Views
1 year ago

LE MONDE CHANGE

livrebleu_OK

LES

LES RÉFORMES À MENER POUR LA FRANCE DE DEMAIN La mondialisation des services est une réalité qui ne cesse de croître (+ 8,7 % par an d’ici à 2022), sous l’effet de grandes ruptures : digitalisation des business models, croissance de la demande des pays émergents et déréglementation des marchés nationaux. Les marchés de croissance actuels et à venir sont « serviciels » par nature : mobilité, santé, ville durable, services à la collectivité, tourisme… La France a de nombreux atouts pour consolider et développer ses parts de marché. Elle a su donner naissance à des champions internationaux dans de nombreux secteurs de services. La question se pose aujourd’hui de sa capacité à créer les conditions d’émergence des champions de demain. Notre pays doit avoir l’audace de prendre la place laissée vacante dans le récit économique européen et peut prétendre s’emparer du leadership des services en Europe. Une politique nationale revendiquée autour de cette ambition est aussi souhaitable que nécessaire. LES SERVICES, L’EMPLOI ET L’INTÉGRATION SOCIALE Les services sont depuis longtemps, et seront durablement, un moteur essentiel de la création d’emplois en France. Aujourd’hui, 8 emplois sur 10 sont exercés dans le service au sens large (services marchands, commerce et service public). La barre des 10 millions d’emplois a été dépassée au deuxième trimestre 2015 dans les services marchands. Ils sont à l’origine de 80 % des emplois créés aujourd’hui, une dynamique qui se poursuivra demain, voire s’amplifiera si nous parvenons à libérer le potentiel des métiers en demande. Ils constituent un formidable réservoir d’emplois, principalement dans les services. Les services sont et resteront l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois pour toutes les classes d’âge, et notamment pour les catégories particulièrement affectées par le chômage. Les entreprises de services jouent un rôle majeur en matière d’intégration professionnelle et de cohésion sociale. Elles sont la principale porte d’entrée vers des emplois offrant des perspectives de formation, d’évolution et d’employabilité. 115

LES RÉFORMES OBJECTIFS 2017-2021 5 PRIORITÉS POUR LES SERVICES, 5 ANS POUR GAGNER POUR DES SERVICES FORTS ET UNE ÉCONOMIE FORTE : FAIRE DES SERVICES UN AXE STRUCTURANT DU DÉVELOP‐ PEMENT DE NOTRE ÉCONOMIE AU BÉNÉFICE DE TOUS LES AUTRES SECTEURS Soutenues par une « plateforme nationale » forte, accompagnées d’une volonté politique affirmée, nos entreprises sont en mesure d’atteindre l’excellence sur de nouveaux marchés pour lesquels elles disposent déjà de réels atouts. Confier à une cellule stratégique interservices et interministérielles le pilotage d’un plan d’actions pour prendre le leadership des services en Europe, valoriser les initiatives services des territoires, mieux mesurer l’activité des services dans tous les domaines… autant de pistes qui doivent permettre aux services de contribuer à la montée en gamme de tous les autres secteurs. POUR UNE FLEXIBILITÉ RESPONSABLE ET UN PACTE SOCIAL RÉNOVÉ : RECONNAÎTRE LES MUTATIONS STRUCTURELLES DU TRAVAIL ET ADAPTER NOTRE MODÈLE SOCIAL À L’ÈRE DU SERVICE Le marché du travail connaît une véritable révolution, portée par les transformations économiques et sociétales, accélérée par les technologies du numérique. L’émergence de nouvelles formes d’emploi (pluriactivité, emploi indépendant…) illustre la nouvelle réalité du travail au xxi e siècle. Elle met en lumière l’inadaptation de notre modèle de protection sociale et de notre droit du travail à cette nouvelle donne de l’ère du service. Dans ce contexte, il nous faut inventer une flexibilité responsable qui réponde mieux aux besoins des consommateurs et des entreprises, et qui assure la protection de l’ensemble des travailleurs. POUR L’EMPLOYABILITÉ DE TOUS LES TALENTS : ACCÉLÉRER LE DÉVELOPPEMENT DE LA FORMATION PROFESSION- NELLE ET ACCROÎTRE L’EXPÉRIENCE EN ENTREPRISE Dans un contexte de concurrence internationale accrue, la montée en compétences des collaborateurs est un levier de compétitivité essentiel pour l’entreprise et un facteur d’employabilité pour les individus. Dans le secteur des services en particulier, le défi est d’adapter les compétences des individus à des métiers nécessitant de plus en plus d’expertise en matière de savoir-faire et de savoir-être, de former les collaborateurs pour répondre aux enjeux des métiers en demande, de développer des savoirs transférables d’un secteur des services à un autre… Tous ces enjeux impliquent d’encourager l’investissement dans le capital humain, de favoriser l’expérience en entreprise, ou encore les formations courtes. POUR LIBÉRER LA COMPÉTITIVITÉ DE TOUTES LES ENTREPRISES DE SERVICES : METTRE EN PLACE UNE FISCALITÉ INTELLIGENTE ET SIMPLIFIER L’ENVIRONNEMENT RÉGLEMENTAIRE Les salaires et les charges peuvent représenter jusqu’à 80 % de la valeur ajoutée des entreprises de services. Ces entreprises sont particulièrement sensibles aux charges pesant sur les salaires et les dispositifs fiscaux ayant pour assiette la valeur ajoutée. Ces spécificités doivent être prises en compte afin d’éviter notamment la migration de l’activité hors des frontières nationales, ou la disparition de certaines activités de services. Dans cette perspective, il convient de réduire les impôts de production qui impactent massivement l’emploi dans les services, de poursuivre l’allègement des charges sociales pour réduire le coût du travail, ou encore de rationaliser les impôts locaux qui impactent les entreprises de services sur les territoires. POUR UNE COLLABORATION PUBLIC/PRIVÉ APAISÉE ET RENFORCÉE : CONTRIBUER À DES SERVICES PUBLICS PERFOR- MANTS POUR LES USAGERS Le secteur français des services aux collectivités publiques constitue historiquement une référence reconnue en Europe et dans le monde et intègre de nombreux leaders mondiaux qui, par leur expérience et la qualité de leurs réalisations, contribuent à la performance des collectivités publiques. Confier des missions à des entreprises privées, pour permettre aux collectivités publiques de se concentrer sur leurs missions prioritaires, permet de concilier maîtrise des dépenses publiques au service de l’intérêt général et gestion privée pourvoyeuse de valeur ajoutée, d’innovation et d’employabilité. 116

Monde