Qualité Références n° 71
De la certification à la performance
De la certification à la performance
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Décembre - Janvier 2017 / Trimestriel / 20€ N° <strong>71</strong><br />
DOSSIER CERTIFICATION<br />
De la certification<br />
à la performance 18<br />
AVIS D’EXPERT :<br />
Les leviers gagnants pour les<br />
démarches qualité dans les PME TPE 14<br />
QUALITÉ :<br />
De la performance à l’excellence<br />
opérationnelle 36<br />
PRATIQUE :<br />
Formaliser et diffuser le savoir-faire<br />
opérationnel dans l’entreprise 34<br />
PERFORMANCE :<br />
Se dépasser pour devenir une<br />
référence39<br />
BOÎTES<br />
À OUTILS :<br />
Toutes les nouveautés<br />
des logiciels du<br />
marché 46
EN ROUTE VERS ISO 9001 - 2015...<br />
Moteur de Workflow<br />
GED<br />
Pilotage du SMQ<br />
Gestion des audits<br />
Cartographie<br />
des processus<br />
Gestion des risques<br />
Actions correctives<br />
Actions préventives<br />
Gestion des non conformités<br />
Agilium Modeler<br />
Quality Manager<br />
Quality Doc<br />
En local<br />
En mode Saas<br />
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ÉDITORIAL<br />
Certification n’est pas<br />
qualité…<br />
Le 08 février, un avion de la compagnie Easy Jet a manqué<br />
de se crasher en tentant à tout prix d’atterrir malgré des<br />
conditions météorologiques plus que défavorables. La cause<br />
de cet acharnement à vouloir se poser sur le lieu de destination<br />
prévu au péril de la vie des passagers et de l’équipage ? L’argent<br />
bien sûr ! La compagnie ne souhaitant pas prendre en charge<br />
le coût d’indemnisation des passagers, ni de leur rapatriement<br />
sur le lieu de destination initiale. Il semblerait que le pire a été<br />
évité grâce à la présence d’esprit du capitaine qui a refusé de<br />
se conformer aux consignes absurdes qui lui étaient transmises.<br />
Jérémie Roboh<br />
Rédacteur en chef<br />
S’il y a bien un domaine extrêmement réglementé, c’est celui<br />
de l’aéronautique. Des normes en tout genre sont établies pour<br />
garantir, avant toute chose, la sécurité<br />
des passagers. Mais là encore,<br />
« l‘humain et sa volonté restent au<br />
centre de tout processus.. »<br />
comme le soulignent les certificateurs<br />
eux-mêmes* : l‘humain et sa<br />
volonté restent au centre de tout<br />
processus. Ainsi, tout opérationnel,<br />
pilote d’avion ou manager, peut<br />
décider d’emmener son entreprise au point souhaité, soit par<br />
le chemin tracé et balisé, soit en prenant des raccourcis plus ou<br />
moins dangereux et dans ce dernier cas…. ça passe ou ça casse !<br />
Envie de réagir ?<br />
@qualiteref<br />
* Lire la grande interview page 22<br />
ÉDITEUR<br />
MRJ Informatique<br />
54, boulevard Rodin<br />
92130 Issy-les-Moulineaux<br />
Tel : 01 73 79 35 67<br />
Fax : 01 34 29 61 02<br />
www.qualite-references.com<br />
/ Qualite.References<br />
/@qualiteref<br />
Direction :<br />
Michaël Lévy<br />
Directeur de publication :<br />
Jérémie Roboh<br />
Rédacteur en chef :<br />
Jérémie Roboh<br />
COMMERCIALISATION<br />
Publicité :<br />
Sonia Cheniti<br />
s.cheniti@mrj-corp.fr<br />
Diffusion et Abonnements :<br />
vad.mrj-presse.fr<br />
Emilie Bellenger<br />
abonnement@qualite-references.com<br />
Prix au numéro :<br />
20 €<br />
Abonnement 1 an :<br />
58 € / 4 numéros<br />
Étranger :<br />
100 €<br />
Règlement par chèque<br />
bancaire à l’ordre de MRJ<br />
RÉALISATION<br />
Conception graphique :<br />
Eden Studio<br />
Impression :<br />
Pauker-Holding KFT<br />
11-15 Baross utca<br />
H -1407 Budapest - Hongrie<br />
N°ISSN :<br />
1293‐2949<br />
Dépôt légal : à parution<br />
Périodicité : Trimestrielle<br />
Numéro : <strong>71</strong><br />
Date : Décembre - Janvier 2017<br />
RÉDACTION<br />
Ont contribué au numéro :<br />
Valérie Brenugat (MRJ), Olec<br />
Kovalewsky (Réseau Performance<br />
<strong>Qualité</strong> TPE-PME), Èdouard Kiener<br />
(Intertek), Frédéric Gaudin (LRQA),<br />
Xavier Daniel (Groupe Socotec),<br />
Thomas Hennion (BSI Group),<br />
Philippe Bôhm (TÜV Nord Group),<br />
Bernard Decoster (DSD System),<br />
Olivier Theromn (Gestform),<br />
Stéphane Chabrier (Groupe Apicil),<br />
Guy Barlet (Préfecture de la<br />
Creuse).<br />
CRÉDITS<br />
Crédit photos :<br />
iStock, Isiware, Dell Statistica,<br />
Université Lean Six Sigma<br />
Toute reproduction, totale ou<br />
partielle, est soumise à l’accord<br />
préalable de la société MRJ.<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I3
Themis<br />
QHSE QHSE MANAGER<br />
MANAGER<br />
LOGICIEL QHSE<br />
200+ fonctionnalités FullWeb<br />
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Suivi, planication, analyse & reporting<br />
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Gestion des évènements HSE<br />
Gestion des évènements HSE<br />
Gestion des équipements & emplacements<br />
Gestion des équipements & emplacements<br />
Suivi formations & habilitations<br />
Suivi formations & habilitations<br />
MMR, EPI, Actions Correctives<br />
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Document unique<br />
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Compte pénibilité & exposition aux risques<br />
Compte pénibilité & exposition aux risques<br />
Plans de prévention<br />
Plans de prévention<br />
Themis été choisi pour sa exibilité,<br />
a clarté et son évolutivité,<br />
sa mais aussi sa convivialité !<br />
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Rendez-vous sans attendre sur<br />
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www.themis-qhse.fr<br />
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Éditeur du logiciel - www.dsdsystem.com<br />
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GMAO SAV Altair<br />
SERVICE E MANAGER<br />
QHSE<br />
GMAO SAV Altair<br />
SERVICE E MANAGER<br />
QHSE<br />
Themis<br />
Q HSE MANAGER<br />
Themis<br />
Q HSE MANAGER
SOMMAIRE<br />
DOSSIER<br />
De la certification à la performance<br />
18 De l’ISO à la qualité<br />
20 ISO : les chiffres de la certification à la loupe<br />
22 CERTIFICATION: la grande interview<br />
33 La certification : un pilier de la stratégie de Socotec<br />
34 Formaliser et diffuser le savoir-faire opérationnel dans<br />
l’entreprise<br />
18<br />
Éditorial<br />
03 Certification n’est pas qualité…<br />
Actualités<br />
08 Une nouvelle certification AFNOR<br />
pour Allianz Worldwide Partners<br />
France<br />
08 Les logiciels d’encaissement<br />
certifiés par le LNE<br />
10 Diversity’Scan pour sensibiliser<br />
aux enjeux du handicap et de la<br />
diversité<br />
Avis d’expert<br />
14 Des leviers d’actions gagnants<br />
pour les démarches qualité des<br />
TPE PME<br />
Dossier<br />
18 De l’ISO à la qualité<br />
20 ISO : les chiffres de la<br />
certification à la loupe<br />
22 CERTIFICATION: la grande<br />
interview<br />
33 La certification : un pilier de la<br />
stratégie de Socotec<br />
40 Un service de qualité de la<br />
Préfecture de la Creuse pour les<br />
usagers<br />
42 Virly : une prévention innovante et<br />
participative exemplaire<br />
Nouveautés logiciels<br />
46 Creative IT lance des solutions<br />
logicielles Qubes<br />
10 Les entreprises françaises<br />
championnes européennes<br />
12 Thales parmi les 100 entreprises<br />
les plus innovantes au monde<br />
12 Okavango rejoint GreenFlex<br />
34 Formaliser et diffuser le<br />
savoir-faire opérationnel dans<br />
l’entreprise<br />
Gestion de la qualité<br />
36 AFQP : de la performance à<br />
l’excellence opérationnelle<br />
38 Gestform : les bonnes pratiques<br />
d’une société adaptée<br />
39 Groupe Apicil : se dépasser pour<br />
être une référence<br />
46 Une nouvelle version pour<br />
Qualios<br />
46 Certification ISO 9001 2015 pour<br />
Agilium<br />
Magazine<br />
49 Agenda<br />
50 Index<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I5
Quality Manager<br />
Efficace, intuitive, évolutive<br />
La solution QSE qui s’adapte à vos besoins<br />
Quality Manager aide des milliers d’utilisateurs à travers l’Europe, à maîtriser avec succès leurs systèmes de<br />
management et gagner en agilité et en conformité au niveau de leurs processus.<br />
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performant de votre système de management, quelques soient vos référentiels ou secteurs d’activité.<br />
Fonctionnalités<br />
Management intégré qualité, sécurité, environnement<br />
Gestion de cycle de vie des documents<br />
Planification et suivi des audits et revues<br />
Traitement des écarts, non-conformités et réclamations<br />
Suivi des plans d’actions avec relance automatique<br />
Risques professionnels et Document Unique<br />
Formations, habilitations et entretiens individuels<br />
Gestion des dossiers réglementaires<br />
Suivi et contrôle périodique des équipements<br />
Pilotage grâce aux tableaux de bord accessibles en temps-réel<br />
Points forts<br />
Solution éprouvée proposé par Avanteam, un des leaders<br />
du marché avec 380 clients et 450 000 utilisateurs en Europe.<br />
Accessible aux fonctionnels qui peuvent en toute autonomie<br />
personnaliser leur application ou créer leurs propres formulaires,<br />
workflows, vues, navigateurs et tableaux de bord.<br />
Compatible toutes normes et exigences sectorielles : ISO 9001,<br />
ISO 14001, OHSAS 18001, ISO 22000, EN 9100, ISO 26000, FDA<br />
21 CFR 11, etc.<br />
Puissante plateforme d’automatisation de processus, capable<br />
d’informatiser l’ensemble de vos processus opérationnels :<br />
absences, congés, missions, projets, helpdesk, entrée-sortie<br />
du personnel, demandes achats, factures fournisseurs, courrier.<br />
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LES TEMPS FORTS<br />
AVIS D’EXPERT<br />
Des leviers d’actions gagnants pour<br />
les démarches qualité des TPE PME<br />
p 14 à 17<br />
Ce modèle repose sur la mise en valeur de trois leviers essentiels<br />
de la performance que sont les processus, les instances de<br />
décision et les métiers. Par rapport aux architectures classiques,<br />
basées sur la seule dimension processus, l’article présente les<br />
avantages d’un modèle élargi pour répondre aux défis nouveaux…<br />
FOCUS<br />
ISO : les chiffres de la<br />
certification à la loupe p 20<br />
L’ISO, dévoile les résultats de leur dernière enquête sur le nombre<br />
de certificat émis dans le monde. Cette étude dresse un état des<br />
lieux de la certification. Si le nombre des certificats ISO 9001 et<br />
140001 reste stable, ceux relatifs aux domaines automobiles (TS<br />
16949), médical (13485) et alimentaire (22000) connaissent une<br />
hausse. Explications…<br />
INTERVIEW<br />
DOSSIER<br />
La grande interview des<br />
certificateurs p 22 à 31<br />
À heure où la certification en tant que telle est parfois remise en<br />
question dans sa raison d’être, les représentants de 5 organismes<br />
certificateurs de renoms ont accepté de répondre à nos questions<br />
en toute transparence et sans langue de bois….<br />
De la certification à l’excellence<br />
opérationnelle p 36 à 43<br />
Le 30 janvier se déroulera la journée française de la qualité et de<br />
l’excellence opérationnelle. Elle connaîtra deux temps forts : une<br />
matinée au ministère de l’Economie et des Finances et l’aprèsmidi<br />
au siège du Medef. Lors de cette matinée, seront organisés<br />
des conférences et des ateliers avec la présence du secrétaire d’État<br />
chargé de l’Industrie auprès du ministre de l’Économie et des<br />
Finances, Christophe Sirugue…<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I7
ACTUALITÉS<br />
EN BREF<br />
Application GECO air<br />
écoresponsable<br />
L’application gratuite GECO air de l’IFPEN<br />
incite l’utilisateur à agir de manière<br />
« écoresponsable » en faveur de la<br />
réduction des polluants en analysant<br />
les émissions liées à ses trajets, quel<br />
que soit le type de transport. Elle le<br />
sensibilise aussi sur le caractère polluant<br />
de ses déplacements avec un « score<br />
mobilité », délivré chaque jour et après<br />
chaque trajet grâce à un outil de mesure<br />
objectif exprimé en Points Polluants. De<br />
plus, elle aide à améliorer sa façon de<br />
conduire par des conseils personnalisés<br />
après chaque trajet.<br />
www.ifpenergiesnouvelles.fr<br />
Guide pratique du Medef et<br />
EcoVadis pour les PME<br />
Le Medef et EcoVadis s’associent afin<br />
d’aider les TPE-PME à mettre en place<br />
une démarche RSE en publiant un guide<br />
pratique. Ce guide, composé de 10<br />
témoignages de terrain détaillant chacun<br />
une bonne pratique, a été conçu pour<br />
donner à tous les chefs d’entreprise de<br />
TPE-PME de nouvelles idées d’actions<br />
à mettre en œuvre. Ces dix petites<br />
entreprises ont été choisies parmi les<br />
TPE/PME/ETI françaises évaluées par<br />
EcoVadis car elles ont obtenu une bonne<br />
note globale lors de leur évaluation.<br />
www.medef.com<br />
ASSURANCE<br />
Une nouvelle certification AFNOR<br />
pour Allianz Worldwide Partners France<br />
A l’issue d’un audit de 4 jours, Allianz Worldwide Partners France a obtenu<br />
d’AFNOR la certification ISO 9001 dans sa version 2015 et adopte ainsi le nouveau<br />
référentiel de cette norme internationale de management de la <strong>Qualité</strong>.<br />
Pour faire face aux évolutions dans un<br />
contexte général et environnemental<br />
ultra-concurrentiel, le groupe a transformé<br />
ses manières d’interagir avec l’ensemble<br />
des parties prenantes en adaptant ses modes<br />
de travail et ses processus pour les rendre plus<br />
agiles, plus globaux, plus digitaux et plus<br />
innovants.<br />
En adoptant dès à présent la version 2015 de<br />
la Norme ISO 9001, la direction fait le choix<br />
d’un alignement accru de sa politique <strong>Qualité</strong><br />
sur l’orientation stratégique qui tient compte<br />
de ce contexte, notamment à travers une plus<br />
MANUTENTION<br />
grande prise en compte des besoins et attentes<br />
de toutes les parties intéressées par ses activités<br />
telles que les prestataires et les salariés. De<br />
plus, son pilotage des risques et opportunités<br />
impactent les processus internes et externalisés.<br />
En outre, le groupe renforce son mode<br />
de management collaboratif et matriciel, au<br />
service des compétences. Il sécurise aussi les<br />
données de ses clients par des infrastructures<br />
adaptées et une déontologie réaffirmée. ●<br />
EN SAVOIR PLUS > www.mondial-assistance.fr<br />
Les logiciels d’encaissement<br />
certifiés par le LNE<br />
Organisme de certification accrédité par le Cofrac, le Laboratoire national<br />
de métrologie et d’essais complète son offre de certification pour les<br />
industriels dans le domaine de la sécurité de l’information.<br />
Les compétences relationnelles<br />
sous-évaluées<br />
Alors qu’une grande majorité des<br />
Français passent les deux tiers de<br />
leur temps de travail en relation<br />
interpersonnelle, ils estiment, pour<br />
40% d’entre eux, que les entreprises ne<br />
valorisent pas suffisamment les qualités<br />
relationnelles. Une enquête de l’institut<br />
Elabe pour le cabinet Interactifs révèle<br />
qu’ils sont cependant 81% à estimer<br />
qu’elles sont un facteur clé de réussite<br />
professionnelle. Respect et politesse<br />
sont les deux qualités attendues d’une<br />
relation professionnelle avant la clarté et<br />
la précision.<br />
www.interactifs.fr<br />
La loi de finances pour 2016 prévoit<br />
qu’à compter du 1er janvier 2018,<br />
l’ensemble des systèmes utilisés pour<br />
l’encaissement, du commerce de quartier<br />
à la grande distribution, devra satisfaire à<br />
des conditions d’inaltérabilité, de sécurisation,<br />
de conservation et d’archivage des<br />
données en vue du contrôle de l’administration<br />
fiscale. La conformité de ces systèmes<br />
à ces exigences devra être attestée par un<br />
certificat délivré par un organisme de certification<br />
accrédité ou par une attestation<br />
individuelle de l’éditeur.<br />
Le LNE a ainsi développé, en collaboration<br />
avec les professionnels du secteur (représentants<br />
d’industriels, membres éditeurs<br />
de logiciels, fabricants…), un référentiel de<br />
certification permettant aux concepteurs de<br />
ces systèmes de démontrer leur conformité<br />
aux exigences réglementaires, grâce à une<br />
évaluation réalisée par un organisme tiers<br />
indépendant. La certification LNE garantit la<br />
conformité du logiciel à la loi des finances à<br />
travers des évaluations documentaires, fonctionnelles<br />
et de robustesse en parallèle d’audits<br />
annuels.<br />
Enfin, ce référentiel de certification des<br />
systèmes de caisse s’applique à différents<br />
domaines : caisses, logiciels d’encaissement,<br />
imprimantes fiscales et instruments<br />
de mesure réglementés intégrant un dispositif<br />
d’encaissement. ●<br />
EN SAVOIR PLUS > www.lne.fr<br />
www.uvex-heckel.fr<br />
8 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
倀 椀 挀 漀 洀 琀 漀 爀 椀 渀 瘀 攀 渀 琀 攀 氀 攀 猀 洀 漀 搀 攀 猀 漀 瀀 爀 愀 琀 漀 椀 爀 攀 猀<br />
嘀 椀 猀 甀 攀 氀 ⸀ 䐀 椀 最 椀 琀 愀 氀 ⸀ 吀 爀 愀 愀 戀 氀 攀 ⸀ 䤀 匀 伀 㤀 ⸀<br />
䜀 攀 猀 琀 椀 漀 渀 搀 攀 猀 爀 瘀 椀 猀 椀 漀 渀 猀 Ⰰ 圀 漀 爀 欀 昀 氀 漀 眀 搀 攀 瘀 愀 氀 椀 搀 愀 琀 椀 漀 渀 Ⰰ 䌀 愀 爀 琀 漀 甀 挀 栀 攀 倀 䐀 䘀 Ⰰ<br />
倀 椀 挀 琀 漀 最 爀 愀 洀 洀 攀 猀 䤀 匀 伀 㜀 Ⰰ 䄀 洀 氀 椀 漀 爀 愀 琀 椀 漀 渀 䌀 漀 渀 琀 椀 渀 甀 攀<br />
眀 眀 眀 ⸀ 瀀 椀 挀 漀 洀 琀 漀 ⸀ 挀 漀 洀<br />
䌀 爀 攀 稀 Ⰰ 最 爀 攀 稀 Ⰰ 瀀 愀 爀 琀 愀 最 攀 稀 攀 琀 愀 渀 愀 氀 礀 猀 攀 稀 瘀 漀 猀<br />
椀 渀 猀 琀 爀 甀 挀 琀 椀 漀 渀 猀 搀 攀 琀 爀 愀 瘀 愀 椀 氀 瘀 椀 猀 甀 攀 氀 氀 攀 猀 䤀 匀 伀 㤀 <br />
준 瘀 漀 氀 甀 琀 椀 昀<br />
䤀 渀 琀 攀 爀 愀 挀 琀 椀 昀<br />
䐀 椀 昀 昀 甀 猀 愀 戀 氀 攀<br />
䴀 甀 氀 琀 椀 ⴀ 猀 甀 瀀 瀀 漀 爀 琀<br />
䴀 甀 氀 琀 椀 氀 椀 渀 最 甀 攀<br />
䤀 洀 瀀 爀 椀 洀 愀 戀 氀 攀<br />
䌀 攀 渀 琀 爀 愀 氀 椀 猀 <br />
䐀 椀 搀 愀 挀 琀 椀 焀 甀 攀<br />
䌀 漀 氀 氀 愀 戀 漀 爀 愀 琀 椀 昀<br />
吀 爀 愀 愀 戀 氀 攀<br />
䌀 愀 瀀 琀 甀 爀 攀 稀 攀 琀 搀 椀 昀 昀 甀 猀 攀 稀 氀 攀 猀 愀 瘀 漀 椀 爀 昀 愀 椀 爀 攀 搀 愀 渀 猀 瘀 漀 琀 爀 攀 椀 渀 搀 甀 猀 琀 爀 椀 攀<br />
䴀 漀 椀 渀 猀 搀 攀 瀀 愀 瀀 椀 攀 爀 Ⰰ 瀀 氀 甀 猀 搀 攀 搀 椀 最 椀 琀 愀 氀<br />
⌀ 瀀 愀 瀀 攀 爀 氀 攀 猀 猀 ⌀ 猀 洀 愀 爀 琀 䤀 渀 搀 甀 猀 琀 爀 礀 ⌀ 椀 渀 搀 甀 猀 琀 爀 椀 攀 㐀 ⸀ ⌀ 唀 猀 椀 渀 攀 开 挀 漀 渀 渀 攀 挀 琀 攀 ⌀ 吀 爀 愀 渀 猀 洀 椀 猀 猀 椀 漀 渀 开 搀 甀 开 猀 愀 瘀 漀 椀 爀<br />
挀 漀 渀 琀 愀 挀 琀 䀀 瀀 椀 挀 漀 洀 琀 漀 ⸀ 挀 漀 洀<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I9
ACTUALITÉS<br />
EN BREF<br />
Réhabilitation des sites et sols<br />
pollués : prestataires certifiés<br />
Le Laboratoire National de Métrologie et<br />
d’Essais (LNE) a remis des certificats aux<br />
10 nouveaux prestataires certifiés dans le<br />
domaine de la réhabilitation des sites et<br />
sols pollués.<br />
Les nouveaux certifiés sont les<br />
entreprises :<br />
- EMTS Environnement, Geaupole,<br />
Ginger CEBTP, Neodyme et Omnium<br />
General D’Ingénierie certifiées pour le<br />
domaine A,<br />
- AECOM France, Ramboll Environ<br />
France, SCE et Serea certifiées pour les<br />
domaines A et B,<br />
- Valgo certifiée pour les domaines B et<br />
C.<br />
www.lne.fr<br />
Prix de l’Excellence pour Aerohive<br />
Networks<br />
Aerohive Networks annonce que sa<br />
solution HiveManager NG fait partie des<br />
lauréats des prix 2016 de l’Excellence en<br />
matière de sécurité du cloud computing<br />
décernés par TMC, une société mondiale<br />
de médias intégrés. Présentés par<br />
Cloud Computing Magazine, ces prix<br />
récompensent les entreprises ayant<br />
le mieux su tirer parti du cloud dans<br />
leurs efforts pour commercialiser<br />
des offres innovantes et différenciées.<br />
Deux catégories de solutions sont<br />
représentées : les offres de sécurité du<br />
cloud et via le cloud.<br />
www.aerohive.com<br />
Réseau WoMum pour les<br />
entrepreneuses<br />
Le réseau féminin professionnel WoMum<br />
fondé par Audrey Ango lance un outil<br />
communautaire sur lequel toutes les<br />
femmes actives peuvent, en autres,<br />
échanger autour de leur business<br />
et carrière, se créer, développer un<br />
portefeuille de contacts, se former<br />
et se performer en ligne, trouver des<br />
compétences et être accompagnées par<br />
des expertes.<br />
www.womum.net<br />
APPLICATION MOBILE<br />
Diversity’Scan pour sensibiliser aux<br />
enjeux du handicap et de la diversité<br />
L’application Diversity’Scan permet aux<br />
entreprises de sensibiliser leurs collaborateurs<br />
aux sujets liés à la diversité et au handicap<br />
de manière innovante et impactante.<br />
Concrètement, le dispositif propose un lot<br />
d’affiches et une application mobile.<br />
Tels les tableaux animés, l’application donne vie aux<br />
affiches diffusées dans les entreprises grâce aux<br />
technologies de réalité augmentée. Le fil rouge :<br />
deux collègues, projetés dans un cadre « Caméra Café »<br />
que l’on suit sur une dizaine d’épisodes, drôles, décalés<br />
et parfois émouvants.<br />
Ces sketchs décalés et humoristiques permettent en<br />
moins de 2 minutes de fédérer les salariés sur les sujets<br />
Handicap et Diversité et de libérer la parole autour<br />
d’un moment d’échange et d’étonnement.<br />
Dassault Systèmes, Société Générale, Vinci Energies<br />
et Allianz proposent actuellement à leurs salariés cette<br />
expérience innovante, depuis le 14 novembre dernier,<br />
à l’occasion de la SEPH (Semaine pour l’Emploi des<br />
TÉLÉTRAVAIL<br />
Les entreprises françaises<br />
championnes européennes<br />
Personnes Handicapées). Diversity’Scan<br />
est soutenu par la BPI<br />
pour son caractère innovant. ●<br />
Traditionnellement en retard pour l’adoption des nouvelles technologies, les<br />
entreprises françaises sont pourtant clairement en avance lorsqu’il s’agit du<br />
travail à distance, ou télétravail, qui semble définitivement rentré dans les<br />
mœurs dans notre pays, plus rapidement qu’en Allemagne et au Royaume Uni.<br />
Telles sont les conclusions<br />
d’une enquête de<br />
Wrike, éditeur d’une<br />
solution de gestion des tâches<br />
et des projets en mode collaboratif,<br />
conjointement auprès<br />
d’un échantillon représentatif<br />
de 1000 professionnels dans<br />
des entreprises de toutes tailles en France, en<br />
Allemagne et au Royaume Uni.<br />
Selon l’enquête Wrike, 70,8% des sociétés<br />
françaises autorisent à des degrés divers leurs<br />
salariés à travailler à partir de leur domi-<br />
EN SAVOIR PLUS ><br />
www.diversityscan.fr<br />
cile, à comparer à 66,70%<br />
des entreprises allemandes,<br />
et 53,30% des entreprises<br />
britanniques. Près de 20%<br />
des entreprises françaises<br />
autorisent leurs salariés à<br />
travailler à domicile sans<br />
restriction, contre seulement<br />
11,70% des entreprises allemandes et 5,50% des<br />
entreprises britanniques. ●<br />
© DR<br />
EN SAVOIR PLUS > www.wrike.com<br />
www.uvex-heckel.fr<br />
© DR<br />
10 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
ACTUALITÉS<br />
EN BREF<br />
10 lauréates des Trophées<br />
Défis RSE<br />
Les Trophées Défis RSE 2016 a<br />
récompensé 9 organisations et<br />
1 Prix Spécial Santé – Harmonie<br />
Mutuelle pour leurs bonnes<br />
pratiques RSE. Ainsi, le Trophée<br />
pour l’Environnement a été décerné<br />
à Stef. Par ailleurs, le Trophée Défis<br />
RSE pour les Ressources Humaines<br />
a été remis à la SNCF pour sa<br />
politique handicap et emploi et son<br />
dispositif Hantrain. Enfin, le Trophée<br />
Coup de Cœur du Jury a été donné<br />
à Everest Isolation, pour sa prise<br />
en compte de la responsabilité<br />
d’entreprise en matière sociale et<br />
environnementale.<br />
www.defis-rse.f<br />
Club des managers du CESI<br />
L’école des managers CESI lance<br />
le « Club des Managers ». Il sera<br />
cette année organisé autour de neuf<br />
événements. Le premier rendezvous<br />
du club se tiendra le 10 février<br />
2017 au CESI d’Aix-en-Provence.<br />
L’atelier ludique et interactif «<br />
Booster sa forme pour gagner<br />
en efficacité » offre un dessin de<br />
tous les bénéfices qu’apportent le<br />
sport et l’activité physique pour le<br />
bien-être des collaborateurs et la<br />
performance de l’entreprise.<br />
www.cesi-entreprises.fr<br />
Récylum agréé pour<br />
le recyclage des petits<br />
extincteurs<br />
L’éco-organisme, Récylum, vient<br />
d’être agréé par les pouvoirs publics<br />
pour la collecte et le recyclage des<br />
petits appareils extincteurs de moins<br />
de 2 kg. Le dispositif de collecte<br />
s’appuiera en majeure partie sur les<br />
distributeurs d’extincteurs ainsi que<br />
sur les acteurs de la maintenance<br />
incendie. L’agrément est délivré<br />
pour une période de 4 ans.<br />
www.recylum.com<br />
TECHNOLOGIE<br />
Thales parmi les 100 entreprises<br />
les plus innovantes au monde<br />
Thales figure parmi les 100 entreprises les plus innovantes dans le<br />
classement de Clarivate Analytics. Il investit de manière constante dans<br />
la recherche et développement avec une activité de 2,5 milliards en 2015<br />
dont 700 millions autofinancés et dispose d’un portefeuille de plus de<br />
16 500 brevets à l’image de cet investissement.<br />
est au cœur de la stratégie<br />
su groupe fondée sur trois<br />
L’innovation<br />
piliers : croissance, compétitivité et<br />
attractivité des talents. L’innovation ouverte<br />
s’illustre au travers de trois dimensions :<br />
scientifique et technique (collaboration<br />
avec des laboratoires académiques), collaborative<br />
dans une logique d’écosystème<br />
(relations avec les PME, ETI et start-ups)<br />
et marché (co-innovation avec les clients).<br />
Thales s’appuie sur des racines profondes<br />
dans le numérique pour se développer considérablement<br />
dans ce domaine. L’essor des<br />
nouvelles technologies stimulent et décuplent<br />
la force d’innovation du groupe, qu’il s’appuie<br />
sur l’expertise et les compétences internes ou<br />
ENERGIE<br />
Okavango rejoint GreenFlex<br />
GreenFlex, professionnel français<br />
de la transition environnementale<br />
et sociétale, acquiert la société<br />
Okavango, spécialiste de la performance<br />
énergétique industrielle. Frédéric Rodriguez,<br />
président et fondateur de Green-<br />
Flex, déclare à ce propos : « GreenFlex,<br />
en intégrant Okavango et son équipe d’une<br />
vingtaine de collaborateurs en France et en<br />
Espagne, renforce son expertise industrielle<br />
en matière de performance énergétique,<br />
mise en œuvre des économies, et stratégie<br />
d’actifs énergétiques et poursuit son développement<br />
à l’international. »<br />
Ce rapprochement apporte une valeur<br />
ajoutée complémentaire aux 250 clients<br />
d’Okavango. Ils peuvent désormais<br />
augmenter le potentiel d’économies d’énergie<br />
possibles grâce aux solutions de financement<br />
d’actifs industriels et à l’apport en<br />
sur son écosystème. Partout dans le monde,<br />
Thales rencontre également ses clients et<br />
l’ensemble de ses partenaires pour innover<br />
ensemble, notamment dans ses design centers<br />
et hubs d’innovation. ●<br />
EN SAVOIR PLUS > www.thalesgroup.com<br />
ingénierie du bureau d’étude de Greenflex.<br />
En complément des leviers techniques traditionnels,<br />
Okavango identifie également dans<br />
les procédés industriels des leviers d’écoconduite,<br />
en s’appuyant sur les outils du<br />
Lean Six Sigma. Cela passe par le changement<br />
des comportements et l’analyse de<br />
données, afin de ramener la consommation<br />
d’énergie au « juste besoin ». ●<br />
EN SAVOIR PLUS > www.greenflex.com<br />
© DR<br />
© DR<br />
C<br />
M<br />
J<br />
CM<br />
MJ<br />
CJ<br />
CMJ<br />
N<br />
12 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
AVIS D’EXPERT<br />
Des leviers d’actions gagnants pour les<br />
démarches qualité des TPE PME<br />
Cet article présente un modèle<br />
d’architecture de système de<br />
management de la qualité ouvert<br />
et déjà éprouvé dans une dizaine<br />
de TPE – PME.<br />
Ce modèle repose sur la mise en valeur de trois<br />
leviers essentiels de la performance que sont<br />
les processus, les instances de décision et les<br />
métiers. Par rapport aux architectures classiques,<br />
basées sur la seule dimension processus,<br />
l’article présente les avantages d’un modèle<br />
élargi pour répondre aux défis nouveaux et aux<br />
faiblesses existantes des systèmes qualité. Cet<br />
article s’adresse en premier lieu aux jeunes<br />
générations de qualiticiens, en formation ou en<br />
début de carrière, ouverts et curieux vis-à-vis<br />
des modèles et pratiques novatrices. Les autres<br />
lecteurs sont également accueillis avec plaisir.<br />
L’EXISTANT EST-IL OPTIMISÉ ?<br />
On constate souvent deux angles morts dans<br />
la conduite des démarches qualité, notamment<br />
dans les TPE PME :<br />
– La place de l’humain et du champ social,<br />
question escamotée comme si la dimension<br />
sociale de l’entreprise n’était pas légitime<br />
dans une démarche qualité ;<br />
– La compréhension systémique de l’entreprise,<br />
souvent sommaire ou simpliste et<br />
donc peu opérante pour aider l’entreprise<br />
face à ses enjeux.<br />
Ces deux angles morts sont d’ailleurs liés par<br />
la même croyance malheureusement largement<br />
partagée dans l’entreprise, que la performance<br />
est avant tout question de technique et d’outils<br />
bien utilisés ! Cette croyance s’accompagne<br />
souvent d’une certaine méfiance vis-à-vis de ce<br />
qui n’est pas tangible et quantifiable.<br />
Ce ne serait pas grave si le tabou<br />
dont semblent frappés ces sujets<br />
n’avait des conséquences dommageables<br />
pour les performances des<br />
entreprises :<br />
– Inefficacité relative de la<br />
démarche qualité par faiblesse<br />
du modèle de fonctionnement<br />
(faiblesse d’analyse systémique)<br />
– Faible implication du personnel<br />
faute de prise en compte<br />
réaliste de l’humain (faiblesse<br />
du champ social).<br />
Et pourtant nombreux sont ceux<br />
qui ont alerté sur la question. Déjà<br />
dans les années 1970 Joseph JURAN<br />
avait alerté sur la double dimension<br />
du changement, technique et culturel,<br />
et sur la nécessité de prendre en<br />
compte les répercussions sociales si<br />
l’on veut que le changement technique<br />
soit accepté.<br />
Quarante-cinq ans plus tard, Philippe<br />
Lorino redit presque la même chose,<br />
comme si aucun progrès n’avait été<br />
fait sur cette question : « A la philosophie<br />
de base, qui date des années<br />
30, on peut tout à fait ajouter une<br />
dimension qui prenne en compte le<br />
dialogue social et les organisations<br />
représentatives des salariés. C’est<br />
en effet le principal angle mort de<br />
la méthode Lean historique » (Cf.<br />
article de Philippe LORINO (Professeur<br />
Eminent ESSEC) dans l’article<br />
donné à l’Usine Nouvelle en octobre<br />
2014).<br />
Ne pourrait-on pas mieux prendre<br />
en compte la réalité de l’entreprise<br />
et sa complexité dans les démarches<br />
qualité et élargir le modèle techniciste<br />
qui prévaut encore ?<br />
PEUT-ON S’EXTRAIRE DU<br />
MODÈLE CLASSIQUE ?<br />
L’évolution du référentiel ISO 9001 en<br />
2015 offre des ouvertures à explorer.<br />
Ainsi par exemple, dans l’ISO 9000,<br />
la définition de système de management<br />
de la qualité (« SMQ » dans<br />
la suite ou simplement « système »<br />
pour ne pas alourdir la lecture) s’enrichit<br />
et précise sa relation avec les<br />
processus.<br />
§ 3.5.3 - Système de management<br />
: ensemble d’éléments<br />
corrélés ou en interaction<br />
d’un organisme, utilisés pour<br />
établir des politiques, des objectifs<br />
et des processus de façon à<br />
atteindre lesdits objectifs.<br />
(rappel : SMQ = partie d'un SM<br />
relatif à la qualité).<br />
Cette définition suggère que les<br />
processus sont établis et déterminés<br />
par des éléments du système de<br />
management. Que sont ces éléments<br />
constitutifs du système de management<br />
?<br />
Monsieur Nigel CROFT, chef du<br />
comité technique de l’ISO en charge<br />
de la rédaction des référentiels ISO<br />
9000, 9001 et 9004, a répondu à cette<br />
question lors d’une de ses conférences<br />
de présentation de l’ISO 9001<br />
en regroupant ces éléments en trois<br />
catégories désignées par :<br />
• « Hardware » : équipements,<br />
installations, réseaux …,<br />
• « Software » : connaissances<br />
formelles, brevets, procédures<br />
…,<br />
14 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
AVIS D’EXPERT<br />
• « Humanware » : humains, valeurs,<br />
expériences, savoirs, comportements<br />
…<br />
Ces trois éléments se rencontrant et interagissant<br />
notamment lors de la mise en<br />
œuvre des processus d’une l’entreprise.<br />
En France, une pratique largement<br />
répandue consiste à considérer qu’un<br />
système de management de la qualité est<br />
composé uniquement d’un ensemble de<br />
processus. Pour cela, les tenants de cette<br />
approche n’hésitent pas à tordre la définition<br />
de l’ISO 9000, pour aboutir à ce<br />
que les éléments du système, qui créent<br />
et établissent les processus, soient finalement<br />
phagocytés par ces derniers, à<br />
l’instar de la figure de l’humanoïde de<br />
Science-Fiction qui se retourne contre<br />
son créateur !<br />
Pour s’en convaincre, citons la note 2<br />
de la définition de système de management<br />
qui précise :<br />
« Les éléments du système de<br />
management comprennent la<br />
structure, les rôles et responsabilités,<br />
la planification, le fonctionnement<br />
de l’organisme, les<br />
politiques, les pratiques, les règles,<br />
les convictions, les objectifs et les<br />
processus permettant d’atteindre<br />
ces objectifs. ».<br />
Ne serait-il pas alors possible et utile de<br />
considérer que le système de management<br />
de la qualité est composé d’autres<br />
éléments que les seuls processus dont les<br />
finalités opérationnelles et économiques,<br />
pour importantes qu’elles soient, ne<br />
recouvrent pas la totalité des enjeux<br />
des parties intéressées de l’entreprise ?<br />
Une entreprise est un système qui créé<br />
de la valeur pour les parties intéressées.<br />
Selon les parties intéressées considérées<br />
on sera enclin à considérer l’entreprise<br />
de différents points de vues :<br />
• d’un point de vue économique :<br />
clients, activités, produits et<br />
services, chiffre d’affaires, rentabilité,<br />
investissement …,<br />
• d’un point de vue social : emplois,<br />
rémunérations, conditions de<br />
travail, relations sociales …,<br />
• d’un point de vue stratégique :<br />
compétition, changement, alliances,<br />
pouvoir, décisions<br />
Nous avons beaucoup agit dans les<br />
démarches qualité, s’appuyant sur les<br />
finalités satisfaction clients et conformité<br />
des produits et services du SMQ,<br />
comme s’il suffisait de prendre en compte<br />
la dimension économique de l’entreprise,<br />
siège des activités productives de biens et<br />
de services fournis aux clients, pour obtenir<br />
un fonctionnement optimisé.<br />
De plus, il a souvent été considéré que<br />
les deux autres dimensions de l’entreprise<br />
devaient finalement se mettre au<br />
service du champ économique pour l’intérêt<br />
de tous !<br />
Le modèle largement répandu de système<br />
de management de la qualité fondé sur<br />
des processus (champ économique) peut<br />
se lire de cette façon, comme un modèle<br />
réducteur, éclipsant et bridant les deux<br />
autres dimensions de l’entreprise :<br />
– La dimension stratégique, en<br />
la réduisant aux principes de<br />
leadership et de prise de décision<br />
fondée sur les preuves comme si les<br />
affects, les essais-erreurs, la chance,<br />
les égos … n’entraient pas dans la<br />
compétition économique et les<br />
prises de décision ;<br />
– Le social, en le réduisant aux principes<br />
d’implication du personnel et<br />
à la gestion des<br />
« ressources humaines », appellation<br />
souvent mal acceptée par<br />
ceux qu’elle désigne, comme si les<br />
personnes appartenaient à l’entreprise<br />
et n’avaient pas, individuellement,<br />
un parcours professionnel à<br />
construire, à entretenir et à valoriser.<br />
C’est un peu comme si pour obliger un<br />
véhicule à aller le plus loin possible en<br />
avant, on limitait son rayon de braquage<br />
pour l’empêcher de dévier à droite ou à<br />
gauche et qu’on supprimait la marche<br />
arrière et le frein pour l’obliger à avancer<br />
coûte que coûte. Cela ne serait pas<br />
efficace n’est-ce pas ?<br />
Et bien, toutes choses égales par ailleurs,<br />
c’est pourtant ce que l’on peut voir dans<br />
de nombreuses entreprises pour ses<br />
dimensions bridées.<br />
COMMENT FAIRE ÉVOLUER LE<br />
MODÈLE CLASSIQUE ?<br />
Nous savons pourtant depuis longtemps,<br />
grâce à la théorie des systèmes élaborée<br />
dans les années 1950-60 que « la régulation<br />
d’un système n’est efficace que si elle<br />
s’appuie sur un système de contrôle aussi<br />
complexe que le système lui-même » (in.<br />
« Le Macroscope » J. de Rosnay – 1975).<br />
Cela est connu sous le nom de « loi de la<br />
variété requise » proposée par Ross Ashby<br />
en 1958 et jamais démentie depuis, à ma<br />
connaissance.<br />
Il ne paraît donc pas déraisonnable de<br />
s’interroger sur la variété requise des<br />
modèles de systèmes de management de<br />
la qualité associés aux démarches qualité<br />
dans les entreprises !<br />
Le SMQ, par définition outil permettant<br />
d’orienter et diriger un organisme<br />
en matière de qualité, peut-il s’acquitter<br />
efficacement de sa tâche sans prendre en<br />
compte les trois champs d’actions principaux<br />
existant dans l’entreprise : économique,<br />
stratégique et social ?<br />
Notre réponse est non ! Et c’est cette prise<br />
en compte systémique que nous proposons<br />
dans notre méta-modèle de système<br />
de management de la qualité illustré par<br />
la figure associée à cet article.<br />
Ce modèle s’est construit progressivement<br />
dans la confrontation de l’expérience<br />
pratique dans les entreprises et la<br />
réflexion à partir des approches existantes<br />
des démarches qualité, incluant la percep-<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I15
AVIS D’EXPERT<br />
tion des angles morts présentés au début<br />
de cet article.<br />
La plus grande difficulté a été d’identifier,<br />
à côté de l’élément « processus<br />
» – représentant la projection du<br />
champ « Economique » sur le SMQ –,<br />
les éléments qui pourraient représenter<br />
efficacement les champs Stratégique<br />
et Social de l’entreprise tout en faisant<br />
partie du SMQ. Autrement dit, trouver<br />
une projection pertinente des champs<br />
Stratégique et Social dans le SMQ.<br />
Un résultat possible, testé avec succès<br />
dans plusieurs TPE – PME, propose les<br />
éléments concrets suivants :<br />
– Les instances de pilotage et de<br />
décisions, représentant le champ<br />
Stratégique projeté au niveau du<br />
SMQ ;<br />
– Les métiers, représentant une<br />
projection du champ Social sur<br />
le SMQ.<br />
Dans la pratique, ce modèle s’est avéré<br />
opérant car il traduit des réalités et<br />
permet de rendre compte de l’existence<br />
de champs d’actions et de logiques<br />
spécifiques aux acteurs de l’entreprise,<br />
logiques qui ne sont pas naturellement<br />
convergentes et qui interagissent<br />
en permanence dans une succession<br />
temporelle de compromis et d’équilibres<br />
à établir.<br />
S’il est compréhensible que d’un point<br />
de vue Economique on puisse souhaiter<br />
que les décisions prises et les compétences<br />
des acteurs soient entièrement<br />
consacrées à la performance des processus,<br />
la réalité du terrain nous montre<br />
quotidiennement que c’est un tout petit<br />
peu différent et plus complexe. Continuer<br />
à faire semblant n’est pas un crime<br />
mais ça n’est probablement pas la voie<br />
optimale !<br />
COMMENT INTRODUIRE CE<br />
MODÈLE DANS L’ENTREPRISE ?<br />
En pratique, dans entreprise, les rappels<br />
théoriques ne sont pas indispensables,<br />
et nous posons directement la question<br />
suivante aux acteurs : « De quoi dépend<br />
la performance de votre entreprise ? »<br />
Ce brainstorming conduit généralement<br />
aux réponses suivantes :<br />
– de la réussite commerciale,<br />
– de la qualité des prestations et<br />
produits,<br />
– des personnes,<br />
– des moyens matériels mis à<br />
disposition<br />
– de la direction,<br />
– de la bonne circulation des informations,<br />
– des moyens financiers,<br />
– du climat social,<br />
– etc.<br />
Nous leur disons :<br />
« Vous avez raison ! Et ce que l'on va<br />
faire ensemble va intégrer tout cela<br />
autour de trois domaines ou leviers<br />
d’actions :<br />
– les processus pour développer l'esprit<br />
d'équipe et l'efficacité des activités<br />
(commerciales, techniques,<br />
administratives) au service des<br />
clients ;<br />
– les métiers pour développer d’une<br />
part les savoir-faire et les compétences<br />
nécessaires aux processus et<br />
d’autre part votre capital-emploi ;<br />
– le pilotage et les décisions parce<br />
que sans cela il n'y a pas de réussite<br />
possible ! ».<br />
Pour conclure, c’est grâce à ces trois<br />
leviers de notre modèle et à ses déclinaisons<br />
et variations opérationnelles,<br />
intégrant notamment mais pas uniquement<br />
l’approche risques et le principe<br />
d’action PDCA, que nous construisons<br />
des systèmes de management de<br />
la qualité partagés par les acteurs de<br />
l’entreprise, contribuant efficacement<br />
aux performances et aux objectifs stratégiques<br />
des TPE – PME qui nous font<br />
confiance.<br />
Olec Kovalevsky<br />
Consultant en organisation et<br />
démarches qualité<br />
Pilote du groupement<br />
Performance <strong>Qualité</strong> TPE PME<br />
(www.performancequalitetpepme.fr)<br />
16 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
pub intranet 90x274 N°1667:Mise en page 1 01/02/17 10:46 Page1<br />
EXPOSITION - CONFERENCES - ATELIERS<br />
POSTFACE POUR LES SCEPTIQUES<br />
Terminons, à l’attention de ceux qui pourraient douter<br />
de la pertinence de distinguer les éléments « Instances<br />
de pilotage et de décisions », « Processus » et « Métiers »,<br />
par deux extraits de Michel Crozier et Erhard Friedberg<br />
dans « L’acteur et le système ».<br />
« Le décideur ne cherche pas l’optimum, la meilleure<br />
solution dans l’absolu, qui est de toute façon hors<br />
de sa portée, mais il cherche pourtant toujours<br />
une solution<br />
« rationnelle ». Qu’elle sera-t-elle ?<br />
La première solution qui répond aux critères de rationalité<br />
qui sont les siens. L’homme n’est pas un animal<br />
qui cherche l’optimisation mais la satisfaction. » (cf.<br />
modèle de rationalité limitée introduit par Herbert<br />
Simon).<br />
« Accepter de penser que c’est au niveau des capacités<br />
seulement que l’action sur les hommes ou<br />
pour les hommes a un sens pratique permet<br />
d’éviter ce piège de la morale éternelle :<br />
faire le bien des hommes sans leur demander leur avis.<br />
Agir sur les motivations, quelles que soient les intentions,<br />
entraîne à toutes les complaisances. Aider les<br />
hommes à développer des capacités nouvelles dont on<br />
accepte qu’elles puissent s’exercer contre vous offre un<br />
pari plus difficile mais raisonnable, et d’autant plus<br />
raisonnable qu’il est moins dangereux moralement.<br />
Ce pari est associé naturellement à la vision de rationalité<br />
limitée, de coopération impossible sans conflit<br />
et de relations de pouvoir universelles et inévitables. »<br />
RÉFÉRENCES :<br />
– « Le Macroscope » Joël de Rosnay – 1975 – Editions<br />
du Seuil<br />
– « L’acteur et le système » Michel Crozier et Erhard<br />
Friedberg – 1977 – Editions du Seuil<br />
– « Réconcilier la stratégie et l’opérationnel – l’approche<br />
« processus – compétences » René Demeestere,<br />
Vincent Genestet et Philippe Lorino – 2006<br />
- Editions ANACT<br />
– « Règles, Métier et Processus - trois explorations »<br />
Laurent Chiozzotto, Dominique Fauconnier, Michel<br />
Raquin – Editions L’Harmattan – 2013<br />
– « Mettre à niveau son système de management de<br />
la qualité avec l’ISO 9001 : 2015 » Olec Kovalevsky<br />
- 2016 – Techniques de l’Ingénieur<br />
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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I17
DOSSIER Introduction<br />
De l’ISO<br />
à la qualité<br />
2015 a été marquée par l’arrivée<br />
de nouvelles versions des<br />
normes ISO 9001 et 14001. Ces<br />
L’année<br />
deux référentiels ont impacté les<br />
activités des certificateurs. Ils ont, en effet,<br />
constaté une croissance des demandes de<br />
certification et de formation en 2016 car les<br />
entreprises se sont préparées à cette transition.<br />
Dans l’interview croisé de ce dossier,<br />
BSI, Interlek Certification France, LRQA<br />
Europe du Sud, le groupe Socotec et TUV<br />
Nord Group expliquent les conséquences<br />
de l’apparition de ces nouvelles versions sur<br />
leurs marchés et leurs stratégies.<br />
Dans ce dossier, la dernière étude publiée<br />
par l’ISO permettra de mieux connaître la<br />
situation de la France dans le monde de la<br />
certification. Si la France figure dans le top<br />
10 mondial du nombre de certificats ISO<br />
9001 (versions 2008 et 2015), elle se positionne<br />
derrière l’Italie et l’Espagne. Dans<br />
un contexte économique difficile, l’industrie<br />
française semble morose et cherche sa voie.<br />
Elle cherche les commandes mais pour les<br />
obtenir, il faut inspirer la confiance souvent<br />
prouvée par les certificats. Elle ne connait pas<br />
le même contexte que l’Italie et l’Espagne où<br />
dans certains secteurs d’activités, les certifications<br />
sont obligatoires. Néanmoins, le<br />
marché des certifications concernant l’efficacité<br />
énergétique (ISO 5001) est florissant avec<br />
une hausse de 77 % du nombre des certificats<br />
entre 2014 et 2015. Il concerne l’Europe avec<br />
une forte prédominance en Allemagne. Ce<br />
développement reflète un engagement contre<br />
le réchauffement climatique.<br />
Autre secteur en croissance : la sécurité des<br />
systèmes d’information. Mais ce marché des<br />
certifications ISO 27001 s’accroit mondialement.<br />
La France a pris du retard encore dans<br />
l’obtention de ces certifications qui ne sont<br />
pas obligatoires. Néanmoins, les entreprises<br />
commencent à intégrer l’importance de cette certification suite aux affaires<br />
liées à la cybercriminalité. Quant à la dernière certification agroalimentaire<br />
ISO 22000 entrée dans l’étude de l’ISO, elle a trouvé sa place en France car<br />
la sécurité alimentaire constitue un enjeu important par son industrialisation<br />
et ses différentes sources d’approvisionnement. La France dispose, en<br />
effet, d’une industrie manufacturière agroalimentaire conséquente.<br />
Si les certifications garantissent la qualité des processus, elles ne sont pas une<br />
étape obligatoire pour certain pays. Néanmoins, la qualité a été à l’honneur<br />
en France en janvier à travers la journée de la qualité et de l’excellence<br />
opérationnelle organisée par l’Association France <strong>Qualité</strong> Performance association<br />
(AFQP) et le MEDEF. Lors de cette journée, l’excellence des produits<br />
et des services des clients et les pratiques managériales ont été débattues<br />
ainsi que la performance des processus, du fonctionnement et des organisations.<br />
Dans la seconde partie de ce dossier, ces sujets seront donc traités<br />
à travers les témoignages de Pierre Girault, co-président de France <strong>Qualité</strong><br />
Performance et les lauréats des prix <strong>Qualité</strong> Performance.<br />
© DR<br />
18 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
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DOSSIER<br />
Certification<br />
La dernière étude 1 de l’ISO sur la certification révèle un paysage<br />
contrasté des certifications ISO. Cette étude annuelle recense<br />
le nombre de certificats aux normes de système de management<br />
ISO valablement délivrés dans le monde. Afin d’obtenir<br />
des informations sur le nombre de certificats valides, l’organisation<br />
internationale de normalisation, a contacté les organismes de certification<br />
accrédités. Les résultats de l’enquête représentent<br />
le panorama le plus complet des certifications<br />
de conformité à ces normes. Mais les informations<br />
peuvent cependant varier d’une année à l’autre en fonction<br />
du nombre d’organismes de certification participant à l’étude et<br />
du nombre variable de certificats signalés par ces derniers. En outre,<br />
les résultats sont impactés par les mesures gouvernementales prises en<br />
faveur d’une certification donnée telle que l’ISO 5001 en Allemagne.<br />
De plus, Laurent Charlet, Project Manager, Conformity Assessment,<br />
de l’ISO précise à propos de son organisation : « L’ISO a une approche<br />
neutre quant à la méthode choisie pour l’évaluation de la conformité et<br />
nous ne favorisons en aucun cas une méthode par rapport à une autre.<br />
La certification en est une mais il y en a d’autre comme la déclaration<br />
de conformité du producteur. »<br />
TOP 10 DES PAYS COMPTANT LE PLUS DE CERTIFICATS ISO 9001<br />
ÉMIS ENTRE 2013 ET 2015<br />
PAYS 2013 2014 2015<br />
Italie 135 939 139 416 132 870<br />
Allemagne 56 303 55 344 52 995<br />
Royaume Uni 42 843 39 982 40 161<br />
Espagne 42 644 35 995 32 730<br />
France 29 598 29 112 27 844<br />
Roumanie 18 450 18 984 20 524<br />
Suisse 12 030 11 205 12 218<br />
Pologne 10 527 9 574 10 681<br />
République Tchèque 12 679 13 229 10 648<br />
Pays-Bas 11 415 10 429 10 381<br />
Le nombre des certificats relatifs aux normes « vedettes » ISO 9001 et<br />
14001 reste stable entre 2013 et 2015 : 45000 pour la norme de management<br />
de qualité et 118 000 pour la norme de gestion de l’environnement.<br />
Concernant la première norme, l’Europe demeure en tête du nombre<br />
de certificats émis mais elle est suivie de près par l’Asie, boostée par la<br />
1 Tous les chiffres de l’étude ISO sont disponibles en ligne :<br />
http://www.iso.org/iso/iso-survey<br />
« L’ISO a une<br />
approche neutre. »<br />
Secrétariat central de l’ISO, siège à Genève.<br />
FOCUS<br />
ISO : les chiffres de la certification à la loupe<br />
L’ISO, dévoile les résultats de leur dernière enquête sur le nombre de certificat émis dans le<br />
monde. Cette étude dresse un état des lieux de la certification. Si le nombre des certificats<br />
ISO 9001 et 140001 reste stable, ceux relatifs aux domaines automobiles (TS 16949), médical<br />
(13485) et alimentaire (22000) connaissent une hausse. Explications<br />
Chine. En revanche, elle est devancée lorsqu’il s’agit de certificats ISO<br />
14001. Les entreprises chinoises, réputées fortement pollueuses, se sont,<br />
en effet, lancées dans des démarches de management environnemental.<br />
D’ailleurs, fin 2016, la délégation du Bureau de l’Inspection des techniques<br />
et de la qualité de Shanghai dont la mission consiste à contrôler<br />
et surveiller les techniques et la qualité du marché, a rendu visite<br />
à l’Association France <strong>Qualité</strong> Performance (AFQP)<br />
afin d’échanger sur les bonnes pratiques importées<br />
dans leurs pays. Au niveau européen, la France reste<br />
en 5 ème position des émissions de certificats ISO 9001<br />
(derrière l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne). L’Italie figure en<br />
tête du classement.<br />
STABILITÉ CONTRE CROISSANCE<br />
Si le marché est stable pour certaines normes, les certificats relatifs à l’efficacité<br />
énergétique (ISO 5001) ou à des secteurs particuliers connaissent<br />
une croissance certaine. Ainsi le nombre de certificat liés à la norme<br />
ISO 5001a enregistré une augmentation très importante de 40% par<br />
rapport à 2013, stimulée par l’Allemagne qui représente la moitié des 6<br />
778 certificats émis. Par ailleurs, les certificats émis dans les domaines<br />
de l’automobile (ISO TS 16949), le secteur médical (13485) ou encore<br />
l’alimentaire (ISO 2200) notent une hausse limitée et prévisible. En<br />
revanche, il est plus surprenant de constater que les certificats relatifs à<br />
la sécurité des systèmes d’information (ISO 27001) ne progressent que<br />
de 7%. Or le management de la sécurité de l’information est présenté<br />
depuis plusieurs années comme l’un des principaux facteurs de risques<br />
critiques pour les entreprises et les États. Certes, le volume de certificats<br />
émis est certainement plus faible que le nombre de démarche réellement<br />
mises en place dans les entreprises. Mais les sociétés ont-elles<br />
prises conscience de l’ampleur du danger que représentent les failles de<br />
sécurité dans les systèmes d’information ? En France, par exemple, seuls<br />
227 certificats ISO 27001 ont été émis contre environ 3 000 au royaume<br />
uni ou 8 000 au Japon, qui figure en tête de ce classement.<br />
DE L’INFORMATION AU SOCIÉTALE<br />
Enfin, la norme ISO 22301 relative à la sécurité sociétale a fait une<br />
timide entrée dans l’étude de l’ISO avec 1 700 certificats émis. À l’origine,<br />
elle était destinée à gérer les activités de planification d’urgence<br />
et de reprise après un sinistre, une catastrophe naturelle ou un attentat.<br />
En fait, l’entreprise doit être capable de réagir à tout type de perturbations.<br />
Ainsi, une discipline est née : la Gestion de la Continuité des<br />
Affaires (GCA). La norme ISO 22301 en est le prolongement. En août<br />
prochain, l’édition 2016 nous livrera encore des surprises.<br />
Valérie Brenugat<br />
20 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
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exemple la création de l’ISO 9001<br />
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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I21
DOSSIER CERTIFICATION - LA GRANDE INTERVIEW<br />
INTERVIEW<br />
CERTIFICATION:<br />
la grande interview<br />
À heure où la certification en tant que telle est parfois remise en question dans sa raison<br />
d’être, les représentants de 5 organismes certificateurs de renoms ont accepté de<br />
répondre à nos questions en toute transparence et sans langue de bois.<br />
NOS INTERVENANTS :<br />
Thomas<br />
HENNION<br />
Directeur<br />
BSI GROUP<br />
France<br />
Xavier<br />
DANIEL<br />
Directeur BU<br />
Certification<br />
GROUPE<br />
SOCOTEC<br />
Philippe<br />
BÖHM<br />
Managing director<br />
TÜV<br />
NORD GROUP<br />
Frédéric<br />
GAUDIN<br />
Directeur général<br />
LRQA<br />
Europe du Sud<br />
Édouard<br />
KIENER<br />
Directeur<br />
INTERTEK<br />
CERTIFICATION<br />
France<br />
Georges<br />
ABI RACHED<br />
Directeur Général<br />
AB CERTIFICATION<br />
NOS QUESTIONS :<br />
1. Combien d’entreprises sont certifiées par vos services en France ?<br />
2. Quel a été l’impact des normes ISO 9001 et 14001 version 2015 sur votre activité ?<br />
Cela a-t-il eu sur votre activité en 2016 ?<br />
3. Pourquoi la France reste à la traîne derrière l’Italie ou l’Espagne sur le marché de la certification ?<br />
4. 77 % d’augmentation du nombre de certificats liés à l’efficacité énergétique entre 2014 et 2015.<br />
Effet de mode ou tendance de fond ?<br />
5. Pourquoi ce manque d’intérêt pour la certification ISO 2700 en France ?<br />
6. Pour la première fois, l’ISO 22000 a fait son entrée dans l’étude de l’ISO.<br />
Cela vous paraissait-il indispensable ?<br />
7. Les détracteurs les plus véhéments de la certification assurent que cette dernière est coûteuse,<br />
chronophage et sans retombée directe. Que leur répondez-vous ?<br />
8. Le marché de la certification est arrivé à maturité en France depuis plusieurs années.<br />
Comment continuer d’assurer une croissance dans ces conditions ?<br />
9. Quels ont été les faits marquants pour votre organisme en 2016 ?<br />
10. Comment voyez-vous l’évolution du marché de la certification pour 2017 ?<br />
11. 2016 a été marquée par des scandales de plusieurs entreprises de renom, pourtant toutes certifiées<br />
(Volkswagen, Renault, William Saurin…). Bien que les domaines certifiés ne soient pas forcément<br />
ceux au cœur du scandale, cela a-t-il impacté le crédit apporté aux entreprises par la certification ?<br />
22 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
CERTIFICATION - LA GRANDE INTERVIEW DOSSIER<br />
1.<br />
Une question indiscrète pour commencer : pouvez-vous nous<br />
dire combien d’entreprises sont certifiées par vos services en<br />
France ?<br />
2.<br />
L’année 2015 a vu arriver les nouvelles versions des normes<br />
ISO 9001 et 14001 : quel impact cela a-t-il eu sur votre<br />
activité en 2016 ?<br />
Philippe Böhm :<br />
Bonjour et merci pour cette interview. En matière<br />
d’audit et de certification, il n’y a pas de question<br />
indiscrète à un tel organisme. Les seules indiscrétions<br />
concernent les informations que le Client nous présente dans le<br />
cadre de nos activités. Le TÜV NORD France « représente » une<br />
centaine de certificats en France, ce chiffre pourrait paraître peu<br />
élevé, mais nous sommes fiers de préciser que nous travaillons<br />
non pas sur la quantité, mais sur la qualité. En effet, les clients<br />
attendent de nos Auditeurs, non pas du « prêt à porter » mais du<br />
sur mesure, en effet nous tenons à nous distinguer par la valeur<br />
ajoutée des conclusions d’audit.<br />
Xavier Daniel :<br />
Près de 4 000 de tous secteurs.<br />
Thomas Hennion :<br />
A ce jour, BSI Group France gère environ 1400<br />
licences toutes normes et services confondus. Dans<br />
ce nombre, il faut considérer que nos clients peuvent<br />
avoir plusieurs licences et plusieurs sites. Il faut savoir aussi que<br />
BSI Group France gère également un certain nombre de société<br />
ayant des sites à l’étranger..<br />
Frédéric Gaudin :<br />
Avec plus de 3 000 clients, LRQA est le 3ème acteur<br />
du marché des systèmes de management.<br />
LRQA détient un positionnement très spécifique et<br />
se focalise sur les entreprises qui souhaitent utiliser leur certification<br />
ISO comme un réel outil de performance.<br />
Edouard Kiener :<br />
La diversification des offres de services du groupe<br />
Intertek ne m’autorise pas à vous donner un chiffre<br />
précis car entre les certifications d’entreprises françaises<br />
via notre bureau ou nos filiales à l’étranger le décompte<br />
précis est impossible. En revanche, vous dire que largement plus<br />
de 2000 structures sont certifiées par nos soins en France est une<br />
réalité ainsi que plus de 60 000 à travers le mond.<br />
Georges Abi Rached :<br />
Bien sûr, plus de 2500 entreprises sont certifiées par<br />
nos soins suivant différentes normes internationales,<br />
référentiels nationaux, etc.<br />
Thomas Hennion :<br />
Ces deux référentiels représentent encore à l’heure actuelle<br />
une partie non négligeable de nos services délivrés. A la<br />
fois d’un point de vue certification mais également formation,<br />
nous avons une demande croissante, qui en 2016 n’a toutefois pas<br />
bouleversé notre volume d’activité de manière significative. D’après<br />
les témoignages recueillis par nos équipes commerciales mais également<br />
nos auditeurs, les entreprises ressentent le besoin de se préparer<br />
convenablement à cette transition. La formation a donc été plus active,<br />
mais concernant les audits de transition nous attendons plutôt un pic<br />
d’activité en 2017.<br />
Philippe Böhm :<br />
Ces nouvelles versions étaient attendues depuis longtemps<br />
par les Chefs d’Entreprises, il s’agit de modifications<br />
majeures qui les impliquent davantage et qui<br />
renforcent les notions de résultat et de valeur ajoutée. Il s’agit d’un<br />
réel changement d’état d’esprit. Membre des Comités Techniques<br />
internationaux, les représentants du TÜV NORD se sont impliqués<br />
dans ces révisions, ceci très en amont dans le cycle de révision.<br />
Fort de ces expériences, nous pouvons bien expliquer ces<br />
changements fondamentaux de référentiels à nos Clients. Pour<br />
y parvenir, le TÜV NORD France a lancé à cette occasion une<br />
nouvelle activité en décembre 2015 : la Formation. Nos Auditeurs,<br />
hautement qualifiés, sont les mieux placés pour en parler<br />
et expliquer les « bienfaits » de ces nouveaux référentiels.<br />
Xavier Daniel :<br />
Globalement croissance de la demande et de notre activité<br />
de Certification, mais de façon hétérogène selon<br />
les pays où nous sommes implantés. Pour la France,<br />
la demande de ces nouvelles versions a suscité peu d’engouement<br />
en 2016.<br />
Edouard Kiener :<br />
L’impact a été assez important car à peu près un tiers<br />
de nos clients sont passés en version 2015. Donc entre<br />
la préparation des systèmes à la transition v 2015 et les<br />
demandes de nos partenaires, l’année 2016 a été intense.<br />
Georges Abi Rached :<br />
Une augmentation du nombre de nouvelles demandes<br />
de certifications. Beaucoup de demandes de la part<br />
des entreprises concernant la transition et les modalités<br />
de transition. AB Certification a été parmi les premiers à<br />
être accrédité par le COFRAC suivant les nouvelles versions des<br />
normes 9001 et 14001. Les modalités de transition ont été adressés<br />
aux entreprises longtemps à l’avance afin qu’elle se préparent<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°6<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I23
DOSSIER CERTIFICATION - LA GRANDE INTERVIEW<br />
aux nouvelles exigences. Des formations ont été mises en place<br />
pour expliquer les changements majeurs concernant ces normes.<br />
La maison mère d’AB Certification, FREA formation avait mis<br />
en place des formations de transition agréées par l’IRCA afin de<br />
préparer les auditeurs aux nouvelles exigences. De même, AB<br />
Certification est membre de la commission X542 – <strong>Qualité</strong> et<br />
Management de l’AFNOR- afin de participer à la rédaction de<br />
la norme ISO 9001 en sa dernière version.<br />
Frédéric Gaudin :<br />
L’impact des nouvelles normes est très important.<br />
Dès septembre 2015, nous avons travaillé avec nos<br />
clients afin de sécuriser leurs plans de transition à<br />
l’ISO 9001 : 2015 et 14001 : 2015 et leur éviter les risques induits<br />
par une mauvaise préparation.<br />
Pour les accompagner, nous avons lancé une offre unique et innovante.<br />
Elle propose un accompagnement personnalisé fonction<br />
du degré de maturité du système de management. Cette offre<br />
propose 3 packs - complet, expertises, starter- incluant chacun,<br />
formation, autodiagnostic en ligne, gap analysis, et visite de transition<br />
spécifique.<br />
L’activité induite pour notre département formation est également<br />
importante. Elle pèse désormais 10% des 15 Meuros générés<br />
par LRQA France.<br />
Cette mobilisation générale de l’entreprise autour d’un projet fédérateur,<br />
nous a permis de renforcer les échanges avec nos clients,<br />
améliorer la compréhension de leurs besoins et donc notre relation.<br />
Le taux de satisfaction client est, d’ailleurs, en forte hausse.<br />
Ceci dit, moins de 20% du marché de la certification a effectué<br />
sa transition à la version 2015 de la norme.<br />
Le pic d’activité est donc à venir sur 2017 et 2018.<br />
3.<br />
« En Italie, même les plages sont<br />
certifiées ISO 9001 et ce par des organismes de<br />
complaisance » Frédéric Gaudin<br />
D’après la dernière étude publiée par l’ISO, la France<br />
reste dans le top 10 mondial du nombre de certificats<br />
ISO 9001 émis (versions 2008 et 2015 confondus).<br />
Pourtant, elle reste à la traîne derrière l’Italie ou l’Espagne.<br />
Comment expliquez-vous cela ?<br />
Frédéric Gaudin :<br />
Mesurer la taille d’un marché uniquement sur le<br />
volume est une approche qui ne reflète pas complétement<br />
l’attractivité de ce marché.<br />
Prenons le cas de l’Italie. Nous avons 160 000 certificats, or le<br />
tissu industriel n’est pas plus important qu’en France. Mais en<br />
Italie, même les plages sont certifiées ISO 9001 et ce par des organismes<br />
de complaisance...<br />
En fait le marché réel italien accessible pour un organisme<br />
crédible tel que LRQA s’établit aux alentours de 40 000 certificats<br />
ISO 9001. Certes, cela en fait en volume un marché plus important<br />
que la France (moins de 30 000 certificats ISO 9001) mais<br />
il reste du même ordre. La différence tient plus dans la taille de<br />
l’industrie manufacturière, plus importante en Italie qu’en France.<br />
En Espagne, avec 36 000 certificats, le marché ISO 9001 n’affiche<br />
pas de différences notables, si ce n’est qu’il est composé d’un<br />
nombre de TPE plus important qu’en France.<br />
Avec 29 000 certificats ISO 9001 sur un cœur de marché très<br />
robuste et un marché en valeur plus important qu’en Italie et<br />
en Espagne, la France reste un marché très attractif sur lequel<br />
LRQA joue un rôle majeur.<br />
« En France, les certifications sont toujours inscrites<br />
dans un schéma de démarche volontaire »<br />
Édouard Kiener<br />
Philippe Böhm :<br />
Merci de me donner l’occasion d’apporter un élément<br />
de réponse qui n’engage que moi, mais nous sommes<br />
ensemble pour parler « vrai », c’est la moindre des<br />
choses pour un organisme de certification qui revendique clarté<br />
et transparence. A mon avis, ce phénomène est étroitement lié à<br />
la conjoncture. Il y une morosité ambiante dans l’industrie française<br />
qui semble chercher sa voie dans un contexte économique<br />
difficile. Espagne et Italie, ont retrouvé une certaine croissance<br />
et donc une confiance. Cette spirale vertueuse leur apporte la<br />
confiance nécessaire pour convoquer les Auditeurs pour une<br />
certification. Les entreprises françaises cherchent les commandes,<br />
mais pour avoir des commandes il faut apporter la confiance,<br />
souvent prouvée par le Certificat…C’est le chien qui se mord la<br />
queue, si vous me permettez la comparaison.<br />
Thomas Hennion :<br />
Je ne le vois pas comme un concours. Aujourd’hui,<br />
nos entreprises sont compétitives et performantes<br />
à l’international et c’est bien là l’essentiel. D’autres<br />
facteurs peuvent entrer en ligne de compte dans les comparaisons,<br />
la concentration des entreprises, donc plus de certificats<br />
multi-sites, les obligations liées au travail avec les administrations,<br />
les pressions des donneurs d’ordres…<br />
Il est certain que nous gagnerions à ce que nos entreprises s’engagent<br />
plus dans des projets de certification, à la condition de<br />
convaincre leurs salariés du bienfondé de la démarche et surtout<br />
bien choisir son organisme pour réellement bénéficier de ces<br />
avantages.<br />
24 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
CERTIFICATION - LA GRANDE INTERVIEW DOSSIER<br />
Finalement, cela ne laisse-t–il pas espérer qu’avec des acteurs<br />
de qualité et un renouveau du référentiel certaines entreprises<br />
proche de faire le pas ne se laisse convaincre ? Je le pense et cela<br />
restera la motivation de l’action de BSI.<br />
Xavier Daniel :<br />
Une des explications pourrait être que l’Espagne et<br />
l’Italie ont un tissu industriel plus dynamique que<br />
celui de la France qui a beaucoup délocalisé.<br />
Ensuite, il y a dans ces pays davantage de donneurs d’ordres qui<br />
imposent la certification aux entreprises.<br />
Edouard Kiener :<br />
Pour ce qui est de l’Italie ou de l’Espagne, dans certains<br />
secteurs d’activités les certifications sont des conditions<br />
obligatoires pour pouvoir exercer. En France, les<br />
certifications sont toujours inscrites dans un schéma de démarche<br />
volontaire, cela explique en grande partie ce phénomène de croissance<br />
faible mais constante. Nous travaillons de concert au sein<br />
d’une association d’organisme de certification pour faire que les<br />
choses évoluent dans le futur, mais la route est encore longue.<br />
Georges Abi Rached :<br />
La France n’est pas seulement derrière l’Italie et l’Espagne,<br />
mais aussi, derrière le Royaume Uni et l’Allemagne.<br />
L’image de la certification est toujours<br />
entachée par la bureaucratie et la paperasserie. Il est important<br />
que les entreprises prennent conscience que les normes ISO sont<br />
établies pour les chefs d’entreprises et pour l’amélioration de l’organisation<br />
et du fonctionnement et non une démarche administrative<br />
lourde.<br />
4.<br />
L’efficacité énergétique connaît une croissance impressionnante<br />
de 77% du nombre de certificats entre 2014 et 2015.<br />
Est-ce un effet de mode ou une vraie tendance de fond ?<br />
Georges Abi Rached :<br />
C’était la conséquence directe des Certificats d’Economie<br />
d’Energie.<br />
« À ce stade, c’est une conséquence de la condition<br />
d’octroi de subventions d’Etat en contrepartie de<br />
la certification ISO 50001 pour les entreprises<br />
énergivores »<br />
Xavier Daniel<br />
Édouard Kiener :<br />
Nous savons que l’application de cette norme par les<br />
entreprises grandes consommatrices a été, dès ses<br />
débuts, largement favorisée par le système des Certificats<br />
d’Economie d’Energie. Ce système financièrement avantageux<br />
a déjà été modifié et rien aujourd’hui ne nous garantit<br />
qu’il perdure sur le long terme. Si les entreprises saisissent réellement<br />
la philosophie de cette norme et l’intègrent dans leurs<br />
pratiques, les vraies économies sur le long terme apparaitront.<br />
Toutefois ces sujets restent actuellement très sensibles aux interventions<br />
favorables de l’Etat et des collectivités, pour confirmer<br />
cette tendance il faudra bien entendu réaliser un vrai travail de<br />
fond pour ne pas avoir le CEE comme élément déclencheur.<br />
Frédéric Gaudin :<br />
Ce taux croissance est principalement concentré en<br />
Europe avec une forte prédominance en Allemagne<br />
pour le nombre de certificats mais, et c’est un point<br />
notable, un nombre de sites certifiés plus importants en France.<br />
En utilisant mieux les ressources énergétiques du site et en<br />
structurant la gestion avec un plan de marche, des outils spécifiques,<br />
un système de management et un référent, la norme<br />
ISO 50001 ne peut qu’être favorable à l’amélioration de l’efficacité<br />
énergétique d’une entreprise. Elle a ainsi un impact sur<br />
sa facture énergétique, son empreinte environnementale et<br />
sa compétitivité. Elle participe aux processus d’amélioration<br />
continue des entreprises et les aide à s’inscrire dans les mutations<br />
actuelles de l’économie. Parce que ces bénéfices sont facilement<br />
démontrables auprès des Directions Générales et que les<br />
gouvernements tendent à soutenir cette norme par des mesures<br />
fiscales favorables, la croissance de l’ISO 50001 devrait restée<br />
soutenue en France et dans le monde.<br />
Édouard Kiener :<br />
La prise en compte de nos consommations énergétiques<br />
dans un modèle certifié n’est pas vraiment<br />
un effet de mode, du moins je l’espère car cela fait<br />
partie des engagements que de nombreux pays ont pris en<br />
matière de limitation de leur empreinte sur le changement<br />
climatique. Ces certifications s’inscrivent donc totalement<br />
dans ce cadre. A cela s’ajoute un aspect législatif européen et<br />
français. Nous avons donc, à mon sens, une vraie tendance<br />
de fond pour les années à venir.<br />
Xavier Daniel :<br />
À ce stade, c’est une conséquence de la condition d’octroi<br />
de subventions d’Etat en contrepartie de la certification<br />
ISO 50001 pour les entreprises énergivores.<br />
Reste à voir si cela va s’inscrire dans la durée.<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°639 • Décembre 2016 - Janvier 2017 I25
DOSSIER<br />
CERTIFICATION - LA GRANDE INTERVIEW<br />
Philippe Böhm :<br />
Pas du tout une mode, mais une vraie tendance<br />
de fond ! L’efficacité énergétique est le prolongement<br />
naturel du management environnemental. En<br />
Allemagne, cette croissance est réelle, les Chefs d’Entreprises<br />
en ont vite compris les retombées bénéfiques, qu’elles soient<br />
directes ou fiscales . En France, la demande reste marginale,<br />
nous sommes principalement sollicités par les entreprises allemandes<br />
qui ont des filiales en France.<br />
5.<br />
La sécurité des systèmes d’informations via l’ISO 27001 est<br />
également en forte croissance au niveau mondial. Pourtant,<br />
la France ne compte que 227 certificats émis en 2015,<br />
ce qui est très peu. D’où vient ce manque d’intérêt pour ce référentiel<br />
des professionnels du secteur ?<br />
Xavier Daniel :<br />
J’y vois plusieurs explications possibles :<br />
- Temps de latence dû à l’appropriation du référentiel<br />
par les entreprises<br />
- Pas d’obligation<br />
- Les data center, plateforme e-commerce … sont délocalisés<br />
- La certification ISO 27001 peut être trop généraliste car des<br />
référentiels comme ITIL sont plus plébiscités.<br />
Pour notre part, nous avons certifié la sécurité informatique<br />
des services cloud du site de vente en ligne Alibaba Singapour.<br />
« Nombreuses sont les entreprises s’inspirent<br />
de ces principes sans pour autant aller<br />
aujourd’hui jusqu’à la certification »<br />
Thomas Hennion<br />
Thomas Hennion :<br />
C’est effectivement un constat sans équivoque que<br />
nous faisons depuis 2009 lors de nos conférences sur<br />
le sujet. C’est d’autant plus regrettable pour nous, car<br />
BSI a créé les normes fondamentales dans ce secteur, les BS7799,<br />
ISO/IEC 17799. Mais d’après moi, ce n’est pas si alarmant au<br />
regard de la recrudescence des demandes actuellement, on dirait<br />
que la France a très récemment décidé de refaire son retard.<br />
Nous savons que nombreuses sont les entreprises s’inspirent de<br />
ces principes sans pour autant aller aujourd’hui jusqu’à la certification,<br />
par absence d’obligation marché la plupart du temps.<br />
Il n’y a donc pas un manque d’intérêt mais d’après moi plutôt<br />
des politiques de sélection de prestataires qui commencent tout<br />
juste à intégrer dans leurs critères de choix la nécessité d’obtenir<br />
cette certification, nos voisins européens ont sans nul doute<br />
pris ce sujet plus tôt.<br />
Frédéric Gaudin :<br />
En effet. Toutefois 700 sites sont certifiés et le marché<br />
français reste en forte croissance (+ 44%).<br />
Dans certains pays les entreprises ont bénéficié d’incitations<br />
gouvernementales à la mise en place de la 27001 mais<br />
comme cela n’a pas été le cas en France, le marché a probablement<br />
évolué plus lentement qu’en Italie, Espagne ou encore en<br />
Roumanie. Même si l’ISO 27001 reste un standard difficilement<br />
accessible pour une entreprise aux processus fragiles et peu<br />
matures, il n’y a aucun doute que les affaires liées à la cybercriminalité<br />
feront rapidement prendre conscience au marché qu’il<br />
doit améliorer son niveau de sécurisation de l’information. En<br />
l’occurrence, avoir une approche systémique, et non plus simplement<br />
technique de la sécurité.<br />
Philippe Böhm :<br />
Malheureusement, vous avez encore raison. Les<br />
réponses formulées aux 2 questions précédentes sont<br />
également valables pour celle-ci.<br />
Georges Abi Rached :<br />
Beaucoup d’entreprises montrent leur intérêt. Il y a<br />
une réticence en France pour toute nouvelle norme.<br />
Après la démonstration de son intérêt au niveau<br />
international, la France rattrape en général son retard.<br />
Édouard Kiener :<br />
L’ISO 27001 en France connait effectivement une<br />
croissance compliquée. Pourtant le sujet est sensible<br />
et les technologies nous invitent à penser à un réel<br />
essor dans les années à venir. Dans le monde, le groupe Intertek<br />
certifie un certain nombre de grands groupes, mais il est vrai<br />
que dans notre pays les demandes sont encore très ponctuelles.<br />
L’ISO 27001 a connu il y a quelques années quelques certifications<br />
concurrentes, ce qui a peut-être freiné le démarrage<br />
de ce schéma.<br />
6.<br />
Pour la première fois, l’ISO 22000 a fait son entrée dans<br />
l’étude de l’ISO. Cela vous paraissait-il indispensable ?<br />
Xavier Daniel :<br />
Oui, l’ISO 22000 a toute sa place dans cette étude.<br />
Georges Abi Rached :<br />
Oui. Toutefois, il n’y a pas d’engouement spécifique<br />
pour cette norme.<br />
26 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
CERTIFICATION - LA GRANDE INTERVIEW DOSSIER<br />
Thomas Hennion :<br />
Certainement utile ! L’industrie alimentaire ne<br />
répond-t-elle pas à l’un des besoins primaires de<br />
chacun d’entre nous ? La sécurité alimentaire est<br />
devenue un réel enjeu par son industrialisation forcée et la<br />
diversité des sources d’approvisionnement. BSI a compris cet<br />
enjeu et redéveloppe depuis 2 ans une vraie stratégie à l’intention<br />
de ce secteur. Vous me posiez la question sur L’ISO<br />
27001. Pour moi, la sécurité de nos données n’est pas plus<br />
importante que la sécurité de ce que nous mangeons, je trouve<br />
donc intéressant de redonner de la visibilité à ce secteur clé et<br />
de promouvoir les sociétés qui s’y engagent… surtout que la<br />
France a des intérêts à faire valoir dans ce domaine.<br />
Philippe Böhm :<br />
Oui, il était indispensable que cette norme de «<br />
Management de la sécurité des denrées alimentaires »<br />
qui date de 2005 suivent la même structure de niveau<br />
supérieur (dite HLS) comme ses homologues <strong>Qualité</strong>, Environnement,<br />
Santé et Sécurité au Travail et autres de Systèmes de<br />
Management afin que les utilisateurs puissent uniformiser leur<br />
pratiques, éliminer les redondances et regrouper les différentes<br />
évaluations ou certifications en 1 seul audit.<br />
Édouard Kiener :<br />
Toutes les études sur les certifications ISO me<br />
semblent indispensables, surtout en France où l’état<br />
des certifications reste un sujet tabou. Il n’existe pas<br />
officiellement de baromètre en France ou d’annuaires sur les<br />
entreprises certifiées. L’ISO 22000 qui fait son entrée dans l’étude<br />
me semble donc une excellente chose.<br />
Frédéric Gaudin :<br />
Nous avions déjà des statistiques fournies bien avant<br />
2010. L’industrie manufacturière agroalimentaire<br />
française, avec plus de 10 000 acteurs et un C.A. de<br />
160 milliards d’euros, reste prédominante en Europe. L’ISO 22000<br />
est un référentiel clé permettant de générer l’amélioration continue<br />
dans ce secteur. Suivre son évolution est indispensable.<br />
7.<br />
Les détracteurs les plus véhéments de la certification assurent<br />
que cette dernière est coûteuse, chronophage et sans retombée<br />
directe. Que leur répondez-vous ?<br />
Thomas Hennion :<br />
Je dois avoir de la chance, les clients de BSI ne tiennent<br />
jamais ce discours, je n’ai donc pas souvent rencontré<br />
ces personnes. Nous faisons justement intervenir régulièrement<br />
nos clients dans nos études de cas et nos conférences, et<br />
leur témoignage n’aborde jamais le point sous cet angle, et je vous<br />
assure que nous leur laissons libre parole. Car oui bien entendu,<br />
il y a un coût, celui comme tout projet nécessitant la mobilisation<br />
de personnes, de travailler avec les équipes sur leurs processus, de<br />
s’équiper de moyens de mesure ou de protection. Mais déjà lors de<br />
cette démarche de réflexion les pratiques changent et s’améliorent.<br />
Quand vous passez 20 ans à l’école c’est coûteux, chronophage et<br />
vos leçons de mathématiques n’ont pas de retombées directes, mais<br />
ce long parcours à certainement façonné votre manière d’être, vos<br />
rapports avec les autres et votre capacité à changer, vous améliorer et<br />
comprendre le monde qui vous entoure. Pour moi la certification n’est<br />
qu’un but, et ce sont bien les moyens mis en œuvre pour y arriver, la<br />
conserver, qui en sont la vraie retombée. Nous pourrions également<br />
demander à ces personnes s’ils accepteraient de se faire implanter<br />
un dispositif médical sans traçabilité, contrôle, tests cliniques préalables,<br />
critères tous inclus dans les obligations de la certification.<br />
« Un des buts et effets de l’ISO 9001 version 2015, de<br />
même pour l’ISO 14001 version 2015, est de tordre le<br />
cou à cette vieille idée reçue »<br />
Philippe Böhm<br />
Xavier Daniel :<br />
Cela dépend de l’intérêt que vous donnez à la certification<br />
ou plus généralement à l’évaluation par un<br />
tiers. Pour l’entreprise qui s’en sert comme un outil<br />
de progrès, le coût est vite rentabilisé. Le 1er cycle de trois ans<br />
est peut-être chronophage et coûteux mais dès le 2ème cycle, la<br />
majorité des entreprises intègrent davantage le système de management<br />
de la qualité au cœur de l’entreprise avec, en complément,<br />
des indicateurs de qualité, de satisfaction client, des indicateurs<br />
financiers, marketing, RH, qui contribuent à la prise de décisions<br />
stratégiques. Le rôle de l’organisme de certification est aussi de<br />
pousser l’entreprise à manager par la qualité. D’autant plus, que la<br />
nouvelle version de l’ISO 9001 se prête tout à fait à cette intégration.<br />
Philippe Böhm :<br />
Un des buts et effets de l’ISO 9001 version 2015, de même<br />
pour l’ISO 14001 version 2015, est de tordre le cou à<br />
cette vieille idée reçue. Vous me donnez ici l’occasion<br />
de rappeler que le but de toute norme est de « permettre » et non<br />
de « soumettre ». Le système de Management doit apporter, outre la<br />
confiance des clients et des parties intéressées, une confiance interne<br />
et un confort de travail des collaborateurs qui, par un système de<br />
management opérationnel et efficace, peuvent se consacrer à leurs<br />
missions de production, de service et d’amélioration, dans le respect<br />
des exigences contractuelles, environnementales dans un environnement<br />
de travail sûr et pérenne. Je clôturerais ma réponse en citant<br />
Jean de La Fontaine « Travaillez, prenez de la peine : … Un trésor est<br />
caché dedans. » cela vaut pour tout système de management efficace.<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I27
DOSSIER CERTIFICATION - LA GRANDE INTERVIEW<br />
Édouard Kiener :<br />
Je leur réponds simplement qu’en matière de certification,<br />
ce n’est pas le retour sur investissement direct<br />
qui prime mais plutôt les économies à terme réalisées<br />
en matière de non qualité. La non qualité à un coût, donc<br />
un prix et l’amélioration continue d’un système, quel que soit la<br />
spécialisation peut mathématiquement le prouver. Il suffit juste<br />
de placer un indicateur.<br />
Frédéric Gaudin :<br />
C’est un vieux débat mené par des acteurs qui font<br />
de la certification à la petite semaine.<br />
La vraie question n’est pas là. Aucune entreprise au<br />
monde n’est gérée de manière durable sans processus ou sans<br />
système de management. Si, pour être certifiée, la mise à jour de<br />
ce système nécessite un tel effort qu’il est perçu comme coûteux,<br />
alors le chef d’entreprise peut se poser quelques questions sur<br />
la robustesse de ses processus ou sur l’approche préconisée afin<br />
d’obtenir une certification.<br />
La certification n’est en soi ni coûteuse, ni chronophage, surtout<br />
grâce aux simplifications administratives introduites par la<br />
version 2015. C’est la gestion de l’entreprise elle-même qui l’est,<br />
et certifiée ou non, les coûts de gestion seront là. Par contre faire<br />
certifier ses systèmes de management par un organisme de certification<br />
accrédité comme LRQA c’est se donner les moyens d’optimiser<br />
ses coûts et d’obtenir une vraie crédibilité internationale.<br />
Georges Abi Rached :<br />
Ce n’est pas la certification qui est coûteuse, c’est<br />
la mauvaise mise en œuvre de la démarche qui est<br />
coûteuse. Ce qui est important, c’est de prendre la<br />
norme comme outil pour le changement ou pour l’amélioration<br />
continue. La certification est un projet d’entreprise pour entrainer<br />
tout le personnel vers la même finalité.<br />
8.<br />
Le marché de la certification est arrivé à maturité en France<br />
depuis plusieurs années. Comment continuer d’assurer une<br />
croissance dans ces conditions ?<br />
Frédéric Gaudin :<br />
Seuls les marchés de l’ISO 9001 et 14001 sont<br />
stagnants en 2014 et en baisse en 2015.<br />
Toutefois, « le marché de la certification » ne peut<br />
pas être réduit au seul volume de certificats générés par ces 2<br />
référentiels ISO. La certification englobe une myriade d’autres<br />
référentiels sectoriels tels que l’EN 9100, le TS 16989, l’lRIS ou<br />
encore l’IFS qui affichent tous de forte croissance. Même s’ils<br />
ne représentent pas forcément un volume de certificats comparable<br />
à l’ISO ils ont, en valeur, une part très représentative. De<br />
par leur exigence et leur forte croissance, ils sont la démonstration<br />
que le marché de la certification continue de croître et que<br />
le besoin d’expertise sectoriel est grandissant.<br />
« Pour chaque organisme qui continuera de croire<br />
que chaque client est différent dès le premier contact<br />
et que derrière un processus il y a des personnes, le<br />
travail ne manquera jamais. »<br />
Thomas Hennion<br />
Georges Abi Rached :<br />
Il y a beaucoup de demandes en matière de certification.<br />
Des demandes de certification initiale. Les<br />
entreprises certifiées arrive à maturité, mais, pas le<br />
marché de la certification.<br />
Philippe Böhm :<br />
En donnant confiance aux chefs d’entreprises,<br />
avec des normes ou référentiels de certification<br />
qui apportent de la Confiance aux « Clients » mais<br />
aussi aux fournisseurs de produits et de services. La révision<br />
des normes ISO 9001 et 214001 en 2015, répond donc à cette<br />
problématique.<br />
Thomas Hennion :<br />
BSI Group France connait depuis 2009 une croissance<br />
à deux chiffres de son chiffre d’affaires, BSI<br />
au niveau mondial également par ailleurs. Je ne<br />
dévoilerai pas ici nos facteurs clés de succès, mais pour<br />
chaque organisme qui continuera de croire que chaque client<br />
est différent dès le premier contact et que derrière un processus,<br />
il y a des personnes, le travail ne manquera jamais. La<br />
croissance est dans la création de valeurs, dans la personnalisation<br />
du service ainsi que dans le développement et l’application<br />
des référentiels spécialisés proches des activités de<br />
pointes française. En tous cas, la croissance de BSI Group<br />
France se porte très bien et j’en suis convaincu pour longtemps<br />
encore.<br />
Xavier Daniel :<br />
Je ne suis pas totalement d’accord avec cette<br />
affirmation, les entreprises, les professionnels<br />
sont en perpétuelle réflexion sur l’amélioration<br />
de leur organisation et l’optimisation des processus, par<br />
ailleurs de nouveaux métiers apparaissent de nouveaux<br />
marchés…<br />
Les consommateurs sont aussi à la recherche de signes ou<br />
de « preuves » de la qualité afin d’être rassurés ; la croissance<br />
passe donc par l’innovation, l’anticipation et le développement<br />
de nouveaux référentiels.<br />
28 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
CERTIFICATION - LA GRANDE INTERVIEW DOSSIER<br />
Édouard Kiener :<br />
Le marché de la certification n’est pas, selon moi<br />
arrivé à maturité. Nous sommes depuis très longtemps<br />
sur un marché de niche et nous le sommes<br />
encore. Pour continuer à croître, trois facteurs doivent rentrer<br />
en jeu. Le rôle des entreprises qui doivent s’inscrire dans un<br />
système qualité simple et efficace pour ne pas le subir, mais le<br />
vivre pleinement et en tirer tous les bienfaits en terme de productivité,<br />
de management et d’économie. Ensuite, les consultants<br />
mettant en place les systèmes doivent continuer à promouvoir<br />
les mises en place de systèmes de certifications pour inviter leur<br />
partenaire à évoluer dans un tissu économique en mouvement<br />
perpétuel. Enfin, les organismes de certification doivent continuer<br />
à proposer des schémas à forte valeur ajouté et ce, dans<br />
une démarche positive. Notre volonté quand nous intervenons<br />
est de certifier une entreprise et non pas de ne pas la certifier.<br />
C’est une philosophie.<br />
9.<br />
Quels ont été les faits marquants pour votre organisme<br />
en 2016 ?<br />
Georges Abi Rached :<br />
AB Certification s’est agrandi et nous avons déménagé.<br />
De nouvelles embauches ont été lancées et réalisées.<br />
Philippe Böhm :<br />
Le de l’activité Formation, concrétisée par l’obtention<br />
de notre numéro d’enregistrement délivré par<br />
la DIRECCTE le 17.12.2016 et le lancement de cette<br />
activité, avec la décision de proposer une formation diplômante<br />
et certifiante de responsable d’audit ISO 9001 pour avril 2017.<br />
Nous possédons, non seulement un savoir-être, mais aussi un<br />
savoir-faire et nous souhaitons en faire profiter nos clients.<br />
Thomas Hennion :<br />
Nous avons début 2016 déménagé nos activités de<br />
back office dans le 17e Arrondissement de Paris, c’est<br />
notre troisième déménagement parisien depuis 2010.<br />
Des locaux plus grands, professionnels, qui nous permettent<br />
d’accueillir toujours plus de clients dans des conditions optimales,<br />
notamment sur la formation. BSI Group France a également<br />
confirmé en 2016 son statut d’alternative sérieuse dans le<br />
domaine des dispositifs médicaux, mais pas uniquement, et cela<br />
constitue à mes yeux une réelle satisfaction et un tournant dans<br />
notre activité en France. Le dernier point peut être est que BSI<br />
Group France a été fortement moteur dans des projets internes<br />
de centralisation et d’amélioration de certains services, avec pour<br />
retombée immédiate un meilleur service client et des optimisations<br />
dans notre fonctionnement.<br />
Xavier Daniel :<br />
- Adoption de la marque unique de certification :<br />
Socotec Certification International,<br />
Marque unique de certification par l’ensemble des<br />
filiales certification du groupe Socotec au 1er novembre 2016.<br />
- Nouveau directeur (François Riquet), et responsable d’activité<br />
(Nicolas Rohrer) pour Socotec Certification France<br />
- Croissance de l’activité de certification - Mondial : + 6%, France<br />
: + 15 %<br />
Édouard Kiener :<br />
Les faits marquants de notre entreprise en 2016 sont<br />
multiples. Nous avons une direction groupe qui a<br />
promu une nouvelle stratégie d’entreprise et nous<br />
sommes en train de la mettre en application. Cette stratégie est<br />
ambitieuse, motivante et nous permettra à terme de repositionner<br />
totalement l’image de notre entreprise comme un incontournable<br />
du secteur, en France et dans le monde.<br />
Nous avons aussi de nouveaux schémas qui ont été développés<br />
et de nouveaux partenariats qui ont démarré.<br />
2016 est donc pour nous une année importante car elle a vu sur<br />
le plan technique, commercial et économique de nombreuses<br />
choses se réaliser. Mais ce n’est qu’un début, 2017 s’annonce tout<br />
autant excitant.<br />
Frédéric Gaudin :<br />
Afin de mieux servir nos clients et notamment nos<br />
clients internationaux, notre groupe Lloyd’s Register<br />
s’est restructuré en 6 zones. LRQA France est devenu<br />
à ce titre le chef de file d’une vaste zone de 14 pays incluant l’Espagne<br />
et l’Italie. Cela nous permet de gérer nos grands comptes<br />
sur une base européenne voir mondiale.<br />
Nous avons d’autre part investi lourdement dans l’implémentation<br />
d’un nouveau système de gestion client. Celui-ci va nous<br />
donner un avantage compétitif indéniable en termes de relation<br />
clients et d’efficience opérationnelle.<br />
10.<br />
Coment voyez-vous l’évolution du marché de la certification<br />
pour 2017 ?<br />
Thomas Hennion :<br />
Je ne peux être qu’optimiste sur ce point, mais encore<br />
une fois seuls les organismes sérieux et cohérents<br />
pourront porter ce développement. Si nous remettons<br />
au centre des débats le vrai but des certifications, d’après<br />
BSI celui d’apporter sécurité, fiabilité, adaptabilité mais aussi<br />
constance dans les entreprises, nous pouvons leur donner l’envie<br />
de s’engager. BSI promeut, d’ailleurs, le concept fort de « Résilience<br />
des organisations ». Chaque entreprise peut voir dans les<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I29
DOSSIER CERTIFICATION - LA GRANDE INTERVIEW<br />
démarches de certification un formidable outil capable de les<br />
rendre capables d’anticiper, de se préparer, de répondre et de<br />
s’adapter à des situations de changement accrues et des interruptions<br />
soudaines afin de survivre et prospérer.<br />
Xavier Daniel :<br />
En termes de marché de la certification, il faut distinguer<br />
deux catégories de pays : ceux ayant une tradition organisée<br />
de la certification comme la France et les pays émergents,<br />
comme la Chine, l’Inde et, dans une moindre mesure, le Brésil.<br />
Pour les premiers, la progression en 2017 devrait rester constante.<br />
Pour les seconds, la culture de la certification des systèmes de<br />
management étant maintenant acquise, on peut s’attendre à un<br />
nombre de certificats délivrés de plus en plus important.<br />
Édouard Kiener :<br />
J’ai repris la direction générale de l’organisme il y a<br />
maintenant quelques mois et je souhaite emmener<br />
notre entreprise vers un positionnement ambitieux<br />
sur tous nos secteurs d’activité. Que ce soit en certification<br />
tierce partie, en seconde partie ou en formation, nous<br />
avons de grandes ambitions pour l’année prochaine et mettons<br />
en route une nouvelle stratégie que nous espérons attractive pour<br />
nos partenaires de longues dates et ceux à venir.<br />
Philippe Böhm :<br />
Non seulement, l’activité Formation, complètera notre<br />
portefeuille de prestations, mais elle compensera les «<br />
pertes au feu » des Clients qui ne voudraient pas continuer<br />
dans les versions 2015 de l’ISO 9001 ou 14001<br />
version 2015. Il y aura des pertes, c’est certain, mais nous ne laissons<br />
personne sur la route. Pour nous, il n’y a pas de « réfractaires<br />
» mais des « esprits critiques » demandeurs d’explications. Ceux-là,<br />
après passage en formation avec nos Professionnels, seront les<br />
Praticiens les plus fervents et acteurs majeurs de la Certification.<br />
Frédéric Gaudin :<br />
2017 va être une année charnière. Les nouvelles versions des<br />
normes 9001, 14001, EN/AS 9100, TS 16989 et IRIS<br />
vont créer une pénurie d’auditeurs qualifiés disponibles.<br />
Les entreprises qui n’auront pas anticipé leur<br />
transition seront pénalisées et pourraient faire face à<br />
un risque potentiel de suspension de leur certificat si leur transition<br />
n’est pas réalisée dans les temps.<br />
Mais le travail mené par les équipes de LRQA avec nos clients<br />
nous permet de sécuriser leurs transitions.<br />
11.<br />
2016 a été marquée par des scandales de plusieurs<br />
entreprises de renom, pourtant toutes certifiées<br />
(Volkswagen, Renault, William Saurin…). Bien<br />
que les domaines certifiés ne soient pas forcément ceux<br />
au cœur du scandale, cela a-t-il impacté le crédit apporté aux<br />
entreprises par la certification ?<br />
Philippe Böhm :<br />
Ces « faits divers » dont se délectent la presse et son<br />
lectorat, ne sont pas pour moi représentatifs de l’économie<br />
réelle. L’importance accordée à ces scandales<br />
a été amplifiée par le renom des firmes « mises en cause » pour<br />
lesquelles il n’y a pas à ma connaissance eu de jugement (??).<br />
Ce que je puis vous assurer, c’est que l’audit a ses limites dont le<br />
principal est la « collaboration du client ». L’audit n’est pas et ne<br />
sera jamais une perquisition de police. Par contre les Auditeurs<br />
doivent rester, en permanence, rester clairvoyant et juger par les<br />
preuves apportées. C’est le rôle de nos audits de contrôle triennaux<br />
et échanges d’expériences annuels obligatoires de permettre<br />
à notre Organisme de Certification, TÜV NORD Cert » d’étalonner<br />
les auditeurs de l’Organisme d’Audit du TÜV NORD France.<br />
Thomas Hennion :<br />
Malheureusement, chaque année porte son nombre<br />
de scandales, nous avions pu observer celui de P.I.P,<br />
pour les implants mammaires au silicone industriel<br />
et non médical. Certains de nos confrères y ont été confrontés,<br />
mais qu’auraient-ils pu détecter quand une partie du personnel<br />
dirigeant semble avoir tout mis en œuvre pour tromper la vigilance<br />
des organismes de régulations ?<br />
Il s’agit donc également de confiance, car le bénéficiaire d’un<br />
travail honnête est l’entreprise en premier lieu et les impacts négatifs<br />
sur sa réputation en cas de faute pourraient devenir incontrôlables.<br />
Je pense que dans les analyses de risques officielles des<br />
sociétés que vous mentionnez, ces déviations et leurs impacts<br />
sur la réputation et les frais de justice ne figuraient certainement<br />
pas. Je reste convaincu que sans certification, nous assisterions<br />
à bien plus de dérives et que par conséquence, jeter le discrédit<br />
sur toutes les entreprises certifiées seraient une grave erreur.<br />
Dernier point, nous nous adaptons aussi à ces pratiques, heureusement<br />
marginales, en concertation avec les régulateurs, pour<br />
par exemple la mise en place d’audits inopinés sur les clients<br />
aux produits sensibles dans le domaine médical et cela le public<br />
devrait le savoir.<br />
Georges Abi Rached :<br />
Une croissance continue.<br />
30 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
CERTIFICATION - LA GRANDE INTERVIEW DOSSIER<br />
Édouard Kiener :<br />
Votre question ne me fâche pas, bien au contraire, et<br />
pour vous répondre le plus directement possible, je<br />
vous dirai simplement non. L’image de la certification<br />
n’a pas été vraiment impactée, peut-être même au contraire<br />
pour contrebalancer votre question qui fâche.<br />
En effet, les systèmes de management sont des outils qui ont été<br />
éprouvés et qui fonctionnent depuis de nombreuses années. Les<br />
résultats obtenus chez certains partenaires sont même stupéfiants,<br />
en matière d’optimisation de processus, d’économies, de<br />
positionnement sur certains marchés.<br />
Après, les systèmes restent des outils, nous ne sommes pas maîtres<br />
des gens qui les utilisent à plus ou moins bon escient. C’est pourquoi<br />
on ne peut pas être sûr à 100 % de l’efficacité d’une certification.<br />
Car si la certification une fois qu’elle est reconnue fonctionne<br />
sur le principe, la mise en application de ces dernières restent<br />
réalisées par des hommes et des femmes et là, nous n’avons pas de<br />
pouvoir de contrôle. Chez Intertek, nous restons réellement dans<br />
une démarche d’éthique et d’impartialité mais nous ne pouvons<br />
pas nous substituer à nos partenaires qui restent les pilotes de<br />
leur certification.<br />
Frédéric Gaudin :<br />
Non je ne pense pas. Les entreprises ne font<br />
pas l’amalgame entre la falsification de données<br />
comptables (comptes certifiés par les commissaires aux<br />
comptes (William Saurin)) ou la désactivation d’un dispositif de<br />
dépollution (Volkswagen) et la certification de système de management<br />
type ISO 9001.<br />
Lorsque l’on parle de certification produit et plus particulièrement<br />
de respect de Directives Européennes, on s’aperçoit au<br />
contraire que la crédibilité apportée par la certification est grandement<br />
renforcée.<br />
Suite à l’affaire PIP, les failles du marquage CE de dispositifs<br />
médicaux ont été mises à jour et corrigées.<br />
En renforçant les exigences sur les industriels et sur les organismes<br />
notifiés, la Commission Européenne s’est assurée d’un<br />
renforcement des contrôles, et par là même, de redonner le crédit<br />
nécessaire à ces certifications.<br />
Xavier Daniel :<br />
Non, je pense qu’il n’y a pas eu d’impact. C’est l’image<br />
de marque des entreprises qui a été impactée.<br />
Georges Abi Rached :<br />
Non. Pas en ce qui nous concerne.<br />
Propos receuillis par Jérémie Roboh<br />
Formations<br />
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d’obtenir un titre RNCP de niveau II ou III pour une vraie valorisation des compétences.<br />
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Arrêté du 27/11/2012 publié au JO du 09/12/2012<br />
Titre enregistré au RNCP au niveau III<br />
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CERTIFICATION DOSSIER<br />
INTERNATIONAL<br />
La certification : un<br />
pilier de la stratégie<br />
de Socotec<br />
Socotec a certifié la sécurité informatique des services<br />
cloud du site de vente en ligne Alibaba Singapour.<br />
Directeur Business Unit<br />
Certification, Xavier Daniel<br />
présente le positionnement du<br />
groupe Socotec. Ce groupe a fait<br />
de la certification un des axes<br />
des stratégies de croissance en<br />
France et à l’international. Il<br />
vient de lancer au niveau mondial<br />
une marque unique Socotec<br />
Certification International.<br />
Explications.<br />
Xavier Daniel<br />
directeur Business Unit Certification.<br />
© DR<br />
<strong>Qualité</strong> références : Comment les activités de<br />
certification du groupe Socotec se développentt-elles<br />
en France ?<br />
Xavier Daniel : En France, les certifications sont<br />
destinées à différents publics : les personnes, les<br />
entreprises et les systèmes de management. Par<br />
rapport à 2015, notre activité a crû de 15 %.<br />
Ainsi, 800 clients supplémentaires nous ont fait<br />
confiance. Désormais, en France, nous comptons<br />
4 000 clients. En matière de certification de<br />
« Par rapport à 2015, notre activité a<br />
crû de 15 %.»<br />
personnes et d’entreprises, nos axes de développement<br />
concernent : la certification des diagnostiqueurs<br />
techniques immobiliers sur les domaines<br />
amiante, plomb, électricité, diagnostic de performance<br />
énergétique (DPE), thermique..., ainsi que<br />
la certification et qualification des entreprises<br />
manipulant les fluides frigorigènes, secteur<br />
soumis à de forts enjeux de limitation de rejets<br />
de gaz dans l’atmosphère.<br />
Concernant les systèmes de management (ISO<br />
14000, 1 000 et 50000) sur lesquels nous souhai-<br />
tons nous développer fortement, de nouvelles offres (par exemple, ISO<br />
55000) et deux nouveaux référentiels seront proposés pour le marché de<br />
l’immobilier et de la construction. Enfin, nous visons à augmenter notre<br />
activité dans la protection des données informatiques avec l’ISO 27000.<br />
QR : Quelles sont vos activités à l’international ?<br />
X.D : A l’international, nous sommes présents dans 21 pays avec un<br />
réseau de 400 auditeurs et près de 40 référentiels de certification ou de<br />
qualification qui sont sous accréditation ou agrément (UKAS, singapourienne,<br />
philippine). Nos 5 filiales disposent d’un réseau d’agents dont<br />
la mission consiste à délivrer des certifications au bénéfice de clients<br />
locaux et internationaux. Récemment, Socotec Certification International<br />
a gagné des nouveaux marchés comme la certification de la gestion<br />
du cloud avec Alibaba.com.<br />
QR : Quels sont vos challenges ?<br />
X.D : Le premier consiste à avoir une longueur d’avance : anticiper. Le<br />
second, c’est d’être innovant en termes de référentiels et d’outils mis à la<br />
disposition des clients et de notre réseau. Et le troisième, c’est de prendre<br />
résolument le virage des nouvelles technologies.<br />
QR : Quelles sont vos spécificités par rapport à vos concurrents ?<br />
X.D : En premier lieu, le fort ancrage du groupe dans le domaine de la<br />
construction, de l’immobilier et de l’aménagement. Ensuite, nos équipes<br />
très réactives à taille humaine avec une connaissance approfondie des<br />
différents secteurs et une réelle écoute client. Enfin, nous attachons une<br />
forte importance à la qualité de service, notamment sur trois sujets : l’interlocuteur<br />
du client, l’auditeur et le rapport.<br />
Propos recueillis par Valérie Brenugat<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I33
PRATIQUE<br />
PICOMTO<br />
Formaliser et<br />
diffuser le savoir-faire<br />
opérationnel dans<br />
l’entreprise<br />
Aujourd’hui, l’industrie est liée à une<br />
problématique forte qu’est la transmission<br />
du savoir. La formalisation et le partage du<br />
savoir faire dans une industrie est capitale<br />
pour son présent et son futur puisqu’elle<br />
est associée à la pyramide des âges, au turn<br />
over du personnel, à l’obligation de suivre<br />
des procédures précises, etc…<br />
L’éditeur lillois propose de poser la première<br />
brique de cette transmission en dotant les<br />
industriels d’une solution de captation du<br />
« savoir faire » de l’entreprise.<br />
Disponible et accessible<br />
depuis ordinateur, tablette et smartphone<br />
© DR<br />
Malcolm Sabre<br />
Responsable marketing<br />
de la société Picomto<br />
Consultez facilement les procédures<br />
de maintenance sur smartphone et tablette<br />
<strong>Qualité</strong> <strong>Références</strong> : Pouvez-vous nous présenter Picomto en<br />
quelques mots ?<br />
Malcolm Sabre : Picomto est une solution web et mobile pour<br />
capturer et diffuser le savoir faire opérationnel de l’entreprise.<br />
Son objectif est double:<br />
- Faciliter la formalisation du savoir faire.<br />
- Faciliter sa compréhension et son exécution.<br />
Picomto est un outil auteur permettant de très facilement créer<br />
en mode ISO 9001 des instructions de travail visuelles et interactive<br />
et de les rendre diffusable.<br />
Pour cela, nous avons imaginé un format (les guides Picomto)<br />
qui est piloté par le visuel.<br />
Chaque guide comprend un ensemble de page et sur chaque<br />
page on trouve une image et/ou une vidéo accompagnées d’annotations<br />
textuelles d’un maximum de 400 caractères.<br />
Notre solution sert donc à créer, gérer, partager et analyser les<br />
modes opératoires et procédures de maintenance dans l’industrie<br />
avec toutes les valeurs ajoutées qu’apporte le digital.<br />
Picomto est fait pour s’inscrire totalement dans la démarche d’amé-<br />
34 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
PICOMTO<br />
PRATIQUE<br />
xxx xxx<br />
lioration continue des industriels, dans la mesure où notre solution<br />
dispose de tous les outils pour faire du Lean Management.<br />
QR : Vous mettez en avant la sauvegarde et la transmission des<br />
savoir-faire de l’entreprise. Pourtant, les industriels ont mis en<br />
place depuis longtemps des procédures et des certifications,<br />
souvent avec l’aide de logiciels métiers et/ou de consultants<br />
spécialisés. En quoi votre solution diffère-t-elle de ce qui existait<br />
déjà sur le marché ?<br />
Malcolm Sabre : Nous avons voulu être disruptif dans notre<br />
approche, est-à-dire que nous ne souhaitions pas mettre en<br />
place une base de données pour agréger du contenu déjà existant<br />
mais mettre à disposition des entreprises un véritable outil<br />
auteur dédié à la création et au partage des modes opératoires,<br />
procédures de maintenance et plus encore..<br />
Aujourd’hui, les modes opératoires sont faits sous Excel, Word,<br />
PowerPoint, voire même sur des documents Word avec des<br />
images incorporées. Cela a beaucoup de conséquences pour l’entreprise<br />
et les collaborateurs ; Certains documents sont de vrais<br />
pavés de dizaines de pages, rédigées sans aucun visuel et donc<br />
propice à des erreurs d’interprétation. Ensuite, il n’y a aucune<br />
© DR<br />
cohérence entre les différents documents car rien n’a été formalisé<br />
et normalisé. Enfin, il est très difficile de mettre à jour les<br />
procédures, vu que les formats utilisés (ndlr : généralement la<br />
suite Office) n’ont pas vocation à être aisément partagé ni même<br />
mis à jour.<br />
On considère donc que les entreprises n’ont aucun contrôle<br />
sur la gestion de leur savoir faire, c’est pourquoi nous développons<br />
notre solution logicielle.<br />
QR : Plus spécifiquement quels sont les gains de la solution<br />
Picomto pour un responsable <strong>Qualité</strong>?<br />
Malcolm Sabre : La solution que nous proposons apporte une<br />
vraie valeur ajoutée pour un responsable <strong>Qualité</strong>. Les industriels<br />
créent et consultent les modes opératoires ISO 9001<br />
directement avec notre outil dédié aussi bien à partir du web,<br />
mobile ou tablette.<br />
Dans 99% des cas, le process de validation ISO 9001 des modes<br />
opératoires dans les industries est fait à la main. Cela peut<br />
prendre des jours avant que celui ci ne soit validé.<br />
Avec Picomto, ce client effectue désormais ce cheminement<br />
dans la solution. Il bénéficie du workflow de validation digitalisé<br />
avec des alertes par notifications et mail à chaque étape<br />
du processus, d’une gestion des révision, du cartouche PDF<br />
pour les versions imprimables et des pictogrammes de sécurité<br />
ISO 7010.<br />
De plus, toutes les instructions de travail visuelles créées sous<br />
Picomto sont évolutives, multi-supports, diffusables, multilingues,<br />
centralisées, traçables, interactives, imprimables, collaboratives,<br />
didactiques.<br />
QR : Cela oblige les industriels à équiper les techniciens de<br />
support numérique. Cela ne pose pas de soucis de mise en<br />
œuvre ?<br />
Malcolm Sabre : Je ne parlerais pas de soucis de mise en<br />
oeuvre mais plutôt de conduite au changement. Toutes les<br />
industries ne se sont pas encore digitalisées mais le courant<br />
de l’industrie 4.0 les emmène vers le paperless. Mais ce qui est<br />
le plus important c’est surtout toute la valeur ajoutée qu’apporte<br />
Picomto combinée à la mobilité, car les tablettes et les<br />
outils du numérique se démocratisent de plus en plus et font<br />
maintenant partis du quotidien des entreprises. Cependant il<br />
reste encore un marché important à conquérir.<br />
QR : A ce sujet, quelles sont vos ambitions pour la suite ?<br />
Malcolm Sabre : Nous allons déjà asseoir notre position sur<br />
le marché de l’industrie en France, avant de nous attaquer à<br />
d’autres marchés.<br />
QR : Quels sont les projets de R&D sur lesquels vous travaillez<br />
actuellement ?<br />
Malcolm Sabre : Nous avons à ce jour une roadmap chargée et<br />
de la même façon que notre programme R&D l’est aussi. Sans<br />
pouvoir dévoiler tout cela aujourd’hui, je peux vous dire que<br />
nous avons l’ambition de digitaliser toute la chaîne de valeur<br />
du savoir faire opérationnel des entreprises. ●<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I35
GESTION DE LA QUALITÉ<br />
AFQP<br />
EVÈNEMENT<br />
AFQP : de la performance à l’excellence opérationnelle<br />
À la cérémonie des prix <strong>Qualité</strong> Performance du 30 janvier organisée l’AFQP (Association France <strong>Qualité</strong><br />
Performance), s’ajouteront des nouveaux évènements importants tels que « La journée française de qualité et<br />
de l’excellence opérationnelle » et le « Prix Excellence Opérationnelle ». Précisions.<br />
Le 30 janvier se déroulera la journée française de qualité et de<br />
l’excellence opérationnelle. Elle connaîtra deux temps forts :<br />
une matinée au ministère de l’Economie et des Finances et<br />
l’après-midi au siège du Medef. Lors de cette matinée, seront organisés<br />
des conférences et des ateliers avec la présence du secrétaire<br />
d’État chargé de l’Industrie auprès du ministre de l’Économie et<br />
des Finances, Christophe Sirugue. Pierre Girault, co-président de<br />
« Les dirigeants et les managers s’intéressent<br />
de plus en plus aux démarches de progrès et de<br />
l’excellence opérationnelle. »<br />
DU LIVRE BLANC AU TABLEAU DE BORD<br />
France <strong>Qualité</strong>, remarque : « Avec le Medef, nous voulons réunir des<br />
membres de la communauté de la qualité de France, des patrons, des<br />
dirigeants et des managers dans le cadre d’une journée tout en apportant<br />
des éléments novateurs. Les dirigeants et les managers s’intéressent,<br />
en effet, de plus en plus aux démarches de progrès et de l’excellence<br />
opérationnelle. » Il ajoute : « Actuellement, la qualité reprend une<br />
place importante et cela est lié à la nécessité de renforcer la compétitivité,<br />
la relation de services, de la maîtrise des risques et de l’utilisation<br />
des méthodes et d’outils. »<br />
Lors de cette journée, France <strong>Qualité</strong> lancera de nouveaux produits<br />
et de nouveaux services. Ainsi, le tome 2 du Livre Blanc sera<br />
présenté avec des propositions de France <strong>Qualité</strong> à travers son<br />
think tank. Dans cet ouvrage, seront proposés des produits et des<br />
services destinés aux entreprises et à l’administration. Au siège<br />
du Medef, se dérouleront la cérémonie de remises de prix et des<br />
débats. Ainsi, des dirigeants d’entreprise comme Olivier Bouygues,<br />
directeur général délégué du groupe Bouygues, échangeront avec<br />
des personnalités. Les résultats de Quali’Bord, le tableau de bord<br />
de la qualité en France, seront aussi dévoilés. Cette première étude<br />
globale porte sur l’état de la qualité en France par rapport à ses<br />
voisins européens. Elle s’appuie sur une série d’indicateurs pour<br />
établir le diagnostic performance.<br />
La remise des prix<br />
<strong>Qualité</strong> Performance 2016.<br />
Prix Excellence Opérationnelle organisé<br />
par France <strong>Qualité</strong> Performance et Medef.<br />
La cérémonie de remise des prix <strong>Qualité</strong> Performance<br />
2017 se terminera avec le « Prix Excellence Opérationnelle<br />
» lancé par le Medef et France <strong>Qualité</strong>. L’excellence<br />
opérationnelle est, en effet, un levier majeur de la compétitivité<br />
hors coût d’une entreprise. Afin d’améliorer durablement<br />
sa compétitivité, une société doit créer toujours<br />
plus de valeur pour ses clients, ses collaborateurs et ses<br />
partenaires. Pour Pierre Girault, « Ce qui est fait la force<br />
d’une entreprise dans la compétition mondiale, c’est sa<br />
réactivité et son agilité, davantage que sa taille. L’excellence<br />
opérationnelle est un moyen privilégié pour y parvenir,<br />
à travers l’engagement des équipes et un management<br />
qui donne la priorité à la transversalité, à l’amélioration<br />
continue des performances, à l’innovation et à l’autonomie<br />
des collaborateurs. » Pierre Girault indique à propos de<br />
ce prix lancé l’automne dernier : « Le Medef a fait appel à<br />
notre organisme car elle voulait organiser une opération<br />
autour de l’excellence opérationnelle car ce levier prend<br />
plus d’ampleur. » Ce prix a créé un engouement car plus<br />
de 80 organismes ont déposé des dossiers de candidatures<br />
sur la plateforme dédiée. Ces dossiers ont été consultés<br />
par le jury composé de responsables du Medef et de<br />
France <strong>Qualité</strong>, des experts de l’excellence opérationnelle<br />
et du lean management. Le 30 janvier, ce jury dévoilera le<br />
palmarès de ces prix. Suspense…<br />
Valérie Brenugat<br />
36 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
MANAGE<br />
Le fonctionnement de votre entreprise<br />
décrit et optimisé selon les normes ISO<br />
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Autorités<br />
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Exigences<br />
Clients<br />
Exigences<br />
Entreprise<br />
Exigences<br />
Concurrents<br />
Exigences<br />
Fournisseurs<br />
LA solution logicielle qui offre une véritable gestion intégrée<br />
des exigences ISO à travers une interface graphique,<br />
hiérarchique et dynamique des éléments descriptifs de la vie<br />
de votre entreprise<br />
Parties prenantes, enjeux, exigences, objectifs, risques, processus, procédures,<br />
tâches, rôles, responsabilités, documents, contrôles, plan de formation, descriptifs<br />
de fonction, indicateurs, actions, notifications en vue dʼautomatiser la revue de<br />
direction<br />
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GESTION DE LA QUALITÉ<br />
AFQP<br />
HANDICAP<br />
Gestform : les bonnes<br />
pratiques d’une société<br />
adaptée<br />
Dans un souci de progrès, Gestform, une entreprise<br />
adaptée, prestataire de services en numérisation de hauts<br />
volumes et externalisation de fonctions administratives,<br />
s’est engagée dans une démarche de qualité. Cette<br />
stratégie de management de qualité a abouti à sa<br />
nomination au Prix des Bonnes Pratiques 2016 dans la<br />
catégorie des ETI lors des Prix <strong>Qualité</strong> Performance 2017.<br />
« Le taux de satisfaction du client a progressé. »<br />
Gestform, une entreprise basée en Gironde et adaptée<br />
en milieu ordinaire de travail, privilégie l’embauche de<br />
personnes en situation d’handicap (80% de son effectif<br />
de production). Ses activités concernent la gestion électronique de<br />
documents, la sous-traitance administrative, logistique, des fonctions<br />
supports autour des métiers du commerce, de l’informatique,<br />
la qualité et la méthode, la comptabilité et les ressources humaines.<br />
Sa démarche de qualité a permis une triple certification (ISO 9001,<br />
ISO 14001 et OHSAS 18001) en 2013. Ces certifications valident<br />
une démarche d’amélioration continue axée sur la qualité, l’environnement,<br />
la sécurité et la santé au travail de ses salariés.<br />
Olivier Theron, directeur général de Gestform, déclare à propos<br />
des bonnes pratiques de management de qualité : « Cette stratégie<br />
de management de qualité a été mise en place pour deux raisons.<br />
La première cause : l’économie devenant plus compliqué, les marchés<br />
évoluant, nous devons être innovant. Concernant la deuxième raison,<br />
elle est sociale. L’effectif a fortement augmenté. Auparavant je recrutais<br />
le personnel avec une directrice des ressources humaines. Maintenant,<br />
le recrutement a été structuré et délégué. » Gestform est, en<br />
effet, devenue une entreprise de taille intermédiaire (ETI).<br />
Suite à une enquête sur les risques psychosociaux (RPS) montrant<br />
un problème social et la nécessité d’améliorer de la performance, la<br />
direction a choisi d’adopter une méthode de management visuel et<br />
participatif, le Lean Durable. Ce management permet de travailler<br />
mieux en chassant les gaspillages grâce à la participation de tout le<br />
personnel avec une communication fluide et des échanges quotidiens.<br />
Cette méthode répond aux deux fondamentaux de Gestform,<br />
l’économique et le social, un challenge d’autant plus important<br />
pour la société puisque en tant qu’entreprise adaptée, elle emploie<br />
en production plus de 80 % de salariés en situation de handicap.<br />
Olivier Theron<br />
Directeur général<br />
de Gestform<br />
Gestform a adopté le lean durable.<br />
LE MANAGEMENT VISUEL ET PARTICIPATIF<br />
Pour être accompagné dans cette stratégie, Gestform a fait appel au<br />
cabinet spécialisé dans l’amélioration des performances Pop afin d’appliquer<br />
le lean durable dans la société. Cette pratique de management<br />
participatif touche tous les services de l’entreprise en mobilisant les<br />
équipes sur des objectifs de progrès et accélérant la résolution des<br />
problèmes, en accroissant l’autonomie et la responsabilisation dans<br />
l’équipe, en suscitant les échanges au sein de l’équipe et en renforçant<br />
les relations de l’équipe avec le reste de l’organisation.<br />
Le personnel est donc invité à des rituels nommés « g » comme<br />
Gestform suivi de la durée en minutes (quotidiens, bi-hebdomadaires,<br />
hebdomadaires). Ceux-ci peuvent durer de 5 à 90<br />
minutes (g5, g20, g30, g90) et permettent d’échanger sur les<br />
thèmes suivants : activité, qualité, sécurité, environnement, idées,<br />
informations et décisions.<br />
UNE AMÉLIORATION CONTINUE<br />
Après une année de pratique, ce management visuel a plu à tous<br />
les niveaux et son déploiement a été généralisé dans l’entreprise. La<br />
deuxième enquête RPS a, en effet, montré une forte amélioration de<br />
la communication et de la performance. Quant à Olivier Théron, il<br />
a remarqué : « Le taux de satisfaction du client a progressé. Les points<br />
de non-conformité sont traités plus rapidement. Cette année, on développera<br />
l’amélioration continue. » Cette stratégie de management de<br />
qualité a permis sa nomination au Prix des Bonnes Pratiques 2017<br />
dans la catégorie des ETI. Gestform a candidaté sur le critère Personnel<br />
du modèle EFQM lors de la constitution du dossier pour les prix<br />
qualité performance. Lors du traitement du dossier, des auditeurs<br />
de France <strong>Qualité</strong> Performance ont noté un manque d’indicateurs<br />
globaux de performance, de vision globale et d’un chapeau de pilotage<br />
et ils ont conseillé de s’axer sur l’amélioration continue. Puis Olivier<br />
Théron il a ajouté : « L’année dernière, on a obtenu le prix régional.<br />
Cette année, le prix national nous apporterait encore plus de la notoriété<br />
et de la reconnaissance. Il reste encore des préjugés sur le monde<br />
de l’handicap. On doit plus montrer aux acheteurs qu’on est bon. »<br />
Valérie Brenugat<br />
38 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
AFQP<br />
GESTION DE LA QUALITÉ<br />
RISQUE<br />
Groupe Apicil : se<br />
dépasser pour être<br />
une référence<br />
La démarche de management de la qualité<br />
est un axe principal du projet stratégique<br />
du groupe de protection sociale, Apicil. Elle<br />
a été placée au centre du plan stratégique<br />
appelé « Convergences 2016 » en 2011 et elle<br />
continue de se développer avec la nouvelle<br />
stratégie « Défis 2020 ». En 2016, cette<br />
pratique a été reconnue par l’AFQP avec le<br />
Grand Prix <strong>Qualité</strong> Performance France 2015.<br />
La stratégie de management de la qualité du groupe Apicil<br />
repose sur trois axes : le modèle d’excellence EFQM, un<br />
système de management intégré<br />
des risques basé sur la norme ISO<br />
9001 version 2015 et l’excellence opérationnelle.<br />
D’abord, un système de management des<br />
risques (SMIR) a permis d’atteindre des objectifs<br />
de certification et d’amélioration continue.<br />
Puis, une démarche EFQM a dressé un bilan annuel de maturité<br />
de l’entreprise par rapport aux bonnes pratiques du modèle. Enfin, le<br />
groupe s’est investi dans une stratégie de maîtrise des ratios de frais<br />
et une démarche participative avec les outils TOC, lean et six sigma.<br />
UN RÉSEAU PERFORMANT<br />
Pour atteindre ses objectifs, le groupe s’est doté d’une direction <strong>Qualité</strong><br />
composée de 7 collaborateurs, d’un réseau de 50 référents <strong>Qualité</strong><br />
volontaires dans chaque service et de 30 auditeurs internes occasionnels.<br />
Stéphane Chabrier, directeur de la qualité et de l’excellence<br />
opérationnelle du groupe Apicil explique : « Une revue de performance<br />
mensuelle est organisée dans chaque service. Puis son compte-rendu est<br />
diffusé aux collaborateurs du groupe via la base web Qualipédia 1 . Après<br />
avoir balayé les indicateurs, l’équipe décide un plan d’actions. »<br />
Ce management de la qualité reçu favorablement par les collaborateurs<br />
a soutenu l’obtention de bons résultats. Les résultats du baromètre social<br />
1 Dans la base web Qualipedia, figurent des documents qualité<br />
dont les standards de travail, la communication qualité, les données<br />
issues des rituels de pilotage de la performance et de tous les dispositifs<br />
d’amélioration continue.<br />
© DR<br />
« Notre démarche qualité a satisfait<br />
les clients existants et a contribué à en<br />
attirer de nouveaux »<br />
Stéphane Chabrier<br />
Directeur de la qualité et de<br />
l’excellence opérationnelle<br />
Un modèle dans son secteur.<br />
annuel notent, en effet, une hausse de la motivation et le développement<br />
des compétences autour de la pratique de la qualité. Le chiffre d’affaires<br />
a, quant à lui, augmenté de 22% entre 2012 et 2014, soit deux fois<br />
plus vite que la moyenne du secteur. En outre, cette démarche qualité<br />
a satisfait les clients existants et a contribué à en attirer de nouveaux.<br />
L’année dernière, la démarche a été récompensée par l’AFQP avec le<br />
Grand Prix France <strong>Qualité</strong> Performance, fondé sur le référentiel EFQM,<br />
pour son management intégré des risques. Désormais, le groupe est<br />
considéré comme un modèle dans son secteur<br />
d’activité, ayant dépassé les standards imposés<br />
par les normes qualité tout en respectant<br />
rigoureusement les exigences réglementaires.<br />
UNE FONCTION EN MUTATION<br />
De cette reconnaissance, le directeur de la qualité et de l’excellence<br />
opérationnelle a tiré plusieurs enseignements : « Ces expériences ont<br />
changé la fonction qualité dans l’entreprise en profondeur. Mais la transformation<br />
du métier de responsable qualité doit aussi passer par une<br />
évolution de la formation des étudiants. En plus des compétences, il faut<br />
développer le savoir-être. D’ailleurs, je travaille avec l’organisme de formation<br />
CESI EXIA d’Ecully pour une évolution des masters qualité dans<br />
ce sens. » Il remarque aussi : « La qualité doit être un partenaire stratégique<br />
de l’entreprise, notamment en activant les techniques de benchmark<br />
et d’auto-évaluation du modèle EFQM. Elle doit devenir également un<br />
puissant outil de réflexion au service de la direction générale pour faire<br />
évoluer le management de l’entreprise. »<br />
Pour Stéphane Chabrier, le déploiement du programme EFQM est<br />
jalonné d’étapes importantes : le prix <strong>Qualité</strong> Performance Rhône-<br />
Alpes en 2014, le Grand Prix <strong>Qualité</strong> Performance France en 2016<br />
et l’évaluation R4E en mai 2017. Dans le cadre du nouveau plan stratégique<br />
« Défis 2020 », d’autres projets sont à l’étude pour compléter<br />
la démarche, comme l’amélioration de la satisfaction du client avec<br />
la norme (NF 345), et toujours l’engagement des collaborateurs avec<br />
des approches participatives au service de l’excellence opérationnelle.<br />
Valérie Brenugat<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I39
GESTION DE LA QUALITÉ<br />
AFQP<br />
© DR<br />
ADMINISTRATION<br />
Un service de qualité<br />
de la Préfecture de la<br />
Creuse pour les usagers<br />
En 2016, le management de qualité de la<br />
préfecture de la Creuse a obtenu le Prix des<br />
Bonnes Pratiques dans la catégorie Service<br />
Public et Association. Ses solutions ont été la<br />
création de pochettes et la dématérialisation<br />
d’actes administratifs. Sa démarche volontariste<br />
a été couronnée de succès. Explications.<br />
Guy Barlet<br />
responsable <strong>Qualité</strong> de la préfecture<br />
de la Creuse.<br />
Depuis plusieurs années, l’administration développe<br />
l’utilisation des nouvelles technologies et facilite<br />
les démarches des administrés. Pour répondre aux<br />
objectifs fixés par l’Etat, la préfecture de la Creuse a<br />
initié une démarche volontariste. Deux pratiques ont été mises<br />
en place au sein de deux directions distinctes. Au niveau de<br />
la Direction de la Réglementation et des Libertés Publiques<br />
(DRLP), la première pratique porte sur la création d’un dispo-<br />
La préfecture de la Creuse a initié une<br />
démarche volontariste.<br />
« On peut être aussi performant que dans le privé. »<br />
sitif de pochettes dépôt à destination des professionnels de l’automobile<br />
regroupant les pièces nécessaires pour l’obtention des<br />
permis et certificats d’immatriculation. Quant à la deuxième<br />
démarche, elle concerne la dématérialisation d’actes administratifs<br />
à la Direction du Développement Local grâce au logiciel<br />
@CTES.<br />
Ce management de qualité a obtenu des bons résultats. Dans le<br />
cadre de la dématérialisation, la préfecture de la Creuse a connu<br />
une véritable réforme technologique avec 45% d’actes dématérialisés<br />
en 2014 (contre 28% en 2012), la plaçant au-dessus de<br />
l’objectif national du ministère de l’Intérieur fixé à 32% en 2014.<br />
Concernant la DRLP, la préfecture a pu offrir aux professionnels<br />
de l’automobile un circuit court et en ligne pour récupérer<br />
leurs documents. Désormais, les après-midis sont réservés<br />
au traitement des pochettes, ce qui a permis entre 2012 et 2014<br />
de réduire les stocks (0 au lieu de 11 jours en 2012), les délais<br />
d’attente et de traitement (1 jour pour les immatriculations et<br />
3,5 jours pour les permis) et d’améliorer l’efficience des agents<br />
qui traitent chacun par mois désormais 983 titres au lieu de<br />
783 titres en 2012.<br />
SATISFACTION DES USAGERS<br />
Cette réactivité et cette fluidité attirent aussi quelques garagistes<br />
des départements limitrophes et des usagers en tourisme dans<br />
la région, nécessitant parfois le renfort des équipes pendant<br />
les vacances scolaires. Bien que certains usagers aient été sceptiques<br />
au départ, ils ont rapidement trouvé leur intérêt et ils ont<br />
été satisfaits par les délais raccourcis pour toute démarche relative<br />
aux permis de conduire et aux demandes de cartes grises.<br />
Ce management de qualité a connu sa consécration avec le prix<br />
des bonnes pratiques dans la catégorie Service public et association<br />
en 2016. Guy Barlet, responsable <strong>Qualité</strong> de la préfecture<br />
de la Creuse, déclare à propos de ce prix : « On a ainsi<br />
démontré qu’on peut être aussi performant que dans le privé si<br />
on avait de bonnes conditions de travail sans dépenses supplémentaires.<br />
J’ai noté que le secteur privé pouvait être intéressé par<br />
les pratiques du secteur public. On a également voulu changé<br />
l’image du fonctionnaire au niveau du public. » Il ajoute : « Les<br />
fonctionnaires sont particulièrement sensibles à la qualité et à<br />
la performance des services rendus aux usagers. Améliorer les<br />
procédures pour les satisfaire toujours plus, et ce sans réticence<br />
grâce à une écoute et un accompagnement quotidien dans leurs<br />
démarches, fait partie de l’ADN du service public. » Depuis la<br />
remise du prix, les résultats des pratiques du management de la<br />
qualité ont perduré dans le temps. Guy Barlet note à ce propos :<br />
« Les résultats ont été consolidés avec une forte implication des<br />
fonctionnaires ayant une meilleure estime de soi. »<br />
Valérie Brenugat<br />
40 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
23 ème édition<br />
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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I41
GESTION DE LA QUALITÉ<br />
AFQP<br />
© DR<br />
MANUTENTION<br />
Virly : une prévention<br />
innovante et<br />
participative exemplaire<br />
A la suite d’une stratégie de prévention<br />
des risques liés à des activités physiques,<br />
la PME indépendante Virly a constaté une<br />
baisse des accidents et une réduction de<br />
la pénibilité. Ses actions de prévention ont<br />
été récompensées par le Prix des Bonnes<br />
Pratiques décerné par l’Association France<br />
<strong>Qualité</strong> Performance.<br />
La PME spécialisée dans la vente et la maintenance de matériel<br />
de manutention (chariots élévateurs) et concessionnaire<br />
Fenwick, Virly, avait noué un partenariat local avec<br />
l’Association France <strong>Qualité</strong> Performance (AFQP) Bourgogne<br />
afin de bénéficier d’audits croisés dans le cadre des certifications<br />
ISO 9001, ISO 1400, OHSAS 18001 et MASE-UIC. Alix<br />
Carré, responsable qualité de Virly, déclare à ce propos : « Cela<br />
nous a permis d’avoir un regard extérieur sur la <strong>Qualité</strong>-Sécurité-Environnement<br />
(QSE). France <strong>Qualité</strong> Performance a alors<br />
détecté notre bonne pratique de prévention des risques liés à des<br />
activités physiques (PRAP). On a alors candidaté pour le Prix<br />
des Bonnes Pratiques. »<br />
Cette démarche de prévention des risques liés à des activités<br />
physiques déployée depuis 2012 est prônée par l’Institut national<br />
Un accessoire PRAP permet<br />
d’enlever des pneus.<br />
Virly a déployé une démarche<br />
de prévention prônée par l’INRS<br />
de recherche et de sécurité (INRS). Son objectif consiste à prévenir<br />
la pénibilité et lutter contre les accidents liés à la manutention.<br />
« Le taux de fréquence d’accidents avec arrêts a<br />
été divisé par 3 entre 2012 et 2015 »<br />
Cette stratégie nécessite une formation à la prévention des<br />
risques liés à des activités physiques. Deux actions ont été alors<br />
mises en place : la formation de 12 techniciens et la sensibilisation<br />
de 123 salariés exposés potentiellement aux risques.<br />
Cette formation de 2 jours permet aux 12 techniciens de participer<br />
à l’analyse de risques et d’aider à préconiser les actions<br />
à mettre en place pour sécuriser les activités de travail. Puis<br />
ces acteurs de formation PRAP bénéficient d’une journée de<br />
recyclage tous les 2 mois. Ensuite, chaque année, ils sont invités<br />
à une réunion pour faire le point. En parallèle, le système<br />
de management est consolidé par des réunions avec les techniciens<br />
les plus exposés tous les trimestres. Lors de cette réunion,<br />
des exercices pratiques sont réalisés avec le nouvel équipement<br />
recommandé. Ainsi, des tests de cales en bakélite ont été effectués<br />
par l’acteur PRAP.<br />
DE LA FORMATION AU FICHE MÉTHODE<br />
En outre, 22 fiches méthodes et des équipements ont été préconisées<br />
de 2012 à 2015. 2000 euros par an ont été également investis<br />
pour tester des équipements et mettre en place des prototypes<br />
avant de les référencer dans la société. Des ventouses pour le<br />
changement de parebrise avec et un dépôt roue nécessitant peu<br />
d’effort en sont des exemples. Alix Carré note : « Cette démarche<br />
participative a permis aux salariés de prendre en main leur propre<br />
sécurité et de prévenir des situations ayant un impact négatif sur<br />
42 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
pub intranet 90x274 N°1667:Mise en page 1 01/02/17 10:46 Page1<br />
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de la Productivité de l’Entreprise.<br />
© DR<br />
leur santé. Elle impacte positivement le management. Nous n’avons<br />
pas de responsable de sécurité qui donne des consignes aux collaborateurs.<br />
Notre travail de manager est de valider et de coordonner<br />
les investissements et d’accompagner la démarche. »<br />
Par ailleurs, chaque acteur doit traiter une situation à risque par<br />
an. Ainsi, deux sujets dont l’un portera sur l’installation d’un<br />
palan sur le toit du chariot élévateur, vont être traités en 2017.<br />
L’utilisation de ce palan permettra de sortir une charge lourde<br />
sans effort du moteur du chariot.<br />
Entre 2008 et 2012, 75 % des accidents étaient liés à la manutention.<br />
La population était vieillissante et était encore plus exposée<br />
à la pénibilité. Le taux de fréquence d’accidents avec arrêts<br />
était de 30 mais aucune situation dangereuse était signalée. Après<br />
le déploiement de la démarche de prévention, aucune maladie<br />
professionnelle n’a été constatée et le taux de fréquence d’accidents<br />
avec arrêts est passé de 30 à 10 entre 2012 et 2015. De plus,<br />
29 situations dangereuses ont été identifiées l’année dernière<br />
grâce à cette stratégie de prévention.<br />
En outre, Alix Carré remarque : « L’audit de France <strong>Qualité</strong> Performance<br />
sur l’organisation a permis d’avoir des nouvelles idées de<br />
management comme la mise en valeur de toutes les actions de<br />
prévention mises en œuvre dans l’entreprise auprès des clients et<br />
des institutionnels. » Donc en 2017, des actions concerneront la<br />
communication et la mise en place de l‘intégralité des bonnes<br />
pratiques.<br />
Enfin, selon Alix Carré, le prix des bonnes pratiques permet<br />
d’avoir une reconnaissance de l’implication des acteurs PRAP<br />
volontaires et une crédibilité en interne sur les bonnes méthodes<br />
PRAP préconisées par l’INRS faiblement mises en place dans les<br />
autres entreprises.<br />
Valérie Brenugat<br />
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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I43
PUBLICOMMUNIQUÉ<br />
MAINTENANCE<br />
Picoty utilise Altair<br />
Enterprise pour suivre<br />
la maintenance et les<br />
MMR de son principal<br />
dépôt pétrolier<br />
Face à des besoins de traçabilité et de précision de<br />
la maintenance toujours plus importants, la société<br />
Picoty a décidé de faire appel à la GMAO Full Web Altair<br />
Enterprise pour gérer sa maintenance préventive et<br />
curative.<br />
© Picoty SA<br />
Picoty est un groupe spécialisé dans le<br />
stockage et la distribution de produits<br />
pétroliers (carburants, combustibles et<br />
lubrifiants), bénéficiant d’un réseau de<br />
distribution complet, depuis le port de La Rochelle<br />
jusqu’aux stations-services, en passant par deux<br />
pipelines et plusieurs dépôt pétrolier, dont le principal<br />
se situe à La Rochelle. Acteur majeur de la<br />
distribution de carburant, il fournit en produit<br />
pétrolier son réseau de près de 700 points de ventes<br />
AVIA, ainsi que de nombreuses stations-services<br />
de grandes surfaces.<br />
Cuves Picoty La Pallice<br />
« Nous sommes<br />
régulièrement<br />
amenés à générer<br />
des rapports précis<br />
sur les EIPS, les<br />
procédures de<br />
maintenance... »<br />
Le principal site de stockage du groupe, situé à La<br />
Rochelle dans le quartier de La Palice, livre principalement<br />
ses produits pétroliers dans quatre<br />
régions de l’Ouest français : Pays de la Loire,<br />
Poitou-Charentes, Limousin et Aquitaine.<br />
Sa capacité de stockage de 240 000 m 3 (auquel<br />
s’ajouteront 40 000 m 3 en 2015) et son implantation<br />
en bord de voie ferrée en font un site de stockage<br />
de première importance, classé SEVESO seuil<br />
haut et de fait assujetti à une gestion développée<br />
de maîtrise des risques.<br />
L’OBLIGATION D’UNE GESTION DE<br />
MAINTENANCE SANS FAILLE<br />
Flavien Audebert, responsable QHSE du site et partie<br />
prenante dans la gestion de la maintenance, fut<br />
chargé de la gestion du projet GMAO, afin de placer<br />
les contraintes de sureté et de traçabilité au centre<br />
du choix du logiciel. C’est dans le cadre du plan de<br />
modernisation des installations industrielles que le<br />
site de stockage de Picoty a décidé de sauter le pas.<br />
Flavien Audebert explique « Nous gérions la maintenance<br />
comme beaucoup de société le font encore,<br />
à l’aide d’un jeu de fichiers informatiques doublés de<br />
versions papier. Ce système était suffisant -quoique<br />
44 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
PUBLICOMMUNIQUÉ<br />
fastidieux- pour gérer les opérations courantes. C’est<br />
l’arrêté du 4 octobre 2010 relatif à la prévention des<br />
risques, dans le cadre du plan de modernisation des<br />
installations industrielles, qui a changé la donne,<br />
quand il a fallu mettre en place des fiches de vie pour<br />
tous nos équipements. »<br />
Les fiches de vie des équipements sont des éléments<br />
clés de la gestion de maintenance et du management<br />
HSE d’un site. La mise en place de ces fiches<br />
rend l’utilisation de tableurs beaucoup plus lourde,<br />
et la tenue à jour de tel document prend beaucoup<br />
de temps sans disposer d’outil dédiés.<br />
Flavien Audebert poursuit : « Plusieurs fois par an,<br />
nous devons rendre compte aux autorités et faisons<br />
appel à des organismes de contrôle indépendant<br />
pour nous contrôler ou auditer. Lors d’inspections,<br />
nous sommes régulièrement amenés à présenter<br />
des rapports précis sur les EIPS, les procédures de<br />
maintenance et rapport d’intervention associés…<br />
Gagner du temps sur cet aspect nous paraissait donc<br />
primordial.»<br />
Picoty a consulté de nombreuses solutions GMAO<br />
du marché, avec pour contrainte principales la<br />
possibilité de gérer facilement les fiches de vie de<br />
tous les équipements, à commencer par les MMR/<br />
Cuves Picoty<br />
« L’expérience<br />
du terrain de<br />
DSDSystem nous<br />
a permis d’être<br />
accompagné à<br />
chaque étape de la<br />
mise en œuvre avec<br />
sérénité. »<br />
© Google<br />
EIPS qu’aux outils de production ; mais aussi un<br />
outil de reporting puissant en plus des fonctions<br />
usuelles attendues dans une GMAO (gestion du<br />
préventif, du curatif, planning…).<br />
La possibilité de gérer les points de mesure en<br />
masse après chacune des fréquentes rondes effectuées<br />
sur le dépôt pétrolier faisait également partie<br />
des contraintes fonctionnelles identifiées à la rédaction<br />
du cahier des charges.<br />
Enfin, l’usage d’une technologie web était rapidement<br />
vu comme incontournable par Flavien Audebert<br />
: « Nous ne pouvons pas centraliser toutes les<br />
informations de notre gestion de maintenance sur<br />
un simple ordinateur en plein cœur du dépôt. Il nous<br />
fallait pouvoir facilement externaliser les informations<br />
et y accéder de n’importe où. La technologie<br />
Web permet cette souplesse et cette sécurité supplémentaire.<br />
»<br />
La GMAO Altair Enterprise a donc été sélectionnée<br />
pour sa réponse fonctionnelle pertinente, sa technologie<br />
adaptée, mais aussi son expérience auprès<br />
de clients partageant la même problématique.<br />
« Altair Enterprise répond parfaitement à notre<br />
problématique et l’expérience concluante de Raffinerie<br />
du Midi avec la GMAO nous a définitivement<br />
convaincu de la sélectionner », confie Flavien Audebert.<br />
« Au-delà de l’offre logicielle, l’expérience du<br />
terrain de DSDSystem nous a permis d’être accompagné<br />
à chaque étape de la mise en œuvre avec sérénité. »<br />
En effet, en dehors du site de La Rochelle de Picoty,<br />
la GMAO Altair Enterprise fournit aujourd’hui<br />
des outils de gestion de maintenance et de managements<br />
QHSE à une demi-douzaine d’acteurs de<br />
stockage et de distribution de produits pétroliers<br />
en France, représentant plusieurs millions de m 3<br />
de produits stockés.<br />
Bernard Decoster, PDG de la société DSDSystem,<br />
conclut : « Altair Enterpise est une solution mature,<br />
combinant GMAO et QHSE, confrontée au terrain<br />
jour après jour depuis plusieurs années. Du suivi<br />
des mesures à la modélisation 3D des installations<br />
en passant avec les interfaces avec ERP ou logiciel de<br />
Supervision, elle offre toutes les géométries possibles<br />
pour fournir à chaque problématique une réponse<br />
juste et efficace. »<br />
« Le lien permanent du terrain maintenu avec nos<br />
clients nous aide à toujours suivre le bon cap dans<br />
les évolutions que nous apportons au logiciel. Cela<br />
permet à la GMAO Altair Enterprise de rester la<br />
réponse la plus efficace pour chaque problématique<br />
de maintenance et de management QHSE. » ●<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I45
NOUVEAUTÉS LOGICIELS<br />
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des sites de fabrication. Grâce à une approche core<br />
model, elle permet de définir un cœur d’application<br />
commun aux différents sites, de consolider en temps<br />
réel les données de l’ensemble des sites et de réaliser<br />
des comparatifs de performance industrielle. Son<br />
déploiement à l’international se trouve facilité par<br />
l’adaptation de l’ergonomie aux environnements locaux et sa disponibilité en 12 langues. Ainsi, ces solutions disposent<br />
de fonctions allant du suivi des ordres de fabrication à la connexion aux équipements en passant par la gestion de tous<br />
les documents de production, la gestion des contrôles qualité et les interventions de maintenance sur les machines.<br />
Ces offres permettent de mettre en œuvre une usine connectée et d’obtenir davantage de données en temps réel grâce<br />
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SAS Qualios lance la version 7.0 du logiciel Qualios.<br />
Ce logiciel full web est organisé autour d’une gestion<br />
documentaire et d’une gestion des enregistrements permet<br />
la mise en place d’une base de connaissances active et<br />
d’outils de reporting en temps réel sur l’ensemble des<br />
processus de l’entreprise. Il est basé sur un principe de<br />
documents et formulaires non formatés et de conception<br />
simple permettant de s’adapter à tout type d’organisation<br />
grâce à des fonctions de workflow puissantes.<br />
Cette nouvelle version permet une navigation plus intuitive<br />
par le redéveloppement de fonctions majeures du logiciel.<br />
Avec son nouvel éditeur de formulaires en html5, il est<br />
possible d’avoir une prise en main rapide et facile de cet<br />
outil et de tableaux de bord documentaires personnalisables<br />
et interactifs par requêtes sur la base de données. En outre,<br />
les administrateurs disposent de nouvelles fonctionnalités :<br />
délégation des rôles d’administration, masque de référence<br />
pour l’incrémentation personnalisée et automatique<br />
des références de documents et basculement de rôles<br />
administrateur/lecteur en deux clics. Enfin, le logiciel est<br />
proposé en local ou en mode SaaS sur serveur Windows ou<br />
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Certification<br />
ISO 9001 2015 pour Agilium<br />
Dans un contexte de croissance, la direction<br />
d’Agilium a lancé le « chantier » de certification<br />
ISO 9001 2015 pour l’ensemble des processus de la<br />
société. Celle-ci a été attribuée par SGS après six<br />
mois de travail intensif de l’ensemble des salariés.<br />
De plus, la société a déployé en interne les outils<br />
SMQ qui composent son offre logiciels. Grâce à<br />
cette expérience, elle accompagne aujourd’hui ses<br />
clients souhaitant mener la même démarche ISO<br />
9001 2015.<br />
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46 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
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COLLABORATIF & RSE ET<br />
I-SALON<br />
La 12 ème édition du Salon Intranet Collaboratif & RSE<br />
regroupera 80 sociétés exposantes expertes des<br />
marchés de l’intranet, des réseaux sociaux d’entreprise<br />
(RSE), du travail collaboratif, de la communication<br />
interne et unifiée et des espaces participatifs,<br />
communautaires et enrichis par l’intelligence<br />
collective. Veille collaborative, curation, RSE… la<br />
complémentarité est avérée, le collaboratif s’impose<br />
dans la collecte des informations stratégiques…<br />
Pour correspondre à cette réalité attendue tant<br />
par les offreurs que par les utilisateurs, les salons<br />
I-Expo et Solutions Intranet-RSE & Collaboratif se<br />
tiennent en parallèle.<br />
Paris Expo Porte De Versailles<br />
www.salon-intranet.com<br />
www.i-expo.net<br />
Du 21 au 23<br />
SOLUTIONS RESSOURCES<br />
HUMAINES<br />
Lors de la 23 ème édition du salon Solutions Ressources<br />
Humaines dédiée aux outils et services<br />
pour dirigeants d’entreprises, DRH, responsables<br />
de la Formation et DSI, 4 grands domaines seront<br />
représentés : gestion informatique des RH (SIRH),<br />
conseil et management, formation, protection<br />
sociale et prévoyance<br />
Paris Expo Porte De Versailles<br />
www.solutions-ressources-humaines.com<br />
Du 29 au 30<br />
DOCUMATION<br />
Événements uniques en France, à la fois<br />
expositions, congrès et rencontres d’affaires,<br />
Documation et le Data Intelligence Forum<br />
couvrent tout le spectre de la transformation<br />
digitale en entreprise autour de 4 grands axes :<br />
comment dématérialiser / protéger / partager<br />
et valoriser l’information et les data. Pour cette<br />
nouvelle édition, les 2 salons réuniront plus de<br />
130 exposants et près de 5000 professionnels<br />
pendant 2 jours. Afin de répondre plus<br />
finement aux attentes du marché, l’équipe<br />
organisatrice a choisi de placer l’édition 2017<br />
sous le signe du collaboratif<br />
Paris Expo Paris Porte de Versailles<br />
www.documation.fr<br />
AVRIL<br />
Le 20<br />
PRIX EFMD - FNEGE<br />
La Fondation Nationale pour l’Enseignement<br />
de la Gestion des Entreprises (FNEGE) en<br />
s’appuyant sur le Collège de Labellisation<br />
du Livre, et en collaboration avec l’EFMD<br />
(European Foundation for Management<br />
Development) organise le Prix EFMD -<br />
FNEGE de l’Ouvrage de Management.<br />
Ce Prix concerne toutes les disciplines<br />
de management : marketing, finance,<br />
comptabilité/contrôle, gestion des ressources<br />
humaines, management stratégique, systèmes<br />
d’information, entrepreneuriat, logistique….<br />
Conseil Economique Social et<br />
Environnemental, Paris<br />
www.fnege.org<br />
JUIN<br />
Le 20<br />
ENERGY TIME<br />
Lors du forum du management énergie<br />
et de l’efficacité énergétique, 8 expertises<br />
seront représentées : fournisseurs d’énergie,<br />
management de l’énergie et certifications, suivi<br />
de pilotage des consommations, technologies<br />
d’efficacité énergétique, gestion des bâtiments,<br />
ENR, gestion de l’eau et green IT.<br />
Marriott Rive Gauche Hotel & Conference<br />
Center, Paris<br />
www.salon-energie.com<br />
LES FORMATIONS<br />
MARS<br />
Du 15 au 17<br />
FORMATIONS<br />
AFNOR COMPÉTENCES<br />
Construire un système de management de<br />
la qualité selon ISO 9001:2015<br />
Profils :<br />
Cette formation est destinée à tout acteur<br />
en charge de concevoir ou comprendre<br />
la philosophie et la culture du « Lean<br />
Management »<br />
Objectifs :<br />
Cette formation permet d’acquérir une<br />
méthodologie efficace pour l’élaboration<br />
d’un Système de Management de la <strong>Qualité</strong><br />
répondant aux exigences de la norme IS0<br />
9001:2015.<br />
www.boutique-formation.afnor.org<br />
Du 27 au 28<br />
METTRE EN PLACE LE LEAN<br />
MANAGEMENT<br />
Profils :<br />
Directeurs de site, responsables des<br />
opérations, de production, responsables des<br />
Ressources Humaines, ingénieurs.<br />
Objectifs :<br />
- comprendre la philosophie et la culture du<br />
« Lean Management »<br />
- identifier les changements culturels à<br />
apporter<br />
- évaluer les évolutions managériales et<br />
organisationnelles<br />
- structurer l’approche<br />
- garantir la pérennisation de la démarche<br />
www.demos.fr<br />
Retrouvez toutes les dates<br />
de manifestations sur :<br />
www.qualite-references.com/agendas<br />
QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017 I49
INDEX<br />
Au sommaire du<br />
prochain numéro :<br />
DOSSIER<br />
• La digitalisation au cœur de la stratégie<br />
de l’entreprise<br />
MANAGEMENT DE LA PERFORMANCE<br />
• Big data : L’apport du Big data pour les<br />
responsables qualité<br />
LES OUTILS DE LA QUALITÉ<br />
• Excellence opérationnelle : Les outils de<br />
service de l’Excellence opérationnelle<br />
PRATIQUE<br />
• Conseils, fiches pratiques et outils du<br />
manager<br />
Annonceurs et entreprises citées dans ce numéro<br />
AGILIUM................................2 ÈME DE COUVERTURE<br />
AVANTEAM........................................................... P 6<br />
BSI GROUP.......................................................... P 20<br />
CEGOS................................................................. P 20<br />
CESI............................................................... P 12, 31<br />
CHALLENGE OPTIMUM..................................... P 37<br />
CREATIVE IT....................................................... P 46<br />
DOCUMATION .......................3 ÈME DE COUVERTURE<br />
DSD SYSTEM........................................................ P 4<br />
EUROPROPRE.................................................... P 48<br />
FELIX INFORMATIQUE...................................... P 13<br />
GESTFORM......................................................... P 38<br />
GREENFLEX....................................................... P 12<br />
GROUPE APICIL................................................. P 39<br />
GROUPE SOCOTEC............................................. P 22<br />
I-EXPO................................................................. P 47<br />
IC&R.................................................................... P 17<br />
INTERTEK........................................................... P 22<br />
ISIWARE.............................................................. P 11<br />
LRQA.................................................................... P 22<br />
OKAVANGO......................................................... P 12<br />
PICOMTO .............................................................. P 9<br />
PREVENTICA...................................................... P 32<br />
QUALIOS.............................................................. P 46<br />
QUALNET..............................4 ÈME DE COUVERTURE<br />
RECYLUM............................................................ P 12<br />
SGS...................................................................... P 19<br />
SNCF ................................................................... P 12<br />
THALES............................................................... P 12<br />
TÜV NORD GROUP............................................. P 22<br />
VIRLY................................................................... P 42<br />
Retrouvez nos anciens numéros sur :<br />
EN SAVOIR PLUS > www.qualite-references.com<br />
50 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>71</strong> • Décembre 2016 - Janvier 2017
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RÉUSSIR SA DIGITALISATION<br />
EXPOSITION & CONGRÈS<br />
29-30 MARS 2017<br />
PARIS, PORTE DE VERSAILLES
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certifié en version 2015*<br />
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