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Ouest-France

Mardi 3 janvier 2017 Un nouveau quartier émerge 5

Aux Ateliers, « on ne rigolait pas tous les jours » !

Ancien élève à l’école des apprentis, Jacques a intégré les Ateliers en 1954. Pendant trois ans,

il a assemblé les pièces destinées à la fabrication des navires de la Marine nationale.

Témoignage

« À l’époque, à Brest, l’arsenal occupait

tout le plateau », se souvient

Jacques Queffelec. « L’époque »,

c’est en 1951, lorsqu’il rejoint l’école

des apprentis de la Marine nationale,

à 15 ans. « Ça m’arrangeait, parce

que c’était à 500 m de chez moi ! »,

reconnaît aujourd’hui l’octogénaire. Et

puis, aux arpètes, « on était payé ».

Après avoir réussi le concours d’entrée,

« comme 100 autres garçons,

sur 800 », Jacques Queffelec se retrouve

en mécanique. Là, « pareil

qu’à la maison, c’était la discipline

avant tout ! ». Au bout de trois ans, le

« Yannick » intègre les Ateliers, « une

suite logique ». À l’ajustage, il est

chargé d’assembler les pièces qui arrivent

des machines.

Le travail n’est pas toujours réjouissant.

« Surtout quand il y avait des

séries à réaliser, à la chaîne, pendant

des heures. Quand on pensait

avoir fini, François, le chef d’équipe,

nous en redonnait… » Et il ne rigolait

pas. « Nous avions l’interdiction formelle

de papoter. » Dans les Ateliers,

pas d’eau courante, ni de toilettes, « il

fallait se contenter de trous infects,

au-dessus des falaises ».

Mais Jacques Queffelec a de la

chance. Rapidement, il est chargé

de la production de télépointeurs,

« qui servent à régler les canons ».

Après avoir passé trois ans à l’ajustage, dans les Ateliers, Jacques Queffelec a retrouvé l’école des apprentis, où il a formé

les ouvriers, pendant trente ans.

En binôme, avec son « matelot », il

passe plusieurs mois à accomplir

cette tâche « minutieuse, très intéressante

».

Après avoir été fauché par une voiture,

et blessé au bras, l’ajusteur est

placé au bureau des délais. « Là où

l’on définissait les délais de production.

» Puis il part au service militaire.

À son retour, à 26 ans, Jacques

Queffelec reprend la même place,

ou presque. « J’ai demandé à avoir

un peu de temps pour bosser mes

cours de soir. » Car l’ouvrier a une

ambition : devenir professeur à

l’école des apprentis. « Une façon de

prendre du galon et d’être un peu

mieux payé ! »

Les futurs ouvriers des Ateliers suivront

ses cours, jusqu’à sa retraite, en

1993.

Pauline STEFANINI.

Béatrice Le Grand

Réservation : PUB a venir

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