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Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017 Un nouveau quartier émerge 3

Brest ne pouvait pas rater une telle occasion !

Les discussions entre les collectivités locales et la Marine remontent au début du siècle. François

Cuillandre, président de Brest métropole et maire de Brest, voulait préserver ce patrimoine.

Entretien

François

Cuillandre,

maire de Brest,

président de

Brest métropole.

Au moment de la cession des

Capucins à la métropole de Brest,

Jean-Yves Le Drian avait félicité

Brest d’avoir « fait d’un deuil

une chance »…

Je ne sais pas si c’était un deuil (sourires)…

Mais l’histoire est connue. Le

plateau des Capucins avait été conçu

et aménagé au moment du passage

de la marine à voile à la marine à vapeur.

Avec la fin de la construction de

bâtiments militaires à Brest, il ne collait

plus aux besoins de la Marine et

de DCNS. C’est l’évolution normale

d’une activité industrielle.

Cette transformation était donc

dans la logique des choses ?

Les Ateliers des Capucins ont abrité

de l’activité jusqu’en 2004. Mais nous

discutions avec l’État du sort du plateau

depuis 2002. Tout cela se passait

dans le cadre de la mission Penfeld

(NDLR. Le fleuve côtier autour

des rives duquel la Marine a installé

sa base navale et l’arsenal de Brest).

Pour nous, les Capucins présentaient

un intérêt patrimonial et historique indéniable.

Il était naturel que Brest s’y

intéresse.

Quels sont les enjeux

pour Brest ?

Ils sont fondamentaux ! Je ne pense

pas qu’il existe beaucoup d’autres

villes confrontées à ce genre de problématique.

La question, c’est bien

« on achète, mais pour en faire quoi ?

Dans une ville autant détruite par la

guerre que Brest, que fait-on d’un

espace comme les Ateliers, qui ont

résisté aux bombes ? » Et le pari est

d’autant plus grand que les lieux,

jusqu’à présent, étaient interdits aux

Brestois, hormis ceux travaillant dans

la base navale. Il faut leur donner envie

d’y aller, de découvrir.

Et alors ?

Eh bien nous allons faire des Capucins

un vrai quartier de Brest, situé

dans le cœur de ville. Un quartier qui

proposera des logements, des commerces,

des services publics comme

la grande médiathèque François-Mitterrand,

des activités populaires et

culturelles comme le futur cinéma

ou le centre d’interprétation du patrimoine.

C’est tout cela qui fait un quartier.

C’est aussi pour cela que nous

avons réfléchi très tôt aux accès aux

Capucins. L’endroit forme une sorte

de presqu’île et c’est pour cela que

nous avons fait le téléphérique audessus

de la Penfeld. Pour relier les

Capucins au reste du centre-ville. Ils

en font partie.

Néanmoins, avec 16 ha,

la surface disponible est

immense. Comment tout

aménager sans uniquement

opérer par des transferts

de l’existant ?

La réflexion est permanente. Mais

tout n’est pas que transfert, loin de

là : les logements neufs, ce n’est pas

du transfert, c’est bien pour attirer de

nouveaux habitants. Le cinéma, c’est

une offre supplémentaire. La grande

médiathèque, c’est un transfert, mais

l’équipement entre dans une tout

autre dimension par rapport à l’existant.

Et puis les Capucins, ce ne sont

pas que des projets publics. Les projets

privés y ont une place importante.

Comme, par exemple, le village des

start-up voulu par le Crédit agricole.

Recueilli par

Olivier PAULY.

Le site des Capucins, en surplomb de la Penfeld, sera une extension du cœur de ville de Brest.

© IGN - 2017 - BD ORTHO ® Historique 2009 / © PlanetObserver

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