Selon

aftral

ElRP3031Kzf

20

GRAND ANGLE

21

FINANCER SES INVESTISSEMENTS

EN 2016

DU CHEMIN CLASSIQUE

AUX VOIES ALTERNATIVES

La dernière enquête de conjoncture du Lab de Bpifrance,

publiée en janvier dernier annonce que 46 % des pME de

transports comptent investir en 2016. Ce résultat constitue,

aux termes du Lab, un record sectoriel dans la mesure où

l’indicateur reste nul pour l’ensemble des pME, tous secteurs

confondus. par ailleurs, la FNTR prévoit une croissance

d’activité pour le TRM français de +0,5 % entre 2015 et 2016.

Elle révèle également un chiffre d’immatriculations neuves

de véhicules industriels positif en 2015 à + 11,1 %. Faut-il

alors rester optimiste pour 2016 comme le prévoit le Lab de

Bpifrance ? Toujours est-il qui dit investissement

dit financements à trouver.

RÉALISÉ PAR SAMORYA WILSON

Selon la Fédération bancaire

française, plus de 9

pME sur 10 ont obtenu les

crédits d’investissements

demandés en 2015. La

Banque de France, dans

son enquête trimestrielle

auprès d’entreprises sur leur accès au financement

bancaire indique que 82 % des TpE

ont reçu une réponse positive pour leurs

crédits d’investissements au 4 e trimestre

2015. Cependant ces chiffres sont à nuancer

dans la mesure où finalement peu d’entreprises

ont sollicité un nouveau crédit bancaire

(24 % des pME et 12 % des TpE) sans

compter que celles qui s’autocensurent ne

sont pas prises en compte. S’agissant précisément

des entreprises de transport, certes

elles peuvent accéder au financement bancaire

mais elles s’adressent aussi aux établissements

financiers des constructeurs.

Ces derniers possèdent quasiment tous une

filiale qui propose à leurs clients de les aider

à financer leurs véhicules via le crédit-bail

(leasing) ou la location financière par

exemple : paccar Financial (DAF France),

Scania Finances, Renault Trucks, Mercedes

Benz Financial Services etc.

L’UE FINANCE AUSSI

En matière de financement, une entreprise

qui veut multiplier ses chances de crédit a

tout intérêt à diversifier ses sources. il s’agit

du premier conseil que donnent les spécialistes

de la finance et de la gestion d’entreprise,

comme Agnès Bricard, la présidente

d’honneur de l’Ordre des experts comptables,

Bernard Cohen Hadad de la CGpME,

Fabrice pesin, médiateur du crédit ou même

un banquier comme Franck Lamoureux, de

la Caisse d’Épargne. En effet, lorsque l’investissement

le nécessite, notamment

parce qu’il est important ou pour partager

les risques, les banques ou les établissements

financiers n’hésitent pas à faire appel

à d’autres organes pour cofinancer le projet

ou en garantie. Ainsi Bpifrance est souvent

appelée à la rescousse ou encore l’Union

européenne à travers son enveloppe COSME,

spécialement dédiée aux pME. Les transporteurs

que nous avons interrogés nous

ont confirmé avoir plusieurs sources de

financement pour leurs investissements.

Cependant, l’accès au financement reste

subordonné à des exigences qui ont trait à la

situation financière globale de l’entreprise, la

nature du projet et la personnalité du dirigeant.

Autrement dit, le dossier doit être rigoureux

et quelques fois des garanties supplémentaires

sont demandées au dirigeant.

En ce qui concerne les conditions de crédit

plus ou moins contraignantes, il faut savoir

que le crowfunding, ou financement

participatif permet désormais aux entreprises

de lever des fonds rapidement sans

garantie à fournir. il existe de plus en plus de

plateformes, appelées crowdlending spécialement

dédiées au financement des entreprises.

Contrairement à ce que l’on pourrait

croire, ces plateformes donnent la possibilité

de lever jusqu’à 1 million d’euros en prêt

ou en ouverture de capital. peu de transporteurs

y ont recours pour le moment, mais

comme nous l’a assuré Nicolas Lesur,

de Unilend, tous les secteurs d’activité y sont

éligibles car les investisseurs s’attachent

avant tout à la capacité de remboursement

de l’entreprise ou ont envie de la booster.

Toutefois s’il reste vrai que les transporteurs

disposent de moyens pour financer leurs

tracteurs, semi-remorques, ou combinés, ce

type de financement se prête bien aux immobilisations

incorporelles comme par

exemple des logiciels qui ne peuvent servir

de garantie à l’instar d’un véhicule. À noter

que la facilité d’accès au financement se traduit

par des taux d’intérêt plus élevés, soit de

3 jusqu’à 10 % sur certains sites.

Dans tous les cas dès les premiers signes

de difficulté à obtenir un crédit bancaire, il

convient de saisir le médiateur du crédit

avant qu’il ne soit trop tard. u

L’Officiel des Transporteurs − N° 2822 du 4 mars 2016

L’Officiel des Transporteurs − N° 2822 du 4 mars 2016


22 GRAND ANGLE TROUVER SON FINANCEMENT EN 2016

GRAND ANGLE

23

FINANCEMENT

OPTIMISER LES CHANCES

D’OBTENIR SON CRÉDIT

NOËL VROMANN

P-dg de STS-Erob (57)

«Diriger une entreprise

nécessite un minimum

de compétences en termes

de risques financiers»

Banques, captives, région, Europe, financeurs privés, financement

participatif etc. Les moyens de financement de ses investissements ne

manquent pas. Tout le problème est de savoir comment y accéder.

BERNARD COHEN HADAD I Président de la commission financement des entreprises de la CGPME

«il faut éviter la monobancarisation»

D.R.

Choisir le mode de financement

approprié au projet et

à l’entreprise est indispensable

: crédit classique, crédit-bail,

location financière,

émissions d’obligations ou

encore ouverture de son capital. « Nous privilégions

le crédit-bail, éventuellement la location

financière, pour le matériel roulant »,

témoigne Ludovic Brun, cogérant de Transports

Ageneau (49), titulaire de 6 000 cartes

grises. « Nous demandons le concours d’établissements

financiers lorsque la dépense envisagée

dépasse 20 000 €. En dessous de ce

seuil, nous autofinançons le projet », ajoute

le dirigeant. Quel que soit le type de financement

retenu, une chose reste sûre : plus

le dossier est préparé, plus il a de chance de

recevoir un accueil favorable de la part de

l’investisseur. « L’octroi d’un financement

n L’O.T.: Avec tous les dispositifs d’accès

au financement mis en place par les pouvoirs

publics et les banques, pourquoi

certaines entreprises restent-elles à la

porte du crédit ?

BERNARD COHEN HADAD : Si la majorité des

pME ne rencontre pas de difficultés pour trouver

du financement, il en est autrement pour

les TpE qui subissent quelques problèmes de

trésorerie et enregistrent des carnets de commande

à la baisse. En effet, les tarifs bancaires

se trouvent actuellement à bas niveau, mais

malheureusement seules les entreprises en

bonne santé en profitent. L’accès au crédit

reste problématique pour les entités commerciales

fragiles. par conséquent, elles affichent

un recul de leurs investissements. La conjoncture

se révèle particulièrement difficile pour

les entreprises de transport car elles subissent

une concurrence européenne acharnée avec

une guerre des coûts. Sans compter que la réglementation

française est beaucoup plus exigeante,

notamment celle relative au droit du

travail. Cette inégalité de traitement législatif

entraîne de lourdes charges pour les transporteurs

français. Le gouvernement affirme entreprendre

un chantier de simplification, mais

les entreprises n’en voient pas encore l’effet.

Fotolia

n Comment les dirigeants peuvent-ils

améliorer leur accessibilité au financement

?

B.C.H.: il convient de prendre le problème en

amont et d’en discuter avec le correspondant

local de son organisation professionnelle.

Ainsi dès que l’entreprise a du mal à régler ses

cotisations, le dirigeant a tout intérêt à faire

marcher son réseau pour trouver une solution.

ignorer les problèmes peut conduire à

une aggravation de la situation.

il faut également éviter la monobancarisation.

Autrement dit, l’entreprise doit avoir plusieurs

partenaires financiers afin de diversifier

ses sources de financement.

par ailleurs, des mesures d’aides fiscales et

sociales existent, mais les petites entreprises

ne les connaissent pas toutes. Je leur conseille

de se rapprocher de leurs organisations professionnelles,

notamment un correspondant

local de la CGpME, pour se renseigner sur ces

dispositifs.

À noter qu’un moyen de présenter un bon

dossier de financement reste de prendre une

garantie assurantielle contre la défaillance,

même pour un petit crédit.

n Les banques doivent-elles assouplir

leurs conditions de financement ?

B.C.H.: Oui, elles doivent se montrer plus

conciliantes avec ces entreprises en difficulté.

C’est-à-dire des entreprises qui ne se trouvent

pas en situation de défaillance totale mais qui

possèdent des ressources pour rebondir.

D’autre part, les banques doivent éviter la distanciation

avec leur clientèle professionnelle.

Des changements fréquents de conseillers

clientèle rendent la demande de crédit plus

ardue pour le chef d’entreprise car il se trouve

alors face à un interlocuteur qui ignore son

projet entrepreneurial. Or la confiance demeure

fondamentale dans cette situation.

Simplifier les dossiers de demande fait également

partie des solutions d’accès au crédit.

par exemple, les dispositifs de financement de

la Bpifrance, restent problématiques pour les

petites entreprises, car le montage des dossiers

a un coût qu’elles ne sont toujours prêtes

à assumer.

Propos recueillis par S. W.

s’effectue au cas par cas. Plusieurs critères

entrent en considération, par exemple le

taux de sinistralité, la création d’emploi, la

défaillance, la cessation d’activité, l’emplacement

géographique, les clients de l’entreprise,

les contraintes administratives auxquelles

elle est soumise, prévient Florent

Lamoureux, directeur du marché des professionnels

à la Caisse d’Épargne. Sont

également prises en compte les qualités intrinsèques

au chef d’entreprise, notamment

sa capacité à gérer son personnel, sa motivation

et la préparation de son projet », insiste-t-il.

par ailleurs, il faut savoir que la Banque

de France évalue les entreprises enregistrant

un chiffre d’affaires supérieur à

750 000 € ou le montant de leurs emprunts

bancaires supérieur 380 000 millions d’euros

en lui attribuant une note. Cette cotation

est répertoriée dans le dossier FiBEN

(Fichier bancaire des entreprises) auquel

ont accès les établissements de crédit. il

est possible d’obtenir sa note en la demandant

à l’agence locale de la Banque de

France. il convient d’y prêter attention afin

de pouvoir la modifier en cas de changement

favorable dans la situation de l’entreprise.

Cette démarche permet également

de prévenir des éventuels refus de crédit. À

noter que les banques établissent aussi des

notations. À l’inverse de celle de la Banque

de France, cette note n’est pas modifiable

mais reste simplement accessible.

DES ORGANISMES SPÉCIALISÉS

DANS LE CAUTIONNEMENT

DES PRÊTS

Outre un dossier rigoureux, l’établissement

financier demande souvent une garantie

au demandeur. Dans ce cas, mieux

vaut éviter des cautions personnelles.

S’agissant de poids lourds, les véhicules

constituent la garantie dans la plupart des

cas. Mais, selon la situation financière de

l’entreprise, elle peut se révéler insuffisante.

il existe des organismes spécialisés

dans le cautionnement des prêts aux entreprises,

tels que la Société d’assurance

des crédits des Caisses d’Épargne de

France (Saccef), qui cautionnent des crédits

se rapportant à tout type de projet et à

tous les secteurs d’activité et Bpifrance

(Banque publique d’investissement).

Bpifrance accompagne les entreprises

dans chaque étape de leurs développements.

Ainsi, elle intervient en garantie des

investissements matériels (immobiliers,

équipements) et immatériels (achats de logiciels,

dépenses de lancements industriels

et commer ciaux, etc.). Elle partage avec la

ou les banques de l’entreprise le risque lié

au financement de ses investissements.

Elle couvre le risque du crédit qu’accorde

la banque à hauteur de 40 à 70 %. « Dans

notre projet de plateforme logistique de

15 000 m 2 capable de contenir 28 000 emplacements

de palettes, nous sommes soutenus

par l’Agence Française de développement

(AFD), la BPIfrance ainsi qu’un pool

bancaire, révèle Guillaume Liegault, p-dg

de Sotram, un groupe de transport et logistique

établi à La Réunion. Le projet comportant

une dimension écologique en raison

de l’utilisation de la technologie

photovoltaïque pour le froid, nous avons

également décroché le concours financier

de l’ADEME et du FEDER (Fonds Européen

de Développement Régional) ».

Selon la nature du projet d’investissement,

l’accès au financement devient plus

ou moins aisé. Cependant, sans entrer

dans le cadre de l’innovation, un simple

projet d’investissement comme l’achat

d’un camion peut aussi trouver une réponse

positive auprès d’un programme

européen destiné aux pME comme

COSME (lire page 29). u S. W.

Ph. Bohlinger

n L’O.T.: Quels types de financement privilégiez-vous

pour vos investissements ?

NOËL VROMANN : il m’importe peu d’être propriétaire

ou non du véhicule ; ce qui compte le plus

pour moi, c’est le taux d’intérêt répercuté dans le

coût du financement. Que ce soit en location, crédit-bail

ou achat, je choisis ce qui me revient le

moins cher. Je conseille aux transporteurs de négocier

le taux de financement et de calculer le

coût réel in fine même en cas de location.

n Quels sont vos rapports avec les établissements

financiers ?

N.V.: Captives ou banques, je les considère comme

des fournisseurs d’argent qui ont l’obligation de se

mettre au service des entreprises et non le

contraire. Les rapports avec ses partenaires financiers

doivent s’inscrire dans une relation de

confiance. Le statut de chef d’entreprise nécessite

un minimum de compétences en termes de

risques financiers afin de pouvoir négocier avec ses

partenaires. il est important qu’il sache se montrer

en interlocuteur compétent ou à défaut recourir à

l’assistance de personnes qualifiées.

n Comment analysez-vous les difficultés

d’accès au financement que connaissent

certaines entreprises ?

N.V.: Les difficultés de financement sont liées à

plusieurs facteurs différentiels tels que la rentabilité

de la société qui dépend aussi de la compétence

intrinsèque de l’entrepreneur, autrement dit, son

savoir-faire et sa capacité à impliquer son équipe

dans la marche de l’entreprise. La gestion passée

de l’entreprise et son évolution dans le temps, qui

traduisent sa rentabilité et sa croissance, comptent

également dans l’octroi ou non du crédit. Dans

une situation très concurrentielle comme le secteur

du TRM, due à des disparités de charges au

sein de l’Union européenne, une compétence accrue

du transporteur devient indispensable.

Propos recueillis par S. W.

* Noël Vromann est également membre fondateur du

groupement ASTRE

L’Officiel des Transporteurs − N° 2822 du 4 mars 2016

L’Officiel des Transporteurs − N° 2822 du 4 mars 2016


24 GRAND ANGLE TROUVER SON FINANCEMENT EN 2016

25

BANQUES ET CAPTIVES DES CONSTRUCTEURS. parce qu’il offre certains avantages

par rapport au crédit classique, les transporteurs choisissent majoritairement le crédit-bail pour financer

leurs véhicules. Un marché que les captives des constructeurs comptent investir de plus en plus.

Les captives des constructeurs

analysent dans le détail la situation

financière de l’entreprise avant de

lui octroyer un crédit-bail.

LE CRÉDIT-BAIL,

chouchou des transporteurs

Mode de financement privilégié par la majorité

des transporteurs, le crédit-bail, ou leasing en

anglais, reste un moyen de financement des investissements

professionnels, en l’occurrence

pour l’acquisition de poids lourds. il s’agit de

crédit-bail mobilier au sens juridique. Le créditbail

procède d’une opération tripartite entre

une entreprise, un fournisseur et une banque ou une société de financement

spécialisée telles que les captives

des constructeurs de véhicules industriels.

L’instrument crédit-bail repose sur le choix

d’un véhicule par l’entreprise qui demande

à l’établissement financer, appelé crédit

bailleur, de l’acheter pour le lui louer. Le

contrat de location est souvent assorti d’une

promesse unilatérale de vente à son

échéance, soit une option d’achat. il doit

alors mentionner le prix de cession du matériel.

Cependant, il reste possible d’établir

un crédit-bail sans option d’achat. Dans ce

cas, la remise du matériel devient

obligatoire en

fin de contrat.

Si les banques proposent ce type de financement

à leur clientèle professionnelle, les

entreprises de transport se tournent également

vers les filiales spécialisées des

constructeurs qui offrent majoritairement du

crédit-bail.

AVANTAGES OPÉRATIONNELS

ET COMPTABLES

Le crédit-bail présente une certaine simplicité

comparativement au crédit bancaire

classique dans la mesure où il ne nécessite

pas d’apport initial et permet ainsi d’obtenir

un financement à 100 % du montant de

l’équipement. De plus, le traitement des dossiers

se révèle plus rapide, notamment chez

les filiales des constructeurs qui peuvent

prendre en garantie le véhicule qu’elles offrent.

Des atouts que confirme Florent Salce,

directeur des ventes et assurances de Scania

Finance, en affirmant qu’«il s’agit d’un instrument

financier souple, modifiable et qui laisse

la capacité de devenir propriétaire ». par ailleurs,

sur le plan comptable, le crédit-bail ne

figure pas à l’actif du bilan tant que l’option

d’achat n’a pas été exercée. Ainsi, il estompe

l’endettement apparent de l’entreprise. De

plus, le traitement des loyers s’inscrit en

charges déductibles du bénéfice imposable

de l’entreprise.

Le décalage de TVA constitue un autre

avantage du crédit-bail puisque son paiement

peut s’étaler sur la durée de la location.

Cependant, le crédit-bail peut revenir plus

cher d’un crédit bancaire classique en raison

de taux d’intérêt plus élevés, et de frais annexes

(dossiers, assurances, garanties etc.). il

appartient au chef d’entreprise de négocier

ces coûts.

LES CAPTIVES SOIGNENT

LEURS OFFRES

« Le crédit-bail représente 70 % de nos financements.

Ce type de produit reste privilégié par

les TPE qui le choisissent à 70 %», constate

Marc-Antoine Bréziat, directeur commercial

de Renault Trucks Financial Services. « Chez

nous, le crédit-bail est plébiscité à 75 %. Cette

option concerne tout type d’entreprise. Notre

clientèle, c’est 13 % d’entreprises de 1 à 5 salariés,

23 % de 6 à 20, 26 % de 21 à 100 et 20 %

de 100 à 300 », précise Florent Salce, pour

Scania Finance.

Ce type de financement pourrait paraître

plus facile d’accès chez les filiales des

constructeurs car elles mettent directement

à disposition leurs propres véhicules, mais le

crédit-bail reste une opération de crédit. À ce

titre, il ne peut être délivré que par des entreprises

agréées en qualité de sociétés financières.

Cet agrément les oblige à un minimum

de rigueur. par conséquent, les captives

des constructeurs analysent également la situation

financière de l’entreprise avant de lui

octroyer le crédit-bail. « Lorsque nous refusons

d’apporter un concours financier à un

transporteur, c’est généralement à cause d’un

mauvais signal impactant sa capacité de remboursement

comme, par exemple, une trésorerie

tendue », confirme Jean-Jacques Nuel,

directeur général de Mercedes Benz Financial

Services. Même en cas de simple location

financière, les captives restent attentives au

dossier du demandeur. « Nous réalisons une

analyse de crédit en étudiant l’état de la fiscalité

du demandeur afin de voir s’il a ou aura les

moyens de faire face à sa dette de location », explique

Christophe Andrillon, directeur général

de paccar Financial (groupe DAF Truck).

Malgré ces exigences, le crédit-bail offre de

nombreux avantage à l’entreprise.

RESTER COMPÉTITIFS

PAR RAPPORT AUX BANQUES

Si les captives se défendent bien en matière

de financement des investissements en véhicules,

beaucoup d’entreprises choisissent les

offres proposées par les filiales des banques.

pour autant, les captives essayent de se distinguer

à travers des services renforcés. « Notre

stratégie client consiste à lui trouver des

solutions alternatives lorsqu’il se trouve en

difficulté notamment en revoyant son plan

de financement, avec un loyer majoré, ou un

allongement de la durée du prêt. Nous faisons

également du sourcing enfin de lever des

fonds à disposition qui nous permette un

partage des risques », expose Marc-Antoine

Bréziat pour Renault Trucks. « Chez Scania,

les frais d’entretien sont intégrés au loyer »,

se targue Florent Salce. « Nous permettons au

transporteur de trouver un mode de financement

alternatif par rapport à son banquier.

Connaissant mieux leurs activités, nos ques-

tions pour constituer le dossier vont à l’essentiel

comme la valeur du camion et la valeur de

la garantie », renchérit, Christophe Andrillon

de paccar Financial.

Une réactivité des captives qui sera nécessaire

en 2016, une légère reprise semblant

s’amorcer eu égard aux derniers chiffres de la

Bpifrance. Lesquels prévoient une sensible

croissance de l’activité des pME de transport

(+11 %). Les banques et les fonds d’investissement

pourraient ainsi déployer une agressivité

commerciale accrue.

En tout état de cause, les captives envisagent,

pour la plupart d’entre elles, une élévation

de la quête de crédit. « La demande devrait

être plus dense en 2016 car le niveau

d’activité enregistre une légère croissance »,

pronostique Marc-Antoine Bréziat. « Nous

croyons que nous aurons à distribuer plus

de crédits en 2016 car l’âge moyen des véhicules

se situe en hausse. Ce qui augmente le besoin

de renouvellement », anticipe Florent

Salce de Scania Finance. u S. W.

LA LOCATION FINANCIÈRE, L’AUTRE INSTRUMENT FINANCIER

D’APPROVISIONNEMENT EN ÉQUIPEMENT

La location financière obéit au même principe que le crédit-bail, à savoir

que l’entreprise utilise le matériel sans en être propriétaire mais à la

différence qu’elle ne peut être assortie d’option d’achat. De plus, le contrat

de location porte sur une durée irrévocable. Par ailleurs, échappant à la

réglementation bancaire, la location peut s’obtenir auprès d’une entreprise

commerciale non agréée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de

résolution (ACPR) comme le sont les sociétés de financement. La location

permet d’avoir des coûts fixes, donc facile à appréhender sur le plan

comptable. Là aussi, le loyer et la TVA sont déductibles. Elle comprend

généralement des services d’entretien, de maintenance et d’assurance.

« La location permet au transporteur de réaliser des économies car, par rapport

à un crédit-bail, le loyer est beaucoup moins cher. Cela peut aller de 200 à

300 euros d’économie par mois, ce qui reste non négligeable », détaille

Christophe Andrillon, directeur général de Paccar Financial, société

spécialisée dans la location. Finalement, il s’agit d’un mode de financement

adapté à un chef d’entreprise qui recherche la simplicité maximale pour

gérer ses véhicules industriels. S. W.

L’Officiel des Transporteurs − N° 2822 du 4 mars 2016

L’Officiel des Transporteurs − N° 2822 du 4 mars 2016


26 GRAND ANGLE TROUVER SON FINANCEMENT EN 2016

TROUVER SON FINANCEMENT EN 2016

GRAND ANGLE

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AGNÈS BRICARD

PRÉSIDENTE D’HONNEUR DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE L’ORDRE DES EXPERTS-COMPTABLES ET

PRÉSIDENTE FONDATRICE DES FEMMES ADMINISTRATEURS

« Dis-moi qui tu es et

tu trouveras le financement

qui te ressemble!»

Agnès Bricard, présidente d’Honneur du Conseil supérieur de l’Ordre des expertscomptables

et présidente fondatrice de la Fédération des femmes administrateurs

vient d’élaborer, en partenariat avec divers acteurs de la finance, le Guide du routard

du financement d’entreprise basé sur le profil de l’entreprise.

n L’Officiel des Transporteurs: Quelle

est l’ambition de ce nouveau Guide du

routard du financement que vous avez

élaboré avec le soutien des acteurs

majeurs de la finance d’entreprise ?

AGNÈS BRICARD : La question du financement

reste un enjeu récurrent dans toutes les

phases de la vie de l’entreprise de sa création,

son développement à sa croissance externe.

Les réponses sont nombreuses mais restent

peu lisibles et susceptibles de décourager certains

entrepreneurs. Les statistiques confirment

que la distribution de crédit fonctionne

bien mais la pratique nous révèle que beaucoup

de chefs d’entreprises renoncent à demander

du financement, notamment les dirigeants

de TpE. Ce Guide du routard du

financement a pour objectif de démontrer

que le financement est un voyage simple

avec plusieurs étapes. il sert à insuffler le b.a.-

ba de la finance aux chefs d’entreprises. Le

profil du demandeur de crédit n’étant malheureusement

pas assez pris en

compte par la place financière, le

guide a justement la particularité

de proposer une

approche s’appuyant sur

le profil de l’entrepreneur.

Selon celui-ci,

l’entrepreneur trouvera

facilement la solution

adaptée à sa situation.

© Sylvie Mugular

Nous n’avons pas eu la possibilité de

compléter notre guide avec une analyse par

secteur d’activité alors que celle-ci aurait

été intéressante dans la mesure où certains

secteurs rencontrent plus de difficultés que

d’autres à trouver du financement. En effet

il n’existe pas de bases de données accessibles

à tous codifiant les risques par activité.

Les banques ont constitué des bases sectorielles

mais à leur seul usage.

n Le financement reste donc l’une de

vos préoccupations privilégiées…

A. B.: En effet, lorsque j’étais présidente du

Conseil supérieur de l’Ordre des expertscomptables,

j’ai mis en place avec plusieurs

banques un dossier simplifié figurant en

annexe dans ce guide permettant aux TpE

de disposer rapidement d’un prêt allant

jusqu’à 25 000 euros pour financer diverses

opérations comme améliorer sa structure

financière ou recruter un nouveau salarié.

Les chefs d’entreprises doivent remplir ce

dossier avec leur expert-comptable qui le

déposera ensuite à la banque. Les banques

partenaires, soit Banques populaires, LCL,

le Crédit Agricole, le groupe Crédit du Nord

et enfin la Caisse d’Épargne, notre partenaire

pour ce guide du routard, se sont engagées

à répondre sous 15 jours et à motiver

leur refus éventuel. Les informations demandées

sont simples et tiennent sur un

dossier de quatre pages. Les experts-comptables

apportent leur assurance modérée

en validant la cohérence des hypothèses de

travail que sous-tendent les prévisionnels.

n Comment définiriez vous le rôle de

l’expert-comptable dans la recherche

de financement ?

A. B.: L’expert-comptable est en première

position pour accompagner les TpE/pME.

Après l’arrêté des comptes annuels, il analyse

leur structure financière et étudie les

différentes possibilités de sources de financements

dès lors que les comptes relèvent

l’existence de besoins financiers.

Les fonds propres souvent insuffisants

pour emprunter peuvent être renforcés

avec l’intervention d’investisseurs (crowdéquity,

business angels, fonds d’investissements)

et il faut être accompagné de

conseils (experts-comptables et avocats)

pour les modalités opératoires et notamment

l’évaluation de l’entreprise pour déterminer

les conditions d’entrée des investisseurs

(pourcentage dans le capital et

prime d’émission rémunérant la survaleur).

n Quels conseils donneriez-vous en

priorité aux chefs d’entreprise en recherche

de financement ?

A. B.: Je conseille aux chefs d’entreprise de

demander leur cotation-notation à leurs

Boucler son dossier de financement, mode d’emploi

w Kbis;

w Statuts;

w Copie de la carte d’identité et CV du dirigeant

avec diplômes (professions réglementées ou

métiers d’art ou métiers nécessitant un brevet

professionnel);

w Situation matrimoniale (contrat de mariage

ou non);

w Présentation de l’activité historique avec faits

marquants (à mettre à jour chaque année);

w Principaux clients (répartition du chiffre d’affaires);

w Patrimoine immobilier de la société et placements

bancaires pouvant servir de garantie;

w Organigramme du groupe;

w État de l’endettement: tous les contrats d’emprunt

dont le remboursement est encore en

cours avec les tableaux de remboursement, et

les contrats de crédits-baux en vigueur;

w Comptes annuels des deux derniers exercices

avec liasses fiscales complètes (et des

filiales si groupe);

w Rapport généraux des commissaires aux

comptes;

w Contrats de financement en cours avec des

factors;

w État des inscriptions de privilèges et de nantissement

(pour connaître les inscriptions

existantes pouvant poser problème dans le

cadre du nouveau financement sollicité pour

faire radier les inscriptions qui subsisteraitent

à tort);

w État des hypothèques pour les biens immobiliers

détenus par l’entreprise.

LES PIÈCES LIÉES À LA NATURE

DU FINANCEMENT DEMANDÉ

La nature des pièces à produire à l’appui du

dossier de financement est également liée à

la nature du financement demandé (crédit

d’investissement, crédit de trésorerie de

banques (ce qui est possible depuis 2009)

avant de solliciter un crédit afin d’évaluer

leurs chances et de modéliser leur demande.

il convient de diversifier ses sources

de financement car un crédit obtenu auprès

d’un établissement financier peut servir

d’effet de levier aux autres financeurs.

Je leur conseille de s’adresser en priorité aux

réseaux d’accompagnement (initiative

France et Réseau Entreprendre) qui assurent

des prêts d’honneur tant de création que de

croissance. Ceux-ci favorisant l’intervention

des banquiers en général, pour 1€ prêté en

prêt d’honneur permet d’obtenir 7€ en prêt

bancaire. Ou encore à travers la « love money

» en demandant un coup de pouce à ses

proches. il faut savoir que ce type d’aide est

exonéré de droits tous les 15 ans jusqu’à

31 865 €. Des capitaux propres suffisants

confèrent une autonomie financière à l’entreprise

lui permettant d’emprunter.

Enfin, le chef d’entreprise doit savoir parler

de lui et de son projet avec sa passion. Cela

me paraît essentiel pour convaincre les financeurs.

il est également intéressant pour

l’entreprise de prendre une assurance santé

économique (www.infogreffe.fr et www.

touspourlaprevention.com) car cette démarche

constitue un gage de sécurité pour

les financeurs et les investisseurs. u

Propos recueillis par SAMORYA WILSON

Le dossier de financement doit être accompagné des pièces suivantes, essentielles pour l’obtention du financement.

moins de 25000€, crédit de restructuration).

Concernant le crédit d’investissement et en

complément des pièces visées ci-avant, il

convient d’ajouter les pièces suivantes:

w Liste des investissements à réaliser avec devis

ou pro forma;

w Motif de l’investissement; son intérêt pour

l’entreprise; son impact sur le développement

de l’entreprise (impact sur le chiffre

d’affaires);

w Liste des charges supplémentaires que cet

investissement va nécessiter: nouveaux locaux,

sous-traitance, embauches...;

w Prévisionnel d’exploitation sur 3 à 5 ans incluant

un rédactionnel avec les principales

hypothèses retenues;

w Prévisionnel d’investissement sur 3 à 5 ans;

w Prévisionnel de trésorerie, ou détermination

du cash flow prévisionnel pouvant être affectés

au remboursement de l’emprunt sollicité

sur 3 à 5 ans.

L’Officiel des Transporteurs − N° 2822 du 4 mars 2016

L’Officiel des Transporteurs − N° 2822 du 4 mars 2016


28 GRAND ANGLE TROUVER SON FINANCEMENT EN 2016

GRAND ANGLE

29

LEVÉE DE FONDS ALTERNATIVE. Le crowdfunding ou le financement participatif

reste un marché de niche méconnu de certains secteurs d’activité comme le transport.

Il s’adresse pourtant à toutes les entreprises et affiche une croissance spectaculaire.

LE CROWLENDING,

un financement d’avenir

PROGRAMME COSME, FEDER, HORIZON 2020, ETC.

Les financements possibles

du côté de l’Union européenne

pas encore un réflexe chez les entreprises en quête de financement, l’UE a pourtant mis en place

des programmes destinés à faciliter l’accès au financement pour les pME tel que le programme COSME.

La collecte de fonds à destination des entreprises sur les plateformes de financement

participatif a fait un grand bond en avant, passant de 88,4 millions

d’euros en 2014 à 196,3 M€ en 2015 (1) , soit une croissance de 122 %.

Ces plateformes sont communément dénommées crowdfunding ou précisément

crowdlending lors qu’elles s’adressent exclusivement aux entreprises.

La majorité de ces dernières s’adresse à tous les secteurs d’activité ;

seul le montage du projet entrepreneurial compte.

Les chefs d’entreprises du transport de marchandises

ont donc tout intérêt à s’y intéresser pour diversifier

leurs sources de financement mais aussi

parce que cet instrument se développe de manière

exponentielle et augmente donc les chances de décrocher

une réponse positive.

RELATIVEMENT SIMPLE D’ACCÈS

La procédure est la suivante : le chef d’entreprise en

recherche de financement chiffre son projet et le

présente aux prêteurs potentiels qui choisissent ou

non de lui accorder un prêt. Face au succès galopant

de la formule, les pouvoirs publics ont décidé

d’encadrer le phénomène en le réglementant (2) .

Ainsi, les fonds qui peuvent y être levés

ont été limités à 1 M€ ; de quoi financer de

lourds investissements comme un véhicule

industriel. Chaque particulier prêteur

peut investir 1 000 € maximum. À noter

cependant que cette limitation s’efface selon

la qualification juridique donnée au

prêt (bon de caisse) ou lorsqu’il s’agit

d’émissions obligataires comme sur invest

book ou une entrée au capital de l’entreprise

sur les plateformes spécialisées.

Généralement les plateformes fournissent

un traitement rapide des dossiers, soit

48 h en moyenne.

Contrairement aux circuits de financement

classique, dans le crowdlending, aucune

garantie n’est demandée à l’entreprise.

par conséquent, le risque pour

l’investisseur s’en trouve plus élevé. Les plateformes

examinent donc au préalable les

dossiers avant de les mettre en ligne. Cette

mesure du risque entraîne des taux d’intérêt

importants allant de 3 à 12 % par an.

Elles exigent que les entreprises présentent

au minimum 2 exercices comptables et

jusqu’à 8 ans pour le capital investissement

(sur wiseed.fr). Cependant, l’entreprise dispose

rapidement des sommes levées.

De plus, la levée de fonds via le crowdlending

peut entraîner un effet de levier vers

d’autres financements. u S. W.

(1) Baromètre réalisé par Compinnov pour

Financement Participatif France.

(2) Ordonnance n°2014-559 du 30 mai 2014

Le plan d’investissement européen,

dit « plan Juncker » doté de 315 milliards

d’euros de capitaux a été

adopté par le parlement européen

le 24 juin 2015. Ce plan prévoit 75

milliards d’euros pour les pME.

Reste que la grande majorité d’entre elles

ignore comment accéder à cette manne financière.

Et pourtant des programmes ont été mis

en place comme COSME, le programme pluriannuel

européen pour la compétitivité des

pME, doté d’un budget de 2,3 Md€ pour la période

2014-2020. Dans son volet financement,

COSME a pour objectif de permettre aux pME

d’avoir plus facilement accès au financement

dans toutes les phases de leur cycle de vie, de

leur création à leur transmission, en passant

par leur développement. Ainsi, les entreprises

peuvent accéder plus aisément à des garanties,

des prêts et des fonds propres. pour bénéficier

de ces instruments financiers de l’UE, les entreprises

doivent passer par l’intermédiaire des

institutions financières locales dans les États

membres de l’UE. En France, GE Capital, un

établissement spécialisé dans le financement

des biens d'équipement des entreprises fait

partie des intermédiaires du Fonds Européen

d’investissement. « Nous avons signé un partenariat

avec l’UE pour le programme COSME en

juillet 2015. Cette nouvelle enveloppe de financement

nous permet d’accepter la typologie des

dossiers pour lequel le financement reste moins

accessible. Nous avons conclu le programme sur

3 ans avec une enveloppe de plus de 100 millions

d’euros. Lorsque nous faisons appel à ce

dispositif, l’entreprise bénéficiaire signe un “avenant”

qui lui indique qu’il a bénéficié de ce programme.

Cependant, pour y accéder, l’entreprise

ne doit pas être en situation de faillite »,

explique Ralph Crockett, Managing Director

GE Capital Equipement Finance, qui précise

que « plus de 40% d’entreprises de transport

s’adressant à GE Capital sont éligibles à ce programme,

notamment le secteur de la messagerie

où la vitesse de rotation entre la croissance et la

faillite demeure grande ».

À noter qu’il existe d’autres aides, pour les

entreprises selon leur stratégie. Ainsi le programme

horizon 2020 qui fournit prêts et garanties

aux entreprises innovantes, ou encore

le programme Life qui finance les projets environnementaux

etc. par ailleurs, il faut savoir les

régions bénéficient de fonds structurels européens

destinés à soutenir les pME. Comme par

exemple le FEDER (Fonds Européen de Développement

Régional). u S. W.

La liste des intermédiaires français du programme

COSME est disponible sur le site :

http://ec.europa.eu/growth/smes/cosme/index_fr.htm

Les aides européennes à destination des PME sont

recensées sur :

http://europa.eu/youreurope/business/fundinggrants/access-to-finance/index_fr.htm

NICOLAS LESUR I FONDATEUR D’UNILEND ET PRÉSIDENT DE FINANCEMENT PARTICIPATIF FRANCE

(ASSOCIATION DES PROFESSIONNELS DU CROWFUNDING)

«Les entreprises du TRM sont les bienvenues»

n Combien une entreprise peut-elle emprunter

sur Unilend ?

NICOLAS LESUR: Unilend a été créée en 2014, avant la loi

encadrant le crowdfunding et limitant les apports des

particuliers. Nous avions alors choisi de procéder par

bon de caisse. Un outil adapté à notre cible, soit les entreprises

commerciales. Ce qui permet d’investir dans

un projet sans limitation.

n Quelles sont les conditions d’obtention

d’un prêt ?

N. L.: Le requérant doit être une entreprise commerciale

avec au moins trois exercices comptables. Nous analysons

la capacité de remboursement de l’entreprise. Nous

leur soumettons un questionnaire sur leur clientèle, les

délais de paiement, les ressources humaines etc. Les entreprises

ne possédant aucun fonds propres ou présentant

un résultat net négatif sont exclues. En revanche,

nous ne demandons aucune garantie. Ainsi, tous les

projets d’investissements de toute nature peuvent facilement

trouver une réponse sur la plateforme. Fixé par

les investisseurs, le taux d’intérêt moyen vacille autour

de 6,5 %. Ce qui reste moins cher que le leasing ou l’affacturage.

n Une entreprise de transport a-t-elle

ses chances ?

N. L.: Les entreprises du secteur du transport de marchandises

sont les bienvenues. Nous avons notamment permis

à Evertrans de lever des fonds sur Unilend. Cela les

amène à diversifier leurs sources de financement. Quel

que soit le secteur d’activité, nous analysons les dossiers

de la même manière. Le transporteur a toutes ses

chances car les 9 000 investisseurs présents sur notre plateforme

affichent un besoin de diversification. ils ne recherchent

pas forcément un projet original. Bien au

contraire, un projet banal comme l’achat d’équipement

les rassure. u Propos recueillis par S. W.

FABRICE PESIN I MÉDIATEUR NATIONAL DU CRÉDIT

«Saisir la médiation dès le premier refus de crédit»

n Recevez-vous beaucoup de dossiers

d’entreprises de transport ?

FABRICE PESIN: 4% de mes dossiers concernent les

entreprises de transport, un chiffre à pondérer par

rapport à leurs poids dans l’économie française.

Comme un bon nombre de TpE en général, celles

du secteur des transports qui rencontrent le plus

de difficultés à se financer sont celles qui n’établissent

pas de bilan ou ne possèdent pas de fonds

propres. Cependant en termes de défaillance, le

secteur du transport représente un poids faible,

soit 3 %. par conséquent les transporteurs qui rencontrent

des problèmes de financement ont des

chances de trouver une solution par la voie de la

médiation.

n Quels conseils donneriez-vous à un transporteur

en recherche de financement ?

F. P. : il convient de se montrer transparent vis-à-vis

de son banquier. il faut lui détailler sa situation en

l’avertissant, en cas de bonnes nouvelles mais également

lorsqu’elles se présentent mauvaises. L’anticipation

reste nécessaire car le pire pour un banquier

c’est de se trouver devant le fait accompli.

n À quel moment saisir la médiation

du crédit ?

F. P. : Je conseille de saisir la médiation dès le premier

refus de crédit ou un refus de réaménager une

dette. C’est un signal qui annonce d’autres refus.

Saisir la médiation au bon moment augmente les

chances de trouver une solution satisfaisante car

une situation financière trop dégradée les amenuise

considérablement.

Nous avons mis en place le guide « Chefs d'entreprise,

facilitez vos relations avec vos banques » téléchargeable

sur notre site (1) afin d’aider les dirigeants

à constituer leurs dossiers de financement

et à gérer leurs entreprises au quotidien. u

Propos recueillis par SAMORYA WILSON

(1) http://www.economie.gouv.fr/mediateurcredit

L’Officiel des Transporteurs − N° 2822 du 4 mars 2016

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