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Rapport de la Commission sur l’éducation à la petite enfance Février 2017

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<strong>Rapport</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

<strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

<strong>Février</strong> <strong>2017</strong>


Mot <strong>de</strong>s commissaires<br />

Le 19 septembre <strong>de</strong>rnier, nous avons pris l’engagement, en présence <strong>de</strong> M. Sébastien Proulx, ministre<br />

<strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, et d’une diversité <strong>de</strong> partenaires engagés en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, d’aller <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />

rencontre <strong>de</strong>s Québécoises et <strong>de</strong>s Québécois pour entendre leur bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong> cette politique familiale <strong>la</strong>ncée<br />

il y a 20 ans et proposer les ajustements nécessaires, le cas échéant. L’AQCPE nous a désignés en tant que<br />

commissaires pour as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> neutralité et l’indépendance <strong>de</strong> <strong>la</strong> consultation et faire en sorte que tous les<br />

points <strong>de</strong> vue soient entendus. Cinq mois plus tard, nous déposons notre bi<strong>la</strong>n et nos recommandations qui<br />

serviront <strong>de</strong> déclencheur <strong>à</strong> un sommet <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> qui se tiendra les 4 et 5 mai <strong>2017</strong>.<br />

Mission accomplie <strong>sur</strong> le fond comme dans <strong>la</strong> forme et dans le temps imparti.<br />

Nous nous réjouissons <strong>à</strong> l’avance que ce portrait et ces propositions puissent faire l’objet <strong>de</strong> débats et <strong>de</strong><br />

discussions plus <strong>la</strong>rges qui pourront éventuellement dégager <strong>de</strong>s consensus sociétaux et gouvernementaux<br />

<strong>sur</strong> les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Au départ, nous avons déc<strong>la</strong>ré n’avoir qu’un seul biais : celui<br />

d’un préjugé favorable <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Les propos <strong>de</strong> toutes les personnes qui ont pris le temps <strong>de</strong><br />

venir nous présenter leurs points <strong>de</strong> vue reflétaient aussi ce parti pris. Nous nous sommes appliqués <strong>à</strong> bien<br />

comprendre et saisir <strong>la</strong> multiplicité <strong>de</strong> ces témoignages. C’est pourquoi nous avons <strong>la</strong> certitu<strong>de</strong> que les<br />

recommandations <strong>de</strong> ce rapport sont incarnées et prennent racines chez les hommes et les femmes, en<br />

gran<strong>de</strong> majorité, qui animent, utilisent et font vivre ces services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />

Nous avons été très fortement impressionnés par <strong>la</strong> passion et l’engagement <strong>de</strong>s femmes et <strong>de</strong>s hommes<br />

qui se consacrent au quotidien <strong>à</strong> accueillir et stimuler nos tout-petits. Nous pouvons affirmer que nous<br />

avons su créer au Québec dans les 20 <strong>de</strong>rnières années un capital humain et un précieux actif au service du<br />

développement optimal <strong>de</strong>s enfants. C’est <strong>à</strong> partir <strong>de</strong> cet actif, et pour le consoli<strong>de</strong>r, que nous avons formulé<br />

les conclusions et les recommandations <strong>de</strong> ce rapport.<br />

L’ensemble <strong>de</strong> nos recommandations repose <strong>sur</strong> une prémisse très forte, très c<strong>la</strong>ire : <strong>la</strong> première vocation<br />

<strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> est d’offrir aux enfants du Québec les meilleures conditions<br />

possible <strong>à</strong> leur développement. Il est temps <strong>de</strong> passer <strong>de</strong> l’ère <strong>de</strong> <strong>la</strong> conciliation famille-travail <strong>à</strong> l’ère <strong>de</strong><br />

<strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> doivent être désormais vus comme<br />

<strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> part entière reposant <strong>sur</strong> une approche adaptée <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, orientée par le<br />

jeu et <strong>la</strong> stimu<strong>la</strong>tion. L’objectif n’est pas <strong>de</strong> favoriser une sco<strong>la</strong>risation précoce, mais <strong>de</strong> répondre <strong>à</strong> un soli<strong>de</strong><br />

consensus scientifique selon lequel <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> constitue une pério<strong>de</strong> cruciale du développement<br />

humain et une pério<strong>de</strong> déterminante <strong>de</strong> leur réussite <strong>à</strong> l’école et pour le reste <strong>de</strong> leur vie.<br />

Nous invitons le gouvernement <strong>à</strong> reconnaître les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> comme le premier<br />

maillon du continuum <strong>de</strong> <strong>la</strong> réussite éducative. De cette prémisse découle une série <strong>de</strong> recommandations<br />

pour faire en sorte qu’au Québec nous <strong>de</strong>meurions cohérents et conséquents avec cette affirmation. L’une<br />

<strong>de</strong> nos principales recommandations est d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> gratuité <strong>de</strong>s services éducatifs offerts au Québec aux<br />

enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans, tout comme l’école est gratuite pour tous <strong>à</strong> partir <strong>de</strong> l’âge <strong>de</strong> cinq ans et jusqu’au seuil<br />

<strong>de</strong> l’université. Le Québec a les moyens d’offrir ce<strong>la</strong> <strong>à</strong> tous ses enfants. Les données compilées dans ce<br />

rapport le démontrent.<br />

Comme on dit parfois au Québec, il est important que « les bottines suivent les babines ». En c<strong>la</strong>ir, ce<strong>la</strong><br />

signifie que nos investissements et nos p<strong>la</strong>ns d’action doivent refléter cette conviction : il faut investir<br />

prioritairement dans le développement, <strong>l’éducation</strong> et l’avenir <strong>de</strong> nos tout-petits si l’on veut se doter d’une<br />

société capable d’as<strong>sur</strong>er <strong>à</strong> nos personnes âgées <strong>de</strong> vivre dans <strong>la</strong> dignité… et non l’inverse.<br />

Une autre recommandation, indissociable <strong>de</strong> <strong>la</strong> première, est que le meilleur moyen d’as<strong>sur</strong>er le<br />

développement optimal <strong>de</strong> nos tout-petits et <strong>de</strong> leur permettre une entrée sco<strong>la</strong>ire réussie est d’investir<br />

II<br />

<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


massivement, intelligemment et efficacement dans <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

Les experts, les éducatrices qui œuvrent auprès <strong>de</strong>s enfants et les parents s’enten<strong>de</strong>nt tous <strong>sur</strong> les critères<br />

<strong>de</strong> qualité d’un bon service éducatif. C’est pour as<strong>sur</strong>er cette qualité que nous proposons un ensemble <strong>de</strong><br />

me<strong>sur</strong>es structurantes.<br />

Les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> sont un actif. Mais cet actif est fragilisé et menacé par <strong>de</strong>s directives et<br />

<strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es fiscales qui compromettent son efficacité, sa fiabilité et sa qualité (compressions budgétaires,<br />

moratoire <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong>s ressources les plus qualifiées, accroissement du nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces<br />

dans les structures qui offrent les moins bonnes garanties <strong>de</strong> qualité, crédits d’impôt qui facilitent l’accès<br />

aux ressources non subventionnées…). De plus, les seules évaluations disponibles nous indiquent que <strong>la</strong><br />

note moyenne obtenue par l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs atteint seulement le niveau « passable ».<br />

Est-ce vraiment le niveau que nous souhaitons pour as<strong>sur</strong>er l’avenir <strong>de</strong> nos enfants? Nous avons entendu le<br />

contraire et nous souscrivons <strong>à</strong> cet appel pour une meilleure qualité dans nos services éducatifs.<br />

Il faut faire le nécessaire et le maximum également pour atteindre « l’égalité <strong>de</strong>s chances » visée par <strong>la</strong> mise<br />

en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale il y a 20 ans. C’est une cible où nos résultats sont encore décevants. Ce sont<br />

pourtant les enfants les plus vulnérables qui tirent le plus <strong>de</strong> bénéfices <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>de</strong> qualité au<br />

plus jeune âge. De plus, ces gains sont durables et leur permettent <strong>de</strong> progresser plus facilement <strong>à</strong> l’école, et<br />

tout au long <strong>de</strong> leur vie. Malgré ces constats, nous avons du mal <strong>à</strong> rejoindre ces enfants. Nous <strong>de</strong>vrons donc<br />

attaquer sérieusement ce défi et faire en sorte <strong>de</strong> repousser les obstacles qui mettent un frein <strong>à</strong> <strong>la</strong> présence<br />

<strong>de</strong>s enfants vulnérables et <strong>de</strong>s enfants <strong>à</strong> besoins particuliers en services éducatifs <strong>de</strong> qualité.<br />

En 1963 le rapport Parent a <strong>la</strong>ncé le Québec <strong>sur</strong> <strong>la</strong> voie <strong>de</strong> <strong>la</strong> mo<strong>de</strong>rnité en préconisant ce mot d’ordre :<br />

« Éducation, Éducation, Éducation ». Ce mot d’ordre changea littéralement <strong>la</strong> vie <strong>de</strong>s enfants du Québec<br />

<strong>sur</strong> plusieurs générations. En <strong>2017</strong>, les connaissances scientifiques et l’expérience nous démontrent que<br />

<strong>la</strong> réussite éducative commence dès <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Il est impératif <strong>de</strong> prendre ce virage et d’intégrer <strong>la</strong><br />

<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> au continuum éducatif en lui appliquant les mêmes règles <strong>de</strong> succès, <strong>à</strong> savoir : <strong>la</strong> qualification<br />

<strong>de</strong>s intervenants, <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s programmes éducatifs, l’accessibilité pour tous, une évaluation régulière<br />

permettant les ajustements et <strong>la</strong> gratuité <strong>de</strong> ces services.<br />

En terminant, nous désirons remercier l’AQCPE d’avoir osé initier ce bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong>s 20 ans <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale<br />

et d’avoir fait le nécessaire pour as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> neutralité et l’indépendance <strong>de</strong> <strong>la</strong> démarche. Nous remercions<br />

l’INM et son équipe rapprochée pour <strong>la</strong> gran<strong>de</strong> qualité <strong>de</strong> son organisation, son animation et son analyse du<br />

matériel issu <strong>de</strong> <strong>la</strong> consultation. Sans ce précieux appui, nous n’aurions pu être aussi efficaces et, espéronsle,<br />

pertinents. Nous sommes également reconnaissants envers l’équipe <strong>de</strong> TACT Intelligence-conseil qui<br />

nous a accompagnés dans les re<strong>la</strong>tions avec les médias et envers l’équipe <strong>de</strong> MC2 Concept Inc. qui a as<strong>sur</strong>é<br />

notre présence <strong>sur</strong> le web durant les audiences. Mais nos plus sincères remerciements vont <strong>à</strong> tous les<br />

participants qui se sont prêtés <strong>à</strong> l’exercice <strong>de</strong> consultation, <strong>sur</strong> le web ou en présence aux audiences, qui ont<br />

pris le temps <strong>de</strong> s’intéresser, <strong>de</strong> rédiger un mémoire ou <strong>de</strong> venir témoigner lors <strong>de</strong>s forums citoyens. Nous<br />

pensons avoir été fidèles <strong>à</strong> l’essentiel <strong>de</strong> vos propos et nous espérons que vous vous reconnaîtrez dans ce<br />

rapport. À toutes et tous, merci d’avoir crû <strong>à</strong> <strong>la</strong> démarche et <strong>de</strong> nous avoir fait confiance.<br />

C’est avec fierté que nous déposons ce rapport avec l’intime conviction qu’il reflète déj<strong>à</strong> les valeurs <strong>de</strong><br />

grand nombre <strong>de</strong> Québécoises et <strong>de</strong> Québécois et <strong>de</strong> tout un réseau qui s’active chaque jour <strong>à</strong> développer<br />

le Québec, maintenant et pour <strong>de</strong>main.<br />

André Lebon, prési<strong>de</strong>nt Martine Desjardins Pierre Landry<br />

III<br />

<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Pour continuer <strong>à</strong> grandir<br />

<strong>Rapport</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />

<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

Commissaires<br />

Martine Desjardins<br />

Pierre Landry<br />

André Lebon, prési<strong>de</strong>nt<br />

Équipe <strong>de</strong> l’Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong><br />

Malorie Flon, conseillère stratégique<br />

Francis Huot, chargé <strong>de</strong> communication<br />

Anouk Lavoie-Isebaert, agente <strong>de</strong> projet analyste<br />

Louis-Philippe Lizotte, chargé <strong>de</strong> projet<br />

Annick Poitras, chargée <strong>de</strong> projet aux publications<br />

Sophie Séguin-Lamarche, directrice <strong>de</strong>s communications<br />

Sarah Sultani, agente <strong>de</strong> mobilisation<br />

Michel Venne, directeur général<br />

Alexandre Warnet, animateur<br />

Équipe <strong>de</strong> Tact Intelligence-Conseil<br />

Tamara Chiasson, conseillère principale<br />

Marie-Pier Côté, conseillère<br />

Laurie Fossat, conseillère<br />

Stéphanie Gareau, directrice<br />

Équipe <strong>de</strong> rédaction<br />

Martine Desjardins<br />

Pierre Landry<br />

André Lebon<br />

Anouk Lavoie-Isebaert<br />

Michel Venne<br />

Pour tous commentaires ou questionnements au sujet du rapport, vous pouvez écrire <strong>à</strong> l’adresse suivante<br />

commission<strong>petite</strong><strong>enfance</strong>@inm.qc.ca ou <strong>à</strong> l’Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong><br />

Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong><br />

5605, avenue <strong>de</strong> Gaspé, bureau 404<br />

Montréal (Québec) H2T 2A4<br />

1 877 934-5999 | 514 934-5999<br />

inm@inm.qc.ca<br />

L’Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong> est une organisation non partisane dont <strong>la</strong> mission est<br />

d’accroître <strong>la</strong> participation <strong>de</strong>s citoyens <strong>à</strong> <strong>la</strong> vie démocratique. L’action <strong>de</strong> l’INM a<br />

pour effet d’encourager <strong>la</strong> participation citoyenne et <strong>de</strong> contribuer au développement<br />

<strong>de</strong>s compétences civiques, au renforcement du lien social et <strong>à</strong> <strong>la</strong> valorisation <strong>de</strong>s<br />

institutions démocratiques.<br />

IV<br />

<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Sommaire<br />

En 1997, le gouvernement du Québec publiait un livre b<strong>la</strong>nc <strong>sur</strong> les nouvelles dispositions <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique<br />

familiale intitulée Les enfants au cœur <strong>de</strong> nos choix. Cette politique misait notamment <strong>sur</strong> le développement<br />

<strong>de</strong> services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> dans le but d’as<strong>sur</strong>er un soutien universel aux familles et une ai<strong>de</strong><br />

accrue aux familles <strong>à</strong> faible revenu, <strong>de</strong> faciliter <strong>la</strong> conciliation <strong>de</strong>s activités familiales et professionnelles et<br />

<strong>de</strong> favoriser le développement optimal <strong>de</strong>s enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances.<br />

La <strong>Commission</strong> et ses travaux<br />

Le vingtième anniversaire <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale offre l’occasion <strong>de</strong> dresser un bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong>s services éducatifs<br />

<strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> au Québec et <strong>de</strong> leurs répercussions <strong>sur</strong> les tout-petits.<br />

C’est dans ce contexte notamment que l’Association québécoise <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (AQCPE)<br />

a mis <strong>sur</strong> pied <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Cette commission était constituée <strong>de</strong> trois<br />

commissaires indépendants : M. André Lebon, prési<strong>de</strong>nt, ainsi que Mme Martine Desjardins et M. Pierre<br />

Landry. Afin d’as<strong>sur</strong>er l’indépendance et <strong>la</strong> neutralité du processus, l’AQCPE a mandaté l’Institut du Nouveau<br />

Mon<strong>de</strong> (INM), une organisation <strong>à</strong> but non lucratif dont <strong>la</strong> mission est d’accroître <strong>la</strong> participation <strong>de</strong>s citoyens<br />

<strong>à</strong> <strong>la</strong> vie démocratique, pour as<strong>sur</strong>er les opérations et le secrétariat <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>.<br />

Les commissaires ont parcouru 14 villes <strong>de</strong> <strong>la</strong> province afin <strong>de</strong> susciter un dialogue social portant<br />

principalement <strong>sur</strong> quatre enjeux : <strong>la</strong> qualité, l’accessibilité, l’universalité et <strong>la</strong> gouvernance <strong>de</strong>s services<br />

éducatifs offerts aux tout-petits.<br />

La <strong>Commission</strong> a combiné plusieurs modalités <strong>de</strong> participation pour rejoindre différents publics afin <strong>de</strong><br />

dresser le bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et <strong>de</strong> déterminer les correctifs <strong>à</strong> apporter, le cas<br />

échéant. Au total, 23 experts et 135 groupes et organismes ont été entendus durant les audiences nationales<br />

et régionales. Grâce aux forums citoyens, les commissaires ont rencontré 416 citoyens interpellés par les<br />

enjeux <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>. Un sondage <strong>à</strong> l’intention <strong>de</strong>s parents d’enfants âgés <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans a permis <strong>de</strong><br />

recueillir l’opinion <strong>de</strong> 5009 répondants et <strong>de</strong> mieux comprendre les choix <strong>de</strong>s parents en ce qui a trait aux<br />

services éducatifs ainsi qu’<strong>à</strong> évaluer leur appréciation <strong>de</strong> ces services. Un sondage a aussi été réalisé auprès<br />

du grand public, permettant <strong>de</strong> récolter l’opinion <strong>de</strong> 1004 répondants au sujet <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />

<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Enfin, 167 mémoires et commentaires écrits ont été reçus par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>.<br />

Les résultats <strong>de</strong> <strong>la</strong> consultation<br />

Les témoignages recueillis mettent en très gran<strong>de</strong> majorité l’accent <strong>sur</strong> <strong>la</strong> nécessité absolue d’offrir <strong>de</strong>s<br />

services <strong>de</strong> qualité pour soutenir le développement optimal <strong>de</strong>s enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances au Québec.<br />

Les participants font valoir que les bénéfices associés <strong>à</strong> ces services perdurent dans le temps et donc que<br />

l’ensemble <strong>de</strong> <strong>la</strong> société en bénéficie. Or, selon les étu<strong>de</strong>s produites et les témoignages entendus, <strong>la</strong> qualité<br />

<strong>de</strong>s services au Québec <strong>de</strong>meure passable. Plusieurs intervenants travail<strong>la</strong>nt dans les services éducatifs <strong>à</strong><br />

<strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ont mentionné que les restrictions budgétaires nuisent au respect <strong>de</strong>s facteurs <strong>de</strong> qualité.<br />

Parmi les me<strong>sur</strong>es susceptibles d’accroître <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services, plusieurs participants penchent en faveur<br />

d’un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation initiale et continue pour l’ensemble du personnel éducatif<br />

et pour <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong> mécanismes d’évaluation continue <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité au moyen d’outils éprouvés<br />

permettant une démarche réflexive et <strong>de</strong>s ajustements <strong>de</strong> pratiques.<br />

Les témoignages entendus indiquent qu’il reste également du chemin <strong>à</strong> faire pour as<strong>sur</strong>er l’accessibilité aux<br />

services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> pour tous les enfants. De nombreuses barrières freinent l’accès aux<br />

services par les enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés et les enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité, notamment<br />

<strong>la</strong> distance <strong>à</strong> parcourir et <strong>la</strong> disponibilité <strong>de</strong>s moyens <strong>de</strong> transport, les moyens financiers limités, <strong>la</strong> crainte<br />

du jugement ou encore le manque <strong>de</strong> connaissance au sujet <strong>de</strong>s services disponibles.<br />

V<br />

<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Les discussions entourant l’universalité <strong>de</strong>s services ont principalement touché <strong>la</strong> tarification et <strong>la</strong> prestation<br />

<strong>de</strong>s services. À cet égard, <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs pour les p<strong>la</strong>ces subventionnées et l’accès aux crédits<br />

d’impôt pour les p<strong>la</strong>ces non subventionnées ont été critiqués en raison <strong>de</strong> leur influence <strong>sur</strong> le choix<br />

<strong>de</strong>s parents. En effet, les représentants <strong>de</strong> centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et <strong>de</strong> responsables <strong>de</strong> service <strong>de</strong><br />

gar<strong>de</strong> en milieu familial dénoncent le fait que ces me<strong>sur</strong>es poussent <strong>de</strong>s parents <strong>à</strong> dé<strong>la</strong>isser les services<br />

subventionnés au profit <strong>de</strong>s services non subventionnés pour <strong>de</strong>s motifs économiques. Concernant <strong>la</strong><br />

prestation <strong>de</strong>s services, <strong>la</strong> plupart <strong>de</strong>s intervenants provenant <strong>de</strong>s milieux <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s participants<br />

aux forums citoyens se positionnent en faveur <strong>de</strong> l’universalisme proportionné en vertu duquel <strong>de</strong>s services<br />

<strong>de</strong> base sont offerts <strong>à</strong> tous les enfants et <strong>de</strong>s services additionnels sont disponibles pour les enfants ayant<br />

<strong>de</strong>s besoins particuliers. Une telle me<strong>sur</strong>e encouragerait <strong>la</strong> mixité sociale et le soutien adéquat <strong>de</strong>s enfants,<br />

<strong>à</strong> condition d’as<strong>sur</strong>er l’accès aux ressources humaines et financières pour soutenir le personnel éducateur.<br />

Enfin, l’enjeu <strong>de</strong> <strong>la</strong> gouvernance a permis <strong>de</strong> souligner l’importance <strong>de</strong> favoriser une action concertée en<br />

matière d’éducation <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. En effet, plusieurs intervenants ont témoigné en faveur d’une<br />

col<strong>la</strong>boration accrue entre les milieux communautaires, sco<strong>la</strong>ires, <strong>de</strong> santé et les services éducatifs afin<br />

d’améliorer le continuum <strong>de</strong> services pour les jeunes enfants. De même, le partage <strong>de</strong>s responsabilités<br />

entre le ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, le ministère <strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> l’Enseignement supérieur et le ministère <strong>de</strong><br />

<strong>la</strong> Santé et <strong>de</strong>s Services sociaux est critiqué en raison du morcellement <strong>de</strong>s services et du travail en vase clos<br />

que ce partage implique souvent. Une uniformisation <strong>de</strong>s règles et exigences auxquelles <strong>de</strong>vrait se soumettre<br />

l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> est également souhaitée par les représentants <strong>de</strong> CPE,<br />

<strong>de</strong> responsables <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries.<br />

En tenant compte <strong>de</strong> ces apprentissages, <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> a formulé cinq énoncés <strong>de</strong> principe, chacun assorti<br />

<strong>de</strong> recommandations spécifiques. Ces énoncés et recommandations sont indissociables puisque certaines<br />

recommandations favorisent l’atteinte d’objectifs liés <strong>à</strong> d’autres.<br />

1. Le gouvernement doit exprimer c<strong>la</strong>irement que les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> sont avant tout <strong>de</strong>s<br />

services éducatifs.<br />

La reconnaissance du fait que <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> est une pério<strong>de</strong> cruciale du développement <strong>de</strong>s enfants<br />

doit être affirmée et portée par le gouvernement. En ce sens, les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

constituent le premier maillon du parcours éducatif <strong>de</strong> l’enfant et doivent être intégrés formellement au<br />

continuum d’éducation <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> jusqu’<strong>à</strong> l’université.<br />

Pour ce faire, nous recommandons :<br />

1.1. De regrouper l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs offerts aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 16 ans sous <strong>la</strong> responsabilité<br />

d’un même ministre et d’un même ministère.<br />

1.2. De réaffirmer du même coup que l’approche éducative <strong>de</strong>stinée aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans <strong>de</strong>meure<br />

une approche <strong>de</strong> développement global <strong>de</strong> l’enfant, <strong>de</strong> stimu<strong>la</strong>tion, d’éveil et <strong>de</strong> socialisation par le jeu qui<br />

favorise <strong>la</strong> réussite éducative et non une approche <strong>de</strong> sco<strong>la</strong>risation précoce.<br />

2. Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (<strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans) doivent être gratuits, au même titre que l’école.<br />

Considérant que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> constituent le premier maillon du parcours éducatif<br />

<strong>de</strong> l’enfant et qu’ils doivent être intégrés formellement au continuum d’éducation présco<strong>la</strong>ire et sco<strong>la</strong>ire,<br />

nous estimons que les principes généraux d’universalité, <strong>de</strong> gratuité et d’accessibilité qui s’appliquent <strong>à</strong><br />

l’école <strong>de</strong>vraient également s’appliquer aux services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

La gratuité exprime <strong>la</strong> volonté d’offrir <strong>à</strong> tous les enfants du Québec un accès universel <strong>à</strong> <strong>de</strong>s services<br />

éducatifs <strong>de</strong> qualité dès le plus jeune âge alors même que <strong>la</strong> très gran<strong>de</strong> majorité <strong>de</strong>s parents d’enfants <strong>de</strong><br />

0-5 ans, aussi bien mères que pères, se retrouvent <strong>sur</strong> le marché du travail.<br />

VI<br />

<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Elle reflète le consensus québécois en faveur <strong>de</strong> <strong>la</strong> priorité qui doit être accordée <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> comme<br />

pério<strong>de</strong> cruciale <strong>de</strong> développement.<br />

Elle soutient également <strong>la</strong> volonté du gouvernement, appuyée par tous les partis politiques et par <strong>la</strong> société<br />

civile, les milieux d’affaires, les parents et les milieux sco<strong>la</strong>ires, <strong>de</strong> faire <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> et <strong>de</strong> <strong>la</strong> réussite<br />

éducative l’une <strong>de</strong>s plus importantes priorités du Québec.<br />

De nombreuses étu<strong>de</strong>s montrent que les services éducatifs <strong>de</strong> qualité <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> sont rentables<br />

économiquement et socialement. Les fonds publics consacrés <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> représentent un<br />

investissement qui rapporte <strong>de</strong>s divi<strong>de</strong>n<strong>de</strong>s <strong>à</strong> toute <strong>la</strong> société. Le Québec a les moyens d’offrir cet avantage<br />

<strong>à</strong> ses enfants. Nous rappelons ici que selon une étu<strong>de</strong> menée en 2008, les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs<br />

rapportent davantage qu’ils ne coûtent annuellement. Les recettes fiscales engendrées notamment par le<br />

retour massif <strong>de</strong>s mères <strong>sur</strong> le marché du travail se chiffrent <strong>à</strong> 900 M$ par année qui sont récoltés par les<br />

<strong>de</strong>ux paliers <strong>de</strong> gouvernement.<br />

Les modalités tarifaires actuelles entraînent <strong>de</strong>s effets indésirables, entre autres quant aux choix <strong>de</strong>s services<br />

offerts pour <strong>de</strong>s raisons économiques au lieu <strong>de</strong> favoriser un choix basé <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services. Le fait <strong>de</strong><br />

maintenir les modalités tarifaires actuelles consoli<strong>de</strong> leurs effets indésirables.<br />

Conséquemment, nous recommandons :<br />

2.1. D’as<strong>sur</strong>er le plus rapi<strong>de</strong>ment possible <strong>la</strong> gratuité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> pour tous<br />

les enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans.<br />

3. Il est essentiel <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> engendrent <strong>de</strong>s effets positifs seulement s’ils sont <strong>de</strong> gran<strong>de</strong><br />

qualité, <strong>à</strong> commencer par les milieux où l’on retrouve les enfants vulnérables en plus grand nombre. Il est<br />

question ici d’équité et d’égalité <strong>de</strong>s chances.<br />

Nous sommes d’avis qu’une meilleure qualité sera atteinte si les exigences <strong>de</strong> formation sont rehaussées et<br />

si une évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, couplée <strong>à</strong> un accompagnement pédagogique, est réalisée <strong>de</strong> façon soutenue.<br />

En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> formation du personnel éducateur, nous recommandons :<br />

3.1. Que tout le personnel éducateur travail<strong>la</strong>nt dans les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> détienne<br />

un diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> comme formation initiale <strong>de</strong> base.<br />

3.2. Que toutes les nouvelles RSG soient détentrices d’un DEC avant d’obtenir une reconnaissance <strong>à</strong> titre<br />

<strong>de</strong> responsable <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial.<br />

Nous reconnaissons que certaines <strong>de</strong>s tâches <strong>de</strong>s responsables <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial<br />

diffèrent <strong>de</strong> celle du personnel en instal<strong>la</strong>tion. Conséquemment, nous recommandons :<br />

3.3. Que le DEC en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> offre un profil spécialisé pour les RSG, adapté aux<br />

groupes multiâges et <strong>à</strong> <strong>la</strong> réalité multitâches qui incombe aux RSG.<br />

Nous proposons une stratégie <strong>de</strong> qualification et <strong>de</strong> reconnaissance <strong>de</strong>s RSG déj<strong>à</strong> en fonction en<br />

recommandant :<br />

3.4. L’évaluation et <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong>s acquis <strong>de</strong>s RSG, en fonction <strong>de</strong>s 22 compétences professionnelles<br />

acquises durant le diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>, couplée <strong>à</strong> un<br />

VII<br />

<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


accompagnement et <strong>à</strong> <strong>de</strong>s formations visant l’atteinte <strong>de</strong>s compétences non maîtrisées, par le biais <strong>de</strong><br />

modalités axées <strong>sur</strong> une démarche réflexive d’accompagnement <strong>à</strong> travers l’action.<br />

La formation <strong>de</strong>s enseignants au niveau présco<strong>la</strong>ire doit également être bonifiée. En ce sens, nous<br />

recommandons :<br />

3.5. Que le bacca<strong>la</strong>uréat en éducation présco<strong>la</strong>ire et en enseignement primaire offre davantage <strong>de</strong> cours<br />

axés <strong>sur</strong> le présco<strong>la</strong>ire afin <strong>de</strong> mieux outiller les enseignants <strong>de</strong> maternelle 4 et 5 ans.<br />

Outre une uniformisation et un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation initiale pour l’ensemble du<br />

personnel éducateur, nous recommandons :<br />

3.6. Que <strong>la</strong> formation continue, basée <strong>sur</strong> les meilleures pratiques, permettant au personnel <strong>de</strong> s’approprier<br />

<strong>de</strong> façon proactive le savoir transmis et ainsi garantir que les apprentissages soient durables et transposés<br />

dans leurs pratiques, soit obligatoire.<br />

En ce qui a trait <strong>à</strong> l’évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, nous estimons qu’une évaluation soutenue accompagnée <strong>de</strong><br />

soutien pédagogique permettrait une amélioration continue <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong>. Nous recommandons :<br />

3.7 Qu’une évaluation biennale <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, effectuée <strong>à</strong> l’ai<strong>de</strong> d’un outil permettant une comparaison<br />

entre l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs québécois – y compris <strong>la</strong> maternelle 4 ans – et si possible avec<br />

ceux d’autres provinces et pays, soit complétée pour tous les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Cette<br />

évaluation <strong>de</strong>vrait porter <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s interactions entre le personnel éducateur et l’enfant, <strong>la</strong> qualité<br />

<strong>de</strong>s interactions entre le personnel éducateur et les parents, <strong>la</strong> structuration et l’aménagement <strong>de</strong>s lieux,<br />

<strong>la</strong> diversité et l’organisation <strong>de</strong>s activités offertes aux enfants ainsi que <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong> l’enfant.<br />

3.8 Que cette évaluation pose un diagnostic <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>,<br />

i<strong>de</strong>ntifie <strong>de</strong>s cibles d’amélioration continue <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services et offre <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es <strong>de</strong> soutien et<br />

d’accompagnement direct lorsque l’évaluation du niveau <strong>de</strong> qualité en révèle <strong>la</strong> nécessité.<br />

3.9 Que les services éducatifs soient tenus d’atteindre un seuil minimal <strong>de</strong> qualité en vertu <strong>de</strong> cette<br />

évaluation, sous peine <strong>de</strong> perdre leur permis ou leur reconnaissance.<br />

3.10 Que <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er le développement global <strong>de</strong> l’enfant soit, au même titre que <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong><br />

as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> santé, <strong>la</strong> sécurité ou le bien-être <strong>de</strong>s enfants, une condition sine qua non au maintien du permis<br />

ou <strong>de</strong> <strong>la</strong> reconnaissance.<br />

3.11 Que le caractère « <strong>sur</strong> <strong>de</strong>man<strong>de</strong> » du soutien pédagogique offert aux RSG par les bureaux<br />

coordonnateurs soit revu <strong>de</strong> sorte qu’il puisse être imposé.<br />

3.12 De retirer l’offre <strong>de</strong> crédits d’impôt pour les enfants inscrits dans les milieux <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> non régis.<br />

4. Il est primordial que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> rejoignent et incluent les enfants issus <strong>de</strong><br />

milieux défavorisés et les enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité.<br />

Les services éducatifs doivent permettre <strong>de</strong> soutenir le développement <strong>de</strong> tous les enfants, y compris <strong>de</strong><br />

ceux ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers. Actuellement, les enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés et les enfants<br />

en situation <strong>de</strong> vulnérabilité sont moins susceptibles <strong>de</strong> fréquenter les services éducatifs et lorsqu’ils en<br />

fréquentent, ces services sont <strong>de</strong> moins bonne qualité. Il faut donc se donner les moyens <strong>de</strong> rejoindre et<br />

inclure ces enfants dans <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> qualité afin <strong>de</strong> renverser cette tendance.<br />

VIII<br />

<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Nous considérons que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />

éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> constituent le porteur principal <strong>de</strong> <strong>la</strong> réussite éducative <strong>de</strong>s enfants entre 0 et 5 ans.<br />

Conséquemment, nous jugeons que les autres me<strong>sur</strong>es complémentaires (Organismes communautaires<br />

Famille, services intégrés en périnatalité et pour <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, maternelles 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu<br />

défavorisé) doivent s’arrimer aux services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. C’est l’ensemble <strong>de</strong> ces ressources<br />

qui constitue le réseau éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

Nous reconnaissons <strong>la</strong> pertinence <strong>de</strong> l’objectif <strong>de</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé qui<br />

vise <strong>à</strong> rejoindre les enfants <strong>de</strong> milieux défavorisés et <strong>à</strong> les préparer <strong>à</strong> leur entrée <strong>à</strong> l’école. Nous suggérons<br />

que le déploiement <strong>de</strong>s c<strong>la</strong>sses se fasse en complémentarité avec le réseau éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> déj<strong>à</strong><br />

en p<strong>la</strong>ce. Nous recommandons :<br />

4.1 De déployer en priorité <strong>de</strong>s efforts <strong>de</strong> recrutement et <strong>de</strong> sensibilisation pour as<strong>sur</strong>er une plus gran<strong>de</strong><br />

fréquentation <strong>de</strong>s services éducatifs par les enfants <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 5 ans.<br />

4.2 D’exiger que les enfants qui fréquentent <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé ne<br />

fréquentaient pas un service éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> avant d’entrer en maternelle 4 ans.<br />

Nous reconnaissons que les organismes communautaires Famille rejoignent actuellement <strong>de</strong>s familles qui<br />

n’utilisent pas les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et nous jugeons utile d’en faire <strong>de</strong>s partenaires<br />

formels <strong>de</strong> ces services éducatifs. Nous proposons donc <strong>de</strong> renforcer leur rôle <strong>de</strong> porte d’entrée ces services<br />

en les dotant d’une mission d’accompagnement <strong>de</strong>s parents vers les services éducatifs. Pour ce faire, nous<br />

recommandons :<br />

4.3 De revoir le financement <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille afin <strong>de</strong> leur allouer un financement<br />

bonifié en fonction du respect <strong>de</strong> leur mission d’accompagnement <strong>de</strong>s parents vers les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />

éducatifs.<br />

5. Il faut consoli<strong>de</strong>r <strong>la</strong> cohésion et <strong>la</strong> complémentarité entre tous les acteurs impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

Le soutien au développement optimal <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans repose <strong>sur</strong> un réseau <strong>de</strong> ressources qui<br />

doivent col<strong>la</strong>borer en p<strong>la</strong>çant les besoins <strong>de</strong>s enfants au centre <strong>de</strong> leurs préoccupations. Des <strong>la</strong>cunes doivent<br />

être comblées afin d’as<strong>sur</strong>er une meilleure continuité entre les services offerts par le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé, le<br />

milieu <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et le milieu sco<strong>la</strong>ire.<br />

Nous sommes d’avis que <strong>de</strong>s passerelles formelles doivent être mises en p<strong>la</strong>ce pour faciliter les échanges<br />

entre ces services.<br />

Nous recommandons :<br />

5.1 Que soit développé un outil standardisé <strong>de</strong> développement <strong>de</strong> l’enfant en col<strong>la</strong>boration avec les milieux<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux, avec les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> et avec les parents.<br />

5.2 Que cet outil soit obligatoirement utilisé par les professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux et par<br />

le personnel éducateur afin d’as<strong>sur</strong>er le transfert d’informations et <strong>la</strong> prestation <strong>de</strong> services nécessaires<br />

aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans et pour faciliter leur transition vers <strong>la</strong> maternelle.<br />

5.3 Que le programme SIPPE offert aux jeunes mamans <strong>de</strong> milieux défavorisés soit renforcé et considéré<br />

comme partie indissociable d’une stratégie éducative globale touchant les enfants vulnérables dès <strong>la</strong><br />

grossesse.<br />

IX<br />

<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Nous réaffirmons l’importance <strong>de</strong>s protocoles d’entente entre le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et les services éducatifs <strong>à</strong><br />

<strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Nous souhaitons accroître l’efficacité <strong>de</strong> ces ententes qui visent <strong>à</strong> réserver <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces pour<br />

les enfants ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers en échange d’un accès aux services <strong>de</strong> santé pour ces enfants.<br />

Pour ce faire, nous recommandons :<br />

5.4 Que soit augmenté le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en vertu <strong>de</strong>s protocoles d’entente signés entre les services<br />

éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et les milieux <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et que ces ententes impliquent obligatoirement un<br />

accès aux professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé pour as<strong>sur</strong>er le soutien et l’accompagnement nécessaires aux enfants<br />

touchés par ces ententes.<br />

X<br />

<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Table <strong>de</strong>s matières<br />

CONTEXTE ........................................................................................................................................................ 1<br />

PORTRAIT DES SERVICES ÉDUCATIFS À L’ENFANCE .......................................................................................... 3<br />

DÉMARCHE DE CONSULTATION ....................................................................................................................... 7<br />

CE QUE NOUS AVONS APPRIS DURANT LA TOURNÉE ....................................................................................... 9<br />

Qualité .................................................................................................................................................... 9<br />

Bénéfices associés <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>de</strong> qualité ..................................................... 9<br />

Facteurs <strong>de</strong> qualité ..................................................................................................................................... 12<br />

Formation du personnel ............................................................................................................................ 17<br />

Évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité .............................................................................................................................. 21<br />

Accessibilité .......................................................................................................................................... 23<br />

Portrait <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles .................................................................................................................... 23<br />

Barrières <strong>à</strong> l’accès aux services .................................................................................................................... 26<br />

Universalité ........................................................................................................................................... 31<br />

Modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs et bonification <strong>de</strong>s crédits d’impôt .......................................................................... 31<br />

Intégration <strong>de</strong>s enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité ................................................................................. 33<br />

Gouvernance ......................................................................................................................................... 37<br />

Cohésion et complémentarité entre les acteurs impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ............................................ 37<br />

Col<strong>la</strong>boration systémique .......................................................................................................................... 39<br />

Cohésion entre les ministères impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> .......................................................................... 42<br />

Uniformisation <strong>de</strong>s exigences et <strong>de</strong>s pratiques ........................................................................................... 43<br />

Autres préoccupations entendues durant <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> ...................................................................... 45<br />

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS ....................................................................................................... 46<br />

Recommandations ...................................................................................................................................... 48<br />

RÉFÉRENCES .................................................................................................................................................. 53<br />

Annexe 1 – Bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong> <strong>la</strong> participation ............................................................................................................... 56<br />

Annexe 2 – Synthèse <strong>de</strong>s résultats <strong>de</strong> Grandir en qualité ............................................................................... 60<br />

Annexe 3 – Appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> par les répondants du sondage<br />

aux parents ................................................................................................................................................... 62<br />

Annexe 4 – Raison du choix <strong>de</strong> service éducatif selon les répondants du sondage aux parents ...................... 63<br />

XI<br />

<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Acronymes<br />

AEC<br />

AQCPE<br />

BC<br />

CA<br />

CLASS<br />

CSSS<br />

CLSC<br />

CSQ<br />

CPE<br />

DEC<br />

ECERS-R<br />

ELDEQ<br />

EQDEM<br />

INM<br />

ISQ<br />

MEES<br />

MF<br />

MSSS<br />

OCDE<br />

OCF<br />

RSG<br />

SIPPE<br />

TPMD<br />

Attestation d’étu<strong>de</strong>s collégiales<br />

Association québécoise <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

Bureau coordonnateur<br />

Conseil d’administration<br />

C<strong>la</strong>ssroom Assessment Scoring System<br />

Centre <strong>de</strong> santé et <strong>de</strong> services sociaux<br />

Centre local <strong>de</strong> services communautaires<br />

Centrale <strong>de</strong>s syndicats du Québec<br />

Centre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

Diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales<br />

Early Childhood Environment Rating Scale – Revised<br />

Étu<strong>de</strong> longitudinale du développement <strong>de</strong>s enfants du Québec<br />

Enquête québécoise <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong>s enfants <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle<br />

Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong><br />

Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec<br />

Ministère <strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> l’Enseignement supérieur<br />

Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille<br />

Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Santé et <strong>de</strong>s Services sociaux<br />

Organisation <strong>de</strong> coopération et <strong>de</strong> développement économiques<br />

Organisme communautaire Famille<br />

Responsable <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial<br />

Services intégrés en périnatalité et pour <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

Maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé<br />

Liste <strong>de</strong>s figures et tableaux<br />

Figure 1 : Portrait <strong>de</strong>s services éducatifs .......................................................................................................... 4<br />

Figure 2 : Répartition <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles au 31 mars 2016 ......................................................................... 5<br />

Figure 3 : Pério<strong>de</strong>s sensibles du développement entre 0 et 7 ans ................................................................... 10<br />

Figure 4 : Pourcentage d’enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans qui fréquentent un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> régi affichant une qualité<br />

d’ensemble acceptable, bonne ou excellente, selon le groupe d’âge <strong>de</strong>s enfants et le type <strong>de</strong> service éducatif en<br />

2003 ............................................................................................................................................................... 11<br />

Figure 5 : Pourcentage d’enfants en CPE et gar<strong>de</strong>ries non subventionnées selon le niveau <strong>de</strong> l’indice <strong>de</strong> qualité<br />

d’ensemble en 2014 ....................................................................................................................................... 11<br />

Figure 6 : Taux d’activités <strong>de</strong>s mères dont le plus jeune enfant avait 5 ans ou moins dans les cinq régions du<br />

Canada en 1998 et 2014 ................................................................................................................................. 15<br />

Figure 7 : Bénéfices associés <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ............................... 17<br />

Figure 8 : Répartition <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans selon leur mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> ........................................................ 27<br />

Figure 9 : Proportion <strong>de</strong> familles ayant <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 5 ans n’ayant pas recours <strong>à</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> régulière en<br />

fonction <strong>de</strong> revenu familial annuel .............................................................................................................. 28<br />

Figure 10 : Tarification <strong>de</strong>s services éducatifs subventionnés pour <strong>2017</strong> ..................................................... 31<br />

Figure 11 : Proportion d’enfants <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle vulnérables dans au moins un domaine <strong>de</strong> développement<br />

selon l’indice <strong>de</strong> défavorisation matérielle .................................................................................................... 34<br />

Figure 12 : Modèle écosystémique ............................................................................................................... 38<br />

Tableau 1 : Avantage et coût annuels du remp<strong>la</strong>cement du système traditionnel par le système <strong>à</strong> contribution<br />

réduite ........................................................................................................................................................... 16<br />

Tableau 2 : Évolution <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles en services éducatifs au Québec .............................................. 23<br />

Tableau 3 : P<strong>la</strong>ces occupées en services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> au Québec en 2013-2014 et 2014-2015 ............................ 25<br />

XII<br />

<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Contexte 1<br />

En 1997, le gouvernement du Québec publiait un livre b<strong>la</strong>nc <strong>sur</strong> les nouvelles dispositions <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique<br />

familiale intitulée Les enfants au cœur <strong>de</strong> nos choix. É<strong>la</strong>borée dans un contexte <strong>de</strong> re<strong>la</strong>nce <strong>de</strong> l’économie et<br />

<strong>de</strong> l’emploi, cette politique visait trois objectifs :<br />

• as<strong>sur</strong>er l’équité par un soutien universel aux familles et une ai<strong>de</strong> accrue aux familles <strong>à</strong> faible revenu ;<br />

• faciliter <strong>la</strong> conciliation <strong>de</strong>s responsabilités parentales et professionnelles ;<br />

• favoriser le développement <strong>de</strong>s enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances. 2<br />

Parmi les me<strong>sur</strong>es pour atteindre ces objectifs, <strong>la</strong> politique misait notamment <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong><br />

services éducatifs et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. 3 Cette me<strong>sur</strong>e répondait <strong>à</strong> un besoin établi dès les années<br />

1960 dans le rapport Parent <strong>sur</strong> l’enseignement au Québec qui recommandait déj<strong>à</strong> <strong>de</strong>s activités éducatives<br />

pour les enfants <strong>de</strong> 4 et 5 ans. L’idée d’un programme <strong>de</strong> stimu<strong>la</strong>tion infantile avait préa<strong>la</strong>blement été<br />

évoquée dans le rapport Un Québec fou <strong>de</strong> ses enfants publié en 1991 4 puis dans les rapports (majoritaire<br />

et minoritaire) du Comité externe <strong>de</strong> <strong>la</strong> réforme <strong>de</strong> <strong>la</strong> sécurité du revenu en 1996 5 dont s’est inspiré le<br />

gouvernement pour l’é<strong>la</strong>boration <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale.<br />

Le livre b<strong>la</strong>nc insistait <strong>sur</strong> l’importance <strong>de</strong> donner <strong>à</strong> tous les enfants un accès <strong>à</strong> <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>de</strong><br />

qualité qui les prépareraient au parcours sco<strong>la</strong>ire et leur donneraient toutes les chances <strong>de</strong> se développer<br />

au meilleur <strong>de</strong> leur potentiel.<br />

La mise en œuvre <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale, incluant le régime d’as<strong>sur</strong>ance parentale, a permis <strong>de</strong>s avancées<br />

notables en ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> situation <strong>de</strong>s familles <strong>à</strong> faible revenu, <strong>à</strong> <strong>la</strong> conciliation travail-famille, au soutien<br />

<strong>à</strong> l’engagement <strong>de</strong>s pères auprès <strong>de</strong> leurs jeunes enfants et <strong>à</strong> l’activité <strong>de</strong>s femmes <strong>sur</strong> le marché du travail.<br />

Le développement <strong>de</strong>s enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances, troisième objectif du livre b<strong>la</strong>nc, n’ont cependant<br />

pas fait l’objet d’un suivi et d’une évaluation systématique qui aurait permis d’en me<strong>sur</strong>er l’atteinte. C’est<br />

donc avec <strong>la</strong> volonté <strong>de</strong> faire un bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> au Québec et <strong>de</strong> leurs<br />

répercussions <strong>sur</strong> les tout-petits que <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> a été créée. Ce<strong>la</strong>,<br />

dans <strong>la</strong> perspective <strong>de</strong> jeter les bases d’une vision collective porteuse pour l’avenir <strong>de</strong> nos jeunes enfants.<br />

La <strong>Commission</strong> est une initiative <strong>de</strong> l’Association québécoise <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (AQCPE). Afin<br />

d’as<strong>sur</strong>er l’indépendance du processus, l’AQCPE a nommé trois commissaires indépendants pour mener <strong>à</strong><br />

bien ce travail <strong>de</strong> consultation, <strong>de</strong> réflexion et <strong>de</strong> recommandation : M. André Lebon, prési<strong>de</strong>nt, ainsi que<br />

Mme Martine Desjardins et M. Pierre Landry. L’AQCPE a également mandaté l’Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong><br />

(INM), une organisation <strong>à</strong> but non lucratif dont <strong>la</strong> mission est d’accroître <strong>la</strong> participation <strong>de</strong>s citoyens <strong>à</strong> <strong>la</strong> vie<br />

démocratique, pour coordonner les opérations et le secrétariat <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>.<br />

1 Cette section ainsi que <strong>la</strong> section suivante reprennent plusieurs éléments du document <strong>de</strong> consultation et du supplément<br />

d’information produits dans le cadre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Pour plus d’informations, vous pouvez-vous<br />

y référer : http://inm.qc.ca/commission-education-<strong>petite</strong>-<strong>enfance</strong>/documentation/<br />

2 Gouvernement du Québec, 1997. Les enfants au cœur <strong>de</strong> nos choix : Nouvelles dispositions <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale, page<br />

VII.<br />

3 Les <strong>de</strong>ux autres me<strong>sur</strong>es du livre b<strong>la</strong>nc sont l’instauration d’une allocation unifiée pour enfants et d’un nouveau régime<br />

d’as<strong>sur</strong>ance parentale (congés parentaux).<br />

4 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux, 1991. Un Québec fou <strong>de</strong> ses enfants, en ligne : http://publications.msss.gouv.<br />

qc.ca/msss/document-000205/<br />

5 Camil Bouchard, Vivian Labrie, et A<strong>la</strong>in Noël, 1996. Chacun sa part : <strong>Rapport</strong> <strong>de</strong> trois membres du Comité́ externe <strong>de</strong> réforme<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> sécurité du revenu, en ligne : http://www.emploiquebec.gouv.qc.ca/publications/pdf/SR_chacun_sa_part_rapport.pdf et Pierre<br />

Fortin et Francine Séguin, 1996. Pour un régime équitable axé <strong>sur</strong> l’emploi : <strong>Rapport</strong> soumis <strong>à</strong> <strong>la</strong> ministre <strong>de</strong> <strong>la</strong> sécurité du revenu, en<br />

ligne : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs43345<br />

1 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Le dialogue social suscité par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> portait <strong>sur</strong> quatre enjeux principaux : <strong>la</strong> qualité, l’accessibilité,<br />

l’universalité et <strong>la</strong> gouvernance <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Les commissaires ont parcouru<br />

<strong>la</strong> province et ont rencontré <strong>de</strong>s acteurs concernés directement ou indirectement par l’un ou plusieurs <strong>de</strong><br />

ces thèmes. Ils ont recueilli et interrogé leurs points <strong>de</strong> vue dans le but <strong>de</strong> mieux comprendre les réalités<br />

vécues. Le présent rapport fait état <strong>de</strong> ce que les commissaires retiennent <strong>de</strong> ces consultations et présente<br />

les recommandations qui en découlent.<br />

2 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Portrait <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong><br />

La <strong>Commission</strong> s’est intéressée aux services éducatifs offerts aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans. Ces services incluent,<br />

sans s’y limiter, les services éducatifs en instal<strong>la</strong>tion, les services en milieu familial, <strong>de</strong>s services offerts<br />

dans <strong>de</strong>s organismes communautaires et les services d’éducation présco<strong>la</strong>ire. À titre indicatif, cette<br />

section présente les principaux modèles examinés dans le cadre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>. À noter toutefois que<br />

<strong>la</strong> <strong>Commission</strong> s’est aussi intéressée <strong>à</strong> tous autres aspects entourant le thème <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong> tels que les dynamiques familiales ou encore les services <strong>de</strong> santé et les services sociaux.<br />

Les services éducatifs en instal<strong>la</strong>tion<br />

Ces services regroupent <strong>à</strong> <strong>la</strong> fois les centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (CPE) et les gar<strong>de</strong>ries. Le terme « instal<strong>la</strong>tion<br />

» réfère, selon le ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille (MF), <strong>à</strong> « un ensemble indissociable <strong>de</strong> locaux comprenant toutes<br />

aires <strong>de</strong> jeu, <strong>de</strong> service et <strong>de</strong> circu<strong>la</strong>tion ainsi que l’espace extérieur <strong>de</strong> jeu lorsque celui-ci n’est pas situé<br />

dans un parc public, réservé exclusivement aux activités <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> du titu<strong>la</strong>ire <strong>de</strong> permis pendant toutes les<br />

heures <strong>de</strong> prestation <strong>de</strong>s services. » 6 Selon ce ministère, environ six enfants utilisateurs <strong>de</strong> services <strong>sur</strong> dix<br />

fréquentent un service éducatif en instal<strong>la</strong>tion. 7 Qu’ils soient subventionnés ou non, les services éducatifs<br />

en instal<strong>la</strong>tion sont tous régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />

Centre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

Un CPE est une personne morale (organisme sans but lucratif ou coopérative) qui fournit <strong>de</strong>s services<br />

éducatifs dans une ou <strong>de</strong>s instal<strong>la</strong>tions. Son conseil d’administration est composé d’au moins sept membres<br />

dont au moins les <strong>de</strong>ux tiers sont <strong>de</strong>s parents usagers ou futurs usagers <strong>de</strong>s services fournis par le CPE.<br />

Les services offerts par les CPE sont subventionnés. Les p<strong>la</strong>ces offertes par un CPE sont donc <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong><br />

contribution réduite pour les parents.<br />

Gar<strong>de</strong>rie<br />

Une gar<strong>de</strong>rie est une personne morale (organisme sans but lucratif, coopérative ou société par actions <strong>à</strong> but<br />

lucratif), une personne physique ou un conseil <strong>de</strong> ban<strong>de</strong> autochtone qui fournit <strong>de</strong>s services éducatifs dans<br />

une instal<strong>la</strong>tion. Une gar<strong>de</strong>rie a l’obligation <strong>de</strong> former un comité consultatif <strong>de</strong> parents pour traiter tous les<br />

aspects touchant <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> <strong>de</strong>s enfants reçus <strong>à</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong>rie. Une gar<strong>de</strong>rie peut être subventionnée ou non<br />

subventionnée. Le parent dont l’enfant ne bénéficie pas d’une p<strong>la</strong>ce subventionnée peut recevoir un crédit<br />

d’impôt pour frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> d’enfants.<br />

Les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial<br />

Un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial est offert par une personne dans une rési<strong>de</strong>nce privée. Ces services sont<br />

soit régis ou non régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>. Les personnes responsables<br />

d’un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial (RSG) ont le choix d’offrir ou non <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces subventionnées.<br />

Service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial régi<br />

Les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial régis sont <strong>de</strong>s services reconnus par un bureau coordonnateur (BC).<br />

La gran<strong>de</strong> majorité <strong>de</strong>s RSG reconnues par un BC <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial sont subventionnées et<br />

offrent donc <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces subventionnées. Une RSG peut recevoir un maximum <strong>de</strong> neuf enfants <strong>de</strong> moins <strong>de</strong><br />

neuf ans, incluant ses enfants. Toutefois, si elle accueille <strong>de</strong> sept <strong>à</strong> neuf enfants, elle doit être assistée d’un<br />

autre adulte.<br />

6 Gouvernement du Québec. Règlement <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>, en ligne : http://legisquebec.gouv.<br />

qc.ca/fr/showdoc/cr/S-4.1.1,%20r.%202<br />

7 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2015. Situation <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial au<br />

Québec en 2013, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/Situation_<strong>de</strong>s_CPE_et_<strong>de</strong>s_gar<strong>de</strong>ries-2013.pdf<br />

3 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial non régi<br />

Toute personne peut fournir <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> un maximum <strong>de</strong> six enfants, sans compter ses propres<br />

enfants, sans avoir besoin d’être reconnue par un BC <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial ou d’être titu<strong>la</strong>ire d’un<br />

permis <strong>de</strong> CPE ou <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>rie. Ce service n’est régi par aucune loi ni aucun règlement.<br />

Le schéma suivant illustre ces services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />

Services sous <strong>la</strong> responsabilité <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs<br />

<strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong><br />

Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> non régis<br />

CPE<br />

subventionnés<br />

Services en<br />

instal<strong>la</strong>tion<br />

Gar<strong>de</strong>ries<br />

subventionnés<br />

Gar<strong>de</strong>rie non<br />

subventionnées<br />

Services<br />

en milieu<br />

familial<br />

(coordonnés<br />

par un BC)<br />

Responsable <strong>de</strong><br />

service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />

subventionné<br />

Responsable <strong>de</strong><br />

service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />

non subventionné<br />

Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu<br />

familial non régis<br />

Personnes qui s’occupent <strong>de</strong> 6<br />

enfants ou moins<br />

Figure 1 : Portrait <strong>de</strong>s services éducatifs<br />

Tous les services régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> ont l’obligation d’offrir<br />

un programme éducatif <strong>de</strong> leur choix. La plupart <strong>de</strong>s CPE et <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries emploient ou s’inspirent du<br />

programme du MF : Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. 8<br />

Les services offerts par les organismes communautaires Famille<br />

À ces services éducatifs s’ajoutent également les services fournis par les organismes communautaires Famille<br />

(OCF) qui relèvent du MF. Caractérisés par une approche centrée <strong>sur</strong> <strong>la</strong> famille, les OCF représentent <strong>de</strong>s<br />

milieux <strong>de</strong> vie, d’entrai<strong>de</strong>, <strong>de</strong> soutien, <strong>de</strong> valorisation, d’implication et <strong>de</strong> développement qui accueillent<br />

l’ensemble <strong>de</strong>s membres <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille. La reconnaissance du rôle <strong>de</strong>s parents est au cœur <strong>de</strong> leurs<br />

8 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2015. Situation <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial au<br />

Québec en 2013, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/Situation_<strong>de</strong>s_CPE_et_<strong>de</strong>s_gar<strong>de</strong>ries-2013.pdf<br />

4 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


préoccupations. 9 Les OCF offrent notamment <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> halte-gar<strong>de</strong>rie et <strong>de</strong>s activités parents-enfants<br />

et constituent, selon leurs représentants, une porte d’entrée vers les services éducatifs pour les enfants <strong>de</strong>s<br />

familles défavorisées. Les services <strong>de</strong> halte-gar<strong>de</strong>rie offerts par les OCF ne sont pas régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les<br />

services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> ni par quelque autre loi. La Fédération québécoise <strong>de</strong>s organismes<br />

communautaires Famille estime que les OCF rejoignent plus <strong>de</strong> 130 000 familles ayant au moins un enfant<br />

<strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 6 ans. 10<br />

Les programmes d’éducation présco<strong>la</strong>ire<br />

L’éducation présco<strong>la</strong>ire inclut <strong>la</strong> maternelle <strong>à</strong> temps partiel pour les enfants <strong>de</strong> 4 ans, <strong>la</strong> maternelle 4 ans<br />

<strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé (TPMD), qui vise <strong>à</strong> offrir <strong>de</strong>s services éducatifs aux enfants vivant en<br />

milieu défavorisé, et <strong>la</strong> maternelle <strong>à</strong> temps plein pour les enfants <strong>de</strong> 5 ans. Le programme Passe-partout<br />

fait également partie <strong>de</strong>s services sous <strong>la</strong> responsabilité <strong>de</strong> <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> l’instruction publique. Il vise <strong>à</strong> créer<br />

un pont entre <strong>la</strong> maison et l’école en outil<strong>la</strong>nt les parents <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 4 ans pour favoriser leur réussite<br />

sco<strong>la</strong>ire. Les programmes d’éducation présco<strong>la</strong>ires sont sous <strong>la</strong> responsabilité du Ministère <strong>de</strong> l’Éducation et<br />

<strong>de</strong> l’Enseignement supérieur (MEES).<br />

Utilisation <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

Au 31 mars 2016, 285 315 p<strong>la</strong>ces régies par Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> étaient<br />

disponibles et réparties entre les CPE, les services en milieu familial, les gar<strong>de</strong>ries subventionnées et les<br />

gar<strong>de</strong>ries non subventionnées.<br />

55 256<br />

92 398<br />

46 057<br />

91 604<br />

Figure 2 : Répartition <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles au 31 mars 2016 (tiré <strong>de</strong> : Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016)<br />

9 Fédération québécoise <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille. Mission et approche, http://www.fqocf.org/organismecommunautaire-famille/mission-et-approche/<br />

10 Fédération québécoise <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille, 2016. Les organismes communautaires Famille (OCF), <strong>de</strong>s<br />

acteurs indispensables pour que l’égalité <strong>de</strong>s chances entre tous les tout-petits <strong>de</strong>vienne réalité. Mémoire déposé dans le cadre <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

<strong>Commission</strong>.<br />

5 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Les données les plus récentes indiquent que 7,5% <strong>de</strong>s enfants fréquentaient <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps<br />

partiel. 11 En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans TPMD, le développement <strong>de</strong> c<strong>la</strong>sses continue <strong>de</strong>puis sa mise<br />

en p<strong>la</strong>ce en 2013. Ainsi, en 2013, 56 écoles accueil<strong>la</strong>ient 730 enfants dans une c<strong>la</strong>sse <strong>de</strong> maternelle 4 ans.<br />

En 2015-2016, ce service était offert dans 88 c<strong>la</strong>sses <strong>à</strong> 1192 enfants, puis dans 188 c<strong>la</strong>sses en 2016-<strong>2017</strong>.<br />

Le nombre d’enfants fréquentant une maternelle 4 ans TPMD en 2016-<strong>2017</strong> n’est pas encore disponible. 12<br />

Enfin, presque tous les enfants âgés <strong>de</strong> 5 ans au 30 septembre <strong>de</strong> l’année en cours fréquentent <strong>la</strong> maternelle<br />

5 ans. En 2010-2011, 98% <strong>de</strong>s enfants y étaient inscrits, bien que celle-ci ne soit pas obligatoire. 13<br />

11 Conseil supérieur <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong>, 2012. Mieux accueillir et éduquer les enfants d’âge présco<strong>la</strong>ire, une triple question d’accès,<br />

<strong>de</strong> qualité et <strong>de</strong> continuité <strong>de</strong>s services : Avis <strong>à</strong> <strong>la</strong> ministre <strong>de</strong> l’Éducation, <strong>de</strong>s Loisirs et du Sport, en ligne : https://www.cse.gouv.qc.ca/<br />

fichiers/documents/publications/Avis/50-0477.pdf<br />

12 Ministère <strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> l’Enseignement supérieur, 2015. <strong>Rapport</strong> préliminaire d’évaluation : Maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps<br />

partiel en milieu défavorisé, en ligne : http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/recherche_evaluation/<br />

<strong>Rapport</strong>-preliminaire-maternelle-4-ans.pdf et Monique Bro<strong>de</strong>ur, Évolution <strong>de</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans TPMD, transmis par Christa Japel<br />

13 Ministère <strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> l’Enseignement supérieur. Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu sco<strong>la</strong>ire, en ligne : http://www.<br />

education.gouv.qc.ca/parents-et-tuteurs/services-<strong>de</strong>-gar<strong>de</strong>/questions-et-reponses/<br />

6 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Démarche <strong>de</strong> consultation<br />

La <strong>Commission</strong> a combiné plusieurs modalités <strong>de</strong> participation pour rejoindre différents publics afin <strong>de</strong><br />

dresser le bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> offerts <strong>à</strong> travers <strong>la</strong> province et déterminer les correctifs <strong>à</strong><br />

apporter. Elle a tenu <strong>à</strong> prendre en compte les connaissances <strong>de</strong>s experts, <strong>de</strong>s groupes et organismes, <strong>de</strong>s<br />

parents et <strong>de</strong>s citoyens concernés directement ou indirectement par les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>. Le<br />

bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong> <strong>la</strong> participation aux diverses activités ainsi que <strong>la</strong> liste <strong>de</strong>s experts et groupes entendus se trouve<br />

en annexe 1 du rapport.<br />

Audiences d’experts<br />

Les 12 et 13 octobre 2016, les audiences publiques ont permis d’entendre 16 experts. L’objectif <strong>de</strong> ces<br />

audiences était <strong>de</strong> permettre aux commissaires d’acquérir une base d’informations récentes, complètes et<br />

représentatives d’une diversité <strong>de</strong> points <strong>de</strong> vue <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> en vue <strong>de</strong> se préparer <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />

tournée <strong>de</strong> consultation <strong>à</strong> travers le Québec. Sept autres experts qui n’ont pu être présents lors <strong>de</strong> ces <strong>de</strong>ux<br />

journées ont été entendus lors <strong>de</strong>s audiences <strong>de</strong>s groupes <strong>à</strong> Québec et <strong>à</strong> Montréal ou en audiences privées.<br />

Audiences <strong>de</strong>s groupes et organismes<br />

Les commissaires ont visité 14 villes pour rencontrer les groupes et organismes intéressés. Ces audiences<br />

ont permis d’entendre une diversité <strong>de</strong> points <strong>de</strong> vue et <strong>de</strong> prendre en compte les réalités régionales <strong>de</strong>s<br />

participants. Des audiences nationales, accueil<strong>la</strong>nt <strong>de</strong>s groupes ayant une portée nationale, ont conclu<br />

<strong>la</strong> démarche les 6 et 7 décembre 2016. En tout, 135 groupes et organismes ont été entendus durant les<br />

audiences régionales et nationales. La majorité <strong>de</strong>s groupes entendus provenait du milieu syndical (35), <strong>de</strong><br />

CPE (27) et d’OCF (18). Des propriétaires <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries (11), <strong>de</strong>s représentants d’organismes œuvrant dans<br />

le domaine <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé (7), <strong>de</strong>s représentants <strong>de</strong> cégeps ou <strong>de</strong>s enseignants en Techniques d’éducation<br />

<strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> (4), <strong>de</strong>s organisations <strong>de</strong> parents (4) et <strong>de</strong>s représentants liés au milieu <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> (<strong>de</strong>ux<br />

commissions sco<strong>la</strong>ires ainsi que le Conseil supérieur <strong>de</strong> l’Éducation et le Comité canadien <strong>de</strong> l’Organisation<br />

mondiale pour <strong>l’éducation</strong> présco<strong>la</strong>ire) ont également été entendus. Enfin, <strong>de</strong>s organismes ou partenaires<br />

associés <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (Fondation Lucie et André Chagnon, Avenir d’enfants, <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>de</strong>s droits<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> personne et <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong> <strong>la</strong> jeunesse,) et <strong>de</strong>s acteurs locaux ayant témoigné <strong>de</strong> projets déployés dans<br />

leur région, tels que <strong>de</strong>s Tables <strong>de</strong> concertation ou <strong>de</strong>s projets d’intégration d’enfants ayant <strong>de</strong>s besoins<br />

particuliers, ont aussi été rencontrés.<br />

Forums citoyens<br />

Les forums citoyens étaient ouverts <strong>à</strong> tous les citoyens souhaitant contribuer au débat. Animés sous <strong>la</strong> forme<br />

<strong>de</strong> conversations <strong>de</strong> café, ces forums, tenus en soirée, offraient une occasion d’échanges et <strong>de</strong> dialogues <strong>sur</strong><br />

<strong>la</strong> base <strong>de</strong>s questions <strong>de</strong> consultation qui leur étaient présentées. Les participants étaient répartis par table,<br />

selon les thèmes abordés par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> : <strong>la</strong> qualité, l’accessibilité, l’universalité et <strong>la</strong> gouvernance.<br />

Les participants étaient pour <strong>la</strong> plupart <strong>de</strong>s travailleurs en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (éducateurs, RSG, directeurs <strong>de</strong><br />

CPE, enseignants au présco<strong>la</strong>ire) ainsi que <strong>de</strong>s parents <strong>de</strong> jeunes enfants utilisateurs <strong>de</strong> services éducatifs.<br />

Au total, 416 citoyens ont participé <strong>à</strong> ces activités dans les 14 villes.<br />

Sondage grand public<br />

Un sondage a été mené par <strong>la</strong> firme Léger du 3 au 6 octobre 2016. Il a permis <strong>de</strong> recueillir l’opinion <strong>de</strong> 1004<br />

Québécois <strong>sur</strong> quelques questions liées <strong>à</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

Sondage aux parents<br />

Un sondage <strong>à</strong> l’intention <strong>de</strong>s parents d’enfants âgés <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans a été mené du 10 novembre au 6 décembre<br />

2016. Il a été diffusé <strong>sur</strong> les comptes Facebook et Twitter <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> et envoyé aux participants<br />

<strong>de</strong>s activités <strong>de</strong> consultations régionales. Certains groupes l’ont également re<strong>la</strong>yé. Ce sondage a permis <strong>de</strong><br />

7 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


ecueillir l’opinion <strong>de</strong> 5009 répondants et <strong>de</strong> mieux comprendre les choix <strong>de</strong>s parents en ce qui a trait aux<br />

services éducatifs ainsi qu’<strong>à</strong> évaluer leur appréciation <strong>de</strong> ces services.<br />

Appel <strong>de</strong> mémoires et commentaires<br />

Tous les citoyens, experts, groupes et organismes souhaitant éc<strong>la</strong>irer les travaux <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> ont<br />

également pu participer en transmettant par courriel leurs mémoires ou commentaires; 167 mémoires et<br />

commentaires, dont 95 ont été présentés en audiences, ont été reçus. Les mémoires peuvent être consultés<br />

<strong>sur</strong> le site internet <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>.<br />

Remarques <strong>sur</strong> <strong>la</strong> rédaction <strong>de</strong> ce rapport<br />

La <strong>Commission</strong> a procédé <strong>à</strong> une lecture et <strong>à</strong> une analyse synthétique et thématique <strong>de</strong>s mémoires, <strong>de</strong>s<br />

commentaires reçus par courriel ainsi que <strong>de</strong>s interventions verbales faites lors <strong>de</strong>s séances publiques.<br />

Les opinions ont été regroupées par thèmes et catégories d’enjeux. Davantage que <strong>la</strong> récurrence <strong>de</strong>s<br />

opinions émises, ont été considérées <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> l’argumentation et <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s informations factuelles<br />

fournies pour déterminer l’importance <strong>à</strong> accor<strong>de</strong>r <strong>à</strong> ces opinions dans le processus d’analyse. Des citations<br />

tirées <strong>de</strong>s mémoires et <strong>de</strong>s commentaires reçus ainsi que <strong>de</strong>s transcriptions <strong>de</strong>s interventions verbales<br />

lors <strong>de</strong>s activités apparaissent dans le rapport afin d’illustrer certaines idées récurrentes <strong>de</strong>s participants.<br />

Les pages suivantes présentent également quelques résultats du sondage mené auprès <strong>de</strong>s parents et du<br />

sondage grand public, <strong>de</strong> manière <strong>à</strong> mettre en perspective <strong>de</strong>s points <strong>de</strong> vue exprimés par les groupes<br />

et organismes.<br />

8 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Ce que nous appris durant <strong>la</strong> tournée<br />

Grâce <strong>à</strong> <strong>la</strong> tournée <strong>de</strong> consultation, nous avons rencontré plusieurs acteurs concernés directement ou<br />

indirectement par les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Nous avons entendu et lu les témoignages<br />

<strong>de</strong> gens fiers <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale et <strong>de</strong>s bénéfices qu’elle a engendrés, particulièrement en ce qui a<br />

trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> conciliation <strong>de</strong>s activités familiales et professionnelles et <strong>à</strong> l’activité <strong>de</strong>s femmes <strong>sur</strong> le marché du<br />

travail. Pour ces intervenants, <strong>la</strong> nécessité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ne fait aucun doute.<br />

Ils se sont prononcés <strong>sur</strong> les quatre enjeux <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>, <strong>la</strong> qualité, l’accessibilité, l’universalité et <strong>la</strong><br />

gouvernance. Ils ont manifesté un souci très prégnant <strong>de</strong> consoli<strong>de</strong>r les bénéfices <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale<br />

tout en exposant leurs préoccupations et leurs souhaits pour l’avenir. Cette section présente une synthèse<br />

<strong>de</strong>s éléments les plus forts retenus par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>. Ces éléments constituent <strong>à</strong> nos yeux un état <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

situation vali<strong>de</strong>, basé <strong>sur</strong> les informations recueillies durant les audiences d’experts, et complété par les<br />

témoignages provenant <strong>de</strong>s diverses activités <strong>de</strong> consultations.<br />

Qualité<br />

La qualité est l’enjeu qui a fait l’objet du plus grand nombre d’interventions, tant du côté <strong>de</strong>s experts que<br />

<strong>de</strong>s groupes et <strong>de</strong>s citoyens ayant participé aux activités ou ayant envoyé <strong>de</strong>s mémoires : c’est en offrant <strong>de</strong>s<br />

services <strong>de</strong> qualité partout que le troisième objectif <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale, favoriser le développement <strong>de</strong>s<br />

enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances, serait atteignable. En effet, les bénéfices associés aux services <strong>de</strong> qualité<br />

sont nombreux : réduction <strong>de</strong>s inégalités <strong>de</strong> santé, meilleure préparation pour l’entrée <strong>à</strong> l’école et <strong>la</strong> suite du<br />

parcours sco<strong>la</strong>ire, développement du <strong>la</strong>ngage, <strong>de</strong>s habiletés sociales, etc. Ceci est particulièrement vrai pour<br />

les enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité. Néanmoins, nous constatons que d’importants défis <strong>de</strong>meurent<br />

pour accroître <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services puisque pour tous les types <strong>de</strong> services confondus, <strong>la</strong> cote moyenne<br />

est passable et ceci <strong>de</strong>puis <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale. Nous retenons qu’un rehaussement <strong>de</strong>s<br />

exigences <strong>de</strong> qualification et qu’une évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité plus régulière basée <strong>sur</strong> <strong>de</strong>s outils d’analyse<br />

reconnus permettant une comparaison universelle et une démarche réflexive d’ajustements pourraient<br />

permettre d’atteindre <strong>de</strong> meilleurs niveaux <strong>de</strong> qualité.<br />

Bénéfices associés <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>de</strong> qualité<br />

La fréquentation <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>de</strong> qualité est associée <strong>à</strong> <strong>de</strong> nombreux bénéfices <strong>sur</strong> le<br />

développement <strong>de</strong>s enfants. En effet, les services éducatifs <strong>de</strong> qualité contribuent <strong>à</strong> soutenir l’apprentissage<br />

et le développement <strong>de</strong>s enfants tandis que <strong>la</strong> fréquentation d’un service <strong>de</strong> faible qualité peut nuire <strong>à</strong> leur<br />

développement social, affectif et cognitif. 14 Compte tenu du caractère crucial <strong>de</strong> <strong>la</strong> pério<strong>de</strong> <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans<br />

en ce qui a trait <strong>à</strong> l’acquisition <strong>de</strong>s habiletés liées au développement (voir figure 3), <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services<br />

éducatifs est capitale.<br />

14 Christa Japel, Richard Tremb<strong>la</strong>y et Sylvana Côté, 2005. La qualité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> : Résultats <strong>de</strong><br />

l’Étu<strong>de</strong> longitudinale du développement <strong>de</strong>s enfants du Québec (ÉLDEQ), en ligne : https://www.aqcpe.com/content/uploads/2016/05/<br />

automne-2005-japel-tremb<strong>la</strong>y-cote-qualite-sge-resultats-el<strong>de</strong>q.pdf<br />

9 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Élevé<br />

Sensibilité<br />

Vision<br />

Audition<br />

Réaction habituelle<br />

Langage<br />

Contrôle <strong>de</strong>s émotions<br />

Représentation<br />

Comportements sociaux<br />

Numératie<br />

Bas<br />

Années<br />

Figure 3 : Pério<strong>de</strong>s sensibles du développement entre 0 et 7 ans (Council for Early Child Development, 2010)<br />

La fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>de</strong> qualité est également associée <strong>à</strong> une meilleure préparation <strong>à</strong><br />

l’entrée <strong>à</strong> l’école. Les données <strong>de</strong> l’Enquête québécoise <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong>s enfants <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle<br />

(EQDEM) montrent que les enfants qui ont fréquenté régulièrement un service éducatif présentent moins<br />

souvent une vulnérabilité dans leur développement lorsqu’ils arrivent au seuil <strong>de</strong> leur parcours sco<strong>la</strong>ire.<br />

De fait, plusieurs recherches montrent que les enfants fréquentant <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>de</strong> qualité ont<br />

<strong>de</strong> meilleures performances <strong>la</strong>ngagières et cognitives et une meilleure capacité <strong>à</strong> établir <strong>de</strong>s re<strong>la</strong>tions<br />

harmonieuses avec leurs pairs et les adultes <strong>de</strong> leur entourage que ceux qui n’en fréquentent pas. 15<br />

L’Enquête montréa<strong>la</strong>ise <strong>sur</strong> l’expérience présco<strong>la</strong>ire <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> maternelle (EMEP) montre également<br />

que les services éducatifs <strong>de</strong> qualité constituent <strong>de</strong>s facteurs <strong>de</strong> protection pour les enfants <strong>de</strong> familles<br />

<strong>à</strong> faible revenu. En effet, selon l’EMEP, les enfants <strong>de</strong> familles <strong>à</strong> faible revenu qui ont fréquenté <strong>de</strong> façon<br />

exclusive un CPE durant <strong>la</strong> pério<strong>de</strong> présco<strong>la</strong>ire sont 3,3 fois moins susceptibles d’être vulnérables dans un<br />

domaine ou plus <strong>de</strong> leur développement, comparativement <strong>à</strong> leurs pairs n’ayant pas fréquenté <strong>de</strong> service<br />

éducatif. Ces enfants sont également 2,5 fois moins susceptibles d’être vulnérables dans un domaine <strong>de</strong><br />

développement que leurs pairs ayant fréquenté un autre type <strong>de</strong> service éducatif régi. 16<br />

La Direction régionale <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé publique <strong>de</strong> Montréal et <strong>la</strong> Direction <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé publique <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie<br />

font également valoir que <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>de</strong> qualité par <strong>de</strong>s enfants en situation <strong>de</strong><br />

vulnérabilité permet <strong>à</strong> <strong>la</strong> fois <strong>de</strong> réduire les inégalités sociales <strong>de</strong> santé <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong>s enfants et<br />

le stress toxique auquel certains enfants vulnérables sont soumis et qui engendrent <strong>de</strong>s effets délétères <strong>sur</strong><br />

le développement du cerveau. Ils ajoutent que les services <strong>de</strong> qualité fournissent une alimentation saine qui<br />

influence favorablement le développement global et <strong>la</strong> santé <strong>de</strong>s enfants.<br />

15 Gilles Cantin, Caroline Bouchard et Nathalie Bigras, 2012. Les facteurs prédisposant <strong>à</strong> <strong>la</strong> réussite éducative dès <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong>, Revues <strong>de</strong>s sciences <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong>, vol.38, no 3, p. 469-482. En ligne : https://www.erudit.org/revue/rse/2012/v38/<br />

n3/1022708ar.pdf<br />

16 Agence <strong>de</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux <strong>de</strong> Montréal, 2015. Quel est l’effet <strong>de</strong> <strong>la</strong> fréquentation d’un service éducatif <strong>sur</strong> le<br />

développement <strong>de</strong> l’enfant <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle selon le statut socioéconomique ? Résultats <strong>de</strong> l’Enquête montréa<strong>la</strong>ise <strong>sur</strong> l’expérience présco<strong>la</strong>ire<br />

<strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> maternelle, en ligne : https://publications.santemontreal.qc.ca/uploads/tx_asssmpublications/978-2-89673-475-7_03.<br />

pdf<br />

10 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Plusieurs experts entendus rappellent que les étu<strong>de</strong>s Grandir en qualité, réalisées par l’Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

statistique du Québec (ISQ) pour le MF en 2003 et 2014, montrent que <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> l’ensemble <strong>de</strong>s services<br />

éducatifs, tous types confondus, est généralement <strong>de</strong> niveau passable et qu’elle ne s’est pas améliorée<br />

au cours <strong>de</strong>s <strong>de</strong>rnières années. Les figures 4 et 5, <strong>de</strong> même que l’annexe 2, présentent une synthèse <strong>de</strong>s<br />

résultats <strong>de</strong> ces <strong>de</strong>ux étu<strong>de</strong>s.<br />

Enfants <strong>de</strong> 18 mois <strong>à</strong> 5 ans en gar<strong>de</strong>rie<br />

37%<br />

52% 11%<br />

Bonne ou très bonne<br />

Passable<br />

Enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans en milieu familial<br />

21%<br />

60%<br />

19%<br />

6% 53%<br />

42%<br />

02 04 06 08 0 100 120<br />

Figure 4 : Pourcentage d’enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans qui fréquentent un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> régi affichant une qualité<br />

d’ensemble acceptable, bonne ou excellente, selon le groupe d’âge <strong>de</strong>s enfants et le type <strong>de</strong> service éducatif<br />

en 2003 (Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, Grandir en qualité 2003)<br />

51%<br />

53%<br />

45%<br />

36%<br />

4%<br />

10%<br />

Insatisfaisante<br />

Acceptable<br />

Bonne ou excellente<br />

CPE<br />

Gar<strong>de</strong>ries non subventionnées<br />

Figure 5 : Pourcentage d’enfants en CPE et gar<strong>de</strong>ries non subventionnées selon le niveau <strong>de</strong> l’indice <strong>de</strong><br />

qualité d’ensemble en 2014 (Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, Grandir en qualité 2014)<br />

Au-<strong>de</strong>l<strong>à</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> moyenne <strong>de</strong> l’ensemble <strong>de</strong>s services, ces figures indiquent que le réseau <strong>de</strong>s CPE en instal<strong>la</strong>tion<br />

s’en tire mieux que celui <strong>de</strong>s services en milieu familial et en gar<strong>de</strong>ries <strong>à</strong> but lucratif. Le sondage complété<br />

auprès <strong>de</strong>s parents par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> montre également que les parents portent un jugement plus favorable<br />

11 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


<strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s lieux, <strong>de</strong>s activités et <strong>de</strong> <strong>la</strong> re<strong>la</strong>tion entre l’enfant et l’éducatrice ou l’éducateur dans les CPE<br />

que dans les autres services (voir l’annexe 3).<br />

Durant leurs présentations, Richard Tremb<strong>la</strong>y, Sylvana Côté, France Capuano et Michel Boivin ont présenté<br />

certains résultats <strong>de</strong> l’Étu<strong>de</strong> longitudinale du développement <strong>de</strong>s enfants du Québec (ÉLDEQ). Il en ressort<br />

notamment que les enfants les plus vulnérables tirent le plus <strong>de</strong> bénéfices <strong>de</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services<br />

éducatifs <strong>de</strong> qualité. Cependant, il y a moins <strong>de</strong> chance que ces enfants fréquentent un service éducatif et,<br />

lorsqu’ils le font, les chances sont plus gran<strong>de</strong>s qu’il soit <strong>de</strong> faible qualité.<br />

Également, dans son rapport <strong>de</strong> 2012, le Vérificateur général du Québec soulignait le fait que <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les<br />

services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> vise <strong>à</strong> promouvoir <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> qualité favorisant le développement<br />

<strong>de</strong>s enfants et leur fournissant un environnement stimu<strong>la</strong>nt. Il notait toutefois <strong>de</strong>s <strong>la</strong>cunes dans l’attribution<br />

<strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> contribution réduite, jugeant qu’elle ne tenait pas suffisamment compte <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s<br />

projets, et il relevait <strong>de</strong>s manquements au niveau <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es proposées par le ministère pour améliorer <strong>la</strong><br />

qualité <strong>de</strong>s services, notamment en raison du manque <strong>de</strong> mécanismes <strong>de</strong> contrôle <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité. 17<br />

Ainsi, il semble <strong>de</strong> plus en plus évi<strong>de</strong>nt que <strong>la</strong> politique familiale n’a pas atteint l’objectif <strong>de</strong> favoriser l’égalité<br />

<strong>de</strong>s chances, principalement en raison <strong>de</strong>s <strong>la</strong>cunes liées <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs offerts aux enfants,<br />

comme l’a fait valoir Pierre Lefebvre dans sa présentation. D’importants défis doivent donc être relevés en<br />

ce qui a trait <strong>à</strong> l’amélioration <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services offerts aux tout-petits.<br />

Facteurs <strong>de</strong> qualité<br />

Dans son mémoire, Nathalie Bigras répertorie les principaux indicateurs ou paramètres servant <strong>à</strong> me<strong>sur</strong>er<br />

<strong>la</strong> qualité d’un service éducatif <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> :<br />

• le ratio éducateur-enfants;<br />

• <strong>la</strong> formation et l’expérience du personnel;<br />

• l’expérience quotidienne offerte en cohérence avec le programme éducatif en p<strong>la</strong>ce;<br />

• les interactions entre le personnel éducateur et les enfants;<br />

• le programme éducatif;<br />

• <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong> organiser un environnement physique et social adapté aux enfants;<br />

• les re<strong>la</strong>tions entre le personnel éducateur et les parents.<br />

Le Conseil supérieur <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> affirme dans un avis <strong>de</strong> 2012 que trois facteurs semblent avoir une<br />

importance prépondérante <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs : le ratio éducateur-enfants, <strong>la</strong> taille du<br />

groupe et <strong>la</strong> formation du personnel. 18<br />

En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans, Yo<strong>la</strong>n<strong>de</strong> Brunelle, membre du comité-conseil <strong>sur</strong> l’imp<strong>la</strong>ntation <strong>de</strong>s<br />

maternelles 4 ans TPMD, compare les services offerts en CPE et en maternelle 4 ans TPMD <strong>à</strong> l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />

sept facteurs reconnus pour avoir un impact positif <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong>s jeunes : <strong>la</strong> taille du groupe,<br />

le ratio adulte-enfant, <strong>la</strong> formation et <strong>la</strong> rémunération du personnel, les interactions chaleureuses et<br />

adéquates entre l’adulte et l’enfant, <strong>la</strong> richesse <strong>de</strong> l’environnement eu égard au développement du <strong>la</strong>ngage,<br />

le programme basé <strong>sur</strong> l’approche développementale et l’environnement approprié en matière <strong>de</strong> sécurité.<br />

Nous constatons donc que les facteurs <strong>de</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> sont simi<strong>la</strong>ires d’un<br />

milieu <strong>à</strong> l’autre.<br />

17 Vérificateur général du Québec, 2011. <strong>Rapport</strong> du Vérificateur général du Québec <strong>à</strong> l’Assemblée nationale pour l’année<br />

2011-2012 – Chapitre 5 : Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> : qualité, performance et reddition <strong>de</strong> comptes, en ligne : http://www.<br />

vgq.gouv.qc.ca/fr/fr_publications/fr_rapport-annuel/fr_2011-2012-VOR/fr_<strong>Rapport</strong>2011-2012-VOR-Ch05.pdf<br />

18 Conseil supérieur <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong>, 2012. Mieux accueillir et éduquer les enfants d’âge présco<strong>la</strong>ire, une triple question d’accès,<br />

<strong>de</strong> qualité et <strong>de</strong> continuité <strong>de</strong>s services : Avis <strong>à</strong> <strong>la</strong> ministre <strong>de</strong> l’Éducation, <strong>de</strong>s Loisirs et du Sport, en ligne : https://www.cse.gouv.qc.ca/<br />

fichiers/documents/publications/Avis/50-0477.pdf<br />

12 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


L’ensemble <strong>de</strong> ces facteurs <strong>de</strong> qualité est reconnu par les représentants <strong>de</strong> CPE, <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> RSG<br />

entendus durant les audiences publiques et aux forums citoyens. Certains ajoutent <strong>à</strong> cette liste l’accès au<br />

soutien pédagogique pour le personnel éducateur, <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> l’alimentation, <strong>la</strong> stabilité du personnel et le<br />

temps <strong>de</strong> préparation alloué pour <strong>la</strong> p<strong>la</strong>nification et l’ajustement <strong>de</strong>s pratiques. 19<br />

Effets <strong>de</strong>s compressions <strong>sur</strong> le respect <strong>de</strong>s facteurs <strong>de</strong> qualité<br />

Une gran<strong>de</strong> proportion <strong>de</strong>s groupes entendus estime que les récentes compressions gouvernementales ont<br />

eu <strong>de</strong>s impacts <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services offerts dans leur milieu. Parmi ces impacts, les directions <strong>de</strong> CPE,<br />

les propriétaires <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries subventionnées et les représentants syndicaux ont nommé principalement<br />

<strong>la</strong> perte <strong>de</strong> soutien pédagogique, le manque <strong>de</strong> temps <strong>de</strong> p<strong>la</strong>nification du travail, <strong>la</strong> réduction du temps <strong>de</strong><br />

communication avec les familles et l’instabilité vécue par certains enfants en raison <strong>de</strong> l’optimisation <strong>de</strong>s<br />

horaires <strong>de</strong> travail. Cette optimisation engendre souvent une diminution du personnel et une redistribution<br />

<strong>de</strong>s enfants dans les groupes en début et fin <strong>de</strong> journée. Certaines directions d’instal<strong>la</strong>tions craignent que<br />

ce manque <strong>de</strong> soutien affaiblisse <strong>la</strong> stabilité du personnel, nuisant ainsi <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> <strong>la</strong> re<strong>la</strong>tion entre les<br />

enfants et le personnel éducateur.<br />

« Avec les nombreuses coupures, nous avons dû réduire les heures <strong>de</strong> travail <strong>de</strong>s éducatrices<br />

ainsi que celles <strong>de</strong> <strong>la</strong> cuisinière. Nous avons dû abolir le poste <strong>de</strong> sauterelle qui avait pour<br />

but <strong>de</strong> faire les pauses, <strong>la</strong> désinfection, les remp<strong>la</strong>cements en cas <strong>de</strong> ma<strong>la</strong>dies ou congé et<br />

ai<strong>de</strong>-éducatrice. Pour continuer <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er toutes ces tâches, nous avons dû <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r aux<br />

éducatrices d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> désinfection <strong>de</strong>s jeux et <strong>de</strong> doubler leur tâche. […] [L]es éducatrices<br />

ont moins <strong>de</strong> temps pour préparer leur programme éducatif et <strong>la</strong> p<strong>la</strong>nification <strong>de</strong> chaque<br />

mois. Elles ont moins <strong>de</strong> temps pour p<strong>la</strong>nifier <strong>de</strong>s interventions <strong>de</strong> qualité avec les enfants<br />

<strong>à</strong> besoins particuliers, moins <strong>de</strong> temps pour les enfants afin <strong>de</strong> développer une re<strong>la</strong>tion<br />

significative avec chacun. »<br />

(Gar<strong>de</strong>rie subventionnée Gronigo, Lévis)<br />

« La diminution <strong>de</strong>s heures <strong>de</strong> travail du personnel (éducateur, administratif, <strong>de</strong> soutien)<br />

a aussi un impact majeur : moins <strong>de</strong> présence bureau pour les parents et le personnel<br />

; moins <strong>de</strong> personnel en p<strong>la</strong>ce pour répondre aux situations imprévues ; adaptation <strong>de</strong><br />

l’offre alimentaire pour respecter le budget et le temps alloué <strong>à</strong> <strong>la</strong> préparation ; moins <strong>de</strong><br />

<strong>la</strong>titu<strong>de</strong> pour offrir un support ponctuel au personnel éducateur. […] Les autres principaux<br />

impacts <strong>de</strong>s coupures sont <strong>la</strong> diminution du matériel éducatif, <strong>la</strong> réduction <strong>de</strong>s réunions<br />

d’équipe et <strong>la</strong> diminution <strong>de</strong>s sorties et activités pédagogiques spéciales. »<br />

(Mémoire du CPE Les Crayons magiques)<br />

« Chez nous, on n’a plus <strong>de</strong> conseillère pédagogique parce que c’est <strong>la</strong> première chose qui<br />

a été coupée pour mon CPE. […] L’atteinte <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité touche tous les enfants et je dirais<br />

encore plus les plus vulnérables, ceux qui sont <strong>à</strong> besoins particuliers parce que comme on<br />

n’a plus <strong>de</strong> conseillère pédagogique, le besoin qu’on avait ici et maintenant, où on se disait<br />

je vais pouvoir aller <strong>la</strong> voir <strong>à</strong> ma pause, ou le len<strong>de</strong>main, ce n’est plus possible. »<br />

(Syndicat <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> Québec, Québec)<br />

Effets <strong>de</strong> <strong>la</strong> règle du taux <strong>de</strong> présence <strong>sur</strong> le respect <strong>de</strong>s facteurs <strong>de</strong> qualité<br />

Quelques représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries subventionnées, <strong>de</strong> même que <strong>de</strong>s syndicats, ont également<br />

pointé du doigt <strong>la</strong> règle du taux <strong>de</strong> présence <strong>de</strong> 80% comme facteur nuisant <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité en raison <strong>de</strong> ses<br />

effets <strong>sur</strong> <strong>la</strong> stabilité <strong>de</strong>s groupes et du lien entre l’enfant et le personnel éducateur.<br />

19 L’équipe <strong>de</strong> Gilles Cantin, mandatée par le MF, est d’ailleurs en train <strong>de</strong> développer <strong>de</strong>s outils pour évaluer et améliorer <strong>la</strong><br />

qualité <strong>de</strong>s services éducatifs en fonction <strong>de</strong> ces facteurs.<br />

13 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


En 2014, le <strong>Rapport</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>de</strong> révision permanente <strong>de</strong>s programmes constatait un écart entre<br />

le taux d’occupation, qui réfère <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation prévue dans les ententes <strong>de</strong> services signées par les<br />

parents, et le taux <strong>de</strong> présence, associé <strong>à</strong> <strong>la</strong> proportion <strong>de</strong>s jours <strong>de</strong> fréquentation prévus durant lesquels<br />

les enfants sont réellement présents. Il concluait <strong>à</strong> une utilisation non optimale <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces subventionnées<br />

et recommandait <strong>de</strong> définir le financement <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en fonction <strong>de</strong> <strong>la</strong> présence réelle <strong>de</strong>s<br />

enfants, en tenant compte <strong>de</strong>s congés obligatoires, <strong>de</strong>s jours <strong>de</strong> vacances et <strong>de</strong>s ma<strong>la</strong>dies <strong>de</strong>s enfants. 20<br />

Ainsi, le MF a instauré <strong>la</strong> règle du taux <strong>de</strong> présence <strong>de</strong> 80% pour les CPE et les gar<strong>de</strong>ries subventionnées.<br />

En vertu <strong>de</strong> cette règle, les milieux subventionnés qui ne respectent pas ce taux per<strong>de</strong>nt une partie <strong>de</strong><br />

leur financement. 21<br />

Pour atteindre un taux <strong>de</strong> présence <strong>de</strong> 80%, <strong>de</strong>s représentants <strong>de</strong> CPE ont confié avoir adopté une pratique<br />

<strong>de</strong> <strong>sur</strong>-inscription (overbooking), où davantage d’enfants sont inscrits pour combler les absences éventuelles.<br />

D’autres comblent les p<strong>la</strong>ces <strong>la</strong>issées par les enfants absents par <strong>de</strong>s enfants dont les parents sont appelés<br />

le matin même.<br />

« Imaginez le message que cette me<strong>sur</strong>e envoie aux parents : si votre enfant est ma<strong>la</strong><strong>de</strong>, si<br />

vous avez un horaire <strong>de</strong> travail atypique, si vous avez le goût <strong>de</strong> passer du temps avec lui,<br />

n’en prenez pas l’habitu<strong>de</strong>, car au bout du compte, le CPE subira les sanctions financières.<br />

[…] Les gestionnaires doivent faire <strong>de</strong>s pieds et <strong>de</strong>s mains pour obtenir un taux d’occupation<br />

supérieur <strong>à</strong> 80% en remp<strong>la</strong>çant <strong>de</strong>s enfants absents par <strong>de</strong>s enfants qui seront <strong>sur</strong> une liste<br />

et qui iront <strong>de</strong> façon sporadique dans les milieux. On ne parle plus du tout ici <strong>de</strong> qualité,<br />

mais plutôt d’enfants trimbalés d’un milieu <strong>à</strong> l’autre. »<br />

(CPE L’ensoleillé, Sherbrooke)<br />

« Chez nous concrètement, on a établi une pratique d’overbooking. Mais pas <strong>de</strong> n’importe<br />

quelle façon : en pensant aux enfants qu’on reçoit en <strong>sur</strong>plus. […] On a évalué le taux<br />

d’absence <strong>de</strong>s enfants au niveau <strong>de</strong>s journées, en sachant que par jour on a en moyenne<br />

<strong>de</strong>ux <strong>à</strong> trois enfants absents. […] On accueille quatre enfants <strong>de</strong> plus au niveau <strong>de</strong>s<br />

contrats, pour venir augmenter notre taux <strong>de</strong> présence. Ce sont <strong>de</strong>s enfants attitrés <strong>à</strong> <strong>de</strong>s<br />

groupes. Les éducatrices travaillent en team teaching, <strong>à</strong> <strong>de</strong>ux éducatrices par groupe, ce<br />

qui fait que l’enfant <strong>de</strong> plus, n’est pas un enfant popcorn, il est attitré <strong>à</strong> un groupe. Peutêtre<br />

qu’une journée il y a <strong>de</strong>ux éducatrices pour 17 enfants, mais <strong>la</strong> tendance respecte les<br />

ratios. »<br />

(Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong>s Cantons <strong>de</strong> l’Est, Sherbrooke)<br />

Les données montrent que les taux <strong>de</strong> présence actuels dans les milieux avoisinent déj<strong>à</strong> les 80%; le taux<br />

<strong>de</strong> présence <strong>de</strong>s enfants en CPE atteint 78,20% et celui <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries subventionnées est <strong>de</strong> 83,11%. 22<br />

Ce taux nous apparaît donc réaliste et atteignable pour <strong>la</strong> majorité <strong>de</strong>s milieux et donc non sujet <strong>à</strong> une<br />

recommandation formelle. Nous sommes néanmoins d’avis que cette règle <strong>de</strong>vrait être flexible dans le<br />

cas <strong>de</strong>s parents ayant <strong>de</strong>s horaires atypiques, notamment dans le secteur <strong>de</strong> l’exploitation <strong>de</strong>s ressources<br />

20 Gouvernement du Québec, 2014. <strong>Rapport</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>de</strong> révision permanente <strong>de</strong>s programmes, en ligne : http://<br />

www.tresor.gouv.qc.ca/fileadmin/PDF/revision_programmes/rapport_2014.pdf<br />

21 Gouvernement du Québec, 2016. Règles budgétaires pour l’exercice financier 2016-<strong>2017</strong>, en ligne : https://www.mfa.gouv.<br />

qc.ca/fr/publication/Documents/CPE-Regles_budgetaires-16-17.pdf<br />

22 Gouvernement du Québec, Étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s crédits 2016-<strong>2017</strong> : Renseignements particuliers Famille et services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>.<br />

14 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


naturelles. Par exemple, <strong>à</strong> Sept-Îles et <strong>à</strong> Rouyn-Noranda, les représentants <strong>de</strong> services éducatifs ont expliqué<br />

que plusieurs parents travaillent plusieurs jours consécutifs pour ensuite avoir quelques jours <strong>de</strong> congé. Or,<br />

en raison <strong>de</strong> <strong>la</strong> règle du taux <strong>de</strong> présence, il semble que ces parents ressentent une pression pour envoyer<br />

leurs enfants dans les services éducatifs même lorsqu’ils sont présents <strong>à</strong> <strong>la</strong> maison, afin d’éviter que leur<br />

instal<strong>la</strong>tion soit pénalisée.<br />

« Comme on est en région éloignée, les gens qui travaillent dans les mines, c’est du fly in<br />

fly out. Ils vont travailler 14 jours, ils reviennent 7 jours, ils veulent passer du temps avec<br />

leur enfant. Mais on ne peut pas leur offrir. »<br />

(Participante au forum <strong>de</strong> Rouyn-Noranda)<br />

Facteurs économiques liés <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité<br />

La majorité <strong>de</strong>s intervenants rencontrés, principalement <strong>de</strong>s représentants <strong>de</strong> CPE, <strong>de</strong> RSG, <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries et<br />

<strong>de</strong> syndicats, s’expliquent mal les récentes compressions budgétaires dans un contexte d’austérité puisqu’ils<br />

perçoivent <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> non comme une dépense, mais plutôt comme un investissement<br />

rentable pour l’ensemble <strong>de</strong> <strong>la</strong> société. Les économistes Pierre Lefebvre, Pierre Fortin et Philip Merrigan<br />

renforcent cette idée et confirment que les bénéfices économiques associés aux services <strong>de</strong> qualité sont<br />

me<strong>sur</strong>ables <strong>à</strong> <strong>la</strong> fois en termes d’augmentation <strong>de</strong> <strong>la</strong> productivité économique liée au retour <strong>de</strong>s mères <strong>sur</strong><br />

le marché du travail et en termes <strong>de</strong> diminution <strong>de</strong>s dépenses dans les programmes sociaux. De plus, les<br />

enfants vulnérables qui bénéficient <strong>de</strong> services <strong>de</strong> qualité arrivent mieux préparés <strong>à</strong> l’école, y réussissent<br />

mieux et ont subséquemment accès <strong>à</strong> <strong>de</strong>s emplois mieux rémunérés.<br />

Les étu<strong>de</strong>s présentées par Pierre Fortin montrent qu’au Québec, le taux d’activité <strong>de</strong>s mères d’enfants <strong>de</strong> 5<br />

ans ou moins a augmenté entre 1998 et 2014 et que ce taux est plus élevé chez les mères québécoises que<br />

chez les mères <strong>de</strong>s autres régions canadiennes.<br />

85<br />

80<br />

75<br />

70<br />

65<br />

1998<br />

2014<br />

60<br />

AT<br />

QC ON PR BC<br />

Figure 6 : Taux d’activités <strong>de</strong>s mères dont le plus jeune enfant avait 5 ans ou moins dans les cinq régions du<br />

Canada en 1998 et 2014 (Fortin, 2016, audiences d’experts, d’après CRRU et Statistique Canada)<br />

15 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Dans le même ordre d’idée, Pierre Fortin nous a présenté l’étu<strong>de</strong> menée en 2013 avec <strong>de</strong>s collègues <strong>de</strong><br />

l’Université <strong>de</strong> Sherbrooke qui fait <strong>la</strong> démonstration <strong>de</strong> <strong>la</strong> rentabilité du programme québécois <strong>de</strong> services<br />

<strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> tarifs réduits. En 2008, ce programme québécois a engendré un sol<strong>de</strong> positif <strong>de</strong> 900<br />

millions <strong>de</strong> dol<strong>la</strong>rs pour les gouvernements québécois et canadien. 23 Ce sol<strong>de</strong> positif prend en compte<br />

l’augmentation <strong>de</strong>s subventions directes du Québec aux divers services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> contribution réduite,<br />

<strong>la</strong> réduction <strong>de</strong>s subventions fiscales accordées par les administrations aux parents utilisant <strong>de</strong>s services<br />

éducatifs ainsi que <strong>la</strong> hausse <strong>de</strong>s revenus autonomes et <strong>la</strong> baisse <strong>de</strong>s transferts gouvernementaux résultants<br />

<strong>de</strong> l’augmentation du revenu d’emploi <strong>de</strong>s mères et du PIB du Québec.<br />

Tableau 1 : Avantage et coût annuels du remp<strong>la</strong>cement du système traditionnel par le système <strong>à</strong> contribution<br />

réduite, en millions <strong>de</strong> dol<strong>la</strong>rs (Fortin, 2016, audiences d’experts)<br />

Avantage brut Coût Avantage net<br />

Québec 1450 -1200 250<br />

Ottawa 650 650<br />

Total 2100 -1200 900<br />

De son côté, Philip Merrigan revoit <strong>à</strong> <strong>la</strong> baisse le ratio investissement-bénéfice calculé <strong>à</strong> partir d’étu<strong>de</strong>s<br />

américaines telles que le Perry Preschool Project, qui évalue que pour chaque dol<strong>la</strong>r investi en <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong>, 7$ sont économisés. Il explique que les bénéfices i<strong>de</strong>ntifiés dans ces étu<strong>de</strong>s proviennent <strong>sur</strong>tout<br />

<strong>de</strong>s baisses <strong>de</strong> coûts liés <strong>à</strong> <strong>la</strong> criminalité dans un contexte d’extrême vulnérabilité, ce qui rend hasar<strong>de</strong>use<br />

une transposition directe <strong>de</strong> ces économies américaines au contexte québécois beaucoup moins criminalisé.<br />

Philip Merrigan retient plutôt une économie possible <strong>de</strong> 2,50$ <strong>à</strong> 3$ pour chaque dol<strong>la</strong>r investi en <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong> au Québec en se basant <strong>sur</strong> les analyses coûts-bénéfices faites <strong>à</strong> partir d’un programme universel<br />

simi<strong>la</strong>ire <strong>à</strong> celui offert au Québec.<br />

Nous retenons donc que d’une part, les services éducatifs <strong>de</strong> qualité sont un élément contributif au<br />

développement global <strong>de</strong>s tout-petits et <strong>à</strong> leur réussite éducative, et d’autre part, que ces services <strong>de</strong><br />

qualité sont rentables <strong>à</strong> très court terme et <strong>à</strong> plus long terme. La figure 7 résume les bénéfices associés <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />

fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

23 Pierre Fortin, Luc Godbout et Suzie St-Cerny, 2013. L’impact <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> contribution réduite du Québec <strong>sur</strong><br />

le taux d’activité féminin, le revenu intérieur et les budgets gouvernementaux, en ligne : https://interventionseconomiques.revues.<br />

org/1858<br />

16 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Santé développementale, apprentissage<br />

et comportement<br />

Préparation pour l’école<br />

Équité pour tous les enfants<br />

Appréciation et respect <strong>de</strong> <strong>la</strong> diversité<br />

Santé <strong>de</strong> <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion<br />

Égalité <strong>de</strong>s femmes<br />

Soutien du marché du travail<br />

Réduction <strong>de</strong> <strong>la</strong> pauvreté<br />

Pluralisme<br />

Prévention <strong>de</strong> <strong>la</strong> criminalité<br />

Enfant<br />

Société<br />

L’éducation<br />

et les soins <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />

<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

Famille<br />

Communauté<br />

Conciliation travail-famille<br />

Habiletés parentales<br />

Liens avec <strong>la</strong> communauté<br />

Indépendance économique<br />

Bénéfices pour <strong>la</strong> santé <strong>de</strong>s mères<br />

Développement économique<br />

Création d’emplois et formation<br />

Inclusion sociale<br />

Figure 7 : Bénéfices associés <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (Atkinson Centre,<br />

2015, traduction libre)<br />

Il y a lieu <strong>de</strong> viser une amélioration <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs afin d’accroître les effets positifs<br />

associés <strong>à</strong> ces services. À cet égard, un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation du personnel et une<br />

évaluation plus soutenue <strong>de</strong>s services sont suggérés par une majorité <strong>de</strong> participants.<br />

Formation du personnel<br />

Parmi les experts rencontrés, Pierre Lefebvre, Julie Poissant, Christa Japel, Nathalie Bigras, Suzanne Major et<br />

Michal Perlman ont mentionné l’importance <strong>de</strong> <strong>la</strong> formation du personnel et son nécessaire rehaussement<br />

comme facteur susceptible d’accroître <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>. Les participants aux<br />

forums citoyens ayant travaillé <strong>sur</strong> l’enjeu <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité mentionnent également les exigences <strong>de</strong> formation<br />

initiale et continue comme un <strong>de</strong>s moyens permettant <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs.<br />

Actuellement, le Règlement <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> exige <strong>de</strong>s CPE et <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries<br />

que <strong>de</strong>ux membres du personnel <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>sur</strong> trois détiennent une formation appropriée. La formation<br />

minimale requise est un diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales (DEC) en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> ou toute<br />

autre équivalence reconnue par le MF, comme une attestation d’étu<strong>de</strong>s collégiales (AEC) en Techniques<br />

d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong>quelle s’ajoutent trois années d’expérience pertinente. 24<br />

24 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, Directive concernant l’évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualification du personnel <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et les équivalences <strong>de</strong><br />

formation reconnues, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/documents/directive_qualification-personnel-<strong>de</strong>_gar<strong>de</strong>.<br />

pdf<br />

17 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Selon le MF, en 2013, 82 % du personnel éducateur en CPE était considéré comme qualifié,<br />

comparativement <strong>à</strong> 72 % en gar<strong>de</strong>rie subventionnée et <strong>à</strong> 44 % en gar<strong>de</strong>rie non subventionnée. 25<br />

En ce qui a trait aux services offerts en milieu familial régi, le règlement exige que les RSG détiennent une<br />

formation initiale d’une durée minimale <strong>de</strong> 45 heures. Les RSG doivent également suivre six heures <strong>de</strong><br />

formation continue chaque année. 26<br />

À noter cependant qu’une personne peut s’occuper <strong>de</strong> six enfants ou moins sans avoir besoin d’être<br />

reconnue par un BC ou d’être titu<strong>la</strong>ire d’un permis <strong>de</strong> CPE ou <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>rie, ni <strong>de</strong> détenir une formation. Cette<br />

situation est décriée par l’ensemble <strong>de</strong>s intervenants rencontrés qui soutiennent qu’au Québec, un parent<br />

qui choisit <strong>de</strong> p<strong>la</strong>cer son enfant dans un service éducatif <strong>de</strong>vrait avoir l’as<strong>sur</strong>ance que ce milieu répond <strong>à</strong> <strong>de</strong>s<br />

exigences <strong>de</strong> qualification du personnel, <strong>de</strong> ratio approprié et <strong>de</strong> programmes éducatifs.<br />

Lorsque questionnés <strong>sur</strong> <strong>la</strong> formation du personnel, <strong>la</strong> majorité <strong>de</strong>s intervenants représentant <strong>de</strong>s CPE, <strong>de</strong>s<br />

gar<strong>de</strong>ries ou <strong>de</strong>s cégeps s’enten<strong>de</strong>nt <strong>sur</strong> le fait que le DEC en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> <strong>de</strong>vrait<br />

être exigé pour tout le personnel éducateur en instal<strong>la</strong>tion. De façon plus pointue, certains ont rappelé que<br />

l’exigence d’avoir <strong>de</strong>ux éducateurs qualifiés <strong>sur</strong> trois, <strong>de</strong> même que <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong> l’AEC et <strong>de</strong>s trois<br />

ans d’expérience étaient <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es transitoires adoptées dans <strong>la</strong> foulée <strong>de</strong> <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique<br />

familiale et qu’il y aurait désormais lieu <strong>de</strong> rehausser les exigences.<br />

« Vingt ans après l’énoncé <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale et <strong>la</strong> création <strong>de</strong>s CPE, <strong>la</strong> me<strong>sur</strong>e<br />

transitoire que constituait l’attestation (formation courte en éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>) existe<br />

toujours et fait partie <strong>de</strong> l’offre <strong>de</strong> formation pour les futures éducatrices. Cette me<strong>sur</strong>e<br />

était pertinente alors, en reconnaissance <strong>de</strong> l’expérience <strong>de</strong>s éducatrices et éducateurs<br />

et pour soutenir le développement quantitatif du réseau <strong>de</strong>s CPE, mais elle ne l’est plus<br />

aujourd’hui. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> l’Association québécoise <strong>de</strong>s éducatrices et éducateurs <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>)<br />

« L’AEETÉE [Association <strong>de</strong>s enseignantes et enseignants en Techniques d’éducation <strong>à</strong><br />

l’<strong>enfance</strong>] souligne au passage que l’AEC n’a plus sa raison d’être. Elle avait été créée dans<br />

<strong>la</strong> foulée d’un projet majeur <strong>de</strong> formation pour le personnel en emploi, au cours <strong>de</strong>s années<br />

90. Actuellement, tout le mon<strong>de</strong> peut s’inscrire <strong>à</strong> l’AEC sans expérience et aller chercher<br />

cette expérience par <strong>la</strong> suite alors qu’<strong>à</strong> l’époque, il fal<strong>la</strong>it trois (3) années d’expérience pour<br />

s’y inscrire. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> l’Association <strong>de</strong>s enseignantes et enseignants en Techniques d’éducation <strong>à</strong><br />

l’<strong>enfance</strong>)<br />

25 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016. Portrait du réseau <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> en vue d’une évaluation <strong>de</strong> sa<br />

performance : Cadre <strong>de</strong> référence et indicateurs, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/portrait-reseauevaluation-performance.PDF<br />

26 Gouvernement du Québec. Règlement <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>, en ligne : http://legisquebec.gouv.<br />

qc.ca/fr/ShowDoc/cr/S-4.1.1,%20r.%202<br />

18 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Les 22 compétences acquises durant le DEC en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> concernent le rôle<br />

éducatif, <strong>la</strong> prévention et les soins <strong>de</strong> base. 27<br />

Analyser <strong>la</strong> fonction <strong>de</strong> travail.<br />

Observer le comportement <strong>de</strong> l’enfant.<br />

Situer les besoins d’un ou d’une enfant au regard <strong>de</strong> son développement global.<br />

Agir <strong>de</strong> façon sécuritaire en milieu <strong>de</strong> travail.<br />

Établir avec les enfants une re<strong>la</strong>tion significative <strong>sur</strong> le p<strong>la</strong>n affectif.<br />

Intervenir au regard <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé <strong>de</strong> l’enfant.<br />

As<strong>sur</strong>er une saine alimentation <strong>à</strong> l’enfant.<br />

Communiquer en milieu <strong>de</strong> travail.<br />

Analyser le contexte <strong>de</strong> vie familiale et sociale d’un enfant et en déterminer les effets <strong>sur</strong><br />

son comportement.<br />

Analyser les besoins particuliers d’un enfant.<br />

Fournir <strong>de</strong> l’ai<strong>de</strong> <strong>à</strong> l’enfant.<br />

Exploiter sa créativité dans un contexte d’intervention professionnelle.<br />

Définir l’approche pédagogique <strong>à</strong> adopter avec l’enfant.<br />

Concevoir <strong>de</strong>s activités <strong>de</strong> développement global <strong>de</strong> l’enfant.<br />

Organiser <strong>de</strong>s activités éducatives.<br />

Animer <strong>de</strong>s activités éducatives.<br />

Travailler en équipe.<br />

Établir une re<strong>la</strong>tion <strong>de</strong> partenariat avec les parents et les personnes-ressources.<br />

Intervenir au regard du comportement <strong>de</strong> l’enfant et du groupe d’enfants.<br />

Concevoir et réviser le programme éducatif.<br />

Organiser un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />

As<strong>sur</strong>er <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> un groupe d’enfants. 28<br />

Outre <strong>la</strong> formation initiale, Julie Poissant, Nathalie Bigras et Christa Japel ont i<strong>de</strong>ntifié <strong>la</strong> formation continue<br />

comme un élément important <strong>de</strong> l’amélioration et du maintien <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs. Ce<strong>la</strong><br />

est également relevé par les établissements d’enseignement et par certains représentants <strong>de</strong> CPE et<br />

gar<strong>de</strong>ries. Nous retenons notamment <strong>la</strong> démarche <strong>de</strong> Casiope (Centre d’ai<strong>de</strong> et <strong>de</strong> soutien aux intervenants<br />

et organismes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>), qui accompagne <strong>de</strong>s intervenants dans leur pratique, en misant <strong>sur</strong> une<br />

approche réflexive visant <strong>à</strong> permettre au personnel <strong>de</strong> s’approprier <strong>de</strong> façon proactive le savoir transmis et<br />

ainsi as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> pérennité <strong>de</strong>s apprentissages.<br />

« [La démarche réflexive] cherche <strong>à</strong> permettre [au personnel <strong>de</strong>s services éducatifs] 1)<br />

d’énoncer leurs idées <strong>de</strong> départ <strong>à</strong> propos d’une situation, puis 2) <strong>de</strong> confronter leurs<br />

intuitions, leurs idées, leurs é<strong>la</strong>ns <strong>à</strong> <strong>de</strong>s appuis théoriques afin <strong>de</strong> 3) confirmer, modifier<br />

ou infirmer <strong>de</strong>s théories personnelles, construites au fil <strong>de</strong> l’expérience. […] Elle permet<br />

d’allier les <strong>de</strong>ux types <strong>de</strong> savoir [pratiques et théoriques] dans l’optique d’as<strong>sur</strong>er un<br />

développement continu <strong>de</strong> l’i<strong>de</strong>ntité et <strong>de</strong>s compétences professionnelles. Les situations<br />

<strong>de</strong> pratique ai<strong>de</strong>nt <strong>à</strong> donner un sens aux savoirs formels et, réciproquement, les savoirs<br />

plus formels ont pour but <strong>de</strong> favoriser une meilleure compréhension <strong>de</strong>s situations <strong>de</strong><br />

pratique. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> Casiope)<br />

27 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2014. Éducatrices et éducateurs <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> : une carrière pleine <strong>de</strong> vies!, en ligne : https://<br />

www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/carriere-brochure.pdf<br />

28 Cégep Régional <strong>de</strong> Lanaudière, 2013. P<strong>la</strong>n <strong>de</strong> formation, en ligne : http://www.cegep-<strong>la</strong>naudiere.qc.ca/fichiers/cegep_<br />

<strong>la</strong>naudiere/p<strong>la</strong>n_<strong>de</strong>_formation_tee_-_cohorte_2013-2016.pdf<br />

19 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


« La formation continue n’est pas négligeable, elle est tout aussi importante. Les étu<strong>de</strong>s<br />

ont démontré que pour rehausser le niveau <strong>de</strong> qualité, il doit y avoir du perfectionnement<br />

continu, plus particulièrement le perfectionnement ou <strong>la</strong> formation continue qui mettent<br />

en œuvre <strong>la</strong> réflexion, qui est orientée vers <strong>de</strong>s pratiques réflexives plutôt que <strong>sur</strong> <strong>de</strong>s<br />

formations ponctuelles. L’impact serait d’autant plus grand quand on amène l’éducatrice<br />

<strong>à</strong> réfléchir <strong>sur</strong> son action éducative. »<br />

(Département du programme Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> du Cégep <strong>de</strong> Jonquière,<br />

Jonquière)<br />

Les représentants syndicaux <strong>de</strong>s RSG ont une position plus nuancée en ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> formation <strong>de</strong>s<br />

RSG. Ils reconnaissent qu’un rehaussement <strong>de</strong>s exigences est souhaitable, mais ne s’enten<strong>de</strong>nt pas <strong>sur</strong> <strong>la</strong><br />

formation <strong>à</strong> adopter. Si certains sont favorables <strong>à</strong> l’obtention minimale d’un DEC, d’autres proposent que<br />

<strong>la</strong> formation minimale soit un AEC. D’autres encore suggèrent une bonification <strong>de</strong> <strong>la</strong> formation <strong>de</strong> base<br />

en prolongeant le nombre d’heures <strong>de</strong> formation. L’enjeu <strong>de</strong> <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong>s acquis est par ailleurs<br />

régulièrement mis <strong>sur</strong> <strong>la</strong> table, les RSG rappe<strong>la</strong>nt qu’elles cumulent souvent plusieurs années d’expérience.<br />

Certaines RSG participantes aux activités <strong>de</strong> consultation ont indiqué que <strong>la</strong> formation continue pourrait<br />

être améliorée <strong>de</strong> sorte qu’elle <strong>de</strong>vienne qualifiante. Enfin, elles rappellent qu’elles cumulent jusqu’<strong>à</strong> 50<br />

heures <strong>de</strong> travail hebdomadaire et qu’advenant un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation, il faudra<br />

prévoir <strong>de</strong>s modalités <strong>de</strong> formation adaptées <strong>à</strong> ces horaires chargés.<br />

« Nous croyons que l’obtention d’une réelle reconnaissance du travail éducatif que nous<br />

offrons aux enfants ne peut se faire sans un rehaussement <strong>de</strong> <strong>la</strong> formation obligatoire<br />

pour les éducatrices en milieu familial. Par contre, il est important <strong>de</strong> considérer que pour<br />

y parvenir, <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es transitoires <strong>de</strong>vront être mises en p<strong>la</strong>ce afin <strong>de</strong> permettre aux RSG<br />

déj<strong>à</strong> en poste <strong>de</strong> pouvoir se perfectionner. […] Travail<strong>la</strong>nt 50 heures par semaine et ayant<br />

<strong>de</strong>s contraintes au niveau du nombre d’heures permis <strong>de</strong> remp<strong>la</strong>cement dans son propre<br />

service, il est difficile pour elles <strong>de</strong> concilier travail/famille/étu<strong>de</strong>s. Il faudrait donc prévoir<br />

<strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es facilitant l’accès aux étu<strong>de</strong>s pour les éducatrices qui souhaiteraient obtenir<br />

leur qualification comme par exemple <strong>de</strong> pouvoir avoir plus d’heures <strong>de</strong> remp<strong>la</strong>cement<br />

pour suivre leur cours ou pour étudier, d’avoir <strong>de</strong>s budgets d’allouer pour leur sco<strong>la</strong>risation,<br />

etc. De plus, il nous apparaît essentiel <strong>de</strong> reconnaître l’expérience <strong>de</strong>s éducatrices en<br />

milieu familial ainsi que les heures <strong>de</strong> perfectionnement continu qu’elles ont acquis au fil<br />

<strong>de</strong>s années. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> l’Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie)<br />

La formation <strong>de</strong>s enseignants en maternelle 4 ans est aussi abordée par certains participants et experts.<br />

Christa Japel indique que le rehaussement <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité offerte dans les c<strong>la</strong>sses <strong>de</strong> maternelle 4 ans passe<br />

par l’accès <strong>à</strong> une formation continue et <strong>à</strong> <strong>de</strong>s personnes ressources. Nathalie Bigras s’inquiète du fait<br />

que <strong>la</strong> formation <strong>de</strong>s enseignants en éducation primaire au Québec n’offre pas suffisamment <strong>de</strong> crédits<br />

universitaires dans le champ spécifique <strong>à</strong> <strong>l’éducation</strong> présco<strong>la</strong>ire. Cette critique est également formulée<br />

par certains représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries qui jugent que le personnel éducateur en instal<strong>la</strong>tion est<br />

mieux formé pour répondre aux besoins d’enfants <strong>de</strong> 4 ans que le sont les enseignants. Nous retenons donc<br />

que dans l’optique d’un déploiement <strong>de</strong>s maternelles 4 ans TPMD, il serait pertinent <strong>de</strong> se pencher <strong>sur</strong> <strong>la</strong><br />

formation <strong>de</strong> ses futurs enseignants afin <strong>de</strong> s’as<strong>sur</strong>er qu’elle convienne aux enfants <strong>de</strong> cet âge.<br />

20 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


« Finalement, nous désirons souligner que plusieurs professeurs <strong>à</strong> l’école primaire ont<br />

<strong>l’éducation</strong> nécessaire pour enseigner au primaire, mais pas nécessairement <strong>l’éducation</strong><br />

pour enseigner <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans alors qu’<strong>à</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong>rie tout le personnel<br />

éducateur est formé en éducation <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> l’Association <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées du Québec)<br />

Évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité<br />

Outre un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation, une évaluation plus fréquente <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services<br />

éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> s’impose. Pierre Lefebvre, Camil Bouchard et Nathalie Bigras ont tous parlé <strong>de</strong><br />

l’importance <strong>de</strong> mettre en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong>s évaluations fréquentes afin <strong>de</strong> permettre un redressement ou une<br />

amélioration <strong>de</strong>s pratiques éducatives.<br />

La fréquence actuelle <strong>de</strong>s enquêtes Grandir en qualité ne permet pas une évaluation soutenue <strong>de</strong>s services<br />

éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. En effet, ces enquêtes ont été menées <strong>de</strong>ux fois en dix ans, en 2003 et 2014,<br />

et ce, avec participation volontaire <strong>de</strong>s différents services éducatifs. En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans<br />

TPMD, <strong>la</strong> Direction <strong>de</strong> <strong>la</strong> recherche et <strong>de</strong> l’évaluation du MEES s’est vu confier le mandat d’en as<strong>sur</strong>er le suivi<br />

et l’évaluation. Une évaluation est en cours, mais les résultats ne sont pas encore disponibles. 29 Ce manque<br />

<strong>de</strong> données rend difficile l’appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

À cet effet, <strong>la</strong> pertinence d’une évaluation plus fréquente <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, appliquée <strong>à</strong> tous les types<br />

<strong>de</strong> services et faite au moyen d’outils validés et utilisés ailleurs dans le mon<strong>de</strong> a été abordée durant <strong>la</strong><br />

<strong>Commission</strong>. France Capuano et Christa Japel suggèrent notamment l’utilisation <strong>de</strong> <strong>la</strong> grille ECERS-R (Early<br />

Childhood Environment Rating Scale – Revised), validée pour les services éducatifs et pour <strong>la</strong> maternelle<br />

4 ans et 5 ans. Cette grille porte <strong>sur</strong> les soins personnels, l’aménagement <strong>de</strong> l’espace, le matériel éducatif,<br />

le développement du <strong>la</strong>ngage et du raisonnement, les activités <strong>de</strong> motricité fine et globale, les activités<br />

créatrices, le développement social et les besoins <strong>de</strong>s adultes. 30 La grille CLASS (C<strong>la</strong>ssroom Assessment<br />

Scoring System) nous a également été proposée lors d’une rencontre avec Gilles Cantin. Cette grille évalue<br />

le soutien émotif <strong>à</strong> l’enfant, l’organisation du groupe et le soutien <strong>à</strong> l’apprentissage. 31<br />

France Capuano fait valoir qu’une évaluation dont les grilles d’analyse sont normalisées facilite une<br />

comparaison dans le temps et hors Québec. De même, une évaluation plus fréquente permettrait un meilleur<br />

suivi et contribue <strong>à</strong> une amélioration continue <strong>de</strong>s services, <strong>à</strong> condition d’être accompagnée <strong>de</strong> me<strong>sur</strong>es <strong>de</strong><br />

soutien lorsque l’évaluation en révèle <strong>la</strong> nécessité. À titre d’exemple, le projet Cap Qualité, porté par Christa<br />

Japel, nous a été présenté par le regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> Québec et Chaudière-Appa<strong>la</strong>ches. Ce projet vise<br />

<strong>à</strong> soutenir <strong>de</strong>s CPE qui souhaitent s’inscrire dans une démarche d’accompagnement et d’ajustement <strong>de</strong>s<br />

pratiques. Dans le cadre <strong>de</strong> ce projet, <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s CPE participants est évaluée par une ressource externe<br />

<strong>à</strong> l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> grille ECERS-R. Cette évaluation mène <strong>à</strong> <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce d’un p<strong>la</strong>n d’action visant <strong>à</strong> améliorer<br />

<strong>la</strong> qualité observée. Pour ce faire, l’équipe du CPE évalué bénéficie d’un accompagnement et <strong>de</strong> séances<br />

<strong>de</strong> formations adaptées <strong>à</strong> ses besoins. Un an plus tard, une <strong>de</strong>uxième évaluation peut être menée afin <strong>de</strong><br />

me<strong>sur</strong>er l’effet <strong>de</strong>s changements apportés. La présentation du regroupement <strong>de</strong>s CPE nous <strong>la</strong>isse croire<br />

qu’un tel projet peut engager le personnel dans un processus non menaçant d’amélioration continue.<br />

29 Ministère <strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> l’Enseignement supérieur, 2015. <strong>Rapport</strong> préliminaire d’évaluation : Maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps<br />

partiel en milieu défavorisé, en ligne : http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/recherche_evaluation/<br />

<strong>Rapport</strong>-preliminaire-maternelle-4-ans.pdf<br />

30 Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, 2004. Enquête québécoise <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs, en ligne :<br />

http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/education/milieu-gar<strong>de</strong>/qualite-<strong>petite</strong>-<strong>enfance</strong>-1.pdf<br />

31 Nathalie Bigras et Lise Lemay, 2012. Petite <strong>enfance</strong>, services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs et développement <strong>de</strong>s enfants – État <strong>de</strong>s<br />

connaissances. Les Presses <strong>de</strong> l’Université du Québec.<br />

21 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Plusieurs représentants syndicaux, représentants <strong>de</strong> CPE et représentants <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries reconnaissent<br />

également qu’une évaluation récurrente <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité permettrait <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services.<br />

Des représentants <strong>de</strong>s RSG émettent néanmoins certaines réserves quant <strong>à</strong> <strong>la</strong> nature <strong>de</strong>s évaluations. Ils<br />

sont nombreux <strong>à</strong> craindre que les évaluations portent davantage <strong>sur</strong> <strong>la</strong> conformité administrative que <strong>sur</strong><br />

les facteurs éducatifs <strong>de</strong> qualité susceptibles <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services qu’ils offrent. Ces RSG<br />

réfèrent notamment au fait qu’actuellement, elles reçoivent trois visites d’agentes <strong>de</strong> conformité par année<br />

qui visent davantage <strong>à</strong> vérifier <strong>la</strong> conformité administrative que <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> l’expérience éducative offerte<br />

aux enfants.<br />

« Si on veut arriver avec une uniformité, avec un service <strong>de</strong> qualité offert <strong>à</strong> tous les enfants,<br />

que les parents soient capables <strong>de</strong> facilement chercher un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et non pas<br />

juste au niveau du portefeuille, ça prend une volonté politique. Alors je pense qu’aux <strong>de</strong>ux<br />

ans ou trois ans, un rapport comme Grandir en qualité, ça peut être bénéfique. On pourrait<br />

constater plus rapi<strong>de</strong>ment les failles ou les faiblesses <strong>de</strong> chacun. »<br />

(Gar<strong>de</strong>rie au C<strong>la</strong>ir <strong>de</strong> Lune, Gatineau)<br />

« Ce qu’il faut comprendre, c’est que lorsque j’ai l’agente <strong>de</strong> conformité qui passe chez moi,<br />

on nous donne une contravention. […] Par exemple, elle arrive et elle voit qu’il manque<br />

un cache-prise, elle va me donner une contravention. Elle arrive et me dit “ah <strong>sur</strong> ta liste<br />

d’urgence, t’as encore le nom d’Elliot, mais Elliot est parti il y a <strong>de</strong>ux semaines, il est rentré<br />

<strong>à</strong> l’école, je vais te donner une contravention.” Alors, le danger c’est qu’on se retrouve avec<br />

une RSG par exemple qui aurait 10 contraventions. Le parent va voir ça, il va se dire “Mon<br />

dieu!” Mais le parent n’aura peut-être pas l’analyse <strong>de</strong> <strong>la</strong> contravention qui a été donnée<br />

<strong>à</strong> <strong>la</strong> RSG. […] On aimerait que le ministère cible pourquoi je vais donner une contravention<br />

<strong>à</strong> une responsable <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial. Parce qu’elle a un septième nom <strong>sur</strong> une<br />

liste? »<br />

(Syndicat <strong>de</strong>s responsables <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial CSN-FSSS,<br />

Drummondville)<br />

22 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Accessibilité<br />

Les intervenants s’accor<strong>de</strong>nt <strong>sur</strong> le fait que <strong>la</strong> fréquentation d’un service éducatif <strong>de</strong> qualité favorise le<br />

développement optimal <strong>de</strong>s enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances. Corol<strong>la</strong>ire <strong>de</strong> ce constat : il faut faciliter le plus<br />

possible l’accès aux services éducatifs.<br />

Durant les <strong>de</strong>rnières années, un développement accéléré <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en gar<strong>de</strong>ries non subventionnées<br />

semble avoir considérablement réduit les problèmes d’accès. En fait, plusieurs représentants <strong>de</strong>s différents<br />

milieux <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> ont confié qu’ils avaient désormais <strong>de</strong> <strong>la</strong> difficulté <strong>à</strong> combler leurs p<strong>la</strong>ces. Néanmoins, pour<br />

plusieurs familles, l’accès aux services éducatifs <strong>de</strong> qualité <strong>de</strong>meure problématique. Nous remarquons en<br />

effet que plusieurs barrières nuisent <strong>à</strong> l’accès aux services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, en particulier pour<br />

les enfants vulnérables.<br />

Portrait <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles<br />

Au 31 mars 2016, 230 059 p<strong>la</strong>ces subventionnées et 55 256 p<strong>la</strong>ces non subventionnées étaient offertes <strong>à</strong><br />

travers <strong>la</strong> province. Les CPE et les milieux familiaux subventionnés offrent chacun environ 92 000 p<strong>la</strong>ces, les<br />

gar<strong>de</strong>ries subventionnées en offrent 46 000 et les gar<strong>de</strong>ries non subventionnées en offrent un peu plus <strong>de</strong><br />

55 000. D’ici 2020-2021, le gouvernement souhaite créer 30 000 nouvelles p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> contribution réduite,<br />

portant <strong>à</strong> 250 000 le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces subventionnées. 32 Le tableau 2 présente l’évolution <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces<br />

disponibles en services éducatifs au Québec. En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans TPMD, 188 c<strong>la</strong>sses sont<br />

présentement offertes <strong>à</strong> travers le Québec.<br />

Tableau 2 : Évolution <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles en services éducatifs au Québec (<strong>à</strong> partir <strong>de</strong>s données du<br />

Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016)<br />

Date P<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> contribution réduite P<strong>la</strong>ces en<br />

Centre <strong>de</strong> Milieu Gar<strong>de</strong>rie Total gar<strong>de</strong>rie<br />

<strong>la</strong> <strong>petite</strong> familial subventionnée<br />

non subventionnée<br />

<strong>enfance</strong><br />

Total <strong>de</strong>s<br />

p<strong>la</strong>ces<br />

disponibles<br />

31 mars 2003 63339 75355 24740 163434 1620 165054<br />

31 mars 2004 68274 82044 27530 177848 1907 179755<br />

31 mars 2005 72057 87192 30131 189380 2457 191837<br />

31 mars 2006 74573 89011 33034 196618 3487 200105<br />

31 mars 2007 75934 88645 34027 198606 4538 203144<br />

31 mars 2008 77165 88771 35230 201166 4751 205917<br />

31 mars 2009 77864 91582 36377 205823 6954 212777<br />

31 mars 2010 79547 91607 38865 210019 11173 221192<br />

31 mars 2011 82671 91607 40526 214804 17824 232628<br />

31 mars 2012 84672 91626 41036 217334 27773 245107<br />

31 mars 2013 85831 91663 41590 219084 39282 258366<br />

31 mars 2014 86770 91664 43549 221983 46641 268624<br />

31 mars 2015 89833 91664 45970 227467 51843 279310<br />

32 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016. P<strong>la</strong>ces disponibles en services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> au Québec, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/<br />

services-<strong>de</strong>-gar<strong>de</strong>/portrait/p<strong>la</strong>ces/Pages/in<strong>de</strong>x.aspx<br />

23 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


31 mars 2016 92398 91604 46057 230059 55256 285315<br />

Nombre <strong>de</strong> 29059 16249 21317 66625 53636 120261<br />

p<strong>la</strong>ces créées<br />

<strong>de</strong>puis 2003<br />

Augmentation<br />

du nombre <strong>de</strong><br />

p<strong>la</strong>ces <strong>de</strong>puis<br />

2003<br />

46% 22% 86% 41% 3311% 73%<br />

Durant sa présentation, Christa Japel a fait remarquer que <strong>la</strong> fin du moratoire <strong>sur</strong> les gar<strong>de</strong>ries non<br />

subventionnées en 2003 et <strong>la</strong> bonification du crédit d’impôt pour frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en 2009 ont entraîné<br />

<strong>la</strong> création rapi<strong>de</strong> <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en gar<strong>de</strong>ries non subventionnées. Ainsi, entre 2003 et 2016, 53 636 p<strong>la</strong>ces<br />

ont été créées en gar<strong>de</strong>ries non subventionnées, avec une croissance marquée <strong>de</strong>puis 2009, année <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

bonification du crédit d’impôt. 33<br />

La création <strong>de</strong> nouvelles p<strong>la</strong>ces non subventionnées a donc permis <strong>de</strong> diminuer les listes d’attente, mais a<br />

également augmenté <strong>la</strong> concurrence entre <strong>de</strong>s milieux <strong>de</strong> qualité différente. Selon les représentants <strong>de</strong>s CPE<br />

et <strong>de</strong>s RSG entendus, <strong>la</strong> bonification du crédit d’impôt et l’instauration <strong>de</strong> <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />

en 2015 auraient encouragé un dép<strong>la</strong>cement <strong>de</strong> <strong>la</strong> clientèle vers les milieux non subventionnés donnant<br />

accès aux crédits d’impôt. Plusieurs représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> RSG sont effectivement venus témoigner <strong>de</strong><br />

leur difficulté <strong>à</strong> combler les p<strong>la</strong>ces disponibles.<br />

« Le taux <strong>de</strong> modu<strong>la</strong>tion imposé <strong>à</strong> <strong>la</strong> plupart <strong>de</strong>s parents a aussi eu <strong>de</strong>s impacts <strong>sur</strong><br />

le renouvellement <strong>de</strong> <strong>la</strong> clientèle. Chaque p<strong>la</strong>ce occupée aujourd’hui l’est <strong>à</strong> <strong>la</strong> suite <strong>de</strong><br />

dizaines <strong>de</strong> coups <strong>de</strong> téléphone. Juste pour vous donner un ordre <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>ur, l’an <strong>de</strong>rnier<br />

on avait 900 noms <strong>sur</strong> <strong>la</strong> liste d’attente. Cette année on a eu peine <strong>à</strong> remp<strong>la</strong>cer dans les<br />

groupes <strong>de</strong> 2 <strong>à</strong> 5 ans avec les départs <strong>à</strong> l’école. Présentement, j’ai une centaine <strong>de</strong> poupons<br />

<strong>sur</strong> <strong>la</strong> liste d’attente […], mais pour les 2 <strong>à</strong> 5 ans, il me reste <strong>de</strong>ux ou trois noms.<br />

(CPE <strong>de</strong> Rivière-du-Loup, Rimouski)<br />

Ce<strong>la</strong> semble particulièrement vrai pour les RSG régies. En effet, les représentants syndicaux <strong>de</strong>s RSG ont été<br />

nombreux <strong>à</strong> abor<strong>de</strong>r <strong>la</strong> difficulté <strong>de</strong> leurs membres <strong>à</strong> combler leurs p<strong>la</strong>ces. Leurs témoignages sont confirmés<br />

lorsque l’on estime le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces qui font l’objet d’une entente <strong>de</strong> services avec les parents. En effet,<br />

comme le montre le tableau 3, nous constatons que même si le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces disponibles en milieu<br />

familial varie peu, le taux d’occupation a diminué d’environ 2% entre 2013-2014 et 2014-2015, ajoutant<br />

1677 p<strong>la</strong>ces disponibles aux 11 165 p<strong>la</strong>ces déj<strong>à</strong> vacantes en milieu familial. 34<br />

33 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016. Création <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/services<strong>de</strong>-gar<strong>de</strong>/portrait/p<strong>la</strong>ces/Pages/in<strong>de</strong>x.aspx<br />

34 Gouvernement du Québec, Étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s crédits 2016-<strong>2017</strong> : Renseignements particuliers Famille et services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>.ET<br />

Gouvernement du Québec, Étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong>s crédits 2015-2016 : Renseignements particuliers – volet famille, services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et intimidation,<br />

en ligne : https://www.bibliotheque.assnat.qc.ca/DepotNumerique_v2/AffichageNotice.aspx?idn=48181<br />

24 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Tableau 3 : P<strong>la</strong>ces occupées en services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> au Québec en 2013-2014 et 2014-2015 (tiré <strong>de</strong> : Étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong>s<br />

crédits 2015-2016 et 2016-<strong>2017</strong> et Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016) 35<br />

Taux d’occupation<br />

(%)<br />

Année 2013-2014 Année 2014-2015<br />

P<strong>la</strong>ces disponibles<br />

P<strong>la</strong>ces<br />

occupées<br />

au 31 mars<br />

2014<br />

Différence<br />

entre les<br />

p<strong>la</strong>ces disponibles<br />

et les<br />

p<strong>la</strong>ces<br />

occupées<br />

Taux d’occupation<br />

(%)<br />

P<strong>la</strong>ces disponibles<br />

P<strong>la</strong>ces occupées<br />

au<br />

31 mars<br />

2015<br />

Différence<br />

entre les<br />

p<strong>la</strong>ces disponibles<br />

et les<br />

p<strong>la</strong>ces<br />

occupées<br />

CPE 97,95 86 770 84 991 1779 98,04 89 833 88 072 1761<br />

Milieu 87,82 91 664 80 499 11 165 85,99 91 664 78 822 12 842<br />

familial<br />

régi<br />

Gar<strong>de</strong>ries<br />

subventionnées<br />

99,19 43 549 43 196 353 99,15 45 970 45 579 391<br />

Le mémoire déposé par <strong>la</strong> Centrale <strong>de</strong>s syndicats du Québec (CSQ) indique également que plusieurs RSG en<br />

milieu familial ont <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces inoccupées. En conséquence, selon <strong>la</strong> CSQ, ce sont 390 RSG qui ont fermé ou<br />

qui se sont tournées vers <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> non régie en Abitibi, en Estrie, dans le Bas-Saint-Laurent, dans <strong>la</strong> région <strong>de</strong><br />

<strong>la</strong> Capitale-Nationale et <strong>de</strong> Chaudière-Appa<strong>la</strong>ches et dans les régions <strong>de</strong> Laval et <strong>de</strong> Lanaudière.<br />

Compte tenu <strong>de</strong> <strong>la</strong> difficulté <strong>de</strong>s RSG <strong>à</strong> combler leurs p<strong>la</strong>ces, l’obligation <strong>de</strong>s BC d’accréditer les RSG qui<br />

remplissent les exigences est perçue <strong>de</strong> façon problématique puisqu’elle permet <strong>à</strong> <strong>de</strong> nouveaux milieux<br />

d’offrir <strong>de</strong>s services sans tenir compte <strong>de</strong>s services déj<strong>à</strong> en p<strong>la</strong>ce.<br />

« Nous sommes en compétition constante avec nos collègues puisqu’il n’y a aucune<br />

réglementation qui interdit d’avoir un nombre maximum <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> par zone<br />

géographique. Notre BC est obligé par le ministère, <strong>de</strong> reconnaître <strong>de</strong> nouvelles RSG qui<br />

n’arrivent pas <strong>à</strong> combler leurs p<strong>la</strong>ces, une problématique qui est déj<strong>à</strong> présente dans <strong>la</strong><br />

majorité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial <strong>de</strong> notre quartier, mais aussi partout <strong>à</strong><br />

Montréal. »<br />

(Mémoire du service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial subventionné Jackie et ses amis)<br />

Qualité <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces créées<br />

Bien que les problèmes liés <strong>à</strong> l’accès aux services éducatifs semblent avoir été réduits, nous nous questionnons quant<br />

<strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces créées. Déj<strong>à</strong> en 2011, le Vérificateur général faisait le constat que « [l]e processus d’attribution<br />

<strong>de</strong>s 18 000 nouvelles p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> contribution réduites (PCR) instauré par le ministère en 2008 n’a pas permis d’accor<strong>de</strong>r<br />

<strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> <strong>de</strong>s projets <strong>de</strong> qualité. » 36 Cette préoccupation est aussi soulevée par les participants aux forums citoyens<br />

ayant travaillé <strong>sur</strong> le thème <strong>de</strong> l’accessibilité. Ils sont en effet nombreux <strong>à</strong> répondre que leur région offre suffisamment<br />

<strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces, mais peut-être pas assez <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces <strong>de</strong> qualité. Nous notons également que les parents ayant répondu <strong>à</strong> notre<br />

sondage affirment avoir choisi le service éducatif <strong>de</strong> leur enfant en privilégiant <strong>la</strong> disponibilité <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces plutôt que leur<br />

qualité, <strong>à</strong> l’exception <strong>de</strong>s parents dont l’enfant fréquente ou a fréquenté un CPE (voir annexe 4).<br />

35 Les données <strong>de</strong> l’exercice financier 2015-2016 n’étaient pas disponibles au moment d’écrire ce rapport.<br />

36 Vérificateur général du Québec, 2011. <strong>Rapport</strong> du Vérificateur général du Québec <strong>à</strong> l’Assemblée nationale pour l’année<br />

2011-2012 – Chapitre 5 : Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> : qualité, performance et reddition <strong>de</strong> comptes, en ligne : http://www.<br />

vgq.gouv.qc.ca/fr/fr_publications/fr_rapport-annuel/fr_2011-2012-VOR/fr_<strong>Rapport</strong>2011-2012-VOR-Ch05.pdf, p.5-3<br />

25 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Nous sommes particulièrement préoccupés par le fait que les enquêtes Grandir en qualité montrent que<br />

<strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services est plus faible dans les gar<strong>de</strong>ries non subventionnées, précisément l<strong>à</strong> où se sont<br />

principalement développées les p<strong>la</strong>ces au cours <strong>de</strong>s <strong>de</strong>rnières années. De plus, nous soulignons le fait que<br />

le développement <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces subventionnées en instal<strong>la</strong>tion suit un processus d’appels <strong>de</strong> projets tandis<br />

qu’une personne qui désire obtenir un permis <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>rie non subventionnée peut l’obtenir <strong>à</strong> condition <strong>de</strong><br />

respecter les conditions <strong>de</strong> recevabilité énoncées dans le Règlement <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong><br />

l’<strong>enfance</strong>. Considérant que 30% <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces sont inoccupées dans les gar<strong>de</strong>ries non subventionnées 37 , nous<br />

nous interrogeons <strong>sur</strong> le développement rapi<strong>de</strong> <strong>de</strong> ces p<strong>la</strong>ces qui ne semble pas tenir compte <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces<br />

déj<strong>à</strong> disponibles dans le réseau ni respecter les exigences <strong>de</strong> qualité imposées par <strong>la</strong> loi.<br />

Conditions <strong>de</strong> recevabilité pour l’obtention d’un permis <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>rie non subventionnée<br />

• l’utilisation du formu<strong>la</strong>ire prescrit dûment rempli et signé;<br />

• un chèque visé ou un mandat-poste du montant <strong>de</strong> 1 562 $ <strong>à</strong> l’ordre du ministre <strong>de</strong>s Finances;<br />

• un p<strong>la</strong>n <strong>de</strong> l’aménagement <strong>de</strong>s locaux <strong>de</strong> l’instal<strong>la</strong>tion signé et scellé par un architecte (un seul<br />

exemp<strong>la</strong>ire papier et un fichier électronique <strong>sur</strong> clé USB (DWG));<br />

• un p<strong>la</strong>n conforme et <strong>à</strong> l’échelle <strong>de</strong> l’espace extérieur <strong>de</strong> jeu visé <strong>à</strong> l’article 39 du Règlement,<br />

accompagné d’un p<strong>la</strong>n <strong>de</strong> localisation <strong>de</strong> cet espace illustrant sa situation par rapport <strong>à</strong> l’instal<strong>la</strong>tion<br />

(que cet espace soit inclus dans l’instal<strong>la</strong>tion ou qu’il soit situé dans un parc public);<br />

• <strong>la</strong> conformité <strong>de</strong> <strong>la</strong> personnalité juridique du <strong>de</strong>man<strong>de</strong>ur;<br />

• <strong>la</strong> copie certifiée conforme <strong>de</strong> l’acte constitutif, si <strong>la</strong> personne qui <strong>de</strong>man<strong>de</strong> le permis est une<br />

personne morale;<br />

• les renseignements et les documents requis doivent être produits en français dans le respect <strong>de</strong>s<br />

exigences <strong>de</strong> <strong>la</strong> Charte <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>la</strong>ngue française. 38<br />

Barrières <strong>à</strong> l’accès aux services<br />

Les données actuelles montrent que plus d’un enfant <strong>sur</strong> trois ne fréquente aucun service éducatif avant<br />

son entrée <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle. Les mémoires <strong>de</strong> Julie Poissant et <strong>de</strong> Nathalie Bigras expliquent également que<br />

les enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés sont moins susceptibles <strong>de</strong> fréquenter un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatif<br />

que leurs pairs mieux nantis.<br />

37 Ministère <strong>de</strong>s Finances, mars 2015. Le p<strong>la</strong>n économique du Québec, en ligne : http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/<br />

budget/2015-2016/fr/documents/P<strong>la</strong>neconomique.pdf<br />

38 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016. Ouverture d’un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/services-<strong>de</strong>-gar<strong>de</strong>/<br />

cpe-gar<strong>de</strong>ries/ouverture-sg/Pages/in<strong>de</strong>x.aspx<br />

26 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


21%<br />

CPE-instal<strong>la</strong>tion<br />

36%<br />

CPE-milieu familial<br />

12%<br />

10%<br />

21%<br />

Gar<strong>de</strong>rie subventionnée<br />

Gar<strong>de</strong>rie non subventionnée<br />

Pas <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />

Figure 8 : Répartition <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans selon leur mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> (tiré <strong>de</strong> : Christa Japel, Montréal,<br />

20 juillet 2016)<br />

Lors <strong>de</strong> sa présentation, Julie Poissant a montré que malgré l’existence <strong>de</strong> me<strong>sur</strong>es pour favoriser <strong>la</strong><br />

fréquentation <strong>de</strong>s services éducatifs, notamment les protocoles d’entente entre les services éducatifs et les<br />

établissements <strong>de</strong> santé, les p<strong>la</strong>ces réservées <strong>de</strong>meurent souvent inoccupées.<br />

La maternelle 4 ans TPMD a été développée afin <strong>de</strong> rejoindre les enfants <strong>de</strong> milieux défavorisés qui sont moins<br />

présents dans les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs. Les données préliminaires présentées par France Capuano<br />

montrent cependant que seuls 19% <strong>de</strong>s enfants qui fréquentent <strong>la</strong> maternelle 4 ans TPMD n’avaient jamais<br />

fréquenté un autre service éducatif. À noter également que les enfants qui avaient fréquenté un service<br />

éducatif avant l’entrée <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle étaient majoritairement dans <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> moindre qualité. Ce<strong>la</strong><br />

va dans le sens <strong>de</strong>s observations <strong>de</strong> l’équipe <strong>de</strong> l’ELDEQ indiquant que les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs offerts<br />

aux enfants <strong>de</strong> milieux défavorisés sont souvent <strong>de</strong> moins bonne qualité.<br />

Plusieurs barrières <strong>à</strong> l’accès aux services éducatifs pour les enfants issus <strong>de</strong> familles en situation <strong>de</strong><br />

vulnérabilité ont été i<strong>de</strong>ntifiées par les intervenants. La Direction <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé publique <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie cible<br />

notamment le manque <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces, le manque d’information <strong>sur</strong> les services, <strong>la</strong> distance <strong>à</strong> parcourir ainsi que<br />

les coûts et les modalités <strong>de</strong> l’offre en ce qui a trait aux heures d’ouverture et aux jours <strong>de</strong> fréquentation.<br />

À ces obstacles, <strong>de</strong>s représentants <strong>de</strong> CPE ajoutent le transport, les difficultés d’organisation <strong>de</strong> certains<br />

parents, <strong>la</strong> crainte du jugement, le manque <strong>de</strong> connaissances <strong>sur</strong> les services disponibles ou encore les<br />

modalités d’inscription aux services éducatifs.<br />

« L’exemple <strong>de</strong> <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce 0-5 ans en est une [barrière]. L’exemple <strong>de</strong> l’obligation d’aller cinq<br />

jours dans un milieu <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en est une aussi. Le transport en est une. L’accueil en est une :<br />

est-ce que je vais être jugé si j’amène mon enfant ? Si mon enfant n’est pas habillé au <strong>de</strong>rnier<br />

goût du jour : est-ce que le CPE ou <strong>la</strong> gar<strong>de</strong>rie va m’appeler ? Est-ce que je vais me faire juger<br />

par les autres parents ? »<br />

(Projet Pour l’<strong>enfance</strong>, j’y vais, j’avance, Québec)<br />

27 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Les témoignages <strong>de</strong> l’organisme J’me fais une p<strong>la</strong>ce en gar<strong>de</strong>rie et <strong>de</strong> <strong>la</strong> Coalition <strong>de</strong> parents d’enfants <strong>à</strong><br />

besoins particuliers du Québec montrent également que le manque <strong>de</strong> services adaptés pour <strong>de</strong>s enfants<br />

ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers peut constituer une barrière <strong>à</strong> l’utilisation <strong>de</strong>s services. Ce manque <strong>de</strong><br />

services adaptés se manifeste tant par le refus <strong>de</strong> certains milieux <strong>à</strong> accueillir <strong>de</strong>s enfants ayant <strong>de</strong>s besoins<br />

particuliers que par le fait que certains lieux ne sont pas accessibles physiquement pour certains enfants<br />

(absence <strong>de</strong> rampe d’accès ou d’ascenseur, espace dans les locaux ou niveau sonore). Ces intervenants<br />

confient que pour les parents dont les enfants ont <strong>de</strong>s besoins particuliers, <strong>la</strong> recherche d’un service adapté<br />

exige beaucoup <strong>de</strong> temps, sans garantie <strong>de</strong> résultats. Selon ces organismes, certains parents peuvent être<br />

découragés d’utiliser un service éducatif, faute <strong>de</strong> trouver un service adapté aux besoins <strong>de</strong> leur enfant.<br />

Concernant les obstacles liés aux coûts, le Règlement <strong>sur</strong> <strong>la</strong> contribution réduite indique qu’un parent<br />

qui reçoit une prestation du Programme d’ai<strong>de</strong> sociale ou du Programme <strong>de</strong> solidarité sociale peut être<br />

exempté du paiement <strong>de</strong> <strong>la</strong> contribution <strong>de</strong> base <strong>de</strong>s services éducatifs pour un maximum <strong>de</strong> 2 journées<br />

et <strong>de</strong>mie ou <strong>de</strong> 5 <strong>de</strong>mi-journées par semaine. Aux audiences <strong>de</strong>s experts, Julie Poissant et Camil Bouchard<br />

ont recommandé que cette exemption s’applique <strong>à</strong> une fréquentation <strong>à</strong> temps plein plutôt qu’<strong>à</strong> une<br />

fréquentation <strong>à</strong> temps partiel afin d’encourager une fréquentation soutenue <strong>de</strong>s services éducatifs. Nous<br />

sommes également préoccupés du fait que le tarif journalier <strong>de</strong> 7,75$/jour en milieu subventionné puisse<br />

être prohibitif pour <strong>de</strong>s familles <strong>à</strong> faible revenu ne pouvant bénéficier <strong>de</strong> l’exemption <strong>de</strong> <strong>la</strong> contribution <strong>de</strong><br />

base. L’enquête <strong>sur</strong> l’utilisation, les besoins et les préférences <strong>de</strong>s familles en matière <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />

menée en 2009 par l’ISQ montre d’ailleurs une plus faible utilisation <strong>de</strong>s services par les familles ayant un<br />

revenu annuel <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 20 000$. 39<br />

45% 45%<br />

40%<br />

38%<br />

35%<br />

30%<br />

25%<br />

20%<br />

15%<br />

33%<br />

30%<br />

25%<br />

24%<br />

20%<br />

19%<br />

16%<br />

14%<br />

10%<br />

5%<br />

0%<br />

Moins <strong>de</strong><br />

20 000$<br />

20 000-<br />

29 999$<br />

30 000-<br />

39 999$<br />

40 000-<br />

49 999$<br />

50 000-<br />

59 999$<br />

60 000-<br />

79 999$<br />

80 000-<br />

99 999$<br />

100 000- 120 000-<br />

119 999$ 139 999$<br />

140 000$<br />

ou plus<br />

Figure 9 : Proportion <strong>de</strong> familles ayant <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 5 ans n’ayant pas recours <strong>à</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> régulière<br />

en fonction du revenu familial annuel (Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, 2009)<br />

39 Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, 2009. Enquête <strong>sur</strong> l’utilisation, les besoins et les préférences <strong>de</strong>s familles en matière <strong>de</strong><br />

services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>, en ligne : http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/education/milieu-gar<strong>de</strong>/utilisation-services-gar<strong>de</strong>-2009.pdf<br />

28 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Les représentants d’OCF sont venus témoigner <strong>de</strong> leur capacité <strong>à</strong> rejoindre ces familles qui n’utilisent pas les<br />

services éducatifs en faisant valoir leur rôle auprès <strong>de</strong>s familles plus vulnérables. Notamment, ils avancent<br />

que leur approche centrée <strong>sur</strong> <strong>la</strong> famille qui reconnaît le rôle <strong>de</strong>s parents comme premiers éducateurs <strong>de</strong><br />

leurs enfants permet <strong>de</strong> recréer un milieu <strong>de</strong> vie que les parents sont plus <strong>à</strong> l’aise <strong>de</strong> fréquenter. Certains <strong>de</strong>s<br />

représentants d’OCF témoignent même du fait que <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> maisons <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille sert <strong>de</strong> porte<br />

d’entrée vers les services éducatifs ou les services <strong>de</strong> santé.<br />

« Nous avons également une halte-gar<strong>de</strong>rie ouverte 32 heures par semaine accueil<strong>la</strong>nt<br />

150 enfants par année. Ces enfants ne fréquentent pas les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> région.<br />

Ce sont majoritairement <strong>de</strong>s enfants dont les parents ont fait le choix <strong>de</strong> <strong>de</strong>meurer <strong>à</strong><br />

<strong>la</strong> maison, recevant <strong>de</strong> l’as<strong>sur</strong>ance emploi, <strong>de</strong> l’ai<strong>de</strong> sociale ou en congé parental tout<br />

simplement. […] Les parents aiment venir dans notre organisme, car ils se sentent chez<br />

eux. Ils se sentent en confiance. Ils n’ont pas toujours <strong>la</strong> crainte <strong>de</strong> se faire observer et<br />

analyser dans leur rôle parental. »<br />

(Maison Pause-Parent, St-Jérôme)<br />

« C’est vrai que les groupes communautaires rejoignent beaucoup les familles, celles qui<br />

semblent fuir les services sociaux plus conventionnels. Il n’y a pas juste parce qu’on est bon<br />

et tout, il y a <strong>la</strong> flexibilité <strong>de</strong> notre milieu aussi qui fait vraiment une différence. Souvent un<br />

parent ne voudra pas envoyer son enfant <strong>à</strong> temps plein en CPE, mais <strong>de</strong> temps en temps<br />

l’envoyer en halte-gar<strong>de</strong>rie, participer <strong>à</strong> <strong>de</strong>s rencontres ça marche mieux avec le projet<br />

<strong>de</strong> vie qu’il a choisi. C’est sûr aussi que le non-jugement, l’accueil, d’être l<strong>à</strong> avec d’autres<br />

parents dans une mixité sociale qui est ouverte, ça ai<strong>de</strong> beaucoup <strong>à</strong> aller chercher ces<br />

parents. »<br />

(Regroupement <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille <strong>de</strong> Montréal, Montréal)<br />

« Les haltes-gar<strong>de</strong>ries sont aussi un tremplin pour nos familles. Par celles-ci, on fait<br />

connaître les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> qui sont disponibles <strong>sur</strong> nos territoires : CPE,<br />

gar<strong>de</strong>ries privées, service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial, etc. […] Nos organismes établissent<br />

<strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s col<strong>la</strong>borations avec les CPE et les gar<strong>de</strong>ries <strong>de</strong> notre secteur afin <strong>de</strong> faciliter<br />

l’intégration <strong>de</strong>s enfants et <strong>de</strong> faire reconnaître l’excellent travail <strong>de</strong>s professionnelles<br />

en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Nous travaillons ensemble <strong>sur</strong> divers comités, nous échangeons <strong>de</strong>s<br />

locaux, nous nous référons <strong>de</strong> <strong>la</strong> clientèle tout en p<strong>la</strong>çant les parents et les enfants au cœur<br />

<strong>de</strong> nos interventions. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong>s Maisons <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille <strong>de</strong> Lévis)<br />

Ces organismes déplorent néanmoins le fait qu’ils manquent <strong>de</strong> ressources et <strong>de</strong> reconnaissance pour<br />

optimiser leur mission. Par exemple, plusieurs OCF manquent <strong>de</strong> fonds pour <strong>de</strong>meurer ouverts <strong>à</strong> l’année,<br />

pour rejoindre plus <strong>de</strong> familles, pour retenir leurs employés ou pour développer <strong>de</strong> nouveaux projets.<br />

« Les organismes communautaires Famille ont été transférés au ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille<br />

vers les années 2004-2008, ça fait déj<strong>à</strong> longtemps. Depuis notre transfert, les organismes<br />

communautaires Famille n’ont pratiquement eu aucune in<strong>de</strong>xation <strong>de</strong> financement. […]<br />

Nos moyens financiers ne nous permettent pas <strong>de</strong> rester ouverts <strong>à</strong> l’année. »<br />

(Table régionale <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille <strong>de</strong> Lanaudière, Joliette)<br />

29 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


« À <strong>la</strong> Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille <strong>de</strong> Rouyn-Noranda, pour <strong>la</strong> <strong>de</strong>rnière année, nous avons reçu<br />

près <strong>de</strong> 300 familles, plus <strong>de</strong> 180 enfants et nous avons dû en refuser plus <strong>de</strong> 150, faute <strong>de</strong><br />

temps, d’espace et d’intervenantes. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille <strong>de</strong> Rouyn-Noranda)<br />

Malgré ces témoignages favorables aux OCF, les données rapportées par certains experts obligent <strong>à</strong> nuancer<br />

les effets <strong>de</strong>s OCF. Notamment, Sylvana Côté a rappelé que pour produire <strong>de</strong>s effets bénéfiques <strong>sur</strong> le<br />

développement <strong>de</strong>s enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés, <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong><br />

exige une intensité et une structure que l’on ne retrouve pas dans les OCF. Elle considère donc que les OCF<br />

ne peuvent être envisagés comme une solution <strong>de</strong> remp<strong>la</strong>cement <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong>s services par les<br />

enfants vulnérables. De même, Nathalie Bigras explique que plusieurs étu<strong>de</strong>s rapportent que les enfants<br />

issus <strong>de</strong> milieux socioéconomiques défavorisés obtiennent <strong>de</strong> meilleurs résultats sco<strong>la</strong>ires <strong>à</strong> l’âge <strong>de</strong> 12<br />

ans s’ils ont fréquenté <strong>de</strong> manière intensive un service d’éducation présco<strong>la</strong>ire en bas âge. Nous retenons<br />

donc que si les OCF ne peuvent pas remp<strong>la</strong>cer les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, ces organismes<br />

pourraient toutefois jouer un rôle essentiel pour faciliter le passage <strong>de</strong>s enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés<br />

vers les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, <strong>à</strong> condition que leur mission soit définie <strong>de</strong> <strong>la</strong> sorte et que leur<br />

évaluation et une bonification <strong>de</strong> financement portent <strong>sur</strong> cet objectif.<br />

30 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Universalité<br />

En plus <strong>de</strong> s’intéresser <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité et <strong>à</strong> l’accessibilité <strong>de</strong>s services, <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> s’est interrogée <strong>sur</strong><br />

l’universalité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>. Celle-ci a été abordée sous l’angle <strong>de</strong> <strong>la</strong> tarification et <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

prestation <strong>de</strong>s services.<br />

La tournée <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> a permis <strong>de</strong> prendre acte <strong>de</strong> l’inquiétu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s milieux concernant les effets <strong>de</strong><br />

<strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs et <strong>de</strong> <strong>la</strong> bonification <strong>de</strong>s crédits d’impôt <strong>sur</strong> l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />

<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Les représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> RSG déplorent que ces me<strong>sur</strong>es créent une disparité entre<br />

les services et orientent le choix <strong>de</strong>s parents pour <strong>de</strong>s motifs économiques. En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> prestation<br />

<strong>de</strong> services, nous constatons que malgré une volonté d’intégration et <strong>de</strong> prise en charge <strong>de</strong>s enfants ayant<br />

<strong>de</strong>s besoins particuliers dans les CPE notamment, le manque <strong>de</strong> ressources pour soutenir adéquatement<br />

ces enfants est un obstacle <strong>à</strong> cette intégration.<br />

Modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs et bonification <strong>de</strong>s crédits d’impôt<br />

En 1997, le gouvernement misait <strong>sur</strong> l’universalité <strong>de</strong>s tarifs en proposant <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> contribution réduite<br />

pour tous. Ainsi, peu importe le revenu <strong>de</strong>s ménages, <strong>la</strong> tarification quotidienne exigée était <strong>la</strong> même (5$<br />

puis 7$ par jour <strong>à</strong> partir <strong>de</strong> 2004) pour tous les utilisateurs. L’universalité <strong>de</strong> cette me<strong>sur</strong>e faisait en sorte<br />

qu’elle était en très gran<strong>de</strong> partie assumée collectivement par l’ensemble <strong>de</strong>s contribuables, par le biais <strong>de</strong><br />

l’impôt progressif <strong>sur</strong> le revenu et les autres sources fiscales <strong>de</strong> l’État.<br />

En 2015, <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs est entrée en vigueur. Ainsi, tous les parents dont l’enfant occupe une<br />

p<strong>la</strong>ce subventionnée et dont le revenu familial annuel net est supérieur <strong>à</strong> 50 920$ versent une contribution<br />

<strong>de</strong> base <strong>de</strong> 7,75$ par jour et par enfant, payable au service éducatif, <strong>à</strong> <strong>la</strong>quelle s’ajoute une contribution<br />

modulée en fonction du revenu familial, payable au moment <strong>de</strong> produire <strong>la</strong> déc<strong>la</strong>ration <strong>de</strong> revenus. 40 Ces<br />

contributions sont in<strong>de</strong>xées annuellement.<br />

Contribution <strong>de</strong><br />

base<br />

Contribution<br />

additionnelle<br />

50 920$ ou moins Entre 50 920$ et<br />

76 380$<br />

Entre 76 380 et<br />

161 380$<br />

161 380$ ou plus<br />

7,75$/enfant 7,75$/enfant 7,75$/enfant 7,75$/enfant<br />

0,70$ Entre 0,70$ et<br />

13,45$<br />

13,45$<br />

Total journalier 8,45$ Entre 8,45$ et 21,20$<br />

21,20$<br />

La contribution additionnelle est réduite <strong>de</strong> 50% pour le <strong>de</strong>uxième enfant<br />

Aucune contribution additionnelle n’est <strong>de</strong>mandée pour un troisième enfant et les<br />

suivants<br />

Figure 10 : Tarification <strong>de</strong>s services éducatifs subventionnés pour <strong>2017</strong> (Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016)<br />

40 Ministère <strong>de</strong>s Finances, 2016. Coût <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> quotidien, en ligne : http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/outils/<br />

gar<strong>de</strong>_fr.asp<br />

31 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


De leur côté, les services non subventionnés fixent eux-mêmes le tarif aux parents qui peuvent bénéficier<br />

d’un crédit d’impôt provincial calculé en fonction du revenu familial. Ce crédit a été bonifié en 2009, passant<br />

d’un montant maximal <strong>de</strong> 5000$ (pour les enfants nés après le 31 décembre 1999) <strong>à</strong> 9000$ (pour les enfants<br />

nés après le 31 décembre 2009). Les parents qui utilisent <strong>de</strong>s services non subventionnés peuvent également<br />

recevoir <strong>de</strong>s versements anticipés du crédit d’impôt <strong>de</strong> façon mensuelle. 41<br />

Certains experts rencontrés ont expliqué que ces <strong>de</strong>ux changements dans <strong>la</strong> tarification créent un<br />

environnement qui n’est plus économiquement neutre. Par exemple, Pierre Fortin explique que pour une<br />

famille dont le revenu familial se situe entre 95 000$ et 145 000$, il <strong>de</strong>vient plus avantageux économiquement<br />

<strong>de</strong> confier son enfant <strong>à</strong> un service non subventionné. Nathalie Bigras affirme que <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion induit un<br />

flou quant au montant <strong>à</strong> débourser pour les services éducatifs chez les parents, puisqu’il est payable au<br />

moment <strong>de</strong> produire <strong>la</strong> déc<strong>la</strong>ration <strong>de</strong> revenus, ce qui peut avoir une influence <strong>sur</strong> <strong>la</strong> fréquentation et le<br />

choix <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

Bien que 77% <strong>de</strong>s répondants au sondage <strong>de</strong>stiné aux parents déc<strong>la</strong>rent que <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs n’a<br />

pas eu d’impact <strong>sur</strong> leur choix <strong>de</strong> service éducatif, plusieurs groupes et organismes rencontrés durant <strong>la</strong><br />

démarche soutiennent que <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs a provoqué un dép<strong>la</strong>cement <strong>de</strong> <strong>la</strong> clientèle <strong>de</strong>s services<br />

subventionnés vers les services non subventionnés pour <strong>de</strong>s raisons économiques et non pour <strong>de</strong>s raisons<br />

<strong>de</strong> qualité. Ainsi, plusieurs intervenants offrant <strong>de</strong>s services éducatifs se montrent préoccupés, jugeant que<br />

<strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs constitue un frein <strong>à</strong> l’accessibilité et <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong>. De plus, les échanges pléniers durant les forums citoyens ont donné lieu <strong>à</strong> quelques témoignages<br />

<strong>de</strong> parents qui critiquent le fait que <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs soit imposée alors que le gouvernement coupe<br />

dans <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services. Ces parents estiment qu’ils paient désormais plus, alors qu’ils reçoivent <strong>de</strong>s<br />

services <strong>de</strong> moins bonne qualité.<br />

« Les familles qui ont maintenant un incitatif financier <strong>à</strong> inscrire leurs enfants dans un service<br />

<strong>de</strong> gar<strong>de</strong> privé sont plus nombreuses <strong>à</strong> dé<strong>la</strong>isser les CPE qui, dans l’ensemble, offrent une<br />

qualité éducative supérieure. De plus en plus <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en CPE sont maintenant inoccupées.<br />

À l’heure où <strong>la</strong> question <strong>de</strong> <strong>la</strong> contribution financière <strong>de</strong> l’État est omniprésente, il est<br />

<strong>sur</strong>prenant <strong>de</strong> constater que <strong>la</strong> question <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité du service financé est complètement<br />

passée sous silence alors que c’est <strong>la</strong> qualité et non <strong>la</strong> simple fréquentation qui est garante<br />

<strong>de</strong>s bénéfices pour le développement <strong>de</strong> l’enfant, les conditions <strong>de</strong> vie <strong>de</strong>s familles et<br />

l’économie d’une société. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> Nathalie Bigras et al.)<br />

« L’AGPQ [Association <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées du Québec] a toujours été contre <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion<br />

<strong>de</strong>s frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> selon le revenu familial. Cette modu<strong>la</strong>tion est un obstacle majeur <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />

santé et <strong>à</strong> <strong>la</strong> sécurité <strong>de</strong>s enfants, leur qualité <strong>de</strong> vie et leur réussite sco<strong>la</strong>ire, <strong>à</strong> savoir :<br />

• Cette modu<strong>la</strong>tion a forcé beaucoup <strong>de</strong> parents <strong>à</strong> faire <strong>de</strong>s choix difficiles. Parfois<br />

même <strong>à</strong> limiter le nombre d’enfants qu’ils auront ;<br />

• Elle a forcé un grand nombre <strong>de</strong> parents <strong>à</strong> se tourner vers d’autres alternatives <strong>de</strong><br />

gar<strong>de</strong> qui sont malheureusement, dans plusieurs cas, <strong>de</strong> qualité inférieure ;<br />

• De plus, elle favorise <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> non régie qui affecte <strong>la</strong> santé et <strong>la</strong> sécurité <strong>de</strong>s enfants.<br />

Cette modu<strong>la</strong>tion ne <strong>de</strong>vrait pas exister. Ultimement, elle est un obstacle <strong>à</strong> l’accessibilité<br />

et <strong>la</strong> réussite sco<strong>la</strong>ire. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> l’Association <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées du Québec)<br />

41 Gouvernement du Québec, <strong>2017</strong>. Crédit d’impôt pour frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> d’enfants, en ligne : http://www4.gouv.qc.ca/FR/<br />

Portail/Citoyens/Evenements/DevenirParent/Pages/credt_frais_gar<strong>de</strong>_enfan.aspx<br />

32 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Les RSG semblent particulièrement touchées par ces me<strong>sur</strong>es tarifaires. Plusieurs ont en effet témoigné <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

pression qu’elles ressentent <strong>de</strong> <strong>la</strong> part <strong>de</strong>s parents qui leur <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt d’offrir un service non subventionné<br />

donnant accès au crédit d’impôt plutôt qu’un service subventionné. Sachant que les milieux familiaux non<br />

régis donnant accès au crédit d’impôt ne sont soumis <strong>à</strong> aucune loi, aucun contrôle, ni aucune exigence <strong>de</strong><br />

formation, nous sommes inquiets <strong>de</strong>s effets <strong>de</strong> <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion et <strong>de</strong> <strong>la</strong> bonification <strong>de</strong>s crédits d’impôt <strong>sur</strong><br />

<strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs privilégiés par les parents. À noter que 75% <strong>de</strong>s répondants au sondage<br />

aux parents préféreraient bénéficier <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> tarif réduit en service éducatif plutôt que <strong>de</strong> recevoir <strong>de</strong>s<br />

crédits d’impôt ou <strong>de</strong>s allocations directes. C’est également l’option privilégiée par <strong>la</strong> majorité <strong>de</strong>s équipes<br />

<strong>de</strong> citoyens ayant travaillé <strong>sur</strong> le thème <strong>de</strong> l’universalité durant les forums.<br />

« La modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> a créé un exo<strong>de</strong> vers le privé <strong>de</strong> <strong>la</strong> part <strong>de</strong>s parents,<br />

souvent <strong>à</strong> contrecœur, pour un aspect financier. Les parents <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt régulièrement<br />

maintenant aux RSG <strong>de</strong> s’en aller au privé, leur mentionnant que cette <strong>de</strong>man<strong>de</strong> est<br />

strictement <strong>de</strong> nature financière. […] Nous avons constaté <strong>la</strong> fermeture <strong>de</strong> 160 RSG soit<br />

faute d’avoir <strong>de</strong>s enfants pour combler leur ratio ou encore <strong>à</strong> cause <strong>de</strong> l’exo<strong>de</strong> <strong>de</strong>s parents<br />

vers le privé. Environ 60 RSG parmi celles-ci ont ouvert un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> au privé au<br />

cours <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>de</strong>rnière année. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> l’Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial <strong>de</strong>s Laurenti<strong>de</strong>s)<br />

Intégration <strong>de</strong>s enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité<br />

La <strong>Commission</strong> s’est interrogée <strong>sur</strong> <strong>la</strong> façon d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> prestation <strong>de</strong>s services pour les enfants en situation<br />

<strong>de</strong> vulnérabilité. À cet égard, l’approche <strong>de</strong> l’universalisme proportionné, selon <strong>la</strong>quelle <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> base<br />

sont offerts <strong>à</strong> tous les enfants tandis que <strong>de</strong>s services additionnels sont disponibles pour les enfants ayant<br />

<strong>de</strong>s besoins particuliers, est privilégiée par <strong>la</strong> plupart <strong>de</strong>s intervenants provenant <strong>de</strong>s milieux <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé<br />

et par les participants aux forums citoyens travail<strong>la</strong>nt <strong>sur</strong> le thème <strong>de</strong> l’universalisme. Ces participants font<br />

valoir que cette approche permet <strong>de</strong> concilier l’approche universelle et l’approche ciblée.<br />

Approche universelle : approche visant <strong>à</strong> offrir <strong>de</strong>s services pour tous, indépendamment du statut<br />

socioéconomique.<br />

Approche ciblée : approche visant <strong>à</strong> offrir <strong>de</strong>s services <strong>à</strong> une tranche particulièrement <strong>à</strong> risque dont le<br />

statut socioéconomique est faible<br />

Universalisme proportionné : approche visant <strong>à</strong> offrir <strong>de</strong>s services universels <strong>à</strong> tous, mais avec <strong>de</strong>s<br />

modalités ou une intensité qui varient selon les besoins. 42<br />

Les données <strong>de</strong> l’ÉQDEM présentées par Julie Poissant montrent que bien que <strong>la</strong> proportion d’enfants<br />

vulnérables soit plus élevée dans les milieux socioéconomiques faibles, <strong>de</strong>s enfants vulnérables se<br />

retrouvent dans tous les groupes sociaux; le plus grand nombre absolu d’enfants vulnérables se retrouve<br />

dans les niveaux socioéconomiques moyens et favorisés. Conséquemment, l’universalisme proportionné<br />

paraît pertinent puisqu’il permet d’as<strong>sur</strong>er une prestation <strong>de</strong> services pour les enfants vulnérables en tenant<br />

compte <strong>de</strong> leurs besoins plutôt que du seul facteur économique.<br />

42 Human Early Learning Partnership, 2011. Universalisme proportionné, en ligne : http://earlylearning.ubc.ca/media/<br />

publications/proportionate_universality_brief_fr_4pgs_-_29apr2013.pdf et Julie Poissant, 2016. Mémoire déposé dans le cadre <strong>de</strong>s<br />

audiences d’experts <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

33 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


35%<br />

31,2%<br />

30%<br />

25%<br />

20,9%<br />

23,1%<br />

26,3%<br />

27,5%<br />

20%<br />

15%<br />

10%<br />

5%<br />

0%<br />

Quintile 1<br />

très favorisé<br />

Quintile 2<br />

Quintile 3<br />

Quintile 4<br />

Quintile 5<br />

très défavorisé<br />

Figure 11 : Proportion d’enfants <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle vulnérables dans au moins un domaine <strong>de</strong> développement<br />

selon l’indice <strong>de</strong> défavorisation matérielle (Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, 2013)<br />

Cette approche répond également <strong>à</strong> une volonté d’intégration <strong>de</strong> tous les enfants dans les milieux. En effet,<br />

les représentants <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>de</strong> même que certains organismes œuvrant auprès <strong>de</strong> familles dont<br />

les enfants ont <strong>de</strong>s besoins particuliers souhaitent une meilleure intégration et une plus gran<strong>de</strong> mixité dans<br />

les services éducatifs. La majorité <strong>de</strong>s répondants du sondage aux parents (85%) et du sondage grand public<br />

(70%) estiment que le fait <strong>de</strong> réserver <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces en services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> subventionnés et en maternelle 4<br />

ans pour les enfants vulnérables est une bonne idée. De même, les directions <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries, le<br />

personnel <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et les RSG rencontrés se montrent généralement favorables <strong>à</strong> l’idée d’accueillir <strong>de</strong>s<br />

enfants ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers dans leurs groupes. Ils déplorent néanmoins le fait que trop peu <strong>de</strong><br />

ressources financières et humaines permettent d’as<strong>sur</strong>er le soutien <strong>de</strong> ces enfants.<br />

« Il est également important d’avoir une mixité sociale, culturelle et économique dans nos<br />

groupes d’enfants afin d’éviter l’effet <strong>de</strong> “ghetto”. L’universalité est pour nous un moyen<br />

d’atteindre nos missions <strong>de</strong> base. C’est important pour les enfants d’être en contact avec<br />

<strong>de</strong>s enfants d’autres milieux et ayant <strong>de</strong>s différences. C’est une richesse pour les enfants.<br />

Nous <strong>de</strong>vrions être plus en me<strong>sur</strong>e d’accueillir adéquatement les enfants ayant <strong>de</strong>s besoins<br />

particuliers. Actuellement, l’ai<strong>de</strong> que l’on peut donner est <strong>de</strong> seulement 2 heures par jour<br />

et ce n’est pas suffisant. Même avec l’ai<strong>de</strong> exceptionnelle, nous arrivons <strong>à</strong> peine <strong>à</strong> 3 heures<br />

par jour. »<br />

(Mémoire du Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec)<br />

« Actuellement, nous observons que l’accessibilité <strong>à</strong> un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> pour les enfants<br />

<strong>à</strong> besoins particuliers ne va pas <strong>de</strong> soi pour tous ! En effet, ce ne sont pas tous les milieux<br />

qui démontrent <strong>de</strong> l’ouverture <strong>à</strong> l’intégration. Pour certains, le refus est catégorique. Pour<br />

d’autres, <strong>la</strong> porte est entre-ouverte. Chez ces <strong>de</strong>rniers, nous remarquons une certaine<br />

34 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


sélection quant au type <strong>de</strong> besoins ou <strong>de</strong> handicap. Certains milieux vont préférer se<br />

spécialiser en accueil<strong>la</strong>nt <strong>de</strong>s enfants présentant un profil type (exemple, l’autisme).<br />

D’autres vont imposer <strong>de</strong>s critères quant <strong>à</strong> <strong>la</strong> sévérité du handicap. En conséquence, nous<br />

constatons que les enfants présentant <strong>de</strong>s incapacités importantes sont particulièrement<br />

touchés par cette me<strong>sur</strong>e d’admissibilité. Le contexte actuel <strong>de</strong> financement est peut-être<br />

propice <strong>à</strong> l’accessibilité sélective <strong>de</strong>s enfants. Les coupures massives peuvent, <strong>à</strong> notre avis,<br />

mener les milieux <strong>à</strong> faire <strong>de</strong>s choix sachant qu’ils n’auront pas les moyens pour soutenir<br />

l’intégration. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> J’me fais une p<strong>la</strong>ce en gar<strong>de</strong>rie)<br />

Cette volonté d’intégration se traduit notamment par <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong> protocoles d’entente entre les<br />

centres <strong>de</strong> santé et <strong>de</strong> services sociaux (CSSS) et les CPE ou les gar<strong>de</strong>ries. En vertu <strong>de</strong> ces ententes, les<br />

services éducatifs subventionnés s’engagent <strong>à</strong> réserver 5% <strong>de</strong> leurs p<strong>la</strong>ces pour <strong>de</strong>s enfants référés par<br />

le CSSS qui s’engage en retour <strong>à</strong> leur fournir <strong>de</strong>s services. 43 Dans son mémoire, Julie Poissant fait état <strong>de</strong><br />

certaines <strong>la</strong>cunes <strong>de</strong> ces ententes. Elle explique que, bien qu’il s’agit d’un outil précieux pour le suivi <strong>de</strong>s<br />

enfants vivant en contexte <strong>de</strong> vulnérabilité, une étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> 2008 montre que 43% <strong>de</strong>s centres locaux <strong>de</strong><br />

services communautaires (CLSC) sondés affirmaient que le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces réservées est inférieur <strong>à</strong> leurs<br />

besoins et que seulement <strong>la</strong> moitié <strong>de</strong>s CPE avaient adhéré au protocole. De ce nombre, les <strong>de</strong>ux tiers<br />

affirmaient ne pouvoir accepter tous les enfants référés par le CLSC. De leur côté, nous avons entendu<br />

plusieurs représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries dire qu’ils ne recevaient pas les services requis <strong>de</strong> <strong>la</strong> part <strong>de</strong>s<br />

CLSC en vertu <strong>de</strong> ces protocoles d’entente.<br />

L’intégration d’enfants ayant <strong>de</strong>s difficultés comporte cependant quelques défis. Notamment, les<br />

présentations <strong>de</strong> l’Ordre <strong>de</strong>s orthophonistes et <strong>de</strong>s audiologistes du Québec, <strong>de</strong> l’Ordre <strong>de</strong>s psychoéducateurs<br />

et psychoéducatrices du Québec et <strong>de</strong> <strong>la</strong> Coalition <strong>de</strong> parents d’enfants <strong>à</strong> besoins particuliers du Québec<br />

montrent qu’il est difficile <strong>de</strong> répondre aux besoins <strong>de</strong> ces enfants puisque <strong>la</strong> prestation <strong>de</strong> services dépend<br />

<strong>de</strong> l’obtention d’un diagnostic. Ainsi, malgré un dépistage précoce par le personnel éducateur ou par les<br />

parents, l’absence <strong>de</strong> diagnostic affecte <strong>la</strong> capacité <strong>de</strong>s milieux <strong>à</strong> soutenir adéquatement les enfants qui en<br />

ont besoin.<br />

« Avant d’avoir le diagnostic, les problèmes sont très présents et les besoins sont quand<br />

même l<strong>à</strong>. Les besoins ne commencent pas le jour où on a le papier qui donne le diagnostic.<br />

Et c’est encore plus paradoxal <strong>de</strong> vivre cette contrainte-l<strong>à</strong> en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> puisque l’âge<br />

est trop jeune pour pouvoir vraiment donner un réel diagnostic. Alors si on met en p<strong>la</strong>ce<br />

une structure d’allocation <strong>de</strong> ressources qui dépend <strong>de</strong> <strong>la</strong> présence <strong>de</strong> diagnostic, on se<br />

piège. »<br />

(Ordre <strong>de</strong>s psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec, Audiences nationales)<br />

« L’enfant va vivre pendant longtemps <strong>de</strong>s grosses difficultés et l’éducatrice ne va pas<br />

avoir d’ai<strong>de</strong> dans son milieu tant que l’enfant n’a pas <strong>de</strong> diagnostic point. Ça s’arrête l<strong>à</strong>.<br />

[…] Ça peut prendre jusqu’<strong>à</strong> <strong>de</strong>ux, trois ans avant <strong>de</strong> réussir <strong>à</strong> avoir le diagnostic au final.<br />

On s’entend que <strong>de</strong>ux, trois ans, c’est le temps <strong>de</strong> passage <strong>de</strong> l’enfant avant d’entrer en<br />

maternelle. »<br />

(Coalition <strong>de</strong> parents d’enfants <strong>à</strong> besoins particuliers du Québec, Audiences nationales)<br />

43 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016. Protocoles d’entente, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/services-<strong>de</strong>-gar<strong>de</strong>/cpegar<strong>de</strong>ries/entente-services/protocoles-entente/Pages/in<strong>de</strong>x.aspx<br />

35 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


« Le dépistage précoce <strong>de</strong>s enfants ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers, y compris par les<br />

services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et les organismes œuvrant auprès <strong>de</strong>s familles, est en soi une piste<br />

d’action pertinente. Cependant, s’il n’y a pas <strong>de</strong> services pour répondre aux besoins, ce<strong>la</strong><br />

peut s’avérer inutile, voire dangereux <strong>de</strong> nourrir <strong>de</strong>s préjugés, diminuer l’estime <strong>de</strong> soi <strong>de</strong>s<br />

parents et, par conséquent, avoir une inci<strong>de</strong>nce négative <strong>sur</strong> les enfants. Reconnaître les<br />

besoins particuliers <strong>de</strong> plus en plus d’enfants <strong>de</strong> plus en plus jeunes exige en contrepartie<br />

d’i<strong>de</strong>ntifier et reconnaître les besoins <strong>de</strong> plus en plus grands <strong>de</strong>s écoles et <strong>de</strong>s services <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />

<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et aux parents. »<br />

(Mémoire du Comité canadien <strong>de</strong> l’Organisation mondiale pour <strong>l’éducation</strong> présco<strong>la</strong>ire)<br />

36 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Gouvernance<br />

La gouvernance a été abordée sous l’angle <strong>de</strong> <strong>la</strong> cohésion entre les acteurs impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>,<br />

tant au niveau local et régional qu’au niveau national. Il ressort <strong>de</strong>s consultations que <strong>la</strong> question <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

gouvernance <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> est cruciale dans l’optique d’une meilleure continuité <strong>de</strong><br />

l’expérience éducative <strong>de</strong>s enfants. Les intervenants reconnaissent effectivement <strong>la</strong> nécessité d’harmoniser<br />

les différentes actions qu’ils entreprennent. Ils déplorent parfois le partage <strong>de</strong> responsabilités entre le MF, le<br />

MEES et le Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Santé et <strong>de</strong>s Services sociaux (MSSS) qui morcelle les services <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

et qui peut contribuer <strong>à</strong> nuire <strong>à</strong> l’uniformisation <strong>de</strong>s exigences auxquelles doivent répondre les différents<br />

services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

Cohésion et complémentarité entre les acteurs impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

Plusieurs intervenants ont parlé en faveur d’une meilleure cohésion entre les acteurs impliqués en <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong>. De façon générale, l’objectif est d’as<strong>sur</strong>er une continuité entre les services éducatifs en <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong>, le milieu sco<strong>la</strong>ire, le milieu communautaire, le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et les familles. Une telle cohésion<br />

et une telle complémentarité sont vues comme une nécessité pour améliorer <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services offerts<br />

et favoriser <strong>la</strong> transition vers <strong>la</strong> maternelle tout en mobilisant tous les acteurs autour <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

« [L]a qualité est tributaire d’une continuité entre les services éducatifs en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>,<br />

le milieu sco<strong>la</strong>ire et le milieu communautaire. Selon le rapport <strong>de</strong> <strong>la</strong> directrice <strong>de</strong> santé<br />

publique, <strong>la</strong> continuité, <strong>la</strong> complémentarité et l’efficience <strong>de</strong>s actions dépen<strong>de</strong>nt d’une<br />

vision globale, d’une articu<strong>la</strong>tion structurée et unifiée, ainsi que d’orientations c<strong>la</strong>ires et<br />

communes. Ainsi, il serait pertinent <strong>de</strong> revoir <strong>la</strong> gouvernance <strong>de</strong> tous les services en <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong> et les politiques publiques favorisant le développement <strong>de</strong>s enfants afin <strong>de</strong> créer<br />

un lea<strong>de</strong>rship unifié. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Direction <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé publique <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie)<br />

Plusieurs participants réfèrent au modèle écosystémique (ou écologique) pour illustrer <strong>la</strong> proximité entre<br />

les individus et les groupes qui gravitent autour <strong>de</strong> l’enfant, <strong>à</strong> commencer par ses parents. Les participants<br />

aux forums ayant travaillé <strong>sur</strong> le thème <strong>de</strong> <strong>la</strong> gouvernance mentionnent également l’importance d’une<br />

col<strong>la</strong>boration entre les acteurs mobilisés en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Ils ajoutent que cette col<strong>la</strong>boration exige une<br />

meilleure communication entre les intervenants et une meilleure connaissance <strong>de</strong>s rôles et responsabilités<br />

<strong>de</strong> chacun.<br />

37 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Figure 12 : Modèle écosystémique (tiré <strong>de</strong> : ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2007)<br />

Plusieurs représentants <strong>de</strong> Tables <strong>de</strong> concertation ont fait valoir que <strong>la</strong> concertation entre les acteurs<br />

mobilisés en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> facilite <strong>la</strong> cohésion <strong>de</strong>s interventions. Les représentants <strong>de</strong> ces Tables font valoir<br />

qu’elles permettent <strong>de</strong> créer <strong>de</strong>s ponts entre les acteurs et <strong>de</strong> les mobiliser autour d’un même enjeu. Ces<br />

initiatives <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt cependant du temps, une ressource dont disposent peu d’intervenants en contexte<br />

<strong>de</strong> restrictions budgétaires. Dans plusieurs milieux, les Tables <strong>de</strong> concertation ont fait leurs preuves, mais<br />

<strong>la</strong> capacité <strong>de</strong>s acteurs <strong>à</strong> s’y impliquer <strong>de</strong> manière soutenue reste limitée. La fin imminente du partenariat<br />

entre le gouvernement du Québec et <strong>la</strong> Fondation Chagnon <strong>à</strong> travers Avenir d’enfant fait craindre une<br />

mise en veilleuse <strong>de</strong> nombreuses initiatives <strong>de</strong> concertation <strong>à</strong> l’échelle <strong>de</strong> <strong>la</strong> province. Il y a donc lieu <strong>de</strong><br />

s’interroger <strong>sur</strong> l’avenir et les conditions <strong>de</strong> succès <strong>de</strong>s instances <strong>de</strong> concertation en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

« Il faut maintenir et renforcer les regroupements intersectoriels locaux et régionaux.<br />

Ils facilitent déj<strong>à</strong> une cohésion et une communication entre les intervenants <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong> <strong>de</strong> nombreux réseaux différents. Ils permettent <strong>de</strong>s ″espace-temps″ afin que les<br />

institutions se connaissent mieux entre elles et créent ensemble <strong>de</strong>s opportunités qui<br />

soutiennent le développement <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> leur communauté. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Table régionale <strong>enfance</strong> famille <strong>de</strong> l’Abitibi-Témiscamingue)<br />

38 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


« Avenir d’enfant approche <strong>la</strong> fin. C’est une Table qui a permis d’asseoir différents<br />

organismes communautaires, <strong>de</strong>s CPE, <strong>la</strong> maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille et qui a tenu longtemps,<br />

qui a permis <strong>de</strong> créer <strong>de</strong>s liens, <strong>de</strong>s partenariats. […] Les directions d’écoles ont embarqué<br />

parce que <strong>la</strong> conseillère pédagogique était assise avec nous et a créé le pont. »<br />

(CPE-BC Sous le bon toit, Sept-Îles)<br />

Les représentants <strong>de</strong> Tables <strong>de</strong> concertation entendus font valoir que <strong>la</strong> concertation permet <strong>de</strong> p<strong>la</strong>cer<br />

l’enfant au centre <strong>de</strong>s préoccupations <strong>de</strong>s acteurs mobilisés en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et d’organiser les services<br />

<strong>de</strong> façon <strong>à</strong> favoriser un continuum horizontal et vertical entre les services offerts tout au long <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong>. Un tel continuum permettrait d’as<strong>sur</strong>er <strong>de</strong>s ponts entre les services, lorsqu’une col<strong>la</strong>boration entre<br />

les professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et le personnel éducateur est nécessaire, et dans <strong>la</strong> durée, lors <strong>de</strong> <strong>la</strong> transition<br />

entre les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et l’école. Certains suggèrent que ce continuum <strong>de</strong> services<br />

<strong>de</strong>vrait s’amorcer dès <strong>la</strong> grossesse. Richard Tremb<strong>la</strong>y fait notamment valoir que <strong>la</strong> coordination <strong>de</strong>s services<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> vie fœtale <strong>à</strong> <strong>la</strong> parentalité permettrait <strong>de</strong> mieux soutenir les familles les plus <strong>à</strong> risque afin que leurs<br />

enfants aient <strong>de</strong>s chances égales <strong>de</strong> s’épanouir et <strong>de</strong> réussir. Il suggère notamment <strong>la</strong> prescription <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces<br />

en CPE dès le début <strong>de</strong> <strong>la</strong> grossesse pour toutes les femmes enceintes ayant un faible revenu, <strong>de</strong> sorte qu’un<br />

suivi soit immédiatement initié.<br />

« La réussite d’un enfant est l’affaire <strong>de</strong> plusieurs acteurs qu’il croisera tout au long <strong>de</strong><br />

sa vie pédiatrique, soit <strong>de</strong> <strong>la</strong> grossesse <strong>à</strong> l’école. La prévention doit être vue comme un<br />

continuum, menée par tous les partenaires impliqués (CISSS/CIUSSS [hôpitaux, CLSC]<br />

– services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> – familles) et non comme une suite d’actions<br />

morcelées. Cet énoncé est particulièrement important chez les familles plus vulnérables. Il<br />

faut encourager les actions qui favorisent un certain continuum entre les actions menées<br />

en périnatalité, tout au long <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et au moment <strong>de</strong> l’entrée <strong>à</strong> l’école afin<br />

<strong>de</strong> favoriser une entrée sco<strong>la</strong>ire réussie, tant chez les enfants que les parents qui les<br />

accompagnent. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Fondation OLO)<br />

À cet égard, le MSSS a développé un programme <strong>de</strong> services intégrés en périnatalité et pour <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong> (SIPPE) <strong>à</strong> l’intention <strong>de</strong>s familles vivant en contexte <strong>de</strong> vulnérabilité. Ce programme réunit <strong>de</strong>s<br />

professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s intervenants <strong>de</strong> groupes communautaires pour offrir aux parents et aux<br />

jeunes enfants une ai<strong>de</strong> durant <strong>la</strong> grossesse et durant <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Si ses objectifs sont jugés pertinents,<br />

l’efficacité du programme est remise en doute. Richard Tremb<strong>la</strong>y insiste particulièrement <strong>sur</strong> <strong>la</strong> nécessité<br />

d’agir en périnatalité, mais estime que l’action du programme SIPPE n’est pas suffisamment soutenue pour<br />

que les résultats soient manifestes. Le manque <strong>de</strong> ressources allouées au programme fait notamment en<br />

sorte que plusieurs familles sont référées vers d’autres services, notamment <strong>de</strong>s OCF, plutôt que d’être<br />

prises en charge par le programme et les professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé.<br />

Col<strong>la</strong>boration systémique<br />

La <strong>Commission</strong> a entendu plusieurs témoignages <strong>de</strong> représentants d’organismes ayant mis <strong>sur</strong> pied divers<br />

moyens <strong>de</strong> col<strong>la</strong>borer et d’as<strong>sur</strong>er un suivi soutenu <strong>de</strong> l’enfant, et particulièrement <strong>de</strong>s enfants ayant <strong>de</strong>s<br />

besoins particuliers. Ces participants déplorent le fait que ces initiatives ont <strong>la</strong>rgement cours <strong>sur</strong> une base<br />

volontaire. Pour eux, une col<strong>la</strong>boration plus étroite entre le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé, le milieu communautaire,<br />

le milieu sco<strong>la</strong>ire et les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, soutenue par <strong>de</strong>s outils uniformisés, pourrait<br />

faciliter leur travail et accroître les effets <strong>de</strong> leurs actions.<br />

La col<strong>la</strong>boration entre les services éducatifs et le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé a régulièrement été mentionnée. À cet<br />

égard, nous avons précé<strong>de</strong>mment fait référence aux protocoles d’entente entre les établissements <strong>de</strong> santé<br />

39 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


et les CPE qui visent <strong>à</strong> réserver 5% <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces pour <strong>de</strong>s enfants jugés vulnérables. Or, certains témoignages<br />

<strong>de</strong> représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries <strong>la</strong>issent croire que les compressions dans le réseau <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé ont<br />

nui <strong>à</strong> ce genre d’entente. En effet, il semble que les services <strong>de</strong> santé qui <strong>de</strong>vraient être offerts aux enfants<br />

p<strong>la</strong>cés sont difficiles <strong>à</strong> obtenir, malgré les protocoles d’entente. Ce<strong>la</strong> réduit donc <strong>la</strong> capacité <strong>de</strong>s services<br />

éducatifs <strong>à</strong> soutenir adéquatement les enfants ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers.<br />

« Les liens sont encore bons, mais c’est plus difficile. […] On est parti d’années fastes où<br />

on avait une travailleuse sociale qui était notre intervenante pivot, alors quand on faisait<br />

<strong>de</strong> l’intégration d’enfants qui avaient <strong>de</strong>s difficultés supplémentaires on pouvait faire<br />

affaire avec elle et c’était le porte-parole <strong>de</strong> tout l’aspect psychosocial. On avait aussi une<br />

infirmière qui était attitrée au CPE <strong>à</strong> raison <strong>de</strong> 5 <strong>à</strong> 6 heures par semaine. Quand il y avait<br />

<strong>de</strong>s problématiques au niveau <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé, <strong>de</strong>s suivis au niveau <strong>de</strong> <strong>la</strong> prévention et tout ça,<br />

on avait quelqu’un qui était disponible pour nous. Tout ça, c’est disparu. On est appelés<br />

<strong>à</strong> être plus autonomes, <strong>à</strong> s’organiser avec nos problèmes. Mais par contre, comme ces<br />

re<strong>la</strong>tions ont une durée <strong>de</strong> vie dans le temps, on a encore <strong>de</strong>s entrées, du soutien. »<br />

(CPE <strong>de</strong> Rivière du Loup, Rimouski)<br />

La nécessité <strong>de</strong> créer un lien plus étroit entre les écoles et les services éducatifs est également soulignée par<br />

plusieurs participants. En particulier, <strong>la</strong> pério<strong>de</strong> <strong>de</strong> transition entre les services éducatifs et <strong>la</strong> maternelle est<br />

une pério<strong>de</strong> critique et il est souhaité d’as<strong>sur</strong>er une meilleure continuité entre ces services.<br />

« Pour certains enfants, les transitions représentent un moment <strong>de</strong> vulnérabilité. La<br />

préparation <strong>à</strong> l’école signifie désormais bien davantage que <strong>la</strong> transmission d’informations<br />

par le CPE au milieu sco<strong>la</strong>ire. Elle sous-entend un processus qui implique tous les acteurs<br />

concernés (l’enfant, les parents, l’éducatrice du SGÉE [service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatif <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>],<br />

l’enseignante <strong>de</strong> maternelle, etc.) et comprend <strong>de</strong>s actions prenant p<strong>la</strong>ce avant, pendant<br />

et après <strong>la</strong> transition vers l’école. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> l’Ordre <strong>de</strong>s psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec)<br />

Pour faciliter cette transition, certains services éducatifs ont mis en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong>s portraits d’enfants. Il s’agit<br />

<strong>de</strong> documents remplis par les parents ou le personnel éducateur et remis <strong>à</strong> l’établissement sco<strong>la</strong>ire. Or,<br />

aux dires <strong>de</strong>s intervenants ayant mis <strong>sur</strong> pied ces initiatives qui visent <strong>à</strong> partager les informations au sujet<br />

<strong>de</strong>s enfants qui quittent les services éducatifs vers les milieux sco<strong>la</strong>ires, leur portée est limitée puisque ces<br />

portraits sont remplis <strong>sur</strong> une base volontaire et avec <strong>de</strong>s outils non standardisés. La Coalition <strong>de</strong> parents<br />

d’enfants <strong>à</strong> besoin particuliers du Québec a également abordé le fait que pour plusieurs parents, as<strong>sur</strong>er le<br />

lien entre les services <strong>de</strong>man<strong>de</strong> énormément <strong>de</strong> temps et d’énergie. La Coalition juge que plusieurs parents<br />

seraient donc ouverts <strong>à</strong> ce que cette transmission <strong>de</strong> dossier s’effectue directement entre les services, sans<br />

nécessairement passer par les parents.<br />

À cet égard, l’exemple <strong>de</strong> l’outil <strong>de</strong> suivi périodique <strong>de</strong> l’enfant l’ABCdaire, présenté par Dre Alena<br />

Val<strong>de</strong>rrama et Dre Dominique Cousineau <strong>de</strong> l’hôpital Ste-Justine, nous semble intéressant. Il s’agit d’un<br />

outil utilisé par les mé<strong>de</strong>cins <strong>de</strong> famille, les pédiatres et les infirmières praticiennes <strong>de</strong> l’hôpital permettant<br />

<strong>de</strong> regrouper le calendrier <strong>de</strong>s vaccins ainsi que les observations <strong>de</strong>s professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé en lien avec<br />

le développement <strong>de</strong> l’enfant. L’outil ai<strong>de</strong> au dépistage et <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>sur</strong>veil<strong>la</strong>nce et permet d’effectuer <strong>de</strong>s suivis<br />

et <strong>de</strong> lever <strong>de</strong>s drapeaux rouges si l’enfant éprouve <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s difficultés. Il nous semble que l’ABCdaire<br />

pourrait servir d’outil <strong>de</strong> partage <strong>de</strong> l’information concernant l’enfant et faire le lien entre les services <strong>de</strong><br />

santé, les services sociaux et les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />

40 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


« Enfin, nous offrons un programme <strong>de</strong> stimu<strong>la</strong>tion précoce pour les 3 <strong>à</strong> 5 ans. […] Les<br />

grilles qui sont remplies durant ces semaines <strong>de</strong> stimu<strong>la</strong>tion, malheureusement, se<br />

perdront après le programme puisqu’il n’y a pas <strong>de</strong> continuité dans tous les services offerts<br />

<strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille <strong>de</strong> Rouyn-Noranda)<br />

« [S]’il y avait <strong>de</strong>s passerelles pour tous les enfants, même ceux qui n’ont pas <strong>de</strong> besoins<br />

particuliers, portées en col<strong>la</strong>boration avec les parents vers l’école, on sauverait <strong>de</strong> l’énergie<br />

et du temps, on offrirait un meilleur accueil aux enfants qui arrivent <strong>à</strong> l’école. On pourrait<br />

leur offrir un service <strong>de</strong> qualité et même en sauvant <strong>de</strong>s ressources parce qu’on a déj<strong>à</strong><br />

<strong>de</strong>s ressources professionnelles dans les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs qui ont accompagné<br />

les enfants dans le quotidien qui pourraient livrer, via une passerelle ou un outil, <strong>de</strong>s<br />

informations, avec l’autorisation du parent, <strong>à</strong> l’école et on n’aurait pas <strong>à</strong> recommencer.<br />

Parce que ce qu’on aperçoit c’est qu’on recommence dans <strong>la</strong> majorité <strong>de</strong>s cas, comme s’ils<br />

n’avaient jamais fréquenté <strong>de</strong> service éducatif. »<br />

(CPE L’Aurore Boréale, Rimouski)<br />

« Je suis éducatrice dans un groupe <strong>de</strong> 4-5 ans. Tous les ans, je remplis une évaluation<br />

<strong>de</strong>s enfants qui explique qu’est-ce qu’il a acquis, qu’est-ce qu’il n’a pas acquis, qu’est-ce<br />

qui est en développement et ce document appartient au parent, mais n’est pas transmis<br />

directement <strong>à</strong> l’école. Donc nous ce qu’on <strong>de</strong>man<strong>de</strong>, c’est qu’il y ait un lien qui soit fait<br />

entre le réseau sco<strong>la</strong>ire et le réseau <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> afin d’as<strong>sur</strong>er une continuité<br />

dans les interventions et les apprentissages qui ont déj<strong>à</strong> été faits. »<br />

(Syndicat <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> Montréal, Longueuil)<br />

Une telle col<strong>la</strong>boration avec les écoles est également souhaitée dans le contexte <strong>de</strong> l’imp<strong>la</strong>ntation <strong>de</strong>s<br />

maternelles 4 ans TPMD. Plusieurs représentants <strong>de</strong>s CPE et <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries ont déploré le fait que certaines<br />

commissions sco<strong>la</strong>ires ouvrent <strong>de</strong>s c<strong>la</strong>sses sans tenir compte <strong>de</strong>s services déj<strong>à</strong> offerts dans <strong>la</strong> région, créant<br />

ainsi une concurrence entre les services. Alors que l’objectif <strong>de</strong>s maternelles 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu<br />

défavorisé est <strong>de</strong> rejoindre une clientèle défavorisée n’ayant pas bénéficié <strong>de</strong> services éducatifs, les données<br />

présentées par France Capuano montrent que 81 % <strong>de</strong>s enfants fréquentant une maternelle TPMD avaient<br />

fréquenté un service éducatif avant d’entrer <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans. Christa Japel et France Capuano ont<br />

d’ailleurs insisté <strong>sur</strong> le fait que le service <strong>de</strong> maternelle 4 ans TPMD <strong>de</strong>vrait être considéré comme un service<br />

complémentaire aux services éducatifs déj<strong>à</strong> en p<strong>la</strong>ce et ciblé pour les enfants <strong>de</strong> milieux défavorisés. Elles<br />

font valoir que les services éducatifs en p<strong>la</strong>ce accueillent déj<strong>à</strong> un bon nombre d’enfants <strong>de</strong> 4 ans et qu’un<br />

investissement massif dans les maternelles 4 ans TPMD dans le but d’en faire un service universel risquerait<br />

d’affaiblir le réseau <strong>de</strong> services éducatifs offerts présentement.<br />

« De plus, l’expérience <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux <strong>de</strong>rnières années illustre c<strong>la</strong>irement que l’imp<strong>la</strong>ntation<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé ne se fait actuellement pas<br />

en complémentarité avec les services éducatifs <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>. À titre d’exemple, pour illustrer<br />

<strong>la</strong> nécessité <strong>de</strong> statuer en <strong>la</strong> matière, 63 CPE <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie ayant répondu <strong>à</strong> un<br />

questionnaire nous informaient que suite aux appels effectués auprès <strong>de</strong>s familles par <strong>de</strong>s<br />

commissions sco<strong>la</strong>ires, 19 enfants <strong>de</strong> 4 ans (dont <strong>la</strong> majorité fréquentait les CPE <strong>de</strong>puis <strong>la</strong><br />

pouponnière) ont quitté les CPE pour <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein.»<br />

(Mémoire du Regroupement <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie)<br />

41 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Cohésion entre les ministères impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

Actuellement, trois ministères sont impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> : le MF, le MEES et le MSSS. Le MF réglemente<br />

les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> tandis que le MEES est responsable <strong>de</strong>s programmes d’éducation présco<strong>la</strong>ire.<br />

Le MSSS est lié <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> via les services en santé et en services sociaux offerts aux tout-petits,<br />

notamment avec les protocoles d’entente et le programme SIPPE.<br />

Aux audiences d’experts, Kerry McCuaig a partagé les résultats du <strong>Rapport</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

2014 qui évalue les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> offerts <strong>à</strong> travers le Canada en reprenant les critères proposés<br />

par l’Organisation <strong>de</strong> coopération et <strong>de</strong> développement économiques (OCDE). La gouvernance <strong>de</strong>s services<br />

y est évaluée selon quatre points <strong>de</strong> référence : <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> régie par un seul ministère,<br />

une unité <strong>de</strong> <strong>sur</strong>veil<strong>la</strong>nce commune, un cadre stratégique commun et une autorité locale commune. Sur<br />

une note maximale possible <strong>de</strong> trois, le Québec obtient seulement une note <strong>de</strong> un (1), principalement <strong>à</strong><br />

cause <strong>de</strong> cette division <strong>de</strong>s responsabilités entre trois ministères.<br />

Le rapport mentionne un certain nombre <strong>de</strong> défis liés <strong>à</strong> <strong>la</strong> division <strong>de</strong>s responsabilités dont certains font écho<br />

<strong>à</strong> ce que nous avons entendu durant <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> : une couverture <strong>de</strong> services limitée, <strong>de</strong>s difficultés pour<br />

certaines familles <strong>à</strong> accé<strong>de</strong>r aux divers services et <strong>à</strong> coordonner les services dont leur enfant a besoin, le<br />

manque <strong>de</strong> suivi entre les services ou encore le fait que les services soient davantage axés <strong>sur</strong> le traitement<br />

que <strong>sur</strong> <strong>la</strong> prévention. 44 La division <strong>de</strong>s responsabilités morcelle les services offerts plutôt que d’en as<strong>sur</strong>er<br />

<strong>la</strong> continuité.<br />

Les participants aux forums citoyens ayant travaillé <strong>sur</strong> le thème <strong>de</strong> <strong>la</strong> gouvernance i<strong>de</strong>ntifient certains<br />

avantages <strong>à</strong> <strong>la</strong> présence <strong>de</strong> plusieurs ministères impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, tels que <strong>la</strong> vaste couverture<br />

<strong>de</strong>s besoins, l’accès <strong>à</strong> <strong>de</strong>s expertises variées ou <strong>la</strong> complémentarité. Cependant, ils nomment aussi plusieurs<br />

désavantages : un travail en vase clos, une lour<strong>de</strong>ur administrative, un désengagement et un manque<br />

<strong>de</strong> vision concertée, un manque <strong>de</strong> cohésion et <strong>de</strong> communication, un éparpillement <strong>de</strong>s services et <strong>la</strong><br />

cohabitation <strong>de</strong> différentes règles et cultures. Certains <strong>de</strong> ces participants suggèrent que le MEES <strong>de</strong>vrait<br />

as<strong>sur</strong>er le lea<strong>de</strong>rship en matière <strong>de</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> afin <strong>de</strong> faciliter <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

comme pério<strong>de</strong> cruciale du développement <strong>de</strong>s enfants et déterminante <strong>de</strong> leur réussite éducative. Cette<br />

proposition soulève cependant le risque, selon certains intervenants, d’une sco<strong>la</strong>risation précoce <strong>de</strong>s jeunes<br />

enfants. À cet égard, nous rappelons que le programme éducatif Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> repose <strong>sur</strong> <strong>la</strong><br />

prémisse que l’enfant apprend par le jeu et que ce principe est très <strong>la</strong>rgement partagé par les intervenants.<br />

De même, divers groupes entendus durant les audiences ajoutent que <strong>la</strong> situation actuelle, où un seul<br />

ministre chapeaute le MEES et le MF leur semble bénéfique.<br />

« C’est certainement profitable que le ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille et l’Éducation puissent faire<br />

partie d’une même entité. Ça vaut aussi pour l’enseignement supérieur. Nous, on estime<br />

qu’a priori ça nous donne un cadre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>nification qui est certainement plus cohérent ou<br />

mieux attaché. […] Si on veut se doter d’un cadre col<strong>la</strong>boratif, il faut que <strong>la</strong> tête facilite<br />

cette col<strong>la</strong>boration. »<br />

(Conseil du patronat du Québec, Audiences nationales)<br />

« La Fondation considère comme positif le fait qu’une seule et même personne occupe, <strong>à</strong><br />

<strong>la</strong> fois, les fonctions <strong>de</strong> ministre <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille et <strong>de</strong> l’Éducation. Cette situation représente<br />

une occasion unique <strong>de</strong> mobiliser et <strong>de</strong> rassembler l’ensemble <strong>de</strong>s acteurs dédiés au<br />

développement <strong>de</strong>s jeunes enfants, portés par une vision interministérielle intégrée.<br />

44 Emis Akbari et Kerry McCuaig, 2014. <strong>Rapport</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> 2014, en ligne : http://ecereport.ca/media/<br />

uploads/pdfs/ece-report-2014-french.pdf<br />

42 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Considérant l’importance que l’on doit accor<strong>de</strong>r au continuum, cet état <strong>de</strong> fait <strong>de</strong>vrait être<br />

institutionnalisé. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Fondation Lucie et André Chagnon)<br />

Uniformisation <strong>de</strong>s exigences et <strong>de</strong>s pratiques<br />

S’ils ne prennent pas systématiquement position pour désigner un ministère <strong>à</strong> favoriser comme responsable<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, les représentants <strong>de</strong> CPE, <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> RSG p<strong>la</strong>i<strong>de</strong>nt néanmoins en faveur d’une<br />

uniformisation <strong>de</strong>s exigences auxquelles <strong>de</strong>vrait se soumettre l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs. Pour ces<br />

participants, l’amélioration <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité exige <strong>de</strong> soumettre tous les milieux éducatifs aux mêmes règles.<br />

Les participants aux forums citoyens ayant travaillé <strong>sur</strong> <strong>la</strong> gouvernance évoquent aussi qu’un <strong>de</strong>s rôles <strong>de</strong><br />

l’État en ce qui a trait <strong>à</strong> l’amélioration <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité est d’uniformiser les exigences entre les services. Les<br />

représentants <strong>de</strong> CPE, <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> RSG ciblent notamment <strong>de</strong>s disparités entre <strong>la</strong> maternelle 4 ans<br />

TPMD et les autres services éducatifs en instal<strong>la</strong>tion, les différences entre les milieux familiaux régis et non<br />

régis et l’application inégale d’un programme éducatif.<br />

Par exemple, les participants s’interrogent <strong>sur</strong> le traitement différencié <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 4 ans en maternelle<br />

et dans les services éducatifs en instal<strong>la</strong>tions. Ils remettent en question le fait que les ratios appliqués en<br />

services éducatifs pour les 4 ans diffèrent <strong>de</strong> ceux <strong>de</strong>s maternelles 4 ans, que les exigences liées aux locaux<br />

soient différentes, qu’un plus grand nombre d’intervenants se succè<strong>de</strong>nt en maternelle ou encore le fait que<br />

<strong>la</strong> maternelle 4 ans soit gratuite alors que les services éducatifs offerts aux enfants <strong>de</strong> 4 ans ne le sont pas.<br />

« Première intervenante :<br />

L’enfant en maternelle 4 ans est traité différemment d’un enfant en CPE ou en milieu<br />

familial. Ratios, normes <strong>de</strong>s locaux, matériel accessible… C’est quand même différent dans<br />

<strong>la</strong> maternelle que dans les CPE ou gar<strong>de</strong>ries.<br />

Deuxième intervenante (enseignante en maternelle 4 ans TPMD) :<br />

Je suis <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans […] Le ratio, ça peut aller jusque 17 [enfants]. J’en ai eu<br />

jusque 18 une année. 18 c’est beaucoup trop. […] L’horaire n’est pas adapté, les locaux ne<br />

sont pas adaptés, les jeux, le matériel. C’est une c<strong>la</strong>sse primaire qui a été transformée en<br />

maternelle. »<br />

(Extrait d’un échange plénier, forum <strong>de</strong> Sherbrooke)<br />

Les différences entre <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial régie et non régie sont également soulignées. Plusieurs RSG<br />

dénoncent le fait qu’elles doivent se soumettre <strong>à</strong> plusieurs règles, notamment en ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> formation<br />

et aux évaluations <strong>de</strong> conformité, tandis que les personnes offrant <strong>de</strong>s services en milieu non régi n’ont<br />

besoin d’aucune formation particulière, ne sont soumises <strong>à</strong> aucune loi et sont éligibles aux crédits d’impôt<br />

offerts aux parents utilisant leurs services. Ces éléments sont particulièrement dénoncés dans le contexte<br />

où certaines RSG régies se tournent désormais vers <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> non régie.<br />

« Je déplore l’injustice qui existe présentement entre le milieu familial reconnu et le milieu<br />

familial privé. Les filles reconnues doivent faire <strong>de</strong>s formations, avoir un cours <strong>de</strong> premiers<br />

soins, <strong>de</strong>s absences d’empêchement ainsi que tous les membres <strong>de</strong> leur famille. Avoir <strong>de</strong>s<br />

visites <strong>à</strong> l’improviste et les privées rien <strong>de</strong> tout ce<strong>la</strong>. Elles doivent se conformer <strong>à</strong> beaucoup<br />

<strong>de</strong> règles <strong>de</strong> <strong>la</strong> part du ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, alors que les autres rien du tout. Elles<br />

éprouvent beaucoup <strong>de</strong> difficultés <strong>à</strong> trouver <strong>de</strong> <strong>la</strong> clientèle <strong>à</strong> cause <strong>de</strong> <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s<br />

tarifs, plus dispendieu[se] pour certain[s] parent[s]. »<br />

(Commentaire d’une agente <strong>de</strong> conformité)<br />

43 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


« Dans plusieurs bureaux coordonnateurs, nous vivons une pénurie <strong>de</strong> requérantes qui<br />

désirent être responsables en milieu familial. Pourquoi s’encombrer <strong>de</strong> <strong>la</strong> Loi et <strong>de</strong>s<br />

règlements! Les requérantes qui ne poursuivent pas les démarches <strong>de</strong> reconnaissance<br />

n’hésitent pas <strong>à</strong> nous dire qu’elles ont 4 ou 5 poupons ou que leurs enfants ne comptent<br />

pas dans leur ratio en restant au privé. »<br />

(Mémoire d’une directrice <strong>de</strong> milieu familial du CPE-BC La Fourmilière)<br />

Une uniformisation <strong>de</strong>s exigences est également souhaitée en ce qui a trait <strong>à</strong> l’application du programme<br />

éducatif. Actuellement, les différents milieux ont l’obligation d’appliquer un programme éducatif, mais<br />

aucun programme spécifique n’est obligatoire. Les représentants <strong>de</strong> CPE sont nombreux <strong>à</strong> suggérer que<br />

le programme Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong>vienne obligatoire ou du moins que <strong>la</strong> compréhension et<br />

l’application <strong>de</strong>s programmes éducatifs soient mieux encadrées puisqu’ils estiment que le programme<br />

Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> est adéquat, mais appliqué <strong>de</strong> façon inégale d’un milieu <strong>à</strong> l’autre<br />

« Ce qu’on s’aperçoit, c’est qu’[Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>] est utilisé presque dans toutes<br />

les instal<strong>la</strong>tions. Mais dans les milieux familiaux, il n’est presque pas utilisé. En tout cas,<br />

moi dans mes 160, dans ceux qu’on gère, ce n’est presque pas utilisé, ce n’est pas imposé.<br />

Donc on se retrouve, oui avec <strong>de</strong>s programmes éducatifs qui peuvent être bons, mais <strong>à</strong><br />

<strong>la</strong> base, on n’a pas le même <strong>la</strong>ngage. […] L’uniformisation du programme pourrait être<br />

intéressante. On aurait un <strong>la</strong>ngage commun, un outil commun pour l’accompagnement.»<br />

(CPE L’Aurore Boréale, Rimouski)<br />

« [I]l <strong>de</strong>vrait avoir plus <strong>de</strong> <strong>sur</strong>veil<strong>la</strong>nce <strong>sur</strong> l’exécution du programme éducatif. Il est souvent<br />

copié et remis au ministère lors <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong> permis et <strong>la</strong>issé aux oubliettes par <strong>la</strong><br />

suite. »<br />

(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Gar<strong>de</strong>rie Nami)<br />

Malgré <strong>la</strong> volonté d’une uniformisation <strong>de</strong>s exigences, certains intervenants <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt toutefois <strong>de</strong><br />

respecter les contextes régionaux. En effet, en régions, <strong>de</strong>s participants ont témoigné <strong>de</strong> défis liés <strong>à</strong> <strong>la</strong> faible<br />

<strong>de</strong>nsité <strong>de</strong> popu<strong>la</strong>tion et <strong>à</strong> l’étendue du territoire qui exigent <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es adaptées. Par exemple, si pour<br />

certains CPE, les fusions entre les instal<strong>la</strong>tions permettent <strong>de</strong>s économies d’échelle, en région les fusions<br />

engendreraient plutôt <strong>de</strong>s coûts supplémentaires liés au transport.<br />

« Je dois mentionner que nous sommes un CPE <strong>de</strong> 47 enfants. Selon le ministère, ce nombre ne<br />

nous permet pas d’être rentable. En même temps, il nous est impossible d’augmenter le nombre<br />

<strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces […]. La seule solution suggérée serait donc <strong>de</strong> fusionner avec un autre CPE beaucoup<br />

plus loin <strong>sur</strong> le territoire, parce qu’il n’y en a pas près du Bic. Donc, premièrement on sait par<br />

expérience que les fusions n’amènent pas toujours les économies attendues, et <strong>sur</strong>tout qu’une<br />

fusion avec un autre CPE serait géographiquement ab<strong>sur</strong><strong>de</strong>. Ce n’est certainement pas <strong>sur</strong> les<br />

repas qu’on pourrait économiser dans ces cas-l<strong>à</strong>. »<br />

(CPE du Bic, Rimouski)<br />

« Une <strong>de</strong>s particu<strong>la</strong>rités qu’on a, l’étendue du territoire, on le vit aussi en tant que CPE. Quand on<br />

a un bureau coordonnateur avec une cinquantaine <strong>de</strong> RSG dispersées dans un territoire <strong>de</strong> MRC<br />

qui peut avoir 120 km par 150 km et qu’on passe <strong>la</strong> moitié <strong>de</strong> sa vie <strong>sur</strong> <strong>la</strong> route dans <strong>la</strong> voiture<br />

pour faire <strong>de</strong>s visites <strong>à</strong> l’improviste et <strong>de</strong>s visites d’évaluation, il y a <strong>de</strong>s frais <strong>de</strong> dép<strong>la</strong>cement<br />

rattachés <strong>à</strong> ça qui sont énormes et ça il n’y a aucun critère au niveau <strong>de</strong>s normes financières pour<br />

nous ai<strong>de</strong>r l<strong>à</strong>-<strong>de</strong>dans.»<br />

(CPE <strong>de</strong> Rivière-du-Loup, Rimouski)<br />

44 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Autres préoccupations entendues durant <strong>la</strong><br />

<strong>Commission</strong><br />

Nous regroupons ici <strong>de</strong>s préoccupations entendues dans le cadre <strong>de</strong> notre consultation pour lesquelles<br />

nous ne formulerons aucune recommandation. Nous avons choisi <strong>de</strong> faire porter nos recommandations<br />

<strong>sur</strong> les enjeux <strong>de</strong> fond qui découlent du bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale. À nos yeux les préoccupations qui<br />

suivent sont parfaitement fondées et légitimes et <strong>de</strong>vraient être soumises <strong>à</strong> <strong>la</strong> discussion, une fois que le<br />

positionnement social et gouvernemental <strong>à</strong> l’égard <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> aura été connu.<br />

La présence <strong>de</strong>s parents <strong>sur</strong> les conseils d’administration<br />

La présence majoritaire <strong>de</strong>s parents <strong>sur</strong> les conseils d’administration (CA) <strong>de</strong>s CPE représente aux yeux <strong>de</strong><br />

plusieurs <strong>de</strong>s intervenants provenant <strong>de</strong> CPE un élément majeur d’une bonne gouvernance <strong>de</strong> services<br />

éducatifs. Leur présence majoritaire témoigne <strong>de</strong> <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce privilégiée que doit occuper le parent dans le<br />

développement <strong>de</strong> son enfant. Elle permet aussi <strong>de</strong>s ajustements rapi<strong>de</strong>s <strong>à</strong> <strong>de</strong>s carences ou problèmes<br />

d’organisation ou <strong>de</strong> pratique qui pourraient se manifester dans le service. Le taux <strong>de</strong> p<strong>la</strong>intes annuel<br />

beaucoup plus bas envers les CPE qu’envers les autres types <strong>de</strong> services en témoigne éloquemment. Cette<br />

présence majoritaire <strong>de</strong>s parents <strong>sur</strong> les CA ne peut être ignorée dans l’aménagement <strong>de</strong> services plus<br />

performants et <strong>de</strong> meilleure qualité.<br />

Flexibilité <strong>de</strong>s horaires<br />

Il semble que l’offre <strong>de</strong> service actuelle ne répon<strong>de</strong> pas aux besoins <strong>de</strong>s familles dont les parents ont <strong>de</strong>s<br />

horaires atypiques. En effet, les besoins <strong>de</strong>s travailleurs <strong>de</strong> nuit ou <strong>de</strong> ceux qui travaillent <strong>la</strong> fin <strong>de</strong> semaine<br />

ne sont pas couverts par les services offerts en services éducatifs. En excluant <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> <strong>sur</strong> appel, <strong>à</strong> peine<br />

1% <strong>de</strong>s services éducatifs en instal<strong>la</strong>tion offrent <strong>de</strong>s mo<strong>de</strong>s <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> qui diffèrent <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> régulière <strong>de</strong><br />

jour, <strong>la</strong> semaine. 45<br />

La P<strong>la</strong>ce 0-5<br />

Malgré le fait que plusieurs représentants <strong>de</strong> CPE, <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> RSG nous aient confié avoir <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

difficulté <strong>à</strong> combler leurs p<strong>la</strong>ces, près <strong>de</strong> <strong>la</strong> moitié <strong>de</strong>s parents qui ont répondu au sondage disent avoir<br />

éprouvé <strong>de</strong> <strong>la</strong> difficulté <strong>à</strong> trouver une p<strong>la</strong>ce pour leur enfant. La difficulté <strong>de</strong> certains parents <strong>à</strong> trouver<br />

<strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces pourrait s’expliquer notamment par <strong>de</strong>s <strong>la</strong>cunes <strong>de</strong> La P<strong>la</strong>ce 0-5. Cette p<strong>la</strong>teforme en ligne<br />

permet aux parents d’inscrire leurs enfants <strong>sur</strong> une liste d’attente <strong>de</strong>s services éducatifs subventionnés. Les<br />

représentants <strong>de</strong> CPE font valoir que l’utilisation <strong>de</strong> cette p<strong>la</strong>teforme est compliquée pour les parents et que<br />

plusieurs enfants qui ont une p<strong>la</strong>ce sont encore inscrits <strong>sur</strong> <strong>la</strong> liste, ce qui en limite l’efficacité en obligeant<br />

les directions <strong>de</strong> CPE <strong>à</strong> faire plusieurs appels avant <strong>de</strong> trouver un enfant qui a vraiment besoin d’une p<strong>la</strong>ce.<br />

Durant les forums citoyens, certains participants ont également expliqué que La P<strong>la</strong>ce 0-5 est méconnue <strong>de</strong>s<br />

parents, ce qui en réduit <strong>la</strong> portée. De leur côté, les représentants <strong>de</strong> RSG, qui offrent plus <strong>de</strong> 90 000 p<strong>la</strong>ces,<br />

déplorent le fait que les services en milieu familial ne soient pas intégrés <strong>à</strong> La P<strong>la</strong>ce 0-5. Ces intervenants<br />

reconnaissent que La P<strong>la</strong>ce 0-5 ans est un outil prometteur, mais ils le jugent pour l’instant incomplet et <strong>à</strong><br />

parfaire<br />

45 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2015. Situation <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial au<br />

Québec en 2013, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/Situation_<strong>de</strong>s_CPE_et_<strong>de</strong>s_gar<strong>de</strong>ries-2013.pdf<br />

45 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Conclusions et recommandations<br />

Cinq gran<strong>de</strong>s conclusions s’imposent <strong>à</strong> l’analyse <strong>de</strong>s témoignages recueillis et <strong>de</strong>s recherches scientifiques<br />

consultées par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> :<br />

1. Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> reposant <strong>sur</strong> le jeu et <strong>la</strong> stimu<strong>la</strong>tion doivent désormais être<br />

vus comme <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> part entière<br />

• Si, par le passé, les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> ont été perçus <strong>sur</strong>tout comme un moyen <strong>de</strong> favoriser <strong>la</strong> conciliation<br />

famille-travail, ce qui <strong>de</strong>meure vrai, il est maintenant évi<strong>de</strong>nt que ces services jouent également un<br />

rôle central dans le développement global <strong>de</strong>s enfants dès le plus jeune âge et contribuent ainsi <strong>à</strong> leur<br />

réussite éducative. Il existe <strong>à</strong> cet effet un soli<strong>de</strong> consensus scientifique selon lequel <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

constitue une pério<strong>de</strong> cruciale du développement <strong>de</strong>s enfants et déterminante <strong>de</strong> leur réussite <strong>à</strong><br />

l’école et pour le reste <strong>de</strong> leur vie. Il est temps <strong>de</strong> passer <strong>de</strong> l’ère <strong>de</strong> <strong>la</strong> conciliation famille-travail <strong>à</strong><br />

l’ère <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

• Ce<strong>la</strong> ne signifie pas pour autant que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et les services<br />

présco<strong>la</strong>ires <strong>de</strong>vraient être calqués <strong>sur</strong> le fonctionnement d’une école. L’objectif n’est pas <strong>de</strong> favoriser<br />

une sco<strong>la</strong>risation précoce. Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> doivent <strong>de</strong>meurer axés <strong>sur</strong> le<br />

développement global <strong>de</strong> l’enfant, <strong>la</strong> stimu<strong>la</strong>tion, l’éveil et <strong>la</strong> socialisation par le jeu. Il faut <strong>la</strong>isser les<br />

enfants jouer! Autre constat: les parents <strong>de</strong>meurent les premiers éducateurs <strong>de</strong> leurs enfants. Aucun<br />

<strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ne remp<strong>la</strong>ce les parents. Dans certaines situations cependant,<br />

ces services peuvent pallier les carences <strong>de</strong> ressources <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille.<br />

• De même, il apparaît essentiel, pour <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>, d’as<strong>sur</strong>er une transition plus flui<strong>de</strong> entre les<br />

services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et l’école. À cet égard, nous croyons qu’il est temps <strong>de</strong> rendre<br />

explicite, autant <strong>sur</strong> le p<strong>la</strong>n symbolique que <strong>sur</strong> le p<strong>la</strong>n pratique, que <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> fait partie du<br />

continuum éducatif d’un enfant.<br />

2. Pour atteindre l’un <strong>de</strong>s principaux objectifs <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale, soit le développement optimal <strong>de</strong>s<br />

enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances, il est essentiel <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />

• L’accessibilité est un enjeu <strong>de</strong> première importance, mais elle ne suffit pas. Sans une qualité élevée <strong>de</strong>s<br />

services partout <strong>sur</strong> le territoire, il n’y a pas d’égalité. Les intervenants entendus par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong><br />

<strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> manière unanime le rehaussement <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs offerts aux toutpetits.<br />

Ils <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt aussi d’améliorer l’accessibilité <strong>à</strong> ces services pour tous et, en priorité, <strong>de</strong> mieux<br />

rejoindre les plus vulnérables. Ce sont les enfants <strong>de</strong> ces milieux qui tirent le plus <strong>de</strong> bénéfice <strong>sur</strong> le p<strong>la</strong>n<br />

éducatif <strong>de</strong> <strong>la</strong> fréquentation d’un service éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> qualité.<br />

• Les étu<strong>de</strong>s que nous avons consultées montrent que <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs est<br />

passable, tous types <strong>de</strong> services confondus. Toutefois, les données disponibles indiquent que c’est dans<br />

les CPE que l’on trouve, et <strong>de</strong> loin, <strong>la</strong> majorité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> meilleure qualité.<br />

• Nous pouvons témoigner d’une volonté tangible <strong>de</strong>s intervenants d’accroître <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services,<br />

mais plusieurs facteurs contribuent <strong>à</strong> contrecarrer ces efforts. On nous a notamment abondamment<br />

parlé <strong>de</strong>s effets <strong>de</strong>s compressions budgétaires dans les services subventionnés qui engendrent <strong>de</strong>s effets<br />

délétères <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services: perte <strong>de</strong> soutien pédagogique, manque <strong>de</strong> temps <strong>de</strong> p<strong>la</strong>nification<br />

du travail et interactions moins fréquentes avec les parents. En plus <strong>de</strong> <strong>la</strong> question du financement, il<br />

est <strong>de</strong>venu évi<strong>de</strong>nt que les exigences inégales <strong>de</strong> formation initiale du personnel éducateur selon le<br />

type <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et le manque, voire l’absence, <strong>de</strong> mécanismes adéquats d’évaluation <strong>de</strong>s<br />

services <strong>sur</strong> <strong>la</strong> base <strong>de</strong> critères et d’exigences uniformes sont d’importantes <strong>la</strong>cunes <strong>à</strong> corriger.<br />

• Nous n’avons pas observé <strong>de</strong> volonté générale, ni dans <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion ni parmi les experts, <strong>de</strong> remettre<br />

en question <strong>la</strong> diversité <strong>de</strong>s services offerts, que ce soit en maternelle 4 ans, en instal<strong>la</strong>tion ou en<br />

milieu familial, en CPE ou en gar<strong>de</strong>ries, subventionnées ou non. La diversité <strong>de</strong>s services n’est pas<br />

un problème <strong>à</strong> <strong>la</strong> condition que l’on soumette ces services aux mêmes exigences <strong>de</strong> qualité. Tous<br />

46 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


les parents québécois qui déci<strong>de</strong>nt d’inscrire leur enfant dans un service éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

doivent avoir l’as<strong>sur</strong>ance que ce milieu répond <strong>à</strong> <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> qualité et as<strong>sur</strong>e le développement<br />

global <strong>de</strong> leur enfant.<br />

• Au chapitre du développement global <strong>de</strong> l’enfant, <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong><br />

énonce <strong>à</strong> son premier article qu’elle « … a pour objet <strong>de</strong> promouvoir <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />

éducatifs fournis par les prestataires <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> qui y sont visés en vue d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> santé,<br />

<strong>la</strong> sécurité, le développement, le bien-être et l’égalité <strong>de</strong>s chances <strong>de</strong>s enfants qui reçoivent ces<br />

services, notamment ceux qui présentent <strong>de</strong>s besoins particuliers ou qui vivent dans <strong>de</strong>s contextes<br />

<strong>de</strong> précarité socio-économique. » Pourtant, <strong>la</strong> suspension ou <strong>la</strong> révocation du permis du titu<strong>la</strong>ire ou<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong> <strong>la</strong> RSG, <strong>de</strong> même que l’administration provisoire d’un CPE, d’une gar<strong>de</strong>rie ou<br />

d’un bureau coordonnateur peut être enclenchée dans les cas où il est démontré que le titu<strong>la</strong>ire <strong>de</strong><br />

permis ou <strong>la</strong> RSG « est incapable d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> santé, <strong>la</strong> sécurité ou le bien-être <strong>de</strong>s enfants auxquels<br />

il veut fournir <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>. » (art.26) L’omission <strong>de</strong> <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er le développement<br />

nous interpelle particulièrement. Bien que <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> énonce<br />

une obligation d’appliquer un programme éducatif favorisant le développement global <strong>de</strong> l’enfant<br />

(art. 5), nous notons que ce volet « développement », par <strong>la</strong> faible conséquence <strong>de</strong> son non-respect<br />

éventuel, ne s’élève pas au même rang que <strong>la</strong> capacité d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> santé, <strong>la</strong> sécurité et le bien-être <strong>de</strong>s<br />

enfants. Or, nous l’avons vu, <strong>la</strong> capacité d’un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er le développement global <strong>de</strong>s<br />

enfants, notamment pour ceux en situation <strong>de</strong> vulnérabilité, est capitale. Conséquemment, <strong>la</strong> notion<br />

<strong>de</strong> qualité étant inextricablement liée <strong>à</strong> <strong>la</strong> capacité d’un milieu <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er le développement<br />

global <strong>de</strong> l’enfant, il nous apparaît couler <strong>de</strong> source que cette capacité d’offrir un milieu qui as<strong>sur</strong>e le<br />

développement global <strong>de</strong> l’enfant se doive d’être une condition sine qua non au maintien du permis ou<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> reconnaissance.<br />

• Comme corol<strong>la</strong>ire <strong>à</strong> l’as<strong>sur</strong>ance d’un milieu <strong>de</strong> qualité, <strong>la</strong> possibilité <strong>de</strong> visiter les milieux <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> par<br />

les autorités délivrant le permis ou par le bureau coordonnateur octroyant <strong>la</strong> reconnaissance s’impose.<br />

Nous posons ici un regard plus critique <strong>sur</strong> les moyens <strong>à</strong> <strong>la</strong> disposition <strong>de</strong>s bureaux coordonnateurs<br />

d’as<strong>sur</strong>er un tel suivi et d’offrir un éventuel soutien auprès <strong>de</strong>s RSG. La limite <strong>de</strong> trois visites annuelles<br />

<strong>à</strong> l’improviste pour s’as<strong>sur</strong>er <strong>de</strong> <strong>la</strong> conformité du milieu et le caractère « <strong>sur</strong> <strong>de</strong>man<strong>de</strong> » du soutien<br />

constitue un frein important aux moyens d’action dont disposent les bureaux coordonnateurs pour<br />

veiller <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s milieux <strong>de</strong> même qu’<strong>à</strong> les soutenir. Le score <strong>de</strong> 19% (bonne / très bonne)<br />

qu’affiche le milieu familial dans l’étu<strong>de</strong> Grandir en qualité (2003) mérite qu’une attention particulière<br />

soit portée <strong>à</strong> l’égard du rehaussement <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité dans ces milieux et <strong>de</strong>s moyens <strong>à</strong> <strong>la</strong> disposition <strong>de</strong>s<br />

bureaux coordonnateurs pour y arriver.<br />

3. Il est nécessaire d’améliorer l’accessibilité <strong>de</strong>s services éducatifs pour les familles vulnérables en<br />

supprimant les barrières <strong>à</strong> l’accès et en rendant disponibles les services particuliers dont elles ont besoin.<br />

• Outre <strong>la</strong> nécessité <strong>de</strong> développer un réseau <strong>de</strong> services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> qualité, ce<br />

réseau doit être accessible pour tous. Malheureusement, <strong>de</strong> nombreuses barrières freinent l’accès<br />

aux services par les familles vulnérables notamment l’absence <strong>de</strong> transport adéquat, les difficultés<br />

d’organisation vécues par certains parents, les moyens financiers limités, <strong>la</strong> crainte du jugement, le<br />

manque <strong>de</strong> connaissances concernant les services offerts ou encore le fossé culturel éloignant certaines<br />

familles <strong>de</strong> ces ressources. Si l’on doit mettre en évi<strong>de</strong>nce un échec dans l’application <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique<br />

familiale, c’est <strong>de</strong> ne pas avoir réussi <strong>à</strong> rejoindre davantage, comme on le souhaitait, les familles<br />

vulnérables. Les enfants <strong>de</strong> ces familles sont pourtant ceux qui ont le plus <strong>à</strong> gagner <strong>à</strong> fréquenter un<br />

service éducatif en bas âge.<br />

• Il faut également prendre en compte que les enfants vulnérables, que l’on retrouve dans toutes les<br />

strates <strong>de</strong> <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion, ont souvent besoin <strong>de</strong> services particuliers en plus <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> base offerts<br />

<strong>à</strong> tous. L’accessibilité <strong>à</strong> ces services <strong>de</strong>man<strong>de</strong> une diversité <strong>de</strong> ressources, tant en santé que dans le<br />

milieu communautaire, qu’il faut mieux arrimer afin <strong>de</strong> soutenir adéquatement ces enfants dans leur<br />

développement.<br />

47 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


4. La tarification en vigueur a <strong>de</strong>s effets pervers <strong>sur</strong> <strong>la</strong> consolidation d’un réseau <strong>de</strong> qualité et <strong>sur</strong><br />

l’accessibilité aux services.<br />

• Nous constatons que <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs pour les p<strong>la</strong>ces subventionnées et l’accès aux crédits<br />

d’impôt pour les p<strong>la</strong>ces non subventionnées sont très fréquemment remis en question en raison <strong>de</strong><br />

l’influence que ces me<strong>sur</strong>es tarifaires peuvent exercer <strong>sur</strong> le choix <strong>de</strong>s services fait par les parents.<br />

La consultation a fait ressortir les effets pervers <strong>de</strong> ces me<strong>sur</strong>es qui poussent <strong>de</strong>s parents <strong>à</strong> dé<strong>la</strong>isser<br />

les services subventionnés, qui sont généralement <strong>de</strong> meilleure qualité, au profit <strong>de</strong> services non<br />

subventionnés, et ce, pour <strong>de</strong>s motifs économiques.<br />

5. Pour atteindre les objectifs <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale, il est impératif d’améliorer <strong>la</strong> concertation entre<br />

les services qui interviennent auprès <strong>de</strong>s tout-petits et <strong>de</strong> faciliter un meilleur arrimage entre les services<br />

éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et l’école.<br />

• Nous avons été convaincus par les témoignages <strong>de</strong>s citoyens et <strong>de</strong>s experts <strong>de</strong> <strong>la</strong> nécessité d’une<br />

col<strong>la</strong>boration accrue entre les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs, le secteur <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux<br />

et les milieux sco<strong>la</strong>ires et communautaires afin d’as<strong>sur</strong>er un meilleur accompagnement <strong>de</strong> l’enfant dans<br />

son développement. C’est le développement global <strong>de</strong> l’enfant qui le comman<strong>de</strong>. Suivant <strong>la</strong> même<br />

logique, nous sommes convaincus <strong>de</strong> <strong>la</strong> nécessité <strong>de</strong> mieux coordonner l’action gouvernementale en<br />

<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Le morcellement <strong>de</strong>s actions entre les ministères nuit <strong>à</strong> <strong>la</strong> nécessaire cohésion <strong>de</strong>s<br />

interventions.<br />

Recommandations<br />

La <strong>Commission</strong> a formulé cinq énoncés <strong>de</strong> principe, chacun assorti <strong>de</strong> recommandations spécifiques. Ces<br />

énoncés et recommandations sont indissociables puisque certaines recommandations favorisent l’atteinte<br />

d’objectifs liés <strong>à</strong> d’autres.<br />

1. Le gouvernement doit exprimer c<strong>la</strong>irement que les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> sont avant tout <strong>de</strong>s<br />

services éducatifs.<br />

La reconnaissance du fait que <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> est une pério<strong>de</strong> cruciale du développement <strong>de</strong>s enfants<br />

doit être affirmée et portée par le gouvernement. En ce sens, les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

constituent le premier maillon du parcours éducatif <strong>de</strong> l’enfant et doivent être intégrés formellement au<br />

continuum d’éducation <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> jusqu’<strong>à</strong> l’université.<br />

Pour ce faire, nous recommandons :<br />

1.1 De regrouper l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs offerts aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 16 ans sous <strong>la</strong> responsabilité<br />

d’un même ministre et d’un même ministère.<br />

1.2 De réaffirmer du même coup que l’approche éducative <strong>de</strong>stinée aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans <strong>de</strong>meure une<br />

approche <strong>de</strong> développement global <strong>de</strong> l’enfant, <strong>de</strong> stimu<strong>la</strong>tion, d’éveil et <strong>de</strong> socialisation par le jeu qui<br />

favorise <strong>la</strong> réussite éducative et non une approche <strong>de</strong> sco<strong>la</strong>risation précoce.<br />

2. Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (<strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans) doivent être gratuits, au même titre que l’école.<br />

Considérant que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> constituent le premier maillon du parcours éducatif <strong>de</strong> l’enfant<br />

et qu’ils doivent être intégrés formellement au continuum d’éducation présco<strong>la</strong>ire et sco<strong>la</strong>ire, nous estimons que les<br />

principes généraux d’universalité, <strong>de</strong> gratuité et d’accessibilité qui s’appliquent <strong>à</strong> l’école <strong>de</strong>vraient également s’appliquer<br />

aux services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

La gratuité exprime <strong>la</strong> volonté d’offrir <strong>à</strong> tous les enfants du Québec un accès universel <strong>à</strong> <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>de</strong> qualité<br />

dès le plus jeune âge alors même que <strong>la</strong> très gran<strong>de</strong> majorité <strong>de</strong>s parents d’enfants <strong>de</strong> 0-5 ans, aussi bien mères que pères,<br />

se retrouvent <strong>sur</strong> le marché du travail.<br />

48 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Elle reflète le consensus québécois en faveur <strong>de</strong> <strong>la</strong> priorité qui doit être accordée <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> comme<br />

pério<strong>de</strong> cruciale <strong>de</strong> développement.<br />

Elle soutient également <strong>la</strong> volonté du gouvernement, appuyée par tous les partis politiques et par <strong>la</strong> société<br />

civile, les milieux d’affaires, les parents et les milieux sco<strong>la</strong>ires, <strong>de</strong> faire <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> et <strong>de</strong> <strong>la</strong> réussite<br />

éducative l’une <strong>de</strong>s plus importantes priorités du Québec.<br />

De nombreuses étu<strong>de</strong>s montrent que les services éducatifs <strong>de</strong> qualité <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> sont rentables<br />

économiquement et socialement. Les fonds publics consacrés <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> représentent un<br />

investissement qui rapporte <strong>de</strong>s divi<strong>de</strong>n<strong>de</strong>s <strong>à</strong> toute <strong>la</strong> société. Le Québec a les moyens d’offrir cet avantage<br />

<strong>à</strong> ses enfants. Nous rappelons ici que selon une étu<strong>de</strong> menée en 2008, les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs<br />

rapportent davantage qu’ils ne coûtent annuellement. Les recettes fiscales engendrées notamment par le<br />

retour massif <strong>de</strong>s mères <strong>sur</strong> le marché du travail se chiffrent <strong>à</strong> 900 M$ par année qui sont récoltés par les<br />

<strong>de</strong>ux paliers <strong>de</strong> gouvernement.<br />

Les modalités tarifaires actuelles entraînent <strong>de</strong>s effets indésirables, entre autres quant aux choix <strong>de</strong>s services<br />

offerts pour <strong>de</strong>s raisons économiques au lieu <strong>de</strong> favoriser un choix basé <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services. Le fait <strong>de</strong><br />

maintenir les modalités tarifaires actuelles consoli<strong>de</strong> leurs effets indésirables.<br />

Conséquemment, nous recommandons :<br />

2.1. D’as<strong>sur</strong>er le plus rapi<strong>de</strong>ment possible <strong>la</strong> gratuité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> pour tous<br />

les enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans.<br />

3. Il est essentiel <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> engendrent <strong>de</strong>s effets positifs seulement s’ils sont <strong>de</strong> gran<strong>de</strong><br />

qualité, <strong>à</strong> commencer par les milieux où l’on retrouve les enfants vulnérables en plus grand nombre. Il est<br />

question ici d’équité et d’égalité <strong>de</strong>s chances.<br />

Nous sommes d’avis qu’une meilleure qualité sera atteinte si les exigences <strong>de</strong> formation sont rehaussées et<br />

si une évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, couplée <strong>à</strong> un accompagnement pédagogique, est réalisée <strong>de</strong> façon soutenue.<br />

En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> formation du personnel éducateur, nous recommandons :<br />

3.1. Que tout le personnel éducateur travail<strong>la</strong>nt dans les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> détienne<br />

un diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> comme formation initiale <strong>de</strong> base.<br />

3.2. Que toutes les nouvelles RSG soient détentrices d’un DEC avant d’obtenir une reconnaissance <strong>à</strong> titre<br />

<strong>de</strong> responsable <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial.<br />

Nous reconnaissons que certaines <strong>de</strong>s tâches <strong>de</strong>s responsables <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial<br />

diffèrent <strong>de</strong> celle du personnel en instal<strong>la</strong>tion. Conséquemment, nous recommandons :<br />

3.3. Que le DEC en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> offre un profil spécialisé pour les RSG, adapté aux<br />

groupes multiâges et <strong>à</strong> <strong>la</strong> réalité multitâches qui incombe aux RSG.<br />

Nous proposons une stratégie <strong>de</strong> qualification et <strong>de</strong> reconnaissance <strong>de</strong>s RSG déj<strong>à</strong> en fonction en<br />

recommandant :<br />

3.4. L’évaluation et <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong>s acquis <strong>de</strong>s RSG, en fonction <strong>de</strong>s 22 compétences professionnelles<br />

acquises durant le diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>, couplée <strong>à</strong> un<br />

49 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


accompagnement et <strong>à</strong> <strong>de</strong>s formations visant l’atteinte <strong>de</strong>s compétences non maîtrisées, par le biais <strong>de</strong><br />

modalités axées <strong>sur</strong> une démarche réflexive d’accompagnement <strong>à</strong> travers l’action.<br />

La formation <strong>de</strong>s enseignants au niveau présco<strong>la</strong>ire doit également être bonifiée. En ce sens, nous<br />

recommandons :<br />

3.5. Que le bacca<strong>la</strong>uréat en éducation présco<strong>la</strong>ire et en enseignement primaire offre davantage <strong>de</strong> cours<br />

axés <strong>sur</strong> le présco<strong>la</strong>ire afin <strong>de</strong> mieux outiller les enseignants <strong>de</strong> maternelle 4 et 5 ans.<br />

Outre une uniformisation et un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation initiale pour l’ensemble du<br />

personnel éducateur, nous recommandons :<br />

3.6. Que <strong>la</strong> formation continue, basée <strong>sur</strong> les meilleures pratiques, permettant au personnel <strong>de</strong> s’approprier<br />

<strong>de</strong> façon proactive le savoir transmis et ainsi garantir que les apprentissages soient durables et transposés<br />

dans leurs pratiques, soit obligatoire.<br />

En ce qui a trait <strong>à</strong> l’évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, nous estimons qu’une évaluation soutenue accompagnée <strong>de</strong><br />

soutien pédagogique permettrait une amélioration continue <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />

<strong>enfance</strong>. Nous recommandons :<br />

3.7 Qu’une évaluation biennale <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, effectuée <strong>à</strong> l’ai<strong>de</strong> d’un outil permettant une comparaison<br />

entre l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs québécois – y compris <strong>la</strong> maternelle 4 ans – et si possible avec<br />

ceux d’autres provinces et pays, soit complétée pour tous les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Cette<br />

évaluation <strong>de</strong>vrait porter <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s interactions entre le personnel éducateur et l’enfant, <strong>la</strong> qualité<br />

<strong>de</strong>s interactions entre le personnel éducateur et les parents, <strong>la</strong> structuration et l’aménagement <strong>de</strong>s lieux,<br />

<strong>la</strong> diversité et l’organisation <strong>de</strong>s activités offertes aux enfants ainsi que <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong> l’enfant.<br />

3.8 Que cette évaluation pose un diagnostic <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>,<br />

i<strong>de</strong>ntifie <strong>de</strong>s cibles d’amélioration continue <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services et offre <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es <strong>de</strong> soutien et<br />

d’accompagnement direct lorsque l’évaluation du niveau <strong>de</strong> qualité en révèle <strong>la</strong> nécessité.<br />

3.9 Que les services éducatifs soient tenus d’atteindre un seuil minimal <strong>de</strong> qualité en vertu <strong>de</strong> cette<br />

évaluation, sous peine <strong>de</strong> perdre leur permis ou leur reconnaissance.<br />

3.10 Que <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er le développement global <strong>de</strong> l’enfant soit, au même titre que <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong><br />

as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> santé, <strong>la</strong> sécurité ou le bien-être <strong>de</strong>s enfants, une condition sine qua non au maintien du permis<br />

ou <strong>de</strong> <strong>la</strong> reconnaissance.<br />

3.11 Que le caractère « <strong>sur</strong> <strong>de</strong>man<strong>de</strong> » du soutien pédagogique offert aux RSG par les bureaux<br />

coordonnateurs soit revu <strong>de</strong> sorte qu’il puisse être imposé.<br />

3.12 De retirer l’offre <strong>de</strong> crédits d’impôt pour les enfants inscrits dans les milieux <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> non régis.<br />

4. Il est primordial que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> rejoignent et incluent les enfants issus <strong>de</strong><br />

milieux défavorisés et les enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité.<br />

Les services éducatifs doivent permettre <strong>de</strong> soutenir le développement <strong>de</strong> tous les enfants, y compris <strong>de</strong><br />

ceux ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers. Actuellement, les enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés et les enfants<br />

en situation <strong>de</strong> vulnérabilité sont moins susceptibles <strong>de</strong> fréquenter les services éducatifs et lorsqu’ils en<br />

fréquentent, ces services sont <strong>de</strong> moins bonne qualité. Il faut donc se donner les moyens <strong>de</strong> rejoindre et<br />

inclure ces enfants dans <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> qualité afin <strong>de</strong> renverser cette tendance.<br />

50 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Nous considérons que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />

éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> constituent le porteur principal <strong>de</strong> <strong>la</strong> réussite éducative <strong>de</strong>s enfants entre 0 et 5 ans.<br />

Conséquemment, nous jugeons que les autres me<strong>sur</strong>es complémentaires (Organismes communautaires<br />

Famille, services intégrés en périnatalité et pour <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, maternelles 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu<br />

défavorisé) doivent s’arrimer aux services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. C’est l’ensemble <strong>de</strong> ces ressources<br />

qui constitue le réseau éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

Nous reconnaissons <strong>la</strong> pertinence <strong>de</strong> l’objectif <strong>de</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé qui<br />

vise <strong>à</strong> rejoindre les enfants <strong>de</strong> milieux défavorisés et <strong>à</strong> les préparer <strong>à</strong> leur entrée <strong>à</strong> l’école. Nous suggérons<br />

que le déploiement <strong>de</strong>s c<strong>la</strong>sses se fasse en complémentarité avec le réseau éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> déj<strong>à</strong><br />

en p<strong>la</strong>ce. Nous recommandons :<br />

4.1 De déployer en priorité <strong>de</strong>s efforts <strong>de</strong> recrutement et <strong>de</strong> sensibilisation pour as<strong>sur</strong>er une plus gran<strong>de</strong><br />

fréquentation <strong>de</strong>s services éducatifs par les enfants <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 5 ans.<br />

4.2 D’exiger que les enfants qui fréquentent <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé ne<br />

fréquentaient pas un service éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> avant d’entrer en maternelle 4 ans.<br />

Nous reconnaissons que les organismes communautaires Famille rejoignent actuellement <strong>de</strong>s familles qui<br />

n’utilisent pas les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et nous jugeons utile d’en faire <strong>de</strong>s partenaires<br />

formels <strong>de</strong> ces services éducatifs. Nous proposons donc <strong>de</strong> renforcer leur rôle <strong>de</strong> porte d’entrée ces services<br />

en les dotant d’une mission d’accompagnement <strong>de</strong>s parents vers les services éducatifs. Pour ce faire, nous<br />

recommandons :<br />

4.3 De revoir le financement <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille afin <strong>de</strong> leur allouer un financement<br />

bonifié en fonction du respect <strong>de</strong> leur mission d’accompagnement <strong>de</strong>s parents vers les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />

éducatifs.<br />

5. Il faut consoli<strong>de</strong>r <strong>la</strong> cohésion et <strong>la</strong> complémentarité entre tous les acteurs impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

Le soutien au développement optimal <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans repose <strong>sur</strong> un réseau <strong>de</strong> ressources qui<br />

doivent col<strong>la</strong>borer en p<strong>la</strong>çant les besoins <strong>de</strong>s enfants au centre <strong>de</strong> leurs préoccupations. Des <strong>la</strong>cunes doivent<br />

être comblées afin d’as<strong>sur</strong>er une meilleure continuité entre les services offerts par le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé, le<br />

milieu <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et le milieu sco<strong>la</strong>ire.<br />

Nous sommes d’avis que <strong>de</strong>s passerelles formelles doivent être mises en p<strong>la</strong>ce pour faciliter les échanges<br />

entre ces services.<br />

Nous recommandons :<br />

5.1. Que soit développé un outil standardisé <strong>de</strong> développement <strong>de</strong> l’enfant en col<strong>la</strong>boration avec les<br />

milieux <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux, avec les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> et avec les parents.<br />

5.2. Que cet outil soit obligatoirement utilisé par les professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux et<br />

par le personnel éducateur afin d’as<strong>sur</strong>er le transfert d’informations et <strong>la</strong> prestation <strong>de</strong> services nécessaires<br />

aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans et pour faciliter leur transition vers <strong>la</strong> maternelle.<br />

5.3. Que le programme SIPPE offert aux jeunes mamans <strong>de</strong> milieux défavorisés soit renforcé et considéré<br />

comme partie indissociable d’une stratégie éducative globale touchant les enfants vulnérables dès <strong>la</strong><br />

grossesse.<br />

51 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Nous réaffirmons l’importance <strong>de</strong>s protocoles d’entente entre le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et les services éducatifs <strong>à</strong><br />

<strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Nous souhaitons accroître l’efficacité <strong>de</strong> ces ententes qui visent <strong>à</strong> réserver <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces pour<br />

les enfants ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers en échange d’un accès aux services <strong>de</strong> santé pour ces enfants.<br />

Pour ce faire, nous recommandons :<br />

5.4. Que soit augmenté le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en vertu <strong>de</strong>s protocoles d’entente signés entre les services<br />

éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et les milieux <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et que ces ententes impliquent obligatoirement un<br />

accès aux professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé pour as<strong>sur</strong>er le soutien et l’accompagnement nécessaires aux enfants<br />

touchés par ces ententes.<br />

52 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Références<br />

Agence <strong>de</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux <strong>de</strong> Montréal, 2015. Quel est l’effet <strong>de</strong> <strong>la</strong> fréquentation d’un service<br />

éducatif <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong> l’enfant <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle selon le statut socioéconomique ? Résultats<br />

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publications.santemontreal.qc.ca/uploads/tx_asssmpublications/978-2-89673-475-7_03.pdf<br />

Atkinson Center, 2015. Child Care in New Brunswick : The Social and Economic Impacts, en ligne : http://<br />

www.oise.utoronto.ca/atkinson/UserFiles/File/Publications/Child_Care_in_New_Brunswick_-_The_<br />

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fichiers/cegep_<strong>la</strong>naudiere/p<strong>la</strong>n_<strong>de</strong>_formation_tee_-_cohorte_2013-2016.pdf<br />

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Résultats <strong>de</strong> l’Étu<strong>de</strong> longitudinale du développement <strong>de</strong>s enfants du Québec (ÉLDEQ), en ligne :<br />

https://www.aqcpe.com/content/uploads/2016/05/automne-2005-japel-tremb<strong>la</strong>y-cote-qualite-sgeresultats-el<strong>de</strong>q.pdf<br />

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Gouvernement du Québec, 2014. <strong>Rapport</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>de</strong> révision permanente <strong>de</strong>s programmes, en<br />

ligne : http://www.tresor.gouv.qc.ca/fileadmin/PDF/revision_programmes/rapport_2014.pdf<br />

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www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/CPE-Regles_budgetaires-16-17.pdf<br />

53 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Gouvernement du Québec, Étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong>s crédits 2015-2016 : Renseignements particuliers – volet famille,<br />

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Gouvernement du Québec, Étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s crédits 2016-<strong>2017</strong> : Renseignements particuliers Famille et services<br />

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Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, 2013. Enquête québécoise <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong>s enfants <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />

maternelle 2012, en ligne : http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/sante/enfants-ados/<strong>de</strong>veloppement-enfants-maternelle-2012.pdf<br />

Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, 2015. Enquête québécoise <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatif<br />

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Ministère <strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> l’Enseignement supérieur. Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu sco<strong>la</strong>ire, en ligne :<br />

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54 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


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https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/tarification-sdg-<strong>2017</strong>.pdf<br />

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Québec <strong>sur</strong> le taux d’activité féminin, le revenu intérieur et les budgets gouvernementaux, en ligne :<br />

https://interventionseconomiques.revues.org/1858<br />

Vérificateur général du Québec, 2011. <strong>Rapport</strong> du Vérificateur général du Québec <strong>à</strong> l’Assemblée nationale<br />

pour l’année 2011-2012 – Chapitre 5 : Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> : qualité, performance<br />

et reddition <strong>de</strong> comptes, en ligne : http://www.vgq.gouv.qc.ca/fr/fr_publications/fr_rapport-annuel/<br />

fr_2011-2012-VOR/fr_<strong>Rapport</strong>2011-2012-VOR-Ch05.pdf<br />

55 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Annexe 1 – Bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong> <strong>la</strong> participation<br />

Audiences d’experts : 23 experts<br />

Audiences régionales : 111 groupes et organismes<br />

Audiences nationales : 24 groupes et organismes<br />

Forums citoyens : 416 participants<br />

Sondage : 5009 répondants (parents d’enfants âgés <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans)<br />

Mémoires et commentaires : 167<br />

Liste <strong>de</strong>s experts, groupes et organismes ayant participé aux audiences 46<br />

Audiences d’experts (23 experts)<br />

• Daniel Paquette<br />

• Pierre Lefebvre<br />

• Carl Lacharité<br />

• Julie Poissant<br />

• Kerry McCuaig<br />

• Philip Merrigan<br />

• Pierre Fortin<br />

• Christa Japel<br />

• Camil Bouchard<br />

• Nathalie Bigras<br />

• Susan Prentice<br />

• Gordon Cleve<strong>la</strong>nd<br />

• Michael Baker<br />

• Kitty Stewart<br />

• Suzanne Major<br />

• Michal Perlman<br />

• Michel Boivin (participation aux audiences <strong>de</strong> Québec)<br />

• Sylvana Côté (participation aux audiences <strong>de</strong> Montréal)<br />

• Richard Tremb<strong>la</strong>y (participation aux audiences <strong>de</strong> Montréal)<br />

• France Capuano (participation aux audiences <strong>de</strong> Montréal)<br />

• Dre Alena Val<strong>de</strong>rrama et Dre Dominique Cousineau (audience privée)<br />

• Gilles Cantin, accompagné <strong>de</strong> membres <strong>de</strong> son équipe (audience privée)<br />

Audiences régionales (111 groupes et organismes)<br />

Sept-Îles, 18 octobre 2016 (5 groupes)<br />

• Ensemble pour un bon départ (L’Envol, Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille)<br />

• Conseil central Côte-Nord<br />

• Centre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ritournailes <strong>de</strong> Sept-Iles<br />

• CPE-BC Sous le bon toit<br />

• Regroupement <strong>de</strong>s CPE Côte-Nord<br />

Trois-Rivières, 25 octobre 2016 (7 groupes)<br />

• Maison <strong>de</strong>s familles <strong>de</strong> Mékinac<br />

• Conseil central Coeur du Québec<br />

46 Les experts, groupes et organismes sont présentés selon l’ordre dans lequel ils ont fait une présentation durant les audiences<br />

auxquelles ils participaient.<br />

56 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


• Ressource FAIRE (Familles d’Appui et Intervention pour un Réseau d’Entrai<strong>de</strong>)<br />

• CPE L’univers <strong>de</strong> Mamuse et Méduque<br />

• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial (ADIM) Mauricie<br />

• Centre d’organisation mauricien <strong>de</strong> services et d’éducation popu<strong>la</strong>ire<br />

• CPE Le Pipandor<br />

Drummondville, 26 octobre 2016 (6 groupes)<br />

• Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, Drummond Inc.<br />

• Syndicat <strong>de</strong>s responsables <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie CSN-FSSS<br />

• Syndicat régional <strong>de</strong>s travailleuses et travailleurs en CPE du Cœur du Québec<br />

• CPE Mini-Campus<br />

• Agence <strong>de</strong> développement <strong>de</strong>s compétences en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

• Avenir d’Enfants<br />

Sherbrooke, 27 octobre 2016 (8 groupes)<br />

• CPE L’Ensoleillé<br />

• Syndicat <strong>de</strong>s travailleuses et travailleurs en CPE <strong>de</strong> l’Estrie-CSN<br />

• Syndicat <strong>de</strong>s Intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> l’Estrie - CSQ<br />

• Soutien aux familles réfugiées et immigrantes <strong>de</strong> l’Estrie (SAFRIE)<br />

• Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong>s Cantons <strong>de</strong> l’Est<br />

• Famille Espoir<br />

• École <strong>de</strong>s Enfants-<strong>de</strong>-<strong>la</strong>-Terre<br />

• Réseau d’appui aux familles monoparentales et recomposées <strong>de</strong> l’Estrie<br />

St-Jérôme, 1 er novembre 2016 (6 groupes)<br />

• La Perle <strong>de</strong> l’Enfance, Gar<strong>de</strong>rie et Centre éducatif <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille Inc.<br />

• Maison Pause-Parent<br />

• Cégep <strong>de</strong> Saint-Jérôme<br />

• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial (ADIM) Laurenti<strong>de</strong>s<br />

• Conseil central <strong>de</strong>s Laurenti<strong>de</strong>s - CSN<br />

• CPE Le Funambule<br />

Rouyn-Noranda, 3 novembre 2016 (8 groupes)<br />

• Alliance <strong>de</strong>s Intervenantes en milieu familial (ADIM) <strong>de</strong> l’Abitibi-Témiscamingue<br />

• Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille <strong>de</strong> Rouyn-Noranda<br />

• Table régionale <strong>enfance</strong>-famille<br />

• Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec<br />

• CPE Bambin et Câlin<br />

• Fédération <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> du Québec (FIPEQ)<br />

• Conseil Central Abitibi Témiscamingue Nord du Québec<br />

• Conseil régional FTQ<br />

Québec, 8 novembre 2016 (8 groupes)<br />

• Conseil central <strong>de</strong> Québec Chaudière-Appa<strong>la</strong>ches (CSN)<br />

• Centre Ressources Jardin <strong>de</strong> Familles<br />

• Fédération <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> du Québec (FIPEQ)-CSQ<br />

• Rassemblement <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées du Québec<br />

• Syndicat <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> Québec<br />

• Projet Pour l’<strong>enfance</strong>, j’y vais, j’avance<br />

• Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong>s régions <strong>de</strong> Québec et Chaudière-Appa<strong>la</strong>ches<br />

• Table familles secteur ouest<br />

57 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Lévis, 9 novembre 2016 (7 groupes)<br />

• CPE La Petite Grenouille<br />

• Syndicat <strong>de</strong>s Intervenantes en Petite Enfance du Québec (SIPEQ)-CSQ<br />

• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial (ADIM) Québec, Rive-Nord Rive-Sud<br />

• Gar<strong>de</strong>rie Gronigo<br />

• Les Maisons <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille <strong>de</strong> Lévis<br />

• Gar<strong>de</strong>rie Nami Inc.<br />

• Parents mobilisés pour les CPE – Ville <strong>de</strong> Québec<br />

Gatineau, 15 novembre 2016 (8 groupes)<br />

• La corporation <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> l’Outaouais<br />

• Syndicat <strong>de</strong>s travailleurs(euses) en CPE <strong>de</strong> l’Outaouais<br />

• Conseil central <strong>de</strong>s syndicats nationaux <strong>de</strong> l’Outaouais<br />

• Gar<strong>de</strong>rie Au C<strong>la</strong>ir <strong>de</strong> Lune Inc.<br />

• Syndicat RSG L’Éveil <strong>de</strong> <strong>la</strong> nature FSSS-CSN<br />

• TREFO (Table régionale <strong>enfance</strong> famille <strong>de</strong> l’Outaouais)<br />

• Anne Gil<strong>la</strong>in Mauffette, Consultante pédagogique autonome en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

• Centre <strong>de</strong> pédiatrie sociale <strong>de</strong> Gatineau<br />

Montréal, 17 novembre 2016 (14 groupes)<br />

• Comité-conseil <strong>sur</strong> l’imp<strong>la</strong>ntation <strong>de</strong>s maternelles 4 ans TPMD<br />

• Direction régionale <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé publique <strong>de</strong> Montréal - CIUSSS Centre-Sud-<strong>de</strong>-Montréal<br />

• Fédération <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux<br />

• J’me fais une p<strong>la</strong>ce en gar<strong>de</strong>rie<br />

• Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> l’île <strong>de</strong> Montréal<br />

• Département d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> du Cégep Marie-Victorin<br />

• Service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial subventionné – Jackie et ses amis<br />

• Gar<strong>de</strong>rie éducative Cubes et Petits Pois<br />

• CASIOPE (Centre d’ai<strong>de</strong> et <strong>de</strong> soutien aux intervenants et organismes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>)<br />

• Équilibre<br />

• Regroupement <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille <strong>de</strong> Montréal<br />

• CPE Lafontaine<br />

• <strong>Commission</strong> sco<strong>la</strong>ire <strong>de</strong> Montréal<br />

• CPE du Carrefour et CPE Halte-Répit Hoche<strong>la</strong>ga-Maisonneuve<br />

Jonquière, 22 novembre 2016 (8 groupes)<br />

• Cégep <strong>de</strong> Jonquière<br />

• Conseil central CSN<br />

• Syndicat <strong>de</strong>s RSG Domaine-du-Roy<br />

• Bureau coordonnateur <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial du Royaume<br />

• Avenir d’enfants<br />

• La Nichée<br />

• Regroupement <strong>de</strong>s CPE du Saguenay-Lac-Saint-Jean<br />

• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes milieu familial (ADIM) Saguenay-Lac-Saint-Jean<br />

Rimouski, 24 novembre 2016 (9 groupes)<br />

• CPE du Bic<br />

• CPE L’Aurore Boréale<br />

• RESPEQ (Réseau <strong>de</strong>s services <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> l’Est-du-Québec)<br />

• CPE-BC Le voyage <strong>de</strong> mon <strong>enfance</strong><br />

• Conseil central du Bas St-Laurent (CSN)<br />

58 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


• CPE <strong>de</strong> Rivière-du-Loup<br />

• Démarche COSMOSS (Communauté ouverte et solidaire pour un mon<strong>de</strong> outillé, sco<strong>la</strong>risé et en santé)<br />

• Maison <strong>de</strong>s familles <strong>de</strong> La Matapédia<br />

• Syndicat RSG <strong>de</strong> <strong>la</strong> MRC d’Avignon FSSS-CSN<br />

Longueuil, 29 novembre 2016 (9 groupes)<br />

• Syndicat <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> Montréal -CSQ<br />

• Gar<strong>de</strong>rie les Cherubins <strong>de</strong> medicis<br />

• Institut Québécois <strong>de</strong> <strong>la</strong> sécurité dans les aires <strong>de</strong> jeu et Projet Espaces<br />

• Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie<br />

• Groupe <strong>de</strong> Travail Montérégien – Orthophonie et Développement du Langage<br />

• Carrefour Familial du Richelieu<br />

• Gar<strong>de</strong>rie Fleur Soleil et Gar<strong>de</strong>rie Maison <strong>de</strong>s Petites Fleurs<br />

• Centre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> Saint-Luc<br />

• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial (ADIM) Suroît<br />

Joliette, 1er décembre 2016 (8 groupes)<br />

• Regroupement Comité <strong>de</strong> ressources pour les jeunes familles (CRJF) <strong>de</strong> <strong>la</strong> MRC Les Moulins<br />

• Table régionale <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille <strong>de</strong> Lanaudière (TROCFL)<br />

• Conseil central <strong>de</strong> Lanaudière (CSN)<br />

• Syndicat <strong>de</strong>s travailleuses et travailleurs <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial – Lanaudière<br />

• Les Ateliers Éducatifs Les Petits Mousses<br />

• Grandir Ensemble en Matawinie<br />

• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial (ADIM) Laval-Lanaudière<br />

• Ateliers éducatifs Caroline et ses amis inc.<br />

Audiences nationales (24 groupes ou organismes)<br />

• Conseil du patronat du Québec<br />

• Fédération <strong>de</strong>s associations <strong>de</strong> familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ)<br />

• Fédération <strong>de</strong>s travailleurs et travailleuses du Québec<br />

• Confédération <strong>de</strong>s syndicats nationaux (CSN)<br />

• Association Québécoise <strong>de</strong>s éducateurs et éducatrices <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />

• Ordre <strong>de</strong>s psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec<br />

• Avenir d’enfants<br />

• Association <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées du Québec (AGPQ)<br />

• Fondation du Dr Julien<br />

• Fédération <strong>de</strong>s commissions sco<strong>la</strong>ires du Québec<br />

• Ordre <strong>de</strong>s orthophonistes et audiologistes du Québec<br />

• Rassemblement <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées<br />

• Comité canadien <strong>de</strong> l’Organisation mondiale pour <strong>l’éducation</strong> présco<strong>la</strong>ire (OMEP – Canada)<br />

• Association <strong>de</strong>s enseignantes et enseignants en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong><br />

• Fédération québécoise <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille<br />

• Association québécoise <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (AQCPE)<br />

• <strong>Commission</strong> <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong> <strong>la</strong> personne et <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong> <strong>la</strong> jeunesse<br />

• Fondation Lucie et André Chagnon<br />

• Confédération <strong>de</strong>s organismes familiaux du Québec<br />

• Association <strong>de</strong>s cadres <strong>de</strong>s CPE<br />

• Centrale <strong>de</strong>s syndicats du Québec<br />

• Association <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries non subventionnées en instal<strong>la</strong>tion (AGNSI) et Coalition <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées<br />

non subventionnées du Québec<br />

• Conseil supérieur <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong><br />

• Coalition <strong>de</strong> parents d’enfants <strong>à</strong> besoins particuliers du Québec<br />

59 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Annexe 2 – Synthèse <strong>de</strong>s résultats <strong>de</strong> Grandir<br />

en qualité 47<br />

Menées par l’Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec (ISQ) pour le compte du MF, les enquêtes Grandir en<br />

qualité ont examiné quatre dimensions <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité :<br />

• <strong>la</strong> structuration <strong>de</strong>s lieux ;<br />

• <strong>la</strong> structuration et <strong>la</strong> variation <strong>de</strong>s types d’activités (l’accueil, les repas, les soins personnels, les jeux<br />

extérieurs, les pério<strong>de</strong>s transitoires et <strong>la</strong> fin <strong>de</strong> <strong>la</strong> journée) ;<br />

• l’interaction <strong>de</strong> l’éducatrice ou <strong>de</strong> <strong>la</strong> responsable d’un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial (RSG) avec les<br />

enfants ;<br />

• l’interaction <strong>de</strong> l’éducatrice ou <strong>de</strong> <strong>la</strong> RSG avec les parents.<br />

La me<strong>sur</strong>e <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité utilisée dans ces enquêtes repose <strong>sur</strong> l’approche préconisée par le programme<br />

éducatif Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> qui est appliqué dans le réseau <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> du Québec. É<strong>la</strong>boré<br />

par le MF, ce programme éducatif comporte cinq grands principes concernant l’enfant et son processus <strong>de</strong><br />

développement :<br />

• chaque enfant est un être unique ;<br />

• le développement <strong>de</strong> l’enfant est un processus global et intégré ;<br />

• l’enfant est le premier agent <strong>de</strong> son développement ;<br />

• l’enfant apprend par le jeu ;<br />

• <strong>la</strong> col<strong>la</strong>boration entre le personnel et les parents contribue au développement harmonieux <strong>de</strong> l’enfant.<br />

Faits sail<strong>la</strong>nts Grandir en qualité 2003 :<br />

En 2003, l’enquête Grandir en qualité avait évalué tous les types <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> offerts au Québec, soit<br />

les CPE en instal<strong>la</strong>tion, les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial, et les gar<strong>de</strong>ries.<br />

En CPE, quel que soit le groupe d’âge considéré, plus <strong>de</strong> 90 % <strong>de</strong>s enfants fréquentaient une instal<strong>la</strong>tion dont<br />

<strong>la</strong> qualité d’ensemble était acceptable, bonne ou excellente.<br />

En milieu familial, 79 % <strong>de</strong>s enfants âgés <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans recevaient <strong>de</strong>s services dont <strong>la</strong> qualité d’ensemble<br />

correspond aux principes du programme éducatif Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>; 60 % d’entre eux fréquentaient<br />

un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> dont les services étaient jugés <strong>de</strong> qualité acceptable, tandis que 18 % bénéficiaient <strong>de</strong><br />

services <strong>de</strong> bonne qualité.<br />

En gar<strong>de</strong>rie, 72 % <strong>de</strong>s poupons bénéficiaient <strong>de</strong> services éducatifs dont <strong>la</strong> qualité d’ensemble était acceptable<br />

ou bonne.<br />

Faits sail<strong>la</strong>nts Grandir en qualité 2014 :<br />

Comme <strong>la</strong> précé<strong>de</strong>nte édition, l’enquête avait comme objectif initial <strong>de</strong> produire <strong>de</strong>s résultats pour tous les<br />

types <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>. Toutefois, étant donné le caractère volontaire <strong>de</strong> <strong>la</strong> participation <strong>à</strong> l’enquête et<br />

une insuffisance <strong>de</strong> données <strong>sur</strong> les gar<strong>de</strong>ries subventionnées et les milieux familiaux subventionnés, seuls<br />

les CPE en instal<strong>la</strong>tion (321) et les gar<strong>de</strong>ries non subventionnées (239) ont pu être évalués.<br />

47 Tiré du Supplément d’informations produit par l’Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong> dans le cadre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong><br />

<strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

60 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


En CPE :<br />

• pour les poupons <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 18 mois, <strong>la</strong> qualité d’ensemble <strong>de</strong>s services a été jugée bonne.<br />

• pour les enfants <strong>de</strong> 18 mois <strong>à</strong> 5 ans, <strong>la</strong> qualité d’ensemble a été jugée acceptable : si environ <strong>la</strong> moitié<br />

<strong>de</strong>s enfants ont <strong>de</strong>s services c<strong>la</strong>ssés <strong>de</strong> qualité acceptable, 45 % ont droit <strong>à</strong> <strong>de</strong>s services bons ou<br />

excellents et 4 % reçoivent <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> qualité insatisfaisante.<br />

En gar<strong>de</strong>ries non subventionnées :<br />

• pour les poupons <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 18 mois, <strong>la</strong> qualité d’ensemble a été jugée acceptable : une bonne<br />

proportion d’enfants reçoit <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> qualité acceptable (52 %). Cependant, 41 % <strong>de</strong>s enfants<br />

reçoivent <strong>de</strong>s services dont <strong>la</strong> qualité est insatisfaisante (41 %).<br />

• pour les enfants <strong>de</strong> 18 mois <strong>à</strong> 5 ans, <strong>la</strong> qualité d’ensemble a été jugée acceptable. Mais, si un peu<br />

plus <strong>de</strong> <strong>la</strong> moitié (53 %) <strong>de</strong>s enfants reçoivent <strong>de</strong>s services considérés comme acceptables et 10 %<br />

bénéficient <strong>de</strong> services jugés bons ou excellents, 36 %, fréquentent un milieu où les services sont<br />

qualifiés d’insatisfaisants au regard <strong>de</strong>s principes du programme éducatif Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />

61 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Annexe 3 – Appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s<br />

services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> par les<br />

répondants du sondage aux parents<br />

Proportion <strong>de</strong> répondants en fonction <strong>de</strong> leur appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s lieux du service éducatif qu’a<br />

fréquenté ou que fréquente leur enfant<br />

CPE<br />

Gar<strong>de</strong>rie<br />

subventionnée<br />

Gar<strong>de</strong>rie non<br />

subventionnée<br />

Milieu familial<br />

subventionné<br />

Milieu<br />

familial non<br />

subventionné<br />

Excellente 71% 43% 37% 48% 33% 44%<br />

Bonne 25% 34% 34% 34% 34% 46%<br />

Acceptable 3% 17% 22% 14% 26% 9%<br />

Insatisfaisante 0% 6% 7% 4% 8% 1%<br />

Nombre <strong>de</strong><br />

répondants<br />

3361 1011 902 1670 734 842<br />

Maternelle<br />

Proportion <strong>de</strong> répondants en fonction <strong>de</strong> leur appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s activités proposées par le<br />

service éducatif qu’a fréquenté ou que fréquente leur enfant<br />

CPE<br />

Gar<strong>de</strong>rie<br />

subventionnée<br />

Gar<strong>de</strong>rie non<br />

subventionnée<br />

Milieu familial<br />

subventionné<br />

Milieu<br />

familial non<br />

subventionné<br />

Excellente 72% 37% 33% 41% 28% 52%<br />

Bonne 24% 34% 32% 36% 32% 42%<br />

Acceptable 4% 19% 22% 18% 26% 5%<br />

Insatisfaisante 0% 10% 13% 6% 15% 1%<br />

Nombre <strong>de</strong><br />

répondants<br />

3361 1011 902 1670 734 842<br />

Maternelle<br />

Proportion <strong>de</strong> répondants en fonction <strong>de</strong> leur appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> <strong>la</strong> re<strong>la</strong>tion entre l’enfant et son<br />

éducateur ou éducatrice selon le service qu’a fréquenté ou que fréquente leur enfant<br />

CPE<br />

Gar<strong>de</strong>rie<br />

subventionnée<br />

Gar<strong>de</strong>rie non<br />

subventionnée<br />

Milieu familial<br />

subventionné<br />

Milieu<br />

familial non<br />

subventionné<br />

Excellente 78% 52% 46% 66% 53% 61%<br />

Bonne 19% 27% 29% 23% 28% 33%<br />

Acceptable 3% 13% 16% 8% 11% 5%<br />

Insatisfaisante 0% 8% 9% 4% 7% 2%<br />

Nombre <strong>de</strong><br />

répondants<br />

3361 1011 902 1670 734 842<br />

Maternelle<br />

62 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>


Annexe 4 – Raison du choix <strong>de</strong> service éducatif<br />

selon les répondants du sondage aux parents<br />

Réponses <strong>de</strong>s répondants du sondage aux parents <strong>à</strong> <strong>la</strong> question : Pour quelle(s) raison(s) avez-vous choisi ce<br />

service ? Priorisez les réponses qui s’appliquent <strong>de</strong> 1 <strong>à</strong> 5, 1 étant <strong>la</strong> principale raison <strong>de</strong> votre choix.<br />

Raison 1<br />

Raison 2<br />

Raison 3<br />

Raison 4<br />

Raison 5<br />

CPE<br />

Parce qu’il s’agit<br />

d’un service <strong>de</strong><br />

qualité<br />

Parce qu’il s’agit<br />

<strong>de</strong> l’option <strong>la</strong><br />

plus pratique<br />

(proximité,<br />

horaire<br />

d’ouverture,<br />

etc.) pour faire<br />

gar<strong>de</strong>r mon<br />

enfant<br />

Parce qu’il y<br />

avait une p<strong>la</strong>ce<br />

pour mon enfant<br />

Parce qu’il s’agit<br />

d’un service<br />

abordable<br />

Parce que c’est <strong>la</strong><br />

seule option qui<br />

s’offrait <strong>à</strong> nous<br />

Gar<strong>de</strong>rie<br />

subventionnée<br />

Parce qu’il y<br />

avait une p<strong>la</strong>ce<br />

pour mon enfant<br />

Parce qu’il s’agit<br />

d’un service <strong>de</strong><br />

qualité<br />

Parce qu’il s’agit<br />

<strong>de</strong> l’option <strong>la</strong><br />

plus pratique<br />

(proximité,<br />

horaire<br />

d’ouverture,<br />

etc.) pour faire<br />

gar<strong>de</strong>r mon<br />

enfant<br />

Parce qu’il s’agit<br />

d’un service<br />

abordable<br />

Parce que c’est <strong>la</strong><br />

seule option qui<br />

s’offrait <strong>à</strong> nous<br />

Gar<strong>de</strong>rie non<br />

subventionnée<br />

Parce qu’il y<br />

avait une p<strong>la</strong>ce<br />

pour mon enfant<br />

Parce qu’il s’agit<br />

<strong>de</strong> l’option <strong>la</strong><br />

plus pratique<br />

(proximité,<br />

horaire<br />

d’ouverture,<br />

etc.) pour faire<br />

gar<strong>de</strong>r mon<br />

enfant<br />

Parce qu’il s’agit<br />

d’un service <strong>de</strong><br />

qualité<br />

Parce que c’est <strong>la</strong><br />

seule option qui<br />

s’offrait <strong>à</strong> nous<br />

Parce qu’il s’agit<br />

d’un service<br />

abordable<br />

Milieu familial<br />

subventionné<br />

Parce qu’il y<br />

avait une p<strong>la</strong>ce<br />

pour mon enfant<br />

Parce qu’il s’agit<br />

d’un service <strong>de</strong><br />

qualité<br />

Parce qu’il s’agit<br />

d’un service<br />

abordable<br />

Parce qu’il s’agit<br />

<strong>de</strong> l’option <strong>la</strong><br />

plus pratique<br />

(proximité,<br />

horaire<br />

d’ouverture,<br />

etc.) pour faire<br />

gar<strong>de</strong>r mon<br />

enfant<br />

Parce que c’est <strong>la</strong><br />

seule option qui<br />

s’offrait <strong>à</strong> nous<br />

Milieu<br />

familial non<br />

subventionné<br />

Parce qu’il y<br />

avait une p<strong>la</strong>ce<br />

pour mon enfant<br />

Parce qu’il s’agit<br />

<strong>de</strong> l’option <strong>la</strong><br />

plus pratique<br />

(proximité,<br />

horaire<br />

d’ouverture,<br />

etc.) pour faire<br />

gar<strong>de</strong>r mon<br />

enfant<br />

Parce qu’il s’agit<br />

d’un service <strong>de</strong><br />

qualité<br />

Parce que c’est <strong>la</strong><br />

seule option qui<br />

s’offrait <strong>à</strong> nous<br />

Parce qu’il s’agit<br />

d’un service<br />

abordable<br />

63 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>

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