Vous reprendrez bien un peu d’algorithmes ?

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24 - 30 JANVIER 2017

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estions

Demain, on se servira

d’algorithmes pour...

... optimiser les trajets en voiture. En se basant

sur les données publiques de trajets de taxis en

ville entre 2010 et 2013, une équipe de chercheurs

du MIT a développé un algorithme permettant

d’améliorer la circulation des voitures

dans les villes américaines. Application : une

flotte de 3 000 véhicules partagés pourraient

techniquement remplacer les 14 000 taxis

new-yorkais et véhiculer plus rapidement les

usagers. Daniela Rus, professeure qui a dirigé

l’équipe, a indiqué que le système permettrait

aux conducteurs de « travailler moins, en diminuant

le trafic, en améliorant la qualité de l’air

et en diminuant la durée et le stress des trajets

quotidiens ». Des recherches qui occupent déjà

des compagnies comme Uber ou Lyft.

Jacques Demarthon/GettyImages

Wikicommons

... prédire l’issue d’un procès. La mise en ligne

d’un grand nombre de verdicts devraient bientôt

permettre de décrypter les éléments en jeu

lors des procès. Quels arguments sont les plus

efficaces, combien peut-on obtenir d’indemnités,

quelles chances de succès... Le barreau lillois

est le premier en Europe à travailler dessus.

En partenariat avec une startup, il développe

un logiciel permettant d’ « enrichir la stratégie

judiciaire ». « Jusqu’alors, un avocat faisait des

estimations en fonction de son expérience et un

peu au pifomètre. Mais là, c’est la rencontre des

mathématiques et du droit », explique Stéphane

Dhonte, bâtonnier au barreau de Lille. Cependant,

il précise qu’un algorithme ne remplacera

jamais un juge ou un avocat. Il est en effet peu

envisageable de confier l’issue d’un jugement à

une machine.

« Platon voit

une beauté

parfaite dans

la discipline

mathématique,

et il n’y a pas

de raison

que cela

change ! »

mathématiques. Toutes les sciences se

sont diversifiées, complexifiées et il est

devenu impossible d’être universel. Il y a

une fragmentation, une parcellisation à

l’œuvre. C’est un contexte beaucoup plus

morcelé, dans lequel toutes les sciences se

sont mises en route et en résonance avec

la technologie pour pouvoir accomplir des

choses qui étaient juste impossibles avant.

Le fait que la compétition soit venue

avec cela, c’est une question de modèle

économique que l’on pourrait argumenter.

Mais les sciences, de façon générale,

s’associent avec les technologies pour

arriver à conceptualiser, à comprendre, à

décrire, à reproduire. Les mathématiques

ont pris leur part de tout le reste ; comme

c’est une discipline abstraite, elle peut s’associer

à n’importe quelle autre. C’est sa

force. Et c’est pour ça qu’on assiste à un

gros développement mathématique : on le

retrouve dans d’autres domaines conclusifs

parce qu’on est dans un contexte

d’économie compulsive de technologie

compétitive.

Il existe aujourd’hui des capteurs sensoriels

capables de caractériser l’humain

sous tous les angles ou d’analyser son

comportement. Le fait de vouloir pallier

les insuffisances humaines ne nous

amène-t-il pas hors de notre nature ?

L’homme est sorti de l’état de nature il y

a très longtemps, il a cherché à cultiver la

terre pour pallier. Et à chaque fois, cela

nous a conduit à une perte de ses facultés.

Notre ancêtre agriculteur se débrouillait

bien plus mal dans les bois que nos

ancêtres chasseurs cueilleurs. Nous avons

aujourd’hui une mémoire qui est bien plus

mauvaise que celle des Grecs qui apprenaient

des textes gigantesques sans le support

écrit.

Au fur et à mesure, on a remplacé certaines

de nos capacités par des auxiliaires

technologiques, des choses encodées, des

langages. On a fait travailler la nature et

également la force du collectif. C’est un

mouvement d’ensemble, millénaire, non

propre à l’époque actuelle. Il se trouve

cependant exacerbé par la grande rapidité

de l’évolution de l’algorithme, et cela

parce que ça s’applique à tous. C’est une

évolution très rapide, et c’est cela qui est

nouveau ; mais par certains côtés, elle est

également lente.

Le grand décollage des mathématiques

modernes arrive au XVII e siècle, avec

l’étude des prédictions ; et à partir de là,

les choses sont allées très vite. Mais c’est la

révolution informatique qui a tout changé

dans la relation avec les mathématiques.

Et on peut retenir la Seconde guerre mondiale

comme une date symbolique dans

l’histoire de la discipline : c’est la première

fois qu’un évènement mondial majeur est

suspendu à un problème mathématique,

en l’occurrence le décryptage des codes

secrets utilisés par la marine nazie.

John Moore/Getty Images

Propos recueillis par

David Vives

... remplacer les PDG. Le projet s’appelle « livre

du futur », il est signé par le milliardaire Ray

Dalio, fondateur de Bridgewater Associates. À

l’âge de 67 ans, cet excentrique PDG, à la tête

d’un hedge fund de 160 milliards, entend laisser

les clés de son entreprise à un algorithme.

Celui-ci pourrait prendre 75% des décisions du

groupe, saurait décider de l’embauche ou du

licenciement d’un salarié, du comportement

d’un salarié passant un coup de téléphone.

David Ferrucci, ancien d’IBM, est aux commandes

d’une armée d’ingénieurs pour réaliser

le désir du magnat.

Thos Robinson/Getty Images

... éviter les nanards américains. Selon Nadira

Azermai, économiste et créatrice de la startup

Scriptbook, « Hollywood rêve de pouvoir éviter

les flops ». En passant au crible 400 scénarios et

10 000 films, elle a tenté d’isoler les paramètres

omniprésents des échecs commerciaux et en a

trouvé au passage 220. Il est néanmoins difficile

de comprendre ce qui fait un bon scénario ;

s’il est logique de retrouver des lieux communs

comme la bataille du bien et du mal, un héros

attachant ou, qui sait, une invasion de zombies,

il est plus dur de faire preuve de créativité.

L’économiste a indiqué avoir rencontré

des obstacles en disséquant le caractère de John

McClane, personnage joué par Bruce Willis

dans une série à succès. « Le héros n’est pas une

ordure mais c’est un flic râleur et cynique. On

a donc dû recruter une équipe pour annoter les

données et répondre à des questions pour indiquer

si le héros était attachant », a-t-elle déclaré.

Ben Horton/Getty Images

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