Haiti Liberte 7 Mai 2014

haitiliberte

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014 Haiti 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00

HAÏTI LIBERTÉ

JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE

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LA MINUSTAH DOIT PARTIR !

Premye Me 2014 :

Ouvriye yo reklame

500 Goud pou salè

minimòm

Page 6

English

Page 9

Voir page 4

La MNUSTAH est insconstitutionnelle, en vertu des articles 139 et 163-1 de la Constitution haïtienne de 1987. Cette force

d'occupation doit partir comme prévu par la résolution du Sénat, le 28 mai prochain.

Haïti :

Et si les horreurs du

duvaliérisme étaient

contées aux enfants

et aux jeunes

adultes…

Page 7

FRIZTO CANTON :

UN DUVALIÉRISTE AU CEP

L’impérialisme

du dollar !

Comment les USA

s’enrichissent aux

dépens du reste

du monde

Page 13

Voir page 4

Nommer un duvaliériste de la trempe de Canton, avocat de Jean-Claude Duvalier à la tête du CEP est non seulement

un autre acte de provocation, mais c’est renforcer la mainmise du régime néo-Duvaliériste de Martelly-Lamothe sur

l'appareil électoral.

Affaire Sankara:

nouveau déni

de justice, la

mobilisation

continue !

Page 17


Editorial

Contre les objectifs mesquins et violents

de Washington !

HAITI

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Yves Pierre-Louis

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LIBERTÉ

Par Berthony Dupont

Le Venezuela est-il en voie de connaître une situation aussi

tragique que celle connue par l’Irak, la Libye, l’Ukraine et

tant d’autres pays déstabilisés, victimes de cette sempiternelle

et criminelle conspiration de «changement de régime» ? Va-t-il

être sujet aux mêmes agressions mercenaires ? À voir les multiples

manœuvres de l’impérialisme américain qui se nouent dans

ce pays frère que Hugo Chavez par le truchement de la révolution

Bolivarienne avait ressuscité de son tombeau colonial, on a

quelque raison de redouter et de craindre le pire.

Un ensemble d’actions subversives et de pressions devient

de plus en plus dangereux et plus violent pour venir à bout de la

volonté populaire vénézuélienne, fière de sa nouvelle indépendance.

Les événements survenus à Caracas, comme ceux qui affectent

Kiev sont frappés du même sceau de volonté d’agression

sauvage de l’empire et logés à la même enseigne, traduisant les

démarches d’annihilation de la Révolution bolivarienne par les

forces impérialistes et néo-colonialistes, et des mercenaires à leur

solde.

Par des complots tramés dans l’ombre, l’ennemi espère toujours

miner les gouvernements progressistes et nationalistes ; il

n’a jamais cessé de lancer de fausses informations contre eux.

C’est ainsi que dans une conférence de la Freedom Online Coalition

(Coalition pour la liberté en ligne), en Estonie, le secrétaire

d'État américain John Kerry a lancé des accusations malhonnêtes

et sans preuves contre le gouvernement vénézuélien, affirmant

que le Venezuela, comme la Russie, figure parmi les pays qui restreignent

la liberté sur Internet et se trouve être un endroit «où

nous devons faire face à certains des plus grands défis pour la

sécurité aujourd'hui».

A ce compte, les objectifs violents de l'impérialisme américain

visent à façonner certains pays à leur goût, selon leurs

critères et leurs intérêts. Alors, pour que triomphent ses quatre

volontés, il n’hésite pas à mener une «guerre sale» : provocations,

attentats, assassinats de tout dirigeant qui refuse de céder

à la domination étrangère. L’impérialisme tient à supprimer tout

obstacle à l'exercice de son hégémonie, juste à tous ceux-là qui

ont dit non aux pressions politico-économiques qui s’exercent

sur eux pour les forcer à s’aligner sur les positions impérialistes.

Ces objectifs mesquins et criminels sont de nature à affaiblir

Cuba, le Venezuela, l’Equateur, la Bolivie, la Syrie, et tant d’autres

États luttant pour leur libération comme l’Afrique Centrale, la Somalie,

la Palestine et plus précisément notre pays : Haiti. Pays

non seulement occupé, mais subissant un pillage systématique,

une corruption inégalée s’étendant jusqu’au kidnapping que les

narcotrafiquants au pouvoir légalisent et patronnent.

En vérité, ce à quoi on assiste en Haïti est tragique : la vie

humaine n’est pas respectée, la volonté du peuple est bafouée, la

corruption connaît de beaux jours ainsi que les kidnappings assortis

de lourdes rançons et même de mort d’homme. C ’est une

véritable prise en charge du pays par des bandits, véritables terroristes

modernes, mercenaires du macoutisme et aventuriers du

duvaliérisme que l’impérialisme s’efforce de réactiver pour mieux

brouiller les cartes et imposer sa domination. Comme ils ne sont

pas décidés à mettre tous leurs œufs dans le même panier, ils

n’ont pas cessé d’exiger de leurs employés au pouvoir, Martelly

et Lamothe, de faire des élections, juste pour partager le gâteau

électoral et noyauter le mouvement de résistance populaire. Faisant

partie intégrante de leur dessein sinistre, quelle que soit

l’issue de la crise, c’est leur volonté avérée de nous dominer et

de maintenir le pays dans leur orbite coloniale.

Autre fait remarquable dans son cynisme: le président

Barack Obama s'est dit «profondément troublé par la répression

continuelle des manifestants au Venezuela» alors qu’en Haïti, il

y a bien répression de manifestants jetés en prison. Pourtant,

Obama ne le signale guère.

Par leur comportement, les Etats-Unis veulent montrer au

monde qu’ils détiennent la clef de la solution aux problèmes de

chaque pays ; quand, ce sont eux qui les aggravent et pensent les

rendre irréversibles. En Haiti, leur travail de sape est facilité par

des sous-impérialistes comme le Brésil et d’autres pays laquais

qui n’ont pas hésité à occuper notre pays par une invasion sous

couvert des Nations Unies, rendant la tâche beaucoup plus facile

pour l’édification de l’ordre impérial mondial.

C’est dire que l’impérialisme et ses alliés fidèles ne ménageront

aucun effort pour empêcher que le combat libérateur

des peuples ne débouche sur la victoire des forces progressistes et

démocratiques haïtiennes contre les forces occupantes. Comment

sortir de cette impasse ? S’agissant actuellement de sauver la

patrie en danger face aux violences et à la mesquinerie du capitalisme

mondial, nous n’avons qu’une seule chance : éradiquer

le néo-colonialisme américain et ses suppôts locaux. Commençons

donc, par dénoncer les acrobaties opportunistes qu’étalent

certains partis sans principe et des personnalités se réclamant

hypocritement du secteur populaire.

Seules une excellente organisation des masses populaires

et une parfaite mobilisation des forces vives et révolutionnaires

nationales, sous la direction d’un leadership patriote, résolument

progressiste, vigoureux et dynamique, arriveront à combattre

victorieusement les agressions, les occupations, les exploitations

et la répression imposées par les hordes impérialistes et colonialistes.

Périssent les agresseurs et les oppresseurs ! Triomphent les

masses populaires haïtiennes !

Website :

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DIRECTEUR

Berthony Dupont

EDITEUR

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Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014


A Travers Haiti

La lutte des enseignants rejointe et

amplifiée par des élèves de lycées

Par Jackson Rateau

Dès l’ouverture des activités scolaires

ce lundi 5 Mai 2014, aux

environs de 8 :30 AM, des élèves issus

de plusieurs lycées de Port-au-Prince

ont investi les rues de la capitale pour

s’associer aux revendications de paiements

de salaires des enseignants qui

ont abandonné les salles de classe, du

fait de n’être pas rétribués par les instances

de tutelle. L’on peut comprendre

la frustration et l’inquiétude de ces

pauvres lycéens, postérité des déshérités

du peuple, fils et filles de paysans,

des négligés, des éternelles victimes de

l’injustice sociale, qui ne sont pas habilités

à recevoir une éducation de qualité

et adéquate, pendant que les bourgeois

et les bandits légaux du gouvernement

haïtien se targuent d’envoyer leurs fils

étudier à l’étranger. En outre de ces moqueries

et de ces provocations à l’égard

des enfants du peuple, ceux des parents

aisés du pays qui ont la chance d’être

placés dans des écoles privées et congréganistes,

suivent régulièrement les

180 jours de classe prévus dans le cycle

académique 2013/2014. Alors que

les malheureux lycéens et les élèves

des écoles privées vont tous subir les

mêmes épreuves de fin d’année.

Les élèves qui se sont énergiquement

mobilisés dans les rues de

Port-au-Prince, ont démarré leur mouvement

à partir de la Rue Capois. En

quête de solidarité avec d’autres élèves

de la capitale haïtienne, ils sont partis

fermer d’autres institutions scolaires

Des élèves manifestant en solidarité avec leurs professeurs

publiques, parmi elles le Lycée Anténor

Firmin où ils ont gagné l’appui

du directeur de la dite institution. Au

Lycée Marie Jeanne dont les portes

ont été fermées, les manifestants ont

forcé leurs camarades à gagner les

rues pour les aider à soutenir le combat

des enseignants.« Le Programme

de Scolarisation Universelle Gratuite

et Obligatoire (PSUGO) est de la pure

démagogie, un mobile de propagande

pour amadouer et bafouer la population.

Les enfants des bourgeois et des

pillards du gouvernement vont étudier

à l’étranger, ils vont dans les meilleures

écoles du pays. Quand, nous autres,

fils des pauvres, des paysans, nous

sommes confinés dans les lycées qui

ne parviennent pas à pouvoir travailler

même la moitié de l’année académique.

Alors, nous sommes dans les rues pour

appuyer le combat des professeurs… »,

a martelé un des élèves protestataires.

Ce même lundi (5 Mai 2014),

aux Gonaïves, Département de l’Artibonite,

toujours dans le cadre d’un soutien

inconditionnel des élèves d’écoles

publiques à la lutte des enseignants, les

élèves ont gagné les rues de la Cité de

Grave accident à Roseaux

Par J. Fatal Piard

Depuis le samedi 3 mai dans l’aprèsmidi,

cette désolante nouvelle court

toutes les rues du pays. Suite à un accident

de la circulation qui s’est produit

dans la localité Grand carrefour, commune

de Roseaux non loin de la ville de

Jéremie, plus de vingt-trois personnes

ont perdu la vie sur le champ aux environs

de 2h 30 PM. En outre plus d’une

vingtaine d’autres grièvement atteintes

sont en passe de mourir ou de souffrir

pour le restant de leur vie.

L’accident s’est produit samedi

après-midi quand un camion Izuzu

Forward immatriculé au numéro

ZA06893 transportant une cinquantaine

de petits commerçants mélangés à

des produits alimentaires a fait panache

sur la route. « Les passagers étaient

entassés sur le véhicule au milieu

des produits », a témoigné un proche

d’une victime. « Le camion était

surchargé », a ajouté le médecin qui

a réclamé du renfort pour soigner les

nombreux blessés.

l’indépendance pour réclamer à cor et à

cri une réponse immédiate de l’exécutif

aux revendications des enseignants.

Bravant les violents tirs de gaz lacrymogène

des agents d’UDMO, les manifestants

ont tenté en vain de fermer les

portes du Collège Immaculée Conception

des Gonaïves, laquelle institution

a reçu des jets de pierres et des tessons

de bouteille de la part des élèves très

en colère.

Ce même lundi 5 Mai 2014 qui

paraissait être un jour de mobilisation

Ce grave accident de la route,

avons-nous appris de sources médicales,

est survenue à cause de l’état

lamentable de la route. «Certains des

blessés, outre les 17 qui ont trouvé la

mort sur place dont 6 autres allaient

rendre l’âme à l’hôpital de Jérémie qui

manque de tout.» C’est ce qu’a fait

savoir le Dr Dady Montiner, directeur

du département sanitaire de la région.

« Nous avons recueilli une

vingtaine de blessés dont une

dizaine avec des fractures graves.

Nous n›avons pas de spécialistes,

nous n›avons pas d›équipements

pour soigner les blessés. Certains

doivent être transportés en urgence

dans un autre hôpital situé à une

soixantaine de kilomètres », a expliqué

le docteur Montiner. Rappelons

pour mémoire au cours du mois dernier,

le gouvernement avait consenti

des débours de l’ordre de trois millions

de gourdes, juste pour aller se balader

dans ce département où il manque

de tout. Alors, l’équipe tèt kale peut

bien s’enorgueillir d’avoir su faire une

viktwa sou pèp la.

générale des élèves d’écoles publiques

d’Haïti, dans le but de soutenir la

grève des enseignants, les élèves du

Lycée Pinchinat de Jacmel ont gagné

les rues pour exiger l’augmentation

et le paiement des salaires aux enseignants.

Plusieurs écoles de la ville

ont été contraintes de fermer leurs

portes. Les manifestants ont promis

de rester mobilisés. « Ces fossoyeurs

de la patrie haïtienne, ces croquemorts

de Martelly/Lamothe qui ont

Suite à la page (18)

DÉFENDRE HAÏTI

C’EST NOUS

DÉFENDRE

NOUS-MÊMES

JOURNÉE CONTINENTALE LE 1er JUIN 2014

Coordination Haïtienne pour le Retrait des Troupes de l’ONU d’Haïti.

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 3


Frizto Canton : un

duvaliériste au CEP

La Minustah doit partir !

Frizto Canton et Reynold Georges, deux avocats de Jean-Claude Duvalier

La Coordination Dessalines (KOD) demande le départ des forces occupantes de la Minustah en Haïti

Par Isabelle L. Papillon

Par Marie Laurette Numa

George Racine président du Parti haïtien Tèt kale

Comme nous l’avons souligné la semaine

dernière, à l’inauguration à

Jacmel du Parti Unité National (PUN)

de Jean-Claude Duvalier, les forces

obscures de la dictature duvaliériste

continuent de marquer le pas marchant

main dans la main avec le parti Tèt

kale haitien (PHTK) de Joseph Michel

Martelly.

Ainsi le chef de ce parti en accord

avec Washington et l’église catholique

haïtienne vont poursuivre la politique

de la force et de la violence en Haiti

par leur décision de mettre à l’œuvre

la résolution de l’accord-désaccord de

El Rancho. Ce n’est pas une surprise

pour plus d’un, vu que les forces impérialistes

pour défendre leurs acquis

n’ont jamais craint d’agir par la force,

piétinant par ainsi la loi mère du pays.

Un acte de provocation qui illustre

fortement bien le vieil adage disant que

Constitution c’est du papier, les baïonnettes

c’est du fer.

Ainsi, le pouvoir des bandits

vient d’annoncer par un arrêté présidentiel

la formation d’un Conseil Electoral

Provisoire et la nomination de ses

membres, parmi lesquels le principal

avocat de Jean Claude Duvalier, Maître

Fritzto Canton en remplacement du

président du Collège Transitoire du Conseil

Electoral Permanent (CTCEP) Emmanuel

Ménard. Le Conseil est ainsi

composé pour le pouvoir législatif de:

Marie Cluny DUMAY MIRACLES, Pierre

Simon GEORGES et Néhémy JOSEPH.

Les 3 membres du pouvoir judiciaire

sont : Applys FELIX, Carole FLOREAL

DUCLERVIL et Léopold BERLANGER,

et pour l’exécutif : Margareth G. SAINT-

LOUIS, Chantale RAYMOND et Frizto

CANTON.

Nommer un duvaliériste de la

trempe de Canton à la tête du CEP est

non seulement un autre acte de provocation,

mais c’est renforcer la mainmise

du régime néo-Duvaliériste de Martelly-Lamothe

sur l'appareil électoral.

Les masses populaires doivent

boycotter toutes élections que les forces

occupantes veulent organiser dans le

pays. Et c’est dans cet esprit que la

Coordination Dessalines (KOD) avait

organisé un grand forum le vendredi 2

mai 2014, au bar de l’ère pour dénoncer

l’occupation du pays et mobiliser les

masses à ne pas suivre les partis opportunistes

qui vont tête baissée se livrer

aux élections-sélections des forces occupantes

pour réhabiliter le duvaliérisme

au pouvoir avec Martelly.

Au cours de ce forum les membres

et sympathisants du parti ont réitéré

leur appui aux propositions de la

Coordination Dessalinienne (COD) au

cours du Forum Populaire du 29 Septembre

2013 pour la formation d’un

gouvernement provisoire propre à remplacer

Martelly-Lamothe.

Nous de la Coordination Dessalinienne,

COD, nous proposons à tous les

secteurs du pays de se mettre ensemble

pour former un Conseil d’Etat qui aura

pour tâche de remplacer l’actuel gouvernement

afin de mener le pays à bon

port, à la satisfaction de tous ses fils et

filles. Cela ne va être ni un coup d’Etat,

ni un kidnapping parce que nous ne

possédons pas d’armes. Sauf que

l’avenir du pays est menacé et qu’il faut

que nous lui apportions le remède approprié

pour se remettre. C’est donc en

ce sens qu’il est nécessaire que chaque

secteur concerné prenne en charge de

rencontrer les différentes autres forces

que recèle le pays telles : les Paysans,

les Etudiants, les Femmes, la Jeunesse,

les Syndicats, les Patrons, les Partis et

Organisation Politique, la Société Civile,

les Secteurs Religieux, les Travailleurs

manuels, les Journalistes les intellectuels

et autres.

Nous proposons également un

Juge honnête de la Cour de Cassation

pour un Conseil d’Etat de Treize Membres

formé des représentants suivants :

1- Organisation paysanne

2- Organisation populaire

3- Des partis politiques

4- Des Organisations de Femmes

5- Du Secteur Syndical

6- Du patronat

7- Du Secteur Catholique

8- Des Etudiants

9- De la Jeunesse

10- De la Société Civile

11- Du Secteur Protestant

12- Des Vodouisants

13- Et des Partis non alignés.

Thomas Sankara avant sa mort,

avait longtemps déjà donné ce conseil

en disant :

« Nous devons inventer l’avenir

».

Le Conseil de l’Etat devra trouver

une formule démocratique pour nommer

un gouvernement, c’est à dire les

ministres et un premier ministre.

Ce gouvernement aura à mettre

en place un conseil électoral provisoire

démocratique chargé d’organiser les

élections générales dans le pays pour

tous les postes vides dans un délai qui

ne dépasse pas 6 mois.

Haïti est le pays le plus appauvri

du continent américain. D’abord,

pillée par les puissances colonialistes

européennes et ensuite par la

puissance impérialiste occidentale.

Pour comble de malheur, au début

des années 80, on a imposé à Haïti

une politique néolibérale, surnommée

«Plan de la mort», après 29 ans

de dictature des Duvalier appuyée

par les Etats-Unis au moment de la

guerre froide. Ce plan de la mort vise

la destruction de la production nationale

et l’ouverture totale du marché

aux produits étrangers. La première

république nègre était ainsi dépendante

de l’aide internationale et enfin

réduite à la mendicité. On s’est servi

de l’aide internationale pour assujettir

un peuple qui a émerveillé le monde

par une longue lutte aboutissant à

la première révolution victorieuse de

nègres esclaves de la planète-terre.

Après la célébration de 200

ans d’indépendance, suite à un coup

d’Etat sanglant le 29 février 2004,

la Communauté Internationale ayant

pour chef de file les Etats-Unis a imposé

à Haïti une fois de plus une force

d’occupation, la MINUSTAH, puis installé

à la tête du pays des gouvernements

fantoches ayant des dirigeants

à esprit servile à la manière de

Boniface-Latortue, Préval-Bellerive

et Martelly-Lamothe. Dès lors, le

pays est totalement plongé dans

l’inconstitutionnalité.

Dans son imposition à Haïti, la

Communauté Internationale privilégie

toujours la stratégie consensuelle

pour non seulement mettre de côté

les prescrits de la Constitution haïtienne,

mais également pour essayer

d’apporter ses propres solutions aux

prétendus problèmes déjà résolus par

la Constitution. Ces derniers temps

la stratégie consensuelle a abouti à

la signature d’un soit disant «Accord»

contesté par la plus grande majorité

du peuple haïtien.

Tout d’abord, il faut souligner

que l’accord de siège du 9 juillet 2004

imposé à Haïti et établissant la force

d’occupation de l’ONU, la MNUSTAH

est inconstitutionnel, en vertu des

articles 139 et 163-1 de la Constitution

haïtienne de 1987. Le premier

stipule : « Il (le président de la République

d’Haïti) négocie et signe

tous traités, conventions et Accords

Internationaux et les soumet à la ratification

de l’Assemblée Nationale. »

Sur cette base, l’accord du 9 juillet a

doublement violé les prescrits de la

Constitution : 1e) Il a été signé par

le Premier ministre d’alors, Gérard

Latortue et non pas par le président

de la République, Boniface Alexandre,

2e) Il n’a jamais été acheminé à

l’Assemblée Nationale, 10 ans plus

tard pour sa ratification.

La seconde stipule : « Aucun

autre corps armé ne peut exister

sur le territoire national. » Donc, la

MINUSTAH est une force illégale.

S’il y avait des parlementaires conséquents,

nationalistes imbus de la

mission qui leur a été confiée par

la Constitution, ils devraient exiger

la ratification de l’accord du 9 juillet

2004. C’est une honte pour les

parlementaires haïtiens, lorsqu’on

constate que c’est un étranger en la

personne du professeur, Ricardo Seitenfus

ex-représentant de l’OEA en

Haïti qui n’a pas caché son indignation

pour dire. « Cet accord est nul,

car il n’a pas été signé, comme le

prévoit la constitution haïtienne (article

139) par le président par intérim

d’Haïti, Boniface Alexandre, mais par

le Premier ministre, Gérard Latortue.

Selon les conventions de Vienne

sur le droit des traités de 1969 et

1986, tout traité signé par quelqu’un

n’ayant pas de Jus tractum soit le

pouvoir de conclure des traités est nul

et considéré comme sans effet. » Voir

Haïti-Liberté ; Vol 7 # 37, du 26 mars

au 1er avril 2014.

Dans cette même logique de

domination et de mise à l’écart du

peuple haïtien dans la gestion de

la chose publique du pays, en avril

2010, l’ex-président des Etats-Unis,

Bill Clinton s’était chargé de la gestion

des aides financières des bailleurs

de fonds internationaux à la

suite du tremblement de terre du 12

janvier. Il était président de la Commission

Intérimaire de la Reconstruction

d’Haïti (CIRH) à travers laquelle

plusieurs milliards de dollars ont été

reçus pour la reconstruction d’Haïti

S’il arrivait d’avoir vacances

dans ce Conseil d’Etat, soit par démission

ou par la mort d’un membre, le

secteur affecté pourrait toujours le remplacer,

le cas échéant.

Le pays ne devra pas accepter

de l’argent des étrangers et des institutions

internationales pour ces élections

; 4 ans plus tard la reconstruction

d’Haïti tarde toujours à voir le jour.

La construction de la zone franche de

Caracol au Nord du pays qui a coûté

des dizaines de millions de dollars est

un échec aux yeux de plus d’un. Elle

n’arrive pas à honorer ses promesses

de donner des emplois aux Haïtiens.

En décembre 2010, le chanteur du

compas Sweet-Micky, Michel Joseph

Martelly a été sélectionné par ses tuteurs

en Haïti pour participer au second

tour de la mascarade électorale

boudée par la plus grande majorité

du peuple haïtien. Le 14 mai 2010,

une marionnette a été placée au Palais

National. Donc, depuis 3 ans, il

ne fait que livrer davantage le pays

au pillage des occupants, aux kidnappeurs,

aux dealers de drogue et

aux criminels de tout acabit.

Les Etats-Unis soutiennent le

régime Tètkale de Martelly-Lamothe

qui est de connivence avec les kidnappeurs,

les dealers de drogue et des

criminels de grand chemin et veulent

les maintenir au pouvoir ?

Après trois ans de gestion

catastrophique du régime tètkale de

Martelly-Lamothe sous la dominance

des Etats-Unis, d’Obama-Clinton, la

situation politique, économique, sociale

et environnementale ne cesse

de se détériorer. Les élections telles

que prônées par l’Occident constituant

le pilier fondamental dans un

système démocratique ne sont paas

encore réalisées depuis trois ans

qu’elles devraient l’être. Le pouvoir

judiciaire est vassalisé et la justice

n’obéit qu’aux lois des kidnappeurs

et des dealers de drogues. La Chambre

des députés n’existe que de nom.

Le principe de la séparation des pouvoirs

est systématiquement foulé

aux pieds. L’économie du pays est

Suite à la page (19)

; mais n’empêche que tout soutien solidaire

émanant de pays respectant notre

souveraineté sera reçu avec haute considération.

4

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014


Bras de fer et fers aux bras

Twa Fèy, Twa Rasin O!

Par Fanfan la Tulipe

On sait que le bras de fer, ou tir au

poignet, est un jeu ou un exercice

de force musculaire qui se pratique à

deux personnes assises face à face autour

d’une table. Le gagnant est celui

qui amène la main de l’autre, sans le

blesser, à la table. En fait, je me suis

toujours demandé pourquoi avoir appelé

cet exercice «bras de fer» et non

«bras de muscles» puisqu’il s’agit

d’une épreuve au cours de laquelle ce

sont les muscles du bras, biceps et triceps

qui entrent en jeu.

Peu de gens savent que le bras de

fer n’et pas un jeu sans risque. Divers

facteurs entrent en ligne de compte

pour assurer une victoire, à savoir: la

technique, l’ensemble de la force du

bras, la longueur d’un bras, sa masse

musculaire, sa densité, la taille de la

poignée, l’endurance, la souplesse

du poignet pour ne citer que ceux-là.

Ainsi, si l’effort en rotation appliqué à

l’axe du bras (couple) n’est pas symétrique,

il peut se produire une fracture

du tiers inférieur de l’humérus (l’os du

bras). Dans la radiographie d’illustration,

on voit que l’os cassé forme un

angle très ouvert avec superposition

des deux bouts de la fracture.

Par extension, le terme bras de

fer peut être appliqué à toute situation

d’épreuve de force entre deux groupes,

deux camps (politiques ou non), deux

pays, deux courants de pensée, deux

positionnements, deux systèmes, etc.

Ainsi, la situation dangereuse prévalant

depuis quelque temps déjà en Ukraine

est un exemple vivant de bras de fer

entre deux biceps politiques : la Russie

d’un côté, les Etats-Unis et l’Union

européenne de l’autre. Un premier bras

de fer a déjà donné Putin gagnant en

Crimée. Une deuxième épreuve met en

jeu le sud-est russophone de l’Ukraine

où forces sécessionnistes prorusses

affrontent déjà le gouvernement fantoche

du pays dans une tentative de

devenir une république à part entière

tournée vers le grand frère russe. Y

aura-t-il des fractures d’humérus ? Qui

sortira vainqueur de l’épreuve ? Il n’est

que d’attendre.

Ce n’est pas seulement sur le terrain

strictement géopolitique que l’on

assiste à des situations de bras de fer.

Sur le terrain religieux (ou politico-religieux),

ce peut être aussi le cas. Ainsi,

le climat de lutte sourde qui s’était engagée

au Vatican, entre la politicienne,

puissante, autonomisée, très conservatrice

Curie romaine et les cardinaux

dits «extérieurs» (à la Curie), depuis

l’annonce du retrait tout à fait bizarre

(et suspect) de Benoît XVI. L’institution

pontificale, en effet, est secouée

par de multiples scandales de corruption

ou de moeurs, par des intrigues

en tout genre. Et nombre de cardinaux

voulaient d’un pape qui ne fût pas un

«italien» porté aux compromissions

avec les forces de l’ombre vaticanes,

paravaticanes et périvaticanes. Faudrait-il

alors parler de «bras de pourpre

vaticane» ? «Bras-de-fèrera» bien, qui

«bras-de-fèrera» le dernier.

Longtemps avant, un autre bras

de fer a déjà eu lieu au niveau religieux

entre le courant conservateur au Vatican

et les théologiens de la libération,

en rébellion contre la longue tradition

en Amérique latine «d’instrumentalisation

de la religion, du christianisme en

particulier, pour légitimer le pouvoir».

Théologiens adeptes des enseignements

et des pratiques de Christ «pour inspirer

des réformes sociales et des politiques

favorisant les plus démunis»,

ils ont été éventuellement neutralisés,

forcés au silence ou même tués (Oscar

Romero, via la complicité de l’extrêmedroite

salvadorienne alliée de la haute

hiérarchie catholique).

Même si une pacification survient

dans le nouveau climat créé

par l’élection du premier pape latinoaméricain

et la reprise du processus

de béatification de l’évêque martyr

La position de départ pour un bras de fer.

Joel Danies (à gauche), garde-chiourme et âme damnée de l’impérialisme.

Jean Monard Métellus (à droite) croisant le fer de la dialectique et du bon

sens avec l’émissaire Danies (Photo Tout Haïti).

Oscar Romero, « il serait naïf de

considérer que la controverse est terminée

», selon le vaticaniste Sandro

Magister, car le pape François peut

justement être l’un des obstacles les

plus forts à une réelle réhabilitation de

la théologie de la libération à Rome, lui

qui écrivait, en 2005, alors archevêque

de Buenos Aires: « Après l’effondrement

de l’empire totalitaire du ”socialisme

réel” ces courants de pensée

se sont enfoncés dans la confusion.

Incapables aussi bien d’une reformulation

radicale que d’une nouvelle

créativité, ils ont survécu par inertie,

même si, aujourd’hui encore, il ne

manque pas de gens pour vouloir les

proposer à nouveau, de manière anachronique

». Amen !

Vol direct vers Haïti. Un bras

de fer entre le pouvoir, catholique,

et les pratiques religieuses du vaudou

ne date pas de la campagne des

«rejete» sous Lescot. À toutes fins

pratiques, c’est sous Duvalier que le

clergé catholique, particulièrement sa

haute hiérarchie, a fini par battre bas.

Parlant du tyran, on n’oubliera pas son

bras de fer, hautement politique, avec

le président John Fitzgerald Kennedy.

L’enjeu idéologique de «contenir le castro-communisme»

en Amérique latine

favorisa le despote sanguinaire. Celui-ci

administra un koutpakonprann

à l’Américain qui fut vaincu, invitus,

malgré lui.

Bien avant et depuis l’affrontement

entre Parti Libéral et Parti National,

entre les partisans du «pouvoir

aux plus capables» et ceux du «pouvoir

au plus grand nombre», un bras de

fer n’a cessé d’exister, ouvertement ou

anbachal, entre les féodaux grandon

et le clan de la bourgeoisie, avec des

relents coloristes tantôt mulâtristes,

tantôt noiristes. Sous Duvalier, le féodo-macoutisme

tint haut le pavé avec

une chasse systématique aux «clairs»

et tous ceux qui s’apparentaient de loin

ou de près à la «clarté».

L’arrivée au pouvoir de Martelly

hissé sur le fauteuil présidentiel par les

soins frauduleux des Clinton, de l’ambassade

états-unienne, de l’OEA et du

chef civil de la MINUSTAH, Edmond

Mulet, sur la base ténue de quelque

700.000 voix et de manifestations de

rue programmées, téléguidées, vint

jeter la gangrène dans l’opéra. Le comportement

désinvolte, arrogant, obscène,

irresponsable, cynique de «bandit

légal» affiché par le nouveau maître du

palais national apporta une ambiance

de crispation politique. Une opposition

dispersée, mal unie, commença vite à

réclamer des élections.

Martelly fit la sourde oreille,

créant acrobaties, subterfuges, magouilles,

expédients, mensonges, montages

grotesques pour contourner la

question. Dès lors s’était engagé un

bras de fer entre le pouvoir et les forces

de l’opposition avançant au rythme

non pas de principes mais d’intérêts

de clans politiques ou d’intérêts personnels.

De fil en aiguille, et d’aiguille

en faufilage, rapiéçage, rafistolage,

raccommodage, ravaudage, replâtrage,

requinquage, tapage et retapage,

Martelly attira, de concert avec

le cadinal Langlois, les bandes politicaillardes

dans les filets d’un dialogue

«interhaïtien» qui aboutit à un accord

croupion, une entente croupionne, un

Angulation causée par

unefracture du 1/3 inférieur de

l'humérus,typique du bras de

fer (radiographie).

compromis en cul de pintade dont se

dégagèrent in extremis deux ou trois

partis imprudents et sans principes.

Depuis, un bras de fer se déroule

entre l’Exécutif et le Sénat, à

coups d’articles 289, 191.1, 192 de

la Constitution censés être clairs dans

leur esprit, leur corps et leur âme,

sans oublier l’article 12 de l’Accord El

Rancho. Les deux pouvoirs s’accusent

l’un l’autre, copieusement, amplement,

profusément, de mauvaise foi,

de «certaines mesures douteuses et

conflictuelles frisant une partisannerie

étroite», de «solution bâtarde de greffer

un transitoire volatile sur un permanent

inconsistant voire inexistant», de

«le temps est venu de le [Accord d’El

Rancho] mettre en application, chaque

partie en ce qui la concerne».

Entretemps est arrivé au pays

Maître Aliboron, un «Blanc Noir» du

nom de Joel Danies, un pitit Pétion,

entièrement américanisé, totalement

vassalisé, mentalement colonisé, largement

décérébré, désespérément

enenchaîné, soumis, assujetti, asservi,

conquis, réduit à la plus simple expression

d’être un restavèk de l’impérialisme,

et qui dit avoir lu ‘‘tous les livres

sur Haiti ”. Brrrr ! Sauf peut-être The

Uses of Haiti, l’un des rares ouvrages

écrits en anglais et qui dit la vérité sur

le caractère hideux, abominable de

l’impérialisme que le mec sert aveuglément,

inconditionnellement.

Numéro 2 du Département d’État

Chery’s Brokerage, Inc.

1786 Nostrand Ave., Brooklyn, NY 11226

Tel: 718-693-8229 * Fax: 718-693-8269

sur les questions haïtiennes, Danies a

croisé le fer pendant une bonne demiheure

avec un pitit Dessalines, en

l’occurrence Jean Monard Métellus

qui a lessivé le pitit Pétion, pitit Jefferson,

pitit Obama, pitit Joe Biden à

l’eau de Javel de ses doléances, questions

et revendications. Que de papa

pour un pitit ! Kiyès ki manman l ?

Éventuellement, Monard a coincé

le pitit Lescot, pitit Papa Doc, pitit

George Bush dans la diagonale des

ingérences maladroites, grossières,

gwo ponyèt, des autorités américaines

dans les affaires haïtiennes, particulièrement

l’imposition scandaleuse, honteuse,

ignominieuse, au second tour

des dernières élections présidentielles,

d’une loque sociale nommée Michel

Martelly.

Traquée, la bête restavèk a fini par

hurler et vomir que si les élections ne

sont pas tenues en 2014, les États-

Unis n’auront pas d’autres choix que

d’appuyer un gouvernement de facto,

i.e sans parlement, de Michel Martelly.

La belle saloperie ! Danies sans doute

aspire à être le numéro 1 Département

d’État sur les questions haïtiennes. Il a

fait le zouave, et n’y est donc pas allé

de main morte, de restavèkerie. Bouffi

de sa nationalité américaine, américain

naturalisé grennsenk, le type se croit

un paquet d’affaires, alors qu’il n’est

qu’un paquet de zèl poul pourries,

mandaté pour caponner les Haïtiens.

Ses maîtres l’ont envoyé en Haïti,

lui le commandeur, comme Napoléon

avait envoyé Leclerc rétablir l’esclavage

à Saint Domingue. Le Blanc

Noir avait pour mission de se mettre

en travers de l’impossible bras de fer

entre Martelly et le Sénat, renforcer les

muscles de leur tchoul, acculer Dieuseul

Simon Desras à la défaite, nous

passer aux bras et aux pieds les fers de

la soumission aux diktats de Wahington,

aux caprices duvaliéro-dictatoriaux

de leur marionnette qui gouvernera

par décrets, de façon à faciliter

une mainmise totale sur les richesses

d’Haïti et amorcer – je frémis en l’écrivant

– un quelconque, éventuel «partenariat»

avec la République voisine,

rêve secret de la salope bourgeoisie

patripoche, tilolit dans l’âme.

Que le tonnerre me fende,

m’écrase, me brûle, que la Vierge me

crève les yeux ou me timène, c’est du

bien compté mal calculé, monsieur

Blanc noir, vous qui avez eu l’outrecuidance

et le sacré culot de dire en fin de

conversation avec Jean Monard :« Haiti

n’a pas un meilleur ami que les Etats-

Unis». Même pas un brin de décence

pour les enseignements de l’histoire.

Joel Danies, le parfait`garde-chiourme

de l’impérialisme, son âme damnée.

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(between Clarendon Rd & Avenue D)

CHERY’S BROKERAGE

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 5


Kwonik Kreyòl

Premye Me 2014 : Ouvriye yo

reklame 500 Goud pou salè

minimòm

Travayè yo ap revandike : yon salè minimòm 500 goud

Jedi premye me 2014 la nan okazyon

jounnen lit travayè yo sou latè, yo

deklare ki se fèt travay ak lagrikilti ;

plizyè santèn ouvriye te pran lari a pou

reklame yon salè minimòm 500 goud,

pou yon jounen 8tèdtan travay ak

amelyorasyon nan kondisyon travay

yo. 2 manifestasyon te make jounnen

an, youn te demare devan legliz Pèpetyèl

sekou ki chita nan platon Bèlè

e yon lòt te demare devan lokal Pak

Endistriyèl la sou wout ayewopò a,

men ki te genyen menm destinasyon,

channmas, plas Desalin e devan Palè

nasyonal. Sou tout pakou a, travayè yo

ki te gen plizyè dizèn etidyan, militan

òganizasyon popilè ki te akonpanye yo

t ap revandike : yon salè minimòm 500

goud, yo te voye jete arete prezidansyèl

chanpwèl ki mete salè minimòm

lan 225 Goud la, yo denonse sendikalis

jòn yo ki vann lit ouvriye ak patwon

yo, tankou Louis Fignole St-Cyr ak

swadizan defansè dwa moun Renan

Hedouville. Manifestan yo ekzije tou

depa ekip tètkale a, ki gen nan tèt li

Michel Martelly ak Laurent Lamothe,

yo reklame eleksyon jeneral anvan

lè, depa fòs okipasyon Nasyonzini an,

Minista nan peyi Ayiti.

Manifestasyon an te fè tout pakou

l, san ensidan, men lè l te rive Channmas

ak ri Lama pou antre devan palè

a, fòs represif yo te anpeche manifestan

yo rive nan destinasyon yo, yo te tire

bal ak gaz lakrimojèn sou manifestan

yo, yo te rive kraze manifestasyon an,

maspinen manifestan yo ak kout baton

epi arete 12 moun pami yo 2 etydyan :

Fatal Mackenson k ap prepare lisans li

nan Ekòl Nòmal Siperyè (ENS) ak Leblanc

Jean Benoit Daniel k ap prepare

yon mastè. Polisye Cimo yo te arete 2

etidyan sa yo, bat yo ak kòf fizi yo, menote

yo al lage yo nan baz Cimo a. Fatal

Mackenson te genyen yon gwo blese

nan pye l. Aprè kèk tan sou entèvansyon

yon chèf nan baz Cimo a, 2 etidyan

sa yo te rive jwenn liberasyon yo

epi al pran swen nan lopital. Pandan

etidyan yo te fèmen nan baz Cimo a,

koze arestasyon an te gentan rive nan

bouch jounalis yo ki t ap bay li andirèk

nan radyo. Polisye yo di etidyan yo : «

Nou gen chans, men radyo gentan ap

bay enfòmasyon an, se etidyan sa yo

ki toujou ap bay pwoblèm nan la ri a. »

Lapolis te arete 10 lòt manifestan,

maltrete yo epi mennen yo nan

komisarya Pòtoprens lan, kote yo te

gentan voye chache yon komisè gouvènman

ak jij de pè pou vin tande yo

anvan yo t al fèmen yo nan penitansye

nasyonal.

Nan manifestasyon Premye me

a, ouvriye nan faktori soutretans yo

denonse yon lòt fwa ankò konplo swadizan

reprezantan ouvriye yo nan konsèy

siperyè sale, Fignolè Saint-Cyr, fè

sou do yo pou redwi salè a a 225 goud.

Ouvriye yo denonse arête illegal prezidan

Martelly te fè sòti pou fikse salè

a a 225 goud. Ouvriye yo fè konnen

patwon yo ap toupizi yo anba travay,

se kantite travay patwon yo ba yo fè,

Suite à la page (18)

18 me 1803-18 me 2014

Konbit Ayisyen pou Kore Lakay (KAKOLA) ak Ayiti Libète ap envite nou nan

yon sware espesyal pou komemore kreyasyon drapo Ayisyen an k ap gen

211 lane dimanch 18 me 2014. N ap gade kisa kreyasyon drapo a vle di pou

noumenm patriyòt Ayisyen, e pou limanite an jeneral.

Ansanm nou pral debat:

1. Ki koze zanzèt nou yo t ap regle Akayè 18 me 1803?

2. Ki dat revolisyonè yo te kreye drapo Ayisyen an?

3. Ki koulè drapo Ayisyen an?

5. Kijan nou ka itilize leson 18 me 1803 yo jounen jodi a?

Vin fè tande vwa nou

Dimanch 18 me 2014, 6 è diswa

Nan lokal Haïti Liberté

1583 Albany Ave (kwen Glenwood Road)

Brooklyn, NY 11210

Antre Gratis!

Pou plis enfòmasyon rele (718) 421-0162, (917) 251-6057

Osnon voye yon kouryèl nan konbitla@yahoo.com

Rapò detaye dezyèm fowòm popilè KOD

an Kòdinasyon Desalin te anonse

Jyon dezyèm gwo fowòm popilè nan

dat vandredi 2 Me 2014 la nan lokal «

BAR DE L’ÈRE ».

Efektivman aktivite a, te rive fèt

san okenn pwoblèm, okenn ensidan ak

dezòd. Fowòm nan te kòmanse byen

bonè jan sa te anonse nan konferans

pou laprès madi 28 avril la 2014.

Se konsa li te 9 vè tapan nan

maten vandredi 2 Me, lè fowòm lan te

kòmanse ak yon program ki te vrèman

rich.

Men pwen ki te gen nan program

lan ak lè yo te dewoule

• Akèy,arive delege ak militan yo

(9vè-10zè )

• Im nasyonal Ayiti (10zè-

10zè05) Donald Clairy

• Pwopo byenvini (10zè05-

10zè20) Thomas Jean Dieufaite

• Prezantasyon òganizasyon ki

anndan KOD yo (10zè21-11zè00) ki

se : MOLEGHAF-OJPAP-MPJD-OCDD-

PARS-PROTEINE-MISORA

• Prezantasyon òganizasyon

zanmi KOD yo ki te prezan (11zè-

11zè20) se te : MODEP ak KOLEKTIF

MOBILIZASYON POU DEDOMAJE VIK-

TIM KOLERA YO

• Prezantasyon delege

entènasyonal yo (11zè20- 11zè45)

• Pwopozisyon KOD (11zè45 -

midi 45) David Oxygène. Yon pwopozisyon

ki te gen 3 gwo pwen ki se :

1- Yon gouvènman pwovizwa

2- Konba manch long kont okipasyon

an

3- Konba pou Minustah kite

peyi a

• Entèvansyon yon mann KOLE-

KTIF POU DEDOMAJE VIKTIM KOL-

ERA YO (Orlwitch Jean Pierre) pandan

15 minit. Kamarad la te poze pwoblèm

moun kite viktim yo e ki kontinye ap

viktim anba maladi Kolera Minustah.

• Poz manje ( inè-2zè)

• Deba sou pwopozisyon KOD yo

( 2zè-4trè)

• Mesaj yon dirijan KOD (Henriot

Dorsant 4trè- 4trè 30)

• Rezolisyon final ( 4trè30- 5kè)

• Se Manette Chery yon kanmarad

fanm KOD yo ki te klotire fowòm

lan vè 5kè05

Fòk nou di, nan moman KOD

t’ap prezante pwopozsyon nan dezyem

gwo fowom popilè a, te gen plizyè medya

ki te prezan, pami yo nou ka site

: Radyo Melodi-RCH2000-Radyo/Tele

Kiskeya-Radyo/Tele Timoun-Radyo/

Tele Galaxie-Radyo Lumiere-Tele

Super-star-Radyo RD Plus-Tele Kanal

11-Radyo Antille-Jounal Ayiti Libète

Wendel Polynice te reprezante.

Fok nou souliye, radyo RCH2000

te mande KOD kijan li wè zafè eleksyon

nan dat 26 oktob 2014 la. KOD te klè

nan repons li, pa kab gen bon jan

eleksyon ak Martelly-Lamothe, pa ka

gen eleksyon anba okipasyon.

Se te yon jounen istorik pou

Se te yon jounen istorik pou KOD, lè anviwon 125 militan pati a ak

senpatizan, zanmi KOD te prezan nan fowòm lan

KOD, lè anviwon 125 militan pati a ak

senpatizan, zanmi KOD te prezan nan

fowòm lan. Tout patisipan yo te byen

disipline, nan yon bèl anbyans. Sa

montre pèp la lè l òganize l, li kapab

kreye bon bagay pou peyi l. Se sa ki

fè noumenm nan KOD nou kwè nan

òganizasyon kote tout moun respekte

youn ak lòt. Fòk nou raple tou nan

moman deba sou pwopozisyon KOD

yo, patisipan yo te fè anpil entèvansyon

e yo te diskite pwen yo kote yo

tout te ale nan sans pwopozisyon yo

ki se :

1- Yon gouvènman pwovizwa k

ap genyen 13 manm ladann

2- Antre nan konba manch long

kont okipasyon peyi a.

3- Mande depa minustha nan

peyi a nan aplike rezolisyon sena ki

mansyone minustha dwe kite peyi a

pita 28 me 2014

An gwo nou ka di, tout asistans

lan te dakò ak pwopozisyon KOD yo.

Nan fen deba, anvan kanmarad

Henriot Dorsant te prezante diskou l ak

mann KOD yo, te gen 4 kanmarad KOD

(David Oxygene, Samuel Saint Jean,

Donald Clairy ak Manette Chery) ki te

ale prepare rezolisyon final epi prezante

l devan asistans lan. Yon rezolisyon ki

te adopte san okenn pwoblèm. Men lis

pwen ki te genyen nan rezolisyon an:

1- KOD reyafime detèminasyon

l pou li kontinye batay kont pouvwa

Martelly-lamothe la

2- KOD reyafime detèminasyon

l pou li kontinye batay ak tout lòt sektè

pwogresis kont Minustha nan peyi a

3- KOD detemine e l ap chache

ranfòse l nan batay pou dezokipe peyi a

4- KOD deklare lit pèmanan

nan akonpanye tout sektè ki viktim

nan lavi nasyonal la tankou : a) ouvriye

yo, b) travayè yo, c) peyizan san

tè yo, d) pwofwesè yo, e) etidyan yo, f)

jèn gason, jèn fi, malere ak malerèz nan

katye popilè yo, g) ti machann k’ap bat

dlo ou fè bè

5- KOD pran angajman pou konbat

tout grandon boujwa yo

6- KOD pran angajman pou

konbat plan neyoliberal la ki donnen :

mizè-chomaj-povrete ak grangou

7- KOD pran angajman pou

akonpanye revoke yo ki te viktim plan

neyoliberal la ki voye nan mizè anviwon

10 mil manman ak papa pitit

8- KOD pran angajman pou

sipòte, apiye ak fè solidarite ak tout

moun k ap viv nan tout zile peyi a kote

pouvwa Martelly-Lamothe la deside

van zile sa yo ak gwo peyi enperyalis

yo

9- KOD pran angajman pou li

toujou prezan nan batay peyizan Ilavach

yo ap mennen an

10- KOD pran angajman pou

kontinye batay pou tout viktim kolera

yo jwenn jistis, dedomajman ak reparasyon

11- KOD ap kontinye batay pou

rezolisyon sena aplike pou minustha

kite peyi a pa pita pase 28 me 2014

12- KOD deklare eleksyon se

youn nan mwayen pou yon pati ka pran

pouvwa, KOD pa kont eleksyon,men

KOD di eleksyon pa posib ak Martelly-

Lamothe

13- KOD deside pa ale nan

eleksyon ak :

- Martelly

- Lamothe

- Minustha

- Anba lokipasyon

14- KOD ap denonse tout moun,

sektè, pati politik, òganizasyon politik,

òganizasyon sosyal ki deside pran

wout eleksyon ak Matelly- Lamothe

15- KOD pran angajman pou li di

yon sel mwayen pou pep ayisyen an

pran yon souf nan moman se :

- Depa Matelly- Lamothe

- Depa Minustah nan peyi a

16- KOD pran angajman pou li

prezan nan tout mobilizasyon pou jete

Matelly- Lamothe ak nan tout mouvnan

pou dezokipe peyi a.

Konferans pou laprès MOLEGHAF sou

enjerans Kominote entènasyonal la

ap fè sou Ayiti

Mouvman pou libète ak egkalite

tout ayiyen (MOLEGHAF) rele

medya yo pou l te fikse pozisyon l

sou plizyè dosye kap brase bil peyi

Ayiti, sitou sou enjerans Kominote

entènasyonal la ap fè, pandan mas

pèp la nan katye popilè yo ap jemi nan

mizè, povrete ak chomaj. MOLEGHAF

rete ak je l byen kale, ak zòrèy li byen

louvri pou li konstate kijan sitiyasyon

politik, ekonomik ak sosyal peyi a ap

fin depafini. Jounen jodi a MOLEGHAF

ap konstate jan kominite entènasyonal

la ap foure bouch byen fon nan zafè

entèn peyi a, pase nou lòd e menm

rive enpoze n ki lè ak ki jou pou n fè

eleksyon nan peyi a.

MOLEGHAF konstate tou, se

etranje yo ak dirijan ki gen doub

nasyonalite yo ki pran peyi a annotaj.

Se trafik dwòg, kòripsyon, kidnapin ak

ensekirite kap taye banda nan peyi a.

MOLEGHAF konstate : MINUS-

TAH fin touye mas pèp la ak kolera

MOLEGHAF ap denonse anbasade

peyi Etazini, Lafrans, Kanada ki

toujou ap foure bouch yo byen fon nan

zafè politik peyi a

MOLEGHAF deklare Jose Miguel

Insulza sekretè jeneral OEA, Patrick

Nicoloso anbasadè peyi Lafrans, Sandra

Honore reprezantan fòs okipasyon

nasyonzini an, Joel Danis reprezantan

depatman Deta.Tout chèf Deta ak

ansyen chèf gouvènman ki chita nan

Club de Madrid kouwè ansyen prezidan

chilie a Ricardo Lagos PERSONA

NON GRATA epi MOLEGHAF tou

pwofite voye jete tout pwojè yo genyen

pou ayiti espesyalman pwojè eleksyon

ak Martelly anba okipasyon peyi a

Suite à la page (18)

6

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014


Perspectives

Nous reproduisons à nouveau cet article de notre collaborateur Robert Lodimus, pour la satisfaction de nos lecteurs qui sans doute ont eu beaucoup de difficultés à lire son texte paru à la page 8, la semaine

dernière ; suite aux différentes erreurs, glissées au moment de la mise en page et qui avaient rendu le texte incompréhensible. Nous nous en excusons grandement !

La Direction

Haïti : Et si les horreurs du duvaliérisme étaient

contées aux enfants et aux jeunes adultes…

Par Robert Lodimus

De 1957 à 1986, la dictature politique

a régné sur Haïti comme l’Angleterre

d’Elizabeth 1 ère l’a fait sur les mers

par la violence, la piraterie, l’esclavagisme

et la colonisation. Nous pourrions

prendre le temps de rappeler brièvement

que la construction du premier bateau

négrier anglais qui a porté le nom de

« Jesus » a été financée par Buckingham

Palace.

Pour revenir à ce qui nous

concerne, au cours de trois décennies

ou presque d’obscurantisme politique,

Port-au-Prince – devenu la capitale de la

mort – et ses provinces environnantes et

lointaines se sont vidés de leur cerveau…

Dès la tombée de la nuit, le cynique

« boucher du Champ-de-Mars »

lâchait ses bêtes féroces aux trousses

des contestataires irréductibles de sa

« présidence à vie » qu’il qualifiait de

gauchistes, de pro-russes. Pour le duvaliérisme

absurde, démentiel et perfide,

l’ennemi numéro 1 à abattre à cette

époque d’autoritarisme, de ploutocratie,

de cruauté politique excessive,

c’était le « communisme ». La

gauche haïtienne – encore à ses balbutiements

– n’était pas au bout des persécutions

et des flagellations.

C’est dans ce contexte politique

épouvantable que le neurologue, journaliste

et écrivain Jacques Stephen Alexis,

revenu d’une tournée à l’étranger où il

avait participé à la rencontre des représentants

des organisations communistes

de 81 pays, fut arrêté, torturé et assassiné

avec plusieurs camarades de parti :

Charles Adrien Georges, Guy Béliard,

Hubert Dupuis-Nouillé et Jacques Monroe.

Selon certains témoignages, Luc Désir,

l’horrible « bourreau de Venise »,

lui aurait crevé les yeux avec des cigarettes

allumées – comme les Philistins

enlevèrent cruellement la vue au prophète

Samson de l’ancien testament

avec des barres de fer chauffées à blanc

dans les fournaises ardentes – avant de

le faire exécuter, de l’envoyer ad patres.

Cette semaine, plus précisément

le 22 avril, ramenait l’anniversaire de

naissance – coïncidant avec celui

de Lénine – de cet éminent intellectuel,

incontestable révolutionnaire et fervent

progressiste qui a contribué, en peu de

temps, à la consécration de la littérature

caribéenne en lui offrant de belles

et grandes œuvres romanesques: Compère

Général Soleil (1955), Les arbres

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musiciens (1957), L’espace d’un cillement

(1959), Romancero aux étoiles

(1960)…

Alexis nourrissait un grand rêve

de changement et de liberté pour son

pays. Mais, malheureusement, il n’a pas

pu – comme son héros et son héroïne,

El Caucho et la Nina Estrellita, ont réalisé

le leur dans L’espace d’un cillement

– se rendre jusqu’au bout de sa lutte. Il

décéda donc prématurément, sans avoir

eu le temps de voir poindre les rayons

du soleil de Hilarius Hilarion(1) dans le

ciel nébuleux des tracasseries sociales et

politiques de sa terre natale, de franchir

la frontière de son fantasme révolutionnaire

avec un flambeau de triomphe

contre le « mal indompté, mais non

indomptable » qu’est le capitalisme

à visage terriblement inhumain. Cette

sangsue économique et financière

que personnifient aujourd’hui les « sept

pays » gloutons de la planète dicte

partout ses lois, assassine des présidents

patriotes – comme Omar Torrijos,

au Panama – qui recherchent le

bien-être de leur peuple, sermonne et

menace – par l’intermédiaire des

Joel Danies et d’autres bâtards et

laquais – des sénateurs et des députés

qui résistent à l’arrogance des Nations

Unies et de l’OEA, impose sans vergogne

des « élections truquées », ourdit

des complots et fomente des coups d’État

contre des gouvernements légitimes

et populaires, contrôle une partie de la

presse locale en délivrant des visas et

en octroyant des bourses d’études à

des journalistes sans éthique, fait élire

des drogués et des soûlards à la tête de

certains États périphériques moribonds,

dans le seul et unique but de protéger

leurs intérêts extraterritoriaux.

C’est décevant de constater que

les groupes politiques qui ont accédé au

pouvoir à partir du 16 décembre 1990

n’ont pas eu l’opportunité d’élever des

bustes à la mémoire de Jacques Stephen

Alexis, Hector Riobé, Adrien Sansaricq,

Fred Baptiste, Lionel Lainé et enfin de

tous les compatriotes sacrifiés, martyrisés

pour la cause de la Justice et de la

Liberté. Cependant, et heureusement,

des professeurs de sciences sociales, des

historiens, des écrivains, des poètes…

ne cessent pas d’alimenter preusement

la mémoire universelle des méfaits diaboliques

de toutes les horreurs politiques

que les démons du mutisme complice

n’ont pu ensevelir dans la fosse commune

de l’oubli subjuguant.

Le compatriote Rassoul Labuchin,

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Mèkredi 9-10 pm

François Duvalier, le cynique «

boucher du Champ-de-Mars »

réalisateur du film Anita, proche et fidèle

collaborateur de Jacques Stephen Alexis

a voulu rendre un vibrant hommage à

l’homme dans son nouveau roman Les

yeux de l’aube publié à compte d’auteur

à Montréal. Le romancier, dramaturge et

cinéaste témoigne son indignation et sa

tristesse à la page 81 : « Le sang coule

partout sur notre terre si prometteuse,

qui a vu émerger tant d’hommes et de

femmes illustres que le monde a salués

avec respect. Le ciel pleure à chaudes

larmes… »

Rassoul Labuchin nous a peint

une toile géante, énorme comme le

tableau Guernica de Picasso, représentant

une pléthore de personnages illustres –

Gérald Brisson, Jean-Jacques Dessalines

Ambroise, Marie Thérèse Féval, Gladys

Jean-François... – qui voulaient mettre en

commun leurs rêves de patriotisme et

de solidarité, rassembler le matériau des

connaissances didactiques, dogmatiques

pour construire – à leur façon – « La Cité

de Dieu » de Saint-Augustin ou le « pays

imaginaire » de Thomas More, en lieu et

place des prisons de désolation et des cathédrales

d’aliénation, financées avec « de

l’argent sale ».

En Haïti, le 26 avril 1963 demeure

l’équivalent du « massacre des saints-innocents

» rapporté dans les Évangiles et

qui assombrit la dynastie hérodienne. Le

dictateur dément mit Port-au-Prince à feu

et à sang en prétextant fallacieusement

d’une tentative d’assassinat de son fils,

l’héritier du trône. Des maisons furent incendiées.

Des adultes exécutés sommairement.

Des enfants éventrés. Des animaux

domestiques décapités. Beaucoup

d’officiers militaires furent mis en accusation

et massacrés sans défense dans le

cadre de ce complot politique apparemment

inventé et monté de toutes pièces.

Le 26 avril 1986, la main assassine

de Fort-Dimanche frappa à nouveau.

Des manifestants, après le départ de

Jacques Stephen Alexis

Jean-Claude Duvalier, voulaient rendre

un premier hommage à leurs martyrs en

se présentant sur les lieux des crimes sordides.

Les militaires de Namphy tirèrent

sur les pèlerins désarmés. Des dizaines

de cadavres jonchèrent la route maudite

et vinrent se rajouter sur la liste

des 35.000 victimes recensées par les

organismes des droits humains à partir

des enquêtes et des témoignages fiables.

Fort Dimanche

Minuit à l’intérieur

Midi à l’extérieur

Fort Dimanche

Dans des quartiers

Où il n’est jamais dimanche

Qui s’appellent

Ô ironie

Cité Carton

Cité Mouche

Cité Punaise

Fort dimanche

Je parle de milliers

D’ossements d’hommes

De femmes et d’enfants assassinés

Pour avoir dit qu’ils ont faim

Je parle des centaines de milliers

d’orphelins

Qui rêvent de planter leurs clous de vengeance

Dans le catafalque des bourreaux

Fort Dimanche

Je parle de la jeunesse d’un pays

Qui a donné son sang

Pour que le CATALPA

Ne grandisse plus

Sur cette TERRE DE LIBERTÉ

Les enfants et les jeunes adultes

ne doivent pas ignorer ces faits

qui ensanglantent et enlaidissent

à certains endroits le parcours

historique de la République d’Haïti.

Les années sombres du duvaliérisme

ont ravagé l’économie haïtienne déjà

anémiée par la période désastreuse

de l’ « occupation américaine ».

Aujourd’hui encore, l’enrichissement illicite

et l’appauvrissement infrahumain

cohabitent incroyablement, ignoblement

dans le même pays, les mêmes régions,

les mêmes villes, les mêmes quartiers, les

mêmes rues : un « cocktail de révolution

» explosif qui attend les étincelles

d’une prise de conscience généralisée.

Jacques B. Gélinas, La globalisation

du monde, explique : « Comprendre,

c’est prendre conscience, et la

prise de conscience constitue une

étape préalable à la critique et à la

résistance. »

Cependant, le peuple haïtien

maintenu sauvagement dans son état

d’inculture et de faiblesse idéologique

n’arrive pas jusqu’à présent à s’organiser,

à mettre à profit ses forces vives pour

se réapproprier l’espace de ses Droits.

Un peu de digression…

Le développement vertigineux du Nord

s’est fait et se réalise encore sur le dos

d’un Sud déboussolé et étonnamment

émacié, desséché par les puissances

mondiales, l’industrie internationale

de la finance, les « braconniers » de

l’économie transnationale.

Albert Jacquard dénonce dans Voici

le temps d’un monde fini le cynisme

des agents de l’impérialisme: « Malgré

leur production pléthorique, les nations

développées ne consentent guère à faire

que quelques aumônes. Les discours sont

généreux, les actes beaucoup moins. »

Il ne faut pas oublier que l’Europe

a assassiné au-delà de 15 millions d’indiens

en Amérique pour construire sa

fortune colossale. Acte « génocidaire »

enfoui sous l’impunité totale…! Après

la deuxième guerre mondiale, les vainqueurs

de Berlin se sont partagé la Terre

à Yalta. Ils se sont érigés en juges, accusateurs

et bourreaux à Nuremberg

et à la Haye. Ils répudient sans être

répudiés. Maudissent sans être maudits.

Condamnent sans être condamnés. Décident.

Interdisent. Imposent. Nomment.

Destituent. Exécutent. Inhument…!

Deux locutions substantives leur

confèrent toute la légitimité de la politique

interventionniste : « Crime contre

l’humanité », « Droit d’ingérence

humanitaire ». La médecine de cette

« tyrannie déguisée » a déshydraté

de nombreux pays, les a transformés en

loques ambulantes et en ruines, et les a

entraînés dans des cycles de violences

innommables, interminables, irréversibles…

C’est le cas de l’Irak, l’Afghanistan,

la Lybie… L’Ukraine, tout récemment…!

La courroie d’exploitation et de déshumanisation

des États moins nantis

est supportée par des « laquais

autochtones » qui servent de voix et de

bras aux gouvernements étrangers et qui

protègent les intérêts transnationaux.

Dans le cas d’Haïti – grâce au coordonnateur

général du Parti National pour

le Développement et le Progrès d’Haïti (PN-

DPH), l’ex-sénateur Turneb Delpé – nous

avons appris en 1997 que le Programme

des Nations Unies pour le Développement

(PNUD) avait confié à des représentants

de groupes sociaux et politiques

locaux la tâche de rédiger un « projet de

société » pour Haïti, applicable sur une

durée de 25 ans. Dr Turneb Delpé, de

son propre aveu, avait décliné l’offre de

participation : « Je comprends mal – nous

avait-t-il mentionné à l’époque – que des

étrangers décident eux-mêmes, comme

bon leur semble, des orientations politiques

et économiques d’un pays souverain

sans chercher le consentement

des autorités de l’État, et nous sommes

convaincus nous-mêmes que ces décisions

ne répondront jamais aux intérêts

des masses populaires haïtiennes.

L’expérience nous a appris que ce qui est

bon pour eux ne le sera en aucun cas

pour nous », avait-t-il ajouté?

De source authentique et fiable,

plusieurs chefs de « groupements politiques

» – au sens du rationalisme

structurant, de la systématisation sur

le plan organisationnel, nous doutons

fort qu’il existe à proprement parler des

partis politiques en Haïti – ont collaboré

à la conception et rédaction du document

gardé secret, conservé précieusement

dans les tiroirs de L’USAID et qui doive

servir de plan architectural du nouveau

pays, lorsque le territoire haïtien sera

totalement conquis par les puissances

néo-colonisatrices qui s’y sont réinstallées

depuis 2004.

Merci Obama, Sarkozy et Harper…

La remise en selle du duvaliérisme au

pouvoir et le retour de l’armée depuis

les dernières élections participent d’une

stratégie de main mise totale de la

Suite à la page (14)

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 7


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This Week in Haiti

May Day 2014:

Haitian Workers

Demand $11 a Day

Minimum Wage

On May Day, assembly workers marched from the Industrial Park to

downtown Port-au-Prince, like these workers in a 2012 demonstration.

At the Champ de Mars, police beat and arrested 12 protestors.

by Thomas Péralte

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Gaetant Guevara/Bri Kouri Nouvel Gaye

May Day in Haiti is celebrated as

the Festivity of Work and Agriculture,

and several hundred workers

took to the streets of the capital to demand

a minimum wage of 500 gourdes

(US$11.11) for an eight hour day and

an improvement in working conditions.

In fact, there were two demonstrations.

One stepped off from in front

of the Church of Perpetual Help in hilltop

neighborhood of Belair, and another

left from the Industrial Park on the

Airport Road. But they both had the

same destination: the Dessalines Plaza

on the Champ de Mars in front of the

National Palace.

All along the march route,

workers were joined by students and

popular organization militants who denounced

the Apr. 16, 2014 presidential

decree setting the minimum daily wage

at 225 gourdes ($5) as well as unionist

Fignolé St. Cyr and human rights

lawyer Renan Hédouville, who sit on

government commissions (like the

High Council on Wages) which have

defended the current minimum wage.

The demonstrators also called

for the resignation of President Michel

Martelly and Prime Minister Laurent

Lamothe as well as the departure of the

9,000 troops of the UN Mission to Stabilize

Haiti (MINUSTAH).

The demonstrators marched to

downtown Port-au-Prince without incident,

but the police blocked their route

at Rue Lamarre on the Champ de Mars

when they sought to go in front of the

National Palace. The police fire bullets

and tear-gas, dispersing the protest,

and also beat many demonstrators

with clubs, arresting 12 people, including

two students: Fatal Mackenson

who is getting his teacher’s certificate

from the state university’s Normal Superior

School (ENS) and Leblanc Jean

Benoit Daniel who is getting his masters

degree.

The riot police of the Company

for Intervention and the Maintenance

of Order (CIMO) arrested the two students

after beating them with rifle

butts, handcuffing them, and taking

them to the CIMO headquarters. Fatal

Mackenson had a big wound on his

leg.

Finally, a CIMO officer had the

two students released from custody

and taken to the hospital for treatment.

While the students were being held at

the CIMO base, radio journalists covering

the protest began talking about

their arrest. Reportedly, the police told

the students: “You are lucky because

the radio is reporting live about you.

But these students are always the ones

causing problems in the streets.”

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Martelly Appoints Duvalier Lawyer

to Oversee Elections

by the Center for Economic and Policy

Research

Two weeks after the Associated Press

reported that the “old political party

founded under the Duvalier dictatorship

says it plans to enter candidates in

Haitian elections,” President Martelly

issued an executive decree naming one

of Duvalier’s lawyers, Frizto Canton, as

a member on the body overseeing said

elections.

The holding of local and legislative

elections, now more than two

years overdue, continues to cause controversy

and political gridlock in Haiti

and consternation for the international

community.

The Special Representative of the

Secretary-General of the United Nations

and head of MINUSTAH, Sandra

Honore, recently warned in a press

release, co-signed by the so-called

“Friends of Haiti” group of countries,

“that certain important decisions to advance

toward the holding of the elections

have yet to be made” and that

the “inability to hold elections in 2014

could lead to the dissolution of Parliament

in January 2015 which would

engender yet another political crisis,

with unpredictable consequences for

the future of Haitian democracy.” This

followed visits by members of the U.S.

Congress, U.S. State Department representatives

and the Club de Madrid, ostensibly

to push elections forward.

The gridlock between the senate

and the president stems from the

composition of Haiti’s electoral body,

tasked with organizing and overseeing

the electoral process. The international

community and President Martelly

have continually referred to the “El

Rancho Accord,” which was the result

of negotiations brokered by the Catholic

Church, as outlining the composition

The police arrested 10 other

demonstrators, also mistreating them

as they took them to the Port-au-Prince

police station, where they got a government

commissioner and a justice of

the peace (juge de paix) to hear them

before shutting them in the National

Penitentiary.

n addition to condemning Martelly’s

decree setting the minimum

wage at 225 gourdes, the workers

denounced how factory bosses are

squeezing them. When they say they

will give an assembly worker enough

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On May 6, President Michel Martelly issued an executive decree naming

one of Duvalier’s lawyers, Frizto Canton, as a member on the Electoral

Council overseeing upcoming elections.

of the electoral council. However, the

president of the Senate, Simon Dieuseul

Desras recently stated, as reported

by Haiti Liberté, that, “the El Rancho

Accord has no binding force and cannot

override either the Constitution or

the Electoral Law.” Desras added that a

“trusted electoral council of consensus

would not take one week to set up.”

Martelly, apparently frustrated

by the Senate’s position, decided to

move unilaterally today. The AP reports:

Haitian President Michel Martelly announced

Tuesday [May 6] he has appointed

a new council to oversee legislative

and local elections that are two years

overdue, an important step to organizing

a vote whose tardiness has frustrated

many. In a posting on his Facebook page

and in a separate email, the leader said

that the newest member of the council

is Frizto Canton, a high-profile attorney

who is defending former dictator Jean-

Claude Duvalier against human rights

pieces to make 300 gourdes ($6.66),

the worker cannot actually make that

amount.

Also, workers living in the southern

capital neighborhood of Carrefour

explained the difficulties they face.

A round-trip tap tap (bus) costs 50

gourdes ($1.11), breakfast and lunch

at the factory 75 gourdes each ($3.30

total), and a drink costs 25 gourdes

($0.56). So with a salary of only 225

gourdes ($5), there is nothing left over,

especially with the exchange rate at 46

gourdes to a dollar.

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abuse and embezzlement charges.”

Although the international community

and U.S. State Department

have largely blamed the electoral delays

on the Haitian parliament rather

than on Martelly, the press release

from the “Friends of Haiti” also urged

“all actors involved to make the concessions

required to create a climate of

mutual trust and serenity to facilitate

the work of an Electoral Council which

can provide the necessary guarantees

for transparent and inclusive elections.”

It’s hard to believe the appointment

of Canton will help “create a

climate of mutual trust” between all

parties, especially given the prominent

role many officials during the Duvalier

era have been given in the current administration.

Martelly announced he

would address the nation at 8 p.m. on

May 6, with elections expected to be

the topic.

President Martelly has accepted

to protect the bosses’ interests, who are

exploiting the workers for peanuts. According

to a study by the Institute for

Statistics and Information, a family of

five should have 425 gourdes ($9.44)

each day to eat, while a worker only

makes 225 gourdes a day.

As the workers demonstrating on

May Day pointed out to , in 1991, under

President Jean-Bertrand Aristide’s

first mandate, the minimum daily salary

was about $5 a day. Twenty-three

years later, it is still $5 a day.

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Perspectives

Lettre à Obama pour

les cinq Cubains

Par Jacqueline Roussie

Monsieur le Président Obama

The White House

1600 Pennsylvania Avenue

N.W.

Washington DC 20500

USA

Le premier mai 2014.

Monsieur le Président,

Le 20 mars dernier, l’ancien président

du Portugal Mario Soares

vous demandait la libération des Cubains

Gerardo Hernández, Ramón

Labañino et Antonio Guerrero, et le

lendemain, c’était au tour du président

d’Uruguay José Mujica de vous

la suggérer après qu’il ait accepté de

recevoir dans son pays cinq prisonniers

de Guantanamo.

Yogesh Kumar Sabharwal

ex président du tribunal Suprême

Indien, Zakeria Mohammed Yacoob,

ex magistrat de la Cour

Constitutionnelle d’Afrique du

Sud, et Philippe Texier conseiller

honoraire à la Cour de Cassation

de France, suite à la commission

d’enquête des 7 et 8 mars dans

la « société des lois » de Londres,

vous avaient eux aussi demandé

de bien vouloir gracier les cinq

Cubains René González, Fernando

González, Gerardo Hernández,

Ramón Labañino et Antonio

Guerrero, dont les trois derniers

sont toujours emprisonnés dans

votre pays.

Vous n’avez pas encore

répondu à la demande de toutes

ces personnalités, Monsieur le Président,

ni à celle de tant d’autres

dans le monde. Ces cinq Cubains

ne pourront pas être présents le 8

mai, à San Francisco, pour recevoir

le Prix des Droits de l’Homme

de l’ONG Globel Exange qui leur

a été décerné cette année par la «

sélection des gens ».

Monsieur le Président, combien

de temps encore allez-vous

garder ces innocents en prison ? Il

y a 60 ans que par son vote le sénat

a censuré la politique de Mc-

Carthy ! Cuba, n’a jamais organisé,

financé ou exécuté d’attentats

terroristes contre d’autres pays,

mais, par contre, a toujours signé

tous les traités internationaux

contre le terrorisme et manifesté

sa volonté de coopérer dans ce domaine

avec tous les Etats, y compris

avec les Etats-Unis.

Les Cinq étaient des agents

cubains envoyés en Floride pour

déjouer les attentats organisés

depuis les Etats-Unis contre leur

pays. Votre pays devrait avoir

quelque égard envers les agents

Cubains qui luttent contre le terrorisme.

Il pourrait se souvenir,

par exemple, que durant l’été

1984, c’est leur travail qui avait

permis au président Ronald Reagan

d’échapper à un attentat au

cours de la campagne pour sa

réélection. Dès que le gouvernement

cubain avait appris qu’un

groupe d’extrême droite de Caroline

du Nord préparait un attentat

contre le président, il en avait

informé les autorités des Etats-

Unis par l’intermédiaire de Robert

C. Muller, chef de sécurité de

la mission de Etats-Unis devant

les Nations Unies. L’information

était complète, noms des comploteurs,

type d’armement, planques

des armes, date et lieu où le crime

devait se produire.

Le 3 décembre 2013, 66 sénateurs

démocrates, républicains

et indépendants vous ont appelé

à donner une priorité humanitaire

à la libération de M. Alan Gross

et de prendre toute mesure qui

serait dans l’intérêt national des

États-Unis, d’une manière immédiate,

afin d’obtenir sa libération.

La Directrice Générale du Département

chargé des États-Unis au

ministère des Relations extérieures

de Cuba, Josefina Vidal Ferreiro,

a alors déclaré (Fernando

González n’était alors pas encore

libéré) : « Le gouvernement cubain

réitère sa disposition à établir

sur le champ un dialogue avec le

gouvernement des États-Unis afin

de trouver une solution à l’affaire

de M. Gross sur des bases réciproques

qui prennent en compte les

préoccupations humanitaires de

Cuba concernant ses quatre ressortissants

combattants antiterroristes

incarcérés aux États-Unis.

».

Le 3 avril, Alan Gross se

sentant abandonné au moment

où a éclaté le scandale du réseau

de communication ZunZuneo, a

commencé un jeûne qui a duré

une semaine. Le gouvernement

cubain a aussitôt réitéré sa proposition

de dialogue avec votre gouvernement

en vue d’un échange

humanitaire avec les trois Cubains

que vous maintenez prisonniers.

En espérant que vous saurez

répondre rapidement aux multiples

attentes concernant cette

douloureuse question dont vous

détenez la clef, recevez, Monsieur

le Président, l’expression de mes

sentiments humanistes les plus

sincères.

Jacqueline Roussie

64360 Monein (France)

Copies envoyées à : Mesdames

Michelle Obama, Nancy

Pelosi, Kathryn Ruemmler, Janet

Napolitano, à Messieurs Joe

Biden, John F. Kerry, Harry Reid,

Eric Holder, Pete Rouse, Rick

Scott et Charles Rivkin, ambassadeur

des États-Unis en France.

Le terrorisme vu de Washington

Par Thierry Meyssan

Le rapport annuel du département

d’État sur le terrorisme dans le monde

est un tissu de contradictions brillant

par ses omissions. À le lire, la Syrie est

le centre mondial du terrorisme, mais

aucun Syrien n’en a été victime dans

l’année. D’ailleurs la Syrie n’est pas

touchée par le terrorisme, elle en est au

contraire le principal et le plus ancien

support dans le monde. Thierry Meyssan

a lu pour vous cet étonnant travail

de propagande.

Le département d’État a rendu public,

le 30 avril, son rapport annuel sur le

terrorisme dans le monde.

Pour les Nations unies, le

terrorisme c’est, selon la définition du

chercheur néerlandais Alex P. Schmid

: « une méthode d’action violente répétée

inspirant l’anxiété, employée par

des acteurs clandestins individuels, en

groupes ou étatiques (semi-) clandestins,

pour des raisons idiosyncratiques,

criminelles ou politiques, selon laquelle

— par opposition à l’assassinat — les

cibles directes de la violence ne sont

pas les cibles principales. Les victimes

humaines immédiates de la violence

sont généralement choisies au hasard

(cibles d’occasion) ou sélectivement

(cibles représentatives ou symboliques)

dans une population cible, et servent de

générateurs de message. Les processus

de communication basés sur la violence

ou la menace entre les (organisations)

terroristes, les victimes (potentielles),

et les cibles principales sont utilisés

pour manipuler la (le public) cible principale,

en faisant une cible de la terreur,

une cible d’exigences, ou une cible

d’attention, selon que l’intimidation, la

coercition, ou la propagande est le premier

but » [1].

Mais depuis 2004, la loi étatsunienne

définit le terrorisme comme

des « actes prémédités de violence politique

contre des non-combattants par

des groupes infra-nationaux ou des

agents clandestins » [2]

Agressions contre des médecins

cubains au Venezuela

Par José Manzaneda

16 agressions contre des médecins cubains

au Venezuela ignorées des médias

: il ne s’agit pas de coopérants européens

nous enseigne José Manzaneda,

coordinateur de Cuba Informacion

Ces derniers mois, 16 agressions

contre des coopérants médicaux cubains

ont été enregistrées au Venezuela.

Il y a quelques jours, le gouvernement

vénézuélien décorait deux de ces personnes,

qui s’étaient trouvées à deux

doigts d’être brûlées vives, lors d’une

attaque d’opposants visant un centre

médical dans l’État de Lara.

Ces attentats sont la conséquence

d’une gigantesque campagne contre

Cuba, fomentée dans les médias privés

vénézuéliens- qui constituent 80% des

médias du pays et sont entièrement

tenus par l’opposition- et amplifiée

depuis par les grands médias internationaux

qui leur sont alliés. Ces deux

derniers mois, s’est intensifié le propos

-déjà classique- sur la prétendue

« ingérence » cubaine au Venezuela.

La publication quasi quotidienne de

rumeurs, d’accusations sans démonstrations

et de témoignages- certains

absurdes- d’agents supposés du renseignement

ont conduit bien des gens à

Cette définition vise à condamner

comme criminels des actes de résistance

au colonialisme ou à l’impérialisme et à

dédouaner les crimes commis par l’État

colonial d’Israël et les États impérialistes

occidentaux, au premier rang desquels

les États-Unis eux-mêmes.

Elle assimile la Résistance au

terrorisme. Avant la Seconde Guerre

mondiale, le terme « résistance » désignait

les forces réactionnaires qui

s’opposaient au Progrès. Mais après la

Guerre mondiale, il désigne « tout mouvement

qui s’oppose à l’occupation

d’un pays par des forces étrangères »

en référence à la Résistance française

contre les collaborateurs des nazis et

les fonctionnaires civils ou militaires du

Reich.

Al-Qaïda selon le département

d’État

Le rapport du département d’État mêle

donc les crimes commis contre des civils

de manière indistincte, à l’exception de

ceux commis par l’Empire, avec les

hauts faits de la Résistance. Comme

il admet que le centre du terrorisme

mondial se trouve aujourd’hui dans

la région MENA autour d’Al-Qaïda et

se ses affiliés, j’ai lu attentivement les

notices consacrées à chaque pays qui

la compose. S’il admet qu’il y a eu 8

800 victimes du terrorisme en Irak, en

2013, le reste du document brille par

ses omissions.

Le rapport ignore que l’ancien

numéro 2 d’Al-Qaïda, Abdelhakim Belhaj,

est devenu le gouverneur militaire

de Tripoli (Libye) et le chef du parti Al-

Watan, dont ressortait le Premier ministre,

Ali Zeidan.

Rien sur l’accueil par Israël des

combattants blessés d’Al-Qaïda et les

félicitations qu’ils ont reçues personnellement

du premier ministre Benjamin

Netanyahu, venu les visiter dans

ses hôpitaux.

La Turquie, qui est classée comme

un pays européen et non pas asiatique,

est présentée comme un partenaire

de longue date des États-Unis

dans la lutte anti-terroriste. Le rapport

s’étend sur les actions du PKK, mais ne

L’ambassadrice itinérante Tina

S. Kaidanow, coordinatrice de

la lutte anti-terroriste, lors de

la présentation de son rapport

annuel.

dit pas un mot sur la présence de trois

camps d’entrainement d’Al-Qaïda sur

son territoire (deux à la frontière syrienne

et un dans la banlieue d’Istanbul).

Et bien sûr, rien sur la procédure judiciaire

ayant établi que le Premier ministre

Recep Tayyip Erdogan recevait en secret

le banquier d’Al-Qaïda pour financer

ses opérations en Syrie [3]. C’était

pourtant l’information la plus importante

de l’année dans ce domaine.

Pas un mot non plus sur la nomination

de Nayif Muhammad al-Ajmi

comme ministre de la Justice et des affaires

religieuses du Koweït, alors que

le département du Trésor l’accuse d’être

l’un des principaux collecteurs de fonds

d’Al-Qaïda [4]. Mais c’était le 5 janvier

2014, donc peut-être considéré hors du

champs du rapport bien que celui-ci cite

des événements jusqu’en février.

Pas un mot encore sur l’Arabie

saoudite dont le conseiller de sécurité

nationale et chef des services secrets fut

tout au long de 2013 le prince Bandar

ben Sultan, considéré comme le vrai

chef d’Al-Qaïda depuis le retrait pour

raison de santé d’Oussama Ben Laden

en août 2011.

Les soutiens du terrorisme selon le

département d’État

Le rapport passe en revue les différents

pays qui ont eu à subir du terrorisme,

à l’exception de quatre qu’il considère

comme responsables du terrorisme

Suite à la page (14)

Décoration de deux médecins cubains par le gouvernement du Venezuela

croire fermement que c’est le gouvernement

cubain qui prend les principales

décisions politiques au Venezuela ; ou

que les médecins cubains sont, en réalité,

des agents ou des espions.

Au Venezuela, il y a plus de 30

000 coopérants médicaux cubains.

Ils soignent près de onze millions de

personnes, principalement dans les

quartiers populaires qui, il y a quelques

années, manquaient des services de

santé les plus élémentaires. Bien que

leur déploiement à grande échelle soit

intervenu en 2003, avec l’inauguration

de la Mission Barrio Adentro

Suite à la page (14)

12

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014


L’impérialisme du dollar !

Comment les USA s’enrichissent aux dépens du reste du monde

Par Mohssen Massarrat

11 décembre 2013. Au programme :

un talk-show d’Anne Will. L’heure est

avancée. On débat sur un projet de régulation

bancaire, enfin proposé par la

Commission européenne, 4 ans après

le début de la crise. Outre les partisans

et critiques allemands du projet, John

Kornblum, banquier d’investissement

et ex-ambassadeur des USA en Allemagne,

est cette fois de la partie. Comme

toujours lorsqu’on aborde ce sujet,

les esprits s’échauffent.

Il est vrai qu’il s’agit de savoir qui,

des banques ou des contribuables,

fera les frais de la crise. Mais ce débat

prend très vite à rebrousse-poil le participant

US-américain : « nous autres

en Amérique avons nationalisé nos

banques en quelques semaines. Je ne

comprends pas pourquoi il vous faut

prendre aussi longtemps pour résoudre

le problème de vos banques à la dérive.»

C’est sûr, l’Amérique est faite d’un

autre bois. On peut donc ignorer sans

problème l’objection discrète faite par

Kornblum. Dans l’article du Welt paru

quelques jours après pour le 25e anniversaire

de la faillite de Lehman Brothers

sous le titre : « Les USA précipitent

l’Europe dans la crise et passent euxmêmes

entre les gouttes », on trouvait

des points qui expliquaient fort bien

le miracle américain. De fait, les USA

ont nationalisé dès 2009 la totalité des

banques en difficulté, afin de liquider

leurs dettes et de les reprivatiser aussitôt

; alors qu’en Europe la crise bancaire

s’est transformée en endettement

massif des États. Et pourtant les données

économiques des USA sont loin

d’être encourageantes : leur balance

commerciale est en déficit constant

depuis 1987, et ces déficits cumulés atteignent

maintenant 9 627 milliards de

dollars. La raison en est que de larges

pans de l’économie US-américaine ne

sont plus compétitifs depuis longtemps

face à ses principaux concurrents -

l’UE, la Chine et le Japon. Entre 2003 et

2013, l’endettement des USA a grimpé

de 6 731 à 17 556 milliards de dollars,

c’est à dire qu’il a presque triplé ; en

pourcentage du PIB, il est passé sur ces

mêmes années de 60 à 108% ; en UE

« seulement » de 60 à 87% - un accroissement

nettement moins rapide.

Comment donc les US-Américains ontils

réussi ce miracle : se débarrasser presque

en un tour de main de leur crise

bancaire et repartir pour un tour ?

Les fonds secrets inépuisables des

USA : l’endettement de l’État

Les réponses habituelles, comme «

Les Américains ont très rapidement

recapitalisé leurs banques et effectué

des tests de stress très précoces »

(Andreas Dombret, membre du Conseil

d’administration de la Bundesbank

en charge des questions de stabilité

financière) ne répondent pas à

l’essentiel : d’où sont sortis si vite les

fonds nécessaires à cette recapitalisation

? Et cela dans un pays confronté

aux énormes coûts des guerres d’Irak

et d’Afghanistan et dont le budget

militaire, monumental, atteint depuis le

début de l’année 500 à 800 milliards

de dollars ? Certes l’économie des USA,

avec un PIB de 15 684 milliards de dollars

en 2012, est extrêmement puissante,

mais l’UE, avec 12785 milliards,

n’est pas très loin derrière. Ce n’est

donc pas la puissance économique

US-américaine qui peut expliquer ce

miracle : réussir à financer parallèlement

plusieurs mégaprojets extrêmement

coûteux. En UE, la question de la

répartition des charges est le plus gros

problème qui reste à résoudre face à la

crise bancaire. Les banques se refusent

à les supporter seules, et les gouvernements

sont confrontés à deux lignes

rouges : d’une part limiter l’effort

demandé aux contribuables et d’autre

part maintenir les dépenses publiques

dans les limites qu’ils ont eux-mêmes

fixées. L’administration des USA, elle,

semble disposer d’une mystérieuse

source d’approvisionnement lorsqu’elle

émet des bons du Trésor, qui finance à

…Le Dollar : une monnaie-étalon indexée sur le pétrole

et non plus sur l’or

…Le plus puissant concurrent des USA, la Chine, ne peut de fait pas se

permettre de rester dépendante à long terme de la puissance concurrente,

par le biais de ses 16 000 milliards de dollars de réserve

la fois les déficits budgétaires de l’État

et ceux de la balance commerciale.

Voici la technique qui le lui permet :

pour couvrir les dépenses publiques,

le Ministère des finances états-uniens

échange des bons du Trésor contre

des dollars que la FED émet à cet effet

; pour la seule année 2013, 11000

milliards de dollars ont ainsi été mis

en circulation. La FED vend ensuite

ces bons sur le marché mondial, attirant

ainsi dans l’économie américaine

de nouveaux capitaux qui permettent

d’éponger les déficits commerciaux. Le

prix de cette création de monnaie est un

gigantesque endettement public. Pour

rembourser les prêts parvenus à échéance

et payer les intérêts des autres,

on émet de nouveaux emprunts qui,

échangés auprès de la FED contre de

l’argent frais, sont à nouveau mis en

circulation. Ce processus peut perdurer

aussi longtemps qu’on veut, tant que

les investisseurs pensent qu’investir

dans les bons du Trésor US est une affaire

sûre et profitable. Cette circulation

du dollar, largement secrète (investissements

en bons du Trésor US, demande

croissante de dollars, création de monnaie

par la FED) permet à la confiance

dans les emprunts américains de rester

intacte et aux USA d’attirer constamment

de nouveaux capitaux.

Rien d’étonnant alors à ce

qu’une économie souffrant de déficits

commerciaux démesurés n’ait pas à

craindre la banqueroute. L’endettement

extérieur des USA, c’est autant de capitaux

qui entrent dans le pays. Dans

le bilan de circulation des capitaux,

l’endettement extérieur se change en

excédent de capital entrant. De 2010 à

2013 inclus l’endettement des USA a

crû de 5 628, 700 à 17 240,239 milliards

de dollars, soit de 11620,539

milliards.[1] En clair cela signifie que

durant cette période les USA ont attiré

chez eux cette quantité de capitaux, qui

ont été produits par l’économie réelle

du monde entier, en se contentant de

faire fonctionner leur planche à billets.

Comprenons bien ce que cela signifie:

la masse de capitaux attirée en 2013

aux USA s’élevait à 1198 milliards

de dollars, soit environ 7,6% du PIB.

L’injection dans l’économie des USA de

ces capitaux supplémentaires explique

aussi que le taux d’épargne du pays

plonge vers zéro. Les US-Américains

consomment la quasi-totalité des biens

et services qu’ils produisent tandis que

le reste du monde paie les investissements

nécessaires à la marche de leur

économie.

L’’endettement public par l’émission

d’emprunts et la création de

monnaie sont donc pour les USA un

instrument qui leur permet de financier

parallèlement des mégaprojets tels

que la nationalisation des banques et

des dépenses d’armement démesurées

qu’aucune autre économie ne pourrait

supporter sans s’exposer à de lourdes

conséquences. Pour venir à bout discrètement

de sa propre crise bancaire, la

Federal Deposit Insurance Corporation

(FDIC ) a en effet fourni le capital nécessaire,

essentiellement des emprunts

émis par le Ministère des finances US.

La FDIC est une institution ad hoc créée

par le Congrès « pour garantir la stabilité

du système financier national et

la confiance qu’on lui accorde.» Voilà

donc le secret de la rapide solution

apportée à la crise, dont se vantait l’exambassadeur

des USA à la télévision

allemande.

Or l’UE ne dispose pas d’un tel

instrument financier ; à la différence

des USA une politique d’emprunts

et de création monétaire lui vaudrait

non un afflux de capitaux, mais une

inflation. La demande mondiale en

euros a des limites, l’euro n’est pas

une monnaie-étalon, à la différence du

dollar. Une part énorme des échanges

mondiaux s’effectue en dollars, et la

demande mondiale en dollars est donc

considérable et croît en proportion de

ces échanges. C’est pourquoi les USA

peuvent faire fonctionner la planche à

billets et mettre en circulation autant de

dollars qu’ils veulent - soit actuellement

1100 milliards par an - pour financer

leur endettement public croissant 2.

C’est aussi pourquoi l’US-

Américain Myerson, Prix Nobel d’économie,

se soucie comme d’une guigne

de l’endettement des USA. « Car nous

payons nos dettes en dollars, » dit

Myerson, « et nous pouvons créer

du dollar. Donc nous aurons peut-être

une inflation, mais nos dettes, nous

les paierons sûrement. » Mais l’économiste

Michael Hudson contraignant

cette affirmation dès les années 70,

prédisait que les USA ne rembourseraient

jamais. « Comme les emprunts

….L’annonce faite par Obama après sa réélection - un renforcement de

la présence militaire US dans la zone asiatique et le Pacifique - est selon

toute vraisemblance une mesure d’intimidation préventive en direction

de la Chine

publics émis aux USA le sont en monnaie-étalon

internationale, pas besoin

de les rembourser, on peut en lancer

sans cesse. C’est sur ce transfert indéfini,

de fait un impôt payé par le reste

du monde 3, que repose la gratuité du

parcours financier des États-Unis.» Au

fond, les USA fonctionnent de plus

en plus comme les États rentiers, par

exemple l’Arabie saoudite. Mais au lieu

de fournir du pétrole, les USA utilisent

maintenant le dollar comme levier pour

s’approprier le pouvoir d’achat mondial,

puisqu’il sert de monnaie-étalon.

L’Arabie saoudite, au moins, exporte

son pétrole en échange de ce que lui

fournissent d’autres nations, alors que

les USA se contentent d’injecter du

papier dans le circuit financier international.

Dépenses d’armement et

endettement public

Depuis la prise de fonctions de George

Bush junior, le budget militaire des USA

a connu une hausse dramatique pour

atteindre en 2011 le record de 705

557 [milliards de] dollars 4. Les USA

dépensent actuellement autant pour

leur armement que tous les autres États

réunis. Aucune autre économie n’aurait

résisté à un tel niveau de dépenses improductives.

Et de fait la course aux

armements durant la Guerre froide a

provoqué l’effondrement de l’URSS,

tandis que les USA n’ont véritablement

accru leurs dépenses d’armement

qu’après la fin de la politique des blocs.

Un accroissement exponentiel, puisque

les dépenses ont quintuplé entre 1990

(150 milliards de dollars) et 2011. Ce

n’est pas non plus sans raison que le

budget militaire des USA représente

4% de leur PIB, soit plus du double de

celui des autres États occidentaux industrialisés.

Et pourtant les dépenses

militaires sont un sujet tabou au Congrès.

L’opposition, qui utilise toute augmentation

d’un autre poste budgétaire

pour soumettre le gouvernement à un

examen des plus rigoureux, fait montre

d’une grande retenue en matière de critique

du budget militaire, sauf pour déplorer

des hausses trop faibles. Pas de

débat de fond non plus dans les médias

et la société civile, en dépit de la part

anormalement élevée de l’armement

dans les dépenses publiques. Comment

expliquer l’indifférence des citoyens

US à cet égard ? Se pourrait-il que ces

dépenses soient elles aussi couvertes

par l’endettement et la création monétaire

? C’est en tout cas ce qu’affirme

David Graeber, un anthropologue étatsunien

précurseur du mouvement Occupy,

dans son livre « La dette », qui

a reçu un très bon accueil. « La dette

des USA est depuis 1790 la somme de

dettes de guerre 5», écrit-il. Sur cette

durée, cette appréciation est peut-être

exagérée, mais sur les 100 dernières

années elle est exacte, comme le montre

le tableau ci-dessous.

Tableau 1

Budget militaire états-unien et dette extérieure depuis 1900.

Moyenne annuelle en milliards de dollars

Décennies

Budget militaire

états-unien

Dette publique

Guerres auxquelles ont

participé les USA

1900-09 Pas de données 2.3

1910-19 Pas de données 6.8 1 ère guerre mondiale

1920-29 Pas de données 22.83

1930-39 Pas de données 35.35

1940-49 33.350 182.71 2 ème guerre mondiale

1950-59 41.496 269.45 Guerre de Corée

1960-69 60.280 323.82 Guerre du Vietnam

1970-79 88.997 547.27

1980-89 231.612 924.05 Guerre du Kosovo

1990-99 272.495 4635.56 Guerre d’Irak

2000-2009 465.363 7888.10 Guerres d’Irak,

d’Afghanistan, de Libye

2010 693.498 13528.81 Suites de guerres

2011 705.557 14762.22 Suites de guerres

2012 677.856 16050.92 Suites de guerres

2013 660.037 17249.24 Suites de guerres

Sources : L’endettement des USA de 1791 à 2013 www.sgipl.org.; Fiscal

Year 2014. Historical Tables. Budget of the U.S. Government, Washington

DC., pages 143-144, et calculs personnels.

Le lien évident entre guerres,

augmentation des dépenses militaires

et de la dette publique a deux causes

: premièrement, les gouvernements -

et pas seulement aux USA - peuvent

rendre les guerres plus acceptables

en les finançant par une augmentation

de la dette, puisque les frais sont

ainsi répartis sur plusieurs générations.

S’il fallait les financer par des

impôts directs, la population se mobiliserait

contre toutes les guerres. Les

deux guerres mondiales, par exemple,

auraient été impossibles sans endettement

des États. Les USA aussi ont financé

leur participation à ces guerres

par l’endettement. Mais comme depuis

la Première guerre mondiale jusqu’à ce

jour les USA ont été constamment en

guerre quelque part, leur dette a subi

un processus cumulatif. Deuxièmement,

les dettes de guerre entraînent

d’une manière générale une croissance

exponentielle de l’endettement. Car les

investissements militaires, contrairement

aux investissements dans les

infrastructures, qui génèrent une création

de valeur et les recettes fiscales qui

l’accompagnent, sont improductifs et

induisent du point de vue économique

une perte de capital. En tout cas, toute

nouvelle guerre a entraîné un bond de

Suite à la page (15)

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 13


Suite de la page (7)

communauté internationale sur la République

d’Haïti et ses richesses naturelles

: or, pétrole, plutonium, uranium, iridium…

Et cela se fera avec les anciens et

nouveaux « duvaliéristes »… Ou avec

un autre mouvement politique d’extrême

droite. D’ailleurs, les groupes radicaux de

droite prennent naissance tous les jours

et se multiplient sur le terrain.

Les États-Unis, le Canada, la

France ont fermé les yeux durant 29 ans

sur les crimes perpétrés par la satrapie

duvaliérienne. Ils l’ont même protégée

en mettant leurs réseaux d’intelligence

et d’espionnage au service des despotes.

Ils connaissaient l’existence de Fort-Dimanche,

des Casernes Dessalines… mais

se contentaient d’applaudir, de dénoncer

et de prévenir ce qu’ils appelaient euxmêmes

le danger d’un autre Cuba dans

la région. Ils se bouchaient consciemment,

volontairement les oreilles pour ne

pas entendre les cris de souffrances des

condamnés qui provenaient des couloirs

de la torture et de la mort.

…Et pourtant, la chanson triste,

affreuse, terrifiante, traumatisante…

des « loups-garous de minuit »

retentissait sans arrêt sur les stations

de radio de la capitale et des villes de

province : « Mache pran yo Divalye,

mache pran yo... (Saisissez-les Duvalier,

saisissez-les… ou Foutez-les en prison

et débarrassez-vous en…) Les mélodies

sinistres étendaient le voile de la frayeur

et de la désolation sur la République. Ces

refrains diffusés sur plusieurs chaînes de

radio du pays étaient porteurs de messages

cadavériques… D’inscriptions funéraires…

Annonciateurs d’ « une saison

en enfer »… Ils répandaient d’une

ville à l’autre une senteur insupportable

de cimetière… Une odeur indisposante

de cadavres tuméfiés… Les familles

éprouvées n’avaient même plus la liberté

de pleurer en public… Elles portaient leur

deuil en silence dans les cages caverneuses

de la hantise… La machine de la

dictature écrasait les individus comme le

moulin du meunier qui broie les grains

de maïs ou les graines de café pour en

faire de la farine ou de la poudre…Malgré

tout, les habitants avaient continué

à se taire comme des moutons… Se taire

pour survivre… Survivre même au prix

du déshonneur… Survivre dans la peur,

la honte et l’humiliation !

« Kay la pa pou mwen

Kay la pa pou mwen

Se kay lenba

Dife lakay la

Jete dlo

Le dictateur François Duvalier au centre avec son arme assassine. Flanqué

de ses sbires, il inocula à son fils Jean-Claude Duvalier (premier à gauche)

le venin de la dictature et de l’assassinat politique

Dife lakay la... »

« La maison n’est pas à moi

La maison n’est pas à moi

Elle appartient aux esprits

La maison est en feu

Apportez des seaux d’eau

La maison est en feu… »

Et encore…

« En avant Duvalier

En avant Duvalier

Poursuivez-les

Foutez-les en prison

En avant Duvalier

Lorsqu’ils voient Duvalier

Ils se mettent à trembler

C’est le peuple qui le demande… »

Et quel peuple ? Des masses paysannes

sans âme, maintenues arbitrairement

sous le joug de l’analphabétisme,

déracinées chaque 22 septembre de leurs

milieux naturels, empilées dans les camions

de transports publics réquisitionnés,

puis entraînées de force jusqu’à la

capitale, pour être déversées comme des

sacs de détritus devant les pelouses du

palais national, aux pieds d’un empereur

lui-même sous l’emprise de la démence

incontrôlable…

Le romancier Jacques Stephen

Alexis, qui aurait eu 92 ans le 22 avril

2014, a été trahi et dénoncé… Certains

camarades l’avaient pourtant prévenu du

danger qui l’attendait à Port-au-Prince.

Confiant, fougueux, brave et intrépide

comme le Cacique Caonabo, il décida de

revenir dans son pays. Revenir continuer

la lutte pour défendre « sa vérité »

– comme le disait Guevara – et, peut-être,

réaliser son rêve de vivre sur une terre totalement

libérée de l’INJUSTICE SOCIALE

et de l’ABSURDITÉ HUMAINE.

Non, nous ne pouvons plus

revenir aux temps où les poètes

s’exprimaient en métaphores exagérément

hermétiques pour témoigner

sur les douleurs muettes d’un pays

ravagé et apeuré.

R.L

1.- Personnage principal du roman

de Jacques Stephen Alexis, Compère

Général Soleil.

Suite de la page (12)La terrorisme...

Cuba est accusé d’héberger des terroristes

en fuite des États-Unis, de leur accorder

des logements, de la nourriture et des

soins médicaux. Il s’agit des survivants

du groupe des Panthères noires !

L’Iran est accusé de soutenir la Résistance

au Levant (ce qu’il revendique)

(Hezbollah, Jihad islamique, FPLP) et au

Yémen, et surtout d’héberger des bases

d’Al-Qaïda (?) sous le commandement

de Muhsin al-Fadhli. Le rapport assure

que le gouvernement iranien autorise le

transfert de fonds et de jihadistes par son

territoire vers la Syrie (?). Selon lui, l’Iran

est donc l’allié d’Al-Qaïda en Syrie et lutte

aux côtés de l’État et des terroristes contre

« l’opposition pacifique ». Pas un mot

sur l’assassinat de scientifiques iraniens,

ni sur les attentats des Moujahidines du

Peuple.

Le gouvernement soudanais serait

un partenaire des États-Unis dans la lutte

contre le terrorisme, mais il persiste à

soutenir le Hamas, raison pour laquelle le

pays est toujours sous « sanctions ». Le

rapport semble ignorer que le Hamas est

dirigé depuis le fidèle et exemplaire Qatar.

La Syrie est accusée de soutenir

la Résistance au Levant (ce qu’elle

revendique). Le rapport souligne que,

malgré son adhésion au MENA-FATF,

le pays est incapable de contrôler le financement

du terrorisme parce que 80

% de ses ressortissants effectuent leurs

transactions en liquide, échappant à la

surveillance des banques. Enfin, la Syrie

a pris l’engagement de détruire ses armes

chimiques dont on sait qu’elles auraient

pu être utilisées par des groupes terroristes.

Et c’est tout.

En 2013, il n’y a pas eu de terrorisme

en Syrie, selon le département

d’État, bien qu’il s’agisse de la principale

destination d’Al-Qaïda et que cet afflux

de milliers de jihadistes pose un problème

aux États-Unis et à leurs alliés. Au contraire,

« le régime a essayé tout au long

de l’année de présenter le pays comme

victime du terrorisme, caractérisant tous

ses opposants armés de terroristes ». Les

têtes coupées qui ornent les entrées et

les places centrales des « zones libérées

» et soutenues par l’Otan n’intéressent

pas Washington. Au contraire, celui-ci se

félicite qu’Al-Nosra et l’ÉIIL se soient désolidarisés

de la Coalition nationale qu’il

sponsorise officiellement.

On comprend que sur cette logique

négationniste, l’administration Obama

ne pouvait pas accepter les demandes de

la délégation syrienne aux pourparlers de

Genève.

On notera que la Syrie est l’État

le plus cité du rapport. En effet, il observe

que le jihad en Syrie est devenu un

problème pour 26 pays qui fournissent

des combattants et craignent de les voir

rentrer pour commettre des actions chez

eux. Si les notices des principaux États

européens et arabes comportent cette rubrique,

seul le Kirghizistan est mentionné

dans le reste du monde, alors que ce problème

est largement discuté ailleurs, en

Indonésie notamment. Pourtant, on apprend

dans d’autres passages du rapport

que le problème se pose aussi dans toute

l’ancienne Union soviétique.

Les contradictions du département

d’État

En définitive, ce rapport comprend tellement

de contradictions que force est

de constater qu’il n’est plus possible à

Washington de masquer son jeu. Pourquoi

ignorer le rôle d’Abdelhakim Belhaj

en Libye ? sinon pour masquer son rôle

dans la conquête du pays par l’Otan, puis

dans l’attaque de la Syrie. Pourquoi ignorer

le financement d’Al-Qaïda par des

fonds publics publics turcs détournés par

le Premier ministre ? sinon parce que ce

pays est membre de l’Otan. Pourquoi accuser

le Hamas d’être une organisation

terroriste contre Israël et ignorer qu’il est

domicilié au gentil Qatar ? sinon parce

que la politique de Washington vis-àvis

des Frères musulmans est incertaine.

Pourquoi ignorer les collectes du ministre

koweïtien de la Justice ? sinon parce

qu’elles financent précisément Al-Qaïda

en Syrie. Pourquoi ignorer le rôle du

prince Bandar ben Sultan, dit « Bandar

Bush » ? sinon parce qu’il agissait pour le

compte de la CIA.

Si certains doutent encore que la

« guerre contre le terrorisme » est une

escroquerie, que le terrorisme en général

et Al-Qaïda en particulier sont des instruments

de la politique états-unienne, ce

rapport est une preuve de plus.

Notes

[1] "Terrorism is an anxiety-inspiring

method of repeated violent action,

employed by (semi-) clandestine

individual, group or state actors, for idiosyncratic,

criminal or political reasons,

whereby - in contrast to assassination

- the direct targets of violence are not

the main targets. The immediate human

victims of violence are generally chosen

randomly (targets of opportunity) or

selectively (representative or symbolic

targets) from a target population, and

serve as message generators. Threatand

violence-based communication processes

between terrorist (organization),

(imperilled) victims, and main targets

are used to manipulate the main target

(audience(s)), turning it into a target of

terror, a target of demands, or a target of

attention, depending on whether intimidation,

coercion, or propaganda is primarily

sought" in Political Terrorism : A

New Guide To Actors, Authors, Concepts,

Data Bases, Theories, And Literature, par

Alex P. Schmid et Alebert J. Jongman,

Transaction Publishers, 1988, pp. 1-2.

[2] “Premeditated, politically

motivated violence perpetrated against

non-combatant targets by subnational

groups or clandestine agents”. Cf. Section

2656f(d) of Title 22 of the United States

Code.

[3] « Erdogan recevait secrètement

le banquier d’Al-Qaida », et « Al-Qaida,

éternel supplétif de l’Otan », par Thierry

Meyssan, Réseau Voltaire, 2 et 6 janvier

2014.

[4] « Le ministre de la Justice du

Koweït, financier d’Al-Qaïda », Réseau

Voltaire, 26 avril 2014.

Réseau Voltaire 2 mai 2014

Suite de la page (12)

des dépenses publiques. Là se trouve

l’explication- clairement idéologique- de

tant de campagnes de calomnies contre

la solidarité cubaine dans le monde.

Cuba Informacion, 24 avril 2014

Traduit de l’espagnol par Marc

Harpon Changement

de Société 1er mai 2014

Campagnes contre Cuba, fomentée dans les médias privés vénézuéliensqui

constituent 80% des médias du pays et sont entièrement tenus par

l’opposition bourgeoise

[Au cœur des quartiers, ndt], les premeirs

coopérants cubains étaient arrivés

en 1999, comme personnel humanitaire,

après les inondations extrêmement

graves subies par l’État de Vargas.

Mais les agressions violentes

contre le personnel cubain au Venezuela

ne datent pas d’aujourd’hui. Elles

se produisent, depuis plus de dix ans,

à chaque offensive déstabilisatrice de

l’opposition. En avril 2013, après la

victoire électorale du président Nicolas

Maduro, 25 cabinets de consultation

tenus par les coopérants cubains ont

été attaqués. Curieusement, en octobre

de cette année, le journal espagnol El

Pais, publiait un reportage sur les attaques

de coopérants dans le monde.

Il parlait de 274 victimes d’agressions

en tous genres. Mais il ne faisait pas la

moindre référence aux agressions contre

le personnel cubain. Pas plus qu’au

Venezuela. Les coopérants mentionnés

étaient issus, exclusivement, des pays

du Premier Monde, en cohérence avec

la mentalité néocoloniale habituelle des

médias occidentaux. Sur son site web,

dans la section consacrée aux dépêches,

n’apparaît pas non plus la moindre référence

aux agressions de cubains.

Cette même mentalité est celle

qui conduit les médias à ignorer les gigantesques

programmes de coopération

Sud-Sud que Cuba mène dans le monde.

Dans le seul domaine de la santé, 50

000 professionnels venus de l’île développent

des programmes d’assistance

aux populations défavorisées dans 66

pays. Eh bien, les mêmes médias qui

n’ont jamais informé au sujet de cette

Au Venezuela, il y a plus de 30 000 coopérants médicaux cubains qui

soignent près de onze millions de personnes, principalement dans les

quartiers populaires

coopération extraordinaire cubaine,

disposent de services couvrant la « coopération

», services qui se consacrent,

fondamentalement, à exalter le travail

-souvent anecdotique- de certaines ONG

européennes. Un exemple. En avril de

cette année, le journal espagnol El Mundo

publiait une page complète sur les

actions d’appui à un orphelinat d’Haïti

accueillant 40 mineurs. Mais sur les 14

années qu’a duré la coopération cubaine

dans ce pays, coopération qui a mené à

bien l’alphabétisation de 320 000 personnes

et en a opéré 367 000, pour ne

citer que deux chiffres, pas même un

mot dans le journal en question.

Un autre journal espagnol de référence,

El Pais, a publié ces dernières

semaines des reportages et des articles

qui essaient de dénigrer le travail de

solidarité médicale de Cuba au Venezuela.

En revanche, aux mêmes dates, il

publiait jusqu’à trois papiers, essentiellement

de propagande, sur le soutien de

la Reine Sofia aux projets de coopération

espagnole au Guatemala- projets

d’impact insignifiant, si on les compare

aux programmes cubains au Venezuela.

C’est que la coopération de Cuba

au Venezuela- et dans d’autres paysfait

vaciller les schémas construits par

l’imaginaire médiatique occidental.

Cuba n’accomplit pas que de simples

actions d’aide. Elle contribue à la construction

à long terme de systèmes

publics de santé dans d’autres pays du

Sud. Des systèmes de santé qui, en règle

générale, avaient été abandonnés ou

délaissés durant des décennies de néolibéralisme

et de politiques de réduction

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14

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014


Suite de la page (13)

l’endettement extérieur des USA, comme

le montre le tableau 1.

Il est toutefois facile de constater

que l’endettement extérieur des

USA s’est envolé après l’instauration

su système de Bretton Woods, qui a

fait du dollar la monnaie-étalon mondiale.

Ce processus s’est encore accentué

avec l’effondrement de ce système

en 1973, lorsque la parité-or du dollar a

été supprimée. En 7 ans, la dette extérieure

des USA a doublé, passant de 466

à 909 milliards de dollars. Il est évident

que ce monopole de fait de leur devise

au niveau mondial a permis aux USA,

dont l’économie n’est plus compétitive

dans nombre de secteurs et souffre d’un

déficit commercial chronique, non seulement

de financer des mégaprojets comme

la nationalisation des banques, mais

aussi de posséder un secteur financier

relativement stable et d’attirer comme

un aimant les capitaux excédentaires du

monde entier. Ce qui pose une question

: comment les USA ont-ils réussi à faire

du dollar, en dépit de son caractère inflationniste,

une monnaie-étalon à laquelle

tous les acteurs internationaux font confiance

jusqu’à ce jour ?

Une monnaie-étalon indexée

sur le pétrole et non plus sur l’or

Une petite plongée dans l’histoire de

la monnaie américaine est indispensable

pour fournir une réponse plausible

à cette question : jusqu’à la première

crise économique et financière mondiale

(1929), la livre britannique servait

de monnaie de référence; durant

la Deuxième guerre mondiale elle a dû

céder cette place à la devise des USA,

la nouvelle puissance économique et

hégémonique. En raison des dépenses

gigantesques occasionnées par cette

guerre, la Grande-Bretagne et les autres

États européens devinrent les premiers

débiteurs mondiaux, tandis que les

USA devenaient les principaux créanciers.

Les accords de Bretton Woods,

en 1944, prirent acte de ces nouveaux

rapports de force et firent du dollar US la

nouvelle monnaie-étalon, indexée sur

l’or (35 dollars l’once). Pour relancer

le commerce mondial, les États furent

alors contraints de se constituer des

réserves en dollars, et la Banque centrale

des USA d’accroître considérablement

ses réserves d’or afin de stabiliser

la valeur de sa monnaie. Pour éviter un

accroissement effréné de la quantité de

dollars en circulation l’accord obligeait

les USA à toujours pouvoir échanger

contre de l’or les réserves de dollars des

autres pays.

En dépit de ces garde-fous prévus

par les accords de Bretton Woods,

les USA ont poursuivi leur politique

éprouvée d’endettement par émission

de bons du Trésor, qui a contribué à

financer la guerre du Vietnam dans

les années 60. Mais la chute du dollar

sur les marchés financiers dévoila

l’escroquerie. Consciente que les USA

finançaient la guerre au Vietnam sur

le dos d’États détenant des réserves de

dollars, la France, qui de toute façon

se vantait de son indépendance envers

les USA, fut la première à transférer

une part importante de ses réserves

de dollars aux USA, exigeant de la

Banque centrale états-unienne leur

contre-valeur en or, conformément aux

accords de Bretton Woods. Cette intervention

française fut le commencement

de la fin de l’indexation du dollar sur

l’or. D’abord le Président des USA en

exercice, Richard Nixon, supprima

l’indexation du dollar sur l’or, puis en

1973 il fut mis fin définitivement aux

accords de Bretton Woods. Mais le système

monétaire et financier des USA

n’en fut nullement affecté. Bien au contraire,

et à l’étonnement de tous les experts,

la position de monnaie-étalon du

dollar s’en trouva renforcée. Et le statut

de puissance hégémonique des USA fit

de même. Comment expliquer cela?

Tout d’abord, la fin de la surévaluation

du dollar liée aux taux de change

fixes institués par Bretton Woods entraînèrent

une hausse considérable, mais

injustifiée au plan économique, des

exportations états-uniennes et donc de

la demande en dollars. Deuxièmement,

les États disposant de grosses réserves

de dollars avaient la possibilité, ou

plutôt n’avaient d’autre choix, que

d’investir en bons du Trésor américains

pour éviter des pertes. Ce qui toutefois

liait pour longtemps leur sort à celui de

l’économie des USA. Troisièmement,

les USA utilisèrent la dépendance militaire

de nombreux États à leur égard

pour contraindre ceux-ci à acheter des

bons du Trésor. Et de fait la RFA, le

Japon, Taïwan et la Corée du Sud, tous

des protectorats militaires US depuis la

Deuxième guerre mondiale et la guerre

de Corée, échangèrent leurs réserves de

devises contre des bons du Trésor, ce

que David Graeber considère comme la

preuve que « la nouvelle devise mondiale

était encore plus ancrée à la puissance

militaire que la précédente.6» Et

quatrièmement - et c’est le plus important

- parce qu’entre-temps, sans que

nul ne s’en aperçoive et tout naturellement,

le dollar avait reçu de l’économie

mondiale un autre pilier, garant de sa

propre stabilité: je pense au commerce

du pétrole, dont la demande mondiale

avait crû de façon vertigineuse après

la Deuxième guerre mondiale, et qui

s’effectuait en pétrodollars.

Comme l’or, le pétrole est une

matière première non renouvelable

et sa valeur tend donc à croître sur le

long terme. Il était en outre le lubrifiant

de l’économie mondiale - et il le

reste. Pendant plus d’un demi-siècle,

la croissance économique a été directement

liée à celle de la consommation de

pétrole. C’est seulement l’augmentation

des prix du brut et celle de l’efficacité

énergétique qui les ont découplées. Le

pétrole est aussi la seule marchandise

qui représente une part croissante dans

les échanges mondiaux et que veulent

se procurer tous les pays du monde,

à l’exception des pays exportateurs

eux-mêmes. La devise américaine et le

commerce du pétrole avaient donc partie

liée depuis longtemps déjà dans les

années 60, et c’est pourquoi, dans les

années 70, le passage de l’indexation

sur l’or à l’indexation sur le pétrole a pu

s’effectuer sans heurt et passer presque

inaperçu. En 1974, le prix du baril avait

ainsi pu bondir de 2 à 10 dollars et par

là quintupler en une nuit la part du pétrole

dans les échanges internationaux.

Depuis le début de notre siècle et après

une assez longue période de prix bas,

le prix du baril se situe entre de 100

et 150 dollars - des records historiques.

L’augmentation du prix du pétrole s’est

accompagnée, comme le montre le tableau

ci-dessous, d’un accroissement de

la part du pétrole dans les échanges internationaux,

ce qui a une fois de plus

renforcé le dollar dans sa position de

monnaie-étalon incontestée.

Après la désindexation du dollar

sur l’or, effectuée par Nixon, la

pléthore de dollars ne se mua donc

nullement, comme tout le monde

l’attendait, en inflation galopante.

Mieux encore : les USA se trouvèrent

débarrassés des entraves juridiques que

les accords de Bretton Woods avaient

imposées à leur monnaie et à leur

politique d’endettement. Ils avaient

désormais la voie libre pour émettre

des bons du Trésor et créer des dollars

tout à leur guise et charger ainsi

le reste du monde de financer leur déficit

budgétaire. Mère patrie du monétarisme,

les USA s’autorisèrent ainsi

une politique d’accroissement monétaire

indéfini - exactement le contraire

de ce qu’ils interdisaient à tous les

autres, directement ou par le biais du

FMI. Encore fallait-il que la monnaieétalon

fût considérée comme un bien

commun (à l’instar, par exemple, des

mers du globe). Elle devait fournir la

base monétaire d’un fonctionnement

sans accroc des échanges internationaux.

La désindexation du dollar sur

l’or et le passage naturel au pétrodollar

offrirent aux USA un privilège sans

précédent : pour la première fois dans

l’histoire de l’économie mondiale un

pays était libéré de tout contrôle ou restrictions

exercés par la communauté

internationale et pouvait disposer de

sa monnaie dans son seul intérêt. Ce

monopole caché, couplé à leur statut

hégémonique, fournit aux USA la base

de leur politique d’endettement extérieur,

que Hudson qualifia à juste titre «

d’impérialisme de la dette. » L’émission

sans scrupule de bons du Trésor par le

Ministère des finances états-uniens apparaît

certes, vue de l’extérieur, comme

le droit légitime d’un État souverain,

mais il s’agit en réalité d’une forme invisible

d’appropriation impérialiste du

pouvoir d’achat mondial, à laquelle la

désindexation du dollar sur l’or a donné

un nouvel élan et qui dure encore.

Tableau 2

1970 2001 2011

Ex Barils exportés quotidiennent 25.363808 44.787000 54.580000

Prix du baril 2.0 22,8 111,3

Montant des exportations quotidiennes de pétrole au 0.050.72761 1021.14 6074.75

niveau mondial (en milliards de dollars)

Montant des exportations annuelles de pétrole au 18.52 373 2217

niveau mondial (en milliards de dollars)

Montant total des exportations annuelles au niveau 317 6191 18217

mondial (en milliards de dollars)

Part des exportations pétrolières dans les

exportations totales ( %)

1.7 6 12

Sources: World Trade Organization 1950-2012; BP Statistical Review of

World Energy et calculs personnels

Pétrole et « projet du

siècle américain »

Toutefois les USA ne peuvent absorber

tout le pouvoir d’achat créé dans les

mondes que si les échanges pétroliers

se déroulent en pétrodollars et que le

statut de la devise américaine n’est

pas menacé par une autre, l’euro ou

le renminbi chinois, par exemple. Une

enquête auprès des principaux pays exportateurs

de pétrole révèle cependant

qu’aucun d’eux n’envisage sérieusement

une telle éventualité. Nombre

de déclarations en ce sens de Saddam

Hussein se sont avérées être un simple

bluff- comme bien d’autres menaces de

sa part. Même la République islamique

[l’Iran] n’a jamais vraiment osé passer

à l’acte. De fait un seul État pétrolier, et

même un groupe de pays, ne pourrait

prendre la responsabilité d’une telle attaque

contre le dollar, ce privilège monopolistique

des USA. Du reste, l’Arabie

saoudite et autres dynasties pétrolières,

qui fournissent 25% du pétrole commercialisé,

comptent parmi les pays

du Moyen- Orient les plus dévoués

aux USA. Toutefois une alliance contre

le dollar entre tous les pays exportateurs

de pétrole, la Chine et peut-être

la Russie représenterait une grave

menace. Pour l’instant cette perspective

reste de l’ordre de la théorie, mais suffit

à inquiéter ceux qui tirent le plus de

profit du monopole des USA, le complexe

militaro-industriel et le secteur financier

états-uniens et les « néocons »,

qui représentent ces pouvoirs. Le plus

puissant concurrent des USA, la Chine,

ne peut de fait pas se permettre de rester

dépendante à long terme de la puissance

concurrente, par le biais de ses

16 000 milliards de dollars de réserve.

Il en va de la souveraineté et de la sécurité

chinoises de se débarrasser dans

un premier temps de ses réserves de

dollars et ensuite d’élever sa propre

devise au rang de seconde monnaieétalon.

Les États pétroliers souverains

au plan économique et politique trouvent

eux aussi un intérêt justifié - si on

les crédite d’une action rationnelle - à

réduire leur dépendance au dollar et à

la politique des USA et à être libres de

vendre leur pétrole non seulement en

dollars, mais aussi en euro ou renminbi,

afin d’optimiser leurs recettes.

Imaginons simplement que le

dollar ne soit plus la devise mondiale

et qu’une vigoureuse concurrence avec

l’euro et le renminbi lui ait depuis longtemps

ravi sa stabilité. Le capital international

ainsi libéré quitterait en grande

partie les USA pour être investi dans la

zone euro ou celle du renminbi. La politique

actuelle de surendettement menée

par les USA par le biais d’émission de

bons du Trésor serait stoppée et le tabou

des dépenses militaires, qui fait consensus

aux USA, tomberait. Les USA

n’auraient alors d’autre choix que de

réduire drastiquement leur budget militaire

disproportionné, disons de moitié

en quelques années, afin de réduire leur

déficit budgétaire. Quelles en seraient

les conséquences pour l’hégémonie

américaine ? Au plan intérieur on assisterait

à un débat sur le sens ou

l’absurdité des dépenses d’armement et

de la présence militaire états-unienne

(800 bases !) dans le monde, dans la

perspective de démilitariser massivement

les USA, et de ramener leur budget

militaire à des proportions compatibles

avec leur puissance économique

réelle. Les USA ne seraient plus ainsi «

la dernière superpuissance », mais une

puissance mondiale parmi d’autres,

ce qui permettrait d’imaginer aussi de

nouvelles structures et de nouveaux

équilibres de pouvoir; par exemple,

l’Asie pourrait former une union. Cette

région, mais également le Moyen-

Orient, l’Amérique latine, l’Afrique et

aussi l’Europe auraient alors de véritables

chances de s’unir et de coopérer

pour créer dans des architectures de sécurité

régionales communes. Alors les

ressentiments nationalistes et racistes

ainsi que les ennemis créés de toutes

pièces perdraient largement leur force

d’attraction. Peut-être le secteur financier

se réduirait-il lui aussi à des proportions

raisonnables et les préalables

à une répartition plus juste des revenus

s’amélioreraient-ils notablement. Bref,

nous arriverions à un monde où il y

aurait plus de justice, moins de spéculation

financière, plus démocratique et

aussi plus pacifique. Les perdants, dans

un tel scénario, seraient évidemment le

secteur militaro-industriel, le secteur financier

et les « néocons » des USA.

Face à la possibilité d’un tel

scénario, les grands projets politiques

et toutes les activités en matière de

politique étrangère des néocons - les

représentants les plus authentiques de

ces deux secteurs - apparaissent sous

un nouvel éclairage. Le premier de ces

projets, élaboré dès les années 90, c’est

celui d’un « nouveau siècle américain »

au centre duquel se trouve la création

d’un « Grand Moyen-Orient. » Ce sont

les textes et déclarations officielles des

néocons eux-mêmes qui nous révèlent

le mieux l’importance qu’ils attachent

à ces projets. Ci-dessous quelques citations

éclairantes : « L’histoire du

20ème siècle devrait nous avoir appris

qu’il est nécessaire de modeler les choses

avant que les crises n’arrivent et

de contrer les menaces avant qu’elles

ne se fassent pressantes. L’histoire du

siècle passé devrait nous avoir appris

Suite à la page (16)

Avis Judiciaire

PARS CES MOTIFS, le Tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi, dit

que les héritiers de feu Lucien Ganot, représentés par Garry Ganot ont été

effectivement troublés dans leur possession ; ordonne en conséquence leur

maintien possessoire immédiat sur la dite portion de terre envahie à Cadiac

quatrième section communale de Miragoâne accusant une superficie de

cinq carreaux seize centièmes de terre ; fait injonction aux cités de ne plus

troubler tant à présent qu’à l’avenir la possession des héritiers de feu

Lucien Ganot, représentés par Garry Ganot ; condamne les défendeurs

solidairement à dix mille (10.000) gourdes de dommages intérêts aux frais

et dépens ; Commet l’huissier Toussaint Pierre-Sony pour la signification du

présent jugement ;

Ainsi jugé et prononcé par nous Me. Mozau Josier, Juge en audience civile

et publique du jeudi 13 mars 2014 avec l’assistance du sieur Jean Jude

Scipion, greffier en siège ;

Il est ordonné à tout huissier sur ce requis de mettre la présente sentence

à exécution, aux officiers du ministère public près le Tribunal de Première

instance de Miragoâne, à tous commandants et autres officiers de la force

publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi, cette présente sentence est signée de Me. Mozau Josier,

Juge et le sieur Jean Jude Scipion, greffier en siège ;

Pour copie conforme collationnée :

Me. Anthony Petit-Frère, Avocat

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Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 15


Suite de la page (15)

que nous devons nous consacrer

corps et âme à la cause du leadership

américain. (...) Pour l’instant les

États-Unis n’ont pas de rivaux importants.

La stratégie de l’Amérique

devrait viser non seulement à maintenir,

mais à renforcer cette position

privilégiée aussi loin que possible

dans l’avenir. Il y a certes des États

potentiellement puissants qui sont

insatisfaits de la situation actuelle

et aimeraient donc bien la modifier.

En conséquence, pour maintenir

l’enviable position stratégique actuelle

des USA, nous devons conserver

notre supériorité militaire planétaire,

aujourd’hui et à l’avenir.(...)

Bien que les sensibilités

saoudiennes internes imposent une

rotation nominale des forces armées

US dans ce pays, il est désormais

évident que nous devons y maintenir

un engagement durable. D’un

point de vue américain, l’importance

de ces bases ne disparaîtrait pas si

Saddam Hussein quittait la scène.

À long terme l’Iran peut constituer

une grave menace pour les intérêts

américains dans le Golfe, comme

l’Irak l’a déjà fait. Mais même si

les relations avec l’Iran devaient

s’améliorer, le maintien à titre

préventif de troupes dans le Golfe

resterait un élément essentiel des

forces armées US en prévision de

nos intérêts à long terme dans la région.7

»

En clair, cela signifie que les

néocons états-uniens souhaitent

maintenir et élargir les privilèges

monopolistiques que l’Amérique a

conquis au siècle dernier. Cependant

de leur point de vue, les seules

menaces à attendre de leurs rivaux

sont d’ordre militaire. Il est en conséquence

évident que l’Amérique

doit garder l’Extrême-Orient (la

Chine) et le Moyen-Orient dans

son collimateur durant le siècle actuel,

afin de contrer les menaces

(par exemple les rapprochements

entre pays, longtemps avant leur

réalisation) et modifier la situation

à son avantage. Dans le dossier

du « nouveau siècle américain »,

il n’est nulle part question de créer

des conditions de paix, mais en revanche

en abondance de guerres,

de l’implantation de bases militaires

dans le monde entier, de supériorité

militaire sur terre, sur mer et dans

les airs, de boucliers antinucléaires

dans l’espace et surtout de dépenses

d’armement toujours plus élevées.

Bien que les USA disposent déjà de

830 bases militaires de par le monde,

les néocons états-uniens estiment

qu’il faut en installer d’autres, en

Extrême-Orient et en Afrique. De

fait, depuis la victoire électorale de

George W.Bush jr en 2001, la politique

étrangère de l’Amérique porte

clairement la signature des protagonistes

du « nouveau siècle américain

». Le moteur des néocons, dans le

cerveau desquels semble gravé à jamais

le credo de l’accroissement de

puissance, est le complexe militaroindustriel.

Celui-ci représente le plus

grand danger pour la démocratie aux

USA et en Occident et pour la paix

dans le monde. Lors de son discours

d’adieu, le 17 janvier 1961, Dwight

Eisenhower avait déjà mis en garde

contre ce monstre, qui depuis s’est

profondément enraciné dans tous

les secteurs de la société américaine,

l’économie, la science et la culture.

« Cette conjonction d’un énorme

establishment militaire et d’une

puissante industrie d’armement

est un phénomène nouveau dans

l’histoire américaine (...) Dans les

instances décisionnelles gouvernementales

nous devons prévenir

l’accroissement, actif ou passif, de

l’influence indue du complexe militaro-industriel.

Le potentiel d’une

montée en puissance dévastatrice du

pouvoir aux mauvais endroits existe

et continuera à exister. Nous ne

devrons jamais permettre que cette

alliance influente mette en péril nos

libertés et nos processus démocratiques.

Rien ne va jamais de soi,

pensons-y. » Il est vrai que ce puissant

complexe lutte pour sa survie

depuis la chute du bloc Est et met

tout en œuvre pour installer dans la

durée l’hégémonie américaine. De

fait, depuis lors, le monde n’est pas

devenu plus sûr et plus pacifique,

ainsi qu’on l’espérait tant, mais,

comme au début du siècle dernier,

moins sûr et plus belliqueux. L’Islam

et des dictateurs comme Saddam

Hussein ont vite pris la place des

communistes déchus et l’on en a fait

la nouvelle menace pour l’Amérique

et l’Occident*. Le Moyen-Orient est

dorénavant une région dont l’avenir

est lié de multiples façons au destin

de l’hégémonie US-américaine.

L’intérêt des USA pour la région

remonte à la découverte des

gigantesques réserves pétrolières,

mais pas pour sa propre consommation,

comme on le croit généralement

à tort. En raison de leurs propres

ressources énergétiques, les

USA pouvaient se passer de pétrole

importé. Ils étaient autosuffisants au

début du siècle dernier et sont actuellement

sur le point de le redevenir

grâce aux techniques de fracturation

hydraulique à grande échelle. Mais,

devenus la nouvelle superpuissance

après la Deuxième guerre mondiale,

ils ont vite compris que des puissances

rivales au plan international

pouvaient leur échapper si elles contrôlaient

le Moyen-Orient. Initialement

les USA établirent en commun

avec l’Arabie saoudite, leur principal

allié dans la région, un régime

d’approvisionnement pétrolier qui

devait garantir la sécurité énergétique

de l’Occident, de la Chine et

de tous les États du BRIC**. L’Arabie

saoudite devait fournir une surproduction

constante. Ce système, sous

la direction politique des USA, permit

de satisfaire aussi bien leurs alliés

occidentaux que leurs rivaux,

en leur garantissant durant toute la

seconde moitié du siècle dernier et

en dépit de nombreuses turbulences

politiques un approvisionnement

régulier en pétrole à bon marché.

Mais lorsque les nouveaux géants

économiques, la Chine et l’Inde,

dans leur fringale énergétique presque

insatiable, prirent en main

leur approvisionnement au début

de ce siècle, le régime pétrolier sous

contrôle états-unien s’effondra irréversiblement,

les marchés suivirent

désormais les lois de fixation du

prix des biens non renouvelables, et

le prix du pétrole grimpa en flèche,

pour suivre les orientations du

marché 8. Mais si cela fit perdre aux

USA le contrôle du prix du pétrole,

l’un des leviers de leur politique

hégémonique, ils purent renforcer

considérablement leur position de

superpuissance par un autre biais.

Car les prix élevés du pétrole augmentèrent

la part du pétrole dans

les échanges internationaux, comme

nous l’avons vu plus haut, et de ce

fait la demande en dollars et en bons

du Trésor US s’accrut énormément,

ce qui rendit la position de monnaieétalon

du dollar inattaquable pour

longtemps. Mais pour conserver

l’option monopolistique, le pétrodollar,

pendant plusieurs décennies encore,

les USA ont besoin de garder

un contrôle aussi total que possible

sur le Moyen-Orient, si nécessaire

grâce à des « changements de régime

», afin d’étouffer dans l’œuf

d’éventuelles alliances contre le dollar.

Le projet néoconservateur du

« Nouveau siècle américain », qui

prévoyait la création d’un « Grand

Moyen-Orient » vassal des USA, allait

apparemment dans ce sens.

Dans la perspective des néoconservateurs,

l’idéal au Moyen-

Orient serait une atomisation des

noyaux de pouvoir rebelles, des

conflits religieux et ethniques, des

guerres civiles, le chaos et une atmosphère

de profonde méfiance qui

permettrait d’atteindre leurs propres

buts grâce à la politique bien

connue du « diviser pour régner.»

Car les puits de pétrole pourraient

continuer à fournir, comme on le

constate actuellement dans un Irak

paralysé par les attaques terroristes

quotidiennes et le chaos, puisque

tous les adversaires en présence ont

besoin de pétrodollars pour acheter

des armes. Et ainsi, durant de décennies,

aucune puissance ne pourrait

pas même envisager de vendre

et acheter du pétrole autrement

qu’en pétrodollars. Et de fait nous

assistons en ce moment à de fortes

évolutions en ce sens. Entre temps

l’Afghanistan, l’Irak et la Libye ont

« changé de régime ». Dans ces pays

règnent désormais la discorde et la

méfiance, des conflits tribaux, des

scissions territoriales le long de frontières

ethniques, un terrorisme mutuel

entre chiites et sunnites. Et Al

Qaida, qui selon la version officielle

est l’ennemi public n°1 dans la « lutte

contre le terrorisme » n’a jamais

été aussi forte. En mai 2003, à peine

Bush junior avait-il proclamé, du

pont de son porte-avion l’ «Abraham

Lincoln »,« mission accomplished »

après la chute de Saddam Hussein,

que déjà les néocons répandaient la

« joyeuse » nouvelle, que l’Iran était

le prochain pays visé. Le conflit ouvert

avec l’Iran au sujet du nucléaire

date en effet de mai de cette annéeune

simple coïncidence ? Pourtant

l’armée US s’est installée en Irak et

le projet du « Grand Moyen-Orient

» a fait son apparition. Les néocons

n’ont cependant toujours pas abandonné

leurs buts. Un « changement

de régime » en Iran est toujours à

leur agenda, l’armement massif de

l’Arabie saoudite et autres États du

Golfe ainsi que la guerre civile en

Syrie portent leur patte. Obama, en

tentant de calmer le conflit au sujet

du nucléaire iranien et la guerre en

Syrie se tient sur le fil du rasoir, car

les néocons, majoritaires au Congrès,

essaient de torpiller cette politique

partout où ils le peuvent.

Et pourtant le but d’Obama

est à y regarder de près le même

que celui des néocons, un « changement

de régime », mais à la différence

des seconds, le premier espère

l’obtenir non par une guerre,

mais par une politique de « changement

par rapprochement. » Obama

espère, grâce à un deal avec l’élite

libérale-capitaliste de la République

islamique, impliquer celle-ci dans

sa politique hégémonique et conserver

ainsi aux USA les immenses

avantages de l’impérialisme du dollar,

tout en réduisant considérablement

leur coût et leurs risques. Les

efforts diplomatiques pour résoudre

le conflit syrien et celui du nucléaire

iranien vont en ce sens. Difficile

toutefois de savoir si cela marchera.

Car tous les perdants potentiels de

cette politique, soit 1/ l’alliance entre

l’armée et le camp islamique conservateur,

actuellement au pouvoir en

Iran, 2/ l’élite sioniste israélienne et

3/ le conglomérat états-unien des

néoconservateurs et du complexe

militaro-industriel se sont déjà mobilisés

de diverses manières contre

la politique « en douceur » d’Obama,

et actuellement ne négligent rien qui

puisse la faire échouer. Quoi qu’il en

soit, un retrait des USA au Moyen-

Orient, que certains prédisent assez

souvent ces derniers temps en

pointant le recul de la dépendance

aux importations pétrolières, est à

peu près exclu. L’annonce faite par

Obama après sa réélection - un renforcement

de la présence militaire US

dans la zone asiatique et le Pacifique

- est selon toute vraisemblance une

mesure d’intimidation préventive en

direction de la Chine. Car la dépendance

de la Chine au dollar représente

à coup sûr une grave menace pour

sa sécurité. À brève ou longue échéance,

la nouvelle superpuissance

n’aura d’autre choix que de contester

le monopole américain sur la

monnaie de référence et de franchir

la ligne rouge fixée par les USA.

L’alternative : la transition

énergétique planétaire et

plusieurs monnaies de référence

Quoi qu’il en soit, tous les éléments

de l’impérialisme du dollar convergent

en ce moment au Moyen-Orient.

Le complexe militaro-industriel

américain est le principal profiteur

du « nouveau siècle américain ».

La course aux armements qui s’y

déchaîne actuellement fait pâlir celle

des années 70 qui a abouti aux trois

guerres du Golfe. Tandis que désormais

le recyclage dans l’armement

des pétrodollars a enclenché un

nouveau et dangereux cercle vicieux

qui pourrait à tout moment embraser

la région entière, le secteur US de

l’armement peut être tranquille :

toutes les administrations US, quelle

que soit leur couleur politique, pourront

longtemps encore poursuivre

leur politique d’endettement et financer

les dépenses militaires. Grâce

à une demande en dollars croissante

et à la planche à billets de la

FED - du reste dirigée maintenant

par Janet Yellen- le système bancaire

US dispose de telles sources

d’approvisionnement qu’il n’est

pas seulement à même de financer

l’industrie de l’armement des USA,

parasitaire au plan économique et

dangereuse au plan politique. Ce

système a aussi surmonté la crise

bancaire aux USA et acquis depuis

lors un pouvoir suffisant pour faire

échouer toutes les tentatives de régulation

bancaire aux USA et même

dans la zone euro.

Fondamentalement

l’impérialisme du dollar est une architecture

extrêmement instable,

présentant des absurdités presque

inimaginables. D’une part, elle maintient

en vie aux USA un gigantesque

appareil de violence, financé non

par les contribuables états-uniens,

mais par nous tous et à notre insu.

Et d’autre part cette construction

repose sur le chaos, la violence et

les guerres civiles aux quatre coins

du monde, en particulier dans les

régions pétrolifères, qui pour cette

raison risquent en permanence de

s’effondrer et de précipiter le monde

dans de graves crises. Quoi de plus

absurde que de financer tous avec

notre argent un secteur industriel

parasite dont la survie dépend en

dernière instance de l’impossibilité

de faire régner la paix sur notre planète.

Le rôle funeste de la NSA

En outre cette architecture engendre

une soif extinguible de contrôles infinis

sur toutes les communications,

y compris l’espionnage de tous les

gouvernants, même de ceux des

États amis. L’approche que donne

cet article de l’impérialisme du dollar

devrait apporter un nouvel éclairage

au scandale de la NSA, découvert

grâce à Edward Snowden. Serait-ce

aller trop loin de mettre en cause la

légitimité d’un appareil sécuritaire qui

espionne même les instances gouvernementales

de pays amis, comme

l’Allemagne, en le soupçonnant

d’être au service exclusif des intérêts

nationaux des USA ? En tout cas la

NSA a été fondée en 1952, à une

époque où il n’était nulle part question

d’Al Qaida et du 11 septembre,

mais déjà des avantages d’une puissance

hégémonique détenant divers

privilèges économiques. Aujourd’hui

nous avons sans doute affaire (entre

autres) à rien de moins que l’intérêt

clair et net du complexe militaroindustriel

et du secteur financier des

USA, qui pour survivre est contraint

d’identifier à temps et d’étouffer dans

l’œuf, sur toute la planète et par tous

les moyens, tout mouvement ou action

qui pourrait menacer le statut

actuel de la devise US. En dépit de

l’indignation générale Obama, de

toute évidence pour satisfaire ses adversaires

politiques, a souligné dans

son discours du 17 janvier 2014 que

les USA continueraient à « collecter

des renseignements sur les intentions

de gouvernements étrangers.» Néanmoins

la NSA représente, c’est avéré,

un danger majeur pour la démocratie

en Amérique et en Occident, et pire

que ne pouvait l’imaginer Dwight

Eisenhower lorsqu’il mettait en garde

dans son discours d’adieu contre

le complexe militaro-industriel. La

communauté mondiale ne serait-elle

donc pas bien avisée de se défendre

à temps contre cette évolution maléfique

? À long terme la solution réside

dans la transition énergétique,

que l’on devrait en conséquence

promouvoir sans délai. Mais à

court terme, il faudrait démocratiser

l’économie mondiale en mettant

à l’agenda diplomatique mondial

l’abolition du monopole monétaire

des USA. Quoi de plus naturel que

l’instauration de plusieurs devises

de référence, l’euro et le renminbi,

conformément aux véritables rapports

de force économiques ? À long

terme les Américains eux-mêmes y

trouveraient leur intérêt, puisque cela

contribuerait à éliminer des secteurs

parasitaires de leur économie. Elle

est en tout cas incontournable si

l’on veut un monde plus stable, plus

pacifique et démocratique. Toutefois

les expériences amères d’Obama,

qui a dû abandonner presque toutes

ses tentatives de réformes positives,

prouvent que les USA, réduits à leurs

propres forces, ne sont guère capables

de repousser les intérêts parasitaires

de l’alliance sournoise entre l’armée

et la finance. En revanche si la Chine

et l’UE cherchaient à établir plusieurs

devises de référence, elles aideraient

les USA à cesser de recourir à des

méthodes impérialistes pour accroître

leur bien-être ; leurs performances et

leur productivité sont de toute façon

immenses.

NdlT :

* En partie inexact. Que l’on

songe à la diabolisation de Chavez

(de son vivant) et de l’Amérique bolivarienne

en général, ainsi qu’aux

évènements actuels en Europe centrale.

** Je n’ai pas lu l’article recommandé

(Rätsel Ölpreis, in: Blätter für

deutsche und internationale Politik) .

S’il ne rectifie pas plusieurs des analyses

de ce paragraphe, celles-ci me

semblent entachées d’inexactitudes

scientifiques.

Notes

[1] Pour ces chiffres, cf Fiscal Year

2014, Historical Tables. Budget of

the U.S. Government, Washington

DC, S. 143f.

2 Malheureusement les économistes

et journalistes économiques oublient

le rôle politique particulier joué la

Banque centrale aux USA, et, en

dépit de ses lourdes conséquences

pour le reste du monde, rapportent

la création de dollars supplémentaires

exclusivement à des besoins

internes, comme dans les autres

pays capitalistes. « La FED, banque

centrale des USA »- pour citer une

analyse récente de la Frankfurter

Rundschau en date du 30 janvier

2014 « qui a injecté dans l’économie

mondiale plus de 3000 milliards de

dollars (...) ajuste sa politique en

fonction des besoins des USA, pour

soutenir la conjoncture et la stabilité

des prix dans ce pays.»

3 Cité par David Graeber : Schulden

(la dette) Stuttgart 2012, p. 384

et suivantes.

4 Fiscal Year 2014. Historical Tables

a.a. O., pages 50 et suivantes

5 Ibid., p.383

6 Ibid ;, p. 386

7 www.newamericancentury.org/

statementofprincipales.htm

8 Pour en savoir plus:voir Mohssen

Massarrat: Rätsel Ölpreis, in: Blätter

für deutsche und internationale Politik,

( L’énigme du prix du pétrole, in

Revue de politique allemande et internationale)

10/2088

Source: http://www.ettelaat.com/

etiran/?p=26187

Date de parution de l'article

original:10 octobre 2013

Traduit par Michèle Mialane

Tlaxcala 4 mai 20

16

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014


A Travers le monde

Affaire Sankara : nouveau

déni de justice, la

mobilisation continue !

Le 30 avril 2014, Le tribunal de

Grande instance de Ouagadougou

s’est déclaré incompétent pour

ordonner une expertise ADN afin

d’identifier des corps enterrés à Dagnoen.

Nous accueillons, cette décision,

avec tristesse, déception et

colère et c’est désormais la révolte et

la rage qui nous envahissent. Cette

décision fait pourtant suite à une

requête déposée par les avocats de la

famille datant du 2 février 2011. Il a

donc fallu 3 ans pour que des juges

se déclarent incompétents ! Et la première

requête en justice de la famille

date quant à elle de 1997 !

La réalité du Burkina Faso,

c’est que Blaise Compaoré est le seul

véritable juge concernant l’affaire

Sankara. Il panique à chaque fois

qu’il en est question, redoutant

d’être lui-même poursuivi, comme il

panique à l’idée d’être poursuivi pour

son rôle dans les guerres, du Libéria,

de Sierra Léone et de Côte d’Ivoire.

C’est la raison pour laquelle, toutes

les procédures lancées au Burkina

sur l’assassinat de Thomas Sankara

sont bloquées.

Mais la famille Sankara est en

droit de pouvoir se recueillir sur une

tombe authentifiée comme celle du

défunt président Thomas Sankara.

La famille Sankara, les familles des

collaborateurs de Thomas Sankara

assassinés avec lui, les peuples africains,

et tous les héritiers politiques

de Thomas Sankara demandent

aujourd’hui la vérité et la justice.

Le peuple burkinabè a cette

fois décidé de se lever pour mettre

fin au régime décadent de Blaise

Compaoré. Cette dernière décision

de justice, après la condamnation

du Burkina par la Cour africaine des

droits de l’homme pour les nombreuses

carences dans l’enquête sur

l’assassinat du journaliste Norbert

Zongo, ne fait que ternir un peu plus

l’image de son régime, alors que la

population burkinabé, y compris des

personnalités jusqu’ici très proche du

président réclame son départ.

Forts des 13600 signatures

déjà obtenues, du soutien des

dizaines d’associations et de partis

Thomas Sankara

politiques de par le monde, nous

continuons plus que jamais à exiger

que justice soit rendue et qu’une

commission d’enquête internationale

indépendante soit rapidement mise

en place, faute de pouvoir compter

sur la justice du Burkina. De nombreux

témoignages font en outre état

de l’implication de la France, de la

CIA, de quelques pays voisins dans

le complot international qu’est cet

assassinat. C’est pourquoi, nous demandons

par ailleurs :

- aux membres du Congrès

américain d’exiger que soient ouvertes,

dans leur pays, les archives

de l’époque et qu’une investigation

soit menée sur une éventuelle implication

de la CIA.

- aux parlementaires français

d’accepter la demande d’enquête

parlementaire sur l’assassinat de

Thomas Sankara, déjà déposée deux

fois à l’Assemblée nationale de la

République française, le 20 juin

2011 et le 5 octobre 2012 et d’exiger

l’ouverture des archives permettant

d’avancer dans la recherche de la

vérité

Nous ne voulons plus attendre

plus longtemps !

Nous appelons donc de nouveau

les citoyen-ne-s, les partis

politiques et les organisations de la

société civile à amplifier la campagne

Venezuela : arrestation de l’organisateur

logistique des « Guarimbas »

Etant donné que Rodolfo Pedro

Gonzalez Martinez, alias «

L’Aviateur » a été identifié comme celui

qui organisait les « guarimbas » au

niveau logistique, il a été arrêté lors

d’une opération menée à bien par les

corps de sécurité de l’Etat, a indiqué

vendredi le ministre de l’Intérieur, de

la Justice et de la Paix, Miguel Rodriguez

Torres.

Gonzalez Martinez est le logisticien

des bandes armées engagées

par des partis politiques d’extrême

droite pour exécuter des actes terroristes

(« guarimbas ») qui font partie

du plan de sédition contre la démocratie

et le Gouvernement constitutionnel

du Venezuela.

Le ministre a expliqué que «

ce monsieur (Gonzalez Martinez)

vient des [rangs] de la Coordination

Cuba: les États-Unis ont payé des

étrangers pour la propagande anti-cubaine

par de nouvelles initiatives publiques.

Pour qu’enfin la vérité éclate

sur l’assassinat de Thomas Sankara,

nous appelons de nouveau :

- les journalistes à se lancer

dans des investigations ;

- les historiens à engager de

Démocratique », une organisation qui

dirigea le coup d’Etat contre le président

Hugo Chavez en 2002.

Il a souligné que la résidence de

celui qui est connu comme « l’aviateur

» a été perquisitionnée par le Service

Bolivarien de Renseignement National

(SEBIN), qu’on a saisi des armes à

feu, des munitions et du matériel pour

des activités de subversion ainsi que

du matériel de télécommunications

dans lequel on a constaté des liens

avec des dirigeants de l’opposition

comme le maire de Caracas, Antonio

Ledezma, le Conseiller de la municipalité

de Sucre, Dario Ramirez, le dirigeant

politique, Pablo Medina, les

membres du Mouvement 13, Vilka

Fernandez et Gaby Arellano, le dirigeant

Juan Requesens, entre autres.

Le gouvernement étasunien a déboursé,

à travers le Bureau des

transmissions à Cuba (OCB) presque

700 mille dollars ces six dernières

années pour payer des collaborateurs

étrangers qui suivent la trame de la

propagande anti-cubaine. Dans une

entrée du blog Along The Malecon,

le journaliste Tracey Eaton indique

que l'argent de l'OCB a été utilisé

pour payer des artistes, des écrivains

et divers collaborateurs entre janvier

2008 et avril 2014.

Le reporter se demande si la

succursale fédérale utiliserait des

collaborateurs européens, du Moyen

Orient et d'Amérique Latine pour arriver

à ses fins pour qu'ils attirent

moins l'attention que ceux de Miami.

Il suggère aussi que cela pourrait

faire partie d'une stratégie pour

essayer de donner une image de l'île

antillaise correspondant aux intérêts

de Washington, la faisant percevoir

comme « l'opinion mondiale internationale

».

Eaton dit que l'OCB, qui a son

siège à Miami, a informé certains des

noms de ceux qui reçoivent l'argent

à l'étranger, contrairement à ce que

fait l'Agence des Etats-Unis pour le

Développement International (US-

AID). Les deux organisations sont

remises en question pour avoir patronné

des réseaux sociaux à Cuba

comme ceux qu'on appelle Zunzuneo

et Piramideo, dont les buts

subversifs ont été dénoncés par La

nouvelles recherches ;

- les documentaristes à

produire de nouveaux films ;

- l’opinion publique à faire

monter la pression d’un cran.

L’heure de la vérité et de la

justice approche. Hâtons-la tous ensemble

!

Rodolfo Pedro Gonzalez Martinez,

alias « L’Aviateur »

(Traduction Françoise Lopez)

AVN 2 mai 2014

Havane et par la communauté internationale.

Les registres de cette organisation

montrent qu'en avril, des ordres

de paiement ont été émis pour des

journalistes d'Espagne, du Guatemala,

d'Argentine, du Chili, d'Israël, de

Russie et de la République Tchèque.

L'USAID et le Département d'Etat

attirent plus l'attention de la presse

que 'OCB pour leurs paiements de

journalistes, de bloguers et d'autres

personnes à l'intérieur et à l'extérieur

de Cuba. « Mais l'OCB est une force

importante et en pleine croissance »,

a averti Tracey Eaton.

Traduction Françoise Lopez

Granma 3 mai 2014

Le réseau international « Justice

pour Sankara Justice pour l’Afrique »

Le 1 mai 2014, à Ouagadougou,

Bobo Dioulasso, Abidjan, Dakar,

Paris, New York, Londres,

Washington, Madrid, Bruxelles,

Turin, Ajaccio

DENNIS MULLIGAN,

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Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 17


Hugo Chavez et la religion

Par François Houtart *

¡Hasta siempre

Comandante!,Chavez pour

toujours!

Le thème des rapports que Hugo

Chavez entretenait avec la religion

n’a pas été beaucoup abordé et il est

peu connu. Cependant, dans le contexte

de la société vénézuélienne, il est

important. En effet, le président Chavez

a souvent parlé de religion et il s’est

référé régulièrement à la personne de

Jésus. Certains ont interprété cela comme

une manipulation du religieux par

le pouvoir politique. Il me semble que

c’est une accusation dénuée de fondement.

Peu après le coup d’Etat d’avril

2002 qui faillit coûter la vie au président,

je participai à l’émission Alo Presidente

qu’il réalisait tous les dimanches matin.

Avec un groupe d’invités, nous le rejoignîmes

en hélicoptère dans une petite

ville côtière de la mer des Caraïbes, non

loin de Caracas. Le programme télévisé

incluait, comme chaque semaine, des

interventions diverses et des échanges

avec des interlocuteurs de tout le pays.

A un certain moment, le président me

demanda d’intervenir.

Je choisis d’aborder la question

religieuse dans son rapport au politique,

en rappelant d’abord qu’en Amérique

latine, il existait une longue tradition

d’instrumentalisation de la religion, du

christianisme en particulier, pour légitimer

le pouvoir. Les exemples abondent

et la hiérarchie catholique en porte une

bonne part de la responsabilité. Mais

tout autre chose est de se baser sur les

enseignements et les pratiques de Jésus

pour inspirer des réformes sociales et

des politiques favorisant les plus démunis.

Dans sa société, Jésus s’identifia

en effet à la cause des pauvres

et condamna tous les pouvoirs qui

étaient à l’origine de leur exploitation,

qu’ils soient économiques, politiques

ou même religieux. Sa référence aux

valeurs du Règne de Dieu – la justice

et l’amour du prochain – donnait une

dimension religieuse à la recherche du

bien collectif. Sa critique du Temple de

Jérusalem en fait foi, mais aussi celle

des riches, du pouvoir hérodien et du

colonisateur romain. Si Jésus fut exécuté

par une alliance contradictoire de

tous les pouvoirs de son époque, c’est

bien parce que son message était subversif

de l’ordre existant. S’inspirer de

cet exemple pour orienter des politiques

concrètes est donc parfaitement légitime

et ne signifie nullement un retour à

une situation de chrétienté. Après avoir

écouté avec attention cette intervention,

Chavez me dit : « Padre, pourquoi

ne restez-vous pas quelques mois avec

nous ? »

Lors d’un autre Alo Presidente

près de Valencia, dans l’Etat de Carabobo,

Chavez aborda un thème d’actualité

: la découverte d’un Evangile

apocryphe. Il m’interrogea sur le sens

de ce texte qui parlait explicitement de

la famille de Jésus, impliquant notamment

son état marital. Je n’étais guère

préparé à répondre, n’ayant pu prendre

connaissance du texte. Je lui dis cependant

que ce n’était pas le seul exemple

du genre, et que la critique historique

et littéraire aurait à déterminer l’apport

qu’il pourrait représenter pour une meilleure

connaissance du christianisme,

tout en faisant la part de l’imaginaire

collectif.

Même si les thèmes religieux

n’étaient pas absents du discours de

Chavez, la politique de la Révolution

bolivarienne était réellement laïque,

dans le sens positif du terme. En effet,

son but était de créer le socialisme du

XXI° siècle ou plus récemment, avant sa

mort, d’un éco-socialisme. Il se référait

sans cesse à Bolivar, que l’on ne peut

soupçonner de cléricalisme. Il s’opposa

directement aux interventions de l’épiscopat

vénézuélien, notamment lorsque

le cardinal de Caracas appuya le coup

d’Etat de 2002 et sabla le champagne au

palais présidentiel avec ses auteurs. De

même lorsque le président de la conférence

épiscopale le compara à Hitler

et Mussolini, lors de la conférence des

évêques latino-américains à Aparecida

au Brésil, en présence du pape Benoît

XVI. Mais cela ne l’empêcha pas de

prendre en compte le facteur religieux

en tant qu’expression culturelle centrale

du peuple vénézuélien.

Chavez ne cessa d’exprimer son

adhésion au christianisme, à la fois

dans sa dimension sociale de recherche

de justice et d’amour des autres, et

également comme signification personnelle.

Pour le premier aspect, il suffit

de rappeler qu’il portait un petit crucifix

dans sa pochette et qu’il le sortait

régulièrement en disant que, pour lui,

Jésus était une référence car il avait

été un des premiers socialistes. A La

Hugo Chavez

Havane, dans le théâtre Carlos Marx,

face à des milliers de personnes, lors du

lancement avec Fidel Castro, de l’Opération

miracle qui, avec le savoir-faire

médical cubain et l’appui financier vénézuélien,

allait soigner des millions de

latino-américains pauvres des maladies

des yeux, je l’ai vu présenter à nouveau

son crucifix. Il rappela les paroles

de Jésus annonçant que les aveugles

verront. Il se tourna alors vers Fidel et

lui dit : « Je te le donne ». Fidel, un

moment déconcerté lui répondit : « Eh

bien, je l’accepte ». L’assemblée entière

se leva et applaudit longuement.

Sur le plan personnel, Chavez

exprimait son adhésion religieuse dans

les termes de la spiritualité populaire.

Au cours des dernières années, chaque

fois que je le rencontrais, il me disait :

« François, bénédiction ; j’ai besoin

de ta bénédiction », expression à la

fois d’une conviction réelle et d’une

religion de protection, héritage des racines

culturelles de l’Amérique latine.

La dernière fois que je l’ai vu, peu de

temps avant sa mort, c’était au cours

d’une réunion publique dans le grand

théâtre du Centre culturel Teresa Careno

de Caracas. De loin, il m’interpella :

« François », dit-il. Puis il joignit les

deux mains en signe de prière. Le sens

complet de son geste me fut clairement

dévoilé plus tard, le jour où l’on annonça

sa disparition.

*François Houtart. Professeur

à l’Institut national des Hautes études

de Quito (Equateur). Fondateur et président

du Centre Tricontinental, et professeur

émérite de sociologie à l’Université

Catholique de Louvain ; co-lauréat

2009 du prix Madansheet Singh remis

à l’UNESCO le 16 novembre 2009.

Mémoire des luttes 30 avril 2014

Suite de la page (6) Premye Me 2014 : Ouvriye yo...

pou yo ka touche 300 goud, yo pa

janm ka fè l vre. Yon ouvriye ki abite

kafou, nan zòn sid kapital la esplike

tray l ap pase. Transpò ale retou,

koute l, 50 goud, manje maten pou

75 goud, a midi 75 goud, bwason

an koute 25 goud, lè l fè total la, li

pa rete senk kòb ankò nan men l ak

yon salè 225 goud a 46 goud pou

yon dola ki egal a 4,90 $. Donk yon

ouvriye ayisyen k ap touche pi piti

pase 5$ US pou 8tè tan travay chak

jou.

Suite de la page (6)

MOLEGHAF ap denonse tout konplo

etranje yo ki nan tèt peyi a ak gwo

peyi a enperyalis yo tankou ETAZI-

NI, LAFRANS ak KANADA ak tyoul

yo kouwè gouvènman BREZIL,

AJANTIN,CHILI, REPIBLIK DOMINK-

EN ap fè sou do mas pèp yo.

Sou menm zafè enjerans peyi

a, MOLEGHAF ap prezante pou opinyon

piblik nasyonal ak entènasyonal

25 rezon ki fè nou dwe kapote rejim

pouri Martelly-Lamothe la

1- Fè Koripsyon nan leta

2- Aplike yon politik restavèk

3- Proteje trafikan dwòg

4- Pwoteje kidnapè

5- Manipile chanm depite

6- Manipile pouvwa jidisyè

7- Entimide,pèsekite ak arete militan

politik

8- Vyole dwa moun ak mete baboukèt

nan bouch lapwès

9- Manipile konsèy elektoral pwovizwa

a

10- Fwod ak pran lajan anba tab pou

siyen kontra ilegalman

11- Vòlè lajan transfè ayisyen kap viv

nan diaspora

12- Gagote lajan pwogram petro karibe

a

Suite de la page (3)

vidé les caisses du trésor de la

république, font tout ce qu’ils veulent

sans être contrés par la résistance de

quiconque du pays pour dire gare

aux voleurs, pour dire ça suffit !.

Nous, les élèves, jeunesse et l’avenir

du pays, nous sommes les premières

victimes. Si dès cette semaine, ce

problème de régularisation des

salaires des professeurs n’est pas

résolu pour qu’enfin, nous puissions

reprendre normalement nos cours,

toutes les écoles de la ville seront

fermées » a vigoureusement menacé

un lycéen protestataire.

Aussi, à Port de Paix, dans

le Nord d’Ouest, comme d’ailleurs

la semaine dernière, les élèves des

écoles publiques soutenus par ceux

des écoles privées, ont manifesté

dans les rues pour exiger la régularisation

des salaires des enseignants.

Dans le but de réprimer sauvagement

ce mouvement, les agents de

la PNH aidés de ceux de la MINUS-

TAH ont affronté les manifestants à

coups de bâtons et de gaz lacrymogène.

Trois élèves ont été arrêtés par

ces policiers esclaves du gouvernement

Martelly/Lamothe.

« Nous sommes à la

recherche de l’éducation, du pain

de l’instruction. On nous reçoit

avec violence, à coups de gaz

lacrymogène et de bâtons. Si nous

restons des incultes sans éducation,

nous resterons des imbéciles ou

du bétail électoral à leurs services.

Est-ce pourquoi les escrocs de ce

gouvernement nous empêchent

de nous battre pour une meilleure

éducation. Ils ont arrêté 3 élèves de

nous. Quoiqu’il arrive, nous nous

battrons pour notre éducation, nous

nous battrons pour notre avenir.

Nous resterons mobilisés jusqu’à

la victoire finale », a précisé un des

élèves protestataires très déterminé.

Néanmoins, les élèves étaient

devenus surchauffés à ne pas

démordre quand ils ont appris l’arrestation

d’un des membres de la

plateforme des enseignants dans la

région, monsieur Ondalas Mertilus.

Prezidan peyi a, Michel Joseph

Martelly asepte l pou l pwoteje enterè

patwon, k ap eksplwate ouvriye

yo pou po patat. Daprè yon etid enstiti

Estatistik ak Enfòmatik te fè,

yon fanmi, ki gen 5 moun ladan l,

ta sipoze bezwen 425 goud chak jou

pou l manje, pandan yon ouvriye

ap touche 225 goud. Ouvriye yo

bò kote pa yo fè konnen depi lane

1991, sou premye manda prezidan

Aristide la salè minimòm lan te 4$

US, 23 lane aprè li toujou 4$ US.

13- Vòlè lajan apèl telefonik

entènasyonal yo

14- Vyole kontitisyon ayisyèn nan

15- Mete rezo asosiyasyo malfektè

kanpe nan tout peyi a

16- Mete rezo blanchiman lajan

17- Touye jij Jean Serge Joseph

18- Enpòte zam illegal

19- Renouvle manda minustah nan

peyi a

20- Aksepte gwo peyi enperyalis yo

piye min lò nou yo

21- Pwojè 40 zòn franch ak pwojè

pou vann tout zile peyi a espesyalman

ilavach

22- Kontinye aplike politik neyoliberal

23- Aksepte ak jwe wol sousou nan

zafè okipasyon peyi a

24- Aplike yon politik eksklizyon

ak:ouvriye-travayè-peyizan

25- Redwi katye popilè yo nan

mizè,grangou,povrete ak chomaj

NB: rejim Martelly a se yon

rejim pouri ki pwoch ak rezo mafya,

gang, kidnapè ak trafikan dròg

ABA MARTELLY-LAMOTHE AK

MINUSTAH

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lâcherez pas Katou Restaurant

18

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 43 • Du 7 au 13 Mai 2014


Suite de la page (4)

stagnante puisqu’elle est prise en

otage par des réseaux de gangsters

et de l’insécurité qui s’y installe ;

empêchant par ainsi la circulation des

produits des travailleurs agricoles.

Les caisses de l’Etat étant vidées,

cette situation soulève des protestations

au niveau de la population qui

gagne régulièrement les rues pour

exiger le départ de Michel Joseph

Martelly et du spéculateur de renommée

international, Laurent Lamothe.

Face à cette situation, la Communauté

Internationale s’est empressée

de recourir au dialogue en deux

occasions pour essayer de sauver le

régime tètkale. En 2012, les Religions

pour la Paix ont conduit une série

de pourparlers qui ont abouti à la

formation d’un Collège Transitoire du

Conseil Electoral Permanent (CTCEP)

pour organiser les élections. Puisque

une année plus tard rien n’a été fait,

le pays attend toujours les élections

pour renouveler son personnel politique

et administratif. Au début de

cette année, l’église catholique apostolique

romaine s’est chargée de conduire

à nouveau le dialogue boudé par

les partis politique de l’opposition. Ce

dit dialogue aboutit à la conclusion

d’un accord dont les clauses violent

la loi mère de la République et cet

accord complique davantage la situation

du pays. Il ouvre la voie beaucoup

plus à l’ingérence étrangère et à

la domination des puissances impérialistes

sur Haïti.

La mobilisation de la population

à travers le pays est nécessaire

pour faire échec à tous les complots

des ennemis du peuple tant

au niveau national qu’international.

La Communauté Internationale est

présente en Haïti depuis plus de 10

ans, disait-on, pour stabiliser le pays

; alors que les élections qui constituent

des outils de stabilisation tardent

encore à être organisées depuis plus

de trois ans, mettant par ainsi la

démocratie en danger en Haïti. Ainsi

la MINUSTAH n’ayant plus sa raison

d’être, elle doit partir comme prévu

par la résolution du Sénat, le 28 mai

prochain.

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Messe de requiem

Sur la requête de la marraine de la chorale de l’Eglise “Les

Saints Innocents”, une messe de requiem sera chantée le

samedi 17 Mai prochain à11hres du matin à la dite Eglise

située à l’angle de East 17 et de Beverly Rd à Brooklyn, en la

mémoire des membres de la Chorale haitienne passés dans

l’au-delà et véritablement dans les bras de Dieu.

Les élus répondent au nom de :

Jeanine Jean Louis

Annette Prévilus

Nelly Jean Baptiste

Altagrace Bernadotte

Myriam Philidor Dorismé

Yolande Marcelin

Jean Clédor Sterlin

Nirva Jean-Louis

Cette annonce tient lieu d’invitation aux parents, amis et

fidèles de l’Eglise.

Pour informations, sonnez le

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Haiti Liberté/Haitian Times

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