également

epochtimesfr

LGE_Paris_394

17 - 23 JAN 2017 · ÉDITION FRANÇAISE N° 394 · WWW.EPOCHTIMES.FR

Rencontre avec Thierry

Malandain

P. 10-11 - ARTS ET CULTURE

Le spectre

de la désinformation

Un siècle de dessin

français

P. 11 - ARTS ET CULTURE

P. 6-7 - SOCIÉTÉ

Dans les coulisses de la presse

Aude Lancelin,

ex-directrice

adjointe en chef

de L’Obs, s’est

vue remerciée en

mai 2016 par sa

direction pour ses

prises de position.

P. 4 - RENCONTRE

La Chine est-elle toujours

communiste ?

Depuis 1980 et les premières réformes

économiques, les dirigeants chinois

n’ont cessé de transformer la Chine

en une société de consommation moderne.

Cependant, du sommet de l’État jusqu’à sa

base, la nature brutale du Parti au pouvoir et

ses méthodes demeurent.

La Chine, deuxième économie, est également

l’une des plus importantes places

boursières au monde. Les horizons de

Pékin, de Tianjin et de Shanghai sont parsemés

d’immenses gratte-ciel modernes affublés

de panneaux publicitaires géants où se

succèdent images de montres de luxe et top

models.

P. 9 - CHINE

WWW.EPOCH TIMES.COM 67 ÉDITIONS, 35 PAYS, 21 LANGUES

Aude Lancelin

Le Danemark dans le viseur

de l’armée russe

Les informations

sur l’évolution des

relations entre les

Etats-Unis – et ses

alliés européens de

l’OTAN – avec la

Russie de Vladimir

Poutine sont

ambivalentes.

P. 8 - INTERNATIONAL

Le leader chinois

Xi Jinping

à Pékin,

le 31 octobrebre

2016.

L’impact d’Internet sur

l’environnement

P. 14 - SCIENCES

Atteindre ses objectifs

2017

P. 15 - SANTÉ & BIEN-ÊTRE

CHINE

262 103 080

citoyens ont quitté

le Parti communiste chinois

et ses organismes affiliés.

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Epoch Times

Alexander Koerner/Getty Images

Fred Dufour/AFP/Getty Images


Votre Semaine

17 - 23 janvier 2017

«

Leon Neal/Getty Images

À chaque fois qu’il y a des

révélations via des lanceurs d’alerte,

on essaie de faire quelque chose

mais on est très loin du compte.

Généralement, les lanceurs d’alerte

le payent très cher. »

Florence Hartmann, ex-journaliste du Monde

et lanceuse d’alerte sur le TTIP

«

TOBIAS SCHWARZ/AFP/Getty Images

Il n’est plus impensable que

l’Europe puisse éclater. Si cela

devait arriver, nous serions maudits

par nos enfants et nos petitsenfants.

»

Sigmar Gabriel, Vice-chancelier allemand

«

ERIC

PIERMONT/AFP/Getty P/Ge

ty

Images

Il y a une crise de la gouvernance

mondiale et régionale, qui

n’apporte pas de réponses à

l’inquiétude des peuples. »

Dominique de Villepin, dans une interview

accordée à Challenges

221,78

euros

C’est la prévision moyenne du budget

dépensé par les Français durant ces soldes

d’hiver, d’après une étude de Toluna.

10 %

des entreprises

les plus innovantes au monde sont

françaises, d’après le classement établi

sur l’année 2016 par Clarivate Analytics,

un cabinet d’études et de conseil

pour l’information scientifique et en

propriété industrielle.

Les vertus de l’économie

collaborative

D’après une étude réalisée par le CSA pour

l’organisme de crédit à la consommation

Cofidis, les Français économiseraient

en moyenne 495 euros par an grâce à

l’économie solidaire, en préférant le

covoiturage au train, en achetant des biens

d’occasion plutôt que neufs, ou en ayant

recours aux locations via les plateformes

de mise en relations. L’enquête révèle

également que 95% des Français ont déjà

fait du covoiturage, vendu un objet sur le

Boncoin ou encore loué un logement sur

Airbnb. 62% le font fréquemment. Les

achats groupés ont aussi le vent en poupe

et enregistrent une progression de 13% sur

2016. D’après Céline François, directrice de

marketing de Cofidis France, « les Français

sont à l’affût de bons plans pour faire

des économies ». Parmi les plus fervents

utilisateurs de l’économie numérique, on

retrouve principalement des jeunes et des

catégories sociales favorisées.

PHOTO DE LA SEMAINE

Un membre de la

cavalerie garde

l’entrée de Horse

Guards Arch

alors qu’il neige

pendant la Horse

Guards Parade le

13 janvier.

Pexels.com

Le « James Bond » de la philanthropie finit de céder sa fortune

10 %

des emplois seraient menacés

par les nouvelles technologies,

intelligence artificielle et

robotisation, selon une étude

récente du Conseil d’orientation

pour l’emploi (COE).

Localiser les éclairs

« Nous sommes dans l’âge d’or de la

recherche concernant les éclairs », s’est

récemment félicité Christopher Schultz,

météorologue et spécialiste des éclairs, au

centre de vol spatial d’Huntsville (États-

Unis). D’après le scientifique, la mesure

et la compréhension de la foudre devraient

atteindre de nouveaux seuils, avec

le développement de satellites européens

et japonais munis de capteurs et d’instruments

de détection d’activités photoniques

des nuages au sol. De quoi permettre,

à l’avenir, de détecter à l’avance

90% des endroits frappés par la foudre

sur tout le continent américain. Jusqu’à

présent, peu de données permettent de

saisir le phénomène de la foudre, depuis

sa création dans les nuages de tempêtes

jusqu’à l’endroit où elle frappe.

Contrairement à ceux qui courent après l’argent,

Charles F. Feeney est un

milliardaire qui a passé

beaucoup de temps à réfléchir au moyen de se

débarrasser du sien. Outre-Atlantique, l’homme

d’affaires octogénaire

est aussi bien connu pour sa

course-poursuite assumée avec le fisc que pour ses

généreux dons et subventions à différentes œuvres

et aux systèmes éducatifs américains, irlandais et

australiens. En 2012, le milliardaire a assuré

qu’il se séparerait d’ici à fin 2016 du reste

de sa fortune – 1,5 milliard de dollars

– par le biais de sa fondation Atlantics

Philanthropies. C’est désormais chose

faite, avec les 7 derniers millions de

dollars accordés à l’université de

Cornell, dans l’État de New-York).

Il vit aujourd’hui avec sa femme

dans un appartement loué à San

Fransisco, ne gardant « que »

2 millions de dollars pour sa

retraite. Car, selon lui, « on

ne peut porter qu’un seul

pantalon à la fois ».

David Cantwell/Forbes Collection/Corbis/Getty Images

Chris J Ratcliffe/Getty Images

Le Bitcoin dans le collimateur

de la Banque

Centrale chinoise

L’annonce du contrôle des

plateformes d’échanges de bitcoin par

les autorités chinoises a provoqué une

chute de la monnaie virtuelle de près

de 20%. En 2016, alors que le yuan

faiblissait en perdant 6,5% face au

dollar, le bitcoin avait gagné 145%. La

Banque Centrale chinoise, qui craint

que l’envolée de la monnaie virtuelle

ne soit de plus en plus utilisée pour

sortir les capitaux de Chine, a envoyé

« des équipes d’inspection pour

vérifier qu’elles opèrent en accord

avec les règles du marché des changes,

concernant le blanchiment d’argent et

les risques financiers ». Une politique

de prévention qui ne saurait être un

luxe : au Japon, la faillite d’une plateforme

avait fait perdre de grosses

sommes d’argent à des milliers de

Japonais.

Le bras de fer pour la

liberté de la presse

s’intensifie en Pologne

Mercredi, le Parlement polonais n’a

pas pu réaliser sa cession de rentrée.

La crise s’amplifie entre le parti

ultra-conservateur au pouvoir et

l’opposition qui bloque jour et nuit

l’accès à la chambre basse. Il y a un

mois, le PIS a décidé de limiter l’accès

du Parlement à la presse. Motif :

préserver l’intimité des députés, un

peu bousculés par les journalistes.

Levée de boucliers générale de

l’opposition, qui dénonçait une

nouvelle tentative de muselage des

médias. D’après Andrzej Rzeplinski,

polonais, le leader du PIS cherche

à mettre le pays sur le « chemin de

l’autocratie ».

KAREN BLEIER/AFP/Getty Images


FRANCE

www.EpochTimes.fr

Produire bio, oui, mais…

17 - 23 JANVIER 2017

| 3

En décembre dernier,

dans le cadre de la loi

Égalité et Citoyenneté,

le Parlement a adopté

un nouvel amendement

prévoyant l’introduction dans les

menus des collectivités territoriales

et des établissements publics de 40%

d’aliments durables (de saison, en

circuits courts, etc.) dont 20% issus

de l’agriculture biologique d’ici à

2020. Le signe d’une tendance plus

profonde sur le territoire français.

Les produits bio en forte

demande

Cet amendement concernant les

cantines scolaires, mais aussi les

restaurants d’entreprise ou les

maisons de retraite, vient conforter

l’avis des Français concernant

l’alimentation bio. Un sondage

Ifop commandé par l’association

Agir pour l’environnement

révèle que 76% des Français se

disent favorables à l’introduction

d’aliments bio, locaux et de saison

dans la restauration collective.

Pour l’heure, on en est encore

loin, car moins de 4% des aliments

servis en restauration scolaire sont

issus de l’agriculture biologique.

Cependant, selon l’ONG Générations

Futures, l’adoption de ce seuil

de 20% constituera un « bon levier

de développement de l’agriculture

biologique sur tout le territoire

et permettra de tendre vers

les objectifs inscrits dans le Grenelle

de l’environnement ». Selon

Générations Futures, « si l’agriculture

biologique se développe ces

dernières années (+ 23% de terres

bio en 2015), la France est encore

loin des objectifs fixés en 2007 avec

seulement 5,8% de sa SAU (surface

agricole utile) en bio en 2015 ».

Ce ne sont pas les Français qui

diront le contraire. Selon l’Agence

Bio, ce mode de production plus

respectueux de la nature et de l’environnement

séduit de plus en plus les

consommateurs et, plus largement,

les citoyens. En 2015, 9 Français sur

10 (89%) déclaraient en consommer,

même occasionnellement, contre

seulement 54% en 2003.

Si la consommation d’aliments

bio était ainsi estimée à 5,76 milliards

d’euros en 2015, l’Agence Bio

table sur une augmentation de 20%

en 2016, soit 6,9 milliards d’euros.

Cette progression, qui concerne tous

les produits alimentaires, touche

particulièrement les produits frais

(fruits et légumes, crèmerie, viandes)

qui détiennent près de la moitié des

ventes en valeurs de produits bio.

Moins de 4% des

aliments servis

dans les cantines

scolaires sont bio.

Qu’en est-il en amont, chez les

producteurs ?

Courant 2016, on comptait 31 880

producteurs bio, soit 10% de plus

qu’en 2015. Ils occupaient fin

2016, plus d’1,5 million d’hectares

de SAU en France. Si cela

peut encore paraître peu, la tendance

est à l’augmentation, voire

à l’explosion. En témoignent les

exploitations passées en bio, qui

ont aboli l’usage de pesticides et

engrais chimiques pour acquérir

le statut de producteur biologique.

En 2015, plus de 220 000

hectares de SAU sont ainsi passés

en conversion, soit trois fois plus

qu’en 2014. Et le phénomène progresse.

Stéphanie Pageot, présidente de

Le marché bio sur le boulevard Raspail au coeur du 6 e arrondissement de Paris un dimanche matin.

la fédération nationale de l’agriculture

biologique (FNAB), constatait

ainsi dès début 2016, « une nouvelle

vague de conversions au bio depuis

six mois sur tout le territoire ».

Pourtant, la production française

biologique demeure encore déficitaire

par rapport à la demande :

« 76% des produits bios consommés

en France ont été produits

dans l’Hexagone, contre 72% en

2014 », souligne ainsi Florent Guhl,

directeur de l’Agence Bio.

Plus de demande mais moins

d’aides à la production

Alors, face à cette croissance

spectaculaire de l’agriculture

biologique entre 2015 et 2016,

la satisfaction des producteurs

devrait être perceptible. Pourtant,

en décembre dernier, ils manifestaient.

Entre autres causes, le

système des aides à l’agriculture

biologique. En effet, de nombreux

retards de paiements des aides de

l’État, certains datant de 2015 et

venant s’ajouter à ceux de 2016,

entraînent pour nombre d’agriculteurs

une situation financière

difficile, voire critique pour certains.

Or, pour les exploitations en

conversion, « ces aides sont indispensables

pour soutenir l’exploitation

dans la phase d’adaptation de

son système au mode de production

biologique », expliquaient en

décembre le réseau Bio Bourgogne

et les Groupements des AgroBiologistes

départementaux (GAB).

Ils expliquaient ainsi que « les deux

premières années, l’agriculteur ne

peut pas commercialiser ses produits

dans les circuits de l’agriculture

biologique. Par conséquent, il

ne bénéficie pas de la plus-value du

label AB alors même que l’adaptation

de son système engendre des

baisses de rendements. »

Ces agriculteurs peuvent bénéficier

le temps de la conversion

(trois ans) d’un accompagnement

Centre ville de Paris sans voiture : la bataille continue

technique et financier, financé

par Bruxelles (à hauteur de 75%)

et par l’État français (à hauteur de

25%). Seulement, face à l’afflux des

demandes de conversion, le montant

des aides promises augmente

fortement et la France peine à dégager

les fonds nécessaires.

En réponse à ces difficultés, le

ministre de l’Agriculture Stéphane

Le Foll a, depuis, annoncé la revalorisation

de l’avance de trésorerie en

attendant le paiement du solde de

ces aides, et en attendant une revalorisation

de plus grande ampleur des

fonds destinés à l’agriculture biologique

en France.

Sarita Modmésaïb

jadoremonmarche.fr

Anne Hidalgo a réaffirmé récemment

sa volonté de piétonisation des berges

de la Seine. En plus de la fermeture

partielle du quai Georges-Pompidou

au trafic routier, la maire a dévoilé une série de

mesures devant étoffer l’aménagement de la capitale.

L’objectif affiché est de diminuer la place de la

voiture individuelle dans le cœur de la capitale et

par la même occasion de mettre un frein à la pollution

aux particules fines générée par les moteurs

à combustion. Du moins dans le centre de Paris.

De nouveaux aménagements dans le centre de

Paris

La mairie prévoit la construction d’une ligne de

bus tramway à l’emplacement des quais hauts qui

MIGUEL MEDINA/AFP/Getty Images

La fermeture estivale

des berges de Seine ou

« Paris plage » rencontre

un vif succès chaque

année.

longerait les voies sur berge Georges-Pompidou en

2018. Celui-ci devrait être prolongé jusqu’à Saint-

Cloud et faire partie des aménagements dans le

cadre de la candidature aux Jeux olympiques 2024.

Effet secondaire, les voitures seront totalement

bannies entre la place de la Concorde et le bassin

de l’Arsenal. Une partie du trafic pourra être reportée

à la rue de Rivoli qui passera en double sens,

côtoyant une double piste cyclable. Reste cependant

la question des 43 000 automobilistes qui avaient

l’habitude d’utiliser cet axe quotidiennement et qui

doivent adapter leur itinéraire depuis que le tunnel

des Tuileries a été fermé à la circulation.

Le projet de voies rapides sur berge avait été

inauguré par le préfet de Paris Raymond Haas-Picard

en 1967. Totalisant 13 kilomètres de voies,

l’aménagement a été justifié par une logique « de

faciliter le trafic automobile et supprimer 23 croisements,

c’est-à-dire 23 feux rouges ». L’objectif était

de faciliter le transit ouest-est dans la capitale et par

la même occasion de fluidifier le trafic automobile

de plus en plus dense. D’importants travaux avaient

été réalisés dont le tunnel des Tuileries d’une longueur

de 861 mètres, aujourd’hui fermé à la circulation.

À l’époque, les Parisiens avaient exprimé un

certain désarroi pour la disparition du charme des

berges de la Seine au profit de l’intérêt général et

du « tout-voiture ». 50 ans plus tard, les tendances

s’inversent.

Des conséquences limitées sur la pollution

Il n’est pas aisé de mettre au placard un demi-siècle

de politique d’aménagement territorial, même si

la cause est justifiée. Selon Frédéric Bouvier, président

d’Airparif, « quand on regarde la fermeture

d’un axe, on va avoir les gens qui vivaient au bord

de cet axe qui vont être beaucoup moins exposés à

la pollution, puisque localement on supprime des

sources. Par contre, à l’échelle de Paris ou de l’agglomération,

la variation de pollution est tellement

faible que ça reste insignifiant pour l’ensemble des

Parisiens ».

La mairie de Paris compte beaucoup sur l’ « évaporation

» du trafic, à savoir la disparition d’une

partie des véhicules lorsqu’un axe routier est supprimé

ou fermé, phénomène qui a pu être constaté

dans plusieurs villes. Néanmoins, cette évaporation

ne concerne pas la diminution du besoin en déplacement

des habitants.

Aujourd’hui, on enregistre plus de 15 millions

de déplacement quotidiens en voiture en Île-de-

France avec une moyenne de 1,1 passager par voiture.

Sans une amélioration globale des transports

en commun et une prise de conscience collective

des usagers, les mesures de piétonisation du centre

de Paris n’auront qu’un seul effet : plus de bouchons

et donc plus de pollution.

Ivo Paulovic


4 |

17 - 23 JANVIER 2017

FRANCE

www.EpochTimes.fr

La presse française peut-elle encore rêver

d’indépendance ?

Aude Lancelin, ex-directrice adjointe en chef de L'Obs, s'est vue remerciée en mai 2016 par sa direction sans aucune explication. Une

éviction qu'elle raconte dans son livre Le monde libre, paru en septembre dernier. L'ouvrage, qui a remporté le prix Renaudot, s'emploie à

retracer les diverses influences à l'œuvre dans le monde de la presse ainsi que les difficiles rapports de la journaliste avec ses supérieurs qui

en découlent.

Vous avez appris par

différents témoins

que François Hollande

avait demandé votre

licenciement. Comment

expliquez-vous qu'un chef

d'État s’immisce dans la sphère

professionnelle journalistique ?

Le problème ne se pose pas en ces

termes. Rien de personnel en l’occurrence.

J’ai été sacrifiée sur l’autel

du cynisme par des dirigeants

de L’Obs qui n’ont trouvé que

ce moyen, pour les uns de sauver

leur peau, pour les autres de

rassurer l’Élysée. Nothing personal,

je le répète. Au début de l’année

2016, le chef de l’État, aux

abois et dans une situation préélectorale

si désastreuse qu’elle

devait le contraindre six mois

plus tard à jeter l’éponge, a tout

fait pour reprendre en mains

« sa » presse. L’Obs au premier

rang de celle-ci, car ce journal

a toujours eu des relations de

consanguinité avec le PS, et que

ses fondateurs ont une proximité

attestée avec « la gauche » hollando-valsiste

qui incarne au fond

leur propre dérive de longue

période. Je pensais, moi, en tant

que « numéro deux » du journal,

que le moment était venu, afin

que ce dernier retrouve une aura

qu’il avait perdue, de couper ce

cordon suicidaire avec un parti

en plein effondrement, d’ouvrir

la ligne, de cesser de servir d’organe

à quelque propagande gouvernementale

que ce soit. Cela

m’a été fatal. L’un des actionnaires,

qui était, alors, en discussion

avec François Hollande, a

utilisé mon éviction pour prouver

sa bonne volonté. Le directeur

de la rédaction a choisi d’endosser

cette injustice majuscule pour

sauver son poste. Rien de plus, si

l’on peut dire, car les faits sont à

la fois humainement lamentables

et d’une extraordinaire gravité, y

compris bien sûr pour ce titre de

presse dont le pronostic vital est

engagé désormais.

Actuellement, il se fait l'écho

d’une tension entre rédactions

et actionnaires. On entend les

journalistes revendiquer leur

indépendance. Mais selon vous,

s’agit-il d’un combat pour l’indépendance

de la presse ou pour

survivre ?

C’est à la fois la survie des journaux

qui est en jeu, et leur indépendance.

Comment voulez-vous

que des journalistes précarisés,

exerçant au sein d’une presse

vivant sous la double dépendance

financière du CAC 40 et

des aides de l’État, puissent exercer

librement leur devoir d’informer

? C’est structurellement

impossible, quelles que soient

les vertus des uns et des autres.

Le rapport de forces est trop

défavorable désormais aux salariés

des médias, sans compter le

fait que le soulagement d’avoir

encore un CDI anesthésie, chez

certains, jusqu’au désir de lucidité.

Or, chacun sait pourtant

que sans information digne de

ce nom, le suffrage universel est

une dangereuse mascarade. C’est

précisément l’un des problèmes

de la présidentielle à venir, qui

s’annonce comme la mère des

batailles pour les géants du CAC

40 ayant fait main basse sur la

presse. Ils ont un faible pour l’un

des candidats, un ex-banquier

Rothschild qui n’aura de cesse

de se montrer compréhensif à

leur égard… Je vous laisse deviner

lequel.

«Je pensais, en tant

que « numéro deux »

du journal, que le

moment était venu,

afin que ce dernier

retrouve une aura qu’il

avait perdu, d’ouvrir

la ligne, de cesser

de servir d’organe à

quelque propagande

gouvernementale que

ce soit. Cela m’a été

fatal. »

Aude Lancelin,

ex-directrice adjointe

en chef de L’Obs

Aude Lancelin

Vous évoquez dans votre ouvrage

les conseils que vous prodigue la

femme d'un créateur de presse :

« Si tu veux faire carrière, tu dois

te rapprocher d'un grand capitaliste.

Il faut que tu aies un protecteur

au sommet, personne ne

peut s'en passer ». Pensez-vous

que ce conseil colle à la réalité ?

C’est pourtant la chose la plus

commune du monde, et c’est

loin d’être nouveau. Voyez les

romans de Balzac ou de Maupassant.

Tel éditorialiste fort connu

doit aujourd’hui toute sa carrière

au milliardaire François

Pinault ou à Claude Perdriel –

parfois aux deux. Tel autre vieux

courtisan à Arnaud Lagardère, et

désormais aussi à Vincent Bolloré.

Pour d’autres, c’est une

cour effrénée à Bernard-Henri

Lévy, lui-même proche de François

Pinault, qui les a portés un

moment à la tête d’un titre. Chacun

le sait, et ça ne choque personne.

Au contraire, ça suscite un

puissant désir d’imitation chez

les Rastignac au petit pied qui

sortent chaque année par fourgons

entiers d’écoles de journalisme.

Les noms changent, mais le

mode d’ascension reste le même.

Je ne pense pas que quiconque

oserait contester sérieusement,

par exemple, que c’est Xavier Niel

qui choisit aujourd’hui le directeur

du Monde. La chose la plus

problématique c’est l’hypocrisie

qui entoure tout ça. Comme si les

patrons de rédaction naissaient

dans les choux ou étaient apportés

par des cigognes. La réalité

c’est que nous sommes toujours

plus loin, dans la presse française

actuelle, des rêves d’indépendance

par rapport aux puissances

d’argent nés après la Seconde

guerre mondiale.

Les grands titres de la presse

écrite française affichent une tendance

politique, une ligne éditoriale

auxquelles les lecteurs

adhèrent. Cependant, d'après

vous, ces considérations pèsent

peu quant à l'entre-soi et aux

cercles d'amis existant dans les

sphères de certains médias ?

Il est certain que les « chartes » des

journaux, et autres pseudo-ceintures

de chasteté qui interdisent

aux actionnaires de se mêler des

affaires rédactionnelles ne pèsent

plus grand-chose aujourd’hui. Les

journalistes de L’Obs ont parfaitement

pu mesurer ce qu’il en était.

L’un de ses actionnaires, Pierre

Bergé, par ailleurs président de

son conseil de surveillance, s’est

vanté publiquement de s’asseoir

sur les « motions de défiance »

que la rédaction votait contre les

dérives de la direction du journal.

Il est tout de même amusant

de se dire « de gauche » et de réaffirmer

avec une telle brutalité les

droits du propriétaire. Il est surtout

consternant de ne sciemment

tenir aucun compte de l’inquiétude

exprimée massivement

par les salariés d’une entreprise

de presse, qui connaissent leur

métier et sont attachés affectivement

à leur titre, quand par ailleurs

on se vante, comme le même

actionnaire l’a fait un matin sur

France Inter, de ne jamais ouvrir

le journal que l’on possède.

Le site américain Careerstat, spécialiste

en ressources humaines,

a attribué en 2016 la palme du

« pire métier du monde » au journalisme,

selon des critères de

perspectives de carrières, d'environnement,

de stress et de

salaire. Pourtant, ce métier continue

à faire rêver. Qu'en pensez-vous

?

C’est un sujet d’étonnement en

effet, pour moi, de voir que, tandis

que les médias connaissent une

tourmente historique et que les

postes s’y raréfient comme peau

de chagrin, toujours davantage

d’écoles et de masters proposent

des formations au journalisme.

Il y a quelque chose d’assez irresponsable

dans le fait d’envoyer

ainsi des jeunes gens au cassepipe,

lorsqu’on sait dans quel état

de déliquescence est le milieu.

Cela montre toutefois le désir que

ce métier inspire envers et contre

tout. Il est certain qu’il y a peu

d’activités où l’on peut ainsi rencontrer

les autres, lire, combattre

pour des idées, et que celui-ci en

est un. Du moins en donne-t-il

l’impression. Je crains toutefois

qu’un esprit sincère n’aille au-devant

de cruelles déceptions en le

choisissant.

Propos recueillis

par David Vives


Réalisée gracieusement par . Espace offert par le support.

Grâce aux dons faits à l’Association, Lucie, 8 ans, a vu son

rêve se réaliser. Pour que d’autres enfants et adolescents

puissent vivre leurs rêves, l’Association Petits Princes a

besoin de vous.

POUR FAIRE UN DON, contactez-nous.


6 |

17 - 23 JANVIER 2017

SOCIÉTÉ

www.EpochTimes.fr

Fake News : le spectre de la désinforma

Face à l’irrésistible propagation des fausses nouvelles,

médias et dirigeants cherchent une réponse.

are fake

news », lançait

Donald

Trump à l'attention

de «You

CNN et de Buzzfeed lors de son

discours d'investiture à la Maison

Blanche. Friand des 140 caractères

de Twitter et des demi-vérités, le

nouveau président s'en prenait à

des médias ayant eux-mêmes propagé

des informations en privilégiant

des prises de positions ou en

recherchant le buzz du net. Une

histoire d'arroseurs arrosés et un

divorce consumé entre le nouvel

establishment américain et une partie

des médias du pays.

Quelques semaines après l'affaire

des emails d'Hillary Clinton,

qui auraient pu jouer un rôle sur

l'issue du scrutin américain, les fake

news sont sur toutes les lèvres, tous

les fronts.

Qu'est-ce qu'une « fake news » ?

D'après le rédacteur en chef de la

BBC, James Harding, « tout mensonge,

toute distorsion de l'information

ou exagération ». L'ennemi de

la vérité journalistique, celle qui ne

se borne qu'à présenter les faits.

Au passage, les principes écrits

dans le marbre de la charte journalistique

: présenter les faits, rien

que les faits, respecter les personnes,

vérifier les informations. Une base

éthique à la profession, un engagement

moral faisant consensus,

mais qui semble devenir un lointain

horizon tant les places du commentaire

et de l'opinion se taillent la part

du lion dans les médias.

Fake news « professionnelles »

Le 4 décembre, Edgar Welsh,

28 ans, débarque dans la pizzeria

Comet Ping Pong, à Washington.

Le jeune homme, qui a fait le

voyage depuis la Caroline du Nord,

ouvre le feu dans le restaurant, sans

faire de blessés. Arrêté par la police,

il expliquera plus tard qu'il avait

entendu une rumeur propagée sur

un forum, selon laquelle Hillary

Clinton dirigeait un réseau pédophile

depuis la pizzeria. La rumeur

circulait sur les réseaux sociaux avec

le mot-clé #pizzagate.

La campagne présidentielle

américaine, d'une violence verbale

jamais atteinte entre les candidats,

a pour beaucoup participé au questionnement

général et actuel sur

les fake news. Les provocations des

candidats ont fait le bonheur des

sites de désinformation utilisant

des titres racoleurs. Tel le site USA

Politics Today qui titrait : « L'ancien

directeur du FBI pense que Clinton

devrait passer au peloton d'exécution

» ou « le Plan secret d'Obama

sur l'immigration révélé ! »

D'après Oliver Dollimore,

l’un des rédacteurs contacté par

TéléObs, ces sites « sont conçus pour

parler aux partisans de Trump, mais

nous incluons toujours des informations

factuelles. C'est un mélange

d'informations et d'opinions mais

toujours sourcé ». Les prises de

positions des articles sont sans

équivoque, avec des conclusions

récurrentes telles que « Hillary Clinton

ne s'inquiète que d'elle-même, et

défend son horrible mari […] voilà

pourquoi elle a perdu. Partagez cet

article pour montrer que les Clinton

sont plus fous que jamais ! »

D'après Guillaume Brossard,

fondateur du site Hoaxbuster, qui

s’attèle à détecter les fausses informations

depuis les années 2000,

« on observe un changement très

flagrant. Les sites de diffusion de

fausses informations se sont professionnalisés.

On est passé de l'amateurisme,

de la simple blague, à de

la désinformation à but idéologique.

Étude de cas : la panique provoquée par le virus Ebola en 2014

Cette évolution a suivi l'explosion du

web. »

Et le fake fait recette : d'après le

site Buzz Feed, vingt fake news avérées

provenant de différents sites

« bidon » ont fait plus d'abonnés

et comptabilisé plus de partages

sur la toile que les vingt articles

les plus populaires en provenance

des médias sérieux tels que le New

York Times ou le Washington Post.

8,7 millions d'internautes ont partagés

les fake, contre 7,4 millions pour

les articles sérieux.

Aux portes de l'Europe

Breitbart News, site de fake news

racistes et sexistes ayant fait ses

choux gras sur l'élection présidentielle,

a même vu une opportunité

dans les prochaines élections françaises

et allemandes. Ses fondateurs

ont ainsi promis de s'installer dans

ces pays pour soutenir les candidats

d'extrême droite, espérant un nouveau

contexte « à la Trump ».

Le pari s’avérera compliqué : les

points d'exclamation et les titres

tapageurs américains n'ont pas

cours en France ni en Allemagne.

Sur le continent européen, les fake

news enregistrent une progression

moins importante, mais plus subtile

qu'aux États-Unis. Les sites satiriques

français tels que Le Gorafi

annoncent tout de suite la couleur

en prévenant les lecteurs.

Mais le spectre de la désinformation

est large. On retrouve également

des sites tels que Sputnik

ou RT France, qui soutiennent le

Kremlin et relaient une information

en ligne avec la ligne politique

de Poutine : accusations concernant

la diplomatie occidentale,

défense des intérêts russes et critique

politique absente envers le

Kremlin. Là encore, les articles se

basent sur des informations réelles

Kaci Hickox et son conjoint s’adressent aux

médias le 31 octobre 2014.

En 2014, durant l'épisode du virus Ebola, des sites web américains

ouvertement satiriques, tels que National Report,

ont publié des articles ressemblant beaucoup aux articles

« sérieux » des autres médias. Ces articles aux titres tels que « Les

villes du Texas en quarantaine en raison d'une famille ayant

contracté le virus Ebola », avec des éléments biographiques de l'auteur

et des vidéos courtes à l'appui, semblaient avoir un contenu

crédible. L'article a été partagé 330 000 fois sur Facebook. Une fois

la poussière virale retombée, les médias rapportèrent seulement

quatre cas avérés de virus et un décès. Un contraste frappant avec

les 30 000 cas et les 11 000 morts du virus en Afrique.

De retour d'Afrique de l'Ouest, Kaci Hickox, infirmière à Médecins

sans frontières, a dû passer des tests et a été déclarée négative

au virus Ebola. Cependant, le gouverneur Chris Christie semblait

convaincu du contraire. Il a insisté pour que la jeune femme soit

mise en quarantaine dans son État, le Maine. Après plusieurs interviews

accordées aux médias par le gouverneur, la nouvelle s’est propagée et l'infirmière a été contactée par la propriétaire de

son logement qui lui a ordonné de quitter les lieux. « Jusqu'à ce que je parte pour la Sierra Leone, elle me soutenait de tout cœur »,

a indiqué Kaci Hickox. « Puis, elle m'a demandé de partir, sachant que je n'étais pas infectée du virus ».

Mais une fois la machine médiatique lancée, difficile de l'arrêter. Paul LePage, gouverneur du Maine à l'époque, a tenté d'imposer

des mesures de mise en quarantaine. La jeune femme, soumise à une pression de plus en plus forte, a dû consulter un juge

fédéral. Un article de Reuters titrait « Une infirmière défie la quarantaine d'Ebola et s'oppose au gouverneur », et ce, bien qu'aucune

quarantaine n'ait été déclarée. La jeune femme s'est interrogée sur l'origine de ces rumeurs : « Qui a causé cette panique

du public ? Les médias, ou le public à la recherche de drame et d'excitation ? » D'après Filippo Menczer, statisticien, cet épisode

illustre l'économie de l'attention, une théorie des sciences économiques et sociales. « Si des personnes accordent une attention

particulière à un certain sujet, de nouvelles informations sur le même sujet seront produites », explique-t-il.

Spencer Platt/Getty Image

et savent nuancer les propos, mais

gardent des titres comme « En cas

de guerre, l'Otan perdrait », « les

Européens disent non à l'Otan ».

Une émission qui s'interrogeait sur

le bilan d'Obama retiendra surtout

que celui-ci était « en permanente

contradiction », faisait des choix

« invraisemblables ».

Contre attaque des médias

La chancelière allemande s'est alarmée

fin novembre sur d'éventuelles

interférences russes dans les prochaines

élections allemandes et a

récemment proposé une législation

punissant Facebook de 500 000

euros d'amendes pour chaque

information étiquetée « fausse ».

« Le débat politique se déroule

dans un environnement médiatique

complètement neuf. Les opinions ne

se forment plus comme il y a vingtcinq

ans. Aujourd’hui, nous avons

des faux sites, des bots, des trolls,

des choses qui se régénèrent ou renforcent

les opinions avec des algorithmes

et nous devons apprendre à

y faire face », a déclaré Angela Merkel.

L'exercice d'une censure envers

les fausses informations n'est

cependant pas une solution à terme.

Article 19, un organisme créé en

1987 pour défendre la liberté d’expression,

a déclaré dans la presse

que « plusieurs pays dans le monde

interdisent la diffusion de fausses

informations, même si elles ne sont

pas diffamatoires ». Les lois contre

les fausses nouvelles sont rares

dans les démocraties plus établies et

parmi celles-ci, certaines estiment

qu’une telle législation est inconstitutionnelle.

Article 19 souligne que le Conseil

des droits de l’homme des Nations

unies a « réitéré l’idée selon laquelle

toute intervention sur les fausses

nouvelles limitait indûment l’exercice

de la liberté d’opinion et d’expression

».

Le Conseil des droits de l’homme

des Nations unies a confirmé cette

opinion malgré l’apparition de

nouvelles susceptibles de provoquer

des troubles publics, au motif

que « dans tous les cas, l’emprisonnement

comme sanction pour l’expression

pacifique d’une opinion

constitue une violation grave des

droits de l’homme ».

Réponse des médias traditionnels

La réponse la plus importante

est sûrement celle des acteurs du

monde médiatique.

Pour la presse en ligne, le danger

des fake est aussi celui de la monétisation

de leur site.

En naviguant sur Internet, il

est fréquent de remarquer sur les

sites d'informations sérieuses des

colonnes d' « articles conseillés »

ou « contenus sponsorisés ». Ces

liens redirigent l'internaute vers

un site extérieur qui rémunère au

nombre de clics le site accueillant

ces articles. Si le phénomène est

répandu et acceptable en soi, il est

également une porte ouverte aux

titres racoleurs et exagérés, auxquels

on reconnaît le plus souvent

les fake news.


SOCIÉTÉ

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17 - 23 JANVIER 2017

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tion

La quatrième armée ou

repenser l’art de la guerre

« NOS CERVEAUX ADORENT LES FAKE NEWS »

La faculté d’une fake news de s’imprimer dans le cerveau humain et de modifier le raisonnement d’un

individu pourrait se comparer aux messages publicitaires, répétés de multiples fois pour inciter à l’acte

d’achat. L’esprit humain possède une capacité limitée à absorber une information. « L’humour permet de

prendre du plaisir à réfléchir sur une idée que le raisonnement humain exclurait en temps normal », explique

Dannagal Young, professeur de psychologie et de communication à l’université du Delaware (États-Unis).

La satire ou le sensationnel demande une implication active de l’individu, contrairement à une information

neutre. « Quand vous êtes exposé à une fake news ou quelque chose de sensationnel, cette information

et le raisonnement qu’elle contient deviennent une partie de votre mémoire. Elles sont simplement là.

Vous ne pouvez pas ne pas les penser », indique le professeur.

D’après lui, il suffit d’entendre des traits de satire tels que « George W. Bush est un imbécile », « Al Gore

est un rigide », pour que ces structures s’impriment dans une partie de notre mémoire. Du point de vue des

sciences cognitives, blâmer une personne pour réagir en fonction d’une fake news, ou même accuser un

manque d’éducation, serait l’équivalent de gronder un bébé simplement parce qu’il s’est sali.

D’après Steven Mocher, la meilleure solution de se prévenir des fausses informations serait pour les individus

de « savoir trouver d’autres sources d’informations innovantes et de savoir trouver un juste équilibre.

On peut actuellement déjà choisir soi-même ses favoris sur son flux d’actualités », ajoutant que « l’unique

solution est d’accroître la diversité des sources, non de l’affaiblir ».

John Moore/Getty Images

D’ici à 2019, l’armée française va se doter d’un nouveau

commandement de la cyberdéfense de 3 200 personnes, dont 2 600

cybersoldats et 600 experts.

L’État va ainsi y consacrer un milliard

d’euros sur l’ensemble de la durée de la

loi de programmation militaire, de 2014

à 2019. L’enjeu est en effet de taille car la

plupart des infrastructures et des équipements

gouvernementaux français doivent être cybersécurisés,

dans un contexte de cyberattaques étrangères

de plus en plus massives.

Cybercom : un nouveau commandement de

cyberdéfense

Créé au début du mois, le

nouveau commandement de

l’armée, Cybercom, est placé

«24 000

cyberattaques visant

la Défense ont été

déjouées en 2016. »

sous la Direction générale de

l’armement Maîtrise de l’information

(DGA-MI), sous la

responsabilité directe du chef

d’État-major des armées. Les

locaux se situeront en Bretagne

à Bruz, près de Rennes.

Cette quatrième armée aura

trois missions : le renseignement,

la protection des

réseaux et la lutte informatique

offensive.

Selon le ministre de la

Défense, Jean-Yves Le Drian,

en cas d’ouverture d’hostilités à l’égard de la

France, des capacités cyberoffensives doivent

permettre de répondre à l’attaque en s’introduisant

dans les systèmes et les réseaux ennemis

pour y causer des dommages, des interruptions

de service ou des neutralisations temporaires ou

définitives.

Pour y parvenir, de nouvelles technologies

vont être mises en place, des équipements dont

la France sera l’unique concepteur – ceci pour

résister à tout risque de détournement. Vont

ainsi se développer des synergies dans le développement

industriel, entre les militaires et le monde

civil, avec l’implication de treize grands groupes

français, dont des entreprises de haute technologie

(Nokia-Alcatel, Thales, Airbus....) ou des

exploitants d’infrastructures critiques (Orange,

La Poste, EDF...).

« Repenser profondément notre manière

d’aborder l’art de la guerre »

« L’émergence d’un champ de bataille cyber doit

nous amener à repenser profondément notre

manière d’aborder l’art de la guerre [...] comme

l’aviation au début du XXe siècle », a déclaré

Jean-Yves Le Drian en décembre. C’est dans

un contexte d’ingérence de

la Russie dans les élections

présidentielles américaines

que le ministre de la Défense

a indiqué que des attaques

similaires pourraient accompagner

les présidentielles

françaises.

Interviewé la semaine

dernière par le Journal du

dimanche, le ministre de la

Défense a indiqué que « la

menace cybernétique est devenue

majeure, y compris sur nos

Jean-Yves Le Drian propres outils militaires. Les

tentatives d’agressions informatiques

sur mon ministère

doublent chaque année. En 2016, 24 000 attaques

externes ont été bloquées par nos dispositifs de

sécurité. Parmi celles-ci, quelques centaines, plutôt

élaborées, avaient de véritables intentions de

nuire. »

Les outils juridiques pour conduire de telles

opérations existent depuis la loi de programmation

militaire du 18 décembre 2013 et sont repris

dans l’article 2321-2 du Code de la défense. Si un

État est mis en cause dans ces opérations hostiles,

ou si celles-ci transitent par le territoire d’un

État qui n’aurait pas empêché une telle utilisation,

alors cela peut suffire à justifier l’édiction de

contre-mesures de la part de Cybercom.

Laurent Gey

« On est passé de

l’amateurisme,

de la simple

blague, à de la

désinformation à

but idéologique. »

Guillaume Brossard,

cofondateur

du site Hoaxbuster

Le 13 janvier, James Harding,

rédacteur en chef de la BBC, annonçait

mettre en place une équipe de

choc dont le but serait de vérifier les

informations vues dans la presse.

Dans le même temps, pour faire

face à la concurrence réelle des

modèles économiques de ces sites,

James Harding a affirmé que la

chaîne s’attèlera à des « styles et des

formats, web, télé, radio... pour être

sûr que les faits soient plus attractifs

que les mensonges », et qu'elle se

focalisera sur l'explication de ce qui

conduit l'actualité.

Les médias traditionnels, dans

leur riposte, pourraient également

être tentés d'invalider les sources

d'informations alternatives. Selon

Steven Mosher, le président du

Population Research Institute, les

craintes concernant les fausses nouvelles

sont principalement attisées

par des médias qui veulent saper ces

sources.

« Ils n’ont plus le monopole de

l’actualité », explique-t-il, admettant

que, par le passé, si le New

York Times et le Washington Post

couvraient un sujet de la même

manière, leur point de vue deviendrait

l’opinion dominante. Mais

avec la montée des réseaux d’information

indépendants, « ils perdent le

contrôle des débats, ce qu’ils n’apprécient

en aucun cas », ajoute-t-il. « Ils

perdent des lecteurs, ils perdent des

abonnés et ils essaient donc d’invalider

la légitimité des concurrents ».

Joshua Phillip

et Daniel Trévise

La cyberdéfense est officiellement un nouveau commandement de l'armée française.

JOEL SAGET/AFP/Getty Images


8 |

17 - 23 JANVIER 2017

INTERNATIONAL

www.EpochTimes.fr

ÉCO en bref

Donald Trump confirme

l’interventionnisme

Arrivée de tanks américains en Allemagne. Les relations OTAN-Russie se crispent.

Le Danemark dans le viseur

de l’armée russe ?

Les informations sur l’évolution

des relations entre

les États-Unis – et ses alliés

européens de l’OTAN –

avec la Russie de Vladimir

Poutine sont ambivalentes : d’un côté,

l’annonce par Donald Trump, ce vendredi

13 janvier, d’une possible levée

des sanctions internationales à l’encontre

de Moscou ; de l’autre, l’arrivée

– le 6 janvier – de centaines de tanks

américains en Allemagne et le repositionnement

de missiles russes aux

emplacements leur permettant de toucher

plusieurs capitales européennes.

Alors que les expressions publiques

sur ces sujets sont habituellement rares

et indirectes, depuis que l’administration

américaine a directement accusé

Moscou d’avoir biaisé le résultat des

élections présidentielles aux États-

Unis, la détérioration des relations avec

la Russie est de plus en plus présente

dans les discours politiques européens.

Une sécurité menacée

Le ministre de la Défense danois a

franchi un nouveau pas dans cette

direction en considérant publiquement

que la sécurité de son pays est

directement menacée par les attaques

de pirates informatiques russes et par

la proximité d’armes capables de frapper

la ville de Copenhague. Dans une

interview-choc accordée le 12 janvier

au quotidien danois Berlingske,

Claus Hjort Frederiksen ne s’embarrasse

pas de langue de bois : « Tout le

monde au Danemark doit savoir que

nous sommes sous le coup de différentes

menaces. Et que nous devons agir ».

Pour son premier entretien avec

la presse depuis sa nomination en

novembre dernier, le ministre de la

Défense a surpris en focalisant l’intégralité

de son message sur le risque

russe. Il l’explique par le contenu alarmant

d’un rapport émis au mois de

décembre 2016 par les services secrets

danois et par, plus récemment, ses

entretiens avec les responsables militaires

danois : « Nous sommes en

mesure de confirmer que les Russes installent

à Kaliningrad de nouveaux missiles

qui peuvent atteindre Copenhague.

Ceci est bien sûr un risque majeur. »

Le 20 décembre dernier, le rapport

annuel de la Défense danoise sur les

risques de sécurité nationale pointe

la Russie, à laquelle il donne une place

prépondérante : « La Russie poursuit sa

modernisation militaire et sa croissance

à l’Ouest du pays et dans la région de

la mer Baltique, qui cristallise les tensions

entre Russie et OTAN », indique

le rapport cité par le quotidien danois

The Local. Bien que la Russie ne semble

pas prévoir d’attaque à court terme, « le

risque augmente cependant du fait du

manque de confiance entre la Russie

et l’OTAN, et de la volonté de la Russie

de prendre plus de risques. » La plupart

des pays baltes ont d’ailleurs déjà

demandé la protection de l’OTAN en

envisageant un nouveau scénario d’invasion

sur le modèle ukrainien.

Dans le même entretien, Frederiksen

indique que le Danemark pourrait

prochainement faire face à des

cyberattaques coordonnées lancées

par la Russie pour « interférer avec nos

processus démocratiques », de la même

façon que cela s’est produit pour les

élections américaines. Cette menace

informatique par l’État russe dépasse,

d’après lui, celles de tous les autres hackers

: « Les groupes russes soutenus par

l’État sont prêts à attaquer nos hôpitaux,

nos infrastructures, notre alimentation

électrique, en piratant nos

systèmes informatiques. »

Washington a expliqué

cet envoi par le besoin

de faire face aux

menaces russes et de

garantir que l’Europe

reste « intègre, libre,

prospère et en paix ».

Un investissement des forces militaires

Symboliquement, le ministre a

annoncé le déploiement de 200 soldats

danois dans la force de réponse

rapide de l’OTAN en Europe de l’Est :

« Ce n’est évidemment pas que nous

pensons que 200 soldats puissent stopper

l’armée russe. Mais ils doivent savoir

que la défense territoriale commence là,

et que la solidarité des pays de l’OTAN

s’applique. »

Dans le même temps, le ministre

indique que seule une augmentation

significative des dépenses militaires

pourra protéger le Danemark, avec

comme ambition d’atteindre les 2%

du PIB, conformément aux recommandations

de l’OTAN : « Nous avons

besoin d’un nouveau plan économique,

mais je ne suis plus ministre des

Finances, je n’ai donc pas les derniers

chiffres. Il faut cependant que la population

danoise comprenne que nous faisons

face à des dangers très concrets que

nous ne pouvons ignorer ».

Le déploiement de nouveaux missiles

russes à Kaliningrad, proche de

la frontière polonaise, est, d’après les

autorités russes, une réponse à l’accroissement

de la présence de l’OTAN

de l’autre côté de cette même frontière.

Début janvier, l’Allemagne a reçu des

centaines de tanks américains, qui vont

avec des troupes additionnelles se positionner

aux frontières orientales de la

Pologne. Washington a expliqué cet

envoi par le besoin de faire face aux

menaces russes et de garantir que l’Europe

reste « intègre, libre, prospère et en

paix ». Plus de 4 000 hommes supplémentaires

ont également été affectés

en Pologne. Berlin, qui a été la première

chancellerie à accuser nommément

les autorités russes en 2015, après

le piratage du réseau informatique du

Bundestag, n’a pas hésité à déclarer en

décembre dernier craindre que la Russie

tente d’interférer avec les élections

parlementaires allemandes en 2017.

En France, par contre, le monde politique

reste discret sur l’existence, ou

pas, d’un danger russe, les seules accusations

se concentrant sur l’aide financière

apportée à Marine Le Pen par des

banques contrôlées par le Kremlin.

Verra-t-on au printemps un réveil des

inquiétudes, ou certains candidats à la

présidentielle victimes de cybercampagnes

?

Aurélien Girard

Alexander Koerner/Getty Images

Donald Trump a tenu, le 11 janvier dernier,

sa première conférence de presse depuis

son élection en novembre. Il a affirmé que

sa première priorité sera la création d’emplois aux

États-Unis. En termes de politique économique,

le futur président a confirmé l’interventionnisme

dont il compte faire preuve pour contraindre les

entreprises américaines à ne plus délocaliser, en

évoquant la mise en place de taxes élevées. Cet interventionnisme

accru serait aussi dirigé vers les

secteurs qui ne fonctionneraient pas bien comme

les secteurs de la santé et de la défense, où les pressions

à la hausse des prix sont trop importantes, selon

D. Trump. Les priorités du début de mandat comme

le remplacement de l’Obamacare (Assurance Santé)

et la construction du « mur » avec le Mexique ont

été confirmés.

L’investiture de M.Trump interviendra le 20 janvier.

Après cette date les marchés vont scruter tous

les détails sur les mesures « pro-croissance » de son

agenda : un plan de relance budgétaire et le stimulus

fiscal.

La santé éclatante de

l’économie allemande

Onze ans après sa prise de fonction, Angela

Merkel a de quoi se réjouir et, malgré les

poussées nationalistes, envisager sa réélection

avec optimisme. Selon l’institut fédéral allemand

de statistiques Desatis, la croissance de l’économie

allemande a atteint 1,9% en 2016, la meilleure performance

depuis 2011. Parallèlement, le budget

fédéral est en excédent de 12 milliards d’euros, les

exportations ont augmenté de 5,6% sur un an à 108,8

milliards d’euros, et la balance commerciale est en

excédent de 22,6 milliards euros.

Ces bonnes nouvelles s’accompagnent d’un taux

de chômage de 6%, au plus bas depuis la réunification

en 1989, et une prévision de création de 500 000

emplois en 2017. Cela a permis aux syndicats de

négocier des hausses de salaires supérieures à la

hausse de la productivité et de relancer la demande

intérieure, avec une croissance de 5% du secteur de

la construction ainsi qu’un carnet de commandes au

plus haut depuis 1995.

Extension du Dieselgate

au groupe Fiat Chrysler

Après Volkswagen, le groupe Fiat-Chrysler

Automobiles (FCA) est accusé par l’Agence

américaine de protection de l’environnement

(EPA) de n’avoir pas respecté les limites

d’émission des véhicules. L’EPA accuse Fiat Chrysler

d’avoir installé sans le dire un logiciel qui supprime

le dispositif de dépollution du véhicule afin d’améliorer

ses performances. Par communiqué de presse,

FCA nie toute fraude, précise que ses « moteurs diesel

sont conformes à toutes les exigences réglementaires

applicables » et propose à l’EPA de travailler

ensemble pour « résoudre cette question de manière

juste et équitable ».

On estime que 104 000 véhicules diesel entre 2014

et 2016 seraient concernés, dont des Jeep Grand Cherokee

et des pickups Dodge Ram. Selon l’EPA, FCA

risque une amende pouvant aller jusqu’à 44 539 dollars

par véhicule en situation d’infraction, soit un

maximum de 4,63 milliards de dollars. Le titre Fiat

Chrysler a immédiatement plongé de plus de 16% à

Wall Street, ce qui a entraîné sa suspension, et de près

de 18% à la bourse de Milan.


CHINE

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17 - 23 JANVIER 2017

| 9

La Chine est-elle toujours communiste ?

Depuis 1980 et les premières réformes économiques, les dirigeants chinois n’ont cessé de transformer la Chine en une société de consommation

moderne. Cependant, du sommet de l’État jusqu’à sa base, la nature brutale du Parti au pouvoir et ses méthodes demeurent.

La Chine, deuxième

économie, est également

l’une des plus

importantes places

boursières au monde.

Les horizons de Pékin, de Tianjin

et de Shanghai sont parsemés

d’immenses gratte-ciel modernes

affublés de panneaux publicitaires

géants où se succèdent

images de montres de luxe et top

models. Sur les routes, on voit

toutes les grandes marques de

voitures et les Chinois utilisent

les derniers modèles de smartphones.

La République populaire

de Chine, ne serait-elle donc

qu’un État capitaliste moderne

qui ne porte qu’une étiquette

communiste ? La réponse mérite

d’être nuancée, et les meilleurs

indices ne sont peut être pas

dans le style de vie affiché mais

plutôt dans la structure politique

ainsi que dans l’éducation

et le quotidien des

Chinois.

Économie néo-planifiée

La Chine n’aurait pas pu

connaître une croissance à deux

chiffres de son PIB ces dernières

années si en 1978 le PCC, dirigé

par son chef Deng Xiaoping,

n’avait pas tourné le dos à la doctrine

socialiste pure pour lancer

des réformes économiques.

Au cours des dernières décennies,

le Parti a graduellement

cédé une part de son contrôle

sur les moyens de production,

autorisant l’existence des entreprises

et des entrepreneurs privés.

Les hauts dirigeants chinois

se réfèrent aujourd’hui à leurs

plans quinquennaux comme

à des lignes directrices, reconnaissant

que le PCC ne supervise

plus une économie planifiée

au sens propre du terme, où tous

les choix en matières d’investissements,

de production et de fixation

des prix sont décidés par

l’État.

Cependant, le Parti dirige ce

qu’on pourrait appeler une économie

néo-planifiée. Si les entreprises

d’État ne représentent que

3% du nombre des entreprises

en Chine, elles assurent 25 à 30%

de la production industrielle du

pays. Le PCC garde ainsi la main

sur l’économie chinoise grâce au

fait que ses hauts responsables

ou membres de leurs familles

possèdent plusieurs industries

clés. Par exemple, Jiang Mianheng,

fils de l’ancien chef du PCC

Jiang Zemin, est connu en Chine

comme « roi des télécommunications

» en raison de ses placements

et de son contrôle sur cette

industrie.

Jusqu’à

aujourd’hui, dans

les écoles, les enfants

doivent prononcer un discours

le poing levé devant le drapeau

et jurer qu’ils « défendront

jusqu’à leur mort le Parti

Communiste chinois ».

Il est largement reconnu que

les chiffres impressionnants de

croissance du PIB chinois sont

manipulés. En 2007, Li Keqiang,

l’actuel Premier ministre chinois,

avait confié à un fonctionnaire

américain que les chiffres officiels

ne sont pas fiables et qu’il

examine plutôt le volume du fret

ferroviaire, de la consommation

d’électricité et des nouveaux prêts

bancaires pour mieux évaluer la

croissance économique de son

pays.

De nombreux PDG chinois

sont membres du Parti et siègent

dans la législature fantoche ou

dans l’organe consultatif politique

du régime. Cela résulte en

partie de la politique du PCC

qui coopte dans ses rangs l’élite

des entrepreneurs chinois. Les

hommes d’affaires adhèrent de

toute façon au Parti parce que

cela leur apporte des avantages

professionnels. En outre, en

accord avec les enseignements

des manuels marxistes, le Parti est

le seul véritable propriétaire de la

totalité du sol ; les Chinois sont

simplement ses locataires.

Règne et omniprésence de la

pensée unique

Le PCC emploie plus de deux

millions de cyber-policiers pour

censurer l’opinion publique –

surnommés la brigade des cinquante

centimes, en raison de la

somme qu’ils perçoivent par suppression

ou ajout de post sur la

toile. Il maintient également un

puissant pare-feu pour empêcher

que l’Internet mondial

soit disponible sur le territoire

de la Chine. Les agents

de contrôle de la population

obligent les Chinois à

respecter les limites de procréation

imposées par l’État

et soumettent les femmes à des

stérilisations et des avortements

forcés, ainsi qu’à des amendes

exorbitantes.

Un contrôle de la pensée s’impose

toujours à plusieurs étapes

dans la vie d’un Chinois. Les

mouvements des jeunes pionniers

et la ligue de la jeunesse

veillent à un endoctrinement

strict dès l’enfance. Plus tard, les

étudiants passent des tests à l’université

comportant des questions

sur le Parti Communiste chinois

et sa ligne politique. Les réponses

les plus conformes aux attentes

officielles se voient récompensées.

Que ce soit dans un contexte

professionnel ou dans d’autres

circonstances, les Chinois sont

parfois soumis à des tests au cours

desquels ils doivent « décrire leur

état de pensée ». Ceux qui formulent

des critiques ou dont les

critiques envers le PCC sont un

peu trop relayées dans les médias

sont arrêtés et doivent présenter

des excuses publiques.

Les dissidents du régime,

ainsi que les communautés religieuses

et les simples membres

de la société civile, vivent sous la

menace constante d’être déclarés

« ennemis politiques » par le

Parti et d’être « invités à prendre

le thé », une expression signifiant

être interrogés par des agents

de la tristement célèbre sécurité

publique. Les dissidents sont maltraités,

torturés et souvent forcés

à effectuer des travaux durs dans

des centres de détention.

Sauf cas exceptionnel, le

régime procède, à une condamnation

systématique de ses

ennemis politiques devant les tribunaux

qu’il contrôle. Les dissidents

bien connus sont gardés

en résidence surveillée une fois

qu’ils complètent leurs longues

peines de prison. La Constitution

chinoise proclame qu’elle garantit

la liberté de croyance, mais le

Parti ne tient pas compte de ses

propres lois. Par exemple, en

1999, Jiang Zemin a ordonné la

Faluninfo.net

La méthode

bouddhiste Falun

Gong connue aussi

sous le nom de Falun

Dafa a été rendue

publique en 1992

par Monsieur Li

Hongzhi. En 1999,

avant le début de

la persécution, on

comptait 100 millions

de Chinois pratiquant

les exercices dans les

parcs le matin avant

d’aller au travail.

persécution de près de cent millions

de Chinois qui pratiquaient

le Falun Gong. Au nom de la

pensée unique et de motifs politiques

personnels, l’ancien Secrétaire

général du Parti a durement

réprimé cette pratique spirituelle

bouddhiste reposant sur les principes

d’authenticité, de compassion

et de tolérance. À cette fin, il

a mobilisé tous les médias d’État

pour une propagande et mis en

place une organisation extrajudiciaire

afin d’assurer que l’appareil

juridique et sécuritaire du régime

exécute sa politique au pied de la

lettre.

Le principe d’un parti léniniste

est le contrôle absolu de ses dirigeants

– une tradition créée par

Lénine et perpétrée plus tard par

Staline, interdisant la formation

de factions et refusant tout débat

interne. De fait, politiquement,

la Chine est toujours dirigée par

un parti léniniste obsédé par le

contrôle.

Le Parti communiste chinois

est le seul parti politique au pouvoir

depuis 1949. D’autres factions

se sont assemblées dans

un « front uni », mais ils restent

dépendants des communistes.

Le chef ou le secrétaire général

du Parti ne dirige pas un cabinet,

mais il appartient au Comité permanent

du Politburo, un groupe

de hauts fonctionnaires qui prend

toutes les décisions importantes

dans le pays. Il n’est pas non plus

élu démocratiquement, mais

choisi par les aînés et les élites du

PCC.

Aujourd’hui, les dirigeants

chinois ont troqué leurs chemises

grises à col Mao pour des costumes

d’affaires. Mais la faucille

et le marteau trônent toujours

au-dessus de l’estrade du Grand

palais du Peuple à Pékin. Dans

les écoles, les enfants sont encore,

dès l’âge de quatre ans, sommés

de défiler en rang dans la cour de

l’école. Là, ils doivent prononcer

un discours le poing levé devant

le drapeau et jurer qu’ils « défendront

jusqu’à leur mort le Parti

Communiste chinois ».

Larry Ong

Aujourd’hui,

les dirigeants

chinois

ont troqué

leurs chemises

grises à col

Mao pour

des costumes

d’affaires.

Fred Dufour/AFP/Getty Images


10 |

17 - 23 JANVIER 2017

ARTS

CULTURE

La Belle et la Bête, l’artiste entre cor

Depuis 18 ans,

Thierry Malandain

dirige le Malandain

Ballet Biarritz,

centre chorégraphique

national qui est aujourd’hui

le seul centre chorégraphique

contemporain de style classique. La

Belle et la Bête, sa dernière création,

est passée fin novembre au Théâtre

des Sablons à Paris. Après le succès

de Cendrillon, récompensé du

prix du meilleur chorégraphe aux

Taglioni European Ballet Awards,

Laurent Brunner, directeur de

l’Opéra Royal de Versailles, lui

commande un deuxième conte.

Ses créations, fondées sur un

vocabulaire classique, font des

profondes valeurs humaines sa

priorité. La rencontre avec Thierry

Malandain, passionné d’histoire

de la danse, est une leçon enrichissante

et surprenante sur l’univers

de la danse en France.

La Belle et la Bête est une deuxième

commande de l’Opéra

Royal de Versailles. Quels étaient

les défis de cette création ?

Il n’y a pas de partition pour La

Belle et la Bête. Comme nous avons

fait la première avec un orchestre,

il fallait absolument une partition

symphonique. J’ai écouté de nombreuses

musiques de compositeurs

différents et finalement je suis

revenu à Tchaïkovski.

Généralement dans les partitions

de ballets, il y a des trames narratives

mais là il n’y avait rien. Il fallait

donc mettre la chorégraphie sur

la musique de Tchaïkovski qui n’est

pas faite pour cela.

Mais il y avait un côté dramatique

dans sa musique, parfois

peut-être un peu trop. Tchaïkovski

souffrait toujours. Il ressentait la

douleur de la bête comme sa propre

douleur d’artiste.

Par ailleurs, c’était une deuxième

commande d’un conte et je ne voulais

pas le traiter de la même façon.

J’ai donc rajouté ce trio – l’artiste,

le corps de l’artiste représenté par

un autre danseur, et la jeune fille

qui incarne son âme. Je me suis mis

dans la peau de celui qui essaie de

créer La Belle et la Bête.

Ce trio double surtout la bête car

le conflit de l’artiste, c’est d’essayer

d’accéder à la beauté via l’inspiration

ou la grâce. Le conflit de la bête

c’est aussi d’essayer de recourir à la

beauté via l’amour. Ce sont des chemins

qui s’entremêlent. Cela m’a

© Olivier Houeix

paru plus intéressant de le présenter

de cette façon que de refaire un

deuxième conte.

La scène finale montre ce rêve

doré où l’amour et le sublime

triomphent. Pourtant, l’artiste

qui a accompli un chef-d’œuvre

est en souffrance. Pourquoi ?

Oui, on se dit à chaque fois qu’on a

fait le mieux que l’on pouvait, mais

on n’est jamais content parce qu’on

aurait pu faire mieux. Ce n’est pas

une situation toujours facile. C’est

d’essayer de se dépasser à chaque

fois alors qu’on se heurte à nos

propres limites.

N’êtes-vous jamais satisfait de

vos créations ?

D’un certain côté oui. On fait de

notre mieux et parfois on juge que

ce n’est pas suffisant. Mais c’est

aussi cette insatisfaction qui est le

moteur pour continuer.

Qu’est-ce que danser signifie

pour vous ?

C’est la question la plus difficile qui

soit. Je danse depuis l’enfance. Pour

moi, c’est d’essayer de se dépasser,

peut-être de rêver à un idéal. En

tout cas, la danse permet de s’extraire

de la réalité. Quand on danse,

on voyage.

Le beau, le bon et le

bien sont des valeurs

vers lesquelles il faut

tendre.

Selon vous, la danse ne doit pas

être seulement du domaine du

plaisir mais aussi du sacré et établir

un lien entre le beau et le

bien ?

À mon sens, c’est un peu la mission

de l’art d’apporter quelque

chose de plus aux gens, c’est-à-dire

quand ils repartent, qu’ils soient un

peu transformés. Pour moi, l’art

est quelque chose qui élève. J’essaie

d’atteindre ces sphères-là. La grâce

et l’inspiration sont de grands mots

mais il n’ y a que cela qui nourrit. Ce

sont des strates inaccessibles qu’on

ne peut pas mettre en mots mais

c’est ce que j’essaie de toucher.

Ce sont des valeurs classiques

qui ne sont pas figées. Elles font la

promotion d’un idéal que l’on peut

critiquer sans doute... mais disons

que c’est un chemin pour essayer

d’accéder à une sorte de bonheur,

même s’il est artificiel. Le beau, le

bon et le bien sont des valeurs vers

lesquelles il faut tendre.

Il y a un contraste de couleurs

dans La Belle et La Bête qui

représente une dualité. Quelle

est-elle ?

Les personnages en gris ou en noir

représentent la réalité alors que tout

ce qui est doré c’est l’illusion, le rêve

et l’idéal.

Les costumes sont somptueux.

Cependant, vous avez choisi un

décor très minimaliste

Oui, c’est un peu comme Cendrillon.

Nous faisons beaucoup de

spectacles, nous n’avons pas non

plus beaucoup de moyens. La

Belle et La Bête évidemment exigerait

beaucoup de décors différents.

Alors j’ai trouvé cette idée avec les

rideaux qui créent des espaces.

C’est aussi un peu comme des pages

d’un livre que l’on tourne.

Pourrait-on dire que vous appréciez

l’importance de la tradition ?

Oui, je n’ai pas honte de la tradition.

Je m’appuie dessus. J’essaie de faire

un lien entre le passé et aujourd’hui.

Le passé m’apporte beaucoup. Je ne

cherche pas à être un révolutionnaire.

Préférez-vous travailler avec un

orchestre ou une bande sonore ?

Cela dépend des chefs. Quand tout

est bien ensemble, c’est un avantage.

C’est un luxe et un atout pour

le public, pour les danseurs aussi.

Mais c’est une grande prise de

risque, car avec la bande, ils sont

sûrs des tempi, alors qu’avec l’orchestre,

le chef doit être très rigoureux.

Êtes-vous devenu chorégraphe

par hasard ?

Quand j’étais plus jeune, je souhaitais

être décorateur. J’étais au ballet

de Nancy et un jour j’ai vu qu’il y

avait un concours de chorégraphie

et par curiosité j’ai décidé d’essayer.

J’ai obtenu le premier prix. L’année

d’après, j’ai fait un autre concours

et j’ai gagné de nouveau. Et la troisième

année, j’ai encore remporté

le premier prix. Les danseurs avec

lesquels j’ai travaillé m’ont proposé

alors de monter notre propre compagnie.

C’était en 1986.

Vous vouliez être décorateur au

départ. Cela a-t-il influencé votre

démarche ?

Oui, quand j’écoute une musique,

tant que je ne l’ai pas posée dans

un cadre particulier, mon esprit

s’échappe constamment. Je dois la

placer dans un endroit précis. Le

décor pour moi, c’est comme une

boîte, une fois que je l’ai, je peux

imaginer la danse.

Je travaille avec le même décorateur,

Jorge Gallardo, depuis bientôt

30 ans. Il est chilien et habite à Santiago.

Quand je réfléchis à un ballet,

je suis obligé d’imaginer tout

de suite le décor pour savoir où

cela va se passer. Quand il arrive, je

sais déjà plus ou moins ce que sera

le décor. Je décide de l’idée principale.

Puis, il l’aménage.

Vous avez fait des recherches sur

la danse. Quelle est l’origine de

votre intérêt ?

Je me suis intéressé à l’histoire de la

danse car je viens de la danse classique.

Quand j’ai commencé la chorégraphie

en France, c’était l’époque

de ce que l’on appelait la « Nouvelle

danse française » : la danse contemporaine.

On m’a vite classé comme

marginal. Puis, quand on a quitté

le ballet de Nancy pour créer notre

compagnie, mon travail n’a pas été

reçu comme je l’aurais espéré, j’étais

toujours mis à part. À travers l’histoire,

j’ai commencé à chercher

d’où je venais. Comme danseur,

on ne vous demande que de danser

mais en tant que chorégraphe,

il fallait que je défende mon travail.

J’ai dû retourner aux sources

de la danse pour comprendre d’où

je venais.

Vous parlez de l’histoire officielle

et de l’histoire secondaire de la

danse.

Oui, pour moi, il y a l’histoire de la

danse officielle et la réalité.

En effet, les ballets russes sont

arrivés en 1909 au Châtelet avec

toute une émigration d’intellectuels

russes dont beaucoup étaient

passionnés par la danse et écrivaient

sur la danse. Quand ces critiques se

sont installés à Paris, ils se sont mis

à écrire sur les ballets russes puis

sur l’histoire de la danse en France.

Pour valoriser les Russes, ils avaient

intérêt à faire l’impasse sur l’histoire

de la danse française.

Si vous regardez aujourd’hui

un livre sur l’histoire de la danse

en France entre 1870 et 1909, il ne

s’est rien passé pour eux. Et, comme

les historiens ont tendance à recopier

éternellement ce que les autres

ont recopié et qu’ils ne font aucune

recherche, on retrouve le même

discours. Alors que notre histoire

entre 1870 et 1909 a été extrêmement

riche.

Curieusement, il était plus facile

de créer sous la monarchie que

sous le régime bourgeois. Beaucoup

d’artistes se sont débrouillés

pour trouver d’autres lieux. La création

est très riche dans les cabarets,

aux Folies Bergères, à l’Olympia.

Dans tous ces théâtres, la création

est phénoménale. Mais personne

n’en parle. On pourrait dire qu’à

partir de 1830, la danse en France

a été dominée par deux vagues, les

Italiens et les Russes.

Pourtant, c’est Louis XIV qui a mis

en avant la danse ?

Oui en effet, c’est sous Louis XIV

et sous Napoléon I er que la danse

a connu son apogée. Sous le Premier

empire, la danse française

s’est répandue dans toute l’Europe.

C’est déjà vrai sous Louis XIV. Mais

sous Napoléon Ier, avec toutes les

conquêtes, il envoie les danseurs

français sur plusieurs territoires. Et

là, hommes et femmes sont à égalité.

Napoléon I er était très présent,

non pas par goût de la danse mais

par celui du rayonnement de la

culture française. Il voulait de l’excellence

et il a donné les moyens.

Qu’est devenue cette excellence ?


ARTS

CULTURE

17 - 23 JANVIER 2017 | 11

ps et âme

De Vouet à Watteau,

un siècle de dessin français

Chefs-d’œuvre du musée des Beaux-Arts

et d’Archéologie de Besançon

Prolongation

jusqu’au 12 février

Musée du Domaine départemental de Sceaux

Chaque année, le département des Hauts-de-Seine invite de grands

musées à présenter leurs plus belles pièces d’arts graphiques (musée

Ingres de Montauban, musée des Beaux-Arts d’Angers ou encore de

la Cité de la céramique Sèvres et Limoges...) au musée du Domaine

départemental de Sceaux.

Ces rendez-vous ont fait du musée l’un des lieux identifiés de l’étude et de la valorisation de l’art du

dessin, à l’échelon national.

Le problème de la danse, c’est qu’on

la traite comme un art mais c’est

aussi un enjeu politique. Quand

la gauche a voulu – à juste titre –

mettre en avant la danse contemporaine,

car elle était un peu mise

de côté, il ne fallait pas la mettre

en avant au détriment de la danse

classique. Cela a été l’erreur fondamentale.

Mais aussi une erreur

d’ignorance. Dans l’art, il faut des

connaisseurs, ce qui n’empêche pas

la modernité.

Par ailleurs, dans les institutions

de la danse, les conservatoires, on a

préféré enseigner pour le plus grand

nombre en bannissant l’excellence.

Mais c’est un peu ridicule car quand

on enseigne la musique dans les

conservatoires, l’excellence existe

toujours, alors qu’en danse, elle

n’existe plus. On critique la danse

classique de ne pas évoluer mais

cela n’embête personne de voir

depuis au moins un siècle tous les

Verdi, tous les Rossini. Par contre,

cela les embête de voir Casse-Noisette

ou Le Lac des Cygnes. À Montpellier,

le public n’a pas vu un ballet

classique depuis 25 ans, alors que

quand ils voient Giselle, ils sont en

folie dans la salle.

En gardant un style très classique,

vous êtes en marge de la danse

contemporaine et vos recherches

sont consacrées à ce qui est en

dehors de l’histoire officielle de la

danse, mais vous dirigez le centre

chorégraphique national de Biarritz

depuis maintenant 18 ans.

N’est-ce pas en soi une forme de

reconnaissance officielle ?

Je fais juste mon métier. C’est vrai

que mon genre est devenu marginal

en France, mais il ne l’est pas

forcément ailleurs. Mon souci,

aujourd’hui, c’est plutôt la relève.

Que ce genre de danse puisse

continuer. L’art aujourd’hui est un

art multiple et il n’y a pas de raison

qu’une esthétique s’efface vis-à-vis

d’autres.

Vous avez établi l’année dernière

le projet de coopération du Sud

Ouest, avec le ballet du Capitole

de Toulouse et le ballet de l’Opéra

national de Bordeaux. Quel est

votre but ?

C’est justement dans le souci de

mettre en avant une relève dans

le genre néoclassique, des chorégraphes

qui font appel à la technique

classique. Nous avons

organisé ce concours l’an dernier.

Malheureusement, le ballet

du Capitole n’a pas pu se joindre à

nous. Mais nous avons poursuivi le

projet avec Bordeaux. Les deux lauréats,

dont la première danseuse est

une jeune Russe qui vient du ballet

Xenia Wiest de Berlin, feront un

ballet à Bordeaux. Quant à nous,

c’est un Français, Martin Harriague

de la compagnie de danse contemporaine

Kibbutz (Kibbutz Contemporary

Dance Company) en Israël

qui fera une chorégraphie ici au

mois de juin.

Qu’en est-il de Noé, votre prochain

spectacle ?

Noé sera présenté début mai 2017

au théâtre de Chaillot mais on fait

une première à Saint-Sébastien

(Espagne) et une première à Biarritz

début janvier. Nous avons

commencé au mois d’avril l’année

dernière, mais nous travaillons

par étape. Nous avons passé trois

semaines en Chine, nous sommes

souvent en tournée…

Il n’ y aura pas d’animaux. Juste

vingt-deux danseurs accompagnés

de la musique de Rossini, c’est

une messe. Je le traite comme une

sorte de baptême, c’est-à-dire que

la scène du déluge sera présentée

comme un baptême.

Noé est une figure intéressante

puisque c’est une sorte de second

Adam. Il représente une deuxième

chance donnée au monde. Je trouve

que c’est un sujet d’actualité.

Propos recueillis

par Michal Bleibtreu Neeman

Pour en savoir plus :

malandainallet.com

© Olivier Houeix

Les œuvres de tous les peintres majeurs du XVII e siècle

Depuis le 16 septembre 2016, le cabinet d’arts graphiques du musée des Beaux-Arts et d’Archéologie

de Besançon, l’un des plus riches constitués en région, présente à Sceaux son fonds français du XVII e

siècle, particulièrement prestigieux. L’époque n’est pas choisie au hasard : elle correspond à la naissance

du Domaine de Sceaux dont le créateur, Jean-Baptiste Colbert, connut et encadra la plupart des artistes

dont les œuvres sont exposées. Ce XVII e siècle, traversé par les règnes de Louis XIII et Louis XIV, est surtout

celui de l’émergence d’une esthétique proprement française, favorisée et accompagnée par un pouvoir

politique soucieux de sa grandeur.

Simon Vouet, Nicolas Poussin, Claude Gellée dit Le Lorrain, Charles Le Brun sont tous représentés au

sein de l’exposition.

Le parcours s’ouvre sur une feuille de Pierre Brébiette, très marquée encore par l’influence italienne du

XVI e siècle, et s’achève avec Jean-Antoine Watteau, mort six ans seulement après le Roi-Soleil, mais porteur

déjà de toutes les voluptés (et de tous les doutes) du siècle des Lumières. Entre ces deux extrêmes sont

évoquées les principales tendances du siècle : le classicisme initié par Poussin et cultivé par Laurent de La

Hyre ; l’académisme savant des proches de Le Brun ; l’inflexion coloriste de la fin du siècle, illustrée par les

dessins aux trois crayons (sanguine, pierre noire et craie blanche) de Charles de La Fosse et, bien sûr, de

Watteau lui-même. Paysages et portraits sont abordés comme des chapitres particuliers de l’histoire du

dessin français de cette époque.

Un parcours pédagogique donne aux visiteurs les clés de compréhension des caractéristiques techniques

et méthodologiques qui accompagnent l’étude et la connaissance du dessin ancien.

Par ce nouvel échange avec un grand musée, l’exposition s’inscrit dans la philosophie de la vallée de la

culture des Hauts-de-Seine, par laquelle le Conseil départemental des Hauts-de-Seine veut favoriser l’accès

du plus large public aux œuvres d’art les plus recherchées.

© Besançon, Musée des beaux-arts et d’archéologie- Photo Pierre GUENAT

INFOS PRATIQUES

Château du Domaine

départemental de Sceaux

8, Avenue Claude

Perrault, 92330 Sceaux

Fermé le lundi

Claude Mellan

1598-1668), Saint

Gaétan recevant

l’Enfant Jésus des

mains de la Vierge,

vers 1660,

pierre noire,

342 x 275 mm,

D.1809


12 |

17 - 23 JANVIER 2017

SPORT

www.EpochTimes.fr

Paris au rythme du handball

Du 11 au 29 janvier, Paris se transforme en capitale

du handball et accueille le 25 e championnat du monde

masculin. Ce sont 24 équipes et pays, plus de 500 joueurs et 8 4

matchs qui se joueront à Paris et dans sept autres grandes villes françaises.

Les villes et les salles

retenues sont Nantes

et le Parc des expositions

de la Beaujoire

(10 800 places),

Metz et le Palais omnisports Les

Arènes (5 000 places), Rouen et la

Kindarena (5 600 places), Albertville

et la Halle olympique (6 500

places), Villeneuve d’Ascq et le

Stade Pierre-Mauroy (27 500

places), Montpellier et l'Arena

(9 850 places), Brest et la Brest

Arena (4 000 places) et Paris et

l'AccorHotels Arena, l’ancien

Palais omnisports de Paris-Bercy

(15 700 places) qui accueillera

aussi la demi-finale et la finale.

Cohésion et motivation de

l’équipe de France

Cette manifestation sportive se

veut festive et ouverte au plus

grand nombre. En effet, ce sport

repose avant tout sur un fort

esprit d’équipe, lequel, au-delà

des compétences techniques

et physiques de chaque joueur,

valorise la cohésion, la bonne

connaissance de soi et de ses

capacités physiques, la confiance nce

envers ses coéquipiers et le plaisir

de passer du temps ensemble.

«La pratique et les

valeurs du sport

forgent l’identité de

Paris autant qu’ils

participent à sa

cohésion. »

Anne Hidalgo

C’est une équipe de France

motivée qui participe à ce mondial.

Champions en 2015 au

Qatar, les Bleus ont aussi remporté

le titre en 2009 et 2011. Pays

hôte de la compétition, l’équipe

est attendue par ses supporters.

Entraînés par Didier Dinart et

Guillaume Gille, les Bleus

font partie des favoris,

pour ce mondial joué

à domicile.

Une animation

sportive

et

sociale

La ville de Paris est à

nouveau « sur la carte mondiale

du sport », a précisé la maire de

Paris, Anne Hidalgo. « La pratique

et les valeurs du sport

forgent l’identité de Paris autant

qu’elles participent à sa cohésion

– sociale, territoriale et générationnelle.

Elles contribuent également

à faire rayonner notre ville

dans le monde, notamment grâce

au handball,

sport

dans lequel

la France a

tant brillé »,

a-t-elle

souligné.

Pour

garantir sa

réputation

de

ville

ouverte,

intelligente,

innovante,

durable et

créative,

Paris a mis

en avant sa

politique sportive

et sociale. Le sport et le festif

se marient bien, et, renforcés par

la cohésion sociale, ils permettent

à tous de donner de la puissance à

cette vague qui déferle sur la capitale.

Aux Bleus maintenant de

surfer dessus et de contenter un

public déjà entièrement conquis.

LOIC VENANCE/AFP/Getty Images

Edwige Ansah

QUELQUES REPERES...

Le championnat du monde de hand est aussi l’occasion

offerte aux néophytes de découvrir tout un vocabulaire

coloré autour du tir pour marquer un but.

En entendant ces termes, nous pourrions penser à une chanson,

une danse à la mode ou un film : non, ce sont des passes redoutables.

Elles demandent souvent une réelle dextérité et cette sou-

plesse,

fruit de la légèreté légendaire du handballeur qui semble parfois

déjouer les lois de la gravité.

Le chabala n’est pas le refrain d’une chanson, mais un tir offensif qui,

bien utilisé, permet de marquer un but. C’est en réalité une feinte du

joueur

qui lève le bras très haut, le redescend et, par un geste du poignet,

amène

la balle à passer au-dessus de la tête du gardien.

Le kung-fu n’est pas un film d’art martial, mais une acrobatie prati-

quée par le tireur vers le but adverse, alors qu’il est comme suspendu

dans les airs, au-dessus de la surface du but. Tout l’art se résume à ce

tir en plein vol, si le pied du joueur touche le sol avant qu’il ait tiré, il

encourt une pénalité. Aussi appelé le Kempa-Trick, la feinte de Kempa,

du nom

d’un handballeur allemand. Cette figure acrobatique a aussi

une variante, le double kung-fu. Très spectaculaire, elle nécessite la participation

de deux joueurs : le premier saute au-dessus de la surface de

but, reçoit une passe et, toujours en l’air, passe la balle au deuxième qui

est aussi comme suspendu dans les airs, au-dessus de la surface de but,

et c’est ce dernier qui marque le but.

La roucoulette n’est pas le chant d’un oiseau charmant sa femelle…!

c’est un tir qui, à l’aide du poignet, donne à la balle un effet rotatif. La

balle, ainsi liftée, est redirigée vers le but lors du rebond. C’est souvent

un tir

de côté effectué par l’ailier, face à un gardien qui semble ne vouloir

rien laisser passer.

Le schwenker n’est pas une boisson fermentée qui nous viendrait du

nord ou la dernière danse à la mode, mais un tir effectué à 6 mètres par

un arrière qui s’est glissé au cœur de la défense. C’est aussi une feinte où

le joueur semble vouloir tirer en suspension, mais par un geste rapide,

il redescend, dribble avant d’enchaîner un mouvement vers le but. La

difficulté technique réside dans le fait que le ballon doit rebondir avant

que le joueur ne touche le sol, sinon l’arbitre sifflera un « marcher ».

«

Soies légères et danses gracieuses

Musique enchanteresse et tambours

D’anciennes façons réapparaissent

La renaissance de la Chine arrive »

Célébration

du NOUVEL AN CHINOIS

Soirée VIP . Le 10 février 2017

Organisé par New Tang Dynasty Television en France, afin de faire découvrir

la richesse et la beauté de la culture traditionnelle chinoise.

Pour plus de renseignements

et pour toutes demandes de partenariat, appeler le 06 19 95 61 59


Mystérieux

caractères

chinois

Zhen vérité

5000 ANS DE CHINE

www.EpochTimes.fr

L’Empereur Jaune, l’ancêtre

de la civilisation chinoise

Selon la mythologie chinoise, l’Empereur Jaune (2698-2598 av. J.-C.) a

conduit la civilisation chinoise de la barbarie à l’état civilisé et le peuple

chinois le considère comme l’ancêtre de leur civilisation.

17 - 23 JANVIER 2017

| 13

Le caractère chinois

(Zhen) se compose des

deux idéogrammes

(Shí) et (Mù).

est le caractère pour le

nombre dix et dans la

pensée bouddhiste, il

symbolise l’univers des

dix directions, tandis

que représente

l’œil.

Combinés, les deux caractères

et correspondent

donc à l’œil

céleste, appelé également « l’œil

qui voit tout ».

Ce caractère tire son origine de

la croyance chinoise selon laquelle

les êtres surnaturels, telles que les

divinités, sont les seuls capables

de reconnaître la vérité et la réalité.

Il est dit que les déités sont

libres et qu’aucune contrainte ne

pèse sur elles, contrairement aux

humains qui sont enfermés dans

leur subjectivité et sont soumis

aux limites des perceptions sensorielles

de leur corps.

Dans le système de croyance

taoïste, joue un rôle central.

Dans le taoïsme, l’homme s’efforce

de dépasser le monde matériel

grâce à la pratique spirituelle.

Dans cet effort vers l’authenticité,

le pratiquant taoïste s’efforce

de retourner à son origine dans

l’univers.

Le taoïsme vise à réaliser

(Zhenrén) « l’être authentique,

l’homme véritable », c’est-à-dire

une personne authentiquement

intègre. La théorie de stipule

que lorsqu’une personne

parvient à la vérité, elle est en harmonie

avec l’univers. Cet état est

similaire à la notion bouddhiste

d’éveil. La personne véridique

n’a plus aucune notion, aucun

concept, aucune perception ou

limitation, parce qu’elle représente

la liberté absolue et le vide,

l’état qu’on nomme Tao.

À l’opposé du caractère ,

les deux caractères et

représentent le mensonge ou

la fausseté. Les deux caractères

contiennent à gauche l’idéogramme

, le caractère pour

« l’homme » ou « l’humanité ». Le

mensonge et la fausseté, selon la

mythologie chinoise, naissent du

psychisme humain.

Epoch Times

L’Empereur Jaune a succédé à

Shen Nong 1 pour assumer la responsabilité

de maintenir la stabilité

sur l’ensemble du territoire. Il

a amené le peuple de l’époque à

s’installer dans le bassin de la rivière Jaune

et a changé son mode de vie de chasseur

nomade en construisant des maisons, en

domestiquant le bétail et en cultivant des

céréales.

Sous le règne de l’Empereur Jaune, le

peuple chinois a bénéficié d’une société

stable et la culture s’est développée grâce

à de nombreuses inventions telles que :

les bateaux, le chariot pointant le sud, les

moyens de transport terrestre, les armes,

l’écriture, la musique, le calendrier, les palais,

les vêtements, la médecine, l’arithmétique, la

poterie, l’élevage du ver à soie et beaucoup

d’autres encore. C’est pourquoi le peuple

chinois a considéré le règne de l’Empereur

Le peuple chinois

a considéré le règne

de l’Empereur Jaune

comme celui

de la fondation

de la civilisation

chinoise.

Jaune comme celui de la fondation de la civilisation

chinoise. De nombreux empereurs

lui ont succédé, comme Yao, Shun et Yu,

Tang. Ils étaient tous ses descendants.

Il existe de nombreuses légendes concernant

la manière dont l’Empereur Jaune a

suivi la Voie (le Tao).

L’historien Sima Qian, dans ses recueils

historiques, relate que l’Empereur Jaune

avait obtenu un chaudron précieux et bénéficié

d’un accompagnement divin. Il considérait

l’Empereur Jaune comme un pratiquant

ayant atteint l’éveil.

Selon la légende, après avoir atteint l’éveil,

il a gouverné son empire tout en pratiquant

l’alchimie et la méditation. En 2598 av. J.-C.,

l’Empereur Jaune a forgé un grand trépied au

pied du Mont Qiao. Au moment même où le

trépied a été forgé, le Paradis s’est ouvert et le

Dragon Jaune, Huanglong, est descendu des

cieux pour l’accueillir. À cet instant, l’Empereur

Jaune a chevauché le dragon Jaune

en compagnie de soixante-dix de ses sujets

les plus proches – il s’est élevé en plein jour

ayant atteint l’éveil avec succès.

Au même moment, dix mille personnes

ont été témoins de cette spectaculaire scène

divine. Les Hauts dignitaires et les sujets

qui n’ont pas pu le suivre ont enterré, avec

un grand respect, ses vêtements au pied

du Mont Qiao. C’est ce qui constitue de

nos jours le cénotaphe élevé à la mémoire

de l’Empereur Jaune dans le comté de

Huangling à Shaanxi.

La légende a été transmise de génération

en génération et les Chinois ont acquis

la croyance qu’à la fin d’une vie accomplie

Selon la

légende,

après avoir

atteint l’éveil,

l’Empereur

Jaune a

gouverné son

empire tout

en pratiquant

l’alchimie et la

méditation.

l’être humain montera au ciel. Ainsi, ils

croient que leurs ancêtres, après être montés

au paradis, prennent soin d’eux depuis

les cieux. C’est pourquoi le peuple chinois les

vénère et leur dédie des cérémonies ou des

fêtes particulières. À certaines occasions, les

Chinois construisent des sanctuaires dédiés à

leurs ancêtres de manière à pouvoir les vénérer

ensemble. La vénération respectueuse des

Utiliser sa propre lance contre

son propre bouclier ()

Un jour, un marchand

alla dans la

rue pour vendre

ses armes. Il

trouva une place pleine de

monde et posa ses marchandises

au sol.

Tout d'abord, il brandit

son bouclier et cria bruyamment

aux passants : « Bien le

bonjour gentes dames et doux

messieurs, venez admirer ce

bouclier de renommée mondiale.

Sa résistance n'a pas

d'égale. La lance la plus aiguisée

au monde ne pourrait

même pas le percer ».

Une large foule se rassembla

autour de lui pour voir cet

incomparable bouclier.

Il brandit ensuite sa lance

et annonça : « Bien le bonjour

gentes dames et doux

messieurs, venez admirer ma

lance. Son tranchant n'a pas

d'égal, car elle est la lance la

plus aiguisée au monde. Elle

peut percer le bouclier le plus

La vantardise du marchand d'armes, disant qu'il possédait

le bouclier le plus résistant et la lance la plus efficace pour

percer les boucliers, faisait rire tout le monde.

résistant au monde ».

Entendant cela, certaines

personnes se mirent à rire.

L'une d'elles demanda au

marchant : « Selon ce que vous

dites, votre lance est si aiguisée

qu'elle pourrait percer le

bouclier le plus résistant au

monde. Et votre bouclier est

si résistant qu'il peut arrêter

n'importe qu'elle lance. Que se

passe-t-il si vous essayez votre

Zona Yeh/Epoch Times

lance contre votre bouclier ? »

Le marchand resta sans

voix. Il ne trouva absolument

rien à répondre. Honteux, il

ramassa vite sa lance et son

bouclier et disparut.

L'idiome (zì

xiāng máo dùn), qui signifie

littéralement utiliser sa

propre lance contre son

propre bouclier, provient de

cette histoire. Elle est contée

dans le livre Han Fei Zi écrit

par Han Fei (environ 280 à

233 av. J.-C.), qui est l'un des

premiers philosophes légistes

de Chine.

Le sens général de cet

idiome est de se contredire

soi-même. De nos jours, on

l'utilise pour qualifier des discours

et des actions intrinsèquement

contradictoires.

Un exemple en français

pourrait être un « honnête

voleur ».

Duoyu Zhong

ancêtres est devenue l’un des aspects majeurs

de la culture chinoise.

David Wu

Note :

1

Shen Nong : Le dieu laboureur fait partie

des trois Augustes de la Chine. Il est l’inventeur

de l’agriculture. Il est souvent représenté

comme le laboureur divin.

Sagesse

des anciens

Su Dongpo était un poète célèbre de

la dynastie Song (960-1279), il était

très intéressé par le bouddhisme. Un

jour, alors qu’il étudiait les Écritures, il

sentit qu’il s’était éveillé et n’avait plus

aucune pensée parasite à l’esprit.

Ravi, il écrivit un poème disant qu’il était

solide comme un roc, qu’il ne pouvait

être perturbé par aucune de ces huit

choses : le gain, la perte, la calomnie, la flatterie,

les louanges, le ridicule, la peur ou la joie.

Tout de suite après, il envoya un messager

porter le poème à son ami, un moine vivant de

l’autre côté de la rivière, car il voulait savoir ce

qu’il en pensait. Le moine écrivit sur le poème

« Absurde » puis le lui renvoya.

Le poète se mit en colère et prit le bateau

pour aller voir le moine. Quand il arriva

sur le quai, le moine l’attendait. Le poète lui

demanda : « Pourquoi dis-tu que mon poème

est absurde ? »

Le moine sourit et répondit : « Dans ton

poème, tu dis que tu ne seras pas perturbé par

le gain, la perte, la calomnie, la flatterie, la

louange, le ridicule, la peur ou la joie. Pourquoi

es-tu alors perturbé par un seul mot ? »

Epoch Times

Blue Hsiao/Epoch Times



14 | 17 - 23 JANVIER 2017

L’impact d’Internet

sur l’environnement

SCIENCE

www.EpochTimes.fr

De la nuisance

des microplastiques

Certains des services

Internet très populaires,

comme Facebook

ou Google

Drive, sont gratuits,

mais ils ont un coût environnemental.

Actuellement, Internet

représente environ 2 % de

la consommation mondiale en

énergie. Mais cette consommation

augmente beaucoup plus

rapidement que dans d’autres

secteurs.

Si elle continue de croître au

même rythme, « Internet étouffera

la planète à cause de sa consommation

en énergie », déclare Kerry

Hinton, directeur du centre des

télécommunications éconergétiques

(CEET) de l’université de

Melbourne en Australie.

Une croissance exponentielle

Si aucun grand changement n’intervient,

Kerry Hinton estime que

d’ici à une quinzaine d’années,

Internet représentera 20% de la

consommation mondiale en électricité.

Un rapport 2014 de Dell

EMC sur la croissance de l’univers

numérique l’exprime bien :

« Comme l’univers physique, l’univers

numérique est grand – d’ici à

2020, il contiendra autant de bits

numériques que d’étoiles dans

le ciel. Il double de taille tous les

deux ans, et d’ici à 2020 l’univers

numérique – les données que nous

créons et copions annuellement –

atteindra 44 Zettabits, soit 44 000

milliards de Gigabits. »

Global e-Sustainability Initiative

(GeSI), un groupe d’information

sur l’industrie technologique,

estime que 2 milliards de personnes

supplémentaires seront

connectées à Internet d’ici à

2020. Les réseaux numériques

sont considérés comme un outil

majeur pour les pays en voie de

développement et GeSI affirme

que les technologies Internet

connectent les utilisateurs à un «

savoir sur l’économie ».

Alors qu’Internet peut avoir

de nombreux avantages, y compris

écologiques – aider à éduquer

et à mobiliser les internautes

sur les questions environnementales,

aider à faire fonctionner un

réseau électrique intelligent – il a

également une empreinte environnementale

très importante.

Le fonctionnement physique d’Internet

Kerry Hinton explique ce qui se

produit concrètement lorsque

nous téléchargeons une photo sur

Facebook. Les données qui composent

cette photo sont envoyées

depuis notre appareil via notre routeur

ou une autre connexion. C’est

la partie la plus énergivore de tout le

processus, surtout si nous utilisons

une connexion sans fil haut débit,

4G ou LTE sur notre smartphone.

Les antennes qui couvrent ce type

de connexions consomment beaucoup

d’énergie.

La photo est alors regroupée avec

des données provenant d’autres

utilisateurs par le biais du fournisseur

Internet local dans ce qu’on

appelle un réseau mobile. Puis, elle

voyage – parfois à travers des milliers

de kilomètres de câbles de

fibre optique sous l’océan – jusqu’à

de gigantesques routeurs qui forment

le noyau d’Internet et qui sont

construits par de grands groupes

technologiques comme Cisco.

Elle se dirige, ensuite, vers un

centre de données. Les photos se

divisent en trois catégories : chaude,

tiède et froide. Admettons qu’un

lendemain de fête, vos amis et vousmême

avez posté des photos sur

le Web. Vous êtes nombreux à les

visionner : ces photos sont encore

« chaudes ». Dans le centre de données,

elles se retrouvent sur un

disque qui tourne constamment, et

qui continue à tourner afin qu’elles

restent instantanément accessibles

pour ceux qui les regardent. Cette

rotation consomme de l’énergie.

La consommation d’énergie

Google, Facebook et de nombreuses

autres entreprises ont investi des

millions dans les énergies renouvelables

pour compenser l’utilisation

de leurs centres de données.

Comme l’a noté Greenpeace dans

son rapport 2015, intitulé « Clicking

Clean », il est difficile pour ces

géants de se tourner vers les énergies

renouvelables, car ils doivent

souvent composer avec l’offre disponible

auprès des services locaux.

Puisque les centres de données,

les fournisseurs d’accès Internet et

de nombreux grands acteurs Internet

ont un intérêt financier à réduire

les coûts de leurs factures énergétiques,

ils sont relativement efficaces,

explique Kerry Hinton.

Cela bénéficie aux milliards d’utilisateurs

qui ne voient pas d’impact

important sur leurs factures

d’électricité et qui sont plus préoccupés

par les fonctions offertes

par leurs appareils et leur vitesse de

connexion au réseau que par leur

consommation en énergie. C’est

ainsi que l’impact d’Internet sur

l’environnement ne cesse de croître.

Tara MacIsaac

D’ici à une

quinzaine

d’années,

Internet

représentera

20% de la

consommation

mondiale en

électricité.

Wikimedia

Les microplastiques, ou microbilles, sont de petites

particules de plastique généralement définies comme faisant

moins de 0,5 mm, et résultant de la désagrégation des

matières plastiques. Elles sont également utilisées en tant

qu’ingrédients dans la production industrielle, comme pour

la création de shampoings.

L’impact des microplastiques sur

l’environnement marin est bien

connu, mais un nouveau rapport

avance que le plastique pourrait également

contaminer l’air que nous respirons.

Frank Kelly, professeur de santé

environnementale, a présenté, en début

d’année, son rapport au Comité chargé

de l’environnement de la Chambre des

communes au Royaume-Uni.

« Lorsque vous [les fermiers] répandez

du purin sur les champs, cela sèche »,

explique Kelly. « Vous finissez par avoir

des microplastiques reposant sur la surface

du champ. »

Kelly pense qu’il est possible que ces

particules soient ensuite portées dans

l’air et que nous finissions par les respirer.

« Ces particules sont d’une taille

telle qu’on risque de les inhaler », continue-t-il.

« Elles sont en nombre croissant

dans notre environnement et il y a des

questions à se poser. »

Ces particules peuvent causer des

dommages considérables au système

respiratoire humain, s’inquiète Kelly.

Les inhaler pourrait amener de dangereux

produits chimiques dans la partie

inférieure des poumons aussi bien

que dans la circulation du corps, d’une

conséquence comparable à celles des

émissions de véhicules.

Dans l’environnement marin, les

morceaux de plastiques sont souvent

capables de passer à travers les centres

de traitement des eaux usées en raison

de leur petite taille. Lorsqu’ils entrent

dans l’eau, ils sont souvent consommés

par les poissons, les oiseaux et les autres

organismes aquatiques. Les plastiques

JOKER / Alexander Stein/ullstein bild via Getty Images

contiennent souvent de dangereux produits

chimiques s’accumulant dans les

animaux et posent non seulement un

problème pour les animaux, mais également

pour les humains en haut de la

chaîne alimentaire qui consomment les

produits de la mer.

Pour une société sans plastique

Certains membres du comité ont été

pris de court par cette idée, rapporte

The Independant. « Cela semble être un

problème très grave », a déclaré Rebecca

Pow, membre du comité. « Il n’y a pas

de quoi rire, si ce n’est nerveusement. »

Le Dr Erik Van Sebille, du Grantham

Institute pour le changement climatique

à l’Imperial College London,

a déclaré au comité que le plastique «

était un matériau fantastique et que

nous ne voudrions vraiment plus d’une

société sans plastique ».

Des études complémentaires sont

attendues pour déterminer si des morceaux

de plastique se trouvent dans

l’air, mais l’opinion publique est déjà

opposée à l’usage de particules dans

l’industrie. En 2015, Barack Obama

a signé une déclaration interdisant

l’usage de microbille dans les cosmétiques.

Un sondage mené au début de

l’année au Royaume-Uni a également

montré que deux tiers des Britanniques

souhaiteraient également l’interdiction

des microbilles. En France, les sacs

plastiques en caisse ont été interdits

le 1 er juillet 2016 et les sacs plastiques

pour les fruits et les légumes le 1 er janvier

2017.

Jim Liao

« Ces particules sont

d’une taille telle qu’on

risque de les inhaler ».

(Frank Kelly, professeur

de santé environnementale)

www.epochtimes.fr

NOTRE HISTOIRE

Liberté de la presse et droits humains

sont les principes fondamentaux

d’ Epoch Times. Nous veillons à assurer le

respect de l’indépendance éditoriale et à

produire une information fiable.

En 2000, Epoch Times est né pour

fournir une véritable couverture des

événements en Chine, où la presse

n’était qu’un outil de propagande

contrôlé par la censure. Après avoir

été témoins de tragédies telles que le

massacre de la place Tiananmen et la

persécution du groupe spirituel Falun

Gong, de jeunes Sino-Américains ont

lancé la publication d’Epoch Times en

langue chinoise au péril de leur vie. Pour

défendre leurs valeurs, certains journalistes

ont été emprisonnés en Chine, d’autres ont

subi de graves tortures et d’autres encore

sont toujours portés disparus.

Epoch Times est publié dans 35 pays

en 21 langues et touche des millions de

lecteurs. Epoch Times, tout en traitant

l’essentiel de l’information avec fiabilité,

inspire et enrichit la vie de ses lecteurs grâce

à ses récits inédits. Epoch Times s’engage

pour vous dans une démarche d’intégrité

et d’indépendance de l’information.

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SANTÉ & BIEN-ÊTRE

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Atteindre ses objectifs en trois étapes

Comme tous les ans, on espère que la nouvelle année nous apportera de bonnes choses et qu’on

deviendra un peu meilleur. Réjouissons-nous car 2017 est l’année du coq flamboyant, une période

favorable pour y arriver.

17 - 23 JANVIER 2017

| 15

L’année du coq est traditionnellement

associée à

l’aube et à l’éveil. Mais le

succès de cette année ne

sera obtenu qu’au prix de

travail et de patience. Finalement,

rien de nouveau, juste un rappel de

plus pour dire que personne ne le fera

pour nous.

Donc, vous voulez perdre du

poids ? Commencez donc par manger

correctement, abandonnez vos mauvaises

habitudes ou devenez un maitre

de yoga. Vous répondez que vous êtes

coincé par vos affaires domestiques et

le manque de temps ? Oui, oui, nous

le savons.

Il est prioritaire de se poser cette

question : de quoi avez-vous vraiment

besoin ? Si vous êtes sincère et sans tricherie,

vous avez une chance.

Nous avons préparé trois conseils

simples mais spécifiques.

1 - Poser un objectif à long terme

Regardez ce que vous avez envie de

changer dans votre vie et décidez-vous

à changer. Sans un objectif global vous

ne ferez pas un grand pas en avant.

Soyez perfectionniste lors de la définition

des objectifs. Ne vous inquiétez

pas des détails, c’est l’étape suivante.

Une fois que vous

aurez visualisé

votre objectif, il

sera plus facile

d’y parvenir.

2 - Décliner les objectifs en moyen

et court terme

Maintenant que vous avez posé vos

grands objectifs, il est temps de les

décliner en objectifs plus spécifiques.

Ces étapes sont importantes pour progresser.

Par exemple, si vous voulez bien

manger, vous pouvez introduire progressivement

des aliments sains et

exclure petit à petit ceux qui vous sont

nuisibles. Vous pourrez maintenir un

ou deux jours par semaine pour profiter

de vos biscuits préférés.

L’objectif de courir 5 km à travers le

parc ne peut pas être atteint immédiatement.

Commencez par 500 mètres

le dimanche. Dans trois mois, vous

ferez vos 3 km du jogging avant le travail.

3 - Visualiser la réussite de vos

objectifs

La visualisation est très importante.

Une fois que vous aurez visualisé

votre objectif, il sera plus facile d’y

parvenir car le cerveau ne fait pas la

différence entre un geste vécu et un

geste visualisé. La visualisation favorise

une concentration constante et la

réduction de l’anxiété.

Cyril Belan

Prenez de la hauteur

face aux problèmes

et commencez

par le début.

Pixabay.com

Renforcer les ongles fragiles

L’état des ongles est le reflet de la

santé globale. Par exemple, l’absence

de protéines, de fer et de

zinc dans l’organisme, conduit

à une fragilisation des ongles les rendant

cassants.

Les problèmes peuvent être nombreux.

Un polissage trop fréquent ou

une infection, ou encore une alimentation

trop riche en sucre et en amidon

aggravent la situation.

Les ongles fragiles et cassants peuvent

indiquer ce dont votre organisme a

besoin.

Voici six aliments qui permettront de

renforcer les ongles, selon la naturopathe

Adriana Hughes.

Les amandes

Elles fonctionnent à merveille avec vos

ongles. Crues, elles contiennent du sélénium

et de la biotine (vitamine B7) -

deux substances qui sont nécessaires à

vos ongles. Quelques amandes chaque

jour suffisent.

Les œufs

Les œufs sont très nutritifs et riches en

soufre, élément qui est impliqué dans la

formation de la kératine. Les œufs sont

également riches en biotine (complexe

de la vitamine B), ce qui réduit également

la fragilité de vos ongles.

Les légumes oranges

Ils contiennent beaucoup de vitamine

A, une substance importante pour la

croissance des ongles.Carottes, patates

douces, citrouilles sont non seulement

délicieuses, mais aussi riches en vitamine

C et en antioxydants.

Si vous

voulez vous

vernir les ongles,

choisissez

un vernis de

qualité et posez une

première couche avec

une base pour nourrir

l’ongle.

Pixabay.com

Les ongles fragiles

et cassants peuvent

indiquer ce dont

vous avez besoin.

Les lentilles

Elles contiennent beaucoup de protéines.

La teneur élevée en protéines, fer, zinc et

biotine des lentilles est tout ce qu’il faut

pour une belle et bonne santé des ongles.

Vous pourriez les consommer avec du

piment et du riz.

Les dattes

Elles sont riches en fer. Le fer renforce

les ongles. L’absence de

cet élément provoque un retard

de croissance et la faiblesse des

ongles.

Les poissons gras

Les acides gras oméga-3 présents

dans les poissons gras jouent un

rôle clé dans la nutrition et l’hydratation

du lit de l’ongle. Le saumon est

également riche en phosphore, qui favo-

rise

la croissance et la réparation des cel-

lules

et renforce les ongles.

Recette pour le soin des ongles

Vous pouvez améliorer la qualité de vos

ongles en utilisant de la cire d’abeille

naturelle.

Oindre vos ongles et leur pourtour

avant d’aller au lit tous les jours avec de

la cire d’abeille. Après une semaine, vous

remarquerez des résultats positifs.

Basil

Des bactéries résistantes

découvertes en Europe

La salmonelle

résistante arrive

en Europe.

Au Danemark, un patient a

contracté une salmonelle résistante.

Les experts ont constaté

que des bactéries étaient présentes dans

cinq échantillons de viande de poulet

importée de Chine via l’Allemagne.

Ils craignent le début d’une épidémie

mondiale d’une infection incurable.

C’est arrivé trois semaines après

que des scientifiques

chinois aient découvert

un super-germe

devenu résistant à tous

les antibiotiques. Ils ont

annoncé que ces bactéries

sont susceptibles de

se propager rapidement.

Ceci est rendu possible

par le gène MCR-1.

Le MCR-1 rend les bactéries

communes résistantes.

Ce gène peut être facilement et

rapidement transféré à des bactéries.

Suite au rapport récent venu de

Chine, les experts de l’université technique

du Danemark ont commencé à

chercher des signes du gène MCR-1.

Ils ont trouvé six échantillons positifs :

cinq dans le sang de poulets importés

et un dans le sang d’un patient, selon le

DailyMail.

Le MCR-1 rend

les bactéries

communes

résistantes.

Étant donné que le MCR-1 a été

trouvé au Danemark, on peut dire

que le scénario d’épidémie globale se

déroule en temps réel.

Les antibiotiques pour le bétail

La colistine est le seul antibiotique efficace

dans le traitement des infections

résistantes aux médicaments jusqu’à

il y a peu. Mais le mois

dernier, les premiers

micro-organismes résistants

à la colistine ont

été trouvés.

L’un des principaux

problèmes est que la

colistine est largement

utilisée dans l’agriculture

en Europe. Elle est

placée en cinquième

position des médicaments

les plus utilisés dans le secteur

agricole européen en 2010.

Sally Davis, médecin-chef du gouvernement

britannique, a appelé à une

réduction de l’utilisation des antibiotiques

dans l’agriculture sous peine

qu’ils perdent leur efficacité pour le

traitement des humains.

CB

Pixabay.com


« Shen Yun montre le plus haut

niveau artistique, c’est une référence. »

— Chi Cao, danseur principal du Birmingham Royal Ballet

« Éblouissant !

C'est impossible à décrire. »

— Christine Walevska, violoncelliste de renommée

mondiale — a vu Shen Yun quatre fois

« Les danses étaient gracieuses,

délicates et magnifiques. »

21-22 AVRIL LE PALAIS DES CONGRÈS DE PARIS

15 MARS

17-18 MARS

25-26 AVRIL

28-29 AVRIL

NICE

AIX-EN-PROVENCE

MONTPELLIER

NANTES

— Anna Liceica, ancienne soliste

de l'American Ballet Theatre

« Une belle sonorité... Des mélodies

remarquablement riches. »

— NYTheater

Entrez sur les Terres du Divin

IL FUT UN TEMPS où le monde était empli de

magie et de splendeur, comme si tout était

en harmonie avec les Cieux. On pouvait le

percevoir dans les arts, le sentir dans l’air,

l’entendre jusque dans la musique. Et dans

ce monde était une terre de héros et de

sages, de dragons et de phénix, d’empereurs

et d’immortels. Celle que l’on nomme

aujourd’hui la Chine était autrefois « la Terre

du Divin ».

Et si nous pouvions voyager à travers les

siècles et visiter ce monde perdu... ?

Avec Shen Yun, partez pour un voyage

extraordinaire dans l’ancienne civilisation

divine chinoise. Chaque mouvement,

chaque note de musique, font de ce spectacle

une expérience sensorielle et émotionnelle

que vous ne vivrez nulle part ailleurs.

Découvrez pourquoi des millions de

spectateurs à travers le monde ont été

transportés par Shen Yun.

Apaisant &

captivant

DES MÉLODIES QUI SAISISSENT

L’ESPRIT DE LA CHINE ANTIQUE

L

’approche unique de Shen Yun

est de marier la singulière beauté

et l’expressivité des instruments chinois

avec la grandeur d’un orchestre

symphonique occidental. Le résultat

est un son magnifique et expressif libérant

une large gamme d’émotions – idéal pour

raviver l’âme d’une ancienne civilisation.

L’art d’exprimer une histoire par la musique

ouvre de nouveaux horizons.

RÉSERVEZ VOS PLACES

09 80 71 82 81 reservation@lotus-sacre.com

(non surtaxé)

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