Haiti Liberte 11 Juillet 2012

haitiliberte

Vol. 5 • No. 52 • du 11 Juillet au 17 Juillet 2012 Haiti 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00

HAÏTI LIBERTÉ

JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE

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Le mystère des logements

de Morne à cabri

Polisye Renald Inosarme

touye Louiseline Laplante

Page 6

Photo: UCLBP

Voir page 4

Vue aérienne partielle du projet de logements

Haïti-Gouvernance:

De nouveaux instruments

de domination contre le

peuple

Page 7

L’ONU exige les USA à

libérer les prisonniers

politiques portoricains !

Page 10

Gonaïves : Manifestation

contre Martelly !

Ce lundi 9 juillet, la population des Gonaïves a manifesté contre le pouvoir kale Tèt de

Michel Martelly et de Laurent Lamothe

Voir page 4

Lettre de Lula à Chavez:

« ta victoire sera notre

victoire »

Page 17


Une soirée d’anniversaire à ne pas manquer!

Par Berthony Dupont

Face au puzzle d’événements complexes en constante

et rapide évolution et encadrés d’une campagne

d’intoxication et de propagande malsaine orchestrée sous

le label « Haiti est ouverte aux affaires », un eldorado pour

instaurer des zones franches, des usines de montage et

d’assemblage avec exemption de droits de douane des

biens importés destinés à être intégralement réexportés,

un point fixe demeure : il nous faut lutter toute la vie !

Face à la situation affligeante de nombre de nos compatriotes

déguenillés et affamés, vivant sous des tentes

de misère, sous les humiliations et le mépris des classes

dominantes sécurisées par les forces d’occupation de la Minustah,

quelle attitude, alors, les vrais progressistes antiimpérialistes

devraient ils adopter ? S’organiser et résister.

Dans aucun pays, ne s’octroient les libertés. Elles se

prennent. Elles s’exercent comme un droit et non comme

une faveur. Ainsi, depuis le jour de la publication du premier

numéro d’Haiti Liberté, nous étions fermement convaincus

que nous devions tous ensembles être capables de

refaçonner notre destin dans la voie de la lutte de libération

nationale, puisque les masses populaires étroitement

unies peuvent accoucher de cette grande force qu’il faut

opposer aux agresseurs, même quand les conditions de

vie leur paraissent défavorables et difficiles.

Evidemment, quiconque s’abaisse jusqu’à ramper pour

s’attirer les bonnes grâces de l’oppresseur, doit s’attendre à

ce qu’on lui marche dessus. En vérité nous autres sommes

complètement opposés à cette pratique, cette politique de

courbette, de mendicité, que l’actuel régime servant Washington

continue dans le pays, pour saigner cruellement

notre peuple et piller les richesses de notre sous-sol.

Cependant, en dépit de cette réalité, il ne nous est pas

difficile de cerner les critères d’une lutte victorieuse, si

nous nous armons de foi, pour combattre avec nos propres

forces ces éperviers modernes.

Sans l’esprit révolutionnaire de confiance en ses propres

efforts, il reste justement difficile d’arriver même à un

minimum de sacrifice. Dans cet esprit, les cinq ans de Haiti

Liberté que l’on va célébrer le 28 juillet prochain sont un

exemple de cette volonté d’effort digne devant servir de

symbole de courage, de résistance et de confiance en soi.

L’autodétermination est inaliénable ! C’est une donnée intangible

qu’aucune puissance obscurantiste au monde ne

pourra mettre en déroute. L’autodétermination, tant que

nous existons, est le soutien par et pour nous-mêmes.

A l’occasion de notre anniversaire, nous exhortons

Editorial

notre lectorat, particulièrement nos sympathisants et amis,

ceux et celles qui rêvent et veulent le changement, la justice,

la fin de l’oppression, la libération et la souveraineté

nationales, à ne pas rater la soirée d’anniversaire d’Haiti

Liberté, ou sous quelque prétexte que ce soit, à ne pas

manquer d’être présents à cet événement des braves?

Reculer devant ce devoir patriotique, c’est fragiliser

l’existence même du journal pour ouvrir la voie à d’autres

aventures permettant aux forces réactionnaires de continuer

à nous marcher dessus. C’est donner le gain à l’ennemi.

Dans une lutte, quand la décantation est claire, il est facile

de déceler les amis des ennemis; donc un sûr moyen de

faire nôtre ce dicton « qui n’est pas avec nous est contre

nous ».

Nous tenons à exprimer nos profonds remerciements

à tous ceux là, qui, pour des raisons majeures, ne pourront

pas être présents, mais qui nous ont fait part de leur

soutien moral et financier comme ce compatriote dont

la lettre à nous adressée paraît à la page 7. Aussi, nos

lecteurs comprendront notre souci et notre position en ce

qui concerne la réussite de notre activité d’anniversaire qui

devient pour nous tous un leitmotiv de lutte.

Au cours de cette longue lutte, c’est seulement en nous

efforçant de rester dans l’esprit de compter sur nos propres

forces que nous pouvons accélérer avec dynamisme

et respect la bataille et canaliser nos forces créatrices pour

rendre possible l’impossible. Cette conscience de lutte ne

devrait guère cesser de s’affirmer tout au long des années

qui suivront ; elle ne devrait cesser de s’intensifier ni de

s’étendre de sorte qu’elle entraîne le peuple haïtien tout

entier dans ce même combat pour le droit à l’existence.

De nouveaux efforts ont été déployés par les organisateurs

de cette soirée d’anniversaire pour barrer la route

à tous ceux là qui veulent saboter cet événement. Déjà,

il est répertorié diverses tentatives entreprises par des

mercenaires ; et c’est une preuve par quatre pour prouver

combien est réactionnaire cette bourgeoisie disposant de si

nombreux satellites dans la diaspora.

Nous aurons deux invités d’honneur, l’un d’entre eux

est l’Honorable sénateur du Nord Moise Jean Charles ; mais

quant à l’autre nous nous gardons encore de dévoiler son

nom, car ce n’est pas encore confirmé.

Cette soirée est essentiellement un pan de la lutte et

déjà nous vous attendons en nombre imposant. C’est une

soirée à ne pas manquer. Voilà qui va faire la preuve la

plus probante de notre fierté de peuple en lutte et de notre

plus éloquente victoire sur les forces anti-changement.

Faisons du 28 Juillet un succès, c’est un défi à lever.

Comptons sur nos propres forces !

HAITI

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2

Haiti Liberté/Haitian Times


A travers Haiti

Décès de l’historien Rolph Trouillot

Par Jackson Rateau

Dans la nuit du mercredi 4 au

jeudi 5 juillet dernier, l’historien

haïtien Michel Rolph Trouillot est

décédé dans l’Etat de Chicago aux

Etats-Unis, selon ce qu’a annoncé

la Fondation Anne-Marie Morisset

dont il fut le fondateur.

Paralysé depuis plusieurs années,

le professeur Trouillot est mort

à l’age de 62 ans. Il est l’auteur du

premier livre d’histoire d’Haiti en

créole « Ti Dife Boule sou Ayiti» publié

en 1977.

Michel Rolph Trouillot

Détenteur d’un doctorat en

anthropologie à l’Université Johns

Hopkins aux Etats-Unis, professeur

de sciences sociales à l’université de

Chicago, Trouillot est aussi l’auteur

d’autres grands ouvrages tels que

Radioscopie des Fondements Sociologiques

de la dictature Sanginaire,

Les Racines Historiques de l’Etat

Duvaliérien publiés en 1986, State

Against Nation : The Original and

Legacy of Duvalierism publié en

1990 et Silencing the Past : Power

and the Production of History, publié

en 1995. Ce dernier ouvrage

est passé au rang d’oeuvres pédagogiques

dans certaines universités

aux Etats Unis.

Insécurité : Exécutions sommaires en Haïti

Assassinat et lynchage deviennent

monnaie courante dans

presque tout le pays. Le mercredi

4 juillet dernier, il était 11 h Am, à

Varreux, localité située dans la commune

de Cité Soleil, un policier dénommé

Reynold Inosame, affecté

au commissariat de Pétion-ville a

assassiné sa concubine, Louiseline

Laplante âgée de 19 ans et mère d’un

bébé de 4 mois. Il menaça également

de tirer sur une sœur de la victime

avant de prendre la fuite. Les parents

de Louiseline exigent justice pour la

victime.

En plaine, à Santo 25, non loin

de Carrefour Marassa, 2 jeunes garçons

ont été lynchés par une foule

en colère au cours de la journée du

samedi 7 juillet. Ils ont été violemment

abattus puis on a mis le feu à

leur cadavre. La population les a accusés

de vol de motocyclettes. Ces

deux jeunes font partie d’un groupe

de trois présumés voleurs, dont l’un

a été attrapé par la Police qui ne tarda

pas à intervenir : « Nous en avons

attrapé un, mais les deux autres ont

été abattus à coups de pierres et de

barres de fer par la foule qui a ensuite

commencé à les brûler », a déclaré un

policier qui était sur place au moment

de l’incident.

A Petit-Goâve, au niveau de

La Gonâve : Passage d’un

mauvais temps

Morne Tapion, un autre jeune garçon

s’est retrouvé mort samedi 7 juillet,

les mains liées au dos et le corps

brûlé.

Dans tous ces cas, un juge de

paix a dressé le constat des faits et

au niveau de la Police, l’enquête se

poursuit à n’en plus finir. Les phénomènes

d’insécurité de toutes sortes

tendent à augmenter dans le pays,

ce qui n’est que la conséquence des

problèmes socio-économiques que

confronte une très large majorité de

la population, notamment les jeunes.

Selon un dernier bilan présenté

par le porte-parole de la Police Nationale

d’Haïti (PNH), Gary Desrosiers,

au cours d’une rencontre avec

la presse, le jeudi 5 juillet, 129 personnes

sont mortes par balles dans

les zones métropolitaines de la capitale,

durant la période allant du 12

mai au 20 juin 2012. Du 12 au 31

mai 2012, 105 personnes ont été

interpellées pour des actes criminels,

la Gonâve, le samedi 7 juillet

A 2012, le passage d’un mauvais

temps avec de fortes averses,

accompagnées de vents violents a

détruit plusieurs maisons, endommagé,

plusieurs autres et causé le

naufrage d’un bateau assurant le

trajet la Gonâve/Port-au-Prince. Selon

les habitants de l’Ile, une vingtaine

de maisons ont été détruites,

des toitures emportées et des arbres

arrachés par des rafales de vents qui

ont balayé la commune d’Anse-a-

Galet.

Le député de la circonscription

de la Gonâve, Beguens Théus a

fait savoir que : « Nous n’avons pas

enregistré de perte en vie humaine,

mais les dégâts matériels causés par

ces intempéries sont considérables.

»

Ce mauvais temps était également

à la base du naufrage d’un

bateau transportant une vingtaine

de passagers. Le bilan de ce naufrage

s’est soldé par un mort et 6

disparus, parmi lesquels un américain

d’origine haïtienne qui était

venu voir ses proches à la Gonâve

après 12 ans d’absence du pays. Le

vice-délégué de l’arrondissement de

la Gonâve était aussi parmi les naufragés.

Au Nord du pays, près de la

station balnéaire de Labadie (nord)

un petit bateau, qui transportait une

vingtaine de passagers, tous des

jeunes a fait naufrage le dimanche 8

juillet. Il y a eu six morts, selon un

bilan officiel communiqué lundi par

le délégué départemental du nord,

Yvon Altéon. La détérioration des

conditions du temps a été à l’origine

de cette catastrophe survenue à

Roche Sauvage au lendemain d’un

autre accident maritime au large

de l’île de La Gonâve (ouest). Le

délégué du nord a présenté la liste

des victimes de ce naufrage : Santania

Auguste, 18 ans ; Mackenson

Docteur, 24 ans, Djuly Augustin, 27

ans ; Michel Prévalus, 18 ans ; Claudy

Prévalus, 20 ans et Samuel Jean-

Baptiste qui était dans la vingtaine.

vols, viols et kidnapping. Gary Desrosiers

a fait savoir également que

les 16 centres carcéraux du pays

regorgent de personnes, avec 7821

prisonniers à un moment où la situation

des prisonniers dans ces centres

est assimilable à un véritable enfer,

selon ce qu’ont rapporté les parents.

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Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 3


Le mystère des logements

de Morne à cabri

Gonaïves : Manifestation

contre Martelly

Par Ayiti Kale Je

Croix-des-Bouquets, HAÏTI, 10 juillet

2012 – Depuis plus de 8 mois, tranquillement,

un immense projet de logements

d’au moins trois mille maisons est

en construction, dans une zone désertique

près du Morne à Cabri, à environ 15 kilomètres

à l’Est de Port-au-Prince. Les

petites maisons en construction sont là,

visibles à tous les passants. Mais, c’est

peut-être le seul aspect du projet qui est

apparent. Tout le reste, n’est que mystère.

Quel est le nombre exact de logements

à construire ? A combien est évalué

le budget total ? Quand seront complétées

les constructions? Dans quelles conditions

le contrat a été signé et par qui ? Quelle

firme exécute le projet et qui est en charge

de sa supervision ? Le projet, correspondt-il

à la nouvelle politique nationale du

logement ? Qui est ou qui sont le ou les

propriétaires du terrain et quelle compensation

a t-il ou ont-ils reçue ?

Les maisons sont-elles destinées à

être des logements « publics », pour les

victimes du séisme de janvier 2010 ? Ou

– comme les logements en construction

dans le nord, près du nouveau parc industrial

de Caracol – sont-elles « privées »,

destinées à d’éventuels ouvriers d’un autre

parc industriel planifié par le gouvernement?

Ou peut-être pour les ouvriers qui

travailleront dans un ensemble d’usines

planifiées pour la « Zone économique intégrée

» de Corail, mieux connue sous le

nom « NABATEC » ?

Le « public » subventionne-t-il le

« privé » en rendant les choses moins

coûteuses et plus faciles aux sociétés

étrangères pour établir des usines où elles

peuvent payer les salaires les plus bas

dans l'hémisphère?

Sur le terrain, beaucoup de minimaisons,

mais aucun panneau indicateur.

Rien pour dire qui fait quoi, pour combien

de temps et à quel prix pour la nation haïtienne.

Malgré deux (2) mois de recherche,

d’interviews ou de tentatives d’interviews

avec presqu’une douzaine d’officiels,

nombreuses sont les questions restées

sans réponse.

Les autorités haïtiennes ont décidé

de faire le silence autour des circonstances

ayant mené au plus grand projet de logements

actuellement en cours dans le pays,

bien que ce silence constitue une violation

flagrante de l’Article 40 de la Constitution

haïtienne de 1987 qui stipule : « Obligation

est faite à l’État de donner publicité

par voie de Presse parlée, écrite, et télévisée

en langue créole et française aux Lois,

Arrêtés, Décrets, Accords Internationaux,

Traités, Conventions, à tout ce qui touche

la vie nationale, exception faite pour les

informations relevant de la sécurité nationale.

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Une femme passant devant le chantier de construction. Photo: AKJ/

Evens Louis

Du Fort National au Morne à Cabri

Trente mois après le séisme du 12 janvier

2010, Haïti bénéficie de différents

projets de logements. Celui du Morne à

Cabri, comportera au moins 3 000 unités,

d’après un document mis récemment

en circulation par la primature. Les logements

– quelques uns avec deux étages

– sont antisismiques et comportent au

moins quatre pièces dont deux chambres

à coucher, cuisine, galerie, douche et toilette.

Le 21 juin 2012, le premier ministre

Laurent Salvador Lamothe a jeté un

peu de lumière sur le projet lors d’une rencontre

avec la commission économique

et financière du Sénat haïtien [où] il a

affirmé que le projet de logements de

Morne à Cabri est en fait celui qui avait

été précédemment prévu pour le Fort National.

Ce projet – une série d’édifices –

avait été initialement conçu au bénéfice

des familles déplacées du quartier pauvre

de Fort National, dévasté par le tremblement

de terre. Le projet avait été bloqué

par la Commission intérimaire pour la Reconstruction

d'Haïti (CIRH), mis en place

pour superviser la « reconstruction ». Son

mandat ayant pris fin le 21 octobre 2011.

D’après Lamothe, le projet de logement

de Morne à Cabri coûte $44 millions

d’USD, et est financé par le « Fonds Pétro

Caribe ».*

Un document ayant pour titre «

Appel d’offres - Réalisation de trois projets

», concernant les appels d’offres pour

trois (3) projets de construction – Fort National,

Bowenfield et le Palais législatif –

mentionne un chiffre beaucoup plus élevé

que les $44 millions USD évoqués par M.

Lamothe.

D’après ce document– dont

l’authenticité n’est pas vérifiée, mais que

plusieurs personnes et journalistes acceptent

comme digne de foi – le projet de logements

du Fort National devait être exécuté

par une firme dominicaine appelée Constructora

Rofi S.A., pour la somme de

$174. 308. 897 USD. Le journal américain

Miami Herald utilise le chiffre de $174

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5 chambres à coucher,

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011-509-3728-9527 (Haïti) ou

718-207-3917 (US)

millions USD aussi.

Selon ce même document,

l’ingénieur Jude Hervé Day – qui devint

plus tard Ministre de la Planification pour

le gouvernement du Dr. Garry Conille,

en 2011 – était membre d’un comité

d’évaluation de trois personnes qui avait

sélectionné la Rofi S.A. pour la réalisation

des travaux. (En refusant d’accorder une

interview à Ayiti Kale Je et au Nouvelliste,

M. Day n’a pas permis aux journalistes de

vérifier l’authenticité d’un tel document,

au bas duquel une signature – la sienne

? – est apposée.)

Signé le 3 novembre 2010, le document

indique que les deux autres contrats

furent accordés à deux compagnies

dominicaines : Constructadora Hadom et

Construcciones y Diseños.

Et Hadom et Rofi sont la propriété

ou du moins sont sous le contrôle du

Sénateur dominicain Félix Ramon Bautista

(Parti de Libération Dominicaine-San

Juan), d’après le journaliste français Jean

Michel Caroit (Le Monde).

Soupçons et accusations

Le projet du Fort National et les deux autres

font partie des six contrats dénoncés

dans le « Rapport préliminaire » d’audit

commandité par le bureau de l’ancien chef

du gouvernement Conille en mars 2012.

Le premier ministre avait demandé l’audit

des 41 contrats prétendument signés

sans appel d’offres durant la période

d’application de la loi d’urgence adoptée

par le Parlement sous le gouvernement de

René Préval-Jean Max Bellerive. (Malgré

que le « Rapport préliminaire » n’ait jamais

été authentifié, beaucoup de journalistes et

de médias l’acceptent comme vrai.)

D’après le document, la participation

des compagnies du Sénateur Bautista

à « l’offre restreinte » pour six projets fait

que « le principe de la réelle concurrence

est mise en cause et la possibilité d’entente

entre ces deux firmes n’est pas à écarter ».

« La signature des dits contrats portait

non seulement préjudice aux intérêts

de l’État haïtien mais aussi ont été jugés

irréguliers [sic]», constate le rapport. (Il est

largement admis que l’audit, et les contradictions

qui l'entourent, comptent probablement

parmi les raisons de la démission

du Dr. Conille le 24 février 2012.)

Ces contrats ont été l’objet également

d’une investigation par la journaliste

investigatrice dominicaine Nuria Piera

dans l’un de ses programmes de télévision,

la Nuria-Investigación Periodística, le

31 mars 2012. Mme. Piera y a prétendu

que le président haïtien Michel Joseph

Martelly aurait reçu directement ou indirectement

près de $2,6 millions d’USD du

Sénateur Bautista, en échange de contrats

lucratifs pour ses compagnies. [Regarder

le programme sur son site, ou regarder cet

extrait. Les deux sont en espagnol.]

Aujourd’hui, l’audit est terminé.

Malgré que les résultats n’aient pas été

rendus publics, M. Lamothe a révélé le

21 juin 2012, que le gouvernement en

avait reçu le rapport définitif dont il révéla

quelques détails.

D’après un communiqué de presse

émanant du bureau du Premier ministre, «

la Commission d’Audit formée par l’ancien

gouvernement a recommandé d'annuler

unilatéralement les contrats pour lesquels

aucun décaissement n'a été effectué ».

Et pour les contrats déjà en exécu-

Par Isabelle L. Papillon

tion ? Le bureau du Premier ministre a dit

qu’ils feront l’objet d’une « analyse ». En

plus, selon la Cour Supérieure des Comptes

et du Contentieux Administratif – qui

entre autres choses lit et approuve tous les

contrats – « les contrats ont été attribués

en toute légalité et conformément à la loi

d'urgence. »

Mais la légalité n’empêche pas que

ces dits contrats soient mis en question.

Un document obtenu par Ayiti

Kale Je [disponible ici par téléchargement]

montre qu’une des compagnies du Sénateur

Bautista – Hadom – espérait obtenir

au moins 11 contrats d'une valeur de

près de 350 millions USD. De combien de

contrats ont bénéficié les trois compagnies

ensembles ?

« Jean Max Bellerive, le prédécesseur

de M. Conille, avait attribué huit

contrats de construction, en une seule

journée, le 8 novembre 2010, pour un

montant de 385 millions de dollars (290

millions d'euros) à trois compagnies appartenant

au sénateur dominicain Félix

Bautista », souligne Caroit, dans un article

paru dans Le Matin le 9 avril 2012. M.

Bellerive a rejeté l'accusation.

Silence, ou presque, sur le projet

Morne à Cabri

D’après les observations et les informations

disponibles, il paraît que le projet de

logements de Morne à Cabri continuera

Quinze jours après la mobilisation de

petits propriétaires de Pétion-ville

contre le pouvoir Kale Tèt de Michel

Martelly et de Laurent Lamothe, ce

lundi 9 juillet c’était au tour de la population

des Gonaïves, Nord du pays de

manifester. Plusieurs centaines de personnes,

pancartes en mains exprimant

leurs revendications, ont manifesté ce

lundi aux Gonaïves (Artibonite, nord)

en vue d'exiger du gouvernement

l’amélioration des conditions de vie de

la population. Les manifestants qui déploraient

le fait que leur situation avait

empiré, exigeaient aussi la construction

d'infrastructures dans la 4ème

ville du pays, notamment le marché

public, l'Hôpital La providence et la

prison civile détruite lors des mouvements

violents de l'opposition GNBiste

en janvier 2004 contre le président

Aristide.

A cause du caractère peu convainquant

des programmes sociaux du

gouvernement, ils ont exigé un meilleur

encadrement pour les planteurs

des sections communales. Le député

des Gonaïves, Sadrack Dieudonné

qui accompagnait les manifestants a

également demandé aux autorités de

travailler en vue de donner suite aux

revendications de la population.

Le coordonnateur du parti " Convention

Unité démocratique “a pour sa

part qualifié lundi de démagogie politique

les différents programme à caractère

social mis sur pied par le gouvernement

dont " Kat wòz et kredi wòz

pou fanm, katye pa m poze" (carte rose

et crédit rose), aux couleurs du mouvement

du chef de l'Etat. Evans Paul

estime que ces types de programmes

ne sont pas susceptibles d'améliorer les

conditions de vie de la population, parce

qu'ils ne sont pas structurés et que

leur seul objectif est, selon lui, la propagande

politique. Le responsable de

la KID appelle le parlement à stopper

l'Exécutif dans ce genre de démarches

qui tend à leurrer le peuple haïtien.

Pour sa part, la population du

département du Sud d’Haïti menace

de se soulever contre le gouvernement

Kale Tèt Martelly/Lamothe

dans les jours à venir . Elle confronte

actuellement toutes sortes de

problèmes socio-économiques liés

au chômage, à l’éducation, à la santé,

à l’environnement, au manque

d’infrastructures et d’énergie, à la faim,

la misère et autres dont des difficultés

d’ordre juridique. Les habitants de la

qutrième ville du pays se sont montrés

très offusqués de la façon dont le gouvernement

central de la république de

Port-au-Prince gère le pays. Ils dénoncent

ouvertement une politique « Tizanmi

», des petits amis avec des projets

bidons, qui n’ont rien à voir avec les

problèmes fondamentaux de la population.

Ils se sont dits prêts à protester

contre les manœuvres politiciennes

de l’équipe Kale Tèt qui prend plaisir

à leurrer la population avec certains

programmes démagogiques, au lieu de

poser la base pour la décentralisation

effective.

Face à cette situation de fait, les

habitants du Sud menacent de passer

à l’action sous peu contre le gouvernement,

notamment le président de la

République, Michel Joseph Martelly.

« Nous nous sommes sacrifiés lors

des élections de 2010-2011 pour le

propulser au pouvoir dans l’espoir de

vivre un lendemain meilleur. Maintenant

Nous ne constatons que le contraire

de nos attentes. C’est le chômage,

la misère, la faim qui nous tuent.

Nous souffrons, et cela nous énerve» ,

s’indignent-ils.

Le mois dernier, les habitants

du plus grand bidonville de la commune

de Pétion-ville, Jalousie sont

descendus dans les rues de la capitale

pour protester contre le gouvernement

cynique de Martelly/Lamothe

qui voulait les déloger de la zone où

ils vivent depuis des décennies. Ils

dénoncent la politique anti-peuple qui

veut tout simplement protéger les intérêts

de la bourgeoisie. Ils se préparent

à descendre à nouveau dans les rues

pour faire respecter la loi et les droits

du peuple haïtien. «On nous a intimé

l’ordre de vider les lieux dans un délai

ne dépassant pas 15 jours, alors que

les bourgeois continuent de construire,

comme bon leur semble. Pourquoi

cette politique de discrimination ? »,

s’interrogent-ils

A Port-au-Prince, les jeunes

regroupé au sein du Mouvement de

Liberté, d’Egalité pour la Fraternité

des Haïtiens( MOLEGHAF ), évoluant

dans l’un des quartiers populaires

de la capitale, Fort-National, n’ont jamais

cessé de manifester par devant le

Ministère des Affaires Sociales et du

Travail, chaque mardi pour exiger le

changement dans les conditions de vie

de la population qui croupit dans une

misère chronique. Ces jeunes exigent

aussi la création d’emplois décents leur

permettant de répondre à leurs besoins

urgents. Au lieu de satisfaire les revendications

de la population, le gouvernement

a procédé arbitrairement à

l’arrestation des membres et les a jetés

en prison depuis plus de 22 jours, sans

les déférer par devant un juge.

de faire son petit bonhomme de chemin.

Cependant, le contrat de ce projet sera-t-il

analysé et révisé, comme le recommande

l’audit ?

La liste des autorités et entités haïtiennes

refusant de parler, ou du moins,

évitant de donner des informations sur le

contrat et le projet, est longue. Monsieur

Harry Adam, directeur exécutif de l’Unité

de Construction de Logements et de Bâtiments

Publics (UCLBP), nouvelle entité

étatique, refuse de se prononcer sur le

contrat, mais n’a aucun problème à parler

du projet. « C’est un projet dont nous prenons

la succession. L’ UCLBP ne fait que

prendre soin d’un contrat qui a été signé

sous l’administration Préval-Bellerive »,

a-t-il déclaré.

Cependant son bureau n’a même

pas un plan pour le projet, a admis M.

Adam qui a suggéré aux journalistes de

s’dresser au Ministère de la Planification

et de la Coopération Externe (MPCE) pour

plus d’informations au sujet des plans et

du contrat.

Priscilla Phelps, experte dans le

domaine de la planification urbaine de

logements post-désastre et consultante

à l’UCLBP, a parlé d’absurdité. « C’est

ironique, a-t-elle dit, que le plus grand

projet de logement actuellement en cours

ne soit pas sous le contrôle de l’UCLBP »,

notant que « ce n’est même pas clair qui

Suite à la page (13)

4

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012


«Mon pays que voici»

Twa fèy, Twa rasin O

Par Fanfan la Tulipe

Anthony Phelps n’aurait jamais pu

se l’imaginer lorsqu’il écrivait son

poème-fleuve «Mon pays que voici».

Lors, il rêvait de pétrir dans la farine

de sa poésie des visages nouveaux, il

voulait entendre le sang de ma terre

/ marcher dans les caféiers aux fleurs

blanches, il y avait sous sa luette ce

chant pour écarteler les ténèbres, les

ténèbres de la cruauté, du despotisme

et de la corruption institutionnalisée.

Déjà, l’homme de vigie à l’œil de lynx

qu’interrogeait Phelps ne pouvait

rien voir dans la nuit des mers. Non,

Phelps n’aurait jamais pu s’imaginer

comment ce pays que voici tomberait

aussi bas presque sans espoir d’aller

amorcer le soleil.

C’est vrai que le 16 décembre

1986 avait permis tous les espoirs et

augurait que le baiser justifierait nos

lèvres. Hélas ! Une main criminelle

allait encore tracer sur le registre

des nations une petite étoile à côté

du nom d’Haïti. Pour bien marquer

que cette nation mère de liberté qui

avait fait trembler de peur les grands

d’Europe et de l’Amérique du Nord

n’avait pas droit à la stabilité, à la justice,

à la dignité, au développement,

au progrès et à la pleine jouissance de

sa souveraineté.

Cette main criminelle magouilla

de toute la force de son machiavélisme

obscurantiste, déstabilisateur et

pervers pour empêcher la célébration

du bicentenaire de notre indépendance

ou du moins pour qu’elle se

célébrât dans le chaos le plus total.

Et ce fut le 29 février 2004, lorsque

l’empire, n’ayant pu arriver à ses fins

à travers une déstabilisation forcenée

et une propagande démonisante du

pouvoir, se résolut à recourir aux

moyens les plus ténébreux: un kidnapping

par ses forces spéciales, un

rapt politique maquillé en démission,

avec la complicité d’un Premier ministre

sans courage, lâche, traître.

Depuis, les quartiers populaires

ont connu l’enfer sous forme

d’incursions répétées, violentes et

homicides réalisées par une force

étrangère dite de stabilisation du pays

renforcée par notre police nationale.

Deux années passées à cibler et à

emprisonner les supporters du régime

déchu, deux années passées à les

tuer fussent-elles même des femmes

enceintes, deux années de corruption

sans désemparer de la part des

commis de l’Etat; jusqu’au Premier

ministre parti en Floride à la cloche

de bois après s’être frauduleusement

approprié deux 4X4 flambant neuves

qu’il dut d’ailleurs rendre à l’Etat haïtien;

jusqu’au président lui-même qui

déguerpit du palais national non sans

en avoir emporté une bonne partie du

mobilier et même, dit-on, les paons

qui faisaient le charme des jardins

entourant l’édifice présidentiel. Deux

années sombres de mon pays que

voici.

Puis ce fut l’ère, à nouveau,

du marasa, marasa eloue en qui le

peuple mit toutes ses complaisances

(«piscinales») quoique le nouvel élu

fût dépourvu de charisme, s’obstinant

à se réfugier dans le mutisme de la

pierre. L’homme gémellaire se fit remarquer

par son manfoubinisme à

outrance doublé de cynisme, invitant

les masses populaires à «nager pour

s’en sortir», à le «regarder dans les

yeux» pour mieux les hypnotiser et

remplir leur bol. Vint le cataclysmique

tremblement de terre de janvier 2010

qui mit à nu la cruelle sinon criminelle

irresponsabilité du chef de l’Etat. Ce fut

l’incurie à son comble d’un président

hébété par l’immensité de la tâche qui

lui incombait. Démolition physique de

la capitale et d’autres villes au sud,

démolition psychologique et morale

de la nation. Phelps pouvait encore

ajouter d’autres strophes à son pays

que voici, démoli.

Mal kou byen, la nation tint

bon. Bruits d’élections. Tintamarre

de candidatures grennsenk. Trentequatre

aspirants à la chaise bourrée

et démolie. Parmi eux bon nombre

d’avadra et un roulibeur assuré de la

bénédiction prévalo-présidentielle et

de l’argent détourné de Petro Caribe.

Une dame septuagénaire respectable,

sans doute conseillée par son sorbonnard

de mari eut la malheureuse

imprudence de se mêler aux bons

masques et aux mauvais masques.

Deux musiciens s’amenèrent avec

leur partition, l’un haïtien, roi du hip

hop, ne parlant ni créole, ni français,

ni anglais ; l’autre affichant triple citoyenneté,

roi du konpa, parlant une

seule langue faite de phrases et de

mots orduriers, grossiers, vulgaires

et obscènes. Elections au rabais. Micmac

surveillé de près par Je vèt.

Au premier tour du scrutin, alors

que les dés se révélaient pipés,

tout le monde fit mine de se retirer.

En fait c’est Je vèt qui retira le roulibeur

de la course et décida qui allait

être roi et reine du carnaval électoral.

En effet, la visite diurne et décidée de

la femme d’un ex-président américain

mit le feu au cul de la plus haute autorité

CEPiste neutralisée probablement

grâce à une liasse de billets, certainement

par une menace de «coupure»

de visa. On laissa tomber le roulibeur

au grand dam de l’hôte du palais national.

Les trente-deux avadra laissés

pour compte ne dirent kwik, car

Washington leur avait fait passer une

camisole de force. La dame respectable

sachant qu’elle avait affaire à un

musicien inculte aux notes stridentes

et aiguës piaffa, ponpa, sauta et parla

: m devan, m devan nèt. Son mari

avait oublié de la mettre en garde

contre les apparences devantières

candidatales. Au deuxième tour des

élections bidon, deux tours de rein

obscènes du roi du konpa agrémentés

de la visite nocturne, visite chanpwèl

du président du CEP mirent fin aux

lubies de la candidate constitutionnaliste

qui tomba K.O sur le tapis, les

pieds en l’air. Ce fut là un autre moment

tragi-comique de Mon pays que

voici.

Depuis, Mon pays que voici a

vécu pendant plusieurs mois les tourments

d’un gouvernement on pourrait

dire acéphale puisque n’ayant eu

enfin un Premier ministre que seulement

le 4 mai dernier. Entretemps,

celui qui passe pour être le président

n’arrêta pas de faire des siennes: zyeux

doux aux socialismes cubain et

vénézuélien, voyages intempestifs

sans lendemains productifs à bords

de jets privés à la mode du petit Nicolas

Sarkozy actuellement aux prises

avec la justice française, désignation

pénible en oui-oui-non-non de

Premier ministre, lago kache avec

des parlementaires dont beaucoup

n’avaient pas encore vu la couleur

verte des billets de l’Oncle, attitude

désinvolte et irrespectueuse envers

la presse, outrageuses violences verbales

à l’endroit de parlementaires,

ordre d’arrêter à l’aéroport un député

couvert de ses immunités, audacieux

déni public d’avoir ordonné cette arrestation,

accointances suspectes

avec le chef d’Etat dominicain, gesticulations

de pantin désarticulé pour

prouver sa citoyenneté haïtienne et

du même coup infirmer les dénonciations

jugées koutlanguistes d’une

présumée triple nationalité, prétendue

embolie pulmonaire soignée à un

Graissage de pattes ici par la présidence, menaces discrètes

par là de bloquer des visas par l’ambassade étoilée, la plupart des

parlementaires finissent par faire patte de velours et plier l’échine. Et

maintes causes (arrestation éhontée d’un député, vraie nationalité du

président, amendements constitutionnels frauduleux) finissent en queue

de poisson. O mon pays que voici !

mystérieux hôpital floridien, rumeurs

apparemment fondées de pots-devin

versés par un sénateur mafieux

dominicain, distribution extravagante

de motocyclettes, carnaval «décentralisé»

apparemment pour masquer

une transaction de drogues selon cette

candidate malheureuse aux dernières

élections, bref une vilaine métamorphose

de Mon pays que voici.

Bien sûr, les conditions rocambolesques

d’accession du président

au palais national, son passé sulfureux,

son comportement qui n’a pas

fait honneur au poste de chef d’Etat,

ses mensonges à répétition ainsi

qu’un entourage peu recommandable

laissaient entrevoir des résultats

peu encourageants, pour ne pas dire

décourageants. A date le public a eu

droit à un étalage d’époustouflants

programmes bidons et de mesures

bidonnes, souvent inspirés par la

première dame, juste pour compenser

un mode démagogique de gouvernement

: kay pa m, éducation gratuite

pour un million d’enfants, aba grangou,

carte rose de santé, ti manman

chéri et le dernier né du couple

présidentiel, un avorton de carnaval

des fleurs. Le bluff est à l’honneur

et sert de paravent à un gouvernement

qui n’arrive pas à «atterrir», un

constat atterrant pour Mon pays que

voici.

Face à l’Exécutif, le parlement

n’a pas arrêté de gesticuler de façon

pitoyable. On chercherait en vain un

projet de loi intéressant ou quelque

loi votée en faveur de la population.

Seulement une grandiloquence de

tous les moments à décourager les

plus patients. Politique de grands

vents petites voiles. La chambre basse

fait tout un tapage lors de l’arrestation

illégale d’un député. Déclarations presque

guerrières des pairs. Menaces

de lui régler son compte au chef de

l’Etat trop impertinent et twòp sou

moun. Promesses fracassantes d’un

comité pour «étudier» l’affront fait à

leur collègue, fils du peuple. Mais la

présidence et ses tuteurs savent se

tirer d’affaire. Graissage de pattes ici,

menaces discrètes de bloquer des visas

par là, l’affaire du député humilié

finit en queue de poisson, le député

lui-même ne sachant plus quoi dire

«à la nation». Nouvelles donnes dans

Mon pays que voici.

Autrefois, les trois pouvoirs

mettaient une sourdine à leurs excès,

dérives et vilénies. De nos jours,

c’est à ciel ouvert que se font les

marchandages politiques, les magouilles

politiciennes et toutes sortes

de honteuses transactions : insubordination

de ministres encouragée en

chat pent par le président, face à un

Premier ministre devenu une sorte de

risée gouvernementale ; président accusé

par une journaliste dominicaine

d’avoir touché de grosses sommes

d’argent d’un parlementaire maffieux

dominicain ; accusations jamais vraiment

tirées au clair par l’intéressé

qui n’a pas jugé moral non plus de

poursuivre cette journaliste pour diffamation

et «atteinte à la sécurité de

Menez Jean-Jerome

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l’Etat» ; députés s’accusant mutuellement,

en pleine séance, de recevoir

plus d’argent ou moins d’argent

pour faciliter les menées souterraines

de l’Exécutif ; asservissement et à-

plat-ventrisme du parlement face

au pouvoir exécutif lumineusement

exprimés dans une formule lapidaire

et célèbre d’un sénateur : tout moun

jwenn. En vérité je ne me reconnais

plus dans Mon pays que voici.

On ne sait plus quoi faire de

la constitution. Piétinée et bafouée

au gré de bas intérêts politichiens,

elle peut être torchonnée par un

parlement torchon dont certains

membres, torchonnards dans l’âme,

falsifient frauduleusement des amendements

votés à la va-vite. Ce qui

donne lieu à d’indignes empoignades

verbales entre les «élus du peuple».

Le président quant à lui donne

l’impression qu’il est dans ses petits

souliers alors que subrepticement il

a enfilé les bottes de cent lieux de

l’hypocrisie et de la honte pour plaire

à ses tuteurs. Quant aux sénateurs

dont maints d’entre eux sont encore

déchirés par leur manque de courage,

de sens patriotique, de vision et

d’unité sur la question de la publication

des amendements, ils ont préféré

s’en remettre à l’Institut International

pour la Démocratie et l’Assistance

Electorale (IDEA) et à l’Agence International

de Développement (AID)

des Etats-Unis qui les ont parrainés

lors d’une retraite au Club Indigo situé

sur la côte des Arcadins.

On ne saura jamais trop bien

dans quel gwògmagòg se sont engagés

ces sénateurs, quelles garanties

ils ont données au Blanc, quelles

menaces ils ont pu recevoir des Je

vèt. Au final, il en est sorti une « Résolution

de Montrouis », sans doute

bien ficelée et dans laquelle les pères

conscrits ont décidé ou peut-être ont

été forcés de mettre fin au débat sur

la promulgation controversée des

amendements constitutionnels. Toute

honte bue et le portefeuille sans

doute alourdi grâce à la présence opportune

d’agents états-uniens, ces

messieurs et dames se sont résignés

à reprendre les séances au Sénat.

Dire que même la première séance

post indigo-arcadine n’a pas eu lieu

faute de quorum alors que beaucoup

de sénateurs étaient dans les couloirs

du Parlement à kaler du wès.

Oh ! Si triste est la saison que

j’ai peine à parler de Mon pays que

voici.

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Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 5


Kwonik Kreyòl

Polisye Renald

Inosarme touye

Louiseline Laplante

Entèvyou ak senatè Moise Jean

Charles:

« Tout moun ap rele sove yo anba

2zyèm pati

siklòn Martelly a »

Yon polisye ki Rele Renald Inosarme

k ap travay nan komisarya Petyonvil,

sasinen yon demwazèl ki rele

Louiseline Laplante anndan lakay li

sou wout nasyonal #1, zòn vare blok

Jakwomen . Louiseline te genyen 19

lane.

Li te anviwon 11zè 30 konsa

nan maten, lè Renald te vin wè Louiseline

Laplante. Yo pase yon bann tan

ap diskite nan yon chanm nan kay la.

Se pandan diskisyon an li tire Louiseline

ki te gen yon ti bebe 4 mwa avè l.

Aprè Renald fin fè krim lan li sòti

deyò a l al pale ak manman Louiseline,

se pandan l ap mache ak manman jenfi

a, yon lòt sè Louiseline al pantan sou

li benyen an san ak ti bebe a bò kote l.

Li pat pran tou, pou l rele anmwe men

Kadav Louiseline Laplante

Men bebe 4 mwa Louiseline kite a

Renald touye Louiseline. Lè Renald

tande bri a li rale zam li ankò pou l menase

moun yo pou yo pa fè bri, men ti

fi sa a pat kraponnen, li kouri vin kare

devan Renald pou l koresponn ak li.

Polisye asasen an te sètoblije

pran kouri al kache nan ri volcy ki anfas

Jacques Roumen.

Aprè 30 a 45 minit Jijdepè Milien

Vertus te vin fè konsta a. N ap raple

Louiseline se te 3zyèm pitit manman

l ak papa l, sa k pi tris la papa Fostin

Laplante fè konnen se Loisline ki te

tout kò kay la. N ap mande jistis pou

Louiseline, reparasyon pou fanmi ana

k arestasyon polisye kriminèl sa a Renald

Inosarme

Wendel Polynice & Tercier Daniel

Jedi 28 jen, Senatè Moïse Jean-Chales te

rele biwo Ayiti Libète Nouyòk, pou l te

kab mete n okouran sou dènye devlopman

politik yo an Ayiti. Li te pale nou vil

natal li, Milo, kote grandon yo nan zòn

konprann yo gen fevè ak sipò gouvènman

Martelly a pou kòmanse reprann

tè yo ki nan men peyizan kounyea. Senatè

te bay dizon l tou sou dosye doub

nasyonalite, koripsyon, amandman,

represyon elatriye…

HL: Ki lekti ou fè sou sitiyasyon

politik la anjeneral nan peyi a? Grandon

yo kòmanse retounen sou moun, Martelly

mete Laurent Lamothe premye minis,

yo chanje konstitisyon an, yo achte plizyè

palmantè y, lame rose la la ofizyezman.

Eske yo reyisi nan pwojè politik yo

?MJC: Martelly depanse anpil lajan pou

achte palmantè, Martelly depanse anpil

lajan pou envesti nan kominikasyon,

men sa pa mache pou Martelly. E Martelly

fè anpil pwopagann. Pafwa kominikasyon

lè ou fè twòp pwopagann, li ka

kenbe kèk semèn, kèk mwa, men lè reyalite

a vin eklate, pa gen moun ki ka bare

l, se sa ki rive la.

Martelly te kwè achte palmantè,

Martelly te kwè fè pwopagann, inogire

tout pwojè Préval te fè, mete nan tout

tablo li voye yon milyon timoun lekòl.

Ebyen reyalite a, pwofesè toupatou ap fè

manifestasyon, yo pa ka touche, moun

ki te di Martelly ap mete pwogram adwat,

pwogram agoch, ebyen twou manti

pa fon, reyalite soti, Martelly nan deran.

Pandan m ap pale ak nou la, anplwaye

revoke kanpe, moun Mòn Lopital

kanpe, peyizan Milo kanpe, peyizan Latibonit

nan zòn Bokozèl, moun nan zòn

Bwakayiman nan Nò peyi a, moun zòn

Madeline, nan tè Roseline, nan tè Kano,

tout moun sa yo, y ap degèpi yo defòs,

ebyen tout moun sa yo leve kanpe.

Ansuit, se pou lapremyè fwa gen

mizè konsa anndan peyi Dayiti. Se sak

fè anpil moun ki te opoze ak nou finalman

yo di yo regrèt yo te konn kritike sa

senatè Moise te konn di yo, senatè Moise

te gen rezon.

Jodi a pa gen sikilasyon lajan.

Lajan an soti nan leta li monte anlè

men li pa desann. Yo dekapitalize kouch

mwayèn nan e mas pèp la limenm, li pa

konn ki Sen pou li rele la.

Fò m di byen genyen bidjè 2011-

2012 la ki gen 3 mwa depi l vote, bidjè

a gentan fini paske prezidan an itilize bidjè

a mal. Ansuit genyen 25 milya goud

prezidan Martelly te bezwen, parapò

ak kominote entènasyonal la di l gen

twòp koripsyon, BID ak Bank Mondyal

di yo pap ba li kòb, finalman sa yo fè,

yo remize sou kesyon fon PetroCaribe

a, fon sa tout moun konnen kouman sa

pase, Martelly parèt ak yon pakèt pwogram

bidon pou blanchi lajan sa a. Ou

tande nan pwogram « Ti Manman Cheri

» se plizyè santèn milyon, nan pwogram

« Aba Grangou » se plizyè santèn milyon.

E se Laurent Lamothe, se madanm

Martelly, se Thierry Mayard Paul, se pitit

Martelly, ki gen $25,000 meriken nan

men l pou konstwi estad nan tout peyi a.

Lè m t ap denonse sa nan radyo Karayib

semèn pase anwo se te yon jou jedi, epi

nan vandredi mwen wè yo debake nan

teren kote mwen toujou fè chanpyona

chak ane, yo di yo vin konsilte teren an

pou yo fè yon sant espòtif. Mwen pa gen

pwoblèm avèk sa, mwen pa pral opoze

a sa.

Answit genyen pwogram « Ekate

m poze », se plizyè santèn milyon goud

e gade ki moun ki gen kòb la nan men

l. Se bòpè Martelly [Charles “Bébé” St.

Rémy] ki gen $30,000 meriken Préval

te kite pou kesyon angrè. Chak ane peyizan

Latibonit konn jwenn angrè a pou

$80, jodi a se $450 sak angrè a fè alòske

peyizan an pa jwenn li. Peyizan Mari-

Baro pran kou, peyizan Sen Rafayèl pran

kou, peyizan Tibo pran kou, tout moun

pran kou. E finalman ou tande kòb la se

Kanaval dèflè, pou kisa?

Senatè Moise Jean Charles

nan ti klik nan ti bank ilegal avèk nan

men fanmi Martelly lajan an rete. Martelly

rive ranfòse kapasite boujwa a ki

kontwole ekonomi peyi a depi 200zan.

Li pran yon avans politik ba yo e finalman

bagay la pral eklate paske gen twòp

mizè, mesyedam yo plimen poul la twòp.

HL: Tanpri bay nou istwa pwogram

angrè a.

MJC: Mwen te bò kote prezidan

Preval, nan kad rasin mwen nan mond

peyizan an, olye nou di “Aba diri Miyami,”

nou te mete pwogram nan pou n

te kapab desann pri angrè a. Sak angrè

a te vann $80 pou peyizan e se nan kòb

PetroCaribe a nou te pran $30,000 pou

pwogram sa a. Jodi a Préval pa la, Martelly

monte, epi se bòpè l ki responsab

pwogram sa nan Latibonit. Ou met pale

ak nenpòt peyizan nan Latibonit, pou yo

rakonte w istwa sa a. Ane sa peyizan

Latibonit pèdi rekòt diri a paske bòpè a

pran kòb la li pa janm fè angrè a sikile,

kounye a se grannèg k ap vann agrè a.

Asuiv

BOUKAN

101.9 FM • SCA

Radyo Pa Nou

Emisyon KAKOLA

Konbit Ayisyen pou Kore Lit la ann Ayiti

• Nouvèl •

• Analiz •

• Kòmantè •

• Deba •

Pou yon Ayiti Libere

(917) 251-6057

www.RadyoPaNou.com

Mèkredi 9-10 pm

Menmjan lidè nou te pwomèt nou,

nan mesaj 2 janvye a, wòl li se

pou l kontinye zèv yo pou tout tan

gentan »

Kesyon yon bann moun ap poze tèt

yo :se pou kisa lòbèy 2 kanaval

sa a nan yon sèl ane? Moun ki plis

poze kesyon sa a se moun ki nan zòn

35 a 40 lane konsa. Noumenm darati

konn siye, ansyen fòd 3 pedal, nou

konnen e nou konnen twòp.

Moun ki nan tèt kanaval dèflè a, se Mario Dupuy li sou tèt cha opòtinis

yo kòm premye wa kanaval

Bib la deklare kèk kote nan li

: tout moun ki pa mache ak mwen,

kont mwen. Nan kontès Bib la di l la,

souvan nou konn al entèprete l. Prezidan

Bouch te fè deklarasyon sa a

lè kèk peyi tankou Lafrans pat dakò

pou l te anvayi Irak. Pou chèf deta

peyi Dayiti yomenm se pirèd. Si ou

pa dakò ak tout sa yo fè ki pa bon,

konsidere se lenmi yo ou ye. Fraz Labib

sa a konn sinonim baton krazezo,

lanmò, oubyen egzil. Pou evite annwi

sa a, anpil moun oblije mete

Suite à la page (14)

6

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012


Perspectives

Haïti-Gouvernance:

De nouveaux instruments de domination contre le peuple

Par Thomas Péralte

L

’amendement falsifié de la Constitution

de 1987, l’installation du Conseil

Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), la

formation du Conseil Electoral Provisoire

(CEP), la formation de la Cour Constitutionnelle,

tels sont de nouveaux instruments

de domination contre le peuple

haïtien. Après la publication des amendements

falsifiés et l’installation du CSPJ,

les Etats-Unis et la MINUSTAH se sont

réjouis de l’action posée du gouvernement

Kale Tèt de Martelly/Lamothe. Dans une

note rendue publique par l’ambassadeur

des Etats-Unis en Haïti, on lisait : «

L’ambassade des Etats-Unis en Haïti, félicite

les neuf hommes et femmes qui ont

prêté serment en tant que membres du

Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire

(CSPJ), et nous leur adressons nos meilleurs

vœux de succès. Aujourd’hui est un

jour historique pour la démocratie haïtienne

et une victoire pour le peuple haïtien.

L’investiture du CSPJ établit le pouvoir

judiciaire en tant que branche légale du

gouvernement. Les Etats-Unis anticipent

de travailler en partenariat avec le gouvernement

haïtien pour l’établissement d’un

Etat de droit… »

De son côté, le représentant des

forces d’occupation de l’ONU en Haïti, le

chilien Mariano Fernandez Amunátegui

se félicite également de l’installation du

CSPJ : « Cet événement représente un pas

de plus vers la consolidation des institutions

haïtiennes et l’ancrage d’Haïti dans

une stabilité politique durable » a-t-il

déclaré.

Dans la foulée, la publication des

amendements de la constitution a semé

la division au sein du Sénat de la République

et la classe politique traditionnelle

du pays. Dix-neuf (19) sur vingt (20)

sénateurs ont pris position contre une

telle publication et ils ont trouvé le support

d’une dizaine de partis politiques,

qui ont clairement indiqué dans une note

datée du 27 juin 2012, qu’ils supportent

la position du groupe des dix- neuf : «

Les partis, plateformes et personnalités

politiques soussignés, s’interrogent sur le

caractère illégal de la publication de la loi

constitutionnelle portant amendement de

la constitution de 1987.

En conséquence, sans préjudice

des communications qu’ils auront à faire

ultérieurement, ils donnent acte aux dixneuf

sénateurs signataires de la susdite

déclaration et soumettent la présente note

de questionnement à l’attention du peuple

haïtien, gardien de la constitution, du Parlement

dont les membres sont les mandataires

du peuple, et du Chef de l’Etat qui

a pour mandat de veiller au respect et à

l’exécution de la constitution en vertu de

l’article 136 de la constitution de 1987. »

Du premier au 3 juillet dernier, au

Club Indigo situé sur la côte des Arcadins,

seize (16) sénateurs ont participé à une

retraite organisée par l’Institut International

pour la Démocratie et l’Assistance

Electorale (IDEA) et l’International et

Développement Alternatives Inc (DAI),

et financée par l’USAID, (Agence International

de Développement des Etats-Unis).

Retraite pour essayer de trouver une certaine

harmonisation entre les sénateurs

autour de la publication des amendements

qui a rendu depuis des mois dysfonctionnel

le Sénat haïtien, amputé d’un tiers. A

la fin de ladite retraite, 14 sénateurs sur

16 ont paraphé une résolution appelée : «

Résolution de Montrouis », dans laquelle

ils ont notamment décidé de mettre fin au

débat sur la promulgation controversée

des amendements constitutionnels et de

reprendre les séances au Sénat.

Les sénateurs Jean William Jeanty,

du département des Nippes et Jean-Baptiste

Bien-Aimé du Nord-Est qui n’ont pas

apposé leur signature au bas de la résolution

ont fait savoir catégoriquement qu’ils

refusent de consolider les manipulations

Les neuf hommes et femmes lors de leur prestation de serment en tant

que membres du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ)

Mariano Fernandez Amunátegui le

chef civil de la Minustah

frauduleuses, ayant marqué le processus

de révision constitutionnelle, toutes faites

sous les diktats de la communauté inter-

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Le sénateur Jean William Jeanty,

du département des Nippes

Radio Optimum – 93.1 sca

La direction et le personnel de la

Radio Optimum remercient

chaleureusement leur audience et

annoncent à tous ceux qui ont perdu

leur contact que depuis plus de deux

ans, la Radio Optimum travaille

quotidiennement sur la fréquence de

93.1 sca.

Vous avez aussi la possibilité de la

capter sur le site www.radiooptimum.com

et bientôt sur

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Captez chaque jour, à toutes les

heures le 93.1 sca.

Le sénateur Jean-Baptiste Bien-

Aimé du Nord-Est

nationale. On pensait qu’avec la signature

de la résolution annonçant l’initiative

d’une nouvelle déclaration d’amendement

à la fin de la présente législature, les séances

allaient être reprises au niveau du

Sénat. Hélas ! Bien que le président du

Sénat, à l’issue de la retraite, ait donné

rendez-vous pour la reprise des séances le

jeudi 5 juillet écoulé, la séance n’a pas eu

toutefois lieu, faute de quorum. Beaucoup

de sénateurs étaient dans les couloirs du

Parlement, mais ils n’ont pas répondu à

l’appel dans la salle de séance. La crise qui

a pris naissance suite à la ratification du

Premier ministre, Laurent Lamothe et à la

publication des amendements falsifiés de

la constitution de 1987 persiste toujours

au niveau du Sénat. A remarquer que le

Sénat et la Chambre des députés devraient

se réunir en Assemblée nationale pour

désigner les trois (3) personnalités devant

faire partie du Conseil Electoral Permanent.

A ce sujet, et pour le sénateur Jean-

Baptiste Bien-Aimé, le pouvoir exécutif

voudrait absorber le Sénat. Ce projet aurait

déjà commencé à prendre forme à travers

des démarches que le président Michel

Martelly aurait entreprises afin de désigner

lui-même les trois personnalités devant

représenter le pouvoir législatif au Conseil

Electoral Permanent.

Donc, outre la présence des forces

d’occupation de l’ONU sur le territoire national

depuis plus de 8 années, il est clair

que les puissances impérialistes ont profité

de l’absence d’un leadership haïtien pour

asseoir leur domination sur la première

République noire et mettre en place toute

une série d’instruments facilitant leur

exploitation des ressources du pays. Ses

amendements falsifiés de la constitution

haïtienne de 1987 répondent directement

au projet de domination et d’exploitation

impérialiste. Ils ont facilité la mise en place

Lettre

AVIS JUDICIAIRE

New York

ce 6 juillet

2012

PAR CES MOTIFS: le Tribunal après examen sur les conclusions du Ministère Public

maintient le défaut requis et octroyé contre la défenderesse à lʼaudience précitée pour le

profit de la demanderesse ; déclare fondée la dite action, admet en conséquence le divorce

de la Dame Ysmeta Bien-Aimé avec son époux Albert Dorrelus pour incompatibilités de

caractères. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre les dits

époux. Ordonne à lʼOfficier de lʼEtat Civil de Pointe-à-Raquettes de transcrire sur les

registres à ce destiné le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans lʼun

des quotidiens sʼéditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers sʼil

y échet, commet lʼhuissier Vilneret Gabriel de ce siège pour la signification de ce jugement.

Compense les dépenses.

AINSI JUGE ET PRONONCE par nous, Jacques Hermon CONSTANT, juge en audience civile et

publique en date du treize mai deux mille onze en présence de Me. Jean Claude DABREZIL

substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec lʼassistance du greffier Frédéric

GEDEON.

IL EST ORDONNE etc…

EN FOI DE QUOI etc…

des instruments leur permettant à arriver

à leurs objectifs visés. L’installation

du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire

est loin d’être un pas important vers

l’établissement réel de la démocratie et

de l’Etat de droit, tant qu’Haïti reste sous

l’occupation et la domination des forces

étrangères.

Chers Compatriotes de « Haiti Liberté

»

C’est avec une délectation que je

lis votre hebdomadaire où la parole se

libère pendant que les autres pratiquent

un silence volontaire face aux dérives

des usurpateurs Nationaux et Internationaux.

Je ne connais aucun media de

notre terroir qui puisse se prévaloir d’une

telle qualité.

Vous faites du journalisme

d’investigation que je ne trouve plus ailleurs,

et enfin vous traitez des problèmes

soigneusement évités ou savamment

manipulés dans notre Presse Ecrite ou

Parlée.

Pour toutes ces bonnes raisons,

chers Compatriotes, recevez, sans indiscrétion,

mon petit soutien moral et financier

; puisque avec regret je ne serai pas

avec vous au « Grand Gala du 28 juillet

2012 »

Patriotiquement,

Lavalas 2001

*Salutations spéciales à Berthony

Dupont, Kim Ives, Dr. Frantz Latour

(Fanfan Latour), Pierre L. Florestal et à

tous les autres collaborateurs.

Lui Jean Manes

Avocat

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 7


Perspectives

Capitalisme en Haïti : Etat des lieux et perspectives

Par: Ralph Stherson SENAT*

Pour une tentative de lire la complexité

politique et socio-économique de la

société haïtienne contemporaine avec

la théorie marxiste

Plus de deux décennies à piétiner

dans une transition démocratique

sans fin révèlent qu’Haïti n’est pas

prête de franchir le pas nécessaire

pour s’approcher du développement

économique et social que claironnent

les organismes nationaux et internationaux.

La misère, la crasse, la faim,

l’insalubrité et le chômage représentent

les démons auxquels font quotidiennement

face la majorité de la

population. En dépit du fait que les

gouvernements du moment n’ont pas

cessé de faire la promotion de politiques

visant à attirer dans le pays de potentiels

investissements étrangers, le secteur

productif reste toujours moribond. Tout

le monde attend ce miracle qui fera affluer

vers le pays ces investissements

étrangers tant rêvés pour permettre

au secteur industriel de se lancer et

permettre l’exploitation de la force de

travail de milliers de sans-emplois. Par

ailleurs, toute une littérature orale et

écrite –littérature de la décadence –, ne

parlant que de crise, d’instabilité et de

stagnation, témoigne de cette situation.

Cela interpelle notre capacité critique et

nous porte à nous poser de sérieuses

interrogations. D’abord, pourquoi c’est

d’investissement étranger qu’on parle

constamment? Est-ce une façon pour

dire que les classes dominantes locales

n’ont pas su accumuler assez de profits

durant les deux siècles qui viennent de

s’écouler capables de propulser le pays

sur la voie du développement capitaliste

? Si c’en est le cas, qu’en est-il

de l’accumulation primitive du capital

en Haïti ? Comment a-t-elle eu lieu ?

Quelles sont les classes qui en ont été

bénéficiaires? Y a-t-il eu reproduction

élargie du capital en Haïti? Les réflexions

autour d’une telle problématique

pourront nous aider à mieux poser le

problème de l’impasse économique dans

laquelle se trouve le pays et apporter les

réponses appropriées en vue de sortir

du marasme. En outre, on entend souvent

dire que le pays n’avancera pas si

une révolution (dans le sens marxiste

du terme) n’est pas faite. C’est pourquoi

il sera aussi question dans ce texte de

traiter de la dynamique de développement

du capitalisme et des rapports de

classe en Haïti ; de même envisager,

quelle révolution serait donc possible et

Dr. Kesler Dalmacy

1671 New York Ave.

Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

La conquête d’Ayiti par les conquérants Espagnols à l’établissement de la

colonie de St-Domingue

quelle classe pourrait la mener ?

Accumulation primitive du Capital

: moment premier du capitalisme en

Europe

Le philosophe allemand, Karl

Marx (1818-1883), dans ses études

sur l’économie politique, a constaté que

le régime économique constitue la base

sur laquelle s’érige la superstructure politique.

Fort de ce constat, il a mis une attention

soutenue à l’étude de ce régime

économique. Le Capital (1867), son

œuvre maîtresse, témoigne d’un effort

soutenu et d’une étude approfondie du

mode de production capitaliste.

En toute réalité, le capitalisme, a

une histoire. Son avènement remonte à

celle de la société moderne. Marx s’est

donné pour tâche, entre autres, de retracer

les différentes phases de cette histoire.

L’accumulation primitive constitue son

point de départ. L’accumulation primitive

du capital – qu’il faut distinguer de

l’accumulation du capital tout court (le

concept d’accumulation du capital désigne

lui-même le processus qui s’accomplit

dans le cycle plus ou moins routinier

de la métamorphose de l’argent A en

marchandise M, puis de la marchandise

en argent A’ ; selon la formule A-M-A’) –

débute par la séparation des producteurs

d’avec les moyens de production. Dans le

mode de production qui a précédé historiquement

le capitalisme, – le féodalisme-

« les hommes ont été immergé dans la

terre et dans la communauté ». Extirper

l’homme féodal dans la terre et dans la

communauté pour le rendre libre, c’està-dire,

le faire sortir « des corporations et

des liens féodaux » pour le placer avec

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

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sa seule force de travail dans un monde

dominé par la production démesurée de

marchandises, tel a été, selon Marx, l’une

des tâches réalisées par l’accumulation

primitive du Capital.

La séparation radicale des producteurs

d’avec les moyens de travail,

voilà qui constitue la base du système

capitaliste. Car, de cette séparation radicale

dépendent « les deux rapports sociaux

constitutifs de ce mode de production

: 1) le rapport marchand entre les

hommes, donc le marché, qui, sur la base

de la propriété privée et de la division

du travail, est un mode de coordination

de l’activité économique de producteurs

séparés ; 2) le rapport salarial, donc le

salariat, forme d’exploitation du travail

qui résulte de la nécessité objective pour

les travailleurs de se soumettre aux propriétaires

des moyens de production ». «

Il faut d’abord que la société soit divisée

en un groupe d’acheteurs, possesseurs de

terres, d’usines, de matières premières,

de moyens de subsistance, c’est-à-dire

du Capital et ensuite un groupe de vendeurs

qui n’ont rien d’autre à vendre que

leur force de travail, leurs bras et leur cerveau

».

En fait, l’accumulation primitive

est le mouvement historique qui convertit

les producteurs en salariés pour les

condamner en vendeurs d’eux-mêmes

parce que dépouillés de tous les moyens

de production et de toutes les garanties

d’existence. De là, faut-il comprendre

que l’une des conditions qui favorisent la

naissance du système capitaliste est donc

la séparation des producteurs d’avec les

moyens de production. Pour que le système

capitaliste vienne au monde, écrit

Marx, il faut que partiellement au moins,

les moyens de production aient déjà été

arrachés sans phrases aux producteurs,

qui les employaient à réaliser leur propre

travail et qu’ils se trouvent déjà détenus

par des producteurs marchands, qui les

employaient à spéculer sur le travail

d’autrui. Contrairement à certains auteurs

ayant étudié cette même économie politique

et ayant laissé des manuels béats

croire que c’est l’idylle qui a tout le temps

régné, qu’il n’y a eu jamais d’autres

moyens d’enrichissement que le travail et

le droit, Marx découvre et fait savoir que

les méthodes de l’accumulation primitive

sont tout ce qu’on voudra, hormis

matière à idylle. Au contraire, « c’est la

conquête, l’asservissement, la rapine à

main armée, le règne de la force brutale

qui l’a toujours emporté ».

Dans la huitième section du premier

livre du tome I de Le Capital, Marx

a indexé l’expropriation de la population

campagnarde, la législation sanguinaire

contre les expropriés ; il a fait la lumière

sur la naissance d’un prolétariat sans

feu ni lieu, la genèse et les débuts du

fermier capitaliste ; il a informé sur les

contrecoups de la révolution agricole sur

l’industrie et sur la genèse du capitalisme

industriel. Il a aussi noté l’importance

La misère, la crasse, la faim, l’insalubrité et le chômage représentent les

démons auxquels font quotidiennement face la majorité de la population

qu’ont eue les conquêtes européennes

dans les différentes contrées du monde

pour l’accumulation primitive du Capital.

Le concept d’accumulation du

Capital, écrit Pascal Combemale, impliquait

la marchandisation de toutes les

activités sociales et la mondialisation

du capitalisme. Cela continue de se vérifier,

qu’il s’agisse de la transformation

de toute chose en marchandise, de la

domination sans partage de l’argent ou

de la globalisation économique et financière.

L’accumulation primitive est donc

ce mouvement historique qui expropria

les paysans, les transforma en salariés,

anéantissant l’industrie domestique des

campagnes et qui finalement divorça

l’agriculture d’avec toute sorte de manufacture.

En outre, le mode de production

capitaliste, basé sur la marchandisation

de tout ce qui existe, l’exploitation de

l’homme par l’homme et celle des nations

par d’autres nations, a trouvé un

essor considérable avec la conquête de

diverses contrées du monde. «La conquête

des contrées aurifères et argentifères

de l’Amérique, la réduction des indigènes

en esclavage, leur enfouissement

dans les mines ou leur extermination, les

commencements de conquête et de pillage

aux Indes orientales, la transformation

de l’Afrique en une sorte de garenne

commerciale pour la chasse aux peaux

noires, voilà les procédés idylliques

d’accumulation primitive qui signalent

l’ère capitaliste à son aurore».

Le régime colonial, poursuit Marx,

donna un grand essor à la navigation et

au commerce. Il enfanta les sociétés mercantiles,

dotées par les gouvernements

de monopole et de privilège et servant

de puissants leviers à la concentration

de capitaux. Il assurait des débouchés

à la manufacture naissante, dont la facilité

d’accumulation redoubla, grâce au

monopole du marché colonial. Les trésors

directement extorqués hors de l’Europe

par le travail forcé des indigènes réduits

en esclavage, par la concussion, le pillage

et le meurtre refluaient à la mère patrie

pour y fonctionner comme capital. Pour

la bourgeoisie européenne naissante, le

système colonial n’aura donc été qu’un

atout de plus, à côté d’autres formes

d’accumulation primitive, tels le frauduleux

accaparement des terres de l’Etat,

le vol organisé des propriétés collectives,

l’exploitation du travail salarié par les

métayers, ou en Angleterre, le pillage des

biens de l’Eglise au cours de la Réforme,

etc.

Qu’en est-il du cas d’Haïti ? Comment

lire la complexité socio-économique

haïtienne avec les catégories de Marx ?

Quel est le mode de production dominant

en Haïti ? Dans la partie qui va suivre,

on tentera des réponses à ces questions.

Les origines de la formation sociale

haïtienne : De la conquête d’Ayiti par les

conquérants Espagnols à l’établissement

de la colonie de St-Domingue.

Croyant trouver une route occidentale

pour atteindre l’Inde des épices,

Christophe Colomb, à la tête d’un groupe

de conquérants espagnols, débarqua

sur les côtes nord-occidentales de l’Ile

d’Ayiti en décembre 1492. Les richesses

qu’il découvrit dans cette Ile qu’il baptisa

d’Hispaniola et l’engouement que lui et

ses compagnons-conquérants ont mis

pour s’approprier les richesses découvertes,

le portèrent à soumettre les aborigènes

aux travaux forcés d’extraction

des mines. Peu habitué à ces genres

de traitements, le peuple Taino mourut

progressivement. De près d’un million

qu’ils étaient à l’arrivée de Colomb, on

ne dénombre que quelques milliers quarante

ans plus tard, informe G. Barthélemy

dans un livret. Aussitôt éclata la

guerre mercantile entre les puissances

européennes en quête de richesses et de

débouchés ; à en croire Marx, elle [cette

guerre] avait le globe entier pour théâtre.

S’ouvrant par la révolte de la Hollande

contre l’Espagne, elle prend des proportions

gigantesques dans la croisade de

l’Angleterre contre la révolution française

et se prolonge en expédition de pirates.

C’est donc dans ce contexte que,

peu avant 1625, il fut aperçu des pirates

français (les fameux flibustiers) aux larges

des côtes de l’Ile de la Tortue, attaquant

des vaisseaux anglais et espagnols

chargés de métaux précieux et d’autres

richesses extorquées dans les territoires

conquis. Jean Casimir, dans la même

compréhension de Marx sur la piraterie

écrit que la piraterie n’est pas une aventure

irréfléchie d’individus audacieux.

Elle répond à une époque précise, à un

style de pillage institutionnalisé et à une

position politique formulée en réponse au

monopole ibérique des richesses américaines

(...) L’établissement graduel des

français dans Hispaniola dépend de la piraterie

et compte sur elle. Les succès des

pirates français embauchés par les compagnies

commerciales amènent, après la

guerre de la ligue d’Ausgbourg en 1697,

à reconnaître par le traité de Ryswick, la

partie occidentale de l’Ile dès lors dénommée

St-Domingue comme possession

française.

Dans cette partie du monde, en

moins d’un siècle, se développa, la plus

riche colonie du monde de l’époque. «

L’esclavage était au cœur du système

florissant qui engraissait l’Europe, dévastait

l’Afrique et promouvait la rapide

expansion des Amériques», nous apprend

Laurent Dubois. En moins d’un

siècle, « le nombre de colons français

passe de quelques centaines à plus de 25

000, tandis que le nombre des esclaves,

qui était de quelques milliers au départ,

atteint 450 000 (estimation faite en

1789) ». «Durant des décennies, Saint-

Domingue fut un exemple des profits

énormes que pouvait générer l’esclavage

», écrit Dubois.

Si l’esclavage faisait la richesse

des colons et surtout du secteur de la

grande bourgeoisie française intéressée

Suite à la page (19)

8

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012


This Week in Haiti

The Mystery Houses of Morne à Cabri

By Haiti Grassroots Watch

Croix-des-Bouquets, Haiti , Jul. 10,

2012

For the past eight months, a giant housing

project of at least 3,000 homes has been

quietly under construction in the desert

near Morne à Cabri, about 15 kilometers

east of the capital.

The little houses are there, visible

to all. But that is perhaps the only aspect

of the project that is clear. Everything else

remains a mystery.

What is the exact number of lodgings

to be built? What is the total budget?

When will the construction be completed?

Under what conditions was the contract

signed, and by whom? What firm is executing

the project, and what firm is overseeing

the project? Does the project fit

with the government’s new housing policy?

Who is or are the landowner(s), and

how much money did he or they receive?

Are the houses meant to be “public”

housing for the victims of the January

2010 earthquake? Or – like the housing

being built in the north near the new industrial

park in Caracol – are they “private,”

meant for the eventual workers at

another industrial park, planned by the

government? Or maybe for the workers

that will work at a third set of factories,

planned for the private “integrated economic

zone” of Corail, more commonly

known as “NABATEC”?

Is the “public” subsidizing the “private”

by making it cheaper and easier for

foreign corporations to set up factories

Some 3,000 houses (above) are being built in the desert near Morne à

Cabri, but government officials won’t say who is responsible, who will live

there, or how it is financed

where they can hire workers for the lowest

salary in the hemisphere?

On the ground, there are many

mini-houses, but no sign explaining who

is doing what, for how long, and at what

price to the Haitian nation. And despite

two months of research, interviews, or attempts

at interviews with almost a dozen

officials, much information remains hidden.

Haitian officials have decided to

keep their mouths shut about the circumstances

that led to the country’s largest

housing project, even though that silence

is a flagrant violation of Article 40 of the

HGW/Evens Louis

Haitian Constitution, which states: “The

State is obligated to publicize via the written,

spoken and televised media, in Creole

and French, the laws, orders, decrees, international

accords, treaties, conventions,

and all that concerns the life of the nation,

except for information that would put in

jeopardy national security.”

A government proposal (above) suggests that it plans to build another

Industrial Park near the houses at Morne à Cabri

From Fort National to

Morne à Cabri

In the 30 months since the Jan. 12, 2010

earthquake, Haiti has seen a number of

new housing projects. The Morne à Cabri

project will have at least 3,000 units, according

to a document recently circulated

by the prime minister’s office. The earthquake-proof

houses – some with two stories

– have at least four rooms, including

two bedrooms, a kitchen, a porch, and a

bathroom with a shower and a toilet.

On Jun. 21, Prime Minister Laurent

Lamothe shined light on the project during

a meeting of the Economy and Finances

Commission of the Haitian Senate. He said

that the project at Morne à Cabri was in

fact the project originally planned for Fort

National.

That development – a series of

high-rises – was specifically meant to benefit

the displaced families of the impoverished

Fort National neighborhood, which

was devastated by the earthquake. The

project was blocked by the Interim Haiti

Recovery Commission (IHRC), a committee

set up to oversee the “reconstruction.”

Its mandate ended on Oct. 21, 2011.

According to Lamothe, the Morne

à Cabri project costs US$44 million and is

financed by the “Petro-Caribe Fund.”*

A document entitled “Implementation

of Three Project – Call for Bids”

Suite à la page (15)

Too Soon for Carnival:

Sweeping Haiti's 400,000 Poor Back Under the Rug

By Mark Schuller

A shredded tent in the HANCHO camp is emblematic of disintegrating

shelters in Haiti’s vast camps of still homeless quake victims

Mark Schuller

For those who haven’t been to Haiti

for a while, or for those who have

never been but have seen the hell on

earth portrayed in the media, the fact

that Champs-de-Mars and other plazas

in Port-au-Prince are no longer home to

thousands of people is a symbol of progress.

Celebrating this “liberation” of

public spaces, President Martelly is planning

a Carnival des Fleurs, a tradition under

Duvalier, scheduled to begin July 29,

a day after the anniversary of the 1915

U.S. invasion.

For the 390,276 people the International

Organization for Migration

(IOM) estimates who are still under

ripped sheets of plastic or tarp, it’s too

soon to celebrate.

Many believe this relocation of

camps on highly-visible areas is akin to

sweeping the garbage off the floor only

to have it out of sight and out of mind,

in someone else’s backyard. Where are

people going?

For its part, the IOM is keeping

track of people they have relocated in the

16/6 program. But the 16/6 camps only

account for 5% of the total camp population.

And for the others? “” We don’t

know.

We do know that places like Mòn

Lopital are sites for thousands of new

residents inching ever farther up the

mountainside, in crowded shantytowns.

Kanaran, a long stretch of desert land

in the outskirts of town, is still growing

-- no one knows how many people live

there. I’ve heard estimates of 130,000 to

180,000 people, but IOM has never done

a census.

Like piles of garbage swept aside

and neglected, away from the main plazas

and busy thoroughfares are camps

that are real, all too real. And they are

not going away any time soon.

Among the eight camps in my

study last summer, for example, HAN-

CHO, Karade, and Kolonbi are already

well on their way to becoming shantytowns,

the Cité Soleils (which recently

was upgraded to a “yellow zone”) of the

next generation. Some residents are beginning

to erect walls or concrete foundations

for their homes, some now made of

scrap metal instead of tarp. A common

denominator is that they are all hidden,

on land that is relatively secure - many

owned by former military members long

in exile -- and of no strategic interest to

investors or tourism promoters.

Unfortunately they also have in

common an even increasing deterioration

of the ripped sheets of plastic that

are people’s homes and primary services

such as water. In Kolonbi, the IOM finally

took out the latrines that hadn’t been

cleaned for months in February (they

later opened a cholera treatment center).

But new people -- arriving as the 16/6

program began -- pitched their tent right

on top of the former site that still exudes

a strong smell. The Red Cross’s work to

reinforce the walls on the ravine, where

people now throw their excrement, has

been stopped for several months.

Toilets have also been removed

in HANCHO, as well as a few residents,

including the only family who sold hot

meals. A walk through the windy, dusty

camp reveals most tents -- in much worse

condition than before -- occupied, with

people singing, listening to the radio,

washing clothes, cooking, or reading. A

former army officer is reclaiming part of

the space to build a factory; 15 families

are at imminent risk of forced relocation

since last Tuesday. With no relocation assistance

or mediation from the IOM, they

wait daily for the order to move, hoping

it won’t come in the middle of the night

and accompanied by arson or machetes

like other recent cases. Some may pitch

their tent somewhere else in the camp,

clearing the weeds where goats graze.

In Karade, trees planted since the

earthquake are now higher than many

tents, offering some shade. And Frisline,

whom I’ve known since 2003, proudly

shared a banana from her yard. But there

is still no clinic and it is still a 20 minute

walk to get the water stationed outside

the camp and outside the Delmas city

limits, in front of the t-shelters installed

by CRS for those displaced from St. Louis.

Frisline, who has had to twice buy

new tarps, either suffocates in the heat

trapped inside the fraying tarps or opens

a flap, inviting dust to blow inside the

tent. Karade is on a hill where the wind

almost constantly kicks up dust. Since

no one has invested in roads, rains mean

a treacherous trek back home or even a

mudslide. More than a dozen tents have

been moved because the rains have

eroded the ground by the ravine.

Kolonbi, HANCHO, and Karade

are by no means unique. Large camps

are still tucked away among Port-au-

Prince’s teeming shantytowns, hillsides

or valleys, like Acra (there are four

camps bearing the name of this wealthy

family), KID, Bourdon, Solino, Mòn Silo,

Cinéas...

Given the more complex realities,

not to mention living under sheets of

plastic ripped by another rainy season on

top of the hottest summer in recent memory,

it’s too soon to celebrate. Where are

people going? And are they living better

than before? And what about those who

remain?

Individual solutions may work

well for those who made it on the list, but

for the rest, only a collective social policy

will be able to do more than sweep the

problem onto someone else’s doorstep.

On Monday, an international campaign

was launched to ask the Haitian government

and donors to build quality social

housing and stop forced eviction until

said housing is built.

Acknowledgments

This material is based upon work supported by

the National Science Foundation under Grant

No. 1122704. Any opinions, findings, and

conclusions or recommendations expressed

in this material are those of the author and

do not necessarily reflect the views of the National

Science Foundation. The author would

also like to thank the Professional Staff Congress-City

University of New York, the CUNY

Haiti Initiative, and the research team: York

College - Sabine Bernard, Sandy Nelzy, Adlin

Noël, Stephanie Semé and Tracey Ulcena and

l’Université d’État d’Haïti -- Marie Laviaude

Alexis, Théagène Dauphin, Mackenzy Dor,

Jean-Rony Emile, Junior Jean François, Robenson

Jean-Julien, Roody Jean Therilus, and

Castelot Val.

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 9


L’ONU exige les U

prisonniers politiq

Comité spécial de la décolonisation

: des pétitionnaires exhortent

l’assemblée générale à se saisir de la

question du statut de Porto Rico. Le

Comité adopte une résolution dans

laquelle il demande au Président des

États-Unis de libérer les prisonniers

politiques portoricains détenus dans

des prisons américaines.

Le Comité spécial chargé d’étudier

la situation en ce qui concerne

l’application de la Déclaration sur

l’octroi de l’indépendance aux pays et

aux peuples coloniaux, ou « Comité

des Vingt-Quatre », aux termes d’une

résolution adoptée cet après-midi sur

la « décision du Comité spécial en date

du 20 juin 2011 concernant Porto Rico

», a demandé de nouveau au Gouvernement

des États-Unis d’Amérique

d’assumer la responsabilité qui lui incombe

d’engager un processus permettant

au peuple portoricain d’exercer

pleinement son droit inaliénable à

l’autodétermination et à l’indépendance

dans l’application intégrale de la résolution

1514 (XV) de l’Assemblée générale

et des résolutions et décisions du

Comité spécial relatives à Porto Rico.

Présentée par Cuba et adoptée à

l’unanimité aujourd’hui par le Comité

des Vingt-Quatre, cette résolution est

adoptée pour la treizième année consécutive

par le Comité et fait écho à la

demande de nombreux pétitionnaires et

de certains États Membres qui se sont

exprimés au cours de cette journée de

travail consacrée à la situation de Porto

Rico.

M. Arturo Gonzalez Hernandez,

Président du Comité de Porto Rico aux

Nations Unies, a par exemple rappelé

que Porto Rico faisait partie, jusqu’en

1953, de la liste des pays en processus

de décolonisation. « Mais l’Assemblée

générale a été induite en erreur par les

États-Unis et a retiré le pays de cette

liste », a-t-il regretté. Il a souhaité que

le cas de Porto Rico soit porté devant

l’Assemblée générale des Nations Unies.

Pour Mme Nilda Luz Rexach, du

« National Advancement For Puerto

Rican Culture Inc. », « Il n’y a qu’une

seule solution honorable pour traiter

de la question du statut de Porto Rico,

cette solution étant une pleine intégration

de l’île comme 51e État des États-

Unis d’Amérique, avec tous les droits et

avantages qui y sont liés ».

Porto Rico est une île couvrant 8

959 kilomètres carrés peuplée d’environ

4 millions d’habitants, et qui bénéficie

actuellement du statut d’État libre associé

aux États-Unis. Depuis 1953, les

États-Unis conservent la même position

sur la question du statut de Porto

Rico en s’appuyant sur la résolution

748 (VIII), par laquelle l’Assemblée générale

les a déchargés des obligations

que leur imposait le Chapitre XI de la

Charte des Nations Unies relatif aux

territoires non autonomes.

En adoptant la résolution concernant

Porto Rico aujourd’hui, le Comité

des Vingt-Quatre a d’autre part

demandé à nouveau au Président des

États-Unis de libérer les prisonniers

politiques, dont la liste suit, qui accomplissent

dans des prisons américaines

des peines pour des raisons touchant

à la lutte pour l’indépendance de Porto

Rico : Oscar López Rivera, qui est détenu

depuis plus de 30 ans ; Avelino

González Claudio et Norberto González

Claudio, plus récemment arrêté.

L’un des plus célèbres prisonniers

politiques de Porto Rico, M. Carlos Alberto

Torres, qui prenait part ce jour à

la réunion du Comité a reçu une ovation

nourrie des autres pétitionnaires. Il

a fait le récit poignant des 30 années,

s’étalant de 1980 à 2010, qu’il a passées

de détention aux États-Unis. Il a

souligné que le peuple portoricain attend

avec impatience la libération des

autres « prisonniers politiques portoricains

» encore en détention, dont le plus

Manifestation des portoricains au cours d’une visite

d’Obama à Porto rico

Une banderole demandant au Gouvernement des États-Unis de remettre

en liberté les prisonniers politiques et de guerre portoricains qui purgent

des peines de prison pour avoir levé le drapeau indépendantiste

de Porto Rico

célèbre, Oscar López Rivera, est détenu

depuis déjà 31 ans.

Décision du comité spécial en date

du 21 juin 2010 concernant Porto

Rico : audition de pétitionnaires

(a/ac.109/2012/l.7 et a/

ac.109/2012/l.13)

Déclarations

M. OSVALDO TOLEDO MARTINEZ,

Président du Collège des avocats de

Porto Rico, a déclaré qu’après 114 années

d’occupation américaine, le peuple

de Porto Rico n’a toujours pas pu exercer

son droit à l’autodétermination

et s’exprimer librement. Porto Rico se

trouve dans une situation juridique qui

ne lui permet pas de résoudre sa situation

coloniale, à savoir que le droit international

ne s’applique pas à ce territoire,

qui a été retiré « à tort » en 1953

de la liste des territoires coloniaux, et

dont l’existence depuis est régie par le

droit américain. De plus, « l’invisibilité

de la situation coloniale de Porto Rico »

contribue, selon lui, au fait que son peuple

ne peut aujourd’hui s’exprimer que

dans le contexte juridique américain. «

Comment un peuple peut-il exercer son

droit à l’autodétermination si on ne lui

reconnaît même pas sa souveraineté

», a demandé le pétitionnaire. Passant

en revue certains aspects qui justifient,

selon lui, que Porto Rico tombe sous la

juridiction internationale, il a évoqué

le fait que les Portoricains se voient

aujourd’hui menacés dans l’exercice

de leurs libertés ; que l’intégrité territoriale

de Porto Rico n’est pas respectée,

puisque les États-Unis se sont arrogés

le droit d’exproprier certaines terres

portoricaines pour en faire des bases

militaires ; ou encore le fait que la politique

agricole imposée à Porto Rico est

responsable du fait qu’aujourd’hui on

y importe 80% des denrées alimentaires

des États-Unis. Le pétitionnaire

a également dénoncé diverses mesures

prises par les autorités gouvernementales

« annexionnistes ».

M. JOSÉ M. LÓPEZ SIERRA,

fondateur du blog Companeros Unidos

para la Descolonización de Puerto

Rico qui existe depuis l’année dernière

avec pour vocation d’éduquer le public

mondial sur la question de la décolonisation

de Porto Rico. Le pétitionnaire

a dit qu’il est d’avis que cette question

devrait recevoir une couverture médiatique

plus importante, de manière à

susciter une solidarité internationale qui

pousserait les États-Unis à décoloniser

ce territoire. Pour lui, « toute forme de

colonialisme devrait être intolérable

pour la démocratie ». Il faut réinscrire

Porto Rico sur la liste des territoires

encore colonisés pour pouvoir faire

avancer la question de sa décolonisation

par le biais du droit international

à la place du droit américain, comme

c’est actuellement le cas, a dit M. López

Sierra. Seuls les Portoricains doivent

se prononcer sur l’autodétermination

et l’indépendance de Porto Rico, a-

t-il poursuivi, ajoutant que ceux qui

n’adhéraient pas à ce point de vue ne

croyaient pas en la démocratie. Pour lui

la situation actuelle, qui fait miroiter «

l’illusion d’une démocratie à Porto Rico,

puisqu’il y existe une multitude de partis

politiques et qu’on y tient des élections

régulièrement », doit cesser, car «

on ne peut pas être une démocratie et

une colonie en même temps ».

M. ARTURO GONZALEZ

HERNANDEZ, Président du Comité de

Porto Rico aux Nations Unies, a rappelé

que Porto Rico faisait partie, jusqu’en

1953, de la liste des pays en processus

de décolonisation. « Mais l’Assemblée

générale a été induite en erreur par les

États-Unis et a retiré le pays de cette

liste », a estimé le pétitionnaire. Il a

rappelé qu’en 1898 Porto Rico a été

envahi par les États-Unis au cours de

la guerre que ce pays menait contre

les peuples hispaniques. Il a ensuite

relevé que le peuple portoricain a été

Nous demandons au Gouvernement des États-Unis de remettre en liberté

les prisonniers politiques portoricains qui purgent des peines de prison

pour avoir levé le drapeau indépendantiste de Porto Rico

25 juillet 1898-25 Juillet 2012. Depuis 114 ans, l’île de Porto Rico est une

colonie des États-Unis à tous les niveaux

constamment trompé, car les différents

scrutins d’autodétermination organisés

jusqu’ici par la puissance colonisatrice

ne menaient nulle part. Il a ajouté

que la présence d’un Bureau chargé

de la question de Porto Rico à la Maison

Blanche témoigne à souhait de

l’existence d’un problème sur le statut

de l’île. Il a également indiqué que 8

millions de Portoricains ont été dénombrés

lors du dernier recensement, dont

3,8 millions vivant dans le pays et le

reste, presque 4 millions, dans le reste

du monde, dont une grande majorité

aux États-Unis. Il est revenu sur le cas

d’Oscar López, un « patriote et indépendantiste

» portoricain emprisonné dans

les geôles américaines depuis plus de

30 ans, du fait de ses idées politiques. Il

a souhaité que le cas de Porto Rico soit

porté devant l’Assemblée générale des

Nations Unies.

M. HECTOR PESQUERA SE-

VILLANA, du « Movimiento Independentista

Nacional Hostosiano », a fait

remarquer que Porto Rico compte 80%

des 10 millions de personnes à travers

le monde qui vivent encore sous le joug

du colonialisme. Il a averti le Comité

de « l’imposition de l’anglais comme

langue d’enseignement officiel dans les

programmes scolaires à partir de la rentrée

scolaire prochaine ». Il a estimé qu’il

s’agit là de la « matérialisation d’une

volonté permanente d’inculturation de

la part de la puissance colonisatrice ».

Il a regretté que les systèmes judiciaires

et sécuritaires de Porto Rico soient assujettis

à ceux des États-Unis. Il a par

ailleurs indiqué que Porto Rico devrait,

de par le droit international, être indemnisé

pour les exactions ayant eu

lieu sur son territoire et commises par

la puissance colonialiste. Il a estimé que

la Maison Blanche ne semble pas vouloir

prendre en compte les résultats des

consultations sur l’autodétermination

de Porto Rico. Il a enfin déclaré que «

l’Amérique latine restera incomplète et

mutilée sans Porto Rico ».

M. EDGARDO ROMÁN ESPA-

DA, de la Coalition portoricaine contre

la peine de mort, a demandé que

la question de la peine de mort soit

inscrite dans la résolution présentée

aujourd’hui, car, selon lui, elle

est intimement liée à la question de

l’autodétermination du peuple portoricain.

Rappelant que la peine de mort est

actuellement en vigueur à Porto Rico,

du fait de l’application de la loi américaine

à ce territoire par le Gouvernement

fédéral américain, alors même qu’elle

est interdite par la Constitution portoricaine,

il a estimé que cela illustrait bien

la nature de la domination étrangère à

Porto Rico. Avec 16 cas d’application

possible de la peine de mort à Porto

Rico et 27 cas de Portoricains condamnés

à la peine de mort aux États-Unis,

il a estime qu’il est urgent de se pencher

sur cette question avant que la première

exécution n’ait lieu.

M. JESUS MANGUAL CRUZ,

de la Fondation Andres Figueroa Cordero,

est revenu sur la définition du

génocide en tant que « destruction du

modèle de vie du groupe opprimé par

un groupe oppresseur ». Ceci, selon lui,

s’applique au cas de Porto Rico depuis

l’imposition de la citoyenneté américaine

au peuple de Porto Rico. Il a rappelé

que cette « stratégie de colonisation

» se basait sur l’argument américain

selon lequel le peuple portoricain était

incapable de se gouverner lui-même.

Depuis, cette stratégie contribue à défavoriser

le développement national et

10

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012


SA à libérer les

ues portoricains !

Le révolutionnaire vénézuélien Simon Bolivar avait souhaité voir toute

l’Amérique latine libre, indépendante et unie au sein d’une confédération

Le seul tort de l’artiste Oscar López Rivera a été de rêver à une patrie et

à sa liberté

Le peuple portoricain attend avec impatience la libération des « prisonniers

politiques portoricains » encore en détention, dont le plus célèbre, Oscar

López Rivera, détenu depuis déjà 31 ans, Avelino González Claudio et

Norberto González Claudio

les perspectives d’autodétermination du

peuple portoricain, a-t-il affirmé. Avec

58% des Portoricains qui vivent actuellement

hors du territoire national, il

a estimé qu’il s’agissait bien d’un acte

prémédité d’incitation à la fuite des cerveaux

vers les États-Unis, encouragé

par le Gouvernement américain. Il a

également dénoncé la contamination

de l’île par « les essais nucléaires américains

» menés à Porto Rico.

M. BENJAMIN RAMOS ROSA-

DO, de l’organisation « The ProLibertad

Freedom Campaign », a estimé que les

emprisonnements des « combattants

de la liberté » sont des crimes contre

l’humanité. Il a évoqué le cas de trois

prisonniers portoricains présents dans

les geôles américaines : Oscar López

Rivera, qui est détenu depuis plus de

30 ans ; Avelino González Claudio et

Norberto González Claudio. Il a souligné

que « ces prisonniers ont été incarcérés

à cause de leurs opinions et de

leur croyance, et non à cause des faits

et allégations qui leurs sont reprochés

officiellement ». Il a souligné que ces

prisonniers ne sont pas des terroristes

comme voudraient le faire croire les

autorités américaines. Il a ensuite cité

des organisations de droits de l’homme

et des personnalités d’envergure internationale

qui ont toutes réclamé la

libération des ces prisonniers. Il a enfin

souhaité que ces injustices puissent

prendre fin maintenant.

M. ISMAEL GUADALUPE OR-

TIZ, du « Movimiento de Afirmación

Viequense » a regretté que les États-

Unis « utilisent leur pouvoir colonial à

Porto Rico » pour leurs intérêts propres,

et sans tenir compte des besoins des

populations locales. Il a notamment cité

le cas de l’île de Vieques qui a été utilisée

comme site d’opérations militaires

pendant des décennies par la Marine

américaine. Il a regretté la mesure prise

par les autorités américaines, faisant

de ces terrains des propriétés permanentes

du Gouvernement américain,

dispensant ainsi les autorités du devoir

de dépolluer les terres souillées par les

manœuvres militaires, et empêchant

de ce fait toute initiative de rétrocession

aux populations locales. Il a demandé

au Comité des Vingt-Quatre de

présenter le cas de Porto Rico devant

l’Assemblée générale, et il a exigé la

libération des prisonniers politiques

portoricains enfermés dans les geôles

américaines.

Mme ALEIDA CENTENO, de

l’Association américaine des juristes,

qui regroupe des juristes de tous les pays

« Depuis 1898, le Gouvernement des États-Unis s’est approprié Porto

Rico, contre la volonté de la grande majorité du peuple portoricain »

Norberto Gonzalez Claudio, est emprisonné dans le centre de détention

américain de Rhode Island Wyatt

d’Amérique latine, a réaffirmé que la

résolution 1514 (1960) de l’Assemblée

générale des Nations Unies constitue la

base juridique de tous les processus de

décolonisation, alors que la résolution

1541 ne présente quant à elle que des

directives. Elle a également affirmé que,

contrairement à ce qui est soutenu par

certains, les États-Unis n’ont jamais

renoncé à changer la Constitution portoricaine

et à changer la culture locale

notamment par les multiples tentatives

d’imposer l’anglais comme langue officielle

à Porto Rico. L’Association

américaine des juristes souligne que

les États-Unis ont également empêché

le développement économique de Porto

Rico par l’exploitation des ressources

nationales de l’ile, ce qui est contraire

aux prérogatives des puissances occupantes.

Le droit à l’autodétermination

du peuple portoricain découle directement

du Pacte des droits civils et politiques

des Nations Unies, qui a été ratifié

par les États-Unis, a souligné Mme

Centeno. Abordant la question du plébiscite

sur les options de libre association

ou de l’annexion pure et simple de Porto

Rico par les États-Unis, elle a affirmé

que seul un mécanisme inscrit dans le

droit international pourra venir à bout

du processus de décolonisation de Porto

Rico et a exigé que cette question soit

inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée

générale des Nations Unies.

Mme JAN SUSLER, du « People’s

Law Office », est revenue sur la

question du référendum à organiser

sur le statut de l’île, qui doit avoir lieu

à Porto Rico en 2012, et sur les différends

que ce référendum soulève,

dans la mesure où le résultat qui pourrait

en sortir ne serait pas contraignant

pour les États-Unis. Les États-Unis, par

le biais de leurs agences fédérales, contrôlent

tous les aspects économiques et

sociaux de la vie des citoyens de Porto

Rico, a-t-elle regretté. Elle a également

dénoncé la situation des prisonniers

politiques portoricains, dont certains

sont détenus depuis plus de 31 ans par

les États-Unis, ce qui contrevient aux

normes des droits de l’homme. Par conséquent,

l’organisation « People’s Law

Office » exige la libération immédiate

de tous les prisonniers politiques, a dit

Mme Susler. M. MANUEL RIVERA, de

l’organisation « Puertorriquennos Unidos

en Accion » (PUA), a noté que des

initiatives entreprises pour éliminer les

velléités indépendantistes des Portoricains

sont en marche. « Il est antipatriotique

et antiportoricain de refuser

à la diaspora le droit de se prononcer

sur l’autodétermination », a-t-il souligné

en faisant référence au référendum

prévu le 6 novembre prochain. «

Il est trompeur de croire que ce scrutin

sera légitime sans la prise en compte

de la diaspora », a-t-il ajouté. Il a par

la suite estimé que les restrictions imposées

contre la participation de la diaspora

décrédibilisent ce processus, et

il a cité des situations similaires dans

d’autres régions du monde qui ont vu

les diasporas participer à des opérations

électorales relatives au processus

d’autodétermination. Si le colonialisme

nous a divisés, le processus de décolonisation

doit nous unir en tant que

peuple, a-t-il conclu.

M. LUIS A. DELGADO RODRI-

GUEZ, de l’organisation « Alianza Pro

Libre Asociación Soberana » a relevé

que le référendum prévu le 6 novembre

prochain représente une occasion

pour les Portoricains de s’affranchir de

la domination américaine. Il a présenté

les deux options qui seront soumises

aux populations au cours de ce scrutin

: l’annexion par les États-Unis ou alors

un État libre souverain portoricain

associé aux États-Unis. Il a souhaité

que les Portoricains puissent choisir la

seconde option, celle de l’État libre associé

et souverain, expliquant ainsi que

le peuple portoricain « souhaite prendre

un chemin qui lui permette de faire partie

du concert des nations du monde ».

Mme MARY ANNE GRADY

FLORES, du Groupe des travailleurs

catholiques d’Ithaca et du Groupe de

soutien à Vieques, qui appuie le droit à

l’autodétermination et à l’indépendance

du peuple portoricain, s’est dite encouragée

par les demandes d’inscription de

la question de la décolonisation de Porto

Rico à l’ordre du jour de l’Assemblée

générale. « Le mécanisme d’action

du Comité de la décolonisation réside

dans son langage », a-t-elle noté, en

indiquant que, par conséquent, elle lui

demande de condamner les crimes de

guerre commis par la Marine américaine

à Porto Rico, ainsi que les autres

actions contraires à l’intérêt du peuple

portoricain menées par les États-Unis.

Abordant plus spécifiquement la situation

de l’île de Vieques, elle a dénoncé

le niveau de pauvreté de la population

locale et la prévalence accrue des

cancers et autres maladies directement

liées aux essais d’armements nucléaires

et radiologiques et autres activités

militaires conduites dans la zone. Elle

a dénoncé le fait que le Gouvernement

fédéral américain refuse toujours

de dédommager la population de l’île.

Par conséquent, elle a invité le Comité

à condamner le manque d’action de

démilitarisation et de décontamination

de Vieques par le Gouvernement fédéral

américain.

M. JERRY SEGARRA, du Parti

nationaliste de Porto Rico, a rappelé

que depuis 114 ans, l’île de Porto

Rico est une colonie des États-Unis

à tous les niveaux. Il a dénoncé les

programmes militaires menés par les

États-Unis à Porto Rico, ainsi que

l’exploitation économique des ressources

portoricaines. Il a également

dénoncé les projets miniers et énergétiques

qui ne tiennent pas compte de

l’intérêt des populations locales. Par ailleurs,

les tentatives répétées de détruire

le secteur agricole portoricain portent

directement atteinte à son autosuffisance

alimentaire, a-t-il relevé. Face

à cette situation, M. Segarra a exigé

que le processus de décolonisation de

Porto Rico soit « arraché des mains de

l’impérialisme américain » pour être inscrit

sur l’agenda d’application du droit

international par les instances compétentes.

M. JUAN DALMAU, du Parti indépendantiste

de Porto Rico, a souhaité

que l’Assemblée générale se saisisse

de la question de la décolonisation

de Porto Rico. Il a ensuite souhaité la

libération des prisonniers politiques

d’origine portoricaine détenus dans les

geôles américaines. Il a estimé que les

indépendantistes portoricains ont pour

mission d’encourager les initiatives

d’indépendance des Portoricains. Ensuite,

il a relevé que sur le plan international,

les indépendantistes portoricains

devraient plaider en faveur de la

décolonisation complète de Porto Rico,

conformément à l’idée du grand projet

d’unité de l’Amérique latine.

M. CARLOS ALBERTO TOR-

RES, de l’organisation « Futuro Sin

Falla », a reçu une ovation nourrie des

autres pétitionnaires pour le sacrifice

qu’il a enduré pour la cause nationale

portoricaine. Il a en effet été emprisonné

durant 30 années, de 1980 à 2010

aux États-Unis, a-t-il rappelé. M. Torres

a remercié le Comité des Vingt-Quatre

qui a plaidé pour sa libération durant

sa période de détention. Il a rappelé que

trois Portoricains, Oscar López Rivera,

Avelino González Claudio et Norberto

González Claudio, restent emprisonnés

dans les geôles américaines du fait de

leurs opinions politiques. Il a ajouté que

depuis 1898, date de l’invasion américaine

de Porto Rico, des milliers de

Portoricains ont été emprisonnés pour

des raisons politiques. Il est revenu

sur le cas d’Oscar López Rivera, son

compagnon de lutte, qui, a-t-il estimé

est « le prisonnier politique portoricain

le plus longuement détenu du fait de

ses idées et croyances ». « J’ai passé la

moitié de ma vie en détention du fait de

mes opinions politiques », a-t-il clamé,

tout en s’insurgeant contre la volonté

des autorités des États-Unis de couvrir

Suite à la page (16)

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 11


Perspectives

Le plus haut tribunal électoral du pays devra trancher

L’élection mexicaine contestée

Par Oscar FORTIN

De toute évidence, les dernières

élections présidentielles au Mexique

posent problème à de nombreux

mexicains, au collectif Yosoy-132

et tout particulièrement au principal

parti de l’opposition, dirigé par Andrés

Manuel Lopez Obrador, également

identifié par ses initiales AMLO. Si le

représentant du Parti révolutionnaire

institutionnel (PRI) n’a pas attendu le

décompte final pour s’autoproclamer

le vainqueur du présent scrutin, ses

adversaires n’ont pas tardé à faire

valoir, avec preuves à l’appui, que

le Mexique venait de vivre une des

élections les plus corrompues de son

histoire et que cette fois ce serait par

la voie légale qu’elle serait remise en

question.

Le collectif YoSoy-132 a mis à jour une entente secrète, liant la principale

chaîne de télévision mexicaine, Televisa, et le Parti révolutionnaire

institutionnel (PRI)

Un bref rappel historique

Le Mexique est un immense pays de

près de 107 millions de personnes,

regorgeant d’immenses réserves pétrolières,

d’un secteur touristique qui

absorbe plus de 50 % de la maind’œuvre

comparativement au secteur

primaire avec 18 % et au secteur

secondaire avec 24 %. Il est l’arrièrecour

de la puissance économique et

politique des États-Unis. En 1848,

après une guerre sanglante, le pays

est envahi par les forces militaires des

États-Unis et un traité est signé visant

la concession d’un immense territoire

au nord du Rio Bravo. « La guerre se

termine par la signature en 1848 du

traité de Guadeloupe Hidalgo par lequel

le Mexique reconnaît le Rio Bravo

comme sa frontière avec le Texas. De

plus, le Mexique cède plus de 40 % de

son territoire aux États-Unis, soit près

de 2 000 000 de km2. Les États de

la Californie, Nouveau-Mexique, Arizona,

Nevada, Utah, la majeure partie

du Colorado et le sud-ouest du Wyoming

représentent les territoires que

les États-Unis ont annexés à la suite

de la guerre américano-mexicaine. En

1857 est promulguée la constitution

qui règle les institutions politiques

mexicaines jusqu’en 1917. »

Tout en étant un pays indépendant,

le Mexique demeure sous le

contrôle d’une oligarchie puissante,

soutenue et encadrée par la présence

impériale des États-Unis, son voisin

du Nord. Dans ce contexte, toute élection

devient une mise en scène où le

peuple ne parvient pas à faire sortir

des urnes le vote qu’il y a placé. C’est

un peu comme si à la beurrerie le lait

centrifugé se transformait en margarine

plutôt qu’en beurre. Le vote du

peuple est transformé par des milliers

d’interventions en un vote oligarchique,

garant des intérêts de ces derniers.

La présente élection, tout comme

celle de 2006, n’y échappe pas.

Les moyens sont plus sophistiqués,

l’hypocrisie et les mensonges, plus

subtils, mais le peuple, lui, a changé.

Il est plus instruit et sa jeunesse, plus

fortement organisée.

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Google et l’Institut fédéral

électoral (IFE)

Le journal la Jornada nous apprend

que Google a mis gratuitement sa

plateforme informatique de diffusion

de l’information électorale au service

de l’Institut Fédéral Électoral. Il est

donc celui qui, le premier, va recevoir

toute l’information que lui transmettra

l’IFE. Si ce n’était que de Google

comme outil de recherche et de diffusion

de l’information, ce ne serait

sans doute pas un problème, mais il y

a plus que Google.

En effet, depuis décembre 2010,

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Andrés Manuel Lopez Obrador, du Mouvement progressiste, réclame un

recomptage complet de tous les bulletins de vote

nous savons que toute une partie de

l’administration générale étasunienne

est passée à l’entreprise Google. «

Les Services d’Administration Générale

(GSA) américains ont annoncé

aujourd’hui leur décision de

faire passer leurs 17 000 employés et

contractuels à la solution Google Apps

for Government. La GSA supervise

les activités du gouvernement fédéral

américain, fournissant des services de

gestion et d’acquisition de biens immobiliers

et bâtiments, et procurant

également une assistance à d’autres

agences fédérales. »

Il y a évidemment des activités

purement administratives, prévues

à l’entente, mais aussi des activités

d’assistance à d’autres agences fédérales.

Dieu sait que ces agences

sont multiples et qu’elles sont présentes

dans à peu près tous les milieux

où les États-Unis ont des intérêts à

protéger et des richesses à conquérir.

Dans le cas du Mexique et tout particulièrement

dans la conjoncture

de l’Amérique latine où les peuples

s’éveillent et se mobilisent pour reconquérir

leur indépendance et leur

souveraineté, les États-Unis et les

oligarchies nationales ne peuvent se

permettre de perdre le contrôle de la

gouvernance du pays. Cette dernière

éventualité est d’autant plus réelle

que le candidat AMLO et la coalition

qu’il dirige ont le vent dans les voiles.

Dans un excellent article sur

les élections mexicaines 2012, nous

apprenons entre autres, « que pour

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cette élection du 1er juillet plus de 3

500 000 jeunes entre 18 et 19 ans

voteront pour la première fois à une

élection présidentielle. Plus de la

moitié des citoyens ayant droit de

vote le 1er juillet ont entre 18 et 39

ans, représentant plus de 43 millions

de personnes sur un total de 79 500

000 d’électeurs inscrits, soit 55 % de

la population votante. »

Une population jeune, plus instruite

et, ces derniers temps, beaucoup

plus mobilisée. Le collectif «

YoSoy 132 », première grande expression

du printemps mexicain, a de quoi

interpeller et faire craindre les oligarchies

et l’empire.

Il ne fait aucun doute que tous

les moyens ont été pris par les oligarchies

et les États-Unis pour contrer

une victoire possible de la coalition

de gauche sous la direction d’AMLO.

Google fait partie, à n’en pas douter

de cet arsenal.

Quelques unes des plaintes

Le collectif YoSoy-132 a mis à jour

une entente secrète, liant la principale

chaîne de télévision mexicaine,

Televisa, et le Parti révolutionnaire

institutionnel (PRI). Televisa mettrait

l’emphase sur le candidat du PRI et

lui accorderait beaucoup de temps

d’antenne alors qu’elle se ferait plutôt

critique du candidat Obrador tout en

évitant de le mettre positivement en

évidence.

À cette première dénonciation

s’ajoutent celles recueillies tout au

long du scrutin. D’abord ce scandale,

mis à jour par le journal la Jornada,

de cartes prépayées qui étaient remises

à des électeurs et électrices en

échange de leur vote pour le candidat

du PRI. Selon certaines évaluations,

ce seraient des millions de votes qui

auraient été ainsi achetés.

Il y a également toute cette

documentation accumulée tout au

long de la journée électorale. AMLO,

les partis qui l’accompagnent ainsi

que la grande majorité des mouvements

sociaux disposent actuellement

d’une documentation qui prouve

l’irrégularité du suffrage dans plus

de 113 855 boîtes de scrutin sur les

143 132 qui existent. De quoi amener

l’Institut fédéral électoral à assumer

ses responsabilités constitutionnelles

et à s’assurer que le vote émis par le

citoyen et la citoyenne fut un vote libre

qui se retrouve inscrit au bon endroit

au terme du processus électoral.

Le recomptage à lui seul ne

saurait suffire

L’article 295 du Code Fédéral des

Institutions et des Procédures

Électorales (COFIPE) DIT CECI :

Suite à la page (14)

12

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012


Suite de la page (4)

supervise ce projet : une agence ou un

individu ».

Mme. Phelps ignore également

l’identité exacte de l’instance étatique

qui a donné son approbation au projet.

Conseillère [sur la question de

logements] pour la CIRH quand elle

existait encore, Mme. Phelps a confié

n’avoir jamais vu aucune proposition

de projet dans une zone qu’elle estime

« contestable ».

Il y a d’autres éléments qui sont

tout aussi contestables, a fait savoir

Mme. Phelps, y compris le fait qu’elle

n’a jamais vu le plan ou aucun budget…

rien de plus que quelques dessins

d’artiste. Elle se dit aussi préoccupée

par la question de la supervision.

« Normalement, une deuxième

firme – indépendante bien sûr –

devrait superviser la firme exécutante

du projet en vue d’assurer que toutes

les dépenses sont correctes et que le

budget est respecté », a-t-elle souligné

tout en ajoutant que « tel n’est pas le

cas pour Morne à cabri ».

M. Adam reconnaît qu’au

niveau de la supervision, son institution

ne dispose pas de grands pouvoirs,

mais « nous suivons le projet »,

a-t-il admis.

Un ingénieur de la firme Rofi,

Maximo Mercedes, a expliqué que

c’est le MPCE qui assure la supervision.

Cependant, après plus de trois

(3) visites sur le site, aucune présence

de représentants de l’Etat Haïtien n’a

été remarquée.

Des Ministres mystérieux

Pas une seule personne, actuelle ou

passée, du Ministère de la Planification,

n’est disposée à parler aux journalistes.

Malgré une lettre délivrée de

la main à la main, malgré plusieurs

visites sur place, des courriers électroniques

et plus d’une dizaine d’appels

sont restés sans suite.

L’ancien Ministre de la Planification,

Hervé Day, dont le nom figure

sur des listes en tant que membre

du comité d’évaluation des contrats,

a refusé de parler, prétextant qu’il

n’est plus du gouvernement : « Vous

m’avez contacté 24 heures trop tard.

»

L’actuelle ministre Josépha

Raymond Gauthier, n’a pas fait différemment.

Sa secrétaire répondait

invariablement que la Ministre n’était

pas dans le pays tout en faisant de

nombreuses promesses d’appeler les

journalistes en vue d’arranger un rendez-vous

dans le futur ; mais ça n’a

jamais eu lieu. Alors, qu’une équipe

de la télévision française a obtenu une

interview après un simple coup de fil.

Dr. Conille, l’ancien premier

ministre qui a sollicité l’audit,

a tergiversé, disant : « Attendons

l’installation du nouveau gouvernement

». Mais de nombreux appels

pour le rejoindre après que Lamothe

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fut installé ont été futiles.

D’un autre coté, M. Bellerive,

a répondu positivement au moins

deux (2) fois aux courriers avant de

s’évaporer dans la nature.

Une Cour sans courtoisie et un

EPPLS ignorant

La Cour Supérieure des Comptes et du

Contentieux Administratif (CSCCA)

est supposée prodiguer des conseils

sur tous les contrats, accords et conventions

que signe le gouvernement.

Cependant, lors de deux visites, un

journaliste a été éconduit. «Vous

n’avez pas le doit à cette information.

Qui êtes-vous pour me demander

des informations sur les contrats?

Une institution étatique? Une firme?

», furent les réponses parmi d’autres

propos rudes et hostiles.

Toutefois, au moins un officiel

avait accepté de parler. Mais tout

comme l’autre agence étatique liée à

la question du logement, le directeur

de l’Entreprise Publique de Promotion

de Logements Sociaux (EPPLS) a dit

que son agence n’était pas en charge

du projet. « J’ai entendu des gens parler

de l’exécution d’un grand projet de

logements, mais jusqu’ à présent je

suis dans l’ignorance de tout », a confié

M. Elonge Othélot, directeur général

de l’EPPLS dans une interview

au début du mois de juin. « Je ne sais

vraiment rien. Je me prépare à visiter

la zone la semaine prochaine ».

Des logements pour les déplacés,

ou les ouvriers ?

A mesure que les nouveaux logements

sont construits, le nouveau

gouvernement travaille à mettre sur

pied une nouvelle politique de logements.

Le sujet et un document provisoire

actuellement en circulation,

seront l’objet d’un colloque de deux

jours les 24 et 25 juillet prochains.

Selon les propos de Mme.

Phelps, le projet de Morne à cabri

est en désaccord avec cette nouvelle

politique. « Le gouvernement travaille

assidûment pour élaborer cette

politique de logements», a-t-elle dit. «

Cependant, ce qui s’est produit, c’est

que… ils avaient sur les bras un projet

[Morne à cabri], qui de plusieurs

façons, n’est pas conforme avec cette

nouvelle politique », a expliqué Mme.

Phelps. « Le plus grand défi consiste

en l’adaptation du projet à cette nouvelle

politique de logements ».

Peut-être que l'objectif final

n'était pas un projet de logements

publics? En effet, même si le projet

de Morne à Cabri n’est pas compatible

avec la politique de logements

nouvellement conçue, en revanche,

il s’intègre fort bien à une autre politique

: celle d’« Haïti ouverte aux affaires

» ou « Haïti open for business ».

Le projet de construction de

logements sociaux de Morne à cabri,

est proche d’une zone que les autorités

nationales et internationales ont

choisie pour la construction d’une

gigantesque zone industrielle qui inclura

usines et développements urbains.

En plus, un nouveau document

du bureau du Premier Ministre de 46

pages intitulé « Projets prioritaires –

Financé par Petro caribe et allègement

de la dette (FMI) » et posté sur internet

le 2 juillet 2012, note que le « Parc

industriel de Morne à Cabri » est une

des « priorités » du gouvernement.

Un projet conçu bien avant le

tremblement de terre

Le nouveau projet de logements

et l’éventuel parc industriel

sont également à quelques pas d'un

autre projet de développement, celuici

clairement privé.

Depuis au moins 2009, une

compagnie haïtienne nommée

NABATEC – un partenariat entre

deux autres compagnies, NABASA

et TECINA – ne cesse de promouvoir

« Haïti Habitat 2004 », aujourd’hui

appelé « Haïti Habitat 2020 ». Le

projet est ce que le gouvernement et

la Banque mondiale appellent une «

Zone économique intégrée » qui comportera

une zone de libre échange,

un parc industriel, un développement

urbain avec différents niveaux de

logement (ouvriers, professionnels) et

des installations touristiques. Cartes

et documents indiquent que ce projet

sera situé à l‘ouest du nouveau projet

de Morne à Cabri.

Un rapport de la Banque mondiale

daté de 2011 [disponible ici

par téléchargement] a révélé que

NABATEC est propriétaire de 1 000

hectares (environ 2,500 acres) dans

la région. Selon le même document, la

Zone économique intégrée ou ZEI de

Corail est la zone la plus prometteuse

des 20 sites considérés par la Société

Financière Internationale (SFI) de

la Banque Mondiale. « Le projet Corail,

communément appelé le projet

NABATEC après son développeur,

Nabatec S.A. est la meilleure application

du concept ZEI parmi tous les

projets proposés en Haïti ces jours-ci

», dit le rapport.

Le président de NABATEC, Gérard-Emile

« Aby » Brun, a confirmé

que la firme est propriétaire de 1 000

hectares, mais en ce qui le concerne

le projet, s’est essentiellement « effondré

» à cause de l'invasion de quelque

60.000 squatters dans la région après

que le gouvernement de René Préval

eut déclaré la terre « d'utilité publique

». Le nouveau centre de traitement

des excréments « dans le milieu de

la zone industrielle et touristique » a

également balancé ses plans des entreprises,

d’après Brun. « J'espère que

nous pouvons toujours sauver une

partie de celui-ci », déclare le développeur.

« Mais je vais avoir du mal

28 Jiyè 1915-28 Jiyè 2012

Nan okazyon 97èm anivèsè premye okipasyon peyi Dayiti 28 jiyè 1915, Konbit Ayisyen

pou Kore Lakay (KAKOLA) ak International Support Haiti Network (ISHN) ap envite tout

moun ki enterese sèvi Ayiti nan yon fowòm sou konsekans pèdi souverènte genyen. N ap

fè fowòm lan, dimanch 22 jiyè 2012 apati 6 è nan lapremidi, nan lokal Ayiti Libète a.

Nou pral reflechi ansanm sou:

• Objektif okipasyon 2004 la, e nan ki pwen li ye kounye a

• Kisa patriyòt Ayisyen yo dwe fè pou Ayiti vin LibeLibè ankò?

Vin fè tande vwa nou anfoul!

Dimanch 22 jiyè 2012, 6 zè p.m.

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à convaincre mes investisseurs de

revenir ».

Brun – qui a admis que

NABATEC est propriétaire du terrain

où est situé le camp de Corail-Cesselesse,

que lui-même et et NABATEC

avaient espéré voir se développer

en projet de logements – a dit que la

compagnie ne possède pas la terre

dans le cadre du projet de Morne à

Cabri, et qu’il n'était pas au courant

des plans pour un autre parc industriel.

« Je n'ai pas entendu parler d'un

parc industriel dans Morne à Cabri, et

je n'ai vu aucun plan d’ensemble », a

déclaré Brun dans une interview téléphonique.

Le nouveau projet de logement

– construit avec des fonds de Petro

Caribe– fait-il partie d'un vaste plan

visant à transformer la région entière

en une zone industrielle? Y aurait-il

une connexion entre ce plan et le «

projet Corail » ?

Quoi qu'il en soit, il semble

que le choix du site n’est pas aussi

« contestable », que Mme. Phelps se

l’imagine.

Dernièrement, le Premier ministre

Lamothe a expliqué au public que

les victimes du tremblement de terre,

y compris celles venant du Fort National

seraient déplacées en direction

du projet de Morne à Cabri. Vraiment

?

A la fin d'une enquête de deux

mois, les journalistes ont beaucoup

appris, mais des mystères subsistent,

et il y a même plus de questions

qu’avant le commencement de

l’investigation :

Est-ce que des familles urbaines

pauvres du Fort National seront

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Tous les dimanches de 2 h à 4 h p.m.

Deux heures d’information et d’analyse

politiques animées par des journalistes

chevronnés haïtiens à la pointe de

l’actualité tels:

Jean Elie Th. Pierre-Louis, Guy Dorvil,

Dorsainvil Bewit, Claudy Jean-Jacques,

Jean Laurent Nelson, et pour Haïti

Liberté, Kim Ives.

En direct avec Bénédict Gilot depuis Haïti.

Soyez à l’écoute sur Radyo Panou &

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yeyeboul@yahoo.com

transportées dans une zone quasi

désertique ?

Qui est le propriétaire du terrain

et quelle quantité d’argent a t-il reçue

?

Quel est le budget du projet ?

Qui supervise le projet?

Dans un pays avec tant de

chômage, pourquoi n’a-t-on n'a pas

demandé à Rofi d'embaucher des travailleurs

haïtiens résidant en Haïti ?

Qui sont les élus qui ont approuvé

l'utilisation des fonds publics pour

des projets qui semblent davantage

destinés à bénéficier des investisseurs

privés à la recherche des salaires les

plus bas dans l'hémisphère?

* Ce fonds est le résultat d’un

accord permettant à l’Etat haïtien

d’acquérir des produits pétroliers du

Venezuela, pour être par la suite revendus

aux compagnies locales. Un

pourcentage des recettes représente

un prêt devant être remboursé sur 25

ans avec un taux d’intérêt annuel de

1 %. Le gouvernement utilise l’argent

pour financer des projets de développement.

Ayiti Kale Je est un partenariat

établi entre AlterPresse, la Société

pour l’Animation de la Communication

Sociale (SAKS), le Réseau des

Femmes Animatrices des Radios

Communautaires Haïtiennes (RE-

FRAKA), les radios communautaires

et des étudiants de la Faculté des Sciences

Humaines/Université d'Etat

d’Haïti.

Ce texte est réalisé avec le support

du Fonds pour le journalisme

d’investigation en Haïti

Variété & Vibrations

Radio Show

Avec Yéyé Boul

Monday-Friday, 3-6 p.m.

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Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 13


Suite de la page (12) Suite de la page (6)

« Le conseiller du district devra

réviser de nouveau le scrutin et sa

compilation chaque fois qu’il existe

des erreurs et des inconsistances évidentes

de faits qui peuvent être corrigés

ou clarifiés à la lumière d’autres

éléments à la satisfaction entière de

celui qui l’aura demandé, ou quand

le nombre de votes nuls devient supérieur

ou quand tous les votes sont

déposés en faveur d’un même candidat.

»

Dans le cas présent, le recompte,

à lui seul, ne saurait suffire.

Comment, en effet, distinguer dans

les boites de scrutin les votes achetés

de ceux qui ne l’ont pas été ? Comment

évaluer les votes qui sont allés

au candidat Pena Nieto en raison

de la couverture, à sens unique, de

certains grands médias ? Comment

reconnaître les votes directement

conditionnés par le dépassement

des sommes autorisées pour la campagne

électorale ? Ces éléments de

preuve doivent se faire sur d’autres

références que celles des votes dans

les urnes. C’est l’objet de la requête

au plus haut tribunal électoral du

pays.

Cette requête devrait, normalement

réjouir tous les vrais démocrates

qui accordent au peuple le pouvoir de

choisir librement et sans contrainte

ses élus. Quoi de plus normal que

son vote soit libre et respecté. C’est

ce que réclame AMLO. S’il y a eu des

erreurs, qu’elles soient corrigées et si

les dommages sont tels que la volonté

du peuple ne s’y retrouve plus,

qu’il y ait un nouveau scrutin.

Un premier recomptage sans

surprise

Le président de l’IFE a ordonné, mercredi

le 4 juillet, le recomptage de

54.4 % des votes pour l’élection présidentielle.

Par contre, l’éditorialiste

de la Jornada de ce même jour et Andrés

Manuel Lopez Obrador, du Mouvement

progressiste, réclament, pour

leur part, un recomptage complet de

tous les bulletins de vote.

Il faut dire que, selon l’IFE,

le recompte tel qu’il se déroule

présentement porte sur les informations

de compilation des votes,

réalisée par les fonctionnaires des

300 districts électoraux. Il ne s’agit

donc pas de reprendre le recompte de

chaque vote présent dans les boites

de scrutin, mais de revoir les fiches

transmettant les résultats de ce décompte

tel qu’effectué par les fonctionnaires

d’alors.

À cette première étape des vérifications

il est normal que les fiches

produites par les conseillers soient

à peu près les mêmes que celles

transmises par les autorités de l’IFE.

Cette procédure explique que ce recomptage

a pu s’effectuer en l’espace

de deux jours et que le résultat rejoint,

pour l’essentiel, les données officielles.

Ce type de recomptage n’est

pas de nature à révéler de grandes

irrégularités et les autorités du PRI

le savent très bien. Elles n’ont pas

d’objection à poursuivre ce type de

recomptage pour l’ensemble des

boites de scrutin. À ce niveau, tout

a été prévu.

Le décompte officiel des voix,

selon l'IFE, est la comparaison, dans

chacune des 300 circonscriptions du

pays, les dossiers remplis avec les résultats

des responsables du scrutin.

Conscients de l’inefficacité de

ce décompte, les partis politiques

de la coalition de gauche (PRD, PT

et Mouvement citoyen) n’ont pas

attendu les résultats de ce premier

recomptage pour décider d’aller plus

à fond dans leur démarche et de

présenter, dans les jours qui viennent,

une requête officielle à la Salle

supérieure du Tribunal électoral suprême

du pays. La coalition ne peut

accepter une élection, de toute évidence

inéquitable, et il reviendra au

tribunal d’en annoncer l’annulation.

Ce sera par la voie légale que la

preuve sera faite, entre autres, de

millions de votes achetés par la remise

de cartes prépayées, du rôle

joué par certains médias, tel Televisa,

en faveur d’un seul parti politique

et du dépassement important par le

PRIS des montants autorisés pour

l’élection.

Rôle des observateurs

internationaux

Il est curieux de constater que les

centaines d’observateurs internationaux,

présents sur les lieux, le jour du

vote, n’aient rien observé d’anormal.

Ils se font plus que silencieux. La Jornada

rapporte que le 30 juin, la veille

des élections, plus de 160 de ces

observateurs ont été reçus, pendant

près de deux heures, par le candidat

du PRI. Même la délégation de l’OEA

n’avait rien de spécial à dire, elle qui

se fait habituellement si active en pareille

circonstance.

Il faut croire que nous n’en

sommes qu’à un début d’un processus

où les principaux dirigeants de

l’IFE se révèleront bons joueurs pour

procéder au recomptage de tous les

votes, question de faire oublier, entre

autres, la fraude de l’achat des votes

comptabilisés comme votes en faveur

de Pena Nieto ainsi que tous les

moyens utilisés pour que les votes

dans les boites de scrutin donnent invariablement

Pena Nieto vainqueur

de la présente élection. Obrador et

ceux qui le suivent seront qualifiés

de mauvais perdants.

La suite de cet affrontement juridique

portera sur ce qui s’est passé

en amont et en aval du vote émis

dans la boite à scrutin. Nous n’en

sommes plus au simple recomptage

des votes.

Oscar Fortin

Québec, le 4 juillet 2012

dlo nan bouch yo. Je wè, bouch pe.

Koton nan zòrèy pou yo pa tande.

Mache sou 1 pou w pa pile 2. Malgre

tout bagay sa yo, moun ki pou

pale, toujou ap pale.

Kanaval prentan, kanaval

dèflè, tout pote non kanaval. Men

definisyon Lawous bay sou zafè

kanaval la. Se yon tan ki destine

pou plezi, ki kòmanse depi Lèwa

pou l fini jiska mèkredi lèsann. Gen

lòt definisyon ki bay tou, kòmkwa

se fèt yon dye (Bacchus), se dye

kleren (diven) women yo nan epòk

lontan. Se fèt kote moun pa wè

moun. Moun pa bezwen wè moun.

Se fèt kote tout kou pèmi, menm

kou anba lonbrit. Fèt lachè, sitou

lachè ki gra... Kanaval lakay nou

sitou, se fèt apre 9 mwa timoun san

papa. Timoun pou kèk moso poul

griye sou channmas. Nou pap rete

la sèlman, an nou wè yon ti peyi

pòv tankou Ayiti sa zafè 2 kanaval

nan yon sèl ane vin chèche ladan

l ?

Pòtoprens basyon kanaval,

ane sa a, te pèdi bèl li pou premye

fwa nan zafè kanaval. Se te 3zyèm

vil peyi a ki te fout li yon ipèkit li te

mete l K.O. Malgre tout fatra, tout

zo mò ki poko siti anba dekonm ;

Pòtoprens te pete rèl. Pòtoprens te

menm kriye : Trayizon ! Trayizon !.

Madan kolo te tire pye. Men Mateli

te di chèf se chèf, menm lè li an kalson.

Vle ou pa vle, kanaval la ap

fete Okay. Tout moun nan gran Sid

la te bat bravo ! Pou kisa ? Paske

alesepsyon Sidès, tout lòt depatman

nan Gran Sid la toujou trete

an paran pòv. « Vè lesid, vè lesid,

prezidan an di ». Pou kisa sa ta fèt ?

Eske se pou pat fè bri nan tèt mò ki

anba dekonm yo ? Eske se pa amou

pou moun ki te anba tant sou channmas

yo ? Nou kapab di non. Kanaval

la pat fèt nan Pòtoprens paske

prezidan an te vle rekonpanse Okay

Difon pou bon travay li te fè pou li.

Travay ki fè jodi a yo konsidere l

kòm premye sitwayen Ayiti. Moun

ki swe pou ou se

pou li ou fèt pou

chanje chemiz. A

papa ! misye pa di

tankou zòt non :

sonje sa moun te

konn fè pou ou se

yon lachte. Anpil

moun di sitou

moun Okay, sa te

pote yon ti diplis

nan zafè lajan

pou vil la. Men

sa pa anpeche

gen kèk plenyen

tou kòmkwa yo t

ap tann plis nan

men prezidan an.

Kèk pwopo konn

lanse tou tankou

bourik travay pou

milèt garyonnen.

Milat opouvwa

oubyen gouvènman

ti zanmi. Ti

zanmi prezidan,

ti zanmi madan

prezidan elt.

Kanaval

prentan, kanaval

dèflè, jan yo te

konn rele yo nan

epòk papa Dòk

la, se pat kanaval

konsa konsa, yo

te gen bi yo :

1- Fè pèp

la bliye mizè l

pou kèlke jou

2- 2- Fè

mesaj diktatè l

pase nan tout

radyo ki anbazòd

li, tout jounal ak

tout dyaz nan

epòk la.

Nan yon

kanaval prentan

ki te frape bab

pou bab ak anivèsè

Papa Dòk,

Fantezis Jeremi

menmjan ak tout

lòd dyaz epòk la

te oblije koube lè

li te fè yon mereng mwen sonje 2 a

3 pawòl ladan l. Tout mizisyen te

oblije flate papa Dòk :

« Kanaval prentan avèk Ti

Fanfan

N ap fete Franswa Divalye

14 avril pou nou mesye, se

yon dat komemorasyon

Lan 10 delarevolisyon, n ap

fete Franswa Divalye »

Kanaval se moman rejuisans

nou tout konnen an. Pèp ap danse,

ap chante, ap rele viv prezidan entè

l, sitou lè tafya mele. Si mesaj Divalye

te konn pase nan epòk kanaval

sa yo, pou prezidan Avril se te

yon lòt bagay. Apre yon bèl kanaval

sou Avril, pèp te kontan, te chante.

Jedi apre lesann, grèv te pete nan

dengonn jeneral la. Non sèlman li

te libere prezonye latousen yo, li te

kouri kite palè a. Si kanaval prentan

ak kanaval dèflè a se te pou fè pèp

bliye mizè ak fè diktatè a montre

kisa l te peze ?. Gen yon lòt bagay

Divalye te vle fè soti tou, montre

mwa l fèt la, mwa Avril, se te yon

gwo mwa e mwa jiyè tou paske se

nan mwa sa a pitit gason la te fèt,

se nan menm mwa sa yo tou makout

la te kreye. Kanaval prentan

ak dèflè se te plis pwopagann pou

Dòk la.

2 janvye anvan Divalye mouri

nan mesaj li te delivre bay pèp la,

li te pale yo te yon moun ki te pou

ranplase l. Li te pale yo sou lajenès.

Men pat gen moun ki te konprann.

Pèp la vin konprann, lè lari Pòtoprens

te fin bade ak yon bann foto

kote moun kapab wè Franswa poze

men l sou do bebi Dòk. Men sa ki

te ekri anba foto sa yo : « Menmjan

lidè nou te pwomèt nou, nan mesaj

2 janvye a, wòl li se pou l kontinye

zèv yo pou tout tan gentan ».

Si kanaval fevriye yo te konn

patwone nan vil Pòtoprens pa kèk

gwo mezon komès oubyen kèk

gwo enstitisyon leta tankou Mezon

Dadeski, Estèpovè, EDH, Teleko,

kanaval prentan ou dèflè a te gen

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yon sèl patwon : Papa Dòk. Se li ki

te konn bay tèm kanaval yo. Se li ki

te konn rekonpanse meyè bann nan

sitou sak fè elòj li pi byen an. Nan

ane 70 se te yon dyaz 1e Site ki te

rele Anbasadè ki te pran lamayòl la.

Meyè pawòl, meyè mizik :

« Divalye panse lavi, li panse

lanmò

Lè l chwazi Jan Klod kòm siksesè

li

Se yon jès pèp la dwe apresye

.... »

Nan lane 86, Bebi Dòk vòlè

gagè. Tout bagay fini. Adye kanaval

prentan, adye kanaval dèflè. 26zan

apre, mistè Mateli di : « Menmman,

parèyman ». Dapre sa minis kilti a

di kanaval sa a, se pou atire touris.

Ki touris minis nan vle pale a ?

Nou pa bezwen bay tèt nou manti.

Depi plis pase 20 lane, plis touris

ki frekante Ayiti, se noumenm k ap

viv nan dyaspora a. Randevou chak

gran vakans. Fèt chanpèt nan tout

kwen ak rekwen peyi Ayiti. Pou reprann

Marcus nan youn nan editoryal

li yo, lè yon moun wè avyon yo

blende ak blan je vèt, moun sa yo

se pa touris yo ye. Se ti mesye ONG

yo ak kèk lòt ki an misyon nan zafè

pwotestan yo. Kanaval pou demaraj

touris y ap pale a ki pwofi leta ap

tire ladan l. Anyen, anyen, anyen.

Sepandan, gen bri k ap kouri leta

gentan dispoze 600 milyon pyas

pou kanaval sa a. Touris, kanaval

pou atire touris. Yon peyi san enfrastrikti

tankou lakay, ki zafè touris

nèg ki nan pouvwa a ap pale la. Nou

analfabèt men nou pa bèt pou sa.

Mwa jiyè gwo mwa, mwa dekontinuite

pou prezidan an. Kanaval dèflè

se retounen tankou fransè a di

vè ansyen amou.

Fòk yo pa bliye bay bouyon

ak tafya gratis ticheri tou, san sa

kanaval la ap manke sèl paske papa

Dòk te konn fè l.

Jean S. Pompée

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14

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012


Suite de la page (9)

related to the bidders on three reconstruction

projects – Fort National, Bowenfield

and the Parliament – mentions a bid

much higher than the US$44 mentioned

by Lamothe. According to this page –

whose authenticity has not been verified,

but which is accepted by many journalists

and others as being trustworthy – the Fort

National housing project would be executed

by a Dominican Republic firm called

Constructadora Rofi S.A. for the sum of

US$174,308,897. The Miami Herald has

also used the US$174 million figure.

According to the same document,

engineer Jude Hervé Day – who later became

Minister of Planning for the government

of Dr. Garry Conille in 2011 – was

a member of the three-person evaluation

committee that selected Rofi S.A. for the

project. (By refusing to grant Haiti Grassroots

Watch an interview, Day did not allow

journalists to confirm the authenticity

of the document or the signature – his?

– at the bottom of the page.)

Signed on Nov. 3, 2010, the document

indicates that the other two contracts

were given to two other Dominican

companies: Constructadora Hadom and

Construcciones y Diseños.

Both Rofi and Hadom are owned

by or are under the control of Dominican

Senator Félix Ramon Bautista, according

to Le Monde journalist Jean Michel Caroit.

Suspicions and accusations

The Fort National project and the two

others are among the six contracts denounced

in the “Preliminary Report” of an

audit requested by former Prime Minister

Conille, in March 2012. Conille asked for

the audit of 41 contacts allegedly signed

without any bidding process during the

government of President René Préval and

Prime Minister Jean Max Bellerive. At that

time, an “Emergency Law” allowed contracts

to be signed with no bid. (Although

the “Preliminary Report” has never been

authenticated, many journalists and media

accept it as true.)

According to the document, the

participation of Bautista’s three companies

in a “restrained bidding” process for

six contracts meant that “the principle of

true competition was not respected and

it is entirely possible that the three firms

made a deal amongst themselves.”

“The signature of those contracts

is not only harmful to the interests of the

State, but it was also done in an irregular

manner,” the report adds.

(It is widely believed that the audit

– and the contradictions surrounding it

– are among the reasons Conille resigned

on Feb. 24, 2012.)

A Dominican investigative journalist

also looked into the contracts. In one

of her “Nuria-Investigación Periodistica”

television programs on Mar. 31, 2012,

Nuria Piera alleged that Haitian President

Joseph Michel Martelly received – directly

or indirectly – almost US$2.6 million from

Senator Bautista in exchange for lucrative

contracts for his companies.

Today, the audit is complete. Although

the results are not public, on Jun.

21, 2012, while announcing that his

government had received the definitive

report, Lamothe revealed a few details.

According to a news release from the

prime minister’s office: “The audit commission

created by the previous government

has recommended to unilaterally

annul all of the contracts for which no

money has been spent.”

And for the contracts that are already

being executed? The prime minister’s

office they will be subject to an “analysis.”

Also, it said, according to the Cour

supérieure des comptes et du contentieux

administratifs (CSCCA or Supreme Court

of Accounts and of Administrative Litigations))

– which, among other tasks, looks

at and approves all contacts – “the contracts

were awarded in a completely legal

manner according to the Emergency

Law.”

But legal does not mean unquestionable.

A document obtained by Haiti

Grassroots Watch shows that one of Bautista’s

companies – Hadom – was hoping

for at least 11 contracts worth almost

$350 million. How many contracts did

the three companies win altogether?

“In a single day, Nov. 8, 2010, Jean

Max Bellerive, the predecessor of Conille,

gave eight construction contracts, for a

total of US$385 million, to three companies

belonging to Dominican Senator Félix

Bautista,” Caroit wrote in Le Matin on

April 9, 2012.

Bellerive has rejected the accusation.

Silence, or almost, on the Morne à

Cabri project

By all counts, the Morne à Cabri housing

project is moving forward. However, will

the contract be analyzed and revised, as

the audit has recommended?

The list of authorities and entities

refusing to speak – or at least, to speak

about the contract – is long.

Harry Adam, director of the new

Unité de Construction de Logements et de

Bâtiments Publics (UCLBP – Unit for the

Construction of Housing and Public Buildings),

refused to discuss the project’s contract,

but had no problem chatting about

the project itself.

“We are taking over the project,”

Adam explained. “The [UCLBP] is just

looking after a contract that was signed

by the Préval-Bellerive administration.”

However, his office doesn’t even

have a plan for the project, Adam admitted,

and he suggested journalists visit the

Ministry of Planning and External Cooperation

(MPCE in French), for more information

on the plans and the contract.

Urban and post-disaster housing

expert Priscilla Phelps, a consultant to the

UCLBP, spoke of the absurdity.

“It’s ironic that the largest housing

project in the country is not under the

control of the UCLBP,” she said, noting

that “it’s not even clear what agency or

human being is supervising the development.”

Phelps also said she did not know

which state agency approved the project.

An advisor to the IHRC when it existed,

she said she had never seen any proposal

for a project in what she calls a “questionable”

location. There are other questionable

factors, Phelps noted, including the

fact that she has never seen the plan or

any budget… nothing more than some

artist’s drawings. She is also worried

about the supervision issue.

“Normally, a second firm – independent

of the first, of course – would

supervise the executing firm in order to

assure all the expenses are justified and

that the budget is respected,” she said,

adding that, “that’s not the case for Morne

à Cabri.”

Adam recognizes that the UCLBP

doesn’t have much power to supervise

the project, but, he said, “we are following

the project.”

An engineer from the Rofi company,

Maximo Mercedes, said the MPCE

was supervising the project. However,

during three visits to the site, journalists

never saw any representative of the Haitian

government.

Mysterious ministries

Not one person from the Planning Ministry

(MPCE), past or present, was available

to speak with journalists despite a handdelivered

letter, numerous visits, emails,

and over a dozen telephone calls.

The former Planning Minister,

Hervé Day, whose name is listed as being

a member of the committee that evaluated

the contracts, refused to speak, on the

pretext that he was no longer a member

of the government. “You had reached me

24 hours too late,” he said.

The response from the current

Planning Minister, Josépha Raymond

Gauthier, was the same. Her secretary

said repeatedly that the minister was out

of the country, but made many promises

to call journalists to set up an appointment

in the future. That never happened.

But when a French film crew called, they

got an interview the next day.

Dr. Conille, the former prime minister

who requested the audit, prevaricated,

saying “let’s wait for the installation of a

new prime minister,” but numerous attempts

to reach him after Lamothe took

office were futile. His predecessor, Bellerive,

promised interviews twice before

he disappeared.

An uncourteous court and an

ignorant EPPLS

The Supreme Court of Accounts and of

Administrative Litigations (CSCCA) is

supposed to give advice on all the contracts,

accords, and convention that the

government signs. But on two visits, a

journalist was rebuked.

“You don’t have the right to that

information. Who are you to ask me

about the contracts? A state agency? A

company?” were among the rude and

hostile responses.

But at least one state official did

agreed to speak. But just like the other

state agency linked to the housing issue

(the UCLBP), the director of the Entreprise

Publique de Promotion de Logements

Sociaux (EPPLS or Public Enterprise

for the Promotion of Social Housing)

said his agency is not in charge of the

project.

“I heard people talking about a big

housing project, but so far I am completely

ignorant about it,” EPPLS director Elonge

Othélot confided during an interview in

June. “I really don’t know anything. I am

planning to visit there next week.”

Housing for the displaced, or for

workers?

At the same moment that the 3,000

homes are being built, the government is

in the process of putting together a new

housing policy. The subject, and a draft

document currently in circulation will be

the subject of a two-day colloquium on

Jul. 24 and 25.

According to Phelps, the Morne

à Cabri project does not fit with the new

policy.

“The government is working very

hard to come up with this housing policy,”

she said. “However, what happened

is that… they were left with a project that

in many ways doesn’t conform to the

new policy.”

Maybe the objective was not public

housing?

While the Morne à Cabri project

might not fit the new housing policy, it

does fit very well with another policy:

Haiti is open for business,” the Martelly

government’s clarion call.

The Morne à Cabri housing project

is very near an area that national and

international officials have chosen for

the construction of a mega-development

that includes factories and urban developments.

In addition, a new document from

the prime minister’s office entitled “Priority

projects – Financed by Petro Caribe

and debt relief (IMF)” says the “Morne à

Cabri industrial park” is one of the government’s

“priorities.”

Project planned well before the

earthquake

The new housing project and eventual

industrial park are also just steps from

another proposed development, this one

definitely private.

Since at least 2009, a Haitian company

called NABATEC – a partnership

between two other companies, NABASA

and TECINA – has been promoting what

was once called “Haiti Habitat 2004” and

is now known as “Haiti Habitat 2020”.

The project is what the government and

the World Bank call an “Integrated Economic

Zone” that would have a free trade

zone component, an industrial park, an

urban development with various levels of

housing (factory workers, professionals),

and urban development and tourism installations.

Maps and documents indicate

that it is located just to the west of the

Morne à Cabri housing project.

A 2011 report from the World

Bank says that NABATEC owns 1,000

hectares (about 2,500 acres) and that

the “Integrated Economic Zone” or IEZ

of Corail is the most promising of 20 sites

ranked by the its International Finance

Corporation (IFC).

“The Corail project, commonly

known as the NABATEC project after its

developer, NABATEC S.A., is the clearest

application of the IEZ concept among any

proposed project in Haiti today,” the report

notes.

NABATEC’s president, Gérard-

Emile “Aby” Brun, said that his company

does own 1,000 hectares, but as far as he

is concerned, their project has essentially

“fallen apart” because of the invasion of

some 60,000 squatters into the region after

the René Préval government declared

the land “public utility.” The new excrement

treatment plant “in the middle of the

industrial and touristic zone” has also disrupted

his firm’s plans, Brun said.

“I still hope we can salvage part of

it,” the developer said. “But I’m going to

have a hard time convincing my investors

to come back in.”

Brun – who admitted NABATEC

owns the land under the Corail-Cesselesse

camp, which he and NABATEC had

hoped would eventually become one of

the housing projects in their development

– said his company does not own the land

under the Morne à Cabri housing project

land, nor was he aware of plans for another

industrial park.

“I haven’t heard about a Morne à

Cabri industrial park, and I haven’t seen

any master plan,” Brun said in a telephone

interview.

Is the new housing project – built

with Petro Caribe funds – part of a broader

plan to turn the entire region into an

industrial zone? Is that plan connected

with the “Corail project?”

Either way, it appears the choice

of location is not as “questionable” as

Phelps imagines.

Recently, Prime Minister Lamothe

told the public that victims of the earthquake,

including from Fort National,

would be moved into the Morne à Cabri

project. Truly?

At the end of a two-month investigation,

journalists learned a great deal,

but mysteries remain, and there are even

more questions than at the start of the

enquiry:

Will poor urban families from Fort

National really be transported into the

quasi-desert? Who owns the land? And

how much money will the landowner(s)

receive? What is the project budget?

Who is overseeing the development? In

a country with so much unemployment,

why wasn’t Rofi asked to hire Haitian

workers? Who are the elected officials

that approved the use of public funds for

projects that seem meant to mostly benefit

private investors in search of the lowest

wage in the hemisphere?

* This fund is the result of an accord

that allows the Haitian government

to get petroleum products from

Venezuela and then send them to local

companies. A percentage of the revenue

becomes a 25-year loan with an interest

rate of one percent. The government

often uses the money to finance development

projects.

Haiti Grassroots Watch is a partnership

of AlterPresse, the Society of the

Animation of Social Communication

(SAKS), the Network of Women Community

Radio Broadcasters (REFRAKA),

community radio stations and students

from the State University’s Faculty of

Human Sciences. This report made possible

with the support of the Fund for

Investigative Journalism in Haiti

Suite de la page (17)

qui en font un modèle pour les pays

du Tiers-Monde. Là se trouve le

défi majeur de Cuba.

Philippe Rodrigues-Rouleau

: Quel est l'avantage de la

Chine de venir en aide à une économie

comme celle de Cuba qui, malgré

les avancées des dernières années,

demeure plutôt moribonde?

Salim Lamrani : Il faut prendre

en compte d'une part la solidarité

politique à l'égard de Cuba qui

vit sous état de siège depuis 1960.

Les États-Unis imposent des sanctions

économiques qui affectent

toutes les catégories de la société

et constituent le principal obstacle

au développement de la nation.

Elles disposent d'un caractère extraterritorial

– c'est-à-dire qu'elles

s'appliquent à d'autres nations et

bloquent le commerce international

de l'île avec d'autres pays. Par exemple,

si la Chine souhaite exporter

des camions aux États-Unis, elle

doit démontrer que ses produits ne

contiennent pas un seul gramme de

nickel cubain, etc.…

Certes, la situation

économique cubaine est compliquée

en raison des sanctions

économiques, de la forte dépendance

de l'île vis-à-vis des matières

premières alimentaires importées à

83%, de la crise systémique mondiale

et du manque de productivité,

mais la situation des pays voisins

ou même de l'Europe n'est pas meilleure.

Au-delà des solides liens politiques

qui existent entre les deux

nations, Cuba représente un marché

de onze millions d'habitants, dispose

du capital humain le plus important

du Tiers-Monde et d'une

population active hautement qualifiée.

Cuba reste la plus grande île

des Antilles et dispose de nombreux

atouts qui attirent les investisseurs

étrangers tels que la Chine, mais

également le Venezuela, l'Espagne,

le Canada.

Lesoir.be (site Internet belge

francophone) 9 juillet 2012

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Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 15


L’ONU exige les USA à libérer les...

Suite de la page (11)

ces emprisonnements politiques en les

qualifiant de détentions dues à des questions

de droit commun. Il a expliqué qu’il

avait été accusé de mener une « conspiration

séditieuse », et que le procès inique

auquel il a été soumis a été couronné

par une peine d’emprisonnement de 60

ans, issue semblable à celle du procès

d’Oscar López Rivera. Il a souligné que

le peuple portoricain attend la libération

de ces prisonniers politiques encore en

détention.

M. FRANCISCO VELGARA, du

Front socialiste de Porto Rico, a indiqué

l’importance que revêt la libération du

peuple portoricain. « Depuis 1898, le

Gouvernement des États-Unis s’est approprié

Porto Rico, contre la volonté de

la grande majorité du peuple portoricain

», a-t-il rappelé, avant d’exiger que les

États-Unis reconnaissent instamment

le droit à l’autodétermination du peuple

portoricain. Abordant le problème de la

drogue et des armes à Porto Rico, il a expliqué

que ces marchés sont aux mains

de bandes armées étrangères, or Porto

Rico n’a pas le contrôle sur ses propres

frontières. Par conséquent, un tel afflux

d’armes et de drogues doit être le

fruit de la complaisance des agences fédérales

américaines opérant sur place, a

estimé le pétitionnaire, en ajoutant que

le responsable de la police locale est un

agent du FBI. Il a également dénoncé

la tentative d’imposer l’anglais comme

langue officielle de Porto Rico, ce qui

va à l’encontre de l’identité culturelle de

l’île.

M. DANIEL FEIN, du « Socialist

Workers’ Party », est revenu sur la

démonstration qui a eu lieu hier, à New

York, contre les méthodes de contrôle de

police « stop and frisk » pour dénoncer

cette politique de la police new-yorkaise

qui « stigmatise les jeunes Noirs et Latinos

». Le « Socialist Workers’ Party »

pense qu’il ne fait pas de doute que la

lutte pour l’indépendance de Porto Rico

est dans l’intérêt des travailleurs et agriculteurs

américains parce qu’ils ont un

ennemi commun, à savoir les dirigeants

capitalistes américains, a souligné M.

Fein. Il en a voulu pour preuve que les

4 millions de Portoricains qui se trouvent

aux États-Unis font l’objet d’une

discrimination systématique. M. Fein a

également réclamé la libération des prisonniers

politiques portoricains.

M. EDUARDO VILLANUE-

VA MUÑOZ, du Comité des droits de

l’homme de Porto Rico, a souhaité la

mise en place d’un tribunal international

afin de forcer les États-Unis à respecter

les décisions et autres résolutions pertinentes

des Nations Unies portant sur

la décolonisation de Porto Rico. Il s’est

ensuite insurgé contre le manque de

volonté des États-Unis qui ne semblent

pas envisager de libérer les prisonniers

politiques portoricains encore détenus

dans les prisons américaines du fait de

leurs opinions. Il a exhorté le Président

Barack Obama à exercer ses prérogatives

et à user de la grâce présidentielle

dans ces cas particuliers. Il a également

souligné que la détention d’Oscar López

Rivera est « injuste et disproportionnée

», et a souhaité la libération du peuple

portoricain du joug colonial américain.

M. ENRIQUE VAZQUEZ QUIN-

TANA, du Mouvement « Union Souveraine

de Porto Rico », a pris la parole,

en tant que candidat aux prochaines

élections portoricaines, et a rappelé que

depuis le Traité de Paris, Porto Rico est

sous l’emprise des États-Unis qui y ont

imposé la citoyenneté américaine. Il a

également expliqué que, sous prétexte

qu’en 1953 Porto Rico avait son propre

Gouvernement, les États-Unis ont obtenu

à l’époque que l’île soit retirée de la

liste des colonies des Nations Unies, ce

qui signifie que son processus de décolonisation

n’est plus régi par le droit international.

Cette décision « avait été prise

à tort » et on constate que Porto Rico

est toujours une colonie, a estimé M.

Vazquez Quintana. Par conséquent, a-til

indiqué, nous exigeons que la question

de la décolonisation de l’île soit inscrite à

l’ordre du jour de l’Assemblée générale.

Rappelant que la Cour suprême des

Etats-Unis avait déterminé que « Porto

Rico appartenait aux États-Unis, mais

n’en faisait pas partie », il a estimé que

le statut accordé à l’île était « indigne »

d’une nation qui se respecte. Désormais,

il s’agit de consacrer au plus tôt la souveraineté

de Porto Rico, puis de veiller

à l’application de la résolution 1540

pour que le peuple portoricain puisse

librement choisir son statut, a souligné

le pétitionnaire. L’ONU, en tant que garant

du droit à l’autodétermination des

peuples, se doit de veiller au respect de

l’application de ce droit inaliénable des

Portoricains, a-t-il souligné.

M. CARLOS HERNANDEZ-LO-

PEZ, de la Chambre des Représentants

de Porto Rico, a expliqué qu’il appuyait

l’application d’une option de solution

politique au problème de Porto Rico,

qui doit être négociée entre Porto Rico

et les États-Unis dans le contexte d’une

relation qui ne soit ni coloniale ni territoriale.

Il a regretté qu’en dépit du fait que

les États-Unis ne respectent pas leurs

obligations internationales, l’ONU offre

« pour seule arme » de défense de la

cause du peuple portoricain la possibilité,

pour ses ressortissants, d’exprimer

leur indignation devant le Comité de la

décolonisation. C’est aussi frustrant que

l’indifférence dont font preuve les États-

Unis envers les doléances des Portoricains.

Abordant la question du prochain

référendum, il a estimé qu’il n’était pas

conforme au droit international et ne

correspondait qu’à une stratégie politique

et électorale américaine. Pour faire

avancer la question de la décolonisation

de Porto Rico, le pétitionnaire a exigé

qu’elle soit inscrite à l’ordre du jour de

l’Assemblée générale des Nations Unies.

Mme NILDA LUZ REXACH,

du « National Advancement for Puerto

Rican Culture INC. », a rappelé qu’en

1917, le Congrès américain a promulgué

une loi octroyant la nationalité américaine

aux habitants de Porto Rico. Elle

a regretté que malgré cette loi, plus de

trois millions de Portoricains n’ont pas le

droit de vote lors des élections fédérales,

contrairement aux autres Américains.

De plus, elle a regretté le fait qu’aucun

représentant de Porto Rico ne siège au

Congrès américain, alors même que

les populations originaires de l’île sont

celles qui ont, proportionnellement, le

plus versé leur sang dans les guerres

auxquelles ont pris part les États-Unis.

Elle a balayé les craintes relatives à la

perte de la culture portoricaine, la culture

américaine étant imposée aux habitants

de l’île. Les Portoricains restent néanmoins

attachés à leur culture, a-t-elle

souligné. « Il n’y a qu’une seule solution

honorable pour traiter de la question du

statut de Porto Rico : reconnaître l’île

comme un État-nation ou favoriser une

pleine intégration de Porto Rico comme

51ème État des États-Unis, avec tous les

droits et avantages qui y sont liés », a-

t-elle plaidé.

M. JOSE ADAMES, du « Literary

Center Anacaona », a expliqué que

Porto Rico n’est pas seulement une île,

car la moitié des Portoricains vivent aux

États-Unis depuis des générations. Il

s’est interrogé sur l’avenir de ces quatre

millions de Portoricains qui n’ont plus de

liens avec leur terre d’origine, et seraient

« complètement déboussolés » par une

éventuelle indépendance de Porto Rico,

et la perte de leur nationalité américaine.

Dans la même veine, il a demandé si les

dépouilles des soldats d’origine portoricaine

qui sont morts pour le compte des

États-Unis seraient renvoyées à Porto

Rico en cas d’indépendance. « Si on arrivait

à un Porto Rico libre, comment vat-on

gérer toutes ces mutations ? » s’estil

inquiété. Il a ajouté que Porto Rico «

n’est pas une colonie », car les gens qui

y vivent n’ont pas besoin de visa pour

entrer sur le territoire des États-Unis. Il

a également réclamé, pour Porto Rico,

le statut de 51ème État des États-Unis

avec le droit de voter des représentants

au Congrès.

M. RICHARD LOPEZ RODRI-

GUEZ, du « Frente Patriotico Arecibeño

», a évoqué le projet, soutenu par

la Banque mondiale, qui consisterait

à créer un réseau énergétique pour les

Caraïbes. Il s’agit en fait d’un projet

énergétique proposé par les États-Unis

pour alimenter les Caraïbes en énergie

à partir de Porto Rico, a-t-il expliqué,

avant d’en dénoncer les effets sur

l’environnement et en particulier sur la

durabilité de l’agriculture sur l’île. Il a

également dénoncé les effets néfastes du

projet militaire HAARP américain, qui

opère à Arecibeno, et en particulier ses

effets polluants graves. Par conséquent,

nous nous opposons à ce projet qui porte

atteinte au bien-être de la planète et dont

le seul but est de renforcer l’implantation

militaire américaine à Porto Rico, a dit

M. Lopez Rodriguez. Il a demandé à la

communauté internationale de reconnaître

la souveraineté de Porto Rico pour

qu’il y ait enfin des projets qui respectent

l’intérêt des Portoricains.

M. JUAN CAMACHO, du Groupe

communautaire contre le gazoduc, a

défendu le point de vue selon lequel le

développement durable et la protection

de l’environnement font intégralement

partie du bien-être et des droits fondamentaux

des peuples. Il a dénoncé le

projet de gazoduc qui devrait traverser

toute l’île de Porto Rico en portant préjudice

aux intérêts du peuple portoricain. Il

a exigé que le corps d’ingénieurs américains

à l’origine du projet retire sa demande

de permis de construction, qui a

été déposée en août 2010, et qui n’a pas

encore abouti du fait des conséquences

écologiques de ce projet.

Mme IRIS ZAVALA-MARTI-

NEZ, du Centre de la femme et de la

famille nouvelle, a rappelé les paroles de

l’écrivain Frantz Fanon selon lesquelles

le colonialisme tend à vouloir retirer leur

identité aux peuples colonisés. Elle a

ainsi estimé que ce serait une violation

des droits de l’homme et une agression

que de vouloir imposer l’anglais comme

langue officielle à Porto Rico. Elle

a évoqué les interrogations qu’ont les

jeunes Portoricains victimes d’une crise

profonde d’identité, et elle a également

relevé que les sentiments d’infériorité

et le manque de confiance ont fait leur

lit au sein de la population portoricaine.

Elle a en outre décrié l’élimination de

la mémoire du passé et de l’histoire de

Porto Rico par la puissance coloniale.

Elle a par ailleurs estimé que le colonialisme,

à Porto Rico et partout ailleurs

dans le monde, a provoqué un « traumatisme

historique » qui se manifeste

par un sentiment de profonde nostalgie

et par une perte de la personnalité

culturelle des peuples et personnes qui

en sont les victimes. Elle a notamment

affirmé que les Portoricains vivant aux

États-Unis avaient le taux de dépression

mentale le plus élevé dans ce pays. « La

décolonisation commence maintenant :

il faut libérer notre psychisme, et l’esprit

de lutte et de résistance fait partie de la

culture portoricaine », a-t-elle proclamé.

Adoption du projet de résolution L.7

Déclarations avant l’adoption du

projet de résolution

Le représentant de l’Égypte, qui

s’exprimait au nom du Mouvement

des non-alignés, a fait part de l’appui

du Mouvement aux travaux du Comité

spécial des Vingt-Quatre. Il a renouvelé

l’appel lancé par les non-alignés aux

États Membres des Nations Unies pour

qu’ils renforcent leurs actions en faveur

de la décolonisation. Le Mouvement des

non-alignés réaffirme en outre sa position,

qui est connue, sur la question de

Porto Rico, a dit le représentant. Rappelant

que cette question est inscrite

depuis 37 ans à l’ordre du jour du Comité

de la décolonisation et que plus de

30 résolutions ont déjà été adoptées par

le Comité sur cette question, il a incité

les États-Unis à respecter ces textes en

vue de faire avancer le processus de décolonisation

de Porto Rico en permettant

aux Portoricains d’exercer leur droit à

l’autodétermination. Il a dit que les nonalignés

espèrent que cette résolution

sera adoptée par consensus.

La représentante du Nicaragua,

a souligné que le Mouvement

des non-alignés prône la lutte pour

l’indépendance et la souveraineté des

peuples, et que par conséquent il appuie

les revendications d’indépendance du

peuple portoricain. Elle a demandé que

l’Assemblée générale se saisisse de la

question de la situation coloniale et du

statut de Porto Rico, et elle a lancé un

appel aux États-Unis pour qu’ils respectent

les dispositions des 30 résolutions

adoptées à ce jour par le Comité sur

cette question. Elle a également exigé

la libération immédiate des prisonniers

politiques portoricains Oscar López

Rivera, Norberto González Claudio et

Avelino González Claudio. La délégation

du Nicaragua espère que, comme dans

le passé, la résolution L.7 sera adoptée

par consensus, a dit la représentante.

Le représentant du Venezuela a

rappelé que les Nations Unies ont déjà

adopté une trentaine de résolutions et

décisions sur la question de Porto Rico.

Il a rappelé le vœu du révolutionnaire

vénézuélien Simon Bolivar qui souhaitait

voir toute l’Amérique latine libre,

indépendante et unie au sein d’une confédération.

Il a souhaité que le peuple

de Porto Rico ait la liberté de choisir

son propre destin. Il a ensuite rappelé

les victoires de la décolonisation dans

les continents américain, asiatique et

africain, et a souhaité que l’Assemblée

générale examine la question de

l’autodétermination de Porto Rico. «

Nous demandons au Gouvernement des

États-Unis de remettre en liberté les prisonniers

politiques portoricains qui purgent

des peines de prison pour avoir levé

le drapeau indépendantiste de Porto Rico

», a-t-il plaidé. Il a souligné par ailleurs

que les peuples de l’Alliance bolivarienne

pour les Amériques (ALBA) accompagnent

le peuple portoricain dans

sa volonté de se libérer du joug colonial.

Le représentant de la Bolivie a estimé

que Porto Rico devra revenir dans

les rangs de la famille de l’Amérique

latine au sein de laquelle une place lui

est déjà réservée. Il a, comme de nombreux

autres orateurs, évoqué le destin

d’Oscar López Rivera, emprisonné

depuis 31 ans aux États-Unis, et qui est

aujourd’hui âgé de 69 ans. Il a souhaité

qu’il puisse jouir bientôt de sa liberté.

Le représentant de la République

islamique d’Iran a réaffirmé

le droit du peuple de Porto Rico à

l’autodétermination. Il a souhaité que le

Comité spécial des Vingt-Quatre puisse

faciliter ce dessein. Il a assuré que le

Gouvernement de l’Iran était engagé

pleinement en faveur de l’élimination du

colonialisme à travers le monde.

La représentante de l’Équateur a

rappelé que le droit à l’autodétermination

des peuples est une norme de droit international.

Se ralliant à la déclaration

du Mouvement des non-alignés, la

délégation équatorienne appuie les revendications

visant à mettre un terme

à la situation coloniale de Porto Rico et

souhaite que cette question soit étudiée

par l’Assemblée générale, a-t-elle souligné.

L’Équateur exige en outre que le

prisonnier politique Oscar Lopez Rivera

soit libéré.

Le représentant de la

Suite à la page (19)

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Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012


A Travers le monde

Cuba - Chine : entrevue avec le

professeur Salim Lamrani

Lettre de Lula à Chavez:

« ta victoire sera

notre victoire »

Le Premier secrétaire du Parti

communiste cubain, Raúl Castro,

est en visite en Chine depuis

mercredi dernier. L'occasion

pour l'État insulaire de signer

des accords de coopération avec

le géant asiatique, mais aussi,

dit-on, s'imprégner du miracle

économique chinois. Analyse d'une

rencontre bilatérale entre deux alliés

communistes que plus de 12

000 kilomètres séparent, avec le

spécialiste de Cuba, Salim Lamrani

(professeur et chargé de cours aux

universités Paris Sorbonne-Paris

IV et Paris-Est Marne-la-Vallée).

Propos recueillis par Philippe Rodrigues-Rouleau.

Philippe Rodrigues-Rouleau

: Quelle est la symbolique de

cette première visite de Raúl Castro

en Chine en tant que Premier secrétaire

du Parti communiste cubain?

Salim Lamrani : Le déplacement

de Raúl Castro en Chine revêt

une importance de première dimension

dans la mesure où il s'agit de

son second partenaire commercial

après le Venezuela.

Philippe Rodrigues-Rouleau

: Quels sont les liens historiques

entre la Chine et Cuba?

Salim Lamrani : Les relations

entre Cuba et la Chine remontent

au triomphe de la Révolution

cubaine en 1959. Cuba a été

le premier pays d'Amérique latine

à reconnaître la Chine populaire

de Mao en 1960. Les relations se

sont ensuite distendues durant la

guerre froide en raison du conflit

idéologique opposant Moscou à

Pékin - Cuba se rangeant du côté de

Moscou. Elles ont repris leur cours

suite à l'effondrement de l'URSS en

1991, avec notamment la visite de

Jiang Zemin (président de la République

populaire de Chine de 1993 à

2003) en 1993, alors que Cuba se

trouvait au bord du gouffre.

Philippe Rodrigues-Rouleau

: De quelle manière et dans

quels secteurs d'activité la Chine

aide-t-elle Cuba?

Salim Lamrani : La Chine

a investi massivement dans le

secteur de l'industrie – l'extraction

de nickel -, de même que dans les

secteurs de l'énergie, de la construction,

de la santé, des télécom-

Le président cubain Raul Castro et son homologue chinois Hu Jintao,

le 5 juillet 2012 à Pékin

munications, et des transports.

Philippe Rodrigues-Rouleau

: La Chine s'est beaucoup

libéralisée, et enrichi dans les

dernières années. Et ce, avec succès.

Récemment, Raúl Castro a lui

aussi entrepris des réformes pour

tenter de « libéraliser » quelque

peu l'île des Caraïbes. Quelles sont

jusqu'à maintenant le succès de ces

réformes?

Salim Lamrani : Cuba a

ouvert son économie à l'initiative

privée et à la micro entreprise

depuis deux ans. Il s'agit d'une

ouverture de l'économie étatique

au secteur privé, destinée, entre

autres, à légaliser une économie

informelle croissante, et à récolter

des impôts dans un pays peu

habitué à la culture fiscale. Ainsi,

l'Etat, qui contrôle près de 90%

de l'économie, a décidé de déléguer

une partie de ses activités

économiques à des personnes

privées, et se limitera à la gestion

et l'exploitation des ressources

stratégiques de la nation, avec une

décentralisation progressive afin

de stimuler le développement. Près

de 250 000 nouvelles licences ont

été octroyées dans divers secteurs.

Près de 178 nouvelles activités ont

ainsi été ouvertes au domaine privé

et concernent différents champs

tels que la restauration - le nombre

de sièges dans les restaurant passant

de 12 à 50 -, la vente au détail

ou la location de chambre. Dans

83 secteurs, les nouveaux entrepreneurs

pourront désormais embaucher

du personnel, prérogative

qui a été jusque là une exclusivité

de l'Etat, des sociétés mixtes et des

entreprises étrangères, moyennant

des charges à hauteur de 25% du

salaire de l'employé.

Le succès a été immédiat. En

l'espace de six mois, le nombre

de petits entrepreneurs est passé

de 157 000 à plus de 320 000. Il

est aujourd'hui de plus d'un demimillion.

Les premiers effets positifs

sont apparus avec une augmentation

des recettes fiscales de l'Etat

au bout de six mois.

Philippe Rodrigues-Rouleau

: De quelle manière concrète

la Chine peut-elle inspirer

Cuba à entreprendre des réformes

économiques?

Salim Lamrani : Cuba peut

s'inspirer des réussites chinoises

mais ne doit en aucun cas copier

le modèle chinois car il répond

d'abord au contexte de ce pays asiatique.

Par le passé, Cuba a copié

le modèle soviétique, l'a mal copié

de surcroît et l'on sait ce qu'il en

est advenu. Cuba doit trouver son

propre modèle de développement

qui réponde à sa situation intrinsèque,

édifier sa propre alternative

pour améliorer la productivité tout

en conservant ses acquis sociaux

Suite à la page (15)

L’ex-président du Brésil Lula da Silva

vient d’envoyer le message qui suit au

président Hugo Chavez et aux 600 délégués

de la gauche latinoaméricaine et

mondiale réunis à Caracas dans le cadre

du Forum de Sao Paulo, ce vendredi 6

juillet 2012.

Compagnes et compagnons,

En 1990, quand nous avons créé le

Forum de Sao Paulo, aucun d’entre nous

n’imaginait qu’en seulement deux décennies

nous arriverions au point où nous

sommes. A cette époque la gauche n’était

au pouvoir qu’à Cuba. Aujourd’hui nous

gouvernons dans un grand nombre de

pays, et même là où nous sommes dans

l’opposition, les partis du Forum ont une

influence croissante dans la vie politique

et sociale.

Les gouvernements progressistes

sont en train de changer le visage de

l’Amérique Latine. Grâce à eux, notre continent

se développe de manière accélérée,

avec croissance économique, création

d’emplois, distribution de la richesse et

justice sociale. Aujourd’hui nous sommes

une référence internationale d’alternative

victorieuse au néolibéralisme.

Bien sûr il reste beaucoup à faire.

Les faits survenus, par exemple, au

Honduras et au Paraguay montrent qu’il

faut encore beaucoup lutter pour que la

démocratie prévale dans notre région.

L’existence de colonies dans notre continent,

comme c’est le cas des îles Malouines,

qui sont évidemment argentines,

sert à nous rappeler qu’il reste beaucoup

à faire pour que la souveraineté nationale

et régionale prévale, et pour cela nous

Lula et Chavez

devons approfondir l’intégration latinoaméricaine

et caraïbe.

Nos pays restent marqués par la

pauvreté et par l’inégalité. Nous avons

besoin de plus de croissance économique,

de politiques sociales et de réformes structurelles

pour construire la société développée,

juste et fraternelle dont nous rêvons.

Dans tout ce que nous avons fait jusqu’à

présent, qui est beaucoup, le Forum et les

partis du Forum de Sao Paulo ont eu un

grand rôle qui pourrait être beaucoup plus

important si nous réussissons à maintenir

notre principale caractéristique : l’unité

dans la diversité.

Je veux conclure en vous disant

combien je voudrais être parmi vous. Non

seulement comme membre de la délégation

du Parti des Travailleurs, mais aussi

pour donner un fort abrazo à mon compagnon

Hugo Chavez. C’est seulement grâce

au leadership de Chávez que le peuple

vénézuélien a obtenu des conquêtes extraordinaires.

Les classes populaires n’ont

jamais été traitées avec autant de respect,

de tendresse et de dignité. Ces conquêtes

doivent être préservées et consolidées.

Chavez, compte sur moi, compte

sur le PT, compte sur la solidarité et sur

l’appui de chaque militant de gauche, de

chaque démocrate et de chaque latinoaméricain.

Ta victoire sera notre victoire.

Un fort abrazo, un abrazo fraternel et

merci, compagnon, pour tout ce que tu as

fait pour l’Amérique Latine.

Ignacio Lula da Silva.

Traduction : T. Deronne

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Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 17


Echos de Cuba*

A partir de cette semaine nous comptons

faire paraître cette rubrique qui

relatera des nouvelles se rapportant

directement et spécifiquement à la

vie politique, culturelle, sociale, artistique,

scientifique, médicale, intellectuelle,

sportive à Cuba. A priori,

on pourrait penser qu’il s’agit là d’un

parti pris de la rédaction. Il n’en est

rien. A la vérité, nous pensons qu’il

est plutôt juste de donner une place

spéciale dans le journal à ce peuple

frère, héroïque, qui depuis déjà 53 ans

se bat avec courage, dignité et succès

contre la violence et le cynisme des

vautours de l’empire. Cuba, assurément,

est devenue un modèle-phare

d’authentique pratique révolutionnaire

socialiste.

[Frantz Latour]

Cuba est le meilleur pays

d'Amérique latine pour être mère

Selon l’ONG Save The Children,

Cuba occupe la première place parmi

les pays d’Amérique latine où sont

réunies les meilleures conditions pour

être mère, suivie de l’Argentine et de

l’Uruguay. L’étude tient compte d’une

série de facteurs, comme les conditions

Cuba est unique !

générales de santé, le niveau éducatif,

économique et politique des parents.

On considère également le bien-être

des enfants, qui inclut le taux de mortalité

avant 5 ans et le pourcentage

d’enfants dénutris.

A titre d’information, signalons

que le texte indique que dans

une grande partie de l’Afrique subsaharienne

les conditions des mères

et des enfants sont déplorables. Une

femme sur 16 décède de complications

pendant la grossesse, et la dénutrition

menace un enfant sur trois.

Save the Children a souligné que

seul l’allaitement maternel pourrait

éviter un million de morts d’enfants

par an, et cependant moins de 40%

des enfants nés dans des pays en

développement en sont bénéficiaires.

Elio Gamez président de l’Institut

cubain d’amitié avec les peuples

David est un jeune ingénieur

madrilène qui a décidé de

connaître la réalité cubaine sans

intermédiaire afin d’échapper aux

mensonges diffusés par la presse

espagnole au sujet de Cuba. Cette

décision l’a amené à se joindre à la

41e Brigade européenne de solidarité

José Marti, composée d’une

centaine de personnes solidaires

de 17 pays européens. Lorsque

le journal Granma a voulu savoir

pour quelles raisons il souhaitait

se rapprocher de notre pays, David

a répondu simplement: « Cuba

est unique ».

Lors de l’accueil au Campement

international Julio Antonio

Mella, à Caimito, le président de

l’Institut cubain d’amitié avec les

peuples, Elio Gamez, a souligné

l’importance de la solidarité, et il

a félicité le travail des plus de 2

200 organisations qui divulguent

la vérité sur Cuba dans 152 pays.

Ainsi, la militante grecque

Lucia Constantinu gère un site sur

Internet appelé «Les Barbus de la

Sierra Maestra», qui aborde des

questions d’actualité sur Cuba et

sur les processus de changement

en Amérique latine. Son compatriote

et membre de l’Association

d’amitié gréco-cubaine, Charalauros

Theodosis, a affirmé que

Cuba est un exemple de lutte pour

le monde. C’est pourquoi, a-t-il

ajouté, notre organisation exige

la fin du blocus étasunien et de la

position commune européenne, et

demande également la libération

des cinq antiterroristes cubains.

La 41e Brigade européenne

est arrivée à Cuba dimanche dernier

et y restera jusqu’au 20 juillet.

Pendant leur séjour, les membres

de la brigade participeront à des

travaux dans l’agriculture ; ils

visiteront des centres d’intérêt

historiques et sociaux, et auront

des rencontres avec le peuple cubain.

NDLR. Informations glanées

dans l’édition en français du journal

Granma.

Les adieux du peuple cubain à

Teofilo Stevenson

Teofilo Stevenson est ce grand boxeur

cubain trois fois champion

olympique et 3 fois champion du monde

amateur entre 1972 et 1986 dans la

catégorie poids lourds. Il est considéré

comme l'un des plus grands boxeurs de

tous les temps et a toujours refusé de

passer professionnel malgré les millions

de dollars qui lui étaient proposés. Né

le 29 mars 1952 à Puerto Padre dans

la province de Las Tunas, il est mort le

11 juin 2012 à la Havane, Cuba, d’une

crise cardiaque, à l’âge de 60 ans.

Une foule immense – il ne pouvait

en être autrement – s’est donné

rendez-vous au cimetière de Colomb de

La Havane pour un dernier hommage à

la légende de la boxe Teofilo Stevenson,

au nom de tout le peuple cubain et de

nombreux admirateurs du monde entier.

« Nous rendons hommage à

l’homme qui n’a jamais abdiqué sur les

rings. Aujourd’hui, le grand champion

nous convoque à la seule rencontre

dont nous aurions aimé nous passer

», a déclaré le président du Comité

olympique cubain José Ramon Fernandez,

qui a prononcé l’éloge funèbre. «La

mort a fini par avoir raison d’un homme

digne qui a su renoncer aux millions de

dollars pour vivre entouré de l’affection

des siens, et qui s’est frayé une place

parmi les immortels ».

Sous un soleil brûlant, près d’un

millier de personnes, proches, anonymes,

amis, gloires du sport – comme

Félix Savon, trois fois champion

olympique des poids lourds –, et de

Le génie de Léonard de Vinci à

portée de main à La Havane

Un musée de La Havane, le Salon

Blanc du Couvent de Saint François

d’Assise, dans l’enceinte historique de

la capitale cubaine, présente une exposition

permanente consacrée à l’un

des plus grands génies de l’humanité :

Léonard de Vinci (1452-1519) qui fut

un grand peintre, mais également un

inventeur, un anatomiste, un architecte,

un dessinateur, un philosophe, un botaniste,

un écrivain.

Grâce à des maquettes, des reproductions

de modèles en bois mobiles, de

machines aux détails impressionnants

construites d’après les croquis de Léonard

de Vinci, le musée offre la possibilité

de connaître une part importante

de ses travaux, au-delà de son œuvre

picturale. L’exposition est une réplique

de celle du Complexe monumental de

Sainte-Marie-du-peuple, à Rome, réalisée

à partir des croquis de Léonard contenus

dans son Codex Atlanticus, une

encyclopédie de 12 tomes comprenant

une collection d’écrits essentiellement

scientifiques de Léonard de Vinci.

Les pièces ont été apportées à

Cuba par la fondation italienne Anthropos,

avec la collaboration du Bureau de

l’historien de la Ville [de la Havane].

L’exposition «Le génie de Léonard de

Vinci» réunit plus d’une centaine de

pièces qui donnent une vision de ses

idées, très en avance sur son temps, sur

le désir de voler, la guerre, l’anatomie et

la peinture.

« Nous voulons que les enfants

prennent du plaisir, qu’ils voient

tout. Cette exposition leur est adressée,

ainsi qu’aux écoles et à tous ceux qui

s’intéressent à l’œuvre de Léonard ». a

déclaré à Prensa Latina M. Sergio Terni,

représentant d’Anthropos.

« Les pièces ont été construites

par des artisans sous la supervision

d’ingénieurs, avec du bois aux caractéristiques

similaires à celui employé

à l’époque. Ce sont des reproductions

fidèles de tous les dessins de Leonardo,

avec les mesures exactes fixées dans

ses notes », a signalé M. Terni, l’un des

principaux artisans du projet havanais.

Anthropos prévoit aussi de

renouveler cette exposition. Au

cours de l’année, d’autres expositions

thématiques seront présentées,

axées sur l’anatomie humaine,

nombreuses personnalités sont venus

lui dire un dernier adieu.

Le cercueil a été transféré au Panthéon

du Mouvement sportif cubain. De

nombreuses couronnes de fleurs ont été

envoyées par des personnalités, dont

les dirigeants de la Révolution Fidel et

Raul, les présidents Daniel Ortega, du

Nicaragua, et Hugo Chavez, du Venezuela.

l’hydrodynamique, et la peinture, entre

autres.

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Comment parlez-vous de nation

Après des siècles de division

Pourquoi parlez-vous de Patrie

Là où personne n’est à l’abri

Comment parlez-vous de pays

Frères ennemis, fils désunis

De New York à la Caricom

Oui, de Dakar à Taïwan

De Montréal à Washington

Tant à Paris et comme à Londres

On dit de vous des enfants

Le corps mutilé de l’empereur

Est toujours traîné

De Pont-Rouge

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Je vois des femmes et des enfants

Depuis le temps des carabiniers

Dormant leur vie sur le trottoir de

la cité

Où les rats se sont réunis

Pour faire bombance et puis

s’enfuir

Pour faire bombance et détaler

Je me demande ce que souvent

Ces vendeurs de temples, mes

frères

Ont dans la tête, dans leur petit

coeur

Et dans leur vie de bacchanale

Sont-ils content, sont-ils en paix

Je vois des imbéciles

Dans les rues de mon pays déchiqueté

Portant drapeau tout en lambeaux

Paperasses sous les bras

Remplies de rats et de mensonges

cette maladie séculaire

De mentalité à l’envers

Je veux rappeler à cette race

D’hommes effrontés et menteurs

Que leur mission était d’aimer

Non pas de semer tant

d’inquiétudes

Dans un pays déjà rongé

Par la division et par la peur

Et me voici comme un poète

Un citoyen, un serviteur

Et me voici comme un évange

Un citoyen, un serviteur

Qui ne veut pas sombrer

Mais qui chante pour réveiller

La mentalité endormie

Mais qui chante pour libérer

La mentalité enchaînée

Libérer, libérer

Mentalité enchaînée

© Copyright 2009

John Steve Brunache

Suite de la page (16)

République arabe syrienne a réaffirmé le

soutien de sa délégation à la lutte du peuple

portoricain pour l’exercice de son droit

inaliénable à l’autodétermination. Rappelant

que le 25 juillet prochain, l’intervention

américaine à Porto Rico fêtera son 114ème

anniversaire, le représentant a regretté

qu’en dépit des 30 résolutions adoptées

par le Comité de la décolonisation sur cette

question, le Gouvernement des États-Unis

n’ait toujours pas respecté ses obligations

et n’ait pas permis au peuple portoricain

de jouir de son droit à l’autodétermination.

Adoption de la résolution

À la suite de ces différentes déclarations,

le Comité spécial des Vingt-Quatre a adopté

sans vote le projet de résolution publié

sous la cote A/AC.109/2012/L.7, présenté

par Cuba, et parrainé par la Bolivie, Cuba,

l’Équateur, le Nicaragua et le Venezuela

en rapport avec le projet de décision du

Comité spécial, en date du 20 juin 2011,

concernant Porto Rico.

En adoptant cette résolution, le Comité

spécial réaffirme le droit inaliénable du

peuple portoricain à l’autodétermination et

à l’indépendance, conformément à la résolution

1514 (XV) de l’Assemblée générale,

et l’applicabilité à Porto Rico des principes

fondamentaux énoncés dans cette résolution.

En outre, le Comité spécial demande

de nouveau au Gouvernement des États-

Unis d’Amérique d’assumer la responsabilité

qui lui incombe d’engager un processus

permettant au peuple portoricain

d’exercer pleinement son droit inaliénable

à l’autodétermination et à l’indépendance

dans l’application intégrale de la résolution

1514 (XV) de l’Assemblée générale et des

résolutions et décisions du Comité spécial

relatives à Porto Rico.

Par ailleurs, par cette résolution,

le Comité spécial demande à nouveau

au Président des États-Unis de libérer les

prisonniers politiques suivants, qui accomplissent

dans des prisons américaines des

peines pour des raisons touchant à la lutte

pour l’indépendance de Porto Rico : Oscar

López Rivera, qui est détenu depuis plus de

trente ans ; Avelino González Claudio, et

Norberto González Claudio, qui a été arrêté

plus récemment.

Déclaration après l’adoption de la

Suite de la page (8)

dans la production et le commerce coloniaux,

il représentait cependant, le principal

obstacle au développement de la colonie.

Rappelons que Marx a mis un accent

particulier sur le rôle du régime colonial

dans l’accumulation primitive du capital

européen. Les aborigènes ont été dépossédés

et exterminés ; leurs richesses ont été

pillées au profit de la couronne d’Espagne

; les colons français ont administré la

colonisation de St-Domingue, et, grâce à

la force de travail servile, la colonie a été

rendue prospère, au profit de la métropole

française. « Un français sur huit a pu vivre

de l’activité économique de St-Domingue

et le commerce St-Dominguois représentait

le tiers de tout le commerce extérieur

français », informe encore G. Barthélemy.

En fait, sa richesse et sa prospérité,

n’ont pas été des histoires St-Dominguoises

; autrement dit, la prospérité de

St-Domingue n’a pas eu comme objectif

de développer la colonie, mais plutôt la

métropole. Comme le signale J. Casimir,

la plantation St-Dominguoise se situe

sur la ligne d’évolution du mercantilisme

vers le capitalisme libéral. Elle appartient

à l’histoire de France et plus précisément à

l’implantation outre-mer de cette histoire.

Les atrocités de la condition servile

et l’augmentation en nombre des captifs

réduits en esclavage, entre autres conditions

toute aussi suffisantes, ont porté

les noirs à se soulever contre le système

esclavagiste, colonialiste et raciste qui leur

était imposé. Débutée dans la nuit du 22

août 1791, les insurgés d’Haïti ont conquis

l’indépendance au terme d’une lutte

à mort contre les colonialistes. Toute suite

après l’indépendance, de nouveaux problèmes

surgissent, notamment celui d’une

nouvelle organisation socio-économique

de la société. Ainsi saisie la genèse de la

société haïtienne, il est maintenant temps

d’aborder la question de l’accumulation

primitive du Capital en Haïti ; si jamais il y

a eu pareille chose.

[A suivre…]

4 juillet 2012

résolution

Le représentant de Cuba a exprimé sa

satisfaction que cette résolution, pour la

treizième année consécutive, ait été adoptée

à l’unanimité par les membres du Comité

spécial des 24. Il a rappelé le passé

commun des peuples d’Amérique latine,

notamment celui de Cuba et de Porto

Rico, dans leur vécu marqué par les luttes

révolutionnaires contre l’impérialisme. Il a

relevé que les 114 années de domination

coloniale imposées à Porto Rico n’ont pas

réussi à détruire la culture du peuple portoricain,

et il a ajouté que Cuba continuera

de soutenir le combat du peuple portoricain

jusqu’à la victoire finale.

Reprise de l’audition de

pétitionnaires

Mme PAULETTE D’AUTEUIL, du « National

Jericho Movement », a porté son

intervention sur l’amnistie des prisonniers

politiques et prisonniers de guerre portoricains.

Le National Jericho Movement est un

mouvement politique et social qui cherche

à parvenir à la reconnaissance des droits

politiques de ces détenus par les États-

Unis, a-t-elle expliqué. Elle a demandé que

l’Assemblée générale des Nations Unies se

saisisse de la question de la décolonisation

de Porto Rico.

M. ANTONIO MARTORELL, membre

du Parti nationaliste de Porto Rico et

artiste portoricain, a soulevé les questions

du droit du sol, du droit du sang, ou encore

du droit de la langue en tant que déterminants

du droit à la patrie. « Si je me

déclare artiste portoricain, je suppose que je

suis un Portoricain artiste. Cependant cela

n’est pas possible, puisque nous avons la

nationalité américaine désormais », a-t-il

fait remarquer. La beauté de l’art nécessite,

a-t-il estimé, la conquête de la liberté,

alors que le cauchemar colonial suppose

le conformisme et l’absence de révolte

pour obtenir sa liberté. Par conséquent,

je revendique la libération des prisonniers

politiques portoricains, et en particulier de

l’artiste Oscar López Rivera, dont le seul

tort a été de rêver une patrie et sa liberté, a

dit M. Martorell.

Nations Unis, New York, 18 Juin 2012

El Correo 28 Juin 2012

[*Ralph Stherson SENAT, étudiant

finissant en Sociologie à la Faculté des

Sciences Humaines de l’Université d’Etat

d’Haïti ; également, membre du groupe

CONTINUUM]

Notes

1.. Lénine, Sur le marxisme, éd. De

l’agence de Presse de Novosti, Moscou,

1969, p.68

2..Miguel Abensour, comprendre

ou provoquer l’histoire, in Le Magazine

littéraire, No 479, oct. 2008, p. 60

3..Pascal Combemale, Contre

l’économie, tout contre, in Le magazine

littéraire, ibid. p. 63

4..Alain Graf, Les grands philosophes

contemporains, Seuil, 1997, p. 8

5…Karl Marx, Le Capital, t. 1, éd.

Sociales, Moscou, 1967, p. 155

6…Karl Marx, ibid, p. 155

7…Ibid. p. 154

8….Pascal Combemale, ibid., p. 63

9…Karl Marx, Le Capital, t. 1,

(version électronique : www.marxists.fr),

chap. XXXI, p. 2

10..Karl Marx, ibid., p. 4

11..Alix Lamaute, La bourgeoisie

haïtienne : une entité controversée, CIDI-

HCA, Québec, 1999, p. 20

12…Gérard Barthélemy, op. cit., p.

16

13..Laurent Dubois, op. cit. p. 23

14…Gérard Barthélemy, op. cit., p.

16

15..Jean Casimir, Haïti et ses élites:

l’interminable dialogue de sourds, Presses

de l’UEH, P-au-P (Haïti), 2009, p. 23

16…Gérard Barthelemy, Haïti: la

perle nue, éd. Mémoire, P-au-P (Haïti), p.

11

17..Karl Marx, Le capital, t. 1, (version

électronique), ibid., p. 2

18..Jean Casimir, la culture opprimé,

Imp. Média-texte, Port-au-Prince

(Haïti), 2006, p. 41

19..Laurent Dubois, Les vengeurs

du nouveau monde: histoire de la révolution

haïtienne, éd. Presses de l’Université

d’Etat d’Haïti, P-au-P (Haïti), 2009, p. 23

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012 Haiti Liberté/Haitian Times 19


A l’occasion

5 ème

du

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HAITI LIBERTÉ

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le Sénateur Moïse Jean-Charles

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Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 5, No. 52 • Du 11 Juillet au 17 Juillet 2012

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