Haiti Liberte 3 Juin 2015

haitiliberte

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015 Haiti 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00

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HAÏTI LIBERTÉ

JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE

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LAMOTHE ÉCARTÉ DE LA COURSE

Jounen ayè,

jounen jodi: se

dram sou dram

Page 6

À LA PRÉSIDENCE?

English

Page 9

Dany Laferrière :

Un Conzé sous la

Coupole

Page 8

Voir page 4

De gauche à droite, ci dessus Laurent Lamothe et Thierry Mayard Paul et ci-dessous Dr Kesler Dalmacy et Louis Gonzague Edner Day

LA DÉCHARGE : DE LA

LÉGITIMATION ÉLECTORALE ?

Haïti Liberté

remercie !

Page 10

Voir page 4

L’exigence de la décharge a une vertu pédagogique, pour la jeune démocratie haitienne, car elle habitue les élus, les fonctionnaires à

avoir de bonnes pratiques.

Corruption à la

Fifa: Sepp Blatter

démissionne et

annonce une

nouvelle élection !

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

La comédie électorale et le pire à venir !

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Fax: 718-421-3471

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Par Berthony Dupont

Une période assez sombre a été ouverte dans le pays,

depuis que les partis d’opposition ont abandonné la

mobilisation populaire pour courir après la chaise bourrée

au palais national ou d’autres postes tels que magistrats,

députés ou sénateurs lors d’élections échelonnées en trois

temps. Par cet alignement, il n’y a aucun doute que les

ambassades occidentales, spécialistes des coups fourrés

éprouvent une grande satisfaction, vu qu’elles ont réussi à

calmer les récalcitrants opportunistes en leur administrant

la pilule de division : les élections.

C’est par une mégalomanie déchainée portée par une

démagogie sans mesure que soixante dix politiciens haïtiens

sans aucune éthique voire animés de conviction et

de principe courent tous comme des bouffons acclamés par

des publicités tapageuses. Dès lors, les élections polarisent

toute la vie politique du pays.

Ce contexte, il faut bien l’expliquer c’est que tous les

candidats ne viennent pas seulement de l’opposition, mais

bien aussi du régime au pouvoir. Le virus déstabilisateur

a bien également attaqué le camp des mercenaires, des

trafiquants, des kidnappeurs et des corrupteurs qui sont

pour le moment dos à dos avec leurs adversaires. Ce n’est

pas une quelconque stratégie du pouvoir, loin de là. Tout

comme au sein de l’opposition, ils n’ont pas les reins bien

solides. En raison de ce tapage, tout va être décidé par les

puissances tutrices qui auront à sélectionner leur prochain

poulain.

Quoi qu’il en soit, pour le moment, deux remarques

peuvent d’ores et déjà être faites. Il n’y a que deux secteurs

politiques face à face apparemment, mais qui diffèrent sensiblement

des forces réactionnaires impérialistes tant par

leurs composantes que par leurs pratiques ou leurs affinités.

Puisqu’ils sont tous logés à la même enseigne même

quand ils se divisent apparemment en deux camps, leurs

visées de succéder à Martelly pour le prolongement de la

même cause politique restent la plateforme qui les fera se

rejoindre pour le triomphe des patrons.

En réalité, ces élections mettent pour la première fois

en présence et en concurrence, des forces de même nature

ayant les mêmes mentalités de suiveurs, toujours prêts à

recevoir des ordres, puisque ces fantômes de dirigeants

mystificateurs ne se différencient guère en rien du tout,

sauf par des slogans creux. En se couvrant du masque de

candidats à la présidence, déjà ils se montrent prêts à livrer

le pays sur un plateau d’argent pour satisfaire les intérêts

étrangers. Il est bien évident que ces candidats venant soit

de l’opposition soit du pouvoir n’ont grandement aucune

différence de programme. D’autant que le scrutin qu’ils attendent

impatiemment ne sera autre chose qu’une simple

formalité pour valider officiellement le chantage, la provocation

et l’occupation complète du pays. Les masses populaires

qui sont quotidiennement menacées et agressées par

les forces réactionnaires doivent dans cette conjoncture

bien faire la distinction entre ceux qui les aident et ceux

qui aident leurs ennemis.

La majorité de ces candidats pour ne pas dire tous, ne

viendront qu’aider l’impérialisme au nom d’ intérêts personnels

au lieu de défendre ceux du peuple, puisque les

idées qu’ils charrient ne sont en rien différentes de celles

que promeuvent les visées de l’international à savoir

bafouer les masses populaires. Ils sont tous au service

d’une politique d’exploitation, au service du capital local

et étranger. Alors, il est plus qu’évident que ces élections

de la honte n’aboutiront qu’en faveur des forces réactionnaires

internationales qui auront fini de couvrir totalement

le pays du drap de la colonisation. Le pire est sans

doute encore à venir !

Ainsi, par ces élections, assisterons-nous donc à une

véritable continuation de la mise sous-tutelle du pays, via

une prise en charge par l’impérialisme international et ses

agents, de la mise au pas d’un peuple dont le seul tort est

de réclamer que son destin soit entre les mains d’un vrai

dirigeant progressiste et révolutionnaire.

Nous espérons que le peuple en son entier se réveillera

un jour pour dénoncer la politique de ces dirigeants inféodés

au capitalisme et qui se sont mobilisés pour remplacer

une vulgaire marionnette par une autre, encore plus soumise

aux diktats de l’international. Face à cette politique

qui jette le désarroi et suscite une profonde désillusion, il

n’est plus possible de se taire. Surtout qu’on se rapproche

de plus en plus du centenaire de la première occupation

yankee. Il est donc de notre devoir d’en finir avec cet Etat

fait de gens ultra corrompus qui étranglent l’économie et la

nation. Il nous faut donc desserrer, voire le contrôle impérialiste

sur nos richesses naturelles.

Haïti doit être un pays indépendant, socialiste et progressiste.

Pour éviter le pire, la lutte doit continuer ; il nous

faut vaincre ou mourir pour libérer le pays de Dessalines

des régimes néocoloniaux afin d’y instaurer un nouveau

système oû les intérêts du peuple auront une priorité absolue.

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DIRECTEUR

Berthony Dupont

EDITEUR

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RÉDACTION

Berthony Dupont

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015


A Travers Haiti

Haïti, chronique d’une

crise électorale (55)

Candidats, du rêve aux désillusions !

La cour d’appel envoie

deux ex-députés devant

le tribunal criminel

Par Catherine Charlemagne

Et si le Conseil Electoral Provisoire

(CEP) prenait réellement le contrôle

du processus électoral ? Cette interrogation

n’est pas anodine compte tenu de la

démonstration de force que les juges du

Tribunal électoral ont fait dans le cadre

des cas de contentieux qu’ils devaient

trancher. Avant la publication de la liste

définitive des candidats agréés pour

participer aux élections législatives, le

pays retenait déjà son souffle en apprenant

que le CEP avait écarté sans

crainte la candidature de la première

dame, Sophia Saint-Rémy Martelly.

Certains, dont nous même, ne croyaient

pas que les Membres de cette institution

oseraient faire un tel affront au régime

en place. C’est sans précédent. Par tradition,

depuis la création de cet organisme

autonome en 1987, jamais il ne s’était

montré capable de se libérer du joug

du Président de la République. D’où,

d’ailleurs, cette transition politique qui

n’en finit pas et des crises post-électorales

à répétition en Haïti.

L’élection du Président Michel

Martelly en 2011, elle-même, est le

résultat de cette vassalisation du CEP au

diktat des politiciens nationaux et internationaux.

Ainsi, la formation de cet

énième Conseil Electoral, bien que réalisée

par un consensus politique suite à

un accord entre divers partis, gouvernement,

Société civile et personnalités politiques,

n’a jamais suscité la confiance.

Or, depuis son entrée en fonction, le CEP

ne cesse d’envoyer des signaux forts démontrant

que non seulement il cherche

à sortir de l’emprise du gouvernement,

mais il veut aussi être crédible aux yeux

de l’opinion publique nationale et internationale.

Rassurer tout le monde, en

particulier les acteurs politiques et les

candidats, que cette fois-ci ils peuvent

avoir confiance dans cette institution.

Paradoxalement, à vouloir trop en faire,

l’organisme électoral risque de perdre

justement le crédit qu’on commençait

à avoir en lui. Et pour cause. Certaines

décisions du Conseil commencent à être

suspectées de décisions politiques. C’està-dire

motivées par la pression de la rue

sous l’effet des leaders politiques en tout

genre.

Le rejet de la candidature de

l’épouse du chef de l’Etat pour un

motif incontestable, s’agissant de sa

nationalité américaine de naissance à

laquelle elle n’a jamais renoncé ; pratiquement

tout le monde a applaudi

cette décision. Néanmoins, le rejet d’un

certain nombre de candidatures suscite

quelques interrogations. Beaucoup

soupçonnent les Conseillers de faire le

ménage de manière arbitraire parmi les

2039 prétendants qui s’étaient lancés à

la course pour les législatives. Le CEP,

qui au début de l’inscription s’était fait

envahir par des candidatures de toutes

sortes, souhaiterait réduire le nombre

de postulants. N’ayant aucun moyen

de le faire légalement, il avait sollicité le

gouvernement pour trouver la parade.

Mais la tentative avait échoué. Le gouvernement,

par le biais de son Premier

ministre, Evans Paul, sans conviction,

avait organisé une rencontre sur la

question avec les responsables des partis

et plateformes politiques en vue de

convaincre éventuellement les leaders

politiques à se regrouper. La tentative

s’était soldée évidemment par un échec.

Du coup, certains responsables

politiques pensent que le CEP qui est à la

fois juge et partie, donc seul maitre absolu

de ses décisions, a décidé de trancher

dans le vif et ce, sans faire de distinction

afin de parvenir à ce qu’il voulait depuis

le début. Pas moins de 522 candidats

ont en effet été écartés sans aucune

explication. Certes, après un tohu-bohu

pas possible et des menaces de bloquer

le processus, certains chanceux ont été

repêchés de justesse après recours. Mais

ce qui est intéressant dans ce qui ressemble

à une roulette russe, c’est que le

CEP a frappé fort, très fort sur la quasi

totalité des organisations politiques

engagées dans le processus. Surtout sur

les partis dirigés par des notables de la

place et ceux dits progouvernementaux.

Pour marquer son autorité, le CEP s’en

est pris aux candidats revendiquant leur

appartenance au camp du Président

Michel Martelly. Parmi les 446 candidats

ayant été mis hors de la course à la

députation, 23 viennent du Parti Haïtien

Tèt Kale (PHTK), la formation du Président

Martelly.

Non content de bouter la première

dame hors de la liste de la sénatoriale, le

CEP en a rejeté 7 autres ce qui porte le

nombre à 30 candidats rien que pour le

PHTK qui ne sont pas agrées. Du coup,

c’est le parti qui a subi la plus grande

perte dans son rang avant même de

pouvoir concourir aux joutes électorales

du processus en cours. Un record !

En voulant faire un exemple de son indépendance

par rapport au pouvoir, le

CEP crée un malaise et jette un doute sur

son impartialité. Mais il n’y a pas que le

parti du chef de l’Etat. Tous les autres

partis proches ou associés au gouvernement

ont été touchés par ce tsunami.

La Fusion des Sociaux Démocrates de

Mme Edmonde Supplice Bauzile perd

22 candidats en cours de route. Tandis

que l’INITE de Paul Denis compte une

dizaine qui a été recalée. En frappant

les principaux tenants du pouvoir, le

CEP entend démontrer à la population

qu’il n’entend pas se laisser manipuler

comme ses prédécesseurs. Surtout que

son Président, Pierre-Louis Opont, a une

dette à payer à la Communauté nationale.

L’ancien Directeur des Opérations

électorales veut retrouver son honneur

en partie perdu lors des joutes de 2010-

2011 en compagnie de son ami Gaillot

Dorsainvil. Mais, mise à part le rejet de

la plupart des candidats de différentes

formations ou plateformes politiques,

ce qui attire l’attention c’est le nombre

impressionnant d’anciens députés et

sénateurs qui n’ont pas été agréés. Là

aussi on peut dire que les Conseillers

électoraux n’ont pas fait dans la dentelle.

Des anciens élus et vedettes de

la 49 e législature, des tous puissants

Présidents de Commissions au sein du

Parlement, n’en reviennent pas. Ils font

partie de la charrette. Le moins que l’on

puisse dire, c’est que les responsables

des partis n’ont pas tardé à réagir et

demandent des comptes et des explications.

Comment en effet, expliquer

qu’un sénateur ou député dont le mandat

vient à peine d’expirer, voit sa candidature

refusée ? Voilà ce qui mérite une

bonne explication. Tous les jours ce pays

surprend le monde par des attitudes assez

curieuses. Il n’y a qu’en Haïti que ce

genre de bizarreries est possible.

Un citoyen ayant passé 4 ou 6

années dans une Assemblée en tant

qu’élu, au moment de sa réélection

sans avoir commis aucune infraction

grave ou flagrant délit, se voit refuser de

poursuivre son travail de parlementaire

sans aucun motif apparent. Qu’est- ce

qui pourrait empêcher un élu sortant de

postuler pour la même fonction, voire à

un niveau supérieur ? Ce d’autant plus

que cet élu n’a jamais fait l’objet d’aucune

plainte ni de condamnation pour

quelque motif que ce soit ? Pas de résidence

dans la ville où il se représente ?

Pas de certification de nationalité ? Pour

non payement de ses impôts ? On a du

mal à trouver les motifs pour lesquels un

parlementaire en fonction ne puisse être

candidat à sa succession. En Haïti, si

l’on ne meurt pas de ridicule, l’on reste

tout de même la risée du monde. Il arrive

un moment où un Etat doit devenir

sérieux. On ne peut se contenter d’être

ridicule tout le long de sa vie ou de son

existence.

On veut croire qu’il peut y avoir

des défauts dans les documents ou

pièces d’un nouveau postulant, certainement

pas de celui qui est déjà en fonction.

Pour un élu sortant, cela ne devrait

être qu’une simple formalité comme l’on

renouvelle un contrat de travail dans

une entreprise ou une police d’assurance.

Qu’est-ce que les autorités électorales

veulent prouver dans cette affaire

de « rejet », « refus », « carnet » pour des

élus qui viennent de passer 6 à 8 années

soit au Sénat soit à la Chambre des députés

? Que Haïti est le pays le plus strict

en matière d’élection ? Il faut cesser de

faire rire nos amis étrangers. Il n’y pas

que des anciens sénateurs et députés qui

soient victimes d’un système totalement

absurde. Certaines personnalités, non

des moindres, se voient aussi mis hors

concours par un CEP devenu trop pointilleux

pour être sincère. A part l’absence

d’une éventuelle décharge, comment

expliquer que quelqu’un qui a été Garde

des Sceaux, ministre de la justice, ancien

sénateur ne puisse être candidat à nouveau

au Sénat alors qu’il n’y a aucun

doute sur sa nationalité haïtienne ? En

plus, ce citoyen est propriétaire et exerce

une profession reconnue dans le département

où il se présente. C’est le cas de

Paul Denis.

Nous ne sommes pas là pour venir

au secours de ce transfuge de l’OPL devenu

haut responsable de la plateforme

politique INITE. Mais nous cherchons à

savoir ce qui peut motiver la décision

des membres du Collège électoral pour

écarter la candidature de ce notable de la

course au Sénat de la République. Nous

nous questionnons sur le devenir de

cet Etat qui fait tout pour dissuader ses

cadres de rester en dehors de ses institutions

de prestige. Nous ne partageons

rien en commun avec M. Paul Denis

encore moins d’affinités politiques. C’est

un devoir citoyen de se questionner sur

le rôle réservé aux gens compétents

dans ce pays. Outre cet avocat et leader

politique, il y a le cas de l’ancien Directeur

général du ministère de l’Education

nationale, Denis Cadeau. Celui-ci a pratiquement

fait toute sa carrière au sein de

ce ministère et est connu de tous comme

étant un enseignant modèle. Cet ancien

haut fonctionnaire aurait pu apporter

ses compétences intellectuelles et sa

connaissance du système éducatif haïtien

au Parlement qui en a tant besoin.

Le priver d’une candidature au Sénat,

ce n’est rendre service ni à l’institution

parlementaire ni à son département des

Gonaïves ni au pays.

Tant d’autres personnalités,

cadres et hauts fonctionnaires et des

anciens élus reconnus font partie de la

palette de personnalités qui a été mise

de côté par le Conseil Electoral Provisoire

sous des prétextes discutables.

Faisant les frais d’une institution qui

s’apparente plus à un Etat dans l’Etat,

ces citoyens, loin d’être irréprochables à

cent pour cent, n’ont pas moins démérité

un siège au Sénat ou à la Chambre

des députés pour la 50 e législature au

vu de ce qu’était la précédente. Après

la purge des listes des candidats, la

tension était palpable dans certains

points du pays. Dans les départements

les plus sensibles comme le Centre et le

Sud-Est, on a même enregistré quelques

heurts et actes faisant craindre le pire

pour la suite du processus. Lors des

élections précédentes, il y a quatre ans,

le Conseil Electoral Provisoire s’était

comporté en chambre d’enregistrement

Cruelles scènes de violence

dans le Sud-est, 3 personnes

décapitées

des décisions du gouvernement dans

un premier temps et de la Communauté

internationale ensuite.

Et l’on connaît le résultat de la

catastrophe que ce comportement a

produit. Pour cette édition, en voulant

marquer de manière spectaculaire son

indépendance et faire taire les commentaires

mal-obligeants sur son compte,

l’organisme électoral a pris tout le monde

de court. Même ses pires détracteurs ont

été surpris de la brutalité avec laquelle

certains candidats réputés intouchables

ont été traités. Ils ont dû reconnaître

que le Président Pierre-Louis Opont et

ses collègues tentent de fermer toutes

les portes aux critiques. Pour l’instant,

personne n’a été épargné parmi les candidats,

qu’elle soit de l’opposition ou du

pouvoir. Du coup, le rêve de beaucoup

de candidats s’est transformé en pure

désillusion. Espérant que cette quête

de reconnaissance, de légitimité et de

crédibilité ne se traduit point par une

chasse aux sorcières qui ne dit pas son

nom. Ce qui ferait perdre toute confiance

dans une institution qui doit rester audessus

de tout soupçon politique et de

toute surenchère et d’exagération.

C.C

Nzounaya Belange Jean Baptiste et Rodriguez Séjour

Les ex-députés de la 49 eme législature

Nzounaya Belange Jean Baptiste

et Rodriguez Séjour devront comparaître

par devant un tribunal criminel, a décidé

la Cour d'Appel de Port-au-Prince. Les

deux ex-représentants des 2ème et 3ème

circonscriptions de Port-au-Prince sont

accusés d'être les auteurs de l'assassinat

du policier Walky Calixte. Les juges de la

Cour d'Appel ont confirmé l'ordonnance

du juge instructeur Jean Wilner Morin

rendu il y a trois ans dans le cadre du

Par Jackson Rateau

La nuit du jeudi 28 au vendredi 29

Mai dernier, dans la contrée de La

Voute, une localité de la commune de

La Vallée de Jacmel, Sud-est, un couple

a été trouvé décapité dans sa résidence

dans la dite localité. En effet, en

pleine nuit de la date susmentionnée,

des bandits non identifiés ont violé la

demeure des époux Carole St Germain,

55 ans commerçante et cultivatrice et

René Antoine 62 ans délégué du cartel

dossier. Par ce jugement, on peut comprendre

pourquoi Joseph Lambert et

Youri Latortue ne peuvent rester sans

ne pas être proches d’un pouvoir quelconque,

ou au parlement, de peur que

le sort de ces anciens députés ne leur arrive

point. Selon la Cour d'Appel les exdéputés

Jean Baptiste et Séjour devront

être jugés par un tribunal criminel sans

assistance de jury. Pour les avocats et

la famille de la victime, il s'agit là d'une

victoire de la justice.

du Conseil d’administration de la section

communale (Casec) de Lavanneau

(Sud-Est). Les bandits ont tranché et

emporté les têtes des deux conjoints.

Lors des recherches méticuleuses

diligentées par la police et la justice,

les dits organes ont été découverts

chez une prêtresse du vodou du nom

d’Alette François, présumée auteure

intellectuelle du crime. Ayant eu son

garçon mort préalablement, la sorcière

qui se trouve actuellement en cavale,

avait accusé les victimes (sans aucune

Suite à la page (19)

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Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

3


Kwonik Kreyòl

La décharge :

de la légitimation électorale ?

Lamothe écarté de la

course à la présidence?

Par Jacques NESI

Depuis l’introduction de la constitution

de 1987, une réforme fondamentale,

les haïtiens ont été convoqués

sept fois pour élire un président

de la République. Lorsque François

Duvalier est élu président de la République,

il recueille le 22 septembre 1957

69.1%. 29 ans plus tard, Lesly Manigat

est élu avec 50.3%. Les élections

de Lesly Manigat dans des conditions

douteuses n’ont pas permis d’affirmer

la légitimité d’un président de la République.

Son renversement suivi de

la formation de trois gouvernements

illégitimes (Namphy II, Avril, Ertha

Trouillot) inaugure une nouvelle ère

démocratique marquée par l’élection

de Jean-Bertrand Aristide. Une forte

légitimité s’est forgée par le croisement

du niveau de la participation

de l’électorat et de l’appui technique

et « inaugural » de l’Organisation des

Nations Unies comme marqueur de la

démocratisation d’Haïti. Le 16 décembre

1990, Jean-Bertrand Aristide avec

67.48%...René Préval le 26 novembre

1995 élu avec 88%, Jean-Bertrand

Aristide le 26 novembre 2000 avec

91.7 %, le 7 février 2006, René Préval

lu avec 51.21%, Michel Martelly, le

20 mars 2011 avec 67.57%. La légitimité

du président de la république

se trouve renforcée et c’est le vote en

termes quantitatif et qualitatif qui construit

la confiance dans le président de

la République.

Mais d’autres critères désormais

s’ajoutent à la légitimité présidentielle.

C’est le renforcement des normes propres

à la candidature. Les contraintes

légales qui encadrent l’organisation de

la compétition tendent à se renforcer.

La candidature aux élections présidentielles

ne suffit plus, depuis 1987.

Elle est davantage encadrée et limitée

par le droit. Les limites de la candidature

s’affirment autour de trois catégories

: les premières permissives en

termes de nationalité, de la condition

d’âge, de la résidence, les secondes

censitaires ou notabiliaires (avoir la

solvabilité) être propriétaire d’un bien

immobilier, s’acquitter de ses droits

d’inscription ;les troisièmes managériales

:telles la décharge.

Inscrit au cœur de la transparence

et de l ‘exigence de rendre

compte, la décharge se définit comme

« la libération d’une dette », c’est «

un acte qui atteste cette libération.

La décharge inscrite dans la Constitution

haïtienne libère « le gestionnaire

Des members du CEP

de fonds publics » de tous reproches.

La décharge est rattachée à l’éthique,

aux relations de l’homme politique

avec l’argent et aux moyens juridiques

et administratifs qui permettent aux

concitoyens de comprendre la qualité

de la gestion, le respect des procédures

administratives. L’administratif soumet

le politique à ses normes et à ses

règles. Il s’ajoute aux efforts de moralisation

de la vie publique. Et c’est une

bonne chose pour un Etat de droit.

En termes simples, la décharge

répond aux questions suivantes : qui

a bien géré les ressources de l’Etat

? Qui a confondu les ressources de

l’Etat avec celles du patrimoine privé

? Quelles sanctions sont prévues pour

celui qui n’a pas la décharge ? Qui est

habilité à se prononcer sur la qualité

de la gestion du fonctionnaire ou de

l’élu ? Qui se charge dans les collectivités

locales –Mairies et sections

communales de délivrer la décharge ?

Ainsi, la décharge se définit

comme un document qui valide la

qualité de la gestion d’un candidat et

qui l’autorise à engager des actions de

campagne électorale, de faire valoir

ses droits civils et politiques auprès du

Conseil Electoral. Avoir la décharge,

c’est réussir une étape importante

dans son ascension vers la conquête

du pouvoir. C’est détenir un laisserpasser

précieux qui valorise les qualités

de bon gestionnaire d’un candidat.

L’exigence de la décharge a un

triple avantage pour la jeune démocratie

haïtienne : elle a une vertu pédagogique,

car elle habitue les élus, les

fonctionnaires à avoir de bonnes pratiques.

C’est le moyen d’apprendre le

sens des responsabilités, on est dans

l’hypothèse de Tocqueville. Le second

avantage est la création des conditions

de l’émergence d’un homme

politique vertueux. Le troisième avantage,

c’est la construction à petits pas

d’un régime politique rationnel, qui

tente de se donner les moyens d’en

assurer la différence avec les régimes

politiques occidentaux. On y voit la

marche inexorable vers la formation

d’un nouveau régime. Qu’il soit critiquable,

celui-ci est susceptible de se

révéler utile et efficace.

La décharge n’est pas seulement

un document administratif, elle

est un objet politique qui vise à la formation

des représentations, qui concourt

à la mobilisation des électeurs,

et s’emploie comme une ressource

symbolique et politique qui ne relève

pas seulement d’un instrument juridique.

La carence de la décharge

réduit et annule les prétentions d’un

candidat imprudent qui a engagé des

actions précises pour anticiper, forger

une clientèle, critiquer son adversaire,

exprimer ses projets, persuader les

électeurs. En revanche, son obtention

réduit les représentations symboliques

à celles du crédit, de l’honnêteté.

La décharge induit des représentations

auxquelles il faut réfléchir.

D’abord, l’exigence de la décharge

comporte un risque, celui d’un glissement

d’une société instable vers un

pouvoir détenu par ceux qui maitrisent

les techniques de la candidature

aux fonctions électives. Une sorte

de « technocratie » émerge, c'est-àdire,

le pouvoir réel doit être confié

aux « saints », aux fonctionnaires,

aux savants et aux techniciens. La

démocratie devient ainsi procédurale

et constitue un leurre. Le pouvoir

ne sera exercé que par les citoyens

qui maitrisent la technique. Un véritable

despotisme moderne risque

d’apparaitre « au nom d’un intérêt

général multiforme et tentaculaire

que ne borne aucun rempart, aucune

puissance contraire ou modératrice »,

comme d’ailleurs le craignait Bertrand

de Jouvenel. Enfin, la décharge esquisse

un pas vers la rationalisation,

qui s’accompagne d’une technicité

de plus en plus grande mettant d’un

côté « les purs politiques », de l’autre

les détenteurs de compétences techniques.

Ici l’élection ne suffit plus à

garantir la légitimité de l’élu.

Néanmoins, être détenteur de sa

décharge ne signifie pas que la gestion

de l’élu ne soit comptable d’aucun reproche.

Tous les bénéficiaires ne sont

pas des saints, auréolés de leur victoire

contre les efforts de nettoyer les

écuries d’Augias. Avoir une fausse

décharge, c’est projeter une fausse

représentation du candidat ; c’est

tromper l’électeur, notamment les

crédules. Une fausse décharge est un

poison qui distille des comportements

et des attitudes traumatiques pour

la démocratie. Les citoyens doivent

se montrer vigilants et dénoncer les

faussaires, qui sont les fossoyeurs de

la démocratie. Une usurpation de titre

qui viole les principes d’égalité de tous

les candidats devant la loi.

L’application des lois n’est

pas une fantaisie. Elle doit être impartiale

et objective. Les présidents

Jean-Bertrand Aristide, René Préval,

Boniface Alexandre ont –ils accordé

la décharge à leurs anciens ministres,

pour les autoriser à participer

aux élections en l’absence du contrôle

Par Marie Laurette Numa

Le suspense règne encore ; des candidats

qui ont été contestés sont encore incertains

de leur futur. En effet, ils sont tous

soumis à l’attente du CEP malgré que le

Bureau du contentieux électoral départemental

(BCED) a rejeté les contestations

contre eux et a recommandé au CEP de

maintenir leur candidature dans la course

électorale. Ces candidats sont : André Michel,

Alexandre Jean-Bony, Moïse Jovenel,

Moïse Jean-Charles, Etienne Sauveur

Pierre, Desras Simon Dieuseul, Célestin

Jude, Jean-Henry Céant, Narcisse Maryse,

Jacky Lumarque, Gauthier Marie Josefa,

Gauthier Marie Antoinette et Zenny Edwin.

Cependant, les juges électoraux n’ont

pas recommandé au CEP de maintenir

dans la course la candidature de l’ex-Premier

ministre Laurent Salvador Lamothe,

Antoine Joseph et Bennett Anthony. Mais,

ce n’est pas fini encore pour eux, car ils

peuvent toujours se référer en appel au

niveau du Bureau du contentieux électoral

national (BCEN).

Pour les candidats à la présidence

Brutus Pierre Duly, Day Louis Gonzague

Edner, Mayard-Paul Thierry, François

Level, Andrésol Mario et Saint-Lot

Danielle, le BCED rejette les contestations

portées contre eux, sans toutefois recommandé

au CEP de maintenir leur candidature

dans la course. Le cas du Dr Kesler

Dalmacy, jugé sans doute comme un cas

perdu, n’a pas été même considéré par les

juges du Bureau du contentieux électoral

départemental.

Par ailleurs, le directeur des affaires

juridiques au Conseil Electoral Provisoire,

Anthony Mathieu Chérubin, a été démis

de ses fonctions. Il aurait été impliqué dans

des cas de corruption notamment dans le

cadre du traitement des dossiers de contestation

de candidats aux prochaines élections.

Dans la même veine, le Réseau national

de défense des droits humains (RNDDH)

a publié une liste de 34 candidats qui ont

été agréés par le CEP aux législatives, dont

parlementaire ? En l’absence de la

commission bilatérale du parlement,

l’octroi de la décharge est une faute

politique. Et c’est de cette connivence

que s’échappent des odeurs nauséabondes

de l’existence permanente

de pactes entre les candidats pour

s’approprier le gâteau de la démocratie

représentative, qui est au fond,

une construction soignée de forcenés

disposés à se ressourcer aux fontaines

de la prédation. Les règles ne peuvent

pas être écartées quand elles dérangent,

elles ne peuvent être emparées

par le droit pour construire un rapport

de forces visant à éliminer un adversaire.

Dans ces conditions, c’est une

forme d’ostrascisme qui ne saurait

l’emporter sur les risques de tensions

politiques et de radicalisation politique.

Le gouvernement actuel qui a

mis un point d’honneur à se distinguer

de son prédécesseur-le gouvernement

de Laurent Lamothe- affairiste, arrogant,

prétentieux -est forcé de rompre

avec cette pratique de contournement

des normes sous prétexte d’une prétention

à l’apaisement politique.

Les difficultés soulevées

aujourd’hui pour les candidats

d’obtenir décharge de leur gestion

n’expliquent pas les récriminations,

les sermons d’opprobre jetés sur la

cour des comptes. Il est si rare en Haïti

qu’une institution renonce aux diktats

et aux ordres du palais national.

S’attaquer à celle-ci est une anomalie,

une posture opportuniste qu’il faut dénoncer.

Le sérieux de la candidature

s’associe, sans s’y réduire, à un acte

administratif, celui de la décharge.

Pour être candidat, il faut être agréé,

légitimé par la Cour des Comptes et le

Parlement. Or, celui-ci entre dans une

« leur moralité est de nature à inquiéter

tous les citoyens haïtiens ». Il s’interroge à

savoir comment des « individus en confit

avec la Loi, recherchés par la Police et la

Justice, contre lesquels des certificats négatifs

ont été émis par la Police peuvent-ils

vraiment faire partie du Grand Corps ».

Voici les noms des 34 candidats en question

:

Les candidats au Sénat, en conflit

avec la Loi :

TINORD Emmanuel ; Konvansyon Inite

Richard Lénine Herve ; Parti Haïtien Tèt

Kale (PHTK)

JOSEPH Prudent Martial PRHA

JOSEPH Willot Parti Haïtien Tèt Kale

(PHTK)

Liste des candidats à la Députation,

en conflit avec la Loi

DESIR Sylvain Renmen Ayiti

JEAN BAPTISTE Lorigene UPAN

APPOLON Enel Platfòm Pitit Dessalines

LOUIS Laurenel ENTREH

PLETEAU Larousse KID

LUCIEN Jean Monode ; Fanmi Lavalas

REJOUIS Diony Platfom Pitit Dessalines

GUERVIL Wilner PHTK

Arnaud FRANCOIS Norius KID

JULES Adelin Plateforme Jistis

BORGELLA Jean Wilfrid PHTK

BASTIEN Johny Missocias LAPEH

FRANCOIS Richard Inite Patriyotik

JEAN Evenson Plateforme Jistis

ST FORT Eddy Plateforme Politique Palmis

SEVERIN Patrick Inite Patriyotik

PIERRE Davidson PKN

LHERISSON Jean Robert ; MNC

RAPHAEL Brunot ; Plateforme Rapwoche

JACQUES James Konviksyon

TERTULIEN Patrick UNDH

SEIGNON Jean Jacques ; MOPOD

DAZOULOUTE Jean Raymond ; OPL

JEAN Billy ; PONT

JN BAPTISTE M'zou Naya Belange ;

Platfom Peyizan

SAINT JEAN Maxwell CONAPPH

CHARLES Herve PHTK

PETION Henry Sauveur Adrena

KHAWLY Pierre Jacques Junior PHTK

période de dysfonctionnement qui ne

peut être suppléée par un compromis

boiteux. Le parlement étant absent,

les candidats demandeurs de décharge

ne peuvent que s’en prendre au président

de la République d’avoir le projet

de démantèlement des institutions de

la République pour le triomphe des

intérêts claniques et individualistes. Il

lui parait difficile de s’engager dans la

voie du contournement des règles, la

conjoncture actuelle étant fragile, la

candidature de son épouse n’a pu être

sauvée. Cette incapacité du président

de la République induit désormais un

rapport entre dépendance et contrôle

des candidats. Elle annonce une rupture

dans sa capacité à renouveler

sans aucun risque sa clientèle politique.

La décharge est un enjeu

politique capital, qui faute

d’irresponsabilité est une séquence de

la vie politique qui risque de la soumettre

à des spasmes, des moments de

surchaufe. Obliger l’élu –vertueux- qui

ne confond pas le patrimoine de l’Etat

avec son patrimoine privé , qui n’a pu

obtenir quitus en raison du dysfonctionnement

institutionnel est pour lui

punitif, alors qu’il s’agit d’un contrôle

a posteriori défini par le droit positif

et inséré dans l’ordre institutionnel.

La décharge mal appliquée cause des

victimes expiatoires, elle sanctionne

des citoyens réputés, mais exclus

par l’inefficacité de l’administration,

l’impéritie parlementaire. Son importance

est capitale dans le jeu politique.

Il faut l’encadrer et la pérenniser : à ce

point de vue, la démocratie haïtienne

est à une longueur d’avance face aux

démocraties les plus solides et les plus

citées à titre d’exemple.

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015


Perspectives

Hollande, les Clinton et l'impérialisme en Haïti

Par John Marion

Dans son livre Les Jacobins noirs,

une histoire de la révolution haïtienne

contre la France, C.L.R. James écrit

que «les esprits honnêtes et les grands

empires s'accordent mal». On n'a pas à

regarder bien loin aujourd'hui pour trouver

en Haïti les esprits malhonnêtes de

l'empire: le président français François

Hollande et les représentants de Washington

et Wall Street, Bill et Hillary Clinton.

Comme ses homologues américains,

Hollande est un pourvoyeur

d’impérialisme des «droits de l’homme»

et c’est justement ce qu’il a apporté aux

Caraïbes la semaine dernière. Sa visite

en Haïti, la première visite officielle d’un

président français depuis la révolution de

1804, était une démonstration flagrante

de cynisme.

Hollande s’est d’abord arrêté

sur l’île de la Guadeloupe, qui demeure

une possession de la France, pour

l’inauguration d’un musée consacré à

l’histoire de la traite des esclaves. Cet

ouvrage commémoratif, a-t-il affirmé,

«dira au monde entier que la lutte pour

la dignité humaine n’est pas terminée».

Le président français, dont le gouvernement

a été le fer de lance des guerres illégales

en Libye et en Syrie et a fourni des

chasseurs au gouvernement meurtrier

d’al-Sisi en Égypte, n’est pas en position

de faire la morale à qui que ce soit sur la

dignité humaine.

Certains s’attendaient que lors de

sa visite en Haïti, Hollande aborderait

la question des réparations de la France

pour les énormes paiements de dette

qu’elle a imposés à Haïti après la révolution

de 1804 ainsi que pour l’esclavage

lui-même (ce à quoi il s’était opposé en

2013 en affirmant que le «rôle funeste»

de la France ne pouvait «faire l’objet de

marchandage»). Mentionnant le droit des

Haïtiens à la démocratie, Hollande a indiqué

clairement que le but de sa visite était

de favoriser les intérêts commerciaux de

la France. «Le développement est indispensable

à la démocratie», a-t-il déclaré,

après avoir annoncé la mise sur pied

d’une commission qui discutera des occasions

d’affaires des sociétés françaises

par l’extraction de profits des travailleurs

super exploités du pays le plus pauvre de

l’hémisphère occidental. «Rien ne sera

laissé pour compte dans ce développement»,

a-t-il lancé.

Ce n’est pas seulement la maind’œuvre

bon marché qui attire les États-

Unis et la France en Haïti, mais aussi les

ressources minières (malgré l’absence

d’un droit effectif sur l’exploitation

minière), la possibilité de détourner le

JETCO

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L’inauguration du parc industriel de Caracol

Hillary Clinton et François Hollande

L’Hôtel Marriott à Port-au-Prince a été construit grâce à un partenariat

du président et fondateur de Digicel, Denis O'Brien, l’ ancien président

américain, Bill Clinton et le Marriott International

L’hôtel Marriott à Port-au-Prince

dent les pêcheurs locaux.

Le 8 mai, le quotidien The Guardian

rapportait que des manifestations

avaient éclaté en raison de la colère

populaire «parce que l'électricité générée

par la centrale de 10 mégawatts de Caracol

n'alimentait toujours pas certains

des villages avoisinants». Le journal a

aussi rapporté que deux conteneurs appartenant

au fabricant de vêtements

coréen Sae-A Trading Co Ltd avaient été

«saisis» et qu'un «casque bleu de l'ONU

chilien avait été abattu».

Sae-A, le seul locataire corporatif

du parc industriel jusqu'à maintenant,

embauche un peu moins de 5500 Haïtiens.

Quelque 60.000 emplois avaient

été promis par les Clinton et le gouvernement

d'Haïti au début du projet. Jonathan

Katz – un journaliste qui avait joué un

rôle essentiel pour localiser la source de

l'épidémie de choléra de 2010 chez des

soldats de l'ONU provenant du Népal

– note que la construction de Caracol a

coûté 55.000 $ par emploi créé jusqu'à

maintenant, soit «30 fois plus par emploi

que le salaire annuel moyen d'un

employé de Sae-A». Sea-A a transféré

ses opérations du Guatemala vers Haïti

en raison d'un conflit syndical là-bas,

mais aussi parce qu'on lui avait promis

«des exonérations fiscales, une franchise

de douane vers les États-Unis, un vaste

bassin de main-d’œuvre à bon marché,

des ateliers, une centrale électrique et un

nouveau port», selon le New York Times.

Le Times rapporte qu’Hillary Clinton

et son chef de cabinet, Cheryl Mills,

ont «convoqué» les responsables de

Sae-A à l’ambassade américaine à Séoul

durant une visite officielle au cours du

printemps 2010. Woong-ki Kim, le président

de Sae-A, a considéré pendant des

années la possibilité d’établir une usine à

Haïti ; mais il a finalement reculé devant

la hausse prévue du salaire minimum de

3,75 à 5 dollars par jour.

Bien que Caracol soit vanté comme

un moyen de rétablir l’économie après

le séisme de 2010 – son emplacement

ayant été choisi en partie dans le but de

déplacer les travailleurs loin du sud du

pays qui avait été dévasté – l’exploitation

de la main-d’œuvre bon marché haïtienne

pour l’industrie du textile n’est

pas chose nouvelle. La loi adoptée par

les États-Unis pour encourager les investissements

dans le pays caribéen,

HOPE I (Haitian Hemispheric Opportunity

through Partnership Encouragement

Act), et son extension HOPE II, autorisent

les importations sans tarifs douaniers

à partir d’Haïti. Les deux lois ont été votées

lorsqu’Hillary Clinton était au Sénat.

Après que Clinton soit devenue secrétaire

d’État, un câble diplomatique envoyé

de l’ambassade américaine en avril

2009 pour préparer sa visite indiquait qu’

«un autre message clé sera de souligner

Suite à la page (15)

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pays du pétrole vénézuélien et l’occasion

pour les compagnies de croisière et

hôtelières de faire des profits. Avant qu’il

ne soit forcé de démissionner en décembre,

le gouvernement haïtien du premier

ministre Laurent Lamothe avait annoncé

qu’il participait à la mise sur pied d’un

complexe touristique qui allait avoir son

propre terrain de golf et aéroport (idéal

pour la jet-set multimillionnaire qui ne

verrait jamais rien du reste du pays). Les

60% d’Haïtiens qui vivent avec moins de

2 dollars par jour seraient gardés à l’écart

des riches par des forces de sécurité

privées, des soldats de l’ONU ou la Police

nationale d’Haïti.

Dans son livre Hard Choices,

Hillary Clinton utilise le même langage

qu’Hollande pour décrire l’attitude des

États-Unis envers Haïti quand elle était

secrétaire d’État: «Il était logique de recentrer

notre approche sur le développement

afin de mieux exploiter les forces du

marché.»

Clinton décrit le Parc industriel de

Caracol, construit dans le nord d’Haïti

avec du financement d’USAID (Agence

américaine pour le développement international),

comme un hommage à la

«croissance économique soutenue». Elle

vante «son usine moderne de traitement

des eaux usées, son nouveau réseau

électrique qui dessert pour la première

fois les villages avoisinants ainsi que ses

nouvelles maisons, écoles et cliniques.»

En réalité, le parc industriel est

construit sur des terres agricoles fertiles

d’où ont été évincés les fermiers par le

gouvernement et il menace de polluer les

peuplements de palétuviers dont dépen-

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Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

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Kwonik Kreyòl

Jounen ayè, jounen jodi:

se dram sou dram

Guy-Gérald Ménard

Gade kandida! Gade kandida!

«Non, non, ce n’est pas possible. Yon ti

peyi kon Ayiti, pou l gen tout kandida sa

yo». Lè nou konstate komedi ki genyen

sou wout Frè, teyat ki ap jwe nan biwo

depatmantal lwès K E P a, nou sonje

chante Frè Paran yo ki te konn ap kònen

zòrèy nou sa pa gen lontan. Radyo pa t

manke pa sèvi nou sou menm kadans la

pawòl kèk lòt chantè kon Annsi Dewoz,

Manno Chalmay ak Grasya Dèlva. Kwak

nou temwen amezi tan ap pase mizisyen

sa yo, sòf defen Annsi ki pa sou sèn nan

ankò, kite Lasirèn chame yo menm jan

ak komedyen an ki t ap klewonnwen ayè

«peyi anvan pouvwa». Nou pa konnen

si pou nou mete chyen dèyè yo jan Frè

Paran yo te mande sa men, nou fèt pou

poze kèk kesyon sou ki ranvwa ki pouse

mesyedam yo kouri dèyè chèz boure a pa

pil pa pakèt.

Lè kèk sektè fè plon gaye, voye

yon grap kandida alaprezidans al enskri

anba labanyè yon evantay pati politik

(sa nou konnen ak sa pèsonn pa t konnen),

èske se yon estrateji pou pèmèt detwa

zangi pase nan may filè BED la epi

tou pwofite pran frè batèm yo nan kou

pa konprann? Èske se pou yo gen plis

majò jon nan bann nan lè leta pral distribye

lajan pou fè kanpay? Kandida k ap

chwazi koulè, chanje kazak, prete chapo

èske se akòz yo pran desepsyon, twò ta

bare yo oubyen y ap chèche kote dlo a

koule pi fre? Nan tout kandida sa yo èske

pa gen ladan yo ki la senpman pou bay

kourikouloum vite yo plis pèz? Genyen

lòt ou kwè se pa maladi prezidantit yo

soufri? Sitou lè nou konnen popilasyon

an panse nenpòt ki moun ka prezidan

Ayiti jounen jodi a. Menm lè yon pòsyon

admèt li ak dlo nan je, yon lòt pòsyon

ak dan griyen. Fòk nou ta chèche konnen

tou si nan kanaval elektoral sa a bon

mas pa melanje ak move mas. Èske pa

genyen ki annafè ak lalwa ki ap chèche

dra iminite pou kouvri yo? Oswa èske

laboratwa ravèt la pa enfiltre senkyèm

Pozisyon MODEP sou 11 lane

debakman Minista nan peyi a

kolonn nan mitan ploton an epi telegide

yo pou vin gate pati, bouye kat yo, kraze

jwèt la.

Rekonsilyasyon mache ak jistis

Lavèy eleksyon sa a, kote anpil moun

vle pèdi lakat, li nesesè pou tout sitwayen

ki di yo anvi sove Ayiti yo reponn

detwa kesyon pou nou. Alapapòt

nou ta renmen konnen kisa yo fè deja,

ki pozisyon yo pran deja sou dosye Ayisyen

y ap maltrete kit Dominikani kit

Baamas? Kisa yo fè deja, ki pozisyon

yo pran deja nan dosye kay leta kraze

ak bouldozè anba lavil Pòtoprens, detwi

sa lokatè yo posede, lage yo sou beton

an san dedomajman? Kisa yo fè deja, ki

pozisyon yo pran deja kont plizyè milye

konpatriyòt nou ki ap viv anba tant

toujou nan sitiyasyon enfènal? Kisa yo

Fòs okipasyon piyajè yo tabli nan peyi a dwe al fè wout li

Si kacho pran pale

Mwen gen ou mi k ap

toufe m

Mwen gen ou chenn ki

mare m

Mwen gen ou mi k ap

toufe m

Mwen gen ou fènwa

nan je m

Mwen kouche sou ladi

Karang donnen sou

mwen

Yon lòt jounen pase

Baryè a pa louvri

Solèy leve solèy kouche

Nou pa konn jou nou pa

konn nuit

Nou bliye konte mwa

Nou sispann wè ane

Nou gen fènwa nan je n

Tande rèl tande rèl nan

lakou Lasalin

Yon frè n mache ale

Li tounen pye devan

Solèy leve solèy kouche

Chak jou se menm

Chak jou pi rèd

Lannuit kou lajounen

Lajounen kou lannuit fè

nwa

Gade kanpe Palè

Ala bèl Palè bèl

Palè se yon kay chanmòt

Tou blanch tou blanch

Konbe moun ki mouri

Anba palè sila a

Toupre Palè Jistis

Toupre Palè Minis

fè deja, ki pozisyon yo pran deja pou denonse

reskonsabilite MINISTA nan pote

epidemi kolera ann Ayiti ki kòz lanmò

plis pase 8000 moun? Kisa yo fè deja,

ki pozisyon yo pran deja kont tout kalte

enjistis popilasyon an ap sibi chak jou?

Kisa yo fè deja, ki pozisyon yo pran deja

kont kondisyon mizè, ensekirite, pwomiskite

ki layite nan bidonvil yo? Ki sa yo

konte fè pou devlope pwovens yo, pou

bay kolektivite teritoryal yo otonomi yo?

Toupre Kontribisyon

Ala san ki koule

Sandriye nan fant janm

Tout fanm ki vle wè klè

Makout ak milisyen

Fimen tout lajounen

Konbe moun ki mouri

Konbe moun ki leve

Ki pa p leve demen

Fò Dimanch mwen rayi

ou

Gade kanpe Palè

Ala bèl Palè bèl

Fò Dimanch mwen rayi

ou

Zwezo sispann chante

Nan zòn bò Ri Disant

Penitansye Penitansye

Nasyonal

Ou fèmen dyòl zwezo

Nan zòn bò Ri Disant

Fò Dimanch mwen rayi

ou

Pòtoprens wouj ak san

Ala san ki koule

San koule bòrisit

San koule bò lòtbò

Mwen mande wè solèy

Mwen mande wè limyè

Ala san ki koule

Chak frè yo vin chache

Se ou solèy ki kouche

Se konsa n konte jou

Lendi Michèl mouri

Yo pran Leyon madi

Mèkredi n te benyen

Jedi se jou beni

Yo te lage Antwàn

Kòb meriken

Demen se vandredi

Demen se nenpòt jou

Demen se jou baton

Lendi Michèl mouri

Kè nou tout sou biskèt

Bwa gayak fè lanmès

Kote zo fè bouton

Lapriyè pou tout frè

Ki pa gason ankò

Kè nou tout sou biskèt

Grenn dan nan grenn

mayi

Dlo je koule fin plen

gòdèt

Grangou sèl monsenyè

Menm si vye dyòl pa

gou

Bwapen limen boukan

Nan chan pwèl malerèz

Gen pitye pou tout fanm

Ki pa p janm ka manman

Kè nou tout sou biskèt

Kacho mwen san fenèt

Nouvèl vini jwenn

mwen

Lasalin trepase

Mwen di se bon

Men yo vann Latòti

Touche lajan kontan

Mwen di se bon

Pou tout frè

Pou tout frè

Ki te tonbe vanyan

Nan chantey Libète

Mwen di Respè

Tanbou Libète

(maryaj vwa)

Ki sa yo konte fè pou pwoteje travayè

kont patwon ak espekilatè, pou defann

timoun ak fanm kont tout kalte abi? Ki

pwojè sosyete kandida yo? Ki pwogram

gouvènman yo? Ki enterè y ap defann?

Enterè ki moun? Enterè ki klas sosyal?

Enterè ki peyi? Lè yo fin reponn kesyon

sa yo nou va deside si machann rèv yo se

moun menm jan ak nou yo ye.

Flou politik ki karakterize

Suite à la page (18)

Premye jen 2004, yon fòs okipasyon

debake nan peyi a, anba chopo

Nasyonzini. Nan diskou ofisyèl yo, yo

fè nou kwè, MINISTA la pou li tabli

lapè nan yon peyi ki pa nan lagè, fè

respekte dwa moun, mete peyi a nan

estabilite epi ranfòse demokrasi. Dapre

chat Nasyonzini an, se nan peyi

ki gen lagè, jenosid ak krim kont limanite,

yo ka deplwaye yon misyon

lapè. Men nan ka pa nou, okenn nan

kondisyon sa yo pat reyini. Sèl lagè ki

gen nan peyi a, se lagè kont mizè, grangou,

chomaj, vyolasyon dwa moun

ak piyaj k ap fèt sou richès peyi a.

Epi li enpòtan pou n raple, sitiyasyon

mizè, grangou, chomaj ki gen nan peyi

a, se rezilta yon politik ekonomik k ap

aplike nan peyi a sou gouvènay enstitisyon

finansye entènasyonal yo, k ap

travay pou gwo kapitalis k ap simaye

lamizè, eksplwate travayè ak travayèz

pou gwosi benefis yo.

Apre depa fòs miltinasyonal la ki te

gen ladan Etazini, Kanada ak Lafrans,

sòlda MINISTA yo te jwenn teren

okipasyon an tou prepare pou yo tabli

baz yo. Se konsa, nan dat 9 jiyè 2004,

Nasyonzini siyen yon akò ak premye

minis Jera Latòti, dèyè do konstitisyon

an. Dapre konstitisyon an, se prezidan

repiblik la ki gen pouvwa pou siyen akò

pou angaje peyi a epi akò sa a dwe ratifye

nan palman an. Sa ki pat janm fèt.

Malgre kadejak Jera Latòti ak

konplisite prezidan an te fè sou konstitisyon

an, lè li siyen akò sa a, tout

prezidan ki vin apre yo ak palmantè yo,

pa janm mete akò antikonstitisyonèl la

sou kote. Okontrè, prezidan Preval ak

prezidan Mateli, ki toujou konpòte yo

kòm bon jeran enterè enperyalis la ak

gwo militinasyonal yo nan peyi a, yo

toujou pran plezi pou yo renouvle manda

MINISTA chak lane. Pouvwa Preval

ak Mateli a toujou fèmen je yo sou tout

move zak MINISTA nan peyi a. Tout

mannigèt sa yo dwe fè nou konprann,

MINISTA pa nan peyi a pou mete lapè

jan yo fè kwè l la. Men, MINISTA nan

peyi a, paske yo vle fè Ayiti tounen yon

gwo moso gato pou peyi enperyalis

yo, ONG malfini yo ak antrepriz miltinasyonal

yo devore. Se pwojè piyaj sa

a MINISTA vin bay sekirite.

Yon rapèl sou kèk move zak

MINISTA fè nan peyi a

Nan mwa oktòb 2010, sòlda MINISTA,

lage nan peyi a, yon epidemi kolera

ki deja voye plis pase 800 mil moun

al kouche sou kabann lopital epi touye

plis pase 8 mil moun. Jouk jounen Jodi

a, viktim kolera yo lage de bra balanse,

san okenn akonpayman. Olye otorite

nan Leta a akonpaye viktim kolera yo,

dirijan yo plis ap jwe wòl avoka MINI-

STA.

Sòlda MINISTA deja vyole anpil

jenn fi ak jenn gason nan peyi a. Pami

yo, Nadeige Nicolas ak Roudy Jean

nan Gonayiv ak Johny Jean nan Pòsali.

Nan lane 2009, Nasyonzini limenm te

dekouvri gen 111 sòlda MINISTA ki te

enplike nan fè abi seksyèl sou timoun.

Menm jounalis ak polisye pa

chape anba move zak MINISTA nan

peyi a. Konsa, nan dat 20 mas 2005,

jounalis Robenson Laraque te tonbe

anba bal MINISTA. Nan dat 29 me

2008, sòlda MINISTA te maltrete polisye

Lucknis JACQUES, ki se yon polisye

ki t ap travay nan komisarya Site

Solèy la.

Nan dat 18 out 2010, sòlda

Suite à la page (16)

Plis gouvènman pran kòb meriken

Plis pèp ayisyen pòv

Fò krè kòb meriken gen madichon

Tonnè kraze m mesye

Lajan meriken bay devenn

Vyèj pete je m medam

Kòm meriken gen madichon

Nou mèt tande pwen 4

Nou mèt tande pwen 6

Jouk n a tande pwen 1000

Mil fwa pi pòv

Nou mèt tande Shada

Nou mèt tande Scipa

Nou mèt tande Jiji White

Kòb meriken plen madichon

Plis minis manje kòb meriken

Plis pèp ayisyen pòv

Félix Morisseau-Leroy

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6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015


Et si l’université haïtienne était un espace où se tiendraient

les grands débats politiques électoraux ?

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Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015

Introduction

En temps de crise électorale, comme en

toute autre période de grandes turbulences

sociopolitiques et économiques,

tous les regards sont rivés sur

l’université. C'est bien là où les citoyens

cherchent à trouver les réponses

aux problèmes auxquels fait face la société.

À vrai dire, ce reflexe est typique

des sociétés modernes qui se portent

vers l'avant et qui ne s'enferment pas

dans une vision méta-sociale ou fataliste

de l'histoire. Elles cherchent à

comprendre de manière scientifique

ces contradictions dans les rapports

sociaux qui donnent lieu aux conflits

révélés à travers les crises.

Tout ce qui relève de l'intérêt général

de la nation passe, avant tout,

par l'université. La prise en charge de

l'organisation des débats électoraux est

un exemple probant. Car, attachée à

une tradition historique de gardienne

des intérêts suprêmes de la nation,

l’université place les élections au centre

de ses préoccupations. Elle organise

les débats en offrant aux aspirants au

pouvoir un espace pour venir clarifier

leurs pensées, exprimer leurs conceptions

de l'État, bref, présenter leurs projets

de société.

Cette démarche est symbolique

car la décision de se présenter aux

élections pour des postes de grandes

responsabilités d’État n'est pas un

simple acte d'expression de la citoyenneté.

Bien que l'acte, en soi, soit individuel

ou personnel, la fonction dont il

est question relève néanmoins d'une

responsabilité hautement collective. Le

citoyen-candidat doit répondre au profil

de la fonction pour assumer pleinement

sa responsabilité. Les débats

électoraux, autant qu'ils se portent

sur les questions politico-idéologiques

et soulèvent les conflits de classe et

de couleur, permettent au peuple de se

faire une idée de la personnalité des

candidats: ses aptitudes intellectuelles,

sa position idéologique, et sa compréhension

de la fonction d’homme

d’État et de l'Histoire.

En tant qu’espace critique dans

son essence, regroupant des professionnels

du savoir, des professeurs et étudiants

qui manient les connaissances

théoriques dans les domaines des sciences

sociales et humaines, l'université

fait office d’un acteur implicite qui

donne les directives sur l’orientation

de la société. C’est pourquoi elle n’a

jamais été vue comme seulement un

lieu de neutralité politique objective la

limitant à l'organisation des débats

électoraux, mais plutôt comme un lieu

de grands enjeux politiques où se dégage

le profil de celui ou celle dont la

société a besoin pour relever les grands

défis auxquels elle fait face.

Comme une composante majeure

de l'appareil idéologique, l’université

joue son rôle avant-gardiste et oriente

la collectivité à choisir de façon

rationnelle et judicieuse ses dirigeants.

Partant de cette réflexion, il devient

nécessaire de s'interroger sur la fonction

réelle de l'université en Haïti.

L'université haïtienne s'est-elle vraiment

hissée à la hauteur de cette dimension

?

La réponse n’est pas automatique.

Une première tentative peut nous

renvoyer inéluctablement à la dimension

de l’universalité de l’université.

De ce point de vue, l’université dans

toute société se soumet à un objectif

commun : formation des cadres pour la

société et la production des recherches

scientifiques. L’organisation des recherches

scientifiques lui confère aussi une

tâche particulière quand elle se met au

service du développement national.

À cela, nous nous référons à

Manuel Castells qui avance que les

universités dans toutes les sociétés,

remplissent, à un niveau ou à un

autre, quatre (4) grandes fonctions

majeures. Premièrement, elles ont

une fonction idéologique qui, par le

rôle joué comme appareil idéologique,

cherchent à expliquer les combats

idéologiques présents dans les sociétés.

Deuxièmement, Elles ont été toujours

des mécanismes de sélection et

de socialisation des élites dominantes.

Troisièmement, elles ont une fonction

de recherche scientifique qui est prise

en charge par des instituts nationaux,

ainsi en Europe et dans d’autres

pays développés. Quatrièmement,

elles s’occupent de la formation d'une

main-d'œuvre qualifiée c’est-a-dire

«l'université professionnelle »

Si l’idéologie est l’action selon

Gramsci, l’université agit quand la nation

est en péril. Il semble que son car-

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actère critique l’impose. Marcel Patry

nous offre sa compréhension de la

fonction critique de l’université. Bien

avant tout, il a introduit le concept de

« finalité » qui, pour lui, renvoie à la

double mission fondamentale de toute

université : 1° le développement (1a

production, l'élaboration) du savoir, et

2° la diffusion (la transmission) des

connaissances. Cette double mission

ne peut être réalisée si l’université ne

dispose pas des « moyens » lui permettant

d’atteindre la finalité qu’elle

appelle 1° l'enseignement, et 2° Ia recherche.

La « qualité » qui caractérise

ou spécifie le travail universitaire, c'est

la « rationalité ». Donc, c’est par leurs

interactions avec le milieu social dans

lequel elles se trouvent que les universités

remplissent leur double fonction

: la fonction « systémique » qui serait

associée aux forces d'intégration, de

continuité et aux tendances à perpétuer

le « système », alors que la fonction critique

référerait aux forces de changement

et de rupture.

L’université haïtienne se positionne

dans le sens de la continuité

du système. Et nous avons bien raison

cette fois-ci d’être automatique sur

cette réponse. Dans toute société, il

y a un temps qui est toujours retenu

comme repère historique. Un moment

où la nation se met debout pour

changer le cours de son histoire. Pour

nous, le 7 février 1986 ne fait aucun

doute : c’est la date phare de notre histoire,

celle qui incarnait l’espoir d’un

lendemain meilleur, le moment qui

symbolisait la rupture, pour ainsi dire

une “deuxième indépendance’’ qui a été

arrachée dans la douleur et qui est le

fruit de longues et pénibles luttes pour

l’instauration de la démocratie et la fin

de la dictature. Bref cette date marque

l’apothéose de plus d'un quart de

siècle d’obscurantisme tortionnaire

et le début de l'ère démocratique qui

s’ouvrait sur le pays.

Comme rappel, l’université haïtienne

était au cœur de cet évènement

historique. Elle était l’un des acteurs de

ce changement historique. Mais, elle

a raté cette occasion exceptionnelle

pour jeter les bases institutionnelles de

l'État-Nation. Elle ne s’est pas montrée

à la hauteur de la dimension de cette

transition politique qui a exigé logiquement

une plus grande participation des

acteurs dans les sphères du pouvoir, la

consolidation de cet acquis démocratique

par le renforcement et la création

des nouvelles institutions politiques,

une nouvelle approche en termes de

cohabitation des pouvoirs de l'État , la

formation des élus et des électeurs à

travers des programmes de formation

des bases populaires, et la prise en

charge des débats électoraux.

Tout ce que l’on peut dire c’est

que l’université a manqué son rendezvous

avec l’histoire. Elle aurait pu accompagner

le pays dans ce processus

de transition politique qui impose en

elle-même des exigences d’une approche

institutionnelle et d’une remise

en cause de sa constitution et de ses

rapports avec ses sujets. Apparemment,

l’université n’avait pas bien compris

le sens de cet engagement historique

et politique comme entité supérieure

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chargée de conduire le pays sur la voie

de la rupture pour amorcer le changement

que rêvait et rêve encore toute

une population.

Aussi paradoxalement que cela

puisse paraitre, l'université haïtienne

n’a jamais pris congé de la scène politique

haïtienne depuis 1986. On la

retrouve en 2004 du côté des antinationaux,

de ces canards boiteux

qui ont sucé et qui ont continué de

sucer le sang de la classe laborieuse

haïtienne. Une alliance qui ne dure que

pour le départ d’Aristide. Puis, elle est

passée à la trappe. Tout pense à croire

qu’elle a du mal, après plusieurs décennies,

à sortir du carcan de cet exercice

traditionnel des luttes politiques

contre les pouvoirs en place. Elle se fait

un statut d’instrument politique. Et ce

constat se confirme depuis 1929.

Mais, pour nous, la question

qui nous intéresse est de savoir si

l'université haïtienne a-t-elle jamais

été contrainte à l'exercice de sa mission

de formation et de sa fonction

critique?

La contrainte de l’université haïtienne

à l’exercice de ses missions et

fonctions.

Personne ne peut le nier. Dans

un pays comme le nôtre, marqué par

des crises politiques ininterrompues, le

mépris total du savoir, et l’intolérance

politique, l'université haïtienne a fort à

faire pour s’imposer. L’environnement

dans lequel elle évolue est défavorable

à la libre expression des idées. Cette

situation marquée par l’intolérance à

outrance met souvent l’université sur

la défensive. Et pour preuve, l’histoire

haïtienne nous témoigne que les Chefs

d’État haïtiens et l'université ne sont

pas logés à la même enseigne. Ce qui,

pour certains, pousse l’université à

faire des alliances contre nature ou

morganatiques, pour répéter Me Osner

Fevry. Pour dire vrai, parmi les

Chefs d'État haïtiens, les Duvalier faisaient

figure d’ennemi numéro un de

l’université haïtienne particulièrement

l’université d’État d’Haïti.

Pour preuve, la dynastie Duvaliériste

régna pendant vingt-neufans.

Et durant son temps de règne,

l’université haïtienne garda un profil

bas. Avec l’aide, bien sûr, de la communauté

internationale qui luttait, à

l'époque, contre le communisme, ce

pouvoir tortionnaire a réussi, pendant

cette longue période, à mater toutes les

velléités estudiantines jusqu’au moment

où le people, avec la complicité

de l’internationale, décida d’engager le

pays sur une nouvelle voie. Le climat

que cette dictature instaura était

hostile à l’existence de l’université

comme entité du savoir critique qui,

pour assurer sa survie, s’alliait aux

mouvements démocratiques tournés

vers la démocratisation et la libération

du pays.

Après plus de vingt-cinq ans

de transition démocratique, on

a l'impression que le problème de

l'université n'était pas seulement lié à

la présence de la dictature qui, de par

sa nature, ne tolère pas le pluralisme

idéologique, l’alternance démocratique,

et l'indépendance des institutions tant

étatiques que privées. Le problème

semble plus profond qu’on aurait

pensé. Il se situe même dans les

structures de l’État qui n’acceptent pas

l’esprit critique et l’alternance politique.

Car, après la chute du régime des Duvalier,

le rapport État/Université ne

s’est pas amélioré, il s’est plutôt empiré.

Les différents gouvernements qui

se sont succédé depuis le 7 février 1986

n’ont pas investi dans l’université dont

la mission est de former les cadres pour

la société haïtienne. L’État devrait pouvoir

créer des antennes de l’UEH dans

les différents départements du pays en

vue de répondre aux demandes de la

jeunesse haïtienne et d’empêcher ainsi

à des dizaines de milliers de jeunes

compatriotes, en quête du savoir, de

traverser la frontière et de subir des humiliations

en terre voisine.

En fait, comme entité du savoir,

et au-delà de ses contraintes (budgétaires

et tant d’autres) l’université haïtienne

est passée outre sa mission

(formation et production du savoir scientifique)

et sa fonction critique. De la

dictature à nos jours, elle a du mal de

se défaire de l’oligarchie traditionnelle

qui se place sous le contrôle de classe

politique haïtienne. Les étudiants se

laissent sensibilisés sur des problèmes

purement conjoncturels (par exemple :

la montée du prix des carburants,) sans

jamais devenir un acteur qui décide du

destin du pays en portant l’université

à s’engager sur la voie de la restitution

de l’élection. Le changement que

nous rêvons tous pour le pays ne peut

s’obtenir si l’université ne s’engage

pas d’avantage. Elle doit se charger de

l’organisation des débats électoraux.

L’université doit être le haut lieu

des grands débats sociopolitiques, car

elle est, par excellence, le haut lieu du

savoir et de la recherche. L’université

devrait être l’entité chargée de bien

choisir ses dirigeants parmi des milliers

de prétendants ou candidats. En

ce faisant constituerait-elle un obstacle

au droit à la participation des citoyens

dans le processus démocratique ?

La demande à la participation

aux élections relève, sans doute, d'un

exercice constitutionnel et démocratique.

Dans la démocratie représentative,

ce droit est inviolable et ne

peut être l’objet d’aucune censure de

la part d'un gouvernement en place.

Et ce, sans aucune forme de procès.

Sur le plan du droit international, ce

droit est inaliénable au même titre

que celui à la vie. Autant dire que le

problème ne se tient pas à ce niveau.

L'université haïtienne ne peut être, en

aucun cas, une entrave au droit à la

participation des citoyens dans le processus

démocratique. Au contraire, elle

est l'espace qui doit, autant que faire se

peut, encourager ou participer à la promotion

de ces valeurs dans le respect

du principe démocratique et celui aussi

de l’intérêt suprême de la nation.

Notre hypothèse ici est que

l'université est sélective. Cet aspect

est universel et n'est perceptible que

dans sa forme de fonctionnement reposant,

entre autres, sur des critères

d'intelligence et d’aptitude. À cet égard,

nous avançons qu'il est naturellement

admissible que tout le monde ne

dispose pas des mêmes aptitudes et

intelligences et n’a pas le même quotient

d’intelligence. Ceci étant dit, étant

une entité du savoir qui s'attache à

une tradition d'excellence académique,

l'université, dans sa forme de fonctionnement

semble plus accessible à

certains individus et moins par rapport

à d'autres. Bien que l’université soit

accessible à tous, il n’en demeure pas

moins vrai qu’elle est appelée à former

une élite qui doit diriger les destinées

du pays et cette situation est la même

pour tout pays ou toute société qui veut

marcher sur le chemin de la modernité

et du progrès socioéconomique.

En organisant les débats électoraux,

l’université haïtienne fermerait

la porte à l’incompétence et à

l’opportunisme politique car la peur

de se faire ridiculiser par des audiences

averties paniquerait certains

candidats et, par voie de conséquence,

en réduirait le nombre. Car, à bien

regarder, plus de 75% de ceux qui

se présentent aux législatives n'ont

pas un diplôme universitaire et nombre

Suite à la page (8)

Haiti Liberté/Haitian Times

7


Perspectives

Dany Laferrière : Un Conzé sous la Coupole

Par J. Fatal Piard

« Entèlektyèl, nèg save

Nou gen tan gen sou nou »Yon

pati nan Pèlen Tèt , yon pyès teyat

Franketyèn te adapte

« La démarche de restitution

et de réparation ne constituent aujourd’hui

qu’une tentative désespérée

du pouvoir pour faire diversion par

rapport à ses responsabilités et trouver

un bouc émissaire en couverture à son

échec. Nous reconnaissons la nécessité

d’une réflexion, d’un dialogue, voire

d’une action à venir à la mesure de la

compétence de ces notions. De telles

démarches ne peuvent être envisagées

qu’entre partenaires responsables

partageant les valeurs fondatrices de

liberté d’égalité et du respect de la personne

humaine. La dérive totalitaire,

l’incompétence et la corruption qui

caractérisent l’actuel gouvernement

le disqualifient en ce qui a trait à la

conduite de cette procédure ». Extrait

de la déclaration des intellectuels sans

principe sur la Célébration du Bicentenaire

de l’Indépendance signée par ce

Dany Laferrière.

Des opinions sur Dany Laferrière

Pour parvenir à leurs fins, coopérants,

diplomates, à l’instar de colons et

occupants en territoire conquis, se sont

servis de ces élites qui se confortent

dans l’aliénation la plus abjecte. « Pour

imposer l’esclavage jusqu’aux confins

de l’Amérique, ça fait cinq longs siècles

de cela, le laboratoire de l’occident a dû

travailler à plein rendement. Pour perpétuer

l’esclavage mental, en 2015 encore

l’occident se voit dans l’obligation d’investir

beaucoup d’énergies ». Ainsi s’est

exprimé Philippe Alerte.

Le co-animateur de l’émission

de débats sociopolitiques diffusée sur

les ondes de Tropic FM, a profité de cet

entretien exclusif accordé à Haïti Liberté

pour exprimer son dégout de ces élites

intellectuelles aliénées. « Cette lutte

acharnée en faveur de l’émergence des

masses populaires se trouve entravée à

cause de la haine incurable à laquelle

l’international a contraint l’ensemble

des élites de cultiver contre les couches

des bas-fonds. Vous n’avez qu’à écouter

les discours véhiculés par les responsables

de certains médias quoi que

issus eux aussi des ghettos, pour avoir

une idée du niveau de discrimination

à laquelle je fais allusion », a déploré

Monsieur Alerte.

Par quel tour de magie le négrion

Dany Laferière, un Konzé a-t-il pu se

détacher de cette horde de Konze à l’inconscience

hypertrophiée pour se glisser

jusqu’à l’Académie Française ? Alors

qu’est ce qui a pu empêcher à Aimé Césaire

d’y parvenir ? Peut-être l’homme

d’État que fût Césaire s’était gardé de

cracher sur la mémoire de ses ancêtres

comme s’est contenté de le faire Dany

pour pouvoir être éligible à l’Académie

Française ?

Campons Dany Laferrière

La probité intellectuelle nous enjoint

de rappeler à l’attention de nos progénitures

que le nommé Dany Laferrière

est l’un des initiateurs de ce Collectif

d’Intellectuels Aliénés (CIA). Ce Collectif

d’Intellectuels Aliénés (CIA), une structure

montée de toutes pièces, n’était

qu’une succursale du Quai d’Orsay. Ils

étaient manipulés par un certain Régis

Debray retranché dans les caves à

tractations de l’ambassade de France en

Haïti.

Le Collectif des Intellectuels Aliénés

(CIA) s’est illustré en faisant tout

pour compromettre dans la violence

sanglante la commémoration du bicentenaire

de notre indépendance en

2004. En cette occasion, Dany Laferrière

quoiqu’émissaire plénipotentiaire du

Québec œuvrait à la pleine satisfaction

de Dominique de Villepin une émanation

légitime de ces colons criminels

et exploiteurs. Ce dernier ne pouvait

digérer le fait que le Président Aristide

se soit armé de courage pour exiger de

la France colonisatrice Restitution pour

avoir eu le cynisme d’extorquer une

forte somme du président Jean Pierre

Boyer en échange de la reconnaissance

de cette indépendance conquise par

l’armée indigène et Réparation pour

près de deux siècles d’esclavage inhumain

sur fond d’exploitations de nos

ressources naturelles et d’hécatombes

inénarrables.

Régis Debray commandait

l’expédition envoyée par Dominique de

Villepin pour déstabiliser le gouvernement

du Président Aristide et plonger

Haïti dans les gouffres vertigineux du

chaos. La mission qui lui fut confiée

consistait à tout faire pour chambarder

la commémoration par le feu, la violence,

les crimes, le sang et toutes autres

exactions inimaginables. Ce projet

de chambardement devrait être exécuté

par une coalition de fossoyeurs internationaux

composée des Etats Unis, de la

France eu du Canada.

Stannley Lucas armait les assaillants

de Guy Philippe et de Ravix Rémissainthe

depuis la République Dominicaine

pour venir assassiner les RPK des

zones de non droit. Régis Débray manipulait

les Intellectuels Aliénés du Colectif

Non tout en rédigeant pour eux la

déclaration de la honte sur la célébration

du bicentenaire de l’Indépendanceparue

dans les colonnes du quotidien le Nouvelliste

en date du 2 octobre 2003.

Dany Laferrière quand à lui représentait

officiellement le Québec dans le cadre de

la mise en œuvre de ce projet de chambardement

planifié dans les hauts lieux

de la réaction internationale, car c’est là

qu’il s’est caché depuis le jour où il a fui

la dictature des Duvalier.

Dany le journaliste

En ce temps là, Dany se faisait passer

pour un révolutionnaire en feignant de

dénoncer les dérives inadmissibles de

Duvalier fils. L’un de ses collègues de

l’hebdomadaire le Petit Samedi Soir le

journaliste Gasner Raymond allait être

retrouvé la tête écrabouillée par les sbires

des Duvalier. Son cadavre qui portait

de traces de tortures fut retrouvé gisant

dans son sang dans la zone de Brach

à l’entrée nord de la ville de Léogane

au matin du 1 er juin 1976. Gasner a

payé de sa vie le fait qu’il menait des

enquêtes approfondies sur des cas de

corruption enregistrés dans l’usine de la

Minoterie.

Les tuteurs de Dany Laferrière,

des chrétiens fondamentalistes, au faîte

de la xénophobie, ne pouvaient digérer

que le Président Aristide ait adopté un

décret reconnaissant le Vodou comme

une religion à part entière. Ils étaient

prêts à tout tenter pour rendre Haïti

ingouvernable pour ne pas dire invivable.

Le Québec ne pouvait trouver de

meilleurs intellectuels Djihadistes que

Dany Laferrière qui ne s’est pas gêné

de s’allier avec les bourreaux de Gasner

Raymond pour jeter son pays d’origine

dans le chaos. Il ne saurait avoir de

meilleures preuves de la réussite de ce

projet d’aliénation de notre souveraineté

que la présence de la Minustah

Dany Laferrière à

l'Académie Française

Dany sous la Coupole

Dany Laferrière, l’émissaire du Québec

est l’une des figures de proue de ce Collectif

d’Intellectuels Aliénés (CIA) dont

la mission essentielle consistait à tout

tenter pour garder Haïti confinée dans

les abimes du sous-développement. Et

c’est ce crime de lèse-patrie qui lui a

valu d’être admis aujourd’hui sous la

Coupole. La nouvelle a tout de même

fait tache d’huile à la grande satisfaction

des traitres et des fossoyeurs impénitents

de ce pays qui les a vus naitre.

Nous devons le rappeler. Ce Dany

est Haïtien par le simple fait qu’il a eu

le malheur de voir le jour sur la terre de

Dessalines. Cependant ce même Dany

est Québécois des orteils aux cheveux,

juste par sentiment de mesquinerie, et

surtout pour espérer un jour jouir des

fruits de son reniement nauséeux ; ce

qui est tout à fait indigne de quelqu’un

qui se targue d’être les détenteurs exclusifs

du monopole de l’intellectualité.

Et c’est en signe de récompense

pour sa contribution active à l’occupation

de son pays d’origine par la soldatesque

de l’ONU dissimulée derrière le

masque de la Minustah vectrice du Vibrion

choléra, que ce Dany vient d’être

admis à l’Académie Française. Sans

plus tarder, retraçons pour la postérité

l’implication active des intellectuels aliénés

du Collectif Non dans le sacrilège

du 1 er janvier 2004. Et vous déduirez

aisément que si ces élites mercantiles

et de sous-traitance sont parvenus à se

payer les services de ces intellectuels, il

y a matière à s’inquiéter pour l’avenir

d’Haïti.

Dans l’unique but de compromettre

dans la violence sanglante la

célébration du bicentenaire de cette indépendance,

ils ont fait une incestueuse

mise en commun de leurs bas instincts

de traitres, de crapules et de mesquins.

Cette indépendance acquise par suite de

hautes luttes et d’héroïques sacrifices,

est, depuis janvier 2010 reconnue par

l’Unesco comme un «Patrimoine de

l’Humanité». Mais, les compatriotes

auront suffisamment de compréhension

pour pardonner à Dany et ses

comparses du Collectif des Intellectuels

Aliénés de n’être pas à la hauteur pour

cerner l’importance d’un tel événement.

Liste des Conzé

Nous nous sommes fait le devoir de

publier in extenso la liste des Conzé tels

que figurée dans les colonnes du Nouvelliste

en date du 2 octobre 2003. Ces

Conze, pour s’être complus à ingurgiter

jusqu’à la lie, l’ignominie la plus abjecte,

méritent d’être admis aussi sous la

Coupole en guise de récompense pour le

sale boulot accompli sans faute. Claude-

Henry Accacia, Michel Accacia, Gesner

Armand, Jean-Claude Bajeux, Anthony

Barbier, Jessy Ewald Benoit, Piere Buteau,

Jean Casimir, Georges Castra, Suzy

Castor, Syto Cavé, Amos Coulanges,

Jean Coulanges, Magalie Comeau Denis.

Patrice-Michel Derenoncourt, Max

Dominique.

Franck Etienne, Marie-André

Etienne, Jude Charles Faustin, Jean-

Claude Fignolé, Reynold Guerrier, Michel

Hector, Reynold Henry, Laenec Hurbon,

André Lafontant Joseph, Frandley Denis

Julien, Dany Laferière, (déjà admis),

Yves Lafortune, Yanick Lahens, Ricardo

Lefèvre, Danièle Magloire, Jessy Manigat-Chancy,

Daniel Marcelin, Gérard

Mathieu Junior, Miriam Merlet, Jean Métélus,

Marc-Ferl Morquette, Jean Michel,

James Noel, Raoul Peck, Claude Pierre,

Suite à la page (14)

Suite de la page (7)

d’entre eux seraient en grande difficulté

pour s'imposer dans un débat théoricoacadémique

et intellectuel.

Le fait que plus d’un millier de

candidats se sont inscrits pour les législatives

et plus d’une cinquantaine à la

magistrature suprême est loin d'être un

évènement anecdotique pour un pays

qui bat le record de plus de la moitié de

sa population encore au chômage. Qui

pis est, la moitié de ceux qui travaillent

sont en chômage déguisé. Cette ruée

vers des postes électifs ne vient nullement

d'un sentiment patriotique. Il ne

s’agit pas non plus d’un appel qui est

dicté par une volonté de changement.

Nous en doutons fort. Et nos doutes

sont d'autant plus grands quand la

plupart de ces candidats n'ont même

pas une profession. Leur parcours académique

est catastrophique et en dit

long sur leur acharnement à prendre

le pouvoir, leur dernier recours pour refaire

leur vie. Tant pis pour la minorité

d’entre nous qui, malgré tout, va devoir

subir, par la voie des urnes, la loi

de la majorité. La minorité éclairée se

conforte dans son mutisme.

Cette situation nous montre à

quel point nos politiques laissent étaler

au grand jour leur égo et ne tiennent

pas compte de la faiblesse intellectuelle

des potentiels votants et des intérêts

de la nation. Comment une population

avec un taux d’analphabétisme

aussi élevé va-t-elle pouvoir élire un

président parmi cette pléiade de candidats?

La plus part des politiciens ne

compatissent pas à la cause de cette

population qui est aux abois et ne sait à

quel saint se vouer. Ils sont nombreux

ceux-là qui veulent exercer non un

pouvoir-service mais un pouvoir-jouissif.

Autrement, leur chance de mobilité

sociale est minime.

Aujourd’hui, nous constatons

avec tristesse et indignation que nos

jeunes étudiants ne se donnent plus la

peine de rester à l’université. Une fois

qu’ils sont capables de réunir la somme

exigée par le CEP, ils déposent les livres

et tentent leurs chances. Et comme

vous le savez, en Haïti, la chance sourit

à ceux qui ont de l’audace et l’accession

au pouvoir confirme cette assertion.

Ces étudiants misent grandement sur

cette réalité. Pour cause, ils atteignent

leur rêve d’enfance. Les questions

que l’on se pose sont de savoir si ces

candidats connaissent vraiment les

responsabilités qui incombent à un

parlementaire ? Savent-ils qu’un parlementaire

a une responsabilité législative

? Et d'où viennent cette obsession

et cette pathologie du pouvoir? Ces

candidats sont-ils appelés par l'urgence

du changement, ou vivons-nous sous

‘‘l'effet Martelly’’?

Il ne fait aucun doute que nous

vivons encore sous ‘’l’effet Martelly’’.

Aujourd’hui, nous sommes tous habités

par un même sentiment que le

pouvoir n’a pas un véritable maitre.

Aucun candidat à la présidence ne se

voit déjà rafler la mise à moins qu’il

s’illusionne. C’est presque la même

situation qui régnait avant les élections

de 2011 où le mot d’ordre fut donné au

dernier moment et qui fut soutenu par

l’international. N’importe qui peut être

élu à la magistrature suprême du pays

et le parlement peut être envahi par des

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

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mécréants, des aventuriers politiques,

des drugs dealers et que sais-je !

Et si l’université haïtienne

avait pris les rênes des débats électoraux,

elle aurait pu nous épargner cette

transition suicidaire de ‘‘tafiatisme’’ au

‘’tisimonisme’’. Pour ce qui concerne le

‘’tafiatisme’’, les faits sont là. On peut

se rappeler que le premier mandat du

président Préval s’était distingué par

sa politique tournée vers la production

nationale et cette approche politique

avait facilité sa réélection en 2006. Et

Suite à la page (19)

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8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015


This Week in Haiti

Haiti Cholera Plaintiffs Appeal Ruling

by Kim Ives

On May 27, lawyers representing

thousands of Haitian cholera victims

filed an appeal against Federal

Judge J. Paul Oetken’s Jan. 9, 2015

decision that the United Nations is

legally immune from prosecution for

importing cholera into Haiti and unleashing

an epidemic which has killed

about 9,000.

Lawyers from the Boston-based

Institute for Justice and Democracy in

Haiti (IJDH), the San Francisco-based

Center for Law and Global Justice, and

the Miami-based firm of famed immigration

lawyer Ira Kurzban filed a

62-page brief which argued that Judge

Oetken erred in ruling that the UN

and its military force, the UN Mission

to Stabilize Haiti (MINUSTAH), were

immune “despite having violated their

treaty obligation to provide a mode to

settle private law claims,” and UN Secretary

General Ban Ki-Moon and former

MINUSTAH chief Edmond Mulet

“are entitled to immunity in this case

simply because they ‘hold diplomatic

positions.’” The lawyers also argued

that, by granting these immunities,

Judge Oetken was violating the plaintiffs’

“constitutional rights to access

the federal courts.”

Cholera is a water-borne bacteria

which principally spreads via sewage.

In October 2010, cholera-infected

Nepalese MINUSTAH soldiers allowed

feces from their out-houses to flow

into the headwaters of Haiti’s largest

river, the Artibonite, used for drinking,

washing, and irrigation. The disease

rapidly spread throughout the country,

and, in the past five years, some

740,000 Haitians have been infected,

resulting in 8,927 fatalities as of the

latest count in April 2015.

“Rather than undertaking a

bona fide investigation and containing

the disease, Defendants responded

by covering up key evidence and

misleading the public about the UN

and MINUSTAH’s responsibility,” the

lawyers wrote. “Despite clear knowledge

of the substandard sanitary

conditions of the [Nepalese soldiers’]

Meille base, Defendants repeatedly denied

any connection to the outbreak

and refused to conduct, or to allow

others to conduct, a timely investigation.

MINUSTAH also issued several

statements asserting that all Nepalese

soldiers deployed to Haiti in October

2010 underwent medical testing and

INISYATIV PATRIYOTIK POU MAKE 100ÈM ANIVÈSÈ

OKIPASYON MERIKEN AN AYITI (1915-2015)

Envite nou nan yon aktivite Politiko-Kiltirèl sou:

Kanpay pou Make 100èm Anivèsè Premye Okipasyon meriken an Ayiti (1915-2015)

· Atis: Menes Dejoie, Nèg Mawon & Jimmy · Deba

Samdi 6 Jen 2015 @ 6:00 p.m.

Sal Kominotè Janjak Desalin

836 Rogers Ave (ant Church Ave ak Erasmus St) Brooklyn, NY 11226

Pran Tren #2, Desann Church Ave

Bis 41/44, Desann Church Ave

28 Jiyè 2015 kap vini an, 100 Tan anivèsè okipasyon 1915 lan, ap jwenn peyi nou an, 211 lane apre

endepandans li, toujou anba okipasyon. Pou 2015 la, nou ekzije liberasyon peyi a de lokipasyon,

dominasyon ak tout fòm enjerans sou peyi a ak Pèp Ayisyen. Nou tire leson!!! Du Sol, Soyons Seuls

Maitres!!! An n fè sa yon reyalite!!! GRENADYE ALASO!!! Konsa, nou sipòte ak tout fèmte nou e ak tout

fòs nou rezistans Pèp Travayè a, fanm kou gason vanyan, an Ayiti jounen Jodi a kont pil ak pakèt Konze

ki nan pouvwa a kit nan nivo ekonomik, politik ak sosyal nan peyi Ayiti. Sèl yon rezistans fawouch

Pèp Travayè a san opòtinism kont tout fòs reyaksyonè yo epi okipasyon MINUSTAH ki anba lidèship

meriken an, pou rive ranvèse/dechouke yo nan peyi a ki sèl garanti yon vi ak diyite pou Pèp la.

ABA OKIPASYON SOU AYITI!

ABA MINUSTAH!

ABA DOMINASYON ENPERYALIS!

VIKTWA SE POU PÈP K AP REZISTE!

PATRIOTIC INITIATIVE TO MARK THE 100TH ANNIVERSARY OF THE

U.S. OCCUPATION OF HAITI (1915-2015)

Invites you to a Politico-Cultural event on:

CAMPAIGN TO MARK 100TH ANNIVERSARY OF FIRST U.S. OCCUPATION OF HAITI (1915-2015)

· Artists: Menes Dejoie, Nèg Mawon & Jimmy

· Debate

Saturday June 6, 2015 @ 6:00 p.m.

Jean-Jacques Dessalines Community Hall

836 Rogers ave (between Church ave & Erasmus st) Brooklyn, New York 11226

Train #2, to Church Ave

Bus 41/44, to Church Ave

July 28, 2015, the 100th Anniversary of the first U.S. Occupation of Haiti, the country is still under

occupation of MINUSTAH. In 2015, we demand the liberation of Haiti from occupation, domination and

all intrusions in Haitian affairs. Let’s draw the lessons! We support with all our strengths and might the

resistance of the Haitian People against the traitors in power economically, politically and socially.

DOWN WITH OCCUPATION OF HAITI! DOWN WITH MINUSTAH!

DOWN WITH IMPERIALIST DOMINATION! VICTORY FOR PEOPLE WHO RESIST!!!

Lawyers Brian Concannon, Jr. (center) and Mario Joseph (right), among

others, outside the courthouse after the Oct. 23, 2014 hearing before

Judge J. Paul Oetken in Manhattan. “The UN is enjoying impunity, not

immunity,” Concannon said

Kim Ives/Haïti Liberté

that none tested positive for cholera

when, in fact, no such tests were conducted.

Despite privately acknowledging

that the statements were false,

Defendants never retracted them.”

“That Defendants’ acts were the

direct and proximate cause of Haiti’s

cholera epidemic is indisputable,” the

brief continues. “Since the outbreak,

several independent epidemiologists

have conclusively established that the

cholera in Haiti originated from the

UN base. Experts in genetic analysis

have matched the cholera strain in

Haiti to the one in Nepal.... Despite

this evidence, the UN continued to

deny responsibility.”

The lawyers first filed suit within

the UN’s grievance system on Nov. 3,

2011, but their petition was backhanded

15 months later in a two-page

letter which said simply stated that the

claims were “not receivable.”

Unable to make a claim within

the UN’s framework, the lawyers had

to resort to the U.S. court system. On

Oct. 9, 2013, they filed a class-action

lawsuit in U.S. District Court in New

York against the UN and its officials on

behalf of five Haitian plaintiffs affected

by cholera and now living in New

York State. They charged “common

law negligence, recklessness, wrongful

death, negligent supervision, and

negligent infliction of emotional distress”

and sought “remediation of Haiti’s

waterways and provision of sanitation

infrastructure needed to control

the continuing epidemic, as well as

damages for the deaths and injuries

caused.”

The lawyers had great difficulty

serving papers on UN officials, who refused

to receive the summonses. Judge

Oetken finally heard oral arguments in

a packed court-room on Oct. 23, 2014.

The UN never showed up. Arguing for

their immunity from the lawsuit were

only U.S. government lawyers.

The crux of this case is whether

the UN can invoke the Convention

on the Privileges and Immunities of

the United Nations (CPIUN). “The UN

and MINUSTAH cannot lawfully hide

behind the CPIUN when they refuse

to comply with their obligations under

that treaty,” the lawyers argue in

their appeal. “Their refusal to provide

a claims commission or other mechanism

to address the claims of cholera

victims violated Section 29" of the

CPIUN, which requires a way to make

claims. The UN provides no such avenue,

but Judge Oetken found “the

violation of Section 29 to be of no consequence,”

the lawyers pointed out.

It may be months before the Appeals

Court acts. During that time, the

cases of sickness and death from cholera

in Haiti will spike as they always

do when rains drench the sanitationchallenged

nation during hurricane

season, which has only just begun.

Opinions Differ

on Changing the

Electoral Schedule

Presidential candidate Moïse Jean-Charles (left) favors holding two

elections instead of three, but the CEP’s Marie Carmelle Paul Austin

(right) said the electoral council would not delay the first round planned

for Aug. 9

by the Center for Economic and Policy Research

(CEPR)

Last week, in a conversation with

Haitian journalists in Washington,

D.C., Thomas Adams, the Haiti

special coordinator at the State Department,

said the U.S. would be in

favor of Haiti holding two elections

this year instead of the planned

three. The electoral timetable announced

in March by the Provisional

Electoral Council (CEP) called for the

first round of legislative elections to

be held Aug. 9, followed by a firstround

presidential election and second

round of legislative elections on

Oct. 25. Finally, the second round

of the presidential election and local

elections would be held in late December.

In an interview this past weekend

with Jacqueline Charles of the

Miami Herald, Adams explained:

“there’s some discussion about going

to two rounds of elections instead

of three. The pros and cons of

that, I think they’ll decide fairly soon

whether they want to do that. That

would give a little more time to the

CEP and it would also save some

money if they want to go that route.

That is an option.”

Moving the first round of the

legislative election to the same day

as the presidential election would

save an estimated $30 million, according

to Adams. But while the proposed

changes have some support

from political parties in Haiti, the CEP

has remained steadfast that it is determined

to follow the electoral calendar

that was announced.

According to Alterpresse, Alix

Richard, the vice president of the FU-

SION party commented that the party

had “always sought the election

in two stages,” and recommended

a discussion between the executive,

the CEP, and political parties to reach

a decision. Both the Patriotic Movement

of the Dessalinien Opposition

(MOPOD) – the party of former presidential

candidate Mirlande Manigat

– and the Organization of People

in Struggle (OPL) refused to comment

directly on the proposal, saying

that they were ready for elections

at any time. However Pierre Saveur

Étienne, director of OPL, criticized

the manner in which Adam’s comments

were received. He said that his

recommendations would have been

better served going through diplomatic

channels as opposed to a public

statement to the press.

Moïse Jean-Charles, of the

opposition platform Pitit Dessalines,

came out in favor of the

reduction to two elections. Jean-

Charles also noted that the change

would save the CEP millions of

dollars – the electoral body is currently

facing a funding shortfall to

the tune of over $20 million. Donor

countries, including the U.S.,

have stated that they are ready to

provide additional financing but

are waiting for steps to be taken by

the Haitian government and electoral

council before any disbursements

are made.

Jean-Charles also noted that

holding three rounds of elections

would be particularly costly for political

parties, putting those close

to the government and with access

to funding in a stronger position.

This echoes comments from political

leaders made after the electoral

calendar was first announced. Fanmi

Lavalas presidential candidate

Maryse Narcisse, told Le Nouvelliste

in February that no political

party can handle “the social and

material costs of several elections

in one year,” while Pierre-Etienne

of OPL suggested that having three

elections could be a strategy for

“bankrupting” the opposition.

In comments to Le Nouvelliste,

CEP member Marie Carmelle

Paul Austin was adamant that the

original electoral timetable would

be followed. “We do not have to

change the electoral calendar. It

was adopted on the basis of consensus

with the political parties

and the executive,” she told the

paper. Paul Austin also discredited

the idea that consolidating

the elections would save $30 million,

pointing to the rising electoral

costs in previous years and to the

fact that this year there are elections

for president, the legislature,

and local leaders.

The Club of Madrid, a grouping

of former presidents from

around the world, visited the country

from May 24-26 and at the end

of their visit voiced support for

sticking to the electoral timetable.

While noting that it was up to Haitians

to organize the elections, former

Chilean president Sebastian Piñera

told the press: “All politicians

told us that elections would be held

on the 9th of August,” adding, “I

believe there is no reason not to

have the elections in August.”

[Haïti Liberté note: As we go

to press, the Departmental Office

for Electoral Challenges (BCED)

is expected to issue its decision

on Jun. 3 as to which of 29 contested

presidential candidates it is

disqualifying. However, candidates

can appeal the BCED’s ruling to the

National Office for Electoral Challenges

(BCEN). A total of 70 candidates

have registered to run for

president.]

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

9


HAÏTI LIBERTÉ REMERCIE!

Une vue de l’assistance

Par Berthony Dupont

La danseuse Viergella et sa

fille Harmony ont fait montre

de leurs talents au cours

de tours de danse, exaltant

à profusion la créativité

artistique et culturelle

haïtienne

l’occasion de la fête des

À mères haïtiennes, Haïti

Liberté invitait, le samedi 30

mai, sa grande famille aux

Etats-Unis à venir célébrer les

mamans dans le cadre d’une

collecte de fonds au local attrayant

et amplement approprié

de la Mechanic Headquarters.

Dans une atmosphère

de joie, d’amitié, de gaieté et

de retrouvailles les invités venus

d’un peu partout se sont

retrouvés dans une ambiance

festive, renouant des contacts

parfois longuement perdus

avec des amis de longue date.

L’atmosphère était de convivialité

et d’amour tout en ayant

une pensée pour notre malheureux

pays.

A juste titre, c’est dans

le climat de confusion et de

division électorale qui fait la

une de l’actualité en Haïti, que

cette famille d’Haïti Liberté au

nombre de plus de 200 a non

seulement fêté les mamans

mais aussi a apporté une

solidarité politique au journal,

qui depuis belle lurette ne

cesse de dire qu’il ne peut y

avoir d’élections honnêtes et

crédibles sous l’occupation de

la Minustah.

Il était environ 10 heures

quand le coordonnateur du

Club des Amis d’Haïti Liberté,

le compatriote Bertin Edmond

déclara la fête ouverte et invita

le directeur du journal à

venir souhaiter formellement

la bienvenue aux invités. Il

devait ensuite céder la place

aux deux maitres de cérémonie

Elie Leblanc et Jackson

Rateau. Il revenait à Leblanc

de rappeler l’objectif et la ligne

politique du journal, la raison

du dîner dansant et la nécessité

de continuer à soutenir Haïti

Liberté, un journal résolument

progressiste, qui fait face constamment

à des difficultés financières

énormes.

Tout juste après, Jackson

Rateau invitait les premiers

artistes à révéler leurs

talents. Avec le chanteur et

poète Jean Elie Barjon accompagné

du talentueux Guesly

Morisseau (alias Ti gous) au

piano, le branle a été donné en

l’honneur des mamans avec

une chanson de Ansy Derose.

Il a été rejoint en duo par la

romancière et poétesse Rose

Bellyne Gautier. Cette vedette

accomplie a bien révélé ses

talents en nous faisant revivre

des airs de Lumane Casimir,

d’Emerante Despradines et

de Martha Jean-Claude, les

souveraines de la chanson

haïtienne, celles qui restent

encore d’authentiques miroirs

de l’âme haïtienne.

La danseuse Viergella et

sa fille Harmony ont fait montre

de leurs talents au cours

de tours de danse, exaltant à

profusion la créativité artistique

et culturelle haïtienne.

Au rythme de la musique

Deuil de Toto Bissainthe, les

deux danseuses ont entretenu

l’assistance, présentant

des chorégraphies exprimant

les conditions douloureuses

de la vie du peuple haïtien.

Les artistes ont bien charmé

l’assistance pendant toute la

première partie de la soirée.

Un grand merci à ces dévoués

amis qui n’ont jamais marchandé

leur temps et leurs talents

au Journal Haïti Liberté.

Sitôt après un succulent

diner-buffet, chacune des

mamans présentes a reçu une

rose rouge en ce jour consacré

bien à elles, célébrant

ainsi le sentiment maternel et

l’attachement de la mère à ses

devoirs de famille. Il y eut une

rafle portant sur 4 prix, conduite

par l’infatigable Marlène

Jean Noël. Le premier gagnant

a reçu sept livres, le second

cinq livres, le troisième une

corbeille de cosmétiques, et le

quatrième un jeu de maillots

aux effigies de Dessalines, de

Che et d’Haïti Liberté

La soirée a été bien

réussie vu les invités se sont

follement amusés au rythme

très animé et entraînant d’airs

choisis par l’incomparable DJ

Black Love.

Nous remercions notre

collaborateur Jacques Elie Leblanc,

qui a fait le voyage de

la Floride à New York pour ne

pas rater cette fête de la famille

politique d’Haïti Liberté. Un

grand remerciement à Mme

Theresa Mitchell pour avoir eu

l’idée de cette activité, pour le

dur travail de préparation auquel

elle s’était astreinte. Aussi

aura-t-elle accompli son rêve

de voir se concrétiser une belle

soirée de fête et d’ambiance de

famille. Signalons qu’elle n’est

pas de nationalité haïtienne

mais bien Sainte-Lucienne :

évidence de l’absence de frontières,

de races, de couleur et

le chanteur et poète Jean Elie Barjon accompagné du

talentueux Guesly Morisseau (alias Ti gous) au piano

Les invités se sont follement amusés au rythme très animé

et entraînant d’airs choisis par l’incomparable DJ Black Love

La danseuse Viergella et sa fille Harmony ont fait montre de

leurs talents au cours de tours de danse, exaltant à profusion

la créativité artistique et culturelle haïtienne

de nationalité au sein de la

grande famille d’Haïti Liberté.

L’essentiel tient à la fraternité

qui nous unit et nous rend

solidaires, forts, portés par nos

convictions et notre ligne politique.

Nous ne pouvons ne pas

remercier l’infatigable Mme

Andrée Poitevien. Quoique

souffrante, elle a tenu quand

même à apporter son ferme

appui à cette grande famille

que nous sommes et qui lui est

si chère. Un applaudissement

pour Mme Marie Carmelle

Adrien. Bien que de santé un

peu fragile, elle a trouvé assez

de force pour mobiliser un

grand nombre d’amis à participer

activement à cette ambiance

de famille. Un grand merci

également à Gladys Timmer,

Yves Camille, Julie Bazile et

Claudette Crispin, Guy Blain,

Didier Leblanc, Jean Lesly Vallon,

Robert Garoute, Pierre

Florestal, Kim Yves, Edmond

Bertin, Jean Edouard et à notre

infatigable photographe Edgar

Lafond pour leur apport.

Aux organisations

sœurs comme le Kakola, la

Fondation Jacques Diebels

groupe Don Bosco, nous adressons

le plus cordial merci.

Cette activité en quelque sorte

a été patronnée par Guarino

Funeral Home, Katou restaurant

et le Kitoko Corp ; sans

oublier notre amie de tous les

moments, Florence Comeau

de l’Interlink Translation,

et l’église Bethel Christian

Church.

Nos remerciements vont

également à tout le personnel

du journal, nos commanditaires,

nos collaborateurs, nos

abonnés et notamment nos

Chacune des mamans présentes a reçu une rose rouge

célébrant ainsi le sentiment maternel et l’attachement de la

mère à ses devoirs de famille

Jean Elie Barjon en duo avec la romancière et

poétesse Rose Bellyne Gautier

confrères de la presse : le journaliste

Michel Edouard et le

directeur Jude Geffrard Joseph

de Radio Panou qui avaient

payé de leur présence. Un

grand merci à Ricot Dupuy et

à Mario Jeanty de Radio Soleil.

La réussite de cette soirée est

tout aussi liée à leur contribution

inestimable en diffusant

l’annonce publicitaire avec autant

de régularité que de dévotion,

sachant l’importance de

la nécessaire réussite de cette

fête des mères, de cette levée

de fonds du journal.

A tous et à toutes qui

nous ont fait le si grand honneur

de leur présence, nous redisons

Merci et à la prochaine.

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015


ROHINGYAS : D’UN CAUCHEMAR À L’AUTRE

Des migrants appartenant à la minorité musulmane Rohingya

persécutée en Birmanie dans un bateau à la dérive au large de

la Thaïlande, le 14 mai 2015 (AFP / Christophe Archambault)

Des boat-people rohingyas de Birmanie dans un bateau au

large de la Thaïlande, le 14 mai 2015 (AFP / Christophe

Archambault)

Des réfugiés rohingyas recueillent de la nourriture larguée

par un hélicoptère thaïlandais en mer d'Andaman, le 14 mai

2015 (AFP / Christophe Archambault)

Par Christophe Archambault

Pour nous, l’histoire a commencé

il y a plusieurs semaines,

avec la découverte

dans le sud de la Thaïlande

d’une fosse commune où gisaient

de nombreux corps, de

toute évidence ceux de musulmans

Rohingyas ayant fui la

Birmanie voisine.

Les Rohingyas sont, selon

les Nations unies, une des

minorités les plus persécutées

du monde. Des milliers d’entre

eux, qui fuient les violences

sectaires dont ils font l’objet

depuis 2012 de la part de

l’ethnie bouddhiste Rakhine,

tombent entre les mains de

trafiquants d’êtres humains qui

les conduisent dans le sud de

la Thaïlande, où ils passent un

certain temps dans des campements

sordides avant de partir

pour la Malaisie, leur principale

destination finale. C’est le

pire exode que l’Asie du sudest

ait connu depuis la fin de la

guerre du Vietnam.

La mise à jour début mai

d’un charnier –et la probabilité

que des dizaines d’autres restent

à découvrir dans la jungle

environnante– a brusquement

réveillé la junte militaire thaïlandaise

qui cherche maintenant

à démanteler les réseaux

de passeurs et, par tous moyens,

à empêcher les bateaux de

réfugiés d’arriver sur les côtes

du pays.

Mais cette politique

répressive soudaine a été

adoptée en plein pic du phénomène,

alors que des dizaines

d’embarcations transportant

des centaines, voire des milliers

d’hommes, de femmes et

d’enfants étaient en mer. Ne

pouvant toucher terre comme

prévu, les trafiquants abandonnent

leurs bateaux, allant

même jusqu’à saboter les machines,

et laissent leurs passagers

à leur triste sort dans la

mer d’Andaman.

En début de semaine,

nous apprenons par une organisation

humanitaire que

des migrants, à la dérive sur

un bateau sans nourriture et

sans eau, ont réussi à passer

des appels au secours avec

des téléphones portables. Ils

se trouvent, probablement,

près des côtes méridionales de

la Thaïlande. Nous décidons

d’essayer de les trouver. Ce

ne sera pas facile : des myriades

de petites embarcations

sillonnent ces eaux parsemées

de centaines d’îles. Mais c’est

l’occasion où jamais de témoigner

de ce drame humain.

Au départ, les autorités

thaïlandaises se montrent coopératives.

Elles nous proposent

d’embarquer à bord d’un

patrouilleur qui croise le long

de la frontière maritime avec la

Malaisie. Nous prenons aussitôt

l’avion pour la ville de Hat

Yai. De là, nous nous rendons

sur le port de Satun et le lendemain

matin, un ferry rapide

nous conduit sur l’île de Koh

Lipe, où nous attend en principe

le patrouilleur.

Mais quand nous nous

présentons sur le quai à l’heure

prévue, la situation a complètement

changé. Les autorités ont

localisé le bateau en perdition,

probablement grâce aux GPS

des téléphones des migrants,

mais les médias ne sont plus

les bienvenus à bord des patrouilleurs.

« Ce sont les ordres

: pas de journalistes à bord »,

nous disent les militaires. Aucune

négociation possible.

Des réfugiés rohingyas se jettent à l'eau pour recueillir des

vivres larguées par un hélicoptère militaire thaïlandais en mer

d'Andaman, le 14 mai 2015 (AFP / Christophe Archambault)

Voilà qui est frustrant

: nous avons fait trente-six

heures de voyage pour couvrir

une effroyable catastrophe

humanitaire et, si près du but,

nous voici bloqués à Koh Lipe,

île touristique « paradisiaque

» du sud thaïlandais avec ses

hôtels de luxe et ses plages

de rêve. Mais pas question de

nous avouer vaincus : nous

nous mettons d’accord avec

des confrères de deux médias

thaïlandais également laissés

en rade par les militaires,

et nous louons ensemble un

hors bord. Puisque nous ne

pouvons embarquer sur le patrouilleur,

nous nous débrouillerons

tous seuls.

Grâce aux conversations

que j’ai eues avec les autorités

thaïlandaises, je sais à peu près

dans quelle zone il nous faut

mener nos recherches. En plus,

un des journalistes thaïlandais

qui participe à l’expédition est

en contact téléphonique avec

un des migrants sur le bateau à

la dérive. Nous prenons la mer.

Pendant longtemps, nous ne

voyons rien. Je finis par perdre

espoir de trouver ce que nous

cherchons. Et tout-à-coup, les

voilà, juste sous nos yeux !

Les voir soudain devant

moi me cause un choc. Je sais

que ces migrants n’ont pas

mangé depuis des jours, voire

des semaines. Selon ce qu’ils

ont raconté au téléphone, ils en

sont réduits à boire leur urine

pour survivre. Leurs visages

sont décharnés, leurs cheveux

longs et hirsutes. On peut voir

leurs côtes et leurs omoplates

Un hélicoptère de la Marine thaïlandaise largue des vivres

aux réfugiés rohingyas en mer d'Andaman (AFP / Christophe

Archambault)

saillantes. Mon regard se fixe

sur un jeune homme. Il ne doit

pas peser plus de trente-cinq

kilos. Nous avons, sous nos

yeux, une situation d’horreur

absolue.

Quand ils nous aperçoivent,

les réfugiés se mettent à

pleurer, à crier, à se bousculer

pour mieux nous voir. Ils nous

lancent des regards désespérés.

Ils nous font comprendre, avec

des gestes, qu’ils sont en train

de mourir de faim et de soif.

Nous avons, avec nous, un

interprète rohingya. Par son

intermédiaire, nous apprenons

que dix occupants du bateau

sont déjà morts depuis le début

du voyage.

Nous sommes deux

mondes, séparés de quelques

mètres à peine. D’un côté la

misère humaine la plus extrême.

De l’autre côté nous,

dans notre hors-bord confortable.

Le tout à quinze kilomètres

à peine de Koh Lipe,

un haut lieu du tourisme où

les gens viennent du monde

entier pour se prélasser au soleil

et faire de la plongée sousmarine.

Nous n’avons pas apporté

de nourriture, mais nous

disposons d’une dizaine de

bouteilles d’eau. Que faire ?

Devons-nous les leur lancer,

au risque de provoquer une

ruée aux conséquences dangereuses

? Finalement, c’est ce

que nous faisons. Nous promettons

aux réfugiés d’attendre

avec eux l’arrivée des secours.

Peu à peu, quelques

chalutiers thaïlandais approchent.

Effarés comme

nous l’avons été, les pêcheurs

n’hésitent pas à lancer aux Rohingyas

le peu de vivres qu’ils

ont à leur bord. A la tombée

du jour, un hélicoptère de la

Marine thaïlandaise fait son

apparition. Il transporte des

rations alimentaires, mais,

en raison de la petite taille de

l’embarcation à la dérive, il ne

peut les larguer directement

sur le pont. Alors, faute de

mieux, il les balance en mer, et

les immigrants plongent désespérément

dans l’eau pour s’en

emparer.

Deux images me restent

gravées dans la tête. La première

est celle d’un homme

ouvrant frénétiquement un

paquet de nouilles séchées et

les dévorant au beau milieu de

l’océan. Il ne peut tout simplement

plus attendre. L’autre image

qui me hante, c’est celle

de ces deux hommes engloutissant

des aliments les pieds

dans l’eau contre la coque du

bateau, avec l’un d’eux qui regarde

droit dans mon objectif

comme s’il me disait : « oui, je

sais, je devrais apporter cette

nourriture aux autres, mais

d’abord je dois manger moimême

».

Tous les jeunes hommes

qui se sont jetés à la mer pour

récupérer les rations larguées

par l’hélicoptère finissent par

regagner leur bateau, aidés par

les pêcheurs et par les hommes

du patrouilleur thaïlandais

qui a fait son apparition entretemps.

Nous balançons un de

nos gilets de sauvetage à l’un

des réfugiés qui nage. Nous

rentrons au port alors que la

nuit tombe. Quelques heures

plus tard, le moteur sera réparé

par des mécaniciens montés à

bord et les malheureux pourront

repartir, vers la Malaisie

ou l’Indonésie toutes proches.

Il y a trois ans, j’ai visité

des camps de réfugiés rohingyas

en Birmanie. J’y ai vu des

gens vivre dans des conditions

effroyables, des femmes

accoucher littéralement dans

la boue. Ceux qui fuient cette

horreur ne sont pas nécessairement

promis à un avenir

radieux, loin de là. Beaucoup

finissent dans des fermes en

Malaisie, à travailler dans

des conditions proches de

l’esclavage. Et pourtant cela

reste préférable au cauchemar

quotidien auxquels ils sont

confrontés en Birmanie.

Depuis ce voyage, je me

sens vraiment proche des Rohingyas.

J’espère que mes images

contribueront à donner

un visage humain à la terrible

crise dont ils sont les victimes,

qu’elles toucheront suffisamment

de gens pour inciter les

dirigeants à agir pour mettre

fin à leur désespoir.

Christophe Archambault

est le responsable photo de

l’AFP à Bangkok. Il s’est rendu

dans le sud de la Thaïlande

avec les reporters Preeti Jha et

Thanaporn Promyamyai. (AFP

/ Christophe Archambault)

KOH LIPE (Thaïlande)

15 mai 2015

Tlaxcala 29 mai 2015

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Perspectives

Sous-produit du colonialisme occidental, Israël ne devrait pas exister

Par Garry Leech

L’établissement d’un État sioniste au

milieu du monde arabe pour des migrants

juifs arrivant d’Europe n’a été

possible que grâce à l’aide des puissances

impérialistes occidentales dont

les USA, la Grande-Bretagne et le Canada,

écrit Garry Leech.

Je ne deviens pas antisémite en suggérant

que l’État d’Israël ne devrait

pas exister. Je suis cependant antisioniste.

Il existe une nette différence.

Un antisémite est quelqu’un qui a des

préjugés contre les juifs. Un antisioniste

est opposé à l’établissement, par

une certaine catégorie de la population

juive, par droit divin, d’un État juif en

Terre Sainte, aux dépens du peuple palestinien

qui y vit depuis deux mille ans.

La création d’un État juif au milieu

du monde arabe ne représente pas

seulement la continuation du colonialisme

européen en Palestine, elle consiste

aussi en un nettoyage ethnique

des Palestiniens. C’est aussi, la mise en

place d’un système d’apartheid par un

état voyou qui a violé la loi internationale

de nombreuses fois.

Compte tenu de cette réalité et du

fait que la Palestine est la Terre Sainte

de trois religions, la solution unique

et juste, face au projet sioniste israélien

et à ses sponsors occidentaux, est

l’établissement d’un seul pays : l’État

démocratique et laïc de Palestine dans

lequel les trois populations religieuses

auraient les mêmes droits.

La montée du mouvement sioniste

Le mouvement sioniste a émergé en

Europe vers la fin du dix-neuvième

siècle. Ce mouvement a encouragé les

juifs européens à fuir l’antisémitisme en

émigrant vers la Palestine, gouvernée

alors par les Turcs Ottomans, leur objectif

était la création d’un État juif en

Terre Sainte.

Cette émigration a conduit à un

accroissement de la population juive en

Palestine dont le taux est passé de 4 %

en 1850 à 11 % en 1917, année de la

déclaration Balfour du gouvernement

britannique disant : « le gouvernement

de sa majesté est favorable à l’établissement

en Palestine d’un foyer national

pour le peuple juif, et emploiera tous

ses efforts pour faciliter la réalisation de

cet objectif ».

Suite à la défaite de l’Empire Ottoman

durant la Première Guerre mondiale,

le gouvernement des pays de la

région a été pris par la Grande-Bretagne

et la France sous mandats de la Ligue

des Nations (prédécesseur de l’Organisation

des Nations Unies). Cependant,

la Seconde Guerre mondiale a entraîné

la chute des empires européens car des

colonies à travers le monde ont obtenu

leur indépendance. Le Liban (1943)

et la Syrie (1946) sont ainsi devenus

indépendants de la France alors que la

Jordanie (1946) a été littéralement libérée

de la domination britannique. Seule

exception la Palestine, sous domination

britannique depuis 1922.

La Palestine tout comme ses voisins

aurait dû devenir une nation indépendante

après la Seconde Guerre mondiale

; mais le projet sioniste soutenu

par l’Occident l’en a empêché.

Conformément à la déclaration de

Balfour, la Grande Bretagne et les États-

Unis ont cherché à assurer la création

d’un État juif en Palestine. Sous la

domination britannique, la population

juive en Palestine est passée de 11 %

en 1922 à 32 % en 1948, un grand

nombre étant arrivé après la guerre.

En 1947, l’Organisation des

Nations Unies nouvellement créée a

adopté le plan de partage de la Palestine

sans aucune consultation du

peuple palestinien. Le plan prévoyait

qu’un État juif se constitue sur 56 % de

la Palestine avec 43 % des Territoires

constituant l’État palestinien. Malgré

une large majorité arabe en Palestine,

la part israélienne du territoire était

L’établissement d’un État sioniste

au milieu du monde arabe pour des

migrants juifs arrivant d’Europe

n’a été possible que grâce à l’aide

des puissances impérialistes

occidentales dont les USA, la

Grande-Bretagne et le Canada.

plus grande afin de permettre l’augmentation

anticipée du flux migratoire

des juifs européens. Le 1% restant en

Palestine, composé par la ville sainte

de Jérusalem devait rester un territoire

international administré par l’Organisation

des Nations Unies.

Des groupes juifs ont soutenu le

plan de partition de la Palestine ; mais

les Palestiniens et les États arabes voisins

s’y sont opposés au motif qu’il

violait les principes de l’autodétermination

nationale selon la Charte des

Nations Unies, en vertu de laquelle les

Palestiniens devraient avoir le droit de

décider de leur propre destin. Le plan

n’a pas été mis en place. Néanmoins, la

population juive en Palestine a unilatéralement

annoncé la création de l’État

d’Israël le 14 mai 1948.

Le nouveau colonialisme européen

Selon l’historien israélien Ilan Pappe,

vers la fin de 1949, Israël avait détruit

plus de 400 villages palestiniens, massacré

des milliers de civils et déplacé

par la force près d’un million de Palestiniens,

qui se sont retrouvés dans des

camps de réfugies dans les pays arabes

voisins.

En d’autres termes, selon Pappe,

les sionistes ont commis un nettoyage

ethnique du peuple palestinien avec un

peuple juif qui venait juste d’endurer les

horreurs de l’Holocauste.

Le nettoyage ethnique a permis

à Israël de s’étendre et d’englober 77

% du territoire palestinien, à l’exclusion

de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de

la bande de Gaza.

Trois ans plus tard, 700 000 Juifs

ont immigré en Palestine occupée, principalement

depuis l’Europe. Cette colonisation

juive de la Palestine représentait

la continuation du colonialisme

européen puisque l’exercice du pouvoir

sur le peuple palestinien est passé des

mains du gouvernement britannique à

celles des Juifs d’Europe sous la forme

du nouvel État israélien.

Après la guerre de 1967 contre

plusieurs États arabes (Syrie, Jordanie

et Égypte), l’armée israélienne a occupé

les 23 % restant de la Palestine (Jérusalem-Est,

la Cisjordanie et la bande de

Gaza). Le Conseil de sécurité des Nations

Unies a alors réagi en adoptant la

résolution 242 demandant le « retrait

des forces armées israéliennes des territoires

occupés au cours du récent conflit

». Depuis, les USA ont utilisé 41 fois

leur droit de veto au Conseil de sécurité

afin de s’assurer que les nombreuses

résolutions de l’ONU, condamnant

l’occupation illégale israélienne, ne soient

jamais appliquées.

Ce n’est qu’après que les Palestiniens

aient été contraints d’exister

sous occupation militaire israélienne

illégale, suite à la guerre de 1967,

que l’Organisation de libération de la

Palestine (OLP) a décidé de faire de la

lutte armée, la pièce maîtresse de sa

campagne visant à obtenir un État palestinien.

Et ce n’est qu’après vingt ans

d’occupation militaire oppressive et le

refus de la communauté internationale

Une troisième vague migratoire des Juifs vers le Proche-Orient suit la

création de l'État d'Israël le 14 mai 1948.

d’appliquer les résolutions de l’ONU

qu’une part de la société palestinienne

s’est de plus en plus radicalisée, et que

le mouvement islamique Hamas a été

créé.

Le Hamas a commencé à utiliser

les attentats suicides en tant que tactique

au début des années 1990 parce

qu’il ne pouvait lutter par une guerre

conventionnelle contre l’armée israélienne

largement supérieure et soutenue

par les USA. À partir de 2001, il a commencé

également à lancer des roquettes

primitives et inefficaces contre Israël

à partir de ses fiefs dans la bande de

Gaza.

Même si Israël a retiré ses forces

militaires de la bande de Gaza en 2005,

l’année suivante, un blocus militaire a

été mis en place par les Israéliens contre

ce minuscule territoire ; par ce blocus,

Israël contrôle strictement tous les accès,

que ceux-ci concernent les personnes,

la nourriture, les médicaments

ou encore les matériaux. Certains analystes

affirment que le blocus israélien

contre les 1.8 millions d’habitants de

Gaza a créé le camp de prisonniers le

plus grand du monde.

Pendant ce temps, Israël a non

seulement continué son occupation

illégale de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est,

mais il a aussi violé le droit

international en déplaçant de force

des communautés palestiniennes et

en encourageant les Juifs à s’installer

dans les Territoires Occupés. On estime

aujourd’hui que près d’un demi-million

de Juifs vivent dans des colonies illégales

en Cisjordanie et à Jérusalem-

Est, malgré les résolutions des Nations

Unies exigeant que ces colonies soient

démantelées.

Israël a également construit un

mur géant connu sous le nom de barrière

de séparation en Cisjordanie afin de

séparer les colonies illégales des communautés

palestiniennes et restreindre

les déplacements de ces dernières. En

attendant, en plus de l’établissement de

colonies illégales, Israël a aussi bâti des

zones industrielles en Cisjordanie où les

travailleurs palestiniens sont contraints

de travailler dans de mauvaises conditions

pour de bas salaires.

La différence flagrante dans la

question des droits accordés aux colons

juifs en comparaison avec ceux concédés

aux Palestiniens vivant dans les

Territoires Occupés, constitue un système

d’apartheid. Comme l’a noté John

Dugard, avocat des droits humains

sud-africain et ancien rapporteur spécial

des Nations Unies : « Je dis sans

hésitation que les crimes israéliens sont

infiniment pires que ceux commis par

le régime apartheid d’Afrique du Sud ».

En 1947, une année avant

qu’Israël se soit déclaré État souverain,

les Palestiniens vivaient dans 94 % de

la Palestine. Aujourd’hui, ils n’occupent

que 15 %, avec 5 millions d’individus

vivant dans des camps de réfugiés en

Cisjordanie et dans les pays voisins.

Les densités des populations dans les

camps de réfugiés palestiniens sont

parmi les plus élevées de la planète.

Par exemple, plus de 10 000 réfugies

vivent dans un kilomètre carré dans

le camp d’Al-Amari en Cisjordanie, ce

qui correspond à 5 fois la densité de la

population vivant à New York City. Un

réfugié de la troisième génération m’a

dit : « Nous rêvons de retourner dans

nos terres. Nous ne savons pas combien

de temps ça prendra et quelle génération

réalisera ce rêve ».

Le nombre disproportionné de

Palestiniens tués dans ce long conflit

est une réalité cachée à beaucoup en

Occident. Au cours des 15 dernières années,

selon l’organisation des droits humains

israélienne B’Tselem, 8701 palestiniens

ont été tués par les Israéliens

alors que 1138 israéliens ont été tués.

La disparité dans le nombre d’enfants

palestiniens tués est encore plus grande

avec un total de 1772 enfants tués au

cours de cette période comparativement

à 93 enfants israéliens.

Compte tenu de cette vérité, les

allégations répétées par les États-Unis

et d’autres nations occidentales que les

actions militaires israéliennes ne sont

que des actes d’auto-défense sont en

contradiction avec la réalité sur le terrain.

Incontestablement, il s’agit de

violence que l’on devrait considérer

comme un acte de légitime défense, de

la part de personnes forcées de vivre

sous une violente occupation militaire

illégale et sous un blocus. Après tout, la

Résistance française face à l’occupation

nazie pendant la Seconde Guerre

mondiale est perçue comme une lutte

héroïque pour la libération nationale.

À l’opposé, les résistants palestiniens

sont étiquetés de « terroristes ».

Malgré les grands efforts des

États-Unis, des autres gouvernements

occidentaux et des grands médias pour

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dépeindre Israël comme la victime dans

ce conflit, les chiffres ne mentent pas

sur l’évidence de qui commettent le

plus de massacres et de morts. Le fait

qu’un peuple forcé de vivre sous une

occupation étrangère militaire et illégale

soit dépeint comme l’agresseur constitue

un superbe exemple du double

langage orwellien.

Collaborer avec les colonisateurs

Cette violente expansion du contrôle

israélien sur l’ensemble de la Palestine

réalise le rêve sioniste européen initié à

la fin du dix-neuvième siècle. Malheureusement,

au cours des deux dernières

décennies, certains dirigeants palestiniens

ont été les complices de ce projet

sioniste. Le processus de paix d’Oslo

dans les années 1990 a vu l’OLP reconnaître

l’État d’Israël et en retour, Israël a

permis aux palestiniens une auto-gouvernance

limitée dans certaines parties

de la Cisjordanie et de Gaza. Cependant,

le soi-disant processus de paix a laissé

en attente la question cruciale du « droit

de retour » des réfugiés palestiniens.

Les premières élections parlementaires

palestiniennes conformément

aux Accords d’Oslo ont eu lieu

en 1996, elles ont été remportées par le

Fatah, parti politique de l’OLP, qui a alors

dirigé le nouveau gouvernement de

l’Autorité Palestinienne. Cette dernière

a commencé à recevoir une aide importante

de la part des gouvernements

occidentaux. En retour, l’Autorité Palestinienne

a surveillé la population

palestinienne pour le compte d’Israël

dans les zones des Territoires Occupés

qu’elle gouvernait. En d’autres termes,

de la même manière que les administrateurs

et la police indiens ont supervisé

l’administration au jour le jour de l’Inde

coloniale au nom des colonisateurs britanniques,

l’Autorité Palestinienne a

servi les colonisateurs israéliens dans

les Territoires Occupés contre l’aide

occidentale et la présence réduite de

l’armée israélienne.

La perfusion d’aide étrangère, en

particulier le financement par l’Agence

américaine pour le développement international

(USAID), est destinée à

parvenir à une « paix économique »

en permettant à certaines catégories de

la population palestinienne d’atteindre

un certain confort matériel. Tout ceci,

sans remettre en cause l’occupation

israélienne ni l’expansion continue

des colonies juives en Cisjordanie et

à Jérusalem-Est, qui violent les accords

d’Oslo et le droit international.

Se référant à la longue durée des

pourparlers de paix souvent bloqués,

Dugard, l’ancien rapporteur spécial de

Suite à la page (15)

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12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015


Perspectives

Pour affaiblir l’Iran et la Syrie, l’Occident

joue la carte d’al-Qaïda et d’ISIS

Par Sharmine Narwani

Pour battre ISIS [Islamic State of Iraq

and ash-Sham , il faut se débarrasser

de la coalition dirigée par les États-

Unis, écrit Sharmine Narwani.

Yémen : une guerre

injuste ou du sang des

jambars à la rescousse de

l’antinationalisme

des yambars

Réfugiés près de Bagdad, ayant fui l’avancée de l’Etat islamique. Le

premier résultat des manœuvres impérialistes au Moyen-Orient, c’est de

jeter des millions de personnes sur les routes dans une fuite éperdue pour

échapper aux massacres - Photo : AP

Les ennemis d’ISIS ne sont pas à la

fête. L’État islamique a réussi un

parfait tour du chapeau* en envahissant

la ville stratégique de Ramadi,

dans la province irakienne à majorité

sunnite d’Anbar, en occupant Palmyre,

le joyau historique de la Syrie, et en

prenant Al-Tanf, le dernier point de

passage frontalier avec l’Irak.

La « coalition » multinationale

menée par les Américains et créée en

août dernier pour contrecarrer l’avancée

de l’État islamique (EI, anciennement

ISIS) en Syrie et en Irak ... n’a rien fait.

Bagdad et Washington

s’accusent donc maintenant mutuellement

de dormir au travail. Le Secrétaire

américain à la Défense, Ash Carter, a

décoché le premier coup bas, dimanche,

dans une interview à CNN : « Ce qui est

arrivé est apparemment que les soldats

irakiens n’ont montré aucune volonté

de se battre. Ils étaient beaucoup plus

nombreux que les assaillants. Et donc

je crois... que le problème, c’est la volonté

des Irakiens de se battre et de se

défendre ».

Carter doit avoir oublié que les

Irakiens ont réussi à empêcher ISIS

d’entrer à Ramadi pendant près de

18 mois. Il a aussi oublié que ce sont

les Irakiens qui ont défendu et/ou repris

Amerli, Suleiman Beg, Tuz Khurmatu,

Jurf al-Sakhar, Jalula, Saadiyah,

Khanaqin, Muqdadiyah, Baquba, Udhaim

Dam, Tharthar Dam, Habbaniyah,

Haditha, Al-Baghdadi, le barrage

de Mossoul, Mont Sinjar, Zoumar, Erbil,

Gwer, Makhmur, des dizaines de villages

chrétiens dans les plaines de Ninive,

Tikrit, Samarra, Balad, Dhuluiya, Doujaïl,

Ishaqi, Al-Alam, Al-Dour, Albu

Ajil, Awja, Al- Mutassim, Mukayshifa,

Ajil et les champs pétrolifères d’Alas,

les montagnes Hamrin, la raffinerie de

pétrole de Baiji, des dizaines de villages

dans les provinces de Salaheddine,

Diyala, Kirkouk, Anbar et Babil - et la

capitale, Bagdad.

Les Irakiens ont rétorqué. Hakim

al-Zamili, un important membre du

parlement, a imputé la responsabilité

de la chute de Ramadi aux États-Unis

qui n’ont pas fourni « l’équipement, les

armes et le soutien aérien nécessaires »

aux troupes.

Le Vice-premier ministre Saleh

Mutlaq, qui est un sunnite originaire

de la province d’Anbar, a déclaré que

l’action des Américains était déficiente

dans tous les domaines : « Les

frappes aériennes de la coalition sont

insuffisantes pour éliminer l’EI ». Et

il a ajouté que la politique américaine

de recruter des tribus sunnites pour la

guerre, venait « trop tard » - que c’était

« important, mais pas suffisant. » En

matière d’euphémisme, on ne peut pas

mieux faire.

L’objectif annoncé depuis longtemps

par Washington, consistant à

réunir une force de combat sunnite

triée sur le volet - ou son équivalent

sous la forme d’une garde nationale -

a toujours servi d’alibi pour leur éviter

d’affronter les réalités.

Une chose que nous avons apprise

au fur et à mesure qu’EI prenait

des petites et des grandes villes sunnites,

est que le groupe extrémiste se

targue d’avoir des cellules dormantes

et des alliés à l’intérieur de ces zones.

Les tribus comme les familles sunnites

sont divisées sur la question du soutien

à l’EI. Et les assaillants veillent à ce que

tout le monde se soumette en terrorisant

les populations par tous les moyens.

Donc, la probabilité de la formation

imminente d’une importante force

de combat sunnite, bien formée et bien

équipée est à peu près nulle.

Toute aussi nulle est la probabilité

que la coalition aérienne menée par

les USA parvienne à paralyser l’État

islamique. Washington a opéré moins

de frappes en Syrie et en Irak, en neuf

mois, qu’Israël pendant son opérationéclair

de trois semaines à Gaza, en

2008-09.

Où étaient les bombardiers américains

quand Ramadi et Palmyre sont

tombées ? Et pourquoi l’US Air Force

ne semble s’engager sérieusement que

lorsque leurs alliés kurdes sont menacés

- comme à Kobani (Ain al-Arab en

Syrie et à Erbil en Irak ?

Les calculs des États-Unis

concernant la Syrie et l’Irak

S’il est vrai que les actions en disent

plus long que les paroles, alors les mouvements

de Washington au Moyen-

Orient sont très très explicites.

Oubliez les discours sur un «

Irak unifié » avec un « gouvernement

central fort ». Et oubliez aussi l’objectif

annoncé à grand bruit de « former des

forces modérées » pour « chasser l’EI

» de Syrie à travers les frontières jordaniennes

et turques. Ce ne sont que

des mots.

Si l’on prend objectivement en

compte les intérêts américains dans la

région, une image totalement différente

se dégage. Les Américains cherchent à

maintenir leur hégémonie absolue au

Moyen-Orient, même lorsqu’ils mettent

fin aux occupations militaires coûteuses

de l’Irak et de l’Afghanistan. Leurs intérêts

primordiaux sont : 1) se procurer

du pétrole et du gaz au moindre coût,

2) soutenir Israël et, plus récemment,

3) saper l’influence russe (et chinoise)

dans la région.

Maintenir leur hégémonie

s’avérerait beaucoup plus facile sans la

présence d’une République islamique

d’Iran puissante et indépendante qui

continue de contrecarrer nombre des

projets de Washington dans la région.

Donc, leur hégémonie dépend

en partie de l’affaiblissement de l’Iran

et de ses alliés. En éliminant Saddam

Hussein en Irak, les États-Unis ont

étendu, sans le vouloir, l’arc d’influence

géographique de l’Iran jusqu’à la la Palestine,

ce qui a rendu le projet colonial

israélien plus vulnérable. L’ancien président

George W. Bush s’est immédiatement

attelé à la tâche d’anéantir cet axe

de résistance en essayant de neutraliser

les alliés iraniens que sont le Hezbollah,

la Syrie et le Hamas - et il a échoué.

Le printemps arabe a offert

une nouvelle opportunité : les États-

Unis et leurs alliés turcs et du

Golfe Persique sont passés à l’action

pour créer les conditions d’un changement

de régime en Syrie. L’objectif ?

Briser la continuité géographique - à

travers l’Irak, la Syrie et le Liban - entre

l’Iran et la Palestine.

Lorsque le plan de changement

de régime a échoué, on est passé au

plan 2 : diviser la Syrie en plusieurs

entités concurrentes, ce qui affaiblirait

l’État central et créerait une « zone

tampon » pro-américaine le long de la

frontière avec Israël.

Diviser l’Irak pour affaiblir son

gouvernement central, en attisant les

clivages entre les kurdes, les sunnites

et les chiites, a également été une priorité

pour les Américains.

Il suffit de regarder ce que les

Étasuniens ont fait récemment en Irak

pour voir en quoi consiste exactement

ce plan secret. Les frappes aériennes

de Washington les plus intensives à

ce jour ont eu lieu quand la ville kurde

d’Erbil et ses environs ont été menacés

par ISIS. Le Congrès a violé toutes les

normes internationales en votant une

loi pour armer directement les milices

sunnites et kurdes et contourner le

gouvernement central de Bagdad. Et en

dépit d’innombrables promesses et engagements,

les Américains ont échoué

à former et équiper efficacement l’armée

et les forces de sécurité irakiennes.

Un Irak faible et divisé ne risque

pas de devenir une puissance régionale

alliée à l’Iran et à l’axe de la résistance.

Pas plus qu’une Syrie faible et divisée.

Mais sans contrôle étasunien sur ces

gouvernements centraux, la seule façon

d’y parvenir est de créer, 1) un conflit

sectaire et ethnique qui entraînerait

la formation de zones-tampons proaméricaines

à l’intérieur des états

Suite à la page (16)

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En wolof, "jambar’ désigne les soldats sénégalais et veut dire "courageux".

"Yambar" est tout le contraire et signifie "peureux"

Par Guy Marius Sagna

Nous ne souhaitons pas les guerres.

Mais il nous faut dire la vérité aux

peuples. Nous savons, bien avec

Clausewitz et Jaurès, que les guerres

sont inévitables dans un monde

dominé par le capitalisme. L’un a dit

« la guerre est la continuation de la

politique par d’autres moyens ». En

écho à ce dernier, il a été ajouté : « La

guerre est une politique avec effusion

de sang. La politique une guerre sans

effusion de sang ». L’autre a affirmé

que « le capitalisme porte en lui la

guerre, comme la nuée porte l’orage ».

Il est impossible de maintenir des millions

d’hommes dans l’exploitation

et l’oppression en espérant que ceux-ci

ne feront rien pour sortir de leurs tragédies

et crimes quotidiens. Crimes qui

peuvent être mesurés à l’aune de la

transformation des océans et du désert

en fosses communes pour populations

meurtries par les politiques néolibérales

et l’oppression néocoloniales.

De plus, les politiques hégémoniques

de l’impérialisme USA et UE conduisent

régulièrement, sous la forme d’un

14-18, d’un 39-45 ou celle d’une «

tempête du désert », à la « continuation

de la politique par d’autres moyens ».

Enfin, la perspective inacceptable

pour les impérialistes d’une multipolarisation

du monde se traduit par exemple

par des tentatives d’encerclement,

de déstabilisation, de mise en œuvre

d’une stratégie du chaos comme en

Irak, Ukraine, RDC, Libye, Syrie, Mali,

Centrafrique, Nigéria…

Tant que le monde sera sous le

capitalisme, il y aura des guerres. La

question est alors : comment se positionner

devant ces guerres ? Que

devons-nous mettre de l’avant ? Notre

religion ? La couleur de notre peau ?

L’argent ? En fonction de notre position

au pouvoir ou dans l’opposition ?

Ou ne devrait-il y avoir de débat car,

comme au Sénégal, la constitution consacre

que le chef suprême des armées,

à savoir le président de la république

décide ?

Guerre juste et guerre injuste

La guerre est une chose trop sérieuse

pour être laissée aux seuls militaires,

Suite à la page (14)

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Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Suite de la page (13)

aux seuls députés a fortiori à un seul

homme fut-il le président de la république.

Ni la couleur de la peau ni la religion

de ceux qui s’affrontent ne sont

importantes pour prendre position dans

une guerre. Ni aucun autre aspect formel

ou apparent. Les considérations liées à la

partie qui a tiré le premier coup de fusil ou

la politique intérieure des parties pèsent

et importent peu. C’est le caractère de la

guerre qui définit la posture à avoir et qui

permet de déterminer si la guerre est juste

ou injuste.

En 1915, Lénine définissait une

guerre juste : « Les (communistes ou

gauches révolutionnaires) ont toujours

entendu par guerre « défensive » une «

guerre juste », dans ce sens (...) que les

(communistes ou gauches révolutionnaires)

reconnaissent et continuent de

reconnaître le caractère légitime, progressiste,

juste de la « défense de la patrie » ou

d’une « guerre défensive ». Par exemple,

si demain le Maroc déclarait la guerre à la

France, l’Inde à l’Angleterre, la Perse ou

la Chine à la Russie etc...Ce seraient des

guerres justes, défensives quel que soit

celui qui commence et tout (communiste

ou gauche révolutionnaire) appellerait de

ses vœux la victoire des Etats opprimés,

dépendants, lésés dans leurs droits, sur

les grandes puissances oppressives, esclavagistes,

spoliatrices ». Autrement dit,

celui qui attaque peut mener une guerre

juste. Une guerre défensive n’est pas une

guerre où on a une attitude défensive. Ce

n’est pas parce que les soldats sénégalais

vont rester à la Mecque et n’attaquer que

si la guerre se déroule en territoire saoudien

que la guerre est « défensive ».

Et il ajoutait en guise d’illustration

: « la lutte de l’émir afghan pour

l’indépendance de l’Afghanistan est objectivement

une lutte révolutionnaire,

malgré le tour monarchiste des conceptions

de l’Emir et de ses partisans, car, elle

affaiblit, désagrège et sape l’impérialisme.

Cependant que la lutte des démocrates et

des « socialistes » à tout crin, des révolutionnaires

et républicains tels que par

exemple Kerenski et Tsérétéli, Renaudel

et Scheidemann, Tchernov et Dan,

Henderson et Clynes, pendant la guerre

impérialiste (pour la défense de la patrie)

était une lutte réactionnaire, car elle avait

pour résultat de maquiller, de consolider,

de faire triompher l’impérialisme ».

La typologie des guerres est encore

ternaire

Il y a les guerres entre Etats impérialistes.

Une guerre entre l’Union Européenne

(UE) et les Etats-Unis (EU) dans le contexte

actuel serait classée dans cette catégorie.

« Mais imaginez qu’un propriétaire

de 100 esclaves fasse la guerre à un autre

propriétaire qui en possède 200, pour un

plus « juste » partage des esclaves. Il est

évident qu’appliquer à un tel cas la notion

de guerre « défensive » ou de guerre

de « défense de la patrie » serait falsifié

l’histoire. » disait Lénine. Or Aujourd’hui

les USA et l’UE sont les propriétaires

d’esclaves. Anatole France ne s’y était

pas trompé lui qui, à la fin de la première

guerre mondiale, avait dit : « On croit

mourir pour la Patrie mais on meurt pour

des industriels ». Il y a les guerres de contre-révolution

impérialiste. Une guerre

contre Cuba, La Chine, la Corée du Nord,

le Viêt-Nam, le Vénézuela, la Bolivie,

l’Alba, le Brésil, l’Inde, la Russie, l’Iran…

appartiendrait à cette catégorie. Ces pays

n’agressent aucun autre, mais s’opposent

aux guerres des USA et de l’UE.

Il y a les guerres nationales-révolutionnaires.

Celles que l’Irak, la Libye,

la Côte d’Ivoire…sous Saddam, Kadhafi

ont mené contre la « communauté internationale

» sont à classer dans ce groupe.

De même que la résistance palestinienne

ou si encore le Niger, le Sénégal, le Cameroun…déclaraient

la guerre à la France.

C’est justement une telle guerre que mène

le Yémen agressé par l’Arabie Saoudite et

sa coalition.

Il faut préciser qu’au cours de

la guerre, le caractère de celle-ci peut

changer de juste pour devenir injuste et

vice versa. Et en fonction de l’évolution

du caractère de la guerre évolue également

notre posture vis-à-vis de cette

guerre.

L’Arabie Saoudite « un ami et

pays important pour les Etats-Unis »

Le monde est orphelin des sections de

l’internationale communiste. Les sections

yémenite et saoudienne permettraient de

rendre la question actuelle moins complexe.

Rien n’a changé depuis 1996

quand James Baker, alors ministre des

affaires étrangères des USA déclarait

: « il n’y a pas de pays musulman plus

intégriste que l’Arabie Saoudite (…) et

pourtant c’est à la fois un ami et pays

important pour les Etats-Unis. (…) Nous

ne devons nous opposer à l’intégrisme

que dans la mesure exacte où nos intérêts

nationaux l’exigent ». Cette posture

de l’Arabie Saoudite n’est pas nouvelle.

En 1901, racontent Michel Collon

et Grégoire Lalieu, le chef Albdelaziz ibn

Saoud écrivait au gouverneur britannique

du Golfe « que les yeux du gouvernement

britannique reposent sur nous et

que nous soyons considérés comme vos

protégés ». C’est le même contrat qui lie

aujourd’hui l’Arabie Saoudite et les Etats-

Unis depuis 1945. En 1945, le président

Roosevelt rencontre le roi en secret sur

le navire Quincy et passe avec lui un

marché : « Nous vous protégeons et vous

nous obéissez ».

L’Arabie Saoudite participe à la

stratégie du chaos en Syrie comme en

Libye. Elle finance à cet effet des terroristes.

L’Arabie Saoudite veut imposer au

Yémen le même type de rapport que celle

que la France entretient avec la majorité

de ces anciennes colonies. L’agression

du Yémen par l’Arabie Saoudite ne

s’explique donc que par la volonté des

Saoud de maintenir le statut d’arrière

cour de l’Arabie du Yémen. Beaucoup

d’intérêts y sont en jeu parmi ceux-ci

le détroit de Bab El-Mandeb. Ce détroit

est le « quatrième passage maritime le

plus important au monde en termes

d’approvisionnement énergétique. Le 22

mars dernier, les milices chiites houties

ont occupé une majeure partie de la

ville de Ta’izz, au sud-ouest du pays, à

quelques kilomètres du détroit de Bab

El-Mandeb, prenant ensuite le contrôle

du port de Mocha. Un enjeu stratégique

et économique puisque, en 2013, ce

détroit a vu passer quotidiennement

3,8 millions de barils de pétrole brut et

raffiné, dont 2,1 millions de barils en

provenance du golfe Arabo-Persique, à

destination du canal de Suez, du pipeline

Sumed (Suez-Méditerranée) puis de

l’Europe et de l’Amérique du Nord et le

reste vers les marchés asiatiques. C’est

dire l’importance de ce détroit s’il venait

à être contrôlé par la rébellion chiite. Le

pays potentiellement le plus affecté par

une situation d’instabilité autour de Bab

El-Mandeb semble être l’Egypte dont

les finances publiques dépendent fortement

des revenus liés au canal de Suez

et au pipeline Sumed. ». Sur l’argument

de l’immixtion de l’Iran, remarquons que

ce n’est pas l’Arabie Saoudite mais l’Iran

qui est sur la liste Etatsunienne des "Etats

voyous" ou Etats à ravager après l’Irak,

la Syrie, la Libye…

Ce n’est pas l’Arabie Saoudite qui

est sous embargo ; dont les blogueurs

sont payés pour dire des contrevérités

; sur laquelle les Soros and co organisent

des « occupy » ou demandent

l’organisation d’élections et le respect

de deux mandats présidentiels ; dans

laquelle il y a eu un « printemps arabe

» ; dont l’opposition manipulée marche

quotidiennement et qui essuie les sanctions

de l’UE…

Le Yémen peut être rattaché aux

cas tragiques dont parlait Domenico

Losurdo. « A part des cas tragiques,

comme celui du peuple palestinien qui est

contraint à subir le colonialisme dans sa

forme classique et la plus brutale, dans

les autres pays la lutte anticoloniale est

passée de la phase proprement politicomilitaire

à la phase politico-économique.

Ces pays essaient de s’assurer une indépendance

qui n’est plus seulement

politique, mais aussi économique ; ». Entre

l’Arabie Saoudite et l’Arabie heureuse,

c’est le Yémen qui a la posture de l’émir

Afghan dont parlait Lénine en 1915.

La conduite à tenir des progressistes

yéménites est de s’engager résolument

dans la lutte contre les prétentions

de l’Arabie Saoudite et pour une alternative

républicaine, laïque, pan arabe,

de transformation des bases féodales

de leur société. Quant aux progressistes

saoudites leur tâche est de travailler à la

défaite des Saoud, à leur renversement

et pour la mise sur pied d’un gouvernement

populaire, laïque qui nationalise le

pétrole, rompt d’avec les branches du terrorisme

que les Saoud financent…

De quoi le « va-t-en guerrisme »

sénégalais est-il la continuation ?

C’est pourquoi l’envoi de 2100 soldats

sénégalais décidé par le président sénégalais

Macky Sall n’est pas une décision

juste. Que les soldats soient envoyés

au Yémen ou en Arabie Saoudite importe

peu. Ce qui importe c’est que les

soldats sénégalais seront aux côtés de

l’agresseur qu’est l’Arabie Saoudite. Et

dans ce contexte, même prétendre (de

surcroît faussement parce que nullement

menacée) « défendre la Ka’aba

» ne change en rien le fait que ce n’est

pas une « guerre défensive » du côté

saoudite, cette théocratie qui finance les

terroristes fanatiques pour le compte du

"djihad made USA".

Les dirigeants du Sénégal qui

n’osent pas dire non aux APE, franc

CFA…ne seront pas en contradiction

avec leurs maitres impérialistes sur une

question aussi importante que celle du

Yémen.

Sur la base de ce qui précède, anticiper

sur le caractère futur d’une guerre

tout en éludant soigneusement le caractère

actuel de cette même guerre revient à

prendre une décision avec des « si… » qui

cache mal le fait que l’agression du Yémen

par l’Arabie Saoudite n’est pas juste.

C’est pourquoi, la position des autorités

du Sénégal honteusement mue

que par la recherche d’une poignée de

pétro dollars est inacceptable. Le mensonge

bourgeois selon lequel « les Etats

n’ont pas d’amis, mais des intérêts » ne

peut aucunement justifier que le peuple

sénégalais soit dressé contre le peuple

yémenite.

La « note sur la coopération Arabie

Saoudite-Sénégal » de la direction de la

coopération économique et financière du

ministère de l’économie, des finances et

du plan déclare que « depuis le début de

son intervention au Sénégal à nos jours,

le Fonds saoudien pour le développement

a approuvé 23 prêts dans divers

secteurs pour un montant total de 157

milliards de francs Cfa ». Elle ajoute que

« 108 milliards de francs Cfa [qui] pourront

être soumis à l’Arabie Saoudite pour

la réalisation des opérations ci-après du

plan Sénégal Emergent. » : la route Ndioum-Ourossogui-Bakel,

le Programme

d’urgence d’électrification rurale, le Programme

national de relèvement des

plateaux techniques des hôpitaux, le

programme eau potable et assainissement

du millénaire (Pepam). Ce qui a

fait titrer un chroniqueur sénégalais : le

sang des jambars pour financer le Plan

Sénégal Emergent. C’est là une partie de

la vérité. Pour être complet il faut dire :

le sang des jambars pour compenser les

pertes de ressources, actuelles et à venir,

consécutives à l’anti nationalisme des

yambars. En effet, les dirigeants du Sénégal

cherchent 108 milliards au moins auprès

de l’Arabie Saoudite. Mais en même

temps, ils signent, par exemple, l’Accord

de Partenariat Economique qui fera perdre

au Sénégal 115,142 Millions d’Euros

soit 75 milliards 418 millions Cfa par an

à partir de la cinquième année après le

démarrage de la mise en œuvre de l’APE

jusqu’à des pertes d’environ 368 millions

d’euros, soit plus de 240 milliards Cfa par

an à la fin du démantèlement des droits

de douane. Chercher l’erreur !

En écho à la majorité de nos concitoyens

du Sénégal nous disons : Pas en

notre nom !

Dakar, le 24 mai 2015

Investig’Action 29 mai 2015

Suite de la page (8)

Michèle Pierre-Louis, Vogly Pongnon,

Emelie Prophète, Guy Régis Junior,

Jacques Roche, Wooly Saint-Louis,

Paul Saint-Preux, Amilcar Similien

(Simil), Michel Soukar, Evelyne

Trouillot, Michel Rolph Trouillot, Lionel

Trouillot, et Gary Victor. «Pour

ceux qui ont exprimé le souhait

d’adjoindre leur signature à cette

première liste, nous leur indiquons

l’adresse électronique suivant.

A ces Intellectuels du Collectif

Non, qui ont entrepris cette chevauchée

inexorable vers les abimes vertigineux

de la crapulerie pour satisfaire

leurs tuteurs de l’occident, nous

devrions adjoindre la liste des assaillants

sans foi ni loi commandés par

Guy Philippe et Ravix Rémisssainthe

et des étudiants GNB. Pour avoir pris

une part active à la déstabilisation du

pays nous revendiquons haut et fort

leur admission sous la coupole, car ils

en ont plein droit. Alors, nous conseillons

aux académiciens de se référer à

l’ambassade américaine en Haïti où

à Stanley Lucas pour leur communiquer

la liste des assaillants et à André

Apaid pour la liste des étudiants GNB.

Extrait de la déclaration

«Nos inquiétudes sont grandes

devant l’orientation que le gouvernement

haïtien actuel veut donner

à la célébration du bicentenaire de

notre indépendance. En effet, ce gouvernement

travaille aujourd’hui à

canaliser toute l’attention de la communauté

internationale et des personnalité

étrangères intéressées par

le bicentenaire vers une campagne de

propagande aux fins de légitimation

d’un pouvoir usurpé et reconnu aujourd’hui

comme despotique et totalitaire,

négateur des principes et des

valeurs ayant à la base de la révolution

haïtienne » Simple exercice de

masturbation intellectuelle.

Cette révoltante occupation du

sol national par la soldatesque onusienne

traduit bien l’état d’esprit de

ces zenglendo intellectuels, toujours

disposés à collaborer avec leurs mécènes

de l’international pour déstabiliser

leur pays. Dany Laférière au

même titre que les assaillants de Guy

Philippe ne sont-ils pas les premiers

incriminés dans cette pandémie hautement

mortelle du Choléra Minustah

? Dany Laferrière et ses comparses

du Collectif Non uniquement

motivés par leur ventre et leur bas

ventre, auront ils suffisamment de

couilles pour revendiquer de la France

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14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015


Suite de la page (12)

l’ONU a récemment déclaré : « Je

pense que la stratégie d’Israël et aussi

des États-Unis est tout simplement de

permettre des discussions continuelles

pendant qu’Israël annexe de plus en

plus de terres et récupère des parties des

Territoires Occupés »

Pendant ce temps, le modèle

économique émergeant en Cisjordanie

n’est pas viable car il est presque entièrement

dépendant de l’aide étrangère

et des ONG internationales. En outre,

les avantages du modèle économique

sont largement limités à Ramallah, le

siège du gouvernement de l’Autorité

Palestinienne, créant ainsi ce qu’on appelle

en Cisjordanie la « bulle Ramallah

».

Comme l’explique le Dr Hanan

Chehata, professeur de droit et ancienne

correspondante pour Middle East

Monitor, … Tandis que ceux de Ramallah

peuvent voyager à travers cette petite

ville relativement sans entrave, les

Palestiniens sont soumis dans le reste

de la région, à l’humiliation quotidienne

aux barrages routiers israéliens

et aux postes de contrôle militaires ; ils

doivent aussi supporter des arrestations

arbitraires et des interrogatoires injustifiés

menant souvent à la torture et parfois

à la mort. Alors que les résidents

de Ramallah peuvent aller travailler

dans la journée, dans une raisonnable

sécurité, en sachant qu’ils vont rentrer

chez eux le soir pour retrouver un repas

chaud et le repos parmi les membres

de leurs familles, d’autres Palestiniens

quittent leurs maisons ne sachant

pas si celles-ci seront toujours debout

quand ils rentreront ou si elles seront

démolies par les bulldozers Caterpillar

israéliens afin de faire place à de nouvelles

colonies israéliennes.

En d’autres termes, si l’Autorité

palestinienne et ses partisans coopèrent

avec les colonisateurs israéliens,

ils recevront des récompenses

économiques et la brutalité excessive

exercée par l’armée israélienne leur sera

épargnée. Mais ceux qui persistent à résister

activement, les colonisateurs leur

infligeront la pleine force de l’agression.

C’est sans surprise, qu’aux yeux de

beaucoup de Palestiniens, l’Autorité

Palestinienne est vendue aux colonisateurs

par collusion avec l’occupant et

les États-Unis afin de parvenir à la «

paix économique » au détriment de la

libération nationale.

Le mécontentement croissant

contre l’Autorité Palestinienne est

devenu évident lors des élections générales

de 2006 quand le Fatah a été

battu par le Hamas. Après l’élection, le

Fatah a refusé de céder le pouvoir en

Cisjordanie et, avec le soutien d’Israël

et des pays occidentaux, il a continué

à gouverner pendant les neuf dernières

années en tant que gouvernement non

élu, pendant que le Hamas gouverne

Gaza.

Le seul endroit où les élections

ont été autorisées se trouve dans les

universités, ces dernières étant considérées

comme un baromètre qui reflète

les vues politiques d’un large éventail

de la population palestinienne. Lors

des élections du Conseil des étudiants

à l’université de Birzeit à Ramallah le

mois dernier, le bloc islamique Wafaa

affilié au Hamas a vaincu le parti des

étudiants du Fatah, remportant la majorité

des sièges. Nadine Suleiman, une

étudiante de quatrième année en administration

publique, a expliqué pourquoi

elle a voté pour le Hamas : « Je

déteste la corruption de l’AP [Autorité

Palestinienne], leur coordination sécuritaire

avec Israël implique l’arrestation

et l’assassinat des Palestiniens qui sont

sur la liste israélienne des personnes

recherchées alors que les Palestiniens

n’ont rien en retour. L’AP est intéressée

uniquement à garder sa richesse et ses

privilèges ».

L’Autorité Palestinienne financée

par les forces de sécurité des États-

Unis a rapidement réagi, suite aux résultats

des élections de l’Université de

Birzeit, en arrêtant quatre étudiants

appartenant au parti vainqueur, pour

les interroger et les maltraiter. Au total,

25 étudiants dans toute la Cisjordanie

ont été arrêtés et les élections prévues

à l’université nationale An-Najah et à

l’université d’Hébron ont été reportées.

Selon Human Rights Watch, « Il est

profondément inquiétant que les étudiants

soient détenus par les forces palestiniennes

sans aucune autre raison

que leur lien avec le Hamas ou leurs

opinions ».

Ainsi, alors que sur la scène internationale

l’Autorité palestinienne a

défié Israël en gagnant son adhésion

à la Cour Pénale Internationale (CPI),

sur le terrain en Cisjordanie, elle arrête

régulièrement, interroge, emprisonne et

torture les Palestiniens qui sont considérés

comme sympathisants du Hamas

ou qui combattent l’occupation israélienne

dans leur quête pour la libération.

Vu son incapacité à mettre en place

de nouvelles élections, sa corruption

à l’égard de l’aide étrangère et sa collusion

avec l’occupation israélienne

illégale, de nombreux Palestiniens ne

considèrent plus le gouvernement de

l’Autorité Palestinienne comme légitime.

En revanche, le Hamas est considéré

par beaucoup de Palestiniens

comme résistant activement à Israël, et

cette perception – quant à son manque

relatif de corruption – est à la base

de son soutien populaire. Cette résistance

a aussi conduit Israël à lancer

trois grandes opérations militaires

contre la bande de Gaza au cours des

sept dernières années (2008, 2012 et

2014). Selon les Nations Unies, les

sept semaines de l’invasion de la bande

de Gaza l’an dernier par l’armée israélienne

ont entraîné la mort de 2025

Palestiniens, parmi eux 1483 civils

dont 521 étaient des enfants. Du côté

israélien, il y eut 71 morts, dont 66

étaient des soldats. D’autre part, plus

d’un demi-million de Palestiniens ont

été déplacés de force de leurs maisons.

La solution à un seul État

L’Autorité Palestinienne a accepté la

solution à deux États, proposée dans

le cadre du processus de paix d’Oslo.

L’idée de base étant que la Cisjordanie

et la bande de Gaza constitueraient

un État palestinien (ce qui correspond

à seulement 23 % de la Palestine), le

reste constituant Israël. Mais le choix

de l’Autorité Palestinienne d’une solution

à deux États est en contradiction

avec les souhaits de la majorité des

Palestiniens. Selon un sondage réalisé

l’année dernière, 60 % des Palestiniens

croyaient en une solution à un seul

État, tandis que seulement 27 % appuyaient

l’option des deux États.

La solution à deux États que

vantent constamment les États-Unis

et d’autres nations occidentales, et

soutenue par l’Autorité Palestinienne,

est complètement éloignée de la réalité

de la Cisjordanie et de Jérusalem-

Est. Selon Tariq Dana, professeur à

l’Université de Birzeit à Ramallah

: « Une solution à deux États n’est

pas possible. Elle ne serait pas viable

compte tenu de la réalité sur le terrain ».

La réalité à laquelle se réfère

Dana est l’expansion illégale et continuelle

des colonies juives, constituant

aujourd’hui le foyer de presque

un demi-million de juifs. Les colonies

couvrent aujourd’hui plus de 40 %

de la Cisjordanie, dominant les meilleures

terres agricoles avec un accès

à l’alimentation principale en eau de

la région. Comme l’a admis Daniella

Weiss, l’ancien maire sioniste d’une

colonie juive de Cisjordanie quelques

années plus tôt : « De toute évidence,

toute solution à deux États qui donnerait

lieu à un État palestinien viable

exigerait le démantèlement de ces colonies

et le retrait des colons de ce que les

sionistes considèrent comme leur terre

sainte ».

Loin du démantèlement des

colonies, la politique d’Israël vise au

contraire à les enraciner. Avec sa construction

de la barrière de séparation,

le gouvernement israélien cherche à

annexer les colonies à l’État israélien,

ce qui laisserait les Palestiniens

avec 3 petits fragments non reliés de

terre aride et rocailleuse, manquant

d’approvisionnement en eau. Un tel

résultat ne peut pas constituer un État

palestinien viable.

Beaucoup de Palestiniens appuient

l’idée de la création d’un seul

État de Palestine dans lequel arabes et

juifs auraient des droits égaux. Le Front

Populaire de Libération de la Palestine

(FPLP), le second membre le plus important

de l’OLP après le Fatah et considéré

comme un groupe terroriste par

les USA, le Canada et l’Union Européenne

parce qu’il prône la lutte armée,

s’oppose à la fois au gouvernement de

l’Autorité Palestinienne et à la solution

à deux États. Selon le FPLP,

Le mouvement de libération

palestinien n’est pas un mouvement

racial aux intentions agressives contre

les juifs. Il n’est pas dirigé contre

les juifs ... le but de ce mouvement

est l’établissement d’un État national

démocratique en Palestine dans lequel

les arabes comme les juifs vivront en

tant que citoyens égaux en droits et en

obligations, lequel État constituera une

partie intégrante de la présence nationale

arabe progressiste et démocratique

pour vivre en paix avec toutes les forces

progressistes dans le monde.

Le Hamas considère aussi la solution

à un État comme la seule réponse

possible, un État islamique dans lequel

les droits des juifs seront protégés. Mais

la création d’une Palestine islamique ne

ferait que remplacer un État religieux

(Israël) par un autre. Attendu que la

Palestine est une terre sacrée pour trois

religions (Islam, Judaïsme et Christianisme)

et le fait qu’une partie importante

de la population palestinienne soutient

un État laïc, la solution à ce conflit qui

semble insoluble serait de remplacer

l’État sioniste par une démocratie laïque

dans laquelle tous les citoyens –

juifs, chrétiens et musulmans – auront

les mêmes droits et les mêmes responsabilités.

Conclusion

L’établissement d’un État sioniste au

milieu du monde arabe pour des migrants

juifs arrivant d’Europe n’a été

possible que grâce à l’aide des puissances

impérialistes occidentales dont

les USA, la Grande-Bretagne et le Canada.

L’existence d’Israël et l’expansion

continue des colonies juives en Cisjordanie

et dans Jérusalem-Est constituent

la continuation du colonialisme européen

au vingt-et-unième siècle aux

dépens du peuple palestinien qui vit sur

sa terre depuis deux mille ans

Compte tenu de cette réalité,

l’État juif d’Israël doit être considéré à

la fois illégitime et une conséquence

catastrophique de l’impérialisme occidental.

La seule solution juste à ce conflit

bien enraciné, est de permettre aux

Palestiniens d’établir enfin cet État indépendant

qu’ils auraient obtenu après

la Seconde Guerre mondiale et de permettre

le retour de tous les réfugiés. En

d’autres termes, un seul État palestinien,

laïc dans lequel juifs, chrétiens et

musulmans partageront tous les mêmes

droits. Une telle solution à un État n’est

pas antisémite, elle est logique.

* Garry Leech est un journaliste

indépendant et l’auteur de nombreux

livres dont Capitalism : A Structural

Genocide (Zed Books, 2012) ; Beyond

Bogota : Diary of a Drug War Journalist

in Colombia (Beacon Press, 2009) ; et

Crude Interventions : The United States

Oil and the New World Disorder (Zed

Books, 2006). ). Il est aussi chargé de

cours au Départment des Sciences Politiques

à l’université de Cap Breton au

Canada.

CounterPunch 19 mai 2015

Traduction :

Lalla Fadhma N’Soumer

Info-Palestine.eu 1er

juin 2015

Suite de la page (5)

l’importance d’assurer qu’on rende

disponibles l’espace industriel et

l’infrastructure pour les investisseurs,

et que le climat d’entreprise et

d’investissement général doit s’améliorer

afin que les investisseurs saisissent les

opportunités créées par HOPE 2».

Évidemment, Clinton n’était pas

seule dans ce travail. Un télégramme de

février 2010 provenant du Département

d’État divulgué par WikiLeaks détaillait

une visite après le tremblement de terre

de douze sénateurs et représentants qui

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étaient tous démocrates, à l’exception

d’un seul. La Présidente de la Chambre

des représentants d’alors, Nancy Pelosi

a maquillé le sens de ses propos mais,

sur un ton menaçant digne de la mafia,

elle a dit au président René Préval

que «nous aimerions entendre qu’Haïti

se dirige ailleurs. Si tel est le cas, vous

recevrez encore plus de soutien, et nous

voyons cela comme une opportunité de

vous être encore plus utile».

Lors de ce même voyage, un accord

de tutelle pour les dons provenant

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de l’étranger a été signé, et peu de temps

après, Bill Clinton a été nommé viceprésident

de la Commission intérimaire

pour la reconstruction d'Haïti

Au début du mois, Jonathan Katz

a rédigé dans Politico un long rapport

sur la complexité et le caractère secret

de l’implication de Clinton en Haïti. Il

écrit: «Il y a la Fondation Clinton, qui a

envoyé 36 millions de dollars en Haïti

depuis 2010, mais aussi les 55 millions

dépensés par l’entremise du Fonds Haïti

Clinton-Bush, puis les 500 millions en

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engagements faits à travers l’organisme

Clinton Global Initiative’s Haiti Action

Network. Du côté d’Hillary, il y a sa propre

diplomatie, le Bureau du Département

d’État du coordonnateur spécial

d’Haïti, puis l’ambassade américaine à

Port-au-Prince, ainsi que l’Agence de

Développement international américain,

dont l’administrateur se rapportait

à elle».

Certaines des activités des Clinton

ont été purement vénales, telle que

l’implication de Bill Clinton dans un luxueux

hôtel Marriott de Port-au-Prince,

pour lequel il a recruté comme investisseur

le PDG de Digicel, Denis O’Brien.

Il y a eu de nombreuses manœuvres

politiques réactionnaires. Katz résume

comment, lors de la course présidentielle

de 2012, Hillary Clinton est venue

en aide à Michel Martelly – un ancien

partisan de la dictature brutale des Duvalier

qui dirige actuellement par décret

après son refus de s’entendre avec le Sénat

haïtien sur une loi électorale. Lors

du premier tour de scrutin, Martelly s’est

trouvé au troisième rang et ne s’est pas

qualifié pour le tour suivant. Katz décrit

comment Clinton a rencontré les trois

premiers candidats et a ensuite «confronté

un Préval récalcitrant». Le deuxième

candidat, Jude Célestin, a ensuite

abandonné la course et Martelly a remporté

le deuxième tour d’une élection

avec un taux de participation de seulement

23 pour cent.

Dans son essai, Katz note qu’

«au cours du siècle dernier, ce sont les

Américains et non les Français qui ont

remodelé à maintes reprises le paysage

politique à Haïti». L’intervention de Hollande

marque un point tournant dans

cette histoire, l’élite dirigeante française

revenant sur la scène de certains de

ses crimes les plus abominables. Dans

Hard Choices, Clinton écrit du prédécesseur

d’Hollande, Nicolas Sarkozy, qu’il

«était déterminé à réaffirmer la place de

la France comme puissance mondiale

de premier ordre et qu’il était impatient

d’assumer une plus grande responsabilité

internationale, ce que j’ai pu constater

en Libye».

Même si les impérialismes français

et américain peuvent bien avoir un

conflit d’intérêts en Haïti, ils sont tous

deux d’implacables ennemis des travailleurs

et paysans haïtiens.

Wsws 18 mai 2015

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (13)

de la résistance et/ou, 2) une « zone

tampon sunnite » hostile qui briserait la

continuité géographique entre l’Iran et la

Palestine.

Aujourd’hui, la « zone-tampon

sunnite de l’Amérique est l’État

islamique

Le général Walid Sukariyya, un membre

sunnite pro-résistance du parlement libanais,

dit la même chose : « Il vaut mieux

pour les États-Unis et Israël avoir ISIS

que d’avoir un Iran, un Irak et une Syrie

forts... S’ils parviennent à leurs fins, l’État

sunnite en Irak séparera l’axe de la résistance

de la Palestine. »

Washington cherche depuis longtemps

à créer une zone tampon en Irak à

la frontière syrienne, cela fait littéralement

des années qu’il essaie – sans résultats –

de trouver, puis de formater des dirigeants

irakiens sunnites représentatifs susceptibles

de s’aligner sur les États-Unis.

Un exemple en est la délégation

d’Anbar que le général américain John Allen

avait sélectionnée en décembre dernier

pour une visite à Washington et qui excluait

les représentants des deux plus importantes

tribus sunnites qui combattent

contre l’EI en Irak – les tribus Albu Alwan

et Albu Nimr. Un porte-parole des tribus

s’en est plaint au journal Al-Jarida : « Nous

nous battons contre ISIL et nous sommes

massacrés parce que nous manquons

d’armes. Et pendant ce temps-là, il y en a

qui vont à Washington chercher des fonds

et qui seront plus tard désignés pour être

nos dirigeants ».

Mais pourquoi ignorer les groupes

sunnites qui sont tout à fait opposés à

l’EI ? Ne sont-ils pas les alliés naturels de

l’Amérique en Irak ?

Les groupes extrémistes takfiris

servent les objectifs de Washington. L’EI a

eu la possibilité – au contraire des factions

sunnites concurrentes, avec leurs listes

sans fin de demandes venant de Bagdad -

de transformer le projet de « zone-tampon

» des États-Unis en une réalité concrète. Et

Washington n’a pas besoin de prodiguer

son sang, son argent ni sa force de travail

pour réaliser le job.

La semaine dernière, le groupe de

surveillance étatique, Judicial Watch, a

publié un document secret (maintenant

déclassifié) de 2012 de la Defense Intelligence

Agency (DIA) qui révèle les calculs

américains en Syrie.

Écrit seulement 16 mois après le

début du conflit syrien qui dure depuis 50

mois, le document de la DIA profondément

expurgé divulgue les éléments clés

suivants : « Les salafistes, les Frères musulmans

et AQI (Al-Qaïda en Irak) sont

les principaux moteurs de l’insurrection

en Syrie. »

« L’Occident, les pays du Golfe et la

Turquie soutiennent l’opposition. »

Le gouvernement syrien a décidé

de privilégier la sécurisation des zones

pro-gouvernementales et des principales

voies d’accès, ce qui signifie que « le régime

a diminué sa concentration dans les

zones touchant la frontière irakienne (al

Hasaka et Der Zor). »

« Les forces d’opposition tentent de

contrôler les régions de l’Est (Hasaka et

Der Zor) touchant la frontière occidentale

irakienne (Mossoul et Anbar) ... Les pays

occidentaux, les pays du Golfe et la Turquie

appuient leurs efforts. »

« La détérioration de la situation ...

crée l’atmosphère idéale pour que AQI revienne

à ses anciens bastions de Mossoul

et Ramadi ... »

« Si la situation se dégrade, il y a la

possibilité d’établir une Principauté salafiste,

déclarée ou non dans l’est de la Syrie,

et c’est exactement ce que veulent les

puissances qui soutiennent l’opposition,

afin d’isoler le régime syrien qui est considéré

comme le nœud stratégique de

l’expansion chiite (l’Irak et l’Iran) ».

La mémoire de la DIA indique

clairement que l’escalade du conflit en

Syrie engendrera davantage de sectarisme

et de radicalisation, ce qui augmentera la

probabilité d’un « État islamique », à la

frontière syro-irakienne, qui serait probablement

dirigé par l’État islamique d’Irak

(ISI).

Qu’est-ce que les officiels de Washington

ont fait quand ils ont reçu ce rapport

? Ils ont menti. Moins d’un mois

après que le rapport de la DIA leur ait

été remis, le secrétaire d’État américain,

John Kerry, a déclaré ceci au Comité des

relations étrangères du Sénat à propos

de l’opposition syrienne : « Je ne suis

pas d’accord avec ceux qui disent que

l’essentiel de l’opposition fait partie d’al-

Qaïda, des méchants. Ce n’est pas vrai. Il

y a environ 70.000 à 100.000 opposants

... 15 à 25 % d’entre eux appartiennent

peut-être à ces groupes que nous considérons

comme mauvais... Mais il existe

une véritable opposition modérée ».

Grâce à l’histoire fabriquée des «

rebelles modérés » qui ont besoin d’aide

pour lutter contre un « régime syrien

criminel », le gouvernement américain a

maintenu l’intensité du conflit syrien, en

sachant très bien que le résultat serait la

création d’une entité extrémiste sunnite

enjambant la frontière syro-irakienne ... ce

qui pourrait paralyser, ce que les Américains

appellent « le nœud stratégique de

l’expansion chiite. »

Max Abrahms qui est membre du

Conseil américain des relations étrangères

et spécialiste du terrorisme, a reconnu sur

Twitter que : « Le rapport de la DIA du 5

août 2012 confirme une grande partie

de ce que Assad dit depuis le début sur

ses adversaires de l’intérieur comme de

l’extérieur. »

Comment lutter contre ce « monstre

de Frankenstein » Américain ?

Depuis l’année dernière, de nombreux

responsables irakiens se plaignent

du parachutage étasunien d’armes à l’EI

– délibéré ou accidentel, la question n’est

pas tranchée. Par contre, des sources

militaires ont clairement indiqué que la

coalition menée par les États-Unis ignore

la plupart des demandes irakiennes de

couverture aérienne de ses opérations au

sol.

Si les États-Unis ne veulent pas

coopérer à la lutte existentielle de l’Irak

contre l’EI, alors pourquoi s’embêter avec

les Américains ?

Le Premier ministre irakien Haider

al-Abadi est considéré comme un chef

d’État « faible » - un fonctionnaire relativement

pro-américain qui s’efforce de

maintenir l’équilibre entre les intérêts

américains et ceux du puissant voisin de

l’Irak, l’Iran.

Mais après la chute désastreuse

de Ramadi et d’autres mauvaises nouvelles

venant de Syrie, Abadi n’a guère

d’autre choix que de limiter les pertes,

et vite. Le premier ministre a ordonné le

déploiement de milliers de miliciens de

Hashd al-SHAABI (groupes paramilitaires

chiites communément appelés Forces de

mobilisation populaire) dans la province

d’Anbar pour reprendre le contrôle de

Ramadi. Ceci avec l’exceptionnelle bénédiction

des tribus sunnites d’Anbar qui

ont voté massivement pour demander le

soutien militaire de Hashd.

Quelques milliers de combattants

sunnites ont rejoint les miliciens de Hashd,

apportant leur sceau à cette décision politique.

Si l’opération de Ramadi réussit, cet

effort conjoint entre sunnites et chiites (qui

a également été couronné de succès à Tikrit)

pourrait fournir à l’Irak un modèle à

multiplier autant que possible.

Les pertes récentes en Syrie et en

Irak ont galvanisé les opposants de l’EI,

du Liban à l’Iran en passant par la Russie,

et les armes, les hommes et les fonds affluent.

Si Ramadi est repris, ce regroupement

continuera sans doute sa progression et

tentera d’arriver à la frontière syrienne à

travers le territoire de l’EI. Il y a une bonne

raison à cela : les assaillants qui ont pris

Ramadi sont passés à travers la frontière

syrienne – au vu et au su des appareils de

reconnaissance américains.

Un haut fonctionnaire d’un État

de la résistance m’a dit plus tôt dans

l’année : « Nous ne laisserons pas se former

une grande zone démographique et

géographique (extrémiste) entre la Syrie

et l’Irak. Nous allons travailler à repousser

l’EI syrien en Syrie et l’EI irakien en Irak ».

À l’heure actuelle, le renforcement

des capacités militaires irakiennes est la

clé qui permettra de repousser les Takfiris

vers les zones d’opérations syriennes de

l’est et du nord-ouest de la Syrie. Et la priorité

absolue sera de détruire « la zone de

tampon de l’EI » entre les deux pays.

Il y a dix-huit mois, j’ai écrit un

article sur la meilleure manière de lutter

contre les militants djihadistes depuis le

Levant jusqu’au golfe Persique, disant que

la solution pour gagner la lutte devait être

élaborée dans la région, en particulier au

sein des États dont la sécurité est la plus

compromise ou la plus menacée : le Liban,

la Syrie, l’Irak et l’Iran.

J’ai dit que ces quatre états seraient

obligés d’augmenter leur coopération militaire

à mesure que la guerre s’intensifierait

et qu’ils seraient les seuls à mettre des «

bottes sur le terrain ».

Et c’est ce qui va se passer. Mais la

couverture aérienne est une composante

nécessaire à la réussite des opérations

offensives, même dans des situations de

guerre non conventionnelle. Si les États-

Unis et leur piètre coalition ne peuvent pas

ou ne veulent pas fournir le renseignement

et la couverture aérienne nécessaires, sous

la direction d’un commandement militaire

central irakien, alors l’Irak devra chercher

de l’aide ailleurs.

On pense alors à l’Iran et à la Russie

– et c’est peut-être ce qui arrivera.

L’Irak et la Syrie doivent fusionner

leurs stratégies militaires plus efficacement

- encore une fois, c’est un domaine où les

Iraniens et les Russes peuvent fournir une

expertise précieuse. Les deux états se sont

heurtés à un mur dangereux ces dernières

semaines, et ils sont certainement prêts à

agir vite et fort.

Le groupe de résistance libanais, le

Hezbollah, s’implique aussi de plus en plus

- son secrétaire général, Hassan Nasrallah,

a récemment assuré que le Hezbollah

ne se limiterait plus géographiquement, et

qu’il irait là où c’est nécessaire pour contrecarrer

l’ennemi Takfiri. Les acteurs non

étatiques qui constituent le noyau djihadiste

et Takfiri ne peuvent pas être battus

par des armées conventionnelles, et c’est

la raison pour laquelle les milices locales

habituées à la guerre asymétrique sont les

mieux adaptées pour ces batailles.

En manière de critique contre la

réponse tout à fait inexistante des États-

Unis à la débâcle de Ramadi hier, Qassem

Suleimani, le commandant de la

Force l’élite iranienne Qods, souligne

: « Aujourd’hui, il n’y a personne qui

s’oppose à [l’EI] à l’exception de la République

islamique d’Iran et des pays voisins

de l’Iran ou soutenus par l’Iran ». Les

Iraniens sont devenus des figures centrales

dans la lutte contre le terrorisme, et ils

sont aux premières loges – contrairement

à Washington qui se trouve à quelque 10

000 km.

Si les États-Unis voulaient vraiment

combattre le terrorisme, il leur faudrait

se concentrer sur des activités noncombattantes

mais essentielles pour saper

l’extrémisme : 1) sécuriser les frontières

turques et jordaniennes pour empêcher

l’infiltration de djihadistes en Syrie et en

Irak, 2 ) sanctionner les pays et les individus

qui financent et militarisent les Takfiris,

et qui sont pour la plupart de fidèles

alliés des États-Unis, qui font maintenant

ironiquement partie de la « coalition »

pour lutter contre l’EI, et 3) échanger des

renseignements cruciaux sur les mouvements

djihadistes avec les pays engagés

dans la bataille.

Il est temps d’arrêter l’hémorragie

et de rallier quelques poids lourds à la

bataille contre l’extrémisme. Si la coalition

dirigée par les États-Unis ne veut

pas opérer de frappes aériennes, sous le

commandement explicite des états souverains

engagés à grand risque dans cette

lutte, il est peut-être temps de chasser de

l’espace aérien irakien et syrien les avions

de guerre de la coalition, et d’ouvrir notre

ciel à des partenaires sérieux.

Note :

* Le coup du chapeau ou tour du

chapeau (au Canada français) (en anglais

: hat-trick) est un terme sportif d’origine

anglophone associé à trois actions décisives

faites par le même pratiquant au

cours d’un unique événement sportif

(Wikipedia)

Russia Today 27 mai 2015

Traduction : Dominique Muselet

Info-Palestine.eu 30 mai 2015

Suite de la page (6)

MINISTA pann minè 16 lane Gérald

JEAN GILLES, nan pwòp baz yo nan vil

Okap. Nan moman Lajistis t ap mennen

ankèt sou dosye sa a, minis jistis Paul

Denis te raple tout pakè yo, lajistis pa

gendwa trennen sòlda ak pèsonèl MI-

NISTA devan lajistis. Kidonk, olye otorite

yo te pran defans Gérald JEAN GILLES,

yo te chwazi pran defans MINISTA kont

pitit peyi a ki viktim anba move zak kriminèl

ki nan fòs okipasyon an

Nou paka bliye tou, dividal masak

MINISTA fè nan katye popilè yo, patikilyèman

nan site solèy. Nan dat 14 desanm

2011, sòlda MINISTA maltrete 3

jenn gason nan komin site solèy epi al

lage yo titanyen, paske yo te kwè jèn sa

yo te mouri. RNDDH te prezante jèn sa

yo devan laprès epi soti yon rapò sou sa

Nan dat 24 me 2010, sòlda MI-

NISTA debake nan Fakilte Etnoloji, yo

arete epi maltrete etidyan Frantz Mathieu

Junior.

Nan seksyon kominal yo, sòlda

MINISTA refize kite kabrit peyizan yo

nan kòd.

Konsekans Okipasyon an ap kite

pou peyi a

Reyalite okipasyon sa a, peyi a ap viv

jounen Jodi a, rive nan moman n ap

prepare nou pou nou make 100 lane

premye okipasyon militè meriken nan

peyi a. Depi nan okipasyon sa a, okipan

meriken yo te deja pati ak yon bon pati

nan richès peyi a. Jounen Jodi a a ankò,

peyi enperyalis yo ak antrepriz miltinasyonal

yo vin pi aloufa. Yo vini pou yo

kale tèt peyi a nèt. Sa ki fè, yo kontwole

tout ti detay nan lavi peyi a. Yo fikse dat

eleksyon, yo bay rezilta epi yo mete prezidan,

senatè ak depite ki nan enterè yo.

Nan nivo ekonomik, peyi a sou po dèyè

li. Se kapitalis aloufa yo ki bay peyi a

oryantasyon ekonomik yo vle epi se yo

ki swadizan finanse yon bon pati nan bidjè

nou. Se sa ki fè yo foure bouch yo jan

yo vle, lè yo vle, san okenn krent pou

dirijan yo. Pwovèb la di: “Kabrit gade je

mèt plas, anvan l antre”. Si mèt plas la

se tyoul kabrit la, kabrit la pa gen pou l

pè rantre nan plas la. Se sa ki fè diplomat

etranje tout plim tout plimay, di epi fè sa

yo pito nan zafè peyi a.

Pozisyon MODEP anfas reyalite

malouk sa a

Douvan reyalite malouk sa a, MODEP

kwè batay pou defann dwa granmoun

peyi a dwe rapousib. Se nan sans sa a,

MODEP mande :

Pou MINISTA kite peyi a san pèdi

tan

Pou peyi enperyalis yo sispann

mete moun yo vle nan tèt peyi a, se pèp

ayisyen an ki pou chwazi ki ekip moun

ki dwe pran tèt Leta a

Reparasyon pou viktim kolera yo

Pou miltinasyonal yo ak dirijan

nan Leta a sispann fè dappiyanp sou

richès peyi a, an patikilye sou tè peyizan

yo, jan y ap fè sa toupatou nan peyi a

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015


A Travers le monde

Corruption à la Fifa:

Sepp Blatter démissionne

et annonce une

nouvelle élection

Le président de la Fifa Joseph Blatter, a annoncé sa démission, ce mardi 2

juin. REUTERS/Ruben Sprich

Madagascar : le président

conteste sa destitution !

Par Alix Hardy

Les députés malgaches ont voté

mardi soir la destitution du président,

Hery Rajaonarimampianina, à la

majorité, lui reprochant son incompétence.

Ce dernier, isolé politiquement

contre deux grands rivaux qui avaient

cette fois uni leurs forces au Parlement

contre lui, a contesté la régularité du

vote mercredi, pointant des suspicions

de corruption.

Madagascar serait-elle sur le

point de basculer à nouveau dans le

chaos? Le président malgache Hery

Rajaonarimampianina a contesté

mercredi la régularité d'un vote des

Suite à la page (18)

Fraichement réélu, le président de la

Fifa, Sepp Blatter, vient d'annoncer

sa démission de la tête de l'organisation.

Il restera en poste jusqu'à l'organisation

d'un Congrès extraordinaire, entre

décembre 2015 et mars 2016.

Coup de théâtre à la Fifa. A peine

réélu à la tête de l'organisation, Sepp

Blatter a annoncé sa démission de la

présidence, ce mardi, à la suite des nombreux

scandales financiers et de corruption

qui éclaboussent l'institution.

Le Suisse venait d'être réélu pour

un cinquième mandat à la tête de la

puissance fédération sportive, en dépit

de l'énorme scandale de corruption

révélé par une enquête américaine.

Platini satisfait

La démission de Blatter est "une décision

difficile, courageuse, mais la

Suite à la page (18)

Le président destitué Hery

Rajaonarimampianina

Sport, nucléaire, sécurité :

le jeu malsain des Etats-Unis

Par Karim MOHSEN

La colère des Russes contre les

Etats-Unis n’est pas aussi anodine,

ou injustifiée, que cela puisse

paraître. L’arrestation mercredi pour

corruption par la police suisse de

quatorze dirigeants ou partenaires

de la Fédération internationale du

football (Fifa) sur sollicitation de la

justice étasunienne, pourrait avoir,

a posteriori, des incidences fâcheuses

sur les Coupes du monde de

football de 2018 (en Russie) et de

2022 (au Qatar).

Aussi, inquiet des suites qui

pourraient être données à cette affaire

et très remonté contre Washington,

le président russe, Vladimir

Poutine, a accusé, jeudi, les

Etasuniens de vouloir empêcher la

Russie d’organiser le Mondial de

football de 2018.

De fait, l’appréhension de

l’hôte du Kremlin est loin d’être

une élucubration, si l’on excipe des

tentatives de l’Occident de faire annuler,

sinon faire échouer, les Jeux

olympiques d’hiver de Sotchi (en

Russie) de 2014 en représailles de

présumées ingérences de Moscou

dans le conflit d’Ukraine. Or,

ces intimidations et pressions de

l’Occident contre la Russie ne sont

pas inédites et entrent en droite

ligne de manœuvres déjà usitées

par les Etats-Unis, notamment,

pour imposer leur diktat. Si l’on se

remet en mémoire le boycott, en

1980, par les Etats-Unis et les pays

occidentaux des Jeux olympiques

de Moscou, si l’on relève la manière

tranchante avec laquelle Washington

avait opposé son veto à la

réélection des Egyptiens Mohamed

El Baradei à la tête de l’AIEA (le

directeur de l’agence onusienne

était accusé [par l’Occident] d’avoir

retiré des information importantes

sur le nucléaire militaire de l’Iran)

et Boutros Boutros-Ghali au secrétariat

général de l’ONU (lequel eut

l’outrecuidance de prouver dans un

long rapport la responsabilité pleine

et entière d’Israël dans un crime

de guerre, le massacre en 1996

d’une centaine d’enfants du village

de Cana, réfugiés dans un camp de

la Finul au Sud Liban).

On s’aperçoit, dès lors, que

Washington ne recule devant aucun

expédient pour imposer ses

règles et sa vision des choses. De

fait, Washington qui dispose d’une

liste de pays à surveiller, tient aussi

la carotte d’une main, le gourdin

de l’autre. Les Etats-Unis se comportent

dans les faits en gouvernement

mondial, sanctionnant ici, récompensant

là. Ainsi, directement

ou en sous-main, les Etats-Unis

ont toujours eu tendance à éliminer

ceux (hommes, pays, organisations

et/ou institutions) qui leur

tiennent tête et/ou font obstacle

à leur contrôle sur les faits et sur

les choses, comme sur les pays et

les organisations internationales.

Cela est singulièrement vrai pour

les dossiers chauds comme le contentieux

israélo-palestinien (ONU),

le nucléaire iranien (Aiea) ou, encore,

le cas récent, de l’Ukraine (les

Etats-Unis accusant la Russie de la

déstabiliser) dont Washington en

fait sa priorité et sur lesquels il veut

garder la haute main.

Les Etats-Unis se permettent

dès lors tous les oukases pour

parvenir à leur fin. Ainsi, tout en

assurant l’impunité à Israël pour

ses crimes contre les Palestiniens

– comme en le soustrayant

à ses obligations sur le nucléaire

– Washington est cependant

prompte à sanctionner tout Etat,

hommes politiques, pays ou organisations

qui empiètent sur des

« lignes rouges » qu’elle trace pour

les autres. Elle a ainsi sanctionné

économiquement et financièrement

l’Iran et la Russie, notamment, qui

se sont montrés peu malléables.

Elle a aussi fait plus. Les États-

Unis n’ont-ils pas espionné des

dirigeants occidentaux (telle que

la chancelière allemande Angela

Merkel, dans le scandale de la NSA,

dénoncé par Edward Snowden) et

des pays européens alliés ? Aussi,

récidiver le coup de 1980 – boycott

occidental des Jeux olympiques de

Moscou – et retirer l’organisation

du mondial de football de 2018 à la

Russie n’est pas aussi étrange que

l’on veuille le faire croire. Et comme

le souligne avec pertinence, le président

russe, en s’investissant dans

les affaires de corruption de la FIFA,

la justice étasunienne s’octroie de

facto le droit d’exterritorialité – une

CPI-bis – alors que Washington a

fait (et fait) des pieds et des mains

pour que ses ressortissants échappent

aux juridictions nationales ou

internationales.

Pour le cas de la CPI (Cour

pénale internationale, entrée en vigueur

en 2002), les Etats-Unis ont

fait signer des séries de conventions

avec des pays tiers afin d’assurer

l’impunité pour leurs ressortissants

– auteurs ou soupçonnés de crime

de guerre, contre l’humanité ou de

génocide – afin qu’ils ne soient pas

livrés à la CPI (les Etats-Unis [et

Israël] sont parmi les rares pays

n’ayant ni signé, ni paraphé le statut

de Rome, fondateur de la CPI).

Déjà, gendarmes du monde, les

Etats-Unis semblent avoir franchi

une nouvelle étape en s’arrogeant

un droit de police et de justice de

par le monde. Tous les Terriens

seraient ainsi des justiciables, aux

yeux de Washington, à l’exception

des Américains et d’Israël. Faut-il

s’en étonner quand l’ONU, émasculée,

ne soit plus qu’une caisse de

résonance pour les puissants ?

L’expression 31 Mai 2015

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Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Suite de la page (6 )

konjonkti aktyèl la favorize

tout kalite diskou. Se nòmal

pou nostaljik ansyen rejim

ak patizan statu quo ap sèvi

bouyon rechofe rekonsilyasyon

nasyonal ak salad nous sommes

les enfants d’une même

famille. Kowòt neyodivalyeris

ak koutye klas dominan yo k ap

souke drapo la grande famille

haïtienne nan bliye yon bagay,

lè yo pran Nèlsonn Manndela

ak Komisyon Verite ak Rekonsilyasyon

Afrik di Sid kòm paravan

pou kache demagoji yo.

Yo bliye Komisyon an te envite

tout viktim represyon yo vin fè

temwayaj piblik sou tray yo te

pase an menm tan bouwo yo

bò pa yo te rekonèt tò yo epi

mande popilasyon an padon

pou zak kriminèl yo te komèt.

Sa te pèmèt peyi a fè tranzisyon

pou antre nan yon lòt rejim

politik epi evite lagè sivil. Kisa

nou wè bòrisit? Fòs retwograd

yo kanpe an kwa ak sipò enperyalis

yo pou anpeche viktim

represyon makoutik dinasti divalyeris

la jwenn jistis. Okontrè,

yo gen lodas pou fòse antre nan

menm panye bouwo ak viktim,

mete nan menm sak koupab ak

inosan. Apre sa ki Ayisyen k ap

sezi pou wè tranzisyon nan peyi

yo a pa janm kapab bout.

Dram fanmi Estivèn nan

Nan mwa avril 2015 la Àn Folè

ki se yon espesyalis ameriken

nan koze dwa moun, ansanm

ak ansyen depite Lwi Estivèn te

prezante nan Inivèsite Kiskeya

rezilta yon ankèt yo te mennen

sou yon evennman terib ki te

pase yon kote yo rele Sen Pyè,

yon ti lokalite seksyon Boukan

Bwapen ki fè pati komin Kòniyon/Granbwa,

nan lane 1969.

Dram nan dewoule ant 19 fevriye

ak 24 avril. Men ki jan sa

te pase dapre pawòl yo pran an

1998 nan bouch Andre Sanon,

yon ansyen militè ki te nan

kò lapolis ak grad sèjan e ki te

kantone nan trantyèm konpayi

Pòtoprens.«Nan lane 1969,

mwen pa raple m dat la egzakteman,

pandan m te sou pòs soti

sizè pou rive minui, Majò Azò ki

te kòmandan Sèvis Imigrasyon

nan epòk la te gen avè l de sòlda

nan Fòs Ame Ayiti. Lè yo te rive

avèk yon nèg yo te rele Pwospè

Estivèn. Pwospè Estivèn

te sòti Granvwa; li te fèt nan

yon ti lokalite yo rele Sen Pyè.

Pwospè Estivèn te sòti Kanada

pou l te vin wè fanmi l an Ayiti

san pwoblèm. Lè l te rive nan

Ayewopò Entènasyonal Mayi

Gate nan Pòtoprens. Sòlda yo

te gen abitid fè yon kontwòl

estrik nan tout valiz pasaje yo.

Se nan moman sa a yo te jwenn

yon kaye ki te gen leson kominis

nan valiz Pwospè ki te sot

etidye Kanada. M pa bezwen di

w si yo te rele w kominis yo t

ap imedyatman touye w. E se

Kolonèl Albè Pyè alyas Tiboule

ki t ap fè zak sa a. E si yo jwenn

yon kaye konsa nan valiz ou

m pa bezwen di w nonplis ki

sò ki rezève pou ou. Yo te tousuit

arete Pwospè, kondui l nan

lapolis Pòtoprens, menote l epi

mete l lan yon kacho nan prizon

nan trantyèm konpayi Pòtoprens

lan. Apre twa jou chèf

lapolis la fè ap poze l kesyon,

Kolonèl Makati, yon ofisye ki

gen gwo grad epi mwen menm

ale ak li nan Palè Nasyonal. Nou

ale dirèkteman devan Prezidan

Divalye avèk li. Lè yo fin poze

l kesyon pandan plizyè èdtan

Divalye rele Jak Grasya e li ba

li lòd pou yo voye l nan Kazèn

Desalin bay Kolonèl Kanson Fè

Albè Pyè, alyas Tiboule.

Apre yon lòt entewogatwa

miskle Albè Pyè fè ankò li

bay lòd pou yo mennen l nan on

selil. E se la yo kòmanse mande

l non fanmi l lan Granbwa:

papa l Pyè Estivèn, frè l Frank

Estivèn, Jera Estivèn, Simon Estivèn,

Titsè Estivèn ak plizyè lòt

moun ankò kite konn patisipe

avèk li nan reyinyon kay Andre

Klewo kite kire pawas Sen Pyè

nan epòk la. Tankou nou jwenn

Mesye Antwàn Senvil, Alma

Kantav, Pòl Medò, Iyas Medò,

Nikola Lwijis, Jera Byenneme,

Pyè Byenneme, Diplesi Dikas,

Madam Lwi Medò, Ineksan ensi

koni. E lè yo fin jwenn tout non

sa yo Pyè Estivèn te bayo se

Kolonèl Kanson Fè avèk de lòt

bouwo nan sèvis entelijans SD

ki t ap poze l kesyon. Pwospè

Estivèn kouche plat atè epi se

pa de baton li pa pran pandan

dezè d tan. E tousuit aprè li pa t

ka reziste ankò li te mouri anba

zye yo. Epi mwen menm tou

mwen te la mwen t ap konstate

Pwospè Estivèn mouri anba de

zye m. E sa se te sò Pwospè Estivèn.

Represyon nan Kòniyon/

Granbwa

Pou Lòt yo ki te Granbwa te

gen de lòt bouwo: chèf premye

seksyon an Antwàn Rival epi

Jisten Sipriyen, Majistra Granbwa

nan epòk la te patisipe nan

dram sa a. Kolonèl Albè Pyè fè

rele Majò Monpwen ki te kòmandan

Rechèch Kriminèl e

liba li lòd pou l voye arete tout

moun Pwospè Estivèn te site

yo. E mwen menm kòm sòlda

te rete nan pòs mwen. Lè l te

fin resevwa enstriksyon Kolonèl

Albè Pyè, Majò Monpwen

rele Kapitèn Adèbal Lerison e li

ba li lòd pou l te ale arete tout

moun Pwospè estivèn te site yo.

Adèbal Lerison te gen avèl kat

detektif nan Rechèch Kriminèl

ki te ale nan Granbwa. Pòl Medò

ki te gen chans gentan pati ale

Etazini. Yo te arete tout lòt yo

epi ale avèk yo Kwadèboukè.

E la yo ta pral tann Albè Pyè,

alyas Tiboule. Lè yo te rive

Kwadèboukè, nan yon ti relasyon

m te genyen, Madam Lwi

Medò te jwenn libète. E tout lòt

yo t ap tann Kolonèl Tiboule.

Aprè de jou Tiboule te resevwa

prevni yo. Aprè li te fin tande

yoyoun apre lòt li bay lòd pou

yo mennen Jera Estivèn nan

Kazèn Desalin. E se la lita pral

konnen menm sò avèk frè l

Pwospè Estivèn.

Tiboule te kontinye poze

lòt moun yo kesyon e se konsa

youn nan yo ta pral jwenn libète

l, Alma Kantav kite genyen

katreven lane; e tout lòt yo te

jwenn anpil kout baton. Aprèsa

yo te voye yo nan Fò Dimanch,

kote yo te rele Fò Lanmò a. Iyas

Medò, tout kò l te gen maleng e

yo te fè vè, te mouri yon mwa

aprè apre anpil soufrans. E yo

te jete l nan yon twou nan Fò

Dimanch. Epi tout lòt yo te kontinye

ap jemi nan prizon nan Fò

Dimanch. Yon prizon kote tout

moun te toutouni, san manje

sòf yon ti pen avèk yon vè dlo

chak jou. Apre de ak twa lane

Jera Byenneme, Pyè Byenneme,

Nikola Lwijis e Diplesi Dikas te

libere e nou pa janm konnen

Suite de la page (17)

bonne décision", a réagi Michel

Platini, président de

l'UEFA, qui avait demandé la

démission du Suisse à la veille

de sa réélection. « Même si

un nouveau mandat m'a été

confié, il semble que je ne sois

pas soutenu par tous dans le

monde du football, c'est pourquoi

je vais convoquer un congrès

extraordinaire et remettre

mon mandat à disposition", a

déclaré le Valaisan, au siège de

la Fifa, à Zurich. "Je vais continuer

à exercer mes fonctions

d'ici là, et je suis désormais

libre des contraintes d'une

élection. Je vais me concentrer

pour engager des réformes

ambitieuses », a ajouté Joseph

Blatter.

Congrès extraordinaire

entre décembre 2015 et

mars 2016

Sepp Blatter, 79 ans, en poste

depuis 1998, a indiqué qu'il

convoquait un congrès extraordinaire

où il remettra en

jeu son mandat et au cours

duquel son successeur sera

élu. Ce congrès devrait avoir

lieu entre décembre 2015 et

mars 2016, a précisé Domenico

Scala, président de la commission

d'audit de la Fifa.

Ce mardi, les accusations

s'étaient rapprochées de Sepp

Blatter avec la mise en cause

de son bras droit, le Français

Jérôme Valcke, pour un transfert

de 10 millions de dollars.

Suite de la page (17) Madagascar : le président conteste sa destitution !

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députés appelant à sa destitution. "Nous avons

tous vu les derniers événements concernant la vie

de la nation. Mais je tiens à dire au peuple que je

suis toujours là, les dirigeants travaillent encore

pour vous", a-t-il déclaré dans une allocution à la

télévision nationale.

Soupçons de corruption

"Beaucoup d'entre nous se posent des questions

sur ce qui s'est passé à l'assemblée nationale pour

la mise en accusation du président. Je me pose des

questions sur le respect des procédures légales, sur

le respect de la transparence. Il y a eu des suspicions

de corruption", a-t-il ajouté. "J'ai toujours refusé

(...) d'accorder des avantages que les députés

ne méritent pas suivant le contexte, notamment

de leur accorder gratuitement

des véhicules 4x4", a-t-il lâché

à ce sujet, un brin désabusé.

Une très large majorité

de 121 députés malgaches

avaient voté mardi soir la destitution

du président démocratiquement

élu en 2013, alors

qu'une majorité des deux tiers

de 101 voix était nécessaire.

"Il y a eu beaucoup de choses

qui se sont passées qui ne

semblent pas respecter la régularité

et la légalité", a insisté

le président Rajaonarimampianina,

qui relève que 125

députés (sur 151) ont officiellement

pris part au vote pour

demander son départ, alors

qu'il n'y avait selon lui que 80

députés en séance.

Inertie, incompétence,

inefficacité

Les députés accusent notamment

le président, isolé politiquement,

d'avoir violé la

Constitution du pays, et plus

généralement d'incompétence.

Ses détracteurs et la société civile

lui reprochent son inertie ;

ses tâtonnements et son inefficacité.

Il a mis deux mois et demi pour trouver un

Premier ministre, limogé ensuite au bout de huit

mois, et a dû louvoyer entre les uns et les autres,

son propre parti étant resté un groupuscule ne disposant

d'aucun député à l'Assemblée. "Je suis désolé

mais rien ne marche actuellement au pays. Il

connaît peut être la comptabilité, mais pas la gestion

d'une nation. Il n'est entouré que par des amateurs.

Et ces amateurs l'empêchent de se tourner

vers sa famille politique", avait tonné le député

Tinoka Roberto, avant le vote de l'Assemblée.

Un président isolé face à deux rivaux

Le président est isolé politiquement et contesté

depuis plusieurs mois, tandis que les deux anciens

hommes forts du pays, Andry Rajoelina - arrivé

au pouvoir en 2009 par un coup de force - et

Marc Ravalomanana - l'ancien président renversé

en 2009 et revenu d'exil par surprise fin 2014 -

tentent chacun de pousser leur avantage.

M. Ravalomanana a notamment placé son

épouse Lalao comme candidate aux élections municipales

du 31 juillet pour la mairie de la capitale,

Antananarivo. Il a aussi repris la direction de son

parti, TIM. MM. Rajoelina et Ravalomanana, entre

lesquels la confrontation violente de 2009 a créé

une haine tenace paralysant toute la vie politique

nationale pendant cinq ans, sont tous deux prêts

à en découdre pour tenter de reprendre les rênes

du pays.

Adversaires, leurs députés ont néanmoins

uni leurs votes mardi pour obtenir la destitution

d'Hery Rajaonarimampianina. L'actuel président,

sans structure ni appareil partisan digne de ce

nom pour le soutenir, est accusé d'inertie et de tâtonnements

alors, que la population et la communauté

internationale avaient placé en lui l'espoir

d'une sortie de crise, cinq ans après le coup de

force de 2009.

La Haute Cour constitutionnelle doit désormais

se prononcer sur l'appréciation de la pertinence

de la déchéance votée par les députés,

mais aussi du respect de la procédure. Si la Cour

confirme la destitution du président, des élections

partielles pourraient voir s'affronter Marc Ravalomanana

et Andry Rajoelina.

Le JDD.fr 27 mai 2015

18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 47 • Du 3 au 9 Juin 2015


kote lòt yo te pase jiska jodi a.

E se sa a tout moun Granbwa

rele dram fanmi Estivèn nan.

E mwen menm k ap pale la a

kòm ansyen militè, tout bagay

sa yo te pase anba de grenn je

m».

Nou pa p dòmi! Nou pa p

bliye!

Toutotan lankèt sepousui kontinye

ap sèvi mak fabrik lajistis

se toutotan ap genyen

sitwayen onèt pou lonje dwèt

sou systèm jidisyè kowonpi a.

Tank enpinite ap sèvi dra pou

vlope malveyan ak kriminèl, se

tank ap gen vwa pou pale lan

non kantite viktik rejim kraze

zo a te imilye matirize san

konte 30000 si se pa 60000

frè ak sè nou li ekspedye nan

peyi san chapo. Li dwe klè pou

nou tout: Ayiti jodi a se rezilta

enstisyonalizasyon rejim kaporalis

okipasyon amerikèn nan

tabli nan peyi a ak kreyasyon

Gendarmerie a ki vin Gardes

d’Haïti pou tounen Forces

Armées d’Haïti ki te gen kòm

wòl pou defann enterè oligachi

lokal la ak pwoteje enterè

kapitalis entènasyonal la nan

frennen tout revandikasyon

politik ak sosyal epi kraze san

gade dèyè depi se rezistans

popilè. Jounenjodi a politik ekonomik

neyoliberal la fin kokobe

ak medsin chwal FMI ak Bank

Mondyal systèm ekonomik

ibrid peyi a ki bloke akòz fòs

pwodiktif yo atwofye. Nou nan

yon kafou kote ti refòm dèyè

manman pa kapab remanbre

systèm nan ki pouri. Se pou

nou reziyen nou mete bistouri

sou li.

Suite de la page (8)

pour preuve, sa campagne électorale

s'était faite autour d'une feuille verte

avec trois têtes qui charriaient tout

un symbolisme: celui de la production

nationale. Et ce fut un immense succès

politique.

À côté du succès de la campagne

présidentielle menée par le

Président Préval en 2005, il y avait

un élément qui dérangeait, c’était sa

non-participation aux débats politiques.

Le mutisme, comme stratégie

politique qui a suppléé à son manque

de projet politique, s’est révélé payant.

Une stratégie qui a fonctionné

parce que l’université n’a pas joué

son rôle de guide et d’éclaireur au sein

de la société haïtienne. Aujourd'hui,

dans tous les pays, la campagne

électorale a pris une autre dimension.

Elle se hisse au rang d'un mouvement

de séduction idéologique qui

allie beau discours et rationalité autour

de grandes idées philosophiques,

économiques, idéologiques et sociales.

Peu importe que la stratégie ait

fonctionné. Ce qui dérangeait c’était

son caractère traditionnel et passéiste.

C'est la preuve que nous ne bougeons

pas. En politique, nous sommes

toujours au temps primitif. Sans

faire de promesses à la population,

sans projet de société, sans connaitre

sa vision et sa position sur les grands

problèmes affectant la société haïtienne,

il a raflé la mise en devenant

pour une deuxième fois le président

de la république. C'est peu dire que les

conditions de vie de la population haïtienne

se sont détériorées.

Comme un modèle de citoyen

haïtien, le Président Préval est loin

de l'être. L'alcool dont il a constamment

fait usage lui prêtait un caractère

vague et démagogique; c’était indigne

d'un chef d'État auquel la constitution

confie le rôle de veiller à la bonne

marche des institutions républicaines.

Un paranoïaque qui, avec sa

bouteille de tafia en main, s'en fichait

de la république. Car, son obsession et

son entêtement à vouloir instaurer un

pouvoir dynastique en choisissant son

beau-fils comme son successeur ne

laissait aucun doute sur son comportement

je-m’en-foutiste qui lui fermait

les yeux sur les conséquences fâcheuses

d'une telle entreprise

Le pays s'est fait piéger par

les extrémistes de ‘’droite’’ et de

‘’gauche’’ qui ont du mal à accoucher

un projet de société viable susceptible

de conduire le pays sur la route de la

démocratie et du progrès économique.

La façon dont nous faisons la politique

laisse planer d’énormes doutes

sur l’avenir de ce pays. Aucun haïtien

ne peut se sentir fier quand beaucoup

de nos citoyens sont frappés par une

obsession et une pathologie pour la

prise du pouvoir politique. La politique

en Haïti n’a jamais atteint cette

phase de ridicule et d’avilissement. On

est tous indignés devant cette situation

qui renvoie, une fois de plus, une

mauvaise image à l’international. On

se demande si notre sort n’est-il pas

déjà scellé ? Le mal est-il réparable ?

Peut-on renverser la situation ?

De savoir que nous sommes

devenus une première nation libre et

indépendante du monde après deux

siècles d’oppression, suffit pour nous

porter à croire en un avenir meilleur.

La place que cette nation s’est

arrachée dans l'histoire universelle

n’était pas pour des prunes : elle est

la première république nègre qui, en

mettant en déroute l'armée napoléonienne,

a sonné le glas de la globalisation

du système esclavagiste. Autant

dire que pour nous, le mot impossible

n’existe pas dans notre vocabulaire.

Mais une chose est sure: tant que

l'université haïtienne tardera à prendre

en main le destin politique du

pays, ‘’l’effet Martelly’’ durera longtemps.

Et il en prendra plus de temps

pour que la politique finisse enfin par

se moraliser.

Enfin, l’heure a sonné pour la

modernisation de la vie politique et

pour l’application de cette formule qui

veut que ‘’ l’homme qu’il faut soit à la

place qu’il faut’’. Sinon, les incompétents

vont continuer à occuper les allées

du pouvoir politique et à conduire

le pays à la catastrophe. Aujourd’hui,

il ne fait pas honneur à notre pays

quand n’importe quel quidam peut

se porter candidat à la présidence.

Notice bibliographique

Jn Anil Louis-Juste, Université

et Société en Haïti, jeudi 19 septembre

2002, Alter Presse

Marcel Patry, La fonction critique

de l’Université » Philosophiques,

vol. 2, n° 1, 1975, p. 155 disponible

sur La fonction critique de l’Université

| Érudit | Philosophiques v2 n1 1975,

p. 155-167 |

John Brennan, Roger King and

Yann Lebeau, An International Research

Project, The Role of Universities

in the Transformation of Societies,

November 2004. Disponible sur

le sitehttps://www.open.ac.uk/cheri/

documents/transf-final-report.pdf

Sylvens Alfred

Maitre en droit international à

Saint Thomas University

Suite de la page (3)

preuve bien entendu) d’être les assassins de

son fils. Le vendredi 29 Mai, dans le cadre

des enquêtes policières et judiciaires, Carlos

Antoine, fils des victimes, aussi un des suspects

en complicité avec la sorcière, a été mis

aux arrêts par la police. «Les autorités locales,

toutes confondues, maires, policiers, CASEC,

ASEC, sont parfois responsables de ces crimes.

Ce sont tous des gens irresponsables, des

démissionnés, des sinécures, qui ne sont

pas intéressés à la vie de la population ;

par conséquent, ne font rien en réalité pour

protéger les citoyens et prévenir ces actes

barbares. Ces crimes, considérés comme

tradition et rituel dans le Sud-est, sont

multiples dans toutes nos communautés.

Les criminels opèrent de sang-froid. Livrés à

nous-mêmes, chacun attend son tour. C’est

une scène cruelle, une tragédie horrible dont

nos deux compatriotes ont été victimes.

Nous autres de La Voute, nous condamnons

énergiquement cet acte barbare», a ainsi réagi

Serge Edma, un habitant de la localité La

Voute, commentant la tragédie.

D’autre part, toujours dans le Sud-est, le

dimanche 24 Mai 2015 dernier, dans la commune

d’Anse à Pitre, advenait une pareille

tragédie. Un nommé Renaud, alias Zoblòd

a décapité un jeune homme d’une vingtaine

d’années du nom de Clermont Alexis. Clermont

et Zoblòd sont deux amis qui travaillent

en associé dans leur propre entreprise de fabrication

de charbon de bois. Selon ce qu’a rapporté

un membre de la famille de la victime,

après une dispute de peu d’importance entre

les deux associés, dans un jardin proche de la

frontière haitiano-dominicaine d’Anse à Pitre

où ils travaillaient à réaliser une fournée de

charbon, Renaud (Zoblòd) a tiré sa machette

puis a tranché d’un seul coup la tête de son

collègue Clermont. Les agents d’UDMO dans

le Sud-est accompagnés de ceux de la MINUS-

TAH ont procédé à l’arrestation du criminel,

alors qu’il s’apprêtait à prendre la fuite.

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