POUR UN NEW DEAL ENTREPRENEURIAL

bodinier

ENTREPREUNARIAT-SEPT.-2016

FILLON2017.FR

Introduction

Dans un contexte où le chômage ne cesse d’augmenter, les PME 1 et ETI 2 , - qui représentent 72 %

des emplois - sont les seules à générer encore une création nette de postes de travail. Ainsi, les ETI ont

créé 90 000 emplois depuis 2009, quand les grands groupes en supprimaient 50 000. Mais, parce que

leur résultat net moyen a baissé de 27 % sur la même période, les ETI peinent à tenir la cadence et

n’ont créé que 5 620 postes en 2014, contre près de 30 000 en 2009 3 .

Le nombre annuel de créations d’entreprise est passé de 180 000 à 550 000 en quinze ans. Le sujet n’est

donc pas la création d’entreprises qui est florissante, notamment grâce au statut de l’auto-entrepreneur.

Ce statut, qui est un succès historique, a été parfois remis en cause, mais il ne le sera pas dans mon

programme qui visera même à le conforter 4 .

En fait, si l’effervescence entrepreneuriale est une bonne nouvelle pour le pays, elle produit surtout

des microstructures, dont la majorité n’aura jamais de salariés. En 2010, seulement 6 % des entreprises

françaises dépassent 10 salariés, soit environ 200 000 entreprises 5 . A titre de comparaison, en Allemagne,

les entreprises de plus de 10 salariés représentent 17% du nombre d’entreprises 6 . Pour atteindre le ratio

allemand, il manque à la France un « stock » de près de 250 000 entreprises de croissance.

Comme l’a démontré l’Atelier Numérique, la France peut se prévaloir de belles réussites dans l’économie

numérique (Deezer, Dailymotion, Viadeo, Criteo, Qwant, BlaBlacar, …), mais aucun géant de la taille des

Amazon, Google, Facebook américains. Les entreprises françaises sont 2 fois moins enclines à recevoir

des commandes via internet que les entreprises allemandes, et la part du e-commerce français en

Europe est 2 fois plus faible que celle du Royaume-Uni.

La plupart de nos PME ne naissent donc pas pour grandir : c’est le mal structurel contre lequel il faut

lancer une véritable politique de l’entreprise, à la fois culturelle, éducationnelle, fiscale et sociale.

Pour créer cette rupture entrepreneuriale, nous proposons un ensemble de mesures simples, mais

novatrices et massives : Simples, elles ne sont pas catégorisées par niveau de salaire ou de taille

d’entreprises. Novatrices, elles visent à faire converger les forces vives du pays vers l’entrepreneuriat de

croissance. L’objectif est d’augmenter la valeur ajoutée de nos entreprises, grâce à une politique fiscale

volontariste et des réductions de charges. Massives, elles proposent un recentrage de l’action publique,

permettant de confier aux entreprises de nombreuses missions, structures et moyens, en termes de

dialogue social, de formation, de collaboration intra-filières, d’export, de recherche...

Faire de l’entrepreneuriat le principal moteur de la création de richesse

et d’emplois

Choyé, aidé et consulté dans les pays anglo-saxons, en Asie et même en Allemagne ou en Italie,

l’entrepreneur suscite la méfiance dans notre pays. Loin de susciter l’admiration pour la richesse et

les emplois créés, il est perçu comme celui qui bouscule l’ordre établi, les habitudes, les codes de telle

ou telle profession, de tel oligopole, de telle corporation… Comme si le seul entrepreneur légitime au

service de l’intérêt général ne pouvait être que l’Etat.

1

Entreprises comptant entre 1 et 250 salariés

2

Entreprises comptant entre 250 et 5000 salariés

3

Etude Trendeo-Asmep, 2014

4

Des propositions en cours d’élaboration seront formulées

5

En décomptant le nombre d’auto-entrepreneurs, ce ratio s’élève à 7%. Les entreprises dépassant 10 salariés au bout de 5 ans d’activité ne représentent

que 1,3% des entreprises créées, soit environ 7.000 entreprises par an (Source OCDE 2011)

6

Source : OCDE 2011

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