09.08.2016 Vues

Haiti Liberte 17 Septembre 2014

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00<br />

1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210 Tel: 718-421-0162<br />

HAÏTI LIBERTÉ<br />

JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE<br />

Email: editor@haitiliberte.com<br />

Web: www.haitiliberte.com<br />

À PETIT-GOÂVE : DES ÉVÉNEMENTS<br />

ET LEURS CONSÉQUENCES !<br />

Ki jou n ap gen<br />

yon Leta k ap<br />

travay nan enterè<br />

pèp ayisyen an<br />

vre?<br />

Page 6<br />

English<br />

Page 9<br />

Voir page 4<br />

Le mercredi 10 septembre dernier, la ville de Petit-Goâve a connu une nouvelle journée de manifestation, de tension et de<br />

violents affrontements entre des membres de l'Opposition et des partisans des autorités locales.<br />

L’Instrumentalisation<br />

de la Justice !<br />

Page 7<br />

TERRIBLES ACCIDENTS À PETIT-<br />

GOÂVE ET À PORT-AU-PRINCE<br />

Le flirt des<br />

Occidentaux<br />

avec les<br />

djihadistes<br />

tourne mal !<br />

Page 10<br />

Voir page 4<br />

Deux terribles accidents ont compté en tout un total de 30 morts et de 39 blessés, selon un bilan rendu public par le<br />

bureau central de la protection civile de l’Ouest<br />

Sierra Leone:<br />

Cuba envoie 165<br />

experts pour<br />

lutter contre<br />

Ebola !<br />

Page <strong>17</strong>


Editorial<br />

Riposte du secteur populaire aux<br />

appétits des loups impériaux!<br />

Par Berthony Dupont<br />

On les attendait ces loups et vautours sans frontières, ces gendarmes<br />

internationaux violateurs des droits de l’homme, ces<br />

avocats des multinationales qui monopolisent les ressources et les<br />

richesses des pays pauvres pour créer plus de gens affamés. On les<br />

attendait ces usurpateurs dans la crise qu’ils ont eux-mêmes créée<br />

au pays en manipulant les divers groupes politiques et en jouant sur<br />

les rivalités. Ils ont eux-mêmes précipité le pays dans l’abîme en imposant<br />

Michel Martelly au pouvoir et maintenant ce sont eux qui les<br />

premiers manifestent leur inquiétude pour agir en donneur de leçons.<br />

La semaine dernière, lors de la rencontre du Conseil de sécurité<br />

sur le dossier d’Haïti, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Samantha<br />

Power a déploré que six sénateurs aient pris en otage les élections<br />

sur la base de considérations politiques ; malgré le travail sans relâche<br />

des dirigeants de l’exécutif. Dans la même veine, elle s’est félicitée de<br />

la professionnalisation de la Police nationale et du renforcement du<br />

système judiciaire, grâce aux efforts de la force d’occupation, la MI-<br />

NUSTAH.<br />

Le chef civil de la Mission d’occupation d’<strong>Haiti</strong>, Sandra Honoré<br />

a, pour sa part, également blâmé dans son rapport le Groupe<br />

des six sénateurs opposés à l’Accord d’El Rancho. Comble d’ironie,<br />

l’ambassadeur de France, François Delattre, lui-même s’est dit profondément<br />

préoccupé par les retards accumulés dans l’organisation<br />

électorale. Il déclarait : « Il est essentiel que l’organisation du processus<br />

électoral puisse reprendre très rapidement, sans entrave et dans<br />

un esprit de responsabilité démocratique de tous les acteurs ». Quel<br />

tartuffe !<br />

Michael Tatham, le représentant du Royaume-Uni, a jugé<br />

décevant qu’Haïti se trouve encore une fois dans une impasse politique<br />

et que la loi électorale amendée n’ait pas encore été approuvée<br />

en scandant : « Cela aura de graves conséquences pour la démocratie<br />

et l’état de droit, avant d’appeler les parties prenantes à essayer de<br />

tenir les élections dans les délais prévus »<br />

Toutes sortes d’anicroches ont été évoquées, mais celle que nos<br />

«amis» ont omise de mentionner, c’est leur choix à appuyer ce régime<br />

qui symbolise tous les maux dont souffre ce peuple exploité et affamé.<br />

C’est le jeu cynique de l’impérialisme qui veut une fois de plus<br />

imposer sa tutelle dans le sens souhaité par Washington. Et c’est sur<br />

cette toile de fond que le scénario prévu a été exécuté par 15 membres<br />

du Congrès.<br />

Ainsi pour renforcer leur ingérence, et montrer leur appui au<br />

régime de mercenaires et de trafiquants de drogues à leur solde, ils<br />

ont écrit au sénateur et président du parlement Simon Dieuseul Desras,<br />

lui enjoignant d’exhorter les six sénateurs à adopter la législation<br />

pour la réalisation des élections essentielles au renforcement et à la<br />

pérennisation des acquis démocratiques : « Nous sommes profondément<br />

préoccupés par le Sénat haïtien qui est incapable d’adopter la<br />

législation nécessaire pour autoriser des élections cette année. Nous<br />

croyons que les Haïtiens méritent de jouir de cet acquis démocratique<br />

fondamental, qui est sans cesse retardé » ont-ils déclaré.<br />

Le député démocrate de New York, Eliot L. Engel, dans des<br />

propos de circonstance revendique que le peuple « mérite de choisir<br />

ses propres dirigeants et de tracer la voie pour l’avenir de son pays.<br />

Les retards enregistrés dans l’organisation d’élections libres en Haïti<br />

étouffent les aspirations du peuple de ce pays et peuvent saper la<br />

démocratie haïtienne. Il est temps pour le Sénat haïtien de faire la<br />

bonne chose et de voter la loi nécessaire pour avancer vers les élections<br />

»<br />

Tous ces propos ne sont que pour relancer la stratégie impérialiste,<br />

afin de consolider son contrôle sur nos richesses naturelles et<br />

par la force, si c’est nécessaire. Or, au lieu de nous dire quand et comment<br />

leur occupation du territoire haïtien prendra fin, elle exploite le<br />

moindre alibi pour justifier sa présence et son programme de recolonisation.<br />

Dans ces conditions, que peut-on attendre d’un gouvernement<br />

qui engloutit son pays et avilit ses masses populaires comme<br />

en témoigne la position de Martelly et de Lamothe en faveur des<br />

Nations unies contre les victimes du Cholera. C’est un gouvernement<br />

qui tourne à vide et qui s’étourdit à force de forfaitures et d’incurie.<br />

Comment peut-il organiser des élections dans un pays où la majorité<br />

populaire le rejette.<br />

Les affrontements décisifs clarifient toujours les situations de<br />

crise et délimitent avec une parfaite netteté les camps antagonistes.<br />

Le pays ne peut plus subir les effets dévastateurs des puissances<br />

étrangères et de leurs laquais locaux. Face à tant de tiraillements, le<br />

peuple haïtien n’est pas aussi inquiété comme l’est la Communauté<br />

internationale. Le peuple haïtien est déjà prêt à résoudre la crise par<br />

une alternative viable et durable. Il prône depuis déjà bien longtemps<br />

la démission de Martelly et Lamothe pour les remplacer par un gouvernement<br />

provisoire formé de représentants des différents secteurs<br />

du pays, et qui aura à mettre sur pied un Conseil Electoral Provisoire<br />

CEP selon l’article 289 de la Constitution du pays ; lequel créera alors<br />

les conditions susceptibles d’assurer de bonnes conditions pour<br />

la réalisation d’élections, en permettant dans la sécurité absolue et<br />

permanente la libre circulation des personnes sur l’ensemble du territoire.<br />

Les masses populaires ne sont pas dupes. Lorsqu’on parle<br />

d’impérialisme, elles décèlent hypocrisie et imposture. Elles ont compris<br />

longtemps déjà les causes profondes et la nature du mal qui ont<br />

conduit au déclin de leur pays : la présence pesante de la Minustah,<br />

force garante des cruels méfaits du régime Martelly-Lamothe . Voilà<br />

pourquoi, elles ont décidé de réparer elles-mêmes les pots cassés<br />

en exigeant le non-renouvellement du mandat de la Minustah et le<br />

départ de Martelly-Lamothe. Alors, devant tant de perspicacité populaire,<br />

le devoir de la Communauté internationale, c’est d’accepter le<br />

verdict des masses haïtiennes.<br />

Oui à une Haïti souveraine au profit de ses paysans, de ses travailleurs,<br />

de sa jeunesse d’avant-garde et pour sa prospérité de façon<br />

à en finir avec un système qui fait la honte de l’humanité et qui a trop<br />

duré ! Non à la Minustah ! Non à l’impérialisme accapareur, dominateur<br />

et exploiteur ! Non à ses laquais ! Non aux Conzé !<br />

HAITI<br />

1583 Albany Ave<br />

Brooklyn, NY 11210<br />

Tel: 718-421-0162<br />

Fax: 718-421-3471<br />

3, 2ème Impasse Lavaud<br />

Port-au-Prince, <strong>Haiti</strong><br />

Tél: 509-3407-0761<br />

Responsable:<br />

Yves Pierre-Louis<br />

Email :<br />

editor@haitiliberte.com<br />

Website :<br />

www.haitiliberte.com<br />

DIRECTEUR<br />

Berthony Dupont<br />

EDITEUR<br />

Dr. Frantz Latour<br />

RÉDACTION<br />

Berthony Dupont<br />

Wiener Kerns Fleurimond<br />

Kim Ives<br />

Fanfan Latour<br />

Guy Roumer<br />

CORRESPONDANTS<br />

EN HAITI<br />

Daniel Tercier<br />

Oxygène David<br />

COLLABORATEURS<br />

Marie-Célie Agnant<br />

J. Fatal Piard<br />

Catherine Charlemagne<br />

Pierre L. Florestal<br />

Yves Camille<br />

Didier Leblanc<br />

Jacques Elie Leblanc<br />

Roger Leduc<br />

Joël Léon<br />

Claudel C. Loiseau<br />

Anthony Mompérousse<br />

Dr. Antoine Fritz Pierre<br />

Jackson Rateau<br />

Eddy Toussaint<br />

Ray Laforest<br />

Edmond Bertin<br />

ADMINISTRATION<br />

Marie Laurette Numa<br />

Jean Bertrand Laurent<br />

DISTRIBUTION: CANADA<br />

Pierre Jeudy<br />

(514)727-6996<br />

DISTRIBUTION: MIAMI<br />

Pierre Baptiste<br />

(786) 262-4457<br />

COMPOSITION ET ARTS<br />

GRAPHIQUES<br />

Mevlana Media Solutions Inc.<br />

647-499-6008<br />

computertrusting@gmail.com<br />

WEBMASTER<br />

Frantz Merise<br />

frantzmerise.com<br />

LIBERTÉ<br />

Bulletin d'Abonnement<br />

A remplir et à retourner à <strong>Haiti</strong> Liberté 1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210<br />

Tel : 718-421-0162, Fax 718-421-3471<br />

Etats-Unis<br />

Tarifs d’abonnements<br />

Canada<br />

Nom: _________________________<br />

Prénom: ______________________<br />

Adresse: ______________________<br />

Ville: _________________________<br />

Etat/Pays: ____________________<br />

Zip Code/Code Postal: ___________<br />

Tél: __________________________<br />

E-mail: _______________________<br />

Modalités de paiement<br />

Montant : $ ___________<br />

Chèque Mandat bancaire<br />

Carte de crédit<br />

Numéro : ________________________<br />

Date d’expiration : ________ /_______<br />

Code de sécurité : _________________<br />

Première Classe<br />

$100 pour un an<br />

$50 pour six mois<br />

Amerique<br />

Centrale,<br />

Amerique du<br />

Sud et Caraïbes<br />

$125 pour un an<br />

$65 pour six mois<br />

Europe<br />

$150 pour un an<br />

$80 pour six mois<br />

Afrique<br />

$140 pour un an<br />

$80 pour six mois $150 pour un an<br />

$85 pour six mois<br />

2<br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>


A Travers <strong>Haiti</strong><br />

Haïti, chronique d’une crise électorale (18)<br />

Dialogue et négociation, la différence !<br />

Par Catherine Charlemagne<br />

Une mère de famille<br />

retrouvée morte à Sarazin<br />

Par Jackson Rateau<br />

Le matin du mardi 9 <strong>Septembre</strong><br />

dernier, Eunide Prévil, 38 ans,<br />

mère d’un garçonnet de 5 ans, a été<br />

retrouvée morte sous un pont dans la<br />

localité de Feja, 2 kilomètres au sud<br />

de la ville de Mirebalais. Eunide était<br />

portée disparue depuis le dimanche 7<br />

<strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>. Son corps qui paraissait<br />

être très tailladé portait beaucoup<br />

de lacérations d’armes tranchantes.<br />

Selon ce qu’a rapporté un des<br />

proches de la victime, elle avait laissé<br />

sa maison le dimanche 7 <strong>Septembre</strong><br />

aux environs de 7 heures du matin<br />

à destination de Sarazin, 3e section<br />

communale de Mirebalais. Elle était<br />

partie voir le père de son enfant,<br />

Wadner Joachin, le curé de la dite<br />

paroisse, avec qui elle partageait une<br />

longue histoire d’amour. Ne l’ayant<br />

jamais vue regagner sa demeure tout<br />

au cours de la journée du dimanche<br />

7 <strong>Septembre</strong> et même la nuit précédente,<br />

ses parents entamèrent alors<br />

La langue française, comparativement<br />

à l’allemand ou à l’anglais,<br />

a cette particularité : la clarté. Et madame<br />

Mirlande Manigat, la Secrétaire<br />

générale du RDNP (Rassemblement<br />

des Démocrates Nationaux et Progressistes),<br />

en constitutionnaliste confirmée,<br />

vient d’en apporter la preuve<br />

quand elle fait la différence entre « dialogue<br />

et négociation » dans le cadre de<br />

ce qui devrait être entrepris à une date<br />

restant à définir entre le Président de la<br />

République et les formations politiques<br />

de l’opposition avec la bénédiction du<br />

groupe des six sénateurs radicaux. En<br />

effet, l’on n’avait pas porté attention à<br />

cette distinction flagrante. Pourtant, on<br />

a consacré une chronique entière sur ce<br />

que les protagonistes appellent : dialogue<br />

ou pourparlers. Celle qui n’a aucun<br />

problème en tant que responsable<br />

politique pour rencontrer le chef de<br />

l’Etat fait clairement la distinction entre<br />

l’action de discuter et celle de négocier.<br />

La semaine dernière, en répondant à<br />

une question lors d’un entretien avec<br />

le journal Le Nouvelliste à propos de la<br />

reprise du dialogue prévu, elle a déclaré<br />

que : « je ne l’appellerais pas dialoguer,<br />

mais de la négociation ».<br />

Personne ou presque n’a relevé<br />

la nuance. Cette petite phrase de la patronne<br />

du RDNP qui sait de quoi elle<br />

parle est passée totalement inaperçue<br />

dans l’opinion, voire auprès des observateurs<br />

et commentateurs politiques<br />

haïtiens. Pourtant, elle a toute son importance<br />

dans la grille d’analyse qu’on<br />

fait à la recherche de solutions dans<br />

cette crise préélectorale. Pour avoir<br />

le cœur net et être en phase avec ce<br />

que nous écrivons en tentant de comprendre<br />

où se situe le problème ou le<br />

malentendu entre le Président Michel<br />

Martelly et l’opposition sur les différentes<br />

rencontres ayant eu lieu depuis près<br />

de trois ans et qui demeurent jusqu’à<br />

maintenant sans conclusion, nous<br />

avons dû réviser nos classiques de science<br />

politique sur les conflits et surtout<br />

jeter un coup d’œil sur l’inoxydable,<br />

l’indémodable et l’incontournable<br />

vieux dictionnaire Le Petit Larousse<br />

sur la question.<br />

Justement, que dit Le Petit<br />

Larousse à propos de ces deux appel-<br />

Mirlande Manigat, la<br />

Secrétaire générale du RDNP<br />

(Rassemblement des Démocrates<br />

Nationaux et Progressistes), en<br />

constitutionnaliste confirmée, vient<br />

d’en apporter la preuve quand elle<br />

fait la différence entre « dialogue et<br />

négociation »<br />

lations : dialogue et négociation ? En<br />

premier lieu, même si l’on y trouve<br />

les mêmes termes entre les deux définitions,<br />

il existe pourtant une nette<br />

différence entre « dialogue et négociation<br />

». Selon le Larousse, un dialogue<br />

« c’est une conversation, un échange<br />

de vues entre deux ou plusieurs personnes<br />

». Apparemment, sans aucun<br />

but précis d’après la première définition.<br />

En revanche, selon une deuxième<br />

déclinaison, un dialogue c’est aussi une<br />

« discussion visant à trouver un terrain<br />

d’entente » l’on s’imagine toujours<br />

entre ces mêmes personnes. A aucun<br />

moment, les grammairiens de Larousse<br />

n’ont parlé du mot « accord » et de<br />

quoi que ce soit d’autres. Tandis que,<br />

avec le terme de négociation, l’on est<br />

passé à toute autre chose. En effet, la<br />

première définition de Larousse pour le<br />

mot « négociation » pose tout de suite<br />

le décor. Elle définit négociation comme<br />

« action de négocier, de discuter les affaires<br />

communes entre des parties en<br />

vue d’un accord ».<br />

Ce qui signifie que quand on<br />

mène un dialogue il n’y a pas lieu<br />

d’avoir un accord, encore moins de le<br />

signer. Ce qui est tout à fait différent<br />

quand on entame une négociation dont<br />

le but ultime est d’arriver à un accord<br />

avec son interlocuteur. Mais la deuxième<br />

définition du Petit Larousse est<br />

encore plus explicite sur ce point. On y<br />

lit : une négociation c’est l’« ensemble<br />

des recherches afin de la retrouver.<br />

Le cadavre de la victime une<br />

fois retrouvé, les autorités policières<br />

et judiciaires de Mirebalais se sont<br />

rendues à Sarazin pour interroger<br />

le curé Joachin. Etant informé de<br />

l’arrivée dans son domicile des appareils<br />

judiciaires et policiers, le suspect<br />

s’est mis à couvert ; et depuis n’a jamais<br />

été aperçu même dans les villes<br />

avoisinantes.<br />

Toujours selon les témoignages<br />

des parents de la victime, le présumé<br />

criminel, le père Joachin, avait toujours<br />

refusé de prendre en charge la<br />

responsabilité du gamin, son propre<br />

fils, ce qui générait des disputes continuelles<br />

et enflammées au sein du<br />

couple.<br />

«Que la police et la justice fassent<br />

leur travail en ce qui concerne ce<br />

crime, c'est-à-dire, traquer le prêtre<br />

Joachin et ses suppôts, pour que justice<br />

soit rendue à cette famille profondément<br />

éprouvée», ont ajouté les<br />

parents de la défunte.<br />

Dialogues entrepris par Religions Pour la Paix d’Haïti<br />

Les pourparlers de l’hôtel El Rancho sous l’autorité de la Conférence<br />

Episcopale d’Haïti (CEH) conduits par le Cardinal Chibly Langlois<br />

Director: Florence Comeau<br />

Interlink Translation<br />

Services<br />

* Translations * Interpreters<br />

* Immigration Services<br />

* Resumé * Fax Send & Receive<br />

* Much more.<br />

English • French • Kreyòl • Spanish<br />

Tel: 718-363-1585<br />

899 Franklin Avenue,<br />

Brooklyn, NY 11225<br />

de discussions, de pourparlers entre des<br />

personnes, des partenaires sociaux, des<br />

représentants qualifiés d’Etats menés<br />

en vue d’aboutir à un accord sur les<br />

problèmes posés ». Ici, il n’existe aucune<br />

ambigüité. Il n’y a là aucun doute<br />

possible sur l’objectif recherché et le but<br />

à atteindre. Pour avoir un accord, il faut<br />

entrer en négociation et discuter point<br />

par point le dossier en question et ce<br />

n’est pas avec n’importe qui. Il ne suffit<br />

pas de remplir un hôtel ou un Centre<br />

de conférences d’individus n’ayant aucune<br />

autorité ou d’activistes de tout poil<br />

pour penser sortir avec quelque chose<br />

de sérieux ou même une solution durable.<br />

Finalement, le dialogue demeure<br />

le début d’un processus pouvant amener<br />

des protagonistes à entrer en négociation<br />

et non le contraire. Parti de ce<br />

principe, on peut se demander si depuis<br />

le début de la crise les acteurs haïtiens<br />

et étrangers ne faisaient pas fausse<br />

route ? Et l’on peut comprendre pourquoi,<br />

depuis ces trois longues années,<br />

aucun des « accords » signés n’a vraiment<br />

satisfait personne et n’a jamais<br />

abouti à rien. Des dialogues entrepris<br />

par Religions Pour la Paix d’Haïti en<br />

passant par les pourparlers de l’hôtel El<br />

Rancho sous l’autorité de la Conférence<br />

Chery’s Brokerage, Inc.<br />

<strong>17</strong>86 Nostrand Ave., Brooklyn, NY 11226<br />

Tel: 718-693-8229 * Fax: 718-693-8269<br />

Episcopale d’Haïti (CEH) conduit par le<br />

Cardinal Chibly Langlois et les rencontres<br />

de l’hôtel Best Western, l’on n’était<br />

en fait que dans les prémices pour une<br />

négociation. Mais jamais les acteurs ne<br />

s’étaient mis d’accord pour passer à ladite<br />

phase.<br />

Cela peut ressembler, pour certains,<br />

à un débat sémantique, voire à<br />

du dilatoire le fait que Mme. Manigat<br />

veuille clarifier ces points de confusion<br />

avant de s’asseoir une nouvelle<br />

fois avec le Président Martelly. Pourtant,<br />

ces arguments ne sont pas sans<br />

fondements. Cette réflexion est même<br />

capitale pour la suite des évènements<br />

dans la mesure où, à aucun moment,<br />

les deux parties, et surtout l’opposition,<br />

n’ont jamais vraiment réfléchi sur le<br />

côté fondamental de la question. Dans<br />

son entretien avec Le Nouvelliste, la<br />

Secrétaire générale du RDNP a déclaré :<br />

« sur le principe de la négociation<br />

oui, mais tout dépend du contenu, de<br />

l’endroit et des participants … ». Avec<br />

ces trois considérations, elle pose pour<br />

ses partenaires de l’opposition les préalables<br />

pouvant permettre la réussite<br />

d’une bonne négociation. Pas forcément<br />

d’ailleurs pour son camp mais<br />

pour les deux parties.<br />

Sans entrer dans un développement<br />

élargi de ces trois préalables, l’on<br />

peut tenter de résumer les axes d’une<br />

bonne négociation. D’abord, le lieu de<br />

la rencontre. Aucun acteur d’un conflit<br />

quelconque ne doit accepter de se<br />

rendre chez son adversaire ni sur son<br />

territoire pour entamer avec lui une<br />

discussion, encore moins une négociation.<br />

Si pour une raison quelconque il<br />

l’accepte, il se mettrait immédiatement<br />

en position de faiblesse devant celui qui<br />

aura un avantage psychologique en<br />

tant que hôte des lieux. D’où, dans de<br />

pareilles situations, le choix d’un terrain<br />

neutre qu’il s’agisse de conflits sociaux,<br />

politiques, voire militaire. Deuxièmement,<br />

avec qui négocier ? Qui sont<br />

les participants ? De quels pouvoirs<br />

disposent-ils et de quelle crédibilité jouissent-ils<br />

? Là aussi, ce sont des points<br />

à ne pas négliger dans un processus de<br />

négociation quand on est en conflit ou<br />

en désaccord avec autrui.<br />

A quoi cela servirait-il, en effet,<br />

si ce sont des gens n’ayant aucune autorité<br />

ni qualité nécessaire et incapables<br />

de prendre des décisions adéquates<br />

qui viennent négocier avec les véritables<br />

responsables dans l’hypothèse<br />

d’une négociation entre deux ou plusieurs<br />

adversaires sur un ou plusieurs<br />

Suite à la page (14)<br />

GET YOUR TAX REFUND FAST<br />

• Income Tax<br />

• Insurance (car, life, home, business)<br />

• Real Estate<br />

• Financial Consulting<br />

• Notary Public<br />

• Translations (from French,<br />

Creole, Spanish to English)<br />

• Typing (resume, flyers, invitations, papers,<br />

business letters)<br />

• Faxing (sending and receiving). Copying.<br />

• Electronic Filing<br />

Phone: 718.693.8229 Fax: 718.693.8269<br />

<strong>17</strong>86 Nostrand Ave., Brooklyn, NY 11226<br />

(between Clarendon Rd & Avenue D)<br />

CHERY’S BROKERAGE<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 3


Terribles accidents à Petit-<br />

Goâve et à Port-au-Prince<br />

À Petit-Goâve : des événements<br />

et leurs conséquences !<br />

Par Thomas Peralte<br />

Les freins d’un camion de transport assurant le trajet Port-au-Prince<br />

Jérémie, auraient lâché, alors que l’engin dévalait la pente du morne à<br />

toute allure<br />

27 personnes ont été tuées et 30 autres gravement blessées dans cette<br />

navrante tragédie survenue à Morne Tapion au cours de la journée du<br />

mardi 9 <strong>Septembre</strong> dernier<br />

Par Jackson Rateau<br />

Deux terribles accidents qui se sont<br />

produits parallèlement à Morne<br />

Tapion, Petit-Goâve et à Carrefour<br />

Clercine, Port-au-Prince la semaine<br />

dernière, ont compté en tout un total<br />

de 30 morts et de 39 blessés, selon un<br />

bilan rendu public par le bureau central<br />

de la protection civile de l’Ouest basé à<br />

Port-au-Prince.<br />

En effet, 27 personnes ont été<br />

tuées et 30 autres gravement blessées<br />

dans cette navrante tragédie survenue<br />

à Morne Tapion au cours de la journée<br />

du mardi 9 <strong>Septembre</strong> dernier.<br />

Selon un responsable du bureau<br />

de la protection civile de Port-au-<br />

Prince, Oreb Toussaint, les freins d’un<br />

camion de transport assurant le trajet<br />

Port-au-Prince Jérémie, auraient lâché,<br />

alors que l’engin dévalait la pente du<br />

morne à toute allure. Certains riverains<br />

ayant assisté à la tragique scène,<br />

ont fait savoir que des accidentés légèrement<br />

blessés ont été conduits à<br />

l’Hôpital Notre dame de Petit-Goâve,<br />

ce centre hospitalier gravement<br />

paralysé par une grève de médecins<br />

et d’infirmières, qui a duré plus que 2<br />

mois ; alors que les plus graves, ont<br />

été transportés d’urgence à l’Hôpital de<br />

l’OFATMA à Port-au-Prince. «Le véhicule<br />

accidenté a dévalé une colline très<br />

Suite à la page (14)<br />

HELP WANTED<br />

DRYCLEANER PRESSER<br />

Experienced only in<br />

dryclean pressing.<br />

Must be able to work<br />

Monday -Saturday.<br />

Apply in person.<br />

Immediate aopening<br />

LaMar DryCleaners<br />

6430 Pembroke Rd.<br />

Miramar, FL 33023<br />

l’occasion de la célébration de<br />

À la fête de Notre-Dame à Petit-<br />

Goâve, le 15 Août <strong>2014</strong>, deux<br />

incidents malheureux se sont produits<br />

: l’agression physique d’un policier<br />

de la PNH au Lambi Night-Club par<br />

des agents de sécurité des députés<br />

PSP, Jacques Stevenson Thimoléon et<br />

Jean René Lochard, respectivement<br />

représentant de Petit-Goâve et de la<br />

deuxième circonscription de Port-au-<br />

Prince ; l’intervention musclée des<br />

agents de l’Unité Départementale<br />

pour le Maintien de l’Ordre (UDMO)<br />

à la clôture des festivités sur la place<br />

des Abeilles, le <strong>17</strong> Août <strong>2014</strong>, où<br />

plusieurs groupes musicaux assuraient<br />

l’animation.<br />

En effet, le rapport du Réseau National<br />

de Défense des Droits Humains<br />

sur les incidents indique que : « Le 15<br />

août <strong>2014</strong>, lors d›un bal organisé au<br />

Lambi Night-Club de Petit-Goave par<br />

un entrepreneur de la zone, une vive<br />

discussion est éclatée autour d›une<br />

question relative à la réservation pour<br />

des officiels, d›une partie de la salle où<br />

devait performer le groupe musical Nu<br />

Look. Les agents de sécurité du Député<br />

Jacques Stevenson THIMOLEON et du<br />

Député Jean René LOCHARD ainsi que<br />

plusieurs officiels présents au Night-<br />

Club ont battu un agent de la PNH, dont<br />

le RNDDH se garde de citer le nom, et<br />

l›ont dépossédé de son arme à feu et<br />

de son badge d›identification en raison<br />

du fait qu›il se trouvait dans l›espace<br />

réservé aux officiels.<br />

Selon plusieurs autorités rencontrées<br />

dans le cadre de cette enquête, les<br />

premiers agresseurs du policier sont<br />

des agents de sécurité du Député Jean<br />

René LOCHARD. D’autres ont pour<br />

leur part affirmé que c’est le Député<br />

Jean René LOCHARD lui-même qui<br />

a frappé le policier en premier et a<br />

ordonné qu’il soit menotté. Quelques<br />

heures plus tard, l’agent de police a<br />

été libéré, cependant son arme de service<br />

et son badge ont été gardés par<br />

le Chef de sécurité du Député Jacques<br />

Stevenson THIMOLEON avec menaces<br />

de les remettre à l’Inspection Générale<br />

de la PNH pour sanctions. Ce n’est que<br />

le lendemain de l’incident, soit le 16<br />

août <strong>2014</strong> que le policier, tenu de se<br />

rendre au domicile du Député Jacques<br />

Stevenson THIMOLEON, a pu récupérer<br />

son badge et son arme après qu’il<br />

ait été invité à signer un document<br />

préparé par le Député lui-même et<br />

dans lequel le Policier s’engage à ne<br />

pas poursuivre les agents de sécurité<br />

qui l’ont tabassé. »<br />

Cet acte barbare rappelle l’époque<br />

de la dictature des Duvalier quand des<br />

miliciens ou Tontons macoutes désarmaient<br />

des soldats des Forces Armées<br />

d’Haïti puis les jetaient en prison, suite<br />

à de banals incidents. Les députés corrompus,<br />

vendus de PSP se comportent<br />

comme de véritables bourreaux dans<br />

leurs circonscriptions. L’agente intérimaire<br />

de l’Exécutif, Sandra W. Jules,<br />

amie intime du député Thimoléon,<br />

a confirmé l’agression physique du<br />

policier dont le nom n’a pas été relevé<br />

dans le rapport. Elle a déclaré avoir vu<br />

du sang au front de l’agent de police<br />

victime dont l’arme et le badge ont été<br />

retenus sur l’ordre d’un nouveau Bòs<br />

Pent.., Jacques Stevenson Thimoléon.<br />

Le bilan du deuxième incident a<br />

été très lourd, plus de deux cents (200)<br />

petits commerçants en sont sortis victimes<br />

: 32 personnes blessées dans la<br />

foule dont 2 par balles, deux autres brûlées<br />

et des pertes financières énormes.<br />

D’autres sources ont fait savoir qu’il y<br />

a eu des morts et des disparus. Certains<br />

estiment que les policiers sont venus<br />

tirer à titre de revanche pour leur frère<br />

d’armes victime d’agression physique<br />

des agents de sécurité des députés de<br />

PSP.<br />

Suite à ces deux incidents malheureux<br />

impliquant directement le député<br />

de Petit-Goâve et sa petite amie,<br />

Sandra W. Jules, les journalistes qui<br />

rapportaient les faits sont eux aussi<br />

victimes de menace de mort du député<br />

Thimoléon et de ses partisans. C’est le<br />

Deputé Jacques Stevenson Thimoléon et sa petite amie Sandra ne sont<br />

pas des patriotes<br />

Député Jacques Stevenson<br />

Thimoléon<br />

cas du directeur de Radio-Télévision<br />

Plus. À ce sujet, le RNDDH rapporte:<br />

« Le 21 août <strong>2014</strong>, lors de son<br />

émission hebdomadaire, le journaliste<br />

et Président Directeur Général de<br />

Radio-Télévision Vision Plus, Gibsonne<br />

BAZILLE a opiné sur les incidents<br />

enregistrés au cours du festival du<br />

<strong>17</strong> août <strong>2014</strong>. Le lendemain, soit le<br />

22 août <strong>2014</strong>, vers trois (3) heures<br />

de l’après-midi, le Commissaire du<br />

Gouvernement a.i. de Petit-Goave,<br />

Me. Jean MAINVIEL, accompagné du<br />

Juge Suppléant du Tribunal de Paix de<br />

Petit-Goave, Me. Jean Jude LEANDRE,<br />

lui-même assisté de son greffier Jean<br />

Claude ALCINDOR ont débarqué dans<br />

les locaux de Radio-Télévision Vision<br />

Plus, pour exiger que les bandes sonores<br />

de l’émission. Le Rendez-vous, réalisée<br />

le 21 août <strong>2014</strong> leur soient remises.<br />

L›animateur vedette de l›émission<br />

Le Rendez-vous a été bien inspiré<br />

d›informer les autorités judiciaires que<br />

Radio-Télévision Vision Plus étant<br />

membre de l›Association Nationale des<br />

Médias Haïtiens (ANMH) et du Réseau<br />

des Médias de Petit-Goave, les bandes<br />

leur seront remises, après que ces organisations<br />

auront été mises au courant<br />

de cette injonction. Enfin de compte,<br />

les autorités judiciaires ont vidé les<br />

lieux, sans les bandes réclamées.<br />

Dans la nuit du 22 au 23 août<br />

<strong>2014</strong>, des individus non identifiés ont<br />

déposé au domicile du PDG de la station<br />

Gibsonne BAZILLE ainsi qu’en la<br />

résidence de la directrice de la station<br />

Roney Innocente DESGRANGES également<br />

correspondante de Radio Kiskeya<br />

à Petit-Goave, deux (2) enveloppes<br />

contenant chacune une cartouche<br />

winchester de calibre 12 millimètres<br />

et deux (2) lettres dans lesquelles ils<br />

menacent de tuer les journalistes Gibsonne<br />

BAZILLE et Roney Innocente<br />

DESGRANGES. Dans la matinée du<br />

23 août <strong>2014</strong>, le PDG de Radio-Télévision<br />

Vision Plus Gibsonne BAZILLE<br />

et la directrice de la radio Roney Innocente<br />

DESGRANGES, ont adressé une<br />

requête au Juge Suppléant du Tribunal<br />

de Paix de Petit-Goave, Me. Jean<br />

Jude LEANDRE aux fins de constat<br />

des Deux (2) enveloppes. Dans la nuit<br />

du 23 août <strong>2014</strong>, la Radio-Télévision<br />

Planète Vibration a été partiellement<br />

incendiée et plusieurs matériels de<br />

fonctionnement ont été brûlés. Un procès-verbal<br />

de constat des dégâts enregistrés<br />

a aussi été dressé par le Juge de<br />

Paix Jean Jude LEANDRE.<br />

Sandra W. Jules<br />

Les journalistes ont décidé de<br />

saisir les autorités judiciaires en vue<br />

de mettre l’action publique en mouvement<br />

à l’encontre de leurs agresseurs<br />

inconnus. Une lettre de plainte<br />

devait être déposée au Parquet de<br />

Petit-Goave le lundi 25 août <strong>2014</strong>. En<br />

signe de solidarité, Mes André MICHEL<br />

et Newton Louis ST JUSTE ont voulu<br />

accompagner les journalistes audit<br />

Parquet lors du dépôt de plainte. Le<br />

même jour, le Réseau des Médias de<br />

Petit-Goave, a sollicité une rencontre<br />

avec le responsable du Parquet autour<br />

du dossier, puisque les victimes de menaces<br />

de mort étaient des journalistes.<br />

Informés de la présence des avocats<br />

André MICHEL et de Newton Louis ST<br />

JUSTE ainsi que des membres du Réseau<br />

des Médias de Petit-Goave dans<br />

l’enceinte du Parquet, des individus<br />

armés non identifiés se sont présentés<br />

audit Parquet et, semant la pagaille,<br />

se sont mis à injurier et à agresser<br />

les avocats, les journalistes ainsi que<br />

d’autres militants politiques qui les<br />

accompagnaient. La grogne allant<br />

en s’augmentant, les avocats ont été<br />

obligés de se réfugier pendant plus de<br />

Quarante (40) minutes, au bureau du<br />

Greffe du Parquet avant d’être évacués<br />

par des agents de la PNH et des agents<br />

de la Mission des Nations-Unies pour<br />

la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH).<br />

Le 27 août <strong>2014</strong>, alors que David SIN-<br />

CERE se trouvait à Chemin Lafond,<br />

une zone réputée partisane du Député<br />

Jacques Stevenson THIMOLEON, des<br />

individus accompagnés de Jean Navy<br />

LAMONTAGNE, alias Ti Toutou, l’ont<br />

agressé et l’ont blessé au niveau du<br />

front. Evanoui, il a été emmené à l’Hôpital<br />

Georges Gauvin de Grand-Goave<br />

».<br />

En réaction, le Cercle des Journalistes<br />

de Petit-Goâve condamne<br />

avec véhémence les attaques en série<br />

dirigées contre la presse locale, notant<br />

qu’en moins d’un mois, au moins 5<br />

journalistes ont été victimes d’agression<br />

physique ou verbale, d’individus<br />

identifiés comme des proches du pouvoir<br />

kaletet Martelly-Lamothe et du<br />

député Thimoleon.<br />

Le Cercle des journalistes, de<br />

concert avec certaines organisations<br />

locales de défense et de protection des<br />

droits humains a pris l’initiative de<br />

rencontrer séparément, les autorités<br />

locales et les représentants de l’opposition<br />

pour les informer de leurs vives<br />

inquiétudes face au développement<br />

de cette situation. Malheureusement,<br />

malgré ces démarches, mais aucun<br />

Suite à la page (14)<br />

4<br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>


Twa Fèy! Twa Rasin O!<br />

Fusillades, «accidentades», dégringolade, débandade<br />

Par Fanfan la Tulipe<br />

Nous vivons dans un monde de<br />

fous, il faut carrément le dire. Pourquoi<br />

? Sans doute parce que la pression<br />

autour est constante si forte que le couvercle<br />

de notre marmite mentale risque<br />

parfois de sauter. Nous sommes assaillis<br />

de nouvelles sensationnelles et choquantes,<br />

de déclarations mensongères<br />

de la plupart de nos dirigeants, de propagandes<br />

menteuses d’une certaine<br />

presse, servile, prompte à cacher la<br />

vérité, de flashs, de zen dont le plus<br />

récent est le brulot assassin de Valérie<br />

Treirveiler contre son ex-compagnon, le<br />

président François Hollande.<br />

Le système capitaliste lui-même,<br />

par ses pernicieuses exigences savamment<br />

distillées dans le subconscient<br />

des citoyens est générateur de stress,<br />

de tension, de perpétuelles agressions<br />

conduisant à des déséquilibres psychologiques,<br />

lesquels peuvent déboucher<br />

sur de terribles tragédies. Et dans quasiment<br />

tous ces drames où il y a perte<br />

de vies humaines, il faut remonter à<br />

la source du mal : l’inconscience, la<br />

mauvaise foi, l’égoïsme, la cupidité, les<br />

comportements je-m’en-foutistes des<br />

autorités, comportements eux-mêmes<br />

liés aux vils intérêts des détenteurs du<br />

pouvoir, de l’argent. Il faut remonter<br />

aux classes possédantes, aux riches.<br />

Les exemples vivants sont<br />

d’un autre pouvoir, dit-on. Ainsi, les<br />

fusillades à répétition enregistrées aux<br />

Etats-Unis depuis ces dernières années<br />

témoignent bien du manque de volonté<br />

politique des dirigeants à ouvrir un vrai<br />

débat national, rationnel, sur l’utilisation<br />

chaotique des armes à feu par la<br />

population, sur une «interprétation<br />

perverse, du second amendement».<br />

Mais, en débattre ne ferait vraiment<br />

pas l’affaire de ceux-là qui profitent de<br />

la vente des armes à feu, en premier<br />

lieu la redoutable National Rifle Association<br />

(NRA) qui tient dans sa poche<br />

l’élection ou la réélection de sénateurs,<br />

«parlementeurs», gouverneurs<br />

et maires, sans oublier l’influence des<br />

réseaux de maffieux liés à la vente de<br />

ces armes. Jetons un coup d’œil rapide<br />

sur un échantillonnage de cette folie<br />

meurtrière à l’origine des fusillades aux<br />

Etats-Unis.<br />

Le 16 octobre 1991, George<br />

Pierre «Jo Jo» Hennard tue vingt-deux<br />

personnes dans un restaurant de Killeen<br />

au Texas et en blesse une vingtaine<br />

d’autres avant de se donner la mort. Le<br />

20 avril 1999, à Littleton (Colorado),<br />

les lycéens Eric Harris, 18 ans, et Dylan<br />

Klebold, <strong>17</strong> ans, ouvrent le feu sur<br />

leurs camarades au lycée Columbine.<br />

Ils tuent douze élèves et un enseignant.<br />

Les deux tireurs se suicident. Le 29<br />

juillet 1999, Mark Barton, spéculateur<br />

boursier de 44 ans, après avoir tué sa<br />

femme et ses deux enfants dans leur<br />

domicile d’Atlanta (Géorgie), ouvre<br />

le feu dans deux sociétés de courtage<br />

financier, tuant neuf personnes ; puis,<br />

il se suicide.<br />

Le 16 avril 2007, un étudiant de<br />

23 ans, d’origine coréenne, Seung-Hui<br />

Cho, tue trente-deux personnes, dont<br />

vingt-sept étudiants, avant de se donner<br />

la mort sur le campus de l’université<br />

de Virginia Tech, à Blacksburg en<br />

Virginie. Le 3 avril 2009, un immigré<br />

d’origine vietnamienne, Jiverly Wong,<br />

41 ans, ouvre le feu dans un centre<br />

d’accueil pour immigrés à Binghamton<br />

(État de New York), tuant treize personnes.<br />

Les victimes étaient en train<br />

de s’entraîner à un «test de citoyenneté»<br />

lorsqu’elles ont été tuées. Le 5<br />

novembre 2009, un psychiatre militaire<br />

d’origine palestinienne, Maj Nidal<br />

Malik Hasan, déclenche la plus grave<br />

fusillade jamais enregistrée dans la<br />

base militaire de Fort Hood, au Texas,<br />

tuant treize personnes et en blessant<br />

quarante-deux, avant d’être blessé et<br />

maîtrisé.<br />

Le 20 juillet 2012, James<br />

Après chaque tuerie, ce sont les mêmes pleurs, gémissements,<br />

rassemblements à la chandelle, souhaits que «Mister President»<br />

fasse quelque chose alors qu’il est prisonnier des fous du 2ème<br />

amendement et de la National Rifle Association<br />

Holmes, 24 ans, ouvre le feu dans une<br />

salle de cinéma à Aurora (Colorado),<br />

tuant douze personnes et en blessant<br />

58, lors d’une première à minuit de The<br />

Dark Knight Rises. Il était équipé d’un<br />

gilet pare-balles, d’un masque à gaz,<br />

de deux pistolets Glock, d’un fusil à<br />

pompe et d’un fusil d’assaut AR-15<br />

semi-automatique. Le 14 décembre<br />

2012, Adam Lanza, âgé de 20 ans,<br />

pénètre dans une école primaire du village<br />

de Sandy Hook, dans le Connecticut,<br />

et abat froidement 28 personnes<br />

dont 20 enfants avant de se donner la<br />

mort. Peu de temps avant la boucherie,<br />

il avait tué sa mère, une survivaliste qui<br />

se préparait à la fin du monde, et possédait<br />

un arsenal d’armes à cette fin.<br />

À n’en pas douter, il s’agit d’une<br />

culture caractérisée par ses fusillades à<br />

répétition, d’autant que «si l’on compte<br />

tous les enfants tués par armes à feu<br />

dans les vingt-trois pays les plus riches<br />

du monde, 87 % d’entre eux sont Américains»<br />

(des Etats-Unis d’Amérique)<br />

[Lisa Belkin, Huffington Post, 12-14-<br />

2012]. Lors de ces événements affreux,<br />

c’est l’occasion pour les parents et<br />

amis des victimes de gémir, de pleurer,<br />

d’allumer des cierges du souvenir. Les<br />

autorités «constipées» en profitent pour<br />

clamer : «Ce dont nous avons besoin,<br />

c’est du contrôle des armes, un contrôle<br />

strict, complet…». Pets de lapin, cul de<br />

Nini. La NRA est là qui veille au grain :<br />

«Jamais sans mes armes», dit-elle.<br />

En Haïti – puisqu’il faut en parler<br />

– une autre culture se développe depuis<br />

ces trois dernières années, celle des<br />

«accidentades» suivies «d’enquêtades»,<br />

pardonnez mes néologismes. Depuis<br />

le catapultage au pouvoir de l’irresponsable<br />

Sweet Micky par les Clinton,<br />

la pilule est amère pour les familles<br />

haïtiennes. Il est devenu presque une<br />

routine de lire de temps à autre comme<br />

grand titre des journaux : «Terrible accident<br />

de la route». Malgré la répétition<br />

de ces accidents et le deuil immense<br />

qui s’ensuit, les autorités supposées<br />

responsables s’en fichent comme d’une<br />

guigne. Faisons donc le tour des plus<br />

importants à ce jour.<br />

Le lundi 16 janvier 2012 dernier,<br />

aux environs de 9 heures 30 du<br />

soir, un camion venant du haut de Delmas,<br />

dont les freins avaient lâché, a<br />

percuté les échoppes de marchandes de<br />

fritures et de boissons gazeuses occupant<br />

les trottoirs. Il en est résulté un<br />

accident catastrophique avec un bilan<br />

de 30 morts et 56 blessés graves. La<br />

PNH a diligenté une enquête dont les<br />

résultats sont encore enfouis dans les<br />

bureaux de la commissaire Nad Marinad.<br />

Le mardi 21 Février 2012, dans<br />

la localité de Lacroix Périsse, 2e section<br />

de l’Estère, dans le Bas-Artibonite,<br />

à une dizaine de kilomètres de la ville<br />

des Gonaïves, sur la Routee #1, une<br />

camionnette de passagers qui faisait<br />

route vers Port-au-Prince a percuté<br />

un camion chargé de marchandises<br />

qui roulait en direction Nord, en voulant<br />

éviter un autobus qui venait des<br />

Gonaïves : 9 femmes ont perdu la vie<br />

dans l’accident ; 2 autres personnes ont<br />

rendu l’âme pendant leur transport à<br />

l’hôpital, soit un total de 11 décès, et 4<br />

autres personnes ont été blessées.<br />

Le 4 Avril 2012 vers 3 heures<br />

du matin, un camion faisant la route<br />

Port-au-Prince-Beaumont dont les<br />

freins avaient lâché a fait panache au<br />

Accident survenu au Morne Tapion le 9 septembre écoulé :<br />

une partie des cadavres. Notez un bébé vers le haut et vers la<br />

gauche de la photo<br />

Morne Tapion. En plus du chauffeur, il<br />

y eut 13 blessés graves et 3 pertes de<br />

vie: deux femmes et un enfant de 3<br />

ans décapité par la violence du choc.<br />

Le véhicule transportait des petits commerçants<br />

et des marchandises. L’enquête<br />

se poursuit… pour.. dévoiler les<br />

circonstances de l’accident.<br />

Trois jours plus tard, le 7 avril<br />

2012, au moins 27 personnes ont trouvé<br />

la mort dans un grave accident sur la<br />

route de Petit-Goave, au sommet d’une<br />

pente raide et dangereuse. La plupart<br />

des victimes de l’accident étaient des<br />

femmes, des commerçantes qui avaient<br />

pris place dans un camion bondé de<br />

marchandises, mode de transport défiant<br />

les normes de la circulation. Selon<br />

un correspondant du journal Le Figaro<br />

à Port-au-Prince : «Les accidents sont<br />

fréquents sur les routes haïtiennes<br />

impliquant des autobus bondés roulant<br />

à vive allure, en absence de contrôles<br />

routiers». Qui dit mieux ?<br />

Le 1 er janvier 2013, un camion<br />

immatriculé au numéro TP-64 840<br />

assurant le trajet Port-au-Prince-Miragoâne<br />

a chaviré à « Morne Préval »,<br />

dans la région de Miragoâne, causant la<br />

mort de 3 personnes et faisant plusieurs<br />

blessés graves. Un témoin s’est plaint<br />

amèrement des « autorités routières<br />

qui n’ont jamais lancé une interdiction<br />

contre les voitures qui n’ont pas la capacité<br />

d’assurer le transport au niveau<br />

de cette route».<br />

Le vendredi 25 janvier 2013,<br />

dans la soirée, vingt-deux personnes<br />

ont trouvé la mort à la suite d’un accident<br />

de la route survenu dans le nord<br />

d’Haïti lorsqu’un camion transportant<br />

des pèlerins est tombé dans un ravin.<br />

Une autre enquête qui tombera dans<br />

le ravin de l’oubli. Le 14 juin 2013<br />

vers les 4 heures de l’après-midi, sur<br />

la route de Christ-Roi, les freins d’un<br />

camion à bascule appartenant au ministère<br />

des Travaux Publics, Transport<br />

et Communication (TPTC) ont lâché. Le<br />

véhicule longeait à vive allure la route<br />

en pente de l’avenue Christ-Roi. Il a<br />

fini sa course échevelée sur un trottoir<br />

où s’affairent à longueur de journée des<br />

marchandes de fruits et légumes. Bilan<br />

de l’accident : plus de cinq morts, commerçants<br />

et passants, et environ une<br />

dizaine de blessés graves.<br />

Le samedi 3 mai <strong>2014</strong> dans<br />

l’après-midi, un camion surchargé de<br />

marchandises et transportant une cinquantaine<br />

de petits commerçants a fait<br />

panache sur la route dans la localité de<br />

Roseau non loin de la ville de Jérémie.<br />

Plus de vingt-trois personnes ont perdu<br />

la vie sur le champ. En outre, plus<br />

d’une vingtaine d’autres grièvement<br />

atteintes étaient en passe de mourir<br />

ou de souffrir pour le reste de leur vie.<br />

Je suis certain que l’enquête «nade» et<br />

«marinade» se poursuit encore.<br />

Le samedi 14 juin <strong>2014</strong>,<br />

10 personnes sont mortes sur le champ<br />

tandis que 19 autres en sont sorties<br />

blessées, lors d’un accident de circulation<br />

survenu sur la Route nationale<br />

numéro 1, au niveau de Terre-noire,<br />

localité située à Bocozelle, 5 e section<br />

communale de Saint-Marc. L’accident<br />

s’est produit au moment où deux véhicules,<br />

une camionnette assurant le<br />

La National Rifle Association mène le bal macabre des<br />

fusillades : «Mon flingue pour toujours»<br />

trajet Saint-Marc/L’Estère et la voiture<br />

officielle du député de la circonscription<br />

de l’Estère, sont entrés en collision.<br />

Parmi les corps sans vies figuraient 6<br />

Accident survenu au Morne Tapion le 9 septembre écoulé<br />

filles, 3 garçons et un bébé d’un mois.<br />

Le président a pris à cœur de mener<br />

l’enquête lui-même… Suivez mon œil.<br />

Le 9 septembre écoulé, 23<br />

décès et 37 personnes blessées ont<br />

été répertoriés dans un accident, survenu<br />

au Morne Tapion. Selon Alter<br />

Presse, les freins du camion accidenté,<br />

qui assurait le trajet Port-au-Prince<br />

/ Jérémie, auraient lâché après avoir<br />

Suite à la page (16)<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 5


Kwonik Kreyòl<br />

Ki jou n ap gen yon Leta k ap<br />

travay nan enterè pèp ayisyen an vre ?<br />

Yon ti kout pye anba lavil la, dirèkteman<br />

nan ri Makajou, ri Timas ak sou<br />

Granri. Sòti avyasyon atake Don Bosko<br />

jiskaske nou rive nan ri Pave, se selman<br />

dlo sal ak fatra ki karakterize tout adrès<br />

nan vil la. Pafen move lodè menm se pa<br />

pale, malgre nou konnen majorite Pòtoprens<br />

se fatra ak dlo sal, men lè n ap<br />

gade eta ri Makajou ak ri Timas sa fè tris<br />

anpil, sa fè lèd tou pou Leta a sitou ri sa<br />

yo sitiye akèlke kilomèt Palè Nasyonal<br />

kote Prezidan Martelly ap bwè kòb li lajounen<br />

kou lannwit.<br />

Nou konstate yon gwo absans<br />

otorite leta yo. Moun ki gen bon konprann<br />

ak moun k ap reflechi reyalize<br />

zotobre nan Leta pa pwoteje pwòp sante<br />

tèt pa yo alevwa pou pèp la.<br />

Mezanmi kijan fonksyonè leta<br />

yo ak moun nan sektè prive yo siyou<br />

komèsan sou bodmè yo fè aksepte viv<br />

nan eta sa a: Chita, manje, pale ak bwè<br />

nan yon eta kritik konsa, vle di moun sa<br />

yo pa gen nan figi yo; sètadi yo pa janm<br />

pran sant. Pou n pale sou ri Makajou<br />

toujou ak ri Timas selman sa fè reflechi<br />

anpil.<br />

Depi w fin atake ri Sen Maten gen<br />

yon blokis k ap taye banda; tipa tipa<br />

nan yon kamyonèt oubyen yon bis ;<br />

Chalè solèy la prèske touye w, anpil<br />

fwa ou konn kwit nan machin nan.<br />

Oumenm chanje koulè san konte sispèk<br />

ou sispèk pou volè ak bal ki kapab<br />

deklannche san ou pa atann.<br />

Pou semèn pase yo selman gen<br />

plis pase 12 moun ki viktim ak bal vakabon<br />

sanfwanilwa. Pandan ou sou fristasyon<br />

nan blokis, w ap poze tèt ou kesyon<br />

si w ap janm rive kote w prale a ?<br />

Men anreyalite sa k bay tout blokis<br />

sa yo ? Se jiskaske ou pral rive nan<br />

ri Makajou, se lè sa a ou pral konstate<br />

blokis la se paske plis pase 40 bis jòn<br />

kanpe nan dlo sal, labou ak fatra, tout<br />

sou liy, tèt tout sou direksyon avyasyon.<br />

Yo melanje ak 2 ou 3 bis Obama k<br />

ap fè trafik Bon repo ak Kwa dèmisyon.<br />

Nou konstate tout bis yo bloke<br />

youn nan vwa lari a epi lòt bò lari a ti<br />

machin yo bloke l tou yon vwa nan lòt<br />

bò a. Kòm nou konnen, se 4 vwa ki genyen<br />

sou gran ri. Youn nan konsta nou<br />

fè, se prèske chak 5 minit yon bis vire<br />

nan mitan lari a, devan sou komisarya<br />

Sen Joseph la. Nan bis yo; genyen ki sòti<br />

Bon repo oubyen Kwadèmisyon epi gen<br />

lòt tou ki sòti nan tèt ri Makajou k ap<br />

desann sou Granri pou vin chaje pou retounen<br />

ankò. Lè yo rive nan matchyak<br />

labou santi a, se tout yon espektak<br />

malpwoprete ak tenten k ap fèt, epi polisye<br />

nan pòs polis Sen Joseph la menm<br />

byen vag. Gen kèk polisye ou remake<br />

ak inifòn ki ta sanble sou sèvis se mouvman<br />

kontravansyon pèsonèl pou pòch y<br />

ap jere, paske yo nan gwo sòl pou bay<br />

lajan chak jou. Anpil fwa mwen toujou<br />

tande ansyen granmoun yo k ap pleyen<br />

jan Pòtoprens te pwòp lontan.<br />

Gouvènman Martelly-Lamothe la<br />

pi kwè nan fè kanaval chak ane pou fè<br />

boujwa plezi, epi fè malere danse pou<br />

anyen malgre yo tou grangou. Enserite<br />

sosyal ak anvironmantal k ap depafini<br />

ak popilasyon chak jou pi plis paske nou<br />

pa gen dirijan konsyan epi ki gen moralite<br />

tou & ki pwòp pou yon lòt Ayiti. Dirijan<br />

nan Leta yo toujou mete anpil odas<br />

yo deyò, pou fè konprann yo vle rezoud<br />

pwoblèm fatra ak salte k ap wonje peyi a<br />

; epoutan se nan manti yo ye, se twonpe<br />

y ap twonpe popilasyon an.<br />

Jiskilè Ayiti ap gen yon souf, na<br />

jwenn yon gouvènman pwogresis k ap<br />

mete bonjan konpayi ki pou jere tout<br />

bon pwoblèm dechè, labou ak salte kap<br />

fini ak sante popilasyon an ? Jiskilè Leta<br />

ayisyen ap rive anpeche moun jete fatra<br />

jan yo vle nan lari ? Jiskilè pèp ayisyen<br />

an va levekanpe, goumen tout bon vre<br />

pou debarase peyi a ak dirijan san sèvo<br />

ki pa gen volonte pou chanje kondisyon<br />

lavi moun ? Jou sa a na gen yon lòt<br />

Ayiti tou nèf : san fatra, san dlo sal,<br />

san moun k ap mouri grangou nan lari,<br />

anba yon ensekirite pwograme. Ki jou n<br />

Plis pase 40 bis jòn kanpe nan dlo sal, labou ak fatra, tout sou liy, tèt<br />

tout sou direksyon avyasyon<br />

ap genyen yon peyi san fòs okipasyon,<br />

san dirijan kap bay koripsyon jarèt. Tercier Daniel<br />

16 Sept <strong>2014</strong><br />

Pou Janjak Desalin<br />

premye Anperè Ayiti<br />

Ladesalinyèn: se Im nasyonal<br />

Ayiti depi lane 1904. Pawòl yo<br />

se Jisten Lerison ki te ekri yo epi<br />

Nikola Gèfra te mete mizik la.<br />

Pawòl<br />

Pou Ayiti peyi zansèt yo<br />

Se pou n mache men nan lamen<br />

Nan mitan n pa fèt pou gen trèt<br />

Nou fèt pou n sèl mèt tèt nou<br />

An nou mache men nan lamen<br />

Pou Ayiti ka vin pi bèl<br />

An nou, an nou met tèt ansanm<br />

Pou Ayiti onon tout zansèt yo.<br />

Pou Ayiti onon zansèt yo<br />

Se pou n sekle se pou n plante<br />

Se nan tè tout fòs nou chita<br />

Se li k ba nou manje<br />

An n bite tè an n voye wou<br />

Ak kè kontan fok tè a bay<br />

Sekle wouze fanm kou gason<br />

Pou n rive viv ak sèl fòs ponyèt<br />

nou.<br />

Pou Ayiti ak pou zansèt yo<br />

Fò nou kapab vanyan gason<br />

RADIO<br />

PA NOU<br />

1685 Nostrand Avenue<br />

Brooklyn, NY 11226<br />

67 Khz<br />

www.radyopanou.com<br />

Depuis 2002<br />

• Nouvelles<br />

• Analyse<br />

• Publicité<br />

Fondateur: Jude Joseph<br />

Bureau:<br />

(718) 940- 3861<br />

Studio:<br />

(718) 701- 0220 • (718) 856- 8702<br />

(718) 928- 7022 • (718) 462- 0992<br />

(718) 469- 8511<br />

Moun pa fèt pou rèt avèk moun<br />

Se sa k fè tout manman ak tout<br />

papa<br />

Dwe pou voye timoun lekòl<br />

Pou yo aprann pou yo konnen<br />

Sa Tousen, Desalin, Kristof, Petyon<br />

Te fè pou wete Ayisyen anba bòt<br />

blan.<br />

Pou Ayiti onon zansèt yo<br />

An n leve tèt nou gad anlè<br />

Pou tout moun mande Granmèt la<br />

Pou l ba nou pwoteksyon<br />

Pou move zanj pa detounen n<br />

Pou n ka mache nan bon chimen<br />

Pou libète ka libète<br />

Fòk lajistis blayi sou peyi a.<br />

Nou gen yon drapo tankou tout<br />

pèp<br />

Se pou n renmen l mouri pou li<br />

Se pa kado blan te fè nou<br />

Pou nou kenbe drapo nou wo<br />

Se pou n travay met tèt ansanm<br />

Pou lòt peyi ka respekte l<br />

Drapo sila a se nanm tout Ayisyen.<br />

BOUKAN<br />

101.9 FM • SCA<br />

Radyo Pa Nou<br />

Emisyon KAKOLA<br />

Konbit Ayisyen pou Kore Lit la ann Ayiti<br />

• Nouvèl •<br />

• Analiz •<br />

• Kòmantè •<br />

• Deba •<br />

Pou yon Ayiti Libere<br />

(9<strong>17</strong>) 251-6057<br />

www.RadyoPaNou.com<br />

Mèkredi 9-10 pm<br />

Fowòm Pati Popilè Kòdinasyon Desalin (KOD)<br />

Nan okazyon 256 zyèm anivèsè<br />

nesans Janjak Desalin 20 septanm<br />

ak 23zyèm anivèsè koudeta 30<br />

septanm lan<br />

Fete Desalin se mande depa Minista<br />

Fete Desalin se mande depa Martelly ak Lamothe<br />

Viv yon Ayiti ki grammoun tèt li!<br />

KOD ap envite tout viktim kolera yo,<br />

viktim tranblemanntè 12 Janvye yo<br />

k ap dòmi anba tant toujou, moun<br />

yo kraze kay yo anba lavil la ak<br />

tout travayè, ouvriye revoke yo,<br />

moun ki nan chomaj yo, peyizan,<br />

etidyan ak tout patriyòt pwogresis,<br />

fanm kou gason nan yon kokenn<br />

aktivite politik Lendi 29 Septanm<br />

<strong>2014</strong> nan « Bar de lʼair »<br />

Channmas, Pòtoprens sòti 10zè nan<br />

maten pou 4trè nan apremidi.<br />

Pou Enfòmasyon:<br />

4248-8194<br />

6<br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>


Perspectives<br />

Instrumentalisation de la Justice !<br />

Par Isabelle L. Papillon<br />

Les décisions prises par le «juge<br />

zafra» Lamarre Bélizaire dans le<br />

cadre de la persécution politique du<br />

pouvoir kaletèt Martelly-Lamothe et les<br />

cinquièmes colonnes issues du mouvement<br />

Lavalas contre l’ancien président<br />

Jean Bertrand Aristide ne sont pas<br />

conformes aux lois de la République,<br />

soutiennent les hommes de lois, toutes<br />

tendances confondues. La question<br />

de juridiction, le mandat de comparution<br />

transformé en mandat d’amener<br />

en moins de 24 heures, l’interdiction<br />

de départ et l’assignation à résidence<br />

surveillée démontrent très clairement<br />

que le magistrat instructeur contesté<br />

par plus d’un depuis son embauchage<br />

dans l’appareil judiciaire par le ministre<br />

Jean Renel Sanon, enfreint systématiquement<br />

les lois du pays.<br />

L’interdiction de départ et l’assignation<br />

à résidence ne figurent nulle part dans<br />

la Constitution haïtienne et les lois républicaines.<br />

Le juge est là pour appliquer<br />

la loi et non pour l’inventer. Les<br />

hommes de loi se sont entendus pour<br />

dire que les décisions du juge Lamarre<br />

Bélizaire violent la liberté individuelle<br />

consacrée dans l’article 24 de la Constitution<br />

de 1987, qui stipule : « La liberté<br />

individuelle est garantie et protégée par<br />

l’Etat. Nul ne peut être poursuivi, arrêté<br />

ou détenu que dans le cas déterminé<br />

par la loi, selon les formes qu’elle prescrit.<br />

» Et, l’article 4 du Code Pénal haïtien<br />

d’ajouter: “ Nulle convention, nul<br />

délit, nul crime ne peuvent être punis<br />

de peines qui n’étaient pas prononcées<br />

par la loi, avant qu’ils fussent commis.<br />

» Le juge viole également le code<br />

d’instruction criminelle qui doit être le<br />

guide dans l’instruction des faits dont il<br />

est saisi légalement.<br />

La Constitution haïtienne de<br />

1987 et les lois de la République sont<br />

claires là-dessus, en matière de liberté<br />

individuelle et l’auteur et celui qui exécutent<br />

un ordre manifestement illégal<br />

peuvent être poursuivis pour cet acte<br />

arbitraire. Un policier qui exécute cet<br />

ordre peut-être arrêté et le juge peut<br />

aussi aller en prison pour cet acte, le<br />

Commissaire du Gouvernement qui<br />

exécute cet ordre peut faire l’objet de<br />

poursuite, selon l’homme de loi, Me. Samuel<br />

Madistin. L’article 27 de la Constitution<br />

est clair : « Toutes violations<br />

des dispositions relatives à la liberté<br />

individuelle sont des actes arbitraires.<br />

Les personnes lésées peuvent, sans<br />

autorisation préalable se référer aux<br />

tribunaux compétents pour poursuivre<br />

les auteurs et les exécuteurs de ces<br />

actes arbitraires, quelles que soient<br />

Le «juge zafra» Lamarre Bélizaire<br />

leurs qualités et à quelque corps qu’ils<br />

appartiennent. »<br />

Le Barreau de l’ordre des avocats<br />

de Port-au-Prince n’est pas resté<br />

indifférent, face aux dérives de certains<br />

juges. Dans sa prise de position,<br />

il dénonce les abus du pouvoir des<br />

magistrats dans le système judiciaire<br />

et l’influence de l’Exécutif sur le Judiciaire.<br />

La position du Barreau de Portau-Prince<br />

est venue quelques jours<br />

après la décision du juge Lamarre<br />

Bélizaire d’assigner l’ex-président Jean<br />

Bertrand Aristide à résidence surveillée<br />

et quelques heures après le rappel les<br />

agents USGPN/USP qui assuraient la<br />

sécurité à sa résidence à Tabarre. En<br />

effet, le jeudi 11 septembre dernier<br />

avant minuit, les agents de la PNH ont<br />

reçu l’ordre de rentrer à la base. Ils l’ont<br />

fait sur le champ. La classe politique,<br />

hormis ceux qui sont au pouvoir, des<br />

hommes de loi, les représentants des<br />

organisations des droits humains, de<br />

la société civile, de la classe populaire,<br />

sont unanimes à condamner cette décision<br />

arbitraire et illégale du pouvoir kaletèt<br />

Martelly-Lamothe, à un moment<br />

de vive tension politique. On dit que<br />

c’est une tentative d’assassinat contre<br />

le Dr. Jean Bertrand Aristide revenu au<br />

pays le 18 Mars 2011. Selon le décret<br />

L’ancien président Jean<br />

Bertrand Aristide<br />

L’entrée de la maison d’Aristide au Boulevard 15 Oct, Tabarre<br />

de 2005, en tant que ancien président,<br />

il a droit durant 5 ans consécutifs à une<br />

sécurité exclusive.<br />

Plusieurs dirigeants politiques<br />

proches de Fanmi Lavalas ont dénoncé<br />

la mesure d’assignation à résidence à<br />

l’encontre de l’ex président Jean Bertrand<br />

Aristide. Le sénateur Francky<br />

Exius, soutient qu’il s’agit de persécutions<br />

politiques. Il en veut pour<br />

preuve la convocation de Pacha Vorbe,<br />

dirigeant de Fanmi Lavalas, qui n’avait<br />

pas été accusé dans le rapport de la soidisant<br />

commission d’enquête de 2005.<br />

De son côté le sénateur Jean-<br />

Baptiste Bien-aimé, croit que le juge<br />

Bélizaire a reçu un mandat de l’exécutif<br />

pour affaiblir Fanmi Lavalas au moyen<br />

de manœuvres maladroites avant la période<br />

électorale. « Ils tentent de réduire<br />

au silence le leader de Fanmi Lavalas ;<br />

mais ils n’y parviendront pas», a-t-il<br />

indiqué, annonçant que l’ex président<br />

Aristide soutiendra les candidats de sa<br />

formation politique. Interrogé sur les<br />

nouvelles discussions avec le chef de<br />

l’Etat M. Bien Aimé a fait valoir que le<br />

G 6 est disposé à débattre de la crise<br />

préélectorale.<br />

D’autres leaders politiques de<br />

l’Opposition et des responsables d’organisations<br />

de droits humains ont aussi<br />

Position du Conseil de l’ordre<br />

des Avocats de Port-au-Prince<br />

mis l’accent sur la nécessité que cette<br />

procédure se déroule dans la sérénité en<br />

dehors de toute influence politique. Le<br />

Coordonnateur général de l’organisation<br />

du peuple en lutte (OPL), Sauveur<br />

Pierre-Etienne, soutient que le gouvernement<br />

doit faire montre de prudence<br />

et ne pas donner l’impression que l’ex<br />

président Aristide est victime de persécution.<br />

«Je suis à la fois contre l’impunité<br />

et contre toute instrumentalisation de<br />

la justice à des fins de persécution politique»,<br />

a martelé M. Etienne.<br />

Des dirigeants de partis et d’organisations<br />

politiques continuent de<br />

se prononcer contre les persécutions<br />

politiques dont font l’objet, selon eux,<br />

des militants et responsables politiques<br />

dont l’ancien président Jean-Bertrand<br />

Aristide. Le responsable du groupe 77,<br />

Me André Michel, a également dénon-<br />

Le Conseil de l’Ordre des Avocats de<br />

Port-au Prince, réuni en séance extraordinaire<br />

du Vendredi 12 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>,<br />

exprime sa profonde inquiétude devant<br />

les atteintes graves aux normes fondamentales<br />

de sécurité juridique des citoyens<br />

dans un Etat démocratique.<br />

Le Conseil de l’Ordre constate<br />

avec désolation cette avalanche de<br />

situations, les unes plus exaspérantes<br />

que les autres, remettant en cause les<br />

garanties judiciaires dont doit bénéficier<br />

toute personne faisant l’objet d’une<br />

poursuite pénale. En effet, dans la juridiction<br />

de Port-au- Prince, des autorités<br />

judiciaires, à divers niveaux, décident,<br />

comme par enchantement , en marge<br />

des normes en vigueur. Les demandes<br />

de mises en liberté immédiate dites Habeas<br />

corpus dans les cas d’arrestations<br />

arbitraires et illégales, le renvoi d’un<br />

juge d’instruction à un autre pour cause<br />

de suspicion légitime, les pirateries téléphoniques<br />

(by passing), l’interdiction<br />

de départ, sont de parfaites illustrations.<br />

Cette série d’actes attentatoires<br />

aux libertés publiques, atteint les limites<br />

de l’inacceptable lorsque des responsables<br />

de l’application de la loi,<br />

s’autoproclament législateurs en transposant<br />

dans le droit positif haïtien des<br />

attributions restrictives de liberté comme<br />

l’assignation à résidence surveillée<br />

en dehors de toutes dispositions normatives.<br />

Les autorités judiciaires doivent<br />

avoir constamment à l’esprit l’article<br />

24.1 de notre charte fondamentale<br />

qui est la consécration du principe de<br />

légalité qui constitue la base non seulement<br />

pour l’élaboration, mais également<br />

pour l’application des règles de<br />

procédure pénale. Ainsi, elles sont<br />

tenues avant même de poser tout acte<br />

juridictionnel de s’assurer de sa conformité<br />

avec les dispositions de lois régissant<br />

la matière.<br />

Le Barreau de Port-au-Prince,<br />

dans le respect de sa mission de protéger<br />

le public contre tout acte arbitraire<br />

et tyrannique et de veiller au libre<br />

exercice et à l’indépendance de la<br />

profession d’Avocat, ne saurait garder<br />

le silence devant des dérives qui cherchent<br />

à s’établir en précédents dans un<br />

système judiciaire déjã vulnérable et<br />

manipulable, menacant ainsi les droits<br />

fadamentaux des citoyens<br />

Le Barreau de Port-au-Prince en<br />

appelle à la sérénité des Magistrats de<br />

l’ordre judiciaire et leur demande de<br />

tenir loin des clivages politiques, des<br />

mouvemments de révendication de<br />

masse ou de vengeance mais également;<br />

de résister à toutes formes de<br />

pression généralement quelconques. Il<br />

est à solliciter pareillement des organes<br />

de contrôles juridictionnels et disciplinaires<br />

comme les cours d’Appel, de<br />

Cassation et du CSPJ d’assumer pleinement<br />

leurs rôles de garants des droits<br />

et libertés.<br />

L’autorité judiciaire qui exécute<br />

sa charge avec indépendance et impartialité,<br />

contribue au rétablissement de<br />

l’équilibre entre les trois pouvoirs de<br />

l’Etat, mais aussi au renforcement de la<br />

démocratie et de l’Etat de droit.<br />

Port-au-Prince, ce<br />

12 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong><br />

Pour le Conseil de l’Ordre<br />

Me Carlos Hercule<br />

Bâtonnier<br />

cé des persécutions politiques dont les<br />

militants de l’opposition Enol et Josué<br />

Florestal seraient l’objet ; alors que le<br />

pouvoir kaletèt Martelly-Lamothe dit<br />

vouloir relancer le dialogue avec l’Opposition.<br />

Selon lui, la révocation de<br />

l’épouse de Josué Florestal qui travaillait<br />

à la Cour d’Appel, participe de<br />

cette vague de persécutions politiques<br />

contre les militants actuellement en<br />

prison. Me Michel informe par ailleurs<br />

qu’il ne participera pas aux discussions<br />

avec le président Michel Martelly ; mais<br />

il a exprimé le souhait que le dossier<br />

de la démission de monsieur Martelly<br />

et de l’organisation d’élections générales<br />

anticipées doivent figurer dans<br />

l’agenda de la rencontre. Toutes les<br />

options doivent être prises en compte, a<br />

Suite à la page (14)<br />

Pour tous vos projets de construction en Haïti et aux États-Unis<br />

For all your construction projects in <strong>Haiti</strong> or the United States<br />

Construction et réparation de maisons et de magasins • Rénovation résidentielle et commerciale<br />

• Routes, canaux, piscines, murs, sous-sols, toits, trottoirs, allés, etc.<br />

Building and repair of houses or stores • Residential or commercial renovation or upgrades<br />

• Roads, canals, swimming pools, walls, basements, sidewalks, driveways, etc.<br />

Quelques de nos nombreux projets en Haïti<br />

des maisons à Belville, gas stations à Turgeau, Delmas, Pétionville, etc., plaza commercial à Pétionville<br />

We speak English. Nous parlons français. Nou pale kreyòl.<br />

Adresse en Haïti:<br />

35 Nerette, Pétionville, <strong>Haiti</strong><br />

(011 509) 3401-1254<br />

Adresse aux États-Unis:<br />

8 Mechanic Street, Glen Cove, NY 11542<br />

954-579-6301<br />

Adresse Internet: www.eliegroupe.com • info@eliegroupe.com<br />

Dr. Kesler Dalmacy<br />

1671 New York Ave.<br />

Brooklyn, New York 11226<br />

Tel: 718-434-5345<br />

Le docteur de la<br />

Communauté Haïtienne<br />

à New York<br />

LACROIX MULTI SERVICES<br />

Tel: 718-703-0168 * Cell: 347-249-8276<br />

1209 Rogers Avenue, Brooklyn, NY 11226<br />

www.lacroixmultiservices.com<br />

• Income Tax • Electronic Filing<br />

• Refund Anticipation Check (RAC)<br />

• Direct Deposit - IRS Check<br />

• Business Tax • Notary Public<br />

• Immigration Services<br />

• Translation, Preparation, Application, Inquiry letters<br />

• 6 Hour Defensive Driving Course • Fax Send & Receive<br />

• Resume • Property Management • Credit Repair<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 7


Fenêtre ouverte sur la communauté<br />

haïtienne de New York (VII)<br />

Notre évolution dans l’industrie de la restauration (1ere Partie)<br />

Lettre de Maxine<br />

Waters à John Kerry !<br />

Par Lesly Eustache<br />

L’une des rares industries dans<br />

lesquelles notre présence se fait un<br />

peu sentir ici, c’est la restauration.<br />

Aujourd’hui nous allons explorer ce<br />

secteur pour voir où nous en sommes.<br />

Les restaurants haïtiens, on les<br />

voit ça et là, dans toutes les municipalités<br />

de New York. A Manhattan<br />

par exemple où nous ne sommes pas<br />

trop visibles, il y en a très peu. Mais<br />

à Brooklyn et à Queens, particulièrement<br />

dans les quartiers où nous<br />

sommes le groupe social prédominant,<br />

ils sont nombreux. Dans les<br />

années 80 on trouvait seulement des<br />

restaurants traditionnels dans notre<br />

communauté ; c’est-a-dire, le type de<br />

restaurant où une serveuse/ serveur<br />

accueille le client, le dirige vers une<br />

table, s’occupe de sa commande<br />

et du service en général. A présent<br />

leur popularité diminue un peu, mais<br />

ils continuent d’être fréquentés par<br />

toutes les couches. Ces restaurants<br />

sont légendaires pour les longues attentes<br />

avant que les plats commandés<br />

soient servis.<br />

Il arrive souvent que leurs clients<br />

se plaignent de la qualité du<br />

service. La première chose qu’on<br />

remarque quand on rentre dans un<br />

restaurant haïtien, c’est un manque<br />

de courtoisie chez les serveuses. Assez<br />

souvent, elles vous accueillent<br />

avec une moue. Des fois vous avez<br />

l’impression qu’elles sont ennuyées<br />

par votre présence. Des fois, il peut y<br />

avoir de changements dans le menu<br />

du jour et l’on ne vous le fait même<br />

pas savoir. Si vous n’êtes pas satisfait<br />

du plat commandé, souvent on<br />

ne fait rien pour vous accommoder. Il<br />

est des fois où un restaurant n’a pas<br />

d’articles simples nécessaires pour<br />

faire fonctionner l’entreprise tels que<br />

: serviette de table, verre en plastique,<br />

ustensiles en plastique pour les<br />

commandes à emporter. Des fois on<br />

peut ne pas être capable de satisfaire<br />

votre commande parce qu’ils sont à<br />

court de choses fondamentales dans<br />

le menu telles que riz blanc, haricot<br />

en sauce, etc.<br />

Au fil des ans, j’ai fréquenté<br />

des restaurants haïtiens placés un<br />

peu partout. J’ai remarqué que le<br />

service offert dans les quartiers à<br />

prépondérance haïtienne est différent<br />

du service offert ailleurs. Dans<br />

le district d’affaires de Brooklyn par<br />

exemple, il y en a deux: Konbit et La<br />

Caye Restaurants. Dans le premier,<br />

à part l’attente qui peut être longue<br />

parfois, le service est généralement<br />

bon et le menu est plus riche. Dans<br />

le second, le service est impeccable<br />

et leur menu contient des plats même<br />

pour les végétariens. Cela m’avait<br />

étonné parce que le végétarisme est<br />

très rare dans le milieu haïtien. La<br />

Détente fut aussi l’un de ces restaurants<br />

haïtiens placés dans une zone<br />

prédominée par des étrangers dont<br />

le service était l’une des raisons pour<br />

lesquelles il avait une bonne réputation.<br />

Mais, n’est-ce pas là une chose<br />

étrange que le service soit pauvre,<br />

si le restaurant est placé dans un<br />

quartier où prédominent des haïtiens,<br />

tandis que s’il est placé dans<br />

une zone d’affaires où prédominent<br />

des étrangers, le service est bon ? Si<br />

le service à la clientèle laisse à désirer,<br />

n’est-ce pas là un facteur important<br />

qui peut causer l’échec d’une<br />

entreprise commerciale ? C’est peut<br />

être l’une des raisons pour lesquelles<br />

il y a une grande diminution dans le<br />

nombre et la popularité des restaurants<br />

traditionnels haïtiens. N o t r e<br />

communauté a vu l’émergence de<br />

deux autres types de restaurant. La<br />

friture et le restaurant de type cafétéria<br />

où il n’y a presque pas de service<br />

de table. La friture y a fait son apparition<br />

dans les années 90 avec Yoyo<br />

Fritaille qui fut l’unique restaurant<br />

de ce genre pendant de nombreuses<br />

années. Placé dans l’artère principale<br />

des entreprises haïtiennes de Brooklyn,<br />

il a eu tellement de succès que<br />

son propriétaire a jugé bon d’ouvrir<br />

deux succursales, dans le district de<br />

Flatbush aussi. Ces derniers temps<br />

les fritures sont de plus en plus populaires.<br />

On les trouve non seulement à<br />

Brooklyn et à Queens, mais aussi à<br />

Long Island<br />

Quant au restaurant de style<br />

cafétéria, ils ont commencé à faire<br />

leur apparition au début des années<br />

2000s avec Karl’s Bakery<br />

& Restaurant comme pionnier à<br />

Brooklyn. Ils sont aujourd’hui aussi<br />

populaires que la friture. A Queens,<br />

ils sont tellement nombreux qu’on<br />

a l’impression qu’il n’y en a plus de<br />

restaurant traditionnel.<br />

Ces restaurants servent des<br />

plats cuisinés disposés derrière un<br />

comptoir permettant aux clients de<br />

voir ce qui est disponible, Ils sont<br />

peu coûteux et prêts à être mis en<br />

boite ; deux caractéristiques qui<br />

plaisent beaucoup aux clients. La<br />

demande est si forte que dans la<br />

plupart de ces restaurants les clients<br />

doivent faire la queue pour<br />

faire leur choix, à Queens comme<br />

à Brooklyn. Ils peuvent avoir à attendre<br />

en ligne pour être servis,<br />

mais par rapport à la longue période<br />

d’attente qu’on endure souvent<br />

dans les restaurants traditionnels,<br />

c’est rien. Par ailleurs, il semble<br />

que ces restaurants embauchent<br />

suffisamment de personnes pour le<br />

service. En conséquence, la période<br />

d’attente y est généralement très<br />

courte.<br />

Si dans d’autres domaines nos<br />

entrepreneurs n’ont pas démontré<br />

beaucoup de sens des affaires,<br />

ils sont très efficaces dans celuici.<br />

Ils font tellement bien qu’ils y<br />

ont provoqué un essor. Tant et si<br />

bien que le Créole Buffet, dont les<br />

propriétaires ont ouvert un tel restaurant<br />

quatre ans de cela, s’est<br />

aujourd’hui multiplié en quatre<br />

branches, le premier à Long Island<br />

et les 3 autres à Queens. J’ai eu une<br />

conversation avec l’un des propriétaires,<br />

qui a déclaré que leur succès<br />

est dû à ces 3 facteurs: ils offrent un<br />

prix dérisoire spécial chaque jour<br />

avant le crépuscule, le service est<br />

rapide, et toutes les branches sont<br />

bien entretenues.<br />

Une analyse plus approfondie<br />

de ces restaurants laisse percevoir<br />

d’autres raisons moins visibles<br />

pour lesquelles ils ont tant de succès.<br />

Premièrement, le manque de<br />

courtoisie des serveuses, l’un des<br />

facteurs qui a valu aux restaurants<br />

traditionnels une réputation de service<br />

à la clientèle pauvre, n’est pas<br />

un problème dans ce genre de restaurant.<br />

L’interaction entre client et<br />

serveuse ou serveur y est très limitée.<br />

Le risque pour les conflits est<br />

quasi inexistant. Deuxièmement,<br />

ces restaurants sont plus inclusifs.<br />

La communication verbale entre<br />

les deux parties étant minimale,<br />

elle ouvre la voie aux étrangers qui<br />

au préalable avaient une barrière<br />

linguistique qui les avait empêchés<br />

de patronner nos restaurants.<br />

Là ils n’ont qu’à pointer du doigt<br />

ce qu’ils veulent sans piper mot,<br />

et les serveurs ou serveuses n’ont<br />

qu’à mettre les plats commandés<br />

en boite. Ca fait l’affaire des propriétaires<br />

!<br />

Enfin, la réussite de nos entrepreneurs<br />

dans ce domaine, c’est du<br />

progrès qui vaut la peine d’être signalé.<br />

C’est un pas dans la bonne direction<br />

pour stimuler l’économie de<br />

notre communauté. On va s’arrêter<br />

là pour le moment. Prenons donc<br />

rendez-vous au même endroit pour<br />

continuer notre périple.<br />

Lesly Eustache<br />

De gauche à droite Mildred, Aristide et Maxine Waters<br />

Dans une lettre adressée au Secrétaire<br />

d’État John Kerry, la<br />

Congressiste Maxine Waters, dit<br />

craindre une situation dangereuse<br />

après le retrait des agents chargés<br />

de la sécurité de l’ancien Président<br />

Aristide et lui demande d’intervenir<br />

sans délai, afin d’éviter une confrontation<br />

dangereuse entre les<br />

forces de l’ordre et les partisans<br />

d’Aristide.<br />

« L'Honorable John Kerry<br />

Secrétaire d'État<br />

Département d'État<br />

2201 C Street, NW, Room 7226<br />

Washington, DC 20520<br />

Cher Secrétaire Kerry:<br />

Je suis profondément concernée<br />

par la situation en Haïti.<br />

J'ai été informée que des ordres<br />

ont été donnés de rappeler tous<br />

les officiers du commissariat de police<br />

qui fournissaient la sécurité à<br />

la maison du Président Aristide et<br />

tous les policiers ont quitté les alentours<br />

aux environs de 1h00 a.m.<br />

[jeudi matin11 septembre <strong>2014</strong>].<br />

Cela rend le Président Aristide et sa<br />

famille, totalement exposés.<br />

Je suis extrêmement concernée<br />

qu'il existe un effort d'arrêter<br />

de manière illégale le Président<br />

Aristide. Étant donné que les supporteurs<br />

du Président Aristide se<br />

sont rassemblés autour de sa maison<br />

au cours des derniers jours pour<br />

montrer leur soutien envers lui, on<br />

peut raisonnablement s’attendre<br />

qu'ils aillent encercler sa maison<br />

pour prévenir son arrestation. Personne<br />

ne devrait vouloir une confrontation<br />

entre les partisans du<br />

Président Aristide et la police. Je<br />

crains qu'une situation dangereuse<br />

ne se développe, qui puisse mener<br />

à des pertes de vie et une instabilité<br />

politique plus profonde en Haïti.<br />

S'il vous plait intervenez immédiatement<br />

pour éviter une confrontation<br />

inutile et dangereuse et<br />

éviter que s'en suive le chaos en<br />

Haïti.<br />

Sincèrement,<br />

Maxine Waters<br />

Membre du Congrès<br />

cc: Thomas C. Adams,<br />

<strong>Haiti</strong> Special Coordinator<br />

Ambassador Pamela A.<br />

White, U.S. Ambassador to the Republic<br />

of <strong>Haiti</strong>»<br />

SAVE THE DATE * SAVE THE DATE<br />

HAFECE<br />

L’Éducation du regard et la Fondation Mémoire<br />

Vous invitent à un diner-causerie pour le lancement du dernier livre<br />

du professeur Franck Laraque :<br />

L’instrumentation de la pensée révolutionnaire<br />

(Une collection d’essais et de réflexions)<br />

Au programme : show culturel, vin d’honneur, diner, témoignages/hommages<br />

Présentation d’une plaque d’honneur au professeur Franck Laraque.<br />

Dimanche 28 septembre <strong>2014</strong>,<br />

de 4:00 PM à 8:00 PM<br />

à Mireille’s Restaurant<br />

<strong>17</strong>0 Post Avenue, Westbury, New York, 11590<br />

Contribution : $ 50.00 par personne<br />

Avec votre contribution vous aurez droit à un dîner<br />

et une copie de l’ouvrage<br />

Pour réservations veuillez appeler :<br />

Jean Refusé (347) 357-8258<br />

Frantz Antoine Leconte(516) 376-0633<br />

Étienne Télémaque (516) 603-0155<br />

DENNIS MULLIGAN,<br />

Attorney-at-Law<br />

All aspects of Immigration Law<br />

•TPS<br />

•Residency<br />

•Citizenship<br />

Over 20 years experience<br />

Nous parlons français<br />

11 Broadway<br />

New York, NY 10004<br />

(near all trains)<br />

646-253-0580<br />

Menez Jean-Jerome<br />

Attorney at Law<br />

Real Estate<br />

Immigration-Divorce<br />

4512 Church Avenue<br />

Brooklyn, NY 11203<br />

Nou pale kreyòl!<br />

(718) 462-2600<br />

(914) 643-1226 cell<br />

PAUL J. JOURDAN<br />

ATTORNEY AT LAW<br />

107 Kenilworth Place<br />

Brooklyn, NY 11210<br />

Phone:<br />

(718) 859-5725<br />

(347) 898-7514<br />

•Immigration<br />

•Divorce<br />

•Business Formation<br />

(Corporation & Partnership)<br />

•Estate Administration - Wills<br />

•Real Estate Closings<br />

8<br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>


This Week in <strong>Haiti</strong><br />

UN and U.S. Blame <strong>Haiti</strong>’s Opposition for Delayed Elections,<br />

Ignore History<br />

by Center for Economic and Policy Research<br />

At the United Nations Security<br />

Council meeting last week, U.S. Ambassador<br />

to the UN Samantha Power<br />

did not mince words as to whom<br />

she thought was to blame for <strong>Haiti</strong>’s<br />

electoral impasse. “[A] group of six<br />

senators seems intent on holding<br />

elections hostage to partisan concerns,<br />

even going so far as to prevent<br />

a debate on the electoral law,”<br />

Power stated bluntly to the assembled<br />

council members. “Legislators<br />

in a democracy have a responsibility<br />

to defend their constituents’ rights.<br />

But when elected officials take advantage<br />

of democracy’s checks and<br />

balances to cynically block debates<br />

and elections altogether, they stand<br />

in the way of addressing citizens’<br />

real needs.”<br />

In line with Power, Sandra<br />

Honoré, the head of the so-called<br />

UN Mission to Stabilize <strong>Haiti</strong> (MI-<br />

NUSTAH), also targeted the “Group<br />

of Six” senators. She extolled the<br />

March <strong>2014</strong> El Rancho Accord,<br />

which all major opposition parties,<br />

including former President Jean-<br />

Bertrand Aristide’s Lavalas Family,<br />

have condemned as a bogus political<br />

compromise and public relations<br />

ploy orchestrated by President Michel<br />

Martelly. But Honoré said the<br />

Accord “generated the hope that<br />

combined elections would be held<br />

by the end of <strong>2014</strong>” and blamed a<br />

“group of Senators opposed to the El<br />

Rancho Accord” for demanding “the<br />

establishment of an entirely new<br />

Electoral Council,” a call of almost<br />

the entire <strong>Haiti</strong>an opposition.<br />

On Sep. 15, in a separate action,<br />

15 U.S. Congress members<br />

wrote to the Senate president Simon<br />

Desras. “We are deeply concerned<br />

that the <strong>Haiti</strong>an Senate has been<br />

unable to pass the requisite legislation<br />

to authorize elections this year,”<br />

wrote the U.S. lawmakers. “We believe<br />

that <strong>Haiti</strong>ans deserve better<br />

than to have this fundamental democratic<br />

right continually delayed.”<br />

But, as the Miami Herald<br />

pointed out, “[i]n addition to the<br />

senators, several large political parties<br />

in <strong>Haiti</strong> are also opposed to the<br />

agreement and were not part of the<br />

negotiations [the El Rancho Accord].<br />

In addition to raising constitutional<br />

issues, Martelly opponents<br />

have also raised questions about the<br />

formation of the Provisional Electoral<br />

Council (CEP) tasked with organizing<br />

the vote. Many feel that it<br />

is currently being controlled by the<br />

executive.”<br />

Opposition leader Mirlande<br />

Manigat, a conservative who lost<br />

to Martelly in a run-off election in<br />

2011 and is a constitutional scholar,<br />

responded to the comments from the<br />

U.S. and the UN, saying it was unreasonable<br />

to overlook the role that<br />

Martelly has played in the delay.<br />

“For three years, he refused<br />

to call elections,” she said. “A large<br />

part of this is his fault… It is unfair<br />

to accuse the six senators for the crisis.”<br />

As we have noted previously,<br />

there are legal and constitutional<br />

reasons behind the oppositions’<br />

electoral stance. “Prompt elections<br />

are much needed, but elections will<br />

only remedy <strong>Haiti</strong>’s political crisis if<br />

they are run fairly by a constitutionally-mandated<br />

electoral council,”<br />

said Mario Joseph, managing lawyer<br />

for the Bureau des Avocats Internationaux.<br />

“President Michel Martelly<br />

Samantha Power, U.S. Ambassador to the UN, accused <strong>Haiti</strong>’s “Group of<br />

Six” senators, not President Martelly, of “cynically” blocking elections<br />

and of standing “in the way of addressing citizens’ real needs.”<br />

Although today she toes the U.S. line of supporting Martelly-skewed<br />

elections, a year ago MINUSTAH Chief Sandra Honoré had to recognize<br />

the widespread sentiment that “the executive had intentionally delayed<br />

the process to ensure that Parliament would become non-functional.”<br />

Former Presidential candidate Mirlande Manigat responded to U.S. and<br />

UN officials that “it is unfair to accuse the six senators for the crisis.”<br />

has delayed elections for three years<br />

because he does not want to lose the<br />

political control he has enjoyed without<br />

full parliamentary oversight.”<br />

Given the outrage coming from<br />

the U.S. and other foreign powers<br />

about the delayed elections and the<br />

focus on this group of senators, it<br />

could be easy to forget that indeed,<br />

as Joseph and Manigat point out,<br />

this issue has been developing for<br />

years, a fact of which the international<br />

community is well aware.<br />

For starters, much of the current<br />

political stalemate arises from<br />

the deeply flawed presidential elections<br />

in 2010, through which Martelly<br />

was elected only after the<br />

arbitrary intervention of the Organization<br />

of American States (OAS).<br />

Since that election, every year, without<br />

fail, the Martelly government<br />

has pledged to hold elections and<br />

UN Photo/Evan Schneider<br />

UN Photo/Paulo Filgueiras<br />

RINCHER<br />

Translations<br />

Cheapest in Town<br />

Birth Certificate • Resume<br />

• Divorce/Marraige Certificates<br />

Universal Book Store<br />

Languages • Religious • Political<br />

• History • Educational<br />

Radio Optimum Mondiale<br />

Advertising • Radios • Annonces • Nouvelles<br />

826 Rogers Avenue<br />

Brooklyn, NY 11226<br />

(718) 282-4033<br />

Email: rincherexpress@gmail.com<br />

then subsequently failed to live up<br />

to its promises. By overlooking this<br />

background and simply blaming a<br />

group of six senators, the international<br />

community and the U.S. are<br />

once again prioritizing the holding of<br />

any election, without regard to the<br />

quality of said election.<br />

Looking back over the last few<br />

years of U.N. Security Council meetings<br />

reveals just how long this has<br />

been an issue and how the viewpoints<br />

and criticisms from the international<br />

community have changed.<br />

In September 2011, Martelly<br />

had been in office for less than six<br />

months. With partial legislative elections<br />

on the horizon, then head of<br />

MINUSTAH, Mariano Fernandez<br />

Amunategui, spoke to the council.<br />

“It will also be important to<br />

support the electoral process in <strong>Haiti</strong>,<br />

which is preparing for partial legislative<br />

and local Government elections<br />

in November,” he said. “In that<br />

respect, I stress that electoral reform,<br />

including the establishment of a<br />

credible permanent electoral council,<br />

is indispensable if <strong>Haiti</strong> hopes gradually<br />

to reduce its dependence on international<br />

electoral assistance.”<br />

One year later, after those<br />

scheduled elections had not taken<br />

place, Fernandez once again addressed<br />

the Security Council.<br />

“An exceptional situation in<br />

<strong>Haiti</strong>an political life is currently being<br />

played out in that the Senate,<br />

which is theoretically made up of 30<br />

members, today has only 20 members,”<br />

he explained on Oct. 2, 2012.<br />

“That continues to distort political<br />

life, with negative consequences<br />

for the democratic stabilization process<br />

in <strong>Haiti</strong>. In addition, there is<br />

at present a serious impasse in the<br />

formation of the Permanent Electoral<br />

Council.<br />

“The formation of an electoral<br />

body of nine members in accordance<br />

with the stipulations of the Constitution<br />

is an unavoidable prerequisite<br />

for any elections; its establishment<br />

will determine how soon the pending<br />

elections can be held to renew a<br />

third of the Senate as well as to elect<br />

all municipal mayors and councillors,”<br />

Fernandez continued. “That is<br />

why MINUSTAH is currently working<br />

in coordination with the international<br />

community to promote dialogue<br />

and prepare the way for the<br />

soonest possible establishment of a<br />

Permanent Electoral Council that is<br />

legitimate and legal and that enjoys<br />

the broadest possible support.”<br />

That year (another with no<br />

elections held), the terms of some<br />

130 mayors expired. Rather than<br />

let them continue in their posts until<br />

elections were held, they were replaced<br />

by Martelly appointees. Fast<br />

forward another year, and MINUS-<br />

TAH has a new head, Sandra Honoré.<br />

“Turning to the political situation,<br />

the continued delay in the<br />

holding of long-overdue partial<br />

senatorial, municipal and local elections<br />

is of increasing concern and<br />

poses a series of risks to the stabilization<br />

process,” she said in her<br />

Oct. 10, 2013 report to the council.<br />

“Yesterday’s long-awaited submission<br />

to Parliament by President Martelly<br />

of the draft electoral law that<br />

is required to launch the electoral<br />

process is a most welcome development.<br />

However, there have been<br />

protracted delays caused, in part,<br />

by the eight months that it took the<br />

three branches of Government to<br />

designate the nine members of the<br />

Electoral Council.”<br />

But most importantly, last<br />

year Honoré explicitly stated what<br />

has caused the “Group of Six” senators<br />

to come together: “Despite the<br />

executive branch’s repeated public<br />

statements in favor of holding the<br />

elections as soon as possible, those<br />

delays have led a number of political<br />

and civil society actors to express<br />

skepticism concerning the likelihood<br />

that elections will be held in 2013...<br />

“Delays in the submission of<br />

the draft electoral law by the executive<br />

to Parliament fueled speculation<br />

among legislators that the executive<br />

had intentionally delayed the<br />

process to ensure that Parliament<br />

would become non-functional,” she<br />

continued. “That perception united a<br />

grouping of main opposition parties<br />

that repeatedly and publicly called<br />

on President Martelly to uphold the<br />

constitutional requirement of timely<br />

elections, or else to resign, thus popularizing<br />

the chant calling for ‘elections<br />

or resignation.’”<br />

Again, another year passed<br />

without elections. For years now,<br />

the international community has<br />

called for elections which respect<br />

the Constitution and reflect a broad<br />

consensus. Now, however, with the<br />

terms of another third of the Senate<br />

and the entire lower house set to expire<br />

in January, the calls for elections<br />

have become deafening. Unfortunately,<br />

it appears as though the U.S.<br />

and other countries involved in <strong>Haiti</strong>,<br />

after doing little more than make<br />

speeches each year calling for elections,<br />

are now willing to accept any<br />

sort of election, even if it doesn’t<br />

follow the Constitutional provisions<br />

that they themselves have been citing<br />

over the last three years. It is<br />

true that <strong>Haiti</strong> needs to hold elections,<br />

but after the debacle in 2010<br />

(largely shoved on <strong>Haiti</strong>ans by the<br />

international community), it would<br />

be wrong to discard the objections of<br />

a large section of <strong>Haiti</strong>an society and<br />

push forward with another deeply<br />

flawed election.<br />

LEARN A NEW LANGUAGE<br />

with RINCHER’S SYSTEM<br />

Spanish ● English ● French ● Kreyòl<br />

Kits contain a BOOK and 2 or 3 CDs<br />

Price range:<br />

only $25 - $35<br />

Write, call, email, or visit:<br />

Universal Book Store<br />

(formerly Rincher’s Book Store)<br />

826 Rogers Avenue<br />

Brooklyn, NY 11226<br />

718.282.4033<br />

Email: rincherexpress@gmail.com<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 9


LE FLIRT DES OCCIDENTAUX AVEC<br />

John Boehner, président de la Chambre des représentants<br />

des Etats-Unis<br />

Par Marc Vandepitte<br />

Les USA envoient de l'aide humanitaire<br />

aux victimes sans défense dans le nord<br />

de l'Irak et ils bombardent les terroristes<br />

qui veulent mener une épuration religieuse<br />

dans le pays. Ce qu'ils omettent<br />

de dire, c'est que ces terroristes sont le<br />

produit de leur propre politique étrangère<br />

dans la région.<br />

« It’s the oil, stupid ! »<br />

Deux ans et demi après que l’armée des<br />

Etats-Unis s’est retirée d’Irak, Washington<br />

s’en va-t-en guerre à nouveau. Le<br />

Pentagone a 400 conseillers sur place et<br />

a commencé dès le 8 août à bombarder<br />

des positions d’ISIS, rebaptisé EI (Etat<br />

islamique). Officiellement, il s’agit d’une<br />

mission « humanitaire », plus précisément<br />

pour « prévenir un possible génocide ».<br />

Tout conflit armé a ses drames humanitaires,<br />

et celui-ci ne fait pas exception.<br />

Mais Proudhon déjà mettait en garde<br />

: « Chaque fois que j’entends le mot “humanité”<br />

je sais qu’ils veulent tromper ».<br />

Et c’est certainement le cas si quelqu’un<br />

entre en guerre.<br />

Le Financial Times a fait remarquer<br />

sèchement que les bombardements<br />

coïncident avec les premiers signaux indiquant<br />

que les combats dans le nord de<br />

l’Irak mettent en péril le fonctionnement<br />

normal des compagnies pétrolières. Dès le<br />

début du mois d’août, des acteurs aussi<br />

importants que Efron, Genel Energy,<br />

Chevron et ExxonMobil commençaient<br />

déjà à évacuer du personnel.<br />

Le journal signalait aussi que ces<br />

dernières années ce territoire a exercé une<br />

forte attraction sur l’industrie de l’énergie.<br />

Le sous-sol recèle une très grande réserve<br />

de pétrole qui de plus est très facile à exploiter.<br />

Jusqu’à présent la région avait été<br />

épargnée par la guerre civile et les carnages<br />

tant des autorités que des djihadistes.<br />

Les quartiers généraux de ces géants<br />

de l’énergie se trouvent à Arbil, capitale<br />

du Kurdistan irakien semi-autonome.<br />

Des milliers de citoyens étatsuniens y vivent<br />

et il y a un consulat US. C’est cette<br />

ville, la première qui a intéressé l’Etat<br />

Islamique, qui menaçait de tomber aux<br />

mains des djihadistes. Ce n’est pas pour<br />

rien que John Boehner, président de la<br />

Chambre des représentants des États-<br />

Unis, déclarait que « des intérêts nationaux<br />

vitaux sont en jeu ».<br />

Bombarder : ni légitime, ni utile<br />

Le calendrier n’est pas très heureux. Juste<br />

au moment où yézidis, Kurdes et chrétiens<br />

reçoivent une aide humanitaire,<br />

Obama envoie des armes aux Israéliens<br />

pour qu’ils puissent encore mieux « gérer<br />

» les Palestiniens à Gaza. Pas plus que<br />

lors des bombardements et des conflits<br />

précédents (1), cette fois non plus, il n’y<br />

a aucun mandat de l’ONU. Quels arguments<br />

allons-nous utiliser quand Poutine<br />

va se mettre à bombarder l’armée ukrainienne<br />

dans le cadre d’une « mission de<br />

paix humanitaire » ?<br />

Si (tout) le but est de stopper<br />

l’avancée de l’EI, alors les bombardements<br />

actuels ne sont ni suffisants ni<br />

même utiles. « Quelques bombes de 250<br />

kg larguées d’un F18 et quelques attaques<br />

avec des drones n’arrêteront pas<br />

l’EI » selon Ryan Crocker, ancien ambassadeur<br />

US en Irak.<br />

Jusqu’à ce jour, les bombardements<br />

– plutôt limités – n’ont guère eu d’impact.<br />

Depuis le début des bombardements,<br />

l’ISIS a perdu quelques villes ; mais il a<br />

regagné du terrain ailleurs. Le général<br />

Mayville, qui coordonne l’opération, a<br />

dit à ce sujet : « En aucune manière je ne<br />

veux suggérer que nous contrôlons effectivement<br />

la menace de l’IS ou que nous<br />

avons brisé leur avancée ».<br />

Ces pertes limitées et le fait que<br />

l’avancée n’est pas stoppée permettent<br />

au groupe terroriste de vendre l’opération<br />

militaire US à ses partisans comme une<br />

victoire.<br />

En outre l’ingérence ouverte et<br />

directe des Etats Unis jette de l’huile sur<br />

le feu. L’EI s’en servira comme élément<br />

de propagande. Des musulmans dans le<br />

monde entier qui hésitent à combattre<br />

d’autres musulmans, pourront à présent<br />

être convaincus qu’il s’agit d’une lutte<br />

contre la suprématie occidentale.<br />

Finalement, conséquence des attaques<br />

aériennes, l’EI agira encore plus<br />

dans la clandestinité et sera donc encore<br />

plus difficile à combattre.<br />

Danse macabre<br />

L’invasion US de l’Irak et l’occupation<br />

qui a suivi ont brisé la colonne vertébrale<br />

des forces aériennes irakiennes. Depuis,<br />

Washington n’autorise aucune reconstitution.<br />

Etant donnée la distance, l’armée<br />

syrienne n’est pas en mesure d’arrêter la<br />

progression d’ISIS. Seule l’armée de l’air<br />

US en a les moyens. Mais elle ne frappe<br />

pas réellement. Comparée à de précédentes<br />

opérations aériennes, l’opération actuelle<br />

se fait en mode mineur.<br />

Comme il est apparu dès juin,<br />

l’armée de terre irakienne – dominée par<br />

des chiites – n’est pas non plus en mesure<br />

de reconquérir les territoires conquis dans<br />

le nord du pays. Ceux qui pourraient arrêter<br />

l’avancée actuelle de l’EI dans la<br />

région – par voie terrestre – et qui pourraient<br />

éventuellement le battre, ce sont<br />

les combattants kurdes armés, les peschmergas.<br />

Ils sont quelque 200.000. Ils<br />

sont disciplinés et bien entraînés ; mais<br />

ils ne disposent que d’un arsenal léger et<br />

obsolète.<br />

Les Kurdes sollicitent depuis un<br />

bon moment des armes lourdes et meilleures<br />

; mais Washington et la Turquie<br />

ne voient pas leur demande d’un bon<br />

œil. Une armée kurde bien équipée serait<br />

un pas important vers un état indépendant<br />

; mais c’est ce que la Turquie exclut,<br />

soutenue en cela par les Etats-Unis.<br />

Le feu vert a maintenant été donné<br />

pour une livraison directe d’armement<br />

aux Kurdes (2) ; mais il s’agit d’armes<br />

légères.<br />

Récapitulons. D’une part l’EI ne<br />

peut pas vraiment percer et certainement<br />

pas mettre en danger les intérêts pétroliers.<br />

D’autre part, il ne faut pas que les<br />

Kurdes deviennent trop forts. L’armée de<br />

l’air irakienne (chiite) a donc été délibérément<br />

maintenue en état de faiblesse et sur<br />

le plan militaire les chiites se sont repliés<br />

sur Bagdad et dans le territoire au sud de<br />

Bagdad. Les trois groupes de population<br />

se maintiennent dans un équilibre des<br />

forces macabre. Si un des trois menace<br />

de rompre l’équilibre, le Pentagone et la<br />

CIA viennent donner un coup de main.<br />

Un scénario similaire se joue en Syrie.<br />

Assad doit être affaibli ; mais il n’est pas<br />

question que les djihadistes y prennent<br />

la main. C’est une impasse qui convient<br />

parfaitement au jeu des Etats-Unis et<br />

d’Israël. Les états forts de la région qui ne<br />

marchent pas aux pas sont démembrés<br />

ou, comme dans le cas de l’Iran, assujettis<br />

par un embargo draconien.<br />

EI : une création de l’Occident ?<br />

L’idylle entre le Pentagone et des groupements islamistes extrémistes n’est pas une nouveauté.<br />

Selon Edward Snowden, ex-collaborateur de la National Security Agency (NSA) étatsunienne, il est apparu que<br />

les agences du renseignement des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et d’Israël ont collaboré pour créer ISIS.<br />

Nabil Na’eem, ancien commandant d’al Qaeda, confirme que, presque toutes les sections actuelles<br />

d’al-Qaeda travaillent pour la CIA.<br />

10<br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>


LES DJIHADISTES TOURNE MAL !<br />

Abdelhakim Belhadj, est un ancien ponte d’al-Qaeda. Sa milice suivait<br />

encore un entraînement US juste avant le début de la rébellion en Libye.<br />

Selon Ryan Crocker, ancien ambassadeur US en Irak, « … quelques bombes de 250 kg larguées d’un F18 et<br />

quelques attaques avec des drones n’arrêteront pas l’EI<br />

Les USA bombardent les terroristes qui veulent mener une épuration religieuse dans le nord de l’Irak. Ce qu'ils<br />

omettent de dire, c'est que ces terroristes sont le produit de leur propre politique étrangère dans la région.<br />

Selon le sénateur républicain Paul Rand, les Etats-Unis ont naguère « soutenu » ISIS et c’est pour cela que le<br />

mouvement terroriste est si fort aujourd’hui<br />

Le groupe terroriste « Etat Islamique »<br />

s’emboîte parfaitement dans ce puzzle.<br />

Selon Edward Snowden , ex-collaborateur<br />

de la National Security Agency<br />

(NSA) étatsunienne, il est apparu que<br />

les agences du renseignement des Etats-<br />

Unis, de Grande-Bretagne et d’Israël ont<br />

collaboré pour créer ISIS. Elles ont créé<br />

une organisation terroriste qui est en<br />

mesure d’attirer tous les extrémistes (psychopathes)<br />

du monde avec l’aide d’une<br />

stratégie qu’elles nomment « le nid de<br />

guêpes ». Nabil Na’eem, ancien commandant<br />

d’al Qaeda, confirme ce récit. Selon<br />

lui, presque toutes les sections actuelles<br />

d’al-Qaeda travaillent pour la CIA.<br />

Il faut toujours rester prudent<br />

avec de telles informations. Comme<br />

c’est généralement le cas avec ce genre<br />

d’opérations clandestines et de groupes<br />

glauques, nous ne connaîtrons la vérité<br />

que plus tard et peut-être jamais intégralement.<br />

Mais il y a un certain nombre de<br />

choses dont nous sommes certains et qui<br />

penchent fortement dans ce sens-là :<br />

1. À partir de 2012 les USA, la<br />

Turquie et la Jordanie ont créé un camp<br />

d’entraînement pour les rebelles syriens<br />

à Sawafi, dans le nord de la Jordanie.<br />

Des instructeurs français et britanniques<br />

étaient impliqués. Certains de ces rebelles<br />

ont ensuite rallié ISIS.<br />

2. Selon le sénateur républicain<br />

Paul Rand, les Etats-Unis ont naguère<br />

« soutenu » ISIS et c’est pour cela<br />

que le mouvement terroriste est si fort<br />

aujourd’hui. (“They’re emboldened because<br />

we’ve been supporting them.”). Il<br />

désigne également quelques alliés proches<br />

des Etats-Unis : l’Arabie Saoudite, le Qatar<br />

et le Koweit. Ces pays ont fourni armes<br />

et finances à ISIS.<br />

3. En effet, l’Arabie Saoudite joue<br />

un rôle-clé, comme jadis avec al-Qaeda.<br />

En tant que sous-traitants des USA, ils<br />

se chargent des basses besognes. Cet<br />

état du Golfe soutient toutes sortes de<br />

groupes extrémistes sunnites pour réduire<br />

l’influence et la puissance de l’Iran et<br />

des chiites dans la région. Une partie de<br />

ce soutien militaire et financier est allée<br />

ces dernières années à des combattants<br />

d’ISIS en Syrie (3). L’ex-candidat à la<br />

présidence John McCain ne dissimule pas<br />

son enthousiasme pour cette monarchie<br />

extrémiste : « Thank God for the Saudis<br />

and Prince Bandar ». (4)<br />

4. Mais on ne se contente pas<br />

d’éloges. En mai 2013 MacCain s’est fait<br />

fièrement photographier avec quelques<br />

djihadistes. Le problème est que l’un<br />

d’eux est un combattant d’ISIS. Et pas<br />

le premier venu, il est connu comme le<br />

djihadiste cannibale, parce qu’on le voit<br />

dans une vidéo en train de manger un<br />

cœur humain.<br />

Un flirt tenace<br />

L’idylle entre le Pentagone et des groupements<br />

islamistes extrémistes n’est pas<br />

une nouveauté. Dès 1979 des moudjahidin<br />

étaient recrutés, armés et entraînés<br />

pour chasser le gouvernement communiste<br />

d’Afghanistan. « Rambo 3 » de<br />

Silvester Stallone est une version hollywoodienne<br />

de cette collaboration. C’est de<br />

ces cercles de moudjahidin que sont issus<br />

al-Qaeda et Osama Ben Laden.<br />

Dans les années ’90 les talibans,<br />

combattants encore plus violents et extrémistes,<br />

devenaient les partenaires<br />

préférés de Washington en Afghanistan.<br />

Cette collaboration se termina quand il<br />

devint évident que les talibans ne pouvaient<br />

plus servir les intérêts étatsuniens.<br />

Pendant la guerre civile en Yougoslavie<br />

(1992-1995) le Pentagone permit<br />

à des dizaines de combattants d’al-Qaeda<br />

de s’envoler pour la Bosnie, afin de soutenir<br />

les musulmans sur place.<br />

En 1996 l’Armée de Libération<br />

du Kossovo (AK) a été entraînée par des<br />

officiers d’al-Qaeda, juste au-delà de la<br />

frontière albanaise. Tout en ayant l’aide<br />

de militaires britanniques et américains.<br />

Pour faire tomber Kaddhafi en<br />

2011 l’OTAN a collaboré notamment<br />

avec le Groupe islamique combattant<br />

en Libye (GIGL), une organisation qui<br />

figurait sur la liste des organisations terroristes<br />

interdites. Son chef, Abdelhakim<br />

Belhadj, est un ancien ponte d’al-Qaeda.<br />

Sa milice suivait encore un entraînement<br />

US juste avant le début de la rébellion en<br />

Libye.<br />

Le GIGL a conclu une alliance avec<br />

les rebelles islamistes du Mali. Ces derniers<br />

ont réussi, avec l’aide des Touaregs,<br />

à s’emparer du nord du Mali pendant<br />

quelques mois. Grâce aux bombardements<br />

de l’OTAN les rebelles islamistes<br />

ont pu piller les dépôts d’armes de l’armée<br />

libyenne. Ce sont ces mêmes armes que<br />

les djihadistes utilisent aujourd’hui au Nigéria,<br />

au Tchad, en Irak et au Mali.<br />

Nous avons déjà évoqué l’étroite<br />

collaboration entre des organisations extrémistes<br />

en Syrie. C’est dans ce « nid de<br />

guêpes » qu’est né et se développe fortement<br />

l’EI.<br />

La stratégie du chaos<br />

La guerre contre le terrorisme s’est inversée<br />

en son contraire, la propagation du<br />

terrorisme. Les opérations ratées en Irak,<br />

Afghanistan, Libye et Syrie montrent à<br />

l’évidence que les Etats-Unis et l’Occident<br />

ne sont désormais plus capables de modeler<br />

la région du Moyen-Orient comme<br />

elle le souhaiterait elle-même.<br />

Washington et ses alliés risquent<br />

de perdre de plus en plus la maîtrise et<br />

ils font de plus en plus appel à des soustraitants<br />

de mauvais aloi. Ils raisonnent<br />

ainsi : « Si nous ne pouvons pas contrôler<br />

nous-mêmes, alors personne d’autre ne<br />

le peut ». C’est ce qu’on peut qualifier de<br />

stratégie du chaos, ou plus exactement,<br />

de chaos de la stratégie. C’est le comble<br />

de l’immoralité.<br />

Notes :<br />

(1) Par exemple la guerre contre l’Irak en<br />

1991 et les bombardements à Panama<br />

1989, en Somalie 1993, Bosnie 1995,<br />

Soudan 1998, Pakistan 2005-2013 et au<br />

Yemen 2009-2013.<br />

(2) Auparavant c’était toujours via<br />

l’autorité centrale irakienne.<br />

(3) Ce soutien militaire se fait non<br />

par l’intermédiaire de l’autorité centrale<br />

mais via toutes sortes d’individus et de<br />

réseaux généreux en capitaux [http://<br />

www.theatlantic.com/internat...].<br />

(4) Le Prince Bandar est un homme<br />

influent en Arabie Saoudite. Il a été<br />

ambassadeur aux Etats-Unis et entretenait<br />

d’excellentes relations avec la famille<br />

Bush.<br />

Traduction du néerlandais :<br />

Anne Meert<br />

InvestigAction 11 septembre <strong>2014</strong><br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 11


Perspectives<br />

Mort de Tolstoi !<br />

Par Vladimir Ilitch Lénine<br />

L’affaire Abdallah est un double scandale,<br />

une vilaine moisissure !<br />

Portrait de Tolstoi réalisé par le<br />

peintre russe Ilya Repine en 1887<br />

Sur Tolstoi : Lénine explique les leçons<br />

que peuvent tirer les militants révolutionnaires<br />

de l'œuvre du grand écrivain<br />

russe « Il expliquera aux masses<br />

la critique du capitalisme faite par Tolstoi,<br />

non pour que les masses se bornent<br />

à maudire le capital et le pouvoir<br />

de l'argent, mais pour qu'elles apprennent<br />

à s'appuyer, à chaque pas de leur<br />

vie et de leur lutte, sur les conquêtes<br />

techniques et sociales du capitalisme,<br />

pour qu'elles apprennent à se fondre en<br />

une seule armée de millions de combattants<br />

socialistes, qui renverseront<br />

le capitalisme et créeront une société<br />

nouvelle sans misère du peuple, sans<br />

exploitation de l'homme par l'homme.<br />

»<br />

Léon Tolstoi est mort. Son importance<br />

mondiale comme artiste, sa<br />

renommée mondiale de penseur et de<br />

prédicateur traduisent, l'une et l'autre,<br />

l'importance mondiale de la révolution<br />

russe<br />

Léon Tolstoi s'est fait connaître<br />

comme grand écrivain dès l'époque<br />

du servage. Dans une série d'œuvres<br />

géniales qu'il composa au cours de sa<br />

carrière littéraire de plus d'un demisiècle,<br />

il peignit surtout la vieille Russie<br />

d'avant la révolution, demeurée, même<br />

après 1861, dans un état de demi-servitude,<br />

la Russie rurale, la Russie du<br />

propriétaire foncier et du paysan. Décrivant<br />

cette période historique de la vie<br />

russe, Léon Tolstoi a su poser dans ses<br />

écrits un si grand nombre d'immenses<br />

problèmes. Il a su atteindre une telle<br />

puissance artistique que ses œuvres<br />

se classent parmi les meilleures de la<br />

littérature mondiale. La période de la<br />

préparation de la révolution dans un<br />

des pays opprimés par les tenants du<br />

servage apparut, grâce à la peinture<br />

géniale de Tolstoi, comme un pas en<br />

avant dans le développement artistique<br />

de l'humanité tout entière.<br />

Tolstoi artiste n'est connu que<br />

d'une infime minorité, même en<br />

Russie. Pour que ses œuvres grandioses<br />

puissent effectivement être mises à<br />

la portée de tous, il faut lutter et lutter<br />

encore contre l'ordre social qui a<br />

condamné des millions et des dizaines<br />

de millions d'hommes à l'ignorance, à<br />

l'hébétement, à un labeur de forçat et à<br />

la misère; il faut la révolution socialiste.<br />

Et Tolstoi n'a pas seulement créé<br />

des œuvres d'art que les masses apprécieront<br />

et liront toujours, quand,<br />

après avoir brisé le joug des grands<br />

propriétaires fonciers et des capitalistes,<br />

elles se seront créé des conditions<br />

humaines d'existence, il a su rendre,<br />

avec une force remarquable, l'état<br />

d'esprit des grandes masses, opprimées<br />

par le régime actuel; décrire leur situation,<br />

exprimer leur sentiment spontané<br />

de protestation et de colère. Appartenant<br />

surtout à l'époque qui va de<br />

1861 à 1904, Tolstoi a incarné, dans<br />

ses oeuvres, avec un relief extraordinaire<br />

– comme artiste, comme penseur<br />

et prédicateur – les traits historiques<br />

particuliers de la première révolution<br />

socialiste tout entière, sa force et sa<br />

faiblesse.<br />

Un des principaux traits distinctifs<br />

de notre révolution, c'est qu'elle fut<br />

une révolution bourgeoise paysanne,<br />

à une époque où le capitalisme avait<br />

atteint un degré de développement<br />

extrêmement élevé dans le monde entier<br />

et relativement élevé en Russie. Ce<br />

fut une révolution bourgeoise, car elle<br />

avait pour tâche immédiate de renverser<br />

l'autocratie tsariste, la monarchie<br />

tsariste et de détruire la propriété<br />

foncière des hobereaux, et non de renverser<br />

la domination de la bourgeoisie.<br />

La paysannerie, surtout, ne se rendait<br />

pas compte de ce qu'était cette dernière<br />

tâche, ni en quoi elle différait des objectifs<br />

plus proches et plus immédiats<br />

de la lutte. Ce fut aussi une révolution<br />

bourgeoise paysanne, car les conditions<br />

objectives avaient mis en avant<br />

le problème de la transformation des<br />

conditions fondamentales de la vie des<br />

paysans, de la destruction de l'ancien<br />

régime moyenâgeux de possession foncière,<br />

du « déblaiement du terrain » pour<br />

le capitalisme; les conditions objectives<br />

poussèrent les masses paysannes dans<br />

l'arène d'une action historique plus ou<br />

moins indépendante.<br />

Dans les oeuvres de Tolstoi se<br />

sont exprimées et la force et la faiblesse,<br />

et la puissance et l'étroitesse du mouvement<br />

paysan de masse. Sa protestation<br />

chaleureuse, passionnée, parfois<br />

impitoyablement acerbe, contre l'État<br />

et l'Église officielle policière, traduit les<br />

sentiments de la démocratie paysanne<br />

primitive, au sein de laquelle des siècles<br />

de servage, d'arbitraire et de brigandage<br />

administratifs, de jésuitisme clérical,<br />

de mensonges et d'escroqueries,<br />

ont accumulé des montagnes de colère<br />

et de haine. Sa négation intransigeante<br />

de la propriété foncière privée traduit la<br />

mentalité de la masse paysanne à un<br />

moment historique où l'ancien régime<br />

moyenâgeux de possession foncière,<br />

des hobereaux, de la couronne et des<br />

« apanages » avait fini par former un<br />

obstacle intolérable au développement<br />

du pays et devait, inéluctablement, être<br />

détruit de la manière la plus rigoureuse<br />

et la plus impitoyable. Sa dénonciation<br />

incessante du capitalisme, empreinte du<br />

sentiment le plus profond et de la plus<br />

véhémente indignation, exprime toute<br />

l'horreur du paysan patriarcal qui voit<br />

s'avancer sur lui un nouvel ennemi, invisible,<br />

inconcevable, venant de la ville<br />

ou de l'étranger, détruisant tous les «<br />

fondements » de la vie rurale, apportant<br />

une ruine sans précédent, la misère, la<br />

mort par la famine, l'ensauvagement,<br />

la prostitution, la syphilis – tous les<br />

fléaux de l' « époque de l'accumulation<br />

primitive », aggravés au centuple par<br />

le transfert sur le sol russe des procédés<br />

les plus modernes de brigandage,<br />

élaborés par Monsieur Coupon, (1)<br />

Mais, en même temps, l'ardent<br />

protestataire, l'accusateur passionné,<br />

le grand critique, montra, dans ses<br />

oeuvres, une incompréhension des<br />

causes de la crise qui fonçait sur la<br />

Russie et des moyens d'en sortir, digne<br />

tout au plus d'un naïf paysan patriarcal,<br />

mais non d'un écrivain de formation<br />

européenne. La lutte contre l'Etat<br />

féodal et policier, contre la monarchie,<br />

se réduisit, chez lui, à nier la politique,<br />

conduisit à l'enseignement de<br />

la « non-résistance au mal », aboutit<br />

à l'écarter complètement de la lutte<br />

révolutionnaire des masses en 1905-<br />

1907. La lutte contre l'Eglise officielle<br />

s'accompagna de la prédication d'une<br />

religion nouvelle, épurée, c'est-à-dire<br />

d'un nouveau poison épuré, raffiné, à<br />

l'usage des masses opprimées. La négation<br />

de la propriété foncière privée<br />

conduisit non pas à concentrer toute la<br />

lutte contre l'ennemi véritable, la propriété<br />

foncière des hobereaux et son<br />

instrument de domination politique, la<br />

monarchie, mais à des soupirs rêveurs,<br />

Par Jacques-Marie Bourget<br />

Le 24 octobre prochain, Georges Ibrahim<br />

Abdallah, citoyen et militant<br />

révolutionnaire internationaliste et<br />

libanais, va compter trente années<br />

de prison passées dans les geôles<br />

françaises. Dans un pays vraiment<br />

démocratique, qui aurait donc un souci<br />

sincère de la liberté et du droit, cet<br />

homme - selon la loi, libérable depuis<br />

1999 - serait dans l’heure rendu aux<br />

siens.<br />

Mais nous sommes en France,<br />

État gouverné par un président<br />

qui fait la fête avec Netanyahou ; et<br />

par Valls qui, chaque matin en se rasant,<br />

cherche la bonne idée du jour qui<br />

puisse faire plaisir à Israël. Manque<br />

de chance : Abdallah a été condamné<br />

pour l’assassinat, en 1982 en France,<br />

de deux diplomates, un Américain<br />

et un Israélien. Des représentants de<br />

pays qui ne comptent que des amis à<br />

l’intérieur de l’état PS. Voilà pourquoi<br />

Abdallah à la demande de Washington<br />

et de Tel-Aviv, même sa peine purgée,<br />

doit mourir dans sa centrale de Lannemezan.<br />

Le 23 septembre son avocat va,<br />

à nouveau, déposer une demande de<br />

mise en liberté : elle risque d’être une<br />

illusion de plus.<br />

L’affaire Abdallah est un double<br />

scandale, une vilaine moisissure sur<br />

les pages de l’histoire de France. Tout<br />

d’abord, le révolutionnaire libanais a<br />

été mal jugé, mal condamné. Mais, pour<br />

ceux qui ne veulent pas tenir compte<br />

de la réalité de ce massacre judiciaire, il<br />

existe une ignominie dans l’ignominie :<br />

le maintien en prison d’un homme qui<br />

a accompli « son » temps derrière les<br />

murs. Difficile après cela de dénoncer<br />

ces dictatures où les portes des prisons<br />

ne s’ouvrent que dans un sens. En sémantique,<br />

on peut dire qu’aujourd’hui<br />

Abdallah est un otage du gouvernement<br />

français.<br />

Dans les premiers mois de son<br />

emprisonnement, le révolutionnaire,<br />

marxiste et compagnon de route des<br />

Palestiniens et des nationalistes arabes,<br />

a été soumis à un traitement digne du<br />

Moyen Âge et de la Question. Un exemple.<br />

Un week-end, une petite équipe<br />

de la DST débarque (illégalement) à<br />

la Santé et s’installe près de la cellule<br />

d’Abdallah. Cette bande barbouzarde,<br />

conduite par un policier aujourd’hui<br />

en retraite et qui ne cesse d’encombrer<br />

les plateaux de télévision, soumet le<br />

prisonnier à la torture avec un revolver<br />

sur la tempe, et le menace d’être jeté<br />

mort dans la Seine… Pour ces flics<br />

hors la loi, en 1986, il s’agit de faire<br />

avouer au détenu libanais les secrets<br />

d’attentats commis ou programmés à<br />

Paris. Ces hommes obtus, cow-boys<br />

vagues et impuissants. La dénonciation<br />

du capitalisme et des fléaux qu'il<br />

apporte aux masses s'accompagna<br />

d'une attitude absolument apathique à<br />

l'égard de la lutte libératrice que mène à<br />

l'échelle mondiale le prolétariat socialiste<br />

international.<br />

Les contradictions dans les vues<br />

de Tolstoi ne sont pas celles de sa pensée<br />

strictement personnelle; elles sont<br />

le reflet des conditions et des influences<br />

sociales, des traditions historiques au<br />

plus haut point complexes et contradictoires,<br />

qui ont déterminé la psychologie<br />

des différentes classes et des différentes<br />

couches de la société russe à l'époque<br />

postérieure à la réforme, mais antérieure<br />

à la révolution.<br />

Aussi n'est-il possible de porter<br />

un jugement exact sur Tolstoi qu'en se<br />

plaçant au point de vue de la classe qui,<br />

par son rôle politique et sa lutte lors<br />

du premier règlement de ses contradictions,<br />

lors de la révolution, a prouvé sa<br />

vocation de chef dans le combat pour<br />

incompétents, ignorent que leur malheureuse<br />

cible n’a rien à leur avouer.<br />

Ces attentats, dont celui de la rue de<br />

Rennes, liés aux dossiers Eurodif et<br />

Gordji, sont commis à la demande de<br />

l’Iran… alors que lui, Abdallah est un<br />

militant de la Fraction armée libanaise<br />

(FARL) qui n’a rien de commun avec<br />

les desseins de Khomeiny… Peu importe,<br />

Pasqua entend « terroriser les<br />

terroristes » donc, on torture. Mais ce<br />

n’est pas seulement cela. Pour la gestion<br />

d’une justice à sa main, le SDECE,<br />

les services spéciaux français (ex-<br />

DGSE), parvient à faire nommer un de<br />

ses agents comme avocat du révolutionnaire.<br />

Dans tout État, simplement<br />

normal, les responsables de ces forfaitures<br />

auraient été eux-mêmes conduits<br />

devant un juge…<br />

Arrive le temps du procès. À<br />

partir de quelle preuve Abdallah est-il<br />

condamné ? À partir du contenu d’une<br />

valise retrouvée dans une planque du<br />

guérillero anticolonialiste. Elle contient<br />

l’arme utilisée pour assassiner les diplomates<br />

et une bouteille de « Corrector<br />

» portant les empreintes d’Abdallah. La<br />

la liberté et pour l'affranchissement<br />

des masses exploitées, prouvé son attachement<br />

indéfectible à la cause de<br />

la démocratie et ses capacités de lutte<br />

contre l'étroitesse et l'inconséquence<br />

de la démocratie bourgeoise (y compris<br />

la démocratie paysanne): ce jugement<br />

n'est possible que du point de vue du<br />

prolétariat social-démocrate.<br />

Voyez le jugement que portent<br />

sur Tolstoi les journaux du gouvernement.<br />

Ils versent des larmes de crocodile,<br />

protestant de leur respect à l'égard<br />

du « grand écrivain », et défendant en<br />

même temps le « Saint » Synode. Or, les<br />

saints pères viennent de perpétrer une<br />

vilenie, particulièrement abjecte, en<br />

dépêchant des popes auprès du moribond,<br />

afin de duper le peuple et dire que<br />

Tolstoi « s'est repenti ». Le Saint Synode<br />

a excommunié Tolstoi. Tant mieux.<br />

Il lui sera tenu compte de cet exploit à<br />

l'heure où le peuple réglera ses comptes<br />

avec les fonctionnaires en soutane, les<br />

gendarmes en Jésus-Christ, les sinistres<br />

cause est entendue : voilà le coupable.<br />

Hélas, l’agent qui a chargé cette valise<br />

y a oublié son journal… Un quotidien<br />

qui date d’après l’arrestation de Georges<br />

Ibrahim Abdallah. C’est la preuve<br />

que les indices accusateurs ont été manipulés,<br />

et qu’on ne peut condamner<br />

un homme sur l’édifice d’une « vérité<br />

» scellée avec du vent. Peu importe, le<br />

Libanais est condamné à perpétuité.<br />

Nous avons reçu le témoignage<br />

anonyme d’un membre du cabinet de<br />

Taubira, ministre de la Justice : « Pour<br />

nous, sans aucun doute, il faut libérer<br />

ce prisonnier. Mais, après le blocage<br />

imposé par Sarkozy, le relais du « niet »<br />

a été pris par Valls dès qu’il a été nommé<br />

à l’Intérieur. A cette différence que,<br />

dans le passé, ce sont les ambassadeurs<br />

des États-Unis et d’Israël qui se<br />

rendaient place Beauvau pour y faire<br />

part de leur opposition à la libération<br />

du perpétuel prisonnier. Alors que, dès<br />

sa nomination, c’est Valls qui se rendait<br />

lui-même dans les deux chancelleries<br />

pour y recevoir les ordres. »<br />

Afrique Asie 11<strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong><br />

inquisiteurs qui ont encouragé les pogroms<br />

antijuifs et les autres exploits de<br />

la bande tsariste des Cent-Noirs.<br />

Voyez le jugement que portent<br />

sur Tolstoi les journaux libéraux. Ils<br />

s'en tirent avec ces phrases creuses,<br />

ces poncifs libéraux, ces lieux communs<br />

professoraux sur la « voix de<br />

l'humanité civilisée », l' « écho mondial<br />

unanime », les « idées de la vérité, du<br />

bien », etc., pour lesquels Tolstoi avait<br />

si fort – et si justement – stigmatisé la<br />

science bourgeoise. Ils ne peuvent pas<br />

exprimer clairement et franchement leur<br />

point de vue sur les opinions de Tolstoi<br />

concernant l'Etat, l'Eglise, la propriété<br />

foncière privée, le capitalisme – non<br />

parce que la censure les en empêche;<br />

au contraire, la censure leur permet de<br />

se tirer d'embarras! – mais parce que<br />

chaque affirmation dans la critique<br />

faite par Tolstoi est une gifle administrée<br />

au libéralisme bourgeois; parce que<br />

le seul énoncé intrépide, franc, d'une<br />

Suite à la page (16)<br />

12<br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>


Perspectives<br />

Les 8 mystérieuses boites<br />

noires du 11-<strong>Septembre</strong><br />

Par Giulietto Chiesa<br />

Treize ans après<br />

le 11-<strong>Septembre</strong>,<br />

l’aveuglement persiste<br />

Guarino Funeral Home<br />

Serving the <strong>Haiti</strong>an Community<br />

for Over 30 Years<br />

9222 Flatlands Avenue<br />

Brooklyn, NY 11236<br />

718-257-2890<br />

Une boite noire réglementaire qui, comme chacun<br />

peut le constater, est de couleur orange<br />

Giulietto Chiesa continue à participer<br />

à l’enquête interdisciplinaire du 9/11<br />

Consensus Panel. Il donne ici compte<br />

rendu des invraisemblances et des<br />

contradictions relatives aux boîtes<br />

noires des quatre appareils impliqués<br />

dans les attentats.<br />

Cette semaine, est commémoré le<br />

13e anniversaire des attentats du<br />

11 septembre 2001. Pour ma part, je<br />

continue à suivre le travail de l’équipe<br />

du 9/11 Consensus Panel (auquel je<br />

vous renvoie, en l’occurrence au Point<br />

FLT-4 : Mystérieuses anomalies concernant<br />

les boites noires des 4 avions du<br />

11-<strong>Septembre</strong>).<br />

Je dois dire tout d’abord que<br />

même en ayant suivi de près ce travail<br />

collectif durant toutes ces années,<br />

chaque fois que j’étudie cette affaire<br />

plus en détail, je reste stupéfait par cette<br />

évidence impressionnante : l’ensemble<br />

de l’histoire racontée au monde par<br />

les ministères de la propagande (c’està-dire<br />

par les grands médias occidentaux)<br />

sur le 11-<strong>Septembre</strong> n’est qu’une<br />

gigantesque atteinte à l’intelligence la<br />

plus élémentaire. Le monde entier a été<br />

amené à croire au père Noël. Et cela<br />

continue, treize ans après.<br />

Prenons l’exemple de la question<br />

des fameuses « boites noires » des<br />

quatre avions qui furent – soi-disant<br />

– détournés par 19 terroristes le matin<br />

du 11 septembre 2001. Dans cette affaire,<br />

comme nous allons le voir, pas<br />

une seule ligne de la version officielle<br />

ne tient debout. Tout d’abord, les «<br />

boites noires » sont de couleur orange,<br />

c’est important de le rappeler pour la<br />

suite. Tous les avions commerciaux<br />

dans le monde en emmènent deux.<br />

Elles sont conçues pour être pratiquement<br />

indestructibles. Et en effet, elles<br />

le sont. Elles contiennent un ensemble<br />

d’appareils faits pour supporter des sollicitations<br />

extrêmement violentes, que<br />

ce soit au niveau physique, électrique,<br />

chimique, magnétique ou thermique.<br />

Les deux appareils essentiels parmi ces<br />

équipements sont le FDR (Flight Data<br />

Recorder), celui qui enregistre à chaque<br />

instant les données de vol, comme<br />

la vitesse, l’altitude et la position de<br />

l’appareil, et le CVR (Cockpit Voice Recorder),<br />

qui recueille tous les sons et les<br />

voix dans la cabine de pilotage.<br />

Les cas où ces boites noires n’ont<br />

pas été retrouvées, ou bien n’ont pas<br />

pu fournir de données utilisables pour<br />

comprendre l’incident, sont extrêmement<br />

rares. Ces matériels ont été pensés<br />

dans ce but. Et cela fonctionne. Les premières<br />

à les utiliser sont les compagnies<br />

d’assurance, et juste après, arrivent les<br />

gouvernements, les services secrets,<br />

etc. Donc, quatre avions égalent huit<br />

boites noires. Que nous dit la version<br />

officielle ? Quatre parmi ces huit boites<br />

noires « n’ont jamais été retrouvées. »<br />

La moitié donc. Un échec équivalent à<br />

un record du monde de tous les temps.<br />

Il s’agit des quatre boites noires des<br />

deux avions qui ont —officiellement—<br />

percuté les Tours Jumelles : l’American<br />

11 (AA 11) et l’United Airlines <strong>17</strong>5<br />

(UA <strong>17</strong>5).<br />

Il en reste donc quatre. Celles du<br />

vol American 77 (AA 77), celui du Pentagone,<br />

semblent avoir été récupérées.<br />

Mais le CVR était trop endommagé et<br />

les données étaient irrécupérables. Résultat<br />

nul donc pour celle-ci. Quant au<br />

FDR du vol AA 77, il semble bien avoir<br />

été retrouvé, cependant, les versions<br />

à propos de l’endroit où il l’a été sont<br />

contradictoires. Mais comme nous le<br />

verrons d’ici peu, il y a plus grave.<br />

Enfin, nous avons les CVR et<br />

FDR du vol United Airlines 93 (UA<br />

93), celui qui s’est prétendument écrasé<br />

dans un champ en Pennsylvanie.<br />

La transcription du CVR a été rendue<br />

publique par le FBI, mais seulement<br />

en 2006, lors du procès de Zacharias<br />

Moussaoui. Nous y reviendrons non<br />

sans avoir souligné qu’il s’agit là d’une<br />

"transcription", vieille de plus de cinq<br />

ans. Enfin, il y a le FDR du Vol UA 93.<br />

Nous disposons d’un compte-rendu du<br />

NTSB (National Transportation Safety<br />

Board) du 15 février 2002, numéro<br />

DCA01MA065, et nous savons que la<br />

carte mémoire (Memory Board) a été<br />

amenée dans les locaux d’Honeywell à<br />

Redmond, où elle a été examinée. Alors<br />

tout est en ordre ? Loin de là !<br />

Résumons : même sur les quatre<br />

boites noires récupérées se posent de<br />

nombreuses questions encore à éclaircir,<br />

treize ans après les faits. Et des<br />

contradictions flagrantes. À propos des<br />

quatre boites noires des vols qui ont<br />

percuté les Tours Jumelles, le Rapport<br />

de la Commission sur le 11/9 se contente<br />

d’affirmer qu’elles n’ont pas été<br />

retrouvées. Mais nous avons deux témoins<br />

qui disent en avoir retrouvé trois<br />

sur quatre, en octobre 2001. Il s’agit<br />

d’un pompier, Nicholas DeMasi, et d’un<br />

volontaire, Mike Bellone. Les boites se<br />

trouvaient parmi les débris et furent<br />

consignées à quelqu’un, qui a disparu.<br />

La Commission d’enquête ne l’a pas<br />

recherché. Toutes les informations ont<br />

disparu. Mais dans le même temps, la<br />

Commission d’enquête, sans peur du<br />

ridicule, et dans le plus grand silence<br />

des principaux médias occidentaux, annonce<br />

la découverte du passeport (en<br />

papier) de l’un des présumés pirates de<br />

l’air du Vol AA 11, Salam al-Sugami<br />

; rien de moins ! Nous n’avons donc<br />

aucune information [provenant de ces<br />

boites noires] ; pas un enquêteur au<br />

monde ne se contenterait de ce résultat.<br />

Et il y a plus grave encore. Il<br />

ressort des documents judiciaires que<br />

le 18 septembre 2001, le directeur de<br />

la FEMA (Federal Emergency Management<br />

Agency), Edward E. Jacoby<br />

Jr. a envoyé un mémo au gouverneur<br />

de l’État de New York, George Pataki,<br />

pour l’informer que « les enquêteurs<br />

ont identifié les signaux de l’une des<br />

boites noires parmi les décombres du<br />

World Trade Center. » Et aussi : le général<br />

Paul Kern, commandant du US<br />

Materiel Command, a rapporté en 2002<br />

que les « capteurs de fréquences radio<br />

du CECOM (Communications Electronics<br />

Command) avaient été utilisés<br />

Suite à la page (16)<br />

Par Thierry Meyssan<br />

Thierry Meyssan fut le premier à démontrer<br />

l’impossibilité de la version<br />

officielle des attentats du 11-September<br />

et à en conclure à une modification profonde<br />

de la nature et de la politique du<br />

régime états-unien. Alors que la plupart<br />

de ses lecteurs continuent à se passionner<br />

pour cette journée, il a poursuivi son chemin<br />

et s’est engagé contre l’impérialisme<br />

au Liban, en Libye, et aujourd’hui en<br />

Syrie. Il revient ici sur cette folle journée.<br />

Les évènements du 11-<strong>Septembre</strong><br />

restent gravés dans la mémoire collective<br />

sous la forme planifiée par les médias :<br />

des attentats gigantesques ont frappé<br />

New York et Washington. Mais l’enjeu<br />

de pouvoir qui a profondément changé<br />

le monde ce jour-là est toujours occulté.<br />

Vers 10 h le matin, alors que les<br />

attentats contre le World Trade Center<br />

et le Pentagone avaient déjà eu lieu, le<br />

conseiller anti-terroriste de la Maison-<br />

Blanche, Richard Clarke, a enclenché le<br />

programme de « continuité du gouvernement<br />

». Ce programme vise à remplacer<br />

l’Exécutif et le Législatif en cas de destruction<br />

lors d’une guerre nucléaire.<br />

Il n’avait aucune raison d’être mis en<br />

œuvre ce jour-là. Dès lors, le président<br />

George W. Bush a été démis de ses fonctions<br />

au profit d’un gouvernement militaire.<br />

Durant toute cette journée, les<br />

membres du Congrès et leurs équipes ont<br />

été pris en charge par le Pouvoir militaire<br />

et placés aux arrêts dans deux bunkers<br />

sécurisés, situés à proximité de Washington,<br />

Greenbrier complex (Virginie occidentale)<br />

et Mount Weather (Virginie).<br />

Le pouvoir n’a été rendu par les<br />

militaires aux civils qu’en fin de journée<br />

et le président Bush a pu s’adresser à ses<br />

concitoyens à la télévision vers 20 h.<br />

Durant cette journée, l’ex-président<br />

George W. Bush a erré dans le<br />

pays. Sur les deux bases militaires dans<br />

lesquelles il s’est rendu, il a exigé de traverser<br />

le tarmac dans un blindé, craignant<br />

d’être tué par un de ses soldats. Le<br />

président Vladimir Poutine, qui a cherché<br />

toute la journée à le joindre par téléphone<br />

pour éviter un malentendu et une accusation<br />

lancée contre la Russie, n’y est pas<br />

parvenu.<br />

Vers 16 h, le Premier ministre israélien,<br />

Ariel Sharon, intervint à la télévision<br />

pour dire aux États-Uniens que les Israéliens<br />

connaissaient depuis longtemps les<br />

affres du terrorisme et partageaient leur<br />

Hommage au Camarade Harry Numa!<br />

Samedi 20 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong><br />

A partir de 7 h PM<br />

Au local du journal <strong>Haiti</strong> Liberté 1583<br />

Albany Ave, Brooklyn, NY 11210<br />

Info : 718-421-0162<br />

Harry vivra éternellement dans les cœurs de ceux qui<br />

rêvent de Libération et vivent de la Révolution !<br />

Thierry Meyssan<br />

douleur. Au passage, il a annoncé que les<br />

attentats étaient finis, ce qu’il ne pouvait<br />

savoir qu’en y étant mêlé.<br />

Nous pouvons discuter indéfiniment<br />

des incohérences de la version officielle<br />

de ces attentats, mais il n’y a pas<br />

de place à la discussion sur ce fait : le programme<br />

de continuité du gouvernement<br />

a été activé sans raison. Dans tout pays,<br />

la destitution du président et l’arrestation<br />

des parlementaires par l’armée a un nom<br />

: c’est un coup d’État militaire.<br />

On objectera que le président<br />

Bush a recouvré ses fonctions en fin de<br />

journée. C’est précisément ce que conseillait<br />

le néo-conservateur israélo-étatsunien<br />

Edward Luttwak dans son Manuel<br />

du coup d’État. Selon lui, un bon coup<br />

d’État est celui dont personne n’a conscience<br />

car il maintient au pouvoir ceux<br />

qui l’exercent, mais il leur impose une<br />

nouvelle politique.<br />

Durant cette journée, le principe<br />

de l’état d’urgence permanent aux Étatsunis<br />

a été validé. Il s’est bientôt traduit en<br />

actes avec l’USA Patriot Act. Et le principe<br />

des guerres impérialistes a également<br />

été validé. Il a été acté par le président<br />

Bush quelques jours plus tard à camp<br />

David : les États-unis devaient attaquer<br />

l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie<br />

via le Liban, le Soudan et la Somalie, et<br />

enfin l’Iran.<br />

À ce jour, seule la moitié de ce<br />

programme a été réalisée. Le président<br />

Obama a annoncé hier soir qu’il le poursuivrait<br />

en Syrie.<br />

La plupart des alliés des États-Unis<br />

ont refusé l’évidence, il y a treize ans, et<br />

se sont privés ainsi de prévoir la politique<br />

de Washington. Si l’on ne peut juger de la<br />

vérité qu’avec le temps, ces treize années<br />

ont pu trancher : tout ce que j’annonçais<br />

—et que mes contradicteurs qualifiaient<br />

d’« anti-américanisme »— a eu lieu. Et,<br />

par exemple, ils sont restés stupéfaits<br />

lorsque l’Otan s’est appuyé sur Al-Qaïda<br />

pour renverser la Jamahariya arabe libyenne.<br />

Je suis fier d’avoir alerté le monde<br />

sur ce coup d’État et sur les guerres<br />

qui devaient le suivre, mais désolé de<br />

voir que l’opinion publique occidentale<br />

s’est perdue dans une discussion sur<br />

l’impossibilité matérielle de la version officielle.<br />

J’observe cependant que certains<br />

éléments de cette journée sont toujours<br />

occultés, tel l’incendie qui ravagea les bureaux<br />

de l’Eisenhower Building, l’annexe<br />

de la Maison-Blanche, ou encore le missile<br />

enregistré par la télévision new-yorkaise<br />

tiré devant le World Trade Center.<br />

La guerre continue à détruire le<br />

monde musulman, tandis que les Occidentaux,<br />

décidément aveugles, poursuivent<br />

leurs débats sur l’effondrement des<br />

tours.<br />

Réseau Voltaire 11 septembre <strong>2014</strong><br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 13


Suite de la page (7 )<br />

indiqué Me Michel qui dit croire que<br />

ces discussions devraient favoriser le<br />

renforcement des institutions républicaines.<br />

C’est pratiquement tous les jours<br />

que le juge Bélizaire est accusé de poser<br />

un nouvel acte à l’encontre de l’ancien<br />

président Aristide dans le cadre de sa<br />

campagne de persécution politique et<br />

de guerre psychologique: aujourd’hui,<br />

interdiction de départ, demain mandat<br />

de comparution ; moins de 24 heures<br />

plus tard, mandat d’amener et puis assignation<br />

à résidence. Plusieurs autres<br />

secteurs dénoncent le silence de la<br />

communauté internationale devant<br />

ces violations répétées des droits de<br />

l’homme en Haïti.<br />

Même le porte-parole de la Primature,<br />

Kedelaire Augustin, lors d’une<br />

interview sur la chaine 44, télé Pluriel<br />

reconnait qu’il y a un flou et des irrégularités<br />

juridiques dans le dossier contre<br />

Jean Bertrand Aristide.<br />

La Nouvelle du retrait des agents<br />

de sécurité du Dr Jean-Bertrand Aristide<br />

est tombée aux environs de minuit le<br />

jeudi 11 septembre dernier, confirmant<br />

ainsi des rumeurs qui circulaient à travers<br />

les rues ; les membres, partisans<br />

et sympathisants de Fanmi Lavalas ont<br />

commencé par envahir le macadam<br />

devant la résidence du Dr. Jean Bertrand<br />

Aristide pour assurer sa sécurité. Depuis<br />

lors, ils y restent en permanence. « Nous<br />

sommes là pour assurer la sécurité du<br />

président Aristide. Martelly a échoué<br />

dans son complot contre le président<br />

Aristide. Maintenant il veut l’assassiner.<br />

Nous prenons en charge la sécurité<br />

du président Aristide. Depuis son retour<br />

d’exil , il ne parle pas de politique, il<br />

consacre tout son temps aux activités<br />

relatives à l’éducation. Les militants<br />

s’interrogent : Pourquoi veut-il l’assassiner<br />

? Pourquoi veut-il l’emprisonner ?<br />

Pourquoi son silence fait-il peur ?<br />

Le comble de la solidarité a été<br />

une visite à l’ancien président, Jean-<br />

Bertrand Aristide dans sa résidence à<br />

Tabarre, d’une délégation composée<br />

d’anciens parlementaires tel que Louis<br />

Gérald Gilles, de parlementaires en<br />

fonction tels que Jean Tholbert Alexis,<br />

Sinal Bertrand, Poly Faustin, Paul Olivar<br />

Richard, ainsi que des membres du<br />

secteur populaire dont Rony Thimothée<br />

de Fopark. En cette occasion, des milliers<br />

de personnes se sont rendues également<br />

devant la résidence du président<br />

Aristide pour lui apporter leur solidarité.<br />

De toute façon, le peuple haïtien<br />

d’ici et d’ailleurs se mobilise pour<br />

apporter une réponse au pouvoir kaletèt<br />

Martelly-Lamothe qui instrumentalise<br />

le juge Lamarre Bélizaire contre son<br />

leader, Jean-Bertrand Aristide. Sans<br />

vouloir prendre dans les provocations<br />

du régime kaletèt d’origine Duvaliériste,<br />

le peuple haïtien attend le pouvoir dans<br />

l’accomplissement d’un tel acte. Le<br />

peuple haïtien dénonce également les<br />

traitres, cinquièmes colonnes qui font<br />

partie de ce vaste complot contre Jean<br />

Bertrand Aristide.<br />

Suite de la page (4 ) Terribles accidents à Petit-Goâve et à Port-au-Prince<br />

dangereuse ayant causé déjà beaucoup<br />

d'accidents avant de finir sa<br />

course 15 mètres plus bas dans un<br />

ravin», a indiqué le juge de paix Joseph<br />

Léandre, qui a rédigé le constat<br />

légal de l'accident. «Effectivement,<br />

nous avons dénombré 23 morts,<br />

des femmes, des hommes et des enfants<br />

dont un nourrisson de moins<br />

d'un an», a-t-il ajouté «Nous avons<br />

compté une dizaine de morts sur le<br />

lieu du sinistre et des accidentés sont<br />

morts à l'hôpital, où on a également<br />

enregistré 37 blessés».<br />

A noter qu’en grande majorité,<br />

les accidents qui se sont produits à<br />

Petit-Goâve sont dus habituellement<br />

aux camions allant à Jérémie ou revenant<br />

de cette ville. Rappelons qu’en<br />

Juillet <strong>2014</strong> dernier, un terrible accident<br />

qui s’était produit à Morne<br />

Tapion avait conduit à un lourd bilan<br />

de 5 morts et une dizaine de blessés.<br />

Le même jour (mardi 9 septembre<br />

<strong>2014</strong>), un autre mortel accident<br />

survenu du côté de Carrefour<br />

Clercine à Tabarre, Port-au-Prince, a<br />

causé 7 décès et 2 blessés graves.<br />

Il s’agissait d’un très gros camion<br />

container qui a percuté une camionnette<br />

de transport public. Faute de<br />

mauvaise gestion du pays par les<br />

instances concernées (MTPTC, Service<br />

de Circulation des Véhicules),<br />

de nombreux citoyens haïtiens impliqués<br />

dans de pénibles accidents,<br />

se trouvent fauchés ou handicapés.<br />

La vie de nos citoyens haïtiens demeure<br />

toujours et encore sans garantie<br />

dans ce pays.<br />

Suite de la page (4 )<br />

changement de comportement n’a<br />

été constaté et la presse continue<br />

à subir des agressions. Le cercle<br />

des journalistes de Petit-Goâve<br />

lance une fois de plus un appel à la<br />

concertation de l’ensemble des journalistes,<br />

en vue d’envoyer un signal<br />

clair à tous les individus ou les secteurs,<br />

qui veulent prendre la presse<br />

pour cible ; c’est ainsi que le mercredi<br />

10 septembre dernier, la ville de<br />

Petit-Goâve a connu une nouvelle<br />

journée de manifestation, de tension<br />

et de violents affrontements entre<br />

des membres de l’Opposition et des<br />

partisans des autorités locales.<br />

Plusieurs Groupes du Front<br />

mixte de libération de l’Opposition<br />

(Rezo pitit pèp, Fanmi Lavalas,<br />

Commandante...) ont manifesté<br />

dans les rues, pour exiger le départ<br />

de l’agent intérimaire de l’Exécutif<br />

de Petit-Goâve Sandra Jules, qu’ils<br />

accusent de détournement de fonds<br />

publics. De nombreux lavalassiens<br />

participaient à cette manifestation.<br />

Des barricades de pneus enflammés<br />

ont été érigées sur la route nationale<br />

#2, obligeant les automobilistes à<br />

utiliser les rues de la ville.<br />

Les protestataires qui scandaient<br />

des propos hostiles au Président<br />

Martelly, au Premier ministre<br />

Lamothe, au député Thimoléon et<br />

à l’agent intérimaire de l’Exécutif<br />

Sandra W Jules, ont fermé les portes<br />

de plusieurs bureaux publics de la<br />

ville tels que : la DGI, la Direction<br />

des Travaux publics, l’OFATMA, la<br />

DINEPA où ils ont brisé des matériels.<br />

Ils ont également descendu le<br />

drapeau du tribunal de Paix et celui<br />

du bureau des finances. Puis ils<br />

se sont dirigés vers la Mairie où ils<br />

ont tenté de s’introduire en vain.<br />

Ils furent repoussés sans ménagement<br />

par des agents de sécurité et<br />

des supporteurs de l’agent l’Exécutif.<br />

Les deux camps se sont alors<br />

affrontés avec violence à coup de<br />

jets de pierre, plusieurs tirs ont été<br />

entendus selon des témoins. Réagissant<br />

à ces violences de rue, Sandra<br />

Jules a demandé au Commissaire du<br />

Manif à Petit Goâve<br />

gouvernement de mettre immédiatement<br />

l’action publique en mouvement<br />

contre les membres de l’opposition,<br />

qui ont fermé des bureaux<br />

publics et lancé des pierres contre<br />

la Mairie, affirmant « Je ne démissionnerai<br />

pas, l’Opposition devra<br />

attendre les élections. »<br />

La population de Petit-Goâve<br />

ne reste pas indifférente face aux<br />

actes barbares du député Thimoléon<br />

et de Sandra W. Jules. La population<br />

a gagné les rues de Petit-Goâve en<br />

plusieurs occasions, les dernières<br />

manifestations datant de mercredi<br />

10, jeudi 11 et vendredi 12 septembre<br />

<strong>2014</strong>, où des milliers de<br />

personnes sont descendues dans les<br />

rues pour exiger le départ de Sandra<br />

W. Jules, de Michel Martelly,<br />

Laurent Lamothe et de Jacques Stevenson<br />

Thimoléon. La population<br />

a condamné les violences exercées<br />

contre la presse, les petits commerçants<br />

et les membres de l’Opposition<br />

par les partisans tètkale et de Thimoleon.<br />

Suite de la page (3)<br />

Marc Tire Shop<br />

Tires Repaired:<br />

Plugs, Patches, Balancing<br />

New Tires, Used Tires<br />

Battery Recharged<br />

New Batteries<br />

Mande pou Sergo!<br />

2916 Farragut Road<br />

Brooklyn, NY 11210<br />

718-434-9069<br />

problèmes donnés ? Tout au plus, cela<br />

tournerait en échange d’amabilité et<br />

peut-être de courtoisie juste pour faire<br />

bonne figure au nom du patron et çà<br />

s’arrêterait là. Le niveau et le rang des<br />

négociateurs comptent beaucoup dans<br />

une négociation dont le but serait de<br />

parvenir à un accord, suite à des négociations<br />

rudement menées. Les supplétifs<br />

ne servent dans de pareilles circonstances<br />

qu’à retarder les vraies discussions en<br />

encourageant leurs chefs à ne rien lâcher<br />

sous prétexte qu’ils sont les plus forts<br />

pour flatter leur ego. Tout simplement,<br />

ces quantités négligeables qu’on appelle<br />

« soldats de plomb » ont une lecture biaisée<br />

de la situation réelle ou de sa gravité.<br />

Et enfin, les contenus d’une négociation,<br />

c’est-à-dire sur quoi va-t-on<br />

négocier ? En théorie, quand on rentre<br />

dans une vraie négociation, l’on sait à<br />

l’avance sur quoi on va discuter et négocier.<br />

Tous les points de désaccord sont<br />

consignés sur un parchemin. Une feuille<br />

de route est définie au préalable dans<br />

laquelle les grandes lignes sont clairement<br />

spécifiées. Même l’ordre du jour,<br />

défini par l’institution ou l’organisme<br />

sous la bannière de qui les négociations<br />

vont avoir lieu, est déjà à la disposition<br />

de tous les protagonistes. Dans le cas<br />

d’un conflit politique local (inter-haïtien)<br />

comme celui qui nous préoccupe et où<br />

il n’y a aucun intermédiaire, ce sont<br />

les deux parties, par la transmission<br />

de courriers réciproques, qui se mettent<br />

vlc<br />

auto<br />

repair<br />

• Engines • Transmissions<br />

• Brakes • Starters<br />

• Oil Change • Alternators<br />

• Inspections<br />

547 Albany Ave.Brooklyn, NY 11203<br />

Nou pale kreyòl!<br />

718.363.2873<br />

Car & Limo Service<br />

• 24 Hour Radio Dispatched<br />

• Fast Response • All Airports<br />

528 Empire Blvd., Bklyn, NY 11225<br />

718.771.2299<br />

GREAT LEGACY<br />

AUTO SCHOOL<br />

“At Great Legacy We Convert<br />

Your Fears Into Confidence”<br />

8402 Flatlands Avenue<br />

Brooklyn, NY 11236<br />

(718) 676-4514<br />

(718) 942-4242<br />

Martine Dorestil, Owner<br />

Danny Dorestil, General Manager<br />

5 Hour Classes<br />

Defensive Course Saturday 9AM<br />

d’accord sur les thèmes à traiter.<br />

Tant qu’ils ne sont pas d’accord<br />

sur les sujets devant faire l’objet des négociations<br />

ou de l’ordre du jour, cela ne<br />

sert à rien d’aller s’asseoir autour de la<br />

table de négociation. Car les sujets qui<br />

fâchent doivent être traités sans arrièrepensée.<br />

Et pour cause. Ils reviennent à<br />

chaque fois dans le débat et sont susceptibles<br />

de pourrir toute la discussion tout<br />

au long de la négociation. D’où l’extrême<br />

importance pour qu’avant même de<br />

donner une date pour l’ouverture des<br />

négociations, tout le monde soit sur<br />

la même longueur d’onde afin d’éviter<br />

des couacs, des discussions bâclées et<br />

des accords à l’arraché qui seront vite<br />

dénoncés par l’une ou l’autre des parties<br />

comme on l’a vu avec les différents<br />

accords haïtiano-haïtiens signés ces<br />

dernières années entre le pouvoir et<br />

l’opposition. En un mot, les parties en<br />

conflit doivent s’entendre d’abord sur<br />

tous les points qu’elles souhaitent vraiment<br />

négocier. Ce n’est point au moment<br />

d’entrer dans la salle où déjà face<br />

à face qu’on va se creuser les méninges<br />

pour trouver les termes de négociation.<br />

C’est pourquoi, il est fort intéressant<br />

le débat qu’a ouvert Mme. Mirlande<br />

Manigat, à savoir les TDR (Termes de<br />

Référence) de cette ultime rencontre<br />

dans l’éventualité d’une négociation<br />

avec le Président Martelly. Cela confirme<br />

aussi que tout ce qui a été fait depuis ces<br />

années passées, n’avait aucune chance<br />

LA DIFFERENCE<br />

AUTO SCHOOL<br />

LEARN TO DRIVE<br />

La Différence Auto School<br />

836 Rogers Avenue<br />

(between Church Avenue<br />

& Erasmus Street)<br />

Brooklyn, NY 11226<br />

Manager: Ernst Sevère<br />

Tel: 718-693-28<strong>17</strong><br />

Cell: 9<strong>17</strong>-407-8201<br />

d’aboutir puisque personne n’avait pris<br />

la peine de savoir s’il s’agissait juste de<br />

dialoguer ou de négocier avec le Président<br />

de la République comme on l’a<br />

défini plus haut. Aujourd’hui, on fait<br />

le pari que si les points sont clarifiés,<br />

les termes de négociation bien arrêtés<br />

et les axes pour y parvenir identifiés<br />

avant de passer à la signature d’un accord<br />

dûment et apprêtement négocié,<br />

tout le monde respectera ledit accord et<br />

l’on pourra à ce moment passer enfin à<br />

la phase de l’organisation des élections<br />

dans ce pays. Aussi, on comprendra que<br />

dialogue et négociation ne veulent pas<br />

dire la même chose.<br />

Excellent Senior Care<br />

Adult Daycare<br />

•Exercise • Meals • Recreation<br />

• Dancing • Massage Therapy<br />

• Computer Classes • Health Screenings<br />

• Yoga • ESL • Bingo • Hair Cuts<br />

• Manicures • Bowling<br />

• Door-to-Door Transportation<br />

Administrator: Mercedes Narcisse<br />

Free Consultation!<br />

Nou pale kreyòl!<br />

1488 New York Avenue<br />

Brooklyn, NY 11210<br />

718.928.7505<br />

C.C<br />

“We Care”<br />

www.excellentseniorcarebrooklyn.com<br />

14<br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>


IRA KURZBAN and the Law Firm of<br />

KURZBAN KURZBAN<br />

WEINGER TETZELI<br />

& PRATT P.A.<br />

The attorneys of Kurzban Kurzban Weinger Tetzeli and Pratt P.A.<br />

are consistently listed in the Best Lawyers in America,<br />

Chambers, the International Who's Who of Business Lawyers,<br />

the Who's Who of the World, the Who's Who of America, Super<br />

Lawyers Magazine, and the South Florida Legal Guide as South<br />

Florida's most prominent attorneys.<br />

Miami Office<br />

2650 SW 27th Ave<br />

Miami FL 33133<br />

Telephone: 305-982-7972<br />

Toll-Free: 800-730-0007<br />

Fax: 305-444-3503<br />

Jacksonville Office<br />

10752 Deerwood Park Boulevard South<br />

Jacksonville FL 32256<br />

Telephone: 904-536-3556<br />

Fax: 904-394-2956<br />

We handle medical malpractice, personal injury, commercial<br />

litigation, and immigration cases throughout the United States.<br />

www.kkwtlaw.com<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 15


Suite de la page (13 )<br />

[avec succès] pour retrouver les boites<br />

noires des avions qui ont frappé les Tours<br />

Jumelles. » Alors, qui ment ?<br />

Pour les deux boites noires du vol<br />

AA 77, l’affaire est plus compliquée. Deux<br />

pompiers (Burkhammer et Morawitz) disent<br />

les avoir retrouvées « près du point<br />

d’impact ». Le porte-parole du comté, Dick<br />

Bridges, explique lui aussi qu’elles étaient<br />

« précisément là où l’avion a percuté le<br />

bâtiment » du Pentagone. Mais d’autres<br />

sources disent que le FDR a été récupéré<br />

à presque 300 pieds (100 mètres) de là.<br />

Une différence notable. En outre, Burkhammer<br />

et Morawitz racontent que les<br />

deux boites noires étaient “de couleur<br />

sombre”, alors qu’on leur avait dit qu’elles<br />

étaient orange. Mais quand ils les ont indiquées<br />

aux fonctionnaires du FBI et du<br />

NTSB, ces derniers ont confirmé : mieux<br />

vaut noires que rien du tout.<br />

D’autant que l’histoire du FDR du<br />

vol AA 77 présente un autre point faible,<br />

et pas des moindres. En 2008, un citoyen<br />

états-unien obstiné a posé un recours au<br />

titre de la loi FOIA (Freedom of Information<br />

Act) sur la liberté de l’information<br />

pour contraindre le NTSB à divulguer le<br />

fichier rassemblant les données brutes du<br />

FDR. Or, il ressort que ce fichier a été créé à<br />

23 h 45 le jeudi 13 septembre 2001. C’est<br />

assez étrange, vu que le FDR en question,<br />

noir ou orange selon les versions, n’aurait<br />

été retrouvé que le lendemain, le vendredi.<br />

Et enfin, voyons ce qui s’est produit<br />

avec le FDR du vol UA 93. Je rappelle à<br />

ceux qui auraient oublié, qu’un film commercial<br />

a été fait sur ce vol et sur la rébellion<br />

héroïque des passagers pour reprendre<br />

aux pirates de l’air le contrôle de<br />

l’avion. Et je vous demande de garder à<br />

l’esprit le cadre global de cette histoire.<br />

Voyons ce qu’en dit l’association Pilots for<br />

9/11 Truth.<br />

Ses membres ont également déposé<br />

une requête FOIA avant d’obtenir, en<br />

2007, l’information sur ce FDR. Mais les<br />

données qui leur ont été fournies, censées<br />

correspondre au contenu de cette boite<br />

noire, divergent totalement d’autres données<br />

disponibles. « La trajectoire de vol<br />

et la hauteur » indiqués ne sont pas ceux<br />

enregistrés. La provenance du vol par le<br />

nord ne colle pas avec les témoignages<br />

publiés par le New York Times. L’avion arrivait<br />

du sud-est, comme le prouve, entre<br />

autres, le fait qu’on a retrouvé des débris à<br />

New Baltimore, à plus de 8 miles (13 km)<br />

du cratère où l’avion s’est écrasé. Mais<br />

surtout, l’angle de chute de l’appareil,<br />

d’après l’enregistrement contenu dans le<br />

document du NTSB, ne correspond pas à<br />

l’impact vertical que la version gouvernementale<br />

soutient, et que le cratère luimême<br />

semble indiquer. Plus précisément,<br />

le FDR indique un angle de chute de 35<br />

degrés. Alors que la version officielle dit<br />

que l’avion est tombé verticalement. Enfin,<br />

les analyses faites par la protection<br />

civile sur le lieu d’impact n’ont pas permis<br />

de retrouver les traces de pollution aux résidus<br />

de kérosène. Cela n’a aucun sens,<br />

étant donné que les réservoirs de l’avion<br />

devaient être pleins de carburant.<br />

En somme, nous avons le choix<br />

: soit cet enregistrement est faux, soit<br />

c’est la version officielle du gouvernement<br />

états-unien qui est fausse. Comme<br />

l’est, bien sûr, toute l’histoire décrite dans<br />

le film, qui n’a servi qu’à émouvoir le<br />

grand public. Il ne sera pas inutile de rappeler<br />

que toutes ces remarques ont été<br />

adressées aussi bien au NTSB qu’au gouvernement<br />

US. Réponse : aucune. Zéro. À<br />

l’époque, tout comme maintenant, treize<br />

ans après les faits.<br />

Il existe enfin l’enregistrement du<br />

Centre de contrôle de Cleveland, qui contient<br />

les dernières minutes du vol. Le voici<br />

:<br />

Dramatique, mais aussi, mystérieux<br />

et inexplicable. Ceux qui ont le temps<br />

de l’écouter entendront que le personnel<br />

à terre tente pendant plusieurs minutes<br />

de contacter l’avion en répétant la même<br />

question, mais qu’aucune réponse ne<br />

leur parvient. L’équipage est muet. Puis,<br />

à l’improviste, leur parvient une voix<br />

étrange, presque couverte par un important<br />

fond sonore. « United 93, c’est votre<br />

commandant de bord qui vous parle, merci<br />

de rester assis, restez dans vos sièges,<br />

il y a une bombe à bord. » Une bombe à<br />

bord ? Rester assis ? Mais où se trouve<br />

exactement ce commandant de bord ?<br />

Qu’entend-on en bruit de fond ?<br />

À terre, on insiste pour avoir des<br />

éclaircissements ; les contrôleurs contactent<br />

les autres avions volant dans la zone.<br />

Des confirmations leur parviennent. Puis<br />

à l’improviste, encore la même voix : «<br />

United 93, ici votre commandant. Il vaut<br />

mieux que tout le monde reste assis. Nous<br />

avons une bombe à bord et nous revenons<br />

à l’aéroport. Ils ont accepté nos requêtes,<br />

et donc, s’il vous plait, restez assis. » Et<br />

puis, plus rien. Mais est-ce vraiment là le<br />

comportement d’un pilote de ligne expérimenté<br />

? Sommes-nous certains que ces<br />

deux messages provenaient bien du vol<br />

UA 93 ?<br />

Résumons : pas une seule pièce du<br />

puzzle officiel ne s’assemble correctement<br />

aux autres. Et nous ne parlons que des<br />

boites noires qui ont été apparemment retrouvées.<br />

L’autre moitié des informations<br />

a, comme nous l’avons vu, été totalement<br />

effacée de la surface de la Terre. Et tout<br />

cela n’est pas l’œuvre des présumés pirates<br />

de l’air, dont d’ailleurs la présence à<br />

bord n’a jamais été prouvée. Mais alors,<br />

qui a travaillé à effacer toutes ces traces ?<br />

Qui a menti ?<br />

Il est plus que jamais devenu impossible<br />

de croire encore que la fable officielle<br />

qu’on nous a racontée correspond<br />

à la vérité.<br />

Traduction: IlFattoQutidiano.fr<br />

Réseau Voltaire 11 septembre <strong>2014</strong><br />

Suite de la page (12)<br />

âpreté implacable, des problèmes les<br />

plus douloureux, les plus maudits de<br />

notre temps, porte un coup droit aux<br />

phrases stéréotypées, aux pirouettes banales,<br />

aux mensonges « civilisés » évasifs<br />

de notre presse libérale (et libérale<br />

populiste). Les libéraux sont tout feu,<br />

tout flamme pour Tolstoi, contre le synode<br />

– et en même temps, ils sont pour...<br />

les adeptes des Viekhi, avec lesquels «<br />

on peut discuter », mais avec qui « on<br />

doit » s'accommoder au sein d'un même<br />

parti, « on doit » travailler ensemble en<br />

littérature et en politique. Or, les gens<br />

des Viekhi reçoivent les embrassades<br />

d'Antoni Volynski (2)<br />

Les libéraux mettent en avant que<br />

Tolstoi a été une « grande conscience ».<br />

N'est-ce pas là une phrase creuse que<br />

répètent sur tous les modes le « Novoie<br />

Vrémia » (3) et tous ses pareils? N'est-ce<br />

pas là une échappatoire aux problèmes<br />

concrets de la démocratie et du socialisme,<br />

posés par Tolstoi? Cela ne met-il<br />

pas au premier plan ce qui, en Tolstoi,<br />

exprime ses préjugés et non sa raison,<br />

ce qui, en lui, appartient au passé et non<br />

à l'avenir, à sa négation de politique et<br />

sa prédication d'auto-perfectionnement<br />

moral, et non à sa protestation véhémente<br />

contre toute domination de<br />

classe?<br />

Tolstoi est mort, et la Russie<br />

d'avant la révolution a sombré dans<br />

le passé, la Russie dont la faiblesse et<br />

l'impuissance se sont exprimées dans<br />

la philosophie et ont été dépeintes dans<br />

les oeuvres du génial artiste. Mais il y<br />

a, dans son héritage, ce qui ne sombre<br />

pas dans le passé, ce qui appartient à<br />

l'avenir. Cet héritage, le prolétariat de<br />

Russie le recueille, et il l'étudie. Il expliquera<br />

aux masses des travailleurs et des<br />

exploités le sens de la critique tolstoienne<br />

de l'État, de l'Église, de la propriété<br />

foncière privée, non pour que les masses<br />

se bornent à leur auto-perfectionnement<br />

et à des soupirs en invoquant une vie<br />

selon Dieu, mais pour qu'elles se lèvent<br />

pour porter un nouveau coup à la monarchie<br />

tsariste et à la grande propriété<br />

foncière qui, en 1905, n'ont été que légèrement<br />

entamées et qu'il faut anéantir.<br />

Il expliquera aux masses la critique<br />

du capitalisme faite par Tolstoi, non pour<br />

que les masses se bornent à maudire le<br />

capital et le pouvoir de l'argent, mais<br />

pour qu'elles apprennent à s'appuyer, à<br />

chaque pas de leur vie et de leur lutte,<br />

sur les conquêtes techniques et sociales<br />

du capitalisme, pour qu'elles apprennent<br />

à se fondre en une seule armée de<br />

millions de combattants socialistes, qui<br />

renverseront le capitalisme et créeront<br />

une société nouvelle sans misère du<br />

peuple, sans exploitation de l'homme<br />

par l'homme.<br />

Notes:<br />

--1) « Monsieur Coupon »: expression<br />

imagée employée dans les années<br />

80 et 90 pour désigner le capital<br />

et les capitalistes. Elle fut lancée par<br />

l'écrivain Gleb Ouspenski dans ses essais<br />

« Graves péchés »<br />

--2) Antonius Volynsky, prélat orthodoxe<br />

ultra-réactionnaire<br />

--3) « Le temps nouveau », quotidien<br />

des milieux réactionnaires publié à<br />

St-Pétersbourg entre 1868 et 19<strong>17</strong><br />

Extrait du « Social-démocrate », n<br />

18, 16 (29) novembre 1910 – in Oeuvres,<br />

tome XVI, p 340-345 – Editions<br />

sociales/Editions du Progrès – 1968<br />

Traduction supervisée par Roger<br />

Garaudy – Réalisée par Michèle Coudrée,<br />

Robert Chabanne, Nikita Siberoff,<br />

Olga Tatarinova<br />

Traduction réalisée en 1968 par<br />

une équipe Editions sociales/Editions du<br />

Progrès (cf plus bas)<br />

Solidarité internationale 11<br />

septembre <strong>2014</strong><br />

Suite de la page (5)<br />

dévalé la pente, au dire d’un responsable<br />

de communication de la protection<br />

civile de l’Ouest, Oreb Toussaint,<br />

citant un témoin. Par ailleurs, 7 morts<br />

et 2 blessés ont été recensés dans un<br />

autre accident survenu le même jour, à<br />

Clercine, après une collision entre un<br />

camion-conteneur et une camionnette<br />

de transport en commun. Avec des<br />

corps encore fumants, il serait indécent<br />

de vouloir faire une enquête.<br />

Il est évident que des accidents<br />

arrivent partout. Il est non moins<br />

évident que en Haïti, malgré les trop<br />

nombreux et graves accidents répertoriés<br />

de janvier 2012 àaujourd’hui,<br />

on n’a vu aucune disposition sérieuse<br />

mise en branle par les autorités concernées<br />

pour prévenir des accidents mortels<br />

reliés à des freins qui ont lâché, à<br />

un manque flagrant d’organisation de<br />

la circulation routière, à une absence<br />

de contrôles routiers, à une faiblesse<br />

en formation des chauffeurs, à un<br />

mauvais état des routes et des camions<br />

de transport, ces derniers n’étant soumis<br />

à aucun contrôle périodique de<br />

bon fonctionnement des véhicules.<br />

Le Coordonnateur du bureau de<br />

la protection civile pour le Bas-Artibonite,<br />

Mathieu Luckecy, a déploré les<br />

mauvaises conditions dans lesquelles<br />

le transport de passagers se fait, souvent<br />

dans des pick-up ouverts et généralement<br />

surchargés. Le responsable<br />

de communication de la protection<br />

civile de l’Ouest, Oreb Toussaint, dit<br />

souhaiter un contrôle institutionnel<br />

sur l’état de ces camions, en particulier.<br />

À son avis, des mesures doivent<br />

être prises pour forcer les conducteurs<br />

de camions à observer les consignes<br />

de circulation et être moins hostiles<br />

aux chauffeurs de petites automobiles.<br />

Il appelle à un respect strict du code<br />

de la route.<br />

Autant dire que ces critiques<br />

renvoient à un manque systématique<br />

de volonté politique de la part<br />

de l’Exécutif, de la présidence, des<br />

ministères concernés, de la PNH, pour<br />

prendre les mesure nécessaires visant<br />

à une amélioration majeure du fonctionnement<br />

de la circulation routière :<br />

inspection annuelle garantissant le<br />

bon état mécanique des véhicules,<br />

consignes de circulation claires tout au<br />

long de la route, police des gares et de<br />

la route pour voir à ce que les camions<br />

ne soient surchargés ni en passagers<br />

ni en marchandises, amendes pour<br />

dissuader les contrevenants au code<br />

de la route, etc.<br />

Sont-ce là des voeux pieux<br />

de ma part? De la part de n’importe<br />

quel citoyen responsable ? Dans un<br />

pays normal, la réponse est non. Mais<br />

dans un pays qui n’est pas normal,<br />

comme c’est le cas pour Haïti, il faut<br />

se rappeler que c’est par la tête que<br />

pourrit le poisson. Ainsi, l’Exécutif<br />

n’est pas fichu capable de donner le<br />

bon exemple. Martelly est dénoncé de<br />

partout comme un homme corrompu,<br />

suspect d’appartenir au monde maffieux<br />

de la drogue et du kidnapping de<br />

haut vol. Comment peut-il s’inquiéter<br />

de la population, d’un code adéquat de<br />

la route? Jamais !<br />

La chambre des députés, dans sa<br />

majorité, est muselée, vassalisée, «vénalisée»,<br />

«croupionnisée», «punaisée»,<br />

«morpionnisée», réduite à l’état de<br />

morpions, désagréables bestioles aux<br />

poils de mégalomanie de Martelly. Le<br />

ministre de la justice n’a pas honte de<br />

faire état de ses conneries, du genre<br />

ipokrit yo sezi, lors de la capture du<br />

roi du kidnapping, Clifford Brandt. Le<br />

directeur de la PNH s’exhibe, de façon<br />

indécente, à Miami, en maillot rose,<br />

assumant sa position de tyoul du pouvoir.<br />

Ni lui ni le ministre de la Justice<br />

ne peuvent jusqu’à présent donner au<br />

public les noms et montrer les photos<br />

des quelque trois cents criminels<br />

évadés de la prison de la Croix-des-<br />

Bouquets. Quant au président gâteux,<br />

baveux, postillonneur, du Conseil<br />

Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ),<br />

cet homme de loi immoral n’a pas son<br />

pareil pour l’échine pliée devant le<br />

pouvoir exécutif. Qu’il aille péter dans<br />

les salons de Martelly !<br />

Alors, avec de pareils dirigeants<br />

immoraux, comment vouloir que ce<br />

pays soit normal ? Comment ne pas se<br />

rendre compte qu’avec l’acclimatation<br />

du pouvoir à la culture des «accidentades»<br />

et «enquêtades», Haïti s’est engagée<br />

dans une dégringolade «spiralante»<br />

infernale ? Le premier ministre,<br />

lors de la dernière catastrophe routière<br />

s’est dit «consterné» (hélas !). Le rusé,<br />

le madré, le fourbe, le perfide, il a<br />

même promis d’ordonner une enquête<br />

qui finalement – on ne le sait que trop<br />

– va se poursuivre et se blottir dans le<br />

cul de Nini. Et vogue la galère !<br />

Culture de fusillades aux Etats-<br />

Unis, culture d’«accidentades», de<br />

dégringolades, et finalement de débandade<br />

morale et institutionnelle en<br />

Haïti. Bravo Martelly ! Bravo les Clinton<br />

!<br />

Ashlee’s<br />

Caribbean Cuisine<br />

HOME OF AUTHENTIC<br />

HAITIAN FOOD<br />

Open 7 days<br />

2026 Nostrand Avenue<br />

(corner of Farragut Road)<br />

Brooklyn, NY 11210<br />

Lucky Electronics, owner<br />

347.425.8999<br />

KATOU<br />

RESTAURANT<br />

5012 Ave M<br />

(Entre E. 51 et Utica)<br />

10h am – 10h pm<br />

Une innovation dans la cuisine<br />

haïtienne à Brooklyn<br />

Tous les plats haïtiens réalisés par une<br />

équipe de cordons bleus recrutés sous<br />

la supervision de Katou<br />

Griots – Poissons – Poissons Gros Sel<br />

– Dinde – Poulet – Cabri<br />

– Boeuf – Légumes<br />

Bouillon le samedi – Soupe le<br />

dimanche – Bouillie de banane le soir<br />

Appelez le 718-618-0920<br />

Livraison à domicile<br />

Si vous avez du goût, vous ne<br />

lâcherez pas Katou Restaurant<br />

NOW 2 LOCATIONS IN BROOKLYN<br />

New: 2816 Church Avenue<br />

(b/t Nostrand & Rogers Aves)<br />

Original: <strong>17</strong>38 Flatbush Avenue<br />

(b/t Aves I & J)<br />

718-258-0509<br />

Venus<br />

RESTAURANT<br />

Specializing in<br />

Caribbean &<br />

American Cuisine<br />

We do Catering<br />

Available for all<br />

Occasions<br />

Fritaille etc..<br />

670 Rogers Avenue<br />

(Corner of Clarkson Ave)<br />

Brooklyn, NY 11226<br />

“Venus, l’entroit idéal”<br />

718-287-4949<br />

AMBIANCE<br />

EXPRESS<br />

• Restaurant<br />

• Fritaille<br />

• Patés<br />

2025 Nostrand Avenue<br />

(just off Farragut Road)<br />

Brooklyn, NY<br />

General Manager: Marie S<br />

718.434.4287<br />

16<br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>


A Travers le monde<br />

Elections en Uruguay... On<br />

l'appelle "PEPE"<br />

Cuba envoie 165 experts pour<br />

lutter contre Ebola !<br />

Par Jean Ortiz.<br />

On l’appelle familièrement « Pepe »,<br />

diminutif espagnol de José. Imagine-t-on<br />

en France le peuple appeler un<br />

président « Pépé » ? La connotation «<br />

parrain », maffieuse du terme, l’interdit,<br />

même si l’éthique prend l’eau de toutes<br />

parts... Et même même... Nul n’oserait<br />

taxer de « pépé » Cahuzac, Thévenoud<br />

et consort... Cela tomberait sous le coup<br />

de la loi. En France, un homme politique<br />

peut souffrir de « phobie administrative »<br />

tout en restant député.<br />

Les Uruguayens l’appellent familièrement<br />

« Pepe », José Mugica. Le second<br />

président de gauche (2010-<strong>2014</strong>)<br />

de l’histoire du pays est devenu une<br />

curiosité alors que lui, vraiment, est<br />

tout à fait « normal», pas people pour<br />

deux sous, pas « différent » du tout de<br />

« l’Uruguayen moyen », du paysan, de<br />

l’ouvrier...<br />

Elu président le 29 novembre<br />

2009, le militant José Mugica a continué<br />

à vivre dans sa « chacra » (ferme)<br />

en compagnie de sa sénatrice d’épouse,<br />

et à produire des roses. Il va au turbin<br />

avec une voiture modeste de la présidence<br />

et un garde du corps (sa vieille<br />

coccinelle Wolkswagen de 1987 reste<br />

rangée au garage) ; il a refusé 90% du<br />

salaire présidentiel (9 400 euros). Il lui<br />

reste l’équivalent de 900 euros, le revenu<br />

moyen des Uruguayens. Bref, il vit<br />

comme avant de devenir président. Il<br />

ne fait pas semblant, s’habille modestement,<br />

n’a pas changé d’apparence pour<br />

la com., ne veut pas vivre dans la luxueuse<br />

résidence présidentielle. La fonction<br />

ne l’a pas changé. Le pouvoir ne l’a<br />

pas corrompu. Et alors ? Ce n’est pas si<br />

fréquent ; est-ce anormal pour autant ?<br />

Dans les années 1960-1970, il<br />

fut guérillero « tupamaro », ce qui implique<br />

encore aujourd’hui jusque dans sa<br />

fonction, une cohérence entre un mode<br />

de vie et l’horizon recherché. Blessé de<br />

six balles, il fut arrêté et purgea 14 ans<br />

de prison, avec les traitements spéciaux<br />

propres aux militaires du cône sud,<br />

sans renier. Libéré en 1985, il rejoint le<br />

« Frente Amplio ». La coalition « Front<br />

large » de 21 partis, créée en 1971, va<br />

du centre-gauche à la gauche radicale,<br />

en passant par les communistes, le parti<br />

socialiste, le Mouvement de participation<br />

populaire de « Pepe »<br />

Le Front brise le bipartisme et<br />

gagne pour la première fois les élections<br />

en 2004, et le maire de Montevideo,<br />

Tabaré Vasquez (centre-gauche) devient<br />

président.<br />

Jusqu’en 2004 le pays avait<br />

subi la « dictamolle » du bipartisme,<br />

l’alternance au pouvoir de deux partis<br />

bourgeois créés en 1836 : les « colorados<br />

» (libéraux ) et les « blancos » (conservateurs),<br />

avec une terrible parenthèse<br />

(1973-1985) de dicta-dure civico militaire<br />

« gorille » et ultralibérale, made in<br />

USA.<br />

La politique du Front large n’est<br />

certes pas « la révolution », mais elle assure<br />

une « redistribution » plus équitable,<br />

développe des plans sociaux d’aide aux<br />

plus pauvres ; le taux pauvreté est passé<br />

de 40% en 2005 à 11,5% en 2013.<br />

Le taux de croissance atteint 4,4%,<br />

l’espérance de vie est de 76,4 ans, le<br />

taux d’alphabétisation de 98% chaque<br />

écolier a reçu un ordinateur.<br />

Les bons indicateurs sociaux, la<br />

diversification de l’économie , la priorité<br />

à l’éducation (tous les enfants sont<br />

scolarisés), à la recherche, ne font pas<br />

oublier une inflation de 8,5%, un taux<br />

de chômage de 6,6% et une insécurité<br />

résiduelle.<br />

Les réformes sociétales ont placé<br />

l’Uruguay au niveau des pays les plus<br />

avancés :<br />

En avril 2013 : mariage homosexuel,<br />

dépénalisation de l’avortement<br />

en octobre 2012 et de la consommation<br />

de cannabis en décembre 2013<br />

Une politique extérieure de «<br />

« Pepe », José Mugica<br />

multilatéralisme », proche du Venezuela,<br />

de la Chine, de priorité à la coopération<br />

avec les pays du continent ; a rendu au<br />

pays sa souveraineté.<br />

Cette politique et ce bilan, teintés<br />

cependant de concessions au néolibéralisme,<br />

sont vivement débattus à l’intérieur<br />

du Front Large ; il semble regagner peu<br />

à peu le terrain perdu en reculant devant<br />

des réformes de structure. L’extrême<br />

gauche ironise sur la « pseudo gauche<br />

»: on peut ne pas toucher son salaire et<br />

être « une canaille envers son peuple »<br />

(sur « Rebelion », Nora Fernandez, 27<br />

mai <strong>2014</strong>). Le propos est excessif, outré.<br />

Les élections présidentielles et<br />

législatives du 26 octobre <strong>2014</strong> donnent<br />

pour l’heure l’avantage dans les<br />

sondages (40%) au « vieux » candidat<br />

du Frente Amplio, l’ex-président Tabaré<br />

Vasquez (2005-20010). Raul Sendic,<br />

fils du fondateur des « Tupamaros », a<br />

été désigné candidat à la vice-présidence<br />

pour le Front. Le symbole a du poids, du<br />

sens, et fait grincer beaucoup de dents.<br />

Les deux candidats de la droite et<br />

de l’ultra-droite sont deux héritiers, deux<br />

jeunes-vieux réactionnaires.<br />

Juan Luis Lacalle (41 ans) du parti<br />

« Blanco » et Pedro Bordaverry (« Colorado<br />

»), tous deux candidats de l’oligobourgeoisie,<br />

tous deux fils d’anciens<br />

présidents de triste mémoire, pourraient<br />

s’allier au deuxième tour si Tabaré<br />

Vasquez ne l’emporte pas au premier.<br />

L’Uruguay a beau être un petit<br />

pays, l’enjeu n’échappe à personne.<br />

Washington est désormais engagé dans<br />

une stratégie de reconquête et voudrait,<br />

à l’occasion des prochains processus<br />

électoraux (Brésil, Bolivie, Uruguay),<br />

donner un coup d’arrêt aux nouveaux<br />

mouvements de libération en Amérique<br />

latine, isoler et déstabiliser les révolutions<br />

au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, à<br />

Cuba... Une stratégie en apparence plus<br />

« soft » qu’avec les dictatures militaires,<br />

mais le but ultime reste le même. Alors :<br />

Yankees : no, pueblos : si !!<br />

L’Humanité 15 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong><br />

Cuba a frappé un grand coup vendredi<br />

en annonçant le déploiement<br />

de 165 médecins et infirmiers en<br />

Sierra Leone ; l’aide en personnel la<br />

plus massive envoyée par un Etat<br />

contre l’épidémie d’Ebola, qui a<br />

déjà fait plus de 2400 morts en Afrique<br />

de l’Ouest. Il s’agit de l’envoi<br />

«le plus important» d’experts<br />

de la santé par un État depuis<br />

que l’épidémie a éclaté en début<br />

d’année, a souligné la directrice générale<br />

de l’Organisation mondiale<br />

de la santé (OMS), Margaret Chan,<br />

lors d’une conférence de presse à<br />

Genève. Et de se livrer à un vibrant<br />

hommage: «La capacité de Cuba à<br />

former des médecins et des infirmiers<br />

exceptionnels et sa générosité<br />

pour aider les pays sur la voie du<br />

progrès sont reconnues dans le<br />

monde entier».<br />

Depuis la révolution castriste,<br />

l’aide dans le secteur de la santé<br />

a été l’un des instruments-clés de la<br />

diplomatie cubaine, notamment en<br />

Afrique. Plus de 50 000 médecins<br />

et personnels de santé cubains travaillent<br />

dans une cinquantaine de<br />

pays à travers le monde, indiquait<br />

en mars dernier une responsable cubaine.<br />

Urgence dans trois pays<br />

Il y a urgence pour la Sierra Leone,<br />

B. Obama signe la prorogation du<br />

blocus contre Cuba<br />

Le président des Etats-Unis, Barack<br />

Obama, a prolongé d’un an de plus les<br />

mesures du blocus contre Cuba, a indiqué<br />

aujourd’hui la Maison Blanche.<br />

Dans un mémorandum envoyé à<br />

son secrétaire d’Etat John Kerry et du Trésor,<br />

Jack Lew, Obama a annoncé sa décision<br />

de maintenir le blocus car il considère<br />

que c’est "l’intérêt national des Etats-<br />

Unis".<br />

La reconduction de cette loi qui<br />

interdit aux entreprises étasuniennes de<br />

faire du commerce avec l’île est habituelle<br />

et ses prédécesseurs aussi l’ont prorogée<br />

chaque année depuis plus de 50 ans.<br />

La loi contre le Commerce avec<br />

La directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS),<br />

Margaret Chan et le ministre cubain de la Santé, Roberto Morales Ojeda<br />

lors d’une conférence de presse à Genève<br />

Immaculeé Bakery<br />

& Restaurant<br />

2 Locations en Brooklyn<br />

Spécialités<br />

Barack Obama<br />

l’Ennemi, qui date de 19<strong>17</strong> et a été approuvée<br />

en prévision de l’entrée des Etats-<br />

• Pâtés • Pain • AK-100 • Gâteaux<br />

• Jus citron • Bonbon amidon<br />

• Bouchées • Cornets<br />

• Pain patate (sur commande)<br />

• Bouillon (chaque samedi)<br />

• Soupe (chaque dimanche)<br />

1227 Nostrand Avenue<br />

(entre Hawthorne & Winthrop)<br />

Tél: 718.778.7188<br />

1411 Nostrand Avenue<br />

(entre Linden & Martense)<br />

Tél: 718.941.2644<br />

comme pour les deux autres pays<br />

les plus touchés, Liberia et Guinée:<br />

l’épidémie de fièvre hémorragique,<br />

la plus grave depuis l’identification<br />

du virus en 1976, progresse inexorablement,<br />

inquiétant le monde entier.<br />

La maladie a tué plus de 2400<br />

personnes sur 4784 cas, selon le<br />

dernier bilan en date de vendredi<br />

annoncé par l’OMS. La Sierra Leone<br />

totalisait 524 morts, sur 1424 cas<br />

(confirmés, probables et suspects),<br />

dans le dernier bilan détaillé arrêté<br />

au 7 septembre.<br />

Mme Chan n’a pas précisé si<br />

ces chiffres globaux incluent le Nigeria,<br />

le pays le plus peuplé du continent<br />

(8 morts selon le précédent bilan),<br />

ou s’ils concernent uniquement<br />

les trois pays les plus affectés. Pour<br />

venir en aide à la Sierra Leone, Cuba<br />

va «coopérer avec une brigade de<br />

165 collaborateurs, constituée de 62<br />

médecins et 103 infirmiers», a expliqué<br />

le ministre cubain de la Santé,<br />

Roberto Morales Ojeda, à Genève.<br />

Il a précisé que ces médecins<br />

cubains étaient prêts à coopérer avec<br />

leurs homologues américains. Ces<br />

spécialistes, dont certains sont déjà<br />

arrivés, resteront sur place durant<br />

six mois. «Tous ont déjà participé<br />

antérieurement à des situations<br />

post-catastrophes naturelles<br />

Suite à la page (19)<br />

Unis dans la Première Guerre Mondiale,<br />

interdit aux firmes étasuniennes de commercer<br />

avec des pays hostiles. Dans le cas<br />

de l’Ile, c’est le blocus le plus long d’un<br />

pays contre un autre dans l’Histoire et il<br />

est condamné par l’écrasante majorité des<br />

nations de la planète.<br />

Le blocus économique contre Cuba<br />

a été étendu et renforcé par d’autres lois<br />

étasuniennes, comme la Loi Torricelli de<br />

1992 qui interdit l’envoi d’aliments à<br />

Cuba – à l’exception de l’aide humanitaire<br />

– ou la Loi Helms-Burton de 1996.<br />

Avec des informations d’agences 10<br />

septembre <strong>2014</strong><br />

FRITAYE 5 STAR<br />

• Breakfast • Lunch<br />

• Dinner • Fritaille<br />

Catering for all occasions<br />

Gran Pan-Pan Rice<br />

FOR SALE:<br />

Wholesale & Retail<br />

1347 Flatbush Avenue<br />

(bet. Foster Ave. & E. 26th St.)<br />

Brooklyn, NY 11226<br />

718-975-0915-6<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times <strong>17</strong>


Muhammad Sinokrot, 15 ans, assassiné par<br />

les troupes d’occupation !<br />

Brésil, Bolivie et Uruguay :<br />

un mois crucial<br />

Par Budour Youssef Hassan<br />

Sa photo a été accrochée au mur de sa<br />

salle de classe à l’école al-Rashidiya de<br />

Jérusalem, et sa chaise reste maintenant<br />

vide.<br />

Muhammad Sinokrot, qui aurait eu<br />

seize ans le 9 décembre, n’était pas<br />

particulièrement friand de l’école et ses<br />

notes n’étaient pas les meilleures. Mais<br />

c’était un garçon qui savait travailler dur<br />

et qui voulait progresser.<br />

Quelques mois plus tôt, il avait<br />

emprunté la tenue usée portée par son<br />

cousin lors d’une remise de diplôme, se<br />

faisant photographier dans cette tenue. Il<br />

lui restait deux ans à faire pour obtenir le<br />

diplôme des études secondaires, et cette<br />

photo l’encourageait à travailler encore<br />

plus dur.<br />

Mais une balle d’acier et de caoutchouc,<br />

tirée par les troupes israéliennes,<br />

l’a touché à la tête et a mis fin à ses rêves,<br />

fauchant sa vie encore toute jeune.<br />

Le 31 août, Sinokrot a été blessé<br />

à la tête par la police israélienne sur le<br />

chemin de la mosquée d’Abdine à Wadi<br />

al-Joz, un quartier de Jérusalem-Est sous<br />

occupation. Ce fut une soirée inhabituellement<br />

calme malgré la présence de soldats<br />

israéliens et de la police des frontières qui<br />

ont l’habitude de lancer des raids dans<br />

Wadi al-Joz depuis ces deux derniers<br />

mois.<br />

Des cris à notre porte<br />

Au moment où Mahomet a été abattu,<br />

il n’y avait eu absolument aucun affrontement<br />

entre les forces israéliennes<br />

d’occupation et les jeunes Palestiniens,<br />

ont affirmé les habitants du quartier interrogés<br />

par The Electronic Intifada. « Il était<br />

environ 20h15. Je préparais à manger et<br />

j’ai demandé [à Muhammad] de nous<br />

acheter du pain après qu’il ait terminé la<br />

prière du soir dans la mosquée, et il a rapidement<br />

quitté la maison, » nous raconte<br />

Ilham, la mère de Muhammad.<br />

« Quelques minutes plus tard, j’ai<br />

entendu des hurlements et des cris à<br />

notre porte [qui disaient] ’Votre fils a été<br />

blessé à la tête.’ J’ai vite couru... La scène<br />

de mon fils saignant dans la rue, la tête<br />

fracturée et le visage défiguré, était bouleversante,<br />

» se souvient-elle.<br />

La police israélienne a déclaré aux<br />

journalistes que Muhammad jetait des<br />

pierres lors d’affrontements quand il a été<br />

touché à la jambe par une balle en caoutchouc<br />

et qu’il est tombé et s’est blessé<br />

la tête. Sa mère conteste vigoureusement<br />

cette version des faits et un rapport<br />

d’autopsie préliminaire indique que le<br />

garçon est mort des blessures causées par<br />

une balle dans la tête.<br />

« Allons ! Vous pensez que si il y<br />

avait eu des affrontements, je lui aurais<br />

permis de sortir ? En aucune façon. Et il<br />

est ridicule de dire qu’il a été blessé à la<br />

jambe quand il n’y a aucun signe de blessure<br />

ou de coup sur les jambes », a déclaré<br />

la mère de Muhammad.<br />

Muhammad Sinokrot a été transporté<br />

à l’hôpital palestinien Al-Makassed,<br />

dans le quartier du Mont des Oliviers, où<br />

les médecins ont dit à ses parents qu’il lui<br />

fallait une opération très délicate. Il a ensuite<br />

été transporté à l’hôpital Hadassah<br />

Ein Karem à l’ouest de Jérusalem, où il a<br />

passé une semaine dans le coma avant<br />

d’être déclaré cliniquement mort. « Les<br />

chances pour qu’il vive étaient extrêmement<br />

minces, mais nous avions foi en<br />

Dieu. Nous avons attendu un miracle ; il<br />

ne s’est pas produit... », a déclaré le père<br />

de Muhammad, Abd al-Majid Sinokrot,<br />

qui travaille pour le tramway de Jérusalem.<br />

« Ma femme et moi sommes allés à<br />

l’hôpital, rester à ses côtés. Ce fut une semaine<br />

très difficile, mais nous remercions<br />

Dieu pour tout. »<br />

Affrontements à Jérusalem<br />

L’annonce de la mort de Sinokrot le 7<br />

septembre a été précédée d’affrontements<br />

violents entre des jeunes Palestiniens et<br />

les forces d’occupation israéliennes dans<br />

le quartier Wadi al-Joz et dans Jérusalem-<br />

Est.<br />

Un quartier habituellement tranquille<br />

et un centre industriel pour les<br />

Palestiniens de Jérusalem connu pour ses<br />

Muhammad Sinokrot, enterré le 8 septembre, est décédé de ses blessures<br />

une semaine après avour été abattu par les forces israéliennes près<br />

de son domicile dans le quartier de Wadi al-Joz à Jérusalem - Photo :<br />

ActiveStills/Faiz Abu Rmeleh<br />

Des Palestiniens portent le corps de Muhammad Sinokrot lors de son<br />

enterrement dans le quartier de Wadi al-Joz de Jérusalem, le 8 <strong>Septembre</strong><br />

- Photo : ActiveStills/Oren Ziv<br />

garages et ses entreprises d’automobile,<br />

Wadi al-Joz a été tout sauf calme depuis<br />

l’enlèvement et l’assassinat brutal de Muhammad<br />

Abu Khudair, âgé de 16 ans, le<br />

2 juillet. Abu Khudair était un habitant<br />

de Shuafat, un quartier proche de Wadi<br />

al-Joz.<br />

L’attaque d’Israël contre Gaza n’a<br />

fait qu’alimenter les manifestations à<br />

Jérusalem cet été. Les forces d’occupation<br />

israéliennes ont réagi en multipliant les<br />

raids comme jamais auparavant sur Wadi<br />

al-Joz, tirant d’énormes quantités de gaz<br />

lacrymogène dans les zones densément<br />

peuplées et douchant les maisons et les<br />

ateliers et commerces avec un liquide<br />

nauséabond appelé « skunk ».<br />

« La situation ici est très tendue<br />

depuis le martyre d’Abou Khudair. Nous<br />

sommes régulièrement harcelés et attaqués<br />

par des soldats israéliens ; mais nous<br />

savons que nous n’avons pas d’autre<br />

choix que de nous révolter contre eux »,<br />

a observé le chauffeur du bus lors de mon<br />

départ de Wadi al-Joz.<br />

« Les choses peuvent paraître<br />

faussement calmes en surface, mais en<br />

vérité, l’explosion était inévitable. Les<br />

Israéliens ont cru avoir réussi enfin à<br />

étouffer Jérusalem et ils ne s’attendaient<br />

pas à ce que la ville, en particulier dans<br />

des endroits comme Shuafat et Wadi al-<br />

Joz, se révolte comme ça », dit-il encore.<br />

Funérailles<br />

Les funérailles de Mohammed Sinokrot<br />

ont eu lieu un jour après que sa mort ait<br />

été annoncée, avec des milliers de Palestiniens<br />

défilant de son domicile de Wadi<br />

al-Joz jusqu’à la mosquée al-Aqsa dans la<br />

Vieille Ville de Jérusalem.<br />

Un grand nombre de soldats et de<br />

policiers israéliens ont été déployés, mais<br />

toutes les tentatives pour contenir la colère<br />

des jeunes étaient vaines et l’enterrement<br />

s’est transformé en une manifestation de<br />

masse. « Les jeunes ont surpris les forces<br />

d’occupation israéliennes qui voulaient<br />

étouffer toute possibilité de revendication<br />

ou d’affrontements lors de la procession<br />

funèbre. Les jeunes ont jeté des pierres et<br />

des fusées d’artifice sur les soldats qui ont<br />

riposté avec des gaz lacrymogènes, des<br />

balles en caoutchouc et des grenades assourdissantes<br />

», a noté Yassin Sbeih, un<br />

militant palestinien du camp de réfugiés<br />

de Shuafat.<br />

Comme ce fut le cas lors des affrontements<br />

à Shuafat au début de juillet,<br />

les jeunes des différents villages de la région<br />

de Jérusalem se sont rendus à Wadi<br />

al-Joz pour les funérailles et montrer leur<br />

solidarité.<br />

Parmi ceux qui sont venus pour<br />

rendre hommage se trouvait aussi la mère<br />

de Muhammad Jaabis, originaire de Jabal<br />

al-Mukabber, un jeune homme abattu à<br />

Jérusalem-Ouest le 4 août lorsque la pelle<br />

mécanique qu’il conduisait a heurté un<br />

bus qui a écrasé un piéton israélien.<br />

Les autorités israéliennes ont qualifié<br />

l’incident d’attaque, mais sa famille a<br />

toujours affirmé qu’il s’agissait d’un accident.<br />

Il y a eu plusieurs cas au cours<br />

des dernières années dans lesquels des<br />

Palestiniens conduisant ce genre d’engins<br />

ont été abattus dans des circonstances<br />

similaires.<br />

Visiblement ébranlée, la mère<br />

de Jaabis étreint Ilham Sinokrot à<br />

l’enterrement et lui dit : « Tous les cœurs<br />

ne font pas face à la douleur de la même<br />

façon. Vous avez l’air tellement plus forte<br />

que je ne le suis ».<br />

Pendant ce temps, le père de Muhammad<br />

insiste sur le fait qu’il faudra demander<br />

des comptes. « Nous ne croyons<br />

pas que les bourreaux vont nous donner<br />

toute la justice, mais nous irons devant<br />

les tribunaux israéliens et internationaux<br />

et nous demanderons à tous les parents<br />

de réclamer justice pour leurs proches<br />

tués. Nous ne pouvons pas laisser les<br />

assassins de nos enfants vivre dans<br />

l’impunité », dit-il.<br />

Ceux qui ont parlé à The Electronic<br />

Intifada ont souligné que Muhammad<br />

Sinokrot a été tué tout simplement parce<br />

qu’il était palestinien.<br />

« Son crime était d’être palestinien<br />

et de vivre à Jérusalem, sous une domination<br />

qui ne nous voit pas comme des êtres<br />

humains », a déclaré l’un des voisins de<br />

la famille.<br />

« Hier, c’était Muhammad Sinokrot,<br />

et demain, ce pourrait être le tour de mon<br />

fils, » a-t-il ajouté. « Tous les Palestiniens<br />

sont visés et ils doivent tous ensemble se<br />

soulever contre cet État raciste. »<br />

The Electronic Intifada<br />

12 septembre <strong>2014</strong><br />

Traduction : Info-Palestine -Naguib<br />

13 septembre <strong>2014</strong><br />

La présidente Dilma Rousseff obtiendrait pour la dernière ligne droite de<br />

la campagne, entre 36% et 38% des intentions de vote des Brésiliens, et<br />

sa campagne devra faire face au défi que représente Marina Silva<br />

Par Andrés Mora Ramirez<br />

Au Brésil (le 5), en Bolivie (le 12)<br />

et en Uruguay (le 26) les élections<br />

présidentielles auront lieu au<br />

cours du mois d’octobre. Ces élections<br />

viennent s’ajouter à celles qui se sont<br />

déroulées au Costa Rica, au Salvador,<br />

au Panama et en Colombie, et dont les<br />

résultats, en général, affirment les tendances<br />

observées en Amérique latine<br />

depuis le début du siècle : la progression<br />

des forces de gauche et du centre<br />

gauche, comme c’est le cas au Salvador<br />

et au Costa Rica (même si la majorité<br />

est faible étant donné la composition<br />

des Congrès et les limitations héritées<br />

du modèle néolibéral imposé il y a trois<br />

décennies) ; au Panama et en Colombie,<br />

la réaffirmation de la prédominance des<br />

droites qui s’affrontent entre elles, en<br />

raison de leurs propres contradictions et<br />

des conflits d’intérêt, comme cela a été<br />

le cas pour la victoire du président Juan<br />

Manuel Santos face au candidat Alvaro<br />

Uribe.<br />

Dans cette perspective, les élections<br />

d’octobre se révèlent cruciales du<br />

fait des résultats de sondages d’opinion,<br />

notamment au Brésil et en Uruguay,<br />

qui entrouvrent la possibilité de voir<br />

l’avancée progressiste sud-américaine<br />

qui a prédominé surtout pendant les<br />

deux dernières décennies, menacée et<br />

même fracturée par les forces de droite,<br />

du centre droit, ou par des alliances<br />

pragmatiques circonstancielles (comme<br />

c’est le cas au Brésil, avec l’accord entre<br />

les « verts » et des entrepreneurs de<br />

l’agro-alimentaire en faveur de la candidature<br />

de Marina Silva ).<br />

Les victoires éventuelles des candidats<br />

de droite, lors de ces prochaines<br />

élections auraient des conséquences importantes,<br />

d’une part, sur le processus<br />

d’intégration régionale de Notre Amérique,<br />

et d’autre part, sur le consensus<br />

post-néolibéral qui, aux niveaux régional<br />

et mondial, a permis l’établissement<br />

des positions favorables à la construction<br />

d’un système multipolaire international.<br />

Au Brésil, après les problèmes<br />

politiques des derniers mois en raison<br />

du ralentissement de l’économie et des<br />

manifestations contre les énormes investissements<br />

consacrés à la réalisation<br />

de la Coupe du Monde, la présidente Dilma<br />

Rousseff obtiendrait pour la dernière<br />

ligne droite de la campagne, entre 36%<br />

et 38% des intentions de vote des Brésiliens,<br />

alors que le soutien à ses adversaires<br />

a augmenté et certaines études<br />

indiquent la possibilité d’un second tour<br />

de scrutin (contre Aécio ou Marina Silva<br />

Neves) pour élire le futur président ou<br />

un président de la puissance sud-américaine<br />

émergente. La présidente Rousseff,<br />

quant à elle, maintient dans son<br />

programme électoral la poursuite des<br />

changements entrepris par l’ancien président<br />

Lula da Silva et les réalisations obtenues<br />

dans différents domaines, depuis<br />

les 12 ans de pouvoir du Parti des Travailleurs.<br />

Par exemple, l’incontestable<br />

réussite sociale, économique, et surtout<br />

humaine, qui se concrétise par le fait que<br />

près de 40 millions de Brésiliens sont<br />

sortis de la pauvreté.<br />

En Uruguay, le Front Amplio (FA)<br />

a présenté des candidats à la présidence<br />

et à la vice-présidence ; les deux personnalités<br />

ont des racines historiques<br />

profondes au sein du parti : le président<br />

de la République Tabaré Vazquez (2005-<br />

2010), premier président du Front Amplio<br />

et Raul Fernando Sendic, fils du chef<br />

du Mouvement de libération nationale<br />

– Tupamaros, Raul Sendic Antonaccio.<br />

La réélection du président<br />

Evo Morales et de son viceprésident,<br />

Alvaro Garcia Linera,<br />

paraît évidente, en raison de<br />

l’affermissement de la Révolution<br />

indigène et culturelle qu’ils<br />

préconisent en Bolivie.<br />

Toutefois, les sondages ne révèlent pas<br />

une situation facile : le Front Amplio a<br />

perdu des points dans les intentions de<br />

vote lors des études récentes (allant de<br />

42% à 39% entre juin et août) ; tandis<br />

que le Parti Colorado et son candidat,<br />

Luis Lacalle Pou, un avocat de 41 ans,<br />

fils de l’ancien président Luis Alberto<br />

Lacalle, voit son intérêt augmenter<br />

(passant de 27% à 30% dans la même<br />

période).<br />

Une victoire au premier tour, avec<br />

ces tendances, ne semble pas aisée et<br />

une bataille politique intense s’annonce<br />

pour les prochaines semaines. La configuration<br />

est différente en Bolivie, où<br />

la réélection du président Evo Morales<br />

et de son vice-président, Alvarto Garcia<br />

Linera, paraît évidente. Les sondages<br />

indiquent le soutien aux candidats du<br />

Mouvement pour le Socialisme (MAS)<br />

oscillant entre 52 à 59 %, largement en<br />

tête de 15 à <strong>17</strong> % sur son adversaire<br />

Samuel Doria Medina. Qu’est-ce qui motive<br />

ce soutien à la gestion d’Evo Morales<br />

? Certainement les changements<br />

radicaux et en profondeur entrepris par<br />

la Révolution indigène et culturelle,<br />

comme le définit le président, surtout si<br />

on le compare au cauchemar néolibéral<br />

qui a précédé son arrivée au gouvernement.<br />

Au-delà des limites, des contradictions<br />

et des erreurs qui peuvent être<br />

signalées à ses adversaires et même<br />

aux militants et sympathisants du MAS,<br />

les politiques mises en œuvre par Evo<br />

Morales et son équipe ont permis à la<br />

Bolivie d’atteindre des avancées sociales<br />

et économiques sans précédent.<br />

Katu Arkonada, intellectuel espagnol<br />

qui a étudié et vécu le processus bolivien,<br />

considère que la construction<br />

d’un nouveau modèle économique postnéolibéral<br />

et son impact positif pour la<br />

population bolivienne, sont les piliers les<br />

plus importants pour le soutien à Evo<br />

Morales : en raison de la nationalisation<br />

des hydrocarbures, le PIB a augmenté de<br />

9,5 milliards de dollars en 2005 et de<br />

30,3 milliards en 2013 ; avec le gouvernement<br />

néolibéral, l’investissement<br />

public en 2005 était à peine de 629<br />

millions de dollars, tandis que sous le<br />

gouvernement de Morales, en 2013, il<br />

a atteint un record de 3,7 milliards de<br />

dollars, « qui se répartissent à peu près<br />

également entre investissements dans<br />

les politiques sociales, infrastructures et<br />

développement productif ».<br />

Le salaire minimum a été augmenté,<br />

le chômage urbain a diminué,<br />

et l’extrême pauvreté a été réduite (de<br />

38,2 % en 2005 à 21,6 % en 2012)<br />

ainsi que l’inégalité (« en 2005, la dif-<br />

18<br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>


férence des revenus des 10% des plus<br />

riches était d’environ 128 fois supérieure<br />

à la tranche des 10% des plus pauvres,<br />

alors qu’en 2012 cette différence a<br />

été réduite à 46 fois »).<br />

Trois pays, trois élections, trois<br />

voies possibles pour un changement<br />

d’époque dans notre Amérique. Dans<br />

chaque cas, les conditions particulières<br />

auxquelles ont fait face les gouvernements<br />

déterminent, à la fois, la rapidité<br />

et la profondeur du changement, ainsi<br />

que la nature des leaderships politiques.<br />

Chacun représente, en plus, les composantes<br />

d’un post-néolibéralisme divers,<br />

créatif et réalisable, qui affronte<br />

aujourd’hui le défi de battre une fois de<br />

plus, par un vote populaire, une droite<br />

déguisée qui rêve de revenir au temps<br />

passé.<br />

Avec toutes les nuances à leur actif,<br />

les gouvernements progressistes et<br />

les nationaux populaires portent la plupart<br />

des espoirs des peuples de la région.<br />

Permettre que son avancée s’interrompe<br />

maintenant, après tant de décennies de<br />

lutte, serait une erreur et un coup terrible<br />

pour la construction d’une Amérique<br />

latine plus libre, plus indépendante<br />

et souveraine.<br />

Granma 4 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong><br />

Suite de la page (<strong>17</strong>)<br />

et épidémiologiques», se sont déclarés<br />

volontaires et ont travaillé en Afrique, a<br />

ajouté le ministre cubain. Si l’aide cubaine<br />

est spectaculaire, les besoins restent<br />

criants. «Dans les trois pays les plus touchés,<br />

le nombre» de cas «augmente plus<br />

vite que la capacité à les gérer», a averti<br />

la directrice générale de l’OMS.<br />

Plus de lits au Liberia<br />

Il n’y a plus un seul lit de disponible pour<br />

traiter les patients d’Ebola au Liberia, de<br />

loin le pays le plus touché. Et d’après le<br />

Fonds des Nations unies pour l’enfance<br />

(UNICEF), quelque 2000 enfants se sont<br />

retrouvés sans parents dans ce pays.<br />

«Nous manquons de tout [...] mais ce<br />

dont nous avons besoin le plus, c’est de<br />

gens», a souligné Mme Chan. Pour traiter<br />

entre 70 et 80 patients, il faut 200 personnes<br />

environ, dont 20 % d’expatriés.<br />

L’OMS estime qu’il manque encore<br />

dans la région entre 500 à 600 professionnels<br />

de la santé étrangers et quelque<br />

1000 nationaux. L’organisation dispose<br />

d’une liste de 500 experts internationaux,<br />

mais tous ne sont pas envoyés au<br />

même moment. Près de 200 sont actuellement<br />

sur place.<br />

MSF muscle sa réponse<br />

De son côté, l’ONG Médecins sans frontières<br />

(MSF), en première ligne dans la<br />

lutte contre Ebola, dispose de plus de 200<br />

expatriés internationaux dans la région.<br />

Longtemps critiquée pour son inaction,<br />

la communauté internationale<br />

muscle progressivement sa réponse. Les<br />

États-Unis disposaient début septembre<br />

d’environ 100 représentants sur place.<br />

La Chine a aussi envoyé des équipes<br />

médicales, et l’Union africaine a promis<br />

lundi le déploiement d’une centaine de<br />

personnels. Le Royaume-Uni se mobilise<br />

aussi, et la France a fait savoir<br />

jeudi qu’elle allait renforcer son aide à<br />

la Guinée. Dans ce pays d’où est partie<br />

l’épidémie, un «nouveau plan d’urgence<br />

sanitaire accéléré» vient d’être annoncé.<br />

Ce plan, qui doit s’étaler sur deux mois,<br />

a pour objectif de «réduire de façon drastique»<br />

les risques de contamination. «Si<br />

l’on veut livrer cette guerre contre Ebola,<br />

nous devons disposer des ressources<br />

nécessaires pour mener le combat», a insisté<br />

Mme Chan, soulignant qu’il faut que<br />

l’aide «s’accroisse fortement».<br />

Agence France-Presse à Genève<br />

12 septembre <strong>2014</strong><br />

JETCO<br />

Shipping<br />

● Boxes, Barrels, Containers<br />

● Cheapest Rates & Best Service<br />

● Door to Door Service to<br />

All 10 <strong>Haiti</strong>an Departments<br />

● Shipping within 6 Weeks<br />

Etienne Victorin<br />

963 Rogers Avenue<br />

Brooklyn, NY 11226<br />

Office: 718.856.2500<br />

Cell: 347.998.7112<br />

Papeterie &<br />

Imprimerie<br />

Nouvelle adresse:<br />

101 Lalue,<br />

Port-au-Prince, HAITI<br />

Tel:<br />

4269-2770<br />

3643-2906<br />

IMPRIMERIE &<br />

Papeterie Imprimerie<br />

commerciale<br />

Furnitures de bureau,<br />

fournitures scolaires<br />

Classified<br />

Directory Tel: 718-421-0162<br />

editor@haitiliberte.com<br />

AUCTIONS<br />

Buy or sell at AARauctions.com.<br />

Contents of homes, businesses,<br />

vehicles and real estate. Bid NOW!<br />

AARauctions.com Lights, Camera,<br />

Auction. No longer the best kept<br />

secret.<br />

AUCTIONS<br />

AUCTION REAL PROPERTY TAX<br />

FORECLOSURES DUTCHESS<br />

COUNTY. Selling properties Oct 8<br />

@ 11AM. The Poughkeepsie Grand<br />

Hotel, Poughkeepsie. 800-243-<br />

0061 AAR, Inc. & HAR, Inc. Free<br />

brochure: www.NYSAUCTIONS.com<br />

AUTO DONATIONS<br />

Donate your car to Wheels For<br />

Wishes, benefiting Make-A-Wish.<br />

We offer free towing and your<br />

donation is 100% tax deductible. Call<br />

(855) 376-9474<br />

HELP WANTED<br />

Brooklyn-based company needs an<br />

office manager who can fluently<br />

speak English & Kreyòl. Customer<br />

Service. Data entry. Call 9<strong>17</strong>-701-<br />

5065.<br />

HELP WANTED<br />

DRIVERS with TLC License WANTED!<br />

With or WITHOUT car. George Town<br />

Car Service, Base # B01081, 919<br />

E. 107th St., Brooklyn. Call Victor,<br />

718.642.2222, cell 646.415.3031.<br />

HELP WANTED<br />

DRIVERS with TLC License WANTED!<br />

With or without car. ALPHA CAR<br />

SERVICE, Flatbush Ave. & Ave. I,<br />

Brooklyn. Call 718-859-2900.<br />

HELP WANTED<br />

Driver with a vehicle needed for<br />

Wednesday newspaper deliveries.<br />

Routes available in New York &<br />

Miami. Call 718-421-0162.<br />

HELP WANTED<br />

$8,000 COMPENSATION. EGG<br />

DONORS NEEDED. Women 21-31.<br />

Help Couples Become Families using<br />

Physicians from the BEST DOCTOR'S<br />

LIST. Personalized Care. 100%<br />

Confidential. 1-877-9-DONATE;<br />

1-877-936-6283; www.<br />

longislandivf.com<br />

HELP WANTED<br />

AIRLINE CAREERS begin here Get<br />

FAA approved Aviation Maintenance<br />

Technician training. Financial aid<br />

for qualified students – Housing<br />

available. Job placement assistance.<br />

Call AIM 866-296-7093.<br />

HOME IMPROVEMENT<br />

Want to save $ on your electric<br />

bill? NRG Home Solar offers free<br />

installation if you qualify. Call 888-<br />

685-0860 or visit nrghomesolar.com<br />

LAND FOR SALE<br />

15 ACRES for $26,900. Woodlands<br />

with electric. Near Ithaca, Cortland,<br />

Greek Peak and NYS Forest. Cortland<br />

County. Carl Snyder, RE Broker<br />

607-280-5770. NY LAND QUEST<br />

nylandquest.com<br />

LAND FOR SALE<br />

BANK ORDERED FARM<br />

LIQUIDATION! 10 acres - $29,900!<br />

Lg. Trout stream, apple trees,<br />

evergreens, 3 hrs NY City! EZ<br />

Terms! Call 888-905-8847.<br />

NewYorkLandandLakes.com<br />

Outer Banks , NC <strong>2014</strong> Parade of Homes<br />

TOUR 20 New<br />

Homes<br />

From Corolla to<br />

Avon, NC<br />

October 9-12<br />

Tickets $10<br />

Good all 4 days<br />

252-449<br />

Preview tour www.obhomebuilders.org<br />

PERSONAL<br />

<strong>Haiti</strong>an man seeking <strong>Haiti</strong>an woman<br />

age 25-40 in NY. Start with friendship<br />

leading maybe to<br />

love. Must be educated & speak<br />

English or Kreyòl. Jean Vicor 347-<br />

379-5765.<br />

REAL ESTATE<br />

Sebastian, Florida Beautiful 55+<br />

manufactured home community. 4.4<br />

miles to the beach, Close to riverfront<br />

district. Pre-owned homes starting at<br />

$35,000. New models available. 772-<br />

581-0080, www.beach-cove.com<br />

VACATION RENTALS<br />

OCEAN CITY, MARYLAND. Best<br />

selection of affordable rentals.<br />

Full/ partial weeks. Call for FREE<br />

brochure. Open daily. Holiday Real<br />

Estate. 1-800-638-2102. Online<br />

reservations: www.holidayoc.com<br />

WANTED<br />

CASH BUYER! Buying ALL Gold &<br />

Silver Coins, Stamps, Paper Money,<br />

Comic Books, Entire Collections,<br />

Estates. Travel to your home. Call<br />

Marc in NY: 1-800-959-3419.<br />

FT/PT DRIVERS WANTED<br />

For Bronx Based Access-A-Ride Company<br />

• Must be at Least 21 Years Old<br />

• Clean NYS CDL Drivers License<br />

• Type C with Passenger Endorsement Required<br />

• Knowledge of Five Boroughs a Plus<br />

HELP WANTED<br />

DRYCLEANER<br />

PRESSER<br />

Experienced only in<br />

dryclean pressing.<br />

Must be able to work<br />

Monday-Saturday.<br />

Apply in person.<br />

Immediate opening.<br />

LaMar DryCleaners<br />

6430 Pembroke Rd.<br />

Miramar, FL 33023<br />

We Offer: Paid Training Upon Course Completion and Start In Revenue Service,<br />

Free CDL Training with Immediate Hire, Paid Sick and Personal Days, Paid Holidays,<br />

Two Weeks Paid Vacation After One Year, Medical Benefits, Competitive Salary,<br />

Safe Driving and Attendance Incentives.<br />

Applicants Must Apply in Person at: 2383 Blackrock Ave., Bronx, NY 10462<br />

Contact: Roger Izzi at 718-828-2472 ext 201<br />

or rizzi@cbttrans.com 9:00 am - 2:00 pm<br />

DAISLEY INSTITUTE<br />

495 Flatbush, Brooklyn, NY<br />

4 N. Main St., Spring Valley, NY 10977<br />

718-467-8497<br />

TRAIN TO BECOME A HEALTH<br />

PROFESSIONAL IN<br />

4 WEEKS TO 8 MONTHS<br />

NURSE AIDE $685<br />

HHA $520<br />

PCA/HOME ATTENDANT $300<br />

MEDICAL ASSISTANT $6000<br />

PHARMACY TECH $900<br />

EKG & PHLEBOTOMY $690<br />

NURSE TECH/<br />

PATIENT CARE TECH/PCA $690<br />

Having difficulty passing<br />

the New York Nurse Aide Exam?<br />

Try our Nurse Aide Exam Prep<br />

Course....$2500<br />

Morning, evening & Saturday classes, loans available.<br />

Call 845-578-9840<br />

DONATE YOUR CAR<br />

Wheels For Wishes benefiting<br />

*Free Vehicle/Boat Pickup ANYWHERE<br />

*We Accept All Vehicles Running or Not<br />

Metro New York and<br />

Western New York<br />

100% Tax<br />

Deductible<br />

WheelsForWishes.org Call: (9<strong>17</strong>) 336-1254<br />

Looking for Homeowners<br />

to Qualify for a FREE<br />

Home Solar Installation<br />

Own Your Own Home<br />

Have a Southerly-Facing Roof<br />

Little to No Shading<br />

Pay an Electric Bill<br />

The U.S. Government and your State have financial<br />

incentives that may provide homeowners the opportunity<br />

to supplement your electric provider with solar power.<br />

NRG Home Solar is now qualifying homes for a FREE home solar<br />

installation. Call or go online today to see if your home qualifies.<br />

888-359-7288<br />

NRGHomeSolar.com<br />

NRG Home Solar offers you the option to go solar for as little as $0 down or you can lower your<br />

monthly lease payment with a down payment. Consult your solar specialist to determine your<br />

eligibility. Financing terms, pricing and savings vary based on customer credit, system size,<br />

utility rates and available rebates and incentives. System performance subject to several factors<br />

including location, roof and shading. Savings on total electricity costs not guaranteed. NRG<br />

Home Solar is WP-0000<strong>17</strong>5073<br />

a service mark of NRG Energy, Inc. © <strong>2014</strong> NRG Home Solar. All WC-24767-H12<br />

rights reserved.<br />

HIC NYC 1427914, HIC Yonkers NY 5972, HIC Nassau County NY H2409720000, HIC Suffolk County NY 50906h,<br />

HIC Weschester County NY Wc24767h12, HIC Rockland County NY H11586400000<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong> <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times 19


Le match qui n'a jamais eu lieu : Chili-URSS 1973 !<br />

« Chili-URSS 1973 : le match<br />

qui n›a jamais eu lieu » : quand<br />

l›URSS sacrifie sa participation<br />

au Mondial par solidarité avec<br />

le peuple chilien<br />

Onze septembre 1973 :<br />

l’espoir d’une révolution socialiste<br />

pacifique est balayé par<br />

un coup d’État soutenu par les<br />

États-Unis. Au milieu de cette<br />

tragédie, un match de football :<br />

Chili-URSS. Alors que le « bloc<br />

de l’ouest » baisse les yeux,<br />

l’Union soviétique va faire un<br />

geste fort.<br />

21 novembre 1973, Estadio<br />

nacional : l’avant-centre<br />

chilien Francisco Valdés marque<br />

après 2 minutes de jeu dans le<br />

but soviétique vide devant 40<br />

000 supporters en liesse : c’est,<br />

dira-t-on, le « but le plus tôt de<br />

l’histoire du football ». L’arbitre<br />

siffle la fin du match, Chili 1<br />

URSS 0.<br />

Chili-URSS, barrage<br />

retour des éliminatoires de la<br />

Coupe du monde 1974, c’est «<br />

le match qui n’a jamais eu lieu<br />

» mais qui va priver la sélection<br />

soviétique du génial Oleg<br />

Blokhine d’un mondial qui leur<br />

tendait les bras, après un 0-0 au<br />

Stade Lénine à Moscou dominé<br />

par l’URSS.<br />

Alors pourquoi la sélection<br />

soviétique – qui avait<br />

triomphé de la France dans son<br />

groupe de qualification – a-t-elle<br />

laissé cette opportunité en or ?<br />

Parce qu’elle a mis des valeurs<br />

éthiques, un combat politique<br />

au-dessus des contingences<br />

sportives, de la gloire nationale.<br />

Le ‘stade de la mort’ : doiton<br />

jouer dans un camp de<br />

concentration ?<br />

Le 11 septembre 1973, le coup<br />

d’État du général Pinochet mettait<br />

fin à l’expérience démocratique<br />

de construction du socialisme<br />

par la voie pacifique<br />

derrière le socialiste Salvador<br />

Allende, en alliance avec le Parti<br />

communiste du Chili.<br />

Les Etats-unis avaient<br />

contribué à déstabiliser le pays<br />

dès 1970. Ils soutiendront<br />

le putsch et se féliciteront de<br />

la fin du « régime marxiste »<br />

d’Allende. Pendant ce temps,<br />

l’URSS, comme Cuba, dénoncent<br />

le coup fasciste qui met fin<br />

à l’espoir ou illusion du « socialisme<br />

démocratique ».<br />

Pendant les premières semaines,<br />

l’« Estadio nacional »<br />

sert de camp de concentration<br />

pour les opposants politiques.<br />

Près de 40 000 militants passeront<br />

dans le camp, seront<br />

détenus, torturés, parfois battus<br />

à mort comme le chanteur communiste<br />

Victor Jara, la voix de<br />

la révolution chilienne, dont les<br />

mains sont broyés avant d’être<br />

fusillé le 16 septembre.<br />

Le match aller, le 26 septembre<br />

à Moscou, s’était soldé<br />

par un 0-0 miraculeux pour les<br />

Chiliens assiégés sur leur propre<br />

but, aidés par un arbitrage clément.<br />

Selon le journaliste chilien<br />

Hugo Gasc : « L’arbitre était<br />

un anti-communiste féroce. Le<br />

président de la fédération (Francisco<br />

Fluxa) l’avait convaincu<br />

qu’il ne pouvait pas nous faire<br />

perdre. Et son arbitrage nous a<br />

pas mal aidé.<br />

Les Soviétiques sont attendus<br />

à l’ « Estadio nacional »<br />

le 21 novembre pour le retour.<br />

Ils savent la nature fasciste<br />

du nouveau régime chilien.<br />

Ils savent que des militants<br />

démocrates, socialistes, combattus<br />

sont détenus, torturés, assassinés<br />

dans ce stade devenu<br />

camp de concentration.<br />

AROMARK SHIPPING SPECIALIZES IN SHIPPING FULL<br />

CONTAINER LOADS WITH PERSONAL EFFECTS,<br />

HOUSEHOLD GOODS, COMMERCIAL CARGO, CARS,<br />

TRUCKS, BUSES FROM NY PORT TO HAITI EVERY<br />

WEEK, SAILING TIME 10 to 12 DAYS.<br />

IS YOUR DIRECT CONNECTION TO HAITI<br />

YON KONEKSYON DIREK POU HAITI<br />

EVERY FRIDAY FROM 8 AM TO 3.30 PM WE RECEIVE<br />

CARS, TRUCKS, BUSSES IN RED HOOK MARINE TERMINAL<br />

143 VAN BRUNT ST. BROOKLYN, NY 11231 (CORNER<br />

HAMILTON AVE & VAN BRUNT ST) EXIT 26 ON BROOKLYN<br />

QUEENS EXPRESSWAY FROM VERRAZANO BRIDGE<br />

ONE CALL DOES IT ALL<br />

BOOKING, TRUCKING & SHIPPING TO PORT-AU-PRINCE.<br />

Please call GABRIEL or ROBERT:<br />

973-690-5363<br />

L'équipe de l’URSS qui avait refusé le 21 novembre 1973 de<br />

participer à ce match sur le sol chilien<br />

21 novembre 1973, Estadio nacional : l'avant-centre chilien<br />

Francisco Valdés marque après 2 minutes de jeu dans le but<br />

soviétique vide devant 40 000 supporters en liesse : c'est,<br />

dira-t-on, le « but le plus tôt de l'histoire du football ».<br />

L'arbitre siffle la fin du match, Chili 1 URSS 0<br />

Pour la FIFA, « l’ordre<br />

règne à Santiago »<br />

La Fédération chilienne de football<br />

sait l’usage du stade par les<br />

Fax: (973) 690-5364<br />

Email: solutions@vmtrucking.com<br />

www.<strong>Haiti</strong>Shipping.com<br />

militaires, son président Francisco<br />

Fluxa propose à Pinochet<br />

de jouer la revanche à Vina del<br />

Mar, loin des travées ensanglantées<br />

de Santiago. Pinochet<br />

refuse : c’est El Estadio nacional<br />

ou rien.<br />

Une délégation de la FIFA<br />

vient à Santiago le 24 octobre<br />

pour inspecter le stade, dirigée<br />

par le vice-président brésilien<br />

Abilio d’Almeida et le secrétairegénéral<br />

suisse Helmuth Kaeser.<br />

Les militaires éliminent toutes<br />

les traces de sang, de torture,<br />

dans un stade qui abrite encore<br />

7 000 détenus.<br />

Accompagnés du<br />

ministère de la Défense, l’amiral<br />

Carvajal, ils donnent une conférence<br />

de presse où ils confirment<br />

« que le rapport que nous<br />

avait adressé les autorités est le<br />

reflet de ce que nous avons vu :<br />

tout est calme à Santiago ».<br />

L’émissaire brésilien, dans<br />

un pays qui vit depuis 1964<br />

sous une dictature militaire, se<br />

permit même de confier aux<br />

nouveaux maîtres du Chili : « Ne<br />

vous inquiétez pas de la campagne<br />

journalistique internationale<br />

contre le Chili. On a connu<br />

la même chose au Chili, cela<br />

va passer bien vite ». La FIFA<br />

a fermé les yeux et donné sa<br />

bénédiction au stade de la mort.<br />

Blokhine : « on ne voulait<br />

pas jouer parce que Pinochet<br />

était au pouvoir »<br />

La Fédération chilienne et la<br />

FIFA confirment l’ « Estadio<br />

nacional » – le stade de la mort<br />

– comme lieu du match retour.<br />

Que vont faire les Soviétiques ?<br />

Oleg Blokhine, la star de<br />

l’équipe et du Dinamo Kiev,<br />

futur ballon d’or 1975 se souvient<br />

: « J’étais là pour le 0-0<br />

à Moscou. On a parlé avec le<br />

groupe et nous avons décidé<br />

de ne pas jouer le match retour.<br />

On ne voulait pas parce<br />

que Pinochet était au pouvoir.<br />

C’était dangereux pour nous de<br />

jouer au Chili, on a exprimé nos<br />

préoccupations à la Fédération<br />

de football. Finalement, on a<br />

préféré abandonner les éliminatoires.<br />

»<br />

L' « Estadio nacional » le stade de la mort sert de camp de<br />

concentration pour les opposants politiques<br />

« L’URSS ne jouera pas ». Caszely raconte que lorsque<br />

La sélection chilienne de 1973<br />

dans un stade souillé du sang<br />

des patriotes chiliens »<br />

La décision est approuvée<br />

non seulement par la Fédération<br />

de football, mais aussi par<br />

le Kremlin. Le communiqué<br />

rendu par la Fédération de football<br />

soviétique se révèle sobre,<br />

digne et cinglant, accusant le<br />

régime criminel de Pinochet, dénonçant<br />

ses complices : « pour<br />

des considérations morales, les<br />

sportifs soviétiques ne peuvent<br />

pas jouer en ce moment au stade<br />

de Santiago, souillé du sang des<br />

patriotes chiliens. L’URSS exprime<br />

une protestation ferme et<br />

déclare que dans les conditions<br />

actuelles, quand la FIFA, agissant<br />

contre le bon sens, permet<br />

que les réactionnaires chiliens<br />

les mènent par le bout du nez,<br />

on doit refuser de participer à ce<br />

match sur le sol chilien, ceci par<br />

la faute de l’administration de la<br />

FIFA ».<br />

L’Allemagne de l’est, la<br />

Pologne, la Bulgarie menacent,<br />

elles aussi, de boycotter le Mondial.<br />

Ce qu’elles ne feront pas.<br />

L’URSS va jusqu’au bout, alors<br />

que la presse chilienne présente<br />

le « match le plus triste de<br />

l’histoire » comme une victoire<br />

du nouveau régime contre les<br />

communistes.<br />

Quarante-ans après, les<br />

scrupules ont pris certains des<br />

acteurs comme le président de la<br />

Fédération Francisco Fluxa pour<br />

qui ce match était « éthiquement<br />

questionnable » et qui<br />

pense aujourd’hui « qu’il n’était<br />

pas éthique de nier qu’il y ait<br />

eu des détenus au Stade. Mais<br />

à l’époque, on ne pensait qu’à<br />

aller au Mondial ». Les sportifs<br />

soviétiques avaient d’autres<br />

préoccupations.<br />

Quand la star chilienne<br />

communiste entre en<br />

résistance contre le<br />

dictateur<br />

L’ailier droit de la sélection chilienne<br />

Carlos Caszely était lui la<br />

star de l’équipe, jouant alors en<br />

Espagne, proche du Parti communiste<br />

sous le gouvernement<br />

d’Allende. Il se rappelle la terreur<br />

avant le match : « On nous<br />

a dit que les Soviétiques ne viendraient<br />

pas. Tous ceux qui<br />

étaient épris de liberté étaient<br />

terriblement tristes. Les familles<br />

des disparus venaient nous voir<br />

et nous demander : et Chinois<br />

(surnom de Caszely), toi qui<br />

seras dans le stade, essaies de<br />

découvrir où est mon fils, ou<br />

mon camarade de l’université<br />

la partie a commencé, il voulait<br />

lancer le ballon en touche, mais<br />

il donne finalement le ballon à<br />

Valdes – autre footballeur identifié<br />

à la gauche – qui marque<br />

le but de la honte, avant de célébrer<br />

sobrement le but dans le<br />

virage … vide de supporters. Un<br />

hommage alors obscur à ceux<br />

qui étaient tombés dans le Stade<br />

de la mort.<br />

Pinochet se permettra de<br />

railler cyniquement l’ailier de<br />

gauche : « Vous êtes le premier<br />

joueur de gauche à jouer pour la<br />

droite ». Caszely lui répond alors,<br />

gêné mais frondeur : « C’est<br />

vrai que je joue … sur l’ailedroite<br />

».<br />

Caszely n’acceptera jamais<br />

la dictature de Pinochet.<br />

Lors du départ de la sélection<br />

pour l’Allemagne, Pinochet<br />

passe en revue tous les joueurs.<br />

Il est le seul à refuser de lui serrer<br />

la main. Lors du premier match<br />

du Chili contre la RFA, il est<br />

expulsé pour un coup de poing<br />

sur le défenseur allemand Berti<br />

Vogts. Il est le premier joueur<br />

expulsé en coupe du monde.<br />

Son « camarade », le maoiste<br />

Paul Breitner marque le but<br />

de la RFA qui permet de battre<br />

le Chili. Ses « camarades » de la<br />

RDA prendront par ailleurs sa<br />

revanche en battant à la surprise<br />

générale la RFA, 1-0, lors<br />

du match d’ouverture. Avant<br />

que le Brésil n’humilie le Chili<br />

par un 5-0 cinglant transformant<br />

l’épopée du Chili de Pinochet<br />

en déroute mémorable.<br />

Caszely paiera sa révolte<br />

au prix fort. Non seulement il<br />

sera interdit de sélection nationale<br />

pendant six ans, mais<br />

sa mère est enlevée et torturée<br />

par les militaires. L’attaquant<br />

n’abandonnera pas son combat,<br />

il sera une des figures du «<br />

Non » au référendum de 1988<br />

pour le maintien de Pinochet. Il<br />

continue encore aujourd’hui à<br />

porter la voix des disparus, des<br />

victimes de la dictature.<br />

Ce 21 novembre 1973,<br />

contrairement à ce que pensait<br />

la presse chilienne, c’est bien<br />

l’URSS communiste qui avait<br />

triomphé de la dictature militaire,<br />

néo-libérale, anti-communiste<br />

de Pinochet et de ses complices<br />

occidentaux, et inspira les<br />

résistants d’Amérique latine. En<br />

mettant son combat politique,<br />

ses valeurs morales au-dessus<br />

d’une simple partie de football.<br />

Solidarité internationale12<br />

septembre <strong>2014</strong><br />

20<br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol. 8 • No. 10 • Du <strong>17</strong> au 23 <strong>Septembre</strong> <strong>2014</strong>

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!