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1 year ago

LE MONDE CHANGE

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LES RÉFORMES À MENER POUR LA FRANCE DE DEMAIN DÉVELOPPER LES OUTILS RH ET D’ACCOMPAGNEMENT, NOTAMMENT DANS LES TPE-PME Il appartient à chaque entreprise de définir sa stratégie en matière d’innovation sociale et managériale, en s’appuyant sur un process RH qui corresponde à sa taille, à son secteur, à son climat social et à son environnement. Cela induit d’intégrer la dimension RH dans le pilotage de la stratégie de l’entreprise. En effet, au-delà de son rôle administratif, le DRH accompagne le changement au cœur de l’entreprise. Il œuvre notamment en matière de reconnaissance de la performance, de gestion des carrières, de mobilité, de diversité, de formation, de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, des risques humains, de l'analyse des impacts humains des projets stratégiques. Depuis plusieurs années, son importance stratégique n’a fait que se renforcer. Nous recommandons que le DRH soit toujours membre de l’équipe de direction. Il pourra ainsi réagir sur des sujets ayant un lien avec la culture de l’entreprise, même s’ils ne relèvent pas directement du champ RH. Dans les petites entreprises ne comptant pas de DRH, le patron doit jouer ce rôle. C’est pourquoi nous plaidons en faveur d’outils RH et d’accompagnement professionnel pour les TPE, qui ne peuvent recruter ou avoir en interne les ressources indispensables. S’APPUYER SUR DES DIAGNOSTICS Avant de se lancer dans une démarche d’innovation sociale et managériale, il convient de se doter, si possible, d’outils de diagnostic pour comprendre les attentes de ses collaborateurs, y répondre par des actions adéquates et évaluer leur efficacité. À cet égard, Le Baromètre national de perception de l’égalité des chances, créé par le MEDEF, constitue un outil de pilotage adapté à toutes les entreprises. Nous appelons aussi à la mise en place d’un outil de mesure de l’engagement pour les TPE-PME afin de les sensibiliser au coût du désengagement de leurs collaborateurs et de les aider à activer les bons leviers. VALORISER LES MEILLEURES PRATIQUES ET LES DIFFUSER Afin d’engager une démarche d’exemplarité en matière d’innovation sociale et managériale, valorisons les meilleures pratiques par exemple via une plateforme Web collaborative dédiée à l’innovation sociale et managériale. METTRE EN PLACE LES CONDITIONS D’UNE COOPÉRATION DURABLE ENTRE LES SALARIÉS Plus qu’une simple collaboration, la coopération consiste à faire travailler des personnes de niveaux hiérarchiques, de services, de métiers ou de fonctions différentes, ensemble, dans la complémentarité et la transversalité. Face au développement du travail à distance, il s’agit de partager l’information avec fluidité et de savoir recréer une équipe soudée dans un espace donné de coworking, le temps d’un projet. Cela passe également par un véritable changement culturel : la mise en place de pratiques de management favorisant l’accompagnement, la formation, le développement personnel et la responsabilisation des salariés. Un bon manager travaille de loin et en confiance ! Le déploiement d’outils collaboratifs participe à la création d’une communauté, permettant aux salariés d’échanger autour de compétences ou de projets, de se sentir plus investis et in fine de contribuer à la performance de l’entreprise. Enfin, les recherches, en particulier sur la psychologie et le management positif depuis 2001, démontrent que l’épanouissement et la positivité favorisent la coopération, l’engagement, la créativité et l’autonomie. Les conditions d’épanouissement reposent sur un recrutement et une intégration dans l’entreprise effectués dans des conditions positives, la présence d’espaces de relaxation ou de discussion pour désamorcer les conflits ou décompresser, la formation des managers à donner des feed-back positifs à leurs équipes, la diffusion du message expliquant au collaborateur l’importance de son travail pour l’entreprise, l’implication du salarié aux décisions le concernant. 131

LES POLITIQUES Pour s’adapter à ce monde qui change, notre pays doit se donner les moyens d’agir sur un certain nombre de domaines prioritaires. À commencer par le numérique. Au-delà d’un secteur d’activité, c’est un formidable vecteur de croissance, de performance, de modernisation, de changement économique et sociétal, de transformation des organisations. Il impacte profondément nos modes de production et de consommation et remet en question les modèles économiques classiques. Il impose notamment la refonte de nombreux éléments du cadre juridique et fiscal dans plusieurs domaines. Ensuite la France doit renforcer l’attractivité et la compétitivité de son territoire en pariant sur des infrastructures et des réseaux de transports de qualité, en consolidant son leadership au niveau touristique. Dans le domaine environnemental, il est essentiel de poursuivre une transition énergétique et écologique, source de croissance et d’emploi. Pour cela nous pouvons nous appuyer sur nos atouts : notre avance dans le domaine de la lutte contre l’effet de serre, la place importante des grandes filières de l’environnement de nos entreprises au niveau mondial, notre avantage compétitif sur les marchés internationaux grâce à l’engagement fort en RSE de nos entreprises. Autre atout historique français : notre pays associe depuis longtemps les salariés à la performance des entreprises. Or on sait qu’une politique managériale et sociale reposant sur l’intéressement ou la participation crée une dynamique gagnante au sein de l’entreprise, porteuse de croissance, de compétitivité et de motivation des salariés. Il convient donc de simplifier et de renforcer les dispositifs existants. Quant à l’innovation, elle constitue la clé pour accéder aux marchés, répondre aux attentes des clients, anticiper leurs besoins et renouveler les gammes de produits. C’est en innovant que nous avons réalisé des progrès considérables dans le domaine de la santé, de la ville intelligente, de la mobilité, de l’environnement et que nous pourrons répondre aux défis de la sécurité alimentaire et du réchauffement climatique. Malgré les difficultés du projet européen, en particulier depuis le Brexit, la réponse aux défis de demain passera par une Europe unie et solide qui doit plus que jamais s’appuyer sur les quatre libertés historiques : circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes. Il s’agit pour le MEDEF de porter deux principales ambitions : la mise en pratique des principes de liberté d’entreprise, de création et de liberté d’innovation pour que l’espace européen devienne la région du monde la plus attractive, et l’adaptation, sans remise en cause de la construction européenne, des institutions européennes et nationales aux défis actuels. Nous devons préserver cet ensemble unique qui constitue aussi la première puissance commerciale du monde. Enfin, dans quinze ans, la classe moyenne mondiale devrait compter près de 5 milliards de consommateurs. La France doit tirer parti et exploiter de manière optimale l’ouverture aux marchés mondiaux. 132