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10 Les Capucins à Brest

Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017

Le téléphérique, indispensable aux Capucins

Comment donner l’envie aux Brestois de se rendre dans ce nouveau quartier ? Moins cher

qu’un pont ou une passerelle, le choix du téléphérique a été fait par la métropole en 2011.

Le téléphérique relie la rive gauche de Brest au nouveau quartier des Capucins.

Béatrice Le Grand.

L’histoire

« Des Capucins au bas de Siam en

téléphérique ? » Ouest-France se

pose pour la première fois la question,

dans son édition du 26 janvier 2011.

« On ne peut pas faire l’impasse

sur cette liaison », assure alors Alain

Masson, vice-président de Brest métropole.

Pour que vivent les Capucins,

les Brestois doivent tout simplement

pouvoir s’y rendre. Alain Masson envisage

un « mode de déplacement

doux, qui apporterait un cachet supplémentaire

».

Mais à cette date, rien n’est encore

décidé. Il faut attendre le conseil communautaire

du 9 décembre 2011 pour

que le choix du téléphérique (le premier

en France) soit adopté à l’unanimité.

Trois autres options avaient été

étudiées par la métropole : un pont

transbordeur, un pont levant et des

passerelles levantes. Elles coûtaient

toutes beaucoup plus cher.

« Le mode de transport

du futur »

Au total, le projet aura coûté 19 millions

d’euros, mais pas aux frais du

contribuable brestois. Outre les subventions

de l’État et de l’Europe, il est

financé par une taxe, versée par les

entreprises de plus de onze salariés.

En 2015, les premiers coups de

pioches sont donnés de part et

d’autre de la rivière Penfeld. En avril

2016, les cabines sont exposées aux

Brestois, bas de Siam. « Ça donne

envie d’attendre le moment où elles

seront réellement dans les airs »,

sourit alors François Cuillandre.

Les deux véhicules si atypiques

mesurent cinq mètres de long, pour

trois mètres de large et leur intérieur

a été pensé pour rappeler l’univers

maritime. Deux écrans y sont installés,

donnant aux voyageurs la destination

et les correspondances possibles

avec les bus et les trams. Voyageurs

qui peuvent trouver place sur les 14

sièges disponibles. La cabine peut

accueillir jusqu’à soixante passagers

au total.

Le téléphérique est finalement mis

en service le 19 novembre, en présence

de la ministre Ségolène Royal.

Après une première traversée d’un

peu moins de trois minutes, elle l’assure

: « C’est le mode de transport

du futur. »

Mickaël LOUÉDEC.

Les transports urbains brestois en quatre dates

1865

En voiture !

On commence à parler de transports

en commun à Brest en 1865.

Quelques rares voitures de louage,

calèches ou coupés, roulent sur les

pavés du Ponant. Un peu plus tard, la

diligence à cheval fait son apparition

dans les rues brestoises. Il s’agit en

fait d’un omnibus à traction animale.

Le prix d’un voyage ? Vingt centimes

de l’époque pour celui qui veut goûter

au « luxe » de l’intérieur, quinze pour

celui qui se satisfait de la banquette

extérieure. Malgré les subventions de

la ville, les concessionnaires ne s’y retrouvent

pas.

1898

Le premier tram

Le 11 juin 1898 marque l’inauguration

officielle du tramway brestois, géré

par la Compagnie des tramways électriques

brestois. Le dépôt est installé

à Kerinou. Trois lignes sont progressivement

mises en service. En 1903, le

tram est prolongé jusqu’au Conquet.

Exploitée par une autre compagnie,

cette deuxième ligne séduit les Brestois.

Mais le tram provoque de nombreux

accidents, notamment en raison

de freins trop légers pour les

pentes brestoises. Il est rapidement

surnommé le « péril jaune » à cause

de sa couleur.

1947

Le trolley prend le relais

À la Libération, les transports en commun

ne sont pas une priorité. Toutefois,

quelques bus prennent possession

de la ville, rapidement concurrencés

par des trolleys, des bus à

électricité. La première ligne, reliant la

gare SNCF à Lambézellec, est inaugurée

le 29 juillet 1947. Très efficace

dans les côtes brestoises, le trolley

doit tout de même s’incliner face aux

progrès de la combustion d’hydrocarbures.

Le dernier trolley circule gratuitement

le 9 novembre 1970. Seuls

véhicules prioritaires, soixante-dix bus

sillonnent Brest.

2012

Le retour du tram

Le 24 juin, les Brestois prennent littéralement

d’assaut les rames du tramway,

pour son inauguration. Une cérémonie

simple et émouvante, tout près

du pont de Recouvrance. Aujourd’hui,

le tram fait partie du paysage de Brest

et permet de traverser la ville en une

vingtaine de minutes. Vingt-huit stations

sont réparties sur les 14,3 km

de réseau et on estime à 40 000 le

nombre de personnes qui le prennent

tous les jours. Avec le ticket de 1,

50 €, il est aussi possible maintenant

d’emprunter le tout nouveau téléphérique.

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