Rapport de la Commission sur l’éducation à la petite enfance Février 2017
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<strong>Rapport</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
<strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
<strong>Février</strong> <strong>2017</strong>
Mot <strong>de</strong>s commissaires<br />
Le 19 septembre <strong>de</strong>rnier, nous avons pris l’engagement, en présence <strong>de</strong> M. Sébastien Proulx, ministre<br />
<strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, et d’une diversité <strong>de</strong> partenaires engagés en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, d’aller <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />
rencontre <strong>de</strong>s Québécoises et <strong>de</strong>s Québécois pour entendre leur bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong> cette politique familiale <strong>la</strong>ncée<br />
il y a 20 ans et proposer les ajustements nécessaires, le cas échéant. L’AQCPE nous a désignés en tant que<br />
commissaires pour as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> neutralité et l’indépendance <strong>de</strong> <strong>la</strong> consultation et faire en sorte que tous les<br />
points <strong>de</strong> vue soient entendus. Cinq mois plus tard, nous déposons notre bi<strong>la</strong>n et nos recommandations qui<br />
serviront <strong>de</strong> déclencheur <strong>à</strong> un sommet <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> qui se tiendra les 4 et 5 mai <strong>2017</strong>.<br />
Mission accomplie <strong>sur</strong> le fond comme dans <strong>la</strong> forme et dans le temps imparti.<br />
Nous nous réjouissons <strong>à</strong> l’avance que ce portrait et ces propositions puissent faire l’objet <strong>de</strong> débats et <strong>de</strong><br />
discussions plus <strong>la</strong>rges qui pourront éventuellement dégager <strong>de</strong>s consensus sociétaux et gouvernementaux<br />
<strong>sur</strong> les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Au départ, nous avons déc<strong>la</strong>ré n’avoir qu’un seul biais : celui<br />
d’un préjugé favorable <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Les propos <strong>de</strong> toutes les personnes qui ont pris le temps <strong>de</strong><br />
venir nous présenter leurs points <strong>de</strong> vue reflétaient aussi ce parti pris. Nous nous sommes appliqués <strong>à</strong> bien<br />
comprendre et saisir <strong>la</strong> multiplicité <strong>de</strong> ces témoignages. C’est pourquoi nous avons <strong>la</strong> certitu<strong>de</strong> que les<br />
recommandations <strong>de</strong> ce rapport sont incarnées et prennent racines chez les hommes et les femmes, en<br />
gran<strong>de</strong> majorité, qui animent, utilisent et font vivre ces services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />
Nous avons été très fortement impressionnés par <strong>la</strong> passion et l’engagement <strong>de</strong>s femmes et <strong>de</strong>s hommes<br />
qui se consacrent au quotidien <strong>à</strong> accueillir et stimuler nos tout-petits. Nous pouvons affirmer que nous<br />
avons su créer au Québec dans les 20 <strong>de</strong>rnières années un capital humain et un précieux actif au service du<br />
développement optimal <strong>de</strong>s enfants. C’est <strong>à</strong> partir <strong>de</strong> cet actif, et pour le consoli<strong>de</strong>r, que nous avons formulé<br />
les conclusions et les recommandations <strong>de</strong> ce rapport.<br />
L’ensemble <strong>de</strong> nos recommandations repose <strong>sur</strong> une prémisse très forte, très c<strong>la</strong>ire : <strong>la</strong> première vocation<br />
<strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> est d’offrir aux enfants du Québec les meilleures conditions<br />
possible <strong>à</strong> leur développement. Il est temps <strong>de</strong> passer <strong>de</strong> l’ère <strong>de</strong> <strong>la</strong> conciliation famille-travail <strong>à</strong> l’ère <strong>de</strong><br />
<strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> doivent être désormais vus comme<br />
<strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> part entière reposant <strong>sur</strong> une approche adaptée <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, orientée par le<br />
jeu et <strong>la</strong> stimu<strong>la</strong>tion. L’objectif n’est pas <strong>de</strong> favoriser une sco<strong>la</strong>risation précoce, mais <strong>de</strong> répondre <strong>à</strong> un soli<strong>de</strong><br />
consensus scientifique selon lequel <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> constitue une pério<strong>de</strong> cruciale du développement<br />
humain et une pério<strong>de</strong> déterminante <strong>de</strong> leur réussite <strong>à</strong> l’école et pour le reste <strong>de</strong> leur vie.<br />
Nous invitons le gouvernement <strong>à</strong> reconnaître les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> comme le premier<br />
maillon du continuum <strong>de</strong> <strong>la</strong> réussite éducative. De cette prémisse découle une série <strong>de</strong> recommandations<br />
pour faire en sorte qu’au Québec nous <strong>de</strong>meurions cohérents et conséquents avec cette affirmation. L’une<br />
<strong>de</strong> nos principales recommandations est d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> gratuité <strong>de</strong>s services éducatifs offerts au Québec aux<br />
enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans, tout comme l’école est gratuite pour tous <strong>à</strong> partir <strong>de</strong> l’âge <strong>de</strong> cinq ans et jusqu’au seuil<br />
<strong>de</strong> l’université. Le Québec a les moyens d’offrir ce<strong>la</strong> <strong>à</strong> tous ses enfants. Les données compilées dans ce<br />
rapport le démontrent.<br />
Comme on dit parfois au Québec, il est important que « les bottines suivent les babines ». En c<strong>la</strong>ir, ce<strong>la</strong><br />
signifie que nos investissements et nos p<strong>la</strong>ns d’action doivent refléter cette conviction : il faut investir<br />
prioritairement dans le développement, <strong>l’éducation</strong> et l’avenir <strong>de</strong> nos tout-petits si l’on veut se doter d’une<br />
société capable d’as<strong>sur</strong>er <strong>à</strong> nos personnes âgées <strong>de</strong> vivre dans <strong>la</strong> dignité… et non l’inverse.<br />
Une autre recommandation, indissociable <strong>de</strong> <strong>la</strong> première, est que le meilleur moyen d’as<strong>sur</strong>er le<br />
développement optimal <strong>de</strong> nos tout-petits et <strong>de</strong> leur permettre une entrée sco<strong>la</strong>ire réussie est d’investir<br />
II<br />
<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
massivement, intelligemment et efficacement dans <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
Les experts, les éducatrices qui œuvrent auprès <strong>de</strong>s enfants et les parents s’enten<strong>de</strong>nt tous <strong>sur</strong> les critères<br />
<strong>de</strong> qualité d’un bon service éducatif. C’est pour as<strong>sur</strong>er cette qualité que nous proposons un ensemble <strong>de</strong><br />
me<strong>sur</strong>es structurantes.<br />
Les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> sont un actif. Mais cet actif est fragilisé et menacé par <strong>de</strong>s directives et<br />
<strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es fiscales qui compromettent son efficacité, sa fiabilité et sa qualité (compressions budgétaires,<br />
moratoire <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong>s ressources les plus qualifiées, accroissement du nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces<br />
dans les structures qui offrent les moins bonnes garanties <strong>de</strong> qualité, crédits d’impôt qui facilitent l’accès<br />
aux ressources non subventionnées…). De plus, les seules évaluations disponibles nous indiquent que <strong>la</strong><br />
note moyenne obtenue par l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs atteint seulement le niveau « passable ».<br />
Est-ce vraiment le niveau que nous souhaitons pour as<strong>sur</strong>er l’avenir <strong>de</strong> nos enfants? Nous avons entendu le<br />
contraire et nous souscrivons <strong>à</strong> cet appel pour une meilleure qualité dans nos services éducatifs.<br />
Il faut faire le nécessaire et le maximum également pour atteindre « l’égalité <strong>de</strong>s chances » visée par <strong>la</strong> mise<br />
en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale il y a 20 ans. C’est une cible où nos résultats sont encore décevants. Ce sont<br />
pourtant les enfants les plus vulnérables qui tirent le plus <strong>de</strong> bénéfices <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>de</strong> qualité au<br />
plus jeune âge. De plus, ces gains sont durables et leur permettent <strong>de</strong> progresser plus facilement <strong>à</strong> l’école, et<br />
tout au long <strong>de</strong> leur vie. Malgré ces constats, nous avons du mal <strong>à</strong> rejoindre ces enfants. Nous <strong>de</strong>vrons donc<br />
attaquer sérieusement ce défi et faire en sorte <strong>de</strong> repousser les obstacles qui mettent un frein <strong>à</strong> <strong>la</strong> présence<br />
<strong>de</strong>s enfants vulnérables et <strong>de</strong>s enfants <strong>à</strong> besoins particuliers en services éducatifs <strong>de</strong> qualité.<br />
En 1963 le rapport Parent a <strong>la</strong>ncé le Québec <strong>sur</strong> <strong>la</strong> voie <strong>de</strong> <strong>la</strong> mo<strong>de</strong>rnité en préconisant ce mot d’ordre :<br />
« Éducation, Éducation, Éducation ». Ce mot d’ordre changea littéralement <strong>la</strong> vie <strong>de</strong>s enfants du Québec<br />
<strong>sur</strong> plusieurs générations. En <strong>2017</strong>, les connaissances scientifiques et l’expérience nous démontrent que<br />
<strong>la</strong> réussite éducative commence dès <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Il est impératif <strong>de</strong> prendre ce virage et d’intégrer <strong>la</strong><br />
<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> au continuum éducatif en lui appliquant les mêmes règles <strong>de</strong> succès, <strong>à</strong> savoir : <strong>la</strong> qualification<br />
<strong>de</strong>s intervenants, <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s programmes éducatifs, l’accessibilité pour tous, une évaluation régulière<br />
permettant les ajustements et <strong>la</strong> gratuité <strong>de</strong> ces services.<br />
En terminant, nous désirons remercier l’AQCPE d’avoir osé initier ce bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong>s 20 ans <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale<br />
et d’avoir fait le nécessaire pour as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> neutralité et l’indépendance <strong>de</strong> <strong>la</strong> démarche. Nous remercions<br />
l’INM et son équipe rapprochée pour <strong>la</strong> gran<strong>de</strong> qualité <strong>de</strong> son organisation, son animation et son analyse du<br />
matériel issu <strong>de</strong> <strong>la</strong> consultation. Sans ce précieux appui, nous n’aurions pu être aussi efficaces et, espéronsle,<br />
pertinents. Nous sommes également reconnaissants envers l’équipe <strong>de</strong> TACT Intelligence-conseil qui<br />
nous a accompagnés dans les re<strong>la</strong>tions avec les médias et envers l’équipe <strong>de</strong> MC2 Concept Inc. qui a as<strong>sur</strong>é<br />
notre présence <strong>sur</strong> le web durant les audiences. Mais nos plus sincères remerciements vont <strong>à</strong> tous les<br />
participants qui se sont prêtés <strong>à</strong> l’exercice <strong>de</strong> consultation, <strong>sur</strong> le web ou en présence aux audiences, qui ont<br />
pris le temps <strong>de</strong> s’intéresser, <strong>de</strong> rédiger un mémoire ou <strong>de</strong> venir témoigner lors <strong>de</strong>s forums citoyens. Nous<br />
pensons avoir été fidèles <strong>à</strong> l’essentiel <strong>de</strong> vos propos et nous espérons que vous vous reconnaîtrez dans ce<br />
rapport. À toutes et tous, merci d’avoir crû <strong>à</strong> <strong>la</strong> démarche et <strong>de</strong> nous avoir fait confiance.<br />
C’est avec fierté que nous déposons ce rapport avec l’intime conviction qu’il reflète déj<strong>à</strong> les valeurs <strong>de</strong><br />
grand nombre <strong>de</strong> Québécoises et <strong>de</strong> Québécois et <strong>de</strong> tout un réseau qui s’active chaque jour <strong>à</strong> développer<br />
le Québec, maintenant et pour <strong>de</strong>main.<br />
André Lebon, prési<strong>de</strong>nt Martine Desjardins Pierre Landry<br />
III<br />
<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Pour continuer <strong>à</strong> grandir<br />
<strong>Rapport</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />
<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
Commissaires<br />
Martine Desjardins<br />
Pierre Landry<br />
André Lebon, prési<strong>de</strong>nt<br />
Équipe <strong>de</strong> l’Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong><br />
Malorie Flon, conseillère stratégique<br />
Francis Huot, chargé <strong>de</strong> communication<br />
Anouk Lavoie-Isebaert, agente <strong>de</strong> projet analyste<br />
Louis-Philippe Lizotte, chargé <strong>de</strong> projet<br />
Annick Poitras, chargée <strong>de</strong> projet aux publications<br />
Sophie Séguin-Lamarche, directrice <strong>de</strong>s communications<br />
Sarah Sultani, agente <strong>de</strong> mobilisation<br />
Michel Venne, directeur général<br />
Alexandre Warnet, animateur<br />
Équipe <strong>de</strong> Tact Intelligence-Conseil<br />
Tamara Chiasson, conseillère principale<br />
Marie-Pier Côté, conseillère<br />
Laurie Fossat, conseillère<br />
Stéphanie Gareau, directrice<br />
Équipe <strong>de</strong> rédaction<br />
Martine Desjardins<br />
Pierre Landry<br />
André Lebon<br />
Anouk Lavoie-Isebaert<br />
Michel Venne<br />
Pour tous commentaires ou questionnements au sujet du rapport, vous pouvez écrire <strong>à</strong> l’adresse suivante<br />
commission<strong>petite</strong><strong>enfance</strong>@inm.qc.ca ou <strong>à</strong> l’Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong><br />
Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong><br />
5605, avenue <strong>de</strong> Gaspé, bureau 404<br />
Montréal (Québec) H2T 2A4<br />
1 877 934-5999 | 514 934-5999<br />
inm@inm.qc.ca<br />
L’Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong> est une organisation non partisane dont <strong>la</strong> mission est<br />
d’accroître <strong>la</strong> participation <strong>de</strong>s citoyens <strong>à</strong> <strong>la</strong> vie démocratique. L’action <strong>de</strong> l’INM a<br />
pour effet d’encourager <strong>la</strong> participation citoyenne et <strong>de</strong> contribuer au développement<br />
<strong>de</strong>s compétences civiques, au renforcement du lien social et <strong>à</strong> <strong>la</strong> valorisation <strong>de</strong>s<br />
institutions démocratiques.<br />
IV<br />
<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Sommaire<br />
En 1997, le gouvernement du Québec publiait un livre b<strong>la</strong>nc <strong>sur</strong> les nouvelles dispositions <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique<br />
familiale intitulée Les enfants au cœur <strong>de</strong> nos choix. Cette politique misait notamment <strong>sur</strong> le développement<br />
<strong>de</strong> services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> dans le but d’as<strong>sur</strong>er un soutien universel aux familles et une ai<strong>de</strong><br />
accrue aux familles <strong>à</strong> faible revenu, <strong>de</strong> faciliter <strong>la</strong> conciliation <strong>de</strong>s activités familiales et professionnelles et<br />
<strong>de</strong> favoriser le développement optimal <strong>de</strong>s enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances.<br />
La <strong>Commission</strong> et ses travaux<br />
Le vingtième anniversaire <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale offre l’occasion <strong>de</strong> dresser un bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong>s services éducatifs<br />
<strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> au Québec et <strong>de</strong> leurs répercussions <strong>sur</strong> les tout-petits.<br />
C’est dans ce contexte notamment que l’Association québécoise <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (AQCPE)<br />
a mis <strong>sur</strong> pied <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Cette commission était constituée <strong>de</strong> trois<br />
commissaires indépendants : M. André Lebon, prési<strong>de</strong>nt, ainsi que Mme Martine Desjardins et M. Pierre<br />
Landry. Afin d’as<strong>sur</strong>er l’indépendance et <strong>la</strong> neutralité du processus, l’AQCPE a mandaté l’Institut du Nouveau<br />
Mon<strong>de</strong> (INM), une organisation <strong>à</strong> but non lucratif dont <strong>la</strong> mission est d’accroître <strong>la</strong> participation <strong>de</strong>s citoyens<br />
<strong>à</strong> <strong>la</strong> vie démocratique, pour as<strong>sur</strong>er les opérations et le secrétariat <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>.<br />
Les commissaires ont parcouru 14 villes <strong>de</strong> <strong>la</strong> province afin <strong>de</strong> susciter un dialogue social portant<br />
principalement <strong>sur</strong> quatre enjeux : <strong>la</strong> qualité, l’accessibilité, l’universalité et <strong>la</strong> gouvernance <strong>de</strong>s services<br />
éducatifs offerts aux tout-petits.<br />
La <strong>Commission</strong> a combiné plusieurs modalités <strong>de</strong> participation pour rejoindre différents publics afin <strong>de</strong><br />
dresser le bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et <strong>de</strong> déterminer les correctifs <strong>à</strong> apporter, le cas<br />
échéant. Au total, 23 experts et 135 groupes et organismes ont été entendus durant les audiences nationales<br />
et régionales. Grâce aux forums citoyens, les commissaires ont rencontré 416 citoyens interpellés par les<br />
enjeux <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>. Un sondage <strong>à</strong> l’intention <strong>de</strong>s parents d’enfants âgés <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans a permis <strong>de</strong><br />
recueillir l’opinion <strong>de</strong> 5009 répondants et <strong>de</strong> mieux comprendre les choix <strong>de</strong>s parents en ce qui a trait aux<br />
services éducatifs ainsi qu’<strong>à</strong> évaluer leur appréciation <strong>de</strong> ces services. Un sondage a aussi été réalisé auprès<br />
du grand public, permettant <strong>de</strong> récolter l’opinion <strong>de</strong> 1004 répondants au sujet <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />
<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Enfin, 167 mémoires et commentaires écrits ont été reçus par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>.<br />
Les résultats <strong>de</strong> <strong>la</strong> consultation<br />
Les témoignages recueillis mettent en très gran<strong>de</strong> majorité l’accent <strong>sur</strong> <strong>la</strong> nécessité absolue d’offrir <strong>de</strong>s<br />
services <strong>de</strong> qualité pour soutenir le développement optimal <strong>de</strong>s enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances au Québec.<br />
Les participants font valoir que les bénéfices associés <strong>à</strong> ces services perdurent dans le temps et donc que<br />
l’ensemble <strong>de</strong> <strong>la</strong> société en bénéficie. Or, selon les étu<strong>de</strong>s produites et les témoignages entendus, <strong>la</strong> qualité<br />
<strong>de</strong>s services au Québec <strong>de</strong>meure passable. Plusieurs intervenants travail<strong>la</strong>nt dans les services éducatifs <strong>à</strong><br />
<strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ont mentionné que les restrictions budgétaires nuisent au respect <strong>de</strong>s facteurs <strong>de</strong> qualité.<br />
Parmi les me<strong>sur</strong>es susceptibles d’accroître <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services, plusieurs participants penchent en faveur<br />
d’un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation initiale et continue pour l’ensemble du personnel éducatif<br />
et pour <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong> mécanismes d’évaluation continue <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité au moyen d’outils éprouvés<br />
permettant une démarche réflexive et <strong>de</strong>s ajustements <strong>de</strong> pratiques.<br />
Les témoignages entendus indiquent qu’il reste également du chemin <strong>à</strong> faire pour as<strong>sur</strong>er l’accessibilité aux<br />
services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> pour tous les enfants. De nombreuses barrières freinent l’accès aux<br />
services par les enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés et les enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité, notamment<br />
<strong>la</strong> distance <strong>à</strong> parcourir et <strong>la</strong> disponibilité <strong>de</strong>s moyens <strong>de</strong> transport, les moyens financiers limités, <strong>la</strong> crainte<br />
du jugement ou encore le manque <strong>de</strong> connaissance au sujet <strong>de</strong>s services disponibles.<br />
V<br />
<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Les discussions entourant l’universalité <strong>de</strong>s services ont principalement touché <strong>la</strong> tarification et <strong>la</strong> prestation<br />
<strong>de</strong>s services. À cet égard, <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs pour les p<strong>la</strong>ces subventionnées et l’accès aux crédits<br />
d’impôt pour les p<strong>la</strong>ces non subventionnées ont été critiqués en raison <strong>de</strong> leur influence <strong>sur</strong> le choix<br />
<strong>de</strong>s parents. En effet, les représentants <strong>de</strong> centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et <strong>de</strong> responsables <strong>de</strong> service <strong>de</strong><br />
gar<strong>de</strong> en milieu familial dénoncent le fait que ces me<strong>sur</strong>es poussent <strong>de</strong>s parents <strong>à</strong> dé<strong>la</strong>isser les services<br />
subventionnés au profit <strong>de</strong>s services non subventionnés pour <strong>de</strong>s motifs économiques. Concernant <strong>la</strong><br />
prestation <strong>de</strong>s services, <strong>la</strong> plupart <strong>de</strong>s intervenants provenant <strong>de</strong>s milieux <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s participants<br />
aux forums citoyens se positionnent en faveur <strong>de</strong> l’universalisme proportionné en vertu duquel <strong>de</strong>s services<br />
<strong>de</strong> base sont offerts <strong>à</strong> tous les enfants et <strong>de</strong>s services additionnels sont disponibles pour les enfants ayant<br />
<strong>de</strong>s besoins particuliers. Une telle me<strong>sur</strong>e encouragerait <strong>la</strong> mixité sociale et le soutien adéquat <strong>de</strong>s enfants,<br />
<strong>à</strong> condition d’as<strong>sur</strong>er l’accès aux ressources humaines et financières pour soutenir le personnel éducateur.<br />
Enfin, l’enjeu <strong>de</strong> <strong>la</strong> gouvernance a permis <strong>de</strong> souligner l’importance <strong>de</strong> favoriser une action concertée en<br />
matière d’éducation <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. En effet, plusieurs intervenants ont témoigné en faveur d’une<br />
col<strong>la</strong>boration accrue entre les milieux communautaires, sco<strong>la</strong>ires, <strong>de</strong> santé et les services éducatifs afin<br />
d’améliorer le continuum <strong>de</strong> services pour les jeunes enfants. De même, le partage <strong>de</strong>s responsabilités<br />
entre le ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, le ministère <strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> l’Enseignement supérieur et le ministère <strong>de</strong><br />
<strong>la</strong> Santé et <strong>de</strong>s Services sociaux est critiqué en raison du morcellement <strong>de</strong>s services et du travail en vase clos<br />
que ce partage implique souvent. Une uniformisation <strong>de</strong>s règles et exigences auxquelles <strong>de</strong>vrait se soumettre<br />
l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> est également souhaitée par les représentants <strong>de</strong> CPE,<br />
<strong>de</strong> responsables <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries.<br />
En tenant compte <strong>de</strong> ces apprentissages, <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> a formulé cinq énoncés <strong>de</strong> principe, chacun assorti<br />
<strong>de</strong> recommandations spécifiques. Ces énoncés et recommandations sont indissociables puisque certaines<br />
recommandations favorisent l’atteinte d’objectifs liés <strong>à</strong> d’autres.<br />
1. Le gouvernement doit exprimer c<strong>la</strong>irement que les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> sont avant tout <strong>de</strong>s<br />
services éducatifs.<br />
La reconnaissance du fait que <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> est une pério<strong>de</strong> cruciale du développement <strong>de</strong>s enfants<br />
doit être affirmée et portée par le gouvernement. En ce sens, les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
constituent le premier maillon du parcours éducatif <strong>de</strong> l’enfant et doivent être intégrés formellement au<br />
continuum d’éducation <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> jusqu’<strong>à</strong> l’université.<br />
Pour ce faire, nous recommandons :<br />
1.1. De regrouper l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs offerts aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 16 ans sous <strong>la</strong> responsabilité<br />
d’un même ministre et d’un même ministère.<br />
1.2. De réaffirmer du même coup que l’approche éducative <strong>de</strong>stinée aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans <strong>de</strong>meure<br />
une approche <strong>de</strong> développement global <strong>de</strong> l’enfant, <strong>de</strong> stimu<strong>la</strong>tion, d’éveil et <strong>de</strong> socialisation par le jeu qui<br />
favorise <strong>la</strong> réussite éducative et non une approche <strong>de</strong> sco<strong>la</strong>risation précoce.<br />
2. Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (<strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans) doivent être gratuits, au même titre que l’école.<br />
Considérant que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> constituent le premier maillon du parcours éducatif<br />
<strong>de</strong> l’enfant et qu’ils doivent être intégrés formellement au continuum d’éducation présco<strong>la</strong>ire et sco<strong>la</strong>ire,<br />
nous estimons que les principes généraux d’universalité, <strong>de</strong> gratuité et d’accessibilité qui s’appliquent <strong>à</strong><br />
l’école <strong>de</strong>vraient également s’appliquer aux services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
La gratuité exprime <strong>la</strong> volonté d’offrir <strong>à</strong> tous les enfants du Québec un accès universel <strong>à</strong> <strong>de</strong>s services<br />
éducatifs <strong>de</strong> qualité dès le plus jeune âge alors même que <strong>la</strong> très gran<strong>de</strong> majorité <strong>de</strong>s parents d’enfants <strong>de</strong><br />
0-5 ans, aussi bien mères que pères, se retrouvent <strong>sur</strong> le marché du travail.<br />
VI<br />
<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Elle reflète le consensus québécois en faveur <strong>de</strong> <strong>la</strong> priorité qui doit être accordée <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> comme<br />
pério<strong>de</strong> cruciale <strong>de</strong> développement.<br />
Elle soutient également <strong>la</strong> volonté du gouvernement, appuyée par tous les partis politiques et par <strong>la</strong> société<br />
civile, les milieux d’affaires, les parents et les milieux sco<strong>la</strong>ires, <strong>de</strong> faire <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> et <strong>de</strong> <strong>la</strong> réussite<br />
éducative l’une <strong>de</strong>s plus importantes priorités du Québec.<br />
De nombreuses étu<strong>de</strong>s montrent que les services éducatifs <strong>de</strong> qualité <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> sont rentables<br />
économiquement et socialement. Les fonds publics consacrés <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> représentent un<br />
investissement qui rapporte <strong>de</strong>s divi<strong>de</strong>n<strong>de</strong>s <strong>à</strong> toute <strong>la</strong> société. Le Québec a les moyens d’offrir cet avantage<br />
<strong>à</strong> ses enfants. Nous rappelons ici que selon une étu<strong>de</strong> menée en 2008, les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs<br />
rapportent davantage qu’ils ne coûtent annuellement. Les recettes fiscales engendrées notamment par le<br />
retour massif <strong>de</strong>s mères <strong>sur</strong> le marché du travail se chiffrent <strong>à</strong> 900 M$ par année qui sont récoltés par les<br />
<strong>de</strong>ux paliers <strong>de</strong> gouvernement.<br />
Les modalités tarifaires actuelles entraînent <strong>de</strong>s effets indésirables, entre autres quant aux choix <strong>de</strong>s services<br />
offerts pour <strong>de</strong>s raisons économiques au lieu <strong>de</strong> favoriser un choix basé <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services. Le fait <strong>de</strong><br />
maintenir les modalités tarifaires actuelles consoli<strong>de</strong> leurs effets indésirables.<br />
Conséquemment, nous recommandons :<br />
2.1. D’as<strong>sur</strong>er le plus rapi<strong>de</strong>ment possible <strong>la</strong> gratuité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> pour tous<br />
les enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans.<br />
3. Il est essentiel <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> engendrent <strong>de</strong>s effets positifs seulement s’ils sont <strong>de</strong> gran<strong>de</strong><br />
qualité, <strong>à</strong> commencer par les milieux où l’on retrouve les enfants vulnérables en plus grand nombre. Il est<br />
question ici d’équité et d’égalité <strong>de</strong>s chances.<br />
Nous sommes d’avis qu’une meilleure qualité sera atteinte si les exigences <strong>de</strong> formation sont rehaussées et<br />
si une évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, couplée <strong>à</strong> un accompagnement pédagogique, est réalisée <strong>de</strong> façon soutenue.<br />
En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> formation du personnel éducateur, nous recommandons :<br />
3.1. Que tout le personnel éducateur travail<strong>la</strong>nt dans les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> détienne<br />
un diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> comme formation initiale <strong>de</strong> base.<br />
3.2. Que toutes les nouvelles RSG soient détentrices d’un DEC avant d’obtenir une reconnaissance <strong>à</strong> titre<br />
<strong>de</strong> responsable <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial.<br />
Nous reconnaissons que certaines <strong>de</strong>s tâches <strong>de</strong>s responsables <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial<br />
diffèrent <strong>de</strong> celle du personnel en instal<strong>la</strong>tion. Conséquemment, nous recommandons :<br />
3.3. Que le DEC en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> offre un profil spécialisé pour les RSG, adapté aux<br />
groupes multiâges et <strong>à</strong> <strong>la</strong> réalité multitâches qui incombe aux RSG.<br />
Nous proposons une stratégie <strong>de</strong> qualification et <strong>de</strong> reconnaissance <strong>de</strong>s RSG déj<strong>à</strong> en fonction en<br />
recommandant :<br />
3.4. L’évaluation et <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong>s acquis <strong>de</strong>s RSG, en fonction <strong>de</strong>s 22 compétences professionnelles<br />
acquises durant le diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>, couplée <strong>à</strong> un<br />
VII<br />
<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
accompagnement et <strong>à</strong> <strong>de</strong>s formations visant l’atteinte <strong>de</strong>s compétences non maîtrisées, par le biais <strong>de</strong><br />
modalités axées <strong>sur</strong> une démarche réflexive d’accompagnement <strong>à</strong> travers l’action.<br />
La formation <strong>de</strong>s enseignants au niveau présco<strong>la</strong>ire doit également être bonifiée. En ce sens, nous<br />
recommandons :<br />
3.5. Que le bacca<strong>la</strong>uréat en éducation présco<strong>la</strong>ire et en enseignement primaire offre davantage <strong>de</strong> cours<br />
axés <strong>sur</strong> le présco<strong>la</strong>ire afin <strong>de</strong> mieux outiller les enseignants <strong>de</strong> maternelle 4 et 5 ans.<br />
Outre une uniformisation et un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation initiale pour l’ensemble du<br />
personnel éducateur, nous recommandons :<br />
3.6. Que <strong>la</strong> formation continue, basée <strong>sur</strong> les meilleures pratiques, permettant au personnel <strong>de</strong> s’approprier<br />
<strong>de</strong> façon proactive le savoir transmis et ainsi garantir que les apprentissages soient durables et transposés<br />
dans leurs pratiques, soit obligatoire.<br />
En ce qui a trait <strong>à</strong> l’évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, nous estimons qu’une évaluation soutenue accompagnée <strong>de</strong><br />
soutien pédagogique permettrait une amélioration continue <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong>. Nous recommandons :<br />
3.7 Qu’une évaluation biennale <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, effectuée <strong>à</strong> l’ai<strong>de</strong> d’un outil permettant une comparaison<br />
entre l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs québécois – y compris <strong>la</strong> maternelle 4 ans – et si possible avec<br />
ceux d’autres provinces et pays, soit complétée pour tous les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Cette<br />
évaluation <strong>de</strong>vrait porter <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s interactions entre le personnel éducateur et l’enfant, <strong>la</strong> qualité<br />
<strong>de</strong>s interactions entre le personnel éducateur et les parents, <strong>la</strong> structuration et l’aménagement <strong>de</strong>s lieux,<br />
<strong>la</strong> diversité et l’organisation <strong>de</strong>s activités offertes aux enfants ainsi que <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong> l’enfant.<br />
3.8 Que cette évaluation pose un diagnostic <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>,<br />
i<strong>de</strong>ntifie <strong>de</strong>s cibles d’amélioration continue <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services et offre <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es <strong>de</strong> soutien et<br />
d’accompagnement direct lorsque l’évaluation du niveau <strong>de</strong> qualité en révèle <strong>la</strong> nécessité.<br />
3.9 Que les services éducatifs soient tenus d’atteindre un seuil minimal <strong>de</strong> qualité en vertu <strong>de</strong> cette<br />
évaluation, sous peine <strong>de</strong> perdre leur permis ou leur reconnaissance.<br />
3.10 Que <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er le développement global <strong>de</strong> l’enfant soit, au même titre que <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong><br />
as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> santé, <strong>la</strong> sécurité ou le bien-être <strong>de</strong>s enfants, une condition sine qua non au maintien du permis<br />
ou <strong>de</strong> <strong>la</strong> reconnaissance.<br />
3.11 Que le caractère « <strong>sur</strong> <strong>de</strong>man<strong>de</strong> » du soutien pédagogique offert aux RSG par les bureaux<br />
coordonnateurs soit revu <strong>de</strong> sorte qu’il puisse être imposé.<br />
3.12 De retirer l’offre <strong>de</strong> crédits d’impôt pour les enfants inscrits dans les milieux <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> non régis.<br />
4. Il est primordial que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> rejoignent et incluent les enfants issus <strong>de</strong><br />
milieux défavorisés et les enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité.<br />
Les services éducatifs doivent permettre <strong>de</strong> soutenir le développement <strong>de</strong> tous les enfants, y compris <strong>de</strong><br />
ceux ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers. Actuellement, les enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés et les enfants<br />
en situation <strong>de</strong> vulnérabilité sont moins susceptibles <strong>de</strong> fréquenter les services éducatifs et lorsqu’ils en<br />
fréquentent, ces services sont <strong>de</strong> moins bonne qualité. Il faut donc se donner les moyens <strong>de</strong> rejoindre et<br />
inclure ces enfants dans <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> qualité afin <strong>de</strong> renverser cette tendance.<br />
VIII<br />
<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Nous considérons que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />
éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> constituent le porteur principal <strong>de</strong> <strong>la</strong> réussite éducative <strong>de</strong>s enfants entre 0 et 5 ans.<br />
Conséquemment, nous jugeons que les autres me<strong>sur</strong>es complémentaires (Organismes communautaires<br />
Famille, services intégrés en périnatalité et pour <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, maternelles 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu<br />
défavorisé) doivent s’arrimer aux services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. C’est l’ensemble <strong>de</strong> ces ressources<br />
qui constitue le réseau éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
Nous reconnaissons <strong>la</strong> pertinence <strong>de</strong> l’objectif <strong>de</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé qui<br />
vise <strong>à</strong> rejoindre les enfants <strong>de</strong> milieux défavorisés et <strong>à</strong> les préparer <strong>à</strong> leur entrée <strong>à</strong> l’école. Nous suggérons<br />
que le déploiement <strong>de</strong>s c<strong>la</strong>sses se fasse en complémentarité avec le réseau éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> déj<strong>à</strong><br />
en p<strong>la</strong>ce. Nous recommandons :<br />
4.1 De déployer en priorité <strong>de</strong>s efforts <strong>de</strong> recrutement et <strong>de</strong> sensibilisation pour as<strong>sur</strong>er une plus gran<strong>de</strong><br />
fréquentation <strong>de</strong>s services éducatifs par les enfants <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 5 ans.<br />
4.2 D’exiger que les enfants qui fréquentent <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé ne<br />
fréquentaient pas un service éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> avant d’entrer en maternelle 4 ans.<br />
Nous reconnaissons que les organismes communautaires Famille rejoignent actuellement <strong>de</strong>s familles qui<br />
n’utilisent pas les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et nous jugeons utile d’en faire <strong>de</strong>s partenaires<br />
formels <strong>de</strong> ces services éducatifs. Nous proposons donc <strong>de</strong> renforcer leur rôle <strong>de</strong> porte d’entrée ces services<br />
en les dotant d’une mission d’accompagnement <strong>de</strong>s parents vers les services éducatifs. Pour ce faire, nous<br />
recommandons :<br />
4.3 De revoir le financement <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille afin <strong>de</strong> leur allouer un financement<br />
bonifié en fonction du respect <strong>de</strong> leur mission d’accompagnement <strong>de</strong>s parents vers les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />
éducatifs.<br />
5. Il faut consoli<strong>de</strong>r <strong>la</strong> cohésion et <strong>la</strong> complémentarité entre tous les acteurs impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
Le soutien au développement optimal <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans repose <strong>sur</strong> un réseau <strong>de</strong> ressources qui<br />
doivent col<strong>la</strong>borer en p<strong>la</strong>çant les besoins <strong>de</strong>s enfants au centre <strong>de</strong> leurs préoccupations. Des <strong>la</strong>cunes doivent<br />
être comblées afin d’as<strong>sur</strong>er une meilleure continuité entre les services offerts par le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé, le<br />
milieu <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et le milieu sco<strong>la</strong>ire.<br />
Nous sommes d’avis que <strong>de</strong>s passerelles formelles doivent être mises en p<strong>la</strong>ce pour faciliter les échanges<br />
entre ces services.<br />
Nous recommandons :<br />
5.1 Que soit développé un outil standardisé <strong>de</strong> développement <strong>de</strong> l’enfant en col<strong>la</strong>boration avec les milieux<br />
<strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux, avec les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> et avec les parents.<br />
5.2 Que cet outil soit obligatoirement utilisé par les professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux et par<br />
le personnel éducateur afin d’as<strong>sur</strong>er le transfert d’informations et <strong>la</strong> prestation <strong>de</strong> services nécessaires<br />
aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans et pour faciliter leur transition vers <strong>la</strong> maternelle.<br />
5.3 Que le programme SIPPE offert aux jeunes mamans <strong>de</strong> milieux défavorisés soit renforcé et considéré<br />
comme partie indissociable d’une stratégie éducative globale touchant les enfants vulnérables dès <strong>la</strong><br />
grossesse.<br />
IX<br />
<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Nous réaffirmons l’importance <strong>de</strong>s protocoles d’entente entre le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et les services éducatifs <strong>à</strong><br />
<strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Nous souhaitons accroître l’efficacité <strong>de</strong> ces ententes qui visent <strong>à</strong> réserver <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces pour<br />
les enfants ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers en échange d’un accès aux services <strong>de</strong> santé pour ces enfants.<br />
Pour ce faire, nous recommandons :<br />
5.4 Que soit augmenté le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en vertu <strong>de</strong>s protocoles d’entente signés entre les services<br />
éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et les milieux <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et que ces ententes impliquent obligatoirement un<br />
accès aux professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé pour as<strong>sur</strong>er le soutien et l’accompagnement nécessaires aux enfants<br />
touchés par ces ententes.<br />
X<br />
<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Table <strong>de</strong>s matières<br />
CONTEXTE ........................................................................................................................................................ 1<br />
PORTRAIT DES SERVICES ÉDUCATIFS À L’ENFANCE .......................................................................................... 3<br />
DÉMARCHE DE CONSULTATION ....................................................................................................................... 7<br />
CE QUE NOUS AVONS APPRIS DURANT LA TOURNÉE ....................................................................................... 9<br />
Qualité .................................................................................................................................................... 9<br />
Bénéfices associés <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>de</strong> qualité ..................................................... 9<br />
Facteurs <strong>de</strong> qualité ..................................................................................................................................... 12<br />
Formation du personnel ............................................................................................................................ 17<br />
Évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité .............................................................................................................................. 21<br />
Accessibilité .......................................................................................................................................... 23<br />
Portrait <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles .................................................................................................................... 23<br />
Barrières <strong>à</strong> l’accès aux services .................................................................................................................... 26<br />
Universalité ........................................................................................................................................... 31<br />
Modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs et bonification <strong>de</strong>s crédits d’impôt .......................................................................... 31<br />
Intégration <strong>de</strong>s enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité ................................................................................. 33<br />
Gouvernance ......................................................................................................................................... 37<br />
Cohésion et complémentarité entre les acteurs impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ............................................ 37<br />
Col<strong>la</strong>boration systémique .......................................................................................................................... 39<br />
Cohésion entre les ministères impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> .......................................................................... 42<br />
Uniformisation <strong>de</strong>s exigences et <strong>de</strong>s pratiques ........................................................................................... 43<br />
Autres préoccupations entendues durant <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> ...................................................................... 45<br />
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS ....................................................................................................... 46<br />
Recommandations ...................................................................................................................................... 48<br />
RÉFÉRENCES .................................................................................................................................................. 53<br />
Annexe 1 – Bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong> <strong>la</strong> participation ............................................................................................................... 56<br />
Annexe 2 – Synthèse <strong>de</strong>s résultats <strong>de</strong> Grandir en qualité ............................................................................... 60<br />
Annexe 3 – Appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> par les répondants du sondage<br />
aux parents ................................................................................................................................................... 62<br />
Annexe 4 – Raison du choix <strong>de</strong> service éducatif selon les répondants du sondage aux parents ...................... 63<br />
XI<br />
<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Acronymes<br />
AEC<br />
AQCPE<br />
BC<br />
CA<br />
CLASS<br />
CSSS<br />
CLSC<br />
CSQ<br />
CPE<br />
DEC<br />
ECERS-R<br />
ELDEQ<br />
EQDEM<br />
INM<br />
ISQ<br />
MEES<br />
MF<br />
MSSS<br />
OCDE<br />
OCF<br />
RSG<br />
SIPPE<br />
TPMD<br />
Attestation d’étu<strong>de</strong>s collégiales<br />
Association québécoise <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
Bureau coordonnateur<br />
Conseil d’administration<br />
C<strong>la</strong>ssroom Assessment Scoring System<br />
Centre <strong>de</strong> santé et <strong>de</strong> services sociaux<br />
Centre local <strong>de</strong> services communautaires<br />
Centrale <strong>de</strong>s syndicats du Québec<br />
Centre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
Diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales<br />
Early Childhood Environment Rating Scale – Revised<br />
Étu<strong>de</strong> longitudinale du développement <strong>de</strong>s enfants du Québec<br />
Enquête québécoise <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong>s enfants <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle<br />
Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong><br />
Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec<br />
Ministère <strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> l’Enseignement supérieur<br />
Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille<br />
Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Santé et <strong>de</strong>s Services sociaux<br />
Organisation <strong>de</strong> coopération et <strong>de</strong> développement économiques<br />
Organisme communautaire Famille<br />
Responsable <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial<br />
Services intégrés en périnatalité et pour <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
Maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé<br />
Liste <strong>de</strong>s figures et tableaux<br />
Figure 1 : Portrait <strong>de</strong>s services éducatifs .......................................................................................................... 4<br />
Figure 2 : Répartition <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles au 31 mars 2016 ......................................................................... 5<br />
Figure 3 : Pério<strong>de</strong>s sensibles du développement entre 0 et 7 ans ................................................................... 10<br />
Figure 4 : Pourcentage d’enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans qui fréquentent un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> régi affichant une qualité<br />
d’ensemble acceptable, bonne ou excellente, selon le groupe d’âge <strong>de</strong>s enfants et le type <strong>de</strong> service éducatif en<br />
2003 ............................................................................................................................................................... 11<br />
Figure 5 : Pourcentage d’enfants en CPE et gar<strong>de</strong>ries non subventionnées selon le niveau <strong>de</strong> l’indice <strong>de</strong> qualité<br />
d’ensemble en 2014 ....................................................................................................................................... 11<br />
Figure 6 : Taux d’activités <strong>de</strong>s mères dont le plus jeune enfant avait 5 ans ou moins dans les cinq régions du<br />
Canada en 1998 et 2014 ................................................................................................................................. 15<br />
Figure 7 : Bénéfices associés <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ............................... 17<br />
Figure 8 : Répartition <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans selon leur mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> ........................................................ 27<br />
Figure 9 : Proportion <strong>de</strong> familles ayant <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 5 ans n’ayant pas recours <strong>à</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> régulière en<br />
fonction <strong>de</strong> revenu familial annuel .............................................................................................................. 28<br />
Figure 10 : Tarification <strong>de</strong>s services éducatifs subventionnés pour <strong>2017</strong> ..................................................... 31<br />
Figure 11 : Proportion d’enfants <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle vulnérables dans au moins un domaine <strong>de</strong> développement<br />
selon l’indice <strong>de</strong> défavorisation matérielle .................................................................................................... 34<br />
Figure 12 : Modèle écosystémique ............................................................................................................... 38<br />
Tableau 1 : Avantage et coût annuels du remp<strong>la</strong>cement du système traditionnel par le système <strong>à</strong> contribution<br />
réduite ........................................................................................................................................................... 16<br />
Tableau 2 : Évolution <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles en services éducatifs au Québec .............................................. 23<br />
Tableau 3 : P<strong>la</strong>ces occupées en services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> au Québec en 2013-2014 et 2014-2015 ............................ 25<br />
XII<br />
<strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Contexte 1<br />
En 1997, le gouvernement du Québec publiait un livre b<strong>la</strong>nc <strong>sur</strong> les nouvelles dispositions <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique<br />
familiale intitulée Les enfants au cœur <strong>de</strong> nos choix. É<strong>la</strong>borée dans un contexte <strong>de</strong> re<strong>la</strong>nce <strong>de</strong> l’économie et<br />
<strong>de</strong> l’emploi, cette politique visait trois objectifs :<br />
• as<strong>sur</strong>er l’équité par un soutien universel aux familles et une ai<strong>de</strong> accrue aux familles <strong>à</strong> faible revenu ;<br />
• faciliter <strong>la</strong> conciliation <strong>de</strong>s responsabilités parentales et professionnelles ;<br />
• favoriser le développement <strong>de</strong>s enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances. 2<br />
Parmi les me<strong>sur</strong>es pour atteindre ces objectifs, <strong>la</strong> politique misait notamment <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong><br />
services éducatifs et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. 3 Cette me<strong>sur</strong>e répondait <strong>à</strong> un besoin établi dès les années<br />
1960 dans le rapport Parent <strong>sur</strong> l’enseignement au Québec qui recommandait déj<strong>à</strong> <strong>de</strong>s activités éducatives<br />
pour les enfants <strong>de</strong> 4 et 5 ans. L’idée d’un programme <strong>de</strong> stimu<strong>la</strong>tion infantile avait préa<strong>la</strong>blement été<br />
évoquée dans le rapport Un Québec fou <strong>de</strong> ses enfants publié en 1991 4 puis dans les rapports (majoritaire<br />
et minoritaire) du Comité externe <strong>de</strong> <strong>la</strong> réforme <strong>de</strong> <strong>la</strong> sécurité du revenu en 1996 5 dont s’est inspiré le<br />
gouvernement pour l’é<strong>la</strong>boration <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale.<br />
Le livre b<strong>la</strong>nc insistait <strong>sur</strong> l’importance <strong>de</strong> donner <strong>à</strong> tous les enfants un accès <strong>à</strong> <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>de</strong><br />
qualité qui les prépareraient au parcours sco<strong>la</strong>ire et leur donneraient toutes les chances <strong>de</strong> se développer<br />
au meilleur <strong>de</strong> leur potentiel.<br />
La mise en œuvre <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale, incluant le régime d’as<strong>sur</strong>ance parentale, a permis <strong>de</strong>s avancées<br />
notables en ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> situation <strong>de</strong>s familles <strong>à</strong> faible revenu, <strong>à</strong> <strong>la</strong> conciliation travail-famille, au soutien<br />
<strong>à</strong> l’engagement <strong>de</strong>s pères auprès <strong>de</strong> leurs jeunes enfants et <strong>à</strong> l’activité <strong>de</strong>s femmes <strong>sur</strong> le marché du travail.<br />
Le développement <strong>de</strong>s enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances, troisième objectif du livre b<strong>la</strong>nc, n’ont cependant<br />
pas fait l’objet d’un suivi et d’une évaluation systématique qui aurait permis d’en me<strong>sur</strong>er l’atteinte. C’est<br />
donc avec <strong>la</strong> volonté <strong>de</strong> faire un bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> au Québec et <strong>de</strong> leurs<br />
répercussions <strong>sur</strong> les tout-petits que <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> a été créée. Ce<strong>la</strong>,<br />
dans <strong>la</strong> perspective <strong>de</strong> jeter les bases d’une vision collective porteuse pour l’avenir <strong>de</strong> nos jeunes enfants.<br />
La <strong>Commission</strong> est une initiative <strong>de</strong> l’Association québécoise <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (AQCPE). Afin<br />
d’as<strong>sur</strong>er l’indépendance du processus, l’AQCPE a nommé trois commissaires indépendants pour mener <strong>à</strong><br />
bien ce travail <strong>de</strong> consultation, <strong>de</strong> réflexion et <strong>de</strong> recommandation : M. André Lebon, prési<strong>de</strong>nt, ainsi que<br />
Mme Martine Desjardins et M. Pierre Landry. L’AQCPE a également mandaté l’Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong><br />
(INM), une organisation <strong>à</strong> but non lucratif dont <strong>la</strong> mission est d’accroître <strong>la</strong> participation <strong>de</strong>s citoyens <strong>à</strong> <strong>la</strong> vie<br />
démocratique, pour coordonner les opérations et le secrétariat <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>.<br />
1 Cette section ainsi que <strong>la</strong> section suivante reprennent plusieurs éléments du document <strong>de</strong> consultation et du supplément<br />
d’information produits dans le cadre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Pour plus d’informations, vous pouvez-vous<br />
y référer : http://inm.qc.ca/commission-education-<strong>petite</strong>-<strong>enfance</strong>/documentation/<br />
2 Gouvernement du Québec, 1997. Les enfants au cœur <strong>de</strong> nos choix : Nouvelles dispositions <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale, page<br />
VII.<br />
3 Les <strong>de</strong>ux autres me<strong>sur</strong>es du livre b<strong>la</strong>nc sont l’instauration d’une allocation unifiée pour enfants et d’un nouveau régime<br />
d’as<strong>sur</strong>ance parentale (congés parentaux).<br />
4 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux, 1991. Un Québec fou <strong>de</strong> ses enfants, en ligne : http://publications.msss.gouv.<br />
qc.ca/msss/document-000205/<br />
5 Camil Bouchard, Vivian Labrie, et A<strong>la</strong>in Noël, 1996. Chacun sa part : <strong>Rapport</strong> <strong>de</strong> trois membres du Comité́ externe <strong>de</strong> réforme<br />
<strong>de</strong> <strong>la</strong> sécurité du revenu, en ligne : http://www.emploiquebec.gouv.qc.ca/publications/pdf/SR_chacun_sa_part_rapport.pdf et Pierre<br />
Fortin et Francine Séguin, 1996. Pour un régime équitable axé <strong>sur</strong> l’emploi : <strong>Rapport</strong> soumis <strong>à</strong> <strong>la</strong> ministre <strong>de</strong> <strong>la</strong> sécurité du revenu, en<br />
ligne : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs43345<br />
1 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Le dialogue social suscité par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> portait <strong>sur</strong> quatre enjeux principaux : <strong>la</strong> qualité, l’accessibilité,<br />
l’universalité et <strong>la</strong> gouvernance <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Les commissaires ont parcouru<br />
<strong>la</strong> province et ont rencontré <strong>de</strong>s acteurs concernés directement ou indirectement par l’un ou plusieurs <strong>de</strong><br />
ces thèmes. Ils ont recueilli et interrogé leurs points <strong>de</strong> vue dans le but <strong>de</strong> mieux comprendre les réalités<br />
vécues. Le présent rapport fait état <strong>de</strong> ce que les commissaires retiennent <strong>de</strong> ces consultations et présente<br />
les recommandations qui en découlent.<br />
2 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Portrait <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong><br />
La <strong>Commission</strong> s’est intéressée aux services éducatifs offerts aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans. Ces services incluent,<br />
sans s’y limiter, les services éducatifs en instal<strong>la</strong>tion, les services en milieu familial, <strong>de</strong>s services offerts<br />
dans <strong>de</strong>s organismes communautaires et les services d’éducation présco<strong>la</strong>ire. À titre indicatif, cette<br />
section présente les principaux modèles examinés dans le cadre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>. À noter toutefois que<br />
<strong>la</strong> <strong>Commission</strong> s’est aussi intéressée <strong>à</strong> tous autres aspects entourant le thème <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong> tels que les dynamiques familiales ou encore les services <strong>de</strong> santé et les services sociaux.<br />
Les services éducatifs en instal<strong>la</strong>tion<br />
Ces services regroupent <strong>à</strong> <strong>la</strong> fois les centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (CPE) et les gar<strong>de</strong>ries. Le terme « instal<strong>la</strong>tion<br />
» réfère, selon le ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille (MF), <strong>à</strong> « un ensemble indissociable <strong>de</strong> locaux comprenant toutes<br />
aires <strong>de</strong> jeu, <strong>de</strong> service et <strong>de</strong> circu<strong>la</strong>tion ainsi que l’espace extérieur <strong>de</strong> jeu lorsque celui-ci n’est pas situé<br />
dans un parc public, réservé exclusivement aux activités <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> du titu<strong>la</strong>ire <strong>de</strong> permis pendant toutes les<br />
heures <strong>de</strong> prestation <strong>de</strong>s services. » 6 Selon ce ministère, environ six enfants utilisateurs <strong>de</strong> services <strong>sur</strong> dix<br />
fréquentent un service éducatif en instal<strong>la</strong>tion. 7 Qu’ils soient subventionnés ou non, les services éducatifs<br />
en instal<strong>la</strong>tion sont tous régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />
Centre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
Un CPE est une personne morale (organisme sans but lucratif ou coopérative) qui fournit <strong>de</strong>s services<br />
éducatifs dans une ou <strong>de</strong>s instal<strong>la</strong>tions. Son conseil d’administration est composé d’au moins sept membres<br />
dont au moins les <strong>de</strong>ux tiers sont <strong>de</strong>s parents usagers ou futurs usagers <strong>de</strong>s services fournis par le CPE.<br />
Les services offerts par les CPE sont subventionnés. Les p<strong>la</strong>ces offertes par un CPE sont donc <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong><br />
contribution réduite pour les parents.<br />
Gar<strong>de</strong>rie<br />
Une gar<strong>de</strong>rie est une personne morale (organisme sans but lucratif, coopérative ou société par actions <strong>à</strong> but<br />
lucratif), une personne physique ou un conseil <strong>de</strong> ban<strong>de</strong> autochtone qui fournit <strong>de</strong>s services éducatifs dans<br />
une instal<strong>la</strong>tion. Une gar<strong>de</strong>rie a l’obligation <strong>de</strong> former un comité consultatif <strong>de</strong> parents pour traiter tous les<br />
aspects touchant <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> <strong>de</strong>s enfants reçus <strong>à</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong>rie. Une gar<strong>de</strong>rie peut être subventionnée ou non<br />
subventionnée. Le parent dont l’enfant ne bénéficie pas d’une p<strong>la</strong>ce subventionnée peut recevoir un crédit<br />
d’impôt pour frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> d’enfants.<br />
Les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial<br />
Un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial est offert par une personne dans une rési<strong>de</strong>nce privée. Ces services sont<br />
soit régis ou non régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>. Les personnes responsables<br />
d’un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial (RSG) ont le choix d’offrir ou non <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces subventionnées.<br />
Service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial régi<br />
Les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial régis sont <strong>de</strong>s services reconnus par un bureau coordonnateur (BC).<br />
La gran<strong>de</strong> majorité <strong>de</strong>s RSG reconnues par un BC <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial sont subventionnées et<br />
offrent donc <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces subventionnées. Une RSG peut recevoir un maximum <strong>de</strong> neuf enfants <strong>de</strong> moins <strong>de</strong><br />
neuf ans, incluant ses enfants. Toutefois, si elle accueille <strong>de</strong> sept <strong>à</strong> neuf enfants, elle doit être assistée d’un<br />
autre adulte.<br />
6 Gouvernement du Québec. Règlement <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>, en ligne : http://legisquebec.gouv.<br />
qc.ca/fr/showdoc/cr/S-4.1.1,%20r.%202<br />
7 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2015. Situation <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial au<br />
Québec en 2013, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/Situation_<strong>de</strong>s_CPE_et_<strong>de</strong>s_gar<strong>de</strong>ries-2013.pdf<br />
3 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial non régi<br />
Toute personne peut fournir <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> un maximum <strong>de</strong> six enfants, sans compter ses propres<br />
enfants, sans avoir besoin d’être reconnue par un BC <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial ou d’être titu<strong>la</strong>ire d’un<br />
permis <strong>de</strong> CPE ou <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>rie. Ce service n’est régi par aucune loi ni aucun règlement.<br />
Le schéma suivant illustre ces services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />
Services sous <strong>la</strong> responsabilité <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs<br />
<strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong><br />
Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> non régis<br />
CPE<br />
subventionnés<br />
Services en<br />
instal<strong>la</strong>tion<br />
Gar<strong>de</strong>ries<br />
subventionnés<br />
Gar<strong>de</strong>rie non<br />
subventionnées<br />
Services<br />
en milieu<br />
familial<br />
(coordonnés<br />
par un BC)<br />
Responsable <strong>de</strong><br />
service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />
subventionné<br />
Responsable <strong>de</strong><br />
service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />
non subventionné<br />
Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu<br />
familial non régis<br />
Personnes qui s’occupent <strong>de</strong> 6<br />
enfants ou moins<br />
Figure 1 : Portrait <strong>de</strong>s services éducatifs<br />
Tous les services régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> ont l’obligation d’offrir<br />
un programme éducatif <strong>de</strong> leur choix. La plupart <strong>de</strong>s CPE et <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries emploient ou s’inspirent du<br />
programme du MF : Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. 8<br />
Les services offerts par les organismes communautaires Famille<br />
À ces services éducatifs s’ajoutent également les services fournis par les organismes communautaires Famille<br />
(OCF) qui relèvent du MF. Caractérisés par une approche centrée <strong>sur</strong> <strong>la</strong> famille, les OCF représentent <strong>de</strong>s<br />
milieux <strong>de</strong> vie, d’entrai<strong>de</strong>, <strong>de</strong> soutien, <strong>de</strong> valorisation, d’implication et <strong>de</strong> développement qui accueillent<br />
l’ensemble <strong>de</strong>s membres <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille. La reconnaissance du rôle <strong>de</strong>s parents est au cœur <strong>de</strong> leurs<br />
8 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2015. Situation <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial au<br />
Québec en 2013, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/Situation_<strong>de</strong>s_CPE_et_<strong>de</strong>s_gar<strong>de</strong>ries-2013.pdf<br />
4 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
préoccupations. 9 Les OCF offrent notamment <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> halte-gar<strong>de</strong>rie et <strong>de</strong>s activités parents-enfants<br />
et constituent, selon leurs représentants, une porte d’entrée vers les services éducatifs pour les enfants <strong>de</strong>s<br />
familles défavorisées. Les services <strong>de</strong> halte-gar<strong>de</strong>rie offerts par les OCF ne sont pas régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les<br />
services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> ni par quelque autre loi. La Fédération québécoise <strong>de</strong>s organismes<br />
communautaires Famille estime que les OCF rejoignent plus <strong>de</strong> 130 000 familles ayant au moins un enfant<br />
<strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 6 ans. 10<br />
Les programmes d’éducation présco<strong>la</strong>ire<br />
L’éducation présco<strong>la</strong>ire inclut <strong>la</strong> maternelle <strong>à</strong> temps partiel pour les enfants <strong>de</strong> 4 ans, <strong>la</strong> maternelle 4 ans<br />
<strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé (TPMD), qui vise <strong>à</strong> offrir <strong>de</strong>s services éducatifs aux enfants vivant en<br />
milieu défavorisé, et <strong>la</strong> maternelle <strong>à</strong> temps plein pour les enfants <strong>de</strong> 5 ans. Le programme Passe-partout<br />
fait également partie <strong>de</strong>s services sous <strong>la</strong> responsabilité <strong>de</strong> <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> l’instruction publique. Il vise <strong>à</strong> créer<br />
un pont entre <strong>la</strong> maison et l’école en outil<strong>la</strong>nt les parents <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 4 ans pour favoriser leur réussite<br />
sco<strong>la</strong>ire. Les programmes d’éducation présco<strong>la</strong>ires sont sous <strong>la</strong> responsabilité du Ministère <strong>de</strong> l’Éducation et<br />
<strong>de</strong> l’Enseignement supérieur (MEES).<br />
Utilisation <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
Au 31 mars 2016, 285 315 p<strong>la</strong>ces régies par Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> étaient<br />
disponibles et réparties entre les CPE, les services en milieu familial, les gar<strong>de</strong>ries subventionnées et les<br />
gar<strong>de</strong>ries non subventionnées.<br />
55 256<br />
92 398<br />
46 057<br />
91 604<br />
Figure 2 : Répartition <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles au 31 mars 2016 (tiré <strong>de</strong> : Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016)<br />
9 Fédération québécoise <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille. Mission et approche, http://www.fqocf.org/organismecommunautaire-famille/mission-et-approche/<br />
10 Fédération québécoise <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille, 2016. Les organismes communautaires Famille (OCF), <strong>de</strong>s<br />
acteurs indispensables pour que l’égalité <strong>de</strong>s chances entre tous les tout-petits <strong>de</strong>vienne réalité. Mémoire déposé dans le cadre <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
<strong>Commission</strong>.<br />
5 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Les données les plus récentes indiquent que 7,5% <strong>de</strong>s enfants fréquentaient <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps<br />
partiel. 11 En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans TPMD, le développement <strong>de</strong> c<strong>la</strong>sses continue <strong>de</strong>puis sa mise<br />
en p<strong>la</strong>ce en 2013. Ainsi, en 2013, 56 écoles accueil<strong>la</strong>ient 730 enfants dans une c<strong>la</strong>sse <strong>de</strong> maternelle 4 ans.<br />
En 2015-2016, ce service était offert dans 88 c<strong>la</strong>sses <strong>à</strong> 1192 enfants, puis dans 188 c<strong>la</strong>sses en 2016-<strong>2017</strong>.<br />
Le nombre d’enfants fréquentant une maternelle 4 ans TPMD en 2016-<strong>2017</strong> n’est pas encore disponible. 12<br />
Enfin, presque tous les enfants âgés <strong>de</strong> 5 ans au 30 septembre <strong>de</strong> l’année en cours fréquentent <strong>la</strong> maternelle<br />
5 ans. En 2010-2011, 98% <strong>de</strong>s enfants y étaient inscrits, bien que celle-ci ne soit pas obligatoire. 13<br />
11 Conseil supérieur <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong>, 2012. Mieux accueillir et éduquer les enfants d’âge présco<strong>la</strong>ire, une triple question d’accès,<br />
<strong>de</strong> qualité et <strong>de</strong> continuité <strong>de</strong>s services : Avis <strong>à</strong> <strong>la</strong> ministre <strong>de</strong> l’Éducation, <strong>de</strong>s Loisirs et du Sport, en ligne : https://www.cse.gouv.qc.ca/<br />
fichiers/documents/publications/Avis/50-0477.pdf<br />
12 Ministère <strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> l’Enseignement supérieur, 2015. <strong>Rapport</strong> préliminaire d’évaluation : Maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps<br />
partiel en milieu défavorisé, en ligne : http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/recherche_evaluation/<br />
<strong>Rapport</strong>-preliminaire-maternelle-4-ans.pdf et Monique Bro<strong>de</strong>ur, Évolution <strong>de</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans TPMD, transmis par Christa Japel<br />
13 Ministère <strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> l’Enseignement supérieur. Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu sco<strong>la</strong>ire, en ligne : http://www.<br />
education.gouv.qc.ca/parents-et-tuteurs/services-<strong>de</strong>-gar<strong>de</strong>/questions-et-reponses/<br />
6 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Démarche <strong>de</strong> consultation<br />
La <strong>Commission</strong> a combiné plusieurs modalités <strong>de</strong> participation pour rejoindre différents publics afin <strong>de</strong><br />
dresser le bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> offerts <strong>à</strong> travers <strong>la</strong> province et déterminer les correctifs <strong>à</strong><br />
apporter. Elle a tenu <strong>à</strong> prendre en compte les connaissances <strong>de</strong>s experts, <strong>de</strong>s groupes et organismes, <strong>de</strong>s<br />
parents et <strong>de</strong>s citoyens concernés directement ou indirectement par les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>. Le<br />
bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong> <strong>la</strong> participation aux diverses activités ainsi que <strong>la</strong> liste <strong>de</strong>s experts et groupes entendus se trouve<br />
en annexe 1 du rapport.<br />
Audiences d’experts<br />
Les 12 et 13 octobre 2016, les audiences publiques ont permis d’entendre 16 experts. L’objectif <strong>de</strong> ces<br />
audiences était <strong>de</strong> permettre aux commissaires d’acquérir une base d’informations récentes, complètes et<br />
représentatives d’une diversité <strong>de</strong> points <strong>de</strong> vue <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> en vue <strong>de</strong> se préparer <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />
tournée <strong>de</strong> consultation <strong>à</strong> travers le Québec. Sept autres experts qui n’ont pu être présents lors <strong>de</strong> ces <strong>de</strong>ux<br />
journées ont été entendus lors <strong>de</strong>s audiences <strong>de</strong>s groupes <strong>à</strong> Québec et <strong>à</strong> Montréal ou en audiences privées.<br />
Audiences <strong>de</strong>s groupes et organismes<br />
Les commissaires ont visité 14 villes pour rencontrer les groupes et organismes intéressés. Ces audiences<br />
ont permis d’entendre une diversité <strong>de</strong> points <strong>de</strong> vue et <strong>de</strong> prendre en compte les réalités régionales <strong>de</strong>s<br />
participants. Des audiences nationales, accueil<strong>la</strong>nt <strong>de</strong>s groupes ayant une portée nationale, ont conclu<br />
<strong>la</strong> démarche les 6 et 7 décembre 2016. En tout, 135 groupes et organismes ont été entendus durant les<br />
audiences régionales et nationales. La majorité <strong>de</strong>s groupes entendus provenait du milieu syndical (35), <strong>de</strong><br />
CPE (27) et d’OCF (18). Des propriétaires <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries (11), <strong>de</strong>s représentants d’organismes œuvrant dans<br />
le domaine <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé (7), <strong>de</strong>s représentants <strong>de</strong> cégeps ou <strong>de</strong>s enseignants en Techniques d’éducation<br />
<strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> (4), <strong>de</strong>s organisations <strong>de</strong> parents (4) et <strong>de</strong>s représentants liés au milieu <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> (<strong>de</strong>ux<br />
commissions sco<strong>la</strong>ires ainsi que le Conseil supérieur <strong>de</strong> l’Éducation et le Comité canadien <strong>de</strong> l’Organisation<br />
mondiale pour <strong>l’éducation</strong> présco<strong>la</strong>ire) ont également été entendus. Enfin, <strong>de</strong>s organismes ou partenaires<br />
associés <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (Fondation Lucie et André Chagnon, Avenir d’enfants, <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>de</strong>s droits<br />
<strong>de</strong> <strong>la</strong> personne et <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong> <strong>la</strong> jeunesse,) et <strong>de</strong>s acteurs locaux ayant témoigné <strong>de</strong> projets déployés dans<br />
leur région, tels que <strong>de</strong>s Tables <strong>de</strong> concertation ou <strong>de</strong>s projets d’intégration d’enfants ayant <strong>de</strong>s besoins<br />
particuliers, ont aussi été rencontrés.<br />
Forums citoyens<br />
Les forums citoyens étaient ouverts <strong>à</strong> tous les citoyens souhaitant contribuer au débat. Animés sous <strong>la</strong> forme<br />
<strong>de</strong> conversations <strong>de</strong> café, ces forums, tenus en soirée, offraient une occasion d’échanges et <strong>de</strong> dialogues <strong>sur</strong><br />
<strong>la</strong> base <strong>de</strong>s questions <strong>de</strong> consultation qui leur étaient présentées. Les participants étaient répartis par table,<br />
selon les thèmes abordés par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> : <strong>la</strong> qualité, l’accessibilité, l’universalité et <strong>la</strong> gouvernance.<br />
Les participants étaient pour <strong>la</strong> plupart <strong>de</strong>s travailleurs en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (éducateurs, RSG, directeurs <strong>de</strong><br />
CPE, enseignants au présco<strong>la</strong>ire) ainsi que <strong>de</strong>s parents <strong>de</strong> jeunes enfants utilisateurs <strong>de</strong> services éducatifs.<br />
Au total, 416 citoyens ont participé <strong>à</strong> ces activités dans les 14 villes.<br />
Sondage grand public<br />
Un sondage a été mené par <strong>la</strong> firme Léger du 3 au 6 octobre 2016. Il a permis <strong>de</strong> recueillir l’opinion <strong>de</strong> 1004<br />
Québécois <strong>sur</strong> quelques questions liées <strong>à</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
Sondage aux parents<br />
Un sondage <strong>à</strong> l’intention <strong>de</strong>s parents d’enfants âgés <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans a été mené du 10 novembre au 6 décembre<br />
2016. Il a été diffusé <strong>sur</strong> les comptes Facebook et Twitter <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> et envoyé aux participants<br />
<strong>de</strong>s activités <strong>de</strong> consultations régionales. Certains groupes l’ont également re<strong>la</strong>yé. Ce sondage a permis <strong>de</strong><br />
7 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
ecueillir l’opinion <strong>de</strong> 5009 répondants et <strong>de</strong> mieux comprendre les choix <strong>de</strong>s parents en ce qui a trait aux<br />
services éducatifs ainsi qu’<strong>à</strong> évaluer leur appréciation <strong>de</strong> ces services.<br />
Appel <strong>de</strong> mémoires et commentaires<br />
Tous les citoyens, experts, groupes et organismes souhaitant éc<strong>la</strong>irer les travaux <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> ont<br />
également pu participer en transmettant par courriel leurs mémoires ou commentaires; 167 mémoires et<br />
commentaires, dont 95 ont été présentés en audiences, ont été reçus. Les mémoires peuvent être consultés<br />
<strong>sur</strong> le site internet <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>.<br />
Remarques <strong>sur</strong> <strong>la</strong> rédaction <strong>de</strong> ce rapport<br />
La <strong>Commission</strong> a procédé <strong>à</strong> une lecture et <strong>à</strong> une analyse synthétique et thématique <strong>de</strong>s mémoires, <strong>de</strong>s<br />
commentaires reçus par courriel ainsi que <strong>de</strong>s interventions verbales faites lors <strong>de</strong>s séances publiques.<br />
Les opinions ont été regroupées par thèmes et catégories d’enjeux. Davantage que <strong>la</strong> récurrence <strong>de</strong>s<br />
opinions émises, ont été considérées <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> l’argumentation et <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s informations factuelles<br />
fournies pour déterminer l’importance <strong>à</strong> accor<strong>de</strong>r <strong>à</strong> ces opinions dans le processus d’analyse. Des citations<br />
tirées <strong>de</strong>s mémoires et <strong>de</strong>s commentaires reçus ainsi que <strong>de</strong>s transcriptions <strong>de</strong>s interventions verbales<br />
lors <strong>de</strong>s activités apparaissent dans le rapport afin d’illustrer certaines idées récurrentes <strong>de</strong>s participants.<br />
Les pages suivantes présentent également quelques résultats du sondage mené auprès <strong>de</strong>s parents et du<br />
sondage grand public, <strong>de</strong> manière <strong>à</strong> mettre en perspective <strong>de</strong>s points <strong>de</strong> vue exprimés par les groupes<br />
et organismes.<br />
8 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Ce que nous appris durant <strong>la</strong> tournée<br />
Grâce <strong>à</strong> <strong>la</strong> tournée <strong>de</strong> consultation, nous avons rencontré plusieurs acteurs concernés directement ou<br />
indirectement par les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Nous avons entendu et lu les témoignages<br />
<strong>de</strong> gens fiers <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale et <strong>de</strong>s bénéfices qu’elle a engendrés, particulièrement en ce qui a<br />
trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> conciliation <strong>de</strong>s activités familiales et professionnelles et <strong>à</strong> l’activité <strong>de</strong>s femmes <strong>sur</strong> le marché du<br />
travail. Pour ces intervenants, <strong>la</strong> nécessité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ne fait aucun doute.<br />
Ils se sont prononcés <strong>sur</strong> les quatre enjeux <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>, <strong>la</strong> qualité, l’accessibilité, l’universalité et <strong>la</strong><br />
gouvernance. Ils ont manifesté un souci très prégnant <strong>de</strong> consoli<strong>de</strong>r les bénéfices <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale<br />
tout en exposant leurs préoccupations et leurs souhaits pour l’avenir. Cette section présente une synthèse<br />
<strong>de</strong>s éléments les plus forts retenus par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>. Ces éléments constituent <strong>à</strong> nos yeux un état <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
situation vali<strong>de</strong>, basé <strong>sur</strong> les informations recueillies durant les audiences d’experts, et complété par les<br />
témoignages provenant <strong>de</strong>s diverses activités <strong>de</strong> consultations.<br />
Qualité<br />
La qualité est l’enjeu qui a fait l’objet du plus grand nombre d’interventions, tant du côté <strong>de</strong>s experts que<br />
<strong>de</strong>s groupes et <strong>de</strong>s citoyens ayant participé aux activités ou ayant envoyé <strong>de</strong>s mémoires : c’est en offrant <strong>de</strong>s<br />
services <strong>de</strong> qualité partout que le troisième objectif <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale, favoriser le développement <strong>de</strong>s<br />
enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances, serait atteignable. En effet, les bénéfices associés aux services <strong>de</strong> qualité<br />
sont nombreux : réduction <strong>de</strong>s inégalités <strong>de</strong> santé, meilleure préparation pour l’entrée <strong>à</strong> l’école et <strong>la</strong> suite du<br />
parcours sco<strong>la</strong>ire, développement du <strong>la</strong>ngage, <strong>de</strong>s habiletés sociales, etc. Ceci est particulièrement vrai pour<br />
les enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité. Néanmoins, nous constatons que d’importants défis <strong>de</strong>meurent<br />
pour accroître <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services puisque pour tous les types <strong>de</strong> services confondus, <strong>la</strong> cote moyenne<br />
est passable et ceci <strong>de</strong>puis <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale. Nous retenons qu’un rehaussement <strong>de</strong>s<br />
exigences <strong>de</strong> qualification et qu’une évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité plus régulière basée <strong>sur</strong> <strong>de</strong>s outils d’analyse<br />
reconnus permettant une comparaison universelle et une démarche réflexive d’ajustements pourraient<br />
permettre d’atteindre <strong>de</strong> meilleurs niveaux <strong>de</strong> qualité.<br />
Bénéfices associés <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>de</strong> qualité<br />
La fréquentation <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>de</strong> qualité est associée <strong>à</strong> <strong>de</strong> nombreux bénéfices <strong>sur</strong> le<br />
développement <strong>de</strong>s enfants. En effet, les services éducatifs <strong>de</strong> qualité contribuent <strong>à</strong> soutenir l’apprentissage<br />
et le développement <strong>de</strong>s enfants tandis que <strong>la</strong> fréquentation d’un service <strong>de</strong> faible qualité peut nuire <strong>à</strong> leur<br />
développement social, affectif et cognitif. 14 Compte tenu du caractère crucial <strong>de</strong> <strong>la</strong> pério<strong>de</strong> <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans<br />
en ce qui a trait <strong>à</strong> l’acquisition <strong>de</strong>s habiletés liées au développement (voir figure 3), <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services<br />
éducatifs est capitale.<br />
14 Christa Japel, Richard Tremb<strong>la</strong>y et Sylvana Côté, 2005. La qualité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> : Résultats <strong>de</strong><br />
l’Étu<strong>de</strong> longitudinale du développement <strong>de</strong>s enfants du Québec (ÉLDEQ), en ligne : https://www.aqcpe.com/content/uploads/2016/05/<br />
automne-2005-japel-tremb<strong>la</strong>y-cote-qualite-sge-resultats-el<strong>de</strong>q.pdf<br />
9 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Élevé<br />
Sensibilité<br />
Vision<br />
Audition<br />
Réaction habituelle<br />
Langage<br />
Contrôle <strong>de</strong>s émotions<br />
Représentation<br />
Comportements sociaux<br />
Numératie<br />
Bas<br />
Années<br />
Figure 3 : Pério<strong>de</strong>s sensibles du développement entre 0 et 7 ans (Council for Early Child Development, 2010)<br />
La fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>de</strong> qualité est également associée <strong>à</strong> une meilleure préparation <strong>à</strong><br />
l’entrée <strong>à</strong> l’école. Les données <strong>de</strong> l’Enquête québécoise <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong>s enfants <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle<br />
(EQDEM) montrent que les enfants qui ont fréquenté régulièrement un service éducatif présentent moins<br />
souvent une vulnérabilité dans leur développement lorsqu’ils arrivent au seuil <strong>de</strong> leur parcours sco<strong>la</strong>ire.<br />
De fait, plusieurs recherches montrent que les enfants fréquentant <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>de</strong> qualité ont<br />
<strong>de</strong> meilleures performances <strong>la</strong>ngagières et cognitives et une meilleure capacité <strong>à</strong> établir <strong>de</strong>s re<strong>la</strong>tions<br />
harmonieuses avec leurs pairs et les adultes <strong>de</strong> leur entourage que ceux qui n’en fréquentent pas. 15<br />
L’Enquête montréa<strong>la</strong>ise <strong>sur</strong> l’expérience présco<strong>la</strong>ire <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> maternelle (EMEP) montre également<br />
que les services éducatifs <strong>de</strong> qualité constituent <strong>de</strong>s facteurs <strong>de</strong> protection pour les enfants <strong>de</strong> familles<br />
<strong>à</strong> faible revenu. En effet, selon l’EMEP, les enfants <strong>de</strong> familles <strong>à</strong> faible revenu qui ont fréquenté <strong>de</strong> façon<br />
exclusive un CPE durant <strong>la</strong> pério<strong>de</strong> présco<strong>la</strong>ire sont 3,3 fois moins susceptibles d’être vulnérables dans un<br />
domaine ou plus <strong>de</strong> leur développement, comparativement <strong>à</strong> leurs pairs n’ayant pas fréquenté <strong>de</strong> service<br />
éducatif. Ces enfants sont également 2,5 fois moins susceptibles d’être vulnérables dans un domaine <strong>de</strong><br />
développement que leurs pairs ayant fréquenté un autre type <strong>de</strong> service éducatif régi. 16<br />
La Direction régionale <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé publique <strong>de</strong> Montréal et <strong>la</strong> Direction <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé publique <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie<br />
font également valoir que <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>de</strong> qualité par <strong>de</strong>s enfants en situation <strong>de</strong><br />
vulnérabilité permet <strong>à</strong> <strong>la</strong> fois <strong>de</strong> réduire les inégalités sociales <strong>de</strong> santé <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong>s enfants et<br />
le stress toxique auquel certains enfants vulnérables sont soumis et qui engendrent <strong>de</strong>s effets délétères <strong>sur</strong><br />
le développement du cerveau. Ils ajoutent que les services <strong>de</strong> qualité fournissent une alimentation saine qui<br />
influence favorablement le développement global et <strong>la</strong> santé <strong>de</strong>s enfants.<br />
15 Gilles Cantin, Caroline Bouchard et Nathalie Bigras, 2012. Les facteurs prédisposant <strong>à</strong> <strong>la</strong> réussite éducative dès <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong>, Revues <strong>de</strong>s sciences <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong>, vol.38, no 3, p. 469-482. En ligne : https://www.erudit.org/revue/rse/2012/v38/<br />
n3/1022708ar.pdf<br />
16 Agence <strong>de</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux <strong>de</strong> Montréal, 2015. Quel est l’effet <strong>de</strong> <strong>la</strong> fréquentation d’un service éducatif <strong>sur</strong> le<br />
développement <strong>de</strong> l’enfant <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle selon le statut socioéconomique ? Résultats <strong>de</strong> l’Enquête montréa<strong>la</strong>ise <strong>sur</strong> l’expérience présco<strong>la</strong>ire<br />
<strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> maternelle, en ligne : https://publications.santemontreal.qc.ca/uploads/tx_asssmpublications/978-2-89673-475-7_03.<br />
pdf<br />
10 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Plusieurs experts entendus rappellent que les étu<strong>de</strong>s Grandir en qualité, réalisées par l’Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
statistique du Québec (ISQ) pour le MF en 2003 et 2014, montrent que <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> l’ensemble <strong>de</strong>s services<br />
éducatifs, tous types confondus, est généralement <strong>de</strong> niveau passable et qu’elle ne s’est pas améliorée<br />
au cours <strong>de</strong>s <strong>de</strong>rnières années. Les figures 4 et 5, <strong>de</strong> même que l’annexe 2, présentent une synthèse <strong>de</strong>s<br />
résultats <strong>de</strong> ces <strong>de</strong>ux étu<strong>de</strong>s.<br />
Enfants <strong>de</strong> 18 mois <strong>à</strong> 5 ans en gar<strong>de</strong>rie<br />
37%<br />
52% 11%<br />
Bonne ou très bonne<br />
Passable<br />
Enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans en milieu familial<br />
21%<br />
60%<br />
19%<br />
6% 53%<br />
42%<br />
02 04 06 08 0 100 120<br />
Figure 4 : Pourcentage d’enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans qui fréquentent un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> régi affichant une qualité<br />
d’ensemble acceptable, bonne ou excellente, selon le groupe d’âge <strong>de</strong>s enfants et le type <strong>de</strong> service éducatif<br />
en 2003 (Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, Grandir en qualité 2003)<br />
51%<br />
53%<br />
45%<br />
36%<br />
4%<br />
10%<br />
Insatisfaisante<br />
Acceptable<br />
Bonne ou excellente<br />
CPE<br />
Gar<strong>de</strong>ries non subventionnées<br />
Figure 5 : Pourcentage d’enfants en CPE et gar<strong>de</strong>ries non subventionnées selon le niveau <strong>de</strong> l’indice <strong>de</strong><br />
qualité d’ensemble en 2014 (Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, Grandir en qualité 2014)<br />
Au-<strong>de</strong>l<strong>à</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> moyenne <strong>de</strong> l’ensemble <strong>de</strong>s services, ces figures indiquent que le réseau <strong>de</strong>s CPE en instal<strong>la</strong>tion<br />
s’en tire mieux que celui <strong>de</strong>s services en milieu familial et en gar<strong>de</strong>ries <strong>à</strong> but lucratif. Le sondage complété<br />
auprès <strong>de</strong>s parents par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> montre également que les parents portent un jugement plus favorable<br />
11 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
<strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s lieux, <strong>de</strong>s activités et <strong>de</strong> <strong>la</strong> re<strong>la</strong>tion entre l’enfant et l’éducatrice ou l’éducateur dans les CPE<br />
que dans les autres services (voir l’annexe 3).<br />
Durant leurs présentations, Richard Tremb<strong>la</strong>y, Sylvana Côté, France Capuano et Michel Boivin ont présenté<br />
certains résultats <strong>de</strong> l’Étu<strong>de</strong> longitudinale du développement <strong>de</strong>s enfants du Québec (ÉLDEQ). Il en ressort<br />
notamment que les enfants les plus vulnérables tirent le plus <strong>de</strong> bénéfices <strong>de</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services<br />
éducatifs <strong>de</strong> qualité. Cependant, il y a moins <strong>de</strong> chance que ces enfants fréquentent un service éducatif et,<br />
lorsqu’ils le font, les chances sont plus gran<strong>de</strong>s qu’il soit <strong>de</strong> faible qualité.<br />
Également, dans son rapport <strong>de</strong> 2012, le Vérificateur général du Québec soulignait le fait que <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les<br />
services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> vise <strong>à</strong> promouvoir <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> qualité favorisant le développement<br />
<strong>de</strong>s enfants et leur fournissant un environnement stimu<strong>la</strong>nt. Il notait toutefois <strong>de</strong>s <strong>la</strong>cunes dans l’attribution<br />
<strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> contribution réduite, jugeant qu’elle ne tenait pas suffisamment compte <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s<br />
projets, et il relevait <strong>de</strong>s manquements au niveau <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es proposées par le ministère pour améliorer <strong>la</strong><br />
qualité <strong>de</strong>s services, notamment en raison du manque <strong>de</strong> mécanismes <strong>de</strong> contrôle <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité. 17<br />
Ainsi, il semble <strong>de</strong> plus en plus évi<strong>de</strong>nt que <strong>la</strong> politique familiale n’a pas atteint l’objectif <strong>de</strong> favoriser l’égalité<br />
<strong>de</strong>s chances, principalement en raison <strong>de</strong>s <strong>la</strong>cunes liées <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs offerts aux enfants,<br />
comme l’a fait valoir Pierre Lefebvre dans sa présentation. D’importants défis doivent donc être relevés en<br />
ce qui a trait <strong>à</strong> l’amélioration <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services offerts aux tout-petits.<br />
Facteurs <strong>de</strong> qualité<br />
Dans son mémoire, Nathalie Bigras répertorie les principaux indicateurs ou paramètres servant <strong>à</strong> me<strong>sur</strong>er<br />
<strong>la</strong> qualité d’un service éducatif <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> :<br />
• le ratio éducateur-enfants;<br />
• <strong>la</strong> formation et l’expérience du personnel;<br />
• l’expérience quotidienne offerte en cohérence avec le programme éducatif en p<strong>la</strong>ce;<br />
• les interactions entre le personnel éducateur et les enfants;<br />
• le programme éducatif;<br />
• <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong> organiser un environnement physique et social adapté aux enfants;<br />
• les re<strong>la</strong>tions entre le personnel éducateur et les parents.<br />
Le Conseil supérieur <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> affirme dans un avis <strong>de</strong> 2012 que trois facteurs semblent avoir une<br />
importance prépondérante <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs : le ratio éducateur-enfants, <strong>la</strong> taille du<br />
groupe et <strong>la</strong> formation du personnel. 18<br />
En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans, Yo<strong>la</strong>n<strong>de</strong> Brunelle, membre du comité-conseil <strong>sur</strong> l’imp<strong>la</strong>ntation <strong>de</strong>s<br />
maternelles 4 ans TPMD, compare les services offerts en CPE et en maternelle 4 ans TPMD <strong>à</strong> l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />
sept facteurs reconnus pour avoir un impact positif <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong>s jeunes : <strong>la</strong> taille du groupe,<br />
le ratio adulte-enfant, <strong>la</strong> formation et <strong>la</strong> rémunération du personnel, les interactions chaleureuses et<br />
adéquates entre l’adulte et l’enfant, <strong>la</strong> richesse <strong>de</strong> l’environnement eu égard au développement du <strong>la</strong>ngage,<br />
le programme basé <strong>sur</strong> l’approche développementale et l’environnement approprié en matière <strong>de</strong> sécurité.<br />
Nous constatons donc que les facteurs <strong>de</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> sont simi<strong>la</strong>ires d’un<br />
milieu <strong>à</strong> l’autre.<br />
17 Vérificateur général du Québec, 2011. <strong>Rapport</strong> du Vérificateur général du Québec <strong>à</strong> l’Assemblée nationale pour l’année<br />
2011-2012 – Chapitre 5 : Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> : qualité, performance et reddition <strong>de</strong> comptes, en ligne : http://www.<br />
vgq.gouv.qc.ca/fr/fr_publications/fr_rapport-annuel/fr_2011-2012-VOR/fr_<strong>Rapport</strong>2011-2012-VOR-Ch05.pdf<br />
18 Conseil supérieur <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong>, 2012. Mieux accueillir et éduquer les enfants d’âge présco<strong>la</strong>ire, une triple question d’accès,<br />
<strong>de</strong> qualité et <strong>de</strong> continuité <strong>de</strong>s services : Avis <strong>à</strong> <strong>la</strong> ministre <strong>de</strong> l’Éducation, <strong>de</strong>s Loisirs et du Sport, en ligne : https://www.cse.gouv.qc.ca/<br />
fichiers/documents/publications/Avis/50-0477.pdf<br />
12 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
L’ensemble <strong>de</strong> ces facteurs <strong>de</strong> qualité est reconnu par les représentants <strong>de</strong> CPE, <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> RSG<br />
entendus durant les audiences publiques et aux forums citoyens. Certains ajoutent <strong>à</strong> cette liste l’accès au<br />
soutien pédagogique pour le personnel éducateur, <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> l’alimentation, <strong>la</strong> stabilité du personnel et le<br />
temps <strong>de</strong> préparation alloué pour <strong>la</strong> p<strong>la</strong>nification et l’ajustement <strong>de</strong>s pratiques. 19<br />
Effets <strong>de</strong>s compressions <strong>sur</strong> le respect <strong>de</strong>s facteurs <strong>de</strong> qualité<br />
Une gran<strong>de</strong> proportion <strong>de</strong>s groupes entendus estime que les récentes compressions gouvernementales ont<br />
eu <strong>de</strong>s impacts <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services offerts dans leur milieu. Parmi ces impacts, les directions <strong>de</strong> CPE,<br />
les propriétaires <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries subventionnées et les représentants syndicaux ont nommé principalement<br />
<strong>la</strong> perte <strong>de</strong> soutien pédagogique, le manque <strong>de</strong> temps <strong>de</strong> p<strong>la</strong>nification du travail, <strong>la</strong> réduction du temps <strong>de</strong><br />
communication avec les familles et l’instabilité vécue par certains enfants en raison <strong>de</strong> l’optimisation <strong>de</strong>s<br />
horaires <strong>de</strong> travail. Cette optimisation engendre souvent une diminution du personnel et une redistribution<br />
<strong>de</strong>s enfants dans les groupes en début et fin <strong>de</strong> journée. Certaines directions d’instal<strong>la</strong>tions craignent que<br />
ce manque <strong>de</strong> soutien affaiblisse <strong>la</strong> stabilité du personnel, nuisant ainsi <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> <strong>la</strong> re<strong>la</strong>tion entre les<br />
enfants et le personnel éducateur.<br />
« Avec les nombreuses coupures, nous avons dû réduire les heures <strong>de</strong> travail <strong>de</strong>s éducatrices<br />
ainsi que celles <strong>de</strong> <strong>la</strong> cuisinière. Nous avons dû abolir le poste <strong>de</strong> sauterelle qui avait pour<br />
but <strong>de</strong> faire les pauses, <strong>la</strong> désinfection, les remp<strong>la</strong>cements en cas <strong>de</strong> ma<strong>la</strong>dies ou congé et<br />
ai<strong>de</strong>-éducatrice. Pour continuer <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er toutes ces tâches, nous avons dû <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r aux<br />
éducatrices d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> désinfection <strong>de</strong>s jeux et <strong>de</strong> doubler leur tâche. […] [L]es éducatrices<br />
ont moins <strong>de</strong> temps pour préparer leur programme éducatif et <strong>la</strong> p<strong>la</strong>nification <strong>de</strong> chaque<br />
mois. Elles ont moins <strong>de</strong> temps pour p<strong>la</strong>nifier <strong>de</strong>s interventions <strong>de</strong> qualité avec les enfants<br />
<strong>à</strong> besoins particuliers, moins <strong>de</strong> temps pour les enfants afin <strong>de</strong> développer une re<strong>la</strong>tion<br />
significative avec chacun. »<br />
(Gar<strong>de</strong>rie subventionnée Gronigo, Lévis)<br />
« La diminution <strong>de</strong>s heures <strong>de</strong> travail du personnel (éducateur, administratif, <strong>de</strong> soutien)<br />
a aussi un impact majeur : moins <strong>de</strong> présence bureau pour les parents et le personnel<br />
; moins <strong>de</strong> personnel en p<strong>la</strong>ce pour répondre aux situations imprévues ; adaptation <strong>de</strong><br />
l’offre alimentaire pour respecter le budget et le temps alloué <strong>à</strong> <strong>la</strong> préparation ; moins <strong>de</strong><br />
<strong>la</strong>titu<strong>de</strong> pour offrir un support ponctuel au personnel éducateur. […] Les autres principaux<br />
impacts <strong>de</strong>s coupures sont <strong>la</strong> diminution du matériel éducatif, <strong>la</strong> réduction <strong>de</strong>s réunions<br />
d’équipe et <strong>la</strong> diminution <strong>de</strong>s sorties et activités pédagogiques spéciales. »<br />
(Mémoire du CPE Les Crayons magiques)<br />
« Chez nous, on n’a plus <strong>de</strong> conseillère pédagogique parce que c’est <strong>la</strong> première chose qui<br />
a été coupée pour mon CPE. […] L’atteinte <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité touche tous les enfants et je dirais<br />
encore plus les plus vulnérables, ceux qui sont <strong>à</strong> besoins particuliers parce que comme on<br />
n’a plus <strong>de</strong> conseillère pédagogique, le besoin qu’on avait ici et maintenant, où on se disait<br />
je vais pouvoir aller <strong>la</strong> voir <strong>à</strong> ma pause, ou le len<strong>de</strong>main, ce n’est plus possible. »<br />
(Syndicat <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> Québec, Québec)<br />
Effets <strong>de</strong> <strong>la</strong> règle du taux <strong>de</strong> présence <strong>sur</strong> le respect <strong>de</strong>s facteurs <strong>de</strong> qualité<br />
Quelques représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries subventionnées, <strong>de</strong> même que <strong>de</strong>s syndicats, ont également<br />
pointé du doigt <strong>la</strong> règle du taux <strong>de</strong> présence <strong>de</strong> 80% comme facteur nuisant <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité en raison <strong>de</strong> ses<br />
effets <strong>sur</strong> <strong>la</strong> stabilité <strong>de</strong>s groupes et du lien entre l’enfant et le personnel éducateur.<br />
19 L’équipe <strong>de</strong> Gilles Cantin, mandatée par le MF, est d’ailleurs en train <strong>de</strong> développer <strong>de</strong>s outils pour évaluer et améliorer <strong>la</strong><br />
qualité <strong>de</strong>s services éducatifs en fonction <strong>de</strong> ces facteurs.<br />
13 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
En 2014, le <strong>Rapport</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>de</strong> révision permanente <strong>de</strong>s programmes constatait un écart entre<br />
le taux d’occupation, qui réfère <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation prévue dans les ententes <strong>de</strong> services signées par les<br />
parents, et le taux <strong>de</strong> présence, associé <strong>à</strong> <strong>la</strong> proportion <strong>de</strong>s jours <strong>de</strong> fréquentation prévus durant lesquels<br />
les enfants sont réellement présents. Il concluait <strong>à</strong> une utilisation non optimale <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces subventionnées<br />
et recommandait <strong>de</strong> définir le financement <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en fonction <strong>de</strong> <strong>la</strong> présence réelle <strong>de</strong>s<br />
enfants, en tenant compte <strong>de</strong>s congés obligatoires, <strong>de</strong>s jours <strong>de</strong> vacances et <strong>de</strong>s ma<strong>la</strong>dies <strong>de</strong>s enfants. 20<br />
Ainsi, le MF a instauré <strong>la</strong> règle du taux <strong>de</strong> présence <strong>de</strong> 80% pour les CPE et les gar<strong>de</strong>ries subventionnées.<br />
En vertu <strong>de</strong> cette règle, les milieux subventionnés qui ne respectent pas ce taux per<strong>de</strong>nt une partie <strong>de</strong><br />
leur financement. 21<br />
Pour atteindre un taux <strong>de</strong> présence <strong>de</strong> 80%, <strong>de</strong>s représentants <strong>de</strong> CPE ont confié avoir adopté une pratique<br />
<strong>de</strong> <strong>sur</strong>-inscription (overbooking), où davantage d’enfants sont inscrits pour combler les absences éventuelles.<br />
D’autres comblent les p<strong>la</strong>ces <strong>la</strong>issées par les enfants absents par <strong>de</strong>s enfants dont les parents sont appelés<br />
le matin même.<br />
« Imaginez le message que cette me<strong>sur</strong>e envoie aux parents : si votre enfant est ma<strong>la</strong><strong>de</strong>, si<br />
vous avez un horaire <strong>de</strong> travail atypique, si vous avez le goût <strong>de</strong> passer du temps avec lui,<br />
n’en prenez pas l’habitu<strong>de</strong>, car au bout du compte, le CPE subira les sanctions financières.<br />
[…] Les gestionnaires doivent faire <strong>de</strong>s pieds et <strong>de</strong>s mains pour obtenir un taux d’occupation<br />
supérieur <strong>à</strong> 80% en remp<strong>la</strong>çant <strong>de</strong>s enfants absents par <strong>de</strong>s enfants qui seront <strong>sur</strong> une liste<br />
et qui iront <strong>de</strong> façon sporadique dans les milieux. On ne parle plus du tout ici <strong>de</strong> qualité,<br />
mais plutôt d’enfants trimbalés d’un milieu <strong>à</strong> l’autre. »<br />
(CPE L’ensoleillé, Sherbrooke)<br />
« Chez nous concrètement, on a établi une pratique d’overbooking. Mais pas <strong>de</strong> n’importe<br />
quelle façon : en pensant aux enfants qu’on reçoit en <strong>sur</strong>plus. […] On a évalué le taux<br />
d’absence <strong>de</strong>s enfants au niveau <strong>de</strong>s journées, en sachant que par jour on a en moyenne<br />
<strong>de</strong>ux <strong>à</strong> trois enfants absents. […] On accueille quatre enfants <strong>de</strong> plus au niveau <strong>de</strong>s<br />
contrats, pour venir augmenter notre taux <strong>de</strong> présence. Ce sont <strong>de</strong>s enfants attitrés <strong>à</strong> <strong>de</strong>s<br />
groupes. Les éducatrices travaillent en team teaching, <strong>à</strong> <strong>de</strong>ux éducatrices par groupe, ce<br />
qui fait que l’enfant <strong>de</strong> plus, n’est pas un enfant popcorn, il est attitré <strong>à</strong> un groupe. Peutêtre<br />
qu’une journée il y a <strong>de</strong>ux éducatrices pour 17 enfants, mais <strong>la</strong> tendance respecte les<br />
ratios. »<br />
(Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong>s Cantons <strong>de</strong> l’Est, Sherbrooke)<br />
Les données montrent que les taux <strong>de</strong> présence actuels dans les milieux avoisinent déj<strong>à</strong> les 80%; le taux<br />
<strong>de</strong> présence <strong>de</strong>s enfants en CPE atteint 78,20% et celui <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries subventionnées est <strong>de</strong> 83,11%. 22<br />
Ce taux nous apparaît donc réaliste et atteignable pour <strong>la</strong> majorité <strong>de</strong>s milieux et donc non sujet <strong>à</strong> une<br />
recommandation formelle. Nous sommes néanmoins d’avis que cette règle <strong>de</strong>vrait être flexible dans le<br />
cas <strong>de</strong>s parents ayant <strong>de</strong>s horaires atypiques, notamment dans le secteur <strong>de</strong> l’exploitation <strong>de</strong>s ressources<br />
20 Gouvernement du Québec, 2014. <strong>Rapport</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>de</strong> révision permanente <strong>de</strong>s programmes, en ligne : http://<br />
www.tresor.gouv.qc.ca/fileadmin/PDF/revision_programmes/rapport_2014.pdf<br />
21 Gouvernement du Québec, 2016. Règles budgétaires pour l’exercice financier 2016-<strong>2017</strong>, en ligne : https://www.mfa.gouv.<br />
qc.ca/fr/publication/Documents/CPE-Regles_budgetaires-16-17.pdf<br />
22 Gouvernement du Québec, Étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s crédits 2016-<strong>2017</strong> : Renseignements particuliers Famille et services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>.<br />
14 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
naturelles. Par exemple, <strong>à</strong> Sept-Îles et <strong>à</strong> Rouyn-Noranda, les représentants <strong>de</strong> services éducatifs ont expliqué<br />
que plusieurs parents travaillent plusieurs jours consécutifs pour ensuite avoir quelques jours <strong>de</strong> congé. Or,<br />
en raison <strong>de</strong> <strong>la</strong> règle du taux <strong>de</strong> présence, il semble que ces parents ressentent une pression pour envoyer<br />
leurs enfants dans les services éducatifs même lorsqu’ils sont présents <strong>à</strong> <strong>la</strong> maison, afin d’éviter que leur<br />
instal<strong>la</strong>tion soit pénalisée.<br />
« Comme on est en région éloignée, les gens qui travaillent dans les mines, c’est du fly in<br />
fly out. Ils vont travailler 14 jours, ils reviennent 7 jours, ils veulent passer du temps avec<br />
leur enfant. Mais on ne peut pas leur offrir. »<br />
(Participante au forum <strong>de</strong> Rouyn-Noranda)<br />
Facteurs économiques liés <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité<br />
La majorité <strong>de</strong>s intervenants rencontrés, principalement <strong>de</strong>s représentants <strong>de</strong> CPE, <strong>de</strong> RSG, <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries et<br />
<strong>de</strong> syndicats, s’expliquent mal les récentes compressions budgétaires dans un contexte d’austérité puisqu’ils<br />
perçoivent <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> non comme une dépense, mais plutôt comme un investissement<br />
rentable pour l’ensemble <strong>de</strong> <strong>la</strong> société. Les économistes Pierre Lefebvre, Pierre Fortin et Philip Merrigan<br />
renforcent cette idée et confirment que les bénéfices économiques associés aux services <strong>de</strong> qualité sont<br />
me<strong>sur</strong>ables <strong>à</strong> <strong>la</strong> fois en termes d’augmentation <strong>de</strong> <strong>la</strong> productivité économique liée au retour <strong>de</strong>s mères <strong>sur</strong><br />
le marché du travail et en termes <strong>de</strong> diminution <strong>de</strong>s dépenses dans les programmes sociaux. De plus, les<br />
enfants vulnérables qui bénéficient <strong>de</strong> services <strong>de</strong> qualité arrivent mieux préparés <strong>à</strong> l’école, y réussissent<br />
mieux et ont subséquemment accès <strong>à</strong> <strong>de</strong>s emplois mieux rémunérés.<br />
Les étu<strong>de</strong>s présentées par Pierre Fortin montrent qu’au Québec, le taux d’activité <strong>de</strong>s mères d’enfants <strong>de</strong> 5<br />
ans ou moins a augmenté entre 1998 et 2014 et que ce taux est plus élevé chez les mères québécoises que<br />
chez les mères <strong>de</strong>s autres régions canadiennes.<br />
85<br />
80<br />
75<br />
70<br />
65<br />
1998<br />
2014<br />
60<br />
AT<br />
QC ON PR BC<br />
Figure 6 : Taux d’activités <strong>de</strong>s mères dont le plus jeune enfant avait 5 ans ou moins dans les cinq régions du<br />
Canada en 1998 et 2014 (Fortin, 2016, audiences d’experts, d’après CRRU et Statistique Canada)<br />
15 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Dans le même ordre d’idée, Pierre Fortin nous a présenté l’étu<strong>de</strong> menée en 2013 avec <strong>de</strong>s collègues <strong>de</strong><br />
l’Université <strong>de</strong> Sherbrooke qui fait <strong>la</strong> démonstration <strong>de</strong> <strong>la</strong> rentabilité du programme québécois <strong>de</strong> services<br />
<strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> tarifs réduits. En 2008, ce programme québécois a engendré un sol<strong>de</strong> positif <strong>de</strong> 900<br />
millions <strong>de</strong> dol<strong>la</strong>rs pour les gouvernements québécois et canadien. 23 Ce sol<strong>de</strong> positif prend en compte<br />
l’augmentation <strong>de</strong>s subventions directes du Québec aux divers services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> contribution réduite,<br />
<strong>la</strong> réduction <strong>de</strong>s subventions fiscales accordées par les administrations aux parents utilisant <strong>de</strong>s services<br />
éducatifs ainsi que <strong>la</strong> hausse <strong>de</strong>s revenus autonomes et <strong>la</strong> baisse <strong>de</strong>s transferts gouvernementaux résultants<br />
<strong>de</strong> l’augmentation du revenu d’emploi <strong>de</strong>s mères et du PIB du Québec.<br />
Tableau 1 : Avantage et coût annuels du remp<strong>la</strong>cement du système traditionnel par le système <strong>à</strong> contribution<br />
réduite, en millions <strong>de</strong> dol<strong>la</strong>rs (Fortin, 2016, audiences d’experts)<br />
Avantage brut Coût Avantage net<br />
Québec 1450 -1200 250<br />
Ottawa 650 650<br />
Total 2100 -1200 900<br />
De son côté, Philip Merrigan revoit <strong>à</strong> <strong>la</strong> baisse le ratio investissement-bénéfice calculé <strong>à</strong> partir d’étu<strong>de</strong>s<br />
américaines telles que le Perry Preschool Project, qui évalue que pour chaque dol<strong>la</strong>r investi en <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong>, 7$ sont économisés. Il explique que les bénéfices i<strong>de</strong>ntifiés dans ces étu<strong>de</strong>s proviennent <strong>sur</strong>tout<br />
<strong>de</strong>s baisses <strong>de</strong> coûts liés <strong>à</strong> <strong>la</strong> criminalité dans un contexte d’extrême vulnérabilité, ce qui rend hasar<strong>de</strong>use<br />
une transposition directe <strong>de</strong> ces économies américaines au contexte québécois beaucoup moins criminalisé.<br />
Philip Merrigan retient plutôt une économie possible <strong>de</strong> 2,50$ <strong>à</strong> 3$ pour chaque dol<strong>la</strong>r investi en <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong> au Québec en se basant <strong>sur</strong> les analyses coûts-bénéfices faites <strong>à</strong> partir d’un programme universel<br />
simi<strong>la</strong>ire <strong>à</strong> celui offert au Québec.<br />
Nous retenons donc que d’une part, les services éducatifs <strong>de</strong> qualité sont un élément contributif au<br />
développement global <strong>de</strong>s tout-petits et <strong>à</strong> leur réussite éducative, et d’autre part, que ces services <strong>de</strong><br />
qualité sont rentables <strong>à</strong> très court terme et <strong>à</strong> plus long terme. La figure 7 résume les bénéfices associés <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />
fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
23 Pierre Fortin, Luc Godbout et Suzie St-Cerny, 2013. L’impact <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> contribution réduite du Québec <strong>sur</strong><br />
le taux d’activité féminin, le revenu intérieur et les budgets gouvernementaux, en ligne : https://interventionseconomiques.revues.<br />
org/1858<br />
16 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Santé développementale, apprentissage<br />
et comportement<br />
Préparation pour l’école<br />
Équité pour tous les enfants<br />
Appréciation et respect <strong>de</strong> <strong>la</strong> diversité<br />
Santé <strong>de</strong> <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion<br />
Égalité <strong>de</strong>s femmes<br />
Soutien du marché du travail<br />
Réduction <strong>de</strong> <strong>la</strong> pauvreté<br />
Pluralisme<br />
Prévention <strong>de</strong> <strong>la</strong> criminalité<br />
Enfant<br />
Société<br />
L’éducation<br />
et les soins <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />
<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
Famille<br />
Communauté<br />
Conciliation travail-famille<br />
Habiletés parentales<br />
Liens avec <strong>la</strong> communauté<br />
Indépendance économique<br />
Bénéfices pour <strong>la</strong> santé <strong>de</strong>s mères<br />
Développement économique<br />
Création d’emplois et formation<br />
Inclusion sociale<br />
Figure 7 : Bénéfices associés <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (Atkinson Centre,<br />
2015, traduction libre)<br />
Il y a lieu <strong>de</strong> viser une amélioration <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs afin d’accroître les effets positifs<br />
associés <strong>à</strong> ces services. À cet égard, un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation du personnel et une<br />
évaluation plus soutenue <strong>de</strong>s services sont suggérés par une majorité <strong>de</strong> participants.<br />
Formation du personnel<br />
Parmi les experts rencontrés, Pierre Lefebvre, Julie Poissant, Christa Japel, Nathalie Bigras, Suzanne Major et<br />
Michal Perlman ont mentionné l’importance <strong>de</strong> <strong>la</strong> formation du personnel et son nécessaire rehaussement<br />
comme facteur susceptible d’accroître <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>. Les participants aux<br />
forums citoyens ayant travaillé <strong>sur</strong> l’enjeu <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité mentionnent également les exigences <strong>de</strong> formation<br />
initiale et continue comme un <strong>de</strong>s moyens permettant <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs.<br />
Actuellement, le Règlement <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> exige <strong>de</strong>s CPE et <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries<br />
que <strong>de</strong>ux membres du personnel <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>sur</strong> trois détiennent une formation appropriée. La formation<br />
minimale requise est un diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales (DEC) en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> ou toute<br />
autre équivalence reconnue par le MF, comme une attestation d’étu<strong>de</strong>s collégiales (AEC) en Techniques<br />
d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong>quelle s’ajoutent trois années d’expérience pertinente. 24<br />
24 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, Directive concernant l’évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualification du personnel <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et les équivalences <strong>de</strong><br />
formation reconnues, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/documents/directive_qualification-personnel-<strong>de</strong>_gar<strong>de</strong>.<br />
pdf<br />
17 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Selon le MF, en 2013, 82 % du personnel éducateur en CPE était considéré comme qualifié,<br />
comparativement <strong>à</strong> 72 % en gar<strong>de</strong>rie subventionnée et <strong>à</strong> 44 % en gar<strong>de</strong>rie non subventionnée. 25<br />
En ce qui a trait aux services offerts en milieu familial régi, le règlement exige que les RSG détiennent une<br />
formation initiale d’une durée minimale <strong>de</strong> 45 heures. Les RSG doivent également suivre six heures <strong>de</strong><br />
formation continue chaque année. 26<br />
À noter cependant qu’une personne peut s’occuper <strong>de</strong> six enfants ou moins sans avoir besoin d’être<br />
reconnue par un BC ou d’être titu<strong>la</strong>ire d’un permis <strong>de</strong> CPE ou <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>rie, ni <strong>de</strong> détenir une formation. Cette<br />
situation est décriée par l’ensemble <strong>de</strong>s intervenants rencontrés qui soutiennent qu’au Québec, un parent<br />
qui choisit <strong>de</strong> p<strong>la</strong>cer son enfant dans un service éducatif <strong>de</strong>vrait avoir l’as<strong>sur</strong>ance que ce milieu répond <strong>à</strong> <strong>de</strong>s<br />
exigences <strong>de</strong> qualification du personnel, <strong>de</strong> ratio approprié et <strong>de</strong> programmes éducatifs.<br />
Lorsque questionnés <strong>sur</strong> <strong>la</strong> formation du personnel, <strong>la</strong> majorité <strong>de</strong>s intervenants représentant <strong>de</strong>s CPE, <strong>de</strong>s<br />
gar<strong>de</strong>ries ou <strong>de</strong>s cégeps s’enten<strong>de</strong>nt <strong>sur</strong> le fait que le DEC en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> <strong>de</strong>vrait<br />
être exigé pour tout le personnel éducateur en instal<strong>la</strong>tion. De façon plus pointue, certains ont rappelé que<br />
l’exigence d’avoir <strong>de</strong>ux éducateurs qualifiés <strong>sur</strong> trois, <strong>de</strong> même que <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong> l’AEC et <strong>de</strong>s trois<br />
ans d’expérience étaient <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es transitoires adoptées dans <strong>la</strong> foulée <strong>de</strong> <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique<br />
familiale et qu’il y aurait désormais lieu <strong>de</strong> rehausser les exigences.<br />
« Vingt ans après l’énoncé <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale et <strong>la</strong> création <strong>de</strong>s CPE, <strong>la</strong> me<strong>sur</strong>e<br />
transitoire que constituait l’attestation (formation courte en éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>) existe<br />
toujours et fait partie <strong>de</strong> l’offre <strong>de</strong> formation pour les futures éducatrices. Cette me<strong>sur</strong>e<br />
était pertinente alors, en reconnaissance <strong>de</strong> l’expérience <strong>de</strong>s éducatrices et éducateurs<br />
et pour soutenir le développement quantitatif du réseau <strong>de</strong>s CPE, mais elle ne l’est plus<br />
aujourd’hui. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> l’Association québécoise <strong>de</strong>s éducatrices et éducateurs <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>)<br />
« L’AEETÉE [Association <strong>de</strong>s enseignantes et enseignants en Techniques d’éducation <strong>à</strong><br />
l’<strong>enfance</strong>] souligne au passage que l’AEC n’a plus sa raison d’être. Elle avait été créée dans<br />
<strong>la</strong> foulée d’un projet majeur <strong>de</strong> formation pour le personnel en emploi, au cours <strong>de</strong>s années<br />
90. Actuellement, tout le mon<strong>de</strong> peut s’inscrire <strong>à</strong> l’AEC sans expérience et aller chercher<br />
cette expérience par <strong>la</strong> suite alors qu’<strong>à</strong> l’époque, il fal<strong>la</strong>it trois (3) années d’expérience pour<br />
s’y inscrire. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> l’Association <strong>de</strong>s enseignantes et enseignants en Techniques d’éducation <strong>à</strong><br />
l’<strong>enfance</strong>)<br />
25 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016. Portrait du réseau <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> en vue d’une évaluation <strong>de</strong> sa<br />
performance : Cadre <strong>de</strong> référence et indicateurs, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/portrait-reseauevaluation-performance.PDF<br />
26 Gouvernement du Québec. Règlement <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>, en ligne : http://legisquebec.gouv.<br />
qc.ca/fr/ShowDoc/cr/S-4.1.1,%20r.%202<br />
18 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Les 22 compétences acquises durant le DEC en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> concernent le rôle<br />
éducatif, <strong>la</strong> prévention et les soins <strong>de</strong> base. 27<br />
Analyser <strong>la</strong> fonction <strong>de</strong> travail.<br />
Observer le comportement <strong>de</strong> l’enfant.<br />
Situer les besoins d’un ou d’une enfant au regard <strong>de</strong> son développement global.<br />
Agir <strong>de</strong> façon sécuritaire en milieu <strong>de</strong> travail.<br />
Établir avec les enfants une re<strong>la</strong>tion significative <strong>sur</strong> le p<strong>la</strong>n affectif.<br />
Intervenir au regard <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé <strong>de</strong> l’enfant.<br />
As<strong>sur</strong>er une saine alimentation <strong>à</strong> l’enfant.<br />
Communiquer en milieu <strong>de</strong> travail.<br />
Analyser le contexte <strong>de</strong> vie familiale et sociale d’un enfant et en déterminer les effets <strong>sur</strong><br />
son comportement.<br />
Analyser les besoins particuliers d’un enfant.<br />
Fournir <strong>de</strong> l’ai<strong>de</strong> <strong>à</strong> l’enfant.<br />
Exploiter sa créativité dans un contexte d’intervention professionnelle.<br />
Définir l’approche pédagogique <strong>à</strong> adopter avec l’enfant.<br />
Concevoir <strong>de</strong>s activités <strong>de</strong> développement global <strong>de</strong> l’enfant.<br />
Organiser <strong>de</strong>s activités éducatives.<br />
Animer <strong>de</strong>s activités éducatives.<br />
Travailler en équipe.<br />
Établir une re<strong>la</strong>tion <strong>de</strong> partenariat avec les parents et les personnes-ressources.<br />
Intervenir au regard du comportement <strong>de</strong> l’enfant et du groupe d’enfants.<br />
Concevoir et réviser le programme éducatif.<br />
Organiser un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />
As<strong>sur</strong>er <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> un groupe d’enfants. 28<br />
Outre <strong>la</strong> formation initiale, Julie Poissant, Nathalie Bigras et Christa Japel ont i<strong>de</strong>ntifié <strong>la</strong> formation continue<br />
comme un élément important <strong>de</strong> l’amélioration et du maintien <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs. Ce<strong>la</strong><br />
est également relevé par les établissements d’enseignement et par certains représentants <strong>de</strong> CPE et<br />
gar<strong>de</strong>ries. Nous retenons notamment <strong>la</strong> démarche <strong>de</strong> Casiope (Centre d’ai<strong>de</strong> et <strong>de</strong> soutien aux intervenants<br />
et organismes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>), qui accompagne <strong>de</strong>s intervenants dans leur pratique, en misant <strong>sur</strong> une<br />
approche réflexive visant <strong>à</strong> permettre au personnel <strong>de</strong> s’approprier <strong>de</strong> façon proactive le savoir transmis et<br />
ainsi as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> pérennité <strong>de</strong>s apprentissages.<br />
« [La démarche réflexive] cherche <strong>à</strong> permettre [au personnel <strong>de</strong>s services éducatifs] 1)<br />
d’énoncer leurs idées <strong>de</strong> départ <strong>à</strong> propos d’une situation, puis 2) <strong>de</strong> confronter leurs<br />
intuitions, leurs idées, leurs é<strong>la</strong>ns <strong>à</strong> <strong>de</strong>s appuis théoriques afin <strong>de</strong> 3) confirmer, modifier<br />
ou infirmer <strong>de</strong>s théories personnelles, construites au fil <strong>de</strong> l’expérience. […] Elle permet<br />
d’allier les <strong>de</strong>ux types <strong>de</strong> savoir [pratiques et théoriques] dans l’optique d’as<strong>sur</strong>er un<br />
développement continu <strong>de</strong> l’i<strong>de</strong>ntité et <strong>de</strong>s compétences professionnelles. Les situations<br />
<strong>de</strong> pratique ai<strong>de</strong>nt <strong>à</strong> donner un sens aux savoirs formels et, réciproquement, les savoirs<br />
plus formels ont pour but <strong>de</strong> favoriser une meilleure compréhension <strong>de</strong>s situations <strong>de</strong><br />
pratique. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> Casiope)<br />
27 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2014. Éducatrices et éducateurs <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> : une carrière pleine <strong>de</strong> vies!, en ligne : https://<br />
www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/carriere-brochure.pdf<br />
28 Cégep Régional <strong>de</strong> Lanaudière, 2013. P<strong>la</strong>n <strong>de</strong> formation, en ligne : http://www.cegep-<strong>la</strong>naudiere.qc.ca/fichiers/cegep_<br />
<strong>la</strong>naudiere/p<strong>la</strong>n_<strong>de</strong>_formation_tee_-_cohorte_2013-2016.pdf<br />
19 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
« La formation continue n’est pas négligeable, elle est tout aussi importante. Les étu<strong>de</strong>s<br />
ont démontré que pour rehausser le niveau <strong>de</strong> qualité, il doit y avoir du perfectionnement<br />
continu, plus particulièrement le perfectionnement ou <strong>la</strong> formation continue qui mettent<br />
en œuvre <strong>la</strong> réflexion, qui est orientée vers <strong>de</strong>s pratiques réflexives plutôt que <strong>sur</strong> <strong>de</strong>s<br />
formations ponctuelles. L’impact serait d’autant plus grand quand on amène l’éducatrice<br />
<strong>à</strong> réfléchir <strong>sur</strong> son action éducative. »<br />
(Département du programme Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> du Cégep <strong>de</strong> Jonquière,<br />
Jonquière)<br />
Les représentants syndicaux <strong>de</strong>s RSG ont une position plus nuancée en ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> formation <strong>de</strong>s<br />
RSG. Ils reconnaissent qu’un rehaussement <strong>de</strong>s exigences est souhaitable, mais ne s’enten<strong>de</strong>nt pas <strong>sur</strong> <strong>la</strong><br />
formation <strong>à</strong> adopter. Si certains sont favorables <strong>à</strong> l’obtention minimale d’un DEC, d’autres proposent que<br />
<strong>la</strong> formation minimale soit un AEC. D’autres encore suggèrent une bonification <strong>de</strong> <strong>la</strong> formation <strong>de</strong> base<br />
en prolongeant le nombre d’heures <strong>de</strong> formation. L’enjeu <strong>de</strong> <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong>s acquis est par ailleurs<br />
régulièrement mis <strong>sur</strong> <strong>la</strong> table, les RSG rappe<strong>la</strong>nt qu’elles cumulent souvent plusieurs années d’expérience.<br />
Certaines RSG participantes aux activités <strong>de</strong> consultation ont indiqué que <strong>la</strong> formation continue pourrait<br />
être améliorée <strong>de</strong> sorte qu’elle <strong>de</strong>vienne qualifiante. Enfin, elles rappellent qu’elles cumulent jusqu’<strong>à</strong> 50<br />
heures <strong>de</strong> travail hebdomadaire et qu’advenant un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation, il faudra<br />
prévoir <strong>de</strong>s modalités <strong>de</strong> formation adaptées <strong>à</strong> ces horaires chargés.<br />
« Nous croyons que l’obtention d’une réelle reconnaissance du travail éducatif que nous<br />
offrons aux enfants ne peut se faire sans un rehaussement <strong>de</strong> <strong>la</strong> formation obligatoire<br />
pour les éducatrices en milieu familial. Par contre, il est important <strong>de</strong> considérer que pour<br />
y parvenir, <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es transitoires <strong>de</strong>vront être mises en p<strong>la</strong>ce afin <strong>de</strong> permettre aux RSG<br />
déj<strong>à</strong> en poste <strong>de</strong> pouvoir se perfectionner. […] Travail<strong>la</strong>nt 50 heures par semaine et ayant<br />
<strong>de</strong>s contraintes au niveau du nombre d’heures permis <strong>de</strong> remp<strong>la</strong>cement dans son propre<br />
service, il est difficile pour elles <strong>de</strong> concilier travail/famille/étu<strong>de</strong>s. Il faudrait donc prévoir<br />
<strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es facilitant l’accès aux étu<strong>de</strong>s pour les éducatrices qui souhaiteraient obtenir<br />
leur qualification comme par exemple <strong>de</strong> pouvoir avoir plus d’heures <strong>de</strong> remp<strong>la</strong>cement<br />
pour suivre leur cours ou pour étudier, d’avoir <strong>de</strong>s budgets d’allouer pour leur sco<strong>la</strong>risation,<br />
etc. De plus, il nous apparaît essentiel <strong>de</strong> reconnaître l’expérience <strong>de</strong>s éducatrices en<br />
milieu familial ainsi que les heures <strong>de</strong> perfectionnement continu qu’elles ont acquis au fil<br />
<strong>de</strong>s années. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> l’Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie)<br />
La formation <strong>de</strong>s enseignants en maternelle 4 ans est aussi abordée par certains participants et experts.<br />
Christa Japel indique que le rehaussement <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité offerte dans les c<strong>la</strong>sses <strong>de</strong> maternelle 4 ans passe<br />
par l’accès <strong>à</strong> une formation continue et <strong>à</strong> <strong>de</strong>s personnes ressources. Nathalie Bigras s’inquiète du fait<br />
que <strong>la</strong> formation <strong>de</strong>s enseignants en éducation primaire au Québec n’offre pas suffisamment <strong>de</strong> crédits<br />
universitaires dans le champ spécifique <strong>à</strong> <strong>l’éducation</strong> présco<strong>la</strong>ire. Cette critique est également formulée<br />
par certains représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries qui jugent que le personnel éducateur en instal<strong>la</strong>tion est<br />
mieux formé pour répondre aux besoins d’enfants <strong>de</strong> 4 ans que le sont les enseignants. Nous retenons donc<br />
que dans l’optique d’un déploiement <strong>de</strong>s maternelles 4 ans TPMD, il serait pertinent <strong>de</strong> se pencher <strong>sur</strong> <strong>la</strong><br />
formation <strong>de</strong> ses futurs enseignants afin <strong>de</strong> s’as<strong>sur</strong>er qu’elle convienne aux enfants <strong>de</strong> cet âge.<br />
20 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
« Finalement, nous désirons souligner que plusieurs professeurs <strong>à</strong> l’école primaire ont<br />
<strong>l’éducation</strong> nécessaire pour enseigner au primaire, mais pas nécessairement <strong>l’éducation</strong><br />
pour enseigner <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans alors qu’<strong>à</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong>rie tout le personnel<br />
éducateur est formé en éducation <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> l’Association <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées du Québec)<br />
Évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité<br />
Outre un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation, une évaluation plus fréquente <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services<br />
éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> s’impose. Pierre Lefebvre, Camil Bouchard et Nathalie Bigras ont tous parlé <strong>de</strong><br />
l’importance <strong>de</strong> mettre en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong>s évaluations fréquentes afin <strong>de</strong> permettre un redressement ou une<br />
amélioration <strong>de</strong>s pratiques éducatives.<br />
La fréquence actuelle <strong>de</strong>s enquêtes Grandir en qualité ne permet pas une évaluation soutenue <strong>de</strong>s services<br />
éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. En effet, ces enquêtes ont été menées <strong>de</strong>ux fois en dix ans, en 2003 et 2014,<br />
et ce, avec participation volontaire <strong>de</strong>s différents services éducatifs. En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans<br />
TPMD, <strong>la</strong> Direction <strong>de</strong> <strong>la</strong> recherche et <strong>de</strong> l’évaluation du MEES s’est vu confier le mandat d’en as<strong>sur</strong>er le suivi<br />
et l’évaluation. Une évaluation est en cours, mais les résultats ne sont pas encore disponibles. 29 Ce manque<br />
<strong>de</strong> données rend difficile l’appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
À cet effet, <strong>la</strong> pertinence d’une évaluation plus fréquente <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, appliquée <strong>à</strong> tous les types<br />
<strong>de</strong> services et faite au moyen d’outils validés et utilisés ailleurs dans le mon<strong>de</strong> a été abordée durant <strong>la</strong><br />
<strong>Commission</strong>. France Capuano et Christa Japel suggèrent notamment l’utilisation <strong>de</strong> <strong>la</strong> grille ECERS-R (Early<br />
Childhood Environment Rating Scale – Revised), validée pour les services éducatifs et pour <strong>la</strong> maternelle<br />
4 ans et 5 ans. Cette grille porte <strong>sur</strong> les soins personnels, l’aménagement <strong>de</strong> l’espace, le matériel éducatif,<br />
le développement du <strong>la</strong>ngage et du raisonnement, les activités <strong>de</strong> motricité fine et globale, les activités<br />
créatrices, le développement social et les besoins <strong>de</strong>s adultes. 30 La grille CLASS (C<strong>la</strong>ssroom Assessment<br />
Scoring System) nous a également été proposée lors d’une rencontre avec Gilles Cantin. Cette grille évalue<br />
le soutien émotif <strong>à</strong> l’enfant, l’organisation du groupe et le soutien <strong>à</strong> l’apprentissage. 31<br />
France Capuano fait valoir qu’une évaluation dont les grilles d’analyse sont normalisées facilite une<br />
comparaison dans le temps et hors Québec. De même, une évaluation plus fréquente permettrait un meilleur<br />
suivi et contribue <strong>à</strong> une amélioration continue <strong>de</strong>s services, <strong>à</strong> condition d’être accompagnée <strong>de</strong> me<strong>sur</strong>es <strong>de</strong><br />
soutien lorsque l’évaluation en révèle <strong>la</strong> nécessité. À titre d’exemple, le projet Cap Qualité, porté par Christa<br />
Japel, nous a été présenté par le regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> Québec et Chaudière-Appa<strong>la</strong>ches. Ce projet vise<br />
<strong>à</strong> soutenir <strong>de</strong>s CPE qui souhaitent s’inscrire dans une démarche d’accompagnement et d’ajustement <strong>de</strong>s<br />
pratiques. Dans le cadre <strong>de</strong> ce projet, <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s CPE participants est évaluée par une ressource externe<br />
<strong>à</strong> l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> grille ECERS-R. Cette évaluation mène <strong>à</strong> <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce d’un p<strong>la</strong>n d’action visant <strong>à</strong> améliorer<br />
<strong>la</strong> qualité observée. Pour ce faire, l’équipe du CPE évalué bénéficie d’un accompagnement et <strong>de</strong> séances<br />
<strong>de</strong> formations adaptées <strong>à</strong> ses besoins. Un an plus tard, une <strong>de</strong>uxième évaluation peut être menée afin <strong>de</strong><br />
me<strong>sur</strong>er l’effet <strong>de</strong>s changements apportés. La présentation du regroupement <strong>de</strong>s CPE nous <strong>la</strong>isse croire<br />
qu’un tel projet peut engager le personnel dans un processus non menaçant d’amélioration continue.<br />
29 Ministère <strong>de</strong> l’Éducation et <strong>de</strong> l’Enseignement supérieur, 2015. <strong>Rapport</strong> préliminaire d’évaluation : Maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps<br />
partiel en milieu défavorisé, en ligne : http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/recherche_evaluation/<br />
<strong>Rapport</strong>-preliminaire-maternelle-4-ans.pdf<br />
30 Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, 2004. Enquête québécoise <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs, en ligne :<br />
http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/education/milieu-gar<strong>de</strong>/qualite-<strong>petite</strong>-<strong>enfance</strong>-1.pdf<br />
31 Nathalie Bigras et Lise Lemay, 2012. Petite <strong>enfance</strong>, services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs et développement <strong>de</strong>s enfants – État <strong>de</strong>s<br />
connaissances. Les Presses <strong>de</strong> l’Université du Québec.<br />
21 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Plusieurs représentants syndicaux, représentants <strong>de</strong> CPE et représentants <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries reconnaissent<br />
également qu’une évaluation récurrente <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité permettrait <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services.<br />
Des représentants <strong>de</strong>s RSG émettent néanmoins certaines réserves quant <strong>à</strong> <strong>la</strong> nature <strong>de</strong>s évaluations. Ils<br />
sont nombreux <strong>à</strong> craindre que les évaluations portent davantage <strong>sur</strong> <strong>la</strong> conformité administrative que <strong>sur</strong><br />
les facteurs éducatifs <strong>de</strong> qualité susceptibles <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services qu’ils offrent. Ces RSG<br />
réfèrent notamment au fait qu’actuellement, elles reçoivent trois visites d’agentes <strong>de</strong> conformité par année<br />
qui visent davantage <strong>à</strong> vérifier <strong>la</strong> conformité administrative que <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> l’expérience éducative offerte<br />
aux enfants.<br />
« Si on veut arriver avec une uniformité, avec un service <strong>de</strong> qualité offert <strong>à</strong> tous les enfants,<br />
que les parents soient capables <strong>de</strong> facilement chercher un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et non pas<br />
juste au niveau du portefeuille, ça prend une volonté politique. Alors je pense qu’aux <strong>de</strong>ux<br />
ans ou trois ans, un rapport comme Grandir en qualité, ça peut être bénéfique. On pourrait<br />
constater plus rapi<strong>de</strong>ment les failles ou les faiblesses <strong>de</strong> chacun. »<br />
(Gar<strong>de</strong>rie au C<strong>la</strong>ir <strong>de</strong> Lune, Gatineau)<br />
« Ce qu’il faut comprendre, c’est que lorsque j’ai l’agente <strong>de</strong> conformité qui passe chez moi,<br />
on nous donne une contravention. […] Par exemple, elle arrive et elle voit qu’il manque<br />
un cache-prise, elle va me donner une contravention. Elle arrive et me dit “ah <strong>sur</strong> ta liste<br />
d’urgence, t’as encore le nom d’Elliot, mais Elliot est parti il y a <strong>de</strong>ux semaines, il est rentré<br />
<strong>à</strong> l’école, je vais te donner une contravention.” Alors, le danger c’est qu’on se retrouve avec<br />
une RSG par exemple qui aurait 10 contraventions. Le parent va voir ça, il va se dire “Mon<br />
dieu!” Mais le parent n’aura peut-être pas l’analyse <strong>de</strong> <strong>la</strong> contravention qui a été donnée<br />
<strong>à</strong> <strong>la</strong> RSG. […] On aimerait que le ministère cible pourquoi je vais donner une contravention<br />
<strong>à</strong> une responsable <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial. Parce qu’elle a un septième nom <strong>sur</strong> une<br />
liste? »<br />
(Syndicat <strong>de</strong>s responsables <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial CSN-FSSS,<br />
Drummondville)<br />
22 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Accessibilité<br />
Les intervenants s’accor<strong>de</strong>nt <strong>sur</strong> le fait que <strong>la</strong> fréquentation d’un service éducatif <strong>de</strong> qualité favorise le<br />
développement optimal <strong>de</strong>s enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances. Corol<strong>la</strong>ire <strong>de</strong> ce constat : il faut faciliter le plus<br />
possible l’accès aux services éducatifs.<br />
Durant les <strong>de</strong>rnières années, un développement accéléré <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en gar<strong>de</strong>ries non subventionnées<br />
semble avoir considérablement réduit les problèmes d’accès. En fait, plusieurs représentants <strong>de</strong>s différents<br />
milieux <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> ont confié qu’ils avaient désormais <strong>de</strong> <strong>la</strong> difficulté <strong>à</strong> combler leurs p<strong>la</strong>ces. Néanmoins, pour<br />
plusieurs familles, l’accès aux services éducatifs <strong>de</strong> qualité <strong>de</strong>meure problématique. Nous remarquons en<br />
effet que plusieurs barrières nuisent <strong>à</strong> l’accès aux services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, en particulier pour<br />
les enfants vulnérables.<br />
Portrait <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles<br />
Au 31 mars 2016, 230 059 p<strong>la</strong>ces subventionnées et 55 256 p<strong>la</strong>ces non subventionnées étaient offertes <strong>à</strong><br />
travers <strong>la</strong> province. Les CPE et les milieux familiaux subventionnés offrent chacun environ 92 000 p<strong>la</strong>ces, les<br />
gar<strong>de</strong>ries subventionnées en offrent 46 000 et les gar<strong>de</strong>ries non subventionnées en offrent un peu plus <strong>de</strong><br />
55 000. D’ici 2020-2021, le gouvernement souhaite créer 30 000 nouvelles p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> contribution réduite,<br />
portant <strong>à</strong> 250 000 le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces subventionnées. 32 Le tableau 2 présente l’évolution <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces<br />
disponibles en services éducatifs au Québec. En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans TPMD, 188 c<strong>la</strong>sses sont<br />
présentement offertes <strong>à</strong> travers le Québec.<br />
Tableau 2 : Évolution <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces disponibles en services éducatifs au Québec (<strong>à</strong> partir <strong>de</strong>s données du<br />
Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016)<br />
Date P<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> contribution réduite P<strong>la</strong>ces en<br />
Centre <strong>de</strong> Milieu Gar<strong>de</strong>rie Total gar<strong>de</strong>rie<br />
<strong>la</strong> <strong>petite</strong> familial subventionnée<br />
non subventionnée<br />
<strong>enfance</strong><br />
Total <strong>de</strong>s<br />
p<strong>la</strong>ces<br />
disponibles<br />
31 mars 2003 63339 75355 24740 163434 1620 165054<br />
31 mars 2004 68274 82044 27530 177848 1907 179755<br />
31 mars 2005 72057 87192 30131 189380 2457 191837<br />
31 mars 2006 74573 89011 33034 196618 3487 200105<br />
31 mars 2007 75934 88645 34027 198606 4538 203144<br />
31 mars 2008 77165 88771 35230 201166 4751 205917<br />
31 mars 2009 77864 91582 36377 205823 6954 212777<br />
31 mars 2010 79547 91607 38865 210019 11173 221192<br />
31 mars 2011 82671 91607 40526 214804 17824 232628<br />
31 mars 2012 84672 91626 41036 217334 27773 245107<br />
31 mars 2013 85831 91663 41590 219084 39282 258366<br />
31 mars 2014 86770 91664 43549 221983 46641 268624<br />
31 mars 2015 89833 91664 45970 227467 51843 279310<br />
32 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016. P<strong>la</strong>ces disponibles en services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> au Québec, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/<br />
services-<strong>de</strong>-gar<strong>de</strong>/portrait/p<strong>la</strong>ces/Pages/in<strong>de</strong>x.aspx<br />
23 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
31 mars 2016 92398 91604 46057 230059 55256 285315<br />
Nombre <strong>de</strong> 29059 16249 21317 66625 53636 120261<br />
p<strong>la</strong>ces créées<br />
<strong>de</strong>puis 2003<br />
Augmentation<br />
du nombre <strong>de</strong><br />
p<strong>la</strong>ces <strong>de</strong>puis<br />
2003<br />
46% 22% 86% 41% 3311% 73%<br />
Durant sa présentation, Christa Japel a fait remarquer que <strong>la</strong> fin du moratoire <strong>sur</strong> les gar<strong>de</strong>ries non<br />
subventionnées en 2003 et <strong>la</strong> bonification du crédit d’impôt pour frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en 2009 ont entraîné<br />
<strong>la</strong> création rapi<strong>de</strong> <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en gar<strong>de</strong>ries non subventionnées. Ainsi, entre 2003 et 2016, 53 636 p<strong>la</strong>ces<br />
ont été créées en gar<strong>de</strong>ries non subventionnées, avec une croissance marquée <strong>de</strong>puis 2009, année <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
bonification du crédit d’impôt. 33<br />
La création <strong>de</strong> nouvelles p<strong>la</strong>ces non subventionnées a donc permis <strong>de</strong> diminuer les listes d’attente, mais a<br />
également augmenté <strong>la</strong> concurrence entre <strong>de</strong>s milieux <strong>de</strong> qualité différente. Selon les représentants <strong>de</strong>s CPE<br />
et <strong>de</strong>s RSG entendus, <strong>la</strong> bonification du crédit d’impôt et l’instauration <strong>de</strong> <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />
en 2015 auraient encouragé un dép<strong>la</strong>cement <strong>de</strong> <strong>la</strong> clientèle vers les milieux non subventionnés donnant<br />
accès aux crédits d’impôt. Plusieurs représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> RSG sont effectivement venus témoigner <strong>de</strong><br />
leur difficulté <strong>à</strong> combler les p<strong>la</strong>ces disponibles.<br />
« Le taux <strong>de</strong> modu<strong>la</strong>tion imposé <strong>à</strong> <strong>la</strong> plupart <strong>de</strong>s parents a aussi eu <strong>de</strong>s impacts <strong>sur</strong><br />
le renouvellement <strong>de</strong> <strong>la</strong> clientèle. Chaque p<strong>la</strong>ce occupée aujourd’hui l’est <strong>à</strong> <strong>la</strong> suite <strong>de</strong><br />
dizaines <strong>de</strong> coups <strong>de</strong> téléphone. Juste pour vous donner un ordre <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>ur, l’an <strong>de</strong>rnier<br />
on avait 900 noms <strong>sur</strong> <strong>la</strong> liste d’attente. Cette année on a eu peine <strong>à</strong> remp<strong>la</strong>cer dans les<br />
groupes <strong>de</strong> 2 <strong>à</strong> 5 ans avec les départs <strong>à</strong> l’école. Présentement, j’ai une centaine <strong>de</strong> poupons<br />
<strong>sur</strong> <strong>la</strong> liste d’attente […], mais pour les 2 <strong>à</strong> 5 ans, il me reste <strong>de</strong>ux ou trois noms.<br />
(CPE <strong>de</strong> Rivière-du-Loup, Rimouski)<br />
Ce<strong>la</strong> semble particulièrement vrai pour les RSG régies. En effet, les représentants syndicaux <strong>de</strong>s RSG ont été<br />
nombreux <strong>à</strong> abor<strong>de</strong>r <strong>la</strong> difficulté <strong>de</strong> leurs membres <strong>à</strong> combler leurs p<strong>la</strong>ces. Leurs témoignages sont confirmés<br />
lorsque l’on estime le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces qui font l’objet d’une entente <strong>de</strong> services avec les parents. En effet,<br />
comme le montre le tableau 3, nous constatons que même si le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces disponibles en milieu<br />
familial varie peu, le taux d’occupation a diminué d’environ 2% entre 2013-2014 et 2014-2015, ajoutant<br />
1677 p<strong>la</strong>ces disponibles aux 11 165 p<strong>la</strong>ces déj<strong>à</strong> vacantes en milieu familial. 34<br />
33 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016. Création <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/services<strong>de</strong>-gar<strong>de</strong>/portrait/p<strong>la</strong>ces/Pages/in<strong>de</strong>x.aspx<br />
34 Gouvernement du Québec, Étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s crédits 2016-<strong>2017</strong> : Renseignements particuliers Famille et services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>.ET<br />
Gouvernement du Québec, Étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong>s crédits 2015-2016 : Renseignements particuliers – volet famille, services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et intimidation,<br />
en ligne : https://www.bibliotheque.assnat.qc.ca/DepotNumerique_v2/AffichageNotice.aspx?idn=48181<br />
24 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Tableau 3 : P<strong>la</strong>ces occupées en services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> au Québec en 2013-2014 et 2014-2015 (tiré <strong>de</strong> : Étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong>s<br />
crédits 2015-2016 et 2016-<strong>2017</strong> et Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016) 35<br />
Taux d’occupation<br />
(%)<br />
Année 2013-2014 Année 2014-2015<br />
P<strong>la</strong>ces disponibles<br />
P<strong>la</strong>ces<br />
occupées<br />
au 31 mars<br />
2014<br />
Différence<br />
entre les<br />
p<strong>la</strong>ces disponibles<br />
et les<br />
p<strong>la</strong>ces<br />
occupées<br />
Taux d’occupation<br />
(%)<br />
P<strong>la</strong>ces disponibles<br />
P<strong>la</strong>ces occupées<br />
au<br />
31 mars<br />
2015<br />
Différence<br />
entre les<br />
p<strong>la</strong>ces disponibles<br />
et les<br />
p<strong>la</strong>ces<br />
occupées<br />
CPE 97,95 86 770 84 991 1779 98,04 89 833 88 072 1761<br />
Milieu 87,82 91 664 80 499 11 165 85,99 91 664 78 822 12 842<br />
familial<br />
régi<br />
Gar<strong>de</strong>ries<br />
subventionnées<br />
99,19 43 549 43 196 353 99,15 45 970 45 579 391<br />
Le mémoire déposé par <strong>la</strong> Centrale <strong>de</strong>s syndicats du Québec (CSQ) indique également que plusieurs RSG en<br />
milieu familial ont <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces inoccupées. En conséquence, selon <strong>la</strong> CSQ, ce sont 390 RSG qui ont fermé ou<br />
qui se sont tournées vers <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> non régie en Abitibi, en Estrie, dans le Bas-Saint-Laurent, dans <strong>la</strong> région <strong>de</strong><br />
<strong>la</strong> Capitale-Nationale et <strong>de</strong> Chaudière-Appa<strong>la</strong>ches et dans les régions <strong>de</strong> Laval et <strong>de</strong> Lanaudière.<br />
Compte tenu <strong>de</strong> <strong>la</strong> difficulté <strong>de</strong>s RSG <strong>à</strong> combler leurs p<strong>la</strong>ces, l’obligation <strong>de</strong>s BC d’accréditer les RSG qui<br />
remplissent les exigences est perçue <strong>de</strong> façon problématique puisqu’elle permet <strong>à</strong> <strong>de</strong> nouveaux milieux<br />
d’offrir <strong>de</strong>s services sans tenir compte <strong>de</strong>s services déj<strong>à</strong> en p<strong>la</strong>ce.<br />
« Nous sommes en compétition constante avec nos collègues puisqu’il n’y a aucune<br />
réglementation qui interdit d’avoir un nombre maximum <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> par zone<br />
géographique. Notre BC est obligé par le ministère, <strong>de</strong> reconnaître <strong>de</strong> nouvelles RSG qui<br />
n’arrivent pas <strong>à</strong> combler leurs p<strong>la</strong>ces, une problématique qui est déj<strong>à</strong> présente dans <strong>la</strong><br />
majorité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial <strong>de</strong> notre quartier, mais aussi partout <strong>à</strong><br />
Montréal. »<br />
(Mémoire du service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial subventionné Jackie et ses amis)<br />
Qualité <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces créées<br />
Bien que les problèmes liés <strong>à</strong> l’accès aux services éducatifs semblent avoir été réduits, nous nous questionnons quant<br />
<strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces créées. Déj<strong>à</strong> en 2011, le Vérificateur général faisait le constat que « [l]e processus d’attribution<br />
<strong>de</strong>s 18 000 nouvelles p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> contribution réduites (PCR) instauré par le ministère en 2008 n’a pas permis d’accor<strong>de</strong>r<br />
<strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> <strong>de</strong>s projets <strong>de</strong> qualité. » 36 Cette préoccupation est aussi soulevée par les participants aux forums citoyens<br />
ayant travaillé <strong>sur</strong> le thème <strong>de</strong> l’accessibilité. Ils sont en effet nombreux <strong>à</strong> répondre que leur région offre suffisamment<br />
<strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces, mais peut-être pas assez <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces <strong>de</strong> qualité. Nous notons également que les parents ayant répondu <strong>à</strong> notre<br />
sondage affirment avoir choisi le service éducatif <strong>de</strong> leur enfant en privilégiant <strong>la</strong> disponibilité <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces plutôt que leur<br />
qualité, <strong>à</strong> l’exception <strong>de</strong>s parents dont l’enfant fréquente ou a fréquenté un CPE (voir annexe 4).<br />
35 Les données <strong>de</strong> l’exercice financier 2015-2016 n’étaient pas disponibles au moment d’écrire ce rapport.<br />
36 Vérificateur général du Québec, 2011. <strong>Rapport</strong> du Vérificateur général du Québec <strong>à</strong> l’Assemblée nationale pour l’année<br />
2011-2012 – Chapitre 5 : Services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> : qualité, performance et reddition <strong>de</strong> comptes, en ligne : http://www.<br />
vgq.gouv.qc.ca/fr/fr_publications/fr_rapport-annuel/fr_2011-2012-VOR/fr_<strong>Rapport</strong>2011-2012-VOR-Ch05.pdf, p.5-3<br />
25 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Nous sommes particulièrement préoccupés par le fait que les enquêtes Grandir en qualité montrent que<br />
<strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services est plus faible dans les gar<strong>de</strong>ries non subventionnées, précisément l<strong>à</strong> où se sont<br />
principalement développées les p<strong>la</strong>ces au cours <strong>de</strong>s <strong>de</strong>rnières années. De plus, nous soulignons le fait que<br />
le développement <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces subventionnées en instal<strong>la</strong>tion suit un processus d’appels <strong>de</strong> projets tandis<br />
qu’une personne qui désire obtenir un permis <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>rie non subventionnée peut l’obtenir <strong>à</strong> condition <strong>de</strong><br />
respecter les conditions <strong>de</strong> recevabilité énoncées dans le Règlement <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong><br />
l’<strong>enfance</strong>. Considérant que 30% <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces sont inoccupées dans les gar<strong>de</strong>ries non subventionnées 37 , nous<br />
nous interrogeons <strong>sur</strong> le développement rapi<strong>de</strong> <strong>de</strong> ces p<strong>la</strong>ces qui ne semble pas tenir compte <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces<br />
déj<strong>à</strong> disponibles dans le réseau ni respecter les exigences <strong>de</strong> qualité imposées par <strong>la</strong> loi.<br />
Conditions <strong>de</strong> recevabilité pour l’obtention d’un permis <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>rie non subventionnée<br />
• l’utilisation du formu<strong>la</strong>ire prescrit dûment rempli et signé;<br />
• un chèque visé ou un mandat-poste du montant <strong>de</strong> 1 562 $ <strong>à</strong> l’ordre du ministre <strong>de</strong>s Finances;<br />
• un p<strong>la</strong>n <strong>de</strong> l’aménagement <strong>de</strong>s locaux <strong>de</strong> l’instal<strong>la</strong>tion signé et scellé par un architecte (un seul<br />
exemp<strong>la</strong>ire papier et un fichier électronique <strong>sur</strong> clé USB (DWG));<br />
• un p<strong>la</strong>n conforme et <strong>à</strong> l’échelle <strong>de</strong> l’espace extérieur <strong>de</strong> jeu visé <strong>à</strong> l’article 39 du Règlement,<br />
accompagné d’un p<strong>la</strong>n <strong>de</strong> localisation <strong>de</strong> cet espace illustrant sa situation par rapport <strong>à</strong> l’instal<strong>la</strong>tion<br />
(que cet espace soit inclus dans l’instal<strong>la</strong>tion ou qu’il soit situé dans un parc public);<br />
• <strong>la</strong> conformité <strong>de</strong> <strong>la</strong> personnalité juridique du <strong>de</strong>man<strong>de</strong>ur;<br />
• <strong>la</strong> copie certifiée conforme <strong>de</strong> l’acte constitutif, si <strong>la</strong> personne qui <strong>de</strong>man<strong>de</strong> le permis est une<br />
personne morale;<br />
• les renseignements et les documents requis doivent être produits en français dans le respect <strong>de</strong>s<br />
exigences <strong>de</strong> <strong>la</strong> Charte <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>la</strong>ngue française. 38<br />
Barrières <strong>à</strong> l’accès aux services<br />
Les données actuelles montrent que plus d’un enfant <strong>sur</strong> trois ne fréquente aucun service éducatif avant<br />
son entrée <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle. Les mémoires <strong>de</strong> Julie Poissant et <strong>de</strong> Nathalie Bigras expliquent également que<br />
les enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés sont moins susceptibles <strong>de</strong> fréquenter un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatif<br />
que leurs pairs mieux nantis.<br />
37 Ministère <strong>de</strong>s Finances, mars 2015. Le p<strong>la</strong>n économique du Québec, en ligne : http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/<br />
budget/2015-2016/fr/documents/P<strong>la</strong>neconomique.pdf<br />
38 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016. Ouverture d’un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/services-<strong>de</strong>-gar<strong>de</strong>/<br />
cpe-gar<strong>de</strong>ries/ouverture-sg/Pages/in<strong>de</strong>x.aspx<br />
26 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
21%<br />
CPE-instal<strong>la</strong>tion<br />
36%<br />
CPE-milieu familial<br />
12%<br />
10%<br />
21%<br />
Gar<strong>de</strong>rie subventionnée<br />
Gar<strong>de</strong>rie non subventionnée<br />
Pas <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />
Figure 8 : Répartition <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans selon leur mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> (tiré <strong>de</strong> : Christa Japel, Montréal,<br />
20 juillet 2016)<br />
Lors <strong>de</strong> sa présentation, Julie Poissant a montré que malgré l’existence <strong>de</strong> me<strong>sur</strong>es pour favoriser <strong>la</strong><br />
fréquentation <strong>de</strong>s services éducatifs, notamment les protocoles d’entente entre les services éducatifs et les<br />
établissements <strong>de</strong> santé, les p<strong>la</strong>ces réservées <strong>de</strong>meurent souvent inoccupées.<br />
La maternelle 4 ans TPMD a été développée afin <strong>de</strong> rejoindre les enfants <strong>de</strong> milieux défavorisés qui sont moins<br />
présents dans les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs. Les données préliminaires présentées par France Capuano<br />
montrent cependant que seuls 19% <strong>de</strong>s enfants qui fréquentent <strong>la</strong> maternelle 4 ans TPMD n’avaient jamais<br />
fréquenté un autre service éducatif. À noter également que les enfants qui avaient fréquenté un service<br />
éducatif avant l’entrée <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle étaient majoritairement dans <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> moindre qualité. Ce<strong>la</strong><br />
va dans le sens <strong>de</strong>s observations <strong>de</strong> l’équipe <strong>de</strong> l’ELDEQ indiquant que les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs offerts<br />
aux enfants <strong>de</strong> milieux défavorisés sont souvent <strong>de</strong> moins bonne qualité.<br />
Plusieurs barrières <strong>à</strong> l’accès aux services éducatifs pour les enfants issus <strong>de</strong> familles en situation <strong>de</strong><br />
vulnérabilité ont été i<strong>de</strong>ntifiées par les intervenants. La Direction <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé publique <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie cible<br />
notamment le manque <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces, le manque d’information <strong>sur</strong> les services, <strong>la</strong> distance <strong>à</strong> parcourir ainsi que<br />
les coûts et les modalités <strong>de</strong> l’offre en ce qui a trait aux heures d’ouverture et aux jours <strong>de</strong> fréquentation.<br />
À ces obstacles, <strong>de</strong>s représentants <strong>de</strong> CPE ajoutent le transport, les difficultés d’organisation <strong>de</strong> certains<br />
parents, <strong>la</strong> crainte du jugement, le manque <strong>de</strong> connaissances <strong>sur</strong> les services disponibles ou encore les<br />
modalités d’inscription aux services éducatifs.<br />
« L’exemple <strong>de</strong> <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce 0-5 ans en est une [barrière]. L’exemple <strong>de</strong> l’obligation d’aller cinq<br />
jours dans un milieu <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en est une aussi. Le transport en est une. L’accueil en est une :<br />
est-ce que je vais être jugé si j’amène mon enfant ? Si mon enfant n’est pas habillé au <strong>de</strong>rnier<br />
goût du jour : est-ce que le CPE ou <strong>la</strong> gar<strong>de</strong>rie va m’appeler ? Est-ce que je vais me faire juger<br />
par les autres parents ? »<br />
(Projet Pour l’<strong>enfance</strong>, j’y vais, j’avance, Québec)<br />
27 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Les témoignages <strong>de</strong> l’organisme J’me fais une p<strong>la</strong>ce en gar<strong>de</strong>rie et <strong>de</strong> <strong>la</strong> Coalition <strong>de</strong> parents d’enfants <strong>à</strong><br />
besoins particuliers du Québec montrent également que le manque <strong>de</strong> services adaptés pour <strong>de</strong>s enfants<br />
ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers peut constituer une barrière <strong>à</strong> l’utilisation <strong>de</strong>s services. Ce manque <strong>de</strong><br />
services adaptés se manifeste tant par le refus <strong>de</strong> certains milieux <strong>à</strong> accueillir <strong>de</strong>s enfants ayant <strong>de</strong>s besoins<br />
particuliers que par le fait que certains lieux ne sont pas accessibles physiquement pour certains enfants<br />
(absence <strong>de</strong> rampe d’accès ou d’ascenseur, espace dans les locaux ou niveau sonore). Ces intervenants<br />
confient que pour les parents dont les enfants ont <strong>de</strong>s besoins particuliers, <strong>la</strong> recherche d’un service adapté<br />
exige beaucoup <strong>de</strong> temps, sans garantie <strong>de</strong> résultats. Selon ces organismes, certains parents peuvent être<br />
découragés d’utiliser un service éducatif, faute <strong>de</strong> trouver un service adapté aux besoins <strong>de</strong> leur enfant.<br />
Concernant les obstacles liés aux coûts, le Règlement <strong>sur</strong> <strong>la</strong> contribution réduite indique qu’un parent<br />
qui reçoit une prestation du Programme d’ai<strong>de</strong> sociale ou du Programme <strong>de</strong> solidarité sociale peut être<br />
exempté du paiement <strong>de</strong> <strong>la</strong> contribution <strong>de</strong> base <strong>de</strong>s services éducatifs pour un maximum <strong>de</strong> 2 journées<br />
et <strong>de</strong>mie ou <strong>de</strong> 5 <strong>de</strong>mi-journées par semaine. Aux audiences <strong>de</strong>s experts, Julie Poissant et Camil Bouchard<br />
ont recommandé que cette exemption s’applique <strong>à</strong> une fréquentation <strong>à</strong> temps plein plutôt qu’<strong>à</strong> une<br />
fréquentation <strong>à</strong> temps partiel afin d’encourager une fréquentation soutenue <strong>de</strong>s services éducatifs. Nous<br />
sommes également préoccupés du fait que le tarif journalier <strong>de</strong> 7,75$/jour en milieu subventionné puisse<br />
être prohibitif pour <strong>de</strong>s familles <strong>à</strong> faible revenu ne pouvant bénéficier <strong>de</strong> l’exemption <strong>de</strong> <strong>la</strong> contribution <strong>de</strong><br />
base. L’enquête <strong>sur</strong> l’utilisation, les besoins et les préférences <strong>de</strong>s familles en matière <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />
menée en 2009 par l’ISQ montre d’ailleurs une plus faible utilisation <strong>de</strong>s services par les familles ayant un<br />
revenu annuel <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 20 000$. 39<br />
45% 45%<br />
40%<br />
38%<br />
35%<br />
30%<br />
25%<br />
20%<br />
15%<br />
33%<br />
30%<br />
25%<br />
24%<br />
20%<br />
19%<br />
16%<br />
14%<br />
10%<br />
5%<br />
0%<br />
Moins <strong>de</strong><br />
20 000$<br />
20 000-<br />
29 999$<br />
30 000-<br />
39 999$<br />
40 000-<br />
49 999$<br />
50 000-<br />
59 999$<br />
60 000-<br />
79 999$<br />
80 000-<br />
99 999$<br />
100 000- 120 000-<br />
119 999$ 139 999$<br />
140 000$<br />
ou plus<br />
Figure 9 : Proportion <strong>de</strong> familles ayant <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 5 ans n’ayant pas recours <strong>à</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> régulière<br />
en fonction du revenu familial annuel (Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, 2009)<br />
39 Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, 2009. Enquête <strong>sur</strong> l’utilisation, les besoins et les préférences <strong>de</strong>s familles en matière <strong>de</strong><br />
services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>, en ligne : http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/education/milieu-gar<strong>de</strong>/utilisation-services-gar<strong>de</strong>-2009.pdf<br />
28 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Les représentants d’OCF sont venus témoigner <strong>de</strong> leur capacité <strong>à</strong> rejoindre ces familles qui n’utilisent pas les<br />
services éducatifs en faisant valoir leur rôle auprès <strong>de</strong>s familles plus vulnérables. Notamment, ils avancent<br />
que leur approche centrée <strong>sur</strong> <strong>la</strong> famille qui reconnaît le rôle <strong>de</strong>s parents comme premiers éducateurs <strong>de</strong><br />
leurs enfants permet <strong>de</strong> recréer un milieu <strong>de</strong> vie que les parents sont plus <strong>à</strong> l’aise <strong>de</strong> fréquenter. Certains <strong>de</strong>s<br />
représentants d’OCF témoignent même du fait que <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong> maisons <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille sert <strong>de</strong> porte<br />
d’entrée vers les services éducatifs ou les services <strong>de</strong> santé.<br />
« Nous avons également une halte-gar<strong>de</strong>rie ouverte 32 heures par semaine accueil<strong>la</strong>nt<br />
150 enfants par année. Ces enfants ne fréquentent pas les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> région.<br />
Ce sont majoritairement <strong>de</strong>s enfants dont les parents ont fait le choix <strong>de</strong> <strong>de</strong>meurer <strong>à</strong><br />
<strong>la</strong> maison, recevant <strong>de</strong> l’as<strong>sur</strong>ance emploi, <strong>de</strong> l’ai<strong>de</strong> sociale ou en congé parental tout<br />
simplement. […] Les parents aiment venir dans notre organisme, car ils se sentent chez<br />
eux. Ils se sentent en confiance. Ils n’ont pas toujours <strong>la</strong> crainte <strong>de</strong> se faire observer et<br />
analyser dans leur rôle parental. »<br />
(Maison Pause-Parent, St-Jérôme)<br />
« C’est vrai que les groupes communautaires rejoignent beaucoup les familles, celles qui<br />
semblent fuir les services sociaux plus conventionnels. Il n’y a pas juste parce qu’on est bon<br />
et tout, il y a <strong>la</strong> flexibilité <strong>de</strong> notre milieu aussi qui fait vraiment une différence. Souvent un<br />
parent ne voudra pas envoyer son enfant <strong>à</strong> temps plein en CPE, mais <strong>de</strong> temps en temps<br />
l’envoyer en halte-gar<strong>de</strong>rie, participer <strong>à</strong> <strong>de</strong>s rencontres ça marche mieux avec le projet<br />
<strong>de</strong> vie qu’il a choisi. C’est sûr aussi que le non-jugement, l’accueil, d’être l<strong>à</strong> avec d’autres<br />
parents dans une mixité sociale qui est ouverte, ça ai<strong>de</strong> beaucoup <strong>à</strong> aller chercher ces<br />
parents. »<br />
(Regroupement <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille <strong>de</strong> Montréal, Montréal)<br />
« Les haltes-gar<strong>de</strong>ries sont aussi un tremplin pour nos familles. Par celles-ci, on fait<br />
connaître les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> qui sont disponibles <strong>sur</strong> nos territoires : CPE,<br />
gar<strong>de</strong>ries privées, service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial, etc. […] Nos organismes établissent<br />
<strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s col<strong>la</strong>borations avec les CPE et les gar<strong>de</strong>ries <strong>de</strong> notre secteur afin <strong>de</strong> faciliter<br />
l’intégration <strong>de</strong>s enfants et <strong>de</strong> faire reconnaître l’excellent travail <strong>de</strong>s professionnelles<br />
en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Nous travaillons ensemble <strong>sur</strong> divers comités, nous échangeons <strong>de</strong>s<br />
locaux, nous nous référons <strong>de</strong> <strong>la</strong> clientèle tout en p<strong>la</strong>çant les parents et les enfants au cœur<br />
<strong>de</strong> nos interventions. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong>s Maisons <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille <strong>de</strong> Lévis)<br />
Ces organismes déplorent néanmoins le fait qu’ils manquent <strong>de</strong> ressources et <strong>de</strong> reconnaissance pour<br />
optimiser leur mission. Par exemple, plusieurs OCF manquent <strong>de</strong> fonds pour <strong>de</strong>meurer ouverts <strong>à</strong> l’année,<br />
pour rejoindre plus <strong>de</strong> familles, pour retenir leurs employés ou pour développer <strong>de</strong> nouveaux projets.<br />
« Les organismes communautaires Famille ont été transférés au ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille<br />
vers les années 2004-2008, ça fait déj<strong>à</strong> longtemps. Depuis notre transfert, les organismes<br />
communautaires Famille n’ont pratiquement eu aucune in<strong>de</strong>xation <strong>de</strong> financement. […]<br />
Nos moyens financiers ne nous permettent pas <strong>de</strong> rester ouverts <strong>à</strong> l’année. »<br />
(Table régionale <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille <strong>de</strong> Lanaudière, Joliette)<br />
29 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
« À <strong>la</strong> Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille <strong>de</strong> Rouyn-Noranda, pour <strong>la</strong> <strong>de</strong>rnière année, nous avons reçu<br />
près <strong>de</strong> 300 familles, plus <strong>de</strong> 180 enfants et nous avons dû en refuser plus <strong>de</strong> 150, faute <strong>de</strong><br />
temps, d’espace et d’intervenantes. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille <strong>de</strong> Rouyn-Noranda)<br />
Malgré ces témoignages favorables aux OCF, les données rapportées par certains experts obligent <strong>à</strong> nuancer<br />
les effets <strong>de</strong>s OCF. Notamment, Sylvana Côté a rappelé que pour produire <strong>de</strong>s effets bénéfiques <strong>sur</strong> le<br />
développement <strong>de</strong>s enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés, <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong><br />
exige une intensité et une structure que l’on ne retrouve pas dans les OCF. Elle considère donc que les OCF<br />
ne peuvent être envisagés comme une solution <strong>de</strong> remp<strong>la</strong>cement <strong>à</strong> <strong>la</strong> fréquentation <strong>de</strong>s services par les<br />
enfants vulnérables. De même, Nathalie Bigras explique que plusieurs étu<strong>de</strong>s rapportent que les enfants<br />
issus <strong>de</strong> milieux socioéconomiques défavorisés obtiennent <strong>de</strong> meilleurs résultats sco<strong>la</strong>ires <strong>à</strong> l’âge <strong>de</strong> 12<br />
ans s’ils ont fréquenté <strong>de</strong> manière intensive un service d’éducation présco<strong>la</strong>ire en bas âge. Nous retenons<br />
donc que si les OCF ne peuvent pas remp<strong>la</strong>cer les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, ces organismes<br />
pourraient toutefois jouer un rôle essentiel pour faciliter le passage <strong>de</strong>s enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés<br />
vers les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, <strong>à</strong> condition que leur mission soit définie <strong>de</strong> <strong>la</strong> sorte et que leur<br />
évaluation et une bonification <strong>de</strong> financement portent <strong>sur</strong> cet objectif.<br />
30 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Universalité<br />
En plus <strong>de</strong> s’intéresser <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité et <strong>à</strong> l’accessibilité <strong>de</strong>s services, <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> s’est interrogée <strong>sur</strong><br />
l’universalité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>. Celle-ci a été abordée sous l’angle <strong>de</strong> <strong>la</strong> tarification et <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
prestation <strong>de</strong>s services.<br />
La tournée <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> a permis <strong>de</strong> prendre acte <strong>de</strong> l’inquiétu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s milieux concernant les effets <strong>de</strong><br />
<strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs et <strong>de</strong> <strong>la</strong> bonification <strong>de</strong>s crédits d’impôt <strong>sur</strong> l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />
<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Les représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> RSG déplorent que ces me<strong>sur</strong>es créent une disparité entre<br />
les services et orientent le choix <strong>de</strong>s parents pour <strong>de</strong>s motifs économiques. En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> prestation<br />
<strong>de</strong> services, nous constatons que malgré une volonté d’intégration et <strong>de</strong> prise en charge <strong>de</strong>s enfants ayant<br />
<strong>de</strong>s besoins particuliers dans les CPE notamment, le manque <strong>de</strong> ressources pour soutenir adéquatement<br />
ces enfants est un obstacle <strong>à</strong> cette intégration.<br />
Modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs et bonification <strong>de</strong>s crédits d’impôt<br />
En 1997, le gouvernement misait <strong>sur</strong> l’universalité <strong>de</strong>s tarifs en proposant <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> contribution réduite<br />
pour tous. Ainsi, peu importe le revenu <strong>de</strong>s ménages, <strong>la</strong> tarification quotidienne exigée était <strong>la</strong> même (5$<br />
puis 7$ par jour <strong>à</strong> partir <strong>de</strong> 2004) pour tous les utilisateurs. L’universalité <strong>de</strong> cette me<strong>sur</strong>e faisait en sorte<br />
qu’elle était en très gran<strong>de</strong> partie assumée collectivement par l’ensemble <strong>de</strong>s contribuables, par le biais <strong>de</strong><br />
l’impôt progressif <strong>sur</strong> le revenu et les autres sources fiscales <strong>de</strong> l’État.<br />
En 2015, <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs est entrée en vigueur. Ainsi, tous les parents dont l’enfant occupe une<br />
p<strong>la</strong>ce subventionnée et dont le revenu familial annuel net est supérieur <strong>à</strong> 50 920$ versent une contribution<br />
<strong>de</strong> base <strong>de</strong> 7,75$ par jour et par enfant, payable au service éducatif, <strong>à</strong> <strong>la</strong>quelle s’ajoute une contribution<br />
modulée en fonction du revenu familial, payable au moment <strong>de</strong> produire <strong>la</strong> déc<strong>la</strong>ration <strong>de</strong> revenus. 40 Ces<br />
contributions sont in<strong>de</strong>xées annuellement.<br />
Contribution <strong>de</strong><br />
base<br />
Contribution<br />
additionnelle<br />
50 920$ ou moins Entre 50 920$ et<br />
76 380$<br />
Entre 76 380 et<br />
161 380$<br />
161 380$ ou plus<br />
7,75$/enfant 7,75$/enfant 7,75$/enfant 7,75$/enfant<br />
0,70$ Entre 0,70$ et<br />
13,45$<br />
13,45$<br />
Total journalier 8,45$ Entre 8,45$ et 21,20$<br />
21,20$<br />
La contribution additionnelle est réduite <strong>de</strong> 50% pour le <strong>de</strong>uxième enfant<br />
Aucune contribution additionnelle n’est <strong>de</strong>mandée pour un troisième enfant et les<br />
suivants<br />
Figure 10 : Tarification <strong>de</strong>s services éducatifs subventionnés pour <strong>2017</strong> (Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016)<br />
40 Ministère <strong>de</strong>s Finances, 2016. Coût <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> quotidien, en ligne : http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/outils/<br />
gar<strong>de</strong>_fr.asp<br />
31 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
De leur côté, les services non subventionnés fixent eux-mêmes le tarif aux parents qui peuvent bénéficier<br />
d’un crédit d’impôt provincial calculé en fonction du revenu familial. Ce crédit a été bonifié en 2009, passant<br />
d’un montant maximal <strong>de</strong> 5000$ (pour les enfants nés après le 31 décembre 1999) <strong>à</strong> 9000$ (pour les enfants<br />
nés après le 31 décembre 2009). Les parents qui utilisent <strong>de</strong>s services non subventionnés peuvent également<br />
recevoir <strong>de</strong>s versements anticipés du crédit d’impôt <strong>de</strong> façon mensuelle. 41<br />
Certains experts rencontrés ont expliqué que ces <strong>de</strong>ux changements dans <strong>la</strong> tarification créent un<br />
environnement qui n’est plus économiquement neutre. Par exemple, Pierre Fortin explique que pour une<br />
famille dont le revenu familial se situe entre 95 000$ et 145 000$, il <strong>de</strong>vient plus avantageux économiquement<br />
<strong>de</strong> confier son enfant <strong>à</strong> un service non subventionné. Nathalie Bigras affirme que <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion induit un<br />
flou quant au montant <strong>à</strong> débourser pour les services éducatifs chez les parents, puisqu’il est payable au<br />
moment <strong>de</strong> produire <strong>la</strong> déc<strong>la</strong>ration <strong>de</strong> revenus, ce qui peut avoir une influence <strong>sur</strong> <strong>la</strong> fréquentation et le<br />
choix <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
Bien que 77% <strong>de</strong>s répondants au sondage <strong>de</strong>stiné aux parents déc<strong>la</strong>rent que <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs n’a<br />
pas eu d’impact <strong>sur</strong> leur choix <strong>de</strong> service éducatif, plusieurs groupes et organismes rencontrés durant <strong>la</strong><br />
démarche soutiennent que <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs a provoqué un dép<strong>la</strong>cement <strong>de</strong> <strong>la</strong> clientèle <strong>de</strong>s services<br />
subventionnés vers les services non subventionnés pour <strong>de</strong>s raisons économiques et non pour <strong>de</strong>s raisons<br />
<strong>de</strong> qualité. Ainsi, plusieurs intervenants offrant <strong>de</strong>s services éducatifs se montrent préoccupés, jugeant que<br />
<strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs constitue un frein <strong>à</strong> l’accessibilité et <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong>. De plus, les échanges pléniers durant les forums citoyens ont donné lieu <strong>à</strong> quelques témoignages<br />
<strong>de</strong> parents qui critiquent le fait que <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs soit imposée alors que le gouvernement coupe<br />
dans <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services. Ces parents estiment qu’ils paient désormais plus, alors qu’ils reçoivent <strong>de</strong>s<br />
services <strong>de</strong> moins bonne qualité.<br />
« Les familles qui ont maintenant un incitatif financier <strong>à</strong> inscrire leurs enfants dans un service<br />
<strong>de</strong> gar<strong>de</strong> privé sont plus nombreuses <strong>à</strong> dé<strong>la</strong>isser les CPE qui, dans l’ensemble, offrent une<br />
qualité éducative supérieure. De plus en plus <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en CPE sont maintenant inoccupées.<br />
À l’heure où <strong>la</strong> question <strong>de</strong> <strong>la</strong> contribution financière <strong>de</strong> l’État est omniprésente, il est<br />
<strong>sur</strong>prenant <strong>de</strong> constater que <strong>la</strong> question <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité du service financé est complètement<br />
passée sous silence alors que c’est <strong>la</strong> qualité et non <strong>la</strong> simple fréquentation qui est garante<br />
<strong>de</strong>s bénéfices pour le développement <strong>de</strong> l’enfant, les conditions <strong>de</strong> vie <strong>de</strong>s familles et<br />
l’économie d’une société. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> Nathalie Bigras et al.)<br />
« L’AGPQ [Association <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées du Québec] a toujours été contre <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion<br />
<strong>de</strong>s frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> selon le revenu familial. Cette modu<strong>la</strong>tion est un obstacle majeur <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />
santé et <strong>à</strong> <strong>la</strong> sécurité <strong>de</strong>s enfants, leur qualité <strong>de</strong> vie et leur réussite sco<strong>la</strong>ire, <strong>à</strong> savoir :<br />
• Cette modu<strong>la</strong>tion a forcé beaucoup <strong>de</strong> parents <strong>à</strong> faire <strong>de</strong>s choix difficiles. Parfois<br />
même <strong>à</strong> limiter le nombre d’enfants qu’ils auront ;<br />
• Elle a forcé un grand nombre <strong>de</strong> parents <strong>à</strong> se tourner vers d’autres alternatives <strong>de</strong><br />
gar<strong>de</strong> qui sont malheureusement, dans plusieurs cas, <strong>de</strong> qualité inférieure ;<br />
• De plus, elle favorise <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> non régie qui affecte <strong>la</strong> santé et <strong>la</strong> sécurité <strong>de</strong>s enfants.<br />
Cette modu<strong>la</strong>tion ne <strong>de</strong>vrait pas exister. Ultimement, elle est un obstacle <strong>à</strong> l’accessibilité<br />
et <strong>la</strong> réussite sco<strong>la</strong>ire. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> l’Association <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées du Québec)<br />
41 Gouvernement du Québec, <strong>2017</strong>. Crédit d’impôt pour frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> d’enfants, en ligne : http://www4.gouv.qc.ca/FR/<br />
Portail/Citoyens/Evenements/DevenirParent/Pages/credt_frais_gar<strong>de</strong>_enfan.aspx<br />
32 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Les RSG semblent particulièrement touchées par ces me<strong>sur</strong>es tarifaires. Plusieurs ont en effet témoigné <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
pression qu’elles ressentent <strong>de</strong> <strong>la</strong> part <strong>de</strong>s parents qui leur <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt d’offrir un service non subventionné<br />
donnant accès au crédit d’impôt plutôt qu’un service subventionné. Sachant que les milieux familiaux non<br />
régis donnant accès au crédit d’impôt ne sont soumis <strong>à</strong> aucune loi, aucun contrôle, ni aucune exigence <strong>de</strong><br />
formation, nous sommes inquiets <strong>de</strong>s effets <strong>de</strong> <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion et <strong>de</strong> <strong>la</strong> bonification <strong>de</strong>s crédits d’impôt <strong>sur</strong><br />
<strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs privilégiés par les parents. À noter que 75% <strong>de</strong>s répondants au sondage<br />
aux parents préféreraient bénéficier <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces <strong>à</strong> tarif réduit en service éducatif plutôt que <strong>de</strong> recevoir <strong>de</strong>s<br />
crédits d’impôt ou <strong>de</strong>s allocations directes. C’est également l’option privilégiée par <strong>la</strong> majorité <strong>de</strong>s équipes<br />
<strong>de</strong> citoyens ayant travaillé <strong>sur</strong> le thème <strong>de</strong> l’universalité durant les forums.<br />
« La modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s frais <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> a créé un exo<strong>de</strong> vers le privé <strong>de</strong> <strong>la</strong> part <strong>de</strong>s parents,<br />
souvent <strong>à</strong> contrecœur, pour un aspect financier. Les parents <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt régulièrement<br />
maintenant aux RSG <strong>de</strong> s’en aller au privé, leur mentionnant que cette <strong>de</strong>man<strong>de</strong> est<br />
strictement <strong>de</strong> nature financière. […] Nous avons constaté <strong>la</strong> fermeture <strong>de</strong> 160 RSG soit<br />
faute d’avoir <strong>de</strong>s enfants pour combler leur ratio ou encore <strong>à</strong> cause <strong>de</strong> l’exo<strong>de</strong> <strong>de</strong>s parents<br />
vers le privé. Environ 60 RSG parmi celles-ci ont ouvert un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> au privé au<br />
cours <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>de</strong>rnière année. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> l’Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial <strong>de</strong>s Laurenti<strong>de</strong>s)<br />
Intégration <strong>de</strong>s enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité<br />
La <strong>Commission</strong> s’est interrogée <strong>sur</strong> <strong>la</strong> façon d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> prestation <strong>de</strong>s services pour les enfants en situation<br />
<strong>de</strong> vulnérabilité. À cet égard, l’approche <strong>de</strong> l’universalisme proportionné, selon <strong>la</strong>quelle <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> base<br />
sont offerts <strong>à</strong> tous les enfants tandis que <strong>de</strong>s services additionnels sont disponibles pour les enfants ayant<br />
<strong>de</strong>s besoins particuliers, est privilégiée par <strong>la</strong> plupart <strong>de</strong>s intervenants provenant <strong>de</strong>s milieux <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé<br />
et par les participants aux forums citoyens travail<strong>la</strong>nt <strong>sur</strong> le thème <strong>de</strong> l’universalisme. Ces participants font<br />
valoir que cette approche permet <strong>de</strong> concilier l’approche universelle et l’approche ciblée.<br />
Approche universelle : approche visant <strong>à</strong> offrir <strong>de</strong>s services pour tous, indépendamment du statut<br />
socioéconomique.<br />
Approche ciblée : approche visant <strong>à</strong> offrir <strong>de</strong>s services <strong>à</strong> une tranche particulièrement <strong>à</strong> risque dont le<br />
statut socioéconomique est faible<br />
Universalisme proportionné : approche visant <strong>à</strong> offrir <strong>de</strong>s services universels <strong>à</strong> tous, mais avec <strong>de</strong>s<br />
modalités ou une intensité qui varient selon les besoins. 42<br />
Les données <strong>de</strong> l’ÉQDEM présentées par Julie Poissant montrent que bien que <strong>la</strong> proportion d’enfants<br />
vulnérables soit plus élevée dans les milieux socioéconomiques faibles, <strong>de</strong>s enfants vulnérables se<br />
retrouvent dans tous les groupes sociaux; le plus grand nombre absolu d’enfants vulnérables se retrouve<br />
dans les niveaux socioéconomiques moyens et favorisés. Conséquemment, l’universalisme proportionné<br />
paraît pertinent puisqu’il permet d’as<strong>sur</strong>er une prestation <strong>de</strong> services pour les enfants vulnérables en tenant<br />
compte <strong>de</strong> leurs besoins plutôt que du seul facteur économique.<br />
42 Human Early Learning Partnership, 2011. Universalisme proportionné, en ligne : http://earlylearning.ubc.ca/media/<br />
publications/proportionate_universality_brief_fr_4pgs_-_29apr2013.pdf et Julie Poissant, 2016. Mémoire déposé dans le cadre <strong>de</strong>s<br />
audiences d’experts <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
33 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
35%<br />
31,2%<br />
30%<br />
25%<br />
20,9%<br />
23,1%<br />
26,3%<br />
27,5%<br />
20%<br />
15%<br />
10%<br />
5%<br />
0%<br />
Quintile 1<br />
très favorisé<br />
Quintile 2<br />
Quintile 3<br />
Quintile 4<br />
Quintile 5<br />
très défavorisé<br />
Figure 11 : Proportion d’enfants <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle vulnérables dans au moins un domaine <strong>de</strong> développement<br />
selon l’indice <strong>de</strong> défavorisation matérielle (Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec, 2013)<br />
Cette approche répond également <strong>à</strong> une volonté d’intégration <strong>de</strong> tous les enfants dans les milieux. En effet,<br />
les représentants <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>de</strong> même que certains organismes œuvrant auprès <strong>de</strong> familles dont<br />
les enfants ont <strong>de</strong>s besoins particuliers souhaitent une meilleure intégration et une plus gran<strong>de</strong> mixité dans<br />
les services éducatifs. La majorité <strong>de</strong>s répondants du sondage aux parents (85%) et du sondage grand public<br />
(70%) estiment que le fait <strong>de</strong> réserver <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces en services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> subventionnés et en maternelle 4<br />
ans pour les enfants vulnérables est une bonne idée. De même, les directions <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries, le<br />
personnel <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et les RSG rencontrés se montrent généralement favorables <strong>à</strong> l’idée d’accueillir <strong>de</strong>s<br />
enfants ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers dans leurs groupes. Ils déplorent néanmoins le fait que trop peu <strong>de</strong><br />
ressources financières et humaines permettent d’as<strong>sur</strong>er le soutien <strong>de</strong> ces enfants.<br />
« Il est également important d’avoir une mixité sociale, culturelle et économique dans nos<br />
groupes d’enfants afin d’éviter l’effet <strong>de</strong> “ghetto”. L’universalité est pour nous un moyen<br />
d’atteindre nos missions <strong>de</strong> base. C’est important pour les enfants d’être en contact avec<br />
<strong>de</strong>s enfants d’autres milieux et ayant <strong>de</strong>s différences. C’est une richesse pour les enfants.<br />
Nous <strong>de</strong>vrions être plus en me<strong>sur</strong>e d’accueillir adéquatement les enfants ayant <strong>de</strong>s besoins<br />
particuliers. Actuellement, l’ai<strong>de</strong> que l’on peut donner est <strong>de</strong> seulement 2 heures par jour<br />
et ce n’est pas suffisant. Même avec l’ai<strong>de</strong> exceptionnelle, nous arrivons <strong>à</strong> peine <strong>à</strong> 3 heures<br />
par jour. »<br />
(Mémoire du Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec)<br />
« Actuellement, nous observons que l’accessibilité <strong>à</strong> un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> pour les enfants<br />
<strong>à</strong> besoins particuliers ne va pas <strong>de</strong> soi pour tous ! En effet, ce ne sont pas tous les milieux<br />
qui démontrent <strong>de</strong> l’ouverture <strong>à</strong> l’intégration. Pour certains, le refus est catégorique. Pour<br />
d’autres, <strong>la</strong> porte est entre-ouverte. Chez ces <strong>de</strong>rniers, nous remarquons une certaine<br />
34 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
sélection quant au type <strong>de</strong> besoins ou <strong>de</strong> handicap. Certains milieux vont préférer se<br />
spécialiser en accueil<strong>la</strong>nt <strong>de</strong>s enfants présentant un profil type (exemple, l’autisme).<br />
D’autres vont imposer <strong>de</strong>s critères quant <strong>à</strong> <strong>la</strong> sévérité du handicap. En conséquence, nous<br />
constatons que les enfants présentant <strong>de</strong>s incapacités importantes sont particulièrement<br />
touchés par cette me<strong>sur</strong>e d’admissibilité. Le contexte actuel <strong>de</strong> financement est peut-être<br />
propice <strong>à</strong> l’accessibilité sélective <strong>de</strong>s enfants. Les coupures massives peuvent, <strong>à</strong> notre avis,<br />
mener les milieux <strong>à</strong> faire <strong>de</strong>s choix sachant qu’ils n’auront pas les moyens pour soutenir<br />
l’intégration. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> J’me fais une p<strong>la</strong>ce en gar<strong>de</strong>rie)<br />
Cette volonté d’intégration se traduit notamment par <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong> protocoles d’entente entre les<br />
centres <strong>de</strong> santé et <strong>de</strong> services sociaux (CSSS) et les CPE ou les gar<strong>de</strong>ries. En vertu <strong>de</strong> ces ententes, les<br />
services éducatifs subventionnés s’engagent <strong>à</strong> réserver 5% <strong>de</strong> leurs p<strong>la</strong>ces pour <strong>de</strong>s enfants référés par<br />
le CSSS qui s’engage en retour <strong>à</strong> leur fournir <strong>de</strong>s services. 43 Dans son mémoire, Julie Poissant fait état <strong>de</strong><br />
certaines <strong>la</strong>cunes <strong>de</strong> ces ententes. Elle explique que, bien qu’il s’agit d’un outil précieux pour le suivi <strong>de</strong>s<br />
enfants vivant en contexte <strong>de</strong> vulnérabilité, une étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> 2008 montre que 43% <strong>de</strong>s centres locaux <strong>de</strong><br />
services communautaires (CLSC) sondés affirmaient que le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces réservées est inférieur <strong>à</strong> leurs<br />
besoins et que seulement <strong>la</strong> moitié <strong>de</strong>s CPE avaient adhéré au protocole. De ce nombre, les <strong>de</strong>ux tiers<br />
affirmaient ne pouvoir accepter tous les enfants référés par le CLSC. De leur côté, nous avons entendu<br />
plusieurs représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries dire qu’ils ne recevaient pas les services requis <strong>de</strong> <strong>la</strong> part <strong>de</strong>s<br />
CLSC en vertu <strong>de</strong> ces protocoles d’entente.<br />
L’intégration d’enfants ayant <strong>de</strong>s difficultés comporte cependant quelques défis. Notamment, les<br />
présentations <strong>de</strong> l’Ordre <strong>de</strong>s orthophonistes et <strong>de</strong>s audiologistes du Québec, <strong>de</strong> l’Ordre <strong>de</strong>s psychoéducateurs<br />
et psychoéducatrices du Québec et <strong>de</strong> <strong>la</strong> Coalition <strong>de</strong> parents d’enfants <strong>à</strong> besoins particuliers du Québec<br />
montrent qu’il est difficile <strong>de</strong> répondre aux besoins <strong>de</strong> ces enfants puisque <strong>la</strong> prestation <strong>de</strong> services dépend<br />
<strong>de</strong> l’obtention d’un diagnostic. Ainsi, malgré un dépistage précoce par le personnel éducateur ou par les<br />
parents, l’absence <strong>de</strong> diagnostic affecte <strong>la</strong> capacité <strong>de</strong>s milieux <strong>à</strong> soutenir adéquatement les enfants qui en<br />
ont besoin.<br />
« Avant d’avoir le diagnostic, les problèmes sont très présents et les besoins sont quand<br />
même l<strong>à</strong>. Les besoins ne commencent pas le jour où on a le papier qui donne le diagnostic.<br />
Et c’est encore plus paradoxal <strong>de</strong> vivre cette contrainte-l<strong>à</strong> en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> puisque l’âge<br />
est trop jeune pour pouvoir vraiment donner un réel diagnostic. Alors si on met en p<strong>la</strong>ce<br />
une structure d’allocation <strong>de</strong> ressources qui dépend <strong>de</strong> <strong>la</strong> présence <strong>de</strong> diagnostic, on se<br />
piège. »<br />
(Ordre <strong>de</strong>s psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec, Audiences nationales)<br />
« L’enfant va vivre pendant longtemps <strong>de</strong>s grosses difficultés et l’éducatrice ne va pas<br />
avoir d’ai<strong>de</strong> dans son milieu tant que l’enfant n’a pas <strong>de</strong> diagnostic point. Ça s’arrête l<strong>à</strong>.<br />
[…] Ça peut prendre jusqu’<strong>à</strong> <strong>de</strong>ux, trois ans avant <strong>de</strong> réussir <strong>à</strong> avoir le diagnostic au final.<br />
On s’entend que <strong>de</strong>ux, trois ans, c’est le temps <strong>de</strong> passage <strong>de</strong> l’enfant avant d’entrer en<br />
maternelle. »<br />
(Coalition <strong>de</strong> parents d’enfants <strong>à</strong> besoins particuliers du Québec, Audiences nationales)<br />
43 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2016. Protocoles d’entente, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/services-<strong>de</strong>-gar<strong>de</strong>/cpegar<strong>de</strong>ries/entente-services/protocoles-entente/Pages/in<strong>de</strong>x.aspx<br />
35 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
« Le dépistage précoce <strong>de</strong>s enfants ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers, y compris par les<br />
services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et les organismes œuvrant auprès <strong>de</strong>s familles, est en soi une piste<br />
d’action pertinente. Cependant, s’il n’y a pas <strong>de</strong> services pour répondre aux besoins, ce<strong>la</strong><br />
peut s’avérer inutile, voire dangereux <strong>de</strong> nourrir <strong>de</strong>s préjugés, diminuer l’estime <strong>de</strong> soi <strong>de</strong>s<br />
parents et, par conséquent, avoir une inci<strong>de</strong>nce négative <strong>sur</strong> les enfants. Reconnaître les<br />
besoins particuliers <strong>de</strong> plus en plus d’enfants <strong>de</strong> plus en plus jeunes exige en contrepartie<br />
d’i<strong>de</strong>ntifier et reconnaître les besoins <strong>de</strong> plus en plus grands <strong>de</strong>s écoles et <strong>de</strong>s services <strong>à</strong> <strong>la</strong><br />
<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et aux parents. »<br />
(Mémoire du Comité canadien <strong>de</strong> l’Organisation mondiale pour <strong>l’éducation</strong> présco<strong>la</strong>ire)<br />
36 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Gouvernance<br />
La gouvernance a été abordée sous l’angle <strong>de</strong> <strong>la</strong> cohésion entre les acteurs impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>,<br />
tant au niveau local et régional qu’au niveau national. Il ressort <strong>de</strong>s consultations que <strong>la</strong> question <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
gouvernance <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> est cruciale dans l’optique d’une meilleure continuité <strong>de</strong><br />
l’expérience éducative <strong>de</strong>s enfants. Les intervenants reconnaissent effectivement <strong>la</strong> nécessité d’harmoniser<br />
les différentes actions qu’ils entreprennent. Ils déplorent parfois le partage <strong>de</strong> responsabilités entre le MF, le<br />
MEES et le Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Santé et <strong>de</strong>s Services sociaux (MSSS) qui morcelle les services <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
et qui peut contribuer <strong>à</strong> nuire <strong>à</strong> l’uniformisation <strong>de</strong>s exigences auxquelles doivent répondre les différents<br />
services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
Cohésion et complémentarité entre les acteurs impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
Plusieurs intervenants ont parlé en faveur d’une meilleure cohésion entre les acteurs impliqués en <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong>. De façon générale, l’objectif est d’as<strong>sur</strong>er une continuité entre les services éducatifs en <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong>, le milieu sco<strong>la</strong>ire, le milieu communautaire, le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et les familles. Une telle cohésion<br />
et une telle complémentarité sont vues comme une nécessité pour améliorer <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services offerts<br />
et favoriser <strong>la</strong> transition vers <strong>la</strong> maternelle tout en mobilisant tous les acteurs autour <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
« [L]a qualité est tributaire d’une continuité entre les services éducatifs en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>,<br />
le milieu sco<strong>la</strong>ire et le milieu communautaire. Selon le rapport <strong>de</strong> <strong>la</strong> directrice <strong>de</strong> santé<br />
publique, <strong>la</strong> continuité, <strong>la</strong> complémentarité et l’efficience <strong>de</strong>s actions dépen<strong>de</strong>nt d’une<br />
vision globale, d’une articu<strong>la</strong>tion structurée et unifiée, ainsi que d’orientations c<strong>la</strong>ires et<br />
communes. Ainsi, il serait pertinent <strong>de</strong> revoir <strong>la</strong> gouvernance <strong>de</strong> tous les services en <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong> et les politiques publiques favorisant le développement <strong>de</strong>s enfants afin <strong>de</strong> créer<br />
un lea<strong>de</strong>rship unifié. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Direction <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé publique <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie)<br />
Plusieurs participants réfèrent au modèle écosystémique (ou écologique) pour illustrer <strong>la</strong> proximité entre<br />
les individus et les groupes qui gravitent autour <strong>de</strong> l’enfant, <strong>à</strong> commencer par ses parents. Les participants<br />
aux forums ayant travaillé <strong>sur</strong> le thème <strong>de</strong> <strong>la</strong> gouvernance mentionnent également l’importance d’une<br />
col<strong>la</strong>boration entre les acteurs mobilisés en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Ils ajoutent que cette col<strong>la</strong>boration exige une<br />
meilleure communication entre les intervenants et une meilleure connaissance <strong>de</strong>s rôles et responsabilités<br />
<strong>de</strong> chacun.<br />
37 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Figure 12 : Modèle écosystémique (tiré <strong>de</strong> : ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2007)<br />
Plusieurs représentants <strong>de</strong> Tables <strong>de</strong> concertation ont fait valoir que <strong>la</strong> concertation entre les acteurs<br />
mobilisés en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> facilite <strong>la</strong> cohésion <strong>de</strong>s interventions. Les représentants <strong>de</strong> ces Tables font valoir<br />
qu’elles permettent <strong>de</strong> créer <strong>de</strong>s ponts entre les acteurs et <strong>de</strong> les mobiliser autour d’un même enjeu. Ces<br />
initiatives <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt cependant du temps, une ressource dont disposent peu d’intervenants en contexte<br />
<strong>de</strong> restrictions budgétaires. Dans plusieurs milieux, les Tables <strong>de</strong> concertation ont fait leurs preuves, mais<br />
<strong>la</strong> capacité <strong>de</strong>s acteurs <strong>à</strong> s’y impliquer <strong>de</strong> manière soutenue reste limitée. La fin imminente du partenariat<br />
entre le gouvernement du Québec et <strong>la</strong> Fondation Chagnon <strong>à</strong> travers Avenir d’enfant fait craindre une<br />
mise en veilleuse <strong>de</strong> nombreuses initiatives <strong>de</strong> concertation <strong>à</strong> l’échelle <strong>de</strong> <strong>la</strong> province. Il y a donc lieu <strong>de</strong><br />
s’interroger <strong>sur</strong> l’avenir et les conditions <strong>de</strong> succès <strong>de</strong>s instances <strong>de</strong> concertation en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
« Il faut maintenir et renforcer les regroupements intersectoriels locaux et régionaux.<br />
Ils facilitent déj<strong>à</strong> une cohésion et une communication entre les intervenants <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong> <strong>de</strong> nombreux réseaux différents. Ils permettent <strong>de</strong>s ″espace-temps″ afin que les<br />
institutions se connaissent mieux entre elles et créent ensemble <strong>de</strong>s opportunités qui<br />
soutiennent le développement <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> leur communauté. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Table régionale <strong>enfance</strong> famille <strong>de</strong> l’Abitibi-Témiscamingue)<br />
38 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
« Avenir d’enfant approche <strong>la</strong> fin. C’est une Table qui a permis d’asseoir différents<br />
organismes communautaires, <strong>de</strong>s CPE, <strong>la</strong> maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille et qui a tenu longtemps,<br />
qui a permis <strong>de</strong> créer <strong>de</strong>s liens, <strong>de</strong>s partenariats. […] Les directions d’écoles ont embarqué<br />
parce que <strong>la</strong> conseillère pédagogique était assise avec nous et a créé le pont. »<br />
(CPE-BC Sous le bon toit, Sept-Îles)<br />
Les représentants <strong>de</strong> Tables <strong>de</strong> concertation entendus font valoir que <strong>la</strong> concertation permet <strong>de</strong> p<strong>la</strong>cer<br />
l’enfant au centre <strong>de</strong>s préoccupations <strong>de</strong>s acteurs mobilisés en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et d’organiser les services<br />
<strong>de</strong> façon <strong>à</strong> favoriser un continuum horizontal et vertical entre les services offerts tout au long <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong>. Un tel continuum permettrait d’as<strong>sur</strong>er <strong>de</strong>s ponts entre les services, lorsqu’une col<strong>la</strong>boration entre<br />
les professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et le personnel éducateur est nécessaire, et dans <strong>la</strong> durée, lors <strong>de</strong> <strong>la</strong> transition<br />
entre les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et l’école. Certains suggèrent que ce continuum <strong>de</strong> services<br />
<strong>de</strong>vrait s’amorcer dès <strong>la</strong> grossesse. Richard Tremb<strong>la</strong>y fait notamment valoir que <strong>la</strong> coordination <strong>de</strong>s services<br />
<strong>de</strong> <strong>la</strong> vie fœtale <strong>à</strong> <strong>la</strong> parentalité permettrait <strong>de</strong> mieux soutenir les familles les plus <strong>à</strong> risque afin que leurs<br />
enfants aient <strong>de</strong>s chances égales <strong>de</strong> s’épanouir et <strong>de</strong> réussir. Il suggère notamment <strong>la</strong> prescription <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces<br />
en CPE dès le début <strong>de</strong> <strong>la</strong> grossesse pour toutes les femmes enceintes ayant un faible revenu, <strong>de</strong> sorte qu’un<br />
suivi soit immédiatement initié.<br />
« La réussite d’un enfant est l’affaire <strong>de</strong> plusieurs acteurs qu’il croisera tout au long <strong>de</strong><br />
sa vie pédiatrique, soit <strong>de</strong> <strong>la</strong> grossesse <strong>à</strong> l’école. La prévention doit être vue comme un<br />
continuum, menée par tous les partenaires impliqués (CISSS/CIUSSS [hôpitaux, CLSC]<br />
– services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> – familles) et non comme une suite d’actions<br />
morcelées. Cet énoncé est particulièrement important chez les familles plus vulnérables. Il<br />
faut encourager les actions qui favorisent un certain continuum entre les actions menées<br />
en périnatalité, tout au long <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et au moment <strong>de</strong> l’entrée <strong>à</strong> l’école afin<br />
<strong>de</strong> favoriser une entrée sco<strong>la</strong>ire réussie, tant chez les enfants que les parents qui les<br />
accompagnent. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Fondation OLO)<br />
À cet égard, le MSSS a développé un programme <strong>de</strong> services intégrés en périnatalité et pour <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong> (SIPPE) <strong>à</strong> l’intention <strong>de</strong>s familles vivant en contexte <strong>de</strong> vulnérabilité. Ce programme réunit <strong>de</strong>s<br />
professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s intervenants <strong>de</strong> groupes communautaires pour offrir aux parents et aux<br />
jeunes enfants une ai<strong>de</strong> durant <strong>la</strong> grossesse et durant <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Si ses objectifs sont jugés pertinents,<br />
l’efficacité du programme est remise en doute. Richard Tremb<strong>la</strong>y insiste particulièrement <strong>sur</strong> <strong>la</strong> nécessité<br />
d’agir en périnatalité, mais estime que l’action du programme SIPPE n’est pas suffisamment soutenue pour<br />
que les résultats soient manifestes. Le manque <strong>de</strong> ressources allouées au programme fait notamment en<br />
sorte que plusieurs familles sont référées vers d’autres services, notamment <strong>de</strong>s OCF, plutôt que d’être<br />
prises en charge par le programme et les professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé.<br />
Col<strong>la</strong>boration systémique<br />
La <strong>Commission</strong> a entendu plusieurs témoignages <strong>de</strong> représentants d’organismes ayant mis <strong>sur</strong> pied divers<br />
moyens <strong>de</strong> col<strong>la</strong>borer et d’as<strong>sur</strong>er un suivi soutenu <strong>de</strong> l’enfant, et particulièrement <strong>de</strong>s enfants ayant <strong>de</strong>s<br />
besoins particuliers. Ces participants déplorent le fait que ces initiatives ont <strong>la</strong>rgement cours <strong>sur</strong> une base<br />
volontaire. Pour eux, une col<strong>la</strong>boration plus étroite entre le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé, le milieu communautaire,<br />
le milieu sco<strong>la</strong>ire et les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, soutenue par <strong>de</strong>s outils uniformisés, pourrait<br />
faciliter leur travail et accroître les effets <strong>de</strong> leurs actions.<br />
La col<strong>la</strong>boration entre les services éducatifs et le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé a régulièrement été mentionnée. À cet<br />
égard, nous avons précé<strong>de</strong>mment fait référence aux protocoles d’entente entre les établissements <strong>de</strong> santé<br />
39 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
et les CPE qui visent <strong>à</strong> réserver 5% <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces pour <strong>de</strong>s enfants jugés vulnérables. Or, certains témoignages<br />
<strong>de</strong> représentants <strong>de</strong> CPE et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries <strong>la</strong>issent croire que les compressions dans le réseau <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé ont<br />
nui <strong>à</strong> ce genre d’entente. En effet, il semble que les services <strong>de</strong> santé qui <strong>de</strong>vraient être offerts aux enfants<br />
p<strong>la</strong>cés sont difficiles <strong>à</strong> obtenir, malgré les protocoles d’entente. Ce<strong>la</strong> réduit donc <strong>la</strong> capacité <strong>de</strong>s services<br />
éducatifs <strong>à</strong> soutenir adéquatement les enfants ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers.<br />
« Les liens sont encore bons, mais c’est plus difficile. […] On est parti d’années fastes où<br />
on avait une travailleuse sociale qui était notre intervenante pivot, alors quand on faisait<br />
<strong>de</strong> l’intégration d’enfants qui avaient <strong>de</strong>s difficultés supplémentaires on pouvait faire<br />
affaire avec elle et c’était le porte-parole <strong>de</strong> tout l’aspect psychosocial. On avait aussi une<br />
infirmière qui était attitrée au CPE <strong>à</strong> raison <strong>de</strong> 5 <strong>à</strong> 6 heures par semaine. Quand il y avait<br />
<strong>de</strong>s problématiques au niveau <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé, <strong>de</strong>s suivis au niveau <strong>de</strong> <strong>la</strong> prévention et tout ça,<br />
on avait quelqu’un qui était disponible pour nous. Tout ça, c’est disparu. On est appelés<br />
<strong>à</strong> être plus autonomes, <strong>à</strong> s’organiser avec nos problèmes. Mais par contre, comme ces<br />
re<strong>la</strong>tions ont une durée <strong>de</strong> vie dans le temps, on a encore <strong>de</strong>s entrées, du soutien. »<br />
(CPE <strong>de</strong> Rivière du Loup, Rimouski)<br />
La nécessité <strong>de</strong> créer un lien plus étroit entre les écoles et les services éducatifs est également soulignée par<br />
plusieurs participants. En particulier, <strong>la</strong> pério<strong>de</strong> <strong>de</strong> transition entre les services éducatifs et <strong>la</strong> maternelle est<br />
une pério<strong>de</strong> critique et il est souhaité d’as<strong>sur</strong>er une meilleure continuité entre ces services.<br />
« Pour certains enfants, les transitions représentent un moment <strong>de</strong> vulnérabilité. La<br />
préparation <strong>à</strong> l’école signifie désormais bien davantage que <strong>la</strong> transmission d’informations<br />
par le CPE au milieu sco<strong>la</strong>ire. Elle sous-entend un processus qui implique tous les acteurs<br />
concernés (l’enfant, les parents, l’éducatrice du SGÉE [service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatif <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>],<br />
l’enseignante <strong>de</strong> maternelle, etc.) et comprend <strong>de</strong>s actions prenant p<strong>la</strong>ce avant, pendant<br />
et après <strong>la</strong> transition vers l’école. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> l’Ordre <strong>de</strong>s psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec)<br />
Pour faciliter cette transition, certains services éducatifs ont mis en p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong>s portraits d’enfants. Il s’agit<br />
<strong>de</strong> documents remplis par les parents ou le personnel éducateur et remis <strong>à</strong> l’établissement sco<strong>la</strong>ire. Or,<br />
aux dires <strong>de</strong>s intervenants ayant mis <strong>sur</strong> pied ces initiatives qui visent <strong>à</strong> partager les informations au sujet<br />
<strong>de</strong>s enfants qui quittent les services éducatifs vers les milieux sco<strong>la</strong>ires, leur portée est limitée puisque ces<br />
portraits sont remplis <strong>sur</strong> une base volontaire et avec <strong>de</strong>s outils non standardisés. La Coalition <strong>de</strong> parents<br />
d’enfants <strong>à</strong> besoin particuliers du Québec a également abordé le fait que pour plusieurs parents, as<strong>sur</strong>er le<br />
lien entre les services <strong>de</strong>man<strong>de</strong> énormément <strong>de</strong> temps et d’énergie. La Coalition juge que plusieurs parents<br />
seraient donc ouverts <strong>à</strong> ce que cette transmission <strong>de</strong> dossier s’effectue directement entre les services, sans<br />
nécessairement passer par les parents.<br />
À cet égard, l’exemple <strong>de</strong> l’outil <strong>de</strong> suivi périodique <strong>de</strong> l’enfant l’ABCdaire, présenté par Dre Alena<br />
Val<strong>de</strong>rrama et Dre Dominique Cousineau <strong>de</strong> l’hôpital Ste-Justine, nous semble intéressant. Il s’agit d’un<br />
outil utilisé par les mé<strong>de</strong>cins <strong>de</strong> famille, les pédiatres et les infirmières praticiennes <strong>de</strong> l’hôpital permettant<br />
<strong>de</strong> regrouper le calendrier <strong>de</strong>s vaccins ainsi que les observations <strong>de</strong>s professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé en lien avec<br />
le développement <strong>de</strong> l’enfant. L’outil ai<strong>de</strong> au dépistage et <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>sur</strong>veil<strong>la</strong>nce et permet d’effectuer <strong>de</strong>s suivis<br />
et <strong>de</strong> lever <strong>de</strong>s drapeaux rouges si l’enfant éprouve <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s difficultés. Il nous semble que l’ABCdaire<br />
pourrait servir d’outil <strong>de</strong> partage <strong>de</strong> l’information concernant l’enfant et faire le lien entre les services <strong>de</strong><br />
santé, les services sociaux et les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />
40 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
« Enfin, nous offrons un programme <strong>de</strong> stimu<strong>la</strong>tion précoce pour les 3 <strong>à</strong> 5 ans. […] Les<br />
grilles qui sont remplies durant ces semaines <strong>de</strong> stimu<strong>la</strong>tion, malheureusement, se<br />
perdront après le programme puisqu’il n’y a pas <strong>de</strong> continuité dans tous les services offerts<br />
<strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille <strong>de</strong> Rouyn-Noranda)<br />
« [S]’il y avait <strong>de</strong>s passerelles pour tous les enfants, même ceux qui n’ont pas <strong>de</strong> besoins<br />
particuliers, portées en col<strong>la</strong>boration avec les parents vers l’école, on sauverait <strong>de</strong> l’énergie<br />
et du temps, on offrirait un meilleur accueil aux enfants qui arrivent <strong>à</strong> l’école. On pourrait<br />
leur offrir un service <strong>de</strong> qualité et même en sauvant <strong>de</strong>s ressources parce qu’on a déj<strong>à</strong><br />
<strong>de</strong>s ressources professionnelles dans les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs qui ont accompagné<br />
les enfants dans le quotidien qui pourraient livrer, via une passerelle ou un outil, <strong>de</strong>s<br />
informations, avec l’autorisation du parent, <strong>à</strong> l’école et on n’aurait pas <strong>à</strong> recommencer.<br />
Parce que ce qu’on aperçoit c’est qu’on recommence dans <strong>la</strong> majorité <strong>de</strong>s cas, comme s’ils<br />
n’avaient jamais fréquenté <strong>de</strong> service éducatif. »<br />
(CPE L’Aurore Boréale, Rimouski)<br />
« Je suis éducatrice dans un groupe <strong>de</strong> 4-5 ans. Tous les ans, je remplis une évaluation<br />
<strong>de</strong>s enfants qui explique qu’est-ce qu’il a acquis, qu’est-ce qu’il n’a pas acquis, qu’est-ce<br />
qui est en développement et ce document appartient au parent, mais n’est pas transmis<br />
directement <strong>à</strong> l’école. Donc nous ce qu’on <strong>de</strong>man<strong>de</strong>, c’est qu’il y ait un lien qui soit fait<br />
entre le réseau sco<strong>la</strong>ire et le réseau <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> afin d’as<strong>sur</strong>er une continuité<br />
dans les interventions et les apprentissages qui ont déj<strong>à</strong> été faits. »<br />
(Syndicat <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> Montréal, Longueuil)<br />
Une telle col<strong>la</strong>boration avec les écoles est également souhaitée dans le contexte <strong>de</strong> l’imp<strong>la</strong>ntation <strong>de</strong>s<br />
maternelles 4 ans TPMD. Plusieurs représentants <strong>de</strong>s CPE et <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries ont déploré le fait que certaines<br />
commissions sco<strong>la</strong>ires ouvrent <strong>de</strong>s c<strong>la</strong>sses sans tenir compte <strong>de</strong>s services déj<strong>à</strong> offerts dans <strong>la</strong> région, créant<br />
ainsi une concurrence entre les services. Alors que l’objectif <strong>de</strong>s maternelles 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu<br />
défavorisé est <strong>de</strong> rejoindre une clientèle défavorisée n’ayant pas bénéficié <strong>de</strong> services éducatifs, les données<br />
présentées par France Capuano montrent que 81 % <strong>de</strong>s enfants fréquentant une maternelle TPMD avaient<br />
fréquenté un service éducatif avant d’entrer <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans. Christa Japel et France Capuano ont<br />
d’ailleurs insisté <strong>sur</strong> le fait que le service <strong>de</strong> maternelle 4 ans TPMD <strong>de</strong>vrait être considéré comme un service<br />
complémentaire aux services éducatifs déj<strong>à</strong> en p<strong>la</strong>ce et ciblé pour les enfants <strong>de</strong> milieux défavorisés. Elles<br />
font valoir que les services éducatifs en p<strong>la</strong>ce accueillent déj<strong>à</strong> un bon nombre d’enfants <strong>de</strong> 4 ans et qu’un<br />
investissement massif dans les maternelles 4 ans TPMD dans le but d’en faire un service universel risquerait<br />
d’affaiblir le réseau <strong>de</strong> services éducatifs offerts présentement.<br />
« De plus, l’expérience <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux <strong>de</strong>rnières années illustre c<strong>la</strong>irement que l’imp<strong>la</strong>ntation<br />
<strong>de</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé ne se fait actuellement pas<br />
en complémentarité avec les services éducatifs <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>. À titre d’exemple, pour illustrer<br />
<strong>la</strong> nécessité <strong>de</strong> statuer en <strong>la</strong> matière, 63 CPE <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie ayant répondu <strong>à</strong> un<br />
questionnaire nous informaient que suite aux appels effectués auprès <strong>de</strong>s familles par <strong>de</strong>s<br />
commissions sco<strong>la</strong>ires, 19 enfants <strong>de</strong> 4 ans (dont <strong>la</strong> majorité fréquentait les CPE <strong>de</strong>puis <strong>la</strong><br />
pouponnière) ont quitté les CPE pour <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein.»<br />
(Mémoire du Regroupement <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie)<br />
41 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Cohésion entre les ministères impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
Actuellement, trois ministères sont impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> : le MF, le MEES et le MSSS. Le MF réglemente<br />
les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> tandis que le MEES est responsable <strong>de</strong>s programmes d’éducation présco<strong>la</strong>ire.<br />
Le MSSS est lié <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> via les services en santé et en services sociaux offerts aux tout-petits,<br />
notamment avec les protocoles d’entente et le programme SIPPE.<br />
Aux audiences d’experts, Kerry McCuaig a partagé les résultats du <strong>Rapport</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
2014 qui évalue les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> offerts <strong>à</strong> travers le Canada en reprenant les critères proposés<br />
par l’Organisation <strong>de</strong> coopération et <strong>de</strong> développement économiques (OCDE). La gouvernance <strong>de</strong>s services<br />
y est évaluée selon quatre points <strong>de</strong> référence : <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> régie par un seul ministère,<br />
une unité <strong>de</strong> <strong>sur</strong>veil<strong>la</strong>nce commune, un cadre stratégique commun et une autorité locale commune. Sur<br />
une note maximale possible <strong>de</strong> trois, le Québec obtient seulement une note <strong>de</strong> un (1), principalement <strong>à</strong><br />
cause <strong>de</strong> cette division <strong>de</strong>s responsabilités entre trois ministères.<br />
Le rapport mentionne un certain nombre <strong>de</strong> défis liés <strong>à</strong> <strong>la</strong> division <strong>de</strong>s responsabilités dont certains font écho<br />
<strong>à</strong> ce que nous avons entendu durant <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> : une couverture <strong>de</strong> services limitée, <strong>de</strong>s difficultés pour<br />
certaines familles <strong>à</strong> accé<strong>de</strong>r aux divers services et <strong>à</strong> coordonner les services dont leur enfant a besoin, le<br />
manque <strong>de</strong> suivi entre les services ou encore le fait que les services soient davantage axés <strong>sur</strong> le traitement<br />
que <strong>sur</strong> <strong>la</strong> prévention. 44 La division <strong>de</strong>s responsabilités morcelle les services offerts plutôt que d’en as<strong>sur</strong>er<br />
<strong>la</strong> continuité.<br />
Les participants aux forums citoyens ayant travaillé <strong>sur</strong> le thème <strong>de</strong> <strong>la</strong> gouvernance i<strong>de</strong>ntifient certains<br />
avantages <strong>à</strong> <strong>la</strong> présence <strong>de</strong> plusieurs ministères impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, tels que <strong>la</strong> vaste couverture<br />
<strong>de</strong>s besoins, l’accès <strong>à</strong> <strong>de</strong>s expertises variées ou <strong>la</strong> complémentarité. Cependant, ils nomment aussi plusieurs<br />
désavantages : un travail en vase clos, une lour<strong>de</strong>ur administrative, un désengagement et un manque<br />
<strong>de</strong> vision concertée, un manque <strong>de</strong> cohésion et <strong>de</strong> communication, un éparpillement <strong>de</strong>s services et <strong>la</strong><br />
cohabitation <strong>de</strong> différentes règles et cultures. Certains <strong>de</strong> ces participants suggèrent que le MEES <strong>de</strong>vrait<br />
as<strong>sur</strong>er le lea<strong>de</strong>rship en matière <strong>de</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> afin <strong>de</strong> faciliter <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
comme pério<strong>de</strong> cruciale du développement <strong>de</strong>s enfants et déterminante <strong>de</strong> leur réussite éducative. Cette<br />
proposition soulève cependant le risque, selon certains intervenants, d’une sco<strong>la</strong>risation précoce <strong>de</strong>s jeunes<br />
enfants. À cet égard, nous rappelons que le programme éducatif Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> repose <strong>sur</strong> <strong>la</strong><br />
prémisse que l’enfant apprend par le jeu et que ce principe est très <strong>la</strong>rgement partagé par les intervenants.<br />
De même, divers groupes entendus durant les audiences ajoutent que <strong>la</strong> situation actuelle, où un seul<br />
ministre chapeaute le MEES et le MF leur semble bénéfique.<br />
« C’est certainement profitable que le ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille et l’Éducation puissent faire<br />
partie d’une même entité. Ça vaut aussi pour l’enseignement supérieur. Nous, on estime<br />
qu’a priori ça nous donne un cadre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>nification qui est certainement plus cohérent ou<br />
mieux attaché. […] Si on veut se doter d’un cadre col<strong>la</strong>boratif, il faut que <strong>la</strong> tête facilite<br />
cette col<strong>la</strong>boration. »<br />
(Conseil du patronat du Québec, Audiences nationales)<br />
« La Fondation considère comme positif le fait qu’une seule et même personne occupe, <strong>à</strong><br />
<strong>la</strong> fois, les fonctions <strong>de</strong> ministre <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille et <strong>de</strong> l’Éducation. Cette situation représente<br />
une occasion unique <strong>de</strong> mobiliser et <strong>de</strong> rassembler l’ensemble <strong>de</strong>s acteurs dédiés au<br />
développement <strong>de</strong>s jeunes enfants, portés par une vision interministérielle intégrée.<br />
44 Emis Akbari et Kerry McCuaig, 2014. <strong>Rapport</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> 2014, en ligne : http://ecereport.ca/media/<br />
uploads/pdfs/ece-report-2014-french.pdf<br />
42 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Considérant l’importance que l’on doit accor<strong>de</strong>r au continuum, cet état <strong>de</strong> fait <strong>de</strong>vrait être<br />
institutionnalisé. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Fondation Lucie et André Chagnon)<br />
Uniformisation <strong>de</strong>s exigences et <strong>de</strong>s pratiques<br />
S’ils ne prennent pas systématiquement position pour désigner un ministère <strong>à</strong> favoriser comme responsable<br />
<strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, les représentants <strong>de</strong> CPE, <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> RSG p<strong>la</strong>i<strong>de</strong>nt néanmoins en faveur d’une<br />
uniformisation <strong>de</strong>s exigences auxquelles <strong>de</strong>vrait se soumettre l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs. Pour ces<br />
participants, l’amélioration <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité exige <strong>de</strong> soumettre tous les milieux éducatifs aux mêmes règles.<br />
Les participants aux forums citoyens ayant travaillé <strong>sur</strong> <strong>la</strong> gouvernance évoquent aussi qu’un <strong>de</strong>s rôles <strong>de</strong><br />
l’État en ce qui a trait <strong>à</strong> l’amélioration <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité est d’uniformiser les exigences entre les services. Les<br />
représentants <strong>de</strong> CPE, <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> RSG ciblent notamment <strong>de</strong>s disparités entre <strong>la</strong> maternelle 4 ans<br />
TPMD et les autres services éducatifs en instal<strong>la</strong>tion, les différences entre les milieux familiaux régis et non<br />
régis et l’application inégale d’un programme éducatif.<br />
Par exemple, les participants s’interrogent <strong>sur</strong> le traitement différencié <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 4 ans en maternelle<br />
et dans les services éducatifs en instal<strong>la</strong>tions. Ils remettent en question le fait que les ratios appliqués en<br />
services éducatifs pour les 4 ans diffèrent <strong>de</strong> ceux <strong>de</strong>s maternelles 4 ans, que les exigences liées aux locaux<br />
soient différentes, qu’un plus grand nombre d’intervenants se succè<strong>de</strong>nt en maternelle ou encore le fait que<br />
<strong>la</strong> maternelle 4 ans soit gratuite alors que les services éducatifs offerts aux enfants <strong>de</strong> 4 ans ne le sont pas.<br />
« Première intervenante :<br />
L’enfant en maternelle 4 ans est traité différemment d’un enfant en CPE ou en milieu<br />
familial. Ratios, normes <strong>de</strong>s locaux, matériel accessible… C’est quand même différent dans<br />
<strong>la</strong> maternelle que dans les CPE ou gar<strong>de</strong>ries.<br />
Deuxième intervenante (enseignante en maternelle 4 ans TPMD) :<br />
Je suis <strong>à</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans […] Le ratio, ça peut aller jusque 17 [enfants]. J’en ai eu<br />
jusque 18 une année. 18 c’est beaucoup trop. […] L’horaire n’est pas adapté, les locaux ne<br />
sont pas adaptés, les jeux, le matériel. C’est une c<strong>la</strong>sse primaire qui a été transformée en<br />
maternelle. »<br />
(Extrait d’un échange plénier, forum <strong>de</strong> Sherbrooke)<br />
Les différences entre <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial régie et non régie sont également soulignées. Plusieurs RSG<br />
dénoncent le fait qu’elles doivent se soumettre <strong>à</strong> plusieurs règles, notamment en ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> formation<br />
et aux évaluations <strong>de</strong> conformité, tandis que les personnes offrant <strong>de</strong>s services en milieu non régi n’ont<br />
besoin d’aucune formation particulière, ne sont soumises <strong>à</strong> aucune loi et sont éligibles aux crédits d’impôt<br />
offerts aux parents utilisant leurs services. Ces éléments sont particulièrement dénoncés dans le contexte<br />
où certaines RSG régies se tournent désormais vers <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> non régie.<br />
« Je déplore l’injustice qui existe présentement entre le milieu familial reconnu et le milieu<br />
familial privé. Les filles reconnues doivent faire <strong>de</strong>s formations, avoir un cours <strong>de</strong> premiers<br />
soins, <strong>de</strong>s absences d’empêchement ainsi que tous les membres <strong>de</strong> leur famille. Avoir <strong>de</strong>s<br />
visites <strong>à</strong> l’improviste et les privées rien <strong>de</strong> tout ce<strong>la</strong>. Elles doivent se conformer <strong>à</strong> beaucoup<br />
<strong>de</strong> règles <strong>de</strong> <strong>la</strong> part du ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, alors que les autres rien du tout. Elles<br />
éprouvent beaucoup <strong>de</strong> difficultés <strong>à</strong> trouver <strong>de</strong> <strong>la</strong> clientèle <strong>à</strong> cause <strong>de</strong> <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s<br />
tarifs, plus dispendieu[se] pour certain[s] parent[s]. »<br />
(Commentaire d’une agente <strong>de</strong> conformité)<br />
43 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
« Dans plusieurs bureaux coordonnateurs, nous vivons une pénurie <strong>de</strong> requérantes qui<br />
désirent être responsables en milieu familial. Pourquoi s’encombrer <strong>de</strong> <strong>la</strong> Loi et <strong>de</strong>s<br />
règlements! Les requérantes qui ne poursuivent pas les démarches <strong>de</strong> reconnaissance<br />
n’hésitent pas <strong>à</strong> nous dire qu’elles ont 4 ou 5 poupons ou que leurs enfants ne comptent<br />
pas dans leur ratio en restant au privé. »<br />
(Mémoire d’une directrice <strong>de</strong> milieu familial du CPE-BC La Fourmilière)<br />
Une uniformisation <strong>de</strong>s exigences est également souhaitée en ce qui a trait <strong>à</strong> l’application du programme<br />
éducatif. Actuellement, les différents milieux ont l’obligation d’appliquer un programme éducatif, mais<br />
aucun programme spécifique n’est obligatoire. Les représentants <strong>de</strong> CPE sont nombreux <strong>à</strong> suggérer que<br />
le programme Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong>vienne obligatoire ou du moins que <strong>la</strong> compréhension et<br />
l’application <strong>de</strong>s programmes éducatifs soient mieux encadrées puisqu’ils estiment que le programme<br />
Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> est adéquat, mais appliqué <strong>de</strong> façon inégale d’un milieu <strong>à</strong> l’autre<br />
« Ce qu’on s’aperçoit, c’est qu’[Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>] est utilisé presque dans toutes<br />
les instal<strong>la</strong>tions. Mais dans les milieux familiaux, il n’est presque pas utilisé. En tout cas,<br />
moi dans mes 160, dans ceux qu’on gère, ce n’est presque pas utilisé, ce n’est pas imposé.<br />
Donc on se retrouve, oui avec <strong>de</strong>s programmes éducatifs qui peuvent être bons, mais <strong>à</strong><br />
<strong>la</strong> base, on n’a pas le même <strong>la</strong>ngage. […] L’uniformisation du programme pourrait être<br />
intéressante. On aurait un <strong>la</strong>ngage commun, un outil commun pour l’accompagnement.»<br />
(CPE L’Aurore Boréale, Rimouski)<br />
« [I]l <strong>de</strong>vrait avoir plus <strong>de</strong> <strong>sur</strong>veil<strong>la</strong>nce <strong>sur</strong> l’exécution du programme éducatif. Il est souvent<br />
copié et remis au ministère lors <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong> permis et <strong>la</strong>issé aux oubliettes par <strong>la</strong><br />
suite. »<br />
(Mémoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Gar<strong>de</strong>rie Nami)<br />
Malgré <strong>la</strong> volonté d’une uniformisation <strong>de</strong>s exigences, certains intervenants <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt toutefois <strong>de</strong><br />
respecter les contextes régionaux. En effet, en régions, <strong>de</strong>s participants ont témoigné <strong>de</strong> défis liés <strong>à</strong> <strong>la</strong> faible<br />
<strong>de</strong>nsité <strong>de</strong> popu<strong>la</strong>tion et <strong>à</strong> l’étendue du territoire qui exigent <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es adaptées. Par exemple, si pour<br />
certains CPE, les fusions entre les instal<strong>la</strong>tions permettent <strong>de</strong>s économies d’échelle, en région les fusions<br />
engendreraient plutôt <strong>de</strong>s coûts supplémentaires liés au transport.<br />
« Je dois mentionner que nous sommes un CPE <strong>de</strong> 47 enfants. Selon le ministère, ce nombre ne<br />
nous permet pas d’être rentable. En même temps, il nous est impossible d’augmenter le nombre<br />
<strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces […]. La seule solution suggérée serait donc <strong>de</strong> fusionner avec un autre CPE beaucoup<br />
plus loin <strong>sur</strong> le territoire, parce qu’il n’y en a pas près du Bic. Donc, premièrement on sait par<br />
expérience que les fusions n’amènent pas toujours les économies attendues, et <strong>sur</strong>tout qu’une<br />
fusion avec un autre CPE serait géographiquement ab<strong>sur</strong><strong>de</strong>. Ce n’est certainement pas <strong>sur</strong> les<br />
repas qu’on pourrait économiser dans ces cas-l<strong>à</strong>. »<br />
(CPE du Bic, Rimouski)<br />
« Une <strong>de</strong>s particu<strong>la</strong>rités qu’on a, l’étendue du territoire, on le vit aussi en tant que CPE. Quand on<br />
a un bureau coordonnateur avec une cinquantaine <strong>de</strong> RSG dispersées dans un territoire <strong>de</strong> MRC<br />
qui peut avoir 120 km par 150 km et qu’on passe <strong>la</strong> moitié <strong>de</strong> sa vie <strong>sur</strong> <strong>la</strong> route dans <strong>la</strong> voiture<br />
pour faire <strong>de</strong>s visites <strong>à</strong> l’improviste et <strong>de</strong>s visites d’évaluation, il y a <strong>de</strong>s frais <strong>de</strong> dép<strong>la</strong>cement<br />
rattachés <strong>à</strong> ça qui sont énormes et ça il n’y a aucun critère au niveau <strong>de</strong>s normes financières pour<br />
nous ai<strong>de</strong>r l<strong>à</strong>-<strong>de</strong>dans.»<br />
(CPE <strong>de</strong> Rivière-du-Loup, Rimouski)<br />
44 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Autres préoccupations entendues durant <strong>la</strong><br />
<strong>Commission</strong><br />
Nous regroupons ici <strong>de</strong>s préoccupations entendues dans le cadre <strong>de</strong> notre consultation pour lesquelles<br />
nous ne formulerons aucune recommandation. Nous avons choisi <strong>de</strong> faire porter nos recommandations<br />
<strong>sur</strong> les enjeux <strong>de</strong> fond qui découlent du bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale. À nos yeux les préoccupations qui<br />
suivent sont parfaitement fondées et légitimes et <strong>de</strong>vraient être soumises <strong>à</strong> <strong>la</strong> discussion, une fois que le<br />
positionnement social et gouvernemental <strong>à</strong> l’égard <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> aura été connu.<br />
La présence <strong>de</strong>s parents <strong>sur</strong> les conseils d’administration<br />
La présence majoritaire <strong>de</strong>s parents <strong>sur</strong> les conseils d’administration (CA) <strong>de</strong>s CPE représente aux yeux <strong>de</strong><br />
plusieurs <strong>de</strong>s intervenants provenant <strong>de</strong> CPE un élément majeur d’une bonne gouvernance <strong>de</strong> services<br />
éducatifs. Leur présence majoritaire témoigne <strong>de</strong> <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce privilégiée que doit occuper le parent dans le<br />
développement <strong>de</strong> son enfant. Elle permet aussi <strong>de</strong>s ajustements rapi<strong>de</strong>s <strong>à</strong> <strong>de</strong>s carences ou problèmes<br />
d’organisation ou <strong>de</strong> pratique qui pourraient se manifester dans le service. Le taux <strong>de</strong> p<strong>la</strong>intes annuel<br />
beaucoup plus bas envers les CPE qu’envers les autres types <strong>de</strong> services en témoigne éloquemment. Cette<br />
présence majoritaire <strong>de</strong>s parents <strong>sur</strong> les CA ne peut être ignorée dans l’aménagement <strong>de</strong> services plus<br />
performants et <strong>de</strong> meilleure qualité.<br />
Flexibilité <strong>de</strong>s horaires<br />
Il semble que l’offre <strong>de</strong> service actuelle ne répon<strong>de</strong> pas aux besoins <strong>de</strong>s familles dont les parents ont <strong>de</strong>s<br />
horaires atypiques. En effet, les besoins <strong>de</strong>s travailleurs <strong>de</strong> nuit ou <strong>de</strong> ceux qui travaillent <strong>la</strong> fin <strong>de</strong> semaine<br />
ne sont pas couverts par les services offerts en services éducatifs. En excluant <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> <strong>sur</strong> appel, <strong>à</strong> peine<br />
1% <strong>de</strong>s services éducatifs en instal<strong>la</strong>tion offrent <strong>de</strong>s mo<strong>de</strong>s <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> qui diffèrent <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> régulière <strong>de</strong><br />
jour, <strong>la</strong> semaine. 45<br />
La P<strong>la</strong>ce 0-5<br />
Malgré le fait que plusieurs représentants <strong>de</strong> CPE, <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> RSG nous aient confié avoir <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
difficulté <strong>à</strong> combler leurs p<strong>la</strong>ces, près <strong>de</strong> <strong>la</strong> moitié <strong>de</strong>s parents qui ont répondu au sondage disent avoir<br />
éprouvé <strong>de</strong> <strong>la</strong> difficulté <strong>à</strong> trouver une p<strong>la</strong>ce pour leur enfant. La difficulté <strong>de</strong> certains parents <strong>à</strong> trouver<br />
<strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces pourrait s’expliquer notamment par <strong>de</strong>s <strong>la</strong>cunes <strong>de</strong> La P<strong>la</strong>ce 0-5. Cette p<strong>la</strong>teforme en ligne<br />
permet aux parents d’inscrire leurs enfants <strong>sur</strong> une liste d’attente <strong>de</strong>s services éducatifs subventionnés. Les<br />
représentants <strong>de</strong> CPE font valoir que l’utilisation <strong>de</strong> cette p<strong>la</strong>teforme est compliquée pour les parents et que<br />
plusieurs enfants qui ont une p<strong>la</strong>ce sont encore inscrits <strong>sur</strong> <strong>la</strong> liste, ce qui en limite l’efficacité en obligeant<br />
les directions <strong>de</strong> CPE <strong>à</strong> faire plusieurs appels avant <strong>de</strong> trouver un enfant qui a vraiment besoin d’une p<strong>la</strong>ce.<br />
Durant les forums citoyens, certains participants ont également expliqué que La P<strong>la</strong>ce 0-5 est méconnue <strong>de</strong>s<br />
parents, ce qui en réduit <strong>la</strong> portée. De leur côté, les représentants <strong>de</strong> RSG, qui offrent plus <strong>de</strong> 90 000 p<strong>la</strong>ces,<br />
déplorent le fait que les services en milieu familial ne soient pas intégrés <strong>à</strong> La P<strong>la</strong>ce 0-5. Ces intervenants<br />
reconnaissent que La P<strong>la</strong>ce 0-5 ans est un outil prometteur, mais ils le jugent pour l’instant incomplet et <strong>à</strong><br />
parfaire<br />
45 Ministère <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, 2015. Situation <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries et <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial au<br />
Québec en 2013, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/Situation_<strong>de</strong>s_CPE_et_<strong>de</strong>s_gar<strong>de</strong>ries-2013.pdf<br />
45 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Conclusions et recommandations<br />
Cinq gran<strong>de</strong>s conclusions s’imposent <strong>à</strong> l’analyse <strong>de</strong>s témoignages recueillis et <strong>de</strong>s recherches scientifiques<br />
consultées par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> :<br />
1. Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> reposant <strong>sur</strong> le jeu et <strong>la</strong> stimu<strong>la</strong>tion doivent désormais être<br />
vus comme <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> part entière<br />
• Si, par le passé, les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> ont été perçus <strong>sur</strong>tout comme un moyen <strong>de</strong> favoriser <strong>la</strong> conciliation<br />
famille-travail, ce qui <strong>de</strong>meure vrai, il est maintenant évi<strong>de</strong>nt que ces services jouent également un<br />
rôle central dans le développement global <strong>de</strong>s enfants dès le plus jeune âge et contribuent ainsi <strong>à</strong> leur<br />
réussite éducative. Il existe <strong>à</strong> cet effet un soli<strong>de</strong> consensus scientifique selon lequel <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
constitue une pério<strong>de</strong> cruciale du développement <strong>de</strong>s enfants et déterminante <strong>de</strong> leur réussite <strong>à</strong><br />
l’école et pour le reste <strong>de</strong> leur vie. Il est temps <strong>de</strong> passer <strong>de</strong> l’ère <strong>de</strong> <strong>la</strong> conciliation famille-travail <strong>à</strong><br />
l’ère <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
• Ce<strong>la</strong> ne signifie pas pour autant que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et les services<br />
présco<strong>la</strong>ires <strong>de</strong>vraient être calqués <strong>sur</strong> le fonctionnement d’une école. L’objectif n’est pas <strong>de</strong> favoriser<br />
une sco<strong>la</strong>risation précoce. Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> doivent <strong>de</strong>meurer axés <strong>sur</strong> le<br />
développement global <strong>de</strong> l’enfant, <strong>la</strong> stimu<strong>la</strong>tion, l’éveil et <strong>la</strong> socialisation par le jeu. Il faut <strong>la</strong>isser les<br />
enfants jouer! Autre constat: les parents <strong>de</strong>meurent les premiers éducateurs <strong>de</strong> leurs enfants. Aucun<br />
<strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ne remp<strong>la</strong>ce les parents. Dans certaines situations cependant,<br />
ces services peuvent pallier les carences <strong>de</strong> ressources <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille.<br />
• De même, il apparaît essentiel, pour <strong>la</strong> <strong>Commission</strong>, d’as<strong>sur</strong>er une transition plus flui<strong>de</strong> entre les<br />
services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et l’école. À cet égard, nous croyons qu’il est temps <strong>de</strong> rendre<br />
explicite, autant <strong>sur</strong> le p<strong>la</strong>n symbolique que <strong>sur</strong> le p<strong>la</strong>n pratique, que <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> fait partie du<br />
continuum éducatif d’un enfant.<br />
2. Pour atteindre l’un <strong>de</strong>s principaux objectifs <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale, soit le développement optimal <strong>de</strong>s<br />
enfants et l’égalité <strong>de</strong>s chances, il est essentiel <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>.<br />
• L’accessibilité est un enjeu <strong>de</strong> première importance, mais elle ne suffit pas. Sans une qualité élevée <strong>de</strong>s<br />
services partout <strong>sur</strong> le territoire, il n’y a pas d’égalité. Les intervenants entendus par <strong>la</strong> <strong>Commission</strong><br />
<strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> manière unanime le rehaussement <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs offerts aux toutpetits.<br />
Ils <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt aussi d’améliorer l’accessibilité <strong>à</strong> ces services pour tous et, en priorité, <strong>de</strong> mieux<br />
rejoindre les plus vulnérables. Ce sont les enfants <strong>de</strong> ces milieux qui tirent le plus <strong>de</strong> bénéfice <strong>sur</strong> le p<strong>la</strong>n<br />
éducatif <strong>de</strong> <strong>la</strong> fréquentation d’un service éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> qualité.<br />
• Les étu<strong>de</strong>s que nous avons consultées montrent que <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs est<br />
passable, tous types <strong>de</strong> services confondus. Toutefois, les données disponibles indiquent que c’est dans<br />
les CPE que l’on trouve, et <strong>de</strong> loin, <strong>la</strong> majorité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> meilleure qualité.<br />
• Nous pouvons témoigner d’une volonté tangible <strong>de</strong>s intervenants d’accroître <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services,<br />
mais plusieurs facteurs contribuent <strong>à</strong> contrecarrer ces efforts. On nous a notamment abondamment<br />
parlé <strong>de</strong>s effets <strong>de</strong>s compressions budgétaires dans les services subventionnés qui engendrent <strong>de</strong>s effets<br />
délétères <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services: perte <strong>de</strong> soutien pédagogique, manque <strong>de</strong> temps <strong>de</strong> p<strong>la</strong>nification<br />
du travail et interactions moins fréquentes avec les parents. En plus <strong>de</strong> <strong>la</strong> question du financement, il<br />
est <strong>de</strong>venu évi<strong>de</strong>nt que les exigences inégales <strong>de</strong> formation initiale du personnel éducateur selon le<br />
type <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> et le manque, voire l’absence, <strong>de</strong> mécanismes adéquats d’évaluation <strong>de</strong>s<br />
services <strong>sur</strong> <strong>la</strong> base <strong>de</strong> critères et d’exigences uniformes sont d’importantes <strong>la</strong>cunes <strong>à</strong> corriger.<br />
• Nous n’avons pas observé <strong>de</strong> volonté générale, ni dans <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion ni parmi les experts, <strong>de</strong> remettre<br />
en question <strong>la</strong> diversité <strong>de</strong>s services offerts, que ce soit en maternelle 4 ans, en instal<strong>la</strong>tion ou en<br />
milieu familial, en CPE ou en gar<strong>de</strong>ries, subventionnées ou non. La diversité <strong>de</strong>s services n’est pas<br />
un problème <strong>à</strong> <strong>la</strong> condition que l’on soumette ces services aux mêmes exigences <strong>de</strong> qualité. Tous<br />
46 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
les parents québécois qui déci<strong>de</strong>nt d’inscrire leur enfant dans un service éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
doivent avoir l’as<strong>sur</strong>ance que ce milieu répond <strong>à</strong> <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> qualité et as<strong>sur</strong>e le développement<br />
global <strong>de</strong> leur enfant.<br />
• Au chapitre du développement global <strong>de</strong> l’enfant, <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong><br />
énonce <strong>à</strong> son premier article qu’elle « … a pour objet <strong>de</strong> promouvoir <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />
éducatifs fournis par les prestataires <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> qui y sont visés en vue d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> santé,<br />
<strong>la</strong> sécurité, le développement, le bien-être et l’égalité <strong>de</strong>s chances <strong>de</strong>s enfants qui reçoivent ces<br />
services, notamment ceux qui présentent <strong>de</strong>s besoins particuliers ou qui vivent dans <strong>de</strong>s contextes<br />
<strong>de</strong> précarité socio-économique. » Pourtant, <strong>la</strong> suspension ou <strong>la</strong> révocation du permis du titu<strong>la</strong>ire ou<br />
<strong>de</strong> <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong> <strong>la</strong> RSG, <strong>de</strong> même que l’administration provisoire d’un CPE, d’une gar<strong>de</strong>rie ou<br />
d’un bureau coordonnateur peut être enclenchée dans les cas où il est démontré que le titu<strong>la</strong>ire <strong>de</strong><br />
permis ou <strong>la</strong> RSG « est incapable d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> santé, <strong>la</strong> sécurité ou le bien-être <strong>de</strong>s enfants auxquels<br />
il veut fournir <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>. » (art.26) L’omission <strong>de</strong> <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er le développement<br />
nous interpelle particulièrement. Bien que <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> énonce<br />
une obligation d’appliquer un programme éducatif favorisant le développement global <strong>de</strong> l’enfant<br />
(art. 5), nous notons que ce volet « développement », par <strong>la</strong> faible conséquence <strong>de</strong> son non-respect<br />
éventuel, ne s’élève pas au même rang que <strong>la</strong> capacité d’as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> santé, <strong>la</strong> sécurité et le bien-être <strong>de</strong>s<br />
enfants. Or, nous l’avons vu, <strong>la</strong> capacité d’un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er le développement global <strong>de</strong>s<br />
enfants, notamment pour ceux en situation <strong>de</strong> vulnérabilité, est capitale. Conséquemment, <strong>la</strong> notion<br />
<strong>de</strong> qualité étant inextricablement liée <strong>à</strong> <strong>la</strong> capacité d’un milieu <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er le développement<br />
global <strong>de</strong> l’enfant, il nous apparaît couler <strong>de</strong> source que cette capacité d’offrir un milieu qui as<strong>sur</strong>e le<br />
développement global <strong>de</strong> l’enfant se doive d’être une condition sine qua non au maintien du permis ou<br />
<strong>de</strong> <strong>la</strong> reconnaissance.<br />
• Comme corol<strong>la</strong>ire <strong>à</strong> l’as<strong>sur</strong>ance d’un milieu <strong>de</strong> qualité, <strong>la</strong> possibilité <strong>de</strong> visiter les milieux <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> par<br />
les autorités délivrant le permis ou par le bureau coordonnateur octroyant <strong>la</strong> reconnaissance s’impose.<br />
Nous posons ici un regard plus critique <strong>sur</strong> les moyens <strong>à</strong> <strong>la</strong> disposition <strong>de</strong>s bureaux coordonnateurs<br />
d’as<strong>sur</strong>er un tel suivi et d’offrir un éventuel soutien auprès <strong>de</strong>s RSG. La limite <strong>de</strong> trois visites annuelles<br />
<strong>à</strong> l’improviste pour s’as<strong>sur</strong>er <strong>de</strong> <strong>la</strong> conformité du milieu et le caractère « <strong>sur</strong> <strong>de</strong>man<strong>de</strong> » du soutien<br />
constitue un frein important aux moyens d’action dont disposent les bureaux coordonnateurs pour<br />
veiller <strong>à</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s milieux <strong>de</strong> même qu’<strong>à</strong> les soutenir. Le score <strong>de</strong> 19% (bonne / très bonne)<br />
qu’affiche le milieu familial dans l’étu<strong>de</strong> Grandir en qualité (2003) mérite qu’une attention particulière<br />
soit portée <strong>à</strong> l’égard du rehaussement <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité dans ces milieux et <strong>de</strong>s moyens <strong>à</strong> <strong>la</strong> disposition <strong>de</strong>s<br />
bureaux coordonnateurs pour y arriver.<br />
3. Il est nécessaire d’améliorer l’accessibilité <strong>de</strong>s services éducatifs pour les familles vulnérables en<br />
supprimant les barrières <strong>à</strong> l’accès et en rendant disponibles les services particuliers dont elles ont besoin.<br />
• Outre <strong>la</strong> nécessité <strong>de</strong> développer un réseau <strong>de</strong> services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> qualité, ce<br />
réseau doit être accessible pour tous. Malheureusement, <strong>de</strong> nombreuses barrières freinent l’accès<br />
aux services par les familles vulnérables notamment l’absence <strong>de</strong> transport adéquat, les difficultés<br />
d’organisation vécues par certains parents, les moyens financiers limités, <strong>la</strong> crainte du jugement, le<br />
manque <strong>de</strong> connaissances concernant les services offerts ou encore le fossé culturel éloignant certaines<br />
familles <strong>de</strong> ces ressources. Si l’on doit mettre en évi<strong>de</strong>nce un échec dans l’application <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique<br />
familiale, c’est <strong>de</strong> ne pas avoir réussi <strong>à</strong> rejoindre davantage, comme on le souhaitait, les familles<br />
vulnérables. Les enfants <strong>de</strong> ces familles sont pourtant ceux qui ont le plus <strong>à</strong> gagner <strong>à</strong> fréquenter un<br />
service éducatif en bas âge.<br />
• Il faut également prendre en compte que les enfants vulnérables, que l’on retrouve dans toutes les<br />
strates <strong>de</strong> <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion, ont souvent besoin <strong>de</strong> services particuliers en plus <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> base offerts<br />
<strong>à</strong> tous. L’accessibilité <strong>à</strong> ces services <strong>de</strong>man<strong>de</strong> une diversité <strong>de</strong> ressources, tant en santé que dans le<br />
milieu communautaire, qu’il faut mieux arrimer afin <strong>de</strong> soutenir adéquatement ces enfants dans leur<br />
développement.<br />
47 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
4. La tarification en vigueur a <strong>de</strong>s effets pervers <strong>sur</strong> <strong>la</strong> consolidation d’un réseau <strong>de</strong> qualité et <strong>sur</strong><br />
l’accessibilité aux services.<br />
• Nous constatons que <strong>la</strong> modu<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s tarifs pour les p<strong>la</strong>ces subventionnées et l’accès aux crédits<br />
d’impôt pour les p<strong>la</strong>ces non subventionnées sont très fréquemment remis en question en raison <strong>de</strong><br />
l’influence que ces me<strong>sur</strong>es tarifaires peuvent exercer <strong>sur</strong> le choix <strong>de</strong>s services fait par les parents.<br />
La consultation a fait ressortir les effets pervers <strong>de</strong> ces me<strong>sur</strong>es qui poussent <strong>de</strong>s parents <strong>à</strong> dé<strong>la</strong>isser<br />
les services subventionnés, qui sont généralement <strong>de</strong> meilleure qualité, au profit <strong>de</strong> services non<br />
subventionnés, et ce, pour <strong>de</strong>s motifs économiques.<br />
5. Pour atteindre les objectifs <strong>de</strong> <strong>la</strong> politique familiale, il est impératif d’améliorer <strong>la</strong> concertation entre<br />
les services qui interviennent auprès <strong>de</strong>s tout-petits et <strong>de</strong> faciliter un meilleur arrimage entre les services<br />
éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et l’école.<br />
• Nous avons été convaincus par les témoignages <strong>de</strong>s citoyens et <strong>de</strong>s experts <strong>de</strong> <strong>la</strong> nécessité d’une<br />
col<strong>la</strong>boration accrue entre les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs, le secteur <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux<br />
et les milieux sco<strong>la</strong>ires et communautaires afin d’as<strong>sur</strong>er un meilleur accompagnement <strong>de</strong> l’enfant dans<br />
son développement. C’est le développement global <strong>de</strong> l’enfant qui le comman<strong>de</strong>. Suivant <strong>la</strong> même<br />
logique, nous sommes convaincus <strong>de</strong> <strong>la</strong> nécessité <strong>de</strong> mieux coordonner l’action gouvernementale en<br />
<strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Le morcellement <strong>de</strong>s actions entre les ministères nuit <strong>à</strong> <strong>la</strong> nécessaire cohésion <strong>de</strong>s<br />
interventions.<br />
Recommandations<br />
La <strong>Commission</strong> a formulé cinq énoncés <strong>de</strong> principe, chacun assorti <strong>de</strong> recommandations spécifiques. Ces<br />
énoncés et recommandations sont indissociables puisque certaines recommandations favorisent l’atteinte<br />
d’objectifs liés <strong>à</strong> d’autres.<br />
1. Le gouvernement doit exprimer c<strong>la</strong>irement que les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> sont avant tout <strong>de</strong>s<br />
services éducatifs.<br />
La reconnaissance du fait que <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> est une pério<strong>de</strong> cruciale du développement <strong>de</strong>s enfants<br />
doit être affirmée et portée par le gouvernement. En ce sens, les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
constituent le premier maillon du parcours éducatif <strong>de</strong> l’enfant et doivent être intégrés formellement au<br />
continuum d’éducation <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> jusqu’<strong>à</strong> l’université.<br />
Pour ce faire, nous recommandons :<br />
1.1 De regrouper l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs offerts aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 16 ans sous <strong>la</strong> responsabilité<br />
d’un même ministre et d’un même ministère.<br />
1.2 De réaffirmer du même coup que l’approche éducative <strong>de</strong>stinée aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans <strong>de</strong>meure une<br />
approche <strong>de</strong> développement global <strong>de</strong> l’enfant, <strong>de</strong> stimu<strong>la</strong>tion, d’éveil et <strong>de</strong> socialisation par le jeu qui<br />
favorise <strong>la</strong> réussite éducative et non une approche <strong>de</strong> sco<strong>la</strong>risation précoce.<br />
2. Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (<strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans) doivent être gratuits, au même titre que l’école.<br />
Considérant que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> constituent le premier maillon du parcours éducatif <strong>de</strong> l’enfant<br />
et qu’ils doivent être intégrés formellement au continuum d’éducation présco<strong>la</strong>ire et sco<strong>la</strong>ire, nous estimons que les<br />
principes généraux d’universalité, <strong>de</strong> gratuité et d’accessibilité qui s’appliquent <strong>à</strong> l’école <strong>de</strong>vraient également s’appliquer<br />
aux services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
La gratuité exprime <strong>la</strong> volonté d’offrir <strong>à</strong> tous les enfants du Québec un accès universel <strong>à</strong> <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>de</strong> qualité<br />
dès le plus jeune âge alors même que <strong>la</strong> très gran<strong>de</strong> majorité <strong>de</strong>s parents d’enfants <strong>de</strong> 0-5 ans, aussi bien mères que pères,<br />
se retrouvent <strong>sur</strong> le marché du travail.<br />
48 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Elle reflète le consensus québécois en faveur <strong>de</strong> <strong>la</strong> priorité qui doit être accordée <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> comme<br />
pério<strong>de</strong> cruciale <strong>de</strong> développement.<br />
Elle soutient également <strong>la</strong> volonté du gouvernement, appuyée par tous les partis politiques et par <strong>la</strong> société<br />
civile, les milieux d’affaires, les parents et les milieux sco<strong>la</strong>ires, <strong>de</strong> faire <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> et <strong>de</strong> <strong>la</strong> réussite<br />
éducative l’une <strong>de</strong>s plus importantes priorités du Québec.<br />
De nombreuses étu<strong>de</strong>s montrent que les services éducatifs <strong>de</strong> qualité <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> sont rentables<br />
économiquement et socialement. Les fonds publics consacrés <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> représentent un<br />
investissement qui rapporte <strong>de</strong>s divi<strong>de</strong>n<strong>de</strong>s <strong>à</strong> toute <strong>la</strong> société. Le Québec a les moyens d’offrir cet avantage<br />
<strong>à</strong> ses enfants. Nous rappelons ici que selon une étu<strong>de</strong> menée en 2008, les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> éducatifs<br />
rapportent davantage qu’ils ne coûtent annuellement. Les recettes fiscales engendrées notamment par le<br />
retour massif <strong>de</strong>s mères <strong>sur</strong> le marché du travail se chiffrent <strong>à</strong> 900 M$ par année qui sont récoltés par les<br />
<strong>de</strong>ux paliers <strong>de</strong> gouvernement.<br />
Les modalités tarifaires actuelles entraînent <strong>de</strong>s effets indésirables, entre autres quant aux choix <strong>de</strong>s services<br />
offerts pour <strong>de</strong>s raisons économiques au lieu <strong>de</strong> favoriser un choix basé <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services. Le fait <strong>de</strong><br />
maintenir les modalités tarifaires actuelles consoli<strong>de</strong> leurs effets indésirables.<br />
Conséquemment, nous recommandons :<br />
2.1. D’as<strong>sur</strong>er le plus rapi<strong>de</strong>ment possible <strong>la</strong> gratuité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> pour tous<br />
les enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 4 ans.<br />
3. Il est essentiel <strong>de</strong> rehausser <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
Les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> engendrent <strong>de</strong>s effets positifs seulement s’ils sont <strong>de</strong> gran<strong>de</strong><br />
qualité, <strong>à</strong> commencer par les milieux où l’on retrouve les enfants vulnérables en plus grand nombre. Il est<br />
question ici d’équité et d’égalité <strong>de</strong>s chances.<br />
Nous sommes d’avis qu’une meilleure qualité sera atteinte si les exigences <strong>de</strong> formation sont rehaussées et<br />
si une évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, couplée <strong>à</strong> un accompagnement pédagogique, est réalisée <strong>de</strong> façon soutenue.<br />
En ce qui a trait <strong>à</strong> <strong>la</strong> formation du personnel éducateur, nous recommandons :<br />
3.1. Que tout le personnel éducateur travail<strong>la</strong>nt dans les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> détienne<br />
un diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> comme formation initiale <strong>de</strong> base.<br />
3.2. Que toutes les nouvelles RSG soient détentrices d’un DEC avant d’obtenir une reconnaissance <strong>à</strong> titre<br />
<strong>de</strong> responsable <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial.<br />
Nous reconnaissons que certaines <strong>de</strong>s tâches <strong>de</strong>s responsables <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial<br />
diffèrent <strong>de</strong> celle du personnel en instal<strong>la</strong>tion. Conséquemment, nous recommandons :<br />
3.3. Que le DEC en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> offre un profil spécialisé pour les RSG, adapté aux<br />
groupes multiâges et <strong>à</strong> <strong>la</strong> réalité multitâches qui incombe aux RSG.<br />
Nous proposons une stratégie <strong>de</strong> qualification et <strong>de</strong> reconnaissance <strong>de</strong>s RSG déj<strong>à</strong> en fonction en<br />
recommandant :<br />
3.4. L’évaluation et <strong>la</strong> reconnaissance <strong>de</strong>s acquis <strong>de</strong>s RSG, en fonction <strong>de</strong>s 22 compétences professionnelles<br />
acquises durant le diplôme d’étu<strong>de</strong>s collégiales en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong>, couplée <strong>à</strong> un<br />
49 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
accompagnement et <strong>à</strong> <strong>de</strong>s formations visant l’atteinte <strong>de</strong>s compétences non maîtrisées, par le biais <strong>de</strong><br />
modalités axées <strong>sur</strong> une démarche réflexive d’accompagnement <strong>à</strong> travers l’action.<br />
La formation <strong>de</strong>s enseignants au niveau présco<strong>la</strong>ire doit également être bonifiée. En ce sens, nous<br />
recommandons :<br />
3.5. Que le bacca<strong>la</strong>uréat en éducation présco<strong>la</strong>ire et en enseignement primaire offre davantage <strong>de</strong> cours<br />
axés <strong>sur</strong> le présco<strong>la</strong>ire afin <strong>de</strong> mieux outiller les enseignants <strong>de</strong> maternelle 4 et 5 ans.<br />
Outre une uniformisation et un rehaussement <strong>de</strong>s exigences <strong>de</strong> formation initiale pour l’ensemble du<br />
personnel éducateur, nous recommandons :<br />
3.6. Que <strong>la</strong> formation continue, basée <strong>sur</strong> les meilleures pratiques, permettant au personnel <strong>de</strong> s’approprier<br />
<strong>de</strong> façon proactive le savoir transmis et ainsi garantir que les apprentissages soient durables et transposés<br />
dans leurs pratiques, soit obligatoire.<br />
En ce qui a trait <strong>à</strong> l’évaluation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, nous estimons qu’une évaluation soutenue accompagnée <strong>de</strong><br />
soutien pédagogique permettrait une amélioration continue <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong><br />
<strong>enfance</strong>. Nous recommandons :<br />
3.7 Qu’une évaluation biennale <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité, effectuée <strong>à</strong> l’ai<strong>de</strong> d’un outil permettant une comparaison<br />
entre l’ensemble <strong>de</strong>s services éducatifs québécois – y compris <strong>la</strong> maternelle 4 ans – et si possible avec<br />
ceux d’autres provinces et pays, soit complétée pour tous les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Cette<br />
évaluation <strong>de</strong>vrait porter <strong>sur</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s interactions entre le personnel éducateur et l’enfant, <strong>la</strong> qualité<br />
<strong>de</strong>s interactions entre le personnel éducateur et les parents, <strong>la</strong> structuration et l’aménagement <strong>de</strong>s lieux,<br />
<strong>la</strong> diversité et l’organisation <strong>de</strong>s activités offertes aux enfants ainsi que <strong>sur</strong> le développement <strong>de</strong> l’enfant.<br />
3.8 Que cette évaluation pose un diagnostic <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>,<br />
i<strong>de</strong>ntifie <strong>de</strong>s cibles d’amélioration continue <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s services et offre <strong>de</strong>s me<strong>sur</strong>es <strong>de</strong> soutien et<br />
d’accompagnement direct lorsque l’évaluation du niveau <strong>de</strong> qualité en révèle <strong>la</strong> nécessité.<br />
3.9 Que les services éducatifs soient tenus d’atteindre un seuil minimal <strong>de</strong> qualité en vertu <strong>de</strong> cette<br />
évaluation, sous peine <strong>de</strong> perdre leur permis ou leur reconnaissance.<br />
3.10 Que <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong> as<strong>sur</strong>er le développement global <strong>de</strong> l’enfant soit, au même titre que <strong>la</strong> capacité <strong>à</strong><br />
as<strong>sur</strong>er <strong>la</strong> santé, <strong>la</strong> sécurité ou le bien-être <strong>de</strong>s enfants, une condition sine qua non au maintien du permis<br />
ou <strong>de</strong> <strong>la</strong> reconnaissance.<br />
3.11 Que le caractère « <strong>sur</strong> <strong>de</strong>man<strong>de</strong> » du soutien pédagogique offert aux RSG par les bureaux<br />
coordonnateurs soit revu <strong>de</strong> sorte qu’il puisse être imposé.<br />
3.12 De retirer l’offre <strong>de</strong> crédits d’impôt pour les enfants inscrits dans les milieux <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> non régis.<br />
4. Il est primordial que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> rejoignent et incluent les enfants issus <strong>de</strong><br />
milieux défavorisés et les enfants en situation <strong>de</strong> vulnérabilité.<br />
Les services éducatifs doivent permettre <strong>de</strong> soutenir le développement <strong>de</strong> tous les enfants, y compris <strong>de</strong><br />
ceux ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers. Actuellement, les enfants issus <strong>de</strong> milieux défavorisés et les enfants<br />
en situation <strong>de</strong> vulnérabilité sont moins susceptibles <strong>de</strong> fréquenter les services éducatifs et lorsqu’ils en<br />
fréquentent, ces services sont <strong>de</strong> moins bonne qualité. Il faut donc se donner les moyens <strong>de</strong> rejoindre et<br />
inclure ces enfants dans <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> qualité afin <strong>de</strong> renverser cette tendance.<br />
50 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Nous considérons que les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> régis par <strong>la</strong> Loi <strong>sur</strong> les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />
éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> constituent le porteur principal <strong>de</strong> <strong>la</strong> réussite éducative <strong>de</strong>s enfants entre 0 et 5 ans.<br />
Conséquemment, nous jugeons que les autres me<strong>sur</strong>es complémentaires (Organismes communautaires<br />
Famille, services intégrés en périnatalité et pour <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>, maternelles 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu<br />
défavorisé) doivent s’arrimer aux services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. C’est l’ensemble <strong>de</strong> ces ressources<br />
qui constitue le réseau éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
Nous reconnaissons <strong>la</strong> pertinence <strong>de</strong> l’objectif <strong>de</strong> <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé qui<br />
vise <strong>à</strong> rejoindre les enfants <strong>de</strong> milieux défavorisés et <strong>à</strong> les préparer <strong>à</strong> leur entrée <strong>à</strong> l’école. Nous suggérons<br />
que le déploiement <strong>de</strong>s c<strong>la</strong>sses se fasse en complémentarité avec le réseau éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> déj<strong>à</strong><br />
en p<strong>la</strong>ce. Nous recommandons :<br />
4.1 De déployer en priorité <strong>de</strong>s efforts <strong>de</strong> recrutement et <strong>de</strong> sensibilisation pour as<strong>sur</strong>er une plus gran<strong>de</strong><br />
fréquentation <strong>de</strong>s services éducatifs par les enfants <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 5 ans.<br />
4.2 D’exiger que les enfants qui fréquentent <strong>la</strong> maternelle 4 ans <strong>à</strong> temps plein en milieu défavorisé ne<br />
fréquentaient pas un service éducatif <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> avant d’entrer en maternelle 4 ans.<br />
Nous reconnaissons que les organismes communautaires Famille rejoignent actuellement <strong>de</strong>s familles qui<br />
n’utilisent pas les services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et nous jugeons utile d’en faire <strong>de</strong>s partenaires<br />
formels <strong>de</strong> ces services éducatifs. Nous proposons donc <strong>de</strong> renforcer leur rôle <strong>de</strong> porte d’entrée ces services<br />
en les dotant d’une mission d’accompagnement <strong>de</strong>s parents vers les services éducatifs. Pour ce faire, nous<br />
recommandons :<br />
4.3 De revoir le financement <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille afin <strong>de</strong> leur allouer un financement<br />
bonifié en fonction du respect <strong>de</strong> leur mission d’accompagnement <strong>de</strong>s parents vers les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong><br />
éducatifs.<br />
5. Il faut consoli<strong>de</strong>r <strong>la</strong> cohésion et <strong>la</strong> complémentarité entre tous les acteurs impliqués en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
Le soutien au développement optimal <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans repose <strong>sur</strong> un réseau <strong>de</strong> ressources qui<br />
doivent col<strong>la</strong>borer en p<strong>la</strong>çant les besoins <strong>de</strong>s enfants au centre <strong>de</strong> leurs préoccupations. Des <strong>la</strong>cunes doivent<br />
être comblées afin d’as<strong>sur</strong>er une meilleure continuité entre les services offerts par le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé, le<br />
milieu <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et le milieu sco<strong>la</strong>ire.<br />
Nous sommes d’avis que <strong>de</strong>s passerelles formelles doivent être mises en p<strong>la</strong>ce pour faciliter les échanges<br />
entre ces services.<br />
Nous recommandons :<br />
5.1. Que soit développé un outil standardisé <strong>de</strong> développement <strong>de</strong> l’enfant en col<strong>la</strong>boration avec les<br />
milieux <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux, avec les services éducatifs <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> et avec les parents.<br />
5.2. Que cet outil soit obligatoirement utilisé par les professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux et<br />
par le personnel éducateur afin d’as<strong>sur</strong>er le transfert d’informations et <strong>la</strong> prestation <strong>de</strong> services nécessaires<br />
aux enfants <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans et pour faciliter leur transition vers <strong>la</strong> maternelle.<br />
5.3. Que le programme SIPPE offert aux jeunes mamans <strong>de</strong> milieux défavorisés soit renforcé et considéré<br />
comme partie indissociable d’une stratégie éducative globale touchant les enfants vulnérables dès <strong>la</strong><br />
grossesse.<br />
51 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Nous réaffirmons l’importance <strong>de</strong>s protocoles d’entente entre le milieu <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et les services éducatifs <strong>à</strong><br />
<strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>. Nous souhaitons accroître l’efficacité <strong>de</strong> ces ententes qui visent <strong>à</strong> réserver <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ces pour<br />
les enfants ayant <strong>de</strong>s besoins particuliers en échange d’un accès aux services <strong>de</strong> santé pour ces enfants.<br />
Pour ce faire, nous recommandons :<br />
5.4. Que soit augmenté le nombre <strong>de</strong> p<strong>la</strong>ces en vertu <strong>de</strong>s protocoles d’entente signés entre les services<br />
éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> et les milieux <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et que ces ententes impliquent obligatoirement un<br />
accès aux professionnels <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé pour as<strong>sur</strong>er le soutien et l’accompagnement nécessaires aux enfants<br />
touchés par ces ententes.<br />
52 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
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et reddition <strong>de</strong> comptes, en ligne : http://www.vgq.gouv.qc.ca/fr/fr_publications/fr_rapport-annuel/<br />
fr_2011-2012-VOR/fr_<strong>Rapport</strong>2011-2012-VOR-Ch05.pdf<br />
55 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Annexe 1 – Bi<strong>la</strong>n <strong>de</strong> <strong>la</strong> participation<br />
Audiences d’experts : 23 experts<br />
Audiences régionales : 111 groupes et organismes<br />
Audiences nationales : 24 groupes et organismes<br />
Forums citoyens : 416 participants<br />
Sondage : 5009 répondants (parents d’enfants âgés <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans)<br />
Mémoires et commentaires : 167<br />
Liste <strong>de</strong>s experts, groupes et organismes ayant participé aux audiences 46<br />
Audiences d’experts (23 experts)<br />
• Daniel Paquette<br />
• Pierre Lefebvre<br />
• Carl Lacharité<br />
• Julie Poissant<br />
• Kerry McCuaig<br />
• Philip Merrigan<br />
• Pierre Fortin<br />
• Christa Japel<br />
• Camil Bouchard<br />
• Nathalie Bigras<br />
• Susan Prentice<br />
• Gordon Cleve<strong>la</strong>nd<br />
• Michael Baker<br />
• Kitty Stewart<br />
• Suzanne Major<br />
• Michal Perlman<br />
• Michel Boivin (participation aux audiences <strong>de</strong> Québec)<br />
• Sylvana Côté (participation aux audiences <strong>de</strong> Montréal)<br />
• Richard Tremb<strong>la</strong>y (participation aux audiences <strong>de</strong> Montréal)<br />
• France Capuano (participation aux audiences <strong>de</strong> Montréal)<br />
• Dre Alena Val<strong>de</strong>rrama et Dre Dominique Cousineau (audience privée)<br />
• Gilles Cantin, accompagné <strong>de</strong> membres <strong>de</strong> son équipe (audience privée)<br />
Audiences régionales (111 groupes et organismes)<br />
Sept-Îles, 18 octobre 2016 (5 groupes)<br />
• Ensemble pour un bon départ (L’Envol, Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille)<br />
• Conseil central Côte-Nord<br />
• Centre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> ritournailes <strong>de</strong> Sept-Iles<br />
• CPE-BC Sous le bon toit<br />
• Regroupement <strong>de</strong>s CPE Côte-Nord<br />
Trois-Rivières, 25 octobre 2016 (7 groupes)<br />
• Maison <strong>de</strong>s familles <strong>de</strong> Mékinac<br />
• Conseil central Coeur du Québec<br />
46 Les experts, groupes et organismes sont présentés selon l’ordre dans lequel ils ont fait une présentation durant les audiences<br />
auxquelles ils participaient.<br />
56 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
• Ressource FAIRE (Familles d’Appui et Intervention pour un Réseau d’Entrai<strong>de</strong>)<br />
• CPE L’univers <strong>de</strong> Mamuse et Méduque<br />
• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial (ADIM) Mauricie<br />
• Centre d’organisation mauricien <strong>de</strong> services et d’éducation popu<strong>la</strong>ire<br />
• CPE Le Pipandor<br />
Drummondville, 26 octobre 2016 (6 groupes)<br />
• Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille, Drummond Inc.<br />
• Syndicat <strong>de</strong>s responsables <strong>de</strong> service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie CSN-FSSS<br />
• Syndicat régional <strong>de</strong>s travailleuses et travailleurs en CPE du Cœur du Québec<br />
• CPE Mini-Campus<br />
• Agence <strong>de</strong> développement <strong>de</strong>s compétences en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
• Avenir d’Enfants<br />
Sherbrooke, 27 octobre 2016 (8 groupes)<br />
• CPE L’Ensoleillé<br />
• Syndicat <strong>de</strong>s travailleuses et travailleurs en CPE <strong>de</strong> l’Estrie-CSN<br />
• Syndicat <strong>de</strong>s Intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> l’Estrie - CSQ<br />
• Soutien aux familles réfugiées et immigrantes <strong>de</strong> l’Estrie (SAFRIE)<br />
• Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong>s Cantons <strong>de</strong> l’Est<br />
• Famille Espoir<br />
• École <strong>de</strong>s Enfants-<strong>de</strong>-<strong>la</strong>-Terre<br />
• Réseau d’appui aux familles monoparentales et recomposées <strong>de</strong> l’Estrie<br />
St-Jérôme, 1 er novembre 2016 (6 groupes)<br />
• La Perle <strong>de</strong> l’Enfance, Gar<strong>de</strong>rie et Centre éducatif <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille Inc.<br />
• Maison Pause-Parent<br />
• Cégep <strong>de</strong> Saint-Jérôme<br />
• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial (ADIM) Laurenti<strong>de</strong>s<br />
• Conseil central <strong>de</strong>s Laurenti<strong>de</strong>s - CSN<br />
• CPE Le Funambule<br />
Rouyn-Noranda, 3 novembre 2016 (8 groupes)<br />
• Alliance <strong>de</strong>s Intervenantes en milieu familial (ADIM) <strong>de</strong> l’Abitibi-Témiscamingue<br />
• Maison <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille <strong>de</strong> Rouyn-Noranda<br />
• Table régionale <strong>enfance</strong>-famille<br />
• Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec<br />
• CPE Bambin et Câlin<br />
• Fédération <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> du Québec (FIPEQ)<br />
• Conseil Central Abitibi Témiscamingue Nord du Québec<br />
• Conseil régional FTQ<br />
Québec, 8 novembre 2016 (8 groupes)<br />
• Conseil central <strong>de</strong> Québec Chaudière-Appa<strong>la</strong>ches (CSN)<br />
• Centre Ressources Jardin <strong>de</strong> Familles<br />
• Fédération <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> du Québec (FIPEQ)-CSQ<br />
• Rassemblement <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées du Québec<br />
• Syndicat <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> Québec<br />
• Projet Pour l’<strong>enfance</strong>, j’y vais, j’avance<br />
• Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong>s régions <strong>de</strong> Québec et Chaudière-Appa<strong>la</strong>ches<br />
• Table familles secteur ouest<br />
57 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Lévis, 9 novembre 2016 (7 groupes)<br />
• CPE La Petite Grenouille<br />
• Syndicat <strong>de</strong>s Intervenantes en Petite Enfance du Québec (SIPEQ)-CSQ<br />
• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial (ADIM) Québec, Rive-Nord Rive-Sud<br />
• Gar<strong>de</strong>rie Gronigo<br />
• Les Maisons <strong>de</strong> <strong>la</strong> Famille <strong>de</strong> Lévis<br />
• Gar<strong>de</strong>rie Nami Inc.<br />
• Parents mobilisés pour les CPE – Ville <strong>de</strong> Québec<br />
Gatineau, 15 novembre 2016 (8 groupes)<br />
• La corporation <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> l’Outaouais<br />
• Syndicat <strong>de</strong>s travailleurs(euses) en CPE <strong>de</strong> l’Outaouais<br />
• Conseil central <strong>de</strong>s syndicats nationaux <strong>de</strong> l’Outaouais<br />
• Gar<strong>de</strong>rie Au C<strong>la</strong>ir <strong>de</strong> Lune Inc.<br />
• Syndicat RSG L’Éveil <strong>de</strong> <strong>la</strong> nature FSSS-CSN<br />
• TREFO (Table régionale <strong>enfance</strong> famille <strong>de</strong> l’Outaouais)<br />
• Anne Gil<strong>la</strong>in Mauffette, Consultante pédagogique autonome en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
• Centre <strong>de</strong> pédiatrie sociale <strong>de</strong> Gatineau<br />
Montréal, 17 novembre 2016 (14 groupes)<br />
• Comité-conseil <strong>sur</strong> l’imp<strong>la</strong>ntation <strong>de</strong>s maternelles 4 ans TPMD<br />
• Direction régionale <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé publique <strong>de</strong> Montréal - CIUSSS Centre-Sud-<strong>de</strong>-Montréal<br />
• Fédération <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé et <strong>de</strong>s services sociaux<br />
• J’me fais une p<strong>la</strong>ce en gar<strong>de</strong>rie<br />
• Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> l’île <strong>de</strong> Montréal<br />
• Département d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong> du Cégep Marie-Victorin<br />
• Service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial subventionné – Jackie et ses amis<br />
• Gar<strong>de</strong>rie éducative Cubes et Petits Pois<br />
• CASIOPE (Centre d’ai<strong>de</strong> et <strong>de</strong> soutien aux intervenants et organismes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>)<br />
• Équilibre<br />
• Regroupement <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille <strong>de</strong> Montréal<br />
• CPE Lafontaine<br />
• <strong>Commission</strong> sco<strong>la</strong>ire <strong>de</strong> Montréal<br />
• CPE du Carrefour et CPE Halte-Répit Hoche<strong>la</strong>ga-Maisonneuve<br />
Jonquière, 22 novembre 2016 (8 groupes)<br />
• Cégep <strong>de</strong> Jonquière<br />
• Conseil central CSN<br />
• Syndicat <strong>de</strong>s RSG Domaine-du-Roy<br />
• Bureau coordonnateur <strong>de</strong> <strong>la</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial du Royaume<br />
• Avenir d’enfants<br />
• La Nichée<br />
• Regroupement <strong>de</strong>s CPE du Saguenay-Lac-Saint-Jean<br />
• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes milieu familial (ADIM) Saguenay-Lac-Saint-Jean<br />
Rimouski, 24 novembre 2016 (9 groupes)<br />
• CPE du Bic<br />
• CPE L’Aurore Boréale<br />
• RESPEQ (Réseau <strong>de</strong>s services <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> l’Est-du-Québec)<br />
• CPE-BC Le voyage <strong>de</strong> mon <strong>enfance</strong><br />
• Conseil central du Bas St-Laurent (CSN)<br />
58 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
• CPE <strong>de</strong> Rivière-du-Loup<br />
• Démarche COSMOSS (Communauté ouverte et solidaire pour un mon<strong>de</strong> outillé, sco<strong>la</strong>risé et en santé)<br />
• Maison <strong>de</strong>s familles <strong>de</strong> La Matapédia<br />
• Syndicat RSG <strong>de</strong> <strong>la</strong> MRC d’Avignon FSSS-CSN<br />
Longueuil, 29 novembre 2016 (9 groupes)<br />
• Syndicat <strong>de</strong>s intervenantes en <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> Montréal -CSQ<br />
• Gar<strong>de</strong>rie les Cherubins <strong>de</strong> medicis<br />
• Institut Québécois <strong>de</strong> <strong>la</strong> sécurité dans les aires <strong>de</strong> jeu et Projet Espaces<br />
• Regroupement <strong>de</strong>s CPE <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montérégie<br />
• Groupe <strong>de</strong> Travail Montérégien – Orthophonie et Développement du Langage<br />
• Carrefour Familial du Richelieu<br />
• Gar<strong>de</strong>rie Fleur Soleil et Gar<strong>de</strong>rie Maison <strong>de</strong>s Petites Fleurs<br />
• Centre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> <strong>de</strong> Saint-Luc<br />
• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial (ADIM) Suroît<br />
Joliette, 1er décembre 2016 (8 groupes)<br />
• Regroupement Comité <strong>de</strong> ressources pour les jeunes familles (CRJF) <strong>de</strong> <strong>la</strong> MRC Les Moulins<br />
• Table régionale <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille <strong>de</strong> Lanaudière (TROCFL)<br />
• Conseil central <strong>de</strong> Lanaudière (CSN)<br />
• Syndicat <strong>de</strong>s travailleuses et travailleurs <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial – Lanaudière<br />
• Les Ateliers Éducatifs Les Petits Mousses<br />
• Grandir Ensemble en Matawinie<br />
• Alliance <strong>de</strong>s intervenantes en milieu familial (ADIM) Laval-Lanaudière<br />
• Ateliers éducatifs Caroline et ses amis inc.<br />
Audiences nationales (24 groupes ou organismes)<br />
• Conseil du patronat du Québec<br />
• Fédération <strong>de</strong>s associations <strong>de</strong> familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ)<br />
• Fédération <strong>de</strong>s travailleurs et travailleuses du Québec<br />
• Confédération <strong>de</strong>s syndicats nationaux (CSN)<br />
• Association Québécoise <strong>de</strong>s éducateurs et éducatrices <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong><br />
• Ordre <strong>de</strong>s psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec<br />
• Avenir d’enfants<br />
• Association <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées du Québec (AGPQ)<br />
• Fondation du Dr Julien<br />
• Fédération <strong>de</strong>s commissions sco<strong>la</strong>ires du Québec<br />
• Ordre <strong>de</strong>s orthophonistes et audiologistes du Québec<br />
• Rassemblement <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées<br />
• Comité canadien <strong>de</strong> l’Organisation mondiale pour <strong>l’éducation</strong> présco<strong>la</strong>ire (OMEP – Canada)<br />
• Association <strong>de</strong>s enseignantes et enseignants en Techniques d’éducation <strong>à</strong> l’<strong>enfance</strong><br />
• Fédération québécoise <strong>de</strong>s organismes communautaires Famille<br />
• Association québécoise <strong>de</strong>s centres <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> (AQCPE)<br />
• <strong>Commission</strong> <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong> <strong>la</strong> personne et <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong> <strong>la</strong> jeunesse<br />
• Fondation Lucie et André Chagnon<br />
• Confédération <strong>de</strong>s organismes familiaux du Québec<br />
• Association <strong>de</strong>s cadres <strong>de</strong>s CPE<br />
• Centrale <strong>de</strong>s syndicats du Québec<br />
• Association <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries non subventionnées en instal<strong>la</strong>tion (AGNSI) et Coalition <strong>de</strong>s gar<strong>de</strong>ries privées<br />
non subventionnées du Québec<br />
• Conseil supérieur <strong>de</strong> <strong>l’éducation</strong><br />
• Coalition <strong>de</strong> parents d’enfants <strong>à</strong> besoins particuliers du Québec<br />
59 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Annexe 2 – Synthèse <strong>de</strong>s résultats <strong>de</strong> Grandir<br />
en qualité 47<br />
Menées par l’Institut <strong>de</strong> <strong>la</strong> statistique du Québec (ISQ) pour le compte du MF, les enquêtes Grandir en<br />
qualité ont examiné quatre dimensions <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité :<br />
• <strong>la</strong> structuration <strong>de</strong>s lieux ;<br />
• <strong>la</strong> structuration et <strong>la</strong> variation <strong>de</strong>s types d’activités (l’accueil, les repas, les soins personnels, les jeux<br />
extérieurs, les pério<strong>de</strong>s transitoires et <strong>la</strong> fin <strong>de</strong> <strong>la</strong> journée) ;<br />
• l’interaction <strong>de</strong> l’éducatrice ou <strong>de</strong> <strong>la</strong> responsable d’un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial (RSG) avec les<br />
enfants ;<br />
• l’interaction <strong>de</strong> l’éducatrice ou <strong>de</strong> <strong>la</strong> RSG avec les parents.<br />
La me<strong>sur</strong>e <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité utilisée dans ces enquêtes repose <strong>sur</strong> l’approche préconisée par le programme<br />
éducatif Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> qui est appliqué dans le réseau <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> du Québec. É<strong>la</strong>boré<br />
par le MF, ce programme éducatif comporte cinq grands principes concernant l’enfant et son processus <strong>de</strong><br />
développement :<br />
• chaque enfant est un être unique ;<br />
• le développement <strong>de</strong> l’enfant est un processus global et intégré ;<br />
• l’enfant est le premier agent <strong>de</strong> son développement ;<br />
• l’enfant apprend par le jeu ;<br />
• <strong>la</strong> col<strong>la</strong>boration entre le personnel et les parents contribue au développement harmonieux <strong>de</strong> l’enfant.<br />
Faits sail<strong>la</strong>nts Grandir en qualité 2003 :<br />
En 2003, l’enquête Grandir en qualité avait évalué tous les types <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> offerts au Québec, soit<br />
les CPE en instal<strong>la</strong>tion, les services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> en milieu familial, et les gar<strong>de</strong>ries.<br />
En CPE, quel que soit le groupe d’âge considéré, plus <strong>de</strong> 90 % <strong>de</strong>s enfants fréquentaient une instal<strong>la</strong>tion dont<br />
<strong>la</strong> qualité d’ensemble était acceptable, bonne ou excellente.<br />
En milieu familial, 79 % <strong>de</strong>s enfants âgés <strong>de</strong> 0 <strong>à</strong> 5 ans recevaient <strong>de</strong>s services dont <strong>la</strong> qualité d’ensemble<br />
correspond aux principes du programme éducatif Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>; 60 % d’entre eux fréquentaient<br />
un service <strong>de</strong> gar<strong>de</strong> dont les services étaient jugés <strong>de</strong> qualité acceptable, tandis que 18 % bénéficiaient <strong>de</strong><br />
services <strong>de</strong> bonne qualité.<br />
En gar<strong>de</strong>rie, 72 % <strong>de</strong>s poupons bénéficiaient <strong>de</strong> services éducatifs dont <strong>la</strong> qualité d’ensemble était acceptable<br />
ou bonne.<br />
Faits sail<strong>la</strong>nts Grandir en qualité 2014 :<br />
Comme <strong>la</strong> précé<strong>de</strong>nte édition, l’enquête avait comme objectif initial <strong>de</strong> produire <strong>de</strong>s résultats pour tous les<br />
types <strong>de</strong> services <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>. Toutefois, étant donné le caractère volontaire <strong>de</strong> <strong>la</strong> participation <strong>à</strong> l’enquête et<br />
une insuffisance <strong>de</strong> données <strong>sur</strong> les gar<strong>de</strong>ries subventionnées et les milieux familiaux subventionnés, seuls<br />
les CPE en instal<strong>la</strong>tion (321) et les gar<strong>de</strong>ries non subventionnées (239) ont pu être évalués.<br />
47 Tiré du Supplément d’informations produit par l’Institut du Nouveau Mon<strong>de</strong> dans le cadre <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong><br />
<strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
60 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
En CPE :<br />
• pour les poupons <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 18 mois, <strong>la</strong> qualité d’ensemble <strong>de</strong>s services a été jugée bonne.<br />
• pour les enfants <strong>de</strong> 18 mois <strong>à</strong> 5 ans, <strong>la</strong> qualité d’ensemble a été jugée acceptable : si environ <strong>la</strong> moitié<br />
<strong>de</strong>s enfants ont <strong>de</strong>s services c<strong>la</strong>ssés <strong>de</strong> qualité acceptable, 45 % ont droit <strong>à</strong> <strong>de</strong>s services bons ou<br />
excellents et 4 % reçoivent <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> qualité insatisfaisante.<br />
En gar<strong>de</strong>ries non subventionnées :<br />
• pour les poupons <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> 18 mois, <strong>la</strong> qualité d’ensemble a été jugée acceptable : une bonne<br />
proportion d’enfants reçoit <strong>de</strong>s services <strong>de</strong> qualité acceptable (52 %). Cependant, 41 % <strong>de</strong>s enfants<br />
reçoivent <strong>de</strong>s services dont <strong>la</strong> qualité est insatisfaisante (41 %).<br />
• pour les enfants <strong>de</strong> 18 mois <strong>à</strong> 5 ans, <strong>la</strong> qualité d’ensemble a été jugée acceptable. Mais, si un peu<br />
plus <strong>de</strong> <strong>la</strong> moitié (53 %) <strong>de</strong>s enfants reçoivent <strong>de</strong>s services considérés comme acceptables et 10 %<br />
bénéficient <strong>de</strong> services jugés bons ou excellents, 36 %, fréquentent un milieu où les services sont<br />
qualifiés d’insatisfaisants au regard <strong>de</strong>s principes du programme éducatif Accueillir <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>.<br />
61 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Annexe 3 – Appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s<br />
services éducatifs <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong> par les<br />
répondants du sondage aux parents<br />
Proportion <strong>de</strong> répondants en fonction <strong>de</strong> leur appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s lieux du service éducatif qu’a<br />
fréquenté ou que fréquente leur enfant<br />
CPE<br />
Gar<strong>de</strong>rie<br />
subventionnée<br />
Gar<strong>de</strong>rie non<br />
subventionnée<br />
Milieu familial<br />
subventionné<br />
Milieu<br />
familial non<br />
subventionné<br />
Excellente 71% 43% 37% 48% 33% 44%<br />
Bonne 25% 34% 34% 34% 34% 46%<br />
Acceptable 3% 17% 22% 14% 26% 9%<br />
Insatisfaisante 0% 6% 7% 4% 8% 1%<br />
Nombre <strong>de</strong><br />
répondants<br />
3361 1011 902 1670 734 842<br />
Maternelle<br />
Proportion <strong>de</strong> répondants en fonction <strong>de</strong> leur appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong>s activités proposées par le<br />
service éducatif qu’a fréquenté ou que fréquente leur enfant<br />
CPE<br />
Gar<strong>de</strong>rie<br />
subventionnée<br />
Gar<strong>de</strong>rie non<br />
subventionnée<br />
Milieu familial<br />
subventionné<br />
Milieu<br />
familial non<br />
subventionné<br />
Excellente 72% 37% 33% 41% 28% 52%<br />
Bonne 24% 34% 32% 36% 32% 42%<br />
Acceptable 4% 19% 22% 18% 26% 5%<br />
Insatisfaisante 0% 10% 13% 6% 15% 1%<br />
Nombre <strong>de</strong><br />
répondants<br />
3361 1011 902 1670 734 842<br />
Maternelle<br />
Proportion <strong>de</strong> répondants en fonction <strong>de</strong> leur appréciation <strong>de</strong> <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> <strong>la</strong> re<strong>la</strong>tion entre l’enfant et son<br />
éducateur ou éducatrice selon le service qu’a fréquenté ou que fréquente leur enfant<br />
CPE<br />
Gar<strong>de</strong>rie<br />
subventionnée<br />
Gar<strong>de</strong>rie non<br />
subventionnée<br />
Milieu familial<br />
subventionné<br />
Milieu<br />
familial non<br />
subventionné<br />
Excellente 78% 52% 46% 66% 53% 61%<br />
Bonne 19% 27% 29% 23% 28% 33%<br />
Acceptable 3% 13% 16% 8% 11% 5%<br />
Insatisfaisante 0% 8% 9% 4% 7% 2%<br />
Nombre <strong>de</strong><br />
répondants<br />
3361 1011 902 1670 734 842<br />
Maternelle<br />
62 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>
Annexe 4 – Raison du choix <strong>de</strong> service éducatif<br />
selon les répondants du sondage aux parents<br />
Réponses <strong>de</strong>s répondants du sondage aux parents <strong>à</strong> <strong>la</strong> question : Pour quelle(s) raison(s) avez-vous choisi ce<br />
service ? Priorisez les réponses qui s’appliquent <strong>de</strong> 1 <strong>à</strong> 5, 1 étant <strong>la</strong> principale raison <strong>de</strong> votre choix.<br />
Raison 1<br />
Raison 2<br />
Raison 3<br />
Raison 4<br />
Raison 5<br />
CPE<br />
Parce qu’il s’agit<br />
d’un service <strong>de</strong><br />
qualité<br />
Parce qu’il s’agit<br />
<strong>de</strong> l’option <strong>la</strong><br />
plus pratique<br />
(proximité,<br />
horaire<br />
d’ouverture,<br />
etc.) pour faire<br />
gar<strong>de</strong>r mon<br />
enfant<br />
Parce qu’il y<br />
avait une p<strong>la</strong>ce<br />
pour mon enfant<br />
Parce qu’il s’agit<br />
d’un service<br />
abordable<br />
Parce que c’est <strong>la</strong><br />
seule option qui<br />
s’offrait <strong>à</strong> nous<br />
Gar<strong>de</strong>rie<br />
subventionnée<br />
Parce qu’il y<br />
avait une p<strong>la</strong>ce<br />
pour mon enfant<br />
Parce qu’il s’agit<br />
d’un service <strong>de</strong><br />
qualité<br />
Parce qu’il s’agit<br />
<strong>de</strong> l’option <strong>la</strong><br />
plus pratique<br />
(proximité,<br />
horaire<br />
d’ouverture,<br />
etc.) pour faire<br />
gar<strong>de</strong>r mon<br />
enfant<br />
Parce qu’il s’agit<br />
d’un service<br />
abordable<br />
Parce que c’est <strong>la</strong><br />
seule option qui<br />
s’offrait <strong>à</strong> nous<br />
Gar<strong>de</strong>rie non<br />
subventionnée<br />
Parce qu’il y<br />
avait une p<strong>la</strong>ce<br />
pour mon enfant<br />
Parce qu’il s’agit<br />
<strong>de</strong> l’option <strong>la</strong><br />
plus pratique<br />
(proximité,<br />
horaire<br />
d’ouverture,<br />
etc.) pour faire<br />
gar<strong>de</strong>r mon<br />
enfant<br />
Parce qu’il s’agit<br />
d’un service <strong>de</strong><br />
qualité<br />
Parce que c’est <strong>la</strong><br />
seule option qui<br />
s’offrait <strong>à</strong> nous<br />
Parce qu’il s’agit<br />
d’un service<br />
abordable<br />
Milieu familial<br />
subventionné<br />
Parce qu’il y<br />
avait une p<strong>la</strong>ce<br />
pour mon enfant<br />
Parce qu’il s’agit<br />
d’un service <strong>de</strong><br />
qualité<br />
Parce qu’il s’agit<br />
d’un service<br />
abordable<br />
Parce qu’il s’agit<br />
<strong>de</strong> l’option <strong>la</strong><br />
plus pratique<br />
(proximité,<br />
horaire<br />
d’ouverture,<br />
etc.) pour faire<br />
gar<strong>de</strong>r mon<br />
enfant<br />
Parce que c’est <strong>la</strong><br />
seule option qui<br />
s’offrait <strong>à</strong> nous<br />
Milieu<br />
familial non<br />
subventionné<br />
Parce qu’il y<br />
avait une p<strong>la</strong>ce<br />
pour mon enfant<br />
Parce qu’il s’agit<br />
<strong>de</strong> l’option <strong>la</strong><br />
plus pratique<br />
(proximité,<br />
horaire<br />
d’ouverture,<br />
etc.) pour faire<br />
gar<strong>de</strong>r mon<br />
enfant<br />
Parce qu’il s’agit<br />
d’un service <strong>de</strong><br />
qualité<br />
Parce que c’est <strong>la</strong><br />
seule option qui<br />
s’offrait <strong>à</strong> nous<br />
Parce qu’il s’agit<br />
d’un service<br />
abordable<br />
63 <strong>Rapport</strong> — <strong>Commission</strong> <strong>sur</strong> <strong>l’éducation</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>petite</strong> <strong>enfance</strong>