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Cahier n°2 du Mardi 3 janvier 2017

Un nouveau Brest

s’invente aux Capucins

Béatrice Le Grand


2 Les Capucins à Brest

Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017

Les Capucins, un quartier servi sur un plateau

À Brest, cet espace de 16 ha, en cœur de ville, a été cédé par la Marine à la Métropole.

Une occasion unique de remodeler la ville, de surmonter la fracture de sa destruction en 1944.

La haute silhouette des Ateliers, longue nef métallique de 300 m de longueur, domine ce qui est en train de devenir un nouveau quartier du centre-ville de Brest.

Le projet

Petit retour en arrière. Le 15 janvier

2009, exactement. Ce jour-là, d’une

signature, la Marine nationale et la

métropole de Brest mettent fin à

une histoire vieille de près de deux

cents ans. Et lancent une nouvelle

aventure : la Marine lâche les 16 ha

des Capucins, en bord de la rivière

Penfeld, le cœur et les poumons de

sa présence à Brest.

« Un haut lieu de mémoire »

« Vous avez su faire d’un deuil une

chance, se félicite alors Jean-Yves Le

Drian, président du conseil régional,

pas encore ministre de la Défense.

Vous avez su sortir d’une forme de

dépendance. » Cette dépendance,

c’est celle qui liait Brest à la Marine

nationale, à la construction neuve.

Celle-ci abandonnée, tout au moins à

Brest, la puissante Royale n’avait plus

l’utilité de ces terrains stratégiques.

Huit ans plus tard, le plateau des

Capucins a déjà bien changé d’aspect.

Mais la haute silhouette des Ateliers,

longue nef métallique de 300 m

de longueur héritée du XIX e siècle, a

été conservée. Au temps de sa splendeur,

le site était le royaume des tôliers,

soudeurs et formeurs. C’est

là que commençait réellement la

construction d’un navire. Cas rare, le

bâtiment avait survécu aux destructions

de la Libération, en 1944.

Pour François Cuillandre, président

de Brest métropole, il était hors de

question de « détruire ce que les

bombardiers américains – pour la

bonne cause – ou l’occupant allemand

– pour la mauvaise – n’ont

pas détruit ». Au contraire, il fallait

« mettre en valeur ce haut lieu de la

mémoire ouvrière et de notre patrimoine

épargné ».

Une ambition résumée, dans un

autre style, par un ancien de l’Arsenal.

Dans son Abécédaire du parler de

l’arsenal, Gérard Cabon écrit : « Dans

les années 1980, près de 600 salariés

travaillaient sur le site. Demain,

ce sera l’un des hauts lieux de la

culture brestoise. » Il avait vu juste.

Retour aux sources

Symbole de ce pari, la grande médiathèque

François-Mitterrand, qui ouvre

ses portes la semaine prochaine, est

hébergée dans les Ateliers. Comme

le futur cinéma de cinq salles, ou le

Fourneau, centre national des arts de

la rue, qui doit y déménager.

Les lieux conserveront aussi une

trace de la mémoire ouvrière de l’arsenal.

Le marbre, vaste plateforme

d’acier servant à tracer les pièces à

usiner, et aussi, à l’occasion, de tribune

syndicale, y est conservé. Il côtoiera

le tour qui avait servi à usiner

les lignes d’arbres du porte-hélicoptères

Jeanne-d’Arc, un four, une raboteuse…

Mais les Capucins ne se limitent pas

aux Ateliers, malgré leur gigantisme.

Il s’agit bien pour Brest de se doter

d’un nouveau quartier de centre-ville,

avec tout ce qu’on y trouve habituellement

: des logements – 600 sont prévus

; des bureaux ; des commerces ;

une présence étudiante via la cité internationale.

Un village des start-up

doit aussi s’y implanter, sous la férule

du Crédit agricole.

Ce faisant, Brest renoue avec ses

origines. Car les Capucins ne sont

pas un site parmi d’autres, dans la

géographie brestoise. C’est à ses

pieds, au bord de la Penfeld qu’a

poussé le premier Brest, cette ville

dont personne ne connaît l’origine

exacte du nom. Une cité devenue maritime,

née d’une rivière, au III e siècle.

Une rivière longtemps frontière, mur,

barrière, et qui aujourd’hui, demain,

sera un trait d’union…

Olivier PAULY.

Un nouveau quartier, desservi par un téléphérique urbain, avec 600 nouveaux logements, une cité internationale, une grande médiathèque…

Béatrice Le Grand


Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017 Un nouveau quartier émerge 3

Brest ne pouvait pas rater une telle occasion !

Les discussions entre les collectivités locales et la Marine remontent au début du siècle. François

Cuillandre, président de Brest métropole et maire de Brest, voulait préserver ce patrimoine.

Entretien

François

Cuillandre,

maire de Brest,

président de

Brest métropole.

Au moment de la cession des

Capucins à la métropole de Brest,

Jean-Yves Le Drian avait félicité

Brest d’avoir « fait d’un deuil

une chance »…

Je ne sais pas si c’était un deuil (sourires)…

Mais l’histoire est connue. Le

plateau des Capucins avait été conçu

et aménagé au moment du passage

de la marine à voile à la marine à vapeur.

Avec la fin de la construction de

bâtiments militaires à Brest, il ne collait

plus aux besoins de la Marine et

de DCNS. C’est l’évolution normale

d’une activité industrielle.

Cette transformation était donc

dans la logique des choses ?

Les Ateliers des Capucins ont abrité

de l’activité jusqu’en 2004. Mais nous

discutions avec l’État du sort du plateau

depuis 2002. Tout cela se passait

dans le cadre de la mission Penfeld

(NDLR. Le fleuve côtier autour

des rives duquel la Marine a installé

sa base navale et l’arsenal de Brest).

Pour nous, les Capucins présentaient

un intérêt patrimonial et historique indéniable.

Il était naturel que Brest s’y

intéresse.

Quels sont les enjeux

pour Brest ?

Ils sont fondamentaux ! Je ne pense

pas qu’il existe beaucoup d’autres

villes confrontées à ce genre de problématique.

La question, c’est bien

« on achète, mais pour en faire quoi ?

Dans une ville autant détruite par la

guerre que Brest, que fait-on d’un

espace comme les Ateliers, qui ont

résisté aux bombes ? » Et le pari est

d’autant plus grand que les lieux,

jusqu’à présent, étaient interdits aux

Brestois, hormis ceux travaillant dans

la base navale. Il faut leur donner envie

d’y aller, de découvrir.

Et alors ?

Eh bien nous allons faire des Capucins

un vrai quartier de Brest, situé

dans le cœur de ville. Un quartier qui

proposera des logements, des commerces,

des services publics comme

la grande médiathèque François-Mitterrand,

des activités populaires et

culturelles comme le futur cinéma

ou le centre d’interprétation du patrimoine.

C’est tout cela qui fait un quartier.

C’est aussi pour cela que nous

avons réfléchi très tôt aux accès aux

Capucins. L’endroit forme une sorte

de presqu’île et c’est pour cela que

nous avons fait le téléphérique audessus

de la Penfeld. Pour relier les

Capucins au reste du centre-ville. Ils

en font partie.

Néanmoins, avec 16 ha,

la surface disponible est

immense. Comment tout

aménager sans uniquement

opérer par des transferts

de l’existant ?

La réflexion est permanente. Mais

tout n’est pas que transfert, loin de

là : les logements neufs, ce n’est pas

du transfert, c’est bien pour attirer de

nouveaux habitants. Le cinéma, c’est

une offre supplémentaire. La grande

médiathèque, c’est un transfert, mais

l’équipement entre dans une tout

autre dimension par rapport à l’existant.

Et puis les Capucins, ce ne sont

pas que des projets publics. Les projets

privés y ont une place importante.

Comme, par exemple, le village des

start-up voulu par le Crédit agricole.

Recueilli par

Olivier PAULY.

Le site des Capucins, en surplomb de la Penfeld, sera une extension du cœur de ville de Brest.

© IGN - 2017 - BD ORTHO ® Historique 2009 / © PlanetObserver


4 Les Capucins à Brest

Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017

300 ans, depuis les moines jusqu’à l’écoquartier…

Depuis le rattachement de Recouvrance à Brest, en 1681, le plateau n’en finit pas

de se transformer. La simple lande est devenue couvent, puis ateliers industriels…

Les Ateliers des Capucins tels qu’ils se présentaient encore, avant la Deuxième Guerre mondiale.

DCNS

L’histoire

Alain Boulaire,

historien.

Lande déserte, couvent franciscain,

ateliers de la Marine nationale. Et

bientôt écoquartier. Le plateau des

Capucins se métamorphose, au gré

des époques, et des besoins.

« Son histoire brestoise commence

en 1681, avec le rattachement

du quartier de Recouvrance

à Brest », raconte Alain Boulaire, historien

brestois tourné vers la mer et

la marine. Mais à l’époque, le terrain

n’est qu’une « lande déserte ».

Il faut attendre 1695 pour voir Vauban

poser une première pierre. Celle

du couvent des moines capucins, rattachés

à l’ordre des franciscains, qui

fournissent les aumôniers embarqués

sur les navires de la Marine. « Les jésuites,

installés à Brest, veillaient à

leur bonne moralité… »

Lors de la Révolution, à la suppression

des ordres religieux, « seuls

quinze capucins résident » sur le plateau.

Le couvent est cédé à la Marine,

qui y installe son école d’apprentis canonniers.

« Vient ensuite la révolution de

l’industrie à vapeur. » Nous sommes

en 1840. Le Second Empire accompagne

la construction des halles,

qui abritent les machines servant à

la construction navale, « où les bagnards

travaillent jusqu’à la suppression

du bagne, en 1858 ». C’est

l’époque de la « fameuse » grue Gervaise.

Celle qui charge les chaudières

sur les navires, en circulant sur un

chemin de fer, encore visible.

Avec le nucléaire, le déclin

Les Ateliers deviennent un lieu de

production majeur et livrent d’importants

cuirassés, dès la Première

Guerre mondiale. « On y fabrique la

chaudière du Richelieu, échappé

de Brest en juin 1940, mais aussi le

porte-hélicoptères Jeanne-d’Arc. »

Puis, « Toulon monte en puissance,

le nucléaire se développe ». Et le plateau

décline. La construction navale

disparaît à Brest, le plateau, de moins

en moins exploité, est abandonné à la

fin des années 1990.

Les Capucins embarrassent la Marine.

« Après le port du château et le

Jardin des explorateurs, elle vend le

site à la ville. » Pour 2,2 millions d’euros,

en 2010.

Commence alors « l’un des plus

grands chantiers en Europe de réhabilitation

d’un site militaro-industriel

en site civil » : 12 ha à dépolluer

des engins explosifs oubliés par la

Marine, puis à transformer, de toutes

pièces, en un véritable quartier.

Pauline STEFANINI.

Trois images, trois époques : 1989, alors que la production commence à décliner ; l’atelier des machines, en 1994 ; des apprentis à l’atelier de chaudronnerie, en 1937.


Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017 Un nouveau quartier émerge 5

Aux Ateliers, « on ne rigolait pas tous les jours » !

Ancien élève à l’école des apprentis, Jacques a intégré les Ateliers en 1954. Pendant trois ans,

il a assemblé les pièces destinées à la fabrication des navires de la Marine nationale.

Témoignage

« À l’époque, à Brest, l’arsenal occupait

tout le plateau », se souvient

Jacques Queffelec. « L’époque »,

c’est en 1951, lorsqu’il rejoint l’école

des apprentis de la Marine nationale,

à 15 ans. « Ça m’arrangeait, parce

que c’était à 500 m de chez moi ! »,

reconnaît aujourd’hui l’octogénaire. Et

puis, aux arpètes, « on était payé ».

Après avoir réussi le concours d’entrée,

« comme 100 autres garçons,

sur 800 », Jacques Queffelec se retrouve

en mécanique. Là, « pareil

qu’à la maison, c’était la discipline

avant tout ! ». Au bout de trois ans, le

« Yannick » intègre les Ateliers, « une

suite logique ». À l’ajustage, il est

chargé d’assembler les pièces qui arrivent

des machines.

Le travail n’est pas toujours réjouissant.

« Surtout quand il y avait des

séries à réaliser, à la chaîne, pendant

des heures. Quand on pensait

avoir fini, François, le chef d’équipe,

nous en redonnait… » Et il ne rigolait

pas. « Nous avions l’interdiction formelle

de papoter. » Dans les Ateliers,

pas d’eau courante, ni de toilettes, « il

fallait se contenter de trous infects,

au-dessus des falaises ».

Mais Jacques Queffelec a de la

chance. Rapidement, il est chargé

de la production de télépointeurs,

« qui servent à régler les canons ».

Après avoir passé trois ans à l’ajustage, dans les Ateliers, Jacques Queffelec a retrouvé l’école des apprentis, où il a formé

les ouvriers, pendant trente ans.

En binôme, avec son « matelot », il

passe plusieurs mois à accomplir

cette tâche « minutieuse, très intéressante

».

Après avoir été fauché par une voiture,

et blessé au bras, l’ajusteur est

placé au bureau des délais. « Là où

l’on définissait les délais de production.

» Puis il part au service militaire.

À son retour, à 26 ans, Jacques

Queffelec reprend la même place,

ou presque. « J’ai demandé à avoir

un peu de temps pour bosser mes

cours de soir. » Car l’ouvrier a une

ambition : devenir professeur à

l’école des apprentis. « Une façon de

prendre du galon et d’être un peu

mieux payé ! »

Les futurs ouvriers des Ateliers suivront

ses cours, jusqu’à sa retraite, en

1993.

Pauline STEFANINI.

Béatrice Le Grand

Réservation : PUB a venir


6 Les Capucins à Brest

Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017

« Dans le temps, c’est un lieu qui va surprendre ! »

À quoi ressembleront les Capucins dans quelques années ? Les immenses Ateliers seront-ils

à la hauteur des ambitions ? Une chose est certaine, le « terrain de jeu » est immense.

« On espère de nouvelles pratiques dans les Ateliers. Des projets surprenants ! »

Entretien

Alain Masson,

vice-président

de Brest

métropole

en charge des

grands projets.

Comment seront les Capucins

dans cinq ans ?

Plus de la moitié des logements seront

construits, voire les trois-quarts.

Soit entre 300 et 450 sur les 600 attendus.

Ce programme suit sereinement

son cours. Le parking de 600

places sera en service. L’hôtel de la

grande place, un trois à quatre étoiles,

sera livré. Le téléphérique fonctionnera

sans accroc.

Et dans les bâtiments

des Ateliers ?

Le cinéma sera en fonctionnement,

sinon c’est à désespérer ! La médiathèque,

le premier équipement à

ouvrir, aura pris son rythme de croisière.

Le Fourneau sera peut-être installé…

Ce seront les trois locomotives

du lieu. Il y aura aussi un ou deux

restaurants, et une restauration rapide

« jeunes ». Pour les commerces,

l’appel d’offres est en cours. On peut

imaginer qu’au moins la moitié des

espaces commerciaux sera occupée.

Je ne suis pas très pressé. Il faut laisser

du temps au lieu pour prendre son

volume. Il ne faut pas forcer l’installation…

N’y aura-t-il que de la culture ?

Non, il y aura aussi dans les Ateliers

une activité économique, avec des

hôtels de start-up. Le Crédit agricole

va ouvrir le sien. Un autre est aussi attendu

dans le domaine culturel. Les

créateurs ont la possibilité de prendre

ce lieu comme un terrain de jeux, de

création, d’échanges. Il suffit de s’installer

dans un coin. On est à l’abri…

Quelle animation

dans les Ateliers ?

Je ne sais pas… Mais, on le voit actuellement,

les gens s’approprient le

lieu. Ils y dansent ! Il y aura pas mal

de manifestations spontanées. Sûrement

des opérations qu’on ne connaît

pas encore. C’est un lieu qui trouvera

sa mesure au fur et à mesure… Il faut

donner envie aux gens de venir. Leur

offrir une multitude de points d’intérêts,

pour créer du flux, comme dans

une rue de centre-ville. Mais c’est

compliqué d’amener des créateurs.

Ils ont besoin d’avoir du flux. Or, tant

que le cinéma et les commerces ne

sont pas en place, ils attendent.

Les atouts des Ateliers ?

C’est un lieu couvert ! Et assez peu

sonore, une surprise. La température

y est plutôt agréable, même l’hiver.

Pourtant, il y a peu de chauffage.

C’est un lieu qui va surprendre ! On

en espère des nouvelles pratiques…

Des projets surprenants ! On réfléchit

« Les

à une vitrine d’appel pour Océanopolis.

Ou bien, en lien avec le Technopole

Brest Iroise, d’accueillir de la réalité

numérique ou virtuelle de style La

géode à la Villette, avec des mises en

situation de personnes dans un environnement

futuriste.

Des exemples hors de Brest ?

Le volume des Ateliers est exceptionnel…

Même au Havre, à Nantes ou à

Liverpool, qui ont rénové des friches

industrielles, ce n’est pas pareil ! Nous

avons un espace absolument majestueux,

unique en France ! On l’a remis

en état de fonctionnement. L’aventure

commence maintenant…

Ateliers, c’est aussi un magnifique lieu

pour les petits. Il n’y a pas de voitures ! Cela

se prête à une déambulation tranquille. »

Recueilli par

Laurence GUILMO.

Alain Masson, vice-président

de Brest métropole

Un espace « absolument majestueux, unique en France », qui trouvera sa pleine mesure dans le temps.

Béatrice Le Grand


Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017 Un nouveau quartier émerge 7

Les Ateliers, « comme un grand parapluie » !

Les architectes de l’Atelier de l’Île y travaillent depuis 2004. Malgré les contraintes, ils gardent

le cap pour en faire un écoquartier, avec des Ateliers immenses et lumineux.

Marc Quélen et Frédéric Motsch, architectes du bureau brestois de l’Atelier de l’Île, maître d’œuvre du projet Capucins.

Béatrice Le Grand

« Un grand escalier »

« C’est un site unique, extraordinaire

! Une chance pour Brest ! »

assure Bruno Fortier, architecte en

chef du projet Capucins depuis 2004.

L’Atelier de l’Île – composé du cabinet

parisien et de son agence brestoise

– en est le maître d’œuvre. Il réalise

les aménagements extérieurs du

site et la rénovation des Ateliers. Un

chantier avec de multiples contraintes

(amiante, projets concomitants, etc.),

dont un terrain en pente ! Avec un dénivelé

d’une vingtaine de mètres. « On

a travaillé en plateaux successifs,

comme un grand escalier. »

Logements et commerces

Le premier plateau comportera un

écoquartier tout neuf avec des logements

et commerces. Les bureaux

y seront moins nombreux que prévu

avec le retrait de DCNS, qui a installé

son nouveau bâtiment au Froutven. Le

deuxième niveau concerne le parvis,

qui est le toit d’un parking souterrain

de 600 places. Cette grande place

comportera un centre de recherche

et un hôtel. Elle est reliée au premier

étage du troisième ensemble, à savoir

les Ateliers, par deux passerelles.

Une vaste promenade

Les extrémités du quartier sont alimentées

par le tram et le téléphérique.

Une vaste promenade piétonne

relie les trois parties. « Elle est en

pente douce, régulière. Et bordée

de commerces, précisent Marc Quélen

et Frédéric Motsch, architectes

brestois de l’Atelier de l’Île. L’accessibilité

sera totale ! »

Une lumière fabuleuse

L’autre grand atout des Capucins, ce

sont les Ateliers. « On a refait l’enveloppe,

notamment la façade et la

toiture. Désormais, c’est comme

un grand parapluie ! saluent les architectes

brestois. Et la lumière y est

fabuleuse ! » Il y a un « maximum

de vitrages, et donc de lumière naturelle.

Mais aussi une gestion très

fine de l’éclairage. Même s’il fait gris

ou mauvais temps, il y aura toujours

la même quantité d’éclairage. C’est

assez génial ! »

De la place et…

de l’avenir

Mais qu’y fait-on ? Car il y a de la

place… Pour la médiathèque, pas de

souci ! Mais le cinéma, réduit à cinq

salles au lieu de douze, occupera

moitié moins de place que prévu. Il

devrait arriver début 2017 ou fin 2018.

Le déménagement du Fourneau,

scène nationale de théâtre de rue,

ne serait pas réalisé « avant 2022 »,

selon les architectes. Si les finances

sont là… La partie sud sera composée

de restaurants et de commerces. Une

pépinière d’entreprises sera accueillie

à l’étage.

Un « jouet magique »

Au sein des Ateliers, il y a aussi une

grande allée centrale à animer. Une

« surface de jeu de 10 000 mètres

carrés » ! Une association devrait

être dédiée à la programmation d’activités,

pour dynamiser le site et faire

venir les gens. « Je suis optimiste,

assure Bruno Fortier. C’est un jouet

magique. Les points de vue sont extraordinaires.

Il va monter en puissance…

»

Laurence GUILMO.

Dans l’une des plus vastes halles couvertes de France…

Des grands chiffres

160 m de côté, 25 000 mètres carrés…

3 nefs monumentales.

200 baies vitrées en acier, dont certaines

de 12 mètres de haut et 8

mètres de large !

10 000 m² pour l’allée centrale, grand

espace public qui accueillera des expositions,

spectacles, salons… Ce qui

fait de Ateliers des Capucins l’une des

plus grandes halles couvertes d’Europe.

Entre 3 000 et 5 000 m 2 pour une rue

commerçante et des services.

Un mobilier innovant

Le mobilier urbain – jeux et autres

éléments d’animation de la place des

Machines – est imaginé dans le cadre

d’un projet qui réunit déjà plus de 70

habitants, avec le Fourneau (centre

national des arts de la rue), le centre

d’art contemporain Passerelle, et

l’Agence nationale de psychanalyse

urbaine et du bureau cosmique.

Le canot de l’empereur

Le canot impérial de Napoléon I er ,

construit en 1810 et long de 18 m,

est au musée de la Marine, à Paris.

L’embarcation, unique en son genre,

devrait rejoindre les Capucins. Elle a

séjourné à Brest de 1814 à 1943. Et

navigué sur la Penfeld, en 1858, lors

d’une visite de Napoléon III et de l’impératrice

Eugénie. Le canot sera exposé

dans les Ateliers, aux côtés des

anciennes machines outils ouvrières

du site.


Ouest-France

8 Les Capucins à

Mardi 3 janvier 2017

Avec les Capucins, la naissance d’un nouveau quartier au cœur de Brest

La médiathèque François-Mitterrand ouvre ses portes au public les 7 et 8 janvier.

Béatrice Le Grand

L’aménagement des anciens ateliers fut un vaste chantier.

Béatrice Le Grand

Plus de 600 logements se seront créés, à terme, sur le plateau.

Béatrice Le Grand

Sur cette photo aérienne, prise en plein chantier, on distingue au premier plan les Ateliers, devant les lesquels est aménagée l’esplanade de la Fraternité (1) . L’ancien

site industriel accueillera à terme un cinéma de cinq salles (2) ; des commerces (3) ; de la restauration (4) ; une longue rue intérieure (5) ; la place des machines,

témoignage du passé du site (6) ; la cantine numérique (7) ; la médiathèque (8) ; le Fourneau, centre national des arts de la rue (9) ; la gare du premier téléphérique

urbain de France (10). À l’extérieur, la cité internationale (11).

Panoramic Bretagne

Depuis novembre 2016, le premier téléphérique urbain de France relie

les Capucins au centre-ville.

David Ademas

200 baies vitrées dans les Ateliers !

Béatrice Le Grand

Dans les anciens Ateliers, des machines sont restées en place, témoignant de l’histoire ouvrière de l’Arsenal.

Béatrice Le grand

700 m 3 de béton sur une surface de 1 340 m 2 … En octobre 2015, la dalle de la rue commerçante est coulée en une journée.

Vincent Mouchel

Vue sur le quartier de Recouvrance.

Béatrice Le Grand


10 Les Capucins à Brest

Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017

Le téléphérique, indispensable aux Capucins

Comment donner l’envie aux Brestois de se rendre dans ce nouveau quartier ? Moins cher

qu’un pont ou une passerelle, le choix du téléphérique a été fait par la métropole en 2011.

Le téléphérique relie la rive gauche de Brest au nouveau quartier des Capucins.

Béatrice Le Grand.

L’histoire

« Des Capucins au bas de Siam en

téléphérique ? » Ouest-France se

pose pour la première fois la question,

dans son édition du 26 janvier 2011.

« On ne peut pas faire l’impasse

sur cette liaison », assure alors Alain

Masson, vice-président de Brest métropole.

Pour que vivent les Capucins,

les Brestois doivent tout simplement

pouvoir s’y rendre. Alain Masson envisage

un « mode de déplacement

doux, qui apporterait un cachet supplémentaire

».

Mais à cette date, rien n’est encore

décidé. Il faut attendre le conseil communautaire

du 9 décembre 2011 pour

que le choix du téléphérique (le premier

en France) soit adopté à l’unanimité.

Trois autres options avaient été

étudiées par la métropole : un pont

transbordeur, un pont levant et des

passerelles levantes. Elles coûtaient

toutes beaucoup plus cher.

« Le mode de transport

du futur »

Au total, le projet aura coûté 19 millions

d’euros, mais pas aux frais du

contribuable brestois. Outre les subventions

de l’État et de l’Europe, il est

financé par une taxe, versée par les

entreprises de plus de onze salariés.

En 2015, les premiers coups de

pioches sont donnés de part et

d’autre de la rivière Penfeld. En avril

2016, les cabines sont exposées aux

Brestois, bas de Siam. « Ça donne

envie d’attendre le moment où elles

seront réellement dans les airs »,

sourit alors François Cuillandre.

Les deux véhicules si atypiques

mesurent cinq mètres de long, pour

trois mètres de large et leur intérieur

a été pensé pour rappeler l’univers

maritime. Deux écrans y sont installés,

donnant aux voyageurs la destination

et les correspondances possibles

avec les bus et les trams. Voyageurs

qui peuvent trouver place sur les 14

sièges disponibles. La cabine peut

accueillir jusqu’à soixante passagers

au total.

Le téléphérique est finalement mis

en service le 19 novembre, en présence

de la ministre Ségolène Royal.

Après une première traversée d’un

peu moins de trois minutes, elle l’assure

: « C’est le mode de transport

du futur. »

Mickaël LOUÉDEC.

Les transports urbains brestois en quatre dates

1865

En voiture !

On commence à parler de transports

en commun à Brest en 1865.

Quelques rares voitures de louage,

calèches ou coupés, roulent sur les

pavés du Ponant. Un peu plus tard, la

diligence à cheval fait son apparition

dans les rues brestoises. Il s’agit en

fait d’un omnibus à traction animale.

Le prix d’un voyage ? Vingt centimes

de l’époque pour celui qui veut goûter

au « luxe » de l’intérieur, quinze pour

celui qui se satisfait de la banquette

extérieure. Malgré les subventions de

la ville, les concessionnaires ne s’y retrouvent

pas.

1898

Le premier tram

Le 11 juin 1898 marque l’inauguration

officielle du tramway brestois, géré

par la Compagnie des tramways électriques

brestois. Le dépôt est installé

à Kerinou. Trois lignes sont progressivement

mises en service. En 1903, le

tram est prolongé jusqu’au Conquet.

Exploitée par une autre compagnie,

cette deuxième ligne séduit les Brestois.

Mais le tram provoque de nombreux

accidents, notamment en raison

de freins trop légers pour les

pentes brestoises. Il est rapidement

surnommé le « péril jaune » à cause

de sa couleur.

1947

Le trolley prend le relais

À la Libération, les transports en commun

ne sont pas une priorité. Toutefois,

quelques bus prennent possession

de la ville, rapidement concurrencés

par des trolleys, des bus à

électricité. La première ligne, reliant la

gare SNCF à Lambézellec, est inaugurée

le 29 juillet 1947. Très efficace

dans les côtes brestoises, le trolley

doit tout de même s’incliner face aux

progrès de la combustion d’hydrocarbures.

Le dernier trolley circule gratuitement

le 9 novembre 1970. Seuls

véhicules prioritaires, soixante-dix bus

sillonnent Brest.

2012

Le retour du tram

Le 24 juin, les Brestois prennent littéralement

d’assaut les rames du tramway,

pour son inauguration. Une cérémonie

simple et émouvante, tout près

du pont de Recouvrance. Aujourd’hui,

le tram fait partie du paysage de Brest

et permet de traverser la ville en une

vingtaine de minutes. Vingt-huit stations

sont réparties sur les 14,3 km

de réseau et on estime à 40 000 le

nombre de personnes qui le prennent

tous les jours. Avec le ticket de 1,

50 €, il est aussi possible maintenant

d’emprunter le tout nouveau téléphérique.


Cette cabine survole désormais la Penfeld

La volonté était claire : les cabines de téléphérique devaient rappeler l’univers maritime.

C’est réussi. Elles rappellent aussi les rames du tram, désormais familières aux Brestois.

Marine

L’intérieur des cabines rappelle l’univers

maritime. ”On a par exemple un

plancher en teck et un anneau en

forme de manille, chromé”, explique

Victor Antonio. Au sol, un hublot permet

de profiter de la vue sur la rade.

Pourquoi ? Comment ?

Pourquoi les vitres deviennentelles

opaques en cours de trajet ?

Les cabines sont vitrées à 360°

pour pouvoir profiter pleinement

du paysage. Toutefois, un

ingénieux système les rendra

opaques lorsque le véhicule survolera

des jardins privés ou des

terrains militaires. Ceci se fera

toutefois dans un laps de temps

très court, sur les trois minutes

que durera le trajet.

De la couleur !

Une ceinture de diodes diffuse continuellement

de la lumière, comme

un halo au-dessus du téléphérique.

Rouge, bleue, verte, jaune de nuit...

L’effet avec l’éclairage du Pont de

Recouvrance, à proximité, est saisissant.

Surtout lorsque mles deux

cabines se croisent l’une par-dessus

l’autre.

Victor Antonio,

responsable

du projet à

Brest Métropole

Le téléphérique est le système de

transport le plus sûr du monde.

L’accident est rarissime. On a un

deuxième moteur qui peut entrer

en service pour pallier la panne

du premier. Et si le deuxième

moteur lâche, un groupe électrogène

nous permet de fournir du

courant, pour ramener la cabine.

Si un câble venait à être défaillant,

un deuxième système de

roulement prendra le relais. On

a essayé de trouver une solution

pour toujours pouvoir ramener la

cabine.


12 Les Capucins à Brest

Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017

Une médiathèque centrale d’un genre nouveau

Moteur culturel du nouveau quartier, elle donnera envie d’y passer la journée.

C’est la bibliothèque du futur, le « troisième lieu », remède contre la solitude et l’ennui.

Finie la bibliothèque murée dans le silence ! La médiathèque des Capucins est une médiathèque d’un genre nouveau, où l’on fait bien plus qu’emprunter des livres.

Un concept qu’on appelle, en Amérique du Nord, « le troisième lieu ».

Béatrice Le Grand

La médiathèque des Capucins va devenir

« the place to be ». C’est un modèle

de bibliothèque du futur, dans

une ambiance vivante et joyeuse, un

concept qu’on appelle, en Amérique

du Nord, « le troisième lieu ». Finie la

bibliothèque murée dans le silence !

C’est une médiathèque d’un genre

nouveau, où l’on fait bien plus qu’emprunter

des livres. C’est un remède

contre la solitude, un antidote à la

frustration et à l’ennui.

On peut, aux Capucins : apprendre

le mandarin, profiter du wifi et des

ordis gratuits, rechercher une orientation

scolaire, emprunter The Big

Lebowski, relire tout Jane Austen,

consulter de précieux incunables,

feuilleter une BD, prendre un café en

terrasse, danser sur M.I.A, laisser ses

enfants s’amuser en bonne compagnie

! Et même y rencontrer François

Morel avec, sous le bras, ses livres de

chevet !

8 km de rayonnages

Brest, la ville de France qui enregistre

le plus de prêts en bibliothèque

(neuf livres prêtés par habitant par an

contre cinq au niveau national) méritait

une médiathèque à la hauteur, dotée

de « musts » : vue imprenable sur

la rade, téléphérique et supports de

lectures modernes, liseuses et autres

livres numériques…

On y viendra donc pour le lieu luimême,

chaleureux, confortable, propice

aux rencontres. Voir un film, jouer

au dernier jeu vidéo sorti, écouter un

jeune groupe dans le vent… de quoi

passer la journée entière ! À Montréal,

on ne parle plus « d’usagers » mais

« de séjourneurs en bibliothèque ».

Sur les 350 000 documents abrités

aux Capucins, on en trouvera

120 000 en accès libre, dont des CD,

DVD, des jeux traditionnels et des

jeux vidéo. Outre l’espace, impressionnant,

réservé aux périodiques, on

pourra aussi « lire autrement », avec

les livres audio, en plein boum.

Des robots

Comment les 38 bibliothécaires,

« des passionnés, mais pas de magiciens

», vont-ils s’organiser pour

accueillir, renseigner et conseiller les

usagers ? Sans oublier de préparer

l’accueil des scolaires, de choisir des

spectacles, de sélectionner des nouveautés,

de mettre en valeur leurs

coups de cœur et de dénicher des

perles rares ? Grâce aux robots !

La médiathèque sera équipée de

six bornes pour enregistrer les prêts

et les retours. Un robot trieur va gérer

les documents rendus par les

lecteurs : côté public, trois façades

460 000

d’écrans tactiles, en coulisses, un module

de tri avec sept bacs. Les documents

seront automatiquement triés

selon leurs rayons, jeunesse, littérature,

musique… Une prouesse technique

qui facilite, ensuite, leur rangement.

D’autres bacs recevront les documents

réservés ou en transit. À l’extérieur,

une borne de retour permettra

de rendre les documents en dehors

des heures d’ouverture.

« Tout sera fait pour respecter

le rythme de vie des usagers », résume

Magali Haettiger, nouvelle directrice

des médiathèques de Brest.

Car « l’aventure » s’avère « passionnante

», aux dires des bibliothécaires

qui s’enflamment pour le « chantier

de [leur] carrière »… Après le long et

très complexe déménagement, elles

n’ont plus qu’une « hâte » : retrouver

[leur] public ».

Frédérique GUIZIOU.

C’est, en euros, l’investissement consacré

au renouvellement des différentes

collections de la médiathèque des Capucins,

ce qui représente 20 % de nouvelles acquisitions sur les

120 000 références en accès libre et 350 000 références en réserve.

Oui, cette médiathèque est particulièrement riche…


14 Les Capucins à Brest

Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017

« Les Brestois se sont réapproprié ce quartier »

Acheter, habiter, louer, travailler, faire du commerce… Dans quelques mois, le quartier

des Capucins est amené à devenir un vrai lieu de vie.

En quelques mois, un nouveau quartier est sorti de terre sur la rive droite. Les premiers habitants sont attendus au début de cette année.

Béatrice Le Grand

Habiter aux Capucins

Au premier semestre 2017, les premiers

habitants poseront leurs valises

aux Capucins. Pour les particuliers,

l’appel d’offres lancé par Brest métropole

aménagement avait été, en partie,

remporté par la société Kermarrec

promotion (avec l’Adim, du groupe

Vinci). Quatre résidences ont alors

été prévues en face des Ateliers dans

le cadre du programme Riva avec, au

total, 106 logements, du T1 bis au T5.

La commercialisation a été lancée en

octobre 2014. « Elle a connu un vrai

succès, qui nous a permis de démarrer

les travaux moins de six mois

plus tard, apprécie le directeur commercial

Sylvain Lam. Très vite, le taux

de remplissage a été excellent. Aujourd’hui,

on a bon espoir d’arriver

au moment de la première livraison

avec la totalité des lots vendus. »

Deux types de clientèles se sont manifestés

: « Les investisseurs, qui ont

plutôt acheté des petits logements,

et les personnes qui vont y habiter

en résidence principale. Ce sont

surtout des Brestois, ou des gens

qui ont des attaches brestoises. »

Le caractère « désertique » initial du

plateau n’a pas rebuté les candidats.

« Il y a bien eu quelques interrogations,

mais le travail a été bien fait

de la part de Brest métropole, avec

les équipements dans les Ateliers et

la présence du téléphérique, estime

Sylvain Lam, qui souligne le bon coup

de pinceau apporté rive droite. « Ça a

modernisé le quartier, ça lui a donné

une nouvelle dimension. » Et avec le

temps, les ventes se sont même accélérées…

« Plus cela devenait une

réalité tangible, moins on avait « à

vendre » le devenir du quartier. Les

Brestois se sont réapproprié cette

partie de la ville dont ils ont été privés

pendant longtemps. »

Travailler aux Capucins

Les Capucins seront aussi un lieu

de travail. Outre l’immeuble de bureaux

programmé par l’Adim, le Cap

Vert a construit un bâtiment de cinq

étages, de 1 700 m 2 de surface. « Un

immeuble de bureaux et de commerces,

d’activité tertiaire et commerciale

», précise Olivier Jacolot,

chargé d’opération à la Sempi, la

société d’économie mixte qui porte

le projet. La Sempi y a d’ailleurs déjà

ses bureaux, et a été rejointe en juillet

par l’antenne Ouest Bretagne de la

Caisse des dépôts et consignations.

Faire du commerce aux Capucins

Début juillet, Brest métropole aménagement

(BMa) a lancé l’appel à

projets pour l’implantation de commerces

aux Ateliers, sur une surface

de 5 000 m 2 . « On a reçu une quinzaine

de réponses, explique la directrice

générale de BMa, Claire Guihéneuf.

On va discuter avec eux afin de

consolider le projet économique… »

Trois types d’activités ont été répertoriés

dans les candidatures : hôtellerie

et bars, loisir tourisme urbain (murs

d’escalade, sport…), culture (expositions…).

« Ce qui nous manque un

peu c’est le côté « petite boutique ».

Mais rien n’est fini, il n’y a pas de

date limite pour envoyer un dossier.

» L’ouverture des premiers commerces

est programmée au premier

semestre 2018.

Yannick LE COQUIL.

Vivre aux Capucins…

La cité internationale

La vocation de la cité internationale

des Capucins n’est pas de fournir

un lieu d’études, mais « d’héberger

des chercheurs, des enseignantschercheurs

ou des doctorants et

les post-doctorants. Il y a 33 appartements

pour les accueillir, à partir

de la nuitée comme à l’année », explique

Nathalie Sarradin, responsable

de la direction Europe et International

à l’UBO. Ouvert le 23 août, le centre

de mobilité international accompagne

par ailleurs les étudiants pour préparer

leur mobilité à l’étranger : visas, papiers

administratifs…

Livraison

Les immeubles Riva 1 et Riva Access

seront livrés au premier trimestre 2017.

Pour Riva 3, ce sera au deuxième trimestre,

et au troisième trimestre pour

Riva 2.

L’optimisation énergétique

Le réseau Smart Grid désigne un réseau

de distribution d’électricité « intelligent

» utilisant l’informatique pour

davantage d’efficacité énergétique.

Deux centrales photovoltaïques de

650 m 2 chacune ont été posées sur

le toit des ateliers et de la médiathèque.

Un automate mis en place

par Schneider Électrique gérera le

surplus, qui sera redistribué. Au total,

le photovoltaïque couvrira 12 %

des besoins théoriques des espaces

publics. Le reste viendra du réseau

électrique normal. Une plateforme

web permettra de maîtriser la performance

énergétique des Capucins.

L’objectif est de collecter des données

de production et de consommation

d’énergie par type d’usage, logements,

bureaux, et commerces, et de

les rendre intelligibles par les usagers

du quartier, soit par internet ou sur un

écran qui sera situé dans les espaces

publics.

C’est le prix moyen du mètre carré pour un

3 150 € appartement dans les résidences du programme

Riva, aux Capucins. Le prix moyen

en accession abordable (accession aidée) est de 2 590 € le m²,

stationnement inclus.


Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017 Un nouveau quartier émerge 15

« On avait repéré l’endroit depuis un moment »

Gilles (49 ans) et Corinne (53 ans), tous deux cadres dans l’informatique, ont choisi de devenir

propriétaires dans le quartier des Capucins. Pour louer, avant peut-être d’y vivre plus tard.

««

On cherchait à réaliser un investissement

immobilier. On avait repéré

l’endroit depuis un moment, car ça

nous intéressait d’acheter à Brest.

Pour l’instant, on a l’intention de louer

l’appartement et, ensuite, pourquoi

ne pas y habiter, quand on sera plus

âgés ?

On a déjà vécu à Brest quand on

était plus jeunes, avant de prendre

une maison à Plouzané. On compte

revenir, mais pour l’instant avec les

enfants, c’est plus agréable d’avoir un

jardin.

Le confort de la terrasse

On a opté pour un T3 de 65 m 2 au

quatrième étage (l’immeuble Riva 1

en compte neuf, NDLR). Il sera livré en

mars 2017. Ce qui nous a beaucoup

plu, ce sont les grandes terrasses, de

presque 40 m 2 .

On a choisi de se mettre côté Penfeld,

pour ne pas avoir de vis-à-vis. On

ne voulait pas quelque chose de trop

grand, car on ne voulait pas mettre

trop cher (le prix moyen sur le programme

Riva est de 3 000 € le m 2 ).

Ce qui nous a aussi convaincus, c’est

le côté neuf. On a déjà habité dans

des immeubles anciens, rue de Siam.

On voulait du nouveau, surtout pour

louer au début, pour éviter d’avoir

d’éventuelles réparations à gérer. Et il

y a aussi l’avantage du chauffage urbain…

« Se passer de la voiture »

Concernant le quartier, qui est encore

un peu à nu, on n’a pas vraiment eu

de doutes, parce qu’on avait vu en

gros ce qui était projeté. En plus, ici,

on peut largement se passer de la voiture.

Ce qui est sympa, c’est de pouvoir

se déplacer à pied, à vélo, en tram

et en téléphérique. Il y aura aussi la

médiathèque, le cinéma et des commerces

un peu plus tard… Les supermarchés

ne sont pas loin, il y a des

écoles si on veut louer à des jeunes

couples par exemple. Et c’est un écoquartier,

c’est un réel avantage.

Aujourd’hui, à quelques semaines

d’avoir les clés, on a vraiment hâte. Le

chantier du parking a pris pas mal de

temps, le bâtiment a mis longtemps à

sortir de terre. Mais ensuite on a commencé

à le voir petit à petit depuis le

pont. On s’est dit : « Ça y est, ça prend

forme… » On ne peut pas encore accéder

à l’appartement. On est passé

plusieurs fois pour regarder, mais de

loin. Une visite est prévue en février. Il

ne restera alors plus que les dernières

couches de peinture à passer… »

Recueilli par

Yannick LE COQUIL.

Corinne et Gilles devant l’immeuble Riva 1, aux Capucins, où ils ont acheté

un appartement de 65 m 2 . Ils auront les clés au printemps prochain.

Ouest-France

Réservation : pub

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