fait religieux et le débat public national

(1). Certes, Martelly n’est pas le

dernier « président » en état de santé

chancelant. La convalescence de Duvalier

avait une part de sacré .Informer

l’opinion publique de sa maladie,

c’était attester sa part d’infaillibilité

pour celui qui s’autoproclama maître

des dieux et des lieux. René Préval

avait eu également une santé bancale.

Ce qui est nouveau, c’est le fait

qu’un ministre de la république, un «

président » demandent aux haïtiens

de prier pour lui. Martelly a toujours

souhaité diriger avec les religieux :

avant ses élections on observait sa

conversion spontanée, muni d’une

bible, en vue de dissimuler son discrédit

moral, puis récemment empêtré

dans sa tentative de renseigner sur

sa vraie nationalité, il a recours aux

figures religieuses pour la transmission

de ses dizaines de passeports

aux parlementaires…C’est dire que le

président s’appuie sur le religieux pour

s’opposer aux menaces d’implosion de

ce qui reste comme gouvernement.

Il s’agit donc de nouvelles techniques

de domination politique qui

tirent de la confusion, et du misérabilisme

ambiant, les avantages de

l’instance du religieux, par la réinvention

d’un nouveau chaînon de la citoyenneté.

Cette idée est empruntée à Jean-

François Bayart ,Le gouvernement du

monde. Une critique politique de la

globalisation, Fayard, 2007,p.307.

Konn Lambi 22 Avril 2012

Par Isabelle L. Papillon

Près d’un an après l’installation de

Michel Joseph Martelly comme président

de la République, c’est la confusion

totale, la corruption sur toute la

ligne, l’anarchie, l’insubordination, la

rébellion, l’agonie des pouvoirs publics

qui règnent dans le pays. La population

dans tous les recoins de la partie

de l’Ile est livrée à elle-même, sans

la moindre sécurité et croupit dans

la misère sous de fortes menaces de

désastreux changements climatiques.

Certains citoyens disent qu’Haïti est

un bateau sans direction et sans capitaine,

d’autres appellent à un dialogue

politique pour essayer de sauver ce qui

peut être sauvé.

Avec la grève des policiers et

des hommes armés qui circulent dans

le pays, la sécurité de la population

est gravement menacée. Certaines

autorités usent de leur pouvoir pour

commettre des crimes qui provoquent

la colère et l’indignation de la population.

Suite à l’irruption d’une dizaine

d’individus armés devant le siège

du Parlement haïtien, mardi 17 avril

dernier, le Premier ministre démissionnaire,

Garry Conille a tenté de convoquer

un Conseil des ministres, le lendemain,

mais cette convocation a été

boudée par la totalité des ministres. Le

sénateur Kély C. Bastien a qualifié le

comportement des ministres de rébellion

et d’ailleurs ce n’était pas la première

fois.

Le jeudi 19 Avril, une réunion

du Conseil Supérieur de la Police Nationale

(CSPN) s’est tenue en présence

des représentants de la communauté

internationale, 2 jours après l’irruption

d’un groupe de dizaines d’hommes

armés, en treillis militaires, se réclamant

de la défunte Force Armée d’Haïti

(FAD’H) devant le Parlement en pleine

séance. Les parlementaires ont qualifié

cet acte de provocation, d’intimidation,

de tolérance et de manque d’autorité ou

de complicité de la part de l’Exécutif.

« Si la présence des hommes armés

n’inquiète pas l’Exécutif, c’est parce

qu’il se sent confortable », soutient le

sénateur Kély C. Bastien.

Le sénateur Andrice Riché de

Depuis le week-end dernier, un

mouvement de grève des employés

a paralysé le cimetière central

de Port-Au-Prince, communément

appelé ‘Grand cimetière’.

Les employés de la nécropole ont

revendiqué leurs arriérés de salaire

non acquittés depuis 6 mois. Ils disent

avoir fermé ce lieu de sépulture

pour forcer la mairesse de la ville,

madame Gabrielle Yacinthe, à venir

vers eux et ceci, avec leurs salaires.

« Nous revendiquons premièrement

nos arriérés de salaire,

deuxièmement notre sécurité

d’emploi. Le 26 avril 2012 dernier,

un groupe d’hommes lourdement

armés, se réclamant être des agents

municipaux, ont fait irruption dans

les locaux du cimetière et ont chassé

brutalement les employés ; ce

qui explique notre mouvement de

révolte d’aujourd’hui. Nous avions

parlé aux responsables, ils nous

ont niés tout de go. Nous avions

l’intention d’empêcher les enterrements

ce matin. Mais, comprenant

le dilemme d’un mort qui ne

peut pas attendre des heures sans

être inhumé, nous avions négocié

et cédé. Cela ne veut pas dire pour

autant que nous avons capitulé.

Nous avons tenu notre mouvement

inflexible et demain sera pire, si la

présidente du cartel, la mairesse

son côté est un peu plus tranchant. Il

estime qu’il y a une main cachée derrière

les actions de ces hommes armés.

« Aucune force paramilitaire ne saurait

exister sur le territoire sans la complicité,

la bénédiction et la tolérance du

pouvoir en place. La démocratie est en

danger. » Disait-il.

A la Chambre des députés, on a

annoncé un arrêt de travail pour protester

contre la violation des espaces

du pouvoir législatif au grand jour et

exigé des explications de l’Exécutif. Le

premier secrétaire de la Chambre basse,

Jude Charles Faustin a fait savoir que

tant que les explications ne seront pas

données, aucune séance de travail ne

sera réalisée dans cette Chambre. Entre-temps,

l’implication présumée du

député Rodriguez Séjour de la première

Circonscription de Port-au-Prince dans

l’assassinat du policier Walky Calixte,

empêche sérieusement les travaux à la

Chambre basse.

Les institutions républicaines

sont menacées, le Parlement,

l’Exécutif, la Police Nationale d’Haïti

ne fonctionnent pas régulièrement. Pas

de gouvernement régulier et le processus

devant aboutir à la formation

d’un nouveau gouvernement piétine

toujours à cause du comportement de

palais national. Face à cette situation,

certains membres de la classe politique

traditionnelle restent bouche bée. Pour

Mirlande Manigat : « Nous sommes

dans un pays comme dans un avion

sans pilote, un bateau sans gouvernail,

parce que d’un côté, nous avons

un président qui est en convalescence.

Donc ça c’est une tête de l’Exécutif

d’un côté, et de l’autre, un gouvernement

démissionnaire, c’est-à-dire que

l’Etat n’a pas de chef présent en Haïti.

Car, notre constitution prévoit qu’en

cas d’incapacité momentanée du chef

de l’Etat, c’est le Premier ministre qui

prend à ce moment-là le gouvernail ;

alors que le Premier ministre est démissionnaire,

donc, il y a plein de choses

qu’il ne peut pas faire… »

Pour le député de Dame-Marie,

Accluche Louis-Jeune, de l’OPL, c’est

la confusion totale dans la conjoncture

politique haïtienne actuelle : « La conjoncture

politique d’Haïti n’a jamais été

aussi confuse. Nous sommes en face

Grève d’employés au cimetière

de Port-Au-Prince

Yacinthe ne se plie pas à nos revendications.

Personne n’a à nous

blâmer ni nous dicter quoi faire

ou ne pas faire. Nous sommes des

adultes. Nous avons nos familles et

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Myrlande Manigat

d’un vrai imbroglio politique aggravé

par un ensemble de dossiers pour le

moins délicats. Le Parlement n’est pas

en mesure d’assumer son rôle de dernier

rempart. L’Exécutif est en agonie. » Il

a par ailleurs lancé un appel d’urgence

à la convocation d’un dialogue politique

avec toutes les forces vives du

pays, face au développement de la situation

afin d’éviter l’effondrement total

du pays.

Certains observateurs critiquent

la classe politique rongée par la division

et toujours prête à défendre des

intérêts mesquins au détriment des

intérêts supérieurs de la nation, et qui

n’est pas toujours prête à offrir une

alternative viable et fiable à aucune

sortie de crise. Elle se laisse toujours

emporter par le phénomène de la corruption

pour en tirer profit personnel.

La ratification de Laurent Lamothe

comme Premier ministre ne prouve

pas le contraire. La communauté internationale

qui alimente souvent

la confusion et provoque la déstabilisation,

telle par exemple, l’ingérence

flagrante de l’ambassadeur des Etats-

Unis, Kenneth Merten dans les affaires

politiques internes d’Haïti, est toujours

prête à imposer sa volonté et toujours

pour des solutions qui ne tiennent pas

compte de la réalité. Dans tous les cas

de figure, le peuple haïtien n’a d’autre

choix que de rester mobilisé en vue de

dégager une nouvelle alternative dans

le but de prendre en main le destin de

son pays.

nos responsabilités. Nous accordons

aujourd’hui un sursis. Demain, personne

n’osera ouvrir cette barrière,

je vous assure… », est intervenu un

protestataire, crachant sa colère.

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8

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012


Melinda Miles

This Week in Haiti

"Impossible" to house

Haiti's displaced

under current political

conditions, says

international report

Champ de Mars camp residents show eviction notice, Mar. 29, 2012

by Roger Annis

Two recently published reports on

housing and shelter in Haiti paint a

disturbing picture.

A 13-page, report by UN Habitat,

published (in French) in January

2012, says housing policy for Haitians

is in a state of “laissez-faire” (free for

all). There are no strategic guidelines

or official policy in place on the part of

the Haitian government and its international

allies. “There is no coordinated

program that would ensure consistency

or harmony of operations in the repair

and reconstruction of houses following

the 2010 earthquake,” the report says.

According to the report, there

have been 25,470 houses repaired

and 15,225 new houses built in the

earthquake zone in 2010 and 2011.

Unknown additional repairs and new

construction have been conducted by

homeowners without professional advice

or assistance. More than 175,000

dwellings in Port-au-Prince were severely

damaged or damaged beyond

repair on Jan. 12, 2010.

Stuart Neatby

A plan for Port au Prince?

A comprehensive and far-reaching report

on housing, also in French, was

published by Solidarités International

in January 2012. It looks at the history

of housing in Port-au-Prince and the

actions taken since the earthquake. It

is 76 pages long.

Eighty per cent of the city’s

population lives in informal conditions.

(p 62) The report notes several grave

consequences of the absence of urban

planning and coordination since the

earthquake. One is the spread of shantytowns

in the capital region. The other

is the “impossibility” of relocating the

people living in survivor camps.

Based on the current political

conditions in Haiti, including the failure

to replace the rental housing stock

lost to the earthquake, “it is certain that

a portion of the camps will not disappear.”

The report is sharply critical of

the funds that have been spent on

temporary shelter. The money and effort

used in such temporary measures

(up to $6,000 US for shelters often

imported from abroad) would be more

useful if used to build permanent housing.

(p 28)

The report says the classification

of dwellings according to damage has

not been used to its full potential, including

the fact that many homeowners

are unaware of the significance of

the yellow (seriously damaged) and

red (must be demolished) color codes

with which their homes are marked.

The coding of buildings according to

damage was one of the important postearthquake

tasks provided by international

funding and expertise.

The section of the report on

neighborhood planning and house construction

for Port-au-Prince, beginning

on page 44, looks at a number of examples,

good and bad, to date. Some

of the claimed successes – for example,

the training and mentoring programs

of Build Change – are established fact;

other claims might be contested. The

report says that small-scale projects by

Haitian and international NGOs can be

successful in local communities but do

little for the repair and re-development

of the center of the city, large districts,

and the overall infrastructure of the

city.

Looking at the overall planning

picture for Port-au-Prince, the report

laments the fact that international organizations

are proceeding on projects

“with little coordination or exchange of

views and experiences.” (p 49)

Beginning on page 59, the report

looks at the performance, or lack

thereof, to date of the Haitian government.

The weakness of the Haitian

state, it says, “is sadly illustrated by its

absence from the urban landscape.” It

notes, in passing, there are competing

projects for the re-development of the

downtown, though does not mention

that all of them remain a pipe dream

(see Haiti Grassroots Watch story from

nearly one year ago on the non-reconstruction

of downtown Port au Prince).

“Different projects for the center of the

city, run into, as always, the lack of

means and political will on the part of

the Haitian state,” the report concludes.

The report looks in detail at the

much-publicized ‘16-6’ resettlement

project of the Haitian and international

governments. Announced in the summer

of 2011, this project aims to resettle

people from six camps into 16 targeted

neighborhoods). (p 63-65) Noting that

the program is entirely directed by international

NGOs, it politely declines

to offer an assessment, noting that the

program has been “highly publicized in

media” and has absorbed a large part of

the funding available for building new

housing. As of the report’s publication,

‘16-6’ had reached four camps and

eight targeted communities.

As President Convalesces in Florida:

Confusion and Chaos Grow in Haiti

by Kim Ives and Isabelle Papillon

Nearly a year after President Joseph

Michel Martelly’s inauguration,

Haiti appears to be descending into anarchy.

Rebellion among policemen and

former soldiers is growing, and several

high profile killings have contributed to

the atmosphere of crisis permeating the

country.

Meanwhile, rumors and doubts

about President Martelly’s health continue

to swirl as he reportedly recuperates

out of the country from a post-surgery

pulmonary embolism which caused him

to fly hastily to Miami on Apr. 16. He

had been in Florida from Apr. 4 to 12 to

undergo shoulder surgery.

On Apr. 17, a few dozen former

soldiers, many of them armed, barged

into a session of Haiti’s deputies to demand

that they ratify Martelly’s Prime

Minister nominee, acting Foreign Minister

Laurent Lamothe. Intimidated, the

deputies adjourned, although they had

been meeting to review Lamothe’s ratification.

Acting Prime Minister Garry Conille,

who resigned under pressure from

Martelly on Feb. 24, called the paramilitaries’

action an “assault on the public

order” and called an emergency meeting

of all the acting ministers for Apr. 18.

Not one of them showed up, presumably

in solidarity with Martelly.

Senator Kély Bastien described

the ministers’ boycott of the meeting

“rebellious,” but it was not the first time

they had refused to be summoned by

Conille.

On Apr. 19, Conille convened a

meeting of the Supreme Council of National

Police (CSPN), including Justice

Minister Michel Pierre Brunache and

Haitian National Police (PNH) chief Mario

Andrésol. The meeting, which failed

to produce any plan of action, was also

attended by representatives of the international

community.

"If the presence of armed men

does not bother the Executive, it is because

it feels comfortable" with them,

said Sen. Kély C. Bastien.

Sen. Andrice Riché was more direct.

"No paramilitary force could exist

in the [national] territory without the

complicity, tolerance and the blessing of

those in power,” he said. “Democracy is

in danger."

The Chamber of Deputies announced

a work stoppage to protest

the paramilitaries’ assault. The lower

house’s first secretary, Jude Charles

Faustin, said that the deputies would

not resume their posts until they got a

satisfactory explanation from Martelly’s

executive.

On Apr. 23, Lamothe submitted

59 personal documents to the deputies,

which a special commission of the lower

house will review for ratification.

Meanwhile, a policeman’s murder,

also on Apr. 17, has sparked demonstrations

and a walkout by PNH officers.

In broad daylight in the capital’s

Martissant 27 neighborhood, gunmen

fatally shot and then stole the vehicle of

Walky Calixte, 27, an Agent II assigned

to the Directorate of Traffic and the Traffic

Police (DCPR). Walky’s killing came

hours after he arrested the driver and

close associate of Port-au-Prince deputy,

Rodriguez Séjour, for illegal possession

of a firearm. The driver was later

A recent delegation of the Canada Haiti

Action Network (CHAN) visited the

residents of one of the targets of ‘16-

6’, the large camp in Port-au-Prince’s

historic square, Champ de Mars. That

relocation is being financed by the Canadian

government. The delegation’s

report says the relocation of Champ de

Tires burn at the Airport Intersection as part of a city-wide protest and

strike against the killing of policeman Walky Calixte on Apr. 17

released after the intervention of senior

state officials, including Justice Minister

Brunache and District Attorney Jean Renel

Sénatus.

The driver, on his release and accompanied

by Deputy Rodriguez, is said

to have uttered death threats against

Walky Calixte. Three hours later, the policeman

was dead.

The next day, Apr. 18, Deputy

Séjour went to Radio Caraïbes to deny

reports he was the “intellectual author”

of Walky’s murder. But policemen descended

on the station, firing their guns

off outside and demanding his immediate

arrest. The deputy barely escaped

from the radio in a chaotic scene.

Since then, the police have been

on strike in solidarity with their slain

colleague, creating massive traffic jams

throughout the capital. In Carrefour, on

the Rues des Rails, area residents held

protests on Apr. 19 and 20 to protest

Walky Calixte’s killing. The residents

said that Calixte was an “exemplary

man” who was part of the PNH’s 18th

promotion and graduated with a psychology

degree from the State University’s

Faculty of Humanities.

More protests involving burning

tire barricades were held in the capital

on Apr. 23, paralyzing traffic and commerce.

The policemen’s strike call has

been 90% respected, and almost nowhere

in Port-au-Prince can one see a

policemen on the street.

Demonstrators say their movement

is not just for Walky, but for all

police officers enduring mistreatment

from Haitian authorities who think they

are above the law. Walky’s father, Ezekiel

Calixte, said his son played a major

role in supporting the family. "The best

assistance that we expect from the authorities

is that they provide justice for

our son," he said.

Judicial authorities and the police

say they are vigorously investigating

Calixte’s murder. District Attorney Sénatus

said he has already issued arrest

warrants for suspects. One of Walky’s

suspected killers known as “Johnny,”

wounded in the thigh and groin by the

slain policeman, died from his wounds

at the Cuban-run Peace Hospital on Delmas

31, Sénatus said.

The killing has also created tension

in the Chamber of Deputies. The

lower houses’s president said that Deputy

Séjour, who still has parliamentary

immunity from prosecution, is now in a

safe place until the investigation sheds

more light on the matter.

Police chief Andrésol has sought

to calm the PNH ranks and get them

back to work. “The police are not allowed

to strike or to take part in protests,”

Andrésol publicly declared on

Apr. 23. “All sorts of people are now trying

to manipulate the police, including

drug traffickers and those who cannot

enter the institution.”

On the evening of Apr. 18, another

murder shook the country. At the

Haitian/Dominican border town of Fond

Parisien, Calixte Valentin, one of President

Martelly’s close political advisors,

allegedly shot dead a merchant, Octanol

Dérissaint. Killed with three rounds,

Dérissaint, 32, was the father of two

children, including an three-month-old

infant.

On Apr. 20, the district attorney

for the jurisdiction of Croix-des-Bouquets,

Mario Beauvoir, arrested Valentin,

who was then transported to a jail

in Port-au-Prince.

As the situation worsens, politicians

are weighing in. "We are in a

country which is like an aircraft without

a pilot, a ship without a rudder,” said

Mirlande Manigat, Martelly’s challenger

in the Mar. 20, 2011 election, noting

that while Martelly has been absent this

month, there is no real Prime Minister

(only the contested Conille) to step in

and assume the reins of power. “So the

state has no leader right now in Haiti.”

Dame-Marie’s deputy Accluche

Louis-Jeune of the OPL opined that the

"political situation in Haiti has never

been so confused. We are facing a real

political imbroglio compounded by a set

of affairs which are sensitive, to say the

least. Parliament is unable to assume its

role as the final bulwark, and the Executive

is in agony." He appealed for an

emergency convention for “a political

dialogue with all forces in the country”

to avoid the country’s “total collapse.”

Haiti’s progressive forces,

grouped in anti-imperialist organizations,

fronts, unions, and parties, are

preparing for severe political turbulence

in the weeks ahead, as different factions

of Haiti’s ruling groups vie for power.

Although weakened by the 2004-2006

coup d’état and disenfranchised by the

illegal 2010/2011 elections, Haiti’s

popular sector has been regaining its

strength and organizational footing.

“The people must get ready to rise up,”

said Sen. Moïse Jean-Charles, who has

led the charge in Parliament against the

Martelly regime’s corruption and flouting

of the Constitution. “We have to gird

ourselves to save this country from the

disaster that Martelly has brought upon

us.”

Mars is a clearance program, not one to

build housing.

Of note throughout the Solidarités

International report is its focus on

the role of NGOs in assisting individual

homeowners to build housing. There

is an unstated assumption that this is

how entire neighborhoods will be rebuilt

or built anew. The report indicates

nowhere the need for a Haitian ministry

of housing with a robust plan of

public housing works. Only a small minority

of Port-au-Prince residents own

their homes.

(Originally published on rabble.ca)

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 9


Wikileaks : Colombie ou

tourisme e

En Colombie, il n’y a pas une seule attaque engagée, pas une seule personne torturée ou « disparue » sans que les

dirigeants ne soient au courant et/ou en soient les commanditaires

La Colombie est et reste un pays effroyable en ce qui concerne le respect d

droits de l’homme

Par Lode Vanoost

Ce n’est une nouveauté ni pour les

grands médias ni pour les gouvernements

européens, mais la Colombie

est et reste un pays effroyable en ce

qui concerne le respect des plus élémentaires

droits de l’homme. Ainsi,

elle est le pays le plus dangereux au

monde pour les militants syndicaux.

Wikileaks révèle pourquoi.

La doctrine du « déni crédible »

Récemment, Wikileaks a de nouveau

dévoilé une masse de documents

confidentiels, provenant entre autres

de l’entreprise américaine StratFor.

Cette firme est une entreprise privée

qui rassemble des informations en

matière de sûreté et qui les vend sur

le « marché ». En réalité c’est un véhicule

mis en place par le gouvernement

américain, pour contourner

ses propres obligations légales et

internationales et pour appliquer la

doctrine avérée en matière de sûreté,

du « plausible deniability » ou « déni

crédible ».

Cette doctrine consiste en ce

que les opérations secrètes soient

mises en place de telle manière que,

en cas de repérage, la véritable structure

de commandement ne puisse

être retrouvée. En bref : vous prenez

soin qu’il n’y ait aucune preuve de

ce que vous êtes le commanditaire,

afin de pouvoir tout ‘nier de manière

plausible’.

Une tradition déjà ancienne

La pratique du recours à des entreprises

privées, fait partie d’une

longue tradition. Le phénomène n’est

certes pas nouveau. Le procédé est

déjà en usage depuis les années ’50.

C’est ainsi que des militaires américains

sont actifs en Colombie (ainsi

que dans d’autres pays). Officiellement,

ils se sont retirés de l’armée et

travaillent sur place comme « consultants

en sûreté ».

Cela implique pour eux le risque

de ne pas être libérés, s’ils sont

par exemple kidnappés, comme,

entre autres, les trois « consultants

» américains qui ont été retenus

en otage pendant six ans en même

temps qu’Ingrid Betancourt par la

guérilla colombienne des Fuerzas Armadas

de la Revolución Colombiana

(FARC – Forces armées de la révolution

colombienne). Leur salaire exorbitant

fait cependant que le risque en

vaut la peine. Leurs activités privées

sur place sont néanmoins entièrement

contrôlées et coordonnées par

l’ambassade américaine dans la capitale

Bogota.

Les faits sont connus

Les récentes révélations de Wikileaks

au sujet de StratFor confirment ce

que l’on supposait depuis des années

mais que l’on ne pouvait pas prouver,

à savoir que le gouvernement américain

est très bien au courant de la réalité

du conflit colombien.

Il ressort notamment d’un télex

de l’ambassade américaine à Bogota

du 19 novembre 2009, intitulé

‘2009-2010 International Control

Strategy Report’, que les escadrons

de la mort paramilitaires sont responsables

de 94 pour cent de la masse

des 257,089 victimes de la répression

depuis les années ’60 et non les

mouvements de guérilla colombiens,

comme l’affirmaient pourtant sans

cesse les médias américains et occidentaux.

En d’autres termes, ce n’est

pas le Guatemala mais la Colombie

qui détient le record des massacres

paramilitaires et les Etats-Unis le

savent parfaitement bien.

Devant ces chiffres, il faut toujours

tenir compte du fait que ce sont

des estimations et non des chiffres

exacts et que ces estimations sont

« conservatrices ». Cela signifie que

seules sont comprises les attaques

pour lesquelles il existe une certitude

raisonnable. Les véritables chiffres

sont donc encore plus élevés.

Le fléau du paramilitarisme

Cela nous mènerait loin d’exposer

ici le phénomène du paramilitarisme

dans son contexte historique latinoaméricain.

En bref, ce phénomène

provient du fait que des chômeurs

locaux, coopérant avec des militaires

conscrits et des agents de police sont

payés par de grands propriétaires

fonciers locaux pour se mobiliser et,

en coordination avec les services de

sécurité, mener des attaques ciblées

contre ceux qui veulent remettre en

question, par leurs initiatives sociales,

le statu quo féodal de la société

colombienne.

Enseignants, prêtres, militants

syndicaux, travailleurs sociaux…

sont tous ciblés. Ces organisations

paramilitaires sont une application

parfaite du principe de ‘plausible

deniability ». L’armée et la police

n’ont officiellement rien à faire avec

Selon les autorités colombiennes, les victimes n’auraient pas été

assassinées à cause de leurs activités syndicales mais à la suite de crimes

de droit commun ou à cause de liens avec la guérilla de gauche

cette terreur. Au contraire, on crée

l’impression que les services officiels

de la sûreté essayent de s’interposer

entre la violence de gauche et de

droite mais que, dans la culture violente

du pays, ils peinent à y arriver.

Rien n’est moins vrai. En Colombie,

il n’y a pas une seule attaque

engagée, pas une seule personne

torturée ou « disparue » sans que les

dirigeants ne soient au courant et/ou

en soient les commanditaires.

Devenir militant syndical, un

choix lourd de conséquences

Le gouvernement américain est encore

au courant de bien d’autres

choses. Depuis 1986, 2.900 responsables

syndicaux ont été assassinés.

La Colombie a mauvaise réputation

dans ce domaine, même récemment.

Des 90 responsables syndicaux assassinés

en 2010, 51 l’ont été en

Colombie, principalement par l’armée

et les paramilitaires. Le point de vue

officiel des autorités colombiennes

est toujours le même. Les victimes

n’auraient pas été assassinées à

cause de leurs activités syndicales

mais à la suite de crimes de droit

commun ou à cause de liens avec la

guérilla de gauche. Plausible deniability.

En Colombie, il semble bien que

la guerre froide ne s’est jamais terminée.

Pour tout qui a vu cette période

comme une lutte de la démocratie

contre la dictature communiste, cela

peut paraître surprenant. Pour qui,

cependant, considère d’une manière

plus réaliste cette période pour ce

qu’elle était vraiment, c’est pourtant

logique.

L’anticommunisme devient

l’antiterrorisme

Surtout en Amérique Latine, la

Guerre Froide était tout sauf « froide

». Sous le couvert de la lutte contre

le communisme, toutes les forces

de la société, qui se battaient pour

l’émancipation sociale, selon le

modèle des démocraties sociales européennes,

furent réprimées dans

le sang. Ceux qui luttaient pour un

salaire décent, de meilleures conditions

de travail, des installations sociales,

en bref un Etat-providence au

service de la population, s’attirèrent

les foudres de l’élite féodale.

Etant donné que rien n’a pratiquement

changé dans cette réalité

sociale en Colombie, la « Guerre

froide » ne s’est en fait jamais terminée.

Plutôt que de céder aux revendications

sociales justifiées de la population,

la répression s’est accentuée.

Les chiffres des bénéfices des entreprises

américaines et européennes (

!) sont cependant trop favorables que

pour y renoncer.

Les syndicats américains sur

la brèche pour la population

colombienne ?

Les syndicats américains ont, eux

aussi, du sang sur les mains, du

moins à la tête des syndicats. Les

American Federation of Labour/

Congress of Industrial Organizations

Le Président des Etats-Unis Barack Obama

Calderón, le gouvernement américain e

conflit co

(AFL/CIO) fusionnés ont un Solidarity

Center en Colombie. Vu les besoins

sociaux des travailleurs colombiens,

il y a en effet du pain sur la planche.

La tête de l’AFL/CIO a cependant des

vues très spécifiques sur la solidarité

internationale (pour être clair, cette

information est confirmée et revendiquée

par des militants américains engagés

de l’AFL/CIO).

Dans un télex du 11 août

2008, intitulé ‘Colombian Unions,

Ideology and the Armed Conflict’, le

représentant de l’AFL/CIO à Bogota,

un certain Rhet Doumitt, traite de «

stalinistes » la plupart des responsables

syndicaux du plus grand syndicat

colombien, la Central Unitaria

de Trabajadores (CUT-Centrale unitaire

des travailleurs). Qui lit le paquet

de revendications de la CUT, doit

en toute logique en conclure que tous

les syndicats belges sont également

« staliniens ». Le même Doumitt a

aussi été actif dans la préparation et

l’exécution du coup d’Etat de 2002

contre Chavez au Venezuela.

Les responsables syndicaux

américains sur la brèche pour

leur propre gouvernement

Au lieu de s’occuper de la lutte sociale

du Colombien moyen, Rhet Doumitt

s’est attelé à aider à résoudre les

problèmes du président colombien

Alvaro Uribe (2002-2010). Celui-ci

était en effet ennuyé par une enquête

judiciaire sur les liens de son parti

avec des organisations paramilitaires

(qui donc, entre autres, étaient re-

10

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012


comment coexistent

t terreur

es plus élémentaires

Un télex de l’ambassade américaine à Bogota du 19 novembre 2009, intitulé

‘2009-2010 International Control Strategy Report', que les escadrons de la

mort paramilitaires sont responsables de 94% de la masse des 257,089

victimes de la répression depuis les années ’60 et non les mouvements de

guérilla colombien

et celui de la Colombie Juan Manuel Santos

st très bien au courant de la réalité du

lombien

sponsables du meurtre des dirigeants

syndicaux).

Cette enquête a eu lieu grâce

à l’engagement incessant, entre autres,

des syndicats eux-mêmes. Elle

a rencontré une opposition farouche

et n’a jamais abouti à des jugements.

Les responsables syndicaux américains

se sont donc mis au service de

la politique extérieure de leur propre

gouvernement au détriment du peuple

colombien.

La liberté de « commerce » avant

tout

Le gouvernement américain du président

W. Bush (2001-2009) n’a

pas réussi à conclure un accord

de libre-échange avec le continent

latino-américain dans son ensemble.

L’opposition, entre autres, de

l’Argentine, du Brésil, de l’Equateur,

de la Bolivie et du Venezuela paraissait

trop forte. C’est pourquoi les

Etats-Unis se sont efforcés de conclure

des traités de libre-échange

pays par pays, par lesquels ils

s’efforcent de briser la solidarité latino-américaine.

En Colombie, les Etats-Unis ont

trouvé un de leurs plus fidèles alliés.

Le but ici est la signature d’une Free

Trade Agreement (FTA – Convention

de libre-échange) avec la Colombie.

Cette FTA mettrait complètement en

péril la protection sociale actuelle –

qui n’est déjà pas très étendue – et

rendrait possible la mainmise sur

l’économie colombienne par des entreprises

étrangères. Les syndicats

Bush et Uribe, sous la présidence de ce dernier (2002-2010), la guérilla

aurait largement perdu de son impact

colombiens ne sont pas les seules

organisations à s’y opposer mais

sont les plus farouches et les mieux

organisés. Ils sont aussi implantés

dans tout le pays.

Qui « possède » les richesses du

sol ?

L’enjeu de cette lutte est aussi la possession

et le contrôle sur les grandes

étendues du sol de ce pays immense

et peu peuplé. La propriété terrienne

signifie en effet le contrôle sur les

richesses du sol. Cela signifie concrètement

que les peuples autochtones

qui, depuis des siècles, vivent

dans la campagne, dans les massifs

montagneux des Andes et dans

la forêt équatoriale de l’ouest, doivent

en être chassés pour permettre

l’exploitation de toutes ces richesses.

Les révélations de Wikileaks

en dévoilent encore davantage.

L’anthropologue colombienne Esther

Sanchez a mené une étude commandée

et payée par les Etats-Unis. De

celle-ci, ressort le scénario suivant :

des matières premières sont découvertes,

la population locale proteste,

ces autochtones ne sont pas enclins

à céder leurs terres, donc on envoie

l’armée et la répression commence,

la guérilla y réagit, la répression est

encore accentuée parce que la population

« sympathise et/ou collabore

avec la guérilla ». La conclusion de

l’étude est que la présence de l’armée

est à l’origine du conflit.

La répression devient plus

sévère

Vous pourriez penser, en tant que

personne normale avec le cœur au

bon endroit : renvoyez l’armée, laissez

ces gens tranquilles, mettez fin

au conflit. Des documents dévoilés

par Wikileaks, il ressort que, selon

l’ambassade américaine, cela est

« impractical » parce que les territoires

« doivent » être soumis pour

l’exploitation des richesses du sol.

C’est aussi à cela que sert la FTA.

Plus de 31 peuples autochtones,

pour la plupart constitués de

quelques milliers de personnes seulement,

sont menacés d’extinction.

C’est ce qui ressort d’un télex de

l’ambassade américaine du 26 février

2010, intitulé ‘Violence against Indigenous

Shows Upward Trend’.

Ainsi sont perpétrés à l’encontre de

leur propre population, des assassinats,

des expulsions forcées, des

viols et des recrutements forcés de

mineurs dans les groupuscules paramilitaires.

Pour le formuler autrement

: l’ambassade américaine présente

le génocide comme inévitable dans

l’intérêt du « progrès » économique.

Cette connaissance des faits

de l’horrible réalité de la Colombie

n’a pas fait changer d’avis Obama,

pas plus que son prédécesseur Bush,

pour accorder les deux dernières années

500 millions de dollars d’aide

militaire aux services colombiens de

la sûreté.

La Colombie, une insondable

contradiction

Les adversaires d’analyses telles

que celles-ci avancent une série de

contre-arguments bien connus. Sous

le président Uribe (2002-2010), la

guérilla aurait largement perdu de

son impact. Les villes seraient devenues

plus sûres. Cela se tient. Cela

s’appliquerait également aux organisations

paramilitaires. Cela ne tient

pas. Au contraire, elles sont tout simplement

organisées différemment.

Des milliers d’anciens paramilitaires

sont en effet retournés à la vie civile,

mais par contre, le recrutement de

nouveaux candidats se poursuit. De

plus, l’augmentation de la sécurité

est principalement basée sur une restriction

supplémentaire des libertés

démocratiques.

La Colombie a toujours été

pleine de contradictions. De grandes

parties du pays sont peu peuplées

et inhospitalières, l’idéal pour les

potentats locaux avec leurs propres

groupuscules paramilitaires et aussi

pour la réaction à ceux-ci : la guérilla.

Le drame de la Colombie est que

cette lutte dure maintenant depuis si

longtemps et que ces organisations

d’opposition existent depuis tant de

temps que, pour une grande part, ils

ont perdu leurs raisons originelles

d’exister.

De plus, suite à la campagne

couronnée de succès d’Uribe pour

éteindre la guérilla, correspond une

réorganisation de la guérilla. Là où

précédemment une force armée classique

se chargeait de l’occupation du

territoire, aussi bien les FARC que

l’autre guérilla de l’Ejercito de Liberación

Nacional (ELN – Armée de

libération nationale) se concentrent

maintenant sur les petites cellules qui

sont actives dans les villes.

Renaissance du tourisme et

progression de la terreur :

bienvenue en Colombie

Depuis qu’Uribe a chassé la guérilla

des villes, le tourisme se remet. Rien

d’étonnant à cela. Même sous des

dictatures telles qu’en Egypte et en

Tunisie, le tourisme n’était pas une

source de revenus négligeable. La

coexistence de la répression et du

tourisme de masse n’est donc pas

l’apanage de la Colombie.

C’est surtout le tourisme côtier

atlantique qui se développe à

nouveau. La Colombie dispose aussi

d’une énorme côte sur l’Océan Pacifique

mais l’infrastructure nécessaire

y fait défaut. La Colombie a encore un

autre point commun avec l’Egypte.

Après Israël et l’Egypte, elle est le

plus grand bénéficiaire du soutien

financier et militaire des Etats-Unis.

L’Union européenne aussi est

coupable

Au vu de tout ceci, il semblerait bien

que les Etats-Unis soient le seul

grand coupable de service en Colombie.

Rien n’est moins vrai. La Commission

européenne (et donc l’Union

européenne) soutient entièrement la

politique américaine en Colombie.

Des entreprises espagnoles, françaises,

britanniques et canadiennes sont

également très actives en Colombie.

Les perspectives pour l’exploitation

de nouveaux stocks de matières premières

sont trop alléchantes pour être

négligées. Au Parlement européen

aussi, l’état des Droits de l’homme

en Colombie fait rarement l’objet de

critiques. De plus, l’Union européenne

elle-même négocie en ce moment

un traité de libre-échange avec

la Colombie.

Complicité

Actuellement, il est de bon ton dans

les grands médias de s’indigner des

violations des Droits de l’homme

en Syrie. Ces violations sont réelles.

Que les mêmes médias montrent

en même temps peu d’intérêt pour

l’horrible répression au Bahrein et

en Arabie saoudite, dans la Libye «

libérée » et dans des pays comme la

Colombie discrédite complètement

cette indignation. Il s’agit pourtant ici

de crimes commis par nous-mêmes

ou par nos alliés.

Dans le cas de la Colombie,

c’est plus que de l’indignation sélective,

plus que de la négligence. C’est

de la complicité.

Lode Vanoost est un ancien

député fédéral (1995-2003). Il a

visité quatre fois la Colombie, où il

a rencontré des représentants de la

société civile, des syndicats, des organisations

de défense des Droits de

l’homme, des députés, des responsables

militaires et des magistrats.

Après avoir négocié avec l’ELN en

2002 dans la ville de Medellin la

libération d’un otage belge, il a été

mis sur une liste noire et ne peut

plus visiter le pays.

Source originale :

dewereldmorgen.be

Traduit du néerlandais

par Josiane Hubert

Investig’Action 4 avril 2012

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 11


Perspectives

Cuba face aux défis du XXIe siècle

Entretien avec Ricardo Alarcón, Président du Parlement cubain

4ème partiet

Par Salim Lamrani

Le pétrole

SL : Autre sujet à présent. Cuba

dispose d’importants gisements pétrolifères

qui vont être prochainement

exploités. Pensez-vous que le pétrole

sera l’élément-clé qui contribuera à la

normalisation des relations avec les

Etats-Unis.

RAQ : Nous avons effectivement

bon espoir que les prochaines

prospections qui vont être réalisées en

mer dans la zone économique exclusive

de Cuba soient fructueuses. Toutes

les analyses l’indiquent y compris les

études réalisées par des spécialistes

des Etats-Unis. Les réserves sont relativement

importantes et contribueront

substantiellement au développement

économique de Cuba.

Je crois, en revanche, que ce qui

nous mènera à la normalisation de

nos relations, plus que le pétrole, sera

l’histoire et la géographie. Les décideurs

à Washington doivent accepter

une bonne fois pour toutes que Cuba

est une entité séparée des Etats-Unis,

qui historiquement ne leur appartient

pas. Ils doivent par conséquent chercher

à établir une relation normale basée

sur le respect de la souveraineté et de

l’indépendance.

Il est clair que le pétrole fera bouger

les choses à mesure que l’extraction

prendra de l’ampleur. Le monde des

affaires aux Etats-Unis souhaite avoir

des relations normales avec Cuba.

L’affaire Alan Gross

SL : Abordons à présent l’affaire

Alan Gross qui constitue, selon les

Etats-Unis, un obstacle à l’ouverture

d’un dialogue avec Cuba. Comment se

justifie la condamnation d’Alan Gross à

quinze ans de prison, alors qu’il était,

selon Washington, présent à Cuba pour

aider la communauté juive de La Havane

à avoir accès à Internet ?

RAQ : Cela est évidemment inexact.

La communauté juive cubaine, qui

a tout notre respect, s’est elle-même

prononcée sur le sujet et a fermement

rejeté tout lien avec les activités de

Gross. La communauté juive n’avait

pas besoin des services de Gross car

elle a accès aux nouvelles technologies

sans aucun problème. Par ailleurs, les

relations entre la communauté juive et

le gouvernement cubain sont excellentes

et par conséquent elle ne se prêterait

jamais aux manœuvres subversives

des Etats-Unis. Elle dispose également

de liens étroits avec les communautés

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Ricardo Alarcón, le Président du

Parlement cubain

juives du reste du monde et en particulier

celles des Etats-Unis, qui leur

fournissent tout ce dont elle nécessite

et qui voyagent régulièrement à Cuba.

Tout cela s’effectue avec la pleine coopération

du gouvernement cubain. Par

conséquent, l’affirmation de Washington

est dénuée de tout fondement.

SL : De quoi a-t-il été accusé ?

RAQ : Gross lui-même s’est

plaint d’être la victime de la politique

étasunienne. Il s’est rendu à Cuba pour

mettre en place le programme de subversion

interne élaboré par les Etats-

Unis, consistant à distribuer du matériel

hautement sophistiqué tels que des

téléphones satellite à certains groupes

liés au gouvernement des Etats-Unis,

dont le but ultime – publiquement reconnu

par Washington – est le changement

de régime. Sa présence avait une

finalité subversive, ce qui constitue un

grave délit à Cuba, mais également aux

Etats-Unis ou en France.

SL : Il a donc été jugé pour ces

faits ?

RAQ : Il a été soumis à un procès

au cours duquel il a bénéficié de toutes

les garanties possibles. Il a lui-même

reconnu avoir bénéficié d’un procès

équitable. Son avocat américain a

également reconnu que le procès s’était

déroulé dans de bonnes conditions. Ses

conditions de détention lui permettent

d’entrer en contact avec la diplomatie

américaine présente à Cuba à chaque

fois qu’il le souhaite. A chaque fois

que sa femme a sollicité un visa pour

lui rendre visite, elle l’a obtenu. Gross

s’est également entretenu de manière

régulière avec les personnalités américaines

en visite à Cuba, y compris les

dirigeants religieux. Le dernier en date

a été le rabbin de sa communauté David

Shneyer, qui a décrit les conditions

de sa visite. Il ne l’a pas rencontré dans

une prison de haute sécurité comme

l’affirment les médias des Etats-Unis,

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Dans sa prison à Havana, Allan Gross (à droite) rencontre le rabbin

David Shneyer

mais dans un hôpital militaire où il vit,

en raison de ses problèmes de santé. Il

est traité avec humanité, avec un respect

total de son intégrité, en vertu des

lois cubaines.

L’affaire des « Cinq »

SL : Evoquons à présent l’affaire

des Cinq. Quatre d’entre eux sont toujours

détenus et le dernier se trouve

en liberté surveillée. Ils sont en prison

depuis 1998 pour « conspiration en vue

de commettre des actes d’espionnage »

et ont écopé de lourdes peines de prison,

de 15 ans à la perpétuité. Quelles

sont les perspectives futures ?

RAQ : Pour le cas de René Gonzalez,

qui se trouve en liberté conditionnelle,

son avocat va tenter de persuader

la juge de le laisser purger sa peine de

trois ans à Cuba. De la même manière,

nous essayons d’obtenir une autorisation

de visite pour son épouse qui ne l’a

pas vu depuis plus d’une décennie car

Washington a systématiquement refusé

toutes les demandes de visa.

Je crois que chacun peut évaluer

la différence de traitement entre Cuba

et les Etats-Unis pour ce qui est des

visites familiales des prisonniers. Cuba

a systématiquement accepté toutes les

demandes de visa de l’épouse de Gross.

Washington a systématiquement refusé

toutes les demandes de visa d’Olga

Salanueva, épouse de René González,

et d’Adriana Pérez, épouse de Gerardo

Hernández.

De la même manière, René

González effectuera sans doute une

demande de visite à Cuba pour voir

sa famille, car la liberté conditionnelle,

selon la loi, permet cette possibilité. Il

lui est possible de purger sa peine hors

du territoire des Etats-Unis.

Pour les quatre autres prisonniers,

les processus d’habeas corpus

sont toujours en cours. Les trois démarches

administratives – une motion

de la défense, une réponse du parquet et

une réplique de la défense – sont quasiment

terminées pour Antonio Guerrero

et Gerardo Hernández. Pour ce qui est

de Ramón Labañino et de Fernando

González, nous sommes dans l’attente

de la réponse du parquet, c’est-à-dire

du gouvernement des Etats-Unis. Début

2012, la défense s’exprimera à son

tour sur la réponse du gouvernement.

SL : Pour quelles raisons, les cas

sont-ils étudiés séparément ?

RAQ : En réalité, cette procédure

extraordinaire d’habeas corpus

est possible seulement si le procès est

arrivé à son terme, ce qui est le cas pour

Gerardo Hernández et René Gonzalez,

lorsque la Cour Suprême a décidé de ne

pas étudier le cas. Pour ce qui est d’Antonio,

Ramón et Fernando, le procès

s’est achevé lorsque le tribunal a fixé

de nouvelles sentences lors du procès

en appel. Ces décisions sont survenues

à deux moments différents, et c’est la

raison pour laquelle les cas sont étudiés

séparément.

SL : L’issue de cette affaire

semble néanmoins plus politique que

juridique.

RAQ : C’est effectivement le cas,

d’où la nécessité de convaincre le président

Obama de les libérer. Il s’agit,

à mon avis, d’une obligation morale

de sa part, qu’il peut réaliser par une

simple décision exécutive que permet la

Constitution des Etats-Unis. Cette décision

peut être prise à tout moment, peu

importe le déroulement du procès.

SL : Pour quelles raisons Obama

devrait-il prendre une telle décision ?

RAQ : Tout simplement parce

que ces personnes sont innocentes. Je

vous rappelle que leur présence aux

Etats-Unis avait pour but d’empêcher

la réalisation d’attentats terroristes

contre Cuba, en infiltrant non pas des

entités gouvernementales – ce qui aurait

pu justifier l’accusation d’espionnage

– mais les groupuscules violents

de l’extrême droite de l’exil cubain

impliqués dans des actes de terrorisme

contre Cuba.

Leur mission était nécessaire

dans la mesure où ces groupes ont toujours

agi en totale impunité. Je vous

rappelle que Luis Posada Carriles, ancien

agent de la CIA, auteur intellectuel

de plus d’une centaine d’assassinats

– ce n’est pas moi qui le dit mais luimême

dans une interview qu’il a accordée

au New York Times le 12 juillet

1998 ; c’est également ce qu’affirment

des rapports de la CIA et du FBI déclassifiés

en 2004 et 2005 – est toujours en

liberté à Miami et n’a jamais été jugé

pour ses crimes.

Je vous rappelle également qu’en

1998 nous avions invité deux importants

directeurs du FBI pour leur

remettre un rapport volumineux, établi

par nos agents, sur les activités terroristes

de groupes de Miami. Ils nous

ont promis de les neutraliser et à leur

retour, au lieu d’accomplir leur devoir,

ils ont procédé à l’arrestation des Cinq.

Cette réalité du terrorisme contre

Cuba revient au grand jour avec la sortie

de René González.

SL : Expliquez-vous

RAQ : Le parquet a refusé catégoriquement

que René Gonzalez purge

sa peine de liberté conditionnelle à

Cuba. La juge a accepté la requête du

parquet en déclarant qu’il devait, pour

le moment, purger sa peine aux Etats-

Unis. Dans la déclaration écrite, la juge

mentionne de nouveau, à trois reprises,

« la condition spéciale additionnelle

», qui lui avait été imposée lors de sa

condamnation en 2001 et qu’il doit respecter.

SL : En quoi consiste cette « condition

spéciale additionnelle ?

RAQ : Cette « condition spéciale

additionnelle à la liberté conditionnelle

» stipule que « l’accusé a l’interdiction

formelle de s’approcher, ou se rendre

sur les lieux spécifiques fréquentés

par des individus ou des groupes tels

que des terroristes, des personnes promouvant

la violence ou des figures du

crimes organisé ». Il s’agit d’une citation

textuelle que l’on peut trouver

dans la transcription de l’Audience de

la juge Joan A. Lenard, du 12 décembre

2001.

Il s’agit là d’une reconnaissance

explicite du fait que les autorités des

Etats-Unis ont identifié des groupes ou

des individus qu’ils considèrent comme

étant des terroristes, des membres du

crime organisé ou des personnes promouvant

la violence. Ils savent qui ils

sont, où ils se trouvent mais ne font

rien pour les mettre hors d’état de nuire.

Dans le même temps, ils interdisent

à un citoyen américain, René Gonzalez

– car il est né aux Etats-Unis – de s’y

rendre et d’agir contre ces groupes.

SL : Tout cela est quand même

assez surprenant. Cette déclaration est

assez troublante.

RAQ : Vous trouverez cette

déclaration dans la transcription du

procès et dans la déclaration récente

du parquet et de la juge, lorsque René

González a sollicité l’autorisation de

purger sa peine à Cuba. Le but de cette

condition est à l’évidence de protéger

ces trois catégories d’individus. Si vous

disposez d’une meilleure explication, je

suis preneur.

Cela suppose que René González

est constamment surveillé par les autorités

américaines qui savent où se

trouvent ces individus, afin de s’assurer

qu’il ne viole pas sa liberté conditionnelle.

Si par malheur, René González

venait à s’approcher de ces lieux pour

déjouer leurs plans, il retournerait immédiatement

en prison.

SL : Cette situation semble assez

surréaliste.

RAQ : C’est pourtant la réalité,

même si elle est pour le

moins insolite. Vous trouverez, je

Suite à la page (15)

12

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012

Suite à la page (17)


Perspectives

France : Initiative avec la fille du

Che, Aleida Guevara, à

l'ambassade de Cuba !

« Les vrais communistes ici, ceux

vraiment conséquents, je les admire

»

Ce mercredi 18 avril était organisée

par l'ambassade de Cuba

et Cuba Si France, une rencontre

exceptionnelle avec la fille du

grand dirigeant révolutionnaire cubain

Ernesto 'Che' Guevara. Aleida

Guevara est présente en France

pour assister à une des premières

représentations d'une symphonie,

composée par l'argentin Julio César

Pardo, en l'honneur du Che.

Ce fut l'occasion pour Aleida

Guevara d'exprimer un message

clair : l'héritage du Che n'est pas

à commémorer, il est à faire vivre.

Selon elle, respecter le message du

Che, ce n'est pas seulement reconnaître

ce qui ne va pas dans cette

société, mais agir pour la transformer.

Elle a mobilisé ses quelques

paroles d'une milonga, à l'appui :

« Si je meurs, ne pleure pas pour

moi, fais ce que je faisais, et je continuerai

à vivre à travers toi ».

L'actualité du combat du Che

: la lutte contre le système capitaliste

et ses injustices. Sa présence

fut l'occasion de rappeler toute

l'actualité du combat du Che :

En ces temps de crise du capitalisme,

et qui ne date pas de 2008,

la perspective révolutionnaire est

plus actuelle que jamais. 2,5 millions

d'êtres humains qui vivent

avec moins de 2 $ par jour, 850

millions de personnes souffrant de

la faim, avec un réchauffement climatique

qui fait payer à l'ensemble

de l'humanité, l'opulence d'une petite

minorité.

Ce modèle économique capitaliste

qui accumule les richesses à

un pôle et la misère à un autre est

insoutenable.

Aleida Guevara a pesté contre

la désinformation dans les pays

dits développés. Désinformation

sur la réalité de la situation à Cuba,

et dans le reste du tiers-monde.

Complaisance médiatique vis-à-vis

des puissants, Etats-unis en tête.

Elle a évoqué l'anecdote de ce

journaliste français en 2003 qui lui

posait une question sur la « nécessité

de renverser le tyran irakien »,

et à qui elle a simplement répondu

: « Mais quand est-ce qu'un peuple

d'un pays développé a demandé

l'aide d'un pays du tiers-monde

pour résoudre ces problèmes internes.

Quels droits ont donc ces

pays d'intervenir ? Pourquoi cette

infériorité est-elle tolérée ? »

Elle a lancé des appels à la

lutte, en Europe même, contre la

politique de casse sociale. Lutter, et

pas seulement s'arrêter au constat

intellectuel, contre l'inacceptable :

la remise en cause des acquis du

mouvement ouvrier, la privatisation

de l'éducation, de la santé, de

l'industrie. « Nous sommes très inquiets

pour vous », dit-elle. « Pourquoi

cette apathie, ce manque de

réaction, ici ? »

En ces temps d'élections présidentielles,

des mises en garde

salutaires sur ce qu'est réellement

la démocratie : « La démocratie, ce

ne sont pas seulement cinq partis

qui se présentent à telle élection.

La démocratie, c'est le pouvoir du

Aleida Guevara, à l'ambassade de Cuba en France !

peuple, un état d'égalité juridique

et sociale. Où est la démocratie

quand on privatise jusqu'à l'eau

? Où est la démocratie lorsqu'on

envoie des troupes alors que les

peuples s'y opposent. »

Des anecdotes à foison... le

Che devant la police mexicaine et

l'aveu de son identité communiste !

La fille d'Ernesto Guevara a

illustré son propos d'innombrables

anecdotes vivantes et éclairantes

sur la personnalité de son père et

son engagement communiste.

Une parmi d'autres, ce passage

dans une prison mexicaine

en juin 1956, lorsque les policiers

l'interrogent et que celui-ci passe

de suite aux aveux : oui, il était

bien communiste, il préparait une

révolution à Cuba, et il avait même

une certaine admiration pour Staline

!

La police mexicaine, éberluée,

a alors libéré tous ses compagnons,

laissé sa famille, mais a

gardé quelque temps cet étrange

argentin qui dut attendre quelques

semaines pour embarquer à bord

du Granma pour la grande aventure

de la révolution cubaine.

« Je n'ai jamais vu un tyran

qui s'occupe d'éduquer et de cultiver

son peuple, et qui vient en aide

aux autres peuples ! »

Le débat fut riche en questions

et les jeunes communistes

de l'arrondissement dans lequel se

déroulait l'initiative, le 15ème, ont

participé activement à l'animer.

Pour une jeune communiste

d'origine colombienne, convaincue

de l'exemple cubain, la question

était : Que répondre à ceux, dans

les médias, à l'université, en politique

qui nous parlent de la dictature

cubaine ?

Aleida Guevara a repris

l'anecdote d'un jeune chilien qui

avait un jour trouvé une réponse

meilleure que la sienne : « Je n'ai

jamais vu un tyran qui s'occupe de

l'éducation et de la culture de son

peuple. Car un peuple cultivé est

un peuple libre, qui ne se laisse pas

manipuler ni duper ! »

Elle a rappelé ensuite les innombrables

succès de la petite île :

premier pays du tiers-monde dans

le sport, dans les ballets, seul pays

à avoir atteint les Objectifs sociaux

du millénaire de l'ONU. Un pays

qui fait don de son savoir-faire

pour les autres peuples.

Il suffit de mentionner les

opérations « Yo, si puedo » qui contribuent

grâce à des éducateurs cubains

à éradiquer l'analphabétisme

en Amérique latine, et a déjà libéré

des territoires entiers de ce fléau.

Ou encore « Operacion Milagro »,

par laquelle des chirurgiens et médecins

cubains opèrent des patients

de la cataracte et d'autres maladies

oculaires. 5 millions de personnes

ont été traitées à ce jour grâce à ce

programme.

Quelle « dictature » fait cela

? Il suffit de voir l'unanimité, au

dernier Sommet des Amériques,

derrière Cuba pour voir que la vraie

« dictature », la vraie puissance impérialiste

isolée, n'est pas Cuba...

« Les vrais communistes,

ceux réellement conséquents dans

leur engagement, ils ont toute mon

admiration ! »

Dernière question pour le

responsable de la JC 15, sur une

intervention récente où elle se définissait

comme simple militante du

Parti communiste. C'est quoi, être

communiste, pour elle ?

Pour Aleida, il s'agit avant

tout de « défendre les intérêts de

son peuple », comme le disait son

père. Être communiste, c'est refuser

l'injustice de ce système. Elle aime

à rappeler l'anecdote d'un séjour

au Pérou, où elle découvre un magasin

rempli de vêtements raffinés

inconnus à Cuba, qu'elle ne peut

à son regret acquérir, et devant la

boutique, une femme indigène faisant

la manche avec cet enfant.

Être communiste, c'est refuser

que certaines puissent vivre

dans le luxe, et d'autres dans

l'indigence.

Mais, si il est facile d'être

communiste à Cuba, pour elle, c'est

sans doute le plus difficile et le plus

beau des combats en système capitaliste,

là où l'idéologie dominante

est écrasante et où il faut être incroyablement

fort pour résister à ce

conditionnement quotidien.

Elle a évoqué ses mots murmurés

par un camarade communiste

du PCE, en Espagne,

lorsqu'elle l'a questionné sur la réalité

de l’engagement communiste

en Europe : « Tu ne peux pas savoir

comment c'est difficile d'être communiste

ici ! »

Ce en quoi Guevara a conclu

: « Ceux qui sont vraiment communistes,

ici, ce sont les meilleurs

sans aucun doute. Ceux qui sont

réellement conséquents avec cet

engagement, ceux-là, oui je te le

dis, ils ont toute mon admiration ».

CSL 20 avril 2012

« Ce qui vient après

l’arrière-cour »

Par Raúl Zibechi *

Après le récent VIè Sommet des

Amériques, peu de doutes subsistent

que la région latinoaméricaine a

changé. Celle-ci a cessé d’être l’arrièrecour

d’un empire décadent qui a très

peu à offrir, sauf des bases militaires et

des flottes menaçantes. Le double échec

étasunien de Barack Obama à Carthage

et d’Hilary Clinton la semaine suivante

à Brasilia, montrent le manque de propositions

constructives pour la région.

Comme l’a signalé Dilma Rousseff,

les pays de la région réclament

des « relations entre égaux », ce qui

a été interprétée par plusieurs analystes

comme une « rébellion contre les

États-Unis ». La conséquence principale

du sommet est la constatation de

l’isolement des États-Unis et l inexistence

de politiques capables d’attirer

l’ensemble de la région comme ce

fut jusqu’au milieu des années 90. Je

trouve cinq raisons à la détérioration

des relations de Washington avec tout

le continent, qui anticipent ce scenario

nouveau en formation.

La première est le double échec

de la guerre contre la drogue et de

l’embargo à Cuba. Après la chute de

l’Union Soviétique, Washington dut

fabriquer un ennemi pour continuer

à forcer la militarisation des relations

internationales. Le trafic de drogues illégales

a rempli cette fonction pendant

un temps, malgré qu’il n’a jamais été

crédible parce qu’il n’a pas inclus la réduction

de la consommation dans les

pays du nord, qui sont les grands consommateurs

de drogues illégales.

Maintenant la guerre contre la

drogue a perdu la bataille de sa

légitimité.

L’Institut International d’Études Stratégiques

vient de lancer une étude dans

laquelle

est affirmée qu’elle n’a pas seulement

échoué à combattre la consommation

et le trafic, mais la guerre contre

la drogue « à créer une menace importante

contre la sécurité internationale »

(La Jornada, le 17 avril). N’était-ce pas

comme par hasard l’objectif cherché ?

La deuxième est la fin de l’époque

de l’OEA et la consolidation de l’Unasur

(Union de Nations Sudaméricaines) et

de la Celac (Communauté des États

Latinoaméricains et Caribéens), qui

excluent les États-Unis et le Canada et

s’adaptent à la nouvelle réalité globale.

En suivant la tendance déjà marquée

par l’Unasur dès 2009, la Celac devient

rapidement l’organisme capable de

résoudre les problèmes de la région et

de tracer la direction de sa souveraineté

face à des puissances extra continentales.

On peut discuter si c’est le type

d’intégration dont les peuples latinoaméricains

ont besoin, mais il n’y a pas

de doute que, quel que soit le chemin

qu’ils choisissent, ils excluent les anciens

propriétaires de l’arrière-cour.

En troisième lieu, les États-Unis

ne sont déjà plus le principal associé

commercial des principaux pays de la

région, en particulier de l’Amérique du

Sud, et son marché décroissant interne

n’a plus l’attrait d’antan, ni ne se montre

dans des conditions de capter les

exportations latinoaméricaines. La tendance

est que la Chine et l’ensemble de

l’Asie se substituent au rôle qu’ont eu

les États-Unis depuis le début de XXe

siècle jusqu’à la crise de 2008 comme

allié commercial et politique, décisif.

Jusqu’à 2005, les États-Unis

achetaient 1.5 million de barils de

pétrole par jour au Venezuela, le

chiffre est tombé en 2011 à moins

d’un million. Au contraire, les exportations

vénézuéliennes en Chine,

qui étaient presque inexistantes en

2005, ont grimpé à presque un demi

million de barils par jour en 2011

Suite à la page (14)

Dernière minute : un

Cubain entre la vie et la

mort à Madrid !

Une dizaine de ces Cubains ont décidé d’exprimer leur frustration devant

le Ministère des Affaires étrangères, à Madrid, en entamant une grève de

la faim

Par Percy Francisco Alvarado Godoy

La triste réalité qui cerne ceux qui ont

accepté de cohabiter avec le capitalisme

vient de révéler cruellement son

véritable visage et ces Cubains qui un

jour, pas si lointain, répudièrent leur

patrie soumise au blocus et où sévissent

certaines pénuries matérielles, et

l’abandonnèrent, hypnotisées par les

chants de sirènes de leurs maîtres de la

SINA (1), sont aujourd’hui en train de

payer chèrement une douloureuse addition,

faite d’abandon et d’indifférence.

Connaissant leurs parcours individuels,

je ne peux m’empêcher de les

comparer à ces autres mercenaires, «

embarqués » et vaincus par le peuple

cubain en moins de 72 heures, sur les

sables de Playa Girón (2).

Une dizaine de ces Cubains

ont décidé d’exprimer

Suite à la page (14)

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 13


Evo Morales : « Il n’y aura plus de sommets sans Cuba »

Le refus des États-Unis de réintégrer Cuba

dans l’Organisation des États Américains

est en train de provoquer l’implosion

de l’organisation, d’après Evo Morales, le

président bolivien. Le dernier Sommet des

Amériques s’est achevé dimanche sans

déclaration finale. L’Equateur a boycotté

ce Sommet et une forte proportion

de pays s’est montrée solidaire de Cuba.

Le président colombien lui-même Juan

Manuel Santos, s’est prononcé en faveur

de l’île révolutionnaire et donc contre son

allié américain. Le texte ci-dessous est la

traduction d’un extrait de l’entretien accordé

par Morales à El Tiempo publié par

Cubadebate.

Evo Morales a l’habitude de se

lever tôt ; en général, à cinq heures du

matin, bien qu’à deux reprises, il ait commencé

sa réunion hebdomadaire avec son

cabinet à 4h30. Quand il arrive pour son

entretien avec El Tiempo, journal colombien,

à 6h00, cela fait un moment que sa

journée a commencé.

Suite de la page (13)

(Geab No. 60, décembre 2011). La tendance

est qu’un marché se substitue à

un autre.

En quatrième lieu, les États-Unis

et l’Union Européenne sont en perte de

vitesse en tant qu’investisseurs principaux

en Amérique Latine. La Chine est

le principal investisseur au Venezuela,

la première réserve mondiale de pétrole,

la troisième de bauxite, la quatrième

réserve d’or, la sixième position en gaz

naturel et la dixième réserve en fer au

monde. La Chine dispose aussi de forts

investissements en Argentine et au

Brésil, les deux plus grandes économies

sudaméricaines.

Le deuxième groupement pétrolier

chinois, Sinopec, était intéressé

à acheter la part de Repsol dans YPF

pour 15 milliards de dollars avant

l’étatisation décidé par le gouvernement

de Cristina Fernández (Financial

Times, le 18 avril 2012). Maintenant

il peut étendre ses investissements en

Argentine, où il est responsable de 6 %

de l’offre de brut et de 1.7 % du gaz.

La région a aussi des capacités

endogènes d’investissement. Le

meilleur exemple est l’annonce de

l’investissement de 16 milliards de dollars

par trois entreprises brésiliennes

(Petrobras, Odebrecht et Braskem) au

Pérou, pour extraire du gaz dans le

Camisea, afin de construire un gazoduc

de plus de mille kilomètres vers le sud

et un pôle pétrochimique dans la ville

portuaire d’Ilo, le premier de la côte du

Pacifique.

En cinquième lieu, les États-Unis

ne sont déjà plus l’unique allié militaire

de la région. Le Venezuela maintient

une solide alliance avec la Russie, le

Brésil pour des accords de coopération

avec l’Inde dans l’aéronautique et avec

la Chine dans l’industrie spatiale. Mais

le plus remarquable est l’intégration

progressive des industries militaires de

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Le président Bolivien a fait l’éloge

du rôle de son homologue colombien,

Juan Manuel Santos, a réitéré ses critiques

sur la position des États-Unis concernant

le Sommet, ainsi que sa conviction que

celui qui s’est achevé hier devait être le

dernier sommet sans Cuba.

El Tiempo : Pourquoi dites-vous

que ces sommets sont en voie de désintégration

?

Evo Morales : Nous avons non

seulement un pays absent, Cuba, mais

deux : l’Équateur qui, à juste titre, proteste

contre l’absence de Cuba. La présidente du

Brésil, quelques dirigeants de la Caraïbe,

d’autres d’Amérique du Sud, y compris

des dirigeants extérieurs à l’ALBA, et nous

disons : il n’y aura pas de prochain sommet

sans Cuba. C’est pourquoi nous sommes

dans un processus de désintégration

par la faute d’un gouvernement : les États-

Unis. Si tous les pays d’Amérique Latine

et de la Caraïbe demandent la présence

de Cuba, comment est-il possible que les

la région, ou bien le tandem des pays

sudaméricains avec la croissante industrie

militaire brésilienne.

Le cas le plus remarquable est

l’alliance stratégique entre le Brésil et

l’Argentine, qui se traduit dans le développement

conjoint de blindés, d’un

avion cargo militaire qui se substituera

aux Hercules [Us], le développement

de missiles « air-air » sur lequel le Brésil

travaille avec l’Afrique du Sud, et des

avions sans équipage pour surveillance

de frontières. Les deux pays façonnent

une masse critique capable d’entraîner

les autres pour mettre debout une industrie

militaire régionale autonome de

celle du nord.

L’imminente victoire du socialiste

François Hollande dans les élections

présidentielles françaises « activera

une série de changements stratégiques

» qui accéléreront les transitions géopolitiques

courantes, comme l’estime

le Laboratoire Européen d’Anticipation

Politique (Geab No. 54, du 17 avril

2012). L’un des virages principaux sera

la formation d’une alliance stratégique

Europe-BRICS. D’une certaine façon,

cette alliance a déjà commencé avec

l’accord militaire France-Brésil de 2009

pour construire des sous-marins et des

avions chasse Rafale. L’autonomisation

de la région peut compter avec des alliés

inespérés.

La Jornada. Mexique, le 20 avril

2012.

Traduit de l’espagnol Estelle et

Carlos Debiasi

El Correo. Paris le 21 avril 2012.

NDLR . Raúl Zibechi: journaliste

uruguayen, professeur et chercheur

à la Multiversidad Franciscana

d’Amérique Latine, et conseiller de plusieurs

organismes.

États-Unis s’y opposent ? Si tous les pays

appuient l’Argentine pour qu’elle commence

un processus de négociation avec

le Royaume-Uni, pourquoi les États-Unis

ne l’épaulent-ils pas ? La vérité est que,

nous les latino-américains, nous avons un

mauvais associé. Les choses ne se passent

pas comme l’a affirmé Obama hier, quand

il a dit qu’il voulait des relations de respect

mutuel ; il n’y a pas de respect pour tous

les latino-américains.

El Tiempo : Bien que l’on parle

de position unitaire des pays de l’ALBA,

vous êtes le seul [président, ndt] à être allé

assister au Sommet. Ils vous ont envoyé

en solitaire ?

Evo Morales : Non. Je ne suis pas

venu représenter l’ALBA. Nous en sommes

membre, mais ici, il y a une liberté totale

et les pays peuvent ou non participer.

Ce n’est pas parce que nous sommes de

l’ALBA que nous devons être unanimes

quand il s’agit de venir ou pas.

El Tiempo : Comment percevezvous

le rôle de la Colombie dans ce sommet

?

Evo Morales : Je vois que le président

Santos et son gouvernement sont

Suite de la page (13) Dernière minute...

leur frustration devant le Ministère

des Affaires étrangères, à Madrid, en

entamant une grève de la faim — ce

même genre de grève qui fut tellement

médiatiquement exploitée lorsqu’elle

avait lieu à Cuba —, et cela pour forcer

le gouvernement espagnol à répondre

à leurs demandes après avoir vu venir

la fin des allocations qu’ils touchaient

depuis un an et demi.

Habitués toute une vie à avoir

tout près de leur domicile leur médecin

de famille et à avoir droit à tous

les soins hospitaliers sans débourser

un seul centime et sans la moindre

discrimination en dépit de leur rôle de

salariés des ennemis de leur Patrie,

les voici aujourd’hui qui connaissent

l’insupportable surprise de voir l’un

d’eux, Randol Roca Mursuli, subir un

refus catégorique de la part d’un centre

hospitalier espagnol et du SAMUR

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Evo Morales

comme pris en sandwich. Ils sont avec

les pays de l’Amérique Latine et de la

Caraïbe, mais aussi avec les États-Unis.

Évidemment, n’importe quel pays hôte

ferait la même chose : essayer de nous

unir, de chercher un certain équilibre.

Son intervention m’a plutôt plu. Santos

m’a impressionné, je ne m’attendais pas

à tant de sa part sur le thème de Cuba.

Mais en dépit du rôle du pays hôte et du

fait que, au moins de loin, la Colombie et

les États-Unis semblent alliés, Obama ne

répond pas. Il y a beaucoup de cynisme,

(SAMU espagnol) pour lui prodiguer

des soins au prétexte que sa carte de

santé (carte VITALE) n’est plus valide.

L’infarctus du myocarde dont a

été victime Randol Roca Mursuli il y

a deux jours n’a pas ébranlé les médecins

espagnols et cela le condamne

pratiquement à mort. Jamais il n’aurait

vécu une telle situation à CUBA.

Ces mêmes médecins espagnols

n’ont pas été davantage émus par la

présence, aux côtés du malade, de

toute sa famille, dont un nourrisson de

6 mois.

Je ne sais pas encore précisément

ce qu’il est advenu du patient

victime d’un infarctus ni s’il a ou non,

finalement, reçu les soins médicaux

appropriés pour mettre sa vie hors de

danger. Je ne sais pas non plus ce que

deviennent les soi-disant grévistes de

la faim qui, cette fois, sont bien obligés

de jeûner pour de vrai s’ils veulent attendrir

les cœurs de pierre de Mariano

Rajoy* et de ses associés du Partido

Popular.

Cette fois, le show médiatique ne

sert à rien. Ici, Messieurs, c’est le capitalisme

!

Notes

(1) - La Section des Intérêts Nord

Américains (SINA) à La Havane… qui

tient lieu d’Ambassade des USA en

l’absence de relations diplomatiques…

(2) - Playa Girón est une petite

plage, dans la partie orientale de la Baie

des Cochons, au centre de Cuba. Elle

passa à l’histoire en 1961 lorsqu’elle

fut, avec Playa Larga, le théâtre du

débarquement de la baie des Cochons…

des mercenaires contre-révolutionnaires

cubains, recrutés, entraînés et

armés par la CIA… (d’après Wikipédia).

Rebelion 17 Avril 2012

Traduit par Manuel Colinas

Balbona

Le Grand Soir 18 avril 2012

NDLR. * Mariano Rajoy 9e président

du gouvernement espagnol.

et le fait d’être resté sans réponse de son

allié doit être une source de profonde souffrance

pour Santos. Pour cette raison,

quand Martinelli * a demandé que le prochain

sommet se tienne à Panama, Santos

a déclaré : « Ils ne savent pas dans quoi ils

se fourrent ».

El Tiempo : Quelle est votre opinion

sur la dépénalisation de la drogue,

vous qui, depuis des années, avez lutté

pour la dépénalisation de la feuille de coca

?

Evo Morales : Dans notre législation

nationale, elle est déjà appliquée.

Mais la convention unique sur les stupéfiants

de l’ONU l’a mise hors-la-loi. Ces

conventions ne sont pas issues d’accords

avec les pays andins. Nous ne défendons

pas la cocaïne ni la légalisation de la consommation.

»

NDLR. * Ricardo Martinelli. Président

de Panama.

Sources : EL Tiempo (Colombie),

repris sur Cubadebate, 16 avril 2012

Traduit de l’espagnol et présenté par

Marc Harpon

Changement de Société 18 avril 2012

Le droit à la retraite : modèle grec

contre modèle vénézuélien

Par Jesse Chacón

Dans la première semaine d’avril, une

nouvelle a secoué le monde entier.

Dimitris Christoulas, pharmacien à la retraite

de 77 ans, se suicidait d’un tir dans

la tête face à une multitude sur une place

d’Athènes. Dans sa poche et chez lui, il

laissait une lettre où il disait : « … Le gouvernement

Tsolakoglou a anéanti toutes

mes possibilités de survie, qui se basaient

sur une pension très honorable que j’ai

payée seul pendant 35 ans sans aucune

aide de l’Etat. Et comme mon âge avancé

ne me permet pas de réagir d’une façon

dynamique (quoique si un compatriote

grec devait se saisir d’une Kalashnikov,

je m’empresserais de le suivre), je ne vois

pas d’autre solution que de mettre fin à

ma vie dignement, ce qui m’épargne

d’avoir à fouiller les poubelles pour assurer

ma survie. Je crois que les jeunes sans

avenir vont prendre les armes un jour et

Dimitris Christoulas, pharmacien

à la retraite de 77 ans, se suicidait

d’un tir dans la tête face à une

multitude sur une place d’Athènes

ils pendront les traîtres de ce pays sur la

Place Syntagma, exactement comme les

Italiens l’ont fait pour Mussolini en 1945

».

La mort tragique de Dimitris,

plus qu’une attitude d’impuissance et

de frustration telle que l’a présentée la

presse internationale, représente un fait

politique de résistance et de dignité, qui

s’ajoute à la mobilisation de milliers de

grecs qui aujourd’hui prennent les places

d’Athènes pour protester contre le paquet

drastique d’ajustements néo-libéraux que

le gouvernement impose sous l’exigence

du pouvoir financier et technocratique

européen.

En Grèce depuis le début des

mesures d’austérité gouvernementale

prises en 2010 les allocations de retraite

ont été diminuées d’environ 15 %

et celles de plus de 1.200 euros ont été

réduites de 20 % de plus. Des citoyens

qui ont cotisé, épargné toute leur vie,

patiemment, pour jouir de la tranquillité

dans leur vieillesse, découvrent

aujourd’hui que tout s’écroule, que leur

argent n’existe pas, que d’autres l’ont

dépensé ou mal investi dans les ballets

de titres qui se sont évaporés avec la crise

financière déclenchée depuis 2008.

La sécurité sociale, et notamment

la protection de la vieillesse, sont d’une

institution enracinée socialement depuis

de nombreux siècles, surgie comme une

pratique solidaire générée par la préoccupation

pour les invalides ou face aux incertitudes

du lendemain. Après la deuxième

guerre mondiale et la déclaration

formelle des droits humains en 1948, la

sécurité sociale se déploie dans une structure

de normes internationales et nationales

qui en fait un droit formel ; les états

nationaux créent des structures prévisionnelles

et de sécurité sociale et, au

sein de celles-ci, des fonds de pensions,

lesquels garantissaient une retraite pour

les travailleurs à travers leur épargne.

Mais dans la décennie des années

70, la voracité néo-libérale a détruit le

sens solidaire de cette institution et l’a

convertie en un butin, cédant la place à

Suite à la page (15)

14

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012


Suite de la page (12)

le répète, cette déclaration tout

au long du procès. Le parquet a

longuement insisté sur ce fait. La

juge a dicté les sentences, dans

le mémorandum des sentences,

où le gouvernement a proposé

les peines – inutile de dire que

le gouvernement a proposé des

peines maximum pour chaque

chef d’accusation. Le parquet a

même commis de graves erreurs

d’où la décision de la Cour d’Appel

de dicter de nouvelles sentences

pour Antonio Guerrero, Ramón

Labañino et Fernando González.

Ce même parquet, dans ce même

mémorandum de sentences, face

au Tribunal, oralement, a insisté

sur le fait que pour le gouvernement

des Etats-Unis, il était tout

aussi important d’appliquer les

peines maximales que de garantir

l’incapacité de l’accusé à reprendre

les activités pour lesquelles il

a été condamné – c’est-à-dire infiltrer

les groupes terroristes mais

de manière pacifique, sans armes

ni violence pour pouvoir ensuite

en informer Cuba –, d’où la nécessité

d’imposer cette « condition

spéciale additionnelle ». Cette

« condition spéciale additionnelle

» a été imposée aux cinq, y compris

à Gerardo Hernández qui a été

condamné à deux peines de prison

à vie plus quinze ans. Chacun

d’entre eux, lorsqu’il aura purgé

sa peine – pour Gerardo, lors de

sa troisième vie – devra se tenir

loin de ces groupes terroristes et

il reviendra au gouvernement de

s’assurer que cela soit le cas afin

qu’ils ne reprennent pas les activités

qui les ont menés en prison.

Pour Gerardo, Ramón et Fernando,

le parquet souligne que

cela sera le cas car il est prévu

Suite de la page (20)

En s’appuyant sur une justice aux

ordres, en bénéficiant de la complaisance

du gouvernement, en jouant sur

la peur des responsables de déplaire à

Sa Majesté, en bénéficiant de la complicité

du gendarme de la Bourse, MM.

Majidi et Bouhemou ont pu non seulement

évincer les deux groupes français

mais, plus grave, faire main basse sur

l’économie marocaine. Les entreprises

contrôlées par le monarque sont ainsi

devenues de véritables machines à

cash alimentées par les consommateurs

marocains...

Les auteurs évoquent également

« la candeur » du monde des affaires

français convaincu que le marché marocain

était définitivement acquis et

qu’une intervention de la diplomatie

française permettrait de régler ces «

malentendus ». Mais, comme le relève

Catherine Graciet, « il n’y a eu aucun

qu’ils soient expulsés du territoire

américain. Tout cela est écrit noir

sur blanc dans le mémorandum de

sentences. Pour René et Antonio

– tous deux citoyens américains –

ils ne peuvent pas être expulsés et

c’est la raison pour laquelle cette

« condition spéciale additionnelle

» leur a été imposée. René devra

la respecter y compris à l’issue de

sa liberté conditionnelle, de même

pour Antonio, s’il venait à en bénéficier.

En d’autres mots, les autorités

des Etats-Unis reconnaissent

que dans la ville de Miami il existe

des groupes terroristes, violents

et mafieux. Elles savent qui

ils sont et où ils se trouvent, mais

elles leur garantissent une totale

impunité. Elles interdisent ainsi

à un citoyen américain en liberté

de faire quoi que se soit pour les

neutraliser.

SL : Qu’est-ce que cela démontre

selon vous ?

RAQ : Cela démontre clairement

l’innocence des Cinq, car

ce qu’ils faisaient aux Etats-Unis

n’est pas un délit. Ce n’est pas un

délit que d’empêcher la réalisation

d’un acte de terrorisme. Lutter

contre la violence, les délits et

le terrorisme n’est un crime nulle

part. Malheureusement, cette histoire

surréaliste a perduré en raison

de la dictature médiatique. Si

cette affaire avait eu la couverture

qu’elle méritait, elle aurait suscité

un tel outrage au sein de l’opinion

publique américaine que la position

du gouvernement aurait été

intenable. Que dirait l’opinion

publique étasunienne si elle apprenait

que le gouvernement protège

des terroristes et incarcère ceux

qui luttent contre la violence ?

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Imaginez si demain le gouvernement

décidait d’arrêter René

González pour s’être approché

d’un groupuscule terroriste ? Pourquoi

le gouvernement américain

peut-il agir de telle manière ? Tout

simplement parce que l’opinion

publique ne le sait pas en raison

de la complicité médiatique dans

cette affaire. Si cela se savait, les

Cinq seraient à Cuba depuis fort

longtemps.

Rendez-vous compte, René

est sorti de prison en octobre 2011

et on lui impose cette condition

non pas pour le protéger mais pour

protéger les groupuscules terroristes.

N’est-ce pas un comble ?

Je me répète, il est du devoir

du président Obama de libérer les

Cinq, sans tarder. C’est d’ailleurs

également l’intérêt des Etats-

Unis. Ce cas illustre chaque jour

le caractère profondément hypocrite

de la politique antiterroriste

des Etats-Unis, qui d’un côté

prétendent mener une lutte globale

contre ce fléau et de l’autre

protègent des criminels sur leur

sol en incarcérant ceux qui essayent

de déjouer leurs plans. Le

gouvernement fédéral utilise en

ce moment même des fonds pour

surveiller René González et donc

pour les protéger. René a accompli

une peine de treize ans de prison

pour avoir essayé d’empêcher la

réalisation d’actes terroristes contre

Cuba. Il en est de même pour

les quatre autres. Il s’agit du premier

cas « d’espionnage » dans

l’histoire des Etats-Unis où il n’y

a pas un seul document secret qui

ait été violé. C’est pour cela que la

Cour d’Appel d’Atlanta a d’ailleurs

reconnu qu’il ne s’agissait pas

d’une affaire d’espionnage.

Suite de la page (4)

Appréhendé à la Croix-des-Bouquets

avant d’être ramené à Port-au-

Prince, le conseiller politique du chef

de l’Etat, qui a décliné son innocence,

est accusé d’avoir tué avec préméditation

Octanol Dérissaint, un jeune entrepreneur.

La police a procédé vendredi

après-midi à la Croix-des-Bouquets à

l’arrestation de Calixte Valentin, conseiller

politique du Président Michel

Martelly accusé d’avoir abattu mercredi

soir Octanol Dérissaint, un jeune

commerçant de Fond Parisien (ouest),

lors d’un grave incident ayant mis en

ébullition cette petite communauté rurale.

Selon un responsable du commissariat

de police de la Croix-des-

Bouquets, c’est le commissaire du

relais politique pour les industriels

français car pour l’Elysée ou le Quai

d’Orsay, on ne touche pas à la stabilité

du Maroc : c’est une loi non écrite ! »

Pour les deux auteurs, il est

temps que la diplomatie française fasse

son aggiornamento tant sa vision des

relations bilatérales est dépassée :

avec la victoire du Parti de la justice

et du développement (7), la menace

islamiste ne tient plus la route et envisager

le Maroc comme relais diplomatique

de la France n’a plus de sens

depuis l’avènement de Mohammed VI,

compte tenu de l’absence de ce dernier

sur la scène internationale, contrairement

à Hassan II.

Catherine Graciet et Eric Laurent

se montrent sans doute excessifs en

écrivant que, à l’inverse des diplomates

américains qui tissent des liens avec

l’ensemble des acteurs de la société civile,

« les Français préfèrent singer le

makhzen dans ce qu’il a de plus vil :

l’attitude du serviteur qui ne bronche

jamais et acquiesce en permanence ».

Si, jusqu’à nouvel ordre les Etats-Unis

ne sont certainement pas un modèle de

diplomatie à l’égard du monde arabe,

il n’en reste pas moins que la complaisance

des dirigeants français à l’égard

du royaume est de plus en plus incompréhensible.

Pour les auteurs, le soutien de la

France au Maroc est d’autant plus surprenant

que Mohammed VI a montré

qu’il était « à contre-courant des aspirations

et des mouvements de fond qui

agitent les sociétés des pays arabes et

musulmans ».

Pour Catherine Graciet, « le régime,

dont l’affairisme est ouvertement

dénoncé, n’a pas d’autre choix que de

se réformer : ou bien, il se retire des affaires,

ou il s’expose à ce qui s’est passé

dans d’autres pays arabes ».

Le Monde diplomatique, jeudi 12

avril 2012

*Ignace Dalle est journaliste,

auteur notamment de Hassan II. Entre

tradition et absolutisme, Fayard, Paris,

2011.

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Ces fonds sont alors gérés non plus par

des sécurités sociales publiques mais par

des fonds privés de pension.

La bouchée succulente de

l’épargne populaire commence à remplir

les coffres du capital financier. Celui-ci

sans perdre de temps se met à investir

ces fonds dans des titres et dans d’autres

investissements douteux à l’extérieur.

Au Chili par exemple en 2008, selon

des données du Centre National de

Développement Alternatif (CENDAS),

“95,2 % des fonds investis à l’extérieur

l’étaient sous rente variable, dans des

pays fortement touchés par la crise et

dans des instruments à haut risque.

Depuis le début de la crise, le 25 juillet

2007 et jusqu’au 30 septembre 2008,

les fonds de pensions avaient perdu

20,37 millions de dollars actuels, ce qui

équivaut à une perte de 18.97%”. Tout

ceci incombe aux Administrations des

Fonds de Pensions (AFP) privés, qui

jouent et perdent l’argent des personnes

âgées, tout en se présentant au monde

comme des experts en efficacité.

Le crédo capitaliste néo-libéral qui

s’appuie sur le discours de Hayek et de

Friedman, détruit la solidarité comme

valeur et rend hégémonique une nouvelle

anthropologie basée sur l’égoïsme

et sur l’utilitarisme ; cependant, de

manière répétée, son modèle échoue et

sa nature apparaît au grand jour : un

système de gangsters voué à la dépossession,

au vol déguisé, destiné à augmenter

la richesse de ceux qui sont déjà

riches, très riches.

Mais il existe une alternative

pour construire la société et la vie, il est

possible de construire la société à partir

d’idées socialistes, il est possible de

récupérer la solidarité comme cœur des

relations sociales et de construire des

politiques qui garantissent le bien-vivre

et le bonheur social.

Au Venezuela, après la mise

en échec du modéle néo-libéral par

l’insurrection populaire, lors de la révolte

du caracazo (1989) et les soulèvements

civico-militaires de 1992, cette

alternative socialiste a été validée par

des réalisations tangibles. Les fonds de

pensions ont été préservés comme faisant

partie du secteur public et l’État

national est redevenu le garant de ces

droits. Pendant ces 12 ans de gouvernement

bolivarien le nombre de pensionnés

a augmenté, passant de 211.040

en 1998 à 1.544.856 en 2010 (voir

graphique).

L’Europe subit une crise qui est

le produit de la dure recette néo-libérale

d’austérité et de privatisations ; le Venezuela

avance en tissant son futur sur

la base de la solidarité et des idées du

socialisme.

GISXXI 16 avril 2012

Traduction : Thierry Deronne

Venezuelainfos.wordpress

20 avril 2012

gouvernement de cette juridiction,

Me Mario Beauvoir, qui a conduit

l’opération. M. Valentin a été transféré

à Port-au-Prince afin de répondre des

charges retenues contre lui.

Ce dossier d’assassinat du policier

Walky Calixte se trouve pour le

moment au cabinet d’instruction, des

policiers proches de la victime ont été

entendus par le cabinet d’instruction

et le présumé coupable, le député Rodriguez

est attendu cette semaine au

Cabinet d’instruction. De janvier à

avril 2012 des dizaines de policiers

ont déjà perdu leur vie sous les balles

assassines des bandits à la capitale. Le

dernier à date c’était le cas du policier

Walky Calixte qui a soulevé la colère et

l’indignation de ses collègues et de la

population de Carrefour.

Notes

(1) Le Seuil, Paris, 2012, 17,80

euros. L’hebdomadaire Tel Quel a toutefois

publié des extraits du livre dans sa

livraison du 17 mars 2012.

(2) Le mouvement de contestation

a débuté le 20 février 2011 au Maroc.

Lire Ignace Dalle, « Et au Maroc le

roi parlait », Le Monde diplomatique,

avril 2011.

(3) Catherine Graciet a collaboré

au Journal Hebdomadaire, qui a dû

finalement suspendre sa parution à

la suite de pressions du pouvoir. Eric

Laurent est l’auteur de deux livres

d’entretiens avec Hassan II : Mémoire

d’un Roi (1993) et Le Génie de la modération

(2000).

(4) Dès le début des années

2000, le directeur du Journal Hebdomadaire,

Aboubakr Jamaï, avait dénoncé

le fait que la Bourse de Casablanca soit

contrôlée pour plus de moitié par le

Palais. A la même époque, le regretté

Rémy Leveau, spécialiste du royaume,

avait mis les points sur les i : « Moi

je dis les choses tout bêtement : est-ce

que Mohammed VI va continuer à faire

des affaires ? Dans un système en voie

de transition démocratique, le roi ne

peut pas être entrepreneur et ne peut

faire concurrence aux entrepreneurs.

Dans cette situation, il doit renforcer sa

position d’arbitrage. »

(5) La banque qu’il dirigeait alors

a obtenu en 2005 le premier prix

décerné par le premier ministre du Maroc

pour son programme de lutte contre

la corruption.

(6) Polytechnicien et ingénieur

des mines, Hassan Bouhemou, qui,

selon les auteurs, déteste la France,

est le véritable maître d’œuvre de la «

stratégie » économique et financière du

Palais, M. Majidi le couvrant politiquement.

(7) Vainqueur des élections de

fin novembre 2011, le PJD, islamiste

« modéré », dirige le gouvernement

depuis le début de 2012.

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 15


Suite de la page (7)

Certaines des marchandes ont

l’habitude d’ajouter des morceaux

d’écorce pour guérir des maladies

présumées ou des douleurs internes

(comme les douleurs menstruelles ou

l’impuissance sexuelle). Le plus souvent,

les commerçants transportent

leur marchandise dans des tonneaux

de plastique de 50 gallons, qu’ils transfèrent

dans d’anciennes bouteilles, de

Coca-Cola ou autre, pour la vendre aux

détaillants ou aux consommateurs.

D’après Yolette Elien, une ancienne

marchande de clairin, il existe

plusieurs variétés de clairin en vente

sur le marché, sans aucun contrôle,

notamment le « Sonson Pierre Gilles »

de Cabaret et le « Petit bois d’homme »,

de Saint-Michel de l’Attalaye.

« Les marchands font ce qu’ils

veulent », d’après Mme. Elien, qui a

décidé de changer de commerce à cause

des menaces provenant des parents

des victimes du clairin méthanolisé.

Aujourd’hui, elle vend des livres et des

fournitures scolaires.

« Généralement, le clairin,

comme celui de ‘ Sonson Pierre Gilles ’

et de ‘ Petit bois d’homme ’ est mélangé

à de l’eau bouillie, en raison de sa forte

teneur en alcool. Pour ces vendeurs, le

secret de la vente réside dans le mélange

», rapporte Mme. Elien.

« Aucun responsable de l’Etat ne

s’est jamais présenté pour voir de quelle

manière les commerçants écoulent leur

stock sur le marché. Chacun est tout

simplement à la recherche de son profit

», a-t-elle ajouté. « Sonson Pierre

Gilles » figure parmi les clairins qui

se vendent le plus cher sur le marché

local. Plus un vendeur peut faire un

dérivé, plus il peut faire de profit. Ainsi,

en le diluant avec de l’eau, ou un autre

produit, on augmente le gain.

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Un camion de canne à sucre passe devant un magazine qui vend du

clairin « c'est c e qu'il faut ». Photo: Jude Stanley Roy

Mélange mortel

La tragédie du clairin méthanolisé n’est

pas la première occasion où les importateurs

et les grossistes ont vendu un

produit modifié pour faire plus d’argent.

Dans les années 1990, quand le gouvernement

a diminué les tarifs sur le

sucre et les autres importations, certains

gros importateurs et commerçants

y ont vu une opportunité. Ils ont commencé

à importer de l’éthanol étranger

pour le vendre comme clairin, à la

moitié du prix de cette boisson produite

localement.

Cette fois, les importateurs et

distributeurs ont utilisé un alcool plus

toxique : le méthanol. « Le problème ne

s’est pas posé dans les zones urbaines

», explique le Dr. Ancio Dorcélus, qui a

traité de nombreuses victimes. « C’est

dans les endroits éloignés de la capitale

que ce genre de choses se produit,

pour la simple raison que la population

urbaine ne va pas consommer de faux

clairin, mais va préférer un alcool plus

coûteux. En revanche, les villageois qui

descendent de la montagne choisissent

le clairin le moins cher. »

« Le méthanol n’a pas sa place

en Haïti. Ce produit est si toxique que

le simple fait de l’inhaler suffit pour

causer la mort », ajoute le médecin, qui

travaille aujourd’hui pour l’OMS/OPS

(Organisation mondiale de la santé/

Organisation panaméricaine de la

santé). « L’odeur seule suffit pour vous

rendre aveugle, en tuant tous vos nerfs

optiques. Que ce soit par inhalation

ou par contact cutané, ce produit est

dangereux. »

Dangereux… mais en vente libre

en Haïti, bien que le nouveau ministre

de la Santé publique et de la Population

(MSPP) ne semble pas le savoir.

S’adressant récemment aux journalistes,

Dr. Florence D. Guillaume a

déclaré que la vente du méthanol était

strictement « interdite » en sol haïtien. «

De toute façon, ces produits ne tombent

pas du ciel, il faut donc contrôler les

ports et les frontières afin de résoudre

la situation », a-t-elle ajouté.

Mais elle a tort. Le méthanol n’est

pas interdit.

« La vente de méthanol n’est absolument

pas illégale. Le méthanol est

utilisé quotidiennement. Il ne faut pas

confondre méthanol et éthanol. Le méthanol

est utilisé dans les procédés industriels

et en ébénisterie », a déclaré

Clermont Ijoassin, directeur du commerce

extérieur au ministère du Commerce

à AKJ dans une interview en

février 2012.

« Le seul alcool qui soit soumis

aux règlements d’importation est

l’éthanol ou ‘ alcool éthylique ’. Notre

ministère ne réglemente pas du tout le

méthanol », Ijoaissin a-t-il ajouté.

Soit Dr. Guillaume a été mal-informée,

soit elle ne se souvient pas de

ses cours de chimie, soit elle essayait

de détourner l›enquête d›un journaliste.

On l’ignore. Et malheureusement,

c’est n›est ni la première ni la

dernière déclaration erronée ou sans

fondement qui apparaît dans ce dossier

de la mort liquide.

Officiellement, les consommateurs

haïtiens ne sont pas abandonnés

à leur sort ni soumis à la brutalité du

marché. Ils sont protégés par la Direction

du contrôle de qualité et de protection

des consommateurs. Du moins, sur

papier.

La Direction, qui relève du

ministère du Commerce, compte 22

employés, avec « plusieurs services »,

d’après la directrice, Michelle Paultre.

Cependant, il n’y a ni laboratoire

ni moyens suffisants, selon cette

femme qui est à la tête de l’organe gouvernemental

depuis 1988.

« L’idéal serait d’avoir des

inspecteurs dans les rues tous les

jours, mais ce n’est pas toujours le

cas, ce n’est pas toujours possible »,

déplore Mme. Paultre, qui a rencontré

Ayiti Kale Je (AKJ) dans son bureau au

ministère.

Mme. Paultre reconnaît aussi que

le ministère connaît des problèmes liés

au manque de moyens de déplacement,

comme des motocyclettes et des véhicules,

pour mener des enquêtes et des

supervisions de façon plus régulière.

De plus, il y a un déficit de règlements

internes en Haïti, à tel point

que les vérifications se font sur la base

des références réglementaires d’autres

pays, souligne Mme Paultre.

« Nous devons vraiment établir

un cadre légal dans le pays pour

pouvoir faire du contrôle de la qualité

une réalité. Il nous faut une législation

Des piles de canne à sucre morcelées devant un « gildiv » ou distillerie à

Léogâne. Le propriétaire, Gérald Dorcéan, a fermé ses ports temporairement

parce que, d’après lui: « On ne peut pas vendre du clairin à cause de l’éthanol.

L’éthanol gagne la grande part du marché. » Photo: Jude Stanley Roy

qui responsabilise les opérateurs

économiques », recommande-t-elle.

D’après la directrice, le travail

le plus courant dans ses équipes est la

vérification des mesures dans les stations

d’essence, des produits dans les

supermarchés, et de la qualité du café

et du cacao pour l’exportation.

Généralement, ils ne vont

dans les marchés publics que lors de

« plaintes des consommateurs ». Ils

mènent des enquêtes « sur les situations

quelconques qui mettent en péril

la sécurité de la population ».

Questionnée sur le clairin « méthanolisé

», Mme. Paultre admet que

son bureau était au courant de la crise

et avait même envoyé une délégation

sur les lieux. Ils ont travaillé « pour

retrouver et identifier les vendeurs de

ce produit, mais… nous n’avons rien

trouvé… », admet-elle.

« Je pense que le ministère de

la Santé était intervenu avec d’autres

instances… On pouvait enquêter, mais

il faillait l’aide de la police, ce sont deux

instances qui prennent le dossier en

charge » ajoute-t-elle.

« Pour mener des enquêtes,

[notre] ministère n’est pas l’instance

indiquée », dit-elle, peut-être en guise

d’excuse et malgré qu’elle venait de

dire que son administration menait

des enquêtes « sur les situations

quelconques qui mettent en péril la

sécurité de la population ».

Bref, la Direction du contrôle de

qualité et de protection des consommateurs

a pris des mesures plus que minimes

pour enquêter sur le manque de

contrôle et pour protéger les consommateurs

de Fond Baptiste. De plus,

jusqu›à présent, il semble qu’elle n’ait

pris aucune mesure pour protéger les

consommateurs de clairin, aujourd’hui

et dans l’avenir.

Or, insiste-t-elle, dans ce type de

cas « le ministère peut être préoccupé

et peut appeler la population à la vigilance.

Nous diffusons des informations

au public pour que le consommateur

puisse se protéger lui-même ».

Et la justice ?

Si la directrice admet qu’elle n’a

rien fait et recommande que le consommateur

se protège lui-même, il semble

qu’au niveau de la loi, çà revienne

presque au même.

Un an après la mort d’au moins

12 personnes et les dommages permanents

dont souffrent au moins trente

autres qui ont consommé un liquide

vendu comme du « clairin », aucune enquête

judiciaire ou policière ne semble

être en cours, bien que deux ministres

et autres autorités aient promis que «

l’enquête allait se poursuivre ».

Interrogé il y a un an par une

journaliste états-unisienne, le Dr. Gabriel

Timothée, directeur général du

ministère de la Santé Publique et de la

Population (MSPP), jurait qu’il y aurait

une enquête.

« Les ministères de la Justice et du

Commerce vont lancer une enquête »,

avait-il affirmé à Georgienne Nienaber

en janvier 2011.

Au cours des derniers mois, AKJ

a essayé à plusieurs reprises d’interroger

le Dr. Timothée sur la question,

mais ne s›est jamais vu accorder une

interview.

Plus récemment, questionnée

lors d’une conférence de presse, l’actuelle

ministre de la MSPP, le Dr. Florence

D. Guillaume, a affirmé qu›une

enquête était en cours.

On est cependant en droit d’en

douter. Questionné par AKJ le 17 février

2012 sur le suivi du dossier, le nouveau

Commissaire du gouvernement,

Jean Renel Sénatus a déclaré : « Je ne

suis pas au courant du dossier de Fond

Baptiste ».

Le deuxième greffier du Parquet

de Port-au-Prince, qui est responsable

des dossiers acheminés vers le Commissaire,

a confirmé qu›aucun dossier

concernant les morts à Fond Baptiste

n’avait été transféré au Parquet.

Le manque d’action sur le plan

judiciaire représente une violation flagrante

du Code d’instruction criminelle

haïtien. Les articles 9 à 13 sont clairs :

les autorités de l’État ont l’obligation de

mettre la justice en action.

D’après l’article 10, les policiers

sont chargés de rechercher les criminels

« les crimes, les délits et les contraventions

qui auront porté atteinte aux personnes,

ou aux propriétés».

AKJ a décidé de retourner vers

l’Arcahaie, « capitale » de la commune

où se trouve Fond Baptiste.

Edner Vertilus, un policier affecté

au sous-commissariat de l’Arcahaie,

déclarait à une équipe d’AKJ : « Non,

les policiers ne se sont pas rendus dans

la montagne de Fond Baptiste, parce

qu’aucune plainte n’avait été déposée

par les parents des victimes ».

Un policier qui ne connaît pas

le Code d’instruction criminelle? C’est

possible, mais que dire des superviseurs

et autres autorités?

Les juges de paix ont également

des responsabilités.

D’après l’Article 11, « Les juges

de paix ou leurs suppléants, dans

lݎtendue de leurs communes, rechercheront

les crimes, les délits et les

contraventions … ».

L’article 12 est plus clair lorsqu’il

s’agit de leurs responsabilités :

« Lorsqu’il s’agira d’un fait qui

devra être porté devant un tribunal, soit

correctionnel, soit criminel, les juges de

paix ou leurs suppléants expédieront

à l’officier par qui seront remplies les

fonctions du Ministère public près le

dit tribunal, toutes les pièces et tous

les renseignements, dans les trois

jours, au plus tard, y compris celui où

ils ont reconnu le fait sur lequel ils ont

procédé. »

Cependant, quand les journalistes

d’AKJ ont posé la question au premier

Juge de paix relevant de la juridiction

du Tribunal de Paix de la Commune de

l’Arcahaie, Claudy Henry-Claude, il a

répondu, brusquement, qu’il « n’avait

fait aucune suite à ce dossier ».

« Aucune poursuite n’a été faite

dans ce dossier parce que nous n’étions

pas montés dans la section communale

de Fond Baptiste », avec une délégation

venue de Port-au-Prince, a-t-il déclaré,

sans honte, dans une interview réalisée

le 22 décembre 2011.

Le policier l’a confirmé. « On

n’était pas sur les lieux lorsque la délégation

du ministère de la Santé publique

faisait sa visite à Fond Baptiste le 18

février 2011 », a confirmé M. Vertilus.

Pourquoi ? « Cette délégation

devait passer chercher une équipe

de policiers pour aller faire le constat

des lieux, ce qui n’a pas été fait.

Ainsi donc, cette délégation n’avait

Suite à la page (18)

16

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012

Suite à la page (17)


A Travers le monde

Prisonniers palestiniens en Israël :

la « bataille des ventres vides » a commencé

Par Khaled Amayreh

Pour lutter contre la persécution systématique,

les prisonniers palestiniens

en Israël recourent en masse au seul

pouvoir qui leur reste, mettant leur vie

en danger en refusant de s’alimenter.

Des milliers de prisonniers palestiniens

croupissant dans les prisons

et les camps de détention israéliens

ont entamé une grève de la fin illimitée

pour protester sur un grand nombre

de griefs, notamment la tristement

fameuse détention administrative, la

réclusion à l’isolement, les fouilles nocturnes

humiliantes et le fait de maintenir

des détenus en prison après le

terme de leur peine.

Mardi 17 avril dernier, quelque

2.300 détenus auraient renvoyé leur

repas dans le cadre de la grève de la

faim qui coïncide avec la « Journée du

Prisonnier Palestinien ». Il y a quelque

4.700 Palestiniens qui dépérissent

dans les prisons israéliennes, dont

beaucoup sont des prisonniers purement

politiques qu’Israël punit pour

s’être pacifiquement opposés à la brutale

occupation israélienne de la Cisjordanie

et de Jérusalem-Est depuis des

décennies.

Des centaines de prisonniers

sont détenus sans inculpation ni

procès, manifestement afin de briser

leur volonté de résistance. Ces prisonniers

incluent des docteurs, professeurs

d’université, poètes, étudiants et législateurs

élus.

Israël, qui utilise certaines des

tactiques les plus dures développées

pour étouffer les Palestiniens insoumis

réclamant la liberté, se réfère aux détenus

comme à des « terroristes » pour

les stigmatiser aux yeux du monde et

les priver de toute sympathie publique.

Ce qui n’empêche pas l’empathie et la

solidarité avec eux de prédominer car

pratiquement chaque ménage a un

proche, un ami ou un être cher derrière

les barreaux en Israël.

Plus de 700.000 Palestiniens

(20% de la population) ont vécu un

emprisonnement en Israël au moins

une fois depuis qu’Israël occupe la

Cisjordanie, en 1967. Chaque jour des

dizaines de jeunes gens continuent

d’être raflés par l’armée d’occupation

israélienne.

Parmi les détenus menant la bataille

du ventre, il y a trois Egyptiens

et plusieurs autres arabes. Quelque 50

activistes qui se sont infiltrés à travers

le lourd blocus de la Cisjordanie font

également le jeûne par solidarité.

Des milliers de Palestiniens en

Cisjordanie et à Gaza sont descendus

dans les rues ou ont tenu des réunions

et des sit-in pour montrer leur solidarité

avec leurs camarades dans les geôles

israéliennes.

La campagne contre la captivité

à durée indéterminée sans inculpation

ni procès (détention administrative) est

montée en puissance récemment après

la grève de la faim prolongée de deux

prisonniers. Le premier est Khader Adnan,

un jeune activiste palestinien dont

la grève de la faim a duré 66 jours. Il

a été relâché mardi dernier, mais rien

n’assure qu’il restera libre et ne sera

pas arrêté à nouveau, procédé de la

politique israélienne de harcèlement

des résistants palestiniens.

L’autre prisonnière, c’est Hana

Al-Shalabi, 23 ans, qui a jeûné pendant

44 jours, exigeant la fin de sa détention

administrative. Le mois dernier

Al-Shalabi, qui vit dans le nord de

la Cisjordanie, a été déportée dans la

bande de Gaza.

Les autorités d’occupation ont

calculé que la mort possible de prisonniers

déclencherait une intifada ou

un soulèvement dans les territoires

occupés, ce qui pourrait déstabiliser

et mettre en danger le régime du président

Mahmoud Abbas, dirigeant de

l’Autorité Palestinienne (AP).

Khader Adnan, un jeune activiste palestinien dont la grève de la faim

a duré 66 jours. Il a été relâché mardi dernier, mais rien n’assure qu’il

restera libre et ne sera pas arrêté à nouveau

Abbas a salué les prisonniers,

disant que leur cause est en tête de sa

liste de priorités. Nous ne dormirons

pas et nous n’aurons pas l’âme en

paix tant que vous ne serez pas tous

retournés chez vous », déclarait le dirigeant

palestinien à la télévision pour

marquer le Jour du Prisonnier.

Abbas a dit qu’il approcherait les

états signataires de la Quatrième Convention

de Genève afin d’appliquer les

clauses de l’instrument aux Palestiniens

comme peuple sous occupation.

Le dirigeant palestinien a dit

qu’il espérait qu’Israël serait contraint

de traiter les prisonniers palestiniens

comme des prisonniers de guerre. Israël,

qui viole sans vergogne le droit

et les normes internationales ne se

considère pas comme puissance occupante

et nomme les territoires occupés

« zones contestées ». Après plus de 44

ans d’occupation militaire, des millions

de Palestiniens se voient toujours

privés de leurs droits humains et de

leurs libertés civiles.

La communauté palestinienne

n’en montre pas moins une unité exemplaire

face aux tentatives israéliennes

d’écraser la lutte pour la liberté

des prisonniers. « Nous sommes unis

et sans division quand il s’agit des

prisonniers, et nous veillerons sur nos

frères et sœurs dans les geôles israéliennes

tant que leurs exigences ne sont

pas satisfaites » dit le cadre de l’AP

Qaddura Fares, président du Club des

Prisonniers. « Je pense que de plus en

plus de prisonniers se joindront à la

grève de la faim. Il s’agit d’un combat

pour la vie et la dignité » ajoute-t-il.

La grève a été qualifiée de «

grève de Karama », du mot arabe

qui signifie « dignité ». Outre leur demande

de mettre un terme à la détention

administrative et à la réclusion

solitaire, les prisonniers exigent la fin

des inspections et rafles nocturnes. Il

demandent aussi la levée des lourdes

amendes et de toutes les actions découlant

de la loi dite « Loi Shalit », qui

impose de lourdes restrictions aux prisonniers

affiliés au groupe palestinien

de résistance Hamas.

Selon le « Rapport sur Israël et

les Territoires palestiniens occupés »

d’Amnesty Internationl pour 2011 :

« Cette année encore, des Palestiniens

des territoires occupés soumis au

système de justice militaire israélien

ont subi toute une série de violations

de leur droit à un procès équitable. Ils

étaient régulièrement interrogés en

l’absence d’un avocat, et étaient, malgré

leur statut de civils, déférés devant

des tribunaux militaires et non civils ».

Ce même rapport d’Amnesty

déclare : « De nombreuses informations

ont fait état d’actes de torture et de

mauvais traitements, infligés notamment

à des enfants. Parmi les méthodes

le plus souvent signalées figuraient les

passages à tabac, les menaces contre

le détenu ou ses proches, la privation

de sommeil et le maintien prolongé

dans des positions douloureuses. Des «

aveux » qui auraient été obtenus sous

la contrainte étaient retenus à titre de

preuve par les tribunaux militaires et

civils israéliens ».

Il est probable que le gouvernement

israélien ignorera la grève de

la faim massive, du moins au stade

initial. Israël pourrait aussi recourir à

des tactiques draconiennes, comme

l’alimentation forcée des détenus.

Dans le passé, des cadres et dirigeants

israéliens arguaient que les

grèves de la faim palestiniennes constituent

une menace existentielle pour

la survie d’Israël. Ce genre de réaction

a refait surface récemment dans la façon

dont les autorités israéliennes ont

(mal) traité des activistes étrangers

venus en Israël pour montrer leur solidarité

avec les Palestiniens.

Mais les Palestiniens, eux, n’ont

pas le choix. Leur lutte n’est pas seulement

pour la dignité. Ils luttent aussi

pour leur vie.

Info-Palestine 23 avril 2012

Élection présidentielle française

Hollande et Sarkozy passent au second tour

Par Alex Lantier

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François Hollande (à droite) a recueilli environ 28 pour cent du vote et

Nicolas Sarkozy 27 pour cent

ont obtenu les plus grands nombres de

voix au premier tour de l'élection présidentielle

française. Ils passent donc au

second tour qui aura lieu le 6 mai.

Hollande a recueilli environ 28

pour cent du vote et Sarkozy 27 pour

cent. Le résultat de 19 pour cent pour

la candidate néofasciste Marine Le Pen

a dépassé les prédictions des sondages

ainsi que le score de 16,8 pour

cent obtenu par son père Jean-Marie

Le Pen à l'élection de 2002. Deux autres

candidats ont obtenu des résultats

considérables : le candidat du Front de

gauche Jean-Luc Mélenchon avec 11

pour cent - en deçà de prévisions qui

le plaçaient aux alentours de 14 à 15

pour cent - et le candidat du Mouvement

démocrate (MoDem) François

Bayrou, un « centriste » de droite, avec

9 pour cent.

La candidate d'Europe-Écologie-

Les Verts (EELV) Eva Joly a obtenu 2

pour cent, le candidat du Nouveau Parti

anticapitaliste (NPA) Philippe Poutou 1

pour cent, et la candidate de Lutte ouvrière

(LO) Nathalie Arthaud 0,6 pour

cent du vote.

À ce point-ci, Hollande devrait

l'emporter haut la main contre Sarkozy.

Les sondages prévoient en effet qu'il

remporterait au moins 56 pour cent des

voix. Sarkozy sort affaibli du scrutin : il

est le premier président sortant de la Ve

République à ne pas remporter le premier

tour d'une élection présidentielle.

À 80 pour cent, le taux de participation

a été plus élevé que prévu. Cela

est le reflet d'une hostilité populaire

largement répandue à l'égard des politiques

d'austérité sociale et de guerre

au Moyen-Orient de Sarkozy, et aussi

d'un sentiment que la population de la

France fait face à une profonde crise

sociale et internationale. Ce contexte

a entraîné une participation accrue

des électeurs, même si la campagne

électorale a été généralement décrite

comme un exercice terne, lors duquel

les électeurs avaient du mal à distinguer

les candidats entre eux. Quelque 38

pour cent des électeurs avaient indiqué

avant les élections qu'ils n'appuyaient

aucun candidat avec certitude, et nombre

d'entre eux ont voté par défaut.

Les résultats d'hier préparent

le terrain pour un affrontement entre

deux candidats pro-guerre et proaustérité

qui organisent des attaques

brutales contre la classe ouvrière,

et aussi pour des luttes de classe explosives

au cours du prochain mandat

présidentiel. Hollande promet

Suite à la page (19)

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 17


Suite de la page (16)

joué que son rôle sur le plan médical,

sans qu’aucun responsable judiciaire

n’y ait pris part à la suite de ce dossier

», a dit M. Vertilus, également sans

aucun signe de honte.

En résumé : En plus de violer le

Code d’instruction criminelle, un juge

de paix et un policier admettent qu’il

n’y a pas eu d’investigation parce que

la délégation du ministère de la Santé

ne les y avait pas transportés.

Ces raisons sont nettement insuffisantes

et représentent une violation

flagrante du droit, d’après l’avocat

Patrice Florvilus.

« Le commissaire du

gouvernement et son auxiliaire sont

chargés de rechercher les fautifs pour

les crimes et les délits », a expliqué

Florvilus dans une interview menée

au cours du mois dernier. « Ils n’ont

pas besoin d’attendre qu’une plainte

soit déposée par les familles des

victimes. Il suffit tout simplement

d’être informé pour mettre la justice

en mouvement ».

Quelle explication pourrait justifier

cette violation du droit haïtien?

Interviewé en octobre dernier

sur le même sujet, le Dr. Jean Evans

Vital-Herne, qui travaille pour le

MSPP à Léogâne a laissé entendre

une explication possible.

« Bon, c’est une chose qui

est… nettement politique, nettement,

nettement, parce qu’ils savent quelle

personne est responsable de la vente

de cet alcool méthanolisé, vous me

comprenez ? », a-t-il dit.

« Il n’y a pas de chasse aux

sorcières derrière cette personne,

parce qu’ils savent qui est responsable

de la vente, vous me comprenez ? Ils

connaissent ce vendeur, et prennent

même sa défense, or c’est à eux de

faire quelque chose. C’est pour cette

raison qu’ils ont voulu éteindre

l’affaire », ajoute le docteur, sans

fournir de détails sur l’identité de «

ils ».

AKJ n’a pas pu confirmer la

théorie du Dr Vital-Herne, mais elle

ajoute un élément intéressant au dossier.

Pas de vérité, pas de contrôle,

pas de protection, pas de justice…

Qui sont les « ils » dont parlait le

Dr. Vital-Herne? Où sont les enquêtes

promises par les docteurs Timothée

et Guillaume ? Qui va réprimander

les autorités policières et judicaires

qui n›ont pas rempli leurs devoirs ?

Et qui va s›occuper des familles qui

ont perdu des proches parents, ou des

gens qui ont perdu l›usage de leurs

yeux ou de leurs membres ?

L›État a échoué sur tous les

plans, mais cette nouvelle n›amène

rien de nouveau pour la population

de Fond Baptiste.

La veuve Jesula Fernius a perdu

son mari dans ce drame, alors

que leur huitième enfant n’avait que

deux ans. Son mari, un maçon, avait

bu son clairin un jeudi. En moins de

deux jours, il est passé de vie à trépas.

« Il disait qu’il ne voyait plus

rien », raconte-t-elle. « Il a marché

pour trouver une camionnette qui le

mène à l’hôpital. Puis il a dit qu’il

avait mal au coeur, et il n’a plus été

capable de marcher. »

Son mari mort, Mme. Fernius a

dû retirer la plupart de ses enfants de

l’école.

« J’ai huit enfants. C’est une vie

gâchée », déplore-t-elle.

Pour survivre, elle vend rhum

et boissons, mais pas de clairin.

« Plusieurs marchandes

continuent le commerce de clairin

à Fond Baptiste, en oubliant ce qui

s’est passé. Elles prétendent que le

clairin frelaté qui avait causé la mort

de plusieurs personnes ne se retrouve

plus sur le marché, et qu’il n’y a plus

de raison de s’inquiéter. »

Vraiment ? En raison de la

démission complète de l’Etat devant

ses obligations, qui oserait boire l›une

des boissons traditionnelles du pays,

faites à base de canne à sucre cultivée

par les agriculteurs haïtiens ? Qui va

prendre le risque d’être empoisonné

? Pas les privilégiés, qui boivent du

bon rhum doux ou des « whiskeys »

importés.

Les prochaines victimes seront

les mêmes que les dernières – la

majorité, les masses populaires, ignorées,

exclues et opprimées.

« Faux Clairin »

La tragédie du clairin « méthanolisé »

à Fond Baptise n’est pas la première

histoire de « faux clairin » ou clairin

frelaté qui mette en danger la vie et

la subsistance des gens. Il y a environ

15 ans, les producteurs de canne

à sucre et les distillateurs sont sortis

avec des machettes pour bloquer la

route aux chargements d’éthanol en

provenance de la frontière dominicaine.

« Le problème a commencé en

1996… Quelques grands industriels

et propriétaires fonciers se sont mis

à importer de l’éthanol de République

Dominicaine », se rappelait

Michelle Montas lors d’une récente

interview accordée à Ayiti Kale Je. À

l’époque, Madame Montas était chef

d’information à Radio Haïti Inter, une

station qui appartenait à son défunt

mari, Jean-Dominique. « Ils vendaient

cet éthanol comme du ‘clairin’ et ça

rendait le monde malade… [Et] ça

nuisait au vrai clairin sur le marché. »

A l’époque, selon le bulletin

Haiti Info, il y avait environ 150 à

200 distilleries ou « guildives » autour

de la ville de Léogâne. Leur production

– le clairin, fait à base de canne

locale – représentait environ le quart

du clairin vendu au pays. Pour faire

du « faux clairin », on coupait l’éthanol

importé avec de l’eau, puis on «

l’aromatisait » avec un peu de clairin.

Le gallon de « faux clairin » se

vendait alors de 20 à 25 gourdes,

tandis qu’un gallon de vrai clairin se

vendait 50 gourdes.

Pourquoi l’éthanol étranger

inondait-il soudainement le

marché haïtien?

L’éthanol faisait partie de centaines

d’aliments et breuvages produits à

l’étranger qui inondèrent tout à coup

le pays dès 1995, grâce à un nouveau

régime tarifaire. Sous la pression de

Washington, et dans le cadre d’une

entente qui lui permettait de revenir

en Haïti après le coup d’État de

1991-1994, le président Jean-Bertrand

Aristide accepta de réduire les

tarifs douaniers sur le sucre, l’éthanol

et une foule d’autres produits étrangers.

Les tarifs moyens se situent à 2,9

pour cent, selon une étude de Christian

Aid.

En 1996, lors d’une conférence

de presse, le ministre du Commerce,

Fresnel Germain, défendait ces tarifs

réduits, affirmant que son gouvernement

(René Préval était alors président)

était « en faveur de la modernisation

et de la libre concurrence ».

Selon M. Germain, le tarif sur

l’alcool non dénaturé est passé de 20

à cinq pour cent alors qu’il a été entièrement

éliminé sur l’alcool dénaturé.

L’alcool non dénaturé est de

l’« alcool pur », de l’éthanol, et est

comestible, tandis que l’alcool dénaturé

est de l’éthanol qu’on coupe

avec des additifs – comme de l’huile

minérale ou du méthanol (alcool de

bois) – pour le rendre non comestible,

et parfois hautement toxique.

Quand Fresnel Germain a examiné

le dossier du clairin frelaté, il a

découvert que les principaux importateurs

d’alcool semblaient insatisfaits

de verser le cinq pour cent au gouvernement.

Ils se sont donc mis à faire

passer tout leur alcool importé pour

de l’alcool « dénaturé ».

Le ministre s’est dit surpris de

cette manœuvre illégale évidente.

« Tous ceux qui importent de l’alcool

pourraient dire que c’est de l’‘alcool

dénaturé’ pour éviter de payer des

taxes! », expliquait M. Germain, dans

une conférence de presse du 11 octobre

1996 citée dans Haïti Info.

Mais il affirmait également que son

ministère était à peu près impuissant,

car il n’avait pas « de structure ou de

laboratoire pour analyser les produits

d’importation ».

Voyant que leur gouvernement

n’allait rien faire, les planteurs et distillateurs

ont décidé de prendre les

choses en main.

« On a assisté à une grande

mobilisation, car l’éthanol n’était

pas seulement nocif pour la santé! Il

détruisait les industries de la canne

et du clairin », se souvient Mme

Montas. « Les cultivateurs arrivaient

d’autres régions d’Haïti pour bloquer

la route. »

Mais les importateurs ont réagi.

La même semaine, un « agronome

» anonyme fit passer une annonce

pleine page (165 $US à l’époque)

dans le quotidien Le Nouvelliste, pour

vanter les vertus de « l›alcool alimentaire

», qu’il disait plus sécuritaire que

l’alcool des distilleries locales, qui, selon

l’« agronome » anonyme, pouvait

causer des « lésions nerveuses » et «

diverses formes de paralysie ».

(Dans les faits, ces troubles

sont causés par le méthanol et l’alcool

dénaturé, et non pas par l’éthanol ou

le clairin pur.)

« Les plus récentes lois

votées au parlement en faveur

de la modernisation sont un bon

exemple des nouvelles orientations

du gouvernement vers une libre

concurrence », concluait-on

positivement dans cette annonce

pleine page.

À l’époque, chacun semblait

savoir qui étaient ces importateurs.

Edner Désir, du Mouvement des

cultivateurs et distillateurs de Léogâne

révélait à Haïti Info le nom des deux

principaux importateurs : Fritz Mevs

et le docteur Réginald Boulos. Mme.

Montas se souvient que les nouvelles

à la radio avaient aussi divulgué ces

noms.

« On a révélé leurs noms »,

affirme-t-elle. « Mais il ne s’est jamais

rien passé. Pas au niveau du ministère

du Commerce ni au ministère de la

Justice. »

Aujourd’hui, il y a quatre importateurs

d’éthanol, et les importations

sont censées être inscrites auprès

du ministère du Commerce. Or,

il semble y avoir très peu de contrôle.

L’éthanol importé, comme le méthanol,

continue de miner l’industrie

locale de la canne et du clairin. Plusieurs

agriculteurs ont opté pour le

plantain ou ont laissé leur terre en

jachère, et quelques distilleries ont

fermé les portes.

En janvier dernier, les résidants

de Léogâne s’en sont pris à une cargaison

d’éthanol et ont mis le feu à

des barils. Dans les réunions, sur les

ondes et dans les journaux, les distillateurs,

les producteurs de canne

et les fonctionnaires locaux ont fait

pression pour mettre un terme à l’importation

massive d’éthanol dominicain

et brésilien.

« On ne peut pas se permettre

de saper les efforts de Léogâne dans

la production de canne et de clairin,

qui représente l’épine dorsale de toute

la commune », déclarait le maire

adjoint de Léogâne, Wilson St Juste,

au Nouvelliste le 19 janvier.

La réaction du gouvernement?

Tenir une conférence de presse pour

déclarer que « l’éthanol » ne posait

pas de danger pour la santé humaine,

sans noter qu’il existe deux types

d’éthanol, le dénaturé et le non dénaturé.

De plus, la ministre de la Santé,

le docteur Florence D. Guillaume, a

affirmé qu’une « commission interministérielle

» avait été mise sur pied

pour examiner les ravages de l’éthanol

étranger sur la production locale.

Le sénateur Wesner Polycarpe a

avancé une solution qui viserait à «

encadrer surtout les agriculteurs dans

plusieurs domaines. »

Mais l’« encadrement » fera-til

augmenter les tarifs ou cesser les

importations?

Et que peut-on attendre d’une

énième « commission »?

Est-ce que les grands d’Haïti

accepteront soudainement de renoncer

à leurs énormes profits et de

mettre un terme à leurs importations?

Est-ce que les centaines de gallons

d’éthanol, de méthanol et autres

produits importés massivement en

Haïti seront spontanément testés par

le ministère du Commerce et la Direction

Contrôle de la Qualité et Protection

du Consommateur, qui n’a toujours

pas de laboratoire, 16 ans après

la crise du clairin frelaté?

Pourquoi les autorités gouvernementales

ne reconnaissent-elles

pas que l›une des causes principales

des décès dûs au « faux clairin » et

autant d’autres tragédies et crimes

est la conséquence de leur fanatisme

aveugle pour les politiques néolibérales

sauvages ?

Ayiti Kale Je est un partenariat

établi entre AlterPresse,

la Société pour l’Animation de la

Communication Sociale (SAKS), le

Réseau des Femmes Animatrices

des Radios Communautaires Haïtiennes

(REFRAKA) et les radios

communautaires de l’Association des

Médias Communautaires Haïtiens

(AMEKA) et les étudiants du Laboratoire

de Journalisme de la Faculté

des Sciences Humaines de l’Université

d’Etat d’Haïti. http://www.ayitikaleje.org

Suite de la page (5)

que le mec est en train de ronger son

frein attendant son carnaval des fleurs

pour aller se déhancher. Après tout,

quand Martelly sera revenu «guéri»

ou «convalescent», aucun journaliste

respectueux de sa mère n’osera poser

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P.au.P, Haiti

de questions «indiscrètes» au président,

n’osera risquer de se faire tuiper

et postillonner dessus ; certains parlementaires

feront le wondonmon et le

grand nègre pour se dégonfler après

qu’on leur aura graissé la patte; les médias

antiMartelly bougonneront, ronchonneront,

geindront, maugréeront,

gémiront, miauleront, rouspéteront,

mais pas plus que ça. Grands vents,

petites voiles.

La presse proMartelly, Signal FM en

particulier, gesticulera, frétillera de la

queue, s›agitera, gigotera, se trémoussera

de joie pour saluer le retour de el

benefactor de la patria y padre de la

patria nueva, le bienfaiteur (embolique)

de la patrie et père de la patrie

nouvelle, nouvelle depuis les bonnes

nouvelles de Nuria Piera ; bienfaiteur

grâce à qui 600.000 enfants bénéficient

de l’école gratuite et qui inaugure

de temps à autre des projets commencés

sous l’inénarrable Préval ; pour

saluer le retour de Gwo Soso, madre

de la patria nueva, qu’on dit gérer

honnêtement, consciencieusement,

méticuleusement, pointilleusement,

précautionneusement, rigoureusement,

scrupuleusement les entrées de dollars

en provenance de la diaspora. Rien ne

se perd, tout se crée.

Martelly continuera de voguer la

galère de l’insouciance, du tuipage et

du koulanguiettage, jusqu’au prochain

scandale, jusqu’à la prochaine embolie

pulmonaire.

•Mario Bolduc est un scénariste,

réalisateur, producteur et monteur

québécois.

18

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012


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Court of Probate, New Haven Regional Children's Probate Court

NOTICE TO

Jean-Rony Jean-Baptiste, whose last known residence was in the town of Haiti.

Pursuant to an order of Hon. Mark J. DeGennaro, Judge, a hearing will be held at

New Haven Regional Children's Court, 873 State Street, New Haven, CT 06511 on May

15, 2012 at 3:00 PM.

On an application for Termination of Parental Rights concerning a certain minor child

born on December 27, 1997. The court's decision will affect your interest, if any, as in

said application on file more fully appears.

RIGHT TO COUNSEL: If the above-named person wishes to have an attorney, but is

unable to pay for one, the court will provide an attorney upon proof of inability to pay.

Any such request should be made immediately by contacting the court office where

the hearing is to be held.

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Suite de la page (17)

de sabrer le déficit budgétaire de 115 milliards

d'euros et appuie les guerres de

l'impérialisme français en Libye et en Syrie.

Le nombre relativement faible de

voix pour Mélenchon et l'effondrement du

NPA et de LO sont le reflet d'un sentiment

populaire vastement répandu que toutes ces

forces sont essentiellement dans le camp

du Parti socialiste et qu'elles sont prêtes à

l'appuyer. La « gauche » petite-bourgeoise

soutient pleinement le PS, comme il fallait

s'y attendre, malgré le programme profondément

réactionnaire de Hollande.

La première déclaration publique

postélectorale est venue de Mélenchon,

ancien ministre du PS et candidat du Front

de gauche - une coalition formée du Parti

communiste français (PCF), de groupes issus

de scissions du PS tels que le Parti de

gauche (PG) de Mélenchon, et d'une section

du NPA dirigée par Christian Picquet.

Lors d'un rassemblement électoral

à Paris, Mélenchon a appelé à « battre

Sarkozy » le 6 mai, et a même dit à ses

électeurs de « ne pas traîner vos pieds » en

allant voter. Il leur a aussi demandé de participer

en grand nombre à la manifestation

du 1er mai organisée par la bureaucratie

syndicale, qui a appuyé Mélenchon et Hollande

durant l'élection.

L'appel de Mélenchon à « battre Sarkozy

» dans une lutte à deux est une manoeuvre

cynique pour soutenir Hollande

sans prendre toute la responsabilité politique

pour son programme. Ainsi, le président

du PCF, Pierre Laurent, a déclaré qu'il

appelait « sans ambiguïté » à un vote pour

Hollande. Lorsque BFM-TV lui a demandé

s'il y avait une différence entre son appui et

la position prise par Mélenchon, Laurent a

répondu que non.

De manière significative, ni Mélenchon

ni Laurent n'ont exigé de garanties

ou d'influence sur les politiques d'un futur

gouvernement en échange de leur appui,

offrant donc en réalité un chèque en blanc

à Hollande pour qu'il mette en oeuvre

les politiques des banques. La candidate

d'EELV Joly a aussi appelé à un vote pour

Hollande.

L'autre parti petit-bourgeois « de

gauche » a repris la position de Mélenchon

en appelant à un vote pour Hollande. Sur

le réseau France2, le candidat du NPA

Philippe Poutou a déclaré : « Le 6 mai,

l'élection doit servir à quelque chose : dégager

Nicolas Sarkozy. »

La candidate de LO, Natahalie

Arthaud a déclaré par communiqué

qu'« Aucun travailleur conscient ne peut

évidemment voter pour Nicolas Sarkozy, le

président des riches. » Elle a ajouté que ses

électeurs allaient probablement voter pour

Hollande ou annuler leur vote.

L'appui des partis l'ex-gauche donné

à Hollande doit servir d'avertissement à la

classe ouvrière : lorsque l'opposition populaire

va se développer face aux politiques

de droite de Hollande, elle aura non seulement

à affronter l'hostilité du PS, mais aussi

celle du Front de gauche et de tous les autres

partis semblables.

Dans son bref discours hier soir, Hollande

a explicitement louangé le soutien de

la « gauche » petite-bourgeoise dans sa

campagne. Après avoir décrit le résultat

de sa campagne comme une « sanction »

à l'égard de la présidence de Sarkozy, il a «

salué » Mélenchon et Joly, qui « appellent

clairement et sans négociation à me soutenir

pour le second tour ».

Paradoxalement, dans un contexte

de vide politique à gauche, où la grande

majorité de la population voit les partis de

la pseudo-gauche comme les subalternes

politiques du PS, l'un de ceux qui profitent

le plus de la colère sociale est le Front

national (FN) d'extrême droite de Le Pen.

Marine Le Pen a tenté de changer l'image

du FN, de masquer ses positions pro-nazis

et contre l'indépendance de l'Algérie, et de

le présenter comme un parti en faveur des

dépenses sociales pour les travailleurs français,

même s'il est violemment hostile aux

immigrants.

Le directeur de campagne de Le

Pen, Florian Philippot, fonctionnaire au

ministère de l'Intérieur, a dit que le résultat

de Le Pen faisait d'elle « la chef de

l'opposition » face à Hollande.

Le Pen a donné un bref discours,

déclarant que l'appui au FN était le « commencement

d'un vaste rassemblement des

patriotes de droite et de gauche », et affirmant

que le FN avait détruit « le monopole

des deux partis de la banque ». Elle

a dénoncé la « gauche ultra-libérale » et

a soutenu que son résultat électoral rendait

possible la « restauration du pouvoir

d'achat et de l'emploi ».

La montée de Le Pen et ses appels

au mécontentement social mettent en évidence

le rôle politique réactionnaire qui est

joué par la bureaucratie syndicale et les partis

« de gauche » officiels. Dans la mesure

où ces organisations emploient une rhétorique

néomarxiste et se servent de manifestations

occasionnelles des syndicats

pour masquer leur appui aux politiques qui

servent les banques, elles étouffent la véritable

opposition populaire aux politiques de

rigueur et laissent le champ politique libre

aux néofascistes.

Wsws 23 avril 2012

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Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 19


Au Maroc, une corruption très royale !

Par Ignace Dalle*

NDLR. Le texte qui suit fait

sans doute référence au Maroc,

plus spécifiquement aux

faits et méfaits attribués aux

deux conseillers et amis du

roi Mohammed VI qui «incarnent

les dérives du régime

: Fouad Ali el Himma

et Mounir Majidi, principaux

animateurs d’un petit groupe

d’affairistes qui a entrepris

de faire main basse sur le

Maroc au profit de la monarchie

et de ses affidés». La

similitude avec le régime actuel

est tellement frappante

que nous avons jugé bon de

publier ces commentaires

relatifs au livre ‘Le Roi prédateur,

Main basse sur le

Maroc’.

Interdit comme la plupart

des ouvrages mettant en

cause la monarchie, «Le Roi

prédateur, Main basse sur le

Maroc», de Catherine Graciet

et Eric Laurent, fait un tabac

depuis sa sortie au début du

mois de mars (1). Le titre

provocateur mais, surtout, le

contenu assez accablant pour

Mohammed VI et certains de

ses proches ont en effet conduit

plusieurs sites locaux à

le mettre en ligne, en français

et en arabe. Les interventions

et les menaces de sanction de

l’éditeur n’ont pas eu d’effet

réellement dissuasif.

L’engouement des Marocains

pour ce livre n’est

évidemment pas étranger à la

situation que connaît depuis

plus d’une année le royaume

dans la foulée des révoltes arabes.

Représentés par le mouvement

du 20 février (2), des

dizaines de milliers de Marocains

ont manifesté presque

toutes les semaines en 2011

dans de nombreuses villes du

pays pour que cessent la corruption

et les passe-droits et

que s’instaure une véritable

démocratie. Deux hommes,

deux conseillers et amis du

roi, incarnent à leurs yeux

les dérives du régime : Fouad

Ali el Himma et Mounir Majidi.

Les manifestants les accusent

d’être les principaux

animateurs d’un petit groupe

d’affairistes qui a entrepris de

faire main basse sur le Maroc

au profit de la monarchie et

de ses affidés.

« Quand on est du

peuple, Sire, on a toujours

quelque chose sur le cœur »,

écrivait Victor Hugo. Or, Le

Roi prédateur conforte tristement

la belle intuition de

l’auteur des Misérables. Bons

connaisseurs du pays (3),

les deux auteurs ne mettent

pas seulement en lumière

les pratiques mafieuses de

proches de Sa Majesté mais

démontent un système qui

conduit le peuple marocain à

engraisser à son corps défendant

une nomenklatura aussi

avide que cynique, à commencer

par la famille royale.

Avec un culot monstre

et un rare cynisme, les hommes

d’affaires du souverain

ont expliqué à qui voulait les

entendre au début des années

2000 qu’un « champion national

» devait être « un leader

dans son domaine, faire office

de locomotive pour les

autres entreprises et servir

de levier pour tirer un secteur

vers l’excellence ». Mais, affirment

les auteurs, loin de

donner l’exemple comme ils

le prétendaient, on s’est vite

aperçu que, pour ces étranges

businessmen, le champion

national est en réalité « une

entreprise dont le roi est actionnaire

et qui n’accepte

d’évoluer que dans un contexte

de monopole ou, à la

rigueur, de quasi-monopole...

Aucune concurrence sérieuse

n’est tolérée et tous les moyens

sont mis en œuvre pour

parvenir à ces fins, y compris

le recours à une justice peu

réputée pour son indépendance

».

Même si les faits évoqués

sont pour l’essentiel

connus grâce au travail

courageux de la presse marocaine

indépendante qui, à

ses risques et périls, a rendu

compte à maintes reprises ces

dix dernières années des magouilles

et coups tordus des

gestionnaires de la fortune

du monarque (4), le livre a le

mérite d’offrir une synthèse

complète de leurs agissements

— enrichie d’utiles

précisions — ainsi qu’un

éclairage édifiant.

Il apporte également ce

que l’hebdomadaire Tel Quel

a qualifié récemment de «

plus-value », à savoir le témoignage

« on the record

» de Khalid Oudghiri, expatron

de la banque Attijariiwafa,

porté aux nues avant

d’être écarté brutalement,

poursuivi, condamné et finalement

gracié juste avant la

sortie du livre… La gestion

de cette affaire en dit long

sur la manière dont le régime

est capable de fabriquer un

coupable. Ancien du groupe

BNP-Paribas, banquier aux

compétences reconnues internationalement,

M. Oudghiri,

qui possède la double nationalité

française et marocaine, a

su distiller soigneusement ses

confidences et si le Palais l’a

« gracié », c’est qu’il ne tenait

certainement pas à ce qu’il

fasse de nouvelles révélations

aux conséquences ravageuses.

L’affrontement de Khalid

Oudghiri avec Mounir Majidi

et ses amis affairistes était

inévitable pour au moins trois

raisons : d’abord, parce que

M. Oudghiri avait clairement

exprimé son souci de désengager

le souverain du cœur de

l’économie du royaume afin

d’éviter une regrettable confusion

des genres. Ensuite,

parce qu’il n’avait jamais

caché sa volonté de lutter

contre la corruption au Maroc

(5). Enfin, parce que ses

bons rapports avec le monde

des affaires français l’auraient

certainement amené à dénoncer

le comportement de Majidi

et consorts à l’égard de

grandes sociétés françaises.

De fait, Khalid Oudghiri

évincé, Majidi et Hassan

Bouhemou, son « impitoyable

éminence grise (6) » peuvent

parachever la mise à l’écart

de deux groupes français

très présents au Maroc : Axa

et Auchan. Même si le Maroc

avait de bonnes raisons

de revoir les conditions trop

avantageuses qui avaient

été consenties aux deux entreprises,

la désinvolture

avec laquelle MM. Majidi et

Bouhemou opérèrent choqua

d’autant plus leurs dirigeants

que du temps de Hassan II, de

telles « mauvaises manières

» n’auraient jamais pu avoir

cours ! Il ne s’agit pas de reprocher

aux deux hommes de

s’être montrés intraitables en

affaires mais de n’avoir respecté

aucune des règles qui

s’imposent dans les négociations

commerciales. « Mounir

Majidi et Hassan Bouhemou

dégagent des bénéfices record

et se prennent pour des

hommes d’affaires, note Khalid

Oudghiri. Mais quel est le

rapport avec l’économie réelle

quand tout cela est guidé par

l’arbitraire royal ? Aussitôt

que quelqu’un s’exprime au

nom de la volonté royale,

personne ne peut s’y opposer

».

Suite à la page (15)

DÎNER DE SOLIDARITÉ

Le Journal Haiti Liberté

Prend plaisir à inviter lecteurs, supporters et amis

À un Grand Dîner Dansant

Qu’il organise

Le samedi 28 avril 2012

À l’auditorium de CW Mixon New Life Center,

Situé au 112-50 Springfield Blvd

(entre 112th Road & 113th Avenue en face de C-Town)

Queens Village, NY 11429

De 9h du soir à 3h du matin

Enorme est l’ampleur de

notre travail quant à la

préparation et la diffusion du

journal, nous entraînant dans

des dépenses qui nous

essoufflent.

Ainsi, seule votre solidarité

peut garantir la survie de cet

hebdomadaire appelé à

défendre les intérêts du pays

et de la masse abandonnée.

Ambiance musicale variée

agrémentée des meilleurs

plats de la cuisine haïtienne

Admission $50.00 par personne

Les places sont limitées. Comme il

n’y aura pas de paiement à la porte,

hâtez-vous donc de réserver votre

carte en appelant le 718-421-0162

ou en passant au bureau du journal

sis au 1583 Albany Ave, Brooklyn

NY 11210

Ce dîner dansant est patronné par Aromark Shipping, Chery’s

Brokerage, Dr. Kesler Dalmacy, Immaculée Bakery &

Restaurant, Interlink Translation Services, Maggy Flambeau

Restaurant & Venus Restaurant.

718-421-0162

Nous comptons grandement sur votre générosité et votre solidarité.

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Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 41 • du 25 au 1 Mai 2012

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