Haiti Liberte 2 Juillet 2014

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Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014 Haiti 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00

HAÏTI LIBERTÉ

JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE

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BILL CLINTON ET LA

RECOLONISATION D’HAITI !

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Voir page 4

Bill Clinton pour continuer à piller le pays et à s’enrichir vient de lancer une chaîne logistique d'entreprises du nom d’

« Acceso Peanut Enterprise Corporation » (APEC). Un projet du Partenariat d'Initiative Clinton-Giustra, initiative de la

Fondation Clinton, fondée par l’ancien Président et le philanthrope canadien Frank Giustra.(à droite)

Une insécurité

programmée et bien

orchestrée!

Page 7

ILE-À-VACHE : MANIF CONTRE

LAURENT LAMOTHE

ÉIIL*: Quelle cible

après l’Irak ?

Page 10

Voir page 4

Les habitants de l’île ne souhaitent ni être dépouillés de leurs terres, ni se retrouver dans une situation, telle qu’ils

seraient obligés d’abandonner l’île.

Persécution par

Washington

d'enfants immigrés

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Editorial

Révolution ou contre-révolution ?

Par Berthony Dupont

Cette semaine, les États-Unis d’Amérique s’en vont célébrer le 238e

anniversaire de leur célèbre Déclaration d’Indépendance. « Le 4 Juillet

1776, un petit groupe de patriotes avait déclaré que nous étions un

peuple créé égal, libre de penser, de culte et de vivre comme il veut, que

notre destin ne serait pas déterminé pour nous, mais par nous », avait

déclaré le président américain Barack Obama, lors d’une cérémonie à la

Maison Blanche l’année dernière. « A cette époque de l’histoire humaine,

il revenait aux rois, aux princes et aux empereurs de prendre des

décisions. Mais ces patriotes savaient qu’il y avait une meilleure façon

de faire les choses, que la liberté était possible, et que pour obtenir leur

liberté, ils étaient prêts à donner leur vie, leur fortune et leur honneur.

Et ainsi ils ont fait une révolution ».

Ceci est la version trompeuse de l’histoire des États-Unis que chaque

écolier américain apprend. Mais l’historien Gerald Horne a fait exploser

ce mythe dans son nouveau livre « La Contre-Révolution de 1776:

Résistance des esclaves et les origines des États-Unis d’Amérique »,

publié il y a deux mois par New York University Press.

« Nous devons comprendre que le 4 Juillet 1776, à bien des égards,

représente une contre-révolution », a expliqué le Dr. Horne dans une

interview au sujet du livre le 27 juin au cours de son intervention au

programme «Democracy Now». « C’est-à-dire que ce qui a contribué à

inciter le 4 Juillet 1776 était la perception parmi les colons européens

sur le continent nord-américain que Londres était en train de s’orienter

rapidement vers l’abolition. Cette perception a été motivée par “le cas de

Somerset”, un cas décidé à Londres en Juin 1772 qui semblait suggérer

que l’abolition, non seulement allait être ratifiée à Londres elle-même,

mais elle allait aussi traverser l’Atlantique pour essentiellement déferler

sur le continent [Nord américain], mettant ainsi en péril de nombreuses

fortunes construites, non seulement sur la base de l’esclavage, mais sur

le commerce des esclaves ».

Il a été noté souvent que les « droits inaliénables » de « la vie, la

liberté et la poursuite du bonheur » exigés par le propriétaire d’esclaves

et rédacteur principal de la Déclaration d’Indépendance, Thomas Jefferson,

ne s’étendaient pas aux 500 000 esclaves africains qui composaient

environ 20% des 2,5 millions de personnes vivant dans les 13 colonies

séparatistes ; d’autant que les femmes n’y étaient pas impliquées.

Mais le livre du Dr Horne illustre comment cette exclusion n’était

pas le résultat d’un simple oubli ou d’une hypocrisie opportuniste. « On

peut dire avec justice que 1776 était une contre-révolution de l’esclavage

», écrit le Dr Horne dans son livre. « Les défenseurs de soi-disant

États confédérés d’Amérique [pendant la guerre civile des États-Unis]

étaient loin d’être fous quand ils firent valoir avec passion que leur révolte

était conforme à l’esprit animateur et propulseur de 1776 ».

En effet, on comprend mieux le reproche que les pères fondateurs

américains ont fait « à leurs frères britanniques » dans leur Déclaration

d’indépendance: « Nous les avons avertis de temps en temps des

tentatives faites par leur législature pour étendre une injuste juridiction

sur nous ». Leur principale préoccupation était que l’esclavage et le commerce

des esclaves seraient interdits.

La naissance d’Haïti, le deuxième pays indépendant de l’hémisphère

occidental, se trouve à l’opposée de celle de son voisin du Nord.

C’était une véritable révolution, qui visait à mettre fin à l’esclavage pour

toujours, mais non à la préserver.

La différence est nette. Considérons les paroles prononcées par le

général Jean-Jacques Dessalines le 1er janvier 1804 dans la ville des Gonaïves:

« Ce n’est pas assez d’avoir expulsé de notre pays les barbares

qui l'ont ensanglanté depuis deux siècles ; ce n’est pas assez d’avoir

mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour à

tour du fantôme de liberté que la France exposait à nos yeux. Il faut,

par un dernier acte d’autorité nationale, assurer à jamais l’empire de la

liberté dans le pays qui nous a vus naître ; il faut ravir au gouvernement

inhumain, qui tient depuis longtemps nos esprits dans la torpeur la

plus humiliante, tout espoir de nous réasservir. Il faut enfin vivre

indépendant ou mourir ».

Malheureusement, l’accumulation primitive du capital par la bourgeoisie

nouvellement émergée aux États-Unis à travers ses crimes inhumains

a aidé à faire de ce pays la superpuissance qu’elle est aujourd’hui.

Comme le Dr Martin Luther King, Jr. a observé: « Nous nous sommes

trompés en croyant le mythe que le capitalisme a grandi et prospéré sur

l’éthique protestante du travail dur et de sacrifices. Le capitalisme a été

construit sur l’exploitation des esclaves noirs et continue de prospérer

encore sur l’exploitation des pauvres, à la fois noir et blanc, à la fois ici

et à l’étranger ». En outre, le Dr King avait observé que les Etats-Unis «

émergeaient du génocide quand ils ont embrassé la doctrine que l’original

américain, l’indien, était une race inférieure ... Nous sommes peutêtre

le seul pays qui a tenté, comme une question de politique nationale,

d’effacer sa population indigène ; d’autant que nous avons trouvé dans

cette expérience tragique comme une noble croisade ».

Contrairement aux pères fondateurs américains, qui ont dénoncé les

« sauvages indiens sans pitié » dans leur Déclaration, les esclaves victorieux

de l’ancienne colonie française de Saint-Domingue ont renommé

leur nouvelle nation «Haïti», le nom original des Arawak pour toute l’île,

ce qui signifie «terre montagneuse». Haïti est, en fait, la première nation

au monde à défendre véritablement la «liberté, l’égalité, et la fraternité»

- les mots d’ordre de la Révolution française - s’opposant par ainsi à

l’esclavage et à l’extermination des Amérindiens.

Ces principes fondateurs haïtiens ont privé la nation du grand capital

de fortune qui pouvait être extraite de l’exploitation, le vol des terres,

et l’agression impérialiste. La pauvreté d’Haïti a été augmentée également

lorsque les Etats-Unis ont refusé de reconnaître Haïti pendant six

décennies (pareil à l’embargo états-unien visant à étrangler l’île voisine

de Cuba, révolutionnaire), ont occupé militairement notre pays pendant

36 ans du siècle passé, auxquels il faut ajouter, plus récemment, plus de

dix années d’intervention soutenues par la force de proxy des Nations

Unies, la MINUSTAH.

En effet, aujourd’hui, comme également à l’époque de Thomas

Jefferson, les États-Unis cherchent à détruire notre révolution de 1804

en faisant de nous à nouveau une colonie d’esclaves. Durant la dernière

décennie, les deux principales menées états-uniennes en direction

d’Haiti ont été 1) le débarquement d’une armée d’occupation en 2004 et

2) l’intervention jusque dans nos élections souveraines de 2010/2011

pour mettre en place un régime fantoche néo-colonial, celui du président

Michel Martelly et de son Premier ministre Laurent Lamothe. Le rôle de

Bill Clinton et de ses laquais locaux, actuellement dans le pays, en est la

preuve éclatante, puisque leur but étant de faire de nous leurs esclaves

dans les zones de misère de libre-échange de la SONAPI, CODEVI, et Caracol

et de voler les richesses de notre «terre montagneuse», en particulier

les poussières d’or d’une valeur estimée à 20 milliards de dollars laissées

derrière par les conquistadors espagnols qui ont anéanti les Arawaks.

Alors, à l’occasion de ce 4 Juillet, il sied que renouvelions notre allégeance

à l’appel que le général Dessalines avait lancé à tous les Haïtiens

- à la fois nos ancêtres et à nous-mêmes aussi qui vivons aujourd’hui -

dans sa déclaration du 1 er Janvier 1804: « Prêtez donc entre mes mains

le serment de vivre libres et indépendants, et de préférer la mort à tout

ce qui tendrait à vous remettre sous le joug ».

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2

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014


A Travers Haiti

Le PNRE pourrait-il

résoudre les problèmes des

descendants haïtiens en

République Dominicaine ?

Le président Michel Martelly en visite à Punta Cana, en République

Dominicaine, le mercredi 11 juin dernier félicitant le président dominicain,

Danilo Médina pour sa loi sur la nationalité contre les dominicains

d’origine haïtienne

Par Isabelle L. Papillon

Depuis la publication de l’Arrêt

168-13 de la Cour constitutionnelle

dominicaine en septembre

de l’année dernière, le calvaire

des Dominicains et Dominicaines

d’origine haïtienne, des Haïtiens et

Haïtiennes vivant sur le territoire

voisin n’en finit pas. Suite à des dénonciations

d’ici et d’ailleurs portant

sur cet Arrêt raciste et discriminatoire,

le gouvernement dominicain a décidé

d’adopter une loi sur la nationalité et

la mise en application d’un plan National

de Régulation des Etrangers

(PNRE). Certains se demandent pourquoi

un tel plan pour régulariser la

situation identitaire des Dominicains

sur leur propre territoire ?

Dans la foulée, on a appris

que le président Michel Martelly en

visite à Punta Cana, en République

Dominicaine, le mercredi 11 juin

dernier a félicité le président dominicain,

Danilo Médina pour le respect

de sa parole. Les responsables des

organisations de défense des droits

de l’homme ont critiqué sévèrement

le président Sweet-Micky pour sa

prise de position. Puisque cette affaire

de nationalité de plus de 300

mille Dominicains d’origine haïtienne

n’est plus celle d’Haïti, parcequ’il revient

au gouvernement dominicain

de régulariser la nationalité de ces

nationaux.

De toute façon, à cause de la

mauvaise gestion de cette affaire, le

ballon retourne dans les pieds du président

Martelly et le gouvernement

haïtien en profite pour escroquer de

l’argent des victimes de cette décision

raciste. Des organisations de travailleurs,

d’étudiants, de commerçants,

des hommes d’affaires et professionnels

telles : la Coalition d’Organisation

d’Immigrants Haïtiens en République

Dominicaine (COIHRD), l’Association

des Travailleurs Domestiques (ATD),

l’Association des Etudiants Haïtiens,

MONDHA, CORINUD, SOHCUDEV,

dans une note de presse ont demandé

au gouvernement haïtien de prendre

toutes les dispositions nécessaires

afin de donner des documents aux

descendants haïtiens comme par exemple

: acte de naissance, passeport.

Ils ont manifesté par devant les Consulats

haïtiens pour exiger la gratuité

de ces documents d’identification.

En réponse à une demande du

Président Danilo Medina, de la République

Dominicaine et du Premier

Ministre Laurent Lamothe, d'Haïti,

l'Organisation des États américains

(OEA) a rédigé un document de travail

titré : « Diagnostic sur l'identification

des migrants haïtiens résidant en République

dominicaine ».

L'OEA a demandé que les autorités

compétentes de chaque gouvernement

soumettent leurs observations

et suggestions. Une fois ces

informations reçues, sur demande

des parties, l’OEA va solliciter une

assistance financière auprès de la

communauté internationale. Dans

le document de diagnostic, l'OEA

recommande aux Gouvernement

haïtien de fournir les documents suivants

à ses Ressortissants tels : certificats

de naissance, cartes nationales

d'identité et passeports.

Dans le cadre du lancement

du Projet d'Identification et de Documentation

aux Immigrants Haïtiens

(PIDIH), l'Ambassadeur Cinéas et

le Ministre Guillaume II, le Ministre

des Haïtiens Vivant à l'Étranger

(MHAVE) en tournée en République

Dominicaine, ont garanti lors d’une

conférence de presse mardi dernier,

que dans moins d'un mois, le PIDIH

allait être lancé, visant à fournir un

certificat de naissance, passeport

et carte d'identité à ses citoyens résidant

en République Dominicaine,

au coût de 2,500 pesos (± 58 dollars

américains) par personne adulte

et 150 pesos pour les enfants. Ils

ont également précisé que le Gouvernement

haïtien n'avait pas reçu

d’aide financière du Venezuela ou de

l'Organisation des États américains

(OEA), et que les 10 millions de dollars

nécessaires pour ce programme,

viendront du Trésor Public.

Dans le même temps, la Communauté

haïtienne de la République

Dominicaine, regroupant différentes

organisations d'immigrants haïtiens,

comprenant des travailleurs, des étudiants,

des commerçants, des hommes

d'affaires et de professionnels

ont déposé le mercredi 24 juin dernier

à l'ambassade d'Haïti à Santo-Domingo,

un document réclamant que les

autorités haïtiennes fassent preuve

de responsabilité et mette en exécution

de toute urgence un processus

spécial de dotation de documents,

qui devraient être GRATUITS pour

les Haïtiens vivant en République

Dominicaine.

Haïti, chronique d’une crise électorale (7)

De Josué Pierre Louis à Fritzto Canton, histoire d’une obsession

Par Catherine Charlemagne

En démocratie comme sous les régimes

autocratiques, chaque action

et décision politique du gouvernement

portent en elles l’esprit de celui qui dirige.

En résumé aucun pouvoir ne décide

au hasard. En revanche, si dans les

systèmes démocratiques cela arrive que

le pouvoir se trompe, cela n’empêche

pas qu’il rectifie ou corrige les erreurs

commises. A l’inverse d’un pouvoir

dictatorial qui se croit infaillible, donc

impossible de se tromper. Résultat, si

pour le premier l’on peut toujours espérer

revenir sur une décision qui passe

mal dans l’opinion, pour le second,

c’est tout le contraire qui se produit.

Plus il commet des bêtises, plus il se

sent fort et s’enfonce dans l’absurde au

risque de tout perdre. Tel est le cas du

pouvoir haïtien dans la crise électorale

qui s’annonce. Ainsi l’on ne comprend

pas l’entêtement et la motivation du

Président Michel Martelly de vouloir

toujours garder la présidence du Conseil

Electoral devant organiser les prochains

scrutins dans le pays.

Si nous disons que dès le début

de sa présidence, Michel Martelly avait

en tête l’objectif d’installer un Conseil

Electoral Permanent (CEP) dans le

pays, certains ne nous croiraient pas.

Ou plutôt, ils nous prendraient pour des

fous. Or si l’on prend le temps de vérifier

les archives des années 2011 et

2012, l’on constaterait que l’une des

premières décisions du nouveau Président

a été de confirmer dans ses fonctions,

le Président de la Cour de Cassation,

Me Anel Alexis Joseph, dans le

but évident de pouvoir instituer le CEP

permanent. Celui-ci était depuis le coup

d’Etat de 2004 contre le Président Jean-

Bertrand Aristide, Président provisoire

de cette Cour. Mais il y a un hic. Politiquement,

en Haïti, rien ne se fait dans

l’esprit de doter le pays des institutions

dont il a besoin, mais de préférence

dans le souci qu’elles soient profitables

à celui qui les a instituées. Avec le

temps, on finit par comprendre que le

Président Martelly n’avait à l’esprit que

deux choses : un Conseil Supérieur du

Pouvoir Judicaire (CSPJ) à sa merci et

un CEP évoluant sous les ordres de la

présidence de la République.

Pour comprendre, en effet,

l’imbroglio actuel et les tentatives de

l’exécutif pour accaparer la présidence

du CEP, il faut connaître au préalable

ce mécanisme. Contrairement à ce que

l’on pourrait croire de l’ancien musicien

« Sweet Micky », il est loin d’être un

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ignorant de la politique haïtienne et

de ses institutions. En tout cas, sur

ce plan, il est fort bien conseillé par

l’ancien sénateur Joseph Lambert et les

frères Mayard-Paul. Effectivement, le

Président Martelly sait que, pour pouvoir

accaparer d’entrée de jeu, l’une des

institutions les plus convoitées du pays,

en l’occurrence l’organisme électoral, et

ce même après son premier mandat, il

devrait mettre en place la pièce manquante,

c’est-à-dire, le CSPJ.

C’est cette haute juridiction qui

est habilitée, au nom du pouvoir judiciaire,

à désigner ses trois représentants

à égalité avec le Parlement et l’Exécutif.

Les neuf membres devant constituer

le Conseil Electoral Permanent (CEP)

comme il est prévu dans la Constitution

de 1987 amendée en 2011. Le Président

René Préval n’avait jamais voulu

nommer un Président définitif à la Cour

de Cassation, sachant qu’en le faisant

celui-ci devient automatiquement

le Président du Conseil Supérieur du

Pouvoir Judiciaire. Certains n’avaient

pas compris le zèle avec lequel la nouvelle

Administration Martelly/Lamothe

s’empressait pour avoir un CSPJ fonctionnel.

En fait, ce n’était point le CSPJ

qui intéressait le chef de l’Etat, encore

moins son amour pour l’institution

judiciaire. Le CEP était et est encore

le but ultime. Il est le seul à pouvoir

le pérenniser au pouvoir à travers ses

amis, puisqu’il l’a annoncé- il désignera

lui-même son successeur - par des élections

truquées et frauduleuses, en tout

cas, c’est ce qu’il croit. Certains pensent

à Laurent Lamothe. Une fois la première

étape concrétisée, le Président

Martelly et son équipe se sont attaqués

à la deuxième phase de son projet. Elle

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consiste à installer le plus rapidement

un CEP digne de tous ceux qui ont déjà

ébranlé la société haïtienne et défrayé

la chronique durant les deux décennies

passées.

Sans se soucier de l’opinion publique

et de ses opposants politiques, il

installe son Conseil Electoral Permanent

avec un effectif de six membres avec

bien sûr, comme il l’avait prévu dans

son plan, la duplicité, voire la complicité

du Président du CSPJ, Me Anel Alexis

Joseph totalement voué au Président de

la République. Avec six membres, le

Président Martelly crie victoire oubliant

qu’il a besoin de neuf membres pour

constituer un Conseil électoral selon la

Constitution. Mais puisqu’il a une seule

chose en tête : accaparer la présidence

du CEP, le reste viendra après. Sauf que

les trois autres membres ne sont jamais

arrivés. Et pour cause. Le Parlement

entre en résistance et refuse de désigner

ses représentants. Tous les pouvoirs

exécutifs haïtiens ont une obsession et

font tout ce qui est possible pour avoir

la commande de l’institution électorale.

D’ailleurs, c’est l’une des raisons qui

ont toujours bloqué la mise en place

définitive de cet organisme.

Le Président Martelly, par un

coup de maître que certains de ses amis

prennent pour un coup de génie pour

son CEP de six membres, tous, nommés

par le Palais national, va désigner,

comme on s’y attendait, le très controversé

Me Josué Pierre-Louis, ancien

ministre de la justice et ami du chef de

l’Etat à la tête de ce CEP. Rapidement

l’affaire va dégénérer. L’opposition,

qui déjà, était sur le pied de guerre,

va pousser à l’extrême ses critiques

sur un Conseil Electoral contesté,

Suite à la page (19)

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Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 3


Bill Clinton et la recolonisation d’Haiti ! Ile-à-Vache : manif contre

Par Marie Laurette Numa

Laurent Lamothe

Bill Clinton donnant des explications à un ouvrier

Bill Clinton en pays conquis

Le cofondateur du Partenariat d'Initiative Clinton-Giustra « L'Acceso

Peanut Enterprise Corporation Frank Giustra et Bill Clinton

Après avoir été honoré à Manhattan

le 19 juin dernier, où il a obtenu le

Prix « Lifetime Achievement » pour «

veiller à ce que les enfants et les communautés

ne soient pas oubliés après

des catastrophes », l’ancien président

des Etats-Unis William Jefferson Clinton

ou Bill Clinton s’est rendu en Haiti pour

aller continuer ses œuvres malsaines

et réactionnaires à savoir parachever

le rôle pernicieux et réactionnaire joué

par l’impérialisme américain dans

ce pays. Ainsi, il lancera sa nouvelle

organisation en Haiti le Clinton

Giustra Enterprise Partnership (CGEP),

une ferme d›arachide et une facilité

d›entreposage, à Terre Muscady. Il

est aussi question d’une session de

formation d’agriculteurs. Signalons

que cinq de ces entrepôts ont déjà vu

le jour, et 35 de plus sont prévus dans

tout le Plateau Central et dans le Nord.

Il était devenu clair que depuis

la nomination par le secrétaire général

des Nations Unies, Ban-Ki-moon, le 19

mai 2009, de Bill Clinton comme émissaire

spécial de l’ONU pour Haïti, en

vue de faire la promotion du pays sur

le plan international et de lui trouver de

l’aide financière et de l’assistance technique,

c’était le début d’un autre calvaire

pour le peuple haïtien. Son travail

consiste, pour l’essentiel, à vendre Haïti

: le marché haïtien, la main d’oeuvre

haïtienne, la culture haïtienne. En fait,

ce choix précis n’était pas sans signification,

alors que sa femme Hillary Clinton

occupait le rôle de Secrétaire d’Etat

américaine. Sans aucun doute, le rôle

du couple Clinton n’est que pour renforcer

la prédominance et la mainmise

impériale à travers les forces d’occupation

des nations unies, la Minustah

et, faisant d’une pierre plusieurs coups,

donner ainsi satisfaction aux nombreux

capitalistes étrangers et leur faciliter

la tâche de venir nous exploiter et

nous recoloniser à nouveau.

Juste après le séisme de

janvier 2010, dans un discours le 16

janvier, Obama avait fait choix des

ex-présidents Bill Clinton et George W.

Bush en ces termes: « Ces deux leaders

sont porteurs d’un message très

clair au peuple d’Haïti et au monde. A

l’heure du besoin, les Etats-Unis sont

unis ». Ces deux anciens chefs d’État,

par la filière de la Fondation Clinton-

Bush, allaient diriger la collecte des

fonds destinés aux opérations de secours.

Bill Clinton (encore lui) fut alors

nommé à la présidence de la Commission

intérimaire de reconstruction, qu’il

partageait avec l’ancien Premier ministre

de Préval, Joseph Bellerive.

Clinton avait en grandes pompes

annoncé que « des centaines de milliers

d’Haïtiens trouveront un logement permanent

l’an prochain et bien plus cesseront

de vivre sous la tente, comme

le font plus d’un million de personnes

depuis le séisme du 12 janvier 2010.

Ces promesses ont déjà été faites. […]

De plus, des 5,7 milliards de dollars

promis en aide pour 2010-2011, seuls

897 millions sont arrivés. » Qui pis est,

l’ex-dirigeant cubain, le révolutionnaire

Fidel Castro n’avait pas manqué

dans une réflexion de traiter Clinton,

implicitement, de fieffé menteur : « ces

897 millions ne se voient nulle part »

avait-il écrit. Jusqu’à nos jours on ne

cesse de demander compte à Clinton ;

mais il faudrait aussi qu’on implique

Obama et Ban-Ki-moon qui l’avaient

sélectionné.

« Je ne peux vraiment pas

comprendre comment on a pu

collecter autant d’argent, donner la

responsabilité à un ancien président

américain et avoir ce résultat », a

déclaré tout récemment Mary Anastasia

O’Grady dans un article titré « Bill,

Hillary et la débâcle d’Haïti », publié

dans le Wall Street journal. Et c’est la

question que se pose plus d’un, surtout

les manifestants à la dernière manifestation

devant le Cipriani restaurant le

19 juin « Clinton, où est l’argent de la

reconstruction? »

Il ne faut pas oublier également,

qu’après le coup d’Etat de 1991, outre

l’occupation du pays, Clinton non

seulement imposa des sanctions économiques

qui détruisirent les industries

d’exportations commerçantes

d’Haïti, mais aussi exigea en échange

du retour d’Aristide d’exil que le gouvernement

de ce dernier abaisse la

taxe d’importation du riz américain de

50 % à seulement 3 %. Cette réduction

systématique du tarif douanier à

l’importation permettait au riz américain

de se vendre moins cher que

le riz haïtien, rendant par ainsi le riz

national tout à fait non compétitif.

Nous ne pouvons pas oublier le propre

aveu de Clinton: « Cette politique ne

fonctionne pas, ce fût une erreur que

j’ai commise…» avec pour résultat la

déstabilisation de toute la production

nationale haïtienne : du riz, du sucre,

du maïs, des vivres alimentaires en

général, de la volaille, des fruits, mais

aussi l’industrie de la confection des

chaussures, des vêtements, etc

Le coup de grâce de ce fils de colon

et colon lui-même à notre pays, a

été l’imposition de Joseph Michel Martelly

à la Haute Magistrature de l’Etat

haïtien afin de vendre complètement le

pays et de lui laisser faire ce que bon

lui semble dans l’économie haïtienne.

Ainsi est né le slogan présidentiel

« Haiti ouverte aux affaires »

C’est ce même Bill Clinton qui le

dimanche 29 juin en Haiti, a annoncé

« Nous sommes engagés à poursuivre

un développement économique sur le

long terme en Haïti » Il ajouta que « Le

modèle du Partenariat d’Initiative, qui

a connu un grand succès dans d’autres

pays, connectera des milliers de cultivateurs

à des approvisionnements de

haute qualité et les aidera à améliorer

leurs revenus ».

Au mois de Juin 2007, pour

mieux vendre son projet et amadouer

les naïfs, Bill Clinton voulut se faire

passer pour un progressiste en déclarant

que « Finalement, notre but est de

combler le fossé entre les pauvres et les

riches et de donner à tous la possibilité

d’avoir une vie meilleure ».

De quoi s’agit-il réellement

? Bill Clinton pour continuer à

piller le pays et à s’enrichir vient de

lancer en Haïti une chaîne logistique

d’entreprises du nom d’ « Acceso Peanut

Enterprise Corporation » (APEC).

Un projet du Partenariat d’Initiative

Clinton-Giustra, initiative de la Fondation

Clinton, fondée par l’ancien

Président et le philanthrope canadien

Frank Giustra. Une chaîne logistique

d’entreprises qui améliorera les moyens

de subsistance de plus de 12,000 petits

cultivateurs de cacahuètes en Haiti. Ce

Partenariat d’Initiative, fournira ses

services d’entrepôts à travers le Plateau

Central et les régions du Nord du

pays, facilitant une livraison de qualité

et la formation des cultivateurs, tout

comme le ramassage et le stockage sûr

des cacahuètes.

Selon le cofondateur du Partenariat

d’Initiative Clinton-Giustra «

L’Acceso Peanut Enterprise Corporation

est inspiré du succès des chaînes

logistiques similaires que nous avons

lancées en Amérique Latine et en Inde,

Distribution de kits alimentaires et de matériels de pêches aux pêcheurs

de la commune; et de plus, selon leur propagande, 500 mères profitent déjà

de leur programme « ti manmam cheri »

Par Mona Péralte

Ce mardi 1er juillet le premier ministre

Laurent Salvador Lamothe, et plusieurs

membres de son gouvernement étaient en

tournée à l’Ile-à-Vache dans le cadre de

leur programme bidon d’assistance sociale.

En réponse à cette visite de provocation,

les habitants ont érigé des barricades

de pneus enflammés pour dire non, seulement

non au projet de vendre le pays aux

multinationales étrangères dans le cadre

du projet « Destination touristique Ile-à-

Vache », mais libérer sans condition et le

plus vite possible le prisonnier politique

Jean Malthunes.

Les habitants de l’île ne souhaitent

ni être dépouillés de leurs terres, ni

se retrouver dans une situation, telle

qu’ils seraient obligés d’abandonner l’île.

Cependant pour les amadouer, Lamothe

s’est adonné à la distribution de kits alimentaires

et de matériels de pêches aux

pêcheurs de la commune; et de plus, selon

leur propagande, 500 mères profitent déjà

de leur programme « ti manman cheri ».

Ensuite le gouvernement a mis en

place un système d’eau avec l’installation

de 5 puits et bientôt l’adduction d’eau potable

pour alimenter et relier diverses localités

de la commune. 100 lampadaires

ont été installés sur un total de 150 et on

projette de transformer le Centre de santé

à Madame Bernard en un hôpital communautaire

de référence. Le Gouvernement

se lance donc à grandes enjambées dans

une campagne de se racheter auprès de

la population. Il promet aux gens l’octroi

gratuit d’actes de naissance sur l’île, un

projet qui sera piloté par le Ministre de la

Justice Jean Renel Sanon, de concert avec

illustrant une solution reproductible

avec le potentiel de réduire la pauvreté

globale ». Et de continuer : « Nous

sommes très enthousiasmés du potentiel

du projet en Haïti, non seulement

pour l’augmentation du rendement

et de la productivité, mais également

pour l’amélioration de la chaîne logistique

de la cacahuète en Haïti, afin que

celle-ci puisse répondre à la demande

croissante, sans avoir recours aux

importations. Nous sommes également

ravis d’avoir à nos côtés la Fondation

Carlos Sim dans cet investissement, reflétant

notre engagement commun en

faveur du développement économique

d’Haïti »

Mark Gunton, le PDG du partenariat

d’initiative Clinton-Giustra, pour

sa part a indiqué que « les cultivateurs

haïtiens sont désireux et capables de

travailler et cette initiative leur permettra

de devenir des acteurs compétitifs

dans un marché potentiellement prospère

»{….. }« Une approche orientée

[vers le] marché et [une] réduction de

le Bureau de la ministre déléguée à la promotion

de la paysannerie Marie Mimose

Félix.

En outre, une annexe du Tribunal

de Première Instance (TPI) des Cayes

vient d’être ouvert à Madame Bernard ; il

a été également annoncé la mise en place

d’un programme de crédit aux petites entreprises,

lequel bénéficiera, dans sa phase

pilote, aux petites commerçantes de l’île.

À cette fin, un marché communal sera

bientôt en chantier. Enfin, Lamothe s’est

rendu au Centre d’accueil Notre Dame des

Anges où sont pris en charge 78 enfants,

pour la plupart handicapés, abandonnés

ou orphelins de naissance. Il leur a promis

monts et merveilles, ainsi qu’une subvention

de 4 millions de gourdes et l’octroi

d’une allocation mensuelle d’aliments à

la direction de ce Centre en faveur de ces

enfants.

Selon ce que rapporte Alterpresse: «

Depuis le lundi 30 juin 2014, des pneus

enflammés sont érigés partout sur l’île,

pour protester contre le projet destination

touristique. C’est une catastrophe ! Nous

nous sommes mobilisés pour résister au

projet touristique gouvernemental, qui

n’augure rien de bon pour nous ! », clame

Ismaël Jean-Pierre, membre de Konbit

peyizan Ilavach (Kopi).

Pendant ce temps, Lamothe profite

pour se renforcer militairement afin

de terroriser la population et de la frapper

au moment opportun. Ainsi une unité

spécialisée de la Police nationale a été déployée

au commissariat qui vient d’être

réhabilité et doté de trois véhicules toutterrain

C’est la politique de la carotte et

du bâton. La population de l’île-à-Vache

doit rester vigilante pour continuer sa lutte

contre le projet d’expropriation en cours.

la pauvreté comme celle-ci, responsabilisent

ces cultivateurs à avoir une

source fiable de revenu et à subvenir

aux besoins de leurs familles, une solution

beaucoup plus durable que les

œuvres caritatives. »

Qu’est-ce qui alimente la campagne

poussant aujourd’hui Bill Clinton

agent des États-Unis à vouloir

jouer au bon apôtre pour le changement

avec une organisation voulant

combler le fossé entre les pauvres et

les riches ? Depuis quand les vautours

sont- ils devenus sympathiques du sort

des masses souffrantes, victimes de

leurs exploitations à outrance.

Tout ce que Clinton réalise en

Haiti fait certainement partie des objectifs

de la politique impérialiste américaine.

C’est également une tentative de

détourner l’attention de la population

et, plus important encore, d’ouvrir de

nouvelles portes afin de permettre au

pouvoir et aux compagnies américaines

de contrôler tout bonnement le

pays.

4

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014


Tout est bien qui finit bien

Twa Fèy, Twa Rasin O!

Par Fanfan la Tulipe

Je connais un pays situé aux confins

du monde. Un grand intellectuel,

observateur avisé, le décrivait

comme «un singulier petit pays». Ce

pays est né d’une révolte d’esclaves

menée par un génie militaire doué

d’une fulgurante bravoure et d’une

audacieuse vision de créer une nation

authentiquement libre. Je connais

un pays où une haine de classe

a conduit une poignée de nantis à

un parricide lâche et odieux.

Depuis, ce pays, grand par

son épopée libératrice, petit par sa

géographie, a été la proie de deux

clans se livrant une bataille acharnée,

butée, insensée, implacable,

féroce, folle, absurde, pour accaparer

tout le pouvoir. Les uns se

disaient nationaux, les autres libéraux,

mais jamais ils ne s’intéressèrent

à la grande masse dont ils

avaient fait un «pays en dehors». Je

connais un pays très pauvre, et les

mieux avertis assurent qu’il a été

plutôt appauvri par des vautours

venus d’abord d’un Hexagone colonialiste,

ensuite d’un Oncle malveillant

au bec d’aigle et aux serres

multi-étoilées.

De bataille en chamaille, les

oiseaux de proie locaux se sont

pliés aux exigences des malfini

extérieurs pour transformer en un

enfer ce petit pays situé au bout du

monde. Sous des habits militaires

ou en faux-col, ils sont toute une

lignée de personnalités politiques

néfastes à avoir mystifié la majorité

pour mieux asseoir le pouvoir

et les privilèges exorbitants d’une

minorité rapace, cupide, égoïste et

mesquine.

Éventuellement, la maffia

politicienne locale encouragée et

protégée par ses tuteurs étrangers

accoucha d’un président, un

monstre en réalité, sous les dehors

rassurants d’un «petit médecin de

campagne», prétendu guérisseur

d’une maladie endémique dans ce

petit pays. Sous couvert coloriste,

l’un des deux clans au pouvoir

depuis dikdantan allait se livrer

à un furieux règlement de compte

avec ses rivaux historiques. En fait,

les sanglants excès du calamiteux

disciple d’Esculape allaient déborder

sur tous les secteurs de la nation.

Dévoyant la pensée de Jacques

Roumain, le docteur Mengele d’Haïti

pensait: la couleur n’est rien,

frappez-les de mort quelle que soit

la nuance épidermique, seul mon

pouvoir est tout.

Je connais un pays à l’autre

bout du monde qui pendant près

d’une trentaine d’années vécut

sous une chape de plomb. Comme

les habitants de ce pays se plaisent

à le dire: lors, plume ne grouillait.

Pour la première fois dans l’histoire

de ce «singulier petit pays»,

on vit des hommes encagoulés,

des «cagoulards», se livrer à des

actes ténébreux et carrément bestiaux.

Une journaliste fut violentée,

violée et laissée pour morte sur le

macadam. Des militaires assoiffés

de sang et de vengeance lançaient

des bébés pour les attraper avec

une baïonnette. La torture suivie de

liquidation physique était la norme

des assassins.

L’impensable était devenu

banal. Ainsi, deux jeunes étaient

exécutés aux abords d’un cimetière

sous les yeux atterrés d’écoliers,

leurs cadavres traînant au

soleil à titre d’avertissement et de

menaces à tout individu qui aurait

eu seulement l’idée de s’opposer à

la satrapie sous une forme sous une

autre. Dix-neuf militaires, proches

du reste du monstrueux président,

étaient fusillés froidement, brutalement,

sans forme de procès, sans

jugement les accusant de quelque

crime que ce soit, sous l’œil complice

de miliciens contrôlant les

tireurs du peloton d’exécution, des

officiers de l’armée.

Tout opposant, ouvert ou

«sous le châle», tout défenseur

des droits humains, tout religieux

dénonçant les horreurs de la tyrannie

était automatiquement assimilé

à un ennemi dangereux de l’ordre

politique en cours, sinon à un ennemi

de la nation. D’ailleurs, même

un cadavre pouvait être jugé dangereux

par le pouvoir. Et pour la première

fois dans l’histoire de ce petit

pays, toute une nation consternée,

révoltée, vit avec indignation et

horreur des militaires disperser les

funérailles d’un candidat à la présidence

défait aux urnes tandis que

la dépouille était subtilisée pour ne

plus être jamais revue.

Ce pays à l’autre bout du

monde, vous le connaissez aussi

bien que moi : notre chère Haïti.

Pour une fois, Martelly s’est comporté correctement : en effet,

il est allé rendre une visite de condoléances à Mme Manigat

Vous savez aussi de qui je parle

quand je fais allusion à ce monstre

qui a tenu toute une nation sous

une chape de plomb tandis qu’il

expédiait ad patres, après emprisonnement

et tortures, nombre de

ses meilleurs fils et filles, et forçait

des milliers d’autres à l’exil tout

en condamnant la majorité des

citoyens restés au pays à la portion

congrue : le ténébreux docteur

François Mengele Duvalier.

Ce n’est pas innocemment que

je viens d’évoquer l’époque noire

francisco-duvaliériste, sinistre,

ténébreuse, redoutable, épouvantable,

terrorisante, terrifiante, les

violences inouïes, les exécutions

sommaires, «tout un peuple affligé

de silence… la vie partout en veilleuse»,

les atrocités commises par

les Jean Tassy, les Ti Bobo, les Jean-

Claude Paul, les Franck Romain, les

Mme Max Adolphhe née Rosalie

Bosquet, Eloïs Maître, Roger Lafontant

et la multitude de sicaires et

tortionnaires au service d’un psychopathe.

Ce n’est pas innocemment

non plus que je viens de faire

allusion au rapt du cadavre de l’excandidat

à la présidence Clément

Jumelle durant ses funérailles.

Ai-je besoin de rappeler les

dérives, les graves entorses à la

démocratie et au droit de l’actuel

président Martelly, toutes restées

sans suite et passées comme lettre

à la poste ? Ai-je besoin de rappeler

l’assurance de plus en plus hardie

du chef de l’État à faire fi de tous

les indices, clairs, l’associant à

des comportements odieux, criminels,

sa famille, ses «conseillers»,

son entourage, particulièrement,

Calixte Valentin, Marc-Arthur Phébé,

Rodolph Jaar, Kiko Saint-Rémy,

sans oublier le ténébreux Woodly

Ethéart dit Sonson La Familia ?

Ai-je besoin de rappeler la disparition

hautement suspecte, depuis

le début du mois de Janvier 2014,

d’un ami intime du président Michel

Joseph Martelly, en l’occurrence le

trafiquant de drogue Evinx Daniel ?

Et à quoi je veux en venir ?

Ces rappels ont un parfum de

haute délinquance d’État, d’ambiance

duvaliériste pénale; et du

régime Martelly-Lamothe on doit

s’attendre à tout, car l’impensable

est devenu banalité : ainsi le président

Martelly accusé de recevoir

des dessous-de-table d’un sénateur

dominicain mafieux et qui s’en défend

mollement ; ce même président

qui entre, furieux, dans le cabinet

d’un avocat complice pour violenter

un juge que lui a amené perfidement

le doyen du tribunal de première

instance de Port-au-Prince, Me

Raymond Jean Michel; ce président

qui, publiquement, suggère à un

journaliste de se louer une chambre

dans l’intimité de laquelle il lui donnerait

les réponses à ses questions.

On peut s’attendre à tout de

ce président vindicatif, rancunier,

haineux, mesquin, petit, bas, plat,

miteux, calamiteux, borné, obtus,

bête, minable, bouffi de sot orgueil,

et sans aucun respect pour quoi

que ce soit, pour qui que ce soit,

sauf les «maîtres de sa queue» à

l’ambassade américaine et à Washington.

Son tempérament impulsif,

agressif, fougueux, irréfléchi, peut

le conduire à n’importe quelle gaffe,

n’importe quelle bêtise, n’importe

quelle énormité, n’importe quelle

bavure, n’importe quelle salissure,

et même, n’importe quel scandale.

Et j’en viens finalement au propos

de ce texte.

Le décès du professeur Leslie

Manigat a-t-il vraiment «consterné»

Martelly ? Un mec qui ne lit pas et

qui ne saurait avoir une idée précise

de l’envergure intellectuelle

du personnage décédé. Au-delà de

l’hypocrisie des déclarations obligées

sinon forcées de «sincères

condoléances», je craignais jusqu’à

ce dimanche 29 juin que Micky ne

soit assez mesquin pour ne pas accorder

des funérailles nationales à

l’homme d’État que fut Manigat ?

J’avais même frémi à l’idée qu’un

Roro Nelson, fier-à-bras du président

Martelly, fruste, rustre, brut,

et primitif comme on le connaît,

n’envisage, par une basse et puérile

stupidité, de faire un mauvais sort

aux funérailles de l’ex-président;

par exemple en se promettant

d’agresser «pour dent rire» tout RD-

NPiste qui aux obsèques du professeur

Manigat aurait le malheur de

le regarder de travers. Et je ne crois

pas exagérer. Ce serait alors un vrai

scandale.

Tout était possible avec Duvalier

et sa clique Ti Boboïste, et tout

est possible avec le néo-duvaliériste

Martelly et sa cohorte de souflantyou

Roronelsonistes, coriaces,

bornés et méchants. Heureusement,

ce lundi 30 juin j’ai appris que Martelly,

pour une fois, s’est comporté

correctement : en effet, il est allé

rendre visite à la famille Manigat.

Et le président décédé aura droit à

des funérailles nationales. À titre

préventif, Micky, lui, devra demander

au bon docteur Harrison Ernest

de faire une piqûre calmante à

Nelson pour que l’animal ne prenne

le mors aux dents aux obsèques de

Manigat. Et tout se passera bien.

Après les funérailles, on

pourra dire comme les Allemands :

ende gut, alles gut ; et comme les

Français : tout est bien qui finit

bien.

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Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 5


Kwonik Kreyòl

Ile-à-Vache: Laurent Lamothe debake pou mete peyizan yo deyò

Laurent Salvador Lamothe ak minis touris la Stephanie Villedroin

Samdi 28 jen pase a, Premye

minis Laurent Salvador Lamothe

debake nan zile Ile-à-Vache ak yon

lame nèg ak gwo zam fannfwa pou

l al mete peyizan yo deyò sou ti

moso tè yo. Li te pote kèk sak diri

pèpè pou distribye bay peyizan yo,

ki te move kou konng. Lamothe te

pwomèt peyizan yo, lajan pou yo fè

komès, konstriksyon yon ayewopò,

lekòl, Lopital yon fason pou l te ka

pran zile a pou l konstwi yon zòn

franch touristik ak gwo kokennchenn

otèl pou kolon yo ak okipan

yo vin pran plezi yo, fè trafik dwòg

la pi byen nan zòn sid la.

Anyen pa janm fèt, se sèl

yon komisarya yo konstwi pou yo

ka ranfòse kò ame yo nan zile a.

Pandan Premye minis la debake

ankachèt pou vin mete peyizan yo

deyò sou tè yo, menm ti gout dlo

abitan yo pa ka jwenn pou yo bwè,

yo koupe dlo peyizan, se sèl kote

ki gen otèl yo ki gen dlo. Aprèsa se

Okay pou moun yo al chache ti gout

dlo, selon responsab Konbit Peyizan

Ilavach (KOPI), Kenol Alexis,

ki t ap reyaji sou sitiyasyon tèt chaje,

peyizan yo ap viv nan zile a. Se

yon veritab kouvrefe Premye minis

lan vin enstale nan zile a, zam yo

pwente sou peyizan yo, y ap mache

ak yon jijdepè pou arete militan k ap

pwoteste kont plan lanmò a.

Peyizan yo bò kote pa yo,

pa t pè yo te boule kawotchou,

bare wout, manifeste kont prezans

Premye mafia Lamothe nan zile a.

Kenol fè konnen Premye mimi an

achte konsyans preske tout moun

nan zile a ak zòn Sid, kouwe: pastè,

pè, palmantè yo ak yon bon pati

nan laprès la, òganizasyon dwa

moun yo elatriye pou yo pa pale

sou dosye Ilavach. Li pwofite dewoulman

koup mondyal foutbòl la

pou l vare sou tè peyizan yo nan

zile a. Li lanse yon apèl bay òganizasyon

dwa moun k ap defann enterè

pèp la nan nivo nasyonal kou

entènasyonal pou yo vin foure je

gade sa k ap pase nan zile a jounnen

jodi, kote dwa peyizan yo pa respekte,

kote pouvwa tètkale ap marinnen

tout kalte konplo kont peyizan

yo. Kenol Alexis lanse yon apèl tou

bay tout lòt peyizan ki viktim anba

men pouvwa reyaksyonè ak tizanmi

Martelly-Lamothe la, pou mete

tèt yo ansanm pou bloke pwojè yo

genyen pou mete peyizan yo deyò

sou ti moso tè yo nan peyi a, menm

jan y ap mache kraze kay moun yo

nan Pòtoprens epi mete kanpe yon

politik tòl wouj nan peyi a.

Papa polisye Jean Maltunes

Lamy kontinye mande liberasyon

pitit li, ki fèmen nan prizon depi

mwa fevriye 2014 la, poutèt li te

mete l bò kote peyizan yo ki t ap

revandike dwa yo genyen pou viv

sou tè yo nan zile a. Li fè konnen

pitit li a pa yon kidnapè, li pa

yon dilè dwòg, se poutètsa menm

yo mete l nan prizon. Si l te konn

bwote dwòg ba yo, al fè kidnapin

pou yo, yo pa t ap mete l nan prizon.

“Mwen te pase anpil mizè

pou m te fè edikasyon pitit mwen,

Jean Maltunes pou l te ka vin sèvi

popilasyon an. Men li t ap fè travay

li, Lamothe arete l al fèmen l

nan prizon. Sa a sanble tèt koupe

ak zak tonton makout Duvalier yo.

Se nan epòk lane 57 yo nou tounnen

ankò, se makout yo ki retounen

sou pouvwa a pou vin konmèt tout

kalte enjistis sou pèp la. Se sa k fè

nou jwenn legliz, laprès, boujwagrandon

yo ak gwo peyi enperyalis

yo, tankou : Etazini, Lafrans, Kanada

ak Oganizasyon mondyal yo ak

rejyonal yo, kouwè : ONU, OEA,

UNION EUROPEENNE elatriye k ap

fè konplo kont peyi a ak kont pèp

ayisyen an’’

N ap raple, aprè enfòmasyon

k ap sikile nan peyi a, pouvwa tètkale

Martelly-Lamothe la gen yon

Laurent Salvador Lamothe

pwojè pou l mache pran tout tè ki

bò lanmè yo, sitou sa ki nan zile

yo nan peyi a. Lidè peyizan Papay

la, nan Plato Santral la, Chavannes

Jean-Baptiste déjà di peyizan yo file

manchèt yo mete la, pou yo moun

k ap vin mete yo deyò sou moso tè

yo. Nan sans sa a, anpil moun déjà

prevwa pouvwa tètkale a, k ap kale

tèt pèp ayisyen ap prepare yon gè

sivil nan peyi a lè l ap atake peyizan

yo sou tè. Pwojè pou mete peyizan

yo deyò sou tè yo se kontinite

plan lanmò politik neyoliberal la,

ki te touye kochon kreyòl peyizan

yo, ki te reprezante kanè bank yo,

nan lane 80 yo, kraze pwodiksyon

nasyonal la sou rejim militè makout

yo, privatize antrepriz piblik yo sou

rejim defakto Alexandre-Latortue

ak sou 2 manda Rene Préval yo, fè

goud la tounen zorèy bourik, mare

peyi a nan pye tab enstitisyon finansyè

entènasyonal yo tankou

: FMI, BANK MONDIALE, BID ak

UNION EUROPEENNE. Li revi tou

likidi rès ti resous peyi a bay nouvo

kolon yo ak gwo peyi enperyalis yo

epi lage peyizan yo ap mache 2 bra

balanse nan peyi a.

Altènativ yo genyen se : antre

nan gran vil yo pou al travay

nan faktori soutretans yo pou yon

ti bouda monnen, ki redui yo nan

yon fòm mandisite, al vann pwodui

gwo konpayi miltinasyonal yo,

tankou : DIGICEL, NATCOM, BRAS-

SERIE NATIONALE elatriye ou byen

pwodui konpayi transnasyonal yo

ki tabli nan Repiblik Dominiken.

Anpil nan Ayisyen yo denatire yo

sètoblije travèse fwontyè a pou

al pran imilyasyon lakay vwazen

oubyen pran kanntè pou wè si

yo ta ateri nan peyi Etazini ak lòt

peyi nan Karayib la. Jounen jodi an

pwojè sa a vin transfòme pwodiktè

yo an senp jounalye. Altènativ la

pou viktim politik neyoliberal yo

: se òganize yo, mobilize nèt ale,

kontinye fè rezistans kont plan lanmò

sa a jiskaseke yo rive dechouke

makout sa yo sou pouvwa a, k ap fè

tout kalte konplo pou vann peyi a.

Konbit Solèy leve onore 4 jèn nan Site Solèy

Konbit Solèy leve, se yon mouvman

ki pran nesans depi 25

jen 2011 ki regwoupe plizyè sektè

ak òganizasyon nan Site Solèy la,

ki repoze sou fòs ak kapasite moun

nan kominote a, Y ap travay pou fè

ranfòsman nan lapè ak chanjman sosyal

nan komin site solèy. Sousa depi

plis pase 3 lane inityativ sa a, etabli

nan kominote a, Moun site solèy

retwouve yo anpil nan mouvman sa

a, parapò avèk liy yo kenbe pou fè

enpak osinon enfliyans pozitif pou

valorize ak ranfòse kapasite moun k

ap viv nan Site Solèy.

Mirak la ! Se paske aprè plis

pase 15 lane, sosyete a ansanm ak

otorite leta yo, pi fasil jwenn plis enterè,

pou fè bèl pwomosyon sou nivo

mizè ak pèsepsyon negatif sa yo

tankou : Chimè, Vòlè, Bandi, Move

zafè osinon Kidnapè sou tout moun

k ap viv nan ominote a, poutan ki

pa janm vre. Men ansanm, nou rive

travay, kolekte fòs pou rive fè kominote

nasyonal la ak entènasyonal la

konprann , apati dat ki te jedi 25 jen

2014 la, nan apre midi, gen 4 jèn ki

onore pami plizyè santèn lòt pou

sakrifis, onètete yo ak entegrite yo

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6

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014


Perspectives

Une insécurité programmée et bien orchestrée!

Par Thomas Péralte

L

’insécurité qui s’abat sur Haïti ces

derniers temps a pris plusieurs

formes. Elle est constamment alimentée

par le gouvernement Martelly-Lamothe

pour créer une psychose de peur

dans le pays. Dans divers quartiers

populaires de la zone métropolitaine

de la capitale des individus lourdement

armés sèment le deuil et la panique. Le

rapport de l’Organisation de défense

des droits de l’homme, Justice et Paix

fait état de 202 morts au cours du

premier trimestre de l’année en cours.

Selon les responsables de l’Hôpital de

l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH),

couramment appelé Hôpital général, 67

cadavres ont été enregistrés du 1er au

15 juin dernier. Pour les habitants de la

3e circonscription de Port-au-Prince où

deux gangs armés s’affrontent quotidiennement,

56 morts ont été recensés et

38 blessés ont été conduits à l’hôpital.

D’autres cadavres ont été découverts

un peu partout dans la banlieue de

Port-au-Prince et même au sein de la

garde-à-vue d’un Tribunal de Paix.

On se pose la question: qui a

fourni des armes automatiques neuves

à des gangs ? Pour qui travaillent les

chefs de gangs qui circulent dans des

véhicules à vitres teintées et plaques officielles

? A qui distribue-t-on les armes

achetées au début de l’année en Israël

par le gouvernement Laurent Lamothe

?

De toute façon, les habitants de

Grand-Ravine, banlieue Sud de la capitale,

accusent le gouvernement Martelly-Lamothe

d’être responsable du phénomène

d’insécurité qui règne dans

la zone depuis un certain temps. Selon

les habitants de la zone, deux gangs

armés s’affrontent : le gang de Grand-

Ravine ayant à sa tête un certain Tikenken,

qui travaille pour le gouvernement

Lamothe. On l’a vu, il a ses entrées et

sorties à la Primature. Il circule dans

un véhicule de marque Nissan Petrol à

vitres teintées. On l’a vu également au

Parquet de Port-au-Prince, venu libérer

ses frères d’armes arrêtés. Et, le gang

dénommé Base Pilate opérant à la 2e

avenue Bolosse, Portail-Léogane dirigé

par des policiers, dont l’un est surnommé

Pèdi, résidant à la ruelle Jules et

l’autre,Tifrè, habitant à la 2e avenue.

La situation est très tendue dans

les zones de Martissant, particulièrement

à Ti Bois, Grand-Ravine, 5e Avenue

Bolosse et Portail Léogane, où

des bandits armés en fureur font la loi

depuis plusieurs jours. Tirs nourris et

sporadiques, des barricades de pneus

enflammés, panique totale: c’est en peu

de mots, la situation qui se développe

dans ces quartiers. Des rafales d’armes

automatiques, jets de pierre, confrontations

entre groupes armés rivaux,

circulation automobile piétonne au ralenti,

élèves qui regagnent leurs centres

d’examens complètement paniqués,

activités socio-économiques un peu

paralysées, riverains, pères et mères de

famille aux abois.

Selon des riverains, les hostilités

entre des groupes armés rivaux se

sont déclenchées, suite au décès d’un

nommé Sonson, au niveau de Portail

Léogane. Cet individu dont les funérailles

ont été chantées, ce mercredi

matin, aurait été tué par balles dans des

circonstances douteuses, engendrant

ainsi la colère de ses amis, selon ce que

ces derniers ont témoigné.

Les habitants de la localité dite

Titoune à Grand-Ravine ont réagi suite

à une journée de tension du mercredi

25 juin dernier : « Les bandits armés de

la 2e avenue nous envahissent ici. Ce

sont des partisans de Lochard. Ils ont

accompagné des policiers pour monter

à Grand-Ravine. C’est un complot de

Base Pilate et des policiers pour venir

nous asséner de coups, voler nos commerces.

Nous ne pouvons pas circuler

librement. Nous ne pouvons pas aller

au centre-ville pour mener nos activités

commerciales. Nous sommes pris en

otage par les bandits des avenues Bolosse.

Nous ne pouvons passer ni à la

2e avenue ni à la 5e avenue. La police

a reçu l’ordre des bandits, elle ne fait

rien pour libérer le passage.

«Nou pa ann afè ak okenn

moun. Poukisa y ap pèsekite nou

konsa ? Leta (gouvènman an, lapolis,

lajistis, depite PSP yo, senatè palè

nasyonal yo) konnye a se yo k ap fè

tout bagay ki pa bon», a déclaré une

dame septuagénaire avec des larmes

aux yeux. Les lieux étant identifiés,

les chefs de gangs sont connus de tous

et les habitants sont prêts à coopérer.

Pourquoi la Police tarde à intervenir ?

La raison est simple, les gangs opèrent

pour le compte du gouvernement

Martelly-Lamothe. Alors que le porteparole

du Premier ministre, Michel

Brunache a eu le toupet de pointer du

doigt un autre secteur politique qui, ditil,

est derrière la montée de l’insécurité

dans le pays.

En 2006, le nom de Michel Brunache,

chef du cabinet du Président de

facto d’alors, Alexandre Boniface, son

gendre, était cité dans la disparition des

tableaux et d’autres objets précieux au

Palais national. Il faut signaler également

que d’autres objets précieux récupérés

dans un bateau à l’Ile-à-Vache

auraient été retrouvés à la résidence de

Les habitants de Grand-Ravine, banlieue Sud de la capitale, accusent

le gouvernement Martelly-Lamothe d’être responsable du phénomène

d’insécurité qui règne dans la zone depuis un certain temps

Martissant, particulièrement à Ti bois, Grand’Ravine, 5e Avenue Bolosse

et Portail Léogane, des tirs nourris et sporadiques, barricades de pneus

enflammés, la panique totale : c’est en peu de mots, la situation qui se

développe

celui-ci à Miami. Son nom a été également

cité dans une affaire louche

de gaz au Palais national. Il aurait été

de mèche avec son confrère Osner H.

Févry. On se souvient de vous Michel

Brunache !

Par ailleurs, le mardi 24 juin

2014, Prenel Azor, un prévenu, a été

retrouvé mort durant une garde-à-vue

au Tribunal de Paix de la section Sud de

la juridiction de Port-au-Prince. Attendant

son jugement, il était accusé d’un

“vol domestique”. Il était aux ordres de

la justice. Sa concubine, Mylove Jean,

qui ne peut se consoler de la triste nouvelle

a fait savoir qu’ils ont habité à

Grand-Ravine; son compagnon a été

arrêté à la 2e avenue Bolosse. Il était

un porteur au centre-ville. Il était en

bonne santé et il a laissé derrière lui

une femme enceinte et deux autres enfants

en bas âge. « Arrivée au Tribunal,

on m’a demandé mille (1,000) gourdes

pour me donner un papier avant de

transporter le cadavre à la morgue. Je

demande justice pour mon concubin.

On l’a assassiné dans le tribunal, c’est

injuste ! » a-t-elle déclaré.

La mort suspecte du pauvre Prenel

Azor au sein d’un tribunal n’est pas

restée indifférente aux yeux de l’Office

de la Protection du Citoyen (OPC) que

dirige Madame Florence Elie. Dans une

note de presse datée du 25 juin 2014

et rendue publique le même jour, elle

demandait aux autorités judiciaires de

diligenter une enquête dans le but de

faire le jour sur ce drame.

Voici donc la teneur de cette note

: « L’Office de la Protection du Citoyen

a appris par voie de Presse la mort du

prévenu Prénel AZOR à la Garde à Vue

du Tribunal de Paix, section Sud de la

Juridiction de Port-au-Prince le 24 Juin

2014 entre approximativement 9h

30AM et 10h30 AM.

L’OPC prend acte de la déclaration

d’un greffier et d’un juge suppléant

du Tribunal susdit, que le jeune AZOR

étant accusé de vol domestique, a utilisé

sa chemise et s’est servi d’un tonneau

en métal servant à stocker de la

gazoline, entreposé dans sa cellule pour

se suicider. L’OPC constate que l’espace

destiné à garder à vue les prévenus à

ce Tribunal est inapproprié et ne tient

pas compte des conditions minimales

d’aération et de sécurité.

L’OPC déplore la lenteur et les

faiblesses profondes d’un système qui

n’arrive pas à prendre ses responsabilités

dans la distribution d’une justice

saine, impartiale et respectueuse des

délais de procédure, alimentant ainsi

le terrible fléau de l’impunité qui sévit

depuis trop longtemps dans notre pays.

L’OPC estime que l’Etat a le devoir

de protéger tout citoyen en particulier

ceux qui sont privés de liberté.

Quand on sait que le Droit à la Vie est

garanti par la Constitution de 1987 en

son article 19 : « L’Etat a l’impérieuse

obligation de garantir le droit à la vie, à

la santé, au respect de la personne humaine,

à tous les citoyens sans distinction

», conformément à la Déclaration

Universelle des Droits de l’Homme en

son article 3.

L’Office de la Protection du Citoyen

profite de cette triste circonstance

pour envoyer ses sympathies à la

famille du Prévenu défunt. Considérant

que tout citoyen a droit à une protection,

l’OPC exhorte, une fois de plus,

les autorités judiciaires à intensifier

leurs efforts pour diligenter une enquête

afin que lumière soit faite autour de ce

drame. »

Voilà la situation de choc créée

par le pouvoir tètkale après celle du

goudougoudou provoquée au centreville

par ce régime anti-peuple. La

démolition arbitraire des maisons du

centre-ville et l’insécurité grandissante

alimentée par le pouvoir néo-duvaliériste

sont des stratégies sciemment

élaborées pour masquer l’échec du

gouvernement Martelly-Lamothe. Ce

gouvernement, qui fait sa réputation

dans le mensonge, la propagande inutile,

la corruption, l’immoralité, la persécution

politique, la terreur dans les

Suite à la page (19)

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Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 7


Perspectives

Bataille pour l’Île-à-Vache:

Interview avec Jérôme Genest de KOPI

Par Dady Chéry

L

’Organisation des agriculteurs de

l’Île-à-Vache (KOPI, ou Konbit

Peyizan Ilavach) a été à l’avant-garde

d’une lutte entre la branche exécutive

du pays et les habitants de cette île agricole

de 52 kilomètres carrés au sud

d’Haïti. Le conflit a commencé après un

décret de l’administration qui a déclaré

que l’Île-à-Vache deviendrait une

zone de développement touristique et

d’utilité publique. Entre autre, ce décret

a retiré l’île de la gouvernance locale et

l’a mise directement sous le contrôle

du Ministère du Tourisme du gouvernement

central. En effet, les membres

de l’exécutif restent accusés d’avoir un

intérêt financier et personnel dans l’île

et ses revenus potentiels en tant que

destination touristique. Le conflit entre

les habitants de l’île et l’administration

Martelly-Lamothe, mise en place

par Clinton, a été exacerbé par le refus

du gouvernement de consulter la

population sur la façon de développer

l’île. La colère a explosé chez les habitants

quand ils ont découvert, par

fait accompli, que la mise en œuvre

du projet touristique était en cours par

l’apparence du personnel d’arpentage

tout autour de l’île et d’une entreprise

de construction dominicaine, Ingenieria

Estrella.

Depuis l’apparition initiale des

équipes de construction en Septembre

2013, des champs de mangroves

ont été coupés, une route trop large,

traversant l’île de l’est à l’ouest a été

ébauchée en massacrant la seule forêt

de l’île, et des fouilles ont commencé

sur une côte vierge pour un port qui

accueillerait les navires de croisière:

tout ceci, ironiquement au nom de

l’écotourisme et sans aucune compensation

pour les propriétaires. Les

discussions entre la ministre du tourisme

et les habitants, qui ont boisé

l’île et on fait l’élevage et la pêche

durable depuis un siècle, les ont laissé

peu informés, frustrés, et convaincus

qu’ils seraient expulsés pour créer de

l’espace pour des touristes riches. Pour

aggraver encore les choses, la réponse

du gouvernement à une série de manifestations

pacifiques et des actions

pour bloquer la construction, dirigées

par KOPI, a été de remplacer le gouvernement

local par des amis de Martelly,

introduire une grande présence

policière et paramilitaire, et arrêter le

vice-président du KOPI, Jean Matulnes

Lamy. M. Lamy a été emprisonné sommairement,

sans procès, au pénitencier

national infâme d’Haïti depuis le 25

Février 2014, et la police sur l’île est

accusée maintenant de nombreuses

violations des droits de l’homme.

News Junkie Post a récemment

fait le point avec Jérôme Genest, membre

du KOPI pour une discussion sur

l’histoire de l’Île-à-Vache, une mise à

jour de la situation sur l’île, et les idées

de KOPI sur la façon de préserver la

beauté et la culture de l’île, et obtenir

la libération de Jean Matulnes Lamy.

Dady Chéry : Merci pour cette

interview, M. Jérôme Genest. En tant

que représentant de KOPI, pourriez

vous dire à nos lecteurs quelle est la

population de l’île qui détient des dons

ruraux et des droits de fermage?

Jérôme Genest : En 1950, sous

le règne de Papa Doc/François Duvalier,

des terres furent données à 300

familles sur l’Île-à-Vache, environ 40

pour cent de la population. Avant cela

les habitants payaient des droits de location,

mais les taxes furent abolies et

les habitants exonérés de droits autant

qu’ils cultivaient la terre. En 1990-91,

Les filets de pêche ont souvent des mailles trop petites et donc attrapent

aussi des petits poissons.

Le KOPI a demandé à rencontrer le Président Martelly, car ce serait lui

qui empêcherait la libération de Matulnes, emprisonné, rappelons-le,

sans accusation depuis plus de 3 mois.

avec la construction de l’hôtel Port

Morgan, Didier Boulard, le propriétaire,

se vit imposer des taxes. En ce moment

à l’Île-à-Vache, les habitants ne paient

pas d’impôts fonciers.

DC : Les dons ruraux et les droits

de fermage qui ont été donnés par l’État

dans les années 1950: Étaient ce la

plupart pour des terres de la côte?

JG : Les terres données sous le

gouvernement de François Duvalier se

situaient un peu partout sur l’île et pas

seulement sur les côtes.

DC : Comment se font l’agriculture

et l’élevage sur l’Île-à-Vache?

JG : Les méthodes d’agriculture

sont toujours archaïques. Il n’y a pas

de machinerie agricole. Tout se fait à

la main ou à l’aide de bœufs. Cependant

il y a des techniciens agricoles qui

cultivent des parcelles de terres et qui,

avec leurs connaissances, tentent de

maximiser et de diversifier les cultures.

DC : La Ministre du Tourisme

s’est plainte que les filets de pêche utilisés

par les pêcheurs de l’île sont inacceptables.

Comment se fait la pêche en

Île-à-Vache?

JG : Les filets de pêche ont souvent

des mailles trop petites et donc attrapent

aussi des petits poissons. Il y a

un effort de sensibilisation à ce propos

auprès des pêcheurs afin de les inciter à

utiliser des filets à plus grosses mailles

et ainsi préserver la ressource en laissant

échapper les plus petits poissons.

N’oublions pas que les pêcheurs

sont souvent très pauvres et pratiquent

le plus souvent une pêche [de

survivance], servant à les nourrir. Ils

pêchent donc avec le matériel qu’ils

ont, ils n’ont pas toujours les moyens

d’acheter du matériel plus adéquat ou

conforme à des normes. Au lieu de les

blâmer, nous devrions les aider.

DC : Le gouvernement a dit qu’il

lui faudra 12 plages pour son projet

touristique.

JG : L’île-à-Vache compte 10

plages au total. Si le gouvernement

prend possession de toutes celles-ci

pour son plan touristique, il ne restera

plus d’accès pour les pêcheurs et la

population en général.

En ce moment les pêcheurs continuent

de pêcher comme ils l’ont toujours

fait. On ne sait toujours pas ce qui

adviendra après la mise en place du

projet.

DC : Jean Matulnes Lamy a dit,

dans une interview a la radio, que la

ministre du tourisme veut prendre des

plages à partir de Grand Sable, puis

en suivant la côte ouest et vers le sud,

jusqu’à Skannot. Seraient-ce toutes les

plages de l’île?

JG : Les communications avec

le Ministère du Tourisme sont pratiquement

nulles, donc les habitants ne sont

pas trop au courant. Il est impossible

de savoir précisément ce qui se fera, où

et quand. Les habitants sont les derniers

informés. Mais dans le plan initial

toutes les plages étaient accaparées

pour des constructions de bungalows

ou d’hôtels.

DC : Qu’est ce qui a été rasé sur

l’île par les travaux de construction et

qu’y avait-il avant?

JG : La zone de construction de

la piste pour l’aéroport a enlevé à la

population un endroit commun que l’on

pourrait qualifier de surplus, d’enrichissement

pour la population. Je m’explique:

dans cette zone il y avait jadis

des abeilles, on cultivait des légumes

(par exemple, manioc, patates) il y

avait des arbres fruitiers et même des

champignons (djon-djon). C’était aussi

un endroit de pâturage pour les moutons

et les chèvres. C’était, en bref, un

endroit où les gens pouvaient cultiver et

récolter en plus de ce qu’ils cultivaient

sur leurs terres. Cela leur permettait un

surplus bien apprécié.

La construction de la route, qui

traverse l’île d’est en ouest, pour permettre

le transport éventuel de matériel

et de touristes depuis l’aéroport et la

future marina de Madame Bernard, a

non seulement empiété sur des terrains,

mais aussi endommagé des maisons

dont certaines se sont retrouvées tout

au bord de la route et d’autres encore

dont les fondations ont été ébranlées

et endommagées par les vibrations des

grosses machines utilisées pour la construction.

De plus bon nombre d’arbres

fruitiers comme des manguiers, des

cocotiers, des citronniers et des avocatiers

ont été abattus ou abîmés durant le

processus. Et bien sûr, sans aucun dédommagements

pour les agriculteurs.

DC : Il y a aussi le projet pour un

terrain de golf de 18 trous, des villas,

cafés et restaurants. Ces projets, ont ils

le soutient de la population?

JG : Les gens bien informés, et

c’est l’un des rôles du KOPI, sont contre

le projet tel que présenté.

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L’emplacement du futur terrain

de golf est un des endroits les plus fertiles

de l’île où sont cultivés de nombreux

légumes dans une terre riche et

productive. Ce serait une grande perte

pour les habitants.

On veut construire, et on a commencé

à draguer pour ce fait le fond de

la mer, une marina à Madame Bernard

pour accueillir de gros bateaux. Cela

encore exclusivement aux touristes et

non aux petits bateaux qui viennent

des Cayes pour le marché hebdomadaire.

L’île-à-Vache est habitée dans

toutes ses parties. Bien sûr, quand on

fait un survol en hélicoptère on ne perçoit

pas toujours toutes les habitations

qui sont bien intégrées à la nature. Ce

sont de petites “cayes,” des maisons

basses. Qu’adviendra-t-il des habitants

avec la construction de villas? On devra

nécessairement les déplacer. Où irontils?

Comment calculera-t-on leurs dédommagements?

Nous ne possédons

aucune information à ce sujet. Les

délogés perdront non seulement leurs

terres, mais leur milieu de vie et leur

gagne-pain.

DC : Déjà, la zone de l’aéroport

a été dégagée, et le port est en train

d’être creusé. Ce genre de dégâts est

presqu’impossible à réparer. Dans ce

sens, le temps n’est pas de votre côté. Est

ce que KOPI ou d’autres organisations /

ou personnes sont en train de formuler

un plan de développement alternatif

pour l’île?

JG : Il existe un plan de développement

alternatif, élaboré par “Architecture

for Humanity,” mais ce plan

n’a pas été retenu par le gouvernement

haïtien. Et puis, comment peut-on proposer

un plan alternatif, si on ne sait

pas ce que comporte le plan actuel?

DC : M. Genest, les responsables

du KOPI ont dit qu’ils accueillent le

développement mais voudraient un

autre type de développement. Qu’en

pensez vous?

JG : Le KOPI prône un Éco-

Tourisme qui permettrait de préserver

la nature de l’île tout en étant inclusif

et qui pourrait être réellement profitable

à toutes les classes de la population,

pas seulement aux hôteliers. Un plan

de tourisme écologique pourrait, sans

exclure quelques hôtels plus luxueux,

offrir des gites et des restaurants gérés

par des île-à-vachois, ce qui aiderait directement

l’économie locale. Pourquoi

ne pas aider les gens à monter des commerces

qui respecteraient la culture et

l’ambiance unique de l’île?

Il y a des terrains moins exploités

qui peuvent aussi servir à la construction

d’infrastructures.

Mais le plan tel qu’il est prévu

Suite à la page (16)

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Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014


This Week in Haiti

Revolution vs. Counter-Revolution

by Berthony Dupont

This week, the United States of

America will celebrate the 238 th

anniversary of its Declaration of Independence.

“On July 4th, 1776, a small

band of patriots declared that we were

a people created equal, free to think

and worship and live as we please,

that our destiny would not be determined

for us, it would be determined

by us,” said U.S. President Barack

Obama at a White House ceremony last

year. “At that time in human history,

it was kings and princes and emperors

who made decisions. But those patriots

knew there was a better way of doing

things, that freedom was possible, and

that to achieve their freedom, they’d

be willing to lay down their lives, their

fortune and their honor. And so they

fought a revolution.”

This is the misleading version of

United States history that every American

school-child learns. But this myth

has been exploded by historian Gerald

Horne with his new book “The Counter-

Revolution of 1776: Slave Resistance

and the Origins of the United States of

America,” published two months ago by

New York University Press.

“We should understand that July

4th, 1776, in many ways, represents a

counterrevolution,” Dr. Horne explained

in an interview about the book on Jun.

27 with the program Democracy Now.

“That is to say that what helped to

prompt July 4th, 1776, was the perception

amongst European settlers on the

North American mainland that London

was moving rapidly towards abolition.

This perception was prompted by the

‘Somerset’s case,’ a case decided in London

in June 1772 which seemed to suggest

that abolition, which was going to

be ratified in London itself, was going

to cross the Atlantic and basically sweep

through the [North American] mainland,

thereby jeopardizing numerous

fortunes, not only based upon slavery,

but the slave trade.”

It has often been noted that the

“unalienable Rights” of “Life, Liberty

and the pursuit of Happiness” demanded

by the slave-owner and principal Declaration

of Independence drafter Thomas

Jefferson did not extend to the 500,000

As Prime Minister Visits,

Ile-à-Vache Residents Demonstrate

Port-au-Prince, July 1, 2014

[AlterPresse] --- While Prime Minister

Laurent Salvador Lamothe and several

members of his cabinet were on Ilea-Vache

(South) to initiate a dialogue

with the island’s residents, barricades of

burning tires were erected on Monday,

Jun. 30, 2014, in protest against the

"Ile-à-Vache Tourist Destination" project,

according to information obtained

by AlterPresse.

The Prime Minister wanted to

hold a meeting with representatives of

the island’s 26 townships. But only a

hundred people came to the meeting,

witnesses said.

Since January 2014, a tense

situation has prevailed on Ile-à-Vache.

Rumors and speculation talk about possible

relocation of the population and

probable expropriation of landowners.

The island’s residents do not wish

to be stripped of their land or to find

themselves in a situation where they

would be forced to leave the island.

The continuation of the plan envisaged

by the government for Ile-à-

Vache seems to stoke the anger of the

people protesting on the island.

"Since this morning (Jun. 30),

tires have begun burning all over the

A female slave being branded. “1776 can fairly be said to have eventuated

as a counter-revolution of slavery,” writes historian Gerald Horne

in a new book.

African slaves who made up about 20%

of the 2.5 million people inhabiting the

13 break-away colonies. It did not apply

to women either.

But Dr. Horne’s book illustrates

how this exclusion was not the result of

simple oversight or opportunist hypocrisy.

“1776 can fairly be said to have

eventuated as a counter-revolution of

slavery,” Dr. Horne writes in his book.

“ Defenders of the so-called Confederate

States of America [during the U.S. Civil

War] were far from bonkers when they

argued passionately that their revolt

was consistent with the animating and

driving spirit of 1776.”

Indeed, one understands better

the reproach that the American founding

fathers made “to our British brethren” in

their Declaration of Independence. “We

have warned them from time to time of

attempts by their legislature to extend

an unwarrantable jurisdiction over us.”

Their principal concern: that slavery and

the slave trade would be outlawed.

The birth of Haiti, the second independent

nation of the Western Hemisphere,

stands in stark counterpoint to

that of its northern neighbor. It was a

true revolution, aimed at forever ending

slavery, not preserving it.

Consider the words pronounced

by General Jean-Jacques Dessalines on

Jan. 1, 1804 in the city of Gonaïves:

“It is not enough to have expelled the

Radio Vwa Klodi Mizo

[French] barbarians who have bloodied

our land for two centuries; it is not

enough to have restrained those everevolving

factions that one after another

mocked the specter of liberty that France

dangled before you. We must, with one

last act of national authority, forever assure

the empire of liberty in the country

of our birth. We must take any hope of

re-enslaving us away from the inhuman

government that for so long kept us in

the most humiliating torpor. In the end

we must live independent or die.”

Unfortunately, the primitive accumulation

of capital by the newly

emerged United States bourgeoisie

through its inhuman crimes helped

make it the super-power it is today. As

Dr. Martin Luther King, Jr. observed:

“We have deluded ourselves into believing

the myth that capitalism grew and

prospered out of the Protestant ethic of

hard work and sacrifices. Capitalism was

built on the exploitation of black slaves

and continues to thrive on the exploitation

of the poor, both black and white,

both here and abroad.”

Furthermore, Dr. King observed that

the U.S. “was born in genocide when

it embraced the doctrine that the original

American, the Indian, was an

inferior race... We are perhaps the

only nation which tried as a matter

Suite à la page (18)

A demonstration on Ile-à-Vache earlier this year against the Haitian

government’s project to turn the island into a tourist destination

island to protest against the plan to

make this island a tourist destination.

This is a disaster! We are mobilized to

resist this government tourism project

which does not bode well for us!" said

Ishmael Jean-Pierre, a member of Ile-à-

Vache Peasants Organization (KOPI).

Police security forces, including

the Unit for Maintenance of Order

(UDMO), have intervened and dispersed,

on several occasions, protesters’

demonstrations.

Martelly Regime Targets

KOD’s Oxygène David

Oxygène David (center), a prominent leader of KOD and MOLEGHAF.

“KOD says elections and occupation are lemons and milk,” says his sign

by Kim Ives

According to several radio stations

in Haiti, there is a warrant for the

arrest of Oxygène David, a prominent

leader of the party Dessalines Coordination

(KOD) and the popular organization

Movement for Liberty and Equality

of Haitians for Fraternity (MOLEGHAF).

While Oxygène’s lawyer, Mario

Joseph, is trying to verify at the courthouse

if there is indeed a complaint

against Oxygène or if an investigating

judge may have issued an arrest warrant,

KOD put out a statement on Jun.

25 informing human rights groups and

the public that “Oxygène David has had

to go into hiding because the Martelly-

Lamothe government wants to intimidate

him” because of his political mobilization

“calling for the resignation of

Martelly and Lamothe and the departure

of MINUSTAH,” the UN’s 6,600-soldier

military occupation force.

Many speculate that talk of an

arrest warrant for Oxygène may well

be targeted to the fact that “on Sunday

Jun. 8, KOD and MOLEGHAF members

in Fort National prevented, through

their mobilization, the Martelly cortege

from distributing Brazil and Argentina

T-shirts in this poor neighborhood [of

the capital] which was heavily damaged

by the 2010 earthquake and whose earmarked

reconstruction funds have been

plundered by the gangs in power,” said

the KOD statement.

The statement goes on to specify

that large SUVs, some marked “Police”

but without license plates, were slowly

cruising through Fort National, where

Oxygène David lives, all during the

night of Jun. 23. “Since the opening of

the World Cup in Brazil, one has seen

each evening an increase in fixed posts

and mobile patrols of masked men driving

in vehicles with blackened glass and

without license plates,” the KOD statement

says.

"We do not want this project on

the island! " exclaimed M. Jean-Pierre.

AlterPresse interviewed Tourism

Minister Stephanie Balmir Villedrouin

by telephone about resistance movements

of the island’s residents and she

said that the island’s population is well

informed about the project.

"We have not seen, on the

ground, warlike resistance to the project.

Given the progress made, the population

now sees itself as part of the current

project," said Balmir Villedrouin,

admitting that the Ile-à-Vache Peasants

Organization [KOPI] strongly opposes

the government's plan.

Several invitations were sent to

KOPI to discuss the project. However,

the organization refuses to take part in

meetings to convince it of the merits of

the project, says Balmir Villedrouin.

Lawyer Newton St. Juste also put

out a similar statement warning about

the targeting of Oxygène David. Both St.

Juste and KOD said that other targeted

militants include James Samuel Jean,

Fritz Robert, and Adelson Voyard.

In the summer of 2012, the Martelly

government imprisoned Oxygène

for over two months. “Oxygène was

charged with vandalism of a white Nissan

SUV belonging to the executive of

Haiti's telecommunications bureau, CO-

NATEL,” reported Meena Jagannath of

the Dissident Voice. “However, while

the charges indicated Oxygene smashed

a window of the car with a rock during

the protest, Oxygene maintained that he

never saw the car described in the complaint.

The police simply arrived and

singled him out without reason,” but

“it became evident that there was no

evidence to support the charges against

Oxygène,” who was released on Aug.

30, 2012.

Jagannath also reports that “in

an interview after his release, Oxygène

said that he had received a warning before

his arrest from a Martelly supporter

who urged Oxygène to be prudent because

he would be imprisoned if he did

not stop protesting against the Martelly

government's policies. Oxygène mentioned

that while in prison, he was offered

his release if he accepted a position

in the Martelly government.” Oxygène

refused the deal, preferring to stay in

prison “a long, long time” if necessary.

“As the people’s mobilization

grows, we are seeing the teeth and

claws of the Martelly regime coming

out more and more,” Oxgène David told

Haïti Liberté. “From Cap Haïtien to Ile à

Vache, people are protesting against the

regime. That is why it is important to

build a fighting organization like KOD.

A structured organization is essential

to not only lead the masses in struggle,

but to withstand the counterattack and

repression that we know will inevitably

come.”

The Minister is particularly proud

of the progress made in the framework

of the project.

"Recently, we opened five water

fountains in Kay Kòk, and the police

station of Kay Kòk (after rehabilitation).

We also launched the Kay Kòk

tourism project (180 m2), announced,

among other things, the training of 200

young people at the National Institute

of Vocational Training (INFP) and the

start of construction of a hospital in

Mme Bernard," says Balmir Villedrouin.

About a dozen protests have

been recorded on the island since the

first steps in August 2013 to launch

the "Ile-à-Vache Tourist Destination"

project.

(Translated from French

by Haïti Liberté)

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 9


ÉIIL*: QUELLE CIBL

Par Thierry Meyssan

La demande de la Maison-

Blanche de disposer de 500 millions

de dollars pour soutenir

l’« opposition syrienne modérée

», alors même que le président

Obama l’a qualifiée d’« incapable

de renverser le président

Assad », a été présentée comme

un engagement tardif de Washington

en Syrie. Mais pour Thierry

Meyssan, ce dispositif n’est

pas centré sur la Syrie : les États-

Unis installent de vastes armées

autour de l’Irak et menacent une

troisième cible.

Alors que la ministre de la présidence

syrienne, Bouthaïna

Chaabane, se trouvait à Moscou,

elle fut invitée par le ministère

norvégien des Affaires étrangères

à participer à un forum international.

Comme plus de 170

responsables syriens, Madame

Chaabane figure sur la liste des

personnalités sous sanctions occidentales,

notamment interdites

de voyager.

Sur instruction du président

el-Assad, Bouthaïna Chaabane se

rendit directement à Oslo, sans

revenir à Damas. Sur place, elle

rencontra les 18 et 19 juin l’ancien

président états-unien Jimmy Carter,

l’actuel n°2 de l’Onu le diplomate

états-unien Jeffrey Feltman,

et le directeur de cabinet du président

iranien cheikh Hassan Rohani.

Pourquoi donc la Norvège,

État membre de l’Otan, a-t-elle

pris cette initiative ? Quels messages

les États-Unis souhaitaientils

transmettre ? Que voulaient-ils

négocier avec la Syrie ? Aucune

des parties n’a communiqué sur

ces entretiens et le site internet du

Forum d’Oslo est désespérément

muet.

Le budget des opérations

états-uniennes outre-mer

Quelques jours plus tard, le 25

juin, le président Obama présentait

au Congrès son budget 2015

pour les opérations diplomatiques

et militaires outre-mer (Overseas

Contingency Operations – OCO).

Sur 65,8 milliards de dollars, 5

milliards seront consacrés à la

création du Fonds de partenariat

anti-terroriste (Counterterrorism

Partnerships Fund - CTPF) que le

président avait annoncé lors de

son discours de West Point, le 28

mai [1].

Selon un communiqué de

la Maison-Blanche, 4 milliards

seront gérés par le Pentagone, et

le cinquième par le département

d’État.

- 3 milliards seront utilisés à

la fois pour former les forces locales

antiterroristes, lutter contre

les idéologies radicales, lutter contre

le financement du terrorisme,

et promouvoir des manières «

démocratiques » de gouverner.

- 1,5 milliard sera utilisé à

prévenir l’extension du conflit

syrien chez ses voisins, à la fois

en formant les services de sécurité

pour qu’ils ferment les frontières

et en aidant les réfugiés.

- 0,5 milliard sera utilisé pour

« former et équiper des éléments

contrôlés de l’opposition armée

syrienne pour aider à défendre le

peuple syrien, stabiliser les zones

sous contrôle de l’opposition, faciliter

la fourniture de services essentiels,

contrer les menaces terroristes,

et favoriser les conditions

La percée de l’ÉIIL (« Daesh ») se poursuit en Irak. Tout en prétendant être surpris et vouloir soutenir

l’intégrité de l’Irak, Washington encadre en sous-main les jihadistes avec l’aide de la France

et de l’Arabie saoudite

d’un règlement négocié ».

- Enfin 0,5 milliard seront

conservés pour faire face aux situations

de crises nouvelles.

Dans le communiqué de la

Maison-Blanche, que signifie «

stabiliser les zones sous contrôle

de l’opposition » ? Il ne peut s’agir

de créer des embryons d’État car

ces zones sont trop petites et disjointes.

Probablement, s’agit-il de

créer des zones de sécurité pour

Israël ? La première à la frontière

israélo-syrienne et la seconde à la

frontière turco-syrienne, de sorte

qu’en cas de conflit, Damas puisse

être pris en tenaille. Ces zones seraient

confiées à « des éléments

contrôlés de l’opposition armée

syrienne », confirmant l’idée que

le soutien de Washington aux

Contras ne vise plus à renverser

l’État syrien, mais uniquement à

protéger la colonie juive de Palestine.

Cette tactique doit être rapprochée

de la déclaration du président

Obama, le 20 juin à CBS This

Morning : « Je pense que cette notion

selon laquelle il y avait une

force syrienne modérée capable

de vaincre [le président syrien

Bachar] Assad n’est tout simplement

pas vraie, et, vous le savez,

nous avons passé beaucoup de

temps à essayer de travailler avec

une opposition modérée en Syrie

(…) L’idée qu’elle était en mesure

de renverser soudainement non

seulement Assad, mais aussi

d’impitoyables djihadistes, hautement

qualifiés, à la condition que

nous leur envoyons quelques

armes est un fantasme et je pense

qu’il est très important pour le

peuple américain - mais peutêtre

plus important encore, pour

Des combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (ÉIIL) hissant

leur drapeau à un poste frontière entre l’Irak et la Syrie le 11 juin dernier

Washington et pour la presse - de

le comprendre. » [2].

Washington s’expose à une

condamnation de la Cour

internationale de Justice

Si le Congrès l’approuve, l’aide

apportée par les États-Unis aux

jihadistes en Syrie sera transférée

d’un programme secret de la CIA

à un vaste programme public du

Pentagone.

Ce transfert viole la base

du droit international qui interdit

strictement de soutenir financièrement

et de former militairement

des opposants dans un pays tiers,

qui plus est pour le diviser en deux

États. Le simple fait de l’annoncer

comme objectif, même si le Congrès

devait le repousser, constitue

une menace contre la Syrie qui

viole le droit international. Il ne

fait aucun doute que la Syrie obtiendrait

une condamnation des

États-Unis si elle portait plainte

devant la Cour internationale de

Justice, c’est-à-dire le tribunal interne

des Nations unies. En 1984,

le petit Nicaragua avait ainsi porté

plainte contre les États-Unis pour

leur soutien officiel aux Contras. Il

faut compter un à deux ans pour

que la Cour statue.

On ne doit donc pas s’étonner

que le timide secrétaire général

de l’Onu, Ban Ki-moon, ait publié

une étrange tribune libre dans

laquelle il accable la Syrie ; mais

qualifie au détour d’une phrase d’

« irresponsable de la part des puissances

étrangères de continuer à

soutenir militairement des parties

qui commettent des atrocités

et des violations flagrantes des

droits de l’homme et des normes

fondamentales du droit international.

J’ai instamment demandé

au Conseil de sécurité d’imposer

un embargo sur les armes. » [3]

Certainement, Washington

ne s’est engagé sur ce terrain

qu’après avoir obtenu de Bouthaïna

Chaabane que son pays ne

porterait pas plainte contre les

États-Unis. Mais en échange de

quoi ? À l’évidence, bien que le

discours états-unien soit dirigé

contre la Syrie, sa cible réelle est

aujourd’hui ailleurs — et ce n’est

pas simplement l’Irak.

La poursuite de la

déstabilisation de l’Irak

La percée de l’ÉIIL (« Daesh ») se

poursuit en Irak. Tout en prétendant

être surpris et vouloir soutenir

l’intégrité de l’Irak, Washington

encadre en sous-main les

jihadistes avec l’aide de la France

et de l’Arabie saoudite [4].

La fable du groupuscule terroriste

qui conquiert en deux jours

le tiers d’un grand pays ayant du

mal à passer, les médias de l’Otan

et du CCG assurent désormais que

la population sunnite s’est ralliée

à l’ÉIIL. Peu importe les 1,2 million

de réfugiés sunnites et chrétiens

qui fuient devant les jihadistes,

cette explication masque

mieux la préparation de l’invasion

par Washington.

Comme prévu, les États-

Unis ont confirmé qu’ils

n’interviendront pas avec des

troupes au sol et menacent les

États qui viendraient en aide au

gouvernement fédéral irakien de

La ministre de la présidence syrienne, Bouthaïna Chaabane

Nouri al-Maliki. Ainsi, lorsque ce

dernier a remercié la Syrie d’être

entrée en territoire irakien pour y

bombarder des colonnes de l’ÉIIL,

John Kerry a froncé les sourcils :

« Nous avons clairement indiqué

à tous les acteurs dans la région

que nous n’avons pas besoin qu’il

se produise quelque chose venant

exacerber les tensions sectaires

qui sont déjà très élevées » [5].

Dans sa grande mansuétude,

le président Obama a concédé

l’envoi de 300 militaires, essentiellement

pour protéger les bâtiments

US, laissant le gouvernement

de Nouri al-Maliki seul face à

son destin. Désemparé, le Premier

ministre cherche de nouveaux alliés.

Plutôt que d’attendre vainement

des F-16, il vient d’acheter

des bombardiers à la Biélorussie et

à la Russie.

L’Iran a envoyé des armes et

des conseillers, mais pas de combattants,

pour venir en aide aux

10

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014


E APRÈS L’IRAK ?

seuls chiites. À l’évidence, il existe

un accord, au moins tacite,

entre Washington et Téhéran pour

démanteler l’Irak. On aimerait

bien savoir ce que l’ambassadeur

Jeffrey Feltman et le directeur de

cabinet du président Hassan Rohani

ont pu en dire à la ministre de

la présidence syrienne, Bouthaïna

Chaabane.

Tout au plus peut-on déduire

que l’Iran et la Syrie ont conditionné

leur passivité ou leur aide

au plan US au maintien d’un couloir

de circulation entre leurs deux

pays, actuellement coupé par

l’ÉIIL.

Quoi qu’il en soit, le plan de

remodelage du « Proche-Orient

élargi » (Greater Middle East)

trouve un début de concrétisation

en Irak malgré les tentatives ratées

de 2003 et de 2007. D’une

manière générale, il faut admettre

que le démantèlement d’un État

ne peut se faire en un jour, mais

demande au minimum une décennie

de chaos préalable.

Les Turcs, qui sont les premiers

dindons de la farce, ont

reçu Nechirvan Barzani à Ankara.

Le Premier ministre du gouvernement

régional du Kurdistan

irakien les a assurés qu’il ne restituerait

jamais Kirkouk au gouvernement

fédéral de Bagdad et

se dirige vers l’indépendance, tout

en leur garantissant qu’il ne tenterait

pas de soulever les Kurdes

de Turquie. Ankara dispose donc

de temps devant lui, même si la

logique des événements ressurgira

inévitablement dans les années à

venir, provoquant l’explosion de

la Turquie. Acculé, le gouvernement

de Recep Tayyip Erdoğan a

fermé sa frontière avec la Syrie,

cessant soudainement son soutien

aux mercenaires étrangers qu’il

alimente en armes depuis trois ans

et auquel il fournissait une base

arrière. Non seulement, il craint

que rapidement ses Kurdes ne se

soulèvent, mais aussi que son armée

profite de la situation pour le

renverser.

Le ralliement d’anciens officiers

et soldats de la Garde personnelle

du président Saddam

Hussein à l’ÉIIL modifie la donne.

Ces hommes entendent d’abord se

venger de leur mise à l’écart par

le gouvernement al-Maliki dont

ils tiennent responsable à la fois

les États-Unis, l’Iran et l’Arabie

saoudite. Ayant exercé des responsabilités,

ils n’ont aucune

difficulté à travailler aujourd’hui

pour Washington, comme le fit

longtemps leur leader Saddam

Hussein. Ils savent que les ambitions

iraniennes s’arrêteront

aux seules populations chiites et

tournent donc leur vindicte contre

l’Arabie saoudite.

La cible saoudienne

Dans cette perspective, Washington

considère que le moment est

venu de remodeler le royaume

saoudien, conformément au plan

de Laurent Murawiec. En 2002,

le stratège français avait conclu

sa présentation au Pentagone par

ces trois expressions : « L’Irak

est le pivot tactique ; l’Arabie

saoudite est le pivot stratégique ;

l’Égypte sera la récompense » [6].

En d’autres termes, les Saoud ne

peuvent-être renversés que depuis

l’Irak, et celui qui provoquera leur

chute contrôlera l’Égypte.

Consciente qu’ils sont la prochaine

cible, la dynastie a laissé

de côté ses querelles de famille

pour défendre ses intérêts communs.

Le roi Abdallah, qui passait

un long repos au Maroc, est

revenu à Riyad. Au passage, son

avion a marqué une escale au

Caire. Ne pouvant se déplacer, le

roi a reçu le général al-Sissi dans

son avion [7]. Il lui a confirmé que

les États-Unis ne parviendraient

pas à évincer sa famille de sitôt.

Et pour se faire bien comprendre,

il lui a garanti que le royaume

contrôlait et contrôlerait toujours

l’ÉIIL. C’est pourquoi, il avait

décidé de rappeler à son service

le prince Bandar bin Sultan qui

l’accompagnait à bord de l’avion.

Depuis 2001 et la mort réelle

d’Oussama Ben Laden, le prince

Bandar était le chef du mouvement

jihadiste international. Ce

grand-maître de la guerre secrète

ayant échoué à renverser Bachar

el-Assad et s’étant fâché avec

les États-Unis à l’occasion de la

crise des armes chimiques, fut

renvoyé à la demande de John

Kerry. Son retour est la carte maîtresse

des Séoud : Washington ne

peut espérer lancer les jihadistes

à l’assaut du royaume tant qu’il

sera aux affaires.

Furieux, le secrétaire d’État

John Kerry s’est rendu impromptu

au Caire pour mettre en garde le

président Abdel Fattah al-Sissi,

afin qu’il ne mette pas tous ses

œufs dans le même panier. Le régime

militaire égyptien est en effet

devenu totalement dépendant

des dons saoudiens. John Kerry

a débloqué 572 millions de dollars

(le tiers de l’aide habituelle à

l’Égypte, bloquée depuis le coup

d’État) et annoncé la livraison

imminente des 10 hélicoptères

Apache promis de longue date à

l’armée égyptienne pour stabiliser

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi reçu par le roi Abdallah

d’Arabie saoudite à bord de son avion.

le Golan (et par conséquent pour

garantir la sécurité d’Israël).

Poursuivant ses voyages de

préparation de la déstabilisation de

l’Arabie saoudite, John Kerry était

le 25 juin au sommet de l’Otan,

à Bruxelles. Il y a souligné que la

situation en Irak devait pousser à

« envisager sous un angle stratégique

la collecte du renseignement,

les préparatifs, la réponse,

les temps de réaction, la nature de

la réponse », en d’autres termes la

« disponibilité opérationnelle » qui

serait à l’ordre du jour du sommet

du Pays de Galles, les 4 et 5 septembre.

Le lendemain, le 26, le secrétaire

d’État se réunissait à Paris

avec ses homologues d’Arabie

saoudite, des Émirats arabes unis

et de Jordanie. Selon Associated

Press, Washington espère que

l’Arabie saoudite et la Jordanie

utiliseront les tribus bédouines

transfrontalières pour transporter

des armes et de l’argent afin de

soutenir les sunnites irakiens

(comprendre : soutenir l’ÉIIL) [8].

Poursuivant son voyage,

John Kerry se rendait, le 27, en

Arabie saoudite. Il y rencontrait

le président de la Coalition nationale

syrienne, Ahmad Jarba. Il

soulignait alors que M. Jarba est

membre de la tribu bédouine des

Chammar (comme le roi Abdallah)

qui se déplace aussi en Irak et que

l’« opposition syrienne modérée »

pouvait aider militairement à stabiliser

l’Irak [9]. On se demande

bien comment des gens qui furent

« incapables » de renverser la Syrie

malgré toute l’aide apportée

pourraient jouer un rôle militaire

en Irak et pourquoi M. Jarba, qui

entretient des liens personnels

avec l’ÉIIL, irait le combattre.

Barack Obama réagit à l’invasion de l’Irak par l’EIIL.

La parade saoudienne

Juste avant de recevoir le secrétaire

d’État, le roi Abdallah

décidait « de prendre toutes les

mesures nécessaires pour protéger

les acquis de la nation et son territoire,

et la sécurité et la stabilité

du peuple saoudien (...) au cas où

des organisations terroristes ou

autres seraient susceptibles de nuire

à la sécurité de la patrie » [10].

Dans la même ligne, le roi

Abdallah décidait de confier la

gestion du dossier irakien… au

prince Bandar bin Sultan qu’il

avait renvoyé le 15 avril… à la

demande de John Kerry à la fois

en raison de son échec à renverser

le président Bachar el-Assad et

de sa soudaine animosité contre

l’administration Obama.

Riyad est prêt à aider Washington

à démanteler l’Irak, mais

ne le laissera pas déborder en

Arabie.

Comprenant le message, le «

Gouvernement provisoire » syrien

—mis en place par la Coalition

nationale— destituait le général

Abdel Ilah al-Bashir et tout son

état-major (entièrement composé

d’officiers issus de la seule tribu

bédouine des Neim). N’ayant plus

ni troupes, ni officiers, la Coalition

pouvait affirmer avec certitude

que, dès réception, les 500 millions

de dollars promis iraient presque

directement à l’ÉIIL.

Notes

[1] « Discours à l’académie

militaire de West Point », par

Barack Obama, Réseau Voltaire,

28 mai 2014.

[2] “Obama : Notion that

Syrian opposition could have

overthrown Assad with U.S. arms

a "fantasy"”, CBS, 20 juin 2014.

[3] Version française : « Syrie

: mettre fin à l’horrible guerre

», par Ban Ki-Moon, Le Temps, 27

juin 2014.

[4] « Washington relance

son projet de partition de l’Irak »,

par Thierry Meyssan, Al-Watan

(Syrie), Réseau Voltaire, 16 juin

2014.

[5] “Kerry issues warning

after Syria bombs Iraq”, par Hamza

Hendawi et Lara Jakes, Associated

Press, 25 juin 2014.

[6] Le lecteur téléchargera

ici le texte de l’exposé Powerpoint

que m’avait alors transmis

un informateur états-unien. Malheureusement,

j’ai perdu les images.

Taking Saudis out of Arabia,

Laurent Murawiec, Defense Policy

Mossoul, la deuxième ville d'Irak, bordée de champs pétroliers, est

tombée, mardi 10 juin, aux mains de l'Etat islamique

en Irak et au Levant (EIIL)

Board, 10 juillet 2002.

[7] “Saudi king makes landmark

visit to Egypt”, Al-Arabiya,

20 juin 2014.

[8] “US, Sunni States Meet

on Mideast Insurgent Crisis”, par

Lara Jakes, Associated Press, 26

juin 2014.

[9] « Kerry, Syrian Coalition

Leader During Their Meeting in

Jeddah », Department of State, 27

juin 2014.

[10] « Décret de la Cour

royale : le serviteur des Deux

Saintes Mosquées ordonne de

prendre toutes les mesures nécessaires

pour préserver la sécurité

du royaume », Agence de presse

saoudienne, 26 juin 2014.

Réseau Voltaire 30 juin 2014

Ndlr. EIIL : acronyme français

pour État islamique en Irak et

au Levant. Le 29 juin 2014, l’EIIL

annonce le rétablissement autoproclamé

du califat dans les territoires

irakiens et syriens sous son

contrôle. Abou Bakr al-Baghdadi

al-Husseini al-Qurashi est proclamé

calife sous le nom d'Ibrahim.

L'EIIL prend officiellement le nom

d'État islamique.

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 11


Perspectives

Violations des droits humains commises par Coca Cola en Colombie

Déclaration écrite du Centre Europe-Tiers Monde

26ème session du Conseil des droits de

l’homme 2014. Point 3 Promotion et

protection de tous les droits humains,

droits civils, politiques, économiques

et culturels, y compris le droit au

développement Cote ONU: A/HRC/26/

NGO/96

La société transnationale Coca Cola

(2) s’est installée en Colombie

dans les années 1940, par le biais

de la franchise octroyée aux usines

d’embouteillage Indega S.A. dans le

centre, sur la côte nord et au nord-est

de la Colombie, créant d’autres franchises

telles que Bebidas y Alimentos

de Urabá. Les usines d’embouteillage

regroupées sous Indega S.A. ont été

achetées en 1995 par Panamco Beverages

Inc. dont 25% des actions sont détenues

par Coca Cola. En mai 2003, Fomento

Mexicano S.A., par le biais de la

franchise Coca Cola Femsa S.A., a acheté

Panamco alors que Coca Cola conservait

31,6% des actions de l’entreprise.

Coca Cola Femsa détient la franchise en

Colombie avec laquelle elle opère dans

la majorité des pays d’Amérique latine.

Grâce à ce montage légal qui relève

d’une procédure d’externalisation, Coca

Cola gère la production et la vente de

ses produits en préservant son contrôle

sur les marques qu’elle détient,

en maintenant le pouvoir de décision

de ses actionnaires et sa participation

dans les conseils d’administration des

entreprises locales. Coca Cola conserve

également le contrôle de tout le

processus de fabrication, des matières

premières à la distribution en passant

par les ingrédients, la production et la

politique en matière de travail, tout en

refusant d’endosser la moindre responsabilité

pour les violations des droits

humains commises.

Les impacts des activités de Coca

Cola en Colombie touchent entre autres

l’environnement et la santé (3). Mais

surtout l’histoire de Coca Cola en Colombie

est celle d’une attaque permanente

contre le droit du travail et les

droits syndicaux qui s’est, entre autres,

traduite par l’assassinat de plus de dix

syndicalistes et des liens présumés entre

Coca Cola et des groupes paramilitaires.

L’allongement de la journée de

travail et l’accroissement de la cadence

de travail ont permis à l’entreprise Coca

Cola Femsa de continuer à faire fonctionner

cinq usines d’embouteillages en

fermant, en contre partie, onze autres

en 2003, licenciant ainsi des centaines

d’employés. Les affilés à Sinaltrainal

ont entamé une grève de la faim en

mars 2004, pour tenter de bloquer ce

renvoi massif de travailleurs. En 2014,

une immense usine d’embouteillage

dont les locaux sont en train d’être édifiés

dans la municipalité de Tocancipá

à Cundinamarca devrait être bientôt

opérationnelle. Il est prévu de nouvelles

fermetures d’usines d’embouteillage et

d’importants licenciements de personnel.

D’après certains documents officiels

de l’entreprise – documents connus

des dirigeants de Sinaltrainal –

comme les dénommés « Dia D », « Pla

Padrino » et « El Corrientazo », le syndicat

Sinaltrainal est considéré comme

un obstacle à la réalisation de l’objectif

de réduction des coûts de travail. En effet,

Sinaltrainal s’oppose à toute forme

de sous-traitance, or près de 70% des

7000 travailleurs sont employés via ce

type de contrat à travers des entreprises

de façades. Nombre d’entre elles sont

de la propriété de cette même société

transnationale comme, entre autres

Atencom S.A.S., Imbera, OXXON, FL

Colombia S.A.S. Ces entreprises soustraitantes

permettent d’éviter tout lien

contractuel direct entre les travailleurs

et Coca Cola et empêche l’association

syndicale. De cette façon, elles évitent

d’appliquer les avantages sociaux stipulés

dans la convention collective de

travail. Sinaltrainal lutte contre le soi

disant plan des ressources humaines

qui est en fait un plan de la transnationale

pour affaiblir le syndicat (qui

compte aujourd’hui seulement 287

travailleurs affiliés), abroger la Convention

collective de travail et exercer des

pressions illégales sur les travailleurs

pour qu’ils renoncent à leurs contrats

de travail.

Le 10 août 2004, Coca Cola,

avec le consentement du Ministère du

travail, a révoqué les statuts de Sinaltrainal,

réussissant ainsi à empêcher

que d’autres travailleurs externalisés

puissent s’affilier au syndicat.

L’entreprise a saisi la justice du pays

pour rendre illégales les sections de

Sinaltrainal à Bogota, Girardot, Santa

Marta, Cali et Villacencio, entre autres,

sans toutefois atteindre son objectif. La

section de l’usine de Villacencio a été

de nombreuses fois confrontée à ce type

d’attaque. Actuellement le Tribunal du

travail de la ville de Bogotá doit statuer

sur le cas n° 0240-2012 à travers lequel

l’usine d’embouteillage de Villavicencio

appartenant à Coca Cola sollicite

de nouveau que la section syndicale

soit déclarée illégale. Elle a également

essayé d’obtenir des juges (sans y réussir)

le renvoi de dirigeants.

Afin de répandre la peur chez les

travailleurs pour qu’ils ne s’affilient pas

à Sinaltrainal ou renoncent à toute affiliation

syndicale, l’administration de

la société transnationale développe une

campagne qui vise à faire passer les

agresseurs pour les victimes : elle nourrit

ainsi des campagnes systématiques

de stigmatisation envers les membres

de Sinaltrainal, en publiant des photos

de travailleurs et de membres de leurs

familles et en les accusant de vandalisme

et d’avoir endommagé des biens.

Elle a provoqué des préjudices moraux

et matériels, en mettant en danger la

vie et l’intégrité de plusieurs membres

de Sinaltrainal (4). Ces derniers étaient

impliqués dans des procès pénaux

en étant accusés d’injures, de calomnie,

de dommages aux biens d’autrui,

d’association de malfaiteurs, de rébellion,

de terrorisme, entre autres. Plus de

12 dirigeants de Sinaltrainal ont ainsi

été emprisonnés injustement. Étant

donné qu’un mandat d’arrêt leur avait

été notifié, Coca Cola en a profité pour

leur annoncer leur licenciement « pour

juste motif ». Cependant, l’entreprise a

été dans l’obligation de les réintégrer à

leurs postes de travail car ils ont été reconnus

innocents (5).

Pour entraver la liberté syndicale,

la société transnationale réprime toute

protestation en employant des moyens

militaires. Par exemple, et le cas est

loin d’être isolé, le 17 décembre 2010

dans l’usine de Medellin, la police est

intervenue avec des chars blindés pour

faire sortir par la force les travailleurs et

membres de Sinaltrainal qui bloquaient

la sortie des véhicules de distribution.

Des représentants de Coca Cola, escortés

par des policiers, se sont présentés

au domicile des travailleurs avec des

préavis de licenciement.

Le conflit social, politique et

armé qui sévit en Colombie depuis plus

de 50 ans, est utilisé comme prétexte

par l’État et les transnationales comme

Coca Cola, pour développer une politique

anti-syndicale, en prétendant

établir un lien entre l’activité syndicale,

les revendications et les protestations

des travailleurs, avec des actes

d’organisations en marge de la loi ou

auteures d’actes violents. Plusieurs

membres de Sinaltrainal qui travaillent

pour les usines d’embouteillage de

Coca Cola ont été accusés à tort par le

Département administratif de sécurité

(DAS) de représenter un danger pour la

sécurité nationale.

La société transnationale a été

mise en cause pour ses liens et son

soutien à la guerre que livrent les forces

de sécurité de l’État. Un exemple de

cela est la réunion (intitulée « Guidados

por orgullo » Guidés par la fierté)

de cadres des usines d’embouteillage de

Coca Cola sur la base militaire de Tolemaida

en février 2010, qui vêtus de

l’uniforme militaire ont participé à un

entraînement de manœuvres de guerre

(6).

Il convient d’ajouter à cela les 68

travailleurs affiliés à Sinaltrainal qui travaillent

pour des usines d’embouteillage

de Coca Cola depuis 1984 et qui sont

menacés de mort, les exilés (7), les

personnes déplacées avec leur famille

et que l’entreprise refuse de ré-installer

dans d’autres villes (8), les travailleurs

emprisonnés sur la base de fausses accusations

(9)... Soulignons également

l’assassinat de onze travailleurs syndiqués

(10), dont cinq travaillaient dans

l’usine d’embouteillage de Carepa Antioquia.

L’un d’entre eux, Isidro Segundo

Gil, a été assassiné dans l’enceinte

même de l’usine le 5 décembre 1996,

le jour même de l’arrivée à échéance de

la période légale pour que l’entreprise

engage des discussions portant sur le

cahier des charges de Sinaltrainal (11).

Ces mêmes assassins ont arraché les

portes du siège de Sinaltrainal et ont

mis le feu à leurs installations. Le 26

décembre 1996, un autre travailleur de

Coca Cola à Carepa fut sorti de force de

l’usine d’embouteillage par des membres

présumés des forces paramilitaires

et fut assassiné près du cimetière de

Chigorodó (Antioquia) (12).

Seul le cas de l’assassinat de Adolfo

de Jesús Munera López a conduit à

une condamnation (13), dans les autres

cas les enquêtes n’ont donné lieu à

aucune condamnation.

En 2002, une plainte a été déposée

devant la Cour du District de Miami,

en Floride, contre Coca-Cola, dont le

siège est à Altanta, pour sa présumée

complicité dans l’assassinat de syndicalistes

colombiens. « Nous voulons que

justice soit faite et que les gens sachent

la vérité à propos de ce qui s’est passé

contre les employés de Coca-Cola », a

La plainte concerne l’assassinat du syndicaliste Segundo Gil en 1996,

peu après que Richard Kirby, le propriétaire étatsunien de l’usine de

Carepa, Antioquía, a dit qu’il ferait le nécessaire pour tuer et faire

disparaître les travailleurs qui essayeraient de se syndicaliser

Coca Cola continue de bénéficier d’une certaine impunité en ce qui

concerne les violations des droits humains et du droit du travail et

syndicaux en Colombie

dit Javier Correa, le président de Sinaltrainal.

La plainte concerne l’assassinat

du syndicaliste Segundo Gil en 1996,

peu après que Richard Kirby, le propriétaire

étatsunien de l’usine de Carepa,

Antioquía, a dit qu’il ferait le nécessaire

pour tuer et faire disparaître les travailleurs

qui essayeraient de se syndicaliser

et que, pour cela, il s’était mis d’accord

avec des mercenaires à ce sujet.

Terry Collingsworth, juriste auprès

de l’International Labor Rights

Fund, se demande pourquoi Coca-Cola

n’est pas intervenue pour mettre un

terme à toute cette violence ? Il ajoute :

« Coca-Cola, comme beaucoup d’autres

entreprises, contrôle toute la filière de

production et collecte les bénéfices ;

mais affirme qu’elle n’a pas de responsabilités

envers les travailleurs ».

A cela, Coca Cola a répondu en

dénonçant, devant le Bureau du Procureur,

des membres de Sinaltrainal pour

avoir porté l’affaire devant les tribunaux

des États-Unis (14). Et le 11 août

2009, le juge étatsunien Thomas K.

Kahn Clerck a mis un terme à la procédure

lancée par Sinaltrainal contre Coca

Cola en se déclarant incompétent pour

juger ce cas pour absence de juridiction.

(15)

En avril 2006, le Tribunal permanent

des peuples a jugé Coca Cola et

d’autres multinationales, dont Nestlé,

coupables d’avoir violé les droits humains

des travailleurs, d’avoir essayé

de démanteler Sinaltrainal et de piller

les ressources naturelles en Colombie,

en particulier l’eau.

Grâce à une importante pression

internationale, le Centre Carter

des États-Unis s’est réuni avec des

représentants de Coca Cola et de Sinaltrainal,

puis des discussions ont été

entamées avec Coca Cola en mars 2007

aux États-Unis. Cependant la société

transnationale a essayé de gagner du

temps par rapport à la dénonciation

sus-citée pour changer les conditions

d’un accord éventuel. Sinaltrainal a eu

recours au Comité de la liberté syndicale

de l’Organisation internationale du travail

(OIT) (16) en déposant une plainte

qui, au fil du temps, s’est allongée de

par d’autres violations commises par

Coca Cola en Colombie. Cependant, les

recommandations émises n’ont pas été

respectées (17).

Devant la persécution dont les

travailleurs des usines d’embouteillage

de Coca Cola sont victimes et face à

l’imminent danger pour leur vie et leur

intégrité, la Commission interaméricaine

des droits de l’homme a dicté des

mesures provisionnelles pour 26 affiliés

de Sinaltrainal.

Le 9 octobre 2012, le European

Center for Constitutional and Human

Rights (ECCHR) et le Colectivo de Abogados

José Alvear Restrepo (CAJAR) de

Colombie, avec le soutien de la Centrale

unitaire des travailleurs du Chili (CUT),

ont présenté une déclaration devant le

Bureau du Procureur de la Cour pénale

internationale à La Haye, pour demander

que soit entamée une action pénale

concernant la violence anti-syndicale

en Colombie. Dans les affaires présentées,

plusieurs des personnes assassinées

sont des dirigeants de Sinaltrainal.

En 2008, l’OIT a effectué une

mission en Colombie pour évaluer la

situation ; mais elle n’a pas pris en

compte les faits passés : les assassinats,

les menaces de mort, les attentats, les

tentatives de séquestration, les attaques

contre le syndicat, les renvois massifs,

les dégâts sur l’environnement et les

preuves de ces faits présentées par Sinaltrainal

n’ont ni été mises en valeur,

ni acceptées.

Coca Cola continue de bénéficier

d’une certaine impunité en ce qui

concerne les violations des droits humains

et du droit du travail et syndicaux

en Colombie. Cela illustre le besoin

d’avoir un instrument international

contraignant qui permette de contrôler

les activités des entreprises transnationales

et ses impacts sur les droits

humains ainsi que de garantir justice et

réparation aux victimes.

Seul un instrument international

contraignant pour les sociétés transnationales

peut générer une pression

légale, sociale et politique pour que soit

mis un terme aux assassinats de syndicalistes

et à la précarisation du marché

du travail. Cet instrument devrait également

permettre d’obliger l’État colombien

à juger et punir les responsables de

la persécution des syndicalistes colombiens.

Pour ces raisons, le Centre Europe-Tiers

Monde (CETIM) demande

au gouvernement des États-Unis de se

conformer à son obligation de garantir

que les activités des sociétés transnationales

qui ont leur siège dans son

territoire, ne violent pas les droits

humains dans d’autres pays et, le cas

échéant, de garantir l’accès à la justice

aux victimes. Nous appelons en particulier

le gouvernement des États-Unis à

intervenir pour mettre un terme aux attaques

incessantes de Coca Cola contre

les droits humains, le droit du travail

et les droits syndicaux en Colombie et

assurer que les victimes obtiennent justice

et réparation.

Le CETIM demande aussi au gouvernement

colombien de se conformer

à son obligation d’assurer le respect

et la protection des droits humains en

Colombie, en particulier les droits du

travail, syndicaux et d’association pacifique,

de prendre urgemment toutes

les mesures pour garantir la sécurité et

l’intégrité physique des syndicalistes

de Sinaltrainal. Nous appelons en particulier

le gouvernement colombien

Suite à la page (16)

12

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014


Perspectives

Arrêtez de vous prosterner

devant Israël !

L’Argentine honore ses échéances, mais

n’obtient pas le « Stay »

Par Gideon Levy

Au secours ! Au secours !Sur les briques : "mensonges,

mensonges, mensonges" Carlos Latuff

VIème Sommet des BRICS :

Les graines d’une nouvelle

architecture financière

Par Ariel Noyola Rodríguez *

Les Américains et les Européens

ont essayé la voix de la raison et ils

ont échoué. Ils doivent désormais

s’adresser à Israël dans le langage

qu’il comprend le mieux (et ce n’est

pas l’hébreu).

S

’il y a une communauté internationale,

qu’elle le fasse savoir rapidement.

Car pour le moment il est clair

qu’il n’y a plus aucune intervention

internationale en Israël. Les Américains

ont plié bagages, les Européens ont renoncé,

les Israéliens s’en réjouissent et

les Palestiniens sont désespérés.

De temps à autre, un pape ou un

ministère des affaires étrangères vient

faire un petit tour (celui de la Norvège

était ici la semaine dernière), prononce

du bout des lèvres quelques mots, pour

la paix, contre le terrorisme et les colonies,

puis disparait comme il était venu.

Au bout du chemin le roi a été remplacé

par un clown (référence à Shakespeare).

Ils abandonnent le conflit aux

soupirs des Palestiniens et l’occupation

aux mains d’Israël, à qui on peut faire

confiance pour la faire fructifier d’une

main encore plus ferme.

Ce retrait de l’humanité est inacceptable

: la communauté internationale

n’a pas le droit de laisser les choses

en l’état, même si c’est le souhait le

plus ardent d’Israël.

La situation actuelle n’est pas

acceptable au 21ème siècle. Il y a effectivement

de quoi se lasser s’il s’agit

de creuser le même sillon et de faire

les mêmes propositions dérisoires à un

sourd. L’échec américain montre qu’il

est le temps d’adopter une autre méthode,

jamais tentée à ce jour. Le message,

tout comme les moyens de le faire

entendre doivent changer. Le message

doit concerner les droits civiques et l’on

doit recourir aux sanctions pour le faire

entendre.

Jusqu’à présent on a utilisé

la flagornerie à l’égard d’Israël,

Suite à la page (18)

Le lendemain de la finale de la Coupe

du monde au Brésil, débutera le VI

ème Sommet des BRICS (Brésil, Russie,

Inde, Chine, Afrique du Sud). Forteleza

et Brasilia seront les villes phares de

cette rencontre qui aura lieu les 14,15

et 16 juillet pour asseoir enfin une architecture

financière d’une nouvelle estampille

sous le slogan : « Croissance

incluante et solutions durables ». A la

différence des initiatives de régionalisation

financière asiatique et sudaméricaine,

les pays des BRICS, en ne formant

pas un espace géographique commun,

sont moins exposés à subir des turbulences

financières en même temps,

accroissent l’efficience de leurs instruments

défensifs.

Un Fonds de Réserve monétaire

nommé Accord de Fonds de Réserves

(« Contingent Reserve Arrangement

(CRA) » en anglais) et une banque

de développement, appelée Banque

BRICS, rempliront les fonctions de

mécanisme multilatéral d’appui aux

balances des paiements et fonds de financement

de l’investissement. De facto,

le BRICS prendra ses distances avec

le Fond Monétaire International (FMI)

et la Banque Mondiale (BM), institutions

créées il y a 70 ans dans l’orbite

du Département d’Etat au Trésor des

Etats-Unis d’Amérique. Au milieu de

la crise, les deux initiatives ouvrent des

espaces de coopération financière face

à la volatilité du dollar, et des alternatives

de financement pour les pays en

situation critique sans les soumettre à

conditions à travers des programmes

d’ajustement structurel et de reconversion

économique.

Comme conséquence de la décélération

croissante économique mondiale,

il est devenu plus compliqué pour

les pays des BRICS d’atteindre des taux

de croissance de 5%. La baisse soutenue

du prix des matières premières à usage

industriel due à une moindre demande

du continent asiatique et le retour de

capitaux à court terme vers Wall Street

Suite à la page (18)

Par Estelle Leroy-Debiasi *

Le ministre de l’économie Argentin Axel

Kicillof a annoncé jeudi 26 juin que

l’Argentine versait l’argent de ses échéances

aux détenteurs de titres de la dette

restructurée. De son coté, la justice Us a

refusé de réintroduire la procédure de «

stay ».

Menez Jean-Jerome

Attorney at Law

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(914) 643-1226 cell

Le ministre de l’économie

Argentin Axel Kicillof

« La République Argentine a procédé

au paiement du capital et intérêts des

titres de la dette restructurée pour 832 millions

de dollars dont 539 millions ont été

déposés sur les comptes 15 098 y 15 002

de la banque de New York Mellon (BONY)

à la Banque Centrale argentine (BCRA) ».

« Ajouté aux échéances en pesos, le paiement

réalisé aujourd’hui dépasse les 1

000 millions de dollars » a expliqué hier

26 juin le gouvernement argentin.

Précisant que le pays ayant payé

l’échéance en temps et en heure, désormais

les propriétaires des fonds ainsi déposés

par l’Argentine étaient « les détenteurs

de titres qui ont accepté la restructuration

de la dette » en 2005 et 2010, et que

l’Argentine avait « rempli » ses obligations,

quelles que soient les injonctions de

la justice US en faveur des fonds vautours,

en l’occurrence NML Capital de Paul Singer

(voir L’Argentine élabore une solution

pour payer ses échéances.

Le ministre a aussi souligné

que c’est une décision souveraine de

l’Argentine d’honorer ces paiements "en

temps et en forme", mais que si quelqu’un

y faisait obstruction, il pourrait s’exposer

à des actions judiciaires , afin de faire

valoir les droits du pays comme nation

souveraine et membre de la communauté

internationale dans le cadre du droit international

, se référant à l’ Organisation des

Etats Américains (article 61), l’ONU (articles

2º incise 1 et 4), accord du FMI (article

4º), devant le Tribunal International

de La Haye .

Ainsi, le défaut technique est évité...

mais pour combien de temps. Les

prochaines heures vont connaître des

rebondissements. Puisque quasi simultanément

le juge Griesa a annoncé rejeter

la demande de l’Argentine préalable à la

négociation de rétablir la clause de « stay

», sursis à exécution, qui lui aurait permis

d’honorer l’ échéance de la dette restructurée

au 30 juin, sans avoir à payer avant

ou en même temps les 1,3 milliard de dollars

cash au fonds vautours.

Ce n’est pas faute d’un concert de

soutiens venus de tous horizons y compris

les plus surprenants ces dernières 48

heures, tant l’application de la sentence

du juge Griesa, sur la quelle la Cour Suprême

a refusé de se pencher, ébranle la

planète finance en matière de dettes souveraines,

à commencer par la place de

New-York. La question dépasse largement

l’Argentine. Et c’est pourquoi le ministre

de l’économie s’est expliqué hier devant

les Nations Unies.

Non seulement l’Argentine a reçu

le soutien de ces voisins régionaux, mais

aussi du Groupe des 77 et de la Chine ;

mais de plusieurs analystes et éditorialistes

du New York Times, du Wall Street

Journal, du Financial Times, par la plume

de Martin Wolf s’indignant, employant le

terme d’extorsion pour qualifier le jugement

de Griesa. Sans oublier le conservateur

« Foreign Affairs », mais aussi un

groupe de plus de 100 parlementaires, intellectuels

et universitaires britanniques...

ni ceux qui s’étaient déjà faits connaître

auparavant comme Amicus Curae ou le

FMI parmi les premiers à réagir.

L’interprétation très particulière de

la clause de « pari passu » faite par le juge

newyorkais pour « protéger » un groupe

de créanciers très minoritaires- puisque

92,4% des créanciers sont entrés dans la

restructuration- suscite l’effroi ; mais surtout

les responsabilités du séisme à venir

se cherchent aujourd’hui du coté de la

Cour Suprême qui a décidé de se laver les

mains de cette affaire, et chacun y va de la

nécessité de mettre au point de nouveaux

garde-fous, si on veut qu’il y ait encore

des restructurations de dettes souveraines...

un jour.

Car par sa décision la Cour Suprême

des Etats-Unis a subitement réécrit les règles

du jeu en matière de dette souveraine,

et les implications de sa décision dépassent

très largement le cas de l’Argentine

à moyen terme. Puisqu’elle est synonyme

d’impossibilité de mener des restructurations

de dettes souveraines de façon «

sécurisée », donc personne ne se prêtera

plus au jeu. D’où l’embarras en premier

lieu du FMI ; certes de nouveaux contrats

incluent des clauses d’actions collectives

protégeant mieux les créanciers de dettes

restructurées contre l’action d’un autre

créancier faisant cavalier seul. Toutefois,

il faudrait aller plus loin. Un mécanisme

PAUL J. JOURDAN

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de protection des restructurations de dettes

souveraines avait déjà été évoqué il y a

plus de dix ans.

Concrètement pour l’Argentine,

qu’en sera-t-il des prochaines heures et

jours .La nomination d’un médiateur il y

a quelques jours, en l’occurrence l’avocat

Daniel Pollock du cabinet newyorkais Mc-

Carter & English LLP, pour ouvrir une négociation

avec les fonds Vautours n’a pas

empêché l’épreuve de force.

Le rôle de Pollack -dont les compétences

sont reconnues dans ce type de

litige- était de « conduire et superviser les

négociations pour un accord entre les parties

dans ce litige » selon la définition de

Griesa. L’intention du gouvernement argentin

tel qu’il l’a encore rappelé – notamment

dans les communiqués sortis ces

jours derniers dans la presse mondiale, est

d’arriver à un accord permettant de payer

100% des créanciers mais sans mettre en

danger la restructuration de la dette ni le

paiement des échéances prévues. D‘où le

paiement strictement à l’heure pour ne pas

dire en avance des échéances, prévues au

30 juin.

La question étant de savoir si

l’argent parviendra effectivement à « ses

propriétaires » à savoir les détenteurs de

titres de la dette restructurée. Mais y a-til

encore place pour la négociation ? La

clause de « settlement » permet des accords

judiciaires et extrajudiciaires avec les

créanciers sans qu’ils soient étendus aux

détenteurs de titres de dette restructurée,

ce qui permet de laisser le « pari passu » ;

et cela alors que la Clause de « Droits sur

les offres futures » (RUFO), permettant

aux créanciers de la dette restructurée de

porter réclamation en cas de meilleure offre

ne prend fin qu’au 31 décembre 2014.

Plusieurs pistes avaient été évoquées

ces derniers jours, celle du swap

de titres semble être mise de coté car trop

compliquée (afin de changer le lieu de

paiement des échéances), une autre pourrait

être creusée à l’avenir, que l’Argentine

se porte acquéreur des titres ou d’une partie

des titres sur le marché.

Il semble que les titres de la dette

restructurée se négocient plutôt bien sur

le marché, ainsi le Gramercy Funds Management

LLC très engagé dans le processus

de restructuration de la dette aux cotés

de l’Argentine, et qui avait un temps essayé

de faciliter une éventuelle négociation

avec les fonds vautours, aurait vendu

ces titres à très bon compte il y a quelques

semaines.

* Estelle Leroy-Debiasi est journaliste

professionnelle, Diplômée en Economie,

ex rédactrice en chef du quotidien

économique La Tribune.

El Correo. Paris, 26 juin 2014

DENNIS MULLIGAN,

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Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 13


Les USA entraînent des boursiers

pour mener une «guerre de

velours» à Cuba

Par Carlos Fazio *

La Fondation National Cubano-

Américaine (FNCA) refait surface.

En réalité elle n’a jamais délaissé

l’industrie de la contre-révolution.

S’il y a quelque part de l’argent pour

financer des activités subversives

contre Cuba, Jorge Mas Santos est

sur les rangs. Dans la conjoncture

actuelle, il ne s’agit pas de plans

d’assassinat de personnalités, ni de

sabotages ou d’actions terroristes

dans l’île, comme ce que la FNCA a

mené par le passé. Ses actions sont

aujourd’hui moins meurtrières : préparer

et former de jeunes cubains

aux technique de la soi-disant «

guerre de velours » afin qu’ils deviennent

les leaders de l’opposition.

l’initiative du Département

A d’Etat des Etats-Unis, ce programme

de bourses se propose de repérer

et d’attirer des étudiants ayant

un certain niveau intellectuel et des

positions hypercritiques par rapport

à l’actuelle politique cubaine, afin de

les entraîner aux techniques subversives

destinées à attirer les masses et

à organiser des actions de destabilisation

et de désobéissance sociale, y

compris certaines pouvant revêtir des

formes violentes. On cherche de cette

manière à reproduire dans l’île le

modèle des « coups d’Etat en douceur

», tel qu’il a été appliqué en Libye,

Syrie, Ukraine et Venezuela.

Le premier « cours intensif »

destiné à fabriquer de soi-disant «

nouveaux leaders » pour Cuba s’est

achevé en mai de cette année dans

RINCHER

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Email: rincherexpress@gmail.com

Barack Obama et Jorge Mas Santos

l’Etat de Floride. Les bourses ont été

allouées par le Miami Dade College

et la Fondation des Droits Humains

à Cuba (FDHC, qui sert de couverture

à la FNCA) dans le cadre d’un

programme baptisé « Nous sommes

un seul et même peuple ». Les deux

Fondations reçoivent des subventions

de l’Agence pour le Développement

International des Etats-Unis

(USAID, initiales en anglais) laquelle

dépend du Département d’Etat.

Ce programme de bourses

s’inscrit dans un nouveau plan

subversif concerté par le gouvernement

de Barack Obama avec la mafia

contrerévolutionnaire de Miami.

Grâce à des subventions de l’AID et

d’autres organismes privés, la FNCA

et la FHRC mènent une campagne

idéologique anti cubaine permanente.

Pour cela, elles ont payé des

spécialistes en communication, donné

des ordinateurs, des téléphones

portables, des appareils photo et des

caméras vidéo, des DVD, des mémoires

flash, des drapeaux, de la propagande

en tout genre, de l’argent,

des denrées alimentaires, des médicaments

et toute sorte de produits et

de services aux groupuscules dissidents

de l’intérieur.

Mas Santos a déclaré au journal

El Nuevo Herald que l’objectif était de

préparer aux Etats-Unis jusqu’à 100

étudiants par semestre. Répondant

aux critiques formulées à propos du

faible niveau de la première « promotion

» de boursiers, le président de la

FNCA a promis qu’à l’avenir la sélection

serait plus rigoureuse.

Le programme du Département

d’Etat pour des boursiers cubains

s’inscrit dans le cadre de ce que l’on

a appelé les « révolutions de couleur

» qui ont permis de déstabiliser et/

ou de renverser des gouvernements

jugés comme étant les ennemis de

Washington. Les techniques du «

coup d’Etat en douceur » incluent

des stratégies et tactiques militaires

non violentes (mais aussi violentes)

élaborées par la Albert Einstein

Institution de Gene Sharp et Robert

Helvey et le Centre International du

Conflit Non violent de l’ex-banquier

Peter Ackerman, prédisent de la

Freedom House. Comme en Ukraine

et au Venezuela, l’idée est d’entraîner

des « étudiants » aux techniques qui

permettent de tromper, fragmenter,

désorienter et détourner des masses

mobilisées dans les rues, pour les

décourager et les conduire à des

actes de violence tandis que dans le

même temps on promeut la négation

des principes et des valeurs nationales

et on cherche à mettre en avant

d’autres exogènes, qui seraient conformes

aux intérêts des Etats-Unis

d’Amerique.

L’instruction de jeunes cubains

au Miami Dade College fait partie

d’un vaste réseau d’opérations

menées ouvertement ou secrètement

par le Pentagone et le Département

d’Etat, telles que le ZunZuneo, projet

illégal et clandestin élaboré, financé

et mis en pratique dans le but de semer

le désordre à l’intérieur de l’île

grâce à un Twitter cubain.

L’intention de cette plateforme

de services de télécommunications

illicites vers Cuba depuis l’étranger

était d’envoyer aux particuliers

cubains des messages politiques

visant à influencer leur prise de positions

et à les pousser à agir contre

le gouvernement. Un vaste réseau

de contractants privés, d’entreprises

prête-nom, de serveurs informatiques

et de comptes bancaires dans

différents pays a été mis en place afin

d’occulter délibérément la part active

prise dans la réalisation de ce projet

par les agences gouvernementales

états-uniennes.

Les millions de dollars dont dispose

le Programme Cuba de l’AID ont

servi à d’autres initiatives similaires,

telle que Conmotion, outil développé

initialement pour un usage militaire

par l’Institut de Technologie ouverte

(OTI) de la New America Foundation

(dont le siège se trouve à Washington)

et qui consiste à créer des réseaux

de transmissions sans fil indépendants

et formant un maillage

afin d’établir un lien avec l’extérieur

en dehors de tout contrôle gouvernemental,

ce qui permet de désinformer

les utilisateurs concernant la situation

dans leur pays et de les convoquer

à participer à des manifestations.

D’autres agences du gouvernement

des Etats-Unis d’Amérique,

telles que l’Officine de Transmissions

à Cuba, promeuvent des projets illégaux

comme par exemple Piramideo,

plate-forme de communications

destinée à envoyer massivement

des messages aux utilisateurs dans

l’île. Au cours du premier mandat

d’Obama, 142 millions de dollars

du budget fédéral ont été alloués à

ce genre d’initiatives ainsi qu’aux

stations de Radio et TV Marti (utilisées

pour la guerre médiatique). Ces

dernières ont reçu plus de 770 millions

de dollars depuis la date de leur

création.

Cuba et les pays d’Amérique

latine n’ont pas besoin de petits

chefaillons émeutiers ni d’actions illégales,

d’ingérence, de subversion

qui portent atteinte à la stabilité, à

l’ordre constitutionnel et à la souveraineté

cubaine – et qui d’ailleurs

portent également atteinte au droit

international et aux principes de la

Charte des Nations Unies. Ce dont ils

ont besoin c’est que les Etats-Unis

ouvrent les portes de leurs universités

et partagent leurs acquis dans la

recherche scientifique, par exemple

dans le domaine de l’industrie alimentaire

ou de la production de médicaments

de dernière génération. Ils

ont besoin de projets qui favorisent

leur développement scientifique et

technologique et contribuent à leur

croissance économique.

* Carlos Fazio est un journaliste

uruguayen, résidant à Mexico.

Il fait partie de la rédaction du journal

La Jornada et collabore avec

l’hebdomadaire uruguayen Brecha.

La Jornada. Mexico,

23 juin 2014.

Traduit de l’espagnol pour

El Correo par : Marie-Rose Ardiaca

El Correo. Paris, le

2 juillet 2014

Les Etats-Unis

BNP-Paribas et la

souveraineté de la

France

Les transactions mises en cause par Washington ont eu lieu à partir de

filiales de la BNP Paribas installées en Europe et non pas aux Etats-Unis.

Par Salim Lamrani *

Les Etats-Unis s’apprêtent à infliger

une amende record à la plus importante

banque française en raison

de ses relations commerciales avec

Cuba et d’autres pays sous embargo.

Ceci, en flagrante violation du

droit international et de la souveraineté

de la France.

Après avoir sanctionné la

banque Crédit Suisse d’une amende

record de 2,6 milliards de dollars en

mai 2014, les Etats-Unis ont prévu

de sanctionner la banque française

BNP Paribas d’une amende de 10

milliards de dollars et d’un retrait

temporaire de sa licence bancaire sur

leur territoire. Washington reproche

à cette banque d’avoir réalisé des

transactions en dollars – monnaie

utilisée lors des échanges internationaux

– avec des pays sous embargo,

notamment Cuba, entre 2002

et 2009.

En effet, Cuba est victime d’un

état de siège économique depuis

plus d’un demi-siècle, lequel affecte

tous les secteurs de la société et les

catégories les plus vulnérables de la

population, à savoir les enfants, les

femmes et les personnes âgées. En

plus d’interdire tout commerce bilatéral

(à de rares exceptions près) entre

l’île de la Caraïbe et les Etats-Unis,

les sanctions économiques imposées

en 1960 disposent d’un caractère extraterritorial

et constituent un obstacle

au développement des relations

commerciales et financières de Cuba

avec le reste du monde.

Pourtant, selon le droit international,

il est strictement interdit

d’appliquer de manière extraterritoriale

une législation nationale. La

loi française ne peut s’appliquer en

Allemagne et la loi brésilienne ne

peut s’appliquer en Argentine. Or,

la législation étasunienne sur les

sanctions économiques contre Cuba

(et d’autres pays sous embargo)

s’applique partout dans le monde et

affecte BNP Paribas.

Aux yeux de la législation

française et du droit international,

BNP Paribas n’a commis absolument

aucune irrégularité. L’établissement

financier étant une banque française,

il n’est aucunement soumis à la loi

étasunienne, au nom d’un principe

fondamental du droit international

qui est la non-extraterritorialité des

lois. La législation étasunienne ne

peut s’appliquer que sur le territoire

national et ne peut franchir les frontières.

Par ailleurs, les transactions

mises en cause par Washington ont

eu lieu à partir de filiales de la BNP

Paribas installées en Europe et non

pas aux Etats-Unis. C h r i s -

tian Noyer, gouverneur de la Banque

de France, a été clair à ce sujet :

« Nous avons vérifié que toutes les

transactions incriminées étaient conformes

aux règles, lois, réglementations,

aux niveaux européen et

français ». Il n’y a « aucune contravention

à ces règles, ni d’ailleurs aux

règles édictées par les Nations unies

» de la part de BNP Paribas[1].

BNP Paribas a d’ores et déjà

été contrainte de licencier plusieurs

responsables impliqués dans ses

échanges litigieux aux yeux des autorités

étasuniennes et envisage de

négocier une sanction moins lourde

en utilisant le procédé du « plaider

coupable », même si aucune faute

n’a été commise.[2]

Sur ce sujet, la position officielle

de la France est extrêmement troublante.

En effet, au lieu de défendre

les intérêts d’une grande entreprise

qui n’a commis aucun délit aux yeux

de la législation nationale et du droit

international, le gouvernement du

Président François Hollande a accepté

le point de vue étasunien en reconnaissant

« l’infraction commise » et

se contente seulement de dénoncer le

« caractère disproportionné des sanctions

envisagées ». Au lieu de défendre

la souveraineté nationale et de

condamner l’application extraterritoriale

et illégale de la loi étasunienne

contre les intérêts fondamentaux de

la nation, Paris se limite à implorer

un châtiment moins sévère[3]. En se

pliant aussi docilement aux injonctions

de Washington, la France renonce

à son indépendance et ternit

durablement son image sur la scène

internationale.

[1] Les Echos, « Les Etats-Unis font

monter la pression sur BNP Paribas

», 29 mai 2014.

[2] Ibid.

[3] Le Monde, « Sanctions contre

BNP Paribas : Paris met le traité de

libre-échange dans la balance », 5

juin 2014.

Salim Lamrani. Docteur ès

Etudes Ibériques et Latino-américaines

de l’Université Paris IV-Sorbonne,

est Maître de conférences à

l’Université de La Réunion, et journaliste,

spécialiste des relations entre

Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel

ouvrage s’intitule Cuba. Les médias

face au défi de l’impartialité, Paris,

Editions Estrella, 2013 et comporte

une préface d’Eduardo Galeano.

14

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014


Perspectives

Dette argentine : les deux faces de la pièce

Par Mario Rapoport

Dans l’interprétation que donnent

les Etats-Unis et certains pays

d’Europe de l’affaire des « fonds

vautours », l’Argentine apparaît

comme le coupable et les pauvres «

fonds vautours » comme la victime

qui aurait perdu son argent. Le redoutable

juge Thomas Griesa ajoute

à ceci une circonstance aggravante

: le gouvernement argentin ne respecterait

pas les règles du système

juridique nord-américain, comme

si ces dernières garantissaient autre

chose que la défense de spéculateurs

dont les gains ne proviennent

pas de l’économie de marché,

mais des actions qu’ils intentent en

justice. Dans un article sévère du

Washington Post [1], repris dans

ses grandes largeurs par La Nación,

on peut lire que l’Argentine savait

très bien, en vendant ses bons du

Trésor, à quelles conséquences elle

s’exposait, puisque cette vente impliquait

le renoncement à son immunité

souveraine : qu’elle assume

donc les conséquences de ses actes !

Mais l’article ne visait pas la bonne

cible…

N’oublions pas que

l’endettement actuel de l’Argentine

commença sous une dictature militaire

qui instaura le terrorisme d’Etat

et fit des milliers de victimes : ce fut

précisément cet Etat-là qui accepta

de contracter une dette vis-à-vis des

Etats-Unis, et ce, sous la juridiction

de ces derniers, violant ainsi les

principes de souveraineté formulés

par Carlos Calvo et la doctrine Drago

à la fin du XIXe siècle [2]. Soutenues

par Washington et par les organismes

financiers internationaux,

les politiques néolibérales mises en

place par les gouvernements de Carlos

Menem et Fernando de la Rúa

reposaient sur l’endettement externe

et l’acceptation des règles du jeu

néolibéral définies par la dictature

militaire. Il est donc pour le moins

étrange que l’on désigne comme

coupable le populisme du gouvernement

argentin actuel, accusé de

vivre au-dessus de ses moyens, alors

qu’en réalité ce gouvernement a

fait tout son possible pour payer les

dettes qu’il avait héritées du passé.

Non sans cynisme, le même

article compare l’Argentine à la ville

nord-américaine de Detroit, en situation

de faillite ; mais c’est oublier

que les Etats-Unis possèdent une

législation qui protège leurs Etats et

villes en défaut de paiement, tandis

qu’il n’existe au niveau international

aucune loi sur les faillites

d’Etats souverains. Bien au contraire,

la seule comparaison possible

donnerait lieu à une conclusion inverse

à celle de l’article en question

: l’Argentine est la victime d’un système

pervers, où nul compte n’est

tenu de la souveraineté des pays.

Or la responsabilité historique de

Washington à cet égard est manifeste

: dès le début du XXe siècle,

les Etats-Unis sont intervenus militairement

à plusieurs reprises sur le

territoire de leurs « voisins latinoaméricains

» afin de recouvrer leurs

dettes (souvenons-nous du « corollaire

Roosevelt » de la doctrine Monroe,

qui donna lieu à la politique du

« Big Stick » appliquée par les Etats-

Unis pour punir les pays insolvables

de leur « arrière-cour »).

A aucun moment de son exposé,

le Washington Post ne croit

bon devoir mentionner les entreprises

irresponsables, banques et fonds

d’investissement états-uniens qui

causèrent la crise de 2007-2008 à la

suite de la faillite de Lehman Brothers,

l’un des principaux acteurs du

marché financier nord-américain qui

entraîna dans sa chute des millions

de débiteurs individuels ou institutionnels.

Est-ce vraiment un hasard

si ce fut précisément Jay Newman,

ancien employé de Lehman Brothers,

qui recommanda à Elliott Management,

le fonds vautour qui poursuit

à présent l’Argentine, alors qu’il

était déjà passé maître en troubles

manipulations sur le territoire nordaméricain,

intentant des procès dont

il tirait de juteuses sommes lui permettant

ensuite d’élever le prix de

ses titres et actions et d’accroître

d’autant ses bénéfices, d’avoir recours

à ces mêmes méthodes contre

des Etats souverains endettés, comme

ce fut le cas du Pérou en 1995 ?

Il ne s’agissait pas, comme

dans le cas postérieur de l’Argentine,

de parier sur une hausse de la valeur

des bons, en assumant les risques

normaux de tout investissement,

mais d’obtenir un bénéfice assuré

par avance en faisant appel à un appareil

politique et judiciaire auquel le

propriétaire d’Elliott Management,

Paul Singer, était étroitement lié en

tant que lobbyiste et trésorier des

campagnes électorales du parti républicain.

Ceci constituait en réalité

une violation de la section 489 de

la loi de New York sur le pouvoir

judiciaire, laquelle considère comme

« illicite l’achat de dettes ou de titres

de crédits arrivés à échéance

dans l’intention d’intenter contre ce

même achat une action judiciaire ».

C’est sur la base de ce principe qu’un

juge de première instance péruvien

a pu rejeter, avec des arguments totalement

opposés à ceux employés

aujourd’hui par le juge Thomas

Griesa, la plainte du fonds Elliott

Management déposée alors contre

la République du Pérou. Cependant,

étant donné qu’un tel jugement risquait

de créer un fâcheux précédent,

il fut dénoncé et annulé en seconde

instance suite à une nouvelle plainte

d’Elliott Management, qui fit jouer

tout son réseau d’influences.

L’article susmentionné ne cite

pas non plus le cas bien connu de

l’Allemagne, un pays qui, huit ans

seulement après la fin de la seconde

guerre mondiale qu’il avait

provoquée et après avoir causé

l’Holocauste de millions de juifs,

bénéficia en 1953 d’une remise de

la plus grande partie de ses dettes

et des indemnisations économiques

que lui avaient imposées les vainqueurs.

La même chose s’était déjà

produite auparavant, au lendemain

de la première guerre mondiale :

l’endettement de l’Allemagne, financé

par les Etats-Unis et tant critiqué

par Keynes, n’avait pas empêché

l’arrivée de Hitler au pouvoir

et son rejet des clauses du traité de

Versailles, tandis que les tambours

de guerre commençaient de nouveau

à se faire entendre. Il est bien

connu qu’au cours du XXe siècle,

l’Allemagne a été le pays qui s’est le

plus refusé à payer ses dettes.

Néanmoins, le Washington

Post ne songe guère à qualifier

les gouvernements allemands

de l’après-guerre, partisans de

l’économie sociale de marché, de

populistes irresponsables. Il ne

lui viendrait pas non plus à l’idée

d’accuser de populisme les gouvernements

nord-américains euxmêmes,

qui autorisèrent à travers

les marchés financiers le crédit facile

et l’escroquerie des subprimes, origines

de la crise mondiale actuelle,

comme le reconnaît du reste dans

ses mémoires Alan Greenspan luimême,

l’ex-président de la Réserve

fédérale américaine.

En réalité, les « fonds vautours

» ont donné une leçon aux économistes

orthodoxes comme Robert

C. Merton et Myron S. Scholes [3],

tous deux prix Nobel, qui avaient

cru trouver une solution mathématique

permettant d’obtenir systématiquement

de grands bénéfices sur

les marchés financiers : ce qu’ils

obtinrent finalement fut la faillite

de leur propre entreprise, The Long-

Term Capital Management.

La méthode adoptée par les «

fonds vautours » démontre que la

stratégie la plus rentable n’est pas

d’utiliser le savoir des experts financiers

pour jouer sur les marchés.

Son véritable apport à la théorie

économique est d’avoir montré

qu’il fallait revenir, par une autre

manière, à la politique des canonnières

européennes qui bloquèrent

en 1902 les ports du Venezuela pour

recouvrer leurs dettes : aujourd’hui,

ces mêmes Etats, sans avoir besoin

de sortir de leurs frontières, utilisent

des canons supposément légaux

contre les pays dont les contentieux

en matière de dettes ne dépendent

pas de leur juridiction. La méthode

pour faire de gros gains ne se fonde

donc plus sur un modèle mathématique,

mais consiste à tirer parti de

ses influences sur le pouvoir politique

et judiciaire afin d’obtenir les

profits que les marchés financiers

ne donnent pas eux-mêmes ! Une

leçon que semblaient ignorer – ou

peut-être pas – nos économistes orthodoxes

eux-mêmes, ainsi que les

gouvernants qui suivirent leurs recommandations,

eux qui, bien qu’ils

n’aient pour l’instant pas été inquiétés

par la justice, sont les véritables

responsables de cette situation, ainsi

que les hommes politiques argentins

qui ont également bénéficié des largesses

nord-américaines, y compris

celles de Paul Singer lui-même.

La dernière nouveauté est que

le New York Times [4] a adopté un

discours différent sur cette question

: il signale, dans un article postérieur

à celui du Washington Post, que le

jugement de Thomas Griesa, validé

par la Cour suprême, non seulement

rendra difficile la restructuration

de futures dettes souveraines,

mais pourrait également remettre

en cause le marché de New York en

tant que centre du système financier

international. Ainsi, les Singer

et autres rapaces auraient dépassé

les bornes. Chacun défend son jeu

et, dans ce piège qui s’est refermé

sur nous, l’Argentine doit défendre

le sien en tirant profit de ces dissensions

: nous devons négocier non

seulement en nous désendettant,

mais aussi en recouvrant notre souveraineté

juridique, tout en révélant

les deux facettes de la question, qui

n’est pas seulement économique,

mais aussi et surtout politique. Et

dans ce combat, nous avons besoins

de soutiens régionaux et mondiaux.

Notes

[1] L’auteur fait référence à

l’article de Charles Lane, « Argentina’s

Supreme Court loss may serve

as a wake-up call », 18 juin 2014.

[2] Carlos Calvo fut un juriste

et un diplomate dont les travaux ont

inspiré la doctrine Drago. Datant de

1902, celle-ci (tirant son nom du

ministre argentin Luis Maria Drago

qui l’a formulée) affirme qu’en aucun

cas, une dette publique d’un

Etat ne peut donner lieu à une intervention

armée. Il faut attendre

1907 pour qu’elle soit mise en

œuvre pour la première fois dans

la foulée du blocus imposé par

l’Allemagne, la Grande Bretagne et

l’Italie au Venezuela en 1902. La

convention Drago-Porter prévoyait

ainsi l’activation d’un mécanisme

d’arbitrage politique entre ses Etats

signataires précédant l’éventuel

emploi de la force par l’un d’entre

eux ou par une coalition. Sur ce sujet,

lire Christophe Ventura, « Dettes

souveraines, mécanisme européen

de stabilité, pacte budgétaire », Mémoire

des luttes, avril 2012.

[3] Economistes états-uniens,

prix Nobel d’économie 1997. Le

modèle de Black-Scholes permet de

couvrir une option sur un titre financier.

[4] Ruling on Argentina

Gives Investors an Upper Hand,

19 juin 2014, (www.nytimes.

com/2014/06/20/business/economy/ruling-on-argentina-gives-investors-an-upper-hand).

Article publié par Pagina

12 (23 juin 2014)

Traduit de l’espagnol

par Mélanie Jecker

Mémoire des luttes 30 juin 2

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Haïti Liberté annonce

avec infiniment de regrèt

la nouvelle de la mort de

Raymond Gaspard

survenue à lʼhopital du

Cap Haïtien le Vendredi

27 Juin dernier à lʼâge

de 90 ans, soit six mois

après celle de sa fille

Angélina Gaspard.

En cette pénible

circonstance, le

personnel du journal

touché par la douleur

envoie ses sympathies à

ses filles Mme

Bernadette Christian, née Gaspard et

enfants,

Madame Viola Gaspard et famille, Nicole

Gaspard et famille, Eudès Philoména

Gaspard et famille ;

Sa fille adoptive Phanette Auguste et famille

Ses belles filles : Nadia Laguerre et famille,

Lilianne Similhomme

AVIS DE DÉCÈS

Ses fils adoptifs Rol

Kervens St Fort, Herfort

et Grégory Gaspard,

Ses neveux et nièces

Yves Camille et famille,

Rolyn, Jocelyn, James

Thony ,

Mme Marlène Emmanuel

et enfants, Mme Ketty

Mathurin et famille ;

Son beau fils Wilson

Joazile et famille;

Aux familles Gaspard, St

Fort, Laguerre,

Similhomme, Thony,

Camille, Bazile et Joazile

Christian, ainsi quʼà tous les parents et amis

éprouvés par cette perte.

Les funérailles du très regretté Raymond

Gaspard seront chantées à la Cathédrale du

Cap Haïtien le Samedi 5 Juillet prochain et la

dépouille sera déposée au nécropole de cette

Ville.

Que son âme repose en paix.

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 15


Suite de la page (8) Suite de la page (12)

L’île-à-Vache compte 10 plages au total. Si le gouvernement prend

possession de toutes celles-ci pour son plan touristique il ne restera plus

d’accès pour les pêcheurs et la population en général.

L’emplacement du futur terrain de golf est un des endroits les plus

fertiles de l’île où sont cultivés de nombreux légumes dans une terre

riche et productive. Ce serait une grande perte pour les habitants.

actuellement ne tient aucun

compte des habitants.

Le KOPI n’est pas contre le

développement, mais il est contre

l’exclusion des habitants de l’île du

plan de développement.

Jean Matulnes Lamy

DC : Le gouvernement haïtien

a annoncé au début du mois d’avril

2014 que le gouvernement cubain

pourrait construire un hôpital à

l’Île-à-Vache et faire une campagne

d’alphabétisation dans les six mois

prochains. Est-ce que cela s’accorde

avec le type de développement dont

vous pensez?

JG : Un gouvernement digne

de ce nom a le devoir de fournir à ses

habitants des services et des infrastructures

pour sa subsistance et son

bien-être: hôpitaux, eau, électricité,

transports, éducation. Cela fait partie

intégrante de son mandat. Cela

n’est pas supposé faire partie d’un

“plan,” surtout pas touristique, car à

ce moment-là on peut supposer que

ces services et infrastructures seront

mis en place non pas pour la population,

mais prioritairement pour les

touristes et les investisseurs.

Il existe déjà une vingtaine

d’écoles sur l’île. Il y en a deux à

Kay Kok, alors pourquoi en construire

une autre? L’éducation doit être

une priorité, mais une campagne

d’alphabétisation à ce moment-ci

n’est pas une urgence, car environ

98 pour cent de la population de l’île

peuvent assez bien se débrouiller

pour lire, écrire et compter, même

si le niveau est parfois assez bas.

Ce qui serait prioritaire au niveau

de l’éducation serait par exemple

une école pour la pêche, pour que

les futurs pêcheurs apprennent le

métier et acquièrent des connaissances

pratiques. Il faudrait aussi

aider les écoles déjà établies. Il n’y a

aucune proposition en ce sens, donc

l’éducation ne semble pas réellement

une priorité pour ce gouvernement.

DC : D’autres habitants disent

que l’île a grand besoin d’un lycée et

n’aiment pas le fait que les élèves de

cet âge doivent aller aux Cayes.

JG : Il y a une vingtaine d’écoles

sur l’île, mais effectivement pas de

lycée. Cependant il serait illusoire

de penser qu’un lycée garderait tous

les jeunes à l’île. Beaucoup doivent

apprendre des métiers. Ce qui serait

vraiment utile serait une école de

pêche et une école d’agriculture pour

perpétuer la vocation de l’île et offrir

de la formation pertinente.

DC : Que fait KOPI pratiquement

pour la libération de Jean Matulnes

Lamy et l’abolition du décret?

JG : Le KOPI a demandé à

rencontrer le Président Martelly,

car ce serait lui qui empêcherait la

libération de Matulnes. Le KOPI, de

concert avec la population est prêt

à laisser tomber certaines de leurs

demandes en autant que l’on libère

Matulnes, emprisonné, rappelonsle,

sans accusation depuis plus de 3

mois.

DC : Comment les gens en général,

et les Haïtiens en Haiti et dans

la diaspora, pourraient ils aider la

population de l’Île-à-Vache?

JG : En posant des questions

et en demandant des réponses aux

responsables; en dénonçant la situation

dans les médias; en soulignant

les dégâts qui sont et seront causés

à l’environnement, à la nature et à

la population paysanne. En dénonçant

les violations des Droits de

l’Homme, l’arrestation de Matulnes,

en faisant pression auprès du gouvernement,

des ambassadeurs, en

le faisant savoir directement à la

ministre du Tourisme et en venant

à l’île-à-Vache parler aux habitants

et se rendre compte de la situation.

Beaucoup de gens parlent de l’île et

trouvent le projet formidable, mais

ils n’y ont jamais mis les pieds.

DC : Je vous remercie M. Genest,

pour cet entretien.

Notes de la rédaction: Haiti

Chéry et News Junkie Post remercient

Mélinda Wilson pour son assistance

à cet entretien. Photos un,

quatre, cinq, dix, onze et quatorze

par Noah Darnell. Photos deux, six,

sept, huit, neuf, et treize par Mélinda

Wilson.

Sources: Haiti Chéry

et News Junkie

à mettre un terme aux attaques permanentes

de Coca Cola contre les droits

humains en Colombie et de garantir la

justice et réparation aux victimes de

leurs activités.

Le CETIM demande au Rapporteur

spécial sur des exécutions extrajudiciaires,

sommaires ou arbitraires et

au Rapporteur spécial sur le droit à la

liberté de réunion et d’association pacifique

à suivre de près cette affaire et à

se rendre en Colombie.

Par ailleurs, le CETIM demande

au Conseil des droits humains d’établir

un groupe de travail intergouvernemental

avec le mandat d’élaborer un

instrument international contraignant

pour surveiller les activités des sociétés

transnationales et garantir l’accès

à la justice pour les victimes de leurs

activités.

Notes

1. Cette déclaration a été élaborée

en collaboration avec SINALTRAI-

NAL-Colombie.

2. Dont la maison mère est située

à Atlanta, en Géorgie,

3. A titre d’exemple, la transnationale

a été critiquée pour avoir

importé du sucre, des produits et des

matières premières qui nuisent aux

producteurs nationaux ; pour consommer

de grandes quantités d’eau depuis

des années ; pour avoir déversé des

déchets industriels dans des réserves

d’eau... Elle a même été sanctionnée

financièrement pour avoir contaminé

des zones humides. De plus, Coca Cola

refuse d’accéder aux demandes de Sinaltrainal

qui portent sur la réduction

des émissions de gaz à effet de serre

et la réparation des dommages causés

(Voir http://www.prensaverde.org.co

; «http://www.salvacionagropecuaria.

net ; http://www.eltiempo.com). Les

produits de Coca Cola ont été dénoncés

comme contenant des substances

nocives pour la santé qui portent préjudice

à la population infantile. Josh

Gold, porte-parole de Coca Cola, a annoncé

que l’huile végétale brute qui est

utilisée dans les boissons Fanta, Powerade

et autres désaltérants aux arômes

d’agrumes, sera retirée et remplacée

par l’acétate isobutyrate de saccharose.

Aux États-Unis, il y a eu un accord

pour retirer les produits sucrés, mais en

Colombie la transnationale n’a pas pris

en compte les demandes de Sinaltrainal

pour appliquer cet accord et protéger la

santé des enfants.

4. Entre autres, son Président

Luis Javier Correa, Efrain Guerrero,

Luis Eduardo Garcia, Efrain Surmay,

Alfredo Porras.

5. Dans toutes les accusations

portées, les juges ont absous les dirigeants

de Sinaltrainal. La Dirección

Seccional de Fiscalías de Bogotá No 55,

20 février 2006, cas 675549 a absous

Luis Javier Correa Suarez Luis Eduardo

Garcia, Efrain Guerrero y William Mendoza),

voir aussi les cas 76988 du 21

juin 2000, cas 7834 du 12 mai 1995,

cas 3427 du 16 février 1993, cas 3522

du 19 novembre 1984.

6. Le 8 février 2010, dans le

fort militaire colombien de Tolemaida

(Centro nacional de entrenamiento-

CENAE) à Melgar Tolima, s’est tenue

la convention de Coca Cola Femsa intitulée

« Guiados por el Orgullo » (Guidés

par la fierté). Il faut ici rappeler que

Tolemaida est une base militaire des

États-Unis en Colombie.

7. Luis Adolfo Cardona a quitté

Carepa Antioquia, après avoir fui les

paramilitaires qui le cherchaient pour le

torturer et l’assassiner et Alfredo Porras

Rueda, après avoir été emprisonné et

accusé à tort d’être un guérillero.

8. Etiel Aragón de Santa Marta

et Juan Carlos Galvis de Barrancabermeja

furent menacés de mort avec leur

famille et devant le refus de l’entreprise

de les installer ailleurs, ils durent

retourner travailler dans la ville où ils

étaient menacés de mort. Cela est également

arrivé à d’autres travailleurs

affiliés à Sinaltrainal.

9. Rodolfo Pérez, Alfredo Porras

Rueda, Álvaro González, Sergio

López, Domingo Flórez, Luis Eduardo

García, les quatre dernières personnes

renvoyées.

10. José Eleazar Manco David (

Carepa Antioquia, 8-04-1994), Luis

Enrique Giraldo (Carepa Antioquia, 20-

04-1994), Luis Enrique Gómez Granados

(Carepa Antioquia, 23-04-1995),

Avelino Anchicanoy Erazo (Pasto

Nariño, 31-07-1990), Isidro Segundo

Gil (Carepa Antioquia, 5-12-1996),

José Libardo Herrera Osorio (Carepa

Antioquia, 26-12-1996), Guillermo

Gómez Maigual (mort dans l’usine de

Nariño Pasto, 20-04-98), Oscar Darío-

Soto Polo (Montería Córdoba, 21-06-

2001), Adolfo de Jesús Múnera López

(Barranquilla Atlántico, 31-08-2002),

Ricardo Ramón Paublott Gómez (Barranquilla

Atlántico, 26-01- 2012 ).

11. Le 18 novembre 2000, des

membres présumés des forces paramilitaires

ont sorti de force la veuve de

Isidro Segundo Gil de sa maison et l’ont

assassinée.

12. José Libardo Herrera Osorio,

également affilié à Sinaltrainal.

13. Cas 164 de la Unidad de

Derechos Humanos de la Fiscalía à Bogotá.

14. Cas 585334 du 28 juillet

2003. La Fiscal Seccional 61 accusa

d’injures et de calomnie Luis Javier

Correa Suarez, Jorge Humberto Leal,

Juan Carlos Galvis, Luis Eduardo Garcúia,

Álvaro González, José Domingo

Flórez et Edgar Alberto Páez Melo. Le

13 janvier 2004 la Fiscal 25 les ont

absous.

15. Cas No. 06-15851, D. C.

Docket No. 01-03208-CV-JEM

16. 18 septembre 2007, cas

2595.

17. Le 305° Conseil d’administration

de l’OIT, en juin 2009, a

approuvé le Rapport n°354 du Comité

de la liberté syndicale dans lequel se

trouvent les recommandations (paragraphes

485 à 588).

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16

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014


A Travers le monde

Le premier satellite de

fabrication argentine, « Arsat

1 », sera lancé en septembre

par Arianespace

Selon l’entreprise Invap, le satellite

argentin ARSAT 1 se trouve en

phase finale de tests et près pour être

acheminé en vue de son lancement qui

aura lieu pendant la première quinzaine

de septembre. Il s’agit d’une opération

d’environ 300 millions de dollars

d’investissement, pour le compte de

l’agence de satellites argentine Arsat,

qui a eu recours à l’entreprise publique

Invap pour le concevoir et le construire,

et ensuite le fait tester dans les

laboratoires du Centre d’Essais d’Alta

Tecnología (Ceatsa), tous deux situés

à Bariloche.

Le satellite sera lancé et mis en

orbite par le consortium Arianespace -

avec la fusée Ariane 5- et la date du

12 septembre a été fixée pour le lancement.

Ces prochains jours la direction

d’Arsat se rend au siège d’Ariane espace,

afin de fixer définitivement la

date qui dépendra aussi de la ponctualité

des autres lancements prévus.

Depuis Bariloche l’Arsat 1 sera

transporté vers la Guyane française par

l’un des plus grands avions-cargos du

monde, l’Antonov 125, qui fera une

seule escale, en Équateur, pour ravitaillement.

Pendant ce temps l’Arsat

2 est terminé, se trouvant à l’étape

préalable aux essais fonctionnels puis

environnementaux, menés dans les

prochaines semaines à la Ceatsa, qui

a ses installations à côté de la salle

d’assemblage du satellite.

Sa date de lancement n’est pas

encore définie, mais on estime qu’elle

se situera entre la fin mai et début juin

Les USA, la France et

l’Arabie saoudite attaquent

l’Irak

L

’Émirat islamique en Irak et au

Levant (ÉIIL, dont l’acronyme

se prononce « Daesh »), groupe dissident

d’Al-Qaïda, a lancé une formidable

attaque en Irak, le 6 juin

2014. Alors qu’il occupait déjà Fallouja,

il a réussi à prendre le district

de Ninive (y compris le chef-lieu

Mossoul). Il poursuit son offensive

dans les provinces de Kirkouk et

Salaheddine. Plus de 150 000 civils

ont fui devant son avancée.

Le 10 juin, le Premier ministre,

Nouri al-Maliki a demandé

au parlement de proclamer l’état

d’urgence. L’Émirat islamique en

Irak et au Levant est commandé

par Abou Bakr al-Baghdadi pour

le compte du prince Abdul Rahman

al-Faiçal (frère du ministre

saoudien des Affaires étrangères

et de l’ambassadeur saoudien à

Washington). Il est co-financé et

encadré par des officiers états-uniens,

français et saoudiens. Depuis

un mois, il dispose d’armement nouveau

en provenance d’Ukraine, où

l’Arabie saoudite a acquis une usine

d’armement, et via la Turquie, qui a

installé une ligne spéciale de chemin

de fer à proximité d’un aéroport

militaire pour approvisionner l’ÉIIL.

Abou Bakr al-Baghdadi est un

Irakien qui rejoignit Al-Qaïda pour

lutter contre le président Hussein.

Durant l’invasion états-unienne, il

se distingua par plusieurs actions

Le satellite argentin ARSAT 1

de l’année prochaine, également depuis

la Guyane française et par Arianespace.

Les deux satellites seront gérés depuis

l’Argentine. « L’Arsat 1 » sera mis

dans la Position 71, en s’orientant vers

l’Argentine et les pays limitrophes, et

« l’Arsat 2 » dans la Position 82, en

incluant en plus l’Amérique du Nord.

D’ici peu on commencera à construire

« l’Arsat 3 », qui sera dans la

Position 82 à côté de « l’Arsat 2 »,

séparé par à peine 10 kilomètres de

distance.

Télam. Buenos Aires,

le 18 juin 2014

contre les chiites et les chrétiens

(notamment la prise de la cathédrale

de Bagdad) et par l’instauration

d’une terreur islamique (il présidait

un Tribunal islamique qui condamna

de nombreux Irakiens à être égorgés

en public). Après le départ de Paul

Bremer III, il fut arrêté et incarcéré à

Bucca de 2005 à 2009. Durant cette

période, Al-Qaïda en Irak est dissous

et ses combattants sont intégrés à un

groupe de résistance tribal, l’Émirat

islamique en Irak.

Le 16 mai 2010, Abou Bakr

al-Baghdadi est nommé émir de

l’ÉII, alors en pleine décomposition.

Après le départ des troupes étatsuniennes,

il organise des opérations

contre le gouvernement al-Maliki

accusé d’être au service de l’Iran.

En 2013, après avoir fait allégeance

à Al-Qaïda, il part avec son groupe

poursuivre le jihad en Syrie et le renomme

Émirat islamique en Irak et

au Levant, ce faisant, il contrevient

à la franchise accordée en Syrie, par

Ayman el-Zawahiri au nom d’Al-

Qaïda, au Front al-Nosra qui n’était

à l’origine qu’une extension de l’ÉII.

L’ÉIIL est implanté en Syrie où

il occupe la ville de Raqqa, la seule

ville dont la population n’a pas pu

participer à l’élection présidentielle

du 3 juin (avec les Syriens résidant

en France et en Allemagne).

Réseau Voltaire 11 juin 2014

Persécution par Washington

d'enfants immigrés

Par Bill Van Auken

Dès 1903, des navires ayant à leur

bord une génération d'immigrants

entraient dans le port de New York en

passant devant l'emblématique Statue

de la liberté. Sur la base de la statue est

inscrit un sonnet de la poétesse Emma

Lazarus, reflétant les espoirs et les aspirations

de ces dizaines de millions de

personnes de trouver dans le Nouveau

monde un refuge à l'oppression du

Vieux monde. On peut lire:

« Donnez-moi vos êtres fatigués,

vos pauvres,

Qui en rangs serrés aspirent à

vivre libres,

Rebut misérable de vos rivages

surpeuplés »

Aujourd'hui ces vers de Lazarus

se lisent comme un réquisitoire cinglant

de la politique d'immigration brutale

et inhumaine que le gouvernement

Obama applique contre les travailleurs

immigrants qui tentent d'entrer aux

Etats-Unis, notamment les dizaines de

milliers d'enfants en provenance des

pays appauvris et déchirés par les conflits

d'Amérique centrale.

Dans bien des cas, ceux qui sont

détenus et jetés dans des camps de

rétention de fortune sont des mineurs

non accompagnés, cherchant à rejoindre

leur mère et leur père qui vivent aux

Etats-Unis.

La politique de Washington de

criminalisation et de persécution des

immigrés a trouvé son expression la

plus horrifique la semaine dernière avec

la découverte d'un charnier où avaient

été jetés des corps d'immigrants ayant

perdu la vie lors des tentatives d'entrer

aux Etats-Unis. Les corps étaient entassés

trois par trois dans des housses

mortuaires ou fourrés dans des sacs

poubelles, des sacs pour déchets contaminés

et même des sacs de courses,

traités comme on ne traiterait pas un

animal et d'une manière qui rappelle

ironiquement et hideusement le vers de

Lazarus sur « le rebut misérable. »

On ne peut qu'imaginer la réaction

des grands médias, si de tels charniers

étaient découverts en Russie, en

Chine ou en Iran. Mais la découverte

d'un site aussi abominable aux Etats-

Unis mêmes, a été largement ignorée.

Pendant ce temps, selon les chiffres

du gouvernement, quelque 52 000

mineurs non accompagnés sont arrivés

aux Etats-Unis depuis octobre dernier

(ainsi que 39 000 adultes accompagnés

d'enfants.) Les immigrés sont détenus

dans les conditions les plus scandaleuses,

entassés dans des entrepôts

sans fenêtre entourés de barbelés, sans

sanitaires adéquats, ni soins médicaux,

ni espace de couchage suffisant. Un

journal de l'Arizona écrit que le centre

de rétention de Nogales a « l'apparence

et l'ambiance des zones réservées au

bétail lors de la Foire de l'Etat. »

Cette honte nationale est considérée

comme une crise majeure menaçant

la sécurité. Les législateurs républicains

appellent au déploiement à

la frontière mexicaine de soldats de la

Garde nationale, tandis que le Texas a

annoncé des projets de « forte augmentation

» du nombre de soldats de l'Etat

aux frontières de l'Etat pour poursuivre

les enfants immigrés.

Quant à la Maison Blanche

d'Obama, elle a réagi à cette crise humanitaire

qu'elle a elle-même provoquée,

en recourant à des méthodes de

répression policière. La Maison Blanche

a promis de créer de nouveaux centres

de rétention pour les enfants et d' «

accroître les procédures d'expulsion »

avec sa propre « forte augmentation »

d'agents, de juges et de procureurs pour

accélérer les déportations.

L'autre facette de la réaction du

gouvernement Obama est d'intensifier

les mesures policières en Amérique

Dans bien des cas, ceux qui sont détenus et jetés dans des camps de

rétention de fortune sont des mineurs non accompagnés, cherchant à

rejoindre leur mère et leur père qui vivent aux Etats-Unis.

La politique de Washington de criminalisation et de persécution

des immigrés a trouvé son expression la plus horrifique la semaine

dernière avec la découverte d'un charnier où avaient été jetés des corps

d'immigrants ayant perdu la vie lors des tentatives

d'entrer aux Etats-Unis.

centrale, en grande partie sous la forme

de plus de 200 millions de dollars d'aide

proposés aux forces de sécurité du Salvador,

du Guatemala et du Honduras.

Dans chacun de ces pays, les

forces de répression du pays ont été

forgées sous la direction du Pentagone,

tandis que Washington poursuivait

des guerre civiles sanglantes contre

la classe ouvrière et les pauvres des

campagnes, qui ont coûté la vie à un

quart de millions de personnes au Guatemala

et près de 75 000 au Salvador.

Au Honduras, les escadrons de la mort,

soutenus par la CIA, ont tué ceux qui

s'opposaient à toute une série de régimes

militaires. Ces escadrons de la

mort ont repris du service après le coup

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d'Etat de 2009, soutenu par les Etats-

Unis, qui avait renversé le président

José Manuel Zelaya, contribuant à faire

du Honduras le premier pays au monde

pour ce qui est des homicides.

Les conditions de pauvreté,

d'oppression et de violence abyssales

dans ces pays sont le résultat de près

d'un siècle d'oppression ininterrompue

de l'impérialisme américain. Cela

s'est manifesté non pas uniquement

par des guerres et des dictatures, mais

aussi par la soumission de leur économie

au capitalisme américain, ce qui les

a plongés à des niveaux de pauvreté,

de chômage et d'inégalités sociales

parmi les plus élevés de l'hémisphère.

Suite à la page (18)

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Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 17


¡Hasta siempre Comandante!,Chavez pour toujours!

Le président Maduro parmi les leaders les plus influents sur Twitter

Caracas, 26 juin AVN - Le Président

de la République, Nicolas Maduro,

est le second leader mondial le plus

influent sur le réseau social Twitter

selon Twitplomacy, une étude réalisée

chaque année par la firme étasunienne

de relations publiques Burson-

Marsteller sur les comptes Twitter des

leaders politiques du monde entier.

Le président Maduro comptabilise

2 665 re-twitts pour chaque twitt

publié. La personnalité qui se situe

à la première place dans cette étude

est le Pape François (@Pontifex) qui

atteint plus de 10 000 re-twitts pour

chaque twitt qu’il envoie sur son

compte en espagnol et une moyenne

de 6 462 re-twitts sur son compte en

anglais.

De plus, Twitplomacy situe le

Chef d’Etat vénézuélien au cinquième

rang des dirigeants politiques latinoaméricains

qui sont le plus suivis sur

Twitter alors que dans le Top 50 des

leaders mondiaux les plus suivis, il se

situe au 17° rang grâce aux plus de 2

millions de personnes qui le suivent

sur son compte @NicolasMaduro.

A la première place du classement

latino-américain, se toruve la

présidente argentine, Cristina Fernandez

de Kirchner (@CFKArgentina)

avec 2 894 864 personnes qui

la suivent. ensuite vient le président

de Colombie, Juan Manuel Santos (@

JuanManSantos) avec 2 885 752 personnes

qui le suivent, puis, le Président

du Mexique, Enrique Peña Nieto

(@EPN) avec 2 727 870 personnes

qui le suivent et la présidente brésilienne,

Dilma Roussef (@dilmabr) avec

2 461 619 personnes qui la suivent.

Le président Maduro a ouvert

son compte Twitter le 17 mars 2013.

Depuis lors, il a augmenté sa popularité

sur ce réseau social et sur d’autres

comme Facebook.

Il a communiqué avec le peuple

vénézuélien et le monde avec plus

de 9 302 tweets, dans lesquels il a

souligné les avancées de la Révolution

Bolivarienne et la continuité

de l’héritage du Commandant Hugo

Chavez pour donner de l’élan au socialisme.

Traduction Françoise Lopez -

Cuba Si France Provence

[Ndlr]. Le successeur de Chávez

Nicolas Maduro et Hugo Chavez

mène bien la barque bolivarienne.

Le Commandante avait bien joué en

portant son choix sur le président

Maduro.

Suite de la page (13 ) Aretez...

lui présentant une carotte après l’autre

pour tenter de lui plaire. Cela s’est

avéré un échec retentissant. Cela n’a

fait qu’inciter Israël à poursuivre sa

politique de dépossession. Le message

aussi a failli : la solution à deux

Etats est devenue fantomatique. Le

monde a essayé de lui redonner vie

artificiellement. Les propositions se

sont succédé, étrangement similaires,

d’une feuille de route à l’autre, du Plan

Rogers aux navettes de John Kerry, et

chacune a fini en poussière dans un

tiroir. Israël a toujours dit non, seuls

ses prétextes et conditions présentant

des changements : la fin du terrorisme

ici, la reconnaissance d’un Etat juif là.

Et pendant ce temps le nombre

de colonies en Cisjordanie a été multiplié

par 3 ou 4, tandis que la brutalité

de l’occupation augmentait, au point

que des soldats se mettent à tirer sur

des manifestants par pur ennui. Le

monde ne peut collaborer à ceci. Il est

inacceptable, au 21ème siècle, de la

part d’un Etat qui prétend faire partie

du monde libre de priver une autre nation

de ses droits. Il est impensable,

carrément impensable que des millions

de Palestiniens continuent à vivre

dans ces conditions. Il est impensable

qu’un Etat démocratique puisse con-

Suite de la page (9 )

of national policy to wipe out its indigenous

population. Moreover, we

elevated that tragic experience into a

noble crusade.”

In contrast to the American

founding fathers, who denounced the

“merciless Indian Savages” in their

Declaration, the victorious slaves

of the former French colony of St.

Domingue renamed their new nation

Haiti,” the original Arawak name for

the entire island, meaning “mountainous

land.”

Haiti is, in fact, the world’s first

nation to truly defend “liberty, equality,

and fraternity” – the French Revolution’s

watchwords – by opposing

slavery and the extermination of the

Native Americans.

These founding Haitian principles

have deprived the nation of the

great capital that can be extracted from

exploitation, theft of land, and imperialist

aggression. Haiti’s poverty also

was contributed to when the U.S. refused

to recognize Haiti for six decades

(much as it embargoes revolutionary

Cuba today) and militarily occupied

our country for 36 years out of the

past century, most recently though the

United Nations proxy force, MINUS-

TAH.

Indeed, today, just as in time of

Thomas Jefferson, the U.S. seeks to

destroy our 1804 revolution by making

us again a slave colony. In the

past decade, their two principal thrusts

have been 1) to land an occupation

army in 2004 and 2) to intervene in

our sovereign 2010/2011 elections

to put in place a neo-colonial puppet

regime, that of President Michel Martelly

and Prime Minister Laurent Lamothe.

Their goal is to re-enslave us

in the sweatshop free trade zones of of

SONAPI, CODEVI, and Caracol, and to

steal the wealth from our “mountainous

land,” in particular the $20 billion

worth of gold dust left behind by the

Spanish conquistadors who annihilated

the Arawaks.

So, on this July 4, therefore, let

us renew our allegiance to the call that

General Dessalines made to all Haitians

– both our ancestors and those

of us living today – at the end of his

January 1, 1804 declaration: “Vow before

me to live free and independent,

and to prefer death to anything that

will try to place you back in chains.”

tinuer à les opprimer de la sorte. Et il

est impensable que le monde regarde

cela et laisse faire.

La discussion sur les deux Etats

doit maintenant se transformer en une

discussion sur les droits. Chers Israéliens,

vous avez voulu l’occupation et

les colonies — eh bien restez enfermés

à l’extérieur — Restez à Yitzhar,

enclavez-vous dans les montagnes et

construisez tout votre saoûl à Itamar.

Mais vous avez l’obligation d’accorder

tous leurs droits aux Palestiniens, exactement

les mêmes droits dont vous

jouissez.

Egalité des droits pour tous ; une

personne, un vote —tel devrait être le

message de la communauté internationale.

Et que pourrait répondre à cela

Israël ? Qu’il ne peut y avoir égalité

des droits parce que les Juifs sont le

peuple élu ? Que cela mettrait en danger

la sécurité ? Les prétextes seraient

vite écartés, et la vérité nue éclaterait

au grand jour : sur cette terre, seuls

les Juifs ont des droits. Une affirmation

qu’il n’est pas question de prendre

pour argent comptant.

C’est aussi toute la manière de

s’adresser à Israël qui doit être changée.

Tant qu’ils n’ont pas à payer le

prix de l’occupation et que les citoyens

ne sont pas sanctionnés, ils n’ont

aucune raison d’y mettre un terme et

même de s’en préoccuper. L’occupation

est profondément ancrée au sein

d’Israël. Personne n’en est à l’écart,

et l’écrasante majorité de la population

israélienne souhaite continuer à

en profiter. C’est pourquoi, seules des

sanctions peuvent nous faire prendre

conscience de son existence.

Oui, je parle des boycotts et

des sanctions qui sont largement préférables

aux bains de sang.

C’est la vérité, même si elle est

amère. Les USA et l’Europe se sont

suffisamment prosternés devant Israël.

Et sans aucun résultat, malheureusement.

Dorénavant le monde doit

adopter un autre langage, qui sera

peut-être compris. Après tout, Israël a

prouvé plus d’une fois que le langage

de la force et des sanctions est son langage

préféré.

Haaretz 31 mai 2014

Traduit par CAPJPO-EuroPalestine

Tlaxcala 23 juin 2014

Ndlr. Haaretz (en hébreu

: Le Pays) est l'un des quatre plus

grands quotidiens nationaux en Israël.

Sa ligne éditoriale se situe à gauche.

Suite de la page (17 )

La Maison Blanche d'Obama jouit déjà

de la distinction ignominieuse d'avoir

déporté davantage de personnes (plus

de 2 millions) que tout autre gouvernement.

Rien que durant l'exercice

écoulé, elle a déporté 106 000 personnes

au Guatemala, au Honduras

et au Salvador, dans bien des cas en

séparant des familles et en infligeant

aux enfants de graves privations

économiques et affectives.

Sa solution à présent est

d'intensifier les mesures répressives.

Elle associe le renforcement de la sécurité

et des déportations à des appels à «

une complète réforme de l'immigration

», proposition bipartite qui militariserait

la frontière tout en imposant les

conditions les plus onéreuses pour

la mise en place d'« une voie vers la

naturalisation » pour une petite section

de travailleurs immigrés. Mais même

cette mesure réactionnaire risque d'être

politiquement impossible à appliquer

après la défaite d'Eric Cantor, dirigeant

de la majorité au congrès, à une primaire

républicaine au profit d'un rival

encore plus farouchement opposé à

l'immigration.

La politique de l'oligarchie financière

américaine à l'égard des immigrés

est une expression de son attitude envers

l'ensemble de la classe ouvrière,

dont les travailleurs immigrés constituent

les couches les plus opprimées. La

classe dirigeante exploite les travailleurs

immigrés comme source de main

d'oeuvre bon marché, tout en cherchant

à faire d'eux les boucs émissaires

des baisses de salaires et des licenciements

qui sont le produit du système

de profit capitaliste.

Sa politique d'immigration

brutale va de pair avec sa politique

étrangère fondée sur la violence militaire

et sur les mesures de surveillance

digne d'un Etat policier et de répression

à l'intérieur du pays qui sont plus que

jamais en pleine expansion.

La défense des droits des travailleurs

immigrés de vivre et de travailler

dans le pays de leur choix, sans discrimination

ni persécution, est un volet

inséparable de la lutte pour la défense

du niveau de vie, de l'emploi et des

droits fondamentaux de l'ensemble

de la classe ouvrière. Les travailleurs

doivent exiger la libération des enfants

immigrés emprisonnés et les pleins

droits à la citoyenneté pour tous les

travailleurs sans papiers.

Sans forger leur unité internationale

avec les travailleurs d'Amérique

centrale et de la planète toute entière,

les travailleurs des Etats-Unis

ne peuvent combattre efficacement les

grandes entreprises et les banques qui,

elles, n'ont pas besoin de passeport ou

de visa pour transférer leurs capitaux

d'un pays à un autre à la recherche de

la main-d'oeuvre la moins chère et des

profits les plus gros.

Wsws 24 juin 2014-07-01

Suite de la page (13 ) Vleme sommet...

ont eu un impact négatif sur le commerce

extérieur et le taux de change.

A l’exception de la légère appréciation

du yuan, les monnaies des pays des

BRICS ont perdu de 8.80 (roupie indienne)

à 16 (Rand sud-africain) points

en pourcentage face au dollar entre mai

2013 et juin de cette année. Ainsi le

CRA BRICS, doté d’un montant de 100

milliards de dollars, avec un apport de

41 milliards de dollars de la Chine, le

Brésil, l’Inde et la Russie apportant 18

milliards de dollars chacun, et l’Afrique

du Sud, 5 milliards de dollars, une fois

en marche réduira de façon substantielle

la volatilité des changes sur les flux

de commerce et d’investissement entre

les membres du bloc. Les sceptiques arguent

que le CRA aura une importance

secondaire et exercera seulement des

fonctions complémentaires à celles du

FMI. Laissant de coté que, contrairement

à l’ « Initiative Chiang Mai » (Chiang

Mai Initiative en anglais, dont font

partie la Chine, le Japon, la Corée du

Sud et 10 économies de l’Association

des Nations du Sud Est asiatique), le

CRA BRICS pourra se passer de l’aval

du FMI pour réaliser ses prêts, ce qui

garantit une meilleure autonomie face

à Washington. La guerre des devises

des économies centrales contre les

économies de la périphérie capitaliste

exige sa mise en œuvre dans de brefs

délais.

Par ailleurs, la Banque BRICS a

suscité beaucoup d’attentes. La Banque

qui débutera ses opérations avec un

capital de 50 milliards de dollars (avec

des apports de 10 milliards et 40 milliards

en garanties de chacun des membres),

aura la possibilité d’atteindre en

deux ans 100 milliards de dollars et

en 5 ans 200 milliards ; elle comptera

avec une capacité de financement allant

jusqu’à 350 milliards de dollars

pour des projets d’infrastructures,

d’éducation, santé, sciences et technologie,

et environnement. Néanmoins,

en ce qui concerne l’Amérique du sud,

les effets à moyen terme ont un double

aspect. Tout ne va pas sur des roulettes

sur les marchés de crédit. D’un coté, la

banque BRICS pourrait bien contribuer

à réduire les coûts du financement et

renforcer la fonction contre-cyclique

de la Coporacion Andina de Fomento

(CAF), à travers l’augmentation de

crédits en période de crise et ainsi éliminer

les prêts de la Banque Mondiale et

de la Banque Interaméricaine du Développement

(BID). D’un autre coté, nonobstant,

comme pourvoyeur de crédit,

la Banque BRICS entrera en concurrence

avec d’autres entités d’influence

considérable dans la région comme la

BNDES (Banque Nationale de Développement

Economique et Social du

Brésil), la CAF, et les banques chinoises

avec un plus grand pouvoir de crédit

(China Development Bank et Exim

Bank of China). C’est invraisemblable

que les institutions financières citées

fassent converger leurs offres de crédit

de façon complémentaire sans affecter

leurs portefeuilles d’emprunteurs.

Au sein des BRICS aussi il y a des

frictions. L’élite chinoise prétend faire

l’apport majoritaire (à la différence de

la proposition russe d’établir des apports

fractionnés) et que Shanghai soit

le siège de l’organisme (au lieu de New

Dehli, Moscou ou Johannesburg). Dans

le cas où les prêts de la Banque BRICS

soient libellés en Yuans, la monnaie

chinoise progressera dans son internationalisation

et affirmera graduellement

sa position comme moyen de paiement

et monnaie de réserve au détriment des

autres devises. Au-delà de la consolidation

d’un monde multipolaire, le CRA

et la Banque BRICS, représentent les

graines d’une architecture financière

qui émerge dans une période de la crise

pleine de contradictions, caractérisée

tant par la coopération que par la rivalité

financière.

*Ariel Noyola Rodríguez est

membre du projet « Observatorio

Económico de América Latina » (OBE-

LA), d’IIEC-UNAM.

Contralínea 29 juin 2014

Traduit de l’espagnol pour El

Correo par : Estelle et Carlos

Debiasi

El Correo. Paris, le 30 juin 2014.

18

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014


En promenade ailleurs

« (…) Gonaïbo allait toujours

au sommeil comme

on va à la source,

comme on va à la libération

de soi-même.»

Jacques Stephen Alexis

(à mon ami Rassoul

Labuchin)

Longs comme fil d’un

ennui

un brouhaha presque

sans fin

des hurlements de mots

que l’on torture

à demeure s’installent en

notre village

une indomptable sécheresse

y mord gens et bêtes

jusqu’à leurs ombres les

plus fuyantes.

Des oies de passage

en nos saisons désenclavées

occasionnellement nous

recevons

quelques effets d’ailes et

de cris…

sans considération vraiment.

Bécasseaux à l’affût d’où

va l’envol

nous mettons cap sur des

bassins calmes

même au zénith d’une

insuffisance.

Un désert nous parle sans

bruit

le long de chaque heure

qui vient

qui nous chavire en de

basses marées.

Nous vivons avec les

sutures d’une flamme

invisible tatouage à toutes

nos cicatrices

indubitablement.

Même au loin

encore et encore

on peut entendre

d’anciens hurlements

sentir la monomanie de

mots que l’on torture

au tréfonds maintenant de

notre ambulante prison.

Dans un grand port aérien

sans rade en vue

nous attendons une

simple occasion

barques à la main au nadir

pour nous refaire un décor

dans le sillage d’un paquebot

antiautoritaire.

Des mille îles

collines et vertes plaines

des douceurs

il ne (nous) reste presque

rien

sous les feux de la déroute

là-bas

au point d’ancrage

sous les fous regards de

la haine

du déni et de

l’intransigeance.

Malgré tout

malgré tempêtes d’hier et

d’aujourd’hui

il (nous) reste une obsession

une feuillaison belle qui se

Décès

pointe toujours

à l’idée d’une redécouverte

de nos moyens

enracinés dans une simple

idée de changement…

Une certaine beauté nous

irradie

par nos lectures des

manuels d’une source

dans le sillage de quelques

veilleurs de liberté

au détour de certains

arbres musiciens

en quête d’un vrai dépassement

du partage de l’essentiel

entre nous tous.

Yvette Georges et son beau-fils Jean Roland Denis scellés dans la vie comme dans la mort

Lenous Suprice

Cʼest avec le coeur attristé que les familles Denis et Georges annoncent le décès en duo

de Jean Roland et de Yvette sa belle-mère survenu le Mercredi 18 Juin dernier à Port au Prince, Haïti dans

une circonstance très regrettable.

A cette occasion malheureuse, ces deux familles recevront Vendredi 4 Juillet en cours, de 18 heures à 21

heures à la Maison funéraire Caraïbes, sise au 1922, Utica Ave, Brooklyn, N.Y11234. Les funérailles de ces

deux êtres chers à Haïti Liberté seront chantées à Holly Family R.C Church, 9719 Flatlands Ave, brooklyn,N.Y

11236. Lʼinhumation se fera au Cimetière de Canarsie,1370 Remsen Ave, Brooklyn Ave 11236.

Toute lʼEquipe du journal envoie ses condoléances émues à notre amie Kerta, à Denise ainsi quʼà celle de

Jean Roland qui ont perdu aussi inopinément et simultanément deux membres de leurs familles.

Suite de la page (4)

discrédité et surtout totalement

dysfonctionnel et

anticonstitutionnel. Pour

comble de malheur, Josué

Pierre-Louis qui n’avait déjà

pas bonne presse parce que

pris en 2012 dans une affaire

de mœurs (Affaire Marie

Danielle Bernadin) va se

retrancher dans un immobilisme

et un silence pesant

qui du coup le paralysent à

la tête d’une institution qui

n’avait aucune chance de

faire grand chose.

Finalement, sous

pression de l’opposition et

de l’opinion publique les six

membres de ce CEP boiteux

ont été virés et éparpillés

un peu partout à travers la

République par le Président

Martelly pris sous le feu des

critiques acerbes de toute

part. Quant à l’ex-Président

Josué Pierre-Louis, son ami

Michel Martelly l’exfiltre

d’Haïti en catimini en

l’expédiant vers la Belgique

comme Chargé d’Affaires

d’Haïti à Bruxelles où il se

la coule douce depuis des

mois, une ville beaucoup

plus tranquille que Portau-Prince

et ses vacarmes

politiques. Pour le Président

Martelly, l’affaire du

CEP permanent sans le

consentement de personne

tourne court. Contraint

et forcé, il jette l’éponge.

Mais…(A suivre)

C.C

Suite de la page (7)

quartiers pauvres, la violation

de la Constitution, des

principes démocratiques et

de l’Etat de Droit, ne peut

survivre que grâce au soutien

des puissances impérialistes

des Etats-Unis, la

France, le Canada, l’ONU et

autres.

Après plus de trois

ans de mensonge, de vol,

de pillage du pouvoir tètkale,

le peuple haïtien ici

et ailleurs n’a d’autre choix

que de continuer à se mobiliser

pour le renverser.

Quand un pouvoir imposé

par l’international avilit son

peuple en l’abandonnant

à la charité, la mendicité,

l’aide en lieu et place de service,

ce pouvoir n’a pas sa

raison d’être. Il n’a jamais

été légitime et il ne l’est

plus aux yeux du peuple.

Son peuple n’est plus libre,

l’Etat qu’il prétend diriger

cesse d’être souverain. Le

pays n’est plus indépendant.

Le peuple souverain

détient mandat automatique

pour libérer le pays et

délivrer la Nation en péril

des mains de ces dirigeants

apatrides, immoraux,

insouciants, vendeurs de

patrie, irresponsables, incompétents

et comploteurs

contre leur propre peuple.

La révolte populaire contre

un tel pouvoir devient en

tout état de cause droit et

devoir des citoyens.

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Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 7 • No. 51 • Du 2 au 8 juillet 2014

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