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4 Les Capucins à Brest

Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017

300 ans, depuis les moines jusqu’à l’écoquartier…

Depuis le rattachement de Recouvrance à Brest, en 1681, le plateau n’en finit pas

de se transformer. La simple lande est devenue couvent, puis ateliers industriels…

Les Ateliers des Capucins tels qu’ils se présentaient encore, avant la Deuxième Guerre mondiale.

DCNS

L’histoire

Alain Boulaire,

historien.

Lande déserte, couvent franciscain,

ateliers de la Marine nationale. Et

bientôt écoquartier. Le plateau des

Capucins se métamorphose, au gré

des époques, et des besoins.

« Son histoire brestoise commence

en 1681, avec le rattachement

du quartier de Recouvrance

à Brest », raconte Alain Boulaire, historien

brestois tourné vers la mer et

la marine. Mais à l’époque, le terrain

n’est qu’une « lande déserte ».

Il faut attendre 1695 pour voir Vauban

poser une première pierre. Celle

du couvent des moines capucins, rattachés

à l’ordre des franciscains, qui

fournissent les aumôniers embarqués

sur les navires de la Marine. « Les jésuites,

installés à Brest, veillaient à

leur bonne moralité… »

Lors de la Révolution, à la suppression

des ordres religieux, « seuls

quinze capucins résident » sur le plateau.

Le couvent est cédé à la Marine,

qui y installe son école d’apprentis canonniers.

« Vient ensuite la révolution de

l’industrie à vapeur. » Nous sommes

en 1840. Le Second Empire accompagne

la construction des halles,

qui abritent les machines servant à

la construction navale, « où les bagnards

travaillent jusqu’à la suppression

du bagne, en 1858 ». C’est

l’époque de la « fameuse » grue Gervaise.

Celle qui charge les chaudières

sur les navires, en circulant sur un

chemin de fer, encore visible.

Avec le nucléaire, le déclin

Les Ateliers deviennent un lieu de

production majeur et livrent d’importants

cuirassés, dès la Première

Guerre mondiale. « On y fabrique la

chaudière du Richelieu, échappé

de Brest en juin 1940, mais aussi le

porte-hélicoptères Jeanne-d’Arc. »

Puis, « Toulon monte en puissance,

le nucléaire se développe ». Et le plateau

décline. La construction navale

disparaît à Brest, le plateau, de moins

en moins exploité, est abandonné à la

fin des années 1990.

Les Capucins embarrassent la Marine.

« Après le port du château et le

Jardin des explorateurs, elle vend le

site à la ville. » Pour 2,2 millions d’euros,

en 2010.

Commence alors « l’un des plus

grands chantiers en Europe de réhabilitation

d’un site militaro-industriel

en site civil » : 12 ha à dépolluer

des engins explosifs oubliés par la

Marine, puis à transformer, de toutes

pièces, en un véritable quartier.

Pauline STEFANINI.

Trois images, trois époques : 1989, alors que la production commence à décliner ; l’atelier des machines, en 1994 ; des apprentis à l’atelier de chaudronnerie, en 1937.

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