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Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00<br />
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HAÏTI LIBERTÉ<br />
JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE<br />
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À PETIT-GOÂVE : DES ÉVÉNEMENTS<br />
ET LEURS CONSÉQUENCES !<br />
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vre?<br />
Page 6<br />
English<br />
Page 9<br />
Voir page 4<br />
Le mercredi 10 septembre dernier, la ville de Petit-Goâve a connu une nouvelle journée de manifestation, de tension et de<br />
violents affrontements entre des membres de l'Opposition et des partisans des autorités locales.<br />
L’Instrumentalisation<br />
de la Justice !<br />
Page 7<br />
TERRIBLES ACCIDENTS À PETIT-<br />
GOÂVE ET À PORT-AU-PRINCE<br />
Le flirt des<br />
Occidentaux<br />
avec les<br />
djihadistes<br />
tourne mal !<br />
Page 10<br />
Voir page 4<br />
Deux terribles accidents ont compté en tout un total de 30 morts et de 39 blessés, selon un bilan rendu public par le<br />
bureau central de la protection civile de l’Ouest<br />
Sierra Leone:<br />
Cuba envoie 165<br />
experts pour<br />
lutter contre<br />
Ebola !<br />
Page <strong>17</strong>
Editorial<br />
Riposte du secteur populaire aux<br />
appétits des loups impériaux!<br />
Par Berthony Dupont<br />
On les attendait ces loups et vautours sans frontières, ces gendarmes<br />
internationaux violateurs des droits de l’homme, ces<br />
avocats des multinationales qui monopolisent les ressources et les<br />
richesses des pays pauvres pour créer plus de gens affamés. On les<br />
attendait ces usurpateurs dans la crise qu’ils ont eux-mêmes créée<br />
au pays en manipulant les divers groupes politiques et en jouant sur<br />
les rivalités. Ils ont eux-mêmes précipité le pays dans l’abîme en imposant<br />
Michel Martelly au pouvoir et maintenant ce sont eux qui les<br />
premiers manifestent leur inquiétude pour agir en donneur de leçons.<br />
La semaine dernière, lors de la rencontre du Conseil de sécurité<br />
sur le dossier d’Haïti, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Samantha<br />
Power a déploré que six sénateurs aient pris en otage les élections<br />
sur la base de considérations politiques ; malgré le travail sans relâche<br />
des dirigeants de l’exécutif. Dans la même veine, elle s’est félicitée de<br />
la professionnalisation de la Police nationale et du renforcement du<br />
système judiciaire, grâce aux efforts de la force d’occupation, la MI-<br />
NUSTAH.<br />
Le chef civil de la Mission d’occupation d’<strong>Haiti</strong>, Sandra Honoré<br />
a, pour sa part, également blâmé dans son rapport le Groupe<br />
des six sénateurs opposés à l’Accord d’El Rancho. Comble d’ironie,<br />
l’ambassadeur de France, François Delattre, lui-même s’est dit profondément<br />
préoccupé par les retards accumulés dans l’organisation<br />
électorale. Il déclarait : « Il est essentiel que l’organisation du processus<br />
électoral puisse reprendre très rapidement, sans entrave et dans<br />
un esprit de responsabilité démocratique de tous les acteurs ». Quel<br />
tartuffe !<br />
Michael Tatham, le représentant du Royaume-Uni, a jugé<br />
décevant qu’Haïti se trouve encore une fois dans une impasse politique<br />
et que la loi électorale amendée n’ait pas encore été approuvée<br />
en scandant : « Cela aura de graves conséquences pour la démocratie<br />
et l’état de droit, avant d’appeler les parties prenantes à essayer de<br />
tenir les élections dans les délais prévus »<br />
Toutes sortes d’anicroches ont été évoquées, mais celle que nos<br />
«amis» ont omise de mentionner, c’est leur choix à appuyer ce régime<br />
qui symbolise tous les maux dont souffre ce peuple exploité et affamé.<br />
C’est le jeu cynique de l’impérialisme qui veut une fois de plus<br />
imposer sa tutelle dans le sens souhaité par Washington. Et c’est sur<br />
cette toile de fond que le scénario prévu a été exécuté par 15 membres<br />
du Congrès.<br />
Ainsi pour renforcer leur ingérence, et montrer leur appui au<br />
régime de mercenaires et de trafiquants de drogues à leur solde, ils<br />
ont écrit au sénateur et président du parlement Simon Dieuseul Desras,<br />
lui enjoignant d’exhorter les six sénateurs à adopter la législation<br />
pour la réalisation des élections essentielles au renforcement et à la<br />
pérennisation des acquis démocratiques : « Nous sommes profondément<br />
préoccupés par le Sénat haïtien qui est incapable d’adopter la<br />
législation nécessaire pour autoriser des élections cette année. Nous<br />
croyons que les Haïtiens méritent de jouir de cet acquis démocratique<br />
fondamental, qui est sans cesse retardé » ont-ils déclaré.<br />
Le député démocrate de New York, Eliot L. Engel, dans des<br />
propos de circonstance revendique que le peuple « mérite de choisir<br />
ses propres dirigeants et de tracer la voie pour l’avenir de son pays.<br />
Les retards enregistrés dans l’organisation d’élections libres en Haïti<br />
étouffent les aspirations du peuple de ce pays et peuvent saper la<br />
démocratie haïtienne. Il est temps pour le Sénat haïtien de faire la<br />
bonne chose et de voter la loi nécessaire pour avancer vers les élections<br />
»<br />
Tous ces propos ne sont que pour relancer la stratégie impérialiste,<br />
afin de consolider son contrôle sur nos richesses naturelles et<br />
par la force, si c’est nécessaire. Or, au lieu de nous dire quand et comment<br />
leur occupation du territoire haïtien prendra fin, elle exploite le<br />
moindre alibi pour justifier sa présence et son programme de recolonisation.<br />
Dans ces conditions, que peut-on attendre d’un gouvernement<br />
qui engloutit son pays et avilit ses masses populaires comme<br />
en témoigne la position de Martelly et de Lamothe en faveur des<br />
Nations unies contre les victimes du Cholera. C’est un gouvernement<br />
qui tourne à vide et qui s’étourdit à force de forfaitures et d’incurie.<br />
Comment peut-il organiser des élections dans un pays où la majorité<br />
populaire le rejette.<br />
Les affrontements décisifs clarifient toujours les situations de<br />
crise et délimitent avec une parfaite netteté les camps antagonistes.<br />
Le pays ne peut plus subir les effets dévastateurs des puissances<br />
étrangères et de leurs laquais locaux. Face à tant de tiraillements, le<br />
peuple haïtien n’est pas aussi inquiété comme l’est la Communauté<br />
internationale. Le peuple haïtien est déjà prêt à résoudre la crise par<br />
une alternative viable et durable. Il prône depuis déjà bien longtemps<br />
la démission de Martelly et Lamothe pour les remplacer par un gouvernement<br />
provisoire formé de représentants des différents secteurs<br />
du pays, et qui aura à mettre sur pied un Conseil Electoral Provisoire<br />
CEP selon l’article 289 de la Constitution du pays ; lequel créera alors<br />
les conditions susceptibles d’assurer de bonnes conditions pour<br />
la réalisation d’élections, en permettant dans la sécurité absolue et<br />
permanente la libre circulation des personnes sur l’ensemble du territoire.<br />
Les masses populaires ne sont pas dupes. Lorsqu’on parle<br />
d’impérialisme, elles décèlent hypocrisie et imposture. Elles ont compris<br />
longtemps déjà les causes profondes et la nature du mal qui ont<br />
conduit au déclin de leur pays : la présence pesante de la Minustah,<br />
force garante des cruels méfaits du régime Martelly-Lamothe . Voilà<br />
pourquoi, elles ont décidé de réparer elles-mêmes les pots cassés<br />
en exigeant le non-renouvellement du mandat de la Minustah et le<br />
départ de Martelly-Lamothe. Alors, devant tant de perspicacité populaire,<br />
le devoir de la Communauté internationale, c’est d’accepter le<br />
verdict des masses haïtiennes.<br />
Oui à une Haïti souveraine au profit de ses paysans, de ses travailleurs,<br />
de sa jeunesse d’avant-garde et pour sa prospérité de façon<br />
à en finir avec un système qui fait la honte de l’humanité et qui a trop<br />
duré ! Non à la Minustah ! Non à l’impérialisme accapareur, dominateur<br />
et exploiteur ! Non à ses laquais ! Non aux Conzé !<br />
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<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>
A Travers <strong>Haiti</strong><br />
Haïti, chronique d’une crise électorale (18)<br />
Dialogue et négociation, la différence !<br />
Par Catherine Charlemagne<br />
Une mère de famille<br />
retrouvée morte à Sarazin<br />
Par Jackson Rateau<br />
Le matin du mardi 9 <strong>Septembre</strong><br />
dernier, Eunide Prévil, 38 ans,<br />
mère d’un garçonnet de 5 ans, a été<br />
retrouvée morte sous un pont dans la<br />
localité de Feja, 2 kilomètres au sud<br />
de la ville de Mirebalais. Eunide était<br />
portée disparue depuis le dimanche 7<br />
<strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>. Son corps qui paraissait<br />
être très tailladé portait beaucoup<br />
de lacérations d’armes tranchantes.<br />
Selon ce qu’a rapporté un des<br />
proches de la victime, elle avait laissé<br />
sa maison le dimanche 7 <strong>Septembre</strong><br />
aux environs de 7 heures du matin<br />
à destination de Sarazin, 3e section<br />
communale de Mirebalais. Elle était<br />
partie voir le père de son enfant,<br />
Wadner Joachin, le curé de la dite<br />
paroisse, avec qui elle partageait une<br />
longue histoire d’amour. Ne l’ayant<br />
jamais vue regagner sa demeure tout<br />
au cours de la journée du dimanche<br />
7 <strong>Septembre</strong> et même la nuit précédente,<br />
ses parents entamèrent alors<br />
La langue française, comparativement<br />
à l’allemand ou à l’anglais,<br />
a cette particularité : la clarté. Et madame<br />
Mirlande Manigat, la Secrétaire<br />
générale du RDNP (Rassemblement<br />
des Démocrates Nationaux et Progressistes),<br />
en constitutionnaliste confirmée,<br />
vient d’en apporter la preuve<br />
quand elle fait la différence entre « dialogue<br />
et négociation » dans le cadre de<br />
ce qui devrait être entrepris à une date<br />
restant à définir entre le Président de la<br />
République et les formations politiques<br />
de l’opposition avec la bénédiction du<br />
groupe des six sénateurs radicaux. En<br />
effet, l’on n’avait pas porté attention à<br />
cette distinction flagrante. Pourtant, on<br />
a consacré une chronique entière sur ce<br />
que les protagonistes appellent : dialogue<br />
ou pourparlers. Celle qui n’a aucun<br />
problème en tant que responsable<br />
politique pour rencontrer le chef de<br />
l’Etat fait clairement la distinction entre<br />
l’action de discuter et celle de négocier.<br />
La semaine dernière, en répondant à<br />
une question lors d’un entretien avec<br />
le journal Le Nouvelliste à propos de la<br />
reprise du dialogue prévu, elle a déclaré<br />
que : « je ne l’appellerais pas dialoguer,<br />
mais de la négociation ».<br />
Personne ou presque n’a relevé<br />
la nuance. Cette petite phrase de la patronne<br />
du RDNP qui sait de quoi elle<br />
parle est passée totalement inaperçue<br />
dans l’opinion, voire auprès des observateurs<br />
et commentateurs politiques<br />
haïtiens. Pourtant, elle a toute son importance<br />
dans la grille d’analyse qu’on<br />
fait à la recherche de solutions dans<br />
cette crise préélectorale. Pour avoir<br />
le cœur net et être en phase avec ce<br />
que nous écrivons en tentant de comprendre<br />
où se situe le problème ou le<br />
malentendu entre le Président Michel<br />
Martelly et l’opposition sur les différentes<br />
rencontres ayant eu lieu depuis près<br />
de trois ans et qui demeurent jusqu’à<br />
maintenant sans conclusion, nous<br />
avons dû réviser nos classiques de science<br />
politique sur les conflits et surtout<br />
jeter un coup d’œil sur l’inoxydable,<br />
l’indémodable et l’incontournable<br />
vieux dictionnaire Le Petit Larousse<br />
sur la question.<br />
Justement, que dit Le Petit<br />
Larousse à propos de ces deux appel-<br />
Mirlande Manigat, la<br />
Secrétaire générale du RDNP<br />
(Rassemblement des Démocrates<br />
Nationaux et Progressistes), en<br />
constitutionnaliste confirmée, vient<br />
d’en apporter la preuve quand elle<br />
fait la différence entre « dialogue et<br />
négociation »<br />
lations : dialogue et négociation ? En<br />
premier lieu, même si l’on y trouve<br />
les mêmes termes entre les deux définitions,<br />
il existe pourtant une nette<br />
différence entre « dialogue et négociation<br />
». Selon le Larousse, un dialogue<br />
« c’est une conversation, un échange<br />
de vues entre deux ou plusieurs personnes<br />
». Apparemment, sans aucun<br />
but précis d’après la première définition.<br />
En revanche, selon une deuxième<br />
déclinaison, un dialogue c’est aussi une<br />
« discussion visant à trouver un terrain<br />
d’entente » l’on s’imagine toujours<br />
entre ces mêmes personnes. A aucun<br />
moment, les grammairiens de Larousse<br />
n’ont parlé du mot « accord » et de<br />
quoi que ce soit d’autres. Tandis que,<br />
avec le terme de négociation, l’on est<br />
passé à toute autre chose. En effet, la<br />
première définition de Larousse pour le<br />
mot « négociation » pose tout de suite<br />
le décor. Elle définit négociation comme<br />
« action de négocier, de discuter les affaires<br />
communes entre des parties en<br />
vue d’un accord ».<br />
Ce qui signifie que quand on<br />
mène un dialogue il n’y a pas lieu<br />
d’avoir un accord, encore moins de le<br />
signer. Ce qui est tout à fait différent<br />
quand on entame une négociation dont<br />
le but ultime est d’arriver à un accord<br />
avec son interlocuteur. Mais la deuxième<br />
définition du Petit Larousse est<br />
encore plus explicite sur ce point. On y<br />
lit : une négociation c’est l’« ensemble<br />
des recherches afin de la retrouver.<br />
Le cadavre de la victime une<br />
fois retrouvé, les autorités policières<br />
et judiciaires de Mirebalais se sont<br />
rendues à Sarazin pour interroger<br />
le curé Joachin. Etant informé de<br />
l’arrivée dans son domicile des appareils<br />
judiciaires et policiers, le suspect<br />
s’est mis à couvert ; et depuis n’a jamais<br />
été aperçu même dans les villes<br />
avoisinantes.<br />
Toujours selon les témoignages<br />
des parents de la victime, le présumé<br />
criminel, le père Joachin, avait toujours<br />
refusé de prendre en charge la<br />
responsabilité du gamin, son propre<br />
fils, ce qui générait des disputes continuelles<br />
et enflammées au sein du<br />
couple.<br />
«Que la police et la justice fassent<br />
leur travail en ce qui concerne ce<br />
crime, c'est-à-dire, traquer le prêtre<br />
Joachin et ses suppôts, pour que justice<br />
soit rendue à cette famille profondément<br />
éprouvée», ont ajouté les<br />
parents de la défunte.<br />
Dialogues entrepris par Religions Pour la Paix d’Haïti<br />
Les pourparlers de l’hôtel El Rancho sous l’autorité de la Conférence<br />
Episcopale d’Haïti (CEH) conduits par le Cardinal Chibly Langlois<br />
Director: Florence Comeau<br />
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de discussions, de pourparlers entre des<br />
personnes, des partenaires sociaux, des<br />
représentants qualifiés d’Etats menés<br />
en vue d’aboutir à un accord sur les<br />
problèmes posés ». Ici, il n’existe aucune<br />
ambigüité. Il n’y a là aucun doute<br />
possible sur l’objectif recherché et le but<br />
à atteindre. Pour avoir un accord, il faut<br />
entrer en négociation et discuter point<br />
par point le dossier en question et ce<br />
n’est pas avec n’importe qui. Il ne suffit<br />
pas de remplir un hôtel ou un Centre<br />
de conférences d’individus n’ayant aucune<br />
autorité ou d’activistes de tout poil<br />
pour penser sortir avec quelque chose<br />
de sérieux ou même une solution durable.<br />
Finalement, le dialogue demeure<br />
le début d’un processus pouvant amener<br />
des protagonistes à entrer en négociation<br />
et non le contraire. Parti de ce<br />
principe, on peut se demander si depuis<br />
le début de la crise les acteurs haïtiens<br />
et étrangers ne faisaient pas fausse<br />
route ? Et l’on peut comprendre pourquoi,<br />
depuis ces trois longues années,<br />
aucun des « accords » signés n’a vraiment<br />
satisfait personne et n’a jamais<br />
abouti à rien. Des dialogues entrepris<br />
par Religions Pour la Paix d’Haïti en<br />
passant par les pourparlers de l’hôtel El<br />
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Episcopale d’Haïti (CEH) conduit par le<br />
Cardinal Chibly Langlois et les rencontres<br />
de l’hôtel Best Western, l’on n’était<br />
en fait que dans les prémices pour une<br />
négociation. Mais jamais les acteurs ne<br />
s’étaient mis d’accord pour passer à ladite<br />
phase.<br />
Cela peut ressembler, pour certains,<br />
à un débat sémantique, voire à<br />
du dilatoire le fait que Mme. Manigat<br />
veuille clarifier ces points de confusion<br />
avant de s’asseoir une nouvelle<br />
fois avec le Président Martelly. Pourtant,<br />
ces arguments ne sont pas sans<br />
fondements. Cette réflexion est même<br />
capitale pour la suite des évènements<br />
dans la mesure où, à aucun moment,<br />
les deux parties, et surtout l’opposition,<br />
n’ont jamais vraiment réfléchi sur le<br />
côté fondamental de la question. Dans<br />
son entretien avec Le Nouvelliste, la<br />
Secrétaire générale du RDNP a déclaré :<br />
« sur le principe de la négociation<br />
oui, mais tout dépend du contenu, de<br />
l’endroit et des participants … ». Avec<br />
ces trois considérations, elle pose pour<br />
ses partenaires de l’opposition les préalables<br />
pouvant permettre la réussite<br />
d’une bonne négociation. Pas forcément<br />
d’ailleurs pour son camp mais<br />
pour les deux parties.<br />
Sans entrer dans un développement<br />
élargi de ces trois préalables, l’on<br />
peut tenter de résumer les axes d’une<br />
bonne négociation. D’abord, le lieu de<br />
la rencontre. Aucun acteur d’un conflit<br />
quelconque ne doit accepter de se<br />
rendre chez son adversaire ni sur son<br />
territoire pour entamer avec lui une<br />
discussion, encore moins une négociation.<br />
Si pour une raison quelconque il<br />
l’accepte, il se mettrait immédiatement<br />
en position de faiblesse devant celui qui<br />
aura un avantage psychologique en<br />
tant que hôte des lieux. D’où, dans de<br />
pareilles situations, le choix d’un terrain<br />
neutre qu’il s’agisse de conflits sociaux,<br />
politiques, voire militaire. Deuxièmement,<br />
avec qui négocier ? Qui sont<br />
les participants ? De quels pouvoirs<br />
disposent-ils et de quelle crédibilité jouissent-ils<br />
? Là aussi, ce sont des points<br />
à ne pas négliger dans un processus de<br />
négociation quand on est en conflit ou<br />
en désaccord avec autrui.<br />
A quoi cela servirait-il, en effet,<br />
si ce sont des gens n’ayant aucune autorité<br />
ni qualité nécessaire et incapables<br />
de prendre des décisions adéquates<br />
qui viennent négocier avec les véritables<br />
responsables dans l’hypothèse<br />
d’une négociation entre deux ou plusieurs<br />
adversaires sur un ou plusieurs<br />
Suite à la page (14)<br />
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Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 3
Terribles accidents à Petit-<br />
Goâve et à Port-au-Prince<br />
À Petit-Goâve : des événements<br />
et leurs conséquences !<br />
Par Thomas Peralte<br />
Les freins d’un camion de transport assurant le trajet Port-au-Prince<br />
Jérémie, auraient lâché, alors que l’engin dévalait la pente du morne à<br />
toute allure<br />
27 personnes ont été tuées et 30 autres gravement blessées dans cette<br />
navrante tragédie survenue à Morne Tapion au cours de la journée du<br />
mardi 9 <strong>Septembre</strong> dernier<br />
Par Jackson Rateau<br />
Deux terribles accidents qui se sont<br />
produits parallèlement à Morne<br />
Tapion, Petit-Goâve et à Carrefour<br />
Clercine, Port-au-Prince la semaine<br />
dernière, ont compté en tout un total<br />
de 30 morts et de 39 blessés, selon un<br />
bilan rendu public par le bureau central<br />
de la protection civile de l’Ouest basé à<br />
Port-au-Prince.<br />
En effet, 27 personnes ont été<br />
tuées et 30 autres gravement blessées<br />
dans cette navrante tragédie survenue<br />
à Morne Tapion au cours de la journée<br />
du mardi 9 <strong>Septembre</strong> dernier.<br />
Selon un responsable du bureau<br />
de la protection civile de Port-au-<br />
Prince, Oreb Toussaint, les freins d’un<br />
camion de transport assurant le trajet<br />
Port-au-Prince Jérémie, auraient lâché,<br />
alors que l’engin dévalait la pente du<br />
morne à toute allure. Certains riverains<br />
ayant assisté à la tragique scène,<br />
ont fait savoir que des accidentés légèrement<br />
blessés ont été conduits à<br />
l’Hôpital Notre dame de Petit-Goâve,<br />
ce centre hospitalier gravement<br />
paralysé par une grève de médecins<br />
et d’infirmières, qui a duré plus que 2<br />
mois ; alors que les plus graves, ont<br />
été transportés d’urgence à l’Hôpital de<br />
l’OFATMA à Port-au-Prince. «Le véhicule<br />
accidenté a dévalé une colline très<br />
Suite à la page (14)<br />
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l’occasion de la célébration de<br />
À la fête de Notre-Dame à Petit-<br />
Goâve, le 15 Août <strong>2014</strong>, deux<br />
incidents malheureux se sont produits<br />
: l’agression physique d’un policier<br />
de la PNH au Lambi Night-Club par<br />
des agents de sécurité des députés<br />
PSP, Jacques Stevenson Thimoléon et<br />
Jean René Lochard, respectivement<br />
représentant de Petit-Goâve et de la<br />
deuxième circonscription de Port-au-<br />
Prince ; l’intervention musclée des<br />
agents de l’Unité Départementale<br />
pour le Maintien de l’Ordre (UDMO)<br />
à la clôture des festivités sur la place<br />
des Abeilles, le <strong>17</strong> Août <strong>2014</strong>, où<br />
plusieurs groupes musicaux assuraient<br />
l’animation.<br />
En effet, le rapport du Réseau National<br />
de Défense des Droits Humains<br />
sur les incidents indique que : « Le 15<br />
août <strong>2014</strong>, lors d›un bal organisé au<br />
Lambi Night-Club de Petit-Goave par<br />
un entrepreneur de la zone, une vive<br />
discussion est éclatée autour d›une<br />
question relative à la réservation pour<br />
des officiels, d›une partie de la salle où<br />
devait performer le groupe musical Nu<br />
Look. Les agents de sécurité du Député<br />
Jacques Stevenson THIMOLEON et du<br />
Député Jean René LOCHARD ainsi que<br />
plusieurs officiels présents au Night-<br />
Club ont battu un agent de la PNH, dont<br />
le RNDDH se garde de citer le nom, et<br />
l›ont dépossédé de son arme à feu et<br />
de son badge d›identification en raison<br />
du fait qu›il se trouvait dans l›espace<br />
réservé aux officiels.<br />
Selon plusieurs autorités rencontrées<br />
dans le cadre de cette enquête, les<br />
premiers agresseurs du policier sont<br />
des agents de sécurité du Député Jean<br />
René LOCHARD. D’autres ont pour<br />
leur part affirmé que c’est le Député<br />
Jean René LOCHARD lui-même qui<br />
a frappé le policier en premier et a<br />
ordonné qu’il soit menotté. Quelques<br />
heures plus tard, l’agent de police a<br />
été libéré, cependant son arme de service<br />
et son badge ont été gardés par<br />
le Chef de sécurité du Député Jacques<br />
Stevenson THIMOLEON avec menaces<br />
de les remettre à l’Inspection Générale<br />
de la PNH pour sanctions. Ce n’est que<br />
le lendemain de l’incident, soit le 16<br />
août <strong>2014</strong> que le policier, tenu de se<br />
rendre au domicile du Député Jacques<br />
Stevenson THIMOLEON, a pu récupérer<br />
son badge et son arme après qu’il<br />
ait été invité à signer un document<br />
préparé par le Député lui-même et<br />
dans lequel le Policier s’engage à ne<br />
pas poursuivre les agents de sécurité<br />
qui l’ont tabassé. »<br />
Cet acte barbare rappelle l’époque<br />
de la dictature des Duvalier quand des<br />
miliciens ou Tontons macoutes désarmaient<br />
des soldats des Forces Armées<br />
d’Haïti puis les jetaient en prison, suite<br />
à de banals incidents. Les députés corrompus,<br />
vendus de PSP se comportent<br />
comme de véritables bourreaux dans<br />
leurs circonscriptions. L’agente intérimaire<br />
de l’Exécutif, Sandra W. Jules,<br />
amie intime du député Thimoléon,<br />
a confirmé l’agression physique du<br />
policier dont le nom n’a pas été relevé<br />
dans le rapport. Elle a déclaré avoir vu<br />
du sang au front de l’agent de police<br />
victime dont l’arme et le badge ont été<br />
retenus sur l’ordre d’un nouveau Bòs<br />
Pent.., Jacques Stevenson Thimoléon.<br />
Le bilan du deuxième incident a<br />
été très lourd, plus de deux cents (200)<br />
petits commerçants en sont sortis victimes<br />
: 32 personnes blessées dans la<br />
foule dont 2 par balles, deux autres brûlées<br />
et des pertes financières énormes.<br />
D’autres sources ont fait savoir qu’il y<br />
a eu des morts et des disparus. Certains<br />
estiment que les policiers sont venus<br />
tirer à titre de revanche pour leur frère<br />
d’armes victime d’agression physique<br />
des agents de sécurité des députés de<br />
PSP.<br />
Suite à ces deux incidents malheureux<br />
impliquant directement le député<br />
de Petit-Goâve et sa petite amie,<br />
Sandra W. Jules, les journalistes qui<br />
rapportaient les faits sont eux aussi<br />
victimes de menace de mort du député<br />
Thimoléon et de ses partisans. C’est le<br />
Deputé Jacques Stevenson Thimoléon et sa petite amie Sandra ne sont<br />
pas des patriotes<br />
Député Jacques Stevenson<br />
Thimoléon<br />
cas du directeur de Radio-Télévision<br />
Plus. À ce sujet, le RNDDH rapporte:<br />
« Le 21 août <strong>2014</strong>, lors de son<br />
émission hebdomadaire, le journaliste<br />
et Président Directeur Général de<br />
Radio-Télévision Vision Plus, Gibsonne<br />
BAZILLE a opiné sur les incidents<br />
enregistrés au cours du festival du<br />
<strong>17</strong> août <strong>2014</strong>. Le lendemain, soit le<br />
22 août <strong>2014</strong>, vers trois (3) heures<br />
de l’après-midi, le Commissaire du<br />
Gouvernement a.i. de Petit-Goave,<br />
Me. Jean MAINVIEL, accompagné du<br />
Juge Suppléant du Tribunal de Paix de<br />
Petit-Goave, Me. Jean Jude LEANDRE,<br />
lui-même assisté de son greffier Jean<br />
Claude ALCINDOR ont débarqué dans<br />
les locaux de Radio-Télévision Vision<br />
Plus, pour exiger que les bandes sonores<br />
de l’émission. Le Rendez-vous, réalisée<br />
le 21 août <strong>2014</strong> leur soient remises.<br />
L›animateur vedette de l›émission<br />
Le Rendez-vous a été bien inspiré<br />
d›informer les autorités judiciaires que<br />
Radio-Télévision Vision Plus étant<br />
membre de l›Association Nationale des<br />
Médias Haïtiens (ANMH) et du Réseau<br />
des Médias de Petit-Goave, les bandes<br />
leur seront remises, après que ces organisations<br />
auront été mises au courant<br />
de cette injonction. Enfin de compte,<br />
les autorités judiciaires ont vidé les<br />
lieux, sans les bandes réclamées.<br />
Dans la nuit du 22 au 23 août<br />
<strong>2014</strong>, des individus non identifiés ont<br />
déposé au domicile du PDG de la station<br />
Gibsonne BAZILLE ainsi qu’en la<br />
résidence de la directrice de la station<br />
Roney Innocente DESGRANGES également<br />
correspondante de Radio Kiskeya<br />
à Petit-Goave, deux (2) enveloppes<br />
contenant chacune une cartouche<br />
winchester de calibre 12 millimètres<br />
et deux (2) lettres dans lesquelles ils<br />
menacent de tuer les journalistes Gibsonne<br />
BAZILLE et Roney Innocente<br />
DESGRANGES. Dans la matinée du<br />
23 août <strong>2014</strong>, le PDG de Radio-Télévision<br />
Vision Plus Gibsonne BAZILLE<br />
et la directrice de la radio Roney Innocente<br />
DESGRANGES, ont adressé une<br />
requête au Juge Suppléant du Tribunal<br />
de Paix de Petit-Goave, Me. Jean<br />
Jude LEANDRE aux fins de constat<br />
des Deux (2) enveloppes. Dans la nuit<br />
du 23 août <strong>2014</strong>, la Radio-Télévision<br />
Planète Vibration a été partiellement<br />
incendiée et plusieurs matériels de<br />
fonctionnement ont été brûlés. Un procès-verbal<br />
de constat des dégâts enregistrés<br />
a aussi été dressé par le Juge de<br />
Paix Jean Jude LEANDRE.<br />
Sandra W. Jules<br />
Les journalistes ont décidé de<br />
saisir les autorités judiciaires en vue<br />
de mettre l’action publique en mouvement<br />
à l’encontre de leurs agresseurs<br />
inconnus. Une lettre de plainte<br />
devait être déposée au Parquet de<br />
Petit-Goave le lundi 25 août <strong>2014</strong>. En<br />
signe de solidarité, Mes André MICHEL<br />
et Newton Louis ST JUSTE ont voulu<br />
accompagner les journalistes audit<br />
Parquet lors du dépôt de plainte. Le<br />
même jour, le Réseau des Médias de<br />
Petit-Goave, a sollicité une rencontre<br />
avec le responsable du Parquet autour<br />
du dossier, puisque les victimes de menaces<br />
de mort étaient des journalistes.<br />
Informés de la présence des avocats<br />
André MICHEL et de Newton Louis ST<br />
JUSTE ainsi que des membres du Réseau<br />
des Médias de Petit-Goave dans<br />
l’enceinte du Parquet, des individus<br />
armés non identifiés se sont présentés<br />
audit Parquet et, semant la pagaille,<br />
se sont mis à injurier et à agresser<br />
les avocats, les journalistes ainsi que<br />
d’autres militants politiques qui les<br />
accompagnaient. La grogne allant<br />
en s’augmentant, les avocats ont été<br />
obligés de se réfugier pendant plus de<br />
Quarante (40) minutes, au bureau du<br />
Greffe du Parquet avant d’être évacués<br />
par des agents de la PNH et des agents<br />
de la Mission des Nations-Unies pour<br />
la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH).<br />
Le 27 août <strong>2014</strong>, alors que David SIN-<br />
CERE se trouvait à Chemin Lafond,<br />
une zone réputée partisane du Député<br />
Jacques Stevenson THIMOLEON, des<br />
individus accompagnés de Jean Navy<br />
LAMONTAGNE, alias Ti Toutou, l’ont<br />
agressé et l’ont blessé au niveau du<br />
front. Evanoui, il a été emmené à l’Hôpital<br />
Georges Gauvin de Grand-Goave<br />
».<br />
En réaction, le Cercle des Journalistes<br />
de Petit-Goâve condamne<br />
avec véhémence les attaques en série<br />
dirigées contre la presse locale, notant<br />
qu’en moins d’un mois, au moins 5<br />
journalistes ont été victimes d’agression<br />
physique ou verbale, d’individus<br />
identifiés comme des proches du pouvoir<br />
kaletet Martelly-Lamothe et du<br />
député Thimoleon.<br />
Le Cercle des journalistes, de<br />
concert avec certaines organisations<br />
locales de défense et de protection des<br />
droits humains a pris l’initiative de<br />
rencontrer séparément, les autorités<br />
locales et les représentants de l’opposition<br />
pour les informer de leurs vives<br />
inquiétudes face au développement<br />
de cette situation. Malheureusement,<br />
malgré ces démarches, mais aucun<br />
Suite à la page (14)<br />
4<br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>
Twa Fèy! Twa Rasin O!<br />
Fusillades, «accidentades», dégringolade, débandade<br />
Par Fanfan la Tulipe<br />
Nous vivons dans un monde de<br />
fous, il faut carrément le dire. Pourquoi<br />
? Sans doute parce que la pression<br />
autour est constante si forte que le couvercle<br />
de notre marmite mentale risque<br />
parfois de sauter. Nous sommes assaillis<br />
de nouvelles sensationnelles et choquantes,<br />
de déclarations mensongères<br />
de la plupart de nos dirigeants, de propagandes<br />
menteuses d’une certaine<br />
presse, servile, prompte à cacher la<br />
vérité, de flashs, de zen dont le plus<br />
récent est le brulot assassin de Valérie<br />
Treirveiler contre son ex-compagnon, le<br />
président François Hollande.<br />
Le système capitaliste lui-même,<br />
par ses pernicieuses exigences savamment<br />
distillées dans le subconscient<br />
des citoyens est générateur de stress,<br />
de tension, de perpétuelles agressions<br />
conduisant à des déséquilibres psychologiques,<br />
lesquels peuvent déboucher<br />
sur de terribles tragédies. Et dans quasiment<br />
tous ces drames où il y a perte<br />
de vies humaines, il faut remonter à<br />
la source du mal : l’inconscience, la<br />
mauvaise foi, l’égoïsme, la cupidité, les<br />
comportements je-m’en-foutistes des<br />
autorités, comportements eux-mêmes<br />
liés aux vils intérêts des détenteurs du<br />
pouvoir, de l’argent. Il faut remonter<br />
aux classes possédantes, aux riches.<br />
Les exemples vivants sont<br />
d’un autre pouvoir, dit-on. Ainsi, les<br />
fusillades à répétition enregistrées aux<br />
Etats-Unis depuis ces dernières années<br />
témoignent bien du manque de volonté<br />
politique des dirigeants à ouvrir un vrai<br />
débat national, rationnel, sur l’utilisation<br />
chaotique des armes à feu par la<br />
population, sur une «interprétation<br />
perverse, du second amendement».<br />
Mais, en débattre ne ferait vraiment<br />
pas l’affaire de ceux-là qui profitent de<br />
la vente des armes à feu, en premier<br />
lieu la redoutable National Rifle Association<br />
(NRA) qui tient dans sa poche<br />
l’élection ou la réélection de sénateurs,<br />
«parlementeurs», gouverneurs<br />
et maires, sans oublier l’influence des<br />
réseaux de maffieux liés à la vente de<br />
ces armes. Jetons un coup d’œil rapide<br />
sur un échantillonnage de cette folie<br />
meurtrière à l’origine des fusillades aux<br />
Etats-Unis.<br />
Le 16 octobre 1991, George<br />
Pierre «Jo Jo» Hennard tue vingt-deux<br />
personnes dans un restaurant de Killeen<br />
au Texas et en blesse une vingtaine<br />
d’autres avant de se donner la mort. Le<br />
20 avril 1999, à Littleton (Colorado),<br />
les lycéens Eric Harris, 18 ans, et Dylan<br />
Klebold, <strong>17</strong> ans, ouvrent le feu sur<br />
leurs camarades au lycée Columbine.<br />
Ils tuent douze élèves et un enseignant.<br />
Les deux tireurs se suicident. Le 29<br />
juillet 1999, Mark Barton, spéculateur<br />
boursier de 44 ans, après avoir tué sa<br />
femme et ses deux enfants dans leur<br />
domicile d’Atlanta (Géorgie), ouvre<br />
le feu dans deux sociétés de courtage<br />
financier, tuant neuf personnes ; puis,<br />
il se suicide.<br />
Le 16 avril 2007, un étudiant de<br />
23 ans, d’origine coréenne, Seung-Hui<br />
Cho, tue trente-deux personnes, dont<br />
vingt-sept étudiants, avant de se donner<br />
la mort sur le campus de l’université<br />
de Virginia Tech, à Blacksburg en<br />
Virginie. Le 3 avril 2009, un immigré<br />
d’origine vietnamienne, Jiverly Wong,<br />
41 ans, ouvre le feu dans un centre<br />
d’accueil pour immigrés à Binghamton<br />
(État de New York), tuant treize personnes.<br />
Les victimes étaient en train<br />
de s’entraîner à un «test de citoyenneté»<br />
lorsqu’elles ont été tuées. Le 5<br />
novembre 2009, un psychiatre militaire<br />
d’origine palestinienne, Maj Nidal<br />
Malik Hasan, déclenche la plus grave<br />
fusillade jamais enregistrée dans la<br />
base militaire de Fort Hood, au Texas,<br />
tuant treize personnes et en blessant<br />
quarante-deux, avant d’être blessé et<br />
maîtrisé.<br />
Le 20 juillet 2012, James<br />
Après chaque tuerie, ce sont les mêmes pleurs, gémissements,<br />
rassemblements à la chandelle, souhaits que «Mister President»<br />
fasse quelque chose alors qu’il est prisonnier des fous du 2ème<br />
amendement et de la National Rifle Association<br />
Holmes, 24 ans, ouvre le feu dans une<br />
salle de cinéma à Aurora (Colorado),<br />
tuant douze personnes et en blessant<br />
58, lors d’une première à minuit de The<br />
Dark Knight Rises. Il était équipé d’un<br />
gilet pare-balles, d’un masque à gaz,<br />
de deux pistolets Glock, d’un fusil à<br />
pompe et d’un fusil d’assaut AR-15<br />
semi-automatique. Le 14 décembre<br />
2012, Adam Lanza, âgé de 20 ans,<br />
pénètre dans une école primaire du village<br />
de Sandy Hook, dans le Connecticut,<br />
et abat froidement 28 personnes<br />
dont 20 enfants avant de se donner la<br />
mort. Peu de temps avant la boucherie,<br />
il avait tué sa mère, une survivaliste qui<br />
se préparait à la fin du monde, et possédait<br />
un arsenal d’armes à cette fin.<br />
À n’en pas douter, il s’agit d’une<br />
culture caractérisée par ses fusillades à<br />
répétition, d’autant que «si l’on compte<br />
tous les enfants tués par armes à feu<br />
dans les vingt-trois pays les plus riches<br />
du monde, 87 % d’entre eux sont Américains»<br />
(des Etats-Unis d’Amérique)<br />
[Lisa Belkin, Huffington Post, 12-14-<br />
2012]. Lors de ces événements affreux,<br />
c’est l’occasion pour les parents et<br />
amis des victimes de gémir, de pleurer,<br />
d’allumer des cierges du souvenir. Les<br />
autorités «constipées» en profitent pour<br />
clamer : «Ce dont nous avons besoin,<br />
c’est du contrôle des armes, un contrôle<br />
strict, complet…». Pets de lapin, cul de<br />
Nini. La NRA est là qui veille au grain :<br />
«Jamais sans mes armes», dit-elle.<br />
En Haïti – puisqu’il faut en parler<br />
– une autre culture se développe depuis<br />
ces trois dernières années, celle des<br />
«accidentades» suivies «d’enquêtades»,<br />
pardonnez mes néologismes. Depuis<br />
le catapultage au pouvoir de l’irresponsable<br />
Sweet Micky par les Clinton,<br />
la pilule est amère pour les familles<br />
haïtiennes. Il est devenu presque une<br />
routine de lire de temps à autre comme<br />
grand titre des journaux : «Terrible accident<br />
de la route». Malgré la répétition<br />
de ces accidents et le deuil immense<br />
qui s’ensuit, les autorités supposées<br />
responsables s’en fichent comme d’une<br />
guigne. Faisons donc le tour des plus<br />
importants à ce jour.<br />
Le lundi 16 janvier 2012 dernier,<br />
aux environs de 9 heures 30 du<br />
soir, un camion venant du haut de Delmas,<br />
dont les freins avaient lâché, a<br />
percuté les échoppes de marchandes de<br />
fritures et de boissons gazeuses occupant<br />
les trottoirs. Il en est résulté un<br />
accident catastrophique avec un bilan<br />
de 30 morts et 56 blessés graves. La<br />
PNH a diligenté une enquête dont les<br />
résultats sont encore enfouis dans les<br />
bureaux de la commissaire Nad Marinad.<br />
Le mardi 21 Février 2012, dans<br />
la localité de Lacroix Périsse, 2e section<br />
de l’Estère, dans le Bas-Artibonite,<br />
à une dizaine de kilomètres de la ville<br />
des Gonaïves, sur la Routee #1, une<br />
camionnette de passagers qui faisait<br />
route vers Port-au-Prince a percuté<br />
un camion chargé de marchandises<br />
qui roulait en direction Nord, en voulant<br />
éviter un autobus qui venait des<br />
Gonaïves : 9 femmes ont perdu la vie<br />
dans l’accident ; 2 autres personnes ont<br />
rendu l’âme pendant leur transport à<br />
l’hôpital, soit un total de 11 décès, et 4<br />
autres personnes ont été blessées.<br />
Le 4 Avril 2012 vers 3 heures<br />
du matin, un camion faisant la route<br />
Port-au-Prince-Beaumont dont les<br />
freins avaient lâché a fait panache au<br />
Accident survenu au Morne Tapion le 9 septembre écoulé :<br />
une partie des cadavres. Notez un bébé vers le haut et vers la<br />
gauche de la photo<br />
Morne Tapion. En plus du chauffeur, il<br />
y eut 13 blessés graves et 3 pertes de<br />
vie: deux femmes et un enfant de 3<br />
ans décapité par la violence du choc.<br />
Le véhicule transportait des petits commerçants<br />
et des marchandises. L’enquête<br />
se poursuit… pour.. dévoiler les<br />
circonstances de l’accident.<br />
Trois jours plus tard, le 7 avril<br />
2012, au moins 27 personnes ont trouvé<br />
la mort dans un grave accident sur la<br />
route de Petit-Goave, au sommet d’une<br />
pente raide et dangereuse. La plupart<br />
des victimes de l’accident étaient des<br />
femmes, des commerçantes qui avaient<br />
pris place dans un camion bondé de<br />
marchandises, mode de transport défiant<br />
les normes de la circulation. Selon<br />
un correspondant du journal Le Figaro<br />
à Port-au-Prince : «Les accidents sont<br />
fréquents sur les routes haïtiennes<br />
impliquant des autobus bondés roulant<br />
à vive allure, en absence de contrôles<br />
routiers». Qui dit mieux ?<br />
Le 1 er janvier 2013, un camion<br />
immatriculé au numéro TP-64 840<br />
assurant le trajet Port-au-Prince-Miragoâne<br />
a chaviré à « Morne Préval »,<br />
dans la région de Miragoâne, causant la<br />
mort de 3 personnes et faisant plusieurs<br />
blessés graves. Un témoin s’est plaint<br />
amèrement des « autorités routières<br />
qui n’ont jamais lancé une interdiction<br />
contre les voitures qui n’ont pas la capacité<br />
d’assurer le transport au niveau<br />
de cette route».<br />
Le vendredi 25 janvier 2013,<br />
dans la soirée, vingt-deux personnes<br />
ont trouvé la mort à la suite d’un accident<br />
de la route survenu dans le nord<br />
d’Haïti lorsqu’un camion transportant<br />
des pèlerins est tombé dans un ravin.<br />
Une autre enquête qui tombera dans<br />
le ravin de l’oubli. Le 14 juin 2013<br />
vers les 4 heures de l’après-midi, sur<br />
la route de Christ-Roi, les freins d’un<br />
camion à bascule appartenant au ministère<br />
des Travaux Publics, Transport<br />
et Communication (TPTC) ont lâché. Le<br />
véhicule longeait à vive allure la route<br />
en pente de l’avenue Christ-Roi. Il a<br />
fini sa course échevelée sur un trottoir<br />
où s’affairent à longueur de journée des<br />
marchandes de fruits et légumes. Bilan<br />
de l’accident : plus de cinq morts, commerçants<br />
et passants, et environ une<br />
dizaine de blessés graves.<br />
Le samedi 3 mai <strong>2014</strong> dans<br />
l’après-midi, un camion surchargé de<br />
marchandises et transportant une cinquantaine<br />
de petits commerçants a fait<br />
panache sur la route dans la localité de<br />
Roseau non loin de la ville de Jérémie.<br />
Plus de vingt-trois personnes ont perdu<br />
la vie sur le champ. En outre, plus<br />
d’une vingtaine d’autres grièvement<br />
atteintes étaient en passe de mourir<br />
ou de souffrir pour le reste de leur vie.<br />
Je suis certain que l’enquête «nade» et<br />
«marinade» se poursuit encore.<br />
Le samedi 14 juin <strong>2014</strong>,<br />
10 personnes sont mortes sur le champ<br />
tandis que 19 autres en sont sorties<br />
blessées, lors d’un accident de circulation<br />
survenu sur la Route nationale<br />
numéro 1, au niveau de Terre-noire,<br />
localité située à Bocozelle, 5 e section<br />
communale de Saint-Marc. L’accident<br />
s’est produit au moment où deux véhicules,<br />
une camionnette assurant le<br />
La National Rifle Association mène le bal macabre des<br />
fusillades : «Mon flingue pour toujours»<br />
trajet Saint-Marc/L’Estère et la voiture<br />
officielle du député de la circonscription<br />
de l’Estère, sont entrés en collision.<br />
Parmi les corps sans vies figuraient 6<br />
Accident survenu au Morne Tapion le 9 septembre écoulé<br />
filles, 3 garçons et un bébé d’un mois.<br />
Le président a pris à cœur de mener<br />
l’enquête lui-même… Suivez mon œil.<br />
Le 9 septembre écoulé, 23<br />
décès et 37 personnes blessées ont<br />
été répertoriés dans un accident, survenu<br />
au Morne Tapion. Selon Alter<br />
Presse, les freins du camion accidenté,<br />
qui assurait le trajet Port-au-Prince<br />
/ Jérémie, auraient lâché après avoir<br />
Suite à la page (16)<br />
Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 5
Kwonik Kreyòl<br />
Ki jou n ap gen yon Leta k ap<br />
travay nan enterè pèp ayisyen an vre ?<br />
Yon ti kout pye anba lavil la, dirèkteman<br />
nan ri Makajou, ri Timas ak sou<br />
Granri. Sòti avyasyon atake Don Bosko<br />
jiskaske nou rive nan ri Pave, se selman<br />
dlo sal ak fatra ki karakterize tout adrès<br />
nan vil la. Pafen move lodè menm se pa<br />
pale, malgre nou konnen majorite Pòtoprens<br />
se fatra ak dlo sal, men lè n ap<br />
gade eta ri Makajou ak ri Timas sa fè tris<br />
anpil, sa fè lèd tou pou Leta a sitou ri sa<br />
yo sitiye akèlke kilomèt Palè Nasyonal<br />
kote Prezidan Martelly ap bwè kòb li lajounen<br />
kou lannwit.<br />
Nou konstate yon gwo absans<br />
otorite leta yo. Moun ki gen bon konprann<br />
ak moun k ap reflechi reyalize<br />
zotobre nan Leta pa pwoteje pwòp sante<br />
tèt pa yo alevwa pou pèp la.<br />
Mezanmi kijan fonksyonè leta<br />
yo ak moun nan sektè prive yo siyou<br />
komèsan sou bodmè yo fè aksepte viv<br />
nan eta sa a: Chita, manje, pale ak bwè<br />
nan yon eta kritik konsa, vle di moun sa<br />
yo pa gen nan figi yo; sètadi yo pa janm<br />
pran sant. Pou n pale sou ri Makajou<br />
toujou ak ri Timas selman sa fè reflechi<br />
anpil.<br />
Depi w fin atake ri Sen Maten gen<br />
yon blokis k ap taye banda; tipa tipa<br />
nan yon kamyonèt oubyen yon bis ;<br />
Chalè solèy la prèske touye w, anpil<br />
fwa ou konn kwit nan machin nan.<br />
Oumenm chanje koulè san konte sispèk<br />
ou sispèk pou volè ak bal ki kapab<br />
deklannche san ou pa atann.<br />
Pou semèn pase yo selman gen<br />
plis pase 12 moun ki viktim ak bal vakabon<br />
sanfwanilwa. Pandan ou sou fristasyon<br />
nan blokis, w ap poze tèt ou kesyon<br />
si w ap janm rive kote w prale a ?<br />
Men anreyalite sa k bay tout blokis<br />
sa yo ? Se jiskaske ou pral rive nan<br />
ri Makajou, se lè sa a ou pral konstate<br />
blokis la se paske plis pase 40 bis jòn<br />
kanpe nan dlo sal, labou ak fatra, tout<br />
sou liy, tèt tout sou direksyon avyasyon.<br />
Yo melanje ak 2 ou 3 bis Obama k<br />
ap fè trafik Bon repo ak Kwa dèmisyon.<br />
Nou konstate tout bis yo bloke<br />
youn nan vwa lari a epi lòt bò lari a ti<br />
machin yo bloke l tou yon vwa nan lòt<br />
bò a. Kòm nou konnen, se 4 vwa ki genyen<br />
sou gran ri. Youn nan konsta nou<br />
fè, se prèske chak 5 minit yon bis vire<br />
nan mitan lari a, devan sou komisarya<br />
Sen Joseph la. Nan bis yo; genyen ki sòti<br />
Bon repo oubyen Kwadèmisyon epi gen<br />
lòt tou ki sòti nan tèt ri Makajou k ap<br />
desann sou Granri pou vin chaje pou retounen<br />
ankò. Lè yo rive nan matchyak<br />
labou santi a, se tout yon espektak<br />
malpwoprete ak tenten k ap fèt, epi polisye<br />
nan pòs polis Sen Joseph la menm<br />
byen vag. Gen kèk polisye ou remake<br />
ak inifòn ki ta sanble sou sèvis se mouvman<br />
kontravansyon pèsonèl pou pòch y<br />
ap jere, paske yo nan gwo sòl pou bay<br />
lajan chak jou. Anpil fwa mwen toujou<br />
tande ansyen granmoun yo k ap pleyen<br />
jan Pòtoprens te pwòp lontan.<br />
Gouvènman Martelly-Lamothe la<br />
pi kwè nan fè kanaval chak ane pou fè<br />
boujwa plezi, epi fè malere danse pou<br />
anyen malgre yo tou grangou. Enserite<br />
sosyal ak anvironmantal k ap depafini<br />
ak popilasyon chak jou pi plis paske nou<br />
pa gen dirijan konsyan epi ki gen moralite<br />
tou & ki pwòp pou yon lòt Ayiti. Dirijan<br />
nan Leta yo toujou mete anpil odas<br />
yo deyò, pou fè konprann yo vle rezoud<br />
pwoblèm fatra ak salte k ap wonje peyi a<br />
; epoutan se nan manti yo ye, se twonpe<br />
y ap twonpe popilasyon an.<br />
Jiskilè Ayiti ap gen yon souf, na<br />
jwenn yon gouvènman pwogresis k ap<br />
mete bonjan konpayi ki pou jere tout<br />
bon pwoblèm dechè, labou ak salte kap<br />
fini ak sante popilasyon an ? Jiskilè Leta<br />
ayisyen ap rive anpeche moun jete fatra<br />
jan yo vle nan lari ? Jiskilè pèp ayisyen<br />
an va levekanpe, goumen tout bon vre<br />
pou debarase peyi a ak dirijan san sèvo<br />
ki pa gen volonte pou chanje kondisyon<br />
lavi moun ? Jou sa a na gen yon lòt<br />
Ayiti tou nèf : san fatra, san dlo sal,<br />
san moun k ap mouri grangou nan lari,<br />
anba yon ensekirite pwograme. Ki jou n<br />
Plis pase 40 bis jòn kanpe nan dlo sal, labou ak fatra, tout sou liy, tèt<br />
tout sou direksyon avyasyon<br />
ap genyen yon peyi san fòs okipasyon,<br />
san dirijan kap bay koripsyon jarèt. Tercier Daniel<br />
16 Sept <strong>2014</strong><br />
Pou Janjak Desalin<br />
premye Anperè Ayiti<br />
Ladesalinyèn: se Im nasyonal<br />
Ayiti depi lane 1904. Pawòl yo<br />
se Jisten Lerison ki te ekri yo epi<br />
Nikola Gèfra te mete mizik la.<br />
Pawòl<br />
Pou Ayiti peyi zansèt yo<br />
Se pou n mache men nan lamen<br />
Nan mitan n pa fèt pou gen trèt<br />
Nou fèt pou n sèl mèt tèt nou<br />
An nou mache men nan lamen<br />
Pou Ayiti ka vin pi bèl<br />
An nou, an nou met tèt ansanm<br />
Pou Ayiti onon tout zansèt yo.<br />
Pou Ayiti onon zansèt yo<br />
Se pou n sekle se pou n plante<br />
Se nan tè tout fòs nou chita<br />
Se li k ba nou manje<br />
An n bite tè an n voye wou<br />
Ak kè kontan fok tè a bay<br />
Sekle wouze fanm kou gason<br />
Pou n rive viv ak sèl fòs ponyèt<br />
nou.<br />
Pou Ayiti ak pou zansèt yo<br />
Fò nou kapab vanyan gason<br />
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Sa Tousen, Desalin, Kristof, Petyon<br />
Te fè pou wete Ayisyen anba bòt<br />
blan.<br />
Pou Ayiti onon zansèt yo<br />
An n leve tèt nou gad anlè<br />
Pou tout moun mande Granmèt la<br />
Pou l ba nou pwoteksyon<br />
Pou move zanj pa detounen n<br />
Pou n ka mache nan bon chimen<br />
Pou libète ka libète<br />
Fòk lajistis blayi sou peyi a.<br />
Nou gen yon drapo tankou tout<br />
pèp<br />
Se pou n renmen l mouri pou li<br />
Se pa kado blan te fè nou<br />
Pou nou kenbe drapo nou wo<br />
Se pou n travay met tèt ansanm<br />
Pou lòt peyi ka respekte l<br />
Drapo sila a se nanm tout Ayisyen.<br />
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Pou yon Ayiti Libere<br />
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Mèkredi 9-10 pm<br />
Fowòm Pati Popilè Kòdinasyon Desalin (KOD)<br />
Nan okazyon 256 zyèm anivèsè<br />
nesans Janjak Desalin 20 septanm<br />
ak 23zyèm anivèsè koudeta 30<br />
septanm lan<br />
Fete Desalin se mande depa Minista<br />
Fete Desalin se mande depa Martelly ak Lamothe<br />
Viv yon Ayiti ki grammoun tèt li!<br />
KOD ap envite tout viktim kolera yo,<br />
viktim tranblemanntè 12 Janvye yo<br />
k ap dòmi anba tant toujou, moun<br />
yo kraze kay yo anba lavil la ak<br />
tout travayè, ouvriye revoke yo,<br />
moun ki nan chomaj yo, peyizan,<br />
etidyan ak tout patriyòt pwogresis,<br />
fanm kou gason nan yon kokenn<br />
aktivite politik Lendi 29 Septanm<br />
<strong>2014</strong> nan « Bar de lʼair »<br />
Channmas, Pòtoprens sòti 10zè nan<br />
maten pou 4trè nan apremidi.<br />
Pou Enfòmasyon:<br />
4248-8194<br />
6<br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>
Perspectives<br />
Instrumentalisation de la Justice !<br />
Par Isabelle L. Papillon<br />
Les décisions prises par le «juge<br />
zafra» Lamarre Bélizaire dans le<br />
cadre de la persécution politique du<br />
pouvoir kaletèt Martelly-Lamothe et les<br />
cinquièmes colonnes issues du mouvement<br />
Lavalas contre l’ancien président<br />
Jean Bertrand Aristide ne sont pas<br />
conformes aux lois de la République,<br />
soutiennent les hommes de lois, toutes<br />
tendances confondues. La question<br />
de juridiction, le mandat de comparution<br />
transformé en mandat d’amener<br />
en moins de 24 heures, l’interdiction<br />
de départ et l’assignation à résidence<br />
surveillée démontrent très clairement<br />
que le magistrat instructeur contesté<br />
par plus d’un depuis son embauchage<br />
dans l’appareil judiciaire par le ministre<br />
Jean Renel Sanon, enfreint systématiquement<br />
les lois du pays.<br />
L’interdiction de départ et l’assignation<br />
à résidence ne figurent nulle part dans<br />
la Constitution haïtienne et les lois républicaines.<br />
Le juge est là pour appliquer<br />
la loi et non pour l’inventer. Les<br />
hommes de loi se sont entendus pour<br />
dire que les décisions du juge Lamarre<br />
Bélizaire violent la liberté individuelle<br />
consacrée dans l’article 24 de la Constitution<br />
de 1987, qui stipule : « La liberté<br />
individuelle est garantie et protégée par<br />
l’Etat. Nul ne peut être poursuivi, arrêté<br />
ou détenu que dans le cas déterminé<br />
par la loi, selon les formes qu’elle prescrit.<br />
» Et, l’article 4 du Code Pénal haïtien<br />
d’ajouter: “ Nulle convention, nul<br />
délit, nul crime ne peuvent être punis<br />
de peines qui n’étaient pas prononcées<br />
par la loi, avant qu’ils fussent commis.<br />
» Le juge viole également le code<br />
d’instruction criminelle qui doit être le<br />
guide dans l’instruction des faits dont il<br />
est saisi légalement.<br />
La Constitution haïtienne de<br />
1987 et les lois de la République sont<br />
claires là-dessus, en matière de liberté<br />
individuelle et l’auteur et celui qui exécutent<br />
un ordre manifestement illégal<br />
peuvent être poursuivis pour cet acte<br />
arbitraire. Un policier qui exécute cet<br />
ordre peut-être arrêté et le juge peut<br />
aussi aller en prison pour cet acte, le<br />
Commissaire du Gouvernement qui<br />
exécute cet ordre peut faire l’objet de<br />
poursuite, selon l’homme de loi, Me. Samuel<br />
Madistin. L’article 27 de la Constitution<br />
est clair : « Toutes violations<br />
des dispositions relatives à la liberté<br />
individuelle sont des actes arbitraires.<br />
Les personnes lésées peuvent, sans<br />
autorisation préalable se référer aux<br />
tribunaux compétents pour poursuivre<br />
les auteurs et les exécuteurs de ces<br />
actes arbitraires, quelles que soient<br />
Le «juge zafra» Lamarre Bélizaire<br />
leurs qualités et à quelque corps qu’ils<br />
appartiennent. »<br />
Le Barreau de l’ordre des avocats<br />
de Port-au-Prince n’est pas resté<br />
indifférent, face aux dérives de certains<br />
juges. Dans sa prise de position,<br />
il dénonce les abus du pouvoir des<br />
magistrats dans le système judiciaire<br />
et l’influence de l’Exécutif sur le Judiciaire.<br />
La position du Barreau de Portau-Prince<br />
est venue quelques jours<br />
après la décision du juge Lamarre<br />
Bélizaire d’assigner l’ex-président Jean<br />
Bertrand Aristide à résidence surveillée<br />
et quelques heures après le rappel les<br />
agents USGPN/USP qui assuraient la<br />
sécurité à sa résidence à Tabarre. En<br />
effet, le jeudi 11 septembre dernier<br />
avant minuit, les agents de la PNH ont<br />
reçu l’ordre de rentrer à la base. Ils l’ont<br />
fait sur le champ. La classe politique,<br />
hormis ceux qui sont au pouvoir, des<br />
hommes de loi, les représentants des<br />
organisations des droits humains, de<br />
la société civile, de la classe populaire,<br />
sont unanimes à condamner cette décision<br />
arbitraire et illégale du pouvoir kaletèt<br />
Martelly-Lamothe, à un moment<br />
de vive tension politique. On dit que<br />
c’est une tentative d’assassinat contre<br />
le Dr. Jean Bertrand Aristide revenu au<br />
pays le 18 Mars 2011. Selon le décret<br />
L’ancien président Jean<br />
Bertrand Aristide<br />
L’entrée de la maison d’Aristide au Boulevard 15 Oct, Tabarre<br />
de 2005, en tant que ancien président,<br />
il a droit durant 5 ans consécutifs à une<br />
sécurité exclusive.<br />
Plusieurs dirigeants politiques<br />
proches de Fanmi Lavalas ont dénoncé<br />
la mesure d’assignation à résidence à<br />
l’encontre de l’ex président Jean Bertrand<br />
Aristide. Le sénateur Francky<br />
Exius, soutient qu’il s’agit de persécutions<br />
politiques. Il en veut pour<br />
preuve la convocation de Pacha Vorbe,<br />
dirigeant de Fanmi Lavalas, qui n’avait<br />
pas été accusé dans le rapport de la soidisant<br />
commission d’enquête de 2005.<br />
De son côté le sénateur Jean-<br />
Baptiste Bien-aimé, croit que le juge<br />
Bélizaire a reçu un mandat de l’exécutif<br />
pour affaiblir Fanmi Lavalas au moyen<br />
de manœuvres maladroites avant la période<br />
électorale. « Ils tentent de réduire<br />
au silence le leader de Fanmi Lavalas ;<br />
mais ils n’y parviendront pas», a-t-il<br />
indiqué, annonçant que l’ex président<br />
Aristide soutiendra les candidats de sa<br />
formation politique. Interrogé sur les<br />
nouvelles discussions avec le chef de<br />
l’Etat M. Bien Aimé a fait valoir que le<br />
G 6 est disposé à débattre de la crise<br />
préélectorale.<br />
D’autres leaders politiques de<br />
l’Opposition et des responsables d’organisations<br />
de droits humains ont aussi<br />
Position du Conseil de l’ordre<br />
des Avocats de Port-au-Prince<br />
mis l’accent sur la nécessité que cette<br />
procédure se déroule dans la sérénité en<br />
dehors de toute influence politique. Le<br />
Coordonnateur général de l’organisation<br />
du peuple en lutte (OPL), Sauveur<br />
Pierre-Etienne, soutient que le gouvernement<br />
doit faire montre de prudence<br />
et ne pas donner l’impression que l’ex<br />
président Aristide est victime de persécution.<br />
«Je suis à la fois contre l’impunité<br />
et contre toute instrumentalisation de<br />
la justice à des fins de persécution politique»,<br />
a martelé M. Etienne.<br />
Des dirigeants de partis et d’organisations<br />
politiques continuent de<br />
se prononcer contre les persécutions<br />
politiques dont font l’objet, selon eux,<br />
des militants et responsables politiques<br />
dont l’ancien président Jean-Bertrand<br />
Aristide. Le responsable du groupe 77,<br />
Me André Michel, a également dénon-<br />
Le Conseil de l’Ordre des Avocats de<br />
Port-au Prince, réuni en séance extraordinaire<br />
du Vendredi 12 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>,<br />
exprime sa profonde inquiétude devant<br />
les atteintes graves aux normes fondamentales<br />
de sécurité juridique des citoyens<br />
dans un Etat démocratique.<br />
Le Conseil de l’Ordre constate<br />
avec désolation cette avalanche de<br />
situations, les unes plus exaspérantes<br />
que les autres, remettant en cause les<br />
garanties judiciaires dont doit bénéficier<br />
toute personne faisant l’objet d’une<br />
poursuite pénale. En effet, dans la juridiction<br />
de Port-au- Prince, des autorités<br />
judiciaires, à divers niveaux, décident,<br />
comme par enchantement , en marge<br />
des normes en vigueur. Les demandes<br />
de mises en liberté immédiate dites Habeas<br />
corpus dans les cas d’arrestations<br />
arbitraires et illégales, le renvoi d’un<br />
juge d’instruction à un autre pour cause<br />
de suspicion légitime, les pirateries téléphoniques<br />
(by passing), l’interdiction<br />
de départ, sont de parfaites illustrations.<br />
Cette série d’actes attentatoires<br />
aux libertés publiques, atteint les limites<br />
de l’inacceptable lorsque des responsables<br />
de l’application de la loi,<br />
s’autoproclament législateurs en transposant<br />
dans le droit positif haïtien des<br />
attributions restrictives de liberté comme<br />
l’assignation à résidence surveillée<br />
en dehors de toutes dispositions normatives.<br />
Les autorités judiciaires doivent<br />
avoir constamment à l’esprit l’article<br />
24.1 de notre charte fondamentale<br />
qui est la consécration du principe de<br />
légalité qui constitue la base non seulement<br />
pour l’élaboration, mais également<br />
pour l’application des règles de<br />
procédure pénale. Ainsi, elles sont<br />
tenues avant même de poser tout acte<br />
juridictionnel de s’assurer de sa conformité<br />
avec les dispositions de lois régissant<br />
la matière.<br />
Le Barreau de Port-au-Prince,<br />
dans le respect de sa mission de protéger<br />
le public contre tout acte arbitraire<br />
et tyrannique et de veiller au libre<br />
exercice et à l’indépendance de la<br />
profession d’Avocat, ne saurait garder<br />
le silence devant des dérives qui cherchent<br />
à s’établir en précédents dans un<br />
système judiciaire déjã vulnérable et<br />
manipulable, menacant ainsi les droits<br />
fadamentaux des citoyens<br />
Le Barreau de Port-au-Prince en<br />
appelle à la sérénité des Magistrats de<br />
l’ordre judiciaire et leur demande de<br />
tenir loin des clivages politiques, des<br />
mouvemments de révendication de<br />
masse ou de vengeance mais également;<br />
de résister à toutes formes de<br />
pression généralement quelconques. Il<br />
est à solliciter pareillement des organes<br />
de contrôles juridictionnels et disciplinaires<br />
comme les cours d’Appel, de<br />
Cassation et du CSPJ d’assumer pleinement<br />
leurs rôles de garants des droits<br />
et libertés.<br />
L’autorité judiciaire qui exécute<br />
sa charge avec indépendance et impartialité,<br />
contribue au rétablissement de<br />
l’équilibre entre les trois pouvoirs de<br />
l’Etat, mais aussi au renforcement de la<br />
démocratie et de l’Etat de droit.<br />
Port-au-Prince, ce<br />
12 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong><br />
Pour le Conseil de l’Ordre<br />
Me Carlos Hercule<br />
Bâtonnier<br />
cé des persécutions politiques dont les<br />
militants de l’opposition Enol et Josué<br />
Florestal seraient l’objet ; alors que le<br />
pouvoir kaletèt Martelly-Lamothe dit<br />
vouloir relancer le dialogue avec l’Opposition.<br />
Selon lui, la révocation de<br />
l’épouse de Josué Florestal qui travaillait<br />
à la Cour d’Appel, participe de<br />
cette vague de persécutions politiques<br />
contre les militants actuellement en<br />
prison. Me Michel informe par ailleurs<br />
qu’il ne participera pas aux discussions<br />
avec le président Michel Martelly ; mais<br />
il a exprimé le souhait que le dossier<br />
de la démission de monsieur Martelly<br />
et de l’organisation d’élections générales<br />
anticipées doivent figurer dans<br />
l’agenda de la rencontre. Toutes les<br />
options doivent être prises en compte, a<br />
Suite à la page (14)<br />
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Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 7
Fenêtre ouverte sur la communauté<br />
haïtienne de New York (VII)<br />
Notre évolution dans l’industrie de la restauration (1ere Partie)<br />
Lettre de Maxine<br />
Waters à John Kerry !<br />
Par Lesly Eustache<br />
L’une des rares industries dans<br />
lesquelles notre présence se fait un<br />
peu sentir ici, c’est la restauration.<br />
Aujourd’hui nous allons explorer ce<br />
secteur pour voir où nous en sommes.<br />
Les restaurants haïtiens, on les<br />
voit ça et là, dans toutes les municipalités<br />
de New York. A Manhattan<br />
par exemple où nous ne sommes pas<br />
trop visibles, il y en a très peu. Mais<br />
à Brooklyn et à Queens, particulièrement<br />
dans les quartiers où nous<br />
sommes le groupe social prédominant,<br />
ils sont nombreux. Dans les<br />
années 80 on trouvait seulement des<br />
restaurants traditionnels dans notre<br />
communauté ; c’est-a-dire, le type de<br />
restaurant où une serveuse/ serveur<br />
accueille le client, le dirige vers une<br />
table, s’occupe de sa commande<br />
et du service en général. A présent<br />
leur popularité diminue un peu, mais<br />
ils continuent d’être fréquentés par<br />
toutes les couches. Ces restaurants<br />
sont légendaires pour les longues attentes<br />
avant que les plats commandés<br />
soient servis.<br />
Il arrive souvent que leurs clients<br />
se plaignent de la qualité du<br />
service. La première chose qu’on<br />
remarque quand on rentre dans un<br />
restaurant haïtien, c’est un manque<br />
de courtoisie chez les serveuses. Assez<br />
souvent, elles vous accueillent<br />
avec une moue. Des fois vous avez<br />
l’impression qu’elles sont ennuyées<br />
par votre présence. Des fois, il peut y<br />
avoir de changements dans le menu<br />
du jour et l’on ne vous le fait même<br />
pas savoir. Si vous n’êtes pas satisfait<br />
du plat commandé, souvent on<br />
ne fait rien pour vous accommoder. Il<br />
est des fois où un restaurant n’a pas<br />
d’articles simples nécessaires pour<br />
faire fonctionner l’entreprise tels que<br />
: serviette de table, verre en plastique,<br />
ustensiles en plastique pour les<br />
commandes à emporter. Des fois on<br />
peut ne pas être capable de satisfaire<br />
votre commande parce qu’ils sont à<br />
court de choses fondamentales dans<br />
le menu telles que riz blanc, haricot<br />
en sauce, etc.<br />
Au fil des ans, j’ai fréquenté<br />
des restaurants haïtiens placés un<br />
peu partout. J’ai remarqué que le<br />
service offert dans les quartiers à<br />
prépondérance haïtienne est différent<br />
du service offert ailleurs. Dans<br />
le district d’affaires de Brooklyn par<br />
exemple, il y en a deux: Konbit et La<br />
Caye Restaurants. Dans le premier,<br />
à part l’attente qui peut être longue<br />
parfois, le service est généralement<br />
bon et le menu est plus riche. Dans<br />
le second, le service est impeccable<br />
et leur menu contient des plats même<br />
pour les végétariens. Cela m’avait<br />
étonné parce que le végétarisme est<br />
très rare dans le milieu haïtien. La<br />
Détente fut aussi l’un de ces restaurants<br />
haïtiens placés dans une zone<br />
prédominée par des étrangers dont<br />
le service était l’une des raisons pour<br />
lesquelles il avait une bonne réputation.<br />
Mais, n’est-ce pas là une chose<br />
étrange que le service soit pauvre,<br />
si le restaurant est placé dans un<br />
quartier où prédominent des haïtiens,<br />
tandis que s’il est placé dans<br />
une zone d’affaires où prédominent<br />
des étrangers, le service est bon ? Si<br />
le service à la clientèle laisse à désirer,<br />
n’est-ce pas là un facteur important<br />
qui peut causer l’échec d’une<br />
entreprise commerciale ? C’est peut<br />
être l’une des raisons pour lesquelles<br />
il y a une grande diminution dans le<br />
nombre et la popularité des restaurants<br />
traditionnels haïtiens. N o t r e<br />
communauté a vu l’émergence de<br />
deux autres types de restaurant. La<br />
friture et le restaurant de type cafétéria<br />
où il n’y a presque pas de service<br />
de table. La friture y a fait son apparition<br />
dans les années 90 avec Yoyo<br />
Fritaille qui fut l’unique restaurant<br />
de ce genre pendant de nombreuses<br />
années. Placé dans l’artère principale<br />
des entreprises haïtiennes de Brooklyn,<br />
il a eu tellement de succès que<br />
son propriétaire a jugé bon d’ouvrir<br />
deux succursales, dans le district de<br />
Flatbush aussi. Ces derniers temps<br />
les fritures sont de plus en plus populaires.<br />
On les trouve non seulement à<br />
Brooklyn et à Queens, mais aussi à<br />
Long Island<br />
Quant au restaurant de style<br />
cafétéria, ils ont commencé à faire<br />
leur apparition au début des années<br />
2000s avec Karl’s Bakery<br />
& Restaurant comme pionnier à<br />
Brooklyn. Ils sont aujourd’hui aussi<br />
populaires que la friture. A Queens,<br />
ils sont tellement nombreux qu’on<br />
a l’impression qu’il n’y en a plus de<br />
restaurant traditionnel.<br />
Ces restaurants servent des<br />
plats cuisinés disposés derrière un<br />
comptoir permettant aux clients de<br />
voir ce qui est disponible, Ils sont<br />
peu coûteux et prêts à être mis en<br />
boite ; deux caractéristiques qui<br />
plaisent beaucoup aux clients. La<br />
demande est si forte que dans la<br />
plupart de ces restaurants les clients<br />
doivent faire la queue pour<br />
faire leur choix, à Queens comme<br />
à Brooklyn. Ils peuvent avoir à attendre<br />
en ligne pour être servis,<br />
mais par rapport à la longue période<br />
d’attente qu’on endure souvent<br />
dans les restaurants traditionnels,<br />
c’est rien. Par ailleurs, il semble<br />
que ces restaurants embauchent<br />
suffisamment de personnes pour le<br />
service. En conséquence, la période<br />
d’attente y est généralement très<br />
courte.<br />
Si dans d’autres domaines nos<br />
entrepreneurs n’ont pas démontré<br />
beaucoup de sens des affaires,<br />
ils sont très efficaces dans celuici.<br />
Ils font tellement bien qu’ils y<br />
ont provoqué un essor. Tant et si<br />
bien que le Créole Buffet, dont les<br />
propriétaires ont ouvert un tel restaurant<br />
quatre ans de cela, s’est<br />
aujourd’hui multiplié en quatre<br />
branches, le premier à Long Island<br />
et les 3 autres à Queens. J’ai eu une<br />
conversation avec l’un des propriétaires,<br />
qui a déclaré que leur succès<br />
est dû à ces 3 facteurs: ils offrent un<br />
prix dérisoire spécial chaque jour<br />
avant le crépuscule, le service est<br />
rapide, et toutes les branches sont<br />
bien entretenues.<br />
Une analyse plus approfondie<br />
de ces restaurants laisse percevoir<br />
d’autres raisons moins visibles<br />
pour lesquelles ils ont tant de succès.<br />
Premièrement, le manque de<br />
courtoisie des serveuses, l’un des<br />
facteurs qui a valu aux restaurants<br />
traditionnels une réputation de service<br />
à la clientèle pauvre, n’est pas<br />
un problème dans ce genre de restaurant.<br />
L’interaction entre client et<br />
serveuse ou serveur y est très limitée.<br />
Le risque pour les conflits est<br />
quasi inexistant. Deuxièmement,<br />
ces restaurants sont plus inclusifs.<br />
La communication verbale entre<br />
les deux parties étant minimale,<br />
elle ouvre la voie aux étrangers qui<br />
au préalable avaient une barrière<br />
linguistique qui les avait empêchés<br />
de patronner nos restaurants.<br />
Là ils n’ont qu’à pointer du doigt<br />
ce qu’ils veulent sans piper mot,<br />
et les serveurs ou serveuses n’ont<br />
qu’à mettre les plats commandés<br />
en boite. Ca fait l’affaire des propriétaires<br />
!<br />
Enfin, la réussite de nos entrepreneurs<br />
dans ce domaine, c’est du<br />
progrès qui vaut la peine d’être signalé.<br />
C’est un pas dans la bonne direction<br />
pour stimuler l’économie de<br />
notre communauté. On va s’arrêter<br />
là pour le moment. Prenons donc<br />
rendez-vous au même endroit pour<br />
continuer notre périple.<br />
Lesly Eustache<br />
De gauche à droite Mildred, Aristide et Maxine Waters<br />
Dans une lettre adressée au Secrétaire<br />
d’État John Kerry, la<br />
Congressiste Maxine Waters, dit<br />
craindre une situation dangereuse<br />
après le retrait des agents chargés<br />
de la sécurité de l’ancien Président<br />
Aristide et lui demande d’intervenir<br />
sans délai, afin d’éviter une confrontation<br />
dangereuse entre les<br />
forces de l’ordre et les partisans<br />
d’Aristide.<br />
« L'Honorable John Kerry<br />
Secrétaire d'État<br />
Département d'État<br />
2201 C Street, NW, Room 7226<br />
Washington, DC 20520<br />
Cher Secrétaire Kerry:<br />
Je suis profondément concernée<br />
par la situation en Haïti.<br />
J'ai été informée que des ordres<br />
ont été donnés de rappeler tous<br />
les officiers du commissariat de police<br />
qui fournissaient la sécurité à<br />
la maison du Président Aristide et<br />
tous les policiers ont quitté les alentours<br />
aux environs de 1h00 a.m.<br />
[jeudi matin11 septembre <strong>2014</strong>].<br />
Cela rend le Président Aristide et sa<br />
famille, totalement exposés.<br />
Je suis extrêmement concernée<br />
qu'il existe un effort d'arrêter<br />
de manière illégale le Président<br />
Aristide. Étant donné que les supporteurs<br />
du Président Aristide se<br />
sont rassemblés autour de sa maison<br />
au cours des derniers jours pour<br />
montrer leur soutien envers lui, on<br />
peut raisonnablement s’attendre<br />
qu'ils aillent encercler sa maison<br />
pour prévenir son arrestation. Personne<br />
ne devrait vouloir une confrontation<br />
entre les partisans du<br />
Président Aristide et la police. Je<br />
crains qu'une situation dangereuse<br />
ne se développe, qui puisse mener<br />
à des pertes de vie et une instabilité<br />
politique plus profonde en Haïti.<br />
S'il vous plait intervenez immédiatement<br />
pour éviter une confrontation<br />
inutile et dangereuse et<br />
éviter que s'en suive le chaos en<br />
Haïti.<br />
Sincèrement,<br />
Maxine Waters<br />
Membre du Congrès<br />
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8<br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>
This Week in <strong>Haiti</strong><br />
UN and U.S. Blame <strong>Haiti</strong>’s Opposition for Delayed Elections,<br />
Ignore History<br />
by Center for Economic and Policy Research<br />
At the United Nations Security<br />
Council meeting last week, U.S. Ambassador<br />
to the UN Samantha Power<br />
did not mince words as to whom<br />
she thought was to blame for <strong>Haiti</strong>’s<br />
electoral impasse. “[A] group of six<br />
senators seems intent on holding<br />
elections hostage to partisan concerns,<br />
even going so far as to prevent<br />
a debate on the electoral law,”<br />
Power stated bluntly to the assembled<br />
council members. “Legislators<br />
in a democracy have a responsibility<br />
to defend their constituents’ rights.<br />
But when elected officials take advantage<br />
of democracy’s checks and<br />
balances to cynically block debates<br />
and elections altogether, they stand<br />
in the way of addressing citizens’<br />
real needs.”<br />
In line with Power, Sandra<br />
Honoré, the head of the so-called<br />
UN Mission to Stabilize <strong>Haiti</strong> (MI-<br />
NUSTAH), also targeted the “Group<br />
of Six” senators. She extolled the<br />
March <strong>2014</strong> El Rancho Accord,<br />
which all major opposition parties,<br />
including former President Jean-<br />
Bertrand Aristide’s Lavalas Family,<br />
have condemned as a bogus political<br />
compromise and public relations<br />
ploy orchestrated by President Michel<br />
Martelly. But Honoré said the<br />
Accord “generated the hope that<br />
combined elections would be held<br />
by the end of <strong>2014</strong>” and blamed a<br />
“group of Senators opposed to the El<br />
Rancho Accord” for demanding “the<br />
establishment of an entirely new<br />
Electoral Council,” a call of almost<br />
the entire <strong>Haiti</strong>an opposition.<br />
On Sep. 15, in a separate action,<br />
15 U.S. Congress members<br />
wrote to the Senate president Simon<br />
Desras. “We are deeply concerned<br />
that the <strong>Haiti</strong>an Senate has been<br />
unable to pass the requisite legislation<br />
to authorize elections this year,”<br />
wrote the U.S. lawmakers. “We believe<br />
that <strong>Haiti</strong>ans deserve better<br />
than to have this fundamental democratic<br />
right continually delayed.”<br />
But, as the Miami Herald<br />
pointed out, “[i]n addition to the<br />
senators, several large political parties<br />
in <strong>Haiti</strong> are also opposed to the<br />
agreement and were not part of the<br />
negotiations [the El Rancho Accord].<br />
In addition to raising constitutional<br />
issues, Martelly opponents<br />
have also raised questions about the<br />
formation of the Provisional Electoral<br />
Council (CEP) tasked with organizing<br />
the vote. Many feel that it<br />
is currently being controlled by the<br />
executive.”<br />
Opposition leader Mirlande<br />
Manigat, a conservative who lost<br />
to Martelly in a run-off election in<br />
2011 and is a constitutional scholar,<br />
responded to the comments from the<br />
U.S. and the UN, saying it was unreasonable<br />
to overlook the role that<br />
Martelly has played in the delay.<br />
“For three years, he refused<br />
to call elections,” she said. “A large<br />
part of this is his fault… It is unfair<br />
to accuse the six senators for the crisis.”<br />
As we have noted previously,<br />
there are legal and constitutional<br />
reasons behind the oppositions’<br />
electoral stance. “Prompt elections<br />
are much needed, but elections will<br />
only remedy <strong>Haiti</strong>’s political crisis if<br />
they are run fairly by a constitutionally-mandated<br />
electoral council,”<br />
said Mario Joseph, managing lawyer<br />
for the Bureau des Avocats Internationaux.<br />
“President Michel Martelly<br />
Samantha Power, U.S. Ambassador to the UN, accused <strong>Haiti</strong>’s “Group of<br />
Six” senators, not President Martelly, of “cynically” blocking elections<br />
and of standing “in the way of addressing citizens’ real needs.”<br />
Although today she toes the U.S. line of supporting Martelly-skewed<br />
elections, a year ago MINUSTAH Chief Sandra Honoré had to recognize<br />
the widespread sentiment that “the executive had intentionally delayed<br />
the process to ensure that Parliament would become non-functional.”<br />
Former Presidential candidate Mirlande Manigat responded to U.S. and<br />
UN officials that “it is unfair to accuse the six senators for the crisis.”<br />
has delayed elections for three years<br />
because he does not want to lose the<br />
political control he has enjoyed without<br />
full parliamentary oversight.”<br />
Given the outrage coming from<br />
the U.S. and other foreign powers<br />
about the delayed elections and the<br />
focus on this group of senators, it<br />
could be easy to forget that indeed,<br />
as Joseph and Manigat point out,<br />
this issue has been developing for<br />
years, a fact of which the international<br />
community is well aware.<br />
For starters, much of the current<br />
political stalemate arises from<br />
the deeply flawed presidential elections<br />
in 2010, through which Martelly<br />
was elected only after the<br />
arbitrary intervention of the Organization<br />
of American States (OAS).<br />
Since that election, every year, without<br />
fail, the Martelly government<br />
has pledged to hold elections and<br />
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then subsequently failed to live up<br />
to its promises. By overlooking this<br />
background and simply blaming a<br />
group of six senators, the international<br />
community and the U.S. are<br />
once again prioritizing the holding of<br />
any election, without regard to the<br />
quality of said election.<br />
Looking back over the last few<br />
years of U.N. Security Council meetings<br />
reveals just how long this has<br />
been an issue and how the viewpoints<br />
and criticisms from the international<br />
community have changed.<br />
In September 2011, Martelly<br />
had been in office for less than six<br />
months. With partial legislative elections<br />
on the horizon, then head of<br />
MINUSTAH, Mariano Fernandez<br />
Amunategui, spoke to the council.<br />
“It will also be important to<br />
support the electoral process in <strong>Haiti</strong>,<br />
which is preparing for partial legislative<br />
and local Government elections<br />
in November,” he said. “In that<br />
respect, I stress that electoral reform,<br />
including the establishment of a<br />
credible permanent electoral council,<br />
is indispensable if <strong>Haiti</strong> hopes gradually<br />
to reduce its dependence on international<br />
electoral assistance.”<br />
One year later, after those<br />
scheduled elections had not taken<br />
place, Fernandez once again addressed<br />
the Security Council.<br />
“An exceptional situation in<br />
<strong>Haiti</strong>an political life is currently being<br />
played out in that the Senate,<br />
which is theoretically made up of 30<br />
members, today has only 20 members,”<br />
he explained on Oct. 2, 2012.<br />
“That continues to distort political<br />
life, with negative consequences<br />
for the democratic stabilization process<br />
in <strong>Haiti</strong>. In addition, there is<br />
at present a serious impasse in the<br />
formation of the Permanent Electoral<br />
Council.<br />
“The formation of an electoral<br />
body of nine members in accordance<br />
with the stipulations of the Constitution<br />
is an unavoidable prerequisite<br />
for any elections; its establishment<br />
will determine how soon the pending<br />
elections can be held to renew a<br />
third of the Senate as well as to elect<br />
all municipal mayors and councillors,”<br />
Fernandez continued. “That is<br />
why MINUSTAH is currently working<br />
in coordination with the international<br />
community to promote dialogue<br />
and prepare the way for the<br />
soonest possible establishment of a<br />
Permanent Electoral Council that is<br />
legitimate and legal and that enjoys<br />
the broadest possible support.”<br />
That year (another with no<br />
elections held), the terms of some<br />
130 mayors expired. Rather than<br />
let them continue in their posts until<br />
elections were held, they were replaced<br />
by Martelly appointees. Fast<br />
forward another year, and MINUS-<br />
TAH has a new head, Sandra Honoré.<br />
“Turning to the political situation,<br />
the continued delay in the<br />
holding of long-overdue partial<br />
senatorial, municipal and local elections<br />
is of increasing concern and<br />
poses a series of risks to the stabilization<br />
process,” she said in her<br />
Oct. 10, 2013 report to the council.<br />
“Yesterday’s long-awaited submission<br />
to Parliament by President Martelly<br />
of the draft electoral law that<br />
is required to launch the electoral<br />
process is a most welcome development.<br />
However, there have been<br />
protracted delays caused, in part,<br />
by the eight months that it took the<br />
three branches of Government to<br />
designate the nine members of the<br />
Electoral Council.”<br />
But most importantly, last<br />
year Honoré explicitly stated what<br />
has caused the “Group of Six” senators<br />
to come together: “Despite the<br />
executive branch’s repeated public<br />
statements in favor of holding the<br />
elections as soon as possible, those<br />
delays have led a number of political<br />
and civil society actors to express<br />
skepticism concerning the likelihood<br />
that elections will be held in 2013...<br />
“Delays in the submission of<br />
the draft electoral law by the executive<br />
to Parliament fueled speculation<br />
among legislators that the executive<br />
had intentionally delayed the<br />
process to ensure that Parliament<br />
would become non-functional,” she<br />
continued. “That perception united a<br />
grouping of main opposition parties<br />
that repeatedly and publicly called<br />
on President Martelly to uphold the<br />
constitutional requirement of timely<br />
elections, or else to resign, thus popularizing<br />
the chant calling for ‘elections<br />
or resignation.’”<br />
Again, another year passed<br />
without elections. For years now,<br />
the international community has<br />
called for elections which respect<br />
the Constitution and reflect a broad<br />
consensus. Now, however, with the<br />
terms of another third of the Senate<br />
and the entire lower house set to expire<br />
in January, the calls for elections<br />
have become deafening. Unfortunately,<br />
it appears as though the U.S.<br />
and other countries involved in <strong>Haiti</strong>,<br />
after doing little more than make<br />
speeches each year calling for elections,<br />
are now willing to accept any<br />
sort of election, even if it doesn’t<br />
follow the Constitutional provisions<br />
that they themselves have been citing<br />
over the last three years. It is<br />
true that <strong>Haiti</strong> needs to hold elections,<br />
but after the debacle in 2010<br />
(largely shoved on <strong>Haiti</strong>ans by the<br />
international community), it would<br />
be wrong to discard the objections of<br />
a large section of <strong>Haiti</strong>an society and<br />
push forward with another deeply<br />
flawed election.<br />
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Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 9
LE FLIRT DES OCCIDENTAUX AVEC<br />
John Boehner, président de la Chambre des représentants<br />
des Etats-Unis<br />
Par Marc Vandepitte<br />
Les USA envoient de l'aide humanitaire<br />
aux victimes sans défense dans le nord<br />
de l'Irak et ils bombardent les terroristes<br />
qui veulent mener une épuration religieuse<br />
dans le pays. Ce qu'ils omettent<br />
de dire, c'est que ces terroristes sont le<br />
produit de leur propre politique étrangère<br />
dans la région.<br />
« It’s the oil, stupid ! »<br />
Deux ans et demi après que l’armée des<br />
Etats-Unis s’est retirée d’Irak, Washington<br />
s’en va-t-en guerre à nouveau. Le<br />
Pentagone a 400 conseillers sur place et<br />
a commencé dès le 8 août à bombarder<br />
des positions d’ISIS, rebaptisé EI (Etat<br />
islamique). Officiellement, il s’agit d’une<br />
mission « humanitaire », plus précisément<br />
pour « prévenir un possible génocide ».<br />
Tout conflit armé a ses drames humanitaires,<br />
et celui-ci ne fait pas exception.<br />
Mais Proudhon déjà mettait en garde<br />
: « Chaque fois que j’entends le mot “humanité”<br />
je sais qu’ils veulent tromper ».<br />
Et c’est certainement le cas si quelqu’un<br />
entre en guerre.<br />
Le Financial Times a fait remarquer<br />
sèchement que les bombardements<br />
coïncident avec les premiers signaux indiquant<br />
que les combats dans le nord de<br />
l’Irak mettent en péril le fonctionnement<br />
normal des compagnies pétrolières. Dès le<br />
début du mois d’août, des acteurs aussi<br />
importants que Efron, Genel Energy,<br />
Chevron et ExxonMobil commençaient<br />
déjà à évacuer du personnel.<br />
Le journal signalait aussi que ces<br />
dernières années ce territoire a exercé une<br />
forte attraction sur l’industrie de l’énergie.<br />
Le sous-sol recèle une très grande réserve<br />
de pétrole qui de plus est très facile à exploiter.<br />
Jusqu’à présent la région avait été<br />
épargnée par la guerre civile et les carnages<br />
tant des autorités que des djihadistes.<br />
Les quartiers généraux de ces géants<br />
de l’énergie se trouvent à Arbil, capitale<br />
du Kurdistan irakien semi-autonome.<br />
Des milliers de citoyens étatsuniens y vivent<br />
et il y a un consulat US. C’est cette<br />
ville, la première qui a intéressé l’Etat<br />
Islamique, qui menaçait de tomber aux<br />
mains des djihadistes. Ce n’est pas pour<br />
rien que John Boehner, président de la<br />
Chambre des représentants des États-<br />
Unis, déclarait que « des intérêts nationaux<br />
vitaux sont en jeu ».<br />
Bombarder : ni légitime, ni utile<br />
Le calendrier n’est pas très heureux. Juste<br />
au moment où yézidis, Kurdes et chrétiens<br />
reçoivent une aide humanitaire,<br />
Obama envoie des armes aux Israéliens<br />
pour qu’ils puissent encore mieux « gérer<br />
» les Palestiniens à Gaza. Pas plus que<br />
lors des bombardements et des conflits<br />
précédents (1), cette fois non plus, il n’y<br />
a aucun mandat de l’ONU. Quels arguments<br />
allons-nous utiliser quand Poutine<br />
va se mettre à bombarder l’armée ukrainienne<br />
dans le cadre d’une « mission de<br />
paix humanitaire » ?<br />
Si (tout) le but est de stopper<br />
l’avancée de l’EI, alors les bombardements<br />
actuels ne sont ni suffisants ni<br />
même utiles. « Quelques bombes de 250<br />
kg larguées d’un F18 et quelques attaques<br />
avec des drones n’arrêteront pas<br />
l’EI » selon Ryan Crocker, ancien ambassadeur<br />
US en Irak.<br />
Jusqu’à ce jour, les bombardements<br />
– plutôt limités – n’ont guère eu d’impact.<br />
Depuis le début des bombardements,<br />
l’ISIS a perdu quelques villes ; mais il a<br />
regagné du terrain ailleurs. Le général<br />
Mayville, qui coordonne l’opération, a<br />
dit à ce sujet : « En aucune manière je ne<br />
veux suggérer que nous contrôlons effectivement<br />
la menace de l’IS ou que nous<br />
avons brisé leur avancée ».<br />
Ces pertes limitées et le fait que<br />
l’avancée n’est pas stoppée permettent<br />
au groupe terroriste de vendre l’opération<br />
militaire US à ses partisans comme une<br />
victoire.<br />
En outre l’ingérence ouverte et<br />
directe des Etats Unis jette de l’huile sur<br />
le feu. L’EI s’en servira comme élément<br />
de propagande. Des musulmans dans le<br />
monde entier qui hésitent à combattre<br />
d’autres musulmans, pourront à présent<br />
être convaincus qu’il s’agit d’une lutte<br />
contre la suprématie occidentale.<br />
Finalement, conséquence des attaques<br />
aériennes, l’EI agira encore plus<br />
dans la clandestinité et sera donc encore<br />
plus difficile à combattre.<br />
Danse macabre<br />
L’invasion US de l’Irak et l’occupation<br />
qui a suivi ont brisé la colonne vertébrale<br />
des forces aériennes irakiennes. Depuis,<br />
Washington n’autorise aucune reconstitution.<br />
Etant donnée la distance, l’armée<br />
syrienne n’est pas en mesure d’arrêter la<br />
progression d’ISIS. Seule l’armée de l’air<br />
US en a les moyens. Mais elle ne frappe<br />
pas réellement. Comparée à de précédentes<br />
opérations aériennes, l’opération actuelle<br />
se fait en mode mineur.<br />
Comme il est apparu dès juin,<br />
l’armée de terre irakienne – dominée par<br />
des chiites – n’est pas non plus en mesure<br />
de reconquérir les territoires conquis dans<br />
le nord du pays. Ceux qui pourraient arrêter<br />
l’avancée actuelle de l’EI dans la<br />
région – par voie terrestre – et qui pourraient<br />
éventuellement le battre, ce sont<br />
les combattants kurdes armés, les peschmergas.<br />
Ils sont quelque 200.000. Ils<br />
sont disciplinés et bien entraînés ; mais<br />
ils ne disposent que d’un arsenal léger et<br />
obsolète.<br />
Les Kurdes sollicitent depuis un<br />
bon moment des armes lourdes et meilleures<br />
; mais Washington et la Turquie<br />
ne voient pas leur demande d’un bon<br />
œil. Une armée kurde bien équipée serait<br />
un pas important vers un état indépendant<br />
; mais c’est ce que la Turquie exclut,<br />
soutenue en cela par les Etats-Unis.<br />
Le feu vert a maintenant été donné<br />
pour une livraison directe d’armement<br />
aux Kurdes (2) ; mais il s’agit d’armes<br />
légères.<br />
Récapitulons. D’une part l’EI ne<br />
peut pas vraiment percer et certainement<br />
pas mettre en danger les intérêts pétroliers.<br />
D’autre part, il ne faut pas que les<br />
Kurdes deviennent trop forts. L’armée de<br />
l’air irakienne (chiite) a donc été délibérément<br />
maintenue en état de faiblesse et sur<br />
le plan militaire les chiites se sont repliés<br />
sur Bagdad et dans le territoire au sud de<br />
Bagdad. Les trois groupes de population<br />
se maintiennent dans un équilibre des<br />
forces macabre. Si un des trois menace<br />
de rompre l’équilibre, le Pentagone et la<br />
CIA viennent donner un coup de main.<br />
Un scénario similaire se joue en Syrie.<br />
Assad doit être affaibli ; mais il n’est pas<br />
question que les djihadistes y prennent<br />
la main. C’est une impasse qui convient<br />
parfaitement au jeu des Etats-Unis et<br />
d’Israël. Les états forts de la région qui ne<br />
marchent pas aux pas sont démembrés<br />
ou, comme dans le cas de l’Iran, assujettis<br />
par un embargo draconien.<br />
EI : une création de l’Occident ?<br />
L’idylle entre le Pentagone et des groupements islamistes extrémistes n’est pas une nouveauté.<br />
Selon Edward Snowden, ex-collaborateur de la National Security Agency (NSA) étatsunienne, il est apparu que<br />
les agences du renseignement des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et d’Israël ont collaboré pour créer ISIS.<br />
Nabil Na’eem, ancien commandant d’al Qaeda, confirme que, presque toutes les sections actuelles<br />
d’al-Qaeda travaillent pour la CIA.<br />
10<br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>
LES DJIHADISTES TOURNE MAL !<br />
Abdelhakim Belhadj, est un ancien ponte d’al-Qaeda. Sa milice suivait<br />
encore un entraînement US juste avant le début de la rébellion en Libye.<br />
Selon Ryan Crocker, ancien ambassadeur US en Irak, « … quelques bombes de 250 kg larguées d’un F18 et<br />
quelques attaques avec des drones n’arrêteront pas l’EI<br />
Les USA bombardent les terroristes qui veulent mener une épuration religieuse dans le nord de l’Irak. Ce qu'ils<br />
omettent de dire, c'est que ces terroristes sont le produit de leur propre politique étrangère dans la région.<br />
Selon le sénateur républicain Paul Rand, les Etats-Unis ont naguère « soutenu » ISIS et c’est pour cela que le<br />
mouvement terroriste est si fort aujourd’hui<br />
Le groupe terroriste « Etat Islamique »<br />
s’emboîte parfaitement dans ce puzzle.<br />
Selon Edward Snowden , ex-collaborateur<br />
de la National Security Agency<br />
(NSA) étatsunienne, il est apparu que<br />
les agences du renseignement des Etats-<br />
Unis, de Grande-Bretagne et d’Israël ont<br />
collaboré pour créer ISIS. Elles ont créé<br />
une organisation terroriste qui est en<br />
mesure d’attirer tous les extrémistes (psychopathes)<br />
du monde avec l’aide d’une<br />
stratégie qu’elles nomment « le nid de<br />
guêpes ». Nabil Na’eem, ancien commandant<br />
d’al Qaeda, confirme ce récit. Selon<br />
lui, presque toutes les sections actuelles<br />
d’al-Qaeda travaillent pour la CIA.<br />
Il faut toujours rester prudent<br />
avec de telles informations. Comme<br />
c’est généralement le cas avec ce genre<br />
d’opérations clandestines et de groupes<br />
glauques, nous ne connaîtrons la vérité<br />
que plus tard et peut-être jamais intégralement.<br />
Mais il y a un certain nombre de<br />
choses dont nous sommes certains et qui<br />
penchent fortement dans ce sens-là :<br />
1. À partir de 2012 les USA, la<br />
Turquie et la Jordanie ont créé un camp<br />
d’entraînement pour les rebelles syriens<br />
à Sawafi, dans le nord de la Jordanie.<br />
Des instructeurs français et britanniques<br />
étaient impliqués. Certains de ces rebelles<br />
ont ensuite rallié ISIS.<br />
2. Selon le sénateur républicain<br />
Paul Rand, les Etats-Unis ont naguère<br />
« soutenu » ISIS et c’est pour cela<br />
que le mouvement terroriste est si fort<br />
aujourd’hui. (“They’re emboldened because<br />
we’ve been supporting them.”). Il<br />
désigne également quelques alliés proches<br />
des Etats-Unis : l’Arabie Saoudite, le Qatar<br />
et le Koweit. Ces pays ont fourni armes<br />
et finances à ISIS.<br />
3. En effet, l’Arabie Saoudite joue<br />
un rôle-clé, comme jadis avec al-Qaeda.<br />
En tant que sous-traitants des USA, ils<br />
se chargent des basses besognes. Cet<br />
état du Golfe soutient toutes sortes de<br />
groupes extrémistes sunnites pour réduire<br />
l’influence et la puissance de l’Iran et<br />
des chiites dans la région. Une partie de<br />
ce soutien militaire et financier est allée<br />
ces dernières années à des combattants<br />
d’ISIS en Syrie (3). L’ex-candidat à la<br />
présidence John McCain ne dissimule pas<br />
son enthousiasme pour cette monarchie<br />
extrémiste : « Thank God for the Saudis<br />
and Prince Bandar ». (4)<br />
4. Mais on ne se contente pas<br />
d’éloges. En mai 2013 MacCain s’est fait<br />
fièrement photographier avec quelques<br />
djihadistes. Le problème est que l’un<br />
d’eux est un combattant d’ISIS. Et pas<br />
le premier venu, il est connu comme le<br />
djihadiste cannibale, parce qu’on le voit<br />
dans une vidéo en train de manger un<br />
cœur humain.<br />
Un flirt tenace<br />
L’idylle entre le Pentagone et des groupements<br />
islamistes extrémistes n’est pas<br />
une nouveauté. Dès 1979 des moudjahidin<br />
étaient recrutés, armés et entraînés<br />
pour chasser le gouvernement communiste<br />
d’Afghanistan. « Rambo 3 » de<br />
Silvester Stallone est une version hollywoodienne<br />
de cette collaboration. C’est de<br />
ces cercles de moudjahidin que sont issus<br />
al-Qaeda et Osama Ben Laden.<br />
Dans les années ’90 les talibans,<br />
combattants encore plus violents et extrémistes,<br />
devenaient les partenaires<br />
préférés de Washington en Afghanistan.<br />
Cette collaboration se termina quand il<br />
devint évident que les talibans ne pouvaient<br />
plus servir les intérêts étatsuniens.<br />
Pendant la guerre civile en Yougoslavie<br />
(1992-1995) le Pentagone permit<br />
à des dizaines de combattants d’al-Qaeda<br />
de s’envoler pour la Bosnie, afin de soutenir<br />
les musulmans sur place.<br />
En 1996 l’Armée de Libération<br />
du Kossovo (AK) a été entraînée par des<br />
officiers d’al-Qaeda, juste au-delà de la<br />
frontière albanaise. Tout en ayant l’aide<br />
de militaires britanniques et américains.<br />
Pour faire tomber Kaddhafi en<br />
2011 l’OTAN a collaboré notamment<br />
avec le Groupe islamique combattant<br />
en Libye (GIGL), une organisation qui<br />
figurait sur la liste des organisations terroristes<br />
interdites. Son chef, Abdelhakim<br />
Belhadj, est un ancien ponte d’al-Qaeda.<br />
Sa milice suivait encore un entraînement<br />
US juste avant le début de la rébellion en<br />
Libye.<br />
Le GIGL a conclu une alliance avec<br />
les rebelles islamistes du Mali. Ces derniers<br />
ont réussi, avec l’aide des Touaregs,<br />
à s’emparer du nord du Mali pendant<br />
quelques mois. Grâce aux bombardements<br />
de l’OTAN les rebelles islamistes<br />
ont pu piller les dépôts d’armes de l’armée<br />
libyenne. Ce sont ces mêmes armes que<br />
les djihadistes utilisent aujourd’hui au Nigéria,<br />
au Tchad, en Irak et au Mali.<br />
Nous avons déjà évoqué l’étroite<br />
collaboration entre des organisations extrémistes<br />
en Syrie. C’est dans ce « nid de<br />
guêpes » qu’est né et se développe fortement<br />
l’EI.<br />
La stratégie du chaos<br />
La guerre contre le terrorisme s’est inversée<br />
en son contraire, la propagation du<br />
terrorisme. Les opérations ratées en Irak,<br />
Afghanistan, Libye et Syrie montrent à<br />
l’évidence que les Etats-Unis et l’Occident<br />
ne sont désormais plus capables de modeler<br />
la région du Moyen-Orient comme<br />
elle le souhaiterait elle-même.<br />
Washington et ses alliés risquent<br />
de perdre de plus en plus la maîtrise et<br />
ils font de plus en plus appel à des soustraitants<br />
de mauvais aloi. Ils raisonnent<br />
ainsi : « Si nous ne pouvons pas contrôler<br />
nous-mêmes, alors personne d’autre ne<br />
le peut ». C’est ce qu’on peut qualifier de<br />
stratégie du chaos, ou plus exactement,<br />
de chaos de la stratégie. C’est le comble<br />
de l’immoralité.<br />
Notes :<br />
(1) Par exemple la guerre contre l’Irak en<br />
1991 et les bombardements à Panama<br />
1989, en Somalie 1993, Bosnie 1995,<br />
Soudan 1998, Pakistan 2005-2013 et au<br />
Yemen 2009-2013.<br />
(2) Auparavant c’était toujours via<br />
l’autorité centrale irakienne.<br />
(3) Ce soutien militaire se fait non<br />
par l’intermédiaire de l’autorité centrale<br />
mais via toutes sortes d’individus et de<br />
réseaux généreux en capitaux [http://<br />
www.theatlantic.com/internat...].<br />
(4) Le Prince Bandar est un homme<br />
influent en Arabie Saoudite. Il a été<br />
ambassadeur aux Etats-Unis et entretenait<br />
d’excellentes relations avec la famille<br />
Bush.<br />
Traduction du néerlandais :<br />
Anne Meert<br />
InvestigAction 11 septembre <strong>2014</strong><br />
Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 11
Perspectives<br />
Mort de Tolstoi !<br />
Par Vladimir Ilitch Lénine<br />
L’affaire Abdallah est un double scandale,<br />
une vilaine moisissure !<br />
Portrait de Tolstoi réalisé par le<br />
peintre russe Ilya Repine en 1887<br />
Sur Tolstoi : Lénine explique les leçons<br />
que peuvent tirer les militants révolutionnaires<br />
de l'œuvre du grand écrivain<br />
russe « Il expliquera aux masses<br />
la critique du capitalisme faite par Tolstoi,<br />
non pour que les masses se bornent<br />
à maudire le capital et le pouvoir<br />
de l'argent, mais pour qu'elles apprennent<br />
à s'appuyer, à chaque pas de leur<br />
vie et de leur lutte, sur les conquêtes<br />
techniques et sociales du capitalisme,<br />
pour qu'elles apprennent à se fondre en<br />
une seule armée de millions de combattants<br />
socialistes, qui renverseront<br />
le capitalisme et créeront une société<br />
nouvelle sans misère du peuple, sans<br />
exploitation de l'homme par l'homme.<br />
»<br />
Léon Tolstoi est mort. Son importance<br />
mondiale comme artiste, sa<br />
renommée mondiale de penseur et de<br />
prédicateur traduisent, l'une et l'autre,<br />
l'importance mondiale de la révolution<br />
russe<br />
Léon Tolstoi s'est fait connaître<br />
comme grand écrivain dès l'époque<br />
du servage. Dans une série d'œuvres<br />
géniales qu'il composa au cours de sa<br />
carrière littéraire de plus d'un demisiècle,<br />
il peignit surtout la vieille Russie<br />
d'avant la révolution, demeurée, même<br />
après 1861, dans un état de demi-servitude,<br />
la Russie rurale, la Russie du<br />
propriétaire foncier et du paysan. Décrivant<br />
cette période historique de la vie<br />
russe, Léon Tolstoi a su poser dans ses<br />
écrits un si grand nombre d'immenses<br />
problèmes. Il a su atteindre une telle<br />
puissance artistique que ses œuvres<br />
se classent parmi les meilleures de la<br />
littérature mondiale. La période de la<br />
préparation de la révolution dans un<br />
des pays opprimés par les tenants du<br />
servage apparut, grâce à la peinture<br />
géniale de Tolstoi, comme un pas en<br />
avant dans le développement artistique<br />
de l'humanité tout entière.<br />
Tolstoi artiste n'est connu que<br />
d'une infime minorité, même en<br />
Russie. Pour que ses œuvres grandioses<br />
puissent effectivement être mises à<br />
la portée de tous, il faut lutter et lutter<br />
encore contre l'ordre social qui a<br />
condamné des millions et des dizaines<br />
de millions d'hommes à l'ignorance, à<br />
l'hébétement, à un labeur de forçat et à<br />
la misère; il faut la révolution socialiste.<br />
Et Tolstoi n'a pas seulement créé<br />
des œuvres d'art que les masses apprécieront<br />
et liront toujours, quand,<br />
après avoir brisé le joug des grands<br />
propriétaires fonciers et des capitalistes,<br />
elles se seront créé des conditions<br />
humaines d'existence, il a su rendre,<br />
avec une force remarquable, l'état<br />
d'esprit des grandes masses, opprimées<br />
par le régime actuel; décrire leur situation,<br />
exprimer leur sentiment spontané<br />
de protestation et de colère. Appartenant<br />
surtout à l'époque qui va de<br />
1861 à 1904, Tolstoi a incarné, dans<br />
ses oeuvres, avec un relief extraordinaire<br />
– comme artiste, comme penseur<br />
et prédicateur – les traits historiques<br />
particuliers de la première révolution<br />
socialiste tout entière, sa force et sa<br />
faiblesse.<br />
Un des principaux traits distinctifs<br />
de notre révolution, c'est qu'elle fut<br />
une révolution bourgeoise paysanne,<br />
à une époque où le capitalisme avait<br />
atteint un degré de développement<br />
extrêmement élevé dans le monde entier<br />
et relativement élevé en Russie. Ce<br />
fut une révolution bourgeoise, car elle<br />
avait pour tâche immédiate de renverser<br />
l'autocratie tsariste, la monarchie<br />
tsariste et de détruire la propriété<br />
foncière des hobereaux, et non de renverser<br />
la domination de la bourgeoisie.<br />
La paysannerie, surtout, ne se rendait<br />
pas compte de ce qu'était cette dernière<br />
tâche, ni en quoi elle différait des objectifs<br />
plus proches et plus immédiats<br />
de la lutte. Ce fut aussi une révolution<br />
bourgeoise paysanne, car les conditions<br />
objectives avaient mis en avant<br />
le problème de la transformation des<br />
conditions fondamentales de la vie des<br />
paysans, de la destruction de l'ancien<br />
régime moyenâgeux de possession foncière,<br />
du « déblaiement du terrain » pour<br />
le capitalisme; les conditions objectives<br />
poussèrent les masses paysannes dans<br />
l'arène d'une action historique plus ou<br />
moins indépendante.<br />
Dans les oeuvres de Tolstoi se<br />
sont exprimées et la force et la faiblesse,<br />
et la puissance et l'étroitesse du mouvement<br />
paysan de masse. Sa protestation<br />
chaleureuse, passionnée, parfois<br />
impitoyablement acerbe, contre l'État<br />
et l'Église officielle policière, traduit les<br />
sentiments de la démocratie paysanne<br />
primitive, au sein de laquelle des siècles<br />
de servage, d'arbitraire et de brigandage<br />
administratifs, de jésuitisme clérical,<br />
de mensonges et d'escroqueries,<br />
ont accumulé des montagnes de colère<br />
et de haine. Sa négation intransigeante<br />
de la propriété foncière privée traduit la<br />
mentalité de la masse paysanne à un<br />
moment historique où l'ancien régime<br />
moyenâgeux de possession foncière,<br />
des hobereaux, de la couronne et des<br />
« apanages » avait fini par former un<br />
obstacle intolérable au développement<br />
du pays et devait, inéluctablement, être<br />
détruit de la manière la plus rigoureuse<br />
et la plus impitoyable. Sa dénonciation<br />
incessante du capitalisme, empreinte du<br />
sentiment le plus profond et de la plus<br />
véhémente indignation, exprime toute<br />
l'horreur du paysan patriarcal qui voit<br />
s'avancer sur lui un nouvel ennemi, invisible,<br />
inconcevable, venant de la ville<br />
ou de l'étranger, détruisant tous les «<br />
fondements » de la vie rurale, apportant<br />
une ruine sans précédent, la misère, la<br />
mort par la famine, l'ensauvagement,<br />
la prostitution, la syphilis – tous les<br />
fléaux de l' « époque de l'accumulation<br />
primitive », aggravés au centuple par<br />
le transfert sur le sol russe des procédés<br />
les plus modernes de brigandage,<br />
élaborés par Monsieur Coupon, (1)<br />
Mais, en même temps, l'ardent<br />
protestataire, l'accusateur passionné,<br />
le grand critique, montra, dans ses<br />
oeuvres, une incompréhension des<br />
causes de la crise qui fonçait sur la<br />
Russie et des moyens d'en sortir, digne<br />
tout au plus d'un naïf paysan patriarcal,<br />
mais non d'un écrivain de formation<br />
européenne. La lutte contre l'Etat<br />
féodal et policier, contre la monarchie,<br />
se réduisit, chez lui, à nier la politique,<br />
conduisit à l'enseignement de<br />
la « non-résistance au mal », aboutit<br />
à l'écarter complètement de la lutte<br />
révolutionnaire des masses en 1905-<br />
1907. La lutte contre l'Eglise officielle<br />
s'accompagna de la prédication d'une<br />
religion nouvelle, épurée, c'est-à-dire<br />
d'un nouveau poison épuré, raffiné, à<br />
l'usage des masses opprimées. La négation<br />
de la propriété foncière privée<br />
conduisit non pas à concentrer toute la<br />
lutte contre l'ennemi véritable, la propriété<br />
foncière des hobereaux et son<br />
instrument de domination politique, la<br />
monarchie, mais à des soupirs rêveurs,<br />
Par Jacques-Marie Bourget<br />
Le 24 octobre prochain, Georges Ibrahim<br />
Abdallah, citoyen et militant<br />
révolutionnaire internationaliste et<br />
libanais, va compter trente années<br />
de prison passées dans les geôles<br />
françaises. Dans un pays vraiment<br />
démocratique, qui aurait donc un souci<br />
sincère de la liberté et du droit, cet<br />
homme - selon la loi, libérable depuis<br />
1999 - serait dans l’heure rendu aux<br />
siens.<br />
Mais nous sommes en France,<br />
État gouverné par un président<br />
qui fait la fête avec Netanyahou ; et<br />
par Valls qui, chaque matin en se rasant,<br />
cherche la bonne idée du jour qui<br />
puisse faire plaisir à Israël. Manque<br />
de chance : Abdallah a été condamné<br />
pour l’assassinat, en 1982 en France,<br />
de deux diplomates, un Américain<br />
et un Israélien. Des représentants de<br />
pays qui ne comptent que des amis à<br />
l’intérieur de l’état PS. Voilà pourquoi<br />
Abdallah à la demande de Washington<br />
et de Tel-Aviv, même sa peine purgée,<br />
doit mourir dans sa centrale de Lannemezan.<br />
Le 23 septembre son avocat va,<br />
à nouveau, déposer une demande de<br />
mise en liberté : elle risque d’être une<br />
illusion de plus.<br />
L’affaire Abdallah est un double<br />
scandale, une vilaine moisissure sur<br />
les pages de l’histoire de France. Tout<br />
d’abord, le révolutionnaire libanais a<br />
été mal jugé, mal condamné. Mais, pour<br />
ceux qui ne veulent pas tenir compte<br />
de la réalité de ce massacre judiciaire, il<br />
existe une ignominie dans l’ignominie :<br />
le maintien en prison d’un homme qui<br />
a accompli « son » temps derrière les<br />
murs. Difficile après cela de dénoncer<br />
ces dictatures où les portes des prisons<br />
ne s’ouvrent que dans un sens. En sémantique,<br />
on peut dire qu’aujourd’hui<br />
Abdallah est un otage du gouvernement<br />
français.<br />
Dans les premiers mois de son<br />
emprisonnement, le révolutionnaire,<br />
marxiste et compagnon de route des<br />
Palestiniens et des nationalistes arabes,<br />
a été soumis à un traitement digne du<br />
Moyen Âge et de la Question. Un exemple.<br />
Un week-end, une petite équipe<br />
de la DST débarque (illégalement) à<br />
la Santé et s’installe près de la cellule<br />
d’Abdallah. Cette bande barbouzarde,<br />
conduite par un policier aujourd’hui<br />
en retraite et qui ne cesse d’encombrer<br />
les plateaux de télévision, soumet le<br />
prisonnier à la torture avec un revolver<br />
sur la tempe, et le menace d’être jeté<br />
mort dans la Seine… Pour ces flics<br />
hors la loi, en 1986, il s’agit de faire<br />
avouer au détenu libanais les secrets<br />
d’attentats commis ou programmés à<br />
Paris. Ces hommes obtus, cow-boys<br />
vagues et impuissants. La dénonciation<br />
du capitalisme et des fléaux qu'il<br />
apporte aux masses s'accompagna<br />
d'une attitude absolument apathique à<br />
l'égard de la lutte libératrice que mène à<br />
l'échelle mondiale le prolétariat socialiste<br />
international.<br />
Les contradictions dans les vues<br />
de Tolstoi ne sont pas celles de sa pensée<br />
strictement personnelle; elles sont<br />
le reflet des conditions et des influences<br />
sociales, des traditions historiques au<br />
plus haut point complexes et contradictoires,<br />
qui ont déterminé la psychologie<br />
des différentes classes et des différentes<br />
couches de la société russe à l'époque<br />
postérieure à la réforme, mais antérieure<br />
à la révolution.<br />
Aussi n'est-il possible de porter<br />
un jugement exact sur Tolstoi qu'en se<br />
plaçant au point de vue de la classe qui,<br />
par son rôle politique et sa lutte lors<br />
du premier règlement de ses contradictions,<br />
lors de la révolution, a prouvé sa<br />
vocation de chef dans le combat pour<br />
incompétents, ignorent que leur malheureuse<br />
cible n’a rien à leur avouer.<br />
Ces attentats, dont celui de la rue de<br />
Rennes, liés aux dossiers Eurodif et<br />
Gordji, sont commis à la demande de<br />
l’Iran… alors que lui, Abdallah est un<br />
militant de la Fraction armée libanaise<br />
(FARL) qui n’a rien de commun avec<br />
les desseins de Khomeiny… Peu importe,<br />
Pasqua entend « terroriser les<br />
terroristes » donc, on torture. Mais ce<br />
n’est pas seulement cela. Pour la gestion<br />
d’une justice à sa main, le SDECE,<br />
les services spéciaux français (ex-<br />
DGSE), parvient à faire nommer un de<br />
ses agents comme avocat du révolutionnaire.<br />
Dans tout État, simplement<br />
normal, les responsables de ces forfaitures<br />
auraient été eux-mêmes conduits<br />
devant un juge…<br />
Arrive le temps du procès. À<br />
partir de quelle preuve Abdallah est-il<br />
condamné ? À partir du contenu d’une<br />
valise retrouvée dans une planque du<br />
guérillero anticolonialiste. Elle contient<br />
l’arme utilisée pour assassiner les diplomates<br />
et une bouteille de « Corrector<br />
» portant les empreintes d’Abdallah. La<br />
la liberté et pour l'affranchissement<br />
des masses exploitées, prouvé son attachement<br />
indéfectible à la cause de<br />
la démocratie et ses capacités de lutte<br />
contre l'étroitesse et l'inconséquence<br />
de la démocratie bourgeoise (y compris<br />
la démocratie paysanne): ce jugement<br />
n'est possible que du point de vue du<br />
prolétariat social-démocrate.<br />
Voyez le jugement que portent<br />
sur Tolstoi les journaux du gouvernement.<br />
Ils versent des larmes de crocodile,<br />
protestant de leur respect à l'égard<br />
du « grand écrivain », et défendant en<br />
même temps le « Saint » Synode. Or, les<br />
saints pères viennent de perpétrer une<br />
vilenie, particulièrement abjecte, en<br />
dépêchant des popes auprès du moribond,<br />
afin de duper le peuple et dire que<br />
Tolstoi « s'est repenti ». Le Saint Synode<br />
a excommunié Tolstoi. Tant mieux.<br />
Il lui sera tenu compte de cet exploit à<br />
l'heure où le peuple réglera ses comptes<br />
avec les fonctionnaires en soutane, les<br />
gendarmes en Jésus-Christ, les sinistres<br />
cause est entendue : voilà le coupable.<br />
Hélas, l’agent qui a chargé cette valise<br />
y a oublié son journal… Un quotidien<br />
qui date d’après l’arrestation de Georges<br />
Ibrahim Abdallah. C’est la preuve<br />
que les indices accusateurs ont été manipulés,<br />
et qu’on ne peut condamner<br />
un homme sur l’édifice d’une « vérité<br />
» scellée avec du vent. Peu importe, le<br />
Libanais est condamné à perpétuité.<br />
Nous avons reçu le témoignage<br />
anonyme d’un membre du cabinet de<br />
Taubira, ministre de la Justice : « Pour<br />
nous, sans aucun doute, il faut libérer<br />
ce prisonnier. Mais, après le blocage<br />
imposé par Sarkozy, le relais du « niet »<br />
a été pris par Valls dès qu’il a été nommé<br />
à l’Intérieur. A cette différence que,<br />
dans le passé, ce sont les ambassadeurs<br />
des États-Unis et d’Israël qui se<br />
rendaient place Beauvau pour y faire<br />
part de leur opposition à la libération<br />
du perpétuel prisonnier. Alors que, dès<br />
sa nomination, c’est Valls qui se rendait<br />
lui-même dans les deux chancelleries<br />
pour y recevoir les ordres. »<br />
Afrique Asie 11<strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong><br />
inquisiteurs qui ont encouragé les pogroms<br />
antijuifs et les autres exploits de<br />
la bande tsariste des Cent-Noirs.<br />
Voyez le jugement que portent<br />
sur Tolstoi les journaux libéraux. Ils<br />
s'en tirent avec ces phrases creuses,<br />
ces poncifs libéraux, ces lieux communs<br />
professoraux sur la « voix de<br />
l'humanité civilisée », l' « écho mondial<br />
unanime », les « idées de la vérité, du<br />
bien », etc., pour lesquels Tolstoi avait<br />
si fort – et si justement – stigmatisé la<br />
science bourgeoise. Ils ne peuvent pas<br />
exprimer clairement et franchement leur<br />
point de vue sur les opinions de Tolstoi<br />
concernant l'Etat, l'Eglise, la propriété<br />
foncière privée, le capitalisme – non<br />
parce que la censure les en empêche;<br />
au contraire, la censure leur permet de<br />
se tirer d'embarras! – mais parce que<br />
chaque affirmation dans la critique<br />
faite par Tolstoi est une gifle administrée<br />
au libéralisme bourgeois; parce que<br />
le seul énoncé intrépide, franc, d'une<br />
Suite à la page (16)<br />
12<br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>
Perspectives<br />
Les 8 mystérieuses boites<br />
noires du 11-<strong>Septembre</strong><br />
Par Giulietto Chiesa<br />
Treize ans après<br />
le 11-<strong>Septembre</strong>,<br />
l’aveuglement persiste<br />
Guarino Funeral Home<br />
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Une boite noire réglementaire qui, comme chacun<br />
peut le constater, est de couleur orange<br />
Giulietto Chiesa continue à participer<br />
à l’enquête interdisciplinaire du 9/11<br />
Consensus Panel. Il donne ici compte<br />
rendu des invraisemblances et des<br />
contradictions relatives aux boîtes<br />
noires des quatre appareils impliqués<br />
dans les attentats.<br />
Cette semaine, est commémoré le<br />
13e anniversaire des attentats du<br />
11 septembre 2001. Pour ma part, je<br />
continue à suivre le travail de l’équipe<br />
du 9/11 Consensus Panel (auquel je<br />
vous renvoie, en l’occurrence au Point<br />
FLT-4 : Mystérieuses anomalies concernant<br />
les boites noires des 4 avions du<br />
11-<strong>Septembre</strong>).<br />
Je dois dire tout d’abord que<br />
même en ayant suivi de près ce travail<br />
collectif durant toutes ces années,<br />
chaque fois que j’étudie cette affaire<br />
plus en détail, je reste stupéfait par cette<br />
évidence impressionnante : l’ensemble<br />
de l’histoire racontée au monde par<br />
les ministères de la propagande (c’està-dire<br />
par les grands médias occidentaux)<br />
sur le 11-<strong>Septembre</strong> n’est qu’une<br />
gigantesque atteinte à l’intelligence la<br />
plus élémentaire. Le monde entier a été<br />
amené à croire au père Noël. Et cela<br />
continue, treize ans après.<br />
Prenons l’exemple de la question<br />
des fameuses « boites noires » des<br />
quatre avions qui furent – soi-disant<br />
– détournés par 19 terroristes le matin<br />
du 11 septembre 2001. Dans cette affaire,<br />
comme nous allons le voir, pas<br />
une seule ligne de la version officielle<br />
ne tient debout. Tout d’abord, les «<br />
boites noires » sont de couleur orange,<br />
c’est important de le rappeler pour la<br />
suite. Tous les avions commerciaux<br />
dans le monde en emmènent deux.<br />
Elles sont conçues pour être pratiquement<br />
indestructibles. Et en effet, elles<br />
le sont. Elles contiennent un ensemble<br />
d’appareils faits pour supporter des sollicitations<br />
extrêmement violentes, que<br />
ce soit au niveau physique, électrique,<br />
chimique, magnétique ou thermique.<br />
Les deux appareils essentiels parmi ces<br />
équipements sont le FDR (Flight Data<br />
Recorder), celui qui enregistre à chaque<br />
instant les données de vol, comme<br />
la vitesse, l’altitude et la position de<br />
l’appareil, et le CVR (Cockpit Voice Recorder),<br />
qui recueille tous les sons et les<br />
voix dans la cabine de pilotage.<br />
Les cas où ces boites noires n’ont<br />
pas été retrouvées, ou bien n’ont pas<br />
pu fournir de données utilisables pour<br />
comprendre l’incident, sont extrêmement<br />
rares. Ces matériels ont été pensés<br />
dans ce but. Et cela fonctionne. Les premières<br />
à les utiliser sont les compagnies<br />
d’assurance, et juste après, arrivent les<br />
gouvernements, les services secrets,<br />
etc. Donc, quatre avions égalent huit<br />
boites noires. Que nous dit la version<br />
officielle ? Quatre parmi ces huit boites<br />
noires « n’ont jamais été retrouvées. »<br />
La moitié donc. Un échec équivalent à<br />
un record du monde de tous les temps.<br />
Il s’agit des quatre boites noires des<br />
deux avions qui ont —officiellement—<br />
percuté les Tours Jumelles : l’American<br />
11 (AA 11) et l’United Airlines <strong>17</strong>5<br />
(UA <strong>17</strong>5).<br />
Il en reste donc quatre. Celles du<br />
vol American 77 (AA 77), celui du Pentagone,<br />
semblent avoir été récupérées.<br />
Mais le CVR était trop endommagé et<br />
les données étaient irrécupérables. Résultat<br />
nul donc pour celle-ci. Quant au<br />
FDR du vol AA 77, il semble bien avoir<br />
été retrouvé, cependant, les versions<br />
à propos de l’endroit où il l’a été sont<br />
contradictoires. Mais comme nous le<br />
verrons d’ici peu, il y a plus grave.<br />
Enfin, nous avons les CVR et<br />
FDR du vol United Airlines 93 (UA<br />
93), celui qui s’est prétendument écrasé<br />
dans un champ en Pennsylvanie.<br />
La transcription du CVR a été rendue<br />
publique par le FBI, mais seulement<br />
en 2006, lors du procès de Zacharias<br />
Moussaoui. Nous y reviendrons non<br />
sans avoir souligné qu’il s’agit là d’une<br />
"transcription", vieille de plus de cinq<br />
ans. Enfin, il y a le FDR du Vol UA 93.<br />
Nous disposons d’un compte-rendu du<br />
NTSB (National Transportation Safety<br />
Board) du 15 février 2002, numéro<br />
DCA01MA065, et nous savons que la<br />
carte mémoire (Memory Board) a été<br />
amenée dans les locaux d’Honeywell à<br />
Redmond, où elle a été examinée. Alors<br />
tout est en ordre ? Loin de là !<br />
Résumons : même sur les quatre<br />
boites noires récupérées se posent de<br />
nombreuses questions encore à éclaircir,<br />
treize ans après les faits. Et des<br />
contradictions flagrantes. À propos des<br />
quatre boites noires des vols qui ont<br />
percuté les Tours Jumelles, le Rapport<br />
de la Commission sur le 11/9 se contente<br />
d’affirmer qu’elles n’ont pas été<br />
retrouvées. Mais nous avons deux témoins<br />
qui disent en avoir retrouvé trois<br />
sur quatre, en octobre 2001. Il s’agit<br />
d’un pompier, Nicholas DeMasi, et d’un<br />
volontaire, Mike Bellone. Les boites se<br />
trouvaient parmi les débris et furent<br />
consignées à quelqu’un, qui a disparu.<br />
La Commission d’enquête ne l’a pas<br />
recherché. Toutes les informations ont<br />
disparu. Mais dans le même temps, la<br />
Commission d’enquête, sans peur du<br />
ridicule, et dans le plus grand silence<br />
des principaux médias occidentaux, annonce<br />
la découverte du passeport (en<br />
papier) de l’un des présumés pirates de<br />
l’air du Vol AA 11, Salam al-Sugami<br />
; rien de moins ! Nous n’avons donc<br />
aucune information [provenant de ces<br />
boites noires] ; pas un enquêteur au<br />
monde ne se contenterait de ce résultat.<br />
Et il y a plus grave encore. Il<br />
ressort des documents judiciaires que<br />
le 18 septembre 2001, le directeur de<br />
la FEMA (Federal Emergency Management<br />
Agency), Edward E. Jacoby<br />
Jr. a envoyé un mémo au gouverneur<br />
de l’État de New York, George Pataki,<br />
pour l’informer que « les enquêteurs<br />
ont identifié les signaux de l’une des<br />
boites noires parmi les décombres du<br />
World Trade Center. » Et aussi : le général<br />
Paul Kern, commandant du US<br />
Materiel Command, a rapporté en 2002<br />
que les « capteurs de fréquences radio<br />
du CECOM (Communications Electronics<br />
Command) avaient été utilisés<br />
Suite à la page (16)<br />
Par Thierry Meyssan<br />
Thierry Meyssan fut le premier à démontrer<br />
l’impossibilité de la version<br />
officielle des attentats du 11-September<br />
et à en conclure à une modification profonde<br />
de la nature et de la politique du<br />
régime états-unien. Alors que la plupart<br />
de ses lecteurs continuent à se passionner<br />
pour cette journée, il a poursuivi son chemin<br />
et s’est engagé contre l’impérialisme<br />
au Liban, en Libye, et aujourd’hui en<br />
Syrie. Il revient ici sur cette folle journée.<br />
Les évènements du 11-<strong>Septembre</strong><br />
restent gravés dans la mémoire collective<br />
sous la forme planifiée par les médias :<br />
des attentats gigantesques ont frappé<br />
New York et Washington. Mais l’enjeu<br />
de pouvoir qui a profondément changé<br />
le monde ce jour-là est toujours occulté.<br />
Vers 10 h le matin, alors que les<br />
attentats contre le World Trade Center<br />
et le Pentagone avaient déjà eu lieu, le<br />
conseiller anti-terroriste de la Maison-<br />
Blanche, Richard Clarke, a enclenché le<br />
programme de « continuité du gouvernement<br />
». Ce programme vise à remplacer<br />
l’Exécutif et le Législatif en cas de destruction<br />
lors d’une guerre nucléaire.<br />
Il n’avait aucune raison d’être mis en<br />
œuvre ce jour-là. Dès lors, le président<br />
George W. Bush a été démis de ses fonctions<br />
au profit d’un gouvernement militaire.<br />
Durant toute cette journée, les<br />
membres du Congrès et leurs équipes ont<br />
été pris en charge par le Pouvoir militaire<br />
et placés aux arrêts dans deux bunkers<br />
sécurisés, situés à proximité de Washington,<br />
Greenbrier complex (Virginie occidentale)<br />
et Mount Weather (Virginie).<br />
Le pouvoir n’a été rendu par les<br />
militaires aux civils qu’en fin de journée<br />
et le président Bush a pu s’adresser à ses<br />
concitoyens à la télévision vers 20 h.<br />
Durant cette journée, l’ex-président<br />
George W. Bush a erré dans le<br />
pays. Sur les deux bases militaires dans<br />
lesquelles il s’est rendu, il a exigé de traverser<br />
le tarmac dans un blindé, craignant<br />
d’être tué par un de ses soldats. Le<br />
président Vladimir Poutine, qui a cherché<br />
toute la journée à le joindre par téléphone<br />
pour éviter un malentendu et une accusation<br />
lancée contre la Russie, n’y est pas<br />
parvenu.<br />
Vers 16 h, le Premier ministre israélien,<br />
Ariel Sharon, intervint à la télévision<br />
pour dire aux États-Uniens que les Israéliens<br />
connaissaient depuis longtemps les<br />
affres du terrorisme et partageaient leur<br />
Hommage au Camarade Harry Numa!<br />
Samedi 20 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong><br />
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rêvent de Libération et vivent de la Révolution !<br />
Thierry Meyssan<br />
douleur. Au passage, il a annoncé que les<br />
attentats étaient finis, ce qu’il ne pouvait<br />
savoir qu’en y étant mêlé.<br />
Nous pouvons discuter indéfiniment<br />
des incohérences de la version officielle<br />
de ces attentats, mais il n’y a pas<br />
de place à la discussion sur ce fait : le programme<br />
de continuité du gouvernement<br />
a été activé sans raison. Dans tout pays,<br />
la destitution du président et l’arrestation<br />
des parlementaires par l’armée a un nom<br />
: c’est un coup d’État militaire.<br />
On objectera que le président<br />
Bush a recouvré ses fonctions en fin de<br />
journée. C’est précisément ce que conseillait<br />
le néo-conservateur israélo-étatsunien<br />
Edward Luttwak dans son Manuel<br />
du coup d’État. Selon lui, un bon coup<br />
d’État est celui dont personne n’a conscience<br />
car il maintient au pouvoir ceux<br />
qui l’exercent, mais il leur impose une<br />
nouvelle politique.<br />
Durant cette journée, le principe<br />
de l’état d’urgence permanent aux Étatsunis<br />
a été validé. Il s’est bientôt traduit en<br />
actes avec l’USA Patriot Act. Et le principe<br />
des guerres impérialistes a également<br />
été validé. Il a été acté par le président<br />
Bush quelques jours plus tard à camp<br />
David : les États-unis devaient attaquer<br />
l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie<br />
via le Liban, le Soudan et la Somalie, et<br />
enfin l’Iran.<br />
À ce jour, seule la moitié de ce<br />
programme a été réalisée. Le président<br />
Obama a annoncé hier soir qu’il le poursuivrait<br />
en Syrie.<br />
La plupart des alliés des États-Unis<br />
ont refusé l’évidence, il y a treize ans, et<br />
se sont privés ainsi de prévoir la politique<br />
de Washington. Si l’on ne peut juger de la<br />
vérité qu’avec le temps, ces treize années<br />
ont pu trancher : tout ce que j’annonçais<br />
—et que mes contradicteurs qualifiaient<br />
d’« anti-américanisme »— a eu lieu. Et,<br />
par exemple, ils sont restés stupéfaits<br />
lorsque l’Otan s’est appuyé sur Al-Qaïda<br />
pour renverser la Jamahariya arabe libyenne.<br />
Je suis fier d’avoir alerté le monde<br />
sur ce coup d’État et sur les guerres<br />
qui devaient le suivre, mais désolé de<br />
voir que l’opinion publique occidentale<br />
s’est perdue dans une discussion sur<br />
l’impossibilité matérielle de la version officielle.<br />
J’observe cependant que certains<br />
éléments de cette journée sont toujours<br />
occultés, tel l’incendie qui ravagea les bureaux<br />
de l’Eisenhower Building, l’annexe<br />
de la Maison-Blanche, ou encore le missile<br />
enregistré par la télévision new-yorkaise<br />
tiré devant le World Trade Center.<br />
La guerre continue à détruire le<br />
monde musulman, tandis que les Occidentaux,<br />
décidément aveugles, poursuivent<br />
leurs débats sur l’effondrement des<br />
tours.<br />
Réseau Voltaire 11 septembre <strong>2014</strong><br />
Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 13
Suite de la page (7 )<br />
indiqué Me Michel qui dit croire que<br />
ces discussions devraient favoriser le<br />
renforcement des institutions républicaines.<br />
C’est pratiquement tous les jours<br />
que le juge Bélizaire est accusé de poser<br />
un nouvel acte à l’encontre de l’ancien<br />
président Aristide dans le cadre de sa<br />
campagne de persécution politique et<br />
de guerre psychologique: aujourd’hui,<br />
interdiction de départ, demain mandat<br />
de comparution ; moins de 24 heures<br />
plus tard, mandat d’amener et puis assignation<br />
à résidence. Plusieurs autres<br />
secteurs dénoncent le silence de la<br />
communauté internationale devant<br />
ces violations répétées des droits de<br />
l’homme en Haïti.<br />
Même le porte-parole de la Primature,<br />
Kedelaire Augustin, lors d’une<br />
interview sur la chaine 44, télé Pluriel<br />
reconnait qu’il y a un flou et des irrégularités<br />
juridiques dans le dossier contre<br />
Jean Bertrand Aristide.<br />
La Nouvelle du retrait des agents<br />
de sécurité du Dr Jean-Bertrand Aristide<br />
est tombée aux environs de minuit le<br />
jeudi 11 septembre dernier, confirmant<br />
ainsi des rumeurs qui circulaient à travers<br />
les rues ; les membres, partisans<br />
et sympathisants de Fanmi Lavalas ont<br />
commencé par envahir le macadam<br />
devant la résidence du Dr. Jean Bertrand<br />
Aristide pour assurer sa sécurité. Depuis<br />
lors, ils y restent en permanence. « Nous<br />
sommes là pour assurer la sécurité du<br />
président Aristide. Martelly a échoué<br />
dans son complot contre le président<br />
Aristide. Maintenant il veut l’assassiner.<br />
Nous prenons en charge la sécurité<br />
du président Aristide. Depuis son retour<br />
d’exil , il ne parle pas de politique, il<br />
consacre tout son temps aux activités<br />
relatives à l’éducation. Les militants<br />
s’interrogent : Pourquoi veut-il l’assassiner<br />
? Pourquoi veut-il l’emprisonner ?<br />
Pourquoi son silence fait-il peur ?<br />
Le comble de la solidarité a été<br />
une visite à l’ancien président, Jean-<br />
Bertrand Aristide dans sa résidence à<br />
Tabarre, d’une délégation composée<br />
d’anciens parlementaires tel que Louis<br />
Gérald Gilles, de parlementaires en<br />
fonction tels que Jean Tholbert Alexis,<br />
Sinal Bertrand, Poly Faustin, Paul Olivar<br />
Richard, ainsi que des membres du<br />
secteur populaire dont Rony Thimothée<br />
de Fopark. En cette occasion, des milliers<br />
de personnes se sont rendues également<br />
devant la résidence du président<br />
Aristide pour lui apporter leur solidarité.<br />
De toute façon, le peuple haïtien<br />
d’ici et d’ailleurs se mobilise pour<br />
apporter une réponse au pouvoir kaletèt<br />
Martelly-Lamothe qui instrumentalise<br />
le juge Lamarre Bélizaire contre son<br />
leader, Jean-Bertrand Aristide. Sans<br />
vouloir prendre dans les provocations<br />
du régime kaletèt d’origine Duvaliériste,<br />
le peuple haïtien attend le pouvoir dans<br />
l’accomplissement d’un tel acte. Le<br />
peuple haïtien dénonce également les<br />
traitres, cinquièmes colonnes qui font<br />
partie de ce vaste complot contre Jean<br />
Bertrand Aristide.<br />
Suite de la page (4 ) Terribles accidents à Petit-Goâve et à Port-au-Prince<br />
dangereuse ayant causé déjà beaucoup<br />
d'accidents avant de finir sa<br />
course 15 mètres plus bas dans un<br />
ravin», a indiqué le juge de paix Joseph<br />
Léandre, qui a rédigé le constat<br />
légal de l'accident. «Effectivement,<br />
nous avons dénombré 23 morts,<br />
des femmes, des hommes et des enfants<br />
dont un nourrisson de moins<br />
d'un an», a-t-il ajouté «Nous avons<br />
compté une dizaine de morts sur le<br />
lieu du sinistre et des accidentés sont<br />
morts à l'hôpital, où on a également<br />
enregistré 37 blessés».<br />
A noter qu’en grande majorité,<br />
les accidents qui se sont produits à<br />
Petit-Goâve sont dus habituellement<br />
aux camions allant à Jérémie ou revenant<br />
de cette ville. Rappelons qu’en<br />
Juillet <strong>2014</strong> dernier, un terrible accident<br />
qui s’était produit à Morne<br />
Tapion avait conduit à un lourd bilan<br />
de 5 morts et une dizaine de blessés.<br />
Le même jour (mardi 9 septembre<br />
<strong>2014</strong>), un autre mortel accident<br />
survenu du côté de Carrefour<br />
Clercine à Tabarre, Port-au-Prince, a<br />
causé 7 décès et 2 blessés graves.<br />
Il s’agissait d’un très gros camion<br />
container qui a percuté une camionnette<br />
de transport public. Faute de<br />
mauvaise gestion du pays par les<br />
instances concernées (MTPTC, Service<br />
de Circulation des Véhicules),<br />
de nombreux citoyens haïtiens impliqués<br />
dans de pénibles accidents,<br />
se trouvent fauchés ou handicapés.<br />
La vie de nos citoyens haïtiens demeure<br />
toujours et encore sans garantie<br />
dans ce pays.<br />
Suite de la page (4 )<br />
changement de comportement n’a<br />
été constaté et la presse continue<br />
à subir des agressions. Le cercle<br />
des journalistes de Petit-Goâve<br />
lance une fois de plus un appel à la<br />
concertation de l’ensemble des journalistes,<br />
en vue d’envoyer un signal<br />
clair à tous les individus ou les secteurs,<br />
qui veulent prendre la presse<br />
pour cible ; c’est ainsi que le mercredi<br />
10 septembre dernier, la ville de<br />
Petit-Goâve a connu une nouvelle<br />
journée de manifestation, de tension<br />
et de violents affrontements entre<br />
des membres de l’Opposition et des<br />
partisans des autorités locales.<br />
Plusieurs Groupes du Front<br />
mixte de libération de l’Opposition<br />
(Rezo pitit pèp, Fanmi Lavalas,<br />
Commandante...) ont manifesté<br />
dans les rues, pour exiger le départ<br />
de l’agent intérimaire de l’Exécutif<br />
de Petit-Goâve Sandra Jules, qu’ils<br />
accusent de détournement de fonds<br />
publics. De nombreux lavalassiens<br />
participaient à cette manifestation.<br />
Des barricades de pneus enflammés<br />
ont été érigées sur la route nationale<br />
#2, obligeant les automobilistes à<br />
utiliser les rues de la ville.<br />
Les protestataires qui scandaient<br />
des propos hostiles au Président<br />
Martelly, au Premier ministre<br />
Lamothe, au député Thimoléon et<br />
à l’agent intérimaire de l’Exécutif<br />
Sandra W Jules, ont fermé les portes<br />
de plusieurs bureaux publics de la<br />
ville tels que : la DGI, la Direction<br />
des Travaux publics, l’OFATMA, la<br />
DINEPA où ils ont brisé des matériels.<br />
Ils ont également descendu le<br />
drapeau du tribunal de Paix et celui<br />
du bureau des finances. Puis ils<br />
se sont dirigés vers la Mairie où ils<br />
ont tenté de s’introduire en vain.<br />
Ils furent repoussés sans ménagement<br />
par des agents de sécurité et<br />
des supporteurs de l’agent l’Exécutif.<br />
Les deux camps se sont alors<br />
affrontés avec violence à coup de<br />
jets de pierre, plusieurs tirs ont été<br />
entendus selon des témoins. Réagissant<br />
à ces violences de rue, Sandra<br />
Jules a demandé au Commissaire du<br />
Manif à Petit Goâve<br />
gouvernement de mettre immédiatement<br />
l’action publique en mouvement<br />
contre les membres de l’opposition,<br />
qui ont fermé des bureaux<br />
publics et lancé des pierres contre<br />
la Mairie, affirmant « Je ne démissionnerai<br />
pas, l’Opposition devra<br />
attendre les élections. »<br />
La population de Petit-Goâve<br />
ne reste pas indifférente face aux<br />
actes barbares du député Thimoléon<br />
et de Sandra W. Jules. La population<br />
a gagné les rues de Petit-Goâve en<br />
plusieurs occasions, les dernières<br />
manifestations datant de mercredi<br />
10, jeudi 11 et vendredi 12 septembre<br />
<strong>2014</strong>, où des milliers de<br />
personnes sont descendues dans les<br />
rues pour exiger le départ de Sandra<br />
W. Jules, de Michel Martelly,<br />
Laurent Lamothe et de Jacques Stevenson<br />
Thimoléon. La population<br />
a condamné les violences exercées<br />
contre la presse, les petits commerçants<br />
et les membres de l’Opposition<br />
par les partisans tètkale et de Thimoleon.<br />
Suite de la page (3)<br />
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problèmes donnés ? Tout au plus, cela<br />
tournerait en échange d’amabilité et<br />
peut-être de courtoisie juste pour faire<br />
bonne figure au nom du patron et çà<br />
s’arrêterait là. Le niveau et le rang des<br />
négociateurs comptent beaucoup dans<br />
une négociation dont le but serait de<br />
parvenir à un accord, suite à des négociations<br />
rudement menées. Les supplétifs<br />
ne servent dans de pareilles circonstances<br />
qu’à retarder les vraies discussions en<br />
encourageant leurs chefs à ne rien lâcher<br />
sous prétexte qu’ils sont les plus forts<br />
pour flatter leur ego. Tout simplement,<br />
ces quantités négligeables qu’on appelle<br />
« soldats de plomb » ont une lecture biaisée<br />
de la situation réelle ou de sa gravité.<br />
Et enfin, les contenus d’une négociation,<br />
c’est-à-dire sur quoi va-t-on<br />
négocier ? En théorie, quand on rentre<br />
dans une vraie négociation, l’on sait à<br />
l’avance sur quoi on va discuter et négocier.<br />
Tous les points de désaccord sont<br />
consignés sur un parchemin. Une feuille<br />
de route est définie au préalable dans<br />
laquelle les grandes lignes sont clairement<br />
spécifiées. Même l’ordre du jour,<br />
défini par l’institution ou l’organisme<br />
sous la bannière de qui les négociations<br />
vont avoir lieu, est déjà à la disposition<br />
de tous les protagonistes. Dans le cas<br />
d’un conflit politique local (inter-haïtien)<br />
comme celui qui nous préoccupe et où<br />
il n’y a aucun intermédiaire, ce sont<br />
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Tant qu’ils ne sont pas d’accord<br />
sur les sujets devant faire l’objet des négociations<br />
ou de l’ordre du jour, cela ne<br />
sert à rien d’aller s’asseoir autour de la<br />
table de négociation. Car les sujets qui<br />
fâchent doivent être traités sans arrièrepensée.<br />
Et pour cause. Ils reviennent à<br />
chaque fois dans le débat et sont susceptibles<br />
de pourrir toute la discussion tout<br />
au long de la négociation. D’où l’extrême<br />
importance pour qu’avant même de<br />
donner une date pour l’ouverture des<br />
négociations, tout le monde soit sur<br />
la même longueur d’onde afin d’éviter<br />
des couacs, des discussions bâclées et<br />
des accords à l’arraché qui seront vite<br />
dénoncés par l’une ou l’autre des parties<br />
comme on l’a vu avec les différents<br />
accords haïtiano-haïtiens signés ces<br />
dernières années entre le pouvoir et<br />
l’opposition. En un mot, les parties en<br />
conflit doivent s’entendre d’abord sur<br />
tous les points qu’elles souhaitent vraiment<br />
négocier. Ce n’est point au moment<br />
d’entrer dans la salle où déjà face<br />
à face qu’on va se creuser les méninges<br />
pour trouver les termes de négociation.<br />
C’est pourquoi, il est fort intéressant<br />
le débat qu’a ouvert Mme. Mirlande<br />
Manigat, à savoir les TDR (Termes de<br />
Référence) de cette ultime rencontre<br />
dans l’éventualité d’une négociation<br />
avec le Président Martelly. Cela confirme<br />
aussi que tout ce qui a été fait depuis ces<br />
années passées, n’avait aucune chance<br />
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d’aboutir puisque personne n’avait pris<br />
la peine de savoir s’il s’agissait juste de<br />
dialoguer ou de négocier avec le Président<br />
de la République comme on l’a<br />
défini plus haut. Aujourd’hui, on fait<br />
le pari que si les points sont clarifiés,<br />
les termes de négociation bien arrêtés<br />
et les axes pour y parvenir identifiés<br />
avant de passer à la signature d’un accord<br />
dûment et apprêtement négocié,<br />
tout le monde respectera ledit accord et<br />
l’on pourra à ce moment passer enfin à<br />
la phase de l’organisation des élections<br />
dans ce pays. Aussi, on comprendra que<br />
dialogue et négociation ne veulent pas<br />
dire la même chose.<br />
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Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 15
Suite de la page (13 )<br />
[avec succès] pour retrouver les boites<br />
noires des avions qui ont frappé les Tours<br />
Jumelles. » Alors, qui ment ?<br />
Pour les deux boites noires du vol<br />
AA 77, l’affaire est plus compliquée. Deux<br />
pompiers (Burkhammer et Morawitz) disent<br />
les avoir retrouvées « près du point<br />
d’impact ». Le porte-parole du comté, Dick<br />
Bridges, explique lui aussi qu’elles étaient<br />
« précisément là où l’avion a percuté le<br />
bâtiment » du Pentagone. Mais d’autres<br />
sources disent que le FDR a été récupéré<br />
à presque 300 pieds (100 mètres) de là.<br />
Une différence notable. En outre, Burkhammer<br />
et Morawitz racontent que les<br />
deux boites noires étaient “de couleur<br />
sombre”, alors qu’on leur avait dit qu’elles<br />
étaient orange. Mais quand ils les ont indiquées<br />
aux fonctionnaires du FBI et du<br />
NTSB, ces derniers ont confirmé : mieux<br />
vaut noires que rien du tout.<br />
D’autant que l’histoire du FDR du<br />
vol AA 77 présente un autre point faible,<br />
et pas des moindres. En 2008, un citoyen<br />
états-unien obstiné a posé un recours au<br />
titre de la loi FOIA (Freedom of Information<br />
Act) sur la liberté de l’information<br />
pour contraindre le NTSB à divulguer le<br />
fichier rassemblant les données brutes du<br />
FDR. Or, il ressort que ce fichier a été créé à<br />
23 h 45 le jeudi 13 septembre 2001. C’est<br />
assez étrange, vu que le FDR en question,<br />
noir ou orange selon les versions, n’aurait<br />
été retrouvé que le lendemain, le vendredi.<br />
Et enfin, voyons ce qui s’est produit<br />
avec le FDR du vol UA 93. Je rappelle à<br />
ceux qui auraient oublié, qu’un film commercial<br />
a été fait sur ce vol et sur la rébellion<br />
héroïque des passagers pour reprendre<br />
aux pirates de l’air le contrôle de<br />
l’avion. Et je vous demande de garder à<br />
l’esprit le cadre global de cette histoire.<br />
Voyons ce qu’en dit l’association Pilots for<br />
9/11 Truth.<br />
Ses membres ont également déposé<br />
une requête FOIA avant d’obtenir, en<br />
2007, l’information sur ce FDR. Mais les<br />
données qui leur ont été fournies, censées<br />
correspondre au contenu de cette boite<br />
noire, divergent totalement d’autres données<br />
disponibles. « La trajectoire de vol<br />
et la hauteur » indiqués ne sont pas ceux<br />
enregistrés. La provenance du vol par le<br />
nord ne colle pas avec les témoignages<br />
publiés par le New York Times. L’avion arrivait<br />
du sud-est, comme le prouve, entre<br />
autres, le fait qu’on a retrouvé des débris à<br />
New Baltimore, à plus de 8 miles (13 km)<br />
du cratère où l’avion s’est écrasé. Mais<br />
surtout, l’angle de chute de l’appareil,<br />
d’après l’enregistrement contenu dans le<br />
document du NTSB, ne correspond pas à<br />
l’impact vertical que la version gouvernementale<br />
soutient, et que le cratère luimême<br />
semble indiquer. Plus précisément,<br />
le FDR indique un angle de chute de 35<br />
degrés. Alors que la version officielle dit<br />
que l’avion est tombé verticalement. Enfin,<br />
les analyses faites par la protection<br />
civile sur le lieu d’impact n’ont pas permis<br />
de retrouver les traces de pollution aux résidus<br />
de kérosène. Cela n’a aucun sens,<br />
étant donné que les réservoirs de l’avion<br />
devaient être pleins de carburant.<br />
En somme, nous avons le choix<br />
: soit cet enregistrement est faux, soit<br />
c’est la version officielle du gouvernement<br />
états-unien qui est fausse. Comme<br />
l’est, bien sûr, toute l’histoire décrite dans<br />
le film, qui n’a servi qu’à émouvoir le<br />
grand public. Il ne sera pas inutile de rappeler<br />
que toutes ces remarques ont été<br />
adressées aussi bien au NTSB qu’au gouvernement<br />
US. Réponse : aucune. Zéro. À<br />
l’époque, tout comme maintenant, treize<br />
ans après les faits.<br />
Il existe enfin l’enregistrement du<br />
Centre de contrôle de Cleveland, qui contient<br />
les dernières minutes du vol. Le voici<br />
:<br />
Dramatique, mais aussi, mystérieux<br />
et inexplicable. Ceux qui ont le temps<br />
de l’écouter entendront que le personnel<br />
à terre tente pendant plusieurs minutes<br />
de contacter l’avion en répétant la même<br />
question, mais qu’aucune réponse ne<br />
leur parvient. L’équipage est muet. Puis,<br />
à l’improviste, leur parvient une voix<br />
étrange, presque couverte par un important<br />
fond sonore. « United 93, c’est votre<br />
commandant de bord qui vous parle, merci<br />
de rester assis, restez dans vos sièges,<br />
il y a une bombe à bord. » Une bombe à<br />
bord ? Rester assis ? Mais où se trouve<br />
exactement ce commandant de bord ?<br />
Qu’entend-on en bruit de fond ?<br />
À terre, on insiste pour avoir des<br />
éclaircissements ; les contrôleurs contactent<br />
les autres avions volant dans la zone.<br />
Des confirmations leur parviennent. Puis<br />
à l’improviste, encore la même voix : «<br />
United 93, ici votre commandant. Il vaut<br />
mieux que tout le monde reste assis. Nous<br />
avons une bombe à bord et nous revenons<br />
à l’aéroport. Ils ont accepté nos requêtes,<br />
et donc, s’il vous plait, restez assis. » Et<br />
puis, plus rien. Mais est-ce vraiment là le<br />
comportement d’un pilote de ligne expérimenté<br />
? Sommes-nous certains que ces<br />
deux messages provenaient bien du vol<br />
UA 93 ?<br />
Résumons : pas une seule pièce du<br />
puzzle officiel ne s’assemble correctement<br />
aux autres. Et nous ne parlons que des<br />
boites noires qui ont été apparemment retrouvées.<br />
L’autre moitié des informations<br />
a, comme nous l’avons vu, été totalement<br />
effacée de la surface de la Terre. Et tout<br />
cela n’est pas l’œuvre des présumés pirates<br />
de l’air, dont d’ailleurs la présence à<br />
bord n’a jamais été prouvée. Mais alors,<br />
qui a travaillé à effacer toutes ces traces ?<br />
Qui a menti ?<br />
Il est plus que jamais devenu impossible<br />
de croire encore que la fable officielle<br />
qu’on nous a racontée correspond<br />
à la vérité.<br />
Traduction: IlFattoQutidiano.fr<br />
Réseau Voltaire 11 septembre <strong>2014</strong><br />
Suite de la page (12)<br />
âpreté implacable, des problèmes les<br />
plus douloureux, les plus maudits de<br />
notre temps, porte un coup droit aux<br />
phrases stéréotypées, aux pirouettes banales,<br />
aux mensonges « civilisés » évasifs<br />
de notre presse libérale (et libérale<br />
populiste). Les libéraux sont tout feu,<br />
tout flamme pour Tolstoi, contre le synode<br />
– et en même temps, ils sont pour...<br />
les adeptes des Viekhi, avec lesquels «<br />
on peut discuter », mais avec qui « on<br />
doit » s'accommoder au sein d'un même<br />
parti, « on doit » travailler ensemble en<br />
littérature et en politique. Or, les gens<br />
des Viekhi reçoivent les embrassades<br />
d'Antoni Volynski (2)<br />
Les libéraux mettent en avant que<br />
Tolstoi a été une « grande conscience ».<br />
N'est-ce pas là une phrase creuse que<br />
répètent sur tous les modes le « Novoie<br />
Vrémia » (3) et tous ses pareils? N'est-ce<br />
pas là une échappatoire aux problèmes<br />
concrets de la démocratie et du socialisme,<br />
posés par Tolstoi? Cela ne met-il<br />
pas au premier plan ce qui, en Tolstoi,<br />
exprime ses préjugés et non sa raison,<br />
ce qui, en lui, appartient au passé et non<br />
à l'avenir, à sa négation de politique et<br />
sa prédication d'auto-perfectionnement<br />
moral, et non à sa protestation véhémente<br />
contre toute domination de<br />
classe?<br />
Tolstoi est mort, et la Russie<br />
d'avant la révolution a sombré dans<br />
le passé, la Russie dont la faiblesse et<br />
l'impuissance se sont exprimées dans<br />
la philosophie et ont été dépeintes dans<br />
les oeuvres du génial artiste. Mais il y<br />
a, dans son héritage, ce qui ne sombre<br />
pas dans le passé, ce qui appartient à<br />
l'avenir. Cet héritage, le prolétariat de<br />
Russie le recueille, et il l'étudie. Il expliquera<br />
aux masses des travailleurs et des<br />
exploités le sens de la critique tolstoienne<br />
de l'État, de l'Église, de la propriété<br />
foncière privée, non pour que les masses<br />
se bornent à leur auto-perfectionnement<br />
et à des soupirs en invoquant une vie<br />
selon Dieu, mais pour qu'elles se lèvent<br />
pour porter un nouveau coup à la monarchie<br />
tsariste et à la grande propriété<br />
foncière qui, en 1905, n'ont été que légèrement<br />
entamées et qu'il faut anéantir.<br />
Il expliquera aux masses la critique<br />
du capitalisme faite par Tolstoi, non pour<br />
que les masses se bornent à maudire le<br />
capital et le pouvoir de l'argent, mais<br />
pour qu'elles apprennent à s'appuyer, à<br />
chaque pas de leur vie et de leur lutte,<br />
sur les conquêtes techniques et sociales<br />
du capitalisme, pour qu'elles apprennent<br />
à se fondre en une seule armée de<br />
millions de combattants socialistes, qui<br />
renverseront le capitalisme et créeront<br />
une société nouvelle sans misère du<br />
peuple, sans exploitation de l'homme<br />
par l'homme.<br />
Notes:<br />
--1) « Monsieur Coupon »: expression<br />
imagée employée dans les années<br />
80 et 90 pour désigner le capital<br />
et les capitalistes. Elle fut lancée par<br />
l'écrivain Gleb Ouspenski dans ses essais<br />
« Graves péchés »<br />
--2) Antonius Volynsky, prélat orthodoxe<br />
ultra-réactionnaire<br />
--3) « Le temps nouveau », quotidien<br />
des milieux réactionnaires publié à<br />
St-Pétersbourg entre 1868 et 19<strong>17</strong><br />
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Traduction supervisée par Roger<br />
Garaudy – Réalisée par Michèle Coudrée,<br />
Robert Chabanne, Nikita Siberoff,<br />
Olga Tatarinova<br />
Traduction réalisée en 1968 par<br />
une équipe Editions sociales/Editions du<br />
Progrès (cf plus bas)<br />
Solidarité internationale 11<br />
septembre <strong>2014</strong><br />
Suite de la page (5)<br />
dévalé la pente, au dire d’un responsable<br />
de communication de la protection<br />
civile de l’Ouest, Oreb Toussaint,<br />
citant un témoin. Par ailleurs, 7 morts<br />
et 2 blessés ont été recensés dans un<br />
autre accident survenu le même jour, à<br />
Clercine, après une collision entre un<br />
camion-conteneur et une camionnette<br />
de transport en commun. Avec des<br />
corps encore fumants, il serait indécent<br />
de vouloir faire une enquête.<br />
Il est évident que des accidents<br />
arrivent partout. Il est non moins<br />
évident que en Haïti, malgré les trop<br />
nombreux et graves accidents répertoriés<br />
de janvier 2012 àaujourd’hui,<br />
on n’a vu aucune disposition sérieuse<br />
mise en branle par les autorités concernées<br />
pour prévenir des accidents mortels<br />
reliés à des freins qui ont lâché, à<br />
un manque flagrant d’organisation de<br />
la circulation routière, à une absence<br />
de contrôles routiers, à une faiblesse<br />
en formation des chauffeurs, à un<br />
mauvais état des routes et des camions<br />
de transport, ces derniers n’étant soumis<br />
à aucun contrôle périodique de<br />
bon fonctionnement des véhicules.<br />
Le Coordonnateur du bureau de<br />
la protection civile pour le Bas-Artibonite,<br />
Mathieu Luckecy, a déploré les<br />
mauvaises conditions dans lesquelles<br />
le transport de passagers se fait, souvent<br />
dans des pick-up ouverts et généralement<br />
surchargés. Le responsable<br />
de communication de la protection<br />
civile de l’Ouest, Oreb Toussaint, dit<br />
souhaiter un contrôle institutionnel<br />
sur l’état de ces camions, en particulier.<br />
À son avis, des mesures doivent<br />
être prises pour forcer les conducteurs<br />
de camions à observer les consignes<br />
de circulation et être moins hostiles<br />
aux chauffeurs de petites automobiles.<br />
Il appelle à un respect strict du code<br />
de la route.<br />
Autant dire que ces critiques<br />
renvoient à un manque systématique<br />
de volonté politique de la part<br />
de l’Exécutif, de la présidence, des<br />
ministères concernés, de la PNH, pour<br />
prendre les mesure nécessaires visant<br />
à une amélioration majeure du fonctionnement<br />
de la circulation routière :<br />
inspection annuelle garantissant le<br />
bon état mécanique des véhicules,<br />
consignes de circulation claires tout au<br />
long de la route, police des gares et de<br />
la route pour voir à ce que les camions<br />
ne soient surchargés ni en passagers<br />
ni en marchandises, amendes pour<br />
dissuader les contrevenants au code<br />
de la route, etc.<br />
Sont-ce là des voeux pieux<br />
de ma part? De la part de n’importe<br />
quel citoyen responsable ? Dans un<br />
pays normal, la réponse est non. Mais<br />
dans un pays qui n’est pas normal,<br />
comme c’est le cas pour Haïti, il faut<br />
se rappeler que c’est par la tête que<br />
pourrit le poisson. Ainsi, l’Exécutif<br />
n’est pas fichu capable de donner le<br />
bon exemple. Martelly est dénoncé de<br />
partout comme un homme corrompu,<br />
suspect d’appartenir au monde maffieux<br />
de la drogue et du kidnapping de<br />
haut vol. Comment peut-il s’inquiéter<br />
de la population, d’un code adéquat de<br />
la route? Jamais !<br />
La chambre des députés, dans sa<br />
majorité, est muselée, vassalisée, «vénalisée»,<br />
«croupionnisée», «punaisée»,<br />
«morpionnisée», réduite à l’état de<br />
morpions, désagréables bestioles aux<br />
poils de mégalomanie de Martelly. Le<br />
ministre de la justice n’a pas honte de<br />
faire état de ses conneries, du genre<br />
ipokrit yo sezi, lors de la capture du<br />
roi du kidnapping, Clifford Brandt. Le<br />
directeur de la PNH s’exhibe, de façon<br />
indécente, à Miami, en maillot rose,<br />
assumant sa position de tyoul du pouvoir.<br />
Ni lui ni le ministre de la Justice<br />
ne peuvent jusqu’à présent donner au<br />
public les noms et montrer les photos<br />
des quelque trois cents criminels<br />
évadés de la prison de la Croix-des-<br />
Bouquets. Quant au président gâteux,<br />
baveux, postillonneur, du Conseil<br />
Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ),<br />
cet homme de loi immoral n’a pas son<br />
pareil pour l’échine pliée devant le<br />
pouvoir exécutif. Qu’il aille péter dans<br />
les salons de Martelly !<br />
Alors, avec de pareils dirigeants<br />
immoraux, comment vouloir que ce<br />
pays soit normal ? Comment ne pas se<br />
rendre compte qu’avec l’acclimatation<br />
du pouvoir à la culture des «accidentades»<br />
et «enquêtades», Haïti s’est engagée<br />
dans une dégringolade «spiralante»<br />
infernale ? Le premier ministre,<br />
lors de la dernière catastrophe routière<br />
s’est dit «consterné» (hélas !). Le rusé,<br />
le madré, le fourbe, le perfide, il a<br />
même promis d’ordonner une enquête<br />
qui finalement – on ne le sait que trop<br />
– va se poursuivre et se blottir dans le<br />
cul de Nini. Et vogue la galère !<br />
Culture de fusillades aux Etats-<br />
Unis, culture d’«accidentades», de<br />
dégringolades, et finalement de débandade<br />
morale et institutionnelle en<br />
Haïti. Bravo Martelly ! Bravo les Clinton<br />
!<br />
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Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>
A Travers le monde<br />
Elections en Uruguay... On<br />
l'appelle "PEPE"<br />
Cuba envoie 165 experts pour<br />
lutter contre Ebola !<br />
Par Jean Ortiz.<br />
On l’appelle familièrement « Pepe »,<br />
diminutif espagnol de José. Imagine-t-on<br />
en France le peuple appeler un<br />
président « Pépé » ? La connotation «<br />
parrain », maffieuse du terme, l’interdit,<br />
même si l’éthique prend l’eau de toutes<br />
parts... Et même même... Nul n’oserait<br />
taxer de « pépé » Cahuzac, Thévenoud<br />
et consort... Cela tomberait sous le coup<br />
de la loi. En France, un homme politique<br />
peut souffrir de « phobie administrative »<br />
tout en restant député.<br />
Les Uruguayens l’appellent familièrement<br />
« Pepe », José Mugica. Le second<br />
président de gauche (2010-<strong>2014</strong>)<br />
de l’histoire du pays est devenu une<br />
curiosité alors que lui, vraiment, est<br />
tout à fait « normal», pas people pour<br />
deux sous, pas « différent » du tout de<br />
« l’Uruguayen moyen », du paysan, de<br />
l’ouvrier...<br />
Elu président le 29 novembre<br />
2009, le militant José Mugica a continué<br />
à vivre dans sa « chacra » (ferme)<br />
en compagnie de sa sénatrice d’épouse,<br />
et à produire des roses. Il va au turbin<br />
avec une voiture modeste de la présidence<br />
et un garde du corps (sa vieille<br />
coccinelle Wolkswagen de 1987 reste<br />
rangée au garage) ; il a refusé 90% du<br />
salaire présidentiel (9 400 euros). Il lui<br />
reste l’équivalent de 900 euros, le revenu<br />
moyen des Uruguayens. Bref, il vit<br />
comme avant de devenir président. Il<br />
ne fait pas semblant, s’habille modestement,<br />
n’a pas changé d’apparence pour<br />
la com., ne veut pas vivre dans la luxueuse<br />
résidence présidentielle. La fonction<br />
ne l’a pas changé. Le pouvoir ne l’a<br />
pas corrompu. Et alors ? Ce n’est pas si<br />
fréquent ; est-ce anormal pour autant ?<br />
Dans les années 1960-1970, il<br />
fut guérillero « tupamaro », ce qui implique<br />
encore aujourd’hui jusque dans sa<br />
fonction, une cohérence entre un mode<br />
de vie et l’horizon recherché. Blessé de<br />
six balles, il fut arrêté et purgea 14 ans<br />
de prison, avec les traitements spéciaux<br />
propres aux militaires du cône sud,<br />
sans renier. Libéré en 1985, il rejoint le<br />
« Frente Amplio ». La coalition « Front<br />
large » de 21 partis, créée en 1971, va<br />
du centre-gauche à la gauche radicale,<br />
en passant par les communistes, le parti<br />
socialiste, le Mouvement de participation<br />
populaire de « Pepe »<br />
Le Front brise le bipartisme et<br />
gagne pour la première fois les élections<br />
en 2004, et le maire de Montevideo,<br />
Tabaré Vasquez (centre-gauche) devient<br />
président.<br />
Jusqu’en 2004 le pays avait<br />
subi la « dictamolle » du bipartisme,<br />
l’alternance au pouvoir de deux partis<br />
bourgeois créés en 1836 : les « colorados<br />
» (libéraux ) et les « blancos » (conservateurs),<br />
avec une terrible parenthèse<br />
(1973-1985) de dicta-dure civico militaire<br />
« gorille » et ultralibérale, made in<br />
USA.<br />
La politique du Front large n’est<br />
certes pas « la révolution », mais elle assure<br />
une « redistribution » plus équitable,<br />
développe des plans sociaux d’aide aux<br />
plus pauvres ; le taux pauvreté est passé<br />
de 40% en 2005 à 11,5% en 2013.<br />
Le taux de croissance atteint 4,4%,<br />
l’espérance de vie est de 76,4 ans, le<br />
taux d’alphabétisation de 98% chaque<br />
écolier a reçu un ordinateur.<br />
Les bons indicateurs sociaux, la<br />
diversification de l’économie , la priorité<br />
à l’éducation (tous les enfants sont<br />
scolarisés), à la recherche, ne font pas<br />
oublier une inflation de 8,5%, un taux<br />
de chômage de 6,6% et une insécurité<br />
résiduelle.<br />
Les réformes sociétales ont placé<br />
l’Uruguay au niveau des pays les plus<br />
avancés :<br />
En avril 2013 : mariage homosexuel,<br />
dépénalisation de l’avortement<br />
en octobre 2012 et de la consommation<br />
de cannabis en décembre 2013<br />
Une politique extérieure de «<br />
« Pepe », José Mugica<br />
multilatéralisme », proche du Venezuela,<br />
de la Chine, de priorité à la coopération<br />
avec les pays du continent ; a rendu au<br />
pays sa souveraineté.<br />
Cette politique et ce bilan, teintés<br />
cependant de concessions au néolibéralisme,<br />
sont vivement débattus à l’intérieur<br />
du Front Large ; il semble regagner peu<br />
à peu le terrain perdu en reculant devant<br />
des réformes de structure. L’extrême<br />
gauche ironise sur la « pseudo gauche<br />
»: on peut ne pas toucher son salaire et<br />
être « une canaille envers son peuple »<br />
(sur « Rebelion », Nora Fernandez, 27<br />
mai <strong>2014</strong>). Le propos est excessif, outré.<br />
Les élections présidentielles et<br />
législatives du 26 octobre <strong>2014</strong> donnent<br />
pour l’heure l’avantage dans les<br />
sondages (40%) au « vieux » candidat<br />
du Frente Amplio, l’ex-président Tabaré<br />
Vasquez (2005-20010). Raul Sendic,<br />
fils du fondateur des « Tupamaros », a<br />
été désigné candidat à la vice-présidence<br />
pour le Front. Le symbole a du poids, du<br />
sens, et fait grincer beaucoup de dents.<br />
Les deux candidats de la droite et<br />
de l’ultra-droite sont deux héritiers, deux<br />
jeunes-vieux réactionnaires.<br />
Juan Luis Lacalle (41 ans) du parti<br />
« Blanco » et Pedro Bordaverry (« Colorado<br />
»), tous deux candidats de l’oligobourgeoisie,<br />
tous deux fils d’anciens<br />
présidents de triste mémoire, pourraient<br />
s’allier au deuxième tour si Tabaré<br />
Vasquez ne l’emporte pas au premier.<br />
L’Uruguay a beau être un petit<br />
pays, l’enjeu n’échappe à personne.<br />
Washington est désormais engagé dans<br />
une stratégie de reconquête et voudrait,<br />
à l’occasion des prochains processus<br />
électoraux (Brésil, Bolivie, Uruguay),<br />
donner un coup d’arrêt aux nouveaux<br />
mouvements de libération en Amérique<br />
latine, isoler et déstabiliser les révolutions<br />
au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, à<br />
Cuba... Une stratégie en apparence plus<br />
« soft » qu’avec les dictatures militaires,<br />
mais le but ultime reste le même. Alors :<br />
Yankees : no, pueblos : si !!<br />
L’Humanité 15 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong><br />
Cuba a frappé un grand coup vendredi<br />
en annonçant le déploiement<br />
de 165 médecins et infirmiers en<br />
Sierra Leone ; l’aide en personnel la<br />
plus massive envoyée par un Etat<br />
contre l’épidémie d’Ebola, qui a<br />
déjà fait plus de 2400 morts en Afrique<br />
de l’Ouest. Il s’agit de l’envoi<br />
«le plus important» d’experts<br />
de la santé par un État depuis<br />
que l’épidémie a éclaté en début<br />
d’année, a souligné la directrice générale<br />
de l’Organisation mondiale<br />
de la santé (OMS), Margaret Chan,<br />
lors d’une conférence de presse à<br />
Genève. Et de se livrer à un vibrant<br />
hommage: «La capacité de Cuba à<br />
former des médecins et des infirmiers<br />
exceptionnels et sa générosité<br />
pour aider les pays sur la voie du<br />
progrès sont reconnues dans le<br />
monde entier».<br />
Depuis la révolution castriste,<br />
l’aide dans le secteur de la santé<br />
a été l’un des instruments-clés de la<br />
diplomatie cubaine, notamment en<br />
Afrique. Plus de 50 000 médecins<br />
et personnels de santé cubains travaillent<br />
dans une cinquantaine de<br />
pays à travers le monde, indiquait<br />
en mars dernier une responsable cubaine.<br />
Urgence dans trois pays<br />
Il y a urgence pour la Sierra Leone,<br />
B. Obama signe la prorogation du<br />
blocus contre Cuba<br />
Le président des Etats-Unis, Barack<br />
Obama, a prolongé d’un an de plus les<br />
mesures du blocus contre Cuba, a indiqué<br />
aujourd’hui la Maison Blanche.<br />
Dans un mémorandum envoyé à<br />
son secrétaire d’Etat John Kerry et du Trésor,<br />
Jack Lew, Obama a annoncé sa décision<br />
de maintenir le blocus car il considère<br />
que c’est "l’intérêt national des Etats-<br />
Unis".<br />
La reconduction de cette loi qui<br />
interdit aux entreprises étasuniennes de<br />
faire du commerce avec l’île est habituelle<br />
et ses prédécesseurs aussi l’ont prorogée<br />
chaque année depuis plus de 50 ans.<br />
La loi contre le Commerce avec<br />
La directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS),<br />
Margaret Chan et le ministre cubain de la Santé, Roberto Morales Ojeda<br />
lors d’une conférence de presse à Genève<br />
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l’Ennemi, qui date de 19<strong>17</strong> et a été approuvée<br />
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comme pour les deux autres pays<br />
les plus touchés, Liberia et Guinée:<br />
l’épidémie de fièvre hémorragique,<br />
la plus grave depuis l’identification<br />
du virus en 1976, progresse inexorablement,<br />
inquiétant le monde entier.<br />
La maladie a tué plus de 2400<br />
personnes sur 4784 cas, selon le<br />
dernier bilan en date de vendredi<br />
annoncé par l’OMS. La Sierra Leone<br />
totalisait 524 morts, sur 1424 cas<br />
(confirmés, probables et suspects),<br />
dans le dernier bilan détaillé arrêté<br />
au 7 septembre.<br />
Mme Chan n’a pas précisé si<br />
ces chiffres globaux incluent le Nigeria,<br />
le pays le plus peuplé du continent<br />
(8 morts selon le précédent bilan),<br />
ou s’ils concernent uniquement<br />
les trois pays les plus affectés. Pour<br />
venir en aide à la Sierra Leone, Cuba<br />
va «coopérer avec une brigade de<br />
165 collaborateurs, constituée de 62<br />
médecins et 103 infirmiers», a expliqué<br />
le ministre cubain de la Santé,<br />
Roberto Morales Ojeda, à Genève.<br />
Il a précisé que ces médecins<br />
cubains étaient prêts à coopérer avec<br />
leurs homologues américains. Ces<br />
spécialistes, dont certains sont déjà<br />
arrivés, resteront sur place durant<br />
six mois. «Tous ont déjà participé<br />
antérieurement à des situations<br />
post-catastrophes naturelles<br />
Suite à la page (19)<br />
Unis dans la Première Guerre Mondiale,<br />
interdit aux firmes étasuniennes de commercer<br />
avec des pays hostiles. Dans le cas<br />
de l’Ile, c’est le blocus le plus long d’un<br />
pays contre un autre dans l’Histoire et il<br />
est condamné par l’écrasante majorité des<br />
nations de la planète.<br />
Le blocus économique contre Cuba<br />
a été étendu et renforcé par d’autres lois<br />
étasuniennes, comme la Loi Torricelli de<br />
1992 qui interdit l’envoi d’aliments à<br />
Cuba – à l’exception de l’aide humanitaire<br />
– ou la Loi Helms-Burton de 1996.<br />
Avec des informations d’agences 10<br />
septembre <strong>2014</strong><br />
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Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times <strong>17</strong>
Muhammad Sinokrot, 15 ans, assassiné par<br />
les troupes d’occupation !<br />
Brésil, Bolivie et Uruguay :<br />
un mois crucial<br />
Par Budour Youssef Hassan<br />
Sa photo a été accrochée au mur de sa<br />
salle de classe à l’école al-Rashidiya de<br />
Jérusalem, et sa chaise reste maintenant<br />
vide.<br />
Muhammad Sinokrot, qui aurait eu<br />
seize ans le 9 décembre, n’était pas<br />
particulièrement friand de l’école et ses<br />
notes n’étaient pas les meilleures. Mais<br />
c’était un garçon qui savait travailler dur<br />
et qui voulait progresser.<br />
Quelques mois plus tôt, il avait<br />
emprunté la tenue usée portée par son<br />
cousin lors d’une remise de diplôme, se<br />
faisant photographier dans cette tenue. Il<br />
lui restait deux ans à faire pour obtenir le<br />
diplôme des études secondaires, et cette<br />
photo l’encourageait à travailler encore<br />
plus dur.<br />
Mais une balle d’acier et de caoutchouc,<br />
tirée par les troupes israéliennes,<br />
l’a touché à la tête et a mis fin à ses rêves,<br />
fauchant sa vie encore toute jeune.<br />
Le 31 août, Sinokrot a été blessé<br />
à la tête par la police israélienne sur le<br />
chemin de la mosquée d’Abdine à Wadi<br />
al-Joz, un quartier de Jérusalem-Est sous<br />
occupation. Ce fut une soirée inhabituellement<br />
calme malgré la présence de soldats<br />
israéliens et de la police des frontières qui<br />
ont l’habitude de lancer des raids dans<br />
Wadi al-Joz depuis ces deux derniers<br />
mois.<br />
Des cris à notre porte<br />
Au moment où Mahomet a été abattu,<br />
il n’y avait eu absolument aucun affrontement<br />
entre les forces israéliennes<br />
d’occupation et les jeunes Palestiniens,<br />
ont affirmé les habitants du quartier interrogés<br />
par The Electronic Intifada. « Il était<br />
environ 20h15. Je préparais à manger et<br />
j’ai demandé [à Muhammad] de nous<br />
acheter du pain après qu’il ait terminé la<br />
prière du soir dans la mosquée, et il a rapidement<br />
quitté la maison, » nous raconte<br />
Ilham, la mère de Muhammad.<br />
« Quelques minutes plus tard, j’ai<br />
entendu des hurlements et des cris à<br />
notre porte [qui disaient] ’Votre fils a été<br />
blessé à la tête.’ J’ai vite couru... La scène<br />
de mon fils saignant dans la rue, la tête<br />
fracturée et le visage défiguré, était bouleversante,<br />
» se souvient-elle.<br />
La police israélienne a déclaré aux<br />
journalistes que Muhammad jetait des<br />
pierres lors d’affrontements quand il a été<br />
touché à la jambe par une balle en caoutchouc<br />
et qu’il est tombé et s’est blessé<br />
la tête. Sa mère conteste vigoureusement<br />
cette version des faits et un rapport<br />
d’autopsie préliminaire indique que le<br />
garçon est mort des blessures causées par<br />
une balle dans la tête.<br />
« Allons ! Vous pensez que si il y<br />
avait eu des affrontements, je lui aurais<br />
permis de sortir ? En aucune façon. Et il<br />
est ridicule de dire qu’il a été blessé à la<br />
jambe quand il n’y a aucun signe de blessure<br />
ou de coup sur les jambes », a déclaré<br />
la mère de Muhammad.<br />
Muhammad Sinokrot a été transporté<br />
à l’hôpital palestinien Al-Makassed,<br />
dans le quartier du Mont des Oliviers, où<br />
les médecins ont dit à ses parents qu’il lui<br />
fallait une opération très délicate. Il a ensuite<br />
été transporté à l’hôpital Hadassah<br />
Ein Karem à l’ouest de Jérusalem, où il a<br />
passé une semaine dans le coma avant<br />
d’être déclaré cliniquement mort. « Les<br />
chances pour qu’il vive étaient extrêmement<br />
minces, mais nous avions foi en<br />
Dieu. Nous avons attendu un miracle ; il<br />
ne s’est pas produit... », a déclaré le père<br />
de Muhammad, Abd al-Majid Sinokrot,<br />
qui travaille pour le tramway de Jérusalem.<br />
« Ma femme et moi sommes allés à<br />
l’hôpital, rester à ses côtés. Ce fut une semaine<br />
très difficile, mais nous remercions<br />
Dieu pour tout. »<br />
Affrontements à Jérusalem<br />
L’annonce de la mort de Sinokrot le 7<br />
septembre a été précédée d’affrontements<br />
violents entre des jeunes Palestiniens et<br />
les forces d’occupation israéliennes dans<br />
le quartier Wadi al-Joz et dans Jérusalem-<br />
Est.<br />
Un quartier habituellement tranquille<br />
et un centre industriel pour les<br />
Palestiniens de Jérusalem connu pour ses<br />
Muhammad Sinokrot, enterré le 8 septembre, est décédé de ses blessures<br />
une semaine après avour été abattu par les forces israéliennes près<br />
de son domicile dans le quartier de Wadi al-Joz à Jérusalem - Photo :<br />
ActiveStills/Faiz Abu Rmeleh<br />
Des Palestiniens portent le corps de Muhammad Sinokrot lors de son<br />
enterrement dans le quartier de Wadi al-Joz de Jérusalem, le 8 <strong>Septembre</strong><br />
- Photo : ActiveStills/Oren Ziv<br />
garages et ses entreprises d’automobile,<br />
Wadi al-Joz a été tout sauf calme depuis<br />
l’enlèvement et l’assassinat brutal de Muhammad<br />
Abu Khudair, âgé de 16 ans, le<br />
2 juillet. Abu Khudair était un habitant<br />
de Shuafat, un quartier proche de Wadi<br />
al-Joz.<br />
L’attaque d’Israël contre Gaza n’a<br />
fait qu’alimenter les manifestations à<br />
Jérusalem cet été. Les forces d’occupation<br />
israéliennes ont réagi en multipliant les<br />
raids comme jamais auparavant sur Wadi<br />
al-Joz, tirant d’énormes quantités de gaz<br />
lacrymogène dans les zones densément<br />
peuplées et douchant les maisons et les<br />
ateliers et commerces avec un liquide<br />
nauséabond appelé « skunk ».<br />
« La situation ici est très tendue<br />
depuis le martyre d’Abou Khudair. Nous<br />
sommes régulièrement harcelés et attaqués<br />
par des soldats israéliens ; mais nous<br />
savons que nous n’avons pas d’autre<br />
choix que de nous révolter contre eux »,<br />
a observé le chauffeur du bus lors de mon<br />
départ de Wadi al-Joz.<br />
« Les choses peuvent paraître<br />
faussement calmes en surface, mais en<br />
vérité, l’explosion était inévitable. Les<br />
Israéliens ont cru avoir réussi enfin à<br />
étouffer Jérusalem et ils ne s’attendaient<br />
pas à ce que la ville, en particulier dans<br />
des endroits comme Shuafat et Wadi al-<br />
Joz, se révolte comme ça », dit-il encore.<br />
Funérailles<br />
Les funérailles de Mohammed Sinokrot<br />
ont eu lieu un jour après que sa mort ait<br />
été annoncée, avec des milliers de Palestiniens<br />
défilant de son domicile de Wadi<br />
al-Joz jusqu’à la mosquée al-Aqsa dans la<br />
Vieille Ville de Jérusalem.<br />
Un grand nombre de soldats et de<br />
policiers israéliens ont été déployés, mais<br />
toutes les tentatives pour contenir la colère<br />
des jeunes étaient vaines et l’enterrement<br />
s’est transformé en une manifestation de<br />
masse. « Les jeunes ont surpris les forces<br />
d’occupation israéliennes qui voulaient<br />
étouffer toute possibilité de revendication<br />
ou d’affrontements lors de la procession<br />
funèbre. Les jeunes ont jeté des pierres et<br />
des fusées d’artifice sur les soldats qui ont<br />
riposté avec des gaz lacrymogènes, des<br />
balles en caoutchouc et des grenades assourdissantes<br />
», a noté Yassin Sbeih, un<br />
militant palestinien du camp de réfugiés<br />
de Shuafat.<br />
Comme ce fut le cas lors des affrontements<br />
à Shuafat au début de juillet,<br />
les jeunes des différents villages de la région<br />
de Jérusalem se sont rendus à Wadi<br />
al-Joz pour les funérailles et montrer leur<br />
solidarité.<br />
Parmi ceux qui sont venus pour<br />
rendre hommage se trouvait aussi la mère<br />
de Muhammad Jaabis, originaire de Jabal<br />
al-Mukabber, un jeune homme abattu à<br />
Jérusalem-Ouest le 4 août lorsque la pelle<br />
mécanique qu’il conduisait a heurté un<br />
bus qui a écrasé un piéton israélien.<br />
Les autorités israéliennes ont qualifié<br />
l’incident d’attaque, mais sa famille a<br />
toujours affirmé qu’il s’agissait d’un accident.<br />
Il y a eu plusieurs cas au cours<br />
des dernières années dans lesquels des<br />
Palestiniens conduisant ce genre d’engins<br />
ont été abattus dans des circonstances<br />
similaires.<br />
Visiblement ébranlée, la mère<br />
de Jaabis étreint Ilham Sinokrot à<br />
l’enterrement et lui dit : « Tous les cœurs<br />
ne font pas face à la douleur de la même<br />
façon. Vous avez l’air tellement plus forte<br />
que je ne le suis ».<br />
Pendant ce temps, le père de Muhammad<br />
insiste sur le fait qu’il faudra demander<br />
des comptes. « Nous ne croyons<br />
pas que les bourreaux vont nous donner<br />
toute la justice, mais nous irons devant<br />
les tribunaux israéliens et internationaux<br />
et nous demanderons à tous les parents<br />
de réclamer justice pour leurs proches<br />
tués. Nous ne pouvons pas laisser les<br />
assassins de nos enfants vivre dans<br />
l’impunité », dit-il.<br />
Ceux qui ont parlé à The Electronic<br />
Intifada ont souligné que Muhammad<br />
Sinokrot a été tué tout simplement parce<br />
qu’il était palestinien.<br />
« Son crime était d’être palestinien<br />
et de vivre à Jérusalem, sous une domination<br />
qui ne nous voit pas comme des êtres<br />
humains », a déclaré l’un des voisins de<br />
la famille.<br />
« Hier, c’était Muhammad Sinokrot,<br />
et demain, ce pourrait être le tour de mon<br />
fils, » a-t-il ajouté. « Tous les Palestiniens<br />
sont visés et ils doivent tous ensemble se<br />
soulever contre cet État raciste. »<br />
The Electronic Intifada<br />
12 septembre <strong>2014</strong><br />
Traduction : Info-Palestine -Naguib<br />
13 septembre <strong>2014</strong><br />
La présidente Dilma Rousseff obtiendrait pour la dernière ligne droite de<br />
la campagne, entre 36% et 38% des intentions de vote des Brésiliens, et<br />
sa campagne devra faire face au défi que représente Marina Silva<br />
Par Andrés Mora Ramirez<br />
Au Brésil (le 5), en Bolivie (le 12)<br />
et en Uruguay (le 26) les élections<br />
présidentielles auront lieu au<br />
cours du mois d’octobre. Ces élections<br />
viennent s’ajouter à celles qui se sont<br />
déroulées au Costa Rica, au Salvador,<br />
au Panama et en Colombie, et dont les<br />
résultats, en général, affirment les tendances<br />
observées en Amérique latine<br />
depuis le début du siècle : la progression<br />
des forces de gauche et du centre<br />
gauche, comme c’est le cas au Salvador<br />
et au Costa Rica (même si la majorité<br />
est faible étant donné la composition<br />
des Congrès et les limitations héritées<br />
du modèle néolibéral imposé il y a trois<br />
décennies) ; au Panama et en Colombie,<br />
la réaffirmation de la prédominance des<br />
droites qui s’affrontent entre elles, en<br />
raison de leurs propres contradictions et<br />
des conflits d’intérêt, comme cela a été<br />
le cas pour la victoire du président Juan<br />
Manuel Santos face au candidat Alvaro<br />
Uribe.<br />
Dans cette perspective, les élections<br />
d’octobre se révèlent cruciales du<br />
fait des résultats de sondages d’opinion,<br />
notamment au Brésil et en Uruguay,<br />
qui entrouvrent la possibilité de voir<br />
l’avancée progressiste sud-américaine<br />
qui a prédominé surtout pendant les<br />
deux dernières décennies, menacée et<br />
même fracturée par les forces de droite,<br />
du centre droit, ou par des alliances<br />
pragmatiques circonstancielles (comme<br />
c’est le cas au Brésil, avec l’accord entre<br />
les « verts » et des entrepreneurs de<br />
l’agro-alimentaire en faveur de la candidature<br />
de Marina Silva ).<br />
Les victoires éventuelles des candidats<br />
de droite, lors de ces prochaines<br />
élections auraient des conséquences importantes,<br />
d’une part, sur le processus<br />
d’intégration régionale de Notre Amérique,<br />
et d’autre part, sur le consensus<br />
post-néolibéral qui, aux niveaux régional<br />
et mondial, a permis l’établissement<br />
des positions favorables à la construction<br />
d’un système multipolaire international.<br />
Au Brésil, après les problèmes<br />
politiques des derniers mois en raison<br />
du ralentissement de l’économie et des<br />
manifestations contre les énormes investissements<br />
consacrés à la réalisation<br />
de la Coupe du Monde, la présidente Dilma<br />
Rousseff obtiendrait pour la dernière<br />
ligne droite de la campagne, entre 36%<br />
et 38% des intentions de vote des Brésiliens,<br />
alors que le soutien à ses adversaires<br />
a augmenté et certaines études<br />
indiquent la possibilité d’un second tour<br />
de scrutin (contre Aécio ou Marina Silva<br />
Neves) pour élire le futur président ou<br />
un président de la puissance sud-américaine<br />
émergente. La présidente Rousseff,<br />
quant à elle, maintient dans son<br />
programme électoral la poursuite des<br />
changements entrepris par l’ancien président<br />
Lula da Silva et les réalisations obtenues<br />
dans différents domaines, depuis<br />
les 12 ans de pouvoir du Parti des Travailleurs.<br />
Par exemple, l’incontestable<br />
réussite sociale, économique, et surtout<br />
humaine, qui se concrétise par le fait que<br />
près de 40 millions de Brésiliens sont<br />
sortis de la pauvreté.<br />
En Uruguay, le Front Amplio (FA)<br />
a présenté des candidats à la présidence<br />
et à la vice-présidence ; les deux personnalités<br />
ont des racines historiques<br />
profondes au sein du parti : le président<br />
de la République Tabaré Vazquez (2005-<br />
2010), premier président du Front Amplio<br />
et Raul Fernando Sendic, fils du chef<br />
du Mouvement de libération nationale<br />
– Tupamaros, Raul Sendic Antonaccio.<br />
La réélection du président<br />
Evo Morales et de son viceprésident,<br />
Alvaro Garcia Linera,<br />
paraît évidente, en raison de<br />
l’affermissement de la Révolution<br />
indigène et culturelle qu’ils<br />
préconisent en Bolivie.<br />
Toutefois, les sondages ne révèlent pas<br />
une situation facile : le Front Amplio a<br />
perdu des points dans les intentions de<br />
vote lors des études récentes (allant de<br />
42% à 39% entre juin et août) ; tandis<br />
que le Parti Colorado et son candidat,<br />
Luis Lacalle Pou, un avocat de 41 ans,<br />
fils de l’ancien président Luis Alberto<br />
Lacalle, voit son intérêt augmenter<br />
(passant de 27% à 30% dans la même<br />
période).<br />
Une victoire au premier tour, avec<br />
ces tendances, ne semble pas aisée et<br />
une bataille politique intense s’annonce<br />
pour les prochaines semaines. La configuration<br />
est différente en Bolivie, où<br />
la réélection du président Evo Morales<br />
et de son vice-président, Alvarto Garcia<br />
Linera, paraît évidente. Les sondages<br />
indiquent le soutien aux candidats du<br />
Mouvement pour le Socialisme (MAS)<br />
oscillant entre 52 à 59 %, largement en<br />
tête de 15 à <strong>17</strong> % sur son adversaire<br />
Samuel Doria Medina. Qu’est-ce qui motive<br />
ce soutien à la gestion d’Evo Morales<br />
? Certainement les changements<br />
radicaux et en profondeur entrepris par<br />
la Révolution indigène et culturelle,<br />
comme le définit le président, surtout si<br />
on le compare au cauchemar néolibéral<br />
qui a précédé son arrivée au gouvernement.<br />
Au-delà des limites, des contradictions<br />
et des erreurs qui peuvent être<br />
signalées à ses adversaires et même<br />
aux militants et sympathisants du MAS,<br />
les politiques mises en œuvre par Evo<br />
Morales et son équipe ont permis à la<br />
Bolivie d’atteindre des avancées sociales<br />
et économiques sans précédent.<br />
Katu Arkonada, intellectuel espagnol<br />
qui a étudié et vécu le processus bolivien,<br />
considère que la construction<br />
d’un nouveau modèle économique postnéolibéral<br />
et son impact positif pour la<br />
population bolivienne, sont les piliers les<br />
plus importants pour le soutien à Evo<br />
Morales : en raison de la nationalisation<br />
des hydrocarbures, le PIB a augmenté de<br />
9,5 milliards de dollars en 2005 et de<br />
30,3 milliards en 2013 ; avec le gouvernement<br />
néolibéral, l’investissement<br />
public en 2005 était à peine de 629<br />
millions de dollars, tandis que sous le<br />
gouvernement de Morales, en 2013, il<br />
a atteint un record de 3,7 milliards de<br />
dollars, « qui se répartissent à peu près<br />
également entre investissements dans<br />
les politiques sociales, infrastructures et<br />
développement productif ».<br />
Le salaire minimum a été augmenté,<br />
le chômage urbain a diminué,<br />
et l’extrême pauvreté a été réduite (de<br />
38,2 % en 2005 à 21,6 % en 2012)<br />
ainsi que l’inégalité (« en 2005, la dif-<br />
18<br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>
férence des revenus des 10% des plus<br />
riches était d’environ 128 fois supérieure<br />
à la tranche des 10% des plus pauvres,<br />
alors qu’en 2012 cette différence a<br />
été réduite à 46 fois »).<br />
Trois pays, trois élections, trois<br />
voies possibles pour un changement<br />
d’époque dans notre Amérique. Dans<br />
chaque cas, les conditions particulières<br />
auxquelles ont fait face les gouvernements<br />
déterminent, à la fois, la rapidité<br />
et la profondeur du changement, ainsi<br />
que la nature des leaderships politiques.<br />
Chacun représente, en plus, les composantes<br />
d’un post-néolibéralisme divers,<br />
créatif et réalisable, qui affronte<br />
aujourd’hui le défi de battre une fois de<br />
plus, par un vote populaire, une droite<br />
déguisée qui rêve de revenir au temps<br />
passé.<br />
Avec toutes les nuances à leur actif,<br />
les gouvernements progressistes et<br />
les nationaux populaires portent la plupart<br />
des espoirs des peuples de la région.<br />
Permettre que son avancée s’interrompe<br />
maintenant, après tant de décennies de<br />
lutte, serait une erreur et un coup terrible<br />
pour la construction d’une Amérique<br />
latine plus libre, plus indépendante<br />
et souveraine.<br />
Granma 4 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong><br />
Suite de la page (<strong>17</strong>)<br />
et épidémiologiques», se sont déclarés<br />
volontaires et ont travaillé en Afrique, a<br />
ajouté le ministre cubain. Si l’aide cubaine<br />
est spectaculaire, les besoins restent<br />
criants. «Dans les trois pays les plus touchés,<br />
le nombre» de cas «augmente plus<br />
vite que la capacité à les gérer», a averti<br />
la directrice générale de l’OMS.<br />
Plus de lits au Liberia<br />
Il n’y a plus un seul lit de disponible pour<br />
traiter les patients d’Ebola au Liberia, de<br />
loin le pays le plus touché. Et d’après le<br />
Fonds des Nations unies pour l’enfance<br />
(UNICEF), quelque 2000 enfants se sont<br />
retrouvés sans parents dans ce pays.<br />
«Nous manquons de tout [...] mais ce<br />
dont nous avons besoin le plus, c’est de<br />
gens», a souligné Mme Chan. Pour traiter<br />
entre 70 et 80 patients, il faut 200 personnes<br />
environ, dont 20 % d’expatriés.<br />
L’OMS estime qu’il manque encore<br />
dans la région entre 500 à 600 professionnels<br />
de la santé étrangers et quelque<br />
1000 nationaux. L’organisation dispose<br />
d’une liste de 500 experts internationaux,<br />
mais tous ne sont pas envoyés au<br />
même moment. Près de 200 sont actuellement<br />
sur place.<br />
MSF muscle sa réponse<br />
De son côté, l’ONG Médecins sans frontières<br />
(MSF), en première ligne dans la<br />
lutte contre Ebola, dispose de plus de 200<br />
expatriés internationaux dans la région.<br />
Longtemps critiquée pour son inaction,<br />
la communauté internationale<br />
muscle progressivement sa réponse. Les<br />
États-Unis disposaient début septembre<br />
d’environ 100 représentants sur place.<br />
La Chine a aussi envoyé des équipes<br />
médicales, et l’Union africaine a promis<br />
lundi le déploiement d’une centaine de<br />
personnels. Le Royaume-Uni se mobilise<br />
aussi, et la France a fait savoir<br />
jeudi qu’elle allait renforcer son aide à<br />
la Guinée. Dans ce pays d’où est partie<br />
l’épidémie, un «nouveau plan d’urgence<br />
sanitaire accéléré» vient d’être annoncé.<br />
Ce plan, qui doit s’étaler sur deux mois,<br />
a pour objectif de «réduire de façon drastique»<br />
les risques de contamination. «Si<br />
l’on veut livrer cette guerre contre Ebola,<br />
nous devons disposer des ressources<br />
nécessaires pour mener le combat», a insisté<br />
Mme Chan, soulignant qu’il faut que<br />
l’aide «s’accroisse fortement».<br />
Agence France-Presse à Genève<br />
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Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 19
Le match qui n'a jamais eu lieu : Chili-URSS 1973 !<br />
« Chili-URSS 1973 : le match<br />
qui n›a jamais eu lieu » : quand<br />
l›URSS sacrifie sa participation<br />
au Mondial par solidarité avec<br />
le peuple chilien<br />
Onze septembre 1973 :<br />
l’espoir d’une révolution socialiste<br />
pacifique est balayé par<br />
un coup d’État soutenu par les<br />
États-Unis. Au milieu de cette<br />
tragédie, un match de football :<br />
Chili-URSS. Alors que le « bloc<br />
de l’ouest » baisse les yeux,<br />
l’Union soviétique va faire un<br />
geste fort.<br />
21 novembre 1973, Estadio<br />
nacional : l’avant-centre<br />
chilien Francisco Valdés marque<br />
après 2 minutes de jeu dans le<br />
but soviétique vide devant 40<br />
000 supporters en liesse : c’est,<br />
dira-t-on, le « but le plus tôt de<br />
l’histoire du football ». L’arbitre<br />
siffle la fin du match, Chili 1<br />
URSS 0.<br />
Chili-URSS, barrage<br />
retour des éliminatoires de la<br />
Coupe du monde 1974, c’est «<br />
le match qui n’a jamais eu lieu<br />
» mais qui va priver la sélection<br />
soviétique du génial Oleg<br />
Blokhine d’un mondial qui leur<br />
tendait les bras, après un 0-0 au<br />
Stade Lénine à Moscou dominé<br />
par l’URSS.<br />
Alors pourquoi la sélection<br />
soviétique – qui avait<br />
triomphé de la France dans son<br />
groupe de qualification – a-t-elle<br />
laissé cette opportunité en or ?<br />
Parce qu’elle a mis des valeurs<br />
éthiques, un combat politique<br />
au-dessus des contingences<br />
sportives, de la gloire nationale.<br />
Le ‘stade de la mort’ : doiton<br />
jouer dans un camp de<br />
concentration ?<br />
Le 11 septembre 1973, le coup<br />
d’État du général Pinochet mettait<br />
fin à l’expérience démocratique<br />
de construction du socialisme<br />
par la voie pacifique<br />
derrière le socialiste Salvador<br />
Allende, en alliance avec le Parti<br />
communiste du Chili.<br />
Les Etats-unis avaient<br />
contribué à déstabiliser le pays<br />
dès 1970. Ils soutiendront<br />
le putsch et se féliciteront de<br />
la fin du « régime marxiste »<br />
d’Allende. Pendant ce temps,<br />
l’URSS, comme Cuba, dénoncent<br />
le coup fasciste qui met fin<br />
à l’espoir ou illusion du « socialisme<br />
démocratique ».<br />
Pendant les premières semaines,<br />
l’« Estadio nacional »<br />
sert de camp de concentration<br />
pour les opposants politiques.<br />
Près de 40 000 militants passeront<br />
dans le camp, seront<br />
détenus, torturés, parfois battus<br />
à mort comme le chanteur communiste<br />
Victor Jara, la voix de<br />
la révolution chilienne, dont les<br />
mains sont broyés avant d’être<br />
fusillé le 16 septembre.<br />
Le match aller, le 26 septembre<br />
à Moscou, s’était soldé<br />
par un 0-0 miraculeux pour les<br />
Chiliens assiégés sur leur propre<br />
but, aidés par un arbitrage clément.<br />
Selon le journaliste chilien<br />
Hugo Gasc : « L’arbitre était<br />
un anti-communiste féroce. Le<br />
président de la fédération (Francisco<br />
Fluxa) l’avait convaincu<br />
qu’il ne pouvait pas nous faire<br />
perdre. Et son arbitrage nous a<br />
pas mal aidé.<br />
Les Soviétiques sont attendus<br />
à l’ « Estadio nacional »<br />
le 21 novembre pour le retour.<br />
Ils savent la nature fasciste<br />
du nouveau régime chilien.<br />
Ils savent que des militants<br />
démocrates, socialistes, combattus<br />
sont détenus, torturés, assassinés<br />
dans ce stade devenu<br />
camp de concentration.<br />
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L'équipe de l’URSS qui avait refusé le 21 novembre 1973 de<br />
participer à ce match sur le sol chilien<br />
21 novembre 1973, Estadio nacional : l'avant-centre chilien<br />
Francisco Valdés marque après 2 minutes de jeu dans le but<br />
soviétique vide devant 40 000 supporters en liesse : c'est,<br />
dira-t-on, le « but le plus tôt de l'histoire du football ».<br />
L'arbitre siffle la fin du match, Chili 1 URSS 0<br />
Pour la FIFA, « l’ordre<br />
règne à Santiago »<br />
La Fédération chilienne de football<br />
sait l’usage du stade par les<br />
Fax: (973) 690-5364<br />
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militaires, son président Francisco<br />
Fluxa propose à Pinochet<br />
de jouer la revanche à Vina del<br />
Mar, loin des travées ensanglantées<br />
de Santiago. Pinochet<br />
refuse : c’est El Estadio nacional<br />
ou rien.<br />
Une délégation de la FIFA<br />
vient à Santiago le 24 octobre<br />
pour inspecter le stade, dirigée<br />
par le vice-président brésilien<br />
Abilio d’Almeida et le secrétairegénéral<br />
suisse Helmuth Kaeser.<br />
Les militaires éliminent toutes<br />
les traces de sang, de torture,<br />
dans un stade qui abrite encore<br />
7 000 détenus.<br />
Accompagnés du<br />
ministère de la Défense, l’amiral<br />
Carvajal, ils donnent une conférence<br />
de presse où ils confirment<br />
« que le rapport que nous<br />
avait adressé les autorités est le<br />
reflet de ce que nous avons vu :<br />
tout est calme à Santiago ».<br />
L’émissaire brésilien, dans<br />
un pays qui vit depuis 1964<br />
sous une dictature militaire, se<br />
permit même de confier aux<br />
nouveaux maîtres du Chili : « Ne<br />
vous inquiétez pas de la campagne<br />
journalistique internationale<br />
contre le Chili. On a connu<br />
la même chose au Chili, cela<br />
va passer bien vite ». La FIFA<br />
a fermé les yeux et donné sa<br />
bénédiction au stade de la mort.<br />
Blokhine : « on ne voulait<br />
pas jouer parce que Pinochet<br />
était au pouvoir »<br />
La Fédération chilienne et la<br />
FIFA confirment l’ « Estadio<br />
nacional » – le stade de la mort<br />
– comme lieu du match retour.<br />
Que vont faire les Soviétiques ?<br />
Oleg Blokhine, la star de<br />
l’équipe et du Dinamo Kiev,<br />
futur ballon d’or 1975 se souvient<br />
: « J’étais là pour le 0-0<br />
à Moscou. On a parlé avec le<br />
groupe et nous avons décidé<br />
de ne pas jouer le match retour.<br />
On ne voulait pas parce<br />
que Pinochet était au pouvoir.<br />
C’était dangereux pour nous de<br />
jouer au Chili, on a exprimé nos<br />
préoccupations à la Fédération<br />
de football. Finalement, on a<br />
préféré abandonner les éliminatoires.<br />
»<br />
L' « Estadio nacional » le stade de la mort sert de camp de<br />
concentration pour les opposants politiques<br />
« L’URSS ne jouera pas ». Caszely raconte que lorsque<br />
La sélection chilienne de 1973<br />
dans un stade souillé du sang<br />
des patriotes chiliens »<br />
La décision est approuvée<br />
non seulement par la Fédération<br />
de football, mais aussi par<br />
le Kremlin. Le communiqué<br />
rendu par la Fédération de football<br />
soviétique se révèle sobre,<br />
digne et cinglant, accusant le<br />
régime criminel de Pinochet, dénonçant<br />
ses complices : « pour<br />
des considérations morales, les<br />
sportifs soviétiques ne peuvent<br />
pas jouer en ce moment au stade<br />
de Santiago, souillé du sang des<br />
patriotes chiliens. L’URSS exprime<br />
une protestation ferme et<br />
déclare que dans les conditions<br />
actuelles, quand la FIFA, agissant<br />
contre le bon sens, permet<br />
que les réactionnaires chiliens<br />
les mènent par le bout du nez,<br />
on doit refuser de participer à ce<br />
match sur le sol chilien, ceci par<br />
la faute de l’administration de la<br />
FIFA ».<br />
L’Allemagne de l’est, la<br />
Pologne, la Bulgarie menacent,<br />
elles aussi, de boycotter le Mondial.<br />
Ce qu’elles ne feront pas.<br />
L’URSS va jusqu’au bout, alors<br />
que la presse chilienne présente<br />
le « match le plus triste de<br />
l’histoire » comme une victoire<br />
du nouveau régime contre les<br />
communistes.<br />
Quarante-ans après, les<br />
scrupules ont pris certains des<br />
acteurs comme le président de la<br />
Fédération Francisco Fluxa pour<br />
qui ce match était « éthiquement<br />
questionnable » et qui<br />
pense aujourd’hui « qu’il n’était<br />
pas éthique de nier qu’il y ait<br />
eu des détenus au Stade. Mais<br />
à l’époque, on ne pensait qu’à<br />
aller au Mondial ». Les sportifs<br />
soviétiques avaient d’autres<br />
préoccupations.<br />
Quand la star chilienne<br />
communiste entre en<br />
résistance contre le<br />
dictateur<br />
L’ailier droit de la sélection chilienne<br />
Carlos Caszely était lui la<br />
star de l’équipe, jouant alors en<br />
Espagne, proche du Parti communiste<br />
sous le gouvernement<br />
d’Allende. Il se rappelle la terreur<br />
avant le match : « On nous<br />
a dit que les Soviétiques ne viendraient<br />
pas. Tous ceux qui<br />
étaient épris de liberté étaient<br />
terriblement tristes. Les familles<br />
des disparus venaient nous voir<br />
et nous demander : et Chinois<br />
(surnom de Caszely), toi qui<br />
seras dans le stade, essaies de<br />
découvrir où est mon fils, ou<br />
mon camarade de l’université<br />
la partie a commencé, il voulait<br />
lancer le ballon en touche, mais<br />
il donne finalement le ballon à<br />
Valdes – autre footballeur identifié<br />
à la gauche – qui marque<br />
le but de la honte, avant de célébrer<br />
sobrement le but dans le<br />
virage … vide de supporters. Un<br />
hommage alors obscur à ceux<br />
qui étaient tombés dans le Stade<br />
de la mort.<br />
Pinochet se permettra de<br />
railler cyniquement l’ailier de<br />
gauche : « Vous êtes le premier<br />
joueur de gauche à jouer pour la<br />
droite ». Caszely lui répond alors,<br />
gêné mais frondeur : « C’est<br />
vrai que je joue … sur l’ailedroite<br />
».<br />
Caszely n’acceptera jamais<br />
la dictature de Pinochet.<br />
Lors du départ de la sélection<br />
pour l’Allemagne, Pinochet<br />
passe en revue tous les joueurs.<br />
Il est le seul à refuser de lui serrer<br />
la main. Lors du premier match<br />
du Chili contre la RFA, il est<br />
expulsé pour un coup de poing<br />
sur le défenseur allemand Berti<br />
Vogts. Il est le premier joueur<br />
expulsé en coupe du monde.<br />
Son « camarade », le maoiste<br />
Paul Breitner marque le but<br />
de la RFA qui permet de battre<br />
le Chili. Ses « camarades » de la<br />
RDA prendront par ailleurs sa<br />
revanche en battant à la surprise<br />
générale la RFA, 1-0, lors<br />
du match d’ouverture. Avant<br />
que le Brésil n’humilie le Chili<br />
par un 5-0 cinglant transformant<br />
l’épopée du Chili de Pinochet<br />
en déroute mémorable.<br />
Caszely paiera sa révolte<br />
au prix fort. Non seulement il<br />
sera interdit de sélection nationale<br />
pendant six ans, mais<br />
sa mère est enlevée et torturée<br />
par les militaires. L’attaquant<br />
n’abandonnera pas son combat,<br />
il sera une des figures du «<br />
Non » au référendum de 1988<br />
pour le maintien de Pinochet. Il<br />
continue encore aujourd’hui à<br />
porter la voix des disparus, des<br />
victimes de la dictature.<br />
Ce 21 novembre 1973,<br />
contrairement à ce que pensait<br />
la presse chilienne, c’est bien<br />
l’URSS communiste qui avait<br />
triomphé de la dictature militaire,<br />
néo-libérale, anti-communiste<br />
de Pinochet et de ses complices<br />
occidentaux, et inspira les<br />
résistants d’Amérique latine. En<br />
mettant son combat politique,<br />
ses valeurs morales au-dessus<br />
d’une simple partie de football.<br />
Solidarité internationale12<br />
septembre <strong>2014</strong><br />
20<br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>